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DAVID AUBERT HISTORIEN ?

LE RÉCIT DE LA BATAILLE DE RONCEVAUX DANS LES CRONIQUES ET CONQUESTES DE CHARLEMAINE
Giovanni Palumbo De Boeck Supérieur | Le Moyen Age
2006/3 - Tome CXII pages 585 à 602

ISSN 0027-2841 Article disponible en ligne à l'adresse:

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Pour citer cet article :

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Palumbo Giovanni, « David Aubert historien ? Le récit de la bataille de Roncevaux dans les Croniques et Conquestes de Charlemaine », Le Moyen Age, 2006/3 Tome CXII, p. 585-602. DOI : 10.3917/rma.123.0585

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Pour connaître l’expression complète des titres abrégés tout au long de ce travail. son nom est associé à des œuvres de toutes sortes : des textes religieux comme des proses chevaleresques.info . © De Boeck Supérieur Document téléchargé depuis www. Document téléchargé depuis www. David Aubert.79. Son activité protéiforme. des traités scientifiques.79. 2. 94-117. est sans doute l’un des écrivains les plus riches – au sens de plus prolifiques – du XVe siècle. il s’est vu accorder ce qu’en termes modernes.. David Aubert autore delle Cent Nouvelles Nouvelles ?.info . Cf. p. on pourrait appeler une « prime de production » : dans une étude qui n’a pas gagné la faveur de la critique. 1976.. le lecteur voudra bien se reporter à la bibliographie thématique du sujet traité. ROSSI. située à la fin de la section renfermant les présents actes des rencontres de Dunkerque consacrées aux Littérature et culture historiques à la cour de Bourgogne.38. il y a toutefois une qualité que les critiques. Il a posé sa signature sur presque 70 manuscrits. scribe et chef d’atelier. lui a valu plusieurs qualifications : il a été appelé tour à tour clerc et escripvain.25/01/2014 01h55. pour un total de 13 528 folios.cairn.99 . Or.David Aubert historien ? Le récit de la bataille de Roncevaux dans les Croniques et Conquestes de Charlemaine1 Malgré la variété du lexique utilisé pour qualifier le travail d’Aubert. STRAUB. t.38. auteur à part entière et auteur au deuxième degré2. © De Boeck Supérieur Un proverbe populaire bien connu nous enseigne qu’on ne prête qu’aux riches. Bien qu’à des titres divers. étudiée par R. remanieur et copiste. L. les Cent Nouvelles nouvelles3. L. on le sait. ne semblent accorder à l’écrivain du duc qu’avec la plus grande prudence : il s’agit de celle d’historien. 36.158.. Il y a quelques années. Et pourtant.99 . sauf erreur. Cultura neolatina. en raison de cette abondance. Straub. David Aubert.. 3. si la paternité des Croniques et conquestes de Charlemaine lui 1. des chroniques et des annales.25/01/2014 01h55.cairn. Rossi a en effet proposé d’attribuer à Aubert l’un des chefs-d’œuvre les plus réputés de l’époque.158. .

25/01/2014 01h55. Guiette lui-même a consacrées à la différence entre chanson de geste. t. t. 241-277 . © De Boeck Supérieur .79. 8.info .cairn. Croniques et Conquestes.cairn. [D. 1.. KULLMANN. AUBERT]. C’est par facilité que. On verra en particulier les articles suivants : GUIETTE. 53-106. ID. p.. 2/2. 5. éd. Il suffit de rappeler les réflexions pénétrantes que R.info . Document téléchargé depuis www.. p. Cf. 5-98. Pour une fine analyse du prologue. Le récit de la bataille de Roncevaux occupe environ 140 pages de l’édition de R. tant en latin comme en francois. De la chanson de geste au roman historique. d’où sont extraites mes citations. En effet. p. le but de cette étude est à la fois plus modeste et plus précis.99 .. 7. 10.158. Plus récemment.. 14. Les deux scènes du cor . GUIETTE. qui d’ailleurs – selon les mots de son écrivain – de sa nature […] est affecte a veoir. ne laisse aucun doute à ce propos5. qualifiée généralement de romanesque. Ibid. chronique et mise en prose . 14. les exploits du noble empereur risquaient d’être mis en delay et au derriere.25/01/2014 01h55. cf... chronique et mise en prose. D’après le sire de Créquy. La tâche confiée à l’écrivain ducal est donc claire : à la demande de son seigneur.. ou encore à ses interventions sur les deux scènes du cor et sur la mort de la Belle Aude10. Document téléchargé depuis www. David Aubert. Des sondages sur cette partie ont été déjà effectués à plusieurs reprises. © De Boeck Supérieur Ces déclarations programmatiques suffisent-elles à faire des Croniques et conquestes un texte historique ? Je laisserai en sourdine cette question d’ordre général. à ce sujet les doutes soulevés dans STRAUB. nous désignerons Aubert comme l’auteur des Croniques et Conquestes. il doit prendre le relais des Grandes Chroniques de France pour donner un récit plus ample et plus détaillé des nobles actions de Charlemagne... Chanson de geste. n’en fist point assez ample declaration7.38. dans les pages suivantes. t. p. Ibid. t. parce que l’ystoriografeur qui compilla les croniques de France. en effet. 306-307. PALUMBO revient4. sur un total d’à peu près 1 000 pages9. 9. ID. 1. 14. Si le sire de Créquy a commandé à son écrivain de curieusement enquerir et viseter pluseurs volumes sur Charlemagne. Ibid. c’est justement afin de combler une lacune historiographique6.99 . Toutes ces études ont été réimprimées dans ID.586 G. t. estudier et auoir liures et croniques sur toutes-riens8. p. Guiette. L’entrée en Espagne . et d’en tirer et extraire ce qui seruoit à son propos pour les assambler en vng liure. 6. Les traditions rolandienne et turpinienne dans les Croniques et Conquestes de Charlemaine de 4. à laquelle j’essaierai de fournir une réponse chemin faisant.38. La mort de la belle Aude. p. Questions de littérature.. ID.158. Mon propos est de suivre le processus de construction du récit – depuis ses sources jusqu’au texte des Croniques – à partir de l’analyse d’une section bien précise du texte : la version qu’Aubert nous donne de la Chanson de Roland. 2/1. Le Prologue de l’acteur qui ouvre cette vaste compilation en prose. 1. p. C’est donc bien un récit historique qui est réclamé par Jean de Créquy.79. Aubert pourrait légitimement réclamer que l’on ajoute cette plume à son chapeau.

