D.

SARDA Y SALVANY

MAÇONNISME
HT

CATHOLICISME
EXTRAIT DU «

Mal Social »

PARIS P. L E T I I I E L L E (JX, IO, RUM CASSETTE, IO ÉDITEUR

1890

Biblio!èque Saint Libère
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. — I. encyclique dirigée contre la FrancMaçonnerie et si connue de nos lecteurs. le plus considérable peut-être de tous ceux qui ont été adressés au monde catholique par le SaintSiège durant ce siècle. Église INTRODUCTION A la première impression d'étonnement causée dans le monde par la très importante encyclique Humanum genus de notre Saint-Père le pape. ou de la misérable conspiration du silence. a succédé partout une discussion ardente et fiévreuse sur les points principaux de ce document. ET C A T H . C e document n'est point de ceux que la secte peut plus ou moins étouffer.MAÇONNISME ET CATHOLICISME PARALLÈLE entre la doctrine des loges et celle de la sainte catholique. apostolique et romaine. Léon X I I I . N o n : cette parole souveraine a déM A C . à la faveur de la confusion de ses arguties ou de ses fanfaronnades.

L e premier effet. que rien n'eût été capable de la dominer. à la façon d'un fugitif. . ni ne devons. bon gré malgré. et puisque nous avons le grand honheur d'occuper un poste modeste. étant e l l e . disions-nous. dans la lutte c o n temporaine. l'occasion qui se présente à nous de combattre le bon c o m bat.2 M A Ç O N N I S M E ET C A T H O L I C I S M E passé des le début tous les événements du jour. tous ceux qui parlent ou qui écrivent. C o m ment. en effet. sans la saisir. s'il était permis de parler ainsi. ni ne saurions laisser passer. les catholiques et les rationalistes. elle a couvert toutes les c l a meurs de la presse et des clubs : elle tombait de si haut et avait un tel ascendant moral. disaient plusieurs. traitent ce sujet: les bons c o m m e les mauvais.m ê m e l'événement le plus considérable et le plus solennel. a trouvé partout un é c h o favorable ou hostile. a été l'admiration. Aujourd'hui e n core. c o m m e pour s'échapper de R o m e . Tétonnement. L'encyclique. le Souverain Pontife a-t-il porté l'audace à ce p o i n t ? Mettant le pied à rétrier. N o u s avons donc à en parler à notre t o u r . partout encore elle est reçue ou avec une soumission absolue ou avec une r é sistance ouverte : nulle part elle ne trouve le d é dain ou l'indifférence. nous ne p o u v o n s . il est vrai. produit dans le m o n d e par la parole pontificale. une profonde stupeur.

N'espère-t-il rien de l'Angleterre ou de la Prusse? comment donc lance-t-il hardiment ce gant aux francs-macons couronnés de Prusse et d ' A n g l e terre? N e dit-on pas qu'il se trouvera bientôt dans la nécessité de demander à quelqu'un de ces gouvernements un asile pour abriter le dernier reste de son indépendance? comment donc se ferme-t-il la porte de tous ces États avec cette intempestive déclaration de guerre à tout le monde officiel ? En vérité. qui est c o m m e un soufflet sonore appliqué par s i suprême autorité sur les joues de tous les révolutionnaires d é mocrates ou aristocrates des temps présents. ce pouvoir que Ton représente c o m m e aux prises avec la mort. Il s'expose beaucoup ? donc il a une sainte h a r diesse. par ce document.MAÇONNISME ET CATHOLICISME J le Pontife opprimé ose regarder en face et intrépidement les pouvoirs du jour. mes a m i s . C'est qu'il respire vigoureusement. il faut convenir que le Pape s'expose beaucoup. m ê m e en face des puissances. Pour montrer au monde . et ce moribond qui n'achève jamais de mourir. à quelques rares exceptions près. communique une vie plus abondante à ceux qui vivent déjà. V o y e z ce qui se passe aujourd'hui. Il s'avance b e a u c o u p ? donc il se sent bien fort. qui. sont tous atteints par les anathèmes lancés contre la franc-maçonnerie. très vigoureusement.

vive D i e u ! il Ta frappé dans une attaque habile . L e SyJlahus a été sa sentence de m o r t . Et. pour ainsi dire. qui sont les plus mauvais de tous. l ' e n c y clique Hnmanum gains est son exécution et son enterrement. a frappé la Révolution à l'eau de rose. et voilà que nous tenons le monstre. V o i l à pour ce qui concerne le monstre r é v o lutionnaire. rejetant un sang immonde et annonçant par ses horribles rugissements la fureur que lui cause cette première défaite. Ils s'en allaient dogmatisant sans cesse. •celle qui porte le n o m de catholicisme libéral. ses vaisseaux. annonçant que la stratégie excellente des plus fermes catholiques. il est d'une certitude indubitable que le coup le plus terrible. et. qui se roule dans des convulsions désespérées. afin de le frapper au c œ u r . en .4 MAÇONNISME ET CATHOLICISME qu'il n'attend de lui aucun service et qu'il ne le redoute nullement. le plus •décisif. Mais. bénigne. il prend F offensive. le plus mortel porté par l'encyclique. ces messieurs les demi-révolutionnaires. par là même qu'ils ne veulent pas le paraître. nouveau Fernand C o r t e z . il aborde sans crainte aux rivages escarpés de la Révolution . cet insigne chef des armées spirituelles. pour nous. et met tout à feu et à sang j u s que dans l'intérieur des forteresses ennemies . il étreint le monstre corps à corps. il brûle.

ou qu'on parlât fort peu de ces questions. dans nos luttes catholiques. ils voudraient qu'on ne dit rien. qui sera d é s o r mais l'expression la plus complète du décalogue antirévolutionnaire. dans toute loi. qui en est la contrefaçon et la honteuse parodie. toute la propagande que. on se tînt en garde. et. ce qui est certainement une manière de combattre très pacifique. et qui ne donne pas beaucoup d'ennuis. nous devions nous en tenir à donner un grand coup d'épée au cadavre d'un T u r c . c'est-* . l'entreprise étant difficile. mais bien contre l'opportunisme. Il soulève. au m o m e n t qui semble le moins opportun. non pas contre l'opportunité. que Ton combattît tant que Ton voudrait (à la bonne heure !) les sectes des siècles p a s s é s . Par peur de nous ne savons quels c o n flits journaliers. la voix du P a p e : il sanctionne. sont venus soutenir. au moins. o u au moins sans l ' h u m i l i e r . les chefs les plus v a i l lants de l'intransigeance catholique. toujours en un style qui pût. vaincre l'ennemi sans l'irriter. au grand jamais.MAÇONN1SME E T C A T H O L I C I S M E provoquant contre l'ennemi actuel les rudes combats que nous connaissons tous. durant les dernières années. la secte actuelle : c o m m e si. au prix de si mortels ennuis. du haut de son Sinaï. V o i c i qu'au milieu de tout cela retentit tout à coup. mais jamais. qui est une grande loi. par cette encyclique. était extravagante. qu'enfin.

à la Révolution hypocrite. un excellent combat. lorsque nous parlions. la leçon qui nous encourage à continuer désormais à soutenir l e môme combat. en m ê m e temps une grande consolation et une grande leçon : la consolation de savoir q u e nous soutenions un bon. laissant une fois de plus résolue et décidée. nous allons écrire un c o m mentaire simple et populaire de c e grave d o c u mentpontifical. Et elle nous a donné. elle a donné la mesure de sa valeur et de sa f o r c e . contre toutes les règles de l'opportunisme. à savoir que jamais il n ' y a u n meilleur m o m e n t pour combattre que celui o ù les ennemis présentent ou acceptent le combat. toujours de la m ê m e façon. elle a dévoilé une fois de plus sa fausseté et e n l e v é son masque. contre les personnes et les choses les plus recommandables. bien qu'elle soit de simple bon sens. a donc g a g n é deux grandes victoires pour la bonne cause de la vérité : à la Révolution cruelle. il y a quelque temps. c'est déjà avoir . Connaître l'ennemi. à nous tous catholiques. au m o m e n t de tons le plus critique. L'encyclique Humanum genus. en disant s e u l e m e n t : <t Je suis là ». Dans cet opuscule. mais avec un nouvel enthousiasme et une n o u velle intrépidité. c o m m e parle aujourd'hui le P a p e .6 MAÇON'NISME ET CATHOMCIiME à-dirc. la question de toutes la plus brûlante. une vérité souvent méconnue aujourd'hui.

dont l'organisation matérielle offre un danger moindre que sa propagande continuelle dans Tordre des doctrines. Sabaàdl. moins mauvais peut-être que trompé. N o u s croyons ainsi remplir simplement un devoir. mois du Sacré-Cœur. par là m ê m e . Q u e nos lecteurs regardent aussi c o m m e un devoir pour eux de contribuer selon leur pouvoir à la diffusion de ces idées. et. Faisons donc connaître au m o n d e actuel. principalement dans la classe la plus modeste et la moins instruite. la plus exposée aux séductions de la secte infernale. . 1885. les doctrines de cette secte infernale.MAÇ0NN1SME ET C A T H O L I C I S M E 7 un très grand avantage pour le vaincre.

si a R o m e avait déjà prononcé sur le m ê m e sujet « une sentence officielle. la première question que l'on se pose en présence de ce nouveau document.MAÇONNISME ET I CATHOLICISME A quoi bon celle nouvelle condamnation de la francnaçonnerie cl de ses doctrines. à plusieurs reprises. Cette secte infernale ayant été déjà. est la suivante : < r Pourquoi cette nouvelle condamnation. réprouvée et condamnée par le Saint-Siège sous les précédents pontifes. aussi autorisée. prononcée par le Souverain-Pontife dans Vencyclique HUMANUM GENUS ? Le maçonnisme est-il la même chose que la maçonnerie ) L'objet de l'encyclique Humanum genus est la condamnation de la maçonnerie. et par « conséquent aussi obligatoire pour les vrais « catholiques que rcnc) cliquc actuelle ? < r Pourquoi le Pape nous parle-t-il encore sur < r le m ê m e sujet? et pourquoi les ultramontains < r regardent-ils ce document c o m m e une véritable « nouveauté ? » T .

c'est un crime d'être m a ç o n : nous tous catholiques. depuis déjà longtemps. Certes. et cette secte a été maudite dès qu'elle a été pour la première fois d é clarée satanique et antichrétienne par le Docteur universel. c'était de la définir. dans la modeste mesure de nos forces. nous savions et prêchions déjà cela. Mais ce que n'avaient pas fait les précédents actes pontificaux. Mais qu'est-ce qu'être m a ç o n ? que sont les doctrines essentiellement m a ç o n n i q u e s ? jusqu'à q u e l point le maçonnisme a-t-il infecté la société actuelle ? c'est là ce qu'ignoraient un grand nombre . delà représenter. de la photographier en quelque sorte. autrefois c o m m e aujourd'hui. L a maçonnerie est détestable . à ces doutes . et notre Saint-Père le Pape tient compte des condamnations de ses glorieux prédécesseurs. il y avait péché à appartenir à la maçonnerie.MAÇONNISME E T CATHOLICISME 9 N o u s allons répondre. de montrer ce qu'elle est en elle-même et dans ses œuvres. avec l'ampleur et l'étendue que vient de déployer le Vicaire actuel du Christ. la maçonnerie était condamnée. et ces doutes e u x mêmes nous mettront en mesure d'étudier et de comprendre parfaitement l'importance spéciale qu'offre le susdit d o c u m e n t sur tous les autres du m ê m e genre. C'est là ce qui fait le caractère spécial et dominant de la présente encyclique. sous ce m ê m e n o m . Ainsi.

c'est ce que plusieurs.10 MAÇONNISME ET CATH0LIC1SNE d ' h o m m e s . T o u t e f o i s . le plus exact. N o u s allons lui prouver qu'elle est au contraire et simplement très pratique. il y a là le concept le plus essentiel. après avoir condamné de nouveau la secte. m ê m e parmi les b o n s . de la démasquer . après l'avoir réprouvée. non pas Maçonnerie et Catholicisme. quelqu'un se rira peut-être de notre distinction. le plus naturel de l'encyclique. à notre humble avis. n'était qu'une manie insensée . mais Maçonnisme et Catholicisme. c'est ce qui. pour plusieurs. après avoir étudié longuement et attentivement la parole de L é o n X I I I . cette fois. titre qui embrasse plus complètement tout le concept maçonnique : car. ce qui semblait être une formule plus concrète. un thème fastidieux de convention des fanatiques et des intransigeants : de sorte que le principal effet de la parole pontificale a été. et. en la qualifiant de souverainement abstraite et métaphysique. môme parmi les catholiques sincères. L a maçonnerie étant ainsi entendue. ne voulaient pas comprendre entièrement . nous avons intitulé le présent travail. et d'une application indispensable et immédiate. de la peindre . sinon d'arbitraire et de puérile. en appelant l'attention du monde sur la maçonnerie» de l'appeler aussi sur le m a ç o n n i s m e . très facile à saisir. .

dans les oeuvres de bienfaisance. matériellement. dans les lectures. Le maçonnisme est la doctrine maçonnique qu'ont l'habitude de tenir. dans la diplomatie. jusqu'à nos jours presque entièrement secrète. sa doctrine. L e maçonnisme est l'influence maçonnique dans les lois. ses initiations. Il y a là la maçonnerie et les maçons . L e s maçons sont ceux qui s'y sont affiliés et qui n'y ont pas renoncé par une abjuration formelle. complice et coupable de tout . c o m m e on peut le voir. mais ce n'est pas encore le maçonnisme. Il nous suffit pour le moment d'en donner une notion fondamentale. ses procédés. L e maçonnisme est plus et beaucoup plus que cela. et que tiennent. dans l'enseignement et dans toutes les sphères de la vie sociale. ne peuvent pas être appelés maçons. presque à l'égal d'une institution légale. T e l l e est en abrégé la société appelée la m a ç o n nerie. E l l e a son organisation. aujourd'hui publique et officielle. jusque dans la rue. dans les divertissements. parce qu'ils ne sont pas matériellement inscrits sur les registres de la maçonnerie.MAÇONNISME ET CATHOLICISME II L a maçonnerie est une association ou une secte. et partout c o n nue. l'encyclique Humanumgenus. de professer et de pratiquer. T e l est l'objectif principal et le plus étendu que vise. professent et pratiquent réellement plusieurs de ceux qui. O n peut être fauteur. etc. ses assemblées.

P o u r rendre notre pensée plus claire. le rayonnement diffus de ce foyer ténébreux de perversité antichrétienne qui s'appelle la m a çonnerie. Il étend son influence beaucoup plus loin que cette dernière . est cet horrible pouvoir que possèdent aujourd'hui les loges dans le monde entier. nous allons recourir au m o y e n simple et populaire des comparaisons. pendant le jour. et qu'elles ne posséderaient certainement pas. si la maçonnerie ne pouvait compter que sur le c o n cours de ses affiliés officiels. T o u t e f o i s . L'effet de ce maçonnisme ou de cette maçonnerie diffuse. il empoisonne. c'est- . corrompt et tue maçonniquement m ê m e un grand nombre de ceux qui ignorent l'existence des maçons et de la maçonnerie.. n'est assurément pas le soleil lui-même. et qui est celle qui éclaire. beaucoup plus funeste que celui de la maçonnerie dans son sens concret et matériel. et si elle n'était pas aidée et servie par la protection plus efficace d'un très grand nombre de maçons inconscients. les lieux où ne pénètrent pas les rayons du soleil. sans être positivement affilié aux loges ou avoir revêtu le tablier maçonnique. bien qu'elle ne soit pas le disque solaire. L a lumière que les physiciens appellent diffuse. C'est de lui qu'elle tire toute sa beauté. sasplendeur. Ainsi en est-ii du maçonnisme : il est le resplendissement. sa bienfaisante influence. c'est la lumière du soleil.12 MAÇONNISME ET CATHOLICISME cela.

c'est la maçonnerie. et spécialement telle qui a pour but de démasquer la maçonnerie. avec l'aide de D i e u . le doigt sur la plaie. et trouvons dans cet admirable document émané de R o m e le diagnostic de tout le mal social à l'heure présente. dans les chapitres suivants. marque d'avance h division naturelle de . se déroulent à nos y e u x . Nous le verrons. dont l'effet le plus général et le plus terrible dans ses conséquences est ce que nous avons appelé le maçonnisme. des horizons étendus. nous mettons. D e ce point de vue élevé. le but que nous poursuivons. avec l'aide de D i e u . est. de catholiques imprégnés. donnée aussi comme authentique par R o m e dans d'autres documents. en prenant une à une les paroles du P a p e . pourquoi ne le dirions-nous pas à notre t o u r ? — celle de libéralisme. L a première cause et la première racine de ce mal. Cette dénomination vulgaire et usuelle. Il nous semble que cette distinction ne paraîtra plus désormais si relevée et si métaphysique à quelques-uns de ceux qu'elle faisait peut-être sourire au début. quelquefois sans le vouloir. Il nous semble qu'ils c o m m e n cent à apercevoir par notre faconde poser la question. d'autres fois par leur faute. L a distinction que nous avons indiquée. O n verra déjà c o m m e n t .MAÇ0NN1SME ET C A T H O L I C I S M E à-dire. du m a ç o n nisme le plus raffiné. immenses.

c'est d'affirmer son existence. nous parlerons de la maçonnerie considérée dans son objet formel. ou de la secte en particulier. et principalement. quand ils se sentent atteints par une condamnation pontificale. nous tous qui nous faisons gloire de marcher sous les ordres d'un chef aussi vaillant. II De l'existence dans le monde actuel de cet horrible foyer d" anlichrislianisme qui s'appelle la maçon- L a première chose que fait l'encyclique Humanum genus au sujet de la maçonnerie. en raison de son i m p o r tance capitale. en second lieu. L a tactique des sectaires. et cela s e u lement par manière de construction de lieu .T4 MAÇONNISME ET CATHOLICISME notre travail : nous parlerons d'abord de la m a çonnerie considérée dans son objet matériel. est tou- . formaliler. L e Pape a ouvert la brèche par laquelle nous devons passer sans crainte ni respect humain. ou du maçonnisme et des œuvres et des influences maçonniques en général.Et cette affirmation semble mériter d'être signalée. in concreio.

ensuite. caractérisent leur perfidie native. non seulement en ce qui touche aux doctrines considérées au point de vue spéculatif ou théorique. qu'elles se trouvent exposées dans un livre.. qui ont été les hérésies les plus funestes des derniers temps. plus que tout le reste. à la faveur de ces subtilités diaboliques. De sorte que l'autorité décisive du magistère p o n tifical s'exerce n o n seulement sur le dogme et les enseignements qui lui sont opposés» mais aussi . sur l e ton de la plaisanterie. ont brillé entre toutes par l'habileté avec laquelle elles ont su se maintenir c o m m e sur un champ de bataille vaste et bien protégé. le jansénisme et le libéralisme.MAÇONNISME ET CATHOLICISME jours la m ê m e : tout d'abord ils assurent. que cette erreur ou cette secte contre laquelle est lancé Tanathème n'existe pas. qui. qui est précisément celui: qui la motive davantage. dans Tordre des faits. ils en v i e n nent toujours à distinguer dans la doctrine réprouvée un bon et un mauvais concept. qui furent les hérésies les plus formidables . que cette hérésie n'est qu'un mythe éclos dans l'imagination du Pape . ou incarnées dans une secte ou dans une institution. L'arianisme et le pélagianisme. mais non dans tel autre. l'Église a toujours opposé Tintailiibilité de son enseignement. mais aussi relativement à leur existence pratique. Contre ces subtilités tortueuses. prétendant que dans tel sens la condamnation est légitime.

que la franc-maçonnerie est une chimère. il y a moins d'un an. nous o c c u p o n s de la maçonnerie. pour peu. et. à toute heure. ce monde qui. Aussi bien. ou du moins ils l'ont été jusqu'à ce jour. nous qui. aussi arriéré. c'est-à-dire. c e u x qui ont cru que réellement la maçonnerie n'est q u ' u n e machine de guerre inventée par les orateurs on . est parfois aussi i n sensé. on verra que ce qui c o n v e nait avant tout. que Ton connaisse le monde malheureux avec lequel nous avons à vivre. tremblants à l'aspect d'un fantôme. je le répète. nonobstant ses fastidieuses prétentions de lumière et de civilisation. sur beaucoup de points. parlant avec un h o m m e considérable. nous avons entendu avec tristesse tomber de ses lèvres cette affirmation magistrale. Pour peu que Ton connaisse le monde m i s é rable dans lequel nous vivons aujourd'hui. c'était cette solennelle et très autorisée affirmation. Ils sont nombreux. et que nous ne sommes guère que des enfants à la mamelle. plus crédule et plus facile à tromper que s'il avait v é c u il y a trois siècles . qui se pique d'être savant et qui Test réellement dans une certaine branche.Jf> M AÇONNISME ET CATHOLICISME -sur le fait dogmatique. Il n'est donc pas oiseux que le Pape c o m m e n c e son très grave document en affirmant -l'existence de la maçonnerie. sur ce que nous pourrions appeler sa réalisation pratique dans la sphère sociale.

celle que la secte emploie avec le plus d'ardeur et sans contredit avec le plus de succès. P o u r tous ces hommes. adeptes ou affiliés se c o m p tent par millions. et animés d'une m ê m e IMAC ET CATH. Il existe une vaste association ou ligue. dans la plénitude de son infaillible autorité. palpitant. sans égard pour les différences de nationalité ou de . presque publique et officielle aujourd'hui. la très grave parole du Pape. . que la franc-maçonnerie existe. appellent notre attention. a c tuel. qui affirme. Ils n'observent pas que celte entreprise où Ton ne voit rien de la maçonnerie. c o m m e les autres q u i . est préci ément la première des ruses maçonniques. — 2. mais d'une façon beaucoup plus formelle encore par l'autorité divine de l'Église. qui compte par milliers dans chaque nation des centres secondaires appelés loges. non seulement par le témoignage des faits. cette parole pontificale est tombée c o m m e une bombe au milieu de leurs négations innocentes ou perfides. et existe véritablement. dans le monde extérieur et sensible.politique. rangés sous une bannière c o m mune. Il est donc certain et démontré. secrète j u s qu'à ces derniers temps. vivant. C'est là un fait réel. et dont les.MAÇONNISME ET CATHOLICISME les journalistes ultramontains. que les aveugles v o lontaires ont pu seuls jusqu'à ce jour ne pas voir. qu'il existe une secte appelée la maçonnerie ou la franc-maçonnerie.

