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+ LINGUISTIQUE CONTRASTIVE Première partie: Introduction à la linguistique contrastive 0. Préliminaires : Objec i!

"e l#$%&ra'e La linguistique contrastive est considérée comme une branche de la linguistique appliquée, qui travaille sur la comparaison des micro-systèmes de deux (ou éventuellement de plusieurs) langues afin de faciliter leur enseignement et leur apprentissage. Le présent ouvrage, contrairement ce qui est reconnu comme appartenant la linguistique contrastive, ne touche pas aux problèmes didactiques. !"est une approche purement linguistique destinée démontrer que toutes les langues ne font pas comme le fran#ais. $ne autre différence est que l"on ne confrontera pas deux langues, mais, pour chaque phénomène abordé, on fera le point sur la solution qu"utilise le fran#ais et on étudiera le m%me problème dans une autre langue (ou dans quelques-unes). (. La lin'%is i)%e c$n ras i&e *armi les a% res "isci*lines &vant de commencer travailler, nous définirons d"une manière très simple notre discipline, pour la placer ensuite dans une perspective plus large. 'ans un premier temps nous pouvons dire que la linguistique contrastive (désormais L!) est ( une branche de la linguistique appliquée dont l’objectif est la comparaison des systèmes linguistiques de deux ou de plusieurs langues afin de faciliter leur enseignement et leur apprentissage ). L"essentiel de la définition réside dans la notion de ( comparaison ). *l existent plusieurs disciplines linguistiques qui comparent les langues. 'ans ce qui suit, nous allons brièvement présenter ces disciplines, ce qui nous permettra de mieux identifier la L!. (.(. Lin'%is i)%e c$m*arée +is $ri)%e !"est une branche classique de la linguistique, qui propose une approche diachronique. La linguistique ou avec le terme plus courant la ( grammaire comparée ) remonte au +,e siècle. -lle confronte le plus souvent des mots, mais aussi des structures grammaticales de deux ou de plusieurs langues. .n pose l"hypothèse que les mots (ou éléments) comparés qui se ressemblent (p. ex. anglais mother, allemand Mutter, ou bien fran#ais fait, roumain fapt, italien fatto) remontent une forme unique qui a évolué de deux ou de plusieurs manières différentes. !et héritage commun peut %tre démontré en faisant intervenir les lois phonétiques qui se manifestent en correspondances régulières. /ar exemple, le latin –ct- de factum se transforme en –ait en fran#ais, en –pt en roumain et en –tt en italien, et non seulement dans ce mot factu>fait, etc. mais aussi en lacte>lait. Le résultat des recherches comparatives permet d"établir les liens parenté entre les langues et de les regrouper en ( familles de langues ). .n peut profiter de ces résultats dans les analyses contrastives0 en principe, entre deux langues appartenant la m%me famille génétique on peut s"attendre plus de ressemblances qu"entre deux langues sans aucune parenté.

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(. ,. La -*$l$'ie "es lan'%es !"est une discipline qui est en relation étroite avec la L! comme nous allons le démonter dans ce qui suit. La typologie des langues se propose d"étudier les langues du monde dans leur ensemble, pour mettre en évidence les propriétés du langage humain, savoir les traits universaux et les ressemblances qui peuvent %tre regroupés en types. La première différence fondamentale entre typologie et L! est que la typologie s"intéresse, par le biais d"échantillons représentatifs, toutes les langues du monde, alors que la L! confronte deux langues ou quelques-unes selon le choix du linguiste. L"autre différence est que la L! est considérée comme une discipline de linguistique appliquée, c"est- -dire que ses résultats sont censés soutenir directement la didactique des langues, alors que la typologie, par sa plus grande envergure, peut %tre rapprochée la linguistique dite générale. ,. La lin'%is i)%e c$n ras i&e "ans s$n é&$l% i$n ,.(. Les *remi.res a**r$c+es Les origines remontent aux années +,12, aux -tats-$nis. 'eux ouvrages peuvent %tre mentionnés, celui de 3einreich (+,14) sur le contact des langues et celui de Lado (+,15) qui est considéré comme l"ouvrage fondateur de la discipline. !e dernier propose une approche complète, non seulement aux problèmes grammaticaux, mais il traite des phénomènes de lexique et de phonétique aussi, le tout placé dans une approche la confrontation des cultures. -n ce qui concerne la méthode contrastive, il a été observé dans des groupes qui apprenaient l"anglais (L6), que les apprenants qui ont des langues maternelles (L+) différentes, ont de différents problèmes dans l"apprentissage de la L6. La langue maternelle exerce une influence qu"on appelle ( le transfert négatif ) sur l"apprentissage de la langue étrangère. Le phénomène est aussi appelé ( interférence )0 un trait de L+ appara7t dans L6, ou un trait de la langue ( source ) fait son apparition dans la langue ( cible ). *l est simple de reconna7tre un accent spécifique ou un type d"erreur qui caractérise le parler des locuteurs d"une L+ identique. /ar exemple, les locuteurs dont la langue maternelle ne dispose pas de voyelles nasales peuvent conna7tre des difficultés en apprenant le fran#ais ou le portugais, les locuteurs qui prononcent un 8 roulé (hungarophones, entre autres) apprennent plus difficilement le r uvulaire du fran#ais9 ceux dont la langue ignore les genres grammaticaux commettent des erreurs d"accord, et ainsi de suite, on pourrait multiplier les exemples. .n a donc supposé qu"une comparaison détaillée des deux langues concernées peut révéler les difficultés que les apprenants de L+ vont avoir au cours de l"apprentissage de L60 c"est- -dire que l"on tentait de prédire les fautes que commettront les apprenants. .n a supposé que les plus grosses difficultés se présenteront l o: les différences sont les plus grandes.

4 ,.,. Les cri i)%es !ette première approche a suscité des critiques. .n s"est rapidement aper#u d"un problème qui n"est m%me pas résolu ;usqu" nos ;ours, malgré les efforts constants des typologues, et c"est la comparabilité des catégories linguistiques. <outes les langues ne peuvent pas %tre décrites l"aide de la terminologie et des concepts qui ont été élaborés partir des langues indo-européennes. =%me au sein des langues indo-européennes, toutes les langues ne se pr%tent pas une description grammaticale qui emprunte le système des grammaires du latin. 8appelons qu"il n"y a pas très longtemps encore, dans les grammaires fran#aises destinées aux étrangers, on avait présenté des tableaux de déclinaison du nom o: figurait )datif ) pour au père et ( génitif ) pour du père, alors qu"en fran#ais il ne s"agit pas d"une variation morphologique du nom qui ;ustifierait ce traitement (. /our rester au problème des cas, les six cas du latin sont insuffisants pour décrire le système casuel de langues qui en connaissant beaucoup plus, soit +> en hongrois0 il fallait inventer des termes ( latif-elatif-illatif, etc.). -t m%me lorsque quelques parallélismes formels se présentent, il n"est pas possible de comparer directement le ( present perfect ) anglais et le ( passé composé ) du fran#ais. !es problèmes sont encore plus graves lorsqu"il s"agit de langues dont le système est tellement différent de celui des langues indo-européennes que m%me les notions les plus banales doivent %tre réévaluées. <el est le cas du su;et. 'ans les langues qui nous sont plut?t familières, le su;et d"un verbe transitif et d"un verbe intransitif sont traités de manière identique et il s"oppose l"ob;et. 'ans d"autres langues (basque, langues du !aucase), un traitement morphologique identique se présente pour le su;et de l"intransitif et de l"ob;et. La deuxième ob;ection portait sur la valeur prédictive des analyses contrastives. -n effet, il a été observé que toutes les erreurs ne sont pas dues l"interférence et que les difficultés ne se présentent pas l o: les différences sont les plus grandes. @oici l"une des mes propres expériences. La langue hongroise présente une double con;ugaison du verbe selon le caractère défini ou indéfini du verbe0 'ans un énoncé qui correspond j’écris une lettre la forme du verbe est différente par rapport j’écris la lettre. A"ai consulté un grand nombre de copies d"étudiants du hongrois qui avaient comme langue maternelle une langue romane o: cette double con;ugaison n"existe pas. Ae m"attendais y rencontrer beaucoup d"erreurs. .r, ce n"était pas le cas, puisque les contextes du défini et de l"indéfini peuvent %tre cernés facilement, leur description figure dans toutes les grammaires hongroises destinées aux étrangers, il s"agit donc simplement de quelques règles qu"il faut apprendre et ma7triser. Binalement, ces analyses contrastives précoces insistaient fondamentalement sur les différences, mais les similitudes ont été négligées, bien qu"elles soient tout aussi importantes dans les comparaisons. Cotons que certains linguistes distinguent l"approche ( contrastive ) qui met l"accent sur les différences et ( confrontative ) qui inclut différences et ressemblances en m%me temps.

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Duant aux valeurs, pourtant comparables, voir le chapitre E.

Q ,./. Les "é&el$**emen s 'ans les années 52, surtout en -urope, la L! connut un nouvel essor. <outes les nouvelles théories ont été utilisées dans les analyses de micro-systèmes. Les langues de grande diffusion, comme l"anglais, le fran#ais, l"allemand, l"italien ont été confrontées entre elles, et aussi chacune avec les langues comme le hongrois ou le polonais dont les locuteurs apprennent plusieurs de ces langues pendant leur scolarisation. La différence de ces travaux par rapport ceux des années 12 consiste l"abandon des prévisions. *l s"agit de descriptions parallèles dont les résultats peuvent %tre mis en application dans l"enseignement. $n développement intéressant de la L! est la pragmatique contrastive ,..-n effet, il ne s"agit pas seulement de description de telle ou telle langue, mais de rendre compte aussi de l"usage de tel ou tel élément, d"expliciter sa valeur dans le contexte. /our illustrer ce problème, nous pouvons nous référer au problème des ( énoncés liés )/. !hacun sait qu"une simple traduction d"un énoncé anglais ( FoG do you doH ) ne permet pas de saisir sa valeur communicative. /. T-*$l$'ie &ers%s lin'%is i)%e c$n ras i&e @ous pouveI observer de ce qui vient d"%tre dit que la L!, malgré les imperfections de son appareil scientifique, a gardé son importance dans la linguistique appliquée, surtout lorsqu"il s"agit de descriptions de micro-systèmes. <outefois, ces derniers temps, cette approche n"est pas particulièrement répandue. 'ans un des manuels qui est destiné entre autres aux étudiants de BL- 0, la L! re#oit une critique trop sévère0 ( les comparaisons qu"elle entreprend sont arbitraires du point de vue de la recherche fondamentale0 il n"y a pas en effet de raison scientifique particulière de comparer le thaJ et l"anglais ou le fran#ais et le Golof, sinon pour mieux enseigner (K) ).-n tant que typologue, ;e ne partage pas cette opinion. <ous les linguistes qui s"intéressent la diversité des langues n"ont pas accès aux grandes bases de données informatisées qui pourraient fournir un échantillon des langues du monde. -n revanche, toute contribution, m%me la plus modeste, celle qui porte sur un micro-système de deux langues, est essentielle pour l"enrichissement de nos connaissances sur les langues et, par conséquent, sur le langage. -t c"est le point o: les études partielles de la L! contribuent la typologie des langues. 'ans le m%me courant d"idées et comme par opposition la conception dévalorisante de la L!, Lernard /ottier1 dit qu"elle ( a d"abord un intér%t théorique. Les parallèles établis entre divers systèmes linguistiques sont fructueux. La diversité des faits n"étant pas infinie, il est possible de dresser des grilles maximales dans chaque domaine spécifique et d"y inscrire les réalisations de chacune des langues. ) !omme exemple de phonétique il présente les variations de réalisation du son M/M qui, globalement, peut %tre soit occlusive, soit aspirée, soit glottale. Nur les trois possibilités, le fran#ais n"exploite qu"une, la première, l"anglais conna7t un Mp"M aspiré, alors que le quechua exploite les trois possibilités, il conna7t trois variantes du MpM.

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LaOoff BPnagy Q !oste-Ralisson +,>> 0+6E 1 +,54

1 0. A *r$*$s "e la c$m*arabili é e "e la "i&ersi é "es lan'%es 'ans le monde, il existe de Q222 E222 langues individuelles. Du"est-ce qui permet de supposer qu"une comparaison est possibleH <out énoncé d"une langue humaine peut %tre traduit dans une autre langue, puisque le monde qui nous entoure, la ( réalité extralinguistique ) est commune tous. !e qui est différent, c"est le découpage que les langues particulières en font. <out le monde se souvient de l"exemple que Naussure utilise pour réfuter la conception de la langue comme une nomenclature0 au mot fran#ais mouton correspondent deux mots anglais, mutton et sheep, puisque les langues ne font pas les m%mes concepts. 'ans le signe linguistique, selon le système de Naussure, ( concept ) s"oppose ( image acoustique ), de m%me que ( Nignifié ) s"oppose ( Nignifiant ). La conception de signe de Lernard /ottier nous permet de mieux approcher d"un point de méthodologie important de la L!. Nelon /ottier 2 le Nignifiant peut %tre décomposé en a (signifiant) phonique et graphique, le Nignifié en ( forme )0 savoir en classes syntaxiques ( y) et en ( substance sémantique ) ( é).3 !e qui est essentiel dans la comparaison, c"est cette composante sémantique. -n effet, entre le référent et le choix du signe, réside le processus de conceptualisation ce qui est le point de départ de l"analyse contrastive. Cous ne comparons pas les signes, mais la conceptualisation. La linguistique contrastive adopte une approche dite ( onomasiologique ) qui va du conceptuel aux signes. !eci s"oppose l"approche ( sémasiologique ) qui prend comme point de départ le signe pour arriver au conceptuel. /renons un exemple du fran#ais. Ni quelqu"un essaie de trouver les correspondants d"un signe linguistique tel que l" )article partitif ) du fran#ais dans d"autres langues, il risque d"%tre dé#u. & part l"italien (et quelques exemples de l"occitan), les langues ne disposent pas d"un tel moyen. 'ans les traductions, par exemple en anglais, en espagnol ou en hongrois, soit on dit qu"il n"y a rien qui corresponde, soit on accepte qu"il s"agit d"un morphème Iéro. La comparaison n"a donc pas abouti. -n revanche, si on tente de saisir le concept qui appara7t dans ce signe, notamment ( quantité indéfinie d"une substance non-dénombrable ), il est possible de dire que le mot some de l"anglais exprime ce concept dans ! had"too# some coffee, ou le morphème Iéro dans l"énoncé hongrois $%&ét ittam correspond ce qui est exprimé en fran#ais par l"article partitif dans '’ai bu du café, et ce sans qu"aucun de ces éléments puisse %tre considéré comme un article partitif. 1. 4i!!érences "ans le "éc$%*a'e "% m$n"e: e5em*les a% ni&ea% "% le5i)%e Le fait que les langues ne font pas le m%me découpage de la réalité extérieure peut %tre illustré par le lexique.

E 5

+,,6 0QE *l s"agit du problème des Nignifiés comme sage, sagesse, sagement, lorsque la substance sémantique est identique, mais les classes syntaxiques sont différentes, le premier étant un ad;ectif, le second un nom et le troisième un adverbe.

