La philosophie affective : Nouveaux courants et nouveaux problèmes dans la [...

]
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Bourdeau, Jean (1848-1928). La philosophie affective : Nouveaux courants et nouveaux problèmes dans la philosophie contemporaine, Descartes et Schopenhauer, William James et M. Bergson, M. Th. Ribot, M. Alfred Fouillée, Tolstoï et Leopardi / par J. Bourdeau,.... 1912. 1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 : *La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source. *La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de fourniture de service. Cliquer ici pour accéder aux tarifs et à la licence 2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques. 3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit : *des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits. *des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation. 4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle. 5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays. 6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978. 7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.

LA PHILOSOPHIE AFFECTIVE

OUVRAGES Correspondant

DE

J. de

BOURDEAU l'Institut

LIBRAIRIE

FÉLIX

ALCAN

Socialistes 1 vol. raine. L'Évolution d'histoire Socialistes

allemands in-16 de la

et

Nihilistes

Bibliothèque 1 vol.in-12

russes. d'histoire

2c

édition, contempo(Épuisé)

du Socialisme. contemporaine et

Sociologues, de philosophie Bibliothèque Pensées et Fragments de SCHOPENHAUER, une Introduction et des Notes par 23e édition, 1 vol. in-16 de la Bibliothèque phie contemporaine Les Maîtres de la pensée
TAINE, RUSKIN, RENAN, Victor Herbert Hugo. Bilan

de la Bibliothèque (Épuisé) 2e édition. 1 vol. in-16 de la contemporaine 2 fr. 50 publiés J.
BOURDEAU.

avec

de

philoso2 fr. KO
Tolstoï,

contemporaine SPENCER, du xixe NIETZSCHE, siècle,

STENDHAL,

6fi

édition,

1 vol. poraine

in-16

de

la Bibliothèque

de philosophie

contem2 fr. 50

1 vol. in-16 et Modernisme. de la BiblioPragmatisme de philosophie 2 fr. 50 contemporaine thèque Démocratie. Socialisme. Entre deux Servitudes. Syndicalisme. Les étapes de V internationale Impérialisme. 3 fr. 50 1 vol.in-16. socialiste. Opinions de sociologues.

LIBRAIRIE

HACHETTE

La

Rochefoucauld. Ecrivains. Grands et Humoristes

1 vol.

in-16

de

la

collection in-16.

Les

Poètes

de l'Allemagne.

1 vol.

LIBRAIRIE

CALMANN-LÉVY Heine,

Mémoires tion par

de J.

Henri BOURDEAU.

publiés

avec

une

Introduc-

LA

AFFECTIVE PHILOSOPHIE
PAR

J.

BOURDEAU
de l'Institut.

Correspondant

NOUVEAUX DANS

COURANTS LA PHILOSOPHIE ET JAMES

ET

NOUVEAUX CONTEMPORAINE SCHOPENH^UER ET M. M. ALFRED LBOPARDI BERGSON

PROBLÈMES

DESCARTES WILLIAM M. TH. RIBOT TOLSTOÏ

FOUILLÉE

ET

PARIS LIBRAIRIE
108, BOULEVARD

FÉLIX

ALCAN
408

SAINT-GERMAIN,

1912
Tous droits de traduction et de reproduction réservé».

LA PHILOSOPHIE AFFECTIVE

CHAPITRE

PREMIER

LES COURANTS

DE LA PHILOSOPHIE

CONTEMPORAINE

Stein, Ludwig l'Université de Bôle, rable de nous

M.

professeur a entrepris sur les

philosophie à la tâche considémultiples dans une courants suite de rien vo-

de

philosophiques brillants essais d'obscur lumes.

renseigner de notre écrits

temps dans une

ni d'abstrait

Le premier, excursion d'un oplirniste contemporaine, M. Chazaud titre mis a des été

et qu'il intitulé Le

langue a réunis Sens

qui n'a en deux de la

l'exislence, philosophie traduit par porte Stein le

à travers excellemment

en tête

sépare pas les systèmes

ne (1). M. les idées et les hommes, il aperçoit dans le reflet des tempéraphilosophiques der Gejenwart.
1

Le Granges. de ce chapitre

second

(1) Philosophische gart.
dourdeau. –

Haupstrœmungen
Phil. affective.

Stutt-

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

« des photographies des esprits, ». Il examine, d'âmes dans la dernière de son partie les grands livre, problèmes qui se posent aujourd'hui de façon si impérieuse au milieu de cette ments, révolution idées des qui mœurs dans les sentiments et dans générale va de pair avec celle des institutions le problème de la connaissance, les et

des caractères,

de tous, de la portée important puisqu'il s'agit limites de l'intelligence le problème relihumaine, le problème le problème de l'autorité, social, gieux, le problème de la tolérance, le problème de l'histoire. M. Chiappelli, à l'Université qui a professé de Naples, a donné de même, dans la Revue philoM. Stein et d'autres auteurs, (1), d'après il faut citer M. Eucken, le titulaire parmi lesquels du prix Nobel, et M. Hœffding, une revue générale des lendances vives de la philosophie actuelle. sophique M. Chiappelli vingtaine Le philosophie. leurs applications prodige blaient constate une tout lente d'abord,

le plus et des

d'années,

une depuis résurrection de la des qui sciences, du

merveilleux progrès éblouissantes

tiennent

et qui transforment la vie matérielle, semdevoir dans l'ombre des phil'oeuvre rejeter ni découvertes, ne nous apportent losophes, lesquels ni faits nouveaux. On annonçait leur crépuscule, on leurs funérailles. La philosophie préparait d'autre la Science objet que l'Inconnaissable, suffire à tout. des philosophes Mais la mission siste à élargir les questions, à mesure que n'ayant devait conl'expé-

(1)

Mars

1910.

LES

COURANTS

DE

LA

PHILOSOPHIE

CONTEMPORAINE

s'accroît humaine à travers les siècles. Ils périence nouvelles de la vie nous apportent des conceptions et du monde les données qui prolongent scientifiques Ils cherchent enfin une réponse et qui les dépassent. et à cette question de savoir nous vivons pourquoi comment nous devons vivre. N'est-ce pas la connaissance nous Ces capitale laissent réponses pour laquelle dans les ténèbres des les sciences positives les plus profondes `? ? dissont, il est vrai, traditionnelles Devant ces contradans le de et

cordantes, collectives dictions, scepticisme M. Ludwig

philosophes aux solutions opposées des dogmes religieux. frivoles esprits et l'indifférence. Stein, la solution

les

réfugient C'est là, aux la moins

se

yeux satisfaisante

d'examen et la repar l'esprit cherche de destinées nouvelles inquiète pour l'humasurtout deux a siècles, nité, la philosophie, depuis en France, en Angleterre, joué un rôle considérable en Italie. son L'art, la Cette religion, la influence. subissent politique de la misère et du Marx M. G. impréSorel a mis est

et la plus nuisible. Par l'esprit critique,

prolétariat qu'est et de gnée de Hegel sous l'invocation des l'intuition musical son

Apocalypse l'œuvre de Karl Feuerbach

mythes de évangile est tout

et de la philosophie de la violence. Le drame de la philosophie s'est catholique le domaine de la

de Wagner

de Schopenhauer. Le du pragmatisme. inspiré science pure, chimistes, abandonnent biologistes mettent à philosopher.

pénétré modernisme Jusque dans

mathématiciens, physiciens, le positivisme étroit et L'intérêt renouvelé pour

se les

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

études

philosophiques lessociétésde discussion,

se manifeste les Congrès des idées

par les revues, internationaux. ^ont aussi larges d'in-

et la circulation L'échange et aussi rapides malière qu'en dustrie. Mais ce mouvement vue

de commerceet

ne tend

nullement

à l'unité. anarchique, de la vogue, furent

A première contradictoire,

il paraît singulièrement soumis aux fluctuations étroitement deux au passé. de génie, penseurs

et il se rattache Depuis en même 1870, temps

qui

de grands ont joui des écrivains, faveurs de l'opinion dans la petite des république La philosophie de gens qui pensent. pessimiste vieille d'un Schopenhauer, demi-siècle, cependant s'est noir. vâna créé passagèrement un de broyeurs public nous ramener au chrétien, du tandis de Nirque de

Schopenhauer bouddhiste, nous

prétend à l'ascétisme montre

M. Brunetière

et Tolstoï Rome Nietzsche, poète de la joie, évoque hommes partisans farouches Ils n'ont

doigt les chemins ceux de Bethléem. Tout à l'opposé et prophète, de la force et apôtre la vie intense

et dangereuse des de la Ilenaissance L'un et l'autre, païenne. des élites, se proclament des adversaires de la démocratie.

Kant et. Hegel, il pas fait école. Depuis de dynasties n'y a plus de fondateurs philosophiques. Les groupes se sont M. Ludwig Stein éparpillés. nous parle des néo-idéalistes, des néo-positivistes, des des néo-romantiques, des évolutionnistes, dualistes, nous indiquent que néo-vitalistes, etc. idées Tous sont des indivices néo

d'anciennes

reprises,

LES

COURANTS

DE

LA

PHILOSOPHIE

CONTEMPORAINE

à neuf, comme si la pensée à tourner dansles mêmes condamnée remises dans plus les mêmes d'idées moules, comme que s'il

humaine cercles, n'y

était à couler

avait

pas

spontanées

nées, et qu'en philosophie, il faille toujours être le fils de quelqu'un. croissante distance, quelle complexité lution d'Heraclite intuitif de celle de de Plotin

de générations dans comme

spontala Mais nature, quelle l'évole de

mysticisme M. Bergson Cette en deux haut à deux

Spencer, de la philosophie

sépare ou encore

confusion

et ce chaos

courants que grands de ses Alpes helvétiques,

apparents M. Stein courants

se résolvent discerne semblables du

le Rhin et le Danube, fleuves, grands qui et reçoivent nombre suivent des pentes opposées sous le nom de phid'affluents: on peut les désigner losophie ment. de l'intelligence et de philosophie se laissent cette des aux raison sédentaires, du senti-

Les philosophes, vers l'intellectualisme, qu'ils traire vivent vail, sont des d'hommes entre

en majorité, pour méditatifs, d'action,

entraîner très simple le conIls tra-

les quatre murs assis à leur paisiblement

ardentes. passions de leur cabinet de petite fenêtre, Ils tendent et

comme à substi-

le philosophe de Rembrandt. tuer leur raisonnement à l'observation rience, plier monde à plier la nature à leurs leurs théories à la nature. une fois pour toutes

théories Ils

à l'expéau lieu de le

construisent sa des diversité

et résolvent Ce sont mathématique.

en unité des

suprême de adeptes

et immuable. la méthode

logiciens, Le mo-

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

nisme

de Spinoza panthéiste intellectualiste. philosophie l'horizon. De tout

offre Mais

le modèle son étoile

de cette pâlit celle à

mouvement, à l'intellectualisme lisme, contre seau Parménide, contre Voltaire les

une autre temps, philosophie, du sentiment, s'est opposée fixe Pascal contre et stable

du

au rationaHéraclite Rousles myscontre

Descartes,

contre tiques les ratiocinants. a pour

et les Encyclopédistes, les romantiques logiciens, tendance biologie, tout coule, la vie avertit et les la l'idée

Cette

anti-intellectualiste

auxiliaires

aux constructions, opposée Il n'y a rien d'immobile: sout, écume. en partie jouent se transforme. La conscience souterrain observation les dont tout

si d'organisme la psychologie affective. se meut, tout n'est croît, fermente, se distout

elle-même dans nous

torrent, qu'un subconsciente. La du rôle immense moteurs

simple que Dans ouvre part universels,

sentiments

passions,

l'analyse les yeux à l'élément

n'est l'intelligence que la lumière. de la vie intérieure, la philosophie qui est ainsi portée à faire une grande affectif, source de l'énergie et de la de créa-

trice,. De cette découle une

philosophie

du sentiment conception

l'action Elle mobile

nouvelle

vérité. mais

plus n'apparaît comme la réalité Même les vérités

immuable, qu'elle

éternelle, exprime,

évoluant

avec

elle.

M. Poincaré, veaux Pour faits

ainsi scientifiques, ce caractère présentent révèlent de la vie, de nous

que l'a démontré relatif. De nourapports. dans les

nous

nouveaux cherchons

la pratique

LES

COURANTS

DE

LA

PHILOSOPHIE

CONTEMPORAINE

idées valeur fécond

moins d'usage.

leur

valeur Ce qui

de est

connaissance vrai, c'est ce

que

leur

ce qui est vrai, c'est ce qui (Goethe); humaine dans la définition à l'existence (Nietzsche); dè la véritésont toujours impliquées les conséquences, le pouvoir vaut ce (i). Une idée d'agir (W. James) donne et ce qu'elle qu'elle des causes, la philosophie des valeurs titue la mesure Le rationalisme été destructeur dix-neuvième torique. abus de Après abstrait de la tradition. aboutit les au triomphe du A la recherche produit. anti-intellectualiste subset l'efficacité du dix-huitième L'évolutionnisme de la méthode criticisme et des buts. siècle a du hisles

qui est est utile

négations une l'agnosticisme, du sentiment, de l'enthousiasme,

philosophie rétablit

de la foi et l'équilibre. radicale

Le temps de violent contraste, d'opposition entre la science et la philosophie, et de l'une positive à la religion, et de l'autre fait place à une coopération indépendante. Connue sous le nom de pragmatisme, d'indiquer elle cette dont nous venons sophie nous est venue d'Amérique vérité losophie James, mour, transatlantique, anglaise admirable profond Des tout de Bacon écrivain philotraits une

quelques nous apporte Mill.

en se rattachant à Stuart

à la phiWilliam à l'hu-

interpsychologue, tendances se retrouvent en prète. analogues aussi bien dans la psychologie France, physiologique de M. Ribot de M. Boutroux que dans la philosophie
The 1909.

qui joint l'idéalisme en est le meilleur

(1)

meaninr/

of

Irulh,

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

et dans pénétrer mands rentre tions

celle en

de M.

Bergson.

Elles

commencent des de AlleMach

à

le goût (1) malgré Allemagne pour la dialectique. L'énergétisme dans ce courant si bien qui reflète de notre époque. temps

les aspira-

En même et les cratie

conquêtes grandit qui

de la science, que les applications de l'homme sur la nature, la démomet le travail créateurs, au premier plan. sont mieux qui,

Inventeurs, les héros convenir sans un être

producteurs,

Quelle du jour philosophie et que celle de la volonté

explorateurs leur peut de ce l'effort

ou optimiste, pessimiste se proclame fatalisme, mélioriste, d'améliorer échecs, le but 'et et le monde, les qui voit la valeur de la vie.

qui croit les

implique à la posobstacles le

sibilité et

malgré dans cette

possibilité

sens, Cette

philosophie

du scepticisme que tous les dogmatismes, tifs. Au lieu

est aussi expérimentale du dogmatisme. Elle qu'ils soient à construire

éloignée combat

de chercher

un dogme, elle propose imposer met l'idéalisme à l'expérience elle se donne comme elle ouvre la porte de l'avenir. Elle aspire provisoire, non à l'unité mais à la diversité. Elle est la tolérance même, laisser et ne vivre connaît ». d'autre devise que « vivre

ou négapositifs un système, à une méthode, sou-

et

(1)

M.

Albert

Stkenbkrgen

un excellent M.Bergson sophie, I6na, 1909.

de publié de la philosophie résumé: Il. l3er~sons inlultiue Philoa

CHAPITRE

II

LE CENTENAIRE

DE RENÉ

DESCARTES

Le grand ne se doute certainement public pas que René Descartes, et gentilhomme célèbre philosophe à la Haye, le 1er mars en Touraine, français, naquit 1596, naire et de que, par conséquent, sa naissance tombait le troisième en 1896. la Les cette centemétadate.

eu n'ont physiciens Ils ont voulu honorer « d'un

d'oublier garde discrètement

mémoire

et d'humeur solitaire, penseur indépendante ». Le comité l'édiconstitué pour patronner sauvage tion des oeuvres de Descartes, n'avait complète lancé réunit qu'un dans nombre une auteur un de des d'un restreint salles livre d'invitations. On Sorbonne. (i), ouvrit Dea conse de la nouvelle sur sobre Descartes et

M. Liard, la séance puis, sacré tribué

par la Revue

discours

à Descartes des

métaphysique tout un numéro de

vigoureux. et de morale

professeurs F. Alcan,

Marburg,

ont conauquel de Halle, d'Ox-

(1) Descartes,

1009.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

ford, cette lu des chard, morale térature.

d'Amsterdam, publication remarquables M. Lanson, de Descartes, un

de

Florence,

donnant

ainsi

à

caractère études

international.

par M. Boutroux, pour ne citer que ceux-là, sur son influence dans

On y a M. Brosur la

la lit-.

Et ne croyez ici de quespas qu'il s'agisse tions surannées. Les problèmes resphilosophiques tent toujours actuels sont éternels. parce qu'ils Descartes, versel, non ses pensées et physicien, ne moins l'oublions remarquable par la beauté pas, fut un génie unide par la profondeur de son style. Géomètre mépar sa conception et La-

que en cosmologie, de l'univers, il a précédé Newtoncanique Bien avant la découverte de l'analyse place. trale il affirmait l'unité de la matière dans mondes. teur Huxley les dans le loue recherches surtout du d'avoir système

spectous les

été un initianerveux sur

la psychologie se fonde 11 a donc lesquelles positive. été un précurseur dans tous les genres. Bacon a été de la science le prophète Descartes en est moderne, un des fondateurs. dans un de de Aussi solennel aurions-nous à son sciences, de ministres de voulu œuvre, l'Académie des Afvoir et réunis, les

délégués de l'Académie La

hommage l'Académie des

et ceux

française. faires lieu, risa

médecine, de présence en été qualité déplacée,

et ceux M. le

étrangères, n'y eût pas la politique

d'historien car comme Richelieu

Richeséculason

française a

Descartes, Nous Ainsi petit

contemporain, assez jamais le remarque

la pensée d'honneurs M. Fouillée

humaine. leur dans

ne rendrons que vo-

mémoire. le brillant

LE

CENTENAIRE

DE

RENÉ

DESCARTES

lume

de la

« collection à Descartes, d'un en

des

grands

écrivains

» qu'il

a consacré l'anniversaire

fêtes de quelles Leibnitz d'un Kant,

triomphales ne serait-il

pas le signal soit Descartes même?

faut-il Pourquoi Allemagne que à l'étranger France qu'en plus estimé le souvenir de nos Irions-nous donc perdant ? N'aurions-nous des politiciens d'oreilles ou les que facéties pour des

hommes grands les criailleries chroniqueurs ? Nous regrettons

de Descartes que le centenaire ait été célébré, nous dirions presque confisqué, par d'autant une élite si restreinte, que la métaphysique est la partie la plus de son oeuvre, celle à caduque il attribuait le moins Il a laquelle d'importance. mais une méthode il est grand créé non un système, en philosophie moins par ce qu'il a construit que par ce qu'il a détruit. Au dix-septième ment souveraine était siècle, l'Église dans l'ordre intellectuel, sciences affranchit séculaires. de chercher un la encore que telletoutes le joug humain qu'il bien les

toutes les les opinions, de la théologie. Descartes et le jette exprime conduire sciences lézarda Que anciens, hors dans sa des raison fut voies le Discours et

subissaient l'esprit La pensée méthode la vérité

pour dans

(1637) de haut dit-il

comme

en bas de

l'édifice si hardi?

donc

coup de foudre qui de la scolastique. Il a lu les auteurs

et n'y a trouvé Il a « roulé qu'obscurité. çà « spectateur et là dans le monde d'être », s'efforçant dans les comédies toutes qu'acteur plutôt qui s'y les cours et les camps, les gens », fréquenté jouent

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

de toute

humeur

et de toute

classe des mœurs résolu

et le conflit l'a conduit table

des au rase,

la contradiction opinions, doute Il s'est méthodique. dans son

à faire

de toutes les idées préconçues, traesprit, et de ne relever Cette ditionnelles, que de l'évidence. semble si simple, méthode, qui nous aujourd'hui était alors la plus audacieuse et donna nouveauté, étonnante à la pensée impulsion européenne. Toute la gloire n'en revient pas au seul Descartes. Les grands hommes ne sont d'ordinaire que des accélérateurs de mouvement. Un Bacon, un Descartes, un mais çait est Richelieu dès eussent la fin du été impossibles seizième siècle, rêve profond au moyen âge; commenl'esprit Le doute une

à s'éveiller chez

de ce long plus

fantastique.

Montaigne Descartes. Mais le

scepticisme

peut être que dans de Descartes est un

de l'exigence en scepticisme scientifique qui naît fait de preuves. Bien loin de s'y jouer et de s'y comcomme le fait Montaigne, il y cherche le complaire mencement certaine. ment ture, mité Dès raître, sienne, la raison, de et Il veut précision le moyen faire de pour une foi d'une l'esprit atteindre absolue connaissance humain les dans lois un plus instru-

de la nailli-

il professe de la science. le Discours il est qui vrai, est dont

l'avenir

de la méthode le vice de cet croit la

nous

voyons

justement Descartes ne

philosophie excès de confiance les hommes trop

appacartéen bien

Pour partagés. cette orgueilleuse quilles de

à chaque pas chanceler raison ne peut se passer l'observation et de l'expérience.

instant, des béC'est

LE

CENTENAIRE

DE

RENÉ

DESCA.HTES

bien

la pensée

génie comme paraissent

de Descartes et mathématique évidentes de pures sur les des

mais, déductif,

emporté il nous

par son donne

mérités

raisonnées Il édifie

illusions. ruines de de

qui nous une nouvelle

scolastique nous qu'il satisfait du corps, confond cun rents sait en

l'ancienne. de l'âme moins

apporte Il guère. ce la que nous qui pensée

l'existence

La preuve Dieu ne nous distincte certain. Il

considère n'est et rien la et la

comme que alors sont

volonté, vouloir et

penser que les une

que chaaussi difféténèbres. machines Il

lumière sont

les

prétendra que et leur refusera Les animaux Voit-on dira que

bêtes âme

de simples

ont-ils chez

des Universités eux les quatre mais serait nous encore

1 ? Facultés `.' ?

fleurir

Boileau plaisamment la nature de l'homme si les animaux de Descartes

soupçonnons plus incompoint. Bref

préhensible, la philosophie

n'existaient est aussi

dont jectures que celle d'Aristote, ouvre une large nous laisse entreporte à l'examen, voir de nouveaux horizons et de nouvelles terres et, dès le second la aux scolastique,

de conpleine il nous délivre. Il

dans les décombres de pas, il trébuche revient à Platon, à saint Anselme, solutions par n'eût de conformes douter de tout, au christianisme. il finit par tout

grandes Il a commencé croire. Descartes n'avait usage débité

pas

été

de ia clef

grandes qu'il a forgée

s'il grand philosophe, absurdités. Le mauvais ne prouve point d'ail-

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

leurs peine Enfin, nier

qu'elle

soit

fausse. ne flattons

Les suffisaient

sciences

naturelles,

à

naissantes, ne nous mot de

Descartes, écrit

point car il

à l'éclairer. pas de connaître le derne fut pas libre craint des de

l'exprimer. « Descartes, noté par

Bossuet,

et prenait l'Église, tions qui allaient l'excès. jusqu'à de duplicité. Mais ils en parlent

a toujours cela pour à leur

d'être précaul'accuse En dé-

» Leibnitz aise.

son Traité pit de sa prudence qui lui fait supprimer de la lumière, il apprend la condamnation quand de Galilée, et de tous les « biais » qu'il prend « pour ne pas étonner les gens », Descartes traité en fut Hollande comme une brebis à se rendre qui le détermina de Suède. Le séjour de Stockholm fut cause de sa mort à cinquante-trois ans. Il fut vicprématurée, time des erreurs de son époque. Ne nous étonnons point signe lettre. garde l'état m'en de ses subterfuges. Lui-môme nous au pied l'âme, a fait de la mais il à je bonne, de ne galeuse, à l'appel ce paria, de Christine un

pas l'interpréter toujours Il insiste sur la spiritualité de le silence de nos sur son âmes, immortalité. écrit-il » La

« Quant est

futur rapporte

ironiquement, caution

à M. Digby. est encore

on peut Voici a fait, verte

s'y fier. qui plus inois, latin M. Ch. Adam probant la remarquable découdans bibliothèque interview que la de

il y a quelques d'un manuscrit

C'est la relation d'un DesGœltingue. cartes le 16 avril 1648, à un jeune candidat accorda, du nom de Burmann, un repas à Egmont. pendant

LE

CENTENAIRE

DE

RENÉ

DESCARTES

Nous ché rès,

devons à mystifier

supposer que la postérité,

Burmann comme

pas M. Maurice plaquette

n'a

cherBarHuit

a écrit sa lorsqu'il chez M. Renan. jours Nous retrouvons dans

spirituelle le manuscrit

fier, audacieux, l'esprit dédaigneux, de porter atteinte tes. Il se défend voulu

de Gœttingue de René Descarà la religion. Il a

dit-il à son interlocuteur, simplement, séparer la théologie de la philosophie cette derpour rendre nière Les vérités nous indépendante. théologiques, devons les mais ques, les théologiens citent vient part. rement accepter non les sont comme examiner, les idiots et les rustiraison pour cette que et suscalomniateurs Descartes Ans se sou-

les risques de la guerre

de grands et les guerres de Trente

11 se moque informé sur

il a pris à laquelle de saint Thomas, si particulièla nature des anges. Il a écrit

de telle sorte « qu'on le recesa philosophie puisse ». voir même chez les Turcs, sans la moindre offense Il fait un aveu morale thode. Il a donné cause ces règles en quelque sorte malgré et autres gens de même d'être sans religion la morale de lui « à touchant les plus grave, insérées dans le Discours de règles de la mé-

pratique

qui et de vouloir Il s'occupe corps decine hommes l'efficacité que

des pédagogues l'auraient accusé renverser bien de plus

espèce et sans foi,

qu'on

métaphysique, doit chercher

par sa méthode » et de régime du physique car « c'est dans la méles de rendre moyen ». Il croit non à habiles le à l'hygiène, plus qu'à

et plus sages des drogues,

plus mais

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

sublime de morale que tout le monde préceptes Desadmire et que personne ne suit. 0 surprise le père du spiritualisme, nous dans cartes, apparaît d'un positiviste cette interview sous les traits agnosDès lors sa profession de foi chrétienne, son tique. des à Notre-Dame-de-Lorette, pèlerinage raient l'accent perplexes, malgré si nous ne savions de candeur, dictions sont nous de véracité de laisseet contrade

combien

les meilleurs susceptibles esprits. Le manuscrit de Gœttingue nous prouve encore à M. Brunetière s'est montré critique pénéquel point trant lorsqu'il a nié qu'il y eût une morale cartésienne, puisque exister que, avisé, Descartes une morale ainsi se refuse autre dire. que à admettre scientifique, qu'il puisse

pour

Au contraire,

physiologimoins Bossuet,

s'y est laissé de Port-Royal, sieurs se déclare cartésien; entre tôt la raison l'inanité. le cœur. abstrait, Il

comme les mesprendre dupe, de la gravité de Descartes, il il croit à un accord possible Mais la Pascal religion en dévoile à son aussi-

et la foi. ramène

source, Dieu le monde

Il ne pardonne pas dont celui-ci ne se sert

unique à Descartes son que pour mettre

en mouvement il n'a plus alarmes

dont puis les sublimes Au révéla

« par une », chiquenaude a justifié que faire. Et l'avenir de Pascal. le rationalisme cartésien

dix-huitième son

siècle

La théorie ciale,

et sa puissance principe de la table rase, en matière

de destruction.

fait politique la Révolution la philosophie est depure esdu temps, sence cartésienne. Par une ironie la raison suprême, économique,

soreligieuse, alorsfureur. Comme

LE

CENTENAIRE

DE

RENÉ

DESCARTES

devient tradition. s'achève sous

aussi Son dans

despotique,

cruelle,

intolérante

les traits

Il est celui de la règne cette de la déesse Raison, apothéose d'une fille d'opéra couchée sur un autel de Descartes, pour des dont les effets ont

que Terreur.

la

profané. Ainsi été si

la méthode salutaires a eu

l'affranchissement fatales

humain, cela, sans

conséquences parce sans trop qu'elle

de l'esprit en France sans in-

doute, vraie, est

telligence parce latin, qu'elle épris

y a été sans examen, en harmonie

reçue contre notre

poids, génie

avec

de logique et de clarté. a tempéré le rationalisme L'Angleterre risme baconien, l'esprit pratique par nétré ries de réalité, immuables, fin du qui, au lieu à

par

l'empi-

et positif, péde construire des théoobserver des faits

s'applique siècle dernier,

changeants. Dès la mande

commence

d'organisme,

à opposer d'évolution lente,

la philosophie au rationalisme à fonder

allel'idée

la méthode

Descartes et les cartésiens historique, pour laquelle ou dédain. Elle démontre n'ont eu qu'ignorance que les grandes créations de l'histoire sont l'oeuvre non de la raison ratiocinante, mais d'un les Constitutions inconscient, que nées non de la table rase, mais du conflit promis le des intérèts héréditaire, et des fruit traditions. de développement durables sont et du comElle

préjugé siècles. En Buffon, même

justifie des l'expérience la nature, l'homme
2

les sciences de temps, Lamarck et Darwin, plongent
Phil, nfl'ective,

avec dans

BOURDEAU.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTITE

son ment.

animalité L'homme

dont

il ne se dégagera apparaît et raisonnable réalité,

le personnage mais tel qu'il de ses instincts l'esprit Nous naissance qui, transformé cartes versités aussi nomie. l'école maître. troisième chissant lisme en et surannée teur, infirme. devons du

nous libre est en

entièrejamais non comme désormais, de Descartes, -souvent malade, rele plus le coeur

esclave

et de ses passions, enfin cartésianisme, mentionner dans

cette un sens

chétive conservadu siècle, de

la première moitié pendant les hypothèses métaphysiques un catéchisme des officiel Mais collèges. de Ptolémée que le système le libre examen, un Il est disciple. ne saurions-nous

a

DesUniest

à l'usage des cette philosophie Descartes guide mieux et

en astroexclut non un le

En fondant et le

Aussi

célébrer

centenaire

de Descartes

de la philosophie cartésien.

nous affranqu'en cartésienne et du rationa-

CHAPITRE

III

LE

PHILOSOPHE

DU ROMANTISME

SCHOPENHAUER

Depuis mantisme romantiques quel succès raire,

on années, quelques a écrit M. Lasserre M. l'un Jules des Lemaître pères M. Seillière du

s'occupe un livre

fort contre –

du ro les avec littéà la

évoque du romantisme s'est

Chateaubriand et à l'histoire

attaché

psychologie aristocratique, neau, Fourier,

romantisme

prolétarien, Stendhal. dans le

économique Karl Marx, un petit

ethnique, chez Gobietc. Il nous

aujourd'hui, présente et substantiel (1), Arthur comme

volume

élégant

Schopenhauer, le dit Nietzsche,

du romantisme, philosophe « le bienheureux Arthur, devenu un des grands saints

». de la religion romantique en 1870 au public Révélée français

par

Challemel-

(1)

Colleelîorî

des

grands

écrivains

étrangers.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

en 1874 par Th. Ribot analysée qui reste le meilleur des guides, la philosophie de Schopenhauer aux caprices de la mode. Sans parler des trasurvit Lacour, ductions, ses la publication en Allemagne, dans paraît-il, à plus de 3oo.ooo exemplaires. le lisent avec passion on le cite des un sur augmentées de manuscrits inédits, Les rare œuvres, récemment se sont par vendues,

des éditions

populaires, russes étudiants pour un métadu boulevard. a suscités qu'il de ces récentes

et, fortune les commentaires volume Ruyssen France.

physicien, La bibliographie remplirait études, due

théâtres

tout

l'une

à M. Th. paru en à mettre

plète qui ait tout appliqué la philosophie

est la plus com(i), M. Ruyssen s'est suren relief les rares mérites de M. Seillière, esprit frappé et de

de Schopenhauer.

a été plutôt pondéré, judicieux, pénétrant, de la vie, du caractère par les côtés défectueux l'oeuvre. qui Il est de ceux, au mot si nous ne nous souscriraient de Gœthe « J'appelle

trompons, ro-

» ce qui est malsain. mantique M. Seillière voit à juste titre en Schopenhauer et l'initiateur de la quatrième génération prophète romantique Nietzsche, Hartmann, mans, vrier (1860-1890), Tolstoï, dont Renan s'inspirent Wagner l'intermédiaire par

le

et de

Brunetière, Sully-Prudhommc, d'Annunzio et bien d'autres. de la Révolution dès française, qu'il s'éveille

Huysle 22 féà la vie

Né à la veille 1788,

Schopenhauer,

(1) Les Grands 1911.

Philosophes,

publié

par M.Piat.

– F.Alcan.

LE

PHILOSOPHE

DU

ROMANTISME

intellectuelle, Il est faire brisant qui règne appelé, scandale la

du romantisme. respire l'atmosphère la remarque de M. Ruyssen, selon dans l'histoire de la philosophie tradition intellectualiste philosophie depuis Mais et grecque Descartes, la dans déjà rationaliste et dans et qui la

à en

dans

la se

philosophie perpétue, allemande premier en

moderne se

renouvelant, Hegel.

philosophie

avec

sophie dit M. Seillière, tion génie patiente

philosophe de la Nature la il

romantique, (1797), méthode

le Schelling, dans sa Philocomme à l'observadu de le

substitue, intuitive

I!énigme données quelques de la nature. d'après ques, lequel

prétend du monde sommaires M.

pénétrer et déduire une cite ces

l'effort par a posteriori théorie M. complète

Et

Seillière de

Lévy

Bruhl,

le succès

anti-intellectualistes, à leurs l'essence

qui promettent immédiat avec cences d'une

philosophies mystià Plotin et qui remontent le contact intime et adeptes des êtres, vient des réminis-

ancestrale. sauvagerie et intuition. il y a intuition Mais ou celle de M. Bergson Schopenhauer des sauvages. Nous à celle guère d'ailleuvs et nous rieurs, à tenir constatons celle de pour infaillible que les intuitions

L'intuition ne ressemble nous refusons du

de

l'intuition

génie, supéqui nie

des esprits exempls, qui lui guère. source

l'évolution, un pouvoir naissance aussi bien

Schopenhauer, par et celle de M. Bergson ne concordent créateur, être une intuitive peut que d'erreur. chez Schopenhauer,

attribue La conde vérité

L'intuition,

est

née

de son

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

tempérament et frémissante années

d'artiste, ». Son de

« de sa sensibilité contenu

vulnérable de ses ex-

est la résultante

de voyage,

ses observations durant

et de son

de ses lectures, périence précoce, d'Université. C'est aux religions, naire sacrés lement du moyen

ses études

si négligées d'ordiet dédaignées des philosophes, c'est aux livres et bouddhiste, de l'Inde brahmanique nouveldécouverts, aux Évangiles, au christianisme par par l'orSpi-

à Platon, de l'Asie âge, disciple à Kant, fils spirituel de l'Orient phisme, aux naturalistes et physiologistes noza, Lamarck, mande tion Cabanis, le secret de Bichat,

français,

« Ainsi du problème humaine. beau des brouillards qu'un paysage qui se dégage du matin le Monde comme », son grand ouvrage, et comme a surgi de cet envolonté représentation, semble si disparate, non par lente élaboration, nation intuitive. Il l'a vingt-six fréquentait ture. Cette lativement 1860, tionnel et il n'a à trente ans minutieuse, analyse mais par une sorte d'hallucice chef-d'œuvre, de composé, par (1814-1818), el la célèbre a été sa à Dresde où il de peingalerie suivie d'années resurvenue volume en addi-

l'énigme de la destinée

deque Schopenhauer du monde et la solu-

les artistes période stériles.

féconde Jusqu'à d'important son œuvre

mort, qu'un

publié et (i844)

Paralipomena (i85i), une atténuation parfois premier comme est ouvrage une révélation

moraliste, Parerga sont une application, qui de ses principes. Mais son intact, sans retouches, volonté

de

resté

La métaphysique

intangible. du Monde étrange

comme

LE

PHILOSOPHE

DU

ROMANTISME

et comme part vera des la

représentation admirateurs claire de

est

peu

connue

de Schopenhauer. dans interprétation

de la pluOn en troulivres de

les

M. Ribot, seulement

M. Ruysr an, de M. Seillière. Relevons traits L'ancienne essentiels. quelques phil'homme que par cela, à l'intelligence, comme si la vie ne nous comme

réduisait losophie si l'homme n'était était avons L'enfant réfléchit. nons Nous révélée que conscience désire

la pensée, tandis que nous en par nos sentiments, par nos actes. et veut avant de devenir l'être qui

à chaque nous preinstant, Chaque jour, où l'intelligence intervient des résolutions peu. avant d'avoir forte agissons pensé. Une volonté associée Bref, notre à une pauvre caractère, intelligence que nous ou inverne connais-

se trouve sement. sons que

nos faits et nos désirs, par nos impulsions, de l'intelligence, il lui est antéest distinct gestes, nous aide à comrieur et supérieur. Notre volonté la nature; une volonté se manifeste de mème prendre de poussée visous forme d'instinct dans l'animal, en tale dans l'ensemble des choses. Schopenhauer conclut mais ce n'est que bien la volonté, cette cette Chose pas la l'intelligence, et inconsciente, aveugle unique de Spinoza, raison, qui cet

constitue Absolu, naissable, hauer. Dans nous le

substance en soi, l'intuition

et que monde

inconque Kant jugeait découvrait à Schopen-

apparaît et d'individus. cherche

cette volonté phénomènes, en autant morcelée à l'infini d'espèces de ces parcelles de voOr, chacune à s'accroître, de là cette lutte

des

lonté

à durer,

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

éternelle

plus tard Darwin, que décrira la nature un champ de carnage et qui où les où les espèces individus demeurent. Tourpérissent, de désirs menté ne toujours négatifs, parce qu'ils d'une sont que la cessation .renaispeine, toujours pour fait de sants, l'homme sans poursuit est convaincu rable marck grès. rentes, monde volonté, semble de ne peut atteindre cesse. Schopenhauer de la médiocrité, humaine. il nie toute des que le bonheur dès qu'il sa jeunesse de la misère incuContrairement évolution, des se tout dates à Laprodiffé-

la

vie

l'existence

et à Darwin, Sous des l'histoire déchiré bien non ne par qu'elle

formes, fait

noms,

la lutte soit

Dans un répéter. et par la souffrance, la sans but et sans plan,

mais démoniaque. pas divine, à un degré de l'échelle des supérieur Cependant, allume un flambeau dans la volonté l'univers, êtres, Grâce à cette l'intelligence qui lui sert de guide. lumière de l'intelligence, la volonté conscience prend l'homme de génie. d'elle-mèmedans Celui-ci aperçoit la beauté des formes éternelles et comprend l'infélicité ciennes) entrevoit une en même temps qu'il vie bornée et misérable. tion de cette la morale. cevoir révélation L'artiste nous prête ses (les idées platonide la vie humaine, sorte de libéral'art et Il crée yeux pour de l'œuvre avec une Les des l'infini,

aperd'art, nouS

le monde.

