LE TARZAN

Dossier pour la commission des objets mobiliers de l’Hérault (vendredi 23 octobre 2009)

Dossier RESSOURCES Ressources consultées Extraits et dépouillement

RESSOURCES CONSULTEES
ARCHIVES ADMINISTRATIVES Dossier des Douanes de Sète concernant le « Tarzan » Actes de vente (1965-2008) Acte de francisation (1960-1979) Identité du navire et immatriculation (1960-1995) Jaugeage maritime (1960) Association pour la sauvegarde des vieux gréements (1987) Moteur (1965-1983) Aurore (1960-1978) Documents tunisiens (1954-1957) Dossier des Douanes de Sète concernant l’« Aurore » Note manuscrite au dos d’un courrier adressé par V.MARINELLO au Receveur Principal des Douanes Dossier des Affaires Maritimes de Sète concernant le « Tarzan » Rôles d’équipage de 1966 à 1978 Archives personnelles d’Antoine FORTINO Livret professionnel maritime, Régence de Tunis, 1954-1957 Attestation du Service central des rapatriés, Bordeaux, 1977

DOCUMENTS ICONOGRAPHIQUES Photographies de gangaviers et chalutiers, années 1950, Sfax Archives privées des familles GRAFFEO, RUVIO, FORTINO Photographies du Tarzan, 1950, Sfax Archives privées de la famille MARINELLO Photographies du Tarzan, années 1980-90-2000, Languedoc-Roussillon Archives privées de Gille BOUTIBONES, Patrick SABATE, William CHERINO Cartes postales et photographies, Sète, années 1960 Archives privées de William CHERINO Archives privées de la famille FORTINO

ARTICLES DE PRESSE Midi Libre, Archives Départementales de l’Hérault Vendredi 26 juillet 1957, page 4, « 5 chalutiers tunisiens à Sète » Samedi 27 juillet 1957, page 4, « Venant de Sfax, cinq chalutiers tunisiens sont arrivés dans notre port »

BIBLIOGRAPHIE P-A.HENNIQUE, Les caboteurs et pêcheurs de la côte tunisienne. Pêche des éponges. [réédition] Nice, éditions OMEGA, 1989. 1ère édition : Gauthier-Villars et Fils, Libraireséditeurs, Paris, 1888.

PERSONNES RESSOURCES Rocco MORELLO Les frères Nuncio et Joseph RUVIO Les frères Paul et François GRAFFEO Vincent FORTINO

EXTRAITS et DEPOUILLEMENT
ARCHIVES ADMINISTRATIVES Dossier des Douanes de Sète concernant le « Tarzan »

Dépouillement des archives des douanes de Sète Actes de vente
Acte de vente du 2 septembre 2008, Perpignan Vendeur : Georges SABATE Acheteur : William CHERINO Vente : Totalité Immatriculation : 310587V (Port Vendre) Francisation : 4570103650 (Port la Nouvelle) Port de Stationnement : Canet en Roussillon Acte de vente du 11 septembre 1995, Port-Leucate Vendeur : Jean-Louis RICHARDIS Acheteur : Georges SABATE Vente : totalité de ses parts soit 50% Immatriculation : 310.587V (Port-Vendres) Francisation : (Sète) Port de Stationnement : Acte de vente du 28 septembre 1993, Céret Vendeur : Jean-Louis RICHARDIS Acheteur : Georges SABATE Vente : 50% Immatriculation : Francisation : 77709 (Sète le 3 avril 1979) Port de Stationnement : Port Leucate Acte de vente du 19 septembre 1993, Villeneuve Vendeur : Jean SEGUI Acheteur : Jean-Louis RICHARDIS Vente : 10% Immatriculation : 310 587V (Port-Vendres le 25 octobre 1983) Francisation : 1783 (Sète le 25 août 1960) Port de Stationnement : Port la Nouvelle Acte de vente du 25 octobre 1983, Valras Vendeur : Jean SEGUI Acheteur : Jean-Louis RICHARDIS Vente : 40% Immatriculation : 310 587 (Sète) Francisation : 4570/365 (Port la Nouvelle le 3 juin 1983) Port de Stationnement : Acte de vente du 2 novembre 1978, Sète Vendeur : Alain LEBOFFE et Ange CALLI Acheteur : Jean-Louis RICHARDIS et Jean SEGUI Vente : totalité, coque (pas de moteur) Immatriculation : 310 587 Francisation : (Sète)

