Physique, mesure et problèmes

Quelles sont brièvement les croyances que l’on a pu recenser jusque là ? 1. POSITIVISME Le positivisme est l’opposé de la métaphysique et fonde la connaissance sur uniquement l’expériences et les faits (A.Comte) le positivisme instrumentaliste considère donc que la science est un outil qui doit retrouver les règles de calcul permettant de faire des prévisions sur les phénomènes que l’on peut observer expérimentalement. Tout ce qui n’est pas mis en rapport avec l’expérience n’a donc pas de sens. Le noyau explicatif ici est l’expérience La vérité significative est plus portée ici par l’expérience 2. REALISME Ici , on considère que notre connaissance peut atteindre la vraie réalité Les choses sont supposées exister indépendamment de la pensée -le dualisme, qui était la position de Descartes, est un réalisme plus faible qui considère donc que la réalité n’est pas complètement connaissable et qu’elle constitué de deux substances matérielle et immatérielle. Le monisme peut en revanche être considéré comme un réalisme fort puisqu’il suppose que la réalité est non seulement complètement connaissable mais de plus est constitué d’une seule substance Le spiritualisme de Leibnitz qui considère que l’esprit constitue la substance de toute réalité ou le matérialisme de nos sciences dites dures contemporaines sont des monismes. Le noyau explicatif est ici l’objet. La vérité significative est plus portée ici par l’objet. 3. IDEALISME Le monde est réduit aux idées dont le représentant le plus illustre est Platon. Le solipsisme est un idéalisme extrême où le sujet qui pense ne peut découvrir que sa propre pensée Le noyau explicatif est ici la relation. La vérité significative est plus portée ici par la relation 4. HOLISME Ici c’est le tout qui compte. On ne peut plus séparer. Le noyau explicatif est ici le tout. La vérité significative est plus portée ici par le tout Faut-il ne garder que la matière ? Actuellement c’est quasiment et complètement fait . Résultats: pollution, armes thermonucléaires, société inhumaine, indifférenciations, pertes des repères, des significations, etc. Ne garder que l'esprit ? Cela a déjà été fait . Ce n’est guère plus brillant sans compter qu’à grande échelle, les effets sont terribles : intolérance, intégrisme, guerres de religion, etc. Gardons donc les deux à la fois, l'esprit et la matière. Inconsistance il est impossible de concilier ces deux notions qui sont par essence inconciliables. Il faut donc trouver un troisième élément qui englobe à la fois la matière et l'esprit et qui de ce fait les dépasse Un des aspects les plus importants (et des plus négligés) dans le processus de compréhension du monde est celui du choix du langage, donc des outils conceptuels qui vont être utilisés pour exprimer les caractéristiques des phénomènes observés et leur évolution ++ dans sciences fortement mécanisées l'épistémologie contemporaine dominante, matérialiste et physicaliste, les événements du monde sont en dernière analyse réduits à des stocks et des flux de matière et d'énergie il existe par ailleurs de larges domaines où le mécanisme ne frappe pas de manière aussi exclusive où on assiste à une profusion jubilatoire d’épistémologies comme par exemple dans le seul domaine de la psychologie, le psychanalyste comprend son patient en termes de pulsions plus ou moins refoulées dans l'inconscient; le neuro-physiologiste réduit les comportements à des processus électrochimiques, le béhavioriste à des couples stimuli-réponses, le cognitiviste "computationniste" à l'exécution d'instructions d'opérations informatiques, sans parler des points de vue des phénoménologistes, des connectionnistes ou des constructivistes Conservons le modèle des objets, du monde-machine, représentant la matière baignant dans un plan immatériel fait d'informations ou d'idées : Le monde des relations . .Malgré son attrait, cette approche est la proie de sérieuses critiques. Ptolémée avait naguère imaginé le système des épicycles : les planètes ne tournaient plus directement autour de la Terre, mais sur des cercles dont le centre était lui animé d'un mouvement circulaire et uniforme autour de la Terre. Chaque fois qu'une divergence apparaissait entre prédiction et observation, une nouvelle épicycle était rajoutée, tant et si bien que le modèle devint si compliqué que toute tentative d'apporter des corrections faisait surgir ailleurs de plus grandes erreurs.

