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03/12/13

Habiter le patrimoine - Innovations « radicales » et patrimonialisation dans le logement populaire : des exemples pour comprendre, enjeux et problèmes…

Presses universitaires de Rennes
Habiter le patrimoine
| Maria Gravari-Barbas

Innovations « radicales » et patrimonialisation dans le logement populaire : des exemples pour comprendre, enjeux et problèmes de ce « rapprochement » récent
Naji Lahmini
p. 207-226

Texte intégral
1 À partir du moment où le logement social est devenu une catégorie émergente du champ patrimonial, la question de sa conservation en tant que Monument demeure entière : cette communication tentera de s’y atteler et d’apporter des éléments de discussion au débat, sans jamais prétendre à l’exhaustivité, ni à la résolution des problèmes soulevés. Comment concilier harmonieusement l’espace où les transformations sont fréquentes et un statut qui suppose une conservation à travers les âges, sans pervertir l’œuvre d’origine ? C’est une question incontournable, et c’est un truisme de dire qu’elle est compliquée. Seulement, lorsque l’on traite du logement social, elle se révèle être d’un niveau de complexité bien supérieur. Ceci tient au paradoxe suivant : traditionnellement l’habitat social français a témoigné d’une volonté d’intégrer les toutes dernières innovations dans sa conception1 . Or, des études montrèrent que les classes populaires avaient plutôt tendance à rejeter l’innovation quand elle s’applique à leur espace domestique (Léger, 1990).
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mais cette fois-ci. Ils virent juste mais ce ne fut pas une mince affaire justement du fait qu’elles symbolisent une expérience d’habitat populaire. en compagnie des logements ouvriers de Pessac. Ce type de critiques persiste encore de nos jours. donc pour le cas présenté ici. signées par le plus grand architecte des Temps modernes. D’ailleurs. elles ont eu un impact majeur sur les typologies de logement (Léger. Dans un premier temps. enjeux et problèmes… 3 4 5 Notre attention s’est focalisée d’une part sur les innovations architecturales. autant la seconde l’est beaucoup moins. pour preuve la distinction de ces trois opérations dans un intervalle de temps relativement rapproché : La cité de la Muette à Drancy (1931-1934) le 25 mai 2001 par arrêté ministériel : une expérimentation (surtout technique) des architectes Beaudouin et Lods. que ce soit d’un point de vue typologique. entre autres. Dans ces conditions. au sens où elles bousculent profondément les modèles culturels de l’habitat français. D’autres exemples seront évoqués. car selon les spécialistes. D’autre part. beaucoup s’imaginaient que seules les « cités radieuses ». mais la consécration de cet objet ordinaire s’affirme de plus en plus comme une réalité forte et non exclusivement corbuséenne. Initialement. maintenant. En situation « normale ». c’est de la réception architecturale par les habitants dont pourra dépendre le destin principal de ce patrimoine moderne : son habiter. La « Cité du 212 » au Blanc-Mesnil en 1996 : réalisée en 1933 par Germain Dorel. avec à l’appui des exemples concrets. 2000 : 47). édifiés en 1931 par Môrice Leroux. ces innovations devaient être radicales. la gestion du « conflit » entre les usages et la forme initiale du logement relève du bailleur qui peut faire preuve de sévérité. habituellement toutes promises à une reconversion .openedition. bien étudiés et connus. entre les usagers et l’architecture. il conviendra de faire le point sur ce rapprochement entre. complexe autrichien de Karl Ehn. assouplir sa politique d’attribution. UNE CATÉGORIE ÉMERGENTE DU PATRIMOINE 6 Surtout depuis la seconde moitié du XXe siècle. afin d’énoncer des types de scénarios possibles après la patrimonialisation. les limites du champ patrimonial n’ont cessé d’être repoussées. elle fera partie de notre corpus principal. mais de les faire ressortir pour en discuter. les transformations dans le logement deviendraient – c’est une hypothèse – le seul moyen de se l’approprier. le phénomène devrait pouvoir se prolonger d’après un recensement établi par les services du ministère de la Culture en 1996. le logement social. dans la rencontre des classes populaires avec une architecture à caractère avantgardiste. dans lequel on 2/15 7 books. de le rendre « habitable ». fraîchement sorti des plans de l’architecte. le processus de patrimonialisation. LE LOGEMENT SOCIAL. du moins certaines. 8 À moins d’un arrêt brutal. sa reconnaissance demande du temps. première fois énoncée en France par Henri Raymond. Le point de départ de la réflexion se situe dans la relation. 1996). Pinson.org/pur/2243 .03/12/13 Habiter le patrimoine . laisser faire ou cas extrême. et l’innovation : autant la première relation est fort récente. Que se passerait-il si l’habitat en question était promu au statut de Monument historique ? Quel type de lecture conviendrait-il de faire sur les éventuelles modifications apportées par les habitants ? Comment gérer un patrimoine inhabité ? L’objectif de cette communication n’est pas de répondre à ces questions. si ce n’est que l’Unité d’habitation de Marseille n’a attendu que quelques années après l’achèvement des travaux pour être classée Monument. 1996). à moins de s’en séparer. Les « Gratte-Ciel » du centre ville de Villeurbanne. c’est au tour de la partie la moins compétitive du marché du logement d’intéresser les architectes et historiens de l’art.Innovations « radicales » et patrimonialisation dans le logement populaire : des exemples pour comprendre. Les productions corbuséennes n’y font même pas exception. elle est une réplique du Karl-Marx-Hof. Cet élargissement a profité aux friches industrielles (Bergeron & DorelFerec. Le postulat sur lequel repose notre raisonnement est le suivant : le patrimoine n’est pas une donnée naturelle. ainsi avant d’être patrimonialisé. spatial ou chronologique. est d’abord « soumis au tribunal des usages » (D. seraient dignes de la protection au titre de Monument historique. nous souhaitons démontrer qu’entre autres facteurs. Par-là. dont l’intégration dans une ZPPAUP2 remonte au début des années quatrevingt-dix (en 1993). le logement.

