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HISTOIRE
DE

L'EMPIRE OTTOMAN,
DEPUIS SON ORIGINE JUSQU'A NOS JOURS,

PAR

M.

DE HAMMER.
9
,

TRADUITE DE L'ALLEMAND SUR LA DEUXIÈME ÉDITION

PAR

U.

DOCHEZ.

TOME PREMIER

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PARIS.
IMPRIMERIE DE BÉTHUNE ET PLON,
RUE DK VAUGIRARO
.

36.

1841

PREFACE.

Trente ans se sont écoulés depuis que Jean de Millier m'engageait à me consacrer à l'étude de
l'histoire,

rope, a aussi

comme

elle

sur l'histoire ottomane

l'avantage de présenter

à m'appliquer de préférence à celle

outre

la

un tout complet. Mais grande incertitude résultant du grand
et

d'Orient, à suivre surtout les destinées des Ottomans ; il m'exhortait à subordonner la connaissance des langues aux recherches et aux écrits historiques. Dieu le veuille répondis-je,
!

éloignement de temps

de

lieu, ces histoires

n'offrent pas non pi us les secours et les sources nécessaires, sources à peine

en considérant l'importance du sujet, la grandeur et l'abondance des matières, la longueur de
l'œuvre, la difficulté des travaux préparatoires,
et les obstacles à
les

connues de nom, et qui ne sont pas toutes à la portée de l'écrivain. L'histoire ottomane, au contraire, a l'avantage d'être
plus rapprochée de nous
,

surmonter pour

se

procurer

soit pour les temps pour l'espace; elle offre l'immense intérêt d'une liaison immédiate entre le passé et le pré,

soit

secours nécessaires. L'empire ottoman, dont

sent

;

il

est

possiblede réunir tous

les

matériaux.

le berceau apparaît à la sortie du

moyen âge,

Jusqu'ici cependant l'ignorance de leur existence, leur dispersion, la difficulté d'en

remmoderne, est un vaste corps d'une haute importance dans l'histoire du monde. Ses destinées sont étroitement liées à celles des États voisins en Asie et en Europe, et agissent sur les mouvements de
dont
la

jeunesse, l'âge

viril et la vieillesse

appro-

plissent les trois siècles

de

l'histoire

cher, les grands frais à faire pour en disposer,

ont empêché qu'on en

tirât parti

en Europe.

De deux

cents ouvrages turcs, arabes et per-

tous les États d'Europe et
la

d'Afrique, depuis

sans traitant de l'histoire ottomane en général, ou de l'une de ses parties, ou qui offrent un ensemble de matériaux pour cet objet , le grand

mer du Nord
la

jusqu'à la Méditerranée, des

Bretagne et de la Scandinavie rivages de aux colonnes d'Hercule et aux cataractes du Nil. Ce colosse puissant, un pied en Europe, l'autre en Asie, tenant sous lui le passage pour
la

navigation et

sions du

le commerce entre ces deux divimonde, quand l'heure de sa chute aura
la

sonné, couvrira de ses débris trois parties de
terre.

Fondé sur les ruines de

la

puissance des

Césars d'Orient, l'empire ottoman comprend

encore aujourd'hui une plus vaste étendue que
l'empire byzantin au temps de sa plus grande

splendeur, et quoiqu'il

ait

à peine atteint
il

la

moitié de la durée de son devancier, déjà les trois phases de la croissance
,

offre
la vi-

Williams Jones , n'en a connu lui-même qu'une douzaine; et dans les bibliothèques publiques de Constantinople même on trouve tout au plus vingt ou trente volumes historiques. Pendant trente années, je n'ai reculé devant aucune peine, aucune dépense, pour arriver et puiser aux sources, et quand l'acquisition de l'objet utile à mes études De pouvait avoir lieu, je faisais en sorte de pouvoir au moins le consulter. Dans ce but, j'ai, pendant mes deux séjours à Constantinople, et dans mes voyages au Levant, non-seuleraent:visité assidûment les bibliothèques et les librairies, mais encore depuislors, par mes correspondances acorientaliste anglais, sir
tives, j'ai

de

cherché et découvert des ouvrages
,

de la décrépitude. Aux trois anciens empires d'Assyrie, des Mèdes et des Perses, ont succédé, dans le moyen âge et les temps modernes, ceux des Arabes, des Mongols et des Turcs, comparables aux premiers en grandeur et en puissance et placés sur un gueur
et

historiques à Constantinople

à

Bagdad

,

à

au Caire. Dans ce but, j'ai consulté pour mes travaux, en Allemagne, les bibliothèques de Alep
et

Vienne, Berlin et Dresde; en Angleterre, celles

de Cambridge thèque Royale
celle

et

d'Oxford; à Paris,

la biblioItalie,

et celle

de l'Arsenal ; en
la

du chalifat qui', comme celle des empereurs mongols, n'a pas encore trouvé d'écrivain en Euthéâtre historique plus
,

assuré. L'histoire

de Saint-Marco
,

à Venise, l'Ambrosiana

à

Milan

la

Lorenziana et

Magliabechiana à
à Naples,
1

Florence, celle

du Museo Borbonico

PREFACE.
la

Vaticana, Barberini,
et à

pi

de Maria sopra Mila

térature, et de plus

il

peut faire écouler l'im-

nerva à Home,

Bologne,

bibliothèque

si

riche de Marsigli. Sans autre ressource que

mon

mense superliu dans lequel il eut été noyé. Malgré tant de soins, l'amas de notions chronologiques
,

traitement, sans
tales

le

secours des Académies orien,

philologiques

et

biographiques
et d'é-

ou des Sociétés asiatiques

sans
j'ai,

la

protec-

entassées par les historiens précédents était si

tion des riches et des grands,

par trente

énorme,

il

fallait tant

de rectifications
j'ai

ans de recherches et de dépenses , formé , pour mon sujet , une collection de matériaux, telle

claircissements, qu'il était impossible de passer

que nulle bibliothèque en Europe ou en Asie ne petit en offrir d'aussi complète. Qu'il me soit permis de rendre ici hommage à la générosité du dernier internonce S. E. M. le comte de Lûtzow, qui m'a fait présent de quatre excellents ouvrages historiques, et aux soins constants de mon ami l'interprète 1. et R. M. le chevalier de

Raab,pour m'en procurer beaucoup
Je dois d'autant plus de

d'autres.

dû les citer comme changements que je voulais introduire dans les mots et dans les choses. Il était surtout nécessaire de classer ces matériaux, de peur que les historiens à venir, les trouvant épars sur leur chemin, ne fussent disposés comme les précédents à les prendre pour d'excellentes pièces de construction pour que le lecteur n'en fût pas embarrassé, je les ai
ces pièces sous silence
;

documents

à

l'appui des

;

remerciments à ce
il

rejetés à la

fin

de chaque volume en forme
la citation
le

dernier que, dans les sept dernières années,

d'appendice. H'en est autrement pour

m'a

fait

trouver quantité d'ouvrages que j'avais

des autorités sur lesquelles s'appuie

texte.

en vain cherchés pendant vingt ans, et que sans lui je n'aurais pu combler les lacunes d'une oeuvre classique dont l'achèvement était indispensable a
fin,
la

Aujourd'hui aucun écrivain n'est bien venu à

demander qu'on
temps
sources

le

croie sur parole.

En

tout

l'historien a
;

dû étudier

et

puiser aux

composition de cette histoire. Enla libéralité

notre époque incrédule exige encore

grâces soient rendues à

des

qu'il les cite.

Le lecteur ne se sent pas obligé

d'a;

ministres de Prusse et de Saxe, et aux gar-

jouter une foi aveugle aux récits de l'historien
il

diens des bibliothèques royales qui veulent bien

faut encore

que

celui-ci

produise des témoi-

permettre et offrir

la

communication à

l'étran-

ger de leurs trésors littéraires. Pendant que j'attendais du temps
constances la possession complète
riaux qui

gnages authentiques. Ondemandela preuve de ce qu'il dit, et aucun moderne ne peut avoir la
prérogative des anciens, qui étaient crussur parole.
le

et des cir-

des matésoit

me

manquaient je m'occupais
,

à

étudier et mettre en œuvre ceux que j'avais déjà

sous

la

main,

soit à faire

des travaux préparaces travaux et de la

toires sur la chronologie, la géographie et la
littérature.

Au moyen de

connaissance acquise du peuple et de son gouje tâchais de

vernement, par mes voyages et mes peines, me rendre digne du but élevé

que

je voulais atteindre.

De

tous les ouvrages

historiques de l'Orient que

j'ai

n'en est aucun que je n'aie lu et mis

pu découvrir, il à profit de
;

complètement de son côté, doit réclamer toute confiance à la bonne foi dans les citations, tant que le contraire n'est pas démontré. Tout soupçon de traduction infidèle ou de citation inexacte qui n'est fondé que sur un scepticisme inconsidéré retombe sur son auteur ( chaque fois que le passage mis en doute est cité dans le texte original) comme une injuste attaque à la réputation de l'écrivain. Pour satisfaire à celte exigence qui demande les docuMais
si le

lecteur a presque

droit d'exiger ces garanties, l'écrivain,

ments dans
d'in-octavos

le texte

original

,

il

faudrait grossir

toutes les histoires ottomanes dont l'acquisition
était possible,
il

cette histoire d'autant d'in-folios qu'elle aura
;

n'en est aucune que je n'aie

et d'ailleurs, tant

que les historiens
les

achetée. Les résultats de
toires sur la

mes travaux prépara,

ottomans ne seront pas

comme

Byzantins

topographie

la

bibliographie

,

la

en partie imprimés yeux du public, en partie encore manuscrits. Par ces études, ces exercices prélistatistique et l'histoire sont
et

imprimésdans leur texte et ensuite traduits pour former une masse énorme de volumes 1 es pièces
,

mis sous

les

minaires, d'un coté se révèle à l'historien une

ne pourront être citéesqued'aprèsles manuscrits existants encore faudra-t-il renoncer à les produire dans le texte original, aussi longtemps
;

source abondante

où.

il

puise

la

connaissance des
et

que

les lettres

turques ne seront pas familières

temps, des lieux

,

du gouvernement

de

la lit-

à nos imprimeurs

comme

les lettres

grecques.

,

PREFACE.
nombre de cas où les citadu texte paraîtront nécessaires, elles ne seront données que d'après la prononciation. Ainsi sera fait pour les passages encore peu connus de la tradition ou de la loi qui servent aux Moslimes de bases fondamentales pour leurs
Ainsi, dans le petit
tions

ce qu'on ne peut leur pardonner, c'est que nul
d'entre eux n'ait consulté sérieusement et avec

un

esprit

de critique

les

Byzantins imprimés et
derniers empereurs

publiés, ces historiens impartiaux de toute l'é-

poque qui embrasse
byzantins et
les

les sept

sept premiers sultans leurs con-

transactions et qui sont jetés par leurs écrivains
,

temporains. Plusieurs

même

ont plus d'une fois

Dans le corps et au bas des pages de l'histoire, on ne trouve que les dates, et les numéros des feuillets ou des
au milieu des
faits

de

l'histoire.

prouvé

qu'ils ignoraient leur existence.

pages des pièces originales, ouvrages imprimés ou manuscrits, qui ne se trouvent que dans ma
cellection
:

car j'espère que ce trésor de sources

ottomane, rassemblé à force de de temps et d'argent, ne sera pas dispersé après ma mort, qu'il sera au contraire conservé, mis à la disposition du public, pour être un témoignage de ma scrupuleuse exactitude dans la composition de cet ouvrage (1). La chronologie et la topographie doivent former le cadre de tout tableau historique. A chaque page

pour

l'histoire

Petit de LaEurope pour les meilleurs historiens des Ottomans, n'ont consulté que le seul Chalcondylas, et qu'ils ont négligé tous les autres écrivains de Byzance ses contemporains? Qui croirait que le premier ne
croirait

Oui

que Cautemir

et

croix, qui, jusqu'ici, ont passé en

peines,

sait rien

du

siège de Constautinople par
la prise

Mule

rad

II

?

que

de Thessalonique par

même

sultan est restée inconnue au second,

le lecteur

aura sous
le

les
ils

yeux l'époque des événese sont passés.
la

quoique Ducas, Phranze, et Chalcondylas luimême, en parlent, quoique les Byzantins Joannes Canano et Auagnosta aient laissé des ouvrages spéciaux sur ces deux événements? Qui croirait que Cantemir et Petit de Lacroix,
quoique tous deux orientalistes, ont défiguré
les vrais

ments, et

lieu

Sans

la

chronologie et

géographie, l'histoire
t'est ce

noms orientaux jusqu'à
le

les

rendre mé-

marche en aveugle. Ainsi cheminent les écrivains
précédents de l'histoire turque
:

connaissables? que
entassé

premier, en particulier, a

qui est

une multitude d'erreurs philologiques,
l'arabe,

prouvé dans beaucoup de cas par les historiens ottomans; dans beaucoup d'autres, l'inexactitude

qui dénotent la plus grande ignorance des principes

fondamentaux de

du persan

et

du

de ces derniers ressort évidemment de leur comparaison avec les Byzantins ou d'autres contemporains dignes de foi. Sans les travaux chronologiques et géographiques du bibliographe fameux connu sous le nom de katib-Tschelebi ou Iladschi-Chalfa,
les ténèbres.

turc? Qui croirait enfin que Gibbon, l'unique
écrivain classique sur les premières époques de
l'histoire
la

oitomanc, qui joint à
le

la

connaissance

plus étendue des sources

plus haut esprit

de critique historique
style au
fois les

et le plus
,

grand

art

de

l'écrivain qui entreprendrait

jugement

le

plus sain

mérite plusieurs

cette histoire s'avancerait le plus souvent dans

reproches de légèreté et de négligence,

Beaucoup de documents géographiques sont donnés dans le texte; un plus grand nombre se trouve dans les notes et éclaircissements. Les rectifications les plus importantes,
d'après les découvertes les plus modernes, sont

reproches qu'il aurait pu éviter par une étude
superficielle des Byzantins
?

Je serai plus d'une fois obligé dans

le

cours

de cette

histoire, et surtout

dans

la

première

époque, de corriger
chronologiques
et

les fautes

philologiques

données dans une petite carte annexée à chaque volume. Les Tables chronologiques d'Hadsihi-

géographiques des écrivains

européens, mes devanciers, afin que

mon silence

Géographie d'Asie et de Rumi lie, sont les seuls ouvrages turcs qui puissent servir de guidi s pour les lieux et les dates mais jusqu'ici
Chalfa, sa
;

ne semble pas
sionner ainsi
la

les autoriser,

ou de peur d'occales

propagation des erreurs. Ce trasurtout nécessaire pour

vail ingrat sera

neuf

les

historiens européens n'en ont
Ils

point

fait

usage.

peuvent s'excuser sur leur ignorance
le

Byzantins (1) qui ont traité toute la première période et le commencement de la suivante en
1° Pacbymères, 2° Nicephorus Grcgoras, 3" JoanCantacuzène , 4° Ducas, 5" Chronicon Brève C° Joannes Canano, 7° Joannes Anagnosta, 8° LaenicoJ Chalcondylas, 9° Gcon;ïas Phranza, Chronicon.
(1)

de

la

langue ou
Le vœu de M.
fait

manque de traduction; mais
a été devancé; l'empereur

(1)

deHommer
l'acquisition

nes

,

d'Autriche a

de cette collection d'ou-

vrages originaux.

[Noie du traducteur.)

4

PREFACE.
cation de tous les rapports des ambassadeurs

contemporains et surtout en écrivains de bonne foi, mais qui ne sont cependant pas toujours
dignes de croyance à cause de leurs préjugés et de leur ignorance des langues et des faits. Ils
méritent qu'on relève leurs inexactitudes , ou

vénitiens et autrichiens, de tous les traités de

paix, des pièces de

la

chancellerie secrète

de

la

cour et de cour et de
vées les

l'Etat et
la

des archives de l'Etat, de

la

qu'on leur rende justice en redressant

les er-

maison impériale, où sont conseranciennes archives de l'Empire, de la
et

reurs de leurs copistes, éditeurs ou traducteurs.

Hongrie
chives

de Venise.

J'ai aussi

consulté les ar-

Bien des historiens européens qui ont écrit plus tard sur l'empire ottoman sont rarement
dignes d'un tel travail, et encore moins ces nombreux auteurs qui, à chaque guerre des
Turcs, ont inondé l'Europe de leurs futiles écrits.

du

conseil de guerre. Enfin, j'ai entiè,

rement parcouru l'an passé dans les archives de Venise, les plus anciens traités conclus entre cette ville, les empereurs byzantins et les sultans
ottomans.

pour cette raison qu'en avançant il y aura beaucoup moins de matériaux historiques à déblayer et le lecteur devenant plus familier avec
C'est
,

Possédant les sources et les secours nécessaires
,

habitué dès longtemps par mes études,
et

mes voyages

mes occupations aux mœurs de

les

noms

et les choses, l'auteur se débarrassera

l'Orient et, en particulier, à celles des Ottomans,

d'une masse de notes et d'éclaircissements nécessaires dans les commencements. Les lecteurs
qui voudraient s'épargner la peine de
les

consacré dès ma jeunesse aux relations politiques
et scientifiques

de l'Autriche et de

la

Turquie,

exa-

je trouvai encore, outre

ma

vocation à écrire

miner peuvent aussi facilement omettre la lecture de tout le premier livre, qui traite des temps primitifs de l'histoire des Turcs, et donne
ensuite un léger aperçu de l'empire seldschukide

cette histoire, vocation qu'avait réveillée

en moi

Jean de Muller, je trouvai, dis-je, de nouveaux

moyens d'exécution dans mes fonctions
prète de cour
;

d'inter-

car,

des documents tirés des

Mineure, sur les ruines duquel s'est élevé l'empire ottoman. Toutefois, cet aperçu,

de

l'Asie

sources ottomanes, les plus importants ont élé

envoyés à Vienne par des ambassadeurs impériaux ou des officiers d'ambassade (Veranzius,

ne pouvait se dispenser de le donner comme une introduction à l'histoire ottomane. Outre les sources pour la plupart dérobées
l'historien

Leupolsdorf, Busbek), ou traduits par des in
terprètes impériaux (GaultierSpiegel, Bratutti);
et la

aux regards du public, l'auteur a pu encore en consulter d'autres où personne n'avait puisé ce
:

base de toutes

les

connaissances euro-

péennes, relativement à cette histoire, a été misi

sont les archives d'Etat depuis les premiers

au jour sur l'ordre de l'empereur Ferdinand 1' I
par son interprète. Maintenant, j'oserai dire quelques mots sur
l'esprit

temps où l'empire ottoman
sur
les

influait

puissamment

nations voisines par ses rapports hostiles
,

ou pacifiques, jusqu'à nos jours, où faible et à demi renversé, il se soutint à peine et grâce à la longanimité de ces mêmes nations. De toutes les puissances européennes il en est deux seu,

qui m'a dirigé et qui, au reste, doit enla

core mieux ressortir de
vrage. J'ai écrit sous
le

lecture de

mon ouplam

sentiment profond d'uni

Providence éternelle
sur
le

et juste,

dont

l'action

lement dont tement unie à

l'histoire est tout

d'abord étroi:

chaos de l'histoire sans que l'homme sache
vient ni où
il

de l'empire ottoman ce sont 11 n'en est aucune contre laquelle les Turcs aient entrepris tant de guerres,
celle

d'où

il

va. J'ai pris la

plume sam
avi

Venise

et

Y Autriche.

partialité

pour

les

personnes ou pour les peuples

pour

les

nations ou les religions; mais

avec lesquelles
tices et

ils

aient conclu autant d'armis-

amour pour
pour
les

tout ce qui est grand et beau, avec

de

traités; aussi les archives

de l'Au-

haine pour tout ce qui est mal; sans animosiU

triche et de Venise sont bien plus importantes

pour

l'histoire

que

celles

des autres puissances

européennes, et offrent la mine la plus féconde. Les autres nations n'ont eu avec les Turcs que
des rapports plus tardifs, plus éloignés et plus
faibles.

Grecs ou contre les Turcs, sans prédi pour les musulmans et les chrétiens mais avec amour pour la force régulière, poui un gouvernement bien ordonné, pour les deleclion

voirs

de

la justice,

pour

les

établissements

pu

Pour mieux
j'ai

écrire l'histoire spéciale des

blics et philanthropiques,
;

relations diplomatiques

de l'Autriche avec
difficulté la

la

pour l'avancement de sciences avec haine enfin pour la révolte, l'op
pression, la cruauté

Porte

,

obtenu sans

communi-

ou

la tyrannie.

,

HISTOIRE
DE

L'EMPIRE OTTOMAN.
^V^.-W.-WVX'H.X^V'V'VW^.i^li » *» * V* • »» fc-%^» **

LIVRE PREMIER.
ORIGINE ET PAYS DES TURCS.

— HISTOIRE DES

OGHCSES ET DES TURKMA.NS,

DES SELDSCHUKS DE PERSE ET DE RUM.

Bien antique
tie la

est le

peuple turc, d'où est sorrapportent eux-mêmes

les

branche aujourd'hui dominante des Otto,

adopte

Turcs des Scythes ou des Parthes. Phianze la tradition romanesque si flatteuse pour
des Grecs dégénérés, d'après laquelle

mans. Turc

auquel

ils

la vanité
la

leur origine, est, selon toutes les apparences, le

race dominante des

Targétaos d'Hérodote
l'Écriture.

(1) et le

Togharma
fut pris

(2)

de

saac

Ottomans viendrait d'IComnène. Le prince, doublement apostat,
foi et

Le nom des Turcs

par des

ayant abjuré sa
sa

renié sa patrie, grâce à

nations différentes, dont quelques-unes
leur étaient entièrement opposées. Les

même
histo-

connaissance parfaite de l'arabe, se serait
l'affection
(

acquis

des Perses, c'est-à-dire

riens de la Tatarie et de la Mongolie croyaient

des Turcs

bien que ceux-ci ne fussent pas
)
;

ennoblir (3) leur nation en

de Turc,
dis

fils

la faisant descendre de Japhet, au septième degré, par

Perses et qu'ils ne parlassent pas arabe

tra-

ducteur en arabe de

la

plupart des nouvelles
il

Tatar et Mongol

qu'ils
,

supposent frères
les véritables

,

tan,

romaines

et

grecques,

aurait

été

honoré
marié à

que

les

Ottomans

Turcs

se

comme un
la fille

second

Mohammed

(1), et

croient aujourd'hui avilis par cette

dénomina-

de l'émir (des seldschuks), il aurait engen-

tion

,

parce qu'ils désignent ainsi des hordes
et des

dré Suleiman père d'Ertoghrul, père d'Osman.
D'autres historiens, non byzantins, ont imaginé,

vagabondes
naient sous
reste
,

peuples barbares,

comme
compre-

autrefois les Grecs et les
le

Romains

les

nom

générique de Scyllies.

Au

Pline et

Pomponius Mêla connaissaient

déjà de

nom les Turcs(4). Les Byzantins les nom-

pour les Turcs, une origine troyenne,et les font descendre en droite ligne de Tetteer et d'Hector (2). Paolo Giovio auteur de l'histoire de Charles-Quint, lepremier quiaitapprisquelque
,

maient tantôt Perses, tantôt Ungres, sans y être autorisés par la moindre affinité ni des Perses
avec des Turcs , ni des Ungres avec
les Perses.

chose aux modernes sur l'histoire et l'organisation militaire des Ottomans, ne doute pas qu'ils

ne soient des Tatares du Wolga
tout récemment encore
turc
,

(3)

;

enfin

Chalcondylas ne

sait

s'il

doit faire descendre

on

a fait dériver le

mot

du nom du

fleuve Terek.

(1)
(2)

Hérodote, rv,5. Genèse, x, 3.
généalogique des Tatares par Abulghasi Recherches sur les langues tatares, p. 325.
, ,

(1)

Chrauz,i,20.
Commentarii
î.

(3) Histoire

(2)
(3)

et

Rémusat
'4)

;

jEneas Sylvius, Leonardut Chiensis délie cose][dei Turchi

,

et d'autres.

di

Paolo Gio-

Turcseque vastas sylvas occupant

lib.

i",

fin.

vio, enap.

, ,

6

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
Ces recherches sur le berceau d'un peuple,
si

générique

comme

celui

de Scythes, qui signifiait
finit

elles

ne sont pas toujours

satisfaisantes,

sont

rudesse et barbarie par opposition à culture et
civilisation. L.e

moins frappées de stérilité quelesefforls tentés pour remonter à sa source primitive. Les Turcs, que les Chinois nomment Tuku, descendirent

mot Turan
la

par se trans-

former en tyran dans

même

bouche des Grecs, et aujourd'hui, chez les Ottomans, turc est

(Dde

l'Altaï

(Altun-Tagh),

c'est-à-dire

synonyme de barbare.
Les Uigurs (Turcs de l'Orient), répandus de

Mont-d'Or, l'Ektagh des Byzantins, et cette
vaste étendue de steppes de la Haute-Asie, bor-

Karakurum
les

à

née au levant par le Chatai ou tentrionale, au couchant par le
,

la

Chine
Sibérie

seple

premiers historiens

Turfan furent confondus (1) par et les géographes avec
,

lac
la

Aral et
,

pays de Chuaresm
au midi par
Turkistan
par
le

,

au nord par
et le

et

Thibet
C'est

pays au delà de
,

l'Oxus, ou la grande Bucharie
(2).

porte le

nom de

un pays renommé dès
de ses pâturages
,

Uigurs de Sibérie des Byzantins, comme les Hunniusavec les Huns. La langue des Uigurs est le turc le plus ancien et le plus pur; on l'appela dans la suite dschagataien, de Dschagatai, fils de Dschengis-Chan, dominateur de ces contrées,
les

longtemps par
le

la fertilité (3)

dont

les

habitants reçurent ensuite

le

nom d'Us-

musc de Taras
,

par

les arcs

de

begs, à cause d'Usbeg-Chan. La langue uigure ou
les Ottomans appellent aussi sœur aînée de la ghésienne ou turcomane qui, dans la suite, se forma comme

Tschatsch (4)
les

par

la

nature de ses chevaux et

dschagataienne, que

mœurs de

ses habitants,

dont

les belles

pro-

vieux turc, est

la

portions et

la rapacité

sont passées en pro-

verbe dans tout l'Orient. Des poètes persans célébrèrent dans leurs chants les filles de ces
contrés , qu'ils appellent les idoles de Tschigel
(

celle
la

des Seldschuks et des Ottomans, et qui est

nouvelle langue turque d'aujourd'hui.

A

la fin

l'une des premières villes

du Turkistan dont
.

ol lomane

du xv° siècle, époque où la langue commença de marcher dans les voies du
degré de sa formation,
la

les

habitants adoraient Canope, Orion et la
.

perfectionnement, l'idiome dschagataien avait
atteint déjà le dernier

grande Ourse sœurs et leurs
maîtresses
far (5),
(villes
,

et qui se mariaient avec leurs
;

filles)

ces poètes chantent leurs
les

point où elle est restée depuis, tandis que

belles
(6),

comme

femmes de Ghald'Iaghma
(8)

langue ottomane a toujours suivi un mouvement
progressif.
Il

Cholen

Farchar

(7), et

célèbres

du Turkistan), qui
les

ravissent

était nécessaire d'entrer

dans ces détails sur

le repos, ainsi

que

Turcs rapaces enlèvent

les

mets des
terre

festins.

Les anciens Perses, qui apiran,

Usbegs, parce que ceux-ci, quoique séparés par toute l'étendue de
les

Uigurs d'Orient

et les

pelaient leur propre pays Iran, et tout le reste

la

Perse de leurs frères de l'Occident (les Otto-

de

la

Aniran, c'est-à-dire non

mans), sont néanmoins toujours restés jusqu'aujourd'hui en relations politiques et en alliance

désignaient particulièrement les contrées orientales

au delà de l'Oxus, c'est-à-dire leTurkislan
le

avec eux contre leurs ennemis
turels les Persans.

communs

et

na-

d'aujourd'hui, par

nom de Turan;
était

celui

Turanitns, c'est-à-dire des Turcs,

de un nom

Nous

allons maintenant

nous occuper de

l'his-

toire la plus ancienne des Turcs, d'après leurs

propres traditions qui ,
(1) Asia polyglolta
,

si elles

ne présentent pas

p. 219. Klaprolli
t.

,

Géographie de
p. 502.

le

caractère de vérité historique, méritent néan-

Ritter,
(2)

1. 1

,

p.

532

;

Berlin 1S17, et
,

n

,

Dscbihaimuma
Burhani-Katii,

moins d'être mentionnées.
604.

p. 306.

(3)
(4)

ëtlilion la

de Constanlinople,
ville

p.

D'après une antique légende turque dont on
,

Tschatsch est

même
,

que Teschlend. Le
1. 1

aperçoit

même

des traces dans les récits d'Hé-

Dictionnaire perse, r'erheng schimri de Tschigil,
p. 384
,

rodote

(2)

sur l'origine des Scythes , vivait, dans

Dschihaunuma p. 367. (5) Ferbeng schuuri, t. n, p. 179. tirée des Annales (6) Histoire de la ville de Kbotan de la Chine et traduite du chinois par M. Abel Rémusat,
et
, ,

(1)

Asia polyglotta
,

,

et

Recherches sur

les

langues ta-

tares
(2)

par Abel Rémusat; Paris, 1820, xlvi.
Les trois
fils
,

a Paris, et les annonces dans
p. 293.
(7)

le

Journal asiatique,

t.

xrm,

sont Lepoxain
.

Arpoxain

de Targitaos, dans Hérodote [iv, 5], et Kolaxain [Koloxain]. La
à ces trois

Burharr-Knlii

p. 243.

lerminaison
p. 975.

oxain commune

noms

parait

fS) IV.ns If

même

auteur

,

n'être autre chose

qu'Oghus ou Oghus-Chan.

, ,

,

LIVRE PREMIER.
les

époques primitives , un eertain Oghus-Chan, fils de Kara-Chan qui fonda la puissance et la civilisation des Turcs par ses conquêtes et par
des
et
lois;
il

fils

à

la

chasse,

comme
Ils lui

à la recherche

de leur

destinée future.

rapportèrent un arc et troisflèchesqu'iis avaient trouvés. Le père donna
l'arc

était

contemporain d'Abraham
,

(1),

aux trois aînés
les

et les trois flèches
;

aux

trois

comme fondateur de domination

il

a beau-

plus jeunes de ses

fils

ceux-ci en prirent chacun
l'arc en trois chacun une pièce.

coup de ressemblance avec
(le

le Dejocès de Mèdes Dschemschid des histoires orientales) (2).

une, mais

premiers rompirent

morceaux

et conservèrent
,

Sou abandon du culte des idoles de sou père et sa vocation à une religion plus relevée et plus pure amenèrent une guerre civile et religieuse qui dura soixante-dix ans. De Karakum, où son père Kara-Chan passait l'hiver, tandis qu'il se tenait l'été entre les montagnes Crtag et Kurtag (3), Oghus marcha vers le sud, et fixa sa résidence à Jassi
lèbres
(4),

Pour
teurs

cela

Oghus appela
il

les

derniers Utschok,

trois flèches, et les
(1);

aînés

Bosuk, destruc-

confia à ceux-là l'aile

gauche de
donnant

son armée, et à ceux-ci la droite
ainsi la préférence (2)

aux destructeurs.

l'une des villes les plus cé-

mort ils se partagèrent les contrées du couchant du grand empire d'Oghus; les trois flèches, ou chefs de l'aile
Après
sa

de

l'est et celles

'

du Turkistan comme siège de l'ancienne et de la nouvelle domination turque, du culte religieux ancien et nouveau comme résidence d'Oghus -Chau a des époques reculées, et du chan des Usbegs dans les temps plus récents comme le berceau et l'école de Chodscha-Ahmed,un des plus grands scheichs de l'ordre des
;

gauche, furent les Turcs de l'Orient
teurs,

;

^destrucde
l'Oc-

ou

les

chefs de

l'aile

droite, ceux

chacun de ces six héritiers d'Oghus-Chan ia légende donne quatre (ils qui
cident.
,

A

devinrent
turques.

les chefs

des vingt

-

quatre tribus

Nakschbcndis(5).Oghus ayant vaincu son père, soumit à son empire tout le Turkistan (6) depuis Artelas et Sirem jusqu'à Huchara. La tradition lui donne six fils, les chans du jour, de la lunei

La foi dans certaines traditions adoptées sans examen dans les époques primitives, et plus
tard révoquées en doute

par

la

critique, est

souvent, dans

les

temps modernes, confirmée
la tradi-

par l'histoire; de sorte que ce qui, dans
tion, est faux quant

de
i ;

l'étoile,

du

ciel,

de

la

montagne

el

de

la

au fond, se trouve

vérifié

mer.

quant à
laisser
la

la

forme,

et

réciproquement. Les

mœurs

peuple

Oghus, chasseur, comme N'imrod, chef d'un nomade et chasseur, envoya un jour ses
que Neschri écrivit sur Oghus-Chan
la

d'un peuple originairement chasseur ont dû

de longues traces à
faite

la

cour des sultans, et

division primitive en aile droite et aile

(1)

L'histoire
la

gauche,
,

par Oghus, se présente

comme

dans
(2)

première division de son Dschihannuma.
peut voir
littéraires

la
les

base fondamentale du ban et arrière-ban des
allusion aux quatre enfants

On

preuve de cette idenlilé dans
,

Turcs, des Mongols et des Tatares; de plus, le

Annales
et suiv.

de Vienne

dix-neuvième

vol., p. 14

nombre quatre {car
qu'eut chacun des

jour d'été

Dschihannuma p. 369. Urtag était le Kurtag était celui d'hiver des Oj;huses. Les deux noms de ces montagnes, comme presque lous les
(3)

Selon
,

fils

d'Oghus) est venu partout

,

s'implanter, pour ainsi dire, dans l'ingénieuse

organisation des États ottomans. C'est ainsi que
les

autres dans
gbasi
,

la

traduction française de l'histoire d'Abul-

chefs des vingt-quatre tribus turques se sont
les

ont été changés par une fausse prononciation;

on en a fait Artag et Kartag, la dernière (montagne déneige, kar signifie neige) serait un singulier choix pour passer l'hiver. Histoire généal., p. 30.
(4) Jassi,

conservés dans

vingt-quatre begs des Ma,

meluks boharites
toire

et tscherkesses

jusqu'à leur

destruction récente. Dans
,

la suite

de

cette his-

sous

le

cent -unième degré de longitude, qua,

nous aurons plus d'une
les trois

fois

occasion de

rante-troisième de latitude, capitale du Turkistan
trefois la résidence des

au-

revenir sur ce point.

chans Usbegs. Dischihannuma

p. 367, ligne neuvième.

Quittant

chans de

l'aile

gauche

et les

Les biographies des scheichs Nakschbendi, Rescbhat-Ainul llaj.it (gouttes de la source delà vie), parues a Constaniinople , an de l'hégire 1236 [1820] donnent
(5)
,

descendants des trois flèches qui marchèrent à

des renseignements détaillés sur ce scheich fameux.
'6)

(I)
lig. ig.

Histoire généal., p. 62;
ii 24. -#. et

Dschihannuma

.

p.

370,

p.

Dschihannuma, 57 Dschihannuma
;

p.
,

p.

360, ligne 5; Histoire généal., 390 lig. 19 et Nescbri.
,
,

—» 23

(S)

Même

page,

lig.

23.

8
l'Orient, et sortant

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
de notre cercle, nous allons
l'aile
- ci

Musa
de
lui

,

fils

de Tschanak-Chan, rassembla près
Boghra-Chan-Harun,
,

suivre les descendants des trois chans de
droite ou destructeurs. Ceux

des savants, éleva des mosquées, des cloîfils

s'établirent
firent

tres et des écoles; et

de

d'abord dans
invasion dans

le
le

Turkislan, d'où

ils

une
et le

Suleiman, successeur et oncle de Musa
les

recula

pays situé entre

le

Sihun

bornes de sa domination vers l'orient, au
,

Dschihun

(1) (l'iaxarte et l'Oxus), et, enfin,
ils

delà de Kaschghar et de Balasghun

jusqu'aux

franchissant ces dernières limites,

s'avan-

frontières de Sina, et conquit sur la dynastie
le pays de Bucharie. Après Ahmed-Chan-Ben-Ebu-Nasser-Ben-Ali imposa par la force des armes l'islam à la partie non convertie des Turcs. Son frère ArslanChan-Abul-Mossaffir-Ben-Ali, qui changea son nom démesuré contre celui de Scherfeddewlet

cèrentenconquérantsetendorainateurs jusqu'au

persane de Saraan
lui,

Bosphore

et

au Danube. Les plus anciens histo-

riens de la race des Oghuses, des Seldschuks et

des Ottomans font descendre leurs souverains

directement des trois chans de

l'aile

droite

:

les
i

Oghuses viennent du chan de la montagne ( ils habitaient un pays montagneux); les Seldschuks, du chan de la mer (la Méditerranée bornait leur empire); les Ottomans, du chan du ciel. Avant de nous occuper exclusivement de
mention des diverses branches de cette race et de leurs
ces derniers
,

(noblesse d'empire), conquit tout le pays au
delà de l'Oxus.
!

A

sa mort, Kadr-Chan-Jusuf,
,

fils

de Boghra-Chan
envers
les

se rendit célèbre par ses
la
I

!

libéralités

Turcs qui se livraient à
fils

il

sera utile de faire

devanciers, puisqu'en effet l'empire des Otto-

mans

s'est élevé

sur

les

ruines de celui des Selds-

chuks. Nous dirons donc d'abord quelques mots

des Oghuses; puis nous nous étendrons avec
d'autant plus de détails sur les derniers Selds-

Kara-Chan-Omar, ayant été fait prisonnier par son frère Mahmud, fut empoisonné avec lui, et le pays passa sous la domination de Toghmadsch - Chan de Samarcand [1031]. Le fils de celui-ci ( Schemsul-Mulk-Ben-llik-Chan-Ben-Togh madsch ) s'unit par un double lien à la famille
lecture

du Koran. Son

;

i

chuks, que l'histoire de leur chute est plus timement liée à l'élévation des Ottomans.

in-

Seldschuk,

dont

la

puissance
fille

allait

toujours

croissant, en épousant la

d'Alparslan, et

Les Oghuses dominaient dans
et dans
la

le

Turkistan
guer-

contrée située

entre l'iaxarte et
les

l'Oxus,

fréquemment enveloppée dans

res avec les chosroes de Perse et les chalifes (2) d'Arabie. Ce ne fut que trois cent cinquante

en donnant sa sœur Turkan au sultan MelekSchah [1069]. Les fils de Seldschuk puissante branche turque sortie du fils d'Oghus chan de la mer se fixèrent vers la fin du dixième siècle de l'ère
,

,

,

,

ans après

Mohammed que
(

Salur, descendant
la

de Tak-Chan
embrassa
porta depuis
le

seigneur de

montagne),

l'islam avec,

deux mille familles. Il nom de Tschanak ou Kara-

près de la Bucharie où régnait (1) Boghra Khan. Trente ans plus tard [1034] , Mahmud, le grand dominateur de Ghasna, le
chrétienne
,

,

conquérant des Indes,
l'Oxus dans le Chorasan

les conduisit

par delà
,

Chan,

et la

partiede son peuple qui avait adopté

père ( 2 ). Sebektegin

I

sa doctrine prit celui de

Turkmans (3), pour

se

de Mahmud, qui, d'abord esclave turc d'un général au service d'une famille persane régnante
j

distinguer des Turcs encore mécréants. Après
leur émigration,
ils

allèrent s'établir, les

uns
les

dans l'Arménie occidentale, d'autres sur
bords orientaux de
les
la

mer Caspienne

:

de

Turcomans orientaux et occidentaux. La con-

(Saman), fut installé comme gouverneur de Ghasna, s'empara bientôt du pouvoir absolu de tout le pays, comme avaient fait, dans les deux siècles précédents, les esclaves turcs Tulun et

j
:

'

trée qu'ils occupèrent se

nomme

encore aujoursur
les lieux qu'habitaient

d'hui Turcomanie (4).
les

Turkmans orientaux

et

(1)

Neschri

,

et

Dschihannuma

,

p.

370

,lig.

26

et 27,

occidentaux, p. 535-538. Déguignes fait remarquer que ces Turcomans sont les Oghuses qui firent plus tard des
invasions dans
p. 190. (1)
(2)
la

selon Mirchoud.
(2) Neschri.
(3)

Syrie

;

Histoire généal. des Huns,
p. 241.

liv. x,

et

Neschri explique ce nom comme composé de turc imaa c'est-à-dire croyant. (4) La uote de l'Histoire généal. s'étend fort au long
,

Déguignes, Tables chronologiques

,

Déguignes, Histoire généal. des Huns,

liv.

x,

p. ISS.

,

LIVRE PREMIER.
Achschid
( 1 ) institués aussi

i)

gouverneurs pour
les
la

leschalifes

en Egypte. Ces Turcs furent

premiers qui, du milieu de
placée autour

garde du corps
et

du souverain

,

s'élancèrent sur le
,

trône qu'ils étaient chargés de défendre

fumé de musc, on posa deux bandeaux ( pour représenter deux couronnes de Perse et d'Arabie) ensuite il baisa deux fois la main du chaon lui ceignit deux épées comme au dolife minateur de l'Orient et de l'Occident; puis on
,
;

;

,

changèrent leur

titre d'esclaves

contre celui

le

de de

rois;

Mahmud

substitua à

la

dénomination
et

roi celle

de sultan

(2), jusqu'alors inusitée.

proclama comme tel en public. Toghrul donna sa sœur en mariage au chalife, lui-même, après de longues négociations,
par obtenir celle du chalife pour épouse;
la

Le pouvoir suprême

resta à peine cent cin-

finit

quante ans dans sa famille; elle dut s'abaisser devant la race Seklschuk qui, appelée d'abord
,

mais à

pompe

extraordinaire avec laquelle on

célébra les noces (1) succéda bientôt

une autre
fiancé (2).

par
tout

Mahmud
le

au delà de l'Oxus

,

tint

pendant

pompe,

celle des funérailles
le

du vieux

trois

siècles sa

main puissante étendue sur

Sa place sur
la cavalerie

trône fut occupée par son neveu,
la

pays situé entre la mer Caspienne et la Méditerranée et cette main , au moyen des
;

Alparslan (robuste lion). Celui-ci, à

tète

de

turque, passa l'Euphrate et entra
la

cinq dynasties seldschukides

,

saisit successive-

dans Césarée, capitale de
l'avaient attiré la

Cappadoce, où
et
les richesses

ment

les

contrées de Fars, de Kerman, de Daet

renommée
;

mas, d'Alep
rèues
les

de Rum ou Asie Mineure. Toghrulbeg, petit-fils de Seldschuk, arracha

de

l'église

de Saint-Bazile

il

enleva les portes
Il

enrichies de perles

du
la

reliquaire (3).

con-

les

du pouvoir

placées par les chalifes
la

quit l'Arménie et la Géorgie, et s'avança jus-

dans
lah

mains débiles de
lui

famille persane

que dans

le

cœur de

Phrygie contre l'empel'armée

Buje; puis, appelé par

le chalife Kainibiemrilil

reur byzantin,

Bomanus Diogènes, dans
contre Alparslan
,

pour

porter secours,

vengea

les af-

duquel une horde moldave d'origine turque (les
Uzes
)

fronts faits au faible souverain par l'exécution

combattait

dont

le

de Besasiri
réel

(3),

esclave révolté.
la
(

Toghrul reçut
des
princes

prince des Oghuses avait épousé

la fille (4).
difficiles,

des mains du chalife

dignité , avec le pouvoir

L'empereur, après trois campagnes
parvint à rejeter
et à
les

d'Emirolumera
la

prince

)

Turcs au delà de l'Euphrate

dans

vaste étendue duchalifat, titre le plus
,

reconquérir Malaskerd, forteresse limitro-

élevé dont

avant

lui

,

eussent été revêtus

les

chefs de la famille Buje.
vestiture se
fit

La cérémonie de

l'in-

phe située entre Erserum et Wan. Alparslan accourut lui-même en toute hâte avec quarante
mille chevaux pour défendre ses Étals, que l'em-

en grande pompe,

le chalife assis

sur son trône, derrière un voile noir, et couvert

pereur menaçait à

la tète

d'une armée de plus

du manteau noir de Mohammed
tenait à la

(al

Borda),

main, pour sceptre,

le

bâton du pro,

de cent mille hommes. La supériorité numérique des impériaux fut affaiblie par l'indocilité d'une
troupe de mercenaires francs placés sous
ordres d'Ursel ou Bussel Balliot
,

phète. Toghrul, après avoir baisé la terre
tint

se

les

quelque temps debout, puis

s'assit

sur un

parent ou chef
par
la

autre trône à côté du chalife; après la lecture

de

la

race des rois d'Ecosse

,

et aussi

dé-

du diplôme qui l'instituait représentant absolu du chalife, chef suprême de tous les pays que
Dieu
les
lui

fection des Uzes, qui passèrent
lan. Toutefois l'orgueil

du côté d' Alparssi

de l'empereur en fut
la
la ville

avait confiés, et
le

gouverneur de tous de

peu humilié
la

,

qu'il

réclama pour gage de

paix

Moslims, on

revêtit successivement
;

remise entre ses mains de

de Rey, ré-

sept costumes d'honneur

on

lui offrit

en pré;

sidence

du

sultan

(5).

Alparslan se prépara au

sent sept esclaves provenant de sept

royaumes

sur sa tète, déjà couverte d'un voile d'or par(1)

La description en a

été faite

par Mirchond, et se

trouve insérée dans l'Annuaire de Vienne de l'an 1822
Ci)

La dynastie de Beni-Tulun commença en
,

l'an

254

p. 529.
(2)
Il

[868]

et finit

en 292 [904]
[934] et
finit

;

mença en 323
(2)

de Beni-Akschid en 357 [967].
celle

com-

mourut âgé de soixante-quinze
,

ans, Nochbetet

Tévvarich.
(3)

(3)
piste.

Déguignes, Histoire généal. des Huns, t. i, p. 239. Dans Déguignes on lit Nassassari faute du co,

Gibbon

selon les Byzantins,

liv. i.vii.

(4) Neschri.
(5)

Déguignes, Histoire des Huns

,

x, p. 209.

,

10
combat
;

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
nommée Nisamie (1), du nom de son fondateur,
de modèle à toutes les hautes écoles de Nisamul-Mulk avait été le condisciple de Hasan Ssabah fondateur de la secte des
servit
l'islam.
,

ii retroussa de sa propre main la queue de son cheval, changea ses flèches et son arc contre une massue et une épée, se revêtit d'un habit blanc, se parfuma de musc, et jura que, s'il succombait, le champ du combat serait son

assassins.

Il

opposa pendant très-longtemps

tombeau.

Il

triompha

:

l'empereur baisa
,

la terre

l'énergie de son caractère et tout le pouvoir

de

comme prisonnier du
le

sultan qui

dit-on, lui posa

sa haute position à l'alliance destructive de l'in-

pied sur

la tète (1). C'est ainsi

que huit

siè-

crédulité et

du poignard. Mais sur
les
,

la fin

de sa

cles auparavant

l'empereur persan Schabur avait
('2),

carrière, ayant perdu

faveurs du sultan
le

traité Valérien

empereur romain,
,

et trois

Melek-Schah
sins (2).
celui

il

tomba sous

fer des assas-

cent trente ans plus tard
foula sous ses pieds
le

le

tatare

Chan-Timur

Son nom

est passé à la postérité

comme

sultan ottoman Bajesid.

Au moyen

d'une rançon de 1,000,000 et d'un

du plus grand des vesirs. Melek-Schah fut célébré comme le plus grand des princes Seldschuks,
le

tribut annuel de 160,000 livres d'or,

Romanus

fondateur d'une ère nouvelle

(

l'ère

Diogènes recouvra
tré

la liberté;
il

mais, à peine ren-

dschclalide), le protecteur des savants et surtout des poètes.
les
Il

dans ses États

,

fut outragé par ses sujets

rivalisa

de

libéralités

envers
-

révoltés, renfermé, dépouillé

du diadème, et mis

poêles avec Chisr-Chan

(3), fils

deTogumad-

à mort. Les jours d'Alparslan furent abrégés par
le

sch, frère et successeur d'Ilik-Chan, souverain

poignard d'un assassin, Jusuf ,chuaresmien
la forteresse

commandant de
san, on
lit

de Bersem. Sur

le

Oghuse des contrées transoxianes, et dont la sœur (ïurkau) était son épouse. Melek-Schah avait
main d'une princesse Comnène que l'empereur Alexis lui avait refusée; de son côté, Melek accorda sa fille au chalife Mokaussi recherché la
tadi mais sous la condit ion rigoureuse,
,

tombeau des Seldschuks
«avez connu
«
la

à

Merwe dans le Chora:

l'inscription suivante

«Vous qui

grandeur d'Alparslan élevée jusici

qu'aux cieux, contemplez-la

ensevelie sous

en Orient

«la poussière (3).»

surtout

,

qu'il

renoncerait a toutes ses autres
,

Le bien

le

plus précieux qu'Alparslan transfils

mit avec son empire à son

Melek-Schah,
le

le

femmes ainsi qu'à ses concubines pour vivre uniquement avec sa nouvelle épouse. Dix-huit
,

plus grand des souverains seldschuks, fut

plus

ans avant sa mort, Melek-Schah avait abandonné;'! son cousin Suleiman, arrière petit-fils
la domination de tous les pays dAntioche, c'est-à-dire le pays de Rum ou Asie Mineure. Nous devrions, suivant l'ordre logique, passer de suite à l'histoire de celui-ci; mais il faut, pour la clarté et l'intelligence qu'après avoir fait connaître les trois

grand de tous les grands vesirs, Nisamul-Mulk. Déjà sous le règne de Toghrul de Sandschar et
,

de Seldschuk,
situés au delà

d'Alparslan, ce ministre avait dirigé pendant
trente années avec

un pouvoir illimité les affaires

du
née

vaste empire des Seldschuks, qui, d'un côté,

de la mer Caspienne à la Méditerrade l'autre, du pays des Chasares à la pointe de l'Yemen. Melek-Schah parcourut (4) douze fois son vaste empire d'un bout à l'autre
s'étendait
,

et,

,

premiers souverains des Seldschuks persans, (Toghiulbcg, Alparslan, et Melek-Schah), nous
disions quelques mois de leurs trois successeurs

pendant un règne de vingt ans. A Isfahan, Nischabur, Merwe, Balch, Hérat, Moszul Basra et Bagdad, s'élevèrent de nombreuses écoles et
,

immédiats,

Barkjarok,

Mohammed-Schah
la

et

académies fondées par Nisamul-Mulk, richement dotées par lui. La plus célèbre, celle de Bagdad,

Sandschar, avec lequel s'éteignit des Seldschuks de Perse.

grandeur

Melek -Schah

laissa

quatre

fils

:

Barkjarok

(1)

ce

fait,

Jean Scylilzes et Constantin Manassés rapportent que Nicéphore BryeuniusetZonaras passent sous

(1)

Noehbetet-Te\varichetDéguif;nes, Histoire généal.
,

des

Huns

p.

20J

:

Nisamul-Mulk
p. 95.

est aussi auteur

d'une

silence.
(2) (3)

histoire et d'un miroir des princes.
,

Gibbon chap. x. Déguignes , Histoire généal. des Huns
Nocbbftet-Tewaricb

(2)
,

Histoire des assassins

,

liv.

x

(3)

yKcbisv-Chan

est le
,

même que

d'Herbelot

nomme

p. 203.
(4)
,

Mirchond, Un".

Kheder-Khan (p. !0?) et dont. Gibbon met en doute l'existence coniimporamearec Mclek-Schali.

LIVRE PREMIER.
Sandschar
renversé
sur
,

1!

Mohammed

et

Mahmud. Leur mère
,

i

(Turkan-Chatun), dont les intrigues avaient déjà
le

seulement se renouvela l'exemple de plusieurs membres de la même famille exerçant successi-

grand Nisamul-Mulk voulait élever
au préjudice de
l'aîné, le

le trône,
fils.

plus jeune
,

de ses

Elle

y aurait peut-être

réussi

si

une

maladie subiten'avait pas enlevé ce'jeune prince,
qui donnait les plus belles espérances.

vement le souverain pouvoir en qualité de grand vesir. Ainsi, avant les fils de Nisamul-Mulk, on avait vu les Barmek,souslesAbassides: après eux on cite les Dschenderilis, enfin les Kœprilis, sous
les

Ottomans. Siaul-Mulk
)

(

splendeur de l'em,

Barkjarok, attaqué par deux de ses oncles, les
vainquit.
Il fit

pire

troisième

fils

de Nisamul-Mulk
le

fut élevé

crever les yeux à l'un d'eux (Tefit

au grand vesirat sous

règne de Mohammed-

kesch ou Tukusch), et le

jeter dans

une

prison à Tatrik; l'autre, Tetesch ou Tutusch, se

Schah qui, à la mort de son frère Barkjarok, avait réuni sous son pouvoir tous les États de la domination des Seldschuks persans, à l'exception

noya. Les serviteurs d'un troisième oncle (Ars-

lan-Arghun-Ben-AIparslan),

gouverneur du
fin à sa

du Chorasan où régnait son
frère Fachrul-Mulk, mais à

frère Sandschar.

Chorasan

et

de Ghasna, mirent
le

tyrannie

Siaul-Mulk ne succéda pas immédiatement à son
autre famille, Seadul-Mulk
pire), qui,
avait
11

par une mort tragique.

gouvernement de Chorasan à son frère Sandschar, et celui de Chuaresm a Mohammed-Ben-Nuschtegin-Ghardscha, fonBarkjarok remit
dateur de
la

un grand vesir d'une ( bonheur de l'emdes assassins,

gagné par
le

la secte

formé

complot d'empoisonner le sultan.

dynastie des schah de Chuaresm (1 ).

Attaqué par son frère
avec
lui

Mohammed, Barkjarok

fit

un
il

traité

de paix d'après les conditions
mais sous
la

duquel
pire
(

renonçait aux pays orientaux de l'em),

fut découvert au moment de l'exécution et mis mort avec ses complices. Les assassins tirèrent vengeance de cet échec par le meurtre de SiaulMulk. C'est alors que le sultan prit le parti

à

Aserbeidschan et Yrak

con-

de détruire quelques-unes de leurs forteresses

dition

que pendant tout
le

Sandschar dans
le

temps du règne de Chorasan. dans toutes les
le

dans l'Yrak
ses
fils,

(1).

Ainsi Nisamul-Mulk et deux de

périrent par le poignard des assassins,
,

prières publiques on ne prononcerait jamais

que

victimes de leur fidélité. Le troisième

Moéji-

nom de

Barkjarok. Le grand vesir Nisamul:

duI-Mulk, fut décapité par
cause de sa trahison;
le

le

sultan lui-même à

Mulk avait laissécinq fils Asul-Mulk (honneurde
l'empire), Siaul-Mulk (splendeur de l'empire),

quatrième, Asul-Mulk,

ne dut son

salut qu'à son incapacité absolue.
fit

Moéjidul-Mulk (prospérité de l'empire). Fachrul-

Moharamed-Schah
les idolâtres.
Il

la

guerre sacrée dans

la

Mulk (gloire de
les

l'empire).

Ils

succédèrent tous

Syrie contre les croisés, et dans les Indes contre
enleva à ces derniers une idole
placer

la charge de grand Le premier n'en exerça les fonctions que quelques jours, pendant lesquels il se rendit

cinq à leur père dans

vesir.

colossale qu'il

fit

comme
,

seuil

de

la

porte

de l'académie d'Isfahan
vrai croyant
la

voulant ainsi que le
le

indigne par ses débauches d'occuper

le

poste

ne put entrer dans
les

sanctuaire de

élevé qui lui était confié; son frère et successeur, Moejidul Mulk, coupable de trah ison envers

science qu'en foulant
,

idoles
,

sous

ses

pieds.

Ce prince poète lui-même
le

combla de

Barkjarok, en portant son frère
la- révolte,

Mohammed

à

faveurs et d'encouragements tous ceux qui s'oc-

fut jeté

dans
il

les fers.

Rentré en grâce

cupaient de poésie, et prit

surnom de refuge

et rappelé à la cour,

fut
la

néanmoins quelque

du bonheur

et

du monde
de Melek-Schah, qui du vivant de
et

temps après décapité par

même. Fachrul- Mulk,
vesir
,

l'aîné

main du sultan luides fils du grand
le

Sandschar,

fils

de Barkjarok

Mohammed

avait partagé

mérita par sa fidélité à son prince et sa

avec eux les domaines des Seldschuks , réunit

foi religieuse

de tomber frappé par
le

poignard

après leur mort sous son sceptre unique tout ce
vaste empire
,

des assassins, sous

gouvernement de Mohamde Barkjarok (1).
,

avec un trésor immense qui s'ac-

med-Schah, frère

et successeur

crut encore par la conquête de

Ghasna [1114].

Dans

le

long espace de mille ans

quatre

fois

Dans

cette

résidence de son oncle maternel

(1)

Désignes

,

Hist. généal. des

Huns,liv.

x, p. 2Î0,

(I)
tiles

Lan

s'étend très-longuement sur ces rapports hosles assassins, p. 516.

228-232.

de Mohammed-Schah avec

,,,

,

12

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
,

Urslan-Arghun-Bcn-Alparslan

il

avait saisi

rains

du Karachatai

se servirent

de ces peuples

toutes les richesses accumulées par le sultan

comme de gardes
sions à redouter
cela

des frontières contre les invaet leur

Mahmud, conquérant
lion

del'lnde.

La se trouvaient
et d'argent;

du Sud,

donnèrent pour

cinq couronnes, chacune d'une valeur d'un mil-

de ducats; seize trônes d'or

une solde annuelle. Arslan-Chan, prédécesseur de Kur-Chan, maître du Karachatai
(la

treize cents bijoux d'or garnis treize cents

de pierreries, et

petite Bucharie), ayant

rompu avec eux,

mes

et

armures d'or et d'argent pour hompour chevaux de bataille (1). D'après le
fait

non-seulement leur retira le subside annuel mais encore enleva leurs femmes pensant ainsi
,

partage de l'empire
prières

avec son frère, dans les
était

détruire cette souche indocile. Dépourvus de

publiques,

Mohammed

appelé

notions sur le
saisirent des

monde

par delà leurs steppes,

ils

schah, et Sandschar, sultan des sultans.
rant
le

Du-

règne de Barkjarok et de Mohammed Sandschar avait gouverné vingt années le Chorasan ; après
la

mort du dernier

,

il

monta sur
,

le

occupa vingt-quatre ans dernier grand dominateur des Seldschuks persans depuis Kaschghar jusqu'à Antioche, de la mer
,

trône

qu'il

,

Caspienne au détroit de Babolmandeb. La durée de son règne fut en rapport avec la vaste étendue de son empire et de sa puissance mais ne le vit pas accompagné d'une fortune con,

marchands que l'amour du gain avait conduits auprès d'eux, et les prirent pour guides vers un autre pays fertile. Les mains liées derrière le dos les marchands montrèrent le chemin de Balasghun, où les fugitifs tremblèrent encore sous la main d' Arslan-Chan. Mais sous son successeur Kur-Chan moyennant une pièce d'or par famille il leur fut permis de
,
,

,

s'étendre dans

le

Turkistan.
désirait établir

Kur-Chan, qui
de l'Oxus
et

de bons rap-

ports avec Sandschar, maître du pays au delà

stante.

Il

soutint dix-neuf guerres
;

,

et
,

triompha dans une

dix-sept fois de ses ennemis

mais

campagne au delà de l'Oxus [1140], il fut défait par Kurchan, souverain de Karachatai, et ne lui
échappa qu'à l'aide d'une prompte fuite, avec quelques-uns des siens abandonnant son camp et son harem. Plus tard [1156], il fut vaincu et
,

pris par ses sujets révoltés, les

Ghuses

("2).

Cette invasion des Oghuses dans le Chora-

san est

le

second grand mouvement de transla-

du Chorasan, lui adressa une letet de soumission. Sandschar lui répondit par une ambassade qui l'appelait à l'islam comme moyen de et conversion, l'épître orgueilleuse du sultan menaçait Kur-Chan d'armées innombrables, dont les archers fendaient un cheveu avec leurs flèches. Kur-Chan fit arracher la barbe aux envoyés; puis, leur mettant dans une main cette outrageante dépouille dans l'autre une aitre pleine

de déférence

,

,

tion opéré par ces peuples

de

l'est

à l'ouest

guille

:

«Si vous ne pouvez

,

dit-il

,

partager

dont
il

moslimes font mention. Déjà a été parlé de la première migration de quelles histoires

ces poils de barbe avec une aiguille

,

comment

fendrez-vous avec des flèches
sont encore plus fins?
rieuse fut
faite
»

les

cheveux qui
la

ques milliers de familles sous Kara-Chan, deux siècles auparavant; alors elles s'établirent sur
les rives orientale et occidentale

La réponse plus sédé-

un armement formidable, puis
,

de

la

mer CasCette fois

de Sandschar

après laquelle les gouverltsif et

pienne
tins

,

sous le

nom de Turkmans.

neurs du Chuaresm et de Ghur,

Husein,

ces tribus paraissent dans les historiens byzan,

appelées Ghuses ou Uses , dans

la

race
(3),

commencèrent aussi à lever mouvements d'indépendance
les prières

la
,

tète avec des

et firent réciter

desquels sont comptés aussi les
et les

Kumans

Petschenegues ou Kanglis

(4).

Les souve-

en leur nom, jusqu'à ce que Sandschar, rassemblant ses forces, sut courber à l'obéissance les gouverneurs rebelles, et les

Ghuses qui
nt)
(2)
(3)

s'étaient établis

dans
,

le
ils

Chorasan

et

Dscbenabi.
Lari , Dschenabi
,

Mirchoud.
,

dans
faut

les

environs de Balch où

devaient se

Suivant toute probabilité

il

compter dans
Jazyges
et

les

races turques, outre les

Kumans
;

et les
le

Petschenègues,

aussi les Jazyges et les Jasses

car

nom de

de

Jasses indique visiblement leur ancienne demeure au delà de l'Oxus, dans l'ancienne ville de Jas.
(<i)

Quatremère

,

Recherches sur

les

langues tatares

320,321; Déguignes, Histoire généal. des Huns x, Dans Lari , p. 58 au lieu de Kangli il y a Kareghli, ce qui probablement est une faute du copiste , comme Betscher au lieu de Betschnak.
p.
,

p. 256.

,

,

,

,

LIVRE PREMIER.
tenir paisibles el tributaires.
Ils

étaient chargés

ses (I), et

Abdolwasi, furent ses panégyristes.

de fournir la Mais un jour ils tuèrent
impôt avec trop de
forcer par les
le

viande pour

la cuisine

du

roi.

l'officier

qui levait cet

Samachschari , fameux commentateur du Koran,et non moins célèbre philologue (2), et
Nesefi
,

rigueur, et l'émir Ka-

dont

la

dogmatique forme encore au(3),

roadsch, gouverneur de Balch, qui voulut les

jourd'hui la base de la doctrine des Sunnites

armes à expier ce crime, resta sur
son
fils.

champ de

bataille avec

Alors le sul-

tan s'avança en personne avec 100,000 cavaliers.

Les Ghuses
,

lui

envoyèrent d'abord des
,

moururent tous deux dans l'année qui suivit la grande défaite subie devant les troupes de Char-Chan [1142-1143]. Hariri, connu depuis longtemps dans l'Occident comme en Orient
par
le

députés

pour s'excuser

implorer leur par-

chef-d'œuvre de
,

la

rhétorique arabe

,

la

du Chatai comme prix du sang de Kamadsch et deux livres d'or
don,
et offrirent

cent esclaves
,

makamat dédia

cet

ouvrage à son protecteur

Scherefeddin-Chaleb, grand vesir de

Moham-

pour chaque famille
aux armes,
Par
zance
la

;

mais tous

les

émirs ne

s'é-

med,

fils

de Melek-Schah, auquel Sandscharle

tant pas accordés, des négociations
et
le

on en vint grand monarque des Seld-

Aserbeidschan avait confié
d'Irak et de Fars.

gouvernement

schuks devint

le

prisonnier des Ghuses.

défection des Uses , l'empereur de Byétait

Romanus Diogcnes
;

mains d'Alparslan par
Sandschar
,

la révolte

tombé entre les des Ghuses

Les descendants de Mohammed-Schah, fils de Melek-Schah, maître de l'Irak, les schah de Chuaresm, les princes des Ghurides, et les quatre

branches des Atabegs, se partagèrent
s'élevait celui

les

petit-fils

d'Alparslan, se trouva

débris de l'empire seldschuk de l'orient, tandis

leur captif. D'abord leurs émirs baisèrent la
terre devant lui, et le traitèrent avec tout le

que

de

l'ouest

dans

l'Asie

Mi-

neure. Tournons maintenant nos regards sur
celui-ci
,

respect

dû au grand souverain qui naguère
de leur céder la contrée de Merw, où ils en vinrent à des insultes, à des
,

car sur son

tombeau

fut dressé le ber-

leur dictait des lois; mais ensuite, sur son refus
inflexible
il

ceau de

la

puissance ottomane. Malgré les rapdes deux histoires

ports multipliés des Seldschuks d'Iconium avec
les croisés et la liaison
,

résidait

les

outrages.

On imagina

déjà sur lui la fable

écrivains contemporains des croisades,

comme

dune cage de

fer renouvelée plus tard au sujet

ceux de Byzance, ne nous ont donné que des
notions très-incomplètes sur les souverains de
l'Asie

de Bajesid. Les Ghuses se répandirent

comme

un torrent sur
les

le

Chorasan, dévastèrent Nisles

Mineure; nous serions donc autorisé à

chabur, brûlèrent
plices

mosquées, massacrèrent
fer et le feu

combler cette lacune par des matériaux jusqu'alors inconnus, alors

savants après leur avoir fait subir mille sup,

même

que l'enchaînement

et

voulurent par

le

rameidoles.

intime des destinées des derniers princes seld-

ner

les

Moslimes de l'islam au culte des
,

schuks avec celles des premiers Osmans n'imposerait point à l'historien le devoir indispen-

Après une captivité de quatre ans Sandschar leur échappa dans une chasse, et, favorisé par
le

sable d'éclairer les unes par les autres.
fils d'Israil, fils de Seldschuk, règne d'Alparslan dans Rum, c'est-à-dire dans l'Asie Mineure, avait déjà tenté, avec une armée de Turkmans rassemblés à la hâte, de se

seigneur de

l'Oxus.

Comme
ils

bientôt après

Termed, parvint à mourut
1

franchir
le

kutulmisch,
le

chef

dès

des Ghuses,

se soumirent à

autorité de

Sandschar, avec lequel s'éteignit

la

grande do-

mination seldschuke, en Perse [1167J. A cause de ses conquêtes, les peuples l'appelèrent un

former un pouvoir indépendant. Vaincu, il périt dans sa fuite d'une chute de cheval. L'aîné

second Alexandre. Des rois revêtirent
gnités de sa cour
l'un
fils,
;

les di-

de ses

fils,

Manszur, fut quelque temps tribude son successeur Melek-

les sultans

kotbeddin

et Itsis,

taire d'Alparslan et

l'autre petit-fils

de ceNuschtegin, au(1) Histoire (2)

quel Barkjarok avait conféré

le gouvernement de Chuaresm, remplirent successivement les fondions d'échanson de Sandschar. Des poè-

de

la

rhétorique persane, p. 88.
traduit, ex-

Lan.

tes

et des savants distingués illustrèrent
,

(3) C'est

ledogmeque Muradjead'Ohsson a
la

son

pliqué, et qui forme

base de son ouvrage. Tableau
vol., p. 58.

règne. Envveri

le

plus grand rhéteur des Per-

général de l'empire otionian, i, 8

u
même

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
il

Schah; puis, sur l'ordre de ce dernier,

fut

son père. Mcsud, que Kilidscharslan avait jadis
établi

attaqué par l'émir Pursak, battu et tué(l). Le
sort était réservé à Suleiman, son frère

gouverneur de Moszul , et qui, après la mort de son père, avait été envoyé par lémir
Dsehewali, vainqueur de ce prince, à
la

puîné encore mineur, parce que Melek-Schah
avait résolu d'extirper entièrement ces rejetons

cour

de Mohamraed-Schah, souverain seldschuk de
la le

qui portaient ombrage de plus en plus à

la

branche principale de
Perse
(2).

la famille

régnante en
et

Grâce aux représentations

aux

instances

du grand

vesir Nisamul-Mulk, la vie

Mesud fut replacé par Mohammed dans gouvernement de l'héritage paternel, et, par la mort de son frère Melek-Schah, ce gouvernement s'étendit sur toute l'Asie Mineure. MePerse,

fut laissée à Suleiman, et

on

lui confia le

com-

sud fut un prince juste
cloîtres et

et pieux,
il

fondateur de

mandement des armées seldschukes deRum. La
reine des cités de la Syrie, la superbe Antioche,
fut alors arrachée pour la quatrième fois à l'em-

de mosquées;

bâtit,

près d'Amasia,

Samara, où
d'un dôme.
Il

l'on voit son

tombeau recouvert
(1).

régna vingt-sept ans

pire byzantin par les conquérants orientaux

:

Son
fille

fils

et successeur, Aseddin-kilidschars-

deux

fois elle était

tombée au pouvoir des chos-

lan (honneur de la foi , lion d'épée), maria sa

roës de Perse, Schabur et Nuschirvan; les Arabes
l'avaient enlevée quatre ans après la

Seldschuk-Chatum au

chalife !Naszir-Lidi-

mort de

nillah (2), reprit Malatia, jadis arrachée

par

Mohammed,
les

et

maintenant

elle fut

surprise par

son aïeul aux Danischmendes [11711, l eur ven "
dit

Turcs sous Suleiman, avec deux cent quatrela

une seconde
après

fois cette place,
le

sur les ins-

vingts chevaux, à l'aide de

trahison

du

fils

du

tances de ÎNureddin,

plus graud des Atabegs

gouverneur Philaretos. Alors deux lieutenants de Melek-Schah gouvernèrent en Syrie, son
frère Tutusch, fondateur de la dynastie syrienne

de Syrie

de nouveau Malatia

mort de ce prince, il conquit ainsi que Siwas et Cssaempoisonner le dernier il fit rée [1172]; puis
;

la

,

des Seldschuks à Damas, et Moslim,

fils

de Ko-

prince des Danischmendes(3), et incorpora leurs
vastes possessions â son empire (4). Mais,

reisch,de

la famille

Okaïl, à Alep. Celui-ci ré-

en

le

clama de Suleiman le tribut d'Antioche; sur son refus, il courut aux armes et perdit la vie dans cette lutte [1085]. Suleiman, vaincu lui-

partageant aussitôt entre ses dix
blit

fils,

il

l'affai-

intérieurement autant qu'il l'étendit au de-

même par Tutusch,
per à
la

se

donna la mort pour échapet Kilidscharslan,

captivité

1

1086].

hors [1188]; aussi devint-il facile aux croisés, conduits par l'empereur Frédérich Barberousse, de conquérir Icouium que remit Katbeddin, fils
d'Aseddin. Frédérich

Les

fils

de Suleiman, David
la

emmena

vingt otages, et

furent amenés à
la

cour de Melek-Schah. Après
à

mort de ce prince, David fonda
d'une
souveraineté

Konia

le

poussa sa marche par Tarsus vers Maszissa où il trouva la mort dans le ( Mopsuestia),
Selefke,
le

siège

indépendante

que

maintint ensuite son frère. Le dernier arracha

reux

qu'Alexandre

Calycadnus [1190] , moins heuqui échappa aux eaux
,

aux Danischmendes

,

régnant en Cappadoce,

froides

du Cydnus,

voisin

de ces lieux, seule-

leur capitale Malatia et la Karamanie, siège de
leur puissance, battit les croisés qui, dix années

après

la

mort de son père, avaient conquis Nimort dans
les flots

ment avec la fièvre. Plus tard, Kilidscharslan se il vourepentit du morcellement de l'empire de l'autorité sous nouveau lut le réunir de
;

cée, enleva Moszul, combattit l'émir Dsehewali,
et finit par trouver la

Katbeddin, et, dans cette vue,

il

rechercha
;

du

pour ce prince
mais alors tous
contre leur père
sa puissance.
Il

la fille

du grand Salaheddin
fils

Chaboras par accident peut-être, ou noyé par des traîtres qui le tinrent de force sous les eaux. 'De ses deux fils, Melek-Schah (3) prit possession de l'Asie Mineure, où il se trouvait à la mort de
(1)
(2)

les autres
,

se révoltèrent

qui vit que c'en était fait de

chercha un abri et un appui auprès de l'un contre les autres ; Mahmud , qui

Dschenabi
Lari
,

,

p. 197.

p.

525.
,

(1) Dschenabi.

(3) Celui-ci est incontestablement
le

comme Déguignes
,

(2)

Dschenabi.

présumait déjà

,

le

saisan schahi schaban

c'est-à-dire,

(3)
(4)

Nochbetet-Tewarich
Dschenabi
,

,

p. 120.

schah des schah

p.

200

et 213.

,

LIVRE PREMIER.
lui était le

15

plus dévoué, fut opposé à Chosrew,

le plus

acharné de tous.

Au

milieu des combats

entre

les fils, le

père tomba malade [1193], et

rencontra une résistance opiniâtre dans son neveu, fils de Mohieddin, maître d'Angora, qui tint contre lui trois années dans le château situé
sur un rocher escarpé. Libre sortie fut assurée

mourut après vingt-neuf ans de règne durant lequel il a bâti la ville d'Akserai(l). Après sa
mort,
la

aux assiégés mais, au mépris de
;

guerre fratricide s'enflamma de plus

née,

le

la parole donneveu fut immolé avec toute sa fa-

en plus pour la domination unique et absolue. D'abord Mahmud et Kotbeddin se frappèrent
;

mille (1).

Cinq jours après,
fils,

la

mort frappa

le

meurtrier, et son

bientôt

mourut

le

dernier, après avoir attiré

âgé de onze ans, AseddinKilidscharslan, ne régna que cinq mois (2).
Ghajaszeddin-Keichosrew, qui, à
la

par de perfides apparences d'amitié son ennemi
dans un piège pour l'immoler
(2).

nouvelle

A

leur place

de

la

mort de son

frère, était accouru

de Cons-

aussitôt s'élancèrent sur le premier plan de celte

tantinople, fut d'abord battu par les troupes

de

sanglante arène Keichosrew, souverain d'Ico-

son neveu mais bientôt
;

les habitants

d'Akserai

nium,

et

Rokneddin-Suleiman, maître de Tokat.

et

Celui-ci enleva Siwas et Csesarée, chassa Kei-

clamèrent sultan.
,

chosrew d'Iconium, puis

lui
il

donna en dédomavait dépouillé son
à

de Konia se déclarèrent pour lui et le pro11 se saisit de son neveu et de tous ses émirs et reçut l'hommage de Melek-

magement

Elbistan dont

Efdhal, l'Ejubid, souverain de Samosata, et de

frère Moghaieszeddin, et

peu

peu réunit sous

son sceptre l'empire démembré par son père.

Keichosrew s'enfuit d'Elbistan auprès du mallre
d'Alep, de

Nisameddin, maître de Charpurt [1203]. Le dernier, pressé par les armes du souverain d'Amid, Nasireddin-Mahmud, et de Melek-Eschret,
appela l'assistance de Keichosrew, qui envoya à

puis

il

là, auprès de Léon, roi d'Arménie; gagna Trapezunt (Trébisonde), et enfin
fils

son secours Melek-Efdhal avec une armée. Le
souverain d'Amid quitta Charpurt, et Keichos-

se rendit à Constantinople, où, avec ses

Alaeddin-Keikobad

et

attendit onze années la

Aseddin-Keikawus, il mort de son frère (3).
a la cour,

rew
lia,

se mit
la

en marche pour

aller assiéger Atta-

sur

côte de Cilicie. Les Grecs appelèrent

Rokneddin
losophe et

avait adopté en secret la doctrine

à leur secours les Francs de

Chypre; mais, ne
auxiliaires,
ils
li-

impie des Ismaïlites.

Un jour,

un phisa pré-

pouvant s'accorder avec ces
vrèrent
la

un derwisch disputèrent en

place au sultan. Bientôt après, Keiil

sence. Celui-ci, vaincu par les

arguments de
et s'em-

chosrew fondit sur l'Arménie;
Laskaris près

enleva Ka-

son adversaire, eut recours à la violence,
porta jusqu'à
sultan
fit

rakos [1206]; mais, après avoir triomphé de

le

le frapper au visage, sans que le moindre mouvement pour empê-

d'Amurium

[1208],
le

il

se laissa sur-

prendre par un Franc qui

tua [1211] (3).

cher une
retiré, le

telle scène.

Lorsque

le

derwisch se fut
« Si j'avais

philosophe se plaignit de ce que Rok:

neddin

l'eût ainsi laissé maltraiter

Melek-Efdhal, prince de Samosata, pleura sa mort dans une élégie arabe pleine de charme et de tendresse (4).

pris ouvertement, dit le sultan, la doctrine des

Aseddin-Keikawus,

fils

aîné de Keichosrew,

philosophes sous

ma

protection contre celle des

prince jeune, beau, instruit et vaillant, reçut

derwischs, toi et moi nous eussions été as-

sommés par le peuple. «Rokneddin avait reçu du
chalife

égyptien

le titre

honorifique d'es-sultan

l'hommage des souverains d'Amid , Hoszin Kcifa, Mardin Charpurt et Samosata, qui frappèrent de la monnaie avec son empreinte,
,

el kahir, c'est-à-dire le puissant, le

vengeur,
le

et

et firent réciter les prières

en son

nom mais
;

le

mérita par ses rigueurs.

11 fit

ouvrir

ventre

clans sa

propre famille,

il

lui fallut

abattre les

à son favori chéri, le bel Ajas, qui avait pris
lait caillé

du
il

prétentions de son oncle, Toghrul Ben-Kilidsch

à une pauvre

femme

(4).

Après avoir

Arslan

,

maître d'Erserum

,

et

de son

frère

dépouillé ses frères de leur héritage paternel,

puîné, Alaeddin-Keikubad. Toghrul assiégea

(t) (2)

Dschenabi

,

Neschri
p. 201.
,

,

Nochbeiet

,

Lari

(1) (2)

Dschenabi,

Dschenabi, p. 203. Dschenabi , Neschri

,

Lari.
,

^3)

Neschri, Lari

Nocubetet-Te-warictf.

(3) Lulfi, (4)

Dschenabi
,

,

Neschri
,

Lari.
le

(4)

Dschenabi

,

p.

202

;

Lari

,

p. 527.

Dschenabi

p.

203

en donne

commencement.

, ,

10
le sullan

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
dans Siwas,
la place.

et

proche de Melek-Eschrat
secours de

ne se retira qu'a l'ap, appelé de Syrie au

ghrul, aïeul d'Osman, surnage au-dessus du
flot

de

la

conquête mongole, puis disparaît un

Plus tard, tombé entre les
,

demi-siècle, emportée par le courant des évé-

mains de son neveu
par
le

il

fut étranglé avec tous

nements jusqu'à ce que, sous
,

le

règne du
et

troi-

ses émirs [1213J; son frère

Keikobad
,

fut assiégé

sième et dernier Alaeddin,

elle reparaisse
,

avec

Angora pris et envoyé dans (1). Quant aux émirs du les fers keikawus leur fit couper la prince rebelle barbe et ordonna qu'on les promenât par le camp sur des ânes, en proclamant que c'était
sultan dans
à

un nouvel

éclat, s'arrête enfin

fonde son

Malatia
,

trône sur le théâtre de l'histoire. Pour ne pas
actes des Ottomans ne faut pas encore nous détacher des Seldschuks d'Iconium ; nous devons plutôt suivre
il

rompre l'enchaînement des

,

le

châtiment des traîtres envers
la

les

princes

(2).

leurs destinées jusqu'à la fin

de leur empire,
er
I
,

Laskaris n'échappa à

vengeance que

le sul,

avec
le

les sept

princes qui restent encore, depuis
,

qu'en la mort de son père abandonnant un grand nombre de villes et de châteaux. Aux Francs de Chypre Keikawus arracha la ville d'Attalia, dont ils s'étaient emparés [1214]; il prit la place de Lulue en Artan voulait tirer de
lui

plus grand de tous

Alaeddin

jus-

qu'au plus impuissant et au plus débile, Alaed-

din

III

;

embrassant
d'oeil

les faits,

comme

jusqu'ici

par un coup

rapide. Aussitôt après son

ménie,
[1215]

et

Sinope, sur

les rives

de

la

mer Noire
de Sala-

(3).

Après

la

mort de Tahir,

fils

avènement au trône, Alaeddin le Grand conclut paix et amitié avec Melek-Eschref souverain de l'Arménie arracha au prince de Mésopota, ,

heddin, souverain d'Alep, il voulut se saisir de cette ville mais il lui fallut se retirer. Re,

mie, Melek-Kamil-Mohammed
teaux [1225]
,

,

quelques châ-

prit

,

l'année suivante, au prince
,

jetant la faute de cet échec sur ses généraux,
les fit

il

renfermer dans une maison à laquelle on mit le feu et ils périrent dans les flammes (4). Le sultan n'obtint pas plus de succès dans son
,

d'Amid, Melek-Mesul-Ben-Ssalih de la famille Ortok, deux forteresses [1226] (1), et triompha de cet adversaire avec l'assistance de son allié,
Melek-Eschref (2).

expédition contre Melek-Oleschref-M usa, maître

Dans

la

septième année du règne
la

d' Alaeddin,

de
et

la

Mésopotamie; au retour,
à Siwas [1220]
;

il

mourut
Son

là il

tomba malade repose sous un
lui.

commença

guerre de sept ans avec Dsche-

dôme

élevé à côté de l'hôpital bâti par

frère, Alaeddin-Keikobad, s'élança
:

de

la

prison au trône une captivité de cinq années, un séjour de onze ans à l'étranger, à Constanlinople lui avaient donné les loisirs de la mé,

grand des princes de Chuaresm L1229] qui dans l'histoire de DschengisChan, joue un rôle si important, pour avoir opposé une digue longtemps inébranlable au débordement des peuples mongols, et qui s'élaleddin, le plus
, ,

croula enfin en ébranlant

le

pays.

Comme

des

ditation et l'expérience des infortunes, propres

historiens européens d'un

certain poids ont

à développer les hautes facultés dont

la

nature

l'avait doué. Quinze ans il exerça le pouvoir suprême et se montra le plus grand prince des
,

fait des Ottomans des Chuaresmiens (3), parce que leur auteur, Suleiman, quelques années

avant

la

chute de Dschelaleddin

,

parut sur

les

1

Seldschuks de l'Asie Mineure
et particulièrement

;

et

il

marque

la

frontières d'Arménie, pour déraciner cette opij

place la plus remarquable pour leur histoire,

nion

,

il

est nécessaire ici

pourcelledesOttomnns:car
de son règne,
la

sur le

Chuaresm

et ses

de dire quelques mots habitants et de donner
,

sous

lui elle

grandit et s'éleva à une plus haute

une explication
vieilles

à laquelle

nous autorisent de

importance.

Au commencement
,

sources orientales.
étroite

Le Chuaresm

est

époque contemporaine de Dschengis-Chan,
race des
,

celte

bande

de terrain entre l'Oxus à

Ottomans par Suleiman père de To(1

)

D'après Dschenabi , p. 205 le
, ;

nom
,

de

la

première
qu'il est

(1) INesehri. (2)
(3)

est
,

Hosznmanszur
,

le

nom

de

la

seconde Alkahaszin, ou

Dschenabi

p. 204.

Alkahscbin
écrit d'une
feuille
(2)

est incertain à la

lecture

parce

Lulfr Neschri.

(4)

121

Dschenabi, p. 204, Nocbbetet-Tewaricb, du Miretul Edwar.

manière douteuse. Dschenabi ibid.
, ,

(3)

Désignes

Histoire généal. des Huns.

,

LIVRE PREMIER.
l'Orient, et la

M
fils

mer Caspienne
le
(1).

à l'occident; borle

entendre pour ses
vant
,

cinq fois

comme

aupara-

née au sud par
des

Chorasan, au nord par

pays

Turkmans
;

Les habitants

,

population

mélangée

(2), se

distinguent par des

particulières

leur langue diffère

du
la

turc et

mœurs du

pour lui seulement deux fois, au lever et au coucher du soleil. Vingt -sept princes devaient battre des tambours avec des baguettes
et

d'or garnies de perles. Ces batteurs de tam-

pur persan.

(3).

Les

villes principales
,

sont Kurrive occi-

bour étaient

les fils

des souverains assujettis
les rois

kendsch ou Dschordschania sur

des Seldschuks et des Ghurides,
Balch, Bamian, Buchara et leurs

de

dentale, Kat, sur la rive orientale del'Oxus.

fils;

tous les

La première porte
pays; c'était
est sa
la

aussi le

même nom que

le

emplois de cour étaient remplis par des rois et

Grande renommée comme berceau de nombreux
résidence des schahs.
,

des princes
gueil
,

(1).

Dans l'enivrement de son orle

il

avait

provoqué Dschengis-Chan par
à

savants et cependant le village de Samachschar lui dispute la prééminence, pour avoir donné
le

meurtre de marchands mongols
le

Otrar
et

,

et

torrent
et
,

mongol

se répandit sur 'ses États

jour au plus fameux philologue arabe
(4).

,

Sa-

au delà

en deçà de l'Oxus sur Otrar
,

Ned-

machschari
tans

schend
Sandschar,
les plus
,

sur Fenaket et Chodschend

sur Sa-

Barkjarok
des

et

grands
le

sul-

Seldschuks

persans

eurent
Itsif
;

pour
prel'autre

échausons Kutbeddin et son

fils

markand et Buchara, sur le grand et le petit kurkendsch ou le Chuaresm (2). Le fils de Mohammed-Schah Dschelaleddin,

mier

fut

seulement

gouverneur,

et

Minkberni,

le

dernier des schahs de Chuaresm,

devint bientôt après prince indépendant dans
le

Chuaresm. Le père de Kotbeddin était le Turc Nuschtegin, l'esclave de l'échanson d'un
émir seldschuk
fils,

non-seulement poursuivit dans l'Orient contre Dschengis - Chan la guerre qu'il avait héritée

(5). Itsifeut

pour|successeursson

son

petit-fils et

son arrière-petit-fils. Le

de son père mais encore il mesura ses forces en Occident avec Alaeddin-Keikobad le plus grand des Seldschuks de Rum. Le neveu d'A,
,

dernier, Alaeddin Tekesch (6), engagé dans des guerres multipliées à l'intérieur avec des
frères et des
fils
,

laeddin, son lieutenant à Achlath

,

s'étant sou-

misaveesa

au dehors avec

les

Seldschuks
,

au pouvoir triomphant du schah de Chuaresm, Alaeddin-Keikobad courut avec
ville

de Perse

et les souverains

du Karachatai
,

se si-

vingt mille cavaliers, auxquels se joignirent cinq
mille

gnala par sa valeur et sa magnanimité
exploits et par son

par des

hommes de

son
,

allié

Melek Eschref-Musa,
sanglantes 'batailles
,

amour pour
en Europe
,

les sciences. Il

de
et

la famille

Éjubid
des

seigneur de Mésopotamie,
plus

plaça sur ses drapeaux et sur ses tentes le crois-

après une

sant

,

qui
les

depuis

,

fut

regardé

qui aient signalé les fastes de l'islam

à Niszi-

armes exclusives des Ottomans (7), mais qui déjà longtemps auparavant, avec l'empreinte du soleil décorait la couronne des chosroes de Perse sur leurs monnaies comme symbole d'un pouvoir s'étendant sur le soleil et sur la lune. Au temps des Seldschuks, la musique militaire jouait aux cinq parties de la
,
,

comme

Tschemen, dans

le

voisinage d'Erdendschan

[1229], il remporta une victoire éclatante (3). Quatre ans après [1233], Achlath tomba en son pouvoir (4). Melek-Kumil souverain de l'Egypte, convoqua maintenant ses forces contre
,

Alaeddin seize rois vinrent grossir son armée, et néanmoins avec ses troupes innombrables il
; ,

prière; Alaeddin

Mohammed,
,

fils

de Tekesch,

se tint seulement sur les rives

maître

du Chuaresm

établit

qu'elle se ferait

Calycadnus),qui séparait

Rum

du Gokszu (du de la Syrie. Le

prince de Hama, Melek-Mosaffir, fut détaché avec
(1)

Dschihannuma
Jbid.
Jbid., p. 346.

,

p. 345.

(2)
(3)
(4)

deux mille cinq cents cavaliers au delà de l'Euphrate vers Charpurt. Serré de près par Alaeddin il capitula , et le sultan le renvoya revêtu
,

Jbid.

(5) (6)

Déguignes, Histoire gènéal. des Huns,

i, 261.

Dans ses Tables généalogiques, Déguignes l'appelle Touksch, dans son Histoire, part., 1. xiv, Teketsch. Le dernier nom est plus exact.

m

(1) Histoire généal. (2)
(3)

des Huns,

1.

xiv

,

p.

278.

/Wrf.,p. 275.

Dscbenabi.p. 205; Lari, 528; Nochbet.,
Dschenabi.

fol.

121.

(7)

Voy. insignia turcica
TOM.
i.

;

Jena-

,

1683.

(4)

2

,

18
d'un

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
costume
d'honneur.

L'année

suivante

rives

de l'Oxus aux bords de

la

mer

Ionienne,

[1234], l'armée égyptienne des rois allies se

dispersa

,

et

Alacddin s'empara de Harran
,

et

de

Roha.

Il

enleva aussi Ersendschan

Tschemis-

grecques furent taansporlées du Bosphore sur le Tibre et l'Arno. Le chalife Naszir-Li-Dinillah
(soutien de la religion pour l'amour de Dieu)

comme deux

siècles plus tard les lettres

chek

et Alaje,

ou plutôt l'ancienne Side, aux
il

environs de laquelle
porte son

bâtit la ville d' Alaje qui

nom

(I), ainsi

d'Ersendschan

(2).

que Kobadije près Passionné pour les grandes

envoya comme ambassadeur a Keikobad le plus grand légiste de son temps SchehabeddinSiihrwerdi, qui lui remit un diplôme du chalife,
,

constructions, Alaeddin enrichit de mosquées,

avec

le litre

de

cloîtres
villes

,

d'académies el de caravanserais

mille cavaliers tous ulémas

d'honneur de grand sultan. Quinze ou scheichs allèrent
,

neuf
Siwas

de son empire

,

parmi lesquelles
et la

au-devant de Schehabeddin
bassadeur
,

et le savant

am-

Amasla (4), Anamur (5) résidence de Konia, qu'il entoura de
(3),
railles.

par amour pour
tels

la

science

,

ou en

mu

-

reconnaissance de

honneurs, revit un oudédié

vrage fameux

sur

l'Éthique,

par

le (1).

Afin de protéger ces villes par une sorte de
talisman, il demanda une inscription au plus grand des poètes mystiques Mewlana-Dschelaleddin qui, sous son règne, était venu de Buchara avec son père Behaeddin, s'était établi à
,

scheich Nedsch-Meddin au sultan Alaeddin

Ce

puissant souverain mérita les

hommages

que lui rendaient les savants, par la protection dont il les couvrit et par l'amour avec lequel lui-même cultivait les sciences. 11 divisait la
,

Rum,
ami
)

d'où

il

reçut aussitôt

le

nom de

Dschela-

nuit

leddin- Rilmi (6).
est le

Mewlana (notre maître ou
,

glées.

comme le jour en trois parties bien réUne portion du jour était consacrée aux
du gouvernement une autre à des en, ,

fondateur des derwischs rnewlewi,
florissant

affaires

l'un des ordres les plus considérés

tretiens avec les savants et les scheichs

la troi-

encore aujourd'hui dans l'empire ottoman. Le
siège et les principales possessions de cet ordre
se trouvent a Konia
,

sième à l'étude

de

l'histoire.

11

n'accordait

lieu

de pèlerinage
les

trèsla

qu'un tiers de la nuit au sommeil; le reste était employé à des exercices de piété et à la lecture
d'ouvrages de morale. Ses deux grands modèles
étaient

fréquenté, qui renferme

tombeaux de

famille de Dschelaleddin, dont le père et

le fils

partagent avec

lui le titre

honorifique de suldes connais-

quérant,

Mahmud-Le-Ghasnewide comme conet Kabus,flls de Weschmgir, comme
,

tan dans l'empire de

la sainteté, et le

prince noble, éclairé.

Il

réussit à réunir leur

pèreBehaeddin porte le nom de sultan des Llemas; son fils, celui d'émir sultan ou mewlanar chunka, c'est-à-dire,
sances mystiques. Ainsi

double mérite,
son amour pour

et les

nombreux monuments de

les arts et les sciences,

comme
il

l'étenduede son empire, témoignent desa gran-

l'empereur

,

et

son

petit-fils

,

celui

de sultan

deur
le

et

weled

,

ou sultan enfant. Lorsque Dschengisses ravages sur les

Chan porta

pays en deçà

et

au delà de l'Oxus, les savants, s'échappant des débris fumants de leurs bibliothèques et des
académies, s'enfuirent vers l'extrémité occidentale de l'Asie, auprès de Keikobad
,

heureux des souverains Seldschuks; le malheur ne le frappa que dans sa mort. 11 périt dans le palais qu'il avait élevé
plus
et le plus

de grand

sa

puissance. Dix-sept ans

fut

près d'Ersernm, et qui de son

nom

fut appelé

Kobadije [1237]
fils (2).

,

empoisonné par son propre

cher-

chant auprès de
le

un asile, une protection que schah de Chuaresm ne pouvait plus leur aclui

Ce

fils

était

Ghajaszeddin-Keichosrew, second

de ce nom.
trueux ne
d'autres
1

Si la

vengeance de son crime monsque
ar-

corder; et

la littérature

persane émigra des

atteignit pas aussi rapidement

parricides

dont

les

noms

souillent
elle

(1) (2)

bschlhanhuraà p. 61 Nochbetet-Tewarich
,

1.

l'histoire
122.

des chosroes et des chalifes,

,

fol.

(3) Ibiri.
(4)

Dschihanriumà

,

p.

08.
la

(1)

Mirssadolibad, c'est-à-dire, observations des étoiles
serviteurs de Dieu. Idris, p. 20.
p.

(5)
(i,j

Caramania de Beaufort, p. 190. Sur Dscbrlaleddin-Rumi voy. l'Histoire de

par
rhé-

les

(2)
fol.

Dschenabi,
.

207

\

Lari,

p.

529; Noclibetet.

torique persane, p. 103.

122 e

LIVRE PREMIER.
riva prit an milieu des jouissances

19
saisit

cependant terrible, impitoyable, et le surde la débauche et

sendschan; une terreur panique

son armée,

qui s'enfuit aussitôt. Les Mongols prirent Achlath et

de l'ivresse des plaisirs grossiers où s'écoulait son règne. Dès son avènement au trône, il cé-

Amid Keichosrew
; ,

forteresse

d'où

il

se réfugia dans une envoya une ambassade porter

sœur avec Melek-Asis, donna safille pour épouse, et fit prononcer le nom de son gendre dans les prières publiques. L'hommage du père ne put
lébra le mariage de sa

prince d'Alep, qui

lui

au chan sa soumission. C'est ainsi que finit l'indépendance de l'empire des Seldschuks dans
l'Asie Mineure. Les émirs, soulevés

par

la tra-

hison du parricide, l'étranglèrent [1257], et
placèrent ensemble sur
le

assurer

à la fille les

égards de son époux, qui

trône ses deux

fils

porta exclusivement touies ses affections sur sa

mineurs, Rokneddin-Kilidscharslanet Aseddin-

seconde femme,
éterniser le

la fille

du prince de Géorgie.
loin, qu'il voulut

Keikawus, auxquels ensuite Alacddin

fut associé

Son amour pour
empreindre avec

elle alla si
la

dans

la

souveraineté.

nom de
le

princesse eu le faisant

sien sur les

monnaies.

Comme
de

les

cette violation publique des lois
l'islam,
il

grands de l'empire s'opposèrent à fondamentales
imagina une
expression

Après la conquête de Bagdad, Rokneddin et Aseddin se rendirent auprès d'Holaku pour prendre ses ordres il les retint quelque temps
;

auprès de

lui,

puis les renvoya, instituant

sym-

comme régent

auprès d'eux son vesirSuleiman-

bolique de son idée. Le lion est l'image du sultan,
le soleil celle

de

la

sultane au lieu de mettre son
:

propre
fit

profil

regardant celui de
la tête

la

princesse,

il

illuminer

du

lion par les rayons
était placé derrière.

du
Les

soleil

dont

le

disque

monnaies, avec cette galante application de
cien hiéroglyphe astronomique
le lion
,

l'an-

Perwane ,1;. Les frères ne régnèrent ensemble que peu de jours bientôt Rokneddin s'empara du pouvoir pour lui seul, et Aseddin s'enfuit par Alaje vers Constantinople. Théodore Laskaris, empereur byzantin résidant à Nicée, expusa dans un discours solennel au Seldschuk fugitif les
;

du

soleil

dans
( 1 ),

raisons qui lui faisaient désirer son éloigne-

se sont conservées jusqu'à nos jours
les
le

ment

(2).

Il

trouva moins de faveur encore aufille,

et

se

trouvent entre

antiques médailles
soleil

près de Michel Paléologue,qui maria sa
princesse Marie, jadis fiancée avec

la

persanes représentant
la

et

le

lion et

décoration
,

plus récente

de l'ordre per-

san du Soleil

comme monument du moyen

âge (2). La tranquillité du règne de Ghajaszcddin fut
d'abord troublée par
sous
la

la révolte

des derwischs,

Holaku.au frère et successeur de ce prince Abakachan (3). Vainement Aseddin, dont la mère était chrétienne, se montra dans toute occasion tellement disposé au christianisme, que l'historien byzantin Pachymeres se demandé s'il hélait pas en
effet chrétien

conduite d'un certain scheich, Baba,

4

;

en va in

il

affecta le plus

grand

Elias, qui
le

sous

le

masque de

la sainteté,

souleva

respect pour des petites images de saints et des

peuple. Ses bandes furent dispersées par les
le

troupes du sultan, et Baba fut pris avec Isak,

sidérations

complice de ses jongleries dévotes

et politiques.

du patriarche (5). Les conque pouvait faire agir sur un empereur dévoué à la foi du Christ, l'adoption par
reliques qu'il sollicita

Mais

le

vaincu s'empara bientôt de l'esprit du
fit

le

prince turc de
la

la

religion chrétienne

,

furent

vainqueur, et
faveur
ses

de
les

si

grands progrès dans

la

étouffées par

crainte des Mongols.

