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Généralités sur les fonctions numériques

1. Ensemble des Nombres réels
Le but de cette section est d’introduire le vocabulaire utile à l’étude des fonctions réelles. L’ensemble des nombres rationnels Q est bien connu du lecteur. Cet ensemble se révèle vite insuffisant ; par exemple, il n’existe aucun nombre rationnel exprimant la mesure de la diagonale d’un carré dont le côté mesure une unité de longueur ; il est pourtant naturel d’associer un nombre à la mesure de la diagonale. Ainsi se dégage l’existence d’un nouvel ensemble de nombres dits nombres irrationnels. L’ensemble des nombres rationnels et l’ensemble des nombres irrationnels constituent un ensemble R, appelé ensemble des nombres réels, qui se représente géométriquement par un axe orienté sur le quel on a choisi une origine et une unité de longueur. D’où le nom de droite numérique qu’on donne parfois à R.

1.1. Ordre et opérations algébriques
Nous avons déjà vu que l’inégalité (au sens large) définit sur R une relation d’ordre totale. De plus , on a la proprièté suivante : Si x, y et z sont trois nombres réels, alors x Si z > 0 Si z < 0 x x y ⇐⇒ x + z y+z yz yz y ⇐⇒ xz

y ⇐⇒ xz

1.2. L’ensemble R
On appelle R l’ensemble R auquel on adjoint les deux symboles +∞ et −∞. Soit : R = R ∪ {+∞} ∪ {−∞}. On prolonge à R l’addition, la multiplication et la relation d’ordre de R de la façon suivante :

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on pose : [a. a + ε[ où ε désigne un nombre réel strictement positif. b[= { x ∈ R | a x<b} (resp. −∞ < ℓ < +∞. b] = { x ∈ R | a x b }· Si a et b deux nombres réels tels que a b. On appelle intervalle ouvert d’extrémités a et b le sous-ensemble de R noté ]a. Intervalles de l’ensemble R Soient a et b deux éléments de R tels que a < b.1 Généralités sur les fonctions numériques 2 — Pour ℓ ∈ R on pose : ℓ + (+∞) = +∞. on définit de même l’intervalle semi-ouvert à droite (resp. 1. ℓ + (−∞) = −∞. +∞[= { x ∈ R | x > a }. b] = { x ∈ R | a < x b })· Soit a un nombre réel. a] = { x ∈ R | x a} ]a. On appelle intervalle ouvert de centre a toute intervalle de type ]a − ε. — Pour ℓ ∈ R∗ on pose : ℓ × (+∞) = +∞ si ℓ > 0 −∞ si ℓ < 0. ℓ × (−∞) = −∞ si ℓ > 0 +∞ si ℓ < 0. b[= { x ∈ R | a < x < b }· Soient a et b deux nombres réels tels que a sous-ensemble de R noté [a. b[ défini par : ]a.3. −(+∞) = −∞. Ces expressions sont appelées formes indéterminées. b] défini par : b. −(−∞) = +∞. (+∞) × (−∞) = −∞ Malgré tout. ]a. (+∞) + (+∞) = +∞ (−∞) + (−∞) = −∞ (+∞) × (+∞) = +∞. HACHIMI • Cours • Semestre 1 . à gauche) d’extrémités a et b par : [a. ] − ∞. a[= { x ∈ R | x < a }. +∞[= { x ∈ R | x a }. ] − ∞. Enfin. (+∞) + (−∞). 0 × (−∞). certaines expressions ne sont pas définies : 0 × (+∞). On appelle intervalle fermé d’extrémités a et b le [a.

2 : Soit x0 un nombre réel. 1. [0. |x| x.4. défini par : |x| = x si x 0 −x si x < 0 Il résulte immédiatement de la définition que : ∀x ∈ R : On a les propriétés suivantes : Proposition 1. 3[ et [1. HACHIMI • Cours • Semestre 1 . On appelle voisinage fondamental de x0 tout intervalle ouvert non vide de centre x0 . noté |x|. x0 x0 + ε Par exemple. Cependant. 3] sont des voisinages de 2.1 : Soient x et y deux nombres réels.1 Généralités sur les fonctions numériques 3 1. On note Vε (x0 ) le voisinage fondamental de x de rayon ε (ε > 0) : Vε (x0 ) = {x ∈ R : x0 − ε < x < x0 + ε} = {x ∈ R : |x0 − x| < ε} x0 − ε Définition 1. 3[. l’ensemble [2.1 : Soit x un nombre réel. Voisinages Définition 1. on a : 1◦ |xy | = |x||y | 2◦ |x + y | |x| + |y | (inégalité triangulaire) |x| 0. La valeur absolue de x est le nombre positif. |x| = | − x|. Valeur absolue Définition 1. les ensembles ]1.5.3 : On appelle voisinage d’un nombre réel x0 toute partie de R qui contient un voisinage fondamental de x. 3] n’est pas un voisinage de 2.