UN LABORATOIRE DE L’INNOVATION ARCHITECTURALE Les grands architectes au service du logement public 12 À l’origine. la reconnaissance du logement social présagerait-elle un changement dans la perception de l’architecture du XXe siècle. 1999 : 219).Innovations « radicales » et patrimonialisation dans le logement populaire : des exemples pour comprendre. alors la démolition en est sa négation extrême puisqu’elle ne provoque pas moins que son effacement matériel. Jean-Louis Borloo puisque la moyenne annuelle exigée dans le cadre du renouvellement du parc social obsolète. rompre avec ses spécificités qui portent en elles une partie de la stigmatisation. constate F. J. 2003 : 322). Lassave. l’architecte travaillait seulement pour un nombre limité de clients qui ne lui commandaient que des édifices prestigieux comme des palais ou de grandes villas luxueuses par exemple. à travers ces premiers exemples beaucoup d’idées se confirment à propos du patrimoine. il ne faut pas se leurrer : ce sont « [. à commencer par l’imprévisibilité de son évolution.org/pur/2243 . Lods ou encore J. sa qualité architecturale et technique9 constitue sans conteste un critère de distinction pour les spécialistes.. tendance inévitable. 130 sont actuellement en attente d’un label certifiant leur valeur3 ». Effectivement. En tous les cas. n’est plus de 12 000 mais 40 000 démolitions. « les mystères de la patrimonialisation étonnent4 » : certains espaces peuvent rester longtemps anonymes avant d’être reconnus par les plus hautes instances nationales. Nouvel. les figures modernes des « Trente glorieuses » tombent les unes après les autres sans que n’émergent dans le débat. Pris dans le mouvement. Le traitement explosif réservé aux tours et aux barres de logements ne laisse par contre aucune ambiguïté sur leur valeur patrimoniale actuelle : nulle (Pinçon-Chariot & Pinçon. Ce qui permet de comprendre pourquoi la patrimonialisation apparaît souvent comme une opération de « sauvetage » contre la démolition. La valeur économique. pour qui. car. malgré son intégration au patrimoine. 1995). Enfin. comme E. Si l’on suit cette analyse faisant de la réhabilitation un premier signe de négation vis-à-vis de la forme architecturale7 . principalement collectif : Le Corbusier bien sûr.03/12/13 Habiter le patrimoine . Cette surenchère a même franchi un nouveau palier sous l’impulsion de l’actuel ministre de la Ville. Comme diraient A. Ciriani pour les plus contemporains d’entre eux. en tout cas. Même si l’on entend souvent dire que les constructions de l’après-guerre sont monumentales. M.. du fait que 3/15 books.5 % du parc des immeubles protégés. des signes tangibles d’une conscience patrimoniale. Les programmes de réhabilitation menés dans les années quatre-vingt ne correspondaient pas non plus à une célébration de leur architecture. Choay1 0 . Au-delà de ces chiffres impressionnants. les grands ensembles n’ont. loin s’en faut.. symbolisant la logique économique. avec pour principale conséquence la confrontation avec de nouveaux publics et un commanditaire qui n’est plus un individu mais une administration (Loyer. enjeux et problèmes… 9 10 11 peut lire que « sur 8 000 grands ensembles répertoriés entre 1945 et 1975. Y. les édifices datant du siècle passé ne représentent guère que 2. Dubuisson.openedition. Ainsi. Lion et H.. mais beaucoup d’autres également. « c’est du béton et rien d’autre ». l’est de moins en moins. à côté de la valeur historique d’une cité. À Grande-Synthe8 comme ailleurs. qui en résulte. l’impression du « qui en démolira le plus ? » est grande. semble-t-il. Il fallait la masquer. prendra une nouvelle ampleur dans les années quatre-vingt. N’est-ce pas là une illustration frappante de la relativité de l’innovation dans le logement ? C’est une notion que nous allons maintenant aborder. La monumentalisation.] [qui] induisent aisément chez ceux qui les côtoient une lecture en ces termes6 ». pas leur place dans le « conservatoire de l’espace » (M. Puis l’architecture s’est ouverte au logement.] les dimensions souvent imposantes de ces constructions [. les plus grands architectes dévoueront leur talent au logement. à l’intérieur desquels 40 % sont antérieurs à 1914 et 10 % postérieurs à 1945. exit la mémoire habitante. Querrien et P. Verret. le logement social reste lui aussi soumis au filtrage inhérent à la patrimonialisation : à regarder de près l’évolution du rythme des démolitions programmées dans les quartiers d’habitat social. c’est le déni de patrimonialité qui s’exprime par le geste de la démolition. le grand ensemble. fort décriée ces derniers temps5 . Aillaud. la corriger. pas du côté des acteurs de la ville. Entre les ministères qui se succèdent. LE LOGEMENT SOCIAL.

