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Caria Casagrande Silvana Vecchio

Clercs et jongleurs dans la société médiévale (XIIe et XIIIe siècles)
In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 34e année, N. 5, 1979. pp. 913-928.

Abstract Clerks and jesters in mediaeval society 2th- 13th centuries Carla CASAGRANDE et Silvana VECCHIO The image of the jester elaborated by the priests in the XIIth and XIIIth centuries was that of social figure placed outside the Societas Christiana number of charges are levelled at the jester his improper and excessive use of speech and body his vagrancy and his being socially useless and dangerous Moreover histriones mimi joculatores are confined in space at once real and symbolic peopled by marginal and dangerous figures prostitutes charlatans of every kind animals and demons Often the condemnation of the jester becomes the condemnation of his public too While on the one hand these charges desmonstrate the marginal character of the jesters on the other they are used as negative pattern which shapes the figure and conduct of churchmen in particular This hostile attitude undergoes partial change with the rise of the Mendicant Orders Franciscans and Dominicans who enjoy closer contact with the Jesters minstrels buffoons because of their apostolic engagement are led to face them in more realistic fashion This is the beginning of revaluation of the figure which eventually leads to his reintegration into society St Thomas Furthermore it is possible to observe in the Franciscan milieu more ambiguous process both imitative and competitive when Franciscan preachers adopt the techniques St Francis Roger Bacon) their impact on the audience in the public squares becomes more dramatic

Citer ce document / Cite this document : Casagrande Caria, Vecchio Silvana. Clercs et jongleurs dans la société médiévale (XIIe et XIIIe siècles). In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 34e année, N. 5, 1979. pp. 913-928. doi : 10.3406/ahess.1979.294099 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1979_num_34_5_294099

LA CULTURE MEDIEVALE CLERCS ET JONGLEURS DANS LA SOC DI VALE XIIe ET XIIIe SI CLES Quelles ont été les attitudes des hommes glise égard de tous les personnages jongleurs mimes saltimbanques charlatans dresseurs ani maux danseurs bouffons acrobates écuyers qui occupaient dans la société médiévale espace du jeu et du spectacle Pour répondre cette question nous avons limité notre étude aux xne et xme siècles Car est le moment où affrontement entre culture cléricale et monde laïc est le plus vif pression permanente une culture populaire jamais étouffée émergence une culture urbaine choc violent des hérésies Les intellectuels les clercs se trouvent alors confrontés la nécessité de renforcer ou de réorganiser selon les cas idéologie qui permettait de penser la réalité et de régler la vie des hommes Limage du jongleur situé tout au bas de échelle sociale dans le monde laïc devient dans les textes des clercs la pierre de touche de ancien et du nouveau système de représentations Nous avons analysé la fois des textes normatifs et des textes théoriques en mettant en évidence leur spécificité une part de autre les rapports qui existent entre eux Parce que nous avons travaillé sur des sources exclusivement savantes notre recherche privilégie la figure du clerc par rapport celle du jongleur Saisi travers le discours des hommes glise ce dernier assure toujours une fonction dans les diverses démarches culturelles des clercs que accent soit mis sur sa négativité ou sur sa positivité est histoire et le sens de ces démarches que nous chercherons ici reconstruire Aux marges de la Societas Christiana Les clercs ne donnent du jongleur une description pauvre et répétitive saltimbanques chanteurs guérisseurs bouffons errent par les villes et les campagnes font étalage de leur corps difforme déformé nu masqués ou travestis ils chantent vendent des médicaments et de fausses reliques racontent ou miment des histoires présentent des singes des ours ou des chiens dressés univers du jongleur marginal et extravagant oppose la rigidité et la 913 .

LA CULTURE DI VALE stabilité des sociétés médiévales avec ses protagonistes aux fonctions mal définies en outre les descriptions hâtives et imprécises des clercs hostiles ne font que souligner la confusion des rôles et indétermination des personnages Peu préoccupés de décrire les activités des jongleurs les clercs se désintéressent plus encore du salut de leur âme On ne trouve dans ces textes aucun conseil destiné modifier leur conduite mais une seule exigence peremptoire cesser être jongleur2 Car celui-ci ne saurait en aucune fa on être un interlocuteur pour des clercs De fait le jongleur appartient pas la société des hommes et des fidèles inutilité sociale il ne sert rien ni personne suffit justifier son exclusion du corps social et de la communauté des fidèles Les chansons les représentations les masques les jeux les acrobaties ne garantissent ni la survie des corps ni le salut des âmes la différence des paysans qui travaillent la terre des nobles qui font la guerre des clercs qui prient les jongleurs qui se donnent en spectacle se consacrent une activité inutile et donc illicite qui satisfait inutiles donc illicites besoins le divertissement amusement le loisir Sans fonction sociale reconnue les jongleurs ont pas de place dans les représentations de la société que les hommes glise élaborent Dans la théorie des trois ordres ils sont rejetés de la catégorie des laboratores le spectacle du jongleur est pas un travail mais un péché4 ils restent exclus des représentations sociales successives qui intègrent les métiers que le développement artisanal et commercial des xiie et xme siècles place au ur de la vie sociale et qui mobilisent attention des hommes glise On ne trouve pas de sermons adressés aux jongleurs dans les manuels de prédication ad status des xne et xme siècles qui prennent pourtant en compte la complexité sociale de époque et incorporent des sermons destinés aux marchands aux artisans aux pauvres aux malades aux pèlerins et même aux prostituées Les jongleurs appartiennent jamais aucun status auquel le clerc puisse et doive adresser La perpétuelle errance des jongleurs confirme aux yeux des clercs leur exclusion du corps social Instables et vagants habitués passer une région autre sans domicile fixe les jongleurs sont de partout mais habitent nulle part présents dans les villes et dans les campagnes ils ne sont ni paysans ni citadins ils traversent toutes les classes sociales mais appartiennent aucune Ils sont la cour des puissants mais ils ne sont pas leurs hommes Compagnons des marchands dans les foires et des artisans dans les villes ils ont pas de place dans une organisation reconnue comme est le cas des marchands et des artisans Leur mobilité les rend étrangers organisation féodale des campagnes autant organisation artisanale et corporative des villes Ils entrent donc dans aucune des représentations sociales élaborées par les clercs homme glise ne adresse directement au jongleur que pour signifier ce implique son exclusion de la société des hommes et de la communauté des fidèles au regard de la loi civile et religieuse Les manuels de droit canonique les manuels de confession les décrets pontificaux conciliaires synodaux ratifient cette expulsion en refusant au jongleur accès aux sacrements et aux lieux sacrés7 il existe pour lui une lueur espérance pour ce qui est de son intégration comme pour le salut de son âme le prix en est trop élevé épreuve imposée renoncer son métier est si lourde elle confirme exclusion plus elle offre de chance réelle de réinsertion Aux marges de la société chrétienne le jongleur se trouve aussitôt réduit la condition de monstrum Entouré animaux et de démons il devient lui-même un 914 .

