66 anecdotes époustouflantes

Initialement publiées sur le blog collectif d'anecdotes "Dix minutes plus ou moins"

Le retour de la pochette maudite
Le 27 septembre 2006, par gabzéta, Lyon J’ai un problème avec les petits sacs en bandoulière dans lesquels je mets tous mes papiers, je le sais maintenant : c’est à la limite de la malédiction. Après l’affaire du "fossé", j’ai vraiment eu des doutes. Après la tournée des bars où je l’ai oublié dans chaque rade, je me suis dit : « maudit ! maudit ! » Mais, j’ai désormais un tout nouveau sac que l’on m’a offert et il est cool ! Pourtant, hier, aux environ de minuit et demi... je rentre chez moi au terme d’une sympathique soirée jeux de cartes chez des potes de potes qui sont en coloc. Oh, la conduite est fastidieuse, je suis bien fatigué mais finalement, j’arrive en bas de ma rue, et je trouve même une place disponible dans la contre allée, là ou il n’y a pas encore de voiture brûlée. Je sors... Et là : le flash ! tout me revient en une fraction de seconde ! l’arrivée à l’appart en début de soirée avec mes 2 sacs de jeux et ma pochette . Le départ, avec mes deux sacs de jeux sans ma pochette... pitain : mes clés, mes papiers, mon téléphone ! Au fait, il était dans quelle rue cet appart ? et ils s'appelaient comment les gars chez qui j’étais ? Et meeerde... Bon pas de panique, de toute façon, je n’ai pas le choix : c’est reparti pour la Croix-Rousse en voiture. Arrivé là haut, je tente de rassembler mes instincts de pisteurs pour retrouver la rue dans laquelle nous étions ce soir... OUI ! Bravo. Heureusement c’est au rez de chaussée, et même dans le noir, je reconnais à travers les rideaux... Par contre, oui c’est dans le noir... Ils dorment tous déjà là dedans... Au premier, une fenêtre est entrouverte... Une authentique idée géniale jaillit alors de mon cerveau : je prends des petits cailloux que je jette doucement contre la fenêtre. Épreuve : en fait, c’est pas facile de jeter des cailloux doucement contre une vitre... Et pas trop doucement non plus, sinon ca sert à rien... Pff Ça réagit pas et de toute façon, je sais même pas si c’est la bonne fenêtre... Tant pis, solution radicale : je vais sonner chez le pote qui m’a emmené chez eux ce soir là. Heureusement, il n’habite pas loin et en plus il a un interphone qui donne direct sur la rue (ca devient rare). je sonne j’attends Rien. Normal... Après tout, il doit dormir ce con. Je sonne je sonne j’attends je sonne je sonne je sonne je sonne j’attends ah ! ca y est. Bon, eh !eh ! Désolé de te réveiller, vieux... je lui raconte ma lamentable aventure et il me donne un indice précieux : le code d’entrée de l’appartement ! Il va aussi les appeler, là, maintenant ! Ok ca s’arrange. Je retourne à l’appartement en question : c’est toujours dans le noir... Merde qu’est ce que je fais... Bon je rentre dans le hall... Allez, je sonne. J’en ai marre, je suis fatigué, je veux mon sac, je veux dormir... La porte s’ouvre ! Je m’excuse platement devant le monsieur aux yeux

gonflés de sommeil et je cherche ma pochette dans le salon... Mais elle est où bordel !?! Aurais-je halluciné depuis le début ? Aurais-je-mal-regardé-dans-ma-voiture-par-exemple ?? Aaaaarg !! Ah non ! ouf. Victoire, La voila, !! Plates et re-plates excuse au monsieur qui dort debout à côté de moi et boum, c’est parti pour rentrer à la maison. Que d’émotions ! C’est qu’il est quasi 2h du matin maintenant... J’ai plus sommeil, j’ai faim.

Comment fabriquer une grenade artisanale
Le 11 septembre 2006, par Gabzéta,Vers Perpignan Ça c’est facile : Vous allez bientôt le savoir. Comment éviter qu’elle ne vous pète à la gueule ? Ça, par contre... Localisation de l'expérience : Un réfectoire, si possible à l’heure du repas avec du monde dedans. Ingrédients indispensables : Un œuf dur entier et épluché, que vous venez de prendre au self. Un four à micro-ondes en état de marche, qui se trouve non loin de votre place. Déroulement : Le collègue (ca se passe au boulot tout ça) se lève avec son œuf dans sa petite assiette. Bien entendu, nous n’y prêtons aucune attention, à ce moment là, fous que nous sommes. Une minute à peine passe et soudain : BLAM ! une énorme déflagration retentit et tout le monde se retourne brutalement choqués et intrigués. On peut tous voir l’ami Jo, sa petite assiette vide dans la main, éberlué et constellé de micro-particules d'œuf trop cuit sur le visage, pull, pantalon. Les tables voisines n’ont pas été épargnées. La honte to-tale. Nous on est mort de rire, mais on apprend pour l’occasion -parce que nous sommes doués de la faculté d’apprentissage - qu’apparemment c’est connu : il ne faut jamais mettre un œuf dur dans le micro-ondes [1], ca le fait exploser. Mais Là ou l’ami Jo a été très fort, c’est qu’il a fait réchauffer l'œuf juste ce qu’il fallait pour le laisser intact, le temps de le sortir délicatement du four, et de se le laisser exploser en pleine poire. Du grand art.

Post-Scriptum :
La semaine prochaine : comment fabriquer une centrale nucléaire avec une ficelle et deux pots de yaourts vides.

Notes : [1] IN : securiteconso.org > Commission de la Sécurité des Consommateurs > Les fiches
de prévention > Équipement domestique et culinaire > Fours domestiques à micro-ondes :“Ne faites jamais cuire d'œufs avec leur coquille ni d'œuf au plat au four à micro-ondes, ni les escargots avec leurs coquilles. Ils exploseraient dans le four, ou pire, au moment où vous vous apprêtez à les consommer, provoquant ainsi des risques de brûlures très graves par projection de matière brûlante”.

Les enfants sont formidables
Le 16 mai 2006, par Gabzéta, Villeurbanne Ce samedi là, alors que je me trouve dans le métro - destination le magasin de bricolage - Je suis le témoin d’une scène touchante de naïveté : Tout d’abord, mon œil de faucon ne manque pas de repérer ces deux jeunes délinquants pacifiques qui se roulent un pétard au fond de la rame. Je les trouve d’ailleurs bien inconscients, vu le zèle de surveillance haute sécurité dont font preuve les Transports en communs lyonnais de nos jours. Bref, je passe à autre chose dans ma tête quand une voix stridente retentit dans le wagon : - Maman ! mamaaan ! Pourquoi les monsieurs ils brûlent du chocolat ?! - Ils ne brûlent pas du chocolat ! Sois sage et ne montre pas les gens du doigt. - Maman, si après tu brûles du chocolat, il est pas bon après ! - chut ! AH ! AH ! N’est-ce pas formidable la magie de l’enfance ? Il voit du chocolat partout le petit : mais grave erreur mon garçon : CE N’EST PAS DU COCOLAT ! C’est du Tétra hydro cannabinol ! De la fleur de chanvre femelle dont on a extrait la résine ! Et que l’on compresse ensuite avec du vieux pneu ! DE-LA-DROGUE ! AH !AH !AH ! Évidemment, je ne mets pas à l’apostropher ainsi en hurlant à la manière d’un dératé. Je reste stoïque et détaché. Comme tout le monde ici d’ailleurs. Arrivé à ma station, j’oublie rapidement cette anecdote pour me concentrer sur la liste des outils à acheter, piètre bricoleur que je suis. Mais de retour dans le métro, me voila à nouveau dans un wagon en compagnie de gens qui brûlent du chocolat. Décidément, c’est une manie.

L’abomination qui sortait de la douche
Le 30 avril 2006, par Gabzéta, Lyon - hiver 2005 Ce soir encore, en pénétrant dans mon appartement, je suis pris à la gorge par un atroce relent de pourriture. l’odeur putride émane de la salle de bain, du conduit de la douche plus exactement. Ce soir encore, j’apaise le souffle immonde en lui accordant un demi litre de produit chimique et gluant. Je ne sais quelle hideuse créature je nourris ainsi, mais je sais que demain, cela recommencera. Ce cérémonial impie dure depuis le début de l’hiver. Même si parfois il me semble que ma raison bascule, j’arrive encore à m’endormir... Jusqu’à cette nuit de vendredi, où d’horribles gargouillements gutturaux me tirent d’un sommeil sans rêve. L’esprit embrumé, je me dirige à tâtons vers la salle de bain et écoute quelques secondes derrière la porte, soigneusement fermée quelques heures plus tôt. N’y tenant plus, je l’ouvre brutalement et allume la lumière. Un dernier borborygme obscène se fait entendre, puis c’est le silence. Au fond du lavabo et dans la douche, je trouve de curieuses déjections membraneuses et grisâtres. Incapable d’en entrevoir la nature organique ou végétale, je retourne me coucher, hanté par l’image écœurante d’une larve géante attendant la fin de sa mue pour émerger des tuyaux.

Le matin, je me réveille assommé. Je suis en retard pour le travail, alors je quitte précipitamment mon appartement sans m’attarder dans la salle de bain. Je suis de retour vers minuit, après une journée laborieuse et un apéro en ville qui m’a définitivement épuisé. Demain à l’aube, je dois prendre le train pour Paris et je n’ai pas encore fait mon sac. Sur la porte de mon appartement, je trouve un mot de la voisine "Merci de passer au plus vite, problème sanitaire grave".... J’ouvre la porte... Et me voila qui patauge dans une flaque de pisse diluée, de merde et de papier hygiénique décomposé ! Aaarg ! Bouchées depuis une semaine, les chiottes des voisins ont fini par s’évacuer par ma douche et se sont déversées jusque dans mon couloir ! C’est beau la mécanique des fluides... Et idéal à quelques heures d’un départ en vacances ! Il ne me reste plus qu’à éponger tout ça... Bon appétit.

Comment je me suis mis dans le fossé
Le 22 avril 2006, par Gabzéta, Entre Saint-Claude et Lons-le-Saunier Il est une heure du matin sur la petite route de campagne du Jura. Je file vers Oyonnax rejoindre l'autoroute pour Lyon. J’adore rouler dans la forêt la nuit, mais là je suis bien fatigué et j’en ai marre. Je roule un peu trop vite en fait, parce que lorsque la route disparaît d’un coup en face de moi et que je me met à freiner brutalement sans comprendre ce qui se passe, c’est déjà trop tard. La voiture dévale un talus de 2 mètres qui borde la route et se retrouve bloquée dans la pente, la roue avant enfoncée dans l’herbe mouillée. Mi-sère. Je sors, sous le choc, mais indemne... Je viens de traverser une double voie de part en part. Heureusement, elle était déserte. Je suis verni. Enfin, ce n’est pas vraiment ce que je me dit à ce moment là : lundi de Pâques. Une heure du matin. Bled inconnu. Campagne. Boulot à Lyon dans quelques heures. Mais qu’est ce que je vais faire, bonne mère ? Tout ça à cause d’une maudite pochette, celle qui contient mon portefeuille et tout mes papiers. Celle que j’oublie régulièrement partout ou je passe. Beau final pour un gentil weekend de Pâques en famille, dans un gîte au fin fond du jura (vers la cascade du hérisson). Je quitte le gîte vers 20h30, je roule une grosse heure dans la forêt, et une fois au péage de l’autoroute d’Oyonnax, je réalise que je suis coincé comme un con. Pas de papiers, pas de carte bleue ! Tant pis, je fais demi-tour rechercher tout ça en me demandant dans quelle clairière je vais bien pouvoir faire le plein d’essence. Je flippe tout le trajet, l'œil rivé sur le voyant lumineux mais ca se passe bien. Je récupère les papiers, et je trouve la seule station 24/24 du coin, quelques kilomètres avant de tomber en rade. Ouf. Il est minuit, c’est reparti pour deux heures de route. C’était sans compter sur ce sale carrefour hyper-mal-foutu sans même un panneau stop. Donc, je me mange le fossé et je me retrouve coincé là. Une voiture passe. Chance, la conductrice veut bien s’arrêter (un type qui fait des grands signes au bord d’une route la nuit au milieu de nulle part, c’est pas forcement engageant). Elle appelle les pompiers, qui me passent la police, qui réveille un garagiste. Alors que j’essaye tant bien que mal de lui expliquer ma situation, je discute en même temps avec un routier qui s’est arrêté et qui pense qu’on va déjà pouvoir remettre la voiture droite. On ne peut pas la tracter de toute façon, il faudrait une grue ou un truc du genre. Oups, je raccroche malencontreusement le téléphone de la dame. J’imagine que le garagiste à l’autre bout du fil part se recoucher, soulagé. Après avoir convaincu la dame de monter dans la voiture pour démarrer - elle est réticente, elle a peur que ça bascule - et en soulevant l’avant de la Panda avec un nouvel automobiliste qui vient de

s’arrêter, on arrive à la placer à plat en bas du talus. Et coup de chance (en fait la chance était avec moi cette nuit là), le talus commence 15 mètres mètres plus tôt, je peux donc revenir sur la route. Chacun reprend alors son chemin, mais je fais pas le fier, la voiture vibre de toute sa carcasse dès que je dépasse le 60. Angoisse et bruits de casseroles pendant les deux heures de trajet qui me ramènent vers mon lit ! Heureusement, la magic Panda a tenu bon. Et moi aussi. (je parle de mes nerfs).

La manche, ça rapporte
Le 18 décembre 2005, par Gabzéta, Lyon Mon paquet de tabac est vide et on est dimanche, évidemment. Heureusement à GrangeBlanche, il y a LE tabac ouvert pour les toxicomanes les plus imprévoyants. Comme je ne fais pas tout à fait partie de cette seconde catégorie et que je suis un quelqu’un de prévoyant, je vérifie l’état de mon porte-monnaie avant de me garer dans la double file des gens appartenant à la première catégorie. Là, horreur : il me reste 5 euros et 40 centimes... Un terrible doute me traverse : c’est pas 5,50 le paquet ? Bon, je m’approche du tabac tout en fouillant habilement mes poches en espérant y sortir autre chose qu’un tas de mouchoirs usagés... Ah ? Ooh... Super, le fameux jeton de caddie de supermarché... Celui qui a la forme d’une pièce, la taille d’une pièce... Et qui m’aurait été très utile il y a deux jours... A l’entrée du tabac, une fille genre teuffarde néo-punk, me demande si j’ai pas de la monnaie... Elle n’a pas encore trop de piercing et malgré sa capuche, je me rend compte qu’elle est jolie. Mais bon, la monnaie, c’est problème aujourd’hui... Je marmonne un truc du style que j’ai pas assez pour mes clopes mais que peut-être bon on verra après, quoi. (Pour une fois que c’est vrai...) En faisant la queue, je recompte bien attentivement ma ferraille et en additionnant les 2 et 1 centimes j’arrive pile-poil au compte prévu ! Ah, victoire ! Par contre plus de monnaie du tout... Je ressors donc en m’apprêtant à proposer, à défaut de mieux, une clope à la demoiselle, quand je suis arrêté dans mon élan par ce type, là, au bonnet péruvien, qui était devant moi au tabac : il fait brusquement demi-tour au milieu de la rue, déboule sur la jeune fille, lui tend un billet de 10 euros et repart aussi vite en trottinant ! Je suis un peu scotché (on voit pas ça tous les jours) mais pas autant qu’elle je pense ! J’observe la fille, là, en commençant à me rouler une clope. je sens que je vais engager la conversation par une réflexion sur la nature humaine, quelque chose de drôle et subtil à la fois... Mais soudain, le type prévoyant qui est en moi se rappelle qu’il a une voiture, qu’elle est là, toute seule, au milieu de la route parce que la double file s’est vidée et que c’est pas le moment de faire le kéké.