à qui son Père a donné en héritage tous les siècles et tous les peuples. une société visible. organisée. U n e telle société. organisée elle aussi et possédant sa hiérarchie. par tout le m o n d e c o n n u . mais celui de m a ç o n n e r i e ou de franc-maçonnerie. c o m m e son éternelle rivale. peut fort bien s'appeler l'antichristianisme organisé. et travaille de tout son pouvoir à étendre chaque jour ses i n commensurables frontières. Et son désir est d'établir dans tous les pays et par tous les m o y e n s u n r o y a u m e universel de Satan en face du r o y a u m e miverscl de Jésus-Christ.MAÇONNISME ET CATHOLICISME haine contre le Christ et sa sainte Église C o m m e il existe. bien que. ou mieux l'Antéchrist. son immortel fondateur: ainsi il existe une autre société. formidable Église de Satan. ne porte pas ce n o m . société qui s'appelle le christianisme. et qui? uniquement pour des motifs de convenance stratégique. parce qu'elle est en quelque sorte la personnification des doctrines et des préceptes du Christ. pour des fins connues de son insonda- . en plein jour et au grand soleil. société qui. en opposition directe et en lutte continuelle avec l'Église du •Christ. soumise à des chefs r e doutables et mystérieux. qui est née et a g r a n d i à la faveur des ténèbres. étant c o m m e une personnification de toutes les haines contre le Christ. aj^ant ses chefs r e c o n nus et acceptés. se trouve répandue. avec sa hiérarchie .

en opposition avec ce qu'enseigne la sainte Église catholique. et elle porte en elle-même la clef de la majeure partie des événements modernes. ou directement contre D i e u . Son œuvre est ce m o n d e officiel établi partout. C e t t e société infernale existe. elle g o u v e r n e . c'est certain. D e ses centres sort c o m m e inspiré par Satan. elle pérore. la maçonnerie est v e n u e . elle écrit. apostolique et romaine. L e monde. en voulant que D i e u partage avec ses ennemis sa souveraine d o m i n a t i o n . pour ainsi dire.MAÇONNISME ET CATHOLICISME lç ble providence. ou honteusement. il ait permis que ce royaume divin soit en lutte continuelle avec le royaume de Satan. de principe et de procédés. donner à toutes ces forces individuelles. et. à peu près tout ce qui se prêche et s'enseigne aux peuples. en faisant abstraction de D i e u . elle étend son empire. mais il a une nature an- . séparées et désunies. depuis A d a m . des maximes. elle lutte. L e diable est mauvais. elle conspire. elle légifère. le démon et la chair avaient déjà. dans les temps modernes. elle travaille. ou hypocritement. une funeste unité de but. dont la perfection et la sagesse ne se comprennent et ne s'expliquent qu'en r e c o n naissant qu'elles sont diaboliques. des affections et des procédés opposés à la v é r i t é . mais que nous connaissons en partie. j u s qu'à l'heure du triomphe complet du Christ au jugement universel.

elle a sous ses ordres le chiffre énorme de 2 . pour ce qui concerne l'Europe. 0 1 4 loges. compte 88 chapitres. et par là m ê m e l'influence désastreuse de cette Église antichrétienn e . et a sous ses ordres 891 l o g e s . e Irlande. fut fondée en 1 7 3 8 .—La Grande L o g e d'Angleterre. date de 1 7 1 7 . Danemark. porte le titre de a Suprême Conseil du 5 3 degré 2>. aujourd'hui visible.— L a Grande L o g e écossaise dont le siège est à E d i m b o u r g .MAÇ0NN1SME ET C A T H O L I C I S M E géliquc. U n e autre puissance. et Jes dates suivantes. e e t Ecosse.—La Grande L o g e d'Irlande. d'après renseignement de la t h é o l o g i e . n'a été détruite ni par le péché ni par la punition qui lui a été infligée. L e Suprême C o n s e i l du 3 3 degré du rite écossais antique et accepté compte 10 chapitres. 0 1 9 loges. dont le siège est à Dublin. qui. de rite ((ancien et accepté » pour l'Angleterre et le pays de Galles. et régnant en souveraine ? O n en aura l'idée parla statistique. a sous ses ordres le nombre très considérable de 1 . Elle fut établie en 1845. autrefois très secrète et cachée. — L a Grande L o g e de Danemark. prépondérante. dont le siège est à L o n d r e s . Q u e l l e est l'extension matérielle. à un journal autorisé et que nous croyons bien renseigné : Angleterre. que nous empruntons. apparente. .

réunissaient 2. elle compte 61 loges et 4 . en 1884. h a .496 maçons actifs. se trouve à Berlin. Suéde et Norvège. et a ï o loges sous ses ordres. — L e Grand Orient de Belgique s'est établi à Bruxelles en 1 8 3 2 . Elle compte 1 1 3 loges. dont le siège est aussi à Berlin. date de 1 7 7 4 .—Le Grand Orient des Pays-Bas a son siège à la H a y e . L a Grande L o g e éclectique de Francfort fut fondée le 18 mars 1 7 8 3 . L a Grande L o g e de Bavière. avec un total de 42.762 associés.629 ^ liés. qui réunissent 13. — L ' A l l e m a g n e septentrionale possède huits pouvoirs maçonniques et cinq loges indépendantes. Belgique. fut fondée en 1 7 9 8 . fut fondée en 1 7 4 7 . il fut fondé en 1 7 5 6 . dont le siège est e n core à Berlin. qui a son siège dans cette ville. et compte 12 loges et 1. La Grande . fut fondée en 1 7 4 0 . qui.— La Grande L o g e de ces pays. 7 7 4 membres. et dispose de 79 loges. et a 33 loges sous ses ordres.185 associés.396 membres. Allemagne. et compte 31 loges et 2. Hollande. et fut fondée en 1 7 7 4 .095 affiliés. il dispose de 24 loges.L o g e régionale d'Allemagne.fut fondée en 1 7 5 4 . dont le siège e s t a Stockholm. L a Grande L o g e royale d ' Y o r k . la loge mère. L a Grande L o g e de Hambourg. La Grande L o g e nationale. et compte 107 loges.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 21 dont le siège est à C o p e n h a g u e . avec un total de 8.

qui a son siège à Darmstadt. et compte deux loges. fondée en 1870. fut fondée en 1846 . 1 1 dans les colonies. elle compte 9 loges et 896 membres. il fut fondé en 1 7 3 6 . 208 dans les autres départements. — L e Grand Orient de Hongrie réside à Pcsth . L a Grande L o g e r é gionale de Saxe. O u t r e le Grand Orient. 1 4 à A l g e r .22 MAÇONNISME ET CATHOLICISME Soleil* fut fondée le 2 1 janvier 1 7 4 1 . compte 24. 13 dans le départem e n t de la Seine. et compte 18 loges et 3. L e conseil suprême du grandduché de L u x e m b o u r g fut établi en 1844. 3 L a Grande L o g e symbolique écossaise de France.000 membres. et 28 chez les nations étrangères. il existe à Paris : i ° L e Suprême Conseil du rite écossais ancien^ accrédité pour la France et ses dépendances (ou possessions hors du continent) . La Grande L o g e de Hongrie. fut fondée en 1 8 1 1 . et compte 15 loges. Luxembourg. et tient sous son o b é dience 66 ateliers à Paris. et compte 2 4 loges et 1. — L e Grand Orient de France réside à P a r i s . il fut fondé en 187 r. Hongrie. loges et 783 membres.701 membres. France. dont le siège est à Dresde. 2 L'ordre maçonnique oriental du Misraïm ou d'Egypte . 0 0 . L a Grande L o g e de l'Union maçonnique.

. fusionnèrent en 1 8 6 9 . car il faut remarquer qu'il y en a un nombre égal dans les autres contrées du m o n d e connu. il a ÎOUS ses ordres 182 loges.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 2 3 Italie. Il fut onde le 15 janvier T726 par lord W a r t o n . il ressort de cette ténébreuse statistique qu'il existe. s e Suisse. N o u s disons : < c en Europe seulement ».—Le Grand Orient national d'Espagne. D e plus. en Europe seulement.— L a Grande L o g e de Berne. 5. il compte 2 1 6 loges et 3 chapitres.— L e Grand Orient de Lisbonne et le Suprême Conseil de la maçonnerie portugaise. fondés en 1805. fondée en 1844. — L e Grand Orient d'Italie. réside à Madrid. Portugal. En résumé. il existe un Suprême Conseil de la • Maçonnerie espagnole. fondé en 1 8 6 8 . où la corruption maçonnique a pénétré d'une façon particulière. Espagne. ils c o m p tent 1 1 4 loges. et compte 150 ateliers. Suprême C o n seil. grande loge espagnole. et spécialement en Amérique.486 loges ou paroisses de cette Église infernale. compte 7 4 loges. fut fondé en 1 8 6 1 .

< r Dans l'espace d'un siècle et demi. . le caractère pernicieux et absolum e n t antichrétien de cette influence sociale. dit le P a p e . sous un prétexte q u e l c o n q u e .24 MAÇONNISME ET CATHOLICISME II Si la maçonnerie a réellement Vinfluence et la puissance qu'on lui suppose dans le monde aclueV Après avoir affirmé l'existence de la m a ç o n n e rie contre ceux qui. Employant en m ê m e temps l'audace et la ruse. s'efforcent de faire passer pour un m y t h e fantastique cette ténébreuse conspiration contre D i e u . il est résulté nécessairement pour l'Église. d'un pouvoir qui équivaut presque à la souveraineté. et elle c o m m e n c e à jouir. la secte maçonnique a fait d'incroyables progrès. maintenant qu'il ne leur est plus possible de nier son existence matérielle. au sein des Etats modernes. -secondement. D e cette rapide et formidable extension. C e sont là deux vérités que s'obstinent a obscurcir et à voiler les partisans de la secte infernale. le Pape en vient à formuler sur le m ê m e sujet deux autres affirmations très importantes: premièrem e n t . sa formidable influence sociale actuelle. clic a envahi tous les degrés de la hiérarchie s o ciale.

des maux que nos prédécesseurs ont prévus longtemps à l'avance. mais pour les États au sein desquels ont acquis une influence considérable et cette secte des francs-maçons et les autres associations semblables qui concourent à son œuvre de destruction o u lui servent de satellites )>. non pas les groupes les plus avancés de la d é m a - . mais aujourd'hui. c o m m e o n dit c o m m u n é m e n t . nous le savions déjà . un repaire de gens sans aveu. Ainsi tous les degrés de la hiérarchie sociale sont infectés de cette lèpre : non pas précisément tels ou tels milieux sociaux. dans lesquels on trouve plus ordinairement.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 25 pour l'autorité des princes et le salut public. mais une association qui a envahi tous les degrés de la hiérarchie sociale. N o u s avons traduit ici ce paragraphe dans son intégrité. une disposition plus grande à toute espèce de forfaits . N o u s savons officiellement par lui que la franc-maçonnerie n'est pas une association quelconque. dont les fondements sont à l'abri de toutes les attaques des hommes. Aussitôt. en apparence du moins. parce que. nous sommes avertis officiellement. Assurément. on s'est trouvé en présence de très graves motifs de crainte pour l'avenir. dans son austère laconisme. une ligue de malfaiteurs vulgaires. non • point assurément pour l'Église. il compte parmi les plus graves de ce d o cument si important.

d'un mal chronique peu dangereux. ceux qui forment son avant-gardf et ses éclaireurs. toute idée d'autorité. un certain phylloxéra. et cela.mais c o m m e un mal qui comm e n c e à prendre. N o n : la maçonnerie. non point à la façon d'une affection sans gravité. nous s o m mes vus couverts de confusion. c'étaient la M a çonnerie pure. son Eglise et ses fils les plus dévoués. et bien plus encore le m a ç o n n i s m e . lorsque. qui a déchaîné contre nous tous les efforts combinés de la société actuelle ! nous. selon la parole formelle du Vicaire de Jésus-Christ. ceux qui. et d'abolir sous les coup* de leur haine égalitaire toute distinction hiérarchique.26 MAÇONNISME ET CATHOLICISME g o g i e moderne. si souvent. exagérés et fanatiques. au sein des Etats modernes. qu'elle équivaut en quelque sorte. une influence tellement prépondérante. à une vraie souveraineté. avec des réserves plus ou moins expresses. l'hérésie formelle contre D i e u . qui étaient les principaux •éléments constitutifs de cette organisation m o - . l'hétérodoxie pure. son Christ. nous nous risquions jusqu'à exprimer cette môme pensée. qui a atteint tan •les degrés de la hiérarchie sociale. presque e x c o m muniés. Juste ciel ! et nous qui. qui avons toujours cru qu'à tous les points de v u e . sans déguisement a u c u n . c o m m e le dit textuellement le Souverain Pontife. est une maladie. annoncent leur horrible désir de bannir de la terre le n o m de D i e u .

Gravons ces enseignements dans notre m é m o i r e . avec un ennemi quinous coudoie partout.nclinés respectueusement devant la suprême iffirmation du V i c a i r e de Jésus-Christ. et ne permettons pas qu'ils en sortent jamais.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 27 derne. si nous ne veillons pas avec un zèle constant et actif. elle nous épie encore. et que ceux-là seuls peuvent prévoir et é v i ter. pour faire la guerre à Jésus-Christ N o t r e Seigneur ! Il est vrai que nous nous sommes •. N o u s sommes aux prises avec une contagion qui a envahi toutes les sphères de l'ordre social. et m ê m e dans les emplois officiels. pensons aux ennemis contre lesquels nous avons à combattre à toute heure. où son pouvoir v a sur le pied de la souveraineté. . Elle nous combat ouvertement sur la place publique. jusque dan? les œ u v r e s de p i é t é . qui attire vers la terre et est patronnée o u vertement et sciemment par tous les enfants de Bélial. nous attaque. Elle se cache astucieusement et pénètre jusqu'à notre foyer domestique. avec qui nous marchons . qui nous assure que cette peste a déjà infecté toutes les sphè res de Tordre social existant. qui sont saintement intransigeants. et répand partout le poison. avec une atmosphère qui nous pénètre. Sachons dans quel milieu nous vivons. à la mode de l'aspic caché sous les fleurs. elle conspire contre nous au m o y e n de mille pièges très habilement tendus.

Cela est évident. qui est la caractéristique de l'époque : une sage et prudente défiance de tout ce qui l'entoure. l'atteinte de ce virus maçonnique qui a empoisonné tous les degrés ou sphères de l'ordre social. n o n point à la légère. Il y a quelque temps. ce conseil franc et loyal eût été taxé de manque de charité par quelques malheureux qui ignorent peut-être que ce m ê m e mot « charité » est celui que nous avons l ' h a bitude de regarder depuis quelques années c o m m e celui qui doit le plus inspirer de défiance. parce que ce critère de défiance et de pessimisme que nous proclamons ici. dans notre mode actuel d é v i e et de combat. ce que nous nous permettrons d'appeler u n c r i tère de défiance. A u x vertus fondamentales qu'en tout temps le vaillant champion de la vérité a dû considérer c o m m e propres à sa condition. Elles érigent c o m m e principale règle de prudence.28 MAÇONNISME ET CATHOLICISME C e s paroles sont solennelles et renferment un grand principe de conduite. O u i . puisque tout ce qui l'entoure est i n fecté. principalement à l'endroit des pouvoirs publics. mais après mûre réflexion. n'est pas fondé sur notre appré- . nous nous décidons à écrire ce m o t sans hésiter. il faut ajouter aujourd'hui celle-ci. une importante règle pratique pour la vie du catholique de notre é p o que. a subi la contagion. O n ne le dira plus à l'heure actuelle.

au moins telle qu'elle est en réalité. parmi ceux qui peuvent être bien renseignés. comme nous l'avons dit. IV Mais ne dit-on pas par ici. qu'on nie ou qu'on mette en doute son existence. où elle désespère d'y réussir. c'est un masque c o m m o d e et sympathique dont elle s'enveloppe . elle agit conformément à ses instincts de secte secrète. là où elle peut l'obtenir. En cela. Masque c o m m o d e . i'autant plus que cette m ê m e secte diabolique l'a pas trouvé de masque plus convenable pour . avons-nous dit. elle se contente de n'être pas connue. Dans ce but. au contraire. ce qu'elle cherche avant tout.MAÇ0NN1SME ET CATHOLICISME 29 Jation. et il n'en est pas qui se prête mieux à ce jeu que celui de la charité.e cacher. affectant de ne se faire passer pour rien noins qu'une pure association de bienfaisance. car il n'y a rien de . c'est. L à . que la maçonnerie est une pure association de bienfaisance l Naturellement: ce que désire par-dessus tout la secte maçonnique. que celui de la sainte pratique de la rharité. mais sur la parole formelle du Pape .

c o m m e sont toujours sympathiques la générosité et la libéralité. oui ou non. Masque sympathique. à la faveur de cet aspect extérieur de bonne œ u v r e . O u i . ceux qui ne r e g a r dent pas le fond des choses et qui ne considèrent que leur côté extérieur et apparent. avons-nous ajouté. elle cache aux simples son véritable caractère. nous allons le voir à l'instant. En conséquence. elle attire à elle. fait pareillement justice de cette ruse satanique. la maçonnerie est une association de bienfaisance. la maçonnerie cst-clle. sance? O u i et non : nous allons donner l'explication de cette réponse singulière. à travers les différences de nationalité et de race. d'une certaine façon. et en apparence c o n tradictoire. c o m m e nous allons le v o i r également. elle n'a pas trouvé de meilleur m o y e n . Elle o b tient par là deux résultats : premièrement.MAÇONNISME ET CAMlOUCISME plus facile pour une association que de se donner le n o m et les apparences d'une association de charité :. dans son encyclique. L e Pape. puisque. D ' o ù il résulte que le but de la maçonnerie est de se montrer bienfaisante et philanthropique. p o u r recruter des adeptes en grand nombre et pour les conserver unis au m o y e n d'une certaine solidarité. s e c o n dement. quels qu'en soient le principe et la source. une association de bienfai-.

en vertu de laquelle un affilié. X . E t Ton comprend aisément qu'il ne peut guère en être autrement. est assisté par ses coassociés dans ses besoins. O n a cité récemment le cas d'un jeune h o m m e très rangé. sauf quelques rares et très honorables exceptions. en quelque endroit qu'il se trouve. et de donner votre n o m à la L o g e ». . le titre de maçon est la m e i l leure des recommandations pour arriver à être avantageusement placé. et qui n'ont pas été arrêtés par un tel scrupule. auquel il pouvait prétendre à bon droit. . dans l'obtention d'un emploi.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 3* qu'une protection mutuelle universelle. Celui à qui il manifestait son désir. L e jeune h o m m e . . on ne parvient guère à la fortune que par ce chemin. Ainsi. A u jourd'hui. de passer chez M . L'État moderne est constitué d'une façon essen- . « A l lez d o n c ! ne faites pas l'enfant.-mon cher ami. . lui répondit simplement : « Il v o u s suffit. » E n effet. etc. déclara qu'il ne recourrait pas à un m o y e n que réprouvait sa conscience. il doit en être ainsi dans la plupart des cas. répliqua l'impertinent interlocuteur : v o u s trouverez inscrits sur les registres de la L o g e une longue liste de personnages qui sont aussi catholiques que vous. qui aspirait à un certain emploi. dans diverses circonstances et dans certaines branches d'administrations ou de services publics.qui était un fervent catholique. dans ses relations.

si elle le désire. Et la maçonnerie serait bien insensée. dans la distribution des e m plois et des charges ou fonctions publiques. mais au contraire extrêmement habile. D e l i vient que. qui est le plus haut degré d'absolutisme qui se puisse imaginer : il en résulte c o m m e conséquence rigoureuse que tout ou à peu près tout est subordonné aujourd'hui.MAÇONNISME ET CATHOLICISME tiellcmcnt maçonnique. C'est ce qui explique pleinement le phénomène de certaines élévations et de certaines disgrâces. et arrêter pareillement à son gré tel ou tel avancement. et aujourd'hui la chose publique est organisée et établie de telle sorte que presque tout y dépend de l'influence de l'État. ses principaux représentants sont maçons. elle peut aussi le suppléer. il n'est pas invraisemblable . Dans les grades de l'armée. O r la maçonnerie est scélérate. on voit souvent la main puissante de la maçonnerie élever qui elle veut. Dans les concours littéraires et dans la confection des listes ¡de ces concours. dans les carrières publiques. n'est pas insensé. à l'influence directe ou indirecte de la m a ç o n n e rie. la maçonnerie aide le mérite personnel . si elle ne faisait pas tourner à son avantage cette p u i s sance colossale dont elle jouit dans les Etats m o dernes. tout pervers qu'il est. son inspirateur occulte. mais elle ne manque pas d'habileté: de môme que Lucifer.