E 1.(. 6 arbre 7

Le premier exemple qui est tou;ours est la conceptualisation différente de arbre, bois, etc. .n peut proposer des ( Iones de désignation ) différentes0 +. 6. 4. Q. 1. + 6 4 Q 1 arbre (plante vivante), matériau de chauffage (tronc coupé) matériau de construction9 étendue réduite d"arbres9 vaste étendue d"arbres. fran#ais arbre bois for%t italien albero legno bosco foresta allemand Laum FolI 3ald hongrois fa liget erdS danois trae sOov

'é; , la présentation graphique montre les différences dans le ( découpage ). @ous pouveI continuer l"étude en introduisant d"autres langues dans le tableau. 1.,. Les c$%le%rs 'epuis les début, dans les études de linguistique générale 8 et aussi dans les études translinguistiques, il y a un autre domaine qui a suscité beaucoup d"intér%t, celui des couleurs. !"est un champ naturellement délimité que les locuteurs de telle ou telle langue per#oivent différemment 0 chaque langue a une gamme de mots qui découpe par exemple les couleurs d"un arc-en-ciel. La présentation des données sous forme de tableau présenterait moins d"intér%t que pour ( arbre ), nous allons simplement nous concentrer sur quelques différences bien connues. Les dénominations des couleurs de l"arc-en-ciel en fran#ais sont au nombre de six. Nelon Rleason9 la langue chona (parlée en Tambie) n"en conna7t que quatre et le découpage est différent, tandis que dans une autre langue africaine, en bassa (parlé au Libéria), il n"existe que deux termes. 'ans la bibliographie, vous trouvereI des références sur les particularités que présentent des langues moins connues par nous. 'ans ce qui suit, nous confronterons simplement les couleurs du fran#ais quelques autres dénominations dans des langues que vous %tes censé rencontrer.

> ,

8obins, Rleason Rleason +,E, 0,

5

fran(ais

indigo

bleu

vert

;aune

orange

rouge

Lorsqu"on essaie de trouver les lexèmes correspondants dans d"autres langues, on observe des différences presque partout. !elle qui est le plus souvent citée concerne bleu) Leaucoup de langues envisagent en effet bleu clair et bleu foncé comme deux couleurs différentes. &insi, en russe nous avons deux lexème distincts, goluboj pour Ubleu clair, bleu du ciel" et sinnij pour Ubleu foncé". .n peut encore considérer un deuxième exemple, dé; en dehors de l"arc-en-ciel, celui de brun. -n hongrois, par exemple, c"est le m%me terme, barna que l"on utiliserait pour désigner la couleur d"une robe, d"une paire de chaussures, des cheveux ou des yeux de quelqu"un, alors qu"en fran#ais on dirait des yeux marrons ou des che&eux ch*tains (la m%me distinction s"observe en espagnol et en catalan). Duant aux cheveux, en fran#ais nous avons che&eux roux, mais une robe rouge, alors qu"en allemand on a dans les deux contextes rot. !es quelques exemples servent simplement d"illustration du problème, c"est vous d"étudier la langue ou les langues qui vous intéressent. 1./. Les liens "e *aren é $n autre domaine o: l"approche onomasiologique s"illustre de manière pertinente est celui de la parenté. !haque langue rend compte des divers liens de parenté, dans chaque société humaine il y a des parents et des enfants, on vit avec les grands-parents et les petits-enfants, mais la dénomination des liens de parenté peut %tre différente selon certains paramètres dans une culture donnée(0. /ar exemple, dans une culture donnée on retient comme pertinent l"opposition des sexes, ou la hiérarchie des générations, etc. $n des exemples les plus souvent cités est la dénomination de la relation ( frères et sVurs )((. L"étude porte sur des lexèmes qui sont disposition dans la langue donnée. La possibilité d"a;outer un deuxième lexème précisant s"il s"agit de frère cadet ou petit frère, , comme en fran#ais, n"est qu"une solution secondaire. 'ans ce qui suit, nous allons de nouveau travailler avec un tableau que vous pouveI compléter. =. WXgé =. ZXgé B. WXgé sVur B. -Xgé BrWNVurMNg BrWNVurM/l fran#ais frère malais sudara hongrois bYty [cs nSvér hug testvér testvéreO allemand Lruder NchGester ReschGister grec moderne adelfos adelfi aldefia

+2 ++

'ubois et al. Laylon-Babre

> /our l"étude comparée des lexèmes, ;e vous propose de prendre en compte non seulement le c?té sémantique, mais aussi le c?té morphologique0 telle langue a;oute un morphème pour exprimer un concept, tandis que telle autre utilise un lexème différent. Noit les paramètres suivants (pour frère et sVur)0 *. distinction de sexe0 a) lexème indépendant (hongrois) b) flexion (grec) **. distinction d"Xge0 a) lexème indépendant b) a;out de lexème signifiant grand"petit, a+né"cadet (fran#ais, anglais) ***. existence de terme générique0 a) lexème indépendant (hongrois, allemand) b) /L du masculin (espagnol, grec) terme générique au NR et au /L(hongrois) Le tableau suivant illustre les possibilités que les langues connaissent dans l"expression des différentes générations. Les chiffres signalent les générations, le signe \ l"individu m%me. fran#ais @ *@ *** ** * \ +Ng +/l 6 4 Q arrière grand-pèreMmère grand-pèreMgrand-mère père M mère fils M fille ^ enfant petit-filsMpetite-fille petits-enfants arrière-petit-fils M fille hongrois sIépapa M sIépanya ]Oapa M ]Oanya dédapa M dédanya nagyapa M nagyanya apa M anya fia M lYnya ^ gyermeO unoOa unoOYO dédunoOa ]OunoOa allemand $rgrossvaterM$rgrossmutter RrossvaterMRrossmutter @ater M =utter Nohn M <ocher ^ _ind -nOel M -nOelin -nOelOinder

.bservations continuer, selon les m%mes indications que pour le tableau précédent. -n effet, travers les langues on trouve asseI fréquemment, comme en fran#ais et les deux autres langues du tableau, les lexèmes petit – grand, mais dans d"autres langues (russe) ce n"est pas le cas.

,

Deuxième partie: Exercices d’initiation (. A *r$*$s "e la *résen a i$n "es "$nnées Lorsqu"on compare des données de deux langues, et ce en particulier concernant des phénomènes de morpho-syntaxe, comme nous allons le faire, il ne suffit pas de donner une simple traduction d"une construction ou d"un énoncé. /ar exemple, si on n"a qu"une traduction d"un énoncé dans une langue qui vous est totalement inconnue pour vous, il ne vous reste qu" croire sur parole du traducteur 0 hongrois 0 fran#ais 0 , s-oms-édom gyere#ei a #ertben j%ts-ana#) ULes enfants de mon voisin ;ouent dans le ;ardin."

$ne traduction peut vous informer sur le sens de la phrase, mais il ne vous donne aucune information sur la grammaire de la langue en question, alors c"est ce qui nous intéresse actuellement. La première chose faire est donc de consulter un dictionnaire qui permet d"identifier les morphèmes lexicaux 0 , article défini s-oms-édom voisin gyere#ei enfant a article défini #ertben ;ardin j%ts-ana# ;ouer

!ette première approche nous permet dé; de voir que l"ordre des mots est différent dans cette langue par rapport au fran#ais. Cotons que l"article défini est bien un morphème grammatical, mais il figure normalement dans les dictionnaires. @ous remarqueI également que le dictionnaire ne vous a pas donné d"informations sur les éléments qui correspondent aux morphèmes fran#ais mon et dans. *l faut donc continuer nos investigations dans une grammaire. Les informations grammaticales recueillies vont figurer dans une deuxième ligne, entre la phrase originale et sa traduction 9 on les appellera gloses (et notre activité est de gloser). Lorsque l"élément grammatical est simplement affixé au nom, par exemple –ban qui correspond dans, l"information sera ra;outée l"aide d"un tiret. 'ans le cas o: il s"agit d"un morphème ( portemanteau ), connu aussi en fran#ais, comme celui de la désinence de la 4ème personne du pluriel o: les deux informations ne sont pas séparables, on a;outera l"information après un point, comme suit 0 , s-oms-édom gyere#ei a &8<.' voisin-+NR enfant-/.NN-/L &8<.' ULes enfants de mon voisin ;ouent dans le ;ardin" Ni toutes les informations possibles sont observations. #ertben ;ardin-L.! j%ts-ana# ;ouer-4/L

notre disposition, on peut faire d"autres

+2 La langue en question ne conna7t pas la catégorie du genre, car si c"était le cas, on en trouverait une information, soit dans l"article, soit sur le nom. !ette langue n"utilise pas de prépositions, mais des affixes. *l s"agit d"un système casuel dont on parlera dans la troisième partie de cet ouvrage. /our les locuteurs d"une langue indo-européenne, il est peut-%tre surprenant de voir que le nom &oisin peut porter une marque de personne. Le sens vous permet d"identifier que c"est la manière d"exprimer la possession ou l"appartenance. !ette m%me relation semble %tre encore plus compliquée dans le mot gyere#ei. -n fait, le morphème –e représente la notion d"appartenance qui appara7t dans la construction fran#aise Ul"enfant de" et le morphème –i est la marque du pluriel dans une relation de possession. Cota bene 0 *l n"est pas tou;ours possible de segmenter exactement un mot dans une langue que nous ne connaissons pas bien, m%me si l"information est notre disposition. /ar exemple, en anglais vous aveI houses Umaisons" et boxes Ubo7tes". !eux qui connaissent l"anglais savent que le premier mot se décompose en house.s, le deuxième en box.es, mais ce sont des problèmes relevant de la morphologie de la langue en question, ce qui peut %tre très compliquée, et le découpage peut %tre problématique. &insi, il suffit de gloser les deux formes comme suit 0 houses maisonW/L boxes bo7teW/L

,. E5ercices "#ini ia i$n

E5ercice I.: En ra:nemen ; l#$bser&a i$n e la !$rm%la i$n e5ac es "es "$nnées lin'%is i)%es =atériel0 fran#ais standardM fran#ais parlé, fran#ais québécois !et ( exercice d"échauffement ) vous est proposé pour initiation parce que son ob;ectif est d"attirer votre attention sur l"importance de l"observation des données. Lien évidemment, il ne s"agit pas de deux langues différentes ici, mais de deux variantes d"une m%me langue. Duoique certains courants intellectuels du Duébec souhaitent voir dans cette variété du fran#ais une langue particulière, le québécois, au niveau purement linguistique il ne s"agit que de deux variantes.

++

'evoir0 &près observation minutieuse des données, vous précisereI quels éléments ou quelles parties de la grammaire fran#aise sont particulièrement touchés par la variation. !orpus0 (d"après la pièce de =ichel <remblay0 Les belles-sVurs) +. /arle-moi pas. Ce me parle pas. 6. A"vas partir. Ae vais partir. 4. Ni ;"aurais d"l"argent ;"achèterais #a. Ni ;"avais de l"argent, ;e l"achètereraisM;"achèterais #a. Q. A"ai-tu l"air de quelqu"un qui a dé; &i-;eMA"ai l"aire de quelqu"un qui a dé; gagné quequ"choseH gagné quelque choseH 1. @oyons, faites-vous pas prier. @oyons, ne vous faites pas prier. E. A"me d"mande o: c"est que vous preneI Ae me demande o: vous preneI tout #a. toute #a. 5. Con, fXcheI-vous pas. Con, ne vous fXcheI pas. >. ` va-tu y avoir des prixH *l va y avoir des prixH ,. Lui, y m"raconte des histoires. 'es fois, Lui, il me raconte des histoires. 'es fois, sont pas mal sales, mais sont tellement elles sont pas mal sales, mais elles sont dr?les. tellement dr?les. +2. <oé, m%le-toé pas encore des affaires des <oi, ne te m%le pas des affaires des autres. autres. ++. <u vois comment c"est qu"al" est. <u vois comment elle est. +6. /arlons-en d"la manière que t"élèves tes /arlons-en de la manière dont tu élèves tes enfants. enfants. +4. Due c"est qui te prendH Du"est-ce qui te prendH +Q. Ni ;"me r"tenais pas, ;"y mettrais ma main Ni ;e ne me retenais pas, (;e la giflerais.) dans"face. +1. ` savent pas vivrea Cous autres on est *ls ne savent pas vivre. Cous, on est sortis de sortis de l K =on 'ieu, que ;"ai donc l K =on 'ieu, que ;"ai donc honte d"eux. honte d"eux-autres. +E. A"m"en vas. NalutK.- -st partiea -st Ae m"en vais. NalutK. -lle est partiea -lle partiea !a se peux-tuH est partiea (-st-ce possibleH) +5. &ssiseI-vous icitte, =ademoiselle. &sseyeI-vous ici, =ademoiselle. +>. Le pére, "maison, l"appelait sa /ierrette. Le père, la maison, l"appelait sa /ierrette.

8emarques0 Les phrases correspondantes en fran#ais standard peuvent légèrement varier selon le registre (standard, populaire, etc.). 'ans cet exercice, nous ne tenons pas compte des variations phonétiques (élisions9 formes en moé, toé, etc). C"oublions pas qu"en fran#ais courant également, les élisions des ( e muets ) sont très fréquentes. L"apparition d"un MtM dans toute (a, icitte est une particularité du québécois.

+6 &nalyse0 a) .n observe plusieurs écarts dans le système pronominal. Les pronoms personnels su;ets sont quelquefois omis (,, +E) b) La forme qui appara7t en (++) est une forme populaire de ( elle )b )al" ) qui se retrouve en fran#ais populaire de Brance également. c) La forme et la place du pronom personnel dans les phrases contenant un impératif (+, 1, 5, +2) se distinguent du standard0 m%me la forme impératif négatif le pronom dis;oint (moi, toi) est maintenu, avec inversion. d) *nterrogation0 insertion du morphème Ztu (Q, >, +E) (connu aussi en fran#ais populaire, sous forme de Zti ), déformation des formes paraphrastiques (+4), m%me dans des interrogations indirectes (E, ++) e) Le pronom relatif dont est remplacé par que 0 (+6) f) *l y a des formes verbales qui s"écartent du standard (6 +5). !e sont des formes qui se retrouvent dans des dialectes de Brance également. g) La forme populaire du conditionnel est ( symétrique )(4). h) .n observe disparition de l"article dans un groupe nominal (+Q,+>). E5ercice II.: In err$'a i$n $ ale =atériel0 chinois, fran#ais /réliminaires0 L" exercice" suivant porte sur l"un des phénomènes nous appelons ( universaux pragmatiques ). !hacun sait que la fonction du langage est d"assurer la communication entre les su;ets parlants. /our ce faire, toute langue humaine doit disposer d"un certain nombre de moyens que nous considérons comme ( universels ) puisqu"ils sont indispensables pour qu"un système de communication puisse %tre considérée comme une langue humaine. • &insi, toute langue humaine doit avoir un système de pronoms personnels qui contient au moins trois personnes et deux nombres. La première personne désigne le locuteur, la deuxième désigne l"interlocuteur et le troisième (la non-personne selon Lenvéniste) désigne le monde extérieur. !omme au locuteur peuvent s"a;outer d"autres personnes (je.tu, je.ils) et dans le monde la distinction entre ( un et plus d"un ) semble %tre universel, on tient compte de deux nombres. (!e su;et sera développé dans la troisième partie). • <oute langue humaine doit avoir des solutions pour poser une question, pour donner un ordre, pour exprimer une négation. !e sont les attitudes possibles du locuteur, les raisons pour lesquelles on s"adresse son interlocuteur.