La contemplation communion de l'au-delà,

une procure nous affranchit thétiques raux.

joie désintéressée, du désir égoïste. nous rapprochent ainsi

céleste, paix sentiments essentiments mo-

LE

PHILOSOPHE

DU

ROMANTISME

Schopenhauer dement de la d'identité

fait morale

de même

de tous

qui les êtres. Avec

du mysticisme le fonsur le sentiment repose Rousseau il magnifie

la compassion concilie avec sa misanthropie, qu'il en ce sens qu'en dépit de la méchanceté des hommes nous devons nous apitoyer sur leur infortune. La morale la morale du de la compassion renoncement, n'est qui dans Le que seule l'ascète, suicide de vivre. le prélude de conduit à la la volonté n'est qu'une L'homme

Dans le saint, Rédemption. finit par se nier elle-même. affirmation qui se tue reconnaît heureuse où l'homme une victoire vie tenace ne déteste de

la volonté

que les maux de la vie, l'ascète la vanité de ses joies. Il sait qu'une vie est impossible, le plus haut sommet que atteindre est une vie héroïque, puisse une où l'homme sur lui-même remporte ne fut ce irritable, héros victorieux. soupçonneux, imaginer, de son petite pour soubien-

quotidienne. pas craintif,

Schopenhauer Caractère inquiet,

au delà de ce qu'on méprisant peut cieux par-dessus tout de sa tranquillité, de sa de son indépendance, être, brouillé sons avec sa mère ami de et la avec sa sœur d'intérêt, bonne

fortune, des raides

chère,

contre toutes les cette précautions malades selon les vraisemblances, crainte l'ait empêché, la grande des avariés, d'être enrôlé dans confrérie la physique vers le sexe, de pratiquant porté écrire la métaphysique, d'en l'amour avant adepte convaincu de la polygamie, Schopenhauer, épicurien très pessimiste, est exactement le contraire d'un ascète.

prenant sans que

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

par la distinction a soin d'établir entre le génie qu'il qui ingénieuse l'ascétisme et le saint qui l'exerce. A défaut enseigne du renoncement, voire de celle de la de la morale a surtout la Schopenhauer compassion, pratiqué de la prudence, si chaudemorale qu'il nous exhorte ses Aphorismes dans ment à utiliser sur la sagesse dans la vie. Chez d'artiste, visions, ce philosophe ses traits semble un romantique morbides, personnage un le type ses qui, par sa nature ses contes

Il

se

tire

de cette

contradiction

bizarreries, des

fantastiques M. Kautsky,

d'Hoffmann, découvre

échappé écrivain achevé allemande, La

socialiste, du philistin de toutes est

de la bourgeoisie représentatif conservatrices. les bourgeoisies égalitaire, sans fin, sante, elle républicaine, foncièrement professe se rit de de distance établir Parce socialiste,

démocratie

adepte

du progrès judaïSchola nature

matérialiste, optimiste, la haine du christianisme. attendu l'égalité, entre les hommes que

penhauer met plus jamais pu institutions.

artificiellement qu'il

que n'en ont les coutumes et les

de La Rochefoucauld à la monarchie parait, sémite ginel,

de Hobbeset partage l'opinion sur la nature il incline humaine,

absolutiste.

une caricature forcené,

du progrès lui L'utopie du dogme de la vie future. Antide la Bible

il n'admet

et ne pardonne leur imperturbable, tout Il a par-dessus reur de l'anarchie, qu'un officier

que le péchéoriHébreux leur optimisme pasaux foi en une Providence terrestre. des révolutions, la ter-

l'horreur et ne

autrichien,

assez se réjouir lorspeut lors de l'émeute de 18^9 à

LE

PHILOSOPHE

DU

ROMANTISME

Francfort, souveraine épargnée, morts pour Dans mentait, tionnaire. du gnée Alliance. si sûr de »

fait

tirer

de ses fenêtres

sur

la « canaille

Il léguera aux veuves la défense

si soigneusement sa fortune, et aux orphelins des soldats de l'ordre. évolulionniste son auteur, un de Hegel ferlevain révolutout de impréla Sainte-

la philosophie en dépit de Celle de

Schopenhauer conservatisme réactionnaire Sa renommée

est

Allemagne la France mune. mains Mais

avec un orgueil qu'il attendait à se répandre lui-même a commencé en de 1848; elle a gagné les déceptions après et de la Comau lendemain de la guerre est le philosophe des lende-

Schopenhauer de révolution. comment M.

philosophie,

d'après

que cette Kautsky explique-t-il lui exclusivement réactionnaire, ait exercé et sur souffle un si grande Nul Wagner? la une inne

et philistine, bourgeoise fluence sur un Tolstoï saurait extrême contester le

de l'apostolat la pensée du qui ne s'harmonise avec son philosophe pas toujours et avec sa vie, c'est que notre idéal est la caractère plupart du temps notre a orienté lacune. philosophie notre attention Il a, dans des pages la vers sur des la vie incom-

puissant, Si l'anime.

sincérité

Schopenhauer voies nouvelles affective parables,

en attirant et inconsciente. toute posé dans de la destinée la raison nous

sa grandeur humaine,

problème monde dont fataliste ment

le tragique au sein d'un pessimisme

la contre-partie fataliste du dix-huitième

est

Son échappe. de l'optimisme siècle,

pareillela Réauquel

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

et les guerres un démenti si cruel. volution Pris comme risme, penhauer atténue timent nature à petites les amers à l'effort doses, mais constant

de l'Empire le

devaient

donner

pessimisme on doit s'en vers le

est tenir

fortifiant au que mélioScho-

mieux

lui-même sa doctrine, des échecs et humaine. et

nous sans des

recommande toutefois limites que perdre

lorsqu'il le senla

comporte

CHAPITRE

IV

LE PRAGMATISME

CONTRE

L'INTELLECTUALISME

LA

PSYCHOLOGIE

DE

WILLIAM

JA.MIÎS

De tous penseur France rience qui

les ouvrages si souvent la

de William cité, nous de en le ses 1902,

James, ne

l'éminent

que

traduction (i) parue comme

en possédions Variétés d'expéde ces de du livres Sainte-

religieuse font époque,

un

Port-Royal

pour l'intelligence profonde et de sa valeur pragmatique, religieux son action et de ses résultats. L'édition

Beuve,

sentiment de

c'est-à-dire

de sa Psychologie populaire (1892), ouconsidérable à tant de problèmes vrage qui touche ardemment et éclaire son et qui agités, prépare traduite de la œuvre a été récemment postérieure, façon la plus exacte et la Baudin et M. G. Bertier. Dans une excellente F. Alcan. plus élégante M. E. par M. E.

préface,

Baudin

expose

(1) Paris,

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

la méthode L'ancienne l'homme lui tions général, même. succédé et du des

ou plutôt psychologie

les méthodes

de William

James.

dans spiritualiste séparait le physique et le moral: elle apercevait en facultés et faisait distinctes de ces abstracsortes pour le d'entités. retrouver Elle étudiait l'homme identique qui de en à luilui l'âme a

des

partout

A l'inverse, est fondée corps elle

la psycho-physiologie sur la liaison étroite explique nerveux les qui faits les de

conscience

par les phénomènes Sans doute cette tions lent laisse

conditionnent. les soluse rouilElle nous

espérées, dans les laboratoires du moins Nous dans

n'a pas apporté discipline ses ingénieux instruments entrevoir lui devons de psychologie. la profondeur des résultats

du mystère

biologique. bles. James, traite cher, rales des

la première de la sensations, du cerveau, nerveuse,

partie vue, s'en de des est des

appréciade son livre qui l'ouïe, du tougénépuis, il jette l'activité

des fonctions de l'activité de Locke,

conditions imprégné; deux Mill,

à la suite

de Hume,

un regard extérieur sur les résultats de mentale et ne méprise pas ces descriptions que les abandonnent à la dédaigneusement physiologistes littérature. il remet en valeur et en honneur, Surtout, avec cette M. Bergson, introspection si démodée. Il nous fait descendre de la vie intérieure, de cette coulée si qui dans paraissait ces cryptes du courant siream par lui, of ce la

il se penche au bord obscure de la conscience, admirablement vie intérieure décrit le

consciousness,

à cette qui rend et la vie. couleur

mouvement,

LE

PRAGMATISME

CONTRE

L'INTELLECTUALISME

c'est d'avoir ainsi de William James, L'originalité des éclectiques, mais à l'imitation non pas mélangé, A de vastes trois méthodes indépendantes. superposé connaissances trante, scientifiques, à un don d'observation d'une noblesse à critique pénéqui a faitde luile plus familiarité persuasive, incomparables, Sa science une James psycholoune

des moralistes, exquis d'une d'une aisance, joint une

gique de l'action. sens tout

idéaliste. inspiration et se couronne s'achève Autant que

par Nietzsche,

philosophie mais dans un

du Nord, d'énergie, seigneurs qui ont de devenir psychologue William

à l'immoralisme, Américain James, opposé comme les hommes de sa race, est épris, Ceux-là sont maîtres de vie intense. et de la vie qui aiment le goût des expériences du l'apôtre de l'effort, James à courir les risques, Avant a été le

dangereuses. James pragmatisme, l'éducateur

de la volonté.

notre Moi il distingue un analyse moi physique, un moi social, un moi spirituel, une un conflit de ces différents hiérarchie, moi, mobiles sous
l'uniformité

les habitudes viennent considérable à

apparente, individuelles modeler. Il

que les circonstances et professionnelles met en relief l'importance l'avoir rattachée

et par-

de l'habitude, à après nerveux. Le grand ses éléments point est de faire de ses nerfs des alliés et non des ennemis, de rendre automatiques nombre grand à l'eau, en nous, d'actions le plus utiles, le plus possible, de se jeter d'emblée et, irrévocable. qu'une enracinée dans tant tôt

pour une initiative énergique une exception, « Ne souffrez jamais n'est pas sûrement habitude nouvelle

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

votre toires. Aux

vie » yeux

une

bataille

perdue il n'est

annule

cent

vic-

de W.

James le

pas

de

caractère

plus méprisable que de Jean-Jacques du type un flux et un reflux

contemplatif Rousseau,

sentimental, dont la vie est n'aboutissent Sans doute, à le

d'émotions

à une action concrète jamais tout en ce bas monde, idéal, réaliser, s'enveloppe de vulgarité. Mais reconnaître théâtre, stériles. qu'à musique William de détails malheur l'état nous James pur saturent

qui et virile. quand

on cherche

déplaisants, à celui qui et abstrait. d'émotions quand motrice de sortir

se masque ne peut le Romans, inertes et il voit l'émotion. concert, et se de probonne se

se désole force qu'au

cette perdre, s'évaporer Il voudrait, par exemple, le charme de la musique longe en quelque acte de céder comme ou de dire à madame de maintenir James nous en

d'un

en nous, agisse et de courtoisie à une dame une

grâce, la voiture, mables Afin l'effort,

rentrant

dans place mots aiquelques cette faculté de

notre

grand'mère. en nous vivante k nous les deux

ou ne fût-ce jour, cice salutaire qui consiste parcelle quant quelque et que, pour d'héroïsme, rions ne pas faire. Cette prime défaite d'assurance contre

engage que tous

soumettre

jours, à accomplir un acte impliinfinitésimale d'ascétisme ou cette raison, est nous une préféresorte de et de pas aurons

chaque à un exer-

habitude les heures

sombres ne nous les jours sans énergie, sans préparation, quand fortifié en nous les habitudes d'attention

d'angoisse trouveront nous

concentrée,

LE

PRAGMATISME

CONTRE

L'INTELLECTUALISME

de vouloir

petites L'attention

énergique choses. joue morale

et

de

renoncement

dans

les

le souverain

rôle James.

dans Sans

la psychoattention, la les

de W. logie et la aucun ne peut se esprit soit un don gratuit Qu'elle volonté, l'attention fait les

sainement. développer de ou une création maîtres dans tous

On n'arrive à « se posséder genres. » qu'à condition de dompter le vagabondage de l'esprit. Développer cette de l'éducation. faculté est l'idéal par excellence Il est toute Le lien lonté tion, ou fois plus aisé de la définir que de la réaliser. le plus étroit l'attention a la vorattache

W. James, atteneffort, plutôt, d'après volonté ne font qu'exprimer le même fait psynature tout état de qu'il qu'il conscience, émotion,

chique. De sa idée, intensité échec par est

impulsif, suffisante un état

pourvu ou contraire.

se présente avec une ne soit pas tenu en

Il y a des volontés préoù l'action suit trop vite l'excitacipitées,'ecc/)/os/yes, tion de l'idée, et ne laisse le pas aux idées associées et de jouer le rôle de frein. Tels d'apparaître les tempéraments mousquetaires, vif-argent, débordants de vie. Tout à l'opposé, les voloquaces, temps sont lontés souci rentrées, flegmatiques, les laissent In réflexion, le pade des conséquences, ou anémier toute ont leurs ralentir, scrupules, initiative. Ces deux sortes bons et leurs
mauvais côtés.

ralyser caractères D'autre ment

part, les volontés la voie droite, mais La santé

obstruées ne peuvent de la volonté

discernent suivre requiertà

clairela raison lafois
3

video meliora.
iiourdeau.

Phil.

affective.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

une

perception sance de l'acte W. James qui ramène d'attraction

nette à cette

du

parti

à

prendre

et

l'obéis-

combat, tous nos et de

perception. comme trop actes à un de

étroite,

la thèse mécanisme

simple plaisir

Douleur d'actes faut d'une dans

ou plaisir

répulsion, demeurent

étrangers

et de peine. à une foule

coutumiers, chercher aussi croyance,

etc. Il obsédants, automatiques, l'efficacité d'une idée, impulsive dans Yinlérêt éveille en nous, qu'elle

à conquérir, à monol'aptitude qu'elle possède l'attention. Dès lors, le problème de la vopoliser « Comment lonté se réduit à ceci à uneassurer représentation blie dans l'homme quelconque conscience? une La étaprépondérance difficulté qu'éprouve

la affolé

à écouler la voix de la par la passion raison n'est pas d'ordre il physique. Physiquement est aussi aisé d'éviter une rixe que de s'y livrer. Ce d'obtenir, qu'il s'agit tion volontaire, l'idée d'attenc'est que, par un effort d'action s'inssage et prudente talle dans la conscience et s'y fasse entendre lorsque « Halte-là celle-ci calme-toi ». L'homme crie de forte voix sur de son est la celui raison, cœur qui entend lorsqu'elle L'idée sans se détourner pose sa main

volonté cette froide effets est

moteurs

palpitant. ou elle joue le rôle incontestée

ses produit de frein dès qu'elle

la maîtresse

l'y avoir installée, Sommes-nous James cette

du champ mental. Après le difficile est de l'y maintenir. de le faire? libres Pour William question à poser du sinon est la libre arbitre est Elle d'effort

éternelle

extrêmement se ramène

simple « Quelle à ceci

à résoudre. somme

LE

PRAGMATISME

CONTRE

L'INTELLECTUALISME

attentif donné, qui, sans

que nous pouvons afin de retenir dans cela, s'échapperait, ? » Il ne dépend volonté mais une qu'une infinité d'y

exercer notre et de

à un esprit

moment une idée

pondérante de notre esprit; tention qui, sans

pas de idée dans notre pénètre d'idées doivent à l'atde s'y enraciner,

l'y rendre prénotre attention,

volontaire son secours,

séjourner, s'évanouiraient,

L'attention nous apparaît rapidement. une « variable » évoluant entre des indépendante données fixes, qui sont, dans chaque cas, nos motifs, notre caractère. Elle exige un effort. Est-il possible de doser elle cet effort? Peu que d'une seconde, Dans le flux et tique. deux systèmes peuvent conde chasser minera Tout Ce qui est d'attention l'autre. la victoire donc Un rien, ou la sa durée importe cette seconde peut reflux incertain des se faire équilibre sera assez ne être fûtcri-

disparaîtraient ainsi comme

pensées, et une sefort pour déterlutte.

décider

lequel en plus défaite

ou en moins, des idées de en

donne

suspendu à la vie

à ce dosage cette saveur

l'attention. c'est

étrange,

nous offre sans cesse le spectacle qu'elle la volonté aux prises avec le déterminisme Le petit de l'effort aurait-il phénomène de tenir en échec ce déterminisme

de tragique des choses. donc le

univerprivilège sel et de pouvoir en modifier le cours? A cette question suprême, la psychologie, W. James en convient, donne une réponse car elle est fondée négative, comme tion même toute science doit existe. faire sur la méthode du de déterminaarbitre, et elle s'il abstraction libre

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

Le

problème s'il

de C'est

la

liberté

est

du

ressort qu'il

de

la

métaphysique. de nous dire nous nous ne

sommes

à la philosophie y a des vraisemblances d'une pas dupes notre à un effort moment le seul aurait

appartient à croire que quand être plus nous

illusion, pu

que jugeons ou moindre grand l'effort considérons

donné,

quand

comme

et personnel, par quoi nous le monde à enrichir où nous W. James

apport contribuons vivons.

inemprunté à améliorer, le

a critiqué dès le début de l'unité cette philosophie fondamentale du déterminisme et spirituelles, matérielles et absolu, qui ne nous d'une chaîne qu'il sent où le libre laisse arbitre n'a

monisme, des forces universel

que percevoir sedéroulant de toute l'univers l'ensemble, des forces des

de place, et point le sourd grincement t éternité. James croit qui Il ne s'harmonidistinctes, ne s'en contient

y a dans pas avec

forces

currentes,

vibrantes

pas à l'ancien établir Il prétend

d'antagonisme. dualisme de l'esprit

et de la matière.

la pluralité, la multiplicité de ces est appelée et cette théorie selon lui à trouforces; ver toujours dans la science plus de faveur et d'appui Les conclusions même. de sa psychologie forment de départ où pluralislique, la profondeur William James qui (1). le point de son livre nous tout récent, l'Univers et de retrouverons

caractérisent

l'originalité l'œuvre entière

nous avons dû nous (1) Dans cet exposé très succinct, borner à exposer les idées de W. James, sans y joindre aucune critique. Nous recommandons, à ce dernier point de de M. Marinier dans la Revue phivue, l'élude substantielle

LE

PRAGMATISME

CONTRE

L'INTELLECTUALISME

LA

PHILOSOPHIE

DE

WILLIAM

JAMES

LE

PLURALISME

la Psychologie Après avons eu sous les yeux

de son

William livre le

James, plus lectures

nous récent,

faites à de (1), suite r Univers pluralistique en Manchester sur la situation présente College et en Ces essais ont eu, en Angleterre philosophie. Amérique, s'explique si élevé, penseur de son W. l'effort, un pas retentissement seulement considérable par le charme et si original étroitement qui si familier de l'éminent ne et

si sympathique ils se rattachent œuvre.

à l'ensemble

James, de

avons-nous l'attention, le de

dit, la

est

le

volonté

de psychologue il pose d'une

façon nouvelle l'homme maître vité. Ses

et croit du libre arbitre problème mesure de son actien une certaine lui ont religieuse d'expérience les confessions, à travers toutes de de Cette l'enthousiasme l'homme constatation et les susceptible de conditions l'a à une non conduit au

Variétés

de recueillir, permis les effets héroïques d'adoucir le coeur la vie humaine. et la mais plus

Pragmatisme nouvelle de des vérité idées, non

à l'Humanisme, cherchée les résultats et dans

vérité,

conception dans la logique d'une mais tou-

pratiques

antérieure

supérieure,

losophique de M. Ribot (1892-1893), et, dans la même revue contre-volontarisme», (août 1909), l'article de M. Sollier:«Le la thèse de W. James sur l'atoù est examinée et contredite tention et l'effort.
(1) A Pluraliste Univers, 1909.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

jours soumise fait. Dans son tion d'ensemble

à une dernier du

vérification, livre, monde et de

à une

revision concepA

de

il s'élève

à une la vie.

conclusion Et cette

métaphysique conclusion de celle que

l'expérience l'expérience

quelle conduit-elle ? en har-

est-elle

les philosophes nous proposent au nom de la logique et de la raison? Question brûlante à l'heure alors que le besoin métaactuelle, se confond avec le besoin et que physique religieux les autorités et les dogmes traditionnels sont partout ébranlés et menacent de s'écrouler. Remarquons a pour sophie d'abord point de avec James que toute philoune

monie

avec

une expérience, départ vision ils essayent personnelles. Quand d'expliquer le monde, d'en donner une vue à vol d'oiseau, les se philosophes leur disposition, servent qui ont des fragments attiré leur qu'ils attention, ont qui le goût l'aspect perpémonde des déà

leur tournure réponde11*, de la mécanique, ils verront d'une tuel. croît plantes sordre l'ordre. bas, les vaste

Ont-ils d'esprit. le monde sous

soumise au mouvement horloge Sont-ils amateurs le d'horticulture, et évolue sous cultivent. hasards, uns leurs regards Ceux-ci sont de à la frappés

façon du

qu'ils et des Les

ceux-là

autres,

n'aperçoivent que les aspects

la régularité et de de la vie que les côtés nobles. Tous invoraisontempérade Schode leurs de leur

la raison, alors que l'origine quent n'est autre nements que l'accident tel est le cas de personnel de Spencer, de Nietzsche. penhauer, fondent des sectes primesautiers ment

Carlyle, Les philosophes et des écoles,

les-

LE

PRAGMATISME

CONTRE

L'INTELLECTUALISME

quelles tique La

adoptent et le moisi lutte était

un

certain

et se font

jargon, une guerre

sentent acharnée.

la bou-

entre les dualistes et les naguère monistes Dieu et le Les dualistes (i). séparent le Créateur et la création. Dieu nous goumonde, verne à la façon d'un monarque de droit d'un divin, magistrat d'obéir de justice plein à ses commandements. montante nous Mais de l'idéal sommes l'évolution social-démotenus de

la science, la marée ébranlent le crate,

le ciel d'autorité dans principe le duacomme et prétendent sur la terre, reléguer des Deux lisme au musée antiques. spiritualiste le monisme et le plurestent en présence, systèmes ralisme. ramèles monistes ou panthéistes d'unité, Épris des phénomènes la diversité, nent toute l'opposition à un substance à une éternelle, absolue, unique, Dieu non plus extérieur au monde, lui. Dieu. mais Ils intérieur ne Les sont et pas fait corps avec qui sur la nature de ce matière, laisse James

immanent, d'accord l'appellent Idée. W. tout

cyniques Esprit, cynique, ne le sont

les idéalistes, éther; de côté le monisme que les cyniques son Il n'entretient

en reconnaissant

de coeur. jeune aupas de gaieté ditoire idéaliste, rajeuni par Hegel que du monisme et Green à Oxford avec encore il règne aujourd'hui de réde démolir, W. James entreprend Bradley. duire à l'absurde cette philosophie d'exportation

le conflit de la Ligue des monistes, com(1) En Allemagne, le Iieplermandée par M. Hseckel, et la Ligue des dualistes, b(und, a pris une acuité nouvelle.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

in Germany à l'empirisme de made lui, justifie, d'après La logique aussi nent, un d'après vers considéré Bloc en

et propose chaudement la vraie philosophie l'hypothèse bien que pluraliste. l'expérience

un anglaise

retour qui

condamde l'Unides Blocs, qui roule ni s'artoute

James, dehors sans

ce système monistique comme le plus monstrueux duquel il n'y a rien, ni se détourner, toute bannies.

éternellement rêter, initiative En ni se sont

pouvoir et d'où redresser, nécessairement

liberté, les

nous disent éternel, tant qu'absolu, ce bloc est parfait. Sa contemplation nistes, rait à Spinoza une certaine paix, un froid Mais qu'il nous avec cet est difficile de avec sympathiser, sa perfection est que hors du je l'émeus.

mo-

inspiconfort. à son morne, temps Amour,

exemple, stagnante, L'Absolu haine, étrangers. rience, heurte et

Absolu, aussi

immuable, m'émeut désirs,

puisqu'il peu

lui sont succès, défaites, aspirations, Nulle part il ne nous est révélé par l'expécherche à le concevoir se l'esprit qui contradictions en eilet, le Tout insolubles. pourrait-il monisme, à les être comme parfait le conremartous saletés, humaine les à

à des

Comment, quand traire quait crimes, toutes nous les de

nous parties la perfection

apparaissent le ? Dans

Dieu se trouve associé Bayle, à toutes les erreurs, à toutes les bêtises qui déshonorent l'espèce sommes hors d'état de comprendre ces nous formes

absolue exige perfection vie. Lorsque Hegci prétend identité des contradictoires,

la pourquoi de la hideuses safameuse à un tour

expliquer il se livre

LE

PRAGMATISME

CONTRE

L'iNTELLECTUALISME

de passe-passe. en une synthèse assure garantit

Tout,

d'après

lui,

armements supérieure les bienfaits de la paix, la contrainte des lois notre de citoyens, en un mot tout t liberté

finitpar le mal dos

seconcilier

se moquer. C'est Ce monisme à la mode s'arrange. n'est qu'une construction un simple chaartificielle, teau de cartes. Au en lieu d'une à belle unité classique, de chaque si nous nous

tenons

l'observation

n'apercevons

particulières, collection ples, une continus, raliste le modèle où des mais ressemble

monde enchevêtré qu'un de réalités distinctes, séparées, de faits sans aucune plus identité. ou

nous jour, de formes multiliés et plu-

moins

Ce monde

à une

des commencements, surgir causent des fins. Ce monde de vipluraliste rempli cissitudes nous a un auxquelles participons, qui passé, tons, intérêt Dieu qu'une commun tence ne une excite histoire, en nous, dans particulière l'Absolu. ses un avenir au
nous pour lequel rebours du monisme,

des États-Unis) initiatives font

fédérative République (sur où des libertés s'exercent,

lutun

prodigieux. lui-même, forme avec sont l'hypothèse de la Ni pluraliste, vie. Il n'a n'est rien de

attributs

difficultés l'existence

insurmontables du mal.

ni l'omnipol'infinité, il échappe par là aux aux monistes que suscite le peuple Le est d'insdu

tout d'abord Remarquez tinct polythéiste, c'est-à-dire christianisme saints,

que

populaire, est limité par le diable.

pluraliste. assisté des De

Dieu

et des anges même le Dieu de

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

David indéfini,

et

d'Isaïe il a des

est

un

Dieu locales, élu.

fini

dans des

le

cosmos

habitudes peuple pas,

attachements admettons nullement ne un

particuliers que l'Absolu que le Dieu

pour son n'existe de la

Si nous résulte de

il n'en le Dieu

Bible,

exister. Gardons-nous de puissent Dieu fini et son rival, son compétiteur, l'Absolu. Dans

l'Évangile confondre son ennemi,

la vie religieuse de l'homme Dieu ordinaire, ne représente si mêlé des choses (le pas l'ensemble ciel nous en préserve !). Il est la constatation d'une tendance science ses buts ritent. idéale surhumaine dans la réalité, nous l'intuition d'une conà collaborer à appelle les nôtres ils le méquand dont les enthousiastes sentent ce Dieu maux ce de de Dieu dire qui les la vie et pas faut être exis-

et qui Mais ce Dieu

qui favorise

la présence, le divin arme si puissamment pour sans le bien limites. de leurs John l'idée culte n'en

compagnonnage, contre les semblables, Mill a raison

n'est qu'il doit

abandonner l'objet terait, Mais Cette rieure, chez d'un Dieu laissons

si Dieu d'omnipotence, Au cas où l'Absolu religieux. que la partie l'Absolu. d'une au assistance cœur, est les si

pourrait ètre l'Absolu enterrer mystique Dieu sensible religieux,

sublime.

intuition d'un

supéfréquente d'illusion intel-

les réformateurs par

traitée

pathétique lectualistes.

les rationalistes,

ratiol'intellectualisme Que vaut nalisme de la réalité ?C'est ce pour la connaissance M. William James dans les pages de son qu'examine livre consacrées à M. Bergson.

logiciens et le

LE

PRAGMATISME

CONTRE

L'INTELLECTUALISME

M. William tion pour

incomparables sa langue si colorée, si vivante, si souple, qui moule la comme pensée un drap mouillé posé sur un beau corps de femme. Il vante la souveraine de indépendance sa pensée, anranchie lieu, du Spinozisme universitaire contre traite quelle ici que il apporte de la race, hébraïque du moment, et de la du mitradition James (i), ne à la-

la plus haute admiraprofesse sa culture les M. Bergson, scientifique, dont il dispose, moyens d'expression

James

laquelle de la méthode une avant adhésion de

il réagit. W. de M. Bergson exaltée.

L'essentiel, éprouver mesurer rité.

l'instrument

consiste philosopher, même de la connaissance, à la poursuite de satisfaire le premier pour soi dans

à à

la portée de l'esprit La gloire de Kant fut exigence, humaine à de

de la vé-

à cette raison circonscrit cercle vient gence

prouver l'incapacité d'atteindre la réalité en humain

la Kant le

jamais l'esprit de fer du relatif. Dépassant tour resserrer de se

tout

à son

M. Bergson Kant, le cercle, dénier àl'intellirendre pleinement le Les

la possibilité pure du relatif. compte constitue L'intelligence plus précieux, la vraie abstraites lui ont mais parce ces

assurément

conceptions expérience siques biologie,

supériorité qu'il tire du flux de créer les

le privilège de l'homme.

permis

de sa propre sciences phyen apte à n'est

sont conceptions que l'intellectualisme

insuffisantes

de M. Bergson le feuilleton (1) Voir sur la philosophie M. Chaumeix, dans les Débats du 14 mai 1908.

de

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

nous

procurer que des connaissances la vie même il ne peut étreindre deurs mouvantes dans le et obscures. vital, ses filets travers ainsi ainsi torrent

fixes dans

et mortes, ses profonjette passe à

L'intelligence mais l'eau

et le poisson meurt surle rivage; la fleur se dessèche dans coupée l'herbier; ne nous oû're un muséum d'histoire naturelle les mailles

Voulez-vous connaître un pays, que des squelettes. les cartes les descriptions, degéographie,Ies guides, ne vaudront les photographies les sensations jamais vives mort, nous tant voyageur. non le devenir concevons dans en du L'intelligence réel. « Nous arrière. vital, arrivons saisit vivons le en passé avant,

C'est en nous en vivant nos

le courant

précipic'est idées l'enthoula réalité.

par l'intuition, siasme que

le sentiment, nous

la sympathie, à conquérir

le mirage dissipe platonicien d'après lequel Bergson ne sont reflet des idées. Il les choses que ]c pâle conteste a la logique le droit de gouverner l'esprit, il méprise la vie intérieure son velo, il se refuse à soit la mesure adéquate que la raison ce qui peut ou ne peut pas être. rationaliste ne saurait Ainsi donc la logique reconnaître valoir nements les faits Des contre les intime. Tous l'expérience ne sauraient avoir raison du monde dans biographies mêlent et s'y les de

préraisoncontre

recueillis

superstitions s'y ou le sable à l'or pur. de même que l'argile jours, de Mycrs est persuadé W. James que les recherches sur le moi subliminal ont une valeur ouscientifique, vrent des horizons nouveaux, prouvent que les cott-

religieuses. mêleront tou-

LE

PRAGMATISME

CONTRE

L'INTELLECTUALISME

sciences éléments aussi d'illusion d'améliorer duit lent vers la

humaines d'une thèse une un

s'enveloppent, conscience plus de Fechner. créatrice Il ne de

et contiennent haute, faut ce

les

qui est pas traiter

foi

monde et

le progrès

qui la perfection,

réalités, susceptible n'est ni fatalement concomme le veu-

les optimistes, ni nécessairement voué au naules pessimistes. comme le Les prétendent frage, et de la théologie vieilles colonnes de l'autorité scomenacent ruine reste lastique l'empirisme pour la religion Ainsi une base inébranlable. cette philosophie de W. à James, et idéade aux abstrait souforet s'achève

la fois agnostique, expérimentale, dans le sens liste mélioristc, plesse mules

positiviste philosophie

en opposition et d'esprit de finesse, vides et surannées du ralionalisme

de l'idéalisme plein air, du caractère dans

de l'action, du philosophie théorique, à l'empreinte de la libre Initiative marquée yankee (i). croit à l'avenir comme d'abandonner
son nom vrai,

W. James liste Rosny pour livre

de dans

la religion ainé vient
sous

l'hypothèse la science. son

pluraM. J.-H. un

pseudonyme le

publier

Bocx-Borel, sur

exclusivement comme

scientifique de l'expression des phénomènes M. H. Poincaré, la simplicité;
par li" BuTLEn,

considéré

pluralisme la discontinuité et (2)

de l'hétérogénéité demi-siècle, la
(1) troux,

écrit aime
les ~f7!er~

nature
Voit' 1009. F.

« II y a un on déclarait que elle nous a depuis
préface de M. Bou-

(2) Paris.