cairn. Sources de David Aubert. Document téléchargé depuis www. le domaine choisi reste toutefois trop vaste pour qu’on puisse songer à l’exploiter de manière exhaustive. qui sont de la plus haute importance. cf. l’on devrait s’arrêter sur chaque 11. Parmi les publications les plus récentes s’intéressant aux Croniques et Conquestes. Épopée ou chronique ? . 89. Schobben sur La part du Pseudo-Turpin dans les Croniques et Conquestes de Charlemaine de David Aubert12 et dans la thèse de C. l’utile bilan de B. Guiette le premier revient le mérite non seulement d’avoir éclairé la manière. 15.38. On trouvera aussi des pages sur le sujet dans des travaux plus généraux consacrés aux Croniques et Conquestes et à leurs sources. SUARD. sous la dir. Les citations suivantes se réfèrent au t. p. les mêmes demandes reviennent : « Dans les Croniques et conquestes de Charlemaine l’auteur s’est servi de matériaux.info . GUIDOT. 579-610. Moisan11. BOUILLOT. pour identifier les sources qu’il a exploitées et pour détecter les modifications qu’il y a apportées.25/01/2014 01h55.DAVID AUBERT HISTORIEN ? 587 David Aubert ont fait l’objet d’une étude d’A. il écrit : « Qu’a-t-il [= Aubert] fait en réalité ? A-t-il résumé ? romancé ? ou seulement transcrit et raccordé ? Tout le problème des sources s’y ramène14 ». Il faut encore signaler qu’aux manuscrits 9066-9068 de la K. Pour vérifier la méthode de travail d’Aubert. p. Malgré la délimitation du sujet et nonobstant l’apport précieux des recherches de nos prédécesseurs. Les manuscrits de David Aubert. À R. L’épopée romane au Moyen Âge. Ironie et dérision .. mais il a pu consulter des textes qui ne nous sont pas parvenus. Étude littéraire des Croniques et Conquestes. de S. 64-65. Traditions rolandienne et turpinienne. Formes tardives de l’épopée médiévale : mises en prose. LUONGO. © De Boeck Supérieur Document téléchargé depuis www.R. 10 de la revue Art de l’enluminure (Les Croniques et conquestes de Charlemaine par Jean le Tavernier). t.158. © De Boeck Supérieur . p. 12-58. 2001..cairn.. L’effet-personnage. avec une étude de Fr.info . Pour la bibliographie sur David Aubert antérieure à 1995. 13. notamment dans le livre de J. 1. Corazzi13. Pour la bibliographie sur les mises en prose. 19-33 . Le Gérard de Vienne de David Aubert. SCHOBBEN.B. GUIETTE.79.25/01/2014 01h55. 399-408. THIRY-STASSIN. JOHAN. p. Toutes ces questions. GUIDOT. ID. restent encore largement ouvertes. p. Il n’est pas exagéré de dire que.. mais aussi d’avoir soulevé les interrogations fondamentales pour définir son travail.. 24-30 juillet 1997). Actes du XIVe Congrès International de la Société Rencevals pour l’Étude des Épopées Romanes (Naples. p.158.M. je me limite ici à rappeler les études qui suivent : Fr. est consacré le fasc. il faudrait avoir en mémoire le même bagage littéraire que celui dont disposait l’écrivain du duc. imprimés.G. Deux années plus tard. ID. 14.99 . p. En 1961. Un refus de la digression ? .38. pour mener à bien une telle enquête. CROQUEZ-GUYEN. Chanson de geste. Naples. livres populaires.99 . le style et l’esprit d’Aubert.79. Le défi est de taille : non seulement Aubert avait la « tête épique ». Il n’est pas difficile d’en saisir les raisons. 2. on se reportera à STRAUB. A-t-il juxtaposé les récits qu’il a trouvés ou en a-t-il fait de nouvelles rédactions ? Comment enchaîne-t-il les faits ? Comment les ordonne-t-il ? Cela est lié à l’étude des sources15 ». 345-376. David Aubert. L’entrée en Espagne. 12. MOISAN.. CORAZZI. L’influence des chansons de geste .

son auteur jouissait du plus haut crédit. tant dans le Livre de Saint-Jacques que dans les compilations historiques les plus renommées.38. PALUMBO paragraphe et parfois même sur chaque phrase des Croniques et Conquestes pour en examiner le détail et pour en reconstruire la genèse. l’exploitation des sources et la composition du récit. Paris. n’a jamais paru16. Guiette comptait ajouter à son édition et qui.25/01/2014 01h55. GUENÉE. Les épopées françaises. 570-572. Pour donner un récit plus ample et détaillé. Le choix de Turpin ne devait donc pas être justifié : il s’imposait à quiconque voulait raconter l’expédition de Charlemagne en Espagne. Guiette. 2e éd. « C’est dans cette dernière partie – annonçait R. on sait depuis longtemps que. 1. bien entendu. p. reproduisaient déjà fidèlement le récit de la bataille de Roncevaux tel qu’il figurait dans la chronique turpinienne. Nous essayerons ainsi d’échafauder quelques hypothèses répondant aux questions posées par R. précédée seulement par Valère-Maxime. Gautier. Son récit. 2).79. Ici. 1882. p. Mais si David Aubert s’était limité à copier ou même à remanier ce texte. D’après les calculs de B. Aubert se devait 16.158.cairn. « on trouve un singulier mélange de la Chronique de Turpin et de nos anciens poèmes17 ». d’ailleurs.. La documentation : la nature des sources En ce qui concerne les sources. Les Grandes Chroniques de France.. il serait déplacé. aurait été parfaitement à sa place dans le troisième volume que R. 1. elle occupe la sixième place dans le classement des « best sellers » historiques. Croniques et Conquestes. t.25/01/2014 01h55. 17. p. auxquelles les Croniques et Conquestes de Charlemaine étaient appelées à faire concurrence.99 . B.info . 502. dans l’introduction de son édition – que l’on trouvera la description détaillée du manuscrit. 1980. Nous y publierons également une étude des sources des Conquestes et la comparaison entre le manuscrit de Bruxelles et celui de Dresde O81 » ([D. Paul Orose. en distinguant deux étapes principales : 1) tout d’abord. L. Guenée.. Histoire et culture historique dans l’Occident médiéval. aussi ibid. 587. 250.158. Justin. dans les Conquestes de Charlemaine.99 . 18. © De Boeck Supérieur Document téléchargé depuis www. Flavius Josèphe et Geoffroy de Monmouth18. 2) deuxièmement. Un tel commentaire analytique. En tant que prétendu témoin oculaire des événements. p. il n’aurait pas répondu aux vœux de son commanditaire.info .79.cairn.. Au lieu d’une analyse qui risquerait de se perdre dans la minutie. S’en étonnera-t-on ? La Chronique de Turpin était l’un des plus grands succès du Moyen Âge. la table des miniatures et tout ce que nous avons recueilli de renseignements sur l’auteur et son œuvre. Paris. comme l’écrivait L. Cf. 3. t. Guiette en 1940. qui serait de la plus grande utilité.38. malheureusement. © De Boeck Supérieur .. était authentifié par sa présence.588 G.. Document téléchargé depuis www. je préfère donc essayer de retracer les grandes lignes du travail d’Aubert. GAUTIER. AUBERT]. la phase de documentation et la nature des sources retenues .