les REX1 4 et les modèles d’innovation1 5 dans le renouvellement de l’architecture de l’habitation (Léger. l’État doit s’assurer que les expériences inscrites dans le logement social sont suivies et évaluées. le Plan 4/15 15 books. reconnaît P. dans le contexte des années soixante-dix marqué par une vive critique à l’égard des grands ensembles. différentes expériences innovantes qui ont vu « le meilleur comme le pire » se produire (Gotman & Léger. le scénario de la mévente est peu probable puisqu’il s’agit souvent de catégories de population qui ne peuvent pas toujours sanctionner l’offre ni en la détournant ni par une demande sélective (Ibid. Lods (Chombart de Lawe. toutes les enquêtes le montrent. et dans le cadre d’une politique de renouvellement du tissu urbain. La logique est inverse à la fabrication d’un logement étant donné que l’évaluation de la conception repose sur sa réception. L’utopie en question consiste à penser qu’en changeant le logement des habitants. elles existent continuellement. car ils ne savent pas disait M. La conception du logement est donc une occasion rêvée pour ceux qui aspirent à transformer les pratiques des gens. au premier rang desquels on trouvera les architectes qui se sentent investis par une sorte de mission pédagogique : penser le bon usage pour le peuple.org/pur/2243 . on changera leur vie. après 1970. Raymond. une influence dans l’acquisition de nouvelles normes de vie. enjeux et problèmes… « les collectivités territoriales ont intégré le mythe selon lequel l’architecture et l’urbanisme pouvaient devenir des enjeux d’importance dans la compétition des villes au niveau national et international » (Segaud.03/12/13 Habiter le patrimoine . la « locomotive du logement tout court1 1 ». 13 Dès lors. dès sa création en 1971. de par les innovations techniques et architecturales qui s’y concentrent. ne pouvaient rêver mieux. Idem pour les organismes HLM à la recherche d’une revalorisation de leur image ternie par le dit « malaise des banlieues ». 2000 :48). Leur approche si particulière a pu se marier avec le mouvement du logement social qui. Le projet social derrière la politique de l’innovation 17 L’espace domestique a de par son organisation. Relevant de sa volonté.openedition.Innovations « radicales » et patrimonialisation dans le logement populaire : des exemples pour comprendre. Pour l’opinion commune. les maîtres d’ouvrage se montrent très réticents lorsque les architectes leur proposent la réalisation de logements qui sortent de l’ordinaire. Le Plan Construction et Architecture1 2 est un organisme interministériel qui a. Les conditions favorables dans le logement social 16 Dans le privé. « apprendre » aux gens à habiter.. 1995 : 13). sous l’égide du Plan Construction et Architecture. Les architectes privés de leur liberté de création quelques années auparavant. la question de la lisibilité des programmes de logement occupe une place prépondérante dans les stratégies identitaires. force est de constater qu’il y a des moments privilégiés pour poser la question du changement : les lendemains de guerres dévastatrices. 1983). Les actions mises en œuvre sont multiples. puis. en plus des primes de risques versées par l’État au gestionnaire. 1999). comme dirait H. a eu un côté utopique. L’innovation dans la production du logement après 1945 14 Inutile de réduire les réflexions en matière d’innovation à une période donnée. l’architecture moderne s’est cantonnée dans l’habitat social. 1959 :190). l’innovation et l’expérimentation dans le logement social. et une satisfaction immédiate (Déhan. Les raisons sont simples à comprendre : cela représente un risque économique majeur vu que les clients. favorisé la recherche. Maintenant. mais soulignons le rôle majeur qu’ont pu jouer les concours PAN1 3 . c’est que celui-ci offre des conditions avantageuses et cristallise certains projets utopiques. Et pourtant. il est difficile de se représenter le logement social autrement que par une barre lisse. certains découpages. Cependant. grise et purement fonctionnelle. il est en France. peut-on parler de critique sociologique de l’innovation quand celle-ci n’est pas testée sur l’ensemble des groupes sociaux ? Si depuis les années vingt. Après 1945. Quercy1 6 . de tout temps. En outre. 1983 :114). En logement social par contre. l’innovation dans la production du logement et du bâtiment est propulsée au rang de priorité absolue par les pouvoirs publics : il y a eu l’épisode des grands ensembles sur lequel nous ne reviendrons pas. Il peut restreindre certains comportements pour en favoriser de nouveaux. recherchent avant tout les produits les plus classiques.

ni des usages. notre but est seulement de vérifier l’hypothèse de départ : dans une architecture provocatrice. ou encore des couleurs vives sur les façades qu’ils rejettent en bloc. toute équipée mais de taille réduite. (Léger. 19 21 books. 1999 : 318). se démènent pour « remanier » ces espaces inadaptés à leur mode de vie. comme « la seule expérience radicale en matière de logements dans toute l’histoire de la “reconstruction en France” » (Monnier. avant qu’il ne devienne l’affaire de l’État comme aujourd’hui. la recherche de l’innovation fut une véritable obsession (Lévy. pressé de tester ses théories sur l’habitat social bon marché. l’autre se présente comme « l’une des réalisations les plus hardies du Maître1 7 ».openedition. Il s’agit bien entendu de Le Corbusier qui voulait inventer une nouvelle vie sans tenir compte. nous étions dans les deux cas en situation de logement social : cela peut paraître plus surprenant pour les habitations du quartier Frugès du fait qu’elles soient d’initiative privée. l’unité d’habitation de Marseille (1945-1952) et les logements expérimentaux de Pessac (19241927) ont pour diverses raisons retenu notre attention : premièrement. Elles concernent principalement la disposition tête-bêche des pavillons par rapport à la rue. équipements placés en toiture. l’abandon des couleurs d’origine et la mise en place d’une toiture. Enfin. les transformations risquent d’être plus lourdes que dans un logement conventionnel. le logement social fut d’abord sous la tutelle du patronat. à en effrayer parfois les autorités officielles (Jenger. La rencontre des habitants avec l’architecture moderne 18 Pour mieux « coller » au questionnement. Dans la présentation suivante. Fidèle à son habitude. Ensuite. L’une est décrite par A. l’absence d’espaces intermédiaires (vestibule. ce choix couvrait à la fois le logement collectif et le pavillonnaire . Et que dire du parloir. outre leur statut de patrimoine. ce sont aussi des exemples bien étudiés1 8 . La cuisine. Les ambitions étaient moindres.Innovations « radicales » et patrimonialisation dans le logement populaire : des exemples pour comprendre. sept « rues intérieures » assurant la desserte des 337 appartements.org/pur/2243 5/15 . La disposition des duplex est assez particulière du fait de leur emboîtement tête-bêche de part et d’autre de la rue intérieure. Passé le stade des reproches. provoquant sans surprise mécontentements et critiques. Principale conséquence. Or. surtout les propriétaires. sans oublier les dimensions réduites de cette dernière. les usages vont varier selon que l’on se situe dans un appartement « montant » ou « descendant ».03/12/13 Habiter le patrimoine . à travers leurs usages. 2002 : 62). Ce fut laborieux mais au final. la réduction des fenêtres en bande jugées trop visibles. il ignore totalement les préférences des habitants pour l’échoppe bordelaise et la chartreuse1 9 . Sur l’ensemble de ses productions. 1988 : 75). au moment de la conception. Naturellement. couloir) entre la porte et la salle de séjour ou la cuisine selon les cas. Dans les logements de Pessac 20 La commande par Henri Frugès d’une cité ouvrière à Pessac est une aubaine pour Le Corbusier. un espace dont la présence en étonnait plus d’un. 2002 : 133). Kopp. vient celui de l’action : les habitants. est ouverte sur le salon et la salle à manger. il nous fallait choisir des opérations de logements qui soient reconnues comme radicales par les habitants. à « faire sortir ». et les spécialistes du champ considéré. enjeux et problèmes… Construction ne pouvait pas viser la réalisation de nouveaux « condensateurs sociaux ». 1993 : 55). l’extérieur des maisons est remodelé par la création d’un sas d’entrée face à la rue. Aussi peu épargné. nous avons pensé à celui. Les architectes étaient seulement invités à « favoriser ». les transformations sont telles que les maisons auront perdu leur aspect d’origine : l’intérieur a subit une restructuration complète le rapprochant du dispositif « consacré » de l’échoppe. Dans l’Unité d’habitation de Marseille 22 L’unité de Marseille offre un nouveau mode d’habitat qui regroupe logis et ses prolongements extérieurs : loggia. à « accompagner » de nouveaux modes d’habiter. ni de l’opinion (Loyer. il n’y a aucun doute sur le caractère avant-gardiste de leur architecture. un moyen efficace de fixer la main d’œuvre directement sur les lieux de production. pour qui la quête de la nouveauté. en majorité traversants et à double hauteur.

