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Introduction- L’alimentation, un phénomène économique,

social, politique

Introduction

Document 1 :
L'alimentation est l'action ou la manière de fournir aux êtres vivants la nourriture
dont ils ont besoin pour leur croissance, leur développement, leur entretien.
Cette acception fonctionnelle souligne une évidence : l'alimentation assure le
cycle de la vie d'un individu et la persistance de l'espèce à laquelle il
appartient.(…)
Source : D.Nairaud, Encyclopedia Universalis, in
http://www.universalis.fr/corpus2-
encyclopedie/117/0/C070239/encyclopedie/ALIMENTATION.htm
Questions :
1. Comment comprenez-vous le sens de l’expression « acception
fonctionnelle » ?
2. Quelles sont les caractéristiques de la définition fonctionnelle de
l’alimentation ?
3. Quelle science doit alors l’étudier ?

Document 2 :
Le terme aliment apparaît assez tôt, vers 1120, mais il ne prend son sens actuel
qu'à partir du XVI° siècle. A cette période, il se substitue au terme de viande, qui
jusqu'alors signifiait « ce qui sert à maintenir la vie ». C'est dans cette acception
que le premier livre de cuisine, qui date du XIV°siècle, s'intitule Le Viandier. Au
XVI° siècle, le terme de viande ne recouvre plus que la chair des animaux
comestibles
Source : J.P.Poulain , Ces aliments bannis ou mal aimés, Sciences humaines
février 2003, in
http://www.scienceshumaines.com/index.php?lg=fr&id_dossier_web=15&id_articl
e=2922
Questions :
4. Quand apparaît le terme alimentation ?
5. A quelle période prend-il le sens actuel ? Que pouvez-vous en conclure ?

Document 3 :
Si l’homme a besoin de nutriments : de glucides, de lipides, de
protéines, de sels minéraux, de vitamines, d’eau …qu’il trouve dans des
produits naturels faisant partie de son environnement, il ne peut les
ingérer, les incorporer que sous la forme d’aliments, c’est-à-dire de
produits naturels culturellement construits et valorisés, transformés et
consommés dans le respect d’un protocole d’usage fortement socialisé.
La cuisine et les manières de table sont des activités sociales qui se déploient
dans un espace laissé libre par un ensemble de contraintes matérielles :
écologiques, technologiques et biologiques. La façon dont les hommes
conçoivent la satisfaction de leurs besoins alimentaires ne se saurait se réduire à
de strictes logiques utilitaires ou technologiques. L’alimentation a une fonction
structurante de l’organisation sociale d’un groupe humain.
Source :J.P.Poulain, Sociologies de l’alimentation, PUF 2003
Questions :
6. Expliquez la phrase soulignée. En quoi cette phrase apporte-t-elle des
informations supplémentaires sur l’étude de l’alimentation ?
7. Quelles sciences peuvent alors l’analyser ?
I. L’alimentation un phénomène économique

A. La production alimentaire

Document 4:
http://www.museum.agropolis.fr/pages/expos/fresque/la_fresque.htm
Questions :
8. En cliquant sur les différentes parties de la frise, remplissez le tableau
suivant :
Age pré- Age agricole Age agro-
agricole industriel
Aliments
consommés
Mode de
production
innovations

B. La consommation alimentaire

Document 5 :
L'alimentation occupe une position spécifique chez les ménages défavorisés par
son importance dans le budget total : 22% pour les ménages en-dessous du seuil
monétaire de pauvreté (732 euros mensuels par ménage en 2000), 24% pour les
ménages dans lesquels le niveau d'études est inférieur au Certificat d'études
primaires contre 18% en moyenne nationale.
Les formes d'approvisionnement caractérisent la pauvreté. Pour les achats, qui
représentent en moyenne 74,4% du budget alimentaire, peu de différences sont
observées selon le niveau de revenu. Tel n'est pas le cas pour les repas à
l'extérieur et l'autoconsommation.
La part du budget consacrée aux repas à l'extérieur croît avec le revenu : 16%
pour les ménages les plus pauvres versus 30% pour les plus riches. (…)
L'autoconsommation (produits du jardin par exemple) est davantage pratiquée
par les ménages les plus pauvres, ce qui contribue à atténuer l'inégalité de la
consommation alimentaire en valeur. Elle représente 7,7% du budget alimentaire
des revenus les plus bas, 1,6% seulement des plus élevés.
Les boissons alcoolisées, le poisson, et dans une moindre mesure les fruits, sont
les produits sous-représentés en proportion dans le budget alimentaire des
ménages aux revenus les moins élevés. A l'inverse, la part budgétaire consacrée
aux graisses, légumes, produits céréaliers et viandes est supérieure pour ces
ménages. On n'observe pratiquement pas de différence pour les produits laitiers
et les produits sucrés.
Source : INRA,
http://www.inra.fr/presse/l_alimentation_comme_dimension_specifique_de_la_pau
vrete
Questions :
9. Faites une phrase avec le chiffre en gras. Donnez-en le mode de calcul
10.Quelle corrélation pouvez-vous mettre en évidence entre revenu et :
- Part du budget consacré à l’alimentation
- Forme d’approvisionnement
- Type d’aliments consommés
II. L’alimentation, un phénomène social

