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Lille 2, université du droit et de la santé

Ecole doctorale des sciences juridiques, politique et sociale (n° 74)

Faculté des sciences juridiques politiques et sociales

La suspension de peine pour raisons medicales

Mémoire présenté et soutenu en vue de l’obtention du Master Droit « recherche », mention « droit pénal »

Droit privé

par Claire-Annie SCHMANDT

sous la direction de Monsieur Jean-Pierre BROUILLAUD

Année universitaire 2005/2006

Ce mémoire a été publié le 29 novembre 2006 avec l’autorisation de l’auteur et l’approbation du jury de soutenance sur http://edoctorale74.univ-lille2.fr

Sommaire
REMERCIEMENTS...........................................................................................3 LISTE DES ABBREVIATIONS........................................................................4 INTRODUCTION...............................................................................................6 Chapitre 1 – Etude de la mesure .....................................................................20 Chapitre 2 – Réflexions sur l’effectivité de la mesure .................................75 CONCLUSION................................................................................................125 BIBLIOGRAPHIE..........................................................................................132 ANNEXE..........................................................................................................147

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REMERCIEMENTS

Merci à Monsieur BROUILLAUD, pour ses conseils, sa disponibilité et sa patience.

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: Collection C. : Edition Gaz. : La Gazette du Palais GIPN : Groupe d’Intervention de la Police Nationale Ibid. pén. : Ibidem IRM : Imagerie par résonance magnétique JAP :Juge de l’application des peines JCP : Juris Classeur pénal JLD : Juge des libertés et de la détention JNLC :Juridiction nationale de libération conditionnelle JO :Journal Officiel JRLC : Juridiction régionale de libération conditionnelle LGDJ : Librairie générale de droit et de jurisprudence n° : numéro op. : Actualités Sociales Hebdomadaires AJP : Actualité Juridique pénal AVC : Accidents vasculaires cérébraux Bull.crim.pén.Pal.cit. : Code pénal C pr. : page Petites affiches : Petites affiches PUF : Presse Universitaire de France 4 . : Recueil Dalloz éd.LISTE DES ABBREVIATIONS Act soc. : Code de procédure pénale D. chambre criminelle CA : Cour d’appel CAP : Chambre de l’application des peines Cass.crim : Bulletin des arrêts de la Cour de Cassation. chambre criminelle CEDH : Cour européenne des droits de l’Homme Coll.hebd. : Opere citato p. : Cour de cassation.

crim.RD pén. : Revue de droit pénal et de criminologie Rev. Revue des sciences criminelles RGDM : Revue générale de droit médical RPDP : Revue pénitentiaire et de droit pénal SPIP : Service pénitentiaire d’insertion et de probation TAP : Tribunal de l’application des peines UCSA : Unité de consultations et de soins ambulatoires UHSI : Unité hospitalière spécialisée interrégionale 5 .sc.crim.

à une justice publique où la victime ne peut plus se faire vengeance elle-même. p. Cependant. 28 « […] C’est donc le trouble social et le préjudice social qu’il engendre. 2 Ibid. Dalloz. Cette idée de justice a évolué2 avec le temps. BOULOC (B.). La peine infligée au condamné est la réponse donnée par la société au trouble causé1 par l’infraction commise et ce par l’intermédiaire des juges. 6 . dès son entrée au sein de l’établissement pénitentiaire. […] ». La personne comparaissant devant une juridiction de jugement et entendant ce verdict est conduite immédiatement en prison. de nombreux aménagements et mêmes réductions ou suspension de peine sont possibles. p. qui justifient l’intervention des lois pénales. in Droit Pénal Général. 2003. 18ème édition. mais doit 1 STEFANI (G. 46. votre condamnation prend effet immédiatement ». Pour elle. de bonne volonté ou si il est confronté à des problèmes particuliers. le condamné rencontre des agents du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) analysant avec lui le contenu de sa peine et les modalités d’exécution de celle-ci. un long chemin commence.). La peine déclarée par le juge doit en principe s’effectuer dans son intégralité. Le Code de procédure pénale offre des moyens au condamné de ne pas purger l’intégralité de sa peine.). LEVASSEUR (G. Avant d’analyser ces divers mécanismes d’aménagement de la peine et les évolutions diverses. en passant de la notion de vengeance privée entre guerres des clans et des familles. En effet. il convient de se pencher sur le sens de cette peine prononcée à l’égard du condamné et sur l’état des conditions de détention des prisonniers en France de nos jours.INTRODUCTION « Vous êtes condamné à une peine de vingt ans d’emprisonnement assortie d’une période de sûreté de douze ans. si ce dernier fait preuve d’efforts.

S’il est mineur de treize ans. La condamnation pénale peut donc revêtir différentes formes. Ibid. 7 . Le panel de mesures restrictives ou éducatives pouvant être prises à l’égard du condamné a fortement évolué. des périodes de sûreté6. Ainsi à titre d’exemple. Les mineurs sont fortement protégés dans notre système pénal. il existe un âge minimal pour pouvoir être incarcéré. 16. En droit français. Certaines peines pourront ainsi être renforcées par des mesures d’isolement. 2005. Un mineur ne peut être envoyé en prison que s’il est âgé de plus de treize ans. La détermination de la dangerosité des délinquants en droit pénal Etude en droit français. qu’au niveau des sanctions (mesures et sanctions éducatives ou peines d’emprisonnement). « […] On peut résumer les buts complexes. La situation des détenus âgés au regard de la convention européenne des droits de l’homme. 390. mais il n’y a pas de limite d’âge7. des obligations diverses et ce à l’égard d’une population carcérale très diversifiée. leur mentalité… entraîne de nombreux problèmes de gestion de ces condamnés au sein même de la prison. p. et parfois difficilement conciliables que poursuit la peine moderne 5 COCHE (A. tenant notamment à leur origine. autour de trois fonctions essentielles : l’intimidation. 3 4 Ibid. cela s’applique généralement aux mineurs de plus de dix ans. n°188. mais il est admis par une jurisprudence établie que seul le mineur capable de discernement pourra être reconnu coupable pénalement. La diversité des individus peuplant les prisons.). 6 7 Voir infra. […] ». […] ». même si les dernières réformes ont conduit à un durcissement de la répression à leur encontre et ce tant au niveau de l’établissement de la responsabilité pénale. des restrictions d’âge officielles n’existent pas dans les textes. p. celui de le punir et celui de le réadapter au sein de la société et un but plus général d’intimidation des futurs primo délinquants4. 20/09/2001. il ne pourra pas être incarcéré. « […] Le droit français ne prévoit pas de limite d’âge pour la mise en détention d’une personne ou pour l’exécution d’une condamnation. même si le juge seul apprécie si l’enfant est ou non capable de discernement8. p.s’adresser aux représentants du pouvoir central pour demander justice3. leur âge. Presses Universitaires d’Aix-Marseille. durées selon le cas présenté aux juridictions de jugement. Le but des autorités est de réprimer la délinquance et de faire cesser le trouble causé par l’infraction perpétrée. Au stade de l’enquête. p 13 CEDH 7/06/2001 Maurice Papon c/ France. mais pourra dans certains cas faire l’objet de mesures ou de sanctions éducatives. 54. in Petites affiches. L’évolution de la société et de la dangerosité5 de certains individus a conduit à la création de nouvelles sanctions et parfois même d’allongement de certaines. la rétribution et la réadaptation. Cette sanction prononcée à l’encontre du condamné poursuit deux buts à l’égard du condamné.

[…] à titre exceptionnel. La prison est un univers à part. in Le Monde. le maximum pouvant être prononcé est 12 Ibid. Ibid. notamment du fait du vieillissement de la population carcérale […] ». si un mineur.hebd.). « […] La France ne connaît aucune disposition législative ou réglementaire visant à exclure l’incarcération ou le maintien en détention des personnes au-delà d’une certaine limite d’âge […] ». mais également par les incarcérations de personnes âgées14.). Il s’agit notamment des personnes âgées et malades. Parmi ces majeurs. 8 GEBLER (L. Seuls les mineurs de plus de seize ans ayant commis de graves infractions pourront être condamnés à la même peine qu’un majeur12. in Petites affiches. les détenus réclament la « même justice pour tous ». Les peines d’emprisonnement prises à l’égard des mineurs suivent un régime différent de celui des majeurs. D‘autre part. la peine encourue ne pourra être « supérieure à la moitié de la peine maximale qu’encourt un majeur pour les mêmes faits 11». p. Cela s’explique notamment par le faible taux de condamnations à une peine d’emprisonnement des mineurs. « […] De plus.le mineur de dix « ne peut être maintenu contre son gré ou celui de ses parents 9» dans les locaux de la police. de vingt ans de réclusion criminelle. p. « […] il peut être dérogé pour ceux de 16 à 18 ans. . au cas par cas. certains cas sont plus particuliers que d’autres et suscitent une vive polémique sur la justification de leur incarcération. Après la libération de Maurice Papon. 13. […] ». p. Ibid. et compte tenu des circonstances de l’espèce et de la personnalité du mineur […] par décision spécialement motivée […] ». qui peuvent donc se voir infliger la peine maximale prévue 13 BOITARD (E. le principe est le même : le montant maximal équivaut à la moitié de celui qui s’applique aux majeurs dans la limite. 14 PRIEUR (C. Le traitement judiciaire de la délinquance des mineurs. n°188. les mesures et sanctions éducatives sont préférées aux peines d’emprisonnement. 8 . et au besoin avec l’aide d’un expert. « […] Le nombre de détenus concernés a beaucoup augmenté ces dernières années. avant d’être déclaré coupable des faits qui lui sont reprochés. p. La situation des détenus âgés au regard de la convention européenne des droits de l’homme. septembre 2003. […] ». 20. 15. lorsque cette peine est la réclusion criminelle à perpétuité. pour un majeur. 5/11/2002. Les mineurs de treize ans ne pourront « être retenu[s que] quelques heures dans les locaux de police ou de gendarmerie 10». La priorité est donnée à l’éducation et de ce fait. Pour les mineurs âgés de treize à seize ans. 9 10 11 Ibid. 20/09/2001. Les adultes et les personnes âgées constituent la plus grande partie de la population carcérale totale. 12. p. « […] Il revient aux magistrats de déterminer précisément. aucun âge maximal n’est précisé par les textes13. confiné. Ainsi la population carcérale vieillissante s’explique à la fois par la durée des peines prononcées. de 7500 euros. par définition immature psychologiquement.).). 12. toutefois. est ou non capable de discernement. GUITZ (I. in Act soc. S’agissant des amendes.

la question de l’hygiène dans les prisons n’était pas la priorité des autorités. la surveillance des correspondances…. Dans ce domaine de nombreuses évolutions sont à remarquer. Ainsi. hygiène contribuent à l’apparition ou à l’aggravation de certaines pathologies. 9 .fr/politiques-publiques/politique-penitentiaire/missionreinsertion/sante-detenus/ p. Plusieurs constats18 ont été faits par différents organismes. Avant cette réforme. Hormis. les soins divers des détenus étaient assurés par un médecin extérieur à la prison mais rémunéré par l’administration pénitentiaire17. n°94-43. Médecine et détenus. 18 A titre d’exemple. ou par des agents travaillant au sein de la prison. http://www.vie-pulique. La question du traitement de la santé des prisonniers existe depuis longtemps et a connu une forte évolution pour tenter de répondre aux mêmes caractéristiques que celui du milieu libre. les contraintes liées à la privation de liberté telles que la limitation des visites. attestant de l’insalubrité de la plupart des établissements. incompréhensions et conflits. Ce dernier point a permis le 15 DARBEDA (P. 38. JO n°15. les soins aux détenus étaient dispensés par les services infirmiers et médicaux de l’administration pénitentiaire […] ». publié en 1993. Cela était source de conflits entre les médecins et les prisonniers. La santé des détenus. propice au développement de maladies. ces derniers voyant en leurs soignants plus un surveillant qu’une aide. Cette dernière bouleverse l’ancien système de la prise en charge de la santé en milieu carcéral.pathogène. 19/01/1994. 960. le détenu ou condamné sont confrontés à un milieu contraignant. Au sein de la prison. mais un écart important subsiste avec les soins dispensés à l’extérieur. des douleurs musculaires. 3/02/1995. personnalités du monde judiciaire. visiteurs de prisons. le domaine de la santé et plus particulièrement de l’accès aux soins est source de plusieurs interrogations. promiscuité. de pathologies. de troubles15 et encore plus pour ces deux catégories d’individus. in Journal international de bioéthique. 16 Loi du 18/01/1994. « […]le rapport du Haut Comité de la santé publique sur la santé en milieu carcéral. une réforme a vu le jour en 1994. n°1-2. p 1859. in Circulaire du 8 décembre 1994 relative à la prise en charge sanitaire des détenus et à leur protection sociale. mars-juin 1999. De plus. JO n°29. des troubles de la vue. relative à la santé publique et à la protection sociale. Des manifestations d’angoisse. p. des problèmes de digestion sont le lot quotidien de nombre de détenus […] ». « […] Un certain nombre de facteurs concourent à affecter l’état de santé psychique et physique des détenus : surpopulation. en ce qu’elle prévoit d’une part l’affiliation de l’ensemble des détenus au régime général de l’assurance maladie19 et d’autre part un nouveau système de prévention et de traitement de la santé en prison. restriction de l’espace. La réforme la plus importante est celle opérée par la loi du 18/01/199416.). bien différent du monde extérieur. 17 « […] Initialement. qui met l’accent sur l’insuffisance et l’inadaptation des réponses que pouvait apporter l’administration pénitentiaire aux problèmes de santé publique soulevés par l’état sanitaire de la population pénale […] ».

Santé et système pénitentiaire Applications et implications de la loi du 18 janvier 1994. lors de la procédure de garde à vue un examen médical doit être proposé à la personne23. p 254 25 Voir infra. . ». 3/02/1995. l’univers carcéral est propice au développement de certaines maladies et ne permet pas une convalescence dans les mêmes conditions que celles proposées à l’extérieur. Ces unités de consultations et de soins ambulatoires permettent au détenu de se faire soigner. La Découverte. éd.). 10 . pour certaines pathologies. la procédure d’extraction est utilisée25. le détenu peut consulter un médecin au sein d’une unité spécialement aménagée au sein de la prison depuis la loi du 18/01/1994 : les UCSA. D’autre part. en milieu libre. 20 Circulaire du 8 décembre 1994 relative à la prise en charge sanitaire des détenus et à leur protection sociale.crim. Il a trois missions à mener « diagnostic. à sa demande. Tout au long de sa détention. janv-mars 1997. La Découverte. La peine peut parfois être aménagée. JO n°29. le service public hospitalier a pour mission de prendre en charge21. Ces dernières se manifestent à plusieurs niveaux. juin 2004 Qu’est ce que la visite médicale des détenus arrivants?. soins et actions de prévention22 ». d’autres tests tels que celui du HIV sont proposés24. Les conditions de détention en France. 23 Article 63-3 du Code de procédure pénale. éd. D’une part. OIP. La loi de 1994 a ainsi marqué une grande évolution dans le domaine de la protection de la santé des détenus. 22 COUVRAT (P. p 242 Quels sont les dépistages obligatoires ?. ainsi qu’un dépistage obligatoire de l’hépatite C afin de prévenir toute propagation. la loi du 18 janvier 1994 a bouleversé profondément la médecine en milieu pénitentiaire […] ». p. des aménagements d’exécution de la peine étaient déjà envisageables. au moment de l’incarcération. des traitements ou examens plus précis doivent être pratiqués à l’extérieur de l’établissement pénitentiaire. un bilan de santé est établi. être examinée par un médecin désigné par le procureur de la République ou l'officier de police judiciaire. diagnostiquer… Cependant. Pour cela. ».transfert de la prise en charge sanitaire des détenus au service public hospitalier20. Ainsi désormais. notamment à l’aide de la procédure de la libération conditionnelle. 19 Article L 381-30 du Code de la sécurité sociale « Les détenus sont affiliés obligatoirement aux assurances maladie et maternité du régime général à compter de la date de leur incarcération. Avant cette réforme. elle peut demander à être examinée une seconde fois. tels que le manque de disponibilité des autorités devant encadrer ces transferts. p 25.26. Le guide du prisonnier. octobre 2005 21 « […] De fait. transférant la responsabilité de la prise en charge médicale des personnes détenues aux hôpitaux publics. En cas de prolongation. 171. mais de nombreux inconvénients sont à observer. in Rev. 24 OIP. « Toute personne placée en garde à vue peut. La santé du détenu doit dorénavant être protégée officiellement et ce à toutes les étapes de la procédure judiciaire. la prévention et le traitement des diverses pathologies des condamnés et détenus au sein de ses murs. sc. p 1859. En effet.

Ils peuvent prendre la forme d’un fractionnement30 de la peine. demander sa mise en liberté.). la personne placée en détention provisoire ou son avocat peut. p. 29 Article 148 du Code de procédure pénale. Article 145 du Code de procédure pénale. par exemple si ce dernier doit être hospitalisé d’urgence26. sous les obligations prévues à l'article précédent. professionnel. VINCENT (J. « […] mesure exceptionnelle d’individualisation judiciaire de la sanction permettant de différer l’exécution d’une peine correctionnelle ou de police lorsqu’il y a des motifs graves d’ordre médical.). 27 28 Voir infra. Notre étude portera précisément sur l’une des suspensions de peine possible dans le cadre d’une condamnation. s'il l'estime utile. 31 Ibid. 26 Article 63-3 du Code de procédure pénale. […] ». il est à rappeler que des aménagements sont également possibles lors de la procédure de garde à vue. Cependant. 2005. d’une suspension31 de la peine. La demande de mise en liberté est adressée au juge d'instruction […] ». 57. recueilli les observations de l'intéressé. in Lexique des termes juridiques. le type d’aménagement le plus fréquent celui de l’incompatibilité de la garde à vue avec l’état de santé de l’interpellé. ce magistrat fait connaître à la personne mise en examen s'il envisage de le placer en détention provisoire. professionnel. assistée de son avocat si celui-ci a déjà été désigné. celle-ci peut être incarcérée en détention provisoire sur ordre du Juge des libertés et de la détention après proposition du Juge d’instruction28. […] ». Un aménagement de cette détention provisoire peut être demandé au Juge d’instruction à l’aide de la procédure de demande de mise en liberté29. 15ème édition. Pour la première période. 30 GUILIEN (R. « […] Le médecin examine sans délai la personne gardée à vue. familial ou social. ou lors de la détention provisoire. Dalloz « […] mesure exceptionnelle d’individualisation judiciaire de la sanction permettant de faire subir une peine prononcée par fractions séparées. Pendant la période de mise en examen d’une personne27. l’emprisonnement correctionnel ou de police et les autres peines de même nature non privatives de liberté […] ». Une fois la condamnation prononcée et devenue définitive. Le certificat médical par lequel il doit notamment se prononcer sur l'aptitude au maintien en garde à vue est versé au dossier.Notre système pénal prévoit la possibilité d’aménager la privation de liberté de certaines personnes et ce à l’ensemble des stades de la procédure. 11 . « […] En toute matière. à tout moment. Cette possibilité concerne l’amende. d’une réduction de peine. d’autres aménagements de la peine sont possibles. et procède conformément aux dispositions du présent article. d’une autorisation de sortie sous escorte. Au vu des éléments du dossier et après avoir. « […] Le juge des libertés et de la détention saisi par une ordonnance du juge d'instruction tendant au placement en détention de la personne mise en examen fait comparaître cette personne devant lui. lorsqu’il y a des motifs graves d’ordre médical. familial ou social […] ».

La suspension de peine proposée par la libération conditionnelle est plus souple. soit de la nécessité de subir un traitement. La loi du 15/06/200036 a permis la création d’une forme spéciale de libération conditionnelle pour motif médical. Ibid. L’aménagement proposé par le fractionnement ne permet par exemple d’effectuer la peine d’emprisonnement seulement certains jours de la semaine si le condamné justifie d’un travail. soit de leur participation essentielle à la vie de famille. si le condamné 32 Article 720-1 du Code de procédure pénale. Le fractionnement quant à lui est un aménagement moins souple que la suspension de peine. lorsqu'il reste à subir par la personne condamnée une peine d'emprisonnement inférieure ou égale à un an. J. aucune de ces fractions ne pouvant être inférieure à deux jours. familial. le condamné effectuera l’ensemble de son temps de peine. La réduction de peine est un automatisme qui est calculé dès l’entrée en prison du condamné. Il s’agit la plupart du temps de présenter des efforts sérieux de réadaptation sociale par l’obtention d’un contrat de travail à l’extérieur. 9038. soit de leurs efforts en vue d'indemniser leurs victimes. p. pour motif grave d'ordre médical. La décision est prise par le juge de l'application des peines […] ». JO 15/08/1885. 33 34 35 Loi du 14/08/1885. en ce qu’il n’a aucune incidence sur la durée de la peine prononcée et ne concerne que les peines prononcées en matière correctionnelle32. Celles-ci sont relatives à la fois à la durée de la peine restant et à subir et à l’attitude du condamné. Article 729 du Code de procédure pénale. Le condamné pourra également obtenir une condamnation avec sursis. notamment lorsqu'ils justifient soit de l'exercice d'une activité professionnelle. Elle ne peut s’appliquer que sous certaines conditions. le condamné doit remplir l’une des conditions35 imposées par le texte de loi. soit de l'assiduité à un enseignement ou à une formation professionnelle ou encore d'un stage ou d'un emploi temporaire en vue de leur insertion sociale. De plus. elle permet en effet de réduire le temps de la peine restant à subir et ainsi de libérer le condamné avant la fin de sa peine. […] ». Loi sur les moyens de prévenir la récidive. 4562.O n° 138. ou même un sursis avec mise à l’épreuve et de ce fait ne purgera sa peine que s’il ne remplit pas les obligations liées à son sursis. Cependant. « […]Les condamnés […] peuvent bénéficier d'une libération conditionnelle s'ils manifestent des efforts sérieux de réadaptation sociale. 36 Loi n°2000-516 renforçant la protection de la présomption d'innocence et les droits des victimes. La libération conditionnelle créée par la loi du 14/08/188533a pour but de permettre la libération anticipée d’un condamné. être suspendue ou exécutée par fractions. 12 . professionnel ou social et pendant une période n'excédant pas trois ans. le condamné doit avoir effectué au moins la moitié de sa peine ou en cas de récidive il doit avoir effectué au moins les deux tiers de sa peine34.d’une permission de sortie … Les deux dernières sont exceptionnelles et de courte durée. 16/06/2000. « […] En matière correctionnelle. cette peine peut. p. Pour être éligible à cette suspension de peine.

le condamné ne peut bénéficier. « […] En cas de condamnation à une peine privative de liberté.legifrance. Pendant cette période. des dispositions concernant la suspension ou le fractionnement de la peine. la semi-liberté et la libération conditionnelle. 2ème édition. comme pour le meurtre aggravé et si la condamnation prononcée l’est pour une peine égale ou supérieure à dix ans d’emprisonnement40. en ce qu’elles ne se prononcent pas sur la culpabilité du condamné ou sur la peine prononcée à son égard.justifie de la nécessité de subir un traitement. Article 132-23 du Code pénal.fr/ 40 PONCELA (P. L’ensemble de ces aménagements possibles permet aux condamnés de garder un espoir de libération anticipée et encourage certains à adopter une bonne conduite et à s’investir dans l’élaboration d’un projet de sortie et de recherche d’un emploi ou d’un moyen d’indemnisation des victimes. Ces aménagements ne sont pourtant envisageables que pour certaines catégories de personnes. PUF. Le quantum de la peine décidé par jugement. mai 2001. mesure la plus convoitée par les détenus. supérieure à dix ans. il ne pourra prétendre à aucune suspension ou aménagement de peine. Ces possibilités d’aménagement ne remettent pas en cause le principe de l’autorité de la chose jugée. Un autre élément est également à prendre en compte. Coll. la libération conditionnelle.26. dont la durée est égale ou 39 Loi du 22/11/1978. http://www. En effet. […] Les réductions de peines accordées pendant la période de sûreté ne seront imputées que sur la partie de la peine excédant cette durée. JO 23/11/1978. […] ». elle a pour but de ne permettre au condamné d’obtenir un aménagement de sa peine qu’à partir de l’expiration de cette période. Cette suspension de peine permet ainsi de libérer certains condamnés devant subir un traitement à l’extérieur de la prison et ainsi éviter la procédure délicate et incertaine de l’extraction37. Cette aggravation de la peine a pour origine une loi du 22/11/197839. n°78-1097. mais sur les conditions d’application de la peine. prononcée pour les infractions spécialement prévues par la loi. De plus. p. si 37 38 Voir p 25. La période de sûreté obligatoire. non assortie du sursis. Cette période de sûreté peut être facultative ou obligatoire. pourra ne pas être entièrement effectué. 214. le condamné souhaitant en bénéficier doit avoir effectué au moins la moitié de sa peine ou les deux tiers de celle-ci en cas de récidive. le placement à l'extérieur. éd. il s’agit de la période de sûreté. 13 . mais le casier judiciaire en portera toujours mention. les permissions de sortir. mais uniquement sur la partie de la peine non assortie d’une période de sûreté38.gouv. Cette dernière est fixée par le juge. in Droit de la peine. modifiant certaines dispositions du Code de procédure pénale.). est soumise à certaines conditions. pendant une période de sûreté. Elle sera obligatoire si un texte le prévoit spécialement dans le Code pénal. Themis droit privé. p 3926. seules les réductions de peines pourront être calculées. Comme vu précédemment.

« […] Pour les condamnés à la réclusion à perpétuité. augmenter la durée légale de la période de sûreté " . pour rejeter cette requête. lorsqu'elle prononce une peine privative de liberté d'une durée supérieure à cinq ans. la période de sûreté " s'applique automatiquement au cas d'espèce " et que " la cour d'assises n'avait obligation de rendre une décision spéciale que si elle estimait devoir réduire ou. prononcée pour l'une des infractions visées par ledit article. En effet. n°107. Attendu qu'en statuant ainsi. Le juge restant libre d’augmenter ou de diminuer ces durées dans le cadre du maximum légal prévu. s'il s'agit d'une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité. Qu'en effet il résulte des termes mêmes de l'article 720-2 précité. la loi du 12/12/2005 a précisé qu’elle pourra être de dix huit ans en absence de récidive ou de à vingt deux ans en cas de récidive45. p. le temps d'épreuve est de dix-huit années . Elle pourra ainsi être de la moitié de la peine prononcée. notamment pour meurtre […] ». s'il s'agit d'une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité. le juge n’est pas tenu de préciser cette période de sûreté dans son jugement41. la juridiction peut fixer une période de sûreté pendant laquelle le condamné ne peut bénéficier d'aucune des modalités d'exécution de la peine mentionnée au premier alinéa […] ». La durée de la période de sûreté variera selon l’origine de l’infraction et la durée totale de la peine prononcée. 213. Dans le cadre d’une condamnation à perpétuité. […] ». La période de sûreté sera facultative pour toute peine d’emprisonnement supérieure à cinq ans d’emprisonnement43. Cette période de sûreté est un obstacle à de nombreux aménagements de peine. la période de sûreté n’est pas envisageable. au contraire. « […] Dans les autres cas.crim. soit décider de réduire ces durées ». 41 Ibid. « La durée de la période de sûreté est de la moitié de la peine ou.elle est obligatoire. 43 42 Article 132-23 du Code pénal. 45 Article 729 du Code de procédure pénale deux années si le condamné est en état de récidive légale […] ». que la période de sûreté s'applique de plein droit en cas de condamnation à une peine privative de liberté. de dix-huit ans. il est de vingt- 14 . la chambre d'accusation a fait l'exacte application de la loi . « […] Attendu que. En deçà de ce quantum. Cass. 44 Ibid. cette condamnation doit concerner l’une des infractions déterminée par la loi. s’élever aux deux tiers de la peine44. non assortie de sursis. La « […] Son domaine d’application est délimité à la fois par la peine prononcée et par l’infraction sanctionnée. n° de pourvoi 91-84011. jusqu'à vingt-deux ans. p. […] En outre. in BC 1992. La cour d'assises ou le tribunal peut toutefois. 10/03/1992. soit porter ces durées jusqu'aux deux tiers de la peine ou. les juges énoncent qu'en application des dispositions de l'article 720-2 du Code de procédure pénale. L’application d’une période de sûreté obligatoire suppose une condamnation à une peine privative de liberté égale ou supérieure à dix ans. le silence du juge emporte la période de sûreté42. d'une durée égale ou supérieure à 10 ans. non assortie du sursis. y compris pour ceux pouvant permettre à un condamné malade de poursuivre un traitement à l’extérieur. 281. cette période d’aggravation de la peine répond à un besoin de préserver la sécurité et l’ordre public et est de ce fait jugée inutile pour les infractions les moins graves. par décision spéciale.

). le Roi a délégué les fonctions de justice à des magistrats (« les conseillers ») qui rendaient la justice en son nom. Droit Pénal Général. Les décrets de grâce. 178. 49 « […] La fonction de juger est une des prérogatives de la Souveraineté.libération conditionnelle pour motif médical ne peut en effet être envisagée pendant cette période. mais ne peuvent en sortir. GARE (T. Droit pénal. le roi a peu à peu délégué ses fonctions de juger à des magistrats. Collection HyperCours. « […] Toutefois et dans tous les cas. le Président de la République) a conservé l’exercice. en dehors des grâces médicales. 9. Il s’agit d’une prérogative de justice retenue50. septembre 2002. mais continuait à exercer certains pouvoirs à titre personnel comme celui de la grâce49. pour ces détenus. cette mesure est jugée d’une part arbitraire. 47 48 Constitution du 4/10/1958. était la demande de grâce présidentielle. p. le décret de grâce peut en décider autrement. http://www. Article 133-7 du Code pénal. LGDJ. Selon les experts.). GINESTET (C. Elle peut être collective ou individuelle. 50 51 52 Ibid.gouv. ainsi la période de sûreté ne fera pas obstacle à cette suspension de peine exceptionnelle52. Elle peut intervenir à tout moment dans l’exécution de la peine. op. éd. La grâce a pour objectif de suspendre l’exécution de la peine. En effet. la santé de M. p. dont a hérité le chef de l’Etat. octroyées au compte-gouttes […] ». d’autre part elle est perçue par certains comme un non sens en ce qu’elle permet la non application totale de la 46 PRIEUR (C. p. Manuel. p. C’est une prérogative qui lui est confiée. période de sûreté. Mais il a conservé (retenu) certaines fonctions dont la grâce constitue l’une des dernières illustrations. 502. Dalloz.). ». Progressivement. car seul le président décide. Les termes « justice retenue » désignent donc les fonctions de justice dont le Roi (aujourd’hui. la fonction de juger appartenait au Roi et elle était initialement exercée par lui. « La grâce emporte seulement dispense d'exécuter la peine. 218. […] ». Coll. partielle ou totale et même conditionnelle. 176. A cette époque. Cependant. cit. La seule alternative46 pour ces détenus avant la création de la suspension de peine pour raisons médicales de 2002. Procédure pénale.Papon est incompatible avec la prison. « […] Ce début de polémique avait mis en lumière la difficile condition des personnes très âgées en prison ainsi que l’impossibilité. avril 2003. PONCELA (P. Ce pouvoir reconnu au président de la République est un vestige de la royauté48. p. L’article 17 de la Constitution du 4/10/1958 dispose que le Président de la République a le droit de faire grâce47. de pouvoir sortir. c'est-à-dire ne pas maintenir de 15 . Cette prérogative du Président de la République est fortement critiquée. mais ne l’efface en aucun cas du casier judiciaire51.). […] ». éd.). certains détenus souffrent de graves pathologies incompatibles avec le maintien en détention. ou prévoir une durée différente. in Le Monde. […] ». Dans l’ancien droit. 5/09/2002.fr/ LEROY (J.legifrance. « […] C’est une prérogative traditionnelle du souverain..

27/04/2001. écartant ceux qui ne justifient pas à ses yeux l’octroi d’une mesure de grâce. la décision appartient au pouvoir politique.). 1010 « […] Le garde des sceaux procède à un premier tri des dossiers. effectue un tri des demandes et transmet celles qu’il estime pouvoir bénéficier d’une grâce au Président de la République. De plus la peur de voir l’individu recouvrer des forces et commettre de nouvelles infractions59 est 53 STEFANI (G. Cette mesure était donc la seule chance pour les détenus ne remplissant pas les conditions de la libération conditionnelle de pouvoir voir leur peine suspendue. le garde des Sceaux ne transmettant pas systématiquement la demande au président de la République. cependant. LE GUNEHEC (F.). « […] Cette proposition. le requérant a sollicité. in Petite affiches. p. p. puisque le chef de l’exécutif contredit ainsi une décision de justice. Economica. in Le Monde. qui constitue à ses yeux 54 LEROY (J. […] ». Cette mesure a longtemps été le seul recours possible pour des personnes malades condamnées à de lourdes peines. et a pour résultat de violer la séparation des pouvoirs.). la meilleure arme de la répression […] ». à plusieurs reprises. De plus. Cependant. En effet. p 14. Les sénateurs veulent améliorer le sort des détenus sans attendre le projet du gouvernement. 57 VARAUT (J. LEVASSEUR (G. bien entendu. 19/06/2003. […] ». la demande de grâce doit d’abord passer entre les mains du Garde des sceaux. 16 . également envisagée par la chancellerie. la grâce présidentielle qui lui a été refusée. 5/01/2001. le pouvoir politique intervient au sein du pouvoir judiciaire et contrarie même ses décisions54. p. Ce dernier. 58 PRIEUR (C. 602. c'est-à-dire que son instruction est secrète et sa décision sans motivation […] ».). in Le Monde.). « […] Sur la base de certificats médicaux. 55 TIGROUDJA (H. une sphère sensible et influençable aux éléments extérieurs et à l’opinion publique. peu de grâce de peine totale sont accordées et encore moins celles demandées pour raisons médicales. « régalienne ». La décision finale. op. n° 122. même en ce qui concerne les grâces médicales. actuellement accordé avec une extrême parcimonie par le président de la République […] ». car elle atténue la certitude de la peine.). 7. « […] Elle atténue la certitude de la peine. Droit pénal général. Enfin. p. op.peine prononcée53. En effet. 18. elle est également contraire au principe de la séparation des pouvoirs. Pour le plus vieux prisonnier de France.). avant d’être soumise au Président de la République. cit.M. permettrait de contourner le droit de grâce médicale. 56 DESPORTES (F. octobre 2004. BOULOC (B.cit. 11ème édition. relève exclusivement du Président de la République […] ». Le maintien en détention d’une personne atteinte d’un cancer au regard de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme.). p..). il n’était pas suffisant58. ce qui constitue encore un obstacle au traitement de la demande55. 502. qui sera le seul à décider56et ce sans avoir à justifier sa décision57. Il soumet ensuite au Président de la République les dossiers lui paraissant dignes d’attention. « […] Elle a été vivement critiquée par Beccaria. Ses pouvoirs sont donc très importants.. « […] La procédure actuelle de grâce est de fait.

http://www.).asp 62 63 64 65 DANET (J. l’Archipel. 2335 17 . 57. obtenu une grâce médicale. bien vivant et en bien meilleure forme. éd.). ». in AJP. notamment par le conseil de l’Europe. L’influence du droit européen sur le droit de l’exécution des peines. Etude sur l’accès aux soins des personnes détenues. CERE (J. la Cour n’a pas reconnu la violation de l’article 3 de la Convention67. p.fr/telechargement/Etudeaccesauxsoins. médecine et conditions de vie en détention. 60 GONIN (D. 312 « […] Cette mesure se fonde sans doute sur le constat que certains délinquants dangereux pourraient retrouver assez de force pour commettre à nouveau une infraction […] ». 2001.int/t/f/coh%E9sion_sociale/sant% E9/recommandations/Rec(1988)1080. le 59 HERZOG-EVANS (M. RPDP. in D. Cependant. La santé incarcérée. janvier-mars 1996.int/Treaty/FR/Treaties/Html/005. 275. sur conseil des spécialistes. Diverses recommandations ont été faites à l’égard de la France. relative à une politique européenne coordonnée de la santé pour prévenir la propagation du SIDA dans les prisons. p. mais a rappelé qu’en cas d’aggravation de l’état de santé. Maurice Papon contre France. l’hôpital cardiologique avait. http://acatparis5. dans l’affaire Papon contre France de 2001. et de prévoir leur libération pour des raisons humanitaires62.). n°2/2005. CEDH 26/10/2000 Kudla contre Pologne. et ont permis quelques évolutions dans le domaine de la santé en milieu carcéral.toujours présente60. nos confrères de Saint-Joseph ont eu la surprise de la voir réintégrer la prison pour récidive. Une recommandation de 198861 demandait ainsi aux Etats membres de prendre des mesures particulières à l’égard de condamnés atteint du sida. Article 3 de la Convention Européenne des droits de l’homme.coe. juin 2005. Récidive : quelles réponses judiciaires ? . Récidive : surveiller et punir plus plutôt que prévenir et guérir. l’influence la plus notable fut celle de manifestations et de condamnations de la France pour traitement inhumain et dégradant par la CEDH. 1991.). Elle se prononce au regard des circonstances de l’espèce portées à sa connaissance. Des plaintes de condamnés sont venues devant la Cour européenne des droits de l’homme en invoquant notamment le nonrespect de l’article 3 de la Convention66relatif à l’interdiction de la torture.P. 67 CEDH 7/06/2001. « […] Un détenu atteint d’un infarctus. requête n° 30210/96. septembre 2005. Ces dernières expriment la position de la Cour sur la question du maintien en détention de telles personnes. Trois ou quatre années plus tard. Il servit d’exemple type pour inviter à la prudence les demandes de mise en liberté […] ». A titre d’exemple.crim. p.sc.coe. p. La notion d’état de santé et la détention en Europe.free.htm « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. Un arrêt rendu à l’encontre de la Pologne le 26/10/200063 a affirmé pour la première fois le droit de tout détenu à des conditions de détention conformes à la dignité humaine64et affirme que l’obligation de soins des détenus doit être assurée par l’Etat65. après plusieurs crises en détention nécessitant des soins spécialisés à 61 Recommandation 1080 (1988). in Rev.pdf 66 http://conventions.

