Bob Dylan

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Bob Dylan
Pour les articles homonymes, voir Dylan et Zimmerman. Bob Dylan

Bob Dylan en septembre 1963.

Informations g€n€rales
Surnom Elston Gunnn, Blind Boy Grunt, Zimbo, Zimmy, Lucky Wilbury, Boo Wilbury, Elmer Johnson, Sergei Petrov Jack Fate, Willow Scarlet, Bob Landy, Robert Milkwood Thomas, Tedham Porterhouse Robert Allen Zimmerman 24€mai€1941 Duluth, Minnesota, •tats-Unis auteur-compositeur-interpr‚te, musicien, peintre, po‚te [1] [2] , Jack Frost ,

Nom Naissance

Activit€ principale

Genre musical Rock, folk, folk rock, blues, country, country rock Instruments guitare, harmonica, basse, piano

Ann€es actives depuis 1959 Labels Site officiel Columbia bobdylan.com [3]

Bob Dylan (nƒ Robert Allen Zimmerman le 24€mai€1941 „ Duluth, Minnesota, aux •tats-Unis) est un auteur-compositeur-interpr‚te, musicien, peintre, po‚te amƒricain, une des figures majeures de la musique populaire depuis cinq dƒcennies. Ses …uvres les plus cƒl‚bres et les plus influentes datent des annƒes 1960, quand il fut d'abord un chroniqueur informel des troubles amƒricains, par exemple avec Like a Rolling Stone, Ballad of a Thin Man, All Along the Watchtower, Masters of War ou encore Gates of Eden. Certaines de ses chansons comme Blowin' in the Wind et The Times They Are a-Changin' sont devenues des hymnes anti-guerre, en particulier anti-guerre du Vi†t Nam et des mouvements civils de l'ƒpoque. L'un de ses derniers albums studio, Modern Times, publiƒ en 2006, est entrƒ directement „ la premi‚re place dans le classement Billboard 200 et a ƒtƒ nommƒ Album de l'annƒe par le magazine Rolling Stone.

Bob Dylan Dans ses premi‚res chansons Dylan a abordƒ les questions sociales, et trahissait une forte influence philosophique et littƒraire dƒfiant les ‡ existants ˆ de la musique pop classique, et il faisait gƒnƒralement appel „ la contre-culture de l'ƒpoque. Tout en ƒlargissant et en personnalisant les styles musicaux, il a montrƒ une grande dƒvotion „ de nombreuses traditions de la musique amƒricaine, folk, country, blues, gospel, rock'n'roll et rockabilly, ainsi qu€„ la musique folk anglaise, ƒcossaise et irlandaise. Depuis le dƒbut de sa carri‚re, dans les annƒes 1960, Dylan a, par ses textes et par sa recherche de voies nouvelles (allant parfois m†me „ l€encontre de son public), sensiblement marquƒ la culture musicale contemporaine : en tƒmoignent les nombreux artistes qui se rƒclament de son influence (David Bowie, Neil Young, Paul Simon, Jeff Buckley, Bruce Springsteen, Tom Waits, Elvis Costello, etc.), ou le vaste rƒpertoire des chansons qu'il a composƒes, dans lequel puisent des musiciens de tous les horizons et de toutes les gƒnƒrations (Tom Waits, Elvis Presley, The Beatles, Mark Knopfler, Neil Young, U2, P.J. Harvey, Syd Barrett, Guns N'Roses, Jimi Hendrix etc.) Les rƒfƒrences dont s€inspire Bob Dylan pour faire ƒvoluer son art sont non seulement „ rechercher du c‰tƒ de musiciens amƒricains lƒgendaires, tels Hank Williams, Woody Guthrie[4] et Robert Johnson[5], mais aussi chez des ƒcrivains de la Beat generation, comme Jack Kerouac ou Allen Ginsberg. Il apprƒcie ƒgalement Arthur Rimbaud, „ qui il sera souvent comparƒ, et s€intƒresse „ des dramaturges, tel Bertolt Brecht. Complexe, en constante ƒvolution (il rƒinvente rƒguli‚rement chacun de ses standards dans diffƒrents registres, allant du rock agressif au jazz en passant par les ballades), proche des aspirations sociales et culturelles des ƒpoques qu€elle a traversƒes, l€…uvre de Dylan a, peut-†tre plus que toute autre, fait ƒvoluer le r‰le de la musique populaire en Occident (cf. Analyses). Depuis 1997, Bob Dylan est rƒguli‚rement nommƒ pour l€obtention du Prix Nobel de littƒrature. Par ailleurs, les textes de ses chansons, qui se situent entre poƒsie surrƒaliste et musique traditionnelle amƒricaine, sont ƒtudiƒs dans les universitƒs amƒricaines.

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Biographie
Origines
Les grands-parents de Robert Zimmerman sont originaires d'Europe de l'Est, dont ils ont fui les pogroms de la fin du XIXe et du dƒbut du XXe€si‚cle[6]. Ben D. Stone, son grand-p‚re maternel s'installe „ Hibbing, tandis que Zigman Zimmerman, qui a fui Odessa en 1907, s'installe „ Duluth, ces deux villes ƒtant situƒes dans le Minnesota. Beatrice Stone et Abraham Zimmerman, deux de leurs enfants, se marient en 1934 et donnent naissance „ Robert (Bob) le 24 mai 1941 loin des combats, loin de l'Europe cimeti‚re des juifs[7] (ce qui fera dire plus tard „ Dylan ‡ Le monde volait en morceaux et dƒj„ le chaos fichait son poing dans la figure des nouveaux venus ˆ[8]. Il reŠoit le nom juif de Shabtai Zisel ben Avraham (‹Œ•Ž• •Ž ‘•’Ž“ en hƒbreu). Celui-ci passe sa petite enfance „ Duluth o” Abraham occupe un bon emploi de salariƒ „ la Standard Oil qui lui permet de subvenir aux besoins de sa famille, puis en 1947 dƒmƒnage avec ses parents et David, son jeune fr‚re, „ Hibbing, ville natale de Beatty[9]. Dans son autobiographie[10], Dylan ƒcrit que sa grand-m‚re maternelle portait le nom de Kirghiz, que la famille de celle-ci avait vƒcu „ Trabzon, sur la c‰te turque de la mer Noire ; bien qu'elle e•t grandi dans le district de Ka–—zman, elle venait d'Istanbul. Son grand-p‚re paternel ƒtait ƒgalement originaire de Trabzon.

Hibbing
Hibbing est „ l'ƒpoque une ville mini‚re, rƒputƒe pour possƒder la plus grande mine „ ciel ouvert de fer du monde, d'environ 17€000 habitants, aux m…urs conservatrices et de tradition chrƒtienne, son p‚re frƒquentant le Rotary Club de la ville et m†me une loge juive maŠonnique : le B'nai Brith[11]. Son p‚re, Abraham, guƒri de la poliomyƒlite qu'il a contractƒe „ Duluth, ouvre un magasin d'ƒlectro-mƒnager. Vers l€˜ge de 8 ou 9 ans, Robert s€initie au piano puis plus tard, „ la guitare et „ l€harmonica. Il se passionne tout d€abord pour la musique country de Hank Williams dont il rƒp‚te les morceaux, et ƒcoute les stations de radio qui diffusent du blues, tel que celui de Muddy Waters, Howlin' Wolf, John Lee Hooker ou Jimmy Reed[12]. Il sera ƒgalement influencƒ par Elvis Presley, Buddy Holly, Bill Haley et

Bob Dylan Little Richard, dont la gestuelle scƒnique et les attitudes anticonformistes fascinent les adolescents autant qu'elles scandalisent leurs a™nƒs[13]. š l'ƒcole secondaire[14], l'adolescent int‚gre des petites formations musicales, telles que The Golden Chords, avec lesquelles il joue dans des f†tes et des talent contests. Il ƒtend sa culture musicale en ƒchangeant des disques de jazz et de rhythm and blues avec des amis partageant son go•t pour la musique[15]. Il quittera l'ƒcole secondaire en 1959 avec son dipl‰me de fin d'ƒtudes correspondant plus ou moins au baccalaurƒat franŠais[16].

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Vie priv€e
Dylan se marie avec le mannequin amƒricain Sara Lownds (nƒe Shirley Marlin Noznisky le 28 octobre 1939 „ Wilmington, dans le Delaware) le 22 novembre 1965. Ce mariage reste secret jusqu'en fƒvrier 1966 et la parution dans le New York Post d'un article de la journaliste Nora Ephron intitulƒ ‡ Hush! Bob Dylan is wed ˆ. Leur premier enfant, Jesse Byron Dylan, na™t le 6 janvier 1966, ils ont trois autres enfants : Anna Leigh (nƒe le 11 juillet 1967 vit „ Santa Monica), Samuel Isaac Abraham (nƒ le 30 juillet 1968 est photographe), et Jakob Luke Dylan (nƒ le 9 dƒcembre 1969 „ New York). Dylan a ƒgalement adoptƒ la fille de Sara d'un mariage antƒrieur, Maria Lownds (devenue Maria Dylan), (nƒe le 21 octobre 1961 et actuellement mariƒe au musicien Peter Himmelman). Depuis 1989 son fils Jakob est le chanteur principal et le parolier du fameux groupe de rock de Los Angeles The Wallflowers. Jesse Dylan est un rƒalisateur et un homme d'affaires prosp‚re. Bob Dylan et Sara divorcent le 29€juin€1977. Bob Dylan a un cinqui‚me enfant, Dƒsirƒe Gabrielle (nƒe le 30€janvier€1986 „ Los Angeles) de sa seconde ƒpouse, la choriste Carolyn Dennis qu'il ƒpouse le 4€juin€1986. Ils divorcent en octobre 1992[17],. Il aurait une autre fille prƒnommƒe Narette nƒe d'une relation avec Clydie King (nƒe Clydie May Crittendon le 21€ao•t€1943 „ Dallas au Texas). Clydie King fut la choriste de Bob Dylan pour Saved en 1980, Shot of Love en 1981, Infidels en 1983.

Carri•re
1959-1961 : les d€buts
Minneapolis En septembre 1959, alors ˜gƒ de 18 ans, Robert Zimmerman s€inscrit „ l€universitƒ du Minnesota pour y suivre des cours d€art et s€installe „ Dinkytown, le quartier ƒtudiant dans la banlieue Minneapolis, rep‚res de dƒfoncƒs et d'artistes influencƒs par le mouvement Beat. Peu assidu „ des cours qu€il ne suivra que quelques mois, il dƒcouvre le folk (Pete Seeger, Cisco Houston) ‡ des chansons qu€on tient toujours de quelqu€un ˆ[18]The Scholar ou The Purple Onion pour 2 ou 3€dollars, c€est „ cette ƒpoque qu€il commence „ prendre le pseudonyme de Bob Dylan. L€origine de ce pseudonyme fut longtemps considƒrƒe comme une rƒfƒrence au po‚te gallois Dylan Thomas, que Robert Zimmerman connaissait[19], mais il s€agit en rƒalitƒ de la dƒformation de son deuxi‚me prƒnom Allen. Au Chicago Daily News qui l'interrogeait en 1965 sur l'influence de Dylan Thomas sur le choix de son nom, il rƒtorquait : ‡ Non, bon Dieu non. J'ai pris Dylan parce que j'ai un oncle qui s'appelle Dillion. J'ai modifiƒ l'orthographe mais seulement parce que Ša faisait mieux. J'ai lu des trucs de Dylan Thomas et Ša ne ressemble pas aux miens. ˆ[20]. Le 9 ao•t 1962, Dylan a fait lƒgalement changer son nom aupr‚s de la Cour Supr†me[21]. Dylan est un gamin aux allures de vagabond, „ la faŠon de jouer de la guitare jugƒe presque convenable, „ la voix trop monotone, trop rauque, mais il sƒduit. Il apprend beaucoup et rapidement : en recherche continuelle de nouvelles chansons „ apprendre, il profite de sa culture et des discoth‚ques folk des parents de ses amis • „ une ƒpoque o” les disques folk sont rares et prƒcieux[22]. Affabulant parfois (Dylan prƒtendit †tre orphelin, originaire du Nouveau-Mexique)[23], Dylan acquiert progressivement toutes les caractƒristiques d'un authentique chanteur folk.