A. Une comparaison entre les sociétés

Document 6 :
Selon Jean Trémolières, « l'homme est probablement consommateur de symboles
autant que de nutriments ». En d'autres termes, on ne mange pas uniquement
pour se nourrir. Les aliments que nous avalons sont chargés de symboles, de
croyances et porteurs d'imaginaire. Dans le passage du statut de végétal ou de
l'animal à celui d'aliment, des processus de construction sociale sont à l'oeuvre,
qui définissent ce qui est bon et mauvais. (…)
Cependant, les frontières entre ces différentes catégories varient selon les
cultures. La cynophagie, c'est-à-dire la consommation de viande de chien, est sur
ce point exemplaire. Pourquoi mange-t-on du chien dans certaines cultures et pas
dans d'autres ? « Le chien est le meilleur ami de l'homme », « son plus fidèle
compagnon ». C'est donc par cette proximité que s'expliquerait l'interdit
alimentaire qui frappe cet aliment dans les sociétés occidentales. Ingérer de la
viande de chien, cela « soulève le coeur » de la plupart des Occidentaux (à la
différence des Asiatiques), parce qu'ils assimilent cette pratique à du
cannibalisme. En Occident, manger du chien est vu comme acte de barbarie,
presque de cannibalisme, parce que nous avons tendance à anthropomorphiser
nos animaux de compagnie, à les considérer comme des membres de la famille,
et c'est dans cette proximité que s'enracine l'interdit alimentaire.
Source : J.P.Poulain , Ces aliments bannis ou mal aimés, Sciences humaines
février 2003, in
http://www.scienceshumaines.com/index.php?lg=fr&id_dossier_web=15&id_articl
e=2922
Questions :
11.Que doit apporter l’alimentation ?
12.A priori, comment classe-t-on un produit dans la catégorie aliment ?
13.Cet a priori est-il vérifié selon J.Poulain ? Explicitez votre réponse à partir
de l’exemple du chien
14.Comment expliquez-vous que le chien soit un aliment en Asie et non en
Occident ?

B. Une comparaison à l’intérieur d’une société

Document 7 :
Ainsi, lorsqu'on va des ouvriers aux patrons du commerce et de l'industrie, en
passant par les contremaîtres et les artisans et les petits commerçants, le frein
économique tend à se relâcher sans que change le principe fondamental des
choix de consommation : l'opposition entre les deux extrêmes s'établit alors
entre le pauvre et le (nouveau) riche, entre la «bouffe» et la «grande bouffe» ; les
nourritures consommées sont de plus en plus riches (c'est-à-dire à la fois
coûteuses et riches en calories) et de plus en plus lourdes (gibier, foie gras). Au
contraire, le goût des professions libérales ou des cadres supérieurs constitue
négativement le goût populaire comme goût du lourd, du gras, du grossier, en
s'orientant vers le léger, le fin, le raffiné : l'abolition des freins économiques
s'accompagne du renforcement des censures sociales qui interdisent la
grossièreté et la grosseur au profit de la distinction et de la minceur. Le goût des
nourritures rares et aristocratiques incline à une cuisine de tradition, riche en
produits chers ou rares (légumes frais, viandes, etc.). Enfin, les professeurs, plus
riches en capital culturel qu'en capital économique, et portés de ce fait aux
consommations ascétiques dans tous les domaines, s'opposent quasi
consciemment, par une recherche de l'originalité au moindre coût économique
qui oriente vers l'exotisme (cuisine italienne, chinoise, etc.) et le populisme
culinaire (plats paysans), aux (nouveaux) riches et à leurs nourritures riches,
vendeurs et consommateurs de «grosse bouffe», ceux que l'on appelle parfois les
«gros», gros de corps et grossiers d'esprit, qui ont les moyens économiques
d'affirmer avec une arrogance perçue comme «vulgaire» un style de vie resté
très proche, en matière de consommations économiques et culturelles, de celui
des classes populaires.
Source : P.Bourdieu, La distinction, Minuit 1979
Questions :
15.Recherchez qui était Pierre Bourdieu.
16.Peut-on dire que le seul facteur déterminant l’alimentation est le niveau de
revenu ? Prenez des exemples précis tirés du texte pour justifier votre
réponse