C'est le même risque auquel on s'expose si l'on se contente d'empiler une couche immatérielle sur une couche matérielle sans se soucier de leur cohérence. Le problème de coordination ou de jonction cohérente entre les les deux composants se pose très vite . On ne sait pas comment une chose immatérielle qui est indépendante de l’espace-temps peut interagir avec une substance matérielle.. Monsieur Eccles [Voir Eccles John 1992, Évolution du cerveau et création de la conscience,, Fayard, Paris (traduction de la version anglaise : Evolution of the brain: Creation of the self, Routledge, New York,1989). ]est à peu prés le seul scientifique, à en avoir tenté un début d’approche en utilisant les champ de distribution de probabilité sur les structures ultra-fines du cerveau inspirés des théories quantiques (l'esprit est comparé à un champ de probabilités quantique permettant l'activation de vésicules du réseau présynaptique. L'esprit conscient n'est pas seulement engagé dans la lecture des opérations du cerveau de façon passive, mais il possède une activité propre de recherche (attention, pulsion, nécessité...) et un rôle d'unification de l'ensemble ). C’est néanmoins une approche qui reste bien cartésienne et par ailleurs bien dualiste aussi.

Le Langage comme système explicatif Actuellement les modèles informatiques (Gérard Sabah Directeur de recherche au CNRS ) : --) l'analogie symbolique, selon laquelle les entités en jeu peuvent se décrire sans référence au cerveau --) la métaphore des réseaux : l'esprit est ramené au fonctionnement du cerveau et l'intelligence est conçue comme la diffusion d'activations, non symboliques, dans des réseaux. --) la pensée est conçue comme un phénomène collectif sont une contradiction du traitement automatique des langues, contradiction qui naît de l'approche même de l'intelligence artificielle et de l'informatique linguistique : celles-ci tentent de définir a priori des mécanismes de représentation et des processus de raisonnement, afin de réaliser, ensuite, des systèmes de compréhension et de production des langues. Or, c'est le langage même qui donne à l'homme ses facultés de représentation et de raisonnement qui augmentent significativement ses capacités cognitives

régularités et invariants Dans les irrégularités des choses qui changent l’intéressant est de trouver quand même ce qui d’une certaine manière ne change pas. Par exemple, la conservation de l'énergie est respectée par tous les types de systèmes, physiques, biologiques, psychologiques ou autres

Suite d'univers adimensionels emboîtés
Supposons que nous ayons un ordinateur avec lequel nous simulons un univers virtuel V rempli de robots "intelligents" qui jouent avec des cubes (par exemple). Nous pourrions avoir dans cet univers une représentation du cerveau des robots, sous forme d'un ordinateur virtuel dans lequel les robots engrangent leurs connaissances sur l'univers virtuel V. En clair, ces robots virtuels ont chacun une représentation partielle W de "leur" univers V, avec laquelle il peuvent faire des prédictions et des simulations ; ils ont dans leur "tête" virtuelle un autre univers virtuel W qui est pour eux un modèle de V. A la limite ils peuvent inclure dans W un modèle des autres robots et d'eux même, qui sera un autre univers virtuel.... Il est donc possible de concevoir une suite d'univers virtuels emboîtés les uns dans les autres. Les habitants de l'un de ces univers virtuels (les robots) ne savent pas qu'ils sont virtuels, mais ils savent quel leurs "sous univers" sont, eux virtuels. Et ceci quelque soit le niveau de "profondeur" de ces univers : à chaque niveau, vous avez conscience des niveaux en dessous mais pas de ceux au dessus. De plus les sous-univers étant des simulations, ils sont tous adimensionels deux à deux ! Nous, bien sur, nous savons que nous somme dans l'univers réél et que tous les autres univers emboîtés sont virtuels... hum ! Relisez lle praragraphe précédent : à chaque niveau, vous avez conscience des niveaux en dessous mais pas de ceux au dessus. Nous pouvons très bien vivre dans un univers virtuel sans le savoir ! Bon, d'accord, mais tout ça c'est de la spéculation pure, me direz vous. Oui ! Pour le moment... Mais attendez la suite !