La course au vélo’v
Le 15 novembre 2005, par Gabzéta, Lyon

On ne peut plus se promener dans Lyon sans croiser des dizaines de cyclistes à vélos’v. Il faut dire que c’est génial : un vélo’v en libre accès et gratos pour la demi-heure... A Lyon, on en fait du chemin en une demi-heure ! D’ailleurs, ça fait un moment que je n’en ai pas pris, alors, en ce samedi ensoleillé, je profite du beau temps et marche jusqu’à l'arrêt le plus proche... Sur place, plusieurs vélo sont attachés, mais la machine n’en détecte qu’un... Soit. Je passe ma carte et le décroche vigoureusement. A ce moment là, un type, qui doit être sponsorisé par son PMU de quartier tellement il à une tête d’alcolo, m’interpelle : - "mais les vélos, là ! Comment vous faites quand l'arrêt il est plein ? Hein, comment vous faites ?" - "Ben... On cherche un autre arrêt." - Oui mais ! Parce qu’à Gerland les soirs de match, j’ai bien vu comme les arrêts ils sont pleins ! Alors comment vous faites, hein ? à Gerland ! - "...Ben... On cherche un autre arrêt ! Plus loin, quoi !" - "Ah." Ayant enfin réussi à me débarrasser de l’énergumène, j’enfourche la bécane !... Et me rend compte qu’il y a un pneu crevé. Merde. Bon, allez, c’est pas de chance. Je marche un bon quart d’heure à travers un no mans land de chantiers et de voies rapides : pas un seul autre arrêt ! Ah si en voila un. Et il lui reste juste un vélo’v ! Je m’apprête à le décrocher vigoureusement, quand deux touristes espagnols ou latinos m’interpellent : -"credit card ? credit card ?" Je baragouine un truc en anglais tout en pianotant pour essayer de retrouver comment ca marche avec une carte bleu. "credit card : ok but only, euh...blue card ! see ?" - "Ah ok, ok" Ah merde ! Pas ok ! Il est déraillé le seul vélo qui reste, là ! Et puis alors remettre la chaine de ces engins, c’est un peu comme remettre la chenille d’un tank : on laisse quelqu’un d’autre le faire ! Allez, c’est reparti pour une petite marche. Sur la route, j’arrête pas de croiser des cyclistes à vélo’v, y’en a partout, c’est du délire total. D’ailleurs, un de ceux qui vient de me dépasser stoppe à l’arrêt suivant et change de bécane. je me rend compte que j’ai pas trop le choix, plus que trois vélos, dont deux à moitié désossés (vandalisés, comme qui dirait). Le type me dit que celui qu’il vient de laisser a la selle cassé, mais que bon, c’est ok ça roule. Je dois avoir l’air à moitié convaincu parce qu’il insiste et me plante un regard de marabout droit dans les yeux : - "Ça roule, ça roule. Plus tu vas dans le centre, plus ils sont moins nombreux." Pff, j’ai pas envie de me casser le cul moi ! Ah ! Un autre gars vient de ranger son vélo... Mais la machine ne le détecte pas comme disponible. Ça commence à me gonfler cette histoire... Je continue à pied jusqu’à l'arrêt suivant, où je trouve plusieurs vélo’v disponibles. En apparence ! Car on ne me la fait plus à moi ! Alors, je les snobe. Je continue droit devant, sans même y jeter un un regard ! Ouais, je suis comme ça, moi ! De toute façon, je marche encore 10 minutes, et puis je suis arrivé.

La mer de tous les vices
Le 28 septembre 2005, par Gabzéta, Ravenne - Italie L’été, les vacances en Italie, le camping en famille et sa plage idyllique...là même où on a failli

tous se noyer avec mes frères et ma sœur. C’est le début des années 90 du siècle dernier. Il fait beau, la plage de sable fin est vide, le drapeau vert flotte fièrement non loin de la digue de rocher... Alors évidemment, nous on se baigne ! Insolente jeunesse (19, 16, 14 et 11 ans )... Qui aurait cru que ce grand requin blanc échappé de... Non là, je m’égare. Je disais donc : drapeau vert, c’est ok. Dans l’eau, ça descend en pente douce, c’est tranquille, On barbote, on rigole... Et puis voila que le petit frère commence a trouver cela difficile : il n’a plus pied et c’est vrai qu’on se trouve la sensation de dériver un peu contre notre gré, à ce moment là. En fait, c’est vite vu. On est dans un trou et un courant de fond nous entraine vers le large carrément contre notre gré, dès qu’on essaye de retourner vers la plage ! A ce moment là, tout se passe très vite. Je veux dire : la panique. Le petit frère commence a couler, bon réflexe : il s’accroche à moi. Mais du coup, c’est moi qui n’y arrive plus trop là... Moi, le mannequin à ramener du fond de la piscine, j’y arrivai jamais à l’école ! Les autres, c’est pareil, ils galèrent comme des malades. Mais qu’est ce qu’on fait ?? il n’y a personne du côté de la plage pour crier au secours ! Après une bonne tasse, on se dit qu’il faut qu’on rejoigne cette digue, là bas. Le seul élément solide qui ne semble pas trop inaccessible. On y va ! on progresse péniblement dans les vagues, toujours à contre courant, puis je vois mon frère un peu devant nous (pas celui que je tiens dans mes bras, l’autre) se faire littéralement projeter contre les rochers. Le courant change à notre endroit. Ma sœur s’y agrippe aussi et puis c’est notre tour. Et c’est vrai qu’ils sont un carrément rugueux et pointus, ces rochers. Mais bon, nous voila à gravir la digue et à retourner sur la plage. Les autres rentrent en courant au camping. Moi je me sens lessivé. Je m’allonge dans le sable et je ferme les yeux. J’ai du mal à y croire. Ça a pas duré 10 minutes et on a failli y passer tous les quatre.

Le coup d'œil de l’artiste
Le 20 février 2005, par Gabzéta, Lyon 21h à la gare de la part Dieu, le TGV pour Paris est annoncé avec du retard. Comme il faut bien s’occuper, je regarde les gens. Tous ces gens qui finissent leur semaine et qui s’apprêtent à rejoindre la capitale. Mon œil de lynx est immédiatement attiré vers une jeune femme assise à quelques mètres de moi. Elle dessine fébrilement dans un petit cahier, malgré le froid glacial. Elle est asiatique, avec un gros sac à dos à ses pieds ; j’en déduis qu’elle est en voyage, qu’elle se fait un journal de bord, rempli de tronches de français. Je me tords un peu le cou pour voir ça... Elle est habile et elle croque des silhouettes et des visages en quelques traits nerveux... Elle n’a pas loupé le vieux au béret et maintenant elle s’attaque à un chauve en costard, avec son oreillette I-Tech pour I-pod branchouille. Autour de moi, on la regarde, à demi-curieux, à demi-gêné de la surveiller ainsi. A un moment je me lève pour me dégourdir les jambes. Je continue à l’observer, mais de biais, à l'extrémité de mon champ de vision... Je perçois ses gestes et ses mouvements, ses regards, furtifs et répétés dans ma direction : ca y est, c’est tombé sur moi, je le sens. Aurais-je une tête de frenchie ? Je fais comme si de rien n’était, mais j’ai comme l’impression de prendre une pose forcée, je ne sais plus que faire pour avoir l’air naturel et je n’ose pas la regarder non plus... Ça devient pénible, alors je me rassieds et puis je la regarde franchement, m'apprêtant à lui décocher un grand sourire quand nos regards se croiseront... Mais non. Elle continue de plus belle à alterner coups d’oeils quai/carnet là où je me trouvais quelques secondes auparavant. Sa cible, c’était le type aux cheveux long

derrière moi ! légèrement déçu, quand même, je ramasse mon sac et je m’éloigne, à la recherche de l’emplacement de la voiture 15.

La bière qui mouille
Le 14 février 2005, par Gabzéta, Lyon Un petit drame, rapide et brutal, comme il en arrive des dizaines le samedi soir dans les soirées hip hop... Déjà, j’arrive avec 3/4 d’heure de retard au café concert. En plus, c’est la sortie du match de foot, la salle est remplie de hooligans de 7 à 77 ans. Ça craint. Ah oui, pour couronner le tout, j’ai oublié mes thunes... Bref. Comme il faut hurler pour s’entendre, on change de salle avec les amis (qui m’offrent une bière, je les en remercie, j’ai soif). Mais comme c’est du dancehall raggamuffin dans les platines, on finit par se décider à aller danser un peu... Enfin je dis danser... On est hyper mou, donc, on chaloupe d’un pied a l’autre, en regardant autour de nous... Au fond, des breaks-dancers, mais ils se la jouent snobs. A ma gauche, Les rois de la pistes sont 2 informaticiens trentenaires (en chemises) et des touristes asiatiques qui se font draguer par des rebeus quarantenaires. A ma droite, débarquent deux supporters hilares, bières en main, bras bien hauts : Eeeeh ! ooooh ! Ils sautillent, tournent sur eux même une fois, deux fois... Et un demi litre de bière décolle pour finir sa course en pleine face du pauvre type au chapeau mou qui passait par là. Trop fort ! en visant, j’aurais pas réussi un coup si précis ! j’ai un méchant fou rire qui me prend, mais c’est trop gênant. Faut pas qu’on rigole ou ca va tourner à l’embrouille direct. Le fautif à les boules, il s’excuse platement en frappant son cœur avec son poing 3/4 fois... C’est alors qu’arrive un pote à l’arrosé (petit mais costaud) : Qu’est ce qui se passe ? Il m’ont arrosé ! frappe-les ! ... C’est là que le drame se joue ! Va t’il se laisser envahir par cette humiliation humide ? Et toute cette musique violente qui nous prend aux tripes ? ... En fait, non. C’était un type cool, malgré le côté obscur du chapeau mou. Il se casse au bar avec son pote (mort de rire). Les deux hooligans eux, quittent la soirée illico presto. La piste s’est encore un peu vidée, mais ca y est, on peut rigoler, eh, eh, eh, qu’est ce qu’il a mangé !

Mon premier rendez-vous en chaussettes
Le 1er février 2005, par Gabzéta, Vieux Lyon Rendez vous chez un client dans le Vieux Lyon. Il fait froid, gris, mais joli quartier, médiéval. Dans le coin, On se ballade le nez en l’air... Je trouve la petite rue sinueuse et la boutique, une

librairie de livres anciens. Je rentre. Des murs entiers de livres au tranches dorées... magnifique. Je complimente le patron et on passe dans l’arrière salle. Je prend un siège et il commence a m’expliquer les objectifs de son site web, le fonctionnement de son catalogue, etc. Il parle, il parle, et à un moment, moi je regarde mes pieds... Horreur ! Une merde de chien, un étron de folie est plaqué sur ma semelle ! On peut me suivre à la trace ! Hyper gêné, je l’interrompt pour lui annoncer la nouvelle... Puis j’essaye d’essuyer ça avec un pitoyable kleeenex. Mais c’est pas possible ! il y en a trop et il y a rien de correct pour nettoyer ! Au bout de trois autres kleenex, il me fait sortir par la porte de derrière (une jolie cour intérieure, typique du quartier St Georges). Je cherche désespérément un endroit où racler le sol, mais ca reste incrusté cette saloperie. Pitoyablement, je retourne le voir et lui propose d’enlever mes chaussures. A sa demande, je les laisse dehors (pourvu qu’on me les pique pas) et me voila à continuer l’entretien en chaussettes. A un moment sa femme arrive : Elle sait, elle, ou trouver quelque chose pour nettoyer la librairie ! Et puis elle me propose une petite serviette pour y poser mes petits pieds glacés. J’apprécie l’attention. A la fin je leur dit au revoir, tout en refilant mes chaussures. Ça fait bizarre. Puis je rentre chez moi nettoyer tout ça.

Aujourd’hui, c’est lundi
Le 11 octobre 2004, par Gabzéta, Lyon 8h30 : au croisement de ma rue, une voiture s’est salement garée, et j’y vois rien : je m’avance doucement sur le boulevard et là, un putain de taxi déboule à angle droit et me frôle à 90 à l’heure au moins. 50 cm de plus et je me faisait littéralement exploser ! 8h50 : je suis toujours à 800m de chez moi, après le camion des éboueurs, c’est le bus qui bloque la rue, l’embouteillage dès le réveil, ca fout la mort. 9h50 : rendez-vous dans le brouillard au fin fond de la cambrousse, chez un des pires client du moment ; il me tient la grappe deux heures pour des conneries et veut tout changer sur son site Internet, alors qu’il a pas été foutu de me donner une seule info potable depuis le début. 12h30 : j’ai mon frère au téléphone qui me dit qu’il sera pas là si on décale la date de l’anniversaire de papa/maman... tant pis pour mon week end prolongé à Paris, je serais quitte pour un aller/retour à l’arrache... bon, c’est ma faute, je m’y prends trop tard, mais ça m’empêche pas d’être dégouté. 18h : je quitte le boulot en trombe pour tâcher d’arriver à l’heure à un premier cours d'Aïkido au cas ou il serait pas déjà complet : j’ai 45mn devant moi. Je dois traverser Lyon et Villeurbanne. Pas gagné. 18h20 : j’arrive à la part Dieu, tout est encore possible, même si ça devient plutôt encombré au bout de la rue. j’accélère au moment ou une connasse décide de traverser au rouge en regardant les nuages dans le ciel : deuxième méga frayeur de la journée. 18h43 : je fait 30 mètres en 3 minutes, puis les 10 mètres restant en 20 minutes pour me retrouver inextricablement coincé a l’entrée d’un rond point avec 150 automobilistes qui deviennent tous dingues : tout droit, c’est ma route et c’est l’enfer, à droite je rentre chez moi, j’ai une seconde pour me décider... je craque ! tant pis pour l'aïkido, d’ailleurs c’est déjà commencé.

19h : encore un bon quart d’heure pour franchir 1 malheureux kilomètre... Et dire que ce n’est que le début de 3 ans de chantier du nouveau tram... dans ma rue je repère un chien joyeux qui farandole au milieu de la rue, évidemment il décide de tourner courir vers son maître pile au moment ou je passe : je freine à bloc ! 19h03 : son con de maitre m’explique que son chien est devenu sourd, qu’il m’a pas entendu, que c’est pas sa faute, mais qu’il l’a grondé : j’ai envie de lui piquer ses énormes lunettes triples foyer au binoclard, pasque son chien, je sais pas s’il est sourd, mais il est comme lui : con et aveugle. moralité : je serre les dents et je m’entraine au self contrôle pour un hypothétique cours d'aïkido. La journée n’est pas totalement ratée : je ne me suis pas fait pulvériser, je n’ai pas tué de femme, ni de chien. Et en plus j’éteins mon ordinateur, tout de suite, maintenant.