5/01/2001. L’arrêt Mouisel du 14/11/200269 rendu à l’encontre de la France condamne celle-ci pour violation de l’article 3 précédemment cité. 270. VARAUT (J.cit. in Le Monde. D. 235. les prescriptions de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme 70». une émotion considérable de l’opinion a suscité la création par le Sénat et par l’Assemblée nationale d’une commission d’enquête sur les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires 18 . 74 « […] suite à la publication du livre du docteur Véronique Vasseur sur son expérience de médecin à la prison de la Santé. un détenu malade maintenu en détention pourra obtenir la reconnaissance de la violation de l’article 3 pour torture et un autre non73. 15.P. 12. malades.). il n’en demeure pas moins que les Etats doivent respecter. notamment en ce qui concerne la durée du maintien en détention72 ».. 19/06/2003. Mouisel contre France.M. Ainsi. op. pour cette catégorie de personnes. La France est ici condamnée après l’adoption de la loi Kouchner du 4/03/2002 relative à la suspension de la peine de certains condamnés gravement malades ou en fin de vie. 16/11/2002. La France épinglée par Strasbourg pour « traitement inhumain » à un détenu malade ». La Cour rappelle que « si la Convention européenne des droits de l’homme ne contient aucune disposition spécifique concernant le traitement de la personne privée de liberté. la Cour semble reconnaître un droit de recours pour les détenus malades et notamment ceux ne pouvant bénéficier des mesures de suspension possibles ou les ayant épuisées sans succès71.). 2001. in Article 3 de la Convention européenne et détention prolongée d’une personne âgée et malade. la demande devant la Cour avait été introduite avant l’adoption de cette loi. p. Dans cet arrêt. lorsqu ‘une situation d’une particulière gravité appelle des mesures humanitaires. cette voie de recours ne pouvait être exercée par le requérant.). 70 71 Ibid. p 18. […] ». in Le Monde. un niveau suffisant de gravité pour rentrer dans le champ d’application de l’article 3 de la Convention […] ».requérant avait une autre voie de recours : la grâce68. p. Des rapports74 et témoignages divers ont « […] car la situation du requérant n’atteint pas. 14. 73 CEDH 7/06/2001. p. « […] D’autre part. 68 Ibid de la République peut à tout moment exercer le droit de grâce […] ». « […] Il semble donc bien que dans cet arrêt la Cour consacre l’existence d’un droit de recours pour les détenus 72 PRIEUR (C. n°29. « La CEDH estime que « la santé de la personne privée de liberté fait désormais partie des facteurs à prendre en compte dans les modalités d’exécution de la peine privative de liberté. CERE (J. que la violation de l’article 3 répond à des critères précis et que les espèces soumises à son attention sont étudiées au cas par cas. le président 69 CEDH 14/11/2002. Pour le plus vieux prisonnier de France. p. Petites affiches. en l’état. p. n°122. La Cour rappelle cependant. Cependant. in Le maintien en détention d’une personne atteinte d’un cancer au regard de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme. Ainsi.

en ce qu’elle restreint de plus en plus son champ d’application. 18/01/2000. in Le Monde.C 2003.). hospice. http://www. http://www. la sortie d’un livre relatant la réalité de la prise en charge de la santé des détenus a conduit les autorités à dévoiler la réalité78 sur ce sujet et à réfléchir sur les améliorations et changements à effectuer dans ce domaine. 75 Ibid. Coll.P. 4118. p. in Le Monde. D’autre part. n°2002-303. la prise de position en 200176 de Monsieur Robert Badinter au sujet de la sortie possible de Maurice Papon avait suscité une polémique sur cette mesure de suspension. p.).). JO n° 54. La presse a pu effectuer une visite guidée de la prison de la Santé. n°37. 1999-2000. celui de l’évolution des prisons vers la prison76 77 78 PRIEUR (C. L’humanité de la loi. Cette mesure de suspension de peine sera au cœur de notre étude. Le Livre de Poche. en France.senat.crim. « […] Ces deux rapports ont relevé un point généralement ignoré. p. 20/09/2002.fr/rap/l99-449/l99-449_mono. B. p 144. Cette suspension au caractère humanitaire s’est petit à petit transformée en une suspension de peine semblable à celle proposée par la libération conditionnelle. éd. HYEST (J. Il conviendra ainsi d’une part d’étudier le contenu de cette mesure de suspension de peine originale (Chapitre1). 12/02/2003. Médecin-chef à la prison de la Santé. relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. Cette dernière est apparue dans un contexte troublé par différentes révélations sur la situation carcérale antérieures80 et postérieures81à la réforme de 1994. « […] Parade à la « bombe » lancée par la publication d’extraits […] du livre-témoignage de Véronique Vasseur. D’autre part. Une clémence applicable à d’autres détenus.html Cass. La loi du 4/03/200279 dite loi Kouchner a ainsi été votée. in Le Monde. 10. Le titre du rapport du Sénat est explicite : Prisons une humiliation pour la République […] ».). cette visite se veut un modèle de transparence […] ». De plus. 15. 2000 CABANEL (G.gouv. Ces diverses manifestations ont conduit le gouvernement français à se pencher sur ce problème et à élaborer une loi pour cette catégorie spéciale de condamnés.fr/ 80 81 82 19 .J. Ce dernier avait notamment déclaré qu’« il y a un moment où l’humanité doit prévaloir sur le crime 77» et avait ainsi exprimé son soutien à la libération de ces prisonniers gravement malades. Elle a également dû s’adapter peu à peu aux exigences de l’évolution des mentalités et des besoins de sécurité de la société. en raison de l’allongement de la durée des peines […] ». notamment en étudiant ses conditions d’application ainsi que les personnes figurant au cœur de cette mesure. Le cherche midi. Prisons : Une humiliation pour la République. il conviendra par la suite d’étudier l’effectivité de cette mesure et de se prononcer sur ses évolutions (Chapitre 2). médecin-chef de l’établissement. 19/09/2002. n° de pourvoi 02-86531. 79 Loi du 4/03/2002. VASSEUR (V.également établi75 l’incompatibilité de certains détenus gravement malades ou mourants avec le maintien en établissement carcéral. 05/03/2002. mais également par l’application faite de cette loi à l’égard de détenu condamné pour de graves crimes82.legifrance.

83 JAP Toulouse 23/05/2002. le détenu doit remplir des conditions strictes et précises sur le niveau de sa maladie. soit être durablement incompatible avec le maintien en détention (B). Section 1 – Réflexions sur la notion et le contenu de l’article 720-1-1 La mesure de suspension de peine proposée par l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale est encadrée de conditions strictes relatives à l’état de santé du condamné (I). http://www. Cette suspension exceptionnelle.legifrance. Des impératifs de protection de la sécurité de la population justifient un encadrement strict de l’application de cette mesure et donc de l’élaboration de conditions précises d’octroi de cette suspension (section 1).gouv. Ces critères sont alternatifs. Celle-ci doit en effet soit engager le pronostic vital du condamné (A). n° de décision 2002/00269. car pouvant s’appliquer à des condamnés à une peine d’emprisonnement perpétuelle doit se conjuguer avec des impératifs de protection de la sécurité publique et de prévention de la récidive (II).fr/ 20 . Un condamné pourra donc être éligible à la suspension de peine pour raison médicale en raison de l’incompatibilité de son état de santé avec la détention même si son pronostic vital n’est pas engagé dans l’immédiat83.CHAPITRE 1 – ETUDE DE LA MESURE La suspension de peine créée par la loi du 4/03/2002 nécessite pour son application un formalisme rigoureux s’appliquant à la fois au condamné et aux juridictions concernés (section 2). I – La prise en compte de l’état de santé du condamné Pour bénéficier de cette suspension de peine.

il faut jumeler88 cet article 720-1-1 avec l’article D. En effet. 16/06/2004. 05/03/2002. 4118.). Il s’agit des malades mentaux.). Ainsi. BACQUE (R. LEVASSEUR (G. JANAS (M. 471 Article D 398 Code de procédure pénale : 89 21 . a . ces derniers ne pourront bénéficier de cette mesure85 comme le confirme l’article 720-1-186 lui-même in fine : « (…) hors les cas d’hospitalisation des personnes détenues en établissement de santé pour troubles mentaux ». Pour comprendre l’exclusion de cette catégorie de personne. 56. p. BOULOC (B.). ils sont dirigés vers un système fermé. GUIBERT (N. Il ne peut bénéficier de la loi Kouchner qui ne prévoit pas de libération pour raisons psychiatriques […] ». Pendant ce temps. p. éd. elle ne reprendra son cours que lorsque l’individu aura recouvré une meilleure santé mentale. 1 – Une pathologie Cette pathologie doit être personnelle au détenu (b) et ne doit pas concerner les maladies mentales (a). L’exclusion de cette catégorie de personne peut s’expliquer par le fait que ces derniers ne peuvent dans leur état exécuter leur peine en en comprenant le véritable sens87. 88 VELLA (M. in RPDP. 2003. p.L’exclusion des malades mentaux Cette mesure de suspension de peine est envisageable pour l’ensemble des condamnés majeurs et pour certains mineurs84 . qui de plus doit revêtir une certaine gravité pour pouvoir permettre au détenu de bénéficier de cette mesure d’aménagement de peine (2). 2003. 18ème édition. la raison véritable semble être le refus de permettre à ces derniers d’être libérés dans le but de protéger la société et eux-mêmes. in Droit Pénal Général.).). Les difficultés d’application de la suspension de peine médicale. Cependant. JO n° 54. p.). Gravement malade. Cependant. Dalloz. 14. a sombré dans la démence. la peine sera suspendue. Joëlle Aubron est la première membre d’Action directe à être remise en liberté. 87 p. n°2002-303. 53 ans.39889 du CPP. Ce 84 85 Voir infra.). STEFANI (G. pour lesquelles l’enfermement en milieu carcéral n’est pas envisagé. relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. in Le Monde. 597. « […] Georges Cipriani. adapté à leur pathologie mentale. 86 Loi du 4/03/2002.A – « Une pathologie engageant le pronostic vital » Cette demande de suspension a pour élément principal une pathologie spéciale et propre au détenu (1). une nuance est à apporter.

). Deux expertises sont nécessaires pour conclure à la qualité de la pathologie94. 107.). . des procédures de suspensions différentes. Voir infra. Ainsi. le législateur a posé des conditions précises de preuve de cet état pathologique. il appartient à l’autorité préfectorale de faire procéder dans les meilleurs délais. Contrairement à d’autre mesures permettant une suspension ou une réduction de peine.cit. Cette maladie ne doit concerner que le détenu92. p. op. ils doivent être alors orientés et placés dans un établissement spécialisé.. 274 Ibid. p. la libération conditionnelle pour motifs familiaux93 comme la maladie d’un proche. 482 HERZOG-EVANS (M.). cit. Ces malades mentaux ne peuvent bénéficier de cette mesure s’ils sont hospitalisés dans un établissement public de santé mentale. la suspension de peine permise par l’article 720-1-1 n’est envisageable que si la pathologie touche le détenu personnellement. Ainsi une demande de suspension de peine pour retrouver une personne de sa famille mourante ne rentre pas dans le cadre fixé par cet article. comme précédemment cité. Elle ne doit pas être hypothétique. Cette obligation d’établir clairement la pathologie s’explique notamment par la volonté du législateur de restreindre le champ d’application de « Les détenus atteints de troubles mentaux visés à l’article L. Le degré de gravité de l’état mental permettra ou non à ce condamné d’être éligible à ce mode de suspension de peine91. Au vu d’un certificat médical circonstancié et conformément à la législation en vigueur. cette suspension pourra leur être applicable s’ils peuvent « être traités en hôpital de jour90 ». b – Une pathologie propre au détenu et établie La pathologie visée doit tout d’abord être personnelle au détenu.342 du CSP ne peuvent être maintenus dans un établissement pénitentiaire. p. Le texte de loi le précise très clairement : « La suspension peut également être ordonnée […] pour les condamnés dont il est établi qu’ils sont atteints d’une pathologie engageant […] ». op. Cependant. Dalloz. 276 VELLA (M. p. D’autre part. à leur hospitalisation d’office dans un établissement de santé habilité au titre de l’article L. éd. 22 . JANAS (M. Cette pathologie doit être établie médicalement. Droit de l’application des peines. la pathologie invoquée pour bénéficier de cette suspension doit être réellement établie.331 du CSP. » 90 91 92 93 94 HERZOG-EVANS (M. De simples impressions ne seront pas recevables. telles que les permissions de sortir. Le condamné a alors à sa disposition dans ce type de cas. 2002. ou s’ils sont traités hors de ces établissements de santé publics.).dernier précise que les détenus atteints de troubles mentaux ne peuvent être maintenus dans un établissement pénitentiaire.

Pal. janvier 2005.).25/03/2006 p. 101 HERZOG-EVANS (M. 28/09/2005.fr/ MONNET (Y.legifrance.). la pathologie doit répondre à un autre critère très important. in RPDP. in Gaz. in HERZOG-EVANS (M. 275 Cass. Cette condition a suscité une vive polémique99.). http://www. Pas de suspension médicale de peine pour un malade atteint du SIDA.. mais dans un délai trop vague ou trop lointain100 ne permettront pas à un condamné de bénéficier de cette mesure par l’utilisation de cette première voie. notamment au motif que le pronostic vital n’était engagé qu’à moyen terme […] ». cette mesure de suspension de peine a été créée pour permettre à des condamnés de ne pas mourir en prison et de ne pas passer leurs derniers jours dans l’univers carcéral. juin 2005. 2 – L’exigence d’un pronostic vital engagé L’une des situations envisagées par le législateur correspond à l’engagement du pronostic vital du condamné. dans une affaire C. 24.cette mesure de suspension95. a – Une gravité qualifiée et extrême Une fois identifiée. 2893 Voir infra. faute de phase terminale101. rappelons le.gouv. n°247. cet état de santé doit être d’une gravité importante (a) et le détenu ne doit pas s’opposer à son traitement (b) pour pouvoir espérer obtenir cette suspension. la jurisprudence96 a précisé que le pronostic vital doit nécessairement être engagé à court terme97. n°38. op.). La suspension de peine médicale de Maurice Papon.101. du moins en principe98.). 96 97 98 99 100 « […] Ainsi. p. pour obtenir cette mesure de suspension de peine. p. La mort du condamné doit être prochaine mais non obligatoirement imminente. La suspension médicale de peine et la sécurité publique état des lieux. in AJP.crim. Une limite de temps est ainsi posée. n° de pourvoi 05-81010. De ce fait. C’est ainsi que certaines pathologies engageant le pronostic vital. p. Note sous Cass. . Affaire C. du 27 septembre 2002. 307. En effet. la JRLC de Rouen devait-elle refuser le bénéfice de la suspension médicale de peine à un malade atteint de nombreuses pathologies invalidantes. n°2. Le rôle principal des deux expertises demandées est celui de prévoir l’échéance fatale de cette maladie. Cependant.. 33 23 . qui est celui de l’exigence de l’engagement du pronostic vital. 26 HERZOG-EVANS (M. JRLC de Rouen 27/09/2002. 28/09/2005. cette suspension ne prend en compte que l’état de santé du condamné et non l’origine de ses condamnations. p 869 . in BC 2005. On remarque au travers de la jurisprudence que l’appréciation de l’engagement du pronostic vital à court terme se fait au 95 HERZOG-EVANS (M. En effet.crim. cit. 2002. p. in D. p.

la maladie n’a pas à être unique. La suspension de peine médicale de Maurice Papon. in D. http://www. moyen ou long terme selon l’individu. De ce fait. juridiction d’appel s’est ainsi prononcée contre une suspension de peine pour raisons médicales qu’un condamné avait obtenu de la Juridiction régionale de la libération conditionnelle alors que l’engagement de son pronostic vital à court terme avait été retenu par les experts.). un détenu s’opposant à son traitement ne pourra bénéficier de cette mesure106. p. octobre 2003. il est à remarquer que certains 102 103 104 MONNET (Y. Cette prise en considération de la volonté du patient de se soigner ou non. un homme souffrant d’un cholestérol important. 201 HERZOG-EVANS (M. cit. Sa volonté de se soigner. 13/10/2004. un diabète aggravé d’une insuffisance rénale pourra être perçu comme étant une pathologie plus critique qu’un diabète de stade 1. n°38. La juridiction a justifié de ce refus en invoquant le fait que le détenu refusait de se soigner et que son traitement ne pouvait ainsi lui être donné que dans une structure contraignante105. Ainsi. s’est vu refuser la suspension de peine pour raisons médicales. un cas particulier de détenu est à observer : il s’agit des détenus dont le pronostic vital est engagé et qui refusent de se soigner.fr/ Juridiction d’appel des décisions de suspension de peine. 2002. 2005. 105 106 107 JNLC 11/07/2003. La Juridiction nationale de la libération conditionnelle104. peut sembler étonnante et hors de propos. d’une surcharge pondérale et d’une angine de poitrine103. 46.legifrance. il peut en effet s’agir d’un ensemble de pathologies différentes qui prises indépendamment n’engagent pas le pronostic vital. 2893 24 . 20ème édition. 33 LARGUIER (P. car engageant le pronostic vital à plus court terme. car bien qu’étant engagé. p. voir infra.cas pas cas. d’aggraver son état ou de précipiter l’issue fatale ne devrait pas être prise en compte dans l’accord de cette suspension107. Cette juridiction a été remplacée par la Cour de l’application des peines créée par la loi du 9/03/2004. p.crim.). op. Cependant.gouv. prononcées par la Juridiction régionale de l’application des peines. p. son pronostic vital ne l’était pas à court terme. in Droit Pénal Général. La technique du faisceau d’indices et du faisceau de pathologies102 peut ainsi être utilisée pour conclure de l’engagement à court terme du pronostic vital d’un détenu malade. mais qui ensemble au sein d’un même organisme engagent le pronostic vital à court. in AJP. b – Le cas spécial d’un détenu refusant de se soigner Au sein des modalités de cette suspension de peine. Cass.). Cette mesure de suspension de peine a pour but premier d’être humanitaire et donc de ne prendre en compte que l’état de santé du condamné. Dans un arrêt rendu par la Cour de cassation. n° de pourvoi 04-80951. éd DALLOZ. Ainsi.

avril 2003. Cet argument a longtemps été avancé par des requérants devant la Cour européenne. L’Etat a une mission de protection de la santé des personnes détenues.). p. a – La poursuite impossible du traitement dans de bonnes conditions Les détenus comme les personnes libres ont le droit d’accéder aux meilleurs soins. éd.). HAAS (M. G. Ce devoir incombant à l’Etat.détenus refusent toute sorte de traitement dans le but d’aggraver leur situation physique et d’espérer pouvoir remplir les conditions pour bénéficier de la suspension de peine offerte par la loi du 4/03/2002. 995 Article 3 CEDH MARON (A. Cette exigence a été plusieurs fois rappelée par la Cour européenne des droits de l’homme109. ou par le biais d’hospitalisation de jour. 2005.P. 1 – Une incompatibilité liée aux conditions de suivi du traitement Le suivi d’un traitement au sein même de la prison peut être rendu difficile (a). p. B – « Un état de santé durablement incompatible avec le maintien en détention » La loi du 4/03/2002 pose deux critères alternatifs relatifs à l’état de santé pouvant permettre la suspension de l’exécution de la peine. Droit de l’exécution des peines : panorama 2004. cependant l’accord de cette suspension ne pourra être envisagé que si cette incompatibilité à le poursuivre en détention est jugée durable (b). soit les difficultés rencontrées pour vivre au sein de la prison avec une maladie privant le détenu de certaines de ses facultés ou même les complications liées à l’âge (2). chapitre 2. il n’est en aucun cas fait obligation à l’Etat de libérer une personne malade. 108 109 110 Voir infra. CERE (J.). En effet. Une sorte de chantage est ainsi présenté aux juridictions de jugement108. in JCP. Sors de prison et marche ! . in D. 21 « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants » 111 25 . mais elle a rappelé à plusieurs reprises que l’article 3 de la convention110 ici utilisé n’imposait pas à l’Etat « une obligation générale de libérer un détenu pour motifs de santé111 ». Celui relatif à l’incompatibilité de l’état de santé avec le maintien en détention peut concerner soit les problèmes rencontrés pour suivre un traitement prescrit (1). tant que des soins adaptés peuvent êtres délivrés au condamné dans le domaine carcéral. permet de justifier de la non libération de détenus malades.

notamment par l’administration de soins médicaux.fr 116 26 .fr ROETS (D. comme la loi le stipule pour chaque citoyen français »113. mais il permet de montrer les problèmes rencontrés par de nombreux détenus dans l’administration de leurs soins. de sa maladie. un autre détenu refusa de subir une intervention en raison des conditions dans lesquelles il était détenu au sein de l’hôpital où il devait se faire opérer. n° 6726301. Hénaf c/ France. n°141. En effet. un homme114 devant subir plusieurs chimiothérapies par semaine en hôpital de jour était transporté dans un fourgon cellulaire et non un véhicule adapté au transport des personnes malades.dalloz. n° 65436-01. 13 CEDH 27/11/2003. la journée. Le maintien en détention de personnes malades et l’usage des menottes au regard de l’article 3 de Convention européenne des droits de l’homme.P. pour permettre à un détenu de quitter la prison pour séjourner en hôpital ou pour y passer des examens.php3?id_article=3681 CEDH 14/11/2002. a droit à l’accès aux soins dans des conditions décentes. un être humain qui. Il devra ainsi soigner le détenu en prison ou l’hospitaliser si nécessaire s’il ne peut bénéficier d’une suspension de peine pour raisons médicales. in Petites affiches. de ses antécédents judiciaires. et la nuit il était entravé. Les opérations sont bien évidemment faites en milieu hospitalier. Des problèmes relatifs à l’intervention rapide des personnels soignants sont également à noter. un véritable parcours du combattant commence. RPDP. De plus il précise que pendant ses séances de chimiothérapies. Mouisel c/ France. Il est à noter que des exigences de sécurité sont à respecter dans le transport d’un condamné à l’hôpital.Cependant l’Etat n’est en aucun cas dispensé de prendre les mesures nécessaires à la prise en charge des détenus malades112. www.). Au cours de l’année 2000116. juin 2005. www. p. 263 « […] Il est acquis depuis longtemps que la santé des personnes privées de liberté fait partie de facteurs à prendre en compte dans les modalités de l’exécution de la peine privative de liberté. […] » 113 114 115 Le sénat rétablit la peine de mort http://www. Les impératifs de sécurité sont prépondérants et ne permettent pas une sortie immédiate d’un condamné et cela même pour un cas 112 CERE (J. L’influence du droit européen sur le droit de l’exécution des peines. Le problème majeur est la poursuite du traitement en prison. il était surveillé par des policiers et menotté. « Un(e) détenu(e) est avant tout et demeure quel que soit son chef d’inculpation. Il importe en effet que la santé du détenu soit préservée. Ces dernières sont prises par le directeur de l’établissement pénitentiaire en fonction de la dangerosité du détenu. Cet exemple est antérieur à l’adoption de la loi du 4/03/2002.dalloz. ce qui lui causé des douleurs à chacun de ses mouvements. en tant que tel. il était attaché à son lit à l’aide de menottes115. mais les conditions dans lesquelles ces traitements ou opérations sont effectuées ne sont pas toujours adéquates. En effet. Par exemple. p. juillet 2003.org/article. Cette condition semble être remplie la plupart du temps.prison.).

qui imposent leurs conditions logistiques de surveillance lors de l’opération. Un 117 Communiqué Nlpf !: LIBEREZ NATHALIE MENIGON ! http://nlpf.d’urgence117. de nombreuses recherches sont effectuées pour trouver une alternative.php3?id_aticle=18 inhumaines « raisons de sécurité ». 27 . qui doivent répondre « aux exigences de sécurité et de surveillance ».org/article1622. La récente actualité se rapportant aux évasions durant des extractions est en totale contradiction avec le témoignage des malades en détention et des associations : l’extraction hospitalière. Cela demande beaucoup de temps et de disponibilité. 119 Il s’agit d’octroyer à un condamné une libération anticipée. outre la souffrance insupportable ajoutée à la situation médicale. comment une égalité d’accès à la santé pourrait être obtenue. des déplacements avec entraves aux pieds et aux poignets qui. En effet. et même si l’annulation de l’extraction doit avoir des conséquences irrémédiables sur la personne. le moindre déplacement de notre camarade entraîne la mobilisation d’une escorte du GIPN ainsi que des fouilles interminables. avant de parvenir à la conclusion de l’incompatibilité. De plus. dépendent en réalité du bon vouloir de l’Administration pénitentiaire et de la police. les conditions de l’octroi de cette dernière sont nombreuses et précises. http://www. Des extractions pourront également parfois être annulées en cas de désaccord entre l’administration pénitentiaire et le médecin demandeur118. et il suffit par ailleurs d’un désaccord entre le médecin et le chef d’escorte pour qu’une extraction prévue soit annulée. De plus. Quel que soit l’état de santé du malade. Santé en détention.net/article. si elles sont décidées et demandées par le médecin. les extractions sont évidemment en nombre limité pour chaque établissement pénitentiaire. Les extractions ne peuvent en effet se faire sans la constitution d’une escorte et d’une garde statique pour le transfert et l’hospitalisation. des extractions prévues à l’avance pour un détenu devant aller passer un examen précis à l’hôpital pourront être annulées pour indisponibilité des forces de l’ordre. la rapidité de l’intervention médicale est déterminante. En effet. L’incompatibilité annoncée de l’état de santé du détenu avec son maintien en détention doit être réelle et surtout durable. pour d’absurdes et 118 Act up Paris. que ne soient coulées de précieuses heures (4 pour la dernière fois) […] » « […] En matière d’AVC. En raison des moyens qu’elles supposent. un double anniversaire. les forces de police sont réquisitionnées pour assurer la sécurité lors du transfert entre les deux établissements. Le texte de loi précise d’autre part que l’incompatibilité de l’état de santé du détenu doit exister de manière durable. On voit mal.samizdat.actupparis. est annulée si l’escorte ne peut être réalisée (…] ». b – Une incompatibilité durable avec le maintien en détention Le bénéfice de la suspension de peine pour raison médicale permettant d’élargir119 des condamnés dont la peine peut être perpétuelle. C’est là encore l’impératif sécuritaire qui prime. La procédure d’extraction médicale entre la prison et l’hôpital de proximité est problématique. disposer de chambres sécurisées. dans ce cadre. ne permettent pas une intervention médicale avant.html « […]Les extractions en hôpital extérieur (avec lequel l’établissement pénitentiaire a signé un protocole et dont l’UCSA dépend) sont censées permettre aux détenus d’accéder à l’ensemble des consultations ou examens spécialisés qui n’ont pu être réalisés dans l’établissement pénitentiaire. Il ne doit pas y avoir d’alternatives en établissement carcéral spécialisé possible. demandée par le médecin. ces extractions. or. ou la plupart du temps car un détenu plus nécessiteux le demande. dans ce but. L’hôpital référent est censé.

legifrance. 122 LEVY (J. si un autre établissement pénitentiaire mieux adapté au traitement de sa pathologie peut l’accueillir120.legifrance. Dr Fac : Oui. il s’agira de détenus souffrant de troubles mentaux. De plus.Que les experts ont déposé un rapport complémentaire à la demande du juge de l’application des peines. http://www. juin 2004.. La plupart du temps. Le Guide du prisonnier. Un condamné pourra se voir refuser sa demande de suspension de peine au motif que les soins dont il bénéficierait à l’extérieur seraient les mêmes que ceux qui lui sont fournis au sein de la prison122.). n° de pourvoi 02-86531. n° de pourvoi : 2002/09562. il y est soigné correctement : « il bénéficierait des mêmes traitements s’il était dehors et n’a donc pas besoin d’être libéré » […] » 123 PONCELA (P. http://www. PUF.détenu gravement malade pourra donc se voir refuser sa demande de suspension de peine pour raison médicale. 7/05/2006 127 125 Cass. 29/10/2003.crim. 2ème édition. psychiatre de la prison de Fresnes.fr/ qui souhaitait savoir si l’état de santé de Y… X… serait compatible avec une incarcération en milieu spécialisé. munies d’un déambulateur ou désorientées) ayant besoin d’une aide à la vie. amputé mais toujours prisonnier.. La découverte guide. 126 GUIBERT (N. Le Monde. 12/02/2002. Themis droit privé.com/Forum/171319/thread/1083289646/last-1083846482/Article+de+Lib%E9ration « […] Pour le médecin chef de l’établissement pénitentiaire. mais également de pathologies sévères. Les lieux d’exécution de la peine privative de liberté. éd. http://www.org/article.). pour savoir si une incarcération dans un milieu spécialisé est possible121. En effet. Des rapports complémentaires pourront ainsi être demandés par le juge de l’application des peines. 466 124 OIP.gouv. et qu’ils ont conclu que faute de structures carcérales adaptées existant en France. Aveugle. http://www. Coll. Les lits ne sont pas superposés.legifrance. en France il existe différentes sortes de prison123. un siège est installé dans la douche.fr/ 28 .prison. Ces espaces adaptés se composent de deux fois deux cellules reliées par une salle de bains centrale aménagée. nous avons récemment fait installer une rampe d’accès près des escaliers […] ». p. p. nous avons huit places pour personnes dépendantes (en fauteuil roulant. mais les moyens manquent sensiblement126. selon la durée de leur peine124.eu. De nombreux transferts entre diverses prisons peuvent donc avoir lieu pour un même condamné. la détention en milieu spécialisé ne leur paraissait pas envisageable. n° de pourvoi : 03-80374.network54. les toilettes sont rehaussées. Maintien en détention d’un grand malade. Le cri d’alarme du médecin-chef.gouv. médecin à la maison d’arrêt de Fresnes. http://www.php3?id_article=2571 « […] Fresnes a la particularité d’avoir des cellules adaptées aux personnes dépendantes. mai 2001. in Droit de la peine. Le cadre est hospitalier. Ces unités spéciales au sein de l’établissement permettent de recevoir des détenus atteints de pathologies diverses.).crim. interview du Dr Fac.[…] » « […]. selon leur statut de condamné ou de simple mis en détention provisoire. Il existe de plus.fr/ CA Paris 18/09/2002. Elles permettent de tenter de répartir les détenus selon la gravité de leurs actes. des prisons bénéficiant d’une section spéciale pour les détenus malades. 16 Les détenus sont bien pris en charge. Il s’agit notamment des prisons de Fresnes125 et de La Santé.gouv. L’individu pourra séjourner tour à tour127dans la prison de Fresnes puis celle de La 120 121 Cass.

Pour le plus vieux prisonnier de France. les autres détenus ne sont pas préparés à cette éventualité et rien n’est fait de façon très encadrée pour accompagner le détenu dans ses derniers moments. il peut se révéler être un obstacle important pour des détenus souffrants de graves maladies ou 128 VARAUT (J. « […] Et la commission constate : « la présence de ces personnes dans les établissements pénitentiaires pose très concrètement la question de la mort en prison. L’une des raisons pour laquelle l’incompatibilité du suivi du traitement avec le maintien en détention est difficile à obtenir (incompatibilité devant être durable et toutes les alternatives devant avoir été étudiés) est le fait de ne pas vouloir désavouer les services de santé au sein des prisons. sont parfois nécessaires pour accompagner un détenu dont la pathologie a altéré ses facultés les plus primaires. Dans la plupart des décisions rendues concluant à la nécessité d’une suspension de la peine.fr/ « […] malgré un traitement médical permanent et correctement assuré.free. il est toujours fait état du bon suivi des soins par les personnes responsables de ce domaine129. Cependant. c’est affronter une solitude sans espoir. le fait d’avouer l’inexistence de milieux spécialisés. Mourir en prison. 2 . suite à l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale. 129 CA Paris 18/09/2002.Santé avant qu’une réponse positive soit faite à sa demande de suspension dans le cadre de cette loi. ces derniers sont les premiers à intervenir auprès des condamnés souffrants. in Le Monde. pour raison médicale.). Comme nous le verrons ci-dessous parfois l’aide et la présence constante d’une tierce personne.fr/telechargement/academie. De plus. 5/01/2001. Ce système de suspension a pour but ici de permettre au condamné de bénéficier de meilleurs soins et surtout en dehors du cadre carcéral. révèle les carences de l’Etat dans la prise en charge de la santé de ses prisonniers. mais ils n’ont pas les compétences médicales nécessaires pour gérer la plupart des pathologies et les problèmes liés au grand âge de certains condamnés128. 14. p.gouv. mais la plupart du temps d’un manque de moyen130. Le suivi d’un traitement prescrit pour être réparti sur les 24 heures a les plus grandes chances d’être interrompu […] » 29 . n° de pourvoi : 2002/09562. Les personnels surveillants. Cette lacune ne relève pas d’une mauvaise volonté.M. une surveillance précise et des interventions thérapeutiques rapides et adaptées […] » 130 PELLERIN (D). des personnes condamnées. En effet. c’est un constat d’échec et de gâchis pour les familles qui n’ont pu être présentes dans les derniers moments […] ». http://www.legifrance. 2003 http://acatparis5. Cependant. Rapport : Situations pathologiques pouvant relever d’une suspension de peine. il faut remarquer que beaucoup de situations ne peuvent être gérées en prison.Une incompatibilité liée à la santé et aux conditions de vie Le milieu carcéral est par principe source de contraintes à l’égard des condamnés.pdf « […] Très rares sont les établissements où est assurée une présence médicale permanente.

même si c’est un compagnon de cellule est difficile. p. dans un système où règne la plupart du temps la loi du plus fort. comme par exemple signaler aux gardiens des problèmes pour respirer ou les débuts d’une crise cardiaque. Suspension médicale de peine : la mort doit survenir à court terme. Journal du sida n°182. dans son sang.arcat-sante. a – L’absence d’aide entre détenus L’univers carcéral n’est pas un univers propice à l’entraide131 sociale entre détenus. décembre 2005. crim. En effet.mêmes pour les détenus âgés. 30 « […] Pour ce qui concerne l’état incompatible avec la détention. et un jour. in AJP. janvier-février 2006.vie-publique.shtml 133 LANGLET (M. le fondement réside dans le fait qu’il est inhumain de laisser en prison quelqu’un qui est dans un tel état que chacun de ses gestes est rendu douloureux ou difficile et qui doit être assisté en permanence.). Il souffre de gros problèmes vasculaires et circulatoires qui affaiblissent ses jambes . Il passe une partie de la nuit à terre. trouver de l’aide au sein même de la cellule pour les gestes de la vie courante apparaît comme un leurre133. l’architecture même de la prison peut. Cette aide peut également se retrouver sous la forme d’une surveillance légère de l’état de son compagnon de cellule. Pourtant.fr/documents-vp/rap_ass_nat_surpopulation. Cette aide peut être de tous niveaux. alors que l’aide est rarement disponible. Il doit se débrouiller pour grimper sur son lit. demander un service à un détenu. http://www. n°12. 134 MALEMPRE (H. il tombe. l’empêcher de vivre aussi normalement et dignement que possible en ce lieu (b). sans que personne ne vienne lui porter secours […] ». 99 30 . il est fait appel à ces compagnons de cellule par l’administration pénitentiaire elle-même pour surveiller un détenu présentant des problèmes de santé.). pourtant son compagnon de cellule lui a refusé la couchette du bas. Le suicide en milieu carcéral : état des lieux et réflexions.L). cette aide peut se présenter sous la forme d’une assistance réelle dans tous les gestes de la vie quotidienne ou pour lui 131 HERZOG-EVANS (M. 2001.org/167/Article_du_JDs&article_id=560 « […] 81 ans. Mise à mort de la suspension de peine pour raison médicale. 132 Le constat de la surpopulation carcérale. condamné à 8 ans d'emprisonnement. D’une part. Tout d’abord il peut s’agir d’une simple compagnie donnée à un détenu présentant des tendances suicidaires134. Enfin. devenus impossibles à exécuter seul pour un détenu affaibli par l’âge ou par la maladie (a). pour un détenu incapable de se déplacer. parfois. Ce rapprochement de détenus est fréquent pour cette pathologie. A une époque où l’on ne cesse de parler de surpopulation carcérale132et où les conditions de vie sont précaires. […] ». p. les relations entre détenus sont souvent tendues et ainsi non propices à demander toute forme d’aide pour les gestes de la vie quotidienne. D’autre part. sans escabeau. http://www. . RD pén.

la qualité de cette aide ne peut être comparée à celle prodiguée par une personne spécialisée et habilitée dans ce domaine. La santé en détention. Si elle existe. mars 2005.). D’une part. il est à remarquer et à regretter que dans la réalité. Révocation d’une suspension de peine pour motif médical : l’enjeu des expertises. cette dernière doit être quasi-totale et le détenu doit ne plus pouvoir accomplir aucun acte usuel. En effet. http://www. La suspension de peine pour raisons médicales : une loi utopique ? .gouv. l’essoufflement à l’effort ne lui permettant plus d’utiliser les escaliers menant de sa cellule à la cour de promenade […] ». Absence d’eau chaude en cellule […] ».gouv.). La nécessité de la présence d’une tierce personne dans l’enceinte d’une prison n’est pas envisageable136.org/article.). « […] Ces diverses pathologies l’ont rendu presque invalide :il est obligé de dormir en position semi assise avec trois oreillers. et ne quitte plus le couloir de son étage. 140 THIERRY (J. http://ecorev.S.legifrance. p. p. pas d’accès handicapé aux douches. les conditions pour pénétrer au sein de la prison pour les membres extérieurs sont difficiles. les moyens pour se déplacer au sein de l’établissement (cour de promenade. Cette nécessité vitale d’une tierce personne sera une condition favorable à l’obtention de la suspension de peine137. Selon les experts. ateliers). pour vivre dans la cellule ne sont pas adaptés139. b – l’absence de structure adaptée La prison est un univers austère et en aucun cas adapté138 aux personnes âgées. Les délais pour obtenir un droit de visite sont importants. 135 ROUSSET (A.). La tierce personne est une entité inconnue au sein de l’établissement pénitentiaire. 248 31 . 66 handicapées par un traumatisme d’un membre. in Le Monde. dans de bien minces hypothèses. 9. n° de décision 2002/00269. Cependant. En effet.php3?id_article=222 136 137 138 JAP Toulouse 23/05/2002. juin 2005. n° de décision 2002/00269.B. n°1. sans cela. in RPDP. 139 BEAUPERE (P.fr/ JAP Toulouse 23/05/2002.legifrance. http://www. l’espace même de la prison est à mettre en cause. la santé de M. handicapées ou fortement malades. 5/09/2002. in AJP. La jurisprudence montre que pour obtenir une suspension pour cause de cécité. « […] Escaliers et lits superposés pour les personnes âgées à mobilité réduite ou pour certaines transitoirement Etroitesse des portes. la suspension pourra être refusée aux motifs par exemple d’une manipulation possible des experts par le condamné lui-même simulant une cécité totale et refusant une canne140. pour des personnes dont la cécité est avérée.administrer quelques menus soins135. p. 2004.fr/ PRIEUR (C. De nombreux aspects de la prison sont des obstacles pour eux vivre dans cet univers. cette aide reste quasi inexistante.Papon est incompatible avec la prison.