Avant d'attaquer le gros morceau, une question : Deux univers peuvent ils être virtuels l'un pour l'autre ? réponse : oui ! Par exemple avec notre simulation de robots, nous pouvons faire en sorte que dans le modèle W que se forge chacun des robots, nous incluyions des éléments de l'univers V. Nous pouvons le faire car nous, nous savons que W est inclu dans V et que V est un programme d'ordinateur lui même inclu dans l'univers "réel" : ayant crée tout cette hiérarchie, rien ne nous empêche d'y mettre quelques court-circuits pour que certains sous univers soient des copies conformes d"un niveau supérieur : le serpent se mord la queue ! D'ailleurs nous même fonctionnons ainsi : lorsque nous perçevons quelque chose du monde extérieur, nous mettons à jour notre représentation mentale de ce monde : et en retour nous agissions sur le monde extérieur. Nous avons au dedans de nous un univers virtuel : le monde de nos pensées ; les deux univers, le réel et le virtuel interragissent entre eux. Il est tout a fait possible que le monde que nous percevons soit dans notre tête ! Nos pensées créent le monde, qui nous crée en retour. Je prétends que cette hypothèse est vraie, et je vais le prouver !

5) La machine de Turing universelle et le déployeur universel
Mais auparavant il me faut faire une petite disgression. Je vais vous parler de la machine de Turing Universelle (MdTU). Je n'entrerai pas dans les détails, ya d'autres sites web pour ça. Je veux juste dire que la MdTU est un modèle théorique d'un ordinateur universel inventé par le mathématicien anglais Alan Turing en 1943, c'est à dire avant l'invention des ordinateurs ! (le premier ordinateur fut le Z3 de l'allemand Konrad Zuse en1944, détruit pendant la guerre, et non pas l'ENIAC américain de 1954, mais peu importe....) Une MdTU peut faire tous les calculs que n'importe quel autre ordinateur peut faire et donnera les mêmes résultats. Ca prend en général pas mal de temps parce qu'une MdTU ne dispose que d'un langage rudimentaire (le plus rudimentaire qui soit, en fait), mais l'important c'est que théoriquement, sa puissance de calcul n'est pas limitée. De plus une MdtU dispose d'une "mémoire" arbitrairement grande : partique, n'est ce pas ? L'important c'est de retenir :  Qu'une MdTU peut simuler / exécuter n'importe quel processus de calcul, pourvu qu'un algorithme existe.  Qu'une MdTU fonctionne par étapes indivisibles : à chaque étape un calcul rudimentaire est effectué, qui modifie exactement un bit dans la mémoire.  Qu'une MdTU commence par lire un programme codé et qu'elle exécute ensuite ce programme. Chaque programme est codé par une suite finie de bits 0 ou 1 que l'on peut interpéter comme un nombre "le numéro du programme".  Et surtout, qu'une MdTU peut se simuler elle-même ! (bien sûr, puisqu'elle est un programme). En particulier on peut écrire un programme qui génére la liste de tous les programmes possibles dans l'ordre lexicographique (c'est a dire en començant par les programmes à un bit, puis deux, etc. C'est facile, il suffit d'écrire la liste des entiers positifs dans l'ordre (certains et même beaucoup de ces programme n'ont aucun sens et ne font que causer des erreurs, mais peu importe). On peut aussi créer un programme un peu (très) spécial pour une MdTU, qui fasse la chose suivante :  il génére un par un et dans l'ordre la liste de tous les programmes possible  il exécute (simule l'exécution de) chacun de ces programmes Ici il y a une difficulté technique par ce que certains programmes vont "boucler" et ne jamais s'arrêter, si bien qu'on ne pourra pas passer au programme suivant : mais cette difficulté peut être contrournée si l'on se souvient que les MdTU fonctionnent par "pas" indivisibles : il suffit d'éxécuter tous les programme un seul pas, puis de recommencer : on simule ainsi une execution en parallèle. Ceux qui comme moi ont la chance de travailler sous Linux plutôt que sous l'infâme MSDOS savent ce que cela veut dire.