Comme l’a bien écrit R. 1986. Dans ce sens. Medieval Epic as Popular Historiography : Appropriation of Historical Knowledge in the Vernacular Epic. tout au long du Moyen Âge.99 . J. Heidelberg. le recours à la tradition épique a dû lui apparaître aussi naturel et inévitable que celui au Pseudo-Turpin. S’il accueille avec une reconnaissance infinie ce texte latin qu’on lui a envoyé ex Esperia. Mais on connaît bien l’insistance avec laquelle les poètes épiques revendiquent la vérité de leurs récits. en tant que légende épique.U.info .M. H. elle se rattache dans la mémoire collective à des événements connus19 ».. Il est d’ailleurs indéniable que. Jauss. © De Boeck Supérieur donc d’exploiter des sources supplémentaires. aussi.38.. p. l’historicité n’a pas le sens moderne de la véracité des faits. 21.J. 350.info . p. C. p. Paris.38. ZUMTHOR. M.R. Genève. 11/1. Comme l’a bien souligné A. aux yeux de Geoffroi de Vigeois. rééd.25/01/2014 01h55. sous la dir.cairn. ibid. Chanson de geste und höfischer Roman.158... éd.cairn. GUMBRECHT.79. Chanson de geste et roman courtois. JAUSS. Cf.25/01/2014 01h55. Januar 1961). Heidelberger Kolloquium (30.158. LINK-HEER et P. 1972. la vérité de la chanson de geste « ne diffère en rien de celle de la tradition historique. p. Essai de poétique médiévale. et ingenti studio corrigens scribere feci. L’historicité est le caractère de ce qui veut être cru : de ce que veut croire la communauté qui reçoit le texte ».DAVID AUBERT HISTORIEN ? 589 Egregios invicti regis Karoli triumphos ac praecelsi comitis Rotolandi praedicandos agones in Hyspania gestis nuper ad vos ex esperia delatos gratanter excepi. DUGGAN.. 20. MEREDITH-JONES. « ce document latin confirme et infirme à la fois le témoignage du ménestrel. 1963. dans le même volume. 65). Il est intéressant de rappeler à ce propos la réaction de Geoffroi de Vigeois lorsqu’il reçoit justement une copie du Pseudo-Turpin. La chanson de geste était une sorte de « popular historiography20 ». de H. oral 19. Heidelberg.79. p. La littérature historiographique des origines à 1500 (Partie historique). c’est que jusqu’alors – nous dit-il – les exploits accomplis par Charlemagne et Roland en Espagne ne lui étaient connus que grâce aux cantilènes des jongleurs : Document téléchargé depuis www. « pour le public des chansons de geste. maxime quia apud nos actenus ista latuerant nisi quae ioculatores in suis praeferebant cantilenis21.. et elle ne correspond pas parfaitement à la culture historique du XVe siècle. Bien entendu. 1972. RUS. Analyse comparative du Fierabras et du Bel Inconnu. aux yeux du public du Moyen Âge.99 . Certes. Varvaro. 2930 : « Il est clair qu’historicité ne signifie point véracité. à ses yeux.. Grundriss der romanischen Literaturen des Mittelalters. aussi P. © De Boeck Supérieur . 66. La lettre de Geoffroi de Vigeois a été publiée en appendice dans Historia Karoli Magni et Rotholandi ou Chronique du Pseudo-Turpin. p. t. 229-255. l’historiographie et l’épopée se présentaient comme deux phénomènes distincts mais parallèles de la mémoire collective. mais sont historiques. Document téléchargé depuis www. cette affirmation pourrait être nuancée. Cf. Conscience historique et écriture d’histoire à la fin du moyen âge. SPANGENBERG. parce que. U. 285-311. Cf. tout événement et toute expérience “qui veulent être crus” » (ibid.

Per la datazione del Roland rimato. 399. La version du Pseudo-Turpin conservée par ce codex. il ait opéré de facto une comparaison entre les traditions cléricale et jongleresque. Schobben26. cf. 1. c’est-à-dire « intermédiaire entre Roland et Turpin et participant des deux23 ». 2. 2003. 24. Cet article a été publié pour la première fois dans Medioevo Romanzo. D’ailleurs. Identità linguistiche e letterarie nell’Europa romanza. Mais. La Chanson de Roland dans les Croniques et Conquestes. 1951.. 27. 25. p. 353-412. plus faible. 413.158. WALPOLE. p.N.38. cette erreur de perspective a conduit à attribuer à Aubert des inventions qui ne lui reviennent pas. Medioevo Romanzo. cette tradition que J. R. comme nous le montre le ms. contrairement à ce qu’on a longtemps affirmé. tels que Philippe Mousket et Jean d’Outremeuse. t.G.cairn. MOISAN. Quant au Pseudo22. p.79. 15-27 . Rome. chargé de compléter le témoignage du Pseudo-Turpin. Traditions rolandienne et turpinienne. si le choix des sources principales suivies par Aubert apparaît assez naturel. notamment de la Chanson de Roland en rime.N. se soit tourné vers la tradition épique et qu’à l’instar de Geoffroi de Vigeois. p. est placée dans le manuscrit juste après une chanson de geste du cycle de la croisade et. 1989. Horrent a définie comme « turpino-rolandienne ». D’ailleurs. Berkeley-Los Angeles-Londres. © De Boeck Supérieur Document téléchargé depuis www. de plus. ni « un manuscrit de la Chanson de Roland […] très proche de Venise IV27 ». Il n’est donc pas étonnant qu’Aubert. The Old French Johannes Translation of the Pseudo-Turpin Chronicle. mais aussi de la Chanson des Saisnes25. copié probablement par un clerc autour de 1250 dans le Sud-Est de la Picardie.99 . Document téléchargé depuis www. PALUMBO. était bien établie. 3-38.M. HORRENT.38. 23. A. VARVARO. Horrent et de J. 360. Paris. 1621 de la B. 29-35 et t... 2004.info .25/01/2014 01h55. elle présente toute une série d’ajouts et d’interpolations que son scribe a tirés de la tradition épique.F. mais qui n’en est pas moins telle22 ». t. G. La Chanson de Roland dans les littératures française et espagnole au Moyen Âge.cairn. 1976. p. p. 26. David Aubert ne semble pas avoir eu sous les yeux ni « une Historia Turpini conforme […] à la version originale du Codex Calixtinus ». quels sont précisément les matériaux dont il s’est servi ? Quelle rédaction de Turpin a-t-il utilisée ? Et quelle version de la Chanson de Roland ? Dans une étude récente – à laquelle je me permets de renvoyer pour une plus ample démonstration – j’ai suggéré de revoir sur ce point la vulgate critique qui s’était imposée à la suite des recherches de J. En somme. En effet. J. 14. à l’époque où l’écrivain du duc composait ses Croniques et Conquestes. p. Le mélange de ces deux traditions était devenu une pratique tellement courante qu’elle avait aussi atteint les copies de Turpin. PALUMBO. t. 406-409. fr. Ibid.. en particulier p.info . L’Espagne et la géographie épique romane.99 .25/01/2014 01h55.79. © De Boeck Supérieur . Sur ce codex.590 G. 27. éd. avaient déjà « imaginé de créer un récit nouveau en harmonisant les indications de deux traditions » concurrentes24. PALUMBO et roman. la vérité du poème épique vulgaire est une vérité seconde. D’autres compilateurs avant Aubert.158.

