Laurent Scupoli Le combat spirituel

À notre chef suprêmeet glorieux triomphateurJésus-Christ, fils de Marie Les sacrifices et les présents des mortels ont toujours plu et plaisent encore à otre Majesté sou eraine, surtout lors!u"ils ous sont offerts a ec un c#ur sinc$rement dé oué à otre gloire% C"est ce !ui m"engage à ous offrir ce petit traité du Com&at spirituel, et à le dédier à otre di ine Majesté% Si modeste !ue soit mon offrande, je ne crains pas de ous la présenter, car je sais !ue ous êtes ce 'ieu tr$s haut !ui se pla(t aux choses les plus hum&les et dédaigne les aines et prétentieuses grandeurs du monde% )ou ais-je, sans me rendre digne de &l*me et sans me nuire à moi-même, l"offrir à un autre !u"à ous + ,oi du Ciel et de la terre La doctrine consignée en ce traité est otre doctrine, puis!ue c"est ous !ui nous a e. appris à nous défier de nous-même, à nous confier en ous, à com&attre et à prier% /n outre, s"il faut dans tous les com&ats un chef expérimenté !ui dirige la lutte et anime les soldats, et si les troupes com&attent d"autant plus aillamment !uelles ont à leur tête un plus ha&ile capitaine, comment oserions-nous entreprendre ce com&at spirituel sans un chef !ui nous conduise à la ictoire - 0ous tous donc !ui sommes décidés à com&attre et aincre nos ennemis, nous ous choisissons pour capitaine, + Christ Jésus 1 ous a e. aincu le monde et le prince des tén$&res, et en assujettissant otre chaire sacrée aux souffrances et à la mort, ous a e. dompté la chair de tous ceux !ui ont com&attu, et !ui com&attront généreusement sous os enseignes% Lors!ue je composais ce traité, j"a ais toujours cette parole présente à l"esprit 1 0on !ue nous so2ons capa&les par nous-mêmes de penser !uel!ue chose, comme de nous-mêmes 344 Cor% 5, 67% Si nous ne pou ons, sans ous et sans otre secours, a oir une seule &onne pensée, comment pourrions-nous, a&andonnés à nos forces, lutter contre tant d"ennemis et échapper à tant d"em&8ches C"est à ous, Seigneur, !u"appartient tout entier ce Com&at spirituel, puis!ue c"est otre doctrine !u"il enseigne% C"est à ous aussi !u"appartiennent tous les com&attants parmi les!uels se rangent les clers réguliers théatins% )rosternés donc aux pieds de otre Majesté suprême, nous ous prions d"accepter ce Com&at spirituel et de nous animer par otre gr*ce à lutter généreusement% 0ous sommes persuadés !ue, si ous com&atte. en nous, nous remporterons la ictoire pour otre gloire et elle de otre tr$s sainte M$re% 9otre tr$s hum&le ser iteur, racheté par otre sang précieux, L:;,/0< SC;)=L4Clerc régulier théatin%

C>:)4<,/ 4 /n !uoi consiste la perfection chrétienne ?!u"il faut com&attre pour l"ac!uérir ?et de !uatre choses nécessaires en ce com&at

Si ous oule., + *me chrétienne, par enir au fa(te de la perfection, et ous unir si étroitement à 'ieu !ue ous de enie. un même esprit a ec lui, il faut, pour mener à &onne fin cette entreprise, la plus grande et la plus no&le !ui se puisse imaginer, !ue nous sachie. a ant tout en !uoi consiste la raie et parfaite spiritualité% @uel!ues-uns, ne regardant la ie spirituelle !ue par le dehors, la font consister dans l"austérité de la ie, dans les pénitences corporelles, les cilices, les disciplines, les eilles prolongées, les je8nes et autres mortifications du même genre% '"autres, les femmes particuli$rement, s"imaginent être par enus à un haut degré de perfection, lors!u"ils se sont fait une ha&itude de réciter &eaucoup de pri$res ocales, d"entendre plusieurs messes, d"assister aux offices di ins, de isiter fré!uemment les églises et de s"approcher sou ent de la sainte <a&le% '"autres enfin, et parmi eux des personnes engagées dans l"état religieux, croient !ue pour être parfait, il suffit d"être assidu au ch#ur, d"aimer la retraite et le silence, et d"o&ser er les prescriptions de la r$gle% :insi, les uns font consister la perfection dans tel exercice, les autres dans un autre ? mais il est certain !ue tous se trompent% /n effet, les #u res extérieures sont des mo2ens d"ac!uérir ? mais on ne peut pas dire !u"elles constituent la perfection chrétienne et la raie spiritualité% Ce sont des mo2ens puissants d"ac!uérir la sainteté ? emplo2és a ec sagesse et discrétion, ils ser ent mer eilleusement à nous fortifier contre la malice et la fragilité de notre nature, à repousser les assauts et à é iter les pi$ges de l"ennemi commun à o&tenir de 'ieu les secours nécessaires aux justes, principalement à ceux !ui commencent% Ce sont, en outre des fruits de la sainteté ac!uise% Les personnes a ancées en perfection ch*tient leur corps pour le punir de ses ré oltes passées et pour le tenir dans une compl$te soumission aux ordres de son Créateur ? elles i ent dans la retraite et le silence pour é iter les moindres fautes et n"a oir plus de con ersation !ue dans les cieux ? elles s"appli!uent au ser ice di in et aux #u res de piété, elles s"adonnent à la pri$re, elles méditent la ie et la )assion de 0otre-Seigneur, non par esprit de curiosité et par amour pour les consolations sensi&les, mais dans le désir de mieux conna(tre leur propre malice et l"infinie miséricorde de 'ieu, de s"exciter de plus en plus à aimer le Seigneur, à se haAr elles-mêmes et à marcher sur les traces du Bils de 'ieu a ec une enti$re a&négation, et la croix sur les épaules ? elles fré!uentent les sacrements dans la seule ue d"honorer la majesté de 'ieu, de s"unir plus étroitement à lui et de se fortifier contre les tentations de lCennemi% Com&ien est différente la conduite des personnes !ui font reposer sur les #u res extérieures tout édifice de leur perfection D Si saintes !u"elles soient en elles-mêmes, ces #u res, par le mau ais usage !u"elles en font, peu ent de enir l"occasion de leur ruine et

leur causer plus de dommage même !ue des fautes manifestes% )réoccupées uni!uement de ces prati!ues de dé otion, elles a&andonnent leur c#ur aux inclinations de la nature et aux pi$ges du démon% L"esprit malin, o2ant !u"elles s"écartent du droit chemin, les pousse à continuer leurs exercices accoutumés, et à s"égarer, au gré de leurs aines pensées, parmi les délices du paradis oE elles croient jouir, en la compagnie des anges, de la présence de 'ieu même% /lles se trou ent parfois a&sor&ées dans des méditations pleines de pensées su&limes, curieuses et agréa&les, et, ou&liant le monde et les créatures, elles s"imaginent être transportées au troisi$me ciel% Mais pour peu !u"on examine leur conduite, on oit immédiatement com&ien profonde est leur erreur, et com&ien elles sont éloignées de la perfection !ue nous recherchons% )artout, dans les grandes comme dans les petites choses, elles eulent être préférées aux autres ? entichées de leur mérite, elles s"o&stinent dans leur mani$re de oir ? a eugles sur leurs propres défauts, elles ont toujours les 2eux ou erts sur les actions des autres pour les scruter et les censurer% @u"on porte la moindre atteinte à la &onne opinion !u"elles ont d"elles-mêmes et !u"elles aiment à faire partager par les autres, !u"on leur commande de !uitter certaines dé otions dont elles se sont fait une ha&itude, à l"instant elles se trou&lent et s"in!ui$tent outre mesure% @ue le Seigneur, pour leur apprendre à se conna(tre elles-mêmes et leur enseigner le rai chemin de la perfection, leur en oie des ad ersités et des maladies ? !u"il permette 3car rien n"arri e ici-&as sans son ordre ou sa permission7, !u"il permette, dis-je, !ue la persécution, cette pierre de touche de la érita&le piété, s"atta!ue à leur personne, ous o2e. aussit+t se décou rir le fond de leur c#ur, et l"orgueil !ui le corrompt para(tre au grand jour% 'ans les épreu es, comme dans les é énements heureux de la ie, elles ne sa ent ce !ue c"est !ue de se résigner à la olonté de 'ieu, !ue de s"humilier sous sa main puissante, !ue de se soumettre à ses justes et impénétra&les jugements, !ue de s"a&aisser au-dessous des créatures à l"exemple de son Bils souffrant et humilité ? !ue d"aimer leurs persécuteurs comme les instruments dont se sert la &onté di ine pour les former à la mortification et coopérer à leur perfection et à leur salut% 'e là ient !u"elles sont toujours en danger de se perdre% Se considérant a ec des 2eux o&scurcis par l"amour-propre et ne o2ant rien !ue de loua&le en elles-mêmes et dans leurs actions, elles s"imaginent !u"elles sont fort a ancées en perfection et jugent les autres du haut de leur orgueil, si &ien !u"il ne faut rien moins !u"un miracle de la gr*ce pour les con ertir% LCexpérience est là pour prou er !u"il est plus facile de ramener au droit chemin un pécheur déclaré !u"un pécheur !ui se déguise et se cou re du manteau des ertus apparentes%

9ous comprene. maintenant, *me chrétienne, !ue la ie spirituelle ne consiste pas dans les prati!ues extérieures dont nous enons de parler% /n !uoi donc consiste-t-elle - /lle consiste dans la connaissance de la grandeur de 'ieu et de notre propre néant, dans l"amour du Seigneur et la haine de nous-mêmes, dans la soumission de l"esprit à 'ieu et aux créatures pour l"amour de 'ieu, dans l"a&négation compl$te de notre olonté et notre enti$re résignation à ses décrets sou erains% /ncore faut-il !ue nous prati!uions toutes ces ertus uni!uement pour la gloire de 'ieu et en ue de lui plaire, par la seule raison !u"il exige et mérite d"être aimé et ser i de la sorte% <elle est la loi d"amour gra ée par la main de 'ieu même dans le c#ur de ses fid$les ser iteurs ? telle est l"a&négation !u"il re!uiert de nous ? tel est joug aima&le et le fardeau léger !u"il nous in ite à prendre sur nos épaules ? telle est l"o&éissance !u"il nous enseigne par sa parole et son exemple% Si donc ous désire. atteindre au fa(te de la perfection, ous de e. ous faire une continuelle iolence pour dompter généreusement et réduire à néant toutes les affections mau aises de otre c#ur, si lég$res !u"elles ous paraissent% 4l faut ous préparer a ec ardeur au com&at, parce !ue la couronne ne s"accorde !u"aux soldats aleureux% Songe. !ue, s"il n"2 a point de guerre plus rude, attendu !u"en se com&attant soi-même on trou e en soi-même un ad ersaire, il n"2 a point non plus de ictoire plus agréa&le à 'ieu et plus glorieuse au ain!ueur% Si ous a e. le courage de fouler aux pieds et de faire mourir en ous tous les appétits désordonnés, les désirs et les moindres mou ements de la olonté, ous sere. plus agréa&le à 'ieu et lui rendre. un hommage plus grand !ue si, laissant i re olontairement en otre l"une ou l"autre de os passions, ous ous donnie. la discipline jus!u"au sang, !ue si ous prati!uie. un je8ne plus aust$re !ue celui des anciens ermites et anachor$tes, ou même !ue si ous con ertissie. des milliers de pécheurs% /n effet, &ien !u"à prendre les choses en elles-mêmes, 'ieu fasse &eaucoup plus d"état de la con ersion d"une *me !ue de la mortification d"un désir de notre c#ur, il reste toujours rai !ue otre principal soin doit être de ouloir et de faire ce !ue 'ieu demande particuli$rement de ous% =r ce !ue 'ieu demande de ous a ant toute chose, c"est !ue ous tra aillie. courageusement à mortifier os passions% Ce tra ail lui procure plus de gloire !ue l"#u re en apparence la plus importante !ue ous accomplirie. a ec un c#ur dominé par la passion% Maintenant !ue ous sa e. en !uoi consiste la perfection chrétienne et à !uelle guerre acharnée il faut ous résoudre pour 2 par enir, il ous reste à ous munir de !uatre choses, !ui sont comme autant d"armes assurées, nécessaires à !ui eut remporter la palme et sortir ictorieux de ce com&at spirituel% Ces !uatre armes infailli&les sont 1- la défiance de nousmême,- la confiance en 'ieu,- le &on usage de nos facultés,- l"exercice de la pri$re% 0ous essa2erons, a ec la gr*ce de 'ieu, d"en parler d"une mani$re claire et succincte, dans les chapitres sui ants%

C>:)4<,/ 44 'e la défiance de nous-même La défiance de nous-mêmes nous est tellement nécessaire en ce com&at, !ue, sans elle, non seulement nous serions impuissants à remporter la ictoire, mais nous ne saurions même pas surmonter la moindre de nos passions% Cette érité doit être d"autant plus profondément gra ée dans notre esprit !ue notre nature corrompue nous pousse à conce oir une haute estime de nous-mêmes, à croire, malgré notre néant, !ue nous sommes !uel!ue chose, et à présumer follement de nos forces% )oint de ice !ue nous reconnaissions plus à contrec#ur, point de ice non plus !ui déplaise da antage aux 2eux de 'ieu% Le Seigneur eut nous oir pénétrés de cette érité !ue toute gr*ce, toute ertu ient de lui comme de la source de tout &ien, et !ue de nousmême nous sommes a&solument incapa&les d"accomplir une action, d"a oir même une pensée !ui lui soit agréa&le% Mais, !uoi!ue cette défiance soit un don de sa main di ine, un don !u"il accorde à ceux !u"il aime, tant+t par de saintes inspirations, tant+t par d"am$res épreu es, par des tentations iolentes et pres!ue insurmonta&les, par d"autres oies encore impénétra&les à notre c+té, nous l"o&tiendrons infailli&lement si, a ec l"aide de la gr*ce, nous emplo2ons les !uatre mo2ens !ue je ous propose% Le premier, c"est de considérer notre &assesse et notre néant, et de nous &ien persuader !ue de nous-mêmes nous ne pou ons rien faire de méritoire pour le ciel% Le second, c"est de demander a ec humilité et fer eur cette importante ertu à celui !ui seul peut nous la donner% 0ous confesserons d"a&ord !ue, non seulement nous ne l"a ons pas, mais !ue de nous-mêmes nous sommes dans une enti$re impuissance de l"o&tenir% 0ous nous jetterons ensuite aux pieds du Seigneur a ec une confiance iné&ranla&le en sa &onté, et nous persé $rerons dans la pri$re, jus!u"à ce !u"il plaise à sa di ine )ro idence d"exaucer notre demande% Le troisi$me mo2en, c"est de nous accoutumer peu à peu à nous défier de nous-mêmes et de notre propre jugement, à craindre la iolente inclination de notre nature au péché, la multitude de nos ennemis, l"incompara&le supériorité de leurs forces, leur longue expérience du com&at, leur astuce et les illusions !ui les transforment à nos 2eux en anges de lumi$re, les pi$ges enfin !u"ils nous tendent de toutes parts sur le chemin de la ertu% Le !uatri$me mo2en, c"est de rentrer en nous-mêmes à cha!ue faute !ue nous commettons et de considérer attenti ement jus!u"oE a notre fai&lesse% Si 'ieu permet !ue nous fassions !uel!ue chute, c"est afin !u"à la clarté de cette lumi$re, nous apprenions à mieux nous

conna(tre, à nous mépriser nous-mêmes comme de iles créatures et à désirer d"être méprisés par les autres% Sans cette olonté, nous de ons désespérer d"a oir jamais la défiance de nous-mêmes !ui a pour fondement l"humilité et l"expérience de notre mis$re% La connaissance de soi-même est donc a&solument nécessaire à !uicon!ue eut s"approcher de la lumi$re éternelle, de la érité incréée% Cette connaissance, la &onté di ine la donne ordinairement aux super&es et aux super&es et aux présomptueux par la oie de l"expérience 1 il les laisse tom&er dans l"une ou l"autre faute gra e propres forces, afin !ue leur chute, en leur dé oilant leur fai&lesse, leur apprenne à se défier d"eux-mêmes% Mais 'ieu ne se sert ordinairement de ce rem$de extrême !ue lors!ue les mo2ens plus doux n"ont pas o&tenu l"effet !u"en attendait sa miséricorde% 4l permet !ue l"homme tom&e plus ou moins sou ent, selon !u"il a plus ou moins d"orgueil, et si !uel!u"un se rencontrait !ui f8t, comme la Sainte 9ierge, enti$rement exempt de ce ice, j"ose affirmer !u"il ne tom&erait jamais% Lors donc !u"il arri e !uel!ue chute, faites immédiatement un retour sur ous-même, demande. instamment à 0otre Seigneur la lumi$re nécessaire pour ous conna(tre et ous défier enti$rement de ous-même, si ous ne oule. pas retom&er dans les mêmes fautes ou dans des fautes plus préjudicia&les encore au salut de otre *me%

C>:)4<,/ 444 'e la confiance en 'ieu @uoi!ue la défiance de nous-mêmes soit indispensa&le dans le com&at spirituel, ainsi !ue nous enons de le montrer, cependant si nous n"a ons !u"elle pour défense, nous serons &ient+t forcés de prendre la fuite ou de nous laisser aincre et désarmer par l"ennemi% 4l faut donc 2 joindre une confiance a&solue en 'ieu, espérer et attendre de lui seul les gr*ces et les secours !ui assurent la ictoire% S"il est rai !ue de nous-mêmes, miséra&le néant !ue nous sommes, nous n"a ons !ue des chutes à attendre, et !ue de ce chef nous ne saurions asse. nous défier de nos forces, il n"est pas moins certain !ue le Seigneur nous fera triompher de nos ennemis si, pour o&tenir son assistance, nous armons notre c#ur d"une iné&ranla&le confiance en lui% 0ous a ons !uatre mo2ens d"ac!uérir cette ertu% Le premier mo2en, c"est de la demander à 'ieu% Le second mo2en c"est de considérer des 2eux de la foi la toute-puissance et la sagesse infinie de ce 'ieu à !ui rien n"est impossi&le ni difficile, sa &onté sans &ornes, son amour ineffa&le disposé nous accorder d"heure en

heure, de moment en moment, tous les secours dont nous a ons &esoin pour i re de la ie spirituelle et triompher de nous-mêmes% La seule chose !u"il demande de nous, c"est !ue nous nous jetions a ec une enti$re confiance dans les &ras de sa miséricorde% /h !uoi D ce di in pasteur aurait couru durant trente-trois ans apr$s la &re&is égarée, il aurait perdu la ois à la rappeler à lui ? il l"aurait sui ie opini*trement à tra ers les épines et les ronces du chemin, au point d"2 répandre tout son sang et d"2 laisser la ie ? et maintenant !ue cette &re&is re ient à lui a ec la olonté de se soumettre à sa loi, ou du moins a ec le désir, fai&le peut-être, mais sinc$re, d"o&ser er ses commandements ? maintenant !u"elle appelle et supplie son pasteur, celui-ci refuserait d"a&aisser sur elle un regard de miséricorde, de prêter l"oreille à ses cris, de la prendre sur ses épaules di ines pour aller se réjouir a ec ses oisins, les élus et les anges du Ciel D Ce ma(tre si &on !ui cherche a ec tant de soin et d"amour la drachme de l"F angile, image du pécheur a eugle et muet, a&andonnerait celui !ui, sem&la&le à la &re&is égarée, appelle à grands cris son &ien-aimé pasteur - /st-ce possi&le - /t !ui croira jamais !ue ce 'ieu !ui frappe sans cesse à la porte de notre c#ur a ec un désir immense d"en o&tenir l"entrée, d"2 trou er un repos !u"il aime, et d"2 répandre ses fa eurs, fasse le sourd et refuse d"entrer, !uand ce c#ur s"ou re à lui et implore sa isite Le troisi$me mo2en d"ac!uérir cette salutaire confiance, c"est de rappeler sou ent à notre mémoire les oracles de la sainte Fcriture !ui déclarent en mille endroits !ue celui !ui esp$re en 'ieu ne sera point confondu% 9oici enfin le !uatri$me mo2en d"a oir tout ensem&le et la défiance de nous-mêmes et la confiance en 'ieu% 0e formons aucun projet, ne prenons aucune résolution !ue nous n"a2ons aupara ant considéré notre fai&lesse ? munis alors d"une sage défiance de nousmêmes, tournons nos regards ers la puissance, la sagesse et la &onté de 'ieu et, pleins de confiance en lui, prenons la résolution d"agir et de com&attre généreusement ? a ec ces armes jointes à la pri$re 3comme nous le dirons plus tard7, marchons à la peine et au com&at% Si nous n"o&ser ons pas cet ordre, nous ris!uons fort de nous tromper, !uand &ien même tout sem&lerait nous indi!uer !ue la confiance en 'ieu est le principe de nos actions% La présomption nous est si naturelle ? elle est, pour ainsi parler, formée d"une mati$re si su&tile !u"elle s"infiltre à notre insu dans notre c#ur et se mêle impercepti&lement à la défiance de nous-mêmes et à la confiance !ue nous cro2ons a ec en 'ieu% <ene.- ous donc le plus possi&le en garde contre la présomption et, pour éta&lir nos #u res sur les deux ertus opposées à ce ice, a2e. soin !ue la considération de otre fai&lesse marche a ant la considération de la toute-puissance de 'ieu, et !ue l"une et l"autre préc$dent toutes os #u res%

C>:)4<,/ 49 'es signes, on peut reconna(tresi l"on a la défiance de soi-mêmeet la confiance en 'ieu 4l arri e à certaines personnes de s"imaginer !u"elles ont ac!uis la défiance d"elles-mêmes et la confiance en 'ieu, !uoi!ue ces ertus leur fassent enti$rement défaut% 9ous jugere. si ous partage. leur erreur à l"effet !ue os chutes produiront sur ous% Si ces chutes ous trou&lent et ous chagrinent, si elles ous +tent l"espoir d"a ancer jamais dans la ertu, c"est un signe !ue ous n"a e. pas mis otre confiance en 'ieu, mais en ousmême ? et si otre tristesse est grande et otre désespoir profond, c"est une mar!ue !ue ous a e. &eaucoup de confiance en ous-même et tr$s peu dans le Seigneur% /n effet, celui !ui se défie &eaucoup de lui-même, pour placer son espoir en 'ieu seul, ne s"étonne nullement de ses fautes ? il ne se laisse point aller au trou&le et au chagrin, persuadé !ue ces fautes sont l"effet de sa fai&lesse et de son peu de confiance en 'ieu% 4l trou e dans sa chute même une occasion de se défier de plus en plus de ses forces pour ne compter !ue sur le secours du Seigneur% )lein d"horreur pour sa faute et ses passions déréglées, il conGoit de son offense une douleur i e, tran!uille et paisi&le% 4l se remet aussit+t à l"#u re et reprend a ec un redou&lement de courage et d"ardeur la lutte !u"il faudra soutenir jus!u"à la mort contre l"ennemi du salut% )uissent ces choses être m8rement pesées par certaines personnes !ui, apr$s une chute, ne peu ent ni ne eulent se donner de repos, !ui aspirent d"aller au plus t+t trou er leur p$re spirituel et cela en ue de se décharger de l"anxiété oE les jette leur amour-propre, &ien plus !ue pour tout autre motif D /lles feraient &eaucoup mieux de s"approcher du tri&unal de la pénitence pour se purifier de leurs souillures, et aller ensuite puiser dans la sainte communion les forces nécessaires pour ne plus retom&er dans le péché%

C>:)4<,/ 9 'e l"erreur !ui fait prendre à plusieursla pusillanimité pour une ertu C"est une illusion commune à &ien des gens !ue celle !ui fait prendre pour ertu la crainte et le trou&le !ui s"empare de l"*me apr$s le péché% <rompées par le sentiment de douleur !ui se mêle à leur in!uiétude, ces personnes ne s"aperGoi ent pas !ue leur trou&le na(t d"un orgueil secret et d"une folle présomption% /lles se confiaient dans leur propre force ? con aincues par l"expérience !ue cette force ? con aincues par l"expérience !ue cette force leur man!ue, elles se trou&lent, elles s"étonnent de leur chute comme d"une chose surprenante ? et, o2ant ren ersé le frêle appui !ui faisait leur assurance, elles se laissent aller au découragement et à la crainte%

Ce malheur n"arri e pas à l"homme hum&le !ui se défie de lui-même et met son appui dans le Seigneur% S"il ient à commettre une faute, il la regrette am$rement, mais il ne s"en trou&le ni ne s"en étonne, parce !ue le flam&eau de la érité !ui l"éclaire la lui montre comme un effet naturel de sa fai&lesse et de son inconstance%

C>:)4<,/ 94 'e !uel!ues a is utilespour ac!uérir la défiance de soi-mêmeet la confiance en 'ieu )uis!ue la force !ui nous fait triompher de nos ennemis na(t principalement de la défiance de nous-mêmes et de la confiance en 'ieu, oici !uel!ues a is !ui ous aideront, a ec le secours de la gr*ce, à ac!uérir ces ertus% :pprene. donc et gra e. profondément dans otre esprit cette érité incontesta&le !u"il n"2 a ni dons naturels ou ac!uis, ni gr*ces gratuites, ni connaissance si parfaite de la sainte Fcriture, ni constance dans le ser ice de 'ieu, !ui puisse nous faire accomplir sa sainte olonté si, dans les #u res !ue nous entreprenons pour sa gloire, dans les tentations !ue nous a ons à surmonter, dans les croix !ue la )ro idence nous en oie, notre c#ur n"est aidé et éle é en !uel!ue sorte au-dessus de lui-même par sa main tout-puissante% 4l faut donc !ue, durant toute notre ie, à cha!ue jour, à cha!ue heure, à cha!ue instant nous a2ons cette érité de ant les 2eux% 'e cette faGon, jamais nous ne pourrons nous confier en nous-mêmes ? la pensée ne nous en iendra même pas% )our ce !ui regarde la confiance en 'ieu, persuade.- ous &ien !u"il ren erse nos ennemis a ec une égale facilité, !u"ils soient nom&reux ou en petit nom&re, !u"ils soient forts ou fai&les, aguerris ou inexpérimentés% @u"une *me donc soit chargée de péchés, !u"elle ait tous les défauts imagina&les, !u"elle ait épuisé tous les mo2ens de se corriger de ses ices et de prati!uer la ertu et n"ait pu a ancer d"un seul pas dans le sentier du &ien, !u"elle se soit au contraire enfoncée plus profondément dans la fange du péché, ce n"est pas une raison pour désespérer de la &onté de 'ieu, jeter les armes et a&andonner les exercices spirituels% /lle doit, au contraire, redou&ler de courage et com&attre généreusement 1 elle doit sa oir !ue la ictoire est promise à ceux !ui persé $rent dans la lutte et mettent leur confiance dans le Seigneur% Si 'ieu permet parfois !ue ses soldats soient &lessés, jamais i ne les a&andonne% Com&attre, c"est là tout le secret de la ictoire% ;n rem$de est prêt pour cha!ue &lessure, et ce rem$de guérit infailli&lement ceux !ui cherchent le Seigneur et esp$rent en son secours% Le jour !u"ils 2 penseront le moins, ils trou eront leurs ennemis étendus à leurs pieds% C>:)4<,/ 944

;n &on usage des puissances et premi$rement!u"il faut tenir l"intelligence en gardecontre l"ignorance et la curiosité Si la défiance de nous-mêmes et la confiance en 'ieu sont nos seules armes dans ce com&at, non seulement nous ne remporterons pas la ictoire, mais nous nous précipiterons dans une infinité de maux% C"est pour!uoi nous de ons à ces deux armes en ajouter une troisi$me !ue nous a ons mentionnée plus haut 1 l"exercice de nos facultés% Cet exercice consiste principalement dans le &on usage de l"intelligence et de la olonté% L"ignorance cherche à o&scurcir l"intelligence, à l"empêcher d"atteindre son o&jet propre 1 la érité% C"est l"exercice !ui doit lui rendre la clarté et la lucidité re!uises pour !u"elle soit à même de &ien discerner ce !u"elle doit faire afin de purger l"*me de ses passions déréglées et de l"orner des ertus chrétiennes% Cette lumi$re peut s"o&tenir par deux mo2ens% Le premier et le plus important est l"oraison 1 il faut demander à lC/sprit Saint de répandre la lumi$re dans nos c#urs% 4l ne ous refusera pas, si nous cherchons sinc$rement 'ieu et l"accomplissement de sa olonté, et si nous sommes disposés à soumettre en toute occasion notre jugement à celui de nos supérieurs% Le second est une continuelle application de l"esprit à examiner les choses soigneusement et de &onne foi, pour les juger conformément aux enseignements de lC/sprit Saint, et non d"apr$s le témoignage des sens et les maximes du monde% Cet examen con ena&lement fait nous-con aincra !ue ce !ue le monde corrompu aime, désire et recherche a ec tant d"empressement n"est !u"illusion et mensonge ? !ue les honneurs et les plaisirs de la terre ne sont !ue anité et affliction d"esprit ? !ue les injures et les oppro&res sont des sujets de gloire, et la souffrance une source de joie ? !ue le pardon des offenses et l"amour des ennemis constituent la raie grandeur d"*me et notre plus grand trait de ressem&la,ce a ec 'ieu ? !ue le mépris des choses d"ici-&as est préféra&le à l"empire du monde ? !ue la soumission olontaire aux créatures, même les plus iles, pour l"amour de 'ieu, est plus honora&le !ue la domination exercée sur les plus grand monar!ues ? !ue l"hum&le connaissance de soi-même est plus digne d"estime !ue la su&limité de la science ? !u"il 2 a plus de gloire érita&le à aincre et à mortifier ses moindres passions !u"à prendre d"assaut des cités nom&reuses, mettre en fuite des armées puissantes, opérer des miracles et ressusciter des morts% C>:)4<,/ 9444 'es o&stacles à la juste appréciation des choseset du mo2en de les &ien conna(tre Ce !ui nous empêche de juger sainement des choses, c"est notre tendance à nous laisser aller à l"amour ou à la haine !u"elles nous inspirent de prime a&ord% L"entendement, o&scurci par les passions, ne oit plus les choses telles !u"elles sont% )our é iter cette illusion, eille.

a ec soin à conser er une olonté enti$rement li&re de toute affection désordonnée% @uand un o&jet se présente à ous, regarde.-le des 2eux de l"intelligence, considére.-le m8rement a ant !ue la haine ous porte à le rejeter, si l"o&jet est contraire aux inclinations de otre nature, ou !ue l"amour ous le fasse em&rasser, s"il flatte os désirs% 9otre entendement, li&re encore des nuages de la passion, jouit d"une lucidité pleine et enti$re pour conna(tre la érité ? il est apte à décou rir le mal sous l"app*t d"un plaisir trompeur et à discerner le &ien sous le oile d"un mal apparent% Mais si l"amour ou la haine s"est déjà emparé de la olonté, l"entendement est incapa&le de &ien juger% La passion !ui s"est placée entre l"o&jet et l"entendement offus!ue ce dernier au point de lui faire oir l"o&jet tout autrement !u"il n"est en réalité ? l"entendement le propose alors sous ce faux jour à la olonté, et celle-ci dans son exaltation se laisse entra(ner à l"amour ou à la haine contre toutes les lois de la raison% La passion o&scurcit de plus en plus l"intelligence, et l"intelligence ainsi o&scurcie fait para(tre à la olonté cet o&jet plus aima&le ou plus odieux !ue jamais% C"est ainsi !ue, faute d"o&ser er la r$gle !ue j"ai posée et !ui est ici d"une importance extrême, l"intelligence et la olonté, ces facultés si no&les de notre *me, ne font pour ainsi dire !ue tourner miséra&lement dans un cercle et tom&er de tén$&res en tén$&res, d"erreurs en erreurs, jus!u"au plus profond de l"a&(me% <ene.- ous donc &ien en garde, *me chrétienne, contre toute affection désordonnée ? ne ous attache. à !uel!ue o&jet !ue ce soit, !ue ous ne l"a2e. aupara ant examiné a ec soin, et reconnu pour ce !u"il est à la lumi$re de l"intelligence, et plus encore à la lumi$re de la gr*ce de l"oraison et des conseils de otre directeur% Ces précautions, ous de e. les prendre en certaines actions extérieures !ui, de soi, sont &onnes et saintes, plus encore !u"en d"autres moins loua&les, parce !u"on 2 est plus sujet à l"inconsidération et à l"erreur% Le mau ais choix du temps ou du lieu, un défaut de mesure, un man!ue d"o&éissance pourraient ous les rendre tr$s pernicieuses, ainsi !u"on peut s"en con aincre par l"exemple de &on nom&re de personnes !ui se sont perdues dans les minist$res les plus saints et les plus augustes%

C>:)4<,/ 4H '"un autre défaut à é iterpour &ien juger de ce !ui nous est utile ;n autre défaut contre le!uel nous de ons tenir notre intelligence en garde, c"est la curiosité% Ce ice, en remplissant notre esprit d"une multitude de pensées aines ou coupa&les le rend compl$tement impropre aux connaissances !ue réclament la mortification de nos passions et notre a ancement spirituel%

So2e. donc tout à fait mort aux choses de la terre ? ne recherche. point celles !ui ne sont pas nécessaires, fussent-elles permises% ,estreigne. le plus possi&le les limites dans les!uelles se meut otre entendement ? prene. plaisir à le rendre insensé aux 2eux des hommes% @ue les affaires du si$cle, !ue les ré olutions, grandes ou petites, dont le monde est le thé*tre, soient pour ous comme si elles n"étaient pas ? et si ces anités eulent s"introduire dans otre esprit, ferme.-leur le passage et chasse.-les loin de ous% So2e. so&re et hum&le, même en ce !ui regarde la connaissance des choses célestes, ne oulant sa oir !ue Jésus crucifié, sa ie, sa mort, et ce !u"il demande de ous% <out le reste, éloigne.-le de otre pensée et ous sere. singuli$rement agréa&le à 'ieu, !ui regarde comme ses enfants &ien-aimés ceux !ui se contentent de lui demander les gr*ces nécessaires pour aimer sa &onté infinie et accomplir sa sainte olonté% <oute autre demande, toute autre recherche n"est !u"amour-propre, orgueil et pi$ge du démon% /n sui ant ces conseils, ous échappere. aux em&8ches !ue l"anti!ue serpent tend sous les pas des personnes !ui s"adonnent aux exercices de la ie spirituelle% 9o2ant leur olonté affermie dans le &ien, il s"atta!ue à leur entendement, afin !ue de enu ma(tre de l"un, il par ienne à s"emparer de l"autre% )our arri er à son &ut, il leur inspire des pensées su&limes, i e. et curieuses, surtout si ce sont des esprits su&tils, éle és et enclins à l"orgueil% <rompés par les charmes !u"ils trou ent à ces ains raisonnements et par la persuasion !u"ils ont de jouir de la présente de 'ieu, ils ou&lient de purifier leur c#ur et de s"appli!uer à se conna(tre eux-mêmes et à mortifier leurs passions% )ris de la sorte aux pi$ges de l"orgueil, ils se font une idole de leur intelligence% 4ls en iennent peu à peu, et sans s"en aperce oir, à se persuader !u"ils n"ont &esoin des conseils et de la conduite de personne, ha&itués !u"ils sont d"a oir, en toute rencontre, recours à l"idole de leur propre jugement% C"est là une maladie gra e et fort difficile à guérir% L"orgueil de l"entendement présente &ien plus de dangers !ue l"orgueil de la olonté% Ce dernier orgueil, en effet, étant connu de l"intelligence, se guérira sans trop de difficulté, le jour oE nous nous déciderons à o&éir à nos supérieur% Mais celui !ui a la con iction !ue son sentiment est préféra&le à celui des autres, par !ui et comment pourra-t-il être guéri - Comment se soumettre au jugement d"autrui, !uand on le trou e moins &on !ue le sien propre Si l"entendement !ui est l"#il de l"*me et à !ui seul il est donné de décou rir et de panser la plaie de la olonté orgueilleuse, si l"entendement, dis-je, est mal disposé, s"il est a eugle et rempli du même orgueil, !ui est-ce !ui pourra le guérir -