.[…] » 144 CEDH 14/11/1002.S. « […] Malheureusement la plupart sont incarcérés dans des établissements inadaptés aux handicaps physiques liés à l’âge : nombreux escaliers. in Petites affiches. l’accès au parloir par en empruntant des escaliers est devenu une véritable souffrance142.. traitement affaiblissant fortement l’organisme et les défenses immunitaires. n°188. » « […] Depuis trois mois. le manque d’ascenseurs. […]. On laisse M se pisser dessus. au niveau de l’hygiène. il a de la peine à monter les escaliers (deux étages) nécessaires pour se rendre au 143 BOITARD (E. p13.L’architecture141 de la prison n’est dans la plupart des cas pas adaptée aux personnes âgées ou circulant en fauteuil roulant. op. Or en prison tel n’est pas toujours (souvent) le cas. ROUSSET (A. de grandes lacunes sont à remarquer. in Petites affiches. 14 « […] alors même que les établissements pénitentiaires ne sont pas équipés pour accueillir cette population et que le personnel n’est pas formé pour en prendre soin convenablement. Cette difficulté à monter les étages. Par exemple. ont besoin de vivre dans certaines conditions de propreté.). 145 Ibid trois semaines. p. Mouisel c/France. On ne l’aide à accéder à une douche qu’au bout de 32 . Un malade atteint d’un problème rénal et souhaitant suite à une recommandation du médecin. n°188. absence d’ascenseurs. septembre 2001. absence de plans inclinés rendant inaccessibles de nombreux locaux. Un autre exemple est celui du manque d’accès aux douches145. p.. Les individus atteints du virus du sida et encore plus ceux ayant déclaré la maladie ou ceux subissant une chimiothérapie. La situation des détenus âgés au regard de la Convention européenne des droits de l’homme. Le maintien en détention de personnes malades et l’usage des menottes au regard de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme. septembre 2001.). d’autant qu’au repos.cit.. Maurice Papon c/France. y compris les locaux médicaux voire les lieux de promenade. les personnes malades vivant indéfiniment dans le milieu carcéral ne peuvent bénéficier des mêmes conditions de vie qu’à l’extérieur. Un détenu a ainsi rapporté le fait qu’il se trouvait toujours dans une cellule collective.cit. les difficultés pour les prisonniers d’obtenir certains éléments non médicaux pour améliorer légèrement leur état montre les difficultés et parfois impossibilités de suivre un traitement lourd en prison. Enfin. in Petites affiches. Les prisons ne sont pas adaptées pour permettre à ces détenus malades et âgés de vivre. 14 parloir. sans aucune précaution sanitaire alors qu’il subissait une chimiothérapie144. Tout d’abord. op. pour certains détenus. il manifeste quelques épisodes de douleurs thoraciques […]. à la limite de l’incapacité. […] » « […] M est paraplégique.143 D’autre part. a fortiori pour ceux qui doivent utiliser un fauteuil roulant […] » 142 CEDH 7/06/2001. se procurer de l’eau minérale devra la payer lui-même ou comme cet homme faire une grève de la faim pour l’obtenir de la part des 141 PELLERIN (D). a entraîné l’arrêt de toute promenade. juillet 2003.

etc. 146 ROUSSET (A. dans la plupart des prisons. Un détenu souffrant de crises d’épilepsie aura beaucoup de mal à se voir attribuer la couchette du bas au sein de sa cellule149. l’épileptique se trouve perché […] ». à obtenir une surveillance accrue et régulière de son état148. 33 .eu.cit. « […] Epileptique : doit dormir sur le lit inférieur pour éviter les chutes graves en cas de crise. il apprend qu’il devra se procurer par ses propres moyens l’eau minérale prescrite par le service médical.org/article. tels que la protection de l’ordre public ou la prévention de la récidive (A). mais aussi les vitamines et les compléments nutritionnels. .).prison. http://www. A – La préservation de l’ordre public et la prévention de la récidive La préservation de l’ordre public (1) a été intégrée au sein de la loi Kouchner par l’intermédiaire de la notion de prévention de la récidive (2) issue de la loi du 12/12/2005.. Il en sera de même pour un détenu malade souhaitant se procurer des compléments nutritionnels ou vitamines ne pourra le faire que par l’intermédiaire de la cantine intérieure de la prison et à des prix importants147. Un détenu souffrant d’un diabète aggravé aura également beaucoup de mal. dont ont souvent besoin les séropositifs.services pénitentiaires146. Atteint de dysfonctionnements rénaux. « […] A est séropositif. p 65. op.). BEAUPERE (P. nouvellement ajoutés par le législateur.S.cit. Il lui faut dix jours de grève de la faim pour que l’administration accepte de lui fournir cette eau.php3?id_article=43 « […] Le matériel d’hygiène (savon.. op. Grâces médicales : attendre et mourir. Cette mesure permettant un élargissement d’un condamné quelle que soit la durée de sa peine est enfermée dans des conditions strictes et n’est que suspensive (B).cit. sont à des prix inaccessibles. II – La recherche de la protection de la sécurité publique L’ensemble de ces caractéristiques qu’un condamné doit remplir pour pouvoir prétendre à l’obtention d’un élargissement est à cumuler avec d’autres impératifs. op. papier toilette. […] » 148 149 PELLERIN (D). […] » 147 ACT UP PARIS.). Le certificat est fait mais souvent c’est un autre arrangement dans la cellule.

Opinion soutenue par le procureur général dans son pourvoi contre la décision de suspension de peine de M. in D. Un deuxième sens a pu être retenu en prenant en compte les sentiments pouvant être engendrés au cœur de la population par la libération anticipée d’un détenu au passé judiciaire noir154.La prise en compte implicite de la sécurité publique L’ordre public est une notion floue et flexible qui peut revêtir différents sens (a). les juridictions compétentes (Jap ou JRLC) peuvent se borner à l’examen du noyau dur de l’ordre public. La notion de protection de l’ordre public peut être entendue à différents niveaux150. 1066. 34 . soit la sécurité publique et vérifier en ce sens si persiste une dangerosité ou un risque de récidive. 1065. n° 16. p. précité supra note n° 150.). 1065. « […] C’est qu’en droit de l’application des peines. p. p. 1066.1 . Papon.legifrance. seul l’âge et l’état de santé du condamné peuvent être pris en considération pour déterminer si un risque de nouveau de trouble à l’ordre public est possible151.fr/ Acception retenue par la Cour d’Appel de Paris dans l’examen de la demande de suspension de peine de M. Mais elles peuvent aussi élargir l’analyse à l’ordre lui-même et en conséquence envisager les réactions du public à la libération du condamné […] ». in D. 2003. n°16.). Le rôle de la justice est en effet de rétablir l’ordre après un bouleversement occasionné par la commission d’une infraction. 152 153 HERZOG-EVANS (M. p. La confirmation de la suspension médicale de la peine de M. Papon. 154 Cass. Ibid. Selon lui.crim 12/02/2003. Proposée au cours de discussions sur la proposition de loi de 2005. Papon. Par exemple. il s’agira ici d’une interprétation élargie de 150 HERZOG-EVANS (M. il s’agira de la prise en compte du noyau dur de l’ordre public153. Papon. a – La notion d’ordre public La notion d’ordre public et encore plus les moyens pour en assurer la protection sont des notions importantes en droit français. Ce concept peut être dangereux s’il est utilisé dans sa forme la plus large. n° de pourvoi : 2002/09562. cette notion n’a pas été officiellement retenue par le législateur.gouv. « […] soit la sécurité publique et vérifier en ce sens si persiste une dangerosité ou un risque de récidive […] ». La confirmation de la suspension médicale de la peine de M. il fallait prendre en compte et « […] rechercher l’existence d’éléments extérieurs à la personne de celui-ci. 151 CA Paris 18/09/2002. au regard de la gravité et du retentissement d’une condamnation prononcée pour crime contre l’humanité […] ». http://www.Il s’agit comme le précise Mme HERZOG-EVANS de « déterminer si le condamné conserv[e] une dangerosité sociale 152 ». mais semble avoir été incluse sous le couvert de la notion de récidive (b). 2003.

A titre d’exemple JAP Toulouse 23/05/2002. la durée de la peine fixée par jugement a pour but outre la condamnation du délinquant. Cette condition peut toutefois sembler normale lorsqu’il s’agit de libérer un prisonnier. La libération conditionnelle et la judiciarisation. celui de le réinsérer socialement.2002. 1066 « […] Mais elles peuvent aussi élargir l’analyse à l’ordre lui-même et en conséquence envisager les réactions du public à la libération du condamné […] ». Le but premier d’une mesure de libération conditionnelle est la recherche de « la réinsertion des condamnés et […] la prévention de la récidive ». Cette notion a notamment été utilisée par le Juge de 155 HERZOG-EVANS (M. Le juge doit s’assurer lorsqu’il accorde une libération conditionnelle pour bonne conduite. Elle évoque ensuite l’avis du préfet de BasseNormandie établie en 1997. 158 HERZOG EVANS (M. 156 157 Article 729 du Code de procédure pénale HERZOG-EVANS (M. dans le cadre d’une libération conditionnelle.).cette notion d’ordre public155. depuis de nombreuses années. En effet. p. la condition relative à l’ordre public est longuement détaillée. n’étant pas dans un état de santé critique. le Juge de l’application des peines peut aussi bien prendre en compte une notion restrictive157 ou extensive158 de la notion de protection de l’ordre public159. 1065 35 . précité supra note n° 150.). p. de lui faire comprendre le sens de sa peine. de lui faire reprendre le meilleur chemin. implique pour le juge responsable de cette décision de bien évaluer les conséquences d’un tel choix. Affaire H « […] Dans l’affaire H…. 837. Pour s’assurer de cela. Cette notion peut donc comprendre différents éléments et être plus ou moins exigeante. Le texte de loi précise d’ailleurs que des « efforts sérieux de réadaptation sociale 156» sont recherchés. La prise en compte de cet élément par les juges ajoute un obstacle aux possibilités de libération anticipée d’un condamné. d’un débat au sein de la société française ». La suspension de peine médicale de Maurice Papon. p. qui suggérait de différer encore l’élargissement au nom du trouble et de l’émotion qu’il susciterait dans l’opinion […] ». motifs familiaux. p. L’émergence de critères jurisprudentiels contra legem. Rendre sa liberté à un détenu avant la fin de sa peine.). Le Juge de l’application des peines tente alors de déterminer si oui ou non le condamné est apte à réintégrer la société sans aucun danger pour lui ou pour les autres. JRLC de Caen 26/04/2001. La JRLC commence par évoquer le fait que la demande de libération conditionnelle de ce détenu « est l’objet. « […] le Jap de Toulouse du 23 mai 2002 a ainsi pris soin de relever que l’état de santé du malade était tel qu’il ne présentait aucun danger de récidive quand bien même il n’avait nullement reconnu les faits et pris conscience de leur gravité […] ». 159 HERZOG-EVANS (M. in D. comme le précise l’article 729 du Code de procédure pénale propre à cette mesure. A titre d’exemple. in D. soins obligatoires de la non dangerosité du condamné. précité supra note n° 150. 2896.2002.).

p. BC 2003. 19152.. 308.l’application des peines qui a ainsi justifié le refus de suspension de peine de M.). Cependant. voir infra. p. JO n° 289. les deux acceptions de l’ordre public. en matière de suspension de peine. ayant fait appel.gouv. Le Jap retenait une définition ici assez exceptionnelle. puis de la Cour de cassation163. l’accord de sa suspension de peine pour raisons médicales. où l’ordre public était entendu au regard des réactions du public à un éventuel élargissement et on au risque de récidive présent par le condamné..Papon160 par jugement du 24/07/2002161. http://www.. L'APPEL : Appel a été interjeté par : Monsieur X. En aucun cas. Cette loi était à ses débuts humanitaire avant tout. Loi 12/12/2005 n°2005-1549 relative au traitement de la récidive des infractions pénales.. Cependant. in RPDP. n°2. b – La prise en considération implicite de cette notion au sein de l’article 720-1-1 Concernant la suspension de peine permise par la loi Kouchner. une polémique est apparue dès ses premiers temps d’application au sujet de la prise en compte ou non de la notion de protection de l’ordre public pour élargir un condamné164. 161 CA Paris 18/09/2002. 13/12/2005. Y. statuant dans cette affaire […] ».. p 72. 144. ce dernier a obtenu de la Cour d’appel162. http://www.. car ce motif relatif à l’ordre public n’était pas prévu par la loi.fr/ PARIS a dit n'y avoir lieu à suspension de la peine de dix ans de réclusion criminelle prononcée le 2 avril 1998 à l'encontre de Y. par la Cour d’appel. n° 37. « […]Par jugement du 24 Juillet 2002. n° de pourvoi 2002/09562. Cette notion d’ordre public semble avoir été prise en compte de manière implicite au sein de l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale. le Jap l’avait initialement rejetée en retenant que son élargissement risquait d’entraîner un risque pour l’ordre public.. 163 164 165 36 . sont susceptibles d’être retenues » 160 HERZOG-EVANS (M. il n‘était fait mention de la prise en compte des conséquences d’une telle libération sur l’opinion publique. le 24 Juillet 2002 […] ». par arrêt de la Cour d'Assises de la Gironde. n° de pourvoi 02-86531. « […] A l’occasion de la demande de suspension médicale de peine fortement médiatisée de Maurice Papon..legifrance. lors des travaux de rédaction de la loi du 12/12/2005165 a été débattue la question « Dans le domaine voisin de la libération conditionnelle.legifrance. En effet. condition de source là aussi jurisprudentielle. 12/02/2003. juin 2005. p.fr/ Cette évolution et cette polémique seront développées ultérieurement. Elle devait d’ailleurs être écartée comme non pertinente. suite à l’adoption de nouvelles lois dans le domaine de la prévention des infractions. X.gouv. l’esprit premier de l’article 10 de cette loi est la libération sans conditions extérieures à celles relatives à l’état de santé du condamné.crim... le juge de l'application des peines du tribunal de grande instance de 162 Ibid Cass. La suspension médicale de peine et la sécurité publique état des lieux.

168 CHAMBON (F. La prise en compte de l’existence ou non d’un trouble potentiel à l’ordre public résulte surtout d’une volonté de calmer l’opinion publique choquée et vexée d’avoir vu un homme166. HIVERT (A. Le Monde. 37 .F. »171. De plus.). En effet. in Journal du sida n°182. responsable de crime contre l’humanité et ayant participé au génocide de la seconde guerre mondiale. PEREIRA (A. «Il n’a pas fait preuve de la même bienveillance en octobre 1942 ».d’insérer ou non la prise en compte de la nuisance à l’ordre public pour élargir un condamné selon 720-1-1.). n’avait commencé à purger sa peine que le 22 octobre 1999 ».). 7 « La libération de Maurice Papon suscite la colère et l’incompréhension des parties civiles […] » 167 HERZOG-EVANS (M. de se soumettre à «une expertise médicale destinée à vérifier que les conditions de la suspension sont toujours remplies […]170 permet un meilleur contrôle de l’opportunité de la suspension. Mais un compromis semble avoir été trouvé au sein de la loi du 12/12/2005. une mesure visant à exclure les récidivistes potentiels du bénéfice de cette suspension a été introduite.arcat-sante. GARCIA (A. précité supra. plus restreinte. D’autre part. sur la notion de rétroactivité des mesures de sûreté. p. 171 Voir infra.). 19152. quelle que soit la date de commission des faits ayant donné lieu à la condamnation. Emotion et débat devant les images de Maurice Papon libéré. 19/09/2002. élargi et condamné pour des faits criminels. p. 13/12/2005. Mise à mort de la suspension de peine pour raison médicale. le 2 avril 1998. D’une part. janvier-février 2006. que « les dispositions du présent article sont applicables aux suspensions en cours à la date d'entrée en vigueur de la présente loi. le texte précise en niant le principe d’effet non rétroactif de la loi pénale nouvelle. p. La notion de prise en considération d’un potentiel trouble à l’ordre public ne figure pas dans le texte de loi nouvellement modifié. http://www.org/167/Article_du_JDs&article_id=560 169 170 Article 11 Loi 12/12/2005. de « risque grave de renouvellement de l'infraction 169». l’obligation pour le condamné.). 10 LANGLET (M. p 2893 « Maurice Papon. n°2005-1549 relative au traitement de la récidive des infractions pénales. 166 CHAMBON (F. se fondant uniquement à cette époque sur des critères médicaux.). condamné par la Cour d’assises de Gironde.96. note n° 157. à dix ans de réclusion criminelle. « les sénateurs ont approuvé les amendements fin octobre avec toutefois une modification importante : la notion de « trouble à l'ordre public » a été remplacée par celle. JO n° 289.). être libéré de prison où il n’avait purgé que deux ans d’une peine fixée à 10 ans de prison167. in Le Monde. Enfin. 20/09/2002. p. la surprise de la population de le voir sortir de la prison de la Santé168 sur ses deux jambes et sans trop d’efforts douloureux a accentué le soulèvement de l’opinion publique.

13/12/2005. La loi du 12/12/2005 a intégré cette notion. La jurisprudence a longtemps tenté d’imposer comme condition d’octroi de la suspension de peine pour raisons médicales. la suspension de peine pour raisons médicales pourra être envisagée. En effet. pour eux cette référence à la récidive est inutile car d’une part. la prévention de la récidive (a) fait l’objet de toutes les attentions. a . b – l’évocation de la dangerosité du condamné comme f rein à l’application de l’article 720-1-1 La loi du 12/12/2005 a restreint encore une fois le champ d’application de la loi du 4/03/2002 en précisant que pour les personnes condamnées présentant un risque élevé de récidive. une nouvelle loi est apparue172. 19152. p. Voir infra. réduisant de ce fait le champ d’application cette mesure d’aménagement de peine (b).109. 19152. elle fait perdre à la loi son contenu de loi strictement humanitaire et d’autre part. cette mesure de suspension de peine ne serait envisageable173 quand bien même le condamné répondrait aux conditions de santé de la loi Kouchner. Le choix du législateur d’inclure une restriction relative à la récidive n’a pas été bien perçu par les défenseurs de cette loi ne devant prendre en compte que l’état de santé du condamné174. 13/12/2005. La récidive est vécue par la justice comme un échec aux mesures prises préalablement pour réinsérer le délinquant.Le problème de la récidive La question de la récidive et de sa prévention est au cœur de l’actualité juridique. p. 173 Article 10 de la Loi du 12/12/2005. qui exclut les récidivistes à forte potentialité du bénéfice de cette loi. p.2 . Elle précise en son article 10 que « Sauf s'il existe un risque grave de renouvellement de l'infraction ». JO n° 289. Elle insère une nouvelle partie de phrase importante au début du texte de l’article 120-1-1.La prévention de la récidive Constituant l’un des grands problèmes de notre société. n°2005-1549 relative au traitement de la récidive des infractions pénales. l’absence de risque de récidive. 174 38 . en cas de récidive avérée ou de non 172 Loi 12/12/2005. n°2005-1549 relative au traitement de la récidive des infractions pénales. Après de nombreuses interrogations sur l’efficacité des mesures prises pour lutter contre ce fléau et le constat d’un échec important. Celle-ci restreint notamment les possibilités pour ces derniers d’obtenir une libération conditionnelle. JO n° 289.

la Cour de cassation a précisé que si la première expertise était négative. B – Une mesure conditionnelle.fr/cra/520051025/s20051025H33. 147-1 Code de Procédure Pénale « Le condamné dont la peine est suspendue en application de l’article 720-1-1 est placé sous la surveillance de juge de l’application des peines territorialement compétent en application de l’article D. temporelle et surveillée L’accord d’une telle suspension de peine est fortement encadré par des conditions strictes quant à l’estimation de l’état de santé du condamné demandeur (1). cet aménagement de peine ne pourra être envisagé qu’après l’obtention de deux expertises médicales (a). En amont. Cette suspension une fois accordée est encore strictement surveillée par un panel de mesures et obligations diverses mises à la disposition du Juge de l’application des peines (2). la deuxième expertise n’avait pas à être effectuée. assisté du service pénitentiaire d’insertion et de probation.Une mesure conditionnelle Cette mesure de suspension de peine est fortement encadrée et ce notamment au niveau de l’évaluation de l’état de santé du condamné demandeur.senat. 1 . la surveillance du condamné continue à l’aide d’expertises médicales ordonnées par le Juge de l’application des peines (b).html 176 Article D. soit à l’engagement du pronostic vital à court terme de ce dernier177. De plus. la mesure de suspension pouvait déjà être relevée avec l’ancien texte175. www.respect de certaines obligations imposées par le Juge de l’application des peines. Elle ne pourra être accordée que si deux expertises indépendantes et concordantes ont conclu soit à l’incompatibilité durable du maintien en détention du condamné eu égard à son état de santé. » 177 Article 720-1-1 Code de Procédure Pénale 39 . car l’éligibilité du condamné à cette suspension de peine n’est possible que si les deux expertises requises concluent de manière concordante et positive à l’engagement du pronostic vital du condamné ou à 175 DREYFUS-SCHMIDT Travaux parlementaires Article 4 quater. Cette suspension de peine est tout d’abord conditionnelle. Suite à l’octroi de cette mesure. a – Une mesure accordée après deux expertises Un détenu ayant bénéficié d’une libération anticipée ou d’une suspension de peine est placé sous la surveillance du juge de l’application des peines176.116-2.

http://www. Dalloz. Les deux expertises concluant à une incompatibilité du maintien en détention ou à un engagement du pronostic vital du condamné ne permettent que d’appuyer la demande de suspension. « La suspension de peine signifie que la peine n’est ni abrogée. l’absence d’indemnisation des victimes182.l’incompatibilité de son maintien en détention avec son état de santé178. in HERZOG-EVANS (M. Plusieurs décisions négatives ont d’ailleurs été rendues bien que les deux expertises exigées concluaient à l’incompatibilité du milieu carcéral181. La suspension ne fait que reporter l’exécution de la peine. in HERZOG-EVANS (M. 29/10/2003.gouv. p. Des mesures et obligations seront alors prises à l’égard du 178 Voir infra. 2002. 108. Ces expertises179 permettront aux juges de comprendre l’état de santé du condamné. Droit de l’application des peines. p. la mesure peut être relevée185 tout au long de la « vie » du condamné. p. éd. de nouveau purgée184 ».). éd. Dalloz. Si les conditions médicales ayant justifié la suspension de peine ne sont plus réunies.crim 23/06/2004. 275 184 Act Up-Paris. Cass. mais ne l’obligent en aucun cas à accorder la suspension. http://www. La suspension de peine pour raison médicale. 30/07/2003.html 185 Article D.org/article1419. 275 182 JAP Toulouse 23/05/2002. 64.fr/ 179 180 Voir infra.actupparis.crim. JRLC Bordeaux 6/07/2001. éd.). Droit de l’application des peines. Quand bien même les conditions légales remplies. la juridiction prend souvent en compte des éléments extérieurs tels que le manque d’efforts de réinsertion du condamné. que l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale « n’est qu’une faculté donnée au juge et non une obligation s’imposant à lui ». Pour bénéficier de cette mesure des conditions strictes sont imposées par le législateur. Pour fonder son refus d’accord de la suspension. la peine devrait être. […]». 275 183 p. la décision appartient au juge180. En effet. théoriquement.147-4 Code de procédure pénale 40 .legifrance. 2002. in BC 2004. p628. Droit de l’application des peines. Dalloz. Cass.legifrance. n° de pourvoi 04-80439.gouv. mais que son effet est arrêté pour un temps donné. n° de pourvoi 03-80374. un dispositif de contrôle important peut être mis en place pour vérifier si la mesure de suspension est encore valable. La peine n’est en aucun cas effacée du casier judiciaire ou diminuée.). in HERZOG-EVANS (M. 2002. ni annulée. En effet.fr « […] La cour d’appel […] énonce notamment. http://www. 181 JRLC Aix-en-Provence 19/07/2001. le refus du détenu de se soigner183… b – Une surveillance renforcée Cette mesure n’est que suspensive. n°172. p.

condamné suspendu. p. Concernant les 186 187 188 Voir infra. Article 720-1-1 Code de procédure pénale condamné ayant bénéficié d’une mesure de suspension de peine en application du présent article et ordonner qu’il soit mis fin à la suspension si les conditions de celle-ci ne sont plus remplies » « Le juge de l’application des peines peut à tout moment ordonner une expertise médicale à l’égard du 189 190 Article D. La loi Kouchner ne s’applique que si l’état de santé du condamné est en jeu. Le Juge de l’application des peines a donc le pouvoir de demander une nouvelle expertise médicale pour connaître l’état de santé du condamné suspendu et décider en conséquence du prolongement ou de l’arrêt de la suspension accordée188.147-5 Code de procédure pénale Article 11 de la Loi 12/12/2005. Une faculté dans ce domaine est également reconnue au parquet qui « à tout moment […] peut saisir le juge de l’application des peines afin qu’il ordonne une expertise médicale pour vérifier si le condamné remplit toujours les critères prévus par l’article 720-1-1 189». p. 19152. le Juge de l’application des peines compétent a à sa disposition une liste de mesures et obligations auxquelles il peut le soumettre. des condamnés ayant bénéficié d’une suspension de peine pour raisons médicales en matière criminelle190 ». J. 13/12/2005. à charge pour lui de les respecter186. Cette dernière prévoit désormais « l’obligation d’une expertise tous les six mois. Voir introduction. n°2005-1549 relative au traitement de la récidive des infractions pénales.O n° 289. le condamné ne remplit plus les conditions liées à la mesure de suspension dont il a bénéficié. La rémission de sa maladie le fera retourner dans sa cellule ! Cela semble impensable. incroyable voire même inhumain pour certains187. Une mesure de surveillance supplémentaire de l’état de santé du condamné a été ajoutée avec la loi du 12/12/2005. Cette surveillance vaudra également quant à la réalité du pronostic vital engagé ou de l’incompatibilité de la détention avec le suivi d’un traitement ou de la maladie. 2 – Les obligations et mesures Cette mesure conditionnelle est encadrée par des obligations (a) et mesures de contrôle (b) diverses pouvant êtres décidées par le Juge de l’application des peines. 41 . 39. mais la raison de cette situation paradoxale est le fait qu’une fois guéri. a – Les obligations imposées Dans le cadre de l’élargissement prononcé en faveur d’un détenu répondant aux exigences de l’article 10 de la loi du 4/03/2002.

selon les cas. peut prévoir que le condamné sera soumis à l'une ou plusieurs des obligations suivantes. le cas échéant. remettre son passeport . Peine (Exécution). destinées notamment à permettre de vérifier que les conditions prévues par le premier alinéa de l'article 720-1-1 demeurent remplies : 1º Etablir sa résidence ou être hospitalisé dans un lieu ou un établissement déterminé par la juridiction . Il pourra s’agir notamment de ne pas paraître en certains lieux. 6º Recevoir les visites du travailleur social du service pénitentiaire d'insertion et de probation et lui communiquer les renseignements ou documents de nature à permettre le contrôle de l'exécution de ses obligations . le cas échéant. 9º Lorsque la condamnation concerne l'une des infractions mentionnées à l'article 706-47. Le juge pourra également interdire au condamné de se rendre dans certains lieux ou de rencontrer certaines personnes. accorde cette suspension de peine. 712-7 ou 712-13.147.147.obligations pouvant lui être imposées. elles figurent principalement à l’article D. qui. mai 2005. Elles sont les dispositions propres à l’application de l’article 720-1-1. 4º Ne pas sortir des limites territoriales déterminées par la juridiction et. Ces obligations peuvent être cumulées192 depuis la loi du 9/03/2004 avec celles figurant aux articles 132-44193 et 132-45194 du Code pénal.2 Code de procédure pénale « La juridiction. 192 193 Répertoire pénal Dalloz. 3° Prévenir le travailleur social de ses changements d’emploi . Les plus fréquemment utilisées sont celles fixant le lieu de résidence ou d’hospitalisation du détenu. p59 Article 132-44 Code pénal « Les mesures de contrôle auxquelles le condamné doit se soumettre sont les suivantes : 1° Répondre aux convocations du juge de l’application des peines ou du travailleur social . 2º Tenir le juge de l'application des peines informé de son lieu de résidence ou d'hospitalisation et l'informer de toute modification .2 du CPP191. La juridiction peut également ordonner que le condamné sera soumis à l'une ou plusieurs des obligations ou interdictions mentionnées à l'article 132-45 du code pénal. 7º Répondre aux convocations du juge de l'application des peines ou du travailleur du service pénitentiaire d'insertion et de probation si son état de santé lui permet de se déplacer . de 191 Article D. s'abstenir de fréquenter ou d'entrer en relation avec certaines personnes ou certaines catégories de personnes et notamment des mineurs. 3º Fixer sa résidence ou son lieu d'hospitalisation dans les limites territoriales déterminées par la juridiction . de ceux désignés par la décision. en application. à l'exception. 2° Recevoir les visites du travailleur social et lui communiquer les renseignements ou documents de nature à permettre le contrôle de ses moyens d’existence et de l’exécution de ses obligations . 42 . 5º Se soumettre à toute expertise médicale ordonnée par le juge de l'application des peines . 8º S'abstenir d'entrer en relation de quelque manière que cela soit avec les victimes de l'infraction pour laquelle il est condamné . des articles 712-6. Elles sont ici au nombre de neuf.

b – Les mesures de contrôle Les mesures de contrôle sont des obligations à caractère automatique. Répertoire pénal Dalloz. Ces dernières se trouvent principalement à l’article 132-44 du CP. « […] La suspension de peine peut être révoquée avec ou sans expertise nouvelle. lorsqu’il est de nature à mettre obstacle à l’exécution de ses obligations. d’un fractionnement ou d’une suspension de peine. pour tout changement d’emploi ou de résidence. 200 201 Voir infra. Un juge de Bobigny a décidé de réincarcérer. op. en vertu du caractère obligatoire et 43 . dans des termes similaires. lundi.). qui […] accorde cette suspension de peine.147-2 du CPP en des termes quasi similaires201. 5° Obtenir l’autorisation préalable du juge de l’application des peines pour tout déplacement à l’étranger et. sauf exception197. 11. automatique des mesures de contrôle de l’article 132-44 du code pénal. 18/02/2005. Ces mesures 4° Prévenir le travailleur social de ses changements de résidence ou de tout déplacement dont la durée excéderait quinze jours et rendre comte de son retour . » « […] les trois mesures ici citées s’imposent. elles correspondent « aux mesures de contrôle auxquelles le condamné doit se soumettre » » lorsqu’il bénéficie d’une libération conditionnelle. cit. cit. p.. elles ne s’appliquent pas de plein droit. in Le Monde. Elles sont également présentes au sein de l’article D.p. En cas de non respect de ces obligations ou interdictions. la juridiction ayant accordé la suspension de peine pourra « ordonner qu’il soit mis fin à la suspension 198». Cette suspension de peine est donc bien temporaire en ce sens qu’en cas de non-respect des obligations imposées199. Le garde des sceaux remet en cause le bien-fondé de la libération d’un condamné atteint d’un cancer. . un condamné qui n’avait pas respecté une obligation de résidence. op. il pourra y être mis fin200et ainsi le condamné même gravement malade ou en fin de vie pourra avoir à terminer sa vie en prison.l’interdiction de porter une arme… Pour être effectives. L’homme est mort en prison dans la nuit […] ».70. Peine (Exécution). Article 720-1-1 alinéa 5 Code de procédure pénale GUIBERT (N. » 194 195 Article 132-45 Code pénal Article 147-2 Code de procédure pénale « La juridiction. peut prévoir que le condamné sera soumis à une ou plusieurs des obligations suivantes […] » 196 Répertoire pénal Dalloz. Peine (Exécution). « […] Les obligations visées à l’article D. ces obligations doivent être prononcées et précisées195 par la juridiction compétente196.147-2 ne s’imposent que si la juridiction compétente le prévoit […] » 197 198 199 Voir infra (b).

en lui demandant de « se soumettre à toute expertise médicale ordonnée par le juge de l’application des peines » ou en lui demandant de se rendre aux convocations du juge ou du travailleur social. En effet. il peut se rendre compte notamment de l’évolution de la maladie. n°13. JCP. p 589 44 . de se soumettre à toute expertise médicale ordonnée par le juge. éd G. Le Juge de l’application des peines pourra prononcer en même temps que la décision d’élargissement des obligations diverses.fr/ Cass. se rencontrent deux sphères : le monde judiciaire (1) et le monde médical (2).gouv.crim.permettent au juge de l’application des peines de surveiller le condamné pendant son élargissement. un individu dont la peine avait été suspendue s’est vu dans l’obligation de se conformer à quatre mesures décidées par la juridiction. http://www. 26/03/2003. Ces mesures sont cumulables entre elles. Il s’agissait d’une obligation de fixer sa résidence dans un lieu précis. 12/02/2003. A – Les organes décisionnels Au sein de cette procédure. dès lors que l’une et l’autre sont destinées à permettre de vérifier que les conditions […] demeurent remplies203. 202 203 JAP Toulouse 23/05/2002.legifrance. Des mesures cumulées d’obligation à résidence dans un lieu précis et d’obligation d’informer le juge de tout changement ultérieur de lieu de résidence ou d’hospitalisation « ne sont pas incompatibles. n° de décision 2002/00269. A titre d’exemple. Section 2 – Le domaine procédural La procédure de demande d’une telle suspension de peine ainsi que son analyse (II) requièrent l’intervention de divers acteurs amenés à s’entraider (I). I – Les sujets en présence La demande effectuée par le condamné (B) est examinée par le juge compétent après avis des autorités médicales (A). de recevoir les visites du travailleur social et de répondre aux convocations du juge de l’application des peines si son état le lui permettait202.

n°154. in Petites affiches. de « directeur de « […] Qualifié de « père Noël ». « Lorsque la peine privative de liberté prononcée est d'une durée inférieure ou égale à dix ans ou que. C’est un magistrat du siège. in Rev. […] de fixer les principales modalités de l’exécution des peines privatives de liberté ou de 208 CARTIER (M. ». 2589 tout formant les juridictions de premier degré. « […] charg[é].1 – Les organes judiciaires L’organe principal de cette mesure est le Juge de l’application des peines. Ces décisions prononcées ont désormais la nature de décisions juridictionnelles (b). janvier-mars 2001. de « juge de l’inapplication des peines ». Loi ». Longtemps rejetée par le système judiciaire208. de « coquecigrue ». La judiciarisation de l’exécution des peines. de « nounou à voyous ». quelle que 205 GIACOPELLI (M. qui est entouré d’autres juridictions spéciales (a). de « super 45 . Il est compétent lorsque la peine privative de liberté ayant été prononcée est inférieure ou égale à 10 ans ou lorsque la durée de la peine restant à subir est inférieure ou égale à 3 ans peu important la durée de la peine prononcée initialement. cette institution a peu à peu évolué et pris de l’importance. Le Juge de l’application des peines apparaît comme l’organe le plus important dans l’aménagement de la peine d’un condamné.E.). a – Les juridictions concernées La juridiction habilitée à se prononcer sur la décision de suspension de peine pour raisons médicales d’un condamné va différer selon la durée de la peine prononcée ou le temps restant à purger pour cette dernière. Le contentieux des refus de permission de sortir pour les détenus. cette compétence est répartie entre le Juge de l’application des peines et le Tribunal de l’application des peines205. cette suspension est ordonnée par le juge de l'application des peines selon les modalités prévues par l'article 712-6. Dans les autres cas. « […] le législateur du 9/03/2004 a préféré sans bouleverser les usages conserver l’actuel JAP et créer le TAP.sc.). en orientant et en contrôlant les conditions de leur application ». p. Réforme du droit de l’application des peines.crim. p. in D.). de « soupape de sûreté ». la durée de détention restant à subir est inférieure ou égale à trois ans. elle est prononcée par le tribunal de l'application des peines selon les modalités prévues par l'article 712-7. 2004. 3/08/2001. ou des libérations conditionnelles. de lui accorder des suspensions. n°36. 23 207 Article 712-1 du Code de procédure pénale certaines peines restrictives de liberté. Avant la loi 204 Article 720-1-1 du Code de procédure pénale soit la peine initialement prononcée. Comme le précise l’article 720-1-1204. Cette institution créée en 1959206 a pour mission de suivre l’exécution de la peine par le condamné. p 87 assistante sociale ». le 206 SEBAN (A.de « chiroptère ». des autorisations sous conditions207.