+4 Les variations possibles sont énormes, nous ne pouvons pas %tre exhaustifs ici. 'ans les exercices qui suivent, nous allons brièvement présenter le phénomène en question, ensuite nous rappelons le ou les moyenMs utilisés en fran#ais que nous confrontons avec ceux d"une autre langue. &près, nous signalerons quelques autres réalisations dans d"autres langues. /our terminer, nous allons faire quelques suggestions sur d"éventuelles autres pistes de recherche. 8emarques méthodologiques0 a) Lorsqu"on travaille sur une langue inconnue, la première chose faire est d"essayer d"identifier les lexèmes (et si le corpus le permet, les morphèmes grammaticaux) de la langue étrangère en question. 'ans ce corpus, c"est la traduction fran#aise qui permet de le faire, l"exception du morphème ren qui signifie Uhomme". Cotons que l"ordre des mots correspond celui des phrases fran#aises et que le morphème gao correspond au prédicat ( %tre grand ). b) 'ans les analyses linguistiques, le chinois mandarin est transcrit sous une forme appelée pin yin, en caractères latins, tout en essayant de rendre le plus exactement possible la prononciation. !e n"est pas tout fait possible, puisque nous ne pouvons pas rendre compte d"une propriété fondamentale du chinois. !"est une langue / tons, ce qui veut dire que ce sont les variations de hauteur des sont qui permettent de distinguer le sens de deux (ou de plusieurs) mots, lorsque le signifiant es identique. b) 'ans une analyse contrastive, l"étude des phénomènes doit %tre systématique, c"est- -dire que l"on ne cherche pas simplement ce qui est particulier la langue autre que le fran#ais, (m%me s"il est passionnant de découvrir une langue inconnue) mais il faut que la comparaison soit bilatérale. /our ce faire, le premier devoir est de rappeler les moyens qu"utilise le fran#ais dans le cas envisagé. &ttentiona Les corpus ne sont pas tou;ours exhaustifs, vous aveI le droit de les compléter. 8appel de la notion L"interrogation totale (ou avec la terminologie anglaise ( question oui-non )) porte sur le prédicat. Le fran#ais conna7t trois possibilités0 l"interrogation qui n"est marquée que par l"intonation l"oral et par le point d"interrogation l"écrit9 il y une tournure interrogative, est-ce que, en début de phrase9 et l"inversion du su;et pronominal et du verbe, m%me si cette solution n"est que peu utilisée l"oral. Cotons que le corpus, pour simplifier la présentation, ne contient que la première possibilité. !orpus +. 6. 4. Q. 1. E. 5. >. ,. +2. ++. ta gao ta gao ma ta gao bu gao ta shi yingguo ren ta shi yingguo ren ma ta shi bu shi yingguo ren ta shi yingguo ren bu shi ta mai shu ta mai shu ma ta mai bu mai shu ta mai shu bu mai *l est grand. *l est grandH *l est grandH *l est anglais. *l est anglaisH *l est anglaisH *l est anglaisH *l achète un livre. *l achète un livreH *l achète un livreH *l achète un livreH

+Q

&nalyse Les lignes +, 6 et trois permettent d"identifier deux formes possibles de l"interrogation en chinois. '"abord, on observe le morphème ma en fin de phrase, ensuite, le morphème bu qui nécessite la répétition du prédicat. Les lignes Q, 1, E et 5 présentent un prédicat complexe qui se compose d"un verbe d"existence et d"un substantif (yingguo ren Uhomme anglais). 'ans l"exemple 5 on observe que si l"interrogation se fait l"aide de bu, le complément, ici la partie nominale du prédicat peut se trouver devant l"élément négatif. 'ans l"exemple E, comme on l"a vu dans 4 dé; , bu est précédé et suivi du verbe. 'ans les exemples de > ++ nous trouvons les m%mes types d"interrogations, soit on a ma en fin de phrase, soit on a bu et la forme verbale est répétée, soit le complément s"insère entre le premier verbe et l"élément interrogatif. !onclusion Le fran#ais moderne conna7t, comme le chinois, trois possibilités pour tourner une phrase déclarative en interrogation totale. Le fran#ais conna7t un morphème interrogatif en t%te de phrase, l"inversion de l"ordre verbe-su;et pronominal et l"intonation (ponctuation). Le chinois conna7t deux morphèmes dont l"un entra7ne la répétition du verbe et permet un changement de l"ordre des mots Nuggestions !omme cet exercice porte sur l"interrogation totale, on peut continuer en étudiant l"interrogation partielle.

/. Un *r$bl.me %ni&ersel : l#$r"re "es m$ s !e troisième point est légèrement différent des deux précédents, dans la mesure o: ce ne sont pas seulement des exercices qui vous seront proposés, mais des schémas qui permettront de décrire et de comparer les langues qui vous intéressent. /.(. Termin$l$'ie Le terme ( ordre des mots ) est très répandu dans la description des langues, mais chacun sait qu"il est utilisé pour la commodité uniquement, en effet, les faits sont plus compliqués. Lorsqu"on essaie de comparer l"ordre des mots dans deux ou plusieurs langues, on peut le faire plusieurs niveaux différents.

+1

/our commencer, au niveau de la phrase on a l"habitude de parler de l’ordre des constituants fondamentaux. Le problème c"est que ce terme se réfère la forme (/^RCWR@), alors que ce qui nous intéresse, c"est l"ordre respectif des groupes qui expriment les fonctions fondamentales, savoir su;et, verbe, ob;et. .n symbolise ces fonctions respectivement par N, @, . et on compare les langues selon l"ordre de ces éléments. -nsuite, il faut étudier l"ordre des mots dans les syntagmes. Le terme ( mot ) reste utilisé, malgré le fait qu"il ne s"agit pas tou;ours de mots, savoir de morphèmes autonomes. .n tient également compte de la place respectif de certains morphèmes grammaticaux liés (par exemple, en hébreu les prépositions sont directement préfixés au nom, par opposition ce que nous connaissons dans les langues indo-européennes. 'ans les syntagmes, on étudiera donc l"ordre respectif des ( modifieurs ) et des ( modifiés ), par exemple la place de l"ad;ectif épithète par rapport au nom, ou la place de l"auxiliaire par rapport au verbe principal, etc. /.,. L#$r"re "e base "ans la *+rase Le terme ( ordre de base ) est emprunté la typologie des langues, parce qu"il est facile utiliser pour comparer des langues. .n entend par l l"ordre respectif du su;et, du verbe et de l"ob;et, dans une phrase simple, déclarative, affirmative, sans emphase, dans laquelle N et . sont exprimés par des noms. -tant donné les trois éléments, N, @ et ., logiquement, il y a six possibilités dont les trois premiers sont le plus fréquemment représentés dans les langues. N@. 0 0e chasseur a tué le lion. -n dehors du fran#ais, la plupart des langues indo-européennes modernes représentent cet ordre, beaucoup de langues africaines, le vietnamien, le chinois, le hébreu, etc. N.@ 0 turc+6 1asan 2#3-3 Fasan bVuf-&!! UFasan a acheté un bVuf" @.N 0 gallois 0laddodd y ddraig <ua le dragon UL"homme tua le dragon" y dyn l"homme aldi a acheté

+6

Les exemples sont empruntés Leclerc +,>,

+E

@N. 0 malgache 4ahita ny mpianatra regarda l"étudiant L"étudiant regarda la femme" .@N 0 hixOaryana (&maIonie) toto yahosiye homme saisit ULe ;aguar saisit l"homme"

ny &ehi&a&y la femme

#amara ;aguar

/./. L#$r"re "es m$ s a% sein "es s-n a'mes 'ans les études translinguistiques, l"établissement de l"ordre de base sert aussi faire des hypothèses sur l"ordre respectif d"autres éléments. *l a été suggéré que, abstraction faite de la place du su;et, l"ordre respectif du verbe et de l"ob;et permettrait de prédire l"ordre d"autres éléments. 'ans ce qui suit, nous présenterons une vingtaine de traits sériels (c"est- -dire 0 relatifs l"ordre des termes) . !es traits sont pertinents dans la description et dans la comparaison des langues. Les symboles représentant les deux éléments sont séparés d"une virgule. Les exemples sont d"abord en fran#ais, pour vous familiariser avec la symbolisation des traits et avec toute cette problématique, mais nous sommes obligés de noter d"emblée que le fran#ais ne correspond pas ce qu"on supposerait d"une langue dans laquelle l"ordre de base est N@.. -n effet, dans une langue qui, de manière conséquente, serait (N)@., les modifieurs auraient tendance suivre l"élément modifié. !e n"est pas le cas en fran#ais (ni dans les autres langues indo-européennes modernes). .n a l"habitude de citer comme les deux p?les opposés le ;aponais (.@) et l"arabe (@.), mais dans la plupart des langues, il y a des écarts par rapport aux tendances supposées. !es écarts sont dus différents facteurs, dont l"évolution constante de la langue. @oici donc les traits sériels que l"on peut étudier et comparer dans les langues 0 *. .rdre des termes dans la phrase +. .rdre de base 0 N, @, . 0 5aul lit le journal. 6. .rdre de base avec pronoms (N@.pr)0 !l le lit. 4. @erbe copule Wattribut (@copWattr) 0 5aul est médecin **. .rdre des mots dans le RC Q. 'éterminant, Com (&rt'éf, &rt*nd, 'ém, /oss, *ndéf, C) 0 le"un"ce"mon"aucun li&re 1. &d;ectif, Com (&, C) 0 jolie robe"robe rouge E. Com, Rénitif (CR) 0 la robe de 'ulie 5. Com, 8elative (C8el) 0 la robe que 'ulie a achetée >. &dverbe, &d;ective (&dv, &d;) 0 très jolie"excessi&ement cher

+5

***. /lace des modifieurs du verbe ,. @erbe, Cégation (@Cég) 0 il ne tra&aille pas +2. @erbe, &dverbe (@&dv) 0 il tra&aille bien ++. &uxiliaire, @erbe (/ot, !aus, 8éfl, @) 0 il peut &enir, il fait tra&ailler qn, il se la&e *@. &utres traits syntaxiques +6. &dposition (pré- ou postposition), Com (/r) 0 / 5aris +4. !omparaison de l"ad;ectif 0 &d;-=arqueur-Ntandard (&d;-=-Nt) 0 il est plus grand (&d;) que (=) moi (Nt) +Q. <itre, Com 0 docteur 0eblanc +1. /rénom, Com de famille 0 5ierre 0eblanc +E. .b;et indirect, ob;et direct (.i, .d) 0 '’offre un cadeau / 5aul"'e lui offre un cadeau Le fran#ais s"écarte de la tendance des langues @. avant tout dans l"emploi de ses déterminants qui sont tou;ours antéposés au nom. '"autre part, nous observons que l"ad;ectif qualificatif (comme dans les autres langues romanes) peut %tre antéposé ou postposé au nom. !"est un phénomène qui est pratiquement absent dans d"autres langues 0 la plupart attribuent une place fixe l"épithète. Duant aux deux possibilités concernant la place respective d"un ob;et direct et un ob;et indirect, il faut tenir compte du caractère nominal ou pronominal de l"ob;et en question, puisque s"il s"agit de deux pronoms clitiques ( je le lui donne" je te le donne) on observe en fran#ais une contrainte, liée la personne). /our conclure, notons que l"essentiel ici est de retenir les traits dont on peut étudier l"ordre respectif, mais les prévisions ne peuvent pas tou;ours aider dans l"apprentissage d"une langue. .n peut s"attendre ce que des langues plus rapprochées génétiquement (p. ex. les langues romanes) soient semblables du point de vue de l"ordre des mots, mais les écarts ne sont ;amais exclus. E5ercice III. : L#$r"re "es m$ s en alleman" Noit le corpus allemand suivant. -tudieI l"ordre des mots (constituants fondamentaux, ordre dans les syntagmes, etc.) et compareI-le celui du fran#ais 0 !ch ;e in dans habe &$c.+NR diesem ce sehr très gestern hier interessante n intéressant ein &rt*.C.N. 6uch livre meines sch2nes belle 6ruders 6ild image gefunden) trouver./art.passé

poss+.NR frèreR-C

UFier, ;"ai trouvé une belle image dans ce livre très intéressant de mon frère."

+> &nalyse 0 L"ordre de base de la phrase simple en allemand est N@. comme en fran#ais, puisque c"est tou;ours la place du verbe con;ugué dont on tient compte. $ne différence par rapport au fran#ais 0 le participe passé se met en fin de phrase, alors qu"en fran#ais il est inséparable de l"auxiliaire dans une forme verbale composée 0 !ch 7 8 habe 798 ein 6ild 7:8 gefunden. L"ordre dans le RC 0 &rtC (ein 6ild) , 'émC (in diesem 6uch), /ossC (meines 6ruders), &C (sch2nes 6ild), Cgén (6uch meines 6ruders), /réposition (in). '"après les données du corpus, la seule différence par rapport au fran#ais est que l"ad;ectif épithète se trouve tou;ours devant le nom. La construction au génitif est également identique, selon l"ordre des mots (li&re de mon frère – 6uch meines 6ruders), la différence se situe au niveau morphologique 0 l"allemand conna7t des cas alors qu"en fran#ais la possession est exprimée l"aide d"une préposition.

