Université de Metz

IUT Thionville – Yutz
S1M1 – Mathématiques
Doc. A2 : systèmes d’équations
Systèmes linéaires à 2 variables
Un système linéaire de 2 équations avec 2 variables x et y peut s’écrire de la forme :
¹
'
¹
· +
· +
q dy cx
p by ax
Exemple :
¹
'
¹
· +
· −
1 3 2
7 3
y x
y x
Résoudre un tel système, c’est trouver au moins un couple de valeurs (x,y) qui satisfasse à la
fois les 2 équations
Dans l’exemple, (x,y) = (2,-1) est une solution du système.
Une représentation graphique des équations en jeu révèle que la solution proposée est unique
puisqu’elle correspond au point d’intersection de 2 droites.
Deux méthodes de résolutions sont proposées ci-après, une troisième un peu plus loin.
Résolution par substitution
Procédure :
- l’une des équations est résolue pour l’une des variables
- l’expression trouvée est substituée à la variable dans l’autre équation
- les solutions sont calculées pour tout le système
Résolution de l’exemple / méthode par substitution
La facilité guide le choix de la première équation à considérer, l’idée étant d’éviter les
fractions.
Considérons ainsi :
y x · − 7 3
En substituant cette expression à y dans la seconde équation, il vient :
1 ) 7 3 ( 3 2 · − + x x
, puis 2 · x
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Enfin, cette valeur pour x est réinjectée dans l’une des équations (et dans l’autre pour
vérification) pour trouver
1 − · y
(2,-1) est donc solution du système.
Résolution par élimination
Procédure
- l’une des équations est multipliée par un coefficient approprié, de sorte que l’une des
variables va avoir, dans les 2 équations, le même coefficient mais avec un signe
opposé
- les 2 équations sont alors additionnées pour éliminer la variable choisie et permettre
le calcul de l’autre variable
- les solutions sont calculées pour tout le système
Résoudre l’exemple suivant par la méthode par élimination
¹
'
¹
· +
· − −
×
− ×
¹
'
¹
· +
− · +
6 3 6
30 12 6
) 1 (
) 3 (
6 3 6
10 4 3
y x
y x
y x
y x
¹
'
¹
· +
· −
6 3 6
36 9
y x
y
¹
¹
¹
'
¹
·

− ·
− ·
3
2
) 4 (
1
4
x
y
(3,-4) est donc solution du système.
Exemple : résoudre selon les 2 méthodes
¹
'
¹
· −
· +
2 6 3
1 4 5
y x
y x
Solution :
,
`

.
| −
6
1
,
3
1
Remarques :
Certains systèmes sont dits ‘inconsistants’.
Ex :
¹
'
¹
· + −
· −
1 2 2
6
y x
y x
Essayez de le résoudre et représenter sur un schéma les équations du système.
D’autres systèmes sont dits ‘dépendants’ :
Ex :
¹
'
¹
· − −
− · +
5 25 10
1 5 2
y x
y x
Essayez de le résoudre et représenter sur un schéma les équations du système.
Le système inconsistant n’admet aucune solution (droites parallèles), tandis que le système
dépendant admet une infinité de solutions (droites superposées).
Dans ce dernier cas, on formalisera de la façon suivante :
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¹
¹
¹
'
¹


·
·
5
1
5
2
t y
t x
pour tout t réel.
Systèmes linéaires à 3 variables
De même qu’une équation linéaire à 2 variables est l’équation d’une droite, une équation
linéaire à 3 variables est l’équation d’un plan dans l’espace en 3D.
Aussi, la solution d’un système de 3 équations linéaires à 3 variables correspond aux
coordonnées (x,y,z) du seul point d’intersection, commun aux 3 plans (sauf lorsque les plans
sont parallèles ou superposés.)
Un système de 3 équations linéaires avec 3 variables peut être résolu par les méthodes
précédentes, par exemple à l’aide d’éliminations successives de variables dans les équations,
mais cela devient vite fastidieux.
Heureusement, une troisième technique existe. Elle nécessite cependant un détour par la
notation matricielle.
Matrice étendue
La matrice étendue pour un système d’équations est une matrice (= un tableau) de nombres,
dont les rangées sont comblées par les nombres apparaissant dans chaque équation (=
coefficients des variables et valeur du terme de droite), chaque colonne représentant la
position d’une variable ou de la valeur du terme de droite (= extension à droite de la matrice).
Exemple : pour le système
¹
¹
¹
'
¹
− · − + −
· + +
· + −
10 2 2 3
4 2
7 3 2
z y x
z y x
z y x
la matrice étendue correspondante s’écrit :
]
]
]
]
]