Pour les courtes peines. le ministre de la justice avait une compétence partagée avec ce juge dans la décision d’octroi d’une libération conditionnelle209. « Le droit d’accorder la libération conditionnelle appartient. pour les longues peines. p.9/09/2000.). La loi présomption d’innocence et l’exécution des peines : des avancées sur fond d’aberrations juridiques (suite et fin). précité supra. soit au ministre de la justice ». 212 HERZOG-EVANS (M. Le juge de l’application des peines est-il toujours un chiroptère ?. d’autre part. et. « […] pour ce qui concernait particulièrement les longues peines. par un vestige de vision administrative de l’exécution des peines. 46 . Le juge statuant alors sur l’accord ou le refus d’une telle mesure est aidé de deux expertises médicales requises dans le texte lui-même. 2002. de « faire-valoir de l’administration ». le régime des libérations conditionnelles était articulé autour d’une distinction entre les longues et les courtes peines. in Gaz. Cette compétence se répartissait selon la durée de la peine prononcée212. n°22. 65. un sentiment de peur et de méfiance à l’égard du juge de l’application des peines211 subsistait. p. ». A ce stade désormais. tandis que. Voir infra. seul le ministre de la Justice pouvait se prononcer ». Le Juge de l’application des peines décide d’accorder ou non la suspension de peine de l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale par une décision motivée et suite à un débat contradictoire215. De plus. l’idée dominante était qu’il s’agissait d’une question trop grave et aux conséquences politiques trop sensibles pour êtres confiée à un « petit » juge ». 1788. 25/08/2000. chapitre 2. in Petites affiches. il y avait une volonté de conserver l’influence de la sphère politique dans des questions où la libération d’un détenu pouvait être sensible aux yeux de la population et où la sauvegarde de l’ordre public était en jeu210. p. Cela tenait à une ancienne tradition de primauté du pouvoir public dans les décisions de l’exécution des peines. soit au juge de 210 HERZOG-EVANS (M. Il conscience de l’administration pénitentiaire ». Enfin. 213 LAVIELLE (B. 211 HERZOG-EVANS (M. Juridiction nationale de la libération conditionnelle : une procédure boiteuse. La loi relative au renforcement de la protection de la présomption d’innocence et des droits des victimes de 2000 a retiré au garde des sceaux « tout pouvoir de décision […] en matière de libération conditionnelle213 ».).du 15/06/2000. il n’y a plus d’intrusion du politique214. selon les distinctions ci après. le juge de l’application des peines (JAP) était compétent.. de « gêneur » ou encore de « bonne à tout faire » le juge de l’application des peines a eu bien du mal à trouver sa place non pas seulement vis-à-vis de l’Administration pénitentiaire mais également au sein de la famille judiciaire […] » 209 Ancien article 730 du Code de procédure pénale l’application des peines.). note n° 210 « Jusqu’en juin 2000. 4 « […] Ceci s’expliquait. in D. 8. par une forte méfiance aujourd’hui totalement dépassée envers le JAP.Pal. 214 215 Voir infra.). n°170. d’une part. 1522. p.

juin 2004. Suite à la disparition de la compétence du ministre de la justice dans les décisions relatives aux mesures de libération conditionnelle. HERZOG-EVANS (M. 887.).crim. se trouvait elle au sein de la cour de cassation. http://www.). octobre-décembre 2000. Il est dans tout les cas libre et seul maître de sa décision. Il est composé de trois Juges de l’application des peines (un président et de deux assesseurs)218. p.fr/ Article 712-3 du Code de procédure pénale Loi du 9/03/2004 n°2004-204 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité COUVRAT (P. l’appel se faisait devant la Juridiction nationale de la libération conditionnelle pour les décisions relevant de la Juridiction régionale de la libération conditionnelle et devant la chambre des appels correctionnels221 pour les décisions du Juge de l’application des peines. n° de pourvoi : 03-80374. précité supra. Au second degré. qui souhaitait savoir si l’état de santé de Y… X… serait compatible avec une incarcération en milieu spécialisé. cette suspension n’étant « qu’une faculté donnée au juge et non une obligation qui s’impose à lui 217». et qu’ils ont conclu que faute de structures carcérales adaptées existant en France.[…] ». une juridiction issue de la même 216 CA Paris 18/09/2002. Les dispositions relatives à l’application des peines de la loi Perben II. Le Tribunal de l’application des peines est la juridiction compétente pour les peines n’entrant pas dans le domaine de compétence du Juge de l’application des peines défini par la loi. De plus l’appel des décisions rendues par cette juridiction devait se faire devant la Juridiction régionale de la libération conditionnelle. note n°210 222 47 . 217 218 219 220 Cass. Concernant la Juridiction nationale de la libération conditionnelle. n° de pourvoi : 2002/09562. p. Cette dernière a permis de simplifier et de rectifier l’ancienne répartition des institutions220 instaurée par la loi du 15/06/2000.gouv. la dualité de juridiction répartie selon le quantum de la peine a été gardée. Cependant le problème majeur posé par cette répartition tenait au fait que le recours devant la cour de cassation ne pouvait être fait. in Rev. elle occupait des fonctions de juridiction du premier degré mais s’apparentait plus dans son fonctionnement dans sa nature à une juridiction de second degré222.fr/ « […]. Crim. En effet. http://www. 12. 29/10/2003. la détention en milieu spécialisé ne leur paraissait pas envisageable. la Juridiction régionale de la libération conditionnelle se trouvait au sein de la cour d’appel et la Juridiction nationale de la libération conditionnelle. cette juridiction a pour origine la loi du 9/03/2004219.Que les experts ont déposé un rapport complémentaire à la demande du juge de l’application des peines.peut d’autre part demander d’autres expertises pour décider216.). sc. in Revue mensuelle du Jurisclasseur droit pénal.legifrance. 221 PONCELA (P. Chronique de l’exécution des peines : Le chantier du droit de l’exécution des peines est ouvert Quelques remarques sur la loi du 15 juin 2000.legifrance.gouv. elle. La répartition au premier degré était donc faite entre le Juge de l’application de peines et la Juridiction régionale de la libération conditionnelle.

loi, mais qui par sa nature s’apparente à une formation de la cour de cassation223. Ces juridictions étaient donc vouées à un échec certain de par leur formation illogique224. L’appel d’une décision rendue par une juridiction d’appel était impensable. Enfin, le plus gros problème était l’impossibilité d’effectuer un appel contre les décisions rendues par la Juridiction nationale de la libération conditionnelle, juridiction d’appel, située dans une formation de la Cour de cassation225! Cela créait également une différence de traitements entre les condamnés. En effet, ceux dont la demande était traitée par le Juge de l’application des peines avaient une possibilité de pourvoi en cassation, alors que ceux dont la demande était traitée par la Juridiction régionale de la libération conditionnelle ne le pouvaient pas. C’est pour combler ces lacunes et rectifier ces problèmes que la loi du 9/03/2004 a instauré une seule et même voie d’appel avec la création des Chambres de l’application des peines226. Une disposition nouvelle relative aux auteurs d’actes terroristes a été prise par la loi du 23/06/2006227. Elle opère une distinction importante de compétence. En effet, pour toute
« […] statue en effet au premier degré…une nouvelle formation de la cour d’appel, la JRLC, laquelle est pourtant par nature une juridiction du second degré. » « […] La JNLC ne laisse pas place au doute dans l’arrêt ici commenté. En effet, d’une part, elle évoque « le jugement de la JRLC […]. Ensuite, elle dit « infirmer » partiellement ce dernier, terminologie propre aux cours d’appel. De plus et surtout, elle déclare « évoquer », ce qui permet de se prononcer, au fond, en faveur de l’octroi de la libération conditionnelle et d’en fixer les conditions particulières. Le pouvoir d’évocation est évidemment propre aux juridictions de second degré et inédit pour une formation de la Cour de cassation. ».
223

HERZOG-EVANS (M.), précité supra, note n°210

« […] Un appel a été aménagé, mais en l’absence de troisième degré de juridiction, il a été confié à … une nouvelle formation de la Cour de cassation, la JNLC. ».
224

HERZOG-EVANS (M.), précité supra, note n° 211, fois, donc de premier degré, que l’on va confier à une juridiction de second degré, dont ce n’est normalement pas le rôle

« […] En premier lieu, le niveau juridictionnel retenu n’a pas de sens. Voici Des mesures prises pour la première

Ensuite et en suivant cette logique psychotique, le recours qui est instauré à l’encontre des décisions de cette juridiction est bel et bien qualifié d’appel. Le lecteur se frotte les yeux : il peut être fait appel d’une décision prise par une juridiction près … la Cour de cassation.[…] ».
225

HERZOG-EVANS (M.), précité supra, note n°210 nouvelle formation de la Cour de cassation, la JNLC. Aucun recours « de quelque nature que ce soit » n’est possible contre les arrêts de cette juridiction. ».

« […] Un appel a été aménagé, mais, en l’absence de troisième degré de juridiction, il a été confié à … une

226 227

Voir infra. Loi du 23/01/2006 n°2006-64 relative à la lutte cotre le terrorisme et portant dispositions diverses relatives à la sécurité et aux contrôles frontaliers.

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demande relative à un aménagement de peine pour les auteurs d’une telle infraction, seul sera compétent pour statuer le juge de l’application des peines de Paris228 ou le Tribunal de l’application des peines de Paris. Les demandes portées devant un autre juge de l’application des peines devront êtres rejetées pour incompétence. b – La nature des décisions Un développement est également à consacrer à la nature des décisions prononcées par la Juge de l’application des peines et le Tribunal de l’application des peines. Un important changement est intervenu dans la qualification de leur nature avec la loi du 15/06/2000. Avant cette loi, des réformes ponctuelles avaient permis de juridictionnaliser deux nouvelles mesures, il s’agissait des décisions relatives au placement sous surveillance électronique avec la loi du 19/12/1997229 et des mesures relatives au traitement des infractions à caractère sexuel par la loi du 17/06/1998230, mais l’ensemble des autres mesures prononcé par ces juridictions restait des mesures d’administration judiciaire. Au cours de l’année 2000 est donc opérée une juridictionnalisation de la plupart des mesures décidées par le juge, seules restaient des mesures d’administration judiciaire les décisions relatives aux autorisations de sortie231, « des réductions de peine ordinaire, du temps d’épreuve en vue de la libération conditionnelle…232 ». Ce changement de qualification a été finalisé par la loi de 9/03/2004233, désormais l’ensemble de ces décisions est de nature juridictionnelle. Une différence subsiste dans l’appellation de ces décisions, en effet ces décisions relatives aux autorisations de sorties sous escorte ou de permission de sortie sont « qualifiées d’ordonnance par opposition aux
228

Article 706-22-2 du Code procédure pénale tribunal de grande instance de Paris, le tribunal de l'application des peines de Paris et la chambre de l'application des peines de la cour d'appel de Paris pour prendre les décisions concernant les personnes condamnées pour une infraction entrant dans le champ d'application de l'article 706-16, quel que soit le lieu de détention ou de résidence du condamné. Ces décisions sont prises après avis du juge de l'application des peines compétent en application de l'article 712-10. ».

« Par dérogation aux dispositions de l'article 712-10, sont seuls compétents le juge de l'application des peines du

229

Loi du 19/12/1997 n°97-1159 consacrant le placement sous surveillance électronique comme modalité d'exécution des peines privatives de liberté Loi du 17/06/1998 n° 98-468 relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles ainsi qu'à la protection des mineurs, JO 18/06/1998, p. 9255.

230

231 232 233

COUVRAT (P.), précité supra, note n°220, p. 12. CARTIER (M.E.), précité supra, note n° 208, p. 92,93 COUVRAT (P.), précité supra, note n°220, p. 12.

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jugements correspondant aux autres décisions prises par le Juge de l’application des peines234 ». Il est à rappeler que l’ensemble des décisions du Juge de l’application des peines était qualifié de mesures d’administration judiciaire depuis la loi du 22/11/1978 et précisé de nouveau par la loi du 9/09/1986235. La qualification donnée aux mesures du Juge de l’application des peines est d’une grande importance au niveau procédural. En effet, la qualité de mesures d’administration judiciaire confinera la décision. D’une part, cette décision est prise de manière unilatérale, aucun débat contradictoire n’est possible D’autre part, elle ne pourra pas être attaquée par le condamné concerné, seul le procureur de la république pourra le faire devant le Tribunal correctionnel. Le condamné ne pouvait en aucun cas demander un réexamen de sa demande, sa seule alternative était alors d’en présenter une nouvelle. La grande innovation de la loi du 15/06/2000 a été de transformer la majeure partie des décisions du Juge de l’application des peines jusqu’alors mesures d’administration judiciaire en mesures juridictionnelles. Cette nouvelle qualification emporte de nombreux changements quant au prononcé de ces décisions et aux divers recours pouvant êtres faits contre elles. En effet, ce statut permet au condamné de faire appel contre elles. D’autre part, le Juge de l’application des peines rendant cette décision doit le faire à l’issue d’un débat contradictoire en chambre du conseil et en prenant en compte les observations du représentant de l’administration pénitentiaire236, du parquet, du condamné et ou de son avocat237. Ce changement de qualification a été bien accueilli par le monde judiciaire et notamment les condamnés pouvant ainsi se prévaloir des mêmes droits que lors d’un procès238, même si quelques inégalités subsistent notamment au niveau de la faculté d’appel239 d’une décision entre le parquet et le condamné240.

234 235 236 237 238

Ibid. PONCELA (P.), précité supra, note n°221 p. 887 COUVRAT (P.), précité supra, note n° 220,p. 12. PONCELA (P.), précité supra, note n° 221, p. 889. CARTIER (M.E.), précité supra, note n° 208, p. 95 d’une procédure satisfaisant aux exigences d’un véritable procès »

« […] les nouvelles décisions […] sont elles désormais prises par le juge de l’application des peines à l’issue
239 240

Voir infra, p. 68. HERZOG-EVANS (M.), La loi présomption d’innocence et l’exécution des peines : des avancées sur fond d’aberrations juridiques (1ère partie), in Petites affiches, 24/08/2000, n°169, p. 7

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960. avril 2004. Le médecin traitant et l’expert agissent individuellement et ce à leurs niveaux respectifs (a). in AJP. Dans le domaine de la santé est également à noter la présence de structures médicales qui tendent de plus en plus à se spécialiser (b). n°4/2004. A titre d’exemple. La gouvernance de l’ingérable. L'organisation des soins consistait en un ou plusieurs médecins vacataires désignés par le directeur régional des services pénitentiaires auprès de chaque établissement pour une période renouvelable. mais n’a pas toujours été le cas. certaines directives pouvaient lui être fortement conseillées par cette administration245.vie-pulique. p 149 « […] Les médecins exerçants en milieu carcéral an application de la loi du 18 janvier 1994 sont des médecins traitants.). Les limites structurantes de la relation médecin magistrat. a – Les médecins individuels Le médecin traitant intervenant en prison au bénéfice des détenus est semblable au médecin de ville pour les personnes libres241. Cela n’était pas propice au développement de bonnes relations de confiance entre le détenu et le médecin. 243 « […] Initialement. En effet. En 1994. le médecin intervenant en prison dépendait de l’administration pénitentiaire243. les soins aux détenus étaient dispensés par les services infirmiers et médicaux de l’administration pénitentiaire […] ». Quelle politique de santé publique en milieu carcéral ? Analyse du dispositif sanitaire des prisons de Lyon et perspectives italiennes.2 – Les organes médicaux Les organes médicaux interviennent en amont et au cœur de la procédure de demande de suspension de peine pour raisons médicales. 2003. La santé des détenus. n°94-43. plutôt qu’une aide potentielle. 245 Ibid 244 51 . « […] Une position de subordination préjudiciable La médecine pénitentiaire fonctionnait au début des années quatre-vingt-dix en France et en Italie sur un modèle similaire. En effet. 242 Loi du 18/01/1994 relative à la santé publique et à la protection sociale. selon lequel la prise en charge sanitaire des détenus relevait de la seule compétence de l'administration pénitentiaire. le médecin intervenant en prison était subordonné à l’administration pénitentiaire et de ce fait parfois ne pouvait exercer librement sa profession244. JO n°15. http://www.fr/politiques-publiques/politique-penitentiaire/missionreinsertion/sante-detenus/ p. Ce mode d'organisation n'était pas sans poser un certain nombre de difficultés qui ont été à l'origine du transfert de la compétence sanitaire au ministère de la Santé […] ». Cela semble logique. Le condamné voyait en ce médecin un ennemi. mémoire DEA Lyon 2. à l’instar d’un médecin de famille dans son cabinet ou plutôt en tant que praticien hospitalier dans un service de psychiatrie ou de soins somatiques […] ».). avant la loi du 18/01/1994 relative à la santé publique et à la protection sociale242. Les services médicaux en prison se trouvaient par conséquent sous une forme de tutelle du ministère de la Justice. le médecin 241 ARCHER (E. 19/01/1994. FARGES (E.

Le rôle de médecin intervenant auprès des détenus pour engager une procédure de suspension de peine. p. p. la précarité des postes de travail était à l'origine d'un rapport de dépendance entre l'employé et son « patron ». En France. Il se situait dans une relation de subordination stricte vis-à-vis de l'autorité carcérale. Santé et système pénitentiaire Applications et implications de la loi du 18 janvier 1994. « quand il déplaisait à un directeur. je me passerai de vos services à la fin du mois" » […] ». son décret d’application du 27 octobre 1994 relatif aux soins dispensés aux détenus et une circulaire interministérielle du 8 décembre 1994.). op. […] ». […] ». « […] Cette loi. 171 « […] le détenu. […] ». L’accès aux soins en milieu carcéral. le médecin informe la personne détenue de la gravité de son état de santé […]. expliquant sa pathologie et pouvant même « […] Le médecin. Ce n'était pas aussi violent que ça ». in RGDM. n°12.). qui devient un patient comme un autre auquel le service public hospitalier doit des soins. Le détenu devient alors un patient comme ceux existants à l’extérieur246. un hiatus entre les textes et la pratique.). de sorte que. p..crim. tel que le rappelle un ancien médecin pénitentiaire.cit.sc. ont véritablement permis l’entrée de l’hôpital dans les prisons françaises grâce à une refonte des mode d’hospitalisation des personnes incarcérées et la mise en place d’un système de conventions entre hôpitaux et prisons […] ».). DURAND (E. sauf si ce dernier le refuse expressément et l’informe des possibilités d’aménagement de peine s’ouvrant à lui250. mais rarement à la première personne.). Le renouvellement du contrat de chaque soignant étant lié au bon vouloir du directeur de l'établissement. 246 COUVRAT (P. 248 CLEMENT (J. les personnes interrogées durant cette enquête ont parfois fait état. celui-ci lui disait "Docteur. 247 BILLAUD (P. avril-mai 1999. Le médecin traitant ne peut pas préciser le type d’aménagement de peine à demander248. il ne s'agissait le plus souvent pas de menaces ou d'intimidations directes mais d'une tension entre les personnels : « [Ça] n'était pas une pression perverse : "Vous allez me faire un faux certificat ou sinon vous partez" ou "Vous allez taire qu'on a cassé la gueule à ce détenu où vous ne remettrez plus les pieds ici". Cette loi permet l’entrée de l’hôpital dans les prisons247. Pour lui faciliter ses démarches. avec les précautions d’usage. in Rev. janvier-mars 1997. qu’elle est susceptible de bénéficier d’une mesure d’aménagement de peine et lui remet un certificat médical descriptif de son état de santé afin qu’elle puisse faire valoir sa situation. Comme le rappelle toutefois un psychiatre. 249 250 Article 1111-2 du Code de la santé publique CLEMENT. 52 . 22. 252 « […] Il n’est pas du ressort du médecin de préciser le type d’aménagement de peine à demander. Il 251 Voir infra. 253 lui fait connaître. p. n°35. « […] D’une manière générale.M.exerçant en tout partie dans les prisons retrouve son indépendance et peut grâce à cela exercer au mieux sa mission de soins et de prévention auprès des détenus. 2004.). un certificat médical lui est remis251. in Médecine & Droit. était placé sous l'autorité directe du chef d'établissement. (J. en second lieu.M. des pressions que les personnels soignants subissaient de la part de l'administration pénitentiaire avant la réforme de 1994. OBRECHT (O. il doit cependant informer le patient de son état249.

Cependant. le médecin avise l’autorité judiciaire de l’urgence de la situation afin que celle-ci prenne toutes les mesures utiles pour accélérer la procédure. cit. la pratique démontre que dans le milieu carcéral. elle est scellée par le secret médical254. 253 CLEMENT (J. […] ». de confiance sans secret […] ». Dans ses relations avec le domaine judiciaire (juges. le secret sera alors partagé. Le médecin traitant a également un devoir d’alerte à l’égard du condamné hors d’état de comprendre sa pathologie ou la comprenant.). op. http://www.cit..univ-nancy2. 148 il doit le rester parce qu’il n’y a pas de médecine sans confidence. 257 Colloques : Droit santé et détention : Santé et application de peines.évoquer l’avis du médecin sur la compatibilité de la détention avec cette pathologie et sur l’engagement du pronostic vital252. il avise le chef de l’établissement pénitentiaire et en cas d’urgence l’autorité judiciaire253.M. au sein même de la prison.. forme et couleur de comprimés) arrivent aux bonnes conclusions et malgré le secret. l’ostracisation peut se produire.univ-nancy2. cette dérogation au secret médical est ici faîte de manière encadrée et dans l’intérêt du détenu256. Ainsi. selon la célèbre formule de Louis Portès « est la pierre angulaire de l’édifice médical et 255 Ibid.M. de confidence sans confiance. […] ». […] ». l’état de santé de n’importe quel détenu est vite connu de tous. notamment par l’observation des distributions de médicaments de formes spéciales et à des heures précises257. ce secret semble être la plupart du temps respecté.). lorsqu’il l’estime nécessaire. p. Cependant. le secret médical n’est qu’un leurre. 254 ARCHER (E. http://www. personnels pénitentiaires…). « […] Le secret médical. décembre 2003. La relation entre le médecin et son patient est confidentielle. […] ». « […] Ce certificat peut notamment indiquer que le pronostic vital est engagé ou que l’état de santé de la personne condamnée est durablement incompatible avec son maintien en détention. l’administration ou le juge ne reçoivent de la part du médecin que les informations nécessaires au traitement ultérieur de la peine du condamné255. En effet. Les codétenus en observant les traitements (soins particuliers. mais ne désirant pas faire les démarches pour obtenir un aménagement de sa peine. « […] Dans tous les cas.. strictement nécessaires à l’orientation du détenu ainsi qu’aux modifications ou aux aménagements du régime pénitentiaire que pourrait justifier son état de santé » et doivent se prononcer sur la compatibilité de l’état de santé du détenu avec le maintien en détention. « […] les médecins « délivrent aux autorités pénitentiaires des attestations écrites contenant les renseignements 256 Colloques : Droit santé et détention : Santé et application de peines. cit.fr/ISCRIMED/main-colloquesdroitsanteetdetention. […] ». op. 53 .fr/ISCRIMED/main-colloquesdroitsanteetdetention. 252 CLEMENT (J. décembre 2003. op.htm « […] Dans l’intérêt de la santé du détenu.htm « […] L’information sur un détenu circule toujours très vite sans qu’il y ait rupture du secret par les professionnels.). il existe des dérogations apportées au secret dans le cas de demande d’aménagement de peine.

Ce texte a également eu pour but d’améliorer les conditions de détention des prisonniers.M. Comme pour toute expertise.).fr/publicat/santefr.). des examens pratiqués260. b – Les structures spécialisées La loi de 1994 a permis aux médecins exerçant en milieu pénitentiaire de retrouver leur indépendance par rapport à cette administration262.gouv. « […] Une équipe soignante hospitalière indépendante de l’administration pénitentiaire. Pour ce type de suspension de peine. les juridictions peuvent. Article 157 du Code de procédure pénale 259 « […] Les experts sont choisis parmi les personnes physiques ou morales qui figurent sur la liste nationale dressée par la Cour de cassation ou sur une des listes dressées par les cours d’appel. 260 261 Article 166 du Code de procédure pénale CLEMENT (J. Chacun des experts examine le détenu et se prononce sur la question précise posée par le juge à savoir l’état de santé de la personne et sa compatibilité avec la détention ou l’engagement de son pronostic vital. de ses observations. http://www. […] A titre exceptionnel. […] ». Presses Universitaires d’Aix-Marseille. Ce dernier n’a pour seul but que de permettre l’ouverture d’une demande de suspension de peine pour raisons médicales et ne remplace en aucun cas le rapport d’expertise de chaque expert désigné à cet effet. La mission du médecin 54 . deux experts sont nécessaires.justice. ils sont désignés par le juge compétent. Ces experts sont la plupart du temps choisis sur la liste nationale d’experts259. 262 La prise en charge sanitaire des détenus. Il fait état des conclusions de l’expert sur la question posée. choisir des experts ne figurant sur aucune de ces listes. p. par décision motivée.htm auprès des détenus est celle d’un médecin traitant. […] ». Ce dernier précise alors le contenu de l’expertise ainsi que le délai de principe imparti pour la faire258. 2004. Le médecin expert ne peut pas être en même temps un médecin traitant. mais également les soins dispensés au sein même de la prison et de favoriser les traitements à l’extérieur de cet univers. Enfin. sinon il risquerait d’y avoir un conflit d’intérêts. note n°248. Ce rapport n’est pas à confondre avec le certificat médical établi par le médecin traitant du détenu261. 65. Le recours à l’expert en matière pénale. un rapport est rédigé par l’expert. les détenus sont depuis cette loi « affiliés dès leur incarcération au régime général 258 ARNOUX (Y. p. précité supra.Le médecin expert est un autre type de médecins intervenant au sein même de l’univers carcéral et pour une mission précise. 253 […] ». « […] Ce certificat ne se substitue pas aux expertises prévues à l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale. Par exemple.

L’une des grandes avancées de ce texte est la création au sein même de la prison.de la sécurité sociale 263». établir un recueil épidémiologique sur l’état de santé des détenus. en principe. tout comme peut l’être le cabinet du médecin traitant en ville.). comme par exemple dans le 263 Circulaire du 8/12/1994 relative à la prise en charge sanitaire des détenus et à leur protection sociale. médecine…)266.htm « […] Chaque établissement pénitentiaire est lié par un protocole à un établissement de santé de proximité.gouv. http://www. OBRECHT (O. les détenus sont conduits sous escorte vers l’hôpital de proximité ayant conclu une convention avec la prison. Un protocole est signé entre ces deux partenaires265. p. chaque établissement pénitentiaire est relié à un établissement hospitalier qui est complètement 265 La prise en charge sanitaire des détenus. 55 . afin de permettre une évaluation de l’état de santé de chaque arrivant dans le but de déterminer ses besoins en consultations et en soins. 1859 264 BILLAUD (P. Ces dernières sont implantées au sein de chaque établissement. Exercice étudiant au sein de l’UCSA de la maison d’arrêt de Loos. DURAND (E. 267 Voir supra. Ce système de traitement de la santé est appréciable.fr/publicat/santefr. 52. op. un accès aux soins équivalent à celui de tout citoyen […] ». Lille 2. d’unités de consultations et de soins ambulatoires : les UCSA. L’UCSA doit permettre d’assurer à la population incarcérée une qualité et une continuité de soins équivalents à celles mises à disposition de la population […] ». car permet au détenu de se faire soigner pour tous types de pathologies. Les UCSA établissent le premier diagnostic de l’état de santé du condamné ou détenu dès son entrée en prison et sont un cabinet de consultations et de traitements de petites pathologies dans tous les domaines médicaux (dentaire. chargé d’implanter une unité de consultations et de soins ambulatoires UCSA) en milieu pénitentiaire. Le but de la visite médicale est double : établir un bilan de santé individuel. de salle d’examen.). 266 CHARBONNIER (R. « […] Les médecins assurent un examen médical de tous les arrivants das les délais les plus brefs. « […] Désormais.justice. Les unités présentes au sein de la prison font office de cabinet médical. JO 3/02/1995. thèse en chirurgie dentaire.). 48. Cette association permet une prise en charge de la santé des détenus à deux niveaux. ophtalmologie. mais également des inconvénients majeurs.cit. p.. responsable de la prise en charge sanitaire des détenus à l’intérieur de la prison dans les mêmes conditions qu’à l’extérieur et qui leur garantit donc. Pour les pathologies plus graves et nécessitant une hospitalisation urgente ou de moins de quarante-huit heures. p. Pour les autres cas d’hospitalisations est désormais prévu un lieu d’accueil spécial : les UHSI267. Cette unité est issue d’un partenariat entre la prison et l’hôpital le plus proche264. 7/02/2006.). de traitements des cas légers. […] ». Ces unités de soins présentent de nombreux avantages dans divers domaines.

Le même schéma est opéré pour les personnes libres allant voir leur médecin traitant et leurs prescrivant de tels examens. un détenu ayant un rendez-vous précis pour un examen. la garde externe (la porte d’entrée) et les accompagnements dans l’hôpital vers les plateaux techniques. alors qu’actuellement ils n’en assurent que 75%. un rendez-vous dans un hôpital doit être pris. ces soins sont exercés par des professionnels de la santé indépendant du milieu pénitentiaire. Les unités de consultations et de soins ambulatoires ont un équipement médical adéquat pour traiter des petites pathologies. Cependant. Ces structures seront au nombre de 268 Poursuivre l’amélioration de la prise en charge médicale.domaine dentaire. Ainsi. […] Les services pénitentiaires assureront également. JO 31/08/2000 56 . De plus. Poursuivant la politique d’amélioration de la prise en charge de la santé des détenus. Leur réquisition est difficile et très souvent précisée sous forme de quota. pourra se voir privé momentanément de ce trajet au profit d’un autre détenu en situation d’urgence vitale. en milieu carcéral. Un nouveau pas a cependant été franchi avec la création d’unités hospitalières sécurisées interrégionales destinées à l’accueil des personnes incarcérées : les UHSI. la procédure dite d’ « extraction » est utilisée.shtml « […] Un arbitrage interministériel est intervenu lors du conseil de sécurité intérieure du 6 décembre 1999 qui doit se mettre en place à l’horizon 2002. Il a été décidé que les services pénitentiaires assumeraient intégralement la charge des escortes des détenus aux consultations externes en milieu hospitalier sauf s’agissant des détenus dangereux. comme par exemple pour faire de simples radios. […] ». vient également s’ajouter la présence rapprochée de policiers pour encadrer le détenu lors de son transfert. Il reviendra par contre aux forces de l’ordre d’assurer l’escorte depuis l’établissement vers l’unité d’hospitalisation. http://www. le plus gros désavantage de ce système s’illustre lors des extractions d’un détenu vers l’hôpital de proximité. répartissant la charge des escortes et de garde. les sorties sont strictement encadrées et de même pour passer des examens médicaux. pour effectuer des examens plus complets tels qu’un scanner. Cependant. la surveillance du malade détenu des unités hospitalières spécialisées interrégionales (UHSI) prévues par le schéma national. Il s’agit là de mesures de sécurité et de surveillance diverses à observer à l’égard du détenu. dans les cas d’hospitalisation. 269 Arrêté du 24/08/2000 relatif à la création des unités hospitalières sécurisées interrégionales destinées à l’accueil des personnes incarcérées. A cela. compte tenu du quota d’extractions possibles par mois. sa garde étant désormais assurée en principe par les services pénitentiaires268.vie-publique. Pour effectuer une telle sortie.fr/documents-vp/rapp_ass_nat_sante. l’arrêté du 24/08/2000269 a permis la création d’une nouvelle structure hospitalière pour les détenus gravement malades ou devant être hospitalisés d’urgence. Cependant.

aquitaine.org/articleview.pdf 271 http://www.gouv. à Lyon (unité de 23 lits) : pour l’accueil des personnes détenues dans les établissements pénitentiaires des régions Auvergne et Rhône-Alpes et des départements de la Côte d’or et de Saône-et-Loire. cit. du Limousin et du Poitou-Charentes272.frportail_actu/15521. oscillant entre les caractéristiques du milieu carcéral et celles du milieu hospitalier. http://www. 273 274 Dossier de presse : La première unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) à Nancy. En ce sens.huit réparties au sein de la France.fr/presse/uhsi1.pdf Ouverture de la 2ème Unité Hospitalière Sécurisée Interrégionale Dossier de presse : Inauguration de l’UHSI. Ainsi.reseau-chu. constitue le huitième pôle hospitalier. […] ». l’unité de Bordeaux accueillera les détenus des établissements situés dans les régions de l’Aquitaine. l’accueil des détenus situés dans des établissements de régions précises. à Marseille (unité de 45 lits dont 12 lits de soins de suite) : pour l’accueil des personnes détenues dans les établissements pénitentiaires des régions Corse et Provence-Alpes-Côte-d’Azur. le détenu est appelé « patient ».shtml 272 « […] L’arrêté du 24 août 2000 crée sept UHSI implantées dans le cadre de CHU : à Bordeaux unité de 16 lits) : pour l’accueil des personnes détenues dans les établissements pénitentiaires des régions Aquitaine. à Nancy (unité de 17 lits) : pour l’accueil des personnes détenues dans les établissements pénitentiaires des régions Alsace et Lorraine et du département de la Haute-Marne. à Rennes (unité de 19 lits) : pour l’accueil des personnes détenues dans les établissements pénitentiaires des régions des régions Bretagne. Elles ont pour compétence géographique. elle revêt un caractère spécial. op. dans des conditions adaptées à ce public spécifique274 ». à Toulouse (unité de 16 lits) : pour l’accueil des personnes détenues dans les établissements pénitentiaires des régions des régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. Limousin et Poitou-Charentes.chru-lille.gouv. déplacement du Garde des sceaux à Bordeaux.justice. « […] l’établissement public national de Fresnes (EPSNF). Basse-Normandie et Pays de la Loire. à Lille (unité de 21 lits) pour l’accueil des personnes détenues dans les établissements pénitentiaires de la région Nord-Pas-de-Calais. Une unité très hospitalière s’installe au CHRU de Lille http://web. en février 2004270. […] ». A titre d’exemple. il bénéficie d’une chambre d’hôpital semblable à celle d’autres patients 270 Dossier de presse : La première unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) à Nancy http://www. Une telle unité « vise à accueillir des détenus dont l’état de santé justifie une hospitalisation. qui. Il semble cependant que les caractéristiques prédominantes soient celles issues du domaine hospitalier.pref. Elles sont implantées au sein de centres hospitaliers universitaires et ont une compétence médicochirurgicale273. en complémentarité avec l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (l’AP-HP)..fr/pages/actu/actu_presse/2006/2trim2006/DPClement. pour les détenus de la direction régionale des services pénitentiaires de Paris et d’une partie des directions régionales des services pénitentiaires de Lille et de Dijon. La première construite est celle de Nancy.do?id=573&mode=2 57 . suivie en octobre 2004 de celle de Lille271.