Si la lumi$re de ient tén$&res, si la r$gle se trompe, comment le reste ira-t-il =ppose.- ous donc de &onne heure à cet orgueil si funeste, et n"attende. pas !u"il ait pénétré jus!u"à la moelle de os os% Fmousse. la pointe de otre esprit ? aime. à soumettre otre opinion à celle d"autrui ? de ene. fou pour l"amour de 'ieu, et ous sere. plus sage !ue Salomon%

C>:)4<,/ H 'e l"exercice de la olonté, et de la fin!ue nous de ons nous proposerdans toutes nos actions,tant les extérieures !ue les intérieures :pr$s a oir appris à &ien user de otre entendement, il ous reste à régler otre olonté, à la détacher de ses propres désirs pour la rendre enti$rement conforme à la olonté de 'ieu% ,emar!ue. &ien !u"il ne suffit pas de ouloir et de faire les choses !ue ous cro2e. les plus agréa&les à 'ieu ? ous de e. en outre les ouloir et les faire sous l"impulsion de la gr*ce et dans la seule ue de plaire au Seigneur% C"est ici surtout, plus encore !ue dans le précédent com&at, !ue nous aurons à lutter contre notre nature% <oujours occupée d"elle-même, elle ne songe en toutes choses, plus parfois dans les choses spirituelles !ue dans les autres, !u"à ses commodités et à sa satisfaction propre% /lle en fait en !uel!ue sorte sa nourriture et elle s"en repa(t a idement, comme d"un mets !ui ne doit lui inspirer aucune défiance% 'e là ient !u"aussit+t !u"une #u re nous est proposée, nous l"en isageons et nous la désirons, non sous l"impulsion de la olonté de 'ieu et dans le &ut de lui plaire, mais pour le plaisir et le contentement !ue nous trou ons à ouloir ce !ue 'ieu eut% L"illusion en ce point est d"autant plus facile !ue l"o&jet de nos désirs est meilleur en soi% L"amour-propre trou e à se glisser jus!ue dans le désir !ue nous a ons de nous unir à 'ieu% /n formant ce désir, nous prenons sou ent plus garde à notre intérêt et à notre satisfaction !u"à la olonté même de 'ieu, et nous ou&lions !ue ce 'ieu demande et exige d"être aimé, désiré et ser i uni!uement en ue de sa gloire% )our é iter ce pi$ge !ui ous empêcherait d"a ancer dans la oie de la perfection, et pour ous ha&ituer à ne rien ouloir et à ne rien faire !ue sous l"impulsion de la gr*ce et dans le seul &ut d"honorer et de satisfaire celui !ui eut être le principe et le &ut uni!ue de toutes

nos actions et de toutes nos pensées, oici le mo2en !ue ous a e. à prendre% @uand une occasion se présente de faire !uel!ue &onne #u re, attende. pour ous 2 porter !ue ous a2e. premi$rement éle é otre esprit à 'ieu, afin de ous assurer !u"il eut !ue ous la fassie., et !ue ous-même ous ne la oule. !ue pour ous conformer à sa olonté et lui être agréa&le% 9otre olonté ainsi excitée et attirée par celle de 'ieu, se pliera facilement à ouloir ce !ue 'ieu eut, parc !u"il le eut, uni!uement en ue de son &on plaisir et de sa gloire% :gisse. de même à l"égard des choses !ue 'ieu ne eut pas ? ne les rejete. !u"apr$s a oir arrêté l"#il de otre intelligence sur cette olonté de 'ieu !ui eut !ue ous les rejetie. en ue de lui plaire% 4l faut toutefois o&ser er !ue la nature a mille artifices pour nous induire en erreur% /n se cherchant elle-même, elle nous persuade !ue nous agissons dans le &ut de plaire au Seigneur, tandis !ue nous a ons toute autre chose en ue% 'e là ient !ue ce !ue nous em&rassons ou rejetons par pur intérêt, nous cro2ons sou ent l"em&rasser ou le rejeter dans le &ut de plaire à 'ieu ou dans la crainte de lui déplaire% À cette illusion si dangereuse, il 2 a un rem$de essentiel, radical 1 la pureté du c#ur% /lle consiste à nous dépouiller du ieil homme et à nous re êtir du nou eau% C"est, on le oit, le &ut au!uel doi ent tendre tous nos efforts dans ce com&at spirituel% Mais pour ne pas trop entreprendre à la fois, oici le mo2en !ue je ous propose, maintenant !ue ous êtes encore plein de ous-même% :u commencement de os actions, appli!ue.- ous à ous dépouiller autant !ue possi&le de tout mélange oE ous soupGonne. !u"il entre un élément humain, et à ne rien ouloir, rien em&rasser, rien rejeter !ue ous ne ous 2 sentie. aupara ant poussé ou attiré par le seul motif de la olonté de 'ieu% Si dans toutes os actions, et particuli$rement dans les mou ements intérieurs de l"*me et les actes extérieurs !ui ne durent !u"un instant, ous ne pou e. pas sentir toujours l"influence actuelle de ce motif, faites en sorte du moins !u"il se trou e irtuellement dans chacune de os actions en conser ant l"intention générale de les faire toutes pour plaire au Seigneur% Mais dans les actions !ui ont !uel!ue durée, ce n"est pas asse. d"exciter en ous ce motif au moment de ous mettre à l"#u re ? il faut le renou eler sou ent et le tenir é eillé jus!u"à la fin% Sinon, ous coure. le ris!ue d"être pris au pi$ge de l"amour-propre% <oujours plus enclin à retom&er sur lui-même !u"à s"éle er ers 'ieu, l"amour-propre profite de l"instant de répit !ue nous lui donnons pour nous faire changer insensi&lement d"intention et d"o&jet% Le chrétien !ui man!ue de igilance à cet égard peut, il est rai, commencer ses actions dans le seul &ut de plaire à 'ieu ? mais peu à peu et comme à son insu, il se laisse aller au sentiment de la aine gloire, si &ien !u"ou&liant la olonté di ine, il s"en détourne pour s"attacher au plaisir !u"il trou e en son #u re, et à l"utilité ou à l"honneur !u"il peut en retirer% Si 'ieu lui-même lui en oie une infirmité, un contretemps, un o&stacle !uelcon!ue

!ui l"empêche de continuer son #u re, il tom&e dans le trou&le et l"in!uiétude ? il se plaint tant+t de celui-ci, tant+t de celui-là, !uand il ne a pas jus!u"à se plaindre de 'ieu même% C"est là une preu e é idente !ue son intention n"était pas dirigée uni!uement ers 'ieu, mais !u"elle enait d"une racine g*tée et d"un fond corrompu% @uicon!ue, en effet, suit l"impulsion de la gr*ce et agit en ue de plaire à 'ieu n"a de préférence pour rien% 4l ne eut !ue ce !ue 'ieu eut, de la mani$re et au temps !u"il lui pla(t% @uelle !ue soit l"issue de ses entreprises, il est heureux et tran!uille% 'e toute faGon, il arri e à la fin !u"il s"était proposée 1 l"accomplissement de la olonté di ine% <ene.- ous donc &ien recueilli en ous-même et so2e. attentif à rapporter toutes os actions à une fin si no&le et si parfaite% /t si, parfois, la disposition de otre *me ous porte à faire le &ien dans le &ut d"é iter les peines de l"enfer, ous pou e., en cela encore, ous proposer pour fin derni$re de plaire au Seigneur et de satisfaire le désir !u"il a de ous oir échapper à l"enfer et entrer dans son ro2aume% Jamais on ne comprendra tout ce !ue ce motif renferme de force et de ertu% L"action l plus hum&le, faite en ue de plaire à 'ieu seul et de procurer sa gloire, l"emporte infiniment sur les #u res les plus importantes faites dans un autre &ut% C"est ainsi !ue l"aum+ne d"un denier, faite uni!uement pour plaire à sa di ine majesté, est plus agréa&le au Seigneur !ue l"a&andon d"une fortune immense faite dans le &ue, si &on pourtant et si désira&le, de se procurer ainsi la jouissance des &iens éternels% Cette prati!ue de faire toutes nos actions en ue de plaire à 'ieu pourra d$s le principe ous para(tre péni&le ? mais l"usage ous la rendra aisée et facile% )our cela, tourne. ers 'ieu les désirs et les affections de otre c#ur? aspire. à lui comme à otre uni!ue et suprême trésor, comme au &ien infiniment parfait, digne, à cause de sa perfection même, d"être recherché, ser i et sou erainement aimé par toutes les créatures% )lus notre intelligence s"attachera à considérer les titres infinis !ue 'ieu présente à nos hommages et à notre amour, plus les affections de notre olonté de iendront tendres et fré!uentes, et partant, plus ite et plus facilement se formera en nous l"ha&itude de rapporter toutes nos actions à 'ieu% J"ajoute un dernier a is% )our o&tenir cette gr*ce incompara&le, demande.-la instamment au Seigneur, et considére. sou ent les &ienfaits sans nom&re !u"il ous a accordés et !u"il ous accorde encore tous les jours, sans aucun a antage pour lui-même et par un pur effet de son amour%

C>:)4<,/ H4 'e !uel!ues considérations!ui peu ent porter notre olonté à se conformeren tout au &on

plaisir de 'ieu )our amener plus facilement otre olonté à ne ouloir en toute chose !ue le &on plaisir et la gloire de 'ieu, rappele.- ous !u"il ous a, le premier, entouré de témoignages d"honneur et de mar!ues d"amitié% C"est lui !ui ous a tiré du néant, ous a formé à son image et a fait toutes les autres créatures pour otre ser ice% C"est lui !ui ous a donné pour rédempteur non pas un ange, mais son Bils uni!ue luimême, a ec mission de ous racheter non pas à prix d"argent et d"or, !ui sont des choses corrupti&les, mais au prix de son sang précieux et de sa mort cruelle et ignominieuse% C"est lui !ui, à toute heure, à tout instant ous garde contre os ennemis, com&at a ec ous par sa gr*ce et tient à otre disposition, comme défense et comme nourriture, le corps de son Bils &ien-aimé% 0e sont-ce pas là autant de preu es irrécusa&les de l"estime et de l"amour !ue ce grand 'ieu pour des créatures aussi iles, aussi miséra&les !ue nous, jamais personne ne la pourra conce oir, comme aussi personne ne comprendra jamais la reconnaissance !ue nous de ons à cette majesté sou eraine pour les &ienfaits signalés !u"elle nous a si li&éralement accordés% Si les grands de la terre se croient o&ligés de rendre aux pau res et aux personnes de &asse condition les mar!ues de respect !u"ils en reGoi ent, !ue fera notre &assesse pour répondre à l"estime et à l"amour dont la majesté di ine se pla(t a nous honorer <ene. par-dessus tout cette érité profondément gra ée dans otre mémoire !ue l"infinie majesté de 'ieu mérite d"être honorée et ser ie uni!uement dans le &ut de lui plaire%

C>:)4<,/ H44 'es différentes olontés de l"hommeet de la guerre !u"elles se font entre elles Iien !u"il 2 ait en nous deux olontés, l"une !ui fait partie de la raison et !ue l"on appelle à cause de cela olonté raisonna&le et supérieure, l"autre !ui a son si$ge dans les sens et !u"on désigne sous le nom de olonté inférieure et sensuelle, ou plus communément sous les noms d"appétit, de sens, de passion ? toute fois, comme on n"est homme !ue par la raison, ce n"est pas, à proprement parler, ouloir une chose !ue d"2 être porté par le seul mou ement des sens ? il faut, pour !u"il 2 ait ouloir érita&le, l"assentiment de la olonté supérieure%

La guerre spirituelle !ue nous a ons à soutenir ient principalement de ce !ue la olonté raisonna&le a, au-dessus d"elle, la olonté di ine, et, au-dessous, la olonté des sens ? placée au milieu, elle se trou e engagée dans un com&at sans trê e, chacune de ces deux olontés cherchant à l"attirer à son parti et à l"assujettir à sa puissance% Ce com&at, au dé&ut surtout, est extrêmement péni&le à ceux !ui, apr$s a oir contracté de mau aises ha&itudes, prennent la résolution de changer de ie et de s"arracher aux étreintes du monde et de la chair pour se dé ouer au ser ice et à l"amour de Jésus-Christ% /n &utte aux assauts de la olonté souffre cruellement des coups multipliés !u"elle reGoit% <out autre est la condition de ceux !ui se sont déjà fait de la ertu ou du ice une ha&itude in étérée et se proposent de continuer le genre de ie dans le!uel ils se sont engagés% Les uns, formés à la ertu, se soumettent sans difficulté à la olonté de 'ieu, les autres, corrompus par le ice, se plient sans résistance aux exigences des passions% Mais !ue personne ne s"imagine pou oir ac!uérir une ertu solide et ser ir 'ieu comme il faut, s"il n"est résolu à se faire iolence à lui-même% 4l ne suffit pas en effet de renoncer aux plaisirs coupa&les 1 il faut, en outre, se détacher de toute affection terrestre% C"est ce !ui fait !ue peu d"*mes arri ent à la perfection chrétienne% :pr$s a oir surmonté, au prix de grands efforts, les ices plus considéra&les, elles reculent de ant la iolence !u"elles ont à se faire pour résister à une infinité de petites olontés et de passions moins considéra&les !ui se fortifient par les succ$s continuels !u"elles remportent, et finissent par exercer un empire a&solu sur leur c#ur% C"est ainsi !u"il se rencontre des personnes !ui, sans ouloir s"approprier le &ien d"autrui, s"attachent outre mesure à ce !u"elles poss$dent% /lles ne eulent pas arri er aux honneurs par des mo2ens défendus, mais elles ne les fuient pas comme elles de raient le faire ? elles les désirent même et emploient pour 2 par enir des mo2ens !u"elles croient honora&les% /lles o&ser ent les je8nes dCo&ligation, mais elles aiment la &onne ch$re et les mets délicats% /lles i ent dans la continence, mais elles s"affectionnent à certains plaisirs !ui nuisent considéra&lement à la ie spirituelle et à l"union de l"*me a ec 'ieu% Ce sont là toutes choses fort dangereuses pour les personnes même les plus saintes, et plus particuli$rement pour celles !ui les craignent le moins ? nous ne saurions donc les é iter a ec trop de soin% Cet attachement aux choses de la terre est cause encore !ue l"on fait ses &onnes #u res a ec tiédeur et !u"on 2 mêle &eaucoup d"amour-propre et d"imperfections cachées, une estime exagérée de soi-même et un désir secret d"être loué et applaudi par les hommes% Ceux !ui se laissent aller à ces défauts, non seulement n"a ancent pas dans la oie du salut, mais retournant en arri$re, ils courent grand ris!ue de retom&er dans leurs anciens ices, parce !uCils n"aiment point la ertu érita&le, !u"ils sont peu reconnaissants en ers JésusChrist !ui les a déli rés de la t2rannie du démon et !ue, fermant les 2eux sur le péril !u"ils

courent, ils s"endorment dans une trompeuse sécurité% Baisons remar!uer ici une illusion d"autant plus dangereuse !u"elle est plus difficile à décou rir% )armi les personnes !ui s"adonnent à la ie spirituelle, il s"en rencontre un &on nom&re !ui s"aimant trop elles-mêmes, ou plut+t ignorant la &onne mati$re de s"aimer, choisissent parmi les exercices spirituels ceux !ui sont plus conformes à leur go8t, et laissent là ceux !ui ont à l"encontre de leurs penchants naturels, sur les!uels pourtant ils de raient concentrer tout l"effort de la lutte% Je ous conseille donc, *me chrétienne, et je ous conjure d"aimer la peine !u"on éprou e à se aincre soi-même% C"est de là !ue tout dépend 1 la ictoire sera d"autant plus prompte et plus assurée !ue ous aimere. da antage les difficultés !ue la lutte présente à ceux-là surtout !ui marchent pour la premi$re fois à la con!uête de la ertu% /t si ous a e. plus d"ardeur pour la fatigue du com&at !ue pour les douceurs de la ictoire, nul doute !ue ous n"arri ie. plus promptement encore au terme de os désirs%

C>:)4<,/ H444 'e !uelle mani$re il faut com&attre la sensualité,et !uels actes la olonté doit produirepour ac!uérir les ha&itudes des ertus% Lors!ue ous sente. la olonté de 'ieu et l"appétit sensitif se disputer la possession de otre c#ur, ous de re., pour faire triompher en ous la olonté di ine, prendre les mo2ens sui ants% '$s !ue les mou ements de l"appétit sensitif s"él$ ent en ous, oppose.-leur une igoureuse résistance, de peu !u"ils n"entra(nent à leur suite la olonté supérieure% Ces premiers mou ements apaisés, ré eille.-les en ous pour les réprimer a ec plus de force et de igueur% )ro o!ue.-les ensuite à un troisi$me com&at, afin de ous accoutumer à les repousser a ec horreur et dédain% Ces deux derniers mo2ens sont excellents pour dompter les appétits désordonnés, hormis pourtant les passions charnelles dont nous parlerons en un autre endroit% /nfin, produise. des actes opposés aux passions !ue ous oule. aincre% ;n exemple éclaircira ma pensée%

9ous êtes, je suppose, porté aux mou ements d"impatience% Si ous êtes &ien recueilli en ous-même et attentif à ce !ui se passe dans otre intérieur, ous remar!uere. !ue ces mou ements s"atta!uent sans rel*che à la olonté supérieure pour la faire fléchir et o&tenir son consentement% ;se. alors du premier mo2en !ue nous a ons indi!ué ? oppose. à chacun de ces mou ements une résistance opini*tre, et faites tous os efforts pour empêcher la olonté d"2 donner son consentement% 0"a&andonne. pas la lutte a ant !ue l"ennemi, a&attu et terrassé, ous ait rendu les armes% Mais o2e. la malice du démon% Lors!u"il s"aperGoit !ue nous résistons courageusement aux mou ements d"une passion !uelcon!ue, il cesse de les exciter en nous, et cherche même à les apaiser% 4l eut par là nous empêcher d"ac!uérir, à l"aide de cet exercice, l"ha&itude de la ertu contraire, et nous faire tom&er dans les pi$ges de la aine gloire et de l"orgueil, en nous insinuant !u"il ne nous a fallu, comme aux aillants soldats, !u"un instant pour faire tom&er l"ennemi à nos pieds% 9ous passere. donc au second com&at 1 ous rappellere. à otre mémoire et ré eillere. en ous-même les pensées !ui ous ont excité à l"impatience, et !uand ous sentire. l"émotion gagner la partie sensiti e, ous en réprimere. les mou ements a ec un redou&lement de force et de igueur% Iien !ue nous repoussions nos ennemis en ue de &ien faire et de nous rendre agréa&les à 'ieu, il n"en est pas moins rai !ue &ien sou ent nous n"a ons pas pour eux toute la haine !u"ils méritent, et !u"ainsi nous courons le ris!ue de succom&er à de nou elles atta!ues% )our échapper à ce danger, li re.-leur un troisi$me assaut et chasse.-les loin de ous, non seulement a ec des sentiments d"a ersion, mais a ec un suprême mépris, jus!u"à ce !u"ils ne soient plus pour ous !u"un o&jet d"honneur et d"a&omination% /nfin, pour orner et enrichir otre *me des ha&itudes des ertus, il faut produire des actes intérieurs directement contraires à os passions déréglées% 9ous oule., par exemple, ac!uérir l"ha&itude de la patience, et oilà !u"une mar!ue de mépris !u"on ous donne fait na(tre en ous un mou ement d"impatience% 0e cro2e. pas !u"il ous suffise des prendre les trois mo2ens !ue j"ai indi!ués plus haut ? non, il faut en outre aimer l"affront !u"on ous fait, désirer d"être sou ent méprisé de la même mani$re et par la même personne, et ous disposer à souffrir de plus grands outrages encore% La nécessité oE nous sommes pour arri er à la perfection de poser des actes de ertus contraires aux ices !ui nous assi$gent ient de ce !ue les autres actes, si igoureux et si multipliés !u"ils soient, sont impuissants à arracher la racine du mal% 0e sortons point de notre exemple% @uoi!ue nous refusions notre consentement aux mou ements d"impatience !ue les affronts é eillent en nous, !ue nous emplo2ions même

pour les dompter les trois mo2ens mentionnés plus haut, il n"en est pas moins rai !u"à moins de nous ha&ituer, à l"aide d"actes sou ent répétés, à aimer les oppro&res et à nous en réjouir, jamais nous ne pourrons nous dé&arrasser enti$rement du ice de l"impatience !ui a pour racine l"horreur de tout ce !ui a à l"encontre du &esoin d"estime !ue nous ressentons naturellement en nous-mêmes% :ussi longtemps !ue cette racine icieuse demeure i ante en notre c#ur, elle pousse continuellement des rejetons !ui rendent la ertu languissante et finissent parfois par l"étouffer enti$rement, sans compter !u"elle nous tient dans un péril continuel de retom&er à la premi$re occasion !ui se présentera% 4l suit de là !ue, si nous ne posons des actes contraires aux ices !ue nous oulons com&attre, jamais nous n"ac!uerrons l"ha&itude solide des ertus% /ncore faut-il !ue ces actes soient sou ent répétés% L"ha&itude du ice s"est formée en nous par la multiplication des actes icieux 1 il faut donc des actes multipliés pour l"extirper de notre c#ur et 2 introduire l"ha&itude de la ertu% Je ais plus loin, et je dis !u"il faut plus d"actes &ons pour former en nous l"ha&itude de la ertu !ue d"actes mau ais pour 2 créer l"ha&itude du ice, par la raison !ue la corruption de notre nature fa orise cette derni$re ha&itude, et a à l"encontre de la premi$re% J"ajoute aux précédentes o&ser ations !ue, si la ertu à la!uelle ous ous exerce. le comporte, ous de e. joindre aux actes intérieurs les actes extérieurs correspondants% :insi, pour nous tenir toujours au même exemple, ous de e. répondre a ec douceur et charité à ceux !ui ous maltraitent et profiter des occasions !ue ous aure. de leur rendre ser ice% Si fai&les !ue ous paraissent ces actes intérieurs et extérieurs, otre olonté sem&l*t-elle même n"2 point a oir de part, garde.- ous &ien de les a&andonner 1 nono&stant leur fai&lesse apparente, ils ous soutiennent dans le com&at et ous aplanissent le chemin de la ictoire% So2e. attentifs à ce !ui se passe au-dedans de ous et attache.- ous à com&attre jus!u"aux moindres mou ements désordonnés !ue ous 2 décou rire.% Les petites passions ou rent la oie aux grandes, et les ha&itudes icieuses finissent par s"emparer de notre *me% Com&ien, pour a oir négligé de résister aux atta!ues lég$res d"une passion dont ils a aient repoussé les plus iolents assauts, com&ien, dis-je, atta!ués ensuite plus igoureusement au moment oE ils 2 songeaient le moins, ont su&i une défaite plus désastreuse !ue jamais% Je ous conseille encore de ous appli!uer à mortifier os désirs, même dans les choses permises% Cette mortification ous procurera de grands a antages et ous rendra plus facile

et plus prompte la ictoire à remporter sur ous-même dans les choses défendues% 9ous en de iendre. plus fort et plus aguerri dans le com&at !ue ous soutene. contre os tentations ? ous é itere. di erses em&8ches du démon et ous ous rendre. en même temps tr$s agréa&le au Seigneur% Laisse.-moi ous parler clairement% Si ous persé ére. dans ces exercices si salutaires, si propres à réformer otre intérieur et à ous faire triompher de ous-même, je ous promets !ue ous a ancere. à grands pas dans la oie de la perfection et !ue ous de iendre. érita&lement spirituel, et non pas de nom seulement% Mais si ous ous engage. dans une autre oie, si ous choisisse. d"autres prati!ues, !uel!ue excellentes !ue ces prati!ues ous paraissent, !uel!ues délices !ue ous 2 go8tie., eussie.- ous même la persuasion d"être étroitement uni à 'ieu et de ous entretenir intimement a ec lui, so2e. con aincu !ue jamais ous n"ac!uerre. la érita&le spiritualité% La perfection, ous ai-je dit au chapitre premier, ne consiste pas dans les prati!ues !ui charment et flattent notre nature, mais dans les exercices !ui l"attachent à la croix a ec toutes ses affections% C"est par là !ue les ertus s"ac!ui$rent et !ue l"homme intérieurement renou elé s"unit à son Sau eur crucifié et à son di in Créateur% S"il est clair pour tous !ue les ha&itudes icieuses se forment par les actes réitérés de la olonté supérieure cédant aux appétits des sens, il n"est pas moins é ident !ue les saintes ha&itudes s"ac!ui$rent par la fré!uente répétition d"actes conformes à la olonté di ine !ui nous appelle à prati!uer tant+t une ertu, tant+t une autre% 'e même !ue la olonté, malgré les assauts iolents !u"elle su&it du c+té des sens et des passions, ne peut de enir l"escla e du ice et des désirs terrestres, si elle ne c$de elle-même à l"effort de la tentation ? de même aussi elle ne peut, !uel!ue forte !ue soit l"action de la gr*ce, de enir érita&lement ertueuse et unie à 'ieu, si elle ne se conforme par ses actes intérieurs, et au &esoin par ses actes extérieurs, aux inspirations de la gr*ce di ine%

C>:)4<,/ H49 'e la conduite à tenir!uand la olonté sem&le aincueet dominée par l"appétit sensitif S"il ous sem&le parfois impossi&le de repousser les assauts des passions et des ennemis !ui ous o&s$dent, et cela parce !ue ous ne sente. point en ous-même une olonté efficace de leur résister, tene. &on cependant 1 ous a e. le droit de ous croire ictorieux, aussi longtemps !ue ous n"aure. point la certitude d"a oir succom&é% Comme la olonté supérieure n"a pas &esoin de l"appétit sensitif pour produire les actes !ui lui sont propres, jamais la iolence de l"atta!ue ne peut, malgré elle, la forcer à s"a ouer

aincue% 'ieu a doué notre olonté d"une li&erté et d"une force telles !u"alors même !ue toutes les passions, tous les démons et toutes les créatures se ligueraient ensem&le pour la com&attre, elle conser erait, en dépit de leurs efforts, une li&erté compl$te de faire ce !u"elle eut et de ne pas faire ce !u"elle ne eut pas, et cela autant de fois, aussi longtemps, de la mani$re et pour la fin !ue &on lui sem&le% Si os ennemis ous atta!uent et ous pressent a ec tant de iolence !ue otre olonté, en !uel!ue sorte étouffée, ne puisse plus reprendre haleine pour se dégager de leur étreinte, ne perde. point courage, et ne jete. point les armes 1 mais appele. la parole à otre aide et crie. au tentateur 1 jamais je ne c$derai à les suggestions% :rri$re, arri$re 1 je ne eux point de toi% Baites comme un homme !ui, se trou ant aux prises a ec un ennemi acharné et ne pou ant le percer de son épée, le frappe a ec le pommeau% /t de même !u"il s"efforce de reculer de !uel!ues pas pour pou oir donner de la pointe à son ad ersaire, ainsi retire.- ous en ous-même, considére. otre impuissance et otre néant, et, ranimant otre confiance en 'ieu, élance.- ous sur la passion ennemie, en ous écriant 1 :ide.-moi, + Seigneur et mon 'ieu ? Jésus et Marie, ene. à mon secours, de peur !ue je ne succom&e% /t si l"ennemi ous en laisse le temps, appele. l"entendement au secours de la olonté% Baites les considérations !ui ous sem&leront les plus propres à rele er otre courage et à ranimer os forces épuisées% )renons un exemple% 9ous êtes, je suppose, sous le poids d"une persécution ou de toute autre peine ? et ous ous sente. porté à l"impatience au point de ne pou oir ou de ne ouloir plus rien souffrir% Bortifie. otre olonté en arrêtant otre pensée sur les considérations sui antes ou sur d"autres sem&la&les% J )remi$rement, o2e. si ous ne mérite. pas le mal !ue ous endure., et si ous n"2 a e. pas donné occasion ? si ce mal est arri é par otre faute, dites- ous !ue ce n"est !ue justice de souffrir patiemment les &lessures !ue l"on s"est à soi-même% J 'euxi$mement, si ous n"a e. rien à ous reprocher à cet égard, rappele. à otre sou enir les fautes dont 'ieu ne ous a pas encore ch*tié ou !ue ous n"a e. pas encore expiées ous-même par la pénitence et, o2ant !ue 'ieu daigne en sa miséricorde commuer la peine éternelle ou temporelle !ui ous était réser ée dans l"autre monde en cette peine incompara&lement plus lég$re !u"il ous en oie ici-&as, rece e.-la non seulement a ec joie, mais a ec actions de gr*ces% J <roisi$mement, si ous o2e. a oir fait &eaucoup de pénitences et peu offensé la majesté di ine 3pensée contre la!uelle il faut ous prémunir toujours7, songe. !u"on n"entre dans le ro2aume des cieux !ue par la porte étroite des tri&ulations%

J @uatri$mement, considére. !ue si une autre oie ous était ou erte, la loi d"amour de rait ous empêcher de la sui re, puis!ue le Bils de 'ieu et les saints, !ui sont ses mem&res, sont entrés au Ciel par un chemin semé d"épines et de croix% /nfin, ce !ue ous de e. surtout en isager ici et en toutes choses, c"est la olonté de 'ieu 1 il a tant d"amour pour ous !u"il prendra un plaisir extrême à oir les actes de ertu et de mortification !ue ous accomplire. pour correspondre à son affection et ous montrer fid$le et généreux défenseur de sa cause% <ene. pour certain !ue plus la persécution sera injuste et odieuse de la part de son auteur, et partant plus péni&le pour ous, plus aussi otre constance sera agréa&le au Seigneur% /lle lui montrera !ue, jus!ue dans les choses répréhensi&les en elles-mêmes et pour ous remplies d"amertume, ous sa e. approu er et aimer cette olonté adora&le !ui fait plier sous sa loi les é énements !ui lui sont le plus contraires et les ramener à l"ordre in aria&le de sa )ro idence%

C>:)4<,/ H9 @uel!ues a is touchant la mani$re de com&attre,et spécialement contre !uiet a ec !uel courage il faut le faire 9ous connaisse. les mo2ens à prendre pour ous aincre ous-même et em&ellir otre *me des ornements de la ertu% :pprene. aujourd"hui !ue, pour triompher de os ennemis a ec plus de promptitude et de facilité, il est éminemment utile, nécessaire même, !ue ous déclarie. une guerre continuelle à os ices et tout spécialement à l"amour-propre, et !ue ous ous accoutumie. à aimer, comme os plus ch$res délices, les mépris et les outrages !ue le monde ous prodiguera% Si les ictoires sont difficiles, rares, incompl$tes et peu dura&les, il faut, ainsi !ue je l"ai insinué déjà, en attri&uer la cause au peu de soin !ue l"on apporte à se préparer à ce com&at et au peu d"estime !u"on en fait% Sache., en outre, !ue ce com&at doit être soutenu a ec un courage à toute épreu e% Ce courage, ous l"o&tiendre. infailli&lement si ous le demande. à 'ieu et si, apr$s a oir considéré la rage de os ennemis, la haine implaca&le !ui les anime et les &ataillons nom&reux dont ils disposent, ous songe. !ue la &onté de 'ieu et son amour pour ous l"emportent infiniment sur la haine des démons, et !ue les anges et les élus !ui com&attent a ec ous sont plus nom&reux !ue les satellites de Satan% C"est cette considération !ui a rendu tant de fai&les femmes ictorieuses de la puissance et de la sagesse du monde, des assauts des passions et de la rage de l"enfer%

@ue l"ennemi donc redou&le d"efforts, !ue la lutte se prolonge au point de ous faire croire !u"elle ne finira !u"a ec otre ie, !u"elle ous menace de plusieurs c+tés à la fois d"une ruine pres!ue certaine, ce n"est pas une raison de ous épou anter% Sans re enir sur ce !ue nous a ons déjà dit, ous de e. sa oir !ue toutes les forces et tous les artifices de nos ennemis sont dans les mains du di in capitaine pour l"honneur du!uel nous com&attons% )uis!u"il a ce com&at en si grande estime et !u"il nous 2 appelle a ec tant d"instances, il ne permettra pas !ue os ennemis ous surprennent, mais il com&attra lui-même pour ous et les li rera aincus entre os mains, à l"heure !ui lui plaira, mais toujours à otre plus grand a antage, d8t-il différer la ictoire jus!u"au dernier jour de otre ie% <out ce !u"il demande de ous, c"est !ue ous com&attie. généreusement et !ue, si nom&reuses !ue soient os &lessures, ous ne déposie. jamais les armes, ni ne prenie. la fuite% /nfin, pour soutenir igoureusement la lutte, sache. !u"elle est iné ita&le, et !ue refuser le com&at, c"est assurer otre défaite et otre ruine% 9ous a e. affaire à des ennemis si acharnés à otre perte, !u"il n"2 a ni paix, ni trê e à espérer de leur part%

C>:)4<,/ H94 Comment le soldat de Jésus-Christdoit se mettre en campagne d$s le matin La premi$re chose !ue ous a e. à faire à otre ré eil, cCest dCou rir les 2eux de lC*me et de ous considérer comme en un champ clos, a ec cette loi expresse !ue celui !ui ne com&at pas doit périr à jamais% Là, ous ous figurere. être en présence de otre ennemi, je eux dire de cette inclination mau aise !ue ous a e. déjà entrepris de com&attre et !ui se tient tout armée pour ous &lesser et ous donner la mort% À otre droite, ous erre. Jésus-Christ otre in inci&le capitaine, la 9ierge Marie a ec Saint Joseph son époux &ien-aimé, dCinnom&ra&les troupes dCanges et de saints, parmi les!uels lCarchange saint Michel? à otre gauche, ous erre. le démon et ses satellites prêts à exciter la passion ennemie et à ous persuader de céder à ses suggestions% 9ous ous imaginere. alors entendre la oix de otre ange gardien, ous parlant de la sorte1 K9ous a e. aujourdChui à com&attre contre cet ennemi, et contre dCautres encore% 0e craigne. point, ne perde. point courage? ne céde. ni à la fra2eur ni à !uel!ue considération

!ue ce soit? car otre Seigneur et otre capitaine est ici pr$s de ous a ec ses glorieuses phalanges, pour com&attre a ec elles contre os ennemis et il ne souffrira pas !uCils ous soumettent par la force ou la ruse% 'emeure. ferme, faites- ous iolence, !uoi!uCil doi e ous en co8ter parfois% Crie. sou ent au secours du plus profond de otre c#ur? appele. à otre aide otre Seigneur, la 9ierge Marie et tous les saints, et ous remportere. infailli&lement la ictoire% KSi ous êtes fai&le et peu aguerri, si os ennemis sont forts et nom&reux, songe. !ue les troupes de celui !ui ous a créé et racheté sont plus nom&reuses encore, !ue otre 'ieu est infiniment plus puissant !ue otre ennemi et !uCil désire &ien plus ardemment ous sau er !ue le démon ne désire ous perdre% Com&atte. donc? et ne ous lasse. jamais de souffrir1 de cette fatigue, de la iolence !ue lCon déploie contre ses mau aises inclinations, de la peine !ue lCon éprou e à surmonter les ha&itudes mau aises, naissent la ictoire et ce trésor inestima&le !ui procure le ro2aume du Ciel, et lCéternelle union de lC*me a ec son 'ieu% K9ous commencere. le com&at au nom du Seigneur et ous prendre. pour armes la défiance de ous-même, la confiance en 'ieu, la pri$re et lCexercice de os puissances spirituelles% 9ous appellere. au com&at cet ennemi et cette passion !ue ous ous êtes proposé de aincre, selon lCordre indi!ué ci-dessus? ous lui apposere. tant+t la résistance, tant+t la haine, tant+t les actes de la ertu contraire, lui donnant ainsi coup sur coup des &lessures mortelles, pour plaire aux regards de otre di in Ma(tre !ui est là, a ec toute lCFglise triomphante, à contempler otre com&at% KJe ous rép$te !ue ous ne de e. point ous lasser de com&attre, mais considérer lCo&ligation !ui nous incom&e à tous de ser ir 'ieu et de lui plaire, et la nécessité oE nous sommes de com&attre, attendu !ue nous ne pou ons a&andonner le champ de &ataille sans être &lessés et &lessés à mort% KJCajoute !uCen fu2ant loin de 'ieu comme un re&elle, et en ous donnant au monde et aux plaisirs de la chair, ous nCéchappere. point à la peine% 4l ous faudra com&attre malgré ous, et ous sere. en &utte à tant de contrariétés !ue ous sentire. sou ent la sueur inonder otre front et des angoisses mortelles pénétrer otre c#ur% KConsidére. ici !uelle folie il 2 aurait à sCimposer un tra ail si rude, a ec la perspecti e de tourments infiniment plus horri&les etdCune mort éternelle, et cela pour échapper à une peine passag$re !ui nous conduit à la ie éternelle et infiniment heureuse oE lC*me jouit de la présence de son 'ieuL%