Aseddin

du

sultan que Mewlana-Dschelaleddin et

fut confiné avec sa famille

dans

le

château d'Aidisent les

compagnons,

pieux scheichs Mewlewi,
(3).

nos, et Michel est justifié de cette violation de
l'hospitalité,
s'il

s'éloignèrent complètement

Dansla septième

est vrai,

comme

le

année du règne de Ghajaszeddin [1243], les Mongols fondirent sur les frontières de Bum.

Le sultan

les

rencontra dans

le

voisinage d'Er-

(1) Lari et Nesehri ne parlent que du règne colleclif d'Aseddin-Keikawuset de Kilidscharslan, et ne savent rien de l'adjonclion prouvée par les monnaies d'Alaed-

din-Keikobad à ces princes.
(1)

Déguignes, Histoire généal. des Huns,
246 et 1. xi 267. Ousely xxi tables en cuivre, 27 Dschenabi p. 207.
, ,

i

,

les

dé-

(2)
(3)

Pachymeres, vu
Jbid. Ibid.
Ibid.
,

,

32.

crit, p.
(2)
(3)

m
iv
.

,

24-25.
24.
5.

,

,

fifj.

(<S)

,n,
,

,

(5)

2>

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
«as
qu'il

historiens seldschukides.

en

soit nul-

mait déjà dans
et

les prières

publiques à llbe>tjn
fut

lement question dans

les

ouvrages byzantins,
el

Kaiszarije. Le

soupçon

immédiatement

qu'Aseddin avec son général Behadir-Ali

son

suivi

du supplice du
1
.

prince, et aussitôt

de

grand écuyer Oghu^ibeg

ait

tramé un complot

grands troubles éclatèrent dans l'empire seldschukide

pour se saisir du trône de Byzance 1 .On aveugla lécuyer avec du vinaigre bouillant le général fut tué. et Aseddin tenu sous une garde rigou.

Mohammed-Beg,
de
la

fils

de Karaman fondateur
,

dynastie des Karamans.qui s'éleva des

l'apparition de son libérateur Berke-Chan. fils de Tusehi. fils de D-ehengisChan. grand chef des Tatares de Kiptschak et

reuse, jusqu'à

débris

de l'empire seldschukide. en même temps que celle des Ottomans, et se maintint durant deux siècles rivale dangereuse de

de krimée. Favorisé par la rigueur de l'hiver. Berke-Chan passa le Danube sur la glace, porta ses ravages jusque sous les murs de Constantinople. emmena en Krimée le prince Seldsehuk.
échappé d'Ainos. traînant en
lui la colonie

Mohammed-Beg produisit unTurc sorti du peuple comme le fils d'Aseddin mort à Serai
celle-ci.

en Crimée,
il

et.

au

nom

de ce prétendu prince,

s'empara de

la capitale et

même temps après

Nous aurons

ailleurs
la

du gouvernement. une occasion plus convela

turque établie sous Saltukdede
unit sa

nable de parler de

fondation de

puissance

dans

la

Tatarie Dobruze. sur le rivage occila

des karamans et des principaux souverains de
cette dynastie
ici
. :

dental de

mer Noire,
il

fille

avec Ased-

qu'il

nous

suffise

de remarquer

din. auquel

Soldsehad et

donna en fief les districts de de Sudak. La première épouse
au pouvoir de l'empereur.
2
.

que pendant cette révolution de cour, Mointroduisit

hammed-karaman
essentiel
'

un changement
2
.

d Aseddin

était restée

dans

les rôles

des impôts

Ces re-

dans

le

voisinage d'Ainos. à Karaferia
s'appelle encore aujourd'hui

gistres

avaient été jusque-là tenus dans tout
;

une porte

Ana-ka-

l'empire seldschukide en persan

Mohammed.

mère ou d'Anna, parce que cette princesse, se trouvant sur la tour près de la porte au moment où lui parvint la fausse nouvelle de la mort de son maître, se précipita par terre et se tua 1268". Le fils d'Aseddin.
puszi.la porte de la
I

Karaman y mêla
en usage
la

le

turc avec le persan
les

et

mit

tenue de livres avec

mots con-

fondus des deux langues, d'après laquelle, aujourd'hui encore, sont rédigés les registres de
la

chambre ottomane avec des termes tout romet

resté auprès d'elle, reçut,

en embrassant
3
.

la foi

pus
par

chrétienne . le
le

nom de Constantin
,

Cependant
:

bri-ent
les

des caractères qui se croisent et se 3 Invoqué comme protecteur à la fois
.

souverain d'Iconium. frère d'Aseddin. Rok-

neddin - Kilidscharslan sur l'ordre d'AbakaChan. avait été étranglé par le régent mongol

|

Perwane 1267^.
1

trône

le fils

mis sur le de Rokneddin. Ghaja>zeddin-keiavait

et à sa place

on

|

deux princes seldschukides, Ghajazeddinkeichosrew. que le prétendu fils d'Aseddin avait chassé de sa capitale et par Mesud le véritable fils d'Aseddin. mort en Crimée, le chan des Mongols. Abaka. envoya contre le Turc usurpa. .

chosrew. troisième de ce nom. âgé de quatre ans, pour figurer le représentant du pouvoir su-

teur et son soutien

karaman son
et

fils

Oghus-

Chan 4
;

et

son vesir Fachreddin-Ali-Schah,qui
tuèrent

prême

4

.

Mais

la

puissance réelle fut placée

chassèrent l'usurpateur,

Mobammed-

dans les mains de son beau-père, époux de la veuve du prince étranglé. qui l'exerça durant
dix années avec sagesse pour les Mongols, jusqu'à ce que.battu par le sultan d'Egypte Kilaun.

Beg-karaman. avec tous ses frères. Le chan des Mongols divisa l'empire des Seldschuks entre les deux cousins, en sorte que keichosrew régnait sur
la

partie occidentale, à Iconium, et

successeur de Bibar-Bondokdari,

il

fut

soup.

Mesud sur

les

contrées de l'Orient, à Ersendset

çonné par Abaka-Cban d'entretenir des intelligences avec son ennemi le sultan, que l'on nom(1)

chan, Siwas

Malatia

S

.

Arghun-Chan

fit

1

>esehri.
Lutfi.

Dscbeoabi

.

Lutâ Nocbbet.
.

(3)

(2; Karaferia, rancienneBcroia. T'oy. la Rnmili d'Had-

Dans

la

bouche de Lutfi,

le

savant grand vesir,

schi-Cbalfa

.

p. 86;

Mannert. vu.

p.

516:

Lutfi.

ce renseignement a d'autant plus d'importance.
(4;

3
4)

Pacbymere*.
Dscbenabi
,

Neschri.
,

p. 207.

(5) Lulfi

Nescbri

,

Dscbenabi.

,

-.

LIVRE PREMIER.
exécuter le dernier [1283], qui lui était devenu
suspect d'intelligence avec ses ennemis les Tatares, c'est-à-dire les
ses sujets les

21
,

vernements de l'empire, qui

plus tard, furent
le

appelés de leurs noms; mais dans

troisième

Turcs de

la

Crimée contre

Alaeddin se ranima pour quelque temps ce feu
qui avait brillé dans
le

Mongols de Perse.
d'Aseddin, se voyait donc nodéchiré en tous sens par des

premier

,

et la dynastie,

Mesud,
dans

fils

au

moment de

s'éteindre, jeta encore

un

vif

minalement maître unique d'un empire qui
le fait,

était

gouverneurs révoltés, et par des prétendants que le hasard et l'ambition faisaient surgir de plusieurs points. Après n'avoir goûté durant
quinze années que
il

Avec le secours d'Osman, Alaeddin remporta quelques avantages sur les Turkmans révoltés et sur les armées des Mongols jusqu'à
éclat.
,

ce

que

le

chan Ghasan
,

irrité,

mit

fin à la vie

d'Alacddin

et avec elle à la

domination seldfils

les

amertumes du pouvoir,
Lorsque, après
était

schukide
din
,

1

1307

.

Ghajaszeddin.
,

d'AIaed-

finit

par

y
il

laisser sa vie 1.1297].
il

prince cruel et sanguinaire
les

fut étranglé

la

mort de son père,
la

revenu par kasteles

par

Mongols

,

quelques jours après son
,

rauni, où

disputa quelque temps,

armes

à la main,

domination à Uimirbeg, rega,

père (2), dont le neveu, Ghasi-Tschelebi fils de Mesud. qui se maintint encore un demisiècle

gnant

l'Asie

avait laissé

il Mineure par Constanlinople sa femme et sa fille en otages à

comme

seigneur de kastemuni et de Si-

l'empereur grec

(1).

La première
la

lui fut

renla

nope, borna toute sa gloire à exercer la piraterie contre les Génois et les Byzantins (3)

voyée, mais l'empereur Andronicus retint

main à Turkopols, qui, pour prix de
fille,

dont

il

promit

Isak, chef

des

T356]. L'empire des Mongols persans, qui avait mis
fin

cette

union,

à celui des

Seldschuks d'Iconium,
ses

tou-

consentait à se séparer des Alraogabares, enne(2). Isak avait en même temps demandé que l'empereur proclamât sultan le frère de Mesud qui avait été baptisé sous le nom de Constantin. La faiblesse du sultan d'Iconium devait encourager à cette demande;

chait

lui-même au terme de
les
fait leur proie, ils

destinées.
ils

mis de Byzance

Impuissants à retenir unis
avaient

pays dont

durent les abandonner

,

en partage aux chefs des hordes turkmanes. Ainsi se démembra l'empire depuis longtemps
amoiudri
distribué,

des Seldschuks, que,
,

cent
II

dix
avait

mais l'empereur
s'y hasarder.

,

plus impuissant encore, n'osa

neuf ans auparavant
entre ses dix

Kilidscharslan

Les Almogabares, ou Catalans,
la

dans une bien plus vaste étendue,
fils,

ayant découvert
crèrent au

trahison que

le

perfide chef
le

qui, après

la

mort d'Alaed-

des Turkopols méditait contre eux,

massapro-

din
tes,

111.

se

rompit en dix portions indépendan-

moment où

il

voulait s'embarquer
lui

pour
posé

l'Asie

avec son prétendant par

comme

sultan à l'empereur, le néophyte
,

Melek- Constantin
,

frère
,

de son beau-père.

pour se reformer en un seul tout sous la main violente de la dynastie prépondérante, au bout de cent cinquante ans, et tomber enfin à n'être plus qu'un simp'.c gouvernement du vaste
empire ottoman. L'Anatolie ou
,

Outre Constantin qui
conium,
et

avec l'aide dlsak et de

l'Asie

Mineure,
par

l'empereur, avait espéré se rendre maître d'I-

bornée de
l'Ilalys

trois côtés

par

la

mer,

et à l'est
,

Mesud, qui figurait sur le trône, il y avait encore un troisième frère, Firamurs, fils d'Aseddin. Après la mort de Mesud le fils
,

(aujourd'hui
et

Kisilirmark
,

le

Meuve
le

Bouge)

par

le

Taurus comprend tout

ter-

riioirc des dix princes qui surgiront

comme

de ce Firamurs, Alaeddin
Seldschuk qui occupa
le

III,

fut le dernier
lui

des rejetons du trône renversé des Seldschuks,
et

trône et

rendit un

qui

,

par

les historiens

orientaux

.

ont été ap-

peu de son ancien éclat. Les begs turkmans, tels que Karaman, Kermian, Mentesche(3) et Osman tout en rendant un apparent hommage au souverain suprême, Alaeddin , s'étaient saisis d'un pouvoir indépendant dans les gou,

pelés rois des peuples [4),

comme les généraux
,

qui , après

la

mort d'Alexandre se partagèrent

(1)
;2)

Rausatol-Ebrar , jardin des justes.
Dscuenabi.
ldris et Aalt.

(3)

(1)
(2)
v

Pachymeres, vu, 22.
Ibid.
,

ni le second Alaeddin, et
(1308).

Déguignes ne contient ni celui-ci Mesud règne jus-qu'en l'an 708

vu

,

15 et 22.
Histoire généal. des

3) DèGuijjnes

,

Huns

,

1.

xi, p.

74

(4)

Mukikilawaif.

22

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
possédait la Carie; la Lycie et la Pamphylie
étaient réunies sous la domination de Tekke.

les débris de son empire en Europe et en Asie. D'abord ces pays portaient dans l'histoire le nom des peuples qui les habitaient; dans le

moyen âge,
signa par

sous l'empire byzantin, on les délégions qui s'y trouvaient en gar-

Au nord de celui-ci mais en se retirant de la mer Hamid était établi dans la Pisidie et
, ,

les

l'Isaurie

;

et

au nord de ce dernier dans
,

la

Li-

nison (1) ; après le renversement des Seldsehuks, par les maîtres qui s'étaient partagé les
débris, et

caonie,

Karaman

avait établi le

siège de sa

puissance, de beaucoup supérieure à celle de tous les autres petits princes ses voisins
collègues,

aujourd'hui
derniers.

ils

portent encore
il

les

ou

noms des

Comme

ne

s'agit ici ni

de

d'abord à Larenda, puis

à

Konia,

l'histoire de Byzance, ni de l'ancienne Asie, mais des annales des Ottomans, nous n'indique-

ancienne capitale et résidence de tout l'empire
seldschukide. Ses vastes États étaient bornés

rons donc pas

les

pays d'après

les

désignations

au nord-ouest par ceux de Kermian, dans

la

employées par

les

Grecs anciens ou modernes,
,

par Hérodote ou Strabon

par Constantin Porphyrogcnète ou Denys le Periegète; mais nous nous servirons de la nouvelle géographie en usage depuis la fondation de l'empire ottoman,

n'empruntèrent point leur nom du prince, mais le reçurent de l'ancienne capitale (1) dans le
,

Phrygie septentrionale

les

seuls qui

,

voisinage de Kutahije(2). Dans

la Galatie et la

Bithynie, et jusqu'au pied de l'Olympe, et par

depuis cinq siècles environ: seulement, pour

conséquent
zantins
,

,

en contact immédiat avec

les

By-

nous orienter plus facilement
faire

,

comme

il

faut le

les
1

premiers princes des Ottomans
villes, et l'été

maintenant en traçant

le cercle

des pos-

passaient

hiver dans les

au sein

sessions des dix princes, parfois nous nous re-

des montagnes.

A

porteronsaux dénominations des ancienstemps.

sessions, dans la

au nord de leurs posKastemuni (la Paphlagonie),
l'est et

Tout ce que la vue peut embrasser de Constantinople en Asie, et pas plus loin, c'est-à-dire
jusqu'àl'Olympe, voilà ce qui obéissait encore'à
l'empereur de Byzance; puis venaient,
la côte
,

et à l'angle oriental

de

la

Bithynie
la

,

régna en-

core un demi-siècle sur

côte maritime, à

Sinope et à Héraclée,
Scldschuks
,

le

dernier rejeton des

le long-cle

Ghasi-Tschelebi; immédiatement

les petits États

indépendants des Turkles

après lui, et

même

déjà de son vivant

,

les fils

mans
vant
:

,

nouvellement formés avec

débris du
sui-

grand empire seldschukide, dans l'ordre

d'Umur-Beg et d'isfendiar, appelés aussi KisilAhmedli (les Ahmed rouges), dominaient sur
le

pays des anciens Henètes

,

Cauconiens et

En Mysie

régnait

Karasi;
et

dans

la

Lydie

Mariandini.

ou Maeonie, Ssaru-Chan

Aidin; Menlesche
(1)

Forum Ceramorum;
Cotyacum, Kennel
,

v. Renel's illustrations of
,

the
31.

history of the expédition of Cyrus, p. 26
(1)

28,

30

,

Themata Constant. Porphyrogenetes

et

Gibbon.

(2)

ibicl.

,

LIVRE
COMMENCEMENT DES OTTOMANS.

IL

— RÈGNE

DOSMAN, PREMIER PRINCE DE CETTE DYNASTIE.

Dans

le

premier livre
et le

,

nous avons rappelé
berceau des Turcs
,

il

se fixa

auxenvirons d'Ersends-Chan

et

d'Ach-

brièvement l'origine
dérivation de leur

la

nom,

leur division en troncs
,

principaux et en branches collatérales

leur

translation de l'est â l'ouest, la domination des

mort de Dscheugis-Chau, et après que Chuaresm-Schah, vaincu par Alaeddin, le grand prince des Seldschuks d'Iconium, eut disparu, la grande tribu
lath [1224J. Sept ans plus tard, après la

Turkmans
faits

et

desSeldschuks, depuis
la

les

bords

reprit le
le

chemin de

la patrie,
la

suivant d'abord
direction d'Ale fleuve, le

de l'Oxus jusqu'aux rivages de

Méditerranée,
la

cours de l'Euphrate, dans

obscurs en partie, perdus dans

nuit des

lep.

Lorsque l'on voulut traverser

près

temps ou dans l'immensité de
seulement par
suivis
les

l'espace,

conservés

du château de Dschaabcr [1231],

cheval de
et le

traditions orales,
a cause

ou bien
la rapi-

Suleiman se précipita d'une rive escarpée,

moins distinctement,
récit entraîné
inutile.

de

prince fut noyé dans les flots de l'Euphrate.

dité

du

par

la

crainte d'un dével'histoire

Aujourd'hui, son tombeau, près du château de

loppement
orales

Le fleuve de

turque

Dschaaber

,

s'appelle

encore
(1).

le

tombeau des

qui, parti des sources ténébreuses des traditions
,

Turcs (Turkmesari)
sèrent.

Alors, toutes les fa-

s'était

frayé

péniblement

une route

milles ressemblées sous sa conduite se disper-

étroite et resserrée à travers les troncs renversés, les

Une

partie

demeura en
les

Syrie,

une autre
et

branches entrelacées, maintenant grossi
réunion de plusieurs affluents qui ont

prit la route

de

l'Asie

Mineure, où leurs des-

par

la

cendants,

comme

Turkmans de Syrie

quitté leur

nom pour

prendre

celui des

Ottoet

mans, va poursuivre librement son cours,
rouler ses flots limpides dans un
lit

de Rum, errent encore aujourd'hui, avec leurs hordes, dans l'été, sur les hautes montagnes, et

vaste et libre.

dans

les plaines

pendant
et
le

l'hiver.

L'empire ottoman fut véritablement fondé

Des quatre
Giintoghdi
,

fils

de Suleiman, Sunkurtekin,
Ertoghrul les deux Chorasan, leur patrie,
,

au commencement du treizième siècle de 1ère chrétienne, ou du huitième de l'hégire (hidschret)
;

Dundar

premiers regagnèrent
les

mais l'histoire des ancêtres d'Osman,

le

autres s'avancèrent avec quatre cents fa-

fondateur,
et

commence avec Suleiman, son
translation de sa tribu

aïeul

milles dans le

Sùrmeli-Tschukur
(2) (vallée

(fosse

de Sur-

avec

la

de

l'est

à

meli), vaste bassin a l'orient
le

d'Erserum, et dans
bras prin-

l'ouest, près

d'un

siècle

auparavant, à l'époque

Pasin-Owasi
(3),

de Pasin), l'ancienne
cl le
(

de Dschengis-Chan. Lorsque ce grand chef des Talares eut renversé l'empire de ChiKiresm qui servait de digue avancée contre le débordement des Mongols, Suleiman-Schah fils de Kaialp, de la faraill :
, ,

Phasiana
cipal

d'où sortent l'Araxe
le

de l'Euphrate,

Murad l'Omiras de
là,
ils

Pline) (4), pour se diriger, le premier à l'orient,
et celui-ci a l'occident.

De

tournèrent à

Kaji, l'un des plus nobles des Oghtises, quitta
le

Chorasan, où

il

était établi

avec sa tribu

d'Hadschi-( halfa. D'après Seadedrtin, l'émigration eut
lieu

cinq ans

,

et,
,

selon Dschenabi, dix ans auparavant.
fol.

auprès de Mahan,

emmenant avec lui cinquante mille personnes (1), il gagna l'Arménie où
et,

(1)
(2)

Sead.ddin
Neschri,

8

;

Neschri

,

fol.

20.

fol.

20.

(3)

Rennel's
p.

illustrations

of the expédition of Cy-

rus,
(1)

213

et 227.
p.

Neschri

,

fol.

19, d'après les Tables chronologiques

i'

Ibid.,

211.

, ,,

,

24
l'ouest

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
pour chercher
Ils

dans les donner au milieu de troupes qui étaient aux prises. Eucore éloigné du champ de bataille et sans
asile et abri

États d'Alaeddin.

allaient

des Tatares d'Aktaw. A l'avant-garde de l'armée, immédiatement en avant du sultan, il plaça les Akindschi (1), les coureurs ou fourrageurs. Durant trois jours et trois nuits,
lutta
il

pouvoir distinguer à qui appartenait

la

plus

avec les Grecs et les Tatares, au défilé
les défit enfin, et les poursuivit

grande troupe, à qui la plus petite (1), Ertoghrul ( l'homme droit ) prit la résolution
chevaleresque d'assister
les plus les plus faibles

d'Ermeni,

au

delà d'Ainegol, jusqu'au rivage de la
ils

mer où

contre

s'embarquèrent pour Gallipolis. Lorsqu'il re-

toire.

nombreux. Son secours décida la vicLes vaincus étaient les Tatares mongols
lui baisa la

çut la nouvelle de cette victoire, Alaeddin se
trouvait à Bosœni, aux environs d'Eskischehr (Dorylœum). En mémoire de l'avantage rem-

et le

vainqueur Alaeddin, sultan des Seldschuks.

main comme au proteclui donna un vêtement d'honneur et lui assigna pour séjour d'été les montagnes de Tumanidsch et d'Ermeni pour séjour d'hiver les plaines autour de Sogud
Ertoghrul
teur de son choix; Alaeddin
(le

porté par
garde,
il

la

cavalerie légère
le

d'Osman à

l'avant-

changea

nom du district
fils

en celui de

Sultan-OEni (front du sultan),
à Ertoghrul et à ses

et conféra

un fief

comme

défenseurs des

frontières de l'empire seldschukide. Seraidschik,
l'État de Biledschik et de Karahiszar, soumis au sultan d'Iconium, leur fut assigné comme séjour d'hiver; on leur désigna

pâturage). D'après le récit de Seadeddin,
sollicita

situé
alors

dans

Ertoghrul
fit offrir

d'Alaeddin une

demeure

tranquille en échange de ses services qu'il lui

par son envoyé Sarujati-Sawedschi
d'abord
noirs),
les

;

le sultan lui attribua

montagnes de

Karadschatagh (monts

sur la frontière

occidentale d'Angora (2); et c'est après cette

montagnes de Tumanidsch (Temnos) et d'Ermeni pour résidence en été (2). Comme l'état du sultan d'OEni qui forme aujourd'hui le Sandschak du même nom, fut le
les
,

concession seulement qu'aurait été embrassée
la

généreuse résolution de prêter assistance au

parti plus faible dans la bataille douteuse (3).

berceau de la puissance ottomane, quelques mots sur sa topographie ne seront pas inutiles pour aider à se guider dans la suite. Le Sandschak du sultan OEni , appelé aussi sultan Ogi
est

Karadschahiszar, forteresse à quatre lieues d'I-

noni, au nord de Kutahia, sur

le

fleuve

Pur-

environné par

les limites

de l'ancienne Phryses juridictions et

sak (Thymbris), reconnaissait alors
neté

la souverai-

gie-Epictetos. Les

noms de

du

sultan Alaeddin, quoiqu'elle fût ha,

bitée par des Grecs
sin

ainsi que le château voide Biledschik. Ertoghrul, provoqué par les

de ses lieux principaux sont autant de jalons et de bornes dans la plus ancienne histoire des
Ottomans. Eskischehr,
si

fameuse dans

l'his-

Grecs, sollicita et obtint du sultan la permission

toire des croisades sous le

nom

de Dorylaeum

para (4). Ensuite, à

de marcher contre Karahiszar et s'en emla tète de quatre cent qua,

avec ses karavansérais, ses bains chauds, ses
jardins et ses vignes
est le chef-lieu dont nous aurons occasion bientôt de parler avec détail,
,

rante cavaliers, avec lesquels

il

avait fait priles

mitivement
gols,
il

la

charge décisive contre
,

Mon-

comme de
ture

la

résidence et

du

lieu

de

la sépul-

combattit

pour

le

compte d'Alaeddin

du scheich
,

Edebali, beau-père d'Osman.

dans

la

plaine de Brusa, entre cette ville et

Plus tard, nous nous étendrons aussi sur Sidi-

Jenitschehr, contre l'armée réunie des Grecs et

Ghasi
le

lieu fameux de pèlerinage, renfermant tombeau de Sid-Battal (seigneur des com-

bats), le
(1)

premier des héros chevaleresques
,

liés

Neschri
,

,

fol.

20, confirme cette résolution cheva,

par

le

fameux serment des Arabes
et

qui

,

trois

leresque

qui

la

tenait de la

l'avait

met
(2)

le

un ancien historien Mewlana-Ajas bouche de l'écuyer d'Urchan lequel apprise de son père et de son grand-père. Aali récit dans la bouche d'Orchan Idris fol. 12
d'après
, ;

siècles

demi avant
nom
la

le

chevalier

espagnol

,

;

(1)

Sous

le

d'Akandschi,

ils

paraissent dans tous

Neschri.

les historiens
,

européens de

l'histoire

ottomane

;

ils

fu-

Seadeddin

fol. 8.
,

rent

l'effroi

de

Hongrie

et

de l'Allemagne durant deux

(3)

Dschihannuma (4)Dschihannuma,

p. €43.
p.

siècles et
fol.

demi.
p.

675; Neschri.

22; Aali,

(2)

DansMannert, vi-in,

536

,

Tschuinus, au lieu

fol. 9.

de Tumanidsch.

,

LIVRE
remplit l'Orient
le

II.
les

25
les

du bruit de
la

ses exploits.
le

Sogud,

Outre

Thébasion des Byzantins et
(1),

Ssfszaf des

contre

Arabes

longtemps

résidence d'ErtoghruI,

il

fut ensuite enseveli, est situé sur la route

deux faits d'armes déjà rapportés, Mongols ou Tatares et la conquête de Karadschahiszar .sous le règne du grand Alaeddin, outre l'établissement dans le Sand,

des caravanes de pèlerins de Constantinople à la Mecque, entre Lefke (Leucai) et Eskischehr

schak actuel du sultan OEni, outre
et le
fils

la

naissance

mariage d'Osman et
,

la

naissance de son

(Dorylœum), à neuf lieues au sud de
ville,

la

première

Urchan, dans

le

large espace d'un demi-

dix au nord de la seconde.

A

une demi-

siècle qui s'écoula entre l'origine

du premier

et

de cet endroit, à gauche de la grande route, sur le chemin de Lefke, s'élève une chapelle au-dessus du tombeau d'ErtoghruI (2).
lieue

du second Alaeddin, des circonstances de
la

l'histoire
la vie
lie

ne dit plus rien
;

d'ErtoghruI

mais

tradition orale, qui se
et qui

au commencement

Ce monument,
environs et
lité

aussi bien
,

que

les raisins

des

de toute histoire
éclat

environne toujours d'un

les saucissons

ont rendu

la loca(3).
,

mystérieux les premiers pas des fonda-

célèbre dans tout l'empire

ottoman

teurs de dynasties, s'arrête avec

amour au
qui

récit
le

Outre les quatre villes ci-dessus nommées le Sandschak comprend encore les châteaux de Karadschahiszar et de Biledschik (le Melangeia et
le

d'une apparition prophétique

frappa

pieux Ertoghrul, et d'un songe qui annonça

au jeune
la

Osman

ses destinées! L'invention et

lors

Belokoma des Byzantins), dont il sera question de leur conquête par Osman. Itburni ( nez

disposition de ces circonstances appartenaient

à l'esprit des

Orientaux

et

des musulmans, et

de chien), village où se passèrent les premières années de la belle Malchatun, l'amante d'Osman, auprès de son père; enfin, les deux sièges de juridiction, Bosojuni ou Bosceni (front de
glace) et Inœni (front

suivant l'expression conservée de
«

mohammed

,

les apparitions

nocturnes sont une partie du
et les

domaine des prophètes,
nent de Dieu.
»

bons rêves vien-

de caverne);
la

c'est à

Bo-

sœni qu'Alaeddin reçut
toire

nouvelle de

la vic-

plicité, à l'imitation

Le songe d'ErtoghruI est d'une grande simde celui de Jacob auquel le
fois

remportée par Ertoghrul sur
fit

les Tatares,

Seigneur apparaît plus d'une
meil de
la

dans

le

som-

ce qui

donner

à la

contrée

le

nom de

Front

nuit pour lui annoncer les bénédic-

du Sultan. Inœni,

situé

au pied d'une montagne

tions qui

tomberont sur
,

sa race (1).

Dans une

escarpée, d'où Osmaii s'élança vers ses pre-

miers triomphes, doit son

nom

à ses

nombreuses

de un

ses courses

il

se trouvait logé

de nuit chez

homme

plein
la

cavernes, d'un abord très-difficile, et qui n'ont

maître de

de piété. A l'heure du repos, le maison tira un livre d'une armoire
le

encore été visitées par aucun voyageur eu-

placée derrière Ertoghrul, et
la

posa sur

la

place

ropéen

(4).

A

l'est,

se trouve Akbiik

(moustache

plus élevée de

la

chambre. Ertoghrul ayant

blanche), ainsi appelé de l'un des plus vaillants

demandé

ce que c'était
c'était la

que ce

livre

,

le

maître

compagnons d'armes d'Osman, qui en fit la conquête. D'autres guerriers ont donné leurs noms à d'autres lieux de l'Asie Mineure. Ertoghrul avait trois fils, Osman, Gundusalp et Sarujati-Sawedschi, dont
le

répondit que

parole de Dieu annoncée
,

aux hommes par

le

Prophète

le

Koran. Après
jusqu'au

que chacun fut
tin

allé se

coucher, Ertoghrul prit

le saint livre et le lut toute la nuit
:

ma-

premier
l'ère

était

né en
(5).

alors

il

se coucha
,

un

657 de

l'hégire,

1258 de

chrétienne

sommeil du matin véritable véridiques, il eut une apparition prophétique et entendit une voix qui lui dit « Puisque tu as
:

Pendant le moment des songes
instant.

(1)

Hadscbi-Chalfa, dans ses Tables
[797]
,

chronologiques

été pénétré d'un

si

profond respect pour
les

ma
de

de l'année 181
(2)
(3)

fait

mention de l'expédition de Ha-

parole éternelle

,

tes enfants et les enfants

run-Al-Kahschid contre Sogud.

Dschihannuma
Constanliuople

tes enfants seront
,

honorés dans

générations

,

p. 642.
,

Menasikul-Hadscli
,

les

Devoirs du Pèlerin

impri-

més

à

p. 28.
p. 642.

(4)

Dschihannuma
Hadschi-Chalfa

,

sible
la

que Sarujati,
ainsi

le

second
le dit

,

(5)
liste
la

,

Tables chronologiques, dans
,

ans auparavant,

que

ait été envoyé, soixante Seadeddiu , par son père

des sultans.

Comme Osman

le fils

aîné

,

n'avait, à
est

mort de sou père, que vingt-quatre ans,

il

impos-

comme ambassadeur auprès d'Alaeddin. xxvm, 1. xxxi. (1) Genèse
,

,

, , ,

20
à venir
(1). »

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
,

Le songe d'Osman lorsqu'il allait épouser Malchatun (femme trésor), la fille si
belle

Osman et son
Dieu
,

frère Gundusalp, se confiant en

s'élancèrent

du château, repoussèrent

le

du pieux scheich Kdebali,

est

moins em-

seigneur d'Eskischelir, et firent prisonnier celui

preint de cette simplicité del'esprit patriarcal;
il

de Chirmenkia. Bientôt Kœse Michal se sentit
attaché à son vainqueur par les liens de l'amitié;
il

se rapproche plutôt

du

caractère de la tradi-

tion romanesque, et présente

même
il

déjà une

se

soumit à
;

lui

avec un dévouement sincère et
tard
,

<

teinte de circonstances historiques;

s'y

trouve

profond
chal

et plus

quand Osman

se trouva

mêlés des scènes d'amour, des rivalités, des

possesseur d'un trône indépendant, Krese Mi-

combats même, que
dans
les

l'on

va voir se dérouler
(2) à

abandonna
Il

la foi

de ses pères pour emet ses des--]

États

du

sultan

OEni

nous déjà
le

brasser l'islam.

fut l'un des plus fermes appuis

connus.

du pouvoir grandissant d'Osman,
cendants
fils

Un

pieux et savant scheich d'Adana, dans

même,
,

sous le

nom

des Michalogli,

pays de Karaman, Edebali, après avoir achevé
ses études des lois

de Michal

se sont maintenus

comme une
temps bien Nous aurons

en Syrie,

était

venu

s'établir

famille riche et puissante dans les

à llburuni, village voisin d'Eskischelir, capitale
actuelle

postérieurs de l'histoire ottomane.

du Sandschak de Sultanxni. Souvent
venait le visiter.

plus d'une fois occasion d'en parler.

Osman avait

Osman
la fille
elle

Un

soir qu'il aperçut

Malchatun,

il

se sentit transporté
le

pour

d'un violent amour; mais

père ne céda

point à ses sollicitations pour obtenir Malcha-

tun, parce qu'il se défiait de

la

durée des sentid'ailleurs,
il

ments du jeune homme,
regardait sa
condition
a
fille

et

que,

donc gagné un ami; mais il n'avait pas encore obtenu la jeune fille tant désirée. Deux années encore s'écoulèrent (1) avant qu'il pût la posséder, avant que le père, touché par la constance de son amour, se laissât décider à interpréter un songe en faveur du jeune homme.

comme trop inférieure Osman. Osman se plaignit
et à ses voisins, et
,

en
;

il

de son amour traversé à ses parmi ceux-ci, au seigneur d'Eskischelir qui enflammé par le
confia les peines

Une nuit Osman reçu comme hôte dans la maison d'Edebali étant allé se mettre au lit plein de la patience qui, selon le proverbe arabe
, , ,

compagnons

est la clef de la jouissance, tout occupé de l'obje de son amour, par lequel l'amant silencieux et

la belle

de l'amant passionné, rechercha aussitôt Malchatun et subit un refus. Redoutant le seigneur d'Eskischelir plus que le jeune Osman, Edebali passa des terres du premier sur
récit
celles

résigné mérite presque
voilà

la

couronne du martyre
le

que, sortant du monde mystérieux, une

image vint frapper son œil fermé par
ment.
Il

sommeil

aux objets extérieurs, mais ouvert intérieurese voyait avec le scheich son hôte repo:

de son ancien hùte, ou plutôt d'Erlog-

hrul.
les

De

des haines et des hostilités entre

sant étendus
la

De

la

poitrine d'Edebali s'élevait

deux rivaux. Un jour qu'Osman se trouvait comme hôte avec son frère Gundusalp chez
son voisin et ami,
le

lune qui

,

grandissant de plus en plus et s'apla

prochant d'Osman, parvenue à son croissant
et
,

plénitude de
le

seigneur d'Inaeni

,

parut

finit

par descendre sur

sultan

tout à coup le seigneur d'Eskischelir soutenu

par se perdre dans son sein. Ensuite, de ses

de son allié et voisin Michal-Kœse ( Michel à la barbe pointue), seigneur de Cninnenkia, château appuyé à l'Olympe, près d'Edrinos (3) ils sommèrent, les armes à la main, le maître du
;

reins surgissait
et croissant

un arbre qui, s'élevant toujours
et

en vigueur

en beauté, étendait

ses branches et ses
loin sur les

rameaux de plus en plus au terres et sur les mers et jetait son
,

lieu

de leur

livrer

Osman. Le seigneur

d'lna;ni

ombre jusqu'aux dernières
parties

limites

des trois

rejeta loin de lui cette violation de l'hospitalité.

de

la terre; le

sous son abri, des montaet l'Atlas, le

gnes comme
Neschri fol. 24, racontent ce songe (1) Aali, fol. 9 mais ils l'attribuent ft Osman et non à Ertofihrul Levenklau, Histoire musulmane, p. 57, cite le même
,
,

Caucase

Taurus et

l'IIaemus, étaient
la

comme les
du

quatre colonnes de

;

tente éternelle;

milieu de ses racines sor-

;

taient le

Tigre

et l'Euphrate, le Nil et l'ister,

fait

d'Ertoghrul
Ncschri

,

en y joignant
21
et 26; Itliis

le

suivant

d'Osman

qui étaient

comme les ruisseaux
fol.
•:<}.

arrosant

le

pied

p

58.
(2)
(3)
,

fol.
e.st

de

fol.

23

a 30.

Edrinos

Adiiani ad OlyinpUim.

(1) ldiis

,

LIVRE
de
cet arbre

11.
la famille

27
de Turud
(1).

de paradis. Des vaisseaux chardes flottes couvraient les

par
la

De tels songes avant
longtemps

geaient

les fleuves,

naissance des grands souverains, prédictions
l'avenir, racontés

mers, des moissons paraient les campagnes , des
forêts couronnaient les
jaillissaient

de puissance dans
mentés, sont un

montagnes, desquelles
de

après par des témoins, puis expliqués et comvieil artifice

des sources abondantes qui arro-

des historiens orien-

saient les gazons émaillés, les bosquets mêlés

taux , reproduit ensuite par les écrivains anciens

roses et de cyprès de
lées s'élevaient

cctÉden

;

du

sein des val-

des

villes

ornées de dômes et de

coupoles, de pyramides et d'obélisques, avec

des colonnes magnifiques et des tours orgueilleuses

dont
;

les

pointes étaient éclairées par

le

croissant

des galeries s'élançaient les cris ap,

modernes de l'Occident. Hérodote se garde le songe du grandpère de Cj rus, dont la mère, Mandane, paraissait inonder l'Asie tout entière; ainsi Gibbon nous rapporte que la mère de Dschengis-Chan conçut par l'aspiration d'une flamme céleste.
et

bien de passer sous silence

pelant à la prière

qui se confondaient dans

le

Outre

les

songes,
la

les

Orientaux voient encore
le

;oncert de milliers

de rossignols

et

dans

le

ba-

un présage de

royauté dans

vol

du vaudestinée

vardage de nombreux perroquets aux mille couleurs.

tour royal planant au-dessus de

la tète

Tous ces oiseaux chantaient ou caquetaient
innombrables, coupées en forme de

un jour au pouvoir suprême. Chez
et les

les

Persans
parce

sous les frais ombrages prêtés par des feuilles
épaisses
,

Turcs,

le

vautour royal, appelé Humai,

est le plus noble des oiseaux

de proie

,

tabres (I). Alors s'éleva

un vent
la cité

violent qui

que, d'après leurs contes sur l'histoire naturelle

ourna
:t

les

pointes de ces feuilles vers les villes,

de l'Orient,

il

de Constantin mi, placée à la jonction de deux mers entre Jeux parties de la terre, comme un diamant snchàssé entre deux saphirs et deux émeraudes,
principalement vers
,

vant, mais se

saisit

ne se nourrit d'aucun animal viseulement des lambeaux de
;

ceux qui ont été tués par d'autres

que, poussé

par une vive

et

tendre sollicitude,

il

protège ses

petits par l'abri
il

formait la pierre la plus brillante'

de l'anneau

était déjà le

de ses vastes ailes, et qu'ainsi symbole de l'amour maternel et
les

l'une vaste domination embrassant le monde. Os-

de la clémence royale chez
qui,

anciens Égyptiens
le

nan

allait

passer l'anneau à son doigt, lorsqu'il se

dans leurs peintures hiéroglyphiques,
la

re-

•éveilla.

L'explication de ce songe, présage d'un

présentent planant au-dessus de
tenant
la

tète des rois,
l'an-

>ouvoir universel pour

une race de dominateurs
opposés à l'union du

plume delà

loi

dans une serre, et

ortisdesreinsd'Edebali et d'Osman, aplani (tous
es obstacles qui s'étaient

nonce du pouvoir suprême. Dans leSchahnamch,
les

héros parent leur tète
,

comme

d'un talisman
le

eune
e

homme

avec la belle Malchatun représen-

des plumes du simurgh qui n'est autre que
triple vautour

ée par le cercle complet de la lune. Toutefois

du Zendavesta, de même qu'en

[ue l'on vit étaler

mariage ne fut point solennisé avec la pompe dans la suite aux noces des
il

ultans;

se célébra selon toutes les prescrip-

ions de la loi et de l'exemple
;eune disciple

du Prophète. Un
,

Egypte les prêtres qui enseignent ou expliquent la loi donnée par les rois sont ornés des plumes de l'épervier. La grande princesse, la seule reine que l'ancienne histoire persane, puisée
aux sources orientales, connaisse avant Alexandre, et à laquelle est attribuée l'élévation
palais

du scheich Edebali

le

pieux der-

visch
:t

Turud, accomplit les formalités exigées, reçut en récompense du fiancé la promesse
dans
le

du

aux mille colonnes de Persépolis (2), cette

l'une habitation

voisinage d'une mos-

reine est appelée
royal.

Humai

,

c'est-à-dire vautour

mée, sur

bords d'un fleuve. Osman, devenu ouverain indépendant, accomplit aussitôt sa
les
fit

)romesse,

construire

un couvent

et

y attacha

tomme dotation des

villages et des terres qui

leux cents ans plus tard étaient encore possédés

Le mot humajun, encore généralement usité aujourd'hui dans toute la Perse et la Turquie, et formé de humai répond à notre appellation royale ou impériale, ou plus proprement à l'augustus des Romains. Bénie donc est la tête
,

,

(1)

Seadeddin raconte

le

songe,
le

fol. 9,

eu vers: Aali en
(1) ldris, fol. 30.

>rose, fol. 9; Ssolaksade, fol. 3; Lutfi, fol. 115; IKclii-

îannuma
:u

,

p.

076. ldris est

seul qui parle des feuiHes

(2)
îjrecs.

Lan,

Fenaji.

Humai

est

la

Parisatis des écrivains

forme de sabres tournées ^rs Constantjpople.

,

. ,

28

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
ailes,

destinée à l'empire des peuples, sur laquelle le

vaulour royal étend ses vastes

car le

d'Angelokoma (1 ), autre place derrière l'Olympe, sur la route de Brusa à Kutahijc, dont les Turcs
ont
l'ait

prince frappé de cette ombre bienfaisante sera heureux et puissant, etrépandrala félicité sur les nations placées sous l'abri de sa force et de sa
justice.

Ainegœl, inquiétait sans cesse
plaine

le

passage

des hordes et des troupeaux d'Osman , des mon-

tagnes dans
et

la

,

aux approches de
les biens

l'hiver,

Le vautour royal est aux Orientaux ce que l'aigle était aux Romains; et comme à Tarquin l'Ancien encore simple cito\en,son épouseTanaquil préditsa grandeur future d'après l'action de l'aigle qui lui enleva son casque pour le replacer sur sa tète, ainsi le pieux derwisch Abdal-Kumral
(1) exalta le fils d'Ertoghrul.
il

de

la

plaine vers les montagnes, lorsque reve-

nait

l'été.

Pour assurer

de ses tribus.
le

Ertoghrul convint à l'amiable avec

comman-

dant de Biledschik, qu'avant de se mettre en

marche vers
teau.

les

montagnes,

ses

gens dépose-

raient leurs objets les plus précieux dans le châ-

Dans

le défilé

d'Ernani,

aperçut un vautour royal qui enve-

loppait dans l'ombre de ses ailes la tète

du jeune
1

Le commandant y consentit, à condition lui seraient apportés, non par des hommes armés, mais par des femmes et des enque ces objets
fants.

homme

;

il

lui

expliqua cet augure

comme

an-

La clause fut rigoureusement observée
l'été, et

:

nonce heureuse de sa domination qui bientôt comprendrait la mer Blanche et la mer Noire,
l'Europe et l'Asie
(2).

les objets

déposés furent gardés bien fidèlement

Osman, reconnaissant
la

de

cette prophétie

du pieux derwisch, dont
lui

au retour des montagnes, Oschaque fois au seigneur de Biledschik des tapis aux vives couleurs, comme les durant

man

offrait

renommée de
leurs sabres,

sainteté pouvait aussi en favoriser
,

Turkmans en fabriquent encore aujourd'hui,
des housses grossières
,

l'accomplissement

donna un de
et la

ses meil-

des peaux de chèvre

promesse écrite de la construction d'un couvent. Abdal-Kumral se servit du sabre aux côtés d'Osman tant que
durèrent ses conquêtes, jusqu'à ce que
par
le résultat brillant le

une coupe,

des fromages, des outres remplies

de miel,

comme

des marques de

la

reconnaissance des

émigrants. Enfin l'orgueil d'Osman ne pouvant

prince,

de

ses exploits, se trou-

vant en état d'accomplir son engagement, éleva

au derwisch dans

le défilé

d'Ermeni, où
fois,

il

l'avait

rencontré pour la première

un couvent dans
profita-

supporter plus longtemps les hostilités du seigneur d'Angelokoma, il se concerta avec les vaillants compagnons d'armes de son père avet Akdsche Chosdcha Abdorrahmanghasi el avec ses trois amis Konuralp, Torghudalp el
, , ,

lequel furent ensuite conservés le sabre et la

Alighudalp

;

ils

rassemblèrent soixante-dix homforteresse [1285]. L(

coupe d'Osman (3),
ble

comme un exemple

mes^) pour surprendre la
seins, vint se mettre en
filé

pour

les sultans ses successeurs,

qui l'imitè-

seigneur d'Angelokoma prévenu de leurs des-

rent par la fondation de cloîtres nombreux. Le

embuscade dans

le

dé-

passage d'Ermeni, entre
(le
la

le
,

mont Tumanidsch
le

d'Ermeni.

Un combat

sanglant s'engagea
fils

Temnos )

et

l'Olympe

devint

théâtre de


sur

périt Baichodscha,

neveu d'Osman,

de

première victoire remportée sur

les

Grecs par

Sarujati, qui fut enterré à l'issue

Osman du
Le père
schik
le

vivant de son père Ertoghrul.
et le fils

vécurent dans

la

meilleure
Biled-

intelligence avec le
(

commandant grec de
)
,

le territoire du village tombeau indique le lieu où se livra la bataille(3), près d'un caravansérai en ruines (4). Osman et
;

du passage, de Hamsabeg son

belokoma des Byzantins

château

ses vaillants guerriers n'auraient peut-être pas
résisté à cette brusque attaque, s'ils n'avaient pas

fortifié situé

au milieu des districts de Brusa

Jenitschehr, Lefke, Jailakabad, aumidi
lik,

deGem-

été avertis

au nord de Nicée

(4);

mais

le

commandant

historiens turcs
tête

du danger par un chrétien que les nomment Aratos. Afin de tenir à l'ennemi, au bout de quelques jours Os-

(1) Idris, fol .30 et 3t.
(2)

Déjà

,

dans Hérodote,
avec deux
ailes,

le

songe du
la

fils

d'Hystape

(1)

que Cyrus

vit

annonce

domination sur

26; Aali
(2)
(3)

Pachymeres fol. 5 ldris, fol. 10; Dschihannuma,
, ;

fol.

40; INeschri

,

fol

,

p. 676.

l'Asie et sur l'Europe.
(3) ldris, fol. 31.

ldris,

fol.

40.

Neschri,

fol.

26; Aali,

fol.

10.

(4)

Dschihannuma,

p. 643.

(4)

ldris, fol. 41.

,, ,

,

LIVRE
trois cents

II.
(1).

29
Tandis que
,

château de Koladscha

(

1

de ses braves contre le ), situé dans le voisinage
:

tins

)

cours d'Osman

le sultan, accouru au segardien de ses frontières as,

d'Angelokoma derrière l'Olympe
délivrèrent sans résistance:
?t
ils

les

habitants

siégeait le château
la

furent dépouillés

de karadschahiszar, il reçut nouvelle qu'une armée de Tatares sous la

réduits en esclavage. Cet événement au lieu

conduite
d'Eregli
(

de
(le

Taindschar,
)

était

arrivée près

d'abattre le courage
e

du maître d'Angelokoma
étroitement avec
le sei-

Héraclée

à

l'embouchure du fleuve
et avait brûlé la ville.

détermina à se

lier

d'Ulubad

Rhyndacus),
la

gneur de Karadschahiszar (Melangeia), place ]và avait été conquise cinquante ans auparavant
jar Ertoghrul mais avait été reprise ensuite par
,

Alaeddin confia

direction

du

siège à

Osman,

courut au-devant des Tatares,

et les
les

extermina

dans une

bataille

fameuse par

trophées san-

es Grecs,

au temps d'Alaeddin
("2).

II, et

leur était

glants que dressa le vainqueur.

estée soumise

L'on en vint aux mains à
;

Tandis que

le sultan anéantissait les
,

Tatares,

\gridsche (3

,

près du Turaanidsch

Sarijati,

Osman

s'emparait de Melangeia

appelé tantôt

îawedschi

,

le

plus jeune frère

d'Osman tombe
céleste

Karadschahiszar (château noir), et tantôt Ka-

lu pied d'un pin.
loit

La

nuit,

une lumière

radschaschehr

(ville noire),

quelques instants
première

avoir éclairé de ses rayons les branches de

avant lamortd'Ertoghrul qui avait conquiscette
place cinquante ansauparavant pour
fois
,

'arbre sanctifié par la gloire
i-dire

du martyre

;

c'est-

la

des fidèles y entretenait des ampes continuellement allumées la nuit et ce
la piété
;

que

ou du moins

l'avait assiégée.
,

Après un revoyait renousa jeunesse.

pos d'un demi-siècle

Ertoghrul mourut avec
il

ieu de sépulture appelé encore
,

Pin illuminé
ottomanes
la

d'autant plus de satisfaction, qu
velés

i

toujours été cité par

les histoires

dans son

fils

les exploits

de

lepuis les temps les plus anciens, avec

plus

Osman

eut pour consolation de la perte de son
,

grande vénération,
vénéraient
la

comme les
là, et

anciens Romains

père, non-seulement des conquêtes
core la naissance de son propre
fils

mais en,

terre qui portait le figuier de

Kole

mulus.

Non

loin

de

en

même temps que
les

eune frère d'Osman, dans
varadscha, dont
i

rangs ennemis

)éritKalamos,leplusjeune frère duseigneurde
la mort,

sans avoir été sanctifiée,
les cir-

Urchan arrivé au monde dans cette même année (2). L'année suivante [1289], il recul comme récom pense de son fidèle service militaire le fruit même de sa conquête, le territoire de Karadschahiszar (Melangeia). Le sultan lui envoya les

cependant acquis un certain éclat par
la

onstances dont
ju'il

tradition

l'a
:

entourée. Lors-

insignes de la dignité princière;

fut

tombé, Osman
,

s'écria

Éventrez-le, et

une timbale
timur
(3), le

ncore aujourd'hui le Chien ëventré. Ce fut
)arbarie

lieu porte le
le

nom de
la

un drapeau, une queue de cheval. Ce fut Akneveu d'Osman, qui les lui apporta.
et
,

premier acte de

Celui-ci s'avança

ottomane exercée sur des chrétiens

'aincus, qui devait se continuer durant cinq
Jècles.

de quelques pas au-devant des et tandis que retentissait la musique militaire des tambours et des cymbaprésents d'honneur
les,
il

Un

trait

semblable est fourni par

la

se tint debout, les bras croisés sur la poi,

jraiide bataille livrée

dans

la

même

année

trine

dans

•outre les Tatares(4),

que le sultan Alaedlin III défit sur les bords de la Propontide, lans la plaine de Biga ( le Pega des Byzan-

successeurs

une attitude respectueuse. Ses immédiats observèrent le même
fois

cérémonial chaque
jusqu'à ce que

que

la

musique

militaire

se faisait entendre au
le

moment des
,

cinq prières,

sixième sultan

Mohammed

le

Conquérant,
le Krulla de Pacbymeres. 23, porie un peu trop haut, à oixante-dix, le nombre des années écoulées entre la prenière et la seconde conquête de Karadschahiszar; car

abolit l'antique

usage , parce que
trop de durée

(1)
(2)

Idris

,

fol.
,

41, peut-être

disait-il,

deux cents ans

c'était

Neschri

fol.

pour une marque d'honneur.
ture

irtoghrul ne résida que soixante-six ans dans l'Anaolie.

Le premier soin d'Osman, après son investifut de transformer en mosquée l'église de
,

sa résidence, et d'y installer
L'agrillum delà table de Peutinger.
bataille précédente
les

un prieur public
liv.

(3)

(4) Idris place la

taïKchi-Chalfa
1287].

,

dans

Tables chronologiques

en 687 [1288]; en 686
,

(1)
(2)
'

Pegai,Pachymeres,
Hadschi-Chalfa
,
,

i,

tom. v,

2, cap., p. 289,

Tables chronologiques.

(3) INescbri

fol.

36.

,

30
(imam)
et

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
un chatib ( prédicateur)
ainsi qu'un pour l'expédition des affaires, et
,

la

route de Boli. Us se dirigèrent de l'Olympe
,

.juge (molla)

vers Sarukia et Surgun
rius) est le plus facile

le

Sakaria

(

SangaLà
ils,

raccommodement des débats auxquels pouvait donner lieu le marché tenu le vendredi de chaque semaine. II consulta là-dessus son beaupère Edebali et ses quatre fidèles compagnons
,

à traverser

( 1 ).

rencontrèrent
d'Ertoghrul,

un fidèle compagnon d'armes, le Tschausch Ssamszama, qui,
le

bien connu dans

pays

comme guide
,

sur la

d'armes

,

son frère Gundusalp
et

,

Torghudalp

,

route de Boli, dirigea leur course versTarakli,

Hasanalp

Aighudalp qui
,

lui conseillèrent

de

Koinik

et

Modreni. Tarakli

appelé aussi Je-

demander préalablement l'agrément du sultan. Ce consentement obtenu, la prière publique
fut fixée

nidsche-Tarakdschi (nouvelle fabricante de peignes), située à neuf lieues à l'est du passage

aux vendredis. Tursunfakih,
,

disciles

du Sangarius

(2), attira l'avidité

des coureurs

ple d'Edebali

fut institué

pour réciter

pa-

d'aventures, par l'opulence que ses habitants
avaient acquise, grâce à leur habileté dans la
fabrication des peignes et des cuillers (3).
lieues et

et en même temps nouveau beg le chargea de maintenir comme juge le bon ordre dans le marché, sans distinction de nation et de croyance. Dans un débat entre un musulman, sujet du seigneur turc

roles sacramentelles (1),

le

Cinq
,

demie plus

loin est située Koinik

et.

à une forte journée de marche, neuf lieues et

un chrétien sujet du commandant grec de Belokoma (Biledschik) Osman prononça en faveur du second (3), et aussitôt la renommée d'équité du fils d'Ertoghrul amena une grande afrluence de
voisin, Alischir
(2), et
,

de Kermian

demie au delà encore, à quinze lieues d'Ebolij Moderina ou Modreni, l'ancienne Modra dans la Phrygie Epiktetos (4) dernier but où
était
,

tendaient les pillards. Bâtie entre deux monta-,

gnes dépouillées, cette
le sullan

ville a été

dans

la suite

embellie par deux mosquées que firent éleverj

monde aux marchés de
bablement à
la

Karadschahiszar. Pro-

décision de prince turc se mêlè;

tants

Suleimanl er Ses habisont renommés pour leur habileté dans la
Bajesid
I

er

et

.

rent des considérations politiques

car Alischir,

fabrication des aiguilles à coudre,

comme

ceux*

seigneur de Kermian, nourrissait des senti-

ments hostiles à Osman, son

rival

en puissance
le

de Tarakli par leur commerce de peignes. La plupart des fabricants d'aiguilles établis àConstantiuoplesont de Modreni. Chargéedesdépouilles

ascendante et en indépendance, tandis que
,

commandant grec de Biledschik dépositaire des biens d'Osman durant la saison des montagnes, avait toujours entretenu avec
rapports d'amitié et de bon voisinage
lui

de ces deux

villes industrieuses, la

horde de

pillards longea la rivière

Modreni

(

leGallos de

des

Strabon), qui se jette dans le Sangarius près de

(4).

Keiwe, franchit ce cours d'eau, atteignit Chir-

Mais
chal

le

meilleur ami
le plus
,

d'Osman

,

son compa-

menkia sur l'Olympe,
schahiszar.

et

de

regagna Karad-

gnon d'armes
,

dévoué,

c'était

Kœse Mi-

seigneur grec
,

pas encore converti à

Sept années s'écoulèrent maintenant dans
part des seigneurs voisins contre

un

l'islam

du château de Chirmenkia ou Chirmendschik, bâti sur un rocher au versant occidental de l'Olympe non loin d'Edrenos.
,

repos ininterrompu, mais non sans envie de la
la

prospérité

d'Osman qui
ledschik,
et

se développait
,

en

silence. L'ancien

Par son conseil

et avec

son secours,

Osman

dépositaire de ses biens

entreprit sa première expédition de pillage sur

le commandant de Bicommença lui-même à devenir inquiet jaloux. Aux noces de sa fille avec le fils de le

Kalanos, dont
(1)

père avait

péri au

combat

Hadschi

Clialfa
,

,

dans

les
;

Tables chronologiques,
,

d'Ermeni, Kœse Michal, en ami fidèle et dévoué

puis

Dschihannuma
,

p.

677

Neschri

fol. 37.

(2) ldris

fol.

49. Cet Alischir est le
,

Alravupœo Kap,

|/.avwv de t'achymeres liv. v, cap. 25, p. 301 le seigneur de Kermian , qu'il ne faut pas confondre avec celui de Karaman. (3) Dschihannuma p. 677.
,

d'Osman s'était donné toutes sortes de peines pour rapprocher du prince turc tous les sei-j
,

(1)
(2)

Neschri
ldris,

,

fol.

29; ldris

,

fol.

52.

fol.

51.

(4) ldris, fol. 49.

La nomination du juge
les prières

et l'exercice

(3) ldris, fol. 31.
(4)

de

la

souveraineté par

publiques

sont placés

Strabon

,

ni. La Komopolis de Modrene

,

de Cons-

•tilous les historiens

dans l'année 688 [12891.

tantin Porphyrogenèie, Mannert, vi, 3, p. 575.

, ,

LIVRE
lais,

II.

3t
Brusa, Ainegœl et Jeroute de cette ville à Kutahije,

neurs des châteaux voisins invités â la fête, au lieu de prêter l'oreille aux proposions da
la

larhiszar, situé entre
nitschehr, sur la
à

médiation amicale de kœse Michal,

îs

hôtes cherchèrent plutôt à lui persuader

de

lire
t

cause

commune

avec eux contre

Osman

de

le livrer

entre leurs mains. La célébration

rochaine du mariage du seigneur de Biled;hik avec la fille du seigneur dïarhiszar deait offrir la

une journée de marche de ce dernier point. une mosquée et des bains (l); la place tomba entre ses mains, en même temps que Torghudald ( 2 ) s'emparait d'Ainegœl. Par la conquête simultanée de ces trois châteaux [1299] dans la dernière année
Aujourd'hui on y voit

meilleure occasion. La fidélité de
;

du vn e

siècle

de l'hégire,
la

et

du

xm

c

de

l'ère

lichal

lieux préserver

ne chancela point son ami
plans

toutefois, afin
il

de

chrétienne, fut fondée

puissance d'Osman à cette époque
c'est

,

feignit
lui.

d'entrer

comme
cette

souverain; et,

comme

ans

les

formés

contre

Osman

s'écroulait l'empire

des Seldschuks,

de

ien informé par lui, accepta avec l'empresse-

lent d'une

apparente

confiance l'invitation
11

u seigneur déloyal de Belokoma.

lui

en-

année que date la domination indépendante de la famille d'Osman. L'enlèvement de Nilufer rappelle celui desSabines, et la surprise

oya un troupeau de brebis comme présent de
oces, et sollicita la faculté, qu'on lui accordait
jsqu'alors tous les ans,

peut-être les
leux, mais

de Biledschik la conquête de Troie deux événements sont-ils fabu:

de

faire

apporter en
pût, en quitles

ils

peuvent être également vrais, du
Il

épôt ses principaux objets par des femmes

moins en
avant
la

partie.

y

a

eu des enlèvements de

ans le château, afin qu'ensuite
int les noces, se

il

femmes avant
Perse raconte
guerriers

et après les Sabines;

longtemps

rendre directement dans
la ruse.

ruine de Troie, l'ancienne histoire de
la

îontagnes. Le seigneur de Belokoma s'applauit

conquête de Rujindis par des
l'époque

intérieurement du succès de

La

li-

introduits au
,

raison

xée à

la veille

du trésor d'Osman dans le château fut du mariage, alors que le maître

semblable (3)

et à

moyen d'un artifice même du coup de
,

our célébrer la cérémonie se rendait à Tschair-Bunari (1). Osman revêtit d'habits de vieils femmes trente-neuf de ses plus vaillants jmpagnons d'armes et lui-même avec eux in•oduisit sans empêchement dans le château ;s chevaux chargés de leurs prétendus trésors, ui n'étaient autre chose que des armes. 11 par,

main de Belokoma, les écrivains byzantins rapportent la prise de Tripoli sur le Méandre,
avec des circonstances absolument semblables,

par des soldats de Kermian déguisés en mar-

chands

qui,

introduisant

instruments

bruyants

des armes et des de musique militaire
la

dans des sacs à grains, se saisirent de

place

;

int à

s'emparer de
la

la

place d'autant plus faci-

•ment, que
ints et

plus grande partie des habila

en sorte que la ruse employée par Alischir à Tripoli fut une imitation de celle d'Osman à Belokoma ou plus vraisemblablement elle a été
,

de

la

garnison était allée à

fête des

attribuée au prince turc par les écrivains otto-

5ces.

Maître de Biledschik,

Osman

se

mit en

mans. Quant
et â

a l'enlèvement
il

de

la

jeune épouse

la gorge de Kaldiralik (2) nouveau marié qui, sans soupet plein d'espoir de tenir bientôt les tré:)rs et la personne d'Osman, regagnait tran-

nbuscade dans

son nom,
la

y

a moins de doute que sur
la

our attendre

le

l'année de

conquête de Biledschik et de
elle fut

m

manière dont

opérée. Nilufer
le

,

fleur

du

Lotos,

est

encore aujourd'hui
la

nom que

por-

uillemenl son habitation. L'attaque subite lui
aleva son épouse et la vie.

tent la rivière qui arrose
le

plaine de Brusa (4),
bâti

Osman en
,

posses-

grand pont de pierres

en avant de

la

on de

la

belle fleur

grecque du Lotos, appelée
(1)
(2)

turc iNilufer, qu'il destina pour épouse à

m

fils

Urchan

,

alors
le

en vite contre

âgé de douze ans courut château du père de INilufer,
,

Dscbihannuma p. 659. Au lieu de Torghudalp
,

,

ldris le

nomme

Ahjhu--

dalp.
(3)

Mirchuand
1.
1
,

,

à la bibliothèque impériale de Vienne,
,

n° 112,
(t)

p.

344

et Histoire

de

la

rhétorique per-

Tschakir , émérillon
,

j

ainsi

puits des

émérillous

;

sane
(4)

,

p.

69.
INilufer est le
,

eschri
(2)

fol.

33.
,

Le
vi

Gebes ou Gelbes de Pline
,

;

Maiti

Nescliri

fol.

33.

nert

,

troisième division

p. 559.

,, ,

32
ville (1), et le

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
couvent fondé parla princesse,

au pied du château, près de la porte conduisant aux bains (2). Nilufer devint la mère de Murad 1 er et de Suleiman pascha deux fils d'Ur,

de son petit État que l'on pouvait traverser en une journée de marche, dont les limites dans
leur ensemble étaient celles de Sultanaeni, au-

jourd'hui l'un des dix-sept Sandschaks de l'Asie

chan (3), comme Malchatun, fille d'Kdebali, avait donné le jour à Urchan et à son frère
Alaeddin. Après qu'Alaeddin
verain
violente
III
,

dernier sou-

des
,

Seldschuks,

eut

péri
se

de mort
divisa

l'empire
l'a

seldschukide

Mineure et des vingt-cinq gouvernements du vaste empire ottoman (1). Tels furent les humbles commencements de cette puissance l'avant - dernière année du xin e siècle de l'ère chrétienne. Cent cinquante
,

comme on
ties
,

vu précédemment, en dix par-

ans s'écoulèrent avant qu'elle fût pleinement assise
alla

tres

dont chacune fut gouvernée par des maîindépendants. Osman, pour lequel depuis
,

par

la

conquête deConstantinople, puis

elle

toujours grandissant pendant plus jusqu'à la soumission de
sa plus
l'île

d'un

douze ans

dit-on

,

se récitaient les prières

pu-

siècle,

de Chypre;
elle s'y

bliques dans sa résidence de Karadschahiszar,

et

parvenue à

haute splendeur,

mort d'Alaeddin, exercé le second des droits de souveraineté de l'islam, celui de frapper mondoit avoir aussi
,

immédiatement après

la

maintint cent cinquante années jusqu'à ce jour.

Quatre

siècles

après sa naissance, la paix
le

de Carlowitz marqua

commencement de

sa
la,

naie.
la

Mais probablement depuis douze années

déchéance, et ce mouvement, accéléré dans

prière publique se faisait toujours au

nom

d'Alaeddin,

comme
;

suzerain d'Osman, et le

deuxième moitié du xvm e siècle par la paix nos de Kainardsche s'est continué jusqu'à
,

nom de
mort

ce dernier n'y fut substitué qu'après la
sultan
le

jours

et

se prolonge

encore.

A

la

fin

du

du

les

premières monnaies
,

xme
par

siècle,

lorsque s'écroula l'empire

seld-j

comme nous
pées aussi

verrons ensuite

ne furent frap-

schukide, et que de ses ruines sortit celui d'Os-

que plus tard, sous Urchan. Osman, prince indépendant de la contrée

man, deux
les

siècles après la prise
la

de Jérusalem
dernière posété

premiers croisés, dont

aux alentours de l'Olympe, eu partagea l'administration tout d'abord entre les vaillants guerriers qui l'avaient aidé à

session, en Syrie,

Akka, n'avait

perdue que

depuis six années, alors se produisirent, en
Asie

en

faire la conquête.

Il

comme en Europe, de grands événements,
commotions des peuples semblèrent an-

nomma

son

fils

Urchan commandant de Karad-

et les

schachiszar sur l'extrême frontière méridionale

de ses États, et son frère Gundusalp gouverneur de la ville d'Eskischehr (vieille ville). A Aighudalp, il confia l'autorité sur les chàieaux d'Inseni et de Jundhiszar, à Hasanalp sur

noncées par des renversements dans les lois de la nature. Les Mongols, dont la puissance marchait vers sa fin
,

dévastèrent
;

la

Syrie avec des

hordes innombrables

Dshiszar,àTorghudalpsur
conquis.
Il

ainegael qu'il avait

(2) en Allemagne la terre trembla; dans la Mésopotamie il plut des scorpions (3). Dans l'Asie Mineure se heurtèrent les

assigna les revenus de Biledschik

deux dynasties d'Osman

et

de Karaman
et
la

,

les

pour l'entretien des derwischs et des scheichs, et principalement de son beau-père Edebali qui
,

plus puissantes des dix familles qui s'étaient

partagé l'empire seldschukide,
sur sa rivale.

dernière
siècle

habitait ce château avec sa
le

plus jeune
(4).

fils

Malchatun et de cette princesse, Alaedfille

maintint encore sa supériorité pendant un

En Europe dans
,

la

dernière an-

din

Lui-même

établit sa résidence à Jeuitsla

née du xiu e
bré
le

siècle

de

l'ère chrétienne, fut célé-

chehr

(ville

neuve), à

pointe septentrionale

premier jubilé,
,

et à la fin

du vne

siècle
II-

de l'hégire
chane
(1)

fut introduite

en Asie

l'ère

(4).

Neschri

,

fol.

34; Idris

,

61

;

Seadeddin
;

,

fol.
.

12;

Outre ce concours d'événements d'une vast«

Coup-d'œil dans
pag. 6.
(2) (3)
(4)

un voyage

à Brusa

Pestli

1818
Hadschi-Chalfa

Neschri

,

fol. fol.

31
34.
;

(1) (2)
fol.

,

dans l'année 609.

Neschri,
ldris
,

En

1299.
,

fol.

61

Neschri,

57; Seadeddin

,

fol.

12

;

(3)
(4)

Ssolaksade

,

fol. 4.

Rausatul-Ebrar en 699. Hadschi-Chalfa, en 70J.

,

LIVRE
portée que présente au premier aspect l'histoire de l'Europe et de l'Asie les écrivains turcs atta,

II.
la

3!î

Constantinople fut assiégée pour
fois

première
et

par

les

Arabes, sous

le

commandement de

chent encore une importance toute particulière
et à

Moawia

(1).

Karen,
le
,

le

chakan des Turcs,
le

l'avènement d'Osman avec

ment d'un nouveau siècle, et même que portent le fondateur,
l'empire.
gire, le
la fin

commenceau nom d'Osman
le la

Jesdedschird,

dernier chosroes des Perses,

succombèrent
taille, et le

le

premier sur

champ de baArabes

dynastie et
l'hé-

second dans sa fuite

(2); les

A

partir de la première

année de

foulèrent sous leurs pieds la puissance des Persans. Cette gloire éclatante qui chalife collecteur </es

commencement de chaque siècle, jusqu'à du septième, a été signalé par l'appari-

environne

le

deux lumières , comme
,

tion d'un

grand prince puissant par son action et placé par l'opinion à la tète de son siècle. Après le prophète fondateur de
sur
le

législateur et

conquérant, devait
le

après sept
,

monde

,

cents ans

,

illuminer

front

d'Osman

fils

d'Ertoghrul, et resplendir sur ses successeurs.
Ainsi
le

l'islam, parut avec le
siècle

commencement du second

voulait la signification historique

du

de l'hégire Omar-Ben-Abdo!asis, le plus juste de toute la famille Omniia à la naissance du troisième, Maraun, le grand protecteur des
;

nom.
Les noms viennent du
aussi le
ciel,

dit le

Koran;
le

musulman

les

considère

comme de bons

sciences, s'assit sur

le

trône des chalifes de

ou de

sinistres présages,

non-seulement sous

Bagdad;comme s'ouvrait le quatrième, ObeidolAh-Mehdi fondait le chalifat des Fal imites en Afrique. La première année du cinquième marqua la moitié du règne de quarante ans de
kadirbillah
mille
,

point de vue historique, mais encore d'après

l'examen philologique
sens de
la
,

(3).

Osman, suivant
le

le

racine arabe, signifie

briseur de

le

dernier grand chalife de

la fa-

Abbas;

et

au commencement du sixième,

jambes 1 cl celte significalion se lie intimement aux idées de triomphe et de grandeur. D'abord, le vautour royal qui, dans tout l'Orient, est le

s'éleva le
!

grand conquérant Dschengis-Chan. Ces colosses de l'histoire asiatique sont placés comme à l'entrée du temple de leur siècle et ainsi se dresse à l'entrée du huitième de l'hégire
,

symbole de
les

la

domination et du

pouvoir royal, depuis

anciens Égyptiens

jusqu'à nos jours, est désigné surtout par le

le

fondateur de l'empire qui porta son nom,

le

nom de briseur d'os parmi les oiseaux, parce que, dédaignant toute proie vivante, il ne se
nourrit
tués

petit -fils

de Suleiman
le

,

le

fils

d'Ertoghrul,

Osman.
Depuis
le chalife

troisième successeur

du prophète

la

que des membres des animaux déjà ensuite, dans les temps antérieurs de plus grande barbarie de l'histoire turque, les
(fi);

Osman,

aucun prince n'avait porté

nom sur un troue de l'islam. Le chalife Osman réunit les deux titres d'honneur de collecteur du Koran et de collecteur des deux lumières ;il reçut le dernier, parce qu'il
avec éclat ce

épousa

les

deux

filles

du prophète

,

et l'autre,

1

pour avoir

recueilli les
le

Écriture de l'islam,
l'avoir ainsi

versets épars de la sainte koran en un volume, et

préservé

tion

I

,.

Sous son règne,

du danger de la falsificales musulmans por-

d'Oghus-Chan, au premier desquels, le chan du ciel), on fait remonter l'origine primitive d'Osman ces trois fils reçurent aussi le nom de briseurs , parce qu'ils rompirent en trois morceaux l'arc qu'ils avaient trouvé. De même leurs descendants ont brisé les châteaux cl les forteresses, et la grandeur et la force triomphante duvautour royal Humai, du briseur d'os parmi les oiseaux, s'est transmise dans le llumajun impérial ou royal.
trois fils

Gsk-Chan

,

tèrent leurs armes triomphantes jusqu'à l'Oxus
et
les principales villes de la du Chorasau, Iszfahan etlsztachar, Merw, Balch(2), les îles de Chypre, de Crète, de Bhodes et de Malte furent conquises (3), et

au Bosphore;
et

Perse

(1)
(2)

Année 32 de
Jesdedschird

l'hégire.
,

dans l'année 31 de l'hégire; Karen, dans l'année 33 de l'hégire Hadschi-Chalfa, Tables chro;

nologiques.
(3) hlris, fol. 37. (4) Telle esl
la significalion
la

donnée par
,

ldris

(1)
{2) (3)

Dans l'année 30 de l'hégire. Dans les années 27 29 31 de l'hégire. Dans les années 26 et 33 de l'hégire. tom. 1.
,

Osman
(5)

,

d'après

racine

;

selon Golius
cassée.

ce

au mot mot tou-

,

drait dire la remise d'une

jambe

Voy. plus haut.
3

,

34
dans

HISTOIRE DE
,

L'E MPIRE

OTTOMAN.
sanglant enseignement pour
les

la maison souveraine d'Osman le briseur de jambes parmi les peuples. Après celte digression sur les présages, si importants aux

du vieillard: furieux, il banda son arc, et Dundar tomba percé d'une flèche lancée par
son neveu
par
;

yeux des écrivains turcs, tirés du nom du premier souverain des Ottomans, nous allons revenir aux événements de son temps et rapporter le premier acte militaire de sa domina,

contradicteurs futurs d'une résolution adoptée
le

maître. Sur

la

route de Tschakirbinari
,

au château de Kœprihiszar

se voit le

tombeau

de l'infortuné conseiller. Ce meurtre d'un oncle

tion indépendante.

Immédiatement en avant de la résidence d'Osman Jenitschehr (nouvelle ville), est situé Kœpriiiiszar (le château de ponts ), que précé,

marque par un trait de barbarie le commencement de la domination ottomane, comme un
fratricide ouvre la route à la puissance romaine; mais l'assassinat commis par Osman est mieux garanti par les témoignages de l'histoire

demment
qu'il était

il

avait attaqué plusieurs fois, alors
le

encore en bonne intelligence avec

que

l'action

de Romulus.

Idris, le plus estimé,

seigneur

de Biledschik,

ennemi du maître

à juste titre, des historiens des

Ottomans,

qui,

de Kœpriiiiszar. En reconnaissance du succès de l'une de ces excursions de pillage le seigneur de Biledschik avait alors donné à Osman
,

dès son début, annonce naïvement qu'il passera sous silence les faits blâmables pour ne trans,

mettre à

une

fête,

dans un

lieu appelé lndschirbinari
;

(fontaine de figuiers)

mais ayant osé demander

que, dans cette occasion,

Osman

lui baisât la

main en signe d'hommage, cetle prétention fut la première cause de la destruction des rapports d'amitié qui jusqu'alors avaient régné

que les actions glorieuses de la dynastie d'Osman, rapporte néanmoins le meurtre de Dundar avec les circonstances que nous venons d'exposer (1). Si le sang ainsi répandu est compté aux Ottomans comme un
la

postérité

mérite

entre

Osman
fit

et le
la

seigneur de Biledschik, et

par les panégyristes, que faudra-t-il donc penser des faits que leur histoire a frappés de la condamnation de l'oubli ? L'oncle

amena ensuite
expédition
priiiiszar;

conquête de ce château. Cetle

d'Osman

ajourner l'entreprise contre
fois

Kœnom

mais une

en possession d'une

souveraineté indépendante, après que son

eut été rappelé dans les prières publiques
inscrit sur les

est à l'entrée de cette longue galerie de cadavres que les souverains ottomans ont peuplée avec les princes de leur sang, immolés régulièrement à l'ouverture de chaque règne. La prise de Kœpriiiiszar excita dans Osman
le

monnaies, après

qu'il eut installé

un juge,

un droit sur les marchandises apportées au marché (1) Osman ne rêva plus que la conquête de Kœpriiiiszar. 11 en délibéra d'abord avec ses compagnons d'armes dans le conseil se trouvait son vieux, oncle, Dundar,
établi
,
:

situés

d enlever d'autres châteaux voisins, aux environs de Nieée, comme Dimsus, Kojunhiszar et Marmara il y était d'ailleurs
désir
;

invité par le

mauvais état des garnisons

et les

du Sangarius. Avant le règne du premier des Paléologues les commandants des
inondations
,

qui, étant allé avec Ertoghruld'Achlathdans

le

forteresses grecques des frontières étaient en-

pays de Bum, soixante-dix ans auparavant, devait
être alors au moins nonagénaire.
11 fit

couragés à leur défense par une solde considérable, des concessions de terrains et par l'aban-

des ob-

jections à

Osman

;

il

lui

représenta qu'il n'était

don du butin

pas prudent d'exciter ainsi par cette entreprise
et

de réunir contre
les

lui

,

dans une défense comvoisins jaloux qui

mune,

ennemis

et les

Lorsque de Constanlinople sur les Francs, cédant aux funestes conseils de Chadenos supprima la solde des
qu'ils
faire.

pouvaient

Michel Paléologuc, après

la reprise

,

l'entouraient de tous côtés, par derrière, le

commandants des
des redevances
,

frontières,

et les

soumit à

seigneur de Kermian, en face
dants grecs des frontières
tueuse d'Osman
(1) [Seschri
(2)
Icliis
, , ,

,

les

commansagesse

aussitôt s'éteignit
le zèle

dans
la

les

(2).

L'ardeur impéla froide

mercenaires étrangers

pour

défense
'

s'irrita

contre

des châteaux confiés à leur garde (2); en outre,
fol. 02 et 63. Pachymèrè$,i, chap. 1-10, tiré de Possinus, dam l'appendice du loin, n p. 610 et d'aptes celui-ci Gib bon liv. ixiy quatrième édit. 6 vol. , p.311, noie,

loi.

36.
î

(1)

Idris

,

fol.

63

Neschri

,

fol.
,

klau

Histoire des

musulmans

p.

dans Lewen75; Kuolles Turkish
31
;

el

(2)

,

,

,

liis'.ory, p. 07.

,

,

,

L1V RE
le Sangarius, qui servait de fossé naturel à
.

11.
la rivière

35
d'Ulubad
prit

plusieurs de ces forteresses, ayant
lit,

changé de

!

les

garnisons abandonnèrent des postes

'le P.hyndal'engagement solennel que ses successeurs accomplirent quant à la lettre,

raient jamais
kus;.

Osman en

privés de cette défense.

Lorsque, après avoir

sans en respecter l'esprit;

ils

ne passèrent ja-

couvert

la

plaine pendant

un mois,

les

eaux

mais
le

la

rivière

même

d'Ulubad, mais, lorsqu'ils
ils

rentrèrent dans leur ancien

lit, elles

amenè-

jugeaient nécessaire,

tournaient sur des
la

rent une telle quantité de vase, que le passage

vaisseaux son embouchure dans
ainsi la

mer, éludant

du

fleuve était facile (1).

Cet état de choses

véritable

interdiction

portée par le

avait déjà

encouragé Ali-Umur-Bèg, seigneur deKaslemuni, l'un des dix princes qui s'étaient
les

traité (1). L'île

de Galios (Kalolimne;, dépen-

partagé

États seldschukides, à
et la

rompre

la

dant du territoire de Kete (2) (Katoikeia), qui est située à l'entrée du golfe de Modania(le
golfe de Kianus), fut, sur l'ordre d'Osman, con-

paix faite avec l'empereur grec,
fut encore plus forte sur

tentation
avait plus

Osman, qui
les

quise l'année suivante par Kara-Ali,

fils

d'Ali-

de puissance

(

'2

\

Près de Kojunhiszar (leBaenvirons de

ghudalp

,

qui épousa une jeune

fille

grecque
le

pheum de Pachymeres), dans
ÎNikomédie, fut livré
le

premier combat entre

d'une merveilleuse beauté, trouvée dans butin enlevé à Kalolimne (3).

riche

Osman

et

Muzalo, l'hetœriarque ou

comman-

Immédiatement avant
s'était

la prise

de cette

île,

dant des gardes du corps byzantins [1301],
et la défaite des

accompli

le

premier acte important de
la

la

Grecs eut des suites d'autant
laissa
le

piraterie turque, la dévastation de l'infortunée

plus funestes, qu'elle

champ

libre

Chios, célèbre également par

beauté merveil-

aux irruptions d"Osmau, au moment
la moisson.

même de

leuse
si

Osman

eut a déplorer la perte de
fils

du pays et par les ravages des Barbares fréquemment renouvelés dans le cours de six
Trente vaisseaux turcs y abordèrent et
l'île

son neveu, Aitoghdi,

de Gundusalp, qui
fut

siècles.

périt dans la bataille de Kojunhiszar, et

désolèrent

entière. Les habitants qui étaient

enterré près du château
sur le chemin, et
il

:

sou tombeau s'élève

est

en grand renom pour

les cures merveilleuses des chevaux malades (3). Les Turcs poussèrent leurs courses jusqu'aux portes de Nicée. L'élévation, la force des murailles
,

en masse (4), â l'excepde quelques-uns qui parvinrent à se jeter dans le château fort. D'aulres, montés sur quation

restés furent massacrés

rante bâtiments, espérant sauver leurs femmes,
leurs enfants et leurs biens, échouèrent dans
les

ne permettaient
:

ici

aucun espoir pour

parages de

l'île

de Skyros où

ils

périrent

toute espèce d'attaque

afin

de
,

tenir la
fit

garniélever

tous.

A

partir de cette époque, les pirates turcs

son en respect et en alarme au nord de Jenitschehr, sur

Osman
le

désolèrent les

penchant delà
.

îles de la Méditerranée depuis l'embouchure du Bosphore jusqu'au détroit de

montagne, un château appelé Tharghan du nom du vaillant commandant qu'il y plaça (4).
Six annéesaprès cette défaite desGrccs[ 307 J,
1

Gibraltar

(5).

Les historiens byzantins rappor-

lent les descentes destructivesdesflottesturques

sur

les

commandants des châteaux d'Edrenos, de Madenos, Kete et Kestel sur l'ordre du commandant de Brusa, se réunirent pour livrer bataille à Osman. Le commandant de Kestel périt
,

les îles des Princes (6), de Rhodes, Samos, Karpathos, Lemnos, Mitylène (7), Candie, Malte, et sur les autres Cyclades (8). Comme les écrivains ottomans ne font mention d'aucun

de ces exploits,

à l'exception

de

la prise

de Ka-

grand peine vers Ulubad (Lopadion). Le gouverneur de cette dernière place, sommé par Osman de lui livrer le fugitif, y consentit à condition que les princes de la famille d'Osman ne franchi,

dans l'action

celui

de Kete

s'enfuit à

lolimne, et que les États

d'Osman, à

cette épo-

(1) ldris,
(2)

fol.

67.
,

Dans Pachymeres
ldris foj. 67.

liv.

v

,

c.

21

,

tom.

Il,

287

;

Ka-

toi.xeia.

(3) <A)
(1)

Pachymeres,

1.

vi, cap. 17

,

édit.

de

Pachymeres
,

Rome

,

1 1

lit.

,

11 vol., îvliv.

,

2i chap.,

édit.

de

p.

355.
(5)

Rome
(2)

p. 229. 11 vo!., iv liv.,
;

Pachymeres
,

,

1.

m, chap.
,

14

Pachymeres,

,

p. 157.

21 chap., p. 230.
fol.

(6) Jbid.

1.

iv

,

chap. 29

p. 237.

(3) Nescbri , fol. 38 (4; Seadeddiu, loi.

Seadeddiu

,

13.

(7) Ibid.,\.
(8J

v, chap. 26, p.303.
,

12.

Nicephoros Gregoras

1.

vui

,

chap. 10

,

p, 11G.

,

30
que, touchaient
est eu droit

HISTOIRE DR L'EMPIRE OTTOMAN.
sans défense
(1),

peine au rivage de la mer, on de penser que ces Hottes turques, toujours prises par Pachymeres pour des es-

ou, par crainte d'un soulèveles jeta

ment,

les

entraina sur sa roule et

dans

les fers à Tyraja.

cadres persanes, n'appartenaient pas aux Ottomans; qu'elles avaient été armées par les autres
princes turcs, maîtres des côtes de l'Asie Mi-

Assailli ainsi

par

les

Turcs qui fondaient de

tous côtés sur les frontières asiatiques de l'empire,

l'empereur Andronic Paléologue avait
le

neure depuis

le

golfe de Modania jusqu'à celui
les

cherché de l'assisiance auprès de Ghasan,

de Megri (Telmissos); par exemple, par
princes de Karasi, de Ssaruchan, Aidin et
tesche.

Men-

grand chan des Mongols, lui promettant pour prix de ces secours la main de sa fille; puis il renouvela cet engagement encore envers Chole chan suivant. Déjà Ghasan avait envoyé aux dix princes asiatiques l'injonction de respecter le territoire de l'empereur byzan-

La même observation peut s'appliquer aux
conquêtes continentales des Turcs, racontées par Pachymeres, qui appartiennent, non pas

dabende,

aux Ottomans, mais aux princes de Kastemuui, kermian, Mentesche, d'Alaje ou de Kararaan,
véritables chefs turcs, qui, désunis
n'étaient pas

tin;

nonce de

Chodabende appuya cet ordre par l'anla marche de quarante mille hommes
,

entre eux,

moins animés d'un même sentiment, d'un même esprit, pour se précipiter sur l'empire byzantin. Ainsi peuvent se juger les
entreprises du prince

de troupes auxiliaires dont la moitié, sous la conduite de son neveu allait paraître devant les murs de Konia. La menace de Ghasan et
,

l'armement de Chodabende n'avaient

cepen-

qui assiégea

la ville

deKastemuni-Umur-Beg, de Ccnchrea (Kanghri), où
Grecs chassés par
la prit, la

dant empêché, ni l'occupation de Sardes par

Alaeddin

,

ni la prise

d'Éphèse et de Tyra par

s'étaient réfugiés les

les

Turcs

Saisan, seigneur de Mentesche (2).

Osman

dé-

de

la plaine

du Scamandre,

saccagea,
le

daigna plus encore l'orgueilleuse fiancée des

massacra tous
sur

les habitants, puis

mit

feu aux

murailles désertes (1): la conquête de Tripolis
le

Méandre

2) par Alischir, prince

de Ker-

mian, et son siège de Philadelphie (Alascliehr) qu'il fut forcé de lever devant Roger, ancien templier, ancien pirate, alors époux de la petite-fille

Mongols, Maria, qui, pour hâter la conclusion de son mariage depuis si longtemps négocié, et presser la marche des auxiliaires mongols annoncés depuis tant de mois (3), s'était avancée
jusqu'à Nicée, et delà faisait déclarer à
qu'elle allait le

Osman

dénoncer à Chodabende, qui

de l'empereur et grand amiral de

déjà devait avoir envoyé trente mille

hommes

l'empire byzantin (3); l'irruption et les déprédations d'Alaeddin en Lydie, dont Sardes, la
capitale, se tint
tié

sur les frontières.

Osman,
dans

qui, déjà

précédemment, avait étendu

pendant assez longtemps, moi-

ses courses, entre le Sangarius et le Mêlas (A),
le territoire

sous

la

torité des Grecs, jusqu'à ce

domination turque, moitié sous l'auque la garnison
Grecs alors grossis
;

des Siphones et des Halizones,
le

jusqu'aux rives du Bosphore, portait

ravage

turque

fût expulsée par les

jusqu'à Istrawros (Astrabites), au château d'Hieron, en Analolie. et jusqu'à Chelai (Kilia) (5),

par de nombreux renforts (4) enfin, la prise de Tyraja et de la célèbre Éphèse, à dix lieues

sur

le

bord de

la

mer Noire

,

remplissant tout
les

de

là,

par Saisan, jadis serviteur et alors gendre
les vases

du seigneur de Mentesche (5), qui permit bien
d'emporter
l'église

de terreur, bien loin d'être arrêté par naces de la fiancée du clian mongol, se
au contraire, excité davantage,
et
il

me-

sentit

des saints sacrifices de
précieux consa-

attaqua le

d'Éphèse et

les objets

crés au bienheureux saint Jean et à la

mère du
habitants
et (1) Saisan s'appelle

dans

le texte

grec Heptxapxa Swrav,

Ghrist; mais ensuite

fit

massacrer

les

Alaeddin AXoucJe;.
(2)

Jbid.
Jbid.,

,

I.

t

,

cap.

16

,

p.

280

,

et

1.

vu

,cap. 13

(1)
(2)

Pachymeres
Idid.
Jbid.
;
,

,

I.

v

,

chap. 27
,

,

lom.

h

,

p. 306.

p. 412.
(3)
1.

I.

v, ebap.
,

25
v
,

(3,
p.

j loin il
,

I.

thap. 21

tom. n, p. 300. p. 293; chap. 23,
,

vu

,

cap. 25
,1.

,

p. 433.

(4)

Pachymeres
,

iv, cap.

25, lom.

H
,

,

édit.

de

297
(4) (5)

chap. 26

p. 302.
1.

Rome
chap. 16, p. 218.
21
(5)
,

p. 228.
,

Pachymeres,
Jbid
,

v

,

Acpaëïrrnç

Upcv
,

,

XrAïi

;

Pachymeres

I.

v, cap.
j

l.vui,

p. 13.

édition de

Kome

t.

n,

p. 286.

, ,

, ,

LIVRE
boulevard avancé de Nicée,
défenseurs
.

II.

37

le

château fort de
les Turcs).

Trikokia (Kodschahiszar chez

Les
mais

gnité est plus ancien que l'empire ottoman et se trouve chez les Byzantins où le grand

du

château, habiles archers, firent
;

Tschausch

beaucoup de mal aux guerriers d'Osman
ceux-ci, après avoir

comme
tomans.

le

était un dignitaire de la cour Tschausch-Baschi auprès des sultans

comblé

le

fossé

profond

seldschukides, et ensuite auprès des princes ot-

:

avec des troncs d'arbres et des décombres, em-

De

Lefke, l'expédition se dirigea vers

où furent versés des torrents de sang (1). Déjà le château fort de Kubuklea, sur le penchant de l'Olympe, était tombé entre les mains des Turcs par la trahison de soixante
portèrent
la place,

Akhiszar, Bekedsche et Kiwa, dont les

commanrendre

dants abandonnèrent leurs châteaux, s'en allèrent au-devant

du vainqueur pour

lui

Mogabares que Makrenos commandant d'Ulubad (Lopadion), avait envoyés au secours de la garnison vivement pressée, et Osman croyait
,

hommage, comme fit le capitaine d'Akhiszar, ou s'enfuirent comme celui de Kiwa qui gagna la vallée de Karadcre. Deux châteaux seu,
,

lement opposèrent quelque résistance

:

celui

être assuré par la possession de ces châteaux

que

l'on voit élevé sur

un rocher

à pic, près

du

contre tout danger de

la

part des Mongols

('2).

Sangarius, qui futappeléplustard Karadschebes,
et celui

Ces

récits,

transmis par Pachymeres d'une maqui, en

nière incomplète, se trouvent plus en détail

Osman confia
Ali.

dans

les

écrivains ottomans,
la

même

de Tekur-Binari (puits impérial), dont le siège au fils d'Aighudalp-KaraAprès que la place eut été emportée, le

temps, nous font connaître

conquête des châ-

teaux de Kodschahiszar (Trikokia), Lubludschi

(Kubuklea), d'Akhiszar, Lefke et Bekedsche,
derniers sont situés sur les bords de Lefke ou Jenilschehr (le Mêlas) iet de Kiwa, au confluent de la même rivière dans le Sangarius [1308]. Osman, qui, dix-sept
les trois

dont
de

la rivière

en fief avec le terridépendant de Kiwa, dans lequel se trouvaient compris les châteaux d'Onde, de Nifdschehiszar et de Karagoes (I). Pendant qu'Osman enlevait les châteaux des frontières de l'empire byzantin sur le Sangavaillant guerrier la reçut toire

j

rius

,

l'extrémité méridionale de

ses propres

ans auparavant, accompagné de son ami Korsc-

États fut tout à coup menacée par une invasion

Michal , seigneur de Chirmenkia, avait poussé
ses premières courses clans les cantons septen-

des Tatares que
n'étaient autres

les

historiens ottomans appel-

lent Tschodars, les Byzantins Tochars, et qui

trionaux du Sangarius, l'invita aussi celte

fois

non-seulement
à

à

venir
,

le

joindre, mais encore

Osman
(

avait confié la

que des hordes mongoles (2). garde de Karadschahiszar

embrasser

l'islam

et

Koese-Michal ne reoffres.

poussa

aucune

de

ses

Ssamszama-

Mélangea ) à son fils L'rchan, laissant auprès de lui son fidèle compagnon d'armes Ssaltukalp
et le

Tschausch, qui, dix-sept ans auparavant, leur
avait servi de guide dans leur route de Koinik

sistance

nouveau moslime Ivoesc-Michal. Avec l'asde ces deux guerriers, le jeune prince
Tschodars
le
,

de Modreni, vint encore offrir ses services aux troupes d'Osman, sollicitant du prince en récompense l'investiture d'un château bâti sur
et

battit les

qui; de Kermian

,

avaient
et

pénétré sur
pillé le

territoire

de Karadschahiszar

un rocher, prèsde Jenilschehr, nonloiu de Lefke. Osman lui accorda sa demande, et le lieu se

marché de la ville; et, par ce triomphe, remporté près du château d'Oinasch, il se montra digne de son père Osman (3).
Satisfait
le

nomme

encore aujourd'hui Tschausch-Koeji

du premier exploit de son

fils,

Osman
la
le

de Tschausch (3). Ssamszama est le premier des Tschauschs, qui, plus tard, jouèle village

chargea d'une autre expédition tendant à conquête définitive de l'espace compris entre

rent sous

l'administration ottomane

un

rôle
(1)
fol.

important

comme messagers

d'État et

saires, introducteurs des ambassadeurs, et

commisamla di-

Idris, 70
;

,

et

aussi Neschri
les détails.

,

fol.

40,

et

Seadeddin,

16

mais nou avec

bassadeurs eux-mêmes. Mais

le

nom de

(2)

To/apci, ce sont
,

les

troupes auxiliaires envoyées
,

par Chodabende
13
(!)
(2)
,

dont parle Pachymeres

1.

vu,

cap.
,

p.

111

,

tom.

n
,

,

édit.

de

Rome

,

et

1.

vu
;

,

chap. 33

Pachymeres, Pachymeres
,
,

1.
I.

vu

vu

,cap. 33, p. 444. , ch. 33, tom. n
(

p. 449.
p.

,

445.
f
1.

(3) Seadeddin
fis
.

fol.

15

,

Neschri

,fol.

41

ldris, fol. 71

(3) Seadeddin

fol.

15; Neschri,fol. 3 J; Idris,

et suiv.

38
Sangarius et
la

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
mer, qui porte aujourd'hui
le

des bains chauds de Kaplidsche (I); Balaban
bâtit sur le

nom

de Sandschak-kodscha-Ili. Pour
il

l'aider

bord du Nilufer l'ouvrage qui, de
le

dans son entreprise,

lui

donna quatre de

ses

son nom, est encore appelé aujourd'hui
années

châ-

plus vaillants guerriers, éprouves par vingt an-

teau de Balabandschik (2) [1317J. Durant dix
,

nées de combats et de fidélité, Kœseraichal, Abdorrahman-Ghasi, Konuralp et AghdscheKodscha (1 ). La première bataille se livra au pied

les

garnisons de ces deux forts resserla ville,

rèrent étroitement

jusqu'à ce qu'enfin

Osman

résolut de convoquer toutes ses forces

d"un château déjà investi dans

la

campagne préil

cédente, qui, cette fois, fut enlevé par le cou-

rage de Karadschcbe,et, plus tard,

lui fut

pour l'attaquer directement, et de confier le commandement suprême à son fils, attendu que lui-même était retenu par la goutte. Le conseil de
guerre, composé de Krese-Michal Torghudalp,
,

donné en

fief

avec

le territoire

environnant.
le

Au

tombeau du héros. Le château d'Alpszofi, qui tomba ensuite au pouvoir d'Urchan,fut conféré en fief à Konuralp, et, après s'être emparé d'Akhiszar, sur les bords du Sangarius, au-dessus du pont de Kiwa, Urchan se fortifia dans la place de Kœpri, sur le lac d'Ajangœli, d'où il dépêcha à son père, Kara-Ali, pour lui annoncer ses succès.
milieu de ces ruines s'est conservé

du

scheich

Mahmud

et

d'Achi - Hasan, neveu

d'Kbali, jugea

nécessaire, avant la

conquête

de Brusa, de
l'Olympe, qui
la

se saisir d'abord d'Édrenos, sur

était la clef de cette ville. La voix prudence militaire fut fortifiée par le désir d'une vengeance de famille, car Aidoghdialp,

de

neveu d'Osman,

était tombé frappé par le père du commandant d'Édrenos. Il y eut satisfaction

Le château dekarattkin (2), dans levoisinage de
Nicée, fut emporté; les vainqueurs se parta-

pour-1'ardeur de pillage des soldats dans

le

sac

gèrent

les

femmes comme

le

butin, et la place

fut remise à la garde

deSsamszama-Tschausch.
et en-

Konuralp poussa ses courses vers Akjasi,
sari

prévoyance du chef dans la destruction des murailles, et pour la soif de vengeance d'Osman dans l'immolation du gouverneur, auquel on coupa la tète. Urchan planta ses
de
la ville,

pour

la

leva les châteaux situés dans ce canton, Tusba-

bannières triomphantes à l'orient de Brusa, au
pied de l'Olympe, à Binarbaschi (tète de source),

(marché au

sel),

chef-lieu des Nalizones de

Byzantins, Kiliki, non loin d'Akhiszar, kapudschik et Kerasledschi (3), tandis que AghdscheKodscha marchait vers Akowa(la vallée blanche),

mêmes de la ville (3). Par la médiation du vieux ami d'Osman, Kœse-Michal fut négociée pour lecommandantlibre sortie avec
sous les mnrailles
ses biens sous
(

soumettant toute

la
le

contrée qui, aujourd'hui

même, a conservé
Nicée,
la

nom du vainqueur,

et s'ap-

pelle Kodscha-lli (pays

de l'ancien) [1317J. place frontière la plus importante

une escorte sûre jusqu'à Kemlik Urchan consentit à cette condition moyennant la rançon de 30,000 pièces d'or de
kios
).