26. p. le service pratiquant des IRM.non détenus. chapitre 2. sauf si celui-ci est intransportable. les agents de l’administration pénitentiaire travaillent au sein même de l’UHSI. […] La police nationale assure la sécurité extérieure de l’unité et contrôle son accès. p. 5 personnels pénitentiaires. Ce nouveau type d’établissement semi hospitalier et semi carcéral est en tout point bénéfique pour le suivi des détenus gravement malades. certains éléments du monde carcéral sont visibles. Une surveillance vidéo permet de contrôler les façades extérieures. l’accès à cet établissement est gardé par les forces de l’ordre277. 3 Voir infra.. Toutes les portes sont équipées de serrures de sûreté . C’est là que se feront les visites des proches du malade. op. les mouvements à l’intérieur de l’UHSI ainsi que les issues . Ibid. « […] Les bâtiments ont été aménagés dans un souci de sécurité : Toutes les fenêtres de l’unité sont équipées de barreaux et traitées anti-effraction . cette nouvelle structure a aussi pour objectif de permettre « un meilleur signalement des personnes susceptibles de bénéficier d’une suspension de peine pour raisons médicales 279». la terrasse. p. mais ne nous aventurons nous pas vers un « hôpital prison » et vers une application encore plus restreinte de la mesure de suspension de la loi Kouchner 280? 275 Dossier de presse : La première unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) à Nancy. Cependant. Cette avancée est notable. 276 Une liaison radio est prévue entre le poste de contrôle central et le commissariat de police… […] ». […] ». est garantie par la collaboration étroite des 278 279 280 Voir supra. 277 Ibid. Ce système permet de palier aux problèmes de l’extraction278 et notamment du temps d’attente démesuré pour certains patients devant aller passer un examen important pour finaliser un examen. l’obstétrique. op.. « […] La sécurité due aux intervenants hospitaliers et à leurs patients. cet hôpital de nature spéciale ne comprend pas l’ensemble des services de spécialités appelés « plateaux ». cit. mais devant se rendre dans un plateau spécial tel que la cardiologie. Ainsi. la réanimation…. […] ». et ce comme dans tout autre hôpital. mais ses modalités d’exécution sont plus souples. 6. Les châssis vitrés intérieurs et extérieurs du poste de contrôle disposent d’un vitrage par balles . cit. p 25. des policiers et des gendarmes. Les fenêtres sont équipées de barreaux275. les patients sont surveillés par le personnel pénitentiaire. Cependant. « […] Le rez-de-chaussée […] comprend aussi la zone des parloirs avec deux box de visites. des extractions seront à prévoir pour un détenu séjournant au sein de l’UHSI. Ils assurent la surveillance des personnes détenues et concourent à la sécurité des personnes et des biens. 58 . les visites276 sont réglementées selon la même procédure que celle au sein de la prison. Enfin. […] La gendarmerie nationale assure les escortes des personnes détenues entre l’établissement pénitentiaire et l’UHSI. […]. Dossier de presse : La première unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) à Nancy. L’extraction reste.

Le Juge de l’application des peines sera compétent aussi bien pour les condamnés mineurs que majeurs. les fractionnements ou suspensions de peines. » 282 283 284 Ordonnance 2/02/1945. il est à rappeler que les peines d’emprisonnement prononcées à l’égard des mineurs sont rares par rapport au nombre d’infractions recensées et eu égard aux autres mesures pouvant être prises. éd. qu’il s’agisse de majeurs ou de mineurs. GUITZ (I. le juge de l’application des peines est compétent. p 31 et suivantes. mais doit avoir la qualité de condamné et non de simple détenu (b). p. au regard des différentes décisions connues ayant été rendues. 59 . Le panel de mesures et de sanctions éducatives282 dont dispose le Juge des enfants ou le Tribunal pour enfants permet de ne recourir à l’emprisonnement du mineur que dans des cas de dangerosité et de problèmes d’une gravité importante. . n°45-174 relative à l’enfance délinquante. les libérations conditionnelles… […] ». le but est la rééducation et la resocialisation avant tout283. C’est donc lui qui est amené à statuer sur les remises de peines.B – Le condamné Le condamné pouvant présenter une telle demande doit répondre à des caractéristiques précises relatives à sa personne (1) et à sa peine (2). encore plus que pour les personnes majeures. 1 – Les conditions liées à la personne du condamné Le demandeur ne doit pas présenter de caractéristiques spécifiques relatives à son âge (a). aucun texte ne l’excluant […]. a – Un condamné majeur ou mineur Cette mesure de suspension de peine est applicable tant aux majeurs. En effet. 2002.). « […] en ce qui concerne le suivi des condamnations à des peines d’emprisonnement ferme.). ces derniers sont d’une part plus nombreux et d’autre part plus des sujets potentiels pouvant remplir les conditions relatives à l’état de santé requis pour bénéficier de cette mesure. septembre 2003. les permissions de sortir. cette mesure semble n’être appliquée qu’aux adultes. OP. le Juge des enfants n’occupe les fonctions de Juge de l’application des peines à l’égard d’un mineur que si la mesure décidée par le tribunal est une peine de sursis avec mise à l’épreuve ou de travail d’intérêt général284.). qu’aux mineurs281. in Act soc.). En effet. Droit de l’application des peines. Le traitement judiciaire de la délinquance des mineurs. GUITZ (I. CIT. hebd. 277 GEBLER (L. spe article 2 GEBLER (L. 281 HERZOG-EVANS (M. Pour ces derniers. Cependant. Enfin. « […] La suspension et le fractionnement sont applicables aux mineurs. Dalloz.).

26/02/2003. Une personne en détention provisoire ne pourra pas se prévaloir de cette possibilité de suspension285. n’est pas contraire au droit à 285 286 HERZOG-EVANS (M.b – Un condamné Pour pouvoir bénéficier de cette mesure de suspension de peine. à tout moment. Sauf s'il donne une suite favorable à la demande. En effet.). La Cour de cassation a notamment dû se prononcer sur ce point dans un arrêt du 26/02/2003288. à l’inverse de la garde à vue ou de la condamnation pour lesquelles une suspension peut être envisagée pour motifs médicaux.). 2004. D’autre part. ainsi que la Cour de cassation. le juge d'instruction doit. transmet de sa décision motivée au Juge de la liberté et de la détention qui alors décidera286. cit. le requérant doit avoir était condamné par une juridiction. « […] C’est cependant l’occasion de souligner le vide juridique qui entoure le sort des malades dont l’état de 288 Cass. Aucune procédure spéciale n’est prévue pour les personnes malades se trouvant en détention. En effet. n’est ici que détenu et ne purge donc aucune peine. la transmettre avec son avis motivé au juge des libertés et de la détention. un détenu atteint d’une pathologie au niveau des membres inférieurs et l’obligeant à se déplacer en béquilles dépose une demande de mise ne liberté. Ce dernier examine la demande et en cas de refus de sa part.legifrance. op.gouv. La demande de mise en liberté est adressée au juge d'instruction. D. un « vide juridique 287» existe. la personne placée en détention provisoire ou son avocat peut. p. la Haute juridiction précise que l’absence de débat contradictoire en amont de la prise de décision par le juge. in Actualité du droit de l’exécution des peines. 60 . Ce magistrat statue dans un délai de trois jours ouvrables. n° 02-88131. santé est incompatible avec le maintien en détention au stade de l’information […] ». sous les obligations prévues à l'article précédent.crim. A ce stade de la procédure. le seul recours possible est une demande de mise en liberté présentée au Juge d’instruction. dans les cinq jours suivant la communication au procureur de la République. Cette dernière donne alors deux précisions sur cette procédure.fr/ ne sont pas applicables devant les juridictions d’instruction […] » « […] que les dispositions de l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale relatives à la suspension de peine. 1100 Article 148 du Code de procédure pénale sa mise en liberté. le demandeur. n°16. par une ordonnance comportant l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de cette décision […] ». in Actualité du droit de l’exécution des peines. Elle n’est d’une part pas compatible avec la procédure de demande de suspension de peine pour raisons médicales de l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale. Le Juge des libertés et de la détention la lui refuse. « […] En toute matière. demander 287 HERZOG-EVANS (M.. qui communique immédiatement le dossier au procureur de la République aux fins de réquisitions. Dans cette espèce. http://www. La Chambre de l’instruction saisie par la voie de l’appel valide à son tour cette décision.

Il en sera de même pour les personnes placées en garde à vue. le possible contrôle de la Chambre de l’instruction pouvant être saisie en appel291des décisions de refus. Ainsi. détention provisoire.crim. à sa demande. 290 Ibid « […] elle estime que.F. 1728. contrairement aux détenus condamnés dont la demande de suspension de peine pour raison médicale dépend du juge d’application des peines. octobre-décembre 2003. dès lors que la personne détenue provisoirement peut déférer à la chambre de l’instruction toute ordonnance rejetant une demande de mise en liberté. La décision appartient dans ce cas au Juge d’instruction. p. 291 PRADEL (J. 292 Article 148 du Code de procédure pénale « En toute matière. mais également. Cela semble regrettable. n° 26. la décision de mise en liberté d’une personne placée en détention provisoire n’est pas détachée des enjeux liés au travail de l’instruction[…] . 883 « […] L’absence de débat contradictoire préalable à l’ordonnance de rejet de mise en liberté rendue par le juge des libertés et de la détention est-elle contraire au principe d’égalité des armes dès lors qu’un tel débat est prévu pour la mise en détention ou la prolongation de la détention provisoire. seule une demande de mise en liberté292 est possible. 5. droit à un procès équitable. La demande de mise en liberté est adressée au juge d'instruction […] » 293 PÔLE SUSPENSION DE PEINE.sc. » 294 Article 63-3 du Code de procédure pénale « […] Toute personne placée en garde à vue peut. p. Etude sur l’accès aux soins des personnes détenues. in Droits de l’homme. laquelle a répondu par la négative […] ». laquelle peut être renouvelée à tout moment […] ». il peut être fait à partir de la troisième heure de garde à vue et peut être renouvelé si 289 RENUCCI (J.pdf « […] seul le juge d’instruction peut alors ordonner la mise en liberté de la personne détenue. en l’espèce le juge d’instruction a à se prononcer sur cette demande de mise en liberté et doit en même temps prendre toutes les dispositions nécessaires à la bonne poursuite de l’instruction293.org/Crew/Doc/499=dossier-presse-suspension. Ces dernières ne peuvent se prévaloir de cette mesure. http://www. 61 . Telle était l’une des questions posées à la Chambre criminelle. sous les obligations prévues à l'article précédent. l’absence de débat contradictoire lors d’une demande de mise en liberté. 2003. p. in Procédure pénale. Pour ces derniers donc.un procès équitable et au principe de l’égalité des armes289. être examinée par un médecin […] ». la personne placée en détention provisoire ou son avocat peut. Elle se justifie en invoquant la possibilité pour le détenu de faire un nombre illimité de demande de mise en liberté290. D. demander sa mise en liberté. à tout moment.).syndicat-magistrature. car la même personne. Seul un examen médical est possible comme le prévoit l’article 633 CPP294. Rev.). 2006. Pas de débat contradictoire dans le cadre d’une demande de mise en liberté formée en application de l’article 148 du ode de procédure pénale.

s’il estime que cette mesure est incompatible avec l’état du gardé à vue. qu’ils ne peuvent obtenir dans un univers carcéral. L’article 10 de la loi du 4/03/2002 est humanitaire avant tout. Ainsi un condamné à perpétuité pourra en bénéficier298. mais une mesure de suspension exceptionnelle relative à la gravité de l’état de santé du condamné. « […] Le médecin examine sans délai la personne gardée à vue. Ainsi ni la nature de l’infraction à l’origine (a) de la condamnation. 298 Article 720-1-1 du Code de procédure pénale « […] quelle que soit la peine initialement prononcée […] ».). A titre d’exemple. un homme ayant été condamné pour crimes contre l’humanité a pu bénéficier 295 296 COELHO (J. Son but premier est de permettre à des condamnés malades de ne pas finir leur vie en prison ou de leur permettre de recevoir le traitement adéquat à leur pathologie. ceux-ci ne peuvent se poursuivre . 35 Article 63-3 du Code de procédure pénale notamment se prononcer sur l'aptitude au maintien en garde à vue est versé au dossier […] ».63-3 1/03/1993 in fine « […] Au cas où le médecin déclare que l’état de la personne est incompatible avec la garde à vue ou avec les interrogatoires. p. Garde à vue. le certificat médical est annexé au procèsverbal :l’officier de police judiciaire doit alors rendre compte immédiatement au procureur de la République. Le certificat médical par lequel il doit 297 Circulaire générale C. ni le reliquat de la peine (b) restant à subir ne seront pris en compte pour accorder cette suspension. Ainsi. 2 – Les conditions liées à la peine du condamné Cette mesure de suspension ne constitue pas une récompense pour un détenu faisant des efforts divers de resocialisation. « […] quelle que soit la nature de la peine […] ». examen médical et confidentialité. ni sa durée. Le médecin l’examinant devra se prononcer sur la compatibilité de son état de santé avec son maintien en garde à vue296. in AJP. tout spécialement dans le cas où le médecin prescrit qu’il soit procédé à une hospitalisation d’urgence […] ». Cet aménagement de peine ne répond ainsi pas aux mêmes conditions que les suspensions de peines ordinaires. les conditions d’obtention de cette mesure de suspension de peine ne sont en principe que relatives à l’état de santé du condamné. 62 . n°1.la mesure de garde à vue se prolonge de vingt quatre heures295. janvier 2006. L’origine de la condamnation n’a pas à être prise en compte. a – La non prise en compte de principe de l’origine de l’infraction et de la nature de la peine. il pourra être hospitalisé après avis du parquet297.

op.). car la condamnation assortie d’une période de sûreté a pour objectif de ne pas permettre au condamné de sortir avant une période certaine. La période de sûreté est une durée pendant laquelle le condamné ne peut bénéficier d’aucun aménagement de sa peine303. in Lexique des termes juridiques. selon laquelle le condamné ne peut bénéficier pendant une période variable. Elle permet aux autorités de maintenir le détenu en prison pendant une durée précise. http://www. la semi-liberté et la libération conditionnelle ne sont pas applicables pendant la durée de la période de sûreté […] ». les permissions de sortir. Mais au regard de l’esprit humanitaire de la loi Kouchner. des dispositions concernant la suspension ou le fractionnement de la peine. in Semaine Juridique édition générale.fr/ Cass. le placement à l’extérieur. le placement à l’extérieur. 302 HERZOG-EVANS (M. n°13. 589 Article 720-1-1 du Code de procédure pénale « […] quelle que soit […] la durée de la peine restant à subir […] ». 12/02/2003. p 273 récidiver ou de prendre la fuite […] ». les condamnés en état de récidive aux termes des articles 132-8. Dalloz « […] Mesure d’exécution des peines privatives de liberté non assorties du sursis. ou la période de sûreté l’accompagnant301. Contrairement à la condition de temps de peine déjà effectué pour obtenir une libération conditionnelle305..legifrance. Cela peut paraître surprenant. 305 Article 729 du Code de procédure pénale « […] Sous réserve des dispositions de l'article 132-23 du code pénal.crim. cela semble logique302. b – La non prise en compte du reliquat ou de la période de sûreté Dans le but de permettre l’accessibilité de cette suspension à l’ensemble des condamnés.gouv. La Cour de cassation a rappelé que «L’article 720-1-1 du Code de procédure pénale […].). la durée de la peine restant à effectuer par le condamné n’est d’aucune importance. Droit de l’application des peines. VINCENT (J. p. 132-9 ou 132- 63 . celle-ci n’est aucunement 299 300 301 CA Paris 18/09/2002.). les permissions de sortir et la libération conditionnelle […] ». il n’est pas pris en compte la durée de la peine restant à subir. Il ne pourra de ce fait bénéficier pendant cette période d’aucune réduction. la libération conditionnelle peut être accordée lorsque la durée de la peine accomplie par le condamné est au moins égale à la durée de la peine lui restant à subir. ne fixe aucune condition tenant à la nature des infractions sanctionnées […] »300. 304 Article 720-2 du Code de procédure pénale « […] Les dispositions concernant la suspension ou le fractionnement de la peine. suspension ou aménagement de sa peine304. 26/03/2003.de cette mesure299. La seule précision implicite retenue par le texte tient au fait que cette condamnation doit être une peine privative de liberté définitive. Ce reliquat n’est aucunement pris en compte dans les conditions d’éligibilité d’un condamné à cette mesure de suspension de peine. Toutefois. 15ème édition. « […] Il serait en effet aberrant de tenir compte de ces éléments s’agissant d’une personne hors d’état de 303 GUILIEN (R. cit. 2005. D’autre part. n° de pourvoi : 2002/09562.

le temps d'épreuve ne peut excéder quinze années ou. Nous verrons ultérieurement307 que la réalité est tout autre.O n° 54. « […] tout condamné. La suspension est accordée par le juge. II – La demande et son examen La demande présentée devant le juge.H. comme le précise l’article 1111-2 308 du CSP. 4118. ». vingt années. La connaissance de leur 10 du code pénal ne peuvent bénéficier d'une mesure de libération conditionnelle que si la durée de la peine accomplie est au moins égale au double de la durée de la peine restant à subir. 1 – La présentation de la demande La demande peut être présentée par le condamné lui-même (a) ou par un tiers ayant qualité pour agir en ce sens (b). Pour les condamnés à la réclusion à perpétuité.). A – Le contenu de la demande La requête est présentée au juge compétent suite à un avis médical reçu par le condamné (1). p. J. il est de vingtdeux années si le condamné est en état de récidive légale […] ». le temps d'épreuve est de dix-huit années . a – A l’initiative du détenu « Toute personne a le droit d’être informée de son état de santé ». si le condamné est en état de récidive légale. 6ème édition refondue. peut bénéficier d’une suspension de peine s’il est « atteint d’une pathologie engageant le pronostic vital ou que [son] état de santé est incompatible avec le maintien en détention. Droit pénal général. est complétée par deux expertises (A). 2005. Les condamnés sont donc également concernés. ed PUF. p. 64 . même à une réclusion criminelle.74. Le juge désigne alors deux experts distincts. Coll. 05/03/2002. même assujetti à une période de sûreté. Le reliquat n‘a donc aucun effet sur l’obtention de cette mesure. devant se prononcer sur l’état de santé du détenu (2).retenue à l’encontre d’un détenu souhaitant bénéficier d’une suspension de peine pour raisons médicales. Dans les cas prévus au présent alinéa. 306 ROBERT (J. qui peut également révoquer sa décision (B). 307 308 Voir infra. Cette mesure est donc bien (dans le texte) ouverte à l’ensemble des condamnés306 et même ceux condamnés à perpétuité.Thémis droit. Issu de la loi du 4/03/2002 n°2002-303 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé.

Après l’examen médical. p. d’autres personnes pourront intervenir pour déclencher la procédure de demande de suspension de peine311.M. déficiences mentales…). sauf lorsque des tiers sont exposés à un risque de transmission ». Le médecin examine alors le détenu et lui explique sa pathologie tout en s’assurant que celui-ci le comprenne et soit en état de le comprendre310.M. La loi précise en effet que cette volonté doit être respectée sauf si un risque de contamination existe313. En cas d’incompréhension du malade de son état pour des raisons diverses (âge. Il peut également l’envoyer lui-même à ce juge312. » 311 312 313 Voir infra. cit.). la personne peut ne pas être en état de recevoir une quelconque information sur son état de santé ou peut avoir émis la volonté de ne pas être mis au courant d’un état de santé précaire ou déplorable. op. Le choix de la mesure dépendra de la gravité de leur état de santé. RGDM.état de santé pourra parfois leurs permettre de déposer une demande de libération conditionnelle309ou de suspension de peine devant le Juge d’application des peines. deux cas sont à observer. Article L 1111-2 alinéa 4 du Code de la santé publique « La volonté d'une personne d'être tenue dans l'ignorance d'un diagnostic ou d'un pronostic doit être respectée. in Droit Hospitalier. Pour faire valoir sa demande auprès du Juge de l’application des peines. à son avocat. 2004. Dans ce cas. b – A l’initiative d’un tiers Parfois. 252 « […] D’une manière générale. l’intervention d’un tiers pour mener cette demande est nécessaire. la plupart du temps. En effet. n°12. 65 . CLEMENT (J. le médecin informe donc son patient des mesures de suspension de peine pouvant s’offrir à lui compte tenu de son état de santé. CLEMENT (J. à sa famille ou au SPIP pour le transmettre au plus rapidement au Juge de l’application des peines concerné. le médecin informe la personne détenue de la gravité de son état de santé en veillant à ce que le soutien et l’accompagnement nécessaires lui soient apportés. Des tiers pourront cependant être mis au courant de cet état de santé critique. introduction. lui est remis un certificat médical dans lequel est décrit son état de santé. p 62. Le rôle du médecin intervenant auprès des détenus pour engager une procédure de suspension de peine. son choix devra être respecté comme pour toute autre personne. le détenu remet ce certificat au directeur de l’établissement pénitentiaire. Pour ouvrir la procédure de suspension de peine. La première étape dans le dépôt de la demande de suspension de peine pour raison médicale est une simple visite médicale du médecin traitant. D’une part.). il s’agit de la personne de confiance ou de la famille proche et ce dans le 309 310 Voir supra.

315 CLEMENT (J.but d’aider le malade314. les chefs d'établissements sont tout à fait fondés à attirer l'attention du juge d'application des peines et du parquet sur le cas des personnes posant de graves problèmes d'ordre sanitaire dans la gestion de la détention […] ». sauf opposition de sa part ». « […] Dans le cas où le patient est en incapacité de s’engager dans la procédure de demande de suspension de 316 317 318 Ibid.). compte tenu de la spécificité du public susceptible de bénéficier d'une suspension de peine pour raison médicale (vulnérabilité et diminution des facultés physiques ou intellectuelles). le médecin remet le certificat descriptif. Le médecin informe aussi par écrit le chef d’établissement de l’état de santé du condamné jugé incompatible avec la détention316. Le médecin pourra également s’il le juge nécessaire. Dans ce cas. le secret médical ne s'oppose pas à ce que la famille. le certificat médical le concernant lui est quand même remis.). dans certains cas. les proches de la personne malade ou la personne de confiance définie à l'article L. 1111-6 reçoivent les informations nécessaires destinées à leur permettre d'apporter un soutien direct à celle-ci. […] ». Projet de loi de finances pour 2005 : Justice . refuser d’engager une procédure de demande de suspension de peine. op. il a pour mission de déclencher la procédure de demande de suspension de peine s’il lui apparaît que le détenu y est éligible318. GOUJON (P.fr/rap/a04-079-5/a04-079-56. Le médecin informe également par écrit le directeur de l’établissement pénitentiaire de la gravité de l’état de santé de son patient. ne comportant pas d’éléments diagnostiques à la personne susceptible d’intervenir au mieux dans l’intérêt du malade. cit. Il est à remarquer l’importance du rôle du directeur de l’établissement pénitentiaire. Rapports législatifs : La suspension de peine pour raison médicale.M. le certificat médical faisant état de la gravité de la santé du malade sera remis à l’une de ces personnes315. 314 Article L 1110-4 du Code de la santé publique « En cas de diagnostic ou de pronostic grave. à charge pour elle d’introduire une demande suspension de peine auprès du Juge de l’application des peines.html « […] La demande de suspension de peine appartient à la personne détenue.Administration pénitentiaire. le condamné peut tout en étant conscient de la gravité de son état de santé. Toutefois. peine pour raison médicale ou de comprendre la gravité de son état de santé. http://senat. D’autre part. Il pourra comme pour le cas précédent informer l’autorité judiciaire compétente pour permettre d’accélérer la procédure. Ibid. Dans ce cas. 66 . prévenir « l’autorité judiciaire de l’urgence de la situation afin que celle-ci prenne toutes les mesures utiles pour accélérer la procédure »317.

http://www. n° de pourvoi 04-80439. janvier. n°172.. par analogie.. Cependant.). « […] le refus de suspendre l’exécution d’une peine privative de liberté pour raisons médicales n’implique pas 323 MARON (A.gouv. 23/06/2004.humanite. avocat de Nathalie Ménigon. Un expert suffit à dire non là où seuls deux experts peuvent dire oui. in BC 2004. 628.cass. in D. pour refuser la suspension de peine. soit que son état de santé est durablement incompatible avec son maintien en détention.). p. 319 320 Article 720-1-1 du Code de procédure pénale B (S. que. en cas de refus. une seule expertise est possible321. En effet. Action directe Aubron condamnée à mourir en prison? . p. in Journal l’Humanité. 30 « […] Il résulte de ces éléments. de regretter que " la défense. 11/05/2004. »[…] ». dans le cadre de la loi Kouchner. ordonne l’accomplissement de deux expertises médicales distinctes.2 – Expertise et appréciation Le contenu des deux expertises lie le juge.fr/ que deux expertises distinctes aient été préalablement ordonnées […] ». février 2006. a – Contenu et modalités de l’expertise La suspension de peine pour raisons médicales ne peut être « ordonnée que si deux expertises médicales distinctes établissent de manière concordante que le condamné319 » est soit atteint d’une pathologie engageant le pronostic vital. que lorsque la première expertise conclut à l’absence de l’une des causes de suspension prévues à l’article 720- 67 . il n’est pas nécessaire de mener une seconde expertise car pour accorder cette suspension. deux expertises concordantes sur l’état de santé du malade doivent avoir été faites. il faut que le juge. 322 Cass. octobre 2004. Ces expertises sont ordonnées par le Juge de l’application des peines compétent. http://www.legifrance. crim 2306/2004. en particulier de la nécessité de deux expertises positives conformes. avant de prendre sa décision. dont trois demandes ont déjà été rejetées en dépit d’une hémiplégie invalidante. 616 « […] La règle posée par l’article 720-1-1 doit donc être interprétée de façon stricte et l’on ne peut pas en déduire.). Note sous C. n’a pas le pouvoir de demander une expertise contradictoire […] ». la décision finale revient à l’autorité judiciaire (b). 321 MONNET (Y. demandée par un condamné sur le fondement de l’article 720-1-1. comme l’a précisé la Cour de cassation dans un arrêt du 23/06/2004322. in La gazette du palais.]Et Me Chalanset.presse. ne pouvant se substituer aux experts dans l’appréciation médicale de l’état de santé du condamné (a). Pour pouvoir bénéficier de la suspension de la loi du 4/03/2002.crim. Cependant. Le condamné ne peut pas demander une expertise contradictoire320.fr/journal/2004-05-11/2004-05-11-393468 « [. p. si l’une des expertises conclut à l’inexistence d’un état de santé incompatible avec la détention ou au non engagement immédiat du pronostic vital. deux expertises concordantes sont obligatoires323.

68 . le condamné en est à l’origine. n’a pas permis à la juridiction de l’utiliser pour fonder son jugement. 149.fr/ voir annexe 1. n° de pourvoi 04-80951.gouv. Cette attitude de la part du détenu ne facilite pas l’obtention de sa suspension. Un expert qui avait pratiqué une expertise en ne faisant qu’ausculter le patient et par la suite consulter son dossier médical324. Le Juge de l’application des peines statue en chambre du conseil328 en présence du condamné (sauf dérogation possible si son état de santé ne le lui permet pas). de semi-liberté.legifrance. mais il peut également s’agir de tiers lorsque le condamné refuse de faire cette demande ou s’il est dans l’incapacité de comprendre son état. ce débat peut se tenir dans l'établissement pénitentiaire. celles de son avocat. du procureur de la république. Dans ce cas. b – Le prononcé de la décision Le Juge de l’application des peines est saisi de la demande de suspension de peine pour raisons médicales par une requête en aménagement de peine327. au cours duquel le juge de l'application des peines entend les réquisitions du ministère public et les observations du condamné ainsi que. après avis du représentant de l'administration pénitentiaire.Ces expertises doivent revêtir plusieurs caractéristiques. le cas échéant. sans demander l’assistance d’experts médicaux […] ».gouv. et que pour le reste. La plupart du temps. le médecin expert désigné n’a pour tout autre choix que de consulter le dossier médical du prévenu et de rendre une expertise basée uniquement sur celle-ci326. Article 712-6 du Code de procédure pénale « Les jugements concernant les mesures de placement à l'extérieur.crim. requête n° 25875/03. dans ce cas elle devra demander une nouvelle expertise. p. 1-1. […] ». « […] la cour d’appel a procédé à une analyse médicale qu’elle n’avait aucune qualité pour effectuer seule.fr/ « […] que le docteur Y… a procédé le 31 juillet 2003. il n’est pas nécessaire de recourir à une seconde expertise. 13/10/2004. Il peut être fait application des dispositions de l'article 706-71 ». Si le condamné est détenu. http://www. à un examen physique qui doit être qualifié de superficiel puisque limité à la mesure de la tension artérielle et à l’écoute des bruits du cœur . La cour ne peut en effet pas se permettre d’évaluer elle seule l’état de santé d’un prévenu325 et ce même si une expertise apparaît comme superficielle. à l'issue d'un débat contradictoire tenu en chambre du conseil. http://www. 324 Cass. Tout d’abord elles doivent être non superficielles. La plupart du temps il se verra opposer un refus et devra reformuler une demande. alinéa 1er. de placement sous surveillance électronique et de libération conditionnelle sont rendus. de fractionnement et suspension des peines. 326 327 328 CEDH 14/12/2004 Gelfmann c/France. Il arrive cependant que le condamné refuse de se soumettre à toutes expertises.legifrance. il a étudié le dossier médical du prévenu […] ». Cette expertise doit en outre permettre à la juridiction concernée d’apprécier la demande. 325 Ibid.

à l'issue d'un débat contradictoire tenu en chambre du conseil. le cas échéant. Le Juge de l’application des peines a le pouvoir de demander des expertises335 supplémentaires pour prendre sa 329 PONCELA (P. les juridictions de l'application des peines peuvent procéder ou faire procéder. l’avis du Juge de l’application des peines compétent en principe est pris en compte332.] ». il ne pourra accorder une mesure de suspension de cette nature si une des expertises est négative. 69 . le juge ne sera cependant pas tenu de faire droit à la demande de suspension de la peine d’emprisonnement […] ». sur l'ensemble du territoire national. à tous examens. « Le juge de l'application des peines peut. y compris celles prévues par l'article 132-22 du code pénal. Si le condamné est détenu. Pour prendre sa décision. in Rev..d’un représentant de l’administration pénitentiaire et de l’avocat du condamné329.. Crim. le juge semble être partiellement lié aux expertises médicales333 dans le cas d’un accord de la mesure. celles de son avocat. il peut refuser une suspension même si les deux expertises médicales concluent par exemple à l’engagement du pronostic vital du détenu dans un avenir proche. sc. la décision du magistrat ne peut être que le rejet. « […] On le voit. En effet. 887. au cours duquel la juridiction entend les réquisitions du ministère public et les observations du condamné ainsi que. p. Si les deux expertises divergent. oct-déc 2000.). expertises. 335 « Dans l'exercice de leurs attributions. S’en suit un débat contradictoire. En revanche. chaque partie est entendue. Pour les demandes relevant de la compétence du Juge de l’application des peines ou du Tribunal de l’application des peines de Paris exclusivement. Un expert suffit à dire non là où seuls deux experts peuvent dire oui. enquêtes. après avis du représentant de l'administration pénitentiaire. cit. En effet. La décision peut être prise sans débat contradictoire si toutes les parties sont d’accord330. auditions. Chronique de l’exécution des peines : Le chantier du droit de l’exécution des peines est ouvert Quelques remarques sur la loi du 15 juin 2000. le magistrat n’est pas entièrement lié par les conclusions des médecins experts : si les deux expertises convergent pour considérer que le condamné se trouve dans l’un des cas précités. octroyer l'une de ces mesures sans procéder à un débat contradictoire ». « Ces décisions sont prises après avis du juge de l'application des peines compétent en application de 333 MARON (A. […]. 334 Article 720-1-1 du Code de procédure pénale Article 712-16 du Code de procédure pénale « […] la suspension peut également être ordonnée [. La procédure est la même devant le Tribunal de l’application des peines331. 332 Article 706-22-1 du Code de procédure pénale l'article 712-10. la décision du juge est partiellement liée par les expertises médicales. réquisitions. avec l'accord du procureur de la République et celui du condamné ou 331 Article 712-7 du Code de procédure pénale « Les jugements du tribunal de l'application des peines sont rendus. ou autres mesures utiles. 330 Article 712-6 du Code de procédure pénale de son avocat.). ». ce débat peut se tenir dans l'établissement pénitentiaire ». op. Cette liaison est cependant partielle car le juge garde son pouvoir de décision souverain. ». Cette mesure reste une faculté pour le juge334.

ou devant le président de cette chambre ». pour les décisions rendues par le Tribunal de l’application des peines. 1 – Les voies de recours La voie de l’appel est ouverte aux deux parties (a). LAUDE (A. in Le nouveau droit des malades. Coll. « Pour l'examen de l'appel des jugements mentionnés aux deux premiers alinéas de l'article 712-7. sa durée n’a pas à être déterminée336. PENNEAU (J. 338 Article 712-13 du Code de procédure pénale l'application des peines de la cour d'appel est composée. Cependant. B – Les voies de recours et la procédure de révocation La décision du juge peut faire l’objet d’un appel par le parquet ou le condamné lui-même (1). Litec. il s’agira d’expertises psychologiques. composée d'un président de chambre et de deux conseillers. Cette décision devenue définitive pourra également être révoquée. a – Délais et juridictions L’article 712-1 du Code de procédure pénale précise que « Les décisions du juge de l'application des peines et du tribunal de l'application des peines peuvent être attaquées par la voie de l'appel ». selon les distinctions prévues par le présent chapitre. Pour les jugements rendus par le juge de l’application des peines ou le tribunal de l’application des peines.). la chambre de 70 . outre le président et les deux conseillers assesseurs. PORCHY-SIMON (S. La décision est portée devant la Chambre de l’application des peines de la cour d’appel créée par la loi du 9/03/2004. En cas de décision d’accord de cette suspension. mais une certaine primauté est conservée au profit du ministère public (b). la formation de principe sera complétée par la présence d’un responsable d'une association de réinsertion des condamnés et d'un responsable d'une association d'aide aux victimes338.décision. L'appel est porté. Carré droit Article 712-1 du Code de procédure pénale 337 « Les décisions du juge de l'application des peines et du tribunal de l'application des peines peuvent être attaquées par la voie de l'appel. devant la chambre de l'application des peines de la cour d'appel. La plupart du temps.). car il ne s’agit que d’une suspension (2).). l’appel est porté devant la chambre de l’application des peines de la cour d’appel territorialement compétente réunie en formation régulière comprenant le président et deux assesseurs337. éd. Pour les condamnés ayant commis 336 JOURDAIN (P.). mais elle pourra faire l’objet d’un appel et même plus tard d’une révocation.

d'un responsable d'une association de réinsertion des condamnés et d'un responsable d'une association d'aide aux victimes ». sauf si celle-ci en décide autrement ». Les décisions de la chambre de l’application des peines sont également susceptibles de pourvoi en cassation. le tribunal de l'application des peines de Paris et la chambre de l'application des peines de la cour d'appel de Paris pour prendre les décisions concernant les personnes condamnées pour une infraction entrant dans le champ d'application de l'article 706-16. par le procureur de la République et par le procureur général. l'objet d'un pourvoi en cassation qui n'est pas suspensif ». Le délai pour former un appel est de dix jours341 pour le condamné ainsi que pour le parquet. Il peut s’opérer dans les cinq jours suivant la notification de la décision. dans les cinq jours de leur 71 . quel que soit le lieu de détention ou de résidence du condamné. il est à noter que le condamné n’a pas à être présent sauf si la cour en décide autrement340. Cependant. 339 Article 706-22-1du Code de procédure pénale « Par dérogation aux dispositions de l'article 712-10. « Les ordonnances et arrêts mentionnés aux articles 712-12 et 712-13 peuvent faire. qui statue par arrêt motivé après un débat contradictoire au cours duquel sont entendues les réquisitions du ministère public et les observations de l'avocat du condamné. ». sont seuls compétents le juge de l'application des peines du tribunal de grande instance de Paris. la juridiction d’appel compétente sera exclusivement la chambre de l’application des peines de la Cour d’appel de Paris339. Le condamné n'est pas entendu par la chambre. un débat contradictoire est mené. Devant la chambre. Le pourvoi en cassation n’est pas suspensif342. les observations du parquet et de l’avocat du condamné sont prises en compte.des infractions terroristes. 2º Dans le délai de dix jours s'agissant des jugements mentionnés aux articles 712-6 et 712-7. «L'appel des jugements mentionnés aux articles 712-6 et 712-7 est porté devant la chambre de l'application des 341 Article 712-11 du Code de procédure pénale « Les décisions du juge de l'application des peines et du tribunal de l'application des peines peuvent être attaquées par la voie de l'appel par le condamné. à compter de leur notification : 1º Dans le délai de vingt-quatre heures s'agissant des ordonnances mentionnées aux articles 712-5 et 712-8 . ». 340 Article 712-13 du Code de procédure pénale peines de la cour d'appel. Comme précisé ci-dessous. 342 Article 712-15 du Code de procédure pénale notification. une faculté particulière est donnée au parquet faisant appel dans les vingt-quatre heures de la notification de la décision.