1996 : 110). Léger. de la mezzanine au brise-soleil.Innovations « radicales » et patrimonialisation dans le logement populaire : des exemples pour comprendre. Pour le moment. vue de l’extérieur. nous ne parlons pas de patrimonialisation. et du point de vue de l’esthétique « savante ».. 1990 23 Dans le type a. Quant à la cuisine. Pour le dire clairement. l’association dans un même programme de.openedition. Les géographes. « L’habitant et l’architecte sont dans des logiques opposées [. davantage apprécié. 1975 : 136). nous sommes en mesure de préciser un peu plus notre questionnement de départ : les actions des habitants sont-elles arbitraires ? Sont-elles une forme de « destruction » de l’architecture ou au contraire son « enrichissement » ? En posant ces questions. soit trois critères devant définir. est une idée couramment admise. et enfin la chambre des enfants. les logements sont restés inchangés. Dans le type b. en mezzanine se trouvent l’entrée. À présent. Autrement. le salon. la beauté. 1984/1985 : 41)2 0 . et l’utilité. il est – une nouvelle fois dirons-nous – impossible d’échapper au grand débat de l’architecture prise entre sa finalité sociale et sa vocation artistique. il s’agissait d’accroître la salle à manger pour la convertir en séjour . par contre. l’ancien a donc pu fusionner avec la chambre des parents. Dans peu de cas. 28 Nous voyons donc deux manières d’évaluer l’innovation dans le logement quelques années après sa livraison : du point de vue des usages sociaux. obturant complètement l’espace qui. E Staszak2 1 . comme le souligne J. la cuisine et la salle à manger tandis qu’en bas. Les enquêtes venues après2 3 permirent d’évacuer le 6/15 books. la chambre des parents.] le “bien-vivre” structure les pratiques de l’habitant et le “voir beau” anime la démarche de l’architecte » (Pinson. car ce débat se pose indépendamment de ce contexte particulier.-M. sont restés en retrait des problématiques liées à l’espace domestique. la solidité. elle a souvent été fermée au moyen d’une porte et d’une vitre dépolie placée au-dessus du passe-plat pour lui donner de la lumière.03/12/13 Habiter le patrimoine . offrait un volume architectural à l’usager (Raymond. comme support de plantations montrées » (Catex et alii. même s’il faut reconnaître que les sociologues sont à l’origine des principaux acquis. selon Vitruve. Les recherches sont donc nombreuses. les chambres et la salle de bains sont en mezzanine par rapport à la cuisine. ne va pas de soi. on pouvait s’apercevoir que certains habitants ont utilisé le brise-soleil des façades de devant comme « balcon supplémentaire. Les acquis sociologiques sur la question des usages 29 La question des usages sociaux de l’habitat a été largement explorée depuis les années soixante par les sciences sociales dans leur ensemble. le travail de l’architecte. Dans l’autre. enjeux et problèmes… Source: J. la publication des résultats d’une grande enquête établie par l’Institut parisien de Sociologie Urbaine fait date : l’Habitat pavillonnaire2 2 se présentait comme un « inventaire » des modèles culturels du logement en France. le séjour et l’entrée. L’appartement montant a été découpé par le prolongement du plancher de la chambre.. quant à eux. mais en 1966. la salle de bains.org/pur/2243 . 24 25 26 LE GRAND DÉBAT SUR L’ÉVALUATION DES USAGES DU LOGEMENT 27 Dire que l’architecture c’est l’art de bâtir. sont disposés dans cet ordre.