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Port de Stationnement : Sète Utilisation avant la vente : pêche / Utilisation après la vente : plaisance Acte de vente du 2 juin 1977, Sète Vendeur : Joseph MARINELLO Acheteur : Ange CALLI et Alain LEBOFFE Vente : totalité, 50% chacun, avec licence Chalut Immatriculation : 1991 Francisation : 77.709/2 (Paris le 13 août 1968) Port de Stationnement : Sète Acte de vente du 3 août 1965, Sète Vendeur : Vincent MARINELLO Acheteur : Joseph MARINELLO Vente : 51% (Description reprenant l’acte de francisation du 25 août fait à Paris, n°77.709/1) Immatriculation : 1783 Francisation : Port de Stationnement : Sète

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Francisation
Acte de francisation, n°77.709/3, avril 1979, Montpellier Différences avec le précédent acte de francisation : - Constructeur : Pierre MANNO, Sfax, Tunisie - Propriétaires : Jean-Louis RICHARDIS et Jean SEGUI (pour 10%) Bordereau d’envoi (Direction Gale des Douanes et Droits Indirects), 24 avril 1979 A l’attention du Receveur principal de Sète. « Documents joints » : Acte de francisation n° 77709/3 du Tarzan en retour après visa. Demande de vérification des dates reprises à la rubrique « caractéristiques » du bateau : Date d’importation 26 juin 1960 et date d’établissement de jauge 1er juin 1960. Réponse manuscrite : ces dates sont celles qui figurent sur les documents. « Il semblerait que ce bateau n’a pas été dédouané dès son arrivée en France. Par contre les formalités de mesurage ont été effectuées avant le dédouanement. » Carte-lettre (Administration des Douanes), 20 août 1968, Sète Adressée à Joseph MARINELLO Pour retirer le nouvel acte de francisation du bateau Acte de francisation, n°77.709/2, 13 août 1968, Paris Nom antérieur : Construit à Sfax, Tunisie Mis à l’eau le : Pavillon antérieur : Tunisien Importé de : Tunisie Bureau d’importation : le : 26 juillet 1960 Lieu de la première francisation : Sète le 25 août 1960

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Port d’attache : Sète n° d’inscription : 1.783 Qx maritime : Sète n° d’immatriculation : 1.991 Catégorie : pêche Certificat de jaugeage établi à Sète le 1er juin 1960 Bois, 2 mâts, 1 pont Longueur de signalement : 20,54 m Plus grande largeur extérieure : 4,90 m Hauteur au milieu du bateau sous le ps : 1,74 m Volume de la coque : 31,18 tx Constructions supérieures : Jauge brute : 31,18 tx Déductions : 9,98 tx Jauge nette : 21,20 tx Moteur : 2 moteurs Baudouin DKN6 (160 CV *2) (moteurs débarqués, tampon du 27/11/ 1978) Propriétaire : Joseph MARINELLO, puis Ange CALLI (50%) et Alain LEBOFFE (50%) par acte de vente du 2 juin 1977. Projet d’acte de francisation, n°960, 14 juin 1966, Sète (formulaire n°301) Motifs de la demande francisation et genre de navigation : remplacement par un acte nouveau modèle, navigation de pêche Changements : - la motorisation : 2 moteurs Baudouin, type DNK 6, 160*2=320cv - propriétaire : Joseph MARINELLO Acte de francisation, n°77.709/1, 25 août 1960, Paris Chalutier moteur, bois, Tarzan, construit à Sfax en 1950. Importé de Tunisie le 26 juillet 1960 où il était sous pavillon tunisien. Francisé à Sète, n° de brevet 299 du 1er août 1960. Attaché au port de Sète sous le n°1783. 1 pont, pas de vaigrage, 2 mâts Longueur : 20,54m Plus grande largeur ext : 4,90m Hauteur sous pont : 1,74m Volume de la coque : 31,18tx Jauge brute : 31,18tx Jauge nette : 21,20tx Propriétaire : 51% à Vincent MARINELLO, 49% à Joseph MARINELLO Acte de francisation provisoire, n°299, 1er août 1960, Sète (formulaire n°303) Chalutier moteur, bois, Tarzan, construit à Sfax en 1950. Importé de Tunisie le 26 juillet 1960 où il était sous pavillon tunisien. Attaché au port de Sète sous le n°1783. 1 pont, pas de vaigrage, 2 mâts Longueur : 20,54m Plus grande largeur ext : 4,90m Hauteur sous pont : 1,74m Volume de la coque : 31,18tx Jauge brute : 31,18tx Jauge nette : 21,20tx

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Propriétaire : 51% à Vincent MARINELLO, 49% à Joseph MARINELLO

Identité du navire et immatriculation
Fiche matricule, n°463, 13 septembre 1995 Modification des enregistrements Au nom de Georges SABATE Fiche matricule, n°382, 13 juillet 1994 Modification des enregistrements Au nom de Jean-Louis RICHARDIS Fiche matricule n°1783F, 1er août 1966 (formulaire 304A) Bureau de douane : Sète Annotations postérieures à l’établissement de la fiche, en rouge. CALI Ange 14 rue Elie Elia Sète