587. © De Boeck Supérieur . v. 502. ces éléments. aussi ibid. p. Document téléchargé depuis www.158. ait été en contact avec au moins deux versions différentes du Roland rimé – l’une apparentée à C V7. En effet. A. par exemple. 30. 2. J. DUGGAN. Sources de David Aubert . The French Corpus. ces petites remarques ne diminuent en rien la valeur de l’étude d’A.79.25/01/2014 01h55. 401. où Aude n’est pas mentionnée » ou encore que certains noms – tel celui de la sœur de Charlemagne. pour en tirer ce qui lui semble utile et pour en faire un récit unique. 397-399.. 28. d’une de ces versions du Roncesvaux où avait pénétré l’épisode de la prise de Narbonne29 ». j’ai eu recours à La Chanson de Roland / The Song of Roland.. ibid. 29. GAUTIER. comment les sources sont-elles distribuées dans le texte ? D’après L. Cf. 570-572. sous la plume de l’escripvain bourguignon.. 2505 s. par contre.. En ce qui concerne la version de la geste. v.38. Ces petits éclaircissements permettent de présenter sous un angle différent le travail auquel l’écrivain a soumis les textes qu’il a exploités. p. Au contraire. V7 C. Cf. p.. Les études postérieures ont montré que ce jugement est trop sommaire pour être accepté30.info . et plus précisément une version remaniée de celleci. comme l’avait fait avant lui l’auteur de Galien28.cairn. se retrouvent dans l’une ou l’autre des versions rimées (pour le souvenir d’Aude.. HORRENT. dans les Croniques et Conquestes. c’est-à-dire au moment où il consulte ses sources. comme il l’annonce dans le prologue. « Ganelon […] est qualifié de comte des païs de Champaigne. Turnhout. Walpole. composée à la demande du comte Renaud de Boulogne et désignée « groupe III R » par R. © De Boeck Supérieur Document téléchargé depuis www. cf. Gille est le nom adopté couramment par P et L). Pour les versions du Roland rimé. Moisan. t.cairn. en particulier SCHOBBEN. bien qu’inconnus de V4. En réalité. la Chronique de Turpin Ainsi. C’est à partir de la mort de Roland que le compilateur du XVe siècle s’écarte du texte de l’archevêque de Reims pour suivre désormais l’affabulation d’un de ces Remaniements de notre vieille chanson. 4253-4255. p. P. 405.99 . L’exploitation des sources et la construction du récit Essayons donc de voir comment opère Aubert à l’étape suivante de son travail. l’autre à P L – qu’il a peut-être connues par l’intermédiaire d’une rédaction déjà mise en prose. Moisan prétend que. éd. les adieux de Roland « prennent un tour personnel que ne connaissait pas l’épopée […]. . appelée Gille dans les Croniques et Conquestes – sont inexplicablement modifiés (cf. Traditions rolandienne et turpinienne. et tout le récit de sa trahison est d’ailleurs conforme à la légende latine. il semble qu’Aubert.. Les épopées françaises.info . MOISAN.. Gautier. Tout d’abord. Bien entendu. l’écrivain du duc semble plutôt avoir exploité la traduction française attribuée à maistre Jehan. 3. La Chanson de Roland. 2006. 3910 s.99 .38. 407). Cf.DAVID AUBERT HISTORIEN ? 591 Turpin.158. il serait erroné de croire qu’Aubert a tout simplement juxtaposé ses deux sources principales.79. 3345 s.25/01/2014 01h55.

38. Nous y reviendrons. ne travaille presque jamais en ayant une seule source sous les yeux33. comme nous l’avons déjà remarqué. certes plus attrayantes que celles du Pseudo-Turpin. 35. il faut la refermer. Pour l’ambassade et la trahison de Ganelon. 36. 2/2. p. Le traitement des sources secondaires. Il en va de même pour les événements successifs qui mettent fin à l’affaire de Roncevaux : tout en suivant en général la trame de la tradition épique – fuites de Ganelon.158.158.. Il est clair que David Aubert ne pouvait pas reprendre longuement ni les événements de Galien. par exemple. Le livre 31. qui.cairn. [D. 400.. t. 34.. 33. Sources de David Aubert. qui sont exploitées avec une fidélité variable36. versions longues de la mort d’Aude et du procès du traître – Aubert emprunte au Turpin le récit de l’enterrement des morts français. il n’empêche que les deux traditions sont exploitées à nouveau simultanément pour les morts de Marsile et de Roland. t. Ce qui change selon les épisodes. AUBERT].38. « squelettique et moralisateur31 ». ni ceux de Renaud de Montauban. p. Ibid. Document téléchargé depuis www. Lorsqu’on ouvre une parenthèse. Du moins à en juger par les versions conservées. La cohérence du récit ne permet pas de digressions trop longues. surtout. Quant à la bataille de Roncevaux. L’escripvain du duc. © De Boeck Supérieur . Ibid. 15-16. naturellement. © De Boeck Supérieur Mais comment Aubert a-t-il traité ses textes de référence ? Les a-t-il recopiés fidèlement ou bien les a-t-il modifiés ? La réponse. le Pseudo-Turpin. Dans la première partie du récit de Roncevaux. on peut aussi observer des attitudes différentes dans le traitement des deux sources principales. ie m’en deporte […]35. 32. qu’il évoque au beau milieu de la bataille pour expliquer la genèse de la haine entre Marsile et Roland34. On n’oubliera pas. 75-85. ibid.info . Prenons comme pierre de touche la Chronique de Turpin. Cf. comme le dit l’écrivain lui-même en conclusion de son excursus : Pour ce que l’histoire des quatre filz Hemon n’est point a mettre auecques ceste presente.79. 2/2.cairn.592 G. 104-112.99 . Cf.25/01/2014 01h55. SCHOBBEN. mais aussi en fonction de l’importance des sources exploitées. 43-47. ce sont moins les ingrédients du récit que leur dosage. on le voit. la prise de Narbonne. peut varier non seulement selon les épisodes. ne correspondent pas exactement à celles employées par Aubert.. ne manque pas d’exercer son influence.. dont il nous donne un bref résumé. Croniques et Conquestes. p. qu’Aubert n’hésite pas à insérer dans la trame du Roland rimé deux excroissances plus importantes : l’histoire de Galien et. Cf. PALUMBO et la Chanson de Roland sont sans cesse alternées et mélangées.99 . Le va-et-vient entre ces deux traditions est constant.. t. 2/2..25/01/2014 01h55. Mais il s’agit là d’une influence perceptible sur le plan narratif et thématique plutôt que sur le plan verbal. bien entendu.info . mais combine les traditions cléricale et épique. Cela dit. s’il est vrai que le récit est bâti essentiellement sur les données épiques. constitue un cas d’espèce. Document téléchargé depuis www. d’ailleurs. p. p. ou encore l’organisation du culte de Blaye32. 16. David Aubert ne suit pas exclusivement la Chronique de Turpin.79.