Mettons à contribution ce bref détour théorique pour tenter de comprendre certaines transformations identifiées précédemment. Sa fermeture est donc fortement exigée. en ce sens où elle exprime clairement le fait que l’habitant organise son logement en conformation à des modèles. Raymond et N. devant/derrière etc.openedition. Le mécontentement des Marseillais par rapport à une trop forte exposition visuelle et/ou sonore de la chambre conjugale. 1972 :4) que les habitants ont tenté de dépasser voire de surpasser (Pinson. en l’arrangeant à leur manière. « le logement transformé ne correspond sans doute pas à l’idéal recherché. D. elle est visible dans son ensemble. en étudiant les logements économiques de Casablanca au Maroc. Sans doute aussi que certaines personnes revendiquent des pratiques domestiques singulières. les habitants n’apprécient guère qu’elle se donne directement à voir dès le seuil de la porte franchi car elle deviendrait vite « source d’intrusions.Innovations « radicales » et patrimonialisation dans le logement populaire : des exemples pour comprendre. Enfin. la cuisine. Verret2 8 a travaillé sur la culture de la classe ouvrière. quel que soit le contexte. là où il re-découvra l’incidence des modèles culturels dans l’organisation de l’espace. aménageur. descendant) ou le séjour (app. Ainsi la majeure partie des modifications observées dans ces deux pièces consistait à les « privatiser » parce qu’elles doivent l’être selon des modèles bien enracinés. en créant leur propre espace. les habitants de Pessac ont souvent ajouté un couloir. 30 31 32 33 De surcroît. Il n’est pas impossible que l’habitant. Dans le secteur HLM. en bref. H. Idem. masculin/féminin. peut trouver son sens dans le fait que selon le modèle de la sexualité. montant). correspond à un espace semi-public. mais elle ne représente qu’une petite minorité de gens. il indique que ces modèles sont partagés par l’ensemble des individus d’une culture donnée. l’expression « modèle culturel » se veut plus pragmatique. lesquels impliquent à la fois une pratique et une symbolique. Mais comme le signalait aussi S. Ailleurs. Haumont2 6 avaient par exemple noté que les modifications s’effectuaient plus librement dans l’Unité d’habitation de Marseille qui est une copropriété. semble-t-il. suivant le modèle des relations sociales. le CSP. enjeux et problèmes… doute de leur influence en habitat collectif. réservé à la réception d’amis et aux réunions familiales. il ne faut pas négliger le rôle du statut de l’habitant (locataire/propriétaire) sur ses possibilités de personnaliser le logement. constitue dans le logis corbuséen un espace public : en entrant dans la salle à manger (app. différent des prévisions de l’architecte (Huet. cette pièce constitue un espace résolument privé. et parfois même audacieux dans l’appropriation de son 7/15 books. l’espace de la pratique sociale.03/12/13 Habiter le patrimoine . ce qui impliquerait l’adoption de comportements peu communs comme le fait de garder constamment sa cuisine au propre. les revenus perçus ou même le type d’habitat2 7 . Pinson fit de même en se penchant sur l’habitat ouvrier situé en Basse-Loire2 9 . l’espace intérieur présentait des « contraintes architecturales » (Raymond & Haumont. 1993 : 156). le sexe. avec toutefois quelques spécificités propres. nous avons assisté au lent passage d’un espace « aberrant2 4 » à un espace « normal » ou conventionnel. espace où le désordre et la saleté propres à la préparation des repas ne sont pas spécialement incongrues. les modifications sont souvent le fruit d’un compromis plus ou moins habile entre la disposition architecturale et l’imagination des usages2 5 ». En fin de compte.org/pur/2243 . Geidel. en le détournant parfois. montré/caché. les interdictions concernant l’usage du logement sont nombreuses. 1983 : 52-53). de désordre et donc de troubles dans les relations sociales3 0 ». Quant au mot « culturel ». Ainsi. Pour y remédier. Cependant. Par rapport à la notion d’« habitus » avancée par Bourdieu. l’existence d’un fond commun de pratiques à la nation française n’exclut en rien les variantes entre les groupes sociaux : M. à Pessac comme à Marseille. du strict point de vue des usages sociaux. la salle de séjour. C’est donc la relative stabilité des modèles culturels qui se vérifie en dépit de la prescription par le concepteur de dispositifs spatiaux qui les nient outrageusement : l’habitant. privé/semi-public/public. de distinctions majeures en fonction de l’âge. En général. elles agissent comme une entrave certaine à son perfectionnement et plus simplement à sa personnalisation (Kaufmann. voire sacré. se montre actif. Les logements peuvent rebuter une grande partie de la population et non seulement une catégorie particulière puisqu’il n’y a pas. parents/enfants. Il y a par exemple une clientèle de Le Corbusier. lui même conscient de sa situation de locataire temporaire. 1981 : 81). Celui-ci se structure à partir d’une série d’oppositions fondamentales pour l’habiter : sale/propre. se montre avare en investissements. en occupant d’abord l’espace produit pour eux.

Entre les deux. 1995) que l’on pourrait presque superposer la carte des hauts lieux touristiques mondiaux avec 8/15 38 books. Encore une fois. Il y a vraisemblablement une autre manière d’évaluer les usages du logement. une œuvre achevée ? 35 Nous l’avons dit. par ses pratiques quotidiennes. En effet on sait que ces derniers « ont longtemps considéré l’œuvre architecturale comme un tout intangible et défendu aux habitants de la modifier.Innovations « radicales » et patrimonialisation dans le logement populaire : des exemples pour comprendre. Pourtant beaucoup de travaux viennent contredire cette conception qui fait de l’habitant une personne de mauvais goût : M. Lion3 1 et ses productions récentes3 2 montrent que ce n’est pas toujours le cas. pis encore. nous avions dores et déjà amorcé les réflexions sur l’approche esthétique du logement. Nous les compléterons ici avec quelques autres remarques. Les transformations du logement. du moins pour ce qui est de l’intérieur. précise-t-elle. nous proposons cette anecdote : bien que les marquages muraux se révèlent être des actes constitutifs de l’habiter. fabriquait. cité par Segaud. L’approche esthétique dans l’évaluation du logement 34 Sans l’avoir explicité. Dans le même esprit.03/12/13 Habiter le patrimoine . elle a été confirmée par plusieurs travaux de recherche. à partir de son logement. leurs rapports sont justes complexes. Les déclarations stigmatisantes3 4 de Jean Nouvel. d’en altérer l’aspect3 3 » (Raymond. il ne reste pas sans rien faire. le dosage est difficile . enjeux et problèmes… logement. J. Pour illustration. que l’usager. « sauvages ». Le logement. 1991 . Leur relation est maintenant tellement évidente (Davallon. et particulièrement quand vient le moment de « statuer » sur son état : quels types de lecture faut-il avoir par rapport aux transformations ? Est-ce qu’il faut ne pas y toucher ? Faut-il au contraire restaurer à l’identique ? Une donnée nouvelle peut influencer ce débat : la touristification du patrimoine. les transformations. les rajouts effectués par l’habitant deviennent preuve de son mauvais goût. ces pratiques peuvent être qualifiées de. Au pire il le quitte. mais des cas d’espèce. ENJEUX ET SCÉNARIOS POSSIBLES APRÈS LA PATRIMONIALISATION DU LOGEMENT Un débat plus « ardu » vu les enjeux du patrimoine 37 Le débat se prolonge en se complexifiant dès lors que le logement transformé devient patrimoine. En fait. Or la position d’Y. la valeur d’usage et la valeur esthétique ne sont pas antinomiques. Segaud3 5 a montré. 1984 : 41-43). il n’y a pas de situation unique.openedition. 1993 :154). pour lui. vont dans ce sens. expression du mauvais goût de l’usager 36 Poussant ce raisonnement au bout. mais de l’impureté. impropres et indignes. toujours à propos de la réception de ses logements à Nîmes. reconnu comme l’« espace du chez soi ». le Beau. en parlant de « pédagogie de l’habiter » et des réglementations de l’usage. mais dans la plupart des cas. Il exercerait en quelque sorte un travail du négatif pour atteindre l’esthétique. le Joli. c’est-à-dire. Doit-on en conclure que la prise en compte des usages sociaux tire l’architecture du logement vers le bas ? Le logement est-il de fait exclut du champ de l’innovation ? Ces questions se poseraient davantage si l’ensemble des architectes considérait ce savoir sociologique comme un acquis. la gestion propre au logement social et la pensée des architectes se conjuguent bien. les détournements. Le Corbusier avait minutieusement tout prévu pour que l’habitant ne vienne simplement qu’avec sa valise et rien d’autre (allusion aux meubles notamment) pour habiter son unité d’habitation (Pinson. en partant de la capacité universelle d’émettre des jugements énoncée par Kant. Nouvel avait interdit aux habitants de poser du papier peint sur les murs des logements qu’il conçût à Nimes. Ce n’est pas une esthétique de la pureté. Cette pesanteur dans les manières d’habiter n’est pas une surprise. un objet esthétique. La position ambiguë de la discipline n’y est pas pour rien. les règles sur la bonne présentation des logements interdisent de fait à l’usager certaines pratiques jugées « inesthétiques » comme le fait de suspendre son linge au balcon ou aux fenêtres. Elle est donc différente de celle des spécialistes qui ont du mal à accepter l’existence de sujets esthétiques. les abandons.org/pur/2243 .