Bob Dylan Il fait la connaissance de David Whittaker, ƒtudiant de gauche avec qui il devient ami. Whittaker semble †tre l'auteur des photos du disque pirate The Great White Wonder, en 1969[24], lequel lui fait dƒcouvrir Woody Guthrie, dont il dƒvore l€autobiographie, Bound For Glory. En dƒcembre 1960, Dylan prend la route de New York pour y rencontrer son idole, malade de la chorƒe de Huntington, qui sƒjourne au Greystone Hospital, dans le New Jersey[25]. New York Apr‚s un sƒjour de quelques semaines „ Chicago, Dylan arrive „ New York assiƒgƒe par le froid, „ la fin de janvier 1961. Il se rend directement „ Greenwich Village, un quartier boh‚me o” cohabitent chanteurs, artistes et militants politiques ; le soir m†me, il joue au Cafƒ Wha?[26]. Il se rend au chevet de Woody Guthrie et, au fur et „ mesure de ses visites, les deux hommes sympathisent. ‡ Ce gosse a vraiment de la voix. Je ne sais pas s€il rƒussira par ses paroles, mais il sait chanter ˆ dit Woody Guthrie[27]. Dylan fait la connaissance des Gleason, chez qui Guthrie passe ses week-ends, et dont l'appartement dans East Orange s€est peu „ peu transformƒ en un lieu de crƒativitƒ autour de Guthrie o” se rƒunissent les plus grands noms de la sc‚ne folk, comme Cisco Houston, Jack Elliot, ou encore Pete Seeger. Ne dƒdaignant pas l€hospitalitƒ des Gleason, chez qui il utilise l'immense biblioth‚que et ouvre ainsi son esprit aux classiques de la littƒrature mondiale[28], Dylan ƒtudie et rƒp‚te les enregistrements de Guthrie que ceux-ci poss‚dent[29]. Arrivƒ „ New York depuis peu, Dylan n'a donc pas tardƒ „ nouer des relations, mais, considƒrƒ comme trop marginal par les propriƒtaires de cafƒ, il peine „ se faire engager ‡ Man there said ‡ Come back some other day, / You sound like a hillbilly / We want folk singer here ˆ ˆ[30]. Cependant, en avril 1961, il joue devant la sociƒtƒ de musique folk de l€Universitƒ de New York, au Loeb Student Center[31]. š cette occasion, Dylan rencontre Susan Rotolo, ˜gƒe de 17 ans[32]. Dessinatrice, peintre, Suze ne reprƒsente pas le stƒrƒotype de l€admiratrice inconditionnelle. Son implication dans les mouvements ƒtudiants, sa connaissance de Brecht, de Rimbaud, de Villon participent „ la mƒtamorphose d€un Dylan lƒg‚rement anachronique, jouant volontiers l'ignorance, en un auteur brillant dont la plume incarnera le rƒveil des consciences politiques endormies. Lors de soirƒes pour dƒbutants (des hoots, ou hootnanny) d€un club cƒl‚bre du Village, le Gerde€s Folk City, Dylan est repƒrƒ par son directeur Mike Porco, qui l'engage pour deux semaines, sur les conseils de Robert Shelton, critique musical au New York Times : le 11€avril€1961 est le premier engagement d'importance pour Dylan (deux semaines), o” il joue en premi‚re partie de John Lee Hooker, un guitariste ‡ incroyable ˆ, encore peu connu du grand public[33]. Dylan dira par la suite ‡ Comme je n'avais pas l'˜ge requis, Mike s'est portƒ garant de moi aupr‚s de deux syndicats. C'est devenu le p‚re - le p‚re Sicilien qui me manquait ˆ. Lorsque Mike Porco reprogramme Dylan le 26 septembre, Robert Shelton est prƒsent et publie trois jours plus tard un article ƒlogieux sur ‡ un nouveau styliste du folk ˆ[34], qui renforce la notoriƒtƒ naissante de Dylan. La Columbia La Renaissance Folk ne se limite pas au seul Greenwich Village : „ Cambridge, en Nouvelle-Angleterre, Joan Baez et Eric Von Schmidt enthousiasment ƒgalement leur public, notamment „ l€Unicorn et au Club 47. C€est dans ce dernier que Dylan fait la connaissance de Carolyn Hester, une chanteuse de folk, qui vient de signer avec Columbia Records. Carolyn est „ la recherche d€un harmoniciste pour l€album auquel elle travaille, et propose la place „ Dylan, qui accepte. Lors des sƒances d€enregistrement, Dylan joue „ Carolyn un morceau qu€il a composƒ, Come Back Baby, qui sƒduit John H. Hammond, un des directeurs artistiques de Columbia. Au fur et „ mesure des sƒances, Hammond prend conscience du talent de Dylan et, malgrƒ les rƒticences de sa direction, lui fait signer un contrat : ‡ J€ai vu ce gosse avec sa casquette qui jouait de l€harmonica • pas terrible d€ailleurs, mais j€ai tout de suite ƒtƒ sƒduit. Je lui ai demandƒ s€il savait chanter. S€il composait. S€il ne voulait pas enregistrer. ˆ[35]. L€imprƒsario de Dylan s€appelle Al Grossman, agent cƒl‚bre et controversƒ de New York : saluƒ pour les succ‚s auxquels il a participƒ[36], il est aussi critiquƒ pour ses objectifs essentiellement commerciaux, peu conciliables avec le discours contre la mis‚re populaire que chantent les chanteurs folk. Grossman est ƒgalement le cofondateur, avec George Wein, propriƒtaire d€un club folk „ Boston, en 1959, du festival folk de Newport, et g‚re les carri‚res du

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Bob Dylan Kingston Trio, d€Odetta et du trio folk Peter, Paul and Mary[37]. Cachant son intƒr†t „ promouvoir la carri‚re de Dylan[38], Grossman incite Izzy Young, propriƒtaire du Folklore Center au Village „ produire le premier concert de Dylan en t†te d€affiche, au Carnegie Chapter Hall, le 4 novembre 1961[39]. En mars 1962 para™t le premier album de Dylan (Bob Dylan, 1962). Composƒ de reprises folk et blues, il contient ƒgalement deux titres originaux : Talkin' New York et Song To Woody. Ce premier album, confinƒ au cƒnacle folk, se vend mal[40], mais le contrat de Dylan, fermement dƒfendu par Hammond et Johnny Cash, n'est pas rompu, comme cela fut envisagƒ au dƒpart[41].

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1962 € 1964 : une notori€t€ naissante
Broadside Depuis fƒvrier 1962, para™t pƒriodiquement Broadside Magazine, un magazine folk fondƒ par Agnes Cunningham et „ l€initiative de Pete Seeger. Des albums seront ƒgalement produits par le magazine, The broadside Ballads, o” Dylan appara™t sous le pseudonyme Blind Boy Grunt[42]. Dans ce magazine pour lequel ƒcrivent rƒguli‚rement Gil Turner, Tom Paxton et Phil Ochs sont publiƒs les textes de chansons d€actualitƒ, les topical songs. Dylan y ƒcrit une douzaine de textes[43], souvent ƒcrits dans l€instant[44], qui tƒmoignent de la facultƒ incoercible de Dylan „ composer sur tous les sujets, de l€inanitƒ de la chasse aux communistes[45] au dƒgo•t qu€il ƒprouve apr‚s l€exƒcution sommaire d€un noir ˜gƒ de 14 ans et la relaxe de ses assassins, blancs[46]. Portƒ par la puissance ƒvocatrice de ses textes, Dylan devient la voix d€une gƒnƒration excƒdƒe par les injustices et le conservatisme qui prƒvalent alors. Blowin' in the Wind, que Dylan compose en avril 1962, para™t dans le numƒro six de Broadside. Reprise sur tous les campus et popularisƒe par le trio Peter, Paul and Mary, elle symbolise la dimension sociale et politique qu€est en train d€acquƒrir son jeune auteur[47]. Son succ‚s commercial sans prƒcƒdent doit beaucoup „ l'activisme d'Albert Grossman, qui suscite d€innombrables reprises[48], commandƒes aux artistes du catalogue de la Warner - qui dispose, gr˜ce „ Grossman, des droits sur la chanson[49]. The Freewheelin' Blowin' in the Wind sera la premi‚re chanson de son deuxi‚me album, The Freewheelin' Bob Dylan, qu€il commence „ enregistrer en juin. La chanson est constituƒe de trois strophes, chacune composƒe de trois vers. Chaque vers comprend une question, dont la rƒponse, toujours identique, constitue le refrain : ‡ La rƒponse, mon ami, est soufflƒe par le vent La rƒponse est soufflƒe par le vent[50] ˆ Dylan compose de nombreuses chansons engagƒes telles que A Hard Rain's a-Gonna Fall, ƒcrite pendant la crise des missiles de Cuba, Masters of War ƒcrite pour dƒnoncer le complexe militaro-industriel[51]et Oxford Town, ƒcrite par Dylan „ propos des ƒv‚nements qui se sont dƒroulƒs „ l€universitƒ du Mississippi, situƒe pr‚s de la ville d'Oxford, o” James Meredith, un vƒtƒran de l€US Air Force, a ƒtƒ le premier noir „ †tre admis. Mais il rompt ƒgalement avec la tradition folk de son premier album avec des titres plus intimistes tels que Don't Think Twice, It's All Right, Girl from the North Country, et Bob Dylan's Dream, rƒvƒlateurs de la mythologie et du sens de la poƒsie qui l'habitent. Les sessions d'enregistrement et la production de l'album, plus longue que celle du premier, rƒv‚lent ƒgalement l'animositƒ qui oppose John H. Hammond „ Albert Grossman : celui-ci conteste tout d'abord la validitƒ du contrat qui lie CBS „ Dylan, mineur lorsqu'il le signa ; il s'oppose ensuite „ Hammond sur la production de Mixed up Confusion[52], accompagnƒe par un piano, une batterie, deux guitares et une basse. Le simple, qui comprend ƒgalement Corrina, Corrina, ne concorde pas avec l'image de chanteur de folk de Dylan et est rapidement retirƒ de la vente[53].