Atcan,

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

donné

trop du monisme. n'a rien

de démentis. ïl ne faut Vive

Nous

assistons

à la faillite

d'unique.

plus parler le Plurivers

de l'<?r.s, qui ou le A/H/~e/'s

UN

DERNIER

MOT

SUR

LE

PRAGMATISME

William comme esprit ~'s/~e

James il convenait

est

mort de cet

en

août

i()io.

écrivain

On a parlé de cet original, et le Moc~rSi nous

rare,

qui revenons

le Pragmatisme auquel leur doivent s'y rattachent sur ce sujet, ce n'est pas américain associe aient de son reçu vivant un

fortune.

philosophe que James, qui

que les amis du de ces messages sur les des de psycommuniet les Il ne

à la Société

chologie cations vivants, faudrait soit

une enquête poursuit entre les ombres possibles avait promis croire avec d'expédier cependant que James. William il est à vrai explique

morts rive.

de l'autre le Il

pas enterré

pragmatisme existait avant éternel. Schinz e~a/?!e/! dans des et de

lui et il lui survivra C'est un droits ce que nous livre intitulé respeclifs

dire

M. Albert

.A/6f/?wc, de l'aristocratie dont

intellectuelle

d'origine, à l'Université de Bryn Mawr, en Pensylphilosophie de deux où s'épanouit vanie citoyen Républiques la démocratie, M. Schinz en professe l'horreur profonde. Il prend soin de nous en avertir dès l'abord

/a<oc/e~oc;a/e(i), W. James. Suisse

l'âpre polémique attrista M. Schinz la professe

(1) Paris,

F.

Alcan.

LE

PRAGMATISME

CONTRE

L'INTELLECTUALISME

par les Horace, et tout une a/*ceo. est

épigraphes à Voltaire, Quand la La

de

ses

à Renan populace civilisation

à chapitres, empruntés Odi pro fanum vulgus se mêle de raisonner, a maintenue contre été de tout par le temps petit va phielleaux pomé-

perdu. o?Kure aristocratique, Le grief tend qu'elle et

no~6~e. c'est

de M. Schinz à étouiîer

la démocratie, la liberté

l'élite. Elle

La démocratie

à l'encontre losophique même. Le

de la nature.

menace

par là elle tend à se décapiter du pragmatisme, crime inexpiable c'est d'être une philosophie yeux de M. Schinz, ou plutôt une méthode à qui apprend pulaire, la philosophie, ou rejette une qui adopte priser nion, duelles suivant ses ou sociales, James sa haute conséquences qui confond a mis culture toute

pratiques, la vérité et l'utilité. la séduction

opiindivi-

Si William taleut,

de son

scientifique,

sa psychologie

au service d'une sophistique dégradante, profonde d'une doctrine qui ne se soutient pas, sans qu'on toutefois douter de sa sincérité, de sa bonne puisse foi, c'est ment ne choisit que son national, pas est l'expression du tempérale reflet de l'esprit Un peuple yankee. sa conception de la vie. Elle lui est œuvre caractère et par les circonstances. du Nord est rude Mais et

imposée par Le climat inégal,

son de

l'Amérique la richesse du sol est extrême. il faut La déployer pensée vers de une

conquérir, formidables. née

une énergie, l'homme est donc

la pour activité tour-

exclusivement M. Schinz,

l'action. créateurs pas les de la civilisales

Pour tion

les vrais ne sont

américaine

Washington,

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

Lincoln, Gould, même ces

les les

Roosevelt,

mais les

bien

les Vanderbilt,

les

Carnegie, les Tweed et les de ces

voire Pierpont Morgan, Du dernier Crooker. venu de

colosses, on disait ou

d'industrie, fer, tats,

de bourse et capitaines grands le Napoléon des chemins de Harriman, mad, ivre de résulqu'il était e/e/ïc~ Aux efficace. est considéré toute orientée

au ~e/~e de /'sc~o~ en proie le travail États-Unis, improductif comme immoral. est L'intelligence vers sente tion cains les idées

sinon on se la repréqui rapportent, comme un moulin à vide. La quesqui tourne chez les AmériQue faut-il penser ? se confond avec celle-ci de la vie Que faut-il contemplative, faire ? Ils professent de la vie esthé-

le mépris tique. Allez l'utilité objective pratique. conçoivent est un

donc d'une

dire idée

à des

gens ainsi constitués que de on se saurait conclure à sa vérité identifie qui la théorie de La rien théorie à une pensée, conduite. et la ne

1 Leur Des

empirisme caractères vérités

ne doutent malléables. non

que des instrument Le vrai, c'est

d'action, l'opportun

le juste est l'opportun américain se tient L'esprit et du timisme pessimisme, par conséquent inertes. brasser, améliorer, changer, et les échecs, un monde qu'il

énigme. comme

la réponse dans notre notre

dans

à égale distance de l'opdoctrines fatalistes et à la possibilité de à travers les difficultés se irrationnel, figure lois immuables. exactement vie, elle prétend cette la

Il croit

non soumis à des pluralistique, La philosophie de James reflète conception du monde et de la

LE

PRAGMATISME

CONTRE

L'INTELLECTUALISME

justifier. losophiques

Elle

n'a pas contraires, elle de

à combattre comme n'a

des c'est

traditions le cas des

phiprag-

matiques anglais, avec l'opposition de deux ou trois de se reproduire. rémunérées que marient d'enfants. si le flot de fraiches à un public philosophes parle avec jeune et fort

classes

pas non plus intellectuelles.

à compter Au bout

les Américains cessent générations Les professions libérales sont si peu les d'Université professeurs s'ils se marient, ils procréent américaine se dépeuplerait ne lui apportait sans recrues. James s'adresse sans se soucier Kant des rien, et des fils qui d'un des ne se peu vite, cesse donc vieux Il

ou, guère, L'Union des

immigrants et frustes

de convaincus,

des paralytiques, la belle assurance qui ne doute de

Hegel. peuple

n'éprouve

la

des risques. joie de vivre que dans le plaisir Ce n'est là qu'un des aspects du pragmatisme. Exalter c'est mais il l'initiative, l'énergie, parfait; faut aux conséquences. La vie ainsi conçue songer comme tion devient site une une course concurrence effrénée au succès a pour condioù l'homme

un loup pour comme critérium

impitoyable, l'homme. Si l'on du vrai la et du

la réusprend bien, on aboutit

à la morale C'est zolini bien

de Machiavel ainsi

fin justifie

interprètent américain nous rence ciale, à l'honnêteté au lien de du

que les Italiens,les le pragmatisme. L'individualisme offre aussi ce spectacle de l'indifféà la probité politique, et de la famille, mariage commer-

les moyens. les PrezPapini,

du déve-

loppement ces sées,

et de la frivolité. Généralil'égoïsme mœurs conduiraient à la désagrégation
– Phil. afl'ective. 4

DOURDEAU.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

sociale guisé Étant chie

les

Américains

de la réalité donnée et les

pour la nature humaine,

possèdent ne pas s'en afin menait

un sens rendre d'éviter

trop

ai-

compte. l'anarde

entraves,qu'elle

à l'activité

chacun, de ses

il importe actions,

par un plinée "frein religieux. suffire. La voix elle n'est de pas

se sente responsable que l'homme discison activité soit réglée, que être frein moral, qui ne peut qu'un La morale philosophique n'est n'y saurait

la conscience la voix

de Dieu. respectées n'existe

qu'un Aussi des

fantôme, les religions Américains. eux

si

sont-elles

profondément des dogmes La difficulté écartent qu'aux ment,

les dogmes mystiques de l'immortalité, efficaces dogmes des

pas pour et n'atlachent

ils

de prix du juge-

La critique et de l'expiation. récompenses autour de la Bible ne les touche pas. Ils se rangent autour du drapeau du livre sacré comme les soldats les plus les tctes les idées dans qui éveille peut-être diverses, victoire. La crise observée de sentir Il nous l'aventure de couche à la merci imminent, financière M. Schinz, it)oy à ï<)o8, illustre à merveille de la religion. lu jadis dans transatlantique Le navire flottait Menacés telle cette que l'a mais qui sert de signe de ralliement et de

façon

et de comprendre souvient d'avoir d'un s'était d'un les bateau brisé. coup

les journaux dont l'arbre a la dérive, naufrage la journée s'agerépasteur

de mer.

d'un dans exception,

pour nouillaient

passagers se distraire, mais matin et

dausaient tous, soir, sans tandis

qu'un

LE

PRAGMATISME

~~TRE

L'INTELLECTUALISME

citait

la prière. Des vp'es d'Amérique présentaient, un aspect durant la crise, Un journal analogue. financier de Wall Street exclusivement attribuait la baisse des valeurs au déc)i-n homme transactions future. priait des relicroyances d'affaires préféreavec des gens dame matin, elle agent dans de ses avec

Il disait gieuses. qu'un rait toujours entrer en qui croient Mrs à la vie Gailord, des

Une le

change, bureaux, les sait

au milieu

grands d'édifier

banquiers une chapelle

et, employés ses voisins, en face un

de concert se

propode la Bourse, du prodiguerait victimes a relevé Quick de aux ser-

de Mammon, où temple ses consolations religieuses leurs environs vice for Ao/p~nes la porte Durant une de folles spéculations. de Wall Street ~e~,

chapelain aux femmes M. Schinz

cette prêche

inscription

&MS//ïess cfa/ya~es, des bars

qui rappelle de ce même

à l'usage des /~«Ve le Ottich à luncheon,

les paniques fièvre religieuse à de

des banques. quartier financières de i<)o6, 1007 et 1908, se manifesta par une campagne à attiraient où Philadelphie, des auditeurs nue, ni le sous l'ardeur revenus. mysticisme qui ils des par du

revivals

New-York, souvent de Wesley le fanatisme, de ces

milliers centaine soleil. Ce

meetings

de mille, jours n'était ni Les

tête

semblaient

enflammait avaient tousles tations tion,

le zèle l'intuition sentiments

prédicants de la conservation qui peuvent religieux,

improvisés sociale. Parmi manifesconsolacet

du sentiment

expliquerles le besoin de au bonheur,

de perfection, l'aspiration litarisme le plus peut sembler

uti-

vulgaire.

Le rabaisser

'AFF~" LA PHILOSOPHA '.ACTIVE

serait où

injuste.

On ne

les incroyants

saLirait~utendre disent avec dédain

dans

le

sens une

« II faut

religion « Nous réftéchi, gnes, a pas

le peuple écrivait );, où Voltaire pour à force avons affaire fripons qui ont fort peu de petites et ivroà une foule gens brutaux voleurs. d'enfer Prêchez-leur, si vous voulez, et que l'âme est dans les oreilles M Singulière prêcher ce qu'on mortelle. qu'il n'y Pour moi, damnés qui sorte Les conElle le est

je leur crierai s'ils me volent. consiste

qu'ils façon de autres, pas

sont moraliser

à vouloir

aux ne croit

d'escroquerie, Américains sentie pour d'Israël, tanisme

par une soi-même librement nation. pour

la envisagent la sauvegarde comme que le le catholicisme ce les
aussi

religion de la est les

eux

judaïsme pour

Polonais, M. Schinz

peuple le puriconstate

que sociaux tocratie

pour telle est

Anglo-Saxons. la

pensée

qu'il range intellectuelle. de sur Balzac, le retour

humaine nisme,

parmi Il cite la préface la page de Taine à la barbarie qui

observateurs grands les plus élevés dans l'arisdes de la Comédie sur le christia-

infailliblement

en marquerait jets de réforme

le déclin. dans

encore les proRappelons l'éducation que Renan populaire des

de la Commune. au lendemain esquissait a l'heure aux États-Unis, De même

présente,

des magistrats intègres intelligence, gens de haute les idées ds responsabilité, ne voient pas sans terreur avec leurs postulats de conscience morale, religieux, se dissiper droitement James a été au mise vent critique des à la portée de ce de la moderne masses. Pour malaWilliam lui le

pénétré

sentiment.

LE

PRAGMATISME

CONTRE

L'INTELLECTUALISME

pragmatisme

a pour

but

de des besoin

satisfaire hommes d'action

à la et leurs

fois

les

dispositions empiriques sitions leur religieuses; de savoir leurs actions Dans supérieure. rience religieuse merveilleuse maine,

dispoet le besoin

contrôlées

son admirable William de la

par une puissance livre Variétés d'expérévèle la James nous sur la conduite hu-

efticacité

foi

d'action invincible conla puissance qu'elle et de tous les fère aux hommes de tous les temps de la fièvre religieuse. cultes qui ont été possédés adresse à William L'amer reproche que M. Schinz James velle, c'est destinée, de nous comme donner cette apologétique nouà assurer philoet d'alà exajadis la scolastique, du peuple, comme

le respect une à la religion à supplanter les autres, destinée toutes sophie térer ainsi la notion de vérité. 11 nous reste miner jusqu'à quel point cette critique

est justifiée.

William meix nents cée

M. Chauque nous le montre dans une étude d'émi(t), a rendu a la philosophie services sa verve s'est exerJames, ainsi brillante l'inanité des d'un solutions des intellectualisme verbales et superficiel, des lugiques, des systèmes

contre

l'insuffisance raisons a /o/'<

principes

Hxes,

(1) Revue des Deux Mondes,

du 15 octobre

]MO.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

fermés

quii

l'expérience, jectif, valable

prétendent à la vérité, seulement

à l'absolu. un caractère pour Pour

Mais

il a donné sub-

à

individuel,

à confusion. qui prête le titre si noble tisme usurpe mouvement, qu'un protestant un masque philosophique. en même haute science de là gieuse mêle à travers en losophe il la possède recherche les son

les esprits M. Schinz,

particuliers, le pragma-

de philosophie; il'n'est sous qui se dissimule est un homme de relidéâme qu'une que M. Schinz n'est comme

James

temps contradictions œuvre. de son James

quête dans

la vérité, for

pas un phiDescartes sa et il dirige les yeux fixés

intérieur

ses expériences, apparente, sur cette vérité. Il découvre et il éprouve ce qu'il désire découvrir et éprouver. Le vrai, c'est, à ses yeux, ce qui satisfait ses instincts d'action et profonds d'utilité tère genèse sociale. américain. Rien Mais n'est au caracplus conforme il ne faut confondre la pas des idées et leur valeur ob-

psychologique seule,

jective. La science le caractère de pas n'établit tout être

M. Schinz

le reconnaît,

d'objectivité, philosophie une certitude pensant sincère individuel. d'apparence, de déductions

d'impersonnalité. purement

présente Il n'y

a

ayant toutes se est donc Prenez

aucune objective la même valeur pour contredisent. l'expression la philosophie Chaque d'un temla plus écrite il semble d'une pure et a dé-

philosophie pérament impersonnelle sous forme

celle

de

Spinoza,

se reflète que l'univers calme intelligence. Et pourtant

géométriques dans le miroir

M. Brochard

LE

PRAGMATISME

CONTRE

L'INTELLECTUALISME

couvert noziste

d'étroites et le

affinités monothéisme

entre juif. sa

le panthéisme n'a Spinoza L'homme est

spifait tou-

qu'incorporer

Jahvé

à l'univers. dans de

jours pragmatique est la base d'entente moins M. Schinz

veut-il

Le pragmatisme pensée. les philosophies. toutes Du entre les que l'on distingue comme celles Spidésintéresla vérité qu'elles intellecde

philosophies noza,

intellectuelles,

sont aristocratiques, parce qu'elles sées, et des philosophies qui subordonnent au sentiment et au souci des conséquences entraîner peuvent pour la foule. A vrai dire, lectualistes, aux résultats peu de philosophies, se montrent absolument de leurs doctrines et même

indifférentes

encore rapprochent a rendu de si grands ches en scientifiques pragmatisme logique Descartes ruiner, du

par là elles se du pragmatisme. Descartes qui services à la liberté des recherdétruisant cette la scolastique, sociale, ce 1 théo-

qui a été préoccupé le rationalisme, par

moyen âge, soutenait l'Église

philosophie dans sa tâche

en même la

il n'applique Pragmatiste négatif, aux problèmes En dépit pratiques. Pascal le danger, tions, signale pour nalisme édifie Son cartésien. dans les Sur Pensées les ruines une

temps de ne pas morale religieuse. pas sa méthode de ces la foi, précaudu ratio-

de la scolastique il nouvelle. apologétique le droit de la raison à

nie pragmatisme positif trancher les questions vitales. du cœur, oppose huitième la raison que son pragmatisme siècle. ne aux

les raisons II invoque connaît Rousseau pas. sensualistcs si l'établissement du dixdes

Il se demande

LA

PHILOSOPHÏE

AFFECTIVE

sciences peuple. voyard, dogmes,

et Dans son mais

des la

arts

a

contribué foi chrétien de

au du

bonheur vicaire

du sades

-P~'o/css~'oyt sentimentalisme revient

se dégage

au Christ,

de Kant, L'originalité les deux philosophies

à l'Évangile, en présence c'est de mettre intellectualiste et pragma-

Dans la /so/t infrantique. //n/'c, il fixe les limites chissables de la connaissance il tue la humaine, raison prat.ique commisération Lampe, (Lampe, n'a pas pure par sociale. Parmi oublié par la raison pure. Puis, le Henri peine la tue ému de son pour domestique, comme le raconte plaisamment c'est-à-dire la multitude qui le loisir de la raison vieux Heine et qui raison

il philosopher), et sauve ainsi pratique de W. de la d'un le

la morale

précurseurs Goethe. Observateur mais être il moral.

les

James, nature, Dieu

M. Schinz Goethe personnel monologue, mais Verbe,

a est

panthéiste, son pour Faust, l'action. tent tandis pratique, Chaque risme, pour que

a besoin Dans

célèbre

au commencement, Gœthe raille résoudre les Anglais, se moquent philosophie,

non le place les Allemands qui se tourmenles problèmes métaphysiques, avec d'eux dit leur grande et conquièrent Gœthe,

intelligence le monde. épicudiffé-

stoïcisme,

une forme etc., représente platonisme, de la vie et doit re~e/' ses co/?!p/M avec la vie. rente choisir celle à notre Il faut nature, qui convient nos qui favorise demander nous forme, avec nos meilleurs pouvons-nous dispositions instincts. entrer Nous dans nos devons cette

naturelles,

facultés;

LE

PRAGMATISME

CO~RE

L'~TEI.HECTUALISME

pouvons-nous des expériences

la

exactement? remplir sur ~ous-cs. pourrait James. servir

Il

faut

faire

de Gœthe Ce précepte à l'œuvre entière de W. L'utilitarisme tisme suasive au-dedans si la pouvait foule très de

d'épigraphe

Bentham 11 se le

n'est fonde

insuffisant. l'homme par de lui-même raisonnait

qu'un pragmasur la raison perdoit puiser Comme

raisonnement d'être si

la force 1 Comme

juste. le raisonnement

exercer

Cependant l'esprit tisme Buffon bore une

un pouvoir coercitif des sciences le progrès devait plus rendre urgente précurseurs du monde de Dans crée les même sa et

naturelles

et de

critique à la fois et

la tâche

Lamarck, conception cartésien,

plus de Darwin, anéantit

du pragmaardue. Avec s'élale ra-

qui

tionalisme ruiné nature france cette la

scolastique. marâtre ne

celui-ci avait que fécondité la infime, que pour une sorte la soufde pitié, l'illusion et

êtres

et la mort. nature avait-elle dont

Du moins, laissé la science

par aux hommes nous

l'espérance l'inanité.

révèle

cruellement

Il n'y a jamais eu de grands changements, il La lutte pour l'existence met aux n'y en aura jamais. toutes les créatures et les divise éternellement prises en oppresseurs le naufrage considérés est le ractère que résultat de et final. comme opprimés, Les hommes en les unir pour ne sauraient dans être

Tout acte humain responsables. inévitable des circonstances et du caRien fait ne nous autorise :i croire à notre

chacun. est puisse

le monde

convenance avec

philosophie

s'accorder

et que la « Voir, la vie

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

dit mon En

Guyau, œil,

c'est

regarde une effet,

peut-être 1» telle la

mourir

qu'importe, en aux n'est de admettant données

ô

soit la vraie, qu'elle de la science, n'est la solitude toire, de son muséum, nourrir de son peut

philosophie, seule conforme

Ce pas vivable. cabinet d'étude, de sa salle de telles

que dans son laboraque mari,

de dissection Père,

le savant citoyen, Ce néant trembler devoir son

pensées.

il payera son tribut aux préjugés salutaires. universel sans que son doute contemple ne tarira nullement son zèle en lui les sources les hommes, du à servir

et de l'honneur,

à alléger leurs maux. Mais, en pénétrant dans les cerveaux la demi-science populaires s'y déforme elle ne peut naque développer l'égOsme en faisant la religion comme une turel, apparaître ardeur fable, les prescriptions morales comme matérialiste nigauds. La philosophie siècle s'illustre par les hécatombes qui attrapedu dix-huitième de la Terreur, des

le Dahomey. rappellent l'ébranlement de la Révolution, Après renaît spontanément, avec siècle, dont et

tisme

le pragmaau commencement du esthétique Giraud nous le long du

dix-neuvième de

Chateaubriand, l'influence entre des

l'apologétique M. Victor

explique siècle, sent

pragmatisme oscillations plus politiques de Maine contre

la portée. Tout et philosophie ou moins et Biran, Fcucrhach,

circonstances Royer-Collard, ritualiste réagira Moleschott,

rapides, sociales. Fondée Cousin,

se produiselon les par spiVogt,

l'école

Buchner,

continuateursdeLaMcttrie

d'Holhach,

LE

PRAGMATISME

CONTRE

INTELLECTUALISME

Helvétius. dernier la société produit, hommes tions la mot

Si, écrivait du genre de des

Guizot, humain une fer mottes

le matérialisme

est le

s'écroule, herse comme

et affaibli, corrompu immense se catastrophe révolutions de terre et des brise les

des

généra-

nouvelles

Durant

surgissent la réaction qui vers
dans

dans suit science

les sillons la révolution objective du contraire en

sanglants. de 18!,8, renaissent,

les aspirations avec Tainequi, siècle, recherche nuant, d'évolution maine nan, de les attaque

la
ses

f/osopAes

d/.x-neuL'e

le avec

spiritualisme Renan,

à la libre les contidu loi

christianisme;

critiques avec relègue l'Inconnaissable. la guerre citées, sorte et

qui clarifie, allemands des qui

Spencer, la Cause

origines formule sa dans Taine dans des son

suprême

le doet Repages ~4t~o-

après si souvent biographie en quelque et Wallace, sion aux

Cependant et la Commune, Spencer

Herbert

dans

et son testament

qui sciences

philosophique, justifient tandis le pragmatisme, que Darwin ont donné une si vigoureuse impulnaturelles, conceptions James au en s'efforcent philosophiques d'endiguer qui Schiller formule en

les dangereuses découlent. Enfin Oxford, portunisme William donnent moral

Amérique, sa pragmatisme En France, des lois

à

et social.

d opM. Poincaré

le caractère relatif signale les réduit à un opportunisme son refuse à l'intelligence saisir le flot mouvant fui) ion. M. Le Roy fonde le

il scientifiques, intellectuel. M. Bergde abstraite ta capacité que nous modernisme révèle sur l'in la phi-

de la vie

L~

PHtH~SOPHfE

AFFECTIVE

losophie dogmes, et l'esprit M.

bergsonnienne. M. Boutroux

Sans ramène

se

préoccuper scientifique commune. sa se

des

l'esprit

à une inspiration religieux Schinz en terminant, exprime, l'oeuvre pour américain et La elle moins morale sociale rendre que les

parfaite

sympathie pragmatisme honnêtes prospère. sociale

malheureux, résume les

le propose hommes plus la société plus de la vie

conditions

ne peut avoir, l'ensemble, pour qu'une Le pragmatisme du chrisbase sauve religieuse. ce qui peut en être Il s'adresse, tianisme sauvé. non de l'État pas à la contrainte mais à l'attention à la réflexion, de chacun, au bienfait Les d'une consentie. et a des Églises,

librement libres, la

discipline sociétés ne sauraient extérieure capables

l'expérience intérieure être

se passer d'une autorité mesure où les hommes sont eux-mêmes. d'autre

que dans de se gou-

verner Mais,

M. Schinx du pragmapart, exige est en réalité, tisme qu'il se donne non pour cequ"il mais une une méthode se pas philosophie, pour de philosophie, une apologétique passer populaire qui repose sur avec deux erreurs l'accord de la vérité les c!S/;)/r~/o/!S Au/cs, el sociale des /(//f's. que la

sc/e~H~ inlellectuelle matistes

c~ /'e~7e Que les prag-

et la vie philosophie s'excluent l'une reconnaissent deux l'autre, qu'ils une vérité intellectuelle et une vérité movérités, rale, lesquelles condition à cette d'objections ne peuvent, seulement à
s'unir

constatent

et se Schinz

confondre: n'aura plus

M.

a opposer

James.

LE

PRAGMATISME

CONTRE

L'INTELLECTUALISME

M.

Schinz

croit

d'ailleurs

tellement

à l'avenir rique celle mant chant craintes mire ture

du pragmatisme, il ne nuise à l'avenir à et élite se nous la spéculation vigoureuse intellectuelle, ne se

qu'il redoute de la science,

à la vitalité, qu'en Améà la libre et en que

recherche, jeune toute de

désintéressée, démocratie,

suppri-

former,

ou plutôt en l'empoelle-même. Ces décapite M. Schiuz de la haute admirable adcul-

chez

W.

paraissent exagérées. la coexistence James dont témoigne son

scientifique et du chologie, riétés de

pragmatisme

c~'e.K~ert'f/ïce religieuse. même que le catholicisme intelligences, et d'une comme Jeanne

si intelligent M. Schinz

/~ydes Va-

constatera

hautes Pasteur son

des plus est le refuge d'un des plus simples, lI. Schinz une dans base une trop donne étroite, à

d'Arc.

aristocratisme

intellectuel

il le place uniquement solitaire et désolée. antisociale, quand Les minent peuples d'Europe, l'américanisme vers d'après

philosophie s'acheMais moins la re-

M. Schinz,

L'esprit aristocratique s'est toujours maintenu nous indépendant de parmi Nous avons en le bonheur de posl'esprit populaire. de 1 intelligence et de séder une double aristocralie la naissance taigne, cauld, un un fondue Saint-Simon, Montesquieu, dans un un un d'Aubigné, Retz, un La Les un MonRochefoupays

contagion doutable

est pragmatique la France. pour

démocratique. moins rapide,

angloseul seul ne possèdent saxons qu'un public, qu'un mission de favoriser un idéal art qui se donne pour il existe deux arts et deux pusocial. En France,

Buffon.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

blics, Hugo, happy

les écrivains e~.c., et les few, un

populaires, auteurs qui un

Paul ne

de Kock, s'adressent

Victor

Stendhal,

Vigny;

qu'aux et de même en

philosophie. Mais M. Schinz pensée

demeurer herméaristocratique et la presse Les livres la vulgarisent et la détique. naturent. s'attache à L'État, par son enseignement, la répandre. à l'anéantir. serre et Au lieu Pour alourdit de respecter à cet parer ses elle dogmes s'eûbrce l'Église, assaut, il travaille resl'Église à mesure le que de rendre la religion on s'achemine une vers

n'aperçoit pas ne saurait

/'aH~c

d<x/

La

s'instruit, peuple enfantine. En brisant la barbarie. sion le L'État

frein

religieux, devrait donc laisser peines va du chacun

exercer échapper

implacable,

ne des Il y

répresaucun cou-

pable, appliquer reur du bagne. l'anarchie jour. Mais atteint le

sévères, salut dans de la

la terinspirer la société, car vie de chaque d'une énervent

déterminisme

l'humanitarisme part, la justice, transforment nocentes ciété fois victimes,

populaire les chers

aristocratique de l'autre,

comprennent trop tard.

jusqu'au jour la nécessité de se défendre.

en incoupables où l'État et la Sopar-

CHAPITRE

V

LA

PSYCHOLOGIE DE

ANTI-INTELLECTUALISTE M. TH. RIBOT

LA

PSYCHOLOGIE

DES

SENTIMENTS

(l)

un sujet d'intérêt vant, plus « palpitant a, des sentiments? Chaque Est-il ou plaisir,

plus captiplus général, que celui de la psychologie nous éprouvons peine jour,

en proie à nous sommes joie ou tristesse, la à la colère ou à l'ambition l'amour, l'antipathie, du biennous animent nous ressentons bienveillance être, du malaise et du dégoût; des nous recherchons religieuses et troublent des émotions agitent

esthétiques, jouissances mille mouvements contraires sans cesse

en ralentissent le pauvre cœur humain, les battements. ou en précipitent Qui ne sait le rôle souverain rôlebicn que jouent les passions autrement considérable dans lavie humaine, que celui des idées?

des sentiments, par Th. RIBOT, de l'Ins(1) La Psychologie titut, directeur de la Revue p/osop/!t</u< Paris, F. Alcan, 1896.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

Elles tique. Les attachées

en forment

tout

l'élément

comique

et drama-

littératures, à peindre année des les vient et

dès

première les sentiments de romans sous l'étude

leur

se sont origine, et les émotions. de'pièces inimité d'asde soit à ce si leur conet

Chaque de théâtre

milliers

présentent que de leur

une

D'où pects. mécanisme fuse étude losophes, ignorants La science lorsqu'elle vation des ont cessé et si était

méthodique

peu avancée restée jusque-la

développement ? Cela tient

gens de tempérament des passions, et qui inclinent du cœur humain n'a fait est enfin tombée et dans des

cette que entre les mains des phifroid, pour la plupart à l'idéologie, de progrès que d'obserchamp qui être

le

physiologistes de considérer Car /'Ao/M/Ke

l'homme n'existe

psychologues comme un

abstrait. hommes, variables autres variations moral. Nul résultats, à appliquer l'évolution. l'Attention, n'a

différents de caractère, à l'état de révèlent

pas, il n'y a que des d'humeur et de tempérament, de l'enfance à la vieillesse, et a l'état intime de maladie du physique Ribot, et ces et du

santé

l'union

mieux

démontré

l'excellenee

que M. Th. de cette méthode la théorie ouvrages de la mémoire, fait école. Nous

à la psychologie Ses précédents les .Ma/ac//M ont

qui si féconde sur

par les consiste de

/fe/cf~€, de la Volonlé, ne croyons la

de la Personnalité,

en signalant sondernier pas exagérer comme l'essai c~o/o~t'e des se~/n<?/~s, qui ait paru, depuis l'ouvrage

livresur

le plus important de Taine sur l'Intelli-

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

gence. Assurément, définitive de tant expose difficultés, qui n'est avec une

nous de

devons

problèmes haute compétence, les

la solution ajourner mais M. Ribot les les signale d'une science il

il examine encore

M. Ribot manifestations puis tion des

qu'à ses traite d'abord les plus

hypothèses débuts. du plaisir

émotions le/no!

tendre,

générales la peur, spéciales, l'instinct sexuel, Ribot, fixées

et de la douleur, de la vie affective, la colère, etc. qui dans fait l'émo-

de M. principale la vie affective de tendances La thèse nous semble

dériver

logie sentiment grande

juste. profondément établissait une séparation trop et l'organisme. Il combat raison. M. Ribot l'erreur

l'organisme, L'ancienne psychotranchée entre le avec des de dans Bien

la supprime intellectualiste

établir la primauté qui prétendent sur les sentiments, et ne voient l'intelligence les états affectifs confuse. qu'une intelligence philosophes loin sont dehors une fant d'être secondaires, irréductibles dérivés, ces états autonomes, ils peuvent Ce n'est pas une exister idée,

affectifs en mais l'ende sa

de l'intelligence. tendance aveugle nouveau-né Même

de l'organisme qui pousse à chercher des lèvres le sein réfléchi vagues rien ne le toxiques, obéit à des désirs et

nourrice.

l'adulte

instincts est que has-

à des irraisonnés, liée à l'organisme, l'action chisch, des substances

La sensibilité mieux prouve Je l'alcool, du

de l'opium, des aphrodisiaques sur l'intensité des émotions et des passions l'intelligence n'aqu'une influence secondaire sur la faculté du d'éprouver ou de la douleur. plaisir
DOUKDEAU. –

Phil.

afi'ective.

5

LA

PHILOSOf'HtE

AFFECTIVE

Quand contestable

il s'agit du physique, la thèse n'est mais en est-il de même au moral comme mais

point pour non re-

la joie et le chagrin qui ont, plus un état de l'organisme, présentation M. Ribot ?

antécédent, une idée, une

à cela que toutes les formes de la répond sont identiques. douleur La souffrance, (ou du plaisir) un cor au pied, un furoncle, que cause par exemple, ne diu'ère que par la cause a exprimée de la sublime ses sonnets, tristesse celle son dans

que Michel-Ange de l'artiste qui L'auteur idéal. brutal

et qui Pour vous convaincre

d'atteindre désespère jamais à dessein fait ce rapprochement scandalise au premier abord. ds cette morale. similitude, Elle n'est,

observez au début,

l'évolution

de la douleur

résultat de la mémoire. L'enfant que le pur qui a avalé un remède s'en souvient. désagréable L'impression morale de ce souvenir est un écho, une copie affaiblie Sous jadis éprouvée. une forme la douleur morale plus complexe, la réflexion associée à des images de douphysique Vous nouvelle apprenez évoque la maladie, la ruine dans votre cette aussitôt de la douleur

suppose leur physique. d'un esprit Faute fants, Les ami tout

un cortège de privations et de misères. ces maux, de pouvoir se représenter les enles natures froides insensibles. y restent cas où la douleur intellectuel tourmenté assez de morale se présente sont fort rares le doute, le sous un tel est

aspect purement le métaphycisien qui ne soun're se de trouve

par ses

le croyant poète qui

pas l'insuffisance

fervent, moyens

d'expres-

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

sion; efîort

mais

là encore en

dépensé

il y a l'impression pénible une peine c'est-à-dire vain, les de douleur qui n'a nous

d'un phyest

sique. L'identité d'ailleurs

de tous révélée par

genres

le visage,

l'une pour l'angoisse pressions, le mal physique. Tout ce qui souffrance une piqûre sur l'autre: agit pareillement de morphine colore d'une teinte rosée les plus noirs entre les soucis. La seule din'érence psychologique deux douleurs, c'est que l'une est une réaction ce qui lui consciente nuisible, de l'organisme contre tout l'autre une réaction consciente. de même tandis depuis est

pas deux exl'autre morale, pour calme un genre de

in-

Et il en est

sujet mal étudié, mentsabondcnt servent,

un du plaisir. C'est toutefois les docuque sur la douleur des siècles les médecins l'ob-

et M. Ribot regrette qu'il n'y ait pas de même sinon à la guéune profession consacrée uniquement de du moins à l'analyse du plaisir, une classe rison, et privées. scrutateurs des joies publiques diplômés Malheureusement l'exiguïté que n'est plaisir peut-être vreté de la matière. moins de termes de la bibliographie de la l'expression possède les du pau-

Le langage manifester pour

beaucoup dispositions

de l'âme joyeuses ce qui prouverait infiniment moins ginez l'horrible trait en scène que Dante la somptueuse

les tourments, pour en exhaler est des volupLés que la gamme Imariche que celle des douleurs. que monotonie d'un roman qui ne metLes béatitudes n'offrent de son point Enfer.

que des gens heureux. rencontre dans sou Paradis opulence des supplices

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

Les

conditions

sont une plaisir nediffère que le plaisir la transition $e serait

physiologiques terre inconnue.

et anatomiques du Certains admettent

degré: queparle d'un coup de bâton à un léger chatouillement. et plaisir ont mêmes concoDouleur la mitances la circulation du sang, dans physiques les mouvements, respiration, exalte et que que le plaisir nomène Ici des chauts symptômes supprime, de même. mal avec la douleur cette différence

de la douleur

déprime,~phé-

que M. Feré a vérifié par le dynamomètre. et des soupirs, là des rires et des larmes et douleur ne sont d'ailleurs Plaisir que des l'anesthésie les signes scparables l'exaltation l'attention, fanatique agissent dans ses calculs, oublie son Pascal, plongé Leshystériques, pas les blessures. IcsAïssaouasJes Enfin, comme fakirs la douet des

de dent.

ne ressentent leur,

le plaisir, même a pour condition une idéal, sensation. Point de plaisir si les sons et esthétique, les couleurs ne viennent flatter nos yeux et nos oreilles. Les lés liens du plaisir leurs aspects l'autre, normal et de la douleur morbides. Où nous finit précise sont l'un, qui cher révéoù sé-

par commence

pare l'état Considérez amants
J'aime La

quelle est la ligne de la fohc? '?

le plaisir poètes

de la mélancolie,

aux

et aux

la musique, le jeu, i'amour, les livres, ennn tout. Il n'est rien ville eLIa campagne, bien, Qui ne me soiL sunvcnun ~()fH&e plaisir d'un c(XM/' mélancolique.

yu~~«'a!t

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

La douleur maine, mollemeut objet recule quel

étant meilleur l'incurable dans

inséparable

de la

condition

hu-

parti prendre que d'en tristesse? A mesure nos la chagrins, des perte deuil

caresser que leur

que profonds le ravissement nous laissent, d'amertume et de douceur.

le passé, nous cause

les regrets êtres chers attendri fait l

d'un

L'apitoiement que de noblesse, cher mon ratés, retour exagérez conduit Dès moi âme « Le tarde

mélancolique il n'a quand bonheur bien les que a venir

man(~M;Mrf/ o/'p//</) d'antre objet que notre mérite )), ainsi est l'excellence gémissent de les et ce Mais lequel

les navrés, sur

méconnus, leur elle

eux-mêmes la mélancolie,

les incompris, une dilection. au spleen

tourne

parfois qu'il se

au suicide. hausse à la passion, le nous plaisir Selon la foraffectif de l'in-

comme apparaît mule de M. Ribot, le rôle de l'idée Il existe dividu
stupéfiants.

semi-pathologique. la passion joue dans l'ordre l'ordre inteltectucL destructeurs des
che/.

fixe dans

des plaisirs

morbides le goût
rencontre

l'ivrognerie, On les toutes

des narcotiques, tous les peuples, depuis de trois-six et de le chifl'oubli puis-

dans fonnier, de son sance, ainsi

les classes

de la société, dans un verre

qui cherche une métier,

vision

de prospérité

jusqu le vide

à l'élégante

Parl'ois une un Les

cûrayfmt le plaisir est un résultat

morphinomane qui trompe de son luxe et de son ennui. de la maladie. l'aliéné félicité Dans éprouve supré'~c. en pro-

de la paralysie générale, phase de sentiment d'exubérance, phtisiques se consument

en espérances,

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

jets,

en

illusions

de

bonheur.