. Les accusations portées contre le jongleur tendent moins atteindre directement le confiner dans un monde de péché et signaler la communauté chrétienne le péril il incarne Sa vie et son activité étant 915 .CASAGRANDE VECCHIO CLERCS ET JONGLEURS être bestial et démoniaque Il perd sa dignité homme créé image de Dieu pour être plus une chose énumérée parmi autres choses et au même titre elles les dés les cartes le vin dangereux instruments de péché comme lui10 Le silence du clerc se justifie donc ceux qui appartiennent pas et ne peuvent pas appartenir la société chrétienne aux monstres et aux objets on ne parle pas on ne prêche pas la Parole de Dieu ceux qui par nature ne peuvent pas la comprendre Quand les hommes glise se préoccupent des jeux et des spectacles ils ne intéressent pas aux acteurs mais aux spectateurs le chapitre dans lequel Pierre le Chantre parle des jongleurs pour titre Contra dantes his on bus et non pas Contra histriones immane vitum dont parlent les canonistes propos des spectacles est pas celui des acteurs mais celui des spectateurs qui appauvrissent et donnent leurs biens au profit des jongleurs Bernard Silvestre prédit la pauvreté et la dérision non pas au jongleur mais homo iocularibus intentus Dans ces textes et dans autres semblables on condamne moins avidité de histrion on évoque le danger pour le spectateur de dilapider ses biens 12 Derrière cette critique perce une autre préoccupation qui est pas désintéressée le clerc craint que histrion ne prenne la place des seuls bénéficiaires licites de aumône les pauvres et glise 13 Mais autres péchés guettent encore adepte des jeux oisiveté et la luxure menacent le spectateur de la bien plus dangereuse ruine de âme Dans ces textes le spectateur seul ses biens son âme retiennent attention des clercs histrion en est absent Quand les hommes glise se préoccupent des milieux de cour ils évoquent la présence des jongleurs familiers des puissants Mais là encore ce est pas au jongleur que le clerc intéresse objectif réel est la curia et enjeu est idéologie que glise élabore sur et pour le pouvoir laïc Dans image négative de la curia histrion est toujours présent complice ou victime de la violence des puis sants qui refusent appui de glise et son rôle de guide Lorsque histrion est victime de la violence du pouvoir laïc il en atteste injustice incohérence la cruauté 14 Mais il en est plus souvent complice il soit bourreau la cour Pénitentiel de Robert de Flamborough ou il bénéficie des rapines sanglantes des puissants Jacques de Vitry)15 Quand il est pas dépeint comme un violent le jongleur est comme un flatteur un hypocrite acteur et symbole en même temps de cet écheveau intérêts et de vices de duplicité et de luxe est la cour aux yeux des clercs 16 Mais quand ils élaborent et diffusent le modèle du bon gouvernement juste envers les pauvres et respectueux envers glise alors le jongleur disparaît ou plutôt il doit disparaître parce il est du devoir du bon prince de le chasser de sa cour et de ses domaines Ici encore malgré incessantes allusions le jongleur est jamais au centre du discours clérical il est un pion sur échiquier que on peut placer déplacer sacrifier selon les cas dans la lutte pour le contrôle idéologique du pouvoir qui se joue entre la cour et glise Ut histriones.

LA CULTURE DI VALE honteuses turpes par définition les clercs ne se soucient pas de les décrire Pour en savoir davantage il faut recourir autres textes ceux où le jongleur sert de terme de référence et de comparaison pour toute une série attitudes ou de conduites que on veut condamner Dans ce contexte le discours vise régler les systèmes de conduite en particulier ceux des clercs Les accusations visent alors ceux qui se comportent ut histriones plus que les jongleurs eux-mêmes Dans ces pages où le jongleur est encore une fois absent on rencontre de précieuses indications sur les contenus et les attendus de sa condamnation Le geste tient ici une place fondamentale Dans le texte de Thomas de Chobham les plus turpes parmi les jongleurs sont ceux qui transformant corpora sua per turpes ltus et per turpes gestus est-à-dire que le jongleur est honteux avant tout cause de son corps déformé par un usage déréglé de la gestualité Ce que on entend par usage déréglé est très clairement défini dans tous les textes qui codifient une gestualité licite par opposition la gesticulatie Ailred de Rievaux Alain de Lille Pierre le Chantre Giraut de Cambrai tous emploient comme parfaitement équivalentes les expressions gesticulatie gestus histrionici turpes gestus pour caractériser des mouvements désordonnés distordre les lèvres rouler des épaules gesticuler avec les mains taper des pieds rouler les yeux agiter tout le corps 17 Les gestes de ce type dérèglent comme explique très bien Hugues de Saint-Victor le rapport naturel entre les différentes parties du corps aucune elles ne répond plus la fonction pour laquelle elle été créée mais se meut dans indécence et dans excès Le jongleur qui pourtant est jamais nommé dans les pages de Hugues de Saint-Victor en incarne le modèle parfait la perversion de usage du geste est ici poussée extrême limite pour provoquer le rire tandis que le spectacle du corps déformé devient signe et instrument de luxure Chaque fois que le geste un clerc paraît excessif désordonné et de quelque fa on spectaculaire image du jongleur est donc aussitôt évoquée Pour homme glise toute attitude théâtrale le moindre signe de complaisance envers soimême est un péché très grave Le geste mesuré immobilité complète est le signe une ferme maîtrise des passions Tels doivent donc être les gestes du clerc qui doit interdire évoquer un seul instant le jongleur dont la honteuse gesticulation trahit dans son incohérence le désordre de âme et une nature corrompue par le péché18 Le professionnel du geste spectaculaire est un personnage trop compromis pour on puisse douter du caractère négatif de ses paroles et de ses actes Bien plus son corps donné voir renvoie immédiatement une autre situation où le corps offre voir et vendre celle de la prostituée Maquillé et peint comme la prostituée histrion sert homme glise pour condamner toute une série de conduites celles qui chez les femmes surtout révèlent un amour excessif et un soin superflu portés au corps Les femmes qui par le maquillage et le luxe du vêtement transforment leur apparence en se donnant en spectacle évoquent la fois la prostituée séductrice et instrument de luxure et le masque du jongleur occasion de jeu et de divertissement mais aussi instrument de tromperie et hypocrisie lt> Que le nitor meretricius et habitus histrionicus soient souvent rapprochés 20 ne trahit pas seulement la volonté enfermer dans le même ghetto de péché deux marginalités mais rappelle une fois encore que le corps de homme est fait image de Dieu il est manifestation de sa puissance et il ne doit être rien autre que le moyen et objet de la pénitence Toute tentative pour le modifier en le maquillant pour le 916 .