Plus précisément notre machine commence par générer un seul programme, celui de numéro 1 et qui vaut "1", puis elle simule l'exécution de un seul pas sur ce programme (ce qui dans la cas présent stoppe notre programme car il est syntaxiquement incorrect). Ensuite à un instant donné notre machine aura généré n programmes et éxécuté p pas de ces n programmes (du moins sur ceux qui ne se sont pas encore arrété à l'étape n). Elle ajoute alors le programme n+1 a sa liste de programme en cours de simulation et simule l'exécuton de un pas des programmes non encore terminés. Et ainsi de suite...
J'apellerai ce programme un "déployeur universel" : si on le laisse tourner suffisamment longtemps, il simulera l'exécution de tous les programmes imaginables. Un déployeur universe n'est pas très compliqué à écrire, et en fait des informaticiens ont ont déja écrits. Très bien. Mais qu'est ce que ca a à voir avec la conscience ? Ceci : Si nous sommes des machines, alors nous sommes forcément simulés par le déployeur universel.

Le terme "nous sommes des machines" signifie "notre esprit est un programme qui s'éxécute dans notre cerveau", ou encore "le cerveau est un dispositif fantastiquement complexe, mais ce n'est qu'un dispositif et ont peut théoriquement le reproduire" ; certains philosophes et informaticiens ont même suggéré que pour cela il fallait reproduire exactement nos neurones et leurs connections, d'autres qu'une description de plus haut niveau serait suffisante (comme un système de symboles et d'"agents" qui interragiraient entre eux pour créer l'illusion de la conscience). En fait c'est une hypothèse assez commune et partagée par la majorité des gens : on nous a tous enseigné à l'école que le cerveau était le siège de la pensée et que le cerveau est fait de milliards de neurones qui sont individuellement dépourvus de pensée et ne sont capaples que de calculs très simples (comme comparer entre elles les niveaux d'excitation de leurs entrées, ou d'en faire le total et de s'exciter s'il est supérieur à un certain seuil). Cette hypothèse à un nom : c'est l'hypothèse mécaniste. Elle dit en soi que le cerveau n'est rien d'autre qu'un dispositif mécanique et que notre volonté, nos émotions, désirs, pensées, etc. ne sont que des états partiels de ce dispositif. Ou encore : si l'on décrit un être humain avec une précision suffisamment grande, on saisit complètement son identité mentale. À ce niveau de précision, le fonctionnement de l'esprit d'un individu est mécaniquement décrit L'hypothèse mécaniste est impliquée par une hypothèse plus forte et pourtant encore plus commune : celle que l'univers est lui aussi un processus. Cette hypothèse porte le nom de déterminisme. Ce processus calcule à chaque instant l'état "à l'instant suivant" de l'univers en fonction de l'état présent. Naturellement ceux qui font l'hypothèse du déterminisme supposent que l'univers est un ordinateur massivement parallèle : à la limite chaque particule en est un "processeur" ; n'empêche qu'il peut théoriquement être simulé par une machine de Turing qui serait située dans un univers adimensionel à "un degré de virtualité au dessus" du nôtre. Le déterminisme implique le mécanisme, en effet si l'univers est déterministe est le cas alors nos cerveaux qui font partie de l'univers peuvent être simulés par un sous-processus du processus déterministe universel. Ce que je vais prouver, c'est que le mécanisme est faux, et que par conséquent le déterminisme est également faux. On peux voir pourquoi : nous agissons sur l'univers, et si nos pensées n'ont pas leur source dans l'univers, alors l'état futur de l'univers ne dépend pas que de son état présent. Reste à prouver que le mécanisme est faux. Mais auparavant je voudrais prouver pourquoi si le mécanisme est vrai, nos consciences sont simulées sur le déployeur universel. Ce dernier, on s'en souvient, est une machine de Turing Universelle un peu spéciale qui exécute simultanément (le mot technique serait concouramment) tous les programmes possibles. Si votre esprit est un processus, vous étes donc simulé par le déployeur universel. Oui, vous, moi, chacun de nous a son esprit simulé par lui, de même que des myriades d'autres programmes et même l'univers entier s'il est déterministe. On pourra objecter que le déployeur universel simule seulement l'ésprit et non l'environnement ; mais il n'a pas besoin de simuler cet environnement, car pour que votre esprit simulé ait une sensation identique à celle que vous avez à présent (je vous sens troublé et perplexe ! ;-), il lui suffit de simuler correctement les influx nerveux provenant de vos divers organes sensoriels. Comme c'est une possibilité purement théorique parce qu'une machine avec une mémoire aussi grande n'est pas vraiment réaliste, vous vous dites bon, d'accord, admettons, ca peux pas faire de mal. Eh bien, si !