C'est ainsi que l'on voit s'accomplir à la lettre ce que l ' A p o c a lypse a prophétisé du règne de cette bête s y m b o ique qui désigne. à monopoliser de telle façon les fonctions sociales et l'opinion publique elle-même. ET CATH. A la faveur des immences ressources qu'offrent aujourd'hui le journalisme et l'association. Dans le commerce et la n a vigation. la maçonnerie peut arriver. seraient restés dans l ' o b s curité. Dans les lettres. à des ouvrages s c i e n tifiques qui. c o m m e elle étouffe sous la criminelle c o n s piration du silence l'œuvre du plus sublime génie. d'après tous les interprètes.MACONNISME ET CATHOLICISME qu'elle fasse plus ou moins incliner la balance et fléchir la conscience. employer d'autres projectiles que l'or. — . et parfois. Dans les guerres. le mouvoir antichrétien des derniers temps. que personne ne puisse M A C . < r Elle obtiendra. elle procure à Timproviste un succès fabuleux à des drames. sur certains points donnés. elle ouvre les places. elle ménage les relations qui sont d'une importance capitale pour le succès. elle reinporte des victoires étonnantes. sans elle. elle facilite la c o m m u nication des plans et les confidences. dans l'impossibilité de se faire u n e place quelconque dans la v i e sociale. à des romans. qu'elle arrive à mettre quiconque ne se soumet pas à sa domination. qui ne consent pas à accepter l'odieuse estampille de la secte. est-il dit.

c o m m e on doit le faire. et sans l i m i ter son assistance au cercle de ceux qui sont déjà affiliés ou que Ton veut gagner à Vassociai ion. pour des fins purement et proprement charitables. et qui doute qu'elle ne l'ait déjà réalisé en grande partie ? Ainsi. dans la vie moderne. elle se convertit en société de secours mutuels pour ses affiliés. C'est à la réalisation de ce but que. convergeant tous vers l'intérêt général de la secte. à s'étendre et à exercer sa désastreuse influence sur la machine sociale. sinon celui qui porte sur son f. L a m a ç o n n e r i e est une a s s o ciation pernicieusement bienfaisante. . en tant qu'elle travaille. tant en faveur du corps q u ' e n faveur de l'âme de celui qui en est l'objet. Et en m ê m e temps que ce piège l'aide à gagner et à conserver ces affiliés. C'est là que se trouve la raison de notre demande. dont elle est aujourd'hui le ressort le plus puissant. ou mieux de notre réponse affirmative et négative. une association consacrée à l'exercice de la charité. il lui sert aussi à couvrir d'un manteau d'honneur la contrebande de sa propagande. tend sans cesse la m a ç o n n e r i e . Elle n'est pas une association de b i e n faisance. si on entend par là.ont la marque ou le sceau de la bête ou le chiffre de son n o m ».H MAÇ0NN1SME ET C A T I I O L I C i S M F acheter ou vendre. dans un but d'union ou d'association d'intérêts individuels. à l'aide du secours que se prêtent mutuellement ses membres.

il en est ainsi. la m a çonnerie en est venue à se substituer c o m p l è t e ment à l'antique influence sociale dont jouissait le catholicisme dans des temps meilleurs. pour nos péchés. le Pape l'a dit. Dans un grand nombre de . devant lequel tous les autres deviennent inutiles. et que les maçons ne se vantent point d'un pareil triomphe. de ce qui a été dit dans le paragraphe précédent Q u e la maçonnerie ne soit pas une association de bienfaisance et de charité. et auquel il est impossible de faire une réponse satisfaisante et raisonnable. son p o u voir occulte équivaut en quelque sorte à la s o u veraineté. O u i .MAÇONNISME ET CATHOLICISME 35 V Confirmation. d'une prépondérance et d'une influence considérables .dans le monde moderne officiel et extra-officiel. V o i c i cet argument : La maçonnerie jouit. En beaucoup de points. T r è s fréquemment. c'est un point dont on acquiert la démonstration et la conviction à l'aide d'un seul argument. comme l'affirment ses affiliés et ses patrons. à l'aide d'une observation fort bien appropriée à la circonstance. N o u s exprimerons la m ê m e pensée en termes moins voilés.

peuvent être plus splendides. L e s grandioses aqueducs. les superbes arcs de triomphe. elle laissait partout des monuments insignes de son esprit véritablement humanitaire et charitable. Q u e nos adversaires ne viennent point ici nous jeter à la face leurs banales accusations de ténèbres et d'obscurantisme. le maçonnisme possède pleinement aujourd'hui toute l'influence et toute l'action dont jouissait.MAÇONNïSME ET C A T H O L I C I S M E sphères de notre société. Cela est écrit dans l'histoire. Lorsque. et toute leur rhétorique sera impuissante à l'en effacer. les confortables stations thermales. les instituts pour le rachat des captifs. inventés p a r l e paganisme. . â d'autres époques. les orphelinats. aux 'siècles de sa prépondérance s o ciale. encore qu'ils soient fréquemment arrosés de sang . Lorsque l'Eglise exerçait dans le monde sa prépondérance pour le bien de ce même m o n d e . lee asiles de pèlerinage. l'influence catholique dominait le monde. les hôpitaux. les vastes cirques. une souffrance physique ou m o rale sur laquelle elle n'étendit sa main maternelle. soutenus et desservis que par le catholicisme et dans le catholicisme. l'Eglise catholique. il n'y avait pas un besoin auquel elle ne s'intéressât. une larme qu'elle n'essuyât. n'ont été fondés. Mais c'est ici que nous entrons en plein dans notre argumentation. une amertume qu'elle n'adoucît.

la sainte Eglise de Dieu trouve dans le fond inépuisable de son immense charité mille ressources et m o y e n s pour secourir et c o n soler le genre humain. un h o m m e de Dieu. qui ouvriront incessamment leurs maisons au milieu de la fumée du . la fondation à Grenoble des c e Petites Sœurs de VOuvrier. chaque jour en voit éclore de nouvelles sous l'action de la foi généreuse qui vit en elle. radiés ainsi à la propagande socialiste par le zèle de l'infatigable fondateur. pauvre. Il n'y a pas encore un demi-siècle qu'elle a fondé les Pcliles Sœurs des Pauvres : et ces anges terrestres ont déjà ouvert des asiles de vieillards dans le monde entier.MAÇONNISME E T CATHOLICISME 37 Il n'y a pas un coin de terre o ù le christianisme ait dominé. les h é r o f d e bienfaisance publi» que qu'il a canonisés : tout cela est connu et remplit nos glorieuses annales. persécutée. Il y a moins de temps encore. fondait ses Ateliers Salèsiens. il y a quelques jours. Aujourd'hui m ê m e . dépouillée dans le monde entier. sans que Ton y voie des preuves claires et irréfutables de cette vérité. les grâces spirituelles au m o y e n desquelles il a vivifié et e n couragé tout cela. dom Bosco. O n annonçait. les ordres religieux qu'il a établis à cette fin. Ses institutions anciennes se maintiennent dans toute leur v i g u e u r . Les mille associations qu'il a inspirées dans ce but. où déjà plus de cent mille jeunes ouvriers sont occupés et ar. méprisée.

ou mieux défait. a p p a u vrie et attaquée de toutes parts! Q u e fait. ses o r p h e linats et ses léproseries. Elle s'est employée avec une fureur extrême. les femmes perdues qu'elle réhabilite. en faveur de ses ennemis et de ses persécuteurs. pour les désinfecter de cette autre fumée infernale qui asphyxie si souvent l'âme du pauvre travailleur. la franc-maçonnerie toute-puissante et triomphante ? O ù sont les œuvres qu'elle a fondées. ses refuges? En vain les cherchons-nous dans les statistiques contemporaines : les cadres officiels dressés par les gouvernements n'en font mention nulle partL a maçonnerie n'a-t-ellc donc rien fait? O h ! s i : elle a fait. les Frères et lec S œ u r s qu'elle a envoyés à la mort aux jours lugubres des épidémies. qu'enfante et que produira encore. les enfants qu'elle recueille. cette Église de D i e u . ses écoles d'arts et métiers.MAÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E charbon de terre de nos usines. en faveur des pauvres et des délaissés. de son côté. V o i l à les merveilles qu'a enfantées. pendant des années et des années. à démolir toutes nos institutions. les délaissés qu'elle entretient. ses spacieux asiles. les morts qu'elle ensevelit ? O ù sont ses vastes hospices. vilipendée. les institutions qu'elle a créées. les vieillards qu'elle console. beaucoup de c h o ses. à détruire toutes nos œu- . les infirmes q u e l l e assiste.

qui sont également son œuvre. demandons-le à ces démagogues convertis en opulents propriétaires. qui sont aussi ses lois. demandons-le à ce superbe carrosse traîné par des coursiers vigoureux. Q u ' o n mette . philanthropique et humanitaire. et sur lequel étale sa respectable personne ce m a ç o n philantrope qui s'est enrichi avec les biens des établissements de bienfaisance .m ê m e . c'est à ce point qu'elle est bienfaisante. avec les biens des hôpitaux vendus aux enchères. pour le plaisir de ses seigneurs d'emprunt.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 39 vres. A u m o y e n de mille autres ruses et procédés. elle a ravi à l'Église tout ce que la piété des fidèles avait accumulé dans ses mains en faveur des pauvres. qui sont pareillement une de ses inventions. elle a éloigné. en France. elle a réussi à paralyser partout notre action. A u m o y e n des lois de désamortisation. à l'arracher. au m o y e n des solidaires. A u m o y e n des lois h o s tiles aux congrégations. la maçonnerie ! Demandons-le aux luxueux monuments qu'elle a élevés sur r e m p l a c e m e n t des antiques monastères. aux mains de la miséricorde divine à l'heure suprême de la mort. à éloigner le pauvre du prêtre. et à le priver des honneurs de la sépulture chrétienne après son décès I I I A h ! oui. qui sont ses lois. du lit du moribond la sœur de charité e l l e . à diminuer notre influence.

pour elle-même et pour ses adeptes. une association de bienfaisance. c o m m e les voit le Pape. des biens des pauvres et de l'Église I VI De la maçonnerie considérée au point de vue doctrinal. se . en effet. armés de tabliers. que. après cela. la question de s a voir si la maçonnerie est. le moment nous semble venu d'en parler au point de v u e doctrinal ou formel. pour nous et pour tout catholique qui voit clairement les choses. qui est le véritable objet du travail actuel. d'écharpes et d'équerres. qui a su si bien tirer profit. ce qui constitue la véritable g r a vité de ce sujet. ou du maçonnisme. oui ou n o n . dont ce qui précède n'est que le prélimaire ou le prologue. c o m m e nous l'avons dit au début. ce n'est pas le groupement d'un nombre plus ou moins considérable d ' h o m m e s . Il est évident. principal objet de cet opuscule. Après les courts articles consacrés à donner une faible idée de la secte maçonnique au point de v u e matériel.40 MAÇONNlSME ET CATHOLICISME encore en doute.

Le maçonnisme est un ensemble de principes. et qui a perdu aujourd'hui une grande partie de son intérêt. plus large. L e sujet qui sollicite actuellement notre attention est moins connu. c'est un concept plus général. son i n fluence . c'est son esprit. depuis que la maçonnerie a cessé de tenir ses mystères enveloppés dans l'ombre ou dans le demijour. leurs fetes et leurs cérémonies ? C ' e s t là une étude qui demanderait plus de cent v o l u m e s . d'applications. qui a une signification plus étendue . d'une plus vaste compréhension. une mascarade plus ou moins esthétique et bouffonne. N o s lecteurs peuvent donc sur ce point r e courir à quelqu'un des auteurs qui ont écrit sur cette matière. après l'avoir fait sortir complè- . c'est cette atmosphère qui s'étend dans tous les sens et parvient à infecter de fon poison le monde entier et à faire de nombreuses victimes m ê m e parmi ceux qui ne sont pas m a ç o n s . qui ont réussi à former un courant qui entraîne le monde moderne.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 41 plaisant à faire. L e maçonnisme est quelque chose de plus que la maçonnerie : c'est un mot. Q u e l est le nombre de ces h o m m e s ? quelle est leur organisation ? quels sont leurs grades. de procédés. L e maçonnisme. de maximes. c'est la doctrine de la maçonnerie. à certains jours donnés. de théories. c o m m e on dirait dans le langage de l'école.

Après avoir exclu du monde s o - . C'est là le plus h o r rible caractère de l'époque actuelle : l'ignorance complète de leur véritable situation. et que. souvent sans y penser. en qui la Révolution trouve ses auxiliaires les plus actifs et les plus puissants. et ils font tout cela sans être m a çons. un critère maçonnique à la place d'un critère catholique: ils voient. elle a déjà obtenu en grande partie. dans laquelle vivent un grand nombre d ' h o m m e s catholiques à leur façon. et qui voudra persévérer dans su fermeté. disons-le franchement. et persuadés peut-être qu'ils abhorrent très cordialement la maçonnerie. parce qu'ils se sont formé. décident. une singularité exotique qui contraste ivec tout ce qui l'entoure. semble aujourd'hui un prodige. . Et ils le jugent naturel et acceptable. au moins dans sa partie officielle. T e l est le triomphe véritablement satanique que se propose d'obtenir la maçonnerie.'est. L e maçonnisme enfin. ce que trouveront na:urel et acceptable les h o m m e s du monde à l'heu* re actuelle. agissent selon les principes maçonniques . apprécient. un phénomène. jugent. de Is /oie antique que lui avaient tracée Dieu et l'Église Le maçonnisme est cette chose qui fait q u ' u r :hrctien ferme. hélas! de nombreux catholiques obligés en conscience à raisonner selon d'autres principes. et m ê m e . à peu de chose près.MAÇONNISME ET CATHOLICISME c m e n t .

et pour édifier le nouvel édifice. . lorsque tout le monde officiel ne sera plus qu'une immense l o g e ? Aussi a-t-on raison.MAÇONN1SME E T C A T H O L I C I S M E 4? cial l'image du Christ que la prédication c h r é tienne y avait imprimée. et dont elle n'a plus besoin désormais pour accomplir son infernale mission. la m a çonnerie ayant déjà atteint son but social. L'instrument perd son importance. A quoi serviront-elles. qui est Tàme de la société. lorsque cet édifice est construit. elle a remplacé le catholicisme. en effet. qui ne veut pas afficher de signes chrétiens. Cette dernière a été l'instrument dont on s'est servi pour démolir l'antique édifice dont la croix était le couronnement. sans que le monde semble s'être aperçu de ce changement. si les choses continuent à aller de l'avant.Aussi bien.de la voir un jour déclarer la fermeture de toutes les loges. c o m mence à mettre de côté ce cérémonieux apparat dont elle s'était entourée jusqu'ici. j u s qu'à un certain point. de dire que la miçonnerie . Voilà pourquoi nous donnons au maçonnisme une si grande importance au-dessus de la m a çonnerie. par le maconnisme. sans que l'imprévoyance des hommes leur ait permis de constater aussitôt la différence qui existe entre l'esprit qui anime aujourd'hui le corps social et celui qui l'animait en d'autres temps. C'est au point que nous ne serions pas étonnés. et l'avoir remplacée par l'image de Satan.

ce qu'est le m a ç o n nisme.44 MAÇONNISME ET CATHOLICISME a aujourd'hui moins d'importance qu'il y a un siècle. N o u s allons donc voir. L e maçonnisme et le Catholicisme sont les véritables éléments essentiellement opposés. L a maçonnerie n'est pas seulement une société qui a des adeptes . L e maçonnisme domine tout aujourd'hui. et quels sont les points principaux sur lesquels il est en désaccord avec la doctrine catholique. il ne reste debout que le Catholicisme. quelles sont les applications pratiques dans lesquelles se reflète son inspiration satanique au sujet de la société actuelle. ou concept essentiel de toute la doctrine maçonnique. en prenant pour guide le Pape. qui a perdu sa principale raison d'être. au milieu de c e s ruines qu'il a amoncelées. le maçonnisme régnant partout en souverain. clic est encore un symbole de . la nïaçonncrie doit renoncer à sa propagande. résumé en deux mots tout le plan de n o tre présent travail. Cela est naturel. dans la terrible lutte actuelle : c'est pourquoi nous avons synthétisé. En face de l u i . 1 VII Concept intrinsèque de la . maçonnerie sous le rapport doctrinal.

jusqu'à la vie privée. A u x termes de cette définition. . aux mille influences qui tentent de les faire prévaloir. qui précisent et définissent clairement toute la question : « L e s francs-maçons se proposent. et dont les principes et les lois fondamentales soient tirés du naturalisme J>.. l'exclusion de Tordre surnaturel chrétien. et.'C'est à ces doctrines maçonniques. nous le demanderons maintenant. le concept. Qu'est-ce que le naturalisme? C e m o t porte en l u i . au moins.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 4> doctrines. à l'application variée que l'on fait de ces doctrines à la vie publique. ou. que ses adeptes s'efforcent défaire prévaloir a tout prix dans la sphère sociale. Le naturalisme est la négation. de détruire entièrement toute discipline religieuse et sociale née des institutions chrétiennes. l'idée fondamentale du m a ç o n nisme ? L e Pape répond. le maçonnisme n'est donc que le naturalisme. et de lui en substituer une autre adaptée à ses idées. et son étymologie fournit sa plus claire définition. et tous leurs efforts tendent à ce but. de nos jours.m ê m e sa signification. en ces termes. Q u e l est donc. dans sa magistrale encyclique Humanum gcnus. que nous donnons le n o m de maçonnisme.

qui n'a aucun m o y e n . n'a pas besoin de réhabilita- . il faut encore qu'il soit chrétien. C'est sur les principes de la vérité éternelle.non l ' h o m m e naturel qui est tombé. L e naturalisme part de principes radicalement opposés. et. l ' h o m m e doit etrc. qu'est fondé le catholicisme. et c'est de ces m ê m e s principes qu'il tire logiquement toutes ses conséquences. D'après lui. L'existence de l ' h o m m e ne lui donne pas son entière perfection. Pour parler plus c l a i rement. mais l ' h o m m e surnaturalisé que Jésus-Christ a relevé et soutient par sa grâce.MAÇONN1SME ET CATHOLICISME L e naturalisme est donc un antichristianisme complet et parfait. pressentis un jour par la philosophie humaine elle-même. P o u r être convenablement bon et obtenir sa fin dernière. T o u t Tordre chrétien est fondé sur le d o g m e de la chute originelle de l ' h o m m e et sur celui de sa réhabilitation par l'Incarnation du Fils unique de Dieu. il ne suffit pas aujourd'hui à l ' h o m m e d'être l ' h o m m e de la création. Entrons ici dans quelques explications. l'homme n'est pas tombé. ni pour être c o n v e nablement bon sur la terre. ni pour arriver à sa fin dernière au sortir de cette v i e . mais mis en lumière seulement par la révélation divine. il doit être en outre l ' h o m m e de la rédemption.L ' h o m m e naturel est donc l ' h o m m e de péché. par conséquent.

ainsi la société se suffit-elle également. elle n'a nullement à résister aux mauvaises inclinations et aux instincts pervers. il n'a besoin d'aucun secours qui soit hors de la connaissance et de la portée du naturalisme. il surmonte toutes les résistances que l'appétit ou la passion opposent à la loi morale. puisque. Jésus-Christ a donc été un pur h o m m e . et ils lui suffisent absolument . elle est parfaitement éclairée et possède l'omniscience . L ' h o m m e a donc en lui-même tous les m o y e n s propres à obtenir ces fins.m ê m e . en échange. parce que sa volonté n'a pas été affaiblie . parce que son libre arbitre n'a subi aucune atteinte. le naturalisme n'en est pas bien certain. il sait tout ce qu'il lui est nécessaire de savoir. mais. même à sa fin dernière. il observe tout ce qui lui convient. F i donc de tout cet ordre surnaturel que le christianisme proclame c o m m e un auxiliaire indispensable de la nature infirme et déchue ! Q u ' i l ne soit plus question de Jésus-Chist considéré . dans sa volonté. dans sa raison. et. Et c o m m e l'homme se suffit en tout à l u i . S'il y a eu un Dieu créateur.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 47 tion. elle est parfaitement saine et n'a aucun penchant au m a l . dans son libre arbitre. parce que sa raison est dans toute son intégrité . pour arriver à toutes ses fins. il sait pertinemment qu'il n ' y a pas eu de R é d e m p teur. et l'Église est une pure duperie. L'être raisonnable est parfait.

qui s'appelle D i e u . légèrement esquissé. il est une m i sérable ruine de quelque chose qui a eu un jour . l'idée que se fait le naturalisme de l'homme et de la société. appu3'éc sur tous ses puissants motifs de crédibilité. m y s t é rieux. la société est parfaite. Voilà. son libre arbitre est continuellement en lutte avec les instincts pervers. contre laquelle protestent l'expérience et le bon sens de tous les siècles. Il n'est pas un être parfait. et qui est la dernière négation logique du naturalisme. l ' h o m m e est parfait. de l'organisation speciale du surnaturalisme qui se n o m m e l'Église catholique. est une idée évidemment fausse. L ' h o m m e est faible. dont il est facile maintenant de distinguer à première vue les fondements absurdes. de lui-même.MAÇONNISME HT CATHOLICISME c o m m e l'auteur. d'une force supérieure pour agir. de cet être suprême. misérable. ils trouvent en eux-mêmes tout ce qui leur est n é cessaire. le conservateur et le c o n s o m m a teur de cet ordre surnaturel . ce système antichrétien. et n'ont besoin de rien qui leur soit supérieur. et enfin. dans ses traits principaux. aveugle. il est enclin au mal. D ' a près lui. Il a donc besoin d'une lumière supérieure pour connaître. d'un secours supérieur pour n'être pas continuellement vaincu. C'est là une erreur grossière. auxquels il ne résisterait pas sans la grâce de D i e u . M ê m e en faisant abstraction de ce qu'enseigne la révélation" de Jésus-Christ.

déchue. Et cependant le naturalisme ou le m a ç o n nisme est le grand système théorique et pratique du m o n d e actuel ! VIII Le concept intrinsèque et fondamental du maçonnisme et son opposition essentielle au catholicisme sont mis dans une plus grande lumière. et qui.m ê m e .MAÇONNISME ET CATHOLICISME 49 sa perfection. de m ê m e nature que ses parties : elle est imparfaite. le signe d'une bien mince perfection. et il ne peut être bon qu'en luttant et en triomphant de l u i . comme toute collection. est. ce qui est. ET CATH. fondé sur ces bases menteuses. ne réussit à vivre que grâce à la répression et au frein qu'elle s'impose. a eu besoin d'être restaurée à grands frais. .pleurant. c o m m e nous l'avons vu dans le paragraphe précédent. le naturalisme tout entier est un pur mensonge. depuis. et le naturalisme. — 4. est la négation de la chute M A C . il lui faut quelqu'un qui lui vienne en aide. portée au mal. Voilà donc comment. Il naît en . de soi. réunion d'hommes. m ê m e pour bien mourir. bien plus. Et la société ? La société. Le maçonnisme ne diffère pas du naturalisme.

il conduise jusque-là. bien plus. peuvent fort bien se maintenir dans un certain état d'honnêteté naturelle dont l'histoire nous offre quelques rares e x e m p l e s . depuis que la révélation chrétienne s'est a c c o m plie. parce que. Les choses ne sont plus aujourd'hui ce qu'elles étaient avant la v e n u e de Jésus-Christ. l'athéisme pur. par une conséquence logique. seulement.5° M A Ç O NN IS M E ET CATHOLICISME originelle de l ' h o m m e . de l ' é quité. il n'est pareillement ni la démagogie ni le socialisme. il est impossible de s'y soustraire sans tomber dans l'abîme de la plus horrible anarchie individuelle et sociale. C'est là un problème difficile. L e maçomiisme n'est donc pas. il conduise infailliblement la société à ces extrêmes. bien que. il est partisan de Tordre. Il n'est rien de tout cela. du respect mutuel dzs classes et des intérêts. . complètement en dehors de l'atmosphère chrétienne. il v e u t tout cela sans JésusChrist. par sa pente naturelle. de sa réhabilitation par Jésus-Christ. ainsi que le pensent quelques-uns. et conséquemment des droits i n d i viduels et sociaux de celui-ci sur la créature qu'il a rachetée. La société. L e m a ç o n nismc s'efforce de se maintenir dans la sphère habitée par les conservateurs honnêtes et sages à leur manière : il veut que la société repose sur ses fondements . bien que. insoluble. ou les individus qui n'ont pas été chrétiens. sans le christianisme.