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Nom et prénoms propriétaire N° et rue Ville Nom du navire Type du navire Année de construction Pays de construction Pavillon antérieur Mode de propulsion

du MARINELLO Joseph 6 bis quai Aspiran Herber Sète Tarzan chalutier 1950 Tunisie tunisien 2 moteurs Baudouin diesel 160*2 pêche Pêche côtière 31,18 21,20 fr fr 12 1 Tunisie 26/07/1960 FTUE Qx maritime de Sète n°1991 Sète, le 1/06/1960, motif : francisation

Puissance des appareils moteurs Catégorie Genre de navigation Jauge brute Jauge nette N° de francisation Nationalité du propriétaire Pavillon du navire Nbre de mois restant à recouvrir Nbre de pont Constructeur (nom, département) Date d’importation Signal distinctif Immatriculation Jaugeage

Moteurs débarqués 2/12/1978 barré

le

Copropriétaires Hypothèques

LEBOFFE Alain (50%) 1960 (2), 1965, 1968, 1970, 1976, 1977 (2), dernière radiation le 21 novembre 1978

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Fiche d’identité d’un navire (pas de date mais postérieure à 1965) (formulaire
n°304)

Chalutier moteur, bois, Tarzan, construit à Sfax en 1950. Importé de Tunisie le 26 juillet 1960 Lieu et date de francisation : Sète, 1er août 1960 N° de francisation : 1783 N° du brevet de francisation : 299 Longueur : 20,54m Plus grande largeur ext : 4,90m Hauteur sous pont : 1,74m Jauge brute : 31,18tx Jauge nette : 21,20tx Propriétaire : 51% à Vincent MARINELLO, 49% à Joseph MARINELLO, puis Joseph seul. (Douanes Françaises) (formulaire n°305) Document qui signale un changement de propriété : le 8 juillet 1965 Vincent MARINELLO a vendu sa part du bateau. Note manuscrite en rose : « Avant toute opération concernant le Tarzan, qui est également immatriculé en Tunisie, consulter les dossiers des bateaux de pêche tunisiens MARINELLO et Cie. Demande d’immatriculation, n°1783, 1er août 1960, Sète (formulaire n°300) Vincent MARINELLO demande (conjointement avec Joseph MARINELLO) à ce que le Tarzan soit attaché au port de Sète.

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Jaugeage maritime
Jaugeage maritime, Certificat de mesurage, (Direction Gale des Douanes et Droits indirects), 1er juin 1960 (formulaire n°341) Région de jaugeage : Marseille Port de mesurage : Sète Noms antérieurs : Tarzan Catégorie : pêche Nationalité : tunisienne Port d’attache : Sète N° officiel donné par l’Inscription maritime : Propulsion : mécanique Lieu et année de construction : Sfax Nom et adresse du constructeur : Pierre MANNO, Sfax Nbre de ponts : 1 Nbre de mâts : 2 Type de navire : chalutier Description de l’étrave : élancée Description de l’arrière : forme arrondie Matériaux : bois Nbre d’hélices : 1, pas d’aube Description de l’appareil moteur : Bürgmaster Aefa Waine, 180CV, 4 cylindres, à gasoil Nom et adresse du constructeur de la Nbre de cheminées :

machine : Aefa, Danemarck Nom et adresse du propriétaire : MARINELLO Vincent et Joseph, Sète Jauge brute : 31,18 tx Jauge nette : 21,20 tx Longueur de tonnage : 18,80m Longueur de signalement : 20,54m Largeur de signalement : 4,90m Creux au pont de tonnage : 1,74m Longueur extrême : 20,54m (Inspecteur central : A.GUERRE) Jaugeage maritime, Mesurage du volume sous pont de tonnage et des constructions supérieures, détermination des volumes entrant dans la jauge brute, (Direction Gale des Douanes et Droits indirects), 1er juin 1960 (formulaire
n°342 et 343)

Dossier de données chiffrées pour arriver à 31,18 tx brut et 21,20 tx net. Constructions au-dessus du pont : cabine du gouvernail (2,55m de long / 2,20 de large / 2,22 de haut), claire voie (3,27m de long / 2,20 de large / 0,85 de haut) Courrier de Vincent et Joseph MARINELLO, patrons-pêcheurs, 27 mai 1960, Sète Adressé au Receveur principal des Douanes de Sète Demande à ce que le jaugeage du Tarzan, en instance de francisation, soit effectué.