CASAGRANDE VECCHIO CLERCS ET JONGLEURS cacher en le masquant pour le déformer par des gestes désordonnés est interdite ce serait en effet briser le lien spéculaire avec Dieu qui seul rend le corps digne attention et condamner implicitement oeuvre du Créateur en prétendant la perfectionner 21 Après le geste la parole Celle du jongleur pour le clerc une particularité qui la distingue des autres et la rend emblée condamnable la scurrilitas est par définition le péché de celui qui parle comme un jongleur En déformant complètement la fonction de la parole la scurrilitas porte atteinte la dignité de homme au point de le réduire au rang un sous-homme Verbositas hominem mutat in scurram transformat in mimùm in joculatorem deiicit humanae naturae deponit dignitatem Quand la parole est excessive et désordonnée quand elle envahit les espaces du silence elle se vide de tout sens elle ne communique plus rien fruit de la vanité elle la perpétue 22 Mais ce qui est inutile est encore nuisible la scurrilitas devient souvent la parole mauvaise du mensonge de adulation de la détraction Ces vices attachés ceux qui font de hypocrisie et de la duplicité leur métier menacent ceux qui ont perdu tout respect reverentia pour la Parole 23 Ceux qui détiennent le monopole de la Parole doivent donc se préserver tout particulièrement une contamination par la scurrilitas Le clerc sait que la Parole est tout entière dans criture et il ne reste homme que le prudent commentaire ou la contemplation silencieuse Sur sa bouche dépositaire de la Parole de Dieu le verbum scurrile le sermo risorius sonnent comme des blasphèmes 24 Et dans les moments voués la proclamation de la Parole la prédication au chant liturgique il suffit un mot scurrile une modulation trop affectée pour rompre ambiance sacrée et transformer glise en théâtre la chaire en scène 25 La pratique de son art et le mode de vie du jongleur peuvent donc servir illustrer les conduites prohibées le vagabondage la mendicité injustifiée la vie déréglée sont des vices autant plus condamnables ils sont associés des comportements diaboliques Ce est pas un hasard si la plupart des avertissements sont adressés aux hommes glise et surtout aux moines Ceux-ci incarnent le modèle de la perfection leur image doit être sauvegardée26 homme glise se désintéresse de la parole et du geste du jongleur ni son repentir ni son salut ne lui tiennent ur Ce personnage sans espoir de salut ne joue ici que le rôle rhétorique une référence négative qui permet de construire le modèle positif de la vie religieuse Sans être toujours nommé le jongleur est le terme permanent une comparaison implicite sur laquelle élabore la réglementation minutieuse obsession de la vie des clercs Plus il est turpis obscène diabolique plus le clerc en contrepoint affirme digne honnête saint histrion est absent expression limite du monde profane il entre dans le discours du clerc que pour confirmer la valeur du sacré On comprend dans ce contexte la signification de la transposition mystique du jongleur opérée par saint Bernard Quand saint Bernard se compare lui-même un jongleur dont il décrit en détail activité le turpis histrio se mêle image biblique de David dansant suggérant ainsi comment le passage doit être lu 27 Bernard/David illustre son désir humiliation en identifiant au plus vil des hommes Le jongleur comme le stultus le simplex Vydiota manifeste abîme de péché qui sépare homme de Dieu et la toute-puissance de intervention divine uvre dans le salut Par ailleurs ses gestes obscènes et ses postures contre917 .

LA CULTURE DI VALE nature figurent humilité comme bouleversement radical des valeurs mondaines scandale pour les bien-pensants le jongleur devient au contraire un spectacle agréable Dieu et aux anges Le thème de humiliation par le scandale 2S se mêle celui du théâtre mystique motif traditionnel qui accompagne interdiction du théâtre réel La scène devient symbole du monde et de histoire du salut mais plus encore ce que vit la chrétienté se mue en spectacle pour Dieu et pour les anges29 La moralisatio du jongleur annule pas la conception traditionnelle bien au contraire elle la confirme Au spectacle iucundus honestas gravis que le jongleur mystique donne son céleste public opposent de fa on plus nette encore le ludus puerilis les aetus sordidi que le jongleur réel représente pour exciter son public humain la luxure 30 Le silence de la théorie La condamnation de homme de théâtre se perpétue sans interruption au cours des siècles où le théâtre est absent31 absence de lieu fixe pour le spectacle errance permanente entre la cour la place publique et le monastère constituent on vu un des points forts de la condamnation Ce est pas le lieu ici envisager le problème des rapports du jongleur avec la renaissance du théâtre mais nous voudrions mettre accent sur une autre absence aussi significative celle des jongleurs et des histrions dans les premières réflexions théoriques sur activité théâtrale Hugues de Saint-Victor fut le premier intégrer la theatrica parmi les arts mécaniques dans le savoir encyclopédique médiéval32 Au moment où la scientia ludorum entre dans le champ du savoir le jeu le théâtre tout ce qui est spectacle divers titres acquiert une fonction positive dans édifice social Située comme toutes les sciences et les techniques dans histoire du salut elle trouve sa raison être dans la nécessitas dans la condition de besoin où se trouve homme après la Chute activité théâtrale est un remède comme les autres arts mécaniques pour un corps inévitablement corrompu et qui est comme son champ action et sa matière première est la santé du corps elle recherche parce elle rétablit travers le spectacle la laetitia originelle que le péché détruite 33 Ce noble dessein rachète la turpitude des lieux et des objets associés la pratique théâtrale Jeux et théâtres qui dans les pages Isidore de Seville se présentaient comme des inventions diaboliques sources de désordre de lascivité et même idolâtrie perdent chez Hugues de Saint-Victor leur connotation négative Ils sont devenus des instruments utiles bien que dangereux neutres par eux-mêmes même ils comportent toujours un risque excès abusus Hugues est bien conscient du fait que activité théâtrale exerce la limite de ce qui est licite que jeux et spectacles risquent de glisser vers illicite et vers le crime est pour parer ces dangers que les théâtres sont nés non pas comme bâtiments mais en tant espaces identifiés circonscrits légitimés Le théâtre avant être une activité est un espace Le jeu acquiert de légitimité que il peut insérer dans cet espace réglementé Les activités diverses de la theatrica se définissent en fonction des divers espaces où elles se déroulent Les théâtres les gymnases les cirques les arènes sont des lieux déserts les tragédiens ou les comédiens les musiciens les mimes les histrions les danseurs dont parlait Isidore sont absents de ces lieux peuplés seulement une vague et incorporelle ars theatrica La réflexion 918 .

CASAGRANDE VECCHIO CLERCS ET JONGLEURS théorique sur le théâtre implique de sacrifier les acteurs trop compromis avec le péché pour être blanchis et récupérés dans le projet de Hugues de Saint-Victor La légitimation il opère de espace scénique requis ne prend toute sa valeur en fonction de absence du jongleur est-à-dire de élimination de tous les espaces susceptibles accueillir réellement activité ludique Ce est pas un hasard si la theatrica seule parmi les arts mécaniques est rejetée par Hugues de Saint-Victor dans un passé indéterminé espace privilégié de la théorie face un présent difficile justifier Hugues ne se veut pas historien il ne parle pas un théâtre qui existe plus Il invente une scène théorique épurée et neutre hors de espace et du temps réels et sans acteur pour investir En construisant la theatrica Hugues détruit le théâtre reste une scène théorique vide mais légitimée une avantscène sans acteur mais un parterre comble une activité sans contenu mais pourvue une finalité précise Dès lors absence du jongleur explique est que la scène est un instrument trop puissant pour on le laisse aux mains des bouffons et des vagabonds idéologie du drame sacré est prête mais avant on puisse monter sur les planches il faudra oublier et faire oublier image traditionnellement méprisable des jongleurs Le silence absolu de Hugues qui parvient ne pas nommer histrion même en parlant de la gesticulatie est un silence lourd exclusions et de condamnations Thomas de Chobham aura plus les rendre explicites La démarche de Hugues de Saint-Victor soulève des oppositions dans la même école de Saint-Victor Geoffroy exclut immédiatement la theatrica des techniques plus tard les encyclopédies dominicaines en repoussent les conclusions Kilwardby oppose la théorie de Hugues les pages Isidore et élimine la theatrica des arts mécaniques Vincent de Beauvais rassemble dans le Spéculum histor ale tout ce qui été dit sur le théâtre introduisant dans le schéma victorin les descriptions et les réflexions Isidore Les mimes et les jongleurs dont parle Vincent sont désormais des pièces archéologiques sans aucun rapport avec la réalité du xine siècle Vincent de Beauvais se borne collecter les matériaux que les auctoritates ont fournis pendant des siècles est aux nouveaux théoriciens de ordre dominicain il appartient de chercher des solutions nouvelles un problème qui apparaît sous bien des aspects sensiblement modifié 34 Le prédicateur face au jongleur aventure franciscaine et la stratégie dominicaine attitude des clercs envers les jongleurs change avec apparition des ordres mendiants Il agit moins ici une réévaluation que un point de vue nouveau sur la question Pour la première fois homme glise le prédicateur dominicain ou franciscain partage dans son apostolat espace et le temps du jongleur Dépourvu un lieu propre le prêcheur itinérant se rencontre partout comme le marchand comme histrion il est dans les villes sur les places publiques sur les routes dans les foires dans les cours dans les fêtes et les pèlerinages Là il est face au jongleur et ne peut ignorer invective violente plus de sens ennemi doit être observé pour ce il est Le jongleur est plus un symbole de péché il en est seulement le signe Là où le jongleur se trouve un public écoute prêt le suivre dans la trivialité et la lascivité est ailleurs là est la place du prêcheur lui-même dans espace du jongleur devant son 919 .