− − −

10
4
7
2 2 3
1 1 2
3 2 1
Pour chaque rangée (R
1
à R
3
), on pourra réaliser des opérations élémentaires (multiplications
et additions entre elles, multiplications par une constante), qui modifieront chaque valeur de la
rangée.
Résolution par élimination de Gauss-Jordan
Pour un système à 2 équations et 2 inconnues, de type
¹
'
¹
· +
· +
q dy cx
p by ax
la matrice étendue correspondante s’écrit :
]
]
]

q
p
d c
b a
La méthode de résolution consiste alors à réaliser un certain nombre d’opérations
élémentaires pour parvenir à la matrice suivante, en commençant par obtenir le 1 en haut à
gauche, puis le reste des valeur dans le sens trigonométrique (=SIAM) :
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]
]
]

k
h
1 0
0 1
qui se traduit tout simplement par
¹
'
¹
· +
· +
k y
h x
) 0 (
) 0 (
, à savoir la solution recherchée.
Exemple : résoudre
¹
'
¹
· +
· −
1 3
14 2 3
y x
y x
par la méthode de Gauss.
La matrice étendue correspondante vaut :
]
]
]


1
14
3 1
2 3
On veut un 1 en haut à gauche. Comme il y a déjà un 1 dans la seconde rangée, on décide par
exemple d’intervertir les rangées :
]
]
]



]
]
]


14
1
2 3
3 1
1
14
3 1
2 3
2 1
R R
Il s’agit ensuite de faire apparaître le 0 de la première colonne, à l’aide de la combinaison
linéaire suivante :
]
]
]


→ −
]
]
]

− 11
1
11 0
3 1 3
14
1
2 3
3 1
2 1 2
R R R
Le 1 en bas de la 2
ème
colonne apparaît par division de R
2
par (-11), soit :
]
]
]


→ −
]
]
]

− 1
1
1 0
3 1
11
1
11
1
11 0
3 1
2 2
R R
Enfin, le dernier 0 est obtenu par la CL suivante :
]
]
]


→ −
]
]
]

− 1
4
1 0
0 1 3
1
1
1 0
3 1
1 2 1
R R R
La solution du système proposée est donc : (x, y) = (4, -1)
Exemple : résoudre
¹
'
¹
− · −
− · + −
2 4
3 2
y x
y x
par la méthode de Gauss.
Solution : (2, 1)
Pour les systèmes à 2 équations et 2 inconnus, les méthodes précédentes paraissent plus
simples. Par contre, avec 3 équations et au-delà, la méthode de Gauss est préférable.
Pour les systèmes à 3 équations et 3 inconnues, le but est de travailler la matrice étendue
correspondante pour parvenir à :
]
]
]
]
]

r
q
p
1 0 0
0 1 0
0 0 1
, ce qui donne directement la solution : (x, y, z) = (p, q, r).
Procédure
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Comme précédemment, il s’agit en premier de faire apparaître le 1 en haut à gauche,
puis les 0 de la première colonne.
Ensuite, l’on commence par faire apparaître le 1 de la colonne suivante, puis les 0 des
rangées en dessous, lorsqu’elles existent.
Enfin, l’on terminera avec les 0 restants.
Exemple : résoudre
¹
¹
¹
'
¹
· − −
· + −
· − +
3 3 2
3 2
2 2 3
z y x
z y x
z y x
par la méthode de Gauss
La matrice étendue correspondante s’écrit :
]
]
]
]
]

− −


3
3
2
3 1 2
1 2 1
2 1 3
Le 1 de la première colonne peut ici s’obtenir par échange de deux rangées :
]
]
]
]
]

− −



]
]
]
]
]

− −


3
2
3
3 1 2
2 1 3
1 2 1
3
3
2
3 1 2
1 2 1
2 1 3
2 1
R R
Les deux 0 de la première colonne peuvent ensuite être obtenus simultanément :
]
]
]
]
]






→ −
→ −
]
]
]
]
]

− −


3
7
3
5 3 0
5 7 0
1 2 1
3
3
3
2
3
3 1 2
2 1 3
1 2 1
3 1 3
2 1 2
R R R
R R R
Vient l’obtention du 1 de la deuxième colonne :
]
]
]
]
]







]
]
]
]
]






3
1
3
5 3 0
7
5
1 0
1 2 1
7
1
3
7
3
5 3 0
5 7 0
1 2 1
2 2
R R
Puis le 0 sous le 1 de la deuxième colonne :
]
]
]
]
]
]
]
]





→ −
]
]
]
]
]






