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CHAPITRE 1: LA NAISSANCE D'UNE DEESSE DES ENFERS.

Toute petite déjà, dans le ventre de la matrice "Nouvopersoonhage" je me posais des 
questions. Car contrairement aux autres fœtus (nommés également Noobs dans certaines 
contrées) j'avais conscience du monde et que j'allais devoir être forte pour en supporter 
toutes les viviscitudes, en particulier les milliers de gêneurs qui le composent. 

Je me demandais : "Quelle forme me permettrait de dominer le monde ?"  
Mon incroyable prescience m'enseigna que 8 races majeures le composaient. Afin d'être 
sûre de ne passer à côté de rien, je les passais en revue: 

­Tout d'abord l'humain. 
Ma première impression fut une banalité affligeante assortie d'un manque évident 
d'ambition. Rien qui ne puisse supporter ma grandeur. Certes les humains sont ouverts à 
beaucoup d'opportunités et peuvent devenir à peu près n'importe quoi. De plus, l'esprit 
humain est fort et vigilant, donc parfait pour imposer sa volonté. Mais pour l'instant je le 
laissais de côté. 

­Après le nain. 
Que le grand démon me bannisse, je n'ai jamais vu de créature aussi horrible ! Un nain ! 
MOI, devenir une naine ? Plutôt mourir ! Je compris rapidement que les faibles capacités 
mentales de cette race leur interdisaient la moindre subtilité et que de toute manière 
l'aspect esthétique de la naine provoquant confusion avec les nains de sexe masculin, je 
ne pouvais en aucun cas m'incarner en naine. Le jour où j'aurai besoin d'abattre un arbre 
avec une seule main, je deviendrai un nain. 

­Vint ensuite le gnome. 
L'aspect ridicule de la créature me déplut aussitôt, mais il faut avouer que leur intellect 
très développé me sembla digne de ma grandeur (enfin presque). Toutefois, en poussant 
un peu plus les recherches je me rendis compte que la plupart des capacités du gnome 
étaient détournées dans le seul et unique but de haïr les gens se moquant de leur taille, 
ce dernier point devenant une réelle obsession. Ayant autre chose à faire que hurler pour 
qu'on puisse me reconnaître comme un être à part entière et de militer pour interdire les 
matchs de gnomeball, je laissais tomber l'idée du gnome. 

­L'elfe,
 lui me séduit immédiatement par son aspect physique. Grand, fort, élancé, c'était la 
parfaite incarnation pour une déesse de mon rang. Hélas sa conception de la magie étant 
fortement éloignée de la mienne, je dus abandonner l'idée. Il me vint même la tentation de 
laisser tomber la magie démoniaque pour devenir elfe, mais je vis alors la danse lascive 
de la femme elfe, totalement VULGAIRE et dès lors une pareille apparence me parut 
insupportable (la vulgarité étant l'apanage de la succube). 

­Ensuite ma prescience me montra une vache... ce devait être une erreur... 

­Le troll... 
Un être laid, rusé certes, mais laid. Quelqu'un d'autre aurait pu en faire quelque chose, 
mais mon ambition étant d'illuminer la voie infernale de ma glorieuse présence, on ne 
pouvait pas dire que les trolls répondaient à cette ambition. 

­L'orc 
C'est une incarnation solide et également suffisamment intelligente pour devenir ce que je 
voulais. Je dois avouer avoir hésité un instant avant que ma prescience ne m'avise des 
mœurs orcs en usage auprès des orcs féminins. Je vous passerai les détails, mais les 
méthodes de reproduction orcs et les rites attachés étant ce qu'ils sont, je zappais 
immédiatement cette idée (je n'ai aucune envie d'élever 150 gosses). 
­Enfin le mort­vivant. 
Certes sa puissance m'attirait, mais... peut­on réellement régner sur le monde quand des 
vers grouillent à la surface de sa peau ? Oui, les mages les plus puissants sont bien 
souvent des liches, mais ne serait­ce pas intéressant d'être puissante de son VIVANT ? 
Ma prescience me rappela alors que ma mère et mon père étant tous les deux humains, 
de toute façon je n'avais pas trop le choix... 

C'était donc décidé, j'allais devenir une humaine, une humaine DEMONISTE, le seul 
métier qui trouvait grâce à mes yeux. Pourquoi ? Car la puissance et le contrôle des êtres 
supérieurs y étaient réunis, un chemin vers la gloire, une grande porte vers la puissance, 
une autoroute pour l'enfer !!! Vive ACDC !!! Heu pourquoi je dis ça moi... 

CHAPITRE 2: LES PREMIERS PAS DE LA LEGENDE

Après une enfance et une adolescence très rapidement passées, en faite je n'en garde 
absolument aucun souvenir... C'est bizarre ça non ? Bah c'est sûrement à cause de ma 
nature divine, je n'ai pas le temps de m'encombrer de ces broutilles. Bref, une fois jeune 
adulte, je me décidais enfin de passer la vitesse supérieure et de devenir démoniste 
professionnelle. 

On m'envoya devant un fonctionnaire de l'alliance, voûté par l'âge et par les soucis, 
apparemment las de voir défiler des jeunes recrues à longueur de journée: 
­Votre nom. 
­Je suis la sublimissime, magnificence, génialissime et divine... 
­Votre nom. 
­Synapse. 
­C'est un nom ça ? fit le vieillard un peu sceptique. 
­Oui, c'est le mien. Il représente l'incroyable étendue de mon intell... 
­Synapse donc... Vous postulez pour quoi ? 
­Je veux devenir une formidable gardienne des pouvoirs occultes, à la puissance 
inimaginable capable de dompter les titans et de... 
­Mage ? 
­Non, démoniste, inscrivez. 

Le fonctionnaire s'exécuta et me donna une lettre recommandée, me nommant enfin 
démoniste à vie, prête pour commencer une formidable carrière. Il continua:

­Vous commencerez vos missions auprès de la maître démoniste enseignante locale, 
vous vous rendrez à l'Abbaye de Northshire, ce n'est pas dur à trouver, c'est à deux pas 
de Stormwind, vous aller au nord­ouest et... 
­Une Abbaye ? Mais je ne veux pas devenir nonne ! Je veux aller dans un temple 
démoniaque, un autel infernal ! Même un cercle sacrificiel je veux bien ! 

Le fonctionnaire répondit avec une voie mécanique: 

­Tous les humains de l'alliance doivent suivre un enseignement à l'Abbaye de Northshire, 
une fois l'initiation terminée, libre à vous d'aller où il vous plaît. Si vous n'avez plus de 
question, au revoir et bonne journée. 

Le vieux scribe me claqua presque la porte à la figure. Pas moyen d'obtenir plus 
d'informations sur ce que je devais faire une fois arrivée à cette Abbaye. Elle fut d'ailleurs 
très simple à trouver, je ne garde d'ailleurs aucun souvenir du voyage... bah peu importe. 
Toujours est­il qu'une fois sur place, je vis beaucoup de jeunes recrues courir dans tous 
les sens, s'agitant dans une tâche que je ne compris pas immédiatement. 

Avant que je ne puisse aller interroger un de ces débutants, un garde m'interpella: 

­Holà jeune démoniste! Tu es venue apprendre à maîtriser tes pouvoirs ? 
­Je les maîtrise déjà très bien, merci... 
­Ah ah ah très drôle. Avant de pouvoir dire des choses comme cela, tu vas devoir faire 
quelques missions pour l'alliance ! 
­Des missions ? On ne m'a jamais parlé de missions ! (Et puis pourquoi il me tutoie celui 
la ? On a pas élevé les dragonnets ensemble que je sache) 
­Pourtant, il faudra en faire si tu veux progresser ! Alors, voici ta première quête... 
Une quête ? Ce mot sonnait déjà mieux à mes oreilles qu'une vulgaire mission. 

­Va voir le tanneur là­bas, il a un problème avec des loups, il faudrait récupérer quelques 
peaux sur des jeunes loups galeux... 
­J'aurais mieux fait de me taire... 
­Des loups ? 
­Oui des loups... 
­Vous vous fichez de moi ? 
­Non pourquoi ? Tu peux t'occuper des Kobolds là­bas aussi... 
Je laissais le garde, mon envie de lui balancer un sort devenant un peu trop tentante. 
J'allais donc devoir m'occuper du sort d'une poignée de loups afin de montrer que j'étais 
un bon larbin... tsss je leur montrerais à tous quand je dominerais le monde !!! 

Mais pour l'instant, le problème restait les loups. J'avais sur moi une dague, mais je 
n'avais aucune envie de devoir m'en servir, au risque de me casser un ongle. Mes 
pouvoirs allaient donc enfin entrer en action. J'avais un peu frimé tout à l'heure, mes 
pouvoirs ne sont pas vraiment au point... mais largement suffisants pour se débarrasser 
de quelques loups. 

Entrant dans le petit bois à côté de l'Abbaye, je repérais un des loups en question, qui 
semblait surtout intéressé par les lapins qui gambadaient autour de lui. Je m'approchais 
doucement en préparant un sort et levant brusquement le bras le pouvoir magique 
m'entoura 

et... 

Un bouclier apparu au­dessus de moi. Zut. C‘est pas le bon sort. Le loup me regarda 
d'un air curieux, se demandant ce que j'avais voulu faire là. Furieuse, je sortis mon livre de 
sort, maudissant mon défaut de lecture qui consiste à souvent sauter des pages. 

La mise au point effectuée, un trait de l'ombre vrombissant surgi de ma main, l'air 
menaçant, tandis que je lançais un regard de tueur au loup qui ne semblait pas vraiment 
impressionné. Le trait de l'ombre fendit l'air et envoya le loup valser dans les airs. Se 
rendant compte que ces trucs violets et noirs faisaient VRAIMENT mal, le loup décida de 
se venger et chargea. 

Maudissant le fait que le loup ne soit pas mort sur le coup, je préparais en vitesse un 
nouveau sort, mais le loup fut sur moi en un éclair, je ne dus mon salut qu'à ma dague qui, 
brandie à la hâte, me permis d'empaler le loup dans son saut visant à m'arracher la gorge. 
Le loup rendit alors son dernier soupir. 

Essuyant frénétiquement le sang qui s'était répandu sur mes vêtements, je me rendis 
compte que le corps à corps n'était vraiment pas pour moi. Solution donc: 
­trouver un larbin. 

Un rapide coup d’œil autour de moi me permit d'identifier 4 larbins potentiels: un mage, 
un voleur, un prêtre et un paladin. 

J'allais en premier lieu voir le mage. Afin de donner une bonne première impression et lui 
montrer la toute­puissance dans la magie démoniaque, je lançais trois traits de l'ombre 
successifs sur un pauvre loup en train de vérifier son toilettage. La bouillie sanglante qu'il 
en advint me donna un sourire réjoui et c'est dans un profond élan de fierté que je défiai le 
mage de faire mieux. 

Celui­ci lança une énorme boule de feu sur un loup supérieur en taille au mien, le pauvre 
canidé disparu dans une explosion, ne laissant qu'un tas de cendres. Ecœurée, je 
m’éloignais du mage qui ne put retenir un rire discret. 

Le voleur m'ignora totalement, en réalité il était déjà couvert de tripes de loups et 
continuait à en tuer à la chaîne, une petite montagne de cadavres commençant à 
s'accumuler autour de lui. C'est vraiment un voleur ou bien un boucher ? 

Le prêtre, lui, essaya de me convaincre que je ferai un très bon serviteur et que si j’allais 
au combat à sa place, il me soignerait gratuitement... Apparemment je n'étais pas la seule 
à vouloir un larbin. 

Le paladin mit environ 37 minutes à tuer son premier loup... Ayant envie de devenir 
rapidement puissante, je préférais trouver un larbin plus... enfin plus... vous voyez quoi. 

Une idée me traversa alors l'esprit, j'étais une démoniste... j'allais donc invoquer un 
démon ! 

La maîtresse démoniste m'informa que je devais avoir un peu plus d'expérience pour 
tenter l'invocation d'un démon, mais c’était sans compter mon obstination et mon 
incroyable ingéniosité. Ayant ramené la montagne de cadavres de loups créé par le voleur 
au pied de mon enseignante, celle­ci consentit (par dépit) à m'apprendre le sort 
d'invocation. 

Enfilant une robe de cérémonie, les paroles rituelles fusèrent dans ma bouche tandis que 
l'énergie se concentrait au­dessus de moi, formant comme un diamant de pouvoir 
magique. 