+,

Troisième partie: Les catégories grammaticales dans les langues (. Classes e ca é'$ries 'ans les grammaires fran#aises, et en général dans les descriptions des langues indoeuropéennes, on travaille avec neuf ( parties du discours ), héritées des grammaires traditionnelles du latin ou du grec. *l s"agit de nom ad;ectif pronom déterminant verbe adverbe préposition con;onction inter;ection

Cous allons utiliser le terme ( classes de mots ) plut?t que ( parties du discours ), et ce pour deux raisons. Le terme ( classes de mots ) est celui qui est utilisé le plus souvent dans les travaux translinguistiques (pour traduire bien sdr l"anglais ;ord classes). '"autre part, ce terme nous permet d"éviter l"ambiguJté du mot catégorie qui est aussi souvent utilisé comme synonyme des parties du discours, surtout en syntaxe générative. -n effet, nous réserverons le terme catégorie pour les catégories grammaticales qui affectent les classes de mots, telles que nombre, genre, personne, etc. /our ce qui est des neuf classes, il est facile voir que leur importance n"est pas égale. Les inter;ections n"ont pas de pertinence dans l"analyse des phrases, telles que nous les envisageons en syntaxe (dans la mesure o: nous les opposons aux énoncés). Les adverbes sont considérés comme un ensemble d"éléments hétérogènes (dans !l tra&aille méticuleusement et dans !l tra&aille é&idemment les deux ( adverbes ) en –ment ne peuvent pas %tre analysés de la m%me manière). =%me dans la description d"une langue, ces classes appellent plusieurs remarques, comme on vient de voir au su;et des adverbes. &u niveau translinguistique, le problème est encore plus compliqué. Leaucoup de langues ne connaissent pas d"adverbes, d"autres ne connaissent pas d"ad;ectifs etMou d"adverbes . /our les francophones, il semble évident qu"il existe des prépositions. Cous allons étudier le problèmes de certains relateurs plus tard, ici nous signalons simplement, que beaucoup de langues utilisent des éléments comparables aux prépositions, mais elles les mettent après le nom, ce sont des postpositions. *l est préférable donc de parler d"adpositions qui, selon leur place peuvent %tre des pré- ou des postpositions. '"autre part, nous signalons que les adpositions peuvent %tre des éléments autonomes comme en fran#ais ou en anglais, mais dans d"autres langues (voir le corpus en hébreu) ces éléments peuvent %tre des morphèmes liés, préfixés au nom. 'e m%me, d"autres éléments comparables aux adpositions peuvent %tre suffixés au nom, mais dans ce cas-l il s"agit dé; d"un autre système, celui que nous appelons système casuel) Cotons qu" il y a m%me des langues qui ne font pas une distinction entre nom et &erbe. <outefois, ce phénomène ne doit pas vous sembler tout fait exotique si vous penseI aux mots drin# ou ;or# de l"anglais. La comparabilité des langues et de leurs descriptions reste un problème ouvert dans la linguistique contemporaine+4. !e qui nous intéresse dans cet ouvrage ce sont les classes susceptibles de variation selon des catégories. *l s"agit des cinq premières classes du petit tableau ci-dessus. Duant aux catégories, il y en a qui n"affectent que le verbe, d"autres les éléments nominaux, d"autres le verbe et le nom. /our le fran#ais, nous pouvons résumer cette variation dans un tableau o: le signe W note la variation possible de la classe en question, sans entrer dans les détails concernant les sous-classes des déterminants et des pronoms 0

+4

Nur ce point, voir le no. +-6 (+,,5) de la revue 0inguistic <ypology

62

genre nombre cas personne temps aspect mode voix

nom W W

ad;ectif W W

pronom W W W W

déterminant W W W

verbe W W W W W W

8emarques 0 8appeleI-vous que le verbe ne varie pas en fran#ais, c"est dans certains cas le participe passé qui s"accorde en genre. !ertaines sous-classes des pronoms varient selon la fonction qu"ils remplissent dans la phrase (il – le – lui, =ui – =ue, etc.). !"est le déterminant possessif qui varie selon la personne. *l est évident que ce tableau présente un aspect différent pour de différentes langues et c"est cette complexité qui retiendra notre attention dans ce qui suit. -n effet, c"est l"apprentissage de cette variation qui semble ( difficile ). !omme nous allons voir, il y a des catégories qui semblent universelles, comme celle de la personne et du nombre, d"autres ne caractérisent que certaines langues, mais de manière différente.

6+

,. La *ers$nne

La personne est une catégorie grammaticale universelle, étroitement liée au nombre. !omme on l"a dé; mentionné, toute langue humaine conna7t un système pronominal qui contient au moins trois personnes et deux nombres. 'ans les deux corpus, le devoir est d"identifier la catégorie de la personne. *l faut tenir compte non seulement des formes pronominales, mais aussi des indices personnelles qui se manifestent sur le verbe. -n hébreu, on n"oublie pas d"envisager la catégorie du genre aussi. (!e su;et sera traité dans les détails dans la troisième partie.) E5ercice IV.: Obser&a i$n "e la ré!érence *ers$nnelle. =atériel0 hébreu, fran#ais !orpus hébreu ani Ootev ani Ootevet ata Ootev at Ootevet hu Ootev hi Ootevet anahnu Ootvim anahnu Ootvot atem Ootvim aten Ootvot hem Ootvim hen Ootvot fran#ais écrit ;"écris (m) ;"écris (f) tu écris (m) tu écris (f) il écrit elle écrit nous écrivons (m) nous écrivons (f) vous écriveI (m) vous écriveI (f) ils écrivent elles écrivent fran#ais oral e eOrif et eOrif eileOrif e leOrif enuIeOriv f evuIeOrivef eilIeOrivf eelIeOrivf

&nalyse .n observe en hébreu huit formes du pronom personnel, alors qu"en fran#ais il n"y en a que six. Les deux langues connaissent la variation selon deux genres, masculin et féminin, mais en hébreu le genre est marqué aussi pour les deuxièmes personnes. &u niveau du verbe, on observe qu"en hébreu, la forme verbale (con;uguée au présent dans le corpus) fait une distinction systématique du genre0 au singulier, l"opposition se présente entre morphème Iéro (ou radical) au masculin, et –et au féminin9 au pluriel, le radical change légèrement, et les marques de genre sont respectivement –im et -ot. -n fran#ais, le verbe con;ugué n"est pas marqué pour le genre.

66

Duant la personne, elle n"est pas marquée sur le verbe en hébreu. -n fran#ais, la forme écrite, il y a une neutralisation (+ère et 6ème personne du singulier identique). <outefois, dans les exercices qui portent sur la morphologie du fran#ais, il ne faut ;amais oublier que le code oral et le code écrit présentent un écart considérable, il vaut mieux étudier les deux en m%me temps. !"est la raison pour laquelle nous avons introduit une troisième colonne. -lle montre qu"en fran#ais oral, au singulier, dans le cas de ce verbe, la personne n"est pas marquée. La personne est signalée par la présence obligatoire du pronom personnel su;et. E5ercice V.: Obser&a i$n "e la *remi.re *ers$nne "% *l%riel =atériel0 indonésien (malais), fran#ais =algré le fait que la personne et le nombre dans le système pronominal sont des ( universaux pragmatiques ), indispensables pour le langage humain, les langues présentent des différences dans la conception de la +ère personne du pluriel. -n effet, il existe des langues qui distinguent une +/L inclusif, qui inclut je.mon interlocuteur, et une /L exclusif qui n"inclut pas l"interlocuteur, mais se réfère seulement je.les autres, 4e personne. !orpus a. - Du"est-ce que vous voudrieI mangerH - _aliam mau maOan apaH - _ami mau maOan ayam. _ami lapar seOali. - &yam enaO seOali. - Cous voudrions manger du poulet. Cous avons très faim. - Le poulet est très bon.

!orpus b. - _amu pergi Oe ';aOartaH - `a. - _ita bisa pergi Oe sana bersamaH - LaiOlah.

- <u vas ';aOartaH - .ui. - Cous pouvons y aller ensembleH - '"accord.

Lexique mau ma#an 0 vouloir manger9 apa0 quoiH9 ayam0 poulet9 lapar0 avoir faim, ena#0 bon, se#ali0 très9 pergi0 aller, bisa0 pouvoir, #e sana0 l -bas, bersama0 ensemble &nalyse Le corpus &) contient une forme #ami, le corpus L) une forme #ita, pour la première personne du pluriel. Les mini-dialogues permettent d"identifier dans la première forme le ( nous exclusif ), o: l"interlocuteur est exclu, alors que l"autre forme correspond ( nous inclusif ), incluant le locuteur et son interlocuteur.

64 ,.(. P$ssessi$n e a**ar enance: S%''es i$ns *$%r c$n in%er La catégorie de la personne est liée la classe des pronoms et des verbes, mais aussi celle des noms. Lorsqu"elle s"associe un nom, il s"agit de la relation d"appartenance ou de possession. @ous pouveI étudier le corpus suivant dans les langue de votre choix. (+) (6) (4) (Q) (1) A"ai une maison. !ette maison m"appartient. !"est ma maison. !"est la mienne. A"ai mal la t%te.

'ans les phrases de (+) (Q) il s"agit de possession, en particulier de possession aliénable, ce qui s"oppose possession inaliénable, rapport qui est représenté par l"exemple (1). Ni vous essayeI de traduire ce corpus dans quelques autres langues, vous pouveI observer plusieurs différences. L"expression de la possession sous la forme représentée en (+), avec le verbe a&oir est asseI fréquente dans les langues indo-européennes, mais ce n"est pas le cas en russe. Le verbe d"appartenance (6) existe en anglais (belong), en allemand (geh2rt mir), entre autres. Duant au déterminant possessif, il est répandu dans les langues indo-européennes, mais inexistant par exemple dans les langues finno-ougriennes. -n hongrois, c"est la marque de la personne qui s"a;oute au nom exprimant l"ob;et possédé ( #ert.em U;ardinW+NR). &insi, si on remplissait le tableau qui représente les classes et les catégories pour le hongrois, il faudrait mettre un W dans la rubrique ( personne ) pour le nom également. Le déterminant possessif varie en personne, en nombre et en genre en fran#ais, en anglais et en allemand. *l est intéressant d"observer toutefois, que l"accord entre possesseur et possédé se fait différemment dans ces trois langues. Br. sa mère- son père &. hisMher mother Z hisMher father &ll. seineMihre =utter Z seinMihr @ater -n fran#ais, le déterminant s"accorde selon le genre du possédé, en anglais selon le genre du possesseur, et en allemand selon les deux. Cous allons revenir sur ce problème dans le chapitre &ccord.

6Q

/. Le 'enre $% : 6 'en%s 6 Cous proposons d"utiliser le mot latin ( genus ) Uclasse, type" pour étudier, entre autres, le phénomène du genre, bien connu en fran#ais et dans les langues indo-européennes. -n effet, il convient d"élargir cette notion, afin de permettre d"intégrer des phénomènes comparables qui ont été observés travers les langues, notamment la distinction animé"non-animé et les classes nominales. Cous les regrouperons donc comme suit 0 genre (masculinMfémininMneutre) distinction animéMnon-animé classes nominales

g R-C$N

/ar ( genus ) nous entendons une classification des noms qui peut se manifester directement sur le nom (par des affixes nominaux) et qui permet de rendre compte • de la référence pronominale • de l"accord des ad;ectifs et des déterminants dans le RC • de l"accord du verbe dans la phrase. C.L. 0 Le ( genus ) n"est pas une catégorie universelle. 'ans les langues qui le connaissent, toutes les manifestations ne sont pas tou;ours présentes. /.(. <asc%lin=!éminin=ne% re Le fran#ais conna7t l"opposition masculinMféminin, d"autres langues indo-européennes (grec, russe, allemand, etc.) y a;outent le neutre. *l y a d"autres familles de langues qui connaissent la distinction masculinMféminin, en particulier beaucoup de langues de la famille afroasiatique (appelée auparavant chamito-sémitique) dont l"arabe et l"hébreu.

/.(.(. La ré*ar i i$n "es n$ms -n ce qui concerne la répartition des noms selon les genres, ou les éventuels affixes nominaux, ou encore le marquage du genre sur l"ad;ectif ou sur d"autres classes, il faut tou;ours se reporter sur les grammaires descriptives de la langue que nous sommes en train d"étudier. =%me dans les langues qui connaissent pas exemple des affixes qui permettent de reconna7tre le genre de certains substantifs, l"emploi n"est pas tou;ours systématique. @oici quelques affixes dans les langues connues 0 = -us -er 2 -ment, -age B -a -in -a -ation, -ée C -um -chenM-lein -o

latin allemand russe fran#ais

61 Le tableau appelle plusieurs remarques. -n latin, les noms en –us peuvent %tre neutres ou m%me féminins (les arbres), m%me si ce n"est pas très fréquent. -n allemand, l"affixe signalée est un diminutif, d"autres mots non marqués sont également neutres. -n fran#ais, les affixes figurant au tableau et beaucoup d"autres, n"affectent que les noms abstraits, etc. !"est la raison pour laquelle, dans l"apprentissage d"une langue genres, la ma7trise des genres passe par la mémorisation immédiate du substantif et de son genre. -n plus, m%me dans les langues génétiquement très proches, il peut y avoir des divergences, on ne doit donc pas s"attendre trouver des noms du m%me genre qu"en fran#ais et en italien ou en espagnol. '"autre part, toutes les grammaires illustrent abondamment le fait que la répartition des noms selon masculinMféminin peut coJncider avec le sexe naturel, comme c"est le cas • pour les humains (le frère – la s>ur) • pour les noms de professions (le boulanger – la boulangère) • pour certains animaux (le lion – la lionne, le taureau – la &ache). =ais dé; parmi les animaux, il y a des distorsions, comme la tortue, ou la souris 0 des noms féminins qui désignent aussi les animaux mXles. & plus forte raison, la répartition des noms non-animés (ob;ets, noms abstraits, etc.) est complètement arbitraire. /.(.,. La ré!érence *r$n$minale e les acc$r"s -n fran#ais, tous les pronoms et tous les déterminants varient en genre, ainsi que l"ad;ectif qualificatif 0 déterminants ad;ectif nom pronom article défini la belle maison elle, la art. indéfini une démonstratif cette celle-ci"-l/ possessif ma la mienne interrogatif =uelle ? 0aquelle ? relatif laquelle laquelle indéfini toute toutes -n fran#ais, le verbe con;ugué ne varie pas selon le genre, comme on l"a vu pour le hébreu, seul le participe peut le faire 0 'e suis prise cet après-midi) 0a lettre que j’ai écrite a été en&oyée) La raison pour laquelle dans les exemples précédents nous rencontrons partout des formes au féminin, c"est que c"est la forme marquée par rapport au masculin, cela veut dire que cette forme est plus longue que l"autre 0 une forme marquée contient un morphème de plus 0 par exemple, l"écrit, on a;oute un Ze, et on redouble la consonne finale (paysan 0paysanne, etc. 9h). & l"oral, la consonne finale sera prononcé.

6E

/.(./. Le ne% re -videmment, c"est le genre ( neutre ) qui semble le plus arbitraire. La présence du neutre, qui n"est ;amais en rapport avec le sexe naturel, semble le mieux illustrer la remarque de Lyons+Q qui dit que les genres étaient établies pour rendre compte de la référence pronominale et des accords. .n pourrait simplement les appeler ( classes ) que les grammairiens avaient établies. &insi, m%me si c"est présent dans plus d"une langue, rien ne ;ustifie de traiter l’enfant comme neutre, comme le font le grec (to pedhi) ou l"allemand (das $ind). Cotons encore qu"en allemand tous les noms accompagnés d"un suffixe diminutif deviennent neutres 0 Mann (masc.) Uhomme" W -lein ^ M@nnlein Upetit homme" Arau (fém.) Ufemme" W -lein ^ Ar@ulein Udemoiselle, mademoiselle". E5ercice VI.: I"en i!ica i$n "es mar)%es "% 'enre =atériel0 Céerlandais oralM fran#ais CL.0 Les marques du genre et du nombre sont, dans la plupart des cas, difficiles séparer. /ar le phénomène de l"accord, comme nous allons voir plus bas, les marques se répètent dans le syntagme et au niveau de la phrase. /ar conséquent, il serait très difficile de proposer des exercices qui ne portent que sur l"une des catégories, surtout dans les langues indoeuropéennes. Cous allons donc proposer plusieurs exercices de synthèse après avoir étudié le genre, le nombre et l"accord. !orpus+1 ed tomi 0t is rj;pf eIj; is rj;pf ed tomi 0t n Ij;n rj;pf eIj; Ij;n rj;pf ed drk;f is rj;pf ehj; is rj;pf ed drk;v n Ij;n rj;pf eI Ij;n rj;pf la tomate est mdre elle est mdre les tomates sont mdres elles sont mdres le raisin est mdr il est mdr les raisins sont mdrs ils sont mdrs

.bservation des données du néerlandais 0 L"exercice illustre bien l"importance de la référence pronominale dans la répartition des noms selon les genres. .n observe que l"unique variation morphologique au niveau du genre est l"opposition entre eIj;f Uelle" et ehj;f Uil" au singulier et l"opposition eIj;f Uelles" et eI f Uils" au pluriel. Les articles ne varient pas, comme en fran#ais, ni les ad;ectifs (épithètes ou attributs).