C’est d’ailleurs un scénario très répandu du fait que les législations et les subventions sur la protection de l’immeuble concernent davantage l’extérieur que l’intérieur. dissocier la façade du contenu néglige le fait qu’habiter son logement implique aussi un rapport avec les Autres. de nouvelles interrogations qui se posent aux acteurs. qui intéresse non seulement tous les usagers de la ville. Les travaux de Raymond et Haumont permirent de suggérer l’idée d’une correspondance entre le « dedans » et le « dehors » du logement. L’extérieur n’est pas regardé par l’habitant comme « extérieur » à l’habitat lui même. détrompe l’extérieur. c’est également une manière d’exprimer que l’on est chez soi. C. alors il fera l’objet d’une protection particulièrement attentive. De toute manière. y compris pour le logement social. Elle est aussi partagée par l’architecte C. il arrive que la façade-décor surestime le confort intérieur. 1998 : 269). mais néglige-t-il pour autant sa façade ? Pouvoir la refaire à son goût. comment peut-on leur demander d’adopter la conception corbuséenne de la vie conjugale ? Certains diront que le façadisme est un compromis possible. Malgré leur inadaptation originelle par rapport aux attentes des ouvriers. L’application des normes contemporaines de sécurité y aide beaucoup. On touche ici à un autre débat relativement ancien : faut-il considérer la façade et l’intérieur d’un même bâtiment comme deux parties autonomes ? Au regard des divergences observées dans les réactions des participants à un colloque portant sur le façadisme4 1 .Innovations « radicales » et patrimonialisation dans le logement populaire : des exemples pour comprendre. Il y a donc en plus des questions inhérentes au débat. même s’il y a une perception de l’œuvre par les habitants. Pozzi3 8 proposait de savoir distinguer dans cette opération. Sa revalorisation passera le plus souvent par une restauration. Avec ce que nous venons de dire précédemment. la relation est imparfaite quand l’intérieur. le traitement visuel des façades l’avait emporté sur les investissements consentis à l’intérieur des appartements. mais aussi les générations futures4 0 [. le patrimoine devient lui aussi objet d’actions esthétiques qui tendent à le muséifier. Devillers qui explique que le respect du goût de l’habitant dans la conception de l’espace intérieur est légitime. Ils appellent « relation parfaite » quand la façade reflète bien l’intérieur. La restauration se distingue nettement de la réhabilitation par le fait qu’elle vise un retour à l’état initial du bâtiment.. C. « ce n’est plus vrai pour l’esthétique extérieur de l’édifice. et plus généralement à la société qui révèle le patrimoine : comment évaluer la réussite du projet de patrimonialisation ? Par les usages et son appropriation ou alors par sa fréquentation touristique devenue (un) critère de référence ? Elles interrogent toutes le rapport que notre société doit entretenir avec le patrimoine : est-il de nature anthropologique ou contemplative de sorte à perpétuer le mythe de la ville-décor ? La restauration du patrimoine moderne : situer l’équilibre 39 Si « tout ensemble urbain qui bénéficie du statut de patrimoine se distingue du reste qui l’entoure ou le côtoie » (Mercier. faut-il nécessairement restaurer à l’identique et faire ainsi table rase des traces de son appropriation laissées par les habitants ? Cette question. à l’image de ce qu’il est advenu aux HBM du Blanc-Mesnil toute de suite après leur inscription à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.. Son intérêt est louable. Flament3 9 a montré que même pendant la réhabilitation des grands ensembles. mais comme partie intégrante.openedition. D’autre part.03/12/13 Habiter le patrimoine . une situation que jugent « normale » les habitants. Le Corbusier n’aurait-il pas lui même concédé. Effectivement. vu que c’est son espace de vie à lui seul et personne d’autre. Par sa mise en tourisme. il accordera une importance plus grande à son intérieur.org/pur/2243 . Bien entendu. il y a de quoi se la poser dans le cas des maisons ouvrières de Pessac. ces remarques doivent être modulées selon que l’habitant vit 9/15 40 41 books. mais à partir du moment où le champ patrimonial s’ouvre aux objets de la vie quotidienne comme le logement. ni tout leur restreindre : il y a un équilibre à trouver dans la restauration du patrimoine moderne. Mais il ajoute. Inversement. enjeux et problèmes… celle des ensembles patrimoniaux prestigieux3 6 . qui leur sert toujours de référence. Cette façon de réduire l’architecture au spectacle n’est pas exclusivement propre à la restauration. « c’est toujours la vie qui a raison et l’architecte qui a tort » ? Il ne faut pas tout permettre aux habitants. elles sont inscrites dans un mouvement de patrimonialisation dont le corollaire bien connu est la restauration3 7 . le débat n’est pas clos. les usages « impropres » du patrimoine et l’usage critique pour mieux l’habiter.] ». le chemin est à la fois court et vite franchi. Toujours est-il qu’entre l’amélioration souhaitable du logement et sa restructuration.

