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Tout d’abord il faut préciser que l’ouvrage « Symbolisme et interprétation », cherche à préciser quelques points fondamentaux du domaine que

l'auteur appelle symbolisme linguistique, tout en faisant abstraction, la plupart du temps, des problèmes concernant le contexte. En partant des oppositions entre phrase et énoncé, entre langue et discours, Todorov s'attaque, dans Symbolisme et interprétation, au vaste problème des sens direct et indirect, aux problèmes que pose une description des phénomènes relevant du symbolisme linguistique. L'étude se divise en deux parties, une théorie générale de la symbolique du langage et une illustration de la partie générale par la présentation de deux stratégies interprétatives, l'exégèse patristique et l'exégèse philologique, «les deux stratégies interprétatives les plus importantes de l'histoire de la civilisation occidentale» (p. 157), représentant, selon l'auteur, les deux grands types de stratégie possible: interprétations finaliste et opérationnelle. Il s’agit du symbolisme et de l’interprétation: deux activités qui ne se séparent pas. Constat d'étrangeté d'un discours: il faut interpréter. Mais comment? Sur la base des structures linguistique et logique en tenant compte de la direction de l'évocation et des degrés de détermination du sens. Deuxième volet d'un diptyque (dont le premier était constitué par Théories du symbole), Symbolisme et Interprétation ne sépare pas théorie et histoire: une "Symbolique du langage" générale est mise à l'épreuve et complétée par une histoire typologique des "Stratégies de l'interprétation". Voilà pourquoi nous pouvons affirmer que l’ouvrage Symbolisme et Interprétation veut fournir une vue synthétique sur ce qui est bien l'une des activités humaines essentielles: l'interprétation des

symboles.............................................................................................................................. .... Il faut remarquer que la première partie de l’ouvrage est consacrée à la théorie générale et évoque les «conditions néc essaires pour que soit prise une décision d'interpréter» (p. 26) en utilisant le concept de motivation utilisé par Ducrot dans Dire et ne pas dire. Todorov se fonde en effet sur ce qu'il appelle le principe de pertinence, qui permettrait au lecteur d'exercer sa stratégie interprétative en partant d'indices textuels. Ces indices sont de deux ordres, syntagmatiques ou paradigmatiques, les premiers étant par exemple contradictions, tautologies ou répétitions, les seconds se manifestant par des heurts entre «l'énoncé présent et la mémoire collective d'une société» (p. 29). Sachant qu’il existe d’autres sémiotiques ou d’autres symboliques, Todorov s’en tient néanmoins au symbolisme linguistique. Il procède d’abord à la distinction entre langue et discours mettant en evidence que la langue : « existe […] avec, comme éléments de départ, un lexique et des règles de grammaire, et comme produit final, des phrases » tandis que le discours : « est une manifestation concrète de la langue, et il se produit nécessairement dans un contexte particulier, où entrent en ligne de compte non seulement les éléments linguistiques mais aussi les circonstances de leur production : interlocuteurs, temps et lieu, rapports existant entre ces éléments extralinguistiques » ce qui produit des énoncés. Une fois prise la décision d'interpréter, « on s'engage dans l'association (ou 'évocation') symbolique qui permet de résorber l'étrangeté constatée» (p. 37), et pour cerner cette activité, Todorov a recours à cinq domaines ou catégories, qui sont examinés dans le reste de la partie générale de l'ouvrage. Il s'agit notamment o o o o o du rôle de la structure linguistique (opposition entre symbolismes lexical et propositionnel) ; de la hiérarchie des sens (opposition entre «discours littéral» et «discours transparent») ; de la direction de l'évocation (problèmes concernant par exemple l'ironie) ; de la structure logique (le rapport entre le sens direct et le sens indirect) et, enfin, de ce que l'auteur appelle l'indétermination du sens (des exemples montrant différents degrés d'indétermination). Un des apports de Todorov à la sémiotique réside dans l’intérêt qu’il porte à l’énonciation et aux conditions de production d u discours. Selon lui le sens indirect revêt par conséquent une grande importance quand vient le temps de se situer ni du côté des linguistes (il n’existe que ce que nous percevons, alors le sens indirect n’existe pas), ni des poètes romantiques (tout est métaphore, il n’y a que du s ens indirect). Dans sa vision « un texte ou un discours devient symbolique à partir du moment où, par un travail d’interprétation, nous lui découvrons un sens indirect » Par exemple, « Il fait froid ici » peut, selon son sens direct, signifier qu’il fait froid ici. Toutefois, s’il est adressé à une tierce personne se trouvant dans la même pièce que l’énonciateur, ce même énoncé peut signifier à l’autre, indirectement, de fermer la fenêtre.