Association pour la Sauvegarde des Vieux Gréements
courrier de l’Association pour la Sauvegarde des Vieux Gréements adressé au Receveur des Douanes • Lettre Bruno REGIS, président de l’association, informe les Douanes que le Tarzan, appartenant à M.RICHARDIS, a été confié à l’association par contrat de location : garde, utilisation, entretiens pour 1 franc par an. • Document d’enregistrement de l’association par la Sous-préfecture, 28 septembre 1987, Narbonne Le Tarzan, stationné à Port la Nouvelle, est le siège de l’association. • Contrat de location, le 1er janvier 1987, Port la Nouvelle Bailleur : Jean-Louis RICHARDIS Preneur : Association pour la Sauvegarde des Vieux Gréements Bail d’un an avec reconduction tacite prévue.

Moteur
courrier de d’André PECOUT (Agent régional de la société des moteurs Baudouin), le 24 janvier 1983 Certifie que le moteur DNK6 n°670.519 a une puissance fiscale de 45ch.

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Mise à la consommation (Direction Gale des Douanes et Droits Indirects), 16 janvier 1980, Sète Déclarant : Biron S.A., 3 route de Montpellier, 34203 Sète Destinataire réel : Messieurs CALI et LEBOFFE, copropriétaires du Tarzan Marchandise : 1 moteur Baudouin (type : DK6J), moteur de propulsion à combustion interne pour bateaux d’une puissance de plus de 300kw à 500kw inclus. Demande d’acquittement de la TVA. (Direction Gale des Douanes et Droits indirects), 24 novembre 1978, Sète Débarquement pour réparation d’un moteur de propulsion à combustion interne, puissance 300 à 500 KW inclus, Baudouin DK6J, n° 670573-670574. Propriétaire du Tarzan : Alain LEBOFFE et Ange CALLI Dédouanement pour la consommation, 20 juillet 1965 Débarquement et autorisation de destruction des moteurs de l’Aurore (immatriculation 11784) et du Tarzan (immatriculation 1783) : moteurs de la marque Burmeister et Vainz n°5848 et n°5876. Moteurs détruits le 21 juillet 1965. Facture des Moteurs Baudouin, 27 septembre 1965 Adressée à Joseph MARINELLO Fourniture d’un groupe de moteurs marins jumelés, type DNK 6 MR I/3, réglage 320 CV, n° 670 573 _ 670 574. (Note manuscrite d’André PECOUT qui certifie l’installation de ces 2 moteurs)

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Aurore (acte de francisation n°1784/425)
Acte notarié, 19 juillet 1978, Sète Notaire : Me Henry BLANC Certifie et atteste que la veuve de Vincent MARINELLO, Elidia DI NATALE, est propriétaire de la totalité de l’usufruit du chalutier l’Aurore. Note manuscrite Aurore : 2 moteurs de marque Baudouin jumelés, type DNK6, puissance 160*2=320cv Idem pour le Tarzan Note manuscrite, 1er août 1960, Sète « La déclaration d’importation du Tarzan est classée au dossier de l’Aurore. »

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Documents tunisiens
Congé n°163 (Royaume de Tunisie_Protectorat français, Direction des Travaux Publics, Marine marchande et pêches maritimes), 1er juillet 1954, Sfax, Tunisie Valable 1 an.

Type de bateau Nom Tonnage N° matricule Port de Nom du propriétaire Longueur Largeur Hauteur Contenance

Saccolève à moteur Tarzan 26,20 SF1222 Sfax Marinello Vincent 51% Marinello Joseph 49% 19,90m 5,10m 1,80m 26,20tx Un pont et deux mâts

Annotations postérieures à l’établissement de la fiche, en rouge. Transformé en chalutier en 1955 saccolève 26,20 40,57

26,20 40,57

Le Congé est accordé à Vincent MARINELLO et Cie pour sortir du port avec le Tarzan et circuler librement. Droit payé pour le congé : 100 francs Document signé par le Directeur des Travaux Publics et le Capitaine du port Au dos 4 tampons de contrôle « L’officier du port soussigné après visite du bateau dont les caractéristiques sont données au recto, certifie que le ledit bateau est toujours en droit de se servir du présent congé de police. » Tampon de juillet 1954, Sfax Permis de pêche : gang n°… Valable jusqu’au 26/08/1954 Patron : Auresle Récépissé de versement n°825 Délivré par la douane Tampon de 1955, Sfax Débarquements éponges à Maharès 28/07/1954, 280 kg 600 Fr payés le 28/06/1955 sous le n°499 L’agent du Service MMP Tampon de 1954, Sfax Permis de pêche : gang n°… Valable jusqu’au 26/08/1955 Patron : Auresle Récépissé de versement n°723 Délivré par la douane, l’agent de Bau 180 Fr payés le 28/08/1954 sous le n°804 Tampon de 1956, Sfax le 600 Fr payés le 2/06/1956 sous le n°620 L’agent du Service MMP

