Jean-Louis Genard : Sociologie urbaine: la ville contemporaine et ses espaces publics Jean-louis Genard met l’accent

sur le problème de la privatisation des espaces publics (ex : quartier européen à Bruxelles). De plus en plus d’espaces se privatisent sous l’effet de la domination de la sécurisation de l’espace public. Il fait référence à Hannah Arendt qui souligne le lien étroit qui existe entre l’évolution politique et la conception des espaces publics. L’espace public s’est transformé en même temps que le politique se transformait (ex : l’espace public est considéré comme un lieu de revendication politique, émeutes,… ou de représentation de la bourgeoisie). Aux USA, fin du 19ème siècle, l’enjeu politique majeur consiste à construire la nation américaine. Cela se traduit par des espaces publics aménagés afin de construire l’identité nationale. 1) La privatisation de l’espace public De nos jours, nous devons faire face à une crise générale du domaine public, qui se traduit par : - privatisation du domaine public - privatisation de l’espace public1 - privatisation d’une série de services publics - médiatisation de l’espace public politique 2) La mondialisation et marketing urbain La concurrence entre les villes se manifeste davantage et les politiciens cherchent à améliorer l’attractivité des espaces publics qui deviennent un élément important aux yeux des touristes et des congressistes internationaux. L’attention des politiciens se focalise moins sur les besoins des citoyens et habitants plus proches de cet espace public. 3) La participation des citoyens Le besoin de développer une logique participative horizontale en opposition à la prise de décisions « top down », imposées par les décideurs. 4) Les enjeux écologiques La temporalité des politiques est en train de changer. La citoyenneté doit se penser à l’horizon des générations futures et non plus en fonction de la durée d’une législature. 5) L’émergence de la grande pauvreté Les « Sans Domicile Fixe » vivent dans l’espace public. Cette fracture sociale se traduit souvent par une exclusion sociale où il faut rendre les SDF invisibles en leur interdisant l’accès à certains espaces fréquentés par les touristes. On observe l’émergence de politiques hygiénistes qui tente de refouler les SDF pour aboutir à des regroupements territoriaux via une communautarisation de l’espace public. 6) La transformation de la culture et des Arts De nos jours, les artistes sortent dans la rue au travers de « l’art sociologique » et de performances dans l’espace public. En conclusion, Jean-Louis Genard précise qu’une série de menaces pèsent sur l’espace public : la sécurisation, la privatisation, le refoulement hygiéniste,…L’espace public est davantage un « processus » qui repose sur trois dimensions : le besoin de création et la dimension imaginaire de cet espace, la dimension politique et la dimension matérielle au travers d’évènements ou le combat pour un bon aménagement des lieux. L’espace public a besoin de désordre, d’espaces laissés en friche, de lieux désorganisés (festival Plein/Open air www.pleinopenair.org , Gazon www.legazon.be ,…). Il faut craindre la ville « lisse » qui serait entièrement organisée et où il n’y aurait plus de lieux spontanés et désorganisés. De nos jours, beaucoup d’évènements se centrent sur l’espace public : la zinneke parade (http://zinneke.org/tmp/), les nuits blanches, la journée des voisins,…ou encore les arbres à palabres de Recyclart (http://www.recyclart.be/content/view/10771/19/lang,fr/) .

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voir Cahier de La Cambre n°1 : Enclaves ou la ville privatisée, http://www.lacambre-archi.be/article.php3?id_article=134