+Q +1

+,52 06+, -xercice emprunté Leclerc +,>,

65 /.,. L#$**$si i$n 6 animé=inanimé 7 -n fran#ais, le nom ne conna7t pas de distinction morphologique selon le trait eWM- animéf. !e ne sont que quelques pronoms nominaux qui manifestent cette opposition 0 =ui ? " =ue ? =uoi ? personne " rien quelqu’un " quelque chose etc) 'ans d"autres langues, s"y a;oute le pronom personnel, comme en anglais he-she " it, ou le pronom démonstratif, en hongrois B " a-, ou le pronom relatif (voir exercice plus loin). /our terminer, notons une autre manifestation de l"existence de cette opposition en fran#ais. !"est un trait sémantique qui détermine la compatibilité entre certains noms et verbes ou certains noms et ad;ectifs 0 0e blé " Cle grenier a germé) 0a lumière a ébloui le conducteur " Cla &oiture) 'ean " C0e li&re est admiratif) /./. Les classes n$minales $n très grand nombre de langues de différentes familles (bantoues, amaIoniennes, paléosibériennes) connaissent un système qui semble moins arbitraire que celui du genre. 'ans ces langues, certaines classes sont établies selon des propriétés physiques ou sémantiques. L"un des systèmes des mieux décrits est celui des langues bantoues, en particulier pour le sGahili. !haque classe est pourvue d"une marque spécifique, un préfixe (qui peut avoir des allomorphes) et qui assurera l"accord. Le nombre de classes qui figurent dans les descriptions varie de E >.+E *. **. ***. *@. @. @*. @**. @***. humains arbres 9 plantes 9 ob;ets en bois 9 planètes, membres du corps humain fruits 9 certains membre du corps 9 ob;ets ronds ob;ets 9 langues animaux 9 termes de la parenté, vie familiale 9 emprunts notions abstraites infinitifs 0 noms d"origine verbale exprimant des actions ou procès rapports spatiaux

+E

B. Cagy +,>1

6> Cous pouvons observer qu" l"heure actuelle le système est non moins arbitraire que celui que nous connaissons. -n effet, les éléments qui figurent comme première mention dans les classes permettent d"identifier des ensembles homogènes, comme p. ex. des fruits. <outefois, au cours de l"évolution des langues, y ont été classés d"autres noms qui correspondent certaines propriétés de cette classe, la rondeur par exemple, ce qui fait qu"au;ourd"hui, la classe ***. inclut des noms comme chung;a Uorange", jicho UVil", yai UVuf". '"autre part, nous pouvons voir que l"ensemble des classes peut %tre divisé en deux grandes entités, soit humains " non-humains et c"est le deuxième ensemble qui se subdivise. '"autres langues connaissent moins de classes qui, elles, ne sont pas moins hétérogènes, souvent, les trois sous-catégories du ( genus ) se retrouvent en m%me temps. @oici les classes du tchuOch 0 *. ob;ets **. noms propres, noms de parenté ***. personnes.

6,

0. Le n$mbre La catégorie grammaticale du nombre est quasi-universelle. $ne opposition entre un et plus d’un est naturellement présente dans la réalité extralinguistique, mais les langues ne l"exploitent pas de manière identique. -n fait, on peut la considérer comme presque universel en fonction des rares langues, comme le chinois, qui ne font aucune distinction morphologique sur le nom, ni sur le verbe. <outefois, m%me le chinois distingue singulierMpluriel au niveau des pronoms personnels, ce qui est universel, comme nous l"avons indiqué au premier chapitre 0 + personne 6ème personne 4ème personne
ère

Ningulier ;o ni ta

/luriel ;o-men ni-men ta-men

Le morphème Zmen représente le pluriel, mais il n"appara7t ni sur les noms ni sur les verbes. &insi, dans un énoncé avec su;et pronominal, l"idée de pluralité peut %tre repérée, au moins entre le su;et et le verbe. -n cas de su;et nominal, il n"y a aucune distinction morphologique entre singulier et pluriel. 'ans d"autres langues, le marquage est très nuancé, comme nous allons voir de ce qui suit. 0.(. <$r*+$l$'ie 0.(.(. Les mar)%es "% *l%riel en !ran>ais 'ans la plupart des langues indo-européennes dont le fran#ais, la catégorie du nombre est celle qui affecte toutes les classes susceptibles de variation, savoir le nom, les déterminants, les pronoms, l"ad;ectif et le verbe. /ar le phénomène de l"accord, le nombre est exprimé de manière redondante, et ce différemment selon le code écrit et oral 0 l’enfant attend son nou&el ami les enfants attentent leurs nou&eaux amis  six marques écrites qui notent l"opposition singulier M pluriel elifiatis nuvelamif eljIifiatidlVrnuvoIamif  quatre marques orales. *ci, nous n"allons pas entrer dans les détails concernant les marques du pluriel en fran#ais. @ous étudiereI entre autres+50 • l"écart entre les marques du code écrit et du code oral sur un nom isolé • les marques dans les syntagmes (concentrées surtout sur les déterminants l"oral) • l"accord entre RC su;et et verbe.

+5

@oir dans 8iegel et al. +,,Q

42 0.(.,. Les mar)%es "% *l%riel "ans les lan'%es Nelon leur technique morphologique dominante, les langues peuvent utiliser, pour marquer le pluriel d"un nom 0 des suffixes (-# en hongrois, -s en espagnol et en fran#ais oral) des préfixes (;a- en sGahili pour la classe *) la flexion externe (-i pour masculin, -e pour féminin en italien) la flexion interne (;oman";omen en anglais) la reduplication du lexème ou d"un morphème (ana# Uenfant" M ana#-ana# Uenfants" en indonésien) la supplétion (Mann Uhomme" M 0eute Uhommes" en allemand, aussi homme"gens en fran#ais) sans marque (chinois, coréen) 0.(./. Sin'%lier ? "%el ? *l%riel 'ans un grand nombre de langues, la conception du pluriel ne commence pas partir de ( plus d"un ). !es langues utilisent un morphème qui note le duel, savoir deux entités, et le pluriel ne commence qu" partir de trois. (/lus rarement, il existe aussi un triel.) /ar exemple, dans une langue esOimo, l"inuOtitut, il y a le paradigme suivant+> 0 iglu Uune maison" iglu# Udeux maisons" iglut Uplusieurs maisons" 'ans d"autres langues (hébreu, breton) ce phénomène caractérise en particulier les parties doubles du corps. -n breton, les noms pieds, mains forment leur pluriel l"aide du chiffre ( deux ) 0 dorn Umain" an daouarn &8< 6.=&N!.main Ules mains" Cotons ici une curiosité du hongrois 0 ces doubles parties du corps sont utilisés au singulier et lorsqu"il en manque un, on utilise le terme ( moitié, demi ) 0 féll%bD demi-;ambe-'-8 Uuni;ambiste" !ertains linguistes y voient un résidu du duel, pour d"autres c"est ;ustement un anti-duel. 'ans certaines langues il existe deux formes du pluriel, l"une dénotant une petite quantité, l"autre une plus grande, p. ex. en breton . (C.L. Le changement morphologique du nom n"est pas lié au nombre, c"est un phénomène morphonologique.) eur gistinen Uune chXtaigne" #istinennou Uquelques chXtaignes" #istin Udes chXtaignes" /our terminer l"étude morphologique, notons que dans la plupart des cas, par exemples dans ceux que nous venons d"examiner, le pluriel est marqué par rapport au singulier, c"est- -dire
+>

Leclerc +,>,

4+ que le pluriel contient une marque de plus que le singulier. *l existe toutefois des contreexemples, en arabe ou en breton, o:, pour certains noms, la forme du singulier est moins longue. 0.,. Le c@ é séman i)%e 0.,.(. N$ms "én$mbrables ? n$ms n$nA"én$mbrables !ontrairement la catégorie du genre qui est inhérente au nom, la catégorie du nombre l"affecte selon un choix du locuteur. -n principe, ce ne sont que les noms dénombrables (ou comptables), distincts, qui peuvent %tre utilisés au pluriel, comme enfant"-s, maison"s. Nont considérés comme non-dénombrables (ou non-comptables ou noms massifs, terme emprunté l"anglais) 0 • les noms de substance 0 sable, eau • les noms désignant des concepts abstraits 0 justesse, sincérité • les noms collectifs E police, cou&ert <outes les grammaires fran#aises signalent cette bipartition des noms, en énumérant immédiatement les recatégorisations possibles. Le plus souvent, il s"agit de recatégoriser les noms non-dénombrables en dénombrables, lorsqu"il y a une quantité définie sous-entendue ou bien une spécification0 je prends du café " un café (o: la quantité définie est sous-entendue, ( une tasse de café )) du sable " les sables du désert, les sables mou&ants de l’eau" les eaux minérales etc. =oins fréquemment, il est possible de recatégoriser un dénombrable 0 la 5orsche, (a c’est de la &oiture. '"un point de vue translinguistique on observe que la répartition des noms peut %tre différente. /ar exemple, en fran#ais, en espagnol et en hongrois, le nom Ufruit" est dénombrable 0 fr) fruit – fruits e) fruta – frutos h) gy3m2lcs – gy3m2lcs2#, alors qu"en anglais fruit est non-dénombrable 0 ! eat some fruit UAe mange des fruits".

46

-n allemand, le nom :bst est également non-dénombrable. /our le mettre au pluriel, il faut a;outer le terme orte,- n, Usorte, espèce", et on aura Fs gibt hier &erschiedene *l ya ici différentes U*l y a ici différentes sortes de fruits" 0.,.,. Sin'%laria an %m A *l%ralia an %m 'ans les langues, nous trouvons souvent des noms qui ne s"utilisent qu"au singulier (on maintient le terme latin ( singulariatantum )), d"autres qui ne s"utilisent qu"au pluriel (( pluraliatantum )) 0 fran#ais NR charité, ;ustesse, reconnaissance NR advice"conseil" furniture Umeuble" damage Udommage" /L funérailles, fian#ailles :bstsorten) fruit-sortes

anglais

/L clothes Uv%tements" goods Umarchandises" trousers Upantalon"

/our toute langue étudiée, il faut voir les grammaires courantes qui produisent ces listes, car on ne peut pas s"attendre des correspondances. /ar exemple, un nom ( singulariatantum ) en anglais est le collectif police Upolice", mais l"accord du prédicat se fait au pluriel, alors qu"en fran#ais c"est au singulier 0 <he police police ULa police arrive".
&8<

are aux.4/L

coming venir./&8<

44 1. L#acc$r" L"accord est le transfert distance des catégories grammaticales d"une classe sur d"autres classes+, .L"accord se marque souvent par des forme phonologiquement semblables ,comme par exemple it. bella ragaIIa Ubelle fille" sGah. #isu #iOali Ucouteau aiguisé" Le phénomène de l"accord soulève beaucoup de problèmes théoriques que vous pouveI étudier dans le no. K de Baits de langues. 'ans ce qui suit, quelques exercices d"observation vous seront proposés. '"une part, il faut voir l"accord dans des syntagmes (constructions endocentriques), et dans les phrases, o: on étudie le rapport entre le su;et et le prédicat (constructions exocentriques). La différence peut %tre bien illustrée par le comportement de l"ad;ectif en allemand, o: l"ad;ectif épithète, faisant partie d"une construction endocentrique, s"accorde en genre et en nombre avec le nom qu"il modifie, alors que l"ad;ectif attribut, faisant partie d"une construction exocentrique, ne s"accorde pas. (C. L. $n Z e final signale la forme du féminin sur l"ad;ectif épithète.) ad;ectif épithète 0 die sch2ne &8<d belle Ula belle femme" ad;ectif attribut 0 die Arau &8<d femme Ula femme est belle". Arau femme

ist est

sch2n beauMbelle

+,

&rrivé et al. +,>Q 9 8obins +,54

4Q

1.(. E5ercices s%r l#acc$r" en n$mbre e en 'enre E5ercice VII. : Obser&a i$n "% r$%main !orpus 0 pom un pom pomul pomi niste pomi pomii carte o carte cartea carti niste carti cartile tren un tren trenul trenuri niste trenuri trenurile arbre un arbre l"arbre arbres des arbres les arbres livre un livre le livre livres des livres les livres train un train le train trains des trains les trains

C.L. 0 La forme des noms, sous une forme isolée, comme celle de la première ligne du corpus, ne permet pas dans tous les cas d"identifier le genre en roumain. @oici les informations nécessaires 0 pom U=asc" carte UBém" tren UCeutre" .bservation du corpus roumain 0 • !ette langue conna7t le neutre. • L"article indéfini prend les formes suivantes 0 un au = et Ce, o au B au singulier, et niste aux trois genres au pluriel. • L"article défini est enclitique 0 il est suffixé au nom. *l prend les formes suivantes 0 -ul au = et Ce, -a au B au singulier, -i au = /L et –le au B et Ce au /L. • Le nom = prend un –i au /L, qu B également (dans le cas du nom observé, il y a un changement morphonologique, etf se transforme en etsf). Le nom Ce prend une marque –uri. • &u /L, l"article défini suit la marque du nombre.

41

!omparaison avec les marques du fran#ais 0 8.$=&*C =, B , Ce l"article indéfini au NR varie selon le genre 9 neutralisation entre = et Ce l"article indéfini au /L a une forme unique l"article défini est enclitique l"article défini au NR varie selon le genre 9 neutralisation entre = et Ce l"article défini au /L varie selon le genre 9 neutralisation entre B et Ce le nom varie en nombre 9 neutralisation entre = et B

B8&Cl&*N =, B l"article indéfini varie selon le genre idem l"article défini est autonome, antéposé au C l"article défini au NR varie selon le genre l"article défini au /L ne varie pas selon le genre le nom varie en nombre 9 le genre est neutralisé

4E

E5ercice VIII. : Obser&a i$n "es mar)%es e "e l#acc$r" en 'recB en an'lais e en !ran>ais !orpus 0 R8-! (translittéré) o Oalos anthropos (=) i Oali anthropi o anthropos ine Oalos i anthropi ine Oali i Oali yineOa (B) i Oales yineOes i yineOa ine Oali i yineOes ine Oales to Oalo pedhi (Ce) ta Oala pedhia to pedhi ine Oalo ta pedhia ine Oala &CRL&*N the good man the good men the man is good the men are good the good Goman the good Gomen the Goman is good the Gomen are good the good child the good children the child is good the children are good B8&Cl&*N l"homme bon les hommes bons l"homme est bon les hommes sont bons la femme bonne les femmes bonnes la femme est bonne les femmes sont bonnes le bon enfant les bons enfants l"enfant est bon les enfants sont bons

/our systématiser nos observations sur les trois langues et pour permettre de tirer des conclusions sur l"accord, c"est un tableau qui semble le moyen le plus efficace. Le tableau suivant portera sur la présence (W) ou absence (-) des marques de genre (R) et de nombre (C) sur les classes de mots qui figurent dans le corpus, savoir 0 article, nom, ad;ectif épithète, verbe copule, ad;ectif attribut. <ableau comparatif 0 B8 & R8 C.= -R WC -R WC WR WC &8<*!LWR WCm -R -C WR WCm &'A. -/. WR WC -R -C WR WC !./$LWC WC -C &<<8*L$< WR WC -R -C WR WC

C.L. 0 L"astérisque (m) note qu"au /L il y a des neutralisations du genre. -n comparant les trois langues, on observe que l"anglais ne conna7t pas le genre, en fran#ais il y en a deux, en grec trois. !"est l"anglais qui présente le moins de marques et qui est le moins redondante concernant l"accord 0 le nom prend la marque du /L et le verbe copule s"accorde. -n fran#ais et en grec les marques sont redondantes, et il y a plusieurs neutralisations. /ar opposition en anglais, en fran#ais et en grec l"ad;ectif attribut s"accorde en genre et en nombre.