C>:)4<,/ H944

'e lCordre à sui re dans la lutte!ue nous a ons à soutenir contre nos passions 4l est extrêmement important de conna(tre lCordre à sui re dans ce com&at, afin de ne pas agir au hasard et par caprice, comme plusieurs le font au préjudice de leur salut% )our lutter a ec fruit contre os ennemis et os inclinations icieuses, ous de e. dCa&ord rentrer en ous-même et examiner a ec soin !uCelles sont les pensées et les sentiments !ui ous occupent ha&ituellement, !uelle est la passion !ui domine en ous et t2rannise otre c#ur% CCest contre cette passion spécialement !ue ous de e. prendre les armes et lutter% SCil arri e !ue dCautres ennemis ous atta!uent, marche. dCa&ord à celui !ui ous fait la guerre actuellement et de plus pr$s, et puis ous retournere. à otre principale entreprise%

C>:)4<,/ H9444 'e !uelle mani$re il faut com&attreles mou ements soudains des passions Si ous nCêtes pas encore accoutumé à parer les coups inopinés des injures ou de toute autre contrariété, attache.- ous, pour ac!uérir cette ha&itude, à les pré oir, à les souhaiter ensuite plusieurs et plusieurs fois, et attende.-les a ec un esprit préparé à la lutte% Le mo2en de les pré oir, cCest, apr$s ous être rendu compte de la nature de os passions, de considérer les personnes à !ui ous a e. affaire et les lieux oE ous sa e. de oir les rencontrer% 'e la sorte, il ous sera facile de conjecturer les assauts !ue ous aure. à soutenir% Le soin !ue ous mettre. à tenir otre *me préparée aux é énements pré us ous sera dCun grand secours, même dans le cas dCun accident pré u? mais oici, en outre, un mo2en !ue je ous conseille% '$s !ue ous commencere. à sentir lCémotion !ue ous cause une injuste ou une affliction !uelcon!ue, efforce.- ous dCéle er otre esprit ers 'ieu? considére. son ineffa&le &onté et son amour pour ous? pense. !ue, sCil ous en oie cette ad ersité, cCest afin !uCen la supportant pour son amour, otre *me de ienne plus pure, sCapproche de lui et contracte une union plus étroite a ec lui% :pr$s a oir considéré com&ien 'ieu se pla(t à ous oir supporter patiemment cette ad ersité, adresse.- ous à otre *me et faites-lui ces reproche.1 )our!uoi ne eux-tu pas

porter cette croix !ui te ient, non de telle ou telle personne, mais de ton )$re céleste luimême - )uis, ous tournant ers la croix, em&rasse.-la a ec le plus de patience et de joie !uCil ous sera possi&le, et dites-lui1 M croix préparée par la )ro idence di ine &ien longtemps a ant ma naissance? + croix rendue douce par lCamour ineffa&le de mon Jésus crucifié, attache.-moi désormais à ous, afin !ue je sois tout entier à celui !ui mCa racheté en mourant sur os &ras% Si la passion, ictorieuse dCa&ord, ous empêche dCéle er otre *me à 'ieu et ous laisse une &lessure au c#ur, re ene. à la charge au plus t+t, comme si ous nCa ie. pas été &lessé% Mais le rem$de le plus efficace contre ces mou ements soudains de la passion, cCest de supprimer de &onne heure la cause !ui les produit% Si ous remar!ue., par exemple, !ue lCaffection !ue ous a e. pour une chose est cause !ue la moindre tra erse ous jette dans une soudaine altération dCesprit, le mo2en dC2 remédier, cCest de rompre cette attache% Mais si ce trou&le pro ient non de la chose, mais de la personne même? si ous éprou e. pour elle une telle a ersion !ue ses moindres actions ous chagrinent et ous impatientent efforce.- ous, pour remédier à ce mal, dCincliner otre olonté à lCaimer et à la chérir, non seulement parce !uCelle est une créature formée comme ous de la main sou eraine de 'ieu et comme ous rachetée par son sang di in, mais parce !uCelle ous offre lCoccasion dCac!uérir, en la supportant, un trait de ressem&lance a ec otre Seigneur !ui est plein dCamour et de &onté pour tous les hommes%

C>:)4<,/ H4H Comment il faut com&attre le ice de lCimpureté 9ous de e. com&attre lCimpureté dCune faGon toute spéciale et enti$rement différente de celle !ui sCemploie pour les autres ices% )our procéder a ec ordre en ce com&at, il faut distinguer1 Le temps !ui préc$de la tentation, le temps même de la tentation, et le temps !ui suit la tentation% : ant la tentation, il faut diriger le com&at contre les occasions !ui donnent ordinairement lieu à ce genre de tentations%

)remi$rement, sache. !ue la mani$re de com&attre ce ice, ce nCest pas de lCatta!uer de front, mais ce ice a ec tout le soin possi&le toute occasion et toute personne !ui présente le moindre danger pour ous% /t si, parfois, ous êtes o&ligé de traiter !uel!ue affaire a ec ces sortes de personnes, faites-le promptement, a ec un isage gra e et modeste, et des paroles !ui sentent plut+t la rudesse !uCune douceur et une affa&ilité excessi e% @ue ous ne sentie. pas actuellement et !ue , durant tant et tant dCannées passées au milieu du monde, ous nCa2e. pas senti les aiguillons de la chair, ce nCest pas une raison pour ous dispenser des r$gles de la prudence, car ce ice maudit fait en une heure ce !uCil nCa pas fait en plusieurs années? le plus sou ent, il tient ses préparatifs cachés et ses coups sont dCautant plus funestes et plus incura&les !uCil se cou re des dehors de lCamitié et nCé eille point de soupGon% Sou ent, les relations les plus à craindre, lCexpérience lCa montré et le montre encore tous les jours, sont celles !ui se continuent sous le prétexte !uCelles sont justifiées par la parenté, le de oir ou même la ertu de la personne !uCon aime% 4l arri e en effet !ue le enin séduisant du plaisir se mêle à ces con ersations prolongées et imprudentes, !uCil sC2 infiltre insensi&lement et !ue, sCinsinuant à la fin jus!uCà la moelle de lC*me, il o&scurcit de plus en plus la lumi$re de la raison% =n commence par compter pour rien les choses périlleuses, comme la tendresse des regards, lCéchange de paroles affectueuses, les douceurs de la con ersation? et ces familiarités agréées de part et dCautre finissent par conduire à la ruine ou du moins à une tentation &ien rude et &ien difficile à surmonter% Je ous rép$te, fu2e.? car ous êtes formé dCune mati$re aussi inflamma&le !ue lCétoupe% 0e dites pas !ue ous êtes trempé et tout plein de lCeau dCune &onne et forte olonté, !ue ous êtes résolu et prêt à mourir plut+t !ue dCoffenser 'ieu? parce !ue, dans ces entretiens fré!uents, la chaleur du feu fera peu à peu é aporer lCeau de la &onne olonté et, au moment oE ous 2 pensere. le moins, il se rendra si &ien ma(tre de otre c#ur !ue ous nCaure. plus égard ni à la parenté, ni à lCamitié% 9ous ne craindre. plus 'ieu? ous méprisere. lChonneur, la ie, et les tourments de lCenfer même% Bu2e. donc, fu2e., si ous ne oule. pas être surpris, dompté et mis à mort% 'euxi$mement, é ite. lCoisi eté, appli!ue- ous a ec igilance et attention aux pensées et aux #u res conformes à otre état% <roisi$mement, ne résiste. jamais à os supérieurs? o&éisse.-leur fid$lement? exécute. leurs ordres a ec promptitude et a ec dCautant plus dCardeur !uCils ous humilient et contrarient da antage otre olonté et otre inclination naturelle%

@uatri$mement, garde.- ous de juger témérairement otre prochain, surtout en mati$re dCimpureté et, si sa chute est manifeste, a2e. compassion de lui% 0e lui témoigne. ni indignation, ni mépris? mais saisisse. cette occasion de ous humilier et de mieux ous conna(tre? confesse. !ue ous nCêtes !ue poussi$re et néant? approche.- ous de 'ieu par la pri$re et fu2e. plus !ue jamais tout commerce !ui ous offrira ne f8t-ce !ue lCom&re dCun danger% Si ous êtes prompt à juger et mépriser les autres, 'ieu ous corrigera à os dépens1 il permettre !ue ous tom&ie. dans les mêmes fautes, afin !ue ous reconnaissie. otre orgueil et !uChumilié par otre chute, ous cherchie. un rem$de à lCun et à lCautre ice% @ue si, tout en é itant de tom&er, ous persiste. dans les mêmes sentiments, sache. !uCil 2 a lieu dCa oir des doutes sérieux sur otre état% Cin!ui$mement enfin, si 'ieu ous accorde des consolations spirituelles, garde.- ous &ien de ous complaire en ous-même et de ous imaginer !ue ous êtes !uel!ue chose% 0e ous appu2e. pas non plus sur les sentiments de dégo8t, dChonneur et de haine profonde !ue os ennemis ous inspirent pour ous persuader !uCils ont a&andonné le com&at% Si ous man!ue. de circonspection, ils nCauront pas de peine à ous entra(ner dans le mal% @uand la tentation est présente, considére. si la cause !ui lCa fait na(tre est intérieure ou extérieure% JCentends par cause extérieure la curiosité des 2eux ou des oreilles, le luxe des êtements, les fré!uentations et les entretiens !ui portent au ice impur% Le rem$de à emplo2er en ce cas, cCest la pudeur et cette modestie !ui tient les 2eux et les oreilles fermés à tout ce !ui est de nature à exciter les passions? cCest par-dessus tout la fuite, ainsi !ue nous lCa ons dit plus haut% La cause intérieure, cCest la igueur excessi e du corps ou encore les pensées !ui proc$dent de nos mau aises ha&itudes ou des suggestions du démon% 4l faut com&attre la igueur exagérée du corps par les je8nes, les disciplines, les cilices, les eilles et les autres mortifications de ce genre, sans toutefois outrepasser les &ornes assignées par la discrétion et lCo&éissance% @uant aux pensées mau aises, de !uel!ue part !uCelles iennent, oici les rem$des !ue ous de e. leur opposer1 LCapplication à di ers exercices en rapport a ec otre état?LCoraison et la méditation% '$s !ue ous commence. à ous aperce oir, je ne dis pas de la présence, mais de lCapproche de ces sortes de pensées, recueille.- ous en ous-même et ous tournant ers

Jésus crucifié, dites-lui1 Mon Jésus, mon doux Jésus, h*te.- ous de enir à mon aide, de peur !ue je ne tom&e entre les mains de cet ennemi% )arfois aussi, em&rassant la croix oE otre Sau eur est attaché, &aise. à plusieurs reprises les plaies sacrées de ses pieds et dites a ec amour1 M plaies adora&les, plaies chastes et saintes, &lesse. maintenant ce c#ur impur et miséra&le, et préser e.-moi du péché% )our la méditation, je ne oulais pas !uCau moment oE les tentations charnelles ous pressent de toute part, ous ous arrêtie. à certaines considérations !ue &eaucoup de li res considérations !ue &eaucoup de li res conseillent dCopposer à ces tentations comme, par exemple, la honte attachée à cette passion, lCimpossi&ilité de la satisfaire, les dégo8ts et lCamertume !uCelle tra(ne à sa suite, les périls !uCelle occasionne, la ruine de la fortune, de la ie, de lChonneur et autres choses sem&la&les% Les considérations de ce genre ne sont pas toujours un mo2en efficace pour aincre la tentation? elles peu ent même causer un gra e préjudice? car si, dCun c+té, lCentendement chasse ces pensées, de lCautre il les rappelle et nous met en danger dC2 prendre plaisir et dC2 donner notre consentement% CCest pour!uoi le rem$de érita&le, cCest de fuir non seulement les pensées elles-mêmes, mais encore toutes les considérations !ui peu ent les représenter à notre esprit, fussent-elles de nature à nous en inspirer lChorreur% La méditation !ue ous de e. choisir à cet effet, cCest la méditation de la ie et de la passion de Jésus-Christ% Si, durant ce saint exercice, les mêmes pensées re iennent malgré ous à otre esprit et ous tourmentent plus !ue de coutume, comme ous de e. ous 2 attendre, !ue ce ne soit pas une raison de ous épou anter, ni de !uitter la méditation pour ous tourner contre elles et les com&attre% Contente.- ous de continuer otre méditation a ec toute lCattention possi&le, ne ous souciant non plus de ces pensées !ue si elles nCétaient pas les +tres% CCest la meilleure résistance à leur opposer, alors même !uCelles feraient une guerre continuelle% 9ous finire. otre méditation par cette pri$re ou par !uel!ue autre sem&la&le1 M mon Créateur et mon ,édempteur, déli re.-moi de mes ennemis, en lChonneur de otre )assion et de otre ineffa&le &onté? et ous ous gardere. &ien de reporter la pensée ers ce malheureux ice, car son sou enir seul est plein de périls% 0e ous arrête. jamais à disputer a ec la tentation, pour sa oir si ous a e. consenti ou non% Cet examen, !uel!ue loua&le !uCil paraisse, nCest !uCun artifice dont le démon se sert pour ous in!uiéter et ous porter à la défiance et au découragement% =u &ien encore il esp$re, en occupant otre esprit de ces pensées, ous faire consentir à une délectation coupa&le% Si ous nCa e. pas la certitude dCa oir consenti à la tentation, contente.- ous de déclarer en peu de mots à otre p$re spirituel ce !ue ous sa e. et, selon ce !uCil dira, tene.- ous en repos, et ne pense. plus à ce !ui sCest passé% 'écou re.-lui fid$lement toutes os pensées, sans !uCaucun respect humain, aucune mau aise honte ous retienne jamais% @ue si nous a ons &esoin de la ertu dChumilité pour aincre nos ennemis !uels !uCils soient, cCest ici surtout !ue nous de ons nous humilier, attendu !ue ce ice est pres!ue toujours un ch*timent de lCorgueil% Lors!ue le temps de la tentation est passé, oici ce !ue ous a e. à faire% @uoi!ue ous ous cro2ie. li&re et en pleine sécurité, tene. otre esprit enti$rement éloigné des o&jets !ui

ont donné naissance à la tentation et ne faites aucun compte des motifs de ertu ou de tout autre &ien !ui ous portent à agir autrement? CCest là un artifice de la nature corrompue et un pi$ge de notre astucieux ennemi, !ui se transforme en ange de lumi$re pour nous précipiter dans les tén$&res% C>:)4<,/ HH 'es mo2ens à prendre pour com&attre la négligence )our ne pas tom&er dans la miséra&le ser itude de la négligence, ser itude !ui nous détournerait du chemin de la perfection et nous li rerait aux mains de nos ennemis, ous a e. à fuir toute curiosité, toute attache terrestre, toute occupation étrang$re aux de oirs de otre état% /fforce.- ous ensuite dCo&éir promptement aux inspirations du Ciel et aux ordres de os supérieurs, faisant toute chose dans le temps et de la mani$re !uCils le souhaitent% 0e différe. pas un seul moment, si court !uCil soit, parce !ue ce premier délai en am$ne un second, et celui-ci un troisi$me et &eaucoup dCautres encore, aux!uels notre sensualité se plie et c$de &ien plus facilement !uCaux premiers, amorcée et capti ée !uCelle est par le plaisir !uCelle 2 a go8té% 4l en résulte !ue lCon commence lCaction trop tard ou !ue, cédant au dégo8t !uCelle inspire on lComet totalement% /t ainsi lCha&itude de la négligence se forme insensi&lement en nous et elle finit par prendre sur nous un tel empire !uCau moment même oE elle tient nos mains liées, la honte !ue nous éprou ons de notre paresse extrême nous fait prendre la résolution dCêtre plus soigneux et plus diligents à lCa enir% Cette négligence se répand partout? non seulement elle infecte notre olonté de son poison en lui inspirant lChorreur du tra ail, mais elle a eugle notre entendement en lCempêchant de oir com&ien sont aines et mal fondées les résolutions !ue nous prenons de remplir désormais nos o&ligations a ec promptitude et diligence tandis !uCà lCheure même oE elles sCimposent à nous, nous les omettons olontairement ou les remettons à plus tard% 4l ne suffit pas de faire promptement ce !ue lCon a à faire? mais il faut le faire au temps !ue re!ui$rent la !ualité et la nature de lCaction, et 2 apporter le soin con ena&le pour !uCelle ait toute la perfection possi&le% Ce nCest pas de la diligence, mais un raffinement de négligence, !ue de remplir nos o&ligations a ant le temps mar!ué et de les expédier au plus ite, sans nous soucier de les &ien remplir, afin de nous li rer tout à lCaise à ce repos paresseux !ui poursui ait notre pensée, !uand nous nous h*tions dCaccomplir lC#u re !ui nous était imposée% Ce gra e

désordre ient de ce !ue lCon ne consid$re pas le prix dCune &onne action faite au temps oulu et a ec la ferme résolution dCaffronter les difficultés !ue le ice de la négligence oppose aux chrétiens nou ellement engagés dans la lutte% Considére. donc sou ent !uCune seule aspiration ers 'ieu, une simple génuflexion faite en son honneur, a plus de prix !ue tous les trésors du monde et !ue cha!ue fois !ue nous nous faisons iolence à nous-mêmes et à nos passions déréglées, les anges apportent du ro2aume des cieux pour notre *me une couronne glorieuse% Songe. au contraire !ue 'ieu enl$ e peu à peu aux négligents les gr*ces !uCil leur a ait données, tandis !uCil prodigue ses dons aux chrétiens diligents, en attendant !uCil les fasse entrer dans sa propre gloire% Si, dans les commencements, ous ne ous sente. pas asse. fort pour aller généreusement au-de ant des peines et des difficultés, t*che. de ous les cacher à ous-même afin de les trou er moindres !uCelles ne paraissent aux 2eux des paresseux% )eut-être aure.- ous, pour ac!uérir la ertu à la!uelle ous ous exerce., &eaucoup dCactes à poser, des fatigues de plusieurs jours à surmonter, des ennemis nom&reux et puissants à com&attre% Commence. à former ces actes, comme si ous en a ie. peu à produire? tra aille. comme si otre tra ail ne de ait durer !ue peu de jours? lutte. contre un ennemi, comme sCil nC2 a ait !ue celui-là à com&attre, et faites-le a ec la ferme assurance !uCaidé de la gr*ce de 'ieu, ous êtes plus fort !ue tous os ennemis ensem&le% )ar ce mo2en, ous affai&lire. otre tendance à la paresse et ous disposere. otre *me à ac!uérir peu à peu la ertu contraire% Baites de même pour lCoraison% Si otre oraison doit durer une heure et si ce temps effraie otre paresse, mette.- ous en pri$re comme si ous nCa ie. !uCun demi-!uart dCheure à prier? ous arri ere. ainsi sans difficulté au demi-!uart dCheure sui ant, et ainsi de suite jus!uCà ce !ue lCheure soit passée% Si, au second demi-!uart dCheure ou aux demi-!uarts sui ants, ous sente. trop de répugnance et de difficulté, a&andonne. cet exercice, de peur de ous en dégo8ter? mais a2e. soin de le reprendre peu de temps apr$s% <ene. la même conduite à lCégard des #u res manuelles, toutes les fois !uCil ous arri era dCa oir &eaucoup de &esogne et !ue otre paresse, en exagérant le nom&re et la difficulté de os occupations, jettera le trou&le dans otre *me% Commence. courageusement et paisi&lement le premier ou rage comme si cCétait le seul !ue ous eussie. à faire% Mette.-2 tout otre soin et ous iendre. à &out de la &esogne a ec &ien moins de peine !ue otre paresse ne ous le faisait croire% Si ous néglige. ce mo2en, si ous nCalle. pas au-de ant des peines et des tra erses, le ice de la paresse prendra sur ous un tel empire !ue les difficultés attachées aux dé&uts de

la ie spirituelle seront pour ous une cause dCin!uiétude et dCennui, non seulement !uand elles seront présentes, mais alors même !uCelles seront encore &ien loin de ous% 9ous craindre. toujours dCêtre tourmenté et assailli par os ennemis, et de oir arri er pr$s de ous des personnes prêtes à ous imposer des o&ligations nou elles, si &ien !uCau sein même du repos, otre ie sera en proie à une in!uiétude continuelle% Sache. !ue ce ice infecte de son poison caché non seulement les jeunes et tendres racines !ui de aient produire les ha&itudes des ertus, mais les racines mêmes des ha&itudes déjà ac!uises% Comme le er ronge le &ois, ainsi ce ice ronge insensi&lement la moelle de la ie spirituelle% Le démon sCen sert pour tendre des em&8ches et des pi$ges à tous les hommes, mais particuli$rement à ceux !ui aspirent à la perfection% 9eille. donc, prie. et faites de &onnes #u res, et nCattende. point pour tisser le lin de otre ro&e nuptiale !ue le temps soit enu de ous en re êtir pour aller au-de ant de lCépoux% Sou ene.- ous cha!ue jour !ue celui !ui ous donne le matin ne ous promet pas le soir, et !uCen ous donnant le soir, il ne ous promet pas le matin sui ant% /mplo2e. donc tous les moments de lCheure selon le &on plaisir de 'ieu et comme si ous nCa ie. pas dCautre temps à attendre? dCautant plus !ue ous aure. à rendre au Seigneur un compte détaillé de tous les moments de otre ie% Je finis en ous a ertissant de regarder comme perdue toute journée, si occupée !uCelle ait été, oE ous nCaure. pas remporté de ictoire sur os inclinations mau aises et sur otre olonté propre, oE ous nCaure. pas remercié le Seigneur de ses &ienfaits et en particulier de la douloureuse )assion !uCil a endurée pour ous, ainsi !ue de ses doux et paternels ch*timents, lors!uCil ous aura jugé digne de rece oir le trésor inestima&le de !uel!ue tri&ulation%

C>:)4<,/ HH4 'e la mani$re de gou erner les sens extérieurset comment on peut les faire ser irà la contemplation des choses di ines La direction et le &on gou ernement des sens extérieurs exige une grande igilance et une application constante? car lCappétit sensitif !ui est, pour ainsi parler, le capitaine de notre nature corrompue, se précipite éperdument à la poursuite des plaisirs et des satisfactions charnelles% 'ans lCimpuissance oE il est de se les procurer par lui-même, il emploie les sens, comme autant de soldats et dCinstruments naturels, pour saisir les o&jets de sa con oitise? et apr$s sCen être formé une image, il lCattire à lui et lCimprime dans lC*me% CCest de là !ue ient le plaisir? à la fa eur de lCalliance étroite !ui existe entre lCesprit et la chair, il se répand dans tous les sens !ui en sont capa&les? et il en résulte une contagion !ui infecte tout

ensem&le le corps et lC*me, et finit par tout corrompre% 9ous connaisse. le mal, apprene. le rem$de% So2e. attentif à ne point laisser errer os sens en li&erté? ne ous en ser e. point !uand le seul plaisir? ne ous en ser e. point !uand le seul plaisir ous 2 porte et !uCaucune raison dCutilité ou de nécessité nCen légitime lCusage% /t si, trompant otre igilance, ils sCélancent trop en a ant, faites en sorte de les retirer en arri$re et de si &ien les régler !ue les créatures, au lieu de les rendre comme aupara ant miséra&lement escla es des ains plaisirs, leur offrent un riche &utin !uCils pourront ensuite porter au-dedans de lC*me% @ue lC*me alors recueillie en elle-même étende les ailes de ses puissances et sCél$ e à la contemplation de 'ieu% CCest ce !ue ous pourre. faire de la mani$re sui ante% Lors!uCun o&jet se présente à lCun de os sens, efforce.- ous par la pensée de dégager de cet o&jet créé ce !uCil 2 a en lui de spirituel? songe. !uCil ne poss$de par lui-même aucune des propriétés !ui tom&ent sous os sens, mais !uCil doit à 'ieu tout ce !uCil est? !ue 'ieu, par son /sprit, lui donne dCune mani$re in isi&le lCêtre, la &onté, la &eauté et toutes les !ualités !ue ous admire. en lui% ,éjouisse.- ous alors de oir !ue otre 'ieu est lCauteur et le principe uni!ue des perfections si nom&reuses et si ariées des créatures, !uCil les renferme toutes éminemment en lui-même, et !uCelles ne sont !uCune imitation grossi$reté de ses perfections infinies% @uand ous ous surprendre. à admirer de &elles choses, ous les réduire., par la pensée, à leur propre néant? puis ous tournere. lC#il de otre *me ers le sou erain Créateur !ui est présent en elles et !ui leur a donné lCêtre et, ne prenant plaisir !uCen lui seul, ous ous écriere.1 M essence di ine, essence sou erainement désira&le, com&ien je me réjouis de ce !ue ous êtes le principe uni!ue et infini de tout être créé D @uand ous erre. des ar&res, des plantes ou dCautres choses sem&la&les, ous réfléchire. !ue la ie dont ces êtres sont doués, ils ne la tiennent pas dCeux-mêmes mais de lC/sprit in isi&le !ui seul les i ifie, et ous dire.1 9oilà la érita&le ie, de la!uelle, en la!uelle et par la!uelle i ent et croissent toutes choses% =h D !uelle joie jCen ressens en mon c#ur D 'e même, en o2ant les animaux pri és de raison, ous él$ ere. otre *me à celui !ui leur donne la sensi&ilité et le mou ement, et ous lui dire.1 M premier moteur !ui, en imprimant le mou ement à tous les êtres, demeure. immo&ile en ous-même, !ue je me réjouis de otre sta&ilité et de otre immuta&ilité D @uand ous ous sente. attiré par la &eauté des créatures, sépare. ce !ue ous o2e. de lC/sprit !ue ous ne o2e. pas, et considére. !ue cCest lC/sprit in isi&le !ui leur a donné

ces charmes extérieurs? dites- ous alors dans la joie de otre *me1 9oilà les ruisseaux de la fontaine infini de tout &ien% =h D !uelle joie je ressens au fond de mon c#ur, !uand je pense à la &eauté infinie, éternelle, !ui est la source et le principe de toute &eauté créée D Baites la même distinction lors!ue ous erre. &riller dans otre prochain la &onté, la justice, ou !uel!ue autre ertu, et dites à otre 'ieu1 M trésor inépuisa&le de toutes les ertus, !ue jCaime à oir !ue tout &ien déri e de ous et se maintient par ous, et !ue tout nCest !ue néant en comparaison de os perfections di ines% Je ous remercie, Seigneur, de ce &ien et de tout le &ien !ue ous a e. fait à mon prochain? sou ene.- ous, mon 'ieu, de ma pau reté et de lCextrême &esoin !ue jCai de la ertu deN 30omme. la ertu !ui ous man!ue7% @uand ous ous mette. à faire !uel!ue chose, pense. !ue 'ieu est la premi$re cause de cette action, !ue ous nCêtes entre ses mains !uCun instrument i ant, et éle e. otre pensée ers lui, en disant1 @uelle joie jCéprou e au fond de moi-même, + Ma(tre suprême de lCuni ers, en songeant !ue je ne puis rien faire sans ous, et !ue ous êtes le premier et le principal artisan de toute chose D Lors!ue ous mange. ou !ue ous &u e., considére. !ue cCest 'ieu !ui donne la sa eur à la nourriture, et ne prenant otre plaisir !uCen lui seul, dites- ous à ous-même1 ,éjouis-toi, mon *me, à la pensée !uCil nC2 a point en-dehors de 'ieu de contentement érita&le, mais !ue, dCun autre c+té, tu peux en toutes choses te réjouir uni!uement en lui% Si ous respire. une odeur agréa&le, garde.- ous de ous arrêter au plaisir !uCelle ous procure, mais éle e.- ous en esprit ers celui !ui a fait pour ous ce parfum délicieux et dites-lui dans la joie de otre c#ur1 :h D mon 'ieu, faites, je ous en conjure, !ue tandis !ue je prends plaisir à penser !ue toute sua ité déri e de ous, mon *me, dégagée des plaisirs terrestres, sCél$ e ers ous comme un parfum dCagréa&le odeur% @uand des chants harmonieux iennent frapper otre oreille, éle e. otre *me ers 'ieu et dites-lui1 @uelle joie jCéprou e, + mon Seigneur et mon 'ieu, !uand je songe à lCharmonie plus !ue céleste !ue os infinies perfections toutes ensem&le rendent au-dedans de ousmême, et au mer eilleux concert !uCelles forment par leur union a ec les anges, les cieux et toutes les créatures%

C>:)4<,/ HH44 Comment les choses extérieurespeu ent nous aider à régler nos senset à passer à la méditation des m2st$res de la ieet de la )assion du 9er&e incarné Je ous ai montré comment nous pou ons nous ser ir des choses sensi&les pour nous éle er à la contemplation de la di inité% :pprene. maintenant à ous exciter par leur mo2en à la méditation des m2st$res de la ie et de la )assion du 9er&e incarné% <outes les créatures peu ent ser ir à cette fin% Considére. en elles, ainsi !ue nous enons de le dire, ce 'ieu suprême, cause premi$re et uni!ue de leur être, de leur &eauté et de toutes leurs perfections? et considére. ensuite !uelle grande, !uelle immense &onté il nous a témoignée en daignant, lui, lCuni!ue principe et le ma(tre sou erain de toute chose, se ra aler jus!uCà se faire homme, jus!uCà souffrir et mourir pour sa créature, jus!uCà souffrir et mourir pour sa créature, jus!uCà permettre aux #u res mêmes de ses mains de sCarmer contre lui pour le crucifier% 9ous trou ere. une infinité de choses !ui mettront ces m2st$res adora&les sous les 2eux de otre *me% Les armes, par exemple, les cordes, les fouets, les colonnes, les épines, les clous, les marteaux, tous les o&jets enfin !ui ont ser i dCinstruments à la )assion ous rappelleront ses souffrances cruelles% Les logements pau res et incommodes rendront présents à otre mémoire lCéta&le et la cr$che du Sau eur% La pluie ous fera sou enir de cette pluie de sang di in !ui attisa le jardin des oli iers? les pierres !ue nous foulons aux pieds nous rappelleront les pierres !ui se &ris$rent à sa mort? la terre, le trem&lement !ui lCagita à cette heure suprême? le soleil, les tén$&res !ui lCen elopp$rent? lCeau des fontaines, lCeau mêlée de sang !ui sortit de son c+té entrou ert? et ainsi de tant dCautres choses !ui se présenteront à os 2eux% Si ous &u e. du in ou !uel!ue autre li!ueur, rappele.- ous le inaigre et le fiel dont on a&reu a otre di in Ma(tre% Si lCodeur des parfums ous attire, reporte. otre pensée à lCodeur infecte !ue les cada res lui en o2aient sur le mont Cal aire% @uand ous ous ha&ille., songe. !ue le 9er&e éternel sCest re êtu de otre chair mortelle pour ous re êtir de sa di inité? et !uand ous ous désha&ille., pense. !ue otre Sau eur a été dépouillé de ses êtements pour être flagellé et crucifié pour ous% @uand ous entende. les clameurs et le &ruit confus de la foule, sou ene.- ous de ces cris

a&omina&les !ui retentirent à ses oreilles1 @uCil meure, !uCil meure D Crucifie.-les, crucifie.-le D @uand la cloche gémit sous le marteau !ui la frappe, songe. à ce mortel &attement de c#ur !ue fit éprou er à Jésus, dans le jardin des oli iers, la crainte de sa )assion et de sa mort prochaine? ou &ien figure.- ous entendre les coups de marteaux !ui lCattach$rent à la croix% @uand ous ous sente. ous-même, ou !ue ous o2e. les autres en proie à la tristesse et à la douleur, songe. !ue ces afflictions ne sont rien, comparées aux inconce a&les angoisses !ui transperc$rent le corps et lC*me de otre Sau eur%

C>:)4<,/ HH444 'e !uel!ues autres mo2ensde régler nos sens selon les di erses circonstances!ui se présentent :pr$s ous a oir enseigné la mani$re dCéle er otre esprit des choses sensi&les à la considération de la di inité et des m2st$res du 9er&e incarné, jCajouterai ici !uel!ues autres mo2ens dCen tirer di ers sujets de méditation, afin de procurer aux *mes une nourriture a&ondante et appropriée à la di ersité de leurs go8ts, et de rendre ser ice, non seulement aux personnes simples, mais même aux personnes dCun esprit plus éle é et plus ersé dans les choses spirituelles? car !uel!ue a ancé !ue lCon soit dans la oie de la perfection, on ne se sent pas toujours également disposé aux plus hautes spéculations% 9ous nCa e. point à craindre de ous em&arrasser dans cette ariété de prati!ues, du moment !ue ous use. de discrétion et !ue ous prene. conseil dCun sage directeur% :&andonne.- ous entre ses mains a ec humilité et confiance, non seulement pour ce !ui regarde ce !ue je ais dire maintenant, mais pour tout ce !ue je ous dirai dans la suite% @uand ous jettere. le. 2eux sur des o&jets !ui flattent la ue ou jouissent de lCestime des hommes, persuade.- ous &ien !ue toutes ces choses sont sou erainement méprisa&les, !uCelles ne sont pour ainsi dire !ue de la &oue en comparaison des richesses du Ciel, et foule. aux pieds les &iens de ce monde pour nCaspirer !uCà la possession des &iens éternels% @uand ous tourne. les 2eux ers le soleil, pense. !ue otre *me, lors!uCelle est ornée de la gr*ce, est plus radieuse et plus &elle !ue lCastre du jour? et !ue, sans la gr*ce, elle est plus noire et plus affreuse !ue les tén$&res de lCenfer% @uand ous le e. os regards ers la o8te céleste, pénétre. des 2eux de lC*me jus!uCau

di in empire, et arrête.- ous-2 par la pensée, comme dans le lieu destiné à de enir le séjour de otre éternelle félicité, si ous sui e. ici-&as le chemin de lCinnocence% @uand ous entende. le chant des oiseaux ou de sua es mélodies, éle e. otre esprit au séjour des délices oE résonne lCéternel alléluia, et prie. le Seigneur de ous rendre digne de chanter éternellement ses louanges a ec les esprits célestes% @uand ous ous aperce e. !ue ous prene. plaisir à la &eauté des créatures, songe. !ue le serpent infernal se cache sous ces charmes trompeurs? !uCil ous o&ser e et sCapprête à ous donner la mort, ou du moins à ous &lesser gri$ ement% 'ites-lui alors1 /h !uoi D serpent maudit, tu me tends des em&8ches pour me dé orer - 9ous tournant ensuite ers 'ieu1 So2e. &éni, lui dire.- ous, de mCa oir décou ert lCennemi et de mCa oir déli ré de sa rage meurtri$re% 'e ces attraits séducteurs, fu2e. soudain aux plaies de Jésus crucifié? et, retiré dans cet asile, considére. com&ien le Seigneur a souffert dans sa chair adora&le pour ous déli rer du péché et ous inspirer lChorreur des plaisirs charnels% ;n autre mo2en de ous déro&er aux dangereuses amorces du plaisir, cCest de rentrer en ous-même et de penser à ce !ue de iendra apr$s sa mort cette créature dont les charmes ous attirent% @uand ous êtes en chemin, sou ene.- ous !ue chacun de os pas ous approche du tom&eau? et à la ue des oiseaux !ui tra ersent lCair et du ruisseau !ui fuit, pense. !ue otre ie ole à son terme a ec plus de rapidité encore% Lors!ue sCél$ ent des ents impétueux, !ue lCéclair &rille et !ue lCorage gronde, sou ene.ous du jour épou anta&le du jugement et, fléchissant le genou, adore. le Seigneur et prie.le de ous donner la gr*ce et le temps de ous &ien préparer à para(tre de ant sa majesté sou eraine% 'ans les accidents nom&reux aux!uels otre ie est sujette, oici la conduite !ue je ous engage à tenir% SCil arri e, par exemple, !ue la douleur ou la mélancolie ous acca&le, !ue la chaleur, la froidure ou toute autre incommodité ous fasse souffrir, éle e. otre esprit à cette olonté éternelle !ui se pla(t, pour otre &ien, à ous en o2er cette peine et !ui sait la proportionner à os forces% 9ous réjouissant alors de lCamour !ue 'ieu ous témoigne et de lCoccasion !uCil ous présente de le ser ir de la mani$re !ui lui est le plus agréa&le, ous dire. du fond du c#ur1 CCest maintenant !ue sCaccomplit en moi la olonté de la di ine )ro idence !ui a décrété de toute éternité de mCen o2er aujourdChui cette affliction% @ue sa &onté en soit louée à jamais D /t !uand ous décou rire. un saint désir dans otre c#ur, tourne.- ous à lCinstant ers le