Il voudrait simplement une société non chrétienne. il se voit dans l'obligation d'organiser un ordre social contre le Christ. du maçonnisme. par un juste châtiment du Ciel et en vertu des lois inflexibles de la logique. par la force des circonstances. mais. Celui qui n'a pas connu Jésus-Christ et qui n'a aucune idée de sa révélation. C'est ce qu'enseigne l'histoire et ce que démontre l'expérience de chaque jour.MAÇONNJSME ET CATHOLICISME 51 mais la société ou les individus qui ont connu le Christ et l'ont ensuite renié. éviter de tomber dans les abîmes profonds de la plus abjecte impiété. dit plus répugnant satanisme. Pour parler plus clairement. Il y a entre ces deux états la même différence qu'entre la simple ignorance d'une vérité et la guerre ouverte et déclarée contre cette m ê m e vérité. ou m i e u x . mais il aboutit par là même à une s o ciété antichrétienne ou satanique. mais non le pire de tous les maux. ne peuvent. . Telle est aujourd'hui la situation de la maçonnerie. à la façon de certains peuples de l'antiquité. Et la raison en est facile à comprendre. ce qui est un mal considérable. ce n'est rien moins que Г antichristianisme délibéré et volontaire. Mais avoir connu le Christ et sa révélation. un jour. et apostasier ensuite. peut ne pas être chrétien . le naturalisme a pu. Son objectif est l'organisation d'un ordre social sans le C h r i s t .

aujourd'hui dominant. L'enseignement scientifique. L'État. La bienfaisance. La propriété.MAÇONNISME ET CATHOLICISME n'être autre chose que l'absence plus ou moins coupable du surnaturalisme. dans sa célèbre encyclique Humanum genus. non pas seule ment quelques courts chapitres d'une revue popu- . nous espérons m e t tre ces vérités à la portée de ceux qui n'ont jamais discouru sur ces matières. C e sont là autant de problèmes où se manifeste franchement aujourd'hui l'opposition qui existe entre le critère maçonnique et le critère chrétien. L a famille. parcourt les diverses sphères de l'ordre s o cial où le maçonnisme. A sa suite et à la lumière de ses doctes enseignements. aujourd'hui. L e s lettres et les arts. L e Pape. par la force des choses. laisse voir plus clairement son influence naturaliste ou antichrctieniie. L'éducation. le naturalisme ne peut être que l'antichristianisme. et dont la simple indication suppose un programme d'études qui comporteraient. en les réduisant aux points suivants : La religion. Les plaisirs.

MAÇONNISME ET CATHOLICISME 55 laire. et ils verront combien est vrai ce que nous disions récemment. et réciproquement. . n o u s éclaircirons pour un grand nombre de nos lecteurs les doutes qu'ils pourraient avoir relativement à l'universalité et à la prépondérance du maçonnisme à notre époque . C'est là une observation que nous ne nous lasserons jamais de répéter. mais des v o l u m e s et des volumes. q u ' u n très grand nombre de personnes qui croient peut-être de bonne foi abhorrer cordialement le maçonnisme et la maçonnerie. c'est là que se trouve le secret de nos maux présents et de la formidable oppression qu'exerce sur nous la tyrannique maçonnerie. sur chacun de ces points. Q u o i qu'il en soit. qu'ils n'en doutent pas. décident et agissent m a çonniqucment. parlent. nous pensons toutefois qu'en faisant remarquer comment. pensent. le oui maçonnique y est toujours le non chrétien. à savoir. et que l'extrême patience et bonté de nos bienveillants l e c teurs nous permettra de rappeler encore quelquefois : car.

et de plus tout ce qu'il y a de formellement maçonnique dans un grand nombre des idées que professent aujourd'hui. m ê m e à ceux qui sont les moins versés dans ce genre d'études. ou m i e u x ce problème renferme tous les autres. la religion catholique. Désormais nous allons parcourir un à un les principaux points sur lesquels se manifeste la contradiction essentielle qui existe entre la solution catholique et la solution maçonnique.54 MAÇONNISME ET CATHOLICISME IX De Vopposition radicale qui existe entre le maçonnisme et le catholicisme dans la façon d'apprécier le concept de la religion. sans le moindre scrupule. et il est entendu q u ' e n parlant de religion. nous n'avons en v u e que la seule véritable. combien est profond l'abîme qui sépare le maçonnisme du catholicisme. Mais nous voulons parler uniquement ici de la religion dans ce qu'elle a d'obligatoire p o u r T homme qu.C ' e s t le m o y e n le plus pratique de montrer. L e premier problème qui s'offre à l'intelligence humaine.' la connaît. quelques h o m m e s qui n'en veulent pas moins passer pour d'honnetes chrétiens. c'est celui de la religion. apostolique et r o maine- .

il doit être c e - . s'inspirant de ce critère maçonnique. que Ton a décoré du n o m sonore et pompeux de liberté de conscience. T e l est le fondement sur lequel le maçonnisme établit sa théorie de la l i berté absolue des cuites. que l'homme libre n'a pas le droit de vivre en dehors de la foi ou de professer des opinions qui lui soient contraires. que cette liberté de conscience n'existe pas. Aussi bien toutes les législations modernes. que l ' h o m m e est libre de servir et d'adorer Dieu de la manière qui lui paraîtra la meilleure. L e maçonnisme soutient que la religion est une question purement individuelle et qui regarde le for intérieur de chacun . que la révélation du Christ Jésus est obligatoire pour les i n d i vidus c o m m e pour les nations. au contraire.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 55 C e c i établi. le plus sacré et le plus inviolable des droits. nous allons voir que le oui et le non contradictoires du critère maçonnique et du c r i tère catholique ont là m ê m e leur point de départ. ont inscrit en première ligne ce droit fondamental. L e catholicisme soutient. que si l ' h o m m e doit avoir sans cesse des sentiments de charité et de compassion pour celui qui se trompe de bonne foi. et que nul ne peut être obligé ou contraint par un autre à pratiquer tels ou tels actes de religion. qui est pour lui le p r e mier des prétendus droits de l ' h o m m e . sans faire acte de faiblesse et se rendre m é prisable.

d'après le catholicisme. les obscénités et les prostitutions par . que. pour Dieu ! — o ù . dans ces sociétés. bien au contraire. il est logique que les attaques contre la foi soient passibles de peines. il faudrait regarder c o m m e parfaitement légitimes et agréables à Dieu toutes les impuretés. par là m ê m e . n'est point une relation libre entre l'homme et D i e u . là. c o m m e le serait toute attaque contre une autre institution fondamentale quelconque de cette s o c i é t é . Mais ce fait. dans les sociétés chrétiennes qui veulent vivre et se gouverner chrétiennement. on ne peut établir c o m m e base de législation la liberté de c o n s cience. on doit s'efforcer d'y porter remède et de le faire disparaître.MAÇONNISMK ET CATHOLICISME pendant sévère à l'endroit de celui qui professe systématiquement Terreur. une relation que chacun puisse régler et déterminer à son gré. et que. mais tout au plus consigner le fait d'une tolérance plus ou moins large. en vertu de circonstances antécédentes ou concomitantes. c o m m e on le ferait pour toute autre ca'amité socialeLa religion. Autrement. quand il existe réellement. encore moins être proposé officiellement c o m m e un p r o g r è s . ne peut jamais être sanctionné c o m m e un droit. se trouve déjà établi et enraciné le fait d'une diversité plus ou moins considérable d'opinions en matière de religion. qu'on le remarque bien.

MAÇ0NN1SME ET CATHOLICISME

lesquelles on honorait V é n u s et Adonis dans les temples de C h y p r e ; toutes les cruautés de sacrifices humains qu'offraient à Teutatès les anciens Gaulois; les horribles festins, où était servie la chair des prisonniers, que les Iroquois célébraient en l'honneur de leur fausse divinité; l'immolation des vieux parents que prescrivait aux Massagètes une absurde piété filiale; le sacrifice de la v e u v e sur le bûcher du mari, c o m m e l'exige le c é r é m o nial des funérailles dans l'Inde ; ou les h é c a t o m bes épouvantables par lesquelles le monarque sanguinaire du D a h o m e y solennise ses fêtes. S'il est licite et juste que l ' h o m m e honore la D i v i n i té selon son bon plaisir, on doit regarder ces monstruosités c o m m e licites, justes et agréables au Ciel, et celui qui y participe ne mérite pas plus de châtiment que cet autre qui prêche la fausse Bible, ou qui pratique les merveilles et les enchantements du spiritisme. Et le maçonnisme, ou doit admettre c o m m e logiques toutes ces absurdités, ou convenir, par une conséquence rigoureuse et rationnelle, et qu'il n'y a pas d'autre manière légitime d'honorer D i e u que celle par laquelle il veut être h o n o r é ; et que, D i e u le Père ayant daigné envoyer son Fils unique au monde pour enseigner par ses exemples et par sa doctrine ce moyen unique dont il veut être servi et honoré, il y aurait révolte contre D i e u et contre son

V>

MAÇONN1SME ET CATHOLICISME

Christ à recourir à d'autres m o y e n s , ou à e n s e i gner que l'homme est libre de placer son critère religieux, quel qu'il soit, en face du critère révélé par le Fils de Dieu ; surtout après que ce d e r nier a scellé son Évangile par ces paroles formelles, expresses et décisives, qui détruisent absolument toute prétention de la liberté humaine sur ce point : « Celui qui croira et sera baptisé, sera s a u v é ; mais celui qui ne croira pas, sera c o n d a m né ( i ) » Qu'elles voient donc de qui elles se tont l ' é c h o , toutes ces malheureuses victimes de l'illusion qui soutient aujourd'hui l'absurde et fallacieuse théorie maçonnique d'après laquelle la religion est une question libre et purement intérieure, et chacun est maître de servir et d'honorer Dieu à sa manière. Il est inutile de faire remarquer que ceux qui prétendent ainsi servir et honorer Dieu librement, ont coutume de ne le servir et l ' h o n o rer d'aucune façon, et de ne se souvenir aucunement de l'existence de D i e u . Si l'on juger les d'aucune mais une prétend que nul autre que Dieu ne peut actes intérieurs qui ne se produisent façon au dehors, on dit alors la vérité, vérité de L a Palice : car, si ces faits
vtronoti

i.Qii crediderit, et baptisai us fucrit, salmis crit; qui crediderii, ccnjcmnabilur. M a r c , xvi, 16.

MAÇONNISME

ET

CATHOLICISME

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sont purement internes et ne se produisent aucunement au dehors, ils sont absolument occultes, et il est clair alors qu'ils ne tombent ni ne p e u vent tomber sous aucune juridiction autre que la juridiction directe de ce m ê m e D i e u , le seul qui voie les choses cachées. C'est pour cette raison ce dans ce sens qu'on dit que l'Église elle-même ne peut pas juger des actes purement intérieurs; mais cela rie veut pas dire que de tels actes soient libres. Dieu peut les juger, et les juge en effet, d'une manière terrible; et l'Église peut leur imposer des règles, et des règles sévères, bien qu'il ne lui appartienne proprement de juger ailleurs qu'au tribunal de la miséricorde le fidèle qui vient s'accuser.

X Un auirc point sur lequel le maçonnisme et le catholicisme sont radicalement opposés l'un à l'autre, c'est la minière de considérer l'État civil. S'il existe une opposition radicale entre le m a çonnisme et le catholicisme dans leur façon d'apprécier les rapports directs de l'homme avec D i e u , ce qui constitue le problème religieux, leur oppo-

pour tous ceux qui sont sous sa dépendance. qui ne peuvent émaner d'une autre a u torité que la sienne. L'État. en quelque sorte.l à . et il n'existe. pratiquement. L'Etat. le directeur unique de l'enseignement : en un mot. maçonniquement parlant. en une servitude des plus odieuses et des plus dégradantes. est indépendant. il est. et partant. que cette indépendance absolue de l'Etat se transforme. est un despote . et ses décisions sont sans appel. pour le maçonnismc. selon l'expression paradoxale et historique de Rousseau. ni au ciel ni sur la terre. souverain. dans sa toute-puissante entité. et montre. est le principe de tout ce qui constitue la vie sociale. aucune règle supérieure à c e l l e . en possession de telles attributions. L e Dieu-État. Et ce que la majorité des suffrages déclare bon. la source de l'autorité. le fondement de la propriété. est vrai. est le principe de toutes les insanités libérales m o d e r n e s . quelle est la libre volonté de ses m e m b r e s . l'instituteur de la famille. sans autre frein ni sujétion que ses propres lois. un Dieu. l'auteur du droit. L'État. au m o y e n du suffrage universel. il représente le droit très libre de tous. ce qui est un autre point également important.(o MAÇONNÏSME ET C A T H O L I C I S M E sinon n'est pas moins radicale dans leur façon d'exprimer l'idée qu'ils se font de l'État civil. il est c o m m e la résultante des volontés de tous les citoyens. est b o n . Il r é sulte de là. ce qu'elle déclare vrai.

dans le peuple. si celui qui doit me c o m mander et me juger en cette v i e . il y a comme conséquence. en vertu de quel droit cet h o m m e me commande-t-il et me jugc-t-il ?car ce ne peut être seulement pour le fait brutal qu'il est plus fort que m o i . et de toutes les lèvres s'échappe spontanément cette exclamation célèbre d'un poète : « Q u i a constitué l'homme juge de l ' h o m m e ? » C a r .MAÇONNISME ET CATHOLICISME 6l horrible. par l'effet d'une réaction naturelle de la dignité humaine. mais . et par ce m o y e n obtenir sa fin éternelle. L'organisation sociale n'est donc pas le résultat d'un pacte ou d'une convention entre les membres de la société. ne me commande pas et ne me juge pas en vertu d'un principe qui nous soit supérieur à lui et à m o i . une révolte continuelle contre ce genre d'autorité humaine devenue odieuse. qui dicte avec une brutalité sans égale ses lois capricieuses et les impose selon son bon plaisir.d e s sus de la multitude abrutie. T e l est le fondement de la théorie maçonnique sur les droits de l'État et les devoirs du citoyen. L e catholicisme enseigne que l'homme a été créé par D i e u pour vivre en société. D e là. en effet. Examinons maintenant renseignement catholique sur le m ê m e suj/t. sans autre force ni prestige que celui que lui donnent le fouet et le sabre qu'il brandit a u . c o m m e l'a faussement prétendu Rousseau.

« le ministre de D i e u pour le bien . Il résulte de là. supposent faussement que le catholicisme ne le reconnaît que c o m m e l'auréole sacrée de la royauté. que cette autorité soit royale. aristocratique. dont la première est l'autorité. c o m m e conséquence de cet enseignement divin. quel qu'il soit. que celui qui c o m m a n d e . . La société est donc de droit divin dans sa fin et dans son principe. P o u r l'Église. N U I . ou mixte. 4. n'est. t. sont é g a lement de droit divin. De' nv'nistcr in bonum. Pour l'Eglise.MAÇONN1SME HT C A T H O L I C I S M E clic est l'effet de la volonté de D i e u . C ' e s t ainsi que toute autorité légitime est de droit divin. R o m . qui seul peut a u t o riser un h o m m e à commander à un autre h o m m e son égal. et qu'il ne peut commander légitimement en suivant son humeur ou son caprice. ne commande jamais ni en son n o m ni au nom du peuple \ il c o m m a n de toujours au nom de D i e u . celui qui commande légitimement. mais en suivant les . . rien autre chose que le ministre ou le représentant de D i e u . démocratique. Ceux qui se m o quent du droit divin. ses bases fondamentales. dans cette prérogative du commandement. Et cela étant. toute autorité légitime est de droit divin. qui a créé l ' h o m m e à cette lin et non pour une autre. Il n'y a rien de plus faux.> c o m m e dit saint Paul ( i ) .

en m ê m e temps que se trouve relevé le caractère de l'autorité. dont il se reconnaît le premier et plus fidèle vassal. qui acquiert de la sorte un reflet divin. non selon la loi de Dieu. problème que les constitutions maçonniques modernes s'efforcent . C'est ainsi que la doctrine catholique garantit avec une égale sagesse et les droits de l'autorité et ceux de la liberté. Il résulte encore de là que celui qui gouverne doit être le premier soumis aux lois qu'il est chargé d'appliquer. et résout par là m ê m e . non au caprice de l'homme. si un législateur ou gouvernant commande. mais à un ordre émané de D i e u . elle permet de lui donner le n o m de tyran.MAÇONN1SME ET CATHOLICISME 6j lois de la droite raison et de la révélation. il n'ait pas fait ces lois l u i .m ê m e . les considérant c o m m e une simple application pratique d'une autre loi plus élevée. Et ainsi. à supposer qu'à la rigueur. l'obéissance se trouve pareillement relevée et ennoblie. le problème compliqué des relations entre le chef et les sujets. s'il prescrit quelque chose d'opposé à la loi de D i e u . mais selon son caprice ou son bon plaisir. et elle veut que. puisqu'il en résulte en définitive qu'elle se rend. on ne soit aucunement obligé de lui obéir. que. préalablement établies. L'enseignement de l'Église sur ces vérités de droit public chrétien est tellement formel. mais qu'il n'ait qu'à les promulguer et à en prescrire l'observation.

contre cette théorie absorbante de rÉtat-Dieu. Mais. dans les cas douteux. Ils discourent donc et parlent en maçons et non en catholiques. le m ê m e inconvénient. et cette autre stupidité qui prétend que le roi et le parlement peuvent tout. il en résulte. ceux qui professent le principe insensé de la souveraineté nationale. basé sur la théorie des droits individuels du citoyen. il n y avait plus rien à examiner. en présence d'une loi unique et vexatoire. ceux qui disent qu'il faut courber la téte devant tout ordre arbitraire de l'État. excepté faire d'un h o m m e une femme. en sens inverse. y> comme si. N o u s savons que. c o m m e la base de ces prétendus droits individuels n'est autre que le pur rationalisme. et cette autre insanité que tous les pouvoirs émanent de la nation.MAÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E en vain de résoudre depuis tant d'années. et qu'elles ne réussissent qu'à embrouiller chaque jour davantage. on a imaginé récemment un système de contre-poids. croient se tirer d'embarras en disant : « C ' e s t une loi de l'État. après cela. A v e c cette . Ils discourent et parlent m a çonniquement ceux qui. sans autre loi ou règle supérieure que la volonté de l'homme qui doit les exercer. m ê m e en dépit des droits de la conscience c h r é tienne. droits imprescriptibles et échappant à l'action de la l o i .

un principe surnaturel ! tout cela pour vouloir établir la société sur le naturalisme. . et par la maçonnerie le critère naturaliste ou sécularisateur. une loi supérieure à l ' h o m m e . en fin de compte. émanation infernale de la maçonnerie ! XI Comment diffèrent le maçonnisme et le catholicisme en ce qui touche à la constitution de la famille. étant donné que la famille est l'élément social par excellence. Et tout cela. Il ne pouvait en être autrement.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 65 brillante théorie on verrait se substituer au despotisme gouvernemental l'anarchie populaire. — 5. ET C A T H . qui est. aboutissant toujours à l'oppression de la minorité et des plus dignes. par la multitude et parles plus audacieux. L'opposition n'est pas moins évidente entre les doctrines que professent le maçonnisme et le catholicisme touchant la constitution de la famille. le despotisme des foules. pour ne pas admettre dans la s o ciété civile un modérateur divin. et que c'est à cet élément plus qu'à tout autre que devait être appliqué par l'Église le critère surnaturel. M A C .

L a loi humaine ne peut donc donner à ce contrat du mariage une force . d'en prescrire et d'en déterminer les conditions. dont aucune loi divine ne doit régler les conditions. de procéder du roi ou du parlement. et qu'elle a décorée du n o m de mariage civil. n'a absolument rien à voir avec Dieu et avec la religion.MACONNISM. La maçonnerie enseigne que l a c t é constitutif de la famille. c o m m e cela est trop grossièrement bestial pour être accepté sans protestation par le genre humain. parce que la communauté de nature les appelle à cette union. qui est autant que possible une imitation de la vérité. mais l'État qui s'attribue le droit de sanctionner l'union légale des deux sexes. une certaine sanction fausse. la maçonnerie a inventé. il ne lui reste plus qu'une sanction humaine. Ainsi ce n'est plus D i e u . s'unit à la femme. L ' h o m m e . Mais. ne laissera pas d'être toujours humaine. ou des deux à la fois. L'absurdité d'une telle union est si évidente. dit-elle. se reconnaît s u périeur en quelque chose aux chiens et aux c h e vaux. pour colorer et rendre moins répugnantes ces unions sans l'intervention de D i e u . qu'il suffît de l'exposer pour que le plus aveugle la saisisse.vn. malgré tout. pour respectable qu'on la suppose. qui. qui. qui est le mariage.-: i-:r c\nioucis. En dépouillant le mariage de sa sanction divine et surnaturelle.

L e mariage reste donc réduit aux conditions d'un contrat quelconque. n'est en conséquence ni plus ni moins que l'annulation complète de la loi conjugale. que nulle union n'a d'effets civils et de sanction garantis par autant de formalités légales que le susdit mariage civil.MAÇ0NN1SMË EX CATHOLICISME plus grande que celle qu'elle donne aux autres contrats civils qu'elle autorise et institue. d'un écrivain ingénieux. en lui imposant des lois si absolues. au nom de l'homme seul. ¿71 Et que les maçonnisants n'objectent pas que c'est précisément pour la conservation de ce lien qu a été établie la l o i . dans un contrat comme celui-ci. restrictions ou réserves. V a i ne observation ! et d'abord. selon une expression. et m ê m e chacun d'eux peut ajouter au contrat les conditions. ou mieux d'un simple trafic. lorsqu'il laisse tous les autres contrats à la libre et souveraine disposition des contractants. qu'il stipule d'accord avec Vautre partie contractante. qui n'est pas sans grâce. la loi ne peut imposer d'autre obligation que celle que les contractants veulent s'imposer . Et ce trafic. une véritable abolition du m a riage. c'est un caprice despotique de la loi ou de l'État. . auquel les parties intéressées sont libres d'ajouter et de retrancher les conditions que leur dicte leur libre volonté. de vouloir intervenir. Eh bien ! dans les autres contrats.

en m ê m e temps. nos oncles. et lorsque cet article est illogique et inconséquent. dans la pensée de c e u x . que cette union sera indissoluble.n o u s pas ? et si nous voulons contracter cette union avec nos cousins.l à m ê m e qui doivent la respecter. par exemple. Ainsi. ou à chaque instant. très opportunément. pourquoi ne le p o u v o n s . à l'instant un citoyen quelconque. qu'un h o m m e ne peut se marier q u ' a v e c une femme. au jugement d'un h o m m e . avec moi dans un honnête mariage. dès lors la loi perd sa force et son autorité. dira : « Vo} ons ! si deux femmes consentent à vivre. comme elle ne prescrira point cela en vertu d'un principe supérieur. nos neveux. ne le peuvent-elles pas? et si une ou plusieurs femmes contractent cette union avec moi. c'est-à-dire. dans le cas présent. mais parce qu'il a paru bon d'agir ainsi au législateur monarchique ou démocratique. 7 . ou tous les cinq ans. ou tous les mois. Toutefois. d'une loi divine.6! 5 MAÇïNNISMK ET C A T H O L I C I S M E L a logique est plus puissante chez l ' h o m m e qu'un article de loi . et m ê m e avec nos frères. et que nous convenions entre nous trois que ce contrat ne sera valide que pour un temps. et de plus qu'elle ne peut se contracter avec tels ou tels degrés de parenté. h o m m e aussi bien que celui qui a édicté cette loi. la loi prescrira. très raisonnablement. nous réservant le droit de le r e n o u v e ler ou de le dissoudre chaque année.