Post-Scriptum : et je corrige les fautes demain

Transports gratuits pour tous !
Le 2 octobre 2004, par Gabzéta, Lyon Ce bus qui n’arrive pas... je vais être en retard au cinéma ! Ça la fout mal, vu que j’ai bien insisté : "mademoiselle, rendez vous à 17h35 ! pas 17h40 !" Ah ! le voila ce bus ! Je suis donc de mauvaise humeur, plutôt stressé... Bien entendu, le bus s’arrête 5 mètres après l’arrêt, comme si je n’existais pas... ggrr, encore un chauffeur débile. j’en ai croisé des cas sur cette ligne : des chauffards qui font tomber les petits vieux en démarrant, d’autres qui grillent carrément les feux, il y a ceux qui mettent la radio à fond sur "pourrie FM", quand c’est pas carrément le connard à la grande gueule raciste. Bref, je monte dans le bus en regardant le chauffeur droit dans les yeux avec le regard de l’ours des cavernes. Puis je sors mes thunes, parce que je suis honnête en ce moment, et je demande un ticket. là, il me regarde et il me dit : - "Y en a plus ! J’ai vendu tous les tickets ! allez-y !" je ne m’attendais vraiment pas à un plan comme ça, j’hallucine une seconde : - "Ah. Bon. J’espère qu’il n’y aura pas de contrôle, eh, eh." - "On va regarder !" qu’il me dit, en me montrant sa boite à tickets... Je vais m’asseoir et je me demande une minute si la boite à tickets est aussi une boite à détecter les contrôleurs. Arrivé à la part-dieu, je prends un autre bus, mais pas de ticket. Il y a des habitudes qui se prennent vite.

La magie de l’ordinateur
Le 29 juillet 2004, par Gabzéta, Lyon je suis chez un client, un artisan menuisier et je lui montre comment il va pouvoir gérer lui même le contenu de son site Internet. Il est très intéressé. - "Bon voila, là vous avez les images déjà présentes dans votre catalogue. Pour en rentrer de nouvelles... On va prendre un exemple : je clique sur ce bouton pour ouvrir une fenêtre et chercher l’image dans l’ordinateur, puis valide pour la charger sur le site..." je clique... la fenêtre s’ouvre par défaut sur un dossier rempli d’images pornos (par d’erreur possible, grâce à la petite mais efficace prévisualisation du contenu) je regarde le client et manque d’exploser de rire devant sa mine décomposée... Je tâche de rester sérieux et de continuer ma démonstration, un peu gêné quand même. Un ange passe le temps d’une fraction de seconde...le même genre d’ambiance que quand on lâche un gros pet incontrôlé pendant une conversation, et que les autres font comme s’ils n’avaient rien entendu. - "Euh, oui, c’est le genre de chose qu’il vaut mieux bien cacher au fond de l’ordinateur..." (Je cherche fébrilement, un autre dossier pour trouver une image a charger, mais j’arrive pas...) - "non, par ici, oui c’est là, dans ce dossier..." Il me montre, et je fais un gros effort de concentration tellement j’ai envie de me marrer... j’imagine la même situation, mais avec sa fille et sa femme qui sont censées l’aider a mettre à jour son catalogue... On continue la démonstration, mais ya pas moyen, j’arrive plus à le voir comme avant. Mort de rire !

La panthère rose au marché
Le 18 mai 2004, par Gabzéta, Lyon, X-rousse J’ai regardé quelques vieux "pink panther" de Peter sellers récemment. Oui, ceux-là même avec mister catastrophe en personne, l’inspecteur Clouzeau, celui qui peut pas faire trois mètres sans se manger une porte, un mur, quand ce n’est pas la baraque entière qui s’effondre ! c’est vrai qu’il y a des gags tellement classiques qu’on imagine pas qu’ils puissent arriver en vrai... Or ce dimanche au marché de la croix rousse, j’avance péniblement dans une allée remplie de monde quant un type en face de moi entame un méga dérapage incontrôlé et manque juste de

s’écrouler sur moi avec tous ces sacs remplis de légumes. Lui, bien sur, il fait comme si de rien n’était et continue dans la foule, mais moi : mort de rire ! Tout ca a cause d’une misérable banane qui trainait là, vicieusement abandonnée par terre ! Je savais même pas qu’on pouvais vraiment glisser sur une banane. Il me semble qu’on avait tenté l'expérience avec des copains quand j’étais petit, mais que ca marchait pas... Comme quoi les bédés, ca dit la vérité !

Le face à face
Le 17 avril 2004, par Gabzéta, Champagne au mont d’or Je m’attendais a me retrouver dans un petit atelier d’artisan menuisier-plaquiste, le truc avec des copeaux partout et qui sent bon la colle à bois... Mais là, c’est en face d’une méga villa avec mur d’enceinte et vue plongeante sur la piscine que je me retrouve... Je sonne. BZZ, la caméra se met en marche à l’interphone : - Bonjour, je viens pour travailler sur le site Internet ! - Ahoui, rrentrrez (énorme accent portugais) ccccrrrr, le portail électronique s’entrouvre et me laisse passer, puis se referme derrière moi... Me voila face à la maison, dans une cour hyper tape à l'œil, j’apprendrais plus tard que monsieur a tout fait lui même, mais pour l’instant la seule chose que j’apprends, c’est que le doberman, là-bas, à côté de la piscine, m’a repéré... A vrai dire, j’ai un très mauvais souvenir de doberman de quand j’étais petit, du genre il était sur le point de me sauter à la gueule quand on l’a rattrapé de justesse par le collier. Alors pendant longtemps les chiens, j’ai évité... Puis ca c’est tassé avec le temps... même si pour les dobermans en liberté, j’ai franchement du mal... Ça y est le voila qui dévale le sentier dans ma direction... Toute retraite est impossible -Fin du flash back de quand j’étais petit- pas le temps de penser à ça : Je m’immobilise, puis avance à tous petits pas sans mouvements brusques : fous-moi la paix sale-chien ! je me mets a penser très fort. Allezcasse-toi ! fous-moi la paix ! Le voila qui ralentit et se met à me tourner autour en silence... On se regarde dans les yeux... Un grand moment de western comme dans les Dents de la mer... Puis un type au téléphone sors de je ne sais où : - èntrrez, ènrtrez ! parrr itchi, ah !ah ! Il est pas méchant ! - Mouais... Grrr, je préfère les chats !!

Cou-cou les pompiers
Le 18 février 2004, par Gabzéta, Lyon Demain est mon premier jour de (nouveau) travail ! J’ai tout prévu : j’ai remonté la voiture familiale de Paris aujourd’hui, je prépare mes affaires pour demain matin, et hop ! au lit... Enfin, plutôt, aie ! au lit... Bin oui, j’ai eu mal au dos toute la journée... Lendemain matin, sept heures, le réveil sonne. Je l’attend depuis des plombes : je n’ai pas fermé l'œil de la nuit, allongé sur un lit de douleurs dorsales, aucune position tenable... Je suis dans un état

pitoyable. Bon je me force quand même à me lever au prix de véritables décharges électriques. Je prend une douche aie !, je me rase aieuh !... un café ouille !. Bon... je m’habille... Iarggg, j’arrive même pas à lever les bras pour enfiler un tee shirt sans hurler... Cette fois je crois que c’est définitivement loupé pour mon premier jour de boulot... Il sera repoussé de quarante huit heures : "vertèbre bloquée inflammée" diagnostique le docteur. Je m’ennuie aujourd’hui, mais je m’ennuie ! Assis c’est horrible, allongé encore pire... Je ne peux rien faire, à part rester debout tout courbé sans lever la tête... Ça limite un peu les occupations ! bon alors je regarde en bas dans la rue par la fenêtre de la cuisine... Passionnant. Tiens qu’est-ce qu’il veut celui-là à l'arrêt de bus ? il me voit ?? Il arrête pas de me regarder ? Et lui aussi ? crrr Je tourne péniblement mon corps endolori et là... LA GRAND ÉCHELLE DES POMPIERS ! Oui ! juste a quelques mètres de ma fenêtre... Ils sont deux sur leur petite plateforme qui monte et qui monte, ca les fait marrer... C’est pas tous les jours que je vois ça ! Je leur ferait bien un signe de tête mais, voila, j’ai une espèce de torticolis généralisé moi ! Bon en tout cas ils n’ont pas l’air de vouloir rester à mon étage, ils montent plus haut, au dess... AIEUH !! je finis quand même par aller voir dans le couloir ce qui ce passe, c’est que ce n’est pas le jour pour jouer les héros et évacuer l’immeuble en courant dans l’escalier, une petite vieille dans les bras ! Mais en fait rien de grave. Je peux retourner à ma fenêtre un moment :-|

Malin bébé Lyon
Le 21 janvier 2004, par Gabzéta, Lyon De mon salon, même sans écouter, on entend tout ce qui se passe dans le couloir de l’immeuble et quel que soit l’étage (ça résonne vraiment à fond). Je peux aussi entendre les voisins de palier, de droite ou de gauche, selon que je me trouve dans la cuisine ou dans la chambre. Là par exemple, en cette fin d’après midi, j'entends la voisine de palier qui rentre avec ses deux enfants. Puis j’entends (sans écouter, je précise) une porte qui claque et un "meerde !!". Au bout de quelques minutes, je me rend compte qu’elle appelle son bébé (deux ans) depuis le couloir : " viens bébé [1], c’est maman ! Ouvre la porte, bébé, viens, ouvre la porte à maman, bébé !! ouvre mon bébé, la porte !"... là j’écoute... Puis je finis par sortir, quand même. Elle s’est bien coincée dehors, la voisine. Elle vient d'appelerson mari qui va arriver... en attendant, il faut qu’elle occupe le bébé qu’il ne s’éloigne pas tout seul dans l’appart, elle hésite à rappeller pompiers... L’autre voisine arrive et on dissuade la mère pour les pompiers parce qu’ils vont défoncer la porte. Si papa était injoignable à la rigueur... Mais papa arrive ! bref, je finis par rentrer chez moi. " Papa arrive, ouvre la porte, tire la poignée bébé, ouvre la porte, c’est maman, papa arrive !(...) Ah ! enfin ! j’hésitais vraiment à appeler les pompiers tu sais ... clic, clac, bébé ! on ouvre (...) clac, clac... bébé !" clic, clic (...) BOM !BOM !!(...) Apparemment, ca ne se passe pas comme ils ont prévu... ouinnnnnnn (bébé était resté étrangement calme jusqu’à maintenant). BOM !BOM !!" Mais arrête ! On appelle les pompiers et ils casseront la fenêtre au lieu de la

porte !!" (...) boum, boum, zzzz, zzzz, ouin (ils découpent la porte à la scie ou quoi ??) toc, toc. "oui ?" "vous n’auriez pas d’autres outils ? on a ouvert la porte, mais, euh, bébé a aussi fermé le loquet." Malin bébé !! je pars jeter un œil parmi mes rares outils, mais finalement la scie a métaux du voisin du dessus (qui entendait tout lui aussi) achève le loquet. Chacun peut rentrer chez soi... Pas de scandale, pas de grande échelle des pompiers ! Notes : [1] prénom du bébé que j’ai oublié...

Sardines & chemin de fer
Le 12 janvier 2004, par Gabzéta, Bologna - Italia Nous sommes entièrement dans le noir. Seul rougeoie le bout de cigarette du type allongé sur le sol, à quelques mètres de moi. Il ne bouge pas et moi non plus, j’épie chaque mouvement dans l’obscurité. Soudain, l’ensemble du couloir se trouve inondé d’une lumière blanche. Des hommes et des femmes sont là, assis et debout, tous coincés dans les deux mètres qui séparent les fenêtres des compartiments. Dans ces derniers, les gens sont tout aussi entassés, mais ils ont au moins l’avantage d’être sur des fauteuils pour passer quelques heures a dormir... Il est 4/5h du matin. Qui aurait cru que la moitié de l’Italie allait décider de rentrer de vacances en pleine nuit ? Et dans le même train que nous... Balèze ! Il y a tellement de monde qu’on arrive même pas a rentrer dans un wagon, il faut essayer plein de portes puis se décider à forcer le passage. Ensuite on fait comme tout le monde : on s’installe par terre dans le couloir, là où on peut (par exemple pour nous c’est en face de la poubelle). Ensuite, on maudit les pénibles qui osent s’aventurer dans le couloir (pour aller pisser, ce genre d’idées stupides) et qui obligent tout le monde à se déplier. Éventuellement on essaye de s’endormir en regardant ronfler les heureux propriétaires d’un siège en compartiment. En plus c’est le genre de train à s’arrêter à toutes les gares de campagne et à chaque fois c’est le même cirque. Ceci dit, une place se libère dans le compartiment face à nous : Miss O. s’y installe prestement tandis que j’occupe désormais un des deux seuls strapontins du couloir. Quand son "propriétaire" revient des toilettes, sympa, il ne bronche pas, il s’allonge carrément par terre, s’allume sa quatrième clope et s’endort à mes pieds. Je le regarde comme ça pendant deux heures en somnolant : c’est cyclique, le type s’endort avec sa clope se consumant doucement, puis se réveille quand elle commence à lui bruler la main. Il en rallume alors une autre, se rallonge et se rendort illico presto. Moi je m’endors juste au moment où un type se penche vers moi et me demande un truc en italien (du genre : on est arrivé à Milan ??). je lui dit non, mais il s’obstine à penser que si, et il veut passer avec ses grosses valises... Têtu le gars ! Il réussi même à enjamber l’homme allongé dans la pénombre sans le réveiller ! Ceci dit, il a raison, on est arrivé... Il est six heures du mat’, maintenant on doit prendre le métro en vitesse pour attraper le bus qui nous ramène en France... La fin des vacances approche. Je vais pouvoir dormir.

Une nuit dans le congélateur
Le 7 janvier 2004, par Gabzéta, Milano - Italia Tout devait se goupiller à merveille : le bus arrive a Milan à 21h30, on prend le métro dans la foulée et embarque en train pour Bologne dans l’heure qui suit ! Mais l’hiver est parfois traitre et vil quand il s’agit de traverser les Alpes en bus... Une tempête de neige et deux heures plus tard, à la gare, le dernier train est parti... Misère ! "Le prochain est à 6h du matin, mais si vous prenez un ticket vous pouvez rester dans la gare, elle ferme à minuit" nous explique la Polizia... (Heureusement qu’il y a mademoiselle O pour la traduction...) On se dit que l’on va rester dans la salle d’attente après tout, Il n’y fait pas froid, comparé au reste de la gare, un vrai congélateur à l’architecture fasciste avec courants d’air intégrés. Dans la salle (même époque, mais sans courants d’air), on commence à squatter un banc entier et se mettre à l’aise. La polizia contrôle tout le monde et vire ceux qui n’ont pas de billet. Une fois que tous ces parasites ont été chassés, ils nous annoncent, à nous les honnêtes citoyens, que la salle d’attente va fermer pour la nuit. Stupeur et damnation ! Je vois tout le monde devant moi prendre ses affaires sans dire un mot et quitter la salle pour retourner dans le congélateur ! Vision étrange d’une trentaine de personnes, tous âges, nationalités et milieux sociaux confondus, s’éparpillant lentement dans un immense hall vide, cherchant en vain un recoin moins glacé que les autres. On en est quitte pour six heures d’attente... Après avoir fait trois fois le tour de la gare avec notre chariot, on trouve un train qui doit rester à quai toute la nuit (en théorie). On évite la police (nombreuse), les cheminots, puis on grimpe dans un compartiment ! Ahhh, le froid est déjà plus supportable... Mais pourquoi les autres ne font pas ça... Peut-être que c’est interdit ? Et si le train part ? Le temps passe... A un moment, toutes les lumières s’allument d’un coup et on entend parler Italien à côté. Un technicien de surface surgit dans le compartiment et nous baragouine un truc pas clair (il nous prend pour des russes apparemment). Mais il nous laisse rapidement tranquilles et à la gentillesse d’éteindre la lumière en sortant... Quatre heures plus tard, la gare et la salle d’attente ré-ouvrent. Attroupement de zombies à la mine défaite devant la porte. Un petit fonctionnaire zélé contrôle longuement les billets de chacun et vire les sans abri qui ont tentés de s’infiltrer parmi les Hommes. On est trop pressés de rentrer au chaud pour lui cracher toute la haine que l’on éprouve pour lui et sa gare de merde, mais on le pense très fort.