. Aubert nous montre. l’influence du Pseudo-Turpin reste toujours perceptible. SCHOBBEN.25/01/2014 01h55. Mais même dans ces passages de matrice épique.. 41. voici le miracle des haies et des buissons. et auoient grant paine a les trouuer. p.99 .158.cairn. L 114-120. chez David Aubert. [D. 39.DAVID AUBERT HISTORIEN ? 593 de J. WALPOLE. AUBERT].cairn. Le jour suivant.38. Toy qui auoies trente-huit ans. Sources de David Aubert. Croniques et Conquestes. les Croniques et Conquestes avaient raconté que Thierri et Baudouin avaient assisté aux derniers moments de Roland. p. et nos li jorz plains de plors. 171. l’empereur qui manifeste pathétiquement sa douleur en serrant dans sa bouche l’orteil de Roland. Tous ces éléments proviennent indubitablement de la tradition du Roland rimé41. la présence des haies et des buissons semble compliquer plutôt que faciliter la recherche des corps des chrétiens : Adont chascun cercha parmy les champs ses amis . La sale resplandissanz de joie te tient. 40.info . par le biais d’une banale phrase de raccord (Adont le fist despouiller pour mettre en biere). 41-42. ainsi comme fist Dauid sur Saul. nous laisses en douleur ou monde . les laisses V7 322-327. © De Boeck Supérieur Document téléchargé depuis www. La nuit tombe enfin sur Roncevaux. Aubert ait eu l’idée d’attribuer à ces deux personnages un rôle inconnu de la geste : ils sont les seuls à savoir où 37. T 225-230. t. et nous sommes cy bas en plours et en piteux reclains. Tu qui es joie es cieus nos lesses tristes el siegle. ies ore de la terre levez es cieus.info . pour ce qu’il y auoit tant de haies et de buissons que a paines y pouoit l’en rien veuoir […] ([D. On remarquera tout d’abord que les regrets prononcés par Charlemagne sur le corps de Roland reproduisent fidèlement la version turpinienne. © De Boeck Supérieur . t. le monde pleure et gemit.xxxviii.25/01/2014 01h55. C’est à partir de là que des passages entiers du Pseudo-Turpin sont parfois intégrés tels quels dans les Croniques et Conquestes. p. De ce dont li mondes plore s’esjoïst ore la celestial sale. 38. qui permet de distinguer les chrétiens des sarrasins40. En recordant icelles piteuses paroles et moult d’autres.158. À vrai dire. Tout comme Turpin. la sale resplendissant de ioie te tient . Tu qui es en consolation es cieulx. Il n’est donc pas étonnant qu’au moment de la quête des morts. » Par iteus paroles et par autreteus plora Charles Rollant tant com il vesqui39.G. Document téléchargé depuis www. Cf.38. 2/2. plora le bon empereur tant qu’il vesqui en doloureux regretz pour Rolant son nepueu38. […] Tu vives avec les angles ! Tu aies joie avec les martirs ! Tu t’esjoïsses entre les sainz ! Sanz fin plorerai sor toi ausi com David fist sor Saül et sor Jonathan et sor Absalon.M. Cham et Absalon. C 330-335.. ans avoies. 42).. Tu.79. Comparons les deux conclusions : Tu viues avecques les angeles ! tu aies couronne auecques les martirs ! tu t’esiouisses auecques les sains ! Sans fin vueil plourer sur toy. qui . P 253-259. es a present esleue es cieulx . 2/2. Translation of the Pseudo-Turpin Chronicle. 77-83. Schobben n’enregistre aucun emprunt textuel jusqu’à l’épisode de la mort du fils de Marsile37. p.99 . éd. 1. juste après le planctus.79. qui permet aussi d’observer de plus près le modus operandi du compilateur. La quête des morts nous offre un bon exemple. t. et ce dont la celestiele court s’eiouist. Cf. AUBERT]. Toutefois. Croniques et Conquestes.

25/01/2014 01h55. Il s’agit d’une pratique très courante chez Aubert. auquel il serait aisé d’ajouter d’autres preuves.. Aux yeux d’un lecteur moderne. p. despoullie comme tout nu.. t. Croniques et Conquestes.. tandis qu’il a opté en faveur de la tradition rolandienne pour raconter la douleur de 42. dans la scène précédente. comme il est a croire. mais les retravaille en même temps. Pour chaque épisode. Ce n’est pas par hasard que. 45. harz a . Aubert a eu recours aux deux sources à la fois : il exploite l’une pour bâtir le canevas du récit. Aubert revient résolument au récit de Turpin pour raconter la découverte du corps d’Olivier. La sélection des matériaux narratifs faite par Aubert nous révèle d’ailleurs assez bien son goût et celui de son public. on retrouve. alterne non seulement sans cesse la chronique et la geste.158. Ibid.info . […]44. © De Boeck Supérieur . Les deux scènes du cor. PALUMBO se trouve le corps de Roland et. 43. montre assez bien quelle est la méthode de travail d’Aubert. L’emprunt est à nouveau littéral : Ilz le trouuerent mort gesant estendu en croix. lié de . comme un Roland parsemé de Turpin. une fois le miracle accompli. Document téléchargé depuis www. au contraire. p. […] Olivier troverent mort gisant tot estendu en croiz. peus fichiez en terre.cairn. 2/2. © De Boeck Supérieur Cet exemple. [D. p. et de cous de bastons tot defroissiez. Aubert a préféré le Pseudo-Turpin pour l’oraison de l’empereur et pour la description macabre du cadavre d’Olivier. Questions de littérature.iiii. escorchie par semblant depuis le col iusques es pies. Enfin. lie de hars a quatre pielz fichies en terre. et tot deperciez de darz et de saietes et de hanstes et d’espees. les mêmes procédés qui se présentent au niveau de la macrostructure. 1. 2/2.158. selon les cas et selon les dosages.79.info .iiii. tout en y ajoutant de petites gloses explicatives. 99).99 . WALPOLE.594 G.cairn. on constate qu’au niveau de la microstructure. Cf. comme un Turpin parsemé de Roland. d’espees et de dartz en tant de lieux qu’il estoit incongnissable […]43. et lui auoient perchie le corps de lanches. le résultat final de sa réécriture apparaît ainsi..38. l’autre pour l’enrichir de détails et d’amplifications de toutes sortes. escorchié des le col desi as ongles des piez et des mains de couteaus aguz. t. ou. 171. l’écrivain du duc a pu reproduire assez fidèlement les textes qu’il a exploités.99 . En ce qui concerne plus proprement la construction du récit.79. par contre. la comparaison avec la Chronique de Turpin nous prouve qu’en l’occurrence. qui « veut être entièrement compréhensible et raisonnable » (GUIETTE. p. 43. car les tirans paiens ne auoient point eu le loisir de paracomplir leur mauuaise voulente. 44.. qui plus est. L’écrivain bourguignon. en effet.38.25/01/2014 01h55. à une échelle réduite. Quant au traitement des sources. parfois pour chaque scène. Translation of the Pseudo-Turpin Chronicle. mais non mie par tout. Document téléchargé depuis www. comme c’est ici le cas pour les blessures d’Olivier45. 42. AUBERT]. t. à pouvoir témoigner de la véridicité du prodige42. éd. l’une en fonction de l’autre.