­Ô grands démons, ô puissants Balrogs, puissances des enfers et maîtres de la Gégène ! 
Entendez mon appel, envoyez un digne allié sur lequel votre fidèle servante saura 
s'appuyer. 
Aidez­moi !!! Pitié !!! 
­Les dernières paroles ne sont pas nécessaires, précisa l'enseignante. 
Le formidable vortex de mana finit par s'ouvrir et apparut alors une créature entourée de 
flammes, un authentique démon, habitant des enfers. Le démon s'avança et dans un cri, il 
annonça son nom: 

­Bizrot !!! 
­C'est quoi ce truc, demandais­je. 
­Un diablotin, répondit le professeur. 
­C'est fort ça ? 
­Bof. Ça dépend. 
­Il a l'air faible. 
Voyant qu'on l'ignorait, le démon décida alors de... 

CHAPITRE 3: BIZROT LE DEMON

... de bouder. 

S'accroupissant dans un coin, le diablotin commença à grogner quelques paroles 
incompréhensibles: 

­Gath'zo mag zinal phad'um que dixico kaldruùm ! Dessa wazcé esth'zo glumjo ! Kàpish ? 
­Qu'est­ce qu'il dit ? Demandais­je. 
­Aucune idée, répondait la maîtresse démoniste. 
­Mais enfin, c'est du langage démoniaque, vous êtes censé le comprendre ! 
­C'est de l'argot diablotin ! Si vous croyez que je m'amuse à apprendre tous les dialectes 
des 7 enfers... 
­Bhakâ ! Commenta Bizrot. 
­C'est quand même dommage de ne pas comprendre son propre démon. 
Bizrot me regarda d'un air méfiant, puis parla enfin dans une langue compréhensible. 

­J'ai dit: C'est pas parce que je suis petit et que j'ai l'air faible que je suis pas digne de 
respect. C'est déjà un grand honneur de m'avoir comme compagnon, compris ? 
Je me penchais sur le diablotin, le défiant du regard: 

­Compagnon ? Je crois qu'on t’a mal renseigné petit, JE suis la maîtresse, TU es 
l'esclave. 
J'ordonne, tu obéis. Si je te dis de sauter, tu sautes, si je te dis de crever, tu crèves, si je te 
dis d'aller chercher des cocktails, tu piques pas dedans ! 
Bizrot répondit par geste grossier, il eut juste le temps d'esquiver mon trait de l'ombre. 
L'enseignante des ombres décida de s'en aller: 

­Bon j'ai du boulot moi, vous êtes désormais libre de faire ce que bon vous semble. Je 
vous conseillerai d'essayer de vous entendre avec votre démon et de faire quelques 
missions dans le coin... sinon vous ne tiendrez pas bien longtemps. Allez j'y vais, j'ai 
encore une dizaine de démonistes débutants dont je dois m'occuper... 15 ans de métier 
pour devenir ça... 

Une fois seule avec mon démon, je me mis à réfléchir à ce que je pouvais bien en faire. 
Avec sa petite taille, il pourrait peut­être se faufiler dans la banque de Stormwind et... 

Hum, non, ils doivent déjà avoir pensé à ce type de problème... 

­Bon, fit Bizrot. C’est pas tout ça, mais on s'ennuie. Si on allait s'occuper des Défias là­bas 
? Il paraît qu'ils ont des bourses bien remplies. 
­Hein ? Oh, bien sûr. Mais ils sont plutôt nombreux non ? 
­Nous aussi, grâce à moi tu as doublé en nombre. Génial non ? 
­Heu... 

Je suivis Bizrot jusqu'au champ non loin, occupé par les Défias. Les bandits étaient 
nombreux et bien organisés, des patrouilles vérifiaient qu'aucun des aspirants de l'Abbaye 
ne mette son nez dans leurs affaires et le camp principal était tenu par une bonne dizaine 
d'individus en plus de leur chef. Leurs effectifs s'étaient accrus suite au passage du voleur 
qui en avait massacré un grand nombre, le chef défias avait été obligé de demander des 
renforts au quartier général des collines de l'ouest, qui ne s'était pas fait prier. C'était 
désormais une vraie armée qui tenait le champ de vignes. 

­Ils sont beaucoup trop forts ! Si tu y tiens tant que ça, attaque le premier ! 
­Attaquer ? La force du démon est avant tout son intellect, si tu voulais une brute tu aurais 
dû prendre un ours ou je ne sais quoi. 
­Donc tu ne vas rien faire ? 
­Ne crois pas ça... 

Subitement tout souriant, Bizrot ouvrit un gros sac qu'il traînait depuis notre arrivée au 
champ de vignes. Il en tira des habits de Défias qui semblaient avoir été retiré en même 
temps que quelques organes vitaux. 
­Il faudra un peu nettoyer la tenue... mais je vais maintenant te montrer comment on se 
débarrasse des ennemis à la manière de Bizrot. 

Quelques minutes plus tard, j'étais déguisée en Défias, leur armure de cuir était un peu 
trop moulante à mon goût et le masque m'empêchait de bien respirer. Bizrot était planqué 
dans mon sac à dos et en profitait pour me chuchoter ses instructions: 
­N'oublie pas, avec cette armure tu ne peux pas lancer de sorts. Reste tranquille et essaye 
d'agir comme une Défias. 
­Ca veut dire quoi ça ? 
­Je sais pas moi... essaye d'avoir l'air méchant et lance des rires idiots de temps en 
temps. 

Bon, maintenant va au centre du camp et après tu vas dire ça.. 
Bizrot me chuchota ma réplique et je me rendis compte alors de sa formidable ruse. A 
moitié amusée, à moitié inquiète, je passais devant les gardes Défias en leur faisant un 
vague signe de la main, qu'ils ne virent même pas.

 Une fois au centre du camp, je pris ma voix la plus paniquée pour annoncer: 

­Aleeerte, le voleur qui est passé tout à l'heure va revenir ! 
Une vingtaine de visages se tournèrent immédiatement vers moi. 

­Quoi ? fit un gros défias avec une cicatrice à l’œil droit. Encore ? Il nous a déjà massacré 
une fois ça ne lui suffit pas ? 
­Nous devons fuir ! Approuva une Défias avec le bras en bandoulière. 
Le chef Défias se leva alors: 

­Non nous ne fuirons pas, nous devons l'affronter ! Nous sommes plus forts que jamais, si 
nous nous unissons il ne pourra rien ! 
­Mais il n'est pas humain, il a un regard de fou et ses lames tranchent dans nos armures 
comme dans du beurre ! Nous allons tous mourir ! s'exclama la fille Défias. 
­Écoutez le chef ! Rugit le sergent Défias, bras droit du chef. On reste ! 

Bizrot me chuchota alors quelque chose. Profitant de la foule réunie grâce à mon 
annonce, je déclarai anonymement: 
­Et pourquoi c'est lui le chef d'abord ? 

C'était le coup de grâce. L'arme fatale contre les Défias. Le gros borgne reprit mes 
paroles à son compte et argua qu'un bon chef ne mène pas ses troupes à une mort 
certaine. Le sergent tenta de s'emparer de lui, mais la fille lui passa une dague au travers 
de la gorge. 

Deux camps de formèrent aussitôt et sortirent leurs armes. Le chef tenta de calmer le jeu, 
mais suite à son intervention les deux camps se scindèrent en 4 camps, puis 8, puis 
chacun pour son compte. Au final, tous les Défias étaient en train de s'égorger. 

Quelques minutes plus tard, tout était fini. Les Défias s'étaient tous entretués. Seul restait 
le chef Défias au milieu des cadavres et moi, dans un coin, qui m'étais mise à l'abri. Il 
m'aperçut et fut au bord de la crise cardiaque quand je fis tomber mon déguisement. Son 
visage vira au blanc, puis au rouge. 

­Hum... Synapse, me souffla Bizrot. 
­Oui ? 
­Remets ta robe quand même... 
­Oh pardon ! 
Ce détail réglé, je me retournais vers le chef Défias, lui réservant mon rire victorieux le 
plus humiliant. 

­Ah ah, mon incroyable intelligence a eu raison de tes troupes, vil bandit ! 
­Ouais... commenta Bizrot. 
­Une démoniste, pesta le chef. Tu vas mourir pour cet affront ! 
Le chef chargea alors, toutes dagues dehors. Un peu paniquée, je lui lançais un trait 
d'ombre.
 Hélas il réussi à encaisser le coup et, le détournant en partie grâce à une dague puis il 
roula sur lui­même et bondit sur moi avec la ferme intention de m'embrocher. 

Une grosse boule de feu engloutit alors le chef défias qui n'eut que le temps d'hurler de 
douleur puis de courir partout en quête d'un point d'eau pour éteindre les flammes qui 
jaillissaient de son corps. Il ne trouva qu’un puits et plongea dedans pour ne pas remonter. 

Cherchant la provenance de la boule de feu, je demandais: 

­Le mage ? Il m'a aidé ? 
­Non c'est moi, fit Bizrot. 
­Quoi ? Toi ? Mais cette boule de feu était surpuissante ! 
­Bah ouais... j’aime pas me battre, mais j'ai quand même des notions... 
­Ça voudrait dire... que tu es plus puissant que moi ? 
­Ça me paraît évident. 
Un peu dépitée par cette réalité, j'allais tout de même prévenir la propriétaire du champ 
que j'avais débarrassé son bien de l'infestation Défias. 

Hélas, le mage, désormais accompagné du prêtre et du paladin avait déjà revendiqué 
cette victoire. J'allais protester, mais Bizrot m'arrêta. 

­Laisse Synapse, les démonistes sont des combattants de l'ombre et ce n'est pas demain 
que l'ont reconnaîtra nos exploits... 
­Oui, mais tout de même, c'est injuste ! 
­... Et puis j'ai déjà ramassé les bourses de tous les Défias, on a gagné un sacré pactole ! 
Je regardais le diablotin avec un regard différent, empli d'amusement et de respect 
envers ses pouvoirs qu'il mettait tellement de mauvaise volonté à dévoiler. 

­Je sais pas pourquoi, dis­je, mais je crois qu'on va bien s'amuser ! 

CHAPITRE 4: LES POUVOIRS DU DEMONISTE

Sous la houlette de Bizrot, qui n'en était pas à son premier maître, j'appris assez 
rapidement les ficelles du métier. Je me rendis compte que le chemin serait encore long 
avant de devenir une véritable maîtresse des ténèbres. 

La première chose que fit Bizrot fut d'inscrire de nouveaux sorts dans mon livre. Une fois 
ceci fait, il insista pour m'en apprendre le maniement: 

­Bien, commença Bizrot. Es­tu prête pour la leçon ? 
­Oui mais... c'est obliger cet accoutrement ? 
Le diablotin avec déniché un morceau d'étoffe violette et s'en était fait une robe. Il portait 
aussi un petit turban de la même étoffe et de minuscules lunettes ornaient son nez. Il leva 
le bout de bois qui lui servait de baguette et me l'abattit sans vergogne sur le sommet du 
crâne. 

­On ne critique pas ! Estime­toi heureuse que je daigne te donner des cours ! 
Normalement, ce sont des démonistes loin d'être aussi compétent que moi qui s'en 
chargent. 
­Je vois que ce n'est pas la modestie qui t'étouffe... 
­Je te retourne le compliment... 

Après avoir bien rigolé suite à cette dernière remarque et être tombés d'accord sur le fait 
que nous sommes de toute façon tous deux des êtres d'exception, nous continuâmes le 
cours. 

­Tout d'abord, il nous faut un cobaye... 
Cela faisait quelques temps que je me baladais autour de Goldshire. Les habitants étaient 
sympathiques, mais plutôt discrets. Ils en avaient visiblement assez que toute la bleusaille 
de l'alliance se réunisse chez eux. Toujours est­il qu’ils m’avaient parlé d’un nid de 
murlocs au lac à l'est de Goldshire. Le cobaye fut donc un murloc. 

Après avoir immobilisé le sujet grâce à un sort très complexe consistant à lui péter les 
jambes à coups de pied de tabouret, je laissais Bizrot me montrer le fonctionnement de 
ses nouveaux sorts. 

Bizrot agita sa baguette et aussitôt, une odeur fétide s'éleva du murloc. Celui­ci renifla 
l'odeur étrange et émit un son étrange venant de sa gorge, comme s’il cherchait à 
s'excuser, mais il se tordit alors de douleur, une fumée verte s'échappant des plaies qui 
s'ouvraient un peu partout sur son corps. 