Byzance. Ce

fait est

très-remarquable

:

par

la

de l'empire byzantin, fut ainsi entourée d'ennemis de tous côtés, et inquiétée d'ailleurs par les garnisons des deux châteaux de Trikokia et
Karatekin, situés devant ses portes, qu'Osman

prise d'une ville sans coup férir et par le paye-

ment d'une somme énorme, depuis lors considéré comme le taux invariable du prix moyennant lequel
nuelle
la

les

princes chrétiens vaincus durent

Urchan avaient conquis précédemment (4). Afin d'envelopper Brusa de la même manière, Osman ordonna à son neveu Akttmur et à l'un de ses capitaines, nommé Balaban, d'élever deux forts devant cette ville. Aktimur construisit le
et

se racheter annuellement d'une guerre conti;

les

30,000 ducats qui furent livrés pour
fois à la

première

reddition de Brusa conti-

nuèrent à être versés pour l'obtention de chaque
trêve, et annuellement,
et entrèrent ainsi

pendant toute sa durée,
le

sien devant les portes

mêmes de

la place,
la

à l'en-

régulièrement dans

trésor

droit où l'on voit aujourd'hui s'élever

voûte
(1) ldris,

fol.

71

,

place l'élévation
la

des châteaux en
;

(1) ldris

,

fol.

74.

813-815; mais Hadschi-Chalfa

met en 817

Pachyà l'ouest

(2) Jbid., fol. 75.
(3) Jbid.

meres
(2)

,

p.

417 et 288.
sur
rives
,

D'après Dscliihanuniiia, p. 659, ce lieu est
,

(i)
p.

Pachymeres 1. iv 287 édit. de Rome.
, ,

,

c.

25

,

p.

229

,

et

1.

v

,

c.

21

de tvele( KaTouteîa
(3) ldris, fol.

les

du Nilufer.
fol. 16.

81

,

Seadeddiu

UVR E
ottoman durant
trois cents ans, et ce fut seulec ment au commencement du xvn siècle que la pour jamais raya cet article paix de Sitvatorok

II.

39
d'Édebali et

frère

Kara-Chalil-Tschendercli,
ils

transportèrent ses restes a Brusa, où
placés sous la voûte appelée

furent

Gumischlikunbed

important du registre des tributs de
lerie

la

chancel-

(voûte d'argent)

(1 ),

dans l'ancienne chapelle du

ottomane.

château Jusqu'au commencement du xix e siècle,
bâtie',

Ainsi

tomba Brusa,

selon Pline, par
e

Annibal, alors qu'il était l'hôte de Prusias, roi

de Bithynie, et qui dans la moitié du x siècle, conquise par Scifeddewlet (épee de l'empire), le
,

on y montrait aux pieux pèlerins un chapelet de bois, dont les grains énormes entretenaient le respect pour la mémoire d'Osman dans l'esprit

du peuple, qui
a ce

les

regardait
;

comme

ayant

grand prince de

la famille

Hamdau, après un

appartenu

prince

on y voyait encore un

siège d'une année, avait vu raser ses murailles;

retombée au pouvoir des Byzantins, entourée de

nouveaux ouvrages, elle passa ainsi entre les mainsdes Turcs pourdevcnirlapremière grande ville, et la résidence du fondateur de l'empire ot-

énorme tambourqu'il devait avoir reçu du sultan Alaeddin comme marque d'investiture de Karadscha. Ces deux monuments des traditions,
objets des affections populaires, furent
la

proie

des flammes dans

le

dernier grand incendie qui
la ville

tomanou

plutôt de son fils, car
la

Osman ne reçut la
la

désola le château et

au commencement

nouvelle de

soumission qu'un instant avant sa
capitale de
la

de ce
les

siècle, et

au lieu de

l'éclat

de l'argent que
sur
le

mort. Satisfait d'avoir conquis

l'ancien

dôme de
la

l'église reflétait autrefois

iBithynie pour y reposer ses cendres et pour y [dresser un trône à ses successeurs, il mourut
(après

tombeaux blanc mat de
nières ruines

(2), les

yeux sont blessés par

chaux, seule parure des der-

un règne de vingt-sept années, dans
il

la

Isoixante-dixiéme de son Age (1) [1326].

du tombeau du père des Ottomans (3). Le drapeau et le sabre qu'Osman reçut
en signe d'investiture doivent être conservés encore aujourd'hui dans le trésor de l'empire(4); le sabre est à double pointe, non pas a double
tranchant, mais à clos arrondi,
le

Quatre mois auparavant,
par son beau-père,
|et

avait été précédé

le

pieux scheich Édcbali,

un mois après par

la fille

de ce saint homme,
les historiens otto(

(sa

chère épouse, appelée par

comme

Sulfakar,

mans du double nom de Malchatun
trésor)
,

femme
et
il

et

Kamerijc (lune de beauté);

avait eu le

temps de leur rendre

les

derniers

devoirs a Bilcdschik. Urehan, infermé

de

la

Jfin prochaine de son père, accourut auprès de

son

lit

de mort à Sœgud, accompagne des pre-

fameux glaive du chalife Omar, dont il fendit un jour en deux un infidèle qui doutait de la divinité du Koran,ce qui lui valut de la part du prophète le nom honorifique du pourfendeur. L'image de ce glaive à deux pointes, dont l'une menace l'Orient et l'autre l'Occident, fut adoptée
dans
la

miers
et

hommes

qui l'assistèrent de leurs conseils
et Ssaltulcalp,

suite et gravée sur leurs sceaux par les
(6), et

de leurs bras, de Torghudalp

gouverneurs de l'empire

aujourd'hui enle

des scheichs Achischemseddin frère, et Achi-

core elle brille brodée en argent sur

champ
la

Hasan, neveu d'Édebali, de son
Jachschi et de

imam Osman-

rouge du kapudanabeg ou premier amiral de
flotte

Kara-Chatil- Tsehendereli, qui

turque, qui arbore ce pavillon sur son

devait être le premier chef de l'armée et le père

vaisseau de guerre (6).

d'une race de grands vesirs
ces six personnes et à son

(2).

Le mourant

Ce qui

es! plus

digne de

foi

que

la

conserva-

adressa l'expression de ses dernières volontés à
fils, recommandant Urehan de maintenir fermement l'is-

tion des insignes d'investiture

d'Osman jusqu'à
et
ni

nos jours,

c'est l'inventaire
Il

de sa succession

surtout à

de sa garde- robe.

ne laissa

or ni argent,

lam, de gouverner avec équité et douceur, et de
'ensevelir à Brusa (3). Les deux imams tursunfakih et Osman-Jachschi, Achi-Schemseddin,
(1)

Idris

,

fol.

S5. La description de l'église se trouve
,

dans l'examen d'un voyage à Brusa
(2)

p.

47 et suiv.

Neschri

,

fol.

48.
,p. 49.
les

(3)
(1)
tiste

Voyagea Brusa

Hadschi-Clialfa

,

Tables chronologiques

,

dans

la

(4)
(5)

Scliamailname, àlabibl.,imp. sous

n os 141etl47.
I.

des sultans.
Idris
,

Particulièrement les gouverneurs d'Ofen.
et

(2)

fol.

83.

(6) Constitution
et 85.

administration ottomanes,

h

,

(3) Ibid., fol.

8i

p. 21)6.

, ,

,

40
rien qu'une cuiller

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
les rois

une salière , un kaftan , un turban de toile neuve, des drapeaux de mousseline rouge tels qu'on en fabriquait A Alaschehr, une écurie garnie d'excellents chevaux, quelques attelages de bœufs pour la culture des champs, et quelques troupeaux de brebis choisis desquels descendent
brodé
et
, ,

ont

les

bras longs. D'ailleurs,

Osman
,

pour mouler à cheval; il avait le nez aquilin les cheveux les sourcils la barbe noirs, le tein brun ce qui lui fit donner dès sa jeunesse le surnom de Kara, c'est-à-dire,
était bien constitué
, , ,

le

Noir, épithète qui, dans la bouche des Orien-

ceux qui appartiennent encore aujourd'hui au
sultan dans les environs de Brusa. Le costume

un grand éloge de la beauté, et qui, ajoutéeaunom d'un chef d'aventuriers, peuttoujours
taux, est

d*Osman

était

simple

,

à l'exemple des premiers
:

guerriers de l'islam comme eux, il entoura son bonnet rouge arrondi par le haut d'un ample turban blanc il porta un large kaftan
;

comme d'heureux augure. Hafis, dans des vers célèbres, vante le teint noir de son favori, et plusieurs princes turkmans ont
être regardé

reçu ce surnom, sous lequel

ils

sont inscrits

dans

l'histoire

:

ainsi Karasi, l'un des dix prin-

dont

le collet et la

doublure de couleur sem-

ces qui se partagèrent les débris

de l'empire
le

blable différaient de celle

du kaftan

(1), avec

seldschukide

;

Kara-Jusuf

(

Joseph

Noir

)

longuesmanchespendantesderrière les bras. Les
bras d'Osman étaient presque aussi longs que
ses

Kara-lskender (Alexandre
ces delà fameuse dynastie

le Noir),

deux prin-

du Mouton noir(l);

manches pendantes, car ils atteignaient ses genoux ( 2 ) conformation qui est considérée en Orient comme favorable pour les princes
,

parce que l'un des plus puissants souverains

de l'ancienne Perse Main (3), mit en usage

,

Artaxerxès
l'ancien

Longueproverbe que

Sangsue noire ) fondateur de la dynastie du Mouton blanc. Le surnom de Noir donné à Osman offre une grande signifirapproché de celui de la première cation résidence du père de la tribu, de sa preKara-Juluk
(

la

,

mière possession dans Rum. Ertoghrul s'était établi d'abord à Karadschatagh (montagne
noire), au nord-est

d'Angora;

Osman
(

reçut

estampes dans le Schamailname à la l>ibliolh. impér. etroy. de Vienne, dans lesn os 141 et 475. (2) Disinden Aschuri dans le Schamailname.
(1)
les
,

Voy.

pour premier
noir).

fief

Karadschahiszar

château

(3)

En persan
,

,

ardeschir dirasdest. Diras veut dire
(1) Kara-Kojunlii, les

longue

dest signifie main.

MaupoiroSaroi des Byzantins.

,

,

LIVRE
AVÈNEMENT D'URCHAN AD TRÔNE.

III.

PREMIÈRES DE NICÉE ET DE NICOMÉDIE. 1HST1TUTIONS POLITIQUES DE L'EMPIRE OTTOMAN— MONNAIES PRIÈRES PUBLIQUES ET RÈGLEMENT DU COSTUME. INSTITUTIONS MILITAIRES. COMHAT PRÈS JANLTSCHARES ET SIPAHIS. DE PELEKANON, ET DÉFAITE DEVANT PHILOKRÉNE. CHUTE DE NICÉE ET PRISE DE KIBOTOS. FONDATION D'ÉCOLES ET DE CLOITRES. CONQUÊTE DE KARASI ET DE PERGAME. CLOITRES SUR L'OLYMPE. TOMBEAUX DES SULTANS. SAVANTS ET SAINTS A BRUSA.

— CONQUÊTE
— —

,

L'année qui vit Urchan parvenir comme beg un pouvoir sans limite fut signalée comme belle de l'avènement de son père Osman, par de [a naissance d'un fils successeur du trône
ï
,

geant avec

le

prince les soins et les soucis
,

du

gouvernement

ainsi qu'avait fait

,

selon l'his-

toire racontée par les

Orientaux, Aaron avec
il

;

son frère Moïse, dont

se

fit

le vesir.
la

Le mot

même que

l'heureuse nouvelle de la prise de
s'était

vesir, suivant l'acception

dans

langue tur-

Karadschahiszar

répandue avec

le bruit

que, signifie
faitement à

le l'arrivée d'Urchan au

monde,
le

ainsi retentit

'annonce de la conquête de Brusa au

moment

pu naissait Murad, qui devint

troisième sou-

qui répond parl'homme chargé du fardeau du gouvernement que le souverain a placé sur son premier ministre en l'investisle porte-faix, ce
la

situation de

verain des Ottomans. Urchan

monta comme

sant d'un pouvoir illimité, mais se réservant

Osman
>t le

sur

le

trône

,

entre le cercueil d'un père
,

pour lui-même toute

la responsabilité.

Le pre,.

berceau d'un

fils

paré des lauriers d'un
fut d'offrir le

mier vesir des Ottomans, frère du souverain

'écent triomphe.

Son premier soin

ne possédait nullement

îartage des biens paternels à son frère AlaedJin
,

comme en

reçurent leurs

un pouvoir étendu esclaves, les grands

homme
ses

sage

,

auquel l'empire ottoman
institutions
politiques.

vesirs qui lui succédèrent, et qui, ayant au-

loit

premières

dessous d'eux un grand nombre d'autres vesirs,
concentraient dans leurs mains les
relations

Maeddin, respectant la dernière volonté de «on père qui avait ordonné que la succession
,

de

la

paix, de la guerre et de l'administration
,

•evint

exclusivement
d'accepter
,

au frère

aîné, refusa

intérieure. Alaeddin

étranger au métier des

nême
on

la

moitié des troupeaux de
et

armes, s'occupa seulement de l'administration
et des lois à
qu'il affermit

chevaux
frère

de bœufs
et

de brebis que

lui offrait

,

demanda seulement pour
de Brusa
,

sa rési-

donner à l'empire grandissant par de sages institutions tandis
,

lence
iceia),

un

village dans la vallée
la plaine

de Kete (Katoisur la rive occidit
les

que son frère retendait par de nouvelles conquêtes.

dans

ientale

du

Nilufer.

«Hé bien!

Urchan,
chevaux

Du vivant même
partie

d'Ertoghrul

,

la

plus grande

puisque tu ne veux pas posséder
les
i

du Sandschak de

sultan OEni,

sur

le

vaches et

les brebis, sois alors

pour moi

versant oriental de l'Olympe, avait été conquise

un pasteur de peuple,
1

c'est-à-dire, unvesir.»
,

i

ilaeddin se résigna au désir de son souverain
ainsi le frère

chi-Chalfa

,

dans
,

la liste
,

des vesirs, dans les Tables chro,

1

du second maître des Ottomans

nologiques

p.
,

171

et

|

levint le

premier vesir de l'empire (1), parta-

man-Efendi

dans

le

vesirs); Neschri

et

les plus grands détails OsHadikatul-Wusera ( le jardin des Seadeddin prennent l'année 726,

avec

Hadschi-Chalfa , Osuian-Efendi l'année 728
,
I

,

comme celle

)

Seadeddin

,

Nenchri

,

Idris

,

et,

d'après eux

,

Hads-

de son installation.

,, ,

42
par son
son
fils
fils

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
Osman. Sous
le

règne d'Osman, du pays au delà de l'Olympe jusqu'aux portes de Nicée et de Nicomédie. Après la conquête de Brusa, Urchan
Urclian setait
saisi

transporta de Jenitschehr sa résidence dans
cette ville
si

nom. Les murailles bravèrent la force des assiégeants mais le cœur de la fille du commandant ne put résister à la mâle beauté de Ghasi-Abdurrahman, qu'elle avait vu du haut des tours qui lui était apparu en songe. Elle lui jeta une]
;

,,

bien placée pour dominer

la

con-

lettre

au moyen d'une pierre,

et lui

indiqua

les

trée, et ses

compagnons d'armes Aghdschekodscha, Konuralp, Abdurrahman-Ghasi et
,

Karadschefes

tous en resserrant Nicée et Niavaient dressés aux
la

comédie par
de
la

les forts qu'ils
,

portes de ces villes

pénétrèrent dans
,

partie
la

péninsule qui est bornée

au nord par

moyens de se rendre maître la nuit d'elle-même et du château. Ghasi-Abdurrahman fut introduit avec quatre-vingts de ses compagnons; puis, envoyé à Urchan par Konuralp avec la nouvelle de la conquête il menait aussi la belle fille du châte-^
,

mer Noire, au sud par

le golfe

de Nicomédie,

Iain, à laquelle les vainqueurs devaient leur

à l'ouest par le Bosphore, et poussèrent jusqu'à

succès, et que

le

sultan lui

abandonna comme

Konuralp avait enlevé sur les deux rives du Sangarius en deçà d'Akjasi Konurpa et Akowa Aghdschekodcette dernière limite. Déjà
,

légitime épouse.

De

ce mariage naquit Kara-

Abdurrahman,qui
père, et dont le

rivalisa

de vaillance avec son
encore une sorte
leij

.

;

nom

était

scha avait pris
sari,

les places voisines

d'Ermeniba-

d'épouvantail longtemps après sa mort; car

Ajangœli et deKanderi. Maintenant tous
,

femmes grecques
les effrayer
:

criaient à leurs enfants pouç

deux, réunissant leurs forces se portèrent contre les châteaux d'Aidos et de Semendra qui
,

Voilà le noir Abdurrahman.

touchant aux rives du Bosphore ne sont
,

éloi-

Le surnom de noir était d'un heureux au-j gure depuis qu'il avait été porté par Osman ; e{
voilà ce qui le

gnés,

le

premier que de quatre,

et le

second

de

trois lieues

de Skutari

(

1

).

Depuis quelque

vaillant

fit donner aussi à Mursal, autrç champion d'Aghschekodscha. appelé 1^

temps déjà ils avaient investi Semendra sans qu'il y eût aucune apparence de succès lorsque les portes s'ouvrirent pour le convoi funè,

noirMursal.il conquit
avec l'obligation de

la

côte méridionale du
fiel

golfe de Nicomédie, qui lui fut donnée en
la

protéger au

moyen

dt

bre du

fils

du commandant. Les Ottomans
ce cortège
,

fon-

vaisseaux garde-côtes. Aujourd'hui encore

U

dirent sur
père.
ils

et
le

s'emparèrent du
,

point où ce rivage forme une première anse,
lieu

Au lieu

d'immoler

prisonnier

comme

fameux par

ses

grenades
,

(1) et

une espèce
trouva

avaient fait avec les

commandants des autres
ils

de bâtiment garde-côtes
Mursal.

sont appelés Kara-

châteaux des frontières,
reur grec
la liberté

offrirent à l'empe,

A quelques

lieues plus loin se

de son serviteur nant une rançon. L'empereur déclara
chetait et

moyen-

Jailakabad ou Jalowa (l'ancien sugla ou drépa

qu'il n'a-

non)

,

embellis de palais et d'hôpitaux par l'int
,

ne vendait pas d'hommes
le

:

ainsi leur

pératrice Hélène

répondit

seigneur d'Aidos. Le commandant

de Nicomédie consentit seul à payer la somme demandée. Quant au château de Semendra Aghdsche Kodscha s'en empara enfin, et tout
le territoire fut

dont le père avait tenu jadis une auberge en ces lieux transformés paj Constantiu en une ville qu'il appela Hclenopolù en l'honneur de sa mère. C'est là que se réfugij
,

l'armée des

premiers croisés, conduite

paj
el|(

appelé de son

nom

Kodscha-Ili

Pierre l'Hermite et Gautier sans Avoir;
avait
été battue près
,

(pays du vieillard),
d'hui.

qu'il porte

encore aujourtrès -fréquenté

Le tombeau de ce chef, qui devint en-

de Nicée couvrant le,' campagnes environnantes de ses morts. Ave|
les

suite

un

lieu

de pèlerinage
colline près

ossements des cadavres

les

Sarrasins élevè-

s'élève sur

une

de Kandcri. Konuinvestirent le châ-

rent des tours et des pyramides à Jalowa :dani
les

ralp et Ghasi

Abdurrahman
la

temps modernes,
ses

le lieu n'est

plus

renommj
là s'é:

teau d'Aidos situé seulement à une lieue de Se-

que par

eaux thermales (21 Près de

mendra, au pied de

montagne du même
(1
)

Dschihannuma
Melala
,

Dsrhihanmima ,p. 663,315; Kanderi, 3, 18; Semendra, 3, 19: Aidos.
(t)

(2)

xiii
,

;

p, 6G3 ,3,6. Ammianus Marccllinus
,

,

\xvi

,

8

Comnena, XV

p. 403.

, ,

LIVRE
ive le tombeau d'un abdal
,

III.

43

c'est-à-dire,

d'un

erwisch ou serviteur de Dieu, enthousiaste
usqu'à
es
la

les

suppléent seulement à leur silence, remplissent lacunes quelles ont laissées, et, sous le nom
c'est-à-dire
la

folie,

qui

mena

les

troupes ottomaà la

d'urfi,

de

législation

volontaire,

armées de sabres de bois

conquête de

forment

règle de l'islam appliquée aux be-

e lieu (1).

De l'autre
,

côté du golfe était le châ-

soins progressifs de l'État.

Dans

la

suite, cette

ïau de Hereke (2) (l'ancien Ankyron, où
lt

mou-

législation fut désignée dans l'empire

ottoman

Constantin

rent

murs dévastés couencore aujourd'hui le penchant de la
dont
les
la

ontagne jusqu'au bord de

mer.
(le

11

était

mbé
ire

sous les coups de Karaali

noir Ali),
;

mot grec Kanun et cependant la collection appelée Kanunname, c'est-à-dire le droit canonique, n'est pas un recueil de droit ecclésiastique; c'est plutôt un code politique. Plus
par
le
;

du fameux Begler-Beg-Timurtasch
menaçaient

et

d'une fois

il

sera question de pareils livres cano-

aintenant les Ottomans, maîtres de Jalowa,

niques du droit ottoman, lorsque, dans cette
histoire, nous parlerons des législateurs successifs.

ereke et Nicomédie

,

la capitale

de

:mpire byzantin. Les historiens byzantins plant rd
;

Trois objets sont particulièrement traités
les

la

conquête de Nicomédie beaucoup plus
rapportent aussitôt
.

dans

institutions conçues par
:

Alaeddin
le

et

les écrivains turcs la

adoptées par Urchan
et l'armée.

les

monnaies,

costume
et celui

>rès la

chute de Kojunhiszar Bapheum)
la

alors

Le droit de battre monnaie

l'Osman remporta

première victoire impor-

de se faire

nommer

clans la prière publique et

nte sur Muzalo, général grec. Ensuite

Agh-

solennelle récitée tous les vendredis, sont les

le-Kodscha s'empara de
e, cette résidence
,

la capitale

de

la

Bithy-

magnifiquement ornée de le diadème ins la plaine de Nicomédie, et qu'il n'allât iansporter sa demeure sur la côte de Dalmatic.
ioclétien

avant qu'il ne déposât

deux marques caractéristiques de la souveraineté de l'islam. Selon plusieurs écrivains ottomans, onze années déjà avant le partage de
l'empire seldschukide, lorsqu'il fut investi par
le

drapeau et

le

tambour, par

le

cheval et l'épée,

de Marie Paléologue, celte fmeuse souveraine des Mongols défendit itinement Nicomédie contre la puissance des
jaloioannes, frère
,

comme Osman

prince gouverneur de Karadschahiszar,
aurait fait substituer dans les prières

publiques son

nom

à celui

d'Alaeddin

III,

dersu-

tttomans. Sa tète

tomba avec

la ville.

nier souverain de la dynastie des Seldschuks;

Un
I

siècle après l'émigration

d'Ertoghrul du

mais cet acte de rébellion ouverte contre
zerain n'emporterait pas avec lui

le

lys de

Rum,

trente ans après la fondation de

un grand honla la

puissance indépendante des Ottomans, trois As après l'avènement de leur second souverain,

neur,

et serait

peu croyable de

part d'un

Ans l'année

même où

Charles

le

Bel, roi de

rance, mourait à Paris, où Louis de Bavière se
lisait

chute déde l'empire. Les mêmes écrivains, qui ne croient pas pouvoir attribuer assez tôt au fondafinitive

simple châtelain insignifiant avant

finlinople le vieux

couronner empereur de Rome, où à ConAndronic était précipité du
dans un cachot par son
les
petit-fils

teur de l'empire l'exercice des deux droits de

souveraineté, lui font aussi battre monnaie dès
la

pne

et jeté

première année de son autorité indépendante
la

fmpire ottoman fut affermi par

premières Ces prin-

sur Karadschahiszar. Cetle assertion est encore

h et les premières institutions politiques qu'Afeddin avait méditées

moins soutenable que
prière publique au

première; car

si

la

dans

le silence.

nom d'Osman

ne fut récitée

ces, établis suivant
f

les besoins de l'État, sont quatrième base du droit politique de l'islam i, d'ailleurs, ne sont nullement en conlradic-

qu'à partir de la première année de son véritable règne indépendant, les monnaies ottomanes,

furent frappées seulement dans la troisième an-

bn avec
imna),

les trois

sources plus sacrées,
la

la

parole

née du règne d Urchan. Le vesir Alaeddin, disent les auteurs originaux de l'histoire ottomane,

^Dieu(leKoran),
et
la

parole du prophète (la

décision

église islamite (les quatre

unanime des pères de grands imams); ils

représenta au souverain son frère que jusqu'alors la

monnaie courante
elle devait
fait

n'avait présenté

que

l'empreinte des Seldschuks d'Iconium. et que,
(1) Idris.fol 104.
Î2)

désormais,
,

porter le

nom

d'Urchan.
il

Voyage

à

Brusa

p. 159.

Si

Osman

eût

battre monnaie le premier,

,

,

k «
i j

44
n'eût pas

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
manqué de
faire

graver son

nom

sui-

distinguer les Ottomans de ces deux nations
les

ne peut dire qu'il aurait conservé le coin en usage sous les Seldschuks, car l'établissement de Konia, seconde capitale de
tes pièces; et l'on

bonnets de feutre blanc furent adoptés
la

I

comme

coiffure générale des guerriers et de» n

serviteurs des princes.

Leur forme

était

oblon-

il

ces princes

,

échut à un autre chef plus puissant

qu'Osman, et dans le petit château de Karadschahiszar, où Osman exerçait alors une autorité
assez insignifiante,

gue à la manière d'un choux palmiste, comme» on pouvait encore le reconnaître au turban dut}
sultan

même dans sa résidence pos-

Urchan sur son tombeau à Brusa avant i que ce monumeià fût détruit par les flammes.:!
,

térieure de Jenischehr, d'après toutes les dates

En campagne

,

les

begs eux-mêmes ne portaient
les

i

numismatiques, on ne frappa jamais de monnaie. Ainsi

que des bonnets de feutre blanc, dont
briques étaient alors à Biledschik
les
;

fatt

donc, on est forcé de croire qu'avant

mais, danfli
ils

l'année 729 de l'hégire, 1328 de l'ère chrétienne,

cérémonies,

à l'exemple

du prince,
le

lealj

aucune monnaie ottomane n'avait été frappée et que le véritable exercice des deux droits de
la

entouraient d'une étoffe
bourrelet.
d'ailleurs

blanche roulée
celui

ciai

Le turban d'Urchan, dont
ne
différait

kaftaml

souveraineté dans les opinions de l'islam ne
les

en rien de
la

de son

peut dater, pour

princes ottomans, que de
,

père, ne se dislingue de

coiffure d'Osmattjjl

cette époque. Depuis trois fois seulement un changement a été opéré dans la prière publique, et toujours pour ajouter aux honneurs déjà rap-

que par

les

bouffantes en forme de nacelle (l)jl

au reste, cette coiffure offre une grande rcs—

semblance avec
ges sur
les

la niîlre

du grand prêtre des
la reflll

pelés

:

1° le titre de sultan fut substitué à celui
1

Hébreux, qui rappelle

à

son tour celle des Ma-H

d'émir sous Bajesid

er
;

2" la qualification de

sculptures de Persépolis, et

maître de deux continents et de deux mers fut
ajoutée après la conquête de Constantinople

présentation hiéroglyphique du soleil dans une

sous

Mohammed

11; enfin, la

formule

se

com-

pléta par l'adjonction des mots

de protecteur

des deux saintes
dine, après
la

villes

de La Mecque et de Méelles

conquête de l'Egypte sous Séont subi

forme de demi-lune. Le rèjjiemeoti'i du turban ne subsista sans altération que da-À rant deux règnes car sous Bajésid llderimjl si les employés de la cour conservèrent comme-: sous Urchan, les bonnets blancs, parmi les
nacelle en
,

,

,

dine

1

er
.

Quant aux monnaies,

serviteurs des begs el les officiers, sur
position

la

pr(WJ|

bien des altérations toujours plus funestes à

du premier beylerbeg de l'empire,
les

mesure que l'empire tombait en décadence nous les rappellerons chaque fois dans leur lieu.
L'attention d'Urchan
,

;

Timurtasch, lurent repris
pies jusqu'à

bonnets rouges.
sirawlj

Les deux feutres blanc ou rou^e restèrent

ou plutôt d'Alaeddm, se porta sur le costume non pas tant toutefois sur les vêtements mêmes que sur les couleurs et la forme de la coiffure. Bien que plus tard aussi la coupe l'étoffe, la bordure et la doublure des
,
,

Mohammed

le

conquérant, époque

à laquelle

on

se mit à les broder de mille ma^if

nières. Alors les blancs furent exclusivement aflH

fectés

aux janitschares,
les

et diverses autres espè-

cesde coiffures furent introduiles(l). boerek
tent les janitschares avec
toffe descendant

On

appela
|

divers kaftans, dolimans et des pelisses d'hon-

simples feutres, ketscheceuxquepor-'

neur aient été réglées en partie de

la

manière

la

un large morceau

d'é-

plus précise par le cérémonial et par des lois

par derrière, et ceux de

leurs

somptuaires, alors ce ne fut point encore
question
;

la

officiers supérieurs, qui soin faits

en forme

de

il

s'agit

seulement de
les

la coiffure

qui
et
les

cylindre, reçurent
ainsi

le
le

nom

d'uskuf. Le boerek,
li

de tout temps a été un signe caractéristique
distinctif

qu'on vient de

dire, fut introduit par
la

en Orient pour

nations et pour

vesir Alaeddin sous

Urchan comme
er
1
,

coiffure
l'ar-

classes, ainsi qu'on peut le voir déjà parles

générale

,

puis, sous Bajésid

limité à

sculptures de Persépolis. Les Grecs, au temps

mée par

le

beglerbeg Timurtasch pour se
,

char-

d'Osman, aimaient

les

bonnets dorés,
turban)
,

el

les

ger enfin

Turkmans des bonnets de
des dulbend de couleur
(1) ldi-is, fol. p. 40. (

feutre rouge avec
(1).

de broderies et d'ornements sou Mohammed II. La forme particulière du ketsclic

Afin de

remonte
(1)

à la

bénédiction du derwisch Hadschi-

108; Seadeddin

fol.

23

,

daus Bratulti,

Schamailname.
Seadeddin
,

(2)

fol.

24

,

daus Bralutli

,

p.

40 e

suiv

,

LIVRE
legtaseh, dont

II
les

I,

45
violemment à
,

nous parlerons à l'occasion de
bonnet
fies

enfants des chrétiens qui devaient être conl'islam.

institution des janitschares. L'i*kuf, qui est

vertis
sait-il

«Les vaincus,
,

di-

bsolument

le

derwischs

rie

Mew-

sont les esclaves des vainqueurs

aux-

;wi, fut introduit par Suleiraan, filsd'Urchan,

quels reviennent leurs biens, leurs
leurs enfants,

femmes,
et

econd vesir de l'empire ottoman, en
e
les

l

honneur

comme

possession légitime; en
,

Dsclielaleddin-Runii, fondateur de l'ordre

convertissant de force les enfants à l'islam

derwischs Mewlewi(l). Au
entourés

lieu

des bonnets

en de

les
la

enrôlant
foi,

comme guerriers pour
travaille à leur
:

le

service

p forme d'œuf, ou de choux
jointus,

palmiste, ou

on

bonheur dans ce
car, selon les

d'une certaine étoffe par
les souverains
,

monde
roles

et à leur salut éternel

pa-

»sman

et

Urchan

,

des Ottomans

doplèrent ensuite l'uskuf
rentières conquêtes en
it

qui, au temps des Europe sous Murad I er,

du prophète, chaque enfant apporte en naissant le germe de l'islam (1) qui, en se déve-

loppant dans une armée formée d'enfants chrétiens, encouragerait

entièrement couvert d'or à une occasion qui
et le plus important objet des fut
l'institution

même

dans

celle

des

infi-

ira signalée.

dèles l'ardeur de la conversion, et la nouvelle

Le troisième
pée
et

troupe se recruterait, non-seulement des enfants des vaincus
,

ravaux d'Alaeddin
,

d'une aret

mais encore d'une foule de
d'origine ou d'opinions dis-

même

d'une force permanente

soldée

déserteurs de l'ennemi, unis au nouveau croyant

Intérieure d'un siècle entier à

l'organisation

par

la

communauté

doptée par Charles VII, roi de France, qui,
asqu'ici
,

simulées, et attirées par la grandeur des récom-

a passé

dans
le

l'histoire

de l'Europe du

penses. »

ooyen âge pour
mées
lit

premier fondateur des arsi

Ce système odieux, funeste au christianisme,
fécond en résultats pour
l'histoire les

permanentes. Ertoghru! et Osman avaient

Moslimes,

est

leurs expéditions avec des cavaliers turk-

unique dans
qui puisse

aans appelés akindschis (coureurs),qui, à la sommation de leur seigneur, devaient entrer en

L'antiquité et les
lui

du despotisme militaire. temps modernes n'offrent rien
comparé.
Les
chalifes

être

(impagne. Urchan

le

premier forma une troupe
,

avaient déjà entouré leur trône de gardes

du

k

fantassins soldée

même

entretenue d'une
,

corps tirés d'esclaves turcs, dont
assuré l'obéissance et
solde,
et
la fidélité

ils

s'étaient

iianière

continue, et qui fut appelée

jaja

ou

par une énorme

Ces soldats, qui recevaient par jour un kdsche (alors le quart d'un dirhem d'argent),
iade.

par

l'affaiblissement graduel

des

souvenirs de leur jeunesse; des conquérants,

taient

formés par dix, par cent, de

et

par mille,
solde qu'on

bmmandés par des décurions
les
ti

et centurions, et
la

en transportant leurs troupes hors du pays où ils étaient nés dans d'autres contrées, ont resserré les liens de
la

colonels. Cette troupe, fière

discipline militaire en

même

accordait,

augmenta bientôt par

ses préten-

temps
sés

•ons et son indiscipline le désordre auquel sa

anciennes coutumes ; mais nulle part ne furent briaffaiblissaient

qu'ils

l'empire des

réalion devait remédier.
pnseil avec

Alors Urchan tint

comme

ici

tout à la fois les liens
et

son frère

et vesir

Alaeddin

,

avec

de religion, de paternité,

de patrie, aucun peuple, a

pu chef militaire Kara-Charil-Tschendereli
eau-frère
|uent

l'exception des Turcs, n'a planté sa puissance

du scheich Edebali, et parconséparent du sultan (2). Tschendereli conrudesse obstinée des Turk-

sur un terrain trempé de sang au milieu des
ruines de
la famille et

de

la

croyance.
(

|aissant trop bien la

Cette milice fut appelée jenilscheri
nouvelle), et bientôt
fut porté d'Asie
toire.
le

troupe

pans, leur orgueil et leur insolence, présenta
f

nom

des janitschares
ailes

plan profondément médité, où se montrent

|ne forte étude des

hommes

et la politique la

en Europe sur les Le nom, comme la forme
ils le

de

la

vic-

distinctive

du

lus froide et la plus étrangère
|u

cœur

:

il

aux sentiments proposa de former une troupe avec
106; Ssolaksade
, ,

feutre blanc,

reçurent du derwisch Had-

schi-Begtasch, fondateur d'un ordre encore aujourd'hui très-répandu dans l'empire ottoman.

1(1) Idris,
.utfi
,

fol.
;

fol.

7

;

Aali, fol. 1C;

fol.

9

Dschihannuma
,

p.

681.
la

(2)
.ebali

Neschri

fol.

27

,

appel'e

seconde épouse d'F-

(1)
fol.

KuIIud

,

Mewludun - Ala -

Fitretil - Islam

;

Idris

Tadscbediu-Kuid.

107.

.

46
Urclian,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
accompagné de Quelques-uns des renéle

jeunes garçons chrétiens, choisis dans

le

non

gats soldés, visitait

scheich Iladschi-Bcsgtach

bre des prisonniers de guerre, à embrassi
l'islam et le service militaire (1); et, quand nombre des prisonniers n'était pas suffisant, ( complétait au moyen des enfants que l'on ei

de Sulidsché KenarijUn aux environs d'Amasia, pour lui demander sa bénédiction, un drapeau et un nom. Le scheich plaça la manche de sou manteau sur la tète de l'un des soldats qu'on lui présentait de manière qu'elle
dans
le village

levait

sultan. Cela se

en pleine paix aux sujets chrétiens! fit ainsi jusqu'au règne de Mi
IV, où
le

pendait par derrière, et dit:
soit jenitscheri
(

«Que son nom
),

hammed
clans les

recrutement de

la trouj

la

nouvelle troupe

sou aspect

propres enfants des soldats
sagesse

commem
un
de cet

blanc, son bras triomphant, son sabre tranchant, sa lance acérée, qu'elle revienne toujours

sa décadence. Les écrivains ottomans sont

nimes pour louer
institution, qui
,

la

et la piété

avec

la victoire et la

prospérité (1)
le

!...»

En mé-

donna
que

à la terre tant

deconqu
trd

moire de cette bénédiction,
d'étoffe représentant la

bonnet de feutre

rants au ciel tant de vainqueurs dans la guéri
sainte; en sorte
si,

blanc fut augmenté par derrière d'un morceau

dans l'espace de

manche pendante du

cents ans. on comptait seulement les mille chi
tiens

scheich, et par-devant on remplaça l'espèce de

prescrits,

pompon qui le décorait par la cuiller de bois, comme indication de l'entretien plus soigné, de
la

trois cent mille

on arriverait au nombre âmes sauvées ainsi du goufï

<

de

l'enfer.

Mais
,

comme

le

nombre
II

primitif
,

I

nourriture plus abondante de

la

nouvelle

mille

monta

sous

Mohammed
il

à

dou!

troupe. Les

noms des officiers furent empruntés
la cuisine
:

mille, sous

Suleiman, à vingt mille,

et

sous M!
ql

des divers emplois de supérieur de
colonel
la

ainsi

le

chef
le

hammed

IV, à quarante mille,

en résulte
,

chambrée, c'est-à-dire

cinq cent mille enfants chrétiens

au moiiî
le î

du régiment

fut appelé tschorbadschi

ont été convertis par

le glaive,

mais que

(faiseur de soupe), après lui les officiers les

natisme religieux peut se vanter d'en avd
sacrifié

plus élevés furent

nommés
)
,

aschdschibaschi (le
(

une bien plus grande quantité au de

premier cuisinier
d'eau). Sur les

et

sakabaschi

porteur

potisme militaire.

drapeaux rouges
était la

brillaient le

croissant et le sabre à double pointe

L'objet sacré

du régiment

d'Omar (2). marmite autenir con-

noyau des forces
clin

Après l'organisation des janitschares comt militaires ottomane^, Alae<
régla
les

autres

parties de l'armée:

tour de laquelle on se rassemblait , non-seule-

troupe permanente d'infanterie régulièreraé
soldée qui existait auparavant
reçut des terrains qui
,

ment pour manger, mais encore pour
seil,

(

prade ou
,

jaja

et ces formes se sont conservées jusqu'à nos
(3).

plus tard

furent trani

jours durant près de cinq cents ans

Sous

formés en guerre
fut
les

fiefs

,

avec l'obligation, pour ces e
I

Mohammed
la

1

1 ,

les

colonnes de l'édifice de l'empire

pèces de propriétaires, de rendre en temps
roules praticables pour l'armée;
le

ottoman furent

nombre et solde des janitschares furent augmentés. Dans
fortifiées encore; le

I

donc un corps de pionniers, dont

nd
mil

l'origine la payefut d'un aspre, mais établie de

est passé avec la chose

de l'organisation
celle

que c'était là seulement le minimum, et à mesure que s'écoulait le temps et qif augmentait le service, on y ajoutait toujours, en établissant toutefois la règle que le maximum ne pût aller au delà du septuple de la paye pritelle sorte

de l'Europe ehr tienne. Probablement, à l'origine leur nombi comme celui des janitschares leurs rempi
taire des
1

Ottomans dans

,

,

çants, fut

de mille; dans
;

la suite,

il

s'aug'mël
1

jusqu'à vingt mille
fiefs

après leur extinction,

mitive.

furent employés à fournir des pensidl
officiers

A

l'origine, les janitschares étaient au

nom-

aux

des janitschares hors de

sél

bre de mille; chaque année on forçait mille

vice (2). L'infanterie irrégulière qui se mettà

en campagne sans avoir
(1)
(2)

la solde des jauitsch!

Neschri, Aali.p. 33-44.
Marsigli
,

Voy. mamio.
(3)

Slalo inilitare

del

impero otto(1
{

Séadeddin

Mouradjea d'Obsson

,

Tableau de l'empire

olto-

(2)

dans Bratulti p. 42. Mouradjea d'Obsson, Tableau de l'empire otU
,
,

maii.

niau

,

m

,

p. 391

,

, ,

LIVRE
es,
t

111.

47
la

ni les fiefs des piades, s'appelait asab (libre

pu déjà

connaître, sous le

nom des akindschis,

léger); ces

'estrade a

hommes pied, comme

étaient
les

des batteurs

akindschis étaient

par ses premiers services militaires prêtés à Ertoghrul, sous Alaeddin II, puis par la pre-

s coureurs à cheval. Dans la suite, ils furent placés comme raieurs sur les galères du Grand Seigneur, emtoyés à
t)nts, et,

mière expédition d'Osman dans
fut

les

cantons

septentrionaux de l'Asie Mineure, alors qu'il

creuser des fossés, à construire des

Kœse-Michal
par
liers
le

accompagné par son ami, le châtelain grec, et que le chemin lui fut indiqué
,

dans

les sièges, à

combler

les fossés

tschausch-samszana.

Les sipahis réguà

pleur corps, afin que les jauitschares s'élanissent d'un pied plus

et les akindschis

irréguliers

cheval

ferme à

l'assaut.

comme
furent

les janitschares et les asabes à
la

pied,

La

cavalerie fut,

comme

l'infanterie, divisée
la

terreur de toute l'Europe
les

,

aussi long-

troupe régulière et irrégulière:

cavalerie
,

temps que

Turcs

la

menacèrent
,

comme con-

rmanente
nstar de
lée

et

soldée forma quatre corps
la

à

quérants. Les akindschis
siège de Vienne
,

au temps du premier

la

garde de

sainte bannière

,

insti-

poussèrent leurs courses par

Omar. D'abord elle comprit en tout que deux mille quatre cenls mmes(l); sous Sulciman le Grand, elle s'élejadis par le
chalife
à

delà Linz, jusqu'à

portant

le fer

et le feu

Regensburg (Ratisbonne), dans le cœur de l'Alle-

it

quatre mille: savoir

,

mille sipahis (cava-

rs rs

proprement

dits), mille

sisihdars (cava-

magne. Leur chef était alors un Michal-Oghli descendant de ce Kœse-Michal qui, dans la première irruption d'Osman, conduisait les coureurs; depuis,
le

voyageurs), mille ulufedschis (cavaliers

commandement

était

passé
l'het-

rcenaires),et mille
rs).

ghurebas (cavaliers élranet

héréditairement à sa postérité,

comme

Divisée en quatre escadrons, à droite et

manie

se transmet chez les Cosaques. Cette per-

auche de l'étendard sacré
occupait
iins le

du sultan

,

elle

pétuité inaltérable de l'institution primitive se

mplissait les fonctions de garde d'honneur,
le

trouve à chaque pas dans l'histoire ottomane;
et

centre dans l'ordre de bataille et
(2).

souvent

elle

épargne bien des investigations

Eus

Outre cette cavalerie soldée tard considérablement augmentée, qui

camp

pour rattacher

fus le

nom

des sipahis
,

,

se

lit

connaître de

lut l'Occident
Il

aussi bien

que

les jauitschares,

chemin à la première expédition dans le pays ennemi, ainsi, dans la suite, les tschauschs qui, dans
le

le présent au passé. tschausch-ssamszama avait indiqué

Comme

le

organisée une troupe à cheval, investie de

leur mission

comme messagers
le

d'État, avaient

tfs

comme

les

piades. Ces cavaliers s'appe(

appris à connaître

llent

moszellimans

exempts

d'impôt

)

;

ils

pays, furent employés à servir de guides à l'armée qui suivait leurs traces. L'histoire

commandés par des officiers nommés Sibaschis quand leurs hommes passaient le J»mbre de cent, binbaschis, quand ils en
im'ent
,

des relations diplomatiques ou

militaires de la
la

Porte nous montre, presque en

Hongrie ou de l'Autriche avec même temps,

paient plus de mille, et sandschakbegs (princes

les

missions des tschauschs et les ravages des

s

étendards)

(3).

Cette hiérarchie

du

service

akindschis.

iflitaire

se conserva, dans la suite, dans la ca-

beaucoup plus grandement formée des assesseurs des petits et desgrands fiefs (Tintais
Hlerie

Siamets)
iétail ni

(

4

).

La cavalerie irrégulière, qui
fief,

soldée ni investie de

nous avons

Immédiatement après les institutions d'Ales historiens ottomans placent la conquête de Nicée, que les Byzantins font précéder du combat de Pelecanon et de la défaite des Turcs devant Philocrène. L'empereur Anlaeddin
,

m
iin,
;1

dronicus
Mouradjea d'Ohsson, Tableau de l'empire ollo-

le

Jeune, fatigué des irruptions incespoussées

m,

santes

d'Urchan,

jusqu'au rivage

p. 391.
, avec beaucoup de otiomauuo et Mou,

Paolo Giovio, Cose de'turcbi

asiatique

•lalîs; Jlaisiyli Stàlo del inipero

Hjea d'Ohsson.
3)

Seadeddin
,

,

Idris

,

Ssolaksade

,

Obsson H) Le même
,

m

Aali et Mouradjea

du Bosphore, résolut enfin démarcher en personne pour les arrêter. 11 consulta Kontophrts, son grand veneur (I), qui déjà, comme gouverneur de Mésothyne la partie la
,

p. 391.
,

et Constitution
,

et administration

de
(1)

Impire ottoman

p. 337.

Cautacuzènc

,

1.

h

,

c

,

p. 210.

, ,

,

48
plus occidentale de
à Muzalo,

HISTOIRE DE L EMPIRE OTTOMAN.
lu

Bythinie, avait succédé

l'ennemi voulait poursuivre les cavaliers
fuyant à
la

,

qui

précédemment bat lu par Osman près de Nicomédie (1). Kontophres, en homme expérimenté, et bien au courant du genre de
guerre des Turcs, conseilla de ne pas perdre de temps, et d'opérer de suite, à la fin de mai, avant que les Ottomans avec leurs troupeaux ne gagnassent les montagnes (:>). Des troupes
,

manière des Partîtes
,

(1), se retourils

naient pour lancer des flèches

pussent

let

recevoir avec des forccsetuue vigueur nouvelles,

L'empereur,

à la

vue des
,

trois cents guerrien

descendant des hauteurs
égal parmi les siens
,

choisit

un nombn

et les plaça sous le coin( capital Le courage de sa

mandement du grand hétériarque
des gardes) Exotrochos.

furent donc rassemblées à

la

hAte des environs

de Byzance, de Dimiloka(Dydimotichon)d'Andrinopleet de Thrace, car
il

troupes dut être refroidi plutôt qu'enflamra]

était trop

tard

par

le

long discours de l'empereur
tel

,

s'il le

prdj

pour en appeler de

la

Macédoine

et des con-

nonca véritablement
cuzène
,

que

le

rapporte Cant|
li

trées plus éloignées. Dès le

commencement de

qui assistait à ce combat revêtu de

juin (3) ces forces furent débarquées à Skutari
(l'ancienne Chrysopolis), aujourd'hui faubourg

dignité de grand domestique (2);

mais cetj

de Constantinople, sur la rive asiatique du Bosphore. Urchan informé de ce mouvement, se porta avec de l'infanterie et de la cavalerie sur
,

harangue n'a pas plus de droit à notre croyanfl que le récit du combat des trois cents Tura
contre
les trois

cents Grecs, renouvelé trois fol

dans

la

journée, et dans lequel les premiers an
le

hauteurs qui dominent la côte de la Mérolhyne[1330]. Après avoir fait en deux jours quatre lieues de chemin, l'empereur campa le
les

raient laissé cent morts sur
taille
,

champ de ba
ej

tandis que les Grecs n'auraient pas

un

seul

homme

tué

,

matin de
jourd'hui

la

troisième journée à Pelecanon

(

au-

quelques blessés
mille
la

(3).

compté qui Alors Urchan fit avança
et n'auraient
li

Maldepe
les

)

,

d'où

il

apercevait les

hommes

contre les trois cents Grecs dan

Turcs sur

hauteurs. Le conseil de guerre

décida qu'on ne devait pas se hasarder dans les
vallées et les défilés occupés par l'ennemi,
qu'il
fallait

mais
la

plaine. L'empereur, après avoir loué grand hétériarque pour son intrépidité dans triple combat, ordonna de relever l'escadroj

fi

lui
s'il

offrir

ici

le

combat dans

fatigué par des troupes fraîches

,

sous
,

le coin

plaine, et,

ne l'acceptait pas, retourner
(4).

à

mandement du grand stratopédarque Manu!
Tagaris. Dans cette nouvelle lutte, longue J

Constantinople
l'on

Cette résolution adoptée,

passa la nuit à Pelecanon.
la

A

la

naissance

acharnée, les Turcs perdirent cinquante de
leurs
;

du jour, après
1 .'S

prière ordinaire

du matin,
dis-

du
,

côté des Grecs

il

ne tomba qu'un
défilés

seu

trompettes des troupes byzantines donnèrent
signal de se ranger en bataille.

homme

et quelques

chevaux seulement

furenl

ie

Urchan

blessés. Alors

Urchan déboucha des
,

avl

posa ses soldats derrière les hauteurs, en cacha une partie dans des enfoncements et or,

toutes ses forces
à

confia la conduite
,

de

l'actitrt

son frère Alaeddin

et se tint

eu

observatiffll

donna

à

trois cents

de ses plus habiles archers
,

sur les hauteurs. L'empereur s'avança conta

à cheval d'attaquer l'ennemi

ce qu'ils firent

avec d'autant plus de courage que les Grecs

duisait le centre,

occupaient

la

plaine favorable à la cavalerie,

Turcs avec toute son armée dont il col tandis que l'aile droite el l'aile gauche étaient commandées par les deui
les
,

landis que les
rain

Ottomans se tenaient sur un termontagneux coupé de fossés. De huit mille
se composait

Cantacuzèue
sin

,

le

grand domestique
le

et

son coudo-

Joannes Angélus. Suivant
,

rapport du

hommes dont
il

l'armée d'Urchan
,

mestique

les

Turcs perdirent encore
,

là cent pal

en avait placé mille au centre
,

mille à

l'aile

cinquante

hommes

et les
,

Grecs ne virent
nuit s'avançait

droite

mille à l'aile

par des collines

gauche , en les couvrant avancées, de telle sorte que si
1.

tomber un seul des leurs un cheval blessé. Comme

n'eurent pas même
,

la

le

(1

)

Pachymeres
Canlacuzène,
Jbid.,\.

,

îv,

c,
c.

p.

25

,

édit.

de Rome,

t.

n,
(1)

p. 225.

Cantacuzène
tom.
lom.

,

1.

u,
,

c.

6

,

p. 211.
,

(2)
(3)

1.

n

,

6,

p. 210.

(2) Jbid.,
c. 9,
' i
,

i

er

c.

7, p. 215

Nie. Grég.,

1.

IX

n,c. 6, p.

213.

p. 266.
,

(4) Ibid., p. 21t.

(3)

Canlacuzène

tom.

n

,

c.

C

,

p. 211.

,,

,

LIVRE
domestique prononça une harangue au moins dans son histoire (1), comme l'empereur avait exaltant son triomphe et conseilfait le matin
,

III.
vait
tion.

40
laissé

que
,

trois cents cavaliers

en observa-

,

désordre qui régnait dans l'armée grecque, et voyant le camp
le

Ceux-ci

apercevant

lant

de retourner

à Constantinople.

Mais ses pasimples

roles

ne purent comprimer l'impétueuse ardeur
et

abandonné, se divisèrent en deux troupes deux cents hommes s'en allèrent dans le camp enle:

des Grecs, dont plusieurs officiers
soldats (2)
,

ver

les

chevaux

,

avec les selles rouges, et
le

la

s'élançant hors des rangs, fondile

tente de

l'empereur;

reste poursuivit les
la

rent sur l'ennemi. Afin de prévenir

désordre

troupes

qui fuyaient sur

route de Philo-

d'un combat ainsi engagé en dépit de l'ordre de
la retraite
,

krène

,

et courut jusqu'aux portes
les clefs

de

la ville.
;

le

grand domestique

et

l'empereur

Par hasard
tassées

se trouvaient égarées

les

sautèrent bien vite sur leurs chevaux, et se trou-

troupes se pressèrent contre les murailles, en-

vèrent bientôt avec une poignée de Grecs au
milieu de masses

avec les voitures,

les valets

et les ba-

énormes d'ennemis. Le grand
lui;

gages. Parmi les trente-deux Grecs qui furent

domestique eut un cheval tué sous
reur fut blessé légèrement à

l'empe-

immolés par
Cantacuzène

les

Turcs dans cette mêlée, se

la cuisse.

Le Mysien

trouvèrent Manuel Tarchaniotes et Nicéphore
,

Sebastopolos qui, avec trois cents soldats assez

deux parents du grand domesti,

mal armés vint au secours de l'empereur
,

que
velé

;

cent cinquante furent pris
(>).

quatre cents

perdit
[propre

enfin vingt-cinq

hommes,

d'après le

chevaux enlevés
le

Dans
le

le

combat renouquarante
-

aveu

de
se
le
,

Cantacuzène.
faire

L'empereur,

lendemain

périrent

sept

u lieu
itière,

de
sur

transporter,

dans
afin

une
de

Grecs,

parmi lesquels
,

grand hétériarque
mais

champ de
s'enfuit
aussitôt

bataille,
le

Exotrochos, qui
la

selon certains soupçons, eut
,

aisir la victoire

dans

camp de Peles vais-

tète

fendue

,

non par un sabre turc
grecque
(3).
,

ecunon

,

et

envoya

au protostator de

par une
soit
tira

arme

soit

par

erreur

Byzance l'ordre d'expédier bien vite
pes (3). Cependant, dans

par vengeance
ensuite vers
;

L'armée grecque se reroute de Ni-

seaux nécessaires pour le transport des troule

Skutari, pour gagner Byla

camp,

le

bruit se ré:

zance

les

Ottomans reprirent

pandit que l'empereur avait péri dans l'action

cée (4).

Un désordre
chacun

effroyable

dispersa les troupes;

Ce combat près de Philokrène, dont

les

du côté de Constantinople. iAndronicus porté sur un tapis , avait été déjà déposé dans un esquif et regagna la ville de
se précipita
, ,

historiens byzantins ont déploré l'issue funeste

comme une grande

catastrophe, et que les écri-

vains ottomans dédaignent de rapporter à cause

llMiilokrène (aujourd'hui Tawschandschil), sur
les

de son insignifiance,
l'impuissance

fut le seul effort tenté

par

bords de

la

mer
il

,

et divisant ses troupes

en

de l'empire byzantin pour secourir

[quatre corps,
rois autres

jeta
les

l'un

dans cette

ville, les

sa place frontière la plus importante, pourla dé-

dans

châteaux voisins de DakiRitzion
(

ysa

(aujourd'hui Gebise, autrefois Libyssa
le

ù se trouve

tombeau d'Annibal
),

)

,

livrance de Nicée environnée depuis des années par un cercle qui se resserrait chaque jour davantage. Cette même tactique militaire par la-

aujourd'hui Daridsche

et Niketiatos

mainbord

quelle Urchan, repoussé d'abord de Brusa, avait
fini,

enant Eskihiszar
e la
,

,

l'ancien château sur le
)

au moyen de forts bâtis à ses portes, par

mer au-dessous de Gebise
Cantacuzène
de soutenir
la

(4).

Urchan

lasser la patience

de ses défenseurs
la ville

(6),

et, au

'auquel

fait aussi tenir

un discours

bout de dix années, réduire rendre volontairement
à

épuisée à se

à l'effet

nécessité de la retraite,
et

des forces chaque jour

fcontre l'opinion

de kodscha-Ali

de Tschausch,
(5), n'a(1)
(2)

iféroces

compagnons d'armes d'Osman

Nicepborus Gregoras
Cantacuzène
,

,

I.

îx

,

c.

9

,

p.

268.

1.

n,

c.

8, p. 222.

(1)

Cantacuzène
I.

,

I.

n,
p.

c. 7,

p.

215.

(3j /<//</.

(2) Ibid.,

n, c,
il,

2

'6.

(4)

Cantacuzène, et Nicéph. Gregor.,
1.

(3) Ibid.
(4

,

I.

c.7,p. 216.
c.

etChalcondylas,
la

Ibid.,

I.

n,

8, p. 221.

iln.iiie

1. ix c. 9, p. 268, qui ne parle que brièvement de de Philokrène.
,

i,

(5) Ibid., p. 219.
TOVI.
I.

(5)

Voy.

plus haut.

,

50
contre Nicée avec un

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
il

plus menaçantes; celle tactique,
éj;al

la

répéta

descendaient,

comme
en

au siège de Syracuse, des
les

succès.

Après avoir

mains de

fer

qui, saisissant
l'air,

assiégeants,

trouvé
élevés
les

murs de Nicée trop solides et trop pour être enlevés par un coup de main
les

les élevaient

et les lançaient ensuite
la

morts ou mutilés. Pour l'attaque de
tour qui portait le

fameuse

coureurs d'Urchan, conduits par S.samszama-

nom

des Agenouillés, furent
,

Tschausch, s'étaient empares des châteaux de

construites des machines particulières
l'une fut appelée le

dont

Karatekn

et

de Targhin ou Tas-Ali situés dans
,

Renard
le

et l'autre la

Tortue.

le voisinage, et

ils

avaient ainsi coupé toutes les
la ville

Le Renard s'écroula sous

poids qui le charniasses

communications de

avec

le

dehors. Après

geait, et fut brisé par les

de rochers

un dernier assaut

favorisé par une nuit orageuse,

lancés contre lui, entraînant la mort des vingt

et après la défaite près

de Philokrène, privés de
la

compagnons de
leurs, couverts

l'inventeur Henri: les travailla

tout espoir de secours, épuisés par

faim, dé-

par

Tortue, avaient été plus

cimés par

la peste, les

Grecsse rendirent à toute

heureux

:

ils

étaient

parvenus à enlever

les

l'armée d'Urchan, accourue devant les portesde
la

pierres des fondements de la tour et à les

remmi1

place, sous

la

condition d'une libre retraitede

placer par des pièces de bois auxquelles

ils

la

garnison vers Constantinople [13301.

Un petit
la

rent

le

feu

(1),

en sorte que
la

la

tour s'écroula.

nombre des défenseurs profita de en partant avec le commandant
grande
et
partie,

cette liberté

Alors seulement

ville

dut s'humilier. Elle se

(1);

plus

rendit aux Grecs.

A

cette époque, l'empereur

moins abattue par

les

misères du

Alexis s'était avancé,

comme

cette fois

siège que blessée des vexations de son chef,

nicus avec son armée, jusqu'à Pelekanon,
les assiégeants,

Andro-I où
les asI

comptant moins sur
la

la justice et la

munifi-

non moins barbares que

cence de l'empereur chrétien qu'elle n'espérait

sièges,

lui

envoyaient un grand nombre de

en

générosité d'Urchan, alla

avec

les

ha-

bitants au-devant
la ville

du vainqueur, qui entra dans
le

ou lui en lançaient au moyen de leurs catapultes. Le commandant de sa flotte,
tètes d'ennçmis,

I
1
I

par

la

porte de Jenitschehr, du côté du
plus puissant boula

Butumites, négocia avec Suleiman, sultan des
Seldschuks,
la libre retraite

midi. Ainsi tomba Nicée,

de

la

garnison
,

,

et

I

levard de l'empire byzantin contre

puissance
fa-

l'introduction des Grecs

des Seldschuks, puis contre

les

Ottomans,

que

les

croisés

meuse par

le

long et rigoureux siège des preétait la

cùté de la terre.
lerins latins
les
,

du coté du lac tandis I livraient un inutile assaut du Au grand étonnement des pèj ]
j

miers croisés, alors qu'elle
pitale des Seldschuks
la

première ca-

de Rum, qui devint ensui te
la

étendards grecs flottèrent sur murailles où parut Butumites, déclarant
les

résidence de l'empereur de Byzance, après
les

conquête de Constantinople par
et l'abandon facile des

Francs. Elle

passa pour la seconde fois au pouvoir des Turcs,

de la place au nom de son maître, l'empereur. De même que la possession de Nicée avait été enlevée aux croisés
qu'il avait pris possession

un honteux que les Seldschuks avaient opposée aux croisés. Durant
Grecs
fait

par

1

artifice

des Grecs, neuf ans après
la politique

le fa- i

contraste avec

la

vaillante résistance

meux

siège,

byzantine

fit

perdre

cette place aux chrétiens, lorsqu'Alexis, se sé-l

sept semaines, toutes

les

forces de la première
,

parani des croisés, remit Nicée, par un traite

Godefroy de Boui Ion, Tancrède, Bohemoud, Hugues le Grand, Robert de Flandre, Robert, comte de Normandie, Etienne et l'évèque Adhémar, se
croisade, avec ses capitaines immortels

de paix
schucks.

particulier, entre les

mains des Seld- I

heurtèrent contre cet obstacle opposé à leur

[HObJ, elle devint la/ résidence de l'empereur grec Théodore Lascaris, tandis que les Francs dominaient à Constanlinople, et c'est de là que fut méditée et présiècle après
;

Un

marche. Des murailles ruisselait
lante, pleuvait
le

l'huile bouil-

parée
resta
,

la reprise

de

la
,

capitale.

Depuis
la

,

elle
j

feu grégeois; tout à coup

durant un

siècle

comme

place fron-

tière la plus
Nescbri, Idrïs La cbute de Nicée est (1) Seadeddin racontée par Piicepb. Greg., 1. ix, c. 13, S2, p. 282;
,

importante à

l'orient,

dans

la pai-

sible
la

possession des Grecs, jusqu'à ce qu'ils

remissent

une troisième

fois

aux

Mos-

Phraiizes,
les

i

,

7, et

plus lard par Hadscbi-Chalfa, et tous
la

historiens

ottomans s'accordent a

placer dans
(1)

cette année.

Alexias Coranena

.

xi

,

édit.

de Paris,

p. 311.

LIVRE
imes. Elle avait été cédée d'abord sous Nicéet
le

III.
il

51

)hore Botoniales à Suleiman

,

fondateur de

y eut pour successeur Mola-Tadsrhedtiin(l), kurde, qui avait donné l'une de ses filles au

'empire seldschukide puis
;

à

son fils kilidschars-

vieux sebeich Edebali, et l'autre au juge de
l'armée, Chalil-Dschendrreli (2). Après lui, le

an,
lie

par un traité de paix sous Alexis, et, enfin, fut rendue, sous Andronicus le Jeune, par

troisième mnderris fut Alaeddin-Eswed, connu
plus

apitulation, à Urchan.

La

ville,

appelée d'abord

particulièrement sous

le

nom de kara-

Lntigona, de son fondateur Antigonas. prit enuite le
le

nom de

Nicée, en l'honneur de l'épouse

Chodscha ( le professeur noir) (3). A la place où. les denxEusèbe, celui de Nicomédie et celui
de Cœsarée,
forcés par la
le fameux historien, avaient été menace de la déposition et du ban-

Lysimaque,

et le

conserve encore aujourd'hui
Isnik.
le

lans l'altération

turque

Si Nicée devint

fameuse par

siège des

n ssement
Nicée et

à la souscription
à

xoisés et
:11e

la

résidence de

l'empereur grec,

l'abjuration

de la profession de de leurs erreurs, des

n'est pas

fies

moins célèbre par les deux conœcuméniques, le premier et le septième,
la
la

jeunes garçonsclirétiens,enlevéscomme recrues

pour
jurer

les

janitschares, furent contraints d'abchristianisme.

lont l'un délermina

profession de l'Église

le

Ce

fut la aussi

latholique, prononça

condamnai ion de
la fête

l'a-

mola, David de Cœsarée, ruina toutes
tilités

les

que le subsi

'ianisme, fixa
ît

le

temps de
le

de Pâques,

insaisissables
le

de l'ouvrage mystique

posa

les

bases de

la discipline ecclésiastique,

fameux sous

nom de Cache/s des
l'église

Philosoles

flont

l'autre

adopla
les

culic des

images
et

(2).

phismes
images

(4).

Dans

du Saint-Synode,
la

L'Éj;lise,

trois

cent dix-huit évèques,

et les autels furent renversés; et

sur les

parmi

lesquels

plusieurs

pères
et

plusieurs

murailles nues, au lieu de

profession de foi
l'is!am
:

sainis, réunis

de l'Occident

de l'Oiienl, en

de Nicée,

fut inscrit le

symbole de

« Il

présence de l'empereur Constantin, fondateur
del'empire,avuient établi laconsubstantialité du

n'y a d'autre Dieu que Dieu, et

Mahommed
et

est

sou prophèie. «Outre desmosquées

des écoles,

père et du
foi

fils

comme
les

article

fondamental de

Urchan fonda encore à Nicée
(cuisine des pauvres),

le

premier imaret

pour tous

temps

à venir; cette église

non

loin
la

de

la

porte dite
établis-

fut transformée

en mosquée par Urchan, dont
le

deJenitschehr,

et

il

mit à

tète

de cet

an voit encore

nom

taillé

au-dessus de

la

sement

le

scheieh Hadschi-Hasan (5), jeune dis-

[porte sur des pierres conservées au milieu des

ciple d'Edebali, plein

de piété

et

de savoir, qui

raines

(3).

Ce

prince,

le

premier des Ottopublics
l'é-

expliqua
le titre

la

prosodie d'Andalnsi. elnvten rimes
l'islam sur les partages des
n'était

mans, à l'imitation des anciens ugagea des souverains orientaux, grava sur
des inscriptions, qui, depuis
les édifices
lui
,

du droit de
(6). Si

successions

Urchan

pas assez lettré

dans toute
les

pour diriger
axait assez

tendue de l'empire ottoman, placées sur toutes
es

du moins il de piété pour fournir de bons exemle

professeur à l'école,

mosquées,
le

les écoles,
et

le--

hôpitaux,

tomla
I

p'es à l'administrateur des cuisines des pauvres;

oeaux.les puits
passant

les

portes, apprennent au
et la

car

il

distribuait

de

ses propres
il

mains

la

soupe

nom du

fondateur

date de

aux malheureux,
les

et le soir

allumait lui-même

instruction; souvent

même

ces

monuments

lampes

portent des versets du Koran, avec des para-

lion

(7). Tandis qif Urchan, par la fonda de mosquées, d'éco'es et d'établissements

'phrr.sesriméesdu plus mauvais goût,
lettres d'or sur

le tout en un fond d'azur. Le premier en-

de bienfaisance, de

veillait à la
il

moralisât ion et au

bien-être des Moslimes,

n'oubliait pas

core, Urchan attacha à cette mosquée une

me-

satisfaire ses vaillants

non plus compagnons d'armes,

drese, ou haute école, le légiste David, de
jfcaiszarije

(Cœsarée), en Karamanie (4), y fut

nstallé

comme premier mnderris (professeur),
,

(1)

Seadeddin

,

fol.

40; Aali.
40; Aali,
,

(2) Nesctari.
(3)

Seadeddin,

fol.

fol.

19.

(1)

Gottbard
,

abbé de Lichtenau

,

Annale» argento-

(4)

Fuszuszol-Hikem
Nescbri
52.

par

le

grand mystique Ibnol-

rati
(2)

1609.

Arabi.
à Brusa, p. 114.
(5)
,

Voyage

fol.
,

Ci)

Ibid., p. 113.

(6)

Seadeddin
Nescbri,

fol.

40

;

Aali

,

fol. 20.

(4)

Seadeddin,

fol.

39

;

Aali

,

fol. 19.

(7)

fol. 52.

j

02
que
les
la

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
capitulation de la ville avait

privés

du
les

inscriptions (l)des

pillage et d'un butin

longtemps espéré. Afin de
distribua
filles

tours et sur
le

les

empereurs chrétiens sur les murs de la ville, cherche en vain
les

dédommager, il femmes et les jeunes

cuire

eux

monument où doivent reposer
byzantin
Nicetas
ici

cendres de

grecques devenues

l'historien

de Chonia, qui
et

veuves ou orphelines par suite des calamités
d'un long S'ége, et qui habiiaient de magnifiques palais déserts. Elles les apportèrent en dot

pleura

pendant vingt ans,
la

peignit avec

éloquence
les Francs.

désolation de Gonstantinople par

comme

épouses aux vainqueurs. Le gouvernela ville

ment de

fut

donné au prince Suleimani

Pascha, fils aîné du sul an, qui ava it dirigé es opéI

Suleiman-Pasrha devenu vesir après la mort de sou oncle Alaeddin (2), fit une expédition! du côté du nord, au delà du Sangarius, vers!
,

rations contre iNicée. Déjà, avant
la plate,
il

la

reddition de

Tarakdschi,
tons où

Koimk
aïeul
et

et

Modrene, dans

les

can-l

avait succédé

comme gouverneur du

son

Osman, accompagné de]

pays au vieux guerrier Akdsche-Kodscha, qui

Kœse-Michal
se

deSsamszana-Tschausch, avait!

donné son nom à la province, de même que son plus jeune frère Murad, âgé seulement de
avait

dirigé sa première excursion. Ces trois places!

soumirent

comme

Nicée

,

sans qu'il yeùt
(3).

cinq ans, avait remplacé

le

héros Konuralp dans

besoin de tirer l'épée [1332|
Trois ans encore après
nière ville, se maintint

l'administration de Sultanœni. Ces deux

com-

pagnons d'Osman reposaient maintenant dans
cette terre qu'ils avaient si souvent foulée avec

la chute de cette âer-] fermement son ancien

entrepôt, son boulevard avancé, kemlik, l'an-

leurs chevaux de bal aille

:

le

premier

à

Kanderi,

cienne Kios des Grecs,
qui, située au fond

la

Kibot' s des croisés,!

au milieu de l'isthme qui sépare la mer Noire du golfe de Nicomédie; le second à Konurpa, dans
le district d'Akjasi,

du golfe Kianien, appelé

aujourd'hui de Modania, était fortifiée autrefois

au delà du Sangarius. Leurs

par

l'art et la

nature, sous les quatre

noms de
et

tombeaux sont encore aujourd'hui des lieux de
pèlerinages pour les pieux Moslimes. Suleiman
et

Kios, de Prusias-sur-Mer. de

Kibotos

de

Kemlik. Ce port a été fameux dans

les tradi-

Murad commandèrent dans

les

deux sands-

tions fabuleuses et l'histoire positive des Grecs,

ehaks de l'empire naissant jusqu'à ce que, deux années plus tard, les conquêtes sur la côte méridionale de
la

dans

le

moyen âge, au commencement

descroi-i

sades, dans les derniers temps de l'empire de!

Bithynie

s

étendant chaque jour,

Byzanceetdèsles premiers développements de
puissance ottomane. C'est de

la

Brusa fut élevée au rang de capitale d'un troisième sandschak attribué à Suleiman, et qui fut
,

que

la

première

armée des

croisés

marcha en sept divisions sur
fu-

appelé Chudawendkiar gneur)(l). Dans

( le

sandschak du

sei-

i\icée;le sultan des Seldschuks,Suleiman, les re-

la suite, le chef-lieu

du sands-

poussajusque dans lecamp près deCivitot,où
rent massacrés sans pitié
lards, religieux,
et

chak kodschaili fut transporté d'Isnik (INicée), à Isnikmid (Nicomédie). lsnik conserva encore

sans distinction, vieill'on

femmes, enfants, après que
filles et

quelque prospérité, grâce aux fabriques de
faïence de Perse placées à ses portes; puis ces

eut

fait

choix des jeunes

des garçons re-

établissements

s'éci

oulèrent aussi

,

et

aujour-

marquables par leur beauté, qui furent réservés! pour le harem de INicée. Trois mille hommes
seulement se jetèrent dans
la le

d'hui dans cette enceinte de hantes murailles,
seules respectées parla

vieux château sur

main des hommes

et

du

hauteur au-dessus du port, et

comme

il

n'y

temps, à peine on rencontre quelques cabanes isolées comme dans un parc solitaire. Le pèlerin
n'y trouve
à visiter

que

les

tombeaux de GunChiali (2), tandis

(1)

Voyez

les inscriptions
la

dusalp, frère d'Osman, du scheich Eschrefsade,

(2)

L'année de

dans le Voyage à Brusa. mort d'Alaeddin est placée par

le'

rhéteur de Brusa, dans ses Biographies, en 732
pas

1.1332];
dit

du
que

noir Chndscha et
le philellène,

du poète

Hadschi-Chalfa (Tables chronologiques, p. 174) ne
la

qui peut encore déchiffrer les

donne Suleiman-Pascha comme son successeur immédiat. Il mourut à Bigha (Hadikalulchose, mais

même
).

Wusera
(1)

Neschri, Seadeddin

,

Idris.

(3)

Seadeddin
110.

,

dans

la

traduction deBratutli,p. 47;
fol.

(2) p.

Dschihannuina,
et 27.

p.

662,

et

Menasikulbadsch,

ldris, fol.

Ssolaksade,

6; Neschri,

fol.

53;

26

Hadschi-Chalfa.

LIVRE
avait pas

111.
,

53
Kisildsche-Tusla, Binaraccueillit
si
il

de portes,

ils

bouchèrent

les

ouver-

de celles d'Edremid
hiszar et

tures avec des boucliers et des pierres, et se

défendirent avec des flèches et des quartiers de
roche, jusqu'à ce que l'empereur grec envoya

Ajasmend (1). Urchan empressement une proposition
son
plan

avec

favorable à

d'agrandissement

;

accompagna
sa

une troupe deTurkopoles

les

délivrer (1). Sous
a

Tursun avec une armée qui sur
lidsch
situées sur le

route con-

Osman,

ce château avait
et
les

résisté

l'attaque
;

quit les places d'Ulubad, Kermasii et Micha,

id'Akdsche-Kodscha
pais, maintenant,
vastées, toute
l'extérieur
,

de Kara-Timurtasch

Rhyndakus,

ainsi

que

les

moissons ayant été dé-

châteaux de Koilos

et d'Ailsos. I.e

prince de

il

communication étant coupée avec tomba de lui-même entre les

Karasi avait abandonné sans résistance, à l'ap-

proche de l'armée d'Urchan, sa grande
Baliskeri placée à l'oiieni

ville

Imains des conquérants

de Nicée(2), ain.i qu'il arriva quatre ans après aux forteresses d'Anabhor et d'Armudli (3), sur la rive droite du [golfe de Nicomédie.
!

dans

la

partie

de monta-

gneuse de ses États, et s'était retiré à l'ouest dans la forteresse de Bergama (Pergamos), où il ne redoutait point un siège. Urchan proposa
par l'entremise de l'habile vesir Iladschi-llbeki

Jusqu'alors, touies les conquêtes des Ottoété faites, tous leurs

mans avaient
ration

triomphes
fonda-

unacc;mmodement
par
la

entre les deux frères: l'aîné
il

a «aient été remportés sur les Grecs; une géné-

feignit des'y résigner, puis

sedéfit de

Tursun

d'hommes

s'était

écoulée depuis

la

violence.

Urchan,

irrité

de cette perfidie,

tion de
f>ans

la souveraineté indépendante d'Osman, que ce souverain ni son fils Urchan en Fassent venus aux mains avec l'un des dix prin-

força le meurtrier à implorer le pardon de son
fratricide et de sa résistance, et,

moyennant

la

remise de Berp,ama(2),

il

lui laissa la vie, fixant

ces qui s'étaient partagé les débris

de l'empire
le
le

keldschukide. Maintenant, arriva

tour

du

prince de Karasi, le voisin turkraan

plus pro-

Brusa pour sa résidence. Ainsi, après les trois grandes villes de la Bithynie, succomba aussi la capitale de la Mysie, l'ancienne résidence du
roi Attalc
,

che, seigneur de l'ancienne Mysie, au sud-ouest

célèbre dans l'histoire des arts et

Je l'Olympe,
précipitant

du haut

dttqiul les Oitomans, se

des sciences par l'invention du parchemin, par
les

comme une

avalanche

,

absorbèrent

magnifiques tapis

si

recherchés des Romains,

l'abord
rent

le

pays des dix princes, puis se grossi-

par sa bibliothèque de deux cent mille manuscrits, et

de plus en plus, gagnant de montagne en
à

pour avoir donné naissance à Gallien

rnontagne, et réunissant canton

canton, agglo-

et

mérèrent tous

les pelits États

formés de l'empire

au maître d'éloquence d'Auguste, l'illustre Apollodore (3). Aujourd'hui, quelques miséra-

îildschukide, et couvrirent enfin toutel'Asie Mi-

neure depuis l'Olympe jusqu'au Taurus. Acls;hlan-Beg, prince de Karasi, qui, plus puissant

bles huttes occupées par deux mille Turcs et Grecs se perdent au milieu des ruines impo-

santes des anciens édifices

;

parmi

les

débris
ca-

Hi'Osman,

était
111,

devenu, au parla;;edc l'empire
souverain de toute
la

d'un temple d'Esculape
chées derrière
les fûts

et

de Minerve, sont

TAlaeddin
ivait
jui

Mysie,

des eut nnes du théâtre,

en mourant laissé deux fils, dont l'ainé succéda au pouvoir, et dont le plus jeune, Tursun, fut élevé auprès d'Urchan. Celui-ci,
ioutenu par
leki, hostile
le
a

abritées par les restes d'une porte magnifique

d'un aqueduc. Urchan réunit cetle ville avec son territoire au gouvernement de Sule.manet

vesir de son père, Hadschi-ll-

Pascha, en sorte qu'elle se trou va comprise dans
le et

ller à se

saisir

son frère, pria Urchan de l'ade la souveraineté de Karasi,
lui

sandschak de Clutdawendkiar ou de Brusa,
il

confia l'administra! ion de celui

de Karasi

promettant, pour prix de ce service, de

aban-

lonner

les villes

d'Aidinschik, de Balikesri,

au vesir du dernier prince. Hadschi-llbeki, en lui adjoignant de ses propres officiers, Adsche-

Tirhala etMinias, et s'engageant à se contenter

Beg

et

Ewrenos-Beg, anciens commandants

(1) Albert

,

Aqiiens. gesta dei Franco»
;

,

p. 192.
,

(1)

Aaschikpaschasade

,

manuscrit du Vatican.
116; Kescbri
,

(2) Hadsctai-t'.balfa

Seadeddin dans Bratutti
,

p.

48

(2)

Seadeddin
fol.

;

lclris, fol.

fol.

54; Sso-

dm,
(3)

fol.

112; Ssolaksade

fol. 6.

laksade,
(3)

61.

Hadschi-Chalfa.

Sliabo,

xm.

,

54
grecs de Brusa,
el

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
convertis a l'islam (1). L'acs'est

emparée de leur
met
à la

vie; elle place le

premier

quisition de l'État de Karasi fut suivie d'une

sur un cerf pour porter secours aux assiégeants;
elle lui

halle de vingt années dans la

marche de

la

con-

main un sabre du poids décent
des prodiges de va-

pendant ce temps, tous les écrivains ottomans gardent le plus profond silence, sans qu'on puisse l'interpréter, ainsi que le font les historiens byzantins, comme un aveu tacite de
quête
;

cinquante
leur à

livres, fait faire

pertes et de défaites. Durant cette trêve extraordinaire faiie aux acquisitions nouvelles, la
discipline militaire el l'ordre furent

Aklal-Murad avec une épée de bois, tandis qu'Abdal-Musa aurait porté des charbons ardents enveloppés dans du coton (1). Le père des cerfs, Persan de Choi élève du scheich Elias, qui,sousOsman, s'était acquis un renom de piété I
,

fermement

et

de sainteté

,

vivait au milieu des bois

(*2)

,

et»

établis sur les bases des institutions tracées par

se rendit,

pour une mission particulière, sur

uni
I

Alaeddin; a Brusa, aussitôt après l'incorporation

cerf auprès d'Urchan, ayant sur l'épaule un

du pays de Karasi, s'élevèrentdes mosquées,
et

platane qu'il planta dans la cour du palais prince,
et

dul

des écoles, des iraarets
[1336]
;

des caravansérais
la capitale

par ces pieuses fondations,

de l'empire
imaret et
tôt

rivalisa bientôt avec Nicée, où cinq ans auparavant avaient été établis le premier
la

comme un symbole de l'accroissement du développement de l'empire. Les incendies ont détruit l'arbre avec le château. Abdal-Mu- 1 rad céda aussi à l'invitation d'Urchan, et fit I
avec son sabre de bois des prodiges de valeur

première école,
en richesse.

et la

surpassa bien-

1

en

éclat et

contre

les

infidèles et contre
;

d'énormes ser- 1
Il

A

l'exemple de son père Osman, qui avait

pents qui désola ent

le palais.

fut le saint!

bâti des couvents

pour

les
fit

derwischs Torud et
construire pour le

Georges
le

el le
(3),

Boland des Ottomans. Suleiman
lorsqu'il visita sa cellule et sou
>

Abdal-Kumral

,

Urchan

Grand

pieux Geiklibaba (père des cerfs) une retraite
qui est encore aujourd'hui un lieu de pèleri-

tombeau,
populaire

afin
,

de rendre hommage à

la

croyance
,

I

fit

diminuer

le

sabre d'un tiers

et 1

nage très-fréquenlé et qui s'élève au pied du mont Olympe; un peu plus haut à un endroit appelé Gôkbinari (source du ciel), sedécouvrenl le tombeau de Doghlibaba ( le père potier ) (2), contre les murailles, sur le bord du clair ruis,

seau d'Alischir, qui se précipite de l'Olympe,
le cloître
ville
,

ordonna de déposer la partie qu'il avait retranchée dans le trésor du Serai à côté des armes du prophète, de ses successeurs et de leurs grands capitaines (4). Des voyageurs européens dans la simplicité de leur zèle ont pris l 'épée de hois de l'illuminéderwisch pour la
, , ,

J

d'Abdal-Murad, et, à l'ouest de
,

la

fameuse durandane de Roland
giné qu'en ces lieux
cette arme, objet
les

,

et se

sont ima-

près des bains

le

couvent

et le

tombeau
,

Moslimes vénéraient

d'Abdal-Musa. Ces deux babas ou pères

ainsi

de leur terreur.
question des pères babas ou
,

que ces deux abdals ou santons, avaient accompagné Urchan à la conquête de Brusa par
;

Puisqu'il est

ici

dedes

et

des abdals
,

et

que dans

le

cours de

leurs prières et la vertu miraculeuse qu'on y attachait, ils avaient attiré la victoire sur les

cette histoire
fois

ils

se représenteront plus d'une

encore

,

il

est nécessaire

de dire quelques

armes des Turcs
sur
la

,

et les bénédictions

du

ciel

mots pour
courant de

les

dislinguer des derwischs et des

nouvelle

résidence;

le

conquérant
les fit

scheichs ordinaires aux yeux du lecteur peu au
la filiation

éternisa sa

reconnaissance par l'érection de
cellules auprès desquelles
il

de l'ascétisme de

l'islam.

nombreuses
ensevelir.
significatifs

Les derwischs sont des moines; ceux d'un degré

Les
:

noms des deux

religieux sont
(1)

premier avait coutume de vivre au milieu des cerfs et des biches; le second ne
le

Voyagea Brusa,
fol.

rhéteur de Brusa,
Aali
,

p. 36 et 37; les biographies du 79, 80, 83, 87; Neschri fol. 55;
,

se nourrissait

que de

lait caillé.

La

tradition

fol.

25.
fol.

(2)

Neschri,
fol.

55;

les

biographies du rhéteur de
D'après Ewlia
ce

Brusa,
(1) Idris, fol.

83.
,

116; Seadeddin, dans Bratutli

,

p. 56.

(3)

Le rhéteur de Brusa

fol.

80.

,

mo

(2) Doghlibaba est l'aristée des Turcs. AristcCum priapium et mcllis nova et laclis ad coagula honiinibus
1.

serait le sultan
(î)
p. 20.

Ahmed

1.

Voy.

l'Administration

de l'empire otloman

,

u

tradidisse. Jtitliims,

xm,

c. 7.

,

LIVRE
supérieur s'appellent scheichs (les anciens). Les
solitaires sont

III.
les

55
couvents et
les cellules

lympe,
Dieu.

des pères en
nature et du
qu'il

nommés

sahids, et les cellules
les cloîtres

De

tout temps, la beauté de l'Olympe

construites

pour eux sawijes, comme

avait appelé les admirateurs

de

la

des derwischs tekrjes. Les solitairesqui acquièrent quelque
tent ainsi le

Créateur dans

les vallées

profondes

ren-

renommée par

leur piété méri-

ferme, et sur ses hauteurs.

Au temps

des em-

nom de

pères, babas

ou dedes,

tatis

pereurs byzantins, LOlympe était habité par
des moines consacrés à la vie contemplative,

m

abdals

;

les écrivains
la

prennent tous sous

de voyages les comdésignation de santons.

retranchés du

monde
de
la

,

D'après la hiérarchie mystique bien formée de
l'ascétisme de l'islam,
terre
[les

d'eux-mêmes

et

nature

abîmés dans l'étude et que les souve,

y a toujours sur la un nombre déterminé de saints placés à
il

rains ne dédaignaient pas de visiter
tenir par leurs prières des héritiers
et

pour ob-

du trône

degrés plus ou moins élevés de l'union di-

des succès dans les guerres contre les Sar-

vine.

H

n'existe jamais

que quarante abdals en

rasins (1).

même

temps; celui qui meurt est aussitôt rem-

A

la place

des cénobites

et

des ermites grecs
les retraites et

placé par

peux qui,

un autre. Comme le ciel seul connaît à chaque époque, doivent être portés
il

se répandirent maintenant,
les cellules,

dans

des derwischs et des santons turcs
,

parmi

les élus,

est facile

de prétendre sur

la

depuis

le

pied jusqu'au sommet de l'Olympe

erre à cet honneur; et c'est aux fous qu'il est le
lus facilement accordé par leurs
ains.

au milieu des troupeaux des hordes des Turk-

conlempodans tous
les

mans errant
siveté des
aussi

tout autour. Le calme et la fraî,

Aux quarante
l'islam,

élus

,

qui

,

au temps d'L'r-

cheur de ces lieux

qui favorisent

la sainte oi-

han, vivaient dispersés sur
es

la terre

moines

et

des solitaires, charmèrent
des poètes
,

pays de

appartenaient aussi
et

deux
les

dans

la suite les rêveries

,

les

Isaints

Abdal-Murad
à

Abdal-Musa, dont

méditations des savants. Scheichi

le

premier
le

jtombeaux sont

Brusa.
fi-

poète romantique des Ottomans, chanta

beau

A

l'exemple d'Osman, de simples fidèles

poème de Chosrew

et Schirin sur les

hauteurs

rent de pieuses fondations à

Brusa

;

de son

temps, Jleri-Chodscha, l'un des compagnons
jd'Urchan, après la conquête (1), éleva une mosjquée tout près duchàteau: le scheichAchi-Ilasan,
Jbeau-père d'Edebali, établit

de l'Olympe, au bruissement des arbres, au doux murmure des ruisseaux; Wasi-Ali, auteur de la traduction des fables de Bidpai, recueillit, dans les campagnes embaumées de Brusa, les
plus belles fleurs de
la

un

cloître (2), et

poésie et de

la

rhétola

JLala-Schahin
Irad
er
I
,

(3),

général d'Urchan et de
plus d'une fois
,

Mu-

rique, et répandit sur son
brillante parure
,

ouvrage immortel

qui sera

nommé

fonda

les
,

sublimes harmonies em-

une école. Urchan
le

lui avait à l'avance
;

donné tout
ce butin se

pruntées aux gazons

butin d'une expédition

comme

fondeurs des bois

trouva énorme, le souverain se repentit de sa

aux feuillages, aux proaux bruits des cascades et des torrents. Chiali (riche en imagination) se
,

promesse; mais
repris.

le le

savant Mola-Tadscheddin-

livra à ses inspirations lyriques, et
(le frère bizarre)

Deliburader

Kurde décida que

bien donné ne pouvait être

Lala-Schahin ne voulant pas déplaire au prince par l'accumulation de tant de dépouilles, les

récits.

Un
,

composa ses naïfs et gracieux autre Chosrew et un autre Chiali
ici

méditèrent
législation

des ouvrages classiques sur
théologie et
la

la
;

appliqua à

la

fondation de l'école
le

la

jurisprudence

supérieure de Brusa, fameuse sous
térieur
et

nom de
l'in-

enfin

,

c'est
le

Lalaschahiuije (4). Ainsi s'élevèrent, dans

tami et

que le grand scheich Albesgrand juge Alscnari conçurent les

du château

et

de

la ville

,

des mosquées

plus imposants

monuments de
,

la

théologie et

des écoles, et, au dehors, au pied de l'O-

de

la

jurisprudence ottomanes. Ces pieux et

saints

personnages

ces poètes et ces juges
ils

reposent au pied de l'Olympe, où
(1)

allaient

Neschri,

fol.

25.

passer les heures les plus heureuses de leur vie,

(2J Ibid.
(3)

Seadeddin

,

fol.

40.

(4)

Eu

outre, Lala-Schahin bâtit encore

un pont

et

un
1.

(1)

Conlinnator Theophanis,
,

p.

289; aussi Zonaras

cloitre à

Kermasti

;

Seadeddin

,

fol. 40.

xvi

c.

T2

,

p.

186, et Cedrenus, loin,

n

,

p.

04t.

,

56
ils

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
ils

ou bien auprès des écoles où
enseignaient
la
,

étudiaient

,

le

savant historien Asif-Efendi. Autour des
et

et

,

après avoir puisé aux
,

mausolées des premiers sultans
cents

des saints

sources de

science

ils

répandirent leurs

de l'empire ottoman sont groupés environ cinq

sentiments, leurs idées et leurs connaissances

tombeaux de vesirs, de paschas,
et

de

dans des ouvrages qui vivront aussi longtemps que l'empire et la langue des Ottomans. Dans
la terre sainte

scheichs, de professeurs, de rhéteurs, de poètes,

de médecins

même de

musiciens célèbres.
la

de Brusa repose encore
,

le

plus

Brusa

,

renommée pour

beauté de ses en,

fameux de tous les scheichs Mohammed de Bochara, connu sous le nom de Sultan-Émir,
prince dans l'empire de
la sainteté.

virons, pour l'efficacité de ses bains

la

richesse

de

ses produits naturels et industriels,

pour

la

Au-dessus

limpidité

de

ses

eaux descendant de l'Olympe,
,

de son tombeau qui donne son nom à un quartier de la ville, s'élève l'une des plus vastes mosquées, souvent dévastée par le feu et toujours

pour ses délicieux raisins, ses mûres ses poires, dont on compte quarante-huit espèces; pour
ses abricots
,

ses cerises et ses châtaignes,

pour
avec

réparée par

la piété

des sultans. La résidence
le lieu

ses soies, ses laines,

son écume de mer

,

des souverains ottomans devint aussi

de
les

laquelle se fabriquent les belles pipes turques

leur sépulture. Dans les mosquées bâties par

pour ses pâtisseries
ses étoffes

,

ses sorbets, ses confitures

eux dans
les

le

château, dans

la
,

ville et
,

dans

Osman Urehan Bajesid deux premiers Murad et Mohammed I er (1), à côté de leurs frères, de leurs fils, de leurs filles et de leurs épouses tous recouverts de pompeux mausolées. Près de ces dix sultans sont rangés vingt-six princes de leur sang puis
faubourgs, reposent
, ,

de soie brochée, ses mousselines ses velours, ses tapis, Brusa jouit aux yeux des Ottomans d'un avantage bien autrement pré
cieux que tous ces dons

du

ciel
;

ou de

l'art

:

ell

a été la première résidence

c'est la

métropole
c'est

de tant de pieux et savants personnages;
la terre classique et sacrée;

jusqu'à la conquête

viennent

les

premiers vesirs et
,

les

premiers be-

de Constantinople,

elle

a occupé le premier

glerbegs de l'empire
les

parmi lesquels brillent noms des Dschendereli et de imurtasch
I ;

rang parmi

les cités; ensuite, elle

disputa

la

seconde place

à

Andrinople, résidence passa
et à

à la suite sont p'acés les autres vesirs et les

gère des sultans,

muftis, dans lesquels

on distingue

le

conqué,

meure des
titres

saints, à cause
elle

Bagdad, appelée la de de ses tombeaux
est

rant de

Chypre

,

Kodscha-Mustafa-Pascha

et

aujourd'hui encore

inscrite

dans
ville

les

du

sultan

comme

la troisième

de

(\)Voy.

la descript.

dans

le

Voyagea

Brusa,

p.

45-50.

l'empire.

,,

LIVRE
I

IV.
DE
GALLIPOLI.

TURCS PASSENT VINGT FOIS EN EUROPE. PASCHA. L ETAT MONACAL DES TURCS.

— CHUTE
— MORT

d'URCHAN.

— LE

— MORT

DE SULEIMAN-

TITRE DE V ASCII V.

m

les historiens
,

ottomans se taisent pendant

depuis la construction de la igt années jusqu'au passage de SuleiBrusa de isquée

n-Pascha en Europe, ce n'est point qu'il se tentât pour eux des disgrâces à rappeler
les Byzantins euxdans cet intervalle mes ne rapportent qu'un seul échec subi par
,
,

de les mettre dans un ordre chronologique. Quelque ingrate que soit une telle tâche elle nous paraît être un devoir indispensable; nous allons donc, à l'aide des Byzantins, combler la
et
,

lacune de vingt années laissée par

le silence

des

Turcs

et l'incurie

des écrivains européens; et,
les historiens

avant de retrouver

ottomans au

Ottomans; ce
excursions

n'est pas

non

plus qu'il y eût

passage de Suleiman à Gallipoli, nous allons

temps d'arrêt dans

les

conquêtes, ou que

fussent restées sans résultats,

silence paraît avoir eu

l)ord les relations amicales entre jcour

deux autres causes : Urchan et
les historiens otto-

de Byzance, dont

ns n'ont pas daigné prendre note; ensuite fluence, alors prépondérante, auprès de la
iir

ruclian et Aidin, maîtres

byzantine, des princes turcs de Karasi, de forces navales

Hsidérables, dominant sur les c'.tcs de Mysie,
lie

et d'Ionie

,

et

dont l'attitude hostile ou

ifique inspirait plus
iice,

de crainte ou d'espé-

a cette époque, à l'empereur de Cons,

itinople
Sins

que

les

souverains des Ottomans
sans doute

puissants

sur mer. Voilà

donner un aperçu de toutes les excursions antérieures des Turcs au delà du Bosphore, depuis le moment où leur puissance s'éleva sur la côte d'Asie, jusqu'au temps où elle se transporta en Europe sous la direction de SuleimanPascha, pour commencer à s'établir sur notre continent. Nous reportons donc nos regards en arrière, en deçà du commencement delà dynastie ottomane, dans les dernières années des souverains seldschukides de l'Asie Mineure, sous lesquels les Turcs franchirent pour la première fois la barrière de l'Europe. En 1263 de 1ère chrétienne, 662 de l'hégire, dans l'année même où Michel Paiéologue, après avoir trouvé un asile à la cour des Seldschuks,
,

nrquoi
jrs
!

les annalistes

nationaux de ces derpaix arrêtée dans ces
le

de retour à Constantinople, avait
les

fait

crever

n'ont point voulu arrêter leur attention

la

conclusion de

la

de Laskaris, héritier légitime du trône, pour fonder lui-même sa dynasfils

yeux à Jean,

Bps, entre Urchan et Audronicus
D le

Jeune,

tie

comme empereur de Byzance, une
la

colonie

mariage du sultan avec une princesse [îcque, ni sur les irruptions des princes de
[>asi,Ssaruchan et Aidin, ni sur l'alliance

dedix à douze mille Turkmans, sous
la

conduite

de Saltukdede, s'établit sur la côte occidentalede

du

mer Noire, qui porte encore aujourd'hui
,

le

everain d' Aidin avec Cantacuzène. Plus inex|!:able

nom de Tatarie-Dobruze. Le prince seldschukide
Aseddin-Keikawus qui forcé par son
kneddin-Kilidscharslan, de
possession exclusive
lui

nous paraîtra
,

la

négligence des histoconsulter

lis
i

européens

qui ont préféré

frère, Roabandonner la
s'était

lques morceaux tronqués d'historiens turcs,

du trône d'iconium,

laide de traductions incomplètes, et suivre
Itlkondylas

réfugié à Constantinople, fonda sur le

nom-

!

peu satislants sur cette période, plutôt que de recueilles notions éparses dans Nicephorus-Gregoet surtout dans Cantacuzène, de les comparer
et

Phrauzes

,

aussi

bre et

la

valeur de ces nouveaux hôtes, avec
le

son actif conseiller, Behadir-Ali,
vaste conspiration
l'espoir

plan d'une

contre

l'empereur,

dans

de se

saisir

du trône de Byzance. Le

58

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
auxiliaires d'Aidin avaient été placés

projet fut trahi par l'échanson d'Ascddin, Grec de naissance, que poussèrent l'amour de son pays et l'affection pour la religion de ses pères.

sur les

deux

ailes.