Ainsi peut raisonner tout citoyen contre la loi m a ç o n n i q u e . ces unions se contracter nécessairement entre les parents les plus rapprochés ? la polygamie n'a-t-elle pas été. pour que ces choses soient possibles.m ê m e de ce qu'elle prescrira demain. pourquoi c o m paraître devant l'alcade ou le j u g e ? si le mariage est une pure fonction humaine.MAÇONNTSME ET C A T H O L I C I S M E qui peut nous en e m p ê c h e r ? en quoi les droits d autrui sont-ils lésés? quelle loi générale en est bouleversée ? n'a-t-on pas v u . précisément parce qu'elle s'est privée de son fondement. ne suffit-il pas que les intéressés les veuillent. il suffit à l ' h o m m e et à la femme d'user de leur droit respectif humain pour être uni désormais ». chez différents p e u ples. lors m ê m e que la loi humaine t r o u v e rait en elle assez de force morale et un droit suffisant pour donner une sanction convenable à un acte aussi grave que celui dont il est question ici. qui est la loi de D i e u . et la loi maçonnique ne peut rien répondre à cette argumentation. une loi générale ? et. après tout. qui est de simple bon sensMais. au commencement du m o n d e . en o p position peut-être avec ce qu'elle prescrit actuel- . il est certain qu'aujourd'hui la loi humaine. n'est pas sûre e l l e . sans préjudice pour des tiers ? si Ton regarde c o m m e inutile l'intervention de Dieu dans le contrat conjugal.

il n'en sera plus de m ê m e d e main. Cette m a jorité pourra décréter que le lien qui unit l ' h o m me et la femme n'est pas individuel. elle pourra statuer que les époux pourront divorcer à la demande des deux conjoints ou de l'un d'eux. base de la famille.70 P. c o m m e viennent de le faire les révolutionnaires français.ÏAÇONNISME ET CATHOLICISME lemcnt. la jurisprudence la plus scrupuleuse ne pourra rien leur opposer. si demain un nouveau vote du parlement en décide autrement. et telle sera la loi. et telle sera la loi. Q u e Ton constate donc si. En conséquence. par le fait de leur v o t e . oui ou non. Et.Ainsi la formalité auguste du lien conjugal. elle pourra voter que le contrat matrimonial est temporaire et non plus perpétuel. mais que la polygamie ou la polyandrie sont permises. et cette loi d é pend de leur vote . en vertu du critère rationaliste ou maçonnique. d é pendra toujours d'une majorité de députés qui auront statué que le mariage doit être considéré c o m m e établi de telle ou telle façon. il est c:rtaiii que la prétendue institution du mariage . L e vote d'un parlement a statué aujourd'hui que l'homme et la femme sont légitimement mariés avec la seule formalité de leur déclaration devant l'alcade ou le juge : de telle sorte que tel est aujoud'huile mariag e . parce qu'un v o t e du parlement l'a ainsi décidé. Expliquons notre pensée. si elle le décide de la sorte.

quand 1 a dit : « L ' h o m m e quittera son père et sa mère et s'attachera a son épouse. L'Église catholique enseigne l'institution divine du mariage. En dehors du christianisme. avant son appaition et dans les pays où n'a pas encore brillé sa divine lumière. i o n en vertu d'un droit que leur confère l'État )u des formalités prescrites par la loi civile. au milieu même des plus grandes extravagances. pour empêcher le peuple inexpérimenté de voir où Ton veut le conduire. tout au plus l'autorité du père de famille intervient-elle pour bénir et sanctionner cetteunion.Danslesreligions positives. c o n s i léré soit dans le christianisme. nais en vertu d'un principe d'ordre supérieur établi par D i e u au c o m m e n c e m e n t du monde. de par la loi naturelle. l'homme et la femme s'unissent. Est-il nécessaire de mettre ici en opposition avec le honteux enseignement de la maçonnerie sur le mariage la doctrine de l'Église catholique sur le même sujet? Nullement : tous nos lecteurs la connaissent suffisamment. et n'est autre chose qu'un masque sous lequel elle se cache m o m e n tanément.MAÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E 71 civil entraîne radicalement avec elle la destruction de tout vrai mariage. Ainsi. soit en dehors de ui. c'est la volonté seule des contractants qui constitue devant Dieu le m a r i a g e . c'est toujours la religion qui se présente . et ils seront deux ians une seule c h a i r » .

72 MAÇONNISME ET CATHOLICISME pour autoriser et consacrer le mariage. il a laissé à son Église le soin d'en déterminer les règles et les circonstances. il les . et aux prérogatives de la dignité humaine ! XII De l'opposition radicale qui existe entre le maçonnisme et le catholicisme dans leur manière de considérer les droits de la puissance paternelle. e t a déclaré qu'il est le symbole de l'union m y s t i q u e . à l'honneur de la femme. et d'en garantir l'unité et la perpétuité. L e maçonnisme enseigne encore des m o n s truosités plus énormes relativement à la famille . souvent aussi capricieuses que les h o m m e s dont elles émanent. en soustrayant ces lois au caprice inconstant des h o m m e s et à l'instabilité des lois humaines. et après l'avoir ainsi élevé. et il ne se contente pas de les enseigner. L e Christ Ta élevé à la dignité de sacrement. qu'on nous dise encore lequel des deux pourvoit mieux aux fins sublimes du mariage.q u i existe entre Lui et son Eglise . Q u ' o n nous dise maintenant si le maçonnisme et le catholicisme ne sont pas dans une opposition radicale relativement à leur appréciation respective du mariage.

et de l'absurde principe qui a prévalu et d'après lequel la famille est une création de la loi civile. de qui elle tient et son existence et sa force. exercent non une fonction naturelle.MAÇONNISME ET CATHOLICISME met en pratique. et ils n'ont ces enfants que pour le compte de l'État. D ' o ù il résulte que le premier et le principal de ces droits familiaux. et qui est un des points essentiels du programme que la maçonnerie annonce et prépare pour l'avenir. D e là naît également le droit que s'arroge l'État maçonnique sur l'éducation. et dans la form e et selon la mesure qu'il plaît à celle-ci d'accorder. en donnant le jour à des enfants. mais une fonction sociale. et les enfants sont à l'État avant d'être à leurs parents. C e s t là u n e conséquence de sa façon d'organiser uniquement au civil cette i n s titution fondamentale. n'appartient aux parents qu'en vertu d'une c o n cession supposée de la loi civile. celui qui est connu sous le n o m de puissance paternelle. qui est en quelque sorte leur suzerain. L e maçonnismc fait un pas de plus : il affirme que tous les droits qui naissent du mariage ne sont. qu'il décore pompeusement du nom d'éducation obligatoire. et l'État a juridiction sur eux avant leurs parents. Ainsi le père et la mère. d'après cet horrible S } stème. 7 . qu'une création de l'Etat et sont uniquement soumis à l'État. d'après lui.

Et cependant ces principes sont faux. m o n s trueusement faux. m a î t r e de toute la jeunesse : despotisme brutal et inhumain. et qui depuis lors a été. on pourrait dire avec beaucoup plus de raison que l'État est une création. et ce n'est pas l'État qui confère au père son autorite p a t e r n e l l e . Les droits de la famille ne viennent donc pas d'une concession de l'Etat. le fondement obligé de toutes les législations inspirées par la maçonnerie. qui transforme les familles en simples centres d'élevage à l'usage de ce féroce tyran. La famille n'est pas une création de l ' E t a t : au contraire. grossier. tout au plus la reconnaît-il et en règle-t-il l'exercice. groupées ou agrandies pour le c o n s i i tucr. de dire que les enfants appartiennent à l'État avant d'appartenir aux parents.74 M AÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E C'est là un despotisme horrible. qui s'est donné cependant c o m m e un nouveau d o g m e régénérateur de l'humanité à l'époque de la R é volution française. ou qu'ils leur donnent le jour pour l'État et que celui-ci peut en . contraires à tout droit positif et naturel. d'une façon plus ou moins dissimulée. une amplification de la famille. et un grossier mensonge. C'est donc un m e n s o n g e . puisqu'on ne conçoit pas l'Etat sans des familles déjà existantes.

inhumaine. que si un père et une mère n'appartiennent pas par le baptême . et dans le but aussi de donner à la patrie de bons et honnêtes citoyens. qui lésa faits pères uniquement dans le but très noble de lui procurer à l u i . le principe sur lequel se fonde l'éducation obligatoire est m e n s o n g e : : l'Etat ne peut obliger le père à élever son fils de telle ou telle manière. Elle enseigne que les pères ont des fils qui leur viennent de D i e u . de prétendre imposer aux peuples. d'accord avec une autre loi plus élevée. elle qu'on accuse d'opprimer toutes les libertés. est.MAÇONNISME ET CATHOLICISME disposer au gré de sa volonté et de son bon plaisir. antisociale et antireligieuse. au contraire. la gardienne zélée des droits de la véritable liberté. Ce n'est pas ainsi que l'entend l'Église. ou l'empêcher de l'élever à son gré et selon les règles et conditions que lui impose sa conscience. en cela c o m m e en tout le reste. mais elle est si jalouse des droits de la liberté naturelle. cette façon de considérer l'institution domestique dans son principe et dans ses droits essentiels. E n conséquence.m ê m e de nouveaux serviteurs et de nouveaux héritiers à son ciel. L'Église reconnaît dans le père et dans la mère le droit et le devoir d'élever leurs fils pour cette fin suprême . C'est donc une tyrannie contre nature.

e x cepté lorsque l'un de c e u x . que le fils majeur est admis par l'Église à embrasser l'état religieux sans la permission de ses parents. elle se regarde c o m m e empêchée d'intervenir dans l'éducation de l'enfant. lorsque le fils est parvenu à sa majorité. Et plus tard. l'Église ne l'admet pas à la profession religieuse sans la permission de ses parents. pendant que ceux-ci ont besoin de leur fils pour subvenir à'leurs b e s o i n s . et ce n'est que dans le cas où le refus des parents serait absolument déraisonnable et sans fondement. . c o m m e le libéralisme est la contrefaçon de la vraie liberté et le rationalisme la contrefaçon de tout ce qui est véritablement raisonnable. C'est ainsi qu'il est sévèrement défendu de baptiser les enfants des infidèles contre la volonté de leurs parents.c i . parce que cette nécessité n'existe pas. au moins. jusqu'à ce qu'il soit en âge d'agir et de se prononcer selon sa propre conscience. A v e c quelle délicatesse l'Église respecte tous les droits naturels ! Elle les respecte infiniment plus que le naturalisme. qui n'est que la contrefaçon du vrai droit naturel.MAÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E à sa juridiction. L'Église considère c o m m e un attentat contre le droit naturel l'éducation d'un enfant mineur dans la religion chrétienne contre la volonté expresse de ses père et mèro non baptisés. est sujet de l'Église par le baptême.

on les accuse de violer les droits de la nature. qui domine dans la nation. de profaner le foyer domestique. si celui-ci s'engage dans des entreprises militaires qui rendront son n o m o d i e u x . propres à élever le citoyen. unique sceptre qui puisse convenir pour gouverner une société tombée dans une si profonde abjection. . C e s t ainsi que l ' o n a b o u tit directement à cette condition ignominieuse et abjecte de la famille. sont appelées tyranniques et oppressives de la dignité humaine . nobles. au régime de la verge. à mesure que son souffle infernal réussit à nous arracher à l'Église. au contraire. patriotiques. mais en l'arrachant du sein et des bras d'une mère très tendre . de la chair à canon à la disposition du chef suprême. une matière pour les officines. c'est vrai. et pour le soumettre. pieds et poings liés. mais l'esprit de bureaucratie. ô aveuglement ! les législations qui se sont inspirées de ce principe chrétien. Elle émancipe l'homme. si ce n'est pas l'esprit militaire. Et celles. sont proclamées libres.MAÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E 77 Toutefois. dans laquelle les fils ne sont que la chose de la nation. C'est là que nous conduit à pas de géant la m a ç o n n e rie. que la secte maçonnique inspire de son grossier matérialisme.

droit antérieur à sa condition de citoyen. Il devait l o g i q u e ment en être ainsi : une fois la notion de la famille détruite ou considérablement altérée. L e maçonnisme considère la propriété. mais c o m m e une création du droit civil.MAÇONNISME ET CATHOLICISME XIII Combien diffèrent essentiellement entre eux le maçonnisme cl le catholicisme dans leurs principes sur la propriété. C'est ainsi que nous avons vu l'État. non comme un droit naturel de l'homm e . celle de la propriété. pour des motifs de pure convenance personnelle. déclarer nulle la propriété sacrée a p partenant à une communautéjpropriété qui repose cependant sur des droits égaux à ceux de la p r o - . n'est ni plus ni moins que la destruction de la propriété. Ainsi le concept maçonnique de la propriété. La propriété est une des autres institutions fondamentales de la société qui ont subi l'action destructive du maçonnisme. et p a r tant subordonnée en tout aux dispositions arbitraires du Dieu-État. devait avoir tôt ou tard un sort analogue. qui a tant de ressemblance avec elle. conformément à ce que nous avons vu pour le mariage.

qu'il abandonne. sans professer o u v e r tement le socialisme. c o m m e il a d é truit le droit de l'Église et des communautés au m o y e n de la désamortisation . au m o y e n des lois de désagrégation . T o u t cela découle de la fausse notion que Ton a de cette vérité. il annule le droit sacré de la propriété. L'État maçonniquement constitué en vient. à tel point que le propriétaire a fini par n'être guère autre chose que l'administrateur de ses biens. il spolie le c i toyen contre sa volonté. non quant . de la m ê m e façon qu'il se considère c o m m e le maître de tous leurs fils. • Ainsi l'État maçonnique. la plus délicate après le mariage. pour les motifs les plus futiles. selon son b o n plaisir. usage qui est essentiel. sans parler du sans-façon avec lequel elle traite. au m o y e n de la faculté si largement concédée de l'expropriation forcée . ainsi que nous l'avons remarqué. bien qu'il ne le dise pas clairement. à se considérer c o m m e le maître absolu de tous les biens des citoyens. ou une sorte de fermier privilégié. il rend impossible le libre usage de cette propriété. et de m ê m e qu'il fait des lois pour la propriété et répartit les charges.MAÇ0NN1SME ET C A T H O L I C I S M E 79 prière séculière et p r i v é e . ainsi en règle-t-il la jouissance et la transmission. A v e c ce principe. les questions d'héritages et de transmissions de propriétés. on le voit fréquemment aujourd'hui. c o m m e .

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au ibnd, mais quant à la forme et au n o m , aux démagogues de la rue et des c l u b s ; s a n s professer, dis-je, ouvertement le socialisme, l'Etat maçonnique est, dans son esprit,dans ses fins et dans plusieurs de sesprocédés^arfaitement socialiste. C'est au point que si le socialisme pur et sans voiles réussissait un jour à prévaloir pratiquement, il n'aurait rien à inventer pour implanter ses horribles t h é o r i e s ; il lui suffirait de généraliser les principes que le critère maçonnique et libéral a précédemment établis,et d'en déduire toutes les conséquences logiques et toutes les applications. L a doctrine du catholicisme sur la propriété est en contradiction absolue avec tout cela. L e c a tholicisme reconnaît la propriété c o m m e un droit naturel et inhérent à la personnalité humaine. D'après le catholicisme, l ' h o m m e est propriétaire c o m m e il est sociable, c o m m e il est h o m m e , par nature, c'est-à-dire, par la volonté expresse de D i e u - A i n s i , antérieurement à toutes les législations civiles, l'homme était déjà propriétaire, personne ne pouvait, par exemple, le dépouiller du produit de sa chasse, ou du fruit de l'arbre qu'il avait planté, ou de l'ouvrage de ses mains. L e s législations civiles ne peuvent donc dépouiller arbitrairement personne de sa propriété ; elles ne peuvent faire autre chose qu'en garantir et en régler l'exercice, pour que le citoyen jouisse de son bien

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sans préjudice pour autrui. Mais elles ne peuvent déchirer ses titres sacrés et inviolables, c o m m e on Ta fait en notre siècle, par tant de lois injustes, qui ne sont, à les considérer suivant les principes de la morale et du droit, que des actes de brigandage légal. Et à cette notion irès élevée de la propriété, qui en fait, c o m m e pour l'autorité et la famille, non .une création de l'homme, mais une institution d i v i n e ; à cette notion de la propriété de droit divin, opposée à cette notion m e n s o n gère de la propriété de droit humain, le catholicisme a ajouté la sanction du septième précepte du Décaiogue, qui est moins la prohibition du vol qu'une nouvelle consécration du droit de p r o priété. C e commandement défend le vol et la rapine, non seulement aux particuliers, mais aux Etats et aux g o u v e r n e m e n t s ; et c'est en s'appuyant sur lui que l'Ancien Testament maudit la m é moire de cette reine Jézabel qui s'empara de la modeste vigne du pauvre Naboth, et que l'Église nous offre dans l'histoire de ses évêques la grande figure de saint Jean C h r y s o s t o m e se présentant courageusement devant l'impératrice Eudoxie pour exiger la restitution de quelques pièces de monnaie à une v e u v e infortunée, à qui cette majesté impériale les avait dérobées. C'est ainsi que l'Église entend le droit de propriété et le septième commandement.
M A C . ET C A T H , -* 6.

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L a propriété de droit humain ou de pure institution civile, c o m m e l'entend et la pratique le m a ç o n n i s m e , il suffit de l'indiquer ici, est exposée, relativement h sa sécurité légale, aux m ê m e s r i s ques et périls que nous avons mentionnés ailleurs en parlant du mariage. Si la propriété est une pure création du droit positif humain, elle est sujette, c o m m e celui-ci, aux variations et aux vicissitudes qui peuvent provenir d'un changement de législation. Et c o m m e la législation changera avec le pouvoir législatif, lorsque, par quelqu'un de ces coups de la Révolution assez probables aujourd'hui, le pays se sera laissé imposer une chambre législative composée d'éléments socialistes, formant une majorité parlementaire, cette chambre pourra voter simplement l'abolition de la propriété, ou sa réorganisation selon l'idéal du collectivisme, ou simplement sa répartition égale entre tous les citoyens, conformément au système c o m m u n é ment admis par les partisans de la théorie socialiste. U n e chambre légalement constituée peu* émettre un vote de ce genre, et personne ne pourra légalement ni l'en empêcher ni l'en b l â m e r ; et il n'y a pas de jurisprudence au monde," étan* donnés les principes maçonniques, qui puisse taxet ce vote d'absurdité; bien au contraire, elle doit lf* reconnaître c o m m e parfaitement logique, surtou* si une telle chambre socialiste rappelle, dans les

subsister pen« dant quelque t e m p s s a n s D i e u . que peut-on reprocher à une telle loi. C'est ainsi qu'un arbre dont on a coupé secrètement la principale racine. contre l'Église. parce que Tordre surnaturel est la condition indispensable de l'ordre naturel. mais. on voit figurer c o m m e p r o priétaires un grand nombre de ceux qui sont aujourd'hui détenteurs de ces biens. en admettant les théories maç o n n i q u e s ? L e s malheureux qu'elle a dépouillés. Il n'est aucune de ces institutions qui ne demeure c o m m e suspendue en l'air. grâce à elle. et que. ne voit pas dès le premier jour ses rameaux se flétrir . infailliblement. la science et le bon sens seront forcés de l'appeler une légalité.MAÇONNISME ET CATHOLICISME considérants ou dans les préliminaires de sa future loi. pourront la qualifier d'attentat odieux et criminel. à première v u e . qu'une telle abolition de la propriété n'est pas une chose nouvelle. T e l l e est la conséquence de l'exclusion de l'idée de D i e u des institutions humaines. Il faut remarquer en outre que ce qui cou- . sous le nom de désamortisation. T o u t ce qui concerne l ' h o m m e peut. mais le peuple. mais qu'elle a déjà été mise en pratique.Je le demande au jurisconsulte le plus retors. il y a quelques années. si on lui enlève son fondement divin. mais bientôt arriveni la langueur et la mort. il ne tardera pas à les voir se dessécher et mourir. faute du suc nécessaire.

c o m m e il le rêve lans son orgueil insensé : s'il détrône D i e u . En suivant le programme que nous nous sommes tracé pour mettre en relief les divergences essentielles de doctrine qui séparent le m a ç o n nisme et le catholicisme. qui est un des points sur lesquels existe l'opposition la plus radicale entre les critères de chacun d'eux. L ' h o m m e ne peut vivre émancipé et sans avoir un maître. c o m m e nous l'avons dit plus haut. peut être simplement humain. ce irône laissé vacant sera immédiatement o c c u p é par e démon. a besoin •d'un aliment moral qui nourrisse son esprit . sans cesser d'être surnaturel et divin. nous sommes amené à parler en ce m o m e n t de l'éducation. outre les aliments matériels qui nourrissent son corps. XIV Doctrine du maçonnisme cl du catholicisme sur Védu* cation publique.«4 MAÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E cerne ainsi l'homme. L e maçonnisme et le catholicisme se trouvent en m ê m e temps en présence d'un petit enfant» et ils conviennent que cet enfant. ils . à moins de devenir ranchement satanique.

qu'on en arrachera constamment les mauvaises herbes. C'est un champ où Ton ne peut espérer de récolter de belles fleurs et de bons fruits. S'il n'en est pas ainsi. qu'il doit espérer ou craindre. qui consistent à montrer tantôt de la tendresse et tantôt de la sévérité envers l'enfant. qu'on l'arrosera en temps convenable. Et c o m m e il ne peut pas y avoir de loi sans législateur. P o u r que ces soins produisent de bons résultats. en un mot. constituent ce que le catholicisme appelle l'éducation. il faut commencer par inculquer . ni de sanction légale sans j u g e qui lapplique. mais un être dégradé. qu'il doit respecter. Et ces soins. selon qu'il l'observe fidèlement ou la viole. et la sanction éternelle de cette loi. qu'on le cultivera avec soin. corrompu par un vice originel. la première notion à inculquer à l'enfant est celle de la loi morale. il ne demeurera pas stérile et sans végétation. mais il produira en abondance des fruits empoisonnés en toute sorte de perversion et de malice. L e catholicisme voit dans l'enfant un être que Dieu a créé à son image et à sa ressemblance. qui a fait naître en lui une multitude de germes qu'il convient de combattre. et de mauvaises inclinations qu'il faut réprimer. tantôt à l'encourager et tantôt à lui faire des réprimandes. qu'autant qu'on y aura jeté une bonne semence.MAÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E 85 s'accordent aussi à admettre que l'éducation est nécessaire.