Acte de nationalité des bâtiments du commerce tunisien n°1222 (Régence de Tunis – Protectorat français), 7 juillet 1955, Sfax Propriétaires : Vincent MARINELLO (51%) et Joseph MARINELLO (49%) Chalutier le Tarzan : nationalisé à Sfax, immatriculé à Sfax sous le n°1222, jaugeant 40,57 tx pour un volume de 114,81m3 Mesures : longueur (étrave-étambot) de 19,90m, largeur (extérieure) de 5,10m, hauteur de 1,80m 1 pont, pas de vaigrage, 2 mâts, en bois Construit à Sfax en 1950 et mis à l’eau le 18 mars 1950

Plusieurs soumissions existent ainsi qu’un titre de cautionnement déposé à Sfax le 20 mars 1950. Les justifications relatives à la nationalité ont été enregistrées le 28 juin 1955, à Sfax, droits de 60 Fr. = pavillon tunisien Reçu n°1383 (Services des Douanes, Tunisie), 28 juin 1956, Sfax Au nom de MARINELLO pour la somme 15 129 Fr versée au titre de servit. 1222 Reçu n°458, (Douanes tunisiennes, Droits de navigation), 29 juin 1956, Sfax Versement de 8 759 Fr par le capitaine du Tarzan. Reçu n°460, (Douanes tunisiennes, Droits de navigation), 29 juin 1956, Sfax Versement de 358 Fr par le capitaine du Tarzan. Armement n°10 (Direction des Travaux Publics, Marine marchande et pêche), 29 juin 1956, Sfax Armement à la pêche du bateau le Tarzan immatriculé à Sfax n°SF1222. Bateau construit à Sfax en 1950, de 40,57 tx et muni d’une machine de 180 chevaux. Appartenant à M. MARINELLO et Cie et armé par eux-mêmes. Valable 1 an. Dépôt du rôle : le 7 février 1957 et le 9 mai 1957 Soumission : le navire est assuré chez « Lyod Tunisie », 9 rue Charles DeGaulle à Tunis. Rôles d’équipage de 1955 à 1957 Date et lieu d’embarquement / nom et immatriculation des embarqués / fonction à bord

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Divers
Demande de changement de port d’attache n°314, 1982 Demande faite par RICHARDIS et SEGUI le 10 mars 1982. Passage du port d’attache de Sète (n°1783) au port de Port la Nouvelle. Autorisation accordée le 8 juin 1982 à Sète. D.A.N. acquitté. Liquidation d’office (Direction Gale des Douanes et Droits Indirects), 15 /… /1979 ? Déclarant : Messieurs RICHARDIS et SEGUI Désignation des marchandises : « Il est dû » : 1 coque, changement de genre de navigation (de la pêche à la plaisance), valeur 5000 F ; « Il a été perçu » : bateau très usagé, accidenté à l’étrave. courrier de M.CHARPENTIER (Service de navigation de plaisance), le 15 janvier 1979, Sète Adressé à Messieurs RICHARDIS et SEGUI Objet : mutation de propriété

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Il est réclamé le montant de la TVA sur le prix de vente du Tarzan (880F) + le certificat de changement de nom du navire + une demande établie par les copropriétaires à l’effet d’obtenir le changement de nom. Recette principale des Douanes (Service Navigation de plaisance), « Demande de renseignements ou d’instruction », le 1er décembre 1978, Sète (le Contrôleur chef de section) : Le Tarzan, bateau de pêche, a été vendu sans moteur à Messieurs RICHARDIS et SEGUI pour 5000F. Bateau d’occasion non hypothéqué. Les propriétaires veulent l’utiliser à la plaisance donc (changement de genre de navigation) sont soumis à l’acquittement de la TVA. « Réponse ou décision », le 1er décembre 1978 (le Receveur Gal) : dossier transmis. « Réponse ou décision », le 15 janvier 1979 : dossier renvoyé au Receveur Gal avec la TVA exigible établie. « Réponse ou décision », le 18 avril 1979 : TVA perçue suivant quittance n°100139.

Dossier des Affaires Maritimes de Sète concernant le « Tarzan » : Dépouillement des rôles d’équipage de 1966 à 1978

Archives personnelles
Livret professionnel maritime, Régence de Tunis, 1954-1957, Archives de Vincent FORTINO

DOCUMENTS ICONOGRAPHIQUES
Photographies du Tarzan, 1950, Sfax

Mise à l’eau du Tarzan à Sfax, mars 1950

Le Tarzan au chantier Manno le jour de son lancement, au premier plan la famille Marinello (qui a souhaité ne pas apparaître), mars 1950.