Les Alains et

les

Turkopols, en se
spectateurs
la

contentant de

rester simples

du
la

Le sultan

fut arrêté et

chargé de fers, avec

le

combat, déterminèrent en effet
journée
(1).

perte de

du corps, BehadirAli, et son écuyer, Oghusli-Beg; le capitaine fut exécuté, l'éeuyer eut les yeux crevés, le sul'an fut retenu dans un don;on avec ses fils et sa mère. Bcrkechan, chef du Kiptschak, excité par Bokneddin - Kilidscharslan sultan
ses gardes
,

commandant de

L'armée de rebelles, grossie par ses
mille Catalans, cavaliers et

succès, se trouva bientôt forte de huit mille

hommes, dont cinq
liaires

fantassins, cl trois mille

Turcs, formés des auxi-

des déserteurs turkopols (2); les premiers commandés pur Melek-lsak (3), les
d'Aidin
et

d'Iconium (1), A délivrer son frère de sa cap-

Danube sur la glace, poussa sa course jusque sous les murs de Constantinotivité, traversa le

autres par Chalil (4) [1308]. Après la bataille de Kypsella, les Catalans et les Turcs portèrent
leurs courses sur toute la péninsule thrace,

ple, et enfraina le prince Aseddin

,

échappé
la

d'une rive de

la

mer

à l'autre, la

traversant de-

d'Ainos avec toute

la

colonie Dobruze, vers

puis les défilés de Tckirtagh (le

GancO, jusqu'à
la

Crimée (2). Mille hommes, environ{3), des gardes du corps d'Aseddin, qui étaient restés à
Byzance avec son
et la foi
la
fils,
,

Bodosto (Bhaidestos), sur
Noire

le

rivage de
le

Pro-

pontide, et jusqu'à Bisa, sur
(5).

bord de

la

mer

embrassèrent

le service

Afin d opposer une barrière à leurs
fit

de l'empereur

et furent incorporés a

courses, Andronicus
raille

élever une longue
la

mu-

troupe des Turkopols, ou Turcs convertis au christianisme, qui, par cet accroissement,
se trouva portée

à trois

mille

Dans

la suite, celte

force fut

hommes (4). commandée par

Chalil. L'empereur comptait sur eux comne sur les Alains dans ses expédilions contre les Catalans, qui, après la mortdeBoger, leur

mer, de manière à fermer le passage qui conduit de Macédoine en Thrace. Les Turcs rompirent bientôt avec leurs nouveaux alliés les Catalans, et se partagèrent en deux troupes, dont Tune, forte de mille cade Chrislopolis à
valiers et cinq cents f mtassins.sous la conduite

chef, appelèrent à leur secours les Turcs
delà de l'Hellespont.

,

au

de Melek-lsak, passa au service de Milutin, roi de Servie, qui la désarma, la réservant
en cas de guerre (6); les autres, au nombre de treize cents cavaliers et huit cents fantassins, commandés par Chalil, négocièrent
avec l'empereur
le libre

Ces auxiliaires, au nombre de quaire cenls, venus des États d'Aidin (5), se trouvèrent sous
les

ordres d'Isak, nue les Grecs appellent .Melek!s ik, comme ils donnent nom de Melek -Constantin, c'est- i-dire roi

passuge près de Chris-

Isak, c'est-à-dire le roi
le

topolis, et le retour

par mer dans leur pays. Afin

de
à

s'en délivrer,

Andronicus accéda volontiers
les

Constanlin,au frère d'Aseddin resté à Constautino|i!e et converti au christianisme (6). Les Turcs passèrent aussitôt d'Asie en Europe. A la
bataille livrée entre l'e

leur

demande; mais

commandants grecs,

par excès de zèle ou par ardeur de pillage, violèrent l'engagement,
et

résolurent de fondre
retraite. Ceux-ci
,

npereur et

les
;'i

Catalans

sur

les

Turcs dans leur
la

pré-

dans
les

la

plaine qui s'étend d'Apros

Kypsella,

venus de
taquèrent

trahison, se mirent en possession
le

gardesdu corps étaient au centreavec l'empel'aile

d'un château fort sur
le

rivage de
ils

la

mer, et at-

reur, a

droite les troupes thraces et macé-

camp grec où

se saisirent
ils

du
se

doniennes,
kopols.

à l'aile gauche les Alains et les TurDans l'armée des Catalans, les Turcs

trésor et des ornements de l'empereur;

partagèrent les richesses, et firent des insignes
(1)

Niceph. Grcg.l.

vu,

c.

4, $ 6

et

7, p. 140 et 141.
p. 427.

(1)
fol.
1

Lulfi,
13.

Oghusname, ou

histoire des

Seldschuks,

(2j Ibid., c.
(3)
(4)

6

,

S

t

et 6.

l'aeliyinei-es,

1.

vu

,

c.
1.

22, tom. n,

(2) (3)
I.

Jbid.

Nireph.

Gregoras,
est le
,

vu

,

c.

8,

Si

»

tom. i,

Niceph. Gregoras,
loin,

1.

vu,
1.

c. 4,

S
,

6,
c.

tom.

i,

p.

140,

p.

1S6.

Ce

chalil
,

mfme
,

que Pachymeres

nomme
,

vu, c.8,
(4)

n

,

p.

156, et
1.

vu

6, S 6, p. 152.
,

Tacha:. zaï es
(5)

1.

vu
,

c.

29, tom.
1.

u
c.
,

,

p.
,

440.
I

Nicepb. Gregoras,

vu,
c. 11

c. 4,
,

(5)

Pachymeres,

I.

vu
,

,

S 6, tom. u p. 152. tom. u p. 409
, ,

Niceph. Grrgoras
,

vu

,

6

S

,

p.

150

et

Pa-

chymeres
(6j

1.

vi
,

c.

21

,

tom.

u

p. 423. p. 249.

(6)

Le même,

I.

vu

c.

15

,

22

29.

Engel

Histoire de Servie

,

LIVRE
impériaux des objets de grossière dérision
Chalil se coiffa
;

IV.
et le trésor

59
de l'empereur,
qu'il se vit

pays

con-

du bonnet enrichi de rorsades
aux moqueries
les

traint de vendr' l'or et les

de
1

perles, se livra

plus bouf-

fonnes ("1309]. L'on a déjà raconté
des Catalans avec les Turkopols,

comment

ornements de ses insignes ;et à l'intronisation de son successeur Cantacuzène, la couronne n'était ornée que d'une
feuille d'or et garnie

empereur, pour empêcher l'union ultérieure

que de pierres fausses

(1).

promit au
la
fille

chef de ceux-ci, Melek-Isak,

la

main de

règne d'Urchan commence l'époque des premières relations pacifiques et amicales
Avec
le

deM,lek-Constantin,petite-filled'Aseddin,avec

entre les Ottomans et les Byzantins, des alter-

gouvernement de Bigha (Pega), et comment les Catalans, informés de la perfidie des Turkole

nations de guerre et de trêve, d'alliances et
d'hostilités.

Andronicus
le

l'Ancien appela

des

pols

,

les

forcèrent à leur livrer leurs chefs

Mela

troupes ottomanes à son secours contre son
jietil-fils

lek-Isak et Chalil (1).

Au premier ils abattirent
;

Andronicus

tèteainsi qu'à son frère Chalil s'échappa, et s'enfuit

bat

it

entre

Tzurulum

et

Jeune [1327], qui les Selymbria en sorte
;

auprès du commandant grec d'Apros, puis
(

qu'ils s'enfuirent vers Constantinople.

Là,

ils

gagna Tzurulum
firent subir

l'ancien Tirihalum

,

aujour-

sollicitèrent
la

de l'empereur, qui

les avait

appelés,

d'hui Tschorli)(2). Tel fut le son que les Catalans

permission de retourner en Asie,

et ils

ob-

aux chefs; ouant aux soldats,

les

tinrent des vaisseaux pour leur transport (2).

Serviensse chargèrent de leur ruine. La troupe permanente au service de Milutin-Urosch, kral de Servie, de retour d'une expédition contre les

Andronicus
avec
les

le

Jeune, engagé dans

la

guerre

Génois

comme avec les Ottomans, s'allia
Lydie
et

avec les voisins d'Urchan, les souverains de

Hongrois,
distribuer

s'était révoltée

contre celui qui
la

la
fit

Ssaruchan
11

et d'Aidin (de la

de

l'Ionie).

soldait. Milutin

ordonna de

massacrer, et

se rendit à Phocée, cette ancienne patrie des

comme

esclaves le petit

nombre de
(3)

plus fameux navigateurs de l'Ionie, et qui main-

ceux qui échappèrent au tranchant du sabre

tenant était un repaire de pirates turcs;

là, il

[1314]. Les autres Turcs, restés dans la Ch: r-

conclut définitivement son trait j avec Ssaru-

sonèse furent enveloppés avec l'aide de deux
mille cavaliers serviens, forcés de s'embarquer,
et rejetés sur la côte d'Asie(4). Les Serviens déjà

chan, qui parut en personne,
fit

et

Aidin qui se

représenter par des ambassadeurs chargés de
(3).

présents
flotte

Les princes infidèles pourvurent
le

la

préludaient aux hostilités et aux humiliations

de l'empereur de vivres pour

siège

du

qui se rencontrent dans l'histoire des destructeurs de
1

château de Neuphocée, alors occupé par les Génois ainsi que Chios.

empire byzantin.

Ainsi, les premiers Turcs qui étaient passés

en
les

A peinederetouràDemotika (Didymotichon),
l'empereur apprit que soixante vaisseaux du
souverain de la côte troyenne, c'est-à-dire du
prince de Karasi, avaient franchi l'Hellespont
[1331], et débarqué dans la Chersonèse des

Europe,

la colonie

de

la

Tatarie-Dobruze et

Turkopols, étaient des Turkma-is
Catalans des
eut lieu
la

seldschu-

kides; les seconds qui avaient été appelés par les

Tuikmans d'Adin.

Bientôt après

première expédition des Turcs otto,

troupes qui ravageaient les cantons de Beroia
et

mans qui, montés sur des vaisseaux tinrent en effroi les côtes de Macédoine et de Thrace (5),
et, durant dix-huit

de Trajanopolis

(4).

Aussitôt

il

leva des
s'é-

troupes pour

les chasser.

Un grand nombre
;

mois, brûlant

les

moissons,
la

taient déjà retirés

d'eux-mêmes quinze cents

investissant les villes [1321J,

empêchèrent

de ces barbares restés en Thrace tombèrent sous
le fer

culture des

champs

et les

communications entre
si

des impériaux

(5).

les cités (6). Ils

épuisèrent

complètement

le
(1)

Niceph. Gregoras,
,

I.

vm
p.

,

c. Il

,

S 5

,

1.

1 ,

p.

216,
leur

(1) (2)
(3) (4)

Niceph. Gregoras,

1.
,

vu

,

c.

8

,

p. 158.
,

et

(5)

Pachymeres, 1. vu c 29, tora. Il p. 440. Engel Histoire de Servie p. 249. IbM., p. 250. Niceph. Gregoras 1. vm, cl), S 5, tora. n,
, ,

xv nombre
1.

c. Il

,

S 4,
,

t.

ii

,

496. Sansovino porte
le

à

3,000

confoudant

passage de l'année 1321

avec un suivant.
(2)
(3)

Ibid.,

,

1. 1,0. 82, Cantacuzène 1. u
,

1.
,

1, p. 94.

c.

13,

1. 1 ,

p. 238.

p.

216
(6)

,

el

Phiauzes
,

,

1. 1

,

c. 5.

(4)

Ibid.

,

pass. cité.
c.

Phranzes ibid.

Ibid-,\. u,

21,

1.

1, p. 261.

Dans Niceph. Grcf

,

,

60

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
avaient été revêtus de kaftans par le roi de

Arrivé à Constantinople, l'empereur se disposait a quitter cette capitale pour visiter les

Perse; dans

la

dernière croisade, le Vieux de la

de Thrace, lorsque lui parvint la nouvelle que de la cavalerie torque venait de franchir rilellespont s'était partagée en deux
villes
,

Montagne envoya
de
la plus

à saint Louis, comme gage grande amitié, sa chemise, expri-

mant

ainsi qu'il lui était attaché
(1), et tant

comme

la

che-

corps, dont l'un, tirant au nord, dévastait les

cantons autour des

villes

de Polybotos, Kissos,

que les ambassadeurs de l'empereur d'Allemagne apportèrent des présents à la Porte
,

mise au corps

Asnitos; et l'autre, se dirigeant au sud, attaquait la ville de Bhaidestos (autrefois Bizanthe,

des vases d'argent étaient les
(2).
,

principaux objets

chassé par
le

maintenant Rodosto). Le premier fut battu et les troupes envoyées à sa rencontre;
second se rembarqua au bruit de l'approche
(1).

L'empereur, revenu en Macédoine formait un camp dans les environs de ïhessalonique,
entre cette ville et
Beschik)
Serviens.
(

le

lac

Bolbe (aujourd'hui

de l'empereur
Plus

3). afin
Il

les restes

rudement
par
les

assaillis

de l'empire byzantin étaient par les flottes de Karasi et
,

de diriger ses armes contre les apprend encore que soixante vaisla

seaux avaient débarqué des Turcs à

pointe

armées d'Osman plus la nécessité se faisait vivement sentir de conclure paix et amitié, au moins avec l'un d'eux ainsi qu'il était
,

extrême du mont Alhos
loin

,

près de Pallène (ap-

pelée autrefois Potidée, puis Kassandra (4),

non

de l'ancienne

ville

dévastée des Sary

arrivé

Afin de pouvoir secourir

précédemment avec Ssaru-Chan et Aidiu promptement Nicoavait
la cavalerie et

liens (5), et qu'ils désolaient le pays.

médie étroitement resserrée, l'empereur

embarqué de

de l'infanterie sur des galères et des transports; mais, avant qu'il
se fût approché de la côte,
le
il

rencontra en mer

L'empegrand domestique. Le combat fut acharné. Le terrain était embarrassé de broussailles et les ennemis ne combattaient qu'à pied; néanmoins, ils furent presque tous tués ou pris. Ceux qui se cachèreur marcha contre eux avec
le
,

message d'Osman qui lui offrait la paix ou la guerre. L'empereur ne montra pas moins de
courtoisie, et répondit qu'il était préparé à la

rent dans les bois revinrent
flotte,
la

le

lendemain à leur

brûlèrent à l'exception de deux vais-

seaux

qu'ils

ramenèrent chargés de butin
la

(6).

guerre, mais disposé à

la

paix [1333). Des entraité

A quel prince de
dire; mais
il

côte asiatique appartenait

voyés des deux parties conclurent un

cette flotte ? Cantacuzènc s'abstient

de nous
le

le

sous la condition qu'Urchan, l'ami de l'empereur, respecterait les villes qui restaient à l'empire.

ne laisse aucun doute sur

chef

de l'expédition suivante.

Ensuite

,

des présents furent échangés
,

;

Umur-Beg
Srayrne
,

,

fils

du prince d'Aidin, maître de

Urchan donna des chevaux des chiens de chasse, des tapis, des peaux de léopard l'empereur, des vases d'argent, des étoffes de laine et de soie il y joignit un de ses vêtements ce
;

Éphèse

et des autres villes ioniennes

avec une flotte de soixante-quinze vaisseaux
[1335], débarqua d'abord a Samothrace, puis à

:

,

Poros, où des Kumutzènes avaient opéré
descente
(7), et

lcui

qui, dit Cantacuzèue, auprès des satrapes des

qui porte encore aujourd'hui le
(8).

barbares
et

,

est la plus
-

haute marque d'honneur
les

nom

de Kumuldschina

Les Grecs

et

les

de bienveillance

Ainsi , dans ce premier ( 2).

traité des

Ottomans avec

Byzantins, déjà se

(1) Joinville, p.
(2)

85,86.
des présents dans
,

pratique l'usage des présents diplomatiques,

l'oy.

la liste

la

description de
,

parmi lesquels se trouvent les vases d'argent et les vêtements d'honneur qui ont toujours figuré
chezlcs Orient aux depuis l'époque la plus reculée jusqu'aux temps modernes. Déjà , des Hellènes

l'ambassade de Gerlach
(3)

p. 1C9,
,

de Schweiger
t. i
,

p. 61.

Cantacuzèue

,

I.

n

c.

25

,

p.

278

,

entre Sa-

lonique et
(4)

le château de Rbétine. La glose de Cantacuzène dit que Pallene l'appelai aussi Kassandra.

(5)

Mannei

t

,

qui dit, part, "vu
,

,

p.

455

,

qu'après Hé-

rodote et Thucydide

il

n'a plus été question de cettt
,

goras,n'y en a que cinq cenis;
faute d'écriture.
(f) (2)

c'est

probablement une

ville

,

n'a pas vu ce passage de Cantacuzène

p. îi78.

(6)
I.

Cantacuzène, pass. cité,
Hadschi-Chalfa

p.

279.

Cantacuzène,

h

,

c.
I.

22

,

t.

i

,p.266.

(?) fbid., p. 287.
(8)
,

IbUL,

I.

h,

c.

24,

il, p. 273.

Rumili

,

p 69.

,

LIVRE
Turcs se rencontrèrent à peu de dislance de ce lieu, dans la plaine de Panagia. La supériorité numérique des Turcs en imposa aux impériaux, et les deux armées se tinrent toute

IV.
de riches présents de B\ zance avec
(1). L'alliance

61
de l'empereur princes de Lydie etd'lonie,

les

voisins et rivaux d'Lrchan, poussait nécessaire-

ment

le

sultan à se faire l'ami des Génois

,l'
,

une journée en présence sans agir,

se conten-

qui alors étaient en hostilité déclarée avec les

tant d'échanger des injures. Après le coucher

Grecs, à Galata et à Phocée.

du

soleil, les

Turcs

se retirèrent,

et se

remles

La paix

faite

avec Urchan semblait subsister

barquèrent sans avoir été inquiétés Grecs
(1).

par

encore, assurée

même

par son expédition de
l'avis

Karasi; et tout à coup arriva deTriglia

le

Durant toute Tannée dans laquelle mourut vieux Andronicus l'empire de Byzance n'eut
,

que

le

sultan, avec treute-six vaisseaux, allait
la

débarquer,

nuit

même ou
;

la

suivante, près

a soutemir

aucune
,

hostilité

en Occident ni en
les né-

Orient

;

en 1336

l'empereur renouvela

gociations avec Ssaru-Chan et Aidin, afin d'obtenir des bâtiments et des vivres

de Constant inople [1337] que son équipement n'annonçait pas une expédition de piraterie passagère mais bien l'intention de pousser
,

pour suivre

le

siège de Milylène et de Phocée,

contre les
le

plus loin ses ravages (3) , et d'occuper les deux places d'Athyras et d'Epibatos (4), espèces de

Génois

(2).

On

traita

d'abord avec

prince de

faubourgs de
le

la

capitale.

L'empereur envoya
,

Lydie, qui dut fournir des troupes
délivrer Suleiman et vingt- quatre

et

des vais-

grand domestique Cantacuzène
présumé du débarquement;

avec vingt

seaux; et, de son côté, l'empereur promit de
fils

nobles et quarante soldats, vers Ennakosia,
lieu
et

des prinpri-

lui-même

cipaux Turcs

,

que

les

Génois retenaient
le
,

sonniers à Phocée.
les

Dans
et
,

camp

établi

devant
fils

équipa tout ce qui restait alors de toute la flotte dans le port, en état de recevoir un armement,
c'est-à-dire

murs de
,

cette ville
,

se rendirent les

deux galères

(5).

La lueur des

in-

d'Aidin
la

Chisr

Umur

Suleiman
et
ils

(3), offrant

cendies, les gémissements des

femmes
le

et

des

paix et des secours

s'en

revinrent

enfants

entraînés, annoncèrent

débarque-

chargés de présents. Ssaru-Chan parut en per-

sonne avec vingt-quatre vaisseaux; Aidin envoya son
le
fils

Umur

avec trente
,

bâtiments.
,

Ganlacuzène,

le grand domestique qui après débarquement près de Kumuldschina, s'était trouvé opposé à Umur-Beg et qui, depuis,
,

ment des barbares près de lihegium (aujourd'hui Bujukdschekmedsche) Cantacuzène y court; en même temps l'empereur, arrivé au point du jour avec ses deux galères, s'élance sur le cheval du grand domestique et l'ennemi est vaillamment attaqué (6). Dans le combat, qui
: , ,

avait entretenu avec lui des relations d'amitié

se prolongea jusqu'à midi, périrent environ

dans

le

camp de Phocée,

l'invita à

une entre-

mille Turcs

;

trois

cents furent pris, et, au

vue à Clazomène, patrie d'Anaxagoras, non loin du bourg actuel deWurla(4), le traita

rapport de Nicephorus Gregoras, pas un Grec
n'aurait succombé. Les restes des

pendant quatre jours avec
digne,
le

l'amitié

la

plus

Turcs s'embarquèrent sur trois vaisseaux seulement et
,

détermina à une assistance des plus

s'enfuirent à toutes voiles (7); les ga'ères impériales

actives contre les Génois, à laisser en paix les

ayant voulu forcer de voiles pour les

habitants de Philadelphie (Alaschehr)

,

alliés

poursuivre, rompirent leurs drisses, et virent

des Byzantins, et jeta ainsi

cette amitié intime, presque

duradix années

,

jusqu'à la

fondements de romanesque, qui mort d'Umur-Beg.
les

emporter leurs vergues. La nuit suivante,

les

troupes victorieuses de l'empereur dépouillè-

Comme

les

escadres génoises s'étaient disper;i)

sées, la flotte de

Ssaru-Chan fut congédiée avec

Cantacuzène. Le nom d'Umur-Beg a été transformé

par

les Italiens

en celui de Moibassan.
,

(2) (3)

Niceph. Gregoras

1.

iv, c. 11

,

p.

332.

Cantacuzène

,

1.

n

,

c.

34

,

1. 1,

p.

307.

(1)
(2)
,

Cantacuzène,
Ibid.,

I.

n,c.
t.
,

28,

1.

1, p. 288.

(4)

Niceph. Gregoras
et

,

pass. cité, p.
I.

332

;

Topographie
4.

en, t.
1.
I.

i,p. 292.

de Constant inople
p. 293.
,

du Bosphore,
1.

n, p.

(3) Ibid.,

il

,

c.

29 ,
30

i

,

(.5)
;

Cantacuzène,

pass. cité, p. 308.

(4)
p.

Ibid

,

h

,

c.

t.

i

p.

294 Maunert

,

m

,

3

(6)
(7)

Niceph. Gregoras,

m, p. 332.
,

330.

Canlucuzène

,

pass. cité

p. 308.

62
ments lurcs, qui ne

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
bre
(1).

rcnt les cadavres des barbares (1); neuf bâtifaisaient point partie

de

adversaire,

Cantacuzène, vivement pressé par son le grand amiral Apokaukos, s'était
laissant à

l'expédition, mais qui voulurent

accourir au

réfugié auprès de
Servie
,

secours de leurs frères

,

arrivèrent au milieu

de cette seconde nuit
galères impériales,
s'en

,

attaquèrent
sur
le

les

deux
le

et furent
les
;

point de

son autre allié, le roi de Didymotichon la nouvelle impératrice Irène. La princesse envoya au devant de l'ami de son époux les nobles de la
cour, et cent chevaux qu'elle put rassembler.

emparer: déjà
la

Turcs étaient sur
mais
les

pont de
saillants

première

finirent

nouveaux aspar être vaincus, et ne s'é(2).

se

Quelque faible que fût ce cortège, Umur-Beg montra reconnaissant d'une telle marque de
il

chappèrent qu'avec un seul vaisseau

distinction;

donna

les

En

dépit de ces expéditions poussées jusla

ciens guerriers de son armée

chevaux aux p'us anet lui-même
, ,

qu'aux portes de

capitale, l'empereur fut

avec deux mille de ses soldats d'élite, se rendit
à pied à

assez aveugle pour prendre à son service des

Didymotichon. Là

il

distribua

le

butin

Turcs

comme

troupes auxiliaires,
les

et

il

enga-

de

ses troupes

parmi

les

habitants de

la ville;

gea deux mille hommes parmi
souverain d'Éphèse
et

sujets

du
lieu

y

laissa

neuf mille hommes de l'armée,
à la tète

ainsi
la

de Smyrne

(3).

Au

que cinq cents de ses guerriers choisis pour
proléger; puis,
mille (2),
il

d'être effrayés par celte mesure, les

Ottomans

d'une force de vingt-

se sentirent attirés à de nouvelles entreprises

se mit en route
la

pour joindre CanLes
habitants de
lui

avec des forces plus considérables: huit mille

tacuzène dans
Phera?

Servie.

de leurs guerriers
[1340]
,

franchirent
et

l'Hellesponl

arrêtèrent sa marche, en

remettant
mer, où

ravagèrent nuit
et
,

jour

la

Thrace

et la

des lettres

supposées au

nom

de Cantacula

Mysie,

chargés de butin, se décidèrent à
(4).

zène

(3);

il

revint à Bera. le long de

grand' peine au retour

ses vaisseaux étaient à l'ancre, à l'embouchure

De

nouvelles négociations étaient devenues
:

de

l'

Hèbre. Trois cents matelots et presque

nécessaires

renouveler la

on s'empressa d'autant plus de paix avec Urchan, que Ssaru-Chan,

tous les prisonniers périrent de froid dans une
nuit.

Umur-Beg

écrivit à

l'impératrice pour

rompant ses traités, menaçait les côtes de la Grèce avec une flotte commandée par Jachschi, qui
se

s'excuser de ce que la rigueur

du

froid

ne

lui

permettait pas

d'aller
il

en personne prendre
promettant de re•

Deux

mit bientôt à exercer des ravages [1341] (5). fois le grand domestique Cantacuzène
les

congé

d'elle (4); et

partit,

venir l'année suivante.

battit

troupes débarquées dans

la

Cherfacile-

En

effet,

au printemps de 1343, trois cents

souèse, en sorte que Jachschi sollicita le re-

vaisseaux

nouvellement de

la

paix, et l'obtint

ment
prême

(6).

grâce à

Cantacuzène, devenu maintenant, ses intrigues, maître du pouvoir sude Jean Paléologue
[134*2],
la

d'Umur-Beg voguaient sur la mer' Ionienne; mais une tempête, qui les jeta vçrs l'Eubée diminua la flotte d'un tiers et deux
,
,

cents bâtiments seulement abordèrent à Klo-

et collègue

pa

(5),

dans

le

voisinage de Thessalonique, et

voulut maintenir sa part de domination par
des barbares.
il

,,

sous

les

révolte au dedans, et l'appuyer au dehors sur
l'assistance

réuuit

murs de cette ville, Cantacuzène se' à Umur-Beg. Après un conseil où fut agide savoir
si

Umur-Beg,
vint

prince

tée la question

si l'on

attaquerait la

d'Aidin,
tié

avec lequel
particulière
flotte

s'était lié

d'une ami-

place de vive force, ou

on

la

réduirait par la
le

toute

,

à son secours
vingts
mille

famine, Cantacuzène se décida pour
parti, par respect
trius (6),
cles

dernier

avec une

de

trois

cent quatre

pour

le saint

martyr Démémois,

bâtiments
guerriers,

montés
et

par

vingt

-

huit

dont

les

reliques opéraient des mira-

parut à l'embouchure de l'Hè-

dans cette

ville.

Au bout d un
,

Uumr-

(1)

Cantacuzène, pass. cité, p. 309.

(1)
(2)

Cantacuzène,
Ibid.,
1.

I.

m
53

c.
t.

56

,

t.

u

,

p. 540.

(2) Jbid. (3) Niceph.
(4)
(5)
(6)

m,

c.

,

u

,

p. 541.

Gregoras 1. xi /iù/.,cap.7,p. 338. Caniai uzène 1. u, c. 9
,

,

c.

6

,

t.

u, p. 335.

(3) Ibid., p. 542. (4) Jbid., p. 543.

,

,

t.

m

,

p. 379.

(5) Ibid., (6)

I.

m

,

c.

65
,

,

t.
1.

h

,

p. 567.
,

/Wtf., p. 381.

Niceph. Gregoras

xm

c,

10

,

S 8

.

t.

n,

p.

422

LIVRE
Beg renvoya sa
jeux mille
flotte,

IV.

63

conservant seulement
lesquels,

territoire disputé, et la

hommes de son armée, avec
il

quittant Thessalonique,
linsi

se mit

en marche
ils

promesse d'un appui pour Sulciman (1), qui déjà avait fait une visite à Cantacuzène, à Aigos-Polaroos lui
,

que Cantacuzène,
devant
la

et, le

septième jour,
en ferme

offrant des présents en
et

armes

et

en chevaux,

îtteignirent le passage
•ent

de Christopolis, arrivè-

avait

trouvé

un

accueil amical et distin-

muraille

même qui

l'enet

:rée (1).

Perithoreum fut vainement assiégé,

gué (2). Ainsi, Umur-Beg, accompagné du fils de Ssaru-Chan, marchant à la tète de vingt
mille
cavaliers, suivit la côte
,

es princes revinrent à

Didymothicon où Umurles

d'Asie jusqu'à

3eg, reçu au milieu des fêtes les plus brillantes,
:élébra,

l'Hellespont

passa en Europe et se trouva,
,

en vrai chevalier,

vertus d Irène

(2).

pour
allié

la troisième fois

à

Didymotichon comme
l'assista aussitôt
,

Cependant l'impéralrice-mère, Anne de Savoie,
:t

de Cantacuzène. U
le

con-

son soutien,

le

grand amiral Apakaupos, né,

tre

Bulgare

Momitzilas

qui

,

maître de

gociaient avec le roi des Bulgares

et

même

Xanthia

et des villes et

de

la

contrée de Mé-

ivec

Umur-Beg
,

qu'ils voulaient décider à rega-

rope, jusqu'aux frontières de
alors le plus redoutable

gner l'Asie (3). Le galant
ion hôte
et
,

Turc

sut en imposer à

la Morée, était ennemi de l'empire (3).

sans que celui-ci coMÇÛt le moinsi

Umur-Beg

battit les

Bulgares devant Perithoet

Ire soupçon, conduisit
:iation

adroitement

la

négo-

reum, Xanthia tomba,
trésors, se retira sans

Momit/ilas

,

avec ses

entamée avec

la

cour de Byzance que
mille pièces d'or

empêchement en Bulgapour
l'on

jantacuzène se laissa persuader, ou, du moins,
eignil

rie (4).

Dans un
si

conseil de guerre tenu

de croire que

les

six

savoir

l'on

ferait

lever le siège de Pliera?,
,

•eçues par
raient

Umur-Beg du

parti contraire, servi-

pressé par le kral des Serviens

ou bien
mais
les

si

seulement à procurer de nouvelles forces
continuation de la guerre (4). Le Turc

marcherait sur Constantinople, Cantacuzène se
décida pour
le

Dour

la

premier parti

;

Turcs
se

l'embarqua,
ivec

promenant de reparaître bientôt
;

firent prévaloir l'opinion contraire.

On

mit

de puissants secours mais ce qui le déternina au départ autant que l'or byzauiin, ce fut le langer d'avoir des hostilités à repousser dans on propre pays car la flotte latine, composée
,

aussitôt

en marche pour
fils

la capitale;

déjà l'on

Apamea (5), lorsque le prince Sude Ssaru-Chan, mourut de la fièvre, dans un palais situé entre les deux points appeétait arrivé à

leiman,

les

galères des Vénitiens,

du pape

et
f

du

roi

de

lés

aujourd'hui kutschuktshekmedsche et BaliAfin de prévenir tout soupçon d'empoi,

Chypre, menaçait Smyrne, sa capitale 1314^5).

kli (6).

&

château tomba au pouvoir des chrétiens oc,

identaux

alors réunis

pour

la

première

fois

ontre les Turcs (6) ; l'arsenal et la flotte d Unur-Beg furent incendiés, et des galères, par
surs croisières continues, empêchèrent la re-

onstruction de nouveaux bâtiments, ainsi que
e.retour

d'Umur-Beg par mer.

sonnement dans l'esprit du père Umur-Beg résolut de retourner en Asie, et d ramena ses troupes, quoiqu'il eût arrêté, dès le commincement, de ne point se séparer de sou ami avant l'achèvement de la guerre de Servie (7). L'impératrice, mère de Jean Paléologue, suivant le funeste exemple de Cantaeuzène, chercha maintenant aussi des secours auprès des Turcs, et
elle

N'ayant plus d'autre
Hellespont,
'oisin

moyen que de franchir Umur-Beg dut négocier avec son
lui

en obtint de Ssaru-Chan; mais

l'aclive in-

Ssaru-Chan, qui

accorda
la

le

passage à

tervention d'Umur-Beg pour Cantacuzène neutralisa l'effet

ravers ses États

moyennant

cession d'un

alors en vigueur

de ces mesures. Suivant un usage parmi les princes turcs de la

côte d'Asie, dans les expéditions où
(1)
i.

Ion courait

Niceph. Gregoras
fbid.,\. xiv,

,

1.

xm

,

cap. 10, S 10,

t.

n

,

422.
(2)
c. 1
,

SI,

t.

n, p. 439,etCantacu-

(1)

Canlacuzène,
Ibid.,
c.

1.

m

,

c.

86

,

t.

n

,

p. 649.

ène
(3)

,

66 Cantacuzène
I.
,

in

c.

,

t.
,

n
1
,

,

p. 575.
t.

(2)

76,

p. 617.

1.

in,c. 70,
S 5
,

u

,

p.

591

,

etNicepli.

(3) lbid., p. 650.
(4)

Jregoras
(4)
(5)
(6)

,

1.

xiv

,

c.

t.

n
,

,
I

p. 435.

lbid.

,

p. 652.
le

Nicepb. Giegoras,

c.
,

Cantacuzène
IbiiL
,

,

I .

m

5,§
68

,p. 443.

(5)
;

Constaiitinopie et

Bosphore

,

I.

n

,

p.

c.

t.

n

,

p.

584

Laugier.

(6)
(7)

/bid.,c. 89, p. 661.
lbid., p. 662.

pass. cité.

,

64
après
les

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
aventures
cl le pillage,

chacun d'eux

tout le

monde
,

se tenait

autour dans

l'attente.

permettait volontiers qu'a ses troupes se joi-

A un

signal donné, tombèrent en
les

même

temps,

gnissent aussi des étrangers pour partager
périls el le butin (1).

les

de tous côtés

rideaux de soie brodés d'or
la

Ainsi, se réunirent aux

qui enveloppaient l'estrade, et

fiancée parut

soldats de Ssaru-Chan, partis pour aller soutenir
l'impératrice,

au milieu d'eunuques à genoux, portant des
torches allumées. Aussitôt retentirent les trompettes, les fifres et les autres instruments; puis

deux mille fidèles guerriers d'Umnr-Beg, qui, chargés secrètement par leur prince de détacher leurs compagnons de l'impératrice et de les disposer en faveur de Canla-

des chœurs harmonieux

chantèrent des verJ
la

composés en l'honneur de
tueux festins

jeune épouse. Du-,

cuzène, s'acquittèrent avec succès de leur mission (2).

rant plusieurs jours, furent donnés de somp-i

auxquels assistaient soldats et
cl

Mais

alors,

Cantacuzène

se flatta

de trouver

dignitaires

,

Turcs

Grecs confondus ensem-j

un nouvel
et

qu'Umur-Brg Ssaru-Chan; car Urchan sollicitait la main de
allié

turc plus puissant

ble(l), et la princesse

grecque, au milieu
lit

de$i

chants d'allégresse, fut conduite au

d'un

sa

fille (3).

L'empereur combla

les

ambassadeurs

barbare sexagénaire, qui
ans, avait reçu

,

à

l'âge

de douze
la belle

porteurs de cette
mitié
et

demande de

protestations d'a-

pour première épouse

de présents, mais sans leur donner une

Nilufer
ces

,

enlevée par son père Osman. Entre
il

réponse positive.

Il consulta Umur-Beg,et reçut une nouvelle preuve de son amitié dans cette

deux mariages,

y avait un demi-siècle

déf

conquêtes. Et maintenant, au lieu d'une simple
châtelaine ravie par la force
la fille
,

circonstance importante: car le prince d'Aidiu
lui

Urchan recevait
librement
fa-

conseilla

de ne pas rejeter une
s'il

telle

propo-

des Césars, qui

lui était livrée

sition,

attendu que,

ne trouvait pas dans
il

Urchau un ami dévoué, du moins
moins
chan
à repousser

serait as-

au milieu des pompes les plus solennelles. L'année suivante, Urchan, avec toute sa

suré d'un puissant appui. L'avis était d'autant
,

mille et sa cour, vint visiter son beau-père à

qu'à

ce

momeut même
l'assistance d^Ur-

Skutari [1348], et plusieurs jours s'écoulèrent

l'impératrice
(4), et

Anne recherchait

au milieu des plaisirs de
assis à

la

chasse, et des joies
étaifl

vraisemblablement aussi l'honneur

des festins. L'empereur, avec son gendre,

de son alliance par mariage. Cantacuzène engagea donc sa fille au prince des Ottomans,
qui envoya trente vaisseaux, une nombreuse
cavalerie et les principaux personnages de sa

une table

;

les

quatre

fils

d'Urchan, nés

de femmes précédentes, siégeaient à une autre à coté; et autour les principaux Turcs et Grecs
étaient placés sur des tapis étendus à terre.

Ur4
sa

cour pour
I

lui

amener

sa fiancée impériale (5).

chan
fille

resta

dans

le

camp

et près

de

la flotte;

.'empereur, avec son armée, suivi de ses grands

l'empereur se rendit à Constantinople avec

dignitaires, et entouré de sa famille, s'avança

Théodora
ils

et les

quatre beaux-fils de

la

jusqu'à Selymbria.
celte ville fut

en avant de disposée une estrade tendue de
la plaine

Dans

princesse;

y passèrent
,

trois jours avec l'im-J

pérat rice-mère et les autresfillesde Cantacuzène!

draperies, sur laquelle, suivant

un antique cé,

puis la famille d'Urchan
revint en Bithynie
-

chargée de présents^
la nouvelle!

rémonial de

la

cour de Byzance

lorsque des
la fiancée,

2). (

Les liens de

princesses épousaient des étrangers,

avant son départ, devait être donnée en spectacle

au peuple.

A

côté était dressée

la

tente
filles.
,

de famille ne furent pas assez Forts pour réprimer l'ancienne passion de pillage des Ottomans. Bientôt après la visitrç
amitié
et

de

l'alliance

où se tenait l'impératrice avec ses trois Le soir fixé pour la remise de la fiancée
pératrice

d'Urchan, une troupe de guerriers choisis franchit l'Hellespont, et

l'imses
;

dévasta

les villesde
le

Thrace;

demeura dans son pavillon avec
filles
;

comme

les places situées

sur

rivage avaient

deux autres

l'empereur était à cheval

été déjà désolées par les excursions précéden-

(1) ,2)

Constant, et

le

Bosphore,

1.

ni, c. 96,

t.

n,p 685.
(1)

ma.,
Ibicl.,

p. es;.

Urchan

,

né en 687 [1288]

,

épousa

la

fiancée dtf

(3)
(4)

Jbkl.,c. 95,
1.

h, u.c. 95,
t.
,

p. 681.

seigneur de Biledschik en 6y9 [1299], et

la fille

de l'em-

p. 681.

pereur en 1346.

(5)

Le

même

I.

ni

,

c.

95

,

t.

n

,

p.

684.

(2)

Cantacuzène

,

I.

iv

.

c.

4

,

t.

in

,

p. 717.

L1VRE
tes, qu'elles n'offraient plus ni biens ni popula-

IV.
leur cria en turc de se sauver sur

05
la col-

lui-ci

tion, les
visions
:

Ottomans

se partagèrent en

deux di-

l'infanterie, forte

de quatorze cents

pour échappera l'aveugle fureur des siens. Neuf Turcs avec Kara-Osman furent! ainsi assasline

hommes,
le

se tourna vers l'orient, et battit tout

sinés (1), trois cents avaient péri
bat.

dans

le

comlibre

pays de Biza, tandis que douze cents cavasur leur droite
le

L'empereur accorda aux autres une
indigne de
lui

liers, laissant

Rhodope

et les

retraite, et les
qu'il serait

combla de présents, pensant
de ne point sauver

villes

situées autour
la

de Didymotichon, péChalkidike.

nétraient dans

presqu'île de

des

hommes
lui

qui s'étaient confiés à sa foi, et
la

Là,
fils

ils

rencontrèrent le gouverneur Mathias,
,

qui

avaient sauvé

vie au péril de leurs

de Cantacuzène acharné dans lequel

et

après un

combat

jours.

les

archers

turcs lan-

Après

la

mort d'Umur-Beg
était

,

qui, dans une

cèrent des flèches en fuyant à la manière des

malheureuse tentative pour arracher sa capitale
aux Latins 11349],
flèche (2),

Parthes, les barbares furent exterminés, et
n'en resta pas

il

tombé percé d'une

un

seul pour porter en Asie la

Urchan

fut, sinon l'ami personnel,

nouvelle de leur défaite
vait

(1). Cantacuzène arride Midia (l'ancienne Salmydessos), sur le fùtO du pont, où il avait ramené à l'obéissance

du moins
pas

le protecteur et l'allié naturel de son beau-père Cantacuzène. Mous ne rechercherons
si l'offre

faite
le

par l'eunuque Merdschan de

un commandant
Andrinople,

rebelle, et se dirigeait vers

se défaire

par

poison du jeune empereur Jean
ce fut une inspiration person-

lorsqu'il apprit cette irruption

des

Paléologue, rival de Cantacuzène, vint en effet

Turcs
sins; picos. et

et l'approche des quatorze cents fantasles

d'Urchan, ou
nelle fut point

si

il

trouva campés au pied du mont Lip-

Le terrain embarrassé, coupé de fossés, la supériorité de leur nombre l'empêchèrent
,

de les attaquer à l'instant; mais il les suivit dans la nuit en dérobant sa marche et dès le lendemain matin le combat commença près de
,

(3), ou bien si ce projet ne une invention de Cantacuzène luimême, afin d'observer déplus près son pupille, le légitime empereur, sous prétexte de le préserver de tout danger, ou pour acquérir dans

de l'eunuque

l'histoire

l'honneur d'avoir repoussé une pro-

de Mesena. Kara-Mohammed, chefs ottomans, tomba dans l'action;
la ville

l'un des

position criminelle.

Quoi

qu'il

en soit

,

Urchan

l'autre,

Kara-Osmau
gens
les

(2)

,

occupa une colline avec ses

prêta à son beau-père une assistance réelle contre les Serviens, en lui envoyant des troupes

et s'y défendit vaillamment.

L'empereur
s'y refusè,

sous

les

ordres de Suleiman(4).
fils

A
la

la vérité,

il

somma de
,

se

rendre

:

d'abord

ils

rappela bientôt son
turcs demeurèrent,

en Asie;
après

les auxiliaires

rent

puis

ils
ils

finirent par

descendre

et,

se pro-

et

conquête de

sternant,

lui

baisèrent les pieds. Tandis qu'il

leur représentait combien leur conduite était

Beroia, trompés dans l'espérance d'un riche butin, ils cherchèrent à se dédommager par le

indigne de peuples

alliés et

amis, l'emporteet

ment

et la perfidie

de son gendre

de quel-

ques jeunes nobles l'exposèrent au plus grand danger, lis se précipitèrent sur les Turcs alors
I \

ravage de provinces du Kral (5). Les rapports d'amitié qui jusqu'alors unissaient Cantacuzène et son gendre, Urchan,

n'empêchèrent pas

placés autour de l'empereur , et en massacrèrent

le sultan de prêter appui aux Génois qui sollicitèrent son assistance après

i

plusieurs à la

fois.

Les vaincus auraient pu fa-

,

cilement immoler l'empereur, qu'ils entouraient
le

les flottes

leurdéfaitedanslc Bosphore et leur fuite devant vénitiennes [ 1353 ]. Gagné par l'or

I

sonniers protégea
L

{

de ces prisouverain, aux risques même de leur vie. Ils ne bougèrent pas, persuadés que cette violation de la parole donnée
à la
la fidélité
le

sabre

nu

main, mais

génois, Urchan était d'ailleurs irrité depuis longtemps contre les Vénitiens, qui avaient

opéré des débarquements près de ses États, et non-seulement avaient dédaigné son amitié et
(1)

[

était contraire à la volonté

de l'empereur. CeNiceph. Gregor.,
,

I.
,

xvi
t.

,

c.

7

,

S 5

,

t.

h

,

p. 529.

(2) Ibid.
(1)

I.

xvi
iv

,

c.
1.

6
,

H

,

p. 525.
,

Nicepb. Gregor.,

1.
,

xvi
c.

,

c.
,

7
l.

(2)

Cantacuzène
le

,

1.

îv

10

m

,

p.
,

526-528.
p. 799.

(3)
(4) (5j

Cantacuzène
Ibid.,
I.
,

,

iv, c. 16

t.

Dans ce

c.

17

t. t.

passage

nom de Kara-Osman
TOM.
[.

m

m

,

p. 766.

,

p. 767.

a été estropié.

/Wrf.,1.

4,c. 18,

m,

774.

5

06
compta de
rable
sa
i

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
même
tenu
Milésiens; au point

son alliance, mais n'avaient pas

de jonction avec
aujourd'hui
ville

le conti-

pu ssance. In corps considéturques
les
la

nent,

la

l'on

voit

les

ruines

de

coupes

fut

transporté à
à

d'Aidindschik, s'élevait aussi la

de Cyzique, de Rome,

Skutari (1), et secourut

Génois

Galata,

fameuse dans

l'histoire

de

l'erse

et

même

clans le

Faubourg de

résidence, et con-

de l'ancienne Grèce
arsenaux,
la

et

de l'empire de Byzance.

tre les Vénitiens, alors amis ctalliés de Caniacu-

Ses édifices, ses établissements, son port, ses

zène. Dès

lors,

on put remarquer

l'altitude

rendaient l'égale de Rhodes, de

hostile d'Urchan envers Caniacuzène, qui jus-

Marseille et de Cartilage. Après bien des vicis-

qu'alors avait compté sur les secours

du sultan

situdes dans les luttes des grandes puissances

contre son autre gendre et son collègue Jean,
et ne s'était maintenu
lant

de

la

terre, sous les Byzantins, elle était redela

snr un trône chance-

venue

capitale de la province
la

de l'Hellespont,
Troade(l), et

que par
les

1

appui des Ottomans; maintenant
aussi l'assistance
se mirent
d'L'rétal
la

qui comprenait

Mysic,

et

la

Paléoloj'.ue

sollicita

avait été érigée en siège d un métropolitain (2).

chau,et
faiblesse

deux gendres

en

Le

fils

d Urchan

fut saisi d'admiration et d'un

d'hostilité contre le

beau-père.

Témoin de

saint respect à la vue

de celte grandeur à demi
et

de l'empire byzantin, dont le souverain devait se laisser imposer des lois par les
Génois dans sa capitale, où Paléologue et Caniacuzène se disputaient les armes à la main, le
,

tombée

,

des ruines pompeuses des temples de

Cybèle, de Proserpine
qu'il était assis

de Jupiter. de
la

Un

soir

pensif à

la clarté

lune, les

pouvoir suprême

,

Urchan jugea
le

qu'il était

de

yeux tournés vers la mer où se miraient les portiques de marbre et les avenues des colonnes, où
se jouaient les

son intérêt de soutenir d'abord

premier du-

nuages du

ciel,

il

lui

sembla que

rant quelque temps au moins avec quelques

des palais et des temples sortaient de l'abîme,
et

troupes, pour se porter ensuite avec des forces
considérables au secours de sou beau-père.

que des

flottes

voguaient sous
flots,
il

les eaux.

Au

milieu

du murmure des
la

crut saisir des

Ce temps de troubles
le

et

de guerre

civile fut

voix mystérieuses, et
à l'orient, par

lune, placée derrière lu
flottait

moment

le

plus favorable
fils

d'Urchan ou de son

que la politique Suleiman mit à profit

par-dessus
c'était le

la

un ruban d'argent qui mer, unissait l'Europe et
sortant

l'Asie;

pour poser fermemeut le pied eu Europe, en prenant possession du château thrace de Tzympc ( aujourd'hui dschemenlik ). Ce dix-huitième
passage des Turcs,
le

même astre qui,

du

sein d'Ede-

bali,

était venu s'enfoncer dans la poitrine d'Osman. Alors, avec le souvenir du songe qui

seizième des Ottomans,

avait

présagé l'empire du monde,
la

il

sentit en-

dont Caniacuzène
lement
(2), est

a parlé

deux

fois occasionnelles écrivains
ils

flammer son courage, etprit

résolution d'unir
l'éta-

lepremier dont

naont

tionaux fassent mention. Sans doute,

lEuropc avec blissement de
Il

l'Asie
la

par

les

conquêtes et

domination des Ottomans.
lui

dédaigné de prendre note
parce
.qu'ils

des

précédents,

se consulta avec les vieux conseillers blan-

n'a\ aient pas laissé
lis

de traces de
tous avec

chis au service

de sa famille, qui

avaient été

conquêtes durables,

s'arrêtent

adjoints par son père pour l'administration de

complaisance

à

cette entreprise

de Suleimanle
la
ici

Karasi, avec Adsche-Beg, Ghasi-Fasil,
et Iladschi-Ilbeki
,

Ewrenos

Pascha;

et

comme nous avons

rapporté jadis

l'ancien vesir

de karasi, qui

songe d'Osman, nous oserons rappeler

tradition ornée de circonstances poétiques par

l'imagination des écrivains; mais a mesure que

nous avancerons,
nera
la

la sévérité

de

l'histoire

domil'en-

la grande résolution. Dans la deux premiers montèrent sur un esquif, et de Gorudschduk, sur la côte d'Asie, ils allèrent faire une reconnaissance du côté de

tous fortifièrent
nuit

même,

les

poésie des traditions.
orientale de
la

Tzyrape, situé en face en Europe, à une lieue
et

Sur
trée

la rive

Proponlidc, à

demie au-dessus de
saisirent les
et offrit

Gallipoli.

Un Grec

dont

de J'Hellesponl, s'avance la presqu'île de Kaputaghi (l'ancienne Cyzique), colonie des

ils si-

informa de

l'état

d'abaudon

du château,

de leur servir de guide

(1)
(2)

Caniacuzène
Ibid.
.

,

I.

iv,

c. 31
i.

,

t.

I.

îv

,

c.

33

,

m

,

p.

m

m

,

p. 833.
,

(l; Hieroeles, p.
,p.

602, Malala, î,
1.

p.

361
159.

et c.

C8

SC6.

(2)

Nicepb. Gregor.,

vn,c. 9,S2,t. n,p.

LIVRE
pour
aller le

IV.
faire la remise

67
de
la place,

surprendre. Aussitôt Suleiman

fit

lorsqu'un tremble-

couper des peaux de bœuf en lanières; on lia des arbres ensemble pour former deux radeaux,
et, la nuit suivante,

ment de
les villes

terre

en Europe dévasta presque loutes des côtes de la Thrace. Les maisons
les habitants, les

neuf de ses
filsdes

monta avec cinquanteplus vaillants compagnons sur ces
il

en s'écroulant, écrasèrent de

murs

la ville s'ébranlèrent, et

leurs défenseurs

grossières embarcations.

A côté de lui
,

étaientles

s'enfuirent pour ne pas être ensevelis sous tant

vieuxhcros Kara-Hasan Kara-Ali,Akdset

che-Kodscha,

Balabandschik; l'autre radeau

ces désastres au milieu

de ruines. Les malheureux citoyens échappés à de cette nuit de terreur
entraînèrent leurs

portait les quatre soutiens de son gouvernement, Hadschi-llbeki, Adsche-Beg, Ghasi-Fasil, et Ewrenos-Beg. Ils surprirent le château d'au-

femmes

et leurs enfants, esles

pérant trouver un refuge daus
les

autres villes

qui n'avaient pasétéfrappées par le fléau , et dont
murailles pouvaient encore offrir de la résis-

tant plus facilement

,

que

les habitants, à
la

cause

de

la

moisson, étaient dispersés dans
tas

campa-

gne, et qu'un

mur ménageait

l'escalade.

de fumier amassé contre le Suleiman fit transguerport de

tance aux Turcs répandus tout autour. D'effroyables torrents de pluie, puis d'épais tourbillons
les

de neige
et les

et

un

froid glacial détruisirent
;

porter bien vite trois cents nouveaux
riers avec les bâtiments trouvés

femmes

enfants les

hommes échappés
tremblement de

dans

le

à la fureur des éléments tombèrent dans les

Tzympe,et, dans l'espace de trois jours, ilycut une garnison de trois mille hommes [ 1356] (1). Pendant que Tzympe tombait entre les mains
des Turcs, Cantacuzène implorait l'assistance des Ottomans contre Paléologue. Urchan cé,

mains des barbares, dont
terre,

le

comme un
(1).

puissant auxiliaire, paraissait

favoriser les projets

de pillage et de convilles

quête
Ils

pénétrèrent dans les
et ainsi la clef

ouvertes, et
(2),

dant

à ses prières, lui
le

Suleiman,
fois le

envoya son propre fils conquérant de Tzympe; et cette
l'allié qu'il n'a-

abandonnées,
l'entrepôt des

de l'Hellespont

secours fui plus funeste à

vait été profitable contre l'ennemi. Dix mille ca-

valiers turcs

débarquèrent
,

à

l'embouchure de

deux mers, du commerce des Latins et des Grecs, Gallipoli tomba au pouvoir desOttomans [1357]. Adsche-BegetGhasi-Fasil, que Suleiman avait laissés pour investir la ville,
se mirent

l'Hèbre (la Marizza)
les

près d'Hainos, battirent

eu possession de Gallipoli
restes

,

où leurs
premiers

troupes auxiliaires que Paléologue avait

tomb: aux sont encore visités aujourd'hui comme

tirées
la

de

la

Mœsie
et

et

des Triiialliens, ravagèrent

renfermant

les

des

deux
le sol

Bulgarie
(3).

revinrent en Asie chargés de
l'aise

champions de
ensuite
ils

la foi

déposés sur
la

européen;

butin

Cantacuzène, plus à

de ce côté,

ravagèrent

négocia auprès de Suleiman château de

la restitution

du
lui

core aujourd'hui de leur

campagne appelée ennom Adsche-Owa (3).

Tzympe

,

et

tomba d'accord avec
(4).
l'or, et

sur ce point, moyennant 10,000 ducats

Déjà

Tandis que Suleiman se tenait dans la capitale de son gouvernement à Bigha, Adsche-Beg et
Ghasi-Fasil surent profiter

l'empereur avait expédié

Suleiman avait

du tremblement de
abandon-

donné
(1)

ses ordres à

un commissaire chargé de
32,
et

terre, et pénétrèrent dans les villes

nées par
Seadèddin
;

les

brèches qu'il leur ouvrait dans les

,

fol.
,

dans

la

traduction de Brafol.
;

tul ii,.58-63

Neschri

fol.56;Aali,

18; Lui fi,

fol.
,

fol. 7; Idris, fol. 1 18 Dschihannuma dans I* manuscrit de la bibliothèque impériale et royale , u° 139 fol. 18, et n° 480, fol. 9 le KausatulEbi\T, le petit Nischandschi ei Hadschi-Chalfa, daus les

10; Ssolaksade,
P-

murailles. A ces nouvelles, Suleiman, loin de songermaintenanta la restitution dcTzympe(4),

682

;

conduisit en Europe des colonies entières dp

,

;

Turcs
dans

et

d'Arabes

(6), qu'il établit

autour de

Gallipoli, releva les
la

murs tombés,

et se fortifia

Tables chronologiques s'accordent tous pour l'année 758 [1356] c'est-à-dire pour mettre deux ans plus lard la conquête de Tzympe, rapportée par Cantacuzène; cet historien mérite fort peu de croyance pour la chronologie car il est démontré qu'il a donné une date fausse à son propre couronnement. (2) Cantacuzène I. iv, c. 34, t. p 843
, , , ,

possession des places où ses gens s'é-

(I)

Ç2)
(3)

m

I. iv c. 38 t. Seadèddin Bratutti, p.63. Seadèddin Bratutti , p. 63;
, ,

Cantacuzène

m

,

p. 860.

Idris,

Neschri

,

Aali.
(4)

(3)

Jbid.
Jbid.
,

(4)

c.

38

,

t.

m

Cantacuzène,
Ibid.,
et

I.

îv, c. 38,
p.

t.

m

p. 8(31.

,

p. 8fi0,

5;

dans Neschri,

58.

, ,

,

08
laiont

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
introduits.

Les

principales
le

étaient

le

empereur, parce

qu'il était

ami des Génois
fils

,

et

commandant, appelé Kalakonia par les écrivains turcs fut pendu devant la porte par ordre de Suleiman (1): Buchâteau de konur, dont
,

que par

lui

il

espérait délivrer son

Chalil de

sa prison

de Pbocée. Paléologue, incapable de
la

contraindre par

force le gouverneur de

lair,

Malgara, célèbre par son miel
et à la

(2); Ipszala

Phocée à

la

mise en liberté du prince ottoman,
concession

(l'ancienne Kypsele)(3), à trois petites joui nées

racheta ce captif moyennant une rançon de

de Gallipoli
sur
la

même

distance de Malgara,

100,000 pièces d'or et

la

du

litre

de

Marizza; enfin, Rodosto où régnait dans

panhypersebastos (honoré par-dessus tous) au

l'antiquité le prince thrace

temps plus modernes,
restes de son parti (4).
les

le

Rhésus, où dans les Hongrois Rakoczy se
,

gouverneur

(1);

Urchan reçut son
fils

fils
il

avec des

transports de joie, et, néanmoins,

envoya en

reposa de toutes les agitations de sa

vi'

avec les

même
à

temps au
,

Dans une

seule année,
et

Abydos

ses
les

troupes

de Cantacuzène, Mathias, auxiliaires pour la
(2).

Turcs se saisirent de tous ces points,
Tschorli (Tzuruluin)

guerre contre

Bulgares

poussèrent leurs courses jusqu'à Hireboli (Charitipolis), et

Nous cessons maintenant de compter
fermement
le

les di-

(5).

vers passages des Turcs. Depuis qu'ils ont posé

Cantacuzène se plaignit de
traités;

la violation

des

pied de ce côté de l'Hellespont
l'Asie

Urchan excusa la conduite de son fils en disant que ce n'était pas la force des armes mais le tremblement de terre qui avait livré
ces villes à Suleiman, et
il

chaque année
sur l'Europe
,

vomit de nouvelles hordes
les rives

jusqu'à ce que ces peuples aient

étendu leur empire depuis

de

la

Pro-

ne voulut point en-

ponlide jusqu'à Pister; et, lorsque des limites
eurent été posées à leurs conquêtes en Occident,

tendre parler de restitution. Cantacuzène ré-

ne s'agissait pas d'examiner si l'on était entré dans les villes par les portes ou par mais si elles les ouvertures des murailles
pondit
qu'il
;

chaque printemps les amenait
rope
et

comme des nuées
en Asie.

d'oiseaux de proie qui s'abattaient sur l'Eu,

chaque automne
,

les reportait

étaient possédées légitimement ou non.

Ur-

chan demanda le temps d'y songer, puis il promit de déterminer son fils à la restitution

moyennant des indemnités Cantacuzène
;

s'engagea à payer 40,000 ducats. Le sultan

gendre à une entrevue sur le golfe de Nicomédie où Suleiman devait paraître aussi pour confirmer la restitution. Cantacuzène vint à Nicomédie sur une galère; mais
invita son
,

que du souverain de la résidence d'Asie dans celle d'Europe que des expéditions des sultans d'Europe en Asie. Aux historiens futurs il est réservé de présenter, avec le rejet des Ottomans d'Europe en Asie, le retranchement d'une partie étrangère au corps
à parler

Dans
de
la

la suite

nous n'aurons plus

translation

,

européen, à son développement organique; pour nous notre tâche est de poursuivre l'in,

Urchan, prétextant une maladie, ne s'y rendit pas, et l'empereur regagna Constantinople sans avoir rien obtenu (6). Le sultan qui voyait la
,

fluence progressive de l'Asie sur l'Europe par
l'action violente et guerrière des Turcs.

puissance de l'empire byzantin partagée entre

Cantacuzène
les

et

son pupille

,

se tournait tantôt

La conquête de Gallipoli, qui ouvrait à l'emottoman une large entrée en Europe fut notifiée par Urchan à ses voisins et rivaux en
pire
,

vers son gendre, tantôt vers Paléologue, selon

puissance, les princes asiatiques;

les

lettres

impulsions de son propre intérêt
disposé en faveur

;

il

sem-

destinées à la proclamation extérieure et officielle

blait parfois plus

du jeune

des triomphes

et

des conquêtes, restèrent

ensuite
(1)

comme des
la

articles essentiels et

permale

Ssolaksade,

fol. 7.

nents de
p. 66.
c. 16.

chancellerie ottomane, et leur rédac-

(2)
(3)
(4)

Seadeddin Bralulli,

Dans Tile-Live,

1.

«H,

tion, toujours plus

emphatique,

a

formé, avec

Les iDScriptions des tombeaux de Rakoczy,

de

progrès de cinq cents ans,
matie turque.

le style

de

la

diplo-

Sebrik, d'Esteiazy, dans l'appendice au
p.

Voyage

à Brusa

198-200.
(5)

Le soin de protéger
,

les

nouvelles conquêtes

Seadeddin, Meschri

Aali

,

Ssolaksade
,

,

manuscrit
,

de

la

bibliothèque impériale et royale
fol.

n° 488
p. 863.

fol.

11

;

loris,
(6)

J24.
,

(1

)

Cantacuzène,

c.

44

,

t.

Cantacuzène

I.iv

,

c.

38

,

t.

m

m

,

p. 887.

,

(2) Ibid.

, ,

LIVRE
en Europe
fils

IV.
dans tous
les cas fort exagérée,

69

fut partagé entre

Suleiman-Paseha
,

et vesir

d'Urchan, et Hadschi-Ilbeki

l'an-

cien vesir

du souverain de Karasi
il

;

Suleiinan

de la première ou de la seconde croisade des Européens ligués contre les Turcs et des eaux de Smyrne ils
,
, ,

résidait à Gallipoli, d'où

pouvait s'étendre
se tenait à Koni

l'ont

amenée dans
le

le

détroit de Gallipoli pour

jusqu'à Demitoka
d'où
il

,

et Ilbeki

décorer

front

poussait ses courses jusqu'à Tschorli et

rayons de gloire. Sans

de Suleiman de nouveaux le secours de ce miracle,
les his-

Hireboli.

Adsche-Beg reçut en

fief la vallée

qui

dont on ne trouve aucune trace dans
toriens européens ou byzantins, le

porte encore son
à

nom

(1); niais

pour Suleiman

nom de

Suqui

peine jouit-il deux années de ses conquêtes.
et

leiman brille d'un assez vif éclat

:

c'est lui

Entre Bulair

Sidi-Kawak

(

platane du Cid

),

a implanté le premier la puissance ottomane

suivant à cheval le vol de son faucon, qui

poursuivait des oies,

il

tomba
la

si

malheureuse-

en Europe; c'est l'heureux précurseur du grand Suleiman qui l'a portée à la plus haute élévation.

ment

qu'il resta

mort sur

place [13581.
,

Son

corps fut déposé, non pas à Brusa pulture de
la famille

ottomane

,

de séoù lui-même
lieu

avait fait élever

des confiseurs, mais près de
Bulair aussi
la
le

une mosquée, dans le quartier la mosquée de fondée par lui. Son tombeau sur
, ,

ottomane signale les tombeaux n'attache pas une moindre importance à ceux des scheichs et des derwischs qui ont acquis une célébrité durable par la sainteté particulière de leur vie ou la fondaSi l'histoire
,

des héros

elle

rive de l'Hcllcspont
seul

resta plus d'un siècle

tion d'un ordre.

Il

a déjà été question des

mo-

monument de ce genre
la

élevé à

un prince
appelait

ottoman sur
les

terre d'Europe, et

il

habitants de l'Asie à

quérants.

De tous

les

un pèlerinage de contombeaux de héros siil

gnalés jusqu'ici par l'histoire turque,
est

n'en

pas de plus célèbre

et

de plus fréquemment
vesir

visité

que

celui
la

du second
l'éclat

de l'empire, du
réels, la

fondateur de

puissance ottomane en Europe.

numents des saints les plus fameux, compagnons d'Urchan à la conquête de Nicée, de Nicomédie et de Brusa en terminant ce livre avec la mort d'Urchan qui survécut à peine une année à son fils Suleiman [1359], nous allons donner un aperçu rapide du monachisme qui déjà avant le règne de ce sultan était entré profondément dans le système de la do;
, , ,

Peu

satisfaite

de

de ses exploits

mination ottomane,

et qui,

comme commula

tradition attribue encore à Suleiman le miracle

nauté, était plus puissant que ne le fut

réu-

d'une victoire après sa mort
battre et vaincre

;

elle le fait

une armée

d'infidèles,

commonté

nion des légistes ou des ulémas organisée plus
tard, et qui
,

dans

la

suite

,

menaça

,

par ses
l'État.

sur un cheval blanc, resplendissant de lumière,

tendances rebelles, de devenir funeste à

entouré d'une troupe de guerriers

céiestes.

Mohammed

avait dit

:

« Il

n'y point

de mona-

Malheureusement,
il

le

combat

même

dans lequel

chisme dans l'islam (1), «paroles qui semblaient
exclure toute imitation des ascétiques grecs et
indiens. Le goût

aurait ainsi porté secours aux champions de
,

la vrai foi

ce combat est de pure invention et

de l'Arabe pour

la

vie soli-

n'a jamais été livré. Suivant ces récits imagi-

taire et contemplative l'emporta bientôt sur la

naires, trente mille chrétiens auraient paru

volonté du prophète, et une autre maxime:
«

dans l'Hellespont sur une
vaisseaux
:

flotte

de soixante-un
,

La pauvreté

est

ma

gloire (2),

»

dut servir à

la

moitié serait débarquée à Tusla

couvrir l'introduction du monachisme dans le
sein de l'islam trente ans après
la

l'autre partie à

Sidi-Kawak; et ces quinze mille chrétiens de Sidi-Kawak auraient été anéantis
l'assistance

mort du protel-

phète. Depuis, les ordres des fakirs (pauvres)
et des

troupe de vrais croyants, grâce à de l'escadron éblouissant, conduit par Suleiman sur son cheval blanc, les histola petite
,

par

derwischs (seuils de porie) se sont
,

lement multipliés en Arabie
Turquie,

en Perse et en
soixante -douze

que

l'on

compte

riens ottomans

parmi lesquels Seadeddin

lui-

ordres de derwischs, autant que de sectes d'hérétiques
;

même

n'hésite point à raconter ce miracle, ont
tiré cette flotte
,

mais ce nombre n'est pas réellement

évidemment

dont

la

force est
(1)

La Ruhbaniltun
fekrun fachri

fil

lslami.
la

(1)

Neschri,

fol.

59.

(2) El

,

ou

pauvreté est bonne.

, ,

,

70

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAIY
il

exact (1), et dans l'empire ottoman

n'y

a

ginede leurs mystères jusqu'à l'Indien Baba-Reten(l), qui, contemporain du prophète, vécut
cinq cents ansavant et après
puis dans les gorges
lui,

guère que trente-six réglés actives de derwisclis.

De

celte moitié
;

que l'empire

les

un tiers est plus ancien deux autres douzaines ont été

se tint en Syrie,
ofi
,

du Taurus,

il

connut
le

commencement duxiv e siècle jusque dans la moitié du xviii". I.a première, celle des nakschbendis (2), sous Osman, la derfondées depuis
le

tous les arbres el toutes les plantes

depuis

cèdre jusqu'à l'hysope, et c'est

lui

qui importa

nière, celle des Dschemalis (3), sous

Ahmed
,

III.

Trente-sept ans après

la fuite

du prophète
natif de

l'archange Gabriel apparut à Oweis

Karn dans l'Yémen,
une

et lui

ordonna, au

nom du
En

Seigneur, de renoncer au l'honneur du prophète

monde
,

et

de mener

vie de contemplation et d'expiation.
,

qui

à la bataille d'Oil

à Haschischet(2), dont donner le nom de hasschischins (3) ( assassins pour les Européens ) aux meurtriers employés par le Vieux de la montagne. Immédiatement après les rufais viennent les disciples du scheich Schehabeddin-Sùhrwerdi appelés nurbachschis (qui donnent la lumière) (4), dénomination indica-

de l'Inde

l'opiat

fabriqué
fit

l'emploi fréquent

,

hod

,

avait

perdu deux dents,
et

se les

fit

arra-

tive des

maximes de

l'ordre,

du

sein duquel

cher toutes,

réclama de ses disciples
il

le

même

sacrifice; et, à cause de cela, qu'un très-petit nombre parmi

n'en compta

deux règles postérieures Dschelalcddin des niewlewis, et Hadssortirent les fondateurs des
,

,

les fanatiques

de l'ardente Arabie (4). Sur ses traces, mais avec des règles moins sévères, marchèrent les scheichs Olwan (5) lbrahimles plus ardents
,

(5). Le scheich Nedschmeddin-Kubra fondateur des kubrewis(6), est à peine connu de nom mais une grande

chi-Beiram

,

des beiramis
,

;

célébrité est attachée à Ebul-Hasan-Schaseli

ou

Edhem

(6), Bajesid
,

de Bestam
des

(7) et Sirri-Sa-

Schaedeli

,

qui découvrit la vertu de
(7), et qui est

la

fève

du

kati (8)

fondateurs

ordres d'Olwani

café de

Moka
,

devenu
est celui

le

patron

Edhemi, Bestami
tous ceux-là
esl le

et Sakati. Plus célèbre

que

des cafetiers
tistes,

comme Oweis
le

des den-

scheich Abdul-Kadir-Gilani,
,

Baba-Beien,

botaniste, des jardi-

fondateur des Kadiris
les fonctions

qui remplit à Bagdad

de gardien du tombeau du grand
;

imam Abuhanifc
solée sont

autour de son propre maules dépouilles

groupées

mortelles

des scheichs mystiques
telle

les plus

fameux, en

quantité que

la ville

a reçu le

nom de
(9),

Hadschi-Beglasch, des jauilschares. Déjà dans cetle histoire sous le règne d'Alaeddin I er le grand prince des Seldschuks, il a été question du fondateur des mewlewis ce scheich Dschelaleddin-Bumi, ce grand poète mystique de l'Orient qui fut appelé Mollaniers (8), et
,

,

,

,

boulevard des
est le plus

saints.

L'ordre des rufais, ainsi

Chunkar

(le

molla roi ou empereur). L'ordre

appelé de son fondateur Seid-Ahmed-Bufai

acquit encore une plus grande influence, lors-

connu des voyageurs européens qui

ont vuses moinesàConstantinopleavalerdes sabres, manger des charbons ardents et se livrera

que Konia, siège de ses scheichs lieu de sépulture de son fondateur el de sa famille fut
, ,

incorporé à l'empire ottoman

,

lorsque dans

d'autres jongleries

;

s'appliquer à des tortures
(1) Biographies d'Ataji
(2)
Toi.

qui rappellent les pratiques des anciens prêtres
étrusques du
soleil (10). Ils

font remonter l'ori-

,

42.

Voyage d'EwIia; voy.
t.

aussi

Kamus, dans
;

l'édit

de Constantin.,
(1 ) Dans Mouradjea d'Ohsson en compte 33.
(

m

,

p. 635.

voy.

p.

619

,

626

)

on

(3) Histoire des assassins, p.

214 Sylvestre de Sacy,
38.

Mémoires.
(4)

(2)
(3)

Fondée en 719 Fondé en 1164

[1319].
[1750].
p. 619.

Biographies d'Ataji

,

fol.

Suhrwerdi mourut

(4)

(5)

(6)
(7) (8) (9)

Mouradjea d'Ohsson, v. S e édit., Mort en 149 [766] ibid., p. 622. Mort en 161 [777] ibid.
, , ,

en 602 [1205], et ses dépouilles reposent à Bagdad. (5) Biographies d'Ataji.

Mort en 261 [874] ibid. Mort en 295 [907] ibid. Mort en 578 [1182] et Biographies d'Alaji
,

Mort en 617 [1220] Mouradjea d'Ohsson, v.623. Mort en 656 [1258] ibid. Le récit de la découverte du café dans la Chrestomathie arabe de Sylvestre de Sacy et dans Dschihatinuma p. 535 où l'on fixe à
(6)
(7)
; , , , ,

,

,

fol.

42.

l'an

962 [1554] l'établissement du premier café à Cons-

(10) .-Eneid, xi, v. 288; Constantinopleel le (îospliore,
t. ii
;

tantinople.
(8)

p.

325.

Voy. Couslautinople

et le

Bosphore

,

t.

n

,

p. 51 4.

,

, ,

LIVRE
son sein
la poésie

IV. gendre du prophète; cette
la

71
filiation ra-

fleurit l'étude

de
la

la littérature et

de

d'Ali,

persane

,

et

que

doclrine des Ssnfis
et le

mènerait peut-être jusqu'à

chaîne d'or d'Her-

se répandit

dans

la cellule

de l'anachorète

l'homme d'État, en sorte que l'ordre doit êlre regardé comme la cormewlewis des poration civile des efendis ou employés des
cabinet de

mès des pythagoriciens et des néoplatoniciens. Dans cette longue suite de scheichs brillent le dernier aussi quelques noms de poètes
:

grand poète des Persans, Dschami,
lotis

éclipse

de même que l'ordre des Dègtaschis forme le noyau de l'association militaire des janitschares. La communauté des bedew is,
chancelleries
,

les autres.

Suivant

la

règle ordinaire
,

chaque grand docteur a quatre disciples
lesquels

sur
re-

tombe

le

souffle

du maître, qui

fondée à peu près dans

le

même temps en
,

cueillent l'héritage

de ses principes; à
évangélistes
le

l'imi-

Egypte parle scheich Ahmed-Bedewi
que les Bédouins. Viennent maintenant
la fin

n'attire

tation

des quatre chalifes, successeurs
,

du
des

prophète
les

des

quatre

et

ordres fondés avant

quatre archanges qui entourent
l'Éternel.

trône de

du régne d'Urchan, desnakschbendis(l), saadis (2), et des begtaschis (3). Quant aux en sera question à mesure qu'ils se autres il
,

Le premier

ordre des derwischs
nakschbendis,

fondé sous
le

Osman

est celui des

plus vénéré par son ancienneté, et qui forme

produiront dans
porté
janitschares,

l'histoire.

L'on a déjà rapbénit
les

l'association générale

comment Hadschi-Begtasch
qui
,

sont que

la

dont les begtaschis ne branche militaire. Le scheich de
en

depuis,

se

regardèrent
ces guerriers

ces derniers était

même

temps colonel du

comme
qu'ils

ses enfants.

Comme

(Dits

99 e régiment, et huit derwischs, logés dans
les
et

étaient incorporés a l'ordre des begtaschis, et

casernes des janitschares, priaient, nuit
jour, pour
la

formaient une association militaire,
la

ils

prospérité de l'empire et les
la

étaient à

fois

moines
est

et

soldats

,

comme
le

succès des armes de

glorieuse milice (1).

parmi
et

les chrétiens, les chevaliers
:

du Temple
dont
les

L'ami des derwischs et des
Urclian, qui avait

hommes de Dieu

de l'Hôpital
dans
les
la

il

possible

même que
,

conquis Brusa avec leurs

voisinage des chevaliers de Bhodes
flottes,

secours spirituels, qui leur bâtit dans cette
ville

première croisade entreprise

des cellules et des couvents, était aussi

contre

Turcs, avaient enlevé
ait poussé,

Smwne,

au

l'ami et le protecteur des savants.

Les plus

dis-

temps d'Urchan,

ce prince à imiter
ja-

tingués furent

placés par lui

comme

profesla tète

leur institution militaire, et à réunir les
nitschares en une

seurs, avec des rétributions libérales, à

communauté

placée sous

le

des écoles de sa fondation

,

et

il

reconnut leurs

patronage de Hadschi-Begtasch
institués

(4).

Les saadis,
,

mérites par de riches présents; le molla persan
Siiian fut
pelai!
,

par Seadeddin-Dschcbari

sont des
le

si

généreusement

traité,

qu'on

l'ap-

jongleurs qui, par leur habileté à supporter
contact du feu sans se brûler
privoiser des serpents
, ,

à cause

à élever et ap-

l'ascha (2).

de son importance, SinanAvant lui déjà deux autres savants,
,

ressemblent aux Psyllcs

vivant sous
titre

le sullan

Osman
;

,

avaient porté le

des anciens
fondés sous

(ô).

le

Le premier de tous les ordres règne d'Osman est celui des

d'honneur de pascha c'étaient Aarifbillali ( le reconnaissant en Dieu ) connu sous
,

nakschbendis, qui rattacha,
et les

comme les bestamis
les

le

nom de
,

Muchlisz-Pascha (le pascha sin-

begtaschis
,

,

la

chaîne de ses doctrines à

cère) (3)

et

son

fils

,

Aaschik-Pascha

(

le

pas-

Ebubekr

beau-père du prophète. Tous

autres prétendent que leurs systèmes procèdent

cha aimant), célèbre par un poëme myslique dont le sujet est l'amour et le respect dus à la
Divinité.

Son

petit-fils,
la

Aaschik-Paschasade,
Histoire
,

(1)
(2) (3)

En 719 [1319]. En 736 [1335]. En 759 [1357].
,

acquit aussi de

renommée par une

des Ottomans. Le tombeau de ce dernier

à

Karaschehr,
,

est

encore aujourd'hui un lieu

(4) Aali

dans son ouvrage sur l'association des ja-

nitschares

famille d'Aadschi-Begtasch a compris la légende des miracles opérés par Hadschi-Begtasch.

comme

(1)

Mouradjea d'Ohsson
Aali,
fol. 15.

,

t.

v,

p. 675.
,

Voy. Mouradjea d'Ohsson
(5)

,

t.

v
,

,

p.

673.

(2)
(3)

Behdsehetet-Tewarich et Neschri

fol.

60.

Mouradjea d'Ohsson,

t.

v

p. 648.

,

,

72
celui

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
comme, àTschorli,
autre mystique

fréquenté de pèlerinage,

d'Olwan-Tschelebi
,

,

du
:

temps d'Urchan auteur d'un ouvrage

intitulé

des finances de la guerre, et de la jusLa trace de cette ancienne organisation orientale s'est conservée jusqu'ici dans la qualice
, ,

tice.

Le lit de roses du secret. H y a donc trois savants
miers temps des Ottomans
titre

lification

de pascha

;

et

,

en

effet, les officiers

qui
,

,

dans

les prele

décorés de ce

partagèrent

néraux
rain.

et

nom, comme gouverneurs, gévesirs, sont les pieds du souvela

de pasclia avec les deux vesirs de l'empire, Alaeddin, frère, el Suleiman, fils d'Urchan. Ce titre est connu dans toute l'Europe
et

Urchan mourut dans

soixante-quinzième

année de son âge, après un règne de Irentecinq ans, qui n'est souillé par aucune barbarie, aucun meurtre, aucun acte de sang exéculé

néanmoins

l'on

ignore généralement sa

si-

gnification

primitive et son étymologie. Pas-

cha, contracté

des deux mots persans pai
le pied

sur ses parents. Prince équitable

,

vaillant
il

schah, veut dire

du schah

;

cette dé-

guerrier, par ses institutions politiques
le

fut

un reste d'une ancienne coutume persane que Xénophon nous a transmise. Cyrus appelait les fonctionnaires institués par
nomination
est

Numa

des Ottomans. Déjà son extérieur
celui

avait

moins de rudesse que

de son père
les sourcils

le noir

Osman comme
:

le

fondateur de sa dy-

lui,

ses

pieds,

ses

mains,

ses

yeux,
yeux

ses

nastie,

il

avait le

nez recourbé,
;

oreilles (1).

Les officiers qui présidaient
étaient les
;

à l'ad;

noirs et bien arqués

mais ses cheveux étaient
ses

ministration intérieure

les

blonds, ses yeux clairs, son front haut, sa
taille

messagers secrets
fantassins
les

,

les oreilles

les collecteurs

élevée

,

sa poitrine large

,

membres
,

d'impôts, les mains; les guerriers, cavaliers et
,

pieds du roi
,

;

les

juges
;

,

comme
la

musculeux, son visage rond, son teint blanc et coloré ; sa constitution vigoureuse sa barbe
et sa

organes de

la loi

étaient sa langue

enfin, les

moustache épaisses

et

bien fournies.

11

cinq sens représentaient, de la manière
naturelle et
la

plus

plus simple, les fonctions

du
po-

corps politique aujourd'hui désignées sous les

un signe, que les Orientaux regardent comme une des plus grandes beautés. «Ce signe, disent les histoavait sous l'oreille droite

noms de

ministères de l'intérieur

,

de

la

riens nationaux

,

attirait et séduisait les

cœurs,

subjuguait

le

monde,

et à

son aspect, le schah

noir des Indiens se tenait
(1)

comme un

esclave

Xénophon, Cyropédie,

1.

vm,c.

2.

soumis. »

,

LIVRE

V.

PREMIERE DÉFAITE DES SERVLENS. CONQUETE DANDRINOFLE. RÈGNE DE MIIRAD PREMIER. DES BONNETS ORNÉS D'OR.— DU DU TUGHRA. INTRODUCTION DU CINQUIÈME DU BUTIN. ACQUISITION DE LA PLUS FÊTES DU MARIAGE ET DE LA CIRCONCISION. SYSTÈME FÉODAL CONJUGRANDE PARTIE DU KERMIAN PAR MARIAGE, ET D'HAMID AU MOYEN D'UN ACHAT. CAMPAGNE CONTRE LE PRINCE DE KARARATION DES FILS DE MURAD ET DE PALÉOLOGUE. ORIGINE DE CETTE DYNASTIE.— EXPÉDITION CONTRE LA BULGARIE ET LA SERVIE. MANIE.

— — BATAILLE

DE KOSSOVA.

— MORT

DE MURAD TUÉ PAR M1LOSH KOBILOVITSCH.

Murad qui depuis
,

sa naissance et

pendant

Harun-Al-Raschid, qui se glorifia beaucoup de
sa conquête
;

règne de son père avait été tenu dans la soumission servile que l'opinion de l'Orient
tout le

mais ce qui attira surtout

l'at-

impose au frère puîné envers son aîné, son et son maître, vit tout à coup, par la mort de Suleiman se changer la triste perspecseigneur
,

tive d'une sujétion perpétuelle

ou d'une
de
la

fin

brusque

et violente

dans

l'espoir

posses-

sion prochaine d'une domination absolue; et

bientôt son avènement au trône réalisa tous ses
désirs

du sultan, c'est qu'elle était l'entrepôt du commerce de l'Asie Mineure et le point de rencontre de toutes les routes qui mènent de Syrie et d'Arménie à la côte de Thrace et de Cilicie. D'ailleurs, elle se recommandait par toutes sortes d'avantages et de faveurs de la nature les énormes queues de ses moutons, les longues soies de ses chèvres étaient fatention
:
,

ambitieux. Ses

vues de conquêtes se

meuses dans

les

temps

les plus

anciens

,

comme

tournaient vers l'Occident; mais avant d'en

aujourd'hui sont renommées ses couvertures et
ses camelots, ses poires savoureuses,

commencer

le

cours,

il

lui fallut
il

détourner ses
était

dont on
ses

regards du côlé de l'Asie, où

menacé.

compte trente-six espèces
jisch (2),
si

(1), ses

pommes,

Le prince de Karamanie, qui, après l'écroulement de l'empire seldschukide se trouvant le
,

raisins et ses autres fruits. Les jardins

de Kades

bien arrosés,

si

riches

de végéta-

plus puissant des dix princes

,

n'avait pas re-

tion, sont

comptés parmi

les plus fertiles

douté

les

dangers que

lui

apportaient les forces

plus beaux cantons de l'AsieMineure, et les sources d'Ajasch signalées parmi les plus salutaires

croissantes des

Ottomans, pensa qu'il ne devait

pas maintenant rester spectateur paisible de leurs
progrès, et
il

pour bain

et

pour boisson

(3).

La

vallée voisine

crut devoir profiter

où tous les efforts de ses rivaux se Europe, pour attaquer les parties qu'ils avaient
laissées découvertes
Il

du moment portaient en

d'Astenosi attire surtout par les formes romantiques de ses rochers
,

la

profondeur de ses

grottes; elle fournit aussi d'habiles saltimbanet danseurs de cordes (4). Leur adresse devenue proverbiale. Dans la quantité de mosquées de couvents , d'écoles de bains et de tombeaux qui ornent Angora on remarque surtout les mosquées d'Hadschi-Beiram d'Ah-

en Orient.

ques
est

provoqua

à la révolte les Achis,

grands pos-

sesseurs de biens de la Galatie, qui s'étaient emparés de l'autorité à Angora. Murad accourut de l'Hellespont sur les frontières de Galatie,

,

,

,

,

repoussa les Achis et leur arracha les clefs d'An-

gora (l'ancienne Ancyre, appelée aujourd'hui Engurije par les Turcs. Cette ville avait eu une

(1) (2)

Dschihannuma
Ibid., p.

,

p. 644.

grande importance pour
dont
elle était

643,3,28.

les anciens Galates
(3)

Ibid., p. 664.

la capitale, et

pour

le

chalife

(4)

Ewlia

,

t.

u

,

fol.

428.

,

74
,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
prolonge durant tout
le

med-Pascha élevées sous Suleiman le Grand par le grand architecte Sinan,le bain d'AhmedPascha
(1), les écoles
et

règne de Murad,
le

et

ne

s'interrompt que par sa mort sur
bataille

champ de

Seifeddin

de MustafârPascha (2), de de Taschkœprisade ce grand en,

cyclopédiste (3),
Beiraniis

le cloître

des mewlewis
édifices

,

celui

des abdals d'Husein-Ghasi (4) et dés derwischs
(

5

).

Tous

ces

appartien-

de Kossova. Le signal fut donné par la du château de Nebelos ou Bontos (1), sur l'Hellespont, non loin de Gallipoli, qui paraît être l'ancien OEgos-Potamos. Tzurulum ( aujourd'hui Tschorli) fut emporté d'assaut et
prise
,

nent aux règnes de sultans postérieurs; mais
dès l'époque où nous sommes parvenus. Angora
était

Murad

fit

abattre
fut

la

tète

au brave

commansan-

dant, qui

amené devant
les

lui l'œil tout

déjà d'une haute importance

comme

place

glant, percé d'une flèche; le pays d'alentour
fut dévasté,

frontière de l'empire

ottoman à l'orient. Le grand voyageur Ewlia, qui parcourut pendant
dans
la

murailles
les

furent rasées

(2).

Meselli

tomba entre

mains des vainqueurs
ses habitants,

quranle ans l'empire turc, en suivant toutes
les directions,
siècle,

sans qu'il y eût besoin de tirer l'épée, et Bur-

première moitié du \vn c
qui a dé-

gas,

abandonnée de

fut dé-

poussa ses excursions à l'orient jusqu'en
,

vastée.

Perse
crit

à l'ouest jusqu'en Autriche,
et

et

Pendant que Murad menait
tenants

ainsi

son armée
,

Angora

Ofen

,

trouve une grande resvilles

triomphante au nord de l'Hellespont
,

ses lieu-

semblance entre ces deux
tion et la force

pour

la situa-

Hadschi-llbeki et Ewrcnos

,

auxquels

de défense,
la

et

pense qu'on ne

avait été confiée la

peut leur comparer que
la

place de
la

Wan,

sur

pire en Europe

,

parcoururent
et

garde des frontières de l'emle pays autour
d'Ipszala

frontière turque,

du

côté de

Perse. Aussile

des places de Milp.algara
teau de Keschan

ils

tôt

que

la

soumission d'Angora eut ramené

étaient postés; Hadschi-llbeki enleva
,

le

châ-

l'occident.

calme de cecôté, Murad tourna ses regards vers Avant de commencer sa campagne
il

Ewrenos s'empara de Didymoiiehon (aujourd'hui Demiloka). D;ins ttne
surprise nocturne, Hadschil-lbeki avait fait pri-

en Europe,
avait
la

institua le

juge de Brusa pour
il

décider les débats dans l'armée. Jusqu'alors

sonnier le

fils

nommé
;

à ces fonctions pour

la

durée de

terminé

le

père à

campagne

mais désormais

la

dignité dut

mise de

la

du commandant, et il avait déle racheter moyennant la replace. Les deux généraux allèrent à
les

être perpétuelle

sultan

qui

,

comme l'armée. Le choix du tomba sur Kara-Chalil-Dschendereli, neuf ans après devint grand vesir et
,

Burgas déposer

marques de leurs conquêtes
la

aux pieds du sultan. Là, dans un conseil de guerre, fut résolue
et la

,

conquête d'.xndrinople,

Lalaschahin, l'un des vaillants guerriers qui
avait traversé l'Hellespont avec

poursuite en fut confiée à Lalaschahin et à
,

Suleiman pour
au commande,

Hadschi-llbeki

qui,

l'année précédente, avait

surprendre Tzympe

,

fut élevé

poussé
ville (3).

Ses

courses

jusqu'aux portes

de

la

ment supérieur des troupes ottomanes sous
lui

le

Murad

s'avança en personne, avec le

titrede beglerbeg(prince des princes) (6). Avant

noyau de
de
la

ses troupes

de Burgas

,

sur

la

route

Alaeddin d'abord,

pus Suleiman avaient

d'Andrinoplejusqu'à Eski-Baba. Le commandant
place menacée marcha au-devant de Lalas;

réuni en leur personne les fonctions de vesir et

de beglerbeg

:

après eux, aucun prince
fut plus in-

chahin

mais

il

fut battu, et

,

favorisé par le dé-

de

la

maison des Ottomans n'en
lors s'ouvre

bordement de
chure
de
la

la

Marizza,

il

descendit de nuit

vesti.

cette rivière, sur

un

esquif, jusqu'à son

embou-

Dès

pour

les

Ottomans une

lonse

,

atteignit Ainos ; et la prise

de possession

gue

carrière

de conquêtes en Europe, qui

plus grande place de l'empire byzantin en
la

Europe devint, par
(1) (2)

lâcheté ou la trahison de

Ewlia,
Ibid.,

fol.
t.

424.
,

u

fol.

425.

(1)

La transposition d'un point
fait
,

(3) (4)

ma.
Dschinannuma
,

lecture de Nebetos
p. 643.
,

fait la différence de ou Rontos. Rralutli, qui d'Achi a
la ciltS

fait

Achiller,

de «chSteau
,

di Neltutio.
;

dans Ewlia fol. 423. f6) Seadrddin dans Bratulli p. 80 Ebrar, dans l'année 761 [13591.
(5) Ibid., et
,

(2) Nescliri
et 81
;

ldris

Aali

,

Ssalaksade, Seadeddin
,

ce

Rausalul-

dernier dans
(3)

la

traduction de Bratutti
,

p. 82.

Hadschi-Chalta

Rumili,p. 65.

,,

LIVRE
ses défenseurs, aussi facile

V.
s'est

75
conservé dans ces deux
et

que

l'avait été celle

nom

villes

comme
et
les

des châteaux les plus insignifiants [1361 J (1). Andrinople, bâtie à la place d'Uskudama

vainqueur

comme
(1).

fondateur d'imarets
Lalaschahin porta

de karavansérais
pied de l'Hsrnus,
(l'ancienne et
polis)
,

ancienne
tia, est
I

ville

des Bessiens, appelée aussi Ores-

bannières triomphantes des Ottomans jusqu'au
enleva
les

célèbre dans l'histoire par le siège et

deux Sagra

(2)

les

dévastations des Goths sous Fritigem,
le piilage

du
des

la

nouvelle), et Filibe (Philippo-

temps de l'empereur Valens, par
Bulgares sous Romanus,
j

dont

les

campagnes fournissent de

riz

el
;

par

le

passage des

tout le pays jusqu'à Belgrade.
il

Comme Ewrenos,
le

croisés sous les
aussi

Comnènes

elle est

renommée

perpétua son

nom

par de grandes fondations;

pour sa siluation à

la

jonction de trois

il fit

construire à Philippopolis

pont de pier-

rivières, dont l'une d'elles, l'Hèbre, roule ses

res,

d'une longueur de deux

eaux à travers des champs de rosiers, le savon
d' Andrinople rivalise

assez large pour
riots

avec celui de Syrie; ses

de flèche, et donner passage à deux charde front; pour son entretien, il affecta
traits

sucreries et ses sorbets valent ceux de Konia

d'Hama. Tant d'avantages de la nature de l'art, lant de charmes dans la situation
et
les habitants,

et et les

ont été souvent chantés par
est le

poètes turcs.

Comme Andrinople
un
titre

berceau

et a recueilli les
c'est

cendres de beaucoup de poêles,

un fonds destiné à soutenir le travail d'une grande quantité d'esclaves (3). Le nombre de prisonniers de guerre ainsi réduits en servitude s'était accru dans une telle proportion, par suile de succès non interrompus, que le prix ordinaire d'un homme était tombé à
125 aspres. Ce prix fut adopté

pour

elle

aux respects de l'Otto-

comme

unité

man

pénétré des idées de l'Orient, qui honore

pour

fixer le

cinquième du butin qu'Osman,
juges d'armée avaient négligé
,

les lieux

de

la

naissance et encore plus de la
et

l'rchan

el leurs

sépulture des savants, des sain's
Elle est admirée aussi
palais
,

des poètes.

de prélever. Kara-Rustem

légiste

de Karal'ar-

pour

ses édifices, ses
,

manie,

fit

à

Chalil-Dschendereli, juge de

ses

marchés
,

,

ses

mosquées

ses écoles

mée, en présence de Murad, d'amers reproches
sur cet abandon des intérêts de l'État
,

et ses ponts

dont

il

sera question successive-

et le

ment aux époques de
Grâce
â tant

leurs fondations.
et à d'autres

sultan, convaincu de l'exécution facile de cette

d'avantages

en-

core considérés sous le point de vue politique
militaire et

commercial
le

,

Andrinople mérita

dans

la suite

haut rang de seconde rési-

dence des sultans, de seconde capitale de l'empire ottoman. D'abord, Murad en confia
l'administration à son beglerbeg Lalaschahin,
et
il

de sa légitimité d'après les presdu Koran établit que désormais, pour chaque prisonnier, le cinquième de son prix serait livré au c'est-à-dire 25 aspres trésor public comme la valeur du cinquième
mesure,
et

criptions

,

,

,

légitime
pela

du

butin. Celte taxe d'esclaves s'ap-

ensuite
,

pendschik ou ispendsche

;

plus

choisit,
il

pour établir sa demeure, Debâtit

lard

l'affranchissement d'une telle règle fut

motika où
conquêtes,

un

serai (2).

Ewrenos
le

et
les

un

article

Lalaschahin furent chargés de poursuivre
le

chrétiennes

de capitulation avec les puissances et formait une clause spéciale du
,

premier au sud,

second au

diplôme des interprètes.

nord de

la

Thrace. Ewrenos s'empara de
(3)
,

Ku-

De

retour

à

Brusa, Murad

fil

connaître à

muldschina

à

l'ouest

(l'ancienne Doriskos), et

de Feredschik (4) de Wardar, à l'est de

tous les princes de l'Asie, par des lettres de
victoire, ses
la

brillante conquête d'Andrinople

;

Karaferia (5) (l'ancienne Beroia) [1362], et son
(1)

notifications furent adressées aux souve,

rains de la Perse et de l'Arabie
Seadeddin
,

comme aux

Hadscbi-Chalfa
,

,

Idris, Neschri, Lulfi,

Aali, Ssolaksade
la
la

Nisehandschi

,

Dschihannuma

,

tous

princes de Kermian et de Karamanie. Bientôt

mettent dans

la

même

année; Chalcondylas attribue

nous aurons
niers.

conquête a Suleiman.
(2) (3)

à nous occuper de ces deux derQuant aux deux souverains orientaux, il

Seadeddin

,

Neschri

,

ldris.

Voy.
,

les

Byzantins.
,

(4)

Hérodote
p. 67.

I.

vu

,

25

,

1065

;

Rutnili d'IIadsclli-

(1)

Seadeddin dans Bratutii
Rumili d'Iladschi-Chalfa
tbid., p. 52; Bratutti
,

,

p. 87.
,

Chalfa
(5)

(2)

p.

50-54.

Ibid.,\>. 86;

Maunerl,

t.

vin

,

p. 516.

(i)

p. 89.

, ,

, . ,

76
suffira

HISTOIRE DE L'EiMPlRE OTTOMAN.
de connaître leurs noms
l'est

et

ceux de leurs

din, puis retombée enlre

les

mains des en(1),
il

dynasties. Sur l'Irak persan et le pays de Fars,

nemis (probablement des Catalans)
solut
,

ré-

qui le louche à
l'émir

et

au sud, régnai! alors

par

la

prise

de

cette place, d'assurer

Mubariscddin-Mohammed, second prince
dynastie des Mosaffirs (les victorieux),
l'Irak

d'abord ses derrières en Asie avant de présenter
le

de

la

front

aux chrétiens en Europe.
les

II

fondée par son père;
beidschan, auquel

arabe avec l'Aser-

rassembla donc
à Aidindschik

bâtiments qui se trouvaient
et à
,

il lient par le nord, étaient gouvernés par le sultan Oweis, fils du scheich Hasan également le second prince de la dy,

(Cyzique)
la

Gallipoli

,

les

chargea de garder
l'armée des alliés forcées jusque sur

mer

et

mit le siège de,

vant Bigha. Pendant ce temps
s'était

en Europe
à

nastie des llchanis (princes

du

pays), fondée par

avancée

marches

y avait trente ans que ces deux dynasties étaient sorties des débris de l'empire
Il

son père.

la

Marizza, à deux journées

des successeurs de Dschengis-Chan

,

comme

la

d'Andrinople; à l'aspect des forces énormes de l'ennemi, Lalaschahin, désespérant de la
victoire, détacha,
le

domination des Ottomans

s'était

élevée des

en éclaireur, Hadschi-llbeki,
la foi.

ruines des Seldschuks. L'émir Mubariseddin-

plus vaillant

champion de

Hadschi-

pendant presque tout son règne en guerre avec les Afghans et les Dschermans, peuples orientaux, que l'empefut

Mohammed

llbeki, n'osant

pas exposer son corps de dix

reur des Mongols, Arghun, sur de Dschelaleddin-Sijurgitmitsch
Karachatai
frontière
,

les instances
,

hommes aux chances d'un combat livré en plein jour à un ennemi supérieur du double en nombre, résolut de surprendre de nuit le
mille

sultan de
la

camp des chrétiens, gardé avec négligence
par des soldats plongés dans l'ivresse. Au brui des tambours et des fifres, au cri de guerre Allah!

avait envoyés
et

pour défendre

de Kermian,
,

qui, au lieu de procombattit

téger

le

pays

le

ravagèrent durant un siècle
les assujettit.
Il

Allah! les chrétiens furent glacés d'ef-

jusqu'à ce que

Timur
,

froi (2); les
«

ténèbres augmentèrent

le

désordre

aussi Achi-Tschoki

gouverneur pour DschaniBeg dans l'Aserbeidschan. Sultan Oweis, fils du scheich Hasan et de la fameuse princesse
Dilschad (joie du cœur), a été, comme sa mère, chanté par les poêles classiques de son temps
il

Gomme

les bêles

sauvages

,

surprises dans

leurs repaires, dit Seadeddin,

bondissent et

s'élancent, ainsi les ennemis épouvantés pri-

rent
et

la

fuite

,

se précipitèrent vers la Marizza
flots

;

disparurent dans les

[1363].» Aujourbataille s'appelle

eut surtout pour panégyriste Sawedschi

,

le

d'hui encore, le

champ de

rival

de

Hafis.
la

Ssirf-Szindughi, c'est-à-dire défaite des Ser,

Après
avait

conquête de Philippopolis
la paix

Murad

viens.
C'était la

conclu

avec l'empereur grec;

première

fois

que

les

Hongrois

mais, à peine avait-il goûté quelque repos à

rencontraient les armes des Ottomans; échappe
à ce désastre, le roi

Brusa

,

qu'un nouvel orage éclata en Europe.

