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Bruno Cellier

CM Europe

Année 2013-2014 L2 AES Lyon 2

Université Lyon 2 Faculté de Droit et Science politique Parcours de Licence AES, 2e année Semestre 3, durée 21 heures Economie européenne résumé Bruno Cellier 2013-2014
(cliquez sur les liens internet ! Copyrights aux auteurs)

Introduction
"La nouvelle décennie commence par une grave crise économique mais aussi avec l’espoir de voir des investissements dans de nouvelles technologies écologiques et respectueuses du climat et une coopération européenne renforcée se traduire par une croissance et un bien-être durables", souligne le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, lors de son discours de réélection de 2012. Or, depuis 2008 la crise persiste. L'union de 28 pays n'a jamais été aussi fragile économiquement et socialement, clivée au sein de zones imbriquées sans cesse remises en cause tant de l'extérieur que de l'intérieur: - Zone euro composée de 16 (bientôt 17) pays normalement solidaires financièrement - Espace Schengen de 26 pays dont 4 non membres de l'Europe - Espace communautaire qui couvre plus de 4 millions de kilomètres carrés et compte 503 millions d'habitants Pourtant si l'Europe rêvée à la fin de la Seconde Guerre Mondiale par une poignée d'hommes semble aujourd'hui réalisée... ce rêve de paix, de prospérité et de solidarité entre les peuples est loin d'être réalité. N'est-ce qu'un mythe ? Celui d'Europa : fille de l'Océan ayant apporté la pluie sur le continent ou bien d'Europa : fille du roi des Phéniciens qu'un jour Zeus, déguisé en taureau séduisit et emmena dans les cieux pour concevoir une certaine Didon N'est-ce qu'un symbole ? L'Europe ne représente-t-elle qu'un sigle étoilé, une belle image sur fond bleu réunissant des pays dont l'hymne est l'Ode à la joie composée par (Hymne à la joie) de Ludwig von Bethoveen. Des pays dont la devise collective serait „Unis dans la diversité“ et la journée de fête tomberait le 9 mai ? Nous essayerons de mieux cerner l'origine, les enjeux, les principes de ce qui est la première union économique puis politique créée volontairement par de nombreux pays pour se développer ensemble dans une zone géographique Car l'Europe, cette grande union européenne est „le produit“ tant d'une situation géopolitique particulière que d'une trajectoire socioculturelle plus que millénaire.

1. Situation géographique et politique de l'Europe 11. L'Europe : de l'idéal antique à la CECA 12. De la CEE à l'Union européenne à 27 13.L'Europe dans le monde 2. Intégration commerciale et les politiques communautaires 21. L'intégration commerciale : enjeux et limites 22. La PAC : la désunion progressive 23. Les analyses économiques des années 80-90 3. L'Europe à deux vitesses 31. L'intégration monétaire progressive 32. La BCE : problèmes de gouvernance 33. Une Europe à deux vitesses (jusque vers 2007-2009)

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1.Situation géographique et politique de l'Europe 11. L'Europe : de l'idéal antique à la CECA
Hypothèse de la première partie : En Europe, sous l'extrême diversité des apparences, agissent de puissants leviers unificateurs en Europe : - leviers culturels - leviers sociaux - leviers économiques Tous semblent prendre racine depuis des millénaires dans de grands mouvements de population, forcés ou non, que permet la géographie de ce continent qu'est l'Europe. Dèjà les auteurs français dès le 15e siècle parlent d'une frontière naturelle qui court de Saint-Malo à Genève séparant ce continent autour de pays : celui de la langue d'oil ou d'oc parlées dans telles ou telles villes sur lesquelles règnent rois ou princes, descendant de seigneurs de guerre ou de riches femmes.

111 Historiquement, le modèle antique impérial reste une des références principales pour tous ceux qui rèvent d'unifier autour de leur personne puis de leur domaine (Gibbon - Weber)
1. Ce modèle est celui d'une domination physique d'un peuple sur un autre, du fait de la loi de la guerre. L'histoire en retrace les différents événements jusqu'au haut-moyen âge : conquêtes des grecs, des latins, puis de ceux de l'est et du nord (vikings) 2 Il s'articule autour d'un dirigeant (rarement d'une dirigeante) aux qualités reconnues qui conserve le pouvoir ou d'un groupe structuré qui se partage le territoire et ses richesses (agricoles principalement mais aussi techniques) 3 Mais la population ou un groupe social spécifique remet en question de cette autorité itinérante au début puis sédentaire. Ils cherchent les moyens d'échapper à ce pouvoir : en le modifiant : de l'assassinat à la Révolution ou en changeant de lieu : exil ou émigration Dans tous les cas, du fait de la progressive sédentarisation des peuples et parallèlement, le développement centralisateur des institutions passe par celui du lieu de vie : villes, villages... Or, ce modèle centralisateur se heurte aux vélléités d'indépendance des citoyens des villes de plus en plus nombreux. (Braudel)

112. Elles deviennent des villes-Etats : Venise puis Amsterdam, Anvers et Londres mais ne pourrait-on parler de Barcelone ou d'Athènes de nos jours ?
1 Constat historique de la longévité des cités en Europe depuis la Grèce Antique et Rome : principalement sur le contour de mers en Méditerranéen ou des "mers océaniques mais aussi le long des grandes voies de circulation que sont les fleuves, et plus tard les routes tracées. 2 Le développement urbain est liée à celui tant des population que des transports : impact du mode de locomotion: train depuis 1840 jusqu'au TGV ex. l'Eurostar, de la voiture et des autoroutes, puis de l'avion. 3. La cité rassemblement de population donne naissance à des organisations spécifiques autour de la mise en commun de moyens pour un but commun: développement de l'architecture sous le double angle sécurité et beauté. Or cette mise en commun demande l'unification ou le rassemblement autour du lieu : ville- polis: politique, mais elle est cité : civitas, union de ses citoyens.

113 Troisième élément à la fois unificateur ou „diviseur“ : la religion. (Duby)
1Architeturalement, les temples, puis des monastères, des synagogues, des églises puis des mosquées sont indéniablement la trace visible du poids de la religion dans la société. 2 L'unification religieuse à la fin de l'empire romain est source de centralisation autour de l'éducation jusqu'à la Renaissance, mais aussi dans les bourgs dépendants d'un seul chef religieux lui-même détenteur de pouvoirs politiques et souvent judiciaires : évéchés et paroisses. La puissance spirituelle – traversée par ses conflits interne est remise en cause progressivement. 3 Néanmoins, cette union politique et spirituelle donne lieu à plusieurs systèmes d'organisation mais aussi à des contrepouvoirs décentralisés et communautaires

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Voilà pourquoi Montesquieu au 18e siècle écrit : "l'Europe est un Etat composé de plusieurs provinces" On comprend mieux, pourquoi, selon l'angle d'observation de l'Europe, l'analyse de celle-ci change. Le discours peut-être alors envisagé soit sous l'angle structurel c'est à dire celui du "patrimoine", soit sous l'angle organisationnel, c'est à dire celui du "politique". Mais il peut-être aussi systèmique, envisageant les interactions structure (statique comparative)-organisation (dynamique évolutive), c'est à dire en analysant les relations entre les "stocks" et les "flux" avec leurs feedbacks simultanés ou non, ce que l'on appelle aussi l'analyse en terme de réseaux. (Bouchut et Granovetter) En conclusion de cette première partie, on peut dire que la sédentarisation des populations implique de nouveaux rapports sociaux au sein de structures urbaines plus ou moins organisées. Cela implique aussi des échanges au moins du surplus de leurs ressources qu'elles soient issues de la terre ou de leur travail : c'est à dire des liens économiques. Or, en Europe, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, tout est à reconstruire. Se pose alors la question de comment reconstruire et avec qui pour qu'il n'ait ait pas de „troisième guerre mondiale“ tandis que débute la guerre froide...

114. À compter de 1950, la Communauté européenne du charbon et de l'acier unit six pays fondateurs de cette Communauté : sont la Belgique, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. C'est le résultat du plan „Schuman“
.1. Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères élabore avec Jean Monnet, conseiller économique de gouvernement un plan qui place sous une autorité commune la production du charbon et de l’acier, essentielle à l’industrie. (La Ruhr) Privés du contrôle individuel de cette production, les pays n’avaient plus les moyens de créer des armes et de faire la guerre. Cette mise en commun de la production du charbon et de l'acier nécessite des règles communes. 2 Cette création d'un monopole européen (du neuf et de l'usager), né des capitaux nombreux mis en commun par plusieurs pays avait plusieurs avantages dont le principal était de la maitrise du prix commun et l'accès aux ressources (donc de profits et d'investissements aussi). Mais cela développe la filière industrielle, propulsant les pays membres de la CECA dans les premières places mondiales du commerce de l'Acier.

12.