et dans toute l'intégrité de sa perfection morale. et qu'il n ' y ait en lui rien de vicieux ou de déréglé* à quoi peut bien lui être utile l'éducation ? A rien. les maximes* les e x e m ples et les secours de son organisme divin. et de dominer jusqu'à ses affections et à ses sentiments les plus intimes. mais c o m m e un être parfait. A i n s i .MAÇONNISME ET CATHOI-lCîSM E à l'esprit de l'enfant ridée de D i e u . et c o m m e n c e par se tromper dans l'idée fondamentale qu'il s'en fait : il le considère non c o m m e un être vicié par le péché originel. O n v a demander i c i : si l'enfant est parfait. absolument : là o ù il n ' y a pas à combattre des g e r m e s mauvais et des tendances coupables. et le juge qui. ce que l'on doit désirer. avec les conseils. sans que le fer du jardinier vienne couper . qui est le l é gislateur invisible dont l'autorité donne sa force à la loi. le catholicisme croit posséder le s y s tème d'éducation le meilleur. T e l l e est l'éducation catholique. Il prend l'enfant. procure l'observation de la loi. au m o y e n des châtiments ou des récompenses. basée entièrement sur l'ordre surnaturel. c'est que l'arbre croisse selon toute son exubérance naturelle. le seul qui permette de diriger l'enfant dès le bas-âge. qui est l'Église. le plus parfait et le plus raisonnable. L e maçonnisme procède d'une façon différente» selon son critère grossièrement naturaliste. en pleine possession de lui-même.

non par un développement pacifique. et de tout ce qui s'y rapporte : voilà. il est inutile de parler à l'enfant de Dieu ou de la religion. En suivant ce procédé. L ' h o m m e ne naît pas parfait. nouveauté que la maçonnerie s'efforce. la musique et la gymnastique. parce que le maître ne s'occupe pas de la formation du c œ u r . d'introduire dans notre pays. dans la façon de concevoir les principes relatifs à l'éducation ? L e simple bon sens suffit pour porter sur ce point un jugement impartial. Il y a là tout ce dont il a besoin pour son parfait développem e n t . logiquement justifié.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 37 aucune de ses branches vigoureuses. c o m m e la maçonnerie veut le supposer . mais au milieu d'un combat pénible et continuel contre lui-même et presque avec tout ce qui l'entoure : l'œuvre de l'éducation consiste donc à lui enseigner à combattre. l'homme naît et croît. depuis quelques années. Il conviendra donc de l'instruire. la géographie. très logique dès que l'on part de la négation du péché originel. les logarithmes. l'histoire. la chimie. . ce qu'on appelle r e n s e i g n e ment laïque. la physique. mais non de l'élever : qu'il apprenne les lettres. N o s lecteurs voient-ils clairement maintenant en quoi consiste la différence essentielle qui existe entre le maçonnisme et le catholicisme.

elle c o m m e n c e par développer en lui tous les mauvais instincts. qui ne s'accommode avec aucune pensée de sujétion ou de répression. XV Que pensent le maçonnisme et le catholicisme sur t'enseignement officiel ï Si le catholicisme et le maçonnisme diffèrent . elle les qualifie de superstitions insensées. A u contraire. absolument. T o u t e s les issues par lesquelles la passion peut se produire avec fougue et impétuosité. s'il a un tempérament indolent. qui sont les principaux ennemis à combattre. qu'il sera un pourceau d'Epicure. en les caressant avec l'idée d'une indépendance totale. L t quelles armes lui donne pour ces combats. et jamais un h o m m e capable de porter sur son front. nous ne disons pas la noblesse du chrétien. elle les laisse ouvertes avec une lamentable insouciance . qu'il deviendra une bete féroce . s'il a le sang vif. mais même la dignité de l'être raisonnable.MAÇONNISME ET CATHOLICISME pour lui faciliter la victoire. les puissants ressorts que la religion seule établit pour les comprimer et en régler l'exercice. il en résultera nécessairement. quelles leçons lui offre pour ces luttes l'éducation laïque ou sans Dieu ? A u c u n e . L'enfant étant imbu de ces idées.

MAÇONNISME ET CATHOLICISME essentiellement. le voile ne sert de rien. Etant donné l'esprit humain essentiellement faillible. objective. ici. et n'empêche point de con naître dès le premier m o m e n t quels sont les ennemis contre lesquels le catholique sincère de notre temps doit se tenir en garde. indépendante des découvertes de demain ou du siècle suivant. la . on ne peut avoir une autre idée de la vérité philosophique ou scientifique. Il n'en est pas ainsi de la vérité religieuse. La raison en est claire : ce qu'on n o m m e la science. n'est pas ordinairement la vérité certaine. nonobstant les exemples très fréquents des théories les plus autorisées et u n i versellement acceptées qui. L e catholicisme nous apprend que tout enseig n e m e n t doit être subordonné au dogme. ont été rangées parmi les paradoxes les plus c é lèbres. qu'on juge de l'abîme qui les séparera dans la question de renseignement.en ce qu'il a avec lui une relation plus ou moins directe. dans sa partie formellement dogmatique et définie : elle est la vérité certaine. ou la vérité que l'on tient pour telle. m ê m e dans son concept le plus digne et le plus élevé. mais la vérité présumée. Ici toutefois il y a un avantage : l'opposition mutuelle des deux sys* tèmes est plus franche et plus é v i d e n t e . fixe. peu de temps après. lorsqu'il s'agit de préciser et de fixer ce qu'on entend ordinairement par éducation.

MAÇ0NNISME ET C A T H O L I C I S M E vérité une. V o i l à pourquoi le catholicisme exige que tout Tordre des connaissances humaines parte de ce principe que tous ses enseignements dogmatiques sont indiscutables. immuable. C'est ainsi seulement que Ton enseigne et que l'on apprend d'une façon catholique. en lui donnant des principes certains. que ce qui est connu c o m m e certain a priori. sans se permettre le moindre écart. éternelle c o m m e D i e u . et qu'il faut leur demeurer fidèlem e n t et scrupuleusement attaché. que celle-ci soit la pierre de touche pour vérifier la vérité de celle-là . au contraire. bien que le catholicisme exigeât d'eux cette subordination expresse à ses d o g m e s . il le f a v o rise. embrassant du regard de vastes horizons et étendant le champ de leurs investigations. indéfectible. sous-prétexte de liberté. qui montre dans tous les temps les génies les plus sublimes. c o m m e le prouve une expérience cent fois répétée. soit la base et le guide dont on se servira pour vérifier. Et ce système. accepter ou rejeter les connaissances acquises postérieurement. C'est donc une règle r i g o u r e u s e m e n t scientifique que la vérité purement p r é s u m é e et hypothétique soit subordonnée à la vérité fixe et absolue . grâces en soient rendues à Dieu ! n'arrête aucunement ni ne g ê n e le légitime essor de l'intelligence h u m a i n e .

que nous avons recueillies avec un saisissement d'épouvante de la bouche de fonctionnaires qui. l'élévation des idées. L a science. les fils de la foi ont pu dans tous les siècles accepter d'être mis en parallèle avec les partisans de la libre pensée . l'étendue de l'observation. en tout et pour tout.veulent encore passer pour catholiques. en ne blessant pas ce qui est légalement réputé c o m m e inviolable. mais. ou que D i e u est un pur fantôme de la superstition populaire. M a - . même dans notre Espagne. assurés que ces derniers resteront bien loin derrière e u x . au point de se permettre toute espèce de hardiesses et de licences. Bien au contraire. libre penseur. L'enseignement organisé maçonniquement se déclare. T e l est malheureusement celui qui se donne aujourd'hui dans presque tous les centres officiels. ou ce qui s'affuble de ce n o m . tant sont devenues v a l u e s et incertaines les limites de cette i n violabilité. la profondeur du raisonnement. y c o m pris celle d'enseigner que l ' h o m m e n'est qu'un orang-outang perfectionné. à l'heure présenterions ne savons presque plus ce qu'il faut entendre par là. pour la largeur des vues.MAÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E 91 infaillibles. D'après des déclarations très grav e s . la fécondité des d é c o u vertes. et ils le peuvent encore aujourd'hui. le professeur est tenu de se renfermer dans les limites d'une certaine prudence. est donc libre. malgré tout.

Rendons cette vérité plus claire. et joint a son enseignement les principes de morale calqués sur la théorie de l'amour libre ou sur les funestes programmes de la liquidation sociale. Il est vrai que le maçonnisme doctrinaire et doucereux ne tolère pas de telles applications du critère libre-penseur . En effet. pourquoi admettre celui du g o u v e r n e m e n t ? si l'Eglise n'a pas le droit d'exiger. on ne peut logiquement ni le lui reprocher ni l'en empêcher. l'unique conséquence serait la proclamation franche de la liberté confession- . au n o m de D i e u . si Ton n'admet pas pour la science le frein du d o g m e catholique. ou elle ne l'est pas : si elle est libre. de quel droit le ministre peut-il exiger que Ton respecte c o m m e inviolables certains principes ou institutions sociales? O u l'intelligence humaine est libre.9 2 MAÇONNISME ET CATHOLICISME çonniqucmcnt parlant. d'aller où il lui plaira. Et si quelqu'un forme ainsi la jeunesse. dans sa marche et ses développements. et alors q u ' o n la laisse aller librement et sans aucune entrave. tels les privilèges de l'enseignement. Etant donnée une certaine loyauté. tels sont les droits de la science. est de plus inconséquent dans sa fausseté. elle l'est entièrement . ce qui le rend doublement inique et odieux. le respect pour certaines de ses vérités. s'il peut y en avoir dans le principe maçonnique. mais cela prouve seulement que le maçonnisme. outre qu'il est faux.

MAÇONNISME ET CATHOLICISME 9) nelle. qui sait d'une façon certaine que. l'odieuse sujétion du citoyen sous la domination d'une tyrannie cent et mille fois plus i g n o m i nieuse que celle qui. c o m m e résultat. du mariage et de la puissance paternelle. comme on l'a prétendu faussement. qui se constitue par là son unique dépositaire et dispensateur légal. C'est ainsi qu'on a créé ce qu'aucun autre siècle n'avait c o n n u . sur ce terrain de la libre concurrence. dont nous parlions précédemment. opprimait autrefois l'enseignement. sans l'estampille de l'Université. renseignement avec l'estampille rationaliste de l'État. Mais cela ne convient pas à la secte. A la secte convient le monopole officiel. s o u mis au noble magistère de l'Eglise de Dieu» XVI Que pensent Je maçonnismc et le catholicisme sut l'enseignement officiel (suite). O n a. lorsqu'elle s'exerce . elle serait vaincue par renseignement catholique. à l'instar de ce que nous avons vu en parlant de la propriété. La tyrannie maçonnique de l'État enseignant. l'idole de l'État enseignant. irrite d'autant plus qu'elle est moins justifiée.

En effet. que nos lecteurs s'arrêtent pour contempler avec horreur ce qui se passe . qu'ils s'arrêtent pour contempler cette infamie. de notre Espagne. la presque totalité des contribuables ? C e pendant. désirent tous pour leurs enfants renseignement catholique ? qui peut méconnaître que ces percs de famille constituent encore aujourd'hui la m a jorité. par b o n heur. les écoles normales et primaires. et ensuite avec leur adhésion et leurs n o m s inscrits sur les registres matricules. Il arrive alors qu'à la violation brutale des droits de la vérité religieuse s'ajoute la violation non moins impie des droits du citoyen. ainsi qu'il en est. les Institutions. ils donnent leur argent aux maîtres. ils soutiennent les universités. qui n'a peut-être pas encore fixé leur attention : ils payent l'enseignement officiel. qui peut nier que les pères de famille catholiques. malgré les protestations continuelles par lesquelles l'État maçonnique ou libéral se déclare le zélé protecteur et le gardien de ces m ê m e s droits. quaud ils confient leurs enfants à ces établissements.94 MAÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E dans une nation exclusivement ou presque exclusivement catholique. payant l'instruction qui assurément leur est . Il semblerait donc que. m ê m e ceux qui pratiquement laissent à désirer sous le rapport du catholicisme. ils soutiennent tout cela avec leurs contributions d'abord. en dépit des ravages de la Révolution.

Mais il n'en est point ainsi : l'État vend son enseignement. au moins dans le cas où il veut lui faire embrasser une carrière : car l'État maçonnique a coupé tous les canaux de l'eau de la science. le vend avec privilège exclusif. condition que l'on regarde c o m m e obligatoire dans tout contrat de vente . les droits de la bourse.MAÇONNISME El CATHOLICISME 9) vendue à chers deniers. de la dignité et de la conscience. de l'un et de l'autre. il donne cet enseignement contre la volonté et les intérêts. avec son despotisme professoral. en ne permettant pas qu'on regarde c o m m e valable celui qui se donne dans un autre établissem e n t . L'État enseignant. les donne en échange de bons et beaux deniers. Et le père. ils devraient au moins o b tenir qu'elle fût conforme à leur désir et à leur v o lonté. et le D i e u . en obligeant tous les citoyens à ne pouvoir boire ailleurs qu'à sa source méphitique et empoison- .É t a t ne rougit pas de pratiquer ce qu'il punit chaque jour chez tout individu qui altère un comestible ou une boisson. violant ainsi à la fois. et consentir à cet empoisonnement. après les avoir falsifiés et empoisonnés. le vend cher. converti en marchand de programmes. au contraire. le pauvre père doit payer avec son or l'empoisonnement moral de son fils. mais. et cependant il s'arroge le droit de donner un enseignement qui n'est au goût ni de celui qui le paye ni de celui qui le reçoit.

et qu'ils exigeaient de chaque citoyen. Cette tyrannie est semblable à celle dont usaient. etc. ingénieur.. pour obtenir un diplôme qui mette leurs fils en état d'entrer dans une faculté ou d'exercer une profession. s'il n'a passé au laminoir de cette machine. les empereurs romains. s'il n'est marqué du carac« tère de la béte ». ce qui peut fort bien signifier la Révolution. dispensé uniquement par l'organe et sous l'estampille de la maçonnerie : nul ne pourra être avocat. L'Etat maçonnique veut les consciences. sur le marché public. ou pour le moins affaiblit la v i gueur et la force de ses convictions chrétiennes. c o m m e la monnaie qui ne circule pas sans la marque de son coin ou de son poinçon. l'adoration de l'idole avant de lui céder la viande.9 6 MAÇ0NNJ5ME ET C A T H O L I C I S M E née. lorsqu'il dit qu' « il viendra un temps où nul ne pourra ni « acheter ni vendre. qui en fait ou bien un maçon complet. dans les derniers temps de la persécution contre le christianisme. médecin. qu'il proclame libres. dans l'apocalypse de saint Jean. lorsqu'ils plaçaient des idoles dans les endroits où l'on vendait les objets de première nécessité. le vin ou le pain dont il avait journellement besoin. . C'est là ponctuellement ce qui est prédit des temps de Tantéchrist. Ainsi en est-il déjà avec l'enseignement officiel.

ce sera noble. Et cela en ne parlant que de l'enseignement officiel.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 97 Q u e l'Église ait les mêmes exigences pour les dens. généreux.L'Épiscopat et la bonne presse poussent chaque jour des cris d'alarme. ou au collège. libéral. . afin que la maçonnerie les fasse servir à ravir la foi aux âmes. puisque nous ne disons pas sur ce sujet le quart de ce qu'il y aurait à dire. — 7. ainsi en va-t-il. sont siens et veulent l'être. pour les fils de cette catholique nation. on appelle cela une oppression despotique. ou à l'Université. L e réseau maçonnique est une trame aussi habilement qu'universellement ourdie dans toute la nation. de payer et de se mettre lui-même la chaîne ignominieuse qu'il doit p o r ter Ainsi en va-t-il aujourd'hui dans le monde . à peine y a-t-il une âme qui ne voie sa foi exposée à tomber dans quelqu'un de ces filets. qui. A l'école primaire.à . se voit obligé. ainsi en va-t-il en E u r o p e . avec cette particularité nouvelle qu'ici celui qui se sent opprimé par un procédé si inique. pour sa suprême humiliation. ô pères catholiques. que l'État maçonnique agisse de la m ê m e façon v i s .v i s des intelligences. après tout. en dénonçant les discours et les livres que le catholique paye d e son argent. ET CATH. la servitude de la pensée . si nous examinions celui qui se donne M A C . Q u ' o n ne dise pas que nous exagérons.

et introduit dans la société une confusion beaucoup plus grande. de cercles. à l'exception de celles qui sont franchemcntcatholiqucs. qu'ici l'ennemi travaille d'une façon beaucoup plus habile. le critère franchement maçonnique est en opposition directe avec le critère franchement chrétien . Ici. Sur ce point. C e l a ne p r o u v e t—il pas d'une façon assez éloquente que c'est sur ce terrain que tous les bons catholiques d o i vent immédiatement lui livrer la principale bataille ? XVII Combien diffèrent la doctrine du maçonnismc et celle du catholicisme touchant la bien/aisance. nos amis verraient combien nous pourrions généraliser notre proposition.93 MAÇ0NN1SME HT CATHOLICISME dans cette multitude d'athénées. qui presque toutes. règne aujourd'hui dans le m o n d e et est la cause des principaux désastres. avec cette seule différence. d'académies et de bibliothèques populaires. sous le manteau du professeur. En résumé. c o m m e en tout le reste. le démon de la maçonnerie porte son . Satan. sont de vraies succursales du maçonnismc.

'sont assez habiles pour c o m p r e n dre dès le début sa ruse infernale. ce qui. devient de la sympathie et finit par séduire ceux qui seraient imprévoyants. l'ennemi a besoin de substituer un vice à une vertu. Ici. au m ê m e titre que l'or et l'argent les mieux épurés. L e sentiment n a turel de compassion que nous inspirent les afflictions et les besoins de nos semblables. pour ainsi dire . m ê m e après avoir d é pouillé l'auréole du surnaturel. Ici. Ici. ce qui fait qu'il est pris naïvement pour l'ange de la charité. Dans d'autres branches. Ici. se trouve dans la délicatesse de la matière à l a quelle on fait subir cette altération. le naturalisme présente quelque chose de noble et d'élevé qui lui permet de prendre certains faux aspects de . L a raison de cela. et pour cela de donner à ce vice les couleurs et l'apparence de cette vertu. est chose difficile. il y a plus de facilité. on prend fréquemment pour les doux reflets de la lumière céleste. c o m m e on le voit. l'art de tromper est aussi ingénieux que possible. sur d'autres sujets. c'est au point que l'oripeau et Tétain circulent parfois sur le marché de la vie sociale et sont acceptés c o m m e monnaie courante. ce qui n'est autre chose que la sinistre lueur des flammes de l'abîme. à la bien considérer.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 99 masque jusque sur les y e u x . m ê m e par des personnes qui.

à notre humble avis. tels que ceux de son âme. C ' e s t donc un champ d'opérations.io ) divin. de la vanité et du respect h u m a i n . le plus f a v o rable pour la séduction. la seule qui puisse se glorifier du beau et saint nom de charité. elle lui propose également une série de stimulants purement humains. 2° A l'instar de cet objectif falsifié ou pour le moins mutilé. moyens simplement terrestres. Voilà les trois aspects. pour la fixer seulement sur les besoins de son corps. qui paraissent plus pressants. et partant exempte de tout scrupule. qui. elle suggère les moyens d'exercer la charité. vulgairement appelée philanthropie. tels que la pure satisfaction d'un sentimentalisme féminin. et la maçonnerie exerce cette séduction de trois manières : i ° Elle détourne l'attention d e l ' h o m m e des besoins principaux de son frère. 3° Conformément au caractère purement h u main de ces stimulants. ou la satisfaction plus grossière encore de l'amour propre. caractérisent la bienfaisance maçonnique. m ê m e quand il fait les plus grands efforts pour se séparer de D i e u et lui faire la guerre. parce qu'ils sont plus visibles et plus sensibles . L a charité. subordonnés à une moralité purement terrestre. à rencontre de ce que nous avons . et la c o n s tituent dans une opposition directe avec la bienfaisance chrétienne.

c'est-à-dire avec son corps et son âme . et examines dans les paragraphes suivants qui. vont être exposés. en opposition avec les règles de la morale la plus stricte. nos lecteurs ont pu déjà l'entrevoir.MAÇONNîSMK ET C A T H O L I C I S M E IOI vu pour la philanthropie qui se couvre de son masque. l'homme tout entier. confrontés. nous devons montrer la diffé- . et par là m ê m e ils ne sont en rien. dans tous ses actes. XVIII On examine le premier aes trots points de pue signalée plus haut. ont un caractère pratiquement incontestable et ont à l'heure présente une souveraine opportunité. pas m ê m e dans les moindres détails. 2° L ' a m o u r de Dieu et le sentiment du devoir. En traitant de la manière de subvenir aux be>oins du prochain. mais la fin suprême de l'âme est son but principal. Ces trois points de v u e . du maçonnisme et du catholicisme relativement à la bienfaisance. voilà son principal stimulant : et par conséquent. se distingue aux caractères suivants : i ° Elle a pour objectif l'homme complet. elle a un motif surnaturel. 3° Ses procédés sont en tout conformes à la loi divine.

au plus. cet h o m m e qui prétend à tort être charitable. ou mieux avoir tout fait. ou au moins de le soulager. avoir fait beaucoup. dans la façon d'apprécier ces b e soins. et. est pour la créature humaine le mal essentiel. sont ceux qui se rapportent à son corps. D ' o ù il résulte que toute bienfaisance maçonnique ou inspirée par le maçonnisme a pour unique objet de délivrer rhomme de cette souffrance. à la c o n sidérer uniquement dans son opposition avec le bien terrestre. qui n'est autre que le naturalisme. Il croit donc bonnement. bien qu'elle s'appuie sur un principe faux.m ê m e et ne sort pas de la sphère de sa vie matérielle et terrestre.102 rence radicale qui existe entre le maçonnisme et le catholicisme. avec une logique rigoureuse. L e s besoins seuls dignes d'être pris en considération dans r h o m m e . T o u t e la fin de l ' h o m m e . Pour le maçonnisme. sans aller absolument au delà. que la souffrance. est en l u i . ou m i e u x ils sont les seuls. quand il a apaisé la . tant physique que morale. ces besoins tiennent la première place. en ce qui touche aux vérités de la philosophie humaine. D ' o ù le naturalisme conclut. à son intelligence. puisqu'il n'existe pas d'autres horizons pour ses y e u x malades. et qu'elle ne peut être envisagée autrement. l ' h o m m e n'a d'autres besoins que ceux de la vie naturelle. d'après le naturalism e maçonnique.

ou couvert ses membres nus avec un mince lambeau d'étoffe. il se croit dans l ' i m p o s sibilité absolue de faire quoi que ce soit de plus parfait. en procurant les remèdes prescrits par le médecin ou le chirurgien. il se conduit à son égard d'une façon fort différente. et il prescrit en sa faveur deux espèces d'œuvres de bienfaisance. et qu'elles doivent être subordonnées Î ces dernières. que les œuvres corporelles sont d'un ordre inférieur aux œuvres spirituelles . bien qu'elles puissent elle-mêmes erre élevées au m ê m e rang. à la rigueur. en les accomplissant. Il voit en lui un corps et une â m e . et lorsqu'il ne peut pas réussir de la sorte. et. partant. il reconnaît aussi. L e catholicisme se fait de l'homme une idée bien supérieure. ou apporté quelque soulagement à ses douleurs. on ne peut rien exiger de plus de celui qui ne voit dans l'homme que son enveloppe extérieure. il distingue deux ordres de besoins et de souffrances. c'est-à-dire son corps. par conséquent. et. en dehon du motif supérieur de la foi qui doit les animei toutes. que le catéchisme désigne sous le n o m si suave < t d'œuvres de miséricorde c o r porelle et spirituelle ». E t c o m m e il reconnaît la supériorité de l'âme sur le corps. fort logiquement. T e l l e est l'appréciation fort juste du ca- .MAÇONNISME ET CATHOLICISME 10} faim de l'indigent avec un morceau de pain. si. et. on se propose une fin spirituelle.