Louis
la

,

attribuant une telle
qu'il portait sur
Il

Le commandant grec de Philippopolis s'était réfugié auprès du roi de Servie et après que
,

faveur
lui,

à

l'image de

Vierge

voua une église

à la

mère de Dieu.

s'ac-

le

pape Urbain

V

eut proclamé la seconde
,

quitta de son
retto
cles

vœu en

élevant Mariazell,
les

le

Lo-

croisade contre les Turcs
les souverains

le roi

de Hongrie

de l'empire d'Autriche; parmi
la tradition gratifie

mirale

lachie se réunirent
les

de Bosnie et de Vapour attaquer en commun conquérants venus d'Asie qui déjà mena, ,

de Servie

dont

cette église,

premier assurément
la

c'est

d'avoir transformé

défaite

de l'armée des chrétiens en une vic-

çaient leurs frontières. Le beglerbeg en adressa
l'avis à Brusa,

toire complète.

Une

circonslance remarquable,

demandant des secours, attendu
était incapable

que,
sait à et

seul,

il

de résister aux

(1) Aali

,

fol.

27

,

les

désigne seulement par

le

nom

de

forces supérieures des alliés.

Murad

se dispo-

leweud,
(2)

c'est-à-dire

un ramas d'aventuriers,
,

ce qu'é-

traverser l'Hellespont avec des troupes
,

laieul les Catalans.

des vaisseaux

lorsque, arrivé devant Bigha

Seadeddin, puis Neschri
,

fol.

64; Idris
la

,

fol.

144

;

(l'ancienne Pega), jadis conquise par

Lutfi

p.

23; Ssolaksade
,

;

Urchan

manuscrit de
,

bibliothèque

et

impériale et royale

n° 139

fol.

23

;

Hadsclii-Chalfa

consacrée par

le

séjour du grand vesir Alaed-

Tables chronologiques.

,

,

LIVRE
c'est l'accord parfait
la

V.

77
de son génie. Il réunit dans un seul édifice qui est
,

des historiens turcs et de sur
le

atteste l'originalité
l'église et l'école

légende

stj Tienne

nombre des

sol-

dats de Louis, qui, des

deux

côtés, est porté à

vingt mille, avec cette différence seulement
que, dans
;i

même temps un monument de piété et de science. Au rez-de-chaussée est la mosquée
en
à

la

tradition, ce

nombre

est inférieur
l'histoire

l'étage supérieur court

une galerie sur

la-

celui

de l'armée turque, tandis que

quelle aboutissent les logements des étudiants

le

présente

comme
:

supérieur du double. Had-

sehi-llbeki

recueillit

de son triomphe

une récompense cruelle Lalaschahin, jaloux de se
le
fit

en sorte que si l'imam récite la prière au pied du maitre-autel chacun d'eux peut l'aperce,

voir de la porte de sa cellule, suivre les actes

voir dérober l'honneur de la victoire,

de dévotion,
le

se trouvant

en

même temps
( 1 )
,

dans

empoisonner
Mariazell

(1).

temple

et

dans sa chambre

ce qui

Tandis que
,

le

roi Louis élevait l'église

de

épargnait un temps précieux à ces pieux travailleurs.
Si

en reconnaissance de son salut Murad, par un autre motif que la gratitude pour la victoire de la Marizza et la conquête de Bigha, accomplie presque en même temps
en Asie (2) bâtissait des mosquées, des cloîtres à Biledschik des écoles et des bains
, , ;

les

fondations de mosquées témoignent

de

la

piété

de Murad,
les

il

ne faudrait pas con-

clure

que

établissements d'écoles

nom-

breuses prouvent son goût pour l'étude et ses

progrès dans

les sciences

:

son ignorance est
traité

une mosquée,
le

à

Jenitschehr un cloître pour
;

attestée par la signature

du premier
la

de

pieux derwisch Poslinpusch

couvert d'une

protection accordé aux Ragusains, dans l'an-

peau), ascétique dont le tombeau est encore

née

même où
,

furent commencés

mosquée

aujourd'hui visité par les pèlerins;

à

Brusa,

de Brusa

et le serai

d'Andrinople [1365], et
le

une petite mosquée, dans la vallée céleste, et une plus grande, en face du palais de la résidence à l'ouest, dans le quartier des bains
,

par lequel

moyennant
il

tribut

annuel de

cinq cents ducats,
et

leur accordait protection
les

liberté

de

commerce dans

mers du

;

enfin

il

termina

le

dôme de

l'ancien bain (3),
les
,

Levant. Murad, n'étant pas en état de former
les lettres

dont

les

eaux salutaires jouissaient, dans
reculés, d'un
et

de son nom, trempa sa main dans
l'apposa en tête de l'acte, les trois
le petit

temps

les plus

cause du

mythe d'Hercule
celle

grand renom à du bel II} las (4).

l'encre,

et

doigts

du milieu réunis,
;

doigt et

le

Leur vertu surpasse
,

des bains voisins

pouce écartés ce mode d'empreinte fut adopté
a l'avenir et

d'Eskischehr (5) de Jalowa (Helenopolis) (6) et des sources de Tawst handschil (Philokrè|

consacré jusqu'à nos jours

comme
qu'il

lughra ou signature des sultans,
graphes inscrivirent en chiffres
représente.
sières,
'

et les callile

L'architecte du dôme et de la mosquée un Grec ou Franc enlevé dans une expédition de la flotte ottomane (8), qui, pour

ne)

(7).

nom
par

était

Au
la

milieu de ces marques gros-

imitées

encore aujourd'hui

les

adoucir

les
à

rigueurs de l'esclavage, appliqua
ces constructions. La forme parti-

contours de

Tughra,

ils

placèrent dans le

son talent

nom du
l'épithète

sultan

Chan

et celui

de son père,
L'écrivain
et

culière el entièrement nouvelle

de

la

mosquée
i

de toujours victorieux.
la

chargé d'apposer ce chiffre aux fermans
(1)

Seadeddin dans Bratutli,
fol.
la

aux diplômes se trouva, dans
le titre

suite, revêtu

p. 94;

Idris

,

fol.

147;

Ssolaksade,
crit

12; Rausalul-Ebrar en 766;

le
,

manus-

d'une des premières dignités de l'empire, sous

139 de

bibliothèque impériale et royale
,

fol. 25.
,

(2)

Seadeddin dans Bratutli

p. 95;

Hadschi-Chalfa

taire d'État

de Nischandschibaschi, ou de secrépour le seing du sultan. Ce qui
le

Tables chronologiques.
(3;
(4)

Voyage

prouve encore
,

peu de goût de Murad pour

à

Brusa

p. 25.
,

Contiuuator incertus Theopbanis du régne de Constantin.
(5)

p.

290

,

à la fin

les sciences, c'est

que

trois savants, ses sujets,

que

l'histoire littéraire cite

avec

le

plus d'hon-

Lessing, Traité

sur les bains de Paulus Silen-

neur, s'expatrièrent, et ne trouvèrent qu'auprès

liarius.

(6)
(7) (8)

Voyage

à Brusa

,

p. 150.

/to/.,p. 160.

Seadeddin dans Bratutli

,

p. 97.

fl)

Voyage

à Brusa

,

p. 34.

^

,

78
de l'étranger
les

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
hommages et
qui fut
les

récompenses

dus

à leur

mérite. Le premier était le mathéle

maticien

Mahmud,
éclairé,

maître d'Lluget qui,

Beg, prince
sous
le

astronome fameux,
fils

de Demiloka à Andrinoplc, qui demeura la capitale jusqu'à la conquête de Conslaulinople, et resta ensuite la seconde ville de l'empire. Puis il chargea ses généraux, Timurlasch
quêtes
le
et

du juge de Rum), professa près la grande mosquée de Samarkand. A chacun des quatre angles de ce temple, il y avait une école toutes les fois
kasisade-Runii (le
:

nom de

Lalaschahin, de poursuivre ses conla

long de

Tundscha

et

de l'Hœmus.

que

kasisarle donnait ses leçons, les élèves

Le premier enleva. leuidsehe-kisilagadsch (l)et| Janboli, sur les bords du Heuve; Lalaschahin prit deux années après, Ihtiman et Samakov,
.

des trois autres cours quittaient leurs places,
les professeurs

au pied de l'ilœmus. Murad conduisit en per-

mêmes

descendaient de leurs

sonne ses armées
boli,

à

l'Orient

,

vers la
,

mer,

etl

chaires, et lous se pressaient pour entendre sa

s'empara de Karinabad, Aidos
des sources)
ces

Siseboli, Hire-

Le second était le grammairien MollaDschemaleddin d'Akserai qui fut installé
parole,

Wisa, kirk-kiliseetBiiiarhiszar(lechàleau
,

,

comme

professeur à
le

Karaman dans la medre.se
,

où du Tearos.

l'on

trouve trente-huit sour-

connue sous
posée par
le

nom de
,

Siudschirlu (l'enchaîla

Après cinq années de campagnes en Europe,

née), parce qu'il remplissait

condition im-

Murad

fondateur

de savoir par cœur
,

revint en Asie [1371], laissant le juge de l'armée, Kara-Chalil-Dschendereli, revêtu

tout le dictionnaire arabe Ssihhah
plus difficile que de réciter

ce qui était

leKoran, selon

l'épreuve que devaient subir les hafis (conservateurs)
le
;

enfin

le

troisième de ces émigrés fut

de la dignité de vesir, qui n'avait pas été occupée durant dix années. Chalil-Dschcndereli, auteur de l'institution de l'armée permanente! et du recrutement des janitschares par des'
enfants chréiens, qui avait accompagné
restes
les

docteur dogmatique,

Ahmed - Burhaneddin,
le
fils,
,

juge du prince de kaiszarije, dont

d'Osman

à leur

dernière demeure, juge

Ersendschan,
ber, dans

Ebul-Abbas-Burhaneddin, immola d'abord à le prince de la ville puis s'em,

de Brusa pendant les trente-cinq années 4« règne d'Urchan, et juge de l'armée depuis la
clominatiou de

para du pouvoir, et
Juluk.

finit

lui-même par tomles

Murad

,

avait

rendu de

si

grands
j

un combat, sous

coups dekara-

services à l'empire et a la foi, par le maintien!

des

lois

et

de

la discipline militaire,

que

lai

Avant de quitter Brusa pour continuer le cours de ses conquêtes en Europe, Murad célébra
fils,

première dignité de l'empire ne pouvait être
conférée à un plus digne.
dix-huit
Il

l'occupa encorel

la

fêle

de
et

la

circoncision de ses trois

années,

sous
,

le

nouveau

nom de|

Bajesid, Jakubet Saudschi, par de splen-

Chaireddin-Pascha

avec sagesse, équité, etl
'

dides festins
et

des distributions de présents
et

de vêlements d'honneur aux scheichs
(1)
;

aux

mourut âgé de près de cent ans, se rendant à Jenitschehr auteur d'une race de vesirs dans
,

derwischs
la prise

il

se rendit
il

ensuite à sa rési-

laquelle

la
,

première dignité de l'empire
fils
,

se';

dence de Dcmitoka, d'où
de Tschirmen
la
,

dirigea le siège et

conserva

de père en

jusqu'à la prise de

à

une journée d'Andriville.

Constantinople. Lalaschahin, beglerbcrg d'Eu-

nople(2), et
faisait édifier

construction du palais qu'il

rope, résidait à Filibe (Philippopolis)
le

,

dont
éten-

dans cette dernière

Sur

les

canton

lui fut

conféré en

fief;

de

il

rives

de

la

Tundscha

s'éleva la nouvelle de-

dit

ses conquêtes, s'empara
la
il

des passages de

meure, au milieu de vastes jardins; parles
soins des sultans suivants
,

principalement de

rilœmus, et dans devant Samakov,
kral de Servie.

plaine de Tschamurlu
défit

complètement
et

le

Suleiman
furent

le

Grand

ajoutés de

et de IV, y somptueux bâtiments d'une

Mohammed

Celui-ci avait

pour

allié

pour voisin

le

éléganle architecture. Aussitôt que
fut habitable,
r
(1)
(2)

———^—^—
,

Murad transporta

^
,

le

serai

souverain de Bulgarie, que l'on appelait com-

————————
98; ldris,
fol.

sa résidence

munément Chakan dans

les

temps plus an-

Scadeddin dans Brattuti,
Hadschi-Chalfa
Riimili

p.

147.

(t)

Seadeddin dans Bratutti
,

,

p. 101

;

Rumili d'Hads-

p. 49.

chi-Chalfa

p. 49.

,

LIV RE
tiens.

V.

79
Murad
revint a Brusa;

La haute et
la

la

basse Mysie, dont on
,

fit
|

Maître de Gustendil,

ensuite

Bulgarie, la Servie

la

Bosnie

,

d'a-

mais, dans l'année suivante, sur l'avertisse-

près les peuples qui s'y établirent, ont pour frontières naturelles, vers le nord, le Dataobe
et la Save,

ment donné par
pays,
|

le

commandant de Wisa, que
le

des troupes byzantines osaient inquiéter
il

au sud

,

la

grande chaîne de monl'est

tagnes courant de l'ouest a

jusqu'à

la

mer

Noire. Cette chaîne, qui porte dans l'antiquité
les

nouveau lHellesponl [1372]. Après la réunion de ses troupes asiatiques aux forces de Lalaschahin en Europe, il trouva que
franchit de
était
les

noms de Soardius, Orbelos Hœmus, est connue aujourd'hui sous les désignations de
,

son armée

trop forte pour se contenter

de châtier
ques sur
sous
la

commandants des places grec;

Schartagh, Egriszulagh, Balkan. Elle se partage en deux branches, coupées presque à angle
droit, dont l'une, au nord, vers le pont de

la

mer Noire
le

il

en détacha une
,

partie,

conduite du beglerbeg
se

pour enlever

Feredschik, sur
reste
il

golfe d'Ainos, et avec le
les places
,

Trajan sur
rieure de
la

le

Danube, sépare
sud
à

la

Mysie supéqui
la

montra devant
Iudschigis
et

de Tschaà

Mysie inférieure,
,

et l'autre,

tal-Burgas et
journées,
la

la

première

deux

s'arrête vers le

l'embouchure de
la

Male

seconde

à

quelques milles seule-

rizza
et la

,

établit

une division entre

Macédoine
Servions
,

mentà

l'ouest

de Conslantinople. Après qu'elles
librement
les

Thrace. Cette barrière naturelle vers
les

se furent

livrées

au vainqueur

,

sud avait souvent été forcée par
et les Bulgares, qui
,

plus d'une fois
capitale

avaient
,

mis

le

siège devant
les rives

la

de l'empire

et

murs d'Apollonia, dans le district d'indschigis. Après un siège de deux semaines, ne voyant pas la garnison disposée
à se rendre,
il

Murad parut sous

ravagé

du Bosphore. Les Paléologues,

allait

se retirer

,

laissant seule-

incapables d'opposer les Balkans

comme une
de Servions
,

digue aux
inondant

flots

de Bulgares

et

ment quelques troupes pour l'investissement de la place, lorsqu'une partie des murs s'écroula et ouvrit
le

les

provinces byzantines

cherchèAinsi

passage aux assiégeants.

rent auprès d'eux secours et assistance contre
les

Quand

il

reçut cette bonne nouvelle,

Murad

se

ennemis extérieurs
les

et

intérieurs.

trouvait appuyé contre un platane qui dés lors
fut appelé
jet
le

dans

batailles livrées sur les rives

de

la

platane heureux,

et

devint un obpopulaire.

Marizza
tirent,

et du Tainaros, les Ottomans combatnon pas directement les Grecs, mais

de

la

plus grande vénération
il

Quant au château,
Jikdughi
,

recul le
détruit

nom de

Tanri(1).

bien les Bulgares et les Serviens.

On
le

voit

c'est-à-dire

par Dieu

même combien
veau

ces derniers peuples
le

avaient

L'histoire

ottomane rattache encore

à la prise

étendu leur influence dans

pays par

nom du Rhodope,

qui fut

nouappelé monta-

d'Apollonia l'introduction des bonnets brodés
d'or (serkulah ou uskuf
), coiffure affectée aux employés de la cour, et qui fut comme le fond du turban du sultan. Au moment où les assié-

gne du Despote, d'après le titre du souverain de Servie. Du point où celte montagne se sépare de l'Orbelos, commençaient les limites des États bulgares et serviens, suivant une ligne
qu'il serait aujourd'hui fort difficile

geants se retiraient d'Apollonia, chargés d'un
riche butin en or et en argent
,

Murad aperçut
reprocha

de déterla bataille

un

soldat qui portait

une coupe d'or assez mal
Il

miner; car,

à l'époque

ou fut livrée

cachée dans son bonnet.
vouloir dérober une partie

lui

de

de Samakov contre

les Serviens,

on trouve un

du

butin, et cepen-

prince bulgare régnant à Gustendil, qui n'est

dant,
il

comme

l'idée lui
la

plut, non-seulement

séparé de Samakov que par une petite chaîne

fit
,

présent de

de montagne. La ville avait une assez grande importance par ses bains, ses monuments, l'or
etl'argent que l'ontrouvedansle voisinage, pour
attirer

core

coupe au pillard, mais enen souvenir de cette circonstance, il

ordonna l'adoption du bonnet doré, que depuis portèrent les gardes du corps et les autres officiers

Murad enEurope,etlesultan!areçuf du
lui

de

la

cour

(2).

Lui-même distingua

sa coif-

Bulgare Constantin en
qu'elle serait

donnant l'assurance
(1)
;

Rausalul-Ebrar, an 773; Hadschi-Chalfa, Tables chronologiques.
(1)

exempte de tout tribut
p.

1371

1.

Seadeddin, Idris,

fol

157.
p.

(1)

Seadeddin dans Bratmti,

160; Idris

,

fol.

156;

(2)

Seadeddin, dans Bratmti,

109; Idris,

fol.

157.

,

80
fure de celle de ses

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
résidence d'Andrinople, qui dès lors obtint
la

ancêtres, en prenant le bonnet doré, quoique d'ailleurs il eut le goùl de la simplicité, et qu'il enveloppât ordinaire-

préférence sur Brusa. C'était
qu'il

la

première

fois

goûtait

le

repos; et durant six années
,

ment sa tête d'un tissu blanc des fabriques de Kermian, et que son kaftan et sa veste fussent
d'une étoffe rouge tirée de
(le fut la le
la

entières

écoulées dans cette tranquillité

il

put compléter l'organisation de l'armée par
le

même

province,

système

féodal

des sipahis et l'institution
la

pahis et

costume favori des officiers des sides employés de la cour; les casques

des woinaks. L'on régla
(siamels

tenure militaire

,

et

leur distribution des fiefs en grands et petits
el

dorés et

les riches vêtements des peiks (1), gardes du corps du sultan, qui l'entourent ar-

tiniars)
,

:

aux sipahis fut conférée

la

bannière rouge

distinguée entre toutes celles

més de piques
bée par
le

,

rappellent

la

coupe d'or dérorésolut mainslaves

qui l'avaient précédée dans l'islam. L'étendard

soldat au pillage d'Apollonia.
,

de

Mohammed
,

était

jaune

,

celui des Fatimites
,

En

paix avec Byzance

Murad

vert

celui

des

Ommiades blanc
,

celui

des
la

tenant d'attaquer les princes

laques des villes
I!

ou vasituées au pied du Rhodope.
et
le

Abbassides noir. Le prophète avait choisi
teinte
les

du

soleil

sa famille celle

de
fils

la terre,

chargea

le

vesir Chaireddin-Pascba

Ommiades

celle

du jour,

el les

d'Abbas,

vieux guerrier Ewrenos
fils

d'attaquer
le

Drages,

par esprit d'antagonisme, celle de
enfants d'Osman préférèrent
la

la nuit.

Les

de Zarkos,

et

Boghdan, dont

nom

fut

couleur du

ensuite

donné

à la Moldavie [1373]. Les Otto,

sang.

Le bleu de

ciel

,

en
,

si

haute estime
les

mans

prirent Burla, Iskela

Marula,

les châles

auprès des ssofis de Perse

dès

premiers

teaux de Cawala, Awrethiszar et

Feria,
la

bourgs de Dirama, Sichna, sur

route de

temps couleur favorite de la cour et de l'empereur de Byzance, ainsi que des cochers du
cirque
pris sous sa protection
;

Serès, et enfin cette ville elle-même. Dragès et

l'azur
,

était

Boghdan tombèrent

tous deux entre les mains

odieux

du vainqueur, qui, selon Chalcondylas, les traita avec générosité (2). La campagne du sud contre les villes maritimes de ïhessalie fut aussitôt suivie de deux autres au nord, au delà de l'Hœmus: la première contre Lazare,
despote de Servie
kral de Bulgarie.
sos
, ;

en

si

tomba grand mépris aux yeux de£ Ottomans,
aux ennemis des Grecs
et

qu'il fut affecté à la coiffure et à la

chaussure

des juifs. Quant

aux woinaks

,

c'était

une
qui

troupe fournie

par

les sujets chrétiens,

la

seconde contre Sisman,
Naisalors déjà

Murad marcha contre
, ,

aujourd'hui Nisch ou Nissa

fort

importante
le

l'une

des
,

quatre places
et

d'armes de l'empire byzantin

qui était

campagnes étaient employés aux services inférieurs de l'armée , aux soins des écuries, à la conduite des voitures, et qui en récompense étaient déclarés affranchis de tous droits et impôts. Ces deux institutions pour le complément du système des fiefs midans
les
, ,

comme
!

centre des communications entre la

litaires, et

pour l'établissement des transports
Lalaschahin, mort à

hrace, la Servie et la Pannonie.

Au bout de
Lazare im-

sont dus à Timurtasch (pierre de fer), qui remplaça,
la fin

vingt-cinq jours de résistance, la ville succ tinba
I

comme beglerbeg
la

,

1375].

A

cette nouvelle

,

de

guerre.

lora la paix et l'obtint, moyennant rengagement de fournir annuellement mille cavaliers et mille livres d'argent. A peu près au même temps, l'on traita aussi avec Sisman qui au lieu du tribut, livra sa fille pour épouse au
,

Murad

sut tirer parti

du calme de
le

la

paix

comme du tumulte
son
fils

des armes pour l'accroisseIl

,

vainqueur.

Le

Murad

calme étant ainsi rétabli en Europe, passa le premier hiver dans sa nouvelle

mariage de fille de Jakub, souverain de Kermian, qui apporta en dot la plus belle portion des domaines de son père. Pour faire solennellement la demande de
aine, Bajesid-Ilderim avec la
la princesse, le sultan

ment de son empire.

négocia

députa

le

juge de Brusa,

Chodscha-Efendi
v'1)

,

le

porte-étendard Aksanfils

Constitution et administration
,

kor, avec
de l'empire otto-

le

tschauschbaschi Timurchan,
,

man
(2}

î,

53

,

n,52.

de Ssamszamatschausch

si

fréquemment nompour accompagner

Chalcondylas.

au temps d'Osman

;

et

, ,

LIVRE
la

V.
les

8i
ulémas
,

fiancée

,

on

vit paraître

à

Kermian

les

Mineure parmi
scheichs

les

savants et les

épouses du juge et du porle-étendard , et la nourrice de Bajesid avec une suite de trois

qu'il honorait.
les clefs

mian apporta
schanli,

La princesse de Kerd'Egrigœs, de Taw-

Le prince de Kermian les reçut pompeusement remit sa fille aux trois dames et donna mission à son écuyer tranchant de
mille personnes.
,

Simaw

et Kutahije.

La première de

ces villes est aujourd'hui le siège d'une des

plus importantes juridictions
; ,

du sandschak

l'accompagner

et

de conduire son cheval. Ce
à la
la

personnage demeura

cour investi

des

de Kermian (1) la seconde située à huit lieues au nord-ouest de Kutahije est renommée par
,

mêmes

fonctions

,

et

dignité

de grand

ses fruits et d'autres productions (2); la troi-

écuyer se transmit longtemps dans sa famille comme la charge de tschauschbaschi ou de

sième

est

plus

fameuse encore pour
à l'usurpateur
la

avoir

donné naissance
dont
il

Simawna-Oghli,
suite; la qua,

maréchal de

la

cour se maintint héréditaire,

sera question dans
,

ment dans celle de Ssamszamatschausch celle de général des coureurs dans la famille de Kœse-Michal de vesir dans celle de Dschen,

trième enfin

l'ancien

Cotyœum
vers
la

où passa
,

Xenophon dans sa marche
l'Anatolie, et le siège

Perse située

sur le Pursak (ïhymbris), est

dereli. Les
la

noces furent célébrées à Brusa avec

plus grande solennité;

on y

vit paraître

non-seulement

les représentants

des princes

d'Aidin et de Mentesche, de Kastemuni et de

Karamanie

,

mais encore ceux des sultans de

Syrie et d'Egypte apportaient de riches présents. Ils offrirent des

chevaux arabes
le

et

des
pré-

étoffes d'Alexandrie,

des esclaves grecs des
renégat grec
,

deux

sexes.

Ewrenos-Beg,
esclaves,

de du beglerbeg, gouverneur de l'Asie Mineure elle renferme neuf mosquées, dont la plus grande élevée par le prince de Kermian, et sept grands bains. La montagne qui commande la ville est fortifiée par deux châteaux, l'un à sa base, l'autre au milieu de son sommet; le dernier porte le nom de Gewheri-Nigin (joyau de l'anneau). Kutahije est entourée de vergers délicieux de
la capitale
: ,

senta,

comme
et

cent des plus beaux
filles

sources thermales dont les eaux sont propres à

garçons

des plus belles

de

sa nation.

guérir

les affections

rhumatismales

;

les

voya-

Les dix premiers portaient chacun une assiette
d'or remplie de ducats; les dix qui suivaient,

geurs sont attirés
lieu, et par les
teri,

en foule par

la

beauté du

chacun un plat d'argent avec des pièces de

tombeaux du lexicographe Achdu scheich Kermiani et du poëte Fi-

monnaie de

même

métal

;

les autres

,

dix-huit

raki (3), nés sur cette terre.

aiguières et lavabos en or et en argent,

des

Ces acquisitions ne suffirent point encore à

coupes et des tasses émaillées, des vases, des
gobelets enrichis

Murad
les

;

il

s'agrandit au

moyen d'un

achat
,

,

et
la

de pierres précieuses
réalisée

;

en
les
la

historiens ottomans avouent

que

de

sorte que, selon les paroles d'Idris, la descrip-

part

du vendeur,

l'acte
,

tion

du paradis semblait

:

«et

bienheureux sont entourés d'enfants dont
jeunesse est éternelle
,

portant des vases, des
(1). »
,

Le prince de Hamid Tekke, Kermian et Karaman, sollicité d'abandonner ses six plus belles villes intimidé par
,

ne fut pas volontaire. pays enfermé entre

aiguières et des coupes

Tous

ces présents,

la

présence du<|ultan
sacrifice

à

Kutahije, dut se résila

appelés en turc salschu

c'est-à-dire

objets

gner à ce
des

pour conserver

possession

répandus, parce que

les

présents de noces,
et

misérables restes de ses domaines. Ces

particulièrement les monnaies d'or

d'argent,
,

étaient versés sur la tète de l'épouse
étalés

furent

bâtie par Alaeddin

en spectacle devant Murad, qui, loin
,

d'en garder un seul pour lui-même
les

donna

chevaux arabes

et les étoffes

égyptiennes

à Ewrenos, les esclaves grecs des deux sexes

(la ville du prince), grand prince des seldschuks de Ru m, sur la rive orientale du lac du même nom Sidischehri, sur un petit lac poissonneux, au midi du précédent, appuyée à une montagne couronnée de chênes (4); Aks-

villes étaient

Begschehri
,

le

;

aux envoyés égyptiens, et distribua les riches offrandes envoyées par les princes de l'Asie

(t)
|

Dschihannuma,
/hid., p. 633.

p. 632.

(2)
(3)
(t)

Ibid. ,p. t32.

ldris, fol. 166.

(4)

lbid., p. 618.

TOM.

I.

,

82
chehr
(la ville

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
blanche), située aussi sur les
(1),

l'Albanie,

il

enleva

les villes

deMonastir

(1),

bords d'un

lac poissonneux

capitale

du

Pirilpa (2) et Istip.

sandschak actuel d'Akscliehr,
ehri est le chef-lieu

comme Begsch-

du sandschak du même nom (2); Isparta, chef-lieu du sandschak de Ilamid. à l'ouest (3), Jalawadsch, à l'est du grand lac dlgirdir (4) et Kara-Agadsth à une
:
,

les obstacles

Tandis que Timurtasch renversait ainsi tous en deçà de l'Orbelos, les troupes

placées sous les ordres d'Indsche-Balaban, par
delà
Sofia.

l'Hœmus, étaient arrêtées au siège de avilie, arune résistance de deux années,
I
|

journée
villes se

à

l'ouest

d'Isparta (6)

Toutes

ces

avait lassé

la

patience des assiégeants, lorsquela

tageuse

recommandent par une situation avanet de riches productions. Akschehr qui, de plus, renferme de nombr< ux clollres et les tombeaux de p eux personnages, entre autres de Bucharidède et de INimetullah d'A:

ruse vint au secours de la force
[138*2].

impuissante

Un beau jeune
la

garçt.uturc, Usundsche-

Sunduk,seprésen!ani

comme déserteur au comune chasse au héron,
il

mandant de
service.

place, s'engagea fauconnier a son

,

Un

jour, dans

chi-Oren

et

de Naszreddin-Chodscha, a lareville

l'attira loin

des murs, de plus en plus, jusqu'à

nommée d'une

de saints.
s'étaient

ce qu'il vit le

moment
il

favorable de se saisir de

Des neuf princes qui

partagé avec

sa personne;
à

le lia

sur

Osman

les

d( bris

de l'empire seldschukide,

Balaban

,

qui, présentant le

un cheval et l'amena commandant,
,

trois avaient

bées dans
acquis par

les Étais
la

vu déjà leurs possessions absorottomans Karasi avait été
:

ainsi garrotté,

sous

les

murailles, détermina
la

aussi

la libre

reddition de
la

p'ace

(3).

Sar-

conquête dès
et

le

règne d'Urchan,
achat.

dika, célèbre par

naissance de l'empereur

Kermian par mariage,
la place
les trois

Hamid par
la

A

de ces

trois petites principautés,

dans

premières années de
s'élevèrent

paix, sur la

frontière orien'ale opposée de l'ancien empire

des Seldschucks

,

trois

nouvelles

dynasties dont ls domaines ne furent réunis
à

ceux des Ottomans que plus d'un siècle

après: c'étaient les Kara-Kojunlu (ou
noir), dans le Diatbekr (6), les

mouton Sulkadr a Me-

rasch (7), et les Beni-Ramasan d'Adana (8). Les premiers nous occuperont assez souvent;

Maximien, et par un concile tenu dans ses murs, ra\agée par les Huns, dévastée par les Valaques, se releva de ses ruines sous le nom de Sofia, et aujourd'hui c'est encore une ville remarquable par ses sou "ces chauies et froides, ses mosquées et ses bains (4). Depuis la prise d Andrinople la paix et l'amitié avaient régné entre Murad et Jean Paléologue; car les nombreuses conquêtes accomplies dans cet espace de temps n'avaient
,

,

pas été faites directement sur l'empire byzantin
,

quant aux autres, on signalera seulement leur extinction. Le flot de la conquête ottomane ne 'monta pas encore assez haut vers l'Orient pour

mais sur

les rois

de Servie

et

de Bulgarie,
et

et sur d'autres princes

bulgares
;

valaques,

comme Drageses et Boghdan ou
des dépouilles
grecs révoltés, qui

bien c'étaient

emporter ces nouve

les

puissances;

il

fut poussé
,

enlevées A des commandants

maintenant en Europe. Tibwrstàch qui avait envahi les villes du Rhi dope et de l'Axios où
,

fondaient leur

indépen-

avaient

dominé

les les

princes Drageses et

Bogh-

dan, promena

ravages de son armée par

de l'empereur, réduit à la possession de quelques villes. Après av ir supporté cette paix durant sept années
dance
sur l'impuissance
sans faire une tentative pour la rompre, Paléologiïe
,

toute la Macédoine, jusqu'aux frontières de

dans l'espoir d'obtenir quelque protec-

(1)
(I)

Menasikul-Hadscb.

tion contre les Ottomans, en compensa' ion des
619.

Dschibanriuma
Jbid., p. 640.

,

p.

concessions faites à l'Église latine, venait de

(3)

conclure avec le pape Urbain
lui

Y un

traité qui

(4)
(5) (6)

Jbid. Ibid.
Celle dynastie

promettait quinze galères pontificales avec

commença en 778

[1375]

,

et s'étei-

gnit en 874 [1469].
(7)

Celte o;ii..siie

commença rn 780
commença en 780

[1378], et s'étei-

(1)
(2)

Hjdsclii-Chalfa

,

Rumili,

p. 96.

gnit eu 921 [1515].
(8)

Ibid.

Cette dynastie

[1378]

,

et s'étei-

(3)
(4)

SeadeddindaiisBralutti

,

p. 125.
,

gnit en 921 [1515].

Rumili d'Hadschi-Chalfa

p. 51.

,

LIVRE
quinze
cents cavaliers et
mille
arbalétriers
et
,

V.
se conjurèrent

83
tous deux contre leurs
,

cus,
pères.

pour combattre ses ennemis chrétiens sulmans; il s'était même rendu à Rome
Vatican, dans

mule

A

la

nouvelle de ce complot

Murad apfils.

pela devant lui l'empereur byzantin, et lui de-

la même année, reçut les deux ombres d'empereur qui représentaienl la majesté de Constantin et de Charles le Grand En

manda compte de
cune part

la rébellion
,

de son
il

Jean

se justifia complètement

car

n'avait pris auet les

à cette entreprise

insensée,

présence de quatre cardinaux
l'aulorité
,

,

Jean reconnut

cession

suprême du pape et la double produ Saint-Esprit, du Père et du Fils;
à

deux souverains s'engagèrent mutuellement à faire crever les yeux à leurs fils. Murad repassa
le

en Europe, arriva

à

Aprikidion, dans

s'agenouillant trois fois
la

Saint-Pierre,

il

baisa

voisinage de Byzance, où les deux princes

main

et

la

bouche du saint père, conduisit
,

rebelles avaient assis leur

camp, sur
il

les

bords
toril

sa

mule par la bride et alors un pompeux festin fut donné en son honneur d;ms le Vatil'espoir

d'un torrent. Dans

la nuit,

franchit

le

rent à cheval, et, d'une voix retentissante,

can Mais bientôt s'évanouit

d'Urbain

d'enflammer

le zèle

du
,

roi

de France en faveur

ordonna aux rebelles de rentrer dans le devoir, leur garantissant sous serment la remise
de tout châtiment. Les guerriers de Sandschi,
troublés par les accents qu'ils avaient
si

du nouveau converti

et,

lorsque l'empereur de

Byzance vou'ut s'embarquer à Venise pour regagner ses Éta's, il se vit presque saisi pour

sou-

vent entendus sur les champs de bataille, re-

marchands de cette ville. Andronicus son fils aine, qui en l'absence de Jean, tenait les rênes de l'empire demeura sourd aux pressantes instances de son père,
dettes par les
,

doutant

à la fois la

fortune et la puissance de

,

leur maître, quittèrent pour la plupart le

camp
la-

,

dans

la

nuit
,

même,

et se présentèrent

autour

de Murad

s'excusant sur la contrainte à

d'user de (outes les ressources, de piller

même

au besoin
vrer de
la

les trésors

des églises pour
ie

le déli-

hon'e d'u

détention.

Le frère
,

abandonné de presque tout son monde, se jeta dans Didymoiichon, avec quelques partisans fidèles et
quelle on les avait soumis. Sandschi,
les
fils

puîné, plus sensible aux outrages paternels
courut

des nobles grecs qui
d'ardeur.

le

soutenaient avec
,

vendit ou engagea aussitôt tousses biens, et
à

le plus

Murad

assiégea la ville
Il fit

et la

Venise pour arracher son père aux

réduisit bientôt par la famine.

d'abord ar-

mains de ses créanciers vénitiens. Convaincu péniblement, par son voyage d'Italie, du peu de
confiance qu'il pouvait mettre dans les galères

racher les yeux à sou

tils

mément
Ce

à

son engagement

Sandschi (1), conforpuis ordonna son
,

supplice, ce qui allait au delà de son traité (2).
n'était point

du

pape, et les secours des autres princes chré-

par respect pour ses enga-

tiens contre les

Ottomans

,

Jean dès son
,

arri-

gement

envers l'empereur grec, ce n'était

vée à Constantinople, trembla d'au'anl plus
la

à

point non plus par des raisons de politique
extérieure que
agissant ainsi,

pensée de

la

vengeance du

sultan.

Il

envoya

Murad
il

fit

immoler son

fils;

en

aussitôt A

Murad une ambassade,
,

et lui adressa

était

poussé par un sentiment
porté
établir Bajesid

Théodore le troisième de ses quatre fils, pour servir en qualité de soldat contre les ennemis du souverain des Ottomans. Après la mort des
fils

intime, par cette inquiétude jalouse qui déjà

précédemment

l'avait

à

comme

surveillant

de ses

frères. Ainsi,

renon-

de Cantacuzène prendre
le

,

il

le

rappela

,

le

chargea

çant aux formes graves, aux locutions ambi-

d'aller

gouvernement de Sparte
la

guës, habituelles aux cours,

il

écrivait à Bajesid
allait

reprit à Andronicus

direction supérieure,

dans un

st> le
«

brusque

,

impérieux et qui

pour

la

remettre entre les mains de Manuel

droit au but.

Le beglerbeg de Rumili, Timura pris leurs châteaux,
il

qui avait été gouverneur de Thessalonique.

tasch-Pascha a marché contre les infidèles de

Andronicus trouvadans Sandschi
les

fils

de Murad,

Monastiretde Perlepa
les infidèles à
la

,

sentiments dénaturés, l'ardeur insatiable
qu'il nourrissait était

puis s'est tourné vers Karli-li, où
capital ion;
il

a soumis

du pouvoir que Murad
,

lui-même. Tandis

a

poussé ses

occupé
,

a

étouffer une révolte

en Asie Sandschi

qu'il avait laissé

comme son

(1) (2)

Phranzes, mi.

lieutenant en Europe, et le perfide Androni-

Ducas

, c.

xii

,

p. 22.

,,

84
courses vers Selanik
,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
puis
il

a fait halle

,

parce
r

nicus. Paléologue

fit

brûler les yeux à son
:

fils

que, pendant
Bosna,
l'on avait

la

conquête

d'tlersek et

de

avec du vinaigre bouillant
la

telle fut l'issue

de

reçu des begs de ces provinces

conjuration des deux princes grec et otto-

des déclara; ions de soumission à la capitation. Sache bien qu'au premier printemps une grande

man

contre leurs pères [1385].

Bientôt se produisit

une autre entreprise
le résultat

guerre éclatera avec
rable

la

Hongrie, dont

le

com-

d'une nature toute différente, dont
fui

mencement, selon toute espérance,
,

sera favo-

dont

la fin

est entre les

mains de Dieu.

moins funeste pour son auteur, mais fut aussi féconde en désastres pour l'empire. Le
prince Manuel,
l'état

A

de cette lettre, tu rassembleras et lu équiperas tous les tiens, et en même temps
l'arrivée

sans

se laisser effrayer par

lu auras

un œil
à
fils

attentif sur Ion frère
le

Jakub,

de sujétion de son père envers la puissance ottomane, ni par les supplices ordonnés
a
il

qui se tient
Brusa,

karasi, et sur

commandant de

mon

Sandschi-Beg, dont Dieu veuille

Didymotichon, médita de Thessalonique où se tenait comme gouverneur au nom de son
,

prolonger
stances

la vie; et

ne te rends coupable d'aucune
à profit

père, de surprendre par la ruse la ville de

négligence,
(1). »
:

mets

toutes les circon("2)

Bajesidrépondit

relativement à
,

ses frères

«

Mon
à

frère
,

Jakub

Dieu veuille

de l'enlever aux Turcs. Muprévenu de ce dessein, envoya le vesir Chaireddin-Pascha contre Thessalonique, et MaPlierai (Seres) et

rad,

doubler son pouvoir
tice;

exerce une complète justrouve cette leltre

nuel qui se sentit trop faible pour résister à

mais quant
la

ce qui regarde Sandschi-Beg,
se

de

telles forces
11

,

abandonna

la ville à

l'approche
au-

dans

même

bourse

de l'ennemi.

s'enfuit par

mer àByzauce

el celle ciu

juge de Brusa eu original.
ta

l'ordre réside dans
clave, le

sublime

Au reste, porte. Ton es-

près de son père ; mais celui-ci, tremblant d'être

condamnation de son fils était depuis longtemps écrite dans le cœur du tyran. Les nobles grecs qui lui furent amenés enchaînés, Murad les fit préla

pauvre Bajesid. «Ainsi

soupçonné d'intelligence avec son fils dans le complot sur Seres n'osa pas recevoir son fils dans l'enceinte de sa résidence (1). Manuel se
,

dirigea vers Lesbos, cherchant auprès

gneur génois de
crainte

l'Ile

du seiun refuge que son père
lui

cipiter

les flots.
la

du haut des murailles de la ville dans De son camp établi sur les bords de Marizza, il contemplait, avec une attention
,

n'avait pas osé lui accorder. Mais là aussi la

qu'inspirait
il

Murad

ferma tout ac-

cès (2). Alors

prit la résolution téméraire

de

calme

el fixe, les

corps qui roulaient deux à

se mettre lui-même

à la porte de

deux ou

trois à trois

dans le fleuve

,

et,

un

lièvre

d'implorer la clémence du sultan.

Murad et Murad avait
,
,

se levant devant le

camp

et se

mettant à fuir
tyran se prit à
des Turcs,

l'âme assez haute pours'applaudir de la confiance

poursuivi
rire (3),

par

les chiens, le

de son ennemi.

au souvenir delà
Ensuite

raillerie

qui flétrissaient les Grecs du

animal
fils

(4).

il

nom de ce timide ordonna aux pères des
le

Il alla au-devant de lui et, après quelques moments de silence de part et d'autre, lui reprocha ce qui s'était passé, lui fit voir

les torts

de sa conduite,

et l'invita à se corri-

qui avaient conspiré avec
,

sien

,

et qui

ger, ajoutant

lui étaient restés fidèles

leur propre main.

de les immoler de Tous exécutèrent l'ordre, et imitèrent l'exemple du tyran à l'exception de deux qui s'y refusèrent, et furent aussitôt exé,

que la sagesse de ses actes influerait heureusement sur les affaires de l'Europe. Manuel fit alors l'aveu de son délit de lèse-ma-

jesté, el sollicita son pardon.

Murad
à

le lui

aclui

corda, et renvoya

le

prince
recevoir

à

son père en

cutés (5). La vengeance

consommée,

il fit

rap-

recommandant de

le

Constantinople.

peler à l'empereur sa parole à l'égard d'Andro-

Et alors seulement, sur l'ordre du souverain des

Turcs, l'empereur de Byzance osa ouvrir les portes de sa capitale à son fils fugitif.
n° 127
la collection des papiers d'Etat de Feridun datée d'Andiïnople du 1 er rebiul-e\r\vel 782. (2) Jbid., n° 128, sans date.

(1)

Dans
,

La prise de Thessalonique, qui

d'ailleurs fut

arrachée dans la suite aux Turcs par les Grecs

(3)

Chalcondylas

l' e édii.

de Basle, 1556,

p. 145.
(1)

(4)

Tawschan, encore aujourd'hui.
Chalcondylas , passi
cité.

Chalcondylas,

i

,

p. 14.
,

(5)

(2)

Jbid., p. 16, et Phranzes

ancienne

édit.,

p

11.

,

LIVRE
ou
les Vénitiens, est le

V.
la

85
et

dernier exploit du

vesir

tenue contre

Chaireddin qui grandit encore par ce succès en
crédit auprès

de Murad

,

puissance toujours croissante d'exécuter enfin par une guerre

de Murad,

et qui

dans Tannée
le

ouverle les projets d'hostilité

mûris depuis

suivante

quitta ce

monde

laissant

renom

longues années. guerre entre
les

Comme
Ottomans
les

ce fut la première
et les

d'un vaillant
conseiller (1)

guerrier autant que d'un sage
[1386]. Chalcondylas a conservé

Karamaniens,

qui dès Sors se combattirent durant un siècle
et

sur ce personnage plus de paroles remarquables

demi, jusqu'à ce que
il

derniers furent abat-

que tous

les

écrivains ottomans.

Il

nous

a

rap-

un entrelien avec Murad. ISnltan Murad, demanda ce vesir à son maîpelé particulièrement
tre
la
,

comment

faut-il

conduire

les affaires

de

propos de montrer de la dynastie la plus puissante après celle des Ottomans, qui s'éleva sur les ruines des Seldschuks. Sous Alaeddin 1 er Nur-Ssofi \
tus sans retour,
l'origine
est à
, I

guerre, afin que lu puisses avec tes armées

atteindre le but désiré?»— «En profitant des occasions, aurait
les

répondu Murad, en s'attachant
bienfaits.
»

cœurs des soldats par des
tirer parti

—« M;iis
»

Arménien de naissance, et plus lard, l'un des partisans du scheich Baba-Elia(2), était venu à Konia; son fils Karaman parvint à une si haute faveur auprès d'Alaeddin que ce grand
,

comment
bien
les
le

des occasions pour attein«

prince des Seldschuks

dre ce but, poursuivit Chaireddin.

«Eu pesant
conduire.

moyens les plus propres
vesir se prit à rire, je vois

à y

Alors

et dit -.«Sultan

lui conféra la charge de grand éeuyer, en loi donnant la main de sa sœur. Quant au père il s'établit dans le district de Warsak, sur la chaîne du Taurus qui
, ,

Murad,

pourvu d'une grande sagesse; mais comment pèseras-tu les moyens
que tu
à

es

s'étend au nord-ouest de

la

Cilicie (3).

Le commandant de
eucie,

Selefke, l'ancienne Sés'était

les plus

propres

conduire

à ton

but,

si

déjàl

sur la côte

de Cilicie,
le

laissé
l'a-

par ta propre expérience tu n"as pas reconnu ce
qu'il

séduire par les doctrines de Nur-Ssofi et
vait
accueilli

convient de faire ou de négliger, d'adopil

dans
la

château avec
et

ses

dis-

ter
la

ou de rejeter? La résolution prise,

faut

de

ciples.

Ses

hôtes l'assassinèrent

se mirent

rapidité dans l'exécution, en sorte que les quali-

en possession de

place. Informé

de ce coup
à

tésd'un général doivent ètred'abord une grande

de main,
la

le sultan et le

Alaeddin conféra

karaman

prudence dans

le conseil, la rapidité

de

l'éclair

dans l'exécution,
tels entretiens,

et

il

faut encore qu'il encou-

rage son armée par son exemple. «C'est par de en suivant de
telles

maximes que
à la

Murad

conquête de l'Europe. Chaireddin-Pascha termina sa vie ù Jenitschehrsur le sol européen, dont il avait
et

son vesir se préparaient

tambour en signe d'investiture de Selefke (4) et de Larenda, dont les ruines, ré| andues à peu de dislance de la ville aclu lie de karaman, n'ont encore été visitées par aucun voyageur européen. Bientôt après,
bannière

karaman s'empara de la place d'Ermenak a deux journées au sud de Larenda, en y in,

acquis déjà de

si

vastes portions a l'empire ottoet sa valeur.

Iroduisant des
ba'.lots

man, par

sa

prudence

La mort du vesir et les derniers (roubles en Europe encouragèrent à l'attaque de l'empire les ennemis qui jusqu'alors avaient été tenus
en crainte par les talents et le courage de Chaireddin. Comme le feu de la révolte grec-

qui

,

hommes armés cachés dans des de marchandises. Son fils Mohammed d'Ermenak siège de sa puissance éten,

,

dait

chaque jour

ses Élats
,

dans toutes
la

les

di-

rections, conçut l'idée

après

morl de Gha-

jaszeddin-keichnsrew

que

était à

peine éteint dans

le

sang, que

le

vieux vesir était remplacé par un jeune homme sans expérience (2), le souverain de Karamanie

de produire un Turc de basse naissance, nommé Dschcmri comme le prétendu fils d'Alaeddin. mort en Crimée; et, au nom de ce candidat au pouvoir suprême,
, .

jugea que

c'était le

moment

le plus

favorable

pour

laisser éclater sa jalousie

longtemps con-

Dschenabi, p. 313. Qui enveloppait ses projets de révolution dans les ténèbres du mysticisme, et qui, après l'issue malheureuse d'une tentative de soulèvement à Arnasia périt
(1)

(2)

,

,

(1)

Hadschi-Chalfa
,

,

Tables chronologiques,
179.

p.

174;

d'une mort violente (Dschenabi).
(3)
(fi

Hadikatul-Wusera
(2)

c'est-à dire le jardin des vesirs.
fol.

Dschihannuma
Dscbenabi
,

,

p. 611.

Neschri,

fol.

68; Idril,

p.

213,

et Neschri, fol. 16,

1.

xti.

,

80
il

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
du gouvernement
et

se saisit

de Konia

,

ca-

gypte, qui

'ui

adressait des assurances d'amitié

pitale des Seldschuks (1), ainsi qu'on

l'a

vu

et lui envoyait

précédemment. Il introduisit dans tout l'empire ottoman l'usage de tenir les livres en turc et

rain de
la

des chevaux arabes, le souveKaramanie essaya aussi de délourner guerre par des envoyés chargés de démaret

en persan Abaka chan des Mongols envoya son vesir Scheinseddin-Dschowaini pour
•_>
. .

,

ches concilialuires,

d'excuser les ravages
Il

portés sur le territoire de Hamid(i).
trop lard
:

était

aider

le

jeune Gfaajaszeddin
(3).

à se

remettre en
et

la
fit

bouil ante ardeur

du jeune

vesir

possession de sa capi aie

Dschemri

son

Ali-Pascha

rejeter toutes les propositions

proteeleur Karaman

périrent

tous deux

de

de

paix,

et

les

ambassadeurs d'Alaeddin redéjà sur leurs traces.

mort violente
sait

qu'un

fils,

comme le dernier ne laisMahmud, encore au berceau (4),
,

et,

vinrent pour annoncer l'approche de l'armée

ollomane qui

était

sa dynastie paraissait près de s'éteindre (S);

Dans

la

plaine d'Iconium, où,
les

deux

siècles

mais, parvenu
la

l'âge viril

,

Mahmud
,

raffermit
et prit le

auparavant (*2),

Seldschuks avaient
Frédéric,

été

puissance ébranlée de sa maison

vaincus par l'armée des croisés sous les ordres de l'cmpen ur
et les
les

nom de Bedreddin (pleine lune de la foi), comme souverain absolu dans toute la Karamanie, après
11

Ottomans
la

karamaiiiens se heurtèrent pour
fois les

pre-

la

ruine du trône des Seldschuks.

laissa
le

dont

deux fils, Jachschi-Beg et Suhiman-Beg, premier lui succéda. Le fils de celui-ci,
les

Alaeddin, dès

commencements du règne de
Warsaks
à s'y
fait

Murad

,

avait favo, isé 'a révolte dans les en-

virons d'Angora en poussant les

réunir; mais

la prise de cette vile l'avait renoncer a ses projets, et l'amitié entre

armes à la main Murad rangea lui-même son armée en ba'aille, confia l'aile droite au prince Jakub la gauche au prince Bajesid remit le commandement de l'arrièregarde au beglerbeg Timurlasch et se plaça lui-même au centre avec sa cavalerie, derrière lesjanilschares et les Arabes. A côté de Jakub
mière
, ,

,

les

combattaient Sarudschi-Pascha, Balaban-Beg,
Elias-Beg, Musledschab-Beg, et les autres chefs

mariage d' Alaeddin avec Nefise, fille de Murad. Toutefois, le prince de Karamanie ne s'était résigné
scellée par le

deux puissances avait été

des troupes asiatiques. Ba esid avait auprès de
;

lui

Firus Bcg, Kodscha-Beg, et les autres généles auxiliaires

qu'avec peine a

la

paix

,

dissimulant son
ce

vais vouloir et sa jalousie jusqu'à

mauque la

raux de l'armer d'Europe, avec
serviens
servit
(3).

Désormais cet ordre de bataille

conjurai ion des deux princes et la mort de

une occasion favorable pour attaquer avec succès son beau-père. Il réunit sous ses rrapeaux les dilui offrir

Chaireddiu-Pascha parurent

de modèle da' s tous les combats que liles Ottomans: l'aile droite fut toujours formée en Asij par les troupes asiatiques, en
vrèrent

Europe par celbs deRumili, tandis que
janilschares
front,
et le sullan

les

verses tribus des
les

Warsaks
el

et des

Torghuds
l'Asie

furent invariablement placés au

hordes de Baiburd
,

d'autres peuplades de

ou son représentant,

le

Turkmans
,

et

de Tatares errants dans

grand vesir,
lière,

se tint au cenire de l'armée, en-

Mineure puis il délibéra sur la guerre avec sesbegs; mais, comme Murad appela aussitôt en Asie le beglerbeg d'E.irope, Timurlasch,
avec toutes ses forces, dans lesquelles se trouvaient deux mille ^ervieus auxiliaires, et qu'il
les

touré par les escadrons de la cavalerie régules sipahis et les

silihdares.

Alaeddin
à l'aile à l'aile

avait placé les

droite, les
:

Warsaks et les Tatares Turkmans et les Torghuds

passa en revue dans la plaine de
il

Ku 'ahi

e

;

comme, en même temps,
ville

reçut dans ce'te

gauche les premiers étaient sous les ordres de Teberruk-Beg, Ssamaghar commandait les autres le prince lui-même se tint au cintre de
:

une brillante ambassade du sultan d'É-

ses troupes. Déjà l'aile droite des

s'ébranlait

pour fondre sur

la

Karamauiens gauche des Otdes cymbales

tomans; déjà retentissait
(1)

le bruit

Neschri
Lutfi
,

,

fol.

16.

(2)

Neschri.
(1) (2)
(3)

(3) Neschri, fol. 16.
(4)

Seadeddin

,

Idris,

fol.

175.

Ibid., à la seconde page.

En 584

[1188].
fol.

(5)

Ibid.

Seadeddin, dans Bratutti, p. 129; Neschri,

71.

,

LIVRE
el cri

V.

87

des trompettes,

et l'on

entendait pousser le

prince de Tekke est un pauvre diable dont la
puissance s'étend seu'ement sur les deux villes
d'Is'enoset d' \ntalia;
faire la
il

de guerre: Allah est grand! lorsque Bajesid, ne pouvant plus contenir son ardeur, et

serait

honteux de

lui

néanmoins commencer l'attaque propre mouvement, sep écipi'adeson son de cheval, baisa la terre devant son père, et soln'osant pas
licita

guerre

:

le

lion ne chasse pas les

moul'aver-

ches.

»

Le seigneur de Tekke comprit

tissement, et livra tous ses châteaux entre les

la

permission de charger (I);
et

le

sultan

l'accorda,

aussitôt

les

épées se plongè-

mains de Murad, pour conserver au moins possession des deux p'aces nommées par
sultan.

la le

rent dans le sang. Timurlusch fondit sur le

prince de Karamanie,
et

le

contraignit à

la fuite,
il

L'armée ottomane fut congédiée à Kutahie, et Murad rentra triomphant dans
Brusa(l).

décida

la victoire.

la plus grande part

En récompense, du butin, et le
les

r eut

titre

de
le

vesir ou

p.scha
à

a

trois

queues, qu'il fut

Lorsque les auxiliaires serviens, de retour dans leur pays, racontèrent le supplice de leurs
frères devant Konia, le ressentiment fut général
,

premier
pire

porter parmi
(2); et

beglerbegs de l'em-

ottoman

qui, avant lui, avait été

et la Servie se révolta

.

comptant sur

1

as-

exclusivement réservé au premier dignitaire de
l'État:

sistance des Bosniens et

même

des Bulgares,

en sorte que celui-ci, pour être distingué des autres vesirs fut désormais appek' le grand vesir. A la bataille s ccéda immédiatement le siège de Konia; défense rigoureuse
,

dont

fut faite

à

l'armée de rien piller, de rien prens.

Sisman, quoique beau-père de en secret contre lui avec Lazare, kral de Servie (2). Les forces des deux peuples alors occupés firent subir à vingt mille Turcs à p lier la Bosnie une défaite si complète que
le

kral

Murad,

s'unit

,

,

dra de force aux habitants du pa-

La peine

cinq mille
[1387].

a

peine échappèrent au carnage
alors disposer des

de mort appliquée
auxiliaires

a

quelques soldats serviens

Mural pouvait bien

qui osèrent enfreindre cet ordre détourna ces

troup

s auxiliaires

des princes asiatiques de
,

des

Ottomans, mais gagna aux
et leur

troupes

la

confiance des populations,

assura d'à nples

approvisionnements. Durant douze jours, Murad resta campé devant Konia sans rien entreprendre. Le prince de Karamanie, pénétré des dangers de sa situation envoya dans le camp des Olloinans son épouse,
,

Tekke, Aidin, Mentcche, Ssaruehan et Karaman, inclinés devant sa puissance (3); mais, en Kurope, les krals de Bosnie, de Servie et
le

de Bulgarie étaient ligués contre lui;
la

prince de
à

Tatarie

Oobruze
il

s'était

laissé

entraîner

la

défection;

n'y avait que ses

vassaux

,

les

princes de Guslendil et de Ser-

la fille

de Murad

veur.

A

pour intercéder en sa faforce de prières elle décida son père à
,

rads h qui

lui

demeurassent
d'
le

fidèles.

Il

se préet

para donc

donner

la

paix à son époux,

si

celui-ci venait
la

une campague assurer pendant ce temps
à
il

Kurope;

pour
cinq
,

repos de l'Asie,

l'implorer en personne, et baiser

main du
hu-

en partagea

l'administration
:

dans

les

sultan en signe de soumission et de reconnais-

sandschaks suivants
jusqu'alors avait été

le

pays de Kermian

qui

sance

(3).

Alaeddin dut se résign

r i cet e

gou erné par

Bajesid, fut

miliation, rendit
et resta

hommage

a

son vainqueur,
et

confié au vesir-beglerbeg Timurtasch, attendu

en possession de Konia

de sesau'res
la ville

que
\

le

prince

,

ainsi

domaines. Alors Murad marcha contre de Begschehri
réduisit
,

aient leur père en

que son frère Jakub, sui. Europe un autre Timur:

qui avait fait défection,

et

la

tasch-subaschi (lieutenant de police
à la tète

)

fut placé

en quelques jours (4). Co mue en cette occasion on lui conseillait de réunir en même
|

temps
il

à

l'empire les filais du prince de

rejeta celte

proposition en

disant

Tekke « Le
:

de l'administration de Siwrihis/ar et du pays situé sur le Sangarius; Firus-Beg rele subaschi Kods* çut le sandschak d'Angora
;

cha-l3eg, celui d'Akschehr, et le subaschi Kut-

(1)
(2)

Neschri,

fol.

72.
;

(1)

Neschri

,

fol.

73.
p.

Si;adeddin,dansBratutti,p. 131

ldris

,

fol

178.

(2)

Seadeddin dans Bratutti,
,

133

;

Neschri,

fol.

75

;

(3) (4)

Neschri, fol 73 ;Seadeddin, dansBratutli, p. 132.
Jbid.

ldris
(3)

fol.

179.
,

Neschri

fol.

75.

88
lu-Beg,
celui
,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
d'Igirdir, dans le
district

de
les

gloire d'une ancienne ville de ce
plus avant dans le pays (1
);

nom

située

Hamid(l) en même temps furent nommés
chefs de l'armée.

vers l'ouest,
,

de Silistra, on rencontre Rusdschuk, à la place
et près

Avant d'entrer en campagne Murad se rendit à Jenitschchr pour y célébrer son mariage
et celui
trois

de l'ancienne
et
,

Securisca

;

et

entre Nicopolis
,

de ses deux
la

fils,

Bajesid et Jakub, avec

princesses byzantines, et pour fêter en

même
fils.

temps
les

circoncision de ses trois petits-

Rusdschuk là où était Saidava s'élève la ville de Sistov fameuse dans l'histoire des traités par la dernière paix conclue dans ses murs entre l'Autriche et la Porte. Les défi,

Chez

Arabes. Persans et Turcs, ce n'est
la

lés

de rilœmus correspondant
la

à

ces points

du mariage des jeunes filles que l'on désigne par le mot noce sous ce terme générique on comprend aussi la
pas seulement
célébration
;

de
ils

frontière septentrionale, dans l'ordre où
,

ont été cités

sont
et le

:

(passage aqueux

)

1° le Ssuluderbend Capuluderbend qui
,

solennisalion de

la

circoncision des garçons,

parce que
fêtes

,

dans
et

les idées des

Orientaux, les
A

servent d'ouverture au défilé le plus occidental; 2° celui d'Isladi , célèbre plus tard par la victoire
fia et

de mariages sont données uniquement

d'Hun) ad

,

et

qui

mène

à Vidin par So,

la fiancée

non point

à l'époux, qui déjà,
les

Nissa; 3° celui de Kasanlik
;

qui conduit

comme jeune

garçon, a reçu dans

fêtes

de
la

à Nicopolis

Demurkapu
le

(la porte

de fer

),

la circoncision

un dédommagement
,

pour

débouchant vers Sistov;
sixième
nissent
,

cinquième
,

et le

douleur subie dans l'opération
les réjouissances

de même que du mariage sont destinées à
la

percés à côté l'un de l'autre

se réu-

sécher

les

larmes de

jeune

fille.

Au

milieu

au versant méridional de l'Hœmus, à Karinabad; mais, du côté du nord de celte
, ,

des réjouissances de Jenilschehr, Murad, pour
reconnaître les assurances d'amitié du sultan

montagne

la

route de Rusdschuk traverse

le

cinquième,
cette ville.
tal et le

celle

de

Silistra le

sixième, et

le

d'Egypte envoya à son tour à ce souverain pour ambassadeur Jasidschi - Oghli ( fils de l'écrivain), dont les fils, qui portèrent le
,

septième, Nadirderbend,

mène également

vers

De
:

ces sept défilés, le plus occiden-

plus oriental sont les plus fameux dans
le

que leur père, honorèrent la littérature ottomane sous le règne de Murad II.

même nom A
peine

l'antiquité

premier a été décrit avec exacet le

titude par

Ammien,

second, d'une ma-

les fêtes étaient

achevées, Ali-Pas-

nière plus poétique, par Théophylactus. Nous
le premier quand la marche de l'armée turque nous y conduira ; mais nous rappelons en ce moment les paroles de Théophylactus sur Nadirderbend parce qu'Ai iPascha traversa d'abord avec son armée Tscha-

cha s'avança avec trente mille

hommes pour

reviendrons sur

châtier la perfidie de Sisman. La Bulgarie, autrefois la

Mysie Inférieure,
le

protégé, au nord, par
cette partie
et,
,

est un pays fertile, Danube, qui, dans

,

de son cours,

est large et

profond,

au sud par la chaîne de lTIœmus. Du côté de ces montagnes, la Bulgarie dans toute sa longueur n'est accessible que par ses défilés,
, ,

likawak

,

puis

se

dirigea vers

Schumna

et

Parawadi par Nadirderbend. «Sabulen-Kanalin (dont on a fait Tschali-Kawak) est dans une
situation délicieuse au milieu de la
la

auxquels correspondent sur

la

ligne parallèle

montagne;

du Danube autant de places plus ou moins fortifiées en sorte que chaque passage venant de pour ainsi dire fermé par une la Rumili est forteresse bulgare. Les deux places les plus
, , ,

plaine qui s'étend

à

ses pieds est couverte
;

d'un tapis émaillé de fleurs

de vertes prairies
la forêt

se déploient au loin et reposent agréablement
la

vue

,

tandis que les

ombres de

cou-

extérieures de la frontière septentrionale sont,

vrent
la

comme une

lente le voyageur qui gravit
,

vers l'ouest, Vidin, et, à

l'est,

Silistra
)

(

le

hauteur. Mais, à l'heure de midi
la

il

est brûlé

Bodène

et le Dorostolos des

Byzantins
l'est,

(2).

par

chaleur, lorsque les rayons

du

soleil

pé-

Près de Vidin, se trouve, â

Nicopolis,

nètrent dans les entrailles de la terre. Le pays

qui, à une époque postérieure, a usurpé la

abonde en sources dont

les
,

eaux ne glacent
et n'exercent au-

point celui qui s'y désaltère
(1)

Neschri,fol.97.

(2)

Mannirt

.

vu,

p. 115.

(I)

Mannert,

tu

,

p. 111 et 140.

LIVRE
s'y rafraîchissent.

V.
,

89
et réduisit et sa fa-

cune ac'ion malfaisante sur les Des oiseaux posés sur de
, ,

membres qui

toutes ses forces devant Nicopolis
le kral à se

remettre

,

avec sa capitale

tendres rameaux

réjouissent par leurs chants
lierre, le

mille

,

à la merci

du vainqueur. Le

vesir l'en-

mélodieux

le

voyageur fatigué. Le

voya avec ses trésors
dans
le

et ses enfanls à Tausli,
,

myrte
fleurs

et les ifs se

marient avec mille autres
;

camp de Murad [1390]

qui lui laissa

dans une admirable harmonie
»

l'air est

la vie,

mais prit possession de toute la Bul-

chargé de parfums dont les sens sont enivrés, etc

garie.

Le kral servien Lazare, voyant l'orage prêt à
que
fils

C'est par ce passage

le

grand vesir Ali,

fondre sur ses frontières, se prépara
sistance
:

à la ré,

Pascha s'avança vers Schumua
détaché Jaschschi-Beg
,

après avoir

voulant

même

prévenir l'ennemi

il

murtasch, avec cinq mille

du beg'erbeg Tihommes, du côté de
la

ordonna à son général Démétrius d'attaquer
et d'enlever le

Parawadi(l). Cette ville, placée dans

pro-

fondeur de

la

dernière gorge

orientale

de

l'Hœmus, fut emportée par
si

la force;

Schumna,

château de Schehrkoï (1), situé au sommet d'une montagne escarpée sur la frontière de la Bulgarie maintenant soumise aux Ottomans. A cette nouvelle Ali-Pascha
,

,

souvent quartier général des armées turles

ques (2) dans

temps
la

les plus récents, se

envoya en toute hâte Jachschi-Beg, le subaschi Aine-Beg et le pascha Sarudsche, avec dix mille

rendit volontairement, à

nouvelle de

la

chute

de Tirnowa

(3),

l'ancienne forteresse de Sis-

man. Ce prince
paix.

se fortifia à Nicopolis
,

il

fut
la

assiégé par Ali-Pascha. Alors

il

implora

Le grand vesir l'emmena au camp de Murad, qui voulut bien traiter avec lui moyennant le payement du tribut échu et la remise de Silistra. Ali-Pascha poussa des partis sous les ordres de Tughan-Beg du côté de Kossova (4), à l'angle méridional de la Bosnie au
,
, ,

hommes, pour reprendre la place. L'entreprise Le château fut rasé la garnison emmenée prisonnière; mais Jachschi-Beg, qui en fit le rapport au sultan et demanda la permission de poursuivre l'ennemi reçut l'ordre de
réussit.
.

,

Lazare n'épargna aucune peine pour déterminer ses voisins, les souverains d'Albarevenir. nie et de Bosnie, â une ligue de peuples contre

Murad, et, plein de confiance dans leur appui, il osa envoyer une provocal ion au sultan (2).
Celui-ci avait rappelé d'Asie ses
fils

point de jonction de sa frontière avec celles de
l'Albanie, de l'Herzogewine et de la Servie.

Bajesid et

Jakub

,

qui gouvernaient alors les sandschaks
et

Ces coureurs revinrent entraînant une foule de
captifs.

de Kutahije

de Karasi

(3)

,

et fortifié

son ar-

Ali-Pascha exigea pour leur rançon
;

la

remise de Tschete
session de
la

puis
il

,

lorsqu'il fut

en pos-

méedes troupes auxiliaires deSsaru-Chan, Mentesche, Aidin et de Hamid (4). Parmi les souverains chrétiens européens
vait
,

place

,

se dispensa de tenir sa
,

ses vassaux,

il

pouplus

parole, attendu
Silistra
,

que Sisnan

au beu de livrer
,

compter sur

le prince

de Serradsch et sur
(5).

la fortifiait

de plus en plus

ainsi
la

que

Constantin, prince de Gustendil
vieux

Un

Nicopolis. Le vesir poursuivit

donc

guerre

puissant renfort était le nomd'Ewrenos-Beg, le

contre

ce prince,

prit

le

château de Drid-

compagnon d'armes d'Urchan, qui

venait

schasa (5) par capitulation, e.nporta d'assaut
celui d'Hirschjva (6) sur le

d'arriver à l'armée, de retour de son pèlerinage

Danube, parut avec

(1)

est l'ancien
(2)
(3)

Parawadi dansla Rumili dHadscbi-Cbalfa p. 31, Probaton Mannert, vin, p. 139. Schumoa, Rumili d'Hadschi-Chalfa, p. 35. D'après Mannert tiii Tirnawa était p. 141
,

;

Mecque. Murad mena toutes ses troupes de Succi (Ssuluderbend), le plus occidental de l'Hœmus qui selon le rapport d'Aînmien Marcellin (6), s'élève graduellement
à la

par

le défilé

,

,

du côté du nord ou de

l'Illyrie

,

descend brus-

,

,

,

l'ancienne Nicopolis.
(4) La description de la plaine de Kossova se trouve dans Bonfinius, et en outre dans un ouvrage fort an-

(1)

Neschri.fol. 82.
83,et Seadeddin, dans Bratutti, p. 145.
75.
,

cien et fort rare, Itinéraire de l'ambassade de

Wegraysz

(2) Jbid., fol.

à Constant inople auprès de l'empereur Suleimau, imprimé en 1531.
(5)

(3) Jbid.
(4)
(5, (6)

,

fol.

Seadeddin

dans Bratutti

,

p. 143.

(6)

Dan* Dans

Bratutti.

Voy.
,

à la page 138, Triciatia.
;

Ibid., p. 145.

Bratutti

p. 137

Hirdania.

Ammien

Marcellin

,

1.

xn,

p. 10.

,

90
quement sur

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
le versant

de

la

Thrace
à

,

et

ne
de

de guerre avec

les

chefs de son armée, et tous
le

peut èlre franchi qu'avec peine

l'aide

furent d'avis de s'avancer dans

pays de l'en-

sentiers étroits, pratiqués à travers les rochers.

nemi Ewrenos-Beg
nord, traversa
<i

et .ligil-Pascha prirent la
i

Des deux côtés de l'Hœmus à pariir du point où le Rhodopc s'en détache pour s'avancer au
,

conduite de lavant-garde. L'ar
les

ée, tirant au

gorges de l'Orbelos, campa
sur
la rive

sud, s'étendent de vastes plaines; au nord se
déploie
la

Gum

sclihiszr
et

(1),

occidentale de
la

campagne de Jardika ou

Sofia, ha-

la

Morava,

passa le fleuve dans

nuit, tamsix di-

bitée par les Daces au temps d'Ammieii
cellin (1);

Mar-

bour battant, enseignes déployées, en
visions.

au sud celle de Philippopolis, où de-

La

première

était

conduite
le

par

le

nicuraienl les Thraces.

A

son troisième jour
(2) (l'anà drniie,

grand

vesir, la

seconde par

prince Bajesid,

de marche, Murad atteignit Ihliman
cieu He'ike).
Ici la

la troisième

par Aine-Beg,
la

route se par âge

:

prince .lakub,

la quatrième par le cinquième par Saridsch-Pas-

un chemin

facile et

commode
les

conduit à So!;a,

Nissa et Schehrkoï (3); par celui de gauche,

qu'interrompent souvent

eaux manquant

et la sixième par Murad en personne (2). La plaine de Kossova (en hongrois Rigomazeu, en allemand le champ des merles) a cinq mille

cha

,

d'écoulement, on arrive péniblement aux bains

pas de largeur et v ngl mille de longueur;
;

chauds de Gustendil, à l'angle où l'Orbelos se joint au Rhodope. Suivant le conseil de SOU
vassal chrétien, le prince
choisit ce
le

Iraversée par une petite rivière, elle est en-

de Serradsch, Murad

chemin, appelé Ssuluderbend,

comme
il

fermée de tous cotés par des montagnes de peu d'élévation, auprès desquelles sont bâtis de jolis villages (3). Là, les troupes de Murad
se trouvèrent en face de l'armée
,

p'us court et

menant

le

plus vite

à

l'ennemi.
attei-

bien supé-

Trois .jours après son départ d'Ihtiman,
gnit la
pi,

rieure en nombre, des {rinces alliés de Servie,

ine d'Alaeddin
il

,

il

s'arrêta

deux

jours, et, le lendemain,

était

devant Gustendil,

de Bosnie, d'Ilerzogewine et d'Albanie, et le sultan délibéra avec ses généraux pour savoir
si

il

fut reçu amicalement par le seigneur
là, les

du

l'on

attaquerait

sa' s s'arrêter à la

supério-

pays, son fidèle vassal:

guerriers fat ignés

rité

de l'ennemi
les

(4).

Plusieurs furent d'avis de
le

trouvèrent une nourriture

si

abondante que,

se'on l'expression de iNeschri (4) , on voyait couler des ruisseaux de lait et de miel. La pre-

mûrir mée
,

cha veaux devant

front de l'ar-

afin

de jeter

le

trouble dans les rangs

des Européens par l'aspect étrange de ces ani-

grande vallée d'Ulu-Owa (5), d'où Ewrenos ht une reconnaissance avec quarante cavaliers, et ramena quelques prisonniers (6). D'Ulu-Owa la marche se pourla

mière halte fut dans

maux (ô), et de s'en servir en même temps cornue d'une sorte de rempart. Le prince Bajesid combattit celte proposition. «I e ciel
sait-il, avait jusqu'alors
,

diot-

couvert
si

les

armes

karatova (7), où l'on s'arrêta plus longiemps. Un envoyé de Lazare, qui, sous
suivit vers

tomanes d'une
qu'il n'était

protection

extraordinaire

pas besoin d'une

telle

ressource

;

prétexte d'apporter un défi, n'était venu en
réalité

que pour voir

l'état

de l'armée, dut

un stratagème de cette nature portait atteinte à la confiance que l'on niellait en Dieu; i
fallait

rendre grâces à son caractère,

s'il ne reçut, pour prix de son insolent message qu'une réponse dédaigneuse (S). Murad tint un conseil
,

combattre face
vesir
le résultat

à face et

à

découvert.!

Le
dans

grand
la nuit

appuya
de
la

ce

sentiment

du

prince par

consultation faite
,

(1)

Animipn Marcellin, pass.

cité.

Hincvicinae medi57;

du Koran setombé sur ce passage : «0 Prophète, dompte les infidèles et les hyposur
les

feuillets

lon la coutume.
terranneis Dacix. /A/7/.
(2)
fol.

Il

étail

La Rumili d Hadschi-Chalfa
Neschri
/feu/,
,

,

p.

Neschri
(1) Neschri, fol 85.

81.
fol.

(3)
(4)
(5)

82.

(2)

Ibid.

,

fol. 85.

fol.

82.

(3) Boufinii reruin
furli, 15«1
(4)
fol.
,

hungaricarum Décades;
Braïuiti,
p.

FrancoNeschri

Ibid.
Ibid.

(6) (7)

p 471. Seadeddin, dans

146;

Ibid.

87.

(8) Ibid.

(5) Ibid., p. 147.

,,,

LIVRE
crites! et,

V.
bagages de l'armée
l'aile

91
(1).

en

effet,

souvent une faible troupe en

rières furent placés les

abat une plus grande(l).
tasch repoussa aussi

»Le beg'erbeg Timurproposiùon par des

La bataille s'engagea, et déjà
des Ottomans commençait

la

à plier,

gauche lorsque Ba-

motifs puisés dans l'expérience de la guerre
plutôt
les

jesid accourut à son secours, brisant devant lui

que dans la religion il représenia que chameaux seraient effrayés par la grosse
;

cavalerie plutôt qu'ils ne jetteraient la terreur

des ennemis avec une massue de fer. Le sang coulait a grands flots. Tout à coup, au milieu des morts et des mourants s'avance
les tètes
,

dans
ils

les

troupes opposées
les

,

et qu'en reculant lieu
(2).

rompraient
le

rangs des Ottomans, au

de jeter

désordre

dam

ceux de l'ennemi

Le conseil se sépara

à la nuit sans

qu'une ré-

solution eût été prise.

voir que le vent, soufflant

Murad, découragé de du côté de l'en-

un noble servien, Milosch-Kobilovitsch, qui, s'ouvrant violemment un passage à travers les nings des tschauschs et des gardes du corps, s'écrie qu'il veut confier un secret à Murad. Sur un signe du sultan, on le laisse approcher;
le

Servien s'élance, et, au

moment où
le

il

se

nemi, chassait

la

poussière au visage des Otla

courbait
rad,
il

comme pour

baiser les pieds de

Mu-

tomans, pria toute

nuit pour obtenir l'assis-

lui

plonge son poignird dans

ventre.
l'assas-

tance d'en haut (3) et la faveur de mourir en niar'yr dans la défense de la vraie foi et de
l'islam
la
,

Les gardes du corps se précipitent sur

sin; mais Milosch, plein de vigueur et d'agilité,

qui

seul peut

naissance du

jour

,

donner la félicité. A les nuages de pous-

en abat plusieurs;
il

trois fois,
à

par d'infoule des

croyables efforts,
assaillants,

échappe
à

la le

sière
sante.

tombèrent

sous

une

pluie

bienfai-

et

cherche

gagner
est
,

bord du

fleuve où
côlé des alliés, dans le conseil de guerre,
la

il

avait laissé son cheval, mais enfin,
il

Du
la

accablé par le nombre,

renversé et mis
sa blessure

proposition d'at'aquer durant

nuit fut re-

en pièces
mortelle,

(2).

Cependant
les

malgré

jetée par Georges Gastriota, qui prétendit
la

que

Murad eut encore
victoire.

assez

de force
devaient
trouva en
et

nuit favoriserait

la

fu te de l'ennemi, le
;

dame
dans
état

pour donner
la

ordres qui

déroberait A sa destruction complète. Lorsque
le ciel fut éclairci, les

achever

Lazare fut pris et amené
,

deux armées se trouvèBulgares
et

la tente

de Murad

qui se

rent en présence, prêtes au combat. Celle des
infidèles
,

de prononcer sa condamnation,
d'expirer
si
,

qui,

composée de Serviens
,

,

avant

Bosniens

Albanais
,

,

Valaques

,

Polonais

mort

vengea d'avance sa propre prochaine par celle de son ennemi

même
ordre

de Hongrois d'après le témoignage de l'historien ottoman était disposée dans cet
, :

L1389].

Tel est le récit présenté par les historiens

Lazare, roi de Servie
,

,

commandait

le

ottomans sur
les

centre

son neveu

Wuk - Brankovich

l'aile

droite, et le roi de Bosnie, Thwarko, l'aile gauche. Les Ottomans étaient ainsi rangés
:

de Milosch-Kobilovitsch ; ne rapportent pas de même le meurtre du sultan. Si les Turcs ont l'habitude de rabaisser les actions glorieuses
l'action

Grecs

et les Serviens

Murad

choisit

sa place accoutumée au n ilicu
bataille, le prince Bajesid prit le
la droite
,

des chrétiens, ceux-ci sont trop disposés à grandir leurs héros, à les revêtir des plus brillantes

de l'ordre de
la

commandement de
;

le

prince Jakub
lurent

couleurs.
tres les
le

Il

faut

donc opposer

les

uns aux au-

conduite de la gauche.

Au premier

témoignages contradictoires, et, dans

ad oints Ewrenos-Beg et Kurd, aga des Asabes; au second, le subaschi Aine-Beg et le chef des
pionniers

doute, s'abstenir de prononcer. Voici

comme

l'action

de Kobilovitscn
les traditions

est racontée,

non-seu-

Saridsche-Pascha. Haider
se tint

,

maître

lement par

serviennes, mais en-

de

l'artillerie,

au front avec ses pitres

core par l'un des Byzantins les plus dignes de
foi,

distribuées entre les janitscharcs ; sur les der-

Jean Ducas,
:

petit-fils

de l'empereur de ce
Lazare était

nom
(1)
(2)

«

La

veille

de

la bataille, le roi

Neschri,

fol.

87.
(1)

Seadeddin, daas Bratutti, p. 148. (3) La prière se trouve tout au long p. 148 et 149.

Neschri,

fol.

90; Seadeddin

,

fol.

75

;

Ssolatsade,

dam

Bratutti

fol. 12.

(2)

SsolaUade,

fol. 12.

92
lées

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
ainsi, la

à boire avec ses nobles dans des coupes appe-

vraisemblance se trouve du côté des

stravizas
trahir.
la

: «

Vide cette coupe à

ma

santé,

historiens ottomans.

Quoi

qu'il

en

soit, le

nom
an-

dit Lazare à Milosch,

quoique tu sois accusé de
les stravizas,

de Milosch-Kobilovitsch
nales des
et
il

est inscrit

dans

les

nous

— Merci, sans

répondit

Ottomans comme
la liberté

celui d'un meurtrier;

journée de demain prouvera ma Le lendemain matin, Milosch se rendit sur un puissant coursier dans le camp ennemi et demanda comme transfuge à être admis à baiser les pieds du sultan, ce qui lui fut
Milosch,
fidélité.»
,

est

répété par les Serviens

comme

celui

du

vengeur de
d'après
le

de

la patrie.

El toutefois,

témoignage irrécusable des écrivains
et

de

la

Servie, l'action de kobilovitsch fut dé-

terminée par l'ambition
laver

par

le

désir de se

accordé. Alors,

il il

se baissa, et, saisissant le
le jeta à

du soupçon de

trahison.
:

Voici

ce qui

pied de

Murad

,

bas de son siège, en

l'attirant

en avant, et
il

lui

plongea son poignard

dans

le

cœur. Puis

s'enfuit avec

une
selle,

telle ra;

pidité qu'il parvint à

atteindre

son cheval
il

mais, avant qu'il pût s'élancer en

tomba
Aus-

percé de mille coups par
sitôt, les

les janitschares.
la bataille

Turcs engagèrent
l'assassinat

en fureur

donna naissance a ce soupçon Wukaschava et Mara, les deux filles de Lazare, étaient mariées, la première à Milosch, l'autre au rival de ce seigneur, Wuk-Brankovich. Les deux sœurs disputant un jour sur la valeur de leurs époux, Wukaschava appuya ses raisons par un soufflet. Mara se plaignit, en pleurant, à Brankovich,
qui appela son beau-frère en duel.

pour venger

de leur souverain. La-

zare ordonna au chef des Bosniens, Wladko-Bukovich, de tenir tête aux Turcs avec vingt mille hommes. La première charge fut repoussée avec succès; mais, au moment où Wladko allait at-

eut lieu avec

la

permission du

roi.

Le combat Miosch ren,

versa son adversaire à bas de son cheval

et le

vaincu

,

par un

vil

ressentiment

contre son

vainqueur, l'accusa d'intelligence avec les Turcs.

taquer à son tour,

le bruit se

répandit dans
chréeffet
?

On
roi
la
,

a

vu comment,

la veille
les

l'armée que Tragos-Prowisch, général du des-

en présence de tous

de la bataille, le grands présenta
,

pote, avait tourné ses armes contre
tiens;

les

coupe d'argent à Milosch

(1),

et

comment
donnée.

ce bruit, qui était faux
artifice

,

fut-il

un

celui-ci accomplit la parole qu'il avait

du hasard ou bien un
ne sut; mais, quoi

des Turcs

On
ef-

Ainsi, son action héroïque fut provoquée par

qu'il

en soit, Wladko,

une querelle de femmes. Au reste,
Milosch-Kobilovitsch
est

le

nom de
les

frayé, s'enfuit avec les Bosniens, et Lazare, aban-

perpétué chez

Ser(2).

donné des
dans
la

siens

,

tomba, sans résistance

,

avec

viens et les Ottomans de plus d'une manière

ses nobles entre les

mains de l'ennemi. Conduit tente du sultan mourant, il apprit alors

Dans

l'arsenal

du

serai

,

on conserve son armure
(3);

et l'équipement

de son cheval

et l'usage,

seulement comment Milosch-Kobilovitsch, au

observé encore aujourd'hui,

à l'entrée

du

serai,

moment décisif, avait prouvé la foi par lui jurée. «Grand Dieu, s'écria Lazare, en levant les mains vers le ciel, appelle maintenant mon âme
à toi, puisque tu m'as accordé la grâce de con-

pour

les

audiences du sultan, de faire introle

duire sans armes

personnage présenté par
lui

des chambellans qui

tiennent

les

bras

,

ce

cérémonial, plein de mesures préventives, se
rapporte au meurtre de Murad
(4).

templer, avant

ma mort, mon ennemi

expirant,

Sur
trois

le

champ

frappé de

la

main d'un guerrier
le

fidèle. »

A

l'ins-

de

bataille
,

de Kossova, on montre
la
,

grandes

tant le souverain de Servie et ses nobles furent

pierres

placées à

distance de cinquante

exécutés devant

sultan agonisant, qui put

aunes l'une de l'autre

encore entrevoir leurs cadavres.

Au

reste, d'a-

près l'une ou l'autre version, quelle que soit

qui marquent les trois bonds par lesquels Kobilovitsch échappa aux gardes du corps lancés sur lui (5); une chapelle
(1)

Murad ne fut point frappé dans une attaque à découvert dans un combat d'homme à homme ; le meurtre sur le champ de bataille a quelque chose de moins odieux que le coup porté dans la tente; Milosch, sorla véritable,
,

Engel, Histoire de Servie
,

,

p. 333.
et 223.

D'après Tubero,

dans Scbwandtner

I.

n

,

p.

222

(2) Voy. les Chanls populaires, mis en allemand par Hoider, dans ses OEuvres sur 'art et la littérature,

part,
(3)

vin

,

p. 154.
fol. 12.

Ssolaksade,
Ibid.

tant d'un

monceau de cadavres
le projet

,

aura bien pu
;

(4) Ibid. (5)

exécuter

conçu

et

médité à l'avance

,

LIVRE
turque marque
l'endroit

V.

93
(1).

où Murad succomba
lieu (1):

;

précipiter dans les flots de la Marizza les jeunes

mais
ils

ses restes

ne reposent point en ce

nobles grecs, ses prisonniers

furent transportés à Brusa et déposés contre

mosquée élevée par ses soins. La vie de Murad justifia pleinement les deux surnoms de Chudawendkiar (seigneur) (2) et de
la

La même année où Murad tomba sous le poignard de Milosch-Kobiloviisch, vil aussi mourir Behadeddin le grand scheich des Nakschben,

dis, et le
Hafis,

premier des poètes lyriques persans,
le style est le modèle du mystiCe synchronisme est ici indiqué marque le plus haut degré de mys-

Ghasi (vainqueur), sous lesquels

il

est célébré

dont
(2).

dans

l'histoire

des Ottomans.
la

Il

fut

un chamet pres-

cisme

pion infatigable dans

guerre sainte,

parce qu'il

que toujours un maître équitable. Cet hommage
lui est

ticisme et de la poésie des Persans,
lors

qui

dès

rendu par Chalcondylas lui-même
et la

,

maltra-

commencent

à exercer

gré l'exécution de Sandschi

scène

si

fluence sur

la littérature

une grande indes Ottomans.

gique de Demitoka, alors que

le sultan faisait
(1)

Amuratesautem per omiiia imitans aequitatem Cyri
lilii
;

(1) (2)

Bonfinius.p. 471

,

est

dans l'erreur.

Cainbysis
(2)

Cbalcond.
,

,

1.

Chudawendkiar est le uom de Dieu comme souverain.

Hadschi-Chalfa

Tables chronologiques.

LIVRE
BAJFSIl)
,

VI.

MONTE SUR LE TRONE. —PREMIER SIÈGE DE CONSTANTINOPLE PAR LES INVASION TURQUE EN HONGRIE. CONQUÊTE DES ÉTATS DE KARAMANIE, CORRUPTION DES MOEURS ET DES JUGES. FONDE BURHANEDDIN ET DE ROETURUM.
FRATRICIDE
,

TURCS.

— PREMIÈRE

DATIONS ET CONSTRUCTIONS.
SONNIERS.

— MOSQUÉE

BATAILLE DE NICOPOLIS

ET MASSACRE

DE DIX MILLE PRI-

ET KADl A CONSTANT1NOPLE.

— NOUVELLES

CONQUÊTES EN ASIE ET EN

GRÈCE.

Le règne de Bajesid-Ildirim
foudre
le
,

,

c'est-à-dire la

jamais eu que deux
voir -uprème.

,

et qu'il

ne

lui

en restât

commence comme l'histoire du monde par un fratricide. A peine son père avait rendu
dernier soupir, Bajesid
«
fit

plus qu'un seul lorsqu'il devint maître

du pou-

!

mettre

à

mort son
dit
l'his-

Après avoir envoyé en Asie

les notifications

unique frère Jakub,
toriographe de

en raison,
,

nécessaires sur la victoire de Kossova et sur son

l'empire

de celte maxime
pire que
l'exécu-

élévation au trône, Bajesid s'occupa d'abord de

du Koran
tion.
11

:

la

sédition est
le

mettre ordre aux affaires de Servie.

Il

ordonna

considérait aussi
et

mauvais exemple

à Jigit-Beg de faire des courses en Bosnie, et à

de conjuration

de révolte donné par sou

Firus-Beg de pousser des partis du côté de Yidin
;

frère Sandschi, et la nécessité de prévenir l'en-

il

prit ensuite possession des
et

mines d'ardeLazare,
il

vie de l'imiter. Enfin, à l'exemple de Pieu lui-

gent de Karalova,
turcs.

peupla Skopi de colons
,

même
est

qui règne seul et sans rival, celui qui
la terre
,

Après
lui

cela

|

J389J

Etienne,

fils

l'ombre de Dieu sur

le

chef des

éiant venu lui prêter serment de fidélité,
clut

con-

vrais croyants,

devait, semblable à Dieu et
rival,

avec

un

traité

par lequel

le di

spote s'entoutes

délivré de tout
trône. »

s'asseoir

seul

sur

le

gageait à suivre BajesLl
ses guerres, A lui

comme allié dans
sa

La politique des sultans successeurs de Bajesid trouva ses motifs si puissants, que
l'imitation de sa conduite fut regardée par eux

sœur en mariage, et à lui payer un tribut annuel sur ses mines d'argent (.1). lldiiim humilia davantage les Paléologues qui se disputaient
le

donner

comme un devoir, et que dans la suite Mohammed le Conquérant proclama publiquement comme loi de l'empire, que chaque nouveau
sultan (() devait immoler ses frères à son avè-

trône byzantin.

Andronicusel Jean,
pereur régnaut
allié
,

filset petit-fils

de Jean, l'em-

qui avait trouvé contre eux
il

un

dans Murad, cummeauparavant

avait ren-

nement. Les historiographes ottomans pour qui
ce fratricide paraît une tache à
la

contré un appui dans Urchan contre Canlacuzène,
avaient dû, sur l'injonction de Murad, à cause

mémoire de
regarder

leur héros

,

malgré leur accord
politique
,

à le

de leur conjuration avec Sandschi son
les

fils,

avoir

comme une nécessité
l'exécution
et d'après

prétendent que

de Jakub eut

lieu à l'insu d'ildirim
(2).

yeux brûlés puis être je'és en prison; mais les ordres pour le supplice n'avaient pas été telle-

l'unanime décision des begs

Les

historiens européens, qui se plaisent à exagérer
les

horreurs

tomme
fit

les

ottomans à exagérer

les

éloges, portent jusqu'à sept le
res que Bajesid

exécuter,

nombre de frèbien qu il n'en ait

ment bien exécutés que les deux princes fussent entièrement privés de la vue, et qu'ils n'eussent conservé quelque espoir de monter un jour sur leur garde n'était pas si sévère qu'ils le trône n'eussent pu trouver moyen de s'adresser à Bajesid, et de réaliser par lui leurs espérances.
;

(1) (21

Voy.

Constitution de l'empire ottoman, Seadeddiu et SsolaUsade.

1. 1,

p. 98.

M) Ducas.t.

i, p. 6.

LIVRE
Bajesid saisit avidement l'occasion qui lui était
offerte

VI.

95
de l'empire byzantin hors des
Danias
'1

restait encore

réjouit comine

de semer de nouveaux troubles il se le loup lorsque le vent sou ève la
;

murs delà

capitale, savoir: belymbria, Heraet

klea, Rhaidesios,

poussière. Ainsi s'exprime Phranzcs faisant allusion sans
les

pontide, ainsi que
fut

hessalonique
et

Panidossurla Pro(I). Manuel
co-régent de

doute au loup qui se trouvait dans

couronné comme successeur
sur
le

anciennes armoiries turques. Le sultan vint

l'empereur Jean, qui parut deux ans encore assis

donc à Constanlinople au secours des princes
ivec six mille cavaliers et quatre mille fantassins;
il

trône, où la pitié des princes ottomans
et Bajesid, le maintint

Lrchan, Murad
la

pendant

arracha du palais des fontaines (1) l'emet

durée d'un demi-siècle.
Bajesid, ayant conclu la paix de Servie, avant
l'Asie, jeta à

pereur Jean
la

son

fils

Manuel,

les
à la
le

enferma dans

tour d'Anemas, et les remit
,

garde sévère
trône de son

de partir pour
la ville

Andrinople

les fon-

rPAndronicus
père (2).

qui

monta sur

dements d'une mosquée (2), dans cette partie de

Pour prix d'un

tel service,

Andronicus
n'écouta

que

l'on

nomme

encore aujourd'hui

le

paya chaque année à Bajesid plusieurs quintaux d'argent et d'or (3); toutefois,
pas
les conseils
il

quartier d'Ildirimchan. Cette mosquée dont la

coupole repose sur quatre arceaux
cela est appelée

,

ei

qui pour
,

répétés du sultan d'immoler son

mosquée de
(3).

la

coupole

avec uu
l'es-

pèreetsonfrère(4). L'empereur Jpauet Manuel,
par
le

imaret y attenant, ne fut achevée que dans

secours des Génois, réussirent

à

échapla

pace de quatorze ans

Saridsche-Pascha, ap-

per aux soldats bulgares qui gardaient

tour

pelésouvent général des Asabes, bâli um- autre

i'Anemas,

et se

réfugièrent auprès de Bajesid.

mosquée dans
dant de

cette résidence. Coin ne
,

comman-

Celui-ci qui avait souvent pressé Andronicus

la flotte

il

captura à l'entrée des Darreur de Byle

ie les mettre à mort maintenant résolut de
tirer parti

danelles un vaisseau franc, sur lequel se trouvait

de leur existence our châtier la lésobéissance de son protégé Andronicus. Ré|

une princesse destinée à

l'ernpi

zance.

La

belle fiancée impériale
le

dont

nom

veillant le

souvenir de l'ancienne amiiiédu

vieil

est resté

inconnu, entra dans

harem de Bajela fille

;mpe eur avec son père Mnrarl et son a cul Jrchan, Bajesid prêta l'oreille aux propositions
le
•i

sid (4), qui, déjà se trouvant
,

marié avec
la

du seigneur de kennian avec
B.zance,
et celle

princesse de

Jeau, qui

lui offrait d'être
la

son vassal. Celui-

de Servie, comptait maintefrais nécessaires à

promit de payer pour

captivité

du

fils

le

nant quatre princesses pour ses femmes légitimes. Afin

m

fils avait payé jusqu'alors pour du père, de se mettre chaque printemps service du souveraindesOttomans avec douze nille hommes, cavaliers et fantassins, et de se •egarder comme l'ami de ses amis et l'ennemi

ribut que le

de subvenir aux
la

elle

l'achèvement de
der,
il

mosquée qu'il venait de fonentreprit une expédition n Asie, et réi

solutde conquérir Alaschenr (5) (Philadelphia); celte ville, située en re les pays soumis aux Ot-

le ses
[.celle

ennemis. Cet accord fut des deux côtés
1

tomans

et

ceux du prince d'Aidïn dont
seule possession

elle était

par ua serment (5) 1390]. Bajesid envoya in messager à Constanlinople pour s'informer
les

l'alliée, était la

que

les

Grecs

eussent conservée dan> toute l'Asie. Pour faire
cette conquête
ses
le sultan réclama les troupes de nouveaux alliés de Servi de Byzance L'391].

habitants lequel des diux
ils

fils

de l'empereur,

Andronicus ou Manuel,
'•econnaitre

étaient disposés A

comme

son successeur au truie. Le

'apport ayant été favorable à Manuel, Bajesid
ni

Le commandant grec d'Alaschetir répondit à la sommation de Manuel de lecevoir un juge

prêta le secours promis, et une armée turle

pie
|

replaça sur le trône

,

comme
il

elle l'en avait
(1)

irraché deux ans auparavant. Mais Andronicus
ie

Phranzès,
I.

!.

xui,édir. d'Aller, p. 13, et Chalcon-

retourna pas en prison;

conserva ce qui

dylas,
(2) (3)

n,

p. 19.
,

Hadschi-Chalfa

Tables chronologiques.

Ruinili d Hail-chi-Chalfa, p. 9.
19.
fol.
,

I

(1)
('2,

Phranzès,
Ihid.
,

I.

i,p. 13.
,

(4) Aali, fol
(5)

Cbulcond
edit.

l.

c.
,

Ntschri ,
,

I

(S) Ibid.
<A)

,

d'Aller

p. 13.

bigarrée
elle est

Ibid.
I

95 Alafccbehr , c'est-à-dire la ville non pas Al.ahschehr ville de Dieu, comme Dominée par erreur dans la plupart de* descripei
,

Micas

,

m,

p 23.

tions de voyages, et

même

Jaas Lente.

,

. ,

90
et
à livrer la

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
Sinope(l). lldirim
fit

un préfet turcs, qu'il n'était pas disposé ville à un barbare, lldirim, transporté de terreur, fit investir la place par
les

de ses nouvelles conquêtes
à

un sandschak

qu'il

donna

son

fils

Ertoghrul

Ainsi des dix principautés formées des débris

troupes grecques placées sous les ordres de
et

de Manuel en personne, qui reçurent pour les services rendus dans ce siège une réJean

de l'empire seldschukide, déjà sept (2) étaient venues s'engloutir dans le gouffre toujours béant de la puissance oltomane; au nord et au
sud de
l'Asie

compense d'Hdirim,
refusé de livrer la

à

qui

le fidèle

vassal avait

Mineure,

ville; et, ce qui paraîtra plus

Kastimuni
puissance

et

les deux princes seuls de dcKaramanie bravaient encore sa

incroyable

,

c'est

que

les

deux empereurs mon-

(3).

