Médias et opinion publique dans les grandes crises politiques en France depuis l’affaire Dreyfus Opinion publique p 120

(crise p 120) - l’affirmation de l’opinion publique se fait avec la naissance de la démocratie  Jürgen Habermas : naissance de l’opinion publique au milieu du XVIIIe siècle : presse et livre deviennent de véritables médias pour un public bourgeois, développement de cabinets de lecture et de bibliothèques, amélioration de la circulation et abaissement du prix du livre. Analyse de l’action du gvt devient l’objet d’un débat contradictoire.  XIXe siècle, l’opinion publique est reconnue au fur et à mesure de la reconnaissance des libertés collectives et individuelles  dans les années 1930, il devient primordial de mesurer l’opinion publique pour anticiper les crises (George Gallup aux Etats-Unis en 1930, création de l’IFOP = institut français de l’opinion publique en France en 1938). - Elle est liée aussi à l’affirmation des médias p 120 = instrument pr sentir l’évolution de la pensée de ses lecteurs, mais aussi instrument pr former la population aux nouvelles idées (voir p 121)  devient importante avec la presse au XIXe siècle = 1e média de masse  émergence de l’audiovisuel : radio dans les 1920s, puis télévision à partir des 1950s  auj, avec internet, démultiplication des paroles individuelles de citoyen : remettent en cause la notion même d’opinion publique en tant qu’expression de la volonté collective. L’espace public devient le lieu d’expression de chacun - cette étude ne constitue pas une histoire des médias depuis 1880, mais se focalise sur quelques grandes crises importantes (cf frise p 119)  comment, dans un contexte de crise, les médias participent-ils à la formation et à l’expression de la volonté publique ? I- Le temps de la presse écrite 1898-1899 : affaire Dreyfus et crise du 6 février 1934 II- Des médias contrôlés par l’Etat (radio et débuts de la télévision) 1940-1945 : opposition presse officielle appuyant le régime de Vichy et presse clandestine appuyant la Résistance 13 mai 1958 : crise algérienne III- Diversification des médias et mutation de l’opinion publique Mai 1968 Crise du 21 avril 2002

I – Le temps de la presse écrite et de la radio (1898-1930s)
Etude 1 : Affaire Dreyfus p 122-123 Questions 1 à 5 (15 min) + correction (10 min) 1 et 2 Dreyfus condamné pr haute trahison par un conseil de guerre (armée). Illustré par Petit Journal (y consacre régulièrement son illustration de une) : volonté de montrer cérémonie humiliante, cadre des Invalides …

Peu à peu des preuves innocentant Dreyfus apparaissent. le Matin diffuse le fac-similé du bordereau, … 3 1898 = J’accuse : affaire éclate publiquement. Lettre ouverte, au président de Zola. Notion d’intellectuel (rappeler qui est Zola). Journal engagé (Clémenceau), tirage à 200 000 exemplaires pour cette édition. 4 Formation de 2 camps. Leur position visible à travers de multiples caricatures dans le cadre de la presse illustrée. Ce sont souvent des artistes qui décident de pratiquer un « art social et populaire ». - antidreyfusards qui condamnent Dreyfus. Par ex Caran d’Ache, Jean Louis Forain et Hermann-Paul dans Psst… ! (créé pour l’Affaire, commence à paraître en réponse à Emile Zola ; disparaît avec la 2de condamnation de Dreyfus 1899). Aussi Libre Parole d’Edouard Drumont, … S’appuient principalement sur antisémitisme et trahison/espionnage allemand. - dreyfusards qui soutiennent Dreyfus. Dreyfusards = Félix Valloton et Henri Gabriel Ibels, Théophile Alexandre Steinlen dans le Sifflet (créé deux semaines après Psst… ! pour lui répondre, disparaît après que la cour d’appel se prononce en faveur de la révision du procès). S’appuient sur droits de l’homme et laïcité. (identifier le point de vue des autres caricatures) 5 min Décryptage de la caricature de Caran d’Ache, le Dîner (oral, 10 min) - Caran d’Ache est un dessinateur antidreyfusard cf Psst  Il développe la thématique antisémite dès 1893 (scandale de Panama), en croquant les juifs comme des personnages laids, internationalistes, étrangers, intellectuels, intéressés… Il contribue ainsi à fixer les stéréotypes de l’antisémitisme populaire naissant.  Figaro renforce ici son indépendance : le journal publie fac-similé du bordereau fin 1897 puis des lettres d’Esterhazy à sa maîtresse dans lesquelles il exprime sa haine de la France et de l’armée (paie cela par une hémorragie de lecteurs et d’abonnés). Publier un dessin de Caran d’Ache équivaut donc à publier un contrepoint, même si le sens de cette caricature n’est pas évident a priori (souhait de ne pas se positionner trop clairement)  une position dreyfusienne - analyse de la caricature  Utilise peu les figures habituelles de l’époque (animalisation, déformation anatomique, scatologie, violence visuelle, anthropomorphisations d’institutions), mais plutôt la figure de l’ellipse  Ordre et sérénité dans lequel la famille bourgeoise se met à table contraste avec le désordre et la violence de la 2e image, ce qui provoque l’effet comique. Les individus ne répondent plus à leur rôle : le bon père de famille montre le poing, la mère attaque son voisin à la fourchette, les cousines (sœurs ou belles-sœurs) sortent de leur réserve pour en venir aux mains. Personne n’est épargné, pas même le chien  Sens = il ne vaut mieux pas parler de l’Affaire une fois la première condamnation prononcée. De plus à cette époque, l’affaire connaît de nouveaux rebondissements : demande de révision du procès qui divise la population fr - aussi position dreyfusienne = entre dreyfusards et antidreyfusards Prône une solution de compromis pour mettre un terme à l’Affaire cf 1899, militent pr un retour à la normalité républicaine et à la réconciliation entre justice et armée.