­Ça, c'est le sort Corruption, expliqua Bizrot. Un sort de base du démoniste, très pratique, 
il a l'avantage de faire très mal à l'adversaire pendant une période assez longue. 
­C'est terrible ! Mais on ne peut rien faire pour l'odeur ? 
­Non, l'odeur fait parti des effets du sort. Pour les plaintes, il faut voir avec le démon de la 
peste qui a conçu le sort. Si tu n'as pas de question, sort suivant. 

Bizrot joignit ses mains près de sa petite poitrine et ses mains s'enflammèrent alors. Il les 
agita un moment au­dessus de sa tête et ce fut alors au tour du murloc de s'enflammer. Il 
poussa quelques cris désespérés pour qu'on l'éteigne au plus vite, ce que je fis en lui 
lançant un seau d'eau. Il fallait bien conserver le cobaye en vie. 
­Ça, c'est immolation, précisa Bizrot. 
­J'avais deviné... 
Deux gardes surgirent alors, nous lançant des regards furieux: 

­C'est vous qui faites autant de bruit ? Demanda l'un des gardes. 
­Heu... oui, nous essayons de nouveaux sorts... 
­Je vois, fit le garde. Quand vous aurez fini de vous amuser, on nous signale qu'une 
centaine de gnolls ont déferlés depuis l'Est. Ils sont bien plus forts que les Rivepattes 
locaux et nous avons bien du mal à les repousser. Toute aide est la bienvenue alors 
rejoignez nous là­bas au plus vite!
 
Les gardes s'en allèrent. Après un bref coup d’œil à Bizrot, je compris que lui non plus 
n'avait aucune envie de se frotter à ces gnolls et nous retournâmes à nos cours. La lueur 
d'espoir qui s'était allumée dans le regard du murloc s'éteignit aussitôt. 

­Maintenant, annonça Bizrot, les malédictions. 
­Les malédictions ? Ça marche comment ? 
­C'est simple, il suffit de regarder son adversaire dans les yeux et de prononcer toutes 
basses certaines paroles. La première que nous allons apprendre est la malédiction 
d'agonie. 
Entendant cela, le murloc récita ce qui ressembla fortement à une prière. 

­Cette malédiction, continua Bizrot, inflige des dommages à l'adversaire sur une longue 
durée. C'est très pratique quand on veut faire mourir quelqu'un à petit feu. 
­Des dommages sur une longue durée ? Mais quelle sorte de dommages ? 
­C'est variable... la version que j'ai inscrite dans ton livre est... enfin, tu vas voir. 
Bizrot lança le sort en décochant un regard meurtrier au murloc. Celui­ci sembla pourtant 
bien se porter, il regarda autour de lui, l'air inquiet, s'attendant à tout moment à subir une 
atroce douleur comme avec la corruption. Mais rien... 

Puis une flèche vint se loger dans l'épaule du Murloc. On entendit au loin un chasseur 
s'exclamer que c'était la première fois qu'il ratait son tir. Puis une branche de l'arbre sous 
lequel se trouva le murloc tomba brusquement, s'écrasant sur la tête de la pauvre 
créature. 
Celle­ci réalisa alors l'atroce malédiction qu'on venait de lui lancer... 

­Ceci, annonça le diablotin, est la malédiction d'agonie version Bizrot. Regarde, je prends 
cette pierre, je la lâche et... 
Comme si le murloc était un aimant géant, la pierre fonça vers lui, percutant violemment 
sa mâchoire et lui fit cracher quelques dents. 

­Tout ce qui pourrait être mauvais... c'est pour lui. 
­Une malédiction de malchance... soufflais­je. C'est génial !!! 
­Un jour, le tramway d'Ironforge a déraillé pour frapper quelqu'un qui avait cette 
malédiction, fit fièrement le diablotin. 
­C'est sur qu'avec la description de ce sort on peut s'attendre à tout... 
Bizrot continua à me montrer quelques sorts, mais la mort subite et totalement 
incompréhensible de notre cobaye écourta la séance. Toutefois juste avant sa mort, Bizrot 
me fit utiliser un sort très étrange qui créa aussitôt une sorte de cristal violet qui apparut 
dans ma main. 

­Ceci est l'âme du murloc, garde­la précieusement, elle te servira plus tard. 
Tenant l'âme du murloc dans la main, je pouvais ressentir la haine qu'il éprouvait vis­à­vis 
de ses tortionnaires. En même temps il avait qu’à pas être là où il ne fallait pas. 

Tandis que je réfléchissais à la cruauté de mon nouveau métier, les deux gardes que nous 
avions croisés réapparurent, se dirigeant dans le sens inverse. 

­Bah alors, dis­je. Et ces gnolls ? 
­ Tous morts... Quand on est arrivé, les gnolls n'étaient plus qu'une pulpe sanglante. On a 
quand même trouvé un mourant qui nous a expliqué que c'était un voleur qui avait fait le 
coup... on a pas tout compris.

­Non c'est normal, leur assurais­je. 
Une fois parti, Bizrot me proposa d'aller piller les cadavres. Trouvant l'idée excellente, je 
me mis en route. Les gnolls n'étaient pas bien loin et étaient effectivement dans un sale 
état. Le mage et sa clique étaient déjà à l’œuvre pour délester les cadavres de leurs biens 
et je décidais d'aller dans un coin du charnier encore inexploré par le mago. 

Un bruit dans les buissons attira alors mon attention. Un énorme gnoll qui avait survécu 
au carnage me chargea d'une manière désespérée, brandissant sa grande massue dans 
le but de m'aplatir le crâne. Il avait été clairement traumatisé par le passage du voleur. 

Me voyant déjà avec une fracture au crâne, je levais un bras pour me protéger et attendis 
l'impact... une brise légère me caressa alors le bras. La massue s'était effectivement 
écrasée sur moi, mais l'impact n'avait pas été à la hauteur des espérances du gnoll. Il 
regarda d'un air interrogatif sa massue et réessaya de me frapper... sans le moindre effet. 

­Malédiction de faiblesse, expliqua Bizrot. Assez, utile quand l'adversaire n'utilise que la 
force brute. 
Le gnoll était au bord des larmes en voyant que sa fidèle massue avait autant d'effet qu'un 
coton­tige. Réunissant tout mon savoir acquis, je lançais tous mes nouveaux sorts sur le 
gnoll qui ne mit pas longtemps à trépasser. 

Je fis l'acquisition d'une nouvelle âme, un gnoll pleurnichard, qui vint augmenter ma 
nouvelle collection. Je sentais déjà que cette histoire d'âme allait me plaire. 

Par la suite, nous reprîmes notre chemin vers Goldshire, pour poursuivre notre route vers 
la marche de l'Ouest, ou je devais finir mon apprentissage afin de m'attaquer à de 
véritables ennemis. 

CHAPITRE 5: LE COMPLOT DEFIAS

La marche de l'ouest fut un calvaire pour moi. Non pas à cause des monstres que l'on 
trouvait ici et la, ça Bizrot s'en occupait fort bien (ou plutôt Bizrot les montaient fort bien 
les uns contre les autres) mais en raison de la nature des missions que l'on m’avait 
données. 
En règle générale, elles consistaient à travailler aux champs ou à faire la cuisine. 

­J'en ai assez de ces paysans !!! Bizrot, fais quelque chose ou je vais devenir folle! 
­T’aimes pas cuisiner ? Me demanda celui­ci en savourant une tourte au foie de 
goretusk. 
­NON, moi ce que j'aime c'est la magie! Point final. 
­Si on quitte les fermes, on va tomber sur des ennemis plus coriaces tu sais... 
­Peu importe, tu les explosera comme d'habitude ! 
­Je ne suis pas tout puissant... 
Bizrot soupira, il me prit la main et me piqua cruellement un doigt avec sa petite dague. 
Une goutte de sang perla. 

­Aie! Tu es fou? Pourquoi tu as fait ça? 
­C'est le pacte de sang, si tu mêles ton sang au mien, tu gagneras une partie de ma 
vitalité, ça devrait te permettre de ne pas te faire tuer tout de suite... 
­Et toi ? Qu'est­ce qui te protègera ? 
­Moi ? Oh c'est simple. 
Bizrot leva négligemment la main, il devint alors curieusement translucide, un peu comme 
un élémentaire, mais en plus... vaporeux. 

­Changement de phase, précisa Bizrot. Avec ça, personne ne me verra ni ne me touchera. 
­Quelle technique de lâche... 
Laissant tomber les paysans qui me proposaient de participer à la récolte de potirons, je 
dépassais la tour de garde pour arriver en vue d'une ville en ruine. 

­Cette ville semble avoir été pillée, commenta Bizrot. Je me demande si les pillards sont 
toujours là... 
­Je sais pas, mais... Oh ! Ca ne va pas la tête ? 

Un étrange type venait de me bousculer. Manifestement il était pressé, car il ne m'accorda 
aucun regard et se dépêcha de ramasser tous les documents qu'il avait laissé tomber 
suite à la bousculade. Après un rapide coup d’œil à son accoutrement, je me rendis 
compte qu'il s'agissait là d'un Défias. 

­Vous pourriez au moins vous excuser ! 
­La ferme, garce, tu n'avais qu’à pas être sur mon chemin ! 
­... 

Alors que les cendres du messager étaient encore chaudes, Bizrot déroula les quelques 
parchemins encore intacts et se mit à les lire. 

­Fallait pas m'chercher... dis­je les mains encore crispées sur ma baguette. 
­Hum... c'est intéressant, fit Bizrot. Il semblerait que les Défias aient une grande activité 
dans le secteur. Notamment dans une mine d'or à l'est. 
­Une mine d'or ? Allons la piller ! 

­Trop tard, si j'en crois ce message, notre ami le voleur s'en est déjà occupé. Les Défias 
n'ont pas encore réussi à l'identifier jusqu'à présent et ce messager était censé prévenir le 
chef du secteur. 
­Les pauvres... alors ils vont continuer à se faire massacrer et ils ne savent même pas par 
qui ? 

Alors que je terminais ma phrase, un groupe de Défias arrivait de la ville. Ils semblaient 
patrouiller normalement. 

­... Alors, le perroquet lui dit:" A Durotar, y en a plein des comme ça!" Wouhahaha j'étais 
fendu de rire et... EH ! Vous là­bas ! Vous êtes qui ? 
­Heu... 
­Mais... c'est Boris ! Vous avez tué Boris ? 
­Oui enfin... 
­Alors ça doit être vous qui avez ravagé la mine de l'Est ? 
­Mais non... enfin, je veux dire... 
­Alerte ! Ce sont ceux que nous recherchons ! Il faut prévenir le chef immédiatement ! 
Une fois les Défias partis, un long moment de silence s'installa entre moi et Bizrot. 

­Synapse ? 
­Oui ? 
­Tu as conscience que l’on a désormais tous les Défias du secteur sur le dos ? 
­Oui... 
­Tu comptes faire quoi ? 
­Fuir ? 
­En règle général je suis rarement contre, mais là, je suis pas sûr que ce soit suffisant. 
­Bah, inutile de paniquer... qu'est­ce qui pourrait nous arriver ? Ce ne sont que des Défias 
et... 
BLAM ! 

Une explosion, suivit d'un voile noir sur les yeux et d'une plongée dans les ténèbres. Un 
Défias d'élite s'était faufilé derrière moi et m'avait assommée d'un coup sec. Je ne me 
rendis compte de ces faits que trop tard, une fois réveillée dans une prison au cœur 
même de la base Défias. 

Me réveillant douloureusement, je me rendis compte que trois autres personnes se 
trouvaient dans la pièce, des gens en robe de mage ou de démoniste, en train de tracer 
des signes cabalistiques sur le sol. 

­Ah ! Enfin réveillée ? Me fit l'un d'eux. Vous allez pouvoir assister à la cérémonie ! 
­Je n'y suis pour rien pour la mine... c'est pas moi, je vous jure... 
­Hein quelle mine ? Ah la mine d'or ? C'était donc vous ? 
­Je vous dis que non... mais attendez, si ce n'est pas pour la mine, pourquoi vous m'avez 
capturée ? 
Le sorcier me toisa du regard un moment avec un air amusé. 

­Autant vous dire que vous n'avez pas que des amis chez les Défias, je crois d'ailleurs que 
l'un de vos admirateurs est parmi nous. 
Il montra du doigt une personne qui attendait de l'autre côté des barreaux avec un sourire 
malsain, le visage à moitié grillé. C'était le chef des Défias de Northshire. 

­Oh non... 
­Ce n'est pas tout, continua le sorcier. Nous avions besoin d'un grand pouvoir magique 
pour accomplir notre vengeance. Nous ne pensions pas en trouver beaucoup dans les 
environs, mais depuis peu nous sentions qu'une grande quantité d'âme à l'état de 
fragment avait été réunie. Finalement, il s'agissait de vous... 