Depuis

la

paix renouvelée par
s'étaient

tèrent les premiers à l'assaut de leur propre
ville

Urchan, des relations d'amitié
avec
le

formées

pour

la

mettre au pouvoir des barbares(l).

dernier

(i);

mais le vassal de Hamid éleva
lui (5). Bajesid,

Philadelphie est restée plus fameuse dans l'histoire par celte étrange manière

des plaintes contre

après avoir

de passer aux
conquête pré-

entièrement soumis Kermian et Tekke, et placé

mains des musulmans
Byzantins

,

que par
les

la

Firus-Begà

la tète

de ce nouveau sandschak, se
la Cilicie

cédente qu'en avaient faite

Seldschuks, les

tourna contre la kararaanie, dont le prince Alaeddin se réfugia dans les rochers de

(2), les croisés et les

Karamaniens(3),

Pé-

Roger avaient tenté de l'enlever. Anciennement elle s'appelait Kallatebos; Hérodote en parle à propos de la marche de Xerxès, à cause de ses gâteaux de miel (4); aujourd'hui même l'Halwa, c'est-à-dire le gâteau du miel d'Alaschehr, ainsi que celui de Konia, sont renommés dans toute l'Asie Mineure. Bajesid y bâtit une mosquée, une école et des bains, et affecta les revenus de la ville à l'érection et à l'entretien de la mosquée'qu'il avait commencée à Audrinople. Le prince d'Aidin,
à qui les Catalans, sous la conduite de

trée(6). Bajesid investit Konia, qu'avait assiégée,

son père Murad
les

;

il

eut les

mêmes égards pour
il

habitants de la contrée;

usa de

la

même

discipline rigoureuse qui avait autrefois excité

des mécontentements dans

les

troupes auxiliai-

la ville eux-mêmes furent ainsi encouragés à transporter du blé dans le camp ottoman; et, quand ils eu avaient

res de Servie. Les citoyens de

reçu

le prix, ils

étaient reconduits en sûreté par
(7).

des tschauschs

Séduites par de

tels

procé-

dés, les villes karamaniennes d'Akschehr, de

dont

la

protection avait soutenu jusqu'alors Alas-

Nikde

(8), d'Akserai (9),

ouvrirent elles-mêmes
fut

chehr, l'unique ville grecque d'Asie, vint prêter

leurs portes, et le

commandement en

donné

serment au vainqueur; non-seulement
sista

il

se déet

au beglerberg Timurtasch(lO). LeprincedeKa-

du

droit souverain de frapper

monnaie

ramanie,pour ne pas perdre tousses
crifia
la

États, en sa-

de

faire dire la prière

publique dans tout son

une partie [1390],

et la paix fut conclue à
le

territoire,

mais

il

céda encore Éphèse, jusqu'a-

condition qu'à l'avenir

fleuve Tscheharsles

lors sa capitale, et transporta le siège

de son

pouvoir à Tire, aujourd'hui renommée par ses
tapis et ses étoffes

chenbe servirait de limite entre les Karamaniens.

Ottomans et

de colon. Avec

la

principauté
(1) ldris, Neschri.

d'Aidin, celles de Ssaru-Chan et deMentesche

furent incorporées à l'empire ottoman, et les
princes de ces pays cherchèrent et trouvèrent

(2) Karasi,

Kermian, Hamid, Mentescbe, Tekke,
et d'Aidin est
c.
,

A•

un

din etSsaru-Chan.
(3)

refuge contre la puissancedeBajesid-lldirim(la
foudre), auprèsde Kœturum-Bajesid, c'est-à-dire

La conquête de Mentescbe
,

rapportée

par Seadeddin
fol.

Idi is

,

Neschri

,1.

Aali

,

Ssolaksade

Bajesid

le

Perclus, seigneur

deKastemuni

et

de

le

20; Chalcondylas et Ducas, p. 7. Ce dernier nomme prince d'Aidin Isa , celui de Ssaru-Cbau Chirs, et celui
Elias.

de Karasi
(1) Chalcond,l. i,p. 20.
(2) Nicétas

(4) Notices et extraits

de

la

Bibliothèque du roi,

l.m

p. 671.

Choniates,

et,

d'après

lui,

Déguignes, His-

(5)

Neschri

,

fol.

96; Seadeddin, dans Bratutti, p. 192.

toire généal.,1. ni, p.

35, place

la prise

de Philadelphie

(6) Jbid.
(7)

en 1120. (3) Pachymères, 1. v, c. 21, p. 293 et c. 23, p. 295. La dernière prise de cette ville par Bajesid se trouve dans Chalcondylas 1. 1 p. 20 et Ducas 1. îv p. 7. (4) Hérod., I. vu , p. 31 ; Maunert , 1. vi c. 3 , p. 305.
, ,
, ,

Ibid.,\>. 163.

(8)

Dschihannuma,
Akseraï
,

p.

615

,

et Ewlia.
1.

(9)

l'ancienne Archelaïs. Mannert,

iv,

2,

,

,

p. 266.

,

(10)

Seadeddin

,

dans Bratutti,

p. 164.

LIVRE
Après avoir rétabli la tranquillité et Tordre en Asie, Bajesid-Chan se tourna vers l'Europe avec toutes ses forces.
fortifier la clef
11

VI.
la

97
vie

blant pour

de son
il

fils

,

et accablé

de

terreur et de chagrin,

détruisit

ce qu'il

commença par
les

avait fait [1391]. Cette nouvelle arriva à l'héritier

de ses États européens, Gallipar
les

du trône

à Brusa

,

en

même temps que
il

poli, détruite jadis

Catalans; et

celle

de la mort de son père ;

s'enfuit aussitôt

Ottomans eux-mêmes; il y construisit un port siir pour les galères, et une énorme tour pour arrêter les attaques des ennemis (1). Son regard se tourna en même temps vers l'Archila Hongrie et pel vers Byzance la Bosnie
,

à Constant iuople.

Bajesid, irrité contre les

siens à qui était confiée la garde

de Paléolo-

,

,

gue, et contre Manuel lui-même, lui envoya un messager pour lui dire qu'à l'avenir un kadi réglerait à Conslaninople les affaires
des vrais croyants ; qu'il n'était pas juste que
les

la

Valachie

;

il

réclama de l'empereur byzanconvenus,
et le

tin le tribut et les secours

suc-

musulmans,

attirés

àConstantinopIe par

le

cesseur et co-régent Manuel parut à la tète de
cent

commerce ou pour
des giaurs

d'autres motifs,

fussent

hommes, comme
turc (2).

allié et vassal

,

dans

le

obligés de comparaître devant les tribunaux
;

camp
,

Le sultan défendit l'exportation des blés de l'Asie dans les îles de Lesbos Lemnos Rhodes et Chios il envoya contre cette
,

que

s'il

refusait

,

les
la

abords de

la

ville seraient

fermés dans toute
la

contrée en-

;

vironnante déjà soumise à

puissance otto-

dernière soixante longs vaisseaux, et réduisit
J

en cendres

la ville et les villages

qui

,

dans

les

mane. Le messager fut suivi de l'armée, qui passa de la Bythinie en Thrace, ravageant tous
les villages
la ville, et

quatre-vingt-quatre ans écoulés depuis la première dévastation turque (3), étaient sortis de leurs ruines. L'Eubée et une partie de l'Atlique furent aussi ravagées. L'empereur Jean, qui sous les ordres de Bajesid, était monté le
, [

depuis Panidos jusqu'aux murs de emmenant les habitants en esclavage. Dès ce moment commença le premier siège ou

plutôt le premier blocus deConstantinople par
les

Turcs.

11

dura sept automnes; un corps de
la

premier avec son

fils

à l'assaut delà ville grec-

troupes se tint toujours en observation. Le reste

que de Philadelphie, songea alors, mais trop lard, à défendre sa capitale par de nouvelles fortifications. Comme il manquait de pierres
de construction,
il

de l'armée turque envahit

Bulgarie, la Vala-

chie, la Bosnie et la Hongrie. Mirtsche, prince

de Valachie, se reconnut

vassal et

tributaire

démolit trois des plus belles
:

du vainqueur;
la

et c'est

depuis cette année que

églises fondées par ses devanciers

celle des

Valachie est inscrite

comme

tributaire sur

Quarante-Martyrs
Marcian
;

,

construite par l'empereur
les Saints,

celle

de Tous

par Léon

le

Porte (1) [1391]. Ce fut aussi cette année que Tokatmisch, chan de la grande
les registres

de

la

Grand,
tantin
qu'il

et
le

tira

de Saint Moccius, par ConsGrand. Avec les blocs de marbre de ces temples, il éleva, à la porte
celle

Tatarie, fut entièrement défait par
et vit son

Timur-Ghan

empire abattu

:

rémigration des Ta-

tares

du Kiptschak vers
c'est -Ȉ -dire

les

deux rives du Dala

Dorée, deux grandes tours carrées (4), les plus grandes et les plus belles des Sepl-Tours,
,

nube,

en Bessarabie et dans

Tatarir-Dobruze.eutaussi lieu dans ce temps(2).

si

fameuses. Bajesid arrivait dans ce

moment
,

Une

partie

de l'armée turque inonda
la
,

la

Bosnie

à
il

Brusa

,

de retour de l'expédition d'Asie
,

et

jusqu'à Naglazinze; mais, à
chia, successeur de

prière de Dabis-

songeait à passer en Europe

lorsque
il

,

de

Thwarko Goyko-Manarhongroises
,

Brusa, où Manuel servait à sa porte,

I

envoya l'ordre à l'empereur de raser son nouvel ouvrage, s'il ne voulait voir revenir son fils les yeux crevés. Le vieux empereur obéit treni;

vitius, avec des troupes

vint poser

une barrière

un terme aux courses de l'armée turque (3).Une partiedecettearmée musulmane
,

tombasurlepaysdeSirraium,etsebaltitàNagyMouradjea d'Ohsson Tableau de l'empire ottoman,
,

(1)

(1)

Ducas
,

,

c.

iv, p. 7.
,

fol., t.

m

,

p. 4.38

,

d'après

le

Rausatul-Ebrar, en 937

(2) Ibid. (3)

c.

xin

p. 24.

[1390].

En
,

1307.
,

Voy.
,
,

plus haut, p. 69.
p.

(4)

Ducas
1. 1
,

c. xiii

25

;

Conslant'mople et

le

Bos-

phore

p.

86

l'an

de l'hégire 52 [672].

Tables chronologiques an 793. Dabischiœ de 1394 dans Kerch p. 247 dans Engel ,Hist. de Serve p. 349.
(2)

Hadschi-Chalfa

,

,

(3) Dipl.

,

,

;

,

TOM.

i.

7

,

98

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
Ali et

OIoszou Francovilla contre les Hongrois, commandes par .lean de Mamth ,1 une aulrc di:

Mohammed,

et confié à la

garde de son
Celui-ci avait

ennemi personnel, Timurtasch
été

vision conquit Galamboz el tout le pays de Macuov, jusqu'à ce que Pierre de Pereny la contraignit à la retraite et reprit le château de Galamboz, situé sur mie liante montagne, près de la rive du Danube appartenant à la .Servie (2).
Telle

mis en liberté

et

renvoyé avec de riches

pré ents avant qu'on en vint aux mains, et dès
la

première nouvelle de
il

la

marche de Bace prince

jesid; mais

n'était
:

pas pour cela réconcilié
vit pas plutôt
le fit

avec Alaeddin

il

ne

fut la

première invasion des Turcs eu
le

entre ses mains, qu'il
et

Hongrie, après un message infructueux que
roi

même

contre
,

la

pendre sans Tordre volonté de Bajesid. Le sul,

Sigismond avait envoyé a Ba.jrsid-Chan;

et

tan irrité

du moins en apparence
les
il

écouta

ce fut seulement qualre siècles après

que

les

cependant

excuses du beglerbeg, fondées
le

frontières de

la

Hongrie

et

de

la
la

Turquie fupaix de Sis-

sur des motifs politiques;

remit aussitôt en

rent définitivement fixées par

faveur, alléguant que la perte d'un prince était

tov[1392j. L'année suivante, Sigismond marcha

moins importante que

celle

d'une province;

dans

la

Bulgarie contre

les

Turcs

alliés à

Myrl-

maxime qui, dans
fois la

la suite,

légitima plus d'une

sche, les battit, et s'empara, après un siège pénible,
le le

mort des princes vaincus, exécutés par
de konia, Akschehr
Akserai et La-

du Pelil-Nicopolis, forteresse située sur Danube. La supériorité numérique des Turcs força de se retirer et Blaise-Oerei garantit
,

Tordre des sultans. Bientôt furent conquises
les villes
,

renda,

et toute la

karamanie fut incorporée

le roi

du sabre d'un
lui

sipahi

,

comme dans
que

sa

aux États ottomans.

fuite

il

procura

les

aliments nécessaires (3).
le roi Sigis-

Ce

fut pendant cette retraite

Ayant soumis à son empire le sud de l'Asie Mineure, Bajesid poussa son armée dévastatrice
vers l'est
et le

mond,
s'éprit

se trouvant dans lecomitat

d'Hunyade,

nord, afin de traverser ces pays en
il

d'amour pour
:

la

belle Elisabeth

Mor-

conquérant, connue

avait fait
,

pour ceux du
le

sinay (4)

le fruit

Hunyadc le ment le germe de
turier,

de cette liaison passagère fut Grand, qui développa si brillamvaleur qu'il avait reçu de

sud et de
entre cette

l'ouest.

A
le

l'orient

dans

pays qui

forme aujourd'hui
rije (Césarée),

gouvernement de Siwas,
Sebaste) et kaisza-

ville (l'ancienne

son père, se distingua

comme un heureux avenles

régnait alors

Ahmed

kasi-Burfoi.

par son aideur guerrière contre

haneddiu,

c'est-à-dire le

juge-preuve delà

Turcs

,

par ses actions chevaleresques et ses
victoires.

nombreuses

Ce prince, distingué par son savoir autant que par ses talents politiques, avait établi sa domination sur les restes de plusieurs tribus tatares,
autrefois soumises aux Dschengisides;
il

Pendant que Bajesid était occupé de tous les côtés en Europe, le prince de Karamauie s'agitait
il

était

encore en Asie. Par une attaque imprévue,
fit
;

pénétra jusqu'à Angora et Brusa, et
le

même

en même temps brouillé avec Bajesid et karaJuiuk Bajesid, content d'avoir trouvé dans la
dynastie

prisonnier

beglerbeg Timurtasch
lui.

Bajesid

du Mouton-Blanc un prince dont
laisser
,

le

en personne marcha contre
et le

L'ambassade

bras s'empioyât contre les ennemis des Otto-

de Karamanie qui vint à Brusa implorer la paix pardon du prince, fut renvoyée avec cette
réponse: que
le

mans, voulait d'abord
neddiu, Seinol-Aabidin

au filsdeBurha-

les terres

de son père;

glaive seul devait décider en re
effet
le

nais

comme

les

principaux du pays trouvèrent
dynastie de Sulkadr,

eux; ce fut en

glaive qui décida en
la

plus prudent d'envoyer le jeune prince auprès

faveur des Ottomans

dans

grande plaine
Alaeddin
fils,

de Naszireddin-Beg, de

la

d'Aktschai, au pays de Kermian.

prince voisin et son parent, et invitèrent Bajesid à prendre possession

prince de karamanie, fut pris avec ses deux
(1) Dipi.

du pays

,

celui-ci

accepta volontiers l'invitation, et, en conséDabiscbiœ de 1394,et dans l'Hist.de Hongrie,
Hisi.

quence

,

il

s'empara des

villes

de Siwas, Tokat

p.

u
(2)

,

p 187. Engrl,
,

etkaiszari e [1392].
de Servie, d'après
les

docun.euls de

Kalona p. 310. (3) JbuL, llist. de Hongrie,
(4) fbitl.,

p.

n

,

p. 863.

a Hist.

de

Valacliie.

Au nord-oui st de cette partie de l'ancienne Cappadoce, s'étend aujourd'hui le gouvernement de kastemuni qui comprend l'ancienne
,

LIVRE
Paphlagonie presque
tout entière.

VI.
la

99

Quelque

sédaieut

temps après
chuks,
le

la

chute de l'empire des Selds-

Cappadoce, ensuite par des colonies athéniennes plus tard gouvernée par des rois,
;

de celte famille exerça dans ces lieux une infâme piraterie de
dernier rejeton
;

e..

par plusieurs d'entre eux, surtout par enlevée à Pharnace Eupatoi' et Mithridates
bellie
; ;

son temps, ou immédiatement après

lui, les fils
:

par Lucullus, après un siège opiniâtre
rée libre par Jules César
à
;

décla-

d

Isfendiar avaient régné sur ces contrées
,

l'un

de nouveau soumise
le

d'entre eux

Kœturum-Bajesid
,

(le perclus),

oc-

des rois par Antoine
;

;

maltraitée par

tyran

cupa

t

a!ors le pouvoir

mais

il

ne put

s'y

main-

Strabo

rendue à
la

la liberté

par l'empereur Au-

tenir contre Bajesid-Ildirim

(la

foudre).

Les

guste, après

victoire

d'Aclium, et de plus

principales villes

du pays de Kastemuni, Ssam-

érigéeen capitalede toutes lesvillesdu Pont(l);
plus tard, une des principales villes de l'empire

szun, Dschanik et Osmandschik, avec les riches

mines de cuivre, tombèrent entre les mains du conquérant. Kœturum-Ba;esid se réfugia à Sinope, extrême forteresse de ses États
et

des Comnènes; enfin, passant des mains de
Bajesid
le

Perclus à celles de Bajesid

la

Foudre,
à

port

n'est plus aujourd'hui

peuplée que de deux

de mer

;

de

il

négocia avec

le

vainqueur.
et sou
fils

mille habitons, et entourée

de murs

demi

Bajesid lui laissa la ville
territoire;
il

de Sinope

ruinés

(2).

Les marins turcs estiment surtout

exigea qu'on lui livrât les

surtout sa poix, son goudron, ses cordes et ses
câbles.

des primes de Mentesdie et d'Aidin,
ceux
ci

mais

A

l'orient

de Ssamszun s'étend
l'Iris,

la

plaine

de Timur, et furent bientôt suivis par Isfendiar lui-même. Kastemuni fut donnée comme gouvernement
se réfugièrent auprès

de Pi,anar«a(3), arrosée par
celle

et plus loin

de Themiskyra, qui, traversée par le Thermudon, était le pa\s des Amazones. Sur
les

au prince Suleiman

:

ce pays est le plus abon;

bords de
,

l'Iris

(aujourd'hui Tscheharschen-

dant en mines de tout l'empire ottoman ses
richesses naturelles et son industrie l'avaient

bessuji

c'est-à-dire eau
le

du mercredi

.

se trouve

Amasia, dont

nom

(chose merveilleuse!) s'est

placé dans l'état
la

le

plus prospère. Kastemuni,

conservé intact jusqu'à nos jours, en passant
à travers tant

capitale, renferme plusieurs mosquées re-

de

siècles

,

et par la

bouche de
les

marquables
vaisselle

on y convertissait autrefois eu de cuivre une partie des riches pro;

tant de peuples barbares. Enlevée aux Grecs

par

les

Danischmeudes
par

,

à ceux-ci

par

Selds-

duits des mines voisines (1), mais aujourd'hui

chuks, aux Seldschuks par
Isf

les Isfendiars,
Telle

aux

ne possède plus de manufactures, bien qu'habitée par douze mille Turcs, trois cents
elle

ndiars

les Olto..:ans,

est

sur-

tout

remarquable par
les

les

ruines de l'ancien
rois qui

Grecs

,

et

cinquante familles arméniennes

(2).

château royal,
creusés dans

tombeaux des

y sont

La

ville est située

dans une vallée profonde,
autrefois
(3) et,

au milieu de laquelle se dresse un rocher escarpé couronné d'un ancien château
forteresse appartenant aux
,

ducs
l'ont

et le
fait (6).

roc (4), par les anciens aquepalais dlsfendiar. Tant d'avantages
le

généralement appeler

la

Bagdad de

Comnènes

Ru m

plus tard aux

Turkmans; elle renferme le tombeau d'un saint, et a donné naissance à plusieurs poètes et à la fameuse Semeb. Dschanik,
l'ancienne résidence des tzanes
,

Bientôt après la conquête faite par lldirim,

Amasia brava pendant sept mois derrière
.

ses

fortifications,

toulelapuissancedeTimur,qui fut

dont

le

nom
du

se reconnaît encore aujourd'hui dans celui

pays, est fameuse par l'àpreté de ses montagnes
et la

rudesse des
(4).

Turkmans qui

y habitent dis-

le siège. Plus tard, pendant les de Karajasidsehi et de Karasaid, ce fut le refuge assuré de tous les biens meubles de la contrée. Parmi plusieurs mosquées, on distingue

obligé de lever
révoltes

Ssamszun, l'ancienne Amisus, peuplée d'abord par les Milésiens, lorsqu'ils pos-

persés

surtout celle de Bajesid, non pasdeBajesid

er
l

,la

(1)

Mannert,

ibid.
,

(2)
(1)

Mackinneir

p. 304. la carte

Dschihannuma
Mackinneir,
Ibid.

,

p. 648.

(3)

Pbanaraea se trouve sur
le

du Dschihannuma

(2)
(3j

p. 282.

sous
(4)

nom de Panaris.

Moiier'i firstjourney, p. 348-352.

(4)

Strabo,

1.

su; Mannert,!. ni,

c.

2,

p. 448.

(5)

Dschihannuma, p. 626.

100
,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
;

Foudre mais de Bajasid II, le Pieux elle a cent pieds carrés: on y remarque les sculptures élégantes de
I

tan Bajesid

II,

on

voit le

tombeau du
ville

saint

Bur-

handcdc(l). Mais dans la
dschik se trouve
le

même d'OsmanPère- Mouton,

la

chaire et de l'autel, et sa coupole.
aussi le

mausolée bien plus célèbre
c'est-à-dire

e

même prince construisit

tombeau du

du

saint

Kujunbaba,

scheich Pir-Elias, lieu fameux de pèlerinage. PirElias, contemporain de Bajesid la Foudre et connu de Timur, se retira à Amasia; il est enseveli dans le site ravissant de Suwadije, à côté

compagnon du
chi-Begtasch.
11

scheich des janilscharcs Hadsreçut ce

surnom parce

qu'il

ne

parlait point, et se bornait cinq fois par jour,

aux heures de
Bajesid

la

prière, à faire

entendre un bruit

du couvent des Chalw ti, fondé par Bajesid II. Non loin de là est un autre lieu de pèlerinage fréquenté par les musulmans c'est le tombeau du gendre et successeur d'Elias, du scheich Ilo:

semblable au bêlement d'un mouton. Le sultan
II,

surnommé lui-même

le

Pieux ou

le
lui

Saint, construisit
était et

au saint Père-Mouton, qui

sameddin,
,

qui, recevant la visite des trois hls

de

Murad 1 er permit
ser la

à

main
,

;

mais
,

il

deux d'entre eux de lui baise jeta aux pieds du troiqui fut ensuite sultan
,

apparu en songe, un magnifique tombeau un cloître avec des étables, des cuisines, et de nombreux appartements pour recevoir et entretenir gratuitement les voyageurs; c'est un des
plus beaux et des plus riches couvents de l'empire.

sième

Mohammed
de
l'islam.

et le

conjura en présence de ses frères de veiller aux
intérêts

Les musulmans pieux s'arrê;

Bajesid, emporté sur les ailes delà victoire
et

tent devant ces deux

tombeaux mais l'ami de la poésie est attiré par celui du poète Mumin, vesir du prince Ahmed, gouverneur de Bagdad, et surtout par celui de Mihri, la sapho des Ottomans, qui consacra a l'amour ses poèmes et sa vie passionnée. Les beautés turkmanes d'Amasia

enivré par ses conquêtes,
et ses

commença

à négli-

ger son royaume

propres devoirs. Le pre-

mier des princes ottomans, il transgressa la loi de l'islam qui défend l'usage du vin, et il se

montra indulgent pour

le

luxe et les débauches
la

monstrueuses de son vesir Ali-Pascha. C'était
inspiré sa passion pour les orgies.
faire ses honteux plaisirs, le vesir

trouvent de puissants aliments à leur ima-

princesse servienne, son épouse, qui lui avait

gination ardente, à leur passion pour les aventures extraordinaires, dans le

Pour

satis-

roman de Ferhad

ne fitplusseu-

etSchirin, dont les scènes se sont, dit-on, passées

lenient servir les

nombreux enfants chrétiens à

dans celte ville. D'aprèsla tradition turque, l'ancien aqueduc serait le canal creusé dans le roc
par Ferhad pour recevoir
le lait

recruter
lan),
le

le

corps des janitscharcs (adschemogh-

mais ceux d'entre eux qui se distinguaient

des bergeries

plus par leur beauté et leur esprit étaient em-

de Schirin,

promenade de Kanli-Binar (fonoù Ferhad apprit d'une vieille femme la fausse nouvelle de la mort de Schirin, et se précipita sur sa hache pour se
et la

ployés

comme pages (Itschoghlan) au
ils

service in-

taine sanglante) serait le lieu

térieur de la cour.
tions,
ils

En quittant ces infâmes

fonc-

entraient en possession d'un

fief,

étaient

promus aux premiers emplois
les

militai-

tuer(l). Cettenouvelletraditionsufhtaux

Ama-

res et civils.

Ainsi les habitudes contre nature

siennes, et a remplacé celle de leurs anciennes

de

la

corruption orientale, dont

Perses et

les

Amazones, qu'elles ont entièrement oubliée. Amisus et Amasia forment un triangle
voisines, les

Grecs se sont jadis mutuellement reproché
rigine
et se
('2),

l'o-

se glissèrent

dans l'empire ottoman,
mais encore par ceux

avecOsmandschik, une des principales villes du pays de Kastemuni, nouvellement conquise et
confiéeau gouvi rnement du princeSuleiman.Elle

propagèrent, non-seulement par l'exemple
et

des sultans

des vesirs

,

des jurisconsultes. Bientôt ce vice devint domi-

occupe une situation pittoresque sur le Kisilirmak (l'Halys), dans une plaine fertile en vin et en blé (2). Près du grand pont jeté sur le Meuve
et

nant à
fut le

la

cour

,

à l'armée et parmi le peuple

;

il

moyen

le

plus sûr de parvenir aux hon-

supporté par dix-ueuf arches, l'un des plus
le sul(1)
(2)

beaux de l'empire ottoman, construit par

Ewlia,

I.

ii, fol.
1.

320.
135. Plutarque,

Hérodote,

1, p.

dans son Traité
et

sur
(1)

les

calomnies d'Hérodote, contredit cette accusation.
, ,

Dschihannuma

,

p.

626
,

,

et

Ewlia

,

I.

n

,

fol.

314.

(2) Morier'sfirstjourney

p.

352.

Q. C.urlius

Atnmieu témoigne dans le sens d'Hérodote 1. xxiv x 1 21 dans le sens contraire.
, , ,
,

,

LIVRE
neurs
et

VI.

101

aux richesses, et

même

souvent ce fut

la véritable

cause des guerres contre les chré-

levée annuelle des enfants chrétiens, et que les excursions des Ottomans produisirent chaque

tiens; car le butin promettait

de remplir

les

rangs éclaircis des recrues et des pages, et de

tat et leurs

année un revenu d'esclaves, leurs hommes d'Égénéraux les plus célèbres furent le
plus souvent des Grecs, Bosniens, Albanais de

donner un nouvel accroissement au pouvoir
aux
plaisirs.

et

Quoique

la loi

de

l'islam

ne puisse

naissance, et rarement des Turcs. Ainsi

le le

des-

être interprétée en faveur d'une pareille
truosité, puisqu'elle
la

monsla

potisme turc renouvelait ses forces dans

sang

condamne comme un
cor-

de

la

chrétienté, et, par cette ingénieuse insti-

crime contre nature, cependant dès lois

tution, la

Grèce
les les

était forcée à déchirer

son pro-

ruption de l'empire turc a publiquement bravé
cette
loi.

pre sein par

mains de

ses enfants.

Ce

n'est

Si

l'amour honteux pour
la

les

gar-

que dans
bles

derniers temps que les rôles ont été
les

çons tire son origine de
la

Perse ou plutôt de
le

changés, et seulement dans

derniers trou-

Médie,

comme on

n'en peut douter d'après

de

la Servie; les

vieux Turcs ont pu se con-

témoignage d'Hérodote et d'autres historiens si ce vice, joint au luxe des eunuques et aux robes flottantes des Mèdes, énerva aussi les Perses, les
établi

solerde leur défaite en pensant qu'ils tombaient
sous les coups de leurs propres
fils,

puisque

les

mères de leurs vainqueurs avaient
esclaves aux plaisirs des vaincus.

servi

comme
et Ali-

Turcs ont du moins le mérite d'avoir une distinction moins abrutissante. Ils dédans l'origine
,

La corruption des mœurs que Bajesid
Pascha, modèles d'intempérance
et

truisirent le lien qui

chez les

de débauche,

Mèdes, unissait les favoris et les eunuques ; et ces deux classes furent séparément organisées, l'une pour le service du harem, l'autre pour celui de l'Étal. Les Mèdes et les Perses privaient les plus beaux enfants de leur qualité d'homme, et les destinaient non-seulement à la garde du
harem, mais à servir d'instrument
sirs

répandirent l'un par ses orgies, l'autre par ses

amours infâmes, s'étendit partout, non-seulement dans larmée dont la discipline était sévère et souvent cruelle, mais parmi les juriscon,

sultes et surtout
sid,
si

dans

le

corps des juges. Baje-

indulgent pour lui-même, entrait dans

à leurs plai-

honteux

;

ils

commettaient

ainsi

un double

à

crime contre la liberté de la femme et la dignité de l'homme. Les anciens Grecs avaient ennobli
ce crime dans
la

une affreuse colère à chaque faute des pages et chaque nouvelle prévarication des magistrats. Un page accusé par une vieille femme de lui
lait fut

avoir bu son

éventré; quatre-vingts ju-

troupe thébaine des Amants jeunes gens aux idées

ges contre lesquels s'élevaient

des p'aintes

et dans le corps macédonien des Immortels,

pour sentences iniques

et corruption, furent
à

en-

dans

le

but d'attacher

les

fermés dans une maison

Begschehri, et con-

plus hautes et plus pures de liberté et de patrie.

damnés par
était

le sultan à être brûlés.

Déjà l'ordre

Les Turcs imitèrent cette dernière institution

en créant

le

corps des janitschares, qu'ils ra-

baissèrent au

rang de pages
et
la

;

mais, à peu d'ex-

ceptions près, ces jeunes gens conservaient leur
qualité

d'homme,
le

troupe des eunuques

donné, lorsque le vesir, qui n'osait luimême faire aucune représentation, gagna le bouffon de Bajesid, Arabe de naissance, en lui promettant mille ducats s'il parvenait à changer la résolution de son maître. Le bouffon parut
le priant de vouloir bien l'enPourvoyer en ambassade à Constant inople. Afin de demander à l'emquoi ? dit le sultan.

blancs fut

plus souvent entièrement

sée d'esclaves géorgiens et circassiens, mais

componon

devant Bajesid

,

d'Européens. Lesjeunes garçons grecs, serviens,

bulgares et hongrois, n'étaient pas traités comme
les

pereur des moines pour nous juger.

eunuques, mais seulement circoncis

comme

ment

cela?

— Com— Puisque nous brûlons nos juges
fait d'études,
il

les

musulmans, exercés au maniement des armes, et, après qu'ils avaient servi aux passions de leurs seigneurs et maîtres, la faveur ou l'habileté leur ouvrait le chemin aux premières places de l'État et de l'armée c'est de pareilles éco:

qui n'ont point

faut les remplalu,

cer par des moines grecs qui ont beaucoup

afinde travailler par leur

moyen à la propagation
effet.

de l'Evangile. La satire produisit son
rendaient
tion,

Le

vesir fut appelé et interrogé sur les causes qui
les juges si accessibles à la corrupmalgré leur science profonde. Le vesiç

les

que sont

sortis les plus

grands hommes de

l'empire ottoman. Aussi longtemps que dura la

,

102

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
l'incertitude qui

donna pour principale raison
avait jusqu'alors existé
el

bien- venue
ployés à
la

le triple

du

salaire

des ouvriers em-

dans leurs émoluments.
à l'avenir

mosquée. Le scheich Burhara-Emirle

proposa de leur accorder
fixe,

un traite-

Sullan portait dans l'empire spirituel
titre

même
pas

ment

au moyen de taxes
ils

et d'autres droits

que son beau-frère dans l'empire tempole

éventuels. Ainsi
justice
et

obtinrent
les

comme

droits

de

rel

:

chalife d'Egypte, qui,

s'il

n'était

deux pour cent sur
la

sommes en

litige,

l'ombre de Dieu, était au moins l'ombre du chalifat

deux aspres pour
.

rédaction d'un acte judi-

sur

la

terre, avait accordé à Bajesid, sur

ciaire (1

Ali-Pàscha, à qui l'administration de

sa

la justice fut

redevable de cette amélioration

essentielle, en introduisit

une autre dans
la

les

monnaies, en en faisant frapper de nouvelles et

en retirant
Bajesid,

les

anciennes de

circulation (2).
inspiré aux ju-

non content d'avoir

ges une terreur salutaire, pensa aussi à effacer par une meilleure conduite
le

demande, le titre de sultan (1). Buchara possédait donc le droit de ceindre le glaive a l'émir-sultan Bajcsid-lldirim chaque fois qu'il entrait en campagne (2) cette cérémonie remplaça dans la suite celle du couronnement (3). Non-seulement Bajesid orna Brusa de mosquées, mais il la mit à l'abri d'une attaque imprévue
;

souvenir des

en l'entourant de murs
les

(4)

;

et tout
,

en élevant

mauvais exemples

qu'il avait à la

donnés au peuple.
pénitence par le

Exhorté au repentir et

mosquées et les murs de Brusa il fit construire un fort sur la rive asiatiquedu Bosphore:
c'est le
le

grand scheich Buchara
d'Emir-Sultan),
se

(ainsi appelé

du nom de
le

château d'AnatoMe.qui porte

à

juste titre

sa patrie, mais généralement
il

connu sous

nom

nom de

Gûseldschehiszar

(5), c'est-à-dire le

montra d'sposé à suivre ses conseils, et construisit, pour l'expiation de ses fautes, deux mosquées à Brusa. L'une s'élève
hors de
la ville,

joli

château.

Ce

fut à l'embouchure

du Gœkzu

(l'eau céleste), l'Arétas(6), qui arrose la plus dé-

licieuse vallée de la contrée, à l'endroit le plus

dans un

site so'itaire et pittol'é-

resserré

du Bosphore, que

le

nouveau

fort fut

resque, prés du torrent d'Aktschaghlan (à

élevé pour presser plus étroitement la ville de

cume blanche)
de
la ville

(3); la

seconde, dans

le

quartier

Constantinople. L'ent -éprise du sultan contre

nommé encore aujourd'hui Emir-Sulpour
la le

Thessalonique eut un succès bien plus prompt

tan, fut bâtie

scheich, qui sut s'attirer

que

ses plans contre la capitale,

dont

les limites

non-seulement

bienveillance

de

Bajesid

étaient celles de l'empire byzantin.

Après une

mais encore l'amour d'une de ses soeurs qu'il épousa (4). Cette mosquée a été plus d une fois
réduite en cendres dans les

victoire remportée sur la flotte alliée des croi-

nombreux incendes dévastations
et pré-

dies de Brusa; mais la première, garantie par
la solitude

elle est située

au secours de la citadelle, Thessalonique tomba pour la seconde fois entre les mains des Turcs. Déjà Chaireddin-Pascha s'en était emparé à la fin du
sés chrétiens qui étaient accourus

du

fer et

du

feu, s'offre encore aujourd'hui d;,ns

règne de Murad
ne
la

er
1
,

mais

il

l'avait

rendue au

son état primitif, monument intact
cieux de l'architecture sarrasine vers

prince repentant Manuel. Cette fois les Turcs

la fin

du
la

gadèrent pas non plus
la

;

ce ne fut que

xiv e

siècle.

Pendant qne
le

l'on consiruisait

plus tard qu'ils

conquirent définitivement

mosquée d'Emir-Sultan, un des plus grands
mystiques de l'Orient,
scheich Seid-Ali-Iïa-

sur les Vénitiens, après de sanglants combats.
tières méridionales

madani, arriva pour rendre visite au scheich Buchara; Bajesid lui donna cornue présent de

Détournons maintenant nos regards des fronde l'empire ottoman en Eu,

rope, pour les porter au nord

vers

la

Bulgarie,

(1) L'essai

sur ce sujei se trouve dans lbn-Schohneb.
1.

(1)

Nescbri,
,

fol.

112; Ssolaksade
685; Lut fi
le
,

fol.

13 et 22;
les

J'oy. Histoire géiiéal. des Huns,
L'écrit est
(2)
(3) (4)

xxii,

t.

iv, p. 336.

Dscbibannunia
chronologiques
(2)

p.
ei

p.

27; dans
,

Tables

de

l'an

797 [1394].
fol.

dans
22.

Rausaiul-Kbrar

an 795.
bibliothèque

Seadeddin.

145.
el

Mubijeddiu, dans
fol.

le

manuscrit de

la

Voy.
iinpér.,

Constitui.
,

administ. de l'empire ottoman.

impériale, 139,
(3)
(4)

Muhijeddin
Ssolaksade

dans
fol.
fol.

le

manuscrit de

la biblioth.

de

la

Vues dans un Voyage
Seadeddin,
fol. la

à Brusa, p. 51
le

.\

cour
(5)

n° 39,
,

38.
,

144, d'après

Schakaikun-naama-

18; Idris

Dscbibannuma,

p. (

nijet,

c'est-à-dire

parcelle d'anémones de Taschkce-

Seadeddin, dans Bralutti,
(6)

p. 109.

prisade.

Constantinople et leBospbore, p.

n

,

p. 621-

,

LIVRE
la

VI.
d'écnyers, et six mille mercenaires.

m
A
leur tête
le

Hongrie

et la Valachie.

La Bulgarie, en parde Kossova,
turcs. Sis-

tie avant,

en partie après

la bataille

marchaient

comte de Nevers,

le vaillant fils

avait été

soumise

à des

gouverneurs

tow

et

Vidin, Nicopolis et Silistria, les plus

oncle de Charles VI;

Danube, résistèrent encore quelque temps. Le kral Sisman enfermé dans Nicopolis, avait pu facilement
fortes places

de ce pays sur

le

du duc de Bourgogne, seigneur de Flandre et le sire de Bourbon co nte de la Marche, Henri et Philippe de Bar, tous trois cous us du roi Philippe d'Artois; le comte
, ;

d'Eu, prince du sang, connétable; Jean de

braver plus longtemps

le

pouvoir des Turcs,

Vienne, amiral;
excité le

le

maréchal Boucicault, qui, à
la

encore inexpérimentés dans

un

siège; mais lui et son

fils

de conduire parurent devant le
l'art

son retour d'Orient, traversant

Hongrie, avait
à
;

courage du
s

roi

Sigismond
Turcs
(1)

de noulesii

général assiégeant, Ali-Pascha, avec un linceul

velles entreprises contre les

ede

autour du cou pour implorer

la vie.

Sisman fut

Couey, un di

meilleurs et des plus anciens gé-

envoyé captif à Philippopolis, où il fut bientôt tué, ou bien gardé jusqu'à sa mort naturelle.

néraux de
les

la chrétienté;

Cuyde LaTrémouille;

Sdu fils, aussi appelé Sisman, conserva la vie en embrassant l'islam et reçut en récompense le gouvernement de Ssamszum ( Amisu>), n >u,

seigneurs de Koye, Saiui-Paul, Monturel et Sampi. A cette fleur de la chevalerie française
se réunirent à

son passage en Allemagne Frie,

drich, comte de Hohenzollern

grand prieur

vellement tonquis en Asie. Vidin se rendit sur
la

de l'Allemagne, à
niques, et
le

la tète

des chevaliers teutoPhilibert de Naillac,

promesse qu'on

laisserait

librement sortir sa
taillés

grand maître

garnison, mais les soldats furent

en pièces

qui arriva de Rhodes dansle
suivi d'un

campde Sigismond,

sur Tordre de Ferif-Beg. Silistria et Nicopolis

même stratagème de marchands déguisés, que les Kararnaniens employèrent avec autant de succès à la prise d'Ermenak et de Tripolis sur le Méandre. L'ambassade hongroise que le roi Sigismond envoya à Bajesid fut reçue par celui-ci dans une
furent prises à l'aide de ce
salle

Jean

(2).

grand nombre de chevaliers de SaintOutre les troupes auxiliaires frande chevalerie, l'armée
fut grossie par des chevaliers ba-

çaises et celles des ordres

de Sigismond
et

varois (3), sous la conduite de l'électeur palatin

ornée d'armes et de trophées bulgares,

et,

du comte Mumpclgard, chàielain de Nuremberg par des chevaliers sty riens sous les ordres d'ilermannll, comte de Glli (4), et des troupes
,

pourtouteréponse,le sultan montra aux envoyés
les arcs et les fléchi s

valaques

,

commandées par Mirtsche, prince de
la

appendus aux murs comme
la

Valachie (5) [1396]. Vers

Pentecôte,

il

y eut

ses titres

à la

possession de

Bulgarie [1394].
alliés

Sigismond chercha maintenant des
loin

au

comme

nir tète

de pouvoir teaux forces supérieures de Bajesid. Par
lui, afin
il

autour de

une réunion à Vienne don l'on envoya soixantedix grands vaisseaux qui descendirent le Danube chargés de vin, de farine et d'avoine.
L'armée hongroise signala par
mardi' à travers
1

le

pillage

sa

son envoyé Nicolas de Kaniscna,
secours du roi de France.
velle ligue
II

demanda

le

conclut une nou-

Servie (6); les troupes auxiliaires françaisestraversèrent la Transylvanie et
la
la

avec

Miflsche, voivode de Yala-

Valachie.
la

Le

roi
,

chie et vassal

du royaume de Hongrie, qui depuis environ deux ans avait payé un tribut à la Porte; il conduisit ensuite son armée sur le Danube, et reprit après un siège opiniâtre le Petit-Nicopolis Dans cette campagne, cinq à
six cents cavaliers français combattaient déjà

de
la

Porte de fer

et

Sigismond passa le défilé occupa Vidin et Orsova:
,

première avee

trois cents
(7).

la

deux cents hommes
;

Vidin

s'était

seconde avec rendue vo-

lontairement Orsova se défendit cinq jours, au

(1) (2;

Histoire de Jean de Boucicault

,

à

Paris

,

1620.

avec Sigismond, sous les ordres du connétable de France, le comte d'Eu (1). Comme ce secours

Veriot

,

Hisloire des

chevaliers
vi

hospitaliers

de
),

Saint-Jean de Jérusalem,!,
t.

(Amsterdam,

1732

ne

suffisait pas, l'année suivante paru' une armée de mille chevaliers français, avec autant

n,
(3)

p. 6.

Schillberger, Munich

,

1813.

(4)

JuliusCaesar, Hist. politique et religieuse du duché
p. 3.
p.

de Myrie, VI,
(5) (1)

Engel, Hist. de Valachie,
Schillberger, ouvr.

159

et 160.

Mémoires de madame de Lussan ,m,
,

p.

5; dans

(6)

Ibid.. Hist. des Bulgares, p. 468.
cité.

Engel

Hisi.

de Hongrie,

n

,

p. 109.

(7)

1

,

104
la

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
taille.

bout desquels les habitants chrétiens chassèrent
garnison turque. Baco fui cernée,
et la

A

ces paroles, toute la jeunesse française

gar-

répondit par des acclamations, et leur folle témérité se changea en sauvage barbarielorsqn'ils

nison, après s'être rendue, fut égorgée. L'armée
alliée forte

de soixante mille

hommes

se réunit

égorgèrent dans

le

camp des

prisonniers turcs
(1).

à Nicopolis, qui fut assiégée pendant six jours

qui s'étaient livrés sur parole

par terre et par eau. Toghan-Beg se défendit
avec opiniâtreté, certain qu'il ne tarderait pas
à être secouru.

Les

alliés et

surtout les Français,

Après ce sanglant prélude commença la badont l'issue fut si tragique [22 sept. 1 396 3 Les Asabes composant l'avant-garde tureque
taille,

confiant dans leur supériorité, s'abandonnaient

ne résistèrent pas
valerie française
;

à l'impétuosité
les janitschares

de

la

ca-

sans mesure au vin et à

la

débauche avec des
Ils

eux-mêmes
bâtai le de

courtisanes qu'ils avaient amenées avec eux.

furent enfoncés, et lorsque dix mille d'entre

ne parlaient de Bajesid qu'avec
mépris,
et

le

plus grand

eux couvraient déjà
leurs cadavres
,

le

champ de

doutaient qu'il eût
Ils

le

courage de pas-

le reste
;

chercha un refuge der-

ser le Bosphore.

ne voulurent pas même croire

rière les sipahis

alors les chevaliers français

aux courriers qui leur apportèrent la nouvelle que l'armée turque n'était éloignée que de six
lieues: le

se précipitent avec

une force invincible sur

la

cavalerie turque, dont cinq mille
tués.

hommes
s'ils

sont

maréchal Boucicault menaça
les oreilles
(1).

les

mes-

La

victoire était aux Français

avaient

sagersdelcur faire couper

pour avoir

suivi l'avis

du

sire

de Coucy
,

et

de l'amiral, qui
l'infanterie

répandu une fausse alarme
ciel

Les chevaliers
si le

conseillaient de faire halte

de remettre l'ordre

poussaient l'extravagance jusqu'à dire que

clans les escadrons, et d'attendre

tombait

ils

le

soutiendraient sur leurs lan-

hongroise
fuir

(2).

Mais dans l'emportement de leur
et

ces (2). Fier de ses succès, Bajesid pouvait paraître

imprudent

courage
ils

voyant

les

sipahis

moins présomptueux en faisant cette me-

devant eux,

coururent et montèrent
(3),

nace: «Bientôt je ferai manger l'avoine à
cheval sur
le

mon

jusqu'au sommet d'une hauteur
fut leur

ils

espé-

maitre-autel de Saint-Pierre à

Rome (3).»

Aussitôt que les premiers coureurs

turcs, les Asabes, couvrirent la plaine, le cou-

rage impétueux du comte de Nevers

lui fit

de-

mander
que par

le la

poste d'honneur à
cavalerie française
la
;

la

première

atta-

le roi Sigisraond,

habitué à

guerre contre

les

Turcs

et con-

naissant leur manière de combattre, lui repré-

senta que des troupes légères suffisaient pour
dissiper cette canaille mal armée, mais qu'il

Quel étonnement lorsqu'ils virent l'élite des forces de Bajesid (4), leur présenter une forêt de quarante mille lances. Au premier étonnement succéda une terreur panique, et à la valeur la plus emportée le découragement le plus complet. Tout s'enfuit ou se dispersa, la cavalerie de Bajesid coupa la retraite. L'amiral Jean de Vienne avait déjà fait un mouvement en ars'écria aux «Dieu nous garde de sauver notre vie aux dépens de notre gloire c'est ici qu'il faut se défendre ou mourir au champ d'honneur (5). » A ces mots ils se
il
:

raient achever le reste de l'armée turque.

rière, lorsque, fidèle à l'honneur,

noyau de l'armée chrétienne pour l'opposer au noyau de l'armée turque, les janitschares. les sipahis. Le sire de Coucy et l'amiral Jean de Vienne furent de l'avis du roi; mais le connétable et le maréchal de France > blessés dans leur orgueil de ce que Sigismoud avait consulté l'amiral et le sire de Coucy avant de demander leur opinion embrassèrent avec
fallait

réserver

le

douze chevaliers qui l'entouraient

,

,

précipitèrent ensemble sur les lances des enne-

mis

,

et

moururent en chevaliers français. Le duc
de ses compagnons furent pris
:

et vingt-quatre

,

et s'écrièrent que ne céderait jamais le pas à l'infanterie hongroise, que le poste d'honneur appartenait de droit aux Français dans la bâ-

vivacité l'opinion contraire

,

la cavalerie française

(1)

Vertot, d'après l'Histoire anonyme de Saiut-De-

nys.
(2)
(3)

IbhL,

1.

vi, p. 12 et 13.
.

Seadeddin, dans Bratutti p. 184 , parlent de cette hauteur sur laquelle Bajesid à cheval s'entreldris et
tint

ti)

Vertot
,

,

p. 9, d'après l'histoire
c.
,

anonyme de

Saint-

avec Toghan-Beg

,

commandant de

Nicopolis.

Denis
(2)
(3)

1.

xvi

,

11.

(4)

Ducas

,

1.

xui

,

p. 27.

Bon6nius p. 377. Daru Histoire de Venise,
,

(5) Vertot, d'après le

mss. anonvme deSaint-Deins,

u

,

p. 103.

c. 12.

,

LIVRE
parmi eux étaient le prince Henri de Bar, les sires de Coucv et de La Trémouille. A mille pas seulement derrière les Français, l'armée hongroise
était
les

VI.

105

de bataille. Lorsqu'il vit le grand nombre de morts que son armée avait perdu, et qui se
montait, dit-on, à soixante mille,
il

versa des
le

rangée en

bataille.

A

l'aile

droite étaient

larmes de rage,
des giaours
le

et

jura de venger dans
les

sang
le

Hongrois commandés par Etienne Lazkovich à la gauche les Valaques sous les ordres de leur prince Mirtsche; au centre Hermann de
;

martyre que

musulmans
dans

avaient subi, soit dans

la bataille, soit

camp

français, lorsqu'on avait égorgé les pri-

Cilli

avec

les St\ riens et les Bavarois, le pala-

sonniers. L'ordre cruel fut

donné de

faire

com-

tin Gara et Sigismond en personne.

Aussitôt
le

paraître le lendemain matin tous les prisonniers devant le sultan. Dix mille furent traînés avec des cordes jusqu'en sa présence. Parmi

que
i

la

témérité des Français se fut brisée sur

corps de l'armée de Bajesid, les deux ailes

(de

Ivich,

Sigismond prirent la fuite Etienne Lazkoennemi secret, s'enfuit avec les Hon:
,

jeune

eux se trouvait l'écuyer bavarois Schiltberger, homme qui c'avait pas encore seize ans
fidèlement

grois

et Mirtsche, allié infidèle, avec les
les

Vala-

et qui,
crit

ques. Le centre seul,

troupes fidèles du roi

échappé par miracle au massacre-, a déde retour dans sa patrie les
,

,

commandées

par Gara, les St\ riens sous Heret les Bavarois, sous l'électeur

horreurs de cette journée et
venir

les

souffrances

mann de

Cilli,

d'un esclavage de (rente-quatre ans. Lesultanfit
le

palatin, recueillirent les fuyards français, et au

comte de Nevers
pour

afin qu'il fût

témoin

nombre de douze mille hommes marchèrent conrageusement
.étaient
à à l'ennemi.

de

la

vengeance épouvaniable
.

qu'il allait tirer

Déjà

les janitschares

des chrétiens
sujets.

satisfaire

aux mânes de ses
vie
lui

hors de combat, déjà

les sipahis étaient

Le prince demanda
:

la

pour

lui et

qui combattait dans

demi ébranlés, lorsque le despote de Servie, les rangs de Bajesid, acà

quelques-uns des siens

elle

fut accordée

ainsi qu'à vingt-quatre des principaux
liers.

cheva-

courut
•lants

son secours avec cinq mille de sesvail-

Alors fut donné l'ordre

du massacre gé-

soldats, et décida la victoire en sa fa(1).

néral.

Chaque soldai prisonnier, témoin obligé

veur

Ceux qui suivaient
taillés

la

bannière de
;

Si-

gismond furent
Syriens et tous
ole

en pièces

les chevaliers

les chevaliers bavarois la

ensem-

mort de ses compagnons, dut les voir décapités ou assommés a coups de massue. Quand vint le tour de Schiltberger, qui avait déjà vu

de

la

tombèrent pour

ie Cilli et le

Hermann burgrave de Nuremberg entoudéfendre
(2).

tomber
père
la

les tètes
fils

de

trois

de ses compagnons
fit

d'armes, le

de Bajesid

remarquer

à

son

rèrent le roi, l'arrachèrent au

combat

et le

jeunesse de l'esclave, car on n'exécutait

nirent sur un bateau, où

il

monta avec

l'arche-

vêque de Gran

et

son frère Etienne de Kanischa;
Nicolas de Gara, le palatin,

et associé à d'autres jeunes gens.

personne au-dessous de vingt ans: il fut gracié Sous ses yeux,
seigneurs bavarois
,

tomann
es

de

Cilli et

cinq

entre autres Jean

suivirent

gnirent

sur un autre barque. Ils atteiheureusement avec le grand-maitre des

Greif, furent trainés avec une corde. Greif
s'écria

d'une voix forte

:

«

Adieu
le

!

nous ver,

:hevaliers

de Saint-Jean

la

Hotte

réunie des

sons notre sang pour la

foi

chrétienne

et

;roisés vénitiens et
l

rhodiens qui mouillait à

aujourd'hui

même

,

si

Dieu

veut

,

nous

porta jusqu'en Dalmatie,

'embouchure du Danube. Cette Hotte les transen passant par Constaninople et Rhodes.

serons des enfants du ciel.» Aussitôt sa tète
la poussière avec celles de ses quatre compagnons. Le carnage dura sans interruption depuis le lever du soleil jusqu'à quatre heures du soir (1). Alors, les grands de l'État

roula sur

Après
:opolis et

la victoire,

Bajesid

retourna ensuite contempler

campa devant Nile champ
ce qui

(1)

Schiltberger dit seulement quinze cent*
,

,

probablement uue faute de copiste au lieu de cinq nille qu'on trouvedans Engel, Hist. de Hongrie, I. n
st
,

aux pieds du sultan et le prièrent de suspendre le massacre. La soif de vengeance du tyran était pour le moment assouvie dans
se jetèrent
le

sang de tant de chrétiens;

il

laissa les autres
,

>.

202.
(2>

à ceux qui les avaient fait prisonniers

après

Schiltberger cite son raaitre, Lienbart Reichertinet ensuite

y-fit,

Welmer Benzenauer
,

,

Ulrich Kugler el
(1) Schiltberseï,

vliener.

S 2

,

p. 13.

106
avoir choisi
le

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
cinquième qui
lui

appartenait:

captifs étrangers, Bajesid,

amateur passionné

dans celte part se trouva Schiltberger. Les
captifs réservés furent, avec le

de

la

chasse, leur donna le spectacle d'une
et les étonna par la magnide son cortège, qui se composait de
,

Hue

rie

Bour-

chasse au faucon
ficence

gogne
dans

et les

vingt-quatre chevaliers, enfermés

la

étaient chargés

tour de Gallipoli. Pendant qu'ils y de chaînes, le roi Sigismond
,

sept mille fauconniers et six mille valets
chiens. Les fauconniers ont
la

de formé depuis lors
ils

passa sur les vaisseaux rhodiens

venant de
na-

masse du train de chasse du sultan;
quatre classes
:

se di-

Constant ino,)le
rieux contre
leurs

:

les

Turcs, dont

les petits

visaient en

les

chasseurs au

vires ne pouvaient rien entreprendre
la
flo'.te

de sé-

faucon, les chasseurs au milan, les chasseurs au vautour,
côté,
et les

des croisés, rangèrent
Spectatlé sur le

chasseurs à l'épcrvier.

De

leur

prisonniers
la

comme en
les racheter.

les valets

de chiens (segbans), plus tard'

bord de
riilleur

mer, et crièrent au roi d'un ton
Cette ironie des

incorporés aux janitschares, formaient trentetrois

de venir

ennemis

n'était pas nécessaire

pour engager

régiments sans compter les trois régiments des samsundschis (garde-dogues), des
,

l'honneur de Sigismond au rachat des chevaliers, ses alliés.

sagardschis (garde-bassets) et des lurnadschis

En

Vertu d'un traité de subsides

(garde-cicognes)

(1).

Leurs quatre commanles

avec Venise,

république devait lui payer par an 7.000 ducats. Il consacra le versement opéré au commencement de l'année à racheter les
la

dants étaient récemment encore

quatre lieu-

tenants-généraux de Faga des janissaires. Selon

nos idées militaires, leurs officiers supérieurs
auraient été

chevaliers français. Les rois de France et de

de Hongrie pour envoyer dans ce même but des ambassadeurs avec des présents. Lusignan envoya une salière
se réunirent à eehii

Chypre

l'ancien Orient

rés

de honopar des dénominations empruntées à la
avilis;
,

mais,

d'après

celles

ils

étaient, au contraire,

chasse

,

comme
la

les

bas officiers par celles

emsont plus

d'or d'un travail merveilleux et 10.000 ducats en espèces Charles VI, par les Hongrois une
; ,

pruntées à
le

cuisine.

En

effet

,

les vivres
le

nerf de

la

guerre, et la chasse en est

volée de faucons norwégicns,
six
,

la

charge de

noble prélude.

chevaux en écarlate de la toile fine de Reims et des tapis d'Arras sur lesquels étaient
,

De

Brusa, Bajesid

fit

remplir toute l'Asie

du
aus

bruit de sa victoire. Les messagers, qui en por-

représentées les batailles d'Alexandre

le

Grand.
à

tèrent la relation au

sultan

d'Egypte

,

Enfin

,

moyennant une somme de 200,000 dumis en liberté
Brusa
palais

princes de l'Irak arabe et persan, au chan des

cats, les chevaliers furent

ils

étaient

durement gardés près du
connétable et
le sire

du

sultan. L'amiral
le

de France avait péri dans de Coucy

la bataille,

Talaresetaux dynasties d'Arménie, y joignirent pour preuve des esclaves pris dans la bataille, dont ils leur firent présent. C'est ainsf que le sultan d'Egypte reçut soixante pages
prisonniers, et parmi eux

étaient morts à Brusa en prison; mais le

maréfurent

un magnat hongrois.

chal Boucicault et

Guy de La Trémouille
à

La défaite de Nicopolis eut pour conséquence

au nombre de ceux qui survécurent
tivité.

leur cap-

Lorsque la rançon fut payée, te sultan congédia le comte de Nevers en lui disant «.le
:

et la

immédiate la prise deMitrovizsur la Save 1393], première irruption dévastatrice des Turcs
la Styrie.

dans

Bajesid s'y jeta dès le troisième

te relève

les

de ton serment de ne jamais porter armes contre moi si tu as de l'honneur, je
;

jour après la bataille, pénétra jusqu'à Pettau,
brûla entièrement
la ville et

emmena

seize mille

te conjure, au contraire,
,

de

les

reprendre

le

prisonniers
la

(2).

Le traître Lazkovich, qui, dans
avait, le premier, pris la

plus tôt que tu pourras et de réunir pour me combattre toutes les forces de la chrétienté.

ba

aille

de Nicopolis

fuite avec l'aile droite

de l'armée, se chargea
Il

Tu ne peux me faire un plus grand plaisir que de me procurer une nouvelle occasion d'acquérir de
la

de l'irruption en Styrie. négocié un mariage entre

avait depuis

lors
et

la fille

de Bajesid

gloire (1).» Avant le départ des
(t)

Constitution

et

administration de l'empire otto-

Vertot, Histoire de l'ordre de Malte, 1. vi, p. 15; Gibbon c. ixiv p. 326, l'a arrangé à sa manière.
(1)
, ,

mau.
(2) Schillberger
,

p. 17,

LIVRE
.adislas
îi-ci

VI.
Selymbria, et qui n'avait pas oublié

107
le traite-

de Naples

,

dans

le

but de placer ce-

sur le trône de Sigismond par le secours
il

ment que son père
sa

et lui avaient subi.

Le

sul-

u sultan (I). Jean de Maroth battit,

est vrai,

tan, dans sa fureur, voulait tuer Théodore de

Posega, et

fit

retirer l'armée turque qui avait
les

propre main, au milieu d'une entrevue
il

;

ce-

assé la Save,
'en

venant de Bosnie; mais
la

Turcs

ravagèrent pas moins toute

presqu'île
et

ituée entre la
:s

Save,

la

Drave

et le

Danube,

ruines des villes indiquaient seules l'an-

ienne prospérité
iissi
i

du pays

(*2).

Ils

pénétrèrent

abandonna ce soin à son vesir Ali-Pascha. Celui-ci, comblé de présents par Théodore l'en récompensa plus tard par une mort violente (I). A celte conférence deSerès, Manuel et Constantin, fils de Thwarko,
pendant
se contint et
,

en Bosnie jusqu'à Zwornik
la la

(3), et,

malgré
sut as-

se jurèrent à la porte

mutuellement de ne plus retourner
sultan.

valeur de Mirtsch, sa résistance dans les fo-

rts

de chênes de

Valachie

,

Ewrenos

?oir

en ces lieux

puissance des Ottomans, en
,

un camp retranché ce qui maintint jn importance et sa haute faveur auprès du
tablissant

Pour gage de sa foi, Conseu mariage à l'empereur de Byzance, à la place de la princesse de Trébizonde. veuve du Turc Alaeddin (2), que son
du
tantin promit sa
fille

père Jean Piiléologue
qu'il

lui avait

enlevée, quoi-

ultan (4).

Alors Bajesid tourna ses regards du côté de
ktnstantinople que ses troupes tenaient blo-

ne put se tenir debout, rongé par la goutte (3). Les conjurés se séparèrent ainsi pour retourner, Constantin dans son pays sur le Wardar, Théodore, frère de Manuel, dans le
Péloponèse, et Manuel lui-même
nople.
à

uée depuis
vait

mort de Jean Paléologue, déjà vingt-cinq ans. Pour reprendre
la

il

y
fil

le

Constanti-

istorique des rapports de Byzance avec Baje;

Le

vesir Ali-Pascha revint devant les
capitale,

d,

il

faut remonter jusqu à l'avènement de

murs de
s'acquitta

la

demandant
à la

à l'empereur
11

lanuel qui provoqua la colère de Bajesid et la

d'aller faire

son service

porte du sullan.

emande d'une mosquée
lus exactement

et

d'un kadi à Conscirconstance qui

publiquement de sa commission, mais
il

întinople. Chalcondylas et Phranzes racontent

en secret

conseilla à l'empereur
et

que Ducas

la

mer en apparence
Bajesid
(4).

non par
,

le fait

de se conforà l'ordre de de conti-

onna
:

lieu à

une rupture p'us éclatante entre

Celui-ci

voyant que Paléologue
le siège de Constantino-

sultan et son vassal l'empereur Manuel. Ce,

n'avait pas sérieusement l'intention

li-ci

peu de temps après son avènement, parut
le

nuer ce ser\ ice, reprit
ple,

Serès, où
•ère

sultan demeurait alors, avec son
et d'autres princes vassaux

commencé avant

Théodore

de

l'on serra la ville

la victoire de Nicopolis, et de plus près. La plupart des et

ajesid, ainsi qu'Etienne, despote de Servie,
!onstantin,fils

habitants murmurait

aima

;

t

mieux

se livrer

de Thwarko

et frère de

Dragases,

ïigneur de

la

contrée située sur le

Wardar

aux Turcs que de souffrir plus longtemps la faim. Bajesid, qui voulait enlever Selymbria à
Jean,
reur à
forcé
fils

|Vxios)(5), et Paulus Marnas, seigneur d'Épi-

d'Andronicus, le

amnos ou Monembasia (6). Celui-ci, en pré|?nce de Bajesid, accusa Théodore, frère de lanuel, de lui avoir enlevé sa ville de vive |)rce. La colère du sultan, déjà enflammée, fut
ncore excitée par Jean,
ervait à la porte
fils

bitants de Constantinople pour l'élire
la

recommanda aux haempede
le

place de son oncle Manuel; celui-ci,

de

se soumettre, s'entendit, à l'insu
il

Bajesid, avec son neveu Jean;

promit, pourvu
lui

d'Andronicus, qui

qu'on

le laissât

librement sortir, de

céder

du sultan comme seigneur de

murs de la capitale affamée, et de se contenter du Péloponèse. Il s'embarqua sur une galère, laissa son
reste de l'empire byzantin, limité aux

(1)
ist.

Bonfinius, Décades,

m,

c.

2

,

p. 384, etEngel,

épouse et son jeune

fils

Théodore dans
pour
aller,

le

Pélo-

de Hongrie,

u

,

p. 203.
de,,

(2) 3C7.

Eogel, Histoire

ponèse et partit de
,

la

dans des

Servie, p. 351

d'après Thu-

(3) Leccius,!. v ,p.

(4) Chalcondylas, (5) /but.,
(6)
i
,

490 n, p. 25.

(1)
(2)

Chalcondylas,
Ibid.

1.

c.

p. 15.
,

Ibid.

,

u

p.

25

;

Phranzes

,

C.

13

,

p. 13

,

édition

(3)
(4)

Ibid. Ibid.

Aller.

,,

108
tre les Turcs à

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
Tschitschektaghi (montagne de fleurs, l'ancien
Scœdissus) et du côlé de l'occident par
la

voyages infructueux, implorer du secours conFrance
et

Gènes Florence en en Allemagne. Son neveu Jean réMilan
,
, ,

monl'ex:.

tagne d'IIasan TAntitaurus), se trouve à

gnait en attendant à Constant inople, et le pre-

trémité d'une vallée formée de rochers stériles
c'est l'ancienne-Nicopolis, c'est-à-dire ville
la

mier exercice de son autorité obtenue par
d'une mosquée et d'un kadi
à

l'en-

de
il

tremise du sultan fut d'accorder rétablissement
Constantinople(l),
le

victoire, bâtie par
la

Pompée
fois

à l'endroit

vainquit

première

Milhridale

(l).

DeJ

avec un tribut annuel de 10,000 ducats pour

rende, à deux journées au sud de Diwrigi

sultan et dix poissons remplis d'or et d'argent

pour

le vesir

Ali-Pascha, dont la vénalité retarda

du pays de Malatia,est adossée à unc.J montagne qui s'ouvre pour donner passage au, I
limite

cette fois encorela chute
la quatrième

de la capitale(2). C'était
tolérait la faiblesse

fleuve Akszu (eau blanche). La ville de Behensi,

mosquëeque

des

avec un district du

même nom,

sur

le

chemin

empereurs chrétiens depuis l'envahissement de l'islam dans les murs de leur métropole. Avant
Bajesid, le chalifc Suleiman, le Seldschuk Erto-

de Meraasch (l'ancienne Gemanica) (2)àKais-J
zarije

(Césarée),

est

entourée de nombreux

jardins arrosés par

Kurde Ssalaheddin avaient déjà deobtenu le libre exercice du culte des musulmans par une mosquée consacrée à cet
ghrul,
le

un petit fleuve (3). Malatia,i l'ancienne Melitène, non loin del'Euphrate, sur
les

mandé
effet

et

bords de

la

petite rivière

Deir-Meszih
arrose

(cloître

du

Messie), qui, avec

un autre cours
,

d'eau, le Bila

dans

le

sein de la capitale. Mais

il

était

narbaschi (tète des sources)

magnifi-

réservé au sultan des Ottomans d'ériger à côté

mosquée une mehkeme(cour de justice) et de l'imam un kadi à Constantinople il peupla même un faubourg de la ville d'une colonie turkmane venue de Bithynie, des bords de la mer Noire ce furent les habitants de Koinik et de Jenidsche-Tarakdschi qui, à la
de
la

que promenade d'Uspusi (4). est fameuse par la grande bataille livrée entre Justinien et Cbosroes-Nuschirwan
mier cid arabe
le
,

d'établir à côté
;

(5)

,

par

la

naissance

du premaître,
la

le
,

héros Sid- Albattal
et

(le

champion)

(6)

par

la

résidence de

dy-

:

nastie des Danischmends. Enfin, la forteress

frontière de

Kumach dont
,

le

nom

rappelle en

chute de Bajesid, furent chassés avec l'imam,
le

core l'ancien nom du pays de
les

Gumathène (7), sur
,

kadi et tout ce qui leur appartenait
,

,

et se

bords de l'Euphrate, une des plus fortes

transportèrent à Kinikli

village bien

connu

places

de l'empire ottoman

est aussi célèbre
la ville voisine,-,;

encore aujourd'hui dans
tantinople.

le

voisinage de Cons-

par

la toile

qui s'y fabrique, que

Après avoir ainsi humilié l'empereur dans sa capitale, Bajesid poursuivit le cours rapide de ses conquêtes en Asie par son général Timurtasch, qui étendit sa domination au nord et à
l'est,

Ersendscban, par ses brebis, la beauté de ses femmes.
ses

et

Baiburd parj

Pendant que Timurtasch portait de ce côt
étendards
si

victorieux jusqu'à l'Euphrate

qui avait été

longtemps

la

limite naturelle

tandis que lui-même en personne poussait

des Romains et des l'erses, Bajesid tombait su

les

l'ouest.

masses ottomanes en Europe au sud et à Timurtasch s'empara de Kanghri ou
rois paphlale
ri-

Gangra, l'ancienne résidence des
goniens, capitale de
iv
e

la

Paphlagonie depuis

Grèce comme la foudre. L'évèque de Phokis doublement traître à sa patrie et à sa foi, l'invita à quitter son quartier de karaferia (Beraia), où il construisait une mosquée (8), pour venir
la

siècle (3), située entre les

deux

petites

vières Schirinszu (eau douce) et Adschiszu (eau

amère),qui se jettent dans l'Halys (4). Diwrigi à deux jours de marche à l'est de Sivvas, enfermée du côté de l'orient par la montagne
,

(1)

Jlannerl

,

vi

,

2

,

p.

317, et Dschihannuma, p. 625
«flr

(2)

Ibid., p. 600
i
,
.

;

Saint-Martin, Mémoires

l'Armé-

nie

,

(3) (4)
(5)

5 p. 200. Dschihannuma
/fc«/.,p.600.

,

p. 599.

En

572.
est

(1)

(2,
(3) (4)

Ducas, xv, 30. Seadeddin, dansBratulti,

(6)
p.

Ewlia

très-circonstancié

,

et

Dschihannuma,

19

;

Neschiï

,

fol.

101.

p. 600.
(7)

Mannert, vi,3,
D.scbibauuuina,

p.
p.

3.'.

615.

(8)

AmmienMarcellin, xviu,9. Seadeddin, dans Bratulti p. 192.
,

.

, ,

LIVRE
dans
l'Hellade.

VI.
,

109
issu

Connaissant

le

goût du sultan

époux

du sang royal d'Espagne
,

,

était

pour la chasse, il lui dépeignait la Grèce comme une magnifique réserve peuplée de grues,
éblouissante de verdure (I). Bajesid s'avança en

mort depuis peu et l'amant était accusé d'avoir trompé la duchesse et plusieurs autres femmes par des enchantements et des artifices diaboliques
(1). Il est

Thessalie dont

il

occupa

les villes principales

:

possible que cette accusation ait
à aller

Jenischehr, l'ancienne Larissa; Tirhala ou Trikala, autrefois

déterminé
fiancée,
fille

la

duchesse

au-devant du vainfille

Trikka
par

(2), déjà

connue sous ce

queur avec des présents
pour
et

et sa

nubile déjà

nom par
de

les

guerres des Romains avec Philippe
,

lui offrir ses trésors,

son pays

,

sa
la
il

de Macédoine

et

les

talents stratégiques
,

elle-même. Bajesid

laissa à la

mère

Boëmond

et d'Alexis
,

Comnène

qui

,

dans

liberté

de sa personne
la

et

de sa religion; mais

un
se

défilé voisin

s'efforcèrent mutuellement de
;

accepta avec plaisir
quelle
il

fille

et la contrée, à la-

surprendre (3) Domakia (aujourd'hui Dcemenek ou Domeniska) (4), abandonnée par son
seigneur
le

duc Kernaios, qui prit

la

fuite;

Pa-

tras (aujourd'hui Badradschik),

dans une plaine
;

au pied des
Pharsale
,

appartenant

montagnes locriennes (5) enfin comme Domakia à la fasi

mille des Kernaioi, Pharsale,
l'histoire

fameuse dans
,

par deux batailles décisives

dans

les-

quelles Philippe, roi de

Macédoine, fut abattu

par Quinctius Flaminius et

tomba sans coup
rant.
les

férir

Pompée par César, au pouvoir du conqué-

donna un gouverneur (2). Maître de la la Locride et de la Phocide, le sultan confia la conquête du Péloponèse à ses généraux Jakub et Ewrenos (3). Celui-ci parcourut l'ouest de la péninsule jusqu'à la pointe méridionale et ravagea les cantons de Modon et de Coron (4); celui-là assiégea Argos, l'ancienne capitale du Péloponèse. Il attaqua la ville à la fois par la droite et la gauche et pendant que les habitants se portaient tous sur le preDoride, de
,
,

mier point, trompés par
était prise
,

Ce

fut aussi sans avoir à forcer d'obsta-

que Bajesid, comme autrefois Alaric avec <es Goths, pénétra dans l'immortel défilé des Thermopyles, sans prendre la peine de tourner
'ennemi,
gard,

à

la

le faux bruitque laplace de ce côté les ennemis escaladèrent gauche les murs abandonnés par leurs dé-

fenseurs [juin 1397]. Les trésors de la ville fu-

rent pillés, et ses habitants au
mille,

comme

les

Perses l'avaient
et
les

fait

à

l'é-

nombre de trente devenus esclaves, furent transportés en

des

Laeédémoniens

Romains à
des

Asie

(6).

En échange
le

,

Bajesid

fit

venir d'Asie

'égard des Macédoniens. La
lyles,

ville

Thermoil-

en Europe des colonies turkmanes et tatares
suivant entièrement
asiatiques
,

Seitun(6), (l'ancienne Lamia), autant

système des conquérants
les

ustrée

par

le

siège

de Philippe de Macéy soutint

qui
la

,

dès

plus anciens temps

poine(7)que par
I

celui qu'Antipater

ont regardé

lans

la

guerre appelée du

nom de cette ville (8),

de toute une ville ou de toute une population d'un bout de leur emtranslation

ivra ses portes avec toute la Phocide aux Barbares conduits par l'évèque grec. Ce prélat uvait accusé auprès de Bajesid la duchesse Tru-

pire à l'autre bout cace

comme le moyen

le

plus

effi-

de consolider leur pouvoir despotique.
les habitants

Déjà Darius avait transplanté

des

lleluda, épouse
l'entretenir

de Delwos, duc de Delphes, un commerce illégitime avec le
(9)
,

déserts de Barka, de Libye en Bactriane (6); les Pœoniens d'Europe en Asie (7) ; les Milé,

,>ec Strates

d'opprimer horriblement
;

les

niens de l'Asie Mineure à Suse en Perse (8);
avait aussi voulu

il

îabitants, et d'en avoir fait périr plusieurs

son

transporter les Ioniens en

Phénicie
(1)
I

et

les

Phéniciens

en Ionie

(9).

A

Chalcondylas

,

n
,

,

p. 21.

(2)

Livius, xxxix

p. 25.
I.

I

(3;
(4)
nili
,

Anna Coinnena,
Chalcondylas
p. 104.
,

v
,

,

etCantac,
,

1.

n

,

p. 28.

(1) (2)

Chalcondylas,
Ibid.,
I.

I.

c.

[
I

1.

n

p. 21

et

Hadschi-Cbalfa, Ru-

c.

(3) /6irf.,p.30.
,

I

ne faut pas confondre cette ville de Patras avec celle qui est en Morée (Baliabadra). (6) Mannert, 1. vu, p. 610, Chalcondylas, 1. h, p. 21.
(5)
l.

Chalcondylas

c.

Il

(4)
(5)

Ibid.
Ibid., p. 31

(6)

'

(7; Liv.
(8)

xxxix,
I.

c.

23,

p. 28.

(7)

Hérodote I. iv , p. 204. Ibid.,1 v,p. 12 et 98.
,

I

ftiodor.

xviii,
I.

p. 13.

(8) Ibid.,
(9)

I.

vi, p. 20.
p. 3.

I

(9)

Chalcondylas,

n,

p. 21.

/bid.,\.\u,

,

110

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
par Philippe, roi de Macédoine, avait
jouir longtemps encore d'une
fini

fit passer lesTurkmans du pays de Ssaruehan, des plaines de Menncn dans lecanlon de Philippopolis; d'autres

son exemple, Bajesid

par

ombre de liberté,
le

grâce

à cette

fameuse décision par laquelle
les

vinrent

des

contrées

asiatiques

du

Méansur
les

sénat romain rendit l'indépendance à toute la

dre, du Scaraandre et du Kaistros

Grèce

( 1 ).

Sous

empereurs romains
et

,

elle fut

bords de l'Axios, en Europe; et
Sofia (1).

les

habilanls
et

embellie par

Hérodes Atticus

par Adrien

de Therma furent poussés jusqu'à Zagora

même de nouveaux monuments

d'architecture,

placer aussi dans la dernière année
cle

Les historiens ottomans s'accordent tous à du vin e siè-

que détruisirent en grande partie plus tard les Gothssous Alaric. Mais, avant que cette malheureuse
ville

eût élé

la

proie des Goths,

elle

de l'hégire [1397]

la

conquête d'Athènes

(2),

avait subi les dévastations

qu'ils
ville

nomment constamment eux-mêmes
des philosophes. Quoique
elle

la

n'ait

élé

du roi grec Philippe de Macédoine; ce monarque impie avait ravage le bois de Kynosarge le Lycée et tout ce qui
,

conquise d'une manière définitive que soixante

pouvait reposer agréablement

la

vue;

il

avait

on ne peut cependant pas plus contester pour cette ville
ans plus lard par
II
,

Mohammed

abattu depuis les toits des maisons jusqu'aux
pierres des
tin, la cité

tombeaux

(2).

Sous l'empire byzan-

que pour Th.essalonique son occupation antérieure par les musulmans. Quels flots d'événements se pressent entre les premiers témoignages historiques du père de l'histoire, qui appelle les Athéniens les plus sages parmi les Grecs (3),
et

de Minerve

fut

un

lieu

de ralliement

pour

les flottes, et,

après

la

division de cet

em-

pire, elle

forma avecTIièbes un grand duché,

échu en partage à un noble bourguignon,

ceux de l'historiographe de l'empire ottorefuser à leur

man, Seadeddin, qui ne peut
cité le

Olhon de La Roche. De cette famille, elle passa par un mariage à celle de Gauthier de Briennc, Ce prince avec sept cents chevaliers six mille
,
,

nom de
,

ville

des sages

!

Athènes, fondée
le
,

quatre cents cavaliers et huit mille fantassins,

par Cécrops

qui y transporta de Sais
le

culte

marcha contre
plètement sur
tie.

les les

Catalans, qui le battirent com-

de Neith sous
les seuls

nom
les

d'Athèné Athènes
;

dont

bords du Céphissus, en Béola

les plus anciens habitants se vantaient d'être

L'Attique et

Béotie restèrent en proie
le titre

parmi
le

Grecs qui n'eussent jamais

aux victorieux Catalans, qui, sous

de

la

du temps d'Ilion, avait envoyé à sa conquête l'homme le plus capable d'organiser une année (5) et avait fourni à Marathon les défenseurs de la liberté grecque (6); Athènes, où les descendants des Phéniciens, les Géphyrœens (7) apportèrent l'écriture et qui vit leurs petits-fils Harmodius et Aristogiton la délivrer de la tyrannie d'Hipparque, fils du tyran Pisistrate; Athènes deux
abondonné
sol paternel (4); qui,
, ,

Grande

société (de la rapine), furent pendant
la la

quatorze ans

terreur de

la

Grèce.
la

Ils

recon-

nurent enfin

souveraineté de

maison d'AW
d'Athènes un

ragon

,

et les rois

de

Sicile firent

gouvernement ou
Catalans, sur
le la famille italienne

fief.

Après

les

Francs et

les

trône du grand duché s'éleva
des Aciaioli, plébéiens à Flodevint

rence, tout puissants à Naples, souverains absolaî

en Grèce
capitale

:

Athènes
et

,

ornée d'édifices

,

la

fois

conquise par les
et

Perses, incendiée par

d'un État qui s'étendit sur Thèbes,

Xerxës
tiates
,

Mardouius

,

subjuguée par

les

Spar-

Argos, Gorinthe

une partie de

la Thessalie.

délivrée de ses trente tyrans par Trasyla bataille

bule, soumise aux Macédoniens après

A la seconde prise d'Athènes par les Turcs, sous Mohammed H, le dernier prince de cette m lison
pendu d'après l'exemple que Timurtasch donné à l'égard du prince de Karamanie. La patrie de Solon et de Périclès de Socrate et
fut

de Chéronée

,

ravagée du temps des Romains

avait
(1)

,

Chalcondylas
ldris

,

1.
,

h

,

p. 32.

(2)

Hadschi-Chalfa
, ,

dans ses Tables chonologiques
p. 60.

d'Alcibiade

,

où, sous

les

portiques et dans

les

Ssolaksade
(3)

etc.
i
,

jardins de l'Académie, Platon, Aristote, Zenon,

Hérodote
I.

, 1.

Épicure, enseignaient la sagesse avec tant de

(4) Ibld.,
(5) Ibid.,
(6)

i,p. 56.
iv, p. 72.
(1)

1.

/Md.,1. vi, p. 112-113. (7}/6W.,l. v,p. 57-58.

Tit.-Livius.c. 32.

(2) /Wrf.,1.

«si,

c. 24.

LIVRE
charmes; où, sur la scène, Sophocle et EuriAristopide savaient émouvoir les passions
,

VI.

lit

calme de

Ainsi s'écoulèrent quelques années dans le la honte. Pendant ce temps, dit l'his-

Ménandre excitaient ie rire de leurs concilo) ens où du haut de la tribune, Eschine et Démosthène exercèrent le pouvoir de leur
phane
et
; ,

torien Ducas, Bajesid se tenait à Brusa, où ne

éloquence

;

la ville

de Minerve

et

de Neptune,
son

manquait aucune jouissance animaux de forme extraordinaire, métaux précieux, tout ce que Dieu a créé dans ce monde pour satisfaire
lui
:

avec ses temples et ses académies, avec son Par-

la

vue

,

tout se trouvait dans ses palais.

Des

es-

thénon, son Panthéon, son Pandroson,

claves des

deux

sexes, choisis entre des milliers
et leur

Erechthéon, avec
lias,

les

temples de Pallas Po-

pour leurs grâces

beauté, se tenaient

de Thésée, de Thémis et d'Aphrodite, ïvec le Cynosarge et l'Olympion, avec l'Aréopage et
polis,avec
le
le

sans cesse autour de

lui. 11

y avait des Grecs,
et

des Valaques, desServiens, des Albanais, des

Pnyx
Lycée,
le

,

avec
le

le

Pirée et l'Acroet le

Hongrois, des Saxons, des Bulgares
tins, qui tous devaient

des La-

Musée, l'Odéon
le

chanter dans leur lan-

Prytanée, avec
avec
le

Poikile et les Propylées,
le

gue, selon
cette foule,

sa volonté;
il

pour

lui,

au milieu de

Gymnase,
les

Stade, avec

théâtre
vastes
la

se livrait sans cesse à la volupté

dTlérode, avec
salles,

longs murs et

les

dans
tiré

les

bras de ses femmes.

Tout

à

coup

il

fut

avec lare de triomphe d'Adrien,
vents,
le

de ce sommeil de l'indolence par un mesle

Tour des

monument de

victoire

de

sage de Timur, dont

nom

remplissait a'ors le

les cavernes de Pau et de Phœbus, avec l'ilissuset la source d'Enneacrynos, avec les tombeaux de Thaïes et de Thëmis-

Philopappos, avec

monde. Bajesid
que;
il

insultante; et arrêter sa
ir

une réponse marche en allant conErsendschan en Arménie L1400J. Ensuite
crut l'effrayer par
,

tocle

;

cet

unique sanctuairt des sciences
à

et

des

revint à Brusa, puis franchissant l'Hellespont,
il

arts,

en proie tour

tour aux incendies, aux

de sa résidence d'Andrinople
l'empereur Jean
:

fit

dire

à

déprédations, aux ravages des Barbares, des

«

Quand

j'ai

jeté

tm

prédé-

Perses, des Goths,des Catalans, tomba avec
les débris

cesseur Manuel hors de sa ville, ce n'était pas

de toutes ces grandeurs dans les mains d'autres barbares, qui, du moins, conles ruines

dans Ion
nerai

intérêt,

mais dans
la

le

mien. Si lu veux

rester notre
le

ami, quitte

place et je te

donque

servèrent
,dans

de

la ville

des philosophes

gouvernement qui

te plaira; si tu re-

l'état

ils les

avaient trouvées. Pendant

fuses, je jure par Dieu et son prophète,
je

ces événements, surtout après la perte de ces

n'épargnerai personne, et que vous serez

mêmes conquêtes dans
qu'Ewrenos
Grèce par
qu'après
et

le

Péloponèse, pendant
le

tous exterminés (1). » Les Byzantins, s'élant

Jakub

souillaient

sol

de

la

pourvus de vivres pour un long siège, firent
à

les

premières incursions turques (en
n'ait
,

l'ambassadeur cette

réponse pleine
:

d'une

supposant que cette expédition
la bataille

eu

lieu

confiance toute chrétienne

«

Allez dire à votre
,

de

iVicopolis)

l'empereur

maître que faibles

comme nous sommes
à

nous

.Manuel parcourait l'Europe, faisant entendre
d'inutiles prières
et son

ne connaissons nulle puissance
puissions avoir recours, sinon
tient les faibles et abat les forts.

à laquelle

nous

aux puissances chrétiennes,

Dieu, qui sou-

ceinte

neveu, Jean, régnait alors dans l'ende Constantinople; car la banlieue
la ville,

Maintenant que
Mais lacon-

le sultan fasse ce qui lui plaira(-)».

'même de
'raille

entourée par

la

grande muSelymbria,

quète d Ersendschan

ei

le

massacre de Siwas,

d'Ana6tase qui

comme

çait à

empêchèrent
les

la

poursuite du second siège dont

[jetait

tombée au pouvoir des Turcs avec cette dernière ville. Les Turcs étaient logés dansl'intérieurdeces longsmurs.et des colons turkmans
établissaient leur

Byzantins étaient menacés, et Bajesid courut
les
flots

d'Europe en Asie où se roulaient
Talares qui allaient l'emporter.

de

demeure dans
dans
le

les

faubourgs
de Cons(1) (2)

de

la capitale, et,

sein

même

tantinople, l'imam priait dans sa mosquée, le
ltadi siégeait sur

Ducas

,

c.

iv,

p. 31.

sou tribunal.

ma.

p. 52,

,

LIVRE VIL
HISTOIRE DE TIMUR
,

SA NAISSANCE, SON ACCROISSEMENT.

TROIS EXPÉDITIONS CONTRE LES PERCONQUÊTE DE BAGDAD, DE LA MÉSOPOTAMIE, DU KURDISTAN, DE l' ARMÉNIE, DE LA SANS. DÉSORDRES DANS LES GOUVERNEMENTS DE SON EMPIRE. —PRINCES OUI SE REFUGÉORGIE.
LE CHUARESM, LE CIIORASAN, ET TOKATM1SCH.

— SES

— SES

CAMPAGNES CONTRE LES

GETIÏS,

GIENT AUPRÈS DE

LUI.

— CAMPAGNE DE

SYRIE.

DALEP.— DÉVASTATION DE BAGDAD,

VISITE

AUX TOMBEAUX

— ENTRETIEN DE TIMUR AVEC LES SAVANTS — ÉCHANGE D'AMBASSADES ENTRE

TIMUR ET BAJESID.—BATAILLE D'ANGORA.

— LE

SULTAN EST FAIT PRISONNIER.

Le
issu

fer

subjugua

le

était le

nom

significatif

monde. Timur ( le fer ) du fils de Tharaghai
qui avait été émir

â l'Iskender grec,

Alexandre

le

Grand, bien que
conquérant du
l'Asie inscrit à

l'ancienne histoire de ces contrées reconnaisse

au quatrième degré de Karatschar-JNowian,
noble race de Berlas
, ,

exclusivement celui-ci pour

le

de

la

monde.
peine
le

L'histoire

moyenne de

ni -

umera

c'est-à-dire
fils

grand

prince

vesir

nom d'Attila;
les

ses regards

ne sont
,

fixés

de Dschaghatai,
la

de Dschengis-Chan. Quand
le

que sur

ravages de Dschengis-Chan
le

et sur

splendeur de

la

puissance mongole paruts'é-

Timur dont

passage a
,

laissé

une lueur san-

teindre avec le sultan Ebusaid-Behadir-Chan,

glante sur toute l'Asie

depuis l'Indus jusqu'au

dernier grand souverain de
gis-Chan; cetteannée
s

la

famille

Dschen-

Pont-Euxin. De
et le

même naquit Timur, qui se
la

même que le Sesostris égyptien Cjrus persan restent plongés dans les téla fable et

proposa pour l'œuvre de sa vie

conquête du

nèbres de

du symbole,

derrière l'A-

monde

1

1335]. Heureusement pour l'humanité,

lexandre grec, qui resplenditdetoutl'c'clatdela
civilisation hellénique, présenté le

cette domination universelle, rêvée par tant

de

premier au

conquérants, a été réalisée à peine par quelquesuns, et

flambeau de

l'histoire

comme

le

vainqueur de

même
le

d'une manière fort incomplète;

la terre; ainsi Attila et

Dschengis-Chan, chefs
et

dans tout

cours de l'histoire apparaissent six

barbares des hordes de Huns

de Mongols,

ou sept de

ces

grands exterminateurs qui peutitre

sont rejetés en Asie, pour laisser paraître et
briller le

vent être décorés du
terre. Sesostris,
le

de vainqueurs de
les

la

Tatare Timur, qui, mêlé au plus haut

premier, appartient à une

époque

si

enveloppée de ténèbres, que
le

myIs-

développement intellectuel de la Perse de son temps, sut non-seulement détruire, mais fonder, et qui
,

thes grecs

confondent avec Dionysos, et ceux
le

selon les expressions des Turcs et
,

des Orientaux avec

premier Dschem ou

des Persans

s'entendait à maintenir
à

comme

à

kender-Sulkarnein (Alexandre aux deux cornes).

Les deux cornes qui indiquent
gré des honneurs et de
la

le

plus haut de-

domination sur deux
siècles
,

gouverner comme àvaincre : c'est l'homme du triomphe de la force (1), et de l'organisation intelligente (2). La domiprendre, c'est-à-dire
nation d'Attila,

parties de la terre et sur

deux

l'Orient

comme

celle

d'Alexandre, des;

ne
ces

les
,

accorde ni au second

Dschem

(1),
;

Dejoni à

cendit avec lui dans la

tombe

la

puissance de
fils(3),

fondateur de l'empire des Mèdes
celui des Perses
;

Dschengis-Chan, recueillie par ses quatre
se continua ainsi divisée

Cyrus , fondateur de
Voy.
t.

ni

même

pendant deux
monde).
monde).
édit.,

siècles,

(1)

les

preuves de

l'identité
,

du second Dschem
les

(1) (2) (3)

Dschibangir (qui

saisit le

ou Dschemschid avec Dejoces dans
térature,
ix, p. 10.

Annales de

la lit-

Dschibanbar

(qui tient le
,

Gibbon

,

xxxiv

quatrième

m

,

p. 368.

, ,

LIVRE VIL
dans
les

113
la gaieté,

quatre royaumes de la Chine
la

,

de

la

nemi de

Transoxane, de
sance dans

Perse et de laTatarie; et les dess'ils

en sorte que
plus que le

la vérité la plus
le

encore plus de l'hypocrisie dure lui plaisait
plus flatteur; bien dif,

rendants de Timur,
la

ne conservèrent
et la Perse

la puis-

mensonge

Transoxane

que durant

férent en cela d'Alexandre, qui
chise, perça et

pour leur franle

un

siècle,

continuèrent à régner dans l'Inde

de sa main son compagnon d'armes
et
il

trois cents ans après encore, et

presque jusqu'à
très-superficiel

son ami Clitus

fit

exécuter

philosophe

nosjours. Attila et Dschengis-Chan ont été com-

Antisthènes. Jamais

n'abandonnait un projet,
;

parés d'après
Ils

un point de vue

;

avaient tous deux établi

leur pouvoir sur

ou ne révoquait un ordre jamais il ne regrettait le passé; l'avenir ne lui inspirait jamais de
bruyantes espérances.
ni les
11
il

des peuples superstitieux: l'un en faisant croire

n'aimait ni les poètes
avait

aux Huns
l'autre

qu'il avait

trouvé l'épée de Mars;
qu'il était

bouffons; mais

une grande con-

en persuadant aux Mongols
le


et

sidération pour les médecins et les astronomes,
les légistes, qu'il

d'une vierge. Mais

parallèle entre

Timur

prenait plaisir à fùire discuter

Alexandre

le

Grand repose sur des
Il

idées plus

en sa présence,

et surtout

pour

les scheiehs re-

sérieuses et plus complexes, et en

même temps
la

nommés pour
sionné pour

leur sainteté, dont les prières lui

bien plus saisissables.
civilisation

s'agit

,

en outre de

préparaient les voies
les

du triomphe.

Il

était pasil

grecque

et

de

la civilisation

persane

échecs, dans lesquels

n'avait

représentées par les deux héros. Si le Macé-

point de maître, et c'est d'un coup de ce jeu
(le

donien avait un esprit plus cultivé, des formes moins rudes leTatare ne s'abandonna jamais à
,

changement du
fils

roi avec la tour) qu'il
(1).

donna
Les ré-

à

son

chéri le

nom de Schahroch

la

volupté ni à

la

mollesse, ne se laissa jamais eni,

cits

de

batailles, les vies

des guerriers et des
livres favoris, qui

vrer par

la victoire
il

et

toujours

il

suivit la route

grands hommes, étaient ses

dans laquelle

était entré,

durant toute une gé-

ne
si

le

quittaient jamais, ni en temps de paix, ni

nérât ion d'hommes, avec la

même

résolution, la

en temps de guerre. Quoiqu'il eût une mémoire
puissante qu'il retenait ce qu'il avait lu ou
fois,

même

force de volonté

;

il

embrassa d'ailleurs

une plus vaste étendue de pays dans le cercle de ses conquêtes il eut à combattre contre des
;

entendu une seule
trois

son instruction se boril

nait à savoir lire et écrire, et

ne parlait que

hommes
trùne
,

plus énergiques;

il

n'abattit

que des

langues,

le

persan

,

le

turc et le

mongol
11

;

nations guerrières. Alexandre étant né sur le
les voies lui avaient été

l'arabe lui était

absolument étranger.

avait

préparées par
le
fils

pour
si

la

Tora,

le

code de Dschengis-Chan, une au Koran
,

son père Philippe; Timur

était

d'un

haute estime

qu'il la préférait

ce

homme
me,
le

obscur;

le saisir

gagner le pouvoir suprêd'une main ferme, le conserver et
il

sut

qui a déterminé certains docteurs à tenir pour
infidèles

ceux qui mettaient

le

code
divine.
la

fait
Il

par

transmettre à sa race.

des

hommes au-dessus de

la loi

com-

Timur, appelé généralement Timurlenk (Tile Boiteux), dont les Européens ont fait Tamerlan, n'était pas boiteux de naissance;

pléta la

Tora par son propre code,
la

Tufukat

mur

qui s'occupe surtout de l'organisation de l'ar-

mée, de

hiérarchie des officiers de la cour et
la

cette infirmité était le résultat d'un blessure
qu'il avait

de l'État, et de l'administration de
des finances. Sans offrir
nin, ni
le
la

justice et

reçue au siège de

la

capitale

du

Sis-

philosophie

dAntolois

tan peu de temps avant qu'il parvint au pouvoir suprême. D'ailleurs , il était d'une haute stature; il avait la tète extraordinairement

pédantisme de Constantin (2), ses

révèlent des idées profondes sur l'organisation
militaire et sur les principes
politique.

grosse,

le

front large, élevé,

le teint

vif et

du gouvernement Ce sont des modèles que deux de ses
les

animé; par une
son enfance
il

particularité singulière, dès
,

descendants, assis sur

trônes de l'Inde,

cheveux blancs comme Sam, le fameux héros de l'histoire persane (1); à chacune de ses oreilles il portait une perle
avait les
il

sance au
gora.
(2)

d'un grand prix. Sérieux et sombre,

était en-

Ducas rapporte la circonstance qui donna naisnom mais il porte la naissance de Scbahrncb à ving/.-sh ans plus tard dans l'année de la bataille d'An(1)
;

,

Const. Porpbyrojîenetae de ceriraoniis aulae Byet

Ci)

Voy. L'épisode duSchahnaineh sur

l'hist.

de Sara..

zantine

de thematibus imperii.

8

,

114
Sehah-Baber
,

HISTOIRE DE L'EM PIRE OTTOMAN.
fondateur de
cl la

puissance des
,

mais

trois ans

étaient à peine écoulés [1365],
la

grands Mon,;ols.
.

Schah-Kkb.
l

r

le

plus grand

que, la mort de
liens d'alliance,

princesse ayant

rompu

les

de ces princes se son efforcés d'huiler dans les commentaires et les maximes qu'ils ont laissés.

Timur secoua

aussi les rapports

de vassclage
le

et entra

en guerre ouverte avec
la

Une

surveillance active, des rapports fré-

souverain du Chorasan et de
paix

Transoxane.

quents

et réguliers, aidaient prinei

palemert

à

Une

de quelques instants sembla donner
la

diriger l'État et l'armée: ce service se faisait

plus d'ardeur à des hostilités nouvelles, qui se

au moyen de voyageurs de toute espèce, sous tous les costumes; les derwischs surtout y
jouaient des rôles importants, eu sorte que Ti-

prolongèrent jusqu'à ce que
Balch et
la

conquête de

mort d'Husein
le

,

tué par des émirs

empressés A servir
laissèrent

vainqueur 11366] (1), ne

mor
de
la

était

informé de

la

manière

la

plus exacte
,

plus d'obstacle à l'inlronisation de

force et des projets de ses ennemis

de ce

qui se passait à leurs cours et de la situation

dans

Timur. De huit princesses qui se trouvaient le harem d'Husein, Timur en garda la

de leurs
agents
et

villes.