Bob Dylan Premi•res apparitions t€l€vis€es Dƒcouvert par le rƒalisateur Philippe Saville „ Greenwich Village, Dylan part pour Londres en dƒcembre et participe „ une pi‚ce tƒlƒvisƒe : Madhouse On Castle Street, diffusƒe le soir du 13€janvier€1963 „ la BBC[54]. La pi‚ce dƒcrit l'histoire d'un jeune homme rebelle qui s'enferme dans une pension et refuse d'en sortir ; sa s…ur et son voisinage tentent d'en dƒcouvrir la raison. Dylan est d'abord pressenti pour jouer le r‰le principal, mais constatant le manque de naturel de Dylan lorsqu'il joue, Saville rƒƒcrit la pi‚ce et attribue „ Dylan un r‰le de narrateur chantant[55]. Dylan interpr‚te quatre chansons dont Blowin' In the Wind, dont c'est la premi‚re diffusion ; l'original de l'enregistrement fut dƒtruit en 1968 et aucune copie n'a depuis ƒtƒ retrouvƒe. Le 12€mai€1963, Dylan doit participer au Ed Sullivan Show, une ƒmission accueillant tous les styles de musique et dont la diffusion est nationale ; elle est prƒsentƒe par Ed Sullivan et produite par Bob Precht. Ceux-ci acceptent Talkin' John Birch Society Blues, que Dylan dƒsire interprƒter, mais Stove Phelps, conseiller „ la programmation de CBS, la refuse : dans cette chanson moqueuse, les membres de la John Birch Society sont ridiculisƒs et sont associƒs „ Hitler[56]. Phelps dit craindre un proc‚s en diffamation, „ la surprise de Ed Sullivan[57]: Hootenany, une autre ƒmission tƒlƒvisƒe avait acceptƒ de diffuser une chanson du Chad Mitchell Trio, dont la cible ƒtait aussi la John Birch Society. Dylan refuse alors d'interprƒter une autre chanson, et s€en va, furieux[58]. La chanson, sous la pression des avocats de CBS, est ƒgalement retirƒe de l'album The Freewheelin', sur lequel elle devait figurer[59]. Cet ƒpisode ne marque pas l'arr†t des apparitions tƒlƒvisƒes de Bob Dylan : en mai, est diffusƒe une ƒmission de Westinghouse Studios, intitulƒe Folk songs and more folk songs, prƒsentƒe par John Henry Faulk, „ laquelle participent ƒgalement les Brother Four, Carolyn Hester, Barbara Dane et The Staple Singers. Dylan y interpr‚te Blowin' in the Wind, Man of Constant Sorrow et Ballad of Hollis Brown. L'engagement social Le 28€ao•t€1963, Dylan, comme Joan Baez, Mahalia Jackson, etc., participe „ la Marche sur Washington, o” plus de 200€000 pacifistes se rassemblent pour dƒnoncer l'inƒgalitƒ des droits civiques que subit la population noire. Apr‚s que les orateurs se furent succƒdƒ et que Martin Luther King eut prononcƒ son cƒl‚bre discours I have a dream, il interpr‚te When the Ship Comes In et Only a Pawn in Their Game, tandis que Peter, Paul and Mary chantent Blowin' in the Wind[60]. Article dƒtaillƒ : Mouvement des droits civiques aux •tats-Unis. Cet ƒpisode illustre l'implication de Dylan et de nombreux autres Washington le 28€ao•t€1963. artistes pour les droits civiques „ cette pƒriode : par l'intermƒdiaire de Suze Rotolo, qui travaillait au CORE (le Congress of Racial Equality), et de Broadside,, il c‰toyait le milieu contestataire ƒtudiant, qui militait pour les minoritƒs, dans un contexte difficile[61]. Le 10€mai€1963, „ Greenwood, dans le Mississippi, Dylan avait chantƒ „ un rassemblement organisƒ par le SNCC[62], pour inciter la population noire des •tats du Sud „ s'inscrire sur les listes ƒlectorales. De m†me, sa prƒsence aux concerts de Joan Baez, leur relation amoureuse, contribu‚rent „ forger son image de hƒros de la contestation sociale, aux c‰tƒs de Joan. Surgissent cependant les signes de l'ƒtroitesse et de l'inexactitude de cette image. Le 13€dƒcembre€1963, au cours d'un banquet de charitƒ organisƒ par le Comitƒ de Secours aux Libertƒs Civiques (Emergency Civil Liberties Commitee, ECLC), Dylan reŠoit le prix Tom Paine, qui rƒcompense ‡ une personnalitƒ qui a symbolisƒ le juste combat pour la libertƒ et l'ƒgalitƒ ˆ[63]. Grisƒ par l'alcool, il prononce un discours dƒsastreux. š l'occasion d'un profil rƒalisƒ par Nat Hentof pour le New Yorker, Dylan dƒcrivit son impression : ‡ Je suis tombƒ dans un pi‚ge quand j'ai acceptƒ le prix Tom Paine [‚]. D‚s que je m'y suis pointƒ, je me suis senti oppressƒ. [‚] ›a m'a vraiment pris „ la gorge. Je me suis mis „ boire. J'ai‚ vu un groupe de gens qui n'avaient rien „ voir avec
Bob Dylan et Joan Baez lors de la Marche sur

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Bob Dylan mon genre d'idƒes politiques. J'ai regardƒ le parterre et j'ai eu la trouille. [‚] On aurait dit qu'ils donnaient de leur argent parce qu'ils culpabilisaient ˆ[64]. Dans cet article, Dylan dit ƒgalement : ‡ Je ne fais partie d'aucun Mouvement. Sinon je ne pourrais rien faire d'autre que d'†tre dans le Mouvement. Je ne peux pas voir des gens s'asseoir et fabriquer des r‚gles pour moi. Je fais un tas de trucs qu'aucun Mouvement n'autoriserait. ˆ Joan Baez, de laquelle Dylan s'ƒloigna en 1964, le dƒcrivit de la faŠon suivante : ‡ Pour on ne sait quelle raison, „ mon avis, il veut se libƒrer de toute responsabilitƒ. N'importe quelle responsabilitƒ, concernant n'importe qui, me semble-t-il. S'en tirer tout juste avec ce que les autres ont „ offrir. ˆ[65] Une €volution sensible C'est le 10€ fƒvrier€1964[66] que para™t The Times They Are a-Changin', l'album qui constitue le deuxi‚me volet de ce qui est parfois appelƒ la trilogie folk de Bob Dylan. Sur cet album, sur lequel Dylan a pour la premi‚re fois un contr‰le total[67], il approfondit encore le registre de la topical song avec des chansons jaillies du contexte politique et social aux •tats-Unis : par exemple Only a Pawn in Their Game qui ƒvoque le meurtre de Medgar Evers, leader de la National Association for the Advancement of Colored People pour le Mississippi au dƒbut de l'ƒtƒ 1963, The Lonesome Death of Hattie Carroll, inspirƒe par un fait divers de la banlieue de Baltimore, o” un homme ‡ de la bonne sociƒtƒ ˆ tua une domestique en lui assƒnant un coup de canne[68]. Surtout, l'album contient The Times They Are a-Changin' qui, deux ans apr‚s Blowin' in the Wind devient le nouvel hymne de la jeunesse. Cette chanson rƒsume l'humeur des annƒes 1960, dans laquelle une voix prophƒtique annonce un monde en pleine mutation, o” journalistes, critiques, hommes politiques ne doivent pas barrer la route aux eaux montantes du changement[69]. Cependant, The Times They Are a-Changin' rƒv‚le une ƒvolution sensible chez son auteur : tout d'abord au dos de la pochette et dans un encart sont imprimƒs 11 Outlined Epitaphs, ‡ 11 ƒpitaphes esquissƒes ˆ, qui constituent la premi‚re publication de poƒsie de Dylan[70], et o”, subjectivement, il parle plus librement de lui-m†me. Des allusions „ la route, „ la fuite y sont ƒgalement rƒcurrentes. Ces po‚mes seront republiƒs plus tard dans Writings and Drawings et seront ƒgalement le support d'une biographie de Dylan : Bob Dylan, Epitaphs 11. D'autre part, sont incluses dans l'album des chansons comme One Too Many Mornings ou Boots of Spanish Leather, o” Dylan exprime des sentiments sur les femmes, l'amour, l'amitiƒ, que les ballades folk traditionnelles ne savent pas exprimer[71]. Son public, aussi, a changƒ : „ des amoureux de musique folk, calmes, aux m…urs vestimentaires sobres succ‚de un public pop, jeune, enthousiaste, exubƒrant[72]. C'est aussi ce que remarque Terri Van Ronk, qui s'occupa de la toute jeune carri‚re de Dylan[73], „ l'occasion d'un concert au Carnegie Hall le 26€octobre€1963, devant 3€000 spectateurs : ‡ C'ƒtait tr‚s ƒtonnant. Comme un avant-go•t de la Beatlemania. La premi‚re grande ascension de Bobby ƒtait dƒj„ l„, dans ce concert de Carnegie Hall. Quand ce fut fini, nous nous retrouv˜mes tous dans les coulisses, et ils cherchaient la ruse pour ƒchapper „ l'assaut des jeunes filles qui hurlaient au dehors. ˆ ƒ€Anthony Scaduto, Bob Dylan, p. 268 & 269 Another Side Son album suivant, Another Side of Bob Dylan, est enregistrƒ en un jour en juin, et para™t le 8€ao•t€1964. C'est un album dans la continuitƒ de Freewheelin', qui reste fid‚le „ l€idiome folk (guitare et harmonica), mais il n'y a plus de chanson protestataire. Ici aussi, des po‚mes accompagnent l'album[74]. Les th‚mes centraux de cet album sont l'amour, la libertƒ individuelle, les rapports humains. Dylan y dƒveloppe ƒgalement un autre th‚me d'importance : la futilitƒ de l'engagement, comme l'ƒvoque My Back Pages. Dylan s'y moque de lui-m†me, de sa vision manichƒenne, et juge que les vieux discours et autres symboles ne sont que futilitƒs et mensonges (‡ Ah j'ƒtais si vieux alors / Je suis plus jeune que Ša maintenant ˆ). Dylan participe ainsi „ la crƒation d'un climat culturel qui allait permettre aux artistes, aux groupes de rock de faire

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Bob Dylan partager leur vision poƒtique, de dƒpasser les limites de la chanson d'alors[75]. Lors de l'enregistrement en studio de l'album, Dylan confie „ Nat Hentoff, journaliste au New Yorker : ‡ Il n'y aura pas de chanson protestataire dans cet album. Ces chansons, je les avais faites parce que je ne voyais personne faire ce genre de choses. Maintenant beaucoup de gens font des chansons de protestation, pointant du doigt ce qui ne va pas. Je ne veux plus ƒcrire pour les gens, †tre un porte-parole. [‚] Je veux que mes textes viennent de l'intƒrieur de moi-m†me ˆ[76]. L'album est mal accueilli par la critique et par le milieu folk, lui reprochant notamment son exc‚s de subjectivitƒ, son manque d'esthƒtisme. Un journal rƒdigea notamment la critique suivante : ‡ Mais Bob / Il a deux probl‚mes / des petits / la langue qu'il ƒcrit / est pas de l'anglais / la mesure qu'il bat / est pas de la chanson / et c't'esp‚ce d'/ intellectualisme inverti / fait rien que / me barber „ mort. ˆ[77]. Tourn€es En fƒvrier 1964, il part donner plusieurs concerts „ travers l'Amƒrique pour tester ces nouvelles interprƒtations. Apr‚s le concert folk de Monterey en Californie fin mai, il s'envole pour une tournƒe au Royaume-Uni et un concert grandiose au Royal Festival Hall[78]. Apr‚s Londres il fait un bref dƒtour par la France o” il avoue avoir dƒdiƒ sa premi‚re chanson „ Brigitte Bardot, il est ƒgalement un admirateur de FranŠoise Hardy[79].