Le condamné peut désormais attaquer une décision non favorable rendue à son encontre et ce quelque soit la mesure depuis la juridictionnalisation finale des mesures prises par le Juge de l’application des peines. 1788 346 « Toutefois. notamment opérés par la loi du 15/06/2000. opérée par la loi du 9/03/2004. septembre-octobre 2004. un appel est possible343 à la fois par le parquet et par le condamné. in Article 712-14 du Code de procédure pénale D. quoique modernisé. 344 Article 712-14 du Code de procédure pénale « Les décisions du juge de l'application des peines et du tribunal de l'application des peines sont exécutoires par provision ». L’arrêt du 26 déc. le régime issu de la loi du 15/06/2000 conserve des traces du lointain passé. il sera suspensif346.). elle contraste fortement avec les efforts de modernisation dans ce domaine. mais si le recours est exercé par le ministère public dans les vingt-quatre heures suivant sa notification. complétée par la loi du 9/03/2004347. lorsque l'appel du ministère public est formé dans les vingt-quatre heures de la notification. ces décisions sont exécutoires par provision344. p. 345 HERZOG-EVANS (M. 2002. le condamné n’annule ni ne suspend la décision prise par la juridiction. En principe. Cette grande avancée est cependant à relativiser avec le pouvoir supplémentaire que détient le parquet en cas d’appel dans les vingtquatre heures de la notification de la décision345. 2908. Cette prérogative dévolue au parquet marque un attachement au passé tenant au pouvoir du parquet dans l’application des peines prononcées. Dans ce cas. op. cit « […] C’est ainsi que. individualisation et juridictionnalisation. Juridiction nationale de la libération conditionnelle : une procédure boiteuse. Pal. Ce faisant. il suspend l'exécution de la décision jusqu'à ce que la chambre de l'application des peines de la cour d'appel ou son président ait statué « . les décisions frappées d’appel sont exécutoires par provision. l’article 712-14 du 343 Article 712-61 du Code de procédure pénale « Les décisions du juge de l'application des peines et du tribunal de l'application des peines peuvent être attaquées par la voie de l'appel ».). 347 HERZOG-EVANS (M.b – La primauté du parquet et la simple f aculté du condamné La décision d’accorder une telle suspension de peine étant une décision juridictionnelle depuis la loi du 15/06/2000. il entérine des incohérences techniques qui portent atteinte au principe du procès équitable. Juridiction nationale de la libération conditionnelle : une procédure boiteuse. Dans le cas d’un tel appel. 2001 de la JNLC renforce le poids du passé. n°22. 348 GAGNOUD (P. 72 . p.). Il confirme que parquet et condamné sont dans une situation diamétralement inégalitaire […] ». in Gaz. En faisant appel d’une décision prise à son encontre. En effet. la décision de la juridiction du premier degré est suspendue jusqu’à ce que la Cour d’appel saisie fasse connaître sa décision348. . Les réductions de peine accordées aux condamnés après la loi du 9 mars 2004 : entre automaticité.

L’influence du droit européen sur le droit de l’exécution des peines.).pén. […]».P. Cet état de santé qualifié est fortement surveillé. En effet. il peut être révoqué si les obligations imposées au condamné ne sont pas respectées (b) ou si il est établi que l’état de santé du condamné ne justifie plus cet aménagement (a). Le législateur n’a pas voulu 73 .).Code de procédure pénale précise que « l’affaire doit être examinée au plus tard dans les deux mois suivant l'appel du parquet. l’appel exercé par le procureur est suspensif. n’est que suspensif. Dalloz. 351 HERZOG-EVANS (M. Il s’agit de la révocation de la mesure. Si cet état s’améliorait au cours de la suspension. 350 Article 31 du Code de procédure pénale « Le ministère public exerce l’action publique et requiert l’application de la loi ». Droit de l’application des peines. p. Cet avantage du parquet en la matière peut s’analyser également comme « une véritable faculté de blocage de certaines décisions prises par le Juge de l’application des peines349 ». La justification pouvant être avancée sur cette compétence extraordinaire est la mission même du ministère public de garantir la sécurité aux citoyens350. cette loi maintien une différence de traitement entre les parties. La suspension de l’article 720-1-1 n’est pas définitive351. Ainsi. comme l’avait fait la loi du 15 juin 2000 pour les mesures qu’elle avait déjà juridictionnalisées. 2002. faute de quoi celui-ci est non avenu. a – Entre expertises et surveillance de l’état de santé Une autre procédure peut également remettre en cause la suspension de peine pour raisons médicales accordée à un condamné. 273 « […] Toutefois.pr. juin 2005. Après avoir été accordé. Su la chambre de l’application des peines utilise le délai de deux mois pour statuer prévu par l’article 712-4 C. l’appel du procureur s’assimile à une véritable faculté de blocage de certaines décisions prises par le juge de l’application des peines. 278 faire preuve de faveur lorsque les raisons humanitaires qui y ont initialement présidé ont disparu […] ».. Pour en bénéficier. 2 – Une suspension révocable L’aménagement de la peine proposé par la loi du 4/03/2002.pr. D’une part. « […] Pour autant. elle n’a pas nécessairement vocation à se prolonger indéfiniment. il est à rappeler que la suspension de l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale est strictement encadrée. l’article précise lui-même in fine que « le juge de l'application des peines peut à tout moment ordonner une expertise médicale à l'égard d'un condamné ayant bénéficié d'une mesure de suspension de peine en application du présent article et ordonner qu'il soit mis fin à la suspension si les conditions de celle-ci ne sont plus remplies ». en vertu de l’article 712-12 C. le Juge de l’application des peines peut demander une 349 CERE (J. ». p. l’état de santé du condamné doit relever d’une certaine gravité. éd. RPDP.pén.

p 248. l’autorité compétente pour prononcer la révocation est le Juge de l’application des peines territorialement compétent356.39. b – Une révocation pour non-respect d’obligations annexes Pour encadrer le retour à la liberté d’un tel condamné. Article D 147-3 du Code de procédure pénale « Le relèvement ou la modification des obligations peut être ordonné. 354 355 356 CA Nancy 9/12/2004. Il peut en outre le saisir pour qu'il ordonne l'expertise exigée par l'avant-dernier alinéa de l'article 720-1-1. in AJP. juin 2005. n°6/2005. le procureur de la République peut saisir le juge de l'application des peines afin qu'il ordonne une expertise médicale pour vérifier si le condamné remplit toujours les critères prévus à l'article 720-1-1. le ministère public a le pouvoir de demander à ce juge d’ordonner une nouvelle expertise médicale pour vérifier que ces conditions relatives à l’état de santé du condamné sont toujours remplies352. elle concerne les personnes condamnées à une peine criminelle. mais il a été prouvé que cette suspension pouvait être révoquée si il s’avérait que les expertises premières étaient faussées par le condamné lui-même et que son handicap. n’ayant prévu aucun projet de sortie ou n’ayant purgé qu’une infime partie de sa peine. d’autre part.147-5 du Code de procédure pénale «A tout moment. En cas de non respect de ces obligations. Pour ces derniers. la mesure de suspension pourra être révoquée. après avis du service pénitentiaire d'insertion et de probation. ». Enfin. une surveillance médicale supplémentaire a été ajoutée par la loi du 12/12/2005. Ainsi en cas de non respect de l’une de ces obligations telles que la non résidence à un lieu fixé par la Juge de l’application des peines. Peu de jurisprudences ont été rendues à ce sujet. 74 .expertise quand il le désire. en l’espèce une cécité. ». une expertise médicale destinée à vérifier que les conditions de la suspension sont toujours remplies doit intervenir tous les six mois. une expertise médicale semestrielle est obligatoire353. 352 D. Voir supra. par le juge de l'application des peines ». p. 353 Article 720-1-1 du Code de procédure pénale « Si la suspension de peine a été ordonnée pour une condamnation prononcée en matière criminelle. lui permettait tout de même de vivre une vie normale et qui de surplus lui avait permis de commettre les infractions pour lesquelles il purgeait sa peine354. le législateur a prévu la possibilité de lui imposer des mesures et obligations diverses355.

CHAPITRE 2 – RÉFLEXIONS SUR L’EFFECTIVITÉ DE LA MESURE

L’application de la mesure faite par les juridictions, révèle une hostilité à son égard, ainsi qu’une volonté de réduire son champ d’application (section 1). La suspension de peine proposée par la loi du 4/03/2002 contient certaines zones d’ombre et d’interrogation, qui une fois précisées, en permettraient sans doute une meilleure application (section 2).

Section 1 – Une loi humanitaire vidée peu a peu de son contenu
Le contenu actuel de la loi du 4/03/2002 est très éloigné de celui de la loi d’origine. De nombreuses conditions ont été ajoutées et ont de ce fait rendu difficile l’accès à cette suspension de peine (II). Ce renforcement de la loi tient à l’attitude de la jurisprudence (I) qui a conduit le législateur357 à inclure dans la loi des éléments réclamés par les juges tels que la protection de la récidive.

I – Une application réfractaire de l’esprit de la loi par la jurisprudence
Au regard des diverses applications de la loi, force est de constater que le respect de la lettre de la loi n’est pas effectif (A). Les diverses tentatives de s’en affranchir et de créer de
357

PONCELA (P.), Les suspensions de peine pour raisons médicales, in Rev.sc.crim, avril-juin 2006, p. 427 suspension de peine. La loi du 9 mars 2004 a prévu que la mesure pouvait être accompagnée d’obligations et d’interdictions-celles des articles 132-44 et 132-45 du code pénal- dont le non-respect peut entraîner la réincarcération. La loi du 12 décembre 2005 ajoute une restriction aux critères d’octroi : l’existence d’un risque grave de renouvellement de l’infraction. La jurisprudence s’inscrit dans cette tendance […] ».

« […] Depuis, le législateur est intervenu deux fois pour modifier, dans un sens restrictif, le régime de la

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nouvelles conditions ont peu à peu conduit le législateur à intervenir et à inclure ces revendications des magistrats au cœur même de la loi. Les magistrats ont un pouvoir d’appréciation non négligeable tout au long de toute la procédure. Les expertises obligatoires ne sont pour eux qu’un outil de travail et non un élément insurmontable dans le prononcé de la décision qui reste de la compétence exclusive du juge (B).

A – Une construction jurisprudentielle opposée au sens réel de la loi
L’application réelle de la loi du 4/03/2002 et ses diverses modifications ultérieures démontrent la volonté de prise en considération d’éléments extérieurs à ceux inscrits dans le texte d’origine comme le souci de prévenir tous risques de récidive (a), mais également l’hostilité des juges d’autoriser une telle suspension à de grands criminels ou délinquants sexuels (b).

1 – La recherche de conditions supplémentaires
Le souci de protection de la société (b) a peu à peu été intégré au sein de même de l’article (a) 720-1-1 du Code de procédure pénale. a – les prémisses de la condition de sauvegarde de l ordre public Issue du constat dramatique de la réalité carcérale, la loi Kouchner est née dans un contexte troublé. Ses toutes premières applications ont également suscité des polémiques diverses : certains prônent une application littérale du texte et d’autres tentent de l’encadrer par l’ajout de conditions diverses. La plus importante de ces tentatives de restriction du champ d’application de la loi du 4/03/2002 concerne la prise en compte de la notion de sauvegarde de l’ordre public. Cette condition non prévue dans la loi d’origine a tour à tour été introduite par les juges du fond mais rejetée par la juridiction supérieure ou par la chancellerie elle-même, et enfin introduite de manière originale dans la loi, en la rapprochant d’autres notions telles que la dangerosité du condamné ou de risque de récidive. Dans leurs conclusions les juges du fond ont ainsi tenté à plusieurs reprises d’inclure la condition de trouble à l’ordre public358 pour permettre de restreindre le champ d’application de
358

Cass.crim. 12/02/2003, n° de pourvoi 02-86531, BC 2003, n° 37, p. 144, http://www.legifrance.gouv.fr/ n’est pas de nature à troubler l’ordre public […] »

« […] que les juges ajoutent que la suspension de peine, compte tenu de l’âge et de l’état de santé du condamné

76

cette suspension ouverte à l’ensemble des détenus et même les plus dangereux condamnés à perpétuité et même avec une période de sûreté importante ou même perpétuelle. Cette volonté de réduire la liste des personnes pouvant bénéficier de cette loi s’est également illustrée par la prise en compte de gages de réinsertion sociale ou même d’indemnisation des victimes359de la part du condamné. Ces conditions ont été évincées par la Cour de cassation360 qui a rappelé à plusieurs reprises que ces conditions ne figuraient pas361 dans la loi du 4/03/2002. Pour tenter de mettre fin à la polémique existant entre la lettre de la loi, les tentatives des juges de s’en affranchir partiellement et la polémique au sein du pays de nouvelles propositions ont été faites. En effet, un amendement proposé par le sénateur Zochetto prévoyait d’inclure dans le texte la notion de protection de l’ordre public et celle de la prévention de la récidive362. La tentative de plusieurs juges d’ajouter des conditions autres que celles figurant dans la loi montre une certaine réticence de ces derniers dans l’application de cette loi363. Face à cette application fébrile de la loi, la chancellerie rappelle aux juridictions la nécessité du respect de la lettre de la loi364. Derrière ces tentatives de réduction du champ d’application de la loi, se trouve une justification réelle mais quelque peu maladroite.

359

CA Paris 18/09/2002, n° de pourvoi 2002/09562, http://www.legifrance.gouv.fr/

« […] qu’en retenant que Y… X… ne présentait pas de gages suffisants de réinsertion sociale dès lors qu’il ne justifiait d’aucun versement volontaire aux parties civiles […]. ».
360

Cass.crim. 12/02/2003, op. cit., l’existence d’un risque de trouble à l’ordre public […] »

« […] l’article 170-1-1, […] ne fixe aucune condition tenant à la nature des infractions sanctionnées ou à

CA Paris 18/09/2002, in La gazette du palais, 29 octobre 2002, p. 1497 « […] Au surplus, la loi n’exige pas que le condamné présente des gages de réinsertion sociale […] »
361

KOLB (P.), LETURMY (L.), in Droit pénal général, éd. Gualino, octobre 2005, p. 496

« […] Ni l’existence de gages sérieux de réadaptation, ni l’absence de risque de trouble à l’ordre public ne sont érigés par le législateur comme conditions d’octroi de la suspension de peine. Les juges ne sauraient donc en décider autrement. […] ».
362

Travaux parlementaires Article 4 quater, www.senat.fr/cra/520051025/s20051025H33.html

« […] «et hors les cas où cette suspension de peine est susceptible de provoquer un trouble exceptionnel à l'ordre public ou s'il existe un risque particulièrement élevé de récidive du condamné » […] ».
363

KOLB (P.), LETURMY (L.), op. cit., p. 495 par le monde judiciaire.

« […] Il semble que, d’une manière générale, la suspension de peine ait été assez peu favorablement accueillie
364

Ibid « […] Surtout, le garde des Sceaux y appelle les juridictions non seulement à faire un effort pour que le prononcé de cette mesure se développe mais également pour que les conditions légales imposées par le Code de procédure pénale soient strictement respectées. […] ».

77

). 23 « […] la notion de trouble à l’ordre public serait. 2 – Une application limitée de la loi L’application de la loi révèle une inégalité entre les condamnés relevant d’une même pathologie (b) et ceux condamnés pour infractions graves (a).). p.[…] ». p. 495 « […] le garde des Sceaux y appelle les juridictions non seulement à faire un effort pour que le prononcé de cette mesure se développe mais également pour que les conditions légales imposées par le Code de procédure pénale soient strictement respectées. qui marquent profondément et durablement l’opinion et acquièrent une signification symbolique. pourtant non exigé par la loi et écarté par la Cour de cassation dans son arrêt du 12 février 2003 […]». une manipulation du juridique par le politique et la réduction de droits pour les prisonniers. mais est présente. 365 366 Voir supra. avril 2003. 368 MARON (A. éd. est principalement issue du débat relatif à la prévention de la récidive365.. Elle semble faire un pas en avant puis reculer de trois. tandis qu’un communiqué de la Chancellerie du 4/03/2004 rappelle aux juges l’obligation d’appliquer strictement cette loi367.32. pour certains crimes atroces.). p. 367 KOLB (P. 78 . cit.actupparis.). un obstacle perpétuel et insurmontable à toute libération. En effet. Cette condition supplémentaire représentée dans le texte de loi par la phrase « Sauf s'il existe un risque grave de renouvellement de l'infraction …». […] ».html « […] des consignes et discours du Ministère de la Justice contraires à la philosophie et à la lettre du texte : la circulaire de la Direction des Affaires des Criminelles et des Grâces du 9 mai 2003 qui tente d’imposer le critère de risque de trouble à l’ordre public. op. si elle devait être retenue. HAAS (M.G. http://www.b – Une justification malheureuse La prise en compte de la protection de l’ordre public ne figure pas en terme explicite dans la rédaction nouvelle de la loi du 4/03/2002. Les partisans de la forme première de la loi voient dans ces changements. Act Up Paris. LETURMY (L. in JCP. Le renforcement des conditions devant être remplies pour obtenir une telle mesure de suspension de peine conduit à une réduction importante du nombre de condamnés pouvant en bénéficier. Cette diminution du champ d’application de cette suspension était crainte par plusieurs auteurs si la notion de prise en compte de la protection de l’ordre public venait à être incluse dans la loi368. une circulaire du 9/05/2003 a essayé d’imposer la prise en compte de la notion de risque de trouble à l’ordre public366. La sphère politique semble jouer un rôle ambigu dans l’évolution et l’application de cette mesure. Sors de prison et marche ! .org/article1905.

assortie d’une peine de sûreté de dix-huit ans.millebabords.pdf « […] En janvier 1989 et juin 1994. […] ». auteurs d’assassinats372et d’actes terroristes à l’encontre de l’Etat français ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité. leur « popularité » tient aux nombreux refus de leurs 369 370 C. qui a épousé Nathalie Ménigon en prison. En ce sens. 12. mais refusée par la Haute juridiction369. se déclarait « sans illusions » sur sa propre libération et critiquait celle de Maurice Papon. B.a – L’implicite prise en considération de l inf raction Les premières applications de cette modalité de suspension de peine ont essayé de prendre en considération des éléments extérieurs tels que l’indemnisation des victimes par le condamné. 2005. […] ».C 2003. les quatre militant-e-s de l’organisation Action Directe.php?Article=308218 1986. En 79 .org/article.cass crim 12/02/2003. les membres de cette organisation.fr/ Nathalie Ménigon en grève de la faim « […] c’est un bras de fer dans lequel l’Etat engage sa volonté cotre celle d’une militante déterminée. « […] l’assassinat du général René Audran en 1985 et pour l’assassinat du PDG de Renault Georges Besse en 373 GUIBERT (N. http://nlpf. 1/07/2005. Certains condamnés ayant des pathologies lourdes se voient refuser leur demande alors que d’autres sont libérés pour des pathologies similaires. En 2002. ou la présence de gages sérieux de réinsertion sociale.gouv. Au nombre de quatre371. l’exemple le plus célèbre de refus de cette mesure est celui des membres d’Action directe.). p. http://www. Malade. http://www. Nathalie Ménigon restera en prison. il est à remarquer que dans certains cas.). p. 144. in Le Monde. autre responsable du groupe. Joëlle Aubron et Georges Cipriani. L’influence d’une telle libération sur l’ordre public a aussi été utilisée par certains juges. n° de pourvoi 02-86531. La seule différence entre eux semble être l’infraction commise. Quant à Georges Cipriani. Certains parlent même de vengeance de l’Etat370 à l’égard de ces condamnés pour actes de terrorisme. ont été condamné -e -s à la réclusion criminelle à perpétuité. 26/11/2003.legifrance.php3?id_article=1898 371 SCHLEICHER (R. fondateur du groupe terroriste. « […] Les autres membres d’Action directe ne semblent pas davantage proches d’une libération anticipée. Leurs demandes sont souvent restées sans réponses ou ont été rejetées373. obtenue pour raisons de santé. Jean-Marc Rouillan. l’infraction à l’origine de la condamnation est prise en compte pour accorder et la plupart du temps refuser cette suspension. il a quitté en 2001 la maison centrale d’Einsisheim pour l’hôpital psychiatrique […] ». Nathalie Ménigon.net/IMG/pdf/Presse-collAlsace. in Libération. […] » 372 Nathalie Ménigon. n° 37.liberation. Régis Schleicher a tenté de s’évader de la centrale de Moulins-Yseure. février.samizdat. Atteints de divers problèmes de santé de grande gravité. Les deux protagonistes les plus célèbres de ce groupe sont Nathalie Ménigon et Joëlle Aubron.fr/page. Cependant. Jean-Marc Rouillan. Les militant-e-s d’Action Directe doivent être libéré -e -s ! Dossier de presse. www. ces derniers ont effectué plusieurs demandes de libération et notamment de suspension de peine pour raisons médicales.

). compte tenu de son état de santé qui la condamnait380. la détenue peut rester en prison377 ». n’est qu’une faculté et non une obligation pour le juge saisi. ou à l’incompatibilité de son maintien en détention. a été libérée en juin dernier. Joëlle Aubron.org/article. si le pronostic vital du détenu est engagé à court terme. cit.fr/journal/2004-06-15-395480 375 S (B. 379 380 « […] « En somme » a traduit aussitôt son avocat. la décision finale revient au juge.). En effet.). En effet. quand bien même des soins appropriés pourraient êtres dispensés en prison.humanite. Le juge conserve cependant un pouvoir d’appréciation personnel. GUIBERT (N. mais assurait en même temps « que si les conditions de détention restent correctes. atteinte d’une tumeur au cerveau374 a réussi à obtenir une telle suspension après un report de la décision pour obtenir des précisions sur l’une des expertises375. in L’Humanité. BACQUE (R. En ce sens. Joëlle Aubron. Cependant. Elle est d’ailleurs la seule du groupe de militants à avoir réussi à l’obtenir376.). détenus depuis de longues années et tous dans des états de santé déplorables. Cette mesure de suspension. seule Joëlle Aubron. est libérée : il ne lui reste que quelques mois à vivre » […] ». Ce délai a permis aux juges de conclure à la nécessité de la libération de Joëlle Aubron. op. l’un des médecins faisait état de l’engagement à court terme du pronostic vital de la condamnée. in Lutte Ouvrière n° 1900. les deux caractéristiques de l’état de santé du condamné ne sont pas cumulatives mais alternatives.php?LO=1900&ARTICLE=15 « […] Parmi les trois autres militants d’Action Directe. 14. 31/12/2004 http://www.presse. Joëlle Aubron est la seule du groupe des militants d’Action Directe a avoir obtenu378 une telle suspension.humanite. 16/06/2004.lutte-ouvrière-joural. il devrait être libéré. 377 378 S (B. Gravement malade. Joëlle Aubron est la première membre d’Action directe à être remise en liberté. 11/05/2004 RETESSE (A. in L’Humanité. 374 V (H. 1/03/2006. militante d’Action directe. in Le Monde. Action directe Aubron condamnée à mourir en prison ? . La femme du jour Joëlle Aubron. 15/06/2004 http://www. in Le Monde. Sort des détenus : l’Etat impitoyable sauf pour Papon. cette dernière est décédée379 moins de deux ans après cette libération. « ni Joëlle ni moi n’oublions les raisons pour lesquelles elle 80 .demandes de suspension de peine en application de la loi Kouchner alors que leur état de santé se dégradait ou semblait répondre aux conditions posées par l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale. p. même si deux expertises concluent à l’engagement du pronostic vital du condamné à court terme. […] ». Ibid.). mais dans la lettre même du texte de la loi Kouchner.fr/journal/2004-05-11/2004-05-11-393468 376 http://www. atteinte d’une tumeur cancéreuse au cerveau. est morte.).

« […] Nathalie Ménigon. a soulevé son incompétence pour se prononcer sur cette suspension. les juges semblent dans la majeure partie réfractaires à l’idée de libérer un condamné pour délinquance sexuelle386. 1129 MAÏ (F.ldh-toulon.L.php3?id_article=862 383 384 Source :entretien avec un professionnel LOI n° 2006-64 du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme et portant dispositions diverses relatives à la sécurité et aux contrôles frontaliers. […] ». Cette expertise est réalisée par deux experts lorsque la personne a été condamnée pour le meurtre. Voir infra. semble également concerner les délinquants sexuels. compte tenu de la gravité de leur infraction le Code de procédure pénale précise que pour toutes mesures d’aménagement de la peine d’un tel détenu. cit. le juge de l’application des peines compétent est celui de Paris.). Les motifs pour la lui refuser sont variés et ne figurent pas comme conditions d’octroi de cette mesure de suspension dans le texte en vigueur. une expertise psychiatrique doit avoir lieu387. Ménigon) se perd dans une souffrance journalière. à l'exception des réductions de peines n'entraînant pas de libération immédiate et des autorisations de sortie sous escortes. Souffrir. Son avant dernière demande a été refusée « car il n’y avait pas de repentir de la part de Nathalie Ménigon et parce qu’elle n’avait pas indemnisé les victimes382 ». 81 . op. Nathalie Ménigon : l’oisillon décharné.).net//modules.net/imprimer. En effet. […] est partiellement hémiplégique après plusieurs accidents vasculaires cérébraux […] » 382 Maître CHALENSET (J. depuis la loi du 23/06/2006384. Cette restriction de bénéfice de la loi Kouchner.). 386 387 Source entretien avec un professionnel Article 712-21 du Code de procédure pénale issu de la loi n°2004. dépérir puis mourir en prison. 80. souffre de graves problèmes de santé381 et a demandé à plusieurs reprises à bénéficier de la mesure de suspension de peine pour les condamnés gravement malades.action- 385 directe. p.php?name=News&file=article&sid=202 « […] Elle (N. (avocat de N. le Tribunal de l’application des peines383 réuni pour statuer sur une nouvelle demande de la part de la détenue. Dernièrement. Cette suspension ne leur sera semble-t-il accordée que dans des cas exceptionnels. Un bras de fer semble donc s’être dessiné entre l’Etat et certains condamnés385. 24 janvier 2006. autre membre de ce groupe. ne peuvent être accordées sans une expertise psychiatrique préalable à une personne condamnée pour une infraction mentionnée à l'article 70647.Ménigon). http://www. paralysant son corps et son cerveau au son de l’indifférence orchestrée d’un Etat à la vengeance implacable. p.O n° 20.Nathalie Ménigon. l'assassinat ou le viol d'un mineur de quinze ans ». 712-6 et 712-7.204 du 9/03/2004 « Les mesures mentionnées aux articles 712-5. J. http://www. Des mesures de sécurité toutes particulières 381 RETESSE (A. Toutes ses demandes ont échoué. En effet. En effet.

politis.gouv. Le premier qui dit la vérité…. où il est apparu moins « grabataire ». au vu des images de sa sortie de prison. b – Une inégalité des prisonniers malades L’opinion publique se souvient comme exemple de la toute première application de cette mesure de suspension de la libération de Maurice Papon. Maurice Papon est en effet sorti de prison à pied.).2 Code de procédure pénale relatif aux obligations pouvant êtres imposées à un condamné bénéficiant d’une telle suspension.147. Je relus le texte […] ». il aurait dû sortir. Ce dernier s’est notamment exprimé sur la libération de M. « […] Prise à des fins humanitaires. La polémique engendrée sur l’application de ce texte tient au fait que ce dernier ne semblait pas être dans un état de santé aussi précaire390 que ses avocats l’annonçaient391. cette décision a provoqué la stupeur dans l’opinion publique. http://www. avec son grand âge et les troubles cardiaques afférents que la vie dans sa grande maison gardée par les policiers de la 82 .fr/article290. Or tel n’est pas le cas. broncho-pneumopathie obstructive terminale et autres affections que les conditions de vie en prison rendent incompatibles avec un traitement lourd. Il est à noter une 388 Comme le prévoit l’article D. n° de décision 2002/00269. A titre d’exemple. p. Cependant. mais une fin naturelle. pour aller à l’hôpital ou pour mourir. vite suivie d’un sentiment d’indignation :fidèle à sa réputation de provocateur. 393 Ibid. il s’agissait des cas évoqués avec les médecins des prisons : sida avancé. on me rappela qu’il s’agissait de l’amendement « Papon ». 204 « […] Pendant la séance du Sénat. cancer en fin de vie.fr/ PRIEUR (C. en lui imposant une assignation à une résidence fixe par exemple388. éd. Robert Laffont. comme le fait de l’empêcher de revoir sa ou ses victime(s). 39. Polémique sur la libération pour raisons médicales de Maurice Papon. p.legifrance. « […] Pour moi. Papon en affirmant son mécontentement de l’utilisation de cette loi à son profit mais également sa fierté d’avoir participé à la création d’une telle loi nécessaire pour certains détenus393. 1/01/2003. 389 390 JAP Toulouse 23/05/2002. 391 LANGLOIS (B. dans les esprits. ce détenu n’est pas le premier à en avoir bénéficier. 7. moins « impotent » qu’on veut bien le dire […] » 392 KOUCHNER (B. Si Maurice Papon était atteint d’un cancer au stade terminal. http://www. Cela m’arrêta.). p. Ce n’est pas le cas. En aucun cas de la vieillesse ou du grand âge qui ne sont pas une maladie.). Il est sorti comme il était entré. 2002. est restée gravée la certitude que cette loi du 4/03/2002 a été créée dans le but de permettre à M. une décision de suspension de peine pour raisons médicales a été rendue le 23/05/2002 par le Juge de l’application des peines de Toulouse389. loin de l’image attendue d’un vieillard grabataire ou mourant […] ». Voir supra.seront prises à l’égard de ces délinquants. au moment de la discussion de l’amendement Fauchon. Papon de sortir de prison. De vives critiques ont été faites à l’un des principaux auteurs de cette loi Monsieur Bernard Kouchner392. oui. Papon : de bon droit.html « […] On peut ergoter. in Le Monde.

ldh-toulon.). in Le Monde. république ne rend pas moins dangereux. 2005. des pathologies semblables ne permettront pas d’accéder obligatoirement à un tel aménagement de la peine. ROBERT-DIARD (P.net/imprimer. son ex collègue Jean-Marc Rouillan. Le Floch Prigent394 souffrant du même style de pathologie (un cancer) et en l’espèce du risque important tout comme N. et beaucoup peuvent vivre longtemps avec une telle pathologie et des traitements adaptés pouvant être pris en prison. car ce n’est qu’une faculté pour ce dernier et non une obligation. 12. répétons-le. Ménigon de déclencher une rupture d’anévrisme ou tout autre problème plus grave. ne devait pas bénéficier de notre générosité parmi les premiers. 83 . Nathalie Ménigon reste en prison. Nous avons vu qu’implicitement des conditions supplémentaires sont utilisées pour tenter de faire obstacle à l’octroi de cette mesure. […] ».diversité dans les pathologies ayant permis une telle suspension. 2006.Ménigon dénonce « une justice à deux vitesses. le cas de N. une justice de classe 395». Les juges se sont servis de cette loi de dignité et d’humanité pour une mauvaise cause. Certaines peuvent apparaître plus graves que d’autres et pourtant toutes ne permettent pas de suspendre la peine.php3?id_article=862 « […] Mercredi également. Des malades atteints du sida ou d’un cancer396 ne pourront pas non plus être certains d’obtenir une suspension de peine. Ils auraient dû considérer que Papon. Lui. p. éd Le cherche midi. Ménigon ayant subi plusieurs accidents vasculaires cérébraux et ne parvenant pas à obtenir cette suspension. La loi du 12/12/2005 a clairement posé le facteur de la récidive à prendre en compte.). DELATTRE (B. dépérir puis mourir en prison. n’a pas eu pitié des juifs. rien n’assure que le juge accordera cette mesure de suspension. son pronostic vital n’étant pas engagé tel que le définit la loi. ni des vieillards. Papon. […] ». D’autres sont utilisés plus subtilement par les magistrats tels que l’origine de l’infraction. 394 395 LE FLOCH-PRIGENT (L. 10/04/2004. cardiaques en particulier. n’est pas une chose aisée à obtenir. Le collectif de soutien de N. des stades différents sont à observer au cours de cette maladie. Loïck Le Floch-Prigent libéré. La conclusion d’une expertise à l’incompatibilité du maintien en détention de la personne ou de l’engagement à court terme de son pronostic vital. L’âge comporte des risques. condamné pour complicité de crimes contre l’humanité. souffrir. mais l’âge n’est pas une maladie. réclamait lui aussi sa libération. 396 www. et l’octroi d’une telle mesure à l’égard de L. Pour certaines personnes. Une incarcération ordinaire. En ce sens. certes très âgé mais pas malade. En effet. ni des malades. qui souffre d’un cancer des poumons.). Si cette conclusion est obtenue.

). 397 398 Article 720-1-1 du Code de procédure pénale MARON (A. Cet outil guide le magistrat dans un domaine qui lui est la plupart du temps inconnu : celui de l’univers médical (b). il n’est pas nécessaire de recourir à une seconde expertise. in D. De plus. dans le cadre de la loi Kouchner. 1 – L’influence limitée de l’expertise Le juge est aidé dans son travail de décision par deux expertises (a) obligatoires devant être effectuées par deux experts distincts. http://www. n’a pas le pouvoir de demander une expertise contradictoire. d’ailleurs cette deuxième expertise n’aura pas lieu. Ce nombre de deux expertises est il suffisant ou non ? Si le nombre était réduit à un. 11/05/2004. La plupart du temps. les chances pourraient sembler êtres réduites pour la personne condamnée. […] ».humanite. en particulier de la nécessité de deux expertises positives conformes. car elle ne permettra en aucun cas au condamné de bénéficier de cette suspension398. il est à noter que le condamné n’a pas la faculté de demander une expertise contradictoire399. de regretter que " la défense. 84 . Un expert suffit à die non où seuls deux experts peuvent dire oui. la deuxième concluant de manière positive n’aura aucun effet. in L’Humanité. mais n’influencent que partiellement sa décision (1). En effet. […] ». Ainsi si la première expertise faîte conclut de manière négative. a – Le nombre d’expertise Le texte de loi précise que « la suspension ne peut être ordonnée que si deux expertises médicales distinctes établissent de manière concordante que le condamné se trouve dans l’une des situations énoncées à l’alinéa précédent397 ».fr/journal/2004-05-11/2004-05-11-393468 399 « […]Et Me Chalanset. avocat de Nathalie Ménigon. 30 « […] Il résulte de ces éléments. octobre 2004. in Action directe Aubron condamnée à mourir en prison ? . Maître CHALANSET. p.B – Un seuil de gravité laissé à la libre appréciation du juge Les expertises ordonnées par le Juge de l’application des peines lui permettent de comprendre l’état de santé du condamné. La décision d’octroi ou de refus de la mesure est remise au Juge d’application des peines (2). dont trois demandes ont déjà été rejetées en dépit d’une hémiplégie invalidante.presse. Augmenter le nombre d’expertises à trois pourrait sembler être une bonne chose et permettrait au condamné de bénéficier d’une chance supplémentaire lorsque la première expertise menée conclut de manière négative. alinéa 1er . que lorsque la première expertise conclut à l’absence de l’une des causes de suspension prévues à l’article 720-1-1. Cependant tel est déjà le cas avec les deux expertises obligatoires. le texte précise qu’elles doivent établir « de manière concordante » que le détenu est à même de pouvoir bénéficier de cette suspension.