La vie en bus
Le 29 novembre 2003, par Gabzéta, Lyon Quand vous prenez le bus à Lyon, il faut être assis ou alors bien s’accrocher partout là où vous pouvez, parce que les chauffeurs virages sont très brusques. Il est environ 23h10 , je prends donc le bus de nuit pour rentrer chez moi. Un couple de seniors, monte à un arrêt et essayent de passer leur billet dans les machines, qui ne marchent pas

évidemment (eh oui il faut avoir le bip, maintenant). Le bus redémarre alors qu’ils avancent péniblement vers la seconde machine : Aie ! la gravité va frapper... Non, la dame s’en sort et réussi à s’asseoir sans trop de mal. Le monsieur, lui a des gestes lents, trop lents... Mais ouf ! Il s’en sort grâce à un habile rétablissement sur la rambarde puis sur un fauteuil. Ils ne sont pas assis depuis deux arrêts qu’un dreadlock, de facile 2m de haut, s’insère entre eux à la place vide près de la fenêtre. La femme grimace, fait des signes à son mari. Moi je me dit, bonjour le cliché de la vieille raciste en manteau de fourrure... Elle finit par se lever... Et oups, nouvelles acrobaties pour s’asseoir sur un autre siège. le pépé : « mais pourquoi tu t’en vas ? » (Comme si il ne savait pas.) J’entends le dreadlock qui se racle la gorge bruyamment à de nombreuses reprises. Pépé finit à son tour par se lever... Zigzags incontrôlééééés.... Mamie : « Mais pourquoi tu te lève ? On n’est pas encore à l’arrêt ! » (petite vengeance). je vois bien le dread, maintenant. Il racle et crache des mollards dégueux à ses pieds, sur la vitre, sur le siège de devant... Il se contrôle plus vraiment là. Bon finalement, ils descendent tous à la même station et un autre type entre, se dépêche de s’asseoir avant que le bus démarre... Mais là, il ne choisit pas le bon fauteuil.

Le bus, le gâteau et la brioche
Le 18 novembre 2003, par Gabzéta, Lyon Une après-midi grise d’hiver, j'attends le bus près de la gare, quand m’aborde une vieille femme avec une cigarette et un sac en plastique. Elle me demande du feu, je lui en donne, maugréant dans ma tête que mon porte monnaie est vide et qu’il n’y a pas un foutu distributeur dans ce quartier pour que je puisse m’en racheter un paquet. Puis elle bafouille un peu en m’expliquant que même si cela ne se voit pas, elle est sans domicile et que bon, elle aimerait une petite pièce, en fait... Quelques indices, il est vrai (les habits, le tatouage fait maison sur le cou) m’avaient fait sentir la chose.... Je sors mon porte-monnaie et lui donne la mini pièce qu’il reste. Oui, moi aussi je suis pauvre et même au RMI. "Vous avez un endroit où dormir ! et ça c’est déjà énorme", me dit-elle avant de reprendre sa route... Je la regarde s’en aller du coin de l'œil tandis que mon bus arrive au loin. Puis, elle s’arrête brusquement en parlant toute seule et fait demi-tour... Elle me fait un signe, là ? Qu’est ce qu’elle peut bien vouloir cette fois ?? Alors, elle se plante devant moi, ouvre son sac en plastique sans dire un mot, et me fourre une brioche et un paquet de gâteau dans les bras ! Moi j’en veux pas, "non ! non ! madame !" J’essaye de lui rendre mais elle se dérobe et met à courir en faisant de grands signes négatifs de la tête ! Mon bus est là alors j’abandonne la poursuite et je grimpe dedans. Il est bondé-compressé. Je regarde la tête des gens qui font la gueule, puis je regarde le paquet de gâteaux et la brioche... Mmm... Peut-être bien que je devrait sourire un peu plus dans la rue, quand même, avant que d’autres mendiants ne me filent de la thune !

Le boulet
Le 8 novembre 2003, par Gabzéta, Lyon Je suis en retard à l’agence d'intérim, je dois y passer une espèce de test basique qui

m’ouvrirai la porte de missions en labos pharmaceutiques... 9h30, Ça y est j’y suis. L’unique employée présente m’explique que le seul ordinateur qui marche est celui du bureau de l'accueil. je m’y installe et m’attaque à la découverte d’un CD-Rom hyper rébarbatif, après je devrais répondre à un QCM. Pas évident de se concentrer. L’ordi est une bourrique qui tourne sous Windows 95, si je monte le son, ca crache, c’est inaudible, et si je baisse, j’entends rien à cause de tous ces intérimaires qui font la queue devant moi. En plus dès que quelqu’un entre à l’agence, il me prend pour un employé et me pose plein de questions incongrues. Le CD rom avance tout comme une irrépressible envie de m’endormir... Un nouveau groupe de candidats entre : deux hommes et une femme, évidement ils viennent me voir, puis ressortent, puis rentrent à nouveau. Me reposent une question et comprennent enfin que je ne suis pas de la boite. Ils discutent hyper fort, surtout celui qui cherche pas de boulot mais accompagne ses potes. Il louche vers le téléphone du bureau... Décroche voir si il y une tonalité, puis compose, fébrile. Il ne s’est pas rendu compte que c’est à son tour, que l’employée l’attend et le regarde derrière les plantes vertes... Oups. Il raccroche brusquement et accompagne ces amis à l’autre bureau... Comme c’est bizarre, la secrétaire expédie leurs dossiers en 3 minutes et hop ! Non, il n’y a pas de boulot en ce moment, au revoir, merci d’être venu ! Moi je suis toute l’affaire et je me dit, bonjour le boulet, avec un pote comme ça, pas besoin d’ennemis, sûr... Puis je foire lamentablement mon test.

Le sosie d’Antoine
Le 3 novembre 2003, par Gabzéta, Lyon Trois seniors (comprendre consommateurs de plus de 55 ans), 1 homme et deux femmes attendent à l'arrêt de bus, en silence. Soudain, une voiture s’arrête et un des passagers, un énorme obèse très gros interpelle un des seniors : le vieil homme avec un béret et des dents de lapin qui se repose sur sa canne : Oh ! Antoine ! Et alors, comment ça va toi !! Antoine !!! Tu me reconnais pas ? Antoine ! Le vieil homme bafouille d’un air surpris... Mais... je ne m’appelle pas Antoine... La voiture redémarre Antoiiine !! Le vieil homme regarde les deux femmes, avec un air de : hé bé, j’ai rien compris à ce qui s’est passé...

Mais ça y est, la glace est brisée, la vie reprend son cours : Eh bien, apparemment vous avez un sosie lui dit une des femme ! Ça fait longtemps que vous attendez le bus ? Lance une autre. Ah bah, c’est infernal reprend la première, on peut pas se fier aux horaires, hein ? Jamais à l’heure, mardi, ils annonçaient pas de bus pour la grève et puis ils passaient quand même !! Oui, on peut pas se fier... Ah bin tiens, le voila !

La voix du central
Le 21 octobre 2003, par gabzéta, Lyon Je suis au téléphone et j’ai une conversation au sujet d’un projet particulièrement intéressante pour mon avenir à court terme : 1 : Alors, voila, Bla... 2 : Oui, mais, blabla... Soudain, une grosse voix rocailleuse jaillit du combiné et déboule en plein milieu de la conversation : 3 : Allo ! Allo monsieur ! 1 : Bla ? 3 : Oui, monsieur ! C’est le technicien. Au central, on a reperé un défaut sur votre ligne, il y a comme un petit bruit. 1 : Un petit bruit ? C’est plutôt que ca fait des semaines que j’entend des inconnus qui parlent dans mon combiné, sauf que eux, ce sont pas des techniciens ! (notez la répartie) 3 : Ah. Bon, en tout cas on est entrain d’opérer sur votre ligne, on va couper les communications un moment. On vous rappelle. 2 : Blabla ? 1 : Euh, comme tu constates, j’ai un problème de téléphone, je crois qu’il vaudrait mieux raccTUUT-TUUT-TUUT

Le coup du barjot
Le 16 octobre 2003, par gabzéta, Lyon 20h30. ding dong ! C’est l’heure de quitter le boulot et de reprendre le vélo ! J’arrive au parking et là, ca discute ferme : "c’est pas possible ! il est barjot ! ya des barjots !" C’est un de mes collègue d’équipe qui parle, apparemment on lui a attaché son vélo avec un antivol qui n’est pas le sien, il hallucine, il comprend pas ce qui se passe. Autour de lui, les autres se marrent, mais pas trop parce qu’il est dans la merde, pour rentrer chez lui maintenant ! Je regarde ça dans la pénombre, effectivement, il y a un gros antivol, ce serait-il fait des ennemis dans l’usine, ou quoi ?

Et puis là j’ai un choc. Sur mon vélo, mon antivol à disparu !! Je bascule légèrement dans l’irrationnel... Qui a pu faire ça ? Mais oui ! On a enlevé mon antivol pour le mettre sur son vélo, juste à côté ! Dingue... Retour à la réalité : Euh, je crois que c’est le mien, je... bon... Quoi ? C’est le tiens ? Tu déconnes !! Euh, ben non (baisse la tête en signe de honte). Je fais le tour par derrière et je l’ouvre... Hilarité générale. On a deux vélos qui se ressemblent, alors je me suis légèrement emmêlés les pinceaux en arrivant à l’usine (probablement un empressement extrêmement motivé d’aller travailler...) Le voila rassuré le collègue, il me conseille quand même d'arrêter de fumer la moquette et puis on se dit à demain, même heure.

Ça y est, je suis un radin !
Le 7 octobre 2003, par Gabzéta, Lyon Usine de Gerland, 20H. Après sept heures à répéter 1850 fois les mêmes gestes, je me sens moyennement en forme. Enfin, la journée est finie, c’est déjà ça. Je termine de me changer dans les vestiaires, les collègues de nuit, déjà fatigués, viennent prendre la relève. L’un deux me demande de lui prêter 40 centimes pour un café. Moi, j’ai pas envie, il est pas très sympathique et je sais qu’il trouverait une excuse bidon pour se défausser si moi, je lui demandais. Mais bon, je compatis, la nuit va être longue et en plus, coup de bol, j’ai 40 cents sur moi. Merci, j’ai trop besoin d’un café, je t’en paierai un demain ! Demain. Usine de Gerland, 20H. Après sept heures à répéter 1850 fois les mêmes gestes, je me sens moyennement en forme. Enfin, la journée est finie, c’est déjà ça. Je termine de me changer dans les vestiaires, les collègues de nuit, déjà fatigués, viennent prendre la relève. Une pièce tombe de mon pantalon. Le type du café se précipite dessus. Éteint, je ne réagis même pas. Oh, une pièce ! C’est à toi machin ? (s’adresse à un autre collègue) Non, Non. (moi) Ah, je crois que c’est moi qui l’ai fait tomber.

Oh, ben tant pis ! Ah, ah. C’est rien, tu me devras 60 centimes comme ça. Quoi, de quoi ? J’te dois rien, moi ! Eh, bien, t’as la mémoire courte. Euh, non, j’ai... La mémoire longue ! Grrmbl. C’est bon, je lâche l’affaire... Avec un autre con sur ma liste noire.

Une voiture c’est comme une femme
Le 28 septembre 2003, par Gabzéta, Lyon A fond en vélo sur le boulevard ! A droite, Deux voitures garées, un gros chien qui court de l’une vers l’autre, il saute sur son maitre,"Bin oui mon gros chien !", puis met ses grosses papattes sur la portière arrière de la caisse... Panique ! Maimaitre le chasse de là et frotte sa tuture, la sueur au front. Moi, ça me fait bien rigoler ! Ça me rappelle au début du mois, le matin de "formation" à l’usine... Blabla sécurité, propreté, solidarité, et même management voire économie !! le tout pendant six heures ( !) Pour un peu je me croirais dans un vrai entretien d’embauche, ou j’ai volontairement postulé, motivé et tout. Puis on visite nos futures machines de travail, on est deux intérimaires, le chef se la joue cool, ouvert au dialogue... Une usine modèle, quoi, quasi-utopique. (elle fabrique des machines à laver). Une fois fini, on retourne vers la salle de formation et les autres intérimaires. Comme ya personne, on stationne nonchalamment au parking, assis sur un capot. Mon futur collègue, sort un sandwich, m’en propose un bout, puis m’explique comment il est s’est écrabouillé le bout d’un doigt sur une machine industrielle... Beuh. Un ouvrier arrive et nous montre du doigt sa chérie : "BEUH ! c’pas un parking ma voiture, alors pffut, oh !" (en clair : dégage de là) Retour sur terre immédiat : je suis bien à l’usine. Ambiance connue. Pff.

Ça y est, je suis un vieux con !
Le 20 septembre 2003, par Gabzéta, Lyon Il est 21h, Enfin chez moi. Fatigué, la tête comme... comme après huit heures d’usine, quoi ! Écroulé sur mon canapé, je m’apprête à entrer dans une intense méditation transcendantale, quand un monstrueux YO ! MOTHERFUCKER !! jaillit à travers mes (trois) fenêtres ouvertes... Hein ? quoi ? qu’est-ce-qui-s’passe ? Ah ! Bon ! Ce sont les voisins d’en face qui profite du mini-jardin de leur pavillon de coloc’ pour faire une petite teuf... Ils ont des super bonnes enceintes, tout le quartier en profite, parole !... Mais,

bon, là ça me saoule. Tant pis je me lève, je vais faire la vaisselle, tiens ! Pas besoin de mettre la musique en tout cas... Une heure plus tard, ça m’amuse plus du tout, ils sont passé à la drum & bass, du bon son, mais oh ! eh ! pas à 120 décibels, merde, déjà que j’ai passé huit heures l’oreille collée sur la presse 800 tonnes (95 décibels, officiellement) ! Une série d’injures et d’images plus ou moins gores me passent par la tête quand le DJ se met à faire des va-et vient hystériques avec le volume... Si j’attendais pas un pote remontant tard de Marseille, je descendrait direct leur faire la leçon ! (moi coucher tôt en ce moment). Et si je criait, tiens ? Ouais, bon j’ose pas... 11h : un voisin, lui, hurle à truc par la fenêtre, mais je comprend rien, Bob Marley chantait trop fort. Vers minuit, arrive le rock graisseux et les guitares saturées....niiiarrgl... Je trépigne, j’en peux plus, faut que je hurle un truc ! Je lâche ma revue intellectuelle et m’avance à la fenêtre. Je respire de grandes bouffées d’air en attendant la fin du morceau... Concentration... Je prépare bien ma phrase (plutôt connard ! ou plutôt bordel !?) Fin du morceau, j’ai 4 secondes devant moi : "Oh ! Didjé ! Baisse-le-son didjé ! s’te-plait !" (Oups, le s’te-plait est sorti tout seul et puis j’ai oublié le "t’es pas dans ta cambrousse, ici !") Évidemment, ça marche trois minutes et puis ça repart à fond jusqu’à 2h du mat’... Au moins ça fait du bien de crier un coup, devrais le faire plus souvent, tiens.

Jeux de vilains
Le 12 septembre 2003, par Gabzéta, Lyon Je pédale tranquillos sur la route/piste cyclable étroite, au milieu d’un paysage urbain grandiose : a ma gauche, une monstrueuse barre de béton, d’environ 345 000 logements tous identiques. A ma droite, la même chose mais en verre et en bureaux d’affaires. Devant moi, plusieurs voitures sont garées n’importe comment à travers la piste... Je fais un écart et les foudroie du regard. Un type semble chercher quelque chose par terre sur la route... Un autre se plaint à la cantonade " Ya des gens complétement cinglés, c’est pas possible ! " Curieux, je me retourne sans m'arrêter de rouler( balaise ! ), oui, bon, ya bien une voiture qui bloque la sortie du parking... Pas de quoi faire un drame ! Quand j’entends soudain de petits chocs derrière mon dos, puis c’est une pluie de pierre qui s’abat à quelques mètres devant moi ! Des débiles sont entrain de caillasser la rue, du haut de je ne sais où ! Le feu est rouge, ça craint, je dois m’arrêter. Instinctivement je me ramasse sur moi-même, en teeshirt, je me sens très vulnérable d’un coup... Je n’ose pas me retourner de peur de prendre un nouveau jet dans la face... L’attente au feu est insupportable... Allez, tant pis ! Je passe au rouge et je me sauve.