De la CEE à l'union européenne à 28

Malgré l'échec d'une communauté européenne de défense, en janvier 1956, les ministres des affaires étrangères des 6 pays ouvrent des négociations portant sur deux traités instituant une Communauté économique européenne et une Communauté de l'énergie atomique : Euratom

121. Les nations parties prenantes de cette union qui deviendra l'union européenne
- Les Six signent le traité de Rome en 1957, qui crée la Communauté économique européenne (CEE), ou « marché commun », dont l’objectif est la libre circulation des personnes, des marchandises et des services entre les États membres. - En juillet 1962 : Lancement de la Politique agricole commune (PAC), donnant aux Etats membres un contrôle commun de la production alimentaire. -Le Danemark, l'Irlande et le Royaume-Uni adhèrent à l'Union européenne le 1er janvier 1973, portant le nombre d'États membres à neuf. En 1981, la Grèce devient le dixième membre de l'UE. - En 1986 l'Espagne et le Portugal cinq ans plus tard. - Cette année là, l'Acte unique européen est signé : programme de 6 ans visant à supprimer les entraves à la libre circulation des marchandises au sein de l'UE, le«marché unique»

122. Le processus d'élargissement : résoudre un problème de taille critique
Le problème se pose en 1989 : Existe-t-il une taille optimale pour un marché "unique" et sa régulation ? Car l'Allemagne se réunifie. Le processus d'élargissement c'est à dire d'entrée dans l'Ue doit être revu (nouvelles règles d'admission avec des périodes d'essai) Le marché unique est achevé avec un an de retard, en 1993. - La mise en place des «quatre libertés»: de la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux ou traité de Maastricht

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Les traités qui suivront affinent celui de Maastricht : celui de Schengen en 1995 (personnes), Celui d'Amsterdam en 1997 (élargissement) En 1995 entrent trois pays : l'Autriche, la Finlande et la Suède Se pose le problème pour 10 pays (2004) : la Bulgarie (2007), l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie (2007), la Slovaquie et la Slovénie. S’ajoutent deux îles Chypre (euro) et Malte (euro). - Le 1er janvier 1999: Onze pays (rejoints par la Grèce en 2001) adoptent l’ euro pour leurs transactions commerciales et financières uniquement, c'est la poursuite de l'intégration financière via une politique de change commune (Serpent, SME, UCE ou ECU) - 1er janvier 2002 : Introduction des pièces et des billets en Euro. Leur impression, leur frappe et leur diffusion constituent une opération logistique de grande ampleur. Plus de 80 milliards de pièces sont mises en circulation. - 2007 : La Croatie, l'ancienne République yougoslave de Macédoine et la Turquie sont candidats. La lenteur de prises de décision et la multiplication des centres de décision (Strasbourg, Bruxelles, Maastricht) demandent de modifier le procès politique. C'est le traité de Lisbonne proposé en 2007 et ratifié “en force” par tous les pays de l’UE qui entre en vigueur le 1er décembre 2009

123. Consolidation et affirmation d'un modèle de développement européen
2011-12 : Face à la crise mondiale et aux crises de différents pays de la zone euro, plusieurs lois de régulation sont votées. Aujourd'hui, l'Europe compte 28 pays membre d'un marché unique dont 16 réunis au sein d'une zone monétaire. Elle regroupe près de 504 millions d'habitants. Son budget s'élève en 2013 à près de 151 milliards d'euros soit 1,15% du RNB européen. 70 consacrés à la croissance durable 61 pour la conservation et la gestion des ressources naturelles 2,3 pour la citoyenneté, la liberté , la sécurité et la justice 9 pour la représentation mondiale Le modèle économique européen est celui du “Libre-échange dans un marché concurrentiel protégé à l'international dont les règles communes sont adoptées à l'unanimité et financées “à chacun selon ses moyens“. (Cf Frederich List) Quelques faits et principes explicatifs de la particularité de ce modèle : En 1957, ce marché n'existe pas. Il est imaginé comme un marché sous contrainte fortes : de pénurie de matières premières et de capitaux, sauf concernant la main d'oeuvre (affamée et peu formée) A l'intérieur du marché : la concurrence doit s'organiser en fonction des seuls coûts de production. La libre-circulation des facteurs de production (L, K) et des outputs caractérise le marché commun. Cependant, il existe des domaines stratégiques qui sont régis par l'objectif d'auto-suffisance (règle dérogatoire) : énergie jusqu'en 2002, agriculture jusqu'en 2013, transports Idée d'une péréquation et de la contribution de chacun selon ses moyens (sa population et son revenu national) aux objectifs communs par des versements volontaires et des taxes indirectes. Une répartition décidée par les élus politiques dont les décisions sont prises à l'unanimité (majorité), sans discrimination. La nécessité d'harmonisation réglementaire vis-à-vis de l'extérieur aussi Exemple : En 1958 premières mesures en faveur de la suppression progressive des droits de douane et des quotas à l'intérieur de la CEE, sur les marchandises principe déclaratif et contrôles. Mais barrières tarifées pour les autres pays permettant des recettes pour la communauté. La suppression totale entre les Six aura lieu en 1968, puis en 1993.

Transition : La subsidiarité
Cependant, dès l'origine, l'Europe n'a pas vocation à intervenir à la place des Etats membre sauf dans les domaines où ils sont défaillants et sauf s'ils lui donnent mandat pour se substituer à eux (stratégies). Cela réduit les coûts mais ne doit pas entraver la réactivité de chacun des membres. C'est le principe de subsidiarité : Principe européen en vertu duquel les décisions doivent être prises au niveau le plus proche possible du citoyen. La

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subsidiarité implique que l'UE s'assure du fait qu'une action menée à l'échelle de l'Union sera plus efficace qu'une action menée à l'échelle nationale, régionale ou locale. A la quelle se heurte la théorie du passager clandestin développée par Mancur Olson, en 1966 dans la logique de l'action collective (1966, Harvard press) : Un groupe organisé d’individus rationnels ayant tous un intérêt commun, étant tous conscients de cet intérêt, et pouvant chacun contribuer à la réalisation de cet intérêt, ne va pas agir dans le sens de cet intérêt commun, dans la plupart des cas. Conclusion : il existe une double tension interne, dans les principes et dans la construction de l'Europe, ceci la dynamise mais aussi peut la paralyser. L'Europe dépend donc de la volonté de coopération ou non de ses membres vers un but commun. Sur quoi repose cette volonté ?

L'Europe dans le monde
131. Les grande zones de population : niveau de vie, d'études, la formation
Là encore, il existe des tensions intergénérationnelles et intra-générationnelles qui génère des flux migratoires contradictoires Le constat : une population disparate relativement peu mobile dont le niveau de vie n'a cessé de s'accroître en cinquante années. Du fait de la spécialisation de chaque états membres, l'éducation doit permettre d'accèder à un emploi avec un revenu suffisant pour vivre. (PIB/habitant en PPA en 2008) Il existe une solidarité européenne qui doit s'étendre entre les générations (retraite, activité, transmission du patrimoine). L'éducation, via les programmes type Erasmus s'inspire de la théorie du capital humain qui privilégie l'investissement en R&D et le système de formation allemand Principe de subsidiarité dans l'enseignement des langues. Favoriser la mobilité des jeunes diplômés est primordial. (tableau des destinations des étudiants)

132. La production européenne
L'évolution de la production communautaire oscille dans un mouvement double. D'une part, l'élargissement progressif a permis des économies d'échelle importantes dans des secteurs stratégiques : Notamment dans des secteurs spécialisés : la sidérurgie, l'automobile, … où la notion de filière industrielle existe. Et du fait de la préférence européenne et de la coopération des Etats, ce mouvement de concentration est à l'origine de la création de grands groupes européens Cependant ce processus d'intégration est soit horizontal (filière), soit verticale (I) .La "Division internationale des processus productifs" intervient dès le moment où un stade du processus de production se déroule dans un autre pays que celui où est assemblé le produit fini. Ce phénomène, qui correspond à une division verticale de la production, a donné naissance à un commerce international de pièces et de composants et à des réexportations de produits finis après montage. Ces échanges se réalisent entre filiales de firmes multinationales ou dans le cadre de sous-traitance ou d'accords inter-firmes. Cependant malgré la multitude d'entreprises existantes, la concurrence règne-t-elle ? Les grandes multinationales adaptent leurs stratégies aux conditions locales, du fait de leurs capacités d'investissement et de leur poids sur chaque marché spécialisé.

133. Les grandes zones d'échange
Depuis 1945, le commerce international s’est développé plus vite que la production. L’importance du commerce intrarégional dans le commerce mondial. Or ce commerce est essentiellement un commerce entre nations qui se ressemblent économiquement, et il ne peut donc pas être expliqué par l’existence d’avantage comparatifs et par la spécialisation. Une grande part du commerce intrarégional est en effet un commerce "intrabranche". Dès lors, les politiques publiques doivent être réévaluées selon des critères définis au niveau supra-national, ce qui pose des problèmes de souveraineté. Telle est d'ailleurs l'évaluation proposée dans les travaux de Frédérique Sachwald. L'auteure explique que la stratégie de Lisbonne devrait mieux définir les domaines de responsabilité et les moyens respectifs des politiques nationales et des politiques européennes dans l’adaptation aux défis de l’économie de la connaissance et de la mondialisation.

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Les importations de l'UE proviennent principalement aux pays de l'Asie et des Etats-Unis. Cependant, importations et exportations se doivent d'être analysées plus précisément; Au cours de la dernière décennie, la composition des importations par les Quinze en provenance des NEM a substantiellement changé. Au cours de la dernière décennie, la composition des importations par les Quinze en provenance des NEM a substantiellement changé. La part des produits traditionnels, (textile), a baissé, au profit de certains biens plus intensifs en travail qualifié et en technologie, pour lesquels les multinationales ont développé une division européenne du travail. Seuls deux produits se sont maintenus dans la liste des principales importations entre 1993 et 2003 : les meubles, représentatifs du premier type de produits, et l’automobile. Ainsi, les exemples de l’automobile et des TIC illustrent le fait que la plus grande ouverture de l’UE aux échanges extra-européens se double d’une évolution qualitative. L’intégration économique européenne s’est traduite par une intensification du commerce entre pays membres, qui échangent des produits similaires. Cela se traduit aussi dans les investissements (dans le capital) des sociétés européennes au sein de l'UE. Cela signifierait-il donc que la théorie du libre-échange ricardien serait dépassée ?