Le sorcier désigna le grand sac qui ne me quittait jamais, il était rempli de fragments 
d'âme trouvés ça et là. Cela allait de l'âme de lapin totalement inutile aux âmes des Défias 
qui avaient croisé ma route. Il devait y en avoir une bonne centaine. 

­J'avoue avoir un peu abusée... Mais quelle est cette histoire de vengeance ? 
Le visage du sorcier s'assombrit: 

­Il y a peu... un infâme brigand, un monstre, a pénétré dans notre repaire... ce voleur, je 
ne sais plus son nom, a réussi à venir jusqu'ici et a pris la tête du seigneur Van Cleef, 
il a aussi massacré la moitié de l'équipage à lui tout seul ! Un mage, un paladin et un 
prêtre sont ensuite passés derrière lui pour piller sans vergogne notre trésor. 
­ça me dit quelque chose cette histoire... 

­Bref ! Nous devions trouver un moyen de nous venger, et vous nous avez fourni la 
solution ! Avec toutes ces âmes, nous allons invoquer un immense démon qui aura pour 
mission d'écraser ce voleur ! 
­Vous ne pourrez jamais le contrôler ! 
­En effet, c'est pourquoi vous allez servir de sacrifice au démon, une fois repus il pourra 
mieux servir nos intérêts ! 

­Vous êtes un monstre ! Pourquoi me sacrifier moi ? Je suis sure que les cadavres de vos 
camarades plairaient beaucoup mieux à ce démon ! Vous pourriez aussi sacrifier ce type 
là­bas, de toute façon il est déjà à moitié infirme alors... 
­Et c'est moi qui suis un monstre... Désolé Synapse, vous êtes le sacrifice parfait. 

D'ailleurs le rituel va bientôt commencer. 
Les sorciers sortirent précipitamment de la cellule. Les pierres d'âmes que j'avais 
chèrement accumulées avaient été entassées sur un pentagramme dessiné à la hâte, 
comme un énorme morceau de fromage pour une tapette à souris géante. Si un démon 
puissant se laissait berner par un truc pareil, je voulais bien manger ma robe de 
démoniste. 

­Diantre, ce plan est parfait, fit une voix à côté de moi. 
­Bizrot ? Tu m'as suivi jusqu'ici ? 
­Bien sur ! Le changement de phase ne sert pas qu’à fuir. Par contre, tu risques de passer 
un sale moment, un démon va vraiment venir. 
­Tu es sûr ? Ils n'ont pas vraiment l'air d'être de grands démonistes... 
­Tu sais, pour invoquer un démon il suffit de savoir lire deux ou trois incantations et de 
pouvoir paraître assez misérable pour que le démon daigne t'accorder une faveur. 
­C'est une insulte ou quoi ? 
­Non, juste une mise en garde, il va bientôt sortir quelque chose du vortex qui commence 
à se former, et quelque chose de gros...

En effet, un vortex avait commencé à se former au­dessus des pierres d'âme. Les sorciers 
Défias étaient tous excités et commençaient déjà à jubiler à l'idée de leur vengeance 
prochaine. 
Pour ma part, je demandais à Bizrot de crocheter discrètement les chaînes qui me 
reliaient au mur de la cellule et cherchais dans mes souvenirs un sort qui aurait pu me 
sortir de cette situation. 

Mais c'était trop tard, une créature commençait à sortir du vortex, une créature massive, 
imposante, terrifiante et incroyablement... 

... 

Bleue. 

CHAPITRE 6: UN NOUVEAU DEMON ? TANGKATH APPARAÎT !

Blanc. 

Blanc était la couleur du visage du sorcier Défias en voyant ce que son sort, son sort 
adoré, avait réussi à invoquer. 

­Un marcheur ? Un minable marcheur éthéré ? C'est tout ? Mais jamais on n’arrivera à 
détruire nos ennemis avec ça ! 
Le marcheur éthéré qui était apparu dans la cellule n'avait effectivement rien de l'immense 
Balrog auquel le sorcier s'attendait mais mes maigres connaissances sur le sujet me 
permirent de me rendre compte que ce marcheur était quand même un peu plus gros que 
la moyenne. Ça faisait une belle jambe au sorcier... 

Le marcheur ramassa quelques fragments d'âmes comme un gnome cueillerait des 
champignons, avec un mélange de satisfaction à les cueillir et de jubilation à l'idée de les 
dévorer. Il entendit néanmoins la remarque du sorcier et lui accorda un regard en coin. 
­Il semblerait que votre plan ait échoué, sorcier Défias, fis­je pour enfoncer le clou. 
­Rhaaa sois maudite, tu ne peux même pas faire un appât convenable ! 
­Bah en même temps, fit un assistant du sorcier, vu la provenance des fragments d'âme 
fallait pas s'attendre à grand­chose. Il y a un essentiellement des âmes de lapins ou des 
trucs du genre... 
­Hum... je n'y avais pas pensé, nous ne pouvions avoir qu'un démon minable. 

Au mot  minable, un grognement sourd sortir de la gorge du démon bleu. Il leva un doigt 
de sa main gauche et me lança alors un regard puis me demanda: 

­Groh braa geuu beuaa ? 
­Pardon ? 
­Groh braa geuu beuaa ? 
­J'avais déjà compris ça la première fois, mais ça veut dire quoi ? Bizrot ? 
­Heu... c'est très... enfin... 
­Bah c'est du démoniaque non ? 
­Oui mais... enfin peut­être pas en fait... 
­Ne me dis pas que c'est un argot marcheur éthéré et que tu n'y compris rien ? 
­Ah non, je connais l'argot marcheur éthéré et c'est très différent ! A moins qu'il ne vienne 
du 6eme enfers dans la région de Bouskha'geol ou alors... 
­Bon peu importe, qu'est ce qu'il a dit ? 
­Aucune idée. 

Voyant que je ne comprenais absolument rien. Le marcheur éthéré se mit à agiter les bras 
dans tous les sens en continuant à pousser des cris bizarres. 

­Il est débile ce démon ? demanda un assistant. 
­Le langage des signes ! s'exclama Bizrot. Il s'exprime par le langage des signes. Tu le 
parles aussi Synapse ? 
­Non, c'est un truc d'infirme. Pas pour moi. 
­Je vois... bon en gros il demande si c'est toi son nouveau maître. 
Nouveau maître ? Ce démon voulait entrer à mon service ? Parfait ! 

­Ou... oui ! C'est moi ! Tadaaam ! Bon maintenant tu vas me sortir de là... 
­Grruh Boh'braa gabeuh ! Répondit le marcheur en accompagnant ses paroles de grands 
signes. 
­Il dit que le nouveau maître doit d'abord gagner un duel contre lui avant de donner des 
ordres. 
­Et m... Bizrot fait quelque chose ! 
­Contre un truc de cette taille ? Débrouille­toi. 
­Mais finis au moins de me détacher !!! 

J'esquivais sans difficulté la première attaque du marcheur, il semblait agir très lentement, 
comme s’il n'avait absolument aucune motivation. Hélas, je pris conscience que mes 
maigres pouvoirs ne pourraient pas entamer le cuir du puissant démon, encore moins 
sans mes objets magiques à portée de main. Je tentais donc une nouvelle approche. 

­STOP ! On arrête tout, je me rends ! 
Surpris, le marcheur s'arrêta net et demanda: 
­Gruh ? 

­Pourquoi se battre ? Après tout si j'ai besoin d'un démon fort comme toi c'est justement 
parce que je ne suis pas assez forte physiquement pour me défendre toute seule ! 
Arrêtons de nous battre, notre collaboration sera beaucoup plus fructueuse ! 

­Gro'ba guuu zo. 
­Il a dit: c'est pas faux. 
­Quoi ? S'exclama le sorcier. Mais ça va pas du tout, étripe­moi cette démoniste, stupide 
démon ! 

Le marcheur ignora totalement le sorcier, mais je me rendis compte que sa main gauche 
avait désormais deux doigts levés. 

­Donc tu acceptes de me servir ? Demandais­je. 
­Gruh braa gooh. 
­Il a dit: Oui, tu m'as l'air d'une chouette fille. 
­C'est gentil ça. Maintenant tu pourrais démolir les méchants sorciers qui ont emprisonné 
ta gentille maîtresse ? 
­Gruh go. 
­Il a dit: non. 
­Non ? Mais pourquoi ça non ? 
­Gabaa shaka go beuuaah, Tangkath go beuaah. 
­Il dit qu'il est un démon pacifique, son nom est Tangkath, qu’il est contre l'attitude 
belliqueuse et il est un sage parmi sa race. 
­Tu mens, tu m'as attaqué tout à l'heure ! 
­Beuaah zo bra. 
­Il dit qu'il est désolé. 
Le sorcier Défias partit d'un grand fou rire. Manifestement il avait totalement oublié qu'à la 
base, c'est lui qui avait invoqué le démon. 
­Mouahaha, un démon pacifiste, c'est la meilleure. C'est vraiment le gros tas le plus inutile 
que j'ai jamais vu !! 
Tangkath se retourna alors vers le sorcier, il brandit sa main gauche et leva un troisième 
doigt. 

­Shaka zo.. 
­Il dit: ça fait trois fois. 
­Hein ? Quoi ? demanda le sorcier. 
­Shaka zo grooh baaf'brug cho. 
­Ça fait trois fois que vous l'insultez et en plus vous l'avez traité de gros tas. 
­Et alors ? Il va me faire la morale ? 
Le marcheur éthéré s'approcha lentement des barreaux de la cellule, fit craquer un à un 
chacun des os de ses doigts puis poussa un long rugissement tandis que le sorcier ne 
cessait de reculer sous la menace du démon. 

­BEUAAAAAH !!! 
­Il dit: Je suis peut­être pacifiste, mais faut pas m'chercher. Enfin, je suppose, précisa 
Bizrot. 
Tangkath se débarrassa des barreaux comme s'il s'agissait d'une vulgaire toile d'araignée 
saisit le sorcier dans l'une de ses énormes mains. Aussitôt, une dizaine de gardes 
surgirent dans la prison pour venir aider le sorcier. Ils s'accrochèrent au bras du démon 
afin de le maîtriser et de le maintenir au sol. C'est alors que... 

Que la pièce fut repeinte en rouge. Le démon arracha tête et autres membres de tous les 
Défias présents dans la salle. Parmi les cris et les supplications des Défias en train de 
mourir, on pouvait entendre le rire du démon, un "uk uk uk" plutôt malsain. 

­Il est vraiment pacifique lui ? Demandai­je. 
­Il doit avoir des liens de parenté avec le voleur... 
­Mais... je croyais que les marcheurs éthérés étaient surtout réputés pour leur résistance, 
pas pour leur force... ou leur cruauté. 

Le démon bleu ne s'arrêta pas là. Il défonça la porte de la prison et s'élança à la 
recherche de nouvelles proies, on entendit au loin les cris d'agonie des pauvres Défias 
qu'il avait réussi à trouver. 

­Il est vraiment cinglé... commenta Bizrot. 
­Tiens d'ailleurs... qu'est ce que tu fais là Bizrot? on m'a toujours répété qu'un démoniste 
ne pouvait contrôler qu'un seul démon à la fois. 
­Au risque de te vexer, ma chère Synapse, il serait temps de te rendre compte que tes 
démons ne sont pas vraiment des démons "normaux". 
­C'est censé être une explication ça ? 
­De plus, quand tu parles de nous "contrôler", je te trouve bien optimiste. On ne peut pas 
vraiment dire que tu me contrôles, encore moins pour ce Tangkath. 
­Merci de me le rappeler... 
BOUUUUM ! 

­Boum ? Comment ça boum ? 
­Oh non. J'espère qu'il a pas fait ça ! 
­Fait quoi ? Heu... Bizrot, pourquoi le sol penche tout d'un coup ? 
­Il a coulé le bateau ! 
­Quel bateau ? 
­Tu n'as pas écouté le sorcier, il a parlé d'équipage, nous devons être sur un bateau, 
sortons vite d'ici ! 

Je pris Bizrot et le mis dans mon sac à dos que j'avais retrouvé dans la cellule voisine. Le 
sorcier n'avait heureusement pas touché aux affaires et j'aurais bien pris quelques­uns de 
ses objets de pouvoir s'ils étaient pas couverts de sang. Le bateau commençait à 
sérieusement pencher... 