Crash test
Le 5 septembre 2003, par Gabzéta, Lyon Le périple : une semaine de vadrouille en voiture louée avec 5 passagers, dont une gamine et un bébé... Genève-Lyon, (Lyon-Genève), Vienne, Tournon, Romans, Monts-du-lyonnais, embouteillages et parkings anarchiques sur les pentes sinueuses de la X-Rousse ou sur des quais pleins à craquer... Mon stress ? La voiture est neuve... La moindre éraflure et l’agence de location nous emballe un supplément digne de mon loyer... Malgré quelques situations limites, tout se passe à merveille... Iargl ! Mais d’où vient cette rayure à l’arrière ? Elle n’y était pas ce matin ? Merde, merde, merde, dernière ballade gâchée !!! Ça craint, c’est l’heure de rendre la caisse. On fait de notre mieux pour paraître détendu quand vient notre tour au guichet : "Tout c’est bien passé ?" "Oui, oui, super cette voiture ! (grand sourire) Géniale ! L’employée part vérifier et revient. Elle ne nous dit rien et donne un papier à son collègue (suspense insoutenable)... "Voila votre facture, tout est en ordre." BANG CRASH ! Pile au même instant, deux voitures s’emboutissent à quelques mètres dans les embouteillages du boulevard... J’hallucine, mais je me sens tout léger d’un coup ! (En plus ils nous font pas payer les 200 km qu’ont a dépassé sur le forfait). Demain, je me met au zen.

L’étrange rêve mystérieux
Le 29 août 2003, par Gabzéta, Lyon L’autre nuit, j’émerge d’un profond sommeil et je m’entend prononcer quelque chose à voix haute à mademoiselle O, qui dort à mes côtés. Elle me demande de répéter et là, mon cerveau pédale à mort dans la semoule... crr... Je me retrouve parfaitement incapable de reproduire ce que j’étais entrain d’exprimer. Je sombre à nouveau... Réveillé de temps à autre par un éclat de rire lointain. Le lendemain matin au petit déj’, Miss O. me dit : Tiens, cette nuit tu as parlé en dormant. Oh, du yaourt à la fleubeuleub niarglop, j’imagine. Non, non, tu disais : "Franchement, c’est bidon ça ! Nan, je le crois pas, c’est bidon ! Sans chapeau tu n’as rien !" Ça m’a bien fait rigoler, alors je te demande : mais de quoi tu parles ? Et toi tu me dit : "De toute façon, toi, tu marches à poil sur le site !" ... Alors, là, je dois bien avouer que malgré tous ces indices (bidon - chapeau - a poil - site), je me demande toujours : mais qu’est-ce que j’étais entrain de rêver ??

Pif Pouf !
Le 23 août 2003, par Gabzéta, Grasse Vous connaissez l’histoire de Paf, Le chien ? Et l’histoire de Bambi, vous connaissez ? Bien, vous allez comprendre... On est dans le sud, la Riviera, la voiture est louée avec la clim’... C’est les vacances ! On vient de visiter tout un tas de petits bleds perchés dans les montagnes, à une trentaine de bornes de la mer. La nuit est tombée, Le temps est à l’orage, j’enchaîne les virages étroits dans les hauteurs de Grasse. SOUDAIN j’aperçois un mouvement furtif sur la gauche de la route et il apparaît brusquement dans la lueur des pleins phares, à une dizaine de mètres « Oh ! Regarde, là ! Un... Euh... Un Bambi ! » Évidemment la pauvre bête s’est décidée à traverser à ce moment là : en face d’elle une cinquantaine de chevaux rugissants (206 diesel) et un conducteur stressé/fatigué ! MAIS j’anticipe habilement ! Et je freine en douceur, sans même troubler la passagère qui me félicite pour ma vigilance. Quelques kilomètres plus loin, un vent malin s’est levé arrachant les feuilles des arbres pour les projeter sous mes roues. Encore sous le choc de cette rencontre fantomatique, j’observe, tous mes sens en éveil... Et puis SOUDAIN, la petite musaraigne traverse la route ! Juste sous mon nez... Je la suis des yeux ! Mais bon, là, j’anticipe pas du tout. Alors elle y passe... Ça ne fait aucun bruit. Pas même un petit paf ! Comme dans l’histoire du chien.

Le lac des poissons
Le 5 juillet 2003, par Gabzéta, parc naturel du Pilat Aujourd’hui, c’est pique nique au bord du lac. Il fait chaud, il n’y a pas trop de monde, les uns s’attaquent à la pastèque géante pendant que les autres tapotent sur les agogos, voire sur les boites de conserves. Monsieur Marco vient de finir de réparer les percussions traditionnelles marocaines "spécial gnawas" acquises la veille au vide grenier de la Croix-Rousse... Ça fait un bruit d’enfer, du style "Clac-claclac- Clac-Claclac- Clac-claclac !", l’idéal pour les pêcheurs du coin ! On essaye tous les uns après les autres, quand arrive au détour d’un sentier toute une famille arabe en ballade et en habits typiques, djellabas, babouches et tchador. Ça donne un effet un peu surréaliste ici dans la nature, au milieu de nulle-part... L’homme René leur fait un commentaire en arabe sur la percu mais ils ne comprennent pas, ils nous parlent en français ; Nous, on trouve ça trop bizarre, pt’être bien que si on avait amené une flute de pan, toute une troupe de péruviens en costumes se seraient pointés à l’instant au bord du lac !

A bas toutes les poubelles !
Le 6 juin 2003, par Gabzéta, Lyon

De retour du marché , les bras chargés de légumes, j’avance gaiement. Au loin retentissent des cris et des sifflets sur la rue de la République... Mmm... Manif de fonctionnaires ? Supporters de foot en avance sur la beuverie du soir ? (il est 11h30) Je jette un œil au carrefour... Et là, surprise ! Sous le regard des badauds ébahis, une vingtaine de gars énervés saisissent toutes les poubelles qu’ils croisent, et les renversent sur la rue piétonne en hurlant. Mmmm... Manif d’éboueurs apparemment. C’est fou le nombre de containers à poubelles qu’il ya dans cette rue, en fait. Le soleil tape dur, ca va être grave dégueu ! J’arrive à l’arrêt de bus Cordeliers et là, c’est le bazar total : les éboueurs sont passé par là aussi, la voie de bus opposée est jonchée d’ordures, bloquant tout le trafic. C’est juste en face du superbe bâtiment de la Société Générale. Les employés de la banque sortent avec des sacs et s’échinent tant bien que mal à trier les déchets éparpillées par terre... Argent-poubelle-banquiers-ordures... C’est vrai que c’est pas top comme association pour leur image de marque... Il fait chaud, ils font la gueule... Je suis sûr que celui-là là-bas, et bien s’il avait su, il n’aurait pas mis cette petite chemisette blanche avec cette cravate rouge et les mocassins assortis ! Je crois qu’il passe une sale journée.

huit contre cinquante mille
Le 3 juin 2003, par Gabzéta, Annemasse Ça se passe plutôt bien la manif, ca fait deux heures qu’on défile au soleil, on a déjà franchi deux douanes et voila qu’on se retrouve à cinquante mille sur l’Autoroute ! Ça Y est, c’est La JONCTION entre les deux manifs suisse et française et ça provoque une espèce d’embouteillage humain plutôt sympathique, c’est le moment de temporiser. Il fait vraiment chaud... Tiens, j'achèterais bien un de ces grands drapeaux arc en ciel, il y a écrit PAIX ou PEACE ou PACE dessus. Y a justement un type qui en a un caddie rempli : il accepte les francs suisse et les euros, évidemment il a plus la monnaie en euros, alors j’attends mon tour... Un couple de français paie : "eh, mais c’est écrit en Italien, là sur le drapeau" " Ah, non ! moi je veux PAIX en français ! Monsieur vous en avez pas en français ?" "Non, juste en Italien" "Et celui-là, accroché au caddie ?" "Bin non, laissez-le moi celui, là s’il vous plait" "Bon tant pis, rendez moi l’argent, alors" Moi j’en prend un écrit en Italien et puis je me le met sur la tête à la place de mon écharpe Bart  Simpson en polaire, decidement bien trop chaude à mon goût. Personne n’a une bouteille d’Evian ?

Remember Stone !
Le 19 mai 2003, par Gabzéta, Paris

De passage sans prévenir à Paris, un plan sympa se précise pour le soir avec des potes pas vu depuis plusieurs mois : Un repas de quartier en plein air sur une petite place entre le Sentier et la rue Montorgueil... Quand on y arrive, il est déjà tard et il fait pas très beau ; ceci dit l’ambiance est sympa et bonne enfant, une cinquantaine de jeunes et de vieux (surtout des vieux)... On a fait quelques courses pique nique, mais les tables sont déjà pleines de victuailles... Bien ! ÇA discutaille sec, et puis la rumeur court que ya Stone et Charden parmi les convives !!! Personnellement j’ai jamais entendu leurs chansons, mais bon, le nom me dit quelque chose, quoi ! Une histoire de vieux tubes dans les années... Ouh... Anciennes ! Puis vient l’heure du gâteau !! Une femme fête ses 20 ans (en fait on se doute que c’est plus du double, mais on ne dit rien) "BON ANNIVERSAIRE !! BLABLA !"... Et là, Maïka a la bonne idée d’aller susurrer à l’oreille, que eh ! à moi aussi c’est mon anniv’ ! ( ah oui, en ce seize mai deux mille trois, j’ai trente ans exactement !) Ovation générale ! je salue... On me rappelle ! Embrassades... Je coupe le gâteau pour tous... Ovation ! Et puis Stone et son mari (qui n’est pas Charden pour les curieux, mais plutôt un vieux babos trop cool, avec des insignes de la NASA sur son blouson jean) ; ils prennent donc les guitares sèches et se mettent a jouer "api-beurzdès-touiou" et puis un pot-pourri de tubes à eux. On regarde ça amusés, ya même un clone de Claude François qui danse le disco sur la bamba !! Après un coup pareil, le vent et la pluie ne tardent pas à arriver, mais on a encore bien le temps de discuter, plein d’inconnus viennent me serrer la patte et me fêter un "bon anniversaire, Guillaume !!", je sais pas pourquoi, c’est pas mon prénom, mais bon ! Ambiance festive et improvisée comme ça dans la rue... Étonnant, en fait, on ne se croirait tout simplement pas à Paris ! Alors, Enjoy & remember Stone !

Post-Scriptum :
En tout cas Stone & Charden, qui ont largement dépassés leurs trente ans, se portent bien et Mr Stone nous a confirmé que le duo remplissait toujours des salles par dizaines... Ma ’tite sœur elle dit que Stone s’est faite refaire un lifting, qu’elle l’avait vue à la télé... mBouh ! Bon elle est gentille quand même.

La pétanque, c’est traitre parfois
Le 15 mai 2003, par Gabzéta, Lyon A la base, ce dimanche là on devait partir visiter le palais du facteur Cheval à 100 km... Mais en fait le matin y’avait plus de cheval... Euh de voiture ! Alors comme des terrains de pétanques y’en a plein, on s’est tapés 26 parties à la suite ! Il fait beau, en plus on a le grand terrain pour nous quatre, sur une place sympa a mi-hauteur des pentes de la Croix-Rousse. On s’amuse, on y va tranquille. Dès fois des petits papys nous observent du coin de l'œil- bin oui on est des jeunes et on joue aux boules, ca c’est fortiche diou ! - Ou alors c’est carrément une bande de touristes en vadrouille littéralement fascinés, ça doit doit avoir l’air "so frenchy". Là un papy s'assoit sur le banc, mais vraiment à 20 cm du cochonnet. Il nous regarde jouer (sans en avoir l’air)... Une partie, deux parties, dix parties... Et puis d’un seul coup il se lève comme un fou et boitille a travers le jeu de boules en sautillant, le rictus et la bave au lèvres !

On le suit du regard, légèrement déconcentrés tout de même... Il s’était posé là tranquillement pour attendre son bus, mais son bus ne l’a pas attendu, lui ! le salaud lui passe pile sous le nez. Pépé ne revient pas s’asseoir. Il se décide à remonter en haut des pentes à pied, quoi. Il boite, ca doit être hyper chiant, je pense que l’on ne l’y reprendra plus.

Post-Scriptum :
ze score du dimanche : gab : 11 pts damien:08 pts elizabeth : 04 pts Orit : 03 pts

La foire de Lyon : "Tout y bon !"
Le 5 avril 2003, par Gabzéta, Lyon Annoncé comme LE évènement du moment sur Lyon, on me propose d’aller y faire un tour. Alors je dis, "pourquoi pas !" C’est gratuit... Gratuit, gratuit... Enfin je veux dire, l’invitation qu’on me donne est gratuite, sinon c’est payant ! Heureusement pour eux qu’ils refourguent des invitations par milliers, parce que devoir payer pour entrer dans un magasin, même géant, à mon avis faut être un peu con. Enfin, de toute façon mon porte-monnaie est vide, c’est juste pour la ballade touristique, voir ce qu’ils nous proposent dans ch’te foireu... Vais-je pouvoir manger et boire à l'œil tel le pique-assiette de base, comme une fois au Salon du Goût de Paris ? Eh ben même pas !! Déjà : la moitié des stands sont occupés par des piscines de jardins, des jacuzzis en faux bois et des barbecues à trois étages ! Si t’es pas Homer Simpson, passe ton chemin en hurlant les yeux fermés !! On traverse les stands de vêtements ethniques en 20 secondes... Ayant habité deux ans avec un spécialiste de la fringue du bout du monde, s’il y a une chose que j’ai bien compris, c’est que c’est pas dans ce genre de salon qu’on fait une affaire ! On est entrain d’essayer d’éviter tant bien que mal l’énorme section "outillage de jardin", parce que Mademoiselle O. ne veut pas croiser le client qui lui a refilé les invits... Et là on arrive devant un stand de canapés, super design. Personne ne nous regarde ? Allez, on teste... On s'assoit.. Un peu comme-ci.. Un peu comme ça... Et là, catastrophe ! le vendeur déboule avec le sourire du carnassier suppliant (ca donne un drôle de mélange). Il sait pertinemment qu’on ne va pas en acheter un seul de canapé, mais trop tard ! On est pris dans son filet et il nous passe toute sa leçon en revue. Il tient bien sept minutes (c’est long) à nous la secouer, à grands renforts de gestes et de mimiques convaincues, comme quoi "la tendance créa-teur de-sign aujourd’hui, c’est-le-VAUTRAGE : on s'assoie plus dans un canapé, on-se-vautre ! On retourne à l’Empire Romain ! D’ailleurs ! on peut même pas s’asseoir normalement dans un canapé comme cela ! Blabla,blabla". Il semble mourir d’envie de nous montrer, tellement il en est convaincu, ou tellement il s’emmerde ce jour là ! Bon, il ne nous propose pas... Il faut dire qu’on est loin d’avoir l’air passionnés : moi je

fais un terrible effort pour donner l’impression d’avoir l’air d’écouter, tandis que Miss a visiblement l’esprit deux stands plus loin, pour ne pas dire dans une autre dimension... On finit pas s’en décoller Sluuuurp et à s’enfuir vers les stands de nourriture. Mais là, déception encore une fois : peut-être est-ce parce qu’on est en semaine et qu’il n’y a pas beaucoup de monde ? Ou alors ils ne sont vraiment pas bonshommes sans une liasse de billets secouée sous le nez ? Les radins ! Finalement, on se dit qu’on va se poser à un stand de vin, là sur un tonneau et se PAYER un petit verre, tout simplement. Mais le monsieur (négociant) en décide autrement. Il a passé une très bonne journée apparemment, du coup, on ne paye rien et il nous fait goûter toute sa production de côte de Beaune et d’Hospice truc pour-le-plaisir ! Voila. on ressort en titubant légèrement dans le métro, avec le sourire béat de l’objectif atteint, la mission accomplie

Dans la marée humaine
Le 28 mars 2003, par Gabzéta, Lyon Il fait chaud, très chaud, au milieu de cette marée enfumée d’un bon millier de personnes. Les gens hurlent et sautent en l’air. Moi aussi, d’ailleurs. En face de nous c’est ASian Dub Foundation en concert légèrement hystérique. Les tchatcheurs beuglent dans le micro, plus fort que le batteur qui tape comme un sourd ; du coup, le percussionniste passe inaperçu malgré ses coups de massues sur un tamtam géant qu’il tient en bandoulière. (Je parle pas du DJ qui rajoute des breakbeats, du bassiste qui rajoute des basses ni du guitariste qui s’excite pas mal par moment). Bref, une espèce de transe monte de la foule, une énergie complètement hypnotique. Un gars monte sur la scène et se jette comme un malade dans la marée humaine, qui le porte jusqu’au bout de la salle. Ah v’la qu’ils se mettent tous à faire ça !! Ya même des nanas ! Pour moi qui suit au milieu, ca devient vachement stratégique pour éviter ces slammeurs comme on dit. C’est comme au jeu vidéo... Un à droite, deux à gauche... Attention ! celui-là change de direction !! Aie aie aie ! le voila !! Vite, on tend les bras et on le pousse le plus loin possible... Au suivant ! J’ai l’air concentré comme ça, mais en fait ca ne loupe pas évidemment, je lève la tête pile au moment où un crétin de slammeur passe au dessus et je me mange une de ces baskets en pleine poire (et la jambe qui va avec). Ahlala ! Moi qui croyais qu’un slammeur c’était juste une personne qui récite des poèmes accapella dans un bar contre un verre de bière !