III. L’alimentation, un phénomène politique


A. Un constat : des inégalités

Document 9 :

Nombre de personnes sous-alimentées


En En En % En %
millions millions 1990-92 2003-05
1990-92 2009
Asie et Pacifique 569,7 642 20 16
Afrique subsaharienne 169 265 35 30
Amérique latine et Caraïbes 59,4 53 13 8
Proche-orient et Afrique du
25 42 8 8
Nord
Pays développés 23,4 15 6 5

Total 823,1 1,02 20 13


Les données rapportées à la population de chaque zone ne sont pas
disponibles pour 2009.
Source : FAO - Estimations pour 2009
Source : FAO, in
http://www.fao.org/es/ess/faostat/foodsecurity/FSMap/map14_fr.htm
Questions:
17.Donnez le mode de lecture et de calcul des deux chiffres en gras du
tableau
18.Opérez une analyse transversale et longitudinale de la sous-alimentation
dans le monde

B. Explications

Document 10 :
S’il y a une question essentielle, c’est bien celle là. Déjà aujourd’hui ce sont dans
le monde 862 millions de personnes qui souffrent chroniquement de la faim, 6
millions d’enfants en meurent chaque année et 2 milliards d’individus sont
atteints par une insuffisance nutritionnelle grave, pour l’essentiel en Afrique et en
Asie. Face à la croissance démographique, nous serons 8 milliards dans 17 ans en
2025 et 9 milliards en 2050 ; les experts considèrent qu’il nous faut multiplier par
2 la production agricole mondiale.
C’est possible a condition d’investir massivement dans l’agriculture. La situation
actuelle avec la tension sur les prix agricoles que nous constatons dans le monde
résulte dans une large mesure de ce que les investissements agricoles se sont
littéralement effondrés au cours des 30 dernières années. C’est 15 à 20 milliards
de $ qu’il convient de dégager par an pour lancer, selon le Secrétaire Général des
Nations Unies, une nouvelle révolution agricole. C’est beaucoup, et bien peu au
regard des sommes qui ont été engagées pour soutenir les institutions
financières. Et puis il faudra peut-être revoir certains usages alimentaires, ne pas
consommer trop de viande. Imaginez comme, le montre Michel Barnier, dans son
ouvrage “Qui va nourrir le monde ?” entre 2000 et 2030 pour satisfaire
l’augmentation de la demande de viande, il faudrait que la production mondiale
de viande s’accroisse de 85 %. Or les élevages sont très coûteux en terre, en
eau, en énergie et en céréales : il faut 3 à 15 fois plus de surface pour produire la
même quantité de protéines animales que de protéines végétales et il faut de 3 à
10 calories végétales pour produire une calorie animale. C’est peu dire que le 21e
siècle a besoin d’une nouvelle révolution agricole.
Source : http://lewebpedagogique.com/terrarausio/2008/11/13/nourrir-la-terre/
Questions :
19.Comment devrait augmenter la production agricole pour satisfaire la
consommation de tous les habitants de la planète ?
20.Quelles devraient être les choix faits pour atteindre cet objectif ?

Document 11 :
La vraie question n'est pas combien la terre peut-elle nourrir d'hommes, mais
combien la terre peut-elle supporter d'hommes ?
Cela dépend des habitudes des hommes, de leur façon de vivre, si ce
sont des paysans qui ne demandent à la terre que leur nourriture, cela
passerait bien mais si ce sont des parisiens ou des sarladais moyens qui
exigent de la terre, bien sûr leur nourriture, mais aussi du pétrole, de
l'énergie, des métaux précieux et des poubelles pour mettre leurs
déchets, la réponse est dramatique, aussi bien de l'équipe de COUSTEAU que
de plusieurs études américaines, la terre ne peut pas supporter plus qu'un
milliard d'hommes dans ce cas-là et nous sommes déjà 6 milliards. Il y a encore
deux solutions, celle que nous avons adoptée sans le dire : « tout pour moi et
tout pour mes enfants », celle-ci est la pire donc la seule solution serait le
partage. Aujourd'hui 20% des hommes consomment 80% des richesses
produites, si cela continue, dans 1/2 siècle, nous serons 10% de l'humanité, nous
consommerons 90% des richesses produites.
Source : Conférence d’Albert Jacquard à la conférence de l’OCCE de Sarlat, in
http://www.ac-grenoble.fr/occe26/peda/jacquard.htm#haut
Questions :
21.A quelle condition l’augmentation de la production agricole se traduira-t-
elle par une diminution de la malnutrition ?
22.Expliquez la phrase soulignée

Des conférences pour aller plus loin:


http://www.canal.ird.fr/programmes/conferences/jdd/index.htm