Tt cela aboutit à la grâce de Dreyfus, qui apparait innocent en fait, mais pas en droit en 1899. 1906, Dreyfus réintégré ds l’armée

1) L’ « âge du papier » (1880s-1914)
Cours 15 min Entrée de la société française dans l’ « âge du papier » (Félix Vallotton) - Enracinement de la culture républicaine se fait en même temps que l’affirmation de la presse  liberté de la presse (loi de 1881)  innovations techniques (hausse des tirages, baisse du prix des journaux)  professionnalisation des journalistes  une révolution médiatique - la presse devient une force médiatrice entre le citoyen, le gouvernement et les autres forces politiques  presse d’information : le citoyen a désormais accès à la presse pr se tenir informé du débat public  mais aussi presse conçue comme un instrument pr former la population aux nouvelles idées = presse d’opinion  journalistes essaient d’exercer un magistère sur les gouvernants  les hommes politiques écrivent dans les journaux pr influencer l’opinion publique - les joutes idéologiques sont pr bcp dans le succès d’un journal.  ex de l’affaire Dreyfus : véritable guerre de la presse qui voit s’affronter deux camps à travers des éditoriaux, des articles, des enquêtes et des images. Appuyée par engagement nouveau des intellectuels. Conduit à une bipolarisation (relative) de l’opinion publique  usage important de la caricature : délivre une information en même temps qu’un éditorial qui renseigne sur l’identité d’une parution. Elle est destinée au plus grand nombre (par ex ceux qui n’achètent pas le titre mais parcourent les unes sur un mur, dans un kiosque ou auprès d’un crieur).  Instrument efficace de propagande et bon argument de vente

2) Le renouvellement des médias après 1914
(doc 3 p 129) 15 min - pendant la guerre 1914-1918, la presse est instrumentalisée par le pouvoir politique  retour de la censure et propagande qui participent au « bourrage de crâne » ex : célébration des soldats français combattants sur le front, dissimulation des succès allemands  en réaction, apparaissent les journaux de tranchées et le Canard Enchaîné, journal satirique qui critique le pouvoir en place - renouvellement des médias  émergence de la radio et du cinéma qui révolutionnent l’accès à l’information actualités parlantes (Pathé journal) qui paraissent dès 1929

1930s, la radio constitue une source d’information pr près de la moitié des Français création du grand reportage Albert Londres en France (« intervenir dans la cité », informer et passionner l’opinion). Ex du Congo Océan 1927, dans le cadre d’un reportage pour le Petit Parisien Donne lieu à un livre anticolonialiste Terre d’ébène, 1929