"Les gens ne se parlent plus"
Le 20 mars 2003, par Gabzéta, Lyon Assis dans l’herbe à côté de Bellecour, j’ai un petit peu de temps devant moi. Je sors un livre, il fait beau, les gens sont dehors. Je regarde une scène de ménage au loin.

Le gars n’a pas l’air commode. Il doit lui gueuler dessus à 3 cm du visage. Elle lui répond, semblet’il. Bon j’essaye de me plonger dans "L’utopie de la communication", mais mon regard revient irrésistiblement vers eux... "Je peux m’asseoir à côté de vous ?" Hein ? quoi ? Je n’ai pas vu venir ce jeune type au p’tit look de dandy volontairement négligé. Il s'assoit Je me méfie spontanément. "Les gens ne se parlent plus, ils sont là, ils s’ignorent. Moi je voudrais juste discuter un peu." (arg, un déprimé) "Oui, mais là c’est que, euh, je suis entrain de lire..." (Il a l’air déçu) "Enfin, pourquoi pas ?" "Je m’appelle Bidule(j’ai oublié), je suis en terminale, j’attends pour un cours de Maths, alors voila je passe le temps". (Arg, un djeûn à quelques mois du bac. Je veux bien jouer le jeu, mais ca va être dur d’avoir l’air intéressé,là quand même). Il tente d’aborder divers sujet, pour me cerner ou un truc du genre. "Quel âge vous avez ?" (bon, on peut se tutoyer, tu sais) "Tu fais quoi dans la vie ? du travail ? des passions ? Tu fumes ? Et la musique ?(Pfff. Je réponds mollement, mais je ne peux pas m’empêcher de porter mon attention sur la scène de ménage qui continue de plus belle. Elle a profité qu’il allait taxer une clope pour partir téléphoner, alors il lui cours après et entre dans la cabine avec elle !) "Ah ! Et pourquoi tu es parti de Paris ?" douliloulililouli Oh ! mon portable... Sauvé par le gong. En attendant je lui refile mon bouquin à feuilleter. C’est mademoiselle O. Elle me parle en anglais, alors je lui réponds pareil, ca donne un p’tit style. Cool ! Elle arrive, elle va passer dans 5 minutes. Je raccroche et j’essaye d’entamer un dialogue autour de cet excellent petit ouvrage sur le mythe du "village planétaire" [1], mais sans grand succès, il trouve que ca a l’air compliqué. J’insiste pas. Il veut que je parle de mes études... (C’est dingue cette histoire ! Ils sont encore dans cette cabine téléphonique là-bas ? Ça craint...) "Moi je voudrais faire de la Psycho à la fac, c’est pas forcement sûr comme voie, mais là, je me sens étouffé dans mon bahut privé."(Ah bah voila ! ils se décident à en sortir de cette cabine. Lui, il part d’un côté, elle de l’autre et puis hop ! Ça y est il lui court encore après ! Ah ben tiens, ils tournent au coin de la rue. Bôa, comme ça, je vais pouvoir me concentrer sur ce que me dit l’autre... Oh ! Voila mademoiselle O. qui vient de tourner au coin de la rue !) Elle arrive. C’est l’heure de cesser la conversation. "On pourrait peut-être se serrer la main ? Tu vois que c’était pas si mal de se parler un peu comme ça..." (Il me souhaite le bonjour, je ne lui souhaite pas un bon cours de maths. je compatis quand même, j’ai eu 4/20 à l’époque...)

Notes :
[1] L’utopie de la communication, par Philippe Breton. Ed. La découverte/poche essais. 7 euros. 169p. "Pourquoi la communication a-t-elle pris autant de place dans nos sociétés modernes ? Estce seulement à cause de la prolifération des téléviseurs et autres "machines à communiquer" ? Dans cet essai, Philippe Breton affirme qu’on ne peut se satisfaire de cette explication triviale et avance une thèse beaucoup plus radicale : la communication est devenue une nouvelle utopie, d’autant plus conquérante que les grandes idéologies sont en crise. Cette utopie est celle d’un "Homme sans intérieur", réduit à sa seule image, dans une société rendue "transparente" par la grâce de la communication..." Si j’ai le courage, je vous ferais une fiche de lecture...

L’hyperactivité peut tuer
Le 19 mars 2003, par Gabzéta, Lyon Petite scène à la gare de la Part-Dieu, c’est jour de grève et on nous barre l’entrée des 3 pauvres guichets ouverts : En attendant que mon compère négocie son passage auprès d’un gros vigile, j’observe une petite fille apparemment atteinte du syndrome d’hyperactivité aiguë qui consiste à sauter partout en donnant des grands coups de ballon de baudruche à ses parents. La mère lui donne l’ordre d’arrêter immédiatement, elle est occupée à chercher quel train ils pourraient bien prendre et elle semble à bout... "Bon maintenant tu t’arrêtes tes conneries ! Parce que là c’est vraiment pas le jour ! Et que je suis capable de te faire passer à travers la vitre si tu continues !!!" La fillette a bien reculé de trois mètres suite à la menace, mais elle recommence à sautiller. Légèrement choqué par cette manière de parler à un gosse de quatre ans, je me décide à jeter un regard noir au couple... Quand le père se met à lui asséner un "A-Rrr-RETE !" particulièrement menaçant, je réalise qu’il fait vraiment peur et que c’est un gros malabar, alors je décide simplement de pester intérieurement contre les parents irresponsables qui traitent leur gosse comme un pauvre chien. Voila.

Le retour de la brigade
Le 8 mars 2003, par Gabzéta, Lyon C’est l’après-midi, on est en plein classement quand un collègue qui travaille au dessus déboule avec son portable : "Marco, si t’as une minute, écoute ça, tu vas te marrer". Aie ! je m’attends à tout... On écoute d’une oreille parce que notre classement demande un peu de concentration : il faut déchiffrer des piles de documents administratifs pour les faire expédier dans les centres de traitements correspondants à leurs communes... Après plusieurs tentatives, le collègue finit par joindre son interlocuteur dans un autre service : "Voila, je suis entrain de réceptionner les commandes que je vous ai fait passer. Je suis un peu surpris, parce qu’il y a beaucoup de cartons. J’ai vérifié sur le bon de commande que je vous ai transmis : j’avais demandé à commander dix mille bordereaux pour les pochettes et là j’en reçois soixante mille. Il m’en restait vingt mille en réserve, je fait un calcul rapide, ca en fait quand même trente mille de trop ! Bon, je vérifie les étiquettes en rouleaux que j’ai commandé : oui, en rouleaux, ah oui, c’est en planche là, j’ai bien compris, ca doit être pour ça qu’il y en a deux palettes de trop ! ah ! C’est parce qu’il y en a mille par cartons désormais, au lieu de deux mille avant... Comment ? Bin non si j’écris en rouleaux, c’est parce que j’ai besoin d’étiquettes en rouleaux. De toute façons, c’est du format 10 X 12 cm que j’avais écris et là j’ai reçu du 12 X 10... Comme il explique ça sur un ton très diplomate et très poli (j’imagine que la direction du service des achats ou je ne sais pas quoi, il ne faut pas déconner avec eux ) : ça donne un dialogue un peu surréaliste. Il finit par raccrocher, avec un air plutôt blasé. Il ne le sait pas encore, mais un peu plus tard il va y

avoir un giga stock de chemises cartonnées de couleurs qui va arriver avec la mauvaise couleur. Post-Scriptum : (Toute ressemblance, blabla fortuite, blabla involontaire, bla etc.)

A la brigade des fiches
Le 7 mars 2003, par Gabzéta, Lyon Bienvenue à la Cité Administrative d'État de Lyon ! Toutes les déclarations d’impôts 2002 de la région passeront par ici à un moment ou un autre de ce mois... Alors, ça déconne pas, c’est du sérieux. Moi, c’est mon troisième jour au service courrier du service des impôts. Il est 9h15, j’attends le moment avec impatience : ça va être l’heure de la grande transhumance des grattes-papiers ! Pendant 30 minutes, pas plus, les services peuvent venir déposer et prendre leur courrier. Après on ferme les volets des casiers, ya plus moyen, non mais ! l’heure c’est l’heure ! C’est vrai qu’ils ne sont pas très disciplinés... AH ! Ils commencent à arriver par grappes de deux ou trois, avec leurs petits caddies, comme à Casino, ils sont trop beaux. Je les observe du coin de l'œil mon côté de la pièce, derrière le mur de casiers aux noms improbables : Recette principale, hypothèques, CDI, Brigade financière, brigade des fiches, Lyon pref, 1,2,3, gerland, vénissieux, arrivée/Départ...Il y en a 150 comme ça ! "Bonjour, en avance aujourd’hui ?" "Euh, non". Ahah, certains ont raté une grande carrière de comique à la Chevalier & Laspalès... En plus ils y ressemblent, ils sont habillés pareils et ont la même moustache (femmes y compris, sauf celle qui vient de passer une semaine de vacances au solarium, elles est trop grillée ; et puis l’autre "Eh ! j’ai bossé ! eh ! j’ai essayé de coller les étiquettes recommandé dans le bon sens aujourd’hui !") On dirait que c’est LA sortie, la distraction de la journée. Ça papote, ça s’entraide parfois, car ils ont du mal à se faire au nouveau système de classement. Ya les perdus qui trouvent pas le casier de la brigade des fiches (moi non plus, faut dire) ; les raleurs aussi, qui font grincer exprès leurs caddies, le raleur est d’ailleurs souvent maladroit. PLAF "aba nooon !", voila quand on fait pas attention, tout est mélangé par terreu, comment on va faire pour trier entre nous deux !" Et puis il y a le carrément gâteux qui passe de notre côté de la pièce et qui balance d’un air digne tout son courrier dans le sac qu’on est entrain d’affranchir... C’est pas tous les jours qu’il passe, mais quand ça arrive, c’est un grand moment de bonheur. Post-Scriptum : Toute ressemblance avec des personnages réels employés dans une grande administration ne serait que pure coïncidence totalement fortuite, voire pas de bol.

Carboniser une livre de patates en 10 minutes (ou plus)
Le 20 février 2003, par Gabzéta, Lyon

Entre ceux qui laissent le café sur le feu, ceux qui ratent le riz avec un autocuiseur ou ceux qui transforment les pâtes en ciment : en cuisine, c’est chacun sa spécialité, chacun son petit secret de fabrication. Moi, j’ai personnellement réussi un grand coup la semaine dernière. Il est 14 heures et j’ai très faim, je travaille devant l’ordi depuis plusieurs heures. Je me décide pour des patates sautées... C’est un peu long, mais ca vaut le coup, avec une petite côte de porc grillée à la poelle... Je les épluche et les découpe patiemment, puis les plonge un court moment dans l’eau bouillante. J’en profite pour faire la vaisselle, c’est carré, organisé, minuté. A la fin de la vaisselle elles sont prêtes à passer à la poelle. La friture, c’est sympa, mais c’est mieux avec la fenêtre ouverte... Bon il fait trop froid, alors je ferme plutôt la porte et passe au salon. Tout est en place... Une fraction de seconde durant, une petite voix me dit... "Méfies-toi... Porte fermée : sons étouffés !" Mais je suis déjà devant l’ordinateur, du genre sur un truc passionnant... Tout a été fait dans les règles de l’art ! C’est pourquoi Lorsque je retourne à la cuisine c’est l’apocalypse intergalactique, l’asphyxie totale, la mort atroce d’une poelle téfal et d’une livre de patates horriblement torturées... Pour être sûr d’avoir bien compris la leçon et puis j’ai vachement envie de patates sautées, je recommence à l’étape zéro, mais avec la fenêtre ouverte cette fois, parce que ca pue vraiment le charbon... Au moment de retourner à nouveau sur l’ordinateur, la petite voix revient et me demande si je sais retenir une leçon ou si je suis vraiment stupide... Mais je vous rassure : la deuxième fournée était quand même un peu moins brulée !! En tout cas je l’ai mangée pour me punir. Post-Scriptum : J’ai persévéré et le lendemain, j’ai réussi à ressortir de la cocotte minute tout un tas de carottes bien cramées dehors et liquéfiées dedans. Tout un art.

Trop de bêtes dans le lit !
Le 20 janvier 2003, par Gabzéta, Paris 1997 A Bastille, c’est quand même un peu spécial... Beaucoup de bars, beaucoup de bruit, beaucoup de bars... Etc. Mais une fois passée cette lourde porte au bout de la rue de Lappe... On change d’espace-temps ! Du silence, des fleurs, des arbres... Et même un lapin ou deux ! Le pote qui logeait là recevait souvent du monde dans son tout petit-petit studio sous les toits. Beaucoup de gros son et de gros matos au programme... Un été où il avait laissé ses clefs en partant en vacances, on n’a pu s’empêcher de passer avec la petite clique, emprunter quelques cédés à enregistrer dans l’incroyable collection du compère... Il appréciait moyennement ça, déjà quand on le lui demandait, alors en douce.. Chacun s’est donc éclipsé avec son butin, se promettant de faire très vite pour le ramener discrètement deux jours après... Voulant passer un peu de temps à choisir dans toutes ces piles de disques, je me dit que je vais

passer la nuit sur place... Quand finalement je me décide à me coucher, c’est que vraiment je ne tiens plus la route. Je m’écroule... Pour m’apercevoir rapidement que je ne suis pas seul... Une piqure légère, puis une autre et encore une... Merde ! Ya quelque chose là !! Je rallume : ça grouille et ca pique !! Mais c’est bourré de puces qui sautillent sur le matelas !! Vives comme l’éclair et assoiffées de mon sang, elles ne m’ont pas loupées de toute la nuit et moi, caché tout au fond de la couette je me maudit d’être resté, moi et ma convoitise à la con... Pour quelques cédés de plus !!