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1965 € 1966 : la premi•re p€riode rock
Avec les Beatles Le 28€ao•t€1964, Dylan a pour la premi‚re fois rencontrƒ les Beatles „ leur h‰tel „ New York, lors de leur tournƒe amƒricaine. Au-del„ de l'initiation[80],[81] ou non[82] „ la marijuana des seconds par le premier, cette rencontre est le symbole de leur influence rƒciproque au cours des annƒes 1960 : alors qu'au dƒbut de 1964 Dylan avait observƒ avec attention l'ascension des Beatles[83], ceux-ci ƒtaient sensibles ‡ aux paroles et „ l'attitude [‚] incroyablement originales et gƒniales ˆ de Dylan[84]. En 1965, lors de la tournƒe anglaise de Dylan, les Beatles affichent ostensiblement leur attirance, comme le titre l'article de Ray Coleman dans le journal Melody Maker du 9 janvier : Les Beatles disent : Dylan montre la voie[85]. Le passage au rock L€avenir est dans les instruments ƒlectriques. En 1965, il engage le guitariste montant de l€ƒpoque, Mike Bloomfield, le ‡ Clapton amƒricain ˆ et enregistre un nouvel album, mi-acoustique, mi-ƒlectrique, Bringing It All Back Home. Son public folk ne suit pas et boude l€album, pourtant encore assez proche des prƒcƒdents, m†me sur les titres avec instruments ƒlectriques. Cet album sera classƒ numƒro un au Royaume-Uni alors qu'il n'atteindra que la sixi‚me place dans les charts amƒricains. Trois mois plus tard, para™t Highway 61 Revisited. Enti‚rement ƒlectrique, l€album s'appuie sur un rock basique, tr‚s incisif. L„ o” les morceaux de l€album prƒcƒdent n€ƒtaient souvent que du folk ‡ ƒlectrifiƒ ˆ, ceux-ci laissent libre cours aux guitares rageuses et aux orgues tortueuses. Les paroles, abstraites et imagƒes, se dƒmarquent ƒgalement de la sobriƒtƒ folk : Les admirateurs du chanteur sont perplexes : Bob Dylan est pour eux la perpƒtuation d'une tradition solidement ancrƒe, entre musique amƒricaine des origines et engagement social, et le rock une musique commerciale, dansante et vulgaire. Dylan, soutenu par un petit groupe de rock garage, les Hawks, qui deviendront plus tard The Band, part en tournƒe qui est, „ l€ƒpoque, la plus longue jamais entreprise. Dylan joue ses nouvelles chansons partout dans le monde, et il est huƒ, notamment „ Manchester le 17€mai€1966. Le divorce est consommƒ : Dylan ne sera jamais l„ o” on l'attend. Au milieu de cette tournƒe ƒprouvante, o” le groupe joue plus fort que n€importe qui avant eux[86], Dylan enregistre le dernier volet de ‡ la trilogie ƒlectrique ˆ : Blonde on Blonde.

Bob Dylan Enregistrƒ en deux semaines de studio pendant lesquelles Dylan ƒcrit souvent les paroles quelques minutes avant le dƒbut de la session, Blonde on Blonde, premier double album de l€histoire du rock, est un ƒtrange moment de calme au milieu de la fureur de cette ƒpoque. Voix et musique s€y fondent pour nous raconter toutes les derni‚res expƒriences de Dylan, vƒcues et r†vƒes, dans une ode „ l€amour sous toutes ses formes, de la m‚re „ la prostituƒe, en passant par l€amour illusoire que donne la drogue. Dylan est au sommet du monde, vibrant intƒrieurement de mille sensations ƒtranges, et fait partager ses expƒriences dans cet album si surrƒaliste qu€il est difficile de le dƒcrire. Un chef-d€…uvre hors du temps qui fait de Dylan la locomotive du rock and roll. Le 24€juillet€1965, lors du Festival de folk de Newport, lui qui habituellement avait une guitare acoustique et un harmonica, il fait irruption sur sc‚ne avec trois membre du Paul Butterfield Blues Band et du pianiste Barry Goldberg en attaquant Maggy's Farm, le son est lamentable. Malgrƒ les critiques et les siffets, Dylan continue avec It Takes a Lot to Laugh, It Takes a Train to Cry et Like a Rolling Stone. Il se fait de plus en plus huer, il quitte la sc‚ne et revient avec une guitare s‚che pour entonner It's All Over Now, Baby Blue puis „ la demande du public Mr Tambourine Man. Il a troublƒ les esprits, dƒcha™nƒ les critiques mais conquis de nouveaux fans. Le 22€novembre€1965, Dylan se marie secr‚tement avec Sara Lownds, mannequin de 25 ans,[87]. Certains amis de Dylan, dont Ramblin' Jack Elliott, disent que ce dernier niait qu'il ƒtait mariƒ dans les conversations suivant immƒdiatement la cƒrƒmonie[88]. La journaliste Nora Ephron fut la premi‚re „ rendre la nouvelle publique en fƒvrier 1966 dans un article du New York Post intitulƒ Hush! Bob Dylan is wed[89].

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1968 € 1970 : les racines country
En juillet 1966, l'ƒpopƒe rock and roll de Bob Dylan s€arr†te plus brutalement encore qu€elle n'avait commencƒ : la moto Triumph Bonneville du chanteur sort de la route, l€envoyant „ l€h‰pital, ce qui l€ƒcarte des sc‚nes pendant trois ans. Forcƒ au repos, Dylan rompt avec la vie remplie d'exc‚s qu'il menait jusqu'alors, tandis que les rumeurs les plus folles circulent „ son propos : on le croit mort, fou, kidnappƒ par la CIA, etc. Sa longue retraite est l'occasion pour lui et ses amis du Band d'enregistrer des ƒbauches de chansons, qui sortiront dans les annƒes 1970 sous le nom de The Basement Tapes. Ce n€est qu€en 1968 que Dylan rƒappara™t, avec John Wesley Harding, un album acoustique apaisƒ. Il montre un Dylan moins surrƒaliste et davantage intƒressƒ par le passƒ de son pays et des histoires populaires nimbƒes d€un myst‚re irrƒel. Pour autant, les admirateurs ne se sont pas calmƒs : Dylan est encore leur meneur et ils attendent qu€il assume son r‰le. Harcelƒ, le chanteur se rƒfugie „ la campagne, puis prend anonymement un appartement „ New York, mais rien n€y fait. Ce vedettariat, dont il ne veut pas, est sans doute en partie „ l€origine des deux albums suivants, o” Dylan habillƒ en cow-boy, s'essaie „ la musique country. Nashville Skyline et le double album Self Portrait, tout en ballades gentillettes et douces, consternent les admirateurs : leur idole abandonne la contreculture pour devenir un tranquille p‚re de famille. Nashville Skyline marque la rencontre de Dylan avec un autre monstre sacrƒ de la chanson amƒricaine, Johnny Cash. Les chansons I Threw It All Away, leur reprise de Girl From the North Country participent „ la rƒussite de l'album. L'album Self Portrait, composƒ en majeure partie de reprises de titres folk et pop, est plus hƒtƒrog‚ne.

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Les ann€es 1970, renaissances et d€clins
Au dƒbut des annƒes 1970, Dylan se consacre „ sa vie de famille. Il sort un album tr‚s calme, New Morning, dominƒ par le piano. Il participe au concert pour le Bangladesh qu'organise George Harrison en ao•t 1971 „ New York et joue dans le western, Pat Garrett et Billy the Kid, dont il ƒcrit la musique. En grande partie instrumentale, cette bande originale contient le tube Knockin' on Heaven's Door. Ce n€est qu'en 1974, apr‚s un album avec The Band (Planet Waves), que Dylan dƒcide de repartir en tournƒe.

Bob Dylan et le Band en 1974.

Les concerts, dans de tr‚s grandes salles, sont ƒnormes : Dylan est en grande forme, dƒcidƒ „ reconquƒrir ce titre de rock star auquel il avait lui-m†me renoncƒ quelques annƒes plus t‰t[rƒf.€nƒcessaire]. Il chante de mani‚re plus agressive que jamais, m˜chant ses mots : il donne enfin l€impression d€†tre ‡ vivant ˆ. La tournƒe, illustrƒe par l'album live Before the Flood, est suivie par un disque, Blood on the Tracks, o” Dylan conte son divorce avec sa femme Sara (clairement ƒvoquƒ dans Desire). Les chansons explorent toutes les facettes de la dƒtresse amoureuse : l€apitoiement sur soi-m†me, la col‚re, les rechutes amoureuses, etc. Tout cela dans un style poƒtique et avec un tout nouveau son, synth‚se entre l€ancien et le nouveau : acoustique habillƒe de batteries, de basses et de claviers. Le disque remporte un grand succ‚s, qui ne suffit pas „ sortir Dylan de sa dƒpression, mais ne lui enl‚ve pas non plus le sens de la rƒpartie : „ une journaliste qui lui confie son enthousiasme, il rƒtorque qu€il ne voit vraiment pas comment on peut aimer expƒrimenter des sentiments tels que ceux exprimƒs par Blood on the Tracks. š l'automne de l'annƒe suivante, le chanteur rƒunit ses vieux amis, parmi lesquels la chanteuse folk Joan Baez et les guitaristes Roger McGuinn et Mick Ronson, et entame une tournƒe qui se veut ƒpique et boh‚me, dans un esprit hippie dƒj„ un peu dƒpassƒ „ l€ƒpoque : la Rolling Thunder Revue. La caravane, forte de dizaines de f†tards et de musiciens, fait escale dans de petites salles, joue avec des musiciens de bar recrutƒs sur place, et un film est tournƒ (Renaldo et Clara). Toutefois, durant la seconde moitiƒ de la tournƒe, au printemps 1976, l'enthousiasme a laissƒ place „ une lassitude qui transpara™t sur Hard Rain, enregistrƒ et paru en 1976. Il faut attendre pr‚s de 30 ans pour qu'un tƒmoignage live des concerts de l'automne 1975 soit publiƒ, dans le cadre des Bootleg Series[90].

Bob Dylan et Allen Ginsberg pendant la Rolling Thunder Revue (2 novembre 1975).

Entre les deux segments de la tournƒe, Dylan sort l'album Desire, rƒsultat d'une collaboration avec le parolier Jacques Levy. Cette idƒe aboutit „ des rƒcits nimbƒs de myst‚re pleins de pyramides, de gangsters et de voyous, habillƒs par une orchestration tr‚s riche o” le violon, tenu par Scarlet Rivera, musicienne rencontrƒe par hasard pendant la tournƒe, occupe une grande place. On y trouve ƒgalement pour la premi‚re fois depuis plus de dix ans un chant de protestation : Hurricane, qui raconte le proc‚s du boxeur Hurricane Carter emprisonnƒ pour meurtre, et que Dylan est alors rƒsolu „ faire libƒrer. L'annƒe 1977 sera principalement consacrƒ au montage de son film Renaldo & Clara qui sera mal compris par les critiques et le public. Apr‚s un premier montage d'une durƒe de quatre heures, Dylan le remonte, coupe, ƒdite, pour aboutir „ une version de 2h. Il entreprend une nouvelle tournƒe mondiale au Japon avec une sƒrie de concerts qui seront publiƒs sur un double album Live At Budokan rƒservƒ dans un premier temps exclusivement au marchƒ japonais avant que Columbia ne dƒcide de le sortir mondialement. Au retour de sa tournƒe et avant de repartir pour sa premi‚re tournƒe europƒenne depuis 1966 Dylan enregistre en une quinzaine de jours dans son propre studio Rundown Studios de Santa Monica un nouvel album Street Legal qui sera publiƒ en juin 1978.

