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plus ou moins caché, le sens (la vérité), nous accentuons maintenant, dans le tissu, l'idée générative que le texte se fait

, se travaille à travers un entrelacs perpétuel; perdu dans ce tissu, cette texture, le sujet s'y défait, telle une araignée qui se dissoudrait elle-même dans les sécrétions

constructives de sa toile. Si nous aimions les néologismes, nous pourrions définir la théorie du texte comme une « hyphologie » (hyphos, c'est le tissu et la toile d'araignée).1 Il faut souligner que le texte existe comme le résultat d’une interaction. Ainsi, un texte n’est jamais écrit dans le vide. Cependant, le paramètre interactionnel ne suffit pas à décrire les attributs d’un texte. Parler d’un texte, c’est souligner le fait qu’il s’agit d’un ensemble ou d’une unité et non pas d’une suite de phrases disparates sans aucune relation.2 Le Dictionnaire encyclopédique des sciences du langage met en évidence que « la notion de texte ne se situe pas sur le même plan que celle de phrase, en ce sens, le texte doit être distingué du paragraphe, unité typographique de plusieurs phrases mais le texte peut coïncider avec une phrase comme avec un livre entier ».3 La notion du texte constitue toutefois « une catégorie de sens commun pour laquelle l’établissement d’un protocole définitionnel et descriptif demeure une entreprise ». 4 C’est-à-dire le texte « est une suite linguistique produite dans une pratique sociale determinée et fixée sur un support quelconque ».5 Le Dictionnaire de la linguistique nous présente le texte comme « un ensemble des énoncés linguistiques soumis à l’analyse: le texte est donc un échantillon de comportement linguistique qui peut être écrit ou parlé »6. Pour la grammaire textuelle l’unité de base comme l’explique M. Halliday « n’est pas le mot ni seulement la phrase, mais le texte» 7. Dans ce sens, la tâche de la grammaire de texte consiste à « expliquer à quels principes d’organisation, à quels types de règles est soumis l’aspect formel d’un système de signes » 8. S’il s’agit de définir le texte du point de vue grammatical, alors on considère qu’il est « l’unité maximale du discours qui a son

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R. Barthes, Le plaisir du texte, Le Seuil, 1973, p. 126 A. Benali, Les problèmes de la catégorisation textuelle : entre fondements théoriques et fondements structurels, Synergies Algérie, n° 17, Université Paris Ouest Nanterre, 2012 pp. 35-49 dans http://ressources-cla.univfcomte.fr/gerflint/Algerie17/benali.pdf 3 O. Ducrot, T. Todorov, Dictionnaire encyclopédique des sciences du langage, Ed. du Seuil, 1972, p. 275 4 P. Charaudeau, D. Maingueneau, Dictionnaire d’analyse du discours, Seuil, 2002, p. 288 5 Fr. Rastier, Sémantique pour l’analyse de la lingvistique, Masson, 1994, p. 168 6 J. Dubois, M. Giacomo, Ch. Marcellet, J.-B. Marcelleti, Jean-Pierre Mérvel, Dictionnaire de linguistique, Larousse, 1994, p. 482 7 M.A.K. Halliday, Language structure and language function dans : J. Lyons (ed), New Horizons in Linguistics, Harmondsworth, Penguin, 1970, p.160 8 M.A.K. Halliday, R. Hasan, Text and Context: Aspects of Language in a Social-Semiotic Perspective, Sofia Linguistica, n°6, 1980, p.5
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