45 E5ercice IC. : Obser&a i$n "es ca é'$ries a!!ec an le *r$n$m rela i! =atériel 0 hongrois, fran#ais !orpus 0 a barYtom, a#i egyetemista a lemeI, ami most ;elent meg a barYtaim, a#i# egyetemistYO a lemeIeO, ami# most ;elenteO meg a barYtom, a#it vYroO a lemeI, amit vettem a barYtaim, a#i#et vYroO a lemeIeO, ami#et vettem mon ami qui est étudiant le !' qui vient de sortir mes amis qui sont étudiants les !' qui viennent de sortir l"ami que ;"attends le !' que ;"ai acheté les amis que ;"attends les !' que ;"ai achetés (lequel, laquelle) (lequel, laquelle) (lesquels, lesquelles) (lesquels, lesquelles) (lequel, laquelle) (lequel, laquelle) (lesquels, lesquelles) (lesquels, lesquelles)

.bservations 0 -n hongrois, le pronom relatif (qui est tou;ours précédé d"une virgule l"écrit) varie selon les catégories suivantes 0 • humainMnon-animé • nombre • fonction -n fran#ais, le pronom relatif simple varie seulement selon • la fonction. -n revanche, le pronom relatif composé, entre parenthèses dans le corpus, varie selon • le genre • le nombre. Cous pouvons voir que les pronoms relatifs appartiennent aux éléments susceptibles de variation selon plusieurs catégories. =%me en fran#ais, ce sont des éléments (avec les pronoms personnels et les interrogatifs) qui varient selon la fonction qu"ils remplissent dans la phrase 9 dans notre corpus, il s"agit seulement de su;et et de complément d"ob;et direct. =ais cet exercice anticipe dé; sur notre su;et prochain qui examinera la variation des noms selon leur fonction.

4>

2. Le cas 2.(. Le ra**$r en re !$nc i$n e cas Le cas est une catégorie grammaticale affectant le système nominal (les noms, les ad;ectifs, les pronoms et les déterminants). Non r?le est de signaler la fonction syntaxique que le RC ou ses équivalents remplissent dans la phrase. Le terme système casuel est réservé pour les langues dans lesquelles ce sont des affixes (suffixes ou flexion) qui indiquent la fonction sur les éléments nominaux. !omme nous allons voir, les prépositions (ou postpositions) peuvent remplir les m%mes r?les que les affixes casuels.

2.,. Les *rinci*a%5 cas La terminologie des cas repose sur les termes qui ont été utilisés pour la description du latin, du grec ou du sansOrit, et les dénominations ont gardé les mots latins. -n latin, il y a six cas, mais pour les langues d"autres familles qui en connaissent beaucoup plus, (langues finnoougriennes o: il y en a plus d"une quinIaine, langues caucasiennes o: on en répertorie une cinquantaine), il fallait trouver des termes qui ont été forgés l"aide de mots latins. 'ans ce qui suit, nous allons d"abord présenter les plus fréquents, en illustrant avec des exemples. • !as du su;et 0 C.=*C&<*B 0 ( L- L*.C chasse ) Nouvent, il est non-marqué, m%me dans les langues qui ont un système casuel (russe). -n fran#ais, il y a une différence importante concernant le marquage de la fonction sur le nom et sur le pronom. Le nom (RC), qui n"est pas marqué, a la fonction su;et s"il se trouve gauche du groupe verbal. -n revanche, le pronom personnel atone mani!es e %ne "éclinais$n (un résidu du système casuel ancien), ce qui est bien visible dans le paradigme il ? le ? l%i. !as de l"ob;et direct 0 &!!$N&<*B 0 ( Le chasseur a tué L- !-8B. ) 'ans les langues cas, l"accusatif est souvent marqué. -n fran#ais, comme nous venons de le voir, c"est le pronom personnel qui varie selon cette fonction, m%me si on ne parle pas de système casuel (voir le paradigme me ? e ? le=laB les). Le marquage n"est donc pas tou;ours identique selon qu"il s"agit d"un RC ou d"un pronom. CoteI qu"en espagnol, un RC en fonction !.' est marqué l"aide d"une préposition, si le référent est un humain 9 ,mo a 5edro UA"aime /ierre". !as de l"ob;et indirect 9 '&<*B 0 ( *l offre un cadeau & N& B*LL-. ) !"est l que le fran#ais (et les langues romanes, sauf le roumain) commencent utiliser des prépositions avec les RC, et le système pronominal représente une déclinaison.

4, • !as du ( complément du nom ), exprimant la possession ou l"appartenance 9 R-C*<*B 0 ( !"est le ;ardin '$ @.*N*C ). !e sont les quatre cas qui se retrouvent pratiquement dans toutes les langues indoeuropéennes cas. -nsuite, selon les langues, peuvent s"y a;outer, par exemple 0 Le cas de l"interpellation, le @.!&<*B, (polonais, grec), ou l"*CN<8$=-C<&L (russe, polonais), ou l"&LL&<*B (latin, turc) etc.

!e sont les cas les plus fréquents dans les langues indo-européennes et dans les autres également. Les trois premiers sont ceux qui représentent les fonctions fondamentales, dans la mesure o: il s"agit des *ar ici*an s "% *r$c.s que nous appelons ac an s. Nelon le verbe utilisé dans la phrase, il y a au moins un qui est obligatoire, c"est celui qui remplit la fonction de su;et (le lion). '"autres verbes exigent l"expression d"un deuxième également (le cerf), encore d"autres un troisième (sa fille). *l existe des théories qui ont été élaborées sur les cas. *ci, il suffit de signaler qu"un spécialiste du système casuel du hongrois appelle ces trois cas des cas syntaxiques qu"il oppose aux cas lexicaux. -n effet, les autres cas ( l"exception du génitif) représentent des fonctions que nous appelons en syntaxe des circ$ns an s, qui sont soit facultatifs, comme les compléments circonstanciels bien connus dans la description du fran#ais, soit obligatoires comme les compléments du verbe. Les plus importants des circonstants sont, pour le système casuel, les cas l$ca%5 que nous allons étudier part. 2./. Les cas l$ca%5
2./.(. A *r$*$s "% re*éra'e s*a ial. Cas e *ré*$si i$ns

'ans ce qui suit, nous allons saisir l"occasion de faire une double comparaison des langues. '"une part, nous allons voir comment les langues sont capables de repérer un ob;et dans l"espace, du c?té sémantique, d"autre part nous allons démontrer le rapport étroit qui existe entre les prépositions et les systèmes casuels. -n effet, lorsqu"on enseigne par exemple le hongrois aux francophones, certains enseignants s"amusent épater les apprenants en disant que dans cette langue il y a 6Q cas. !e qui, pour l"apprenant, revient dire que c"est une langue difficile apprendre. <outefois, on peut poser la question suivante un francophone 0( !ombien y a-t-il de prépositions dans votre langue et combien chacune d"elles a d"emplois H ) . &près une brève réflexion, on arrivera pratiquement au m%me résultat 0 le fran#ais est difficile apprendre car il existe environ 6Q prépositions simples, plus une diIaine de locutions prépositives, et chacune a un grand nombre d"emplois (penseI simplement aux prépositions & et '-, appelées quelquefois prépositions ( vides ), alors que leur problème est ;ustement c"est qu"elles sont très riches en emplois.). Cous allons donc voir que la difficulté ne réside pas dans le nombre des cas ou des prépositions ma7triser.

Q2

Le tableau suivant, destiné comparer le repérage spatial, se compose de neuf cases et s"organise selon deux axes0 horiIontalement, nous distinguons trois types de mouvements0 absence de mouvement (place fixe), le rapprochement et l"éloignement. L"axe vertical permet de distinguer trois types d"espace0 une surface horiIontale (table), un endroit clos (maison) et un troisième cas o: le type d"espace est neutre (gare). /lace fixe 8approchement -loignement Nurface horiIontale -space neutre -ndroit clos Les prépositions utilisées en anglais semblent rentrer dans le schéma, on peut en distinguer neuf 0 .n &t *n .nto <o *nto .ff Brom .ut of

-n fran#ais, c"est différent 0 on distingue les types de surfaces, mais il n"y a pas d"opposition entre place fixe et rapprochement, alors que l"élément exprimant l"éloignement ne permet pas de distinguer les surfaces. sur dans de

&ctivité suggérée 0 *l est intéressant de dresser ce m%me tableau pour d"autres langues que vous connaisseI. @ous alleI observer qu"il n"y a que très peu de ressemblances, les langues choisissent leur manière de repérer les ob;ets dans l"espace.

Q+ /our revenir notre su;et, nous allons observer le m%me phénomène dans des langues o: le relateur n"est pas une préposition mais un suffixe casuel. La répartition des éléments disponibles selon les neuf possibilités sera aussi variée que pour les prépositions. La différence consiste dans le fait que pour les langues cas, des termes spéciaux ont été forgés 0 /lace fixe Nurface horiIontale superessif -space neutre adessif -ndroit clos inessif 8approchement sublatif allatif illatif -loignement delatif ablatif elatif

@oici la distribution des suffixes du hongrois pour les neuf cas 0 /lace fixe Nurface horiIontale -on -space neutre -nYl -ndroit clos -ban 8approchement -ra -hoI -ba -loignement -rPl -tPl -bPl

2.0. Ra**el "e la ermin$l$'ie : cas e *ré*$si i$ns Le tableau suivant présentera une vingtaine de cas. '"abord, on en considère 6Q. !"est le nombre maximal que les grammairiens du hongrois acceptent. '"autres n"en retiennent que dix-huit. -nsuite, nous a;outons quelques autres, présents dans d"autres langues. cas nominatif accusatif datif instrumental causal-final translatif-factif inessif superessif adessif sublatif delatif illatif elatif allatif ablatif terminatif formatif essif génitif vocatif partitif suffixe casuel -t -naO -val -ért -é -ban -on -nYl -ra -rPl -ba -bPl -hoI -tPl -ig -Oént -]l préposition avec pour (changé) en dans sur cheI, auprès de sur de dans (hors) de vers de (depuis) ;usqu" en guise de en tant que

Q6 3. Tem*s e as*ec 3.(. Les ca é'$ries 6 em*s 7 e 6 as*ec 7. Termin$l$'ie /armi les catégories grammaticales qui affectent le verbe, il y en a plusieurs qui sont pratiquement inséparables, comme p. ex. personne et nombre, temps et aspect, m%me temps, aspect et mode. 'ans des travaux de linguistique générale, on parle souvent, avec un sigle, de ( systèmes <&= ), les trois catégories étant étroitement liées dans beaucoup de langues. /our des raisons méthodologiques, nous allons dissocier le mode et traiter ensemble temps et aspect. /our les francophones, la notion d"aspect n"est pas tou;ours suffisamment connue. La raison en est qu"en fran#ais l"aspect est un peu ( voilé ), dans les grammaires traditionnelles il se cache derrière le terme ( temps verbaux ). <outefois, chaque locuteur est capable d"expliquer la différence entre a) b) 0es enfants ont joué au tennis 0es enfants jouaient au tennis

par exemple en continuant les énoncés 0 a) b) G maintenant ils ne jouent plus K quand je suis arri&é.

-videmment, du point de vue du temps, il s"agit de deux passés. !e qui les distingue, c"est l"aspect. -n a) il s"agit d"une action accomplie, en b) de non-accomplie. &u lieu d"insister sur ( temps ), il vaut donc mieux utiliser le terme ( tiroir verbal ) en fran#ais. & ce su;et, nous pouvons avancer un autre argument. Ni, selon la chronologie (le temps qui passe) nous pouvons distinguer entre ré&olu – actuel – a&enir, la distinction grammaticale entre passé – présent – futur ne se fait pas de cette manière dans toutes les langues. '"autre part, m%me en fran#ais, si nous comparons a) b) !l m’a dit qu’il était malade !l m’a dit qu’il a&ait été malade

nous avons affaire deux passés qui permettent de donner deux réponses différentes la question ( Duand H ) 'ans a) sa maladie est simultanée par rapport au moment o: il me l"a dit, dans b) au moment de l"énoncé il n"est plus malade. /our imparfait, passé composé, etc. nous allons utiliser désormais le terme ( tiroirs verbaux ). Cotons que dans d"autres langues, la terminologie permet de faire cette distinction, p. ex. en anglais on distingue time et tense, en allemand Teit et <empus. -n fran#ais ce sera donc temps et tiroir verbal.

Q4 3.,. La "is inc i$n en re em*s e as*ec Le verbe donne deux sortes d"indications relatives au temps62 0 • l"une sur la chronologie, par rapport un repère temporel (<) • l"autre sur le déroulement du procès (&). =ais toutes les langues n"exploitent pas les deux moyens de fa#on identique.  -n fran#ais, certains tiroirs expriment en m%me temps < et & 0 l"imparfait peut désigner un procès non-accompli ou répété, au passé 9  -n arabe, il existe d"abord une distinction d"aspect, entre accompliMnonaccompli qui incluent les temps. & ( accompli ) appartient le passé, nonaccompli ) le présent et le futur.  -n latin et en russe il y a deux aspect qui contiennent chacun trois temps. 3./. Les s-s .mes T=A "es lan'%es e%r$*éennes 3./.(. Les ir$irs L"aper#u suivant est inspiré par l"article d"un des spécialistes de la question 6+ qui considère l"-urope du point de vue culturel traditionnel, en se concentrant sur les langues indoeuropéennes, mais il inclut aussi le hongrois et le finnois. Non article répertorie les tiroirs, en leur donnant une étiquette commune, malgré les différences qui se présentent dans les descriptions des langues. (/ar exemple, le ( passé simple ) du fran#ais, appelé aussi ( passé défini ), porte le nom ( indefinido ) en espagnol.). &insi, il appelle ( aoriste ) un tiroir du passé qui décrit le procès indépendamment de toute relation avec l"instance d"énonciation. !"est une conception plus simple que la notion qu"elle couvre en grec ancien o: on emprunte le terme. -n fran#ais, c"est le passé simple qui peut %tre considéré comme tel (cheI Lenvéniste dé; ). L"imparfait du fran#ais a des correspondants dans la plupart des langues étudiés. &vec le présent, ce sont l"aoriste et l"imparfait qui ;ouent un r?le central dans l"article de !omrie. *l propose, pour établir une typologie des systèmes de faire deux oppositions binaires 0 non-passé" passé, et, l"intérieur de passé, une distinction selon deux aspects, perfectif"imperfectif.