Une fois sortis des cales, nous arrivâmes sur le pont, dévoilant une vision d'apocalypse. 
Des corps de Défias couvraient la majeure partie du bateau, le sang était partout et des 
mourants rampaient à la recherche de leurs membres arrachés. Sur le pont supérieur, 
Tangkath trônait au milieu des cadavres, un air détendu sur le visage (enfin aussi détendu 
que puisse paraître un démon). Il ne semblait pas se rendre compte qu'il avait réussi à 
couler un bateau de la taille d'une petite ville. 

Bizrot me désigna un tunnel qui semblait sortir de la grotte où se trouvait le bateau géant. 
Je fis signe à Tangkath et nous trois pûmes enfin sortir du repaire Défias. Après ce 
massacre, les problèmes de banditisme des collines de l'ouest furent réglés pour un 
moment... 

­Gruuuuuh 
­Il a dit: tout est bien qui finit bien. 
­Tu parles... on paye encore les pots cassés du voleur. Il sème la désolation et après c'est 
nous qui devons repasser derrière pour régler les problèmes. 
­Tu appelles ça régler les problèmes? Demanda Bizrot. 
­Il n'empêche... j'aimerais bien rencontrer encore une fois ce voleur pour lui dire deux 
mots... 
­Surtout que cette fois on a un monstr... heu un démon au moins aussi fort que lui avec 
nous. 
­Qui plus fort que moi ? Demanda une voix derrière nous. 
Oups... 

CHAPITRE 8: DEMON MASSACREUR ET VOLEUR SAUVETEUR

On dit souvent que lorsqu'on est sur le point de mourir, toute notre vie s'écoule devant nos 
yeux... 

Je peux vous assurer que c'est faux, la seule chose qu'on voit c'est la face sombre d'un 
voleur qui vous adresse un regard plus meurtrier qu'une pluie d'inferno. 

Malgré mon incroyable self­control, je dois avouer que sur le coup j'étais bien incapable 
de lever même le petit doigt. 

Bon vous me direz, on est censé être dans le même camp et ce voleur n'avait aucune 
raison de m'attaquer, mais voyez vous, je ne pensais pas obligatoirement à ça, mais plutôt 
aux montagnes de cadavres que laissait ce voleur derrière lui. 

Bizrot n'en pensait pas moins, il fouilla dans mon sac a dos et en sorti un collier de pierre 
d'âmes qu'il se dépêcha de me nouer autour du cou, il n'avait pas eu encore le temps de 
m'expliquer l'utilité de ces trucs, mais subitement j'en avais une petite idée... 

­Moi Krull, fis le voleur. Et vous ? 
­Heu... je suis... Synapse ! Et ça, c'est Bizrot ! 
­Traîtresse... murmura le démon. 
Je me rendis compte que Krull n'avait rien à faire là. En effet suite au génocide qu'il avait 
pratiqué sur les populations hostiles à l'Alliance, les survivants s'étaient réorganisés et 
étaient désormais encore plus dangereux à tel point qu'ils étaient devenus paranoïaques, 
j'en avais déjà fait les frais. On racontait qu'un clan orc entier du Lakeshire s'était fait 
décimé dans leur tentative pour se débarrasser de Krull, en réaction c'est la Horde toute 
entière qui, craignant une nouvelle arme secrète, avait pris la ville de Lakeshire que 
l'alliance n'avait récupérée que de haute lutte. 

Bref, suite à ces troubles, les autorités de Stormwind ont été obligées de réagir en 
"remerciant" Krull et en l'envoyant sur le front, là où ses massacres seront déjà plus utiles. 
Donc sa présence aux collines de l'Ouest était plutôt curieuse. Comment je sais tout ça ? 
Bah je lis le journal livré par pigeon express bien sûr. 

­Mais... que faites­vous ici seigneur Krull ? 
Parce que en plus, les pontes de Stormwind l'avaient anobli histoire de s'en débarrasser... 

­Moi être en mission, moi apprendre fille avoir été enlevée par pirates et moi devoir la 
délivrer. Elle être... heu... dé.. démo... un truc qui fait beaucoup de bruits et de lumière, 
mais qui sert à rien. 

­On dit démoniste. 
­Voilà, démoniste. Vous être fille démoniste ? 
­Oui, mon nouveau démon a réussi à me tirer de là avant que vous arriviez. 
Krull considéra le monstre bleu, se demandant combien de coups de dagues il lui faudrait 
pour en venir à bout. Personnellement je n'avais aucune envie de le savoir. 

­Lui fort ? 
­Gruh ? 
­Non non lui très faible, fis­je. Lui pacifiste. 
Krull semblait déçu, apparemment il avait déjà entendu le mot "pacifiste" et y avait 
inconsciemment attaché plein de choses mauvaises. 

­Mais pourquoi il parle comme ça ? demanda Bizrot. 
­Moi être barbare. 
­Alors, pourquoi venir vivre à Stormwind... ? 
Le visage du voleur s'assombrit encore plus, enfin si c'était possible. 

­Moi être considéré comme... anormal parmi les miens. 
­Anormal ? 
­Moi être trop intelligent, faire phrase trop longue et viser quand lancer arme sur ennemi. 
Moi­même... nettoyer vêtement après combat. 
Avouer ces choses lui semblait être une torture et une humiliation indicible. 

­Bref, chef de tribu pas apprécier la différence de Krull et bannir moi du village. Lui dire 
moi montrer le mauvais exemple. 
­Quel peuple charmant... commenta Bizrot. 
­Moi donc chercher tribu moins regardante sur les traditions barbares et moi arriver ici. 
Quand moi demander quel métier demandait de la finesse, on m'a répondu voleur. Moi 
donc devenir voleur barbare. 
­Ça explique tout... 

Bizrot considéra le barbare, il avait certes les habits d'un voleur, mais le démon doutait 
franchement qu'il puisse voler quoi que ce soit sans attirer tout les gardes trois kilomètres 
à la ronde. 

­Mais... vous n'avez pas trouvé une légère différence entre vous et vos collègues voleurs? 
Krull réfléchit un instant puis: 

­Non, ils sont un peu tous comme moi. Moi bien intégré. 
­Hélas, il a pas faux, soupirai­je. 
­Moi voir vous aller bien, moi partir. Vous devoir faire plus attention la prochaine fois, 
moi pas pouvoir toujours être la. 

Sur cette dernière phrase, Krull jeta une dose de poudre de disparition à ses pieds, levant 
un nuage de fumée tandis que l’on pouvait le voir s'éloigner sur la pointe des pieds, 
persuadé que personne ne le voyait. 

­Je crois que je le déteste, concluais­je. 
­Allons nous détendre un peu, proposa Bizrot. 
­Détendre ? Comment ça ? 
Un peu plus tard, j'étais sur une chaise longue sur la plage près du phare, un cocktail à la 
main. 
Bizrot avait également apporté une mini chaise pliante pour lui et sirotait un jus de dragon. 
Tangkath lui... 

­Il est bien hein ? fit Bizrot. 
­Oui, très bien... approuvais­je. 
­On devrait mettre un peu de musique avec, ça irait encore mieux. 
­Bah, les cris des murlocs vont déjà très bien en musique d'ambiance. 
­Tout de même, ce chef murloc n'aurait pas dû insulter trois fois de suite Tangkath. 
J'ignorais que cette race possédait autant de jurons. 
­En même temps, tu es venue lui dire que Tangkanounet l'avait traité de sale poiscaille 
ambulante. C'est pas très sport. 

Tankgath était en train de massacrer le village murloc qui se trouvait sur la plage, une 
lueur rouge dans les yeux. Je me sentais un peu inutile, il est vrai, mais il fallait avouer 
que prendre un peu de repos pendant que son démon fait tout le boulot, c'est un peu la 
base chez les démonistes. 
Puis... depuis ma chaise longue, je pouvais voir les perles briller, celles que les murlocs 
avaient été ramassés au fin fond de la mer. 

­Tu vois Synapse, fit Bizrot. Dans la vie il y a deux types de personnes. Celles qui se 
sentent obligées d'en faire toujours plus comme notre ami Krull et celles qui ont décidé de 
rendre utile les efforts de la première catégorie en se la coulant douce, comme nous. 
­Tout à fait d'accord, répondis­je en levant mon verre. 
Tout d'un coup, un autre diablotin se matérialisa à coté de moi. 

­Gazim ? S’étonna Bizrot. Qu'est ce que tu fais là? 
­J'ai un messsaaage du maiiiitre démoniiiiste de Stormwind. Vous êteees convoqués tout 
de suiiiite, c'est urgent. 
­D'accord, message reçu. 
Sans plus de paroles, le diablotin disparut. 

­Hum... Bizrot ? Tu as envie de faire un peu de shopping ? 

CHAPITRE 8: UNE NOUVELLE MISSION

Stormwind, ah Stormwind... 

Trop de gens dénigrent Stormwind sous prétexte qu'il s'agit d'une ville de "planqués" trop 
loin des zones de combat. Je conçois qu'un être comme Krull n'apprécie pas vraiment le 
calme naturel de cette ville, mais pour les humains normaux, Stormwind doit d'être 
considérée comme le havre de paix qu'elle est en réalité ! Vive Stormwind ! 

Il s'agit soit d'un manque évident de goût de mes collègues aventuriers, soit d'une sombre 
machination du lobby des nains pour préférer Ironforge à Stormwind. Je fis part de 
ces réflexions à Bizrot: 
­Si tu veux vraiment savoir pourquoi les aventuriers n'aiment pas Stormwind, tu n'as qu'à 
jeter un coup d’œil à Tangkath. 

Tangkath se tenait à quelques mètres derrière moi, il était certes toujours aussi 
impressionnant et toujours aussi bleu, mais dans le cas présent, il était submergé de 
paquets de provenances diverses, de robes d'apparats, de tomes de démonologie et 
autres lectures, de chapeaux divers, d'ustensiles de cuisine (pour Bizrot), de caisses de 
provisions ou d'alcool (pour moi), de gros sac de thé (pour Tangkath) et autres achats tout 
aussi superficiels qu'indispensables, enfin de mon avis. 

­Ca fait 6 heures que l'on fait des achats en ville, rajouta Bizrot, et puis tu n'es pas un cas 
isolé, j'ai vu un paladin hurler à la mort en voyant sa petite amie entrer dans un énième 
magasin de vêtements. 
­C’est pas ma faute si cette ville a une architecture qui ralentit les déplacements, tout 
prend plus de temps. 
­Au moins a Ironforge, les gens vont à l'essentiel. 
­Cette ville est immonde, je ne veux jamais y aller. 
­Quoi ? Tu n'es jamais allée à Ironforge ? Mais alors pourquoi détestes­tu cette ville ? 
­C'est plein de nains. 
Suite à cet argument décisif, je consentis tout de même à m'intéresser un peu plus à la 
mission que l'on m'avait assigné. 

Le quartier général des démonistes à Stormwind se trouvait dans... une auberge. Les 
mages ont pour eux une superbe tour d'un pur style elfique (de la période du roi haut elfe 
Thirinbar IV le sage pour être précis) et nous, nous avons une auberge. L'injustice et la 
non reconnaissance sont le pain quotidien du démoniste, snif. 

Après avoir présenté Bizrot au portier pour prouver que je suis bien démoniste (la masse 
bleue derrière moi était également éloquente) je descendis les marches pour arriver à la 
crypte des démonistes où un bon nombre des meilleurs éléments de l'alliance s'étaient 
rassemblés. 

Dans le brouhaha qui m'entourait, je ne pus reconnaître tout de suite le maître démoniste 
qui m'avait fait mander. Manifestement ce dernier était déjà trop occupé pour me voir. 
Bizrot me demanda d'attendre et alla discuter avec les autres diablotins pour comprendre 
ce qui se passait, il devait y avoir quelque chose de grave. 

J'attendis pendant 5... 10 minutes même. Manifestement bizrot et les autres démons 
avaient beaucoup de choses à se dire et l'argot diablotin n'arrangeait rien. Pour faire 
passer le temps, je tentai de lancer une discussion avec une démoniste proche de 
l'entrée. 

­Bonjour, on vous a fait venir ici en urgence vous aussi ? 
­Non, moi je suis régulièrement ici. Je m'occupe de l'artisanat des démonistes. 
­L'artisanat, lequel en particulier ? 
­La création d'armure ténébreuse pour les démonistes. 
­C'est passionnant ça ! Comment pourrais­je en avoir ? 
­Vous ne pouvez pas. 
­Hein ? Mais pourquoi ça ? Parce que c'est trop cher ? Vous savez, j'ai de l'argent depuis 
cette histoire avec les Défias... 
­Non non, les armures ténébreuses sont en cuir. C'est trop lourd pour qu'un démoniste 
puisse lancer des sorts. 