241. Ces choix nous confirment que l’écrivain du duc et ses lecteurs.38. cf. 2/1. 47. 1873. c’est Charlemagne qui prend l’initiative et envoie Ganelon aux deux rois sarrasins de Saragosse. AUBERT]. © De Boeck Supérieur Document téléchargé depuis www.38. Selon le Pseudo-Turpin. t. t. je dois malheureusement renoncer à examiner en détail les réécritures et les amplifications qui caractérisent ce long épisode (qui s’étend sur une vingtaine de pages : cf. Dans ces cas-là. [D. 128. 46. SCHOBBEN. mais que celui-ci est sauvé par Bramimonde.79. Chacun a en mémoire les différentes versions de cet épisode. [D. Pour concilier ses sources. Chez Aubert. Croniques et Conquestes. t. Sources de David Aubert. somme toute. AUBERT]. cf. Les contradictions sont patentes. La Chanson de Roland. Aubert n’hésite pas à raconter deux fois les mêmes événements : d’abord. A. On remarquera en outre que le « schéma turpinien » de l’ambassade de Ganelon se retrouve aussi Document téléchargé depuis www. La première est. [D. Face à une telle divergence de la tradition. Une solution semblable du point de vue structurel avait été imaginée aussi par Jean d’Outremeuse (Ly Myreur des Histors.79.. en suivant le schéma du Pseudo-Turpin.. Cf. par contre. mais il y ajoute le souvenir d’Aude tiré des versions rimées de Roland46. en racontant que Marsile voudrait tuer le traître. © De Boeck Supérieur . Marsile et son frère Baligant.. 241-263) et pour lequel Aubert a exploité aussi d’autres traditions épiques. t. Dans d’autres scènes ou épisodes. Il était possible de les emboîter l’une dans l’autre comme dans un jeu de patience. puis en adoptant celui de la geste49.info . Sur l’origine de cette scène. apprécient les tons rhétorique et pathétique ainsi que les récits romanesques et pittoresques. l’arrangement des deux sources se révèle beaucoup plus compliqué. Je ne soulignerai ici que trois formes principales d’intervention.99 . 48. AUBERT]. Aubert exploite de nouveau à la lettre le Pseudo-Turpin.25/01/2014 01h55. Dans le monde courtois et chevaleresque de l’écrivain du duc.DAVID AUBERT HISTORIEN ? 595 l’empereur et le miracle des haies et des buissons. D’autres cas analogues nous l’attestent.info . comme on l’a déjà souligné plusieurs fois. Aubert redouble un épisode. À nouveau. Croniques et Conquestes. au moment de l’ambassade de Ganelon. p. p. Croniques et Conquestes. 3. p. Face aux divergences de la tradition. 18-19. HORRENT. D’après la Chanson de Roland. Faute de place. Aubert est obligé de remodeler les deux versions s’il ne veut pas renoncer à l’une d’entre elles. 49. les traditions turpinienne et rolandienne se laissaient combiner assez facilement. Le récit de l’ambassade de Ganelon en témoigne48. La Chanson de Roland. HORRENT.cairn. éd. c’est Marsile qui envoie à Charles l’astucieux Blancandrin pour éloigner l’armée française. 89-90. Pour les dernières pensées de Roland.158.25/01/2014 01h55.158. par exemple. 136 s). 2/2. l’écrivain des ducs a réagi de manière différente. 259. qui était tombée amoureuse de lui47. l’amour ne saurait être oublié. Bruxelles. Ganelon se rend à deux reprises à Saragosse. donc. 2/1. Son texte devient dès lors plus innovant.. Cf. Sur ce passage. par contre. Les récits du Pseudo-Turpin et du Roland s’excluent mutuellement. p.cairn.99 . 97. assez simple. BORGNET. p. p. Dans les quelques cas évoqués ci-dessus. p. 97. Aubert ne manque pas d’ajouter du piquant à son récit.

52. Ibid. t. Ibid. Marcille regarda Guennelon sans faire chiere ne semblant comme se oncques ne l’eust veu54. 251. Romania. 51... La pantomime continue à Saragosse. déclare : ne se doit nullui esbahir se ie differe d’y aler.99 . 2/1. 1882. En réalité. 2/1. v. 53.. Mais cette fois-ci. p. Au moment de se mettre en route pour Saragosse. 251. Ganelon se met en colère et menace les pairs. conformément à la geste. t. 55. Sa peur et sa colère sont une énième tricherie. AUBERT].158. De la même manière. On ajoutera encore que le travail de réécriture n’a pas toujours été mené avec le même bonheur et que les incohérences causées par le rassemblement des sources n’ont pas été toujours gommées.596 G. Ganelon. comme Document téléchargé depuis www.25/01/2014 01h55. Cf.99 . 260. Baudouin participe à la bataille. Par ailleurs. t. t. Comment expliquer alors l’ambassade de Blancandrin et le deuxième voyage de Ganelon ? C’est qu’après la rencontre avec le traître.cairn. car il ne se fioit pas du tout en Guennelon et auoit souspechon en son fait51. Ibid.158. mais cela n’empêche que. 2/1.cairn. 2/2. à son retour. Document téléchargé depuis www. 15 s. en particulier p. t.79. 258. Ibid. p. Ganelon ne manque pas de faire son rapport à Charles.info . Comme dans la tradition épique. p. 257. et qui dans l’épopée déclenche la tragédie de Roncevaux. Voilà pourquoi le roi païen convoque son conseil… et le récit peut recommencer selon la version de la geste. à la tête de son armée.).25/01/2014 01h55. t.. n’est plus qu’une farce chez Aubert. Ibid. De plus. 11. 54. dans les Croniques et Conquestes. 2/1. p. le comte de Champagne est bien content d’aller chez son complice. t. Mais si le matériau narratif reste plus ou moins semblable. 2/1.. © De Boeck Supérieur . le sens a définitivement changé. les regrets qu’il prononce avant de partir sont dits par grant fiction et male voulente53. 465518... p. 2/1. au terme de la première ambassade. 56. comme le veut la tradition turpinienne56. p. Marsile demoura en son hostel moult pensif […]. PALUMBO dans d’autres textes. plus tard.. Le Carmen de prodicione Guenonis et la légende de Roncevaux. p. le traître n’est qu’un bon comédien. on le voit débarquer à nouveau en Espagne. bien entendu sans révéler le secret et la trahison qu’il auoit bastie auec ledit Marcille50.79. 257.38.. que la solution trouvée par Aubert pour concilier ses sources est assez spécieuse.. le Carmen de Prodicione Guenonis (G. Croniques et Conquestes. mesmement qu’il y a long temps que ne vey ma femme ne Bauduin mon filz55. selon le modèle turpinien. PARIS. t. ibid.38. 50. © De Boeck Supérieur Pourtant. À l’arrivée de l’ambassade. c’est simplement affin qu’on ne doubtast de sa cruele mauuaistie52. Baligant est déjà à Saragosse avec son frère Marsile. plus habile que convaincante. p. On pourrait dire. 466-468. 13 s. S’il fait semblant de s’emporter. certes. Le conseil dramatique qui entraîne la désignation de Ganelon comme ambassadeur. par exemple. le pacte de trahison entre Marsile et Ganelon est déjà conclu. [D. tel.info . ce qui est en contradiction avec le fait que.

