L`Année de la régulation 2001

Economie, Institutions, Pouuoirs





















PRLSSLS DL SCILNCLS-PO




Catalogue Llectre-Bibliographie a·ec le concours des ser·ices de documentation de la
lNSP

Année de la régulation ¸L`,, ¯, 2001-2002 , éd. Association recherche et régulation - Paris :
Presses de Sciences Po. 2001.
ISBN 2-¯246-08¯¯-¯
RAMLAl : régulation ¸théorie économique,
économie du dé·eloppement
dé·eloppement économique
DL\L\ : 338.¯ : Lconomie de la production. Politiques et programmes de dé·e-
loppement économique
Public concerné : Ni·eau uni·ersitaire. Public moti·é



















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collectií sans autorisation des ayants droits ¸seule la photocopie a usage pri·é du copiste est
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¸ClC, 3, rue lauteíeuille, ¯¯006 Paris,.






Covrertvre : Lmmmanuel Le Ngoc

© 2001 . PRLSSLS DL LA lONDATION NATIONALL
DLS SCILNCLS POLITIQlLS



3



Sommaire



DOSSILR . Lconomie polique du dé·eloppement

L`APRLS-CONSLNSlS DL \ASlINGTON : INSTITlTIONNALISTL LT
S\STLMIQlL ·, par Robert ßOYíR................................ ................................ ............. 13
Introduction . L`époque appelle un retour sur un demi-siecle
de théories et de stratégies du dé·eloppement. ................................ ................ 13
ln demi-siecle d`essais et d`erreurs ................................ ................................ .... 1¯
Les théories du dé·eloppement sont de·enues systémiques et
institutionnalistes ................................ ................................ ................................ ... 36
Conclusion . Au cour des recherches institutionnalistes,
l`économie du dé·eloppement ................................ ................................ ............ 48



L`apres-consensus de \ashington :
institutionnaliste et systémique ·

Robert BO\LR
1











Résumé . Povrqvoi íe. recbercbe. .vr íe áereío¡¡evevt, varqvee. ¡ar í`o¡¡o.itiov evtre
vece..ite áe í`ivterrevtiov etatiqve et caractere avtore¸víatevr áv varcbe, ovt·eííe. áebovcbe, a
ía fiv áe. avvee. 1··o, .vr vve .,vtbe.e ¡rõvavt vve a¡¡rocbe .,.teviqve et ía ¡ri.e ev
cov¡te áe. iv.titvtiov. et áv ¡oíitiqve ² .v ¡íav áe. iáee. íe .vcce. vêve áe. tbeorie. áe
í`eqviíibre ¸everaí a fait re..ortir íe. vovbrev.e. íivite. et faiííe. áv varcbe. Paraííeíevevt, íe.
¡robíeve. áe cooráivatiov, íe. e·tervaíite., íe. ivteractiov. .ociaíe. ovt ¡v être ivcor¡ore. av
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vovtee áe. áovte. covcervavt ía ¡ertivevce et í`vvirer.aíite áv cov.ev.v. áe !a.biv¸tov ovt
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recbercbe á`vve ¸ravvaire ¡ervettavt áe cov;v¸ver oráre cov.titvtiovveí, iv.titvtiov., or¸avi·
.atiov., rovtive., re¸íe. et covrevtiov..
INTRODlCTION . L`LPOQlL APPLLLL lN RLTOlR SlR
lN DLMI-SILCLL DL TlLORILS LT DL STRATLGILS Dl DLVLLOPPLMLNT
Lorsqu`a l`issue de la seconde guerre mondiale l`économie du dé·eloppe-
ment émerge en tant que discipline, elle témoigne d`une double spéciíicité. Pour
certains, elle se présente comme une exception a la théorie supposée ·alable
pour les économies dé·eloppées. Pour d`autres, elle de·rait être le domaine
d`application de la théorie en l`adaptant aux caractéristiques majeures des éco-

1. CLPRLMAP-LNS, 48 boule·ard ¦ourdan ¯¯ 014 Paris - robert.boyer¸cepremap.cnrs.ír

nomies en ·oie de dé·eloppement. Mais, dans l`un et l`autre cas, l`économie du
dé·eloppement ne re·êt qu`une importance secondaire comme en témoigne la
présentation humoristique qu`en íait Axel Leijonhuí·ud |19¯3[ ¸cité par Pranab
Bardhan |2000[, : « La caste des prêtres, les Math-Lcon, appartient a une sphere
supérieure a la íois aux Micro ou Macro, tandis que les Dé·elops occupent
clairement une position encore iníérieure. Cela tient au íait qu`ils n`ont pas
strictement respecté les tabous interdisant l`association a·ec les Polscis, Sociogs
et autres tribus. Les autres Lcons les regardent a·ec suspicion car ils mettent en
danger la íibre morale de la tribu et ils soupçonnent même les Dé·elops de
renoncer a la modélisation. »
ln tel dédain n`est plus de mise depuis la íin des années 1990, car le dé·e-
loppement se trou·e au cour de ·i·es contro·erses et plus encore d`a·ancées
conceptuelles marquantes au cour de la théorie économique la plus générale.
Qu`on en juge ! La théorie de l`iníormation imparíaite et des contrats
« principal,agent » ¸Stiglitz |198¯[, alimente la réílexion sur des caractéristiques
essentielles d`une économie rurale ¸Bardhan |1989b[,. Les externalités associées
aux problemes de coordination suscitent des íormalisations traitant aussi bien
de la croissance endogene ¸Lucas |1993[, que de la multiplicité des équilibres
lorsque les préíérences et les stratégies sont interdépendantes ¸loíí et Stiglitz
|2001[,. Il est ainsi permis de traiter dans un cadre uniíié de problemes caract é-
ristiques des économies tant dé·eloppées que traditionnelles.
Mais il íaut reconnaitre que les échecs rencontrés par nombre de strat égies
de dé·eloppement n`ont pas manqué de susciter une réílexion de la part des
meilleurs théoriciens : comment expliquer que la plupart des théories, íondées
sur un mécanisme simple et unique, aient rapidement montré leurs limites en
matiere d`explication du dé·eloppement · Pour reprendre les termes d`Irma
Adelman ¸|2001b[, p. 104-10¯, : « A l`image de la quête íutile de la pierre philo-
sophale par les chimistes, la recherche d`un íacteur explicatií unique
a guidé les recherches tant théoriques qu`empiriques en matiere de dé·eloppe-
ment tout au long du dernier demi-siecle. Ln tant que discipline, l`économie
semble incapable de reconnaitre qu`un tel íacteur n`existe pas, qu`une politique
de dé·eloppement requiert une compréhension plus cov¡íe·e áe .,.teve. qui
combinent des iv.titvtiov. ecovoviqve., .ociaíe., cvítvreííe. et ¡oíitiqve., dont les inte-
ractions cbav¸evt elles-mêmes au cours du temps. Qu`en conséquence les inter-
·entions doi·ent être vvítiforve.. Que ce qui est bon pour une phase du dé·e-
loppement peut s`a·érer déía·orable ultérieurement. Que certaines irrerer.ibiíite.
créent des dépendances par rapport au chemin. Qu`en conclusion les prescri p-
tions adressées a un pays donné a une époque précise doi·ent être ancrées dans
la compréhension de sa situation, de la tra;ectoire qui conduit au présent, a tra-
·ers íe tev¡. bi.toriqve íov¸. » On pourrait multiplier des citations équi·alentes
extraites des prises de position récentes des meilleurs des spécialistes du dé·e-
loppement mais aussi des íigures emblématiques de la proíession ¸Meier
|2001[ , Sen |199¯[ , Lmmerij |199¯a[ , Stiglitz |1998[ , Rerve á`ecovovie áv áereío¡·
¡evevt |2001[,. Cette con·ergence pose une double question.
í`a¡re.·cov.ev.v. áe !a.biv¸tov : iv.titvtiovvaíi.te et .,.teviqve ² 14
Covvevt et ¡ovrqvoi les théories du dé·eloppement ont-elles con·ergé, a la íin
des années 1990, ·ers une covce¡tiov iv.titvtiovvaíi.te et .,.teviqve, aux antipodes
d`une approche purement économique, traditionnellement centrée sur les tech-
nologies, la démographie et les marchés · Il est éclairant de procéder a une
lecture, même cursi·e, des étapes qui ont marqué l`économie du dé·eloppe-
ment de la íin de la seconde guerre mondiale a l`époque contemporaine. Le
concept de dé·eloppement a une histoire. Il en est de même pour les íacteurs
réputés déterminants quant au blocage dans le sous-dé·eloppement : ils ont
beaucoup changé au cours du demi-siecle écoulé. Parallelement, il est intéres-
sant de re·isiter les grandes stratégies adoptées par les gou·ernements, mar-
quées tantot par une coníiance dans le « tout Ltat », tantot par la tentation de
laisser au marché le soin d`opérer l`allocation des ressources et même certains
choix stratégiques. Dans le domaine de la théorie, les tra·aux les plus ma r-
quants concernant la possibilité et les conditions d`une économie de marché
íont íinalement ressortir les nombreuses limites structurelles qui comprome t-
tent l`eííicacité des allocations de marché ¸Ingrao et Israel |1990[, ou même tout
simplement empêchent son íonctionnement ¸\hite |1981[,, pour ne pas men-
tionner le probleme de son institutionnalisation ¸lligstein |1999[, : le marché est
une construction sociale. Mais, de leur coté, les théoriciens des choix publics
concluent que, symétriquement, l`Ltat n`a pas nécessairement la possibilité
d`agir coníormément a ce qu`appellerait la correction des íailles du marché car il
est soumis au comportement opportuniste des hommes politiques et des íon c-
tionnaires chargés de mettre en ou·re leurs décisions. Ainsi une réponse ass u-
rée a la question qui sert de íil directeur au présent article suppose que l`on
montre la multiplicité des íacteurs qui plaident aujourd`hui pour la non-
répétition de l`alternance d`une íoi en l`Ltat comme agent du dé·eloppement,
puis de l`adhésion a la croyance qu`il suííit de sui·re les signaux du marché !
Breí, l`équi·alent des cycles de Kondratieí qui semblent a·oir marqué l`histoire
des idées, des doctrines et des théories économiques en matiere de dé·eloppe-
ment n`est peut-être pas une íatalité. Se présente alors une seconde interroga-
tion.
lN DLMI-SILCLL D`LSSAIS LT D`LRRLlRS
Le concept de dé·eloppement a une histoire
A la naissance de l`économie politique se trou·aient déja les problemes dont
traitent de nos jours les théories du dé·eloppement. Ainsi les peres íondateurs
s`interrogerent et eurent maintes contro·erses sur le role respectií que de·raient
a·oir l`Ltat et le marché dans ce processus complexe. \illiam Petty, lrançois
Quesnay et Adam Smith ont posé les grandes questions : le marché a-t-il besoin
de l`Ltat · Ou, au contraire, l`essor du marché ·a-t-il déposséder l`Ltat de ses
attributs · Pour ía·oriser le dé·eloppement, íaut-il plus ou moins d`Ltat · ¸Sen
|1988[, p. 10,.
í`.vvee áe ía re¸víatiov, v° :, 2oo1


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Mais, en íait, la théorie du dé·eloppement proprement dite ne prend nais-
sance en tant que champ disciplinaire distinct qu`apres la seconde guerre mon-
diale. Depuis lors, le concept de dé·eloppement n`a cessé de connaitre une série
de déíinitions et de réinterprétations. Il n`est pas sans intérêt pour une prospec-
ti·e du dé·eloppement de parcourir rapidement les di·erses déíinitions qui ont
été données successi·ement du processus a l`ou·re dans les économies jadis
qualiíiées de périphériques ,tableau 1,.
° La premiere, et plus élémentaire, déíinition insiste sur le caractere avto·
evtretevv áv ¡roce..v. áe croi..avce, par opposition a de simples phases
d`accélération de la conjoncture. De íait, ce critere saisit un aspect important du
dé·eloppement, entendu comme entrée dans une phase de croissance perma-
nente par opposition a la stagnation tendancielle ou a la tres íaible progression
de la production enregistrée a·ant le XVI
e
siecle ,Braudel |19¯9[ , Bairoch
|1995[,.
° Mais la croissance peut être simplement liée a l`é·olution démographique
et non pas a í`eíeratiov áv vireav áe rie de sorte qu`une seconde déíinition insiste
sur l`élé·ation quasi continue de la consommation par tête comme critere du
dé·eloppement, entendu alors en un sens strictement économique. C`est cette
déíinition que retiennent, en général, les théories de la croissance, selon une
tradition qui remonte aux modeles de type Harrod ou Domar, mais qui trou·e
sa íorme canonique a·ec la íormalisation emblématique de type néoclassique
,Solow |1956[ , |195¯[,.
° Pourtant, ces deux acceptions ne suííisent pas a cerner une troisieme
composante essentielle, a sa·oir la trav.forvatiov áe. tecbvoío¸ie., áe. or¸avi.atiov. et
áe. iv.titvtiov. qui ·a de pair a·ec le processus de croissance économique pro-
prement dit. La notion de dé·eloppement introduit une idée de trav.forvatiov
qvaíitatire et elle trou·e une réíérence importante dans la théorie schumpeté-
rienne du dé·eloppement, des lors que l`on con·ient de ne pas s`attacher sim-
plement a la question de l`entrepreneur ou de l`esprit d`entreprise.
° L`extension de la notion peut se prolonger par la prise en compte d`un
des résultats majeurs de la démographie historique, a sa·oir le .¡ectacvíaire áere·
ío¡¡evevt bvvaiv inter·enu au cours des deux derniers siecles, tant physique
,croissance de la taille moyenne, que sanitaire ,allongement de l`espérance de
·ie a la naissance, ou encore intellectuel ,dé·eloppement des connaissances
collecti·es et indi·iduelles a tra·ers l`apprentissage de la lecture, de la capacité a
compter et plus généralement a analyser et a abstraire,. Il est important de noter
que ces ·ariables déíinissent les ob;ectif. et le covtevv du dé·eloppement et pas
seulement l`une de ses conditions comme le supposent les tra·aux récents sur la
croissance endogene ,Lucas |1988[ , |1993[ , Romer |1990[,. Cette acception est
a la base des indicateurs de dé·eloppement humain élaborés par la Banque
mondiale. Maintenant publiés régulierement, ils íont ressortir un classement qui
n`est pas exactement celui des re·enus par tête ,\orld Bank |1998[, par exem-
ple,, ce qui montre le caractere vvítiáivev.iovveí áv áereío¡¡evevt.
í`.vvee áe ía re¸víatiov, v° :, 2ôô1 1¯
° Une di·ergence analogue peut apparaitre lorsqu`on compare les períor-
mances nationales mesurées par le rythme de croissance ou la réduction de la
pau·reté. Certes, le dynamisme économique íournit les ressources nécessaires
pour atténuer les conílits de distribution ,Collier et al. |2001[,, mais rien ne
garantit que les indi·idus les plus mal lotis perce·ront leur part des di·idendes
de la croissance. Beaucoup dépend de la distribution de la propriété et des insti-
tutions qui gou·ernent la íormation des prix et des rémunérations ,Adelman
|2001a[, p. 84,. D`ou une sixieme déíinition du dé·eloppement comme reávctiov
áe ía ¡avrrete entendue comme pri·ation des moyens d`une ·ie décente.
° C`est une in·itation a une déíinition plus générale encore qui relie analyse
du dé·eloppement et théorie de la justice. A la suite de Rawls |19¯1[, le dé·e-
loppement peut se déíinir comme la reconnaissance a tous les indi·idus des
droits íondamentaux, en particulier celui d`opérer dans un cadre permettant a
chacun le plein épanouissement de ses potentialités. Cette conception trou·e
son couronnement dans une déíinition qui, aux antipodes de la ·ision stricte-
ment économique, a..iviíe íe áereío¡¡evevt a ía íiberte dans l`ordre social, politique
et économique ,Sen |2000[,.
° Lníin, la montée des problemes en·ironnementaux a conduit a insister
sur la .ovtevabiíite ecoío¸iqve d`un mode de dé·eloppement, critere qui, dans le
temps long, ·ient se surajouter a l`impératií d`acceptabilité sociale et de soute-
nabilité politique d`un régime économique. Cette derniere déíinition a une loin-
taine origine dans l`interprétation malthusienne du dé·eloppement comme
conílit entre la dynamique économique et l`épuisement des ressources naturel-
les. Mais elle prend une nou·elle íorme, d`abord a l`occasion de l`enchéris-
sement du pétrole et de la montée du prix des matieres premieres au début des
années 19¯0 ,Meadows et al. |19¯2[,, puis dans les années 1990 du íait des
craintes d`un réchauííement climatique ,Godard et al. |2000[,.
Ainsi, au cours du demi-siecle écoulé, le concept de dé·eloppement s`est
considérablement transíormé au point d`englober une série d`objectiís concer-
nant la qualité de la politique économique, l`in·estissement en matiere de santé
et d`éducation aíin d`assurer la reproduction de la société dans son ensemble,
mais aussi l`acceptation politique d`un ordre économique, sans oublier
l`insertion de l`acti·ité économique dans l`écosysteme. De ponctuelle et limitée
a la sphere économique, pour ne pas dire économiciste, la déíinition s`est éten-
due a la plupart des ordres d`une société et a leurs inter-relations a tra·ers une
a¡¡rocbe .,.teviqve, même si le terme n`est que rarement repris en tant que tel
,Adelman |2001a[,. Une tendance analogue s`obser·e a propos des schémas
d`interprétation du dé·eloppement et systématiquement du non-
dé·eloppement.
í`a¡re.·cov.ev.v. áe !a.biv¸tov : iv.titvtiovvaíi.te et .,.teviqve . 18
De la technologie au mode de gou·ernement:
une progression des íacteurs explicatiís du dé·eloppement
Ln eííet, la lecture du tableau 1 íait apparaitre un notable parallélisme entre
l`é·olution de la notion de dé·eloppement et le changement des íacteurs expli-
catiís in·oqués par les théoriciens et les analystes.
° A l`origine, les économistes du dé·eloppement sui·ent les enseignements
des a·ancées de la théorie de la croissance. Qu`ils soient inspirés par Keynes ou
par la réaííirmation d`un modele de croissance équilibrée, ils mettent au premier
plan le tav· á`ivre.ti..evevt, comme déterminant de moyen-long terme. De íait,
les études économétriques en coupe internationale íont ressortir que tel est l`un
des íacteurs les plus robustes expliquant la diííérenciation des rythmes de crois-
sance a l`échelle d`une ou plusieurs décennies ,Bradíord De long, Summers
|1991[,.
° Mais la théorie de la croissance optimale montre qu`une telle relation
n`est pas monotone, et l`expérience de l`économie so·iétique coníirme qu`il
importe que les institutions sociales et économiques déíinissent des incitations
ía·orables a l`utilisation producti·e des ressources allouées a l`in·estissement
comme a l`inno·ation. La capacité sociale d`absorption des technologies et des
inno·ations est aussi apparue comme une ·ariable clé dans la diííérenciation
des rythmes de croissance ,Abramowitz |1986[,. Concernant les pays en ·oie de
dé·eloppement, l`échec de plans ambitieux de dé·eloppement a paríois été
attribué au manque de talents en matiere de ¸e.tiov ecovoviqve, pour ne pas men-
tionner celui de la pénurie d`evtre¡revevr..
° C`est ou·rir la grande question des iv.titvtiov. áe ba.e á`vve ecovovie régie
par la logique du marché. D`un coté, les économistes ont tendance a pri·ilégier
le mécanisme d`aííocatiov ¡ar íe. ¡ri·, de sorte que le non-dé·eloppement ne peut
pro·enir que du blocage du marché ,Schultz |1964[,. D`un autre coté, le vovreí
iv.titvtiovvaíi.ve conduit a dépasser la simple logique des droits de propriété
,North |1981[, pour s`intéresser a l`armature constitutionnelle et juridique d`une
société dans laquelle ·a s`insérer l`acti·ité économique en réponse a autant
d`incitations et de contraintes ,North |1990[,.
° 1ant l`interprétation en termes de blocage de la logique du marché que
l`explication qui met en a·ant l`importance du politique et du droit ont en
commun de déboucher sur la prise en compte du voáe áe ¸ovrervevevt, ou encore
de « ¸ovrervavce » pour reprendre le terme anglo-saxon. Ce terme ne désigne pas
simplement le gou·ernement et la gestion de l`Ltat, puisqu`il s`applique plus
généralement a la distribution des pou·oirs dans tous les ordres, y compris
économique ,1héret |1992[,. A grands traits l`interprétation est simple : le dé·e-
loppement résulterait du bon gou·ernement. quitte a ce que cela consiste a
íaire ressortir le bon systeme de prix pour ceux des biens dont la production et
l`allocation peu·ent être régies par l`organisation de marchés.
° Mais le bon gou·ernement peut íaire l`objet d`analyses diííérentes. Pour
la Banque mondiale par exemple, il s`agit de la gestion eííicace des biens publics
í`.vvee áe ía re¸víatiov, v° :, 2ôô1 19
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et des externalités ,\orld Bank, |199¯[ , |2001[,. Pour d`autres analystes, c`est le
probleme de la corrv¡tiov née des inter·entions publiques qui est central dans
l`inhibition, ·oire le blocage du dé·eloppement ,Mauro |1995[ , Rose-Akerman
|2000[,. D`autres économistes íont ressortir une complémentarité entre áevocra·
tie et áereío¡¡evevt une íois íranchi un certain ni·eau de re·enu par tête ,Barro
|1996[,. Quant aux économistes qui s`inspirent des a·ancées de la philosophie
politique, mais aussi ceux qui obser·ent les caractéristiques essentielles du sous-
dé·eloppement, c`est au ni·eau des ároit. iváiriáveí. que se situe la question du
dépassement de la pau·reté et de la pénurie créées par l`inégal acces aux biens
íondamentaux ,Sen |2000[,.
° Lníin, périodiquement, la persistance de íamines dans certains pays, la
constatation de la détérioration de l`en·ironnement naturel compromettant
l`acti·ité économique de sociétés traditionnelles, ou encore la ílambée du prix
des matieres premieres ·iennent rappeler qu`a tres long terme les covtraivte.
ecoío¸iqve. íiniront par déterminer le de·enir de la planete, y compris de l`acti·ité
économique qui s`y déroule.
Il est clair que le même mot « dé·eloppement » ne recou·re plus les mêmes
déíinitions ni les mêmes íacteurs explicatiís a un demi-siecle d`inter·alle. C`est
une in·itation a ·ériíier s`il en est de même pour les ·ecteurs et les stratégies du
dé·eloppement.
Du coté des théories du dé·eloppement :
contro·erses historiques, con·ergences récentes
A l`origine, les économistes qui se sont intéressés au dé·eloppement mani-
íestaient le plus grand scepticisme quant a l`aptitude du marché a promou·oir
une accumulation réguliere du capital dans les économies dé·eloppées, et plus
encore leur rattrapage par les autres pays ,Meier |198¯[,. Pour les marxistes
,Preobrazhenski |1924[, comme ultérieurement les structuralistes ,Prebisch
|19¯1[,, í`e·tev.iov áv varcbe doit être limitée et ne concerner ni les biens
d`équipement, ni le crédit. C`est au contraire a la ¡íavificatiov et,ou a l`ivterrevtiov
¡vbíiqve de promou·oir une croissance respectueuse de l`autonomie nationale et
d`un minimum de justice sociale.
Mais les économistes néo-classiques se sont tres ·ite rebellés contre cette ·i-
sion et ont a·ancé l`idée que la pau·reté des paysans du 1iers Monde était loin
d`être un obstacle au dé·eloppement d`une rationalité d`bovo·oecovovicv. et donc
d`une réponse aux signaux de prix que ·éhiculent les marchés ,Schultz |1964 ,
1980[,. La problématique initiale est donc ren·ersée : les pays en ·oie de dé·e-
loppement souííriraient d`une iv.vffi.avce et non pas d`un exces de marché. Ln-
tre ces deux extrêmes, les anciens ,Domar |195¯[, et nou·eaux keynésiens ,Sti-
glitz |1988[, insistent sur le íait que le marché produit des déséquilibres dans
l`allocation du crédit et du tra·ail, donc aííecte l`in·estissement, mais qu`il li·re
des résultats satisíaisants pour la plupart des marchandises typiques pour les-
quelles la qualité est bien déíinie, indépendamment des prix ,tableau 2,.
í`.vvee áe ía re¸víatiov, v° :, 2ôô1 21
L`extension du marché ne de·rait être ni trop grande ni trop réduite, en opposi-
tion a·ec les ·isions tant néo-classiques que structuralistes.
De même, les relations de l`Ltat ·is-a-·is du marché íont l`objet d`un large
spectre de conceptions. Pour les íondateurs de l`économie du dé·eloppement,
marxistes comme structuralistes, il re·ient a l`Ltat de remplacer le marché, le
plus sou·ent déíaillant dans le pilotage de l`accumulation et responsable de la
succession des crises qui sont déía·orables a la quasi-totalité des membres de la
société, entrepreneurs capitalistes, salariés, banquiers. Le recours a une planiíi-
cation, soit autoritaire, soit indicati·e, est alors impératií si les gou·ernements
entendent promou·oir un dé·eloppement ordonné. Une inter·ention de la
collecti·ité est tout autant nécessaire en matiere de gestion du sol, des matieres
premieres et plus généralement de l`en·ironnement. Cette idée qui trou·e son
origine, en particulier chez Malthus, connait un regain de jeunesse apres le pre-
mier choc pétrolier. Les premiers modeles écologistes tendaient a montrer que
de purs ajustements de marché seraient incapables de pré·enir l`épuisement des
ressources naturelles, donc l`arrêt de la croissance ,Meadows et al. |19¯2[,.
L`argument est encore plus íort concernant les menaces sur l`en·ironnement
et la détérioration de la couche d`ozone, comme l`ont montré, dans les années
1990, les coníérences internationales de Rio et de Kyoto. Mais la diííiculté tient
a la con·ersion de cette préoccupation en des instruments d`inter·ention sur les
décisions économiques qui ont un impact écologique : normes et reglements ou
mécanismes de marché tels que celui des droits a polluer · A nou·eau se trou·e
posée la question des relations entre choix collectiís et marché, d`autant plus
aiguë qu`aucun Ltat mondial n`est a même de taxer les pollueurs ou d`établir
des normes s`imposant a tous.
Pour sa part, l`obser·ation du íonctionnement des régimes de type so·iéti-
que ou des économies a íortes inter·entions publiques a suggéré aux théori-
ciens libéraux que le cov.trvctiri.ve étatique était condamné a l`échec, car incapa-
ble de gérer la complexité des ílux d`iníormation, caractéristique des économies
modernes, que seule une myriade de marchés décentralisés est a même de trai-
ter ,Hayek |19¯3[,. Cette théorie a surtout été appliquée aux économies de
·ieille industrialisation, mais elle a des implications importantes pour les pays en
·oie de dé·eloppement. Au mot d`ordre « planiíier » s`oppose la recommanda-
tion « laisser jouer les prix de marché ». Un ítat frv¸aí et voáe.te serait donc le
meilleur des atouts en ía·eur du dé·eloppement. Mais l`argument des libéraux
ne ·ise pas que la planiíication autoritaire de type so·iétique puisqu`elle tend a
contester l`eííicacité de la quasi-totalité des inter·entions publiques.
Ln eííet, des lors que les agents sont pleinement rationnels et projettent
dans l`a·enir les conséquences des décisions du gou·ernement, ce dernier perd
tout pou·oir de perturber un équilibre de marché, réputé indépendant de la
·olonté de quiconque. L`hypothese d`anticipations rationnelles a ainsi renou·elé
les arguments de l`école classique en ía·eur du « laissez íaire », alors même que
sont a l`ou·re des interdépendances temporelles qui, traditionnellement, de-
·raient engager la responsabilité des planiíicateurs ,Lucas |1983[,. Le raisonne-
í`a¡re.·cov.ev.v. áe !a.biv¸tov : iv.titvtiovvaíi.te et .,.teviqve .


22

ment s`applique aux problemes d`en·ironnement : pour·u que tous les acteurs
connaissent le modele qui régit les interdépendances entre le systeme économi-
que et les processus écologiques, le systeme de prix se chargera de ré·éler puis
de résoudre les déséquilibres émergents. D`autant plus que l`élé·ation du ni·eau
de ·ie accroit l`intérêt pour l`en·ironnement ,Bhagwati |1993[,.
Les recherches menées depuis le milieu des années 1980 ont conduit a dé-
passer la dichotomie quelque peu manichéenne qui ·ient d`être présentée.
° D`une part, les théoriciens, même libéraux, et les organisations interna-
tionales, obser·ant par exemple la transíormation de l`économie so·iétique
,\orld Bank |1996[,, ont reconnu que l`Ltat a·ait une responsabilité majeure
dans la construction des iv.titvtiov. vece..aire. a í`e¡avovi..evevt áv varcbe et de
l`esprit d`entreprise : l`existence d`une unité monétaire stable, un systeme de
paiement eííicace, une codiíication de la comptabilité, un droit commercial, un
systeme juridique stable et le monopole par l`Ltat de la coercition légitime, et
un minimum d`inírastructures de transport et de communication assurant
l`unité du territoire national, telles sont les conditions nécessaires a
l`établissement du marché ,Hollingsworth, Boyer |199¯[, p. 55-93,. Les diííi-
cultés économiques considérables rencontrées en Russie et, a un moindre degré,
dans les autres pays de l`Lurope centrale ne sont que l`expression de la mécon-
naissance de ces conditions institutionnelles ,Boyer |2001a[,.
° D`autre part, les théories qui mettent en ou·re les conséquences de
l`asymétrie de l`iníormation concluent en général a la .ov.·o¡tivaíite á`vv eqviíibre
áe varcbe, des lors que, par exemple, le prix est a la íois le mécanisme
d`allocation des ressources et le ré·élateur de la qualité. Inter·iennent alors des
rationnements sur le marché du tra·ail et du crédit, de sorte que des inter·en-
tions publiques correctrices sont susceptibles d`améliorer la situation de tous les
agents économiques ,Stiglitz |1994[,. L`argument s`applique tout a íait aux éco-
nomies en ·oie de dé·eloppement, caractérisées par des marchés íinanciers peu
proíonds et des contrats de tra·ail atypiques ,Stiglitz |1988[ , Bardhan |1989a[,.
La íinance peut-elle être régie par des ajustements de marché pur et la spécula-
tion permet-elle toujours de con·erger ·ers la ·aleur íondamentale des titres et
des actiís íinanciers · Les théories keynésiennes de la íinance apportent des
éléments con·aincants en ía·eur d`une réponse négati·e ,1obin |19¯8[ , Shiller
|2000[,. Dans ce domaine, l`inter·ention de la Banque centrale, les réglementa-
tions prudentielles et l`existence d`un prêteur en dernier ressort sont autant de
conditions de ·iabilité d`une économie íinanciere dé·eloppée. L`Ltat a alors
pour íonction de corri¸er íe. faiííe. áv varcbe.
Mais il est une autre partie de la littérature qui s`applique plus directement au
dé·eloppement : la théorie du ¡ro¸re. tecbviqve eváo¸eve souligne le role des exter-
nalités positi·es associées a l`inno·ation, au capital humain íormé au sein du
systeme éducatií ou de l`entreprise. Comme le rendement social dépasse alors le
rendement pri·é, les potentialités d`optimisation de la croissance dépendent
d`inter·entions publiques, sub·entionnant par exemple les dépenses de recher-
che et dé·eloppement ou encore assurant la gratuité de l`éducation de base
í`.vvee áe ía re¸víatiov, v° :, 2ôô1 23
,Romer |1990[,. Le probleme est spécialement important pour les pays en ·oie
de dé·eloppement dans la mesure ou les connaissances et les technologies sont
le plus sou·ent importées a tra·ers l`achat de biens d`équipement ou de bre·ets.
Des lors, le cadre général de la croissance endogene doit être adapté au cas des
pays en ·oie de dé·eloppement puisque même les 1igres asiatiques aux beaux
jours de leur croissance ne semblaient dé·elopper aucune croissance de la pro-
ducti·ité globale des íacteurs ,Lau |1996[,. Ln conséquence, la politique éco-
nomique et technologique doit probablement se distinguer de celle des pays
dé·eloppés, dont ce ne peut être la simple copie ,\orld Bank |1998[,.
De íait, pour les théories modernes, l`Ltat retrou·e un role propre, que ne
saurait remplir le marché. Non seulement il en corri¸e les lacunes, mais il iv.titve
nombre d`entre eux, grâce a la promulgation de regles extrêmement précises qui
en assurent la ·iabilité, sur le modele des marchés íinanciers contemporains.
Plus encore, les tbeorie. veo·iv.titvtiovvaíi.te. mettent en exergue le role détermi-
nant de l`ordre constitutionnel et juridique, en ce qu`il íaçonne le systeme des
incitations, donc les íormes d`organisation, le type d`inno·ation et par consé-
quent la dynamique économique elle-même ,North |1990[,. Des lors il est diííi-
cile d`imaginer une seule íorme d`économie de marché qui gra·iterait autour
d`un équilibre walrasien car a ¡riori une grande ·ariété est possible. Pour·u que
les institutions économiques soient en congruence, le principe d`eííicacité est
loin de régir leur é·olution. Lníin, ces architectures institutionnelles ren-
contrent d`autant plus de succes qu`elles ía·orisent les ajustements de marché
pour les marchandises typiques, mais le crédit et le contrat de tra·ail échappent
pour une large mesure a ces ajustements, ce qui crée une autre source de di·er-
sité de modes de dé·eloppement ,Aoki, Okuno-lujiwara |1998[ , Aoki |2001[,.
Ainsi, les recherches contemporaines íont ressortir de votabíe. covrer¸evce., qui
tranchent par rapport aux débats, quelque peu manichéens, qui ont présidé a
l`émergence de l`économie du dé·eloppement.
° La plupart des théoriciens s`accordent pour conclure que le marché est
eííicace dans l`allocation et la production des biev. t,¡iqve., mais que le tra·ail et
le crédit ne peu·ent être gou·ernés intégralement par la logique du marché, de
sorte que des inter·entions publiques ou réglementations collecti·es s`a·erent
nécessaires a leur gestion. C`est plus encore le cas pour les varcbe. fivavcier. ,Shil-
ler |2000[ , Orléan |2000[, et tous les processus qui mettent en ou·re de íortes
iváiri.ibiíite. ov cov¡íevevtarite.. Cette coníiguration est íréquente pour les éco-
nomies rurales traditionnelles ,Bardhan |1989b[, mais aussi les économies en
·oie d`industrialisation ,Hoíí et Stiglitz |2001[,. La nécessité d`une íorme de
coordination échappant au marché s`impose aussi dans les choix en matiere
d`inírastructures publiques, d`en·ironnement et de politiques d`éducation et de
recherche.
° La théorie du ¡ro¸re. tecbviqve eváo¸eve retrou·e quelques grandes intuitions
des tbeorie. .trvctvraíi.te. du dé·eloppement ,Rosenstein-Rodan |1943[, en mon-
trant par exemple qu`en l`absence de coordination organisée par l`Ltat ou des
instances collecti·es, un pays initialement peu ía·orisé peut être durablement
í`a¡re.·cov.ev.v. áe !a.biv¸tov : iv.titvtiovvaíi.te et .,.teviqve .


24

bloqué dans une trappe a pau·reté ,Hoíí, Stiglitz |2001[ , Murphy et al. |2000[,.
. covtrario, une synchronisation de l`in·estissement ou de l`inno·ation peut
surmonter cet obstacle et aboutir a une croissance plus íorte, bénéíiciant a
l`ensemble de la société. Ainsi l`Ltat ¡evt être a l`origine d`une creatiov áe ricbe..e.
supplémentaires, il n`est plus seulement prédateur dans un jeu a somme nulle.
° Ln matiere de théories, la période contemporaine enregistre ainsi un re-
ílux des conceptions extrêmes qui se sont longtemps aíírontées dans
l`économie du dé·eloppement. Ni planiíication autoritaire, ni généralisation
tous azimuts des marchés, puisque l`enjeu n`est autre qu`un eqviíibre biev tev¡ere
evtre ivterrevtiov. ¡vbíiqve. et a;v.tevevt. áecevtraíi.e.. La succession des rapports
annuels de la Banque mondiale illustre cette prise de conscience ,\orld Bank
|1993[ , |1996[ , |199¯[ , |1998[ , |2001[, et semble amorcer une inílexion, ·oire
une bifvrcatiov dans les conceptions du dé·eloppement au sein même des orga-
nisations internationales.
° Néanmoins, cette position peut se décliner selon deux conceptions du
role de l`Ltat, qui ne sont pas équi·alentes. Pour les théoriciens néo-keynésiens,
les pou·oirs publics ont pour íonction de corriger les imperíections du marché
,Stiglitz |1988[,. Pour certains nou·eaux institutionnalistes, l`ordre politique a
un rõíe fováatevr ev vatiere á`ivcitatiov. ecovoviqve.. Ln conséquence, la períor-
mance d`ensemble d`une économie est relati·e a ce même systeme d`incitations
et il n`est pas de critere absolu d`eííicacité qui gou·ernerait l`é·olution et la
sélection des systemes économiques ,North |1990[,.
Ainsi, a tra·ers le monde, la plupart des gou·ernements ont íait leur la posi-
tion qu`exprimait, en 1998 pour l`économie américaine, le Council oí Lconomic
Ad·isers : « Le role du gou·ernement |.[ n`est pas de stimuler l`acti·ité éco-
nomique a tra·ers les dépenses publiques mais, de íaçon plus subtile, de íournir
aux indi·idus et aux entreprises les outils dont ils ont besoin pour prospérer
grâce a leurs propres eííorts. |.[ User du gou·ernement pour compléter et
non pas remplacer le marché et le secteur pri·é, tel est le principe directeur
íondamental de la stratégie économique de cette administration. »
« Le tout Ltat », « le tout marché » :
deux échecs des stratégies de dé·eloppement
Si l`on quitte le domaine de la tbeorie pour celui des .trate¸ie. eííecti·ement
poursui·ies par les Ltats, il est rassurant de constater une certaine con·ergence
des enseignements de l`histoire du XX
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siecle. Les projets de dé·eloppement qui
misaient exclusi·ement soit sur l`organisation complete de la ·ie économique
par l`Ltat, soit sur la délégation intégrale des responsabilités collecti·es au mar-
ché, ont connu des échecs plus ou moins cuisants ,1héret |1999[,. A déíaut
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d`une analyse exhausti·e, quelques trajectoires nationales sont éclairantes ,ta-
bleau 3,.
° On ne saurait trou·er de meilleur exemple de l`échec du « tout Ltat » que
l`é·olution de l`ecovovie .orietiqve. La centralisation du pou·oir économique était
supposée promou·oir une croissance rapide et un rattrapage des ni·eaux de ·ie
obser·és dans les économies capitalistes, a·ec lesquelles l`URSS était en concur-
rence. Même s`il ne íaut pas sous-estimer les succes initiaux dans la constitution
d`une industrie lourde et la diííusion des ser·ices collectiís les plus essentiels, la
maturation du régime so·iétique a buté sur le quasi-é·anouissement des gains
de producti·ité, l`absence d`un passage a la consommation de masse, sans
compter les tensions politiques nées au sein d`un systeme autoritaire ,Sapir
|1989[,. Que les réíormes entreprises au milieu des années 1980 pour surmon-
ter ces obstacles aient déclenché une crise structurelle majeure, s`accompagnant
d`une dépression cumulati·e sur pres d`une décennie, n`est des lors pas une
surprise ,Sapir |1996[,.
° Mais la trajectoire ultérieure de l`ecovovie rv..e li·re un second enseigne-
ment, quasiment symétrique du précédent : il ne suííit pas de bannir le mono-
pole du pou·oir politique par le parti communiste et le role du Gosplan dans la
gestion économique, pour que prospere une économie de marché. Ln eííet, les
diííicultés récurrentes de ce pays montrent a l`é·idence que íe varcbe v`a ¡a. ía
¡ro¡riete áe .`avto·iv.titver ,lligstein |1999[,. Ln l`absence d`un Ltat légitime doté
du pou·oir de íixer de nou·elles regles du jeu, ce sont plutot les tendances a
l`autarcie et au íractionnement de l`espace économique et social qui l`emportent.
Par contraste, le dynamisme de l`économie chinoise montre toute l`importance
de l`Ltat dans l`émergence d`une économie de marché. Loin d`en être l`ennemi,
l`Ltat peut être l`iv.titvtevr áv varcbe, au double sens de ce terme. D`une part, il
en établit les bases institutionnelles en termes de propriété, de contrat, de mon-
naie, d`autorité de marché et, d`autre part, il ía·orise l`apprentissage par les
agents de la logique marchande.
° Cet exemple quelque peu extrême est coníorté par l`analyse d`autres tra-
jectoires nationales ,Pieper, 1aylor |1998[ , Aoki, Okuno-lujiwara |1998[ ,
Lmmerij |199¯b[ , Ranis |199¯[,. Les stratégies de croissance impulsées par
l`Ltat connaissent, dans les années 1980 et 1990, des diííicultés encore aggra-
·ées par le conílit entre des régimes nationaux íortement encadrés par la puis-
sance publique et les conséquences d`une libéralisation íinanciere accélérée. Les
é·olutions obser·ées au Japon puis en Corée en constituent de bons exemples.
La brutalité de la crise inter·enue en 199¯ dans les pays du Sud-Lst asiatique
soule·e une question théorique importante. Beaucoup d`analystes considéraient
que leur succes tenait a une politique économique encourageant l`essor du mar-
ché ,\orld Bank |1993[ , Aoki et al. |1998[,. Pourtant, l`ou·erture de ces pays
aux inno·ations íinancieres n`a pas manqué de souligner l`impact diííérencié
qu`a l`extension du marché : eííicace pour les marchandises ordinaires, les
conséquences sont ¡ív. ¡robíevatiqve. en matiere de crédit et de ¡roávit. fivavcier.
en particulier déri·és ,Boyer |1999a[, mais aussi de tra·ail ,Boyer |1994[,.
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Les théoriciens modernes retrou·ent, par une autre ·oie, les intuitions qui
étaient a l`origine des analyses de Karl Polanyi |1983[.
° Mais il n`est sans doute pas de meilleur exemple des limites du « tout
marché » que la trajectoire cbiíievve ,Pieper, 1aylor |1998[, p. 46-4¯,. Apres 19¯3,
ce pays adopte une stratégie tres marquée en ía·eur d`une logique marchande,
déclinée dans toutes les spheres de l`acti·ité économique. Cette stratégie a eu
pour conséquence la destruction de la plupart des inter·entions publiques anté-
rieures, mais telle n`est pas l`origine du « miracle chilien ». Ln eííet, a partir du
milieu des années 1980, l`Ltat est contraint de corriger les déséquilibres engen-
drés par les stratégies antérieures, extrêmement libérales, et de dé·elopper les
structures publiques d`encouragement a l`exportation, de réglementer les en-
trées de capitaux a court terme et surtout de conser·er la maitrise des recettes
liées a l`exportation du cui·re. Ainsi est réintroduite une cov¡íevevtarite evtre
ivterrevtiov ¡vbíiqve et varcbe ,Odaka, 1eranishi |1998[,. Des études comparati·es
beaucoup plus systématiques coníirment que les succes des pays latino-
américains ne sont pas ·enus de l`adoption de stratégies de « tout marché »
mais, au contraire, de la ¡ba.e áe correctiov ¡o.terievre qui réintroduit un minimum
de controle public ,Inter-American De·elopment Bank |1996[,.
Ainsi l`analyse des .trate¸ie. de dé·eloppement coníirme les enseignements ti-
rés de l`é·olution des tbeorie. : une certaine con·ergence ·ers vve covce¡tiov eqviíi·
bree des relations Ltat-marché, a l`écart des positions extrêmes qui se sont suc-
cédé en la matiere.
Inter·entionnistes et libéraux : l`éternel retour ·
Ln eííet, une mise en perspecti·e des stratégies du dé·eloppement depuis
l`entre-deux-guerres íait apparaitre la succession de positions contrastées : la
·igueur des inter·entions publiques répond aux échecs des stratégies de libérali-
sation et, ·ice ·ersa, les limites d`un dé·eloppement tiré par l`Ltat déclenchent
une réorientation en ía·eur des ajustements du marché. Pour la prospecti·e, il
n`est donc pas inutile de réíléchir sur les raisons de cette alternance, qui n`est
pas sans rappeler les ováe. íov¸ve. que Kondratie· pensait a·oir mises en é·i-
dence dans l`histoire du capitalisme ,íig. 1,.
° La période de l`evtre·áev··¸verre. est marquée par les répercussions déía·o-
rables de la crise des économies industrialisées sur les possibilités de dé·elop-
pement des autres pays. C`est, par exemple, le cas des pays d`Amérique latine,
tres largement ou·erts sur l`économie internationale en termes de commerce et
de íinance. A l`époque, í`ecbec áe. .trate¸ie. íiberaíe. íait peu de doute et suscite la
recherche d`un nou·eau cadre théorique par les économistes de Cambridge,
dont John Maynard Keynes íait partie. Pour les pays de la périphérie, la dépen-
dance a l`égard de l`extérieur est considérée comme déía·orable au dé·eloppe-
ment national, et le capital íinancier est perçu comme déstabilisateur de leur
spécialisation antérieure. Les gou·ernements qui soutenaient ces politiques
d`ou·erture et de libéralisation perdent leur légitimité et tres sou·ent le pou·oir.
í`.vvee áe ía re¸víatiov, v° :, 2ôô1 29
° 1el est le terreau a partir duquel émerge, a partir des années 1950, la
conception d`un ítat áereío¡¡evevti.te, soutenue par les théories structuralistes
,Prebisch |1950 , 19¯1[,. L`Ltat et le secteur public ont en eííet l`initiati·e des
décisions stratégiques qui conditionnent le long terme, a tra·ers par exemple les
procédures de planiíication ou de controle a l`acces au crédit et aux biens
d`équipement importés. Pour se soustraire aux incertitudes de l`économie inter-
nationale, le marché intérieur est íortement protégé a tra·ers une politique de
hauts tariís douaniers, a·ec d`é·entuelles exceptions pour les biens
d`équipement destinés aux secteurs prioritaires. Les capitaux sont soumis a des
controles étatiques et certaines transactions íinancieres interdites ou íortement
limitées. Dans les années 1960 et 19¯0, les gou·ernements qui sui·ent cette
orientation bénéíicient d`une íorte légitimité, ne serait-ce que parce qu`une íorte
croissance permet en général de résoudre les tensions que ne manquent pas de
susciter le changement des structures industrielles et les équilibres sociaux qui
entrainent le dé·eloppement. Ce .vcce. est largement oublié dans les années
1990 mais il íut bien réel et transíorma nombre de sociétés, par exemple latino-
américaines.
° Paradoxalement, c`est le succes de l`Ltat dé·eloppementiste qui conduit
a sa revi.e ev cav.e a partir des années 1980. La multiplicité des inter·entions de
l`Ltat suscite la corruption et le caractere autoritaire, qu`il prend tres sou·ent,
pro·oque sa contestation par les mou·ements démocratiques. Par ailleurs,
compte tenu des incertitudes croissantes que ·éhicule le systeme international
en termes de prix des matieres premieres, de taux d`intérêt, de croissance des
marchés, les gou·ernements commettent des erreurs stratégiques et les planiíi-
cateurs accumulent les écarts entre pré·isions et réalisations. Le secteur public
apparait comme de plus en plus ineííicace, sou·ent sous l`eííet de l`arri·ée aux
limites des stratégies de substitution d`importations. Lníin, le ralentissement de
la croissance et l`instabilité économique qui en résulte durcissent les conílits de
distribution, suscitent d`importants déséquilibres dans les budgets publics, et
sou·ent aussi dans les comptes extérieurs. La nécessité d`une .trate¸ie aítervatire
est alors clairement perçue par les gou·ernements, quelles que soient d`ailleurs
leurs orientations doctrinales ou politiques initiales.
Les projets de dé·eloppement adoptent en conséquence une stratégie
d`evcovra¸evevt áv varcbe dans la plupart des domaines de l`acti·ité économique.
L`ou·erture au capital productií et íinancier international apparait comme une
nécessité. Des lors, le marché intérieur doit s`ou·rir et se libéraliser et les expor-
tations sont de plus en plus considérées comme le moteur de la croissance íu-
ture. Inter·iennent de nombreuses pri·atisations et se multiplient les incitations
ía·orables a l`entreprise, tant nationales qu`étrangeres. Le mécanisme des prix
tend a remplacer les inter·entions publiques, de sorte que les relations de l`Ltat
et de l`économie enregistrent une transíormation considérable. Non seulement
les eííorts con·ergent pour réduire la taille des préle·ements publics, mais en-
core l`Ltat se íait le promoteur du marché et de l`esprit d`entreprise. C`est au
cours de cette période que s`opposent les trajectoires des pays latino-américains
í`a¡re.·cov.ev.v. áe !a.biv¸tov : iv.titvtiovvaíi.te et .,.teviqve .

30
qui empruntent tardi·ement cette ·oie et l`é·olution du Sud-Lst asiatique
,Boyer |1994[ , Marques-Pereira, 1héret |2001[,, réputé a·oir sui·i une politique
d`encouragement des marchés des les années 1950 ,Aoki, Okuno-lujiwara
|1998[,. Ainsi jusqu`au milieu des années 1990, le succes des nou·eaux pays
industrialisés a-t-il été attribué a leur adhésion au principe du marché et a leur
insertion réussie dans la di·ision internationale du tra·ail.
° Mais, a nou·eau, la roche 1arpéienne est proche du Capitole ! Ln eííet,
.e .ovt .vcceáe íe. cri.e. des pays adhérant a cette stratégie. Le Mexique en 1994 est
sé·erement touché par le di·orce entre la lente transíormation de son appareil
industriel et la rapidité du reílux des capitaux étrangers. La plupart des pays du
Sud-Lst asiatique enregistrent, en 199¯, un ren·ersement complet de tendance,
de nou·eau sous l`eííet du retournement de l`opinion de la communauté íinan-
ciere internationale a propos de la stabilité de ces économies et de leurs mar-
chés, réputés « émergents ». Les gou·ernements sont soumis a de grandes ten-
sions sociales et politiques, l`adhésion au marché pose probleme, y compris
pour les pays les plus attachés au libre-échange et au laisser-íaire. De plus en
plus sou·ent, l`iníluence des marchés íinanciers internationaux est contestée,
car elle produit des eííets dé·astateurs sur l`organisation sociale et industrielle.
La íorte insertion dans la di·ision internationale du tra·ail, jusqu`alors ía·ora-
ble, apparait préjudiciable a la maitrise de la conjoncture nationale et plus géné-
ralement du style propre de dé·eloppement. De íaçon ou·erte, sont discutées
les limites d`une stratégie entierement gou·ernée par la logique du marché et ce
débat inter·ient tant dans les pays touchés par la crise qu`au sein des organisa-
tions internationales, comme le londs monétaire international et la Banque
mondiale ,Stiglitz |1998[,.
La íin des années 1990 n`est pas sans rappeler l`entre-deux-guerres : les gou-
·ernements ·ont-ils a nou·eau basculer ·ers des stratégies donnant la primauté
a l`Ltat, comme alternati·e au marché ·
Des íailles du marché aux limites de l`Ltat :
l`apport de la « grande théorie »
Ce serait sans doute une conclusion trop rapide. D`un coté, les structures
producti·es, les conditions sociales et politiques et la coníiguration de
l`économie internationale sont loin d`être les mêmes au cours des deux pério-
des, de sorte qu`il est peu probable que se répetent a í`iáevtiqve les enchaine-
ments catastrophiques des années 1929 a 1932. D`un autre coté, il ne íaut pas
sous-estimer les clariíications qu`ont apportées les recherches des théoriciens
sur les mérites respectiís du marché et de l`Ltat ,Stiglitz |198¯ , 1994[ , \olí
|1990[, ou encore de l`organisation ,Arrow |19¯4[, et symétriquement les a·an-
cées d`approches pluridisciplinaires ,Hollingsworth, Boyer |199¯[, mettant en
perspecti·e le role et le pou·oir du marché, par réíérence a·ec les autres íormes
de coordination. Ln eííet, au-dela de la passion des débats politiques et les
oppositions doctrinales, la théorie économique et la science politique conclu-
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science politique conclu-raient plutot a la coexistence durable des íailles du
marché et de celles de l`Ltat, aucune des deux procédures de coordination ne
pou·ant prétendre a l`exclusi·ité dans l`organisation et la gestion des économies
contemporaines ,íig. 2,. De ce theme, plus completement dé·eloppé dans
d`autres tra·aux ,Boyer |199¯[,, il est important de présenter les traits essentiels,
car ils ont un impact certain sur la question du dé·eloppement.
° íe. tbeoriciev. áe í`eqviíibre ¸everaí ont, a cet égard, accompli une ou·re
considérable : montrer sous quelles conditions se ·ériíie l`apologue d`Adam
Smith, selon lequel la recherche de l`ivterêt iváiriáveí assurerait un re.vítat coííectif
farorabíe des lors que les interactions seraient médiatisées par le marché, sans
autres interíérences ,Ingrao, Israel |1990[,. Il ressort que l`existence, la stabilité
et l`optimalité de l`équilibre d`une économie de marché sont beaucoup plus
diííiciles a garantir que ne le considéraient les peres de l`économie politique. Il
íaut, entre autres, que la monnaie soit e·o¸eve, que la concurrence soit ¡arfaite,
que l`appréciation de la qualité ne pose avcvv probleme, que n`existe avcvv bien
public, que les techniques de production soient a rendements cov.tavt., que
l`inno·ation ne maniíeste avcvve externalité positi·e, pas plus que la pollution ne
produise des externalités négati·es. Mais il importe aussi que l`eííet perturbateur
des anticipations soit annihilé grâce a la création de marchés a terme pour tous
les biens, a toutes les périodes et pour tous les états du monde.. alors que,
dans les économies concretes, des marchés íinanciers ev ¡etit vovbre assurent
seuls la coordination des ·ues sur l`a·enir. ía.t bvt vot íea.t, il íaut que les consi-
dérations de justice sociale n`exercent avcvve iníluence sur l`allocation des res-
sources et sur les conditions de l`eííicacité parétienne. Des lors que í`vve ov
í`avtre áe ce. .e¡t cováitiov. n`est plus satisíaite, d`autres mécanismes de coordina-
tion sont nécessaires. Ils íont alors apparaitre autant de pathologies par rapport
a la íigure rassurante de la main in·isible : absence d`équilibre, multiplicité de
ces derniers, écart par rapport a un optimum de Pareto.
° De. ivterrevtiov. coííectire., organisant les marchés ou assurant une íorme al-
ternati·e d`ajustement, se trou·ent ainsi légitimées par ces a·ancées de la théo-
rie économique. Llles ne sont pas sans conséquences pour l`analyse du dé·e-
loppement. D`abord la monnaie est vve iv.titvtiov coííectire qui est a la base de
tous les marchés. mais qui ne résulte pas elle-même d`un mécanisme de mar-
ché, ce qui en un sens rejoint les theses de Karl Polanyi |1983[. De la même
íaçon, le maintien de la concurrence dépend de l`action des ¡ovroir. ¡vbíic. : ce
n`est pas le résultat de purs ajustements automatiques au sein des économies
décentralisées. Ou encore, le marché des biens, même les plus traditionnels, ne
peut íonctionner que si pré·aut, aupara·ant, un accorá sur la qualité et les nor-
mes techniques, en général élaboré par des organisations hors marché ,orga-
nisme de certiíication, association proíessionnelle,.,. De son coté, l`oííre des
biens publics, si importante dans les économies modernes, suppose des procé-
dures de cboi· coííectif. qui ne peu·ent recourir a la procédure du marché.
Pour leur part, les externalités, positi·es ou négati·es, supposent soit des
re¸íevevtatiov., soit des procédures d`ivcitatiov aíin de íaire con·erger intérêt pri·é
í`.vvee áe ía re¸víatiov, v° :, 2ôô1 33
et intérêt collectií, rendement social et rendement pri·é. Le íait que n`existe
qu`un nombre tres réduit de marchés contingents et que les marchés íinanciers
soient susceptibles de perturber l`équilibre macroéconomique appelle des pro-
cédures coííectire. assurant une certaine cooráivatiov des décisions dont les eííets se
maniíestent sur plusieurs périodes. 1el était précisément l`un des objectiís de la
planiíication indicati·e, a l`ou·re tant dans les économies industrialisées ,Shon-
íield |1965[, que pour les pays en ·oie de dé·eloppement. Lníin, si l`eííicacité
économique dépend du respect d`un minimum de justice sociale, les décisions
économiques et les o¡tiov. ¡oíitiqve. ne sont plus séparables, ce qui justiíie par
exemple les transíerts liés a la íiscalité ou a la cou·erture sociale. Ainsi, du point
de ·ue de la théorie économique contemporaine, les inter·entions de l`Ltat, si
elles sont correctevevt ajustées, ía·orisent l`obtention d`un équilibre plus satisíai-
sant en termes tant économique que social.
° Mais, de leur coté, les tbeoriciev. áe í`actiov coííectire contestent le caractere
fovctiovvaíi.te de l`analyse de l`Ltat que proposent les économistes et soulignent
que les inter·entions publiques rencontrent elles-mêmes de tres nombreuses
limites ,Buchanan |19¯9[,. Llles apparaissent diííérentes de celles du marché
mais, potentiellement, elles sont tout aussi redoutables ,\olí |1990[,. Ln eííet,
les gou·ernements peu·ent utiliser la politique monétaire, et par extension bud-
gétaire, a des íins ¡ro¡revevt ¡oíitiqve. qui n`ont rien a ·oir a·ec la qualité de
l`équilibre macroéconomique, la stimulation et la régularité de la croissance. Les
organismes chargés du controle de la concurrence peu·ent être « capturés » par
les groupes d`intérêt pri·és dont ils ont la charge , l`ampleur des inter·entions
économiques de l`Ltat trou·e alors sa contrepartie dans l`essor de la corrv¡tiov.
Des normes de qualité, íixées par des autorités publiques, peu·ent s`a·érer ¡ev
fovctiovveííe. et préjudiciables par exemple au dynamisme de l`inno·ation. La
détermination du ·olume des ser·ices publics ne trou·e pas nécessairement une
solution satisíaisante a tra·ers les procédures de délibération politique : en eííet,
la théorie des choix sociaux montre qu`une con·ergence ·ers un résultat non
ambigu et stable n`est pas acquise des lors que la société est composée
d`indi·idus avtovove. dont les préíérences sont tres betero¸eve..
Il n`est pas aisé non plus de corriger les externalités, car il íaut disposer
d`iníormations détaillées que les organismes publics n`ont pas nécessairement la
capacité de recueillir, d`autant plus que les agents économiques auraient un
comportement opportuniste et dissimuleraient l`ivforvatiov ¡riree dont ils dispo-
sent. Il se peut de plus que les coûts de recueil et de traitement, mais aussi les
délais nécessaires, soient tellement importants que l`action publique serait tou-
jours ev retará par rapport aux é·énements. Lníin, l`action politique, qui ·ise a
corriger les inégalités générées par le marché, peut a son tour susciter á`avtre.
.ovrce. á`ive¸aíite a tra·ers la distribution de pri·ileges et les conditions d`acces au
pou·oir. De plus, un e¸aíitari.ve extrême peut nuire a l`efficacite économique.
Autant de raisonnements qui ren·ersent terme a terme la proposition des éco-
nomistes de l`équilibre général concernant les limites du marché. Ainsi les théo-
riciens du « public choice » et la nou·elle économie politique íont apparaitre les
í`a¡re.·cov.ev.v. áe !a.biv¸tov : iv.titvtiovvaíi.te et .,.teviqve .

34
faiííe. áe í`actiov coííectire, distinctes de celles du marché mais tout aussi nombreu-
ses et non moins redoutables.
° ívtroávire ¡ív. áe covcvrrevce et áe vecavi.ve. áe varcbe pour surmonter les
íailles de l`action collecti·e, tel est le programme de recherche des années 1990.
Cette stratégie se décline dans la plupart des domaines d`inter·ention de l`Ltat.
Ainsi, les théories macroéconomiques proposent d`abandonner les politiques
monétaires discrétionnaires et de rechercher des re¸íe. stabilisant les anticipa-
tions pri·ées et assurant la creáibiíite de la Banque centrale. Cette conception
s`est largement diííusée dans les pays en ·oie de dé·eloppement, ce qui a sou-
·ent pour eííet de redéíinir le régime de croissance. Les tbeorie. « ¡rivci¡aí,a¸evt »
renou·ellent les conceptions et l`organisation des ser·ices publics et cherchent a
concilier les objectiís collectiís a·ec des incitations a l`eííicacité, du type de
celles que ·éhicule traditionnellement le marché. Des modeles íormalisant les
choix technologiques en présence de rendements croissants suggerent que, sous
certaines conditions, la détermination des normes techniques et l`é·aluation de
la qualité ¡evrevt résulter du libre jeu des entreprises en concurrence sur un mar-
ché, de sorte qu`une inter·ention publique directe n`est ¡a. tov;ovr. nécessaire.
Pour partie les externalités peu·ent être internalisées grâce a des sub·entions
ou des taxes qui prennent en compte l`écart entre les eííets sociaux et pri·és,
tant de l`inno·ation que de la pollution. Dans certains cas, la creatiov á`vv varcbe
,de l`expertise pour la technologie, des droits a polluer pour l`en·iron-
nement, etc., change les conditions de l`action publique. De même, compte
tenu de la spéciíicité propre a chaque domaine d`inter·ention, les théories
contemporaines suggerent la création d`a¸evce. iváe¡eváavte. et conduisent a dou-
ter de l`eííicacité d`une planiíication globale. Lníin, certaines théories de la jus-
tice rompent a·ec la tradition rawlsienne qui pri·ilégiait l`amélioration de la
situation des indi·idus les plus mal lotis : elles tentent de se bâtir sur l`hypothese
que le .,.teve áe. ¡ri· áe varcbe est íinalement ;v.te, tant pour les produits que
pour les íacteurs de production, car il enregistre et é·alue les compétences des
indi·idus.
A la lumiere de cette tres rapide re·ue de littérature, trois enseignements ma-
jeurs émergent.
° D`abord, ce regain d`intérêt pour les mécanismes de marché, aíin de
surmonter certaines des lacunes des inter·entions publiques, ne signiíie pas
l`oubli des résultats íondamentaux li·rés par les théories de l`Lquilibre général :
íe varcbe áoit être evcaáre par des inter·entions publiques et il ne li·re des résultats
ía·orables pour la société que pour des produits typiques et sous des conditions
bien particulieres.
° Lnsuite, il íaut souligner l`bovoío¸ie entre la chronologie des .trate¸ie. áe áe·
reío¡¡evevt ,íig. 1, et l`é·olution de la tbeorie ecovoviqve ¸everaíe ,íig. 2,. On serait
tenté d`a·ancer l`hypothese d`une co·eroívtiov des théories et des modes de dé·e-
loppement, selon des médiations íinalement tres complexes. Lst-ce que les
théoriciens iníluencent, de íaçon déterminante, les politiques sui·ies ou, a
l`in·erse, la théorie économique, même la plus abstraite, ne cherche-t-elle pas a
í`.vvee áe ía re¸víatiov, v° :, 2ôô1 35
élucider les conséquences de stratégies arrêtées tout a íait iváe¡eváavvevt par les
gou·ernements ·
° Lníin, et surtout, cette analyse tend a récuser l`hypothese d`une récur-
rence des mêmes débats puisque les théories économiques n`ont pas manqué de
réaliser des ¡ro¸re. covce¡tveí. - même si leur capacité pré·isionnelle est toujours
aussi problématique - et les stratégies de dé·eloppement des années 1990 sont
íoiv áe re¡eter a í`iáevtiqve celles que l`on obser·ait il y a un demi-siecle.
LLS 1lLORILS DU DLVLLOPPLMLN1 SON1 DLVLNULS
S\S1LMIQULS L1 INS1I1U1IONNALIS1LS
La biíurcation des années 1990
Ln eííet, nombre de raisons, tenant tant au champ de la théorie qu`a la
correction des erreurs apparues dans les stratégies du dé·eloppement, plaident
en ía·eur de l`émergence d`une conception plus équilibrée du dé·eloppement.
lorce est de reconnaitre le role des institutions et la nécessité d`une approche
plus systémique ,íig. 3,.
° .v ¡íav tbeoriqve, les chercheurs ne se sont pas bornés a montrer les limi-
tes du marché puisqu`ils ont explicité le role des coordinations hors marché
dans l`apparition de sentiers de croissance ou d`équilibres plus ía·orables que
ceux qui résulteraient de la pure interaction de stratégies marchandes opérant
sur les seuls marchés. C`est en eííet ainsi que l`on peut interpréter l`accent mis
sur l`iníormation imparíaite, l`interdépendance entre les stratégies des acteurs et
bien sûr les externalités associées a l`éducation, la recherche ou encore certaines
inírastructures publiques dans les économies rurales traditionnelles mais aussi
dé·eloppées. Les chercheurs contemporains retrou·ent ainsi les intuitions des
peres íondateurs du dé·eloppement, mais la nou·eauté est qu`ils peu·ent ¡ro·
ávire áe. forvaíi.atiov. permettant d`expliciter clairement la logique des interac-
tions conduisant par exemple au blocage dans des trappes a pau·reté, ou encore
des équilibres a íaible éducation et íorte íécondité impliquant un íaible ni·eau
de re·enu. Pour reprendre les termes de loíí et Stiglitz ,|2001[, p. 42¯, : « A
maints égards la théorie du dé·eloppement a eííectué une boucle complete.
1rente ou quarante ans aupara·ant, les liens entre les di·erses spheres de la
société et de l`économie étaient mis en a·ant. |.[ Maintenant la théorie íorma-
lisée s`étend a de nombreux domaines de l`iníormation imparíaite et des
contrats incomplets. Ce tra·ail a établi que, dans de nombreuses coníigurations,
des interactions hors marché donnent lieu a des complémentarités qui peu·ent
être associées a des équilibres multiples. |.[ Ce ne sont plus seulement les
institutions, les choix et les prix qui sont endogenes, mais aussi les préíérences
et les technologies. »
° Ce type de problématique rend compte aussi d`un íait stylisé majeur ap-
paru a l`examen des cinquante dernieres années, a sa·oir une grande áirer.ite áe.
e·¡erievce. vatiovaíe. de dé·eloppement qui ne se résument pas a l`opposition
í`a¡re.·cov.ev.v. áe !a.biv¸tov : iv.titvtiovvaíi.te et .,.teviqve .

36
entre un quelconque modele canonique pur et di·ers degrés d`imperíection.
D`une part, le dé·eloppement économique des pays « en retard », qui était sup-
posé impossible, s`est néanmoins produit dans un certain nombre de coníigura-
tions nationales. Mais, d`autre part, au sein même des pays qui ont pu enclen-
cher un processus de dé·eloppement, ce dernier re·êt des íormes qui ·arient de
pays a pays car, pour reprendre les termes d`Adelman ,|2001a[, p. 6¯,, « le pro-
cessus de dé·eloppement économique est a la íois multidimensionnel et essen-
tiellement non linéaire. Il entraine des transíormations dynamiques non seule-
ment dans les modes de production et la technologie mais également au ni·eau
des institutions sociales, politiques et économiques, de même que dans les mo-
deles de dé·eloppement humain ». Les exemples abondent. Il suííit de compa-
rer les di·ers pays latino-américains entre eux pour ·oir apparaitre des diííéren-
ces marquées, au-dela même de la traditionnelle opposition entre la stratégie
d`industrialisation par substitution d`importations de l`Amérique latine et le
choix par l`Asie du Sud-Lst d`une croissance tirée par les exportations. De
même, la crise íinanciere des pays asiatiques en 199¯ ne se coulait pas dans le
modele des crises des pays latino-américains, car les styles de dé·eloppement,
les choix politiques et la nature des perturbations introduites par la íinance
étaient diííérents. Lníin, dans l`é·olution des pays de l`Lurope de l`Lst, ressor-
tent clairement des trajectoires contrastées en matiere de pri·atisation, de re-
construction de l`Ltat et de restructuration économique : le contexte politique
joue un role essentiel dans la capacité de transíormation d`un systeme écono-
mique et social.
° Ln troisieme lieu, il ne íaut pas négliger l`iv¡act áe ía cri.e a.iatiqve sur la
remise en cause du cov.ev.v. áe !a.biv¸tov qui énonçait des principes généraux
·alables pour tous les pays : discipline budgétaire, réíorme íiscale clariíiant les
incitations économiques, déréglementation íinanciere, élimination des barrieres
a l`échange international et a la concurrence, pri·atisation et déréglementation.
Comme le reconnait John \illiamson a qui l`on attribue la paternité de cette
conception du dé·eloppement, ces principes ne sont pas nécessairement erro-
nés mais ils doi·ent être appliqués a·ec souplesse et complétés par au moins
deux ingrédients. D`abord est nécessaire « ,la construction, des institutions clés
telles qu`une Banque centrale indépendante, une administration budgétaire
íorte, des juges indépendants et incorruptibles et des agences en ·ue de dé·e-
lopper des missions de producti·ité ». Lnsuite, il importe d`« accroitre la dé-
pense d`éducation et la rediriger ·ers le primaire et le secondaire » ,\illiamson
|199¯[, p. 58,. Ainsi a tendu a se résorber l`écart qui s`était progressi·ement créé
entre les a·ancées de la recherche économique et les prescriptions des organisa-
tions internationales telles que la Banque mondiale et le lMI. Même si ce mou-
·ement n`a pas été sans causer quelques tensions a l`intérieur même de ces or-
ganisations - dont témoigne, par exemple, la démission de Joseph Stiglitz de
son poste de cheí de la Banque mondiale.
í`.vvee áe ía re¸víatiov, v° :, 2ôô1 3¯
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Autant de íacteurs qui accroissent la probabilité d`un vov·retovr av· covce¡tiov.
avterievre. du dé·eloppement. D`abord, la question n`est plus celle du choix
entre principes alternatiís et exclusiís de coordination : le marché ou l`Ltat · Il
est maintenant de plus en plus reconnu qu`« un dosage approprié entre l`Ltat et
le marché est nécessaire a la promotion du dé·eloppement. Ce dosage doit
s`adapter de íaçon dynamique a mesure que le dé·eloppement se poursuit »
,Adelman |2001a[, p. 103,. Lnsuite, il n`est pas de íacteur unique expliquant le
blocage du dé·eloppement, car c`est en général un ensemble de íacteurs qui
inter·iennent dans la trajectoire obser·ée. Il con·ient donc d`établir un diagnos-
tic en íonction du contexte. Lníin, le processus de dé·eloppement est caractéri-
sé par une notable historicité puisque « les choix eííectués créent a leur tour les
conditions initiales du dé·eloppement ultérieur » ,Adelman |2001[, p. ¯2,. C`est
d`ailleurs le point de ·ue d`un historien de l`économie lorsqu`en conclusion de
son propos il souligne : « Un petit peu plus d`histoire et un peu moins
d`interprétation basée sur des régressions expliquant la croissance pourraient
être utiles. » ,Craíts |2001[, p. 326.,
Une derniere citation résume le chemin parcouru par un demi-siecle de dé-
·eloppement : « Processus de dé·eloppement et politique de dé·eloppement
sont interdépendants et présentent un caractere multiíorme, dynamique et non-
linéaire. Le dé·eloppement implique donc toujours une modiíication des méca-
nismes, modalités, agents et institutions nécessaires a sa promotion. La seule
constante dans le dé·eloppement est vv cbav¸evevt á,vaviqve .,.tevatiqve. »
,Adelman |2001[, p. 108., C`est a la lumiere de ces considérations que se justiíie
le titre du présent article. Mais il est une autre série de raisons qui tiennent a
l`é·olution de la théorie économique elle-même.
La multiplicité des mécanismes de coordination :
l`essor des théories institutionnalistes
Ln eííet, les dé·eloppements précédents se sont inscrits essentiellement sur
l`a·e ítat·varcbe en supposant que ce sont les deux seules íormes de coordina-
tion a l`ou·re dans les économies. Comme l`une et l`autre de ces íormes pures
rencontrent des limites, tres largement symétriques, le concept d`ecovovie vi·te
prend tout son sens, même si son usage a beaucoup décliné a partir des années
19¯0 ,Shoníield |1965[,. Des lors, une íaçon de réconcilier ces deux approches
consiste a rechercher la combinaison optimale entre mécanismes de marché et
coordination par les pou·oirs publics. C`est la premiere approche qui ·ient
d`être présentée pour tenter de reconstruire une théorie du dé·eloppement qui
tienne compte des enseignements de l`histoire économique et de la di·ersité des
coníigurations nationales.
Mais les recherches contemporaines proposent au moins deux autres íormes
de coordination susceptibles de jouer un role important dans l`é·olution
í`.vvee áe ía re¸víatiov, roí. :, 2ôô1


39


ligure 4. .v·áeía áe í`o¡¡o.itiov ítat·varcbe :
« íe áiavavt » áe í`ecovovie iv.titvtiovveííe


ETAT
















CKGAN!-
SAT!CN
MAKCHE










SCC!ETE C!V!LE

économique : l`organisation ou la íirme d`un coté, la société ci·ile de l`autre
,íig. 4,.
° Le íait que la firve assure une íonction d`allocation des ressources en
complément ou en parallele du marché a été reconnu des la Ricbe..e áe. vatiov.
d`Adam Smith, mais c`est aussi l`objet de l`attention de Karl Marx dans íe ca¡i·
taí. Il íaut donc attendre l`entre-deux-guerres pour que la proíession des éco-
nomistes s`intéresse aux raisons d`existence de la firve ,Coase |193¯[,. et pres
de quarante ans s`écouleront encore a·ant que cette íorme originale d`allocation
des ressources retienne l`attention des économistes au titre de l`or¸avi.atiov ,Ar-
row |19¯4[, puis plus généralement des institutions du capitalisme ,\illiamson
í`a¡re.·cov.ev.v. áe !a.biv¸tov : iv.titvtiovvaíi.te et .,.teviqve .

40
|1985[,. La contribution de ce courant est de montrer qu`en présence de coûts
de transaction importants liés a un recours au marché, ou encore de la diííiculté
de collecte et de traitement de l`iníormation ,Simon |1982[,, l`organisation peut
dé·elopper en son sein des routines d`allocation des ressources et de circulation
de l`iníormation potentiellement supérieures a celles que li·rerait le marché.
D`autant plus que, dans certains cas ,probleme de qualité, rendements crois-
sants,, il n`est pas possible d`organiser un marché ·iable ,\hite |1981[,. Lníin,
dans la mesure ou les indi·idus dé·eloppent dans l`organisation des compéten-
ces spéciíiques, ce peut être le lieu de l`accumulation de sa·oirs et de sa·oir-
íaire non codiíiables dont la logique de marché ne peut gou·erner ni la produc-
tion ni l`allocation. Ce n`est autre qu`une ·ision néo-schumpétérienne des rai-
sons de l`existence de la íirme, elle-même support des essais et des erreurs qui
gou·ernent l`inno·ation et le changement technique ,Nelson, \inter |1982[,.
° Les recherches des ·ingt dernieres années portant sur l`explication des
diííérences de períormances entre régions, nations ou même íirmes, a íait res-
sortir l`importance d`une quatrieme entité, la .ociete ciriíe. L`idée centrale est que
telle est la matrice dans laquelle se íorge une série de con·entions, de regles,
d`habitus qui permettent et íacilitent ensuite les transactions proprement éco-
nomiques a tra·ers la íormation de réseaux ,Grano·etter |19¯8[,, la création et
le maintien de la coníiance si nécessaires a l`essor des échanges marchands ,lu-
kuyama |1996[,, ou encore a l`émergence de la coopération ,Axelrod |1984[,.
Mais la société ci·ile entretient aussi des relations a·ec l`organisation puisqu`elle
lui impose des regles qui ne sont pas nécessairement reconnues par l`Ltat ni
·éhiculées par le marché, par exemple en matiere d`emploi ,Akerloí |1984[,. Le
processus démocratique ,Held |198¯[, n`est pas étranger a la maturation de la
socialité au ni·eau local ,Putnam |1993[, alors que les préoccupations de justice
sociale ont un impact é·ident sur les demandes adressées a l`Ltat ,Rawls
|19¯1[,. Ce tissu de relations sociales entretient des relations multiíormes a·ec
les transactions proprement économiques, de sorte que, dans certains cas, ce
íacteur de·ient essentiel pour expliquer le dynamisme proprement économique
d`une région ou d`un pays.
A la lecture de la íigure 4, on mesure, d`une part la simpliíication extrême
qu`a représentée l`opposition canonique entre Ltat et marché, d`autre part
l`intérêt de cet enrichissement des catégories de l`analyse pour la compréhen-
sion de la di·ersité des styles de dé·eloppement. La question n`est plus celle de
la place exacte du curseur de l`économie mixte mais bien de la cov¡atibiíite á`vv
ev.evbíe áe cov¡ortevevt. qui s`inscri·ent simultanément dans di·erses spheres et
selon di·erses logiques. La place de l`Ltat s`en trou·e d`ailleurs renou·elée : il
est au cour de la distribution des pou·oirs, de la íormation des contraintes et
des incitations qui s`imposent aux autres acteurs. 1elle est, en un sens, la
conclusion con·ergente des tra·aux d`historiens ,North |1990[, et des recher-
ches en sciences politiques qui montrent l`importance de l`oráre cov.titvtiovveí,
déri·é du politique, comme moyen de mise en cohérence d`un ensemble de
logiques et de íormes d`organisation, mais aussi de leur transíormation ,Sabel
í`.vvee áe ía re¸víatiov, roí. :, 2ôô1


41


|199¯[,. Sans oublier que les tra·aux de sociologie économique montrent
l`importance de ces contraintes sociétales quant a la stratégie et a l`inno·ation
des íirmes et, par extension, les íormes de la compétiti·ité ,Streeck |199¯[,.
La di·ersité des arrangements institutionnels
et la nécessité d`une recherche pluridisciplinaire
La prise en compte de ces di·erses íormes de coordination appelle le dépas-
sement d`une approche strictement mono-disciplinaire, puisqu`elles mettent en
général en jeu les íacteurs politiques, le role du droit, la nature du lien social et
les logiques générales de l`action, et non plus seulement le principe de rationali-
té économique. Une premiere tentati·e a d`ores et déja li·ré une taxonomie des
íormes de coordination, qui peut être mobilisée par les di·erses disciplines des
sciences sociales ,Hollingsworth, Boyer |199¯[,. A grands traits, la plupart des
íormes obser·ées peu·ent se décrire a partir d`une double caractérisation
,íig. 5,.
ligure 5. ítat et varcbe ve .ovt qve áev· forve. ¡articvíiere.
áe cooráivatiov et á`arrav¸evevt. iv.titvtiovveí.
Mode de coord|nat|on et d|str|but|on du pouvo|r
Hor|tontal Vert|cal

Marché

Hiérarchie



Associations




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° Il importe d`abord d`opposer les relations purement bori¸ovtaíe. entre
agents dotés sensiblement des mêmes pou·oirs a des relations rerticaíe., íondées
í`a¡re.·cov.ev.v. áe !a.biv¸tov : iv.titvtiovvaíi.te et .,.teviqve .

42
au contraire sur l`inégalité de statut, d`iníormation, de richesse. 1ypiquement, le
marché, íorme de coordination horizontale, s`oppose a la hiérarchie pri·ée dont
la íigure emblématique est la íirme.
° La logique de l`action peut elle-même s`inscrire dans deux registres dis-
tincts. Soit c`est le strict ivterêt iváiriáveí qui guide l`action, ce que retiennent tant
la théorie économique que l`analyse des choix rationnels. Soit c`est la íorce du
lien social, de la morale et de la culture, breí l`obíi¸atiov, qui détermine l`action de
l`bovo·.ocioío¸icv., qui traditionnellement s`oppose trait pour trait a l`bovo·
oecovovicv..
Ces deux criteres permettent alors d`engendrer au moins six grands types
d`arrangements institutionnels. Le varcbe combine eííecti·ement une íorme de
coordination horizontale a·ec une logique de l`action gou·ernée par l`intérêt
indi·iduel, le plus sou·ent entendu dans sa íorme utilitariste. La bierarcbie ¡riree,
telle la íirme, applique cette même conception a des relations inégalitaires, puis-
que les dirigeants, en l`occurrence les propriétaires, ont le pou·oir de disposer
du temps de tra·ail de leurs salariés. Par opposition, la covvvvavte joue sur le
registre de l`obligation attachée a la íorce du lien social et, en théorie tout au
moins, elle se íonde sur des relations a ¡riori égalitaires. C`est dans cet espace
que s`engendre sou·ent le subtil processus de la coníiance. Le re.eav occupe une
place centrale au sein de cette typologie. Ln eííet, il combine en des propor-
tions ·ariables obligation et intérêt et il se décline selon di·erses modalités en
íonction du caractere plus ou moins égalitaire des relations entre les membres
du réseau. Cette íorme de coordination occupe une place centrale dans les pro-
cessus d`inno·ation contemporains : tres sou·ent, ce sont des partenariats qui
ont la charge de dé·elopper les technologies nou·elles en rapide é·olution et
ces dernieres supposent de lourds in·estissements qu`il est rationnel de parta-
ger. Dans le même ordre d`idées, l`a..ociatiov, proíessionnelle ou syndicale, com-
bine en général déíense et promotion des intérêts tant économiques que politi-
ques et sociaux. Par opposition au réseau qui opere en ·ue de la production
marchande, l`association a sou·ent pour íonction de gérer des biens collectiís :
code déontologique, normes techniques, íormation proíessionnelle propre a un
secteur d`acti·ité, représentation des intérêts aupres de l`Ltat. Lníin, ía.t bvt vot
íea.t, l`ítat occupe une position unique : il combine un principe d`obligation ,les
citoyens n`ont pas la liberté de s`aííranchir de son autorité et du paiement de
l`impot, a·ec une asymétrie de pou·oir é·idente ,la loi s`impose a chaque ci-
toyen, même si ensemble les citoyens l`élaborent,.
Ainsi, les économies modernes ne se déíinissent plus seulement par le degré
de mixité entre logique marchande et étatique, mais par ía rariete et ía cov¡íevev·
tarite de ces six arrangements institutionnels. Ln eííet, il est possible de montrer
qu`aucune íorme de coordination, prise indi·iduellement, n`est susceptible de
supplanter toutes les autres, quels que soient le secteur, l`époque, le contexte
social, politique et technologique ,tableau 4,.
í`.vvee áe ía re¸víatiov, roí. :, 2ôô1


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° D`abord, chaque íorme requiert áe. cováitiov. áe vi.e ev ovrre bien précises.
Par exemple, la constitution d`un marché en bonne et due íorme n`est en rien
automatique, ni possible en tout temps et tout lieu. Il suppose en eííet un ré-
gime monétaire stable, la reconnaissance par l`ensemble de la société d`une
logique marchande, l`accord sur les regles de l`échange, comme celui sur la qua-
lité des biens.
° Lnsuite, toute íorme s`a·ere cov¡íevevtaire arec á`avtre., qui en li·rent les
préconditions. Pour reprendre l`exemple du marché, son institutionnalisation
appelle l`inter·ention d`associations ,par exemple celles des agents habilités a
transacter sur le marché des titres a \all Street,, des réseaux ,ainsi ceux qui
déíinissent les normes de qualité ou les normes techniques,, ou encore
d`instances publiques ,au premier rang desquelles celles qui controlent les ban-
ques et le systeme de paiement, sans oublier le role déterminant de la législation
commerciale,.
° Ln outre, avcvv arrav¸evevt iv.titvtiovveí v`e.t ¡areto .v¡erievr et ne domine
les autres. Ln eííet, selon le cas, le critere de jugement concerne l`eííicacité dans
l`allocation des ressources, l`aptitude a íournir des biens collectiís et
« internaliser les externalités » ou encore la capacité a satisíaire aux objectiís de
justice qui sont implicites ou explicites a une société donnée. La démonstration
íaite a propos du marché peut-être réitérée pour la quasi-totalité des autres
arrangements institutionnels, et l`on en trou·e un breí compte rendu dans le
tableau 4.
° Des lors, la question n`est plus celle du choix entre Ltat et marché ou la
sélection de celui des arrangements institutionnels qui serait, dans l`absolu,
le plus eííicace. Chacun d`entre eux satisíait des objectiís diííérents et c`est de
íevr covbivai.ov que résultent les períormances macroéconomiques d`ensemble.
C`est alors la qualité de l`architecture institutionnelle qui détermine tres large-
ment la ·iabilité d`une stratégie de croissance.
Une telle approche est spécialement pertinente en matiere de dé·eloppe-
ment, puisque l`interaction entre déterminants politiques, é·olution économi-
que et íacteurs culturels est íréquemment in·oquée pour expliquer tant les suc-
ces que les échecs ,Rerve ecovoviqve áv áereío¡¡evevt |2000 , 2001[,. L`approche
du dé·eloppement s`en trou·e renou·elée et il n`est pas interdit de penser que
cette ,re,décou·erte de l`importance des institutions et des organisations mar-
que plus qu`une inílexion dans les recherches des économistes.
Le politique au cour du dé·eloppement
Cette ·ision n`est pas sans conséquences sur les relations entre sphere éco-
nomique et domaine politique. 1raditionnellement, l`économiste analyse les
conditions du dé·eloppement, sans mention explicite aux processus politiques.
De son coté, le politologue se concentre sur la íormation des politiques en gé-
néral, sans íaire inter·enir les íacteurs économiques. L`un et l`autre supposent
de íait une indépendance des deux spheres. L`intérêt récemment porté aux
phénomenes de corruption par les organisations internationales témoigne d`une
í`.vvee áe ía re¸víatiov, v° :, 2ôô1 45

prise de conscience de certaines interdépendances : si une large íraction du
surplus est accaparée par la corruption et dépensée improducti·ement, les
chances d`un dé·eloppement endogene en sont réduites d`autant.
Ln íait, l`approche théorique elle-même coníirme cette étroite interdépen-
dance susceptible d`apparaitre a plusieurs ni·eaux.
° Les tra·aux historiques sur la íormation des marchés ,Braudel |19¯9[,,
comme les tra·aux de sciences politiques portant sur la politique de la concur-
rence aux Ltats-Unis ,lligstein |1999[, íont clairement ressortir le role essentiel
des pou·oirs publics et de l`Ltat dans l`émergence de marchés en bonne et due
íorme, c`est-a-dire dotés d`une certaine ·iabilité. Reconnaissance et déíinition
précise des droits de propriété associés a chaque bien et actií, é·aluation com-
mune de la qualité, unité de compte et moyens de paiement, juridiction com-
merciale permettant de régler les diííérends, autant de conditions du marché qui
ne peu·ent être remplies que par une autorité extérieure aux oííreurs et aux
demandeurs. Ln matiere de dé·eloppement, dans certains pays réputés en re-
tard, l`Ltat a été l`instituteur du marché. D`une part, il en garantit l`existence ,
d`autre part, il diííuse la pédagogie des comportements nécessaires a un íonc-
tionnement eííicace de ces marchés. Ln un sens, il est une analyse de l`Ltat
pour laquelle ítat et varcbe .ovt cov¡íevevtaire., ce que reconnait la classiíication
adoptée par les tableaux 2 et 3.
ligure 6. íe ¡oíitiqve covtribve a fa,ovver ía á,vaviqve ecovoviqve

Crdre const|tut|onnel


Incitations
- -
Contraintes





Arrangements institutionnels


Incitations
- -
Contraintes



Organisations

Mode de
developpement
et type
de cr|se


Con·entions

Incitations
- -
Contraintes



Indi·idus



´ovrce : Librement inspiré de Douglas North |1990[ et Charles Sabel |199¯[.

° Mais il est une approche beaucoup plus générale des .,.teve. ecovoviqve.,
qui met au cour de l`analyse le role de l`Ltat. Alors que les théories économi-
ques issues de la théorie walrasienne insistent sur le jeu entre préíérences et
í`a¡re.·cov.ev.v. áe !a.biv¸tov : iv.titvtiovvaíi.te et .,.teviqve .

46
potentialités technologiques, sous la seule médiation d`une économie de marché
généralisée, les recherches contemporaines reconnaissent le role des diííérents
arrangements institutionnels dans la íormation des prix, la répartition du re·enu
et même la dynamique de l`inno·ation ,Amable, Barré, Boyer |199¯[,. Dans le
prolongement de l`analyse précédente, l`oráre cov.titvtiovveí déíinit le cadre des
contraintes et des incitations a partir duquel peu·ent se déployer les di·ers ar·
rav¸evevt. iv.titvtiovveí.. A leur tour, les or¸avi.atiov. tant publiques que pri·ées
,les íirmes, ne sont ·iables que pour autant qu`elles s`inscri·ent dans les
contraintes et incitations que ·éhiculent ces arrangements institutionnels. Inter-
·iennent de plus des covrevtiov., qui naissent de l`interaction spontanée et répé-
tée des agents entre eux , elles jouent un role sou·ent important dans la sociali-
sation des agents et la ·iabilité des organisations. Ainsi, les contraintes de rareté
n`apparaissent plus directement puisqu`elles sont en quelque sorte médiatisées
par la myriade de ces arrangements institutionnels codiíiant la relation entre
organisation et indi·idus ,íig. 6,.
° C`est l`intérêt des nou·elles théories institutionnalistes ,Aoki |2001[,
d`a·oir souligné que, dans ces conditions, ni les arrangements institutionnels, ni
les organisations, ne sont plus sélectionnés par l`é·olution en íonction de leur
eííicacité proprement économique. D`une part, le role íondamental des arran-
gements institutionnels est de déíinir la position des acteurs, de réduire
l`incertitude propre aux comportements stratégiques et de canaliser les compor-
tements, ce qui est une contribution majeure a la ·iabilité d`un systeme écono-
mique ,North |1990[,. D`autre part, une íorte áe¡eváavce ¡ar ra¡¡ort av cbeviv et av
¡a..e caractérise ces arrangements, qui, sous certains aspects, sont gou·ernés par
des mécanismes íonctionnellement équi·alant a ceux qui régissent l`é·olution
des normes et des techniques a rendements croissants ,Arthur |1994[ , Boyer,
Orléan |1992[,. Ces mécanismes se combinent pour induire la persistance d`une
notable di·ersité des institutions économiques, même pour les pays dé·eloppés,
a l`époque de la globalisation íinanciere ,Boyer, Souyri |2001[,. Il n`est de meil-
leur exemple de la persistance d`architectures institutionnelles diííérentes que la
trajectoire japonaise tout au long des années 1990 ,Boyer, \amada |2000[,.
Il est alors possible d`interpréter tant les succes que les échecs en matiere de
dé·eloppement.
° Pour certains pays et a certaines époques ,sou·ent apres des guerres ou
des troubles politiques majeurs,, l`architecture institutionnelle qui déri·e des
compromis politiques li·re une dynamique des organisations et des acteurs
économiques qui débouche sur un ¡roce..v. covtivv de création de richesses et de
transíormations sociales. Qu`on se sou·ienne des conséquences de la seconde
guerre mondiale pour les pays européens et le Japon, qui par·inrent a rattraper
une large partie de l`a·ance technologique américaine ,Boyer |1999c[,. Il en est
de même pour certains pays du Sud-Lst asiatique : la diííérence de trajectoire
économique entre des pays tels que 1aïwan et la Corée d`une part, les Philippi-
nes de l`autre, suggere la prépondérance des íacteurs politiques, et pas seule-
ment culturels et religieux, dans la dynamique du dé·eloppement.
í`.vvee áe ía re¸víatiov, v° :, 2ôô1 4¯

° Ln eííet, pour d`autres pays, ·ictimes de l`héritage d`une articulation a
l`économie mondiale íondée sur l`exportation de matieres premieres ou,et de
íortes inégalités héritées de la période coloniale, l`ordre politique ía·orise, au
contraire, le partage des rentes et non pas la création de la richesse. C`est en ce
sens que certains théoriciens ont pu parler de « dé·eloppement du sous-
dé·eloppement », image qui n`est pas exagérée lorsqu`on considere l`é·olution
tres déía·orable de la plupart des pays aíricains au cours des deux dernieres
décennies ,Bourguignon et Atkinson |2000[,.
Plus généralement, les conséquences politiques de la crise íinanciere des
pays du Sud-Lst asiatique ,Contamin, Lacu |1998[, ont remis au premier plan la
question des relations entre íe ¡oíitiqve et í`ecovoviqve ,Boyer |1999b[,. D`un coté,
il est de plus en plus reconnu qu`un Ltat, gardien de l`intérêt général et doté de
moyens suííisants, constitue une condition nécessaire a l`établissement d`une
stratégie de dé·eloppement. L`exemple de la Russie ·ient rappeler, a point
nommé, combien la décomposition de l`ancien Ltat so·iétique hypotheque le
passage a une économie de marché, puisque manquent la stabilité monétaire,
une déíinition et garantie eííecti·e des droits de propriété, un systeme de paie-
ment cou·rant l`ensemble du territoire, une capacité a collecter des impots pour
assurer les dépenses d`intérêt collectií, etc. Les exemples de la Chine ou de la
Pologne montrent combien l`existence d`un Ltat et d`un gou·ernement est
essentielle a la transition ·ers le marché et la modernisation économique, tech-
nologique et sociale. Mais d`un autre coté, sans des organisations pri·ées et des
institutions assurant une certaine pré·isibilité de l`é·olution économique et un
certain dynamisme de la création de richesses, il est diííicile a l`Ltat de jouer son
role, íaute de pou·oir préle·er les ressources nécessaires a son íonctionnement
,1héret |1992[,. Ln d`autres termes, politique et économique doi·ent é·oluer de
concert, car le succes des stratégies de croissance dépend de cette synchronisa-
tion, certes imparíaite mais absolument essentielle a íov¸ terve.
CONCLUSION : AU CUUR DLS RLClLRClLS INS1I1U1IONNALIS1LS,
L`LCONOMIL DU DLVLLOPPLMLN1
De ce panorama des théories et des stratégies du dé·eloppement il est pos-
sible de tirer une conclusion majeure en réponse a la question centrale posée en
introduction.
Ovi, l`économie du dé·eloppement est de·enue .,.teviqve et iv.titvtiovvaíi.te,
car elle a bénéíicié des enseignements de l`histoire, des a·ancées de la théorie et
est par·enue a une élaboration conceptuelle propre.
Ln eííet, analyse comparati·e du dé·eloppement et théorie économique
moderne constituent de bons antidotes a l`encontre des dogmatismes et des
idéologies qui opposent les conceptions inter·entionnistes a la ·ision libérale. Il
ressort qu`avcvve .trate¸ie ¡vre, c`est-a-dire íondée soit sur le « tout Ltat », soit sur
le « tout marché », n`a réussi, et la théorie coníirme les limites inhérentes a un
régime économique íondé sur un seul de ces deux mécanismes de coordination.
í`a¡re.·cov.ev.v. áe !a.biv¸tov : iv.titvtiovvaíi.te et .,.teviqve .

48
Une premiere solution consiste des lors a cov¡ev.er íe. faiííe. áv varcbe par des
inter·entions publiques adéquates et, ·ice ·ersa, a áe¡a..er íe. íivite. áe í`ítat
grâce a des processus mimant la concurrence du marché, dans le cas ou cela
s`a·ere possible.
Pour leur part, les crises obser·ées tout au long des années 1990 reníorcent
ce diagnostic. Si, dans les années 1980, on pou·ait attribuer certains cas de
sous-dé·eloppement a un e·ce. áe áiri¸i.ve, la crise íinanciere des années 199¯-
1998 a montré que l`e·tev.iov áv varcbe a ía fivavce et aux produits íinanciers
déri·és pou·ait aussi conduire a une déstabilisation des modes de dé·eloppe-
ment les plus dynamiques, comme l`étaient ceux des pays du Sud-Lst asiatique.
|v e·ce. áe varcbe peut nuire au dé·eloppement. L`éclatement, en 1998, du
« consensus de \ashington » qui gou·ernait la conception des organisations
internationales en matiere de dé·eloppement témoigne de cette prise de cons-
cience. Responsables politiques et experts sont a la recherche d`une nou·elle
doctrine au sens noble de ce terme. La plupart reconnaissent la nécessité d`une
nou·elle architecture institutionnelle ou tout au moins de regles du jeu en ma-
tiere de íinance internationale.
1ableau 5. |ve covce¡tiov áv áereío¡¡evevt fováe .vr í`ivvoratiov iv.titvtiovveííe

La cr|se du
consensus de Wash|n¿ton
Etat et marche :
une complementar|te au se|n
darran¿ements
|nst|tut|onnels var|es
1. Instabilité ou crises politiques 1. Re-légitimation de l`Ltat : promoteur de la
croissance et de la justice
2. Chomage,croissance des inégalités, consé-
quence des ajustements de marché
2. Au marché la coordination des décisions au
jour le jour, a l`Ltat les décisions stratégi-
ques
3. lragilité des institutions íinancieres et so-
ciales et íaiblesse de certains acteurs
3. la·oriser la densité des arrangements insti -
tutionnels et la capacité d`organisation des
acteurs
4. Sous in·estissement dans les inírastructu-
res collecti·es
4. Le secteur public assure la cohésion sociale
et les inírastructures collecti·es
5. lorte dépendance par rapport a l`en·iron-
nement international
5. Maintien d`un équilibre entre besoins
domes-tiques et compétiti·ité extérieure
6. Déstabilisation des régimes de croissance
par les mou·ements de capitaux
6. Ou·erture internationale diííérenciée en
íonction des objectiís nationaux et des
domaines
|iv áe. avvee. 1··ô íe áebvt áv ``!
e
.iecíe

1elle est la seconde ·oie ou·erte en ·ue de áe¡a..er íe áiíevve ítat,varcbe ,ta-
bleau 5,. D`une part, on le sait aujourd`hui, le succes du dé·eloppement tient a
la complémentarité de ces deux logiques et non pas a l`aííirmation de l`une
d`entre elles. laut-il le rappeler, le marché est une construction sociale dont
l`émergence et la ·iabilité supposent un riche ensemble de regles juridiques, de
codes et d`autorités chargées de son bon íonctionnement D`autre part, les re-
í`.vvee áe ía re¸víatiov, v° :, 2ôô1 49

cherches institutionnalistes contemporaines soulignent que des arrangements
institutionnels ivterveáiaire. evtre í`ítat et íe varcbe, tels les associations, les com-
munautés, les partenariats,. peu·ent jouer un role déterminant dans la conci-
liation des impératiís d`eííicacité dynamique, c`est-a-dire une croissance de la
producti·ité et du ni·eau de ·ie, et ceux de justice sociale, en l`occurrence une
répartition pas trop inégalitaire des di·idendes de la croissance.
Ln conséquence, il de·ient illusoire de rechercher le íacteur unique qui blo-
querait le dé·eloppement : une approche en termes d`interdépendance,
d`externalité, de complémentarité, s`impose. lorce est de reconnaitre le carac-
tere systémique et é·olutií du dé·eloppement.
Ainsi l`économie du dé·eloppement est-elle de·enue le terrain d`élection des
recherches sur les íondements institutionnels des économies, de l`exploration
des conditions d`apparition d`une dépendance par rapport au chemin et par
conséquent des analyses sur la persistance d`une grande di·ersité des coníigura-
tions institutionnelles, donc des modes de régulation. Ce programme de recher-
che s`applique aussi a l`analyse des économies de ·ieille industrialisation. Pour-
ra-t-on longtemps reconnaitre pour les économies en dé·eloppement une
·ariété des trajectoires que l`on récuse pour les autres, sous prétexte, par exem-
ple, que les 1IC imposeraient une « one best way » en matiere d`organisation
sociale et íinanciere ·
N`est-il pas préíérable de rechercher des arcbitectvre. iv.titvtiovveííe. qui soient
aáeqvate. a cbacvv áe. ¡a,. compte tenu de la spécialisation héritée du passé, la
conception générale du lien social et les choix politiques en matiere de stratégie
d`insertion internationale. Synchroniser la sophistication des institutions et des
organisations et l`approíondissement de la di·ision du tra·ail, tel est sans doute
le secret du succes. Cet enseignement est a ¡riori uni·ersel puisqu`il s`applique
aussi bien aux économies a·ancées qu`aux pays en ·oie de dé·eloppement.
Répéter a l`en·i l`opposition canonique entre Ltat et marché ou inno·er en
élaborant des théories plus respectueuses de la áirer.ite des situations locales
comme des enseignements de l`bi.toire íov¸ve, ·oila l`un des enjeux pour les stra-
tégies de dé·eloppement.
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