110 détenus ont bénéficié de cette suspension de peine. n° de décision 2002/00269. JARTHON (A. 402 Suspension de peine pour raisons médicales. La loi du 12/12/2005 relative au traitement de la récidive vient approuver et légitimer ces expériences supplémentaires. « il faut que les médecins acceptent de se déplacer très rapidement. 712-6 et 712-7. certaines régions […] ». En effet. 16/06/2004. p.). « […] La recherche d’experts compétents dans le secteur médical concerné est parfois problématique dans 403 En ce sens JAP Toulouse 23/05/2002. La suspension de peine pour raisons de santé a concerné 83 détenus. « […] Pour les agresseurs sexuels. Communiqué Nlpf ! : LIBÉREZ NATHALIE MENIGON ! . l'assassinat ou le viol d'un mineur de quinze ans ». convient Marie-Suzanne Pierrard […] ».legifrance. doivent pour toutes sorties se soumettre403 à des expertises psychiatriques précises404.). dans la pratique. 85 . 404 Article 712-21 du Code de procédure pénale issu de la loi n°2004.204 du 9/03/2004 « Les mesures mentionnées aux articles 712-5. La recherche d’un expert compétent400.net/spip. la loi du 4/03/2002 ne le prévoit pas et précise en sa lettre que les conditions de l’octroi de cette suspension ne sont liées qu’à l’état de santé du condamné.php?article18 « […] Comment porter un quelconque crédit à l’avis de ces "experts" dont les rapports sont truffés de contresens dont le plus ridicule est qu "Il n’y a pas d’aggravation de son état malgré une apparition plus franche des lésions. 12. et que les magistrats fassent preuve d’une grande disponibilité. Certains délinquants jugés plus dangereux que d’autres suite à l’origine de leur condamnation. face à des malades dont l’état peut brutalement évoluer. à l'exception des réductions de peines n'entraînant pas de libération immédiate et des autorisations de sortie sous escortes.). ni d’avoir à se soumettre à des expertises psychiatriques spéciales… Cependant.samizdat. il faut ajouter trois expertises psychiatriques […] ». Cependant.gouv. le Juge de l’application des peines conjugue ces deux textes.Cependant la réalité technique met un frein à cette hypothèse. […] Vu le rapport d’expertise médico-psychiatrique …] ». http://www. puisque suite à ce texte. in Le Monde. in AJP. in Le Monde. p. 405 GUIBERT (N. n°1/2005. d’avoir voulu indemniser les victimes. http://nlpf. ce qui n’est pas toujours le cas partout ». […] ». 14. le juge a NLPF. 26/03/2004. recourir à une expertise est un processus très long et coûteux. « […] En outre. ne peuvent être accordées sans une expertise psychiatrique préalable à une personne condamnée pour une infraction mentionnée à l'article 70647. Il n’est pas fait mention de ces aptitudes à avoir compris le sens de sa peine. qualifié et disponible est difficile401. Cette expertise est réalisée par deux experts lorsque la personne a été condamnée pour le meurtre. La difficulté de trouver un expert compétent402et disponible est telle que de nombreuses expertises arrivent sur le bureau du juge alors que le condamné en ayant effectué la demande est déjà mort.fr/ « […] Condamné le 25 février 2000 par la Cour d’Assises de la GIRONDE à la peine de 8 ans d’emprisonnement pour viol commis par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime. Ces expertises supplémentaires ont pour but de protéger la société et tout risque de récidive.L. Il s’agit des délinquants sexuels405. 401 400 GUIBERT (N.

p. Pendant ce temps. Parfois même. Cependant. « M. […] ». p. in AJP. 408 Ibid.). En effet l’expertise une fois effectuée se prononce sur l’état de santé du condamné à un moment précis et sur les conséquences ultérieures pouvant apparaître suite au diagnostic donné. La loi relative au traitement de la récidive ne fait que renforcer cette condition spéciale pour ce type de délinquants et imposer de nouveaux examens de nature psychologique à d’autres délinquants. 108. in Gaz. bien souvent. b – La f iabilité des expertises Un autre problème rencontré au sein des expertises est la question de leur fiabilité. […] ». Le risque zéro n’existe pas. Celle-ci lui est refusée au motif qu’il n’était pas possible de déterminer dans quel délai il pourrait décéder. et venait ainsi s’ajouter comme conditions supplémentaires aux deux expertises. la rédaction du rapport d’expertise. Suspension médicale de peine : la mort doit survenir à court terme. L’expert et le temps. la prévision de ce délai est impossible et aura pour conséquence sur le condamné de ne pas pouvoir obtenir cet aménagement de peine spécial408. 461 « […] Rappelons en outre que dans ce sens. 406 407 Article 10 de la Loi du 12/12/2005 HERZOG-EVANS (M. Ainsi lorsqu’une expertise conclut notamment à l’engagement à court terme du pronostic vital du détenu.mai 2004. un temps relativement important s’écoule409 entre l’examen d’expertise. p. l’erreur n’est pas impossible.. le malade aura pu voir son état s’aggraver et son cas sera alors jugé avec des éléments n’ayant plus rien à voir avec l’état de santé réel du détenu au moment de la décision. Avant la loi de 2005.). dans quels délais une personne va décéder. le transfert de ce rapport et le prononcé de la décision du juge. 86 .pour faculté d’octroyer cette suspension de peine « sauf s'il existe un risque grave de renouvellement de l'infraction406 ». le médecin ne peut préciser la date exacte de sa mort. Ce problème se pose également dans un autre sens et au détriment du condamné. Les délais trop longs entre ces divers moments de la procédure sont néfastes au condamné dont l’état de santé se dégrade et faussent ainsi la réalité des bases du jugement410. La médecine n’est pas une science exacte. . Pal. les nouvelles découvertes et progrès divers le montrent chaque jour. décembre 2005. ni assurer cette issue407.X. 1457 Voir infra. les médecins ne sont pas en mesure de déterminer d’une manière suffisamment précise. n°12. détenu atteint de plusieurs pathologies engageant chacune le pronostic vital demande au juge de 409 410 CECCALDI (S. l’application des peines une suspension médicale de peine. cette pratique se justifiait par la spécialité du texte de l’article 712-21 du Code de procédure pénale.

En effet. la décision appartient à l’autorité judiciaire […]. le juge prendra lui-même sa décision et pourra s’appuyer sur d’autres éléments permis par la loi. . 1060 « […] L’article 720-1-1 du Code de procédure pénale. in Gaz. a – Le problème d’interprétation de l’expertise Une interférence et parfois une interdépendance notable existent entre ces deux sphères.crim. il est à remarquer la complexité des termes techniques utilisés dans ces expertises pour des personnes étrangères au milieu médical. n°12. Pour s’exprimer sur cela. Cependant. 2004. dès lors que les deux expertises médicales qu’il prévoit ont été réalisées et qu’elles ont conduit à un résultat concordant. ses lacunes. la partie la plus importante retenue par le juge sera la conclusion de l’expert sur l’engagement du pronostic vital du condamné à court terme ou sur l’incompatibilité durable de son maintien en détention eu égard à son état de santé. la décision reste judiciaire411. 252 « […] Il n’est pas du ressort du médecin de préciser le type d’aménagement de peine à demander. in RGDM. confère au juge un large pouvoir d’appréciation.Pal. tout comme peut l’être une décision de justice. p. p. Une fois les rapports d’expertise rendus. […] ». Le monde médical est fortement sollicité par le monde juridique dans cette mesure d’aménagement de la peine. A cette occasion. son organisation. Cette suspension de la peine « n’est qu’une faculté donnée au juge et non une obligation qui s’impose à lui 413». 412 MONNET (Y. Cette phrase finale de l’expert permettra au juge d’orienter sa décision. Cependant. n° de pourvoi 03-80374. En tout état de cause. Le médecin expert chargé de la mission d’expertise doit se prononcer sur l’état de santé et doit évaluer lui-même si la détention de cet individu est encore possible. ses aptitudes… Les comptes rendus des deux expertises ou plus sont remis au juge les ayant ordonné et lui permettent de prendre sa décision. mais ne sera en aucun cas un élément liant obligatoirement le juge. mars-avril 2003.). deux sphères se rencontrent : le monde médical et le monde juridique avec chacun son langage et ses méthodes et cela peut parfois générer quelques conflits (a).). 29/10/2003. le médecin expert reçoit une formation spéciale lui permettant de mieux comprendre les rouages du monde carcéral. ».legifrance.2 – La décision du juge comme solution Le compte rendu d’une expertise permet au juge de prendre sa décision au sujet du condamné (b).M.gouv. 411 CLEMENT (J. Le rapport d’expertise est lu dans son intégralité par le ou les juge(s) compétents. http://www.fr/ 87 . 413 Cass. tel que son intime conviction412.

univ-nancy2.legifrance. in Gaz. cette entrave n’est que très légère. que si les deux expertises demandées sont concordantes et établissent que le condamné se trouve dans l’une des deux situations prévues par le texte.). la loi précise que la faculté pour le juge de prononcer une suspension de peine pour raisons médicales. http://www. Le juge est en effet lié par le contenu de l’expertise qui lui est rendue.). 415 Cass. « […] Ceci étant. 13/10/2004. 417 MONNET (Y. sans demander l’assistance d’experts médicaux […]. cit. 1060 88 . mars-avril 2003. in Gaz. une disposition extraordinaire en ce qu’elle institue une dérogation. étant donné que le juge possède « un large pouvoir d’appréciation418 ». C’est donc une faculté donnée au juge confiée au juge qui décide lui seul. p.[…] ». De plus. Le poids de l’expertise n’est cependant pas à nier. la décision qu’elle soit négative ou positive. En effet. 418 MONNET (Y. » 416 Colloques : Droit santé et détention : Santé et application de peines. n’est envisageable. n° de pourvoi 04-80951. est remise par le législateur à la conscience du juge […] ».htm « […] La suspension de peine pour raison médicale : Le motif médical exprimé par un expert lie le juge (loi du 04 mars 2002) […] ». La juridiction ne pourra pas se substituer à celui-ci pour se prononcer sur un état de santé415. il ne peut en changer la conclusion416. Pal. apparemment unique. 1059. Cela semble de nouveau entraver l’un des pouvoirs du juge lui permettant de juger lui-même de la qualité probatoire d’une expertise417. seul un expert est habilité à se prononcer sur l’état de santé du condamné. Pal. . décembre 2003. . http://www. op. 616 « […] Il y a là. si deux expertises médicales distinctes ont été établi de manière concordante que les conditions susvisées sont réunies. même après le dépôt des deux expertises concordantes. certaines décisions de refus sont incomprises par des médecins ayant rendu une expertise précisant fortement les pathologies du patient et ayant conclu à l’engagement de son pronostic vital et de l’incompatibilité de son maintien en détention.fr/ « […] la cour d’appel a procédé à une analyse médicale qu’elle n’avait aucune qualité pour effectuer seule. janvier-février 2005. Cette faculté est notamment source de différends entre les médecins et les juges. le juge n’a pas obligation d’accorder cette mesure414. Cependant.). p. Quand bien même deux expertises distinctement menées concordent quant à l’engagement du pronostic vital ou quant à l’incompatibilité du maintien en détention.fr/ISCRIMED/main-colloquesdroitsanteetdetention. comme on voit. à la règle générale selon laquelle il appartient au juge d’apprécier la valeur probatoire d’une expertise comme des autres éléments de conviction. p.crim.b –La décision reste judiciaire L’article 720-1-1 du Code de procédure pénale précise que « La suspension peut […] être ordonnée […] ».gouv. même si la loi ne demande qu’à ce que l’un des deux uniquement soit engagé. . En effet. 414 MONNET (Y.

Pour cela il analysera lui-même les expertises, convoquera le condamné lors de l’étude de sa demande et pourra ainsi l’observer, lui poser des questions. En ce sens, l’exemple de Nathalie Ménigon est à citer. Cette dernière lors d’une audience avait fait une déclaration au juge selon laquelle elle se disait prête à reprendre les armes et même sur son fauteuil roulant419. De même, l’attitude d’un condamné gravement malade, qui par exemple ne peut plus quitter son lit et donc ne peut se rendre à l’audience, pourra influencer le juge. Les diverses précautions prises par les juges, en dehors même parfois du texte de loi ont pour principal but de protéger la société et de prévenir tout risque de récidive potentiel pour ces condamnés susceptibles d’êtres libérés à n’importe quel moment de leur peine et sans aucun projet de sortie420.

II – La réduction du champ d’application de la loi par le législateur : la loi du 12/12/2005 : une justification de la jurisprudence
L’octroi d’une telle suspension est assez rare (B). L’ajout de nouvelles conditions par le législateur en 2005 ne fait que renforcer ce mur pour accéder à la mesure (A).

A – La création de nouvelles conditions
La peur de la criminalité et de sa récidive par des condamnés élargis n’ayant préparé aucun projet de sortie (2), a conduit le législateur à ajouter de nouvelles clauses au sein de la mesure (1).

1 – Une surveillance renforcée
Dans le but de prévenir toute nouvelle infraction et de justifier la remise en liberté (b) de ces condamnés, des contrôles divers sont possibles à l’encontre de ces détenus (a). a – Pour l’ensemble des infractions et pour les crimes Les moyens mis à la disposition des différents organes judiciaires pour tenter de révoquer une telle suspension de peine sont importants et disproportionnés par rapport aux moyens du
419

Nathalie Ménigon, in Libération, juillet 2005, http://www.liberation.fr/page.php?Article=308218

« […] lors de l’audience, Nathalie Ménigon avait déclaré « qu’en cas d’insurrection généralisée du peuple français », elle reprendrait les armes « sur son fauteuil roulant ».[…] ».
420

Voir infra, p. 110.

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condamné421. Pour tout condamné, le Juge de l’application des peines a le pouvoir de le surveiller et de lui imposer des obligations nombreuses422. Outre les mesures imposées au détenu dont la peine a été suspendue, des contrôles sur l’évolution de sa maladie sont possibles423et parfois même obligatoires424. La loi du 12/12/2005 a ainsi imposé aux juges de contrôler régulièrement l’état de santé de détenus ayant bénéficié d’une telle suspension, mais ayant été condamnés pour un crime. Le principe de la simple faculté du juge à demander une expertise est conservé pour les infractions les plus simples, le texte précise d’ailleurs que « le juge de l’application des peines peut » demander cette expertise. Cependant, dans le cas spécial de détenus condamnés pour des infractions de nature criminelle, cette surveillance de l’état de santé du détenu s’impose au juge, elle « doit intervenir tous les six mois ». Comme vu précédemment, l’octroi de cette suspension est très encadré. Désormais, une fois allouée, cette suspension est fortement surveillée pour certains détenus425. Le caractère suspensif de cette mesure se fait ici clairement ressentir. En effet, cette expertise demandée a pour mission de vérifier si l’état de santé du condamné justifie encore la suspension de sa peine ou si ce dernier peut retourner purger sa peine en prison. Si une telle expertise de contrôle révèle que l’état de santé du détenu s’est amélioré, la suspension de sa peine sera révoquée. Ainsi si un détenu malade obtient une rémission de sa maladie ou si son état de santé s’améliore et qu’il est jugé compatible avec son maintien en détention, il retournera en prison même malade. Dans quelles mesures ce retour dans l’univers carcéral est il justifiable et envisageable d’un point de vue humanitaire ?
421 422 423

Voir supra, p. 68. Voir supra, p. 39. Article 720-1-1 du Code de procédure pénale condamné ayant bénéficié d’une mesure de suspension si les conditions de celle-ci ne sont plus remplies. […] ».

« […] Le juge de l’application des peines peut à tout moment ordonner une expertise médicale à l’égard d’un

424

Article 11 de la loi du 12/12/2005 expertise médicale destinée à vérifier que les conditions de la suspension sont toujours remplies doit intervenir tous les six mois. […] ».

« […] Si la suspension de peine a été ordonnée pour une condamnation prononcée en matière criminelle, une

425

HERZOG-EVANS (M.), Les dispositions relatives à la récidive dans la loi n°2005-1549 du 12 décembre 2005, in D.2006, n°3, p. 186

« […] Le législateur ajoute encore une précision au régime de la suspension de peine. Jusqu’ici, le JAP pouvait provoquer une expertise à tout moment pour vérifier si le malade répondait toujours aux conditions d’élargissement fixées par l’article 720-1-1. Désormais, en matière criminelle, il aura obligation de provoquer une telle expertise tous les six mois. […] ».

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b – Un système discutable Ce nouveau moyen mis à la disposition du juge a pour justification principale de protéger la société des détenus les plus dangereux, en l’espèce les criminels. Cet objectif se comprend, mais cette obligation semestrielle d’expertise médicale apparaît comme inutile. En effet, elle semble s’apparenter à une pâle copie de la règle générale posée par l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale, et ainsi faire une sorte de doublon avec elle. Le juge avait en effet déjà à sa disposition un panel426 de mesures et obligations427 permettant de surveiller les mouvements de ce détenu et de contrôler quand il le désirait la réalité de l’évolution de son état de santé. Le détenu bénéficiant d’une telle mesure de suspension de peine est également placé sous la surveillance du Juge de l’application des peines compétent428. De plus, la possibilité d’action du parquet429 dans le cadre de la demande de nouvelle expertise permettait encore de surveiller le détenu. D’autre part, le caractère semestriel de cette mesure peut dans la pratique se révéler un « atout » pour le détenu et un obstacle pour le juge. En effet, connaissant la date approximative de la prochaine expertise relative à son état de santé, un détenu (en l’espèce condamné pour un crime) pourra arrêter son traitement et ainsi aggraver son état de santé pour répondre aux conditions de la mesure de suspension. Ainsi, toute amélioration de l’état de santé sera vaine et non reconnue par cette nouvelle expertise. La règle générale qui permet au juge de faire procéder à une expertise quand il le veut, semble ainsi plus adéquate, même si le problème de trouver un expert rapide et compétent est encore plus présent ici. En effet, si les expertises sont prévisibles dans le temps, le recrutement et la convocation d’experts pourront se faire avec plus de facilité et de rapidité. La justification avancée par les auteurs de cet

426

Communiqué de presse : Suspension de peine pour raison médicale : le CNS s'inquiète de sa remise en cause par le projet de loi sur le traitement de la récidive des infractions pénales.

http://www.cns.sante.fr/htm/avis/prison/21_10_05/fr_1_b.htm « […] Or, le juge d’application des peines dispose déjà de par la loi de toute latitude pour apprécier l’opportunité des suspensions de peine. […] »
427

Voir, supra, p. 39.

428

Article D.147-1 du Code de procédure pénale « […]Le condamné dont la peine est suspendue en application de l'article 720-1-1 est placé sous la surveillance du juge de l'application des peines territorialement compétent en application des dispositions de l'article 712-10, assisté du service pénitentiaire d'insertion et de probation. […] ». 429 Article D.147-5 du Code de procédure pénale « […]A tout moment, le procureur de la République peut saisir le juge de l'application des peines afin qu'il ordonne une expertise médicale pour vérifier si le condamné remplit toujours les critères prévus à l'article 720-1-1. Il peut en outre le saisir pour qu'il ordonne l'expertise exigée par l'avant-dernier alinéa de l'article 720-1-1[…] ».

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p.net/reseaupsycho. 2 – La protection de la société comme justification Le renforcement des conditions à remplir pour obtenir ce type de suspension de peine trouve sa justification dans le besoin d’assurer la sécurité des citoyens et ce au travers de la notion protection de l’ordre public (a) et de prévention de la récidive (b).fr/htm/avis/prison/21_10_05/fr_1_b. La justification apportée par les auteurs de ces amendements tenant à une meilleure protection de la société434 est louable. n°16. 1065 Communiqué de presse : Suspension de peine pour raison médicale : le CNS s'inquiète de sa remise en cause par le projet de loi sur le traitement de la récidive des infractions pénales.amendement devenu partie de la loi tient à la prise en compte de la sécurité de la population semblant ainsi prévaloir sur l’état de santé des détenus.2003. n°14.wmaker. in D. http://www. oct 2005. in D.). il est à noter que cette protection de la société se fait au détriment de certains condamnés dont l’état de santé est déplorable. […] ». 32. Cependant. Suspension de peine.htm 434 Les députés restreignent le recours à la suspension de peine de prison pour raison médicale.php?action=article&id_article=284929 92 .2003.crim. mais semble être relayée par la lutte contre la récidive. p. […] en précisant que la suspension de la peine n’est pas de nature à troubler l’ordre public. 12/02/2003. 432 433 Cass. http://www. Le développement précédent sur la notion d’ordre public430 a permis de montrer l’aspect malléable de cette notion de par ses différents sens possibles. Cette exigence supplémentaire qui ne figure pas dans le texte va à l’encontre de la philosophie de a loi qui doit permettre la libération des condamnés au vu de considérations exclusivement humaines et médicales. Actualité du droit de l’exécution des peines. mais cette dernière était déjà possible avec les mesures 430 431 Voir supra. Proposée parmi les amendements lors des discussions pour l’adoption de la loi relative à la prévention de la récidive.cns. cette proposition faisait suite à de nombreuses tentatives des juridictions du fond431 ou du parquet432 de tenter d’inclure cette clause dans les conditions d’octroi de la suspension de peine pour raisons médicales.P.fr/index. a – La prise en considération off icieuse de l’ordre public A une époque où le mot « insécurité » fait partie du langage et des maux quotidiens. la Cour d’appel a fait une motivation erronée de sa décision. p 925 « [ …] Dans un arrêt rendu le 18 septembre 2002.sante. CERE (J. la prise en compte de ce phénomène dans un texte relatif à l’aménagement de peines privatives de liberté apparaît peu choquant. Cette condition de refuser à un détenu cette suspension de peine dans « les cas où cette suspension de peine est susceptible de provoquer un trouble exceptionnel à l’ordre public433 » n’a pas été retenue officiellement par le législateur.

le rapporteur a évoqué le cas d la libération de Maurice Papon. Elle précise que « l'exécution des peines favorise. A cette fin. 437 HERZOG-EVANS (M. « […] Pour justifier la mesure. 92. op. 312 « […] Relevons cependant que. l'insertion ou la réinsertion des condamnés ainsi que la prévention de la récidive. d’ores et déjà. dans le respect des intérêts de la société et des droits des victimes. chaque fois que cela est possible. semblent la plupart du temps utiliser officieusement cet article 707. mais cet article semble également être un principe incombant au juge dans l’exercice de ses fonctions. p. cette loi a apporté au Code de procédure pénale une précision concernant l’exécution de peines et leurs modalités. n°2004-204. 4567. alors qu’elle est déjà présente437 ? Certes. le cas récent d’un homme condamné pour plusieurs meurtres ou le cas de figure plus général d’un pédophile ou d’un terroriste.et obligations pouvant être imposées au détenu ayant recouvert sa liberté par cette mesure de suspension. 10/03/2004. En refusant cette notion ou en essayant de l’inclure dans le texte même de l’article 720-1-1. Dans la pratique. […] ». 93 . l’un des principes du droit est que « la règle spéciale déroge à la règle principale ». 438 439 440 Voir infra. cit.. l’interdit en termes généraux pour tous les aménagements de peine […] ». 110. les peines peuvent être aménagées en cours d'exécution pour tenir compte de l'évolution de la personnalité et de la situation du condamné.). p. in AJP. le cas récent d'un homme 435 Loi du 9/03/2004. p.). les juges plutôt réticent438 à un tel aménagement de peine avec une sortie sèche439. Voir infra. Récidive : quelles réponses judiciaires ? . l'insertion ou la réinsertion des condamnés ainsi que la prévention de la récidive 436». p. Cette protection de l’ordre public est d’ailleurs déjà comprise dans les missions incombant au juge selon la mesure apportée par la loi du 9/03/2004435. J.O n° 59. HERZOG-EVANS (M. Mais encore l’ombre d’un doublon plane440. septembre 2005. n°2/2005. permettre le retour progressif du condamné à la liberté et éviter une remise en liberté sans aucune forme de suivi judiciaire. dans le respect des intérêts de la société et des droits des victimes. portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité. puisque l’article 707 introduit dans le Code de procédure pénale par la loi du 9 mars 2004. La prise en compte de l’existence ou non d’un risque de récidive avec la loi du 12/12/2005 semble réconcilier ces deux textes.de Maurice Papon. L'individualisation des peines doit. En effet. n’y a-t-il pas une sorte de mauvaise volonté de la part des différents acteurs judiciaires et politiques. Article 707 du Code de procédure pénale 436 « […] L'exécution des peines favorise. […] ». la juridiction de l’application des peines ne peut prononcer de suspension médicale de peine s’agissant d’un condamné dangereux. Les dispositions relatives à la récidive dans la loi n°2005-1549 du 12 décembre. Récidive : surveiller et punir plus plutôt que prévenir et guérir.

tous les aménagements de peine. 96. avait tranché la question. le législateur a cru devoir insérer à l’article 720-1-1 un nouveau pan de phrase qui énonce que la suspension médicale de peine est prononcée au vue de l’état de santé du condamné « sauf s’il existe un risque grave de renouvellement de l’infraction » […] ». l’explication de sa création peut être dans la volonté du législateur de ne prendre en compte que le danger de récidive et non d’un trouble à l’ordre public d’une plus grande importance..] Les juridictions se sont interrogées sur la possibilité d’ajouter à l’article 720-1-1 du code de procédure pénale. qui est de plus en plus présent dans notre société. J. HERZOG-EVANS (M. cit. en énonçant. n°2005-1549 relative au traitement de la récidive des infractions pénales.gouv. Désormais. Cette dernière contient en ses articles 10 et 11 trois dispositions relatives à l’application de la suspension de peine pour raison médicale. 19152.b – la récidive Pour tenter de palier au problème de la récidive. 97. « la prévention de la récidive ». 94 . op. Cette notion de risque « [. au contraire de l’article 720-1-1 dont la formule étroite […] revient à restreindre la prise en compte de la sécurité publique à des cas de gravité envisageable suffisants. une loi a vu le jour à la fin de l’année 2005. p. une condition d’ordre ou de sécurité publique. 13/12/2005. Les dispositions relatives à la récidive dans la loi n°2005-1549 du 12 décembre. les juges ayant à de nombreuses reprises tenté d’inclure le passé du délinquant et en conséquence ses possibilités de renouveler son infraction par la suite. http://www. p. que l’exécution des peines devait favoriser « le respect des intérêts de la société ». et enfin. […] La loi Perben 2. à l’article 707 réécrit.legifrance. devraient tenir compte de ces impératifs.). mais également comme une pale copie de l’article 707 précédemment cité. La mesure relative à la prise en compte d’ « un risque grave de renouvellement de l'infraction442 » est perçue à la fois comme une continuité443 de la restriction du champ d’application de cette suspension. Article 10 de la loi du 12/12/2005. L’« article 707 [qui] retient une formule plus restrictive : il vise la sécurité publique et la prévention de la récidive. qui ne retenait que des exigences sanitaires. 441 442 Voir infra. ainsi que « les droits des victimes ». la seconde relative à l’obligation de soumettre un détenu condamné pour une infraction criminelle à une expertise semestrielle et enfin la troisième relative à l’application temporelle de cette loi441. […] Pourtant. y compris les suspensions médicales. p.O n° 289. Cette nouvelle portion de phrase ajoutée à l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale apparaît comme l’aboutissement d’une lutte entre les juges du fond et la haute juridiction. Concernant ses similitudes avec l’article 707 du Code de procédure pénale. La première est relative à la prise en compte du facteur de récidive. […] 444 ».fr/ 443 444 Voir infra.

Cependant. Peut-on réellement parler d’un risque de récidive au sujet d’un détenu libéré car son pronostic vital est en jeu. 447 Compte rendu analytique de la séance du 25 octobre 2005 : Article 4 quater http://www. dans son rapport au nom de la commission des lois devait en effet expliquer : « Dans certains cas. Ainsi. La référence aux « tontons flingueurs445 » faîte dans certains articles peut faire sourire. propos de Monsieur Zochetto. Le risque de récidive est partout.html 95 . juin 2005. il semble que le risque de récidive ne soit pas vain. Compte rendu analytique de la séance du 25 octobre 2005 : Article 4 quater http://www. in RPDP.447 ». 446 HERZOG-EVANS (M.senat. en fin de vie.fr/cra/s20051025/s20051025H33. B – Une effectivité limitée de cette mesure Cette mesure d’aménagement de peine déroge aux conditions de libération conditionnelle proposées par le Code de procédure pénale et ainsi permet la libération d’individus condamnés à de lourdes peines et parfois même à la peine de réclusion criminelle à perpétuité.html « […] Quant aux tontons flingueurs. mais représente bien cette idée. La suspension médicale de peine et la sécurité publique état des lieux. « […] M. Comme le précise Monsieur CLEMENT. L’autre problème se dégageant de la prise en compte de l’élément de la récidive dans la décision d’octroi d’une telle suspension est la qualification du type de récidive pouvant être concernée et plus précisément la potentialité de renouvellement de l’infraction.fr/cra/s20051025/s20051025H33. Cette hypothèse de récidive peut cependant se concrétiser avec des détenus libérés pour incompatibilité du suivi de leur traitement en milieu carcéral.). Le texte ne doit être modifié que pour prendre en compte les grands pervers et les condamnés ayant dirigé des groupes mafieux ou terroristes qui pourraient reprendre leur activité même gravement malades. L’introduction de ces nouvelles conditions ne fait que refermer encore plus l’accès à cette mesure déjà utilisée de manière très limitée. « dans le cas d'une personne gravement malade.senat. p 310. Ces derniers ont la plupart du temps plus de facilités à se déplacer que les détenus libérés pour engagement du pronostic vital. Elle ne reçoit ainsi que peu d’application (1) par la peur qu’elle dégage. une personne très diminuée physiquement peut reprendre ses activités criminelles si elle fait l’objet d’une libération.Zochetto. n°2. ils dirigent leurs activités mafieuses depuis la prison même. certains condamnés parviennent à diriger des opérations illégales depuis leur cellule.grave de renouvellement de l’infraction est également moins vague que la notion de trouble à l’ordre public. […] ». mais doit être pris en compte de manière mesurée selon le type de délinquant concerné446. le risque de récidive est exceptionnel. Tel est le cas du dirigeant d’une organisation criminelle […] ». De plus. cette mesure 445 BORVO COHEN-SEAT.

67 ont été accordées sur 128451présentées. 1 – Une application limitée de la loi Des influences diverses (b) ont conduit à une application limitée de cette suspension (a). Enfin en 2005. Cependant. souffrir. […] ». 449 Maurice Papon n’a cependant pas été le tout premier à bénéficier de cet aménagement de peine. cependant peu aboutissent.se durcit peu à peu et de ce fait semble se fermer et n‘être plus qu’une mesure exceptionnelle (2). Certains ont avancé que cette loi avait été votée dans son intérêt et appliquée de manière souple dans son cas.html 96 . En 2003.pdf http://www.fr/ 450 451 452 http://www. dépérir puis mourir en prison. le condamné le plus célèbre ayant bénéficié de cet aménagement de peine est Maurice Papon. il a été établi que « depuis la promulgation de la loi de 2002.syndicat-magistrature. in La libre Belgique. Un désaccord entre les experts sur l’étendue de l’engagement du pronostic vital d’un condamné conduira à un rejet direct de la demande. 136 demandes ont été faites et 63 ont été accordées450.org/article2217.gouv.legifrance. a . 15/09/2005 http://www. Dans l’année de la mise en place de ce nouvel aménagement de peine.org/Crew/Doc/499=dossier-presse-suspension. n° de décision 2002/00269.ldh-toulon. ainsi 197 demandes ont été DELATTRE (B. il est à noter que le nombre des demandes est en augmentation. L’état de santé du condamné est le facteur déterminant dans l’octroi de cet aménagement de peine.org/article.net/article. JAP Toulouse 23/05/2002. Il semble au regard des statistiques que le pourcentage de demande accordées est de 50%448. une différence de traitement entre les demandes semble se dessiner. en 2002. 191 ont abouti introduites et 61 accordées cette année là. En ce sens.robertbret.php3?id_article=862 « […] Depuis le vote de cette loi. puis s’était durcie pour les autres candidats449.). mais le nombre d’accords de ces suspensions reste stable (environ 60 accords). 461 demandes de suspension de peine ont été déposées. tels que le ministère de la justice ou des associations. moins d’une requête de suspension de peine pour raison médicale sur deux a été accordée.Les chiffres Les demandes de suspension de peine émises par les détenus sont assez nombreuses.actupparis.php3?id_article=2218 http://www. Au cours de l’année 2004. En étudiant les chiffres donnés par différents organismes. http://www. car comme le précise le texte « la suspension ne peut être ordonnée que si deux expertises médicales distinctes établissent de 448 452 ».

recherche de l’indemnisation des victimes) étaient pris en compte de manière non officielle. Cependant.action- directe..org/article. des facteurs extérieurs tels que l’infraction commise par le condamné ou son comportement (regret. la renommée454et la fortune455de certains semblent parfois leurs ouvrir plus facilement les portes de cette modalité de suspension de peine.org/article.php?name=News&file=article&sid=202 « […] Elle (N. En ce sens. hier Alfred Sirven ou André Taralo. l’état apocalyptique du système de santé en détention et de l’indifférence générale dans laquelle il s’effondre de jour en jour le révèlent comme instrument objectif du châtiment. d’autres critères semblent être pris en compte.php?LO=1900&ARTICLE=15 « […] La loi s'applique d'une façon dure et inhumaine. […] ».C). Hormis ces éléments.net//modules. d’une part il leur est presque exclusivement réservé. d’autre part.. des circulaires diverses sont venues peu à peu dénaturer le sens premier de la loi et parfois même le nier457. Même avant les modifications apportées par la loi du 12/12/2005. Il semble que des détenus souffrant d’une même maladie. Nathalie Ménigon : l’oisillon décharné. 456 MAÏ (F. […] ». comme inventé pour eux. http://prison. paralysant son corps et son cerveau au son de l’indifférence orchestrée d’un Etat à la vengeance implacable. et que. 97 . http://www.lutte-ouvriere-journal. […] ». http://www. Cela a pour origine une certaine rancune de la part de l’Etat luimême456et semblant ainsi se répercuter sur les décisions d’octroi de cette suspension. Au sein de l’administration judiciaire par exemple. 455 POISSON (J.php3?id_article=4476 « […] Aujourd’hui Le Floch Prigent. b – Les inf luences extérieures Des éléments divers et sources extérieures variées sont à prendre en compte dans l’explication de l’application restreinte de cette mesure de suspension de peine. une circulaire éditée en mai 2003 par la direction des Affaires Criminelles et des Grâces a « tenté d’imposer le critère de risque de 453 454 Article 720-1-1 du Code de procédure pénale RETESSE (A. certains condamnés semblent être écartés de cette mesure avant même d’en faire la demande. au regard de la diversité des décisions de rejet ou de refus rendues.eu. Ménigon) se perd dans une souffrance journalière.). Sort des détenus : l’Etat impitoyable…sauf pour Papon. avant-hier Maurice Papon : le droit à la santé invoqué par les homes d’Etat et leurs avocats surpuissants comme ultime champ procédurier pour se soustraire à la prison a ceci d’insultant pour la démocratie que.). Etat de santé incompatible avec la détention. ne puissent espérer la même réponse. Enfin. développée à un même stade de gravité. d’autres facteurs semblent intervenir dans le processus de décision d’octroi de cette mesure. D’autre part. sauf apparemment quand on s'appelle Papon.manière concordante que le condamné 453» a son pronostic vital engagé à court terme ou que son état de santé est durablement incompatible avec son maintien en détention.