Photographies de gangaviers, années 1950, Sfax

Retour de pêche, photo frères Graffeo

Le St-Vicenze quai des gangaviers à Sfax, photo frères Graffeo

La Mascotte quai des gangaviers à Sfax, photo frères Graffeo

La Mascotte en mer, photo frères Graffeo

La Mascotte en mer, photo frères Graffeo

Quai des gangaviers au port de Sfax : St-Vicente, Miccilino, St-Dominico, Capitaine Spirou, St-Nicolas, la Mascotte, photo frères Ruvio

Gangavier en mer, frères Ruvio

Quai des gangaviers au port de Sfax, photo frères Graffeo et Ruvio

Gangavier en mer, photo frères Graffeo et Ruvio

Quai des gangaviers au port de Sfax, au premier plan la Mascotte, photo frères Graffeo et Ruvio

Tunisiens à bord de l’Aurore en route vers Kerkéna pour fêter l’Indépendance, en arrière plan on devine le Tarzan (BOURGUIBA à bord ?), avril 1956, Sfax, photo famille Fortino

Pêche à la gangave

Cartes postales et photographies, Sète, années 1960

Sète, années 1960, au 1er plan Vincent MARINELLO

Sète, 1963

Sète, fête de la mer, Tarzan ( ?), 1960 ( ?)

Sète, L’Aurore, années 1960

Photographies du Tarzan, années 1980-90-2000, Languedoc-Roussillon

Tarzan sous voiles (voilure actuelle), années 1990, St-Cyprien, photo Gille Boutibones

Tarzan sur ber (dernier carénage), 2003, chantier Yves Bernadou, Canet, photo Patrick Sabaté

Tarzan à quai, 2004, chantier Yves Bernadou, Canet, photo William Chérino

Tarzan sous voiles, 1980, photo Gille Boutibone/Sabaté

ARTICLES DE PRESSE

Midi Libre, Archives Départementales de l’Hérault

Vendredi 26 juillet 1957, page 4

Samedi 27 juillet 1957, page 4

BIBLIOGRAPHIE
Planches extraites de : P-A.HENNIQUE, Les caboteurs et pêcheurs de la côte tunisienne. Pêche des éponges. [Réédition] Nice, éditions OMEGA, 1989. 1ère édition : Gauthier-Villars et Fils, Libraireséditeurs, Paris, 1888.

PERSONNES RESSOURCES

Nuncio RUVIO devant le Tarzan, Sète 2009.

M. GRAFFEO, Rocco MORELLO, François GRAFFEO et Joseph RUVIO, Martigues 2009.

Entretien avec

Rocco MORELLO
En Tunisie Rocco a été mousse dès 5 ans sur le bateau de pêche à l’éponge de son beau-frère. Il a continué la pêche à l’éponge et a navigué sur de nombreux bateaux : St-Nicolas, StJoseph, Vero Luciano, St-Dominico, Marie-Marcelle, Ste-Thérèse. Son poste à bord était mécanicien puis mécanicien doublé de 2nd à bord de la Ste-Thérèse, dont le patron était Nuncio RUVIO (Gino). En Tunisie il n’a jamais été patron. La pêche à l’éponge Le plus souvent celui qui achetait le bateau (l’armateur) le faisait commander par un autre. Ils étaient 8 sur les bateaux pour la pêche à l’éponge. Il fallait un minimum de 4 à 5 personnes pour manœuvrer. Il y avait toujours du bois de réserve et 3 ou 4 gangaves embarqués au cas ou il y ait eu de la casse. A bord tout le monde participait aux manœuvres et à la pêche. Le mécanicien en plus s’occupait du moteur. La drague était toujours à bâbord (sur tous les bateaux) et ils tiraient par le travers. Les 8 personnes étaient sur le bord pour récupérer le filet. Ils mettaient des morceaux de bois dans les mailles du filet et avec des « ramfiro » sorte de crochet à 4 dents ils récupéraient les éponges. En les touchant de la main, ils savaient si l’éponge était bonne ou pas. Si elle était mauvaise ils la rejetaient à la mer sinon ils la jetaient sur le pont. Vers 3h du matin, ils écrasaient les éponges, les mettaient dans des filets pour les remettre à l’eau (dans la drague) afin de les faire blanchir. L’éponge est noire à sa sortie de l’eau, « on dirait de la viande ». Ensuite au levé du jour de part et d’autre de 2 demi-fûts les hommes nettoyaient les éponges au couteau et les enfilaient sur une corde. Les conditions étaient difficiles : « on était des esclaves », anecdote du café renversé sur le pont et du coup de sabot du beau-frère sur la tête, anecdote des cigarettes allumées 5 par 5 pour les matelots…Avec les frères GRAFFEO et Joseph RUVIO, ils évoquent les cas d’hommes (tunisiens) se jetant à la mer pour fuir le bateau et rejoindre la côte tellement c’était dur. Certains en sont morts. Malgré tout, il garde de bons souvenirs : « Tout ce que j’ai appris c’est en étant mousse », il montait au mât et descendait la tête en bas (sorte de concours avec Nuncio RUVIO) ou descendait par la voile. En France Il fait l’armée en 1955. Il n’arrive donc pas à Sète en même temps que les 5 bateaux des MARINELLO mais le 3 décembre 1957. Le « Tarzan » était alors commandé par Toto le Géant, l’oncle de Vincent MARINELLO. Le bateau a rapidement été désarmé par manque de moyens et n’a repris la pêche qu’en 1965 (environ). Rocco a armé le Tarzan et l’Aurore (il est allé chercher des mâts à EDF) C’est Joseph MARINELLO qui commandait alors le Tarzan. Ca n’a pas été très facile avec les sétois… On leur a mis des bâtons dans les roues. Il voulait se faire faire un bateau par CANDELLA, mais ça ne s’est pas fait et il a finalement a récupéré l’Etoile du Nord. Il possédait déjà l’Ange des mers. Il avait une vision asse moderne de la pêche, notamment en augmentant la motorisation et la puissance des bateaux (idée des moteurs jumelés) ou en pêchant au lamparo. Sur Sète il a été patron de plusieurs bateaux et a fait partie des gens qui ont modernisé la pêche.