Zombie !
Le 16 janvier 2003, par Gabzéta, Lyon Bon, ok, je suis un peu fatigué en ce moment... Et puis j’ai aussi vu ce film, en divix : "l’aube des morts-vivants"... Ça m’a un peu marqué... Mais, là je veux dire, je n’ai pas la berlue non plus : "IL" en est "UN", je-le-sais... Je quitte mademoiselle O et dévale l’escalier, en retard pour le cours de percus. La nuit est tombée, je m'apprête à traverser la profonde cour intérieure de cet immeuble du bas des pentes de la CroixRousse. En passant de jour, j’avais déjà remarqué cette grande vitrine sur cour. Un endroit sympathique pour un local d’association ou un magasin discret... Mais à cette heure-ci il en émane une lueur blafarde, projetant d’immondes reflets humides sur les vieilles pierres. Un coup d'œil en passant me flashe brusquement le cerveau : un espèce de type me fait face derrière la vitrine, vautré sur un fauteuil, en pleine contemplation de sa télévision. Je ne m’arrête pas, j’ai l’impression d’avoir traversé un tableau de ce peintre américain des années, 50-60, qui peignait des motels et des snacks-bars à l’ambiance plus que mélancolique : glauquissime. Ce n’est donc pas un magasin, un type habite ici ! Il vit dans un aquarium, avec tout l’immeuble qui défile en louchant devant son salon... Mais comment supporte-il ça ? Alors Je pense à tous ces morts-vivants coincés derrière la vitrine du supermarché dans "Zombie 2 : dawn of the living dead..." ; et je le vois, lui, qui se lève en caleçon avec sa bière : il veut régler la télévision ! "Manger... Cerveau... Eeuuuh..." Post-Scriptum : Moralité : trop télé, mangé cervo.

J’me réveille -ce matin -ta tin ta tin tin
Le 10 janvier 2003, par Gabzéta, Lyon Quand on voudrait vraiment, vraiment, rester sous la couette et que tous les éléments autour s’acharnent à nous prouver que... non non, pas moyen. C’est aussi ça le blues du matin. Ça ne commence pas très bien : dès le milieu de la nuit. Je suis sur un matelas dans le salon... Confortable d’habitude, sauf que là il se dégonfle inexorablement au fil des heures... Je m’en rend bien compte parce que je me réveille régulièrement, trop froid aux pieds. A moitié endormi, je n’ose pas aller chercher une couverture au fond du placard de la chambre dans le noir, là ou dorment mes hôtes de cette nuit : papa, maman et bébé castor. Tant pis.

Le matin ne devrait pas tarder à pointer son nez... Soudain : BBRBRBRBRBRBR-un assourdissant bruit de perceuse brise le silence à l’étage en dessous ou au dessus pendant une minute. Horrible. Comme réveil du lundi, ya plus doux. J’entends un bébé brailler dans l’appart à côté, ca va pas louper, bébé castor va... Du bruit à côté ! Apparemment, c’est plutôt maman karibou qui n’a pas trop la forme, elle va vomir direct... Beuh... Si je restais au lit...mm ? Aah, voila le camion poubelle qui s’y met lui aussi ! Allez vas-y ! Fais-les toutes tomber par terre tiens ! Histoire de réveiller les mortszzz... Zzz... DDRIINNNG... hein ? quoi ? l’interphone ! j’y crois pas... "Bonjour ! C’est le facteur pour un recommandé !" "grmbl" La loi des séries. Ok, j’ai compris, j’abandonne. J’avance vers la cuisine dans une espèce de brume mentale... Dans ce genre de cas, soit je suis d’une humeur massacrante, soit je ne sors que des vannes absurdes à mon entourage pendant deux heures... Bon, allez ! Juste m’habiller et sortir dans le froid : direction la boulangerie ! On verra ensuite...

Cette année je ré-so-lu-tionne !
Le 3 janvier 2003, par Gabzéta, Lyon Le plus dur c’est de la commencer... La résolution. Bin oui ! là par exemple, je devrais être couché, comme tout le monde, à réfléchir à l’année passée et à toutes mes actions : toutes ! Je dois les juger impitoyablement et m’améliorer ! Demain. En tout cas ce soir : j’ai reçu chez moi six invités de marque !! On a mangé une fondue remarquable, cuisinée à l’aide d’une recette secrète. Miam, perfecto ! On est tous affamés, sauf lui qui est couché, mais il est excusé parce que ca fait quatre fois qu’il vomit. Un verre de lait frelaté de l’année dernière, c’est sûr. Après la nourriture, on discute... A bâtons rompus, ca fuse. On évoque les vacances (aaah), le travail (oooh), les déceptions de l’année dernière (oui bon ca suffit !) Les déménagements de l’année prochaine (eh bé). L’heure tourne. Il faut partir maintenant. On s’embrasse, ciao à bientôt ! Et vla que je me retrouve seul dans le salon. La chambre est prise par le jeune alité et son père à son chevet. Booon. Je m’installe innocemment devant l’ordinateur... Je devrais pas plutôt ranger un peu les restes et tout ? mmm... Les ré-so-lu-tions... bon, j’ai vachement envie de fumer d’un seul coup. Ça fait un an que j’ai arrêté le tabac, comme quoi, soyons résolus, n’ayons l’air de rien ! c’est possible ! D’ailleurs, ce paquet qui traine là... bouh ! allez ! Le plus dur c’est de commencer une bonne résolution ! Je l’ouvre, il reste deux cigarettes, avec un briquet. J’en fume une : je jubile !! Je me retrouve innocemment devant l’ordinateur, la deuxième clope s’échappe en volutes de fumées. Mes résolutions aussi. Demain, je FAIS la vaisselle !

Nous apprentis SDF
Le 3 janvier 2003, par Gabzéta, Lorient - Festival Interceltique , été 1990... 91 ? Pas facile à dater tout ça... Beaucoup de brouillard...Hum. On arrive de Vannes avec Hugo et on se fait déposer en voiture par maman. On va pas aller au camping gratuit du festival... ca

craint, Parait que ya eu un meurtre et tout. Bah, on dormira à la belle ! On déambule et on finit par s’endormir : chacun notre banc et notre bouteille de Chouchen... Jusqu’ici tout va bienZZZ... Mais là en plein milieu de la nuit, tout à coup, il fait vraiment trop trop froid : la congélation éthylique ! C’est trop dur ! Dans un espèce de sursaut de lucidité comme à la guerre du feu, on titube vers la gare et on récupère nos sacs de couchage à la consigne... Mais ca le fait pas, là... j’arrive pas à ouvrir les yeux... Dormir, je veux. Maintenant, tout de suite, là ! une rue ! une porte ! Euh, un escalier qui descend, oui ! C’est ça ! Par ici ! Ouvert ! Noir... Lampe de poche ! Dodo. Quelques jours plus tard, j’ouvre les yeux tout collés. Faim. Mal au dos. Bouche pâteuse Mais où est-ce qu’on est Hugo s’il-te-plait ? Une lumière blafarde filtre au travers d’un vague soupirail. Beuh, mais c’est tout mouillé par terre ! Qu’est ce que je fous allongé dans la sciure entre quatre planches d’étagères toutes pourrites et ces vieux trucs rouillés ?

Marabout’d’ficelle
Le 3 janvier 2003, par Gabzéta, Paris 18 "On revient toujours sur le lieu de son crime" comme dirait l’inspecteur canardo ou coloumbo, je sais plus. Enfin, moi j’ai pas commis de crime. Pas de forfait, je marche dans la rue c’est tout. Marabout’d’ficelle ! C’était vers chez moi ya un an ici ! Alors Je marche. Beaucoup même... En terrain connu. Les vacances à Paris, c’est le pied ! Il fait nuit, froid. Je me dépêche, je suis en retard. Après un bon moment de ravissement en compagnie du castor qui donne le bain à son pitit bébé... Maintenant, vite ! Direction le fin fond de la goutte d’or, je sais même plus vraiment où est le bar... Mais je dois le retrouver ! concert...Amis... Exceptionnel ! Je traverse Pigalle de part en part... Les rabatteurs sont là... Je trace, je fais le coq. Pas un seul rabatteur ne me prend pour un touriste (fier !) à essayer de me refiler son peepshow ou son bar à hôtesses à 800 balles la bière (extorsion comprise, mais sans l'hôtesse). La grande épopée. Je marche encore de Barbès à Jules Joffrin, de la Mairie à Stalingrad... C’est le jour cette fois, le lendemain. Mais il fait toujours aussi froid... Je fini par faire la pause dans un bar, donne mes coup de fil... C’est rempli d’une quinzaine de blacks en costards, tenu par un maghrébin et ses cousins... Et vas-y que ca mate la gazelle et que ca y va des petits commentaires ! Les chefs d’état... La Côte d’Ivoire...L’armée française.. La démocratie tout ça ! Le patron m’apporte mon deuxième kawa et puis en alpague cinq au passage : "Oui là !! faut pas trop pousser le bouchon quand même !! Parce que vous êtes là depuis ce matin, tous les jours quoi hein ! on prend un café et puis on reste des heures, toujours ! qu’est ce qui se disent les gens qui regardent ? y entrent pas, c’est tout... Allez ! gentil, oui, trop, ca déborde !" Allez bon, ils se reprennent tous une bière, ca semble le calmer un peu.... pour quelques heures. D’autres costards-mallettes entrent et se joignent à la cantonade Moi je quitte et je reprend ma marche, cette fois vers la Gare de l’est... Enfin, pour l’instant. Je ne sais pas encore que je me retrouverai à la Villette dans deux heures... Un gros show Ninjatune ! Pour l’instant, j’appelle mon

frère : demain on doit partir à la recherche de la théière d’Alladin... Euh...Barbès ? Bon mec, on ira a Belleville d’accord ? Comme ça pour changer.

Un quart de seconde de poésie
Le 19 décembre 2002, par Gabzéta, Lyon Boum ! crac ! Tout le monde debout ! Il est dimanche, 9h30 et l’homme Akha vient déménager son apart. Il me réveille, c’est normal, j’ai dormi chez lui, il y avait une petite fête dans le quartier. Bon il est pressé, alors, un café à l’arrach’ et c’est parti pour tout vider. On est que trois, un peu léger mais bon. Après une bonne heure à monter et descendre les escaliers avec les cartons... Beuh, j’y vois plus très clair (faut dire que j’ai pas mes lunettes), dormi 4 heures, gueule de bois, estomac vide... Ça devient difficile là ! Et alors que je suis entrain de réclamer une pause, tout s’enchaîne comme dans un rêve : un rayon de soleil vient frapper l’angle de la façade où nous nous trouvons, côté quais, au bord du 4 voies ; un quatrième larron arrive pour nous aider, un sac rempli des meilleures viennoiseries de la CroixRousse. Je m'assoit sur la chaise à roulette que je viens de descendre et l’homme Ed ressort une table basse du camion pour y poser les gâteaux. Alors que je me jette sur les chaussons coingabricot, je ressent comme un intense sentiment de poésie urbaine, au beau milieu de ce pique-nique improvisé, à deux mètres de la voie rapide en furie. Ça dure le temps d’un fulgurant quart de seconde et puis s’en va.

Avec et sans les locks
Le 12 décembre 2002, par Gabzéta, Lyon Vendredi - Acte 1 : le chtit concert reggae est bien entamé dans le bar, le rasta au grosses dreadlocks aussi : il est entrain de jumper devant la scène en fumant un gros joint sous le nez du patron... ca le fait moyen. Vingt minutes après on le retrouve pétrifié sur une chaise, la bouche ouverte à ronfler comme un cochon jusqu’à la fin. Lundi - Acte 2 : J’ai raté mon bus, je prend le métro. Arrivé à Saxe, j’observe par la fenêtre un type entrain de réajuster son bonnet (bleu) devant la glace sans teint de la station : un coup à droite, a gauche, de côté... coquet le type. Tiens bah il monte dans ma rame....ooola !! il marche pas droit, mais alors pas du tout ! Il doit être grave bourré. Toujours avec son joli bonnet, il prend la pose, se regarde, réajuste le couvre chef encore, dis trois mots incompréhensibles à un gars qui l’ignore royalement... Oups la gravité va frapper ! Il se retient de justesse. Je l’observe du coin de l’oeil... Il fait un peu le spectacle quand même !! Regarde à gauche, à droite,

fait la moue et puis le V de la victoire... Y joue la star tout seul. "Hey !! rasta ! rasta !" Il se met à hurler à un gars à l’autre bout de la rame... Faut que j’arrête de le mater sinon, ca va pas louper... je suis sûr que jl’ai déja vu... grmlb...Merde, quand même, il me dit vraiment quelque chose...ouais y me regarde... mais oui !! c’est... ! ah ! Mais il s’est coupé les locks !! Ouah ! Ca devais faire 10 ans qu’il les avait !! oups ! la gravité va... Bon, faut que je regarde ailleurs. hou ! ca y est il arrive, ca, c’est du tout cuit ! "yé ! yé !" il tend ses mains... bon j’en checke deux.. oa, il insiste... oué checke là, oké ! Bon c’est mon arrêt, eh, il va se vautrer sur moi ou quoi ? Un complet-cravate essaye de passer devant lui et alors bonnet bleu veut aussi lui faire la checke-là, mais la gravité frappe un coup et il vise grave a côté et lui met une bonne tarte. Ouais. Ah, ca va très vite. Mais il a de la chance : costard-cravate prend peur et il ne lui en met pas une bonne grosse à son tour. Je me lève et lui dit : assieds-toi ! assieds-toi ! et puis je sors. Mais bon, lui il s’assied pas, hein.

Opération coup de poing
Le 7 décembre 2002, par gabzéta, Lyon Mais c’est-y pas mon bus que je vois là-bas à l’arrêt ?... Je cours ou je cours pas ? Avec mes 4/5 sacs de bouffe sur chaque bras, mes poireaux en équilibre précaire... Franchement j’hésite... bon. Je le fixe très fort et psalmodie dans ma tête : attends-moi/attendsmoi/alleeeez !!! Feu vert... Feu rouge... 200 m de plus : toujours à l’arrêt. Il est en panne ou quoi ? 300,400 mètres et j’y suis ! Mes vœux sont exaucés, je monte. Tout de suite, je sens comme un je-ne-sais-quoi d’anormal dans l’atmosphère... Je pose mon barda et j’observe... On est pas très nombreux... Ya ce type en face de moi, il se retourne à tout bout de champ, jette des regards inquiets devant, derrière... Mmmm... Stressé. Les autres gens s’ignorent royalement mais ça c’est du comme d’habitude. On démarre, finalement. Au terminus de cette ligne, il y a le plus gros hôpital psychiatrique de Lyon : c’est vrai qu’il n’est pas rare de croiser dans le bus quelque pensionnaire de sortie... Mais là c’est un cas quand même : cet autre type derrière le chauffeur, donne de grands coup de tête dans le vide, colle son visage sur la cabine, comme pour essayer de calmer ses spasmes... Eh, eh. On s’inquièterait presque... Mais il n’a pas l’air de vraiment souffrir... Ambiance bizarre vraiment... On le regarde sans le regarder... Un peu gêné. A l'arrêt suivant : eh bien ca continue ! Je vois ces quatre types louches en bombers... ils nous regardent méchamment, ils cherchent quelqu’un... Ouh, ca sent l’embrouille, le règlement de compte entre truands ! Et l’autre là qu’arrête pas de secouer la tête !! Ils montent et s’approchent d’un passager :"Vous pouvez venir avec nous monsieur ?" Le type hoche la tête et sans un mot descend avec eux. Apparemment ils ont leur compte et blablatent au talkie walkie en lui contrôlant ses papiers. C’était le FBI, en fait. Nous on redémarre... Le secoué et l’autre stressé sont toujours de la partie, moi et mes poireaux aussi. je me surprends à me demander qui va être le prochain... Il flotte dans l’air comme un petit

parfum de quatrième dimension.