Il

est

des

moribonds dési-

une étrange sensation qui accusent le nom d'euphorie. gnée sous D'autres attestent plaisirs que tructrices tes vue ou du subsistent inconscientes sang, au récit l'intérêt minutieux du chez l'attrait

de bien-être

destendances tous les hommes, consciende la chasse, que de chacun la

]es

extraordinaire d'un crime.

prend La contre-partie leur du p~'szr, bizarres. tent rait tout Ceux

de la douleur, la douplaisir existe chez certains pessimistes dont est à jamais brisé redoudont l'ironie ne pourfavorable, écrasant de leur peine. poids dépendent vie, nous tempérament. devrions plutôt du Au nous le cœur

événement

le qu'aggraver et douleur Plaisir de la notre

de gémir sur lamenter Heu thiques, affection monde. ~/KO!e passent salutaire dénués de

envier les apanerveux, système les insensibles. Une attaque de goutte, une au foie changent nous du pour l'aspect Nos restent émotions subordonnées à la Si elle est perdons faible, aussi les émotions

affective. mais vite, de de la

nous

Sur peine éprouvée. mémoire affective l'éducation

l'expérience les enfants n'a point

prise. Les caractères

heureux

ont

le

don les

de
fâcheux

ressusciter
souve-

les images joyeuses nirs. Tel fut Goethe sensations vives »,

et de refouler capable comme

« d intellectualiser dit le Dorsenne

ses de

M. Bourget, il nous émeut lui-même n'est plus ému. Une question très débattue

profondéilient, entre

lorsque est

philosophes

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

celle

de l'antériorité cris pas,

de la des

douleur se

sur le plaisir. nouveau-nés; contentent

On mais

a invoque les tous ne crient nuer.

enfants

d'aucuns

d éter-

Et comment réflexe de vivre

un simple de la joie Pourquoi pourquoi demander rent au

autrement interpréter cette manifestation ? ? demandons-nous d'ailleurs, le plaisir?) selon que moralisme, vous aussi Les vous ou au

que comme sternutatoire

la douleur ? (Il serait,

enfin. logique

Ah t

de nous

pourquoi du tout au tout,

diffèréponses vous adressez psychologue. que la douleur bienfait de la que, moninous avertit objecte dont on le on vit

au théologien, Les deux premiers est une Nature, teur épreuve qu'elle

expliqueront un

de la Providence, notre être sculpte infaillible, éviter.

moral, elle Mais,

diligent, prophète de ce que nous devons

il y a des poisons psychologue, agréables et des opérations dont meurt, chirurgicales nous les douleurs et les abrutir, peuvent nous tuer. Ce sont des guides

plaisirs

parfois très dangereux « Ce qui fonde, et qui n'ont rien de providentiel. dit et le désir, ce n'est ait l'appétit pas qu'on Spinoza, chose est bonne elle mais, au contraire, jugé qu'une par l'appétit Rt cela explique pas le /o! donc à en étudier leur résignons-nous si c'est possible. afin de l'alléger, est bonne parce ne nous qu'on y tend et le désir. de le la douco~~ne~ »

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

Dans traitait rales

la

première

le plaisir et la douleur aux autres émotions, à la colère, à la peur, aux satisfactions à la sympathie, etc. Il nous reste égoïstes, à analyser ces sentiments de l'évoselon la méthode lution dont M. Ribot a su tirer un si avantageux parti. Il classe l'ordre premiers sont des l'individu. cet fant instinct qu'autour l'étude des diiïerentes où elles se émotions selon Les

du plaisir de l'existence,

de son livre, M. partie et de la douleur. Conditions

Ribot

génés'allient

chronologique sentiments sentiments C'est

produisent. qui se manifestentchezi'homme nécessaires à la conservation

de

forme défensive de d'abord la peur, de conservation l'enqui avertit déjà de lui tout est danger. Ce sentiment mois Darwin. colère, sa de qui n'est que l'instinct forme offensive. Elle se révèle après la naissance, le qua-

se produit quelques mois d'après trième Vient ensuite sous la conservation chez cune intimes de quelle l'enfant émotion des

le froncement des sourcils. Aupar ne fait mieux comprendre les rapports on sait sentiments et de l'organisme la colère agit sur les gestes, elle révèle Quand ni ce une la respiration, sur chez les animaux à quel nous point le sommes

façon

du visage, l'expression chez comme l'homme sentime.it irrités prime nous ne nous

l'intelligence. savons plus faisons. C'est

ni ce que

que nous disons folie. Mais courte

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

la colère que dans

ne

présente

vraiment Il est autrement met

le

caractère

morbide que

l'épilepsie. tue l'épileptique et que l'alcoolique chet

curieux

de remarquer

que l'hypocondriaque, jiussi dans le meurtre le ca-

de son originalité. et horrible, Fait singulier de voir dans souffrir

la colère

gnée du plaisir vaises natures,

gée une sorte évolue La colère semble pris. phose

le spectacle de fascination. Je

accompail y a, pour les maude la douleur infli-

est

s'intellectualiser M. Renan

à la menace, elle l'agression et s'abstraire dans le mémétamorJe ne /7ïcsupérieure Lranscen-

a érigé en système cette La devise de Leibniz de la colère. 7~'e/ï nous semble du toutefois mépris

prise presque à la théorie dantal Après dixième tendance, comme tendre cité

philosophique de M. Renan. la mois, un colère,

chez vers le apparaît l'enfant, l'émotion tendre. Ce n'est pas là une instinct à une fin particulière adapté L'émotion plastiaffective est de de

la peur, la colère, FatLrait sexuel. et sympathique offre un caractère limites. car sociale bas Son elle rôle est dans l'un la des vie

sans

considérable, toute Au vie plus est

fopdcments

et morale. degré, avant d'être morale, la syml'imitation moutons

Elle se traduit pathie biologique. par tendances c'est le cas des des motrices de la contagion dePanurge, de l'entraînement simultané s'y supérieur voit jusqu'aux joignent fourmis la

des bâillements, du rire, des fou'c~. A un degré la pitié. On blessés sur le

compassion, relever leurs

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

de bataille. L'émotion tendre se traduit champ par une sorte d'attraction tandis d'affinité, physique, la colère n'est la sympathie que que répulsion cherche le contact délicieuse. le monde de la main, le sourire en est de gens doivent leur Que à ce qu'ils un joli possèdent ces profonds psychologues,

l'expression succès dans sourire Les

jésuites, ont érigé le sourire en règle de leur Ordre. tendre La joie de l'émotion agit sur tout l'orgaelle humecte les yeux, augmente la sécrétion nisme, des ché glandes mammaires chez la femme.

On a cher-

de cette tendresse dans le secours l'origine que de sa mère l'enfant ou de sa reçoit qui le porte, nourrice donc un senqui lui tend le sein. Ce serait timent ego-altruiste. la bienveillance le intelligent en tout et ayant maux très l'air rénétcs On a voulu secret rafSné, de se calcul voir d'un de même égoïsme les autres dans très à soi,

qui attire donner;

dans

par ceux d'autrui. ces thèses, et n'y trouve que des conceptions systématiques, insuffisantes et étriquées de la L'existence de nature humaine. l'instinct social propres bot discute chez les animaux d'en constater permet irrésistible vers le bien chez donc les toutes hommes. les l'innéité. des autres

la pitié, nos Mais M.Ri-

L'impulsion existe aussi Samaritain foucauld. après du tendances Puis,

du bon L'exemple de La Rocheanalyses se manifestent d'excès d'activité les

l'cmotion jeu; c'est sans but

tendre, une sorte

qui se dépense forme du sentiment

précis.Le

jeu est la première

esthétique.

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

En même riosité, l'animalité L'instinct sentiments, l'individu, tous les modifications toxiques, Réduit commun reine fois des d'où

temps naîtra pour

que l'intelligence, la science. Nous dans l'humanité le

s'éveille sortons pure. fort plus non produit de

la cuici de

entrer

sexuel, destiné mais autres. de Il

d'ordinaire à la

des de

conservation,

plus qu'après

ne se l'espèce, est accompagné

chimiques, physiologiques, chez l'homme et les animaux. l'amour instinct, simple l'émotion tendre. Les avec au abeilles sont Le mari dévoré à mis de par ~J/~H~e/ de à mort, l'araignée sa sévère a su l'amour leur

profondes voire même

n'a mâles

rien de

de la une

fonction court

accomplie. d'être le risque dans la Sonate

souvent Tolstoï, Il

moitié.

admirablement physique.

cette cruauté exprimer l'étend sentiment. jusqu'au en parlant ses ~e/7?o/s, mais quelque Allié n'est tant

Il écrit d'une

quelque part dans fille Je l'aijeune envie de dire

~OH/'OM~ que ~'a~a's chose de désagréable. à 1 émotion l'amour tendre, contrarié, de toutes très autres onre les sans doute

sexuel,

quand

il

pas consolation un

déceptions qui de la, la célèbre Mais que

la plus exquise de la vie. C'est peut sa contenir force en irré-

sentiment les

lui tous sistible.

complexe, sentiments

M. Hibot a donnée le D~cw!~e et avec

cite Herbert

à ce propos Spencer.

analyse n a-t-il

qu'en ouvert

.P<MS/o/ï pages,

/)/~7osop/~ne? à l'article ~4~o~r, la vivacité, l'éclat

Voltaire,

à l'article

en quelques exprime et le cynisme qui lui

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

sont mier en

habituels, progrès passant,

toute de consiste pour du la

la

thèse

de M. Ribot.

nouvelle à se

psychologie, délivrer du romantisme une certaine

Le presoit dit t

spiritualiste, au naturalisme « Il y a tant ne sait qu'on nomme

revenir, siècle

en passé.

mesure, Voltaire, définir. On

de sortes

d'amour,

à qui s'adresser hardiment amour un

remarque le pour caprice

de

une liaison sans un attachement, jours, de sigisbées, sans estime, des simagrées une froide une fantaisie un goût suivi habitude, romanesque, ce nom à mille chid'un ;on donne prompt dégoût mères. « Tous de avec talents velles l'amour, l'or; les autres comme l'amitié, sentiments les l'estime et de métaux viennent sont entrent qui dans celui

quelques sentiment

s'amalgament au secours, encore

les

du corps chaînes.

l'esprit

de nou-

« L'amour-propre

surtout

resserre

tous

ces liens.

de son choix, et les illusions en foule On s'applaudit de cet ouvrage, dont la nature sont les ornements a posé les fondements. auque nous avons des animaux. Mais si nous dessus tant de goûtons aussi dont plaisirs qu'ils ignorent, que de chagrins » les bêtes n'ont point l'idée Voltaire, Dans sciente tout d'un amour il v a la recherche inconet l'on sait l'interprétation idéal, que a donnée à cette poursuite amoureuse, élevé, le patronage cependant que du Génie l'élément de l'espèce. physique « Voilà, conclut ce

Schopenhauer en la plaçant Il peut arriver

sous

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

s'efface gique.

graduellement Dans l'amour

devant

l'élément et si

compagnement de d'usage institutions, d'a~ou/\ Il a été et Béatrix, de Tripoli. perd C'est toute une

mystique est organique Cet amour âge,

psycholol'acplatonique, qu'il dans les est des

le au

nier.

pauvre s'est nxé que

moyen

telles

Cours

symbolisé le comte Avec forme flamme saint

et Pétrarque, Dante par Laure Geoffroi Rudel et la comtesse Bernard et et sainte devient Thérèse, impersonnel. vers le ciel. il

concrète

s'élance pure qui Nous touchons ici à un phénomène psychologique, /'o!&s/c~o~ été des e~o~'o~s, qui n'a pas encore et sur lequel M. Ribot nous promet un proobservé, chain essai. M. Ribot plexes, aborde et et enfin t'élude des sentiments com-

sociaux

moraux,

intellectuels, psychologues cet ordre de

se plaint n'ont pas

religieux, avec raison assez

esthétiques, de ce que les d'attention extrême et les sol'esprit surtout de des à d'une

accordé collectifs,

sentiments

En revanche, les économistes importance. cialistes ont introduit dans ce domaine secte et de parti, soucieux en faveur de arguments mistes n'ont concurrence, l'école dans

vu partoutla IutLe pour humaines mutuel, limité. de

d'y recueillir leur Les système. que l'intérêt personnel la vie. n'ont que Les voulu

éconoet la de

socialistes apercevoir d'union,

idéaliste, les sociétés d'appui

au contraire,

t'instinct

de

solidarité,

des aspects qu'un de rendre compte

qui n'en est pareillement L'oeuvre sera de la science ces phénomènes on ne

tous

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

pourra chologie

songer

à fonder

scientifique comme Pour

la sociologie tant que la psydans son ne sera pas constituée

intégrité. Prenons famille. mère par

de la saillant exemple l'origine la cellule les uns, la famille a formé pour les autres, de communisme. nombre elle a été précédée L'instinct

de la cité une sorte chez

qui existe les sociétés aux coutumes des

d'animaux, antérieur sur fondées socialistes du collectivisme.

~e~a!re, dans apparaît et supérieur la jouissance

humaines familiales, biens. en faveur

comme

égoïste conclusion incline

Les

en

tirent M.

une Ribot

à la thèse

contraire,

en se plaçant

au simple

de vue point psychologique. Nous regrettons que le manque che de donner tance, le rire, sublime. ques tuels. mais en sur de uncidée

d'espace

nousempêde sur du

non plus seulementdel'imporde certains l'agrément chapitres ses pages du beau, toutefois théorie des sur sur l'humour, arrêter le sentiment

M. Ribot,

signalant l'évolution devons à sa

Nous instants

nous

sentiments

quelintellec-

M. Ribot la primauté aux guère

de y met en relief sa thèse fondamentale du sentiment sur l'intelligence. Il ne croit de M. Fouillée, sens qu'elles ou du moins à la des

idées-forces il les interprète en ce qu'en tant

longue hommes,

jugés. des dans théorie

qu'elles Le fanatisme vœux

qu'elles flattent politique

parient leurs intérèts

n'agissent aux passions et leurs

et religieux et cachés,

préa sa racine la

donne

pressants une issue.

auxquels

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

rapports sont sentiment sur les

Les

épaules soit rien que le paralytique mène où il veut. Cela démontre cation d'éclairer il est aussi essentiel et

de l'intelligence réciproques ceux du paralytique clairvoyant du robuste Il ne aveugle. éclairé,

et

du

porté sert de

qu'en de dresser

si l'aveugle le matière d'édula volonté que

l'intelligence de beaucoup est la tâche malaisée.

ce dressage de l'aveugle la plus laborieuse et la plus

COMMENT

LES

PASSIONS

FI~ISSE~T

Avant

d'observer

comment

rendons-nous mencent. Essai rement Le mot sur

de compte C'est le sujet du

passions la façon dont livre Ce titre de M.

les

unissent, elles Th. comRibot,

les passions (i). suranné et semble n'est passion plus vous le chercheriez de Bain et de

a un air volontaid'un en demi-siècle. psychologie à travers les vous n'y

retarder de mode

savante

vainement William

ouvrages rencontrerez

James,

e/a~s ~ec~s, <?7?!0~'o/:s, que les termes uo/o~c. M. Ribot contre cette élimination et réagit nous explique, avec sa maîtrise habituelle, que les sout et et une chose, une autre, ne qu'on les confondre.
1907.

émotions

que saurait

les par

passions

en

sont les

conséquent

identifier

(L) Paris,

F.

Atcan,

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

Les inscrits

sources

des

passions

sont

dans

nos

instincts,

principe tinct exécute mêmes,

dans l'organisme de toute action des une actes

Force aveugle, par l'hérédité. l'insdans le monde animal,

par

les toujours automatiques, intéune stimulation impulsion, involontaire, interviennent, sans quele jugement avoir la sans même que la conde l'espèce.

rieure, spontanée, ni l'imagination notion servation Les du but

poursuivi, de l'individu

qui n'est autre et la conservation

au-dessous de la conscience, agissent dans les laboratoires du moi SMMphysiologiques de ces besoins, de ces appétits, de Au-dessus /7HM/. et subconscientes, ces tendances obscures se maniinstincts festent des désirs, des à travers des émotions répulsions, qui le champ lumineux de la conest un dont la

apparaissent science, choc,

bientôt. L'émotion pour en disparaître une -rupture une réaction d'équilibre, nous de soit prend l'instinct social durée. comme au dépourvu, (peur, et

soudaineté
vient

ég'oïste (pitié,

soit tion pare

de l'instinct est sans de nous fixée,

tendresse). La passion, au contraire, une émotion prolongée, intellectualisée,

qui nous colère, joie), Mais l'émos'emisolée,

obstinée,

stabilisée,

et le jugement, s'ajoutent l'imagination r< qu'un autant de l'instinct animal tourne-broche, la grande de Strasbourg (Voltaire). horloge nous servir d'une

à laquelle et qui dUTère de Pour

disons de Kant, que comparaison « l'émotion la pasest une eau qui rompt sa digue de plus en plus profonsion, un torrent qui creuse dément à la passion, son lit ». L'émotion s'oppose comme, en pathologie, l'état aigu à l'état chronique

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

la première une maladie viciée nelleest Entraîné ou

est

une

ivresse

de l'âme, d'un poison

qui absorbé.

passagère résulte d'une L'inclination

la seconde, constitution passion-

si forte

conque, rieur. Passive, meure à l'état Cette sion les

domine tous les autres motifs, qu'elle lui vers un objet ou une action malgré quell'homme semble victime d'un démon intésouffrante, de servitude. si nette discerner les entre les sensitifs l'émotion et la pastels humiliée, sa volonté de-

distinction de

permet

émotifs instables

intellectuels, que des

déséquilibrés,

Alfieri, sionnés bition. l'émotion

Berlioz, Poë, Byron, Edgar tels que le génie Bonaparte, La passion se doit assimiler fixée, unifiée. passion naître

purs pasmême de l'amà l'idée fixe, à

une Pourquoi éprouve-t-on autre? Telle semble passion d'un événement circonstances, nous

plutôt qu'une du hasard des En réalité, notre à la seuls sont

futile.

caractère, prédestinés par notre y étions notre une inclination humeur, tempérament, à l'activité, à l'énergie joie ou à la tristesse, les les natures apathiques, contemplatives affranchis

de cejoug. Les passions sont doue innées; il n'y a en elles d'artificiel que leur forme, qui obéit à la coutume, à l'imitation, à la mode. C'ea!. de ooscure notre de notre notre tempérament, de notre être, de la partie la plus de

moi physiologique, sans qu'on les losu6~'wma/, que surgissent, puisse caliser exactement dans l'organisme, les passions de du vin, de l'amour, la table, du jeu, cet orgueil de
BOURDEAU. –

infrastructure

soubassement, de notre

Phit.

affective.

6

LA

PHtf.OSOPHtK

AFFECTIVE

domination, que quées, de puissance, chercheurs, teurs,

cet

entraînement désigne s'empare

vers sous

les aventures le nom

ris-

Nietzsche et qui

de volonté divers des

à des degrés inventeurs, écrivains,

collectionneurs, apôtres,

spéculaartistes, dont en

missionnaires,

etc. politiques, Ces passions elles elles émanent, une

se classent mais leur

les instincts d'après évolution détermine

croissante. Le goût de l'alcool, complexité se transforme, de l'éther, de l'opium par exemple, au seuil de la au rêve, et nous conduit en aspiration passion au génie par une afimité se complique une attirance mécanique, chimique, dans l'amour teninfinité d'autres d'une sentiments, et qui dresse, contraires, bien décrit, l'amour dans chez vanité, l'amour George etc. voire de sentiments l'amour si haine, mépris, et chez Musset, Sand par L'amour haine érotique. de l'espèce la victime l'amour et l'instinct offensée. mystique, de Dans les élés'effacent esthétique. de l'espèce, L'amour, qui débute asservit l'homme

en psychologie les experts en conflit l'instinct jette l'individu, l'amour ments qui platonique, physiques, en est dans

purement surtout

instinctifs,

graduellement. C'est en amour les émotifs-impulsifs miers ne font que seconds, flambent Ariane larmes. semblables jour a expié et

de distinguer qu'il importe Les predes vrais passionnés. les tirer ici et là un feu d'artifice a des hauts fourneaux, Didon, le fument plus deuil d'une et les et

nuit cette

plus méprise

d'une

dans

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

semble Le coup de foudre lente et insidieuse l'action D'après convulsé M. de Th. Ribot, il

contredire des marque grandes

la théorie passions.

de

Il que plutôt l'âme y est n'éclate que dans un ciel d'orage, lorsque et le trouble d'une par l'ébranlement prédisposée antérieure. C'est le cas de Mlle de Lespinasse, passion l'amour et, selon la fiction, de Roméo et de Werlher. de puissance se rapportent les passions sous forme de symle désir de conquête, expansives, ou de destruction, de haine et de vengeance. pathie Ce ~ont là des passions que l'on un verselles. D'autres Telle les dire peut caractère uniplus qui se A la volonté

l'épanouissement sa naissance.

particulier. traduit sous d'ascétisme, teur. comme gaires, foules. Il faut gorie des durables. remplacer des types mais sion La

présentent est la passion diverses formes de politique

religieuse, de mysticisme, doit être

d'apostolat, passion

fanatisme

persécuclassée, grédes

la passion religieuse, parmi les passions et appartient en partie a la psychologie la passion dans ives

ranger

passions Elle répond la religion pleins

esthétique moins intellectuelles, au besoin nous un

la catéet plus et tend à devons

d'idéal lui

défaillante un Ruskin,

Huysmans, elle glisse aisément dans la pathologie. La pasde ia science, la recherche et tenace patiente par le sens peut être le chasseur. de assimilée De à la poursuite du gi-

de relief,

de la vérité bier dans

simples,

petites passions, petites sont celles de l'avare, du

collectionneur.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

Une ceptible plaisir pétuelle,

émotion de qui

répétée, en

passée

en habitude,

est

sus-

dégénérer se transforme

ou encore

ainsi le goût du passion de fête peren inquiétude de l'honneur. le sentiment la généaà assister d'exal-

la nature, avoir esquissé l'origine, Après nous fait M. Th. Ribot logie des passions, à des alternatives Elles obéissent leur agonie. tation ment mesure et de de dépression, le Temps Chaque et finissent l'épuisement nous touche âge a ses l'habitude, que

par l'émousseet le dégoût, à de son doigt fatal passions l'enfant homme prol'ambition de

et mystérieux. à ia est porté digue dévore l'avarice Une passion étudié paye l'homme

gourmandise à l'amour un fait, tandis

le jeune lourd tribut; que les joies

austères

consolent

le vieillard.

ou cède à la se substitue à une autre, passion si bien C'est lecas des conversions contraire. par William James. certaines En proie à des penchants ne âmes douloureuses jusqu'au jour le subconscient fait forme en paix où, (le

contradictoires, peuvent

après moi subliminal), la tendance triomphante sous ordinaire tion dans la conscience obsédante lui-même. l'amour Mme de un Ou humain Sévigné, homme encore nouveau surgit,

ce déchirement supporter dans une sorte d'incubation

irrupd'idée avec de écrivait ses

il y a simple à l'amour divin. aime Dieu

transposition Racine, il aimait

comme

maîtresses. Les cide et, conduisent passions elles triomphent de qu'en dise La parfois l'instinct à la folie, la au suide conservation passion

quoi

Rochefoucauld,

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

peut contempler se précipitent

Remarquons, bon trop psychologue

le patriote l'amant, la mort fixement avec joie dans son sein fidèle. en terminant, est que M. Th. Ribot pour au croire que passion Il n'est rien que le la

céder à la raison, puisse jugement. de plus dangereux, disons de plus absurde, rationaliste et intellectualiste, si préjugé en France mine d'après rendre constaté raison depuis le dix-huitième notre siècle, officielle, pédagogie d'éclairer les hommes Le vieux

répandu et, qui dopréjugé pour Nicole pas les l'a la

aujourd'hui

il suffit lequel maîtres d'eux-mêmes. avant Herbert

Spencer

« Ce n'est ce sont pour

qui se sert des passions, de la raison, qui se servent fins. » Aussi toute éducation tuelle, une une la purement, éducation passion rationaliste

les passions arriver à leurs

intellecpurement est-elle nécessairement seulement mais arracher seulement

dépravée. du cœur de

Non

l'homme,

les entreprises la plus difest de toutes régler ficile. On ne peut combattre les passions que par de l'habitude, d'autres passions, par par la force un long et obstiné bonne d'une dressage, par l'amour de rougir (le soi-même, ct,c. renommée, par la crainte Les elles passions peuvent vivant éternellement écrit les Diderot, sont
régneronL

s'éteindre dans

dans l'espèce

l'individu; humaine. la toujours de l'inspasà toutes les mais par Les

« L'instinct, terre, tincL, sions, car et les dans

passions
passions

gouvernera la production
toujours.

leur

essence, non leur

sont par

les mômes leur nature, Des

et diu'èrent époques, leur et complexité

degré.

Robcspicrres,

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

des

Bonapartes tières de village, seuls têtes mal vient les arts ont et manqué massacrer le

dorment auxquels pour de~ qui

au ignorés l'occasion faire millions tomber

fond et des

des le

cime-

pouvoir milliers de 'Tout le monde tous le

d'hommes. dans ont

et tout

bien des

du conflit et tous

s'accomplit elles passions Elles humaine,

inventé

de l'histoire monotone, gent. humain, La

les plaisirs, et de la vie seules fut

constituent aussi

le drame agité que chan-

car guerre

parce qu'elle les autres. Grâce à la raison, vert leurs de des moins moyens instincts déprédateurs c'est est le

les ~b/v~M des passions autrefois la passion du genre toutes de satisfaire permettait les hommes ont décou-

se battre,

Calomnier qu'assassiner maines, coin les

presque exploiter

de satisfaire sanguinaires ils se comptent au lieu du droit de suù'rage. principe aussi sûr et moins dangereux la naïveté, que détrousser en un mot, de la crédulité le voyageur plus intelligents, du rusé, Achille huau

rapporte plus du bois. Devenus, s'inspirent

civilisés

prudent Ulysse, plutôt que c'est surtout par là que les mœurs En dépit de cet adoucissement, hommes, variété de qui naissent les unes ruineront systèmes fois qu'on matière, toujours qu'au

l'exemple du bouillant

du et

s'adoucissent. les passions autres dans des une

des

prodigieuse, tous les beaux chaque E'. cette « reste aussi

à jamais de paix tentera

les espérances et d'harmonie mettre en

sociales, pratique. l'homme, certes,

de les

le petit dieu de la môme premier jour

de la terre, trempe, et,

curieux

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

PROBLÈMES

DE

PSYCHOLOGIE

AFFECTIVE

(l)

M. Th.

Ribot

a réuni

sous

ce titre

de courts

essais

à sa psychologie des sentiments, qui se rattachent et qui en complètent essentiels. certains points L'essai le plus important de ce livre, la Consc~ce accentue encore, affective, tion contre des méthodes nalistes Ceux phie avons rieures ments comme en psychologie. qui les professent siècle c'est-à-dire de s'il possible, intellectualistes est la réacet ratio-

se rattachent ils

du dix-huitième

à la philosola conidentifient nous intéélé-

science,

la connaissance nos Ils

de nous-mêmes, et l'intelligence.

que vague modifications retiennent dernière, les et dans comme les

de cette représentatifs seules d'être dignes pas des éléments ils considèrent les

idées, ne se la vie quan-

examinés, affectifs passions

préoccupent humaine,

tité négligeable M. Ribot, notre vie intellectuelle, nos asD'après sociations d'idées se développent sur le fond perpétuellement mouvant de la vie affective, de la sensibilité générale, qui sensations agréables tions ou des intellectuelle de l'autre, Tandis bien des par s'exprime ou désagréables, vie affective Indépendantes désirs, des des attracet la vie l'une

La répulsions. sont complètement

qu'elles s'influencent intellectuelle que la conscience F. Alcan, li'09.

réciproquement. est claire,

la

(1) Pans,

LA

PHILOSOPHIE

AFFHCriVE

conscience tons très cédés masque que par subliminal, il exprime plutôt difficile

affective que nous de nous

est ne en

et nous trouble, la connaissons rendre

la

constaest

il nous

intellectuels. son accident dans action

L'affectif mystérieuse il plonge ses

compte par des proest couvert d'un n'est racines consciente dans le moi

de l'inconscient profondeurs les modifications de nos perceptibles vie végétative. donc saisir la conscience malaisé,

les

or-

de notre intérieurs, ganes Comment pouvons-nous affective car nous nous les nos à l'état sensations

Rien ne semble pur? s'intellectualisent de les confondre cependant conscience

plus

sommes en

tentés

d'ordinaire, avec l'idée l'enfant affective Des

et.

avons.

premiers vide presque de plaisir viennent ils sont rien cure

Imaginez mois sa de tout

que durant est états

contenu

intellectuel.

et de joie, de tristesse et de peine ne nous etc. l'odorat, pas du dehors, par l'ouïe, et ne nous apprennent internes, organiques, extérieur. tel est Tel est l'état riant que prole bien-être On

du monde le haschisch, des

encorcl'eM/)/ïo~'c,

étrange

éprouve tion de certaines à des des accès

phtisiques des tristesses

et de sans

certains cause,

mourants. durant sont Des de

l'incubasujettes peurs, nous,

maladies
mélancolie

les femmes périodique.

de

excitations

indéterminées

moment où elles jusqu'au tation où elles se mentale,

s'emparent à une s'attachent déchargent

représensur un objet lassitude où nous

Citons encore les impressions de précis. non motivée, ou de contentement physique plongent
certaines

journées.

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

Ainsi, tive ment

loin

d'être

se révèle comme

affecla conscience chimère, dans la vie ordinaire, non pas seuleune et tranmanifestation particulière une comme d'être un facteur et toujours agissant qui adre-

mais sitoire, d'une manière existe

juvant flète les variations samment enveloppe fuse. Prise affective tielles, gréable.

permanente, de tout par elle-même, indépendamment intellectuel. Cette conscience organique de par la le sensibilité flux du une modifiée nos

générale

incesgénérale travail vital. Elle atmosphère la conscience dif-

pensées et

comme

isolément paraît

dans

son

fond,

réductible

à deux

le plaisir et la douleur, Mais ce ne sont là que aversions, qui

essenpropriétés et le désal'agréable des de faits signes accroissement ou changedes états et il y a

désirs, plus complexes, diminution d'activité, ments biologiques De même que non encore nous

de dépendent très peu connus. d'énumérer d'états

venons

affectifs

de démontrer des sous états

accompagnés par là leur du

intellectuels, de même

autonomie, absolument dans Durant anesthésié,sans

intellectuels

l'influence

chloroforme,

indépendants, les cas d'hypune opération, souffrance, Aux heures conindiffé-

notisme,

de somnambulisme.

le patient, partiellement cause tranquillement de contemplation, la vie centrée, rente, de affective

avec

son

médecin.

méditation, est à peine

d'attention sentie,

automatique. La différence de nature, entre le plète et tranchée,

M. Ribot, si comd'après moi affectif et le moi in-

LA

PIIILOSOPHIE

AFFECTIVE

tellectuel, d'ailleurs

entre

contradictions quer qui pullulent vie privée M. Ribot fait et dans la vie publique. allusion aux cas si nombreux où l'individu possédé ou violente par une affection profonde paraît agir en contradiction dans prêt avec sa propre raison cas les passions les à tous de l'amour, sacrifices, de l'amour

peu certaines

les penséeset clairs et peu

les sentiments exacts) permet

(termes d'explidans< la

si fréma-

quent ternel,

des enfants, etc. l'ingratitude réflexion condamnent ces contradictions

malgré l'égoïsme, et la Le sens commun au nom de

la logique, sans de l'erreur coms'apercevoir qu'ils mettent en traduisant l'affectif en termes intellectuels, lui est d'un en le jugeant étrangère. son. cloison absurde d'après vaudrait Autant logique qui de l'odeur parler et l'intelpour une

Cette

étanche

entre moyen

la sensibilité de conservation

est ligence la sensibilité,

dans son domaine, intangible à l'abri de tous les assauts, de tous les arguments de la logique et de la raison. Bien qu'irréductibles l'une a l'autre, la vie afFective ment, ces et la vie et l'on influences, intellectuelle pourrait suivant s'influencent classer réciproqueles caractères d'après

un puissant qui reste

est maîque la sensibilité tresse de l'intelligence ou qu'elle a peu de prise sur l'homme elle et que celle-ci domine dans les sentiments ou suivant que l'une et l'autre plus faibles, se t'ont équilibre des à divers Ces dilférences degrés. elles varient avec est souveraine durant

dépendent tempéraments, La conscience affective l'âge.