62 6+

&rivé et al. +,,Q !omrie +,,+

QQ

< non-passé perf. présent aoriste passé imperf. (aspect) imparfait

<outes les langues étudiées connaissent l"opposition non-passéMpassé, et la plupart connaissent les trois tiroirs présent"aoriste"imparfait. !es tiroirs correspondent des ( temps simples ), c"est- -dire qu"ils sont formés de fa#on synthétique. Leaucoup de langues connaissent des formes composées dont la plus répandue est comparable au passé composé du fran#ais. Nelon la formation, il s"agit de la forme con;uguée au présent d"un auxiliaire, dans la plupart des cas cela correspond ( avoir ) (anglais, espagnol, portugais, roumain), dans d"autres certains verbes sont con;ugués l"aide de l"auxiliaire qui correspond ( %tre ) (italien, allemand) 9 l"auxiliaire est suivi d"un participe dit parfait (participe passé, en fran#ais). !e tiroir est appelé ( parfait ). -n fran#ais, il est considéré comme passé, mais en anglais cela correspond au ( present perfect ). 'ans les langues qui le connaissent, il s"agit tou;ours du résultat actuel d"un procès déroulé au passé 0 '’ai acheté du pain (résultat 0 il y a du pain la maison). Le tableau suivant présente les tiroirs de dix langues. Les termes correspondant aux tiroirs sont indiqués en fran#ais. présent pr.continu p.comp. p.simple imparfait p.antér. pl-q-parf. futur fut.ant. fr. W W W W W W W W es. W W W W W W W W po. W W W W W W W it. W W W W W W W W rou. W W W W W W W all. W W W W W W angl. W W W W W W finn. W W W W W W W hon. W W ru. W W

Cous observons que toutes les langues étudiées connaissent le présent et le futur, la plupart connaissent plusieurs passés, l"exception du russe et du hongrois dans lesquelles une seule forme représente toutes les valeurs.

Q1 3./.,. Tem*s abs$l%s ? em*s rela i!s !omme nous pouvons observer partir du tableau, plusieurs langues opèrent une distinction entre temps absolus et temps relatifs. /ar ( relatif ) nous entendons la possibilité de mettre en relation deux procès dont l"un est considéré par rapport l"autre, les rapports pouvant %tre • • • antériorité 0 !l m’a dit qu’il y était allé simultanéité 0 !l m’a dit qu’il était content postériorité 0 Hès que j’aurais lu le li&re, je te le prIterai

!e sont les langues romanes qui s"en servent le plus largement, les langues germaniques ne connaissent pas de tiroir correspondant au passé antérieur. Cotons que si le russe et le hongrois semblent %tre ( pauvres ) en tiroirs du passé, ils n"en connaissent pas moins d"outils pour exprimer les aspects, comme on verra dans ce qui suit. 3.0. L#as*ec !omme nous avons vu, le temps situe le procès par rapport un repère chronologique, alors que l’aspect donne des informations sur le déroulement du procès, savoir début ou fin, répétition, etc. .n observe que toutes les langues n"ont pas de systèmes temporels très variés, mais l"aspect est exprimé de manière plus nuancé et cette catégorie semble %tre universelle. Le terme est traduit du russe o: (comme dans d"autres langues slaves) il y a une opposition morphologique marquée dans la con;ugaison, entre ( perfectif ) procital #nigu (U;"ai lu le livre") et ( imperfectif ) cital #nigu (U ;e lisM;e suis en train de lire le livre"). =ais les langues expriment un nombre beaucoup plus grand d"aspect, le phénomène est plus complexe que ce que cette opposition suggèrerait. 3.0.(. Le m$"e "#ac i$n. Verbes im*er!ec i!sB &erbes *er!ec i!s La notion d"aspect en englobe une autre qui ne relève ni de la morphologie, ni de la syntaxe, mais du lexique, c"est une propriété inhérente au verbe que nous appelons ( mode d"action ) (terme emprunté l"allemand ,#tionsart, remplacé cheI Lonnard par ( ordre de procès )). -n effet, le procès décrit par le verbe dormir n"est pas limité dans le temps, il se déroule dans un intervalle divisible, p.ex. !l a dormi longtemps"pendant deux heures . .n qualifie ce verbe comme ( imperfectif ) (tout comme rester, tra&ailler). -n revanche, le procès décrit par le verbe partir est différent, il se déroule dans un temps limité, indivisible 0 !l est soudain parti"!l est parti tout / l’heure. !e verbe est appelé ( perfectif ) (avec sortir, sursauter, etc.). /our cette opposition de mode d"action, nous garderons les termes ( perfectifMimperfectif ), alors que nous allons soigneusement distinguer l"opposition ( accompliMnon-accompli ) que nous réserverons pour l"aspect proprement dit. *l est évident que les deux facteurs peuvent se combiner. 'ans !l a bien dormi il s"agit du verbe imperfectif dormir que le locuteur présente sous l"aspect accompli (il ne dort plus). &lors que dans !l dormait quand elle a téléphoné nous avons le m%me verbe, présenté sous l"aspect non-accompli.

QE 3.0.,. Les $**$si i$ns as*ec %elles Le mode d"action est une propriété sémantique du verbe, alors que l"expression de l"aspect varie selon l"intention du locuteur qui peut saisir le procès de différentes manières selon son déroulement. /ar exemple, pour saisir le début du procès, nous avons !l s’est endormi, !l a commencé / tra&ailler, etc. Les langues expriment l"aspect soit par la morphologie du verbe, comme en russe, elles sont appelées ( langues aspectuelles ) dans ce cas. '"autres les expriment l"aide de moyens syntaxiques, par des auxiliaires ou adverbes, comme le fran#ais, ce sont les langues ( non-aspectuelles ). -n réalité, la plupart des langues utilisent plusieurs moyens, ce n"est que l"importance de l"opposition exploitée dans les langues slaves qui leur attribue cette étiquette. Ni nous n"avons pas commencé par de plus nombreux exemples en fran#ais, c"est parce que les moyens utilisés sont très variés selon les différents aspect, il vaut mieux commencer par la terminologie. 3.0.,.(. Termin$l$'ie La plupart des aspects verbaux peuvent %tre décrits l"aide d"une opposition. !haque aspect sera illustré par un exemple fran#ais, mais évidemment, tous les aspects peuvent %tre exprimés par d"autres moyens également. • accompli M non accompli (C.L. 0 & distinguer de ( perfectifMimperfectif ), termes réservés pour le mode d"action) '’ai préparé le repas 7 !l est prIt)8 'e préparais le repas quand il m’a appelé) inchoatif (début du procès) M terminatif (fin du procès) !l a commencé / " fini de tra&ailler) ponctuelMduratif !l a aper(u son ami) !l obser&ait les oiseaux depuis longtemps) itératif (répétition) M semelfactif (est fait une fois) !l passait me &oir tous les jours) !l est passé me &oir hier) progressif 0e mal &a grandissant) !l est en train de la&er sa &oiture)

• • • •

Q5 3.0./. Les m$-ens "#e5*rimer l#as*ec en !ran>ais Les quelques phrases qui viennent d"illustrer la terminologie des aspects montrent la complexité du phénomène en fran#ais66.. 'ans ce qui suit, nous ne faisons qu"un bref rappel des outils, pour pouvoir les mettre en parallèle avec ceux d"autres langues. +. '"abord, pour revenir au mode d"action, notons qu"il existe en fran#ais quelques préfixes susceptibles de changer un verbe imperfectif en perfectif, p. ex. 0 courir"accourir, mener"amener, porter" apporter. 6. Les oppositions accompliMnon accompli et ponctuelMduratif au passé peuvent %tre exprimées par le choix des tiroirs verbaux, en particulier travers les oppositions passé composé ou passé simple versus imparfait. 4. Le fran#ais utilise souvent des semi-auxiliaires, tels que commencer /"par, Itre sur le point de, Itre en passe de pour l"inchoatif, finir par, cesser de pour le terminatif, etc. Q. =oins souvent on peut avoir recours des préfixes, comme re- pour l"itératif, s’enpour l"inchoatif (&oler " s’en&oler), ou des suffixes, pour l"itératif, comme sauter"sautiller, trembler"trembloter, etc. 1. !omme dans toutes les langues, des adverbes et des compléments circonstanciels peuvent appara7tre 0 !l &ient tous les jours) !l me redit (a tous les jours. E. Nouvent, le changement d"aspect s"exprime par supplétion, c"est- -dire avec un lexème différent 0 s’endormir (début) Z dormir Z se ré&eiller (fin). 3.0.0. L#as*ec "ans "#a% res lan'%es 'ans ce qui suit, nous présenterons deux langues (allemand, hongrois) qui utilisent le plus souvent des affixes pour exprimer les différents aspects. <outefois, il ne faut pas oublier le r?le des adverbes et des périphrases verbales. Leur insertion compliquerait trop notre présentation, nous allons plut?t nous concentrer sur les affixes uniquement. &spect inchoatif 0 allem. schlafen Udormir"Meinschlafen Us"endormir" hongr. als-i#Udormir"Melals-i# Us"endormir" <erminatif 0 allem. bl3hen Ufleurir’ M &erbl3hen Uf*ner, ne plus fleurir" hongr. virYgIiO Ufleurir’M elvirYgIiO Uf*ner’ *tératif 0 allem. bitten Udemander qc" M betteln Uquémander" hongr. es-i# Umanger" M es-eget Ugrignoter" E5ercice C. Tem*s e as*ec en es*a'n$lB en !ran>ais e en +$n'r$is
66

@ous en trouveI une excellente présentation dans 8iegel et al. +,,Q 06,E

Q>

Le corpus suivant (@.*8 '&CN L- N$//.8< '*N<8<*L$-) est un extrait d"une nouvelle de l"écrivain colombien Rabriel Rarcia =YrqueI. Les traductions en fran#ais et en hongrois sont évidemment des traductions littéraires manifestant une certaine liberté, mais elles sont utilisables pour notre ob;ectif qui consiste comparer l"emploi des tiroirs du point de vue de temps et d"aspect dans deux langues apparentées et dans une autre, bien différente. -n principe, on peut s"attendre des correspondances entre espagnol et fran#ais, puisque dans les deux langues il existe théoriquement les m%mes cinq tiroirs du passé. !"est ce qui se trouve au centre de notre intér%t, étant donné qu"il s"agit d"un texte littéraire. Le hongrois, comme on a vu plus haut, ne conna7t qu"un passé. '"abord, nous comparerons la traduction fran#aise par rapport l"espagnol. 'ans le premier paragraphe, on observe que le premier procès est ( l"aoriste ), il s"agit d"un procès ponctuel, au passé (regresJMentra). L"arrière-plan est l"imparfait (lo esperaba"l’attendait). L"expression de l"aspect inchoatif est également comparable, il s"agit d"une forme périphrastique l"imparfait (empe-aba a extinguirse"allait s’éteindre) décrivant également l"arrière-plan. &près, on observe une concordance des temps au passé, d"abord une antériorité au plus-que-parfait (comprendiJ que no habia dejado de esperarlo"comprit que sa femme l’a&ait attendu), plus loin une simultanéité l"imparfait ( continuaba esperando"continuait / l’attendre). !ette dernière forme représente en m%me temps l"aspect progressif qui est exprimé en espagnol par le gérondif. & la fin du paragraphe, on observe une autre occurrence de l"aspect inchoatif, cette fois-ci l"aoriste, puisqu"il s"agit d"un procès ponctuel ( se puso a temblar"se mit / trembler). Le troisième paragraphe qui contient un dialogue présente dé; des différences entre les deux langues. L o: en fran#ais, dans une conversation, nous avons une suite de passés composés, en espagnol c"est l"aoriste (( indefinido )) qui est utilisé. -n effet, m%me si l"espagnol conna7t également le ( parfait ), il n"est utilisé que dans le sens de présent parfait (rapport avec l"actuel). .n voit donc qu"en espagnol ( l"indefinido ) n"est pas réservé l"histoire (dans le sens de Lenvéniste), comme l"est le passé simple du fran#ais ( abrieron la puerta"on a ou&ert la porte). 'ans le paragraphe qui commence par ,na se puso a cantar on observe encore des différences. L"unique tiroir utilisé en espagnol correspond au début, pour un procès ponctuel, au passé simple (se puso a"se mit /), les autres sont traduits en fran#ais par le plus-que-parfait. !omme il s"agit d"un intervalle terminé, d"un temps révolu ( il y a trois mois), l"espagnol utilise tou;ours ( indefinido ), tandis qu"en fran#ais on a recours au plus-que-parfait pour exprimer l"antériorité de ces événements par rapport l"événement par lequel débute le paragraphe (cuando cumpliJ KL anos"il a&ait fIté ses &ingt ans).

Q,

-nfin, dans le paragraphe suivant, on observe qu"en fran#ais, après une principale au passé simple, la subordonnée temporelle se met au passé antérieur en cas d"antériorité, alors qu"en espagnol cette règle ne semble pas s"appliquer (cuando acabJ de planchar, repartiJ"quand ,) eut fini de repasser, elle répartit). -n guise de conclusion, on notera que ces deux langues, malgré le fait qu"elles disposent théoriquement des m%mes tiroirs verbaux, en font un usage différent. La différence la plus importante (pour l"apprentissage de l"espagnol aussi) est que le tiroir qui correspond au passé simple du fran#ais appara7t également dans le discours, et il s"oppose très nettement la forme composée du ( parfait ). -n effet, cette dernière sert se référer au résultat actuel d"un procès qui se déroule dans un intervalle non encore terminé, alors que la forme simple se réfère un procès accompli dans le passé. La comparaison des deux langues romanes avec le hongrois est vite fait. -n hongrois, il n"existe qu"une seule forme du passé (marquée par –t"-tt) et toute référence au temps se fait l"aide d"adverbes. L"aspect peut %tre exprimé par des préfixes verbaux et renforcé par des adverbes, p. ex. egés- éjjel s-3ntelen &%rta toute la nuitMsans cesseMl"attendait Uno habia de;ado de esperarlo en toda la noche" ou még mindig &%rja encoreMtou;oursMl"attend Ucontinuaba esperando" Cotons que dans le deuxième exemple, le verbe se trouve au présent, puisque c"est l"aspect continu qui domine. Duant l"antériorité, part des adverbes correspondant quand ou lorsque, il n"y a aucun moyen en hongrois pour la traduire. 3.1. S%''es i$ns *$%r c$n in%er 'ans ce qui précède, nous nous sommes concentrés sur le c?té morphologique de l"aspect, notamment les marques qui apparaissent sur le verbe ou qui concernent les auxiliaires. Cous avons mentionné les adverbes et les circonstants, mais le sphère que l"aspect touche est encore plus large. !ertains linguistes considèrent que l"aspect est une catégorie sémantique affectant l"ensemble de la phrase. -n effet, en hongrois p. ex. les catégories ( aspect ) et ( définitude ) vont ensemble. Noit deux énoncés en fran#ais 0 a) '’ai écrit des lettres. b) '’ai écrit les lettres.