3) Les médias dans la crise des années 1930
Etude de cas 2 : 6 février 1934 p 124-125 questions 1, 2, 3, 4 (oral, 15 min ou écrit pr prochaine séance) permet d’analyser l’influence respective d’une presse puissante et de la radio, nouveau média mais qui s’engage peu, prenant le parti de l’Etat Cours (15 min) - la presse demeure un espace d’affrontement idéologique  les grands journaux populaires accentuent la fracture entre opinion publique et monde politique, après la multiplication des scandales politiques et financiers des années 1930.  politisation des journaux s’accroît. L’Humanité double son tirage entre 1930 et 1939. Les journaux de droite s’insurgent contre le parti radical et le régime parlementaire, notamment après l’affaire Stavisky. Les radicaux au pouvoir s’expriment grâce à un quotidien puissant (L’œuvre) et à des relais régionaux (La Dépêche, Le Progrès de Lyon)  le 6 février 1934, la violence des partions reflète cette fracture. Les journaux conservateurs et l’Humanité jouent un rôle certain dans la démission de Daladier le 7 février. - La radio est plus contrôlée par le monde politique :  la nuit du 6 février 1934, la radio attend la fin de l’opéra diffusé pour diffuser un communiqué du ministère de l’Intérieur. Radio Paris présente les manifestants comme des « repris de justice ».  Prenant appuis sur la « menace fasciste », le gouvernement d’unité nationale puis le front populaire renforcent le contrôle étatique de la radio : création d’une grande administration placée sous l’autorité directe de la présidence du conseil entre 1935 et 1939 (= « TSFIO », contre laquelle s’insurgent les journaux de droite)

II- Des médias réglementés par l’Etat (1939-1968) 1) La bataille de l’information pendant les années noires
Etude de cas 3 : la guerre des ondes p 126-127 (5 + 15 min, écrit) Classe divisée en trois : groupe 1 = 1 et 2, groupe 2 = 3 et 4, groupe 3 = 5 et 6 Cours (15 min) - défaite de 1940 = rupture car avec la fin de la démocratie, la presse et la radio sont soumises à la propagande et à la censure. Véritable instrumentalisation par le pouvoir politique

- Presse :  jusqu’en 1944, la presse est muselée : beaucoup de titres disparaissent avec l’interdiction allemande dès 1940, d’autres se réfugient en zone libre où les conditions de publications sont à peine meilleures. Certains servent la propagande allemande qui les financent, d’autres la Révolution Nationale. Les services de la propagande allemande soutiennent la création d’un ensemble de titres dévoués à la collaboration.  les grands journaux des années 1930 qui survivent perdent la confiance du public, les tirages s’effondrent, les créations allemandes ou vichystes ne rencontrent qu’une curiosité éphémère.  L’essor de la presse clandestine atteste cependant d’une intense demande d’informations (plus de 1000 titres publiés entre 1940 et 1944 : cf. les combats de la Résistance étudiés en première). Cette presse de la Résistance s’organise en liaison avec la « France Libre » (création en 1943 de la Fédération nationale de la presse clandestine). - Radio : une véritable guerre des ondes.  Les services de Goebbels diffusent dès le début de la guerre des émissions en français (Radio Stuttgart). Au moment de la débâcle (radio = seul moyen d’information dans un pays désorganisé), les postes allemands assaillent les Français d’informations alarmantes.  Le moyen utilisé par Pétain pr s’adresser aux Français le 17 juin 1940. Aps l’armistice, le réseau d’émetteurs est divisé en deux : Radio Paris au Nord sous contrôle allemand, Radio Vichy au Sud qui s’aligne progressivement sur les thèmes de la Radio all  moyen aussi utilisé pr l’appel du 18 juin 1940, peu écouté (normal car fréquence anglaise et appel non attendu). En septembre 1940 débute, sur les ondes de la BBC, l’émission « Les Français parlent aux Français », dont le succès s’accentue à mesure qu’approche la Libération, malgré les attaques virulentes de la pr opagande allemande et vichyste contre le « général micro ».  une division politique et ds l’opinion publique

2) Le nouveau paysage médiatique
Cours (10 min) - dès 1944, réorganisation des médias  Création de l’AFP p 136 en 1944  Les journaux supprimés en 1940 reparaissent (L’Humanité) et cohabitent avec les titres issus de la Résistance (France Soir, Libération). Création d’un nouveau quotidien, Le Monde (Hubert Beuve-Méry) - le paysage médiatique s’enrichit  Naissance d’une presse illustrée, grand public (Paris Match, qui donne une place centrale aux reportages photos) et des hebdomadaires politico-culturels (L’Express, France Observateur, qui se mobilisent contre la guerre en Algérie)  La radio s’affirme comme le média dominant à la fin des années 1950 et au début des années1960 (chaque foyer possède un poste en 1950). Ce rôle est favorisé par des progrès techniques (transistor p 136 en 1956) et l’émergence de radios

périphériques p 136 (Europe 1 en 1955). L’événement se déroule désormais en direct à la radio. 1949, 1e JT. Progression fulgurante de la télévision au cours des années 1960 : avec l’accroissement du taux d’équipement des ménages au cours des années 1960 (de 5% en 1958 à 62 % en 1968) la télévision s’affirme comme le canal privilégié de la communication élyséenne.