­Ah je vois, donc seuls les plus puissants démonistes peuvent utiliser ces armures et 
lancer des sorts. 
­En fait, aucun n'y est arrivé jusqu'à présent. 
­Ah, c'est... dommage. 

C'est moi ou tous ces gens sont cinglés ? En y regardant de plus près, l'assistance avait 
quelque chose de... décalée. Chaque démoniste se sentait obligé de porter des robes 
toujours plus extravagantes, des armes toujours plus impressionnantes et des attitudes 
toujours plus arrogantes afin de bien montrer leur rang et justifier quelque part leur 
appartenance à l'élite de l'alliance... et le grand démon seul sait que les démonistes en ont 
bien besoin, de reconnaissance. 

Bizrot revint finalement vers moi avec une expression au visage que je ne pus déterminer. 
­Il semblerait que le maître démoniste ait reçu une requête assez étrange dernièrement. Il 
va avoir besoin du maximum de démonistes pour y répondre. 
­Une requête ? Mais de qui ? 

­Plutôt de quoi, n'oublie pas que le maître est en contact direct avec les hautes instances 
infernales. De puissants démons lui parlent des problèmes rencontrés dans l'autre monde 
et si les grands démons ont été jusqu'à lui demander son aide, cela doit vraiment être 
important. 

Mais Bizrot ne put continuer, car alors le maître démoniste monta sur une estrade afin de 
pouvoir s'entretenir avec tout le monde. Ce geste fut d'abord mal interprété et plusieurs 
démonistes n'ayant pas reconnu tout de suite le maître crurent à une tentative d'un 
collègue pour se mettre en valeur et montèrent eux aussi sur l'estrade.

 Il fallut gentiment leur expliquer qu'il ne s'agissait que d'un simple discours et qu'il n'y 
avait là aucune atteinte à leur rang. Tout cela prit bien vingt minutes de plus. 

­Hum... hum... chers collègues, commença le maître. Je vous ai réunis ici car j'ai reçu il y 
a peu une demande assez spéciale de nos amis des cercles infernaux. Il se trouve en 
effet que les démons nous demandent de... hum... retrouver quelqu'un. 

Le brouhaha reprit de plus belle. Qui avait disparu ? Un démon surpuissant se serait­il 
échappé de sa prison ? Un mortel aurait­il encore une fois tenté d'ouvrir un grand portail 
démoniaque ? 

­Cette personne est un démon... enfin une démone pour être précis... il s'agit de... 
Le maître démoniste avait l'air vraiment gêné quand il aborda cette partie du problème. 
­Il s'agit de la 3eme et plus jeune fille du grand démon Shagoth'zul qui a encore fugué... 

Des protestations se firent entendre dans toute la pièce. Certains partirent aussitôt, 
d'autres cherchaient du regard des objets qu'ils auraient pu lancer sur l'orateur tandis que 
les autres se contentaient simplement de crier dessus. 
Deux grands démonistes à côté de moi, l'air sombre, discutaient du problème: 

­Cattnia... fit l'un. 
­La reine des garces... fit l'autre. 
­De toutes les plaies de l'enfer, il a fallu qu'on nous envoie encore ça. 
­Ça nous avait pris combien de temps la dernière fois ? 6 mois ? 
­Oui, on avait fini par la retrouver à Tanaris... en train de bronzer sur la plage au milieu des 
géants. 

Le maître démoniste tenta de ramener l'ordre afin de continuer: 
­Bon je sais, ça énerve tout le monde, on est fatigué, mais il va bien falloir la retrouver 
cette succube. Ce coup­ci, Shagoth a également demandé aux démonistes de la Horde 
de la retrouver. 

Là, le silence fut immédiat. Les démonistes de l'Alliance étaient en concurrence avec ceux 
de la Horde et c'était peu de le dire. En fait, sur les sujets même les plus idiots, aucun des 
deux camps n'arrivaient jamais à se mettre d'accord là où d'autres classes trouvaient 
parfois des terrains d'entente. Une controverse était née (suite à la question d'une petite 
fille) pour savoir qui des démonistes alliés ou hordeux maîtrisaient les plus gros démons. 

Ni un, ni deux, tous les démonistes d'Azeroth et de Kalimdor étaient partis en quête du 
plus gros démon possible afin de l'asservir... 

Un bon nombre de mes collègues était morts dans cette expérience et les démons 
majeurs aussi effrontément importunés, s'étaient vengés en ne répondant plus aux appels 
des démonistes, les communications n'avaient été rouvertes que récemment et restaient 
fragiles. 
Cette histoire de succube, en plus d'être un éternel sujet de concours entre hordeux et 
alliés, avait également une dimension politique entre les démons et les mortels. Bref un 
truc important. 

Avant même que le maître ait prononcé le mot Horde, les démonistes avaient déjà vidé les 
lieux en quête de Cattnia. Bizrot m'apprit que les rumeurs voulaient que peut être bien 
qu'il se pourrait qu'une hypothèse voudrait qu'un élément d'information soit en possession 
de Razal Bardt, ancien ménestrel, actuellement dans la prison de Stormwind pour 
calomnie sur la personne de la duchesse du Lakeshire (son franc­parler en matière de 
poids et de régime lui ont fallu bien des ennuis). Ce Razal aurait croisé Cattnia... mais où? 
Ça, nul ne le savait. 

La prison fut donc prise d'assaut... 

CHAPITRE 9: LA HORDE ARRIVE !!!

La prison de Stormwind était réputée pour contenir les pires racailles des environs, des 
prisonniers indisciplinés et laissés en maraude dans les couloirs de la prison. Cela faisait 
longtemps que les matons et autres gardes avaient laissé tomber l'idée de retenir les 
prisonniers dans leurs cellules, garder la porte d'entrée et leur balancer de quoi manger 
de temps en temps étant largement suffisant à leur goût. 

Ça, c'était avant qu'une meute de démonistes enragés ne défoncent les barricades à 
coups de feu de l'âme (pourquoi je ne maîtrise pas encore ce sort ? Il est trop terrible !) 
pour aller interroger les prisonniers encore sous le choc. 

Après en avoir tabassé à mort quelques­uns, ils constatèrent deux choses: 

1. Ca ne servait à rien de tabasser tous les prisonniers, car seul un d'entre eux a des 
informations. 

2. Quand on ne pose pas de questions, les interrogatoires marchent moins bien (même si 
le sujet se met à avouer à peu près n'importe quoi).

Au final, ce fut les prisonniers eux­mêmes qui livrèrent Razal Bardt, le plafond menaçant 
de s'écrouler tant les démonistes criaient son nom partout. 
­Mais... qu'est­ce que j'ai fait moi ? Fit Razal, pas franchement rassuré. 
Les démonistes s'engueulèrent un moment pour désigner un porte­parole, au final ce fut 
un petit gnome qui fut désigné, principalement parce qu'il menaçait d'invoquer un infernal 
si on ne le laissait pas faire (le fait qu'on soit 20 mètres sous le sol ne traversa pas l'esprit 
des démonistes). 

­M. Bardt, nous avons eu vent que vous avez été en contact avec la succube dénommée 
Cattnia. Pourriez­vous nous dire où elle se trouve ? 
­Cattnia... heu non je vois pas... c'est quoi une succube ? 
­Une nana à moitié nue avec des cornes, des ailes dans le dos et qui se balade tout le 
temps avec un fouet. 
­Ah oui !!! Vous parlez de ma muse ? Cela fait bien 2 semaines que je ne l'aie pas vu. Elle 
se fait appeler Catty. 
­... 
­La dernière fois que je l'ai vue, c'était dans les terres foudroyées, elle voulait se tenir au 
courant des dernières nouvelles chez les démons. Elle se baladait près du portail 
démoniaque. 
Les démonistes poussèrent des soupirs de soulagement. Pour une fois il y avait une 
chance qu'on la retrouve rapidement et pas à l'autre bout du monde. Les démonistes 
invoquèrent leurs montures et s'en allèrent tous vers les terres foudroyées... 
­J'en étais sûr... fit le gnome. 
­Zog'bul ghaka (ce n'est pas vrai...) fit le porte­parole orc. 

Les démonistes de l'Alliance étaient arrivés au portail au moment même où les 
démonistes de la Horde descendaient de leur monture. Bref, problème... 

­Qui vous a renseigné ? Nous c'est Razal Bardt. 
­Nous c'est Ghazil Bardt, le frère de Razal. Il est mort il y a peu et il est devenu un 
réprouvé... répondit l'orc qui savait aussi parler l'humain. 
­Ouais... on s'est encore fait avoir. 
­La dernière fois, c'était à Menethil non ? 
­Oui, vous aviez pris la ville pour l'occasion... 
­C'était pour venger la prise de Brill de la fois d'avant. 
Manifestement, Cattnia n'en était pas à sa première escapade. 

­Bon, continua le gnome, vous êtes gentil d'être venu, mais ce coup­ci, c'est à nous de la 
trouver. 
­Vous plaisantez ? Shagoth nous a dit de la trouver ! 
­Et alors ? D'habitude c'est nous qui la trouvons, ça poserait trop de problèmes si ça 
changeait. 
­Ce n'est pas ma faute si Shagoth vous fait pas assez confiance et fait appel à nous. 
­Ce n'est pas une question de confiance, il nous donne juste l'opportunité de vous humilier 
une fois de plus... 
­Je vois mal comment une bestiole d'un mètre de haut pourrait humilier qui que ce soit... 
­KESTADI ??? 

Comprenant que l'ambiance devenait un peu trop chaude pour moi, je m'esquivai 
discrètement, grimpant sur la colline à coté. Je fus assez surprise de voir qu'un hordeux 
faisait pareil, un mort­vivant. 

Je m'installais confortablement en haut de la colline, attendant que le conflit éclate. Cela 
ne tarda pas, suite à un grand cri de guerre orc et à celui, plus aigu, d'un gnome, des 
choses commencèrent à exploser un peu partout autour du portail. Les traits de l'ombre 
fusèrent des deux côtés et des drains de vie rajoutèrent de la couleur. Un grand spectacle. 

Le mort­vivant vint s'asseoir à coté de moi. Tangkath grogna un moment en se demandant 
les intentions du réprouvé, mais celui­ci ne semblait pas me vouloir le moindre mal. 

­Salut. Je crois que nous sommes les deux seuls démonistes de ce bas monde à réfléchir 
un peu... 
­Vous parlez humain ? Lui demandais­je. 
­Avant d'être un mort, j'étais un humain... 
­C'est sur... 
­Mon nom est Dezhabuzed, démoniste au service de Sylvanas. Et vous ? 
­Synapse, démoniste au service d'elle­même. 
­Je vois... bon, nous n'avons plus qu’à regarder le spectacle et attendre que ça passe. Ce 
n'est pas mon genre de vouloir me mêler d'un combat entre une centaine de démonistes. 
­Tout a fait d'accord... Tangkath, tu me passes la bouteille de vin ? 
Le combat continuait tandis que Tangkath et Bizrot installaient un véritable pique­nique. 
Bizrot utilisa un sort de feu sur du maïs pour obtenir des petits trucs croustillants ma foi 
très bon, Dezhabuzed n'y toucha pas, ni aux carrés de Goretusk aux fines herbes que 
prépara Tangkath, car les morts­vivants n'ont pas grand appétit, mais il se vengea 
largement sur le vin. 
Nous portâmes un toast aux combattants avant de regarder d'un peu plus près. 

­On dirait que la Horde gagne non ? 
­Bah c'est sur, les alliés ont commencé à se taper dessus entre eux... 
­Faut dire que les humains n'avaient pas à approuver tout ce que les orcs ont sorti sur les 
gnomes... 
­Oui, mais regardez, il y a des morts­vivants qui commencent à taper des orcs. 
­Bah pourquoi ? 
­On dirait que les orcs ont crié "mort aux blafards". 
­Bah et alors ? Ils parlaient des humains non ? Puis ils sont déjà morts les réprouvés... 
­Ils n'ont pas dû comprendre ça comme ça. 

Puis le combat avait tourné en un chacun pour soi pour déterminer qui était le 
démoniste le plus fort, après tout c'était une bonne occasion. 