Dans son ouvrage Todorov met l’accent sur la direction de l’évocation symbolique qui présente le choix que font les interlocu teurs de la direction même dans laquelle il faut faire fonctionner l’évocation. « Aucune interprétation n’est libre de présupposés idéologiques. puis l’interprétation opérationnelle (par exemple. puis le discours ambigu qui comporte plusieurs sens du même énoncé dont nous devons les mettre exactement sur le même plan ayant des possibilité d’ambiguïté syntaxique. chez Todorov. vis-à-vis de ces approches différentes. met l’accent sur un point : l’idéologie. de comprendre l’influence qu’a le contexte d’énonciation sur le sens de l’énoncé. Un facteur (découlant du principe de pertinence) qui influence la décision d’interpréter est celui des indices textuels. divisées en deux types. Cette manipulation est en fait l’interprétation. puisque « le point d’arrivée est connu d’avance et ne peut être modifié » (p :161). Ce qui est donné d’avance n’est pas le résultat. tandis que l’énonciation renvoie en fait au contexte d’énonciation. plutôt que de ne s’en tenir qu’au sens littéral. le récepteur cherchera spontanément si « par une manipulation particulière ledit discours ne pourrait pas révéler sa pertinence ». et aucune n’est arbitraire dans ses opérations » (p:162). Todorov. Todorov se propose de baliser la problématique de la hiérarchie des sens en situant et définissant les discours littéral. qui signifie sans rien évoquer (aucun texte concret n’y parvient dans sa totalité. l’exégèse patristique chez les Classiques). De nos jours. ce qui démontre l’importance de la prise en compte de l’énonciation. l’interprétation doit par conséquent intervenir.notamment le discours littéral. dans l’allégorie). et finalement on trouve le discours transparent dans le cadre duquel aucune attention n’est prêtée au sen s littéral (par exemple. Cette décision repose sur le principe de pertinence « selon lequel si un discours existe.L’auteur affirme que pour que se dessine une symbolique du langage. l’i ndication « allégorie » au début d’un texte incitera le récepteur à chercher le sens indirect du texte. Quand un discours semble ne pas répondre à ce principe. l’analyse structurale met entre parenthèses le contex te historique. Selon lui l’ énoncé est un segment de discours résultant de l’acte de la parole. existent : l’interprétation finaliste (par exemple. mais c’est ce qu’ont tenté de faire les Nouveaux romanciers) . De plus. En somme. La signification est donc une question d’interprétation et d’énonciation et « la détermination entre stratégies de l’interprétation et histoire sociale passe par un relais essentiel. Il explicite trois types de discours . mais « la forme des opérations auxquelles on a droit de soumettre le texte analysé » (p:161). Afin de faire le point sur le rapport sens direct/sens indirect. Par exemple. . sens « qui trahissent une hiérarchie – qui n’est pas toujours assumée par son auteur » (p: 49). Todorov modifie la dyade histoire/discours en une triade histoire/discours/énonciation. des stratégies comme la critique marxiste ou freudienne seraient considérées comme finalistes. Des stratégies interprétatives. sémantique ou bien pragmatique . comme chez Lévi-Strauss pour les mythes ou Jakobson pour la poésie. il doit bien y avoir une raison à cela ». il faut tout d’abord que la décision d’interpréter soit prise. la philologie chez les Romantiques). Il est possible de sortir un énoncé de son contexte d’énonciation afin d’en tirer une interprétation erronée. La dist inction entre énoncé et énonciation permet. ambigu et transparent. L’interprétation opérationnelle tiendrait quant à elle dans l’analyse structurale. Comme il postule la variabilité de ces données. qui est l’idéologie elle-même » (p:163).