Seigneur? reconnaisse. !ue cette &onne pensée ient de lui et rende.-lui gr*ces% @uand ous faites une lecture pieuse, imagine.- ous !ue cCest le Seigneur !ui ous adresse les paroles !ue ous lise., et accepte.-les comme si elles sortaient de sa &ouche di ine% @uand ous regarde. la croix, pense. !uCelle est otre enseigne de guerre, !uCen ous éloignant dCelle ous tom&ere. aux mains de os ennemis, et !uCen la sui ant ous entrere. dans le Ciel, chargé de glorieuses dépouilles% @uand ous o2e. lCimage &ien-aimée de la 9ierge Marie, tourne. otre c#ur ers cette auguste ,eine du Ciel? remercie.-la de ce !uCelle est soumise en toute occasion à la olonté de 'ieu, de ce !uCelle a enfanté, allaité et nourri le ,édempteur du monde, et de ce !uCelle est toujours prête à nous accorder sa fa eur et son aide dans otre com&at spirituel% @ue les images des saints ous rappellent le sou enir de ces soldats généreux !ui, en fournissant aillamment leur carri$re, ous ont fra2é le chemin !ue ous de e. sui re pour o&tenir comme eux la couronne dCéternelle gloire% Lors!ue ous erre. une église, ous pourre., entre autres considérations pieuses, penser !ue otre *me est le temple de 'ieu, et !ue ous de e. la conser er pure et nette, comme sa demeure% /n !uel!ue temps !ue ous entendie. la cloche a ertir les fid$les de réciter trois fois la salutation angéli!ue, ous pou e. faire de courtes réflexions en rapport a ec les paroles !ue lCon a coutume de dire a ant cha!ue : e Maria% :u premier coup, remercie. 'ieu du céleste message !uCil en o2a sur la terre et !ui fut le commencement de notre salut% :u second coup, réjouisse.- ous a ec la 9ierge Marie des grandeurs aux!uelles 'ieu lCa éle ée, à cause de sa profonde et incompara&le humilité% :u troisi$me coup, unisse.- ous à la &ienheureuse M$re et à lCange Oa&riel pour adorer le di in /nfant nou ellement conGu% 0Cou&lie. pas de faire, en signe de respect, une lég$re inclination de tête à cha!ue tintement de la cloche, et tout spécialement au dernier% Ces courtes méditations ainsi di isées peu ent ser ir pour tous les temps% /n oici dCautres relati es à la )assion de 0otre Seigneur !ue lCon pourra faire le soir, le matin et le midi% =n ne saurait se rappeler trop sou ent les douleurs !ue notre di ine ,eine a ressenties à la ue des souffrances de son Bils? 2 man!uer serait de notre part une noire ingratitude%

Le soir, sou ene.- ous des angoisses !ue caus$rent à cette 9ierge tr$s pure la sueur de sang, la prise de Jésus au jardin des oli iers et tant de douleurs secr$tes !ue son &ien-aimé Bils a endurées durant cette nuit affreuses% Le matin, compatisse. à lCaffliction !ue lui causa la présentation de Jésus à )ilate et à >érode, sa condamnation à mot et le portement de croix% À midi, pense. au glai e de douleur !ui transperGa le c#ur de lCinconsola&le M$re, !uand elle fut témoin du crucifiement et de la mort de Jésus, et !uCelle it une lance cruelle ou rir son c+té sacré% 9ous pourre. faire ces méditations sur les douleurs de la Sainte 9ierge du jeudi soir au samedi, et faire les premi$res aux autres jours% Sui e. pourtant otre dé otion particuli$re et les inspirations !ui ous iendront des circonstances extérieures% /t pour résumer en peu de mots la méthode à sui re pour le r$glement de os sens, tene.ous sur os gardes afin de ne ous laisser émou oir et attirer ni par lCamour, ni par lCa ersion !ue les o&jets extérieurs ous inspirent, mais uni!uement par la olonté de 'ieu, nCem&rassant ou ne rejetant jamais !ue ce !ue 'ieu eut !ue ous em&rassie. ou !ue ous rejetie.% /t remar!ue. !ue je ne ous ai pas donné ces mo2ens de régler os sens pour !ue ous en fassie. otre occupation% Ce !ue ous de e. faire, cCest ous tenir pres!ue continuellement faire, cCest ous tenir pres!ue continuellement recueilli en 'ieu et ous attacher, pour accomplir sa olonté sainte, à aincre os ennemis et os passions mau aises, en résistant à leurs suggestions et en produisant les actes des ertus contraires% Je ne ous ai signalé ces r$gles de conduite !ue pour !ue ous sachie. ous en ser ir au &esoin% 9ous de e. sa oir !ue la multiplicité des exercices, même les meilleurs, &ien loin dCêtre fa ora&le à lCa ancement spirituel, nCest sou ent !uCun em&arras pour lCesprit, une illusion dCamour-propre, une mar!ue de lég$reté et un pi$ge du démon%

C>:)4<,/ HH49 'e la mani$re de régler sa langue La langue de lChomme a grand &esoin dCêtre &ien réglée et tenue en &ride, parce !ue nous sommes tous fort enclins à parler à tout propos des choses !ui flattent les sens% LCintempérance de langage ient le plus sou ent dCun certain orgueil !ui nous persuade !ue nous a ons de grandes connaissances% )leins dCadmiration pour nos propres pensées, nous nous efforGons, à force de les redire, de les imprimer dans lCesprit des autres et de nous

constituer leurs ma(tres, comme sCils a aient &esoin de nos leGons% 4l faudrait un long discours pour dire les maux !ui naissent de cette sura&ondance de paroles% La lo!uacité est une source dCoisi eté, une mar!ue dCignorance, une folie, une porte ou er te à la médisance, une source de mensonges et un o&stacle à la fer eur% LCaffluence des paroles fortifie les passions mau aises, et cette force !uCelle donne aux passions porte la langue à se li rer de plus en plus à lCindiscrétion du langage% 0e ous étende. pas en longs discours a ec les personnes !ui ne ous écoutent pas olontiers, de peur de les ennu2er, et faites de même a ec ceux !ui ous prêtent une oreille attenti e, de peur dCexcéder les &ornes de la modestie% F ite. le ton magistral et les éclats de oix% Cette mani$re de parler est fort désagréa&le et dénote &eaucoup de suffisance et de présomption% 0e parle. jamais de ous, de os actions, de os parents, à moins !ue la nécessité ne ous 2 o&lige? et en ce cas, faites-le &ri$ ement et a ec &eaucoup de retenue% SCil ous sem&le !uCun autre parle trop de lui-même, cro2e. !uCil le fait pour un &on motif mais ne lCimite. point, parl*t-il pour sChumilier et sCaccuser lui-même% )arle. le moins possi&le du prochain et des choses !ui le concernent, si ce nCest pour en dire du &ien !uand lCoccasion sCen présente% )arle. olontiers de 'ieu et tout spécialement de son amour et de sa &onté pour nous, mais en cela même craigne. de dépasser les &ornes? prene. plut+t plaisir à écouter ce !ue les autres disent à cet égard, et conser e. leurs paroles dans le fond de otre c#ur% @uant aux discours profanes, !uCils sCarrêtent à os oreilles et laissent otre pensée a&sor&ée dans le Seigneur% @ue sCil est nécessaire dCécouter celui !ui parle pour le comprendre et être à même de lui répondre, ne laisse. point pourtant dCéle er de temps en temps un regard ers le Ciel oE otre 'ieu ha&ite? considére. sa majesté suprême, comme lui-même regarde otre &assesse% )ese. &ien les choses !ui ous iennent à lCesprit a ant de les confier à la langue, et ous en trou ere. &eaucoup !uCil serait mieux de taire% )armi les choses même !ui ous sem&leront &onnes à dire, plusieurs pourront a ec a antage être passées sous silence? pour ous en con aincre, pense.-2 !uand lCoccasion de les dire sera passée% Le silence est une grande force dans le com&at spirituel? cCest le gage assuré de la ictoire% Le silence est ami de celui !ui se défie de lui-même et se confie en 'ieu? il conser e lCesprit dCoraison et nous aide mer eilleusement dans lCexercice des ertus%

)our ous accoutumer à ous taire, considére. sou ent les maux et les dangers !uCentra(ne lCintempérance de langage, les a antages immenses !ue procure le silence% /xcite.- ous à lCamour de cette ertu et, pour en ac!uérir lCha&itude, taise.- ous durant !uel!ue temps, alors même !ue ous aurie. sujet de parler, pour u toutefois !ue otre silence ne soit préjudicia&le ni aux autres, ni à ous-même% ;n excellent mo2en encore, ce sera de ous tenir éloigné des con ersations? au lieu de la compagnie des hommes, ous aure. celle des anges, des saints et de 'ieu lui-même% /nfin, songe. à la guerre !ue ous a e. entreprise, et la considération de ce !ui ous reste à faire ous détournera des entretiens inutiles%

C>:)4<,/ HH9 @ue pour &ien com&attre les ennemis,le soldat du Christ doit é itera ec tout le soin possi&le ce !ui est de natureà trou&ler la paix de son c#ur SCil nC2 a point dCefforts !ue nous ne de ions faire pour recou rer la paix du c#ur, !uand nous lCa ons perdue, il nC2 a point non plus dCaccident au monde !ui doi e raisonna&lement nous la ra ir ou même la trou&ler% 0ous de ons, sans doute, a oir le regret de nos fautes mais, comme je lCai dit plusieurs fois déjà, ce doit être une douleur paisi&le et modérée? nous de ons également a oir une tendre compassion pour les autres pécheurs et pleurer leurs fautes au moins intérieurement, mais tout cela encore doit se faire sans in!uiétude dCesprit% )our ce !ui regarde les autres maux aux!uels nous sommes sujets, tels !ue la maladie, les &lessures, la perte de nos proches, la peste, la guerre, les incendies et tant dCautres accidents pour les!uels les hommes éprou ent une horreur instincti e, nous pou ons, mo2ennant le secours de la gr*ce, les accepter non seulement a ec résignation, mais même a ec amour% 4l suffit pour cela !ue nous les regardions comme autant de ch*timents é!uita&les infligés aux pécheurs et dCoccasions de mérites offertes aux justes% Ces deux considérations font !ue 'ieu même prend plaisir à nous éprou er? et si nous sa ons nous conformer à sa olonté sainte, nous tra erserons, lCesprit paisi&le et tran!uille, toutes les contrariétés et les amertumes de la ie% <ene. pour assuré !ue toutes nos in!uiétudes déplaisent aux 2eux du Seigneur parce !ue, !uelle !ue soit leur nature, elles sont toujours accompagnées dCimperfections et proc$dent dCune mau aise racine dCamourpropre%

CCest pour!uoi il ous faut a oir une sentinelle toujours é eillée !ui, à la premi$re apparition dCune cause !uelcon!ue de trou&le et dCin!uiétude, sCempresse de ous donner lCé eil, afin !ue ous ous armie. pour la défense, en considérant !ue tous ces maux, et &eaucoup dCautres du même genre, ne sont !ue des maux apparents? !uCils sont impuissants à nous enle er les &iens érita&les et !ue 'ieu les en oie ou les permet pour les fins !ue nous a ons indi!uées plus haut, ou pour dCautres raisons cachées à nos 2eux, mais assurément tr$s é!uita&les et tr$s saintes% Si nous conser ons, au milieu des accidents même les plus f*cheux, cette tran!uillité dC*me et cette paix inaltéra&le, nous pourrons faire &eaucoup de &ien? sinon, nos efforts nCauront !ue peu ou point de succ$s% 0otre ennemi déteste sou erainement cette paix du c#ur, car il sait !ue lC/sprit de 'ieu choisit ce séjour pour 2 opérer de grandes choses% :ussi, il nCest point dCefforts !uCil ne fasse pour nous ra ir ce précieux trésor% Le plus sou ent, il ient à nous inspire des désirs excellents en apparence, mais dont la nature réelle se reconna(t à plusieurs mar!ues, et à celle-ci spécialement !uCils nous enl$ ent la paix du c#ur% Si ous oule. pré enir un mal si dangereux, garde.- ous &ien, !uand la sentinelle ous a ertira de la présence dCun nou eau désir, de lui ou rir immédiatement lCentrée de otre c#ur% 'épouille.- ous aupara ant de toute olonté propre, présente. ce désir à 'ieu et, confessant otre a euglement et otre ignorance, prie.-le instamment de ous faire conna(tre, aux ra2ons de sa lumi$re, sCil ient de lui ou de otre ennemi? recoure. en outre, si ous le pou e., à lCa is de otre p$re spirituel% :lors même !ue ous aurie. la certitude !ue ce désir ient de 'ieu, ne le mette. pas à exécution, !ue ous nCa2e. aupara ant mortifié otre ardeur excessi e1 otre &onne #u re, précédée de cet acte de mortification, plaira &eaucoup plus au Seigneur !ue si ous ous 2 portie. a ec lCempressement !ui ous est naturel? &ien plus, il arri era parfois !ue la mortification lui sera plus agréa&le !ue lC#u re même% /n chassant ainsi loin de ous les désirs mau ais et en nCexécutant les &ons !uCapr$s a oir réprimé les mou ements de la nature ous par iendre. à maintenir en paix et en sécurité la forteresse de otre c#ur% )our conser er cette tran!uillité parfaite, il faut en outre défendre et garder otre c#ur contre certains remords de conscience !ui, par le fait même !uCils ous reprochent un défaut érita&le, sem&lent être inspirés par 'ieu, tandis !uCen réalité ils ous iennent du démon% 9ous reconna(tre. le principe aux effets !uCil produit% Si ces reproches ous humilient et augmentent otre fer eur pour le &ien, sCils ne ous +tent point la confiance !ue ous a e. en 'ieu, ous de e. les rece oir a ec action de gr*ces comme des fa eurs du Ciel%

Mais sCils ous trou&lent, sCils ous rendent timide, défiant, paresseux et sans igueur pour le &ien, tene. pour certain !uCils iennent de lCennemi? partant, méprise.-les et continue. otre exercice% /n outre, comme lCin!uiétude na(t le plus sou ent en notre c#ur à la suite dCé énements f*cheux, ous a e., pour repousser ses atta!ues, deux choses à faire% La premi$re, cCest de considérer et de oir à !uoi ces accidents sont contraires, si cCest à lCesprit de perfection ou &ien à lCamour-propre et aux inclinations de la nature% SCils sont contraires à os penchants et à lCamour-propre !ui est otre ennemi capital et otre plus redouta&le ad ersaire, ous de e. les regarder, non comme des é énements f*cheux, mais comme une fa eur et un secours !ue le <r$s->aut ous en oie, et les rece oir a ec des sentiments de joie et de reconnaissance% /t sCils sont opposés à lCesprit de perfection, il ne faut pas pour cela perdre la paix du c#ur, comme on le dira dans le chapitre sui ant% La seconde chose !ue ous a e. à faire, cCest dCéle er otre esprit ers 'ieu, et dCaccepter a ec indifférence et les 2eux fermés les présents !ue ous fait sa main miséricordieuse, persuadé !ue ce sont autant de fa eurs infiniment précieuses, !uoi!ue ous en ignorie. présentement la aleur%

C>:)4<,/ HH94 'e ce !ue nous a ons à faire!uand nous nous sentons &lessés

@uand une faute !uelcon!ue a fait une &lessure à otre *me, !ue cette faute pro ienne de otre fragilité naturelle ou !uCelle ait été commise a ec intention et a ec malice, garde.ous &ien de ous laisser aller au découragement et à lCin!uiétude% <ourne.- ous plut+t ers 'ieu et dites-lui1 9oilà, Seigneur, !ue jCai agi en miséra&le pécheur !ue je suis? !ue pou ie.- ous attendre de moi, hormis des chutes /t, ous arrêtant !uel!ues instants à cette pensée, humilie.- ous à os propres 2eux, repente.- ous de lCoffense faite au Seigneur et, sans ous trou&ler, entre. dans les

sentiments dCune juste col$re contre os passions mau aises, et spécialement contre celle !ui a causé otre chute% )oursui e. ensuite otre pri$re1 Je nCen serais pas demeuré là, Seigneur, si ous ne mCa ie. arrêté en chemin% 4ci, remercie. et efforce.- ous dCaimer plus !ue jamais ce 'ieu !ui, malgré os offenses, persiste à ous tendre une main secoura&le pour ous préser er de chutes nou elles% /nfin, dites-lui a ec une confiance sans &ornes en son infinie miséricorde% Seigneur, agisse. à mon égard, comme un 'ieu !ue ous êtes? pardonne.-moi ma faute, et ne permette. pas !ue je ous a&andonne pour i re loin de ous% Baites !ue je ne ous offense jamais plus% 9otre pri$re ache ée, ne ous demande. pas si 'ieu ous a, oui ou non, pardonné% CCest là un prétexte spécieux !ui ne cache !uCorgueil, in!uiétude dCesprit, perte de temps et illusion du démon% :&andonne.- ous plut+t entre les mains miséricordieuses de 'ieu et continue. otre exercice, comme si ous nCa ie. pas fait de chute% SCil ous arri e de tom&er plusieurs fois le jour, !ue le nom&re de os chutes et de os &lessures ne ous décourage pas% Baites ce !ue je ous ai dit autant de fois !ue ous tom&ere., et a ec autant de confiance la derni$re fois !ue la premi$re% Conce e. toujours un plus grand mépris de ous-même et une plus grande horreur du péché, et efforce.- ous de ous tenir désormais mieux sur os gardes% Le démon a cet exercice en horreur, parce !uCil est infiniment agréa&le à 'ieu et !ue luimême en retire toujours la confusion de se oir compté par une *me !uCil a ait dCa&ord aincue% CCest pour!uoi il emploie tous ses artifices pour nous le faire a&andonner, et il en ient sou ent à &out, gr*ce à notre négligence et à notre peu de igilance sur nous-mêmes% :insi, plus cet exercice ous présente de difficulté, plus ous de e. faire effort sur ousmême pour 2 être fid$le% ,e ene.-2 plusieurs fois, !uand même ous nCaurie. fait !uCune seule chute% /t si, apr$s a oir commis une faute, ous ous sente. in!uiet, trou&lé et découragé, la premi$re chose !ue ous a e. à faire, cCest de recou rer la paix du c#ur et la confiance en 'ieu% :pr$s ous être muni de ces armes, tourne.- ous ers le Seigneur, car lCin!uiétude !ue ous cause otre péché a &ien moins pour o&jet lCoffense faite à 'ieu !ue le dommage !ui en résulte pour ous-même% Le mo2en de recou rer cette paix si précieuse, cCest dCou&lier pour un instant la chute !ue ous a e. faite et de considérer lCineffa&le &onté de 'ieu, sa clémence toujours prête à ou&lier lCinjure, toujours désireuse de pardonner lCoffense, si énorme !uCelle soit, sa persé érance à appeler le pécheur et à lCexhorter de mille faGons pour !uCil se jette entre ses

&ras !ui sanctifie et dans lCautre par la gloire !ui rend éternellement heureux% :pr$s a oir, à lCaide de ces considérations ou dCautres sem&la&les, rendu la paix à otre *me, re ene. à otre chute et faites comme je ous ai dit plus haut% /nfin, !uand le temps sera enu de ous approcher du sacrement de pénitence, ce !ue je ous engage à faire sou ent, remette.- ous toutes os chutes de ant les 2eux et déclare.-les à otre p$re spirituel a ec une enti$re sincérité, une i e douleur dCa oir offensé 'ieu et un ferme propos de ne plus lCoffenser à lCa enir%

C>:)4<,/ HH944 Comment le démon a coutume de tenter etde séduire ceux !ui eulent sCadonner à la ertu, et ceux !ui i ent dans lCescla age du péché Le démon eut entra(ner tous les hommes à leur ruine, mais il ne les atta!ue pas tous de la même mani$re% )our ous dé oiler les mo2ens dCatta!ue et les artifices !uCil emploie, il faut !ue je ous mette sous les 2eux les di ers états oE les hommes peu ent se trou er1 - Les uns sont escla es du péché et ne songent nullement à sortir de leur escla age% - Les autres oudraient &ien en sortir, mais ils reculent de ant les difficultés de lCentreprise% - 'Cautres, cro2ant marcher dans le chemin de la ertu, ne font !ue sCen éloigner% - 'Cautres enfin, apr$s a oir atteint un haut degré de perfection, font une chute plus dangereuse !ue jamais% 0ous parlerons séparément de ces différentes sortes de personnes%

C>:)4<,/ HH9444 'e la conduite du démon à lCégard de ceux!uCil tient dans lCescla age du péché Lors!ue le démon oit une *me asser ie au péché, son uni!ue occupation est de lCa eugler de plus en plus et de la détourner de tout ce !ui est de nature à lui faire conna(tre son miséra&le état% 4l ne se contente pas de la détourner de toute pensée de con ersion et dCopposer ses suggestions perfides aux inspirations du Seigneur? il lui tend des pi$ges et lCengage dans des occasions dangereuses pour la faire tom&er dans le même péché et dans de plus grands encore%

LC*me ainsi a euglée sCenfonce et sCha&itue dans le péché? et sa miséra&le ie roule de tén$&res en tén$&res et de crimes en crimes jus!uCà la mort, à moins !ue 'ieu nCétende, pour la sau er, sa main miséricordieuse% Le rem$de à ce mal, cCest, pour le pécheur !ui se trou e en ce miséra&le état, dCou rir son c#ur aux pensées et aux inspirations !ui lCappellent des tén$&res à la lumi$re, et de crier à 'ieu du fond de son *me1 :ide.-moi, Seigneur, je ous en conjure, aide.-moi promptement et ne me laisse. pas gémir plus longtemps dans les tén$&res du péché% Ce cri de supplication, !uCil le rép$te sans se lasser jamais? !uCil aille au plus t+t se jeter aux pieds dCun confesseur et lui demander lCaide et le secours dont il a &esoin pour se déli rer des mains de lCennemi D /t sCil ne peut 2 aller sur lCheure, !uCil se jette aux pieds de son crucifix et lCin o!ue le isage prosterné contre terre D )uis se tournant ers la 9ierge Marie, !uCil implore sa miséricorde et son secours D So2e. assuré !ue là se trou e le secret de la ictoire, ainsi !ue nous le errons dans le chapitre sui ant%

C>:)4<,/ HH4H 'es artifices !ue le démon emploiepour retenir dans ses liensceux !ui connaissent leur mau ais étatet cherchent à en sortir?et pour!uoi nos &ons proposdemeurent sou ent sans exécution LCarme dont le démon se sert pour tromper et aincre ceux !ui connaissent le mau ais état de leur conscience et eulent changer de ie, cCest cette pensée1 Je me con ertirai plus tard% /t ils sCen sont répétant le cri du cor&eau1 Cras, cras, demain, demain% Je eux, disent-ils, terminer dCa&ord cette affaire, sortir de cet em&arras? apr$s !uoi, je mCadonnerai plus tran!uillement à la ie spirituelle% CCest là un pi$ge au!uel &eaucoup se sont laissé prendre et se laissent prendre encore tous les jours% Ce !ui les fait ainsi succom&er au pi$ge du démon, cCest cette torpeur et cette paresse dCesprit !ui les empêche, dans une affaire oE le salut de notre *me et lChonneur de 'ieu sont engagés, de prononcer enfin cette parole ictorieuse1 Maintenant, maintenant, et pour!uoi plus tard - :ujourdChui, et pour!uoi demain

0e de raient-ils pas se dire1 @uand même ce plus tard, et ce demain me serait assuré, estce un mo2en de faire mon salut et de me préparer à la ictoire, !ue de me jeter au de ant des traits de lCennemi et de me précipiter dans de nou eaux désordres 9ous so2e. donc !ue le mo2en dCé iter cette illusion et celle dont il a été parlé au chapitre précédent, le mo2en de triompher de lCennemi, cCest la prompte o&éissance aux pensées et aux inspirations di ines% Je parle dCo&éissance prompte et non de simple propos? car les propos sont trompeurs, et ils ont trompé &on nom&re de personnes pour plusieurs raisons% La premi$re !ue jCai touchée plus haut, cCest !ue nos résolutions ne sont pas fondées sur la défiance de nous-mêmes et la confiance en 'ieu? et !uCainsi nous ne par enons pas à décou rir en nous ce fond dCorgueil !ui est le principe de notre illusion et de notre a euglement% La lumi$re pour conna(tre ce mal et le rem$de pour le guérir nous iennent de la &onté di ine% Le Seigneur permet !ue nous tom&ions, afin !ue notre chute nous fasse passer de la présomption à la confiance en 'ieu, et de lCorgueil à la connaissance de nous-mêmes% Si nous oulons !ue nos résolutions soient efficaces, il faut les rendre fermes, et elles seront fermes !uand elles auront pour &ase la con iction de notre impuissance et une hum&le confiance en 'ieu% La deuxi$me raison, cCest !ue, dans les résolutions !ue nous prenons, nous ne considérons !ue la &eauté et lCexcellence de la ertu% 0otre olonté, si l*che et si fai&le !uCelle soit, se sent attirée ers elle? mais à la ue des difficultés !uCil faut aincre pour lCac!uérir, elle se re&ute et retourne en arri$re% :ccoutume.- ous donc à aimer da antage les difficultés !ue présente lCac!uisition des ertus, !ue les ertus elles-mêmes? pense. à ces difficultés, tant+t plus, tant+t moins? mais ne les perde. jamais de ue, si ous oule. !ue os efforts soient couronnés de succ$s% Sache. du reste !ue ous remportere. sur ous-même et sur os ennemis une ictoire dCautant plus prompte et plus éclatante !ue ous em&rassere. plus généreusement les difficultés et !ue ous les aimere. da antage% La troisi$me raison, cCest !ue nos résolutions ont moins la ertu et la olonté de 'ieu pour o&jet !ue notre intérêt propre% Ce défaut se remar!ue surtout dans les résolutions !ue nous prenons dCordinaire !uand nous sommes com&lés de consolations spirituelles, ou &ien encore lors!ue lCad ersité nous presse de toute part, et !ue nous ne trou ons dCallégement à notre douleur !ue dans le propos de nous donner enti$rement à 'ieu et de nous consacrer sans réser e aux exercices des ertus%

)our é iter ce défaut, so2e., à os moments de fer eur spirituelle, hum&le et circonspect dans os résolutions, et plus encore dans os promesses et os #ux? à os heures dCaffliction, propose.- ous uni!uement de porter otre croix a ec la patience !ue le Seigneur attend de ous, et de mettre en elle toute otre gloire, au point de refuser les consolation humaines et parfois même les consolations di ines% La seule chose !ue ous de e. désirer et demander, cCest !ue 'ieu ous aide à supporter lCad ersité, sans &lesser la ertu de patience et sans déplaire au Seigneur%

C>:)4<,/ HHH Comment le démon persuade à plusieurs!uCils a ancent dans la oie de la perfection 9aincu dans le premier et le second assaut, lCesprit malin recourt à un autre stratag$me% 4l cherche à nous faire ou&lier les ennemis !ui nous atta!uent et nous font actuellement essu2er de grands dommages, pour occuper notre esprit de désirs et de projets de haute perfection% 4l en résulte !ue nous négligeons les &lessures !ue nous rece ons continuellement et !ue, prenant nos résolutions pour des #u res, nous nous laissons entra(ner à toutes les séductions de lCorgueil% La moindre contrariété, la moindre injure nous irrite, et nous perdons un temps considéra&le à méditer des projets héroA!ues, comme celui de souffrir pour lCamour de 'ieu les plus horri&les tourments, oir les peines du purgatoire% /t comme la partie inférieure de nous-mêmes nCéprou e aucune répugnance pour ces maux éloignés, nous a ons, tout miséra&les !ue nous sommes, lCaudace de nous comparer à ceux !ui souffrent a ec une patience infatiga&le les plus affreux supplices% )our é iter ce pi$ge, propose.- ous de com&attre et com&atte. effecti ement les ennemis !ui ous atta!uent de pr$s? ous reconna(tre. par là si os résolutions sont raies ou fausses, fortes ou fai&les? et ous marchere. à la perfection par le chemin !ue les saints nous ont fra2é% )our ce !ui est des ennemis !ui ne ous in!ui$tent pas dCordinaire, je ne ous conseille pas de leur li rer com&at, à moins !ue ous ne pré o2ie. une atta!ue prochaine% 9ous pou e. alors, pour ous mettre en état de soutenir la lutte, former dCa ance !uel!ues résolutions% @uand même ous ous serie. exercé durant !uel!ue temps à la prati!ue des ertus, ne prene. jamais os résolutions pour des ictoires? mais tene.- ous dans lChumilité, défie.ous de ous-même et de otre fai&lesse? et ous confiant en 'ieu seul, demande.-lui instamment de ous fortifier, dCéloigner de ous tout péril et dCétouffer en ous tout sentiment de présomption et de confiance en os forces%

'ans ces conditions, la difficulté !ue nous éprou ons à surmonter !uel!ues légers défauts !ue 'ieu laisse parfois su&sister en nous, pour nous con aincre de otre fai&lesse et nous conser er le mérite de nos &onnes #u res, cette difficulté, dis-je, ne doit pas nous empêcher de tendre à une plus haute perfection%

C>:)4<,/ HHH4 'es artifices !uCemploie le démonpour nous faire !uitter le chemin de la ertu La !uatri$me ruse mentionnée plus haut, celle dont le malin esprit se sert pour nous tromper lors!uCil nous oit marcher dans le chemin de la perfection, cCest dCexciter en nous des désirs excellents, mais inopportuns, et de nous faire tom&er ainsi de la prati!ue des ertus dans lCa&(me du ice% 9oilà, je suppose, une personne malade !ui supporte patiemment son mal% Le démon, sachant !ue, par ce mo2en, elle ac!uerra lCha&itude de la patience, lui met de ant les 2eux &eaucoup dC#u res saintes !uCelle pourrait faire dans un autre état? et il sCefforce de lui persuader !ue, si elle se portait &ien, elle ser irait mieux le Seigneur et serait plus utile aux autres et à elle-même% Lors!uCil est par enu à exciter ces désirs en son c#ur, il les fortifie peu à peu, jus!uCà la rendre in!ui$te de ne pou oir mettre ces désirs à exécution comme elle le oudrait &ien% /t plus ces désirs grandissent et se fortifient, plus lCin!uiétude augmente% )uis lCennemi la pousse adroitement et insensi&lement à sCimpatienter contre sa maladie, non pas en tant !ue maladie, mais en tant !uCo&stacle aux #u res !uCelle désire ardemment accomplir pour un plus grand &ien% @uand il lCa poussée jus!ue-là, il efface peu à peu de son esprit les idées de ser ice de 'ieu et de &onnes #u res, et nC2 laisse !ue le seul désir dCêtre déli rée de son mal% Mais o2ant !ue la guérison se fait attendre, elle se trou&le au point de de enir tout à fait impatiente% CCest ainsi !ue de la ertu !uCelle prati!uait, elle tom&e, sans sCen aperce oir, dans le ice contraire% Le mo2en de ous garantir de cette illusion, cCest dCa oir soin, !uand ous ous trou e. dans un état de souffrance, de tenir otre c#ur fermé à tout désir !ui, par le fait même !uCil est présentement irréalisa&le, ne fera raisem&la&lement !ue ous causer de lCin!uiétude% 9ous de e. croire alors en toute humilité, patience et résignation, !ue os désirs nCauraient pas dCeffet !ue ous souhaite., parce !ue ous êtes plus fai&le et plus inconstant !ue ous

ne ous lCimagine.% =u &ien encore pense. !ue 'ieu, dans ses secrets jugements, ou en punition de os fautes, ne eut point !ue ous fassie. cette &onne #u re, mais !uCil désire plut+t !ue ous ous humiliie. a ec patience sous la douce et puissante main de sa )ro idence% 'e même, si lCordre de otre p$re spirituel, ou !uel!ue autre raison, ous empêche de remplir à otre gré os exercices ordinaires de dé otion, et spécialement de ous approcher de la sainte <a&le, ne laisse. pas pour cela le trou&le et lCin!uiétude entrer en otre c#ur? mais dépouille.- ous de otre propre olonté et re ête.- ous du &on plaisir de 'ieu, en disant en ous-même1 Si le regard de la di ine )ro idence ne décou rait pas en moi tant dCingratitude et de défauts, je ne serais pas maintenant pri é de la sainte communion? mais puis!ue le Seigneur se sert de ce mo2en pour me faire conna(tre mon indignité, !uCil en soit &éni et loué D Confiant en otre &onté sou eraine, je crois, + mon 'ieu, !ue la seule chose !ue ous demande. de moi, cCest !uCen supportant mes épreu es a ec patience et en ue de ous plaire, je ous ou re un c#ur pleinement soumis à otre olonté, afin !ue ous 2 entrie. spirituellement, pour le consoler et le défendre contre les ennemis !ui eulent ous le ra ir% @ue tout ce !ui est &on à os 2eux sCaccomplisse? et !ue otre olonté, + mon Créateur et mon ,édempteur, soit maintenant à jamais ma nourriture et mon soutien% La seule gr*ce !ue je ous demande, + doux o&jet de mon amour, cCest !ue mon *me, purifiée de tout ce !ui ous dépla(t en elle et ornée des ertus saintes, se tienne ouloirs prête à rece oir otre isite et à faire tout ce !uCil ous plaira de lui ordonner% Si ous mette. ces o&ser ations en prati!ue, tous les saints désirs !ue ous ne pourre. exécuter, !uCils ous iennent de la nature, !uCils ous soient in!uiéter par le démon dans le &ut de ous in!uiéter et de ous éloigner du sentier de la ertu, ou &ien par 'ieu lui-même dans le dessein dCéprou er otre résignation à sa olonté1 tous ces désirs, dis-je, ous fourniront lCoccasion de ser ir otre di in Ma(tre de la mani$re !ui lui pla(t da antage% CCest là la érita&le dé otion et lChommage !ue 'ieu attend de nous% ;ne prati!ue excellente pour ne pas perdre patience dans nos épreu es, de !uel!ue part !uCelles nous arri ent, cCest, en emplo2ant les mo2ens licites dont les saints eux-mêmes se sont ser is, de les emplo2er, non dans le désir dCêtre déli rés de nos maux, mais uni!uement en ue dCo&éir à 'ieu, attendu !ue nous ne sa ons pas si les mo2ens !ue nous prenons sont ceux !ue 'ieu choisis pour nous déli rer% Si ous agisse. autrement, ous tom&ere. dans des maux plus grands encore, parce !ue ous ous a&andonnere. facilement à lCimpatience si lCé énement ne répond pas à otre désir et à otre attente? otre patience, du moins, sera moins parfaite et moins agréa&le à 'ieu, et partant, peu méritoire% Je eux enfin ous prémunir contre un artifice secret dont notre amour-propre se sert en certaines rencontres pour oiler et excuser nos défauts% CCest ainsi, par exemple, !uCun malade !ui ne supporte son infirmité !uCà contre-c#ur, cache son impatience sous le oile dCun .$le ardent pour le &ien% À lCentendre, le mécontentement !uCil témoigne? ce nCest !ue le juste déplaisir !uCil éprou e en songeant !uCil a été lui-même la cause de sa maladie, et

en o2ant les ennuis et le dommage !uCelle occasionne aux autres par les soins !uCelle exige ou pour tout autre motif% 'e même lCam&itieux !ui se plaint de nCa oir pu o&tenir la dignité !uCil con oitait, nCa garde dCattri&uer son chagrin à son orgueil et à sa anité? mais il t*che de lCexpli!uer par dCautres motifs dont on sait parfaitement !uCil ne tient aucun compte !uand ses intérêts ne sont à lCheure se plaignait des peines !ue son état occasionnait aux autres, et !ui sCin!ui$te fort peu maintenant de oir les mêmes personnes endurer les mêmes désagréments à propos de la maladie dCun autre% CCest là un signe é ident !ue les plaintes !uCexhalent ces personnes ne pro iennent nullement de leur charité pour le prochain, mais &ien de leur secr$te horreur pour tout ce !ui contrarie leurs désirs% )our ous, si ous oule. é iter cet écueil et dCautres encore, supporte. a ec une patience inaltéra&le les peines et les afflictions, !uelle !ue soit, je ous le rép$te, la cause !ui les fait na(tre%