459 457 GUIBERT (N. L’attitude ouvertement hostile de certains hommes politiques face à une large application de cette mesure est également à remarquer. ZOUMMEROFF (P.. ce qui revient à leurs dire de ne pas appliquer la mesure […] ». les tribunaux d'application des peines répondent favorablement à une demande sur deux. 16/06/2004. in Le Nouvel Observateur. faculté d’examiner la question de l’opportunité d’une mesure de suspension de peine au regard des nécessités de l’ordre public » […] ». 98 . une circulaire du ministère de la justice a précisé que « les procureurs conservent la 460 Suspension de peine. « […] Début mai 2003.). 5/01/2006. […] ». C'est pourquoi j'ai souhaité que les condamnés présentant un risque élevé de récidive soient exclus du dispositif. Mais. 461 ARTETA (S. le Ministère de la justice fait tout pour substituer au critère de l’état de santé celui du trouble à l’ordre public. Le garde des sceaux répond à l’obs : loi Kouchner réservée aux « mourants ». en date du 7 mai 2003. n'ont pas à bénéficier de cette loi.html « […] des consignes et discours du Ministère de la Justice contraires à la philosophie et à la lettre du texte : la circulaire de la Direction des Affaires des Criminelles et des Grâces du 9 mai 2003 qui tente d’imposer le critère de risque de trouble à l’ordre public.org/article1654. Le garde des sceaux actuel Monsieur CLEMENT a exprimé sa volonté à ne voir cette mesure s’appliquer uniquement aux personnes mourantes461.actupparis. le ministère de la Justice ordonnait aux procureurs de tenir compte des « nécessités » de l’ordre public avant de libérer un malade. ndlr) a présenté sa loi en 2002. 458 Suspension de peine : triste anniversaire !..html « […] Ensuite. La prison. Une autre circulaire éditée la même année informe le parquet de sa possibilité459 de faire appel des décisions de suspensions de peine pour raisons médicales. disait-on.). ça n’arrive pas qu’aux autres. Par une circulaire en direction des procureurs. p 14. Les malades. pourtant non exigé par la loi et écarté par la Cour de cassation dans son arrêt du 12 février 2003.trouble à l’ordre public »458. Ils ne sont d'ailleurs pas graciés mais obtiennent une suspension de peine et doivent retourner en prison en cas de guérison. Les amendements proposés par différents sénateurs. il s'agissait d'autoriser la sortie pour les détenus dont le pronostic vital est engagé ou quand l'état de santé est incompatible avec le maintien en détention. qui recommande de peser le risque de trouble à l’ordre public que constituerait prétendument la suspension de peine d’un malade. Pour moi.). « […] loi Kouchner réservée aux "mourants" Aujourd'hui. afin qu'ils ne meurent pas en prison. 2006. Ce n'est pas rien. in Le Monde. alors qu'ils étaient. éd Albin Michel. p 162 « […] Dominique Perben a donné des instructions pour que les services pénitentiaires améliorent le signalement des personnes susceptibles de bénéficier d’une suspension de peine. Quand Bernard Kouchner (l'ancien ministre de la Santé de Lionel Jospin. à l'article de la mort. http://www. ils peuvent être soignés en détention et ils le sont […] ». même atteints d'une affection grave mais qui ne sont pas au « seuil de la mort ». craignant la libération des malades. et recommande de faire appel sur les décisions favorables des juges d’application des peines. favorables au condamné460. […] ». cela m'est insupportable. GUIBERT (N. cela concerne avant tout les personnes dont l'espérance de vie ne dépasse pas quelques semaines. lors de l’élaboration de la loi sur le traitement de la récidive des infractions pénales montrent également la volonté de certains de réduire le champ d’application de ce texte.org/article1905.actupparis. 110 détenus ont bénéficié de cette suspension de peine. dans le même temps. http://www.). Quand j'entends que d'anciens terroristes non repentis font leurs courses sur les marchés.

p. S'abstenir d'entrer en relation avec certaines personnes. Un exemple récent a montré l’influence des victimes dans l’exécution de la peine. mais également dans le cadre de l’aménagement de la peine d’un condamné. notamment la victime de l'infraction. 145 « […] L’exécution de la peine doit en effet demeurer une prérogative régalienne. La volonté de vengeance de ces dernières influence-t-elle les rétrécissements successifs de la mesure ? Il semble que la réponse soit positive. Le Code de procédure pénale contient ainsi une disposition permettant au Juge de l’application des peines de prendre en compte les intérêts de la victime avant de prononcer une mesure de suspension de peine ou de libération conditionnelle464. l'insertion ou la réinsertion des condamnés ainsi que la prévention de la récidive. Ce principe a pour fondements d’une part la mission de l’Etat de faire respecter la loi et veiller au maintien de l’ordre public463 et d’autre part le refus de la vengeance personnelle des victimes à l’encontre de leur agresseur. Cette action peut aussi être mise en mouvement par la partie lésée. même si cela déroge aux règles générales de la procédure pénale. 464 Article 707 du Code de procédure pénale « […] L'exécution des peines favorise. Cette action peut être mise en mouvement par le parquet ou par la victime. n°3. dans les conditions déterminées par le présent code. […] ». pouvant seule être exercée par le parquet. […] » 465 Article 132-45 du Code pénal « […] La juridiction de condamnation ou le juge de l'application des peines peut imposer spécialement au condamné l'observation de l'une ou de plusieurs des obligations suivantes […]. Il s’agit de la réincarcération d’un condamné (D. aujourd’hui la victime semble être de plus en plus présente au cours du procès pénal. En se déclarant comme telle. Le condamné bénéficiant d’une suspension de peine pourra se voir interdire la fréquentation de certains endroits ou le contact avec certaines personnes et notamment la victime elle même465. Le juge a également à sa disposition des mesures lui permettant de protéger la victime. 463 CARLO (R. sauf en cas de constitution de partie civile. Il faut rappeler que notre système pénal fonctionne sur le principe de la non-ingérence de la victime dans le procès pénal. La place de la victime dans l’exécution des peines.).2003. Cependant.D’autre part. Dans une société où la victime occupe une place de plus en plus importante dans le procès pénal. l’influence de la société et particulièrement celle des victimes est notable. […] ». son influence sur l’exécution de la peine semble logique. […] ». in D. la victime ne devient cependant pas l’opposant direct de l’accusé. mais soutient seulement l’action publique. dans le respect des intérêts de la société et des droits des victimes. mais ne pourra être exercée que par le ministère public462seul. 99 .Tallineau) ayant bénéficié de cette mesure de suspension et ayant été réincarcéré après plusieurs plaintes de la part des 462 Article 1 du Code de procédure pénale « […] L'action publique pour l'application des peines est mise en mouvement et exercée par les magistrats ou par les fonctionnaires auxquels elle est confiée par la loi.

Les victimes ont écrit au Garde des sceaux pour évoquer leurs peurs et mécontentement de voir le meurtrier de leur enfant libre.crim.). http://www. « […] Depuis sa libération. a ajouté le procureur. 470 Cass. Le parquet a donc estimé que "les conditions qui ont permis à Didier Tallineau de bénéficier d'une suspension de peine n'étaient plus réunies". en Vendée. des victimes de Didier Tallineau […] ». l’homme vivait chez ses parents. 467 GUIBERT (N. 39 ans. souffre d'un cancer de la plèvre[…] ». Didier Tallineau. in Le Monde.). Les deux nouvelles expertises demandées par l’ancien garde des sceaux Monsieur Perben avaient conclu à l’incompatibilité de son état de santé avec son incarcération. Le garde des sceaux remet en cause le bien-fondé de la libération d’un condamné atteint d’un cancer. "L'état de santé du sujet" atteint d'un cancer de la plèvre "est compatible avec la détention dès lors que la poursuite du traitement médical est assurée et qu'une surveillance est organisée".Perben a ainsi répondu à l’interpellation. requise par le parquet des Sables-d’Olonne à la demande du garde des sceaux. Ce condamné souffrant d’un cancer a donc été réincarcéré après une nouvelle expertise469. a affirmé mardi le procureur de la République des Sables d'Olonne Jean-Luc Beck lors d'une conférence de presse.nou « […]Cette seconde expertise médicale rendue le 12 septembre au juge chargé du dossier.OBS9106. Cependant. 18/02/2005. par voie de presse. in BC 2006 n° 81. p 300. 15/03/2006. in Le Nouvel Observateur. M.parents de victimes466 et après de nouvelles expertises médicales demandées par le garde des sceaux. n° de pourvoi 05-83684.). Libéré parce qu’il souffrait d’un cancer. Cependant. 15/09/2005. 13/09/2005.html&host=http://permanent. lundi 14 février.com/ retourne en prison. l’a renvoyé provisoirement en prison […] ». 468 Tallineau velobs. 469 GUIBERT (N. in Le Monde. le garde des sceaux. la peine restait alors suspendue. Ils ont également évoqué le risque de récidive de cet individu et la proximité de son lieu de vie avec le leur467.nouvelobs. à ses services d’envisager la réincarcération du condamné.com/cgi/articles?ad=societe/20050913. deux fois condamné pour meurtre à 30 ans de réclusion criminelle en 2001 et 2002. et a décidé "de mettre fin à la mesure de suspension accordée le 1er décembre 2004". un condamné retourne en prison. p. le nouveau ministre de la justice Monsieur Clément a demandé une nouvelle expertise qui a conclu à la compatibilité de son état de santé avec l’incarcération468. http://archquo. à proximité de la famille de l’une de ses victimes […] ». un condamné retourne en prison.legifrance. les victimes ne peuvent intervenir directement au sein de l’exécution de la peine du condamné comme l’a rappelée la Cour de cassation en 2006470. « […] Deux mois après la libération anticipée d’un détenu atteint d’un cancer. 15/09/2005.fr/ 100 . 11. a demandé. in Le Monde. Libéré parce qu’il souffrait d’un cancer. Dominique Perben. indique qu'"il n'est pas possible d'indiquer que le pronostic vital soit engagé".gouv. « […] Une nouvelle expertise. 466 GUIBERT (N.

La décision revient au juge qui décide seul et selon son intime conviction après étude du dossier. L’un des principes régissant le droit pénal est la non rétroactivité de la loi pénale plus dure. Ces derniers par leurs articles. Toutefois. 2 – Une fermeture progressive de la mesure La mesure se ferme petit à petit. 472 Article 112-1 du Code pénal Peuvent seules être prononcées les peines légalement applicables à la même date. […] ». Une autre distinction est à rappeler parmi les divers outils du droit pénal. de s’appliquer aux décisions d’octroi de cette suspension antérieures (a). sur l'appel des intéressés.. en cette matière. l’influence des médias est à indiquer. 471 Article 10 de la loi du 12/12/2005 « […] Les dispositions du présent article sont applicables aux suspensions en cours à la date d'entrée en vigueur de la présente loi. il ne peut cependant pas être sourd à ces diverses remarques de l’arsenal médiatique qui relaie les sentiments d’une partie de l’opinion publique. quelle que soit la date de commission des faits ayant donné lieu à la condamnation. par le juge de l'application des peines" . Seules les lois plus douces peuvent êtres appliquées aux instances en cours non encore définitivement jugées472. rien dans ces dispositions ne confère toutefois à cette victime la qualité de partie aux décisions prises. « […] Attendu que.. « […] Sont seuls punissables les faits constitutifs d'une infraction à la date à laquelle ils ont été commis. Ainsi. remarques ont un pouvoir non négligeable d’influence. Il existe en effet. notamment en permettant aux nouvelles conditions de surveillance établies par le législateur de 2005. l'arrêt attaqué relève que. Si leur état de santé est jugé incompatible avec la détention ou si le pronostic vital est toujours évalué et considéré comme étant engagé à court terme. dans la mesure de ses intérêts. 101 . les dispositions nouvelles s'appliquent aux infractions commises avant leur entrée en vigueur et n'ayant pas donné lieu à une condamnation passée en force de chose jugée lorsqu'elles sont moins sévères que les dispositions anciennes.Enfin. ont "régulièrement pu faire des observations" mais sont "sans qualité pour exercer des voies de recours" . a – Le caractère rétroactif de la loi 12/12/2005 L’article 11 in fine de la loi du 12/12/2005 précise que les nouvelles dispositions relatives à la suspension de peine pour raisons médicales sont rétroactives471. dans les procédures concernant l'exécution des sentences pénales. […] ». Le texte d’origine à caractère humanitaire s’estompe peu à peu (b). les détenus ayant bénéficié d’un tel aménagement de peine depuis la création de la loi Kouchner devront se plier à ces examens tous les six mois. que les juges ajoutent que les consorts Le X. Il s’agit de la mesure relative à la surveillance médicale semestrielle des détenus condamnés pour crimes. qu'en conséquence leur appel est irrecevable […] ». s'il ressort des textes du Code de procédure pénale "le droit de la victime a être entendue. le condamné pourra continuer à bénéficier de cet aménagement.

un homme poursuivit pour des faits délictueux commis en 1990. dès l'entrée en vigueur de la loi qui l'institue. ne constitue pas une peine complémentaire mais une mesure de sûreté qui. n°404. que l'incapacité attachée à certaines condamnations. Elle pourra par exemple consister en la fermeture d’un établissement. mais elle ne fait office que de précaution. Elles ont pour objectif commun de gêner le condamné dans le but de l’empêcher de commettre une infraction. n'encourt pas la censure . p.gouv. septembre 2002. « […] La mesure de sûreté est une mesure de protection de la société. elle n’a pour but que de protéger l’avenir et non de punir le condamné473. La peine est une punition infligée au coupable d’une infraction. se voit condamner à l’interdiction d’exercer la profession d’agent immobilier et d’administrateur de biens.legifrance.147-5 du Code de procédure pénale « […]A tout moment. La Cour estime qu’il s’agit d’une mesure de sûreté et donc que cette interdiction est rétroactive de plein droit. « […] Attendu qu'en ayant rejeté la requête la cour d'appel. ces deux notions sont voisines. abstraction faite d'une référence erronée mais surabondante à l'article 14 de la loi du 2 janvier 1970. en ce qu’elle limite l’individu dans sa liberté. 170. HyperCours Dalloz. Elle doit ainsi répondre au principe de la légalité des délits et des peines et donc exister avant la commission d’une infraction pour pouvoir être appliquée à un individu fautif.fr/ Dans cette espèce. La mesure de sûreté quant à elle. […] ». La mesure ne contenait 473 GARE (T. […] ». Le droit pénal actuel n’utilise que très rarement ce terme de mesure de sûreté et conduit à sa confusion totale avec la peine. ainsi elle ne suit pas les mêmes règles et donc peut agir rétroactivement. édictée par le texte régissant les conditions d'accès à la profession d'agent immobilier. frappe la personne antérieurement condamnée […] ». ou en l’interdiction de l’exercice d’une profession474 pour empêcher toute récidive. n° de pourvoi 96-83792. Elle s’applique donc à l’espèce pour des faits commis avant l’entrée en vigueur de cette loi comme l’avait précédemment décidée la Cour d’appel. s’apparente à la peine. mais de manière différente. Cependant. 475 Article D. Ce n’est pas une peine. Cette disposition nouvelle à caractère rétroactif réduit le champ d’application de la mesure.deux types de sanctions : les peines et les mesures de sûreté. et ce même si elle est plus dure. 2ème édition. http://www. Un pouvoir de contrôle de l’état de santé des condamnés existait déjà et appartenait conjointement au Juge de l’application des peines et au procureur de la république475 pouvant faire la demande d’une nouvelle expertise auprès de ce juge.). 26/11/1997.crim. Procédure pénale. mais non identiques. Il peut en outre le saisir pour qu'il ordonne l'expertise exigée par l'avant-dernier alinéa de l'article 720-1-1. in BC 1997. GINESTET (C. le procureur de la République peut saisir le juge de l'application des peines afin qu'il ordonne une expertise médicale pour vérifier si le condamné remplit toujours les critères prévus à l'article 720-1-1. destinée à prévenir les infractions que laisse craindre l’état dangereux d’une personne.). 474 Cass. p 1339. sanction créée par la loi du 21/07/1994. Droit pénal. 102 .

n°247. 28/09/2005. n° de pourvoi 05-81010. les nouvelles expertises imposées par le texte de loi à l’encontre de condamnés ayant déjà bénéficié de cette suspension pourront elles être respectées ? Et organisées dans les délais ? b – Une épuration progressive du texte d’origine Depuis sa création au cours de l’année 2002.). A titre d’exemple. p 2896 « [ …] Si l’exigence d’indemnisation des victimes a été renforcée depuis la loi du 15 juin 2000 en matière de l’application des peines.fr/ HERZOG-EVANS (M. a subi des changements qui ont pour la plupart réduit considérablement son champ d’application. Les expertises nécessaires à la décision d’octroi de la suspension sont difficiles à organiser et onéreuses. 477 Article 720-1-1 du Code de procédure pénale « […] Si la suspension de peine a été ordonnée pour une condamnation prononcée en matière criminelle. Il ne s’agit pas de récompenser des efforts comportementaux ou sociaux. 478 479 Cass. les regrets exprimés par le condamné. et s’appliquait à l’ensemble des condamnés. si un établissement pénitentiaire spécialisé dans le domaine médical peut l’accueillir. c’était une simple faculté du juge476. le pronostic vital doit être engagé à court terme et doit être aussi précis que possible478. « […] elle doit intervenir tous les six mois […] .cependant pas de délai temporel. la loi permettant la suspension de la peine d’un condamné pour raisons de santé. in BC 2005. 2002. l’état de santé du détenu peut être jugé incompatible avec la détention. En effet.crim. Cela a été rejeté par la Haute juridiction479. p 869 . les juridictions du fond ont essayé d’intégrer de nouvelles conditions telles que la volonté d’indemniser les victimes. Certains éléments voulus par les juges ont été petit à petit intégrés au texte par le législateur et ce de manière évidente ou cachée. Aujourd’hui pour les condamnés pour crime. une expertise médicale destinée à vérifier que les conditions de la suspension sont toujours remplies doit intervenir tous les six mois. La loi a peu à peu perdu son caractère humanitaire. n°38. mais sa suspension peut lui être refusée. l’article 720-1-1 ‘est pas un aménagement de peine comme les autres. La suspension de peine médicale de Maurice Papon. mais les tentatives de les inclure aux conditions nécessaires à l’octroi de cette suspension sont nombreuses. […] ». 103 .legifrance. in D.gouv. pareil motif ne pouvait cependant pas être retenu. mais pour des raisons humanitaires […] ». Dans certains cas.http://www. cette expertise médicale semestrielle est obligatoire477. reprise au 476 Article 720-1-1 du Code de procédure pénale « […] Le juge de l'application des peines peut à tout moment ordonner une expertise médicale à l'égard d'un condamné ayant bénéficié d'une mesure de suspension de peine en application du présent article et ordonner qu'il soit mis fin à la suspension si les conditions de celleci ne sont plus remplies. D’autre part. […] ». Il s’agit notamment de la notion de dangerosité. Des précisions quant aux éléments nécessaires à l’octroi de cette suspension ont été données par la jurisprudence.

en son article 707480. devraient tenir compte de ces impératifs. mais semblent avoir été inséré pour renforcer le texte relatif à cette mesure. 480 Article 707 du Code de procédure pénale « […] L'exécution des peines favorise..147-2 du Code de procédure pénale 132. […] » 481 HERZOG-EVANS (M. Désormais. Pour palier à la polémique suscitée par la proposition d’ajouter la condition d’ordre public au sein de cet article.44 du Code pénal 132. et ce dans le but de le surveiller et ainsi d’empêcher tout renouvellement de l’infraction. […] Pourtant. l'insertion ou la réinsertion des condamnés ainsi que la prévention de la récidive. Cette nouvelle condition restreint encore le champ d’application de cette loi. Les dispositions relatives à la récidive dans la loi n°2005-1549 du 12 décembre. était-elle nécessaire ? En effet. y compris les suspensions médicales.45 du Code pénal 104 . il semble que cette mesure lui sera refusée. le législateur a préféré intégrer à ce texte une condition relative à la récidive. op. cette prise en compte de l’ordre public est déjà présente au sein du Code de procédure pénale. Cette exigence devait donc en principe être prise en compte dans tout aménagement de peine481et donc a fortiori dans celui relatif à la suspension de peine prévu par la loi du 4/03/2002. cit. D’autres textes ont également été ajoutés au cœur même de l’article 720-1-1 du Code procédure pénale. La notion de protection de l’ordre public a été fortement critiqué lors de la proposition du sénateur Zochetto de l’inclure au sein même du texte relatif à la suspension de peine pour raisons médicales. Cependant. tous les aménagements de peine.). Cependant. présente un risque de récidive. Ainsi si une personne faisant la demande de ce type de suspension. dans le respect des intérêts de la société et des droits des victimes.sein de l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale sous le couvert de la notion de protection de la récidive et de la surveillance renforcée de l’état de santé des criminels ayant bénéficié de cette mesure. mais répond aux critères relatifs à son état de santé. le législateur a cru devoir insérer à l’article 720-1-1 un nouveau pan de phrase qui énonce que la suspension médicale de peine est prononcée au vue de l’état de santé du condamné « sauf s’il existe un risque grave de renouvellement de l’infraction » […] ». La plupart figuraient déjà au sein du code lui-même. 482 Articles D. le Juge de l’application des peines avait déjà à sa disposition des mesures et obligations482 pouvant être imposées au condamné.

105 . des coopérations plus rapprochées et précises sont à espérer entre les domaine judiciaire et le domaine médical (B). Comme vu précédemment. La maladie 483 voir supra.Section 2 – Des imprécisions notables et des changements souhaitables L’utilisation faite du texte de loi démontre certaines lacunes pour l’appliquer correctement (II).Le niveau de la maladie L’évaluation du niveau de la maladie est soumise à des critères à la fois souples et restrictifs. qui se sont peu à peu précisées depuis la création de cette loi. La pathologie du détenu doit répondre à des caractéristiques. a – L’estimation du niveau de la maladie La détermination de l’état de santé du condamné est l’élément essentiel dans l’utilisation de ce motif de suspension de peine. p. mais assez imprécis (a). 20. adaptées et encadrées. I – Des éléments à préciser pour éclairer le travail du juge Pour améliorer l’effectivité de cette mesure et rendre son utilisation plus facile et claire. ainsi que les modalités des expertises médicales devant préciser cet état (2) devraient êtres à la fois plus précises. ainsi que des précisions relatives aux caractéristiques requises sur le niveau de la maladie du condamné (A). A – La qualification de l’engagement du pronostic vital Les conditions relatives à l’état de santé requis d’un condamné pour lui permettre d’accéder à cette suspension de peine (1). ainsi que certaines zones d’obscurité (I). la pathologie mentale483 du détenu ne peut être retenue pour allouer cette suspension. 1 . Les diverses précisions apportées par la jurisprudence apparaissent comme un frein aux possibilités d’applications de cette mesure (b).

Le risque d’une liste limitative est à craindre. Les deux experts ne doivent s’accorder que sur l’une de ces deux caractéristiques. n°12/2005. le pronostic vital doit être engagé à court terme485. tout comme celle de l’engagement du pronostic vital sont vagues et flexibles. d’en bénéficier. mais doivent l’une ou l’autre être reconnues par deux experts différents. in AJP. 28/09/2005. Cet état de santé doit comme le précise le texte de loi soit être incompatible avec le maintien en détention. […] ». 461 « […] le cumul de ces deux conditions n’étant pas nécessaire […] ». la prise en compte de certains types de maladie réduirait encore le champ d’application de cette suspension et les chances pour certains condamnés gravement malades. Par exemple. http://www. Le risque zéro n’existe pas et une rémission est toujours possible.010. Ainsi. Ces conditions sont alternatives. n° de pourvoi 05-81. car deux situations pathologiques semblables pourront ne pas obtenir cette suspension de peine. n° de pourvoi 04-80951.dont le demandeur souffre doit revêtir une certaine gravité. Cependant.crim.gouv. En effet. Cependant.fr/ Cass. Leur différence d’opinion sur l’autre donnée ne doit avoir aucune influence. serait également néfaste. 13/10/2004. p. b – Le risque d’une liste limitative L’appréciation du niveau de la maladie est une donnée dangereuse car floue. La jurisprudence semble être réfractaire à cette condition et a tendance à imposer un cumul de ces deux caractéristiques. D’autre part. donner des précisions trop importantes quant au degré ou au type de la maladie. une liste précise pourrait être tout aussi dangereuse.crim. Trop de précisions pourraient conduire à enfermer les expertises dans un simple jeu de cases à cocher. 484 Cass. Leur imprécision peut être néfaste au condamné. la précision demandée quant au temps restant à vivre au condamné est impossible. Les notions d’état de santé incompatible avec la détention. une pathologie grave ne répondant pas à l’ensemble des critères demandés par le formulaire pourra ne pas être prise en considération et l’individu atteint de cette maladie pourra avoir à rester en prison. Des précisions ont été peu à peu données par la jurisprudence. Suspension médicale de peine : la mort doit survenir à court terme. 106 . mais la Cour de cassation réaffirme ce principe484. 485 « […] C’est nécessairement à court terme que la pathologie dont souffre le condamné doit engager le pronostic vital.legifrance. soit il doit engager le pronostic vital à court terme.

le changement de cadre de vie peut avoir eu des effets positifs sur son état de santé et ainsi avoir provoqué son amélioration. Cette voie de recours est ouverte aux deux parties. un déséquilibre apparaît au niveau de la demande de cette nouvelle expertise. la décision du juge peut être frappée d’appel. Cette surveillance semble normale. Ce dernier est qualifié pour effectuer de telles analyses. Cependant son estimation de la compatibilité de l’état de santé avec le maintien en détention ne peut se faire qu’avec une formation adéquate sur l’univers carcéral486. Cependant. chose logique dans le cadre de l’aménagement d’une peine privative de liberté. Cependant une fois accordée. des améliorations pourraient être apportées dans le but de la rendre plus précise (a) et plus équitable (b). car cet aménagement de peine n’est qu’une suspension. p. Seules des expertises complémentaires peuvent êtres ordonnées dans le cadre de suspension concernant des délinquants sexuels. mais chez lui la plupart du temps. 107 . Il doit cependant se prononcer sur deux notions différentes. La qualification de la compatibilité de l’état de santé avec le maintien en détention est encore plus difficile à évaluer lorsque le condamné ne réside plus en univers carcéral. Le pouvoir d’octroyer cette suspension est concentré entre les mains du juge de l’application des peines compétent. Cependant. Le problème consiste à réévaluer cette compatibilité ou non.2 – L’expertise L’expertise est l’un des éléments essentiels de la procédure. Le pouvoir appartient uniquement aux organes judiciaires. En effet. ne peut demander une contre-expertise. b – Le recours Une fois prononcée. celle-ci peut être révoquée au moyen d’une expertise médicale pour vérifier si les conditions d’octroi de cette suspension de peine sont encore remplies. dans le cadre de la demande d’expertise. aucune expertise supplémentaire ne peut être demandée par les parties. Il s’agit de l’état de santé du condamné d’une part et de la compatibilité de ce dernier avec le maintien en établissement carcéral. Cependant. le condamné se pliant à ces expertises. D’autre part. Sa compétence quant à la qualification de l’état de santé du détenu n’est pas à contester. 103. Le condamné ne peut 486 Voir infra. a – La qualification L’évaluation de l’état de santé du condamné appartient à l’expert.

pour pouvoir apprécier la réelle compatibilité de l’état de santé d’un condamné avec le milieu carcéral. in Le Monde. a . De nombreux progrès ont été faits 487 GUIBERT (N. ainsi qu’une formation complémentaire dans le domaine de la prise en charge de la santé en milieu carcéral (1) seraient envisageable. Cette faculté apparaît comme un obstacle supplémentaire à l’encontre du condamné. 108 . même s’ils se déroulent au sein même de la prison. deux mondes différents se rencontrent. une coopération plus effective entre les deux sphères (2). le retrait de cette suspension après plusieurs années se justifie t il ? B – Une meilleure coopération entre les deux sphères Au sein de cette procédure. Cependant. pendant leur formation à l’école nationale de la magistrature. En effet. A titre d’exemple pour les juges.). ces derniers semblent rester beaucoup trop théoriques. Cependant. il faut pouvoir apprécier ce problème sans préjugés. les soins dispensés à l’intérieur de la prison sont semblables à ceux dispenser à l’extérieur487. un stage en milieu carcéral est possible. L’origine judiciaire de cette demande et de ce contrôle s’explique par le caractère suspensif de la mesure. Le magistrat se doit en effet d’être impartial et respecte ce principe dans sa prise de décision. ce pouvoir de demander une nouvelle expertise ne devrait il pas être contenu uniquement entre les mains du Juge de l’application des peines ? La faculté du parquet de demander au Juge de l’application des peines d’ordonner une nouvelle expertise se justifie par la mission du ministère public de protéger les intérêts de la société et donc sa sécurité. chacun avec leur vocabulaire.Formation Les experts et les juges ayant à se prononcer sur ce type de cas reçoivent une formation dans ce domaine. spécialités…Pour une meilleure utilisation de cette suspension de peine. Cependant. Un détenu malade du sida obtient in extremis le droit de mourir en liberté.refuser de se soumettre à cette nouvelle expertise. permettrait une meilleure appréhension et une meilleure évaluation (b) de la gravité de la demande. 1 – Formation et compréhension Une formation (a) plus précise dans ce domaine. Cependant. le problème fréquent est la prise en compte de la théorie selon laquelle. Les experts en médecine légale sont également préparés au milieu pénitentiaire par le biais de stage. 30/01/2005.

). même si ce dernier garde son pouvoir d’appréciation et de décision intact. « […] Dans le cas des agresseurs sexuels.dans ce domaine. Or « ces médecins ont rarement une bonne connaissance de la vie carcérale » […] ».). éd Le cherche midi. Me Etienne Noël. b – Application pratique Cette formation plus précise permettrait de familiariser encore plus ces deux agents avec le milieu carcéral et ainsi de mieux appréhender les demandes de suspension de peine. Une incarcération ordinaire. Si une meilleure connaissance des conditions de vie et surtout de la santé489 en milieu carcéral était apportée490. Mais c’est surtout la peur de ne pouvoir appeler personne de 17h30 à 7 heures du matin qui habite les détenus. cependant. JARTHON (A. doit cependant être complétée par une meilleure coopération entre la sphère juridique et la sphère médicale. il faut solliciter trois experts psychiatres supplémentaires. «[…] Pour son avocat.org/article. le juge doit se fonder sur les expertises qu’il a ordonnées. les conclusions d’expertises rendues par les experts auraient peut être plus d’influence sur le juge devant décider seul de la suspension. mais doit également s’aider de sa connaissance du milieu carcéral.). En effet. Ainsi. Ainsi. La suspension de peine pour raisons de santé a concerné 83 détenus.L. inciterait peut être plus le juge à accorder cette suspension. « […] Avec l’enfermement on tombe malade pour un oui ou pour un non. le moindre rhume devient un 489 MARBEAU (L. La santé des détenus en sursis. en se prononçant sur l’accord de la suspension de peine. 2006. 26/03/2004. à l’heure actuelle. alors qu’on leur demande précisément de juger si l’état de santé du détenu est compatible avec le régime de détention […] ». Chacun sent bien son impuissance à faire face à un accident. chacun reste dans son domaine. p. le « scandale réside dans la méconnaissance totale qu’ont les juges de la problématique de la suspension de peine. Cette formation complémentaire. de la notion de pronostic vital engagé. le signalement de condamnés dont l’état de santé est incompatible avec la détention par les experts. http://prison. 488 LE FLOCH-PRIGENT (L. in Le Monde.). et dans la vision idéalisée qu’ils ont du système de soins en milieu carcéral […] ».php3?id_article=4644 « […] Or les experts médicaux indépendants « méconnaissent parfois les conditions de vie de prison ». cataclysme parce que tout devient difficile tout seul dans sa cellule vingt-quatre heures sur vingt quatre.eu. 12. 490 GUIBERT (N. et ne semble pas pouvoir ni vouloir pénétrer celui de l’autre. L’appel rencontre le vide et ce sentiment d’abandon est destructeur […] ». 109 . certaines anomalies subsistent. p 110. et la plupart des morts ont lieu la nuit. telles que l’absence de personnel permanent la nuit ou le week-end en prison488.

de la rencontrer ou d'entrer en relation avec elle de quelque façon que ce soit. du juge envers l’expert avec une information de ce dernier sur l’issue de la procédure (b).org/article2093. En effet. http://www.2 – Coopération Une meilleure coopération pourrait être envisagée à deux niveaux. 723-4. 110 . ainsi que des conclusions plus claires permettraient une prise de décision plus facile. lorsqu' existe un risque que le condamné puisse se trouver en présence de la victime ou de la partie civile et qu'une telle rencontre paraît devoir être évitée.actupparis. des expertises ayant été jugées discordantes uniquement du fait de la différence des termes employés […] ». 491 ACT UP PARIS. Cela peut d’ailleurs parfois conduire à un refus de la suspension de peine. La juridiction peut toutefois ne pas adresser cet avis lorsque la personnalité de la victime ou de la partie civile le justifie. a – de l’expert envers le juge Le vocabulaire employé par les experts est pour la plupart inconnu des magistrats.html « […] Une formation en direction des juges d’application des peines (les JAP) pour qu’ils puissent mieux évaluer l’état de santé décrit. Cet avis précise les conséquences susceptibles de résulter pour le condamné du non-respect de cette interdiction. 492 493 Source entretien avec un professionnel Article 720 du Code de procédure pénale. la juridiction adresse à la victime un avis l'informant de cette mesure . ne permettent pas au juge de l’application des peines de prendre sa décision de façon certaine492. les expertises psychiatriques concluant de manière évasive quant au risque potentiel de récidive du condamné. car trop technique. si la victime est partie civile. b – Du juge envers l’expert Les experts ayant rendu leurs expertises dans le cadre de cette procédure ne connaissent pas de manière officielle l’issue de la demande. A cet effet. D’une part de l’expert envers le juge avec par exemple une meilleure lisibilité des rapports d’expertise rendus au juge (a). 721-2. car les termes utilisés sont jugés contradictoires par le juge491. 723-10 et 731. Trop de peines. la décision de jugement n’est adressée qu’aux autorités et au condamné en ayant fait la demande. lorsque la victime ou la partie civile a fait connaître qu'elle ne souhaitait pas être avisée des modalités d'exécution de la peine ou dans le cas d'une cessation provisoire de l'incarcération du condamné « […] En cas d'application des dispositions des articles 720-1 (premier alinéa). D’autre part. Cette décision peut également être communiquée à la victime si le juge le décide493. Des expertises plus lisibles pour un non scientifique. la juridiction interdit au condamné de la recevoir. cet avis est également adressé à son avocat. A titre d’exemple.

leur expertise étant un élément important de la procédure. 1 – L’amélioration des délais Comme pour toutes les affaires traitées par les tribunaux. Dans le cadre de la suspension de peine proposée par la loi Kouchner. part une plus grande rapidité dans le traitement des demandes et une meilleure information et accessibilité de la mesure à l’égard des condamnés permettraient la libération de certains détenus gravement malades plus rapidement (section 1). D’autre. Une réduction des délais d’expertise et de prise de décision par l’autorité judiciaire permettrait également une plus grande rapidité du traitement des demandes (1). Le détenu doit tout d’abord réussir à obtenir la visite d’un médecin et le diagnostic de celui-ci certifiant que son état de santé nécessite un d'une durée ne pouvant excéder la durée maximale autorisée pour les permissions de sortie. Dans la pratique. les délais pour obtenir un jugement sont longs. En effet. cette lenteur se retrouve à la fois au sujet des expertises médicales demandées (a) et ultérieurement lors de la phase de jugement (b). 494 Source entretien avec un professionnel 111 . de nombreuses étapes doivent êtres franchies par le condamné demandeur. notamment si une nouvelle demande d’expertise leur est confiée pour un nouveau dossier de demande de suspension de peine pour raisons médicales concernant le même individu. malgré l’ombre de la prévention de la récidive (2). II – Les évolutions souhaitables et souhaitées L’utilisation de la mesure de suspension de peine de l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale. une prévention et une signalisation plus adéquate des pathologies étaient effectuées au sein de la prison (section 2). ils aimeraient en connaître l’issue finale. A – Rapidité et accessibilité Une accessibilité plus grande pourrait être obtenue en respectant la lettre de la loi tenant à la non prise en compte de l’infraction d’origine. pourrait trouver une meilleure application si d’une part. ils obtiennent cette information de manière non officielle. a – L’expertise Pour obtenir une suspension de peine pour raisons médicales.Les experts avouent494 regretter cette non information.

Actuellement la loi de finance de 2006 a réduit le tarif de ces actes.. En effet. les expertises seront rédigées par l’expert. La plupart du temps. Enfin. « […] Chaque médecin régulièrement requis ou commis reçoit à titre d'honoraires une somme calculée en 112 . ces dernières sont effectuées au sein de l’UCSA de l’établissement pénitentiaire. le second expert ne peut s’inspirer du rapport déposer par le premier. Pour pouvoir pénétrer au sein de la prison. Cela a encore augmenté le délai d’attente d’expertise et de remise des rapports. voire même infime dans certains cas. la fixation des taux d'incapacité et le dépôt d'un rapport . b) Pour une visite judiciaire comportant un ou plusieurs examens d'une victime. le médecin attendant légitimement la rémunération de son travail par le tribunal ayant fait cette demande. ont également la possibilité d’accepter ou de refuser la mission.. 495 Article R. D’autre part. Ainsi. fonction des cotations suivantes : 1º a) Pour une visite judiciaire comportant un ou plusieurs examens et le dépôt d'un rapport C 2. certaines pourront avoir lieu dans la cellule du condamné et parfois avec la présence de gardiens.5 . Une fois ces premiers obstacles passés vient l’un des plus longs : celui des deux expertises distinctes et concordantes attestant de la gravité de son état de santé. C 3. ne sont pas toujours adéquates.5 […] ». mais ne seront déposées que plusieurs mois après. une telle expertise requiert un grand investissement de la part du médecin et la rémunération reçue en conséquence est minime. il est à préciser que la rémunération de ce type d’intervention apparaît de plus en plus infime par rapport au travail fourni. Ce type d’acte est considéré comme un acte d’expertise simple et ne permet au médecin que de toucher une indemnisation forfaitaire495. le médecin devra se plier aux mêmes exigences et formalités de sécurité que de simples visiteurs. Ces deux expertises imposées par l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale sont difficiles à mettre en œuvre. Le médecin expert ayant accepté la mission devra passer beaucoup plus de temps pour une telle expertise effectuée en milieu carcéral. Cependant.aménagement de peine. ce qui n’est pas une garantie du respect du secret médical. que pour une expertise légale ordinaire réalisée au sein de l’institut médico-légal d’un hôpital général. L’expert pourra ainsi mettre plusieurs heures pour accéder au détenu. Cette faculté reconnue aux experts est souvent mise en œuvre par ces derniers. les conditions dans lesquelles ces expertises sont pratiquées. Les deux expertises doivent êtres faites par deux experts distincts et de manière indépendante.117 du Code de procédure pénale. Certaines fois. et ce au détriment du patient. A ce niveau peuvent intervenir des obstacles divers nuisant au bon déroulement de l’expertise et notamment au respect d’un délai raisonnable. Les experts désignés par le Juge de l’application des peines ayant reçu la demande.

31/12/2001. même en cas d’utilisation d’une telle procédure. Certains ne 496 Communiqué de presse 4/03/2004. En principe. 30.). ainsi que celui du condamné. 7. sauf pour Papon. arrive sur le bureau du juge alors que le demandeur est déjà décédé.lutte-ouvriere-journal. Pour ce faire. Cet exemple n’est malheureusement pas isolé. […] » 502 PRIEUR (C. 75 % des personnes obtenant une décision de suspension de peine dans un délai inférieur à 3 mois […] ».senat. les délais de réponses sont beaucoup trop longs et conduisent souvent à la mort du patient avant l’obtention d’une réponse501.b – Le jugement Une fois les deux expertises obtenues. Source entretien avec un professionnel. Enfin. de la demande de suspension à la décision finale.fr/presse/com040304b.htm significative : ils varient entre deux et cinq mois […] ». il faut obtenir l’accord du procureur.justice.html « […] Le délai peut varier de 4 jours à 8 mois. sont en baisse 497 Projet de loi de finances pour 2006 : Un effort pour améliorer les conditions de détention http://www. le procureur doit donner son