Ce

qu'il avait

appris par ses
la

moitié pour lui-même, n'en prit néanmoins que

par

les

voyageurs sur

puissance puil

blique, sur les localités des pays étrangers,
faisait

le

consigner dans des registres, oumarquer

sur des caries, qui étaient toujours sous ses
yeux. L'amour et le dévoue nent des soldats pour Timur étaient tels qu'ils lui sacrifiaient

sans hésiter leur

vie, et

même,

ce qui est le plus

cher à des
butin

hommes

vivant de brigandage, leur

donna les quacompagnons d'armes et membres de sa tribu. La citadelle fut pillée, puis rasée, ainsi que le palais. Quant aux habitants, on les chargea de fers ou on leur abattit la tète L1369J; les femmes et les enfants furent partagés comme esclaves. Ce fut là le prologue des sanglantes tragédies que les
deux pour épouses légitimes,
tre autres
et

aux émirs ses amis

,

ses

et leurs

biens avec joie, en cas de nécessi

conquérants tataresaliaient jouer sur

le

théâtre

sité; leur

soumission était
lui

aveugle et

si

ab-

de

l'Asie.

Balch étant détruit, Timur choisit
qu'il

soluequ'il ne

aurait

f.,llu

qu'un ordre du jour

pour sa résidence Samarkand,
L'assemblée générale des
saisir; le scheich Bereket,
le
la

entoura de

pour

d'empereur en prophète des Tatares. Ces gens avaient été pris à tous
se transformer
il

murailles, qu'il embellit de palais et de jardins.

peuples tatares
qu'il venait
lui avait

le

les peuples;

s'efforça d'adoucir leur férocité
et

proclama possesseur du trône
qui

de

sauvage par l'action des poètes
des musiciens
toute l'Asie
et

des savants

prédit

des s sons, qui se rendaient en

pouvoir suprême
son

,

le revêtit
la

des insignes de

foule à sou armée, et parcoururent avec lui
(1).

souveraineté, lui conféra
à

bannière et

le

La jeunesse de Timur

s'éait

tambour, et,
lui avait

nom de Timur, que

son père

passée dans les exercices guerriers, à la chasse, dans des expédiions où il s'agissait de faire du
butin.
11

avait vins;t-sepl ans [1326

,

lorsqu'il

fournit le premier service militaire important,

en secourant l'émir Husein. prince de la maison Dschagatai qui alors de ses résidences de
, ,

donné à cause de sa force, il ajouta le* de Gurgan (grand dominateur), SsahilKiran (maître du temps) et de Dschihangir (conquérant dumon de), que le prince talare justifia si complètement dans son règne de trentesix ans. La devise du sceau deTimur fut Équité,
titres

le Chorasan et Mawerainnehr (pays en deçà et au delà de l'Oxus), contre Timur-Togluk-Chan, souverain le

Herat et de Balch, régnait sur

Salut

du Turkistan,

qui, à la tète des Dschèies
les

ou

Gètcs, ravageait

contrées sur les deux rives

de l'Oxus. La main de la princesse TurkanChan, suw d'Husein récompensa la valeur qui
venait d'affermir
le

Durant ces trente-six années de vie- 1 de conquêtes à peine interrompues, il ne revint que neuf fois dans sa patrie au delà de l'Oxus dans sa résidence de Samarkand ou à Buchara, pour ranimer par quelques instants de repos les forces de son armée, afin de voler
(2;.

loires et

,

à

trône

du

frère [1363] (2);

les

de nouvelles entreprises. 11 réunit sur sa tète couronnes de vingt-sept pays appartenant à
,

;i)

Nocbbelct-Trwarich

,

la fin),

etLari, d'où a été

Arab-Scn..h rDdd. 3 jusqu'à tiré tout le portrait de Ti-

par Polis de Lacroix, i. p. 46; Hadschi-Chalfa CHronoIOgiques , an 765.
(1) Lari et

Table»

mur.
(2; Histoire

Schefereddin.

de Tiniur-F.eg

,

par Scherefeddin

,

trad.

(2)

Kastiou Rusli.

, ,

LIVRE
neuf dynasties, dont
après
la
il

VII.

1!,

décida les destinées.
il

pire répandaient des perles sur la tête de la

C'étaient l°les Dschagatais, dont

saisit le

trône

mariée;

l'air était

chargé de musc

et

d'ambre
;

mort de Husein; 2° les Dschètes nu Gètes, dans le Turkistan et le Mogholistan; 3° les souverains de Chuaresm; 4° les souverains

le sol recoii' ert

de

tapis et d'étoffes d'or
la

de

toutes les villes où

jeune épouse dirigeait sa

marche,

les scheichs et les kadis, les

imams

et les

du Chorasan; 5°
le

la
le

dynastie des Tatares

molla^, sortaient au-devant d'elle; et les
et les réjouissances se renouvelèrent

pompes

dans

Tataristan et
fils

Descht-Kiptschak;
;7° les

pour sa ré-

6° celle des

Mosaffir, dans l'Irak persan

ception à Samarkand. La tente où s'accomplit le

Ilchans,daus l'Irak arabe; 8° la dynastiedes souverains de l'Indostan; 9° celle des Ottomans.

mariage [1373; représentait dans l'intérieur dôme du ciel semé d'étoiles eu diamant
;

le

la
les

Ses conquêtes s'étendirent vers l'Orient jusqu'à

pomme

qui

la

surmontait était d'ambre
d'or.

;

lamurailledela Chine; versle nord, jusque dans
le

rideaux étaient de drap
tentes remplies de kaftans,

centre delà Russie; à l'ouest, elles atteignirent

de

châles,

Beaucoup de de vête-

la

mer Méditerranée; au midi,

les frontières

de
lui

ments

et d'étoffes
la

furent distribuées entre les
les

l'Egypte Quelques-uns de ses royaumes furent
le prix

personnes de

rour et

hôtes: les astronomes

d'une seule bataille mais la plupart ne
;

fixèrent l'heureux instant
et
la

de l'union nuptiale,

furent soumisqu

à lasuite de longues fatigues et
il

cérémonie s'accomplit avec une

pompe

de nombreuses campagnes. Ainsi
contre contre
le

conduisit

dont l'Orient n'avait vu aucun exemple depuis
les

l'armée sept fois coutre les Gètes, et cinq fois

plus beaux temps du chalifat

1

).

Timur dé-

Chuaresm; poursuivit deux guerres
maîtres de la Tatarie
la
:

les

la

première
il

ploya moins de faste l'année suivante [1374], en solennissant son union avec la princesse Dil-

contre Unis;

seconde, contre Toktamisch:

schadaga,
son père

fille

du sultan des Dschètes,
la

qu'il

soumit bien l'Indosta-i en une seule campagne;
mais, dans l'Asie occidentale,
il

avait enlevée
(2).

dans

seconde expédition contre

entreprit trois
trois ans, la

guerres, dont

la

première dura

seconde cinq,
sort

et la troisième, où fut décidé le de Bajesid, se prolongea durant sept an-

Outre les femmes dont nous avons mention, après la mort de Turkan, Timur épousa aussi la princesse Tumanaga,
déjà
fait
fille

de l'émir Musa

,

pour l'amour de laquelle

il

nées entières. Toutes ces expéditions ne nous

réunit les douze jardins de
seul [1377], qui fut

Samarkand en un
Bihischt, c'est-a-

occuperont qu'un instant

,

à

l'exception
,

de

la

nommé
(3).

dernière guerre de sept ans

qui

,

poursuivie

dire

le

jardin du paradis
les liens

sur les frontières ou dans l'intérieur de l'empire ottoman, occupe nécessairement une place

Mais

de parenté ne sauvèrent ni le

importante dans cette histoire. Les sept expéditions contre les Gètes et

les

le schah de Chuaresm de leur ruine. Le dernier, après avoir violé le droit des gens, en faisant emprisonner les am-

sultan des Dschètes ni

cinq campagnes contre Husein-Ssofi, schah de

bassadeurs de Timur
trième fois par
le

,

fut attaqué

une qua-

Chuaresm furent coupées ou séparées par des
,

conquérant, qui l'assiégea
et

des traités de paix et même par des négociations d'alliance et de mariage. Après

ambassades
la

,

durant trois mois

demi dans

sa capitale (4).
défia le beau-

Au

pied des murailles,
fils

Timur

première campagne contre
,

le

schah de Chuala
fils

père de son

à

un combat

singulier

que

resm Timur demanda solennellement cesse Chamade pour épouse de son

prinaîné

Husein n'accepta pas [I379J. Alors la ville fut emportée d'assaut, livrée au pillage tous les
:

D

chinhangir, et Husein-Ssofi

,

père de

la fian-

scheichs, les savants, les artisans et les ouvriers,

cée,

donna des
les

fêtes qui rivalisèrent

par

l'éclat

furent

emmenés

à Kesch, patrie

de Timur

(ô),

avec
et

noces pompeuses des chalifes

Mamon

jadis appelée Schehr-Sebs (la ville verte), mais

Motedhad. Les présents de noces de Chansade consistaient en un trône d'or, en de riches
couronnes, en bracelets et en boucles d'oreille
colliers et ceintures
p.

(1) Histoire

de Timonr Beg, parSeberefeddin,
15
p. 256.

i, c.

13,

244-251.
(2)

du plus grand
et

prix
,

,

en

Jbid.

.

c.

,

coffres pleins

de pierreries

tentes, sofas et baldaquins.

de perles en lits Les grands de l'em-

(3) jbitl.,c.

20, p. 298.

(4)
(5)

Mil.
Ibid.,c. 27, p. 299.

1IG

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
présage de
le la

qui dès lors reçu t le titre de Temple de la science
et

conquête de

la

partie orientale de
la

de

la civilisation.

Timur
il

la
la
il

déclara seconde
Ville-Verte d'un

Perse, qui dès lors fut appelée

poitrine de
,

capitale de l'empire;

décora

l'Asie (1).

Après

la

chute de Fuschendsch

la

palais blanc (I), et plus tard

y éleva un tom-

plus forte place de l'ennemi, sa capitale Hérat

beau

à

sa

fille

chérie, Akabeg, qu'il avait donfils

née pour épouse au
beau-père).

de l'émir Musa (son

core par
et

la

11 fut plus profondément affecté enmort de Dschihangir, son fils aîné,

par celle de sa sœur bien-aimée, Turkan-

que les soude Kurt y avaient accumulés depuis deux siècles. La ville fut sauvée de la destruction seulement ses portes de fer, d'un travail admirable, furent ense rendit aussi avec tous les trésors

verains des

dynasties de

Ghur
;

et

Chatun. Pour se consoler de ces pertes cruelles,
il

se faisait lire des passages

du Koran

et

de

la

Sunna par
reprit les

ses scheichs et ses légistes;

on

lui
il

levées et transportées comme des trophées à Kesch patrie de Timur (2). Ses progrès dans le Chorasan furent arrêtés par les forteresses
, ,

récitait des histoires et des légendes; ensuite

du pays dont chacune ne
,

se rendit qu'après

soins

du gouvernement
(2).

oubliés au

une

résistance opiniâtre. Les plus fameuses

milieu de ses lugubres pensées

étaient
et la transla-

Schaburkan Kabuschan
, ,

,

et surtout
(la

en-

Après
tion

la

conquête du Ghuaresm

tre Balch et Kelat

la

place de

Kahkaha

mo-

de ses habitants à Kesch, Timur
la

laissa

éclater les projets

de sou ambition, qui tenil

daient à

domination du monde. Sans cesse
la

avait à la

bouche

parole du poète
le ciel la
,

:

De même
ne doit y

rit de tous les efforts de l'ennemi. Les grandes villes de Nischabur , Sebsewar et Tus se remirent d'elles-mêmes au vainqueur. La dernière est appelée aussi Mesch-

queuse), parce qu'elle se

quïl y a un seul Dieu dans
avoir qu'un seul maître sur
la

il

terre; et

même

terre avec tous ses

royaumes ne

saurait satis-

faire l'ambition

d'un grand prince. Maître de

Turan

,

c'est-à-dire des pays au delà
il

de l'Oxus,

maintenant

aspirait à la possession d'Iran,

c'est-à-dire des contrées en deçà

de l'Oxus, ou
les vastes

hed (les sépulcres), parce que les tombeaux de beaucoup de grands hommes de l'islam en ont fait un lieu de pèlerinage; c'est aussi un rendezvous pour les caravanes. Là reposent Risa, le huitième des douze imams, successeurs immédiats du prophète, et Harun-Al-Raschid, et Arba-Moslim, le plus sanguinaire des guerriers

de
les

la

Perse proprement dite, dont

dont

le

bras arracha

le

trône du chalifat
le

limites avaient

vu s'élever tant de dynasties sur ruines de l'empire de Dscheogis-Chan. La
la

à la famille

Ommeje, pour
sont ensevelis
,

donner à

celle

d'Abbas;

le

plus illustre des

possession des contrées orientales de

Perse,

grands vesirs

le plus

savant des mathémati-

du Chorasan,
souverains
:

était

alors partagée entre

deux
branà

ciens, le premier des poètes

de

la

Perse, Nisa-

au sud régnait, à Ilérat, Ghajasla

mulmuk

(ordre de l'empire), ministre de Me,

zeddin Pir-Ali, de

dynastie des kurts

,

lek-Schah

che de

la famille

Ghur, qui domina dans l'Inde
,

ardent persécuteur de l'association meurtrière des Assassins; Naszireddin, le fon-

après les Ghasnevides; et au nord régnait

dateur de l'observatoire de Méragha, connu

Sebsewar, Chodscha-Ali-Muejcd
tie

,

de

la

dynas-

par ses tables astronomiques, et Firdewsi,

le

mort d'Abusaid, dernier souverain de la famille de Dschengis-Chan. Muejed se soumit au conquérant tatare, reçut de lui l'investiture par un
des Serbedars
,

qui s'éleva après

la

plus grand des poètes épiques de l'Orient (1).

Timur ne s'arrêta à celui du chalife
tage
le

ni au
;

il

tombeau de l'imam ni ne contempla pas davan-

diplôme

,

et

l'accompagna
;

comme

vassal

dans

poète; mais

mausolée de l'astronome ou celui du il alla droit au monument qui rendépouilles d'Abu-Mosliin
,

ses expéditions

mais

le

prince de Ilérat réunit

fermait
fait

les

qui avait

ses forces
celui-ci à

pour

résister à

Timur.

A

l'arrivée

de

périr

Andkud, un derwisch convulsion-

batailles,

un million d'hommes par l'épée des ou par la main du bourreau. Il desla

naire lui lança à la tète une poitrine de mouton,
ce que le vainqueur accepta

cendit de cheval, s'agenouilla, et invoqua
Schcrefeddiu

comme un heureux
(<)
,

dans Petis de Lacroix,

1.

h,

p. 316.
(1)
(2)

Scberefeddin,

c.

28, p. 306.

(2)

Jbid., p. 327.

VWrf.,t.i,p.362.

(3)

Dschihannuma

,

p. 318-319.

,

,

LIVRE
protection
res (1); et,

VII.
fleuve rebelle était alors traversé par le

117
fameux

du héros pour
en
effet,

ses entreprises futu-

l'ombre d'Abu-Moslin sem-

pont de pierre
mité

ble désormais avoir

marché devant

lui

:

ainsi,

avec des arches de cinquante à soixante aunes bien fortifié à chaque extré, ,

poussé par cet implacable esprit de vengeance,

(1).

Karsz, aujourd'hui

pbee

frontière de

pour châtier
vivants
les

la

révolte de Sebsewar,

il fit

pren-

l'empire ottoman, taillée dans le roc, ouvrit
ses portes au bruit des

dre deux mille habitants que l'on rangea tout

comme

des assises de pierres, et dont
la

pelées gurgeh
tares
:

,

et

du

cri

grandes cymbales apde guerre des Ta(2).

corps furent unis avec du mortier et de

Siirun ! (en avant)

La Géorgie

fit

sa

chaux, pour élever des tours et des murailles (2).

soumission avec
la

Tiflis sa capitale, et la fin

campagne
, ,

fut

de célébrée par une grande

Après

la

conquête du Chorasan

,

du

Sistan

chasse tatare

dans laquelle l'armée se formait

du Sabulistan,et du pays des Afghans, au pied des monts Suleiman-Kuh Timur tourna pour la première fois ses armes contre la Perse proprement dite [1386], et la guerre dura trois années. Comme la possession du Chorasan avait été partagée entre les dynasties de Kurt et de
,

en cercle
lions vers
la

tandis que la troupe de rabatteurs

poursuivaitles cerfs etles gazelles, les loups et les

Serbedar
dans

,

ainsi la

domination sur
le

la

Perse se

un même point, au milieu (3). Dans de Karabagh, où il avait établi son quartier d'hiver, Timur reçut l'hommage du prince de Géorgie qui acheta la confirmation de sa principauté par l'abjuration de la
belle plaine
,

divisait alors entre les Mosaffirs, qui régnaient
l'Irak

foi

chrétienne, et offrit parmi plusieurs objets

persan et

pays de Fars

,

et

les

rares et précieux

par leur antiquité

la cotte

Ilchans qui tenaient sous leurs lois l'Irak arabe
et l'AserbeidschanouAtropatène.

Schah-Sched-

de mailles fabriquée des propres mains du roi David auquel le Koran attribue l'inven,

schaa, ce souverain de la famille Mosaffir, élevé

haut par Hafis, envoya rendre hommage au vainqueur par un ambassadeur chargé d'offrir de riches présents, parmi lesquels se trouvaient
si

de cette partie de l'armure (4). Un hommage plus flatteur encore pour Timur, qui l'action
cueillit plus

gracieusement, fut celui du prince
les

de Schirwan qui apporta

présents les plus

plusieurs attelages de six mulets, un grand

appréciés en Orient, tous offerts par neuf,

baldaquin écarlate, une tente royale et un parasol formés des étoffes les plus précieuses (3).

nombre
châles,

affectionné des Tatares: neuf sabres, neuf arcs, neuf tentes, neuf baldaquins, neuf

Timur donna aux envoyés des paroles de paix, et les chargea d'une demande d'alliance, prélude ordinaire de l'assujettissement des princes avec lesquels il la contractait. Il voulait que l'on

neuf pièces de riches étoffes, neuf

coursiers de noble race, neuf

femmes

esclaves

;

quant aux esclaves mâles
huit
le
,

il

n'y en avait que

le

prince lui-même se présentant
(5). «

comme

de Schah-Schedschaa à MirsaPir-Mohammed, fils de son premier-né Dschila fille

donnât

neuvième

Cette générosité, dit Sche-

refeddin, plut au maître; et en récompense l'esclave resta maître de Schirwan.
«

hangir (4); et ses volontés s'accomplirent. Il ne trouva pas autant de soumission dans le sultan

Les princes de

Gilan aussi, qui jusqu'alors s'étaient crus assurés
et libres

Ahmed

,

fils

llchan (prince

du scheich Osveis-Dschelair cet du pays), se fortifia dans sa
; ,

dans leurs châteaux des montagnes
et leurs marais, baisèrent la
le

dans leurs forêts
poussière devant

résidence de Sultanije

mais ensuite

il

s'enfuit

conquérant qui envoya

à Tebris, et enfin à Bagdad. Les provinces septentrionales de la Perse, Masenderan , Rei

sommer

les

souverains d'Arménie et de Méso-

potamie dese soumettre.
potamie, régnait
la

A Diarbekr,

en Méso-

Rustemdar tombèrent au pouvoir du vainqueur. Il conquit Sultanije, Tebris et Nachdschiwan et passa l'Araxe à Dschulfa où ce
et
,

dynastie

du Mouton-Noir,

(5),

second journey,
être Dschulfa.

p.

300, et Dupré,
I, p. 392.

t.

h,

p. 253, doit

(1)

Scherefeddin
Jbid.

,

Histoire de

(2) /&«*., c. (3)
(4) (5)

mm, p. 367.
l.m,
p.

Timur-Bes

i

P 329

(1)
(2)
(3)

Scherefeddin,

/W.,

p.

393
1.

et 395.

Jbid., ch.,

iv, p. 391.

Jbid.,\. i,p. 352.
Jbid., ch.,

(4) Jbid., ch.,1.

391; Joulcha

,

dans Morier,

(5)

Jbid., ch.,

I.

v,p.400. v , p. 402.

, ,

,

118
et à
,

HISTOIRE DE L'EM PIRE OTTOMAN.
le

Ersendsehan en Arménie, le prince Taher;

ten

premier

se niiten défense,
la

et

il

fut châ,

tié par le

ravage de

plaine de

Musch

par

la

perle des villes d'Achlath et d'Aadildschuwas

de Wan. Cette place fameuse qui, avant Timur, ne s'était abaissée devant aucun vainqueur, fut emportée d'assaut
et enfin par l'enlèvement
si

après vingt jouis de résilance opiniâtre, et les
vaillants défenseurs, les

que tout Tatare prît sa part de la ven , chacun des soldats fut taxé à un certain nombre de tètes qu'il devait apporter. Le seul quartier de la ville où demeuraient les scheichs et les savants reçut une garde de sûreté; il y eut même une recommandation particulière d'épargner surtout la maison de Chodscha-Imamecldin-Wais, quoique cet illustre saet, afin

geance générale

mains

liées

par der-

vant fût mort depuis plus d'un an
soldats étaient
si

(1).

Déjà les

rière, furent précipités
;

au fond de l'abîme (1) raser les ouvrages de fortification. Telle était
leur importance que
la

du haut des murailles ensuite on se mit à
tradition orale attri-

rassasiés

de sang

et d'argent,

qu'un grand nombre, au

lieu d'abattre

eux-

mêmes

les tètes,
le

préféraient en acheter, afin
:

de livrer

nombre imposé
, ,

d'abord une tète
la

buait leur construction à Schedad, filsd'Aad,
et qu'une division de dix mille
vailla

coûtait vingt kopeks (2)

bientôt on ne

paya

hommes

tra-

qu'un demi-kopt k
plus.

enfin personne n'en voulut

inutilement tout un jour pour détacher
(2).

Les registres inscrivirent soixante -dix

les

masses de rocher
la

La chute de
,

Wan

mille tètes, qui furent ainsi apportées, et servi-

hâta

soumission de Taherten

qui fut con-

rent à élever des tours sur les places publiques.

firmé par un diplôme de

Timur comme son
famille Mosaffir,
lit

Après
queur

cet effroyable

exemple de vengeance,
appelé
le

vassal dans la possession d'Ersendschan (3).

Schiras se remit bien vite entreles mains duvain;

Schah-Sched>chaa, de
souverain de Fars
,

la

dans
,

le palais

trône Karadla

avait de son

commandé
fils

ses États et
lettre

Timur, par une Timur, qui
vers
le
le

de mort resa famille à la grâce de particulière; mais son
sa sublime

scha (3)

grands et gouverneurs, princes de

famille Mosaffir, souverains de

Kerman

et

de

Jesd, Atabegs de Loristan et princes de Laristan, qui se glorifiaient

Seinol-Aabidin refusa d'obéir à l'ordre de

de descendre du fameux
le

sommait de paraître à
et
l'Irak

héros persan Gurgin-Milad, glorifié par

Porte. Les hordes conquérantes se tournèrent

Si-hahnamch, tous vinrent se prosterner devant

sud

,

persan avec

la

capitale

Timur, qui

Iszfahan se rendirent

sans qu'il y eût besoin

nom

de tirer l'épée. Un jeune forgeron d'un faubourg d'Iszfahan, Ali-Katschapa gémissait de
,

fit réciter la prière publique en sou décembre 1387). Les munschis (secrétaires du divan) renchérirent d'expressions emphatiques et louangeuses dans les lettres de

('27

l'esclavage de sa

patrie foulée sous les pieds
fixés sur le

victoire qui

furent aussitôt expédiées par des

des Tatares
toire

;

ses

yeux étaient

grand

commissaires spéciaux

exemple d'affranchissement de l'ancienne his-

kand

donné aux peuples opprimés et à la postérité parle forgeron Kawe, qui, arborant son tablier comme étendard de la
de Perse
,

Samar( mubaschirs ) à Chuaresm, le Chorasan, et dans tous les pays- soumis à la domination de Timur, pour que les chatibs (qui récitent la prière pour
,

dans

le

le

souverain) en fissent la lecture

du haut des
Chuaresm

liberté

,

avait réuni tous les

opprimés pour

les

chaires (4).

pousser au renversement du tyran Ishak.
nuit
il

Une
les

Pendant

la

guerre de Perse,

le

éveilla les habitants d'Iszfahan
et les excita à la révolte

au son

s'était soulevé, les

gouverneurs

s'étaient enfuis

du tambour,

contre

commissaires tatares chargés de

la prise

de pos-

auprès de Tokatmisch, chan tatare du Kiptschak Alors Timur se rendit pour la cinquième
et la dernière fois

session, et contre la garnison encore peu

nomla

dans

le

Chuaresm, rasa

les

breuse

:

cinq mille Tatares furent massacrés.
l'ordre de rentrer de force

Timur donna
ville
,

dans

de

la

saccager, de la noyer dans

le

sang

(1)

Scberefeddin.

Histoire

de Timour-Beg,

1.

x,

p. 432.

(2) /èirf.,p. 433. (3)
(1)

Peut eue à

la

place où s'élève aujourd'hui le palais

Scherefeddin,

1.

ix, p. 419.
p. 411.

des Katschares.
(4)

(2) Ibid., p.

320, el Dschihannuma,
,

Scherefeddin

,

Histoire de

Timour-Beg

,

!.

xi

(3) Scherefeddin

I;

u,

p. 419.

p. '436.

,

LIVRE VU.
murailles de
l'a

119
A

capitale,

fit

passer

charrue

marit la charge de cinquante chameaux, était

sur ses rues

et ses

places, et transporta toute

envoyée

Samarkand, où il fit son entrée tromphante; puis il y célébra en grande pompe le mariage des princes Pïr-Mohammed-.\lirsa,
la population à

solennelle dans

célébra les

Samarkand pour une distribution armée (1). En même temps il n >ras de sa fille unique et chérie,
I ,

sultan Bacht,etde ses petits-fils Mirsa-Ebubekr,
fils

Miran-Schah-Mirsaet Schahroch-Mirsa,
sitôt
il

et aus-

de Miranschah,
(2).

et

Mirsa-Omar,
,

fils

de

se

prépara

à la

guerre contre Tokalmi-

Dschihangir
suivante
(

Au mois de janvier de

l'année

jusqu'a'ors son vassal.

sch-Chan, souverain de la grande Tatarie, Douze ans auparavant il l'avait protégé contre Urus-Chan, prince tatare de la Russie et l'avait établi comme sou,

il leva son camp ) renvoya son harem, ne gardant que sa favorite Tscholpan (étoile du matin), fille de l'hadsehibeg des Gètes. A Kara-

19 janvier 1390
il

deTaschkend;

verain du Kiptschak, c'est-à-dire delà grande

suman

,

la
il

neige

et

la

pluie forcèrent de

comprend tous les pays citre la petite Tatarie ou la Krimée et le Turkistan. Tokatmisch etUrsus-Chau étaient tous deux du sang
Tatarie, qui
:

faire halte,

reçut des ambassadeurs de
le

Tofula

katmisch. Selon

cérémonial tatare.
,

ils

rent introduits en courant (-)
terre

touchèrent

de Dschudschi (1), fils de Dschengis-Chan que son père, de son vivant, avait institué souverain de la grande Tatarie comme il avait
,

de leur front
ils

,

et

avec les excuses de leur

maître,

présentèrent

comme cadeau un
et

oi-

seau de proie appelé tschonkar,
siers

neuf courfit

nommé

le frère,

Dschagalai, prince delà Trans-

d'une rap.dité extraordinaire. Timur

oxane, de Chuaresm et du Turkistan, et proclamé l'aîné, Ogatui, empereur de Chine et

placer ce tschonkar sur son
lettre

poing

,

et à la

d'excuse

il

répondit par un discours
les bienfaits

grand chan. Après

emparé des États de Dschagatai par la conquête de Balch, Timur avait fait un chan purement nominal de Dschagatai, Siiirgutmisch, et celui-ci étant mort, il lui avait donné pour successeur son fils Mos'être

dans lequel, rappelant en détail tous
dont
il

avait

qu'il lui avait

comblé Tokatmisch, les secours fournis contre Urus-Chan, il s'ap-

pesantissait sur l'ingratitude

du prince

;

et

il

conclut en déclarant qu'il

allait le châtier.

hammed dans
niais

cette apparence
il

de pouvoir (2);

pour Tokatmisch,
le

trônait en réalité

dans
avis

Kiptschak sohs
il

la

protection de Timur,

à laquelle

voulut se soustraire.

Au premier

de rassemblement de troupes dans le Kiptschak Timur dépêcha des commissaires pour
,

La marche s'opéra par Jasi, Karatschuk et les montagnes de Kutschuktagh et d'Ulnlagh. Timur monta sur le sommet le plus élevé de ce groupe, pour embrasser du regard les steppes immenses de la grande TaSabran, vers
tarie,
Il

faire des levées

dans toutes

les parties

de son
double

vaste empire delà nation

(3), et
(

dans une grande assemblée
il

que la vue pouvait atteindre. un jour entier absorbé dans le plaisir de contempler cet océan de verdure; pendant ce
aussi loin resta

kuriltai),

atteignit
et

le

temps,

les soldats

rassemblèrent des pierres

but d'augmenter son armée
les richesses
,

de diminuer

de ses généraux en faisant adopmesure de fortifier tous les régiments 'aux«dépens de leurs possesseurs (4) [1389\
ter la

pour élever une tour qui devait transmettre à la postérité l'année et le jour où Timur s'était

L'hiver qui précéda cette assemblée générale tenue au printemps selon l'usage, Timur l'avait

rendu dans ce lieu (4). Une chasse générale pourvut au manque de vivres qui se faisait sentir dans l'année; et, après avoir vu défiler ses troupes du haut delà montagne, il en passa
une revue plus attentive
descendues dans
la
,

passé sur les lacs auprès de Buchara, à

la

chasse

lorsqu'elles
:

furent

des cygnes, afin de conserver cet ancien exercice de la maison de Dschengis-Chan; car les fils

plaine
la

coiffé

d'un turban

orné de rubis, tenant à

main une massue à

de ce conquérant
taient livrés tout
et

,

Ogatai

et

Dschagatai

,

s'écelui (1) Le partage de la chasses'appelle tschirilgha ch. 7, p. 59. ni de l'argent okulgba Scberefeddin
, ;

un hiver à ce genre de plaisir, chaque semaine une quantité de cygnes, for-

,

•.

,

et ch. 10, p. 74.
(2)
(1)

Ibid.,

I. I.

Dans

Petis de
,

La croix
est

se

douve Tuschi au

lieu

(3) Jbid.,
(4)

m, ch. 7 p. 62, et m, ch. 10, p. 74.
,

ch. 8

,

p. 65.

de Dschudschi ce qui

uue erreur.

fbid.,\.m,

ch. 10, p. 81.

120
tète
rois

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
de taureau, comme en portaient
les

anciens

invoquer
contre
diction
cis les
:

la

faveur du

ciel, lança

de

la poussière

de la Perse, en souvenir de la massue de Feridun. il parcourut son armée toman parto-

ennemis, en prononçant cette malédéfaite !»; puis, se tournant vers

«Ainsi puissent vos visages être noirla

man

(corps de dix mille hommes). Suivant
les

la

par
:

coutume dans
tenant
la

inspections

militaires

des

Timur
ta

«

va

,

s'écria-t-il

,

va maintenant selon

Tatares, les chefs s'agenouillèrent devant lui(l),

volonté, tu seras vainqueur (^.«L'impé;

bride de son cheval

,

et baisèrent la
le

terre, en récitant la prière

accoutumée pour

tuosité de l'attaque renversa l'ennemi Tokatmisch prit la fuite, et sept cavaliers sur dix,

souverain, à laquelle

de louange
reçu
les

et

ils mêlaient des formules de bénédiction. Après avoir ainsi

dans l'armée de Timur, eurent ordre de se
la poursuite des fuyards ("2). Timur lui-même continua sa route avec le reste de l'armée, et il établit son camp sur leWolga,

mettre à

hommages
la

et les

vœux de

ses

fils

,

de

ses petits-fils et

de ses autres généraux,
tenue, Tordre et
et

et les

avoir félicités sur
pline de
leurs

la disci-

dans

la belle

plaine d'Urdepe,

fut déployée
le

tomans, hesars

sads (2),
l'avant-

une magnificence inaccoutumée. Tout
loppé d'un rideau d'étoffe brochée (3)

camp,
butin

Timur donna
son
petit-fils,

le

commandement de

d'un diamètre de trois parasanges, était enve;

garde, appelé mangalai chez

les Mongols (3), à Mirsa-Mohammed, lui recom-

le

en troupeaux
mensurable;
duites dans le

et

en esclaves que
îles

mandant vigilance, rapidité, patience infatigables. La rencontre des corps avancés des deux armées fut le sanglant prélude de l'effroyable bataille qui allait se livrer. Là périrent quatre des plus fameux guerriers de Timur,
Herimuk, Ramasanchodscha, ErlatetAikutimur;
les autres chefs

des rives et des
les

y entassa du Wolga était incoml'on
filles

plus belles

furent con-

harem de Timur, les autres distribuées parmi les émirs quinze mille des jeunes garçons les mieux faits furent destinés
;

au service intérieur de

la cour.

Ensuite fut dis-

furent comblés d'éloges et de

posée une fête, l'une des plus brillantes dont
fassent mention les annales

présents, et reçurent le titre de tarchan(4), qui donnait libre accès auprès
toutes les heures
;

du Turan

;

les

mets

du souverain
vesir resté

à

furent servis dans des plats d'or ornés de pierreries
,

au

fils

du

l'action, à Kaladschighai, furent

remis

le

dans grand
jour-

par des esclaves des deux sexes d'une

admirable beauté;

sceau de l'empire et le petit cachet de cabinet
dit sceau

du

papillon (5).

A

la suite

de

six

les musiciens composèrent de nouveaux chants, dont l'un fut appelé le morceau de la conquête du Kiptschak (4). Ti-

:

nées de pluie, l'on en vint à la grande bataille dans laquelle Timur, renonçant pour la première fois à l'ancienne ordonnance de centre,
aile droite, aile

gauche, disposa ses troupes en

sept divisions [5 juillet 1390]. Dans l'armée de Tokatmisch les chefs étaient tous des princes du sang de Dschengis-Chan appelés aghles,
, ,

assis sur le trône des souverains de la grande Tatarie, qui résidaient ordinairement à Urdepe, sur les bords du Wolga il était entouré des beautés de son harem et l'on entendait tour à tour des chants de triomphe (rihawi), ou répéter les accents de l'amour
; ,

mur était

(uschak)

(5).

comme
cri

ceux de Perse sont
,

nommés
couvrit
le
,

mirzas.

Le
des

L'hiver suivant se passa également en fêtes à

de guerre
la

Sûrun

,

le bruit

Samarkand,

et

au printemps de l'année 139^fut
fois,

trompettes, et

le

schérif qui,

premier, avait

entreprise l'expédition de Perse, qui, cette

grandeur de Timur en lui remettant la bannière et le tambour, et qui depuis l'avait accompagné dans toutes ses expéditions, SeidBereke s'ageuouillant,
,

présagé

dura cinq années. Outre les étendards ordinaires de queues de chevaux (6) l'on arbora en,

core une nouvelle bannière avec une image de

la tète

découverte pour
,

(1)

Scherefeddin,

I.

m

(1)
,

oh. 11

,

p. 86.
raille,

(2) Ainsi les sept
(3)

Scherefeddin, ch. 14, p. 11. dixièmes de la cavalerie.
1.

(2) C'est-à-dire

corps de dix mille, régiments de
p. 91.

Scherefeddin,

in, ch. 14,
;

p. 124.
1.

compagnies de cent hommes. (3) Scherefeddin 1. ni cb. 12 (4) V6id.,l.n,ch. 10, p. 234.
,

(4)
,

Fethnamei Kipdjak
Ibid.
,

Scherefeddin,

ni

,

ch. 14,

,

p. 127.
(5)

(5) Ibid.,

1

in, ch. 13,

p. 108.

(6) Ibid.

1.

m

,

ch. 24

,

p. 190.

.

LIVRE
|

VII.

121
neuvième

dragon

(1

).

La conquête du Masenderan
la

fut si-

ras; huit portes furent fermées; la

i

gnalée par
,

défense opiniâtre des villes d'Aet

seulement, sur laquelle

il

planta sa bannière,

mul de Sari
Assassins.

de Mahanasar,

et

par

le

massa-

demeura ouverte;
l'armée
les

les trésors

de Schah-Manszur
les

cre régulièrementordonné
>

de tous

les Fedajis

ou

furent recueillis et distribués parmi
;

émirs de

Depuis que Halaku avait renversé
,

habitants payèrent d'énormes somla vie sauve.
,

>

leurs forteresses

des disciples de ces sectaires

mes pour avoir

L'on amena

les

l

s'étaient conservés

dans

la contrée, et

beaucoup

princes de la famille Mosaffir

qui tous furent

[de soldats de Timur étaient tombés sous leurs
Ipoignards; l'un de ses généraux avait à venger
[sur eux la mort de son

exécutés, à l'exception de deux, privés de la vue

parleurs parents, auxquels
tinuer à vivre à

il

fut
(1).

permis de con-

Ipère

:

ainsi

un autre celle d'un tous furent enveloppés à Amul dans
fils
,

Samarkand

Des savants
investit
la

et

des artistes émigrèrent des rives du Roknabad
à celles
fils

lun massacre général que l'imagination se refuse là peindre l'historien persan lui-même le si;

du Dschihun. Ensuite Timur
la

son

Miran-Schah de

souveraineté de
ainsi

Perse,

Ignale

comme

la

plus effroyable scène qui ait jale théâtre

dans toute son étendue,
dée jadis Holaku-Chan
,

que

l'avait

possé-

mais ensanglanté
[•nord de la Perse,

de

l'histoire (2).

Du

frère de Kublai,

grand

Timur tourna
le

ses

armes triom-

chan des Mongols
preinte de
cre

(2), et le

diplôme fut revêtu,

phantes contre
jftre le

les

provinces méridionales, conChusistan, et enfin contre

selon l'usage des empereurs mongols, de l'emla main de Timur trempée dans l'enrouge (3). L'armée se dirigea ensuite à l'ouest, vers le Kurdistan, qu'elle traversa pour se rendre à Bagdad, résidence d'Ahmed-Dschelair, prince

Loristan et

Pars, où avaient été tolérés jusque-là cinq ou six
.princes de la famille Mosaffir

comme gouveril

neurs de certaines
tra

villes.

Du

Chusistan,

péné-

dans Fars par

les défilés

des montagnes, consi

quit le Château-Blanc (Kalai-Sefid),
.parla force naturelle de sa position,
;briser des rochers avec la

fameux
fallut

de

la

dynastie d'Ilchan.

où il hache pour ouvrir un

d'Arbelle,

A Akbulak non loin où Alexandre décida du sort de la
,

Perse, parut l'ambassadeur d'Ahmed-Dschelair,
le

passage à l'armée (3)

;

puis, traversant la vallée

grand mufti

,

le

fameux savant Nureddin-Abtous par neuf, se-

merveilleuse de Schaabbewan, l'un des quatre

derrahman-Isferaini, qui apportait des assurances d'amitié et des présents
,

paradis de l'Asie, il marcha au-devant de Schahmanszur qui avait arraché le pouvoir aux au,

lon l'usage latare, parmi lesquels se trouvaient

tres princes de la famille Mosaffir. Les Tatares triomphèrent, et Schahroch-Mirsa, âgé seulement de dix-sept ans, s'élança sur Schahmanszur, lui abattit la tète, et vint la jeter

des
des

cerfs,

des léopards, des chevaux arabes avec

selles d'or.

Mais

comme

cet

envoyé n'avait

pas de pleins pouvoirs pour renoncer, au

nom

aux pieds
:

de Timur, en prononçant la formule usitée « Ainsi tombent les tètes de tous les ennemis sous les pieds de ton cheval! » Timur embrassa ses
fils
,

de son maître, aux deux droits de souveraineté, celui de battre monnaie et celui de faire réciter
la

prière publique

,

ses protestations restèrent

sans crédit, quoique

Timur

lui

montrât person-

et petits-fils, accueillit les
,

vœux

nellement vague,

la

plus haute estime, A cause de son
11

des émirs

qui, selon l'usage
la

mongol touchè-

vaste savoir (4).

le

congédia avec une réponse

rent neuf fois

terre de leur front, et lui pré-

sentèrent

la

coupe d'or

instant parut sur les

genoux (4). Dans cet derrières une armée enneà

de près avec son armée, dans l'espérance de surprendre le sultan dans sa résidence. En effet, à peine Ahmed
et le suivit aussitôt

mie nouvellement formée; battue

comme

la

pre-

avait-il eu le

mière, elle se retira sur le Château-Rouge (KalaiSurch). Timur entra en vainqueur dans Schi(1) Seherefeddin, (2) Jbid.,

gre
était

et

de

faire couler bas les

étaient sur le

temps de rompre les ponts du Tibâtiments qui fleuve, que déjà l'armée de Timur

devant

les

murs de Bagdad qui
,

fut occu-

1.

m
24,

,

ch. 17, p. 137.
.

l.m,ch. 19, p

153.
(1)

(3) Ibid.,\
(4) Ils lui

m. çh.

p. 189.
la
1.

Seherefeddin

,

I.

m

,

ch. 27

,

p. 286.

présentaient
,

le
:h.

Mongol. Seherefeddin
11, p. 78.

coupe d'or, selon la maxime ni , ch. 25 p. 198 et 1 i
,

(2) Jbid., ch. 28. (3) Jbid.,],
(4)

m,

cb.

27,

p. 206.

Jbid., ch. 19, p. 220.

,

.

122
lée le Soleil, fut

HISTOIRE DE L'EMPIRÉ OTTOMAN.
,

pée sans résistance. La galère du sultan

appesou-

promesse d'un tribut annuel
la

(1).

Le mécontendouleur de

employée
la tète

a transporter le

tement de cette espèce d'échec
cis

et la

verain tatare;
la

la

cavalerie traversa le Tigre à

perte de son fils Omar-Scheich (2), furent adou-

nage; Timtir. a
poursuivit
le

de

ses meilleurs cava-

par l'heureuse nouvelle de

la

naissance d'un
le prince

liers,

sultan, qui fuyait

du côté de
il

petit-fils issu

deSchahroch, qui devint

l'Euphrate.

Dans la

plaine de Kerbela

l'attei-

l'lug-Beg,

si

fameux dans

l'histoire

de l'astrono-

gnit, mais n'ayant plus avec lui

que quarante-

mie

(3).

cinq

émirs tatares, dont

les

nobles chevaux

quise, pillée,
solidité

avaient pu supporter cette course Trois fois le

Amid, capitale du Diarbekr, fut concondamnée à disparaître; mais la des murailles de rocher résista à toutes
destructeurs durent se con-

combat

fut renouvelé avec les forces bien supé-

les tentatives, et les

rieures du sultan, qui échappa de sa personne,

tenter d'avoir élargi les crénaux 4). Alors Ti-

mais fut réduit à laisser ses femmes et son
entre les mains du vainqueur
les artistes
(I).

fils

mur donna 20,000 kopeks pour
et

Les savants et

élever deux dômes au-dessus des tombeaux du prophète Jonas

de Bagdad furent transportés à Samarkand, ainsi qu'il était arrivé à ceux du Chuaresm et de ^chiras, et parmi eux se trouva le
rie

de saint Sergius,

qu'il visita

en pèlerin, dis-

fameuxChodscha-Abdu!kadir,auteur d'une théodes sons. Dans tous
les

de riches aumônes aux pauvres (5). La conquête de la Mésopotamie et du Kurdistan fut suivie de celle de l'Arménie et de la
tribuant

pays de l'Asie furent
la

Géorgie. La campagne s'ouvrit par

la

prise

répanduesles proclamations de

conquète;Ti-

d'Alaudschik
prince de
la

,

dont

le

souverain, Kara-Jusuf,

mur passa deux mois à Bagdad,
d'indulgence pour
l'ivrognerie, qu'il
le
fit

et

montra

si

peu

dynastie

du Mouton-Noir, au pre-

penchant de ses troupes à
jeter dans le Tigre fout le

mier avis de Timur, s'enfuit avec précipitation.

Dans

la plaine

d'Achlath, ancienne résidence

vin trouvé dans

la ville (2).

De ce

lieu

il

envoya

des princes turkmans,

Timur reçut l'hommage
(6),

aussi le savant scheich

Sawe comme ambassa\

du prince d'Aadildschuwas
ter ses fidèles vassaux.

de Taherten,

deur au sultan Berkuk, souverain de l'Egypte et de la Syrie, avec une lettre oh il était dit Qu'envoyé par la Providence pour relever l'em:

souverain d'Ersendschan, qui jurèrent de res-

Au

dernier,

que

le

voila

sinage des Ottomans
possession de sa

faisait

trembler pour

pire deDschengis-Chan,

tombé sous

ses descen-

ville, cet

État fut assuré
le

comme

dants , il désirait entretenir avec lui des rapports de paix et d'amitié, en laissant la liberté

principauté indépendante;

rédigé, sanctionné par l'empreinte de

diplôme en fut la main

aux relations commerciales entre leurs États (3). Les places de Mésopotamie ne tombèrent point
aussi facilement

trempée dans l'encre rouge,

et cet acte fut ac-

compagné par

que Bagdad

;

elles

ne furent

conquises qu'après une défense opiniâtre. Takrit, qui,

don d'une couronne ornée de perles (7). Sur les montagnes de Mingœl ou Bingcel (ries mille lacs), où plusieurs fleuves, enle

par

la solidité

de ses ouvrages, passait

tre autres l'Euphrate,

prennent leur source
et
le triom;

(8),

pour être
par
le

a l'abri des

machines de guerre

(4);

furent célébrés la naissance du prince Ibrahim

Boha ou Edessa,
Keif, accessible

bâtie par

Nemrod
;

,

et célèbre

second

fils

de Schahroch,
fêtes, assis

he de
la tète

four ardent d'Abraham (5)

enfin,

Hoszn-

l'armée en Géorgie. L'empereur des Tatares
assista

par un seulpomt, abondamment

aux

sur son trône,
la

pourvue d'eau, et Mardin, soumise au sultan Isa, de la famille souveraine d'Ortok, ne r. curent pas les conquérants dans leurs murailles.
Tiraur se contenta des présents offerts par les
assiégés, suivant le

ceinte

du diadème, tenant en main
lui étaient

massue.

Autour de

rangées

les

beautés de

nombre accoutumé

(I
,

)

Schefereddin

et

de

la

(2) Ibid., ch.
(3) Ibid.,K\\.

ch. 37 37, p 268.
,

,

p. 275.

40,

p.

284.

f

1)

Schefereddin

,

1.

m

(4)
,

Ibid., ch. 41, p. 289.

ch. 30

,

p. 233.

(5) Ibid., ch.
(6) Ibid.,
1.

(2) Ibid.,

cb.3l

,

p.

248

35 p. 262. ui.ch. 43, p. 296.
,

(3) Ibid., ch.

31,

p. 2-10.

(7)

Iibid.,ch. 45, p. 314.

(4) Ibid., p. 241.
(5)

(8) Dschihjiiuuiiia, p.
p. 265.

«E5,

et

Mémoires de M. "Ktu-

Ibid., ch. 3U

,

nier, p. 8.

,

LIVRE
;on
i

VII.
ratu;
puis
il

123
déclara

harem; à droite se tenaient
les

les

chanteurs
a cheval

Tokatmisch déchu du
il

gauche

musiciens.

Neuf tschauschs

trône du Kiptschak, sur lequel
Koritschak,
fils

plaça l'aghlen

lirigeaient les divertissements.

Les échansons,

enant des flacons de cristal et des coupes d'or,
ersaient le vin rouge de Schiras et la liqueur
lorée

dans

le

d'Urus-Chan, qui se trouvait camp au nombre des officiers de la cour
11

impériale.

du Liban.

A

cette fête

on en

vit

succéder
avaient

ture d'or, une garde
et le

l'autres,

données par

les princesses qui

donna le manteau et la ceindu corps formée d'usbegs, détacha en avant, an delà du Wolga(l).
lui

nommées nourrice et première gouvernante
nouveau-né en sorte que, durant
,

lui-même, franchissant ce fleuve, puis
et le Dnieper, passa d'Asie

le

Don
tour-

lu

trois se-

en Europe,
la

et,

maines, des réjouissances et des festins furent
étés

nant ensuite au nord,

il

ravagea

petite et la

comme intermèdesau fracas delà guerre( 1 ).
la

grande Russie
environs de

et porta

la

dévastation jusqu'aux

>orsque
les

marche

fut reprise vers la Géorgie,
la

Moskow
et

(2).

Le butin fut immense de lynx

usbegs apportèrent
Caucase par

nouvelle que des

en lingots d'or
tigré

d'argent, en fourrures de
,

iroupes tatares de Tokatmisch avaient pénétré

martre zibeline, d'hermine, d'écureuil
, ,

^ans
*t

le

le défilé

de

la

Porte-de-Fer
la
:

ravageaient une partie du Schirwan, «que

de renard rouge et bleu d'ours blanc. Au sud, les armées tatares poussèrent leurs
courses jusqu'à Azof et

pète vienne se jeter
cela

dans
le

le

filet,

dit

Timur

auKuban,
,

et revinrent

vaut mieux pour

chasseur que d'être

ensuite sur la Géorgie pour en réduire les forteresses (3).

un vieux faisan ne quand la sauterelle est devenue assez grande pour que ses ailes aient nris un rouge de sang, elle combat le moineau
:raint pas le faucon, et
jïui

pbligé de la poursuivre;

Astrachan

à

l'embouchure

du

Wolga,

et Serai, située plus haut sur le fleuve,

alors capitale

du Kiptschak
les

(4),

furent livrées

aux flammes,

et les habitants chassés

comme des
sur

veut

la

dévorer

(2). »

L'hiver n'en fut pas

troupeaux devant

dévastateurs, pour être
ville tatare

•iioins

passé dans la plaine de
le

Mahmudabad,

et
le

menés en
le

esclavage.

Madschar,

«hemseddin-Almalaghi,
ilus

plus éloquent et

Terek, fut aussi saccagée. Pendant ce temps,

délié négociateur

de Timur, fut chargé

l'une lettre qui offrait la guerre

irésomption des aghlens
pacifique,

et

La des courtisans emla

ou

paix.

Timur parcourait le pays situé sur les rives de la mer d'Azof et de la mer Caspienne entre le
,

Dnieper

et le

Vvolgà, désolant tout sur son pasfils

)ècha Tokatmisch d'accueillir la proposition
et la

sage; et son

Mohammed-iMirsa-Sullan

lui

seconde campagne contre
la rive la

le

soumettait tout
le

le littoral

du golfe Persique

et

viplschak s'ouvrit cette fois sur
tale

occiden-

de

la

mer Caspienne, comme

première

.'était

poursuivie à l'orient de cette mer. La

où Timur forma encore son innée en sept divisions, fut livrée sur le Te«taille décisive,

royaume d'Hormus. Enfin lui-même, après cinq années de triomphes et de conquêtes, revint dans sa patrie au delà de l'Oxus. Sur les rives du fleuve, il fut reçu par les impératrices, ses épouses, et

parles princesses, épou-

ek
le

[1394]. Avant d'engager l'action, l'empe•eur inspecta bien soigneusement l'équipement

ses

de

ses

fi's,

qui, suivant l'usage tatare, ré-

pandirent sur sa tète sacrée des pièces d'or
et

chaque régiment,

afin

de

vérifier si les sol-

des pierreries

,

et lui offrirent

mille che-

lats étaient bien

pourvus des sept armes né-

vaux

richement harnachés et

mille

mulets.
il

:essaires, l'épée, la lance, l'arc et les flèches, la

Timur
les
fils

se rendit d'abord à Kesch,

ou

visita

massue et les filets pour prendre les ennemis vivants. A la tète de vingt-sept «cadrons délite, il attaqua l'ennemi, le culbuta
:uirasse, la
t

tombeaux de son père Taraghai

et

de son
et dis-

Dschihangir, puis ceux des pieux et saints

hommes, répandit de riches aumônes

le

mit en

fuite.

Timur fit halte sur les bords du
,

Volga, à la nouvelle que Tokatmisch avec ses ghlens et ses nowians (les princes du sang et
es

(

I

)

Sebefereddin
Jbld.,
1.

,

I.

ni

,

ch. 54
p.

(2)

m

,

p. 355.

,

ch. 51

;

303

;

Mirchond

,

et d'après

grands), avait déjà franchi légué de Tu-

tous deux, la revue rétrospective et chronologique de

Price, 3 vol., p. i, p. 198
(3)

Scherefeddiu
Ibib.,
1.

,

I.

m

,

ch. 58

,

p. 372.

(1) Sctaerefeddin
(2) Jbid.,\.

,

1.

ni

,

ch. 49,p. 326.
p.

(4)

m,

m,

ch. "60, p.

331,

et

1.

h,

ch. 15

cb.50,

332.

p. 258.

124
tribua
vants.
il

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
une bonne part du butin entre
les sa[1

vellement formé de Samarkand, appelé Dilguscha (qui ouvre
le

Au printemps de
(1)

l'aimée suivante

396],

coeur

.

11

bâtit

encore

le palais
il

quitta le palais blanc, le palais céleste de

de Tachti-Kadschar à Samarkand,
venait de construire celui

Kesch

du norci (2) de la résidence de Samarkand, où il construisit un nouvel édifice de marbre blanc à demi transles jardins

pour

comme du même nom
Sihun, non

à

Schiras(l); et à Jasi, sur

le

loin

parent de Tebris,
plus précieuses

le

décora des peintures
il

les

(3), et

le

consacra à

la

prin-

il éleva un clomc sur le tombeau du fameux scheich des Nakschbendis AhmedJascwi qui est encore aujourd'hui un lieu

de Taschkent,

,

,

cesse Begisi, sa petite-fille, issue de Miran-

fréquenté de pèlerinage

(2).

Schah
le

,

comme

il

avait

précédemment consacré

jardin

du Paradis à son épouse Tuma-

La jeune épouse ne put arrêter le vieil empereur dans la carrière de la victoire et des
conquêtes; au milieu
la

naga(4).

A

son

fils

Scharoch, qui jusqu'alors
père et à sa grande

même

des dispositions de
préparatifs de
la

avait exercé, au
satisfaction, le

nom de son

noce, s'étaient suivis
et

les

gouvernement du Chorasan, il donna ce pays en pleine souveraineté, avec une extension telle que le nouveau royaume comvilles

campagne,
sur
la
la

du

lit

nuptial
le

Timur

s'élança
définitif
,
i|

route de l'Inde,

but éloigné,

de

carrière des dominateurs

du monde

at-

prenait, outre le Chorasan, le SistanetleMasen-

teint à

demi par

le

héros de

la fable,
le

Dionysos;
etv

deran jusqu'aux
Ainsi déjà
il

de Firuskuschet Rei(5).
fils

par Ninyas
le

et Sésostris,

par

persan Darius

avait investi son

Mirand-Schah

grec Alexandre,

saisi

pleinement par Mahi

mie)

du royaume d'Holaku (la Médie et la Mésopota(6), son fils Omar-Scheich de la Perse proprement dite (7). Ayant quatre fils pour géné-

ruud, et touché à peine par Dschengis-Chan.

Les désordres et au trône après
souverain de
la

les rivalités

des prétendants
le

mort de Firus-Schah,

grand
le>

raux, gouverneurs, rois, à l'orient dans le Chorasan, à l'occident dans l'Irak, au nord dans l'Aserbeidschan et au sud dans le pays de
Fars,
il

la

péninsule entre l'Indus et

Gange

invitaient
II

ces contrées.

Timur à une expédition dans vit paraître dans son camp les:
et de5'
,

imitait avec

de grandes proportions

ambassadeurs des princes des Tatares

l'exemple donné par Dschengis-Chan, qui avait

fondé

sa

domination

et sa force sur l'union et le

Mongols , du Kiptschak du pays des Dschètes, des Kalmuks, de la Perse, de l'Arabie et du
Cachemire, qui
lui offrirent leurs

concert des

membres d'une nombreuse famille. Depuis le commencement jusqu'à la fin de son règne, Timur appliqua ses soins à étendre et à
fortifier ce
fait

vœux pour
I

cette entreprise (3).

Dans

les

premiers jours

système par des mariages

,

ce qui

du neuvième siècle de l'hégire [ 19 septembre 1498 1, il se trouva sur les bords de l'Indus à
l'endroit

que les fêtes de noces se présentent d'une manière continue dans son histoire. Au temps même où nous le suivons, il célébra le mariage de la princesse Begisi, sa petite -fille, avec le
prince Iskender-Mirsa
,

où Dschelaleddin-Minkberni,
,

schah

du Chuaresm
s'était jeté

poursuivi par Dschengis-Chan,
le

dans

fleuve

pour échapper

à so$j
ses
s

vainqueur, qui de ce point était revenu sur

et le sien

à

lui-même

avec Tukelchanum
prince

,

fille

de Kœser-Chodschah,
soixante-

pas (4). Là il congédia les ambassadeurs chargés d'apprendre à leurs maîtres qu'ils avaient
été témoins

mongol
.

,

qui fut la neuvième de ses

du passage de
il

l'Indus,

que Dschenles traces

femmes

et qu'il
il

épousa dans sa
lui c

gis-Chan n'avait point tenté. Suivant
d'Alexandre,

dixième année;

nsacra

le

jardin nou-

franchit les cinq rivières du
la rive orientale

Pendschab; sur
Akserai et Gœlserai , Scherefeddiu , p. 401 ei 406. (2) Baghi Schumal - Scherefeddin , 1.
(t)

de l'Hyphase,
les

Alexandre avait dressé des autels marquant
1.

m m
,

,

ch. 65,

limites

de sa conquête, mais Timur poussa
,

tou-

jours en avant
ch.

s'emparant des

villes et des

66

,

p. 408.
(3)

Scherefeddin

,

1.

m

,

ch.

66

,

p. 410.

(1)

Scherefeddin,

1.

m,
6,

ch.70,

p.

430,

etl.

h,

cb.61,

(4) Ibid.,\.
(5) Ibid.,\.

i,ch. 26,

p. 298.

p. 434.

m, ch.

(6) Ibid.,
(7)

1.

m

67,
,

p. 411. p. 212.
p. 271.

(2) ch.

70

,

p. 426.

,

ch. 28
ch.

(3) Jbid.,\. îv, ch.
(4) Ibid., ch.

p. 30.

Jbid.,\.m,

37,

8,

p. 45.

,

LIVRE
provinces sur
tan
la
Il

VII.
et se jetèrent avec leurs

125
femmes
et leurs

route de Delhi, capitale
n'y ava.t encore eu

du

sut

en-

Mahmud.

aucun en-

fants dans l'immense bûcher formé maintenant

gagement sérieux,
nait après elle plus

et déjà l'armée tatare traî-

par

la ville
(1).

tout entière que dévoraient les

dont

la

de cent mille esclaves indiens, plupart étaient des Guèbres ou des ado-

flammes
rent

A Myrthe
vifs; les

(2),

tous les Guèbres fuet les enfants fu-

rent écorchés

femmes

du feu (1). Sur les représentations des :hefs, que cette multitude d'ennemis dans le tamp pouvait compromettre l'issue de la première grande bataille, Timur fit donner l'ordre
•ateurs

emmenés comme

esclaves; et la place,
le

des plus fortes, que Turmehschirin,
fut réduite

une grand

souverain de l'Inde, n'avait jamais pu soumettre,

l'un massacre général,
barie
,

et,

pour surcroît de bar-

poussière.

il

voulut que chacun immolât lui-même
Celui qui n'obéirait point subirait
;

ks
la

esclaves.

justice

du sabre

ses biens et son

harem pasdélit.

seraient,

aux dénonciateurs d'un pareil

Dans l'espace d'une heure plus de cent mille
victimes innocentes furent égorgées, et l'un

en un monceau de cendres et de Le butin fut immense en or et argent monnayé, travaillé, en vaisselle, lingots, en bracelets, colliers, diadèmes, anneaux et ceintures de diamants de Golconde, de rubis de Bedachschan de saphirs de Ceylan, en chameaux, en éléphants. Quant aux esclaves, maint soldat en eut jusqu'à cent cinquante; le moin,

les

hommes

les

plus doux,

le

savant Nasziacte in-

dre goujat en posséda environ vingt-cinq
Dix paires d'éléphants furent
les lettres

(3).

l'eddin-Umur, qui regardait
'uste
fin

comme un

envoyées avec
et jusqu'à

de verser

le

sang des animaux, de tuer

annonçant

la

conquête, aux princes

simple agneau, dut faire mettre à mort

de Perse, de Médie, d'Arménie
qui étaient placés sur
la

ceux

quinze de ses esclaves indiens, pour sauver sa

frontière de l'Asie Mi-

Propre vie

(2).

Les astrologues
faisait

et

les

devins,

neure

(4).

Plusieurs milliers d'artisans et d'ou-

dont Timur se
tes
.a

accompagner dans toutes expéditions, osèrent trouver cette fois que

vriers, particulièrement des tailleurs de pier-

res et des maçons, furent

distribués entre les

conjonction des astres était contraire à la inarche en avant de l'armée. Timur rejeta leur
brédiction avec mépris, disant
iii

princes et les émirs pour être employés à la

que

ni les joies,

fait

les

douleurs ni
,

le

bonheur
,

,

ni les infortunes

grande mosquée de Samarkand que l'on avait vœu d'élever en reconnaissance de l'heureuse issue de cette campagne; une infinité de
sculptures, et d'idoles

la volonté de pieu, créateur des corps célestes 'et des hommes; qu'il ne se souciait en rien de la position
lie

dépendent des

astres

mais de

indiennes transportées

dans
riaux

la capitale

de l'empire, servirent de matélà

dans cette construction. C'était

une

conjonction des planètes, qu'après des mesures bien prises, il ne retarderait pas d'un
i)u

de

la

imitation de l'exemple

donné par

les

précédents

conquérants

:

ainsi

Cambyse

avait

emmené en
les

nstant l'exécution de ses plans.
bu'îl
•l

Mais tandis

Perse des architectes égyptiens qui bâtirent
palais et les temples

repoussait les horoscopes des astrologues,

consultait le

Koran

qu'il ouvrit

lui-même
journée, et

de Persépolis 5), et Mahmud, après l'assujettissement de l'Inde, avait
fait

îfin d'y

surprendre

le sort

de

la

placer l'idole colossale de la pagode
,

de

un passage favorable, annonçant .triomphe et conquête. Les paroles du Koran s'accomplirent par la défaite de l'armée indienne et par la conquête de Dehli où furent
>:omba sur
,

Sumenat
seuil afin

pesant plus d'un quintal,

comme

de la porte de la mosquée de Ghasan, que le vrai croyant, en entrant dans la maison du Dieu unique foulât sous ses pieds
,

renouvelées toutes les scènes de pillage et de

les fausses idoles.

Timur poursuivit

les

Indiens
ro-

massacre
par
le

Ces Guèbres si pacifiques, animés courage du désespoir, prirent des bran(3).

jusqu'aux sources du Gange, jusqu'au défilé de

Kuhmaul,
chers.

si
il

étroitement resserré par

les

dons allumés dans
•autels

les

ruines fumantes de leurs
le

rougit les ondes sacrées par

un

renversés, mirent

feu à leurs maisons,
(1)

Scherefeddin, p. 110.

(2) lbid.,
(1) (2)

ch.22,p. 117.
20,
p. 111.

Scherefeddin
Ibid.
,

,

ch. 18

,

p. 88

(3) /but., ch.

ch. 18, p. 90.

(4) lbid., p. 106.
(5)

(3) lbid.,

I.

iv,ch.20,p.ll2.

Diodore de

Sicile

,

I.

t.

126

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
faircs;
les favoris

massacre général des adorateurs du fleuve (1). Une grande chasse aux lions, aux léopards,

de Miran-Schah, particu-

lièrement les musiciens, entre autres l'homme
le plus spirituel de son temps, le poêle Mohammed-Kuhistani (1), furent jetés en prison (2) à Schiras, on exécuta les empoisonneurs qui avaient corrompu le prince c'étaient
; :

aux rhinocéros, aux cerfs bleus, aux paons sauvages et aux perroquets termina cette guerre,
qui avait été précédée d'un pareil prélude et longeant les frontières de la merveilleuse val;

lée

du Cacliciu ire, Timur revint à Samarkand où, pour éterniser la mémoire de l'extermination
la

des Persans de

la tribu

Tadschik. Timur quitta

Samarkand

des adorateurs des idoles, fut élevée
et

vaste

magnifique mosquée,

à l'aide

des tailleurs de

pierre et des architectes indiens et persans (2).

Dans

l'espace d'une seule

mur

avait opéré le
la

année L 1398], Tipassage de l'Indus, ac,

il laissa le gouvernement Mohammed-Sultan, comme plaça Andekan sous l'autorité du prince Iskeuïjli der (3). Dans sa marche par Kesch Balch et Hérat(4), il visita les tombeaux des grands
,

dont

à son petit-fils

il

,

,

i

r

scheichs

,

sur lesquels

le

peuple
il

allait

faire

'

compli

conquête de Dehli
la

commencé
,

la la

des dévotions dans ces villes, et
riches aumônes, pour rendre
sa nouvelle expédition.
la
Il

distribua de

i

grande mosquée de Samarkand

et

,

dans

le ciel

favorable à
:

même

année,

mort, en frappant deux princes

trouva des gages de
lui.

sur les frontières de l'Asie occidentale et de
l'Afrique septentrionale, Kasi-Burhaneddin,

protection divine dans les nouvelles qui

parvinrent en route,
voisins

de

la

mort de princes

:

souverain de Siwas, et Berkuk, sultan d'E-

qui lui étaient hostiles ou des troubles d'États
:

i

gypte, provoqua de nouvelles conquêtes dans
l'occident de l'Asie, depuis le Pont jusqu'aux
limites de la Syrie
;

Timur -Kotlugh
,

-

Aghlen

,

l'ingrat
le

prince latare qui

placé par

Timur sur

trône

.

ce fut la troisième guerre

de Tokatmisch,

s'était révolté

contre son bien-

\

de Perse, qui se prolongea sept ans. La présence de Timur était d'ailleurs réclamée dans
l'occident de son empire, par des désordres

faitèur; l'idolâtre souverain de Sina, Chirs-

Chodscha

-

Aghlen

;

le

prince

mongol

des

Dschètes, étaient sortis de ce

monde

presqu'en
i

son absence dans les gouvernements de ses fils, les rois d'AserbeidSchan et de Fars. Dans le premier pays, le mal venait des excès de Miran-Schah, poussés
jusqu'à

qui avaient éclaté en

même temps,

et leur mort, comme celle de Kadi-Burhaneddin de Siwas. et de Berkuk, sujaj
i

un dérangement
:

d'esprit, suite d'une

chute de cheval

entouré de musiciens, tou,

jours plongé dans l'ivresse

il

mettait en dan-

tan d'Egypte, promettait d'ouvrir de nouveaux champs aux passions du conquérant. 11 se réjouissait de ces coups frappés par le destin car il sentait bien que les sueccesseurs du Ta*| tare, duTunguse, du Mongol, du Turc et du
j

li

r

j

I

|s

ger

la

vie de ses vesirset
et par

même de

son épouse

Chansade,

de

folles entreprises contre

Mamluk Tscherkesse, seraient faibles par euxmêmes, ou par leurs divisions (5). Le jeune
gouverneur d'Andekan,lskendcr-Mirsa, a peine agédequinze ans, ne perdit pas un insiant pour
mettre à profit, suivant
les idées

I

||

Bagdad, où le souverain chassé par Timur, Ahmed-Dschelair avait été rappelé, il exposait
la

il

||

sûreté de son propre gouvernement; dans

de son

aïeul,

le Fars, le

prince Pir-.Mohammed attentait par
les

les troubles qui s'étaient élevés

dans

le

poison
:

à la vie

tres

et

dans

de son frère Rustem et d'audeux États, la force du maître

des Dschètes par suite de
rain.
Il

la

le royaume mort du souve-

mena
ville

ses troupes victorieuses jusqu'à

était nécessaire.

Néanmoins
point sur

la

rigueur de Ti-

Choten,

du Turkistan

si

fameuse

par

la

mur ne tomba
frappa
les

ses

deux

fils;

elle

bcauléde seshabitauts
les rivières

et ce jaspe entraîné par
(6).

entourages

auxquels furent

at-

qui l'arrosent
,

De Kaschghar,
plus

tribués les excès des princes. Des émirs

( 3 ), envoyés par l'empereur pour le rétablissement de l'ordre prirent en main la conduite des af,

il

passa l'hiver

il

envoya neuf des

(1) Histoire
(2)

de
2

l'ait
,

oratoire en Perse
I.

,

223.

Scherefeddin
,

v

,

ch. 3, p. 208.
et 201.

(3) Jbid., ch. (1)

p.

200

Scherefeddin
Ibid.,

,

1.

nc,ch. 25,
p.

p. 131.

\i) Ibid., ch.

3,

p. 201 à 204.

(2) Jbid., ch.
(3)
I.

3i,p. 179.
,

(5)/bid.,\.
, 1.

v,ch.4,p.

212.
p. 367.

v, ch. 2

199

v

,

ch. 7

,

p. 232.

(6) Ibid., p. 219,et

Dschihannuma,

LIVRE
>elles filles mongoles à son grand-père, comme rophées de son triomphe, et neuf autres au

VII.

127

giens tinrent moins encore dans leurs places dont quinze, avec Tiflis, capitale du pays, tom-

irince,

son cousin, gouverneur de Samarkand
,

:

bèrent entre les mains de Timur
tirant,
railles
il

(1).
,

En

se re-

nais celui-ci

jaloux de

la

gloire d'une expédi-

en emporta sept autres
rasées,
et les

dont

les

mu-

ion faite sans sa participation, refusa ces présents (I).
1

furent

habitants égor-

Tandis que

le

petit-fils

portait ses
le

armes

j.

riomphantes jusque dans
an,

i

Timur

passait l'hiver à l'occident de la

|

Caspienne, dans la belie et
et là,

cœur de Turkismer vaste plaine de Ka-

labagh;
s

dans l'assemblée tenue avec tous
Géorgie,
et Sidi-

Dans le temps que Timur pénétrait le main dans le Nord, la trahison faillit lui ouvrir l'entrée de Bagdad. Ahmed-Dschelair, rilchanqui, chassé par lui de Bagdad, avait cherché et trouvé un refuge auprès de Berkuk, sultan d'Egypte, pendant l'expédition de l'Inde,
gés
(2).

fer à la

guerriers, était arrêtée l'expédition contre
la

lelek-Gurgin, souverain rebelle de
e prince

revenu dans sa rés dence où il avait de nouveau affermi sa puissance, et il avait acétait
cueilli non-seuleiî;eut le

de Schirwan, Siheich-Ibrahim
Scheki, vinrent se prosterner

hmed de

comme

dèles vassaux devant le maître suprême qui les «ngédia en leur donnant des vêtements d'hou-

prince des Turkmans du Mouton-Noir expulsé du Diarbekr, mais encore le gouverneur du Kuhistan, Scherwan, révolté contre Timur.

Soit que

la

rébellion de

eur (2); mais Taherten, souverain d'Ersendstian, qui vint offrir des présents composés de

Scherwan ne

fût

qu'un jeu,
,

soit

qu'd voulût se
s'as-

réconcilier avec son maître

ou peut-être

euf espèces d'objets, contenant chacun neuf rticles, et qui baisa neuf fois la poussière, reçut
investiture

surer une dominai ion indépendante, ce prince

gagna

les

émirs de l'Hchan avec des sommes

formelle
et les

d'Ersendschan
(3).

par

la

s'élevant de 10,000 à 500,000 ducats.

La

liste

ueue de cheval
e

deux cymbales

Le

roi

des personnes ainsi séduites, parmi lesquelles
se trouvait la
vieille

lur du

Géorgie refusa l'extradition réclamée par Tifils d'Ahmed-Dschelair, souverain de agdad, réfugié auprès de lui, se croyant bien

nourrice de Dschelair,

Wefa-Chatun, tomba
scrétaire de

par l'imprudence du
les

Scheruan dans
il

mains de

l'H-

ssuré dans les cavernes de ses montagnes, lilur,

chan. Aussitôt

se

fit

apporter

la tète

de Scher-

Durs à

pour s'emparer de ces repaires, eut reun moyen dont il s'était servi pour anchir les montagnes de l'Inde. Alors on avait
,

ispendu des espèces de brancards à des cors longues de cent cinquante aunes; et il avait
llu se faire ainsi

wan et celles de deux mille de ses officiers corrompus ou suspects; Wefa-Chatun fut étouffée sous des coussins. Lui-même tua de sa propre main beaucoup de femmes du harem et d'officiers

descendre cinq

fois

avant de

de la cour, qui furent jetés dans le Tigre; ferma ensuite les portes du serai, et s'enfuit
secrètement avec six compagnons dans le pays voisin de Kara-Jusuf. A peine était-il de retour

«•venir des hauteurs à
es.

la profondeur des valL'emploi de ce mécanisme fut encore plus

rilleux

quer

les

dans l'expédition de Géorgie: pour atennemis retranchés dans leurs caver,

es inaccessibles

les soldats étaient

es rochers taillés à pic jusqu'à ce

descendus que se trou-

avecKara-Jusuf, auquel il avait promis le pillage de sa résidence, que Timur accourut de la Géorgie contre Siwas, pour venger la mort de Burhaneddin, non pas sur le meurtrier, mais
sur les habitants de la
ville.

nt au niveau des cavernes,
oir

ils

faisaient pleu-

Aussitôt

Ahmed;

une grêle de flèches sur les Géorgiens, ou 'élançaient de leurs mobiles appuis au milieu 'eux, ou bien, quand ils ne pouvaient aborder
cavernes,
ils

Dschelair et

le

Diarbekr

,

se

turkman Kara-Jusuf, prince de sauvèrent d'abord en Syrie et
(3),

comme Timurtasch
armes à
la

commandant
,

militaire

y mettaient

le feu, et

brûlaient

d'Alep pour le sultan d'Egypte

s'opposa les

nsi les réfugiésavec leurs vivres etleurs ustenles (4).

main
,

à la

continuation de leur fuite

Forcés dans leurs repaires,
,

les

Géor-

vers l'Egypte

ils

se rendirent tous

deux à

la

(1)

Scherefeddin

1.

v, ch. 5

,

p.

220.
(1)
(2)

(2)

Ibid., ch. 5, p. 222.
ch. 8
,

g) ma.,
(4)

p. 240.

Scherefeddin, p. 243. Ibid., cb. 12, p. 262.

/bid.,\. v,ch.

8,

p. 242.

(3)

/Wrf.,ch.7,p. 233.

,

128

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
princes dépouillés de leurs pays par Bajesi

cour du sultan Bajcsid-Ildcrim. L'asile accordé
à ces princes fugitifs, etles plaintes antérieures

avaient échappé

à

la

garde sous laquelle

1

de Taherten sur

la

prise

,

par les Ottomans
à lui

sultan les retenait, et avaient trouvé asile

<

du

territoire

d'Ersendschan
les causes

conféré par

protection auprès de Timur. Le princedeKer

Timur, furent

de

la

guerre entre Ti-

mian avait pu
Mentesche, à
qui
lui

sortir

de

la

prison d'ipszala dé

mur
La

et Bajesid.

guisé en conducteur de singes; le prince d
la

prise de Siwas et d'Ersendschan par Ba11

faveur d'une longue chevelur

jesid a déjà été rapportée.

n'est plus besoin

couvrait le visage, avait
s'était

gagné lecam

que de quelques mots sur la famille des souverains de Siwas, les deux Burhaneddin père et fils, et sur la mort violente du dernier. AhmedBurhaneddin (preuve de la foi) avait été juge du prince de Kaiszarije, après la mort duquel ses
,

mongol. Celui d'Aidin

suites en faisant le Tous portaient leurs plaintes sur la perte d leurs États Taherten accusait en outre Baje
;

dérobé aux poui métier de danseur de cordi

sid

de

lui

avoir enlevé son trésor et son haren
lel

États furent partagés avec les émirs, en sorte

Timur envoya une ambassade chargée de
très réclamant le

qu'à Hadschi-Geldi échut la

souveraineté de

redressement de ces
le

grief:

Tokat; au scheich Medschik, celle d'Amasia, et au juge Burhaneddin la souveraineté de Si,

Bajesid, furieux, voulait livrer

au supplice h
gran
cetl

porteurs de cet insolent message;

was

(1).

La conquête de Siwas

et

de Tokat a

scheich Bochari et le grand légiste Fenari en

déjà été rapportée plus haut, ainsi que celle de

reut beaucoup de peine à le détourner de

Sinope

et

d'une partie des États de Burhaned-

résolution, en lui rappelant l'inviolabilité d(

din. Ahmed-Burhaneddin, puis son fils EbulAbbas, attaqués par Bajesid à cause de l'asile accordé, aux fils des princes détrônés de Ker-

ambassadeurs et en Orient; mais
maltraiter les

le
ils

respect

du

droit des ger

ne purent l'empêcher d envoyés et de leur donner ud
(1).

mianetde Mentesche, avaient un ennemi moins puissant, mais non moins dangereux dans KaraJuluk, Turkman de la tribu du Mouton-Blanc,
qui devint ensuite
le

réponse insultante
les

Timur
il

irrité fitdéployt

bannières, et

le

premier jour de
entra sur

l'an

803

d

l'hégire,

22 août 1400,

le territoii

fondateur de

la

dynastie

ottoman, se dirigeant sur Siwas

(2),

l'ancien»

de ce nom. Des liens de sang
nastie

et d'amitié unis-

Sebaste reconstruiie entièrement par Alaeddii

saientbien celui-ci à Kara-Jusuf, prince delà dy-

grand prince des Seldschuks
fortes

;

elle était l'un
pli d

du Mouton-Noir mais ses intérêts les plus puissants l'attachaient à Timur, au-devant du;

des villes les plus peuplées et des places les

de

l'Asie

Mineure;
(3).

elle

comptait plus

quel

il

s'avança, lors de la première apparition

cent mille habitants

Ses ouvrages étaier
trois

de ce conquérant dans l'Asie Mineure, et auquel il servit de guide (2). Les mêmes considérations le poussèrent à combattre son cousin

construits avec des pierres de longueur sur une d'épaisseur;

aunes d

les murailles
,

1

d'une élévation de vingt aunes
cinq de profondeur à
les sept portes

Kara-Jusuf, les Egyptiens, et enfin Ebul-Abbas-

la base, et six la ville

en avaiei au somme

Burhaneddin, souverain de Siwas,
sonnier, et qu'il immola
(3).

qu'il

fit

pri-

de

roulaient sur d(

Les habitants de Siwas se soumirent au pouvoir de Bajesid qui leur envoya son fils Suleiman avec cinq émirs,
,

gonds de fer (4). Le courage des défenseui était en rapport avec la force des ouvrage;
l'impétuosité des assaillants et la férocité d

et qui prit

ensuite Ersendschan

,

ville voisine

conquérant.
trois côtés

Comme

la

place était protégée d
,

appartenant à Taherten.

par un fossé plein d'eau

l'atta

Après
1

été

campagne de Géorgie, Timur passa dans la belle plaine de Karabagh médila
,

que

n'était praticable

que vers
les

l'ouest parle

tranchées et les mines. Huit mille pionnier

tant d'autres conquêtes à l'ouest et au midi. Les

poussèrent leurs travaux sous

murs,

soutit

(1)
(2)

Voy. Arab-Schah.
Dschenabi, à
,

(1) Aali
(2)

,

fol.

82, et Ssolaksade.
,

la

bibliothèque impériale et royale,

Scberefeddin

1.

v, ch. 15
,

,

p. 246.
,

n° 469

p. 227.

(3)

D'après Chalcondylas
,

cent vingt mille
,

I, p.

47

(3) Ibid., et

Arab-Schah.

(4) Scherefeddin

I.

v

,

ch. 15

p. 266.

,

LIVRE
rent leurs mines avec des morceaux de bois et des poutres puis mirent le feu à tout cela , et
,

Vil.
Avant

129
qu'il eût atteint la frontière orientale
,

de son empire

déjà les

flots

des Tatares

les

murailles s'écroulèrent avec les tours. Après

avaient roulé loin vers le sud , désolant tout

dix-huit jours de défense, les assiégés

deman-

sur leur passage.
les insultes

Si

Timur

dèrent merci, et

Timur
:

l'accorda, mais seule,

et l'arrestation
,

ment aux moslims
mille avaient pris
sistance
,

les chrétiens

et

particu-

deurs sur Bajesid
tier

il

venger de ses ambassavoulait maintenant châ-

avait eu à

lièrement les cavaliers arméniens, dont quatre

une part

si

vaillante à la ré(1).

durent être réduits à l'esclavage
les distribua

Le vainqueur

parmi son armée,

avec l'ordre de les enterrer vifs; et les raffi-

nements des tortures surpassèrent encore l'atrocité du supplice en lui-même. On leur lia la
tète entre les cuisses, et, afin

de retarder l'heure
les jeta

de

la

mort, les fosses dans lesquelles on

dix par dix ne furent pas complètement remplies

de terre
afin

:

on

les recouvrit

d'abord avec répan-

des planches sur lesquelles

la terre fut

une plus grande violation du droit des gens sur le sultan d'Egypte. Déjà Berkuk, pour toute réponse avait fait exécuter l'ambassadeur tatare, le savant scheich Sawe, dont il a déjà été question, et Ferrudsch, fils de ce prince, sultan régnant retenait encore dans les fers le gouverneur d'Awenik (Wan), l'un des meilleurs généraux de Timur, OtlamischKutschin (1), qui dans un combat avait été fait prisonnier parKara-Jusuf le Turkmandu Mouton-Noir, et envoyé en présent au sultan. De nouveaux ambassadeurs que Timur avait en, , ,

que les victimes se sentissent ainsi lentement mourir dans les angoisses du désespoir. Après avoir livré au supplice les plus vail,

due

voyés pour demander satisfaction de l'attentat

commis sur

le
,

premier, et

la

mise en liberté

de son général
et

furent arrêtés aussitôt qu'ils

lants des habitants par crainte

de l'influence

atteignirent Alep, place frontière

de leur exemple,
1rs

le

tyran
par

fit

mettre à mort tous

enfermés dans ce

lieu (2).

du sultan Dans sa marche
le

lépreux

,

afin qu'ils

les autres habitants

ne corrompissent point la contagion de leur
enfants et les vieil-

au midi, Timur emporta d'assaut Malatia,
jour

même où
,

maladie

;

les

femmes,

les

Behesna
laissa

parut devant ses murs (3); après une courte résistance, en dépit
il

lards ne furent point épargnés (2) Ertoghrul,

de son château bâti sur un rocher à pic de côté Kalaater-Rum
et entra
,

(4),

de Bajesid, tomba comme la garnison au pouvoir de Timur, qui le traîna pendant quelfils

après une atta-

que inutile,
lui

dans Aintab, dont les portes
(5).

ques jours avec
stantinople

lui,

puis le

fit

exécuter.
celle
,

furent volontairement ouvertes
il

Devant

La chute de Sébaste retarda
;

de Conappelant

l'effroyable

nouvelle

ailleurs le sultan des

Ottomans,

lui fit

aban-

y eut une action décisive avec l'armée égyptienne, formée de troupes réunies de toutes les villes de Syrie (6). Timur, placé au
Alep
la sienne, dirigea le combat derrière une rangée d'énormes éléphants, du haut des-

donner
|

cette proie qu'il allait saisir, et Paléo-

centre de

logue eut encore quelques instants la liberté de respirer dans son empire qui, se bornait à
sa capitale. Bajesid s'élança

quels les archers et les artificiers lançaient des
flèches et le feu grégeois. D'abord ces ani-

en Asie

,

frémis-

sant de rage et de douleur sur la perte de la plus forte de ses villes et du plus vaillant de ses
fils (3).

maux

se tinrent tranquilles

,

les

trompes
l'air

reti,

rées (7); mais lorsque la mêlée s'engagea
s'y jetèrent, lancèrent les

ils

Sur sa route

,

entendant

ennemis en

avec

un pâtre jouer paisiblement sur son chalumeau, il s'écria «Chante-moi plutôt Tu ne
: :

leurs trompeset les foulèrent sous leurs pieds(8).

devais pas laisser prendre Siwas
périr ton
fils (4). »

,

ni

laisser
(1)

Arab-Schah nous apprend
,

qu'il était le

mari de

la

nièce de Timur. DansBratutti
(2)

p.

169, Otlamis Cocino.

Scherefeddin,

1.

v

,

ch. 17, p. 227.

(3)
(1) (2)
(3)

Ibid.,ch. 17, p. 278.

Scherefeddin,

1.

v
,

,

ch. 15

,

p. 266.

(4) (5)

Arab-Schah.
Scherefeddin
1. 1.
,

Chalcoodylas

,

i

46, édition de Basle.

1.

v
,

,

cb. 19, p.
p. 288.

282.

7bid.,\.iu,
;

p. 47.

(6) lbid.,
(7)

v

,

ch.

20

(4) Ibid. sur la conquête de Siwas, voy, Seadeddin, dansBratutti ,p.196, et Neschri fol. 105.
,

Ibid.,

v,ch.20,p.
297.

295.

(8) Ibid.,\>.

TOM.

I.

9

,

130
de
la Aille

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
leur cria
:

L'entassement des vaincus auprès des portes

«

Taisez -vous et laissez parler cet

en

rôt

Faire

un horrible carnage;

les

homme

qui sait ce qu'il dit. Voici la seconde
:

fuyards se précipitèrent pèle-mèle dans

les

question

Que pensez-vous de Moawia
second avait
fait

et

de

fossés, qui bientôt furent comblés par toutes

Jesid (dont le premier avait expulsé Ali
chalifat et le
fils

du
«Ils

ces masses dans lesquelles s'enfonçaient ensuite les lances ennemies, perçant d'un seul

exécuter Husein,
:

coup

d'Ali)?»
la

Un juge

sunnite répondit
la

plusieurs corps.
ainsi

Les vainqueurs pénétrèrent

soutinrent

guerre sainte pour

vraie foi.»
:

dans la

ville sur ce

pont de cadavres [30 octranchant du sabre;

Alors Timur s'enflamma de colère et s'écria

tobre 1400]. Le pillage fut général; tous les
habitants passèrent sous
le le

«Moawia

fut

un usurpateur

et Jesid

un

cri-

château se rendit ensuite. Timur y resta pendant deux jours pour y jouir du spectacle

minel, et vous, habitants d'Alep, vous êtes, ceux de Damas, coupables du meurtre accompli sur Husein.» Ibn-Schohne excusa son

comme

de

la

destruction. Ensuite [2 novembre"!,
le fils

il

en-

collègue, dont les paroles étaient

la

consé-

voya

du gouverneur
le

qu'il avait fait pri-

sonnier dans
l'échai'ge

château, proposer au sultan

d'Otlamisch

contre

les

générai x

quence de ce qu'il avait lu dans les livres. Le conquérant loua le grand juge pour sa rectitude, l'historien pour son savoir et son éloquence, leur demanda leur âge; et l'heure de
prière du soir étant arrivée, il accomplit avec eux ses dévotions, suivant tous les mouvements d'Ibn-Schohne se tenant à ses côtés,
la
,

égyptiens Timurtaseh et Schadun.

Pendant son courl séjour dans

le

château

Timur occupa

ses loisirs à proposer

aux
â

lé-

gistes la solution de questions captieuses, pour

trouver dans leurs réponses des prétextes

de

s'asseyant, se levant, s'agenouillant en

même

nouveaux châtiments
plices,
«il

,

à

vous faut

me

de nouveaux suprésoudre, disaft-il,

temps que
le

Le lendemain, Timur quitta château qui était rempli de malheureux prilui (1).

des points sur lesquels nies légistes de Samar-

sonniers enchaînés, torturés de mille manières,
et

kand, Boc ara et Herat n'ont pas pu me satisfaire.» Le grand juge d'Alep (1) déclina le

se rendit

ville,

au palais du gouverneur de la où fut disposée une grande fête suivant

dangereux honneur de
sur Ibn-Scliobne
le plus bile.
,

la

réponse, se rejetant

l'usage
sait, le

mongol

(2).

Pendant que
les

le

vin se verla ville;

l'historien d'Alep,
le

comme
la

sang ruisselait dans

rues de

savant mufti,

professeur

le

plus ha-

«Parmi

les guerriers

tombés dans

baré-

maisons, les écoles et les mosquées furent dévastées; le sac dura quinze jours. La veille
les

taille d'Alep,

quels sont les martyrs?»

demanda
la

Timur. Le mufti échappa au piège par
ponse que
le

prophète avait

faite à
:

sur une question de

même

nature

«

un Arabe Ceux qui
»

de sou départ, Timur manda encore le grand juge et le mufti pour avoir de plus grands développements sur les questions relatives à

Moawia
vant
les

et Jesid.

L'historien s'expliqua sui]

combattirent pour

la

parole de Dieu.
:

Ensuite

Timur
A

sortit

disait-il,

de sa sombre réserve «Je ne suis, qu'un demi-homme (faisant allusion
j'ai

son infirmité), et néanmoins

conquis
répondit

la

Perse, l'Irak, l'Inde et la Tatarie.

— Rends des
,

du vainqueur, disant qu'il n'y avait aucun doute que le droit ne fût du côté d'Ali et que Moawia n'eût pas été chalife légitime; d'après les paroles du prophète: «Le chalifat ne durera que trente années après
idées

.;

grâces
mufti.

â

Dieu

et

ne tue personne

le

moi;»

nrais, ajoula-t-il,

selon l'expression d'un

— J'atteste Dieu que je ne tue personne
c'est

avec préméditation, reprit Timur;

vous-

des plus grands docteurs (3), des souverains illégitimes pourraient conférer valablement des
fonctions de juge. Cette reconnaissance de
validité

mêmes

qui tuez vos âmes. Je le jure, je ne tue
et.

personne,

quant
»

â vous, je

vous garantis
ils

la

vie et vos biens.

Cette assurance ouvrit les
se

de ses actes de gouvernement plut à celui qui dominait par la force, et il recom-

lèvres aux scheichs et aux professeurs;

manda

le

kadi et

le

mufti aux soins particu-

mirent à parler cornu e

ils

auraient fait
le

du
(1)
(2)

haut de

la chaire,

jusqu'à ce que

grand juge
Arab-Schab.
lbu-Schohne dans Arab-Schab. Selon le rédacteur de l'Hedajet, Arab-Schah.
,

(1)

Scherefeddin,

1.

v

,

ch. 21

,

p.

3D1

(3)

LIVRE VU.
liers de ses huit émirs qu'il laissa comme gouverneurs dans Alep, avant de partir pour Damas. Le

131

de l'ambassadeur pour poignarder Timur (1). Le derwisch ambassadeur fut percé des fers

lendemain fut proclamée
qui était

la

comme

l'ordie

mesure sanglante, du jour accoutumé
par l'empereur ta-

même

pour toutes
tare,

les villes prises

de couper un certain nombre de tètes en
l'his-

destinés à l'assassinat aux deux instruments du crime on coupa seulement le nez et les oreilles, parce que l'on devait les charger de porter la lettre de Timur dans laquelle il
;

souvenir de la conquête. Le grand juge et
torien furent

mandés devant le souverain pour la troisième fois. Son molla les informa qu'on leur demandait un fetwa dans ce sens que l'exécution du gouverneur de Damas, qui avait
;

moyennant la reconnaissance de son droit supérieur de haute souveraineté par les monnaies et les prières publiques (2); mais
offrait la paix,

l'un des émirs

de l'empereur
et

la

transmit

comme

ambassadeur,

un envoyé égyptien vint prola

fait

mettre à mort
était

le

premier ambassadeur de

mettre seulement

mise en liberté d'Otlamisch.
fut

Timur,
elles

légale.

Ibn-Schohne répondit:

La

bataille décisive

perdue par

le

sultan

«Comment donc

tant de tètes de moslims sont-

sous les

murs de Damas

[5 janvier 1401], et

abattues sans fetwa, et au mépris du serment que personne ne serait tué sans qu'il y eût des coupables?» Le molla alla trouver Timur, que le kadi et le mufti voyaient à quelque distance prendre son repas de viande bouillie.

parmi les prisonniers se trouva le neveu de Timur, Husein-Mirsa, qui jadis avait déserté à
l'ennemi avec quelques conjurés. L'empereur

Timur, toujours si féroce était plein d'indulgence pour les membres de sa famille la tra, :

L'empereur leur envoya des mets de sa table il donna des ordres à haute voix, chargeant ses
;

hison du prince, d'après une disposition de

gens de divers messages. Enfin se présenta un émir qui congédia le juge et le professeur avec
cette excuse
:

coups de bâton

Dschengis-Chan, ne fut punie que de quelques (3). Pendant le siège de Damas,

que

le

sultan n'avait pas

com-

mandé

d'abattre les tètes des moslims, mais
,

Timur visita les tombeaux d'Omm-Selma et d'Omm-Habiba, deux épouses de Mohammed, et du muezzin Bêla, tous situés devant la ville.
Il

celles des meurtriers afin d'élever un monument en son honneur, comme c'était son louable usage, mais que l'ordre avait été mal compris
;

reçut les scheichs et les savants qui lui furent

députés, les invita à un repas de viande bouillie,

les excitant

gracieusement

à
le

quant à eux,

ils

étaient libres maintenant et
il

eux se trouvait Ibn-Chaldun,
rien arabe, qui,

manger. Parmi fameux histo-

pouvaient s'en aller où
fortes

leur plairait (1). Après

dans

la

préface de son ouvrage,

Alep, tombèrent Hama, Himsz et d'autres places

expose

comme Monîesquieu,
de
la

avec une haute

de la Syrie. Timur se dirigea ensuite vers Baalbek (Héliopolis), qui alors était une ville
bien peuplée, au milieu d'un pays bien cultivé;
aussi fournit-elle à l'armée d'amples approvi-

philosophie et une profonde critique, les causes

de

l'élévation et

chute des Etats. Timur,

très-versé lui-même dans l'histoire, s'entretint

sionnements

néanmoins dans ses temples Timur ne vit que les œuvres des démons; mais, à une journée de là il visita le tombeau de Noé, et marcha droit sur Damas où se trouvait alors le sultan d'Ég\ pte en personne. Celui-ci envoya au conquérant un ambassadeur revêtu du costume de derwisch, accompagné de deux
(2), et
,

avec l'analyste des États arabes en Afrique et en Espagne, qui avait d'abord attiré son attention

comme
Il

étranger par
se

la

singularité de sa

coiffure.

montra

satisfait

lorsque l'adroit

écrivain déclara que dans l'Orient et l'Occi-

dent, dans

les histoires
il

de l'antiquité

et

des

temps modernes,

n'avait pas trouvé

verain qui justifiât ce titre aussi

un soucomplètement

jeunes

hommes dont

l'extérieur parut suspect

au secrétaire d'Éiat. En les visitant, on trouva dans leurs bottes des poignards empoisonnés,
et
ils

que lui (4). La ville capitula et se racheta du pillage moyennant une rançon d'un million de du,

avouèrent qu'ils avaient été envoyés par

le sultan, afin

de

saisir l'occasion

de l'audience
(1)

Scherefeddin

,

ch. 24

,

p. 314.

(2) Jbid., p. 319. (1) Arab-Scliab.
(2)

(3) Jbid., cb.
,

25, p. 326.

Scherefeddin

I.

v

,

cb.

23

,

p. 312.

(4)

Arah-Scbah.

,

132
cats (1).

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
Pour lever
cette

somme, on ferma

sept

s'étendirent

;

la ville

entière fut enveloppée dans
s'exhalait le

des portes de

la ville;

à la huitième, cpii resta

un vaste incendie, d'où
du sandarach
vernies(l).

parfum des

seule ouverte, des collecteurs perçurent une taxe sur tous les habitants à leur passage. La
citadelle se rendit après

cèdres et des cyprès qui formaient

les boiseries,

que
le

l'eau eut été

dé-

et du sumach dont elles étaient Timur dépêcha un émirpour sauver

tournée des fossés,

et

que

feu eut été placé
les

au moins

le plus

ancien chef-d'œuvre de

l'ar-

sous les échafaudages qui souti naient
railles

mule

chitecture sarrasine, la grande

minées; au mépris delà capitulation,
fut exécuté
,

Ommiades. Mais
naret sur lequel

le

mosquée des plomb qui couvrait le dôme
enflammés;
le seul

commandant

parce qu'il
la

s'éUiit
,

déla

se fondit en ruisseaux
,

mi-

cidé trop tard.

Les soldats de
,

garnison
et

d'après la légende des mos-

plupart mameluks

Tscherkesses

nègres,

lims, Jésus -Christ doit
lorsqu'il

descendre un jour,

furent distribués entre les émirs; les ouvriers,
les artisans et les savants

furent emmenés à Samarkand ('2). Parmi ces derniers, se trouvaient deux des plus fameux médecins du temps; dans les artisans on comptait des fabricants
d'acier, si célèbres

viendra sur terre (2) pour juger les vivants et les morts fut épargné par le feu
,

quoiqu'il fût couvert en bois

,

à la

grande ad-

miration des assistants et des habitants, et des
pèlerins qui
visitent
la
,

de nos jours encore occupent ou
,

dont
la

le secret,

pour leurs lames de damas, transporté depuis en Perse et dans

ville

deDamas. Après
la belle

l'incendie,

Timur campa dans
sont la plaine de

plaine de
:

Ghuta
vallée

(3),

Chorasan,
le

s'est

perdu dans

la ville

dont

elles

l'un des quatre paradis

de l'Asie

les trois autres res

avaient

nom. De nouvelles monnaies furent

Samarkand,
,

la

de

frappées au coin de

Timur

,

et

quelques pièces

Bewwan

en Perse

les et celle qui s'étend sur le

furent jointes aux lettres de triomphe que des
courriers portèrent jusqu'aux extrémités de l'Orient. Au-dessus des

rives de l'Euphrate, à son

embouchure près rès

d'Obolla. Nul de ces séjours enchantés n'échappa
car, partant de Samarkand, sa résidence, il avait pénétré en Perse dans sa seconde expédition par la vallée de
:

tombeaux desdeux femmes,

aux armées du conquérant

épouses du prophète, s'élevèrent des dômes

somptueux, revêtus intérieurement de parois de marbre blanc admirablement ciselés, et qui,
grâce aux soins des princes et des émirs charges

,

Bewwan, de Damas

et et

maintenant

envoya de des ruines fumantes de
il

la plaine
f[

la ville,

,„

de diriger

les

travaux furent achevés en vingt,
,

cinq jours. A cette occasion Timur exprima dans son conseil privé une grande indignation
contre leshabitants deDamas, « qui avaient jadis
maltraité les prophètes, particulièrement Ali et

son

fils

Husein. qui avaient laissédurant huit

siè-

cles l'herbe et les décombres couvrir les tombeaux des épouses du prophète, sans les proté-

une division de son armée par les ruines de Tadmor ou de Palmyre, où s'était réfugiée la tribu turkmane de Sulkadr, vers les bords et l'embouchure de l'Euphrate. Lui-même, passant par Hanta qui avait été épargnée dans la première marche de l'armée, et qui alors fut dévastée se mit en route pour Mardin, où les maîtres de la forteresse de Hoszn-Keif et de la
,

,

|

,

,

d

j

ger d'une chapelle.