6) l'indéterminisme fondamental
Ce paragraphe est largement inspiré d'un article de Jean-Paul Delahaye dans Pour la Science N°243, (http://www.pourlascience.com/numeros/pls-243/logique.htm), l'article est hélas ncomplet sur leur site web), lui même inspiré de la thèse de doctorat de Bruno Marchal au LIFL à Lille. Procédons à quelques expériences de pensée, comme on le fait fréquemment en physique et comme Albert Einstein l'a fait avec délectation et génie pour élaborer et justifier sa théorie de la relativité générale. Si l'hypothèse du mécanisme numérique est vraie, on imagine que l'on saura construire un jour des machines qui analyseront un corps humain tout entier, en enverront la description codée à une machine de reconstitution, par exemple sur la Lune, machine qui alors le recréera ou recréera son équivalent mécanique. La science-fiction a depuis longtemps envisagé ce moyen de transport à la vitesse de la lumière, qu'elle désigne par téléportation. Celui qui monte dans une machine de téléportation a le sentiment d'un simple déplacement. De son point de vue, avant que la machine soit mise en marche et sauf en cas de pannes, qu'on espère rares, il est certain de se retrouver sur la Lune. Imaginons maintenant que le signal avec la description de votre corps soit envoyé à la fois sur la Lune et sur Mars, où deux machines réceptrices différentes vous reconstituent chacune de leur côté. Avant de monter dans la machine, vous savez qu'elle va vous envoyer dans deux directions ; si vous vous posez la question : «Vais-je me retrouver sur la Lune ou sur Mars?», vous n'avez aucune raison de donner plus d'importance à la machine sur la Lune qu'à celle sur Mars et vous répondez : «Il y a 50 pour cent de chances que j'aille sur Mars, et 50 pour cent que j'aille sur la Lune.» En recommençant l'expérience un très grand nombre de fois, et en interrogeant les gens qui sortent des machines sur Mars et sur la Lune, on trouverait que la moitié exactement ont fait le voyage Terre-Lune et l'autre moitié Terre-Mars. La prédiction «Je vais arriver sur la Lune» est donc juste une fois sur deux. Nous avons affaire à une indétermination absolue. Même si nous croyons que toutes les lois de la physique sont parfaitement déterministes, cet indéterminisme persiste. C'est bien sûr un indéterminisme psychologique - intime, pourrions-nous dire - qui n'en est pas moins total. Contrairement à l'indéterminisme quantique, il ne peut être évité par aucune théorie spéciale comme celles «à variables cachées et non locales» qu'on a proposées pour rétablir le déterminisme physique