Transition : Une vision du libre-échange ou de l'échange ? Sur quelles théories de l'échange repose donc l'union européenne ?
Les auteurs économiques classiques abordent depuis le début la notion d'échange entre les pays. Le courant mercantiliste des 17e et 18e siècles mesurent les échanges entre nation dans une balance du commerce. Tous ont compris qu'ils fallait exporter les surplus pour s'enrichir et importer les biens dont a besoin la population (au risque que celle-ci s'expatrie) Si la balance est excédentaire (X-M >0) alors le pays débiteur verse de l'or en échange du solde. L'opération s'effectue via des grands négociants ou quelques banques internationales : Venise, Amsterdam puis Londres et Paris. Dans son ouvrage Richesse des Nations, Adam Smith explique que tout pays a intérêt à se spécialiser dans les productions pour lesquelles il possède un avantage absolu (en terme de coûts) et à importer donc les biens aux plus bas prix. Mais que se passe-t-il si un pays à produit tous les biens à un coût inférieur ? Dans le livre VII de son ouvrage de 1807, Ricardo explique la loi des avantages comparatifs. Tout pays se spécialise dans la production de biens où il possède un avantage supérieur aux autres ou un désavantage moindre. Les termes de l'échange en prix relatifs profitent aux deux pays. C'est la notion de coût d'opportunité ou d'avantage comparatif. Mais comment détermine-t-on cet avantage “relatif” ? Trois économistes Heckser-Olhin et Samuelson montrent que les échanges dépendent de la dotation factorielle de chaque pays (K,L) et les “mercantilistes” ajoutaient les terres. On exporte là où l'on possède plus de facteur productif. Au terme des échanges, il existe une tendance à l'égalisation des prix des facteurs de production. Cela supppose donc que les facteurs ne puissent quitter le pays. Pourquoi cela serait-il le cas si les marchés sont libres ? Renaud du Tertre explique dans “La loi des coûts comparatifs et la formation des prix internationaux chez Ricardo” que “la relecture de la loi des coûts comparatifs formulée par Ricardo comporte toujours un enjeu décisif : déterminer le rôle respectif qui incombe aux phénomènes réels et aux phénomènes monétaires dans les échanges sur le marché mondial.“ Cela explique-t-il la convergence des économies de l'union européenne, par l'intégration commerciale ? Ce n'est que partiellement vrai répond Paul Krugman (courage pour la vidéo en anglais, mais faut la voir!)car la théorie HOS n'explique pas le commerce intrabranche. Il soutient dans "La mondialisation n'est pas coupable" (1998) que la réussite du libre-échangisme – c.à.dire une allocation plus optimale des ressources- repose sur le tryptique : économie d'échelle avec des rendements croissants, une concurrence imparfaite du fait de la différenciation des produits et des stratégies commerciales des états pour réduire leur dépendance vis-à-vis de l'étranger. Ce modèle ressemble étrangement à celui de l'union européenne Mais à terme, si les capitaux restaient au sein des zones capitalistiques, alors l'Europe dont le commerce intracommunautaire représente le cinquième du commerce mondial obtiendrait un avantage absolu en matière de dotation

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factorielle en capital et du fait de l'agrandissement de son marché en dotation factorielle en travail. On se trouverait dans une situation smithienne d'avantage absolu Pourquoi n'est-ce pas le cas ?

2.

Intégration commerciale et les politiques communautaires
3.

Paradoxe de cette deuxième partie, mis en lumière par Bela Belassa : l'intégration se construit dans le temps pour permettre le développement économique, mais elle admet des limites et des contraintes (que nos avons déjà évoqué) Voyons comment se construisent les avantages comparatifs via des politiques communes mises en place par plusieurs états. Ce que l'on peut appeler la "méthode européenne".

21.

L'intégration commerciale : enjeux et limites

Première puissance commerciale du monde, l'Union européenne (UE) assure en 2013: 20% du total des importations et exportations mondiales. L'instauration d'une zone de libre-échange entre ses États membres était l'un de ses principes fondateurs et la libéralisation du commerce mondial est l'un de ses objectifs.

L'objectif des politiques économiques européennes peut se décomposer en deux temps : 1° une phase de développement quantitatif pour assurer une auto-suffisance grâce à des politiques communes reposant sur le libre-échange dans un espace protégé 2° une phase de croissance qualitative dans un espace mondialisé dont les règles sont le libre échange. L'intégration commerciale passe par l'adoption d'un principe commercial commun La libre circulation est ce principe : Une entreprise enregistrée dans l'UE a le droit d'importer et d'exporter librement des marchandises dans l'Union. Les quantités importées et exportées ne peuvent pas être limitées et les échanges ne peuvent pas être restreints de quelque manière que ce soit.

211 Une politique tarifaire commune
La libre circulation des marchandises englobe également le droit de transit sur tout le territoire de l'Union. Une fois qu'un produit est entré dans l'UE, il peut être transporté librement sur l'ensemble du territoire de l'Union, même s'il a été fabriqué en dehors. Sauf des interdictions ou des restrictions peuvent toutefois être appliquées aux importations, aux exportations ou au transit si les marchandises présentent un risque à l'encontre de l'intérêt général pour des raisons de moralité publique, d'ordre public, de protection de la santé et de la vie des personnes, des animaux ou des plantes, ou de protection de l'environnement. L’article 34 du TFUE, qui concerne les importations intra-UE et interdit «les restrictions quantitatives à l’importation ainsi que toutes mesures discriminatoires entre les États membre”s; L’article 35 TFUE, qui concerne les exportations d’un État membre à l’autre L’article 36 TFUE, qui prévoit des dérogations aux libertés du marché intérieur, et l’article 37 TFUE, des dispositions relatives à l’aménagement des monopoles nationaux à caractère commercial. L'UE négocie des accords commerciaux dans le monde entier, avec de très nombreux partenaires. Elle conclut notamment des accords de libre-échange. Ces partenariats doivent favoriser la croissance et l'emploi en Europe, en ouvrant aux entreprises européennes de nouveaux marchés dans le reste du monde. La politique commerciale de l'UE comporte deux volets principaux de protection du marché unique qui repose sur la concurrence à "armes égales" en interne via des mécanismes permettant d'assurer la transparence et la traçabilité tout au long de la chaîne d'approvisionnement (normes de productions) et en vis-à-vis de l'extérieur des barrières tarifaires adaptables. La TVA est le principe d'imposition européenne retenu depuis le 1er janvier 1993 La TVA est payée tout au long de la chaîne de circulation des biens et services. Chaque pays fixe ses propres taux : un taux standard (ne peut être inférieur à 15 %) qui s'applique à la quasi-totalité des biens/services; Et : un ou plusieurs taux réduits (qui s'appliquent à certaines catégories de livraisons et ne peut être inférieur à 5%). Certains pays ont fixé un taux zéro ou hyper réduit sur certaines ventes (directive de 2006) Et accises (tabac, alcool) sauf dans :les îles Canaries; les départements français d’outre-mer; les îles Åland (vive l'Eurovision !); les îles anglo-normandes. Le système de TVA de l’Union européenne vieillit mal : ses points faibles sont de plus en plus exploités par les fraudeurs, son efficacité et sa neutralité souffrent de son manque d’évolution depuis sa conception, laquelle date de la

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fin des années 1960. Il est temps de le réexaminer à la lumière des expériences de ceux qui ont plus récemment adopté cette forme d’imposition (1993). Une autre approche du traitement des ventes intracommunautaires que l’actuelle exonération/taxation est souhaitable, elle peut mettre à profit les perspectives ouvertes par la facturation électronique pour un système résolument moderne (2006). La modernisation, qui va de pair avec la simplification, doit également s’étendre aux nombreux domaines actuellement exonérés ou mis hors du champ de la TVA : la neutralité est le prix de l’efficacité. (In Michel Aujean (2010-3) Le système de TVA et le marché unique. Reflets et perspectives économiques) Soit une économie ouverte, avec l'offre (en bleu) et la demande (jaune). Il existe un point d'équilibre intérieur pour un bien (par exemple). Si le prix du marché mondial (en orange) est inférieur à celui du marché intérieur : - M s'accroît - Qtés échangées aussi Déficit de la balance commerciale, donc celle des paiements peut-être. Mais substitution des importations à l'offre intérieur donc disparition des entreprises donc le coût marginal est supérieur au prix mondial. Comment éviter cela : Les taxes intérieures (TVA) sont indifférentes... donc il faut soit : Abaisser le coût marginal des entreprises intérieures - aides aux entreprises : subventions, baisser des coûts des facteurs de production (investissement ou travail) - harmonisation fiscale sur le marché intérieur Soit mettre des barrières tarifaires à l'entrée De sorte que les importations soit plus onéreuses. Ce sont les tarifs douaniers appliqués.