© De Boeck Supérieur Document téléchargé depuis www. Roland le fait prisonnier et l’oblige à lui désigner Marsile. mais avec deux innovations importantes. ibid. 3208). Idéalement. toutefois. 242)..38. t. Voyons à cet égard le récit de la mort de Marsile.. 58. La solution d’Aubert ne manque pas d’astuce. rencontre un sarrasin noir. Les oublis et les étourderies. abat une sorte de géant païen. Cette substitution. puis poursuit Marsile et le tue. Roland attaque Marsile et lui coupe le poing. 259. le compilateur se voit obligé de remplacer un personnage par un autre. Dans un seul cas. si. Roland tue son fils. Roland. sans anticiper la mort de Marsile. Le sarrasin obéit. Cf. Dans la Chronique de Turpin. par contre. il ne peut pas contredire la geste. entraîne à son tour toute une série de changements. d’une part. pour concilier deux traditions concurrentes. Sur le sort du chef païen.99 . p. © De Boeck Supérieur . qui. assez coloré. v. Document téléchargé depuis www. p. a pris la place des deux autres. Quand Roland se lance dans la mêlée. Cette innovation permet à l’écrivain de sauver la situation : il sait restituer à la fois les traditions turpienne et rolandienne. 2/2.info .25/01/2014 01h55. mais. David Aubert est tenté par ces deux traditions.DAVID AUBERT HISTORIEN ? 597 le raconte la geste57. p.25/01/2014 01h55. t. 2/1. comme dans le Pseudo-Turpin... l’écrivain du duc recopie presque ad litteram l’épisode turpinien du païen caché dans le bois. estoit Marcille. il veut rendre compte de tous les textes qu’il connaît. Girfalés (V7.. Au cours de la bataille.79. dans les pages d’Aubert. ni à l’épisode du païen caché dans les bois. Aubert semble avoir essayé de remédier à cette incohérence en changeant le nom de Baligant : deuers l’admiral Marcille et son frere Baalan (ibid. 14.158. les traditions épique et cléricale sont en total désaccord. t. v. 2/2. mais Giraflé. les efforts du compilateur bourguignon pour rendre son récit cohérent et logique restent remarquables.info . errant à travers les champs. que la tradition épique nomme Jurfalet (O. t. 57. Dans la tradition épique. 1904). 27 s. En effet.cairn. qui relatait la mort de Marsile. Marsile meurt dans la bataille. de l’autre. 241.158. Après la défaite de l’arrière-garde. qui lui fournit la charpente pour toute la partie finale de l’affaire de Roncevaux. il ne veut pas renoncer au récit du Pseudo-Turpin. le filz Marcille. 261 . Ibid. il ne tue donc plus le géant païen et Marsile. les choses se passent différemment. Or. si fu Rolant moult lie de ce coup et cuida bien avoir occis Marcille. Le comte chrétien se jette alors dans la mêlée.99 . Le roi païen parvient à se sauver et à se réfugier à Saragosse. on le voit. mais aussi sans renoncer ni à la mort pathétique de Giraflé. Malgré cela. Girfaut (P. Il omet la dernière phrase. ne manquent pas. v. Dans ce cas. 2/2. Malgré cela.38. Aubert sera ainsi libre d’exploiter la geste et de raconter comment Roland coupera le bras de Marsile et comment Marsile trouvera la mort à Saragosse.. qui s’était caché dans les bois. Dans la suite du récit.. Le problème posé par la « double vie poétique » de Baudouin ou de Baligant annonce et explique la deuxième forme d’intervention d’Aubert : le cas échant. avant d’abandonner le champ de bataille. Il précise que le prisonnier païen se trompe en réalité au moment de la désignation : il dit à Roland que Girafle. cuidant que ainsi fust58.79. p. 1921).cairn.

2/1.99 . Turpin ne participe pas à la bataille : il accompagne Charlemagne et l’armée dans le passage des Pyrénées ..79. il souffre à la vue de Berengier et Angelier le Gascon. Cette gêne se manifeste clairement.. il survit au massacre.info . puis se fery ens commes les autres. et Rolant pareillement auec son compaignon Oliuier (ibid.38. Il s’agit d’ailleurs d’une allusion très rapide : L’istoire certiffie que. 2/2. David Aubert hésite.25/01/2014 01h55. les traditions rolandienne et turpinienne divergent complètement. il conclut : si ne scay lequel croire62. 60. il est clair que. Cette réticence à propos du Turpin guerrier trahit probablement l’embarras d’Aubert face à la divergence de ses sources. 62. Mais. participe activement à la bataille : il harangue les Francs. se seigna en soy recommandant a nostre Seigneur . 6. à propos duquel. 43. AUBERT]. qui se base largement sur le prétendu témoignage oculaire de l’archevêque. Croniques et Conquestes.cairn. 275. 2/2. PALUMBO 59. Turpin. 270. Pas de grands coups. après la scène du cor. est de nature différente.598 G. D’après la Chronique. au moment où il doit raconter la mort des héros. Pour la geste. Quelques pages plus loin. p. © De Boeck Supérieur .158. il n’engage aucun combat. quant le bon acheuesque Turpin et noble per vey les bons crestiens ainsi prendre fin […]. Un bon exemple nous en est offert par le sort de l’archevêque de Reims. [D. t. t. L’archevêque donne la bénédiction à ses hommes avant la bataille. Figures III. Ibid. p. p. singulièrement. il s’agit d’une intervention qui touche moins au niveau « diégétique » qu’au niveau « métadiégétique ».. on ne le voit presque jamais en action au cours de la bataille. t. agit en guerrier prodigieux et se bat jusqu’à perdre la vie sur le champ de bataille. Cette fois-ci. 2/2. il prie pour les âmes des Francs et intervient dans la scène du cor60. 61..25/01/2014 01h55. risquerait sérieusement de s’écrouler. G. Document téléchargé depuis www. En effet. Turpin ne peut qu’échapper au massacre. Cf.79. Malgré cette apparente incertitude. par contre. Face à ces deux traditions opposées. 1972. il a encore le temps de donner sa dernière bénédiction solennelle aux corps des Pairs que Roland a rangés devant lui. Avant de mourir. 273. L’écrivain nous avoue que l’un des livres qu’il a consultés raconte que l’archevêque survit à la bataille. l’édifice narratif des Conquestes de Charlemaine. dont il raconte justement les événements tragiques. la troisième forme d’intervention imaginée par le scribe.. 277 . t. Turpin est bien présent à Roncevaux.99 . une première fois. GENETTE.info . l’escripvain du duc Philippe est donc obligé de prendre ouvertement position : Document téléchargé depuis www. 5). pour Aubert. tout en demandant elle aussi quelques retouches narratives. À une exception près61. © De Boeck Supérieur Si. « c’est l’acte de narration lui-même qui remplit une fonction dans la diégèse59 ». aux côtés de Roland. tandis que l’autre dit qu’il y meurt . pas de sarrasins abattus. Aubert semble avoir modifié directement ses sources. Dans le cas contraire.158.38. dans le cas précédent. comme dans la geste. mué en guerrier et mêlé aux troupes de Roland. 7.. p. Paris. p. donc. on le sait. Dans ses pages.cairn. abattus par les païens.

l’émouvante scène de la dernière bénédiction des Pairs se vide de sens. il n’est peut-être pas inutile de s’arrêter quelque peu sur les considérations faites par Aubert à propos de ses sources. ne sont pas rares dans les textes du Moyen Âge. 11. t. quand elles sont irrémédiablement en conflit. car espoir estoit il demoure en la compaignie de Charlemaine.cairn. fussent-ils à leurs yeux des plus improbables. Avant de conclure cet exposé trop rapide.cairn.DAVID AUBERT HISTORIEN ? 599 De la mort du noble archeuesque Turpin l’istoire ne fera cy aucune mention. 65. il semble que toutes les sources narratives soient également dignes d’être exploitées lorsqu’il est possible de les concilier . qui. t. Aubert lui-même écrit encore : Et moy qui ay escripte ceste histoire. ils [= les historiens] se font une règle de toujours répéter tous les récits qu’ils ont lus ou entendus.. qui voulait déjà que la décision fût abandonnée au lecteur. Histoire et culture historique. Il est toutefois intéressant de remarquer qu’elles se retrouvent surtout sous la plume des historiens. plus sûrement paralysés par leur modestie. D’autant plus que. p. presque tel quel. 2/2. pour ne pas être taxés de mensonge ou pour le simple plaisir de leurs lecteurs. au moment d’introduire le résumé de Galien. certes. p. © De Boeck Supérieur . une hiérarchie apparaît : d’abord vient l’Historia Turpini. Bien qu’assez timides. 43. Après cela. nous montrent le jugement de l’écrivain sur le degré de véracité des textes utilisés. 130. p. qui semblent révéler une sorte de critique des sources.99 . comme l’a bien montré B.25/01/2014 01h55.38.. au contraire. ces prises de position d’Aubert. Guenée dans un passage qu’on pourrait appliquer. Turpin s’éclipse momentanément du récit.79.. Document téléchargé depuis www. Privé de son protagoniste. 66.. pourquoi Roland prend la peine de chercher les corps des Pairs afin de les ranger auprès de l’inconnu et mystérieux archevêque de Langres. Après quoi. mis en sûreté par l’intervention de la voix du narrateur.. en effet.info . a remplacé Turpin et qui. ils ne se prononcent jamais et laissent à leurs lecteurs le soin de choisir et de juger66 ». leur conviction de n’être que “de pauvre petits hommes de nulle autorité”. 63. p. ne scay s’il est vray ou non […]65.38. On comprend mal. tout soit ainsi qu’il fust ad icelle journee ou que il n’y fust mie. à notre écrivain : « […] pour étaler leur science. 2/2. Pour Aubert. puis la Chanson de Roland.25/01/2014 01h55. quelques pages plus loin. trouuay en vng liure parlant de Charlemaine et de ses pers. Ibid. enfin les autres chansons de gestes. 2/2. désormais gisoit mort en la place64.79. en effet.. t. peut-être touchés par quelque lointain écho de la rhétorique antique. laquele chose se puet bien faire et croire aussi par ce que cy apres vous deuisera l’istoire63.99 . jusqu’à devenir tout à fait irrationnelle. en plus. Ibid.info . De telles affirmations.158. dans les pages d’Aubert. © De Boeck Supérieur Document téléchargé depuis www. Ibid. GUENÉE.. 64.158. 17.