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tholicisme. L a fin suprême de l ' h o m m e , sa fin la plus noble, uniquement importante, puisqu'elle est définitive, c'est celle de son âme immortelle, qu'il doit sauver et qu'il peut perdre. D o n c toute oeuvre de bienfaisance, quelle que soit la misère ou la souffrance qu'elle ait pour but de soulager, doit principalement avoir en v u e cette fin dernière de l ' h o m m e , et être considérée principalement c o m m e un m o y e n pour arriver à cette fin très noble. L e pain qui est donné pour apaiser la faim, le vêtement destiné à couvrir la nudité du pauvre, la visite et le remède destinés au soulagement de l'infirme, ont pour fin immédiate et pour ainsi dire tangible, d'apaiser la faim, de vêtir la nudité, de soulager une infirmité, mais ils doivent avoir pour fin supérieure et dernière de perfectionner l'âme et de l'aider à obtenir lés biens qui lui sont propres, à savoir : la vérité et la grâce de D i e u , et, pardessus tout, le bonheur éternel. Assurément, ceci ne fait pas que ce s e cours matériel qui est donné, vaille moins, ou soit donné avec moins de spontanéité ou d'abondance ; mais qu'il se donne d'une manière plus digne de Thomme et de sa très noble condition ; qu'il se donne non comme à un chien ou à un cheval, auxquels nous voudrions uniquement conserver la vie, mais c o m m e on doit le donner à un être raisonnable auquel on souhaite, outre Tas-

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iistance passagère du m o m e n t , les joies de la suprême félicité. Ceci soit dit pour les besoins qui peuvent en quelque manière être secourus, et pour les d o u leurs qui peuvent recevoir quelque soulagement. Mais quand le besoin est tel qu'aucun secours humain ne peut le satisfaire, et que l'épine de la douleur est si profonde qu'aucune main d'homme ne peut l'arracher, ah ! c'est alors que l'on voit très clairement combien est vaine, impuissante, stérile, la bienfaisance purement humaine, et c o m bien est sublime, féconde et puissante, la véritatable Charité ! C'est alors que la lumière de la foi révèle aux y e u x de l'affligé toute sa philosophie sur la douleur en lui enseignant, en premier lieu, qu'elle est transitoire, et que, par conséquent, elle n'a pas le caractère d'un mal absolu et inaccessible à toute espérance ; en second lieu, qu'elle est méritoire et qu'elle peut et doit être, en l'acceptant avec résignation, le principe et la cause d'un bonheur sans fin ; en troisième lieu, qu'elle est satisfactoire, c'est-à-dire qu'elle sert admirablement, dans le plan divin, à nous purifier, à nous faire expier et payer en cette vie les dettes parfois très lourdes que nous avons contractées envers la majesté suprême. T o u t cela modifie, élève, et, en quelque façon, transforme tellement 13 souffrance aux y e u x du bon chrétien, qu'il regar-

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MAÇONNISME

ET CATHOLICISME

de l'affliction, non seulement c o m m e quelque chose de tolérable, mais souvent, on le voit dans quelques âmes justes, c o m m e quelque chose de désirable. Transformation merveilleuse, empire complet de l'esprit sur la matière, réalisés par la foi et la grâce de Dieu, par l'efficacité de la véritable charité, qui est seule surnaturelle et chrétienne. Q u e l'on constate donc quelle distance i m mense, infinie, sépare au premier abord, l'idée catholique de la charité, de l'idée naturaliste ou maçonnique de la même vertu. Cette différence ressort avec plus d'évidence encore de la façon dont le maçonnisme et le catholicisme envisagent l'homme et sa fin dernière, ainsi que nous le constaterons plus clairement encore dans les paragraphes suivants.

XIA On examine le second des poinls signalés plus haut. L e maçonnisme essentiellement opposé au catholicisme, dans la façon d'apprécier l'objet matériel de la bienfaisance, c'est-à-dire l ' h o m m e , ne l'est pas moins dans l'appréciation du motif formel et de la règle de cette appréciation, qui doit

mot grec qui signifie amour de l'humanité. Voyons maintenant ce second aspect de la question.m ê m e peu aimable. nous ne p o u vons le nier. il se présente des cas. ce sentiment est-il appelé fort justement philanthropie.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 107 et peut être exclusivement l'amour de Dieu. et nous pouvons défier tous les philantrophes passés et présents de les éviter avec leur système absurde et impuissant. dans lesquels l'homme est par l u i . il est possible que nous la trouverons aussi creuse et insignifiante qu'elle est p o m peuse en apparence. L e motif formel de la bienfaisance maçonnique ou naturaliste se réduit à l'amour de l'homme p o u r l ' h o m m e m ê m e . c o m m e il arrive pour la plupart des paroles retentissantes dont la résonnance est en proportion de leur absence de signification A i m e r l'homme seulement pour l'homme. Mais si nous nous arrêtons un instant à examiner sa valeur idéologique. sans considération pour une autre idée supérieure. qui n'offre pas moins d'intérêt. et ce sont les plus fréquents. Aussi bien. c'est s'exposer à deux inconvénients très graves. qu'on le considère . En premier lieu. Cette parole est sonore et retentissante. et parfois est-ce à cette sonorité musicale qu'il faut attribuer l'effet qu'elle produit sur certaines imaginations.

o h ! c'est encore p i r e : dites-moi quelles limites. un motif à l'amour que je dois avoir pour des êtres peu sympathiques. est souvent un être fort peu aimable. avons-nous dit. L e s pauvres s y m p a thiques et bons ne se trouvent guère que dans les drames ou les r o m a n s : dans la vie réelle. assez nombreux aussi. s'il n ' y a pas d'autre raison d'aimer l'homme que l'homme l u i même. faire violence aux m o u v e m e n t s naturels de la sensibilité et de l'impressionnabilité pour . je v o u s prie. et le plus souvent. l'infirmité impressionne fort mai. L e s exemples à l'appui de cette vérité sont connus de tout le monde. la m a i son du pauvre loin d'attirer. dites-moi. En second lieu. et il serait oiseux de recourir pour la prouver à de longues démonstrations. quel frein vous donnerez à ce sentiment pour l'empêcher d'être désordonné et le maintenir dans de justes bornes. Considéré physiquement. comment je puis faire pour donner une base. et alors. repousse. où l ' h o m m e est extrêmement aimable. Il faut faire un effort. il existe d'autres cas.lu» MAÇONNISMK ET C A T H O L I C I S M E au point de vue physique o u au point de v u e moral : et dans ces cas. Q u ' o n nous permette de donner quelques d é veloppements à chacune de ces pensées: L ' h o m m e . si je ne dois aimer l ' h o m m e que pour ce qu'il vaut. le pauvre est d'ordinaire répugnant : presque toujours la misère est dégoûtante.

non pas sa difformité physique. mais sa difformité morale. et c'est en cela que consiste précisément le principal mérite de leur vertu. C e combat existe spécialement quand on considère dans le pauvre. pour pénétrer dans la mansarde ou le galetas de l'indigent. lorsque . et qui ne savent payer les bienfaits reçus que par une noire ingratitude. Et toutefois. C e u x qui sont fermes sur ce point. N o u s en appelons au témoignage des personnes les plus généreuses et les plus adonnées aux œuvres de charité. et ils doivent être aimés par celui qui est véritablement charitable. il faut pourtant s'en approcher. vils. il faut rapprocher de son c œ u r cet autre c œ u r parfois gangrené et corrompu. abjects. mais encore les corriger de leur difformité morale. ils doivent être aimés eux aussi. le sont parce qu'ils ont réussi à se vaincre eux-mêmes dans ce combat de la nature . qui est parfois encore plus sordide. il faut étreindre cette main qui parfois peut avoir été déshonorée et souillée. parce qu'il doit non seulement les secourir dans leurs besoins plrysiques. qui ont le c œ u r noble et reconnaissant: mais il y en a qui sont mauvais et ont des instincts pervers. Il y a des pauvres qui sont réellement bons. Dites-moi donc maintenant.MAÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E IOQ s'approcher du lit du phthisique. beaucoup plus que les autres. Et bien que l'esprit répugne à s'approcher d'une de ces créatures avilies.

IIO MAÇONNISME ET CHATHOLICISME l ' h o m m e n'est aimable. qui n'est pas rare. l'est par malheur outre mesure. au lieu d'être peu sympathique. on a besoin du motif de la foi. les réfréner. antipathique. Q u e Ton suppose une misère où l'indigent. c o m ment un tel h o m m e pourra-t-il être a i m é ? Q u e le naturalisme discoure sur ce sujet tant qu'il voudra. s'ils s'égarent ? S i . si ce n'est le mérite q u ' a u n e telle action aux y e u x de Dieu N o t r e .S e i g n e u r . qui ait besoin du secours d'un h o m m e . . si l ' h o m m e ne doit être aimé qu'autant et parce qu'il le mérite. où c'est une femme possédant des charmes pleins d'attraits. il ne trouvera pas un m o t i f suffisant pour déterminer à faire du bien à de telles créatures. digne de haine et parfois bien coupable. lorsqu'il est au contraire. méprisable. c o m m e dit le naturalisme. au physique et au moral. Supposons le cas. Si la bienfaisance doit être purement humaine. ni m o ralement . ni physiquement. dans le premier cas. V o y o n s maintenant la contre-partie de ce raisonnement. o u encore celui o ù un h o m m e dans la vigueur de sa jeunesse a besoin d'être secouru par une femme à la main caressante et délicate. qui réglera les m o u v e ments naturels du cœur ? Et notez que nous ne parlons ici que de ce débordement des plus nobles instincts. mats enfin d'un débordement. Q u i peut les soutenir.

c'est ce que confirme. une e x périence certaine et qui n'a jamais été démentie. qui ressemblent si peu à un cloître. sans ce divin sauf-conduit ? Q u e l champion catholique o u quel jeune prêtre affrontera sans danger pour son âme certains foyers d'infection sans cette céleste sauve-garde ? Et c o m m e n t . pourra-t-on pratiquer. et pour que l'on voit clairement que s'il est une circonstance où il soit nécessaire. c'est quand il s'agit d'être véritablement charitable. mais simplement sans courir de graves dangers.MAÇONNISME ET CATHOLICISME c o m m e d'un stimulant divin. mais très délicate et très fragile vertu de charité ? N o u s croyons en avoir dit assez pour être compris. A i m e r l ' h o m m e pour l ' h o m m e seul. qu'à implanter dans les salles des hôpitaux et dans . non plus avec un s u c cès véritable. dans ces deux cas. non seulement de croire en D i e u . n'est-il pas certain que.Charité respirer l'atmosphère viciée des camps. dans ce second. C'est ainsi que la religion l'a toujours enseigné avec une profonde sagesse . dans la pratique. et l'aimer sincèrement. o n a besoin du motif de la foi c o m m e d'un modérateur divin ? Q u e l homme réservé et discret enverra nos jeunes et angéliques Sœurs de. mais de penser beaucoup à lui. la très noble. c'est une formule plus facile à écrire dans les livres maçonniques et à développer pompeusement dans les j o y e u x banquets des loges.

L ' h o m m e pour l ' h o m m e seul n'est au fond et ne peut être logiquement que l'homme pour son intérêt p r o pre. L ' h o m m e sent rarement pour l ' h o m m e . comment donc se p r o c u r c . dans les cas où il n'éprouve pas pour lui un attrait purement sensuel et une passion grossière. puisque. quand jiéprouve pour m o n frère de l'indifférence ou de la répulsion . s'agite et fait des siennes.t ellc des stimulants pour ses œ u v r e s ? C o m m e n t et avec quel fila plomb et quel niveau les r e n i e - . L a raison de ceci est fort claire. pratiquement. Et cependant cette fausse charité crie. en effet. est u n i quement m o n prochain. quand m o n frère excite en moi une passion coupable. n'a pas de remède contre ce double m a l . sinon m o i . quand ce n'est pas une aversion profonde. E h bien ! cet égoïsme h u main a d'ordinaire deux formes qui le disputent en brutalité. Sans l'idée de D i e u . la forme du mépris. Et la p h i lantrophie naturelle.m ê m e ? L ' é goïsme est donc la conséquence inévitable du principe naturaliste. nous l ' a v o n s v u . celle d'un appétit grossier. autre chose qu'un souverain mépris.112 MAÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E les mansardes des faubourgs de nos grands c e n tres de population. A i m e r l ' h o m m e pour l ' h o m m e seul et l'aimer sincèrement. sont deux choses pratiquement irréalisables! La preuve en est é v i dente. on ne les a jamais vues réalisées. qui.

sans l'amour de D i e u pour stimulant. le singe de D i e u . celle qui est de D i e u . celle qui est catholique et celle qui est maçonnique. Il en coûte à l ' h o m m e de se dépouiller de ce qui lui appartient pour le donner inconsidérément à un autre h o m m e . P o u r qu'il se décide à ce difMAÇ« ET C A T I I . — 8. et celle qui est du diable. N o u s entrons en plein dans l'examen du tableau qu'offre à nos y e u x la philanthropie ou charité naturelle.MAÇ0NN1SME ET CATHOLICISME t-ellc et les ordonne-t-elle ? N o u s étudierons ces questions avec plus de détails que nous n'aurions pu le faire ici. dans le paragraphe suivant. celui qui est le plus pratique aujourd'hui. dans lequel nous verrons et constaterons d'une façon plus saisissante les différences essentielles qui distinguent la véritable et la fausse bienfaisance. il est clair que le maçonnisme va chercher ailleurs d'autres stimulants et une autre règle. En établissant la bienfaisance. . et sans la loi de D i e u pour règle. C'est là que brille son g é n i e . XX On examine le troisième des points mentionnés plus haut.

m ê m e . ni cette récompense promise. et à a c c o m p l i r tels ou tels actes d'abnégation en faveur de leurs frères. et ils les lui offrent de la manière suivante : E n premier lieu.H4 MAÇONNISME ET CATHOLICISME ficile sacrifice. à la seule v u e des afflictions d'autrui. il est clair qu'on optera pour le premier. ce qui cesse d'être un acte de charité p o u r devenir une ostentation d'amour-propre. mais il est si faible par l u i . ils excitent la sensibilité n a t u relle. qu'il ne produit quelque acte en faveur de l'indigent. ils flattent la vanité par les applaudissements publics. m ê m e le plus dépravé. . C e sentiment est le plus noble de tous ceux qui sont purement humains. il faut qu'on lui offre une c o m p e n sation. qui ne peut moins faire que d ' é m o u v o i r l ' h o m m e . ils portent tel h o m m e ou telle femme à être généreux. que dans le cas où il n'est pas nécessaire de s'imposer pour cela de lourds sacrifices. L e catholicisme l'offre dès ici-bas. et dans l'avenir par la p e r s pective de la récompense. En second lieu. C e u x qui excluent D i e u de la bienfaisance. Ils doivent chercher et proposer à l ' h o m m e des compensations dans la vie présente. Entre voir souffrir son frère et s'imposer à soi-même quelque souffrance. à moins qu'une raison supérieure n'encourage et n'oblige à faire autrement. dans les avantages du mérite. ne peuvent reconnaître en elle ni ce mérite surnaturel.

lorsque le riche ne se résout pas à s e c o u rir le pauvre par le stimulant de sa sensibilité n a turelle. lorsque cela ne suffit pas. le maçonnisme ne se décourage pas pour c e l a . car on ne peut pas dire qu'il l'obtienne de son cœur. il le soumet à la tentation la plus forte. pièce que Ton donne à la fin. parcourent parfois les quartiers de la ville pour le m ê m e objet.MAÇONNISME ET CATKOIICISME E n troisième lieu. et en maugréant. en m u r m u r a n t . N o u s v o y o n s assez d'exemples de ce genre. mais parfois en le maudissant. la pièce de monnaie qu'on lui d e m a n d e . ils menacent par le ridicule du respect humain celui qui ne donne pas bon gré mal gré. Quatrièmement. et il ne manquera pas de les mettre tous en j e u . ou par un m o u v e m e n t de vanité. Il fait alors appel à sa frivolité. et en échange de l'aumône qu'il v e u t tirer de sa bourse. à cause de la contrainte qu'il nous fait avec son exigence. sous une forme plus ou moins autoritaire. parce qu'elle est la plus grossière : . non par un sentiment de compassion fraternelle pour l'indigent. ou sous l'impulsion du respect humain. jusqu'aux commissions qui. c'està-dire. depuis les souscriptions officielles o u les dons volontairement forcés que le gouvernement impose sous prétexte de calamités publiques. il connaît parfaitement tous les ressorts qui font agir l ' h o m m e bestial « anhnàlis homo ».

A cet effet. ensuite. les émotions ou l'impressionnabilité des nerfs . de telle sorte qu'il en est venu à se dépouiller de sa nature. la peur du ridicule . les sourires et les faveurs d'une femme à celui qui a besoin de cet appât pour délier sa bourse. les grands deuils de la patrie. Q u e nos lecteurs veuillent bien observer la progression descendante de ces stimulants naturalistes auxquels on a dû recourir pour remplacer le stimulant surnaturel. et à tomber dans ce qui est conlraire à la nature. puisqu'ils se traduisent également au dehors par des réjouissances et des fétes : c'est au point que la contre-façon de la charité a dénaturé les sentiments les plus naturels chez l'homme . la soif des applaudissements. il ouvre c o m m e un marché public de sensualité. des danses plus ou moins décentes à c e lui qui a le palais moins délicat. O n voit alors ce que personne ne pourrait croire s'il ne le voyait de ses propres y e u x . paraissent produire dans les âmes le m ê m e effet que les plus glorieux triomphes. D'abord. plus tard. à force de v o u l o i r fuir le surnaturel chrétien. L e s grandes calamités nationales. p o u r o b tenir en faveur des œuvres de bienfaisance une cotisation en rapport avec les goûts de chacun : il offre des chansons à celui qui se plaît à les entendre.n6 MAÇONNISME ET CATHOLICISME il lui offre des jouissances.

sous la première impression d'une grande catastrophe. on fait quelque chose.O n donne au pauvre. Celui qui donne pour de tels motifs donne au plus un écu ou un franc. qu'il l'embrasse et le console c o m m e un frère. enfin. mais il ne donne pas un sentiment du cœur capable d'encourager le pauvre. ou c o m m e on paie au g o u v e r n e m e n t la taxe des contributions.MAÇONNISME ET CATHOLICISME IIJ et de la c e n s u r e . une charité passagère. on . on en vient à la demander aux passions les plus basses de l'humanité et jusqu'aux hontes de la prostitution. devant les exigences de l'opinion publique fortement excitée. c o m m e on jette un morceau de pain à un chien que Ton veut écarter du chemin. pour ne pas vouloir s'en tenir à la charité descendue du ciel et pénétrée des parfums du temple. un feu d'artifice qui ne dure pas plus que la fête pour laquelle on l'a préparé. et ensuite c o m b i e n elle a peu de consistance. de lui faire comprendre qu'il le regarde c o m m e son égal. D e sorte que. Pendant quelques instants. Cette Charité est de plus. la soif des plaisirs. Il ira beaucoup moins jusqu'à le respecter et le servir c o m m e une image vivante de Dieu. L ' a u m ô n e procurée par de tels moyens doit logiquement demeurer un simple secours matériel. Par où l'on voit bien clairement d'abord c o m bien une bienfaisance de cette espèce a peu de noblesse.

frivole. faute de stimulant suffisant. qui absorbent une vie entière. par exemple les hôpitaux et les asiles. Q u ' y a-t-ii d'étonnant. C e n'est pas ainsi que se fondent les institutions qui v i v e n t des siècles. faible. toute une fortune . l'idée de Dieu et de l'éternité ne présidant à rien de tout cela ! XXI Suite du même sujet. peu disposée à tout ce qui a le c a r a c tère du vrai sacrifice. il n'est pas moins certain qu'à défaut de règle et de modérateur. l'égoïsme natif et l'indifférence habituelle reprennent leurs anciens droits. elle doit être inévitablement peu délicate.II3 MAÇONNïSME ET C A T H O L I C I S M E recueille une certaine s o m m e . temporaire. Il n ' y a rien des œ u vres qui exigent la persévérance. Si la bienfaisance sans D i e u doit être nécessairement. ce qu'on fait actuellement est f a c tice. sans scrupule aucun dans ses moyens et dans ses procédés. au jour le jour. mais bientôt après. i n constante. Q u e se propose la bienfaisance sans D i e u ? T o u t . rien des e n t r e prises qui demandent de la patience. c o m m e .

qui nous fournit cette p r e u v e . et qu'il Test beaucoup plus encore. sous prétexte qu'on la tolère pour une bonne œ u v r e . C'est Satan lui-même. Elle ne peut supposer que pour de pures raisons de convenance humaine. à la condition qu'ils facilitent l'acquisition d'une somme d'or à l'aide de laquelle on sortira habilement d'une difficulté. N o u s étions bien loin. Q u e l q u e s . à savoir qu'une certaine charité moderne n'hésite pas. il est naturel et logique qu'elle juge bons et c o n v e n a bles tous les procédés. lorsqu'une plus grande élasticité peut se dissimuler et se donner des apparences d'honnêteté. parfois.MAÇONNISME ET CATHOLICISME au plus de tirer l'indigent d'un embarras matériel N e prenant Dieu ni c o m m e premier motif.u n s de nos lecteurs auront peut-être trouvé excessif ce que nous avons dit plus haut. pour secourir les besoins pressants. Satan qui. ni c o m m e régulateur des m o y e n s à employer pour arriver à cette fin. de penser que nous étions sur le point d'avoir sous la main un fait qui justifierait notre assertion. on renonce à les e m p l o y e r . h recourir m ê m e aux turpitudes de la prostitution. lorsque nous écrivions cela. quelquefois. devient pour nos œuvres un e x c e l lent collaborateur. ni c o m m e dernière fin. . surtout lorsqu'on sait d'avance que ce critère de la convenance humaine est très élastique dans toutes les questions de morale qui s'offrent à son appréciation.