C>:)4<,/ HHH44 'u dernier assaut du démonet de lCartifice au!uel il a recours pourfaire de la ertu même une occasion de ruine Le malin et astucieux serpent pousse la ruse jus!uCà faire ser ir à notre ruine les ertus mêmes !ue nous a ons ac!uises% 4l nous les fait regarder a ec une secr$te complaisance et nous él$ e &ien haut dans notre propre estime, afin de nous faire tom&er ensuite dans le ice de lCorgueil et de la aine gloire% )our triompher de ce péril, prene. position dans la plaine égale et assurée dCune raie et profonde con iction de otre néant% )ersuade.- ous &ien !ue ous nCêtes rien, !ue ous ne pou e. rien, !ue ous êtes rempli de mis$res et de défauts, et !ue ous ne mérite. !ue la damnation éternelle% ,etranche.- ous dans cette érité et garde.- ous &ien, !uoi !uCil arri e, de faire un seul pas hors ce cette enceinte, persuadé !ue les pensées ou les é énements !ui ous poussent à la !uitter sont autant dCennemis décidés à ne ous laisser sortir de leurs mains !ue mort ou gri$ ement &lessé% )our ous exercer à courir dans cette plaine assurée de la connaissance de otre néant, oici la méthode !ue ous a e. à sui re% Lors!ue ous jettere. les 2eux sur ous-même et sur os actions, en isage. seulement ce !ui est de ous, sans 2 mêler ce !ue ous tene. de 'ieu et de sa gr*ce, et estime.- ous tel !ue ous ous trou ere. être par ous-même% Si ous considére. le temps !ui a précédé otre naissance, ous erre. !ue dans cet a&(me sans &ornes de lCéternité ous nCa e. été !uCun pur néant, incapa&le de rien faire pour arri er à lCexistence% Si ous regarde. le temps présent oE ous ne tene. lCexistence !ue de la seule &onté de

'ieu, !uCêtes- ous indépendamment de cette )ro idence !ui ous conser e à cha!ue instant, !uCêtes- ous de ous-même, sinon un pur néant - Cela est si rai !ue, si 'ieu cessait un seul instant de ous soutenir, ous retom&erie. immédiatement dans ce néant dCoE ous a tiré sa main sou eraine% 4l est donc é ident !uCà ne considérer !ue ce !ui ous appartient dans lCordre naturel, ous nCa e. aucun raison de ous estimer, ni de prétendre à lCestime des autres% /t si de lCordre naturel ous passe. à lCordre de la gr*ce et des &onnes #u res, de !uel &ien et de !uel mérite êtes- ous capa&le par ous-même et indépendamment du secours de 'ieu Si, dCautre part, ous considére. le nom&re de os péchés passés, si ous 2 ajoute. le nom&re plus considéra&le encore de ceux !ue ous aurie. commis si 'ieu ne ous a ait soutenu de sa main miséricorde, ous trou ere., en multipliant non seulement les jours et les années, mais aussi les actions et les ha&itudes mau aises 3car un ice en entra(ne un autre7, ous trou ere., dis-je, !ue, sans la gr*ce, os ini!uités se seraient éle ées pres!ue à lCinfini et !ue ous serie. de enu un autre Lucifer% À moins donc !ue ous ne oulie. ra ir à la &onté di ine la gloire et la reconnaissance !ui lui sont dues, ous de e. de jour en jour ous estimer plus mau ais% Ce jugement !ue ous porte. sur ous-même, a2e. &ien soin !uCil soit accompagné de justice? sinon il pourrait ous être fort préjudicia&le% Si la connaissance !ue ous a e. de otre mis$re ous donne un a antage sur tel autre !ue lCorgueil a eugle, le désir dCêtre estimé des autres et de passer à leurs 2eux pour ce !ue ous sa e. nCêtre pas en réalité ous fait perdre considéra&lement de terrain et ous rend, du c+té de la olonté, &eaucoup plus coupa&le !ue lui% Si donc ous oule. !ue la connaissance de otre malice et de otre &assesse tienne os ennemis à distance et ous concile lCamitié de 'ieu, ne ous contente. pas de ous juger ous-même indigne de tout &ien et digne de tout mal, mais prene. plaisir à être méprisé des autres? fu2e. les honneurs, aime. les oppro&res et montre.- ous prêt en toute occasion à remplir les offices !ue les autres dédaignent% Leur mani$re de oir ne doit en aucune faGon ous détourner de cette sainte prati!ue, du moment !uCelle ous est inspirée par le désir de ous humilier et de ous exercer à la ertu, et non par une certaine présomption dCesprit et par cet orgueil secret !ui nous pousse parfois, sous les meilleurs prétextes, à faire peu de cas ou même à ne tenir aucun compte du jugement dCautrui% Si les &onnes !ualités !ue 'ieu ous a départies ous attirent lCaffection et les louanges des hommes, tene.- ous &ien recueilli en ous-même? ne ous écarte. jamais, ne f8t-ce !ue dCun pas, de la érité et de la justice dont je ous ai parlé, mais tourne.- ous ers 'ieu et dites-lui du fond du c#ur1 0e permette. pas, Seigneur, !ue je ous déro&e lChonneur !ui ous est d8 et !ue je mCattri&ue le mérite des dons !ui me iennent de ous% À la louange, lChonneur et la gloire, à moi la confusion% <ournant ensuite otre pensée ers la personne !ui ous loue, dites- ous à ous-même1 'CoE ient !ue cette personne me trou e &on, pui!uCil nC2 a rien de &on !ue 'ieu et ses #u res /n agissant de la sorte et en rendant au Seigneur ce !ui lui appartient, ous tiendre. os ennemis à distance et ous ous disposere. à rece oir de 'ieu un accroissement de gr*ces

et de &ienfaits% Si le sou enir de os &onnes #u res ous pousse à la anité, considére. ces &onnes #u res, non comme enant de ous, mais comme enant de 'ieu seul? et dites-leur intérieurement comme si ous leur parlie.1 Je ne sais comment à exister dans mon esprit1 ce nCest pas à moi, mais à 'ieu !ue ous de e. la naissance? cCest sa gr*ce !ui ous a créées, nourries et conser ées% CCest donc lui seul !ue je eux reconna(tre comme otre érita&le et principal auteur, lui seul !ue je eux oir honoré à cause de ous% Considére. ensuite !ue toutes les &onnes #u res !ue ous a e. faites en otre ie, non seulement nCont point répondu à lCa&ondance des lumi$res et des gr*ces !ue 'ieu ous a ait accordées pour les conna(tre et les accomplir, mais !uCelles ont été tr$s imparfaites et fort éloignées de cette pureté dCintention, de cette fer eur et de cette diligence !ui de aient les accompagner et présider à leur exécution% CCest pour!uoi, à &ien considérer les choses, ous a e. plut+t sujet de rougir de os #u res !ue dCen tirer anité? car il nCest !ue trop rai !ue les gr*ces !ui sortent pures et parfaites de la main de 'ieu se souillent en nous, au contact de nos imperfections% /n outre, compare. os #u res a ec celles des saints et des pieux ser iteurs de 'ieu, et ce parall$le ous con aincra !ue les meilleures et les plus grandes de os #u res sont encore de tr$s &as aloi et de minime aleur% Compare.-les ensuite a ec ce !ue Jésus-Christ a fait en otre fa eur aux di erses épo!ues de la ie crucifiée !uCil a menée ici-&as? considére. ses #u res en elles-mêmes et a&straction faite de sa di inité, songe. à lCamour si tendre et si pur !ui les animait, et ous sere. contraint dCa ouer !ue les +tres ne sont !ue néant% /nfin, si ous éle e. otre esprit jus!uCà la di inité et si ous en isage. la majesté sou eraine de 'ieu et les hommages !uCelle mérite de notre part, ous erre. clairement !ue os &onnes #u res doi ent être pour ous un motif de crainte, &ien plus !uCun sujet de anité% CCest pour!uoi, !uel!ue &ien !ue ous fassie., ous de e. dire à 'ieu de tout otre c#ur1 Mon 'ieu, a2e. pitié de moi !ui suis un pécheur% Je ous conseille en outre de ous tenir en garde contre la tentation de pu&lier les fa eurs !ue 'ieu ous accorde% Le trait sui ant ous montrera com&ien lui dépla(t le man!ue de réser e à cet égard% Le Sau eur apparut un jour sous la forme dCun petit enfant à une de ses fid$les ser antes% Celle-ci, le prenant pour un enfant ordinaire, lCin ita à réciter la salutation angéli!ue% Jésus commenGa immédiatement1 Je ous salue, Marie, pleine de gr*ce, le Seigneur est a ec ous, ous êtes &énie entre toutes les femmes% Là, il sCarrêta, ne oulant pas se louer luimême en récitant les paroles !ui sui ent% /t tandis !uCelle le priait de continuer, Jésus disparut, laissant sa ser ante remplie de consolation et toute pénétrée de la céleste doctrine !uCil enait de lui enseigner par son exemple%

/t ous aussi, *me chrétienne, apprene. à ous humilier, reconnaissant !ue ous nCêtes, a ec toutes os #u res, !uCun pur néant% CCest là le fondement de toutes les ertus% 'ieu, !uand nous nCétions pas encore, nous a tirés du néant et, maintenant !ue nous existons par lui, nous de ons faire reposer tout lCédifice de notre sanctification sur la reconnaissance de cette érité, !ue de nous-mêmes nous ne sommes rien% )lus nous nous a&aisserons, plus lCédifice sCél$ era% À mesure !ue nous creuserons le sol de notre mis$re, le di in architecte 2 déposera les pierres solides !ui doi ent ser ir de fondement au majestueux édifice% 0e cro2e. pas pou oir jamais descendre asse. &as, et persuade.- ous &ien !ue sCil pou ait 2 a oir !uel!ue chose dCinfini dans la créature, otre &assesse le serait% : ec cette connaissance &ien mise en prati!ue, lChomme poss$de toute sorte de &ien? sans elle, il est un peu plus !ue rien, f(t-il autant de &onnes #u res !uCen ont accompli tous les saints ensem&le, et demeur*t-il continuellement a&sor&é en 'ieu% M admira&le connaissance, !ui nous rend heureux sur la terre et glorieux dans le ciel D M lumi$re !ui sort des tén$&res et rend les *mes radieuses D M perle inconnue !ui &rille parmi nos souillures D M néant !ui met en possession de toutes choses ceux !ui sa ent le conna(tre D Sur ce sujet, je parlerais sans jamais me lasser% Si ous oule. louer 'ieu, accuse.- ous ous-même et désire. dCêtre accusé par les autres% Si ous oule. le glorifier en ous et ous glorifier en lui, humilie.- ous is-à- is de tous et au-dessous de tous% Si ous désire. le trou er, ne ous éle e. pas, car il fuira loin de ous% :&aisse.- ous et a&aisse.- ous autant !ue ous le pourre., ous le erre. enir à ous et ous tendre les &ras% 4l ous accueillera, et il ous pressera sur son c#ur a ec dCautant plus dCamour !ue ous ous rendre. plus il à os propres 2eux et !ue ous mettre. otre &onheur à être méprisé de tous et à être re&uté partout comme un o&jet dChorreur% Ce don inestima&le !ue otre Sau eur, a&reu é dCoutrages pour ous, ous fait afin de ous unir à lui, persuade.- ous &ien !ue ous en êtes indigne? ,emercie.-le sou ent de cette fa eur et so2e. plein de reconnaissance pour les personnes !ui 2 ont donné occasion, et tout spécialement pour celles !ui ous ont foulé aux pieds ou !ui croient !ue ous ne supporte. les affronts !uCà regret et à contre-c#ur% /t si réellement il en est ainsi, garde.- ous &ien dCen rien laisser para(tre à lCextérieur% Si la malice du démon, notre ignorance et nos inclinations per erses lCemportent en nous sur ces considérations, si puissantes pourtant et si raies? si le désir de nous éle er audessus des autres ne cesse de nous trou&ler et de faire impression sur notre c#ur, humilions-nous dCautant plus à nos propres 2eux !ue nous o2ons par expérience com&ien nous a anGons peu dans la spiritualité et dans la érita&le connaissance de nous-mêmes, attendu !ue nous ne par enons pas à nous déli rer de ces pensées importunes !ui ont leur

racine dans notre orgueil et notre anité% )ar ce mo2en, nous tirerons le miel du poison et le rem$de de la &lessure même%

C>:)4<,/ HHH444 @uel!ues a ispour surmonter les passions mau aiseset pour a ancer dans la ertu @uoi!ue je ous aie &eaucoup parlé déjà des mo2ens à prendre pour ous aincre ousmême et orner otre *me des ertus chrétiennes, il me reste encore !uel!ues a is à ous donner% )remi$rement, garde.- ous &ien, si ous oule. faire des progr$s dans la ertu, dCa oir pour os exercices spirituels une r$gle pour ainsi dire stéréot2pée !ui fixe un exercice à un jour, et lCautre à un autre jour% LCordre à sui re dans ce com&at et dans cet exercice, cCest de faire la guerre aux passions dont les atta!ues ous ont causé et ous causent encore cha!ue jour le plus de dommage, et dCac!uérir, dans le plus haut degré possi&le, les ertus !ui leur sont opposées% ;ne fois en possession de ces ertus, ous aure. mille occasions dCac!uérir les autres? ous le fere. facilement et sans !uCil soit &esoin pour cela dCactes multipliés? car les ertus sont tellement liées les unes aux autres !uCil suffit dCune ertu fortement ancrée dans notre c#ur pour 2 attirer &ient+t toutes les autres% 'euxi$mement, ne limite. jamais le temps !ue ous emploiere. à ac!uérir une ertu? ne détermine. ni les jours, ni les semaines, ni les années? mais faites comme si ous en étie. encore à os premiers pas, et, sem&la&le à un soldat nou ellement enr+lé, com&atte. sans trê e et gra isse. les hauteurs de la perfection% 0e ous arrête. pas un seul instant, parce !ue sCarrêter dans le chemin de la ertu et de la perfection ce nCest pas se repose et reprendre des forces, cCest reculer et sCaffai&lir de plus en plus% @uand je parle de sCarrêter, jCentends se persuader !ue lCon est arri é à la perfection, négliger les occasions !ui se présentent de poser de nou eaux actes de ertu et mépriser les fautes lég$res% So2e. donc soigneux, fer ent et toujours prêt à saisir les moindres occasions de prati!uer la ertu% :ime. toutes les occasions dCa ancer dans la sainteté? aime. surtout celles !ui présentent

de grandes difficultés, car les efforts !ue lCon fait pour surmonter les o&stacles forment plus promptement les ha&itudes ertueuses et les enracinent plus profondément dans notre *me% Chérisse. donc les personnes !ui ous fournissent ces occasions% Seulement, é ite. a ec soin et fu2e. à pas précipités tout ce !ui pourrait donner lieu aux tentations de la chair% <roisi$mement, so2e. prudent et discret à lCégard des prati!ues !ui peu ent mettre otre santé en danger, comme la discipline, les cilices, le je8ne, les médiations et autres mortifications du même genre? on doit se former à ces exercices peu à peu et par degrés, ainsi !ue nous le dirons par apr$s% )our ce !ui concerne les ertus purement intérieures, comme lCamour de 'ieu, le mépris du monde, lChumilité, la haine des passions mau aises et du péché, la douceur et la patience, lCamour du prochain et des ennemis, il ne fait pas chercher à les ac!uérir peu à peu et à sC2 éle er par degrés? mais en produire les actes a ec toutes la perfection possi&le% @uatri$mement, !ue toutes les pensées de otre *me, tous les désirs de otre c#ur et tous les actes de otre olonté nCaient !uCun seul &ut1 aincre la passion !ue ous com&atte. et ac!uérir la ertu contraire% @ue ce soit là pour ous le monde entier, le ciel et la terre? nCam&itionne. point dCautre trésor, et faites toutes os actions en ue de plaire à 'ieu% @ue ous mangie. ou !ue ous je8nie., !ue ous tra aillie. ou !ue ous ous reposie., !ue ous eillie. ou !ue ous dormie., !ue ous restie. che. ous ou !ue ous sortie., !ue ous ous appli!uie. aux exercices de piété ou aux #u res manuelles, otre uni!ue &ut doit être de aincre et de surmonter cette passion et dCac!uérir la ertu contraire% Cin!ui$mement, haAsse. généralement les commodités et les agréments de la ie, et ous ne sere. !ue fai&lement com&attu par les ices !ui tous ont le plaisir pour racine% ,etranche., par la haine de ous-même, cette racine maudite, et tous les ices perdront en ous leur force et leur igueur% Mais si, pendant !ue ous faites la guerre à un ice et !ue ous résiste. aux séductions dCun plaisir en particulier, ous ous attache. à dCautres plaisirs défendus, ne le fussent-ils !ue sous peine de faute lég$re, la lutte sera rude et sanglante et la ictoire incertaine et rare% CCest pour!uoi a2e. toujours présentes à lCesprit ces sentences de lCFcriture1 KCelui !ui aime son *me la perdra, et celui !ui hait son *me en ce monde, la gardera pour la ie éternelleL 3Jean, H44, P67% KMes fr$res, nous ne sommes pas rede a&les à la chair pour i re selon la chair1 car si ous i e. selon la chair, ous mourre.? mais si par lCesprit ous faites mourir les #u res de la chair, ous i re.L 3,om%, 9444, Q57%

Sixi$mement enfin, je ous a ertis !uCil est utile, et parfois nécessaire, de faire a ant tout une confession générale accompagnée de toutes les dispositions re!uises, et cela pour mieux ous assurer de lCamitié de celui !ui est la source de toutes les gr*ces et lCauteur de toutes les ictoires%

C>:)4<,/ HHH49 @uCil faut ac!uérir les ertus peu à peu,en sC2 exerGant graduellementet sans ouloir les prati!uer toutes à la fois @uoi!ue le chrétien désireux dCarri er au fa(te de la perfection ne doi e point mettre de &orne à son a ancement spirituel, il faut néanmoins !ue la prudence mod$re en lui cette fer eur inconsidérée !ui, apr$s lCa oir, d$s le principe, poussé en a ant a ec trop de igueur, se ralentit &ient+t et lCa&andonne à mi-chemin% CCest pour!uoi, sans re enir sur les r$gles !ue je ous ai tracées pour os exercices extérieurs, je crois utile de ous faire remar!uer !ue les ertus intérieures doi ent sCac!uérir peu à peu et par degrés% CCest le mo2en de faire des progr$s rapides et dura&les% :insi nous ne de ons pas, ordinairement du moins, nous exercer à désirer les ad ersités et à nous en réjouir, !ue nous nCa2ons aupara ant passé par les degrés les plus &as de la ertu de patience% 0e ous attache. pas non plus à toutes, ni même à plusieurs ertus ensem&le? mais à une seule dCa&ord, puis à une autre% 'e cette mani$re, lCha&itude sCenracine plus facilement et plus profondément dans lC*me% Si ous &orne. os efforts à lCac!uisition dCune seule ertu, la mémoire 2 court en toute occasion a ec plus de promptitude, lCentendement sCingénie à trou er pour lCac!uérir des mo2ens et des motifs nou eaux, et la olonté sC2 porte a ec plus dCardeur et de facilité% 4l en serait tout autrement si lCacti ité de ces puissances était dispersée sur di ers o&jets% :joute. à cela !ue la similitude des actes à produire pour ac!uérir une seule et même ertu nous rend ces actes moins péni&les% LCun attire et assiste lCautre? et la ressem&lance !uCils ont entre eux est cause !uCils font plus dCimpression sur nous? les derniers en effet trou ent dans le c#ur une demeure &ien préparée et toute prête à les rece oir, comme elle a reGu ceux !ui ont précédé% Ces raisons ous para(tront plus con aincantes encore si ous réfléchisse. !ue la prati!ue dCune ertu apprend la prati!ue des autres, et !ue les progr$s de lCune entra(nent les progr$s de toutes, puis!uCelles sont toutes insépara&lement unies entre elles, comme autant de

ra2ons projetés par la même lumi$re di ine%

C>:)4<,/ HHH9 'es mo2ens dCac!uérir les ertus,et comment nous de ons nous appli!uer àla même ertu durant un certain espace de temps =utre les dispositions !ue je ous ai signalées plus haut, il faut, pour ac!uérir les ertus chrétiennes, une *me grande et généreuse, une olonté ferme et résolue !ue nCeffraie point la pré ision des contradictions et des peines sans nom&re !ui se rencontrent dans le chemin de la perfection% 4l faut, de plus, !ue lC*me soit inclinée à lCamour des ertus !uCelle eut ac!uérir% Cette inclination sCo&tient en considérant com&ien les ertus plaisent à 'ieu, com&ien elles sont no&les et excellentes en elles-mêmes, et com&ien elles nous sont utiles et nécessaires, puis!uCelles sont principe et le terme de la perfection% 4l importe extrêmement de faire le matin le ferme propos de profiter de toutes les occasions !ue nous aurons raisem&la&lement de les prati!uer, et dCexaminer sou ent durant le jour si nous a ons, oui ou non, exécuté nos &onnes résolutions, afin de les renou eler a ec plus de fer eur% Cet examen doit rouler tout spécialement sur la ertu !ue nous nous sommes proposé dCac!uérir% CCest à cette même ertu !ue nous de ons rapporter les exemples des saints, nos oraisons et la méditation, si nécessaire en tous les exercices spirituels, de la ie et de la )assion de Jésus-Christ% 0ous de ons, ainsi !ue nous lCexpli!uerons ci-apr$s, tenir la même conduite dans toutes les occasions !ui se présenteront, si différentes !uCelles soient les unes des autres% <*chons dCarri er, à force dCactes intérieurs et extérieurs de ertu, à produire ces actes a ec autant de promptitude et de facilité !ue nous en a ions aupara ant à sui re nos penchants naturels? et rappelons-nous ce !ui a été dit plus haut, !ue plus ces actes seront contraires à nos inclinations, plus ite ils introduiront dans notre *me lCha&itude de la ertu% Les sentences de la sainte Fcriture prononcées de &ouche ou tout au moins de c#ur, a ec le respect !ui leur est d8, nous aideront mer eilleusement en cet exercice% <enons donc à notre disposition un &on nom&re de textes en rapport a ec la ertu !ue nous cherchons à ac!uérir? répétons-les sou ent dans le courant de la journée et tout spécialement !uand nous nous sentirons assaillis par la passion contraire% Si, par exemple, nous nous exerGons à la patience, nous pourrons nous ser ir des paroles sui antes ou dCautres sem&la&les1

KMes enfants, supporte. patiemment la col$re !ui est tom&ée sur ousL 3Iaruch, 49, P67% KLa patience des pau res ne sera pas frustrée pour toujoursL 3)S%, 4H, QR7% KLChomme patient aut mieux !ue lChomme courageux? et celui !ui est ma(tre de son esprit aut mieux !ue celui !ui prend les illes dCassautL 3)ro %, H94, 5P7% KCourons par la patience au com&at !ui nous est proposéL 3>é&%, H44, P7% 0ous pourrons dans le même &ut faire les aspirations sui antes ou dCautres du même genre1 @uand 'ieu armera-t-il mon c#ur du &ouclier de la patience @uand saurai-je, pour plaire à mon di in Ma(tre, supporter dCun c#ur tran!uille les épreu es de la ie M souffrances &ien-aimées !ui me rende. sem&la&le à mon Sau eur Jésus souffrant pour moi D M lCuni!ue ie de mon *me, ne me errai-je jamais, pour otre gloire, pleinement heureux au sein des souffrances @uel serait mon &onheur si, au milieu des flammes de la tri&ulation, jCaspirais à des tourments plus grands encore D 0ous nous ser irons à toute heure de ces sortes de pri$res, sui ant les progr$s !ue nous aurons faits dans la ertu, et les pensées !ue nous inspirera lCesprit de dé otion% Ces oraisons sCappellent oraisons jaculatoires, du latin jaculum !ui signifie trait, parce !ue ce sont comme autant de traits !ue nous lanGons ers le ciel? elles ont une force mer eilleuse pour nous exciter à la perfection et toucher le c#ur de 'ieu, à condition toutefois !uCelles soient accompagnées de deux choses !ui leur ser ent en !uel!ue sorte dCailes% La premi$re, cCest une con iction profonde !ue 'ieu prend plaisir à oir notre *me sCexercer à la ertu% La seconde, un rai et ardent désir de lCac!uérir dans la seule ue de plaire à sa di ine

Majesté%

C>:)4<,/ HHH94 @ue lCexercice de la ertu exigeune application constante ;ne condition importante, indispensa&le même, pour par enir au &ut !ue nous poursui ons, je eux dire lCac!uisition des ertus, cCest la persé érance à marcher en a ant1 SCarrêter, cCest reculer% /n effet, d$s !ue nous cessons de nous appli!uer à la prati!ue des ertus, la iolence de notre inclination aux plaisirs des sens, jointe aux sollicitations !ui nous iennent du dehors, donne nécessairement naissance à &eaucoup de passions désordonnées !ui détruisent ou affai&lissent les ha&itudes des ertus% /n outre, ce man!ue dCapplication nous pri e des gr*ces nom&reuses !ue 'ieu accorde à ceux !ui marchent courageusement dans le chemin de la perfection% CCest la différence !ui existe entre ce chemin et les chemins ordinaires% 'ans ces derniers, en effet, le o2ageur, en sCarrêtant, ne perd rien de la distance parcourue, tandis !ue, dans le premier, il perd énormément de terrain% ;ne différence encore, cCest !ue, dans les routes ordinaires, la lassitude sCaccro(t en proportion du chemin !ue lCon fait, tandis !ue, dans le chemin de la ertu, les forces augmentent à mesure !ue lCon a ance% La raison en est !ue lCexercice des ertus affai&lit la partie inférieure dont la résistance augmente la difficulté et les fatigues du chemin, et !uCil affermit et fortifie de plus en plus la partie supérieure oE la ertu réside% :insi, à mesure !uCon a ance dans la oie de la perfection, la peine !uCon 2 éprou e diminue de plus en plus, et la joie secr$te !ue 'ieu mêle à cette peine sCaccro(t sans cesse% Le chrétien, marchant ainsi de ertu en ertu a ec une facilité et une joie toujours croissantes, finit par arri er au sommet de la montagne et à cet état de perfection !ui permet à lC*me de se li rer aux aspirations spirituelles, non seulement sans dégo8t, mais a ec un plaisir ineffa&le, parce !uCa2ant aincu et dompté les passions déréglées et sCétant mise audessus de toutes les choses créées, elle it au sein de 'ieu et go8te, parmi des la&eurs sans trê e, les délices dCun repos inaltéra&le%

C>:)4<,/ HHH944 @ue la nécessité oE nous sommesde nous exercer sans cesseà la prati!ue des ertusnous o&lige à profiter, pour les ac!uérir,de toutes les occasions !ui se présentent 0ous a ons u asse. clairement !ue, dans le chemin !ui conduit à la perfection, il faut marcher en a ant, sans sCarrêter jamais% )our cela, tenons-nous &ien sur nos gardes et eillons attenti ement à ne laisser échapper aucune occasion dCac!uérir les ertus% CCest donc mal entendre ses intérêts !ue de fuir les contrariétés !ui pourraient nous ser ir à cet égard% )our nous en tenir à notre premier exemple, oule.- ous ac!uérir lCha&itude de la patience - 0Cé ite. point les personnes, les actions et les pensées !ui ous portent à lCimpatience% 0e cesse. point os relations parce !uCelles ous sont à charge? et, dans les con ersations et les rapports !ue ous entretiendre. a ec les personnes !ui ous ennuient, tene. otre olonté toujours prête à souffrir les contrariétés et les dégo8ts !ui ous arri eront? sinon ous nCac!uerre. jamais lCha&itude de la patience% 'e même, si un tra ail ous dépla(t, soit par lui-même, soit à cause de la personne !ui ous lCa imposé, soit parce !uCil ous détourne dCune occupation plus conforme à os go8ts, ne laisse. pas de lCentreprendre et de le continuer, malgré le trou&le !uCil ous cause et le repos !ue ous trou erie. en lCa&andonnant% Sans cela ous trou erie. en lCa&andonnant% Sans cela ous nCapprendrie. jamais à souffrir, et le repos !ue ous go8terie. ne serait pas un repos érita&le, attendu !uCil ne procéderait pas dCun esprit li&re de passions et orné de ertus% JCen dis autant des pensées ennu2euses !ui tourmentent et trou&lent parfois otre *me% Ce nCest pas un a antage pour ous dCen être enti$rement déli ré, puis!ue la souffrance !uCelles ous causent ous accoutume à supporter patiemment toute sorte de contrariétés% 9ous enseigner le contraire, ce serait plut+t ous apprendre à fuir la peine !ue ous éprou e., !uCà ac!uérir la ertu !ue ous désire.% 4l est &ien rai !uCen de sem&la&les occasions, il faut, surtout si on nCest pas suffisamment aguerri, sa oir temporiser et user de &eaucoup de prudence et dCadresse, affronter lCennemi ou lCé iter selon !uCon se sent plus ou moins de ertu et de igueur dCesprit? mais, dCun autre c+té, on doit &ien se garder de l*cher pied tout à fait et de reculer au point dCa&andonner toutes les occasions de souffrir, parce !ue si pour le moment on échappe au danger de tom&er, on court grand ris!ue de succom&er plus tard aux assauts de lCimpatience faute de sCêtre suffisamment aguerri et fortifié dCa ance par la prati!ue de la ertu

contraire% 4nutile de faire remar!uer !ue ces a is ne concernent pas le ice impur% La mani$re de com&attre ce ice ous a été indi!uée dans un des chapitres précédents%

C>:)4<,/ HHH9444 @ue lCon doit rechercher les occasionsde prati!uer la ertu, et les accueillira ec dCautant plus de joie!uCelles offrent plus de difficultés

Ce nCest point asse. de ne pas fuir les occasions de nous exercer à la ertu? il faut parfois les rechercher comme des a antages inestima&les, les accueillir a ec joie d$s !uCelles sCoffrent à nous et regarder comme plus précieuses et plus dignes dCamour celles !ui déplaisent da antage à nos sens% 9ous 2 par iendre., a ec la gr*ce de 'ieu, si ous imprime. profondément dans otre esprit les considérations sui antes% La premi$re, cCest !ue les occasions sont des mo2ens éminemment utiles, nécessaires même à lCac!uisition des ertus% CCest pour!uoi en demandant les unes au Seigneur, ous lui demande. nécessairement les autres? sinon otre pri$re serait aine, ous serie. en contradiction a ec ous-même et ous tenterie. le Seigneur puis!ue, selon le cours ordinaire des choses, 'ieu ne donne pas la patience sans les tri&ulations ni lChumilité sans les oppro&res% =n peut en dire autant de toutes les autres ertus% 4l est incontesta&le !uCelles sCac!ui$rent au mo2en des ad ersités !ui nous arri ent% Ces ad ersités nous sont dCautant plus utiles et doi ent par consé!uent nous être dCautant plus ch$res et plus agréa&les !uCelles sont plus péni&les à la nature? car les actes !ue nous produisons en ces occasions sont plus généreux et plus forts et, partant, plus propres à nous faire a ancer a ec promptitude et facilité dans la oie de la perfection% 4l faut estimer et mettre à profit les moindres occasions, ne f8t-ce !uCun regard ou une parole contraire à notre olonté, parce !ue si ces actes ont moins dCintensité, ils sont plus fré!uents !ue ceux !ue lCon produit dans les circonstances plus importantes% La seconde considération, déjà touchée plus haut, cCest !ue tous les accidents !ui nous arri ent nous sont en o2és de 'ieu pour notre &ien et afin !ue nous en tirions profit%

/t !uoi!ue, parmi ces accidents, il sCen trou e !uel!ues-uns, nos fautes par exemple et celles du prochain, !ue lCon ne peut attri&uer à 'ieu sans faire injuste à sa sainteté, il nCen est pas moins rai !uCelles nous iennent de 'ieu en ce sens !ue 'ieu les permet et !ue, pou ant les empêcher, il ne le fait cependant pas% Mais les afflictions et les peines !ui nous arri ent par notre faute ou par la malice dCautrui, on ne peut nier !uCelles ne iennent par 'ieu et de 'ieu? puis!ue 'ieu 2 concourt et !ue, tout en oulant !ue ce !ui se fait ne se fasse pas, puis!uCil 2 oit une difformité sou erainement odieuse à ses 2eux, il eut !ue nous les supportions à cause du profit spirituel !ue nous pou ons en retirer ou pour dCautres raisons tr$s justes !ui nous sont cachées% /t si nous a ons une certitude enti$re !ue le Seigneur eut !ue le Seigneur eut !ue nous supportions a ec joie les maux !ue nous causent les injustices du prochain ou nos fautes personnelles, il faut du prochain ou nos fautes personnelles, il faut &ien reconna(tre !ue dire, comme plusieurs le font pour excuser leur impatience, !ue 'ieu ne eut pas, !uCil a en horreur les mau aises actions, cCest chercher un ain prétexte pour cou rir notre propre faute et refuser la croix !ue nous sa ons de oir porter pour plaire au Seigneur% Je ais plus loin et jCaffirme !ue, toutes choses égales dCailleurs, le Seigneur préf$re nous oir supporter les peines !ui ont leur source dans la méchanceté des hommes, de ceux surtout !ue nous a ons o&ligés, !ue celles !ui nous iennent dCautres accidents f*cheux% La raison en est !ue les premi$res ont dCordinaire plus de force pour réprimer notre orgueil naturel? et !uCen outre, en les supportant a ec joie, nous contentons et glorifions singuli$rement le Seigneur, puis!ue nous coopérons a ec lui à lC#u re !ui fait le plus éclater sa &onté ineffa&le et sa toute-puissance, celle de tirer du enin pestilentiel de la malice et du péché, le fruit précieux et sua e de la ertu et de la sainteté% Sache. donc, *me chrétienne, !uCaussit+t !ue 'ieu décou re en nous un if désir de nous mettre courageusement à lC#u re et de tendre de tous nos efforts à cette glorieuse con!uête, il nous prépare le calice des plus iolentes tentations et des plus rudes épreu es, afin de nous le présenter en son temps% 0ous-mêmes, si nous sommes désireux de son amour et de notre propre &ien, nous saurons amour et de notre propre &ien, nous saurons accepter de &on c#ur et les 2eux fermés le calice !uCil nous offre, et le &oire jus!uCau fond a ec assurance et promptitude? puis!ue cCest une médecine, et composée !uCelles sont plus am$res à notre palais%