mais elle n’est pas définie au voisinage de 0. 2◦ Si V et W sont deux voisinages de x. on appelle x la variable indépendante et y la variable dépendante. 1 f (x) = √ est définie sur Df = ] − 1. Exemple : La fonction x → √ x est définie en 0. Définitions Définition 1.2 : 1◦ Si V est un voisinage de x et si V ⊂ W . Les nombres réels admettant au moins une image par f forment l’ensemble (ou le domaine) de définition) de f .4 : On appelle voisinage de +∞ resp. −∞ forme ]a. Fonctions réelles d’une variable réelle 2. y est appelé output ou valeur.1. +∞[ resp. +1 ] f (x) = 1 x est définie sur Df = R∗ . Lorsque. on utilisera « fonction réelle » ou simplement « fonction » il faudra comprendre « fonction réelle d’une variable réelle ».6 : On dit qu’une fonction réelle d’une variable réelle est définie au voisinage de x0 si le domaine de définition de la fonction contient un voisinage de x0 . Chaque nombres réel x admet au plus une image y . toute partie de R contenant un intervalle de la Soit x un élément de R. En statistique.5 : Une fonction réelle d’une variable réelle est une fonction f de R dans R. a[ où a ∈ R. V ∩ W est un voisinage de x. Exemple : Soit x une variable réelle. +1[ 1 − x2 Définition 1. 2. HACHIMI • Cours • Semestre 1 . W est un voisinage de x. Les expressions f (x) ci-après définissent une fonction réelle d’une variable réelle sur l’ensemble Df : √ f (x) = x2 est définie sur Df = R . f (x) = 1 − x2 est définie sur Df = [ −1. On a les propriétés suivantes : Proposition 1. par la suite. Df .1 Généralités sur les fonctions numériques 4 Définition 1. ] − ∞. 3◦ Un intervalle ouvert est voisinage de chacun de ses points. notée alors f (x) : f : x −→ y = f (x) La variable x est appelé input ou argument.

soit par une table d’inputoutput. un point du plan R2 . Définition 1. i. soit par une formule.7 : On appelle graphe ou courbe représentative de la fonction f l’ensemble Cf des couples (x. y = f (x) 1  ı 1 Exemple : • M x Considérons la fonction f : x −→ x2 − 1 définie sur R et construisons sa courbe représentative.3. HACHIMI • Cours • Semestre 1 . On a : f est paire f est impaire ⇐⇒ ⇐⇒ l’axe des ordonnées Oy est axe de symétrie de Cf l’origine O du repère est centre de symétrie de Cf . est dite : — paire si ∀x ∈ Df — impaire si ∀x ∈ Df − x ∈ Df et f (−x) = f (x).8 : Une fonction f . Représentons R2 par un plan dans lequel on a choisi un repère cartésien. f (x)). 2. Pour effectuer cette construction nous commencerons par choisir un certain nombres de valeurs pour x de façon judicieuse et calculer leurs d’images.1 Généralités sur les fonctions numériques 5 2. le point M (x.2. puis on les relie par une courbe. On associe à f un graphe en faisant correspondre à chaque couple de valeurs (x. j ). ne permet pas en général d’avoir une vue d’ensemble des variation de f . f (x)). − x ∈ Df Soit f une fonction de courbe Cf dans le repère cartésien orthogonal (O. dont le domaine de définition est Df . et f (−x) = −f (x). Représentation graphique La connaissance de f (x). y ) de R2 où x parcourt Df et y = f (x). Les résultats sont inscrits dans un tableau d’inputoutput : x f (x) -3 6 -2 1 -1 -2 0 -3 1 -2 2 1 3 6 Dans le plan muni de son repère. soit par une définition. Lorsque x décrit Df ⊂ R. on place les points de coordonnées (x. Parité – Périodicité Définition 1. y ) où y = f (x) décrit dans ce plan la courbe Cf de la fonction f dans le repère choisi.