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

l'enfance, subsiste foules femmes suré elle

elle à l'état est

se

prolonge brut chez

dans les plus

la jeunesse incultes et dans chez puissante est son empire

elle les les as-

d'ordinaire les les

que chez sur les nerveux,

hommes impulsifs,

Certains guent table,

les poètes, mystiques, émotivité raffinée, par leur ils vivent de la vie à une aussi l'attention le génie compte culture,

les déséquilibrés. se distinles artistes capricieuse, ce pour insmotif, de

affective névrose. ses

on a assimilé la sensibilité Avec l'expérience, penchants de pose duelle, manière faire la

Le domaine

surhommes. réfléchie et surtout les im-

l'intelligence elle affectifs, meilleures

parvient nous

à modérer nous

conditions sociale,

et propose d'existence elle nous

indivi-

d'adaptation la plus désirs, le la

nos

la enseigne et opportune de satiscxpédicntc d'arriver à nos fins. En ce sens la le bouillant Elle Achille, est la et l'intellumière qui n'est de la qui nous

sensibilité ligence, éclaire meuvent immatérielle, Tout travail

représente

prudent Ulysse. route aux forces et nous poussent. aux étrangère

intérieures Elle-mômc forces

pas nature.

cérébral

combien gie, mais tions et des passions selon la comparaison bustion Sans gence, notre mauvais, d'une nier lampe l'action, lui

d'éners'opère par une dépense des émoplus faible que celle La différence est aussi grande, de M. Ribot, d'une et celle l'extrême attribue
penchants

qu'entre fournaise. utilité de

la

com-

l'intellisur ou h

M Bibot conduite

moins

d'efficacité
innés,

qu'aux c'est-à-dire

bons contraires

conformes

ou

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

notre

de la société où nous exigences vivons. Sans partager le scepticisme radical de Bayle la morale ne fait rien, tant qu'elle.n'a d'après lequel sont et seules pas le tempérament pour complice milieu, aux faciles à réprimer ne contemple pas des livres contemporains versité nous passions sans sourire les médiocres, JM. Ribot rangée d'UniLa à la trop longue où tant de docteurs règles celle nos de leur de Kant,

philosophie l'enseignement raissent une

les inculkent la plus austère, officiel transposition l'on pures

morale. préside

mœurs

bizarre

politiques pade son impératif de question la prapour d'éducation effleurées dirons que se

catégorique. De la solution l'innueuce des

que idées

donne

à cette

découlent

tique des méthodes de thérapeutique. parce quelques qu'il évite mots.

en matière opposées, M. Ribot ne les a point les digressions, nous n'en à la bataille

Lorsqu'on livre, surtout voit l'ardeur

assiste

acharnée

qui

en France,

auLour

de l'école,

paradoxal les cerveaux peuple. qu'il exposer L'éducation, infiniment poser sions. Les des Cet

des partis à s'en de nier l'influence frustes

emparer, de l'enseignement des

lorsqu'on il semblerait sur du

et matléables

enfants

a d'autant enseignement plus de force, s'exerce dans le sens des instincts naturels des idées quand plus habitudes, suffit, elle à cette complicité. grâce consiste à refréner, est et des malaisée; elle à d'autres doit oppassont di-

complexe

passions

médecins

pour

maladies

nerveuses

LA

PSYCHOLOGIE

1>E

M.

TH.

RIBOT

visés férence cultés pour cent

en deux sur le

camps,

suivant

mentales. beaucoup deviennent

tempérament La foi en

qu'ils agissent affectif ou sur la médecine ceux

de préles fa-

la foi en la religion de véritables parfois d'un

remplace qui l'exerde de article

directeurs

conscience la Revue

sa confiance en (2) exprime la méthode intellectuelle de la Psychothérapie: mais il s'étend sur les hautes en même longuement temps chez le qualités requises la sympathie, la confiance, médecin l'affection rééducateur, sur insqu'il doit sur la sensibimêmes par un idées doclettre

( i). L'auteur hebdomadaire

intéressant

ce qui revient à agir pirer au malade, lité plus sur Les que l'intelligence. dans les mêmes termes, exprimées teur morte. Que M. faut-il entendre enfin, du indifférent, antipathique,

resteraient

Ribot,

exposés Une idée, d'action, transforme Or,

par ces idées-forces, dans des par M. Fouillée devenir pour doit éveiller un en un sentiment un un désir,

point terme pages

de vue et système

de

stimulant, une

éloquentes ? un mobile qui la

émotion

supérieur. généralement est sans lien

c'est

répandu que avec les sentiments gers nique.

préjugé métaphysique la conscience affective

à la sensation, Comment,

ils semblent étransupérieurs sans connexion avec la vie orgaa-t-on le plaisir du dit, comparer

Science ef (1) Voir dans le livre du docteur Fiessinger, sur la Psychologie du catholicisme, le chapitre Spiritualisme,
1907.

(2) 14 janvier.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

fromage d'Hamlet ture

et de ? Mais

la

bière la seule

avec

le plaisir d'une lecture différence est dans la naà tantôt agissant et internes, tanimages. si elle reste est pure, Si n'a sans fréun

de l'excitation, psychologique la manière des sensations externes tôt à la manière ne tombe des pas dans

l'idée

des représentations, sur un sol favorable, si elle

pas de résonance influence sur son quent simple Soit,

l'organisme, vitale activité qu'une le

ce qui conception

il n'y a plus état intellectuel. dit M. Ribot,

sentiment

en un et croyance pouvoir supérieur dont il dépend forces de la nature, animaux, géSi cette conception nies, Dieu idéal et transcendant. ne produit tive (joie, férence timent justice festations d'autres, aucune amour, réaction peur, dans la conscience affec-

religieux, à l'homme

la

confiance,etc.),c'est l'indifDe même et la négation athée. pour un sentel que l'idée d'un d'une inmoral, bienfait, il donne à des manilieu, chez la plupart, physiologiques « leur rien pas une visibles cœur est et tangibles. Chez sec ). Pour Spinoza, ce pur la intellectuel conclut dans la de

la pitié n'est la réprouve. M. Ribot, série conditions senti.

idée-force et

L'expérience n'autorisent donc des

logique, hiatus aucun ni état

ascendante

organiques, de

sentiments, un dans

l'absence réellement

Et la conclusion vicié ladie voir par le préjugé et

M. Ribot. intellectualiste

c'est

qu'il faut être ou par la ma-

métaphysique que sentir

de

l'unité

absolue sont

connaître

pour ne pas deux manifesta-

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

tions

totalement dès

difl'érentes leur origine, il faut

et et

indépendantes

l'une

de l'autre, dans

la vie affective, thode intellectuelle. Comme métaphysique de M. Ribot tellectualistes, son. Mais le

que pour pénétrer de la més'affranchir

très remarque et de morale, contre

justement à lire ce et les entendre

la Revue

de

les catégories on croirait parfois

réquisitoire formules in-

il y a entre eux de grandes aussi d'autres analogies que peut-être de démêler. nous efforcer

M. Berget différences, nous devons

L'ILLUSION

AFFECTIVE

la psychologie de M. Th. Ribot est fondée sur la primauté de la vie affective, de la vie séparée s'influencent bien qu'elles intellectuelle, réciproquement. M. Ribot est aux antipodes des intellectualistes qui, qui par dans l'âme humaine, que l'homme suffit qu'il le transformer, si elles résonance n'oublient que les passions, uniquement le répour estiment les idées, voire se gouverne de l'instruire alors

Toute

former, d'influence si elles sont non

ont

que une

tombent dans

que les idées n'ont sur un sol favorable,

pas

seulement

un mot passion quelles

l'intelligence meuvent. Il est méthodes

si elles l'organisme, mais senties. En comprises mais le sentiment, la éclaire, besoin matière de remarquer d'éducation,

à peine en opposées

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

de direction

résultent

de la divergence

de ces thèses

en psychologie. et de morale La Revue de métaphysique (i) remarde M. Ribot qu'à lire le réquisitoire quait à ce propos et les formules les catégories contre intellectualistes, on croirait entendre de il y a entre eux pour M. Bergson duquel réalité, on ne M. Bergson. Mais, différences. grandes l'affectif remonte ajoutait-elle, Tandis que est l'irréductible, au delà de la l'exelle-

pression même l'aboutissant tionnement M. est

le type même point, il n'est pour M. Ribot qu'une résultante, de la sensibilité qui est générale, d'actions d'ailleurs si vitales obscur. dont Tandis

le foncque

en nous-mêmes nous invite à rentrer Bergson voit dans l'intuition un connaître, pour nous qu'il à tout autre, M. Rimode de connaissance supérieur « Condu fameux bot faitle procès adage socratique » La connaissance nais-toi toi-même. de nous-mêmes n'est pas seulement, car d'après il y a en nous lui, une difficile, vie en de elle est imqui (2). de son

possible,

souterraine totalité nous-mêmes

n'apparaît qu'en passant C'est à cette connaissance que livre, Par celles M. Th. Ribot consacre

et jamais illusoire le dernier

chapitre

Problèmes Illusions qui

de psychologie

affectives, se rapportent à l'observation à la validité nous, du

affective. Ribot M. Th.

entend de

intérieure

nous-mêmes, portons sur

nous jugement que à ce témoignage de la conscience

(1) Novembre de (2) Revue

1909. métaphysique et de morale, supplément, p. 3.

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

que la psychologie Elles se distinguent choses du dehors,

d'autrefois de sur la ces

indiscutable. jugeait autres illusions sur sur le monde

les en

société,

général, donl le sujet et qui ont fait l'objet Citons Nous ment quelques

est pour ainsi dire sans limites, de tant de livres (1). d'illusions affectives. exemples

croyons d'amour

l'éloignement,
en nous sans

un sentiéprouver pour telle personne ou d'amitié à toute épreuve l'absence, d'une la nécessité rupture qui s'opère nous en démontre déchirement la Ou bien tombée pour notre et inversement nous dans perune indifférence pour la elle nous telle autre

réelle sonne proche paraît nous l'aimer fonde. Les auteur. chez bien rent

fragilité. semble de

l'oubli,

affection voici

desséchée nous et

que apercevons sa perte nous causera

qu'en nous n'avons une

retrouvant cessé de proun

douleur

femmes Mais les femmes encore que

s'imaginent qu'elles Joubert remarque que est une autre forme aimer le

admirent l'admiration

de l'amour.

Ou

se figurent sa renommée et elles elles.

l'homme

et n'adopeut qui qui

rejaillir touchent se félicite

sur

11 y a des c'est à l'esthétique d'être

prestige illusions le cas

en qui affectives de l'artiste

de n'être du public, ignoré few et qui par là se console que des happy morales nous Les illusions portent dépit. ou pires comme meilleurs considérer que sommes nous nous sur-estimons ou nous

compris de son à nous nous ne

nous

sous-

(1) Voir James
bourdeau.

Sully, – Phil.

les Illusions,
affective.

Paris, F. Alcan.
7

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

estimons. la rancune

On croit subsiste

avoir au

les offenses, pardonné du cœur. fond Illusions

mais reli-

se dit athée et il est tout Lucrèce pénétré gieuses d'une* alors de religiosité, que la pratique piété tout à fait étrangère reste au senet puérile égoïste timent ment erreur Ou du divin. Illusions de permanence: en serments les passions un sentiéternels, de l'amour, les pour de vie,

passager

trop encore nous

s'exprime dans fréquente

voyages, fascinés

un engouement éprouvons un changement un art, une localité,

sera dupar l'illusion que cet engouement ou auto-suggestion rable. Illusions par suggestion de la mode, nous à des jeux, esclaves participons nous assomment. La à des qui au fond plaisirs liste est loin d'être épuisée. des états Il y a en nous des latentes, dispositions au caractère individuel un ton stables qui donnent une marque On est peureux, affectif spéciale. propre, irascible, aimable, maussade, pacifique, ou sitions bonnes ces ambitieux, orgueilleux, aux porté à l'humilité, mauvaises. Celui qui hardi,

dispomanifeste

évidentes à tous, de bonne souvent, dispositions de se les attribuer. De même que les pasfoi, refuse les tendances ont une grande influence sur la sions, des illusions. genèse ne La conscience sentiment subconscients somnambulisme, conscients, prise. sur affectif connaître le peut donc jamais dans sa toi alité. Elle a des facteurs

dans le (qui se révèlent intégralement le sommeil ind'autres, hypnotique), lesquels l'introspection n'a pas de

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

est maintenant Quelle de ce moi subliminal, feste envoie à nous dans

la valeur qui

de ce subconscient, ne se maniqu'il

d'ordinaire

que par les messages claire la conscience ce qu'il il est la

intermittents

il représente les autres, de notre

les uns, ? D'après en nous d'après y a de meilleur médiocrité même, l'expression les miraculeuses, guérisons les inspirations du génie; l'enreligieuses, aspirations avec des puissances tracent Ils nous qui nous

nature

inférieure.

les Myers lui attribue de l'au-delà, révélations James, les hautes plus le contact

thousiasme, dépassent. A l'opposé, subliminal

d'autres le portrait

psychologues le moins flatté.

du moi disent

que le subconscient est s tu pide, sans cri tique, extrêmede moralité dénué ment crédule, que son mécanisme est et à la raison, soustrait à l'intelligence mental, celui logie vrai, l'œuvre de la brute. de l'Inconscient dans le génie Dans
son

Introduction M. Bazaillas Rousseau, mais

(1), d'un

à la psychoil est démêle, par exemple, centre des

du moi

subliminal

ce moi,

est essentielleet des tendances affectives, appétits de l'intelliréductible l'action ment fruste, ignore si immédiate ne connaît que la jouissance gence, l'on veut se rendre les observe foules. Comment ne saurait concilier y avoir des opinions un type unique Paris, si divergentes? de subconscient. Il compte mouvements de son dynamisme, aveugles, impulsifs qu'on des

(1) Musique et Inconscience,

F. A)can,J908.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

Le moi défauts L'intuition

subliminal inégalement du génie

participe répartis n'a rien

aux

avantages entre les commun

et

aux

hommes. avec celle

de

de la bêtise. Ces représentations, M. Ribot, de ces illusions, si comme les sont-

appelle elles favorables

les Sur cette question, sont partagées en deux grands celui opinions partis, des erreurs utiles et celui des vérités souveraines, Nul avec exprimé dans ses Dialogues nous dissimule n'a plus de véhémence la thèse exclusive l'accordant, inexorable que Leodes biencléMais Les mort est

qualités ou nuisibles?

différentes,

pardi faits de l'illusion. mente

En nous son

la nature cruauté. ce voile. amène La de la vérité la

et la science déchirent l'intelligence illusions s'évanouissent. Leur perte de l'âme misérable des choses et le et détachement funeste: une de tout. la connaissance source

réalité d'ini-

devient

d'indifférence, des loue et

de déshonnêteté quité et de bassesse, de perversité des mœurs. Leopardi ces opinions et des actes vertueuses En à des l'autre. adapter bon vues qui, «bien que fausses,

actions exalte

et

engendrent

des

nobles, fortes, pensées magnanimes, ». et utiles au bien public M. Hibot ne se range observateur, point aussi catégoriques dans un sens ou dans de nous empêche nuisible. Mais illusions,

L'illusion,

nous lorsqu'elle à la réalité, est ordinairement

nous révèlel'utili l'expérience nous l'explique. et la réflexion Tout mouvoir individu son combat, bien-être.

té de certaines

sa vie, propour conserver L'instrument de ce sentiment

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

et rudimentaire, c'est général l'es^ l'amour-propre, time de soi-même à l'extrême. Rien n'est poussée tandis les humplus avantageux pour la lutte, que restent un état dans d'infériorité bles, les timides M. Ribot considère marquée. consolatrices comme utiles heur Herbert Spencer, de les détruire de même à la les croyances morale et au bontestament, juge on quand même de

dans

son

chez les autres, coupable ne les partage Il en est de pas soi-même. la confiance illusoire en la médecine et trop souvent les médecins la foi en qui, pour beaucoup, remplace une un douceur, grande charme de l'amour? Taine plus grand que le mirage a dépeint les conséquences la considérables, pour civilisation et la liberté du dogme de humaines, une plus l'immortalité pour les de l'âme. mccauisles, des plus De même n'est qu'un favorables le libre vain arbitre qui, est une Que dans Or, est un Providence. Est-il

hypothèse n'a-t-on

songe, a la morale.

fait pour la gloire, la survie la mémoire des hommes et le lointain les favorisés au fond n'en

posthume (les âges

temple M. Ribot, dans sance arrivés unies nante. rôle

la gloire pourront jouir se dresse un tombeau. duquel illusions bonne dans la vie humaine,

Supprimez l'histoire d'action.

ces et une

dit t

part de ce qu'il y a de grand On ne peut nier leur puisdisparaît. Les peuples civilisés ne sont pas sont idées en et notre suivant les routes raisonsur le de la raison attention

au point où ils de la logique des M. G. Soiel

a attiré

qu'ont si favorables

joué les mythes, à l'action.

ces créations

spontanées

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

Enfin sion

M. Ribot

cite

une

dernière étudiée

forme par M.

de

l'illude

affective sous

Gaultier,

spécialement le titre un

Jules

M. de Gaultier rysme. des sous le patronage autres sent de se concevoir à se tôme Mme modeler sur

de Bovapou surprenant met son étude psychologique ils ne ceshéros de Flaubert qu'ils sont et ils cherchent sur ce fan-

d'eux-mêmes,

ce personnage créé par

idéal, leur

agit des ratés, artiste,

voit en elle une héroïne Bovary Frédéric en conséquence. Moreau, se découvre historien, amant, Le les vocations homme

imagination. de roman, ce prince variées,

et

les plus

toutes. manque renouvellement a dépeint que

bovarysme ne nous Flaubert de l'individu que morbide. L'existence sous sa forme

Et il les politique. de est un principe

nous écrit M. Ribot, phénoménale, en mouvement. Devenir une chose de la vie. forme autre dans en Or dans une l'être conscient il Le

comme apparaît est la loi autre cette faut loi se transs'imaginer

pour son ensemble illusoire

représentation vivre et progresser. un appareil est si vive autres,

sentation ser, réussir Nous à nous

est bovarysme La repréd'impulsion. tend à se réaliqu'elle ou non, sans y

faire

utilement

toujours.

ces à quel point en terminant remarquerons de M. Ribol se rapprochent conclusions par endroits, de la philosophie avec une terminologie différente, n'a le caractère Pour M. Bergson de M. Bergson. rien Mais de d'immuable. lorsque devenir Ilse M. Ribot antre que faitet instant. chaque nous de la possibilité parle corril'on esl, M. Bergson renaîtà

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

en disant on n'est gerait M. Bergson définit l'âme vie )'. L'illusion la qualifiera son l'illusion l'intelligence ne s'attache fixer le flot affective souvent est

sans cesse. pas, on devient « l'agitation de la inquiète de M. Ribot, M. Bergson D'après M. Bergdans

d'intuition.

aussi peut-être fréquente car l'intelligence que dans le sentiment, et ne peut saisir qu'à ce qui persiste, nous révèle. de vie que la sensation que les mots vérilé, net en matière de science, erreur, expriment qui

et

Disons un sens notions

enfin très

ont des

de la beaucoup plus vagues lorsqu'il s'agit de la vie; la conception de la vérité dans pratique en ligne et les effets entrent vitale, les conséquences de compte. Sauf des ces divergences, aussi opposés, esprits n'est-il pas curieux de voir M. Ribot,

et sioiogiste, se rencontrer contre nous

M. Bergson, idéaliste dans ce même courant radical, un si clair

positiviste, phyet psychologue, de réaction M. Chaumeix (i), intelsi intolérant à laisser qui lui

l'intellectualisme a donné récemment

dont

exposé

lectualisme

si peu intelligent, si étroit, à admettre, se refuse à comprendre, lorsqu'il vivre les manifestations de l'âme humaine sont contraires.

(1) Revue

hebdomadaire,

du

1er janvier

1910.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

LES

SYMPATHIES

IMPARFAITES

Jamais

on n'a

autant

écrit ples, autant les dit aujourd'hui, la solidarité nécessaire entre et jamais ne fut plus agité par l'hoshommes, temps les tilité et les haines entre les classes, les partis, s'étale sur les monunations. Le mot fraternité ments et guerre retentissent la civile est dans les cœurs. Les et viode polémiques acerbes

de paix parlé de livres sur l'union,

entre

peuon ou comme

les

journaux lentes. On envie

garde de donner d'en

l'impression des coups

la crainte la

recevoir.

tout le [monde a que et n'est retenu que par à confondre Toujours prêts avec la réalité des de nous entre selon annoncer

des raisonnements logique ne cessent les rationalistes faits, les moyens de communication et multiples, travaillent rapides que tente et de l'accord dans M. de Bonald, n'est le meilleur

les hommes, de l'endisait

le sens Mais, les

l'humanité. d'unir moyen On s'entend

hommes

à distance, pas de les rapprocher ensemble de trop on se heurte trop près. A vivre les meilleurs amis se froissent et risétroitement, quent corde, Darwin de mais se brouiller. la nature qu'en L'homme veut cela la la poursuit discorde. la Kant conet mé-

estiment

nature,

à la fois

phistophélique l'espèce travaillent par

de vise au progrès et providentielle, la lutte de tous contre tous. Les hommes sans doute à atlénuer les formes de cette

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

lutte nuisible.

tenter Dans

de

supprimer l'histoire et

la

serait la société,

aussi

vain l'antipathie

que

joue un rôle non moins utile que la sympathie. Tandis une littérature que la sympathie compte l'étude de l'antipathie ces'est trouvée débordante, pendant négligée le sujet qui traite chologie précurseurs Baldwin, rait-ce tous de affective sont à Sophie M. Th. Ribot, par les psychologues. de psydans son livre Problèmes ses à quel (i), constate point clairsemés, ils se réduisent à

que ? Aux

et quelques Seautres. Bryant, entre offre un sujet l'antipathie ingrat les du naturaliste manifestations yeux plus opposées La présentent remarque de soucieux ils ne pourtant s'adresserait un

la vie les intérêt aux

même plutôt

général.

trayantes. rien donné dans quelle propre. lequel

moralistes, Sur l'antipathie,

aipeintures nous ont encore impertinent avec dévoile, de l'amoursignaler exquises génial. Dans sur des le

au petit d'analogue La Rochefoucauld les ruses ne trouverions et les

livre nous détours à

sagacité Nous

guère

l'antipathie de Essctis milieu le

que quelques pages Ch. Lamh, l'humoriste plus modeste Lamb mena et le plus

mesquinement et la la vie la plus honnête bourgeois. sombre plus pure, traversée par un drame d'Eschyle, en et sanglant; sa bonté transforma ses malheurs et en sympathie, à l'ombre d'attachements grâce fidèles que lui valut F. Alcan,
de Louis

un 1D09.

cœur

pour

l'amitié

(2).

Il

(1) Paris,
(2) Préface

Dépret

à

sa

traduction

des

Essais

de Lamb,

1830.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

était appelle,

sujet, par

néanmoins, un

à de

pathies Ce n'est aériennes l'on peut

euphémisme ». imparfaites « qu'en guère de l'abstraction», s'harmoniser n'éprouver et

antipathies ses charmant, sur dit les

vives

qu'il « syméchasses que toutes

montant nous sympathiser

Lamb, avec

de répugnance pour rien et pour à lui, lié à la terre, enchaîné au Quant personne. théâtre de son activité, il avoue qu'il ressent jusqu'à choses, un excès duelles chant férences pelle tout maladif de ou l'espèce les différences humaine. nationales Tout est pour faisceau tout ne et indivilui de penprés'ap-

Il n'est répulsion. qu'un et de dégoûts, esclave de et de sous antipathie. même: «. des astres de son contenir ses On

ce qui

sympathie le monde né

individu, la nature

Il peut tellement voisin,

aimer peut tel y avoir contraires à

individuelle les

ne peut sphère s'est rencontré croit qui, vant, de leur avec aisément ne s'étant

tous antipodes de ces une dès

les

que la même » Lamb deux. moraux, deux et il

avec

à l'aventure

vues jamais se battirent ensemble rencontre.

seule le

personnes fois auparainstant

premier

première une aveugle la h^ine, un donner curieuse

jusqu'à c.ite la d'assassiner ne put

naît ainsi L'anlipalhie elle peut s'exalter spontanéité; sans aucun Lamb grief apparent. histoire d'un roi Espagnol qui Ferdinand d'Espagne, de son acte tenta et

certain d'autre

raison

antipathie narque d'Oscar

conçue ,pour qu'il avait le vit. Dans un conte fois qu'il la première un esthète devient le meurtrier Wilde, invétérée

qu'une ce mo-

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

en lui le sens de la beauté, qui choque « parce ». Ch. Lamb les os trop épais avait qu'elle les subtiles raisons il démêle lesquelles pour envers des sympathies n'éprouve que imparfaites et les nègres, les Écossais, les juifs, les quakers d'une femme « ces images reconnaissant assurément, fantaisies, d'heure Une fournirait l'antipathie. de Dieu leurs tant taillées mérites. il est dans La l'ébène faute en », tout est en à lui, de d'humeurs, qui de d'une de de tandis lisez changent Ch. étude connaître ce reflux le que les pages Lamb sur les qui flux de

« sophistiqué sympathies, de ces

d'exigeantes » en heure. exacte les analyse

pages

éléments premiers Si vous êtes curieux

les lois, le développement origines, nous de nos semblables, éloigne de la sympathie nous y ramène, M. Ribot. L'antipathie à tout calcul, ou fausses, b ses éléments organique, un jouent soin tains commun de est à toute nous une aversion

naturelle, dont

étrangère justes Ramenée est y

logique, les

les raisons,

échappent inférieurs

à nous-mêmes.

physiologique rôle. Il semble grand avertir que nous sont cette

elle plus simples, la vue et l'odorat la nature substances, Le et d'une »

de nous aliments

que certaines nuisibles.

prenne cerlangage olfactive chose

rappelle

lorsque l'antipathie, est écœurante, qu'elle ne me revient Toute haine ou pas, moins différence, au

genèse nous ou de

visuelle disons quelqu'un le sentir. Stendhal, entre

« Sa

tête

je ne puis observe antipathie

engendre les hommes

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

comme différentes; conspects

entre

les bêtes antipathie des actifs, les lents des pour laids etc.

de même espèce des irréfléchis des (en solides, nerveux terme des les à d'argot

ou d'espèces les cirpour mouvements populaire des mal les éléhommes de leurs

pour rapides les moules) conformés gants des

souffreteux, les et des Vous

chétifs, vigoureux, les pour

gauches,

avantageux, tel homme deux

à l'égard

comprendrez en de tel autre

la défaveur regardant le rôle dans son être

portraits. Il est à peine

besoin

de

rappeler

la sympathie et l'antipathie que jouent sions de l'amour. tout On aime avec pourquoi aimer? Un certains traits Gœthe, aime-t-on son mots, suscitent dans de la la et

capital les pasmais

ne peut-on pourquoi pas la manière de prononcer voix, couleur passion des ou mille yeux, petits lui font obstacle.

l'amour les Affinités électives, compare aux combinaisons ou aux répulsions des corps de la mad autres veulent des influences chimie; y voir gnétiques. Il peut exister des attraits le cas de passion même et est des assez

fréquent thies de caractères,

les amants éperdue, tances sidérales. L'antipathie de conservation, en a la stabilité, Chez flexion, foudre les

si bien qu'aussitôt après se sentent séparés par de avec

antipal'étreinte des dis-

se rapproche organique se confond peut-être la rapidité, la sûreté.

l'instinct lui, elle

adultes,

l'antipathie ». C'est une

de susceptibles pourtant « coup se produit par sorte de divination soudaine

réde et

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

confuse, brusque M. Ribot, vement certaines inconnues, pour dans dont la

qui déroute et émotive. définissent et une

le Les

une rationalisme, frères Goncourt,

intuition cités par mou-

l'antipathie seconde vue ». soudaines, présence fois,

« un premier M. Ribot explique

aversions en première par tiroirs une

à l'égard

desquelles par une .^orte du moi

de personnes on se trouve de mémoire (enfouie de gens

affective, les nous

ressemblance

oubliée subliminal)

secrets jadis

éprouvé quelque dommage; ou bien par cette subite sommes pensée que nous en présence de masques, et qu'il est prudent de se tenir en garde. D'autres fois, une connaissance plus intime lités dissipe d'humeur. « Le dans les illusions, Elles mariage un sermon sont suscite les incompatibientre mari », dit Les qui se et

aurions

femme. sillon

fréquentes a ses antipathies de les carême. gens aux

Mas-

tendances trouvent, moraux oppo-

antagonistes

selon ou immoraux sées Les

séparent de l'expression les uns une

Lamb, des

autres

antipodes, les attitudes

impliquent

simples gens les esprits sérieux, tieux en horreur les plaisantins, de naître calembredaines. des rivalités n'aime féroces

un blâme critique, ne peuvent souffrir

réciproque. les préten-

ou gourmés, ont graves les diseurs de bons mots, des sur artistes fait fondées

L'irritabilité

La Fontaine, point Musset Voilai re, Ingres daigne Hugo, apostrophe devant les tableaux de Delacroix, des eux cligne Félicien David se bouche les oreilles aux opéras d'Auber, le seul nom de Hegel met Schopenhauer

Lamartine

l'antipathie. Mérimée dé-

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

hors

se Porl-Royal les apôtres de Montaigne, ensemble très bon ménage. lui, Il existe mille, de enfin clan, des de nations par

de

devant signe eux-mêmes

les ne

Essais pas fa-

font

antipathies de caste, et de

collectives classes, non la les son de plus tradition,

de

cénacle, innées, les Il y a si

de d'églises, mais acquises mœurs, des et qui

races

l'éducation, sur Dans n'omet, entre

antipathies

rejaillissent morbides. M. Ribot

individus. énumération

clairvoyante, antipathies grade thies faut ou de

semble-t-il, les

de concurrence professions nées de à qui

différentes de

gens et les

que les de même antipade déet Les

d'amou-rpropre,

froissements, de prévenance, ou à effacer.

d'attentions, d'ordinaire faciles amitiés heures bien mêmes d'antipathie vifs et bien

manque retourner n'ont pas

leurs

ne témoignent
exclusifs.

leurs jours, pas de sentiments Toute

Il n'y a pas d'antipathie Les est liée à un caractère. plutôt reuses des enclins ne voient à la

en soi.

pessimistes Les sympathie. chez tous

antipathie sincères sont doulouque Rien ne

âmes

en effet

les hommes

de misère et de malheur. compagnons combattre cette vision peut mieux que l'antipathie de la souffrance et de la mort, [suspendues sur tout ce qui respire. Chez le misanthrope, s'émousse. Elle de à force est un de indice

se

répandre, l'antipathie du manque de plasticité de vues, jointe étroitesse tère. comme Pour de belles du un miroir

d'une certaine l'esprit, du caracà l'excitabilité intelligences, l'antipathie n'a qui pas sont de

et larges monde,

LA

PSYCHOLOGIE

DE

M.

TH.

RIBOT

raison sont qu'ils ainsi absurde

d'être.

Goethe

chacun parfaits ce qu'ils sont tout ils ne sauraient être que

remarque que tous dans leur genre, peuvent autrement. être

les hommes en et ce sens

de reprocher au crabe de ne de paradis. Mais les ailes de l'oiseau point posséder un sens à des ou moral affiné, joint esthétique en déroute. nerfs trop met ces réflexions délicats, Les femmes donner de leurs surtout une lèvres. remarque plus utile groupes, sympathie de la vie qui moi en terminant M. Ribot, des l'anun savent gneux susceptibles séduction même sont et d'antipathie au pli dédai-

Quoi de la mer

qu'étant de plus

L'antipathie, joue le rôle individus tagonisme.

le

et des La

la conservation pour elle crée l'opposition, est une imitation, affective nous et intellectuelle,

élargissement une sorte de conquête, de notre originalité, elle a quelque l'envahissement absorber Les chose d'un

de notre dépouille strictement individuel; à la suggestion, elle tend autre dans l'ensemble. panthéistes, favorisent L'antipathie, de leur l'individu, de est se un à à

d'analogue être par un à le noyer

l'individu, d'Orient,

religions les ajoutons

les philosophies égalitaircs, la servitude. l'autonomie

démocraties

la

entretiennent tyrannie, au contraire, garantit l'indépendance développer de librement

l'association, clans tous

permet les sens. Elle

de renouvellement indéfini. principe de progrès, En dernière et antipathie sont analyse, sympathie à la vie et au progrès des sociétés. indispensables L'idéal d'une république de Platon serait sans doute

L\

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

un État ments

dont variés

les membres, et

semblables

à des

instru-

leur joueraient multiples, partie comme dans un concert. faut-il dans Pourquoi que la réalité la flûle ne s'accorde le tambour pas avec tiré et que le violon soit à archet basse ? Il suffirait de viser à ce corrigée par ni en colère, qu'elle dans faite les ». la prudence, ne ni en persécution, la tolérance « d'une limites avec que la contre-

dégénère ni en et

l'antipathie, ni en haine, à ce tienne impar-

s'impose sages

mépris, se qu'elle

sympathie

CHAPITRE

VI

LA PHILOSOPHIE

INTELLECTUALISTE

DE M. FOUILLÉE

LES

IDÉES-FORCES

L'éminent au directeur

philosophe des Débals

M. Alfred la lettre son

Fouillée suivante,

a adressé que nous et dont aimables

à cause de reproduisons seulement nous retranchons à notre adresse

importance, mots quelques

« M. J. Bourdeau, en rendant des idées-forces, et ma Morale beau livre logie de M. Ribot sur

compte naguère tout récemment

de du

les Problèmes

a semblé me prèter affective, les idées-forces, une doctrine ses, sur lectualiste nullement la mienne. qui n'est soit de rétablir ma vraie permis lion qui offre, un intérêt général de l'intelligence. « Je n'ai jamais
Phil.

de psychoà deux repritout Qu'il intelme

sur une quespensée la portée pratique idée avoir
8

cru

qu'une

pût

de la

BOURDEAU.

affective.

LA PHILOSOPHIE force sans éveiller ou le tendances de volumes la vie désir,

AFFECTIVE et, avec le qui désir, des

mouvements des profondeurs Dans les deux

motrices organique publiés

surgissent et affective. sur la Psyl'unité idée, C'est pur état

que j'ai

des chologie indissoluble émotion précisément intellectuel, une ments force

idées- forces, j j'ai toujours de ces trois fonctions avec qu'une pur tendances idée n'est

soutenu mentales motrices. un

et appétition parce « un

et implique,

concept avec une des débuts

pas abstrait

a », qu'elle de sentiévocation mouvements répété qu'une ne en

sous-jacents, un sens déterminé. idée pure, remuerait selon

de j'ai

Que

de

fois

pas en refusant de séparer semble avoir devancé tisme, cains. une moi, mais Pour idée est sans

de l'expression un fétu. La théorie la théorie sur bien dans James et

Malebranche, des la idées-forces,

tomber

me pratique, des points le pragmaamériles paradoxes et les est pragmatistes, efficace pour est qu'elle relative et

M. William vraie

au contraire, ou renferme vraie, de possibilité. « Quelle doctrine des est

parce qu'elle elle est efficace des éléments

parce de vérité

maintenant

la

différence

entre de M. Ribot

la

idées-forces

et les doctrines

ou de M. Bergson sur la vie affeciive deau semble C'est m'opposer'? que éminents philosophes, il y a. semble-t-il, et, la vie si différents une cloison

que

M. Bour-

ces deux pour sur les autres étanche sentir M. Bourdeau entre et conen totale-

points, la vie affective naître résumant sont

intellectuelle comme deux dit

eux, pour leur théorie,

manifestations

PHILOSOPHIE

INTELLECTUALISTE

DE

M.