212 Un système de protection douanier commun
Il existe deux sortes de de barrière douanières qui affectent les prix des produits importés. Ce sont les barrières directes : -droits de douane (sur le prix) -quotas (sur les quantités) Et les barrières indirectes (normes européennes) Plusieurs théoriciens analysent cela. Au départ, Williamson (prix, inflation, chômage : trop chers)et sa théorie des coûts de transaction, postule que toute transaction économique engendre des coûts préalables à sa réalisation : recherche d'informations, défaillances du marché, prévention de l'opportunisme des autres agents. Dès lors, les agents économiques sont amenés à rechercher des arrangements institutionnels alternatifs. Williamson distingue la « hiérarchie » qui correspond le plus souvent à l'entreprise. Donc entre le marché et l'entreprise, de nombreuses formes « hybrides » peuvent être identifiées Certaines catégories de produits sont régies par des normes et des prescriptions techniques valables dans toute l'Union européenne (UE). Si c'est le cas, les produits vendus doivent respecter ces règles pour pouvoir être commercialisés dans l'UE. S'il n'existe pas de règles à l'échelle de l'UE, le vendeur de l'UE doit respecter uniquement les règles en vigueur dans son pays. Les autres pays de l'UE ne peuvent pas interdire la vente, ni contraindre à modifier ou à pratiquer des contrôles supplémentaires, à condition de prouver que les produits/services respectent toutes les normes techniques et de qualité en vigueur dans le pays membre, et qu'ils offrent un niveau équivalent de sécurité: c'est le principe de la reconnaissance mutuelle. Lutte commune contre la contrefaçon Lacontrefaçon (imitation frauduleuse d'un produit de marque) et le piratage (copie non autorisée d'un produit couvert par un droit de propriété intellectuelle) ont atteint des proportions inquiétantes et ont des conséquences importantes sur l'innovation, la croissance, l'emploi, ainsi que la santé et la sécurité des consommateurs. Selon la législation du pays de l'UE concerné et la source des biens contrefaits, les autorités responsables peuvent être les services douaniers, les autorités de surveillance des marchés (normes commerciales), la police ou les offices des brevets et des marques (sur demande). Garanties des biens de consommation depuis mars 2013

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"La relation entre le vendeur et le consommateur ne s'achève pas avec l'achat du produit. Même après la livraison, le vendeur porte une part de responsabilité si le produit se révèle défectueux”. Le fabricant ou l'importateur est responsable des dommages dus à un défaut (2 ans à partir de la livraison). Dans les deux mois, le client peut demander un dédommagement si le produit ne correspond pas à la description donnée par le vendeur ou si ses qualités ne correspondent pas à l'échantillon ou au modèle qui lui a été présenté; n'est pas adapté à l'usage auquel ce type de produits est destiné ou à celui recherché par le client (pour autant que le vendeur ait accepté les exigences du client); ne possède ni les qualités ni les prestations habituelles d'un produit du même type; a été mal installé par le vendeur, ou par le client en raison d'instructions de montage erronées.

213 Intégration commerciale et concurrence : des règles du jeu connues
Comptabilité : La comptabilité n'est pas qu'une obligation légale: le contrôle des recettes et des dépenses permet de surveiller la santé de son entreprise. Normes comptables internationales La législation européenne oblige toutes les entreprises européennes cotées en bourse à établir leurs comptes consolidés conformément à des normes mondiales harmonisées: les normes internationales d'information financière (IFRS). Qui définit "l'entreprise européenne"? C'est à dire les acteurs productifs de l'UE La législation européenne qui prend en compte les sociétés principalement et les répartit dans diverses catégories. Exemple une micro-entreprise : Ces sociétés anonymes doivent remplir au moins deux des critères suivants au moment d'établir leur bilan annuel : le total du bilan doit être inférieur à 350 000 euros; Le montant net du chiffre d'affaires doit être inférieur à 700 000 euros; l'entreprise doit employer moins de 10 personnes (en moyenne) durant l'exercice concerné. Un principe unique L'UE applique des règles strictes pour protéger la libre concurrence et interdit dans ce cadre certaines pratiques (voir ci-dessous). Les règles doivent être respectées, quelle que soit la taille de l'entreprise. En cas d'infraction, l'amende peut atteindre jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires annuel mondial. Dans certains pays de l'UE, les dirigeants d'entreprises en infraction risquent de graves sanctions, dont des peines d'emprisonnement. Les règles de concurrence de l'UE s'appliquent directement dans tous les pays de l'Union, et les tribunaux nationaux doivent également les faire respecter. Elles s'appliquent aux entreprises, mais aussi à toutes les organisations exerçant une activité économique (associations professionnelles, groupements d'entreprises, etc.). nterdiction: contacts et accords illicites Ces arrangements sont des ententes (ou des cartels). Ils sont interdits parce qu'ils restreignent la concurrence. Ils peuvent prendre de nombreuses formes et ne doivent pas être officiellement approuvés par les entreprises concernées. Les pratiques les plus courantes consistent à: fixer les prix; répartir les marchés; répartir les clients; limiter la production; conclure des accords de distribution entre fournisseurs et revendeurs dans lesquels le prix facturé aux consommateurs est imposé par le fournisseur, par exemple. Tous les accords et échanges d'informations entre une entreprise et ses concurrents dont l'effet est de réduire l'incertitude stratégique de l'entreprise en question (en ce qui concerne les coûts de production, le chiffre d'affaires, la capacité, les plans de commer-cialisation) peuvent être considérés comme anticoncurrentiels. Concentrations Les entreprises d'une certaine taille qui exercent des activités dans l'UE et qui souhaitent fusionner doivent en demander l'autorisation à la Commission européenne, quel que soit le lieu de leur siège. L'autorisation dépendra de la part de marché détenue par l'entreprise après la concentration. Les concentrations entre petites entreprises ne sont généralement pas interdites. L'Europe s'est dotée en 1994 d'un Observatoire du Marché Unique, cellule spécifique du Comité économique et social européen qui surveille le fonctionnement du Marché Unique et propose des moyens d'éliminer les obstacles ou d'apporter des améliorations. Les représentants nommés de la "société civile" doivent écouter, consulter et observer

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(contrôler) le fonctionnement du marché unique tout en simplifiant l'organisation administrative des directives et des pratiques européennes sur tous les marchés (subsidiarité et de coresponsabilité). Depuis le traité de Nice, le CESE est mandaté pour 4 années autour de problématiques spécifiques : le marché numérique, les simplifications administratives, ... L'idée consiste à réguler le marché via ses propres acteurs. Théorie de la coordination (Mintzberg) Et celles des jeux coopératifs ou non (Von Neumann, Cash)

Ainsi par exemple, "le Comité accorde du prix à une approche cohérente du développement durable, ne serait-ce que dans son propre fonctionnement et dans ses travaux consultatifs, où il poursuit sur la lancée de ses initiatives antérieures de bonne gestion environnementale interne. À cette fin, il s'emploie actuellement à préparer son affiliation au Système communautaire de gestion et d'audit environnementaux (EMAS)" Afin d'évaluer les efforts en matière d'environnement et de gestion "durable", l'Europe s'est doté d'un système communautaire d'évaluation et d'audit (contrôle de gestion et information) proposé "gratuitement" aux états membres. La structure établit sa propre évaluation qu'elle peut faire constater et agréer au niveau européen. Norme CEE. Autre exemple : "La mobilité et les échanges entre les différents États membres de l'Union européenne étant en augmentation constante, les frais d'itinérance internationale en téléphonie mobile concernent des millions d'Européens qui voyagent d'un pays à l'autre de l'UE pour des motifs professionnels ou privés. Nous souhaiterions rassembler des contributions en vue d'élaborer une stratégie concrète pour l'avenir des communications mobiles dans l'UE, qui pourrait prévoir la suppression des frais d'itinérance."

Et l'Etat dans tout cela ? Les aides d'États sont autorisées lorsqu'elles servent à: soutenir de petites entreprises; encourager l'entrepreneuriat; stimuler la recherche, le développement et l’innovation; soutenir le développement régional; soutenir le capital-risque; créer des emplois; protéger l'environnement. Et des aides communes ou subventions directes dont le mécanisme permet de réduire le prix des biens exportés …. Il existe aussi des aides indirectes : Les programmes par produit, les aides à la commercialisation, les subventions aux intrants et les exonérations d’impôts, l’aide à l’investissement à long-terme

214 En résumé : l' intégration commerciale et concurrence s'articulent autour des règles du jeu connues à l'intérieur du pays et un système de protection douanier commun vis à vis de l'extérieur
Cela repose sur la théorie de marchés contestables. J. Baumol (et Tobin) sont dans le courant néoclassique : Dans les années 1970, Baumol s'intéresse au rôle des entrepreneurs dans l'activité et la croissance économique, et il modélise ce rôle dans le cadre de l'analyse néoclassique. Il expose en 1982 (avec Panzar et Willig) sa théorie. Selon cette théorie, il n'est pas nécessaire qu'un marché soit atomistique pour qu'il fonctionne selon les règles de la concurrence pure et parfaite, il suffit qu'il soit contestable, c'est-à-dire que l'on puisse y entrer et en sortir librement et sans cout: les producteurs présents sur le marché sont alors contraints de pratiquer des prix concurrentiels pour dissuader l'arrivée de concurrents.

22.

La PAC : une désunion progressive ?

La politique agricole commune ( abrégée PAC) est la plus ancienne, la seule affirment même ses détracteurs et a été, jusqu’en 2006 inclus, la plus importante des politiques communes de l’UE. – Créée par le traité de Rome en 1957, elle a été mise en place en 1962 dans un secteur stratégique, autour des mêmes principes que ceux ayant fondé la CECA.

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Ses objectifs sont alors : d’accroître la productivité de l’agriculture ; d’assurer un niveau de vie équitable à la population agricole ; de stabiliser les marchés ; de garantir la sécurité des approvisionnements ; d’assurer des prix raisonnables aux consommateurs. Depuis, s’y sont ajoutés les principes de : -respect de l’environnement -sécurité sanitaire -développement rural. Nous allons voir comment une fois encore s'exercent différentes forces unificatrices et/ou divergentes tant à l'intérieur de ce qu'est l'UE qu'à l'extérieur, dans une optique d'analyse sur le long terme. Le Conseil de l’Union adopte les actes de bases de la PAC et financent le FEOGA (Fonds européen d’orientation et de garantie agricoles) : via deux “postes” budgétaires : la section "Garantie" pour le soutien des marchés et la section "Orientation" le développement rural. Depuis le 1er janvier 2007, le FEOGA a été remplacé par deux fonds : le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA) et le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER). Les agriculteurs bénéficient au début : d’aides indirectes (les "prix garantis"), assurant un prix minimum pour leur production en comblant la différence entre prix du marché et prix garanti ; de restitutions aux importations, des subventions, afin que les exportations européennes ne soient pas pénalisées par les prix garantis supérieurs aux prix mondiaux ; enfin, d'une préférence communautaire protégeant le marché européen de la concurrence de produits importés à bas prix : des prélèvements agricoles.