En appartement. Ciriani et approuvé en 1995. Le rejet était d’autant plus grand que les premiers candidats étaient des ouvriers d’origine campagnarde. confié à H.org/pur/2243 10/15 . Si comme le prédisent certains observateurs. impliquerait une transformation complète du bâtiment au moins dans sa partie nord. Nous ne reviendrons pas sur le paradoxe récurrent de proposer aux classes populaires une architecture d’avant-garde. enjeux et problèmes… dans du logement individuel ou du collectif : dans le premier cas. c’est le rejet de l’architecture forte par les classes populaires. 1990 : 139). alors qu’elle peut recevoir le goût des classes moyennes qui se détournent plus facilement des conventions. Léger étudia dans son ouvrage déjà cité.Innovations « radicales » et patrimonialisation dans le logement populaire : des exemples pour comprendre. le complexe est classé monument. Par exemple. il s’avère que les habitants ont moins l’impression d’avoir un extérieur. Le risque introduit par l’innovation diffère selon les publics. Au contraire. ne serait-ce parce qu’il est le même pour tous (1 800 personnes à Marseille). c’est vers l’accueil de nouvelles fonctions tertiaires que les représentants de la ville et du bailleur principalement se dirigent. Un décalage trop grand entre la réalité des usages et leur représentation savante peut dissuader certaines populations d’y vivre trop longtemps. celui de détourner le logement. le maître d’ouvrage des logements Néamausus est contraint d’assouplir sa politique d’attribution. en ouvrant l’accès des logements à des populations qui. Deuxièmement. avant même son éventuelle patrimonialisation. car chaque ménage dispose d’une façade qu’il peut personnaliser pour approcher pourquoi pas la « relation parfaite ». le parcours de l’unité de Briey-en-Forêt permet au moins de nuancer tout déterminisme : sa ré-appropriation par de l’habitat alors même que la situation était bien plus dramatique4 6 qu’à Firminy fait effectivement réfléchir. et du fameux Modulor conçu par Le Corbusier ? La muséification4 7 du logement books. Des scénarios problématiques 42 Les exemples choisis jusqu’à maintenant sont ceux où les habitants tentent de « dompter » le logement pour continuer d’y habiter. Est-il plus grand dans le logement populaire ? Un patrimoine dont sont exclues les classes populaires 43 On connaissait les effets de ségrégation sociale engendrés par une opération de rénovation urbaine depuis les travaux d’H. Ce fut d’ailleurs la première leçon donnée par l’Architecture Nouvelle que J. La sélection sociale pour habiter le patrimoine n’est pas non plus un phénomène inconnu : « les différentes catégories sociales n’ont pas un accès égal au patrimoine classé4 3 » (Pinçon-Chariot & Pinçon. La restauration devient donc problématique quand vient la patrimonialisation. mais notons qu’il est porteur d’un risque majeur.-M. 45 Était-ce une fatalité ? À défaut de pouvoir trancher par un « oui » ou un « non ». de sa destination sociale. Par manque de population. en temps normal. après cette recomposition.03/12/13 Habiter le patrimoine . 2003 : 322). Coing4 2 . n’y auraient pas droit. que restera-t-il de l’idée initiale du projet. Les raisons sont encore floues mais nul doute que le projet du concepteur était résolument trop avant-gardiste4 4 . sa démolition serait évidemment un scénario catastrophe. l’extérieur compte beaucoup (voir les habitants de Pessac). Du patrimoine inhabité au projet de restructuration : l’exemple de Firminy 44 L’Unité d’habitation de Firminy forme aujourd’hui un patrimoine inhabité dans sa moitié Nord. Mais ce n’est pas toujours le cas. la création d’espaces publics (activités culturelles ou autres) vont à l’encontre de la destination d’origine et donc de l’essence même de l’édifice qui est justement une “unité d’habitation”4 5 ». la fermeture de cette partie du bâtiment est décidée en 1983. Mais tendance qui est minorée alors qu’elle est un « grand classique » depuis l’origine du projet moderne (Léger. Ceci n’est pas sans devoir interpeller les participants de ce colloque : « l’attribution de surfaces habitatives au tertiaire (bureaux ou commerces). À nouveau. sa vocation sociale aurait commencé à changer bien avant.openedition. on a l’occasion de vérifier l’importance de la réception architecturale dans le bon fonctionnement du patrimoine. Ce projet. L’unité étant classée.

CASTEX. que D. Foret. Principal legs architecturale du XXe siècle. n° 20. Paris. 1993 : 55). Pessac de Le Corbusier.. mais dans le collectif. BERGERON L.. HLM.. GOTMAN A.. 48 Même si la situation actuelle du logement social ne permet plus à l’État de satisfaire pleinement l’inaltérable désir de nouveauté des architectes. PANERAI P. Les Annales de la recherche urbaine. p 130-141. Dans des circonstances différentes. patrimoine de demain. Les grands ensembles.mais la cité des États-Unis avait-elle besoin d’un Musée pour constituer un patrimoine bien vivant ? Les investissements matériels et symboliques. ce n’est pas une condition indispensable : la tendance est plutôt à l’ouverture d’un appartement restauré dans son état d’origine pour qu’il puisse accueillir des visiteurs.. BIBLIOGRAPHIE Bibliographie BOUDON P. Ministère de l’Équipement. 2000. les bâtiments arborent sur 6 000 m2 les croquis du concepteur. et DEPAULE J. Pinson situe à un niveau culturel : il est nécessaire de tirer les leçons de l’architecture moderne des années soixante. Anachroniques d’architecture.L.org/pur/2243 11/15 .). 1996.. Le Corbusier. DUPAIN J. et DOREL G. « HBM. Éditions Livres. Paris.-H. Éditions des Archives d’Architecture moderne. à Lyon. Tous ces exemples mènent à un même questionnement : peut-on mêler sur un même site. Dunod. Études foncières. « La cité radieuse de Firminy renaît de ses cendres ». FORET C. et LÉGER J. la forme de substitution du grand ensemble demeure un enjeu de tout premier plan. HUET B. Le patrimoine industriel : un nouveau territoire... L’architecture pour émouvoir.] suffiraient à étayer l’idée que ce quartier avait acquis. Gallimard. HAUMONT N. 1981. Bruxelles. 1959 (1er ed. le phénomène prendra une ampleur plus grande puisque le maire de la ville projette la création sur le site d’un mémorial et d’un Musée national de la déportation juive. in Formes urbaines : de l’îlot à la barre.openedition.03/12/13 Habiter le patrimoine . p 101-122. LASNIER J... avril 1993. 1969. un Musée Urbain a été ouvert et bâti sur les murs des immeubles. 1983.. et RAY MOND H. la fonction muséale et la fonction utilitaire du logement ? Certes les habitants sont parties prenantes dans le projet – encore que ce soit stratégique. le logement collectif peut-il être books.-F. JENGER J. CNRS. avec la politique de renouvellement urbain. Habitat et pratique de l’espace.. Car le patrimoine de demain.M. « Innovation technique.Innovations « radicales » et patrimonialisation dans le logement populaire : des exemples pour comprendre. n° 80. se construit dès aujourd’hui.-Y. Dunod.. 1993. Paris. dans la Cité HBM des États Unis. « Le Corbusier et la Cité Radieuse ». CHOMBART DE LAWE P. J. bien avant la période où l’on allait se préoccuper de le "revaloriser". ZUP.. enjeux et problèmes… 46 47 La muséification se développe souvent dans des logements inhabités. Famille et habitation. Valorisation et dévalorisation dans la ville : le Musée urbain Tony Garnier ou la ré-invention d’une cité H.-C. les « pratiques de "transmission" des logements [. 1972. Sciences humaines et conceptions de l’habitation. À Drancy. C’est une expérience originale et authentique puisque tout en continuant à assurer leur fonction de loger les habitants. édifiée par Tony Garnier. ZAC.. Paris.-M. 1993. automne 1998. 153 p. une dimension patrimoniale aux yeux de nombre de ses occupants » (C. 1975. et de réintroduire dans les nouveaux logements les valeurs fondamentales de l’habiter. Paris. Plan Urbain.. 1998. technique de l’habiter ? ». Études des relations entre l’intérieur et l’extérieur du logement.