dans le gymnase nautique. auquel ont pris part des femmes. N o u s nous dispensons de mentionner le public qui a assisté à un spectacle si nouveau et si alléchant. la pratique de la charité sans D i e u présente un autre genre d'inconvénients qui. ne laissent pas d'être fort en v o g u e . MAIS sans parler de choses indignes d'être m e n tionnées. Q u o i donc ? C'est ainsi q u e peu à peu la c h a rité purement humaine estime licites et honnêtes pour sa fin une partie des m o y e n s qu'elle ne pourrait aucunement e m p l o y e r . N o u s empruntons à cet organe satanique le trait suivant. si elle devait compter avec le frein sévère de la loi de D i e u . C e c o n cours a eu lieu la nuit. C e s femmes ont nagé en public et avec habileté. L a fête de charité a consisté en un concours de n a tation. Il y est dit : « L e s deux é v é nements du jour les plus curieux sont une fête de charité à Paris et un procès en A l l e m a g n e . pour être d'un ordre plus vil et plus abject. et nous n'osons pas songer à ce que pourront tenter avec le temps les dames françaises toujours sous le couvert de la charité. L a charité excuse tout.i :o M A Ç O N N I S M E ET C A T H O L I C I S M E au m o y e n d'un de ses représentants les plus autorisés dans la presse locale (de la ville de B a r c e lone). T e l s sont ceux qui r é sultent de la fraude et de la malversation avec l e s - . qui paraît expressément écrit pour nous donner raison. selon la doctrine m o d e r n e .

sera actuel . nous avons pu voir de nos propres y e u x . le triomphe de la charité catholique sur sa rivale. qu'incertaines de les y voir arriver par tout autre chemin. et partant de la bourse bien garnie du premier. au cœur de celui qui a besoin d'être secouru. est manifeste. au préjudice de la secte : T o u t le monde a compris que le meilleur fil conducteur de la charité. que dans les calamités récentes. des personnes q u ' o n ne pouvait nullement suspecter d'attaches au cléricalisme. à l'occasion des derniers tremblements de terre. indiscutable. Cette lèpre est si contagieuse et atteint aujourd'hui si fortem e n t toute espèce de charité laïque ou civile. splcndide. aussi sûres par ce m o y e n de voir arriver ces dons à leur véritable destination. la charité maçonnique ou civile. à la bourse vide du second. nous avons pu le constater. O u i . du cœur de celui qui peut secourir. et que tout autre mode de demander la charité et tout autre m o d e de la pratiquer et de distribuer des secours.MAÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E 121 quelles des mains peu délicates réussissent k détourner il leur profit personnel des fonds destinés au soulagement des besoins d'autrui. L e bon sens naturel Ta emporté s p o n tanément à cette occasion dans la plupart des coeurs. sa contrefaçon. son ennemie. c'est le fil de la croyance religieuse. aller déposer leurs dons entre les mains de révoque et du curé.

et avaient mis à leur place des laïques du républicanisme le plus accentué et les moins suspects de cléricalisme. prouvant par là qu'ils étaient des soldats qui ne servent qu'en temps de paix. ou pour leur . de penser à Dieu et de craindre D i e u . dut subir l'humiliation de faire de nouveau appel aux religieux et aux r e l i gieuses qu'ils avaient éloignés par violence du lit des malades. non pour se prévaloir d'une victoire si glorieuse. L a maçonnerie avait éloigné des hospices et asiles les infirmiers et infirmières appartenant à des instituts religieux.Arriva l'heure terrible. tant qu'on v o u d r a . . . pour donner b e a u coup au prochain. . .122 MAÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E et libéral. Et religieux et religieuses a c c o u rurent à l'appel de leurs ennemis. Et la maçonnerie e l l e . on a besoin de croire en D i e u . l'heure non plus de palper de bons traitements. Et ces vaillants séculiers et séculières abandonnèrent presque tous honteusement leur poste. et pour donner de telle sorte que le prochain soit véritablement satisfait. En définitive. mais d'exposer sa propre vie pour le salut du p r o c h a i n .m ê m e qui domine dans la plupart des conseils m u n i c i paux et provinciaux. mais il ne d o n nera pas de résultat. L e s épidémies de Tan dernier ont montré dans la môme nation voisine un autre avantage du m ê m e genre de la charité véritable sur la charité maçonnique. de parler de D i e u .

pour n o m breux que soient ses essais. Q u e l l e s leçons ? L e monde actuel les voit en acte. dans la façon d\ippré. et ce que ne peut ni ne sait faire en aucune façon.:ier VarL L'art est un des points sur lesquels nous nous sommes proposé d'indiquer rapidement en quoi diffèrent l'appréciation et l'influence du m a ç o n nisme et du catholicisme. et il ne peut assurément pas en exister de plus indiscutables! Il les a sous les y e u x et sous la main. maïs simplement pour mourir pour leurs frères. mais sans lui donner les développements que nous désirions.MAÇONNISME ET CATHOLICISME jeter à la face. pour fin. pour règle. afin qu'il voie et touche ce que peut et sait faire avec tant de facilité la chanté qui a Dieu pour principe. pour ne pas trop prolonger un sujet qui dépasse déjà les limites . N o u s allons maintenant traiter ce sujet. ainsi qu'il arriva à plusieurs d'entre e u x . XXII Opposition radicale qui existe en're le catholicisme et le maçonnisme. leur inconséquence présente et leur injustice passée. la charité qui s'obstine à se passer de D i e u .

< t qttld àlvimim 3>. dans ce vase de boue qui s'appelle le corps. c o m m e les chrétiens. ils appartiennent à l'humanité. dans ses diverses manifestations. l'ennemi de Dieu et de l'homme s'efforce de leur ravir leur honneur h tous les deux. c'est par eux que.I2 4 MAÇONNISME ET CATHOLICISME ordinaires. dans Tordre naturel. c o m m e expression du sentiment du beau. T o u s les peuples. L'art. inné dans l ' h o m m e . sur ce point. C'est une raison de plus pour que. tant il est idéal. et l'étincelle du feu céleste déposée par la main du Créateur. les infidèles. qui donne aux œuvres d'art un caractère qui les distingue essentiellement de toutes les autres conceptions du savant ou de l'artiste de talent. mais ils en sont c o m m e nous l'avons dit. ont r e connu dans l'art véritable et dans l'artiste véritable. sublime et rapproché du divin et du céleste. l'origine divine de l ' h o m m e . respirent et se développent dans une région beaucoup plus élevée et plus pure que celle où se meut le c o m m u n des m o r t e l s . ils jouissent d'horizons éclairés par une l u mière plus vive que celle dont on jouit dans les sphères c o m m u n e s de la v i e . L'art et l'artiste vivent. en obscur- . ou si l'on veut le moins terrestre. pourrait s'appeler le moins h u main de tous les concepts humains. quelque chose de divin. la partie la plus n o b l e . se manifeste d'une façon plus évidente.

telle était. peindre. la pure et sereine lumière du ciel. a u dessus de sa condition actuelle d'exilé.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 125 cissant. aux viles satisfactions de la chair. ou des lueurs sinistres de l'abîme. Chanter. par conséquent. peindre. qui chez quelques artistes. que l'art et l'artiste ont la mission de faire resplendir à l'aide de leurs oeuvres sur les arides vallées de la terre. à des joies supérieures. le tableau. L'esprit rabaissé autant que possible. pour ainsi dire. parvient à être une v é r i table religion. la statue ou le m o n u m e n t . L a matière en quelque sorte spiritualisée. au m o y e n des noires vapeurs. pour que les immondices d e l à matière flattent d a v a n - . voilà la devise de l'art naturaliste. sculpter de façon que la poésie. sculpter. Chanter. L e naturalisme ou le maçonnisme ont ici un but bien facile à saisir : faire que ce que le Créateur a répandu dans l'homme p o u r regarder uniquement en haut. soient comme autant d'ailes au m o y e n desquelles l'homme s'élève. patronner et exalter un art qui soit l'expression des concupiscences qui abrutissent et annualisent l ' h o m m e . à un niveau supérieur dans ses idées et dans ses actes. et. à des sentiments plus nobles. tel sera l'apostolat divin de l'art. la formule de l'art chrétien. au lieu de lui proposer et de lui recommander un art qui soit l'expression des sentiments élevés qui l'ennoblissent et relèvent sa dignité. regarde u n i quement en b a s .

126 MAÇONNISME ET CATHOLICISME tage les sens. pour ainsi dire. après avoir desséché le cœur à la façon d'une fièvre brûlante. Par cela môme que très souvent il éloigne l ' h o m m e de Dieu. tel est l'apostolat satanique de Fart impie et ennemi de D i e u . tandis que l'art inspiré par la foi chrétienne tend c o n s tamment à le diviniser : L a musique. qui. pour qu'il oublie et m ê m e déteste le ciel avec la plus a v e u gle obstination . et le dégrade. la sculpture sont dans les mains de la maçonnerie et dans les mains des esprits qu'elle inspire malheureusement. on reconnaîtra facilement à quel mouvement obéit et quelle lumière céleste ou infernale se reflète sur l e front de la plupart des artistes dans nos temps malheureux. pour qu'il se jette plus résolument dans la boue . proclame. propage et encourage cet art avili et corrupteur qui abrutit l 'homme. l'art moderne laisse v o i r clairement quels sont son principe et son esprit : ce n'est pas D i e u . L a n a ç o n n e r i e . pour que l ' h o m m e trouve plus d e joie dans ce qui l'avilit et le souille. la peinture. A ces traits. qui est cet ennemi universel de D i e u . l'endurcissent au point qu'il ne pourra jamais éprouver . organisé. en une vaste conjuration de forces ennemies de Dieu. la littérature. donc c'est son ennemi. c o m m e autant de foyers ardents de grossière sensualité et de brutale concupiscence. concentré et constitué.

A u lieu de l'extase intellectuelle artistique. s'offre très clairement à nos y e u x dans les distractions ou plaisirs p u blics. qui ne sont guère qu'un énoncé d'idées. A v e c les émotions de la chair et des nerfs s'évanouit dans l'âme la joie sereine. L'application la plus commune et la plus pratique de ce que nous disions dans le paragraphe précédent sur l'art. pour être développée d'une façon convenable. pure et enthousiaste que produit en elle la véritable beauté. on trouve et on obtient l'ivresse et l'excitation nerveuse. quand il subit l'influence funeste de la maçonnerie. le plus souvent. branche spéciale de litté- . le c a ractère de l'art à notre époque? N e sont-ce pas ses effets manifestes et déplorables? XXIII Combien on voit clairement Vapplication de celle doctrine dans les plaisirs modernes N o u s touchons au terme de ces simples explications. et dans la presse. qui n'en sont que l'imitation et la parodie. Dites : n'est-ce pas là. dont chacune demanderait.MAÇONNISME ET CATHOLICISME un sentiment plus noble. plus d'espace que nous n'avons pu leur en consacrer à toutes ensemble.

il suffit de n'être pas aveugle o u m y o p e pour le constater sur chaque affiche de théâtre o u dans chaque prospectus de journal circulant en public ou placardé au coin des rues. O u i . Q u e le naturalisme. et assurément le plus o b ject. chante ou expose pour le plaisir de l ' h u manité. et pour le comprendre. les amusements publics et la presse moderne sont généralement aujourd'hui. Il en résulte qu'ils sont radicalement et absolument m a ç o n n i ques et maçonnisnnîS) un effet à la fois et u n e cause très active de cette horrible conspiration de tous les éléments sociaux contre le règne surnaturel de D i e u Notre-Seigncur sur la créature h u maine et la société humaine. s'efforcent.12» MAÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E rature. soit l'inspirateur de tout ce que l ' h o m m e écrit. depuis plusieurs années. d'être exclusivement naturalistes. la matière n'est plus idéalisée c o m m e au temps où l'on croyait universellement que . et les amusements modernes et la littérature contemporaine. c'est-à-dire le produit de l'influence maçonnique. et en m ê m e temps un m o y e n de la propager et de l'étendre. il suffit de rappeler les principes que nous avons posés précédemment. L e m a ç o n nisme n'est rien autre chose que le naturalisme. un pur maçonnisme. qui peut et doit être rangée parmi ces passe-temps. A c tuellement. N o u s en avons la preuve sous la main.

O n lit ces productions et on ne lit guère autre c h o s e . U n e grande partie. C e n'est pas seulement la critique catholique qui formule ce jugement et porte cette condamnation. qui ne causent pas des nausées à tous les estomacs. et c o m m e le souverain Pontife l'a dit de la maçonnerie. Echegaray dans . parce qu'ils ont contracté eux aussi une lamentable infirmité. o n applaudit cela avec fureur. Zola dans le roman. les docteurs du rationalisme contemporain e u x . et prédominent presque e x clusivement. . Sara Bernhardt dans l'ambition plastique de cet art. la presque totalité des spectacles et des productions de la littérature du jour sont d'immondes cloaques. qui mériteraient mieux le n o m d'iguobles prostitutions. dans leurs fréquents intervalles lucides et dans des moments de saine appréciation constatent ce mal. s ' a v i lit honteusement pour être un appât séduisant pour l ' h o m m e .m ê m e s . C e s écoles régnent aujourd'hui. elle se prostitue. — 9. o n v o i t . et sont devenus absolument charnels et grossiers. on ne voit et on applaudit guère que cela : m MAC. et on n ' e n tend.1 art dramatique. elles exercent sur le g o û t une influence sociale.MAÇONNISME ET CATHOLICISME 129 c'était là un des objets primordiaux de l'art. on entend. le déplorent et le flétrissent. mais l'idée se matérialise. sont trois types qui peuvent fort bien personnifier trois écoles. qui peut en quelque sorte s'appeler une domination. ET CATHOL.

Voilà précisément un camp dans lequel la maçonnerie peut se glorifier de régner m ê m e sur ceux qui. Q u ' i m p o r t e . ils n'aient jamais vu de triangles. à la fin. c h a que jour ou chaque nuit. leurs' affections et leurs moeurs. en apparence. bien que. toutefois. et. si leur vie est entièrement conforme à son esprit. s'ils se sont faits les prosélytes de ses maximes et de ses usa- . L'Ame s'épouvante à la vue des i n n o m brables familles catholiques. ou au moins l'abstraction voulue et affectée de cet ordre. Dans les lectures et les spectacles. dans leur v i e . à se déterminer selon ce critère . on ne prêche a u tre chose que la haine de Tordre surnaturel c h r é tien. le poison du maçonnisme le plus subtil et le plus raffiné. qui. à sentir. de parfaits m a çons du degré supérieur. à juger. ils s'habituent à penser. ni assisté à aucun des rites officiels de la secte. boivent et mangent. ni porté de t a bliers. sont ses ennemis les plus résolus. à la faveur du roman et du spectacle maçonniques. sincèrement catholiques. sur ces moules naturalistes.i JO MAÇONMSMK ET C A T H O L I C I S M E toute autre nourriture artistique et intellectuelle devient fade et insipide pour les palais habitués à ces sauces fortement épicées. à forte dose. leurs idées. qu'ils n'aient pas participé à ses rites extérieurs. dans leur for intérieur. C e s hommes s'en vont formant i n sensiblement leurs sentiments. respirent. ils se trouvent.

dans la société actuelle. ils s'en sont faits les champions chaleureux et e m p r e s s é s ? C e n'est pas t o u t . Ainsi v o n t les choses aujourd'hui .à se réaliser. c o m m e la chose commence aujourd'hui. plus dangereux que la m a ç o n n e r i e . que l'action est plus secrète et procède de personnes contre lesquelles on est moins en garde.MAÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E g e s . et tel est l'objet véritable de notre présent travail. et si. lorsqu'en réalité on compte davantage sur l è p r e s lige et l'influence de ceux qui ne sont jamais soumis à de pareilles cérémonies. pour notre malheur. le préjudice est d'autant plus grand et le résultat plus considérable. littéraire. . très souvent. le maçon n i s m e e s t à notre époque. Il nous plaît de le redire : Cette dernière pourrait fort bien s'affaiblir et môme disparaître du tableau des institutions. nous l'avons dit au commencement. Par là. N o u s avons convenu naïvement qu'il n ' y a de maçons que ceux qui ont passé par les épreuves grotesques de l'initiation. A qui bon ces rites s y m b o l i q u e s ? C e s loges mystérieuses? Ces clubs t é n é b r e u x ? Si on attribue à la maçonnerie tous les résultats obtenus. dépassent ses espérances. et c'est ce qui explique l'immense influence du M a ç o n n i s m e scientifique. sans s'en douter peut-être. beaucoup de malheureux catholiques d'aujourd'hui. tandis que celuici demeurerait et régnerait d'une façon absolue et presque exclusive. artistique et pratique. ici.

nous a parlé avec tant de p r é c i sion et de clarté dans sa célèbre Encyclique Humamim genus. Il nous semble du reste que nous avons suffisamment p r o u v é notre thèse. que n'a pas encore pu convaincre la .aujourd'hui en Europe. de son siège de R o m e . après celle du docteur suprême qui. c'est-à-dire que nous avons démontré l'opposition radicale et absolue qui existe entre le maçonnisme et le catholicisme. Il ne reste plus à e n t e n dre sur ce sujet que la voix la plus autorisée de toutes. afin de décider à se ranger de notre côté ces catholiques plus aveugles ou plus obstinés. conformément au p l a n que nous nous étions tracé. nous arrêtons-nous là. Aussi bien. sans donner place à mille autres questions qui se pressent en ce m o m e n t au bout de notre plume et qui nous rendraient interminable sur ce sujet. au terme de nos c o n s i dérations sur le maçonnisme et le catholicisme.EPILOGUE N o u s voici arrivés. •en montrant successivement la solution opposée qu'ils donnent l'un et l'autre à tous et à chacun des problèmes philosophico-sociaux qui s'agitent . Il nous reste à entendre la voix de la maçonnerie.

qu'il existe un abîme infranchissable entre l'Église.MAÇONNISME ET C A T H O L I C I S M E ! 33 parole de l'oracle universel du Vatican. de Satan l u i . et qui ont besoin. avec une autorité incontestable et un grand luxe de preuv e s . Il est bon que ceux qui sont hésitants cessent d'entretenir de vaines espérances de conciliation. et la révolution. vient de démontrer une fois de plus. Il faut que tous s'habituent à comprendre que l'heure est . pour la honte de tant de prétendus catholiques qui s'obstinent à les taxer d'exagération et de pessimisme. plus autorisée peut-être à leurs y e u x . d ' u n e effrayante exactitude. dont il est le représentant. dont la franc-maçonnerie est le bras droit. pour sortir de leur étrange perplexité» de la décision. y est-il dit. T o u s nos lecteurs y verront la synthèse <?t en m ê m e temps la confirmation de tout ce a u e nous avons écrit sur ce sujet : « L a franc-maçonnerie. O u i . cet oracle a parlé lui aussi. et il a rendu h o m m a g e à la vérité des affirmations pontificales.L é o n X I I I . O u ï . ne peut moins faire que de remercier le souverain Pontife de sa dernière Encyclique. les phrases suivantes. c'est la main officielle de la m a çonnerie qui a écrit dans un de ses bulletins les plus autorisés (Bulletin Maçonnique àe la grande Loge symbolique Écossaise).m ê m e : nous voulons parler de l'oracle des loges.

et Tordre nouveau qui ne r e connaît d'autres fondements que la science et la raison humaine .i?4 MAÇONNISME ET C A T H O L I C l i M E venue d'opter entre Tordre ancien qui s'appuie sur la révolution. » . entre l'esprit d'autorité et l ' e s prit de liberté.

q u e la r. • VII C o n c e p t intrinsèque de la M a ç o n n e r i e sous le rapport d o c trinal o u c o n c e p t essentiel de toute la doctrine maçonnique VIII Le c o n c e p t intrinsèque et fondamental du maçonnisme e t son opposition essentielle au catholicisme sont mis dans une plus g r a n d e lumière IX De l'opposition qui existe entre le maçonnisme et le c a t h o licisme dans la façon d'apprécier le c o n c e p t de la religion X Un autre point sur lequel le maçonnisme et le catholicisme sont radicalement o p p o s é s l'un à l'autre. principal objet de c e t o p u s c u l e .TABLE DES MATIÈRES Introduction I A quoi bon cette nouvelle condamnation d e l à franc-maçonnerie et de ses d o c t r i n e s . ou du maçonnisme. de c e qui a été dit dans le paragraphe p r é c é d e n t VI D e la maçonnerie c o n s i d é r é e au point de v u e doctrinal. à l'aide d'une observation fort bien a p p r o p r i é e à la circonstance. p r o n o n c é par le Souverain Pontife dans l'encyclique H U M À N U M G E J N U S ? L e maçonnisme est-il la même c h o s e que la M a ç o n n e r i e ? II D e l'existence dans le monde actuel d e cet horrible foyer d'anti-christianisme qui s ' a p p e l l e la maçonnerie . 1 III Si la maçonnerie a réellement l'influence et la puissance qu'on lui s u p p o s e dans le monde actuel IV M a i s ne dit-on pas parmi ceux qui peuvent être bien renseignés. c'est la manière d e c o n s i d é r e r l'État civil 8 4 24 29 35 40 44 49 59 . .iaçonnerie est une p u r e association de bienfaisance V Confirmation.

Comment different le maçonnisme et le catholicisme en ce qui t o u c h e la constitution de la famille XII (i S D e l'opposition radicale qui existe entre le n^açonn'sme et le catholicisme dans leur manière d e considérer les droits de la puissance paternelle XIII C o m b i e n diffèrent essentiellement e n t r e eux le maçonnisme et le catholicisme dans leurs p r i n c i p e s sur la propriété XIV D o c t r i n e du maçonnisme et du catholicisme sur l ' é d u c a tion publique XV Q u e pensent le maçonnisme et le catholicisme sur l'enseignement officiel XVI 7 2 78 84 88 Q u e pensent le maçonnisme et le catholicisme sur l'enseignement officiel (suite) XVII C o m b i e n diffèrent la doctrine du maçonnisme et celle du c a t h o l i c i s m e touchant la bienfaisance XVIII O n examine le premier des trois points de v u e signalés plus haut . . . . XIX O n examine le second des points signalés plus] haut . XX O n examine le troisième des points mentionnés plus haut. NÉZAN. dans la façon d ' a p p r é c i e r l'art XXIII C o m b i e n on v o i t clairement l'application de cette d o c t r i n e dans les plaisirs m o d e r n e s 9? 98 iox 106 nj 118 12? 127 Imprimerie de l'Ouest. . . . Mayenne. celui qui est le plus pratique aujourd'hui XXI Suite du même sujet XXII Opposition radicale qui existe entre le catholicisme et le maçonnisme.156 TABU-. A .

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