FOUILLEE

]

ment dès mène tient source

différentes l'origine, superficiel, pas aux de la vie si

l'une indépendantes bien est que la pensée surajouté, surérogatoire, intimités de souterraines jaillit

et

de un

l'autre phénone La

qui l'être.

en pleine et la luobscurité, mière de la pensée, qui la rend plus tard diaphane, ne modifie d'une seule de ses gouttes pas le cours ma part, ou n'en éclaire Pour à tort que la surface. ou admettre cette de division puis dualité absolue et originaire l'homme en deux, celte essentiel de la psychologie de la vie. Le principe je des rable dans idées-forces entre est, encore sentir, penser, les états de conscience cette des perception émotion philosophie différences un coup, l'unité vouloir et mouvoir. affective constate et des les insépaà raison, ne

Jusque plus rudidisune

mentaires, cernement vague certaine certaine

un certain

ressemblances,

On ne peut ni penser sans sengerme tir et vouloir, ni vouloir sans penser et sentir. Tout est ici artificiel dans le discernement dualisme il y dans la préférence a déjà préférence dès le début il y a déjà discernement. de la vie intellectuelle, ments sations enveloppés dans La dont vie affective elle renferme est grosse les rudiles sens'épanouir chacun beau, l'humanité. tombent du

appétition de la volonté.

de l'idée, une qui est le germe du sentiment, une qui est le germe ou impulsion motrice qui est le

la vie intellectuelle, viennent attachés

perceptives de en sentiments une amour Supprimez idée de sentiment la ces

et affectives toutes du de tous sortes,

à

famille, idées,

bien, sentiment la patrie, de les sentiments

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

avec

leur

ni raison est trop

objet d'être. clair

ils n'ont

plus

ni existence ni but. D'autre

distincte, il part, à l'état au

ni direction,

d'abstractions, fond, à l'état

demeurent que si les idées froides et mortes, c'est-à-dire, de mots de que la bouche seule seront les elles Leibnitz), la conduite. Encore à éveiller les

(le psittacisme efficace sur toujours après quent mots. un prêts les idées, but.

prononce sans force sont-ils et, mardes

mots dormantes,

idées

les impulsions On a bouleversé

auxquelles le monde

elles avec

« Regardons des sentiments triotisme, vent ? M. deviendra sous

autour séculaires l'influence

de nous

ne voyons-nous comme s'affaiblir, des idées qui les allusion.

pas le padissolQue

Bourdeau le sentiment

y fait lui-même de respect envers persuadé, que théories

chez celui qui sera bien tendues démonstratives, vol? La diffusion des

la propriété prépour des raisons le la propriété c'est malthu-

comme siennes, qui représentent une œuvre rien dans la pie, ne sont-elles pour gfcS diminution de la natalité ? Ne paralysentdésastreuse elles pas les idées qui auraient de frein aux pu servir sentiments ouvrent sions qu'elles saurait nature qui et calculs on ferment s'accumulent soient, dénier humaine, toutes égoïstes ? Les les voies aux en nous. idées, torrents tour à tour, d'impulquelles on ne de la

prétendues la stérilité voulue

Les religions,

les religions, auxquelles la connaissance psychologique ont « bons jamais admis principes nier pour la valeur », des cela et

l'efficacité « doctrines né-

des pratique vraies », sans

l'influence

PHILOSOPHIE

INTELLECTUALISTE

DE

M.

FOUILLÉE

cessaire sans est

du « cœur est

» et de aveugle à croire

la « volonté et la pensée

». Le cœur sans le cœur

la pensée

que toute philosophie la vie en deux, séparerait serait factice qui couperait du corps, de la vie le cerveau la vie intellectuelle mettrait l'instinct et le sentiment d'un côté affective, la pensée sophes ture, gré deux et l'idée voient je ne puis je ne puis ou trois dès de l'autre. Là où une certains le principe différence philode nade de denous phisont

paralytique. « Je persiste

donc

différence apercevoir qu'une voir en nous, ni en dehors distinctes, selon

facultés

l'ancienne

sentir et vouloir scolastique penser, losophie moi dès l'origine une seule et même évolution pour résultant dont les aspects de relations divers, réglée, diverses, phie des ne doivent idées-forces et » nous sauront d'écrire sujet, au gré cette nous d'avoir lettre fourni éloquente. radicale jamais être séparés.

profonde vie même. Nos

poursuit partout qui, si je ne me trompe,

La philosocette unité est la

lecteurs

à

M. Fouillée Vu

l'occasion du

l'importance notes. quelques Que faut-il de la force S'agit-il idées ou bien d'une

y ajouterons

ces

entendre

elles-mêmes vers deux son

d'agir œuvre,

que nos \ertu qu'elles sur la volonté? semble s'être estime peut

juste par sentiments

idées-forces? donnent aux par à traces

posséderaient M. Fouillée, flotté entre finalement

nous et

avoir

conceptions conde. M. Fouillée sion des sentiments

arrêté

à la se-

la vigueur que d'impulleur venir des idées, tandis

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

que cela

nous hors

inclinerions de toute de l'âme théorie

vers

l'opinion

contraire, sur l'unité

et ou nous

la dualité borner

préconçue humaine nous

à la simple observation des Notez qu'il ne s'agit vaine pas ici d'une dispute Selon la solution d'écoles. donnée au problème, des d'une considérable, conséquences pratiques, portée La doctrine opposés. domine en France des idées-forces notre enseignement public. Dans son dernier livre sur la Démocrael sociale, M. Fouillée, tout en critiquant tie politique les abus du régime dans l'idée curative. actuel, attribue aux de République une Le préjugé démocratique principes efficacité veut en découlent sur des versants

prétendons faits.

impliqués souveraine,

une puissance pareillement que l'instruction possède il suffit d'enseigner la morale éducative pour engadans une droite manière de ger les jeunes gens vivre Nous éclairer les esprits remarquer, rend surtout Les c'est améliorer les cœurs. au rebours, l'individu de que la culture habile à satisla criminalité que sens des bons les rén'a

croyons intellectuelle faire ses

tendances. à ceux de

parallèles trop sultats, pliner. caine sur Les instincts,

progrès l'instruction s'exerce elle de les est

d'action, des

lorsqu'elle passions il s'agit

populaire dans le stérile en de

amérianglaise, germanique, sur se fonde une doctrine opposée, s'appuie méthodes. Ce n'est les d'autres pas en soignant de l'arbre qu'on peut restent atteindre sans les racines. sur réside le influence

quand La pédagogie

refréner,

disci-

feuilles

de l'esprit qualités La valeur de l'homme caractère.

et du citoyen

PHILOSOPHIE

INTELLECTUALISTE

DE

M.

FOUILLÉE

moins gie

dans

les idées

de sa volonté, sur cette

d'acquérir d'années mais

et les diplômes que dans l'énerdans l'empire qu'il est susceptible une trentaine lui-même. Depuis de voir les atteint dans en France, répand couches officielles. Vous de l'éducasociale du se

façon pas

elle n'a

la trouverez tion,

exposée

la Psychologie G. Le Bon. docteur M. Fouillée nous

la Psychologie et la Défense politique

dit que les religions ont toujours cru à l'efficacité des bons des doctrines principes, « vraies ». Il oublie que ces bons d'ajouter princes vraies cipes, reur et l'amour, récompenses, Apôtres et doctrines la sanction la sont ont pour support divine des peines répétition, écoutés, à gagner suivis, la teret des

l'exemple, ne prêtres

l'habitude. obéis, La

que parce qu'ils parviennent la confiance, la sympathie, force des idées persuasive celle qui leur vient des Si le duc les écrits de lire

l'admiration, fidèles. moindre qu'inspirent se fût conamendé est son toute 18/J8,

le respect des est infiniment sentiments

que les éducateurs. tenté naturel

Bourgogne de Fénelon, eût-il d'un Le orateur 25

de

? De même

l'influence

personnelle, Lamartine discours même

incommunicable. arrêta répété

février

le drapeau rouge. par un phonographe de nier des sur un un

Croit-on eùl

que son le remporté la propadoivent, elles ne

triomphe ? Nous nous gardons de la contagion gande, pour germer, tomber s'épanouissent que sur la bonne ou la mauvaise

les effets mais

de elles

idées, sol humus

favorable

semence.

à recevoir propre Est-ce l'idée d'éga-

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

lité prète

qui

s'empara ? N'est-ce qui

de Rousseau

et le prit

comme

inter-

l'orgueil lorsqu'il trouver

pas plutôt la pauvreté, ce demi-fou exaltaient

la souffrance, plein de génie, destiné à

jeta le cri retentissant d'égalité tant d'écho dans le peuple Encore opprimé. un siècle, M. Lanson, aujourd'hui, après remarque de Rousseau, démocratie les idées sufégalitaire, écrasement universel, frage cations des partis extrêmes, la propriété, sont toujours idées mer ordre dans tresse ne sont des qui toute pas sentiments nouvelles, des minorités, revendirichesse, Mais à la guerre dominantes. elles ne font

à ces

paraissait leur colère,

qu'exprià un par la résignation assoupis immuable elles se réveillent dès que est la foule se croit maî-

du pouvoir. L'idée que la propriété une force par elle-même non, taires. si elle s'adresse

un

vol

subversive? assemblée

possède-t-elle Assurément de proprié-

à une

à des prolétaires, à satiété Exposée, répétée la même idée leur apparait comme l'éclatante justification sur n'agit Il en est de même eux que pour ce motif. de la promalthusienne dont pour des populations pagande elle reste inoffensont la seule les enfants richesse, convoitises, sive. L'antipatriotisme, des usines, déracinés si accessible trouve dans Les les aux ouvriers pays de fronde réforme ne s'élargit nous maîtres conduit et les le de leurs secrètes et

tière

un public réfractaire. du terrain qu'à gagnent cercle de ceux mot, que En un à juger

idées

mesure

des qui souffrent le spectacle de la réalité sentiments sont les

que abus.

les

PHILOSOPHIE

INTELLECTUALISTE

DE

M.

FOUILLÉE

idées

leurs

humbles ils la

servantes. aller

Les

sentiments

nous

où poussent son éclairent périls, d'autres les

veulent route,

fondrières

signalent et les précipices,

la rail'intelligence, les difficultés, les font appel à notre à l'esen à

sentiments, au souci

à notre d'une

prudence, time de elles-mêmes sions sont

circonspection, bonne renommée, elles ne

nous-mêmes; ni frein,

mais ni

ne se limitent tenues en bride

pouvoir et ne se contraignent ou en échec adverses. refuse par

possèdent Les d'arrêt. que des

passi elles de

ligues le

sentiments Enfin, lisme volonté. d'une meliora. qui

et de passions se M. Fouillée sépare Hélas

à admettre l'affectivité, pas de manière

duade la

de l'intelligence à qui n'arrive-t-il et d'agir d'une autre

manière

penser Video

A propos avons nous réplique

de

la remarquable lettre d'un reçu correspondant

de M. Fouillée anonyme la

suivante:
«

MONSIEUR,

à à M. Fouillée me paraît réponse sujette ne dit pas que la pensée M. Fouillée discussion. agit Elle éveille le désir, avec le désir d'elle-même. seule, « Votre le mouvement. Et en effet, de la nature. la plus grande universelle. tale de l'énergie rait-elle passive ? la pensée est une force, Elle est une forme capidès lors scComment

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

« Je veux matérialisme facteurs

bien

qu'il

y ait

une mais

historique, économiques, la sollicitent. autre

part très et

de vrai restreinte. autres, lancée,

dans

le Les

affectifs Mais force.

éveillent elle agit soit qu'elle tous les de l'optid'ailleurs fond des

la pensée, toute comme

une fois Ce n'est

que plus absolue naturels. obstacles misme, et

les autres, Certes est

pas qu'el te surmonte le croire serait une naïveté,

l'optimisme il y a de l'irrationnel choses. « Mais rialiste jamais même, « La votre théorie

et au

et du contingent se ramène épiphénomène pas plus réfractaire ou elle

au concept

maté-

de la conscience pu comprendre, bien que je sois conscience est elle est

(i) que je n'ai que le matérialisme à toute théologie. Si elle est pas. est cause autant des événe-

n'est elle

(le contraire qu'effet ments.

inconcevable) est facteur dans

la trame

« Il en est conscience

ainsi

de l'intelligence que l'intelligence l'on

elle-même, repliée sur

car soi,

la se

n'est

prenant pour objet. « Quand, d'autre intellectuelle meilleure la bêtise, Car enfin en drait est condition ce

part,

soutient autant c'est

dangereuse, de moralité

que la culture dire la que et l'ignorance la moralité. fatalement il fauEt si elle

qui n'est pas flatteur pour si la vertu était habituellement, avec l'intelligence n'est pas qu'elle fondée.

contradiction en conclure

cultivée,

c'est-à-dire (1) Épiphénomène, phénomène de l'activité mentale, constitutif

additionnel,

non

PHILOSOl

1-

.ECTUALISTE

DE

M.

FOUILLEE

a une sociale, ainsi

raison n'est-ce

d'être, pas

si elle

est

une qui

condition le reconnaît,

de vie qui

la raison

le justifie? « Nos modernistes autres en ont beau

et font

et pragmatistes s'élever contre en faisant C'est

traditionnalistes la raison, ils le

raisonnant, qu'ils rien, leurs

raison, ne vaut

abominent.

même à cette appel un cercle. Si la raison talions affectifs s'écroulent. s'opposent V. V. »

On le sait

bien,

consta propres mais des intérêts

à ce qu'on l'avoue. « Sentiments distingués.

On

ne

saurait

mieux de

condenser nouveau

Ajoutons notes lettre quelques tout d'abord l'étiquette thèse lui par notre

M. Fouillée.

de pensée à cette seconde en écartant à notre

la

et éclaircissements, matérialiste

appliquée

que cordance son sur

anonyme correspondant à propos thèse a été émise cette idéalistes entre les conclusions conclusions physiologiques affective.

rappelonsd'une conde M.Bergde M. Ribot

et les

la conscience Notre

ne tient aucun des compte correspondant en psychologie données nom-elles par la apportées du si précieuse de la vie inconsciente, découverte moi subliminal l'Inconscient son de Nous le renvoyons Hartmann (i), sur à la Philosophie résumons et nous dans de à

le chapitre usage et la moralité. ractère

VInconscient

le ca-

(1) La traduction
ment épuisée 1877.

française

de M. Nolcn

est malheureuse-

LA

PHILOSOPHIE

/FECTIVE

La volonté, par pas laquelle faire, ne

la puissance intérieure Hartmann, l'homme à faire ou à ne se détermine détermination spéciale, est excitée ne par

écrit

passe une cause, dans un

une prend à l'action extérieure si elle motif qui d'une de sujet, idées trouve prend chose

que si elle une raison suffisante

présentation Si le choix sur le même des

la forme toujours dans l'esprit, d'une remarque M.

d'agir de la reidée. Joussain

la volonté, ne

parents, simple. individu. nos idées,

dépendait que des la psychologie claires, serait nos le même sentiments de ces Tous être Notre et comme notre au idées nos

motifs serait

aptrès

Le mécanisme Connaissant nous nous

dans

chaque de

moyen

servirions

conduite. et régler notre riger et tous nos désirs pourraient conceptions querait notre rions par pensée aucune de notre nos esprit.

pour disentiments aux

subordonnés caractère

principes, de dépend

s'explila direction de nous nos n'ausymnos dé-

volonté, nos goûts,

peine

à modifier

nos sentiments, ou nos antipathies, pathies de la raison serait assuré sirs l'empire (i). à chaque Mais l'expérience nous manifeste idée agit d'une façon très différente, la même la variété selon les des individus, ou, dans le même

pas que suivant individu,

de l'heure Celui-ci dispositions présente. cas de l'opinion celui-là fait le plus grand qui laisse tel autre Tel sacrifie tout à l'honneur, indifférent. vend seule sa conscience que influence pour nous de l'argent, etc., c'est Joussain, etc. l'attente p. 1(59, La

percevions, par André

(1) Romantisme
Paris, F. Alcan,

et Religion,
1910.

PHILOSOPHIE

INTELLECTUALISTE

DE

M.

FOUILLÉE

d'un

grand

ou d'un

petit

plaisir.

et inexpliquées, mystérieuses de notre fondeurs obscures

pour des causes des proqui viennent de attente cette être, agrée le plus s'atrichessciences, etc. L'idée d'où se elle

Mais

vers ce qui cette tendance plaisir, tache aux objets les plus opposés: ses, trouve tire son Cette bilité de des la femmes, en voyages, face d'une vertu, volonté motrice. nous entière, instant

alcool,

préexistante, sentons et par

attrait, volonté

sa force

préexistante, de la connaître tout A chaque

l'impossi-

régler. émotions

meurent

indéfinissables, inconnus. Dans des

conséquent en nous surgissent dedont les motifs prévues à contraire

circonstances

nous manière d'une par nous, agissons toutes nos prévisions. La conduite que telle ou telle tiendra en présence de telle ou telle idée, personne ne nous Si on est dévoilée savait que comment par l'expérience. à l'imun homme répond motifs on connaîtrait possibles, caractère parce non par renferme qu'il est l'activité

de tous les pulsion son caractère. Mais d'inconnu par tuelle, certain lonté, l'action. des états toujours pour

tout

et d'inconscient, affectifs, consciente. connaître

part constitué intellec-

une

qui constitue Comme la

critérium Il n'y a qu'un la nature de la vospéciale c'est de chacun, l'originalité au vent, la le résolution la le projet de l'action. assuré, plus la l'action Par

paille

fermement plus se dissipent au volonté scient, le

arrêtée, souffle

(le la nuit de l'inconsoudainement émerge des ténèbres dans du moi subliminal et entre lumineux de la conscience. Si l'homme

champ

LA

philosophie:

AFFECTIVE

ne se décide de l'exécution pas son à savoir cœur.

pas à l'action, parce que l'impossibilité demeure à ses yeux, il n'arrive présente sûrement ce qui se passe dans le fond de

est la justification journalière d'expérience éclatante de l'action, de la philosophie du pragmatisme, dont notre correspondant anonyme parle avec tant de dédain. nos idées que nous C'est en agissant ne se révèle leur force. Notre vraie nature éprouvons à nous que par une induction tirée de nos actes, non de de nos idées, de nos croyances, de nos principes, nos intentions flatteuses notre pour généralement à nous découvrent Seuls nos actes amour-propre. nous-mêmes. Cette révélation de même la de notre plus reste caractère, tel qu'il résulte et de tant d'influences incomplète. compte en mal, Nous de quoi
à moins

Ce fait

l'hérédité enchevêtrées,

lointaine

ne nous
que

pouvons serions
nous

jamais capables
n'ayons

toujours rendre nous en bien ou des

traversé vicissitudes, richesse, Hartmann

de toutes de grandes sortes, épreuves des alternatives de pauvreté et de des révolutions. guerres, Essayons une réponse de Platon, maintenant à la question si la moralité des à bien en vérités vivre. de donner discutée

des

avec depuis

d'exposer hommes mais mis

peut s'enseigner, morales incliner pour

le temps s'il suffit les

doute

La pédagogie n'a japratique sans cette que sans l'habitude,

des mômes constante sans cette actes, répétition sorte de dressage et par la qui débute par la crainte et qui fait que des dispositions contrainte, acquises

PHILOSOPHIE deviennent nous forment

INTELLECTUALISTE jouent

DE M. FOUILLEE le rôle de la nature, sans ce que ne sert qu'à la plus parn'est qu'une

inconscientes, une seconde

nature,

dressage édifier les faite

l'enseignement bonnes âmes. réduite car le Les

de la morale La connaissance à elle il ne bien, hommes seule,

de la morale, stérile,

connaissance de faire mer

comprendre

s'agit pas seulement il faudrait le faire ai-

et pratiquer. souvent de théories dont le caractère

morales est le

le plus qui parlent sont souvent aussi ceux moral, sans qu'on profeslacune des

moins

les accuser puisse cependant sionnelle. Notre c'est idéal, les idées nobles ne sont pas idées-forces. Notre l'exercice fort correspondant de la vertu

d'hypocrisie souvent notre nécessairement

soupçonne à la bêtise. Nous

nous

d'assimiler en sommes et de la hommes

Il y a des éloignés. témoin Pascal. sainteté,

de la science génies Souvent aussi des

de l'esprit le plus profond ou le plus fin, brillent par leur immoralité; Bacon de Verulam et le exemples de Talleyrand. Au contraire la moralité la plus prince se rencontre chez des êtres d'intelligence mépure diocre ou de culture bornée: les lauréats ne se recrutent Monthyon guère parmi tuels de marque. Les époques de culture raffinée été en même des époques de corruption temps tels les Grecs et les Romains fonde décadents, Italiens l'aristocratie La morale ciellement d., la Renaissance, de cour la plus enseignée de gens à la fin du dix-huitième celle de elle Kant, se traduit les prix les intellecont proles et du

lettres siècle.

austère, en France;

est offidans

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

nos caire.

moeurs

publiques

par

la morale

de

Robert

Ma-

ses échecs Malgré cation (i), le préjugé nous, reste le Credo

lamentables

en

matière

d'édu-

si répandu'parmi rationaliste, de nos éducateurs Or, patentés. voici ce qu'en Herbert et avec lui pense Spencer, les Anglais, d'ordinaire si bons psychologues « L'intelligence, écrit voir, c'est un instrument;

n'est pas un pouSpencer, elle n'est pas une chose qui meut mais une chose (worked) par qui est travaillée elle. Dire que les hommes des forces qui sont derrière sont gouvernés est aussi irrationnel par la raison que de dire qu'ils sont gouvernés raison est un œil, l'œil à travers voient le chemin quer la raison, une vision plus en qui n'altère par elle. Vous qui les c'est rendre exacte rien avez mène l'œil par leurs La yeux. les désirs Édu-

lequel à se satisfaire. meilleur,

lui donner mais favorisés les la-

et plus compréhensive, les désirs secondés, beau étendre la son encore direction

horizon, vers

passions quelle quels

détermineront la raison elle doit doit être

se fixer.

employée sentiments n'ayant

à accomplir

proposent rien (fait qu'accroître

sur lesles objets sera justement L'intelligence et les ces fins que les instincts la culture de l'intelligence tournée, leur habileté à les ac-

» (Social Statics, complir. p. 389.) On ne saurait mieux expliquer cation exclusivement intellectuelle à une éducation dépravée.

pourquoi risque

une

édu-

d'aboutir

(1) Voir

DuGAs,/e

Problème

de l'éducation,

Paris,

F. Alcan,

1909.

PHILOSOPHIE

INTELLECTUALISTE

DE

M.

FOUILLÉE

en détracteurs que nous nous posons de l'intelligence et de la raison, comme l'imagine notre ne serait correspondant anonyme ? Rien plus
ridicule.

Est-ce

à dire

Grâce l'empire

à ces facultés de

sous

les plus hautes, la souffrance, du besoin, parvenu
dompter,

l'homme, du désir,

de la curiosité, de la nature, forces ceptible peut pas hostiles.

est à en Mais

à surprendre les secrets à en domestiquer les l'homme la est sus-

d'exercer

que l'empire sur lui-même,

acquérir du même et

de se gouverner pas que le progrès la raison difficile en ce nous

capacité qu'il ne marche soi-même, des sciences. L'in-

telligence dans cette tent leur sans avance flit. sions des

secondent

tâche motifs, motifs

en ce qu'elles qu'elles attention

cependant nous présensur la varéflexion par le connos dans La pastoute

de ces qu'elles

notre

appellent et notre

lequel Nous devons nuisibles,

toutefois déterminer puissent de ces motifs dans l'emportera combattre bien que passionnément comme l'issue, l'acte. décident

reste lutte, c'est-à-dire nier raison ressort.

incertaine le caractère,

jusqu'à l'habitude,

volonté, en deret de la

La supériorité consiste à se rendre et de la raison.
la raison, n'admettre

de l'intelligence des compte « Deux
que

limites dit

de Pas»

l'intelligence cal: exclure

excès,
la raison.

boukdeau.

Phil.

affective.

9

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

LA

MORALE

DES

IDEES-FORCES

(l)

Que

le

lecteur

se

rassure

il ne pitre, son ouvrage, ne s'étudie essentiel fondement les hommes leurs

pas de s'agit la Morale des qu'à chercher

le sujet de ce chamorale Dans prédication idées-forces, la soluLion consiste M. Fouillée problème le à découvrir qui pousse profitables à connaître, à du

sur

en philosophie de l'obligation à des actes ressort est que

qui

morale,

le ressort

désintéressés, si important en jeu. les sceptiques

semblables,

l'éducation lorsque A ce problème de la recherche toutes

ont

la pierre philosophale, les religions. les philosophies, toutes

comparé aboutissent Les

à

ex-

nous n'ont du monde plications qu'elles apportent but que de nous fournir des règles d'autre pratiques et pour l'avenir. le présent On est de conduite pour dire que les dieux de l'Orient et de l'Occiallé jusqu'à dent doivent leur morale. une théorie la morale solidité sur d'un des raisonnements de caries. recherche, d'observales hommes existence à la difficulté de fonder

l'obligation Édifier serait Une celle tion.

lui donner seule méthode

château

qu'emploie Elle consiste

à cette est applicable M. Fouillée, la méthode à regarder comment

(1)

La

Morale

des

idées-

forces,

par

Alkhed

Fouillée,

Paris,

F. Alcan, 1906.

PHILOSOPHIE

INTELLECTUALISTE

DE

M.

FOUILLÉE

agissent mobiles corde

réellement

et

à discerner

le mobile

ou

les

qui les portent à reconnaître un le tout spectacle d'abord, et

à des actes auxquels caractère de moralité. de la mêlée c'est de la humaine,

on s'ac-

Devant frappe mœurs déterminée social

régnantes

par la nature où ils vivent. Il existe, que

grande sur l'opinion des individus à ce point

ce qui variété des mœurs, du milieu autant

ces et

de vue,

de morales

de groupes, d'associations, de nationalités, de races (1). Il y a une morale très des pauvres, notée de M. dans les monographies morale bourgeois, petites vation. les des marchands, des sociétés Même paysans, antagonistes les criminels, d'égoïstes le partage des etc., soldats, toutes

de classes, curieusement Niceforo, des nobles, une des

Syndicats sur mutuel, membres

par les apaches, ont. leurs règles du butin,

à ces inspirées l'instinct de conserles voleurs, sur l'appui que

et ils exigent

leurs Chaque luation lent ment. Balzac propres Mais tuelle

groupe des valeurs les la mis

et s'y soumettent. s'y conforment se constitue ainsi « une table d'évamorales ». Ce que ma! l'appellent humaine les mœurs les uns appel-

bien,

autres

Lisez n'a

Comédie en relief

et réciproquenul mieux que et la moralité

à chaque au-dessus hostilité en

sociale. espèce de toutes ces morales avec elles,

et en perpé-

universelle, rales

particulières,

protestation nuisibles

il y a la morale, générale, éternelle contre les moaux autres individus et

(1) Voir la Psychologie
F. Alcan, 1003.

des peuples européens de M. Fouillée,

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

à l'ensemble

de la société

(i).

Cette n'est, celle

morale,

celle

des

et des philosophies, religions du dimanche, que la morale prochain, culières compromis, nécessaire tous morale c'est-à-dire tentation, des des ceux avec entrent laquelle plus car un

cependant ou moins en composition certain de moralité degré Cela ne veut pas

beaucoup, pour qui sert à juger le les morales partiet en est que de la

à l'ordre

social.

dire

aux qui se soumettent obéissent à des mobiles désintéressés. l'intérêt, la crainte Des

prescriptions vraiment

raisons de

moraux, l'oségoïstes, le souci

l'opinion,

des rétributions, l'effroi conséquences, l'espoir On châtiments les déterminer. futurs, peuvent qualifier do: vraiment moraux de pur amour du de magnanimité considération personnelle. à les ramener à leur que les actes de proprochain, étranvéritable, C'est cause à expli-

ne saurait

de justice libre, bité scrupuleuse, gers quer à toute ces actes,

première,

les philosophes. nous comme défiqu'ils présentent niiives sont loin de concorder entre elles (2). Voltaire met en Dieu la source de toute morale obligation son afin fonde fôisme de lui de l'idéal, qu'une personnification donner un caractère Kant obligatoire. sur la seule prescription impérative n'est

que s'attachent Les réponses

la morale

livre Morale et Société, Paris, 1907, où (1) Voir l'excellent M. G. Fonsegrive examine ces conflits et en cherche la solution. (2) Voir Fouillée, Critique du système de morale contempole Moralisme de raine, F. Alcan,7° édition. Du même auteur Kant et l'Amoralisme contemporain, F. Alcan.

PHILOSOPHIE

INTELLECTUALISTE

DE

M.

FOUILLÉE

du d'une

devoir, loi

à laquelle il imprime divine. D'autres visent

ensuite à

le cachet la les dans

affranchir

morale impulsions l'homme.

de toute

et rattachent théologie déguisée altruistes à des sentiments innés Smith les explique la pitié, Helvétius qu'il moi, concilier ne faut rien

Adam

Schopenhauer par ramènent à l'amour-propre avec l'égoïsme (tout pour l'amour-propre de les servir, sienne propre, a besoin pour se

par sympathie, et son école les pas confondre pour les autres) estime et la

des autres,

de se les attacher, leur Enfin

se satisfaire pour la psychologie la plus récente, de Guyau, la genèse explique truistes par une surabondance besoin de se

pleinement. celle de Th. des de

Ribot, sentiments alle vitale, « de vivre, et ni

force

de se répandre, dépenser, selon l'expression de Guyau, la vie la plus intense la plus expansive », sans y ait obligation qu'il sanction (i). Ces toires, tout des Tel M. cette morale des diverses formules, inspirées par ramener à l'unité, respectifs le cas est-il plus l'obstination découlent ou moins des très

contradicà

philosophes logiquement se rapportent. M. Fouillée.

systèmes est aussi Fouillée, catégorie

elles auxquels de la morale de de qui le dire?

besoin

de penseurs

à appartient se détournent d'une

transcendante,

métaphysiques, c'est-à-dire immanente, la nature humaine,

des théologies et dépendante d'établir une morale pour tenter qui qui plonge par ses racines dans les prend, conséquent,

(1) Guyau, Esquisse F. Alcan.

d'une morale sans obligation,

8' édition,

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

faits ment dre, la

pour

point

scientifique. de rappeler en quoi que ne sont

Voici

pour la comprensa Psychologie des idées- forces (i). elle consiste le sentiment, la pensée, l'ancienne

de départ, morale, Il est nécessaire,

en un

mot,

vrai-

se plaisait à psychologie en nous. Tout fait psyopposer, pas séparés toute une force impulsive, chologique possède pensée tend à se réaliser en acte. Sentir, vouloir, penser, volonté, chez l'enfant, chez le sauvage, ne qui ne font qu'un, semblent de mouvoir séparés que dans la conscience adulte. Nous nous un sans doute pouvons figurer mouvement ment, avait mais été de alors ébauché notre réellesans l'exécuter corps nous un mouvement arrêtons qui été même avait par cela qu'il penser et du elle acquise ou de senti-

La séparation du conçu. représenté, vouloir n'est elle est pas primitive, d'un conflit de représentations provient ments, par cela même d'une

impulsion qui produit un arrêt, n'est comd'ailleurs, jamais lequel, se traduit en externe plet, parce que le mouvement mouvement interne. Les idées enveloppent ou plutôt ainsi les des sentiments et les et des

impulsions, sions se traduisent qui leur nouvelle les des porte forces donnent, direction. à se

sentiments

par des idées qui avec une intensité Les réaliser. idées Elles ont une sont la

impulles éclairent et nouvelle, puissance des causes en vue une qui ou de

l'idéal,

de modifier capables dont elles sont la formule

réalité

agissante

et vivante.

\l) Deuxième

édition,

F. Alcan.

PHILOSOPHIE

INTELLECTUALISTE

DE

M.

FOUILLÉE

Ce

n'est

donc que

pas

cesser

de se baser

sur

des

faits

d'expérience, ces Or, parmi désintéressement ou notre se non à une

la force des idées. d'envisager il y a celle de moralité ou de idées, en vue du tout. réalité, elle Qu'elle corresponde assurément existe dans

esprit, réaliser

si elle ne peut pas et il s'agit de savoir en se concevant. de moralité L'idée sort de la et le Je

M. Fouillée des profondeurs mêmes d'après de soi qui implique l'idée conscience d'autrui Il faut compléter elle est par essence altruiste.

donc donc je suis, de Descartes, par je pense, pense, nous sommes, ce qui fait jaillirla moralité de lapensée sur elle-même. repliée En conséquence, en notre nature, la moralité qualité d'ètres est inhérente à notre Elle n'est

factice, artificielle, pas le croient les comme Nietzsche.

pensants. et provisoire

transitoire et de

De plus, de réalisation en elle-même son moyen sont les bases Telles psychologiques qui n'excluent pas bases sociologiques valeur. M. Fouillée force de pas ainsi ques force ne ramène en dernière mais et au leur contraire

de Stirner disciples elle n'est pas inactive. Elle

trouve

progressive. de la morale, les vraie

appellent confèrent une

de moralité

à la bonté,

analyse à la formule

cette

idée-

chrétienne ne voudrions nous offre

à autrui ce que nous pas faire et M. Fouillée fût fait qui nous une ou synthèse de toutes les morales

découlent qui toutes religieuses, de moralité et ne pourraient exister sans sa thèse Enfin M. Fouillée justitier prétend

philosophide l'idéeelle. d'une

L\

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

réalisation par le fait marche de ration cratie,

progressive même des l'évolution

de progrès

l'idée-force

de moralité, humain. une La amélio-

de l'esprit amène historique

générale. par

les côtés d'ombre, la démoMalgré des droits, donne sa valeur à la l'égalité le socialisme vise à plus de bien-

personne être pour

humaine, les classes

pauvres, l'impérialisme apporte barbares les bienfaits de la civilisation, aux peuples la science les religions et l'art suscitent s'épurent, des dévouements de plus en plus nombreux, la croissance même des suicides chose Bref, sans se dissique quelque plus muler tout ce que nos sociétés renferment de encore mal et d'imperfections, M. Fouillée se montre plein de foi en l'avenir. De plus en plus l'idée-force de bonté, libre de désintéressement, carrière. Plus intelligent, à l'oeuvre de sacrifice, l'homme se donnera se sent plus prouve la vie. que l'homme aime

à collaborer du progrès. obligé de M. Fouillée a le mérite ^e système d'être parcoordonné. Les objections faitement qu'on pourrait lui soumettre ne se rapportent son point de qu'à à sa conception de l'idée-force. départ, un moteur, L'idée pas une force, pour nous n'est sur le motif, elle n'est dès projetée que la lumière dans le champ de la conscience. L'idée surgit qu'il éclaire devenu qui rent, le le le molil, conscient. elle ne le crée Ces à nous insu, dans forces sous pas; elle est le motif ou d'arrêt s'élaboêtre

se révèlent à notre

d'impulsion formes d'idées,

ce fond obscur

de notre

intime, que nous appelons plus de L'intellectualisme caractère.

le tempérament, M. Fouillée l'em-

PHILOSOPHIE

INTELLECTUALISTE

DE

M.

FOUILLÉE

pêche tères

de et de

tenir

compte leur extrême

de cette variété, et

primauté

des

carac-

la bassesse, jusqu'à de l'intelligence. M.

l'une Fouillée

la noblesse depuis l'autre indépendantes pose en principe une idée-force prompte plus qu'il de

y a, chez tout homme intelligent, bonté d'autant désintéressée, plus cer les qualités nous L'expérience que caractères parmi les les hommes de l'esprit sont

à s'exerles que souvent

développées.

apprend, moins moraux les mieux

rebours, à se rencontrent doués,

et par la science, par la réflexion ralité la plus pure et la plus ferme très médiocres les âmes simples, n'ont se médité les problèmes jamais sont trouvées entourées de

les plus cultivés tandis que la mose manifeste d'intelligence, moraux, dans

qui qui même

mauvais

L'idée bonne La vices,

exerce une action religieuse grande ou mauvaise, des selon le caractère intellectuelle reste sans donne influence mais

exemples. ou faible,

culture

croyants. de l'élégance à nos de bonté

sur les actes (i ). réaliser

la pureté du cœur qu'inspire « La moralité tend à se

M. se conçoit Il ferait », affirme qu'elle donc mentir vérifié Video l'aphorisme trop souvent détériora meliora Chez nombre proboque, sequor. les motifs ils existent, altruistes, d'hommes, quand et les motifs antimoraux l'idée-faiblesse, représentent constituent les passions les véritables la idées-forces telles sont la volupté, et les cupidité, la dureté, la méchanl'injure,

par Fouillée.

cela

seul

égoïstes,

passions

diaboliques,

(1) Hartmann,

Philosophie

de l'Inconscient.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

ceté, cruauté,

l'envie, la

la

curiosité, Si

la

ruse,

fourberie.

l'homme,

la vengeance, la a-t-on pu dire,

à nu le cœur de l'homme, il en mourrait à l'insvoyait tant d'horreur et de pitié. Sans aller jusqu'à soutenir cette opinion désespérante des hommes vont toujours que les inventions en augmentant, mais et la malice du que la bonté en général restent les mêmes, que nos pasde formes, sions ne font s'émousser que changer on ne saurait seulement, par l'effet de la civilisation, monde se dissimuler rable genre lenteur humain. les dont difficultés surhumaines, la réforme témoigne Tant de prédications quotidiennes, la déplomorale du

poursuivies être qu'à en morale

tant ne servent de siècles, depuis peutâmes. L'intellectualisme édifier les bonnes nous de ce préjugé danimprégné la conscience est droite naturellement, est droit, semble

que gereux que l'homme

et qu'il suffit de faire appel à cette idée de bonté, innée en lui, pour que, au milieu des passions, il persévère de la fièvre et du tumulte dans traire, morale une une est droite question manière fort de vivre. C'est, au consi la controversée de savoir

capitale, tant d'éclairer l'incliner,

susceptible d'enseignement. en toute œuvre de l'éducation, le l'esprit, à fixer que de pétrir habitudes des

L'entreprise n'est pas le caractère, par long, la moraleun

et patient pénible art aura toujours Le fondement losophie posséder de la M.