12 =orphologiquement, on observe un changement des déterminants. -n hongrois, on aurait a) 0e&ele#et irtam. b) Megirtam a le&ele#et. c) c"est- -dire que le changement de la définitude du RC ob;et entra7ne un changement de la forme verbale, dans la mesure o: le caractère défini de l"ob;et entra7ne la présence obligatoire du préverbe exprimant l"aspect accompli.

1+ 8. <$"e e m$"ali é 8.(. <$"eB m$"ali é $% m$"ali és D 'ans la description grammaticale traditionnelle, le mode est considéré comme une catégorie grammaticale associée au verbe. -n ce sens, en fran#ais on reconna7t l"indicatif, l"impératif et le sub;onctif. Le statut du conditionnel est dé; problématique 0 cause de sa formation, beaucoup de linguistes le rapprochent plut?t l"indicatif. /renons l"exemple de l"impératif. !ertes, c"est une forme verbale souvent spécifique dans les langues, qui traduit une attitude du locuteur qui donne un ordre son interlocuteur. 'u point de vue syntaxique, il ne s"agit pas simplement d"une forme verbale, mais d"un type de phrase qui représente une ( modalité ). 'ans beaucoup de langues, une phrase l"impératif qui contient aussi le nom de l"interlocuteur, celui qui re#oit l"ordre, ce nom appara7t sous une forme spécifique, un cas qui s"appelle ( vocatif ), p. ex 0 grec 0 Mannis (nominatif) Z Manni a Zvocatif) L"attitude du locuteur se reflète donc non seulement dans la forme verbale, mais aussi dans la forme nominale, elle et donc présente dans la phrase entière. '"autre part, le terme ( auxiliaire modal ) est utilisé dans les grammaires fran#aises pour rendre compte des verbes pou&oir, sa&oir (ou angl. may, can, shall, etc., allem. #ann, muss, darf, etc.). !omme avec la découverte et la description de langues moins connues le phénomène semble beaucoup plus large que l"on n"aurait soup#onné, et puisqu"il ne s"agit pas simplement de variation morphologique du verbe, les linguistes adoptent de nos ;ours plut?t le terme (modalités ), la place de ( mode ). !"est un domaine qui a suscité un très grand nombre d"études translinguistiques ces derniers temps, mais pour l"instant aucun consensus ne semble se dégager, ni sur la terminologie, ni sur le sémantisme de la modalité. -n effet, les nuances sémantiques et les moyens morphologiques sont très riches dans les langues, mais il n"est pas possible de trouver un invariant conceptuel qui, comme entre temps (chronologie) et tiroirs &erbaux (ou time et tense) pourrait expliquer les diverses manifestations de l"attitude du locuteur par rapport son interlocuteur d"une part, et par rapport son propre énoncé d"autre part. !e sont pourtant les deux concepts qui apparaissent le plus souvent lorsqu"on étudie la modalité.

16 8.,. Les $**$si i$ns les *l%s im*$r an es 'eux oppositions ma;eures figurent dans les approches sur la modalité, savoir +. épistémique (ce qui est relatif au savoir, l"information transmise par le locuteur) et déontique (relatif l"obligation, ce qu"il faut faire) 9 6. nécessité et possibilité. *l est possible d"étudier ces oppositions dans une présentation binaire, soit 0 =odalité *. épistémique a. possibilité **. déontique a. possibilité

b. nécessité

b. nécessité

-xemples 0 *.a. !l doit Itre malade. *.b. 'e sais qu’il est malade. **.a. 'ean peut partir. 5our y aller, tu peux prendre le bus. **.b. 'ean doit partir. 9as-y, 'ean. .n pourrait continuer chercher des exemples. =ais on peut dé; observer qu"il y a des phrases indépendantes (*.a.) et des subordonnées (*.b.), il y a des auxiliaires (*.a., **.a.) et des formes verbales fléchies pour le mode (**.b.). -n plus, on voit que dans certains cas la modalité concerne le participant m%me (**.a. première phrase), alors qu"ailleurs (**.a. deuxième phrase) la possibilité vient de l"extérieur. !ertains linguistes64 se concentrent sur nécessité"possibilité et tentent de trouver la place de toutes les modalités selon cette opposition. '"autres insistent sur la confrontation de réelMirréel.& l"heure actuelle, il nous semble que les recherches ne sont pas suffisamment cristallisées pour permettre de présenter une théorie cohérente des modalités dans un ouvrage ob;ectif pédagogique. 'ans ce qui suit, nous proposons plut?t une énumération (avec des sous-classes) des modalités observées dans les langues, en les illustrant avec des exemples.

64

@oir la revue 0inguistic <ypology, numéros 6-+M+,,>, Q-+M6222.

14 8./. Le mar)%a'e "es m$"ali és &vant de parcourir les nuances sémantiques, examinons les outils qui sont disposition du locuteur. • La flexion du verbe 0 '"une part, ce sont les ( modes ) que l"on conna7t dans les langues indo-européennes , mais il y en existe beaucoup plus, et ce m%me dans les langues proches de nous. /ar exemple, il y a des langues dans lesquelles l"interrogation ou la négation sont représentées dans la forme verbale. ex. finnois nég. 'ans d"autres, le locuteur est obligé de signaler exactement la source de l"information qu"il transmet, et cela est représentée par un morphème spécifique. ex. albanais • les auxiliaires modaux (de&oir, pou&oir, etc.) • les adverbes (certainement, é&entuellement) • les incises (/ ce que l’on dit, me semble-t-il, etc.). *l est donc clair que l"expression des modalités dépasse la morphologie du verbe, il existe des moyens lexicaux et syntaxiques en m%me temps. !e qui est important c"est d"accepter que toutes les modalités ne sont pas grammaticalisées dans toutes les langues, c"est- -dire qu"il n"y a pas tou;ours un ou des morphèmes spécialisés dans telle ou telle valeur. !e qui est représenté en fran#ais par le conditionnel présent dans elon les témoins, l’accident aurait fait quatre blessés pourra %tre exprimé dans une autre langue par un morphème spécifique ayant la valeur de l"information non contr?lée. 8.0. Q%el)%es m$"ali és "ans les lan'%es +. 'éontique +.+. Cécessité 0 allem. 1ans muss ;eggehen. UAean doit partir" allem. Her 0ehrer sagt, 1ans soll ;eggehen. ULe professeur dit (que) Aean doit partir +.6. /ossibilité 0 allem. 1ans #ann" darf ;eggehen UAean peutMest autorisé partir" hongr. '%nos elmehet. Aean partir-/.NN+NR UAean peut partir" 6. -pistémique 6.+. /robabilité 0 angl. 1e must be ill. U*l doit %tre malade"

1Q 6.6. *nférence !l a dN tomber 7il a mal / la jambe8) 6.4. =édiatif allem. Fs soll ein sch2ner Ooman sein. U!a doit %tre un beau roman". 4. @olitif 4.+. @olition angl. ! ;ant to go home) ! ;ant you to go home. UAe veux aller la maison. Ae veux que tu ailles la maison." 4.6. .ptatif 5uissie--&ous réussir a esp. n:jal% no llue&a a &'@MnonMpleuvoir-N$LA4NR U/ourvu qu"il ne pleuve pas" Q. *rréel esp. i tu&iera tiempo, te llamaria. UNi ;"avais le temps, ;e t"appellerais." 8.1. P$%r en sa&$ir *l%s : a *r$*$s "% 6 mé"ia i! 7 /our continuer la réflexion, ;e vous suggère de consulter le no. +26 de la revue 0angue Aran(aise (+,,Q) qui est destiné étudier en fran#ais les sources de l"information, et ce malgré le fait que cette valeur n"y est pas grammaticalisée. (Cotons que le terme ( evidentiel ) a été traduit par ( médiatif ) en fran#ais, puisque le terme anglais ( evidence ) ne signifie pas Uévidence" en fran#ais . *l existe en effet un grand nombre de moyens qui permettent de l"exprimer. Le fait qu"un numéro de cette importante revue est consacré un tel problème ;ustifie ce que nous avons dit au début de cet ouvrage sur l"importance de l"approche onomasiologique en linguistique contrastive. -n effet, si l"on étudie l"énorme bibliographie de la modalité ( evidentiel ) écrite en anglais (surtout propos de langues moins connues) et si l"on se pose la question de savoir si cette modalité est évoquée dans les grammaires fran#aises, la réponse serait ( non ). =ais si l"on pose la question de savoir s"il existe des moyens par lesquels le locuteur fran#ais est capable de rendre compte des sources d"o: il tient son information, la réponse serait positive.

11 9. V$i5 9.(. La ca é'$rie "e la &$i5 E$% : "ia +.seF Le verbe peut varier selon la relation grammaticale qui existe entre le verbe, le su;et (ou agent) et l"ob;et (ou patient). .n peut distinguer ainsi 0 • • • • • &ctif 0 'ean a in&ité Marie. /assif 0 Marie a été in&itée par 'ean. =oyen 0 'ulie s’est é&anouie. 8éfléchi 0 'e me la&e. Bactitif (ou causatif) 0 'e &ais me faire couper les che&eux.

/our l"étude de cette catégorie, il convient de distinguer syntaxe et sémantique. -n effet, lorsqu"on compare actif et passif, on observe que 'ean de la phrase active et Marie de la phrase passive sont syntaxiquement su;ets, puisque le verbe s"accorde avec ces constituants. Le constituant Marie est ob;et dans la phrase active et su;et dans la phrase passive, alors que sémantiquement il s"agit dans les deux cas de patient, tout comme 'ean est su;et-agent dans la phrase et agent (comme l"indique le terme fran#ais ( complément d"agent )) dans la phrase passive. & la voix moyenne, le su;et n"est pas agent, il ne contr?le pas le procès. Le réfléchi signifie que l"agent est en m%me temps patient du procès. &u factitif non plus, ce n"est pas le su;et qui est agent, mais c"est un autre actant qui peut ne pas %tre exprimé, comme dans l"exemple, mais il peut l"%tre 0 'e &ais faire faire cet exercice aux élè&es. !ette catégorie, comme tant d"autres, a d"abord été étudiée dans les langues anciennes, comme en grec ou en latin, o: elle est exprimée de manière synthétique, c"est- -dire par la variation du verbe m%me, comme le passif en latin 0 5ater me amat ULe père m"aime"MFgo a patre amor. UAe suis aimé par le père". 'ans les langues indo-européennes modernes, le passif est le plus souvent exprimé de manière analytique, comme en fran#ais, par la forme con;uguée d"un auxiliaire W un participe. .n peut aussi rencontrer des préfixes ( se dans les langues romanes pour la voix moyenne ou réfléchie), des suffixes (-Jdi# pour le moyen et –tat pour le factitif en hongrois), ou des auxiliaires (faire ou allem. lassen pour le factitif), etc. Les formes et valeurs sont extr%mement variées dans les langues, dans ce qui suit, nous allons nous limiter uniquement une brève présentation du passif.

1E 9.,. Le *assi! Les syntaxes modernes supposent une relation de transformation entre actif et passif, ce qui est facile démontrer dans les langues comme l"anglais ou le fran#ais. <outefois, dans beaucoup de langues, il n"y a pas opposition, on ne peut pas déduire le passif partir de l"actif, puisque le ( passif ) est un phénomène qui relève du discours. Cous pouvons proposer la définition suivante 0 :n appelle P passif Q l’ensemble des stratégies qu’une langue utilise pour diminuer l’importance de l’agent dans un procès qui implique deux participants) Nuivant les recherches les plus récentes6Q nous pouvons distinguer les cas de figures suivants dans les langues.

Passi! can$ni)%e 0 !"est le cas de 'ean a in&ité Marie"Marie a été in&itée o: l"ob;et de la phrase active devient su;et de la phrase passive et le verbe change de forme. *l est important de souligner que dans un passif canonique l"agent n"est pas exprimé, puisque c"est la fonction de la construction passive. 'ans un très grand nombre de langues qui connaissent le passif (arabe, russe, p. ex.) , c"est l"unique solution, il est impossible d"exprimer l"agent. -n fran#ais, anglais, allemand, etc. il est possible (mais ;amais obligatoire) de l"exprimer, par un cas oblique. Nelon notre définition provisoire, nous pouvons donc considérer le cas du fran#ais comme un passif nonprototypique. 'ans l"exemple cité, c"est le patient qui a été ( passivé ). .bservons les phrases anglaises suivantes 0 <he children ga&e Mary a boo#. ULes enfants ont donné un livre =arie." Mary ;as gi&en a boo#. U.n a donné un livre =arie". La traduction fran#aise ne permet pas de voir que dans cet exemple, c"est le bénéficiaire qui a subi la transformation passive, ce que nous pouvons voir au changement de la forme verbale. Passi! $bli)%e .n peut attribuer cette appellation une forme o: le passif ne concerne pas les actants (patient ou bénéficiaire), mais un circonstant, comme il est possible d"en trouver en anglais 0 omebody has slept in this bed. UDuelqu"un a dormi dans ce lit." <his bed has been slept in.

6Q

8evue 0!4R Q1 (622+M6)

15 Passi! im*ers$nnel Lorsqu"on parle de la transformation passive en syntaxe, on souligne que c"est une propriété des verbes transitifs. .r, dans beaucoup de langues, certains verbes intransitifs se pr%tent également la passivation 0 allem. Hie $inder tan-ten. ULes enfants dansaient." Fs ;urde getan-t. Ulitt. *l a été dansé"".n dansait" L"exemple illustre bien que le passif sert mettre en arrière-plan l"agent. Cotons que la m%me construction n"est pas inconnue en fran#ais non plus 0 !l a été inter&enu auprès du directeur) !l a été procédé / une autopsie) 9.,. 4e%5 &ale%rs !$n"amen ales $ne construction passive peut présenter soit le procès en lui-m%me, soit son résultat. Cous distinguons d"une part la valeur dite ( processive ) du passif, dans 0a porte a été fermée o: l"on insiste sur le procès et lorsqu"il est possible d"exprimer l"agent (dans certaines langues), p. ex. par le gardien"par le &ent. '"autre part, il est possible de lui attribuer une valeur ( résultative-stative ) qui insiste sur le résultat du procès, sur l"état o: se trouve le référent du su;et, comme dans 0a porte est fermée. !ette construction n"accepte évidemment pas l"expression de l"agent. 'ans certaines langues, comme par exemples dans des langues romanes qui connaissent deux auxiliaires correspondant ( %tre ), comme l"espagnol (ser"estar) ou en italien qui utilise plusieurs auxiliaires, ainsi qu"en allemand la distinction des deux valeurs est plus saillante 0 esp. la puerta esta cerrada"es cerrada it) la porta &eni&a chiusa 7dal guardiano8"è stata chiusa. allem. die <3r ist ge2ffnet ;orden"ist ge2ffnet