Vous objecterez : Mais je ne retrouverai ni sur la une ni sur mars, mais sur les deux à la fois. Où est le problème ? il y aura peut être en effet deux copies de vous, mais laquelle sera "vous" ? vous n'avez pas le droit de répondre "aucune", puisque après le télétransport chaque copie affirmera de plein droit être "vous", et qu'il est évident que vous croyez que vous allez survivre au télétransport (sinon vous n'entreriez pas dans la machine). Une autre façon de voir les choses : fermez les yeux au moment ou vous entrez dans la machine ; ouvrez les en sortant : entre temps vous n'avez rien ressenti de particulier, vous avez toujours le sentiment d'être "vous". Mais où êtes vous ? réponse : vous avez une chance sur deux de vous trouver sur la Lune, et une chance sur deux d'être sur Mars... Encore que... ce que vous ne savez pas, c'est que des individus malintentionnées ont secrètement intercerpé le message et ont reconstitué une troisiéme copie de vous sur la planète pluton. Donc ce n'est pas une chance sur deux mais une chance sur 3 ! Mais ce que vous ne savez pas non plus, c'est que ces affreux méchants ont enregistré le message dans une mémoire holographique avec l'intention de reconstituer un nombre quelconque de copies de vous plus tard, s'ils le jugent nécessaire... Alors quelle est la probabilité ? Cette notion n'a même plus de sens ! Ca devient grave... Encore une autre manière de voir les choses : Modifions légèrement l'expérience : on crée seulement une copie (sur la Lune, par exemple) mais on ne détruit pas l'original. Qui est "vous ?" Si vous répondez "celui qui est resté sur la terre", alors c'est que vous croyez qu'il ya plus dans un être humain que l'information sur la position et la vélocité de de ses atomes, donc que vous n'étes pas mécaniste. Encore une autre manière de voir : on vous désintègre sur Terre, mais en fait on enregistre l'information et on ne vous reconstitue qu'un an après : si vous croyez au mécanisme, vous croyez que c'est bien vous qui êtes reconstitué : vous avez simplement l'impression d'avoir fait un "saut" (instantané pour vous), d'un an dans le futur. Mais vous apprenez alors que que l'on vous a reconstitué avec des molécules de synthèse, alors que vos molécules originales ont été amenés sur la Lune par un vaisseau spatial et qu'on a reconstitué votre corps la bas il ya déja plusieurs mois : vous n'êtes qu'une copie ! Vous voyez bien qu'il y a un indéterminisme profond la dedans. En quoi est il lié à l'indéterminisme quantique ? Imaginons que vous croyiez au mécanisme. Vous avez un ordinateur gigantesque. Sur ce système tourne un processus qui calcule l'évolution d'une salle contenant un homme et une pièce de monnaie. Lorsque l'homme tire à pile ou face, au lieu de calculer la trajectoire, le processus, utilise une instruction qui le dédouble (fork sous unix) et la pièce tombe sur face dans le processus parent et sur pile dans le processus fils. L'homme lance la pièce et attend avant d'observer le résultat. Sa conscience est identique dans les deux processus tant qu'il laisse la pièce cachée. Pour lui, la pièce est dans l'état superposé «pile plus face». Au moment où il observe la pièce, il entre dans l'état superposé «homme qui pense que la pièce est sur face plus homme qui pense que la pièce est sur pile». Il peut donc croire que la pièce «choisit» son état au moment de l'observation. l L'indéterminisme quantique apparaît comme étant a posteriori un cas particulier d'indéterminisme mécaniste. En particulier, les états quantiques relatifs d'Hugues Everett sont des cas particuliers des états computationnels parcourus par le déployeur universel. À ce stade, on peut montrer que l'indéterminisme quantique (d'origine empirique) confirme (cela ne veut pas dire prouve) l'hypothèse du mécanisme. L'interprétation des mondes multiples est par ailleurs la seule interprétation de la mécanique quantique qui se marie avantageusement avec l'hypothèse du mécanisme, qui est en outre

invoquée explicitement par Everett.