LA CULTURE DI VALE public avec un répertoire qui ne lui cède en rien Cest en poursuivant le public où il soit pour intéresser et le séduire que dominicains et franciscains comptent re)donner glise une nouvelle réalité sociale Hors des enceintes des monastères dépourvus de tous moyens de subsistance ils doivent comme les jongleurs apprendre vivre des offrandes du public Humbert de Romans dans son De eruditione praedicatorum enseigne au prédicateur dominicain les vertus de paroles aussi douces que le chant et aussi agréables Dieu que les chansons des jongleurs le sont aux puissants de la terre 35 Il sait que sa prédication est un spectacle Il surtout appris reconnaître les lieux de son apostolat la présence insidieuse mais révélatrice du jongleur Le prédicateur franciscain cherche superposer son image celle de histrion qui se produit dans le même lieu recourant parfois aux mêmes procédés rhétoriques Rapport de concurrence et imitation qui échappe pas aux ennemis des Mendiants Guillaume de Saint-Amour leur reproche toutes les attitudes qui les rendent semblables aux jongleurs la mendicité la vagatio adulation hypo crisie avidité la fréquentation des cours et des banquets 36 Salimbene de Adam raconte dans sa Chronica que parmi les accusations adressées aux franciscains il yâ celle de se conduire ut histriones il agit selon lui un prétexte pour frapper une marque infamie les nouveautés de apostolat franciscain 37 Il est évident que le jongleur est plus pour les Mendiants seulement un modèle négatif il est tout la fois une source inestimable de procédés que le prédicateur doit approprier et un concurrent dangereux il importe de supprimer parce il menace la parole du prédicateur Dans les deux cas il agisse imiter histrion ou de le neutraliser les Mendiants doivent tenir compte de la réalité du jongleur et de la force de ses techniques de persuasion est justement sur les modalités de cette rencontre avec le jongleur que les stratégies dominicaine et franciscaine divergent Les franciscains semblent accepter au bout le défi du jongleur comme en témoignent divers épisodes révélateurs évoqués par les plus anciens textes sur les origines de ordre et la vie de saint Fran ois Ces actions spectaculaires qui confirment originalité de ordre ont fa onné image du jongleur de Dieu 38 Au-delà de faits bien connus saint Fran ois mimant le geste du joueur de viole chantant en fran ais se déguisant en mendiant)39 il convient insister sur ces aspects de apostolat franciscain et tout particulièrement de la prédication qui semblent être modelés sur le spectacle de la jonglerie Ceux qui comme le chroniqueur Thomas de Spalato ont assisté la prédication du saint ne manquent pas de souligner ce qui la distingue de la prédication traditionnelle40 le lieu aspect du prédicateur une technique de la parole tout fait insolite pour un homme glise un sermon qui ne débute pas par le traditionnel verset de la Bible 41 et par conséquent immédiate efficacité de la prédication La Vita prima et la Vita secunda de Thomas de Celano évoquent les aspects proprement spectaculaires émotion du prêcheur destinée provoquer celle du public une pratique gestuelle associée la parole et qui parfois la remplace42 La volonté de choquer et de scandaliser le spectateur passe dans certains cas par exhibition du corps et fait appel des attitudes résolument ludiques 43 Ces méthodes visent glorifier la puissance divine mais elles ne peuvent manquer évoquer dans esprit des spectateurs les jongleurs qui dans les mêmes lieux et avec les mêmes procédés suscitent le rire plus que le repentir la lascivité plus que humilité Bien sûr ces attitudes ne sont pas le fait de tous les franciscains elles 920 .

-Plus ou moins répandues dans ordre elles manifestent le choix franciscain celui une attitude plus ouverte égard du corps Cette conception est déjà présente dans les écrits de saint Fran ois côté de la conception ascétique traditionnelle et parfois même en conflit avec elle45 Les franciscains au xnie siècle ont eu intuition un corps qui est plus seulement le lieu et instrument de la pénitence ce qui légitime un plus ample recours aux gestes dans la prédication et en autorise même une justification théorique explicite est Roger Bacon maître université Oxford que on doit élaboration théorique de la nouvelle prédication franciscaine46 la prédication ne cherche pas convaincre par des appels la raison mais vise comme au théâtre provoquer chez le spectateur inquiétude le trouble émotion Le prédicateur adresse la volonté et au sentiment se présentant plutôt comme signe que comme médiateur de la doctrine il pour charge de divulguer ce propos Bacon rappelle au prédicateur une série de recours rhétoriques qui appartiennent pour essentiel aux techniques du langage poétique Mais il insiste tout particulièrement sur un autre type de techniques que on pourrait qualifier de théâtrales les émotions du prêcheur sa mimique sa gestualité ne sont pas des ornements accessoires indépendants de la profondeur et de la force de la doctrine urgence politique de cette prédication théâtrale impose que le prédicateur sache même se déguiser en musicien et en jongleur La musique seule lui enseigne composer son sermon selon un rythme qui sache entraîner âme du spectateur vers amour du bien ou vers la haine du mal La musique seule la capacité de seconder autre instrument dont le prédicateur dispose pour toucher son auditoire son propre corps Une mimique du visage capable exprimer toutes les passions de âme et un gestuaire qui mobilise toutes les possibilités de la communication corporelle sont parfois plus efficaces que les mots et le contenu doctrinal du sermon47 Observé et imité par les franciscains le jongleur en est pas pour autant accepté ou réhabilité Le jongleur de Dieu ne rachète pas la turpitude des vrais jongleurs il est vrai que le nouveau modèle surgit un moment où interdiction du jongleur change de nature48 on ne saurait affirmer elle en été une des causes déterminantes Alexandre de Haies le premier maître franciscain de université de Paris garde une position absolument traditionnelle propos des histrions et de ceux qui les entretiennent49 Berthold de Regensburg le prédicateur cher aux spirituels 50 exemple vivant de la prédication théâtrale que Roger Bacon souhaitait51 hésite pas reléguer les jongleurs dans la familia diaboli52 Bien plus dans la mesure où les franciscains ont accepté aller sur le terrain du jongleur et de combattre avec ses propres armes interdiction séculaire devient instrument une lutte pour la suprématie Un double problème se pose de concurrence et une nécessaire distinction Jongleurs et franciscains se disputent sur le même terrain et avec des méthodes similaires les faveurs et les offrandes du public Les franciscains reprennent leur compte accusation traditionnelle contre ceux qui entretiennent les jongleurs au détriment des pauvres de Dieu car étant pauvres et mendiants volontaires ils se sentent directement concernés imputation de se conduire ut histriones revient souvent elle sert établir des distinctions précises dans un milieu social où jongleurs et 921 .CASAGRANDE VECCHIO CLERCS ET JONGLEURS caractérisent origine du mouvement et se retrouvent par la suite chez les spirituels44 et chez ceux qui leur sont es Mais il ne agit en rien excentricités individuelles qui seraient le fait de personnages extravagants.