221 L'idée de l'autosuffisance alimentaire et d'une croissance à la List (biography)
Fondée sur le productivisme dans un contexte de pénurie où l’Europe n’atteignait pas l’autosuffisance alimentaire, elle a été maintes fois réformée depuis. Victime de son succès, elle a entraîné dans les années 1980 des dépenses budgétaires telles qu’elle représentait la quasitotalité du budget communautaire, limitant le développement d’autres politiques communes. En interne le mécanisme d'accroissement quantitatif de la production entraine la naissance d'une industrie agroalimentaire en ligne et par produit. Elle favorise notamment les grandes exploitations au détriment des plus petites. Elle genère des stocks qui ont un double impact : une baisse effective des prix (d'où le processus de valorisation) et la création de stocks importants. Ces stocks provoquent une baisse des cours mondiaux et donc entraine la disparition des cultures „vivrières” des autres pays européens mais aussi dans les pays moins industrialisés. De plus, le système de subventions aux exportations est largement critiqué au niveau international dans le cadre du GATT, en premier lieu par les États-Unis qui jugent comme pratiques allant à l'encontre du libre échange, mais pratiquent une autre forme de dumping.

222 Production de masse : effets-prix/quantité
La réforme de 1992 vise donc à davantage axer la PAC sur le marché. Elle cherche à diminuer le poids budgétaire en baissant les prix garantis – aides indirectes assurant aux agriculteurs un prix minimum pour leur production –, et en compensant cela par des paiements directs aux producteurs, proportionnels à la taille des exploitations. Mais la distribution de ces aides directes est conditionnée par le respect du gel d’une partie des terres imposé par Bruxelles pour faire face à la surproduction qui frappe alors la Communauté et entraîne des coûts en matière de gestion des stocks. Cette réforme, dite Mac Sharry (le Commissaire de l’époque), a aussi voulu trouver un accord avec nos partenaires commerciaux dans le cadre de l’Uruguay Round (de 1987 à 1994). En baissant les prix garantis, par là même les subventions aux exportations et la préférence communautaire, la nouvelle PAC se conforme aux règles du commerce mondial.

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Une nouvelle réforme a eu lieu en 1999 dans le cadre de l’Agenda 2000, (perspectives budgétaires pour les années 2000-2006, en tenant compte des conséquences de l’élargissement à l’Est. Autour de plusieurs volets : 1° baisse des prix garantis pour les rapprocher des cours mondiaux ; 2°compensation, non totale, par des aides directes (objectif : l’élargissement à l’Est qui nécessitait un accroissement des fonds structurels – FEDER et fonds de cohésion – pour les régions et les pays en difficulté) ; 3° respect de l’environnement et de la sécurité alimentaire (crise de la "vache folle" et aux accusations de “productivisme”) ; 4° incitation à la pluriactivité des agriculteurs (vente de produits à la ferme, tourisme vert par le développement des chambres d’hôtes...) ; 4° l’agriculture doit être mutlifonctionnelle, c’est-à-dire sur le fait que ce secteur ne permet pas simplement de nourrir la population, objectif qui pourrait être atteint par des importations (moins chères), mais aussi d’entretenir les territoires. À travers ces deux réformes majeures, le poids de la PAC dans le budget européen est passé de près de 70% dans les années 1980 à moins de 50 % depuis 2000. Pourquoi alors encore réformer la PAC ? Car, au début des années 2000, elle fait l’objet de vives critiques de la part de plusieurs acteurs (Etats-Unis et Pays en voie de développement. Cette politique profite essentiellement aux grosses exploitations (pays) à vocation agro-industrielle (passager clandestin). Les écologistes lui reprochent de ne pas avoir réellement rompu avec la logique productiviste nuisible à l’environnement et à la sécurité alimentaire. Il devient difficile de justifier auprès des “consommateurs contribuables” que de telles sommes soient dépensées au niveau européen pour une si petite partie de la population active, alors même que les produits offerts pouvaient mettre en danger leur santé. Enfin, l’élargissement à des pays encore très agricoles risque de faire croître le budget de la PAC si celle-ci restait inchangée. D’où la nécessité d’une nouvelle réforme beaucoup plus radicale en juin 2003 Le 26 juin 2003, les 15 ministres de l’Agriculture de l’Union européenne adoptent une nouvelle réforme de la PAC. Cette adoption se fait dans la douleur, après des mois de tractations difficiles, d’une part entre les États membres, et d’autre part entre certains États, notamment la France, et le commissaire européen à l’Agriculture, Franz Fischler. Celui-ci a présenté son premier projet de réforme en juillet 2002. Il a donc fallu presque un an de négociations pour parvenir à un accord.

223. Vers une agriculture qualitative par la remise en cause de la PAC
Six points fondamentaux : – le découplage entre production et aides. La plupart des aides directes perçues par les agriculteurs sont remplacées par un paiement unique par exploitation, indépendant de la production. Mais les syndicats agricoles contestent ce dispositif : les agriculteurs doivent pouvoir vivre de leur production et non d’une aide qui en serait déconnectée et assimilée à de l’assistanat. Le découplage est intervenu en 2005, sauf exception pour certains en 2007. – la conditionnalité des aides. Ce paiement unique est subordonné au respect de 18 normes relatives à l’environnement, à la sécurité alimentaire et au bien-être des animaux (l’article 13 du TFUE prévoit une clause transversale relative au respect "du bien-être des animaux en tant qu’êtres sensibles"). Un système obligatoire de sanctions prévoit la réduction totale ou partielle de l’aide renforce ce dispositif – une politique de développement rural accrue avec des moyens financiers renforcés (1,2 milliard d’euros en plus) obtenus par la réduction des aides de 3 % en 2005, 4 % en 2006 et 5 % de 2007 à 2012 – une discipline budgétaire assurée jusqu’en 2013. Elle résulte d’un accord franco-allemand de décembre 2002 sur le gel des dépenses de la PAC au niveau de 2006, soit 45 milliards d’euros, dont 9,2 milliards pour la France – la baisse des prix garantis pour certains produits, comme le lait, le beurre (– 25 %) ou le riz (– 50 %). la diminution des paiements directs aux grandes exploitations pour remédier à la critique d’une PAC anti-sociale profitant aux plus gros exploitants et dégager les moyens nécessaires au développement rural Il s’agit alors d’une véritable rupture avec le productivisme et d’une nouvelle arme de négociation pour les rendez-vous devant l’OMC. On estime également que cette réforme garantit une agriculture plus respectueuse de l’environnement et de la sécurité alimentaire, tout en permettant aux agriculteurs de bénéficier de revenus plus stables. Quelques années plus tard, l’Europe se trouve confrontée à d’importants besoins alimentaires et énergétiques. La sécurité des approvisionnements

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devrait ainsi redevenir un objectif primordial, allant de pair avec qualité et sécurité des produits et avec les exigences d’un développement durable. Car, le traité de Lisbonne, entré en vigueur en décembre 2009 comporte des modifications majeures de la PAC. Parmi elles, on peut citer notamment le passage de l’agriculture et de la pêche (à l’exclusion de la conservation des ressources biologiques de la mer qui est une compétence exclusive) dans le domaine de compétence partagée entre l’UE et les États membres et la soumission des questions agricoles à la procédure législative ordinaire ceci renforce les pouvoirs du Parlement européen. Résultat depuis début 2013, sous la pression des contraintes budgétaires et des modifications monétaires, ont lieu des débats sur cette quatrième réforme de la PAC depuis sa création.

23.

Evolution des analyses économiques jusqu'aux années 90

Malgré les diverses réformes, la PAC a été l'outil principal, après la CECA des politiques économiques communautaires, lesquelles politiques économiques sont largement influencée par la vision qu'ont les politiques de l'économie, mais aussi par l'évolution des relations internationales dans le monde. Ainsi, on l'a vu la PAC passe d'une politique macroéconomique globale à une politique macroéconomique appliquée aux spécificités locales tout en s'inscrivant dans les grandes évolutions du commerce mondial. Ces évolutions ont été analysées, très tôt en économie dès le XVIIe siècle (en espagnol SVP !) mais au fur et à mesure des évolutions scientifiques ces analyses se sont complexifiées. Revenons donc aux différents courants qui traversent l'économie en tant que science: “l'économique“ depuis la création de l'Europe. Les diverses politiques économiques prônées dans les années 60-80 se fondent sur les idées issues des différentes “écoles” keynésiennes, post keynésiennes pour être plus précis.