Aubert a exploité la même source que les Grandes Chroniques de France. Entre fiction et histoire : l’histoire poétique Ces dernières considérations nous ramènent à la question de départ. 1. C.38. Dresdener Hs.25/01/2014 01h55. Guillaume d’Orange dans la Chronique de France jusqu’en 1380 (Mss Bibl. VALENTIN. 749). l’historien. O81 de la Bibliothèque de Dresde. p. il eut celui de le réinventer. AUBERT].600 G. Sa documentation correspond au canon du Moyen Âge. la réponse est plus problématique. Quant à l’exploitation des sources. 69. qui en rendait la copie coûteuse et difficile. 351. Les Croniques et Conquestes peuvent-elles être considérées comme un récit historique ? Dans l’optique moderne. t.cairn. comme le dit le Prologue67. Pour nuancer l’affirmation précédente. on ne s’étonnera pas trop si le travail de réécriture a fini par créer une nouvelle version de la bataille de Roncevaux. Si les Croniques et Conquestes n’ont pas eu de succès en dehors de la cour de Bourgogne. Cette réinvention du passé n’était pas étrangère au travail d’un historien médiéval. on rappellera aussi qu’une version remaniée des Croniques et Conquestes se lit dans le ms.25/01/2014 01h55. 5003 et Vatican. comme l’a écrit encore une fois B. t. l’ampleur du texte. David Aubert a accompli consciencieusement sa tâche d’ystoriografeur. Le succès de l’ouvrage d’Aubert n’est pas complètement dissociable de celui de ses sources. certes. la Chronique du Pseudo-Turpin . On ne négligera pas. il était maître d’un passé singulièrement flexible. [D. c’est donc probablement moins par leurs défauts littéraires ou historiques.. Document téléchargé depuis www. à un moment où l’historiographie sur Charlemagne était à un tournant69.. GUENÉE. 99. que par leur date de composition. t. en liberté68 ». 1902.99 . nat. Romania. comparée et complétée assez scrupuleusement avec son complément naturel. il l’a collationnée. où les faits même surgissaient. nouveaux. Croniques et Conquestes. Guenée : « […] pour répondre aux désirs de son temps.79. 1978. O81. n’eut pas simplement le pouvoir de réinterpréter le passé . fr. 13-14. qui pour cet épisode constituent la « base de travail » des Croniques et Conquestes. Lat. S’adressant à un public dont la culture historique était des plus limitées. au Moyen Âge.cairn. p. Cf. appartiennent pour nous au domaine de la fiction. © De Boeck Supérieur .. Romanische Forschungen. Untersuchungen über die Quellen der Conquestes de Charlemaine. Histoire et culture historique. la réponse est sans aucun doute négative : tant le Pseudo-Turpin que la Chanson de Roland.. p.99 . 68. et à des confrères qui n’avaient que de faibles moyens pour vérifier et critiquer ses dires. plus ou 67.158. Le but de son récit est à la fois moral et didactique. par contre..79.info . Dans la perspective médiévale. PALUMBO 3.38. à y regarder de plus de près. SUARD. Reg. Fr. En effet. et que le texte d’Aubert semble avoir influencé la Chronique de France jusqu’en 1380. 13.info .158. Il suffit ici de rappeler qu’en 1461. la tradition épique. p. © De Boeck Supérieur Document téléchargé depuis www. 367-368. Pour la bataille de Roncevaux. On pourrait dire que ses Croniques ont eu le malheur d’être produites à la fin d’une saison littéraire et culturelle. 199 . Au contraire.

Annuaire-Bulletin de la Société de l’Histoire de France.cairn. On le voit. La figure de Charlemagne dans l’historiographie du XVe siècle. Charlemagne dans la littérature française du Moyen Âge.158. encore.. il serait difficile d’affirmer que David Aubert est le Jacques Le Goff ou le Georges Duby de son temps.. Cf. . Entre les deux extrêmes d’un Aubert romancier et d’un Aubert historien. 353. avancer prudemment une formule de compromis.25/01/2014 01h55.79. Mais serait-il trop osé de considérer l’escripvain des ducs comme le Gaston Paris ou le Paul Meyer de l’automne du Moyen Âge ? Tout compte fait – et ce n’est pas négligeable – ses Chroniques et Conquestes pourraient être rebaptisées assez légitimement Histoire poétique de Charlemagne au XVe siècle.99 . mieux vaut. Certes..38. 67-78. offrait à Louis XI une nouvelle biographie de l’empereur : « toute pénétrée des exigences humanistes. © De Boeck Supérieur Document téléchargé depuis www. aussi J. p.158.. © De Boeck Supérieur 70. ou. en suivant le texte d’Eginhard. Ibid.38.99 .cairn. Donato Acciauoli. cette vie prétendait rejeter les oripeaux dont le grand empereur avait été peu à peu couvert et retrouver. 1964-1965. MONFRIN.25/01/2014 01h55. peut-être. p. Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix (Namur) Giovanni PALUMBO Document téléchargé depuis www.info . sa pure vérité70 ».79.DAVID AUBERT HISTORIEN ? 601 moins dans les mêmes années où Aubert travaillait à sa compilation. un jeune historien florentin.. l’époque où l’Arioste et Pietro Aretino pourront facilement ironiser sur la véracité du récit de Turpin approchait déjà à grands pas.info .

DAVID AUBERT.38.R. fol. Jean le Tavernier.79. ms.B.cairn.B... 9066.99 .158. K.38.99 .info .79..158. vers 1458-1460.R. © De Boeck Supérieur Document téléchargé depuis www.602 G. © De Boeck Supérieur .25/01/2014 01h55..) Document téléchargé depuis www..info . Les Croniques et Conquestes de Charlemaine.25/01/2014 01h55.cairn. 11 r° (© K. PALUMBO Mort de Roland à Roncevaux.