LA CULTURE DI VALE joculatores Domini pauvres par choix et pauvres par nécessité faux prédicateurs et membres des ordres les moins conformistes vivent côte côte 53 Le problème ïune identité est presque insoluble pour ceux qui comme les franciscains ont accepté de se déguiser en pauvre et en histrion mais cette confusion des rôles ne peut en aucun cas réhabiliter le jongleur La proximité du dominicain est pas pour le jongleur moins dangereuse Au moment où le prêcheur occupe son espace il le chasse de la scène Devenu acteur il dénie autres le droit de être et une fa on différente de la sienne Il veut monter seul sur les planches il transforme complètement par sa présence Le jongleur ne devient modèle que pour être rapidement exploité et aussitôt rejeté dans son univers de péché Lui ayant pris son espace et son public le prédicateur se doit effacer tout ce qui peut évoquer dans sa propre pratique Si le sermon est un spectacle il est pas un spectacle qui provoque le rire le prédicateur est sur les planches mais pourSubstituer aux jeux honteux des exemples honnêteté morale54 Une fois sur la scène le prêcheur propose au lieu des gestes et des expressions de histrion un maintien retenu et contrôlé au lieu du bruit des chansons et de absurdité des jeux de mots une Parole ordonnée et chargée de sens il ne recherche pas les applaudissements mais la soumission la Vérité Itinérant comme le jongleur mais non vagabond le prêcheur doit poursuivre son public Mais tandis que le premier erre toujours sur les routes et sur les places est du couvent que le prédicateur arrive et il les quitte pour retourner Conquérir une place est pour le jongleur objectif final de son activité pour le prédicateur étape un parcours La présence du prédicateur transforme espace où le jongleur été chassé la fête qui était que prétexte chants bavardages voire aux rixes et au tumulte offre avec le prédicateur un lieu pour la prière la méditation le silence Les cérémonies nuptiales deviennent fête religieuse sacrement au cours desquelles il faut éviter les jeux les chants excès de vin et de nourriture il en est de même pour les tournois les fêtes pour le retour des pèlerins les foires les banquets en honneur des défunts Alors que le clerc emportait contre la joie vaine de la fête profane le dominicain prône la joie mesurée de la fête ecclésiastique 55 Aux yeux du dominicain le jongleur est donc un ennemi réel qui la prétention exister hors de idéologie cléricale et par conséquent contre elle Ce qui est radicalement autre profane irrationnel doit être détruit Contre histrion qui ne cède pas la place au prédicateur une seule politique est possible la guerre sainte moins une nouvelle synthèse ne parvienne inclure autre dans une représentation sacrée du monde contrôler le profane travers institution ecclésiastique Saint Thomas Aquin pose le premier le problème au niveau théorique 56 Son originalité consiste justement admettre théoriquement existence du jongleur Il est plus possible comme le faisait Hugues de Saint-Victor de parler de activité ludique en ignorant les hommes qui en sont une fa on ou une autre les protagonistes Il faut enfin regarder en face le jongleur Il faut reprendre la chaîne séculaire des accusations en les formulant différemment et en les modifiant de intérieur Avant tout il faut reconnaître un élément fondamental le métier du jongleur Observé scientifiquement est un homme qui travaille pour vivre On ne naît pas jongleur on le devient En distinguant homme de son 922 .

pauperes débiles ceci claudi manei loripedes vel alias corpore deformati kalones joculatores saltatores 923 .CASAGRANDE VECCHIO CLERCS ET JONGLEURS métier une rupture est posée entre la turpitudo du métier et humanité du jongleur Cela suffit pour anéantir les accusations aussi vagues que lourdes qui assimilaient un être diabolique Les ministri Satanae sont poussés par le besoin exercer une activité qui seule leur permet de pourvoir leur subsistance Dès lors le jugement se déplace de homme au métier et la légitimité du profit Bien sûr le profit du jongleur comme le profit de la prostituée est turpe lucrum mais turpe ne signifie pas en soi illicite 57 Le profit du jongleur une raison être parce il est la juste récompense un travail La théorie du besoin transforme le péché en métier et crée les conditions de la légitimité du profit Ni aumône ni cadeau mais profit la rémunération du jongleur est plus accusée désormais de prendre la place autres formes offrandes plus dignes aux pauvres et glise Le problème se déplace ainsi sur activité ludique elle est plus un péché Légitime condition être modérée elle doit se situer au juste milieu entre le plaisir et le besoin Le jongleur qui en fait son métier peut exercer sans être turpis condition de respecter quelques contraintes exclure de son répertoire les mots et les gestes obscènes éviter de déborder sur les espaces et sur les temps sacrés Le jongleur le droit exister et exercer son métier condition de ne pas empiéter sur un domaine qui ne lui appartient pas le profane peut exister mais seulement dans les espaces que le sacré lui laisse Saint Thomas délimité pour le jongleur un domaine relativement autonome mais il fait plus encore il lui assigné une fonction sociale Supprimant accusation inutilité sociale il lui donne une place dans un monde où tout ce qui existe une fin La delectatio est une vertu qui le rôle non superflu de reposer âme en lui procurant le divertissement qui lui est nécessaire pour se livrer des activités supérieures Les jongleurs sont les dispensateurs de cette vertu leur fonction est pas inutile elle est irrempla able Saint Thomas accorde aux jongleurs selon les distinctions de la Somme une conscience et une morale professionnelles ils ont une place au sein de la société et des règles de conduite suivre De même il fournit aux spectateurs les arguments leur permettant de distinguer spectacles licites et illicites en dissipant la hantise du jongleur diabolique Mais le passage de la théorie la pratique effectue lentement et suscite des oppositions 58 Ce est au début du xi ve siècle que les solutions thomistes apparaissent dans les sommes et dans les manuels de confesseurs et de là parmi le plus vaste public des clercs engagés dans la diffusion de idéologie59 Alors seulement image du jongleur dépouillé de tout caractère diabolique pu atteindre la foule des simples fidèles Caria CASAGRANDE et Silvana VECCHIO Université de Pavle NOTES Plusieurs personnages font partie de univers de la jonglerie Cuonrad chantre de église de Zurich en donne une longue enumeration très significative Preterea ex omni natione professione conditione que sub celo est ad curias principùm confluunt et concurrunt.