231. Les analyses des années 1970- 1980
En terme d'industrialisation : Elles reposent sur une massification de la production (modèle tayloro-fordiste qui est remise en cause par les méthodes de production intensive : (le toyotisme). Le modèle de développement économique par de vastes filières de productions contrôlées directement ou indirectement par l'état (thèse monopolistique) Le développement des outils de mesure d'une économie nationale est passé par celui conjoint des mathématiques et statistiques, ains que des méthodes de collation des éléments. L' un des premiers a comprendre cela s'appelle Wassily Leontief, prix “Nobel d'économie en 1973 "for the development of the input-output method and for its application to important economic problems". Ses travaux concernent notamment les tableaux de relations industrielles, où matrice des inputs-outputs aussi appelé TES (Tableau entrée sortie, présenté en 1939 sous forme synthétique aux USA) En terme d'échanges marchands : Les filières industrielles doivent être compatibles avec celles des pays partenaires permettent des échanges "ricardiens" où chaque pays s'enrichit via le commerce de biens (ou de services). Cela débouchera sur une autre analyse statistiques du commerce international où règne la D.I.P.P. En terme d'échanges marchands : les filières industrielles doivent être compatibles avec celles des pays partenaires permettent des échanges "ricardiens" où chaque pays s'enrichit via le commerce de biens (ou de services). Cela débouchera sur une autre analyse statistiques du commerce international où règne la D.I.P.P. En terme monétaires : La thèse de la convertibilité des monnaies autour de taux de change semi-flexibles (selon les échanges physiques) autour d'un étalon-or ou d'un étalon monnaie (le dollar ou la livre sterling) prédomine. (Cf partie 3) Cependant déjà se développe un courant contre les théories de Keynes. Le Sveriges Riksbank Prize in Economic Sciences in Memory of Alfred Nobel de 1974 est remis conjointement à Gunnar Myrdal and Friedrich August von Hayek "for their pioneering work in the theory of money and economic fluctuations and for their penetrating analysis of the interdependence of economic, social and institutional phenomena". Friedrich Von Hayek a perpétué la seconde école de Vienne, en s'opposant virulemment parfois à Keynes. Sa vision théorique est issue notamment de la lecture des travaux de Léon Walras. Mais du fait du double dilemne géostratégique : le processus de décolonisation et la guerre froide, se pose des problèmes autour des zones d'influence au Moyen-Orient, dans le Pacifique mais aussi en Europe Centrale. En économie, se pose un problème idéologique autour des hypothèses de travail: le capitalisme (marché libre et

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propriété privée) est-il l'idéal ou bien est-ce le marxisme (planification et propriété collective). Les théoriciens s'opposent autour 1°) de la notion d'agrégation des données et 2°) de leur organisation (autorégulation ou non) mais aussi de l'existence ou non 3°) d'une utilité maximale (individuelle ou sociale). Plus philosophiquement, les penseurs s'interrogent autour d'une question cruciale : l'économie est-elle scientifique (mathématique) ou politique (sociale) ? Et ces débats qui traversent l'économie, se retrouvent dans l'attribution des différents “Nobel” d'économie..

232. Un changement de paradigme après le 2e choc pétrolier
Le détricotage du modèle de l'Etat providence : George Stigler né à Seattle, il étudie à Washington et enseigneà l'université de Chicago. En 1938, sous la houlette de Frank Knight, le théoricien du risque et de l'incertitude, il se lie avec Milton Friedman. Nobélisé en 1982, il est le fondateur du courant dit du Public Choice.

Cette théorie décrit comment des groupes d'intérêts et des acteurs politiques, vont utiliser les moyens de réglementation et le pouvoir coercitif des États pour orienter les lois et les règles dans des directions qui les favorisent. Le problème est donc le suivant : l'autorité réglementaire étant soumise à l'influence des groupes de pression, elle n'est plus garante de l'intérêt général. Pour Stigler, la réglementation doit s'analyser comme la production d'un service de redistribution politique, offert par les décideurs politiques et les fonctionnaires, et demandé par les entrepreneurs et les associations d'entreprises. Les acteurs ( rationnels) maximisent leur chance de réélection, ou essaient d'obtenir par la suite des postes dans les industries qu'ils ont sous leur tutelle. Quant aux demandeurs de service, ils recherchent les privilèges de monopole que la réglementation engendre notamment vis-à-vis de leurs concurrents étrangers. « Le seul véritable saint protecteur du consommateur n'est certainement pas le bureaucrate, mais la concurrence. » Ces travaux sont repris par J James McGill Buchanan Jr. ( 1919 - 2013). Cet est un économiste américain qui a reçu le « prix Nobel » d'économie en 1986 pour le développement de la théorie du choix public (Public Choice theory) qui critique les dysfonctionnements de l'intervention publique et explique les comportements de l'État à partir des agents qui le constituent. James Buchanan a critiqué de manière virulente l'intervention de l'État, qu'il qualifie de « Léviathan » sur le modèle de Thomas Hobbes, et en particulier l'augmentation des dépenses publiques. Pour lui, « il faut enchaîner le Léviathan », c'est-à-dire minimiser la sphère non marchande, faire interdire les déficits budgétaires et limiter les prélèvements obligatoires. Jusqu'en 1985, il préside la Société du Mont-Pèlerin, association de chercheurs libéraux (fondée par Friedrich Hayek) qui réunit par exemple Walter Eucken, Karl Popper ou Milton Friedman) Au regard de l'évolution des échanges internationaux, les Etats-Unis restent la première puissance mondiale et son modèle de développement est transposé dans nombre de pays européens : Barre, Tatcher, … Reprennent ces théories économiques et les adaptent dans leurs politiques économiques dites “d'austérité“ plus spécifiquement de libéralisation ou de désencastrement du marché.

233. Nouvelles politiques communautaires pour favoriser l'intégration
A ces modèles, un seul Nobel d'économie français, Maurice Allais (1911-2010) propose une contre théorie. C'est un économiste libéral, antimondialiste et protectionniste. Sorti de l'École polytechnique, il veut apporter la rigueur mathématique des sciences dures à la science économique. Titulaire de la chaire d'économie de l'Ecole des Mines en 1944, il est nommé directeur de recherche au CNRS. Ses premiers ouvrages furent À la recherche d'une discipline économique (1943) et Économie et Intérêt (1947). Ces derniers lui valent de nombreuses récompenses dont le « prix Nobel » d'économie en 1988. Il développe pour le grand public des thèses qui contreviennent à l'esprit général des grandes réformes financières et douanières entreprises depuis 1973. Il dénonce les changes flottants, la dérèglementation financière, et la suppression des protections douanières et annonce que ces nouveautés provoqueront en Europe le déclin de l'emploi et dans le monde le risque d'une nouvelle grande dépression. À l'occasion de la crise dite « des pays émergents », en 1998, il annonce dans un article au journal Le Monde : « Ce qui doit arriver arrive ! ». Ces positions, contraires aux grands consensus de l'époque, sont souvent exprimées de façon abrupte. La crise depuis 2007, dont il s'était fait inlassablement l'augure dans de nombreux ouvrages a fait renaître le débat autour de nombre de ces questions Cela se traduit dans les faits par des mesures fixant les règles du jeu des acteurs :

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Le marché est concurrentiel et l'échange est libre tant qu'il ne remet pas en cause l'espace économique européen et les buts qu'il s'est lui-même fixé dans le cadre des démocraties. Entreprises sont les acteurs principaux : politique de l'offre sous condition d'effet de taille et structure de filières européennes - Interdiction: à l'américaine (accords illicites) mais possibilité d'association d'entreprises (lobbying) - Règles d'une concurrence sous contrôle des consommateurs, essentiellement dans un cadre fixé par les politiques publiques (Etat) Cependant, une fois la „guerre froide“ achevée dans les années 90, l'Union européenne se trouve propulsée au second rang mondial. Véritable superpuissance économique, elle doit alors se remettre en cause, définir de nouveaux objectifs et surtout elle se retrouve en concurrence directe avec son ancien „allié“, les Etats-Unis... pour commercer mondialement avec de nouveaux pays !

234. Les problématiques de développement à plusieurs. L'analyse de Bela-Balassa
Bela-Balassa, diplômé en droit, quitte le pays après l'Insurrection de Budapest de 1956 pour se rendre en Autriche, il étudie à Yale, professeur à l'Université Johns-Hopkins de 1966 à 1991, il est conseiller à la Banque Mondiale, sur les politiques commerciales et le développement. Dans The theory of economic integration (1961), il a établi quelles étaient les différentes étapes du processus d'intégration régionale, à savoir la zone de libre-échange (free trade area), l'union douanière (customs union), le marché commun (common or single market), l'union économique et monétaire (economic union): la théorie fondatrice de l'Union européenne. Il travaille avec Samuelson. (L'effet Balassa-Samuelson est un phénomène qui montre que les pays plus pauvres connaissent un coût de la vie inférieur à celui des pays riches mais que l'écart de niveau de vie est inférieur à l'écart de productivité). La zone de libre-échange : les partenaires échangent librement leurs marchandises suite à la suppression des obstacles tarifaires et non tarifaires. La réglementation avec le reste du monde est fixé par chaque nation ; l'union douanière : non seulement les obstacles douaniers, quantitatifs et tarifaires sont éliminés et les États membres fixent un tarif extérieur commun: une politique commerciale commune ; le marché commun résulte de l'ouverture de l'ensemble des marchés, le marché des produits, le marché du travail et celui des capitaux et repose donc sur la libre circulation ; l'union économique et monétaire ajoute au marché commun une harmonisation des politiques économiques. Par conséquent, cette forme d'intégration nécessite une régulation économique par le biais d'interventions étatiques. L'union politique: unification totale des politiques économiques, affaires étrangères et défense communes. Donc il faut construire une union monétaire .