3) Un contrôle accru de l’Etat
Cours (15 min) - crise du 13 mai 1958 (étude en 1e) : permet de voir le pouvoir exercé par les médias audiovisuels contrôlés par le pouvoir politique sur l’opinion publique (allocutions cf doc 1 p 144 – diapo ; début du texte ) (repasser les actualités fr si temps) Avec la crise algérienne, la politisation de la RTF devient effective Les coups de Klaxon relayés sur les ondes scandant « Algérie française » contribuent à la dramatisation de la situation. Le Journal filmé des Actualités Françaises (remplace Pathé actualités) diffuse une version officielle des événements survenus à Alger qui change du tout au tout à une semaine d'intervalle autour du 13 mai, relayant le changement de pouvoir à la tête de l'État. Une édition spéciale interprète les évènements en faveur du nouveau détenteur de l’exécutif, passant sous silence tout ce qui a permis aux opposants de parler d'un coup d'État. Ce journal filmé joue sur les imaginaires pour construire une continuité entre les actions du général de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale et en 1958. - pour De Gaulle, la radio et la télévision relèvent des prérogatives directes du chef de l’État. (diapo)  La Maison de la Radio, inaugurée en 1963, symbolise la centralisation de l’audiovisuel français. La guerre d’Algérie est un bon révélateur de cette tendance. Les auditeurs et le contingent en reçoivent individuellement les échos sonores et la radio sert de relais au gouvernement pour appeler à la vigilance de l’opinion au moment du putsch de 1961.  Création de l’ORTF p 136 en 1964. Mais la télévision devient un instrument privilégié de communication pour De Gaulle (conférences de presse, interventions…)

III- Diversification des médias et mutation de l’opinion publique (1968 à auj) 1) La libéralisation de l’audiovisuel
Etude de cas 4 : mai 1968 p 132-133 (20 min ; oral ?) = tournant sociétal car révèle la fragmentation de l’opinion publique et la forte influence de médias de plus en plus puissants. Cours (30 min) - contexte  paysage médiatique plus complexe (presse florissante dont De Gaulle redoute l’hostilité, écoute généralisée et individualisée de la radio, popularisation de la télévision)

Critique des médias qui accompagne celle de la société gaullienne. 1967, Guy Debord publie la « La Société du Spectacle », manifeste des Situationnistes : il dénonce une communication devenue un outil d’aliénation de la population (agents de la société de conso). Contestation du contrôle politique de l’audiovisuel. Veut une prise de parole directe et libérée, en phase avec les changements sociaux et moraux des années 1960 - quelle gestion de mai 1968 ? (diapo)  En 1968, l’information passe d’abord par la radio. Les « transistors » sont présents partt : sur les piquets de grève, dans les universités et usines occupées, dans les manifestations et lors des émeutes. La radio publique couvre les événements de manière plus distanciée et différée que les radios périphériques qui ont la faveur des auditeurs. C’est délibérément et uniquement à la radio, que le 30 mai, le Général De Gaulle donne sa seconde allocution. En renouant avec le média qui avait fait sa popularité, il retourne l’opinion.  Très imprégnés d’une culture de l’écrit, les acteurs du mouvement privilégient quant à eux la presse alternative et les affiches, telles celles de l’école des Beaux Arts.  La télévision, sourde aux événements jusqu’au 10 mai, rejoint le mouvement fin mai dans la grève. Les revendications des rédactions touchent pour l'essentiel à la liberté d'expression. Ce long conflit s’achève par d’importantes sanctions et un contrôle renforcé de l’audiovisuel public. - la libéralisation de l’audiovisuel intervient plus tard, dans les années 1980  Avènement des radios libres (privées et non contrôlées par l’Etat) en 1981 doc 1 p 142  1974, éclatement de l’ORTF et naissance de plusieurs chaînes. 1982, autorisation des chaînes télévisuelles privées (Canal plus 1984 et La Cinq 1985) Création du CSA = conseil sup de l’audiovisuel en 1989, qui est chargé de garantir l’indépendance du service public et de délivrer des autorisations d’émettre aux chaînes de radio et de télévision  La presse est en crise, suite à la concurrence de la télévision, puis des journaux gratuits et d’internet. Elle peine à attirer un lectorat jeune