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1979 € 1981 : la p€riode chr€tienne
En 1979, Dylan se convertit au christianisme et se met „ ƒcrire sur sa relation avec Dieu. Si le premier disque de cette pƒriode, Slow Train Coming, avec notamment Mark Knopfler „ la guitare, se rƒv‚le intƒressant, les suivants sont plus dƒcevants : les textes sont peu inspirƒs et semblent recopiƒs d'un livre de cantiques ; il habille sa musique de ch…urs et de cuivres assourdissants dans Saved et Shot of Love. Peu apprƒciƒs par les critiques, ces albums contiennent toutefois quelques perles comme Every Grain of Sand. Un journaliste de Gala Bob Dylan en concert „ Toronto en 1980. dira m†me que Slow Train Coming ‡ est un petit bijou inspirƒ ˆ et que ‡ Saved et Shot of Love sont plus proches d€une extase habitƒe: litanies ecclƒsiastiques et textes liturgiques ƒtouffƒs par les ch…urs et des cuivres assourdissants. ˆ. Le fait que Dylan se soit converti au christianisme l'a ƒloignƒ de plusieurs de ses disciples et ses coll‚gues[91]. Peu de temps avant son assassinat, John Lennon a enregistrƒ Serve Yourself en rƒponse „ la chanson Gotta Serve Somebody. En 1981, quand la foi de Dylan fut dƒvoilƒe, Stephen Holden a ƒcrit dans le New York Times que ‡ ni son ˜ge (il a 40 ans), ni sa conversion au christianisme tr‚s mƒdiatisƒe n'ont modifiƒ son tempƒrament essentiellement iconoclaste ˆ.

Les ann€es 1980
En 1983, Dylan met fin „ sa pƒriode chrƒtienne et encha™ne avec Infidels, dont les th‚mes tournent autour du judaœsme. De son propre aveu, le chanteur a perdu quelque chose de ce qui faisait son gƒnie : les chansons ne viennent plus avec la m†me facilitƒ qu€avant, et son enthousiasme est usƒ. La fin de la dƒcennie le trouve associƒ avec le Grateful Dead pour une sƒrie de concerts. Sur les conseils de Bono, chanteur de U2, il enregistre ensuite avec le producteur Daniel Lanois l'album, Oh Mercy,. D€autre part, en 1988, Dylan fit partie des Traveling Wilburys, regroupant, sous des pseudonymes, Dylan, George Harrison, Jeff Lynne, Tom Petty et Roy Orbison. Le groupe se sƒparera en 1990 apr‚s deux albums.

1992 € 1995 : Reprises Folk et Blues
Alors que sa maison de disques commence „ ƒditer des coffrets regroupant ses archives, Dylan dƒbute la dƒcennie 1990 avec les albums Good as I Been to You et World Gone Wrong, enti‚rement composƒs de reprises de vieux titres folk et blues. On peut donc penser, au vu de la qualitƒ de ce qu'a composƒ Bob Dylan par la suite, qu'il s'agit pour lui d'un nouveau dƒpart.

Depuis 1997 : la renaissance sans fin

Bob Dylan en concert „ Stockholm en 1996.

Dylan encha™ne depuis la fin des annƒes 1980 les concerts sur les cinq continents. Ce Never Ending Tour (une appellation dƒsapprouvƒe par Dylan) est l€occasion pour lui de revisiter ses standards en laissant la part belle „ l€improvisation : son groupe change de morceaux tous les soirs, et ne rejoue quasiment jamais une chanson de la m†me faŠon d€un soir sur l€autre. En 1997, Dylan s€associe „ nouveau avec Daniel Lanois pour enregistrer Time Out of Mind, son premier album de compositions originales depuis sept ans. Peuplƒ de compositions habitƒes, Time Out of Mind est une chronique dƒsespƒrƒe mais bien vivante de la vieillesse d€une vedette du rock. Dylan y pose un regard sans complaisance sur son ˜ge, ƒvitant au passage les clichƒs rock and roll.

Bob Dylan En septembre 2001 sort Love and Theft. Tr‚s bluesy et jazzy, dƒpouillƒ et proche du son de ses concerts, ce nouvel album est nettement plus enthousiaste que ses prƒdƒcesseurs. Il est suivi en ao•t 2006 de Modern Times, dont le titre fait rƒfƒrence au film de Charlie Chaplin. Il est gƒnƒralement considƒrƒ comme le troisi‚me volet d'une trilogie commencƒe avec Time Out of Mind, bien que Dylan lui-m†me consid‚re que si trilogie il doit y avoir, elle s'ouvre plut‰t sur Love and Theft. Produit par Dylan et enregistrƒ dans des conditions quasi live avec le groupe qui l'accompagne sur sc‚ne, Modern Times retrouve les accents de jazz, de ragtime, de bluegrass et de rockabilly de Love and Theft, dans une ambiance plus feutrƒe et glamour, qui fait rƒfƒrence „ la pƒriode d'or des annƒes 1930 : celle des postes „ gal‚ne, de Bing Crosby et de Louis Armstrong. Pour accompagner la sortie de cet album, Dylan a dƒclarƒ dans le magazine Rolling Stone que rien de ce qui avait ƒtƒ fait depuis les vingt derni‚res annƒes n'avait gr˜ce „ ses yeux. D€autre part, alors que Martin Scorsese lui consacre un film documentaire intitulƒ No Direction Home, Dylan finalise la rƒdaction de la premi‚re partie de ses mƒmoires, Chroniques, Volume 1. Ce volume apporte une vision personnelle sur des pƒriodes mal connues de sa vie, comme ses dƒbuts „ New York, ou l€enregistrement de Oh Mercy en 1989. La parution rƒguli‚re des Bootleg Series, enregistrements pirates jadis introuvables, dƒsormais remasterisƒs et officiels, l‚ve le voile sur des enregistrements lƒgendaires disponibles pour la premi‚re fois. Le huiti‚me volume de cette ‡ sƒrie ˆ, Tell Tale Signs: Rare and Unreleased 1989-2006, est sorti en octobre 2008. En octobre 2007 sort la compilation Dylan 07, ainsi que le remix inclus de Most Likely You Go Your Way And I'll Go Mine par le DJ Mark Ronson. En dƒcembre de la m†me annƒe, le film de Todd Haynes I'm Not There s'inspire ‡ des nombreuses vies ˆ et chansons de Bob Dylan, qui est interprƒtƒ par six acteurs et une actrice. Dylan obtient le prix Pulitzer de musique en avril 2008, ‡ pour son profond impact sur la musique populaire et la culture amƒricaine, „ travers des compositions lyriques au pouvoir poƒtique extraordinaire ˆ, selon le jury[92]. Fin avril 2009, Dylan sort son trente-troisi‚me album : Together Through Life, issu d'une collaboration avec le parolier du Grateful Dead Robert Hunter. En octobre de la m†me annƒe para™t Christmas in the Heart, un album de reprises de chants de No•l dont les bƒnƒfices sont intƒgralement reversƒs „ diverses …uvres caritatives. Une tournƒe europƒenne a lieu „ fin 2011 avec Mark Knopfler, avec qui il avait enregistrƒ Slow Train Coming. En mars 2012, le musicien et chanteur David Hidalgo, du groupe de rock mexicain Los Lobos (qui avait dƒj„ travaillƒ sur Together Through Life et Christmas in the Heart), annonce que Dylan travaille sur un nouvel album studio aux consonances mexicaines, dans les studios de Jackson Browne, „ Los Angeles. L'album intitulƒ Tempest est sorti le 11 septembre 2012.

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Bob Dylan au Jazzfest de La Nouvelle-Orlƒans en 2006

Bob Dylan

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Analyses
L'influence de Dylan sur son €poque
‡ Bob Dylan ne donnait pas tant l'impression de se tenir „ un tournant dƒcisif de l'espace-temps culturel que d'€tre ce tournant dƒcisif. Comme si la civilisation avait pu ƒvoluer „ son grƒ, ou m†me au grƒ de sa fantaisie [‚]. ˆ ƒ€Greil Marcus, La R•publique Invisible Riche d'une quarantaine d'albums, l'…uvre de Bob Dylan rƒunit la musique traditionnelle qui a accompagnƒ l'ƒdification des •tats-Unis et la modernitƒ la plus avant-gardiste : l'Ouest profond et Greenwich Village. Il est l'un des artistes qui ont le plus rƒvolutionnƒ la musique populaire dans les annƒes 1960 et 1970, contribuant „ l'ƒlever au rang d'un vƒritable art. Son influence dƒborde m†me du cadre de la musique, s€ƒtendant „ la littƒrature, au cinƒma et m†me „ la politique, puisqu€il fut, de mani‚re plus ou moins involontaire, l€un des meneurs de la contreculture de cette ƒpoque. D‚s ses dƒbuts en 1961, Dylan fait parler de lui dans les milieux folk amƒricains en adoptant une mani‚re de chanter tr‚s expressive, qui surprend encore parfois aujourd'hui, loin des standards de la ‡ belle ˆ chanson. Souvent accusƒ de ‡ ne pas savoir ˆ chanter, Dylan est en rƒalitƒ l'un des artistes modernes „ avoir le plus fait progresser l'usage de la voix, l€employant comme un vƒritable instrument de musique et recherchant davantage l'expressivitƒ que la beautƒ classique. Il a considƒrablement expƒrimentƒ sur l'usage des dissonances, se faisant ainsi l€hƒritier direct des bluesmen des annƒes 1930, tel Howlin' Wolf. Musicalement, m†me si ses compositions restent le plus souvent relativement ‡ classiques ˆ, il a contribuƒ, au c‰tƒ d'artistes comme Eric Clapton et The Rolling Stones, „ faire entrer la musique traditionnelle amƒricaine - blues, folk, country‚ - dans l'‚re moderne, comme le montrent les disques de sa ‡ premi‚re ƒpoque rock ˆ, entre 1965 et 1966. Mais le domaine dans lequel Dylan a eu une importance cruciale est celui des textes : d‚s son deuxi‚me album (le premier ƒtant presque enti‚rement composƒ de reprises, comme cela se pratiquait tr‚s couramment „ l€ƒpoque), il a imposƒ une mani‚re d€ƒcrire des chansons totalement unique „ son ƒpoque. Inspirƒs par la littƒrature, la poƒsie surrƒaliste, mais aussi les ‡ folksongs ˆ rƒalistes de la grande tradition amƒricaine, ses textes dessinent un univers intƒrieur d€une richesse exceptionnelle. D‚s le dƒbut, le th‚me principal de l€…uvre de Dylan est son expƒrience personnelle du monde, sa vision des choses, qu€elle soit rƒelle ou fantasmƒe. Le surrƒalisme qui impr‚gne profondƒment la plupart de ses textes, m†me les plus simples, atteindra son apogƒe en 1965 et 1966 lorsque Dylan dƒlaissera le folk pour le rock 'n' roll. Libƒrƒ de toutes les contraintes du format folk, une crƒativitƒ exacerbƒe par l'usage de drogues, il ƒcrit alors plusieurs chefs-d€…uvre qui en font un po‚te majeur du XXe€si‚cle. Loin d€†tre incomprƒhensibles et absurdes, comme ils sont parfois considƒrƒs, les textes de cette ƒpoque ne cherchent pas „ avoir un sens figƒ, mais „ dƒcrire des impressions et des sentiments au-del„ des mots. Comme un tableau abstrait, ils peuvent acquƒrir un sens diffƒrent selon l€humeur de l€auditeur, tout en conservant une tr‚s forte identitƒ. En cela, les mots de Dylan s€approchent de l€essence m†me de la musique, qui tire une partie de son pouvoir du fait qu€elle est le seul art „ n€†tre aucunement figuratif, „ une ƒpoque o” la plupart des chansons populaires, et particuli‚rement les chansons rock, parlaient encore de (mƒs)aventures sentimentales et de voitures. Elles ont considƒrablement influencƒ l€ensemble des artistes pop de l€ƒpoque, au-del„ de l€univers du rock and roll et m†me de la musique, et ont changƒ de mani‚re radicale la carri‚re d€artistes aussi talentueux que les Beatles. Enfin, par ses textes, ses prises de position, mais aussi par son attitude envers son statut de vedette et de musicien, Dylan a jouƒ un r‰le tr‚s important sur l€ƒvolution de la sociƒtƒ dans la seconde moitiƒ du XXe€si‚cle. Adulƒ par le public folk et les milieux rƒvolutionnaires de gauche du dƒbut des annƒes 1960, il refusa d€assumer ce r‰le, prƒfƒrant inciter ses admirateurs, comme il l€exprime dans certains de ses textes (Don't follow leaders / Watch the parkin' meters)[93], „ penser par eux-m†mes et „ renoncer aux messies, de quelque bord qu€ils soient.