Anecdote concernant son père : quand Rocco l’a débarqué (à Sète à 71 ans) celui-ci ne lui a plus adressé la parole pendant 2 mois et est mort peu de temps après. Il ne voulait pas s’arrêter de travailler. Description du Tarzan lorsqu’il pêchait à l’éponge en Tunisie Les bateaux sur lesquels il a travaillé en Tunisie venaient d’Italie ou étaient fabriqués en Tunisie mais sur des modèles italiens. Ils se ressemblaient beaucoup. Ils étaient noirs et blancs et avaient une « étrave à marticane ». Il n’y avait pas du tout ce qui se trouve actuellement sur le pont : cabine, roof… Il y avait : - un capot devant (un carré d’environ 1,50m de côté) C’était la cale aux éponges. Elles n’y étaient pas jetées en vrac mais enfilées sur des cordes. - un capot dans la 2ème moitié du bateau. C’était le poste d’équipage. C’est là que se trouvaient les couchettes : en général 7 pour les hommes d’équipage et les autres pour les provisions (galettes, légumes secs et pâtes). C’est également là qu’ils faisaient la cuisine au charbon. - un capot, plus petit, tout à l’arrière, appelé « la cabine » ou « descente du patron ». - une sorte de mât tronqué (à environ 1m) sur la partie avant du bateau entre les 2 cales. On l’appelait la « tête de l’arabe » et tous les cordages y étaient rassemblés. Le moteur était le plus à l’arrière possible avec 2 couchettes pas loin, celle du patron et une pour le mécanicien s’il souhaitait dormir avec le patron. La barre était une barre franche d’environ 1,70m et il y avait un banc à l’arrière pour s’asseoir. Motorisation du Tarzan - A la pêche à l’éponge le bateau était équipé d’un petit moteur, un DB6, 90CV. - Lorsqu’il est passé au chalut, il a été équipé d’un moteur plus lourd, un Burmeister de 180CV. C’est avec cette motorisation que le Tarzan est arrivé en France. - Quand Rocco a réarmé le Tarzan et l’Aurore il les a équipés de moteurs jumelés avec une seule hélice.