C>:)4<,/ HHH4H Comment nous pou onsfaire ser ir des occasions di ersesà lCexercice dCune même ertu

9ous a e. u dans les chapitres précédents !uCil aut incompara&lement mieux sCexercer pendant !uel!ue temps à une seule ertu !ue de ouloir en ac!uérir plusieurs à la fois? ous a e. u également !uCil faut faire con erger sur cette ertu uni!ue toutes les occasions !ui se présentent, si différentes !uCelles soient les unes des autres% :pprene. maintenant la méthode à sui re pour ous rendre cet exercice plus facile% 4l arri era en un même jour, peut-être en une même heure, !uCon nous reprendra dCune action même excellente, !ue, pour une cause ou lCautre, on parlera mal de nous, !uCon nous refusera durement une fa eur ou un léger ser ice, !uCon nous soupGonnera sans raison, !ue QST nous ressentirons une douleur corporelle, !uCon nous imposera une &esogne ennu2euse, !uCon nous ser ira un mets mal apprêté, !ue nous nous trou erons acca&lés sous le poids de maux plus considéra&les, tels !uCil sCen rencontre si sou ent dans la pau re ie humaine% @uoi!ue parmi tant dCaccidents f*cheux nous puissions prati!uer plusieurs ertus différentes, néanmoins, pour nous en tenir à la r$gle donnée plus haut, nous nous &ornerons à produire des actes conformes à la ertu !ue nous nous sommes proposé dCac!uérir% Si cCest la patience !ue nous cherchons à ac!uérir au moment oE ces accidents nous arri ent, nous nous efforcerons de les supporter de &on c#ur et a ec joie% Si cCest lChumilité, nous nous persuaderons, au milieu de ces contrariétés, !ue nous sommes dignes de tous les ch*timents% Si cCest lCo&éissance, nous nous a&aisserons promptement sous la main toute-puissante de 'ieu et, pour lui plaire, puis!ue telle est sa olonté, nous nous assujettirons aux créatures raisonna&les ou même pri ées de raison !ui nous causent ces ennuis% Si cCest la pau reté, nous consentirons à être dépouillés et pri és de toutes les consolations de la ie, des grandes comme des petites% Si cCest la charité, nous ferons des actes dCamour en ers le prochain !ui est lCinstrument de notre sanctification et en ers 'ieu !ui en est la cause premi$re et pleine dCamour puis!ue ces épreu es destinées à nous faire a ancer dans la ertu nous arri ent par son ordre, ou du moins par sa permission% Ce !ue je dis ici des accidents di ers !ui nous arri ent journellement nous indi!ue en même temps comment, dans une maladie ou une affliction de longue durée, nous pou ons nous exercer à la ertu !ue nous nous sommes proposés dCac!uérir%

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'u temps !ue nous de ons consacrerà lCexercice de cha!ue ertu,et des mar!ues de notre a ancement spirituel )our ce !ui regarde le temps !ue nous de ons emplo2er à lCexercice de cha!ue ertu, ce nCest pas à moi de le déterminer, puis!uCil faut le régler dCapr$s lCétat et les &esoins particuliers de notre *me, les progr$s !ue nous faisons dans le chemin de la perfection et lCa is de celui !ui nous guide dans cette oie% <outefois, si on sC2 appli!uait de la mani$re et a ec la sollicitude !ue nous a ons dites, il est certain !uCon ferait en peu de semaines des progr$s considéra&les% CCest une preu e de progr$s !ue de persé érer dans les exercices spirituels malgré les aridités, les tén$&res, les angoisses de lC*me et la pri ation des consolations sensi&les% ;n autre signe non moins é ident, cCest la résistance !ue la concupiscence oppose à nos actes de ertus1 plus celle-ci perdra de forces, plus nous aurons sujet de croire !ue nous a anGons dans la perfection% Si donc nous ne sentons aucune contradiction, aucune ré olte dans la partie sensiti e et inférieure, surtout !uand il sCagit dCassauts su&its et impré us, cCest un signe !ue nous a ons ac!uis la ertu% /t plus nous en produirons les actes a ec promptitude et a ec joie, plus nous serons autorisés à croire !ue nous a ons retiré de grands fruits de cet exercice% ,emar!uons cependant !ue nous ne de ons pas nous croire en possession dCune ertu et regarder comme certain notre triomphe sur une passion parce !ue, depuis longtemps et apr$s &eaucoup de com&ats, nous nCaurions plus ressenti ses atta!ues% /n ceci encore il peut 2 a oir ruse et artifice du démon, et illusion de la nature? il nCest pas rare !uCun orgueil secret nous fasse prendre pour ertu ce !ui réellement nCest !ue ice% 'Cailleurs, si nous considérons la perfection à la!uelle 'ieu nous appelle, !uels !ue soient nos progr$s dans la ertu, nous nCaurons pas de peine à nous persuader !ue nous en a ons à peine franchi les premiers degrés% 9ous de e. donc ous regarder comme un guerrier nou ellement enr+lé ou comme un enfant !ui essaie ses premiers pas, et reprendre os exercices a ec otre premi$re ardeur, comme si ous nCa ie. rien fait encore% Sou ene.- ous, *me chrétienne, !ue mieux aut a ancer dans le chemin de la ertu !ue dCexaminer les progr$s !uCon 2 a fait? parce !ue 'ieu, !ui seul scrute le fond des c#urs, dé oile ce secret à !uel!ues-uns et le cache à dCautres, selon !uCil oit pour eux, en cette connaissance, un sujet dChumiliation ou une excitation à lCorgueil% Comme un p$re plein

dCamour pour ses enfants, il +te aux uns le danger et fournit aux autres lCoccasion de cro(tre en ertus% 4l faut donc !ue lC*me continue ses exercices, !uoi!uCelle ne sCaperGoi e pas de ses progr$s? elle les conna(tra lors!uCil plaira à 'ieu de les lui décou rir pour son plus grand &ien%

C>:)4<,/ HL4 @ue nous ne de ons pas souhaiter dCêtre déli résdes afflictions !ue nous endurons patiemment?et de la mani$re de régler tous nos désirs

Lors!ue ous ous trou e. dans une peine !uelcon!ue et !ue ous la supporte. patiemment, garde.- ous &ien de ous laisser entra(ner par le démon ou lCamour-propre au désir dCen être déli ré? car ce désir ous causerait deux grands maux% Le premier, cCest !uCalors même !uCil ne ous ra irait pas immédiatement la ertu de patience, il ous disposerait peu à peu au ice contraire% Le second, cCest !ue otre patience de iendrait imparfaite et !ue ous ne rece rie. !uCune récompense proportionnée à la durée de lCépreu e, tandis !uCen ne souhaitant pas dCen être déli ré et en ous confiant sans réser e à la &onté di ine, otre souffrance nCe8t-elle duré !uCune heure ou moins encore, ous en aurie. été récompensé par 'ieu comme dCun ser ice de longue durée% CCest pour!uoi, en ceci comme dans tout le reste, prene. pour r$gle constante de tenir os désirs tellement éloignés de tout ce !ui nCest pas 'ieu, !uCils tendent purement et simplement à leur érita&le et uni!ue &ut, à sa oir la olonté du Seigneur% 'e cette faGon, ils seront toujours justes et é!uita&les, et ous sere., au milieu de toutes os contrariétés, tran!uille et même heureux, parce !ue, sachant !ue rien ne peut se faire sans la olonté di ine et oulant ous-même ce !uCelle eut, ous ne pou e. man!uer de ouloir tout ce !ui ous arri e et dCa oir tout ce !ue ous désire.% Cette remar!ue ne peut, il est rai, sCappli!uer à os péchés et aux péchés dCautrui, puis!ue 'ieu ne peut les ouloir? mais elle sCappli!ue parfaitement à toutes les peines !ui en découlent ou !ui ous iennent dCailleurs% Si iolente et si profonde !ue soit la &lessure, arri *t-elle, en touchant le fond de otre c#ur, à &riser les racines mêmes de la ie naturelle, ous ne de e. pas moins 2 reconna(tre la croix dont 'ieu se pla(t à fa oriser ses amis les plus intimes et les plus chers% Ce !ue je dis ici des afflictions en général doit sCentendre en particulier de la part de souffrances !ui nous restera et !ue 'ieu eut !ue

nous endurions, apr$s !ue nous aurons emplo2é tous les mo2ens licites de nous en défaire% /ncore faut-il régler lCemploi de ces mo2ens sur la olonté de 'ieu !ui les a éta&lis, afin !ue nous nous en ser ions uni!uement parce !uCil le eut, et non par attachement à nos aises, ou parce !ue nous aimons et désirons la cessation de nos épreu es plus !ue ne le re!ui$rent son ser ice et son &on plaisir%

C>:)4<,/ HL44 Comment on doit se défendredes artifices du démon !uand il nous inspiredes dé otions indiscr$tes Lors!ue lCesprit malin sCaperGoit !ue nous marchons dans le chemin de la ertu a ec des désirs si ifs et si &ien réglés !uCil ne peut nous engager dans le mal par des artifices manifestes, il se transforme en ange de lumi$re et nous sugg$re à tout instant des pensées agréa&les, des sentences de lCFcriture et des exemples tirés de la ie des saints pour nous faire marcher a ec une ardeur indiscr$te dans la oie de la perfection et nous faire ensuite tom&er dans le précipice% CCest ainsi, par exemple, !uCil nous in ite à ch*tier rudement notre corps par des disciplines, des je8nes, des cilices et par dCautres mortifications sem&la&les, afin !ue nous nous laissions aller à lCorgueil en nous imaginant, comme il arri e particuli$rement aux femmes, !ue nous faisons des choses mer eilleuses? ou &ien afin !ue nous contractions une maladie !ui nous rende impropres aux &onnes #u res? ou &ien encore afin !ue lCexc$s de tra ail et de peine nous fasse prendre les exercices spirituels en dégo8t et en a ersion, et !ue, de enant peu à peu ti$des pour le &ien, nous nous adonnions a ec plus dCa idité !ue jamais aux plaisirs et aux di ertissements du monde% CCest ce !ui est arri é à un &on nom&re de personnes pieuses% : euglées par la présomption de leur c#ur, et emportées par un .$le indiscret, elles ont, dans leurs mortifications extérieures, outrepassé la mesure de leurs forces, et sont de enues le jouet des malins esprits% /lles se seraient épargné ce malheur si elles a aient tenu compte des o&ser ations !ue nous a ons faites et si elles a aient réfléchi !ue ces sortes de mortifications, si loua&les en ellesmêmes et si profita&les à ceux !ui ont les forces corporelles et lChumilité re!uises pour les prati!uer, doi ent être réglées dCapr$s le tempérament et la nature de chacun% Ceux !ui ne peu ent supporter les austérités aux!uelles les saints ont soumis leur corps trou eront toujours asse. dCoccasions dCimiter leur ie, par la i acité et lCefficacité de leurs désirs et la fer eur de leurs pri$res% @uCà leur exemple, ils aspirent à ces couronnes plus glorieuses !ue procurent aux rais soldats du Christ le mépris du monde et de soi-

même, lCamour du silence et de la retraite, la patience dans lCépreu e, lCempressement à rendre le &ien pour le mal, le soin dCé iter les fautes les plus lég$res, mortifications &ien autrement agréa&les à 'ieu !ue les austérités corporelles% @uant à ces austérités, je ous conseille dCen user a ec une grande modération pour pou oir les augmenter au &esoin, plut+t !ue de ous exposer par trop de .$le à de oir les a&andonner enti$rement% Si je ous donne cet a is, cCest !ue je ous crois à lCa&ri de lCerreur de certaines personnes !ui dCailleurs passent pour spirituelles et !ui, séduites et trompées par lCamour-propre, prennent un soin exagéré de la conser ation de leur santé corporelle% /lles en sont si jalouses et si in!ui$tes !uCun rien suffit à leur inspirer des doutes et des craintes à cet égard% Leur principale occupation, le sujet fa ori de leurs con ersations, cCest le régime de ie !uCelles ont à sui re% :insi elles recherchent sans cesse les mets !ui flattent leur go8t, sans souci de leur estomac !ue cette délicatesse extrême ne fait !uCaffai&lir de plus en plus% Sous le prétexte dCac!uérir des forces pour mieux ser ir 'ieu, elles ne cherchent !uCà accorder ensem&le, sans aucun profit pour aucun, et même au détriment de lCun et de lCautre, deux ennemis irréconcilia&les, lCesprit et le corps? leur sollicitude mal entendue enl$ e à lCun la santé et à lCautre la dé otion% CCest pour!uoi il est plus s8r et plus aisé à tous égards de sui re un régime plus li&re, pour u !uCil soit accompagné de la discrétion re!uise et !uCon tienne compte des conditions et des complexions !ui sont trop différentes les unes des autres pour être soumises à la même r$gle% JCajoute en terminant !uCune certaine modération est sou erainement désira&le, non seulement dans les choses extérieures, mais dans lCac!uisition des ertus intérieures, ainsi !ue nous lCa ons fait oir en parlant de la gradation à sui re pour arri er à la perfection%

C>:)4<,/ HL444 Com&ien nos penchants mau aiset les suggestions du démonont de force pour nous pousser à juger témérairement du prochain,et de !uelle mani$renous de ons résister à cette tentation LCestime et la &onne opinion !ue nous a ons de nous-mêmes produit un autre désordre gra ement préjudicia&le1 le jugement téméraire !ui nous porte à mépriser le prochain, à le dénigrer et à lChumilier% Ce ice au!uel elle a donné naissance, la aine gloire le fomente et lCentretient dCautant plus olontiers !uCelle grandit a ec lui et arri e peu à peu à se complaire en elle-même et à se faire compl$tement illusion% CCest ainsi !ue nous cro2ons, à otre insu, nous éle er à mesure !ue nous a&aissons les

autres dans notre estime, persuadés !ue nous sommes dCêtre exempt des imperfections !ue nous nous plaisons à remar!uer dans le prochain% 'e son c+té, le malin esprit !ui nous oit dans cette mau aise disposition dCesprit ne cesse pas un instant de tenir nos 2eux ou erts et notre attention é eillée sur les défauts dCautrui pour les o&ser er, les contr+ler et les exagérer% =n ne saurait, si on nC2 prend garde, se figurer les efforts !uCil fait, les artifices !uCil in ente, pour imprimer dans notre esprit les moindres défauts du prochain !uand il ne peut nous en dé oiler de considéra&les% )uis donc !uCil est attentif à ous nuire, eille. ous-même à ne point ous laisser prendre à ses pi$ges% :ussit+t !uCil ous représente un ice du prochain, ite porte. otre pensée ailleurs? et si ous ous sente. encore enclin à juger sa conduite, considére. !ue ce pou oir ne ous a pas été donné? et !ue, ous e8t-il été donné, ous ne serie. pas à même de porter un jugement é!uita&le, en ironné de mille passions et incliné !ue ous êtes à penser mal des autres, sans raisons plausi&les% Mais le rem$de le plus efficace à ce mal, cCest dCoccuper otre pensée des &esoins de otre *me% 9ous ous aperce re. de plus en plus !ue ous a e. tant à faire et à tra ailler en ousmême et pour ous-même !ue ous nCaure. plus le temps ni lCen ie de songer aux affaires dCautrui% 'e plus, en ous appli!uant à cet exercice de la mani$re con ena&le, ous arri ere. à purifier de plus en plus otre #il intérieur des humeurs mau aises !ui sont cause de ce ice pestilentiel% Songe. !ue le jugement téméraire !ue ous porte. sur otre fr$re est une preu e !ue ous a e. dans otre c#ur !uel!ue racine du mal !ue ous lui reproche.? car le c#ur icieux se pla(t à oir dans tous ceux !uCil rencontre les ices aux!uels il est sujet lui-même% Lors donc !uCil ous ient à lCesprit dCaccuser le prochain de !uel!ue défaut, cro2e. !ue ous en êtes ous-même coupa&le et tourne. otre indignation contre ous-même% 'itesous intérieurement1 Miséra&le !ue je suis D )longé moi-même dans ce défaut et dans de plus grands encore, jCirai le er la tête pour oir et juger les défauts dCautrui 'e cette faGon, les armes dont ous de ie. ous &lesser en les dirigeant contre le prochain, ces armes, tournées maintenant contre ous-même, apporteront la guérison à os plaies% Si la faute est claire et manifeste, il faut excuser charita&lement celui !ui lCa commise et croire !uCil 2 a dans otre fr$re des ertus cachées pour la conser ation des!uelles 'ieu a

permis cette chute, ou &ien !ue le Seigneur lui laisse ce défaut pour le rendre plus méprisa&le à ses propres 2eux, lui faire retirer des mépris dont il est lCo&jet des fruits a&ondants dChumilité et lui procurer ainsi un gain supérieur à la perte !uCil a su&ie% /t si le péché nCest pas seulement manifeste, mais gra e et o&stiné, tourne. otre pensée ers les redouta&les jugements de 'ieu, et ous erre. !ue des hommes plongés aupara ant dans toute sorte de crimes sont arri és à un haut degré de sainteté, tandis !ue dCautres !ui sem&laient a oir atteint le fa(te de la perfection sont tom&és dans un a&(me dCini!uités% )artant, tene.- ous toujours dans la crainte et le trem&lement plus pour otre propre salut !ue pour le salut de !ui !ue ce soit% 4mprime. profondément cette érité dans otre esprit !ue tout le &ien et toute la satisfaction !ue ous cause la perfection du prochain est un fruit du Saint-/sprit, et !ue tout mépris, tout jugement téméraire, toute amertume à son égard ient de otre malice et des suggestions du démon% SCil arri ait !uCun défaut du prochain e8t fait sur ous une impression f*cheuse, ne prene. point de repos, ne donne. point de sommeil à os 2eux, !ue ous ne lCa2e. enti$rement effacée de otre c#ur%

C>:)4<,/ HL49 'e lCoraison Si la défiance is-à- is de nous-mêmes, la confiance en 'ieu et le &on usage de nos facultés sont, comme nous lCa ons montré jus!uCici, des armes si nécessaires dans le com&at spirituel, lCoraison, !ue nous a ons indi!uée comme la !uatri$me arme, est dCune nécessité plus grande encore, puis!ue cCest elle !ui nous o&tient non seulement ces trois grandes ertus, mais tous les &iens !ue nous pou ons espérer du Seigneur notre 'ieu% LCoraison, en effet, est le canal !ui nous transmet toutes les gr*ces !ui découlent sur nous de cette source de &onté et dCamour% )ar lCoraison, si ous ous en ser e. &ien, ous mettre. dans la main de 'ieu une épée a ec la!uelle il com&attra et triomphera pour ous% =r, pour &ien user de lCoraison, il faut !ue ous so2e. ha&itué, ou !ue ous mettie. tous os soins à ous ha&ituer aux choses !ui sui ent1

)remi$rement, il faut !uCil 2 ait toujours dans otre c#ur un désir ardent de ser ir sa majesté sou eraine, en toutes choses et de la mani$re !ui lui pla(t da antage% )our ous enflammer de ce désir, considére. attenti ement1 @ue 'ieu mérite, plus !uCon ne saurait le dire, dCêtre ser i et honoré à cause de lCexcellence ineffa&le de son être, de sa &onté, de sa grandeur, de sa sagesse, de sa &eauté et de toutes ses infinies perfections% @uCil a tra aillé et souffert durant trente-trois ans pour otre salut, !uCil a pansé et guéri os plaies infectes, non pas a ec de lChuile, du in et des lam&eaux de toile, mais a ec la précieuse li!ueur sortie de ses eines sacrées et a ec ses chairs tr$s pures déchirées par les fouets, les épines et les clous% Considére. enfin !uCil est pour ous dCune importance extrême de le ser ir, puis!ue cCest le mo2en de ous rendre ma(tre de ous-même, ictorieux du démon et enfant de 'ieu% 'euxi$mement, ous de e. croire a ec une foi i e et confiante !ue le Seigneur est disposé à ous donner tout ce !ui ous est nécessaire pour son ser ice et otre &ien% Cette sainte confiance est le ase !ue la miséricorde di ine remplit des trésors de sa gr*ce, et plus ce ase est large et profond, plus a&ondantes seront les richesses !ue lCoraison attirera dans otre sein% /t comment 'ieu, !ui est tout-puissant et immua&le, pourrait-il ne pas nous communi!uer ses dons, apr$s nous a oir fait un commandement expr$s de les lui demander, et apr$s a oir promis son /sprit à ceux !ui lCimploreraient a ec foi et persé érance <roisi$mement, il faut ous mettre en pri$re a ec lCintention de faire la olonté de 'ieu et non la +tre, tant par rapport à lCacte même de la pri$re !ue par rapport à lCeffet !uCelle doit o&tenir? cCest-à-dire !ue ous ne de e. prier !ue parce !ue 'ieu le eut ainsi, et !ue ous ne de e. désirer dCêtre exaucé !ue pour autant !uCil plaira au Seigneur% /n un mot, otre intention doit être dCéle er otre olonté jus!uCà la olonté de 'ieu, et non pas de plier sa olonté à la +tre% 9otre olonté, corrompue et g*tée par lCamour-propre, tom&e sou ent dans lCerreur, tandis !ue la olonté de 'ieu est toujours unie à une &onté ineffa&le et ne peut jamais errer% CCest à ce titre !uCelle est la r$gle et la ma(tresse de toutes les olontés, et !uCelle mérite et exige !ue toutes, sans exception, la sui ent et lui o&éissent% :ussi ne de e.- ous demander !ue les choses !ue ous sa e. être conformes au &on plaisir de 'ieu et, si ous a e. un doute à cet égard, ne les demande. !ue sous la condition !ue le Seigneur euille &ien ous les accorder%

@uant aux choses !ue ous sa e. positi ement lui être agréa&les comme les ertus, ous les demandere. plus pour lui plaire et le ser ir !ue pour tout autre motif et tout autre considération, si pieuse !uCelle puisse être% @uatri$mement, il faut !ue ous allie. à lCoraison orné dC#u res en rapport a ec os demandes, et !uCapr$s lCoraison, ous ous appli!uie. de toutes os forces à ous rendre digne de la gr*ce et de la ertu !ue ous désirer o&tenir% 4l faut, en effet, !ue la prati!ue de lCoraison soit accompagnée de la prati!ue de la mortification et !ue ces deux choses se succ$dent sans interruption, car ce serait tenter 'ieu !ue de demander une ertu et de ne rien faire pour lCac!uérir% Cin!ui$mement, !ue os demandes soient précédées dCactions de gr*ces pour les &ienfaits reGus% 'ites au Seigneur1 M mon 'ieu, !ui mCa e. créé et racheté par otre miséricorde, !ui mCa e. tant de fois déli ré des mains de mes ennemis !ue jCen ignore moi-même le nom&re, ene. maintenant à mon aide et accorde.-moi la gr*ce !ue je ous demande, sans tenir compte de mes infidélités et de mes ingratitudes continuelles% Si, au moment de demander une ertu particuli$re, il se présente une occasion de ous 2 exercer, nCou&lie. pas dCen remercier le Seigneur comme dCun &ienfait signalé% Sixi$mement, comme lCoraison emprunte sa force et la ertu !uCelle a de fléchir le Seigneur à la &onté et à la miséricorde !ui est le fond de sa nature, aux mérites de la ie et de la )assion de son Bils uni!ue, à la promesse !uCil a faite de nous exaucer, ous terminere. os demandes par une ou plusieurs des formules sui antes1 Seigneur, accorde.-moi cette gr*ce par otre miséricorde infinie% @ue les mérites de otre di in Bils mCo&tiennent la gr*ce !ue je sollicite% Sou ene.- ous, mon 'ieu, de os promesses et prête. lCoreille à ma pri$re% )arfois aussi, ous implorere. les gr*ces de 'ieu par les mérites de la Sainte 9ierge et des autres saints, car ils ont &eaucoup de pou oir dans le Ciel et le Seigneur se pla(t à les honorer en récompense des honneurs !uCils ont eux-mêmes rendus à sa di ine majesté !uand ils étaient sur la terre% Septi$mement, il faut persé érer dans lCoraison1 lChum&le persé érance finit par aincre lCin inci&le lui-même% Si les instances et les importunités de la eu e de lCF angile ont pu fléchir un juge impie et inhumain, comment notre pri$re nCaurait-elle pas la force dCincliner ers nous celui !ui est la plénitude de tous les &iens :insi donc, !uand même, apr$s otre oraison, le Seigneur tarderait à enir et à ous

exaucer? !ue dis-je - !uand même il sem&lerait ous re&uter, continue. à prier et à tenir ferme et i e la confiance !ue ous a e. en son secours, parce !uCen 'ieu ne man!uent jamais les ressources nécessaires pour faire du &ien aux hommes, !uCelles sura&ondent au contraire sans &orne ni mesure% CCest pour!uoi, sCil ne man!ue rien de otre c+té, so2e. con aincu !ue ous o&tiendre. toujours ce !ue ous demandere. ou !uel!ue chose de plus utile encore, ou même les deux choses à la fois% /t plus il ous sem&lera !ue ous êtes re&uté, plus ous ous humiliere. à os propres 2eux et, le regard fixé dCun c+té sur otre indignité et de lCautre sur la di ine miséricorde, ous ous efforcere. dCaccro(tre otre confiance en 'ieu% Si ous sa e. la maintenir i e et ferme, les assauts !uCelle aura à soutenir ne feront !ue la rendre plus agréa&le au Seigneur% /nfin, remercie.-le sans cesse, &énisse. sa &onté, sa sagesse et son amour, aussi &ien lors!uCil ous re&ute !ue lors!uCil ous exauce et, !uoi !uCil arri e, tene. otre *me tran!uille et jo2euse dans une hum&le soumission à sa di ine )ro idence%

C>:)4<,/ HL9 Ce !ue cCest lCoraison mentale LCoraison mentale est une élé ation de lC*me à 'ieu, dans la!uelle on lui demande actuellement ou irtuellement les choses !ue lCon désire% 'emander une gr*ce actuellement, cCest formuler mentalement sa demande de la mani$re sui ante ou dCune faGon é!ui alente1 Mon Seigneur et mon 'ieu, accorde.-moi cette gr*ce pour lChonneur de otre saint nom? ou encore1 Seigneur, je crois !ue ous désire. et !uCil est de otre gloire !ue je demande et !ue jCo&tienne cette gr*ce? accomplisse. donc maintenant en moi otre di ine olonté% 'ans les assauts !ue ous li reront os ennemis, ous priere. de cette mani$re1 Seigneur, h*te.- ous de me secourir, de peur !ue je ne c$de aux efforts de mes ennemis? ou encore1

Mon 'ieu, mon refuge, uni!ue force de mon *me, ene. ite à mon aide, de peur !ue je ne succom&e% /t si la lutte continue continue. à prier de la sorte en résistant courageusement à lCatta!ue% @uand le plus fort du com&at sera passé, tourne.- ous ers 'ieu et prie.-le de considérer la force de lCennemi !ui ous a com&attu, et otre fai&lesse à lui résister% 'ites-lui1 9oici, Seigneur, la créature !ue ous a e. formée de os mains miséricordieuses et !ue ous a e. rachetée au prix de otre sang% 9oilà lCennemi !ui eut ous lCenle er et la dé orer% Seigneur, jCai recours à ous, jCai confiance en ous !ui êtes tout-puissant et infiniment &on? o2e. mon impuissance et le danger oE je suis, si ous ne mCaide., de de enir olontairement son escla e% 9ene. donc à mon secours, + ous !ui êtes lCespérance et la force de mon *me% 'emander irtuellement, cCest éle er son esprit à 'ieu pour o&tenir ses gr*ces, en lui décou rant nos &esoins sans rien dire da antage% MCétant donc mis en la présence de 'ieu, je confesse mon impuissance à é iter le mal et à faire le &ien et, enflammé du désir de le ser ir, je tiens les 2eux fixés sur le Seigneur, attendant son secours a ec humilité et confiance% Cet a eu, ce désir enflammé, cette mar!ue de confiance est une pri$re !ui demande irtuellement à 'ieu la gr*ce !ui mCest nécessaire et, plus lCa eu est sinc$re, plus le désir est enflammé, plus la confiance est i e, plus aussi la pri$re est efficace% 4l 2 a autre sorte encore dCoraison irtuelle plus courte1 cCest un simple regard de lC*me ers 'ieu, pour lCin iter à nous secourir? ce regard est le rappel tacite dCune gr*ce déjà demandée, et une nou elle instance pour lCo&tenir% <*che. dCapprendre cette sorte dCoraison et de ous la rendre famili$re, car 3lCexpérience ous lCapprendra7 cCest là une arme !ue nous tenons partout et toujours à notre disposition, une arme si utile et si puissante !uCaucune parole ne saurait ous en faire comprendre le prix%

C>:)4<,/ HL94 'e lCoraison !ui se fait oie de méditation Si ous oule. prier pendant un certain espace de temps, une demi-heure, une heure, ou plus encore, ous de e. joindre à lCoraison la méditation de la ie et de la )assion de JésusChrist, en appli!uant chacune de ses actions à la ertu !ue ous oule. ac!uérir%

Si ous désire., par exemple, o&tenir la ertu de patience, ous choisire. pour sujet de méditation !uel!ues circonstances de la flagellation% 9ous considérere. premi$rement, comment les soldats, sur lCordre de )ilate, tra(n$rent le Sau eur au lieu désigné pour la flagellation, en lCacca&lant de cris de haine et de railleries sanglantes% 'euxi$mement, comment les &ourreaux le dépouill$rent de ses êtements et laiss$rent son corps tr$s pur exposé aux regards du pu&lic% <roisi$mement, comment ses mains innocentes fortement serrées lCune contre lCautre par des liens cruels furent ensuite attachées à colonne% @uatri$mement, comment son corps déchiré et mis en lam&eaux, à coups de fouets, inonda la terre de ruisseaux de sang% Cin!ui$mement, comment les coups ajoutés aux coups renou elaient et aggra aient sans cesse ses &lessures% 9ous étant ainsi proposé pour ac!uérir la patience de méditer sur ces différents points, ous ous excitere. dCa&ord par lCimagination à ressentir le plus i ement possi&le les douleurs am$res et les tourments affreux !ue otre &ien-aimé Sau eur endurait dans chacun de ses mem&res adora&les et dans son corps tout entier% )assant ensuite à son *me tr$s sainte, ous essa2ere. de ous représenter la patience et la mansuétude a ec la!uelle il a supporté ces incro2a&les douleurs, et la soif insatia&le !uCil a ait de souffrir des tourments plus grands et plus atroces encore pour la gloire de son )$re et pour notre salut% Cela fait, considére. comme otre di in Sau eur &r8le du désir de ous oir endurer patiemment otre affliction? o2e. comme il se tourne ers son )$re et le conjure de ous accorder la gr*ce de porter a ec résignation la croix !ui ous afflige en ce moment ou tout autre !uCil lui plaira de ous en o2er% /fforce.- ous alors de fléchir otre olonté pour lCamener à supporter patiemment ses épreu es, et tourne. otre pensée ers le )$re céleste% ,emerciement dCa&ord de lCamour immense !ui lCa poussé à en o2er son Bils uni!ue sur la terre, afin !uCil 2 souffr(t dCaffreuses tortures et !uCil 2 intercéd*t pour nous? demande.-lui ensuite la ertu de patience au nom des souffrances et des pri$res de son di in Bils%

C>:)4<,/ HL944

'Cune autre mani$re de prierpar oie de méditation 9ous pourre., pour prier et méditer, sui re une autre méthode encore% :pr$s a oir considéré attenti ement les afflictions du Sau eur et a oir u des 2eux de lCesprit son empressement à les em&rasser, ous passere. de la grandeur de ses tourments et de sa patience à deux autres considérations% LCune aura pour o&jet ses mérites infinis% LCautre, le contentement et la gloire !ue la parfaite o&éissance de Jésus souffrant a procurés à son )$re céleste% 9ous pourre. appli!uer ce mode dCoraison non seulement à tous les m2st$res de la )assion de 0otre Seigneur, mais à tous les actes, soit intérieurs, soit extérieurs, !uCil faisait en chacun de ces douloureux m2st$res%

C>:)4<,/ HL9444 Comment nous pou ons méditeren prenant pour sujet de méditationla &ienheureuse 9ierge Marie

=utre les di erses mani$res de méditer et de prier !ue nous enons dCindi!uer, en oici une autre !ui se fait en prenant la Sainte 9ierge pour sujet dCoraison% 9ous la prati!uere. en tournant otre pensée dCa&ord ers le )$re éternel, ensuite ers le doux Jésus, et en dernier lieu ers sa tr$s glorieuse M$re% À lCégard du )$re éternel, ous considérere. deux choses% La premi$re est la complaisance !uCil a eue de toute éternité en contemplant la 9ierge Marie en lui-même, a ant !uCil ne lCe8t tirée du néant% La seconde, les ertus et les actions de Marie depuis le premier instant de son existence% 9oici comment ous méditere. sur le premier point% Fle e.- ous par la pensée au-dessus de tous les temps et de toutes les créatures et, pénétrant jus!uCau sein de lCéternité et de lCentendement di in, considére. a ec !uelle satisfaction le )$re éternel contemplait dans son essence celle !uCil destinait pour M$re à son Bils uni!ue? et trou ant 'ieu lui-même en ces délices, conjure.-le,

en leur nom, de ous accorder la force dont ous a e. &esoin pour terrasser os ennemis en général, et en particulier celui !ui ous presse en ce moment de ses atta!ues% )assant ensuite à la considération des ertus sans nom&re et des actions héroA!ues de cette M$re tr$s sainte, présente.-les à 'ieu toutes ensem&le ou chacune en particulier, et demande. en leur nom à son infinie &onté les gr*ces !ui ous sont nécessaires% <ournant ensuite otre pensée du c+té de otre di in Sau eur, ous lui rappellere. ce sein irginal !ui lCa porté durant neuf mois? le respect a ec le!uel, apr$s sa naissance, la 9ierge tr$s pure lCadora et le reconnut tout ensem&le pour rai homme et rai 'ieu, pour son Bils et son Créateur? les sentiments de compassion !uCelle éprou ait en le o2ant si pau re, lCamour a ec le!uel elle le pressait sur son c#ur, les &aisers si doux !uCelle déposait sur ses l$ res di ines, le lait dont elle le nourrit, les fatigues et les angoisses !uCelle soutint durant sa ie et à sa mort% /n é o!uant ces sou enirs, ous fere. au c#ur de son Bils une dou e iolence pour lCamener à exaucer otre pri$re% 9ous tournant enfin ers la tr$s Sainte 9ierge, dites-lui !ue la )ro idence et la &onté di ine lCont destinée de toute éternité à de enir la M$re de la gr*ce et de la miséricorde, et lCa ocate des pécheurs? et !ue, par consé!uent, elle est, apr$s son di in Bils, notre plus s8r et notre plus puissant refuge% ,appele.-lui encore cette parole écrite à son sujet et confirmée par tant de miracles, !ue jamais on ne lCa in o!uée a ec foi sans a oir ressenti les effets de sa miséricorde% /nfin, ous lui mettre. sous les 2eux les tourments !ue Jésus-Christ a endurés pour notre salut, et ous la suppliere. de ous o&tenir, pour la gloire et la consolation de ce Bils si cher, la gr*ce de profiter de ses souffrances%