Bob Dylan En refusant de participer aux jeux de l'industrie de la musique, en changeant sans cesse d€orientation musicale, ce qui lui a rƒguli‚rement valu d€†tre accusƒ de ‡ tra™trise ˆ par ses anciens admirateurs, il a changƒ l€image du musicien populaire, faisant entrer la musique pop de plain-pied dans le monde des arts ‡ sƒrieux ˆ. M†me ses errements artistiques, comme ses disques des annƒes 1980, o” il inventa le rock chrƒtien, ƒtaient, semble-t-il, surtout une tentative d€en finir avec l€idol˜trie dont il ƒtait l€objet depuis les annƒes 1960. Certes, la complexitƒ de l€…uvre de Dylan l€a emp†chƒ d€†tre un tr‚s gros vendeur de disques, et donc de toucher un public aussi large que d€autres vedettes de la pop. Mais, en influenŠant de mani‚re directe presque tous les artistes de son temps, il a considƒrablement pesƒ sur le devenir d€une musique qui a changƒ la vision du monde de millions de personnes.

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Les passages de Bob Dylan au Festival Folk de Newport
Le 3€ao•t€2002, le retour de Bob Dylan au festival de folk de Newport fut l€occasion de s€interroger sur la rupture prƒsumƒe entre lui et son public en 1965. La forte conspuation perceptible sur les bandes n€est pas anecdotique : elle ponctuera en effet les tournƒes amƒricaines et europƒennes qui suivront, d‚s lors que Dylan est rejoint par son groupe 1963 Rƒvƒlƒe quatre ans plus t‰t „ ce m†me festival, Joan Baez est la t†te d€affiche de l'ƒdition 1963 et y introduit Dylan (chemise militaire kaki et blue-jeans dƒlavƒs), prƒcƒdƒ par sa renommƒe grandissante de chanteur protestataire. Apr‚s son tour de chant, il rejoint sur sc‚ne Peter, Paul and Mary, Joan Baez, Pete Seeger et The Freedom Singers, et la f†te s€ach‚ve en ch…ur sur We shall Overcome. Le dimanche soir, Baez, qui chante With God on our side l€invite „ la rejoindre sur sc‚ne et le festival se conclut sur le triomphe de Dylan, alors en communion totale avec son public. 1964 En 1964, Dylan, par ses chansons, les concerts qu'il donne est une cƒlƒbritƒ du monde folk[94], tandis que les topical song, que composent des artistes tels que Phil Ochs, Tom Paxton ou Buffy Sainte-Marie sont tr‚s populaires. Dylan, qui fait trois apparitions cette annƒe, chante cependant des chansons plus personnelles de Another Side, „ para™tre, telles que All I Really Want to Do, It Ain't Me Babe et To Ramona, ainsi que Mr Tambourine Man (Bringing It All Back Home). Ses premiers fans le ressentent comme une trahison : Irwin Silber, le rƒdacteur en chef du magazine folk Sing Out! rƒdigea ainsi en novembre 1964 ‡ une lettre ouverte „ Dylan ˆ o” il manifeste son inquiƒtude „ propos du ‡ dƒtachement ˆ, du ‡ potentiel d'auto-destruction ˆ de Dylan et de ses nouvelles chansons ‡ centrƒes sur lui-m†me, sentimentales et cyniques ˆ[95], tandis que Paul Wolfe, un auteur de Broadside, dƒcrivit Dylan comme ‡ un faussaire, un hypocrite et un manipulateur de son public ˆ. 1965 Le 25€juillet€1965, Dylan est la t†te d€affiche du festival mais, „ l€image de sa tenue vestimentaire (lunettes de soleil Wayfarer et blouson de cuir) les choses ont changƒ. Pour lui d€abord : en mars est paru Bringing It All Back Home, composƒ de morceaux acoustiques et d€autres plus rock. Mi-juillet, Dylan vient d€enregistrer Like a Rolling Stone, qu€il compte jouer au festival. Sur les ondes d€autre part : alors que les Beatles monopolisent le Top Ten, la reprise pop de M. Tambourine Man des Byrds marque les esprits. Au Royaume-Uni, parall‚lement „ la Beatlemania le rock rena™t, gr˜ce „ la redƒcouverte du blues. Voir „ ce sujet le : British Blues Boom. š l€atelier blues de ce festival est ƒgalement prƒsent[96] The Paul Butterfield Blues Band, un groupe de blues urbain, avec amplis et guitares ƒlectriques, qui connait le succ‚s avec Born In Chicago, tirƒ de leur premier album The Paul Butterfield Blues Band. Outre le chanteur Paul Butterfield, le groupe se compose du guitariste Mike Bloomfield, du bassiste Jerome Arnold et du batteur Sam Lay. Renforcƒs par le pianiste Barry Goldberg et l€organiste Al Kooper, Dylan et les musiciens du Paul Butterfield Blues Band rƒp‚tent toute la nuit un nombre limitƒ de chansons : Maggie€s Farm, Like a Rolling Stone et Phantom

Bob Dylan Engineer[97] ˆ. Le lendemain, ils jouent ces trois morceaux et leurs transitions sont accompagnƒes d€un brouhaha indescriptible[98]. Sur les pri‚res du prƒsentateur Peter Yarrow, de Peter, Paul And Mary, Dylan revient accompagnƒ d€une guitare acoustique et interpr‚te deux de ses succ‚s : It€s All Over Now Baby Blue et Mr Tambourine Man. De cet ƒvƒnement, relatƒ par Robert Shelton, naquit la lƒgende de Dylan dƒlaissant le folk pour le rock, indiffƒrent „ l€indignation et „ l€amertume de son public[99], tandis qu€en coulisse, les bruits les plus fous circulaient (la rumeur prƒtendit que le chanteur Peter Seeger, furieux, chercha une hache pour couper les c˜bles du micro, ce qu€il dƒmentit, ainsi que l'organisateur[100]). Cependant, des arguments viennent contredire cette interprƒtation, notamment ceux avancƒs par Bruce Jackson, un des organisateurs du festival, qui a ƒtudiƒ les enregistrements qu€il avait conservƒs. Jackson argue tout d€abord que la premi‚re personne sifflƒe ne fut pas Dylan, mais Peter Yarrow, en charge de l'annoncer et dont les phrases entrecoupƒes par de longs silences agaŠaient un public impatient. D€autre part, les applaudissements sont nourris quand Dylan appara™t, alors que les instruments ƒlectriques sont dƒj„ installƒs et visibles sur la sc‚ne. Par ailleurs, quand le groupe joue, la voix de Dylan est noyƒe sous le volume de l€instrumentation, en raison d€une balance des sons trop h˜tive. Jackson avance ƒgalement que malgrƒ le fait que Dylan soit la t†te d€affiche du festival, il ne joue que quinze minutes, alors que d€autres sont restƒs sur sc‚ne 45 min. Enfin, le public rƒclame le retour de ‡ Bobby ˆ, ce qu€interpr‚te Yarrow par ‡ avec une guitare folk ˆ. En conclusion, Jackson avance l€hypoth‚se que la rƒaction du public de Newport guida celle des spectateurs des concerts „ venir, dƒcontenancƒs par une musique en laquelle ils ne se reconnaissaient plus. Paradoxalement „ ces interprƒtations divergentes, les faits sont bien documentƒs, il en est question notamment sur ces diffƒrents supports : ž Festival ! de Murray Lerner (1967) ; ž No Direction Home, de Martin Scorsese (2005) ; ž Quelques disques pirates tel que Folk Rogue, dƒcrit www.bobsboots (en anglais).

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Discographie
Article dƒtaillƒ : Discographie de Bob Dylan.
ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž 1962 : Bob Dylan 1963 : The Freewheelin' Bob Dylan (*) 1964 : The Times They Are a-Changin' 1964 : Another Side of Bob Dylan (*) 1965 : Bringing It All Back Home (*) 1965 : Highway 61 Revisited (*) 1966 : Blonde on Blonde (*) 1967 : John Wesley Harding (*) 1969 : Nashville Skyline (*) 1970 : Self Portrait 1970 : New Morning 1973 : Pat Garrett & Billy the Kid 1973 : Dylan 1974 : Planet Waves (*) 1975 : Blood on the Tracks (*) 1975 : The Basement Tapes (*) 1976 : Desire (*) 1978 : Street Legal (*) ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž 1979 : Slow Train Coming (*) 1980 : Saved 1981 : Shot of Love 1983 : Infidels (*) 1985 : Empire Burlesque 1986 : Knocked Out Loaded 1988 : Down in the Groove 1989 : Oh Mercy (*) 1990 : Under the Red Sky 1992 : Good as I Been to You 1993 : World Gone Wrong 1997 : Time Out of Mind 2001 : Love and Theft (*) 2006 : Modern Times 2009 : Together Through Life 2009 : Christmas in the Heart 2012 : Tempest

(*) Albums ayant ƒtƒ remasterisƒs et rƒƒditƒs en version Super Audio CD.

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Filmographie
ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž ž Festival, Murray Lerner, 1967 Dont Look Back, D.A. Pennebaker, 1968 George Harrison and Friends : The Concert for Bangladesh, Saul Swimmer, 1972 Eat The Document, D.A. Pennebaker, 1973 Pat Garrett et Billy le Kid, Sam Peckinpah, 1973 Renaldo and Clara, Bob Dylan, 1978 La Derni‚re Valse, Martin Scorsese, 1978 Hearts of Fire, Richard Marquand, 1990 Masked and Anonymous, Larry Charles, 2003 No Direction Home, Martin Scorsese, 2005 The Other Side of the Mirror: Bob Dylan Live at the Newport Folk Festival 1963•1965, Murray Lerner, 2007 I'm Not There, Todd Haynes, 2007 En 2008 il compose une chanson pour le film d'Olivier Dahan My Own Love Song

Composition du groupe de sc•ne depuis 2007
En 2007, le groupe de sc‚ne de Bob Dylan rƒunit les musiciens suivants[101] : ž ž ž ž ž ž ž ž Bob Dylan : voix, guitare, claviers, harmonica ; Stu Kimball : guitare rythmique ; Denny Freeman : guitare lead (2007-2010) ; Charlie Sexton : guitare lead (depuis 2010) ; Donny Herron : guitare pedal steel, guitare lap steel, mandoline ƒlectrique, banjo, violon ; Tony Garnier : basse, contrebasse ; George Receli : batterie ; Tommy Morrongiello : guitare rythmique (occasionnellement), technicien guitare.

Peinture
Bob Dylan est aussi un peintre de qualitƒ. Il commence „ peindre en 1974, sous la direction du peintre Norman Raeben. Ses toiles les plus connues ont ƒtƒ peintes lors de pƒriples successifs au Brƒsil, dont il donne une vision toute personnelle. Sans tomber dans la dƒnonciation sociale, il peint des figures originales de la sociƒtƒ brƒsilienne, remarquables par leurs aspects dƒmodƒs (tenues traditionnelles, danses folkloriques‚), „ rebours des canons contemporains de la mode et de la beautƒ. Il cherche avant tout „ donner une image la plus vivante possible, et surtout la plus matƒrielle, comme pour le plat de p˜tes mangƒ par le couple du tableau The eaters[102].