C'est pourquoi dressage. le pas sur la morale-science. de l'obligation ne Fouillée, que morale, nous

selon

généralité

paraît son lui attribue

la phidonc pas auteur.

PHILOSOPHIE

INTELLECTUALISTE

DE

M.

FOUILLÉE

L'idée-force lectuels sera tiques.

de bonté

anime, mais son

san?

doute,

les inteluniverselle pra-

généreux certainement

efffcacité par

contestée

les éducateurs

CHAPITRE

VII

LE LANGAGE AFFECTIF

Une quelques nalisme de suite la

vive

réaction

années, exclusifs, nature

se produit en France, depuis contre l'intellectualisme et le ratioc'est-à-dire contre conception inexacte et par de de politicet excluune

humaine

en dangereuse que, etc. Les conséquences dans sivisme se font sentir à la psychologie, par Un article guistique. recueil

incomplète, matière d'éducation, nuisibles les sciences

en exemple, de M. Meillet,

qui touchent matière de lininséré dans le

précieux heim,

de bibliographie

l Année sociologique sur ce point, en nous les ouvraattention signalant de M. Ch. Bally, Privat docent à ges très originaux de Genève, intitulés Précis de stylistique l'Université de stylistique, livres scolaires mais et Traité conçus dans l'esprit le plus philosophique, et qui mettent

M. Durkque dirige notre igo6-igog (1), attire

(1) Paris,

F. Alcan.

LE

LANGAGE

AFFECTIF

en

évidence

un

ordre

de

faits

que

les

philologues chose guère de que Les

entièrement. négligent Considérant la langue intellectuel, purement des langues littéraires, langues sité qu'à Il faut prenne la langue modernes la condition ne ils

comme ne

quelque

s'occupent enchaînées au

ainsi pénètrent de se travestir et de se vieillir. les qu'on pour sont à littéraires

passé. dans l'Univer-

portent qu'elles perruque au sérieux. Or, les langues parlée

à ce qu'est l'eau mise en bouteille la source à la le vin vieilli et dépouillé jaillissante, cuve en fermentation. Une du telle conception très étriquée. on du langage A n'étudier est sinon fausse,

moins

littéraire, mer

des idées

que la langue croirait ne fait qu'exprique le langage c'est bien le cas des livres, des traités des de du philosophes, l'immense majode philosophie

scientifiques, haut de leur rité des

professeurs, chaire. Mais la vie n'est pas

des

hommes

à base

Le langage tout affecparlé est avant primo vivere. de notre Il est un mouvement tif et pragmatique. une expression de nos de notre nature, sensibilité, sur afin d'agir désirs à nos semblables qui s'adresse M. Jourà nos fins. eux, et de les incliner Lorsque dain prononce et ces me l'ait, mots donnez sans « Nicole, mon le savoir, la volonté mes apportez-moi de nuit bonnet », de la prose éclate pragma-

pantoufles M. Jourdain

et affective. tique Chez les animaux, les mouvements, veilleuse de la

les gestes raison inconsciente,

par l'agitation, meret les sons. OEuvre le langage de

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

l'homme

observe, que son esprit et ses jugements, mais ses idées combine, imagine, et le met sous l'impulsion constante de ses besoins, constante avec les autres homen communication exprime tout ce mes pour une activité et commune. réciproque est tout entier affectif

Le langage enfantin il manifeste des jectif

et sub-

des joies et des douleurs, il s'objective, il redes sensations. Puis appétits, « Le soleil il constate, formule des jugements: garde, brille. » II arrive plus tard à se dépouiller, comme dans la langue comme rendre gers. nière, duit de de tout élément ou, scientifique, personnel, dans la langue il peut arriver à littéraire, dans toute leur pureté des sentiments étrantoute qui de sentiment et idée mapas, en quelque ou d'émotion est un pron'a rien de commun avec n'est

Mais teintée la

réflexion, spontanée

de la pensée. il qui peut à la rigueur, moyen, quand à formuler en a le loisir, chercher des idées et des en est incapable dans jugements purs, l'expression l'expression L'homme soudaine conscience. de l'élément du et du fond obscur de sa qui jaillil rapide Il n'a pas le temps de décrasser sa parole Il en résulte « que la plupart subjectif. énonçons choses, nous même difficile moins que dans des idées et des jugedes choses moi éclate les un de

temps nous ments sur les sur nous

». Quand et,

l'impression notre parlons,

toutes

parts

il est générales, notre personne, un geste nous prenons

les conceptions de ne pas mettre trahir, de que ne fût-ce

plus peu de par

de ne pas et une intonation aux choses

que

la part que la voix, nous disons et même,

LE

LANGAGE

AFFECTIF

si nous notre En Nous nous

échangeons amour-propre même temps

des par

idées, notre

de

ne

exprimons adressons

qu'affectif, des désirs pour que ceux à les réaliser. nous aident

âpreté le langage

pas marquer à les défendre. est social.

à qui nous Par s~s-

M. Ch. Bally entend l'étude tique, le sujet emploie afin de persuader
et d'exercer sur eux son innuence,

de la langue que individus d'autres re-

Or, cherches

ce double des

point

de vue

esij étranger

aux

ce Ils ne s'attachent.'qu'à linguistes. dans le langage, le système phonéqui est constant et morphologique (les for(la prononciation) tique cette partie affective mes grammaticales). Cependant, et sociale recherche que celle la première. Sous sion dans l'étude et la du langage devrait tenir, la même des moyens d'expression, place c'est-à-dire dans la réalité, occupe qu'elle forme élémentaire, à une bien ces moyens d'expresà des gestes appris mouvements de

leur

se réduisent aussi

et imités tète

mimique, que les "nots,

en signe d'assentiment ment de sourcils, etc. Ces à peuple. Chez peuple sait le menton ou la barbe
le

fronceou de négation, diu'èrcnt de gestes parfois les Grecs, le suppliant saisisde celui dont il implorait nous comme surtout s'il

secours

:un

tel

une

irrévérence

geste serait puni chez ou une provocation, d'État. l'expression de la pensée

s'adressait Le ments

à un chef ne

langage les plus

permet

des

mouve-

personnels

procédés linguistiques intelligibles Notre sensibilité et, particulière

que par des à la collectivité. ainsi dire,

pour

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

doit se traduire, unique, pour en langage de tout le monde, « On a dit
souvent,

changeante, tion de perspective. et fatal, toutes cet par les dans

remarque insaisissable. diverse, Elle a un

comprendre, en langue commune. M Bally, que la vie est C'est fondement où quesimmuable se fondent », et une

se faire

l'arrière-plan trame

nébuleux de la vie

particularités cette arrière-plan, le langage commun.

individuelle

uniforme

se manifestent

ses la langue individuelle sait trouver Cependant modes elle modifie le langage d'expression propre collectif en exerçant constante. sur lui une pression II y a, sur les confins un territoire de la grammaire, fort peu maticales primer. Notre tion vons exploré, par un ensemble catégories le sentiment cherche de gramà s'ex-

lesquelles

oscille pensée nous comprenons demande d'expressions

entre

la perception et nous sentons; sentons

et l'émonous obser-

objectivement qui jeu

et nous

La pensée exige un orientation. Tantôt

subjectivement. de la refléter à la langue à son qui corresponde tantôt dans est est elle

la dominante La G/~cg

est affective. nitions affectif. descriptif

intellectuelle, rentre antique Gfcce /~a~e

est

les défiet

techniques De même par

l'o/He le mot

évocaLif simplement

fluet, T~a~e éveillent la pitié. mauvaise humeur, ~/ïo~on~

opposition suscitent

à ~as, tandis une impression observation

que C/M7/ de faiblesse, s'applique grognon; à à

La même

et /~ar<?,

à &oM</cH/ comparée colère et hors de soi.

LE

LANGAGE

AFFECTIF

Le langage

affectif

fuit les abstractions

es comparaisons, les images. Au lieu J't?~, le bec, et encore /er~e/' ec/!f<u/~er les oreilles, la tëte ~~s du bonnet, ~af/e~ rubis sur l'ongle. Un autre affectif c'est caractère du langage clamation Da~e la Diable Ah! 0/ Hein Basle Pesle Quelle Parbleu Les D/a~~re

il emploie il dira a'uo~

l'ex-

Ao~uy J'o~ intonations, De là prête

po/~f grand les modulations l'importance aux mots les de

Ce~~ c//e/ Dieu de la voix lui sont la déclamation

familières. qui

théâtrale

du cœur. pulsations L'affectivité dans le langage a je ne sais quoi d'incmodifie la syntaxe les inversions, gat; elle emploie Il est t/'K~ bon, ce jPa: Ce que je vons dis là, c'est – Afë foMS, déjà l'ellipse ~a/sserez-~oMs à la fin ? ~a~~uz7/e, Le caractère le plus saisissant du langage affectif, c'est l'exagération. fruit naturel des beL'égoïsme, soins nous mêmes, individuelle trêmes et des sommes, à notre désirs nous qui nous dévorent tous tant à tout oblige rapporter Cette moi, à notre bien-être. toujours l'expression cela jusqu'à l'absurde, Il que à nousdans votre Ou

porte et limites, choses

poussée à ses exdans les

le ~~u.? beau du fait ~?/)s ne saurait ~ey! imaginer de plus laid. O/t On n'f/ ~0~7 <yoH~6.c veux (?/€ /?c/:t/M si e7ou/~e ici chose. jPre/!e:-uo!!S du ~z7 dans ~"f/ comprends quelque Oh ?'o/re ~'? une /a/v7:e, un à peine une goutte, plus petites monde. 0~ Mais si l'on nuage. sérieux: cela devient lerie, d'une
BOURDEAU.–

nous c'est

a causé d'une

le

moindre d'une

tort, canail-

crosse,

cocnonne/Ve
PhH.

que
aH'ectivc.

nous

sommes

victimes.
10

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

le langage On exagère aux autres, pour s'imposer on l'atténue Cette atténuation est pour les ménager. Elle résulte le plus souvent inconsciente. de la nécessité tretenir cipes de conservation l'illusion de morale de l'état social que la société repose et des sentiments de les formes obligées qui doit ensur des prinbienveillance de politesse,

De là réciproque. les mots interdits, Les types aux

les euphémismes. les plus d'atténuation expressions portés sur dangereuses les autres. en fripouille,

pliquent de jugements déloyauté, indélicatesse.

marqués sous

s'apforme

Afa/Ao/ï/z~~e, contre-vérité, 6a~!c~, peu se

mensonge jF~/oH, en mentez

s'estompent crapule, peu consciencieux,

métamorphosent leux. Vous Est-ce avancez rebours. L'atténuation sicisme chie, pleine la et bien

effrontément, ea?ac~ ? ~es-~ous bien n'est

se sûr

scrupuen transpose de ce que exagération le clasmonarune langue vous à

? L'atténuation

qu'une

le

et l'exagération définissent romantisme. Sous l'ancienne dictait, polie imposait Si les mœurs étaient La en Révolution forçant, souci des et réalistes en

société

de réserve.

restait mesuré. langage vermoulus ces cadres pression, convenances, du triomphe Le contraste et la parole éclate taire, ne peut sans le moindre

le dépravées, vint briser variant l'exet des

traditions

romantiques de l'individu. entre intérieure, dans

témoignèrent

la contrainte

de la conversation involonle malade sen-

toujours spontanée, certaines où névroses, toute crue

refréner

l'expression

de ses

LE

LANGAGE

AFFECTIF

timents suis mer cette

secrets

et tient de vous voir

des

charmée longtemps

de ce genre propos /'a!n~/na/a!7/M'a!SsoyH-

Je

nages ils exhaleraient tier en serait

Un pessimiste, met Dostoiewski, de ses persondans la bouche d'un pensée « Si tous les sentiments au jour, paraissaient une telle puanteur que odeur » Cette le monde nauséabonde en-

infecte Dans l'homme,

asphyxié. le langage aS'ectif. trop souvent se reflètent la parole spontanée ses besoins, ses

le nature

de

son caractère aspirations, Un des chapitres les et aussi sa société, son milieu. traite de M. Bally de dans l'oeuvre plus suggestifs la langue l'altèrent de la vie ments commune <~ des milieux sous les la et la modifient, humaine et de aux donnent de ces qui, formes sans cesse, constantes des groupe-

vie sociale; mots des sens Le milieu

limités

évocateurs finité groupes condition,

milieux.

particuliers, sur l'afrepose

consciente d'individus

ou inconsciente reliés par

qui existe dans des de la la communauté

les occupations, de la pensée, se rela profession, les habitudes. Chaque groupe flète dans ses expressions, ses tournures de phrase, de l'activité son dialecte, son argot. Un individu se classe par le ou bien il élude ce classement en de son milieu, le langage d'un autre milieu. adoptant Appartenant à plusieurs nous tenons dans chacun des groupes, langage en termes Du fumoir différents, propos appropriés. au salon les pensées un masque décent. reprennent De même les manières et les que le costume, le langage vous classe. Une du gestes, Anglaise meilleur monde disait un jour qu'elle jugeait de la

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

qualité toilette, nalité

d'une mais

et chaussures. de

son visage et sa non d'après personne de ses extrémités, à la finesse gants révèle mieux la personLe langage Quiconque un comme les emploie o?~ plats trempé des formules une comme

chacun. plein

vulgaires,

se range sou~g, parmi La délicatesse, Monnier. sent des dans le parler par

l'élégance constant l'usage deux

bourgeois du goût, des

d'Henri se trahisnuances,

euphémismes. en terminant Donnons des milieux.

contrastée

de la langue exemples fuLisez dans les Oraisons funèbre, Oh 1 un

nèbresdeBossuetle de la mort nuit éclat se de Madame où

tableau, retentit cette est

plein de majesté nuit désastreuse a Oh tout à coup, nouvelle » et

effroyable, de tonnerre, meurt,

comme

étonnante rnorte.

Madame

Madame de la mort

du récit de Daudet Le duc, son ami « Ah vérité. n'est-ce

du duc

de Mora, des

rapprochez-le /e A~a6a6 dans

après

la consultation

médecins,

dit

à

Monpavon tu sais, pas Qu'est-ce pas?

de grimaces. a dit? qu'on

De toi à moi, Je » sans sourciller. suis bien

la

bas,

Foutu, Le duc « Ah

mon

reçut dit-il

pauvre Auguste. cela en plein visage,

simplement. offrent si évocatrices, Ces deux lignes de dialogue, affectif de ce langage un modèle que M. Ch. Bally à et recommande de pénétration avec tant analyse l'étude des philologues.

CHAPITRE

VIIÏ

L'ESTHÉTIQUE

AFFECTIVE

Dans donnait matérielle, barie, vivez

de Platon, Apologie ce conseil au milieu d'une qui ne serait

son

M.

Faguet civilisation

nous toute

de la barpas très éloignée du moins une religion suivez philosophique, le culte de la vie de l'esprit, des idées ayez M. Fierens-Gevaert langage même à peu son T~M~o~e générale des de Platon de saint à Taine, nous détourne, avilissante pendant qui règne nous tient

désintéressées. le près ~eo/es Thomas quelques dans la temples artistes disserté mission A notre premier qui

es~67~Mes(i) à Ruskin, d'Aquin instants, vie

de la laideur

et nous conduit publique, jusqu'aux de sérénité où les philosophes et les pleins les écoles et de tous les temps ont de toutes sur la Beauté, sur la nature, l'objet et la de l'art. connaissance, ait entrepris de Ilesthélique, M. cette Fierens-Gevaert étude d'ensemble, 1905. est le du

(1) Histoire

Bruxelles,

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

moins cours

en

France

et

en

à Bruxelles de la faprofessé présente selon l'ordre hisçon la plus claire et la plus exacte, et les peuples les variations du goût suivant torique, les époques. A travers tant de nuances, on aperçoit sans et doute deux courants l'esprit les réalistes, les idéalistes principaux, de la Madone qui a inspiré d'où est sortie la Kermesse la science dans les qui déter-

Belgique. nous

Ce résumé

d'un

et la conception du Louvre. Mais l'esthétique, Dresde, mine les caractères du de la nature rale ques, âge, et à l'art grecque, Renaissance nous cours et de l'art, dominant,

Beau,

productions généépomoyen Fierensrésumé

se lie à la philosophie dans les cinq grandes et-alexandrine, modernes. suivre pour voyage. M. Son

gréco-romaine et temps

L'espace Gevaert au laisse Nous

manque d'un si long

nécessairement eussions de aimé Gœthe,

dans l'ombre. quelques points lire un chapitre consacré à l'esqui n'a mais dont en vues comme Schiller, pas, les Conversations avec profondes. Dans sa allenéglige russe,

thétique édiûé un Eckermann revue mande l'école cette saveur. des

système, abondent écoles

(française, contemporaines et anglaise), M. Fierens-Gevaert italienne (i) et ne dit rien de l'école pourtant inspirant Nous

dernière

si pleine et de d'originalité du souci et de la méthode de nous voudrions de attirer l'attenpassées

M. Fierens-Gevaert, tion sur deux

représentants

ces écoles,

(1) Voir M. ÂLFUEDO ROLLA, Sloria delle idee esleliche in 1905. M. Croce a publié une esthétique /~a,Torino. t~ncrale. Voir la Revue philosophique, janvier 190(!.

L'ESTHÉTIQUE

AFFECTIVE

le plus grand par lui sous silence, poète de Leopardi, l'Italie et Tolstoï, le Rousseau Dante, depuis septentrional. L'un ne sont pas seulement créaet l'autre ils ont profondément sur les condimédité teurs tions des de leur directions art, et leurs vues paradoxales suivent diamétralement

de Leopardi étroiteL'esthétique de sa conment à sa morale; cette morale dépend du monde, de sa philosophie, déception laquelle coule de ses propres infortunes. Toute dénuée qu'elle ait été d'événements extérieurs, la vie de est la plus riche en souffrances xions sur ces souffrances que intimes l'on puisse Leopardi et en réfle-

opposées. (i) se rattache

La pauvreté s'unissait chez formité au génie. Fervent catholique heureuses de sa première jeunesse, vinrent les

imaginer. lui à la noblesse, la difdans les années bientôt,

et la maladie, déceptions ferveur vers la philosophie la plus désenchantée, de toute de chrétienne, plus éloignée pensée idéalisme Il ramené toute notion platonicien. sensation, dre l'absolu. refuse Sans à la raison que nous toute capacité

quand il tourna cette la tout à la

d'attein-

en puissions la pénétrer la nature ne poursuit d'autre fin que de tourcause, ner dans un cercle de créations et de destructions éternelles, d'incessantes Ce que
transformations de qualités

et de substances.

nous

appelons

bien

ou /a/

accrue par (1) L'œuvrede Leopardi s'est considérablement la publication du Z~aMone, recueil de ses notes quotidiennes de 1817 à 18S2. M. Romuatdo Giani a tire de ces sept volume! de pensées une étude pleine de goût et d'érudition
/s/e/Ma nei P~M!'e~' f~ Giacomo Leopardi, Turin, !904.

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

abstraction de jugements sur qu'une partiels ce qui est agréable et sur ce qui nuit, et se rapporte à l'amour de soi, qui est l'unique mobile et l'unique norme de chacun de nos actes. se sépare Leopardi des utilitaires de l'école d'Hehétius qui prétendent tourner cet persuadant consiste pris croit cette pas amour-propre aux hommes à être vers le bien commun, en comIl ne mieux que leur intérêt utile à leurs semblables.

n'est

qu'une

persuasion, les hommes se proportion n'est qu'un tous contre où état tous

puisse jamais aboutir, par à l'harmonie et à la concorde, car haïssent les uns les autres dans la ils s'aiment de guerre, il ne peut eux-mêmes, secrète ou et la société de

société

déclarée,

y avoir que des sociétés contre d'autres des d'égoïstes, poursuivant, égoïstes, buis intéressés. En un mot, la pensée de Leopardi se rapproche Nietzsche. Nietzsche aristocratie à la foule exactement Il diffère rêve une de Stendhal, de Stirner et de toutefois de ce dernier en ceci civilisation une régénérée par imposant sa domination hiérarchie rigoureuse.

de Surhommes, au moyen d'une et Stirner ne

ils dépassent pas l'individu; ils n'ont rien d'impériapoint à dominer, les oppresseurs et liste Leopardi plaint également les opprimés; les pour lui il ne s'agit que d'écarter Leopardi ne songent obstacles Mais aboutir a mis désir durée. au bonheur cette qu'à poursuite la faillite. homme, sans plaisir individuel. éperdue L'amour étant limites du bonheur ne peut la nature un la à

en chaque de bonheur Or, aucun

de soi, que fait naître infini,

et par l'intensité ne peut être proportionné

L'ESTHETIQUE cet amour limité, de nous-mêmes. contrarié,

AFFECTIVE Chaque désir forcément obstacles fait de

comprimé,

la nature que lui opposent notre existence une trame ininterrompue de déceptions Il ne reste pable d'obtenir et de tourments. à l'homme satisfaction que du s'il veut deux

par tous les ou la société,

de déboires, inca-

ressources;

désir,

ou soupir l'incurable

le distraire, ennui. le désir

il peut ou l'asà la noia, à échapper

On assoupit à se plonger précèdent narcotiques, des craintes, remède à cette l'Occident intense, du vin, sent pas des

en cherchant par la lassitude, dans des instants cette qui langueur le sommeil et le réveil; les stupéfiants, les versent l'opium des espérances, Asiatiques. perdue Mais dans le des repos des désirs. le c'est passions à cette nonchalance, les hommes au désir.la

apathie

le rêve,

de vie

préfèrent, l'excitation les sensations le corps,

commediversion

et la fatigue des sports, l'ébriété vives et fortes qui n'endolorisla ferveur et, à un dionysiaque, l'ivresse de apollinienne, l'exaltation création l'inspiration avec l'oubli et. de la

degré supérieur, l'ardeur de l'âme,

du désir, le sen(lui procure, poétiques, timent d'une vie plus riche, l'illusion de la plénitude dans la force, et qui transfigur e la douleur elle-même en volupté. Schopenhauer qu'ils ramènent désir Mais du bonheur, ce que et Leopardi sur ce point s'accordent à l'amour de soi, au vouloir vivre, au la source de l'infélicité dans humaine. la création t'apaise-

cherche Schopenhauer et la contemplation des chefs-d'œuvre,

c'est

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

ment

de

ce

désir

et

de

cette

volonté définitif.

et

comme

un

du renoncement avant-goût mande à l'art l'exaltation d'une écarte vie accrue, de sa vaine une

païenne, illusion de bonheur

deLeopardi le sentiment qui nous des choses, du Cer-

un appât qui bère insatiable. Si est telle est

dans la réalité poursuite nous serve à remplir la gueule la nature du

l'objet pas, le reflet d'un éternel, idéal, Leopardi, type d'après le veut comme Platon. Les choses ne passagères des les idées sont pas les ombres idées éternelles. des choses. sont les ombres Selon la nature, les les genres les coutumes, de opinions, de beauté dînèrent. La beauté vie, les types grecsans rêve ni que, qui n'est qu'harmonie, équilibre, ne peut être celle de l'âme moderne toute pensée, climats, les et d'ardeur. d'inquiétude Mais Leopardi est aussi des l'art. des idéalistes L'artiste sensations il ne fait n'a d'autre des réalistes éloigné que la loi de pas de l'imitation fonction Plus ont ces que de transformer indépenplus nous conditions

maintenant

plaisir de l'art ?La

esthétique, beauté n'est

'quel

damment leur

en images. de leur contenu, une valeur des à cette D'après pour les saisons activité Taine, arts,

images,

d'intensité, et des

attribuons

de beauté.

II existe contraires d'images. splendeur, d'un âge l'homme

favorables

des sensations la période

productrices de plus grande dans le passage lorsque guerre ses trophées ou

s'épanouit à un âge épicurien, héroïque une œuvre de vient de terminer et songe à enguirlander

de découverte

L'ESTHÉTÏQUE

AFFECTIVE

de

victoire les

et

à décorer

l'édifice Leopardi

dont juge trop

il

vient

de les le

poser temps danger épuisés le plus lorsque

fondements. trop

de même tendus dans

barbares, et dans dans la

agités, les l'effort; sécurité et le

civilisés, temps trop bien-être. Le moment tempête, souvenir du des impresla

c'est le propice, les âmes vibrent encore

calme

après au encore le coup l'art

frémissent danger, sions fortes. Dans la société

sous

qu'individualiste au peuple, s'adresser trop incultepourle ni aux classes vouées intellectuelles, du rationalisme et des abstractions.

contemporaine, et aristocratique.

ne peut être Il ne saurait

comprendre, à la sécheresse en L'artiste, doué de facultés n'est nombre

rupture qui le plus d'élus.

avec son milieu, d'équilibre rendent à la vie commune, impropre et d'un compris que de lui-même petit même

Et,de aujourd'hui légendes, tanées, chanté.

les genres se trouvent que le public, restreints. L'évocation des mythes et des aux civilisations et sponpropre originales dans notre monde désenpossible la raison, l'affreuse découverte science, plus dissipé l'artiste le divin mys-

n'est La

de l'homme tère
d'autres

ont par lui-même, des choses. Il ne resteraità hommes; en larves l'artiste mais l'égalité semblables donc rendue

transforme Que de

peindre les démocratique les unes aux autres. l'analyse intime ce

qu'à

se réfugie solitaire, sur par

dans plus

son

âme

retour perpétuel et plus profonde

elle-même, la mort des

exquise par douletireuse plus Tel

illusions.

est

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

de la poésie l'objet de l'Infélicité. L'art La foi tent sion tion, raison mais encore moderne nous le sens l'âme

lyrique,

sous

la pensée c'est la

dominante

par défend

excellence les illusions,

musique. et la l'espérance du leur rêve agi-

de l'infini humaine

et le charme et ne trouvent

la musique; elle est l'art de que dans des sentiments si délicaLs et si subtils saurait est les la langue déterminer de l'infini, trois sans les

expresla sensala a du

ne parole la musique

que détruire et

de l'idéal

songe. Il y a, d'après la vie; celle des sensibilité dans la

Leopardi, hommes

façons

de

concevoir et à

médiocres,

positifs, bien qu'ils

à imagination

et dans la politique vent que dans la réalité et se subordonnent présente à elle. II y a l'attitude des philosophes, pour qui les dans un perpétuel ne possèdent, choses, écoulement, ni corps ni esprit, pour ainsi dire pour qui tout est vanité. Il y a enfin tout parle, l'artiste au auquel la voix et de la fantaisie, du cœur contraire, par s'identifie qui vers. Leopardi l'exaltation aux choses et à l'ensemble de l'uni-

exceller puissent ceux-là ne viscience;

célèbre du moi

ainsi

dans

l'art

l'affirmation

et

que la démocratie égalitaire prétend sacrifier à la vie sociale, et qui se réfugie dans sa tour d'ivoire. Le grand intérêt de l'esthétique de c'est csL le meilleur commentaire Leopardi, qu'elle de son art et de son resterait œuvre. à montrer a quel point tous les artistes l'esthétique derusses Il nous de Tolstoï

et de presque

L'ESTHÉTIQUE

AFFECTIVE

puis les Ames le sens social

morles et

de Gogol,

est aussi

exaltée,

dans

populaire, que celle de Leopardi, individualiste et aristocratique. Par suite dansl'esprit des circonstances et du caractère de la politiques race, la les romanciers à leur et les poètes propre infortune, s'attacher russes, n'ont bien exprimé loin de que ni

des générations. ToI~Loï ne conçoit plainte s'il n'y a sympathie œuvre d'art, ni plaisir esthétique, entre le lecteur et les autres l'auteur, contagieuse hommes. le rempart doit être qu'à lui, Un chant qu'une n'exprime L'artiste d'égoïsme populaire mais pour a pour mission de faire s'écrouler

les humains. L'art qui sépare non élever le peuple pour jusse mettre à la portée du peuple. de prix plus La musique de Wagner et décadence. Le vrai Tolstoï, et l'Evangile, les cœurs, rédevoir envers a

d'après rustique, sonate de Beethoven.

la Bible poème lu et compris de tous, toucherait tous le sens de la vie etle vélerait à chacun nos semblables à tous. qui incombe de Tolstoï aboutit ainsi qu'il confond de sentiment et l'autre des

que corruption serait celui qui, comme

L'esthétique de l'esthétique, même Il ne celui se de peut

à la négation avec la morale.

imaginer L'un Leopardi. puisqu'ils n'éveillent nobles. ont

à plus opposé sont justifiés cechefs-d'œuvre, sentiments

pendant, et qu'ils les plus

produit

pareillement

que les

CHAPITRE

IX

LES

CARACTÈRES

(1)

Stuart caractères, selon mobiles que ne nous l'idée

Mill

fait

de

le fondement que nous nous de leur activité, du que

ou science ]'~o/o~ de la science sociale. formons du jeu théâtre de la de des hommes,

des C'est des

leurs

volontés, l'éduqui applidu

cation, sont,

comprenons même l'art à vrai dire, de

l'histoire,

la politique, et du roman, « psychologie

quée M. 11 est plus aisé que d'en mesurer ment ne tel caractère diffèrent-ils qu'ils

signaler les difficultés, et le sien

l'importance Connaît-on propre ? Les au tout sur scène? Quand

sujet exacte-

Iiistoriens les grands il nous nous Et

hommes arrive avons

pas du mettent

tout en
intimes,

nos de jaser sur à faire concorder

toutes

quelle peine les médisances

pMo~op/)/~He, novembre 18~2, (1) Article de M.R!)BOT,ue Revue des Deux ~oy:cf6s; 16 juillet 1893. et de M. FOUILLÉE,

LES

CARACTÈRES

nous voile

mieux voyons-nous de vanité et d'orgueil

nous-mêmes, qui nous cache force corporelle,

à travers notre propre sensibilité

le

conduite, image ? Mœurs, diffèrent de peuple nerveuse d'individu à individu rien mais ces plus transformations. à un rien n'est délicat Aucun autre

à peuple, à âge, d'âge n'est nécessaire, plus que de saisir homme ni pourrait la portée de ne ressemble lui-même donc faire à

exactement des de heures cettn

homme, On ne

à

différentes. étude n'y des

caractères que

puisqu'il

a de science

d'une science, l'objet du général et non du aboutir la

particulier. Telle serait nouvellepsychologie

la conclusion sans

où semblerait

moi centraletdominant, tanée de ses actes, de chacun tant comme

en doute le âtiie, qui révoque et lui refuse la direction sponl'individualité qui nous présente insaisissable et impossible a fixer, en des états de et qui la résoud et à l'excitation à la dépression vibrations légères. plus moi non comme une les

elle est multiple, soumis conscience, de l'organisme,

à ses

Figurez-vous âme distincte dépendante délibérante, « le suffrage des rité cellules Instable de

cela votre d'après du corps, instable, simple, identique, de ses modes, mais comme une assemblée sise dans les hémisphères cérébraux, des où et perpétuel et organes une majo-

universel

envoie

chacun de

qui vos actes; les

ses délégués H, comme détermine chacun de vos ou encore comme ficelles

et gestes une troupe de l'orgaréfléchi, le moi

marionnettes, et dont

nisme

aux suspendues divers personnages, le /?!o< rôveur~le

le moi /~o/ positif,

le moi passionnel,

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

moral, badant et

le sur

moi

faillible, de vos

viennent de la scène changements des cas

tour débiter

à tour

le devant

en gamleurs tirades et d'hu-

témoigner meur. C'est par

de goût des

l'étude de la

morbides,

altérations à cette devenue qu'elle

théorie si fort a cessé

personnalité, qu'on de la /M~)/M//<?' <~ et on l'a avec d'accord beau

étranges a été conduit
/??o/.

Elle si

est loin,

à la mode d'être

poussée

Nous avons chaque jour. insécurité des caractères, les victimes déçues, souvent hommes leurs avertit sur gon des nous la ou

de l'expérience constater une certaine plus d'une fois

et en être des

désagréables, n'agissent passions pourtant sincérité la fidélité

éprouver qui nous pas

essentielles,

surprises trop avertissent que les conformément à toujours un instinct sûr nous imprudent la générosité de compter

serait qu'il de Tartufe, de Messaline,

caractères l'affirme érigé

du moi s'est tant

permanents. « Que n'a-t-on pas dit contre en entité et indissoluble?. simple années

fixes,

d'Harpaqu'il y a en un mot C'est M. Ribot qui l'unité On

altérations, triomphe que le l'ombre. Le maître

occupé en ces dernières dissolutions de la de la méthode côté synthétique » Cet on n'est

des troubles,

personnalité, que le a été complet, et analytique du sujet a été rejeté dans lui-même. que M. Ribot la fureur d'analyse qu'il de toutes ce moi pièces C'est la marque d'agir et

autre

a déchaînée, qu'il a réduit

contre réagit et reconstitue

Qu'est-ce propre

en poussière. donc que le caractère? sa manière

de chacun,

particulière

LES

CARACTÈRES

de sentir, de réagir c'est

d'être contre

affecté elles, de ses

par c'est

les la

choses direction

du

dehors dominante

et

de sa volonté, l'histoire pas ce ne sont fait

de ses tendances actes. de ce les est

et de ses passions les L'intelligence, fondamental, qui nous de donne les au

(i), idées tout notre désirs, de Ribot à

personnel

qu'il y a en nous ce et se sont il

marque propre les sentiments; cette étude de

instincts, essentiel de ce

début M.

débarrasser

« l'incurable qui appelle préjugé met la raison au premier le preplan et lui attribue rôle. infirme c'est mier Ce qui ce préjugé, que, d'une bornée est souvent favopart, une intelligence rable à l'énergie du excessif caractère, des et facultés inversement intellectuelles les éprouvent horreur, le dans Spicomme saun

que intellectualiste

développement tend parfois vants, moindre une noza, Kant, permet voyant Que voués d'ordinaire

à l'atrophier Les aux spéculations l'action les vieille avec une bouleverse, robe une de

philosophes, abstraites, invincible

pour incident

routine dans

monotone, leur

ils se réfugient comme s'enveloppent, de chambre, ou,

se meuvent aux

bourgeois

régularité leur régler

d'horloge, qui montre en les

il y a désaccord entre le caractère et combien d'hommes voyons-nous l'intelligence, penser d'une façon et agir d'une autre Ouvrez le ./oM/'M/ intime Constant matin de Benjamin chaque et enregistre de rompre avec Mme de Staël,
(1) MARION.

passer. de fois

i! décide chaque Encyclo11

Article
Phil.