­Moi je parie sur le petit gnome en rouge là­bas, celui qui est grimpé sur le dos d'un orc et 
le frappe avec sa baguette, il a bien la hargne lui. 
­Mais non tu, plaisante ! Il ne vaut rien lui, je l'ai vu rater un sort d'immolation. Moi je parie 
sur l'orc là­bas, celui avec la pierre de feu dans la main. 
­Hmmm... Non, son infernal ne va pas tarder à... ah ! Voila, trop tard. 
­C'est traître un infernal. 
­Bon bah reste plus grand monde là... 

Au final, personne ne gagna, les démonistes finirent par tous invoquer leur inferno et pas 
un n'en réchappa... puis ils utilisèrent tous leurs pierres d'âmes et s'éloignèrent 
rapidement (il est prouvé qu'un démoniste sans pierre d'âme fait nettement moins le 
malin). 

­Bon... bah c'est pas tout ça, mais il faut retrouver cette succube. Par où commencer ? 
­Je ne sais pas Synapse, je propose de chercher à deux. On ne la trouvera sûrement pas, 
mais sait­on jamais... 
­Mais si on la trouvera ! Nous sommes les deux démonistes les plus brillants en circulation 
! Nous n'avons qu'à réfléchir un peu... 
­C'est peine perdue, à chaque fois que Cattnia a été retrouvée c'était au bout de 6 mois 
de recherches et uniquement parce qu'elle avait envie de rentrer. Quand elle n'avait plus 
rien à voir. 

­Hum... donc, Cattnia vient ici pour visiter ? 
­C'est ça. 
­Groh tha'zo bheu rog bra, fis Tangkath. 
­Qu'est­ce qui dit ? Demanda Dezha. 
Bizrot lui répondit: 
­Il dit que si on veut trouver la succube, il suffit d'imaginer où une succube irait passer ses 
vacances. 
­On y a déjà pensé, répondit le mort­vivant, mais ça ne marche pas. Enfin je veux bien 
invoquer ma propre succube... 
­Ça ne coûte rien d'essayer, fis­je. 
Dezhabuzed prononça quelques paroles étranges puis concentra l'énergie à la manière 
de tous les démonistes. Une silhouette gracile apparut alors, habillée de cuir et portant un 
fouet, un air de fille facile et de femme dominatrice, une succube quoi. 

­Bonjour Sakashi. 
­Bonjour maître, que puis­je pour vous ? Vous avez besoin d'un câlin on dirait... 
­Hum... non, pas maintenant je te remercie... 
Même les morts­vivants restent des hommes avant toute chose... 

­Je voudrais savoir, si tu étais libre d'aller où tu veux, où irais­tu ? 
­Vous m'emmenez en vacances ? Quelle chance ! Je vous adore patron, c'est trop chou. 
­Mais non... 
­C'est pas simple une succube, commenta Bizrot. 
On expliqua le problème a Sakashi, apparemment elle connaissait aussi Cattnia de 
réputation. Pour nous aider (ou plutôt pour aider Dezha­chériiiiii...) elle fit une liste des 
lieux qu'elle aimerait visiter par ordre de préférence. 

­Stormwind 
­Cattnia l'a déjà fait, on l'a retrouvé chez un noble. 
­Darnassus 
­Cattnia a voulu mettre le feu à l'arbre... 
­Booty Bay 
­Elle a joué les pirates pendant quelques mois. 
­Gnomeregan 
­Pardon ? 
­Non je plaisantais. 
­Tsss... 
­Scholomance. 
­Déjà fait... hélas. 
­Tanaris ? 
­Le dernier endroit où on l'a retrouvée... Non ce n'est vraiment pas la peine. Cattnia a déjà 
tout fait... 
­Les succubes sont vraiment toutes les mêmes, elles veulent faire exactement les mêmes 
trucs... remarqua Bizrot. 
Soudainement une idée me vint. 

­Attends, tu disais que Cattnia ne voulait pas qu'on la retrouve pour l'instant ? 
­Bah oui... 
­Alors quel est le dernier endroit où on irait chercher une succube ? 
Bizrot, Dezha, Sakashi, Tangkath et moi parvînmes à la même conclusion au même 
moment. 

­Le monastère ! 

Voilà pourquoi à l'issue de cette journée j'étais en train de chevaucher en direction du 
monastère, en compagnie d'un mort­vivant me posant des questions sur la nature exacte 
de mes démons, questions auxquelles j'avais bien du mal à répondre. Notre piste était 
mince certes, mais quelque chose me disait que Cattnia était bien au monastère... et que 
les ennuis allaient bientôt commencer. 

CHAPITRE 10: QUE LE SPECTACLE COMMENCE ! CATTNIA
ENTRE EN SCENE

Dans la vie on se retrouve parfois dans des situations curieuses... Alors que je 
chevauchais vers le monastère, je me rendis compte que deux démonistes, 
l'un mort­vivant, l'autre bien plus vivante, accompagnés de toute une clique de démons je­
m'en­foutistes se dirigeant vers la forteresse des fanatiques de la lumière extrémistes 
dans le but de trouver une succube était plutôt... curieux. 

Mais franchement, j'en étais plus à ça près. 

Seul Bizrot se plaignait durant tout le voyage, comme quoi raisonner par esprit de 
contradiction était aussi débile que d'envoyer Krull faire de la broderie (où il est lui au 
faite ?) et que si on l'avait écouté, on aurait laissé tomber cette histoire de succube, qu'elle 
vive sa vie bon sang ! 

Malgré le fait que ce discours poignant (et long) ait rallié la succube de Dheza à la cause 
de Bizrot, je chargeais Tangkath de calmer Bizrot qui curieusement, ne fis cette fois pas 
preuve de son pacifisme de mise... 

­On arrive au monastère, fit remarquer Dheza qui chevauchait en tête. On peut révoquer 
les montures... 
­Gruuh... 
Oui, il faut dire que quand j'ai parlé de "chevaucher" j'ai un peu exagéré. Il se trouve que 
n'étant pas assez puissante pour maîtriser le sort de destrier démoniaque (pour l'instant, 
j'invoque un Shetland) je me trouvais sans moyen de locomotion rapide (le griffon refusant 
catégoriquement de sortir de son trajet habituel). 

C'est alors que je me suis rappelé qu'à chaque fois que je prenais le griffon, il aurait été 
d'usage de révoquer 
mes démons comme tout démoniste le fait, mais ceux­ci refusent catégoriquement, Bizrot 
grimpe sur mon dos et Tangkath... court derrière le griffon. Ne me demandez pas 
comment, mais il y arrive, il est vraiment rapide cet idiot... Bref, après avoir réfléchi 5 
minutes au problème, Bizrot me désigna un paysan qui passait avec son chariot. Dezha 
voyant le problème alla s'adresser au paysan qui s'enfuit en courant (bah oui c'est un 
mort­vivant) emmenant son cheval de trait avec lui. Vexé, Dezha pesta contre le paysan, 
mais se rendit compte que nous étions en train d'harnacher Tangkath qui était plus surpris 
qu'autre chose. 

Voilà donc le moyen de transport que j'avais utilisé et pourquoi Tangkath protestait a l'idée 
de révoquer les montures... 

­Heu pardon Tangkath, s'excusa Dezhabuzed. Le monastère. Un bâtiment... pas très 
visible. Entouré de falaises et à moitié enterré, on ne pouvait discerner que la porte 
d'entrée d'où nous étions. 

­Foutue porte. 
­Qu'est­ce qu'il y a Dezha ? Demandais­je. 
­La porte ! J'avais pensé qu'il aurait des gardes à l'entrée qu'on aurait pu tuer pour avoir la 
clef... enfin comme d'habitude quoi ! Mais là non. 
­Ils ont peut­être compris que mettre deux gardes à 
peine armés munis de la clef n'était pas le meilleur moyen 
de garder une porte ? Proposa Bizrot. 

­Zut... je les croyais idiots. 
­C'est pas tout, mais on fait comment pour la porte, on frappe et on attend ? Proposais­je. 
­Ça va pas non... répondit Dezha. Non je pense que si on... ou alors... peut­être qu'avec 
un voleur.... 
­Laisse faire, fit Bizrot. EH TANGKATH ! Y à la porte qui t'a traité de grosse larve flottante 
vaguement bleuâtre !!! 
­Beuaaaaaah ! 
Quelques secondes plus tard, la porte était en lambeaux, totalement démolie, mais 
ouverte. 

­Tangkath, fis­je. C'est pas la peine de t'acharner, la porte est ouverte c'est bon. 
­Comment tu as eu cette idée ? Demanda Dezha. 
­Tu as parlé de voleur... répondit Bizrot. Dezha eut beau chercher, il ne comprit pas 
l'allusion. Mieux valait ne rien expliquer à Dezha au sujet de Krull... 

Le monastère semblait presque vide, de temps à autre on pouvait croiser quelques 
groupes de gardes, mais ça n'avait rien de commun avec l'habituelle présence des soldats 
de la croisade écarlate. Toutefois, ces soldats étant très forts, je crus bon de rester un peu 
en retrait... 

­Tu pourrais m'aider... fis remarquer Dezha qui se battait contre un groupe d'humain. 
­Tu te débrouilles très bien comme ça, je préfère me réserver pour plus tard... 
­Et moi ? Je peux me réserver pour plus tard ? Bizrot, qui avait dit la dernière remarque, 
se battait comme un lion pour éviter que Dezha ne succombe sous le nombre. Devant 
mon incompétence et celle de Sakashi, Bizrot avait bien été obligé de se mettre au 
travail. 

­Ce n'est pas ma faute si ces templiers ne savent pas insulter correctement Tangkath ! 
­Tu as tout de même des pouvoirs, fit remarquer Dezha. Tu devrais avoir honte d'envoyer 
ton diablotin se battre à ta place ! 
­Oui, honte ! Renchérit Bizrot. Mais pourquoi on m'a collé une maîtresse pareil ? 
­Oui c'est vrai ça, pourquoi ? Demandais­je. On t'a désigné pour me servir ? Tu as eu le 
choix ? 
­Pas vraiment. C'est un pacte qui unit les démonistes et les diablotins, en échange d'âmes 
fraîches, le deuxième né de chaque famille de diablotin doit entrer au service d'un 
démoniste tiré au hasard. 

­Tu es donc le deuxième né ? Que fait le premier ? 
­Il s'occupe de la reproduction. 
­T'as vraiment pas de bol toi... 
­Ça c'est sur... surtout qu'on est jumeau. Je suis né trois secondes après lui. 
­Ça explique beaucoup de choses, concluais­je en pensant au cynisme permanent du 
diablotin. Toujours est­il que malgré les protestations de Bizrot, la cathédrale fut 
rapidement devant nous. Si une succube devait se planquer ici, c'est dans le bâtiment le 
plus gros et le plus ostentatoire qu'elle le ferait. 
­Ces gardes étaient curieux... on aurait dit qu'ils n'avaient pas dormi depuis longtemps... 
­Une malédiction ? Un signe de la présence de Cattnia ? 
­Je crois pas... 
­Chut ! Nous intima Bizrot. Vous n'entendez pas ? Écoutez ! 
­Des... des tambours ? On dirait un bruit sourd et régulier, remarqua Dezhabuzed. 
­Des tambours ? demanda Sakashi. Mon dieu, des orcs ! 
­Ça me rappelle une histoire... commença Bizrot. 
­Ah non ! Protesta Dezha. Tu vas pas nous ressortir l'histoire du mage et des deux 
gnomes, ce sont des racontars pour faire peur aux aventuriers frileux. 
­De la part d'un type qui est déjà mort une fois, ces appels à l'optimisme me laissent de 
marbre. 
­Arrêtez vous deux ! Je ne vois pas ce que des orcs viendraient faire ici. Allons voir plutôt. 
Les portes de la cathédrale étant grandes ouvertes,  on pouvait apercevoir à l'intérieur une 
foule immense de soldats de la croisade. Le bruit se précisait et devenait 
de plus en plus détaillé, plus divers... c'était... c'était... 

­Un concert ??? 
­On dirait bien, fit Bizrot. J'ai utilisé l’œil de Kilrog et les bruits qu'on entendait ce sont des 
batteries et des guitares démons. 
­Des guitares démons ? Demandais­je 
­Un instrument à cordes qui fait beaucoup de bruit, expliqua Dezha. On s'en sert à 
Undercity. 
­Par contre, vous ne devinerez jamais qui chante... 
­Cattnia ? 
­Gagné... 
Une succube qui donne un concert devant une assemblée de paladin ? Bon... Bizrot nous 
détailla la scène comme quoi la succube faisait un malheur et que les soldats de la 
croisade se lâchaient totalement. Il se demandait également pourquoi un des guitaristes 
portait une tenue d'écolier. 