Copenhague, banderole de l'exposition Bob Dylan au Statens Museum for Kunst, 2010

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Exposition
ž 2010 : La peinture de Bob Dylan, L'interm‚de.com [103] The Brazil Series, Statens Museum for Kunst (Copenhague)[104],[105], jusqu'au 30 janvier 2011. ž 2012 : Bob Dylan, l'explosion rock 61-66, Paris, Citƒ de la musique, du 6 mars au 15 juillet 2012. [106]

Bibliographie
ž Notices d€autorit• : Biblioth‚que nationale de la Di‚te [107]€„ International Standard Name Identifier [108]€„ Syst‚me universitaire de documentation [109]€„ Biblioth‚que nationale de France [110]€„ Fichier d€autoritƒ international virtuel [111]€„ Biblioth‚que du Congr‚s [112]€„ Gemeinsame Normdatei [113]€„ WorldCat [114] : sources utilisƒes pour la rƒdaction de cet article ž (en) Howard Sounes, Down the Highway: The Life of Bob Dylan, Black Swan, 4€mars€2002, 624€p. (ISBN€978-0552999298).
[1] [2] [3] [4] [5] Dylan coƒcrit le film Masked and Anonymous sous le pseudonyme Sergei Petrov, Dylan produit les albums Love and Theft and Modern Times sous le pseudonyme Jack Frost, http:/ / www. bobdylan. com/ p. 243-246 p. 281-288

[6] p.€12-13 [7] p. 26 [8] p. 36 [9] p. 26 „ 28 [10] Chroniques, Volume 1 parue en 2004 [11] p. 27 [12] Bob Dylan: The Rolling Stone Interview. The rock & roll poet reflects on life, love, politics and God - Kurt Loder, Rolling Stone, 21 juin 1984 [13] Anthony Scaduto, Hervƒ Muller (trad. Dashiell Hedayat), Bob Dylan, Christian Bourgois, 1983 [14] The Hibbing High School [15] p. 100 [16] p. 29 [17] p. 372-373 [18] Bob Dylan (trad. Jean-Luc Piningre), Chronicles Volume 1 [‡ Chroniques: Volume 1 ˆ], Fayard, 5 mai 2005 (ƒdition franŠaise), 316 p. [19] p. 41, 45 [20] Interview with Joseph Haas, Chicago Daily News, 27/11/1965. (Jonathan Cott, Bob Dylan: The Essential Interviews, p. 59) [21] p. 217 [22] Martin Scorsese ; No Direction Home ; Paramount Pictures (2005) [23] p. 112). [24] p. 60 [25] p. 66 [26] p. 88 „ 90 [27] p. 97 [28] p. 33 [29] p. 95 „ 98 [30] Talkin New-York • Bob Dylan (1962) [31] p. 109 [32] Suze Rotolo apparait sur la pochette de l€album The Freewhelin€ Bob Dylan. Photographie : Don Hunstein [33] p. 123, 124 et 165 [34] Bob Dylan: A Distinctive Stylist ; Robert Shelton ; The New York Times (29 septembre 1961), [35] p. 159 & 160 [36] Par exemple Tom Dooley, vieille chanson folk interprƒtƒe par The Kingston Trio [37] p. 181 & 182 [38] Le contrat liant Grossman „ Dylan est signƒ officiellement le , et ne sera d'ailleurs connu que tardivement. Il sera rompu le 17 juillet 1970. [39] p. 171 [40] L'album s'ƒcoule „ 5000 exemplaires [41] p. 191

Bob Dylan
[42] Robert Shelton, Bob Dylan sa vie et sa musique : Like a Rolling Stone [43] Broadside Magazine - Wikipedia anglophone [44] A rapprocher de la littƒrature de l€instant des auteurs de la Beat Generation. [45] Talkin' John Birch Society Blues - The Bootleg Series, Vol. 1 [46] The Death of Emmitt Till • non commercialisƒ [47] p. 203, 204, 231, 249 [48] Parmi les reprises de Blowing in the wind dans les 60€s, on compte celles de The Hollies, Chet Atkins, Odetta, Dolly Parton, Judy Collins, The Kingston Trio, Marianne Faithfull, Jackie DeShannon, The Seekers, Sam Cooke, Etta James, Duke Ellington, Neil Young, the Doodletown Pipers, Marlene Dietrich, Bobby Darin, Bruce Springsteen, Elvis Presley, Sielun Veljet, Stevie Wonder, John Fogerty, Joan Baez‚ [49] Eric Scavennec, Al Grossman, un ‡ spin doctor ˆ de l€industrie du disque, Le Zinc, octobre 2012, http:/ / zinc. ouvroir. info/ spip. php?article50 [50] The answer, my friend, is blowin' in the wind / The answer is blowin' in the wind [51] 1960-1970 : les 20 protest songs les plus marquantes (http:/ / www. themorningmusic. com/ 2012/ 04/ 23/ 1960-1970-les-20-protest-songs-les-plus-marquantes/ ) [52] ‡ Albert [‚] eut l'idƒe lumineuse de faire enregistrer Bobby avec un orchestre de dixieland sur Mixed Up Confusion. C'ƒtait un vrai dƒsastre. ˆ - John H. Hammond (Anthony Scaduto, Bob Dylan, & 223)/> [53] p. 223, 238 [54] www.BBC.co.uk Madhouse On Castle Street (http:/ / www. bbc. co. uk/ bbcfour/ music/ bobdylan/ madhouse. shtml) [55] ‡ Dans son r‰le de clochard cƒleste, Dylan ƒtait intƒressant, m†me s€il n€est pas permis de juger de sa mani‚re de chanter sur un r‰le dans une nullitƒ aussi affligeante ˆ - The Daily Mirror [56] - Talkin' John Birch Society Blues [57] • Ed Sullivan • The New York Post 14 mai 1963 [58] (Anthony Scaduto, Bob Dylan, p. 241 [59] p. 240 „ 242 [60] p. 257, 258 [61] www.acontresens.com Les •tudiants noirs entrent en lutte : le ƒ SNICK „ (http:/ / www. acontresens. com/ contrepoints/ histoire/ 19. html) [62] le ‡ Comitƒ de coordination ƒtudiant non violent ˆ, surnommƒ SNICK [63] Robert Shelton, Bob Dylan sa vie et sa musique : Like a Rolling Stone, p. 205 [64] Profiles: The Crackin€, Shakin€, Breakin€ Sounds • Nat Hentoff, The New Yorker, 24 octobre 1964 [65] p. 190 [66] Bob Dylan: The Times They Are A-Changin' liner notes (http:/ / bobdylan. com/ moderntimes/ linernotes/ times. html) [67] p. 218 [68] p. 220, 221 [69] p. 261 [70] Robert Shelton, Bob Dylan sa vie et sa musique : Like a Rolling Stone, p. 222 [71] p. 267 [72] p. 204 & 226 [73] p. 143 [74] p. 226 & 230 [75] p. 301 [76] The Crackin', Shakin' Breakin' Sounds, Nat Hentoff, 24/10/1964. (Jonathan Cott, Bob Dylan: The Essential Interview, p. 16) [77] p. 226 [78] p. 52 [79] p. 53 [80] Al Aronowitz; introduced Beatles to Bob Dylan in 1964, Matt Schudel, The Washington Post, 7-08-2005 (http:/ / www. signonsandiego. com/ uniontrib/ 20050807/ news_mz1j07aron. html) [81] Dylan : Portraits et t•moignages, p. 46 [82] Joint accounts, Cherri Gilham, The Observer, 10-09-2000 (http:/ / observer. guardian. co. uk/ print/ 0,3858,4061575-102280,00. html) [83] ‡ Leurs accords ƒtaient vraiment extravagants. Seuls des musiciens ensemble pouvaient faire Ša. C'ƒtait ƒvident. ›a m'a donnƒ des idƒes. [‚] Dans ma t†te, les Beatles ƒtaient des gƒnies. J'avais l'impression qu'il y aurait un avant et un apr‚s Beatles. ˆ, Dylan : Portraits et t•moignages, p. 46 [84] George Harrison, ibid [85] p. 299 [86] ‡ les deux choses les plus bruyantes qu€il m€ait ƒtƒ donnƒ d€entendre, c€est un train de marchandises en train de dƒrailler et Bob Dylan avec le Band ˆ - Marlon Brando (voir FranŠois Ducray, Philippe Man…uvre, Hervƒ Muller, Jacques Vassal, Dylan, Albin Michel, 30/06/1978 . [87] p. 193. [88] p. 193 [89] Shelton, No Direction Home, p. 325.

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[90] Live 1975, The Rolling Thunder Revue, 2002 [91] p. 334-336 [92] 2008 Pulitzer Prize Winners - SPECIAL CITATION, Citation (http:/ / www. pulitzer. org/ year/ 2008/ special-citation/ ) [93] Subterranean Homesick Blues - Bringing It All Back Home (1965). [94] www.bobdylan.com (http:/ / bobdylan. com/ etc/ peterstonebrown_newport. html): Peter Stone Brown on Dylan at Newport [95] An Open Letter to Bob Dylan, , Sing Out!, novembre 1964 [96] Contre l€avis d€une certaine partie du comitƒ d€organisation, tels que les Lomax, p‚re et fils. [97] renommƒe plus tard en It Takes a Lot to Laugh, It Takes a Train to Cry [98] J€ai fait ce truc de dingue. Je ne savais pas ce qui allait se passer, mais le public a huƒ. Et pas qu€un peu. ›a sifflait de tous les c‰tƒs • Bob Dylan (voir Mark Blake, Mojo (Trad. Isabelle Chelley, Jean-Pierre Sabouret), Dylan : Visions, portraits, and back pages [‡ Dylan : Portraits et tƒmoignages ˆ], Tournon, 11/09/2006 ) [99] ‡ Joue du folk !‚ Remboursez !‚ C'est un festival folk !‚ Dƒbarrasse-toi de ce groupe ! ˆ [100] Organiser un Festival: veines et dƒveines de George Wein (http:/ / jazz. blogs. liberation. fr/ pfeiffer/ 2011/ 06/ organiser-un-festival-veines-et-dŸ veines-de-george-wein. html) [101] www.bjorner.com: Still On The Road: 2006 Us Summer Tour (http:/ / www. bjorner. com/ DSN28450 - 2006 US Summer Tour. htm) [102] la peinture de Bob Dylan (http:/ / www. lintermede. com/ exposition-bob-dylan-the-brazil-series-peinture-statens-museum-for-kunst-copenhague. php), Exposition The Brazil Series, 2010. [103] http:/ / www. lintermede. com/ exposition-bob-dylan-the-brazil-series-peinture-statens-museum-for-kunst-copenhague. php [104] Bob Dylan at the National Gallery of Denmark (http:/ / www. smk. dk/ en/ about-smk/ news/ artikel/ bob-dylan-to-exhibit-at-the-national-gallery-of-denmark/ ) [105] Bob Dylan : The Brazil Series (http:/ / www. smk. dk/ en/ visit-the-museum/ activities/ guided-tours/ bob-dylan/ ) [106] http:/ / www. citedelamusique. fr/ minisites/ 1203_dylan/ index. aspx [107] [108] [109] [110] [111] [112] [113] [114] http:/ / id. ndl. go. jp/ auth/ ndlna/ 00438512 http:/ / isni-url. oclc. nl/ isni/ 0000000121479733 http:/ / www. idref. fr/ 080786073 http:/ / catalogue. bnf. fr/ ark:/ 12148/ cb13893566v http:/ / viaf. org/ viaf/ 111894442 http:/ / id. loc. gov/ authorities/ names/ n50030190 http:/ / d-nb. info/ gnd/ 118528408 http:/ / www. worldcat. org/ identities/ lccn-n-50-30190

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ž (en) Anthony Scaduto, Bob Dylan, Helter Skelter Publishing, 1er€juin€2001, 5e€ƒd. (1re€ƒd. 1972), 350€p. (ISBN€978-1900924238). ž (fr) Robert Shelton (trad.€Jacques Vassal), Bob Dylan sa vie et sa musique. "Like a Rolling Stone", Albin Michel, coll.€‡ Rock & folk ˆ, 12€mars€1987, 556€p. (ISBN€978-2226028853) ž (fr) Bob Dylan (trad.€Jean-Luc Piningre), Chroniques, Volume 1, ƒditions Fayard, 4€mai€2005, 316€p. (ISBN€978-2213623405) ž (fr) Julien Gautier, Bob Dylan, un gƒnie en libertƒ, Publibook, 25€avril€2010, 162€p. (ISBN€978-2748352955).