C>:)4<,/ HL4H 'e !uel!ues considérations!ui doi ent nous engager à recourira ec foi et confiance à la 9ierge Marie Si ous oule., dans os nécessités, recourir a ec foi et confiance à la 9ierge Marie, oici !uel!ues considérations !ui ous seront dCun grand secours% )remi$rement, lCexpérience nous montre !ue les ases oE il 2 a eu du musc ou du &aume en retiennent le parfum, surtout si la su&stance odorante 2 a séjourné longtemps et sCil en reste !uel!ue peu% /t cependant le musc et les parfums les plus précieux nCont !uCune ertu limitée et finie% 'e même, encore, celui !ui est demeuré pr$s dCun grand feu en conser e la

chaleur longtemps apr$s sCen être éloigné% Cela étant, de !uel feu de charité, de !uels sentiments de clémence et de miséricorde ne doi ent pas être em&rasées et remplies les entrailles de cette 9ierge incompara&le !ui a porté durant neuf mois dans son sein irginal, et !ui porte encore dans son c#ur et dans son amour celui !ui est par essence charité, clémence et miséricorde, le 9er&e incréé dont la ertu ne conna(t ni &ornes ni limites% 'e même !uCon ne peut approcher dCun grand feu sans participer à la chaleur !uCil dégage, ainsi et à plus forte raison encore, on ne peut approcher a ec humilité et confiance du fo2er de charité, de miséricorde et de clémence !ui &r8le sans cesse au c#ur de la 9ierge Marie, sans en rece oir une multitude de fa eurs et de &ienfaits précieux% )lus nous nous en approcherons sou ent, plus notre confiance sera i e, et plus aussi seront a&ondantes les gr*ces !ue nous en retirons% 'euxi$mement, jamais aucune créature nCeut autant dCamour pour Jésus-Christ, autant de soumission à sa olonté !ue sa tr$s sainte M$re% Si donc ce di in Sau eur !ui a souffert durant toute sa ie, !ui sCest sacrifié tout entier pour le salut de pau res pécheurs comme nous, si ce Sau eur, dis-je, nous a donné pour m$re et a ocate sa propre M$re, afin !uCelle nous (nt en aide et f8t apr$s lui la médiatrice de notre salut, comment comprendre jamais !ue cette M$re et cette a ocate nous a&andonne et de ienne à ce point re&elle à la olonté de son Bils ,ecoure. donc dans toutes os nécessités à la 9ierge, M$re de 'ieu, a ec une confiance sans &ornes% Cette confiance sera pour ous un trésor inépuisa&le, un refuge assuré et une source intarissa&le de gr*ce et de miséricorde%

C>:)4<,/ L Comment nous pou ons dans lCoraisonnous aider du secourset de lCintermédiaire des anges et des saints )our ous ser ir dans lCoraison du secours et de la protection des anges et des saints oici les deux mo2ens !ue ous pou e. prendre% Le premier, cCest de ous adresser au )$re éternel, de lui représenter lCamour et les louanges dont lChonore toute la cour céleste? les fatigues et les peines !ue les saints ont endurées sur la terre pour son amour? et de conjurer en leur nom sa di ine majesté de ous accorder les secours !ui ous sont nécessaires%

Le second mo2en, cCest de recourir à ces esprits glorieux !ui, non contents de désirer notre perfection, nous souhaitent une gloire plus éle ée !ue celle dont ils jouissent dans le ciel? ous les priere. donc instamment de ous aider à aincre os passions et à triompher de os ennemis, et de ous défendre à lCarticle de la mort% Mette.- ous parfois aussi à considérer les gr*ces nom&reuses et pri ilégiées !uCils ont reGues du Créateur sou erain? excite. en otre c#ur de ifs sentiments dCamour pour eux, et réjouisse.- ous des dons !ue 'ieu leur a prodigués, comme sCils ous a aient été accordés% ,éjouisse.- ous même, si cCest possi&le, de ce !ue ces fa eurs leur ont été accordées de préférence à ous-même, parce !ue telle a été la olonté de 'ieu? !ue ce soit là pour ous un motif de le louer et de le remercier% )our prati!uer cet exercice a ec méthode et facilité, ous pourre. partager les jours de la semaine entre les di ins ordres des &ienheureux et consacrer de la sorte1 J Le dimanche aux neufs ch#urs des anges% J Le lundi à saint Jean-Iaptiste% J Le mardi aux patriarches et aux proph$tes% J Le mercredi aux ap+tres% J Le jeudi aux mart2rs% J Le endredi aux pontifes et aux autres saints J Le samedi aux ierges et aux autres saintes% Mais nCou&lie. pas de recourir cha!ue jour à la 9ierge Marie, ,eine de tous les saints, à otre saint ange gardien, à saint Michel archange et à tous os saints protecteurs% Cha!ue jour aussi, demande. à la Sainte 9ierge, à son di in Bils et au )$re éternel !uCils daignent ous donner pour principal a ocat et protecteur Saint Joseph, époux de Marie? et ous adressant ensuite à ce grand saint, prie.-le a ec confiance de ous rece oir sous sa protection% 4nnom&ra&les sont les mer eilles !ue lCon rapporte a oir été opérées par cet illustre patriarche, et les fa eurs signalées !uCen ont reGues tous ceux !ui lCont honoré et !ui lCont in o!ué dans leurs nécessités spirituelles et temporelles% 4l se pla(t surtout à se faire le guide des personnes pieuses dans lCoraison et les exercices de la ie intérieure% Si 'ieu honore tant les autres saints parce !uCils lCont ser i et honoré en ce monde, de !uelle considération et de !uelle puissance ne doit pas jouir aupr$s de lui ce tr$s hum&le et tr$s glorieux patriarche !uCil a honoré lui-même sur la terre jus!uCà ouloir se soumettre à lui et lui o&éir comme un fils o&éit à son p$re%

C>:)4<,/ L4 'es di erses affections !ue nous pou ons tirerde la )assion de Jésus-Christ Ce !ue jCai dit plus haut touchant la )assion du Sau eur a ait pour &ut de ous enseigner à prier et à méditer par oie de demande? nous allons oir maintenant de !uelle mani$re nous pou ons tirer du même sujet di erses affections pieuses% 9ous ous propose., je suppose, de méditer sur le crucifiement% 9ous pou e., entre autres circonstances de ce m2st$re, considérer celles !ui sui ent% )remi$rement, comment les &ourreaux arri és au sommet du Cal aire dépouill$rent iolemment le di in Sau eur et mirent en lam&eaux sa chair irginale !ue le sang des &lessures a ait collée à ses êtements% Secondement, comme on lui +ta sa couronne dCépines et comment, en la replaGant sur sa tête, on lui fit de nou elles &lessures% <roisi$mement, comment on lCattacha à la croix à coups de marteaux, a ec dCénormes clous% @uatri$mement, comment ces &ourreaux cruels, o2ant !ue les mains et les pieds nCarri aient pas aux ou ertures destinées à rece oir les clous, les tir$rent si iolemment !ue ses os disjoints pou aient se compter un à un% Cin!ui$mement, comment, éle é sur cette croix oE il nCétait soutenu !ue par les clous, le Sau eur sentit ses plaies sacrées sCélargir a ec dCincro2a&les tourments sous le poids de son corps% Si ous oule. par ces considérations, ou dCautres sem&la&les, exciter des sentiments dCamour en otre c#ur, efforce.- ous dCarri er par la méditation à une connaissance de plus en plus parfaite de la &onté infinie de otre Sau eur, et de lCamour !uCil ous a témoigné en oulant endurer pour ous de si cruelles souffrances? car plus cette connaissance se perfectionnera en ous, plus aussi sCaccro(tra otre amour% 'e la connaissance de la &onté et de lCamour infini !ue Jésus ous a témoignés, ous arri ere. sans peine à conce oir une douleur profonde dCa oir si sou ent et si indignement offensé un 'ieu a&reu é dCoutrages et de tortures en expiation de os ini!uités% )our ous exciter à lCespérance, considére. !ue le Ma(tre sou erain de toutes choses a été réduit à cet exc$s de mis$re pour détruire le péché, ous déli rer des pi$ges du démon et expier os fautes personnelles? !uCil a oulu par là ous rendre propice son )$re éternel et ous encourager à recourir à lui dans tous os

&esoins% 9otre douleur se con ertira en joie si des souffrances du di in Sau eur ous passe. à la considération des effets !uCelles ont produits, si ous songe. !ue par sa )assion il a effacé les péchés du monde, apaisé le courroux de son )$re, confondu le prince des tén$&res, détruit la mort et rempli les places laissées ides par les anges pré aricateurs% 9otre &onheur sCaccro(tra encor au sou enir de la joie !ue la ,édemption causa à la Sainte <rinité, à la Sainte 9ierge, à lCFglise triomphante et à lCFglise militante% )our ous exciter à la haine du péché, concentre. tous les points de otre méditation sur cette pensée uni!ue !ue le Sau eur nCa tant souffert !ue pour ous faire haAr os mau aises inclinations, et principalement celle !ui domine en ous et !ui dépla(t le plus à sa di ine &onté% )our é eiller en ous des sentiments dCadmiration, considére. sCil est un prodige plus étonnant !ue de oir le Créateur de lCuni ers, lCauteur de la ie, persécuté jus!uCà la mort par ses créatures, de oir la majesté suprême a ilie et foulée au pieds, la justice condamnée, la &eauté suprême souillée de crachats, lCamour du )$re céleste de enu un o&jet de haine, la lumi$re incréée et inaccessi&le tom&ée au pou oir des tén$&res, la gloire et la félicité même regardée comme lCoppro&re du genre humain et plongée dans un a&(me de mis$res% )our compatir aux douleurs de otre di in Ma(tre, ne ous contente. pas de méditer ses souffrances corporelles mais scrute. par la pensée les peines incompara&lement plus grandes !uCil a endurées dans son *me% @ue si les premi$res ous touchent, comment les autres pourraient-elles ne pas ous fendre le c#ur LC*me de Jésus-Christ o2ait la di ine essence comme elle la oit maintenant dans le ciel? il la sa ait donc sou erainement digne dCêtre honorée et ser ie? et il désirait de toute lCardeur de son amour pour elle oir toutes les créatures se consacrer sans réser e à son ser ice% La o2ant au contraire indignement outragée par les crimes sans hommes, il sentait son c#ur transpercé de douleurs aiguUs? et ces tortures étaient dCautant plus atroces !ue son amour était plus grand, et plus ardent son désir de oir une si haute majesté honorée et ser ie par toutes les créatures% /t comme la grandeur de cet amour et de ce désir surpasse toute conception, personne ne par iendra jamais à comprendre com&ien furent cruelles et acca&lantes les souffrances intérieures de Jésus crucifié% 'e plus, comme il aimait tous les hommes plus !uCon ne saurait le dire, les péchés !ui de aient les séparer de lui, lui causaient une douleur incro2a&le% 4l o2ait tous les péchés commis ou à commettre par tous les hommes !ui ont été ou !ui seront jamais, et à cha!ue

péché !ui passait sous ses 2eux, il se sentait arracher une *me unie à la sienne par les liens de la charité% Cette séparation lui causait une douleur &ien supérieure à celle !ue le corps ressent lors!uCon disjoint ses mem&res, attendu !ue lC*me, étant un pur esprit, est dCune nature plus no&le et plus parfaite !ue le corps, et partant plus suscepti&le de douleur% )armi toutes les souffrances du Sau eur, il en est une !ui lui fut particuli$rement cruelle, cCest la souffrance !uCil éprou a en o2ant les péchés des damnés et les tortures !uCils auraient à souffrir éternellement pour sCêtre irrémédia&lement séparés de lui% Si la ue de otre &ien-aimé Jésus attendrit otre *me, pénétre. plus a ant dans son c#ur et considére., pour ous exciter da antage encore à la compassion, les douleurs extrêmes !uCil a endurées non seulement pour les péchés !ui ont été réellement commis, mais même pour ceux !ui ne le furent jamais? car il est hors de doute !uCil ne nous a préser é des uns, comme il nCa o&tenu le pardon des autres, !uCau prix de ses précieuses souffrances% 9ous trou ere., *me chrétienne, pour ous exciter à compatir aux douleurs de Jésus crucifié, &ien dCautres considérations encore? car, parmi toutes les souffrances !uCait jamais endurées et !uCendurera jamais créature raisonna&le, il nCen est aucune !ue le Sau eur nCait éprou ée en lui-même% 4njures, tentations, oppro&res, austérités olontaires, angoisses et tourments de tout genre, Jésus-Christ a tout ressenti dans son *me, et plus i ement même !ue les hommes !ui sont su&i ces épreu es% <outes les afflictions, grandes et petites spirituelles et corporelles, jus!uCau moindre mal de tête et à la moindre pi!8re dCépingle, ce Ma(tre charita&le les a connues distinctement, et il a oulu, dans sa tendresse infinie, 2 compatir et les gra er dans son c#ur% Mais !ui pourra jamais exprimer com&ien furent poignantes pour son C#ur les douleurs de sa tr$s Sainte M$re - <outes les peines, toutes les tortures !ue le Sau eur endura, Marie les ressentit de la même mani$re et dans les mêmes ues? et !uoi!ue ses tourments nCégalassent pas ceux de son Bils, ils étaient pour la 9ierge dCune cruauté inouAe% =r, les douleurs de la M$re renou el$rent les &lessures intérieures du Bils et, comme autant de fl$ches em&rasées, elles demeur$rent fixées dans ce c#ur affectueux% <ant de tourments, et une infinité dCautres !ue nous ignorons, ne ous autorisent-ils pas à appeler ce c#ur un enfer olontaire allumé par lCamour, selon lCénergi!ue expression dCune *me dé ote Si ous recherche., *me chrétienne, la cause des souffrances sans &ornes de Jésus crucifié, otre Ma(tre et otre ,édempteur, ous nCen trou ere. point dCautre !ue le péché%

Conclue. de là !ue la érita&le compassion et la principale reconnaissance !ue le Sau eur demande de nous et !ue nous lui de ons à tant de titres, cCest un regret sinc$re de nos fautes inspiré uni!uement par notre amour pour lui, une horreur sou eraine du péché et une généreuse ardeur à com&attre nos ennemis et nos mau aises inclinations afin !ue, dépouillés du ieil homme et de ses #u res, nous nous re êtions de lChomme nou eau et ornions notre *me des ertus é angéli!ues%

C>:)4<,/ L44 'es fruits !ue nous pou ons retirerde la méditation de Jésus crucifié,et de lCimitation de ses ertus Cette sainte méditation procure de grands et nom&reux a antages% Le premier fruit !ue ous en retirere. sera de regretter os péchés passés et de ous affliger de oir i re toujours dans otre c#ur les passions déréglées !ui ont attaché otre di in Ma(tre à la croix% Le second, de lui demander le pardon de os fautes et la gr*ce de ous haAr ous-même afin de mettre un terme à os offenses et, en reconnaissance de tant de tourments endurés pour nous, ce !ue ous ne saurie. faire si ous nCêtes animé de cette haine salutaire% Le troisi$me, de ous mettre à lC#u re tout de &on et de poursui re à outrance jus!uCà os moindres passions% Le !uatri$me, de ous efforcer dCimiter le plus parfaitement possi&le les ertus de notre di in Sau eur% SCil a tant souffert, ce nCest pas seulement pour nous racheter et expier nos ini!uités, mais encore pour nous engager à marcher sur ses traces% 9oici une mati$re de méditer !ui ous sera à cet égard dCune grande utilité% Si, par exemple, ous oule., pour imiter otre di in Ma(tre, ac!uérir la ertu de patience, considére. les points sui ants1 )remi$rement, ce !ue lC*me de Jésus souffrant fait pour 'ieu? deuxi$mement, ce !ue 'ieu fait pour lC*me de Jésus-Christ? troisi$mement, ce !ue lC*me de Jésus-Christ fait pour ellemême et pour son corps? !uatri$mement, ce !ue Jésus-Christ fait pour nous? cin!ui$mement, ce !ue nous de ons faire pour Jésus-Christ% Considére. donc premi$rement comment lC*me de Jésus-Christ tout a&sor&ée en 'ieu contemple cette majesté infinie et incompressi&ilité de ant la!uelle toutes les choses créées ne sont !ue néant et demeure saisie d"étonnement en en la o2ant sCa&aisser, sans rien

perdre néanmoins de sa gloire essentielle, jus!uCà souffrir les plus indignes traitements pour des hommes ingrats et re&elles? et comment, à cette ue, elle adore et remercie 'ieu et se dé oue sans réser e à son ser ice% 'euxi$mement, o2e. ce !ue 'ieu a fait à lCégard de lC*me de Jésus-Christ, a ec !uelles instances il la presse de souffrir pour nous les soufflets, les crachats, les &lasph$mes, les fouets, les épines et la croix, en lui représentant com&ien il se pla(t à la oir ainsi surchargée dCoppro&res et dCafflictions% <roisi$mement, re ene. à lC*me de Jésus-Christ et considére. comment cette *me douée dCune intelligence toute de lumi$re !ui lui décou re le plaisir extrême !ue 'ieu prend à son sacrifice, et dCun amour tout de feu !ui la porte à aimer sans mesure sa majesté sou eraine, tant à cause de ses infinies perfections !ue pour les &ienfaits immenses dont elle lui est rede a&le? considére., dis-je, comment cette *me accepte a ec joie lCin itation !ue le Seigneur lui fait de souffrir pour notre amour et notre exemple, et comment elle sCempresse dCo&éir à sa olonté sainte% @ui pourra jamais pénétrer la profondeur des désirs de cette *me si pure et si aimante - )erdue comme dans un la&2rinthe de souffrances, elle cherche des oies nou elles, de nou eaux mo2ens de souffrir? et, ne trou ant pas ce !uCelle cherche, elle sCa&andonne li&rement elle-même a ec sa chair innocente à la merci des hommes cruels et des esprits infernaux% @uatri$mement, représente.- ous otre di in Sau eur tournant ers ous un regard de miséricorde et ous adressant ces paroles1 9ois, mon enfant, lCétat déplora&le au!uel tu mCas réduit pour nCa oir pas su te faire un peu de iolence à toi-même et à tes passions déréglées% 9ois com&ien je souffre, et a ec !uelle joie je le fais par amour pour toi et pour te donner lCexemple de la patience% M mon enfant, je te conjure au nom de mes douleurs de porter de &on c#ur cette croix, ou tout autre !uCil me plaira de tCen o2er, et de tCa&andonner enti$rement aux mains des persécuteurs, !uel !ue soit leur acharnement à flétrir ton honneur et à tourmenter ton corps% =h D si tu sa ais la consolation !ue me donnera ta patience D Juges-en par ces plaies !ue jCai reGues comme autant de pierres précieuses, afin dCenrichir de ertus ta pau re *me !ue jCaime infiniment plus !ue tu ne saurais le conce oir% /t si jCai oulu pour toi être réduit à cette extrémité, pour!uoi, + mon épouse &ien-aimée, ne oudrais-tu pas souffrir un peu pour contenter mon c#ur et adoucir les plaies !ue mCa causées ton impatience, !ui est pour moi un tourment plus amer encore !ue mes plaies elles-même% Cin!ui$mement, considére. !uel est celui !ui ous parle de la sorte, et ous reconna(tre.

en lui le ,oi de gloire, Jésus-Christ rai 'ieu et rai homme% /xamine. la grandeur de ses tourments et de ses oppro&res1 ils sont tels !uCon nCoserait les infliger au plus inf*me des oleurs% 9o2e.-le calme et immo&ile, !ue dis-je - ra2onnant de joie au milieu des souffrances comme lCépoux au festin nuptial% /t comme !uel!ues gouttes dCeau jetées sur un &rasier rendent la flamme plus ardente, ainsi lCexc$s de ses tourments, trop légers toujours au gré de sa sura&ondante charité, ne faisait !uCaccro(tre son &onheur et la soif insatia&le de souffrances !ui le consumait% Considére. !ue ce &on Ma(tre a tout fait et tout souffert non par contrainte ou par intérêt mais, ainsi !uCil lCa déclaré lui-même, par amour pour nous et afin de ous apprendre, par son exemple, à prati!uer la ertu de patience% 9ous pénétrant alors de sa olonté à otre égard et du plaisir !uCil prendra à ous oir prati!uer cette ertu, excite. en ous un désir ardent de supporter a ec résignation et même a ec joie la croix plus lourdes encore, afin de mieux imiter otre 'ieu et de procurer plus consolations à son c#ur% Jésus en croix, oilà le li re !ue je ous conseille de lire1 ous 2 trou ere. lCimage fid$le de toutes les ertus% CCest le érita&le li re de ie destiné non seulement à éclairer lCintelligence par ses enseignements, mais à enflammer la olonté par les exemples i ants !uCil met sous nos 2eux% Le monde est rempli de li res, mais tous ces li res ensem&le ne alent pas, pour enseigner la prati!ue de la ertu, un regard jeté sur le crucifix% Sache.-le &ien, *me chrétienne, ceux !ui emploient des heures enti$res à pleurer sur la )assion de 0otre Seigneur et à admirer sa patience, et !ui, dans les afflictions !ui leur sur iennent, sont aussi impatients !ue sCils a aient, dans leur oraison, pensé à tout autre chose, ressem&lent à des soldats !ui, a ant la &ataille, sous la tente oE ils sont assis, se promettent dCaccomplir les plus &rillants exploits et !ui, à la ue de lCennemi, jettent les armes et prennent la fuite% @uC2 a-t-il de plus insensé et de plus pito2a&le à oir !ue ces chrétiens !ui, apr$s a oir contemplé comme dans un miroir éclatant les ertus du Sau eur, apr$s les a oir aimées et admirées, les ou&lient ou nCen font plus aucune estime !uand lCoccasion se présente de les mettre en prati!ue -

C>:)4<,/ L444 'e lCadora&le Sacrement de lC/ucharistie Si ous ous en sou ene., jCai tra aillé jus!uCici à ous munir des !uatre armes nécessaires pour triompher de os ennemis et à ous apprendre la mani$re de ous en ser ir% 4l me reste maintenant à ous en proposer une autre, et cCest le tr$s Saint Sacrement de lC/ucharistie% 'e même !ue cet adora&le Sacrement surpasse en dignité tous les autres sacrements, de même aussi lCarme !uCil ous présente lCemporte en efficacité sur toutes les autres armes% Les !uatre premi$res empruntent leur force aux mérites de Jésus-Christ et à la gr*ce !uCil nous a ac!uise au prix de son sang? mais cette derni$re, cCest le sang même du Sau eur, cCest son *me, cCest sa di inité% : ec celles-là nous luttons contre nos ennemis par la ertu de Jésus-Christ? a ec celle-ci nous les com&attons en compagnie de Jésus-Christ, et JésusChrist les com&at a ec nous, puis!ue Kcelui !ui mange la chair de Jésus-Christ et &oit son sang, demeure en Jésus-Christ et Jésus-Christ en luiL 3Jean, 94, 6T7% /t puis!ue lCon peut rece oir cet adora&le Sacrement et se ser ir de cette arme de deux faGons, sacramentellement une fois le jour, et spirituellement à toute heure, ous de re. faire la communion spirituelle le plus sou ent possi&le, et rece oir la communion sacramentelle toutes fois !ue ous en aure. la permission%

C>:)4<,/ L49 'e la mani$re de rece oir le tr$s Saint Sacrementde lC/ucharistie 0ous pou ons nous approcher de ce di in Sacrement pour plusieurs fins? et pour arri er à ces fins, nous a ons plusieurs choses à o&ser er1 a ant la communion, au moment de la communion, apr$s la communion% : ant de communier, !uel !ue soit le motif !ui nous engage à le faire, nous de ons, si nous ne sommes pas en état de gr*ce, recourir au sacrement de pénitence, afin de la er et de purifier notre *me de la souillure du péché mortel% 0ous de ons ensuite nous offrir de tout c#ur et sans réser e à Jésus-Christ, et lui consacrer notre *me a ec toutes ses forces et ses puissances, puis!uCil nous donne lui-même en cet adora&le Sacrement son sang, sa chair, son *me, sa di inité et ses mérites? et comme ce !ue

nous lui offrons est peu de chose et pour ainsi dire rien en comparaison de ce !uCil nous donne, nous de ons souhaiter dCa oir tout ce !ue les créatures du ciel et de la terre lui ont jamais offert de plus agréa&le, afin dCen faire présent à sa di ine majesté% Si ous oule. communier en ue de aincre et de réduire à néant nos ennemis et les siens, commence. d$s la eille au soir, ou le plus t+t !ue ous pourre., à considérer le désir !uCa le Bils de 'ieu dCentrer, par ce Sacrement, dans le sanctuaire de otre c#ur, afin de sCunir à ous et de ous aider à dompter os passions mau aises% Ce désir est si grand, si ardent en 0otre Seigneur, !uCaucune intelligence créée ne le saurait comprendre% )our ous en former une idée, gra e. profondément ces deux choses dans otre *me% LCune est le plaisir ineffa&le !ue ce 'ieu si &on prend à demeurer a ec nous? ce sont là ses délices, nous dit-il lui-même au li re des )ro er&es% LCautre est la haine infinie !ue 'ieu porte au péché, tant à cause de lCo&stacle !uCil met à lCunion !uCil désire si ardemment contracter a ec nous, !uCà cause de son opposition directe a ec ses di ines perfections% Ftant lui-même un &ien infini, une lumi$re toute pure, une &eauté sans tache, il ne peut pas sCempêcher de haAr et de détester sou erainement le péché !ui nCest !ue tén$&res, malice et affreuse corruption% Cette haine est si ardente !ue toutes les #u res opérées par 'ieu dans lC:ncien comme dans le 0ou eau <estament, et particuli$rement la )assion de son Bils &ien-aimé, nCont eu en ue !ue la destruction du péché% CCest au point !ue les ser iteurs de 'ieu les plus éclairés assurent !ue le Sau eur serait prêt encore à souffrir mille morts, si cCétait nécessaire, pour effacer la moindre trace du péché dans notre *me% @uand ces deux considérations ous auront fait comprendre, !uoi!ue imparfaitement encore, com&ien 0otre Seigneur désire entrer dans otre c#ur pour en chasser ses ennemis et les +tres, et les exterminer à jamais, ous excitere. en ous, dans le même &ut, un désir ardent de le rece oir% Sentant alors otre *me animée dCun saint .$le et fortifiée par lCespérance de la enue de otre céles te capitaine, pro o!ue. coup sur coup au com&at la passion !ue ous a e. entreprise de aincre, et réprime.-la par des mou ements réitérés de haine et des actes fré!uents de la ertu contraire% @ue ce soit là otre principale occupation la eille au soir, et le matin du jour oE ous de e. communier% @uand ous erre. approcher le moment de la communion, jete. un regard rapide sur les fautes dont ous ous êtes rendu coupa&le depuis la communion précédente, sur ces fautes !ue ous a e. commises a ec autant de li&erté !ue si 'ieu nCexistait pas et nCa ait pas enduré pour ous les tourments effro2a&les de sa )assion% Songe. !ue ous a e. préféré otre plaisir et os caprices à la olonté et à lChonneur de 'ieu, et pénétre.- ous des sentiments dCune confusion profonde et dCun saint effroi à la ue

de otre ingratitude et de otre indignité% 9enant ensuite à considérer !ue lCa&(me immense de la &onté de otre 'ieu appelle lCa&(me de otre ingratitude et de otre infidélité, approche.- ous de lui a ec confiance et ou re.-lui &ien large otre c#ur, afin !uCil sCen rende le ma(tre a&solu% )our lui faire une large place dans otre c#ur, ous en &annire. toute affection terrestre, et puis ous le fermere. a ec soin pour !ue rien nC2 puisse entrer !ue otre di in Ma(tre% :pr$s la sainte communion, retire.- ous promptement dans le secret de otre c#ur et, apr$s a oir hum&lement adoré 0otre Seigneur, dites-lui intérieurement1 9ous so2e., + mon uni!ue &ien, lCinclination iolente !ue jCai au péché, lCempire !ue cette passion exerce sur moi, et lCimpuissance oE je suis de lui résister% CCest donc à ous !uCil appartient de la com&attre? je dois sans doute com&attre a ec ous, mais cCest de ous !ue jCattends la ictoire% )uis, ous adressant au )$re éternel, offre.-lui en actions de gr*ces et pour o&tenir la ictoire sur ous-même, son Bils &ien-aimé, !uCil ous a donné et !ue ous posséde. audedans de ous? prene. alors la résolution de lutter généreusement contre lCennemi !ui ous poursuit, et attende. la ictoire a ec la con iction !ue 'ieu ous lCaccordera infailli&lement t+t ou tard si, de otre c+té, ous faites ce !ui est en otre pou oir pour lCo&tenir%

C>:)4<,/ L9 Comment nous de onsnous préparer à la communion, si nous oulons!uCelle nous excite à lCamour de 'ieu Si ous oule. !ue la sainte /ucharistie em&rase otre c#ur du feu de lCamour di in, pense. à lCamour !ue 'ieu ous a témoigné% '$s la eille au soir, considére. !ue ce Seigneur si grand et si puissant ne sCest pas contenté de ous créer à son image et à sa ressem&le et dCen o2er son Bils uni!ue sur la terre afin !uCil 2 souffr(t durant trente-trois ans en expiation de os ini!uités et !uCil endur*t, pour otre salut, des tourments inouAes et la mort cruelle de la croix, mais !ue de plus il a oulu ous le laisser pour être otre nourriture et otre soutien dans le tr$s saint Sacrement de lCautel% /xamine. attenti ement, en cet amour, les !ualités éminentes !ui le rendent à tous égards parfait et sans égal% )remi$rement, si ous considére. sa durée, ous 2 reconna(tre. un amour perpétuel, un amour sans commencement% Comme 'ieu est éternel en sa di inité, ainsi lCest-il en son amour% CCest cet amour !ui lui a fait prendre en lui-même, a ant tous les si$cles, la résolution de nous donner son Bils uni!ue dCune mani$re si admira&le%

À cette pensée, ous ous écriere. dans les transports dCune sainte allégresse1 4l est donc rai !uCen cet a&(me de lCéternité, ma &assesse était si chérie et si estimée de ce grand 'ieu !uCil pensait à moi et désirait dans son ineffa&le charité me donner son Bils uni!ue en nourriture D 'euxi$mement, tous les autres amours, si ardents !uCils soient, ont des &ornes !uCils ne peu ent dépasser? lCamour de 'ieu seul est sans mesure% CCest pour satisfaire pleinement cet amour !uCil nous a donné son propre Bils, ce Bils uni!ue !ui lCégale en majesté et en perfection, !ui a la même su&stance et nature !ue lui% :insi lCamour est aussi grand !ue le don, et le don aussi grand !ue lCamour, et lCun et lCautre sont tels !uCils surpassent tout ce !ue lCintelligence peut imaginer de plus su&lime% <roisi$mement, 'ieu dans son amour pour nous nCa cédé à aucune nécessité, à aucune contrainte? cCest à sa &onté naturelle uni!uement !ue nous de ons ce gage ineffa&le de son affection pour nous% @uatri$mement, aucune #u re, aucun mérite de notre part nCa pu engager ce Ma(tre sou erain à honorer notre &assesse dCun tel exc$s dCamour? cCest par pure li&éralité !uCil sCest donné à de pau res créatures telles !ue nous% Cin!ui$mement, si ous examine. la pureté de cet amour, ous nC2 erre. pas ce mélange dCintérêt !ui se rencontre dans les amitiés mondaines% Le Seigneur nCa !ue faire de nos &iens, puis!uCil jouit en lui-même et indépendamment de nous dCun &onheur et dCune gloire sans &ornes? et si, dans sa &onté et sa charité ineffa&les, il sCest a&aissé ers nous, cCest notre a antage et non le sien !uCil a recherché% À cette pensée, ous ous dire. en ous-même1 Comment se peut-il !uCun 'ieu infiniment grand mette son affection dans une si a&jecte créature - @ue oule.- ous, + ,oi de gloire, !uCattende.- ous de moi !ui ne suis !uCun peu de poussi$re - Je ois parfaitement, + mon 'ieu, dans les splendeurs de otre ardente charité, !ue ous nCa e. !uCun seul dessein, et cette ue me décou re plus clairement !ue jamais la pureté de otre amour1 ous oule., en ous donnant à moi en nourriture, me transformer en ous, non !ue ous a2ie. &esoin de moi, mais parce !ue ous désire. !ue, i ant en ous, et ous en moi, je de ienne par cette union amoureuse un autre ous-même, et !ue mon c#ur si il et si attaché aux choses de la terre ne fasse plus a ec le +tre !uCun c#ur céleste et di in% )énétré dCétonnement et de joie à la ue de lCestime et de lCamour dont 'ieu ous honore, et persuadé !ue son amour tout-puissant nCa dCautre dessein, dCautre olonté !ue dCattirer à lui otre amour, en le détachant dCa&ord de toutes les créatures, et ensuite de ous-même !ui êtes aussi une créature, offre.- ous tout entier en holocauste au Seigneur, afin !ue son

amour seul et le désir de lui plaire dirigent otre entendement, otre olonté et otre mémoire, et r$glent désormais lCusage de os sens% Considérant ensuite !ue rien nCest capa&le de produire en ous ces fruits di ins, comme la digne réception du tr$s Saint Sacrement de l"autel, ou re. au Seigneur le chemin de otre *me par les oraisons jaculatoires et les amoureuses aspirations !ui sui ent1 M nourriture plus !ue céleste, !uand iendra l"heure oE, em&rasé des seules flammes de otre amour, je me sacrifierai tout entier à ous @uand donc iendra cette heure, !uand iendra-t-elle, + amour incréé M manne céleste, !uand sera-ce !ue, dégo8té de tout aliment terrestre, je ne soupirerai plus !u"apr$s ous, je ne me nourrirai plus !ue de ous - @uand sera-ce, + douceur de mon *me, + mon uni!ue &ien Je ous en conjure, + mon tr$s aimant et tr$s-puissant Seigneur, dégage. d$s maintenant ce miséra&le c#ur de toute attache, de toute passion coupa&le, et orne.-le de os admira&les ertus et de cette intention pure !ui ne cherche en toute chose !ue otre &on plaisir ? alors je ous ou rirai mon c#ur, je ous in iterai, j"userai d"une douce iolence pour ous contraindre d"2 entrer ? et ous, Seigneur, ous opérere. en moi, sans rencontrer de résistance, les effets !ue ous a e. toujours désiré 2 produire% Ce sont là les sentiments d"amour !ue ous entretiendre. dans otre *me le soir et le matin, afin de ous préparer à la communion% @uand approche le temps de communier, considére. !uel est celui !ue ous alle. rece oir% C"est le Bils de 'ieu, celui dont la majesté sou eraine fait trem&ler les cieux et toutes les ertus des cieux% C"est le Saint des saints, le miroir sans tache, la pureté incompréhensi&le, en comparaison de la!uelle toute créature est souillée% C"est celui !ui, de enu sem&la&le à un er de terre et confondu a ec la lie du peuple, a oulu par amour pour ous être re&uté, foulé aux pieds, tourné en dérision, cou ert de crachats et attaché à la croix par la malignité et l"injustice du monde% 9ous alle., dis-je, rece oir ce 'ieu !ui tient dans sa main la ie et la mort de l"uni ers entier% Considére. d"un autre c+té !ue de ous-même ous n"êtes rien, et !ue par le péché, ous ous êtes olontairement ra alé au-dessous des êtres les plus ils et les plus immon des, et rendu digne d"être à jamais l"oppro&re et le jouet des esprits infernaux% @u"au lieu de témoigner à 'ieu otre reconnaissance pour les immenses et innom&ra&les &ienfaits !u"ils ous a accordés, ous a e., en sui ant os caprices et os passions, méprisé ce Ma(tre si

grand et si plein d"amour, et foulé aux pieds son sang précieux% @ue dans sa charité persé érante et son immua&le &onté, il ous in ite néanmoins à ous approcher de sa <a&le sainte, !u"il ous 2 o&lige même sous peine de mort% 4l ne ous refuse point l"acc$s de sa miséricorde, il ne se détourne point de ous, &ien !ue par nature ous so2e. cou ert de l$pre, &oiteux, h2dropi!ue, a eugle, possédé du démon, et !ue ous ous so2e. li ré à toutes les dé&auches% <out ce !u"il demande de ous, c"est 1 )remi$rement, !ue ous ous repentie. de l"a oir offensé% 'euxi$mement, !ue ous haAssie. par-dessus toute chose le péché, mortel et éniel%V <roisi$mement, !ue ous ous tenie. étroitement uni à sa olonté sainte, par l"affection toujours, et par les effets !uand il ous intimera ses ordres% @uatri$mement enfin, !ue ous espérie. a ec une ferme confiance !u"il ous pardonnera os offenses, effacera os souillures et ous défendra contre tous os ennemis% :insi fortifié par la pensée de l"amour ineffa&le !ue ous porte otre di in Sau eur, ous ous approchere. de la <a&le sainte a ec un respect mêlé de crainte et d"amour% Seigneur, lui dire.- ous, je ne suis pas digne de ous rece oir, parce !ue je ous ai si sou ent et si gri$ ement offensé, et !ue je n"ai pas encore pleuré mes fautes comme je dois le faire% Seigneur, je ne suis pas digne de ous rece oir, parce !ue je ne suis pas pur de toute attache au péché éniel% Seigneur, je ne suis pas digne de ous rece oir, parce !ue je ne me suis pas encore donné sinc$rement à otre amour, à otre olonté, et à l"entier accomplissement de os ordres% M 'ieu tout-puissant et infiniment &on, je ous en conjure au nom de otre &onté et de os promesses, rende.-moi digne de ous rece oir a ec foi et amour% :ussit+t apr$s la communion, recueille.- ous dans le secret de otre c#ur et, ou&liant toute chose créée, entrene.- ous a ec otre di in Sau eur en ces termes, ou autres sem&la&les% M ,oi du ciel, !ui donc ous a fait descendre en moi !ui ne suis !u"une créature miséra&le, pau re, a eugle et dénuée de tout - /t il ous répondra 1 C"est l"amour% /t ous lui répli!uere. 1 M amour incréé, + amour plein de charmes, !ue oule.- ous de

moi ,ien, dira-t-il, sinon l"amour% Je ne eux oir d"autre feu &r8ler sur l"autel de ton c#ur, dans tes sacrifices et dans toutes tes #u res, !ue le feu de mon amour ? !u"il consume en toi tout amour terrestre et toute olonté propre, et fasse monter jus!u"à moi le plus sua e des parfums% C"est là ce !ue j"ai toujours demandé et !ue je demande encore, car mon désir est !ue je sois tout à toi, et !ue tu sois toi-même tout à moi ? et ce désir restera sans accomplissement aussi longtemps !ue, faute d"a oir fait cet acte de renoncement à toi-même !ui m"est si agréa&le, tu demeureras attaché à ton amour-propre, à ton jugement, à tes olontés et au désir !ue tu as d"être estimé des hommes% Je demande de toi la haine de toi-même pour te donner mon amour, ton c#ur pour l"unir à mon c#ur !ui a été ou ert sur la croix pour rece oir le tien ? je te re!uiers tout entier pour me donner tout entier à toi% <u sais !ue je aux incompara&lement plus !ue toi, et néanmoins je consens dans ma &onté à ne pas m"estimer plus haut !ue toi% :ch$te-moi donc maintenant, + *me &ien-aimée, en te donnant à moi% Je eux !ue tu arri es à ne rien ouloir, ne rien penser, ne rien entendre, ne rien oir en dehors de moi et de ma olonté, afin !u"en toi ce soit moi !ui euille, pense, entende et oie ? et !ue ton néant ainsi a&sor&é dans l"a&(me de ma grandeur infinie se con ertisse en elle% 'e cette faGon, tu seras pleinement heureuse en moi, et moi-même pleinement heureux en toi% /nfin, ous présentere. au )$re éternel son Bils &ien-aimé, pour le remercier du don !u"4l ous a fait et pour solliciter de sa &onté les gr*ces !ue ous désire. o&tenir pour ousmême, pour la sainte Fglise, pour os parents, pour os &ienfaiteurs et pour les *mes du purgatoire% Cette offrande, ous l"unire. à celle !ue Jésus-Christ fit de lui-même sur la croix, lors!u"il s"offrit tout sanglant à son )$re céleste% 9ous pourre. lui offrir de même toutes les messes !ui se cél$&reront ce jours-là dans la sainte Fglise romaine%