7) Où on enfonce le clou
Revenons à nos moutons et à nos univers adimensionnels, et voyons comment ca ce mélange avec cet indéterminisme fondamental.. Le déployeur universel peut vous simuler dans son temps à lui qui n'est pas le votre. si on construit un dépoyeur universel dans mille ans, et qu'on le laisse tourner un million d'années, votre esprit actuel sera dedans ; en vertu de l'indéterminisme fondamental, vous ne savez pas avec quelle probabilité cet esprit simulé sera "vous à la première personne" ; mais vous savez que cette probabilité n'est pas nulle. Mais il y a mieux : le déployeur univers n'a pas besoin de réellement exister, il suffit qu'il soit théoriquement concevable (et c'est le cas). Pour prouver cela, considérons un objet mathématique comme le nombre 31415926 : ce nombre peut être phsyiquement réalisé, par exemple en rassemblant 31415926 cailloux, mais vous savez bien que vous n'avez pas besoin de cela pour comparer n'importe quel autre nombre à 31415926 : avant que cet entier n'ait été physiquement réalisé, il existait déja dans le monde abstrait des concepts mathématiques. Or un programme n'est rien d'autre qu'un nombre entier. Donc si je suis un programme (hypothèse mécaniste), mon existence n'exige pas vraiment qu'un monde physique la supporte. Cette idée qui dispense d'appuyer la conscience sur la matière est réfuté par les philosophes qui soutiennent la thèse de la supervénience physique : celle-ci dit que pour qu'une conscience existe, il faut qu'un support physique lui soit associé. Cette thèse exige que nous adoptions vis a vis des programmes une attitude différente de celle que nous avons vis à vis des nombres entiers. On dit que l'esprit "supervient à la matière" (qui lui est nécessaire).

Celui qui croit au mécanisme se trouve fasse à une redoutable alternative : Si nous ne croyons pas à la supervénience physique, l'existence théorique du déployeur universel fait que nous nous trouvons face à un indéterminisme fondamental qui nous interdit de dire où se trouve notre esprit (et si nous sommes mécaniste, nous ne pouvons croire à un indéterminisme) ; Mais si nous croyons à la supervénience physique, nous devons considérer que les programmes ne sont pas des nombres, ce qu'ils sont pourtant. En d'autres termes, faut-il rejeter le mécanisme ? Il existe une unique solution à ce dilemme : c'est que la conscience exige certe un support physique, mais celui-ci ne peut être dans notre univers : il est forcément dans un autre univers, c'est à dire dans un univers adimensionnel relativement au notre. En d'autres termes,  Notre univers est effectivement généré par un autre univers V, il est un univers virtuel dans un processus en cours dans V ou dans un déployeur universel dans V.  Nos conscience ne sont pas crées dans notre univers, mais existent au contraire dans V.  Il n'est pas impossible que V soit à son tour un univers virtuel du notre, que V soit une simple possibilité dans un déployeur universel. La boucle serait bouclée. En quoi cela résout-il le paradoxe de l'indéterminisme fondamental ? Reprenons l'expérience du télétransporteur qui crée deux copies de vous, l'une sur la lune, l'autre sur Mars : lorsque deux copies de moi sont créées, ces deux copies sont en liaison avec la même "âme" dans V. Il n'y à pas d'indéterminisme, car V est adimensionnel : cela n'a plus de sens dire que ma conscience est sur la Lune ou sur Mars, car elle n'est pas dans notre univers.

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