Entretien avec

Vincent FORTINO
Né en 1938 en Sicile. Son père a été prisonnier des français en Tunisie pendant la 2ème guerre mondiale. Après l’Armistice et la libération du père, la famille tente de le rejoindre pour s’installer en Tunisie. Vincent est renvoyé en Sicile par des « policiers » car il ne possède pas de papiers et est considéré comme un clandestin. Il finit par retrouver sa famille en Tunisie après obtention de papiers en règle. Lien familial avec les Marinello Ses deux sœurs ont épousé deux frères MARINELLO. L’un d’eux, Armand, est encore vivant mais très malade. La famille MARINELLO semble coupée en deux, fâchée… et peu disposée « à parler de tout ça ». La construction du Tarzan Le Tarzan a été copié sur la Furieuse mais en un peu plus grand. Construit par des Siciliens au chantier MANNO de Sfax, c’est un bateau de type italien, différent des bateaux des Grecs, des Maltais ou des Arabes autres communautés qui pêchaient alors en Tunisie. Construit tout en bois, il était équipé, au départ lorsqu’il était armé pour l’éponge, d’un petit moteur de 35CV qui servait pour les jours de beau temps. Tunisie Son père, Giro FORTINO, est associé aux MARINELLO et commandait la Furieuse. Ce bateau était armé au chalut. Comme cela marchait plutôt bien, les MARINELLO ont fait construire d’autres bateaux et ont transformé en chalut ceux qui pêchaient l’éponge. Vincent, lui, naviguait avec son père et n’a jamais fait l’éponge. Son oncle, Antoine FORTINO, était patron du Tarzan quand celui-ci était armé pour l’éponge puis après au chalut vers 1955. Avant l’Indépendance, il y avait au moins une quinzaine de bateaux du type du Tarzan qui faisaient l’éponge à Sfax. Avant 1956 l’ambiance était plutôt bonne entre les différents groupes et communautés (italiens, grecs, arabes, français) qui vivaient en Tunisie. La fuite En 1956, les biens des européens sont nationalisés. Les bateaux des MARINELLO ne leur appartiennent plus. Un tunisien est nommé à bord de chaque bateau pour le commander. La situation n’est pas très bien acceptée… Photo de l’Aurore en premier plan (Tarzan aperçu derrière) avec à bord une foule de tunisiens : elle date d’avril 1956. BOURGUIBA était à bord (du Tarzan ?). Il faisait le tour de la Tunisie pour fêter leur victoire et là on l’emmenait à Kerkéna. [ce soir-là Vincent FORTINO a « pris sa première cuite avec des Arabes »] Les hommes FORTINO (Antoine et Giro) et MRINELLO (Joseph et Vincent) se décident à « faire un coup sans avertir personne ». Il fallait que cela reste secret pour fonctionner. Ni les femmes, ni les enfants, ni visiblement certains matelots, n’étaient au courant jusqu’au moment de l’embarquement. Ils embarquent le soir de l’Aïd en juillet 1957 car tous les matelots tunisiens, originaires de Kerkena, sont retournés sur l’île pour la fête. A l’homme qui garde les bateaux ils disent qu’ils vont voir le lever de soleil…

La flotte de 5 bateaux (la Furieuse, le Tarzan, l’Aurore, le Dany, la Mamma Bianca) quitte la Tunisie avec à bord : la famille MARINELLO, la famille FORTINO (Vincent, ses parents, son frère, ses deux sœurs + son oncle, sa femme et ses enfants), Nuncio RUVIO, quelques matelots. A cause du mauvais temps, ils ont du s’abriter 3-4 jours sur l’île de Mariteno ( ?) entre la Sicile et la Tunisie. Puis ils font route vers la Corse, s’arrêtent à Porto Veccio puis Bastia où ils sont très bien accueillis et peuvent faire le plein de provisions. Arrivés à Port de Bouc, ils prennent la route de Sète. L’arrivée à Sète Ce sont les MARINELLO qui ont choisi Sète comme destination (visiblement sans concertation aucune…). Personne n’y avait de famille et la communauté sicilienne y était alors inexistante. Il semble que la ville ait été choisie car c’était un port de pêche, donc pour le travail. L’accueil sétois a été des plus frais pour ces rapatriés. Différentes raisons : ils arrivaient avec des bateaux plus gros et plus puissants (donc concurrence…), ils étaient siciliens (alors que les pêcheurs sétois étaient pour beaucoup d’origine napolitaine…). Le Prud’homme, comme l’ensemble de la communauté de pêcheurs, n’a pas apprécié cette arrivée et on les a empêchés de travailler. Les bateaux ont été mis en cale pendant 5 ans. De son côté, la municipalité ne les a pas du tout aidé. Les familles ont dormi pendant assez longtemps sur les bateaux, quai d’Alger. Ca a été assez dur. Les hommes allaient travailler sur des bateaux sétois. Leur arrivée a fait office d’appel pour d’autres familles d’origine sicilienne. Ex : Rocco MORELLO, qui n’est pas arrivé avec la flotte en 1957 mais plus tard. Ils se connaissaient à Sfax. La pêche à Sète Au tout début des années 1960, la situation évolue, notamment avec l’arrivée des rapatriés, Pieds-noirs, d’Algérie. La pêche se modernise à Sète. On redonne l’autorisation de naviguer à ces bateaux venus de Tunisie. Si le Dany et l’Aurore ont un peu pêché au lamparo, le Tarzan jamais. Exemple des relations tendues avec le Prud’homme : « on est venu à bord du Dany nous interdire de pêcher la sardine en hiver » Modifications du Tarzan L’arrière semble modifié : le bateau avait une poupe plus ronde. Le gouvernail était en bois. A l’époque de la pêche à l’éponge, il n’y avait comme aménagement extérieur qu’un petit roof à l’arrière. Les autres bateaux de la flotte La Furieuse est envoyée à la casse, trop vieille, et ne sera pas réarmée sur Sète. L’Aurore sera démolie à Sète. (quand ?) Le Dany a été vendu sur Martigues (il n’en est pas tout à fait certain). Carrière de Vincent FORTINO Après l’armée au début des années 1960, il continue la pêche mais abandonne pour se lancer dans le commerce. Il ouvre alors un bar à Sète. [Interview au bar le Baratin, quai d’Alger à Sète, le 10/09/2009]