Princesse en plastique
Le 5 décembre 2002, par Gabzéta, Lyon Me voila à la caisse n°72 du carrefour... Évidemment, je suis venu acheter un seul truc à la base et je repars avec un panier plein ! Enfin, ya pas vraiment de superflu et je peux même faire le fier : ya que du produit frais... Pas de plat cuisiné, de pizza, de boite de conserve ou de machins au sucre, je passe pour le type qui fait la cuisine, qui mange équilibré... ouah ! D’ailleurs, je jette un œil sur les paniers voisins histoire de voir pour qui ils passent, eux... Et là... HORREUR ! La mamie devant moi, elle est entrain d’acheter cette espèce de panoplie de princesse ... Elle va pas oser...non...si ! En fait c’est la panoplie officielle de cendrillon, estampillé disney channel et tout... Franchement, j’aurais honte de filer ca à une gosse et après lui dire qu’elle ressemble à une princesse ! Je résiste pas, je demande à ma voisine de derrière, (plutôt jeune & mignonne d’ailleurs ) : "Franchement, à 5 ans, vous auriez mis ca ?" "non, je crois pas non. De toute façon, je rentrerais pas dedans"... Je la regarde, elle fait bien ses 1m80 "Ça c’est sûr, maintenant, tu rentrerais pas dedans..." Je rejette un œil sur la chose en question... Un doute me taraude l’esprit... "Ça a l’air d’être en plastique en plus" "Ah oui", dit elle..."Carrément tout en plastique !" La couronne, encore je comprends... mais une robe... En plastoke. quand même... pauvre gosse, j’espère qu’elle ne va pas trop pleurer quand tout le monde va se foutre de sa gueule. Noël, c’est cruel parfois.

Intrigues à Katmandou
Le 5 décembre 2002, par Gabzéta, Katmandu - Népal , hiver 2001. Mon compère est parti depuis plusieurs heures retrouver une vieille connaissance... Me voila seul dans le cœur de la vieille ville : ici, cela signifie des rues basses & étroites composée d’un alignement ininterrompu d’échoppes ; elles-mêmes remplies à craquer de fringues de randonnées et d’objets baba-cool pour touristes en manque de clichés... Je zone un peu... Tout cet étalage ne me donne envie de rien, alors forcement, je tourne en rond en attendant le retour du compère qui ne devrait pas tarder depuis deux heures déjà.. Ou trois, je sais plus. Un vrai jeu de piste ces rues ! Une fois sur deux, je me trompe de côté pour finalement repasser je ne sais comment par le point de rendez-vous... Aie, Revoilà l’autre ! Ça fait deux fois qu’il m’alpague en français pour qu’on aille boire un thé...

Grrbl... Là, je suis fait, bon. Je le suis, on traverse l’échoppe d’une échoppe d’échoppe pour se retrouver dans un petit boui-boui. Amabilités d’usages... Il me récite à peu près exactement mon parcours des prochains jours... A croire que tous les étranger font la même chose, ici ! Apparemment il connait un peu Paris & la région parisienne... Bla, bla, bla... Mais je sens que ya un truc qui cloche... Il n’est pas là pour ça... Une vrai tronche de truand nous apporte du thé que le gars s’empresse de m’offrir... Et puis il déballe son offre : j’embarque un paquet de bijoux dans mon sac pour les refourguer à son pote une fois de retour à Paris... Il dit que c’est sans risque, il a sûrement raison, des bijoux, y’en a partout ici !! Je suis presque tenté, puisque je peux toucher une bonne somme (ou au pire : je garde les bijoux, je me dit ). Et puis là, il me casse tout mon trip d’aventurier-espion-du-toit-du-monde : Bin oui, faut que je les paye ici les bijoux !!! Boh, c’est pas cher mais bon... Allez, je parlotte encore un moment de tout et de rien et puis je le quitte sans conclure l’affaire. Plus tard, une fois mon compère de retour, il m’explique que "ooooh... mais c’est une arnaque hyper connue ! vieille comme le monde !". Ben voyons...

Le temps d’une chaussure
Le 25 novembre 2002, par Gabzéta, Lyon Je comprends pas trop, la chaussure là, elle me plait, je voudrais l’acheter... mais yen a qu’une. Pas de boite, juste plein de chaussures en un exemplaire sur le rayonnage... ?! je tourne 5 minutes, vais demander : "oui, la deuxième chaussure on la récupère à la caisse !"... d’aaaccord, ca c’est de l’anti-vol ! Bon évidemment, à la caisse, ya pas l’étiquette, les vendeuses (deux pour moi tout seul !) s’acharnent, essayent avec plein de chaussures... puis ca ya est apparemment, il faut juste retrouver la deuxième dans la réserve.. la la la... Ça fait bien 5 minutes, là... pff, c’est vraiment le bordel à mistigriff... bip bip bip... ah ! un gars vient de se faire biper en sortant l’air de rien, walkman aux oreilles... la trentaine... Il se fait attraper par le vigile avec un blouson qu’est pas le sien... il a l’air de s"en foutre... normal...ses deux potes arrivent du fond du magasin morts de rires, plutôt des masses, assez âgés... le petit chef gérant commence à méchamment pourrir la gueule au vigile pour qu’il fouille les deux autres. ils ont rien Ils sortent toujours en beuglant. Le p’tit chef est fou de rage tout seul, il veut appelerla police, du coup le ttroisièmelarron commence à moins rigoler, le menace à moitié, ptit chef ssurenchérit. Bon...ces chaussures... "Je suis là"... elle est juste derrière moi, me tend la boite, l’air visiblement émue... bon je suis sympa, je lui souris et je lui fait même pas de remarque sur l’organisation et tout.

On dirait le sud
Le 18 novembre 2002, par Gabzéta, Toulon - La garde "Eh ! Moi j’aime les chiens, attention, c’est pas çà ! Mais sans muselière, là, vous pouvez pas le faire monter dans le bus : rapport à la sécurité. Ça ira pour cette fois, ya pas beaucoup de monde..." On est entrain d’attendre, là pendant que le type essaye vaguement de se justifier... une mami s’incruste : "Qu’est ce qui se passe ? Il a pas d’argent pour payer ?" A mon tour de prendre le billet, à tout hasard je lui parle des écrans de télé/ordi qu’il faut emballer si on veut les emmener dans le bus. "Oui !! Et les vélos aussi !! Et puis, bon là nous on est au courant, on fait des stages de sécurité, enfin la semaine qui vient j’en ai un... !" Il démarre son bus et continue : "Mais même les portables !! moi je savais pas ! dans une station service ca peut exploser. Le gars y téléphonait, il a décroché la pompe et blam ! il a eu la main arraché !! Et une autre fois !! Tout un quartier il a explosé à cause d’un téléphone portable dans une station service !!" "Ah ? c’est quoi ? C’est à cause euh... Des ondes ?" je lâche l’affaire et rejoint mon frère qui s’était discrètement esquivé dans le fond du bus... Ah c’est sûr ! On dirait bien qu’on est dans le sud !

Sous la pluie battante
Le 17 novembre 2002, par Gabzéta, La Garde Il est bien deux heures du matin... et ce sont des trombes d’eau qui tombent du ciel et envahissent la rue en pente, sur la place du village... Je regarde innocemment, de derrière la porte-fenêtre entrouverte. Le déluge ! Une voiture avance doucement sur les flaques et s'arrête en plein milieu de la rue. Une femme est à l’intérieur... tout de suite : le trip... en panne ? perdue ? je me demande... Elle sort en courant... revient s’abriter dans la voiture quelques minutes plus tard. Je suis vraiment intrigué. Un quart d’heure après elle est toujours là. Bon : je me décide je m’avance sur le balcon et sous la pluie battante : je lui fait de grands signes : oh ! ca va ? je mime : besoin de donner un coup de fil ? Elle me voit, tourne la tête, fait style elle a rien vu, il se passe rien ... Bon je rentre à l’abri parce que visiblement, elle s’en fout complètement !

Le dernier centime
Le 8 novembre 2002, par Gabzéta, Lyon A leader Price, c’est connu, ca arrive de croiser des gens... pas communs. Ça fait de l’animation : comme ce couple l’autre fois qui se négociaient le bout de gras hyper-fort pour chacun des produits qu’ils allaient acheter... Cette fois c’est plus calme, c’est un vieux monsieur qui ne parle pas beaucoup. Il est devant moi à la caisse, il a acheté cinq paquets de dattes et il lui manque trois centimes La caissière lui dit : "c’est pas grave, c’est bon !" Pas question ! il fait comprendre sans parler, et il sort un billet. "Nan, c’est rien, c’est trois centimes ! j’ai plus de monnaie, allez-y !" Il s’en va, je passe mes courses. en fait il est passé à la caisse à côté et il tend le billet. "C’est rien farida !! c’est passqu’il me doit 3 centimes, c’est bon, laisse ! " l’autre lui donne sa monnaie quand même et il va la redonner à la première caissière. Elle fait mine de refuser, mais bon, il insiste... En plus là, il a donné plus que trois centimes... "Monsieur !" Trop tard, il s’en va pour de bon. Il a eu le dernier mot.

Samba di vieux con
Le 3 novembre 2002, par Gabzéta, Lyon Le son de la Batucada résonne très fort dans la rue, c’est vrai, et le cortège ne passe pas inaperçu non plus... Les gens se retournent, sortent de leurs magasins, se penchent aux fenêtres... Le cortège est sage tout de même, il se place sur le trottoir... et oui, il est 17h, au plus fort de l’embouteillage quotidien de la sortie de Vaise... Soudain, il pleut, enfin il mouille... Bizarre quand même... Les musiciens lèvent la tête : ah bah oui, le type vient de nous vider une carafe d’eau de son cinquième étage ! Déjà les enfants se déguisent en monstres dans la rue, mais avec de la musique en plus, là non !

On reste concentré SVP
Le 1er novembre 2002, par Gabzéta, Lyon Il fait plutôt beau pour un matin d’halloween. La samba résonne dans les rues étroites de vaise : La batucada défile bruyamment, accompagnée d’une ribambelle de gamins déguisés et de monstres sur échasses. Les musiciens libre de leurs mouvement profitent du moindre hall d’immeuble, de la moindre cour tester la résonance des instruments. allez ! plus de bruit ! par Là ! une fenêtre ouverte au rez de chaussée ! Tout en jouant, on en profite pour jeter un œil Normal. Ah tiens c’est chez le dentiste ! oh il est entrain de travailler un patient à la fraise... ah ben... il nous regarde en même temps d’ailleurs... On insiste pas, mais on imagine très bien la suite en rigolant un bon coup. Ça craint, La samba c’est contagieux : monsieur, on reste concentré s’il vous plait !

Pornstars 2 rue
Le 30 octobre 2002, par Gabzéta, Lyon Je quitte le bar et m’apprête à descendre les pentes. En tournant à l’angle, je me retrouve face à ce couple, là, en plein sur mon chemin, en haut des escalier. Le gars est agenouillé dans ma direction, sa copine s'assoit face à lui et commence à le sucer. Un peu interloqué, je continue ma route... "oa ! c’est le spectacle, là !" je dis en passant. Le gars me regarde les yeux dans le vague. Dans les quartiers avec des putes on finit forcement par côtoyer ce genre de scènes.... mais là, nan, ils sont juste bourrés et même pas foutu de se mettre dans un des nombreux recoins obscurs de cette rue... Je descend les escaliers et je me retourne une dernière fois quand même... Là haut, quelques nanas passent par le même chemin et je les entends qui se foutent de leurs gueules.

Invisible
Le 27 octobre 2002, par Gabzéta, Lyon Je monte dans le bus et là paf ! je m'aperçois qu’il y a des contrôleurs planqués à l’arrière. Là, sans trop savoir pourquoi, j’hésite à sortir mon coupon mensuel pour le biper, je fais comme mon voisin, je regarde ailleurs et je m’assoie. Les 6 contrôleurs se mettent rapidement à vérifier auprès des gens qui viennent de monter. Mon voisin écope d’une amende d’ailleurs, mais moi on ne me regarde même pas. L’air plongé dans mon

magazine... j’observe, ça pinaille, ça blablate... j’en profite, apparemment, ce soir je suis invisible.

Le bon choix
Le 24 octobre 2002, par Gabzéta, Lyon Dans la maison de la presse, une mamie interpelle une vendeuse pour lui demander conseil sur une bédé à offrir : c’est pour son petit neveu : "il a 14 ans, c’est plus un bébé". La vendeuse propose un titeuf, mais vite dépassée, appelle une collègue en renfort : astérisque ? luckyluche ? "c’est plus un bébé", il a 14 ans vous savez !" Toutes les trois se mettent à feuilleter les quelques séries et donnent leurs avis, elles y connaissent pas, elles en lisent pas, elles savent pô... Au moment de partir, je vais les voir car c’en est trop pour moi : je leur sort un Calvin et Hobbes qu’elles avaient pas encore ouvert et leur dit d’un ton affable et impérieux à la fois : "Pour tous les âges. C’est un bon choix, ". je passe à la caisse avec mon magazine. Elles m’ont remerciées, mais à leurs têtes je le vois bien qu’elles ne sont pas plus avancées...

Le très gros monsieur
Le 23 octobre 2002, par Gabzéta, Lyon Il se met à pleuvoir alors que je monte dans le tramway. A l’intérieur, je dois franchir l’épreuve de la poussette vide placée au milieu de l’allée, puis je me glisse furtivement et habilement au fond de la banquette ou une femme est assise de biais, son bébé dans les bras. Arrive le gros monsieur. Mais alors très gros monsieur, il peine à franchir la poussette et décide de s’asseoir face à moi. Pendant une fraction de seconde, il s’immobilise au passage de la maman, et je le vois aplatir sur elle et le bébé ses centaines de kilos. Elle fait la moue, elle a du s’imaginer la même chose. Il passe lentement et s'assoit avec peine. il sourit, Il a un air gêné. Puis le chauffeur annonce que le tram est bloqué pour une durée indéterminée.

Les clés du rasta
Le 22 octobre 2002, par Gabzéta, Lyon Ça se passe à l'arrêt de bus de la part-dieu, direction vers "je rentre chez moi". Un rasta, noir, d’une trentaine d’années sort du centre commercial en courant vers notre bus 28 qui vient de quitter son arrêt pour stopper au feu rouge ... Il a de grosses locks assez longues et se tient son chapeau... Il est suivi quelques mètres plus loin, par une petite fille d’une dizaine d’années qui court également de tout son souffle... Je me dis : quand même, il pourrait prendre sa fille dans les bras, ou je sais pas, tant pis ! attendre le prochain

bus ! Et puis là, le gars il fait tomber son trousseau de clés et comme il court vite il se retrouve devant le bus... Derrière, la fidèle petite a tout capté, elle ramasse les clés au vol et comme le papa n’a pas eu à le faire, il a gagné une précieuse seconde pour convaincre le chauffeur d’ouvrir la porte... là je dis bravo ! TEXTES SOUS CRÉATIVE COMMONS — Par gabzeta@gmail.com Vous êtes libres : de reproduire, distribuer et communiquer cette création au public Selon les conditions suivantes : Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification DETAILS ICI: http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/