Travaux universitaires en fran‚ais
ž Jean-Pierre Anc‚le sous la direction de Laurette Veza, Bob Dylan, une voix am•ricaine : •tude th•matique et stylistique des chansons de 1962 … 1978. Th‚se de doctorat en ƒtudes nord-amƒricaines, Paris 3, 1982, 387 p. ž Pascal Bert, Dylan acteur-t•moin d€une d•cennie de r•volte, 1960-1970. Mƒmoire de fin d€ƒtudes „ l€IEP de Bordeaux, 1979, 142 p. + annexes. ž Baptiste Fabre, La figure du vagabond dans la litt•rature et la chanson populaire am•ricaines … travers les †uvres de Jack London, Woody Guthrie, Jack Kerouac et Bob Dylan. Mƒmoire de recherche „ l€IEP de Bordeaux, 2002, 109 p. ž Ebenezer Brouzakis sous la direction de Jean-Louis Genard, Chimes of Freedom : Au c†ur de la contestation, quels liens entre Bob Dylan et la politique am•ricaine des ann•es 60 ? Analyse de morceaux choisis. Mƒmoire de licence en sciences politiques et relations internationales, Universitƒ libre de Bruxelles (Belgique), 2002, 90 p. + 20 p. de lyrics. ž Christophe Lebold sous la direction de Claire Maniez, ‡critures, masques et voix : Pour une po•tique des chansons de Leonard Cohen et Bob Dylan. Th‚se de doctorat en langues vivantes, Universitƒ Marc Bloch,

Bob Dylan Strasbourg 2, 2004, 493 p.

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Livres en fran‚ais
ž Mark Blake, Mojo (trad. Isabelle Chelley et Jean-Pierre Sabouret), prƒface de Bono, Dylan : Portraits et t•moignages, Tournon, 2006, 288 p. (ISBN€235144017X) ž FranŠois Bon, Bob Dylan : Une biographie, Albin Michel rƒƒditƒ chez Livre de poche en 2009 avec une postface inƒdite, 2007, 486€p. (ISBN€978-2226179364)Tirƒ de cette biographie, un feuilleton radiophonique diffusƒ sur France Culture en 2007 puis fƒvrier 2010 : Bob Dylan : comment pousser les bords du monde (http://sites.radiofrance. fr/chaines/france-culture2/emissions/feuilleton/fiche.php?diffusion_id=81035) ž Jean-Paul Bourre, Bob Dylan, Vivre „ plein, Cerf, coll.€‡ L€histoire „ vif ˆ, 1986, 150€p. (ISBN€2-204-02501-1) ž Dora Breitman, Demain j'ai rendez-vous avec Bob Dylan, Maurice Nadeau, 2012, 224€p. (ISBN€978-2-86231-225-5) ž Luke Crampton, Dafydd Rees et Wellesley Marsh (trad.€Alice Pƒtillot), Bob Dylan, Taschen France, coll.€‡ Music Icons ˆ, 2009, 192€p. (ISBN€978-3836511261)ƒdition trilingue ž Bob Dylan (trad.€Dashiell Hedayat), Tarantula suivi de ‡ Portrait de l€artiste en pop star ˆ, UGE 10-18, 1973, rƒƒditƒ en 1993, 186€p. (ISBN€2-264-00009-0) ž Bob Dylan (trad.€Daniel Bismuth), Tarantula, Hachette Littƒratures, 2001, 232€p. (ISBN€978-2012355828)texte intƒgral ž Bob Dylan et Jonathan Cott (trad.€Denis Griesmar), Dylan par Dylan : Interviews 1962-2004, Bartillat, 2007, 557€p. (ISBN€978-2841004171) ž FranŠois Ducray, Philippe Man…uvre, Hervƒ Muller, Jacques Vassal, Dylan, Albin Michel, 1975 + rƒƒd. mise „ jour en 1978 (ISBN€2226001271) ž Daniel Mark Epstein (trad.€Philippe Paringaux), La ballade de Bob Dylan, Laffont, 2011, 537 + 8 p. de photos€p. (ISBN€978-2-221-12572-4) ž Andy Gill (trad.€Jacques Collin), Bob Dylan 1962-1969 : l€intƒgrale des annƒes 60, Hors collection, 1999, 144€p. (ISBN€2-258-05088-X) ž Michael Gross et Robert Alexander (trad.€Marie Aufaure et Jacques-•mile Deschamps), Bob Dylan : une histoire illustrƒe, Albin Michel, coll.€‡ Rock & folk ˆ, 1980 ž Thomas Karsenty-Ricard, Dylan, l'authenticitƒ et l'imprƒvu, L'Harmattan, coll.€‡ Logiques sociales ˆ, 2005, 104€p. (ISBN€978-2747591515) ž Stƒphane Koechlin, Bob Dylan, ‡pitaphes 11, Flammarion (coll. Pop culture), 2004, 500 p. (ISBN€2-08-068507-4) ž Greil Marcus (trad.€Thierry Pitel), Like a Rolling Stone : Bob Dylan „ la croisƒe des chemins, Galaade, 2005, 312€p. (ISBN€978-2757803912). Rƒƒditƒ chez Points en 2007, titre et sous-titre intervertis. ž Nicolas Rainaud, Figures de Bob Dylan, Le mot et le reste, coll.€‡ Formes ˆ, 2009, 207€p. (ISBN€978-2915378849) ž Alain Rƒmond, Et puis un jour, j'ai entendu Bob Dylan, 2011, Hugo et Cie, 200 p. (ISBN€9782755607109) ž Anthony Scaduto (trad. Dashiell Hedayat), avec une postface d€Hervƒ Muller, Bob Dylan, Christian Bourgois, 1983 [V.O. 1972], 510 p.(ISBN€2267003503) ž Harry Shapiro (trad. Christian Sƒruzier), Bob Dylan : Images de sa vie, 2011, Hugo et Cie, 256 p.
(ISBN€9782755608700)

ž Sam Shepard (trad.€Bernard Cohen, ill.€Ken Regan), Rolling Thunder : Sur la route avec Bob Dylan, •ditions Naœve, 2005, 209€p. (ISBN€978-2350210186) ž Silvain Vanot, Bob Dylan, Paris, Librio, 2001, 96 p. (Librio musique) ž Nigel Williamson (trad.€Frƒdƒric Valion), Bob Dylan, Tournon, coll.€‡ L'essentiel sur‚ ˆ, 2009, 325€p. (ISBN€978-2351440957)

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Livres en anglais
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Bob Dylan €Source: http://fr.wikipedia.org/w/index.php?oldid=99334471 €Contributeurs: ALTAVILLA, Actias, Acƒlan, Aeleftherios, AgatheD, Ahbon?, Airegin, Alain Mignien, Alexboom, Alphos, Alvaro, Ambivalence, AmƒliorationsModestes, Anakronik, Ange Gabriel, Archeos, Arkanosis, Asr, Augusgustin, Badmood, Balouk, Bayo, Ben73, Bernardo LE CHALLOUX, Bibliorock, Bob08, Boeb'is, Bouddah, Bruz, Bserin, Cadmos, Caesaraix, Cantons-de-l'Est, Capbat, Catskingloves, Cdiot, Chatsam, ChevalierOrange, Chouca, Chris38370, Clio64, Colindla, CommonsDelinker, Coyau, Coyote du 86, Creasy, Cymbella, Cƒrƒales Killer, Dacoucou, DaiFh, Damienmcr, Dan50, Deadra Exel Anissen, Deansfa, Debora, Deep silence, Delhovlyn, Dewi78, DiamondDave, Didiersan, DimKeps, Dingy, Doch54, DocteurCosmos, Dominique natanson, Donald B., Dosto, Dpa787, Duloup, EDUCA33E, Elfast, En passant, Enrevseluj, Ereteog, Es2003, Eudo, F1jmm, FDo64, Famille.lecamus, Feldja, Flaz, Floeticsoulchild, Florn88, Floruffin, Fm790, FoolpattY, Frakir, Frank Renda, Fred091, Freddo, Freelancer, G.west, Gede, Ggal, Glyn45, Gonioul, Gotlibm, Grain de sel, Grecha, Greteck, Grondin, Guilll, H2O, H4stings, Hercule, Herr Satz, Herve1729, Hexasoft, Heynoun, HighWrote, Horowitz, Howard Drake, Huster, Hƒgƒsippe Cormier, IAlex, INFO.MUSIC, Inisheer, Israfel, JLM, JRibaX, Jarvis Cocker, Jean-Pol HIERNAUX, Jean.claude, Jef-Infojef, Jjardoino, Jules78120, Jwacker, Kelson, Kertraon, Kikuyu3, Kilith, Kilom691, Knard25, Koechlin, Koja, Kolossus, Koui¡, KpitN, Kropotkine 113, Kyro, Laddo, Le bibliographe, Le pro du 94 :), Leag, Leodeez, LeonardoRob0t, Leparc, Leszek Ja¢czuk, Lewiswax, Liane Daran, Linan, Litlok, Lohad, Lomita, Lordnicolas!, Louis-garden, LoulOu&les brocolis, LucasCortes, Lushie, Lƒo Duval, Malost, Manacore, Mathieuw, Matt1411, Mattho69, Maurilbert, Michpom, Mikaa, Mitch-mitch, Mith, Moez, Monkeyface, Motus, Mr. Oyster, Mschlindwein, N'importe lequel, Nana91, Nanoxyde, NeMeSiS, Neatnik, Nirvanagregs, Noar, Nono64, Nonopoly, Nostrow, Nykozoft, Ollamh, Omega 21, Orthogaffe, Oxo, P-e, PHIFOU62, Party Fears, Patatosaure, Phe, Philippe.petrinko, Philips, Pierre Durand-Arnoux, Pk-Undying, Playtime, Poleta33, Poppy, Prof sage, Puff, Ragnarok 1er, Raizin, Rapala, Remybaudouin, Rhizome, Riba, Riiicoolaaa, Roda, Rogojine, Romary, Rune Obash, SaintDK, Samsamsam, Schiller, Sebleouf, Serged, Sherbrooke, Silƒsie19, Simon Villeneuve, Soren56, Spooky, Stanlekub, Stephane8888, Steven Rogers, Strato, Sylvainix, Symac, THA-Zp, Tados, Tavernier, Teddyyy, Theoliane, Thomasvo, Tibauk, Tieum512, Titlutin, Topsop, Tragicomix, Triton cr†tƒ, Trossellini, Ulhmany, Universalia92, VIGNERON, Valƒrie75, Vero444, Vincent Lextrait, Vlaam, Vlad09, Vmior, Vogelfrei, Volcan, Wiolshit, Woww, Yohann, Zaphod, Zebulon84, Zendylanman, Zetud, Zƒnon, £lfgar, 431 modifications anonymes

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