L'Europe à deux vitesses Introduction : Paradoxe de la troisième partie
Après avoir vu les diverses forces qui ont permis d'unir différents pays autour d'un idéal commun dont les principales réalisations ont été reconnues sur le plan politique mais culturel, l'union européenne s'est construite autour d'un paradigme où les diverses problématiques du développement économique s'interrogent sur la notion de coopération naturelle, volontaire ou forcée, au travers des acteurs du marché. Dans cette troisième partie, il convient de s'interroger sur un autre volet de l'Union européenne : celui des tensions financières et soliales qui traversent les 27. En somme l'établissement de règles du jeu communes supposent un arbitre : ce dernier, l'Europe doit-il seulement être un gendarme ? Trois temps rythment cette partie : -Le problème du règlement des échanges marchands : c'est à dire l'évolution des monnaies nationales vers une monnaie unique.: -L'idée d'une gouvernance plurielle via un organisme unique, à vocation technique : la Banque Centrale Européenne. - Enfin le prolème de la répartition des richesses communes autour de la gestion des divergences entre les différents membres de l'Union Européenne : existe-t-il une Europe à deux vitesses et si oui quel est le critère permettant cette partition, cette dichotomie ?

31.

Vers une monnaie commune...

La crise récente a aussi mis en évidence les faiblesses d’une construction européenne hybride, dont l’euro constitue, avec la politique commerciale et la politique de la concurrence, le seul dispositif réellement fédéral. Il a fallu une trentaine d’années pour bâtir et mener à bien ce projet fou d’unification monétaire; il en faudra probablement autant pour compléter l’euro et pour que les Européens mènent une véritable politique économique. (Benassis-Quéré et

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311. De Bretton Woods au Serpent monétaire
L’idée d’une monnaie unique remonte à la fin des années 1960 Le système de change fixe mis en place à Bretton Woods après la Seconde Guerre mondiale, organisé autour du dollar, est fragilisé par la guerre du Vietnam, qui creuse le besoin de financement américain, et par le mécontentement croissant vis-à-vis des États-Unis. C’est alors que les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté européenne demandent à Pierre Werner, le Premier ministre du Luxembourg, de dessiner les contours d’une union économique et monétaire en Europe. Le rapport Werner, remis en 1970, propose une unification monétaire en plusieurs étapes devant s’achever en 1980 Mais le désordre monétaire issu de la dislocation du système de Bretton Woods à partir de 1971, puis du premier choc pétrolier fait voler en éclats la coordination naissante entre les pays membres. Le « serpent monétaire » européen, créé en 1972 pour protéger les taux de change intra européens de l’instabilité croissante du dollar, se révèle être un échec. La coordination monétaire reprend sérieusement en 1979 sous l’impulsion de Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt avec la création du mécanisme de change du système monétaire européen (SME). Il s’agit d’organiser une zone de stabilité monétaire en Europe en limitant les fluctuations des taux de change entre pays membres. Une unité de compte européenne, l’European Currency Unit ou Ecu, est créée. C’est l’ancêtre de l’euro. L’Ecu n’est pas une véritable monnaie mais un simple « panier » dont la valeur est mécaniquement plus stable que celle des monnaies qui le composent, la faiblesse de telle ou telle monnaie étant compensée par la force de telle autre. L’Ecu servira d’unité de compte aux banques centrales et aux institutions européennes, et aussi à libeller les emprunts de certains gouvernements et institutions européens. Sa création constitue une rupture pour le système monétaire international : dans toute une région du monde, la stabilité monétaire n’est plus définie par rapport à une référence externe, le dollar, mais par rapport à une référence interne, et est gérée en commun. Cet exemple singulier fait aujourd’hui rêver les tenants d’une intégration régionale accrue en Asie, en Amérique du Sud et dans le Golfe.

312.Le Système monétaire européen : réussite d'une politique de change
Après des débuts difficiles, le SME vit un « âge d’or » de cinq années (1987-1992) durant lesquelles les monnaies sont stables et le système s’élargit (la peseta le rejoint en 1989, la livre sterling en 1990, l’escudo en 1992). C’est au cours de cette période que la libéralisation complète des mouvements de capitaux à l’intérieur de l’Europe est décidée et mise en œuvre . Les artisans de l’intégration monétaire européenne savent bien que, une fois les mouvements de capitaux complètement libéralisés, l’unification monétaire deviendra urgente. La raison en est simple : il est impossible de concilier la stabilité des taux de change, la mobilité des capitaux et l’autonomie des politiques monétaires nationales — c’est le fameux « triangle d’incompatibilité » identifié dans les années 1960 par Robert Mundell et rappelé par l’économiste italien Tommaso Padoa-Schioppa en 1987. En l’absence de contrôle des changes, tout écart de taux d’intérêt se traduit par des mouvements de capitaux vers le pays où ceux-ci sont les plus élevés ou dont la politique est la plus crédible aux yeux des marchés — en l’occurrence, l’Allemagne. Ce mécanisme impitoyable a joué en Europe en 1992-1993 au profit de l’Allemagne, en 1997-1998 au détriment des monnaies des pays émergents, et à nouveau en 2008 au détriment de la Lettonie.

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Bruno Cellier 313.Doit-on créer une monnaie unique ?

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Le triangle des impossibilités de Mundell : Né en 1932, au Canada, Robert Mundell, diplômé de la London School of Economics et du Massachusetts Institute of Technology (MIT), a enseigné notamment à l'université de Chicago de 1966 à 1971. Mundell rejoint l’équipe de recherche du FMI en 1961, et est consultant pour de nombreuses organisations internationales, comme la Banque mondiale ou le Comité monétaire européen (en 1970). Il est récompensé en 1999 par le prix Nobel. Le célèbre triangle pose qu’il est impossible d’avoir à la fois une parfaite mobilité des capitaux, une autonomie de la politique monétaire et une fixité des taux de change. La politique économique, en économie ouverte, est définie à travers deux critères de base : la stabilité du change et l'autonomie de la politique monétaire. Mundell et Padoa-Schioppa montrent que dans une économie ouverte, la parfaite mobilité des capitaux n'est pas compatible avec l'indépendance de la politique monétaire et la stabilité du taux de change. L'indépendance de la politique monétaire peut coexister avec la parfaite mobilité des capitaux, mais dans ce cas, la stabilité des taux de change n'est plus possible. Symétriquement une politique monétaire indépendante est conciliable avec la stabilité des taux de changes, mais alors il faut interdire la mobilité des capitaux. Par exemple, dans un régime de changes fixes entre deux pays au minimum, les pays doivent sacrifier l'autonomie de la politique monétaire -fixation de leur taux d'intérêt- au profit de la stabilité des taux de change.

314.De l'Ecu à l'euro
Face à ce triangle, trois solutions : - accepter le pilotage économique d’un seul pays, l’Allemagne - revenir en arrière en restreignant les mouvements de capitaux - geler définitivement les taux de change. C’est la troisième option, la plus ambitieuse, qui est choisie. Les chefs d’État et de gouvernement demandent à Jacques Delors, le président de la Commission européenne, de proposer une stratégie pour unifier les monnaies européennes. En 1989 un rapport qui présente des similitudes avec le rapport Werner : nécessité d’une convergence préalable des politiques économiques, unification monétaire par étapes… Le transfert de souveraineté monétaire sera finalement consenti dans le traité de Maastricht, aux Pays-Bas, en décembre 1991. Il décrit la nouvelle institution en charge de la monnaie : la Banque centrale européenne (BCE), les étapes du processus d’intégration monétaire et les conditions que devra remplir chaque pays pour rejoindre la monnaie unique, qui à l’époque s’appelle encore l’Ecu. Au début des années 1990, le doute gagne progressivement sur son avenir. En suscitant des tensions inflationnistes en Allemagne, la réunification allemande a conduit la Bundesbank à relever fortement ses taux d’intérêt. Les autres banques centrales choisissent de s’aligner plutôt que de voir leurs monnaies décrocher du mark. Ces politiques sont source de chômage et freinent l’investissement. La tentation de quitter le mécanisme de change et d’hypothéquer la possibilité de participer à la monnaie unique dès sa création devient grande. Conscients des doutes des gouvernements, les marchés financiers prennent les devants et attaquent le mécanisme de change en vendant les monnaies autres que le mark. La livre sterling et la lire italienne décrochent en septembre 1992. Le franc français est menacé. L’élargissement des marges de fluctuation autorisées dans le mécanisme de change européen sauve le système. Les gouvernements se consacrent alors entièrement à l’entrée dans la monnaie unique, donc au respect des critères de Maastricht. Pour cela, ils mettent en œuvre des programmes spectaculaires d’ajustement des finances publiques et stabilisent leurs taux de change dans des marges bien plus étroites que les 8 15 % désormais autorisées. En décembre 1995, à Madrid, le Conseil européen rebaptise « euro » la future monnaie et précise les étapes de l’unification monétaire. En juin 1997, il adopte un « Pacte de stabilité et de croissance » pour encadrer les politiques budgétaires des pays participant à l’euro. En 1998, il crée une nouvelle enceinte réunissant les ministres des Finances des pays participant à l’euro, l’Eurogroupe, et fixe la liste des pays qui participeront à l’euro. Le 1er janvier 1999, les monnaies de la zone euro disparaissent pour devenir des subdivisions de l’euro. La politique monétaire est confiée à une institution communautaire : la BCE.