»

Cette ferveur religieuse de

villed'Ersen, vinrent se prosterner devant lui(4).
I(

Timur pour
Jesid
secret
a;>,it
,

Ali et

Husein contre

les

descen-

Il

leur conféra le kaflan d'or, la ceinture et

le

dants des premiers adhérents de
et plus

Moawia et de fortement sur les membres du conseil

cimeterre à poignée d'or.
Isa-Taher, souverain de
la

familleOrtok, qui,
,

encore sur l'armée qui pénétra de force dans la ville portant partout le fer et la flamme, sans considération pour la rançon
,

dés la dernière
fié

campagne de Perse

s'était con-

en

la
,

force extraordinaire de sa résidence de
fit

déjà payée [25 mars 1401]. L'on s'efforça d'abord d'éteindre le feu mais comme les étages
;

supérieurs de toutes les

maisons de Damas

une réponse laconique à la sommade Timur, et goûta le triomphe de voir le conquérant se détourner du roc qui supportait ses murailles, pour marcher
tion brève et impérieuse
(1)

Mardin

étaient en bois (3), en peu d'instants les

flammes
Srhrrefeddin, p. 346.
1.

(H
(3)

Dsctaenabi

,

p. 157.
,

(2) Ibid.,
,

v,cb. 27,

p. 346.

(2) Scherefeddiii

1.

v

ch. 27
p. 343.

,

p. 340.

(3)

Ibid., ch. 28, p. 347.

Jbid.A. v, ch. 27,

(4)

Ibid., cb. 30, p. 355

. ,

LIVRE
ers Bagdad. Ferrudsch

Vil.
près de lui
.

133
Buchara le mausolée du Tus celui du huitième imam L'épouse de Timur, sa fille Begvisita à
:

T

.

lieutenant d

Akmed
i

«chelair. se défendit avec un eourage
•éré.

scheich Bacher-i
Ali-Risa
i
.

ï

Le siège fut un des plus meurtriers, nonla

eulement par l'ardeur de l'attaque et de

ré-

siaga

.

et sa
.

cousine Sadekin

.

le

joignirent à

tamée

.

n ai*

au—

i

par

l'effet

des chaleurs de

été qui devinrent dévorantes au milieu
!'août [1401].

du mois
l'ac-

In jour que
la

tout était dans
.

Audschan où elles lui présentèrent des vêtements brodés d'or, et répaLdirent de l'or et des Ensuite il campa avec pierreries sur sa tête 2
.

ablei.ent.

que

garnison

hors d'état de se
.

son armée à Nachdscbivx an

.

respecta la forte-

enir sur les remparts

enflammés
dans
les

y

avait seu-

d'Aland-chik. placée dansle voisinage, qui.
s'était révoltée la campagne de Syrie pour la seconde fois et venait d'être souni-e 3 . reçut dusouverain de Géorgie uneambassadequi

>ment
l

laissé les

casques posés sur des piquets.
l'abri

pendant

.

t s'était

mise à

casemates

.

les

Ives, îent.

pour y prendre quelque rafraîchi— e1

un assaut général fut livré, et l'émir :heich Nureddin planta sur la muraille étenard à queue de cheval surmonté du crois-

apportait les
prince,
et.

nomes

et les

hommages de
e!

ce
.

passant par Gendsehe

berdaa

il

alla établir ses quartiers d'hiver daas

la belle

mf
îite
:

2

.

Ferrudsch
le

et sa fille,

qui

s'étaient

plaine de

chappés par
mats
ils

Tigre, furent atteint- dan- leur

se précipitèrent dans le fleuve


-

Karabagh 4 Là Timur reçut le> hommages de ses fils et de ses de ses petit-fils [10 décembre 4 iJ 1
. 1 .

ssenoyèrent: leurs cadavres ayant été ress
iren jetés sur le rivage. Alors
:

s

nowians
le

et

de ses émirs.

11

distingua entre tous
petit-fil. .

-ènede dévastation
!

et

oom nença une de carnage dans laquelle
le

prince Mohammed-Mirs-a. son
la tête

lin

Tatar Ti mur rivalisa de fureur avec
le

Mongol

lolaku.
e

destructeur du chalifat
.

.

conquérant

Bagdad 3
les

Les mosquées juges

.

les écoles et les

ôpitaux restèrent seuls debout au milieu des
uines
;

imams

.

les

et les

professeurs

:rent seuls exceptés de l'ordre
ui s'étendit
iflt

du ma-sacre
deq;a(refour-

donna placés sur neuf coursiers, quatre-vingt-un rangs, tous de la même couleur, et couverts de selles dorées. La présence de l'impératrice et d'autres dames du harem embellit la fête. D'après Scherefeddin ô historien persan de Timur l'empereur aurait reçu en Cilieie une
posa une couronne d'or sur
et lui
.

.

sur tous les habitants, depuis l'envieillard
l'

de huit ans jusqu'au
.

ambassade de Bajesid. apportant des paroles de paix et de soumission, et il y aurait répondu
par une lettre qui réclamait
Jusuf.
le

ingts 4

Chaque
s
il

soldat

de

armée, qui

supplice ou

l'in-

renait quatre-vingt mille
îir

hommes, dut

carcération, ou au moins l'expulsion de karale

une

tète,

vou'ait conserver la sienne.

Turkman du Mouton-Noir bs Otto:

outes ces têtes furent amoncelées et formées

mans gardent
Bajesid:
ils

le

silence sur lainbassade

de

o pyramides
u

comme moonmaits
5

de

la

barbarie

parlent seulement des termes in-

vainqueur

Avant de quitter Bagdad
d'aller faire ses

sultants des dépêches

"iraur

ne manqua pas

dévotions
le

Tschempai-Elt-chikede. Avant de
les

de l'envoyé de Tireur. congédier
tatare
leur

u tombeau du grand
mier des quatre

imam Abu-Haofe.
.

pre-

ambassadeurs
.

.

l'empereur

imams sunnites de

l'église or-

'hodoxe des moslims. Ses épouses les in pérariees, ne montrèrent pas moins de zèle dans
eurs pieux pèlerinages,
lies ne négligèrent
et. dans leurs vovages, aucun tombeau de saint.
.

donna dans la plaine au delà de l'Arase, une grande chasse au rabat le cercle était formé
:

par l'année, dont les rangs étaient sur huit

hommes de

profondeur.
et

11 fit

présent à ces enet

voyés de monnaies

de ceintures d'or,
il

leur
la

\insi

l'impératrice
alors

ippela

Tumanaga que Timur de Samarkand avec ses fils au-

annonça qu'au printemps
réponse de Bajesid sur

irait

attendre

les frontières

de

1

Asie

(1) Scberefeddin. cb. 31
,2

,

p. 366.

1

scbf refeddio,

1.

t

,

cb.

35

,

p.

378.

Jbid., ch. 32

.

p. 369.

2
,3
1

ML,
Jbid..

p. 379.
1.

(3 4

OU.,
Jbid..

ch. 32. p. 365.
p. 370.

t

,

ch. 31

.

p.

348

,

et cb.

36

,

p. 380.

Ibid. .cb. 37.

p.3M.
,

s

ma.

5

IbiJ., cb. 39

p. 3-*>.

,

134
Mineure,
la paix

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
et que, selon sa teneur,
la
il

apporterait

ou

guerre

(1).

Le reste de l'hiver fut employé au rétablissemenl d'un ancien canal de l'Araxe, que l'empereur fil de nouveau creuser par l'armée, et
qu'il appela,

Taherten , et continua sa marche vers l'Asie Mineure par Siwas. Là parut Tschempai-Eltschit kedeavec les ambassadeurs de Bajesid, porteurs d'une réponse orgueilleuse. Bajesid sommait le
conquérant tatare de paraître devant
faute de se rendre à cet appel
être séparé trois fois
et
,

lui; et,

du nom de
le

l'un des princes les

Timur
;

devait

plus distingués de sa race, le cours de Berlas
(2).

de ses épouses

s'il

venait

Déjà

printemps

était

arrivé, et

ne trouvait point Bajesid sur

le

champ de

Timur, qui se tenait encore dans la plaine de Karabagh, tâchait d'abréger le temps par des
entretiens
fréquenls

bataille,

alors le sultan subirait le divorce de

son harem. L'insulte de cette missive était encore
grossie par
la

avec ses émirs sur la
les

violation

de toutes

les

guerre probable avec

Turcs

et sur

son issue.

Deux

circonstances heureuses le fortifièrent dans son opinion favorable relativement à
cette enlreprise contre
petit-fils,

formes diplomatiques. Timur avait observé ces formes, en traitant sur un pied d'égalité, de
souverain à souverain: dans
sa
la

suscription de

Rum:

il

lui

naquit un

dépèche

,

il

avait placé son

Mirsa-Tschoki,

fils

de Schahroch
vit
les

de Bajesid, mais sur
lettre

(27 avril 1402), ce qui remplit l'armée de joie,
jeta
la

de Bajesid,

le

nom avant celui la même ligne; dans la nom de l'empereur était
écrit

cour dans des fêtes où Ton

au*dessous de celui du sultan, qui était
lettres d'or, tandis

en

femmes du harem répandre sur la tète sacrée du père et du grand-père des pièces d'or et
des perles (3)
;

que

l'autre était

caractères noirs (1).
irrité

Timur
:

fut

formé en violemment

à l'occident apparut
,

mète enflammée d'un
l'œil

éclat et d'une

une cograndeur

de cet outrage
,

«le

sensé»
la

s'écria-t-il, à la

de Murad est inpremière inspection de
fils
;

extraordinaires; ses rayons, qui semblaient à

forme extérieure de
lisant
,

la lettre

mais lorsque,

nu avoir une longueur de quatre aunes,

en

il

fut arrivé au passage sur le divorce

flamboyaient
l'orient;

comme

des lances tournées vers
la

avec ses épouses, sa colère ne connut plus de

durant trois mois cet aslre illumina
la

bornes; car parler ainsi du harem, que nul

terre tonte

nuit, faisant pâlir la lumière de

toutes les étoiles. Tous les peuples le virent,

depuis l'indus

et le

Tage
tailles

;

et les

Grecs

pour eux, ce fut
logues et

Gange jusqu'au Rhin et au nommèrent Lampadias un présage effrayant de bale
:

de nommer en face d'un grand outrage personnel. Il repoussa les présents que les ambassadeurs voulaient lui offrir, consistant en chevaux et en oiseaux de chasse au nombre de dix noun'a le droit

homme

autre, c'est le plus

,

,

sanglantes en Orient
les fidèles

;

pour

les astroil

vel attentat
le

aux usages
et,

talares, qui consacraient
le

compagnons de Timur,

nombre neuf;
il

dans

premier transport
si la

annonçait des triomphes assurés dans
cident.

l'Oc-

de fureur,
fait aussitôt

déclara que,

personne des
,

ambassadeurs
et s'arrêta

n'était pas inviolable

il

aurait

Timur quitta Karabagh
deurs; enfin
fort
il

deux mois
le

abattre à ses pieds la tête des en-

à Awenifc, attendant le retour des ambassase mit en

marche vers

château-

inscrite

de Kumach, dont la restitution se trouvait dans ses réclamations à Bajesid il l'as;

voyés turcs; puis, lorsque la tempête fut un peu calmée, il ajouta que Bajesid, manquant de foi et de parole, avait lui-même décidé de son destin, et que maintenant il lui fallait se préparer pour recevoir l'armée victorieuse des
Talares
(2).

siégea pendant dix jours, et, lèttnzième,
fit

il

le

emporter d'assaut par une troupe de Soldats

à gravir les rochers (4). 11 quitta la plaine d'Ersendschan, dont il donna

du Mekran exercés
de nouveau
la

Timur passa une grande revue de
pes, à laquelle assistèrent les

ses trouot-

ambassadeurs

souveraineté à

son protégé

tomans

à cheval.

Les chefs des régiments, s'age-

nouillant devant lui, tenant en

main

la

bride

de leurs chevaux,
(1)

lui offrirent les

compliments

Scherefeddin

, 1.

v

,

ch. 39, p.

(2)

Jbid., ch. 40 , p. 400. (3) Jbid., ch. 41, p. 407.
(4)

(1) (2)

Arab-Schah.
Scherefeddiu,
1.

Jbid., cb. A3, p. 415.

v ch. 43
,

,

p. 416.

LIVRE
j

VII.
pelé
fils

135

et les
I

vœux accoutumés. Tiuiur loua l'état com,

bonue tenue de leurs troupes mais principalement celle du corps que le prince Mohammed-Sultan venait d'amener de Samarkand,
plet et la
et qui

divan à pied, le vesir Ali-Pascha et son Ibrahim avaient essayé de répri ner sa té-

lui avaient-ils

mérité et de corriger sa parcimonie; en vain représenté que la supériorité du

était

signalé par l'adoption nouvelle

nombre de l'ennemi devait
bataille

faire éviter toute
et recher-

d'une
fut la

même

couleur pour chaque régiment
(1).

:

ce

rangée en rase campagne,
les bois et les défilés.

première (race des uniformes

Quel-

cher plutôt

Leurs prières

ques escadrons avaient des étendards rouges.
i des casques rouges, des cottes d'armes rouges,

n'obtinrent pas plus de succès pour le déterminer au moins à ouvrir ses trésors, afin d'adoucir

é'des
<

selles,

des chabraques, des lances, des bou-

par quelques distributions
il

l'irritation

des

|

cliers et des

massues rouges; pour d'autres, ces
fl etc. y deux régiments entièrement cou;

li

armes étaient jaunes ou blanches,

demeura inébranlable dans sa résolution d'aller au-devant des Tatares pour les
troupes (1);

1 lavait aussi

combattre dans les plaines découvertes,

et

de ne
dit

I verts

de cuirasses,

les plus

anciens régiments

rien donner aux mercenaires qui servaient dans

.

de cuirassiers dont l'histoire fasse mention ("2). La revue dura depuis la naissance du jour jusqu'après midi, que
le la

son armée. Alors un des généraux aurait
«

:

i

musique militaire donna

signal de
11

la
fit

prière, et

Timur accomplit

ses

:

dévotions.

passer les ambassadeurs turcs à
les

Probablement l'argent de Bajesid porte déjà l'empreinte de Timur, puisqu'il n'ose pas le répandre parmi les troupes (2). » Les soldats, animés du même esprit que les officiers, firent
des représentations dans
le

:

cheval dans tous

rangs, et les congédia en-

même sens, non
ils

pas

:

suite en disant: Qu'il était encore disposé à la
paix,
si

dans

i

Bajesid voulait mettre en liberté
qu'il retenait

la suite

i

de Taherten

en captivité

,

et lui

ne pouvaient faire entendre leur voix, mais au moyen d'un langage symbolique, sous le voile duquel la véle conseil

de guerre, où

envoyer un de ses fils qui serait traité avec la plus grande bienveillance; qu'à ces seules
s

rité parvient si

souvent impunément aux trônes
nuit Bajesid avait

asiatiques.

Une

demandé du

conditions
curité de la

il

pourrait encore jouir en toute sé-

«

I

domination de l'Asie Mineure (3). ces envoyés allaient proclamer hautement la parole de l'empereur, Timur dépêcha aussi des messagers secrets auprès

on n'en put trouver de pur, parce que la nuit les abeilles et les bourdons salissent les camiel
;

En même temps que

ses qui le renferment. Les sipahis envoyèrent au

sultan
res,

une

assiette

de ce miel

ainsi

mêlé d'ordu«

avec ces lignes significatives:

i

des troupes tatares, dont un grand

nombre

se

cueilli

de nuit ne peut

trouvait dans l'armée de Bajesid, pour leur rappeler le souvenir de leur nationalité, éveiller en
elles le

goût, ainsi
fite aussi

Le miel revue ni le l'argent trop longtemps épargné prosatisfaire la

peu. lorsque vient l'heure ténébreuse
i

sentiment de

la

honte de
la

la

domination

desTurkmans ottomans, dont
:

puissance avait
(4),

du malheur 3 » Bajesid, sourd aux conseils des généraux et des soldats se mit en marche avec
.

,

été fondée par

un affranchi des Seldschuks de
tels

et les exciter à se détacher

maîtres pour

son armée de cent vingt mille hommes, parmi lesquels on comptait dix-huit mille Tatares et
,

passer

du côté de leurs frères. Les manœuvres de Timur pour semer
esprit

dix mille Serviens auxiliaires sous les ordres de
la di-

Lazare, pour aller au-devant des forces de Ti-

vision parmi les ennemis étaient favorisées par

mur

de mécontentement qui régnait dans l'armée de Bajesid, à cause des rigueurs du sultan et de l'irrégularité dans
solde
(5).

un

sept fois plus nombreuses. Lorsque Timur apprit à Siwas que Bajesid était à Tokat, comme, en suivant la route di-

le

payement de

la

recte vers ce point,
d'épaisses forêts
,

il

lui aurait fallu traverser

En

vain dans

le conseil

de guerre, ap-

il

tourna au midi du côté de

Kaiszarije; et delà, remontant au nord-ouest,
il

marcha vers Kirschehr

et

Angora.

Il

employa

Scherefeddin, ch. 44 , p. 418. (2) Ibid., cli. 44 , p. 419. (3) Ibid.
(1) (4)

(1)

Chalcondylas.
Aali

Arab Scbah
,

et Aali

,

fol. 35.

'(2) Ibid.
(3)
,

(5) Aali

fol.

35, et Cbalcondylas.

fol.

35.

1

136
six jours

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
de Siwas à Kaiszarijc,
ville

trois

de cette
l'In-

côté des Ottomans, les divisions étaient sous les

dernière

àKirschehr, sur

les

bords de

ordres de cinq

fils

de Bajesid

;

le

sixième, Er-

de trois autres journées il atteignit Angora. Jakub, commandant de la ville pour les Ottomans, répondit comme il
(1), et au bout

dscheszu

toghrul, avait été immolé près de Siwas. Ailleurs
il

sera question de Kasim, le septième
ils

;

à

côté d'eux

avaient les plus grands généraux

convient à un vaillant guerrier à

la

sommation

de l'époque.
ran-Schah
la

L'aile droite
fils
,

de Timur

était

con-

de Timur de rendre
le

la ville.

Timur détourna
,

duite par l'aîné de ses
,

vivant, ha prince Mipetit-fils

cours de

la

petite rivière de

qui fournit de l'eau à la ville

et

Tschibukabad commençait

et sous lui
,

par le
les

Kbubekr;

gauche
;

était

menée par

princes Schahroch

même les ouvrages
vis

des mines, lorsqu'il reçut l'a-

et Chalil
fille

que Bajesid avec son armée n'était plus qu'à la distance de trois heures. Aussitôt il leva le siège, et campa au delà du Tschibukabad afin de protéger ses derrières par la rivière; en
,

et ils avaient sous eux le fils de la de Timur, Schah-Husein, rentré en grâce
la correction

depuis sa trahison et mas.

reçue à Da-

Au

centre, à la place d'honneur qui aurait

appartenu au prince aîné Dschihangirdécédé,
se trouvait son
fils

même temps
et des

il

fortifia

son

camp par des

fossés

Mirsa-Mohammed-Sultan; à
la tète

chevaux de frise (2). Bajesid, dans l'aveuglement de son orgueil, voulant montrer
son dédain pour per au nord,
les forces

sa droite et à sa gauche, sur une ligne plus avan-

cée

,

quatre-vingts colonels étaient à

de

de Timur,

alla

cam-

leurs régiments; devant lui flottait l'étendard

et disposa une chasse sur les plateaux arides des environs. Ses soldats furent horriblement tourmentés par la chaleur et le

de

la

queue de cheval couleur de sang surmonté
fils

du
cle

croissant d'or; sous lui combattaient son on-

Omar-Scheich,

de Timur, avec
et Iskender.

les fils lui-

manque

d'eau, et cinq mille expirèrent de soif
(3).

Mirsa-Pir-Mohammed

Timur

dans cette marche insensée
position,
la

Lorsqu'il vou-

même

se tenait à l'arrière-garde avec quarante
les troupes asiatifils

lut.au boutde trois jours, regagnerson ancienne
il

régiments (1); Bajesid confia
ques, qui formaient
l'aile

trouva occupée par l'armée de Tipouvait fournir de

droite, à son

aîné

mur;

la

seule source qui

Suleiman-Schah, gouverneur d'Aidin, Ssaru-

l'eau à son

armée avait été troublée et presque comblée par des soldats tatares envoyés de nuit
à cet effet.

Chan et Karasi
dées par
le

;

à la gauche, les troupes scrvienétaient
;

nes d'Etienne Lazarewitsch

commanj

Au nord-est

d'Angora, dans

la

plaine

beau-père du sultan
et

au centre se

de Tschibukabad, au pied du mont Stella, sur le terrain même où Pompée avait défait Mithridate, les Tatares et les Ottomans se rangèrent en ordre de bataille. Les deux armées réunissaient à peu près ensemble un million d'hommes; elles étaient commandées en personne par
l'empereur et par
le sultan.

plaça Bajesid lui-même, ayant sous lui ses trois
fils

Isa,

Musa
fils

Mustapha, avec dix mille janits("2),

chares et Asabes
raux. Son

et les plus vaillants

génél'ar-

Mohammed

était à la tète

de

rière-garde. Sur le front de l'armée de

Timur

étaient rangés cinquante-deux éléphants qu'il

Les diverses divifils

sions étaient sous les ordres des princes
petits-fils

et

lants

des deux souverains, et des plus vailgénéraux de l'Asie et de l'Europe. Des sept fils de Timur, deux étaient encore

amenés de l'Inde (3). Aux auxiliaires serl'aile gauche des Ottomans étaient opposés, dans l'aile droite de l'ennemi, les vassaux gardiens des frontières de l'empire tatare, lbrahim-Schah, deSchirwan, Taherten, d'Ersendsavait

viens de

mineurs: l'aîné, Dschihangir, était mort depuis longtemps les quatre autres avec cinq petitsfils, c'est-à-dire neuf princes du sang, comman;

Chan, Kara-Osman-Bajender, de Diarbekr,avec
leurs

Turkmans.
heures du matin
,

A six
et

les

deux armées

s'é-

daient les divers corps de l'armée tatare.

Du

branlèrent, les Tatares au bruit des trompettes

du cri de guerre Surun;

les

Ottomans au son

(1)

DansScherefeddin, Youlghoun-Sson,
2.

I.

v, ch. 46,

pas(2)

Md.,p.7.
Ducas
,

(1)
,

Scherefeddiu
,

,

I.

v,ch.47.
44
est d'accord

(3)

I.

xvi

p.

34

;

dans Arab-Schah ou trouve

(2; Bratutti
(3)

p. 214.
,

aussi ce
(4)

nombre de ciuq mille. Dschihannuma p. 631
,

Schiltberger
cb. 47
,

p.

,

avec Scherefed-

diu

,

p. 9.

,

LIVRE VIL
u tambour, et en faisant retentir le

137

nom

d'Al-

an

!

Timur, sur l'invitation d'un derwisch, des-

pressantes de Minnet-Beg, le sultan essaya en" fin de s'échapper; mais son cheval tomba , et il
fut pris

endit de cheval

pour

faire sa prière et

donner

par

Mahmud-Chan
titulaire
fils

ordre de l'attaque. Mirsa Ebubekr, qui, sous e commandement supérieur de son père Miranah, conduisait l'avant-garde

Dschengis-Chan

descendant de de Dschagatai.
,

Avec Bajesid, son
nuques,
le

Musa,

ses émirs

Minle

de

l'aile

droite,
les

net-Berg, Mustapha-Beg, Ali-Beg, le chef des eu-

précipita sur les derrières des

Ottomans;

commandant du harem Firus-Beg,
et

rviens, combattant commedeslions, châtièrent

beglerbeg Timurtasch

son

fils

Jachschi-Beg,

m audace. Alors Mirsa Mohammed-Sultan, mmandant du centre, s'agenouillant devant
rimur,

tombèrent entre
let

les

mains de Timur [20 juil-

1402]. Les princes Suleiman,
le

Mohammed
Amasia,
;

et

demanda
l'aile

la

permission de voler au se<

Isa s'étaient enfuis,
la

premier

à l'ouest, vers
le
le

ours de

gauche ompromise. Les troupes
les

mer,

le

seconda

l'orient, vers

uropéennes combattaient avec un courage exraordinaire
;

troisième au midi, du côté de la Karamanie

mais tandis que

Serviens fai-

prince Mustapha avait disparu dans

la bataille

aient des prodiges de valeur, à la droite les

sans que l'on sût ce qu'il était devenu. D'après
l'historien byzantin

;roupes d'Aidin, qui voyaient leur ancien prince

Ducas, Timur
fils

était à

jouer

9ans

les

rangs ennemis, passèrent de ce côté, et
les Tatares,

aux échecs avec son
Bajesid lui était

Sehahroch, tandis que
prisonnier, et
il

forent suivies par celle->de Ssaru-Chan, Mentes:he,

amené

échan-

Kermian, et par

que

les

émisla

geait son roi (schah) contre la tour (roch) au

saires secrets

de Timur avaent poussés à

dé-

moment où
tente;
cette

le

sultan paraissait à l'entrée de la

ection. Déjà les Serviens étaient coupés , lorspie leur vaiilant chef Etienne, s ouvrant avec ses
:avaliers
l

pesamment armés un sanglant passage
de
fuir.

travers les ennemis, pénétra jusqu'au suliau,
conseilla

ît lui

En voyant
n'ont

le

courage hé:

oique des Serviens, Timur s'écria
vischs,
ces

pauvres,

failli

«Ces deren aucun

fait donner surnom de Sehahroch, qui rappelait le moment où le sultan des Ottomans avait échangé son trône contre la captivité dans une tour. Au moins, Persans, Turcs et Grecs s'accordent sur ce point, que Timur se montra d'abord plein de grandeur et de no-

circonstance avait
le

au jeune prince tatare

joint (1)!» Bajesid, toujours inébranlable, tint

blesse en recevant le souverain abattu et captif.

'erme sans reculer à la tète des dix mille janitschares avec lesquels
tienne, voyant
ni'il
il

Le voyant devant
jour et
les

lui

accablé par
la

la

chaleur du
souillé
il

avait occupé
la bataille

que

une colline, était perdue et

fatigues de
,

bataille,

de
et

poussière, haletant

prêt à défaillir,

lui

parla
,

ne

fallait

plus songer à sauver le Miltan,

avec bienveillance,
lui

le fit

asseoir à ses côtés
,

couvrit la retraite

du

fils

aîné Suleiman

,

que

le

assigna trois tentes magnifiques

lui

assu-

prand vesir Ali-Pascha,
jarnage
(."ers la

l'aga des janitschares

rant avec serment qu'il n'avait rien à craindre

lasan, et le subaschi Aine-Beg arrachèrent
;

du

pour sa
la

vie. Bajesid

ayant demandé que l'on
fils, et qu'il

fit

et

ils

se dirigèrent avec lui à l'ouest
les

des recherches après ses

pût avoir

mer, tandis que
le

émirs d'Amasia, pla-

consolation de leur compagnie, des émissaires
les

çant au milieu d'eux

prince

Mohammed,

s'en-

furent expédiés dans toutes

directions; mais

fuirent avec lui

du côté de l'orient, dans les nontagnes. Bajesid, abandonné de ses auxiliaide sa maison , de ses vesirs, de ses paschas et de ses fils pernéanmoins à rester toute la journée sur la
,
,

res et des troupes

on ne découvrit que le prince Musa, qui fut couvert d'un vêtement d'honneur et conduit devant Timur. La garde d'honneur placée auprès de
Bajesid
fut confiée à

de ses émirs
sista

Hasan-Berlas

,

l'un des

îauteur qu'il occupait avec ses janitschares brùés par la chaleur, dévorés par la soif.
part
|

premiers émirs tatares, parent de Timur, et à Tschempai, qui avait été envoyé comme ambassadeur auprès du sultan. Nous raconterons dans
le livre

de ses

fidèles soldats étaient
le
,

La plutombés d'é-

suivant les circonstances qui détermi-

misement ou frappés par orsque la nuit fut venue
(1)

fer des Tatares.

nèrent un traitement plus rigoureux, et don-

sur les instances

nèrent lieu à

la fable

de

la

cage de

fer.

Comme
Neschri
,

l'importance d'une bataille doit être
la force

fol.

107.

appréciée d'après

des armées,

les talents

,

138
et la

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
renommée des généraux, l'ardeur la lutte, la nature du théâtre de
l'art

et la

du-

qui luttèrent avec acharnement durant toute une

rée de
les

l'action,
,

journée dévorante n'étaient pas seulement des
Tatares, des Persans et des Turcs
aussi des
il y avait Européens, des chrétiens même, et des hommes tirés de toutes les nations. Sur la plaine d'Angora, en vue de ces montagnes au
;

progrès signalés dans

de

la

guerre

et

surtout d'après les résultats de la victoire ou de
la défaite

pour

le

destin des chefs et des rois

de

la

campagne

et des

empires

;

sous tous ces

rapports,

la bataille

d'Angora

est l'une des plus
la

nord où

les

ancêtres de Bajesid avaient reçu
les

importantes dans

les

annales de

guerre

et

des

des sultans seldschukides

premiers pâtu-

nations. Là lesTurcs et les Tatares se heurtèrent,
et

rages pour leurs troupeaux, où

Pompée

avait

pour

la

dernière fois

les

premiers furent cour;

vaincu Mithridate, Ildirim, jusqu'alors triom-

le joug de leurs terribles vainqueurs commandaient le conquérant impétueux de tant de contrées, Bajesid, surnommé la

bés sous

phant, fut vaincu et chargé de fers. Après ce coup effroyable, l'empire ottoman, privé de sou
chef, parut

Foudre, et

le

plus rude, le plus impitoyable des

du moins
crainte.
tés
;

il

amené au point de se dissoudre ou semblait ne devoir plus inspirer de
,

destructeurs, Timur,

surnommé

le

Fer; sous

eux

les

mouvements
la

étaient dirigés par des

mais en

Les triomphes de Bajesid furent arrêmême temps fut terminée la car-

princes et des gouverneurs de peuples venus

rière des conquêtes

de Timur, qui mourut

trois,

des frontières de
phore.
foule

Chine

et des rives

On

voyait autour d'eux se
royal.

du Bospresser une

années après, sans avoir exécuté d'autre grande
entreprise, au

moment où
Chine.

il

se disposait à mar-

de guerriers du sang

Les peuples

cher contre

la

,

LIVRE

VIII.

ENTRETIEN DE TTMUR ET DE BAJESID. EXAMEN DE LA QUESTION DE LA CAGE DE FEU. POURSUITE DES FILS DE BAJESID. EXPÉDITION DES FILS DE TIMER.— CONQUÊTE DE SMYRNE. MORT DE BAJESID ET DE TIMUR. DIVISION ET PARTAGE DO POUVOIR. PREMIERS EXPLOITS DE MOHAMMED —TRIPLE DÉFAITE D'ISA. AVÈNEMENT DE DSCHUNEID. CAMPAGNE DE SEIEIMAN CONTRE MOHAMMED EN ASIE. IRRUPTION EN EUROPE. PENCHANTS VOLUPTUEUX ET FIN DE SULE1MAN. GOUVERNEMENT TYRANNIQUE DE MUSA. POETES ET SAVANTS SOCS SULEI-

— — —

MAN ET MUSA.

Timur renonça
|'euse S

bientôt à la bienveillance en-

dans son cercle que dans

le

notre

,

nous allons
témoin ocu-

vers Bajesid, et le soumit à

une garde rigoucause d'une tentative d'évasion de son

l'examiner plus complètement et de plus près

que Gibbon, qui ne connaissait
des Ottomans

ni le

prisonnier.

Mohammed,

le

troisième des

fils

du

laire Schiltberger, ni les plus anciens historiens
,

;ultan,qui avait échappé parla fuite au désordre

Aaschikpaschasade et Neschri

l'Angora, essaya de délivrer son père, quin'éait
;e

ni l'opinion de Seadeddin.

pas surveillé de très-près. Des mineurs turcs

Nous

allons consulter d'abord les
les

Européens
Byzantins,

glissèrent de nuit dans le camp, et se mirent,

contemporains, en second lieu

l'une tente voisine, à pratiquer
lant à celle de Bajesid. Déjà

un conduit mêils

étaient par-

puis les historiens orientaux de Timur, et enfin ceux des Ottomans. 1° L'écuyer bavarois Schilt-

venus heureusement sous

le

point qu'ils de-

berger, qui

,

fait

prisonnier à la bataille de Nisi

vient percer à jour, lorsque
la

la

compagnie, qui

copolis, a décrit
captifs, puis
à

fidèlement
les

le

massacre des

naissance

du jour

venait relever la garde,

tombé entre

mains des Tatares
fils

lécouvrit le travail souterrain.
id etFirus-Beg, les

On trouva Bajeet

Angora

,

passé au service des
et

de Timur
la défaite

eunuques, éveillés

debout

Schahroch
et la prise

Miran-Schah, a raconté
;

lans la tente. Les mineurs purent s'échapper.

de Bajesid

qui, dans la peinture de

Timur accabla son prisonnier de reproches fit ouper la tète au fidèle serviteur Chodscha,

cette bataille est
les historiens

complètement d'accord avec

orientaux et byzantins, rappelle
circonstance des éléphants, sifinit

r

irus,

comme

à l'instigateur

de

l'entreprise, et

comme nous
gnale
la

la

e sultan fut

étroitement resserré. Le jour une
l'entourait, et la nuit
là, et
il

hauteur où Bajesid

par se retirer

,arde plus
tait

nombreuse
(1).

avec les dix mille janitschares; Schiltberger ne
dit pas

enchaîné

De

d'une fausse intersignifie cage et

un mot
,

prétation
'

du mot turc kafes, qui

Boucicault

relatif à une cage de fer.(l), et dans ses mémoires rédigés à cette

chambre ou litière grillée, est venue la fade la cage de fer, répétée si longtemps par ous les historiens européens après le Byzantin
ussi
)le

•hranzes et le Syrien Arab-Schah.

Comme

ce

(2), dit simplement que Bajesid subit une pénible mort dans la captivité, d'où l'on ne peut tirer de grandes conséquences, car la mort est toujours dure dans les fers, quand

époque

hème a
lion,

durant trois cents ans, un sujet pernanent d'exercice de rhétorique et de déclamaété,

bien
celle

même

elle

arrive naturellement,
trois

comme

de Bajesid. 2° De
la captivité

Bysanlins qui ra-

que l'historien si sagace de la chute de empire byzantin lui-même discute gravement e point, qui cependant ne rentrait pas autant

content

du

sultan, les

deux plus di-

(1)

Schiltberger

,

Voyage en Orient
p.
i

;

Munich

,

1813,

p. 45.
(1)

Ducas

, 1.

xv

,

p. 21

,

Chalcondylas.

(2)

Mémoires de Boucicault

,

,

c.

37.

,

140

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
aujourd'hui tout appartement grillé des fem,

gnes de foi, Ducas (1) et Chaleondylas , ne font mention que de chaînes le premier en y
ajoutant
la

mes
dans

et

même

la

deueure des princes ottomans
Conslanlinople. Kafes s'entend

circonstance que cette précaution

le serai a

était prise

seulement de nuit, après la tentative

aussi des litières grillées

dans lesquelles on
,

fait

d'évasion, pour plus de sûreté; Phranzes, pres-

voyager

les

femmes du harem

et c'est précisé-

que toujours dans l'erreur lorsqu'il s'agit des faits de l'histoire de l'Orient, est le seul qui
parle d'une cage en fer.

3° Les Persans qui
soit

ment dans une voiture de ce genre que l'on transportait Bajesid entre deux chevaux. Plus lard d'obscurs chroniqueurs ottomans, amateurs d'anecdotes, sur la foi d'un
rimailleur

ont écrit

la vie

de Timur
le

en prose,
et

soit

en vers, Scherefeddiu d'Iesd,

l'auteur

du

syrien, ont transformé

celte litière

en une

Timur-Nahmih
lent seulement

,

poète épique Latifi, rappel-

cage de
d'être

fer.

Mais aucun historien turc digne
( 1 )

la

réception honorable de Bajesid

consulté

n'en dit

un mot. Voici
si

dans

la

tente de

Timur;

il

n'est pas plus

ques-

comme

s'explique l'historiographe de l'empire,
,

tion de cage dans leurs ouvrages que dans ceux de Lari et deDschenabi, considérés comme
les

Seadeddin

dont l'autorité est

puissante

:

«Ce que

certains faiseurs de fables racontent,

auteurs les plus véridiques d'histoire géné-

dans diverses histoires turques, d'une réclusion dans une cage de fer
le sultan avait subi

rale (2). Les historiens arabes
,

contemporains,

est

de pure invention

;

si

Ibn-Hadschr auteur des biographies des hom-

réellement un pareil traite-

mes

célèbres
,

du

vme

siècle

de l'hégire, et

Ibn-Schohne

Timur à Damas les entretiens dont on a déjà rendu compte, ne
qui eut avec
;

ment, Mewlana-Scherefeddin, panégyriste de Timur, aurait employé lotisses soins à en faire

un

objet d'éloges.

Comme

la

vue odieuse des
litière.
il deQuicon-

savent rien d'une cage de fer

et le silence

de

Tatares soulevait sa fureur (de Bajesid),

ces six témoins, graves et puissants,

donnent un

manda

d'être porté dans

une

démenti au prétentieux Syrien Arab-Schah, qui commence chaque chapitre par une injure à Timur, qui n'a de but que le mensonge, et qui
choisit et place ses

que voudra

se supposer à sa place

sentira qu'il

devait être impossible à sa nature violente de

mots suivant

les

exigences
travaillée.

supponer tous les jours la vue de ses ennemis. Ceux qui ne savent pas distinguer la litière de
laçage appartienneni
doni
ciel

de l'harmonie de sa prose artislement

Le

plus ancien

annalyste des Ottomans,
,

les

à la masse de ces êtres organes débiles confondent l'azur du

Aaschikpaschasade, raconte d'après un témoin
oculaire
,

qui, après avoir servi dans la

garde

avec le gris (2). » Ce ne fui point par un sentimeut d'humanité que Timur ne fit point
subir cet odieux outrage à son ennemi abattu:
assez d'horribles exécutions témoignent de son

du corps de Bajesid, devint ensuite commandant d'Amasia, que Bajesid fut porté dans une
litière grillée

comme une
:

cage, entre deux che-

humeur impitoyable; mais
jesté souveraine dans la
le

ses priueipes sur le

vaux
litière

(3).

Ceci s'accorde avec les paroles sui«

despotisme lui auraient interdit d'abai-srr la ma-

vantes de Neschri (4)

Timur
le

fit
(

faire

une
),

personnedu sulian, en
bête sauvage.
Il

dans laquelle on

portait

Bajesid

renfermant

comme une

ne

comme dans un
C'est

kafes entre deux chevaux.

»

faut pas croire davantage
servi

que Timur

se soit
qu'il

évidemment dans ce passage mal
reconnaître
,

inter-

du dos de Bajesid toutes
et

lis fois

prété qu'il faut
tive

l'origine

primi-

montait à cheval; ce sont

de toute la fable qui grossissant avec le temps a fini par se faire une place dans l'histoire. Non-seulement kafes signifie, comme nous l'avons dit, une cage, mais ce mot désigne encore
,

empruntés aux Byzantins
la tète

de vieux conlcs aux Orientaux suile

vant lesquels Alparslan aurait posé

pied sur

de son prisonnier, l'empereur byzantin,

(1)

Ducas
Il

,

1.

xvi ,p. 33.
le

(1) Neschri.

tdris
,

,

dans

le

premier

récit
,

du V e

livr.;

(2)

n'en est pas question non plus dans
et
le

Noclibelet-

Seaiteddiu
tul-Ebrar.
(2)

,

Aali

fol.

36; Ssolaksade

fol.

205;Rausa-

Tewarich
Lari.
(3)
(4)

Behdsihetet- Tewaricb écrits
p. 167 et 168.

après

Seadeddin
,

,

fol.

115 de
,

la
Il

bibliothèque impériale

Manuscrit du Vatican
Nescuri
,

,

et royale

et lirai

uni

p. 230.

y a

ici

un jeu de mois

fol.

108.

que

l'on

ne peut rendre.

LIVRE
Rnmanus-J)ioo[ènes (1), et le petit-fils
Alparslno,
le

VIII.
protégé
,

141

de

cet

sultan Sandschar, aurait été ren-

Ahmed-Dschelair, chassé de Bagdad par Timur, lui avait prédit qu'un jour il rencontrerait
lait caillé. «

fermé par
II

les

Ases dans une cage de fer

.'2'.

Timur,

et

mangerait avec

lui

du

faut encore ranger dans la niènie clause d'a-

necdotes l'entretien de Tiniur et Bajesid, dès
la

lair

En effet, dit Timur, Ahmed-Dscheest un homme d'une grande sagesse auquel
rendre des actions de grâces, car,
s'il

présentation

du prisonnier
dans
le
fin,

à son vainqueur,
la

je dois

et leurs discussions
vité, et

cours de

captila

n'avait pas

vers sa

quelques jours avant
.

mort

du

sultan. Toutefois ces conversations
.-oient

encore

bien qu'elles ne
telles

pas vraies, du moins

que

les

rapportent quelques historiens

grecs, arabes, persans et turcs, peuvent trou-

ver place

ici

,

comme

caractérisant l'esprit de

l'évoque de l'Orient, des principes de philo-

demeuré auprès de toi, tu ne serais pas maintenant sous mes yeux.» Lorsque plus tard le harem de Bajesid eut été enlevé à Brusa, et que la tentative d'évasion détermina un traitement plus rigoureux, on prétend que Timur, afin d'insulter à la passion du sultan pour la chasse, lui envoya un couple de chiens et de faucons, et que Bajesid irrité lui fit dire « En
:

sophie et de politique des sou erains. La plus

effet, les

chiens et les oiseaux ne te conviennent
toi,

remarquable
par
la

et la plus

vraisemblable répétée

guère à

Timur, barbare

et

brigand;

ils

sont

plupart des historiens turcs, quoiqu'elle
point accueillie

ne

soit

par l'historiographe
est celle qui eut lieu à
la

moi élevé sur les degrés du trône, filsdeMurad, et petit-fils d'Lrchan. »
plutôt faits pour Blessé par ses paroles,

deTimur, Scherefeddin,
la

Timur
il

aurait humilié

première entrevue dan-

tente

du souve-

Bajesid
sacrées

:

dans un

festin,

aurait violé les lois
le

rain tatare.

Bajesid auprès de lui

Après que Tiniur eut fait asseo r ils se mirent à parler des
,

du harem

jusqu'à se faire présenter

vin par l'épouse de son prisonnier, la princesse

diverses circonstances de la bataille
à

;

puis tout
lui

servienne, en représailles de l'outrage dont
Bajesid s'était rendu coupable lorsque dans son
défi
la
il

coup
et

s'a

Iressant au sultan,

Timur

dit

:

«Toi
fiée.

grâce à

moi devons particulièrement rendre Dieu pour la puissance qu'il nous a conPourquoi
cela ?

avait parlé

du

triple divorce (1).

Dans
parta-

demanda

Bajesid.

suite,
la lui

quand

les

fils

de Bajesid se
et

gèrent

domination de l'Asie

de l'Europe,
le

un boiteux comme moi et à un paralytique tel que toi à moi boiteux, il a donné les empires depuis les
C'est qu'il la départie à
,
:

Timur
cas

demandant

si les

jeunes princes
,

reconnaîtraient encore pour souverain

dans

le

il

recouvrerait sa liberté

:

«

Brise

mes

frontières de l'Inde jusqu'à Siwas; et à toiles

fers, répondit le sultan, et je les aurai bientôt

contrées qui s'étendent depuis Siwas jusqu'à

réduits à la soumission^).

»

Mais Timur, averti

domination du monde n'est rien aux yeux de Dieu, car autrement, au lieu d'en investir deux infirmes comme nous, il aurait pu choisir quelque créature pourvue de membres sains et vigoureux. Parce que tu as été ingrat envers Dieu que tu n'as pas reconnu ses bienfaits , il t'a envoyé le châtiment dont tu es frappé par
la

Hongrie.

Il

est

manifeste que

la

par ces paroles qui trahissaient l'ambition in-

domptable de Bajesid. aurait répliqué :«Prends courage, Chan je veux seulement te mener à Samarkand, et de là je te renverrai dans ton
,

pays.

»

Bajesid tomba ensuite dans une

méil

lancolie profonde qui

accéléra sa fin. Selon

,

Dschenabi, trois jours avant de mourir, avait obtenu la liberté de son vainqueur, et
avait adressé trois prières

lui

moi, son fléau. Maintenant ,

mon

frère Bajesid,

que Timur

lui

pro-

ne
la

t'afflige

point, une fois en possession de
à la

santé, l'homme remonte rapidement

première de ne point exterminer sa famille, la seconde de ne point démit d'exaucer
:

la

prospérité. » Ensuite
lait

caillé

,

et

on apporta une écuelle de Bajesid tomba dans uue tristesse
il

vaster le pays de

Rum

,

de ne point en ren-

verser les forteresses, asiles
l'islam
;

plus profonde; interrogé sur la cause de cette

la troisième

et boulevards de de ramener dans leur pa-

sombre préoccupation,

raconta

comment son
(1 ) Les fonctions remplies par la princesse servienne se trouvent rappelées par l.balcondylas et par Arab-Scbab, ainsi que par Mohijeddin.

(1)
(2)

Joanties Scylitzes et Oonstanlinus Mariasses.

Déguignes

,

Hïst. généal.,

I.

x,p. 257.

(2)

Manuscrit

,

n° 139

,

fol.

50; Lutfi

,

p. 35.

-

à

142
trie les Tatares fixés
sie (1).

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
dans celte partie de
l'A-

Nous reviendrons sur l'accomplissement
,

de

cette dernière volonté

et particulièrement

Bochari avec les deux plus profonds savants du temps de Bajesid, le légiste SchemseddiaFenari et le grand commentateur du Koran,
,

du troisième
à la

nous serons arrivés mort de Bajesid en suivant l'ordre chronologique; maintenant nous reprenons le fil des événements de la guerre avec la bataille
point, lorsque

Mohammed

-

Dscheseri

,

furent atteints dans

leur fuite, et

amenés devant l'émir Nureddin,

d'Angora.

Après
petit-fils

la victoire

,

Mirsa-Mohammed-Sultan,

hangir

,

de Timur, né de son fils aine Dschise mil avec cinquante mille cavaliers

à lapoursuite

du prince Suleiman,

qui, enlouré

des soutiens du gouvernement turc, du grand
vesir,

de l'agadesjanitschares, des beglerbegs
,

et des subaschis

avait pris la fuite
la

du

côté de
fils

j

Brusa. La capture ou
aîné

destruelion de ce

i

du

sultan, et l'enlèvement

du

trésor

de

l'empire gardé à Brusa, devaient être l'objet

grand maître de la cour du prince et gouverneur de Brusa, qui les délivra de leurs liens, et leur donnant les plus grands témoignage d'honneur les envoya auprès de Timur à Kjjh tahije. Déjà il a été question du scheich Bochari (1), ainsi que du mufti Fenari, dont le premier avait su gagner l'amour de la sœur der Bajesid et obtenir sa main. Dscheseri est al prodige dans la science de commenter le Koran, comme Firusabadi, l'auteur du grand dictionnaire arabe, qui a été imprimé en même temps-, à Constantinople et à Calcula, est un colosse dans la philologie. Ce dernier, né en Perse,
,

,

1

Le souverain tatare se mit lui-même en marche avec les corps de l'armée
principal de Timur.

Firusabad, dans ses voyages entrepris un peu

avant

la

guerre entre Timur

et

Bajesid,
offres
les

avait

versKutahije. T<

lie

fut la rapidité

de

la

course

reçu de ces deux princes
brillantes

les

plus

du prince Mohammed gue distance en cinq

qu'il franchit cette lon-

pour

se fixer à leur cour; et connue

jours; mais de trente

mille cavaliers quatre mille seulement arrivè-

il avait décliné cet honneur, tous deux l'avaient comblé de présents (2). Timur accueillit aussi

rent aux portes de Brusa (2), et le prince ottoman avait tellement précipité sa fuite , que

les trois les pressa

savants ottomans avec distinction,

ei

de changer
;

le

séjour de Brusa pont
s'en

déjà

il

avait atteint les rivages

Au
la

pillage et à l'incendie

de la mer. de Brusa, se re-

celui

de Samarkand
,

Bochari et Fenari

défendirent

Dscheleri accepta
il

l'invitation

nouvelèrent toutes les horreurs qui signalaient

dans

la suite,

fut

envoyé d'abord en ambas-

conquête tatare les écoles et les mosquées furent converties en écuries le harem de Ba:
;

sade en Egypte (3); plus tard, le grand mollade Timur étant mort (4), il occupa sa place, et ans

jesid,

ses

épouses

et ses filles

,

la fiancée

de

son

fils

Mustapha,

la fille

d'Ahmed-Dschelair,les

mariages des petits-fils et des petites-filles d( l'empereur, à Samarkand, ce fut lui qui lut les
articles des contrats.

princes captifs de Karamanie, les trésors de
l'empire
,

la vaisselle

d'or et d'argent

,

les riches

Le prince Mohammed
à Brusa par
valiers,
le reste

,

après avoir été

joinj
Cfr

étoffes, les précieux

vêtements

et les

joyaux,

de ses trente mille
,

que, dans sa précipitation, Suleiman n'avait pu

emporter
tares.

,

tombèrent entre
le trésor

les

mains des Ta-

Après que

public eut été inven-

envoya dix mille hommes à Nicée sous les ordres du prince Ebubekr, son cousin, cl détacha l'émir Sewindschik avec une division,
le

torié et entièrement vidé par les secrétaires

de

long du rivage de
la

la

mer, vers Kemlik,

afin

Timur,
duite

la ville fut

livrée au pillage, puis ré-

de continuer
Nicée
et

poursuite

du prince

Suleiman,
croisades,

en cendres. Les protégés de Bajesid,
et

Kemlik, qui,

di puis les

Ahmed-Dschelair

Kara-Jusuf, de

la

dynastie

avaient échappé à de pareils désastres, furent
livrées

du Mouton Noir,
chapper,
le

étaient déjà parvenus à s'éet l'autre à

au pillage des Tatares, qui

les renver-

premier vers Bagdad,

Kaiszarije; mais le

grand scheich Mohammed

(1)

Seadeddin et Aali donneut

la

biographie

détaillée

de Bochari.
(2)

<1) Dschenabi

,

p.

161

;

dans
ch. 51

la

traduction de Po-

Firusabadi
(3)

desta.
(2)

Scberefeddin,

I.

v

,

,

p. 25.

(4)

- Naanmanije et biographie dans l'édition de Constantinople. Scherereddin , 1. v, ch. 54 , p. 36. 11 s'appelait Abdoldschebar.
,

Voy. Schakaikun

d(

LIVRE vin.
èrent et détruisirent
la

143

population. Suleiman,

me

les

Byzantins

et les

Persans appellent

mu-

embrassât l'islam (1). Mohammed, l'aîné des princes karamaniens, fut doté du kaftan et de
la

luhnan (ï), s'embarqua précipitamment pour
;agner
la

ceinture (2)

,

et investi des États arrachés à
,

côte européenne, au

moment même

son père par Bajesid

c'est-à-dire

de

la

posses-

ù les Tatares lancés à sa poursuite arrivaient

sion des villes de Konia, Larenda,

Akserai,

ur

le

rivage.

Les cavaliers de Mirsa-Ebubekr

Antalia, Alaje, Akschehr, Siwrihiszar et Be-

(Oussèrent leurs courses au
,u'à
.

nord de Nicée jusJenicltsche-Tarakdschi, et Mirsa-Mohamde Brusa, à travers
la

gbasari

(3).

Timur

reçut

l'hommage de

ses
fit

petits-fils, qui revenaient

chargés de butin,

*ed-Sultan, s'avança

la

exécuter deux de sesp'us vai lants généraux,
ainsi

pntrée de Karasi, jusqu'à Michalidsch, sur le
;

hyndakus, répandant
assage
iirsa
,

dévastation sur son

tentats, et

que toute leur famille, pour cause d'atil donna la grande fête où le vin fut

;

il

reçut

de

son cousin Ebubekr-

présenté par des femmes esclaves tirées de tous
les pays.

la

nouvelle de l'évasion de Suleiman vers
et la

Europe,
a

transmit à son aïeul Timur, au

Ensuite, l'empereur s'occupa d'expédier et

loyen de cent courriers, chargés de lui porter

même

temps un grand oiseau de proie, apen
ils

de recevoir des ambassadeurs. Au sultan d'Egyte il envoya le fameux savant Jusuî-Dscheseri
,

plé tschonkar. Les cavaliers n'étaient pas

pour

insister sur la délivrance définitive

•ï

"op

grand nombre car
,

furent attaqués dans

p

défilé

par une troupe de paysans armés, à
ils

de son général, Otlamisch, et sur les droits de souveraineté; la monnaie devait être frappée à
l'empreinte de l'empereur

ravers lesquels

s'ouvrirent

un passage.

A

mongol

,

et la prière

(ichalidsch, le
pint

prince Mohammed-Sultan fut

par son cousin Ebubekr et par l'émir Se, ,

publique récitée en son nom. Deux envoyés allèrent à Constantinople pour réclamer le
tribut

lindschik; et
prient

dans la plaine de Jenitschehr à de Brusa, après en avoir obtenu la perission de Timur, il célébra son mariage avec
fille

de l'empereur grec,

rendirent auprès de Suleiman,
jesid, qui avait fixé sa

deux autres se aîné de Barésidence dans le nouveau
et
fils
,

i

aînée de Bajesid (2). Tandis que
et

Mo-

château

de Guseldschehiszar
ils

bâti

par

son

Ebubekr-Mirsa répandaient rijur cavalerie au nord de Kutahije, par delà
lîmmed-Sultan
rusa
c
et

père (4);

l'invitèrent à venir lui-même,

ou

Nicée, dans le midi de l'Asie Mi-

bien à faire porter le tribut, déclarant qu'à défaut d'obéissance de sa part, les armées tatares arriveraient pour saisir l'argent et sa propre personne. Les messagers de Timur revinrent accompagnés des ambassadeurs de l'em-

^jpire,
f

le

prince

Husein-Mirsa poussait vers
,

>

Emirf ;hah, gouverneur de Chuaresm, s'étendait du jté d'Aidhi et de Ssaruchan. Le premier s'emira

cantons de Hamid et de Tekke

pereur grec, qui apportaient l'hommage
tribut, et l'on vit paraître,

et le

des villes d'Akschehr et de Karahiszar, où

comme envoyé de

(tira

ng;

le

d'énormes rançons et versa des flots de second ravagea tout le pays jusqu'au

Suleiman,

le

scheith

et des faucons,

>rd de la mer (3). Le trésor de Bajesid et son <rem furent chargés sur des chameaux, et uimenés en triomphe par le scheichlNureddin,
i

maître était

Ramasan avec des chevaux chargé de déclarer que son prêt à se rendre à la porte de Ti-

mur,
le

si

l'empereur tatare voulait pardonner à

Bajesid et le traiter en prince.

Timur congédia
et lui

milieu des danses

,

au bruit des instruments
,

scheiih avec de gracieuses assurances,

.

,

musique, à kutahije où ils furent présentés 4 vainqueur ainsi que les deux princes de Ka<manie que Bajesid avait retenus dans les fers
e
,

remit
d'or

un bonnet brodé d'or et une ceinture (5); mais il ne se montra point aussi bienil

veillant envers le

..

jBrusa.

Timur envoya au
,

sultan son épouse,

prisonnier, dont

beglcrbeg Timurtasch, son avait trouvé les trésors à

princesse servienne
religion chrétienue
;

qui était restée fidèle à

mais

il

exigea qu'elle

(1)

Scherefeddin,

(2) Ibid., et (3)

1. v,cb. 52, ^rab-Schah.
,

p. 33.

Mabijeddiu
foi.

bibliothèque
p. 35.
,

impériale et

royale,

[U Scherefeddin 1. v, ch. 51 (2) ]bid.,l. v,ch. 51, p. 31.
,

,p. 28.

n° 139,

5U; Luili,

(4) Scherefeddin
(5)

[3) Ibid.,'].

v

,

cb. 51 .p. 28.

, 1. v ch. 54 , p. 40. Seadeddin, dans Bratulti p. 254.
.

\-\\

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
Il

Kutahije.

le

manda devant

lui,

et lui dit

:

dateur de
les

la

dynastie du Mouton-Blanc (1);
voyait avec

et

«Dans quel but as-tu amassé tant de richesses ? ne pouvais-tu les employer à lever une armée
pour
la

cantons de l'empire ottoman qui n'étaient
il

pas occupés par lui,
divisés entre les
fils

les

plaisir

défense de (on maître?

les conseillers

de Bajesid, qui se dispu;

et les ministres qui entassent des trésors sans

taient leur possession

il

nourrissait donc pour

songer aux besoins de l'armée sont la ruine des États.» Timurtasch répondit: «Mon empereur n'est pas un souverain d'hier;
ministres pour former ses armées,
il

cela les espérances des

fils

du sultan, au moyen

d'assurances qu'il donnait à leurs envoyés. Le
scheich

n'a pas

Ramasan, représentant de Suleiman,
les

besoin des trésors de ses conseillers et de ses

vint pour la seconde fois, afin de présenter

comme

les

hommages de son
mânes au delà de
la

maître,

et

il

reçut au noim

nouveaux princes qui, avant leur élévation, n'avaient jamais contemplé de trésors. Expie cette réponse, reprit Timur, par la perte de la liberté que j'étais disposé a rendre à toi

de ce prince l'investiture des provinces otto?

mer, au moyen du diplôme
d'Isa-

portant l'empreinte rouge de la main de Ti-

mur

(2).

Kulbeddin(3), l'ambassadeur
,

et à tes enfants (1).»

Tschelebi

les

Cependant les partis de Tatares ravageaient cantons de Mentesche et de Tekke, d'Aidin
de Ssaruehan(2);
les

de Bajesid qui s'étaijt enfui en karamanie, apporla l'hommage et dej.
fils
,

second

présents

,

et revint

avec des assurances d'ami-

et

princes

Mohammeddans
le

tié; Ssori-Bajesid (4), le sage
la

grand maître de
,

Sultan et Ebubekr-Mirsa portèrent leurs quartiers d'hiver à

cour de

Mohammed
,

Tschelt-bi
lui

prince âgé
la

Magnésie

(3), Schaliroch

Timur se rendit, le long delà côte par Ephèse (5) à Smyrne. Près du pont construit par Timurtasch sur le Méandre parurent les fils du prince de Mentesche, qui,
(4);
, ,

Kermian

de quinze ans d'Angora dans
la

sauvé par
les

de
et

batailla

montagnes,
,

déposé dans
plénipo-

place d'Amasia, vint aussi

comme

tentiaire de ce jeune maître, offrir son

hom-

mage,
dans
le

et

en

même temps

l'excuser de ce qu'il

jadis chassés des États paternels par Bajesid,

n'avait point paru, sur l'invitation de Timur,

avaient trouvé

un

asile

auprès d'Isfendiar, sou,

verain de Sinope , et Isfend iar lui-même
ce Bajesid-Kœturum que
le

fils

de

le sort

camp où Mustapha-Tschelebi partageait de son père Bajesid.
confia le siège de
,

sultan turc avait

Timur

Smyrne aux

princes
er

battu et dépouillé de ses villes de Kastemuni et

ses généraux

et s'y rendit en personne le 1

dé-

de Ssamszun

(6).

Timur remit

les

princes ex-

pulsés d'Aidin et de Kermian (7) en possession de leurs domaines héréditaires, voulant, avant de décider du sort de Bajesid ou de ses fils, abattre les restes de la puissance ottomane, par le moyen des princes voisins dont Bajesid avait

cembre [1402], quelques jours après le commencement des travaux. Les chevaliers deRhodes
possédaient
les fit
la ville

depuis cinquante-sept ans;
l'islam,

il

englouti les États.
politique,
il

En

suivant le

même système
la

avait soumis les cantons sur les

frontières septentrionales de l'Arménie et de
l'erse

ou du moins de planter ses bannières sur leur rempart, et en cas de refus, il les menaça de les faire tous passer sous le tranchant du sabre. Le frère Guillaume de Mine (5), commandeur des hospitaliers, que le grand maître avait envoyé à la défense de la ville, rejeta
la

sommer d'embrasser

à ses protégés, Taherten, prince d'Er-

proposition avec mé-

sendschan, Ibrahim, .souverain de Schirwan, au
souverain de

pris. Aussitôt retentirent les

roulements des
ville fut atta-

kumach

et à

Kara-Juluk, fon-

tambours

et les cris
les

de guerre. La

quée par tous

moyens du
de poulies
,

côté de terre;

on
(1)

l'enveloppa d'une sorte de parallèle. Au
et

Seadeddin,
Bralutli

p. 235.
,
1.

moyen de roues
,

(2)
(3) (4)

Scherefeddin
,

v ,cb. 54
ch.
et

on

fit

appro-

p. 41.

p. 235.
I. v Builugh
, ,

Scherefeddin

55

,

p. 43.
,

(1)

Arab-Schah.
Scherefeddin,
1.

(5)

Sur Ulu

,

Kullschuk
,

Burlug

et

Du-

(2)

T,ch.57,
fol.

p. 55.

rjurluk. Scherefeddin
(6)
et

,

1.

v, ch. 55
,

p. 43.

(3) Ibid.
(4j ldris (5)
,

Arab-Schah
Arab-Schah.

,

Mahijeddin

bibliothèque impériale

Neschri

,

122 et 124.
scismate, dans Vertot, Hisvi
1.

royale, n° 139,
(7)

fol.

56; Ssoloksade.

Theoderici a

niemde
,

toire

de l'ordre de Malle

1.

h

,

p. 28.

LIVRE
cher contre
les

VII
femmes
et
les

145
enfants sans exception.
était trop faible

murailles des tours dont cha-

cune contenait
d'échelles

deux

cents
;

soldats
,

pourvus

comme

pour l'escalade

enfin

on pratiqua

des mines que dix mille ouvriers poussèrent sous
les fortifications, et le
fie

Mais pour élever une pyramide de crânes, monument accoutumé de la conquête, cette fois on rangea des têtes et
ce

nombre

feu étant mis aux galeries

des pierres alternativement, de

telle sorte

bois qui les soutenaient, des
(1).

pans entiers de
de
la

chaque couche de

têtes reposât entre

que deux cou-

muraille s'écroulèrent
r

Du côté

mer
la

les

Tatares transportèrent aux extrémités de
;;iie.

di-

ches de picrres(l ). Néanmoins toutes les tètes ne furent pas employées à cette construction , car, après
la prise

dont

la

séparation ouvrait l'entrée du port,
et

de

la ville,

quelques galères chrélancer des tètes

,

des pierres
tèrent à la

des quartiers de rocher qu'ils jeles

tiennes, arrivées trop tard à son secours, s'étant

mer pour fermer

abords. Heureule

'

sèment
la

les galères avaient

gagné

large avant

approchées du rivage, Timur de chrétiens sur leur bord,
saisis
le

fit

et les

équipages,

|

naissance du jour; quelques instants plus tard

d'horreur,

elles
I

eussent été incendiées. Quoique

la

dixième
à

large (2). Les
et

gagner commandants génois de l'anet

s'empressèrent

de

partie des assiégeants à peine fût
I

employée
les
,

cienne

de

la

nouvelle Phocée, les seigneurs

porter des pierres
trémités de
la

,

en un «eul jour

deux expuis des

génois de Lesbos
leur

de Chios vinrent apporter

digue se joignirent

(2J

;ii!ots

de bois furent entassés dans l'intérieur
port
;

même du

puis, en sorte

un plancher fut posé sur ces apque des deux côtés de la rade fut pratiqué un chemin surlequellesassiégeantspou-

\
;

aient s'avancer directement contrelechàteau, ei combattre de pied ferme(3). L'attaques'engagea
el

Timur et à son Mohammed-Mirsa, qui donna au seigneur de Lesbos un sceptre comme une marque de son affection et de sa bienveillance. Smvrne fut le terme des conquêtes de Timur en Occident. De là, il se retourna vers l'Orient foulant
et

hommage

des présents à

petit-fils

sous ses pieds les royaumes.
I

Il

passa trente jours
et

.

se poursuivit avec fureur au milieu de tor-

dans un camp près d'Éphèse,
les habitants, les

rents de pluie qui ne purent interrompre ou ra•

de ce point ses hordes se répandirent tout autour, dépouillant
poussant en masses devant elles pour en arracher des rançons, et dévastant leurs villes. Les écrivains byzantins et ottomans sont
d'accord dans leurs descriptions des cruautés excercées par l'armée tatare dans ces expéditions. Les derniers racontent en outre le massacre d'innocents enfants, qui dans sa vérité

lentir l'impétuosité des assaillants,

ni l'ardeur

|<le la

défense. Les assiégés lançaient sans cesse

des

traits

enflammés,

et

du feu grégeois qui
Enfin,
la ville

brûlait encore sur la surface des eaux.

l'armée tout entière livra l'assaut, et

isuccomba après quinze jours de siège. Les chevaliers, rejetés jusque dans l'intérieur du château
.

serrèrent leurs rangs , et plaçant
ils

le

maître

soulève plus d'horreur que les récits d'Hérodote.
ville de Mineure allèrent, le Koran à la main, au-devant du conquérant qui s'approchait, im-

des hospitaliers à leur tète,

s'ouvrirent

un

Les enfants d'une malheureuse petite

passage jusqu'à la mer, on des galères accoururent pour les recevoir. Les habitants chrétiens

l'Asie

de

la ville les

suivirent jusqu'au rivage

,

se pré-

cipitèrent sur les rames des bâtiments

,

sur les

nacres,

les câbles,

suppliant au

nom du

Christ

demandant la vie et récitant du prophète. «Qu'est-ce que ce bêlement?» demanda Timur; et apprenant
plorèrent sa pitié
les sures
, ,

du

livre

Des équipages de les emmener: mais les marins
les les

que
sité,

c'étaient des prières adressées à sa
il

généro-

repoussèrent à coups de lances, et déployant
voiles,
ils

ordonna à

sa cavalerie d'écraser toute

gagnèrent

la

pleine mer, aban-

cette tourbe sous les pieds des

chevaux

(3).

donnant ces malheureux au désespoir (4). Plus de mille d'entre eux furent traînés devant Timur
qui ordonna de les massacrer tous avec les

La marche de l'empereur

se dirigea ensuite

par Mylassa(4), vers le lac d'Igirdir (l'ancien Trogites dans la Pysidie). Il avait entendu parler

(1)

Chalcondylas,
,

I.

m
v
,

,

édit.

de Rasle

,

p. 51.

(1)
(2)

Ducas,

p. 41.

(2 ; Oucas
(3)
(4)

I.

xvu
,

,

p. 40.

Scherefeddin

1.

cb. 56

,

p. 51.

(3)

Scherefeddin, l.v, ch. 56, p. 52. Mohijeddin manuscrit, 139, fol. 49.
,

Ducas

,

1.

xvu
i.

,

p. 40.

(4)

Ducas,

I.

xvu

,

p. 41.

TOM.

10

,

140
des
l'art

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
de ce
lac fortifiées

îles
;

par

la

nature et par
les

schekh Mahmud-Hairan
sabre et
le

;

lui-même remit an
la

et le désir lui était

venu de
le

rir (1).

Le scheich Baba, dont

conquétombeau à

prince le vêtement d'honneur,

ceinture,

le

carquois garnis de pierreries, et un

Igirdir est visité encore aujourd'hui
lieu

comme un

diplôme revêtu de l'empreinte

rouge de

sa

de pèlerinage, défendit ce poste; et enfin il capitula en obteuant que la ville sciait épargnée (2). Après la prise de possession, Timur

main

(1). finit

Ainsi

Bajesid

la

Foudre, qui, durant
le

quatorze ans, poursuivant

cours de ses con-

regagna son camp d'Aksehehr où se trouvaient Bajesid et son fils Musa. A Iconium, pcrdint
la

quêtes, avait laissé des traces enflammées de

son passage en Euro, e et en Asie. L'empire
qu'il avait

fête

que

lui

donnèrent son
reçut les

fils

Schahrocli et

tenu réuni sous son sceptre, et qu'il

son petit -fils lluseiu-Sehah, pour célébrer ses

avait agra di par ses conquêtes, perdit les ac-

triomphes,

il

hommages des

princes

quisitions faites sur les États voisins, et se par-

;

de Kermian
blis

et

de Karanianie,

qu'il avait réta-

tagea
et

même
la

i

ar

la

désunion des princt s ses
les princes et

fils,

dans leurs États (3). Sur ces entrefaites, Bajesid mourut a Ak8 mars 1403], et schehr, frappé d'apoplexie
|

par

politique de
Aii si,

Timur, qui entretint
d'Aidin, de

cette division.

Mentesche, Tekke, Kermian

de Karamanie

quatre jours après,

à l'âge

de dix-neuf ans,

furent remis en possession de leurs Élats, et,

succomba
le

le

plus cher des petits-fils de

Timur,

de plus,

les princes

Mohammed,

Isa et

Musa

se

plus illustre déjà par ses exploits, le prince

Mohammed -Sultan. La
dans l'armée;
lets
les

douleur fut générale
et les

princes

grands se cou-

vrirent de vêtements noirs et bleus avec des col-

de feutres

;

les

femmes

se roulèrent à terre

et se meutrirent le sein avec des pierres.

A

la

ottoman d'Asie ainsi amoindri, tandis que Suleiman l'aîné avait établi le siège de sa domination en Europe. Cette division dura dix années, jusqu'à ce que Mohammed, restant seul triomphant de ses adversaires, réunit de nouveau l'Asie et l'Eudisputèrent
l'empire

nouvelle de ce coup fatal

,

Timur
:

se contenta

de

rope sous
l'empire,
el

son

autorité,
à

rétablit

l'unité

de

répéter cesparolesdu koran, qu'il avaitdéjàpro-

donna

l'édifice politique sorti si

noncées

à la

mort de Bajesid
et
le

«

Nous appartelui (4). »
;

récemment de
leur

ses ruines

une nouvelle base,

nons

a

Dieu,

nous retournons à

Plus

sur laquelle ses successeurs purent appuyer

tard fut disposé

banquet mortuaire

des lec;

grandeur

colossale.

Des Européens qui ont

teurs débitaient des passages

du Koran

le

écrit l'histoire

des Ottomans présentent

comme

grand tombour funèbre faisait entendre un sombre roulement au milieu des gémissements des femmes: puis il fut mis en pièces
selon

sultan chacun des quatre princes, en font ré-

gner plusieurs en
dans
le

même temps

,

et jettent ainsi et

nombre des souverains
:

dans leurs
natio-

un antique usage mongol (5), comme
fait tant

le

règnes une confusion dont

les historiens

héros qui avait

de bruit dans

le
,

monde
escorté

avait été brisé par la mort. Le cercueil

naux se sont préservés ceux-ci, n'adoptant pour principes d'unité que la possession du
pouvoir,
sans considérer
la loi

par deux cents cavaliers et sept émirs, fut transporté dans le pays au delà de l'Oxus pour être

et

le droit,

déposé dans

la

sépulture de

la

famille

de
les

ne reconnaissent pour sultans ni Suleiman ni Musa, quoique le premier eût pour lui
l'avantage de
la

Timur (6). ottoman Musa de
été déposés à

De même Timur

permit au prince
Brusa

primogéniture, et que
,

les

faire transporter à

grands

de

l'État

les

principaux chefs de
le

restes de son père, qui provisoirement avaient

l'armée fussent

de son côté; et que
le plus

se-

Akschehr

,

dans

le

tombeau du

cond, vainqueur de Suleiman, régnât en Europe.

Mohammed,

jeune des frères,
est à leurs

1. v ch. 59 (1) Scherefeddin (2) Seadedd'm, dans Bratuiti.
, ,

,

p. 6t.

qui longtemps s était incliné devant l'autorité

du plus âgé des
p.

princes,

yeux

le

(3)

Scherefeddin

,

I.

v, ch. 58,
p.

00

,

et

ch.

59,

seul véritable et légitime sultan des

Ottomans

p. 64.
(•ij

Ibi(l.,\.
,

v

,

cb.
,

60

,

65

,

et ch. 61

,

p. 70.

(5) Jbid.
(6) Ibhl.,

ch.
1.

65 p. 85. v,ch. 61 p.
,

70.

(1;

Scherefeddin

,

ch. 60, p. 66.

LIVRE
parce que, favorisé de la fortune,
rester
le
il

VIII.

147
et les

finit p.ir

vœux

hommages de

leurs maîtres, ainsi

dernier en

possession

du
de

trône.

Ce

que des présents
d'autres

offerts par neuf, dans lesquels

point de vue de l'histoire turque ne

domine

se trouvaient des

girafes, des autruches,

et

pas néanmoins

le droit politique

l'islam, qui

du trône d.ms la famille souou bien au membre désigné pour successeur par la dernière volonté du monarque. Des usurpateurs turcs et persans du chaiifat et de l'autorité suprême ont au moins
attribue l'hérédité

veraine à l'ainé

,

animaux rares. Neuf fois les princes fiancés changèrent de vêtements et de parures, et, à chaque toilette nouvelle ils se prosternaient devant le trône, touchant neuf fois la terre de leur front, tandis que l'on versait sur leurs tètes des pierreries en si grande quantité,
,

sauvé l'apparence de

la

légitimité par

la

re-

connaissance d'une ombre

de chalife ou de
la

chan
au

titulaire

appartenante
ils

famille détrônée,

nom

desquels

prétendaient régner. Ce

rôle misérable fut joué par les chalifes de

Bag-

que le sol en était couvert. Après cette fête, Timur se mit en marche pour la conquête de la Chine, et mourut sur la route, à Otrar (19 février 1403), après un règne de trentesix ans, clins la soixante-onzième année de son
Ige, laissant trente-six
fi
!

dad, sous la domination de l'Emirol-Uuiera et

s et petits-fils et

dix-

parles chalifes du Caire, sous

le

pouvoir des

sept petites-filles, et le souvenir

du plus grand
jamaiscon-

Mameluks. Timur lui-même, vainqueur et conquérant du monde, qui avait rattaché à son
trône
les Étals

destructeur de villes et du
servé dans la mémoire des

plus impitoyable
soit

exterminateurdeppuples qui se

de toutes

les
,

branches de
à l'exception

la fa-

hommes.
des événements de

mille de

Dsehengïs-Chan
le

de

la

Nous reprenons

le récit

Chine
gatai

,

reconnut un chan titulaire de Dscha-

l'interrègne, immédiatement après la bataille

comme
la

chan légitime de

la famille

de

d'Angora, en suivant
qui

les historiens

ottomans,

Dschengis.

s'attachent aux premiers exploits de
le

MoLes

mort de Bajesid nous quittons aussi Timur, qui ne survécut que deux années au sultan captif ayant achevé sa troisième guerre de Perse, il était pour la neuvième fois de
:

A

hammed,

plus jeune des

fils

de Bajesid.

actions de

Mohammed

sont restées inconnues

aux historiens byzantins, qui
jeune seigneur lutteur),
la lutte,

même ont changé
(1) (le

son surnom de Kurisèhdschi-Tschelebi
tiré

retour dans sa résidence de Samarkand (10 juillet

de son adressée
;

1404):

il

descendait dans son jardin de

platanes, visitait l'académie fondée en

mémoire
se tenait

en celui de Kyrtschelebi et ainsi, par une complète inintelligence de la langue turils

de son
élevé

petit-fils

Mohammed-Sultan:
baghi-bulend
le
le
(

que,

en ont

fait

un

fabricant d'arcs ou de

alternativement dans le baghi-beclend(le jardin
,

cordes.

dans
),

le

(

jardin

du
de

Lorsqu'à

paradis

et

dans

dilguscha

jardin qui

leiman,
la

ouvre

cœur): à l'aide des architectes et des artistes enlevés de Damas, il faisait élever un palais magnifique de quinze cents aunes
le

d'Angora, Sudu sultan, fuyait du côté mer, accompagné du vesir Ali-Pascha, du
la fin la bataille

de

l'ainé

des

fils

ssubaschi Aine-Beg et d'Hasan, aga des janitschares,
le
le pas.

ha Bajesid arrachait de

la

mêlée

carrées

de

façade, orné

de

sculptures

de ou

jeune

Mohammed, âgé de

quinze ans, et

marbre
i

faites

par

le ciseau

des Syriens, de

l'entraînait vers les

porcelaines de Perse, de bois
d'ivoire,

d'ébène,

s'ouvrir
tares,
fils

de mosaïques et de jets d'eau (1). grande plaine de Kanighul il solennisa avec une pompe inconnue avant lui et que l'on ne surpassa jamais ensuite (2), les

montagnes, il leur fallut un passage d'abord à travers les Tapuis à travers les troupes de Kara-Jahja,

Dans

la

,

d'isfendiar, qui voulut les arrêter près

de

,

Tusia (l'ancienne Docca) et de Boli (l'ancienne
Hadrianopolis), et
sia
("2).

ils

gagnèrent Tokat
qui furent

et

Ama-

noces de

six princes, ses petits-fils, et

reçut.

Ce premier

acte de résolution, et les
,

comme

souverain de l'Asie, les ambassadeurs

huit exploits suivants

accomplis

qui vinrent lui apporter les félicitations, les
(1) Aati (I)
12)
,

fol.

40.
p.

Scberefeddin.

(2)
ldris.

Seadeddin.dans Bratulti,

238; Neschri,

fol.

lit

ma.

,

i

148

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
la bataille

dans l'espace d'une année, depuis

bordes fut jeté hors de
,

la

plaine de Kasabad.

d'Angora jusqu'à la mort du Miltan. et qui n'ont pas été moins exaltés par les historiens
ottomans que
les sept

fameuses aventures de
1

la

La septième renconire avec l'ennemi eut une plus grande importance; on en vint aux mains avec le chef de brigands Mesid,qui,
maître de Siwar, se défendit obstinément dans
la

tab'c ronde persane

dans

le

schahname,

n'appartiennent
prince;

pas

véritablement au jeune

mosquée du sultan contre Bajesid-Pascha,

on

doit en rapporter l'honneur, ainsi
la

général de
à

Mohammed

(1); puis, s'élant

rendu

que

le

mérite de

sjge conduite tenue envers

Timor, à la \aleur du général Bajesid-Pascha, et à la prudence du maître de la cour Ssofi-Baesid. qui dirigeaient ses efforts et ses

de bonnes conditions, passa au service du jeune prince, devint ensuite un de ses meilleurs
capitaines,
l'histoire
el

acquit

un grand renom dans
et, en

démarches.

de Hongrie par ses victoires,
,

Le second
dans
le

fait

d'armes fut contre Karadew-

définitive

par sa défaite.

lrts-Chah. établi par

Timur pour commander
2
.

pays, qui. se présentant avec mille près de Kastal
fut défait
et

Mohammed

Engagé par Timur à venir dans son camp, fil mine de se rendre à l'invitation;
il

hommes

pour arrêter
la

les

mais parvenu au delà d'Amasia,
encore Jahja ou

rencontra
qui voulut

Ottomans,

perdit

vie, percé

Isa, fils d'isfendiar,

d'une flèche qu'avait lancée

Mohammed.
attaqua

pour

la

seconde

fois lui barrer le

chemin. La

kobad-Oghli qui. au
la

nom de Timur,

défaite de ce chef tatare fut le huitième exploit

ville

tour les effets de
ses
fidèles

de Nigiszar (Néocesarée), subit à son la valeur de Mohammed et de

du jeune
sabad

fils

de Bajesid

(2).

Sandschi, vaincu dans
(3),

la

plaine de Murtelui

compagnons

:

il

fut contraint

de se
(3),

aux environs de Boli,

donna

la

retirer sur le château

de Taschanoghli
la

gloire d'un

neuvième triomphe.
s'élevaient sur la route
le

tandis qu^ les

Ottomans enlevaient
jeune

place de

Tant d'obstacles qui

Felenlek 4

.

de
prince goûtait quelque
sa

Mohammed
marche;
il

détournèrent de continuer

A

peine

le

jugea plus prudent de céder

reposa Tokat. vingt mille Turkmans commandés par Inaloghli descendirent dans la plaine

enfin aux avis de ses serviteurs dévoués; et au

de Kasowa. Leur nombre paraîtra peut-être prodigieux, mais ce qui est aussi incroyable, en les chassant n'ont c'est que les Ottomans
,
,

eu que deux blessés, parce qu'ils élaient tous
cuirassés, tandis

de se rendre en personne au camp de Timur, il y députa son gouverneur, Ssofi- Bajesid, chargé de l'excuser. Celui-ci, en revenant accompagné d'un messager de Tirnur. apporta la nouvelle de la mort de Bajelieu

taient point cette

que les Turkmans ne porarme défensive (5). Les Turkmans qui vinrent assiéger la ville de karahiszar, sous la conduite de Gœsler (6),

sid (4).

En

faisant retourner ses troupes
,

l'orient

Timur accomplit
avait

le triple

du côté de vœu que
sa

Bajesid lui

exprimé un peu avant

furent encore dispersés avec le

même

succès.

mort

(5).

Son départ mit
,

fin à la continuelle

Kœpek

(le chien) (7), chef de l'une de ces

effusion de sang

qui aurait eu pour résultat
l'Asie

de dépeupler entièrement
(1)
llist.

Mineure
;

,

et

Heft-Cbuan
de
l'art

,

c'est-à-dire les sept
.

tables.

Voy.

d'y détruire les défenseurs de l'islam

il

ra-

oratoire en Perse
Calp.ala;
,

p. 59.

;2)

Dans Bramtti,
,

dans Levvenklau, Histoire
klau
,

des musulmans
(3)

p 229
,

Kerde.

p.

238, Kiupeckogbli

,

probablement

le

mémt

Dans
,

Bratutli

p.

244, Tasciano; dans
,

Lewen-

Kœpek
fol.

qui se trouve dans l'Histoire de Timur; Neschri,

p. 232 ,Tasankof[hli comme nom d'un homme et non de château. (4) Dans Bralntti, p. 244, Filernbek; dans Levven-

klau

e 120; Idris, v

(1)

e liv. ,vi récit. Braiutti,p. 2b 1; Neschri,

fol.

121

;

Idris

t«" liv.,

vn e

récit.
,

klau, p. 232,Felbi.
(5)

(2) Bratulti
,

p.

255

;

Neschri,

fol.

125; Idris

,

ve

lif.

Neschri

,

Seadeddin

Idris

,

pass. cité.

ix e récit.
(3)

(6) DansBratulli,p. 248; Gbioslerio,

dans Lewenklan
,

Bratutti, p. 256; Murtesabad.

p.

237

;

Cosleroobli, Neschri

,

fol.

118; Idris

voy.

le

(4)

Seadeddin, dans Bratutti,
liv.,
,

p.

254; Neschri,

fol.

récit.

e 125; Idris, v

e

récit.

(7)

Dans Bratulti

,

p.

250, Chinpecb

;

dans Levven-

(5)

Dschenabi

p.

160 et Arabschah. M. M.

LIVRE
mena au
de
la

VIII.
vait défendu
dait l'armée

141
Angora contre Timur, commande

delà de l'Oxus, à l'aide de

la

ruse et

force, les

gols établis

Ta tares noirs, colonie de Mondans l'Asie Mineure depuis la preil

Mohammed (1) contre lebegler-

mière irruption de ces peuples, et

laissa la

domination

fie
fils

Rum

toute morcelée entre les

beg Timurtasch, général des troupes d'Isa; il le battit, et pénétra jusqu'à Balikesri, où le ssubaschi Aine-Beg se rangea du côté de Mohammed.

mains des
par
la

de Bajesid. Mohammed, guidé de Ssofi-Bajesid,
et

A

son instigation,
la

Mohammed
que

fit

par écrit à

les conseils

soutenu par

son frère Isa eux
l'Asie,

proposition de partager entre
lui

valeur de Bajesid-Pascha, se fortifia chaque

de

telle sorte
les

Mohammed
au nord

jour davantage dans les hauts cantons, autour

dominerait dans

cantons de

l'est et

d'Amasia

de Tokat; Suleiman, accompagné du vesir Ali-Pascha du ssubaschi Ainc-Beg
et
,

de Brusa,

à Tok;it,

Amasia, Siwas, taudis qu'Isa
,

,

régnerait au midi et à l'ouest

à Karasi, Ssaru-

de

l'aga des janitschares

frère, le

et de son Hasan prince Kasim, s'était rendu en Eu,

chan, Aidin

(2).

Loi fie

fut rejetée, et l'on

en

vint aux mains à Llabad, près

du

lac

du même

rope par Constantinople, où, pour assurer son
pouvoir,
il

avait aussitôt conclu

une alliance

nom. Timurtasch j;rit la fuite, et fut assassiné par un de ses serviteurs. Mohammed envoya la
tète

d'amitié avec l'empereur grec, en lui remettant

son frère Kasim, queles Byzantins nomment Chaavait épousé la

de ce général à son frère Suleiman comme un trophée desa victoire. Isa s'en fut à Constantinople, en passant par Jalowa
et
(3).

sœur Fatime comme otages, lui-même fille du prince byzantin Théodore, frère de l'empereur (1). Pour Isa, après la bataille d'Angora, il s'était enfui aux environs de Brusa où il se tint caché pendant une année; puis, un peu avant la mort de Bajesid ou immédiatement après, avec l'assistance du beglerbcg Timurtasch qui avait été délivré ou qui s'était échappé de sa prison, il
lil,

et sa

Maitrede Brusa
par une amlui livrer

de Nicée,

Mohammed demanda

bassade au prince dekermian de
et les restes

Musa

,

de son père. Le prince de Kermian s'empressa de le satisfaire la vie de Musa fut
;

épargnée, et

la

dépouille mortelle de Bajesid fut
la

déposée contre
d'Aktschaghlan
stantinople

mosquée par

lui

élevée à
le

,

Brusa, dans un quartier solitaire, sur
(4).

torrent

Mohammed

revint ensuite
alla

s'était assis

sur le trône à Brusa; ensuite, à

à Amasia, puisa Tokat. Isa s'en
à

de Con-

l'imitation

de Suleiman,

il

contracta une alet se

Andrinople, où, ayant reçu quelil

liance avec l'empereur

de Byzance,

maria

ques secours de son frère Suleiman.
l'Asie, se fortifia

regagna
puis, af-

avec une
frère

dame grecque de haut rang,
le

fille

de

d'abord dans Karasi

:

Joannes Tunleres(2). Enfin, Musa,
,

sixième

fectant des sentiments

qui avait partagé la

captivité

de son

Mohammed,
nie.

d
à

fit

des courses vers
il

père, fut, au départ de Timur, remis, avec les

Et tout

coup

pour Karamaparut avec une armée de de paix
et d'amitié
la

de Bajesid, à la garde du prince de Keruiian, rétabli dans sa souveraineté indépenrestes

dix mille
tants lui
fit

hommes devant Brusa; mais les habifermèrent les portes. Mohammed le dé-

dante

à

knlahije

(3).

Ainsi l'empire ottoman était partagé entre

pour la seconde fois, et il se réfugia auprès dTfendiar-Beg, souverain de Kastemuni (5).

Suleiman
I

,

résidant à Andrinople

;

Isa

,

établi à

Avec

les

secours de ce prince, Isa entra une

Brusa, et

Mohammed,

qui trônait dans Amasia,

troisième fois en

campagne contre Mohammed,

lorsque ce dernier, après la mort de Bajesid, se

parut brusquement devant Angora, et assiégea
le

miten mouvement avec ses troupes pour attaquer
Isa. Il

château de Selasel.

Mohammed,

à la tète
le

de
rela

rencontra d'abord de

la résistance

dans

le

trois mille

hommes

seulement, parvint à

défilé

d'Ermeni du mont Tomanidsch, où jadis le

pousser; lsfendiar s'enfuit à Kastemuni, sur
rive

neveu

dOsman

fondateur de

la

dynastie, était

du

l'ont, et Isa se

dirigea vers Smyrue, sur

tombé dans un combat contre le seigneur d'Angelokoma (4). Jakub, fils de Fiius-Pascha qui
,

(1)

Ne>chri

,

ldris

Ssolaksade, Seadeddin, dans Bia-

lutli, p. 271.
(1)
(2)

Phranzes
Seadeddin

,

i

,

28
,

,

édit. d'Aller, p. 20.
,

(2)
(3)

Seadeddin, dans Bratutti
Ibid.
,

,

p. 27:3.

Chalcondylas
,

1.

îv
,

p. 55.

p. 274.

(3)
(4)

Idris

Nesctari.

(4) /oui., p. 275.
(5)

Voy.

plus haut.

fbitl

,p.277.

lf>0
les

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.
In

bords de

mer Ionienne

{

1 ).

Mohammed
la

re-

les victoires

de

Mohammed
Asie.

sur Isa

;

et la tra-

çut par des ambassadeurs les félicitations

du
dy-

hison de Dschuneid, gouverneur de Smyrne,
l'appela

souverain de Karamanie, et du prince de
nastie Sulkadr,
cpii lui

d'Europe en

Dschuneid,
la

fils

de

engagea sa

fille (*2).

Mais

Karasubaschi, placé par Bajesid à

tète

Isa se ligua avec les princes d'Aidin,

de Ssaru-

gouvernement d'Aidin après

l'expulsion

du du

chan,Tekke

et

Mentesche, qui tous, dépouilles

prince de ce pays, avait déclaré la guerre à ce

de leurs États par Bajesid, avaient été rétablis
par Timur; leurs troupes réunies, formant une
force de vingt milleliommes, entrèrent en campa-

souverain rétabli dans ses États par Timur, et
qui résidait à Éphèse, s'était emparé de celte
ville,

et

il

invoquait l'assistance de Suleiman,
qu'il

gne coude Mohammed qui;
tié,
alliés.

plus faible de moi-

prétendant

poursuivait la conquête du

brisa la ligue, et soumit successivement les

Chisrs-Chali, souverainde Ssaruchan, sur-

pays pour ce sultan. Umur, prince d'Aidin, se réfugia auprès de son oncle Rlias-Beg, souverain de Mentesche; en ayant reçu

pris dans le bain,

demanda seulement avant sa
,

mort, pour toute faveur

de pouvoir reposer à
et

de
le

six mille

hommes,

il

se saisit d'Éphèse,

un secours que
lui-même
celui-ci

Magnésie

à côté

de ses maîtres,
fondés

qu'on

laissai

karasubaschi, père de Dschuneid, n'occupait
le
fit

subsister les mosquées, les hôpitaux et les écoles qu'ils avaient
(3).
11

qu'avec trois mille hommes, et
prisonnier avant que son
accourir de
fils

en recul

la

pro-

Dschuneid pût

messe du vainqueur,
nité.

et

mourut avec sérélivra

Smyrne

à

son secours. Mais

Jakub-Bcg, souverain de Kcrmian,
de ses forteresses
il
;

délivra son père, qui était renfermé dans le châ-

les clefs

Isa s'enfuit à

Kara-

teau de Maralos, et parut devant Éphèse. Là,
traita

il

man,

et

disparut

comme

jadis son frère

Mus-

tapha après

la bataille

d'Angora.
la

A

peine Isa avait quitté

scène

,

qu'elle fut

donna sa fille pour épouse, avec le commandement supérieur de ses troupes. Umur mourut bientôt après, et
avec Umur, qui
lui

occupée par un plus digne rival de puissance,
par Suleiman, qui jusqu'alors
s'était

Dschuneid se

fit

maintenant souverain de tout
le

conlenlé

Aidin, c'est-à-dire de toutes les villes sur

de conlempler, cl'Andrinople
faisaient
tait

sa résidence,

en
s'é-

Méandre, de Philadelphia, de Sardes,
nord de tout
le

et

au

speclateur paisible, la guerre que ses frères se

pays jusqu'au

Nymphœus

et à

en Asie. L'empereur Manuel, qui

l'Hermon(t). Suleiman, ne pouvant supporter
plus longtemps les triomphes de
la trahison

tenu éloigné pendant six ans

du trône de
la

Mohammed

et

Consfantiuople, en avait repris possession aussi iôl

de Dschuneid, s'avança aussitôt juslui

après la mort de Bajesid; assignant
à

qu'à

Brma, qui

ouvrit librement les portes.

ïhessalie

son neveu Jean, qui durant cette abavait conclu

sence avait exercé une apparence de pouvoir
sous l'impulsion de Bajesid
,

il

ensuite une alliance avec Suleiman, lui avait

donné

sa nièce

pour épouse. Le sultan
les

s'était

Dschuneid se rendit en toute hâte à Konia, auprès du souverain de Karamanie, à Kutahije, auprès du souverain de Kermian, avec lesquels il se ligua contre les Ottomans. La Karamanie fournit trente mille hommes, le Kermian dix
mille,

obligé, de son côlé, à restituer à l'empire grec

auxquels Dschuneid se réunit avec quinze

Thessalonique avec toutes

places sur leStryla

mille des siens. Suleiman passa la revue de son

mon,

et toutes les villes

des côtes de

mer
ou-

JNoire,

depuis Panis jusqu'à
si

Warna
il

(4),

bliant le

miment d'un
et
11

tel sacrifice

au sein

des plaisirs

de

l'ivresse

se plongeait à

armée de vingt-cinq mille hommes a Ulubad marcha sur Pergame dans la plaine de Mainomenos en passant par Smyrne, et fortifia son camp à Mcsawlion, à six lieues d'Éphèse. Ce,

Andriuople.

fut tiré

de celte indolence par

(1)

Nesctiri

,

fol.

133; ldris, \ c
,

liv.,

xm c

récit;

Sea-

deddin, dans Bratutti
(2)

p. 282.

pendant Dschuneid reçut l'avis secret d'un complot des princes de Karamanie et de Kermian pour le livrer à Suleiman. Dans la nuit même il s'échappa d'Éphèse, et entra dans le camp de Suleiman une corde au cou, se déclarant hau-

Neschri

,

fol.

132;

Seadeddin
p. 285.

,

dans Bralutti

,

p. 283.
(3)

/bid., dans Bratutti

,

(4)

Ducas,!. xvin, p. 43.

(1)

Ducas, p. 45.

LIVRE
tement coupable, prolestant de son repentir, et implorant son pardon (1). Les princes de kaI

V11I.
bientôt après son

loi
échanson Elias étant passé
il

eu effet du côté de Suleiman,

délibéra avec
:

ramanie

et

de kerraian trouvant

le

matin

la

son fidèle serviteur Bajesid-Pascha

et.

d'après

tente de Dschuneid déserte, levèrent le

camp

son conseil,

il

se retira sur

Tokat

et

Amasia(l).

tout en desordre, et marchèrent en toute hâte

pour gagner
Suleiman
établis
fit

les défilés voisins

du Méandre.

Cependant Suleiman marcha contre Siwrihiszar, parce qu'il avait eu avis que le château
était

passer son infanterie sur les ponts
loin

disposé à se rendre.

Il

campait sous

les

du mont Galesus,c< il enlra triomphant dans Éphèse où il s'arrêta avec
non
,

murs de
geant
forces
le

cette place avec quelques troupes seule

lement, lorsque

prince de karamanie, ju-

Psehuneid, se livrant â ses penth au
tueux
(2).

l

s

volup-

moment

favorable, accourut avec des

considérables

pour l'attaquer.
,

Sulei-

par

Cependant l'armée de Suleiman, commandée le vesir Ali-Pascha, s'était avancée vers An-

gora, et assiégeait le châ'eau de Selasel, vigou-

man envoya contre lui Ewrenos qui le rejeta au delà d'Akserai. Vivement poussé par les troupes de Suleiman, le prince de karamanie sentit la nécessité de se lier étroitement

'rus-Pascha.

reusement défendu par Jakub-Beg, fils de FiMohammed, placé dans une position très-difficile à Tokat, par la défection de
'

avec

Moha

Mincd, qui alors se trouvait dans les
le

environs de kirschehr. Dans

château de

Ïuguran-Beg, envoya un message à Jakub pour l'encourager a persister dans sa résistance, lui
promettant une prompte délivrance. Ali-Pascha. qui intercepta !a lettre, en écrivit
tre

Dschemale,

il

eut une entrevue avec

Moham-

med,
liance

et

tous deux conclurent un traité d'al-

une au-

med aurait
gora
était

dans un sens opposé, par laquelle Mohamenjoint a Jakub de rendre la p'ace qui ne pouvait plus être secourue (3), Ainsi Anau pouvoir de l'ennemi, lorsque
le

.Mo-

hammed

paru! pour faire Lever

siège;

il

n'en

et d'amitié contre Suleiman [1406]. Ewrenos-Beg, alarmé de cette union, se retira sur Angora (*2); Mohammed accueillit la proposition de son frère Musa de passer en Europe, pour y combattre Suleiman au sein même de ses Klats. Musa se rendit dans cette vue auprès d'isfendiar; mais ne rencontrant de la part de

continua pas moins sa marche vers Brusa, où

ce chef qu'un accueil amical sans appui effectif,
il

Suleiman passait lous ses instants dans

le

bain

revint dans

la

Karamanie;

et lorsque le

ou dans
j

l'ivresse.
le

C'est au bain qu'il

reçut la

prince de Yalachie détermina Isfeudiar à don-

nouvelle par

ssubaschi Suleiu an, qui comle

ner Musa

comme chef

aux peuples mécontents
alla retrou-

mandait

les

avant-postes de son armée sur

de Suleiman alors seulement Musa
prince de Yalachie,
la

Sangarius, que

Mohammed

se disposait à fran-

ver Isfeudiar; puis, soutenu par ce chef et par
le
il

chir le fleuve. Suleiman voulait retourner en

s'élança

en Europe,

et

Europe

;

mais Ali-Pascha s'opposa énergiquefit

porta

guerre au cœur des Étals de Sulei-

raent à cette lâche résolution, et
i

adopter

i'o-

man.

pinionqu
•et

il

fallait

mareherdruit sur Jenitscliehr
l'ennemi près du dé-

présenter

la bataille a

.

filé

vaillant, se
i

de kafirbinari (4). Le vesir, aussi rusé que mit à méditer quelque nouveau stra11

Le voluptueux sultan, en revenant d'Asie en Europe, combla de présents le Génois Négro qui fortifia Gallipoli et menant avec lui Dschu,

neid

tagème.

écrivit a