0
1
3
7
20
0 0
7
5
1 0
1 2 1
3 3
1
3
5 3 0
7
5
1 0
1 2 1
3 2 3
R R R
C’est maintenant au tour du 1 de la troisième colonne :
]
]
]
]
]

− −



]
]
]
]
]
]
]
]





0
1
3
1 0 0
7
5
1 0
1 2 1
20
7
0
1
3
7
20
0 0
7
5
1 0
1 2 1
3 3
R R
Occupons-nous maintenant de faire apparaître les 0 au-dessus de ce 1 :
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]
]
]
]
]



→ +
→ −
]
]
]
]
]

− −

0
1
3
1 0 0
0 1 0
0 2 1
7
5
0
1
3
1 0 0
7
5
1 0
1 2 1
2 1 2
1 3 1
R R R
R R R
Et enfin, le dernier 0 :
]
]
]
]
]


→ +
]
]
]
]
]



0
1
1
1 0 0
0 1 0
0 0 1 2
0
1
3
1 0 0
0 1 0
0 2 1
1 2 1
R R R
Après vérification dans le système initial, la solution vaut : (x, y, z) = (1, -1, 0).
Exemple : résoudre
¹
¹
¹
'
¹
· + − −
· + +
− · − +
6 3
9 2 2
7 2 3
z y x
z y x
z y x
par la méthode de Gauss
Solution : (x,y,z) = (-2, 5, 3)
Note : le fait d’intervertir deux rangées avant d’appliquer un coefficient multiplicateur pour
l’obtention du 1 de la deuxième rangée permet ici d’éviter la génération de valeurs
fractionnaires intermédiaires.
Remarques :
Un système inconsistant se traduit par une matrice étendue pour laquelle, au cours des
opérations élémentaires, apparaît une rangée de 0 pour les coefficients des variables, mais pas
pour le terme de droite. Cette inconsistance signifie que le système proposé n’a pas de
solution.
Un système dépendant se traduit par une matrice étendue pour laquelle, au cours des
opérations élémentaires, apparaît une rangée complète de 0. Les 2 autres rangées traduisent
alors le fait d’avoir un système avec plus d’inconnues (ici, 3) que d’équations (ici, 2).
Autrement dit, 2 variables s’écrivent en fonction de la troisième. Cette dépendance se traduit
donc par une infinité de solutions, puisque la troisième variable peut prendre n’importe quelle
valeur.
Systèmes non linéaires
Dans un système non linéaire, l’une et/ou l’autre de ces situations est vraie :
- au moins une des variables a un exposant différent de 1,
- une des équations présente un produit de variables.
Pour les systèmes à 2 variables, nous utilisons aussi les méthodes de résolution par
substitution ou par élimination. Cependant, pour certains systèmes non-linéaires, la solution
peut ne pas être réelle, mais complexe (exprimée à l’aide de
1 − · i
).
Exemple : résoudre le système
¹
'
¹
· +
· +
1 2
10
2 2
y x
y x
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Ici, à cause des exposants, on ne peut procéder par élimination. Aussi, la seconde équation va
permettre de procéder par substitution.
¹
'
¹
· − +
− ·
10 ) 2 1 (
2 1
2 2
x x
x y
La seconde équation s’écrit : 0 9 4 5
2
· − − x x
Soit : 0 )
5
9
)( 1 ( 5 · − + x x
Les solutions en x de cette équation sont donc (-1, 9/5).
Puis, pour x = -1, il vient : y = 3
Et, pour x = 9/5, il vient y = -13/5.
Les 2 solutions trouvées pour (x, y) sont donc : (-1, 3) et (9/5, -13/5).
Le graphe suivant révèle que les solutions correspondent aux coordonnées des points
d’intersection d’une droite (dont l’équation est la première ligne du système) et d’un cercle
(dont l’équation est la deuxième ligne du système).
L’équation d’un cercle de rayon r et centrée sur (0, 0) est en effet :
2 2 2
r y x · + .
Exemple : résoudre le système
¹
'
¹
− · −
· +
12
24 2
2 2
2 2
y x
y x
Solution : elle correspond aux coordonnées (x, y) des points d’intersection des éléments dont
les équations respectives constituent le système proposé : (2, 4) ; (2, -4) ; (-2, 4) et (-2, -4).
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L’équation d’une ellipse de petit et grand diamètres a et b et centrée sur (0, 0) est en effet :
1
2
2
2
2
· +
b
y
a
x
celle d’une hyperbole centrée sur (0, 0) vaut : 1
2
2
2
2
· −
b
y
a
x

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