En effet. tel que ∀x ∈ Df x + P ∈ Df et f (x + P ) = f (x). Exemple : La fonction définie sur R par f (x) = sin x est périodique de période P = 2π y −2π o 2π x HACHIMI • Cours • Semestre 1 .9 : Une fonction f . dont le domaine de définition est Df est dite périodique s’il existe un nombre P = 0. En effet. f (−x) = (−x)2 = x2 f (x) o −f (x) • x symétrie par rapport à O y x → x2 y x → x3 o x o x Définition 1. Un tel nombre P est appelé période de la fonction. f (−x) = (−x)3 = −x3 — La fonction f définie sur R par f (x) = x2 est paire.1 Généralités sur les fonctions numériques 6 f (x) • −x o • −x x • symétrie par rapport à Oy Exemple : — La fonction f définie sur R par f (x) = x3 est impaire.

Définition 1. β ) ∈ Cf −1 ⇐⇒ (β.10 : — On dit que f est croissante sur I si : — On dit que f est décroissante sur I si : ∀(x. y ) ∈ I 2 . y ) ∈ I 2 . y x < y =⇒ f (x) x < y =⇒ f (x) f (y ) f (y ) y o f croissante Définition 1. Soit f une fonction réelle d’une variable réelle. o α β x y β Cf α 3. α) sont symétriques l’un de l’autre par rapport à la première bissectrice. (α.1 Généralités sur les fonctions numériques 7 2. Monotonie Soit f une fonction réelle définie sur un intervalle I de R. y ) ∈ I 2 . β ) et (β. bijective de E dans F . y ) ∈ I 2 . y x < y =⇒ f (x) < f (y ) x < y =⇒ f (x) > f (y ) y o x f strictement croissante o f strictement décroissante HACHIMI • Cours • Semestre 1 = y . β = f −1 (α) ⇐⇒ α = f (β ) Soit. ∀(x.4.1. En effet. Graphe d’une fonction réciproque Soit E et F deux parties de R.11 : x o f décroissante x x x C f −1 — f est strictement croissante sur I si : — f est strictement décroissante sur I si : ∀(x. ∀(x. α) ∈ Cf Les points (α. Monotonie et extremums 3. La fonction réciproque f −1 existe et le graphe de f −1 est symétrique de celui de f par rapport à la première bissectrice (droite d’équation x = y ).

Un maximum ou un minimum (local) est appelé extremum (local).2. y ) ∈ I 2 . strictement monotone sur I si elle est strictement croissante ou décroissante. f (x) f (x0 ) f (x0 ) Si la propriété f (x) f (x0 ) (resp. décroissante) sur I si et seulement si : ∀(x. Extremums Soit f une fonction réelle et x0 un réel appartenant à Df .1 Généralités sur les fonctions numériques 8 Définition 1. minimum) local en x0 . 3. Définition 1. strictement décroissante) sur I si et seulement si : ∀(x.13 : — On dit que f admet un maximum en x0 lorsque : — On dit que f admet un minimum en x0 lorsque : ∀ x ∈ Df . HACHIMI • Cours • Semestre 1 . Exemple : — La fonction définie sur R par f (x) = −x3 est strictement décroissante. < 0). 0). Pour étudier la croissante ou la décroissante de f . x = y =⇒ f (x) − f (y ) x−y 0 (resp. le minimum de f en ce point est égal à 1. y ) ∈ I 2 . Ainsi : — f est croissante (resp. — La fonction définie sur R par f (x) = 2x − 5 est strictement croissante. Exemple : — La fonction définie sur R par f (x) = x2 + 1 admet un minimum en 0. où x = y. on dit que f admet un maximum (resp. f (x) f (x0 )) est réalisée sur un voisinage de x0 .12 : Une fonction est dite monotone sur I si elle est croissante ou décroissante. on introduit le rapport : f (x) − f (y ) x−y appelé aussi taux d’accroissement de f . — La fonction définie sur R par f (x) = x3 − 3x admet un maximum local en −1 et un minimum local en 1. f (x) ∀ x ∈ Df . x = y =⇒ f (x) − f (y ) >0 x−y (resp. — f est strictement croissante (resp.

f (x) α α Une fonction à la fois minorée et majorée est dite bornée. 0 est le minimum le plus gand. Exemple : Tout réel négatif est un minorant de x −→ √ majorant. HACHIMI • Cours • Semestre 1 . tandis que a fonction n’admet pas d minimum.1 Généralités sur les fonctions numériques x → x3 − 3x y 9 y x → x2 + 1 o x o x Soit f une fonction réelle et α un réel. D’autre part. Définition 1.14 : — On dit que α majore la fonction f lorsque : — On dit que α minore la fonction f lorsque : ∀ x ∈ Df . 1 et tout réel supérieur à 1 en est un 1 + x2 y x→ √ o 1 1 + x2 x On notera que 1 en est le majorant le plus petit et que la fonction admet cette valeur comme maximum. f (x) ∀ x ∈ Df .