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à travers ces appels d’idée lancés par le PC. STA SZA K J. 24. et que nous étudions par ailleurs dans le cadre d’une thèse sur la démolition des grands ensembles. p 23. urbanistique et société. CRU. Devenu en 1999 le Plan Urbanisme Construction et Architecture 13. Les éditions de l’Atelier/Éditions Ouvrières. 1996. 22. RA YMOND H. mais la représentation des spécialistes (notamment dans les revues d’architecture) est telle que le logement est tout de même reconnu comme œuvre d’art. Boudon (1969).. p 90-92. 1996. suite à son élargissement à l’Europe. L’Express. n° 9. Urbanisme. il fut à ce moment directeur de l’Union Nationale des Fédérations d’organisme HLM. RA YMOND H. 2002. VERRET M. L’échoppe bordelaise est un type implanté en bord de rue. enjeux et problèmes… VAY SSIÈRE B. L’objectif. 166-172. C’est. Retrouver ce texte et d’autres dans MA THIEU -FRITZ A.. n° 72. voir l’article : « Grands ensembles : pourquoi les démolir ? ». Paris. Taylor (1972) et G. Les modèles d’innovation ont été lancés en 1972 en même temps que les REX et les PAN. « Les pratiques transformatrices dans le logement économique à Casablanca ». n° 325.. Notes 1 .. p. « L’architecture en procès de réhabilitation ». p 12-13. la modernité et après. Du modernisme au postmodernisme : le monument architectural. Les Annales de la recherche urbaine. VOYÉ L. Voir les réactions des habitants de l’Unité de Marseille : « c’est curieux comme idée ». 1988. L’Harmattan. Se souvenir qu’au XIX e siècle déjà. Patrimoine et Modernité. in. in Études foncières. F. 9. n° 72. Pour l’Unité de Marseille. Paris. 16. Nouvel en est un exemple..-M. 1995. Drancy : le culte patrimonial ». Les Cahiers de la recherche architecturale. cit.03/12/13 Habiter le patrimoine . Pour plus d’informations... Raymond.-C Depaule et alii (1970). in Actes du colloque « Le Corbusier. Raymond). Les Cahiers books. Les derniers domiciles connus. 1996. « abérrant ». coord. Paris. GEIDEL S. Architecture. la compétence des usagers qui s’exprime par la parole. 19. mai-juin 2003. in Actes du colloque « Le Corbusier. 1996. Annales de géographie. L’habitat pavillonnaire. 1966. 10. le Familistère de Godin constituait en soi une mini-révolution. CHOA Y F. in L’Express. 8. Ce qui faisait d’ailleurs dire à B. 2002. 2000. « Cité de la Muette.org/pur/2243 13/15 . « L’usage du logement. Pour information. juillet-août 2002. B.. Bradfer. 21 . 25 . art. p 166-167. ». 3. 5 . J. n° 620. 59. Zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager. 23. Dossier spécial. À consulter entre autres LÉGER J. Programme Architecture Nouvelle devenu en 1989 Europan... Projet urbain. « Les HLM ont droit de cité ». et alii. Du modernisme au postmodernisme : le monumental architectural. etc. p2-3... « Le logement social comme un patrimoine ». et la chartreuse. 7. et pour les logements de Pessac. n° 103. ». 11 . QUERCY P.. Les Annales de la Recherche Urbaine. p 136-143. (Hommage à H. était de faire accéder les jeunes architectes à la commande. Catholique de Louvain.. Univ. Réalisations Expérimentales dans lesquelles sont testés des dispositifs techniques et architecturaux. 2. 15 . le 24 mai 2001. Nous sommes conscients que l’innovation n’est pas toujours synonyme de qualité pour l’habitant. et la Modernité et Après.. 1990. pour reprendre le concept d’H. 1996.openedition. au milieu de la parcelle. 6. 14.. Vayssière que « le recollement des mots “patrimoine” et “architecture contemporaine” est [donc] une piste très ténue en France ». « anormal ». QUERRIEN A.-M. p 19. Enquête sur les nouveaux logements 1970-1990. RA YMOND H. 17. LELOUP M. 20. F. Paris. dossier spécial « Logement social : ghetto ou monument ? ». n° 37. 12. 24 mai 2001.. la bibliographie est longue. « L’espace domestique : pour une géographie de l’intérieur ». Créaphis. 4. B. les recherches de Ph. Actes des conférences « Les Mercredis de l’Utopie ». 18. et LA SSA V E P.Innovations « radicales » et patrimonialisation dans le logement populaire : des exemples pour comprendre. Traduire ou trahir ». Commune située à l’ouest de Dunkerque. Le complexe Néamausus bâti à Nîmes par J. p 339-363. 2001. Lire l’article de MICOUD A. L’usage comme limite à l’expérimentation. p. VOY É Liliane. Chevilles ouvrières. et STÉBÉ J. Monnier (1986) sont à consulter.. et Roux J. « Logement social : ghetto ou monument ? »..

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