Caractère,
affective.

dans

la Grande

pédie.
BOURDEAU. –

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

soir dans vie

un le

raccommodement. monde ne nous

L'esprit

« Il manque

empêche aux beaucoup J.-J. Weiss.

qui sert à briller notre pas de gâcher écrit gens d'esprit, n'ignorent ni le des » nous préceptes, nous donnaient « On se laisse qu'il est suffit le La sots pas mérite qui en

mélancoliquement leur ce qui accompli, tient lieu,

et ils

aussi, manque; n'ayant ni la confiance suprême jamais à rien. avec de

ils n'arrivent

Les moralistes, rendent moins la recette volontiers d'inculquer en mettre lecture duira pour aller

leursingénieux services que s'ils de caractère

changer à croire,

dit M. Fouillée, des idées Combien e~Ax qui raison sera abstraites cela

à quelqu'un état d'agir. Critique effet sur

pour erroné. ne

de la aucun

pratique dénué de

prosentiment

moral..Privées

idées les pures stériles. ment » Quand strictement pour avec moins assuré leurs leur que ces

de l'appui des sentiments appropriés, n'ont aucune et sont parfaite-, action, vous conduite principes ou leur voyez à leurs ont des gens ajuster tenez

principes,

passions maximes leurs

Voulez-vous tiques. vous-mêmes? Adoptez goûts cas. Tandis ganisme, haut en intermittente, sibles, et innés,

qu'ils être toujours une ou

affinités quelques humeur. Ils pratiquent n'ont maximé leurs praconséquent conforme selon avec à vos le

doctrine

épicurienne l'action tenace, de de

stoïcienne

que est bas,

bas

en

haut, et de

celle

de celle

l'orde est pai-

énergique, sauf et

efficace, la les sur

l'intelligence

raison, natures

superficielle, dans le silence

l'inertie

des

passions

LES

CARACTÈRES

contraires. c'est-à-dire sciente, nicative, solitaire,

C'est

avant

tout delà

de

notre

constitution, et inconcommutristesse

des ténèbres

que nous viennent cette entrain joyeux, cette morne lassitude

vie végétative cette sympathie ou d'où cette

le bonheur que des biens extérieurs, de la vie. L'individu est donc dans et la physiologie reste la base sification des caractères. C'est

plus dépendent, ou le malheur

le tempérament, de la clasessentielle

t L'espace ginalité. ne sommes nous de la médecine sanguins, bilieux des et des

le point de départ de l'étude de M. Fouillée. nous manque l'oripour en faire ressortir voie où à suivre dans cette Que de progrès guère grecque, nerveux, atrabilaires. guère des jusqu'à plus qui des « Le avancés ne distinguait lymphatiques, tempérament, qu'un qu'au temps que des des dit sym-

Maudsiey, n'est bole représentant terme qu'un Bornons-nous manifestations rechercher

présent

désignant à la classification extérieures les racines par le nom

inconnues, quantités plutôt » des conditions définies. de du M. Ribot, sans aux en

caractère

Il commence sous désigne tifient le mieux et confinent fantasques,

physiologiques. écarter toute une

ces d'instables; la théorie de la multiplicité à la folie. Excitables, parfois lunatiques, vous les

catégorie caractères du

qu'il jusmoi,

hésitants,

impulsions changeantes même manière dans tantôt logues diuéremment Tout se passe

obéir à des voyez et fugitives, tantôt agir de la des circonstances diu'érentes, dans chez des eux circonstances à Heur de peau anace

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

sont

des

débiteurs M. Ribot ». des

sur voit

compter. civilisation A l'opposé une des fois

lesquels en eux

on « les

ne

peut scories

guère de la

instables, ils sont et Le du

les

a~o/s les

présentent de l'éducation, façonne sans de une sur indivise modeler

nxité; grande circonstances pour toutes. est

le produit milieu, finit du qui par

Tel le masque. dualité propre, tels, allures le prêtre

visaga l'homme des

monde,

esclave à la

habitudes dévote, au geste

sa coterie;

tournure la fille

bravaches, mauvaise,

le capitaine aux l'avocat enronté, le carabin le plumitif ankydivision du travail, augmente caractères de périodes à l'apparition leurs ont les sponrévodes

à la bouche

le rapin

débraillé,

le journaliste cynique, gouailleur, sa vie de bureau. Parla losé dans la sécurité croissante, acquis Les temps bien sont la civilisation

caractères tanés. lution vrais

au détriment de troubles, plus favorables

des les

caractères. maintenant les caractères de classer, personnels avec d'après qui effets unité, exdu les

Essayons dominants, stabilité. Voici clusive système craintifs, bot

prédominance du sentiment, extrême impressionnabilité Au plus bas degré les humbles, nerveux. les timides, au

d'abord

les

sensitifs

les compare blent pour leur leur rente, petite cher sa torche vieille comme

à l'intelligence M. Ribornée. lièvre de La Fontaine. Ils tremplace, leur petit commerce,

déjà le Spectre Rouge appro« Une du Grand-Livre. expérience le monde les sens/s prouve que

petite voient

LES

CARACTÈRES

soutirent

plus d'un d'un grand bonheur. les sensitifs seront maux grands sur les illusions, humains. mêmes, leter ciens, odieux

petit »

malheur S'ils ont

qu'ils

ne jouissent

plus portés de la vie que sur ses les déceptions,

l'esprit pénétrant, à réfléchir sur les misères, des efforts

petites la stérilité

Analystes

ils passeront leur âme accablés les yeux faute tournés

sur euxpessimistes, repliés leur vie, comme à feuilAmiel, des en désappointements arrière vers un en stériles L'excès an-

ou chéri,

ils s'épuisent d'énergie. conduit ainsi est

passé et regrets et de la

succombent

de sensibilité

d'intelligence volonté. Hamlet de ces Les sortes

à l'affaiblissement la plus

l'expression de natures.

pathétique

acti fs, au contraire, la figure de don Quichotte. on l'a remarqué, incarnent taux et opposés de la nature de l'axe sur lequel trémités se rattachent

se peuvent idéaliser dans Hamlet et don Quichotte, les deux côtés fondamenhumaine, elle tourne; de les et à l'un deux tous de exles ces

hommes deux

types.

plus ou moins A la famille du Chevalier

la Manche

les hommes de cond'action, appartiennent pleins fiance en eux-mômes, par excellence, que optimistes nul obstacle n'abat et qui ne rebute, que nul revers entraînent les foules par leur tif de la force la guerre n'était fait un ou de la justice. et de la conquête, un tant qu'il restait dont Fouché définifoi au triomphe de Ce sont les génies César « pour qui rien à faire » chose

Napoléon, « L'empereur Jours mais au passé ?;

un

quelque les Cent disait pendant à l'avenir, toujours japense Pizarre et un Cortex, chcrs à

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

M. deHeredia; les héros ley, encore ranger ligence plaisir politiciens condottieri, vité. A un autre inférieure, des

de du parmi

nos

jours, continent les actifs, de gens

un

Brazza, ténébreux. malgré sport,

un Il leur

Stanfaut intel-

les

risques batailleurs, aux

pousse

à se rompre comme livrés, instincts

que l'unique les os, et les autrefois de combatiles

plus

grossiers sont les

extrême ne les

Qu'on matiques. ils opposent phes sistance passive ni très ciants, citant dentes lance, laine, tient actifs, lenLs, hostilités. dit Kant, ni

confonde

apathiques, pas avec des milieux Ni très pessimistes,

les les

flega/~o/ ré-

à l'influence difficile à vaincre. ni

une sensitifs,

optimistes, difficiles lourds, de Tous rebondissent beaucoup et

insouils n'ex-

à émouvoir,

ni ne ressentent

amitiés ou d'argrandes les projectiles leur qu'on comme sur un sac de ce tempérament flegmatique un calme

et chez lieu de

d'hommes

garde de grand

dignité aisément en seigneur. sa

de sagesse. Le toutes circonstances S'il possède sereine une

périeure. du monde l'opiniâtreté a de fatal contredire, des hommes

philosophie comme un miroir des

suintelligence reflète les aspects Connaissant tranquille. et ce qu'il y il s'abstient de et s'accommode les peut l'activité praferme, paune une ne

dans

individuelles, opinions toute faute humaine, des reproches, sont,

de faire tels Mais

qu'ils

puisqu'on

changer. tique, tient, belle

s'il joint

le flegmatique attentif, existence

à l'ititelligeuce devient un homme

persévérant, utile à lui

et

d'édifier capable aux autres c'est

LES

CARACTÈRES

veuve liser

Scarron, ce rêve

vertueuse insensé,

et habile, épouser Louis achevé

qui de

finit

XIV

par réac'est un rai-

Benjamin sonnable et calculateur vrant rien

Franklin, c'est

le type un maréchal

l'homme observateur

de Moltke, sans Parmi moralité du puritain, hâte, les ni

silencieux, à la fortune.

ne lirepos, de cette gens mais du janséniste, chez les

se rencontre la trempe aussi le fanatisme à froid race Le plus respectable que caractère antithèse

immuable,

sympathique. fréquent gens em-

flegmatique, du Nord, a pour

le Méridional porté, et recuites, aux passions brûlantes. attacher à sa table de travail pour sa maîtresse; le programme User rarement pour ment, Franklin traçait et le budget des plaisirs

le colérique bilieux, cuites aux rancunes vindicatif, Alfieri se faisait

ne pas courir chez sur son carnet d'avance conjugal

de son bonheur de l'amour,

/KC[san/eoM~OM~auo! ces deux hommes

ne le faire <y~g des e~/a/s. Evidemn'étaient du même pas doués de caractères simples, de en purs non

tempérament. Il n'y a pas, plus

à vrai

dire,

simples,

que des tempéraments de purs nerveux, tiques, éléments quement se et combinent forment des

de purs lymphabilieux. Mais ces sorte nouveaux. chimiPar

quelque caractères

les sensiti fs acti fs on'rcnt exemple, de la nature humaine: plus brillants Thérèse, saint Vincent

les spécimens les don Juan, sainte

de Paul, Danton, Michel-Ange. les actifs Don Quichotte, parmi que nous avons rangé est plutôt un sensitif acti f. Nous lui avona oppurs, Mais ce serait une erreur de croire que posé Hamlet.

LA

PHfLOSOPHUE

AFFECTIVE

la

méditation

triste

reste

étrangère

aux

hommes de

Il y a dans Bismarck telle page de patrie, l'idée sur

d'action.

la correspondance de sur la vanité le néant de ce »,

du prince

et de la gloire « bon à monde qui ne pâlirait homme ra-

comme une chemise sale quitter pas à côté du To be or /!of ~o be. à la toque noire. Les biographes content de même certain qu'à de suicide. par des pensées Il serait dont ont fort intéressant de les psychologues les caractères. compris

jeune de Cavour nous il fut

du

moment

hanté

la manière comparer de profession et les littérateurs Corneille, par exemple,

des héros tout en dehors, qui nous peint rangeant leurs actes à leurs conn'a pas la même maximes, de l'homme ception que Shakespeare qui nous montre ses La personnages classiiication victimes des d'une caractères fatalité dans intérieure. l'œuvre M. de que Scherer, M. Ribot de

Gœthe, concorde et de esclaves trui, M.

un critique d'après en plus d'un point Fouillée. de leur Les

allemand, avec celle tels

se/!S/s

Werther,

sourds

d'aucoeur ou de l'inspiration propre à la voix de la raison et de la conscience, sur les eux et autour comme d'eux, les calamités Egmont, les maà l'hule comte

amoncellent, et les ruines; les créateurs, gnanimes, manité les rusés troubles liques

acti fs,

les combattants, se dévouent

les politiques, à l'amitié, à la patrie, les

les 7~0'~Mrs, renards, les et de scandales, de tout idéal,

les charlatans, révolutionnaires, k railleurs

intrigants, amateurs

de

empochent

inquiètent de s'endormir dans

méphistophémais les hommes,

les

la routine

et t'indiffé-

LES

CARACTÈRES

rence; eux.

ils veulent Enfin

le mal

et font

ainsi

le bien,

malgré

Wilhelm les sensiti fs devenus acti fs, Faust, et le didébutent Meister, par les passions égoïstes et la soufla faute, l'épreuve lettantisme, et, à travers bienfaisante d'une s'élèvent l'activité france, jusqu'à vie sage, utile et réglée. Et toutes ces tendances ironie profonde, sentiment dictoires, exalté, la science le caractère et de l'art, de rêve et action, En lui d'une se retrouvent comme nature en Gœthe. contraculte de dans Shakes-

peare, s'épanouit Relisez encore, l'admirable mille étude

la richesse

moderne.

au point de vue qui nous occupe, a consacrée aux deux que Taine la Comédie /:usur russe ce

personnages Maz'y:e de Balzac,

Tourguénef. est peut-être qu'il ment

dans qui s'agitent et les pages de De tous les romanciers, celui qui nous fait

Hennequin l'écrivain

le mieux

sentir

et obscur, d'absoluy a d'infiniment complexe individuel dans chaque caractère, qui démêle d'une main plus agile tous ces traits fins, entre-croisés de nos actions et qui a su le la trame pour former en légères mieux rendre nuances les reflets chande nos âmes mobiles. geants L'oeuvre yeux séqués écrivait-il, encore l'anatomie classification une entière collection loupe, que l'étude de Sainte-Beuve incomparable mais non morale déroule sous nos discrois, en uu essai est de de de caractères, « Je classés. des avant Cuvicr. caract.cres Jussieu, » Tout

à la

à l'état

de la botanique avant comparée

lui paraissait Si de l'observation des jusqu'aux

prématuré. caractères

on veut

ensuite

remonter

causessinombreuses,

si variables,

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

si ténues,

qui les déterminent le problème modifient, paraîtra « Les mets qui vous nourrissent, vous livres vous les maisons respirez, lisez, les que vous vous laissez dont glisser, vous vous qui plus les

et

insensiblement

les

insoluble presque dit Taine, l'air que vous les entourent, minces habitudes où circon-

constances tribue

insensibles plus laissez tout presser, » de vous

à faire

l'homme insiste un

M. Fouillée Abreuvez

que vous êtes. sur l'importance homme nerveux, Nourrissez humeur

l'hygiène. pourrez de carottes du foie,

d'alcool

le pousser à la folie homicide. si son une femme acariâtre, vous réussirez des sermons. sous maient la Terreur

vient

mieux à l'adoucir peut-être attribue la violence Michelet à ce fait que les assemblées

que par des clubs se for-

les repas. après M. Ribot est moins encourageant peut

lui, d'après beaucoup, mais les vrais caractères ne changent ~Mo~oAes, Il faut s'entendre: la nature, c'est-à-dire l'hérédité, sélection, elle en une donner le ressort fournit certaine le ressort, mesure, salutaire mais sauf l'éducation

On

que M. Fouillée. sur les caractères pas. la

ne peut-

la direction agira ?

les cas d'exception, selon laquelle ou funeste de

Et nous-mêmes, notre arbitre, propre, assouplir espérons térêt ou volonté et ? Sans

sommes-nous

capables

pour n'avons-nous à l'égard quelque la vanité

la question préjuger nous en tenir à notre pas une certaine de ceux dont nous chose pour ? Est-il nous rien dominer

régler du libre

expérience facilité à nous ou 1 incon-

craignons de tel que et nous

LES

CARACTÈRES

traindre ceux science cette qui

? Toutefois nous

l'art

de vivre, s'apprend art dépend Or

de nous moins

adapter que

à la et

entourent, cet de

de la vie, car science

du caractère,

pas de savoir hommes en en particulier ou Jacqueline.

l'intelligence. a priori comment

n'est l'important se conduire avec les se comporter Jacques de tact

mais comment général, réellement avec Pierre, Cela, c'est affaire bien

Paul,

d'intuition, que moins

et d'expérience. On ne connaît où l'on s'est cassé le nez. A défaut des caractères d'autre cet profit, tirez

les chemins

Ju

de

l'étude

de vous délivrer de l'idée avantage abstraite le mot Humanité; qu'exprime représentezvous sous ce vocable la foule grouillante des hommes, les races, nombrable froids, tailleurs, nins, vaine dans une leur couleur, leur odeur spécifique, remuants, irritables, cruels, et l'inindolents, babévariété des individus patients,

emportés, sobres,

raisonnables, paillards,

pacinques.

pillards,

combien etc., etc., etjugez ivrognes, serait la prétention de concilier les esprits une même les volontés à d'incliner doctrine, même conduite, d'habiller en un mot toutes les en prenant les mesures de l'Apollon et de la Vénus de Milo. utopistes, jetez la physiologie. au panier du Bel-

tailles, védère

Réformateurs tèmes et étudiez

vos

sys-

CHAPITRE

X

A QUOI SERT LE RATIONALISME

Nous Lambert, chard

sommes

redevables

à Mme Valentine

dépositaire

et gardienne M. Delbos qui en a fait le classement de ce volume d'~H~s thodique, ancienne partie et sur dans la philosophie le Jcwna'/QfMsa~M~.

de la pensée de ses manuscrits,

Eugène Brode M. Victor ainsi qu'à et mé-

judicieux sur la philosophie ('!), parues

moderne

en

des Reptcsentant de la Sorbonne où la philosod'hier, plus distingués étaient en iionneur,M. Brochard phieetles humanités a vécu dans le culte et l'inLimi~é des anciens, sans toutefois porains. cupé des perdre Érudit plus de sans vue les modernes il était A côté de ce et les contemsurtout de leur préocvaleur un

minutie,

historique, intérêt dramatique, ou elles ont à rencontrer l'on causait
F. A!<'a<i,

hau ts problèmes. certaines pages si l'on Ceux

livre

otïrent

connaît

les circonstances

été dictées.

eu plaisir qui avaient où M. Brochard dans salons quelques si gaiement, le retrouvaient, il y parfoits
1~2.

A

QUOI

SERT

LE

RATIONALISME

a qelques confiné années, un mal sans remède, ne transporter Les yeux disposant il gardait des à sa chaire presque à peine une éteints,

dans sortant

sa

bibliothèque

que de la Sorbonne

se pour ou à l'Institut.

par faire

le visage de la liberté de merveilleusement

pâle et amaigri, ses mouvements, active au sein petit au inal-

pensée

et il émerveillait le tourments, plus cruels dans cercle d'amis sa demeure qui se réunissait déclin du jour, un enjouement par une sérénité, térables. était donc cette Quelle résister victorieusement destin M. ? M. Delbos philosophie aux épreuves dans l'explique

de susceptible d'un mauvais sa et préface, dans divers

Brochard

l'indique lui-même nous

de son livre. chapitres Et d'abord comment connaissance ment dit dans qui

résoudre toute

le problème

de autre-

la

domine

d'atteindre

mesure quelle le vrai ? M. Brochard des si sceptiques

philosophie, sommes-nous donnait

capables à cette

la réponse question cisme morderne, L'absolu que des nous vérités

exigeant nous échappe, nos relatives, que nous

et du critigrecs en fait de preuves. ne pouvons atteindre certitudes devons morales soumettre et, si l'on écartait ne à la veut,

des croyances so~tque età l'expérience. raison pragmatiste etlemysticisme, Cela nous abordait tempéré, comme indique

Rationaliste, M. Brochard

l'intuition

instrumentsdeconnaissance. dans quel esprit M. Brochard

moral. le problème Notez qu'il ne s'agit pas des à quelques sur rale, lesquels,

principes nuances

de

la moles

près,

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

philosophies fondement ceptibles principes

s'accordent, religions de la morale, c'est-à-dire des de déterminer des fondement depuis deux hommes en pratique,

et

les

mais motifs

du susces phi-

à mettre

losophes disputent les religions nous autant nous bonheur, ou de la l'honneur. que cette de les

sur lequel les mille ans. Tandis morales les la

imposent commandements au

les vérités divins, nom de

que comme

proposent ou de l'utilité,

philosophes ou du raison, entendu, ou si la de bien pierre ne voit pure et des plus traitent de vue antique

sympathie, sans jamais recherche

ou del'égoïsme bien ou de la compassion, s'entendre, à celle de

pouvoir ressemble

philosophale. Au milieu d'autre saine de

de cette que

confusion, de remonter grecque. de ces fait entre

M. Brochard à la source Dans Études un qui

remède

la philosophie

remarquables chapitres il nous de sujets variés, de la morale, le contraste moderne. et la philosophie Selon lui, l'idée l'idée

saisir,

à ce point

la philosophie

de devoir,

d'obligation, à la philosophie étrangère donne nous des met conseils sous

telle que nous l'entendons, de commandement, est totalement Cette antique. au lieu de dicter des philosophie ordres, elle

les yeux le portrait idéal du sage qui vise au bonheur dans la vie présente. La morale moderne fait un appel à la conscience le mot consc/e/:ce n'a de pas d'équivalent suivre la nature, Le et grec non d'obéir mot vertu ne en en latin. II s'agit à une loi d'origine chez les signifie, naturelles. Il

supra-sensible. anciens, que

la possession

de qualités

A

QUOI

SERT

LE

RATIONALISME

dans leur philosophie, y a place, la loi morale leur pour la faute et le remords. que le scrupule chez eux s'attache démérite

l'erreur et pour est aussi étrangère L'idée de mérite et de

ou qui est digne La responsabilité ne les trouble non de louange. pas la liberté en ce sens que, de l'homme ils entendent ses actes quences l'homme souverain licité ne émanant bonnes est libre, de lui, ou c'est il doit en subir Dire que en les conséque le mauvaises. exprimer

à ce

grec

le bonheur,

bien,

de l'obtenir. Le christiaet qu'il pouvoir nisme a transporté le centre de gravité de la pensée la morale est humaine dans l'au chrétienne delà; imbue de l'idée le monde dogme fluence de de triomphe de perfection sur divine, sur la nature Mais le mauvais, corrompue. l'immortalité dans Platon La philosophie à hauteur d'appui, à la bonté pas ancienne n'a d'inreste

dépend est en notre

est à la portée de chacun; que la féextérieures pas des circonstances

sur sa morale.

une morale toujours ment optimiste, croyant a~a~ssz/~a nostri natura. Mais, toujours avec ses infiltrée avec son soit contrairement

essentiellede la nature,

philosophie grecque, de la religion, la morale séparée religieuse idées d'ordre s'est d'obligation, impératif, la tout d'abord moderne, philosophie et Malebranche. bien que Spinoza, le montre comme M. Brocbard, juif, que a su éviter cet

à

la

dans Descartes

panthéisme,

inspiré tout écueil; de bien la plus

par le monothéisme en reconnaissant

philosophie

la théologie offre veut que consolations, grandes Spinoza et la religion demeurent indépcn-

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

dantes revenons l'antiquité,

sans au

être

hostiles

compromis Plutarque,

(i). Avec entre le

Rousseau, christianisme

nous et

montagne. du bonheur éducation A l'heure religieuse constate cherche ment

Kant,

qui et la fonde

et le sermon sur la Sénèque radicalement la morale sépare sur la conscience, obéit à son

piétiste. sans nier la valeur de la morale présente, fondée sur la révélation, M. Brochard tous côtés, dans à lui tous donner Dans dans cette une les la morale, sans ce désarroi, hautement suite achever de siècles, aucune toutes morale, pays, on un fondemêlée

que de à laïciser

humain,

cela dans

y réussir.

cette

de doctrines, il nous

anarchie,

recommande une Sans

qui, pendant l'humanité. ont

philosophie a suffi à l'élite de science, les non les Grecs sciences. Il

de jeté les fondements en matière de science s'agit, pier servilement M. Brochard cœur que enchantait trouvait une cure en la de mais

de les co-

de les développer. le sujet d'autant prenait sagesse antique, nous dit

plus M. Delbos,

à

existence

en plus ses réflexions et qu'il plus elle le moyen de soutenir avec courage douloureuse. C'est surtout près d'Épisemble compte Aux plus chercher à travers nombreux des consolales âges deux se peut ap-

que M. Brochard tions. Le vieux maître sortes pliquer

de disciples. le vers d'Horace Epicuri

de ~re~c poy'cum.

(1) Voir à ce sujet le beau livre de M. DELLOS, le Problème mora/da/zs la philosophiede Spinoza et l'histoire du spinozisme,
F. Alcan, 1893.

A

QUOI

SERT

LE

RATIONALISME

Mais si fort

ceux-là et des

méconnaissent si débonnaire, stoïciens, sans

la pensée pensée tension, qui

honnête à celle Car non honneurs, la de santé

d'Épicure, ressemble ni

toutefois,

raideur. vient des de sirs,

la vraie

des

nous Épicure, d'après volupté, et du dehors, des richesses choses du contentement de la modération de l'esprit, des déà notre

mais du corps,

condition, qu'elle cours

doux et tranquille l'acquiescement à notre si médiocre, destinée, soit. Contre l'adversité nous

si pénible de ren'avons

est le dernous-mêmes. La résignation qu'en nous nier mot de l'épicurien véritable, trop heureux, dit M. Brochard, s'il parvenait à se persuader que l'ordre fatal de l'univers est l'oeuvre d'une Volonté sage, et que la Providence, conduite. M. Brochard que, telle que est une morale très plupart, de fanatisme, blement avons avait nous mille fois raison chez la morale grecla la Nécessité si difficile n'est qu'il autre nom qu'un soit de s'expliquer de sa

la trouvons excellents, très

de gens intelligents,

les philosophes, bien élevés pour sans ombre honora-

tolérants, heureux.

pour qui la question et d'arriver ainsi à être

est de vivre

Mais

nous

le bel équilibre des Grecs. Nos exigences perdu en fait de bonheur vont bien au delà de la résignation, elles sont sans limites. Pour les modernes, la morale et le bonheur ne se confondent les plus délicates sont souvent le remarquait comme voient déjà Bayle, les modernes dans la raison une force bien plus capable de détruire Elle est surtout que de construire. propre à ruiner
uouRDEAU. – Phit. atïeetive. 12

les consciences plus les plus troublées. Et,

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

les illusions

et les

espérances,

à découvrir enfin, accomplir mais sa elle est

notre

im-

et nos ténèbres; puissance de nous faire par elle-même fait approuver. Il est bon réduit d'être à se

incapable ce qu'elle nous il est triste Nous moins qu'à Brochard

d'être

philosophe, servir de

ne croyons d'efficacité l'amitié avec tant

pas nous tromper à et la vaine veillait

philosophie. en attribuant raison, de M.

froide près

dévouée

qui de sollicitude

l'amertune au sein

en douceur et ,qui changeait de sa destinée. Dans le malheur immense nous nous risquons vient des engloutis, affections humaines. d'être le

meilleur Nous Macaulay, du genre barbes, mauvais leur

duquel secours n'irions

de dire, avec la rudesse pas jusqu'à ces précepteurs que les philosophes grecs, ne nous ont transmis humain, que de longs associés qu'ils ont l'avaient à l'image de laissé le monde trouvé. dans action veut c'est longues aussi antique chose de Quelque la doctrine cette morale chréforme qui si nésous une leurs

raisonnements et

qu'ils

a passé enseignement tienne ils ont exercé une religieuse. s'applique cessaire a intérêt tibles Dans Le monde à tout moderne

le monde religieux

le fondement à ce que ses surtout

ce qui rend de la morale; chacun soient les

d'exalter, des notes

prescriptions d'intimider sur Jésus

suscepconsciences. Origines révolution d'une il fallait corle

de Proudhon

el les

du çhristianisme, était nécessaire

on lit ce qui suit le vieux pour sauver immanente; forces

« Une monde cela

ruption concours

universelle, de deux

pour le sentiment

religieux

et le

A

QUOI

SERT

LE

RATIONALISME

sentiment fondent. dans devînt ternité. le

de justice Il fallait, culte une

et

de

charité

dis-je, que la et le culte dans la //ïo/e; et que la religion

qui, ici, morale vraie

se cone/~r<M

religion » Proudhon

que celle-ci devînt une fra-

aujourd'hui il avait dont le passé. volution sciences, religieux révolution est menacée Or créer licisme, fonder nouvelle mais dans voici une

que la morale pouvait croyait chrétienne de cette se passer religion dans la nécessité si justement affirmé reproche renouvelé un sens à la Réles Gonmoral le cas et de la

à l'opposé, Quinet de n'avoir française pas donné à la démocratie plus énergique, comme faute

Tout

ce fut

d'Angleterre, d'un retour qu'après

de quoi à la barbarie. Comte

la démocratie

Auguste

qui

tenta

de

du Cathosur le modèle religion positive tentative de assistons à une nouvelle nous morale religieuse des amis aussi elle mêmes nous vient de la

une

Sorbonne, un sens à toute

contraire

de M. Brochard, à la philosophie au christia-

antique, nisme. Cette pour

philosophie,

qu'hostile

religion M. auteur Société tout, à sa

a à l'usage des primaires, laïque, de socioet son école Durkheim est et Dieu, le seul Dieu tenus auquel de nous

La logues. nous devons soumettre décrets sont morale bien, est ses

nous

sommes

volonté

manifestée sénateurs de son

les députés interprètes, se confond

et les éclairés ainsi avec

ses lois et par de la majorité saint. La esprit

c'est défendu

ce qui est permis; par les règlements

la législation ce qui est

ce qui est mal, ce qui et par le Code. La con-

LA

PHILOSOPHIE

AFFECTIVE

science

individuelle l'intolérance

n'en

est dans

approuve tifier dans

pas juge. le passé,

M. Durkheim afin de la jus-

le présent. Cette morale d'école primaire n'est pas aussi originale car croire, qu'on le pourrait elle ne fait autre chose au profit de la que laïciser, et sociale, le catéchisme République démocratique de Napoléon si elle donnait Nous jusqu'à lement sagesse tique ne ler. Nous ne saurions résultats pas nous favorables en plaindre à l'ordre.

quelques

voyons

présent la crainte

qui n'a si chère à M. Brochard, i''
',<

ait réussi qu'elle à inspirer le respect des lois, ou seudu gendarme, commencement d'une rien de commun avec la sagesse ancependant notre ami si regretté.

,t ¡e i
Il

FIN

TABLE

DES

MATIÈRES w.'

CHAPITRE

t. II. III. IV.

Les

courants

de de du

la philosophie René Descartes..

com1 9 Scho19

– – –

temporaine. Le centenaire Le philosophe penhauer. Le

romantisme,

contre l'intellectuapragmatisme de \V. James. lisme (La p~c/~o/o~'e Le La pMosop/u'e de W. James. P~ret~s/tte. pragmatisme) Un dcr~fey' mot sur le 29 anti-intellectualiste Ribot (La psychologie les pasCommenl affective. 63 de La 113 140 14:9 158 le rationalisme 172

V.

La

psychologie de M. Th. des sions Les .se~z/ne~s. finissent. sympathies

L'illusion t/npur/u~es) intellectualiste (Les

.–

VI.

La

philosophie M. FouiHée morale des

idées-forces.

VII. VIII. IX. X.

Le

langage

tcfees-/brjes). an'ectif affective

L'esthétique Les caractères. A quoi sert

3185.

Tours,

imprimerie

E.

ARRAULT

et

C".

LIBRAIRIE

FÉLIX

ALCAN

BIBLIOTHEQUE DE PHILOSOPHIE CONTEMPORAINE
Condorcet. lycée la psychologie de l'inMusique » conscient. 5 fr. » 5ft-. BOEX-BOREL(J.-H.RosNYaîné).LePluraU9me.lvol.in-8. BROCHARD de l'Institut. Etudes de philosophie ancienne et (V. de philosophie moderne. Recueillies et précédées d'une introduction V. DELBOS, à la Sorbonne. de l'Institut, par professeur 10 fr. lvol.in-8. DUGAS de l'Education. Essai ès lettres. Le Problème (L.), docteur de solution 2" édition des doctrines par la critique pédagogiques. 5 fr. M revue. 1 vol. in-8 DURKHEIM à la Sorbonne. L'Année (E.), professeur sociologique. 11 vol. in-8 parus. 1 à 5, 10 fr. chacune; 6 à 10, Années années 12 fr. 50 chacune 11" année, 15 fr. FOUILLÉE de l'Institut. d3 morale des (Alf.), Critique systèmes 6e édition. 7 fr. 50 1 vol. in-8. contemporains. 7 fr. 50 L'Evolutionnisme des édit. 1 vol. in-8 idées-iorces.~ » La Psychologie 15 fr. 2 vol. des idées-forces. in-8. 4" édition. des Esquisse psychologique peuples européens. ,¡ 10 fr. 1 vol. in-8 7 fr. 50 Le Moralisme de Kantetl'Amoralisme contemporain Morale 2° édition. 7fr.50 des idées-forces. in-8 1 vol. La Propriété 2 fr. 50 4" édit,. 1 vol. in-16. sociale et la Démocratie. GUYAU nisanction. d'une morale sans ~1.}. Esquisse obligation H 9°édition. 1 vol. in-8 5 fr. JOUSSAIN 1 vol. in-16. et Religion. (G.). Romantisme (Tïecompe~s~ 2fr.60 parr/ns~~). RIBOT de l'Institut. édition. L'Hérédité (Tu.), psychologique. 7 fr. 50 lvot.in-8. – La Psychologie 7 fr. 50 8e édition. 1 vol. in-8. des sentimeuts. – Essai sur les passions. 3" édition. 1 vol. in-8 3 fr. 75 – Les 2 fr. 50 Maladies de la mémoire. 22'édtt.l 1 vol. in-16 –Les 2 fr. 50 Maladies de la volonté.2(~édition.lvoLin-l(! – La Psychologie 2 fr. 50 de l'attention. 11° édit. 1 vol. in-lH. – Problèmes de psychologie 2 fr. 50 affective. 1 vol. in-16 à l'université de Bryn Mawr SCHINZ, professeur (Pensylvanie). Examen des droits de l'aristocratie Antipragmatisme. respectifs » intellectuelle et de la démocratie 1 vol. in-8.. 5 fr. ëocialc. SCHOPENIIAUER et comme reLe Monde comme volonté (A.). 5" édition. 3 vol. in-8. Trad. A. BunoEAU. présentation. par 7fr.50 voiume. Chaque BAZAILLAS (A.), docteur et Inconscience. 1\o!.in-8. ès lettres, professeur à Introduction au

LIBRAIRIE

FÉLÏX

ALCAN,

)o8,

BOULEVARD

SAINT-GERMAIN

et Paralipomena. SCHOPENHAUER (A.). Parerga – sur la Sagesse dans la Vie. Traduit M. CANAphorismes par » 9° édition. 1 vol. in-8 5 fr. TACuzÈNE. et notes – Ecrivains et Style, introduction Traduction, par A. DIE2 fr. 50 1 vol. in-16. 2- édition. TlucH. la Religion. introduction et notes de A. DiE– Sur Traduction, 2 fr. 50 1 vol. in-16. 2< édition. Tnicu. – et notes et Philosophes. introduction Traduction, Philosophie 1 vol. in-16 2 fr. 50 par A. DiETRicn. Droit et Politique. et notes introduction Traduction, – Ethique, 1 vol. in-16. 2 fr. 50 par A. DIETRICII. – et Esthétique. et notes introduction Traduction, Métaphysique 1 vol. in-16. 2 fr. 50 par A. DŒTMCH. – et Science de la nature. et introduction Philosophie Traduction, notes 1 vol. in-16 2 fr. 50 par A. DIETRICH. de Schopenhauer, – La Tu. RiBOT. 12" édition. Philosophie par 1 vol: in-16. 2 fr. 50 – L'Optimisme de Schopenhauer. sur Etude Schopenhauer, par 1 vol. in-16 S. RzEwusiu. 2 fr. 50 – Essai sur les apparitions et opuscules divers. Traduction, préface et notes 1 vol. in-16 2 fr. 50 par A. DfETMCH. la méthode, DESCARTES. Discours sur avec introduction notes, et commentaire V. 18e édition. de l'Institut. BnocHAM, par 1 vol. in-12. 1 fr. 25 i KANT. de la raison et introduction Traduction, Critique pratique. 3e édition. 1 vol. in-8. 6 fr. notes, par M. PiCAVET. RUYSSEN Les Grands (Tu.). Schopenhauer. (Collection Philosophes.) 1 vol. in-8 7 fr. 50 de l'Institut. des LIARD Descartes. (L.), (Collection historique 1 vol. in-8. 2'édition. 2 fr. 50 Grands Philosophes.) JAMES traduil, (WtLHAM). L'Expérience religieuse, par F. AnAUzrr, 2' édition. de philosophie. 1 vol. in-8. (Cour. ~icadeagrégé par » mie /ra/<7/.se.) 10 fr. électives de Gœthe. Préface (A.). Les Affinités FRANÇOIS-PONCET 1 vol. de M. II. LjcHTENCMc.EH. in-8. 5 i'r.

F~EVUE
DE LA

FUILC~SOF'UlQUE
FRANCE ET DE L'ÉTRANGER

Dirigée

par

TH.

RIBOT,

membre au Collège 1912).

de Hnstitut, de France. Parait tous

professeur les mois.

honoraire

(37° année,
ABONNEMENT

Département

(du 1" janvier), et étranger 33

Un an Paris, 30 fr. fr.La livraison 8 fr.