2) Médias, sondages et crises politiques
Contexte = pas de crise politique majeure depuis mai 1968, mais l’opinion se défie de plus en plus de ceux qui sont censés la représenter. Une crise politique « rampante » se nourrit de la désaffection pour le politique (essor régulier de l’abstention) et d’une mise en cause régulière des médias, accusés à la fois de collusion avec le politique et de soumission aux pouvoirs économiques. Cf ouvrage de Serge Halimi, Les nouveaux chiens de garde, 1997 Cours (15 min) - invention du sondage d’opinion p 143  1930s, devient primordial de connaître l’état de l’opinion : mise au point des techniques de sondage avec G Gallup dans les années 1930, basés sur l’hypothèse de l’échantillon représentatif (IFOP en France 1938 par Jean Stoetzel).

Aps la WW2, sondage devient un véritable discours sur le monde politique et finit par s’identifier à la notion même d’opinion publique - les sondages sont-ils fiables ?  critique des sondages à partir des années 1970 : pr certains, ils constituent une tentative de manipulation (les sondeurs proposent des réponses toutes faites qui ne correspondaient pas forcément à l’opinion des gens) et participent à la mise en place d’une société médiatique dominée par l’affect et le sentiment au lieu de la raison  Pour les instituts de sondage, cette pratique s’inscrit dans les enquêtes statistiques qui permettent de mieux comprendre une population et comment se forment les opinions + introduction d’enquêtes plus qualitatives dans lesquelles un échantillon de personnes qui livrent leurs impressions sans qu’on leur propose des réponses  Partisans : Bernard Manin : principe de gouvernement représentatif consiste à sélectionner une élite de gvt à partir d’un groupe de citoyens (tirage au sort et élection à Athènes au Ve siècle av JC, vote à bulletin secret dans l’Angleterre du XVIIIe siècle). Auj, les sondages remplirait cette fonction de présélection et d’inscription des décisions dans l’agenda publique. Participe aussi à un élargissement de la démocratie : les sondeurs font rentrer dans l’opinion publique les étrangers et les enfants - sondages largement mis en cause lors des présidentielles de 2002 (voir étude de cas 5) Etude de cas 5 : le 21 avril 2002 p 140-141 (10 min + 15 min ; 3 groupes : 1 = 1 et 2 ; 2= 3 et 4 ; 3 = 5 et 6)

3) L’ère du numérique : vers une fragmentation de l’opinion publique ?
Cours (15 min) - nouvelle diversification des médias  La diversification de l’offre télévisuelle s’accroît : câble, satellite, TNT. Nombreuses chaînes d’information en continu  développement des TIC = technologies de l’information et des communications (internet, portables…) 1993 : premier navigateur internet 1995 : premier réseau social (classmates.com ; 2006 pr Facebook) Permettent un accès plus rapide à l’information et aux idées + permet de faire entendre la voix de chacun (« cyberdémocratie ») /aussi lieu de diffusion de rumeurs = hoax et fausses nouvelles + chacun peut devenir par le biais d’un blog commentateur d’une actualité qu’il ne peut pas forcément décrypter correctement (faible degré de connaissances techniques ou politiques) - société démocratique vs société médiatique ?  « opinion de masse » = notion qui s’oppose à celle d’opinion publique. Elle désigne l’expression non critique de points de vue et d’expériences privées au sein d’une communication généralisée. Elle tend à s’ériger en opinion dominante L’opinion de masse est indissociable de la société médiatique et des sondages. Elle serait révélatrice du déclin d’une société démocratique au profit d’une société de consommation : sorte de « marchandisation » des sentiments

/ mais cette opposition duale est inexacte et stérile : le peuple réel a une distance visà-vis de la sphère médiatique dont il se nourrit Cf importance de la rue et de la place publique CCL : (15 min) Les médias favorisent la formation de l’opinion publique tout en étant le reflet de celle-ci ; les débats traduisent l’affrontement des forces politiques tout en influençant leur issue. Ils font entendre différentes voix (affaire Dreyfus, mai 1968). Les pouvoirs politiques peuvent être tentés de contrôler les médias pdt les crises. (cf WW1 et WW2, 1930s, guerre d’Algérie) auj, fragmentation de l’opinion publique avec multiplication des médias. Démocratie d’émotion ? (dramatisation médiatique). Aussi volonté de prédiction d’une opinion publique qui apparaît comme de + en + insaisissable à travers les sondages cf poids lors des élections (américaines)

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