sur les textes des clercs et nous employons leur vocabulaire nous appelons jongleur ou histrion tous ceux qui appartiennent de quelque fa on au monde du spectacle Dans cette direction il faut considérer la classification des jongleurs donnée par THOMAS DE CHOBHAM Summa Confessorum BROOMFIELD éd. cité pp 153-156 il emploie le célèbre passage de saint Paul Si quis non vult opera ri manducet II Thess. peut être la même personne Pour désigner tous ces personnages nombreux et indifférenciés les clercs emploient souvent comme équivalents les termes génériques et polysémiques de joculator et hystrio Nousmêmes avons travaillé. Graz 1959 Dist XXXIII 123 et III De consecr.LA CULTURE DI VALE fidicines tibicines lyricines tubicines cornicines hystriones gesticulatores nebulones parasitt umbre mensiuagi scurre ribaiai buflardi qdulatores cardones proditores traditores detractores susurrones filii perditionis apostate lotrices publice mulleres quasi syrenes usque in exitùm dulces Predicti et alia vilium hominum genera que longum est explicare. III 10) et la tradition qui le commente Les récompenses que les histrions obtiennent ne sont donc pas le gain un travail mais le résultat une tromperie Si le spectacle parce il est fiction est considéré par le clerc comme une tromperie association acteur/trompeur est pas seulement posée sur le plan symbolique dans les textes on enumere souvent parmi les jongleurs les charlatans les simulateurs les mystificateurs Sur ce thème jonglerie/tromperie) même pour les siècles suivants voir CAMPORESI libro dei vagabondi Turin 1973 HUGUES DE FouiLLOY De bestiis et aliis rébus PL 177 46 et THOMAS DE CHOBHAM cité En effet les jongleurs ne organisent en corporations assez tardivement au début du xive siècle Cf ce propos le chap Les corporations et les confréries dans RAL cité pp 128-142 Pour les textes de droit canonique voir YVES DE CHARTRES Decretum XXXI PL 161 167 GRATIEN Decretum dans Corpus iuris canonici FRIEDBERG éd. Dist II 95 1352 RUFIN Summa Decretorum Singer éd Aalen 1963 Dist LI pp 133-134 Pour les pénitentiels les textes plusieurs fois cités de Thomas de Chobham Robert de Flamborough et les pénitentiels anonymes cités par Farai pp 290-291 Enfin les décrets des papes des conciles des synodes sont rassemblés dans WADDEL Thé wandering scholars Londres 1930 Appendix Councils relating to the clericus vagus or ioculator etJ OGILVY Mimi scurrae histriones Entertainers of the Early Middle Ages Speculum 1963 pp 603-619 Jean de Salisbury dit on peut donner des aumônes aux jongleurs mais seulement ils renoncent leur malitia Policraticus WEBB éd. repr anast. Analecta Medievalia Namurcensia 25 1968 pp 291-293 Cette classification est pas notre avis une description mais une normalisation de activité des jongleurs au début du xine siècle En effet Thomas distingue les jongleurs selon un critère moral déjà signalé par ral cité 70 il les bons et les mauvais jongleurs Mais les bons jongleurs sont ceux qui ont renoncé tous les instruments de leur activité ceux qui pratiquement ne sont plus jongleurs Thomas de Chobham juge ad nihil utiles les jongleurs qui suivent les déplacements des cours Un texte anonyme du xuie siècle cité par ral cf 290) affirme que les uvres des jongleurs nihil prosunt humanae vitae sed obsunt Voir aussi PIERRE LE CHANTRE Verbum abbreviatum PL 205 155 et GILLES DE RBEIL Hierapigra ad purgandos praelatos éd part dans VIEILLARD Gilles de Corbeil essai sur la société médicale et religieuse au XIIIe siècle Paris 1909 VI 63-69 380 Parmi les accusations que Pierre le Chantre adresse aux jongleurs celle de ne pas travailler beaucoup importance Contre les curiosos non laborantes Verb abbr. Francfort 1965 VIII 241 Mais si le jongleur ne renonce pas son métier il ne lui reste que la condamnation Honorius Autun Habent spem joculatores Nullam Elucidarium PL 172 1148) Les animaux deviennent souvent symbole et personnification des vices des histrions Guillaume de Bar cité par Farai 320 compare les jongleurs aux porcs qui libentius ponunt linguam ad stercora mundi quam ad lapides pretiosos coeli Cuonrad chantre de Zurich dit que les histrions et leurs compagnons sont velud vultures ad cadaver et velud mu ce sequentes unguenti suavitatem. dans Farai cité 323 Mais animal qui plus que les autres représente la turpitudo du jongleur est le singe Le singe qui ailleurs était réellement employé dans les 924 . cité par RAL Les jongleurs en France au Moyen Age Paris 1910 323 Ces personnages ne sont pas spécialisés chacun eux peut dans le même temps acquitter des fonctions spectaculaires des autres celui qui dresse des animaux celui qui vend des remèdes celui qui fait des turnes gestus celui qui joue un instrument et qui chante celui qui exhibe son corps etc.

Fribourg 1972 153 14 ORDERIC VITAL Hist Ecel XII 19 15 ROBERT DE FLAMBOROUGH Liber Poenitentialis FIRTH ed. Toronto 1971 pp 165166 JACQUES DE VITRY op cit. 20 PIERRE LE CHANTRE Verbum abbreviatum PL 205 255 SAINT BERNARD Sermones in cantica XXXIII PL 183 958 Dans plusieurs textes les jongleurs et les prostituées sont associés dans la même condamnation selon Jean de Salisbury ils font partie des monstres humains qui doivent être exterminés par le prince Pol.CASAGRANDE VECCHIO CLERCS ET JONGLEURS spectacles de jonglerie représente avec son habilité dans le déguisement et sa gesticulation hypocrisie et la lascivité du jongleur NECKAM De naturis rerum WRIGHT éd. Londres 1863 210 animal compagnon ou symbole du jongleur et surtout le singe figura diaboli cf JANSON Ape and Ape Lore in the Middle Ages and the Renaissance Londres 1952 est le lien entre le monde de la jonglerie et le monde diabolique Le diable lui aussi accompagné ou symbolisé par des animaux réels ou imaginaires est pour le clerc toujours présent dans le spectacle du jongleur Honorius Autun appelle les jongleurs ministri Satanae Elue. Londres 1861-1891 51) 18 HUGUES DE SAINT-VICTOR De institutione novitiorum XII PL 176 938-943 Sur la correspondance gestes du corps/passions de âme cf J. cité IV 245 Gratien suivant saint Augustin In Psalm 102 13) condamne ensemble ceux qui donnent de argent aux histrions et ceux qui entretiennent les prostituées Decretum 86 VIII) 21 JACQUES DE VITRY Historia Occidentalis cité 152 homo pictus non est homo Voir aussi ETIENNE DE BOURBON cité pp 231-232 Le thème du masque et du déguisement ouvre toute une série de problèmes sur les rapports entre les jongleurs et la culture folklorique Le masque 925 . 81 16 Voir surtout le Policraticus de JEAN de SALISBURY et le chap III de Historia Occidentalis de JACQUES DE VITRY 17 Ailred de Rievaux décrit les gestes illicites des moines pendant les chants sacrés Spéculum Charitatis PL 195 171 Le texte est ensuite repris par GILBERT DE TOURNAI Sermones ad omnes status Ad mo acos nigros sermol Lyon 1511 Sur les gestus histrionici des moines pendant la marche cf le Tractatus de ordine vitae attribué saint Bernard PL 184 564 Alain de Lille dans VAnticlaudianus construit le modèle de la gestualité licite en recourant celui de homme idéal bienfait de la Pudicitia et de la Modestia qui lui assurent les gestes mesurés PL 210 551 Pierre le Chantre enumere chaque geste turpe au cours une dispute Verbum abbreviatum De modo disputandi PL 205 35 GIRAUT DE CAMBRAI décrit les gestus histrionici auxquels les moines recourent table pour remplacer la parole interdite par la règle De rébus se gest is dans GIRALDUS CAMBRENSIS Opéra BREWER ed.-F VON SCHULTE ed Aalen 1965 107 et de Rufin de Bologne Summa Decretorum SINGER ed Aalen 1963 De nombreux textes sont rassemblés dans NCKEBERG Die Stellung der Spielleute im Mittelalter Berlin-Leipzig 1910 13 JACQUES DE VITRY Historia Occidentalis J.-F HINNEBUSCH ed. cité 1148) Abélard définit le spectacle de la jonglerie comme une diabolica praedicat et parle en même temps de curia anemonum et conventus histrionum Theologia Christiana II PL 178 1210-1211 ailleurs le diable se déguise comme le jongleur pour tenter les hommes LECOY DE LA MARCHE Anecdotes historiques légendes et apologues tirés du recueil inédit tienne de Bourbon dominicain du XIIIe siècle Paris 1877 196 Dans les exempla tienne de Bourbon le diable se déguise en Christ en chevalier en clerc en paysan en moine en goliard 198) en Vierge Marie 199) en singe 284 Sur les rapports jongleur-animal-diable voir notamment article de SETTIS FRUGONI La rappresentazione dei giullari nelle chiese fino al xii sec dans contributo dei giullari alla drammaturgia italiana delle origini Atti del II Convegno del centro di studi sul teatro medievale rinascimentale Viterbe juin 1977 Rome 1978 pp 131-134 10 Voir surtout le livre du Policraticus de JEAN DE SALISBURY Le même thème chez ADAM DE PERSEIGNE Epistola XV PL 211 655 11 Cité par Farai 278 12 Cf les textes déjà cités de Abélard Jean de Salisbury Pierre le Chantre Gilles de Corbeil Epistola XV ae PIERRE DE BLOIS PL 207 58-59) et ïaDist LXXXVI VII-VIII de la Iré partie du Decretum de Gratien cité 299 avec les commentaires tienne de Tournai Die Summa über das Decretum Gratiani J.-C SCHMITT Le geste la cathédrale et le roi Arc 72 1978 pp 9-11 19 ETIENNE DE BOURBON cité 231 ad similitudinem illorum joculatorum qui ferunt faciès depictas que dicuntur artificia gallice cum quibus luduni et homines deludunt.