­Je.. Je vois. Elle a charmé toute la cathédrale. 
­Exactement. Les soldats sont tous plus abrutis les uns que les autres, on peut entrer 
sans problème. 
­Parfait ! Allons la chercher ! 
­Attends ! Fit Bizrot. Il y a un problème... un os... le videur. 
­Le videur ? 
Bizrot désigna de loin une énorme silhouette en armure, les bras croisés, qui gardait la 
porte de la cathédrale. Il refoulait les paladins qui avaient trop bu. En fait, il s'agissait du 
grand maître d'armes du monastère. Il avait toutefois laissé tombé son habituel casque 
pour des lunettes noires qu'il gardait sur le front. 

­Il a pas l'air commode, précisa Bizrot. 
­Allons voir, il est peut­être charmé lui aussi. 
En tant qu'ambassade la plus présentable, c'est moi qui fus chargée de lui parler. 

­Pas de démon, fit le videur. La donzelle peut entrer, mais le tas bleu et la petite crotte 
restent à l'entrée. 
­Tuons­le, s'exclama Bizrot ! 
­GRUUUUUH ! 
Tangkath se jeta sur le videur, mais un énorme bouclier d'énergie vint le protéger. 
Tangkath s'acharna un moment dessus, mais rien n'y fit, le videur restait les 
bras croisés. 

­Je fais un métier à risque, dit­il. La cathédrale et sa puissance me protègent des 
resquilleurs comme vous. PAS DE DEMONS, j'ai dit. 
­Mais y a une succube à l'intérieur ! 
­Ça ne compte pas, c'est la chanteuse. Moi je laisse entrer que les soldats venus se 
détendre. Cette succube est devenue l'attraction du coin pour les paladins en manque... 
­En manque de quoi ? 
­Cherche pas, c'est un truc de paladin. 
Refusée... snif c'était bien la première fois qu'on me refusait l'entrée d'une fête ou autre, 
d'habitude ma bonne tête et mon sens évident de la mode vestimentaire suffisaient. 

­J'ai un plan, fit Bizrot. Suivez­moi. 
Un peu plus tard, je me retrouvais dans l'armurerie, prisonnière d'une énorme armure de 
paladin tandis que Dezha et Tangkath tentaient d'entrer tant bien que mal 
dans la leur. 

­C'est une idée débile Bizrot. On ne passera jamais pour des paladins. 
­Mais siii, affirma celui­ci. Il suffit d'agir comme un paladin ! 
­Ah, et c'est quoi agir comme un paladin ? Demanda Dezha. 
­Je sais pas moi... tu avances en bombant le torse, et toutes les cinq minutes tu cries 
"Vive la lumière !" ou "Béni soit Lothar !". Des trucs comme ça quoi... 
­Je crois que tu idéalises un peu trop le paladin là... 
­De toute façon je ne peux pas bouger avec cette armure, dis­je. On laisse tomber ce 
plan. Bizrot, tu n’as pas une idée de rechange ? 
­Ben si mais... vous allez pas aimer. 
Quelques instants plus tard... 

­Ça va foirer... fit Dezha. 
­Mais noooon, ça va marcher. Répondit Bizrot. 
­J'ai un vieux doute. 
­Nos déguisements sont parfaits. 
­J'ai quand même un sérieux doute. 
­Bonjouuur monsieur le videur, déclarais­je. Nous sommes les musiciens ! 
­... 

Je vous dois quelques explications. Suite a l'abandon du plan "boîte de conserve " comme 
l'avait baptisé Bizrot qui consistait à nous faire passer pour des paladins, le diablotin s'était 
mis dans la tête de nous transformer en groupe de musiciens. Ainsi, nous pourrions 
monter sur scène et enlever Cattnia. Sur le papier c'était parfait, mais nous étions aussi 
crédibles en groupe de musique qu'une bande de gobelins s'attaquant à un congrès 
Tauren sur les bienfaits de la hache à deux mains. 

J'avais pour ma part revêtu une combinaison de cuir aussi jolie, mais un peu plus vêtue 
que celle de Sakashi qui n'eut pas grand besoin de se déguiser et s'attribua une des 
guitares trouvées dans la réserve. 

Dezha prit également une guitare, il s'enroula dans des tissus noirs et avait trouvé une 
paire de lunettes colorées (les paladins sont bien fournis je trouve). Quant à Bizrot, il 
grimpa sur son dos, planqué dans les bandelettes. Tangkath lui, reçu un énorme poncho 
et un bob pour cacher sa tête. 

­Vous êtes des musiciens ? Demanda le videur. 
­Oui et chanteurs, on vient pour prendre le relais, mademoiselle Cattnia fatigue un peu. 
­Vous êtes sur que... 
­On a une succube. 
­C'est bon entrez. 

Le truc qu’on n’avait pas prévu c'est que Cattnia était effectivement fatiguée et une fois 
entrée dans la cathédrale, je poussais un juron en constatant que la scène était vide et 
qu'on nous invitait fortement à la rejoindre. 

­N'oubliez pas, nous souffla Bizrot. On s'appelle les SoaD, System of a Démon. 
­C'est pourri comme nom, ça ne marchera jamais. 
­Mais si ! On deviendra encore plus célèbre que les Sex Tromblon ou les Rollings 
Soulstone. 
­C'est quoi ? Demandais­je. 
­Des groupes célèbres en enfer. 
­On écoute ça aussi à Undercity, je crois que je peux vous jouer un morceau ou deux, fis 
Dezha. 
­Parfait, les paladins ne connaissent sûrement pas, on peut y aller ! Encouragea Bizrot. 
­Eh minute, je connais absolument pas les paroles, fis­je pour protester ! 
­Suis ce que chante Sakashi. 

Et voila comment moi, démoniste de renom et appelée aux plus grandes destinées, me 
retrouvais dans une cathédrale remplie de paladins à chanter des tubes d'Undercity 
comme "Arthas save the queen Sylvanas" ou "I wanna be a demonist" (tiré de l'album 
"demonist in the U.C") et que sais­je encore. 

Dezha et Sakashi s'occupaient des guitares démons tant que Tangkath s'attribuait la 
batterie contre laquelle il n'éprouva aucun relent de pacifisme. Moi, il a fallu que je 
chante... Bon certes je chante très bien, comme toutes les choses que je fais. Mais il faut 
avouer que cette musique de barbare me laisse de glace, je m'attendais presque à voir 
arriver Krull tellement l'auditoire s'agitait comme des brutes. 

Mais avant que je ne puisse m'éclipser entre deux chansons, c'est Cattnia elle­même qui 
vint nous rejoindre sur scène. 

Cattnia, une succube particulièrement magnifique respirant la beauté et la suffisance. 
Rien qu'en la regardant, montée sur ses bottines noires et maniant le fouet d'un poignet 
nonchalant, on sentait qu'elle ne se prenait pas pour n'importe quoi. D'ailleurs, j'appris 
plus tard que si Cattnia nous avait rejoints, c'est uniquement pour qu'on ne lui vole pas la 
vedette. Suite à son arrivée, elle enchaîna sur "Unchain my Wildheart" (une complainte de 
druide) que Bizrot accompagna au piano. Malgré la chanson, elle arriva à discuter durant 
les solo de piano. 

­Vous êtes qui?... 
­Des démonistes, nous sommes venus vous chercher à la demande de votre père. 
­Mon père ? Oh non, vous n’allez donc jamais me laisser tranquille ! 
­C'est mal de fuguer. 
­Mais je ne fugue pas bon sang ! J'ai 147 ans, j'ai le droit de vivre ma vie quand même ! 
­C'est jeune pour une succube non ? Ça correspond à... 16 ans et des poussières ? 
­Peu importe, fichez­moi la paix ! Le concert continua et Cattnia démontra largement son 
talent, Sakashi et moi fumes reléguées au rang de chanteuses de fond (Cattnia nous 
appelait les catt's...) et le public redoubla d'enthousiasme. Une fois que la voix de Cattnia 
fut totalement brisée, nous nous réfugiâmes dans les loges. 

­On se débrouille vraiment bien ! Remarqua Dezha. 
­Gruh ! (il acquiesce) 
­Vous savez, fit Cattnia, si on monte un groupe on peut faire des tournés dans tout 
Azeroth ! 
­Ouais, bonne idée ! S'exclama Bizrot. 
­STOP on arrête tout, intervenais­je. On est pas là pour ça, on doit ramener Cattnia chez 
elle. 
­J'veux pas. 
­Laisse­la tranquille, fit Dezha. Ca  doit pas être facile d'avoir un père pareil. 
­À qui le dis­tu... 

­Qu'est ce qu'on pourrait faire pour que Cattnia reste avec nous ? Fit Bizrot toujours sous 
le charme. Je compris que Cattnia n'utilisait pas les charmes habituels de la succube, 
c'est a dire par la magie et une tenue osée. En fait Cattnia dégage une aura qui provoque 
une adoration sans précédent de sa personne... tout le monde sauf moi. Ça doit être une 
question d'ego... Enfin bref, je me rendis compte des avantages que représenterait le fait 
d'avoir une telle succube à mon service. 

­Je crois que j'ai une idée. 
­Synapse ? 
­Est ce que c'est possible d'entrer en contact avec ton père ? 
­Tu n'y penses pas, intervint Dezha. Shagoth est un démon majeur et on ne peut pas si 
facilement... 
­Oui il faut prononcer trois fois son nom. 
­... j'ai rien dit. 
­Shagoth, Shagoth, Shagoth. 
Un portail s'ouvrit instantanément devant moi. Le groupe se regardait avec des yeux 
inquiets, mais Cattnia poussa un soupir et passa le portail. Nous la suivîmes. 

De l'autre côté de portail... Krull. 
­Hein ? Mais qu'est­ce que tu fais là ? 
­Tiens, la démoniste... 
À côté de Krull se trouvait un immense démon dont les cornes faisaient bien la taille de 
Tangkath. Comment un truc pareil pouvait enfanter une succube ? J'ai cessé depuis 
longtemps de me pousser des questions sur les modes de reproduction démoniaques. Le 
démon parla: 
­Bonjour, je suis Shagoth. Krull est juste un ami, il allait partir. 
Je ne sais pas pourquoi, mais cela ne m'étonnait pas que Krull connaisse Shagoth, ils 
avaient pas mal de choses en commun. Ce type me fait peur. Shagoth continua: 

­Merci d'avoir retrouvé ma fille, vous en serez grandement récompensés. 
­En fait, nous aimerions qu'elle reste avec nous. 
­Pardon ? 
­Votre fille a envie de découvrir le monde Ô grand démon. Nous vous supplions de bien 
vouloir la laisser nous accompagner ! 
­Ma fille est trop jeune ! Répondit le démon en colère. Elle n'en fait qu'a sa tête et 
causerait tellement de problèmes que cela retomberait sur moi ! Pas question. 
­Honnêtement grand seigneur, mieux vaut­il que Cattnia cause des problèmes en Enfer ou 
sur Terre ? 

Shagoth eut un moment de réflexion. Il regarda sa fille 
qui lui adressait un sourire carnassier. 

­C'est pas faux. Sur terre elle casserait moins de Xylokstérith... n'est­ce pas ? 
Cattnia prit une mine désolée. 

­C'est quoi ? Demandais­je à Bizrot. 
­Une relique sacrée. 
­Ah d'accord... 
Shagoth se leva de son trône. 

­C'est d'accord jeune démoniste, vous veillerez sur Cattnia... même si je ne suis pas tout à 
fait sûr que vous réalisiez ce que vous faites. Rentrez chez vous et que je ne vois pas ma 
fille avant qu'elle soit assagie ! C'est à dire pas avant longtemps... rajouta­t­il pour lui. Et 
voilà. Nous étions de retour sur terre, un peu en dehors du monastère (marre des 
concerts) et prêts à reprendre la route. Mon équipe s'était agrandie d'un nouveau démon 
qui comme les autres, refusait catégoriquement d'être révoqué. 

­Bon... où est ma litière ? Demanda Cattnia. Et mes porteurs ? 
­Je sens qu'on va bien s'amuser, fis remarquer Dezha. 
­Gruh... 
­J'ai oublié mon fouet au monastère, va me le chercher Bizrot ! 
­Tout de suite ! 
­Elle s'est déjà trouvée un larbin... 
­Bon on y va ? Demandais­je. 
­Ouais ! Répondirent­ils. (Enfin, Dezha précisa que lui rentrait à Undercity et que si on 
voulait le suivre il allait falloir paraître plus mort que ça) . Et ça ne faisait que commencer... 
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