C>:)4<,/ L94 'e la communion spirituelle

Iien !u"on ne puisse rece oir sacramentellement notre di in Sau eur plus d"une fois le jour, on peut, comme je l"ai dit, le rece oir spirituellement à cha!ue heure, à cha!ue instant ? cet a antage, rien ne peut nous le ra ir, sinon otre négligence ou une faute !uelcon!ue dépendant de notre olonté% 4l arri era parfois !ue cette communion sera plus fructueuse et plus agréa&le à 'ieu !ue ne le sont, faute de dispositions con ena&les, &on nom&re de communions sacramentelles% Lors donc !ue ous sere. disposé à faire la communion spirituelle, ous trou ere. toujours le Bils de 'ieu prêt à se donner à ous de ses propres mains, pour être la nourriture de otre *me% )our ous 2 préparer, tourne. otre pensée ers le Seigneur et, apr$s a oir jeté un regard rapide sur os fautes, exprime.-lui la douleur !ue ous en ressente., et prie.-le a ec foi et humilité de daigner descendre dans otre pau re *me pour la guérir et la fortifier contre ses ennemis% @uand ous ous fere. iolence à ous-même pour mortifier une passion ou prati!uer un acte de ertu, faites-le dans le &ut de préparer otre c#ur à 0otre Seigneur !ui ous le demande sans cesse% 9ous tournant ensuite ers lui, conjure.-le instamment de enir a ec sa gr*ce ous guérir de os &lessures et ous déli rer de os ennemis, afin !ue désormais il soit seul à posséder otre c#ur% =u &ien, rappelant à otre sou enir otre derni$re communion sacramentelle, dites-lui a ec un c#ur em&rasé 1 @uand donc, Seigneur, !uand pourrai-je ous rece oir encore - Cet heureux jour, !uand iendra-t-il Si ous oule. faire la communion spirituelle a ec plus de dé otion, dispose.- ous-2 d$s le soir précédent en offrant à 'ieu dans ce &ut toutes os mortifications, tous os actes de ertu, toutes os &onnes #u res% /t le matin de &onne heure, considére. !uel a antage et !uel &onheur c"est pour une *me de rece oir dignement le Saint Sacrement de l"autel, puis!ue par là elle recou re les ertus perdues, reprend sa &eauté premi$re et participe aux fruits et aux mérites de la )assion du Bils de 'ieu ? songe. com&ien 'ieu lui-même désire !ue nous le rece ions et !ue nous possédions tous ces &iens ? et efforce.- ous d"allumer en otre c#ur un grand désir de le rece oir, pour ous rendre agréa&le à ses 2eux% /nflammé de ce désir, tourne.- ous ers lui et dites-lui 1 )uis!u"il ne m"est pas donné de ous rece oir aujourd"hui sacramentellement, faites, + &onté, + puissance infinie, !ue purifie de mes fautes et guéri de mes &lessures, je ous reGoi e spirituellement maintenant, cha!ue jour et à cha!ue heure du jour, et !ue j"o&tienne ainsi des gr*ces et des forces nou elles pour triompher de tous mes ennemis, de celui surtout !ue je com&ats actuellement en ue de ous plaire%

C>:)4<,/ L944 'e l"action de gr*ces )uis!ue tout ce !ue nous a ons et faisons de &ien est à 'ieu et ient de 'ieu, nous sommes tenus de le remercier de toutes les ertus !ue nous prati!uons, de toutes les ictoires !ue nous remportons sur nous-mêmes et de tous les &ienfaits, soit généraux soit particuliers, !ue nous rece ons de sa main miséricordieuse% )our nous ac!uitter con ena&lement de ce de oir nous de ons considérer la fin !ue 'ieu se propose en nous communi!uant ses dons% Cette considération nous apprendra la mani$re dont le Seigneur eut être remercié% Comme, dans tous les &ienfaits !u"il accorde, 'ieu a principalement en ue d"accro(tre sa gloire et de nous attirer à son amour et à son ser ice, faites d"a&ord cette réflexion en ousmême 1 @uelle preu e de la puissance, de la sagesse et de la &onté de 'ieu, !ue ce &ienfait !u"il m"a accordé, cette gr*ce !u"il m"a faite D )uis, o2ant !ue de ous-même ous n"a e. rien !ui mérite les fa eurs de 'ieu, et !u"en ous au contraire tout est démérite et ingratitude, ous dire. à 'ieu a ec une humilité profonde 1 Comment daigne.- ous regarder et com&ler de os &ienfaits une créature aussi ile !ue moi - @ue otre nom soit &éni dans les si$cles des si$cles D Considérant enfin !ue 'ieu ous accorde ces &ienfaits pour ous exciter à l"aimer et à le ser ir, allume. en otre *me un ardent amour pour ce 'ieu si aimant, et un désir sinc$re de le ser ir en tout conformément à sa sainte olonté% 9ous fere. alors une enti$re offrande de ous-même au Seigneur, de la mani$re !ue nous allons dire%

C>:)4<,/ L9444 'e l"offrande de soi-même à 'ieu )our !ue cette offrande soit enti$rement agréa&le à 'ieu, nous a ons deux choses à faire 1 la premi$re, unir cette offrande à celle !ue Jésus-Christ a faite à son )$re ? la seconde dégager notre olonté de toute attache aux créature%

)our la premi$re, ous de e. sa oir !ue le Bils de 'ieu, lors!u"il i ait en cette allée de larmes, ne se contentait pas de s"offrir lui-même a ec ses #u res à son )$re céleste, mais !u"il lui offrait en même temps notre personne et nos #u res% 0otre offrande doit donc se faire en union a ec la sienne et s"appu2er enti$rement sur elle% )our la seconde, o2e., a ant de ous offrir au Seigneur, si otre olonté est enti$rement détachée des créatures 1 et, si elle ne l"est pas, dé&arrasse.-la d"a&ord de ses liens ? pour cela, recoure. à 'ieu et demande.-lui de &riser lui-même os entra es, afin !ue ous puissie. ous offrir à se di ine majesté, dégagé et li&re de toute affection terrestre% Ce point mérite toute otre attention ? car lors!ue ous offre. à 'ieu un c#ur attaché aux créatures, ce n"est pas otre &ien !ue ous offre. à 'ieu, mais le &ien des autres, puis!ue ce n"est plus à ous-même !ue ous appartene., mais &ien aux créatures à !ui ous a e. attaché otre olonté% ;n sem&la&le présent est plut+t une mo!uerie et elle ne peut !ue déplaire au Seigneur% 'e là ient !ue l"offrande !ue nous faisons de nous-mêmes au Seigneur ne produit en nous aucun fruit de ertu, et même !u"elle nous fait tom&er en &eaucoup d"imperfections et de fautes% 0ous pou ons, il est rai, nous offrir à 'ieu alors même !ue nous sommes attachés aux créatures, mais c"est à la condition de demander à 'ieu !u"il daigne &riser nos liens, pour !ue nous puissions ensuite nous dé ouer tout entiers au ser ice de sa di ine majesté ? ce !u"il faut faire sou ent et a ec &eaucoup de fer eur% @ue otre offrande soit donc pure de toute affection étrang$re et de tout attachement à otre olonté propre% 0e considére. ni les &iens de la terre, ni ceux du Ciel ? n"en isage. !ue la olonté et la )ro idence de 'ieu, à la!uelle ous de e. ous soumettre sans réser e et ous sacrifier en perpétuel holocauste ? et ou&liant toutes les choses créées, dites-lui 1 9oici, + mon 'ieu et mon Créateur, !ue je remets ma personne et ma olonté tout enti$re entre les mains de otre éternelle )ro idence ? faites de moi tout ce !ui ous plaira durant ma ie, la mort et apr$s ma mort, dans le temps et dans l"éternité% Si en parlant ainsi, ous parle. sinc$rement 3et ous ous en aperce re. au temps de l"ad ersité7, de terrestre !ue ous êtes ous de iendre. tout spirituel, et ous fere. a ec 'ieu un échange à jamais heureux 1 ous sere. à 'ieu et 'ieu sera à ous, car il est toujours à ceux !ui se détachent des créatures et d"eux-mêmes pour se donner à lui et se sacrifier à sa di ine majesté% 9ous o2e. donc, *me chrétienne, un mo2en tr$s puissant de aincre tous os ennemis ? car si par l"offrande de ous-même à 'ieu ous ous unisse. à lui de mani$re à être tout à lui de mani$re à être tout à lui et lui tout à ous, !uel ennemi sera capa&le de ous nuire -

/t lors!ue ous oudre. lui offrir des je8nes, des oraisons, des actes de patience et autres &onnes #u res, rappele.- ous les je8nes, les oraisons et toutes les actions !ue Jésus-Christ offrait à son )$re, mette. otre confiance en leur mérite et leur ertu, et offre.-lui ensuite les +tres% Si ous oule. offrir au )$re céleste les actions de Jésus-Christ en satisfaction de os offenses, oici la méthode !ue je conseille de sui re% Baites une re ue générale, et parfois même détaillée, des égarements de otre ie et, con aincu !ue de ous-même ous ne pou e. apaiser la col$re de 'ieu, ni satisfaire à sa justice, recoure. à la ie et à la )assion de son Bils% Considére.-le dans une circonstance !uelcon!ue de sa ie% 9o2e.-le, par exemple, prier et je8ner, souffrir et répandre son sang, afin de ous réconcilier a ec lui et de pa2er la dette contractée par os péchés% M )$re éternel, dit-il, oilà !ue, pour être fid$le à os ordres, je satisfais sura&ondamment à otre justice pour les péchés et les dettes de 0%%% @ue otre di ine majesté daigne lui pardonner et l"admettre au nom&re des élus% )résente. alors pour ous-même au )$re céleste l"offrande et les pri$res de son di in Bils, et conjure.-le, par leur mérite, de ous remettre os offenses% 9ous pourre. sui re cette méthode, !ue ous passie. d"un m2st$re à l"autre ou !ue ous parcourie. les différentes circonstances d"un même m2st$re ? !ue ous priie. pour ousmême ou !ue ous priie. pour d"autres%

C>:)4<,/ L4H La dé otion sensi&le et la sécheresse spirituelle La dé otion sensi&le proc$de tant+t de la nature, tant+t du démon, tant+t de la gr*ce% 9ous en reconna(tre. l"origine aux fruits !u"elle produira% Si elle ne rend pas otre ie meilleure, ous a e. sujet de craindre !u"elle ne ienne du démon ou de la nature ? et cette crainte sera d"autant plus fondée !ue ous prendre. plus de go8t et de plaisir à cette dé otion, !ue ous ous 2 attache. da antage et !u"elle ous donnera une plus grande estime de ous-même% Lors!ue ous sentire. les consolations spirituelles a&onder en otre *me, ne ous amuse. point à examiner !uel en peut être le principe ? garde.- ous de mettre en elles otre confiance et de perdre de ue la connaissance de otre néant ? mais, redou&lant de igilance et de haine à l"égard de ous-même, efforce.- ous ous de tenir otre c#ur li&re de tout attachement, même spirituel, et de ne désirer !ue 'ieu seul et son &on plaisir% 'e cette

mani$re, la douceur !ue ous ressente., d8t-elle son origine à l"action de la nature ou du démon, de iendra un effet de la gr*ce% La sécheresse spirituelle peut procéder pareillement des trois principes !ue nous enons de mentionner 1 - 'u démon !ui esp$re par là nous porter au rel*chement et nous faire a&andonner les exercices spirituels pour les amusements et les plaisirs du monde ? - 'e nous-mêmes, !ui 2 donnons lieu par nos fautes, notre attachement aux choses de la terre et notre négligence ? - 'e lC/sprit Saint, !ui nous en oie cette épreu e, soit pour nous a ertir d"être plus diligents à nous détacher de tout ce !ui n"est pas 'ieu ou !ui ne tend pas à lui ? soit pour nous con aincre, par notre propre expérience, !ue tout ce !u"il 2 a de &ien en nous ient de 'ieu ? soit pour nous faire estimer da antage les dons du Ciel et nous les faire garder a ec plus d"humilité et de igilance ? soit pour nous unir plus étroitement à sa di ine majesté, en nous faisant renoncer à tout, même aux délices spirituelles, de peur !ue les aimant trop nous ne leur donnions une part de ce c#ur !ue le Seigneur eut tout entier pour lui ? soit enfin parce !u"il se pla(t, pour notre &ien, à nous oir com&attre de toutes nos forces et mettre sa gr*ce à profit% Lors donc !ue ous sentire. cette sécheresse spirituelle, rentre. en ous-même, examine. !uel est le défaut !ui ous a fait perdre, non pour recou rer les consolations de la gr*ce, mais pour &annir de otre *me tout ce !ui dépla(t aux 2eux de 'ieu% Si ous ne décou re. pas en ous ce défaut, efforce.- ous d"ac!uérir, au lieu de la dé otion sensi&le, la dé otion érita&le !ui consiste dans une prompte résignation à la olonté de 'ieu% Oarde.- ous &ien surtout d"a&andonner os exercices spirituels ? emplo2e. au contraire toute otre énergie à les continuer, !uel!ue infructueux et insipides !u"ils ous paraissent, et accepte. de &on c#ur le calice d"amertume !ue ous présente l"amoureuse olonté de 'ieu% /t si la sécheresse est accompagnée de tant et de si épaisses tén$&res spirituelles !ue ous ne sachie. oE ous tourner, ni !uel parti prendre, ne ous décourage. moins pour cela, mais demeure. fermement attaché à la croix, ne recherche. point les consolations terrestres, repousse.-les même, si le monde et les créatures enaient ous les offrir% @ue tous ignorent os peines, hormis otre p$re spirituel à !ui ous les décou rire., non pour les alléger, mais pour apprendre de lui le mo2en de les supporter conformément au &on plaisir de 'ieu% 0e faites point os communions, os pri$res et os exercices spirituels pour o&tenir de 'ieu !u"il ous détache de la croix, mais &ien pour ac!uérir la force dont ous a e. &esoin

pour la porter à la plus grande gloire de Jésus crucifié% @ue si le trou&le de otre *me ous empêche de méditer et de prier comme ous le souhaiterie., médite. le moins mal !ue ous pourre.% Ce !ue ous ne pou e. faire par l"intelligence, efforce.- ous de le faire par la olonté ? ser e.- ous de la pri$re, ous adressant tant+t à ous-même, tant+t à otre di in Ma(tre% 9ous en retirere. des fruits mer eilleux ? et otre c#ur pourra respirer et reprendre des forces% 'ites à otre *me 1 )our!uoi es-tu triste, + mon *me, et pour!uoi trou&les-tu - Mets en 'ieu, ton espérance, car je le louerai encore 1 il est le salut de mon isage, il est mon 'ieu 3)s%, HL4, S7% )our!uoi, Seigneur, ous êtes- ous retiré de moi, et dédaigne.- ous de me regarder au temps de ma détresse et de ma tri&ulation - 3)s%,H, >e&%, 47% 0e mCa&andonne. pas pour toujours 3)s%, CH9444, S7% ,appele.- ous la doctrine consolante !ue 'ieu ré éla à Sara, femme de <o&ie, au temps de sa tri&ulation ? mettre.-la à profit et dites de i e oix a ec cette ser ante &ien-aimée du Seigneur 1 @uicon!ue ous honore à la certitude !ue si sa ie est éprou ée, elle sera couronnée? !ue si elle est dans la tri&ulations, elle en sera déli rée? !ue si elle est ch*tiée, elle o&tiendra miséricorde% Car ous ne prene. point plaisir à nos tri&ulations? mais apr$s la tempête, ous rende. le calme, et apr$s les larmes et les soupirs, ous répande. lCallégresse% M 'ieu dC4sraUl, !ue otre nom soit &éni dans tous les si$cles 3<o&ie, 444, PQ, PP, P57% ,appele.- ous à !uel exc$s de douleur Jésus se it a&andonné, dans le jardin et sur la croix, par son )$re céleste lui-même? et portant otre croix a son exemple, ous dire. de tout c#ur1 @ue otre olonté soit faite% Si ous agisse. de la sorte, la patience et lCoraison él$ eront la flamme de otre sacrifice jus!uCau tr+ne de 'ieu, et ous ac!uerre. la raie dé otion% Cette dé otion, comme je lCai dit plus haut, consiste à a oir la ferme olonté de sui re, sans hésiter et la croix sur les épaules, notre di in Sau eur, en !uel!ue lieu !uCil nous appelle et nous conduise? elle consiste à aimer 'ieu pour lui-même, et parfois aussi à !uitter 'ieu pour 'ieu% Si les personnes !ui font profession de piété, et les femmes principalement, mesuraient leurs progr$s à leur résignation plut+t !uCà leur dé otion sensi&le, elles ne seraient pas

ictimes de leurs illusions et des artifices du démon? elles ne se ingratitude, du &ienfait signalé !ue le Seigneur leur accorde et elles sCappli!ueraient a ec plus de fer eur à ser ir sa di ine majesté !ui dispose ou permet tout ce !ui nous arri e pour sa gloire et notre a antage% 9oici encore une illusion commune che. les personnes du sexe, che. celles mêmes !ui sCéloignent a ec crainte et prudence des occasions dangereuses% )arce !uCelles sont tourmentées de pensées impures et horri&les, parfois, perdent courage et se croient a&andonnées et repoussées de 'ieu? il leur sem&le impossi&le !ue lC/sprit Saint demeure dans une *me remplie de sem&la&les pensées% Leur a&attement de ient tel parfois !uCelles sont sur le point de se laisser aller au désespoir et dCa&andonner leurs exercices spirituels pour retourner en la terre dC/g2pte% /lles ne sa ent pas apprécier le don Seigneur et comprendre !ue, si 'ieu permet !uCelles soient assaillies de ces horri&les fant+mes, cCest afin de les ramener à la connaissance dCelles-mêmes et de les forcer, par le sentiment de leur impuissance, à sCapprocher de lui% Baute de comprendre les ues de 'ieu à leur égard, elles se plaignent am$rement de ce !ui de rait être pour elles lCo&jet dCune reconnaissance sans &ornes en ers la &onté infinie du Seigneur% Ce !ue ous a e. à faire en ces occasions, cCest de considérer attenti ement les inclinations per erses de otre nature% 'ieu eut, dans otre intérêt, !ue ous sachie. com&ien ces inclinations sont promptes à ous entra(ner au mal, et dans !uel a&(me elles ous précipiteraient, sCil ne enait à otre secours% /xcite.- ous ensuite à la confiance en 'ieu? persuade.- ous &ien !ue, sCil ous décou re le péril, cCest !uCil est prêt à ous enir en aide? !ue son désir est de ous attirer et de ous unir plus étroitement à lui par la pri$re et lCin ocation de son nom? !ue, partant, ous lui de e. dChum&les actions de gr*ces% <ene. pour assuré !ue ces tentations et ces pensées mau aises se dissipent mieux par la souffrance paisi&le de la peine !uCelles ous causent et par une adroite fuite, !ue par une résistance pleine dCin!uiétudes%

C>:)4<,/ LH 'e lCexamen de conscience 'ans lCexamen de conscience, il 2 a trois choses à considérer1 les fautes commises pendant la journée, leur cause, le courage et lCardeur !ue ous apporte. à les com&attre et à ac!uérir les ertus contraires%

@uant aux fautes commises, ous fere. ce !ue jCai dit au chapitre HH94, oE jCai parlé de ce !uCil 2 a faire, lors!uCon se sent &lessé% )our ce !ui est de la cause de os chutes, ous t*chere. de lCa&attre et de la réduire à néant% )our arri er à ce &ut, et tout ensem&le pour ac!uérir les ertus chrétiennes, ous fortifiere. otre olonté par la défiance de ous-même, par la confiance en 'ieu, par lCoraison, par une application soutenue à ous exciter à la haine du ice et au désir de la ertu contraire% <ene. pour suspectes les ictoires !ue ous a e. gagnées et les &onnes #u res !ue ous a e. accomplies% Je ous conseille même de ne pas trop 2 arrêter otre pensée, pour ne pas ous exposer au danger pres!ue iné ita&le de ous laisser entra(ner à un secret mou ement de aine gloire et dCorgueil% :&andonne.-les plut+t entre les mains de la di ine miséricorde, et ou&liant ce !ui est derri$re ous, tourne. otre regard ers le chemin &eaucoup plus long !ui ous reste à parcourir% @uant aux actions de gr*ces à rendre au Seigneur pour les dons et les fa eurs !uCil ous a accordés durant le jour, reconnaisse. !uCil est accordés durant le jour, reconnaisse. !uCil est lCauteur de tout &ien? remercie.-le de ous a oir déli ré de tant dCennemis isi&les et in isi&les? et de ous a oir donné des pensées salutaires, des occasions de prati!uer la ertu et tant dCautres &ienfaits !ue ous ne connaisse. point%

C>:)4<,/ LH4 Comment nous de ons persé érerdans la lutte et com&attre jus!uCà la mort /ntre les conditions re!uises pour réussir en ce com&at, il faut ranger la persé érance% 0ous de ons nous attacher à mortifier sans rel*che nos passions déréglées, parce !uCelles ne meurent jamais, tant !ue nous sommes sur la terre, et !uCelles germent incessamment comme de mau aises her&es% CCest en ain !uCon oudrait fuir le com&at1 il ne finit !uCa ec la ie, et !uicon!ue refuse la lutte est nécessairement fait prisonnier ou mis à mort% 'e plus, nous a ons affaire à des ennemis !ui nous portent une haine implaca&le? nous ne pou ons en espérer ni paix ni trê e, car ils sont dCautant plus acharnés à notre perte !ue

nous recherchons da antage leur amitié% 9ous ne de e. pourtant ous épou anter ni de leur puissance, ni de leur nom&re1 car, en ce com&at, nCest aincu !ue celui !ui eut lCêtre% <oute la force de nos ennemis est entre les mains du di in capitaine pour lChonneur du!uel nous com&attons% 0on seulement il ne permettra pas !ue ous tom&ie. entre leurs mains, mais il prendra luimême les armes? et comme il est plus puissant !ue tous os ad ersaires, il ous mettra la ictoire entre les mains, pour u toutefois !ue ous com&attie. courageusement à ses c+tés, et !ue ous mettie. otre confiance, non en ous-même, mais en sa puissance et en sa &onté% /t si le Seigneur tarde à ous donner la ictoire, ne perde. pas courage% Songe., pour ous animer au com&at, !ue les o&stacles !ue ous rencontrere., !ue toutes les circonstances les plus défa ora&les et les plus désastreuses en apparence, il les fera tourner à otre profit et à otre a antage, du moment !ue ous ous comporte. en soldat fid$le et généreux% Marche. donc à la suite de otre céleste capitaine !ui a aincu le monde et a été mis à mort pour ous? soutene. la lutte a ec un c#ur magnanime, et poursui e.-la jus!uCà lCenti$re destruction de os ennemis? car si ous en laissie. i re un seul, ce serait là pour ous comme une paille dans lC#il ou comme une lance au c+té !ui ous empêcherait de courir à une si glorieuse ictoire%

C>:)4<,/ LH44 'e la résistance à opposer aux ennemis!ui nous atta!uent, au moment de la mort @uoi!ue toute notre ie soit ici-&as une guerre continuelle, la journée la plus importante et la plus périlleuse est celle oE il nous faudra faire le grand passage du monde à lCéternité% Celui !ui tom&e en ce moment ne se rel$ e plus% Le mo2en à prendre pour ous trou er à cette heure dans de &onnes dispositions, cCest dCemplo2er le temps !ue 'ieu ous accorde à com&attre aillamment% Celui, en effet, !ui com&at &ien durant la ie se prépare, par lCha&itude ac!uise de la ictoire, un triomphe facile à lCheure de la mort% 'e plus, pense. sou ent à la mort, considére.-la dCun #il attentif? cCest le mo2en de la craindre moins, lors!uCelle se présentera, et dCa oir alors lCesprit li&re et prêt au com&at% Les gens du monde é itent cette pensée pour ne pas interrompre le plaisir !uCils prennent aux choses de la terre1 attachés de de oir les !uitter un jour serait un tourment pour eux%

CCest ainsi !ue leur affection désordonnée, &ien loin de diminuer, a toujours croissant? et lors!ue arri e pour eux le moment de dire adieu à cette ie et à tant dCo&jets chers à leur c#ur, ils sont en proie à un tourment incro2a&le et dCautant plus horri&le !uCils ont joui plus longtemps des &iens !uCils ont !uitter% )arfois aussi pour mieux ous préparer à ce moment terri&le, représente.- ous seul et sans secours parmi les douleurs de la mort, et considére. les choses !ue je ais dire et !ui pourraient alors ous tourmenter% )uis ous entretiendre. otre pensée des rem$des !ue je ais ous proposer, afin de ous mettre à même de mieux ous en ser ir à cette heure de suprême angoisse? car il faut nécessairement apprendre à &ien faire une chose !uCon ne peut faire !uCune fois, de peur de commettre une faute à jamais irrépara&le%

C>:)4<,/ LH444 'es !uatre assauts !ue nos ennemisnous li rent à lCheure de la mort, et premi$rement de la tentation contre la foiet de la mani$re dC2 résister )armi les assauts !ue nos ennemis nous li rent à lCarticle de la mort, il 2 en a !uatre !ui sont particuli$rement dangereux% Ce sont1 la tentation contre la foi le désespoir, la aine gloire, et enfin les di erses illusions dont ces esprits de tén$&res, transfigurés en anges de lumi$re, se ser ent pour nous tromper% )our ce !ui regarde le premier assaut, si lCennemi emploie pour ous tenter des raisonnements faux et captieux, laisse. là otre intelligence, et recoure. à la olonté, en disant1 ,etire-toi, Satan, p$re du mensonge? je ne eux pas même tCécouter1 il me suffit de croire ce !ue croit la sainte Fglise romaine% Berme., autant !ue possi&le, lCentrée de otre *me à toute considération sur la foi, ous sem&l*t-elle de nature à fortifier en ous cette ertu? regarde.-la comme un mo2en dont le démon se sert pour engager la discussion% Si ous nCêtes plus en état de ous défaire de ces pensées, demeure. ferme et ne cro2e. rien aux raisons !ue lCennemi ous all$guera, non plus !uCaux textes de la sainte Fcriture !uCil apportera à lCappui de ses insinuations1 !uel!ue clairs et décisifs !ue ces textes ous paraissent, so2e. certain !uCils sont tous tron!ués, mal cités et mal interprétés% /t si le serpent rusé ous demande ce !ue croit la sainte Fglise, ne réponde. pas? mais, sachant !uCil eut ous surprendre et a&user de os paroles, contente.- ous de faire intérieurement un acte de foi i e? ou, si ous oule. le faire dépiter da antage, réponde.lui !ue la sainte Fglise romaine croit la érité% /t sCil ous demande !uelle est cette érité, répli!ue.-lui1 CCest précisément ce !ue croit lCFglise%

)ar-dessus tout, tene. otre c#ur attaché à Jésus crucifié et dites-lui1 M mon 'ieu, mon Créateur et mon Sau eur, ene. promptement à mon secours et ne ous éloigne. pas de moi, afin !ue je ne mCécarte pas de la érité de la foi catholi!ue? et puis!ue ous mCa e. accordé la gr*ce de na(tre dans cette foi sainte, faites !ue jC2 finisse mes jours pour otre plus grande gloire%

C>:)4<,/ LH49 'e lCassaut du désespoiret de la mani$re de sCen défendre Le second assaut au mo2en du!uel le malin esprit cherche à nous a&attre sans retour, cCest lCépou ante !uCil suscite en nous au sou enir de nos péchés, afin de nous précipiter dans lCa&(me du désespoir% 'ans ce danger, prene. pour r$gle infailli&le !ue la pensée de os péchés ient de la gr*ce et !uCelle ous est accordée pour otre salut, lors!uCelle produit en ous des sentiments dChumilité, de repentir de os péchés et de confiance en la &onté di ine% Mais lors!ue cette pensée ous jette dans lCin!uiétude, la défiance et la pusillanimité, port*t-elle sur des choses raies et capa&les de faire croire !ue ous êtes damné et !uCil nC2 a plus pour ous de salut à espérer, regarde.-la comme un artifice du démon, humilie.- ous et redou&le. de confiance en 'ieu% CCest le mo2en de aincre otre ennemi a ec ses propres armes et de rendre gloire à 'ieu% /xcite.- ous, je le eux &ien, au repentir de os péchés toutes les fois !uCils ous re iendront à la mémoire, mais !ue ce soit pour en demander pardon au Seigneur a ec une confiance sans &ornes dans les mérites de sa )assion% Je suppose même !ue ous cro2ie. entendre 'ieu ous dire au fond du c#ur !ue ous nCêtes point du nom&re de ses élus, ce nCest pas une raison pour rien perdre de otre confiance en lui% 'ites-lui plut+t a ec un sentiment profond dChumilité1 9ous a e. &ien sujet de me réprou er à cause de mes péchés, mais jCai plus de sujet encore dCespérer !ue otre miséricorde me les pardonnera% JCesp$re donc le salut dCune miséra&le créature ouée à la damnation par sa propre malice, mais aussi rachetée au prix de otre sang adora&le% Je eux me sau er pour otre gloire, + mon ,édempteur, et confiant en otre miséricorde infinie, je mCa&andonne entre os mains% Baites de moi ce !uCil ous plaira, pour u !ue ous so2e. mon uni!ue ma(tre1 !uand ous me tuerie., je ne laisserais pas dCa oir en ous une iné&ranla&le confiance%

C>:)4<,/ LH9 'e lCassaut de la aine gloire Le troisi$me assaut, cCest celui de la aine gloire et de la présomption% Sous ce rapport, eille. à ne pas ous laisser entra(ner, sous !uel!ue prétexte !ue ce soit, au moindre mou ement de complaisance en ous-même ou en os actions? glorifie.- ous uni!uement dans le Seigneur, dans sa miséricorde, dans les mérites de sa ie et de sa )assion% >umilie.- ous de plus en plus à os propres 2eux jus!uCà otre dernier soupir? et si os &onnes #u res ous re iennent à la mémoire, reconnaisse. !ue cCest 'ieu !ui en est lCauteur% 4mplore. son secours, mais ne lCattende. point de os mérites, si nom&reuses et si éclatantes !uCaient été os ictoires% <ene.- ous toujours dans une crainte salutaire, et confessant ingénument !ue toutes os #u res seraient inutiles si 'ieu ne ous recueillait à lCom&re de ses ailes, ous ous confiere. uni!uement en sa protection% Si ous sui e. fid$lement ces a is, os ennemis ne pourront pré aloir contre ous? et ous ous ou rire. ainsi le chemin pour passer jo2eusement à la Jérusalem céleste%

C>:)4<,/ LH94 'e lCassaut des illusionset des fausses apparences, à lCarticle de la mort Si lCennemi !ui sCacharne à notre perte a ec une acti ité !ue rien ne lasse se transforme en ange de lumi$re pour ous assaillir de aines illusions, demeure. ferme et immo&ile dans la connaissance de otre néant, et dites-lui hardiment1 ,etourne, malheureux, dans les tén$&res dCoE tu es sorti? je ne mérite pas dCêtre fa orisé de isions célestes? je nCai &esoin !ue de la miséricorde de mon Jésus et des pri$res de la 9ierge Marie, de Saint Joseph et des autres saints% /ussie.- ous les meilleurs motifs de croire !ue ces isions ous iennent du Ciel, garde.ous dC2 ajouter foi? rejete.-les &ien loin de ous% Cette résistance fondée sur le sentiment de otre indignité ne saurait déplaire au Seigneur% Si cCest lui !ui agit en ous, il saura &ien rendre son action é idente à os 2eux? et ous nC2 perdre. rien, car celui !ui donne sa gr*ce aux hum&les ne la retire point, !uel!ues actes dChumilité !uCils posent% 9oilà les armes dont notre ennemi se sert généralement contre nous, à ce moment suprême%

/n outre, il nous tente chacun en particulier dCapr$s les inclinations aux!uelles il sait !ue nous sommes plus sujets% CCest pour!uoi nous de ons, a ant lCapproche du grand com&at, nous armer et lutter aillamment contre les passions !ui nous atta!uent a ec plus de iolence et !ui exercent sur nous un plus grand empire, afin de remporter plus facilement la ictoire à ce moment suprême !ui ne laisse plus dCautre moment apr$s lui, pour le pou oir faire encore% K9ous com&attre. contre eux jus!uCà leur compl$te destructionL 34 ,ois, H49, QS7%