314. Les débuts de l'euro
Le 1er janvier 2002, les pièces et les billets en euros sont utilisés pour la première fois dans les douze pays participants. La zone euro est née. Elle connaîtra ensuite plusieurs élargissements pour compter seize membres en 2009. Et 17 en

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2014 avec la Lettonie (Le prix fort pour entrer dans la zone euro). Comment rejoint-on l’euro ? L’entrée d’un pays dans l’euro est décidée après examen de >cinq critères de convergence (art. 140.1 du Traité) qui portent sur les niveaux du déficit et de la dette des administrations publiques (qui doivent être inférieurs respectivement à 3 % et 60 % du PIB du pays), l’inflation (qui ne doit pas dépasser de plus de 1,5 % la moyenne des trois pays où elle est la plus basse), les taux d’intérêt à long terme, la stabilité du taux de change pendant deux ans, sans dévaluation, au sein du mécanisme de change européen et l’indépendance de la banque centrale. Un pays satisfaisant ces différents critères s’intégrera en principe plus facilement dans l’union monétaire, car ses prix relatifs par rapport aux partenaires sont stables, et ses finances publiques en ordre ne feront pas pression à la hausse sur les taux d’intérêt de la zone. La situation des différents pays au regard des critères fait l’objet de rapports de la Commission européenne et de la BCE. Le Royaume-Uni et le Danemark ont obtenu de choisir le moment où ils adopteront la monnaie unique. Les autres États membres de l’Union n’ont pas cette possibilité : ils rejoignent en principe l’euro dès lors qu’ils respectent les critères. Après vérification des critères, l’euro a été adopté par onze États le 1er janvier 1999 puis par la Grèce en 2001, la Slovénie en 2007, Chypre et Malte en 2008 et la Slovaquie en 2009. Cette année-là, la zone euro comptait donc seize membres, sur 27 États membres de l’Union européenne. Dans ces seize pays, l’euro est devenu la monnaie officielle ; il a remplacé les monnaies nationales pour toutes les transactions économiques. Imprimés par les banques centrales, les billets sont les mêmes partout dans la zone euro, tandis que les pièces, frappées par les gouvernements, comportent une face différente selon les pays. Entre 1999 et 2002, les monnaies nationales ont subsisté comme subdivisions non décimales de l’euro, la politique monétaire étant déjà unifiée et les taux de change irrévocablement fixés.

32.

La BCE : problèmes de gouvernance

320. La zone euro en bref Les seize États membres au 1er janvier 2009 sont : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, Chypre, l’Espagne, la Finlande, la France, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovaquie et la Slovénie. Ils forment un ensemble de taille comparable à celle des États-Unis, mais avec une population plus nombreuse et un PIB plus faible. Les quatre principaux pays sont l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne. À eux quatre, ils produisent 80 % du PIB de la zone. La zone euro forme un ensemble relativement homogène en termes de niveaux de vie. Le PIB par habitant du pays le plus pauvre, la Slovaquie, est inférieur de 35 % à la moyenne de la zone mais d’un quart plus élevé que celui de la Pologne et de 80 % plus élevé que celui de la Bulgarie, membres de l’Union européenne, et plus de trois fois plus élevé que celui de la Chine.

321. Finalement, pourquoi l’euro ? Inconvénients : Le passage à l’euro a mobilisé des ressources considérables dans les banques, les entreprises et les administrations. Il a fallu modifier les logiciels, assurer une double comptabilité, une double trésorerie, aménager les distributeurs automatiques, informer les clients et les citoyens. Le changement a suscité en 2002 une hausse des prix temporaire mais perceptible par les consommateurs, du fait d’arrondis le plus souvent à la hausse à la faveur des changements d’étiquettes. Enfin et surtout, l’euroa rendu nécessaires dans les années 1990 des politiques de rigueur monétaire et budgétaire coûteuses sur le moment en termes de croissance et d’emploi (voir encadré). Il est dès lors légitime de s’interroger sur les bénéfices à attendre. Les pays participant à l’union monétaire européenne ont parié que les avantages liés à la monnaie unique l’emporteraient sur les inconvénients. Selon la célèbre formule de Robert Mundell [1961], ils ont parié qu’ils constituaient une zone monétaire optimale. Du côté des avantages, on trouve essentiellement deux arguments.

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Un argument microéconomique : la monnaie unique supprime à la fois les coûts de transactions de change et l’incertitude liée au taux de change Elle permet donc de réaliser des économies, surtout dans les pays les plus ouverts ; elle encourage les échanges de biens et services, et facilite les investissements dans d’autres pays de la zone, améliorant l’allocation des ressources ; elle accroît la transparence des prix, ce qui accentue la concurrence. En bref, la monnaie unique complète le marché unique. Un argument macroéconomique : Dans une zone très intégrée comme l’Europe, une coordination des politiques monétaires est de toute façon nécessaire pour éviter les politiques déloyales comme celles consistant à « exporter » son chômage par la dévaluation. Le mécanisme de change européen a pu constituer pour un temps une réponse. Mais la liberté des mouvements de capitaux, qui complète elle aussi le marché unique, a rendu ce mécanisme impraticable de manière durable. L’euro est la réponse coordonnée de l’Europe à la volatilité des capitaux : quelle que soit la pression des marchés, il est désormais impossible à un État membre de se désolidariser de la zone, par exemple en dévaluant sa monnaie pour limiter l’effet d’une détérioration de la conjoncture mondiale sur son activité, au détriment de ses partenaires européens. Face à ces avantages, reste un inconvénient essentiel : la perte, pour chaque pays, d’un instrument central de la politique économique, la monnaie, qui permettait de faire face à des chocs spécifiques d’origine politique (une alternance politique), sociale (une grève générale), sectorielle (une crise grave dans un secteur clé, par exemple la finance), naturelle (un ouragan). Mais chaque pays participe aux décisions sur la politique monétaire, ce qui représente un progrès par rapport au mécanisme de change européen. C'est l'aspect coopératif qui l'emporte.

322. Développements de la théorie économique
Les approches micro-économiques développées dans les années 2000 insiste sur les mécanismes de coopération. Cette coopération est-elle volontaire ou soumise aux décisions individuelles dans le cadre d'un processus coopératif ou non ? Deux courants libéraux s'opposent : - Celui où l'idée d'effets collectifs contradictoires avec l'intérêt individuel, courant récompensé par de nombreux “Nobel” d'économie entre 2008 et 2012 : tels Peter Diamond, Dale Mortensen et Christopher Pissarides en 2010 : en théorie, le marché où se confrontent l'offre et la demande permet de définir le meilleur prix d'une marchandise ou d'un travail, et surtout à moyen terme de faire évoluer les termes de l'échange. Mais ce principe n'est pas toujours opérationnel, en raison des règlements ou des politiques menées, par exemple, pour l'emploi. Ces interventions extérieures loin de fluidifier le marché peuvent parfois au contraire le gripper. Leur conclusion : « Plus les allocations chômage sont importantes, plus le taux de chômage est élevé, et plus la durée de recherche est longue ». Ils s'inscrivent dans la tradition néo-libérales des effets externes négatifs/positifs (Becker) - Le second courant découle des théories développées par Nash dite “théorie des jeux” C'est un ensemble d'outils pour analyser les situations dans lesquelles ce qu'il est optimal de faire pour un agent (personne physique, entreprise, animal…) dépend des anticipations qu'il forme sur ce qu'un ou plusieurs autres agents vont faire. L'objectif de la théorie des jeux est de modéliser ces situations, de déterminer une stratégie optimale pour chacun des agents, de prédire l'équilibre du jeu et de trouver comment aboutir à une situation optimale : en fonction de la structure (institutions) et des joueurs (nations) Les fondements de cette théorie moderne sont décrits pour la première fois en 1928 dans une publication de John von Neumann développées par Oskar Morgenstern en 1944 dans leur ouvrage “Theory of Games and Economic Behavior”. Tous sont Nobel avant 1995. Avant dernier "Prix Nobel" d'économie, conjointement avec son compatriote Alvin Roth, Lloyd Stowell Shapley développe des recherches sur la théorie des jeux collaboratifs, qu'il avait notamment appliqué au "matching" entre hommes et femmes (stratégie de recherche d'un conjoint : http://www.youtube.com/watch?v=WuBZojzW8ro) tandis que le “Nobel” 2010, le professeur Pissarides,supporter passionné des bénéfices de l’union monétaire européenne, pense

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aujourd’hui que "soit l’euro doit être démantelé, soit la direction des politiques économiques doit être dramatiquement bouleversée pour promouvoir la croissance et l’emploi, et éviter de faire naître une génération perdue ».

323. Un nouveau but monétaire pour la BCE
Comment “pondérer” ces différents arguments dans le cas européen ? Plusieurs travaux de type beckeriens mettent en évidence empiriquement l’effet positif d’une monnaie unique sur le commerce et sur l’investissement direct, même si l’influence spécifique de la stabilité du taux de change sur le commerce est controversée. Ainsi, Frankel et Rose [2002] ont estimé que la monnaie unique triplerait le commerce entre les pays participants, toutes choses égales par ailleurs ; mais cette évaluation a été très discutée et les travaux ultérieurs ont abouti à des chiffres beaucoup plus faibles, car la BCE intervient trop : prise de position en matière bancaire … D'autres plus „nashiens“ se concentrent sur les avantages et inconvénients de la monnaie unique en terme de coûts. Ils concluent en général que l’union monétaire est relativement peu coûteuse pour un « noyau » de pays dans lequel on range en général l’Allemagne, l’Autriche, la France et le Benelux (voir par exemple Bayoumi et Eichengreen [1994]). Elle est plus coûteuse pour les pays « périphériques » relativement moins bien intégrés à la zone euro (l’Irlande, la Grèce) ou plus spécialisés (la Finlande) La crise financière de 2007-2008 illustre la force des deux arguments : d’un côté, l’euro a protégé les pays membres de la volatilité des marchés mondiaux et la Banque centrale européenne est intervenue de manière centralisée et efficace pour assurer la liquidité des marchés financiers de la zone ; de l’autre, un pays comme l’Espagne n’a pas disposé d’instrument autre que budgétaire pour relancer une économie gravement affectée par le retournement du marché immobilier.

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