Le thème de la jonglerie dans les relations entre saint Bernard Abélard et Pierre le Vénérable dans Pierre Abélard-Pierre le Vénérable Colloque international du CNRS juillet 1972 Cluny Paris 1975 pp 671-687 La page de saint Bernard est reproduite presque intégralement par SAINT BONAVENTURE Quaestiones disputatae dans Opera Omnia Ad Claras Aquas 1901 122 et par GILBERT DE TOURNAI Eruditie regum et principùm DE POORTER ed.LA CULTURE DI VALE comme image des morts et le déguisement comme bouleversement de toute règle renvoient aux fêtes collectives populaires Carnaval Fête du début de Janvier ou de Mai Fête des Fous etc. 21 -25) qui se répète dans la tradition chrétienne on peut voir sur ce sujet MOLLAT DERVILLE Folie de la croix dans Dictionnaire de spiritualité Paris 1962 635-650 avec indication des textes les plus significatifs Références de textes et riche bibliographie dans article de LECLERCQ idiot la lumière de la tradition chrétienne Revue histoire de la spiritualité 1973 pp 288-304 Le thème de la sainte folie est amplement traité aussi par SWAIN Fools and folly during the Middle Ages and the Renaissance New York 1932 29 RABAN MAUR De universo XXXVI PL 111 553 XVI PL 111 547-548 partir de saint Paul Cor IV le thème du monde comme théâtre est repris par Tertullien De spectaculis VII) SAINT AUGUSTIN Sermo LI cap PL 38 333) HONORIUS AUTUN De gemma animae PL 172 570) SAIRE DE HEISTERBACH Dialogus miraculorum STRANGE ed. étudiées par CHAMBERS The medieval stage Oxford 1903 et par TOSCHI Le origini del teatro italiano Turin 1955 Ces textes des clercs ne permettent pas de définir avec exactitude le rôle joué par les jongleurs dans ces rites Mais la vagatio reprochée aux jongleurs et la variabilité de leur répertoire en font des éléments de circulation importants entre les différentes cultures tandis que autres accusations obscénité la gesticulation la scurrilitas idolâtrie même sont directement reliées aux interdictions des rites et des fêtes populaires AB LARD Theologia Christiana PL 178 1210-1211 HUMBERT DE ROMANS De eruditione praedicatorum Bibliotheca Maxima Patrum XXV Lyon 1677 XCIV In quibusdam festis 563 JEAN DE FRIBOURG Summa Confessorum Lyon 1518 279 280 286 cf aussi la Decretale du pape Innocent III du 1207 dans le Corpus Juris Canonici FRIEDBERG ed. Cologne-Bonn-Bruxelles 18511 359 Voir encore JEAN DE SALISBURY Polier. cité II III tit XII 451 Ce qui confirmerait hypothèse de Bakhtine du bouffon médiéval comme véhicule permanent du Carnaval BAKHTINE Fran ois Rabelais et la culture populaire au Moyen Age et sous la Renaissance trad frse Paris 1970 introduction) 22 ALAIN DE LILLE Summa de arte praedicatoria PL 210 163-164 Sermo quippe risorius ex vanitate est et ad vanitatem tendit RAOUL ARDENT Spéculum universale cité par BALDWIN Masters princes and merchants Princeton 1970 II 140 23 NECK De naturis rerum cité pp.. Londres 1886-1889 pp 24-30 30 La page de saint Bernard acquiert sa pleine signification elle est mise en relation avec image traditionnelle du jongleur comme le plus turpis des hommes ainsi que fait Jean Leclercq en joignant une recherche iconographique cf LECLERCQ Joculator et saltator Saint Bernard et image du jongleur dans les manuscrits dans Translatie studii Toronto 1973 pp 124-148 id. Lou vain 1914 33 31 Sur le problème très discuté de la présence du théâtre au Moyen Age on renvoie LOOMIS Were there theatres in the twelth and thirteenth centuries with commentary by COHEN Speculum 1945 pp 92-98 et BIGONCIARI Were there theatres in the twelth and thirteenth centuries Romanic review 1946 pp 201-224 926 . cité 164-165 24 SAINT BERNARD De consideratione II XII PL 182 756 Cf aussi DAMIEN Apologeticus ob dimissum Episcopatum PL 145 453-454 25 HUGUES DE SAINT-VICTOR De claustro anirnae PL 176 1080 AILRED DE RIEVAUX Speculum Charitatis PL 195 171 ALAIN DE LILLE dans la Summa de arte praedicatoria met en garde contre toute prédication theatralis et mimica qui recherche applaudissement plus que la vérité et le salut des auditeurs PL 210 112-114) 26 Tout cela est dit très explicitement dans un passage de Robert Grosseteste WENZEL Robert treatise on confession Deus est Franciscan studies 1970 290 27 SAINT BERNARD Epistola LXXXVIL PL 182 217 28 est le thème paulinien de la croix comme scandale et folie Cor.316 et 327 voir aussi JEAN DE SALISBURY Policraticus cité III 178 ALAIN DE LILLE Summa.. cité VIII Dans ce genre un texte tout fait extraordinaire est le passage de ROGER DE WENDOVER Flores historiarum HEWLETT ed.

parmi les autres JOERGENSEN Den hellige Frans af Assisi Gyldendale 1907 IIP partie DE STEFANO Riformatori ed eretici del Medio Evo Palerme 1938 pp 112 ss) mais expression est surtout employée pour indiquer activité poétique de saint Fran ois ou des franciscains cf BENEDETTO cantico di Frate Sole Florence 1941 IV et ANCONA Jacopone da Toai il giullare di Dio nel secolo XIII Todi 1914 Très intéressante est la suggestion de GINZBURG qui voit dans cette désignation adhésion de saint Fran ois au patrimoine folklorique du Moyen Age Folklore magia religione dans Storia Italia caratteri originali Turin 1972 615 39 Speculum perfectionis cité pp 22 et 185 THOMAS DE CELANO Vita II dans Analecta Franciscana Ad Claras Aquas 1926-1941 III 29 Legenda Triùm Sociorum DA CIVEZZA DOMENICHELLI ed. Rome 1899 122 40 LEMMENS Testimonia minora saeculi XIII de Francisco Assisiensi Ad Claras Aquas 1926 cf aussi DE NANTES La première prédication franciscaine tudes franciscaines 1913 pp 357-377 41 Dans le chap 145 des Fioretti saint Fran ois prend comme thème du sermon un petit refrain populaire en langue vulgaire 42 THOMAS DE CELANO Vita 19 et 27 Vita II 73 et 157 Sur la prédication théâtrale de saint Fran ois cf MICCOLI La storia religiosa dans Storia Italia cité pp 830-835 43 Frère Genièvre se déshabille complètement devant auditoire prêt écouter un sermon pose ses robes sur sa tête et reste ainsi une journée entière ou encore se dandine longuement sur une balan oire afin de se montrer vil aux yeux des spectateurs Vita Fratris Juniperi dans Analecta franciscana III Ad Claras Aquas 1897 IX Frère Gilles en signe humilité et de joie baisait les pierres de la route AASS avril III 227) 44 Hugues de Digne un des premiers spirituels de Provence enumere parmi les signes du parfait religieux habitus deformitas la peregrinatio vel instabilitas la vocàbuli despicabilitas De finibus paupertatis dans SISTO Figure del primo Francescanesimo in Provenza Florence 1971 330 Jacopone de Todi lie le thème de la jonglerie celui de la sainte folie dans sa prédication il mêle la mimique la gestualité la musique cf PACHEU Jacopone da Todi prédicateur populaire tudes franciscaines 1913 pp 504-517 Salimbene de Adam ne méprise pas les levitates des Frères Mineurs mais au contraire il les décrit avec indulgence Chronica cité 213) et parfois même avec complaisance 262 cf ALATRI Predicazione predicatori francescani nella cronica di Fra Salimbene Collectanea franciscana 1976 pp 63-91 qui pourtant ne parle pas des capacités vocales des frères un des aspects sur lesquels Salimbene insiste le plus 45 Faute études particulières sur ce sujet nous nous limitons signaler le passage de la 927 . Paris 1898 IX 100 197 TAMASSIA Francesco Assisi la sua legenda Padoue-Verone 1906 pp 170-171 retrouvé la source de expression joculator Domini dans les Dialogi de Césaire de Heisterbach cité 359 Dans la littérature critique le thème revient souvent cf. Lille-Gembloux 1951 74 KiLWARDBY De ortu scientiarum JUDY ed. Toronto 1976 XL 373 VINCENT DE BEAUVAIS Speculum doctrinae Strasbourg 1477 LXII XCII 35 HUMBERT DE ROMANS De eruditione praedicatorum cité 428 36 GUILLAUME DE SAINT-AMOUR De periculis novissimorum temporum dans Opera omnia Constance 1632 49 et pp 61-62 66 68 37 SALIMBENE DE ADAM Chromca Bari 1966 616 38 Speculum perfectionis SABATIER ed.CASAGRANDE VECCHIO CLERCS ET JONGLEURS 32 HUGUES DE SAINT-VICTOR Didascalicon II XXI et XXVIII PL 176 760-763 cf aussi RICHARD DE SAINT-VICTOR Liber exceptionum CHATILLON éd. Paris 1958 XIV-XXI 104-111 Pour une rapide histoire de la theatrica cf TATARKIEWICZ Theatrica thé science of entertainment from the XIIth to the XVIIth century Journal of history of ideas 1965 pp 263272 33 HUGUES DE SAINT-VICTOR Didascalicon VI De ortu theoricae practicae et mechanicae PL 177 745 Plus ample la théorie de tria bona tria mal tria remédia dans Richard DE SAINTVICTOR cité pp 104-105 Sur origine des artes mechanicae selon école de Saint-Victor cf ALESSIO La filosofia le artes mechanicae nel secolo XII Studi Medievali 1966 et BARON Science et sagesse chez Hugues de Saint Victor Paris 1957 pp 36-37 34 GEOFFROY DE SAINT-VICTOR Microcosmus Delhaye éd.

Londres 1859 pp 303310 Sur la politique culturelle de Bacon cf ALESSIO Mito scienza in Ruggiero Bacane Milan 1957 II 47 Opus Tertium cité pp 305-308 Moralis cité 258 48 Cf LE GOFF Métiers licites et métiers illicites dans Occident médiéval Annales de école des hautes études de Gand tudes historiques 1963 50 49 ALEXANDRE DE HALES Summa Theologica Ad Claras Aquas 1930 inq III tract III sect III III pp 470-473) 50 SALIMBENE DE ADAM Chronica cité pp 279-285 51 Roger BACON Opus Tertium 311 52 Cité par LE GOFF Métiers. cité 48 53 SALIMBENE DE ADAM Chronica cité 587 et 867 pp 382 679 819 903 54 HUMBERT DE ROMANS Expositie super Regulam Beati Augustini me 1602 CLXX 369 Encore en 1354 le dominicain Jacopo Passavanti reproche certains prédicateurs de ressembler des giullari romanzieri buffoni Lo specchio della vera penitenzia Florence 1821 II 109) 55 HUMBERT DE ROMANS De eruditione praedicatorum cité II XCIV pp 540 563 56 SAINT THOMAS Summa Theologiae 2-2 168 et 178 57 SAINT THOMAS cité 2-2 32 58 Cf dans le même ordre des Prédicateurs GUILLAUME RAULT Summa virtutum äc vitiorum Paris 1668 De peccato linguae XXIII De scurrilitate 415 59 Le dominicain Jean de Fribourg reproduit presque la lettre les évaluations thomistes propos des histrions et de leurs spectateurs Summa confessorum Lyon 1518 II XXII Encore la fin du xive siècle le dominicain Antonin de Florence ne considère pas Vars des histrions comme illicite en soi mais reprend les limitations traditionnelles pas de turpia sauf dans les temps et les lieux établis) auxquelles il ajoute une interdiction pour les spectacles qui sont dangereux pour la vie des jongleurs Summa maior Nuremberg 1478 pars III tit VIII cap VI 12) 928 . cité pp 615-616 46 uvre entière de Roger Bacon est consacrée cette entreprise mais est surtout dans la Moralis la VIIe partie de VOpus Maius il expose sa théorie de la prédication Pour édition complète de la Moralis voir Roger BACON Moralis philosophia MASSA éd. cité 97 191 où cette contradiction est évidente Intéressantes observations sur ce thème dans GINZBURG Folklore.LA CULTURE DI VALE Legenda Triùm Sociorum cité 110 cf aussi Spec Per f. Zurich 1953 Cf aussi VOpus Tertium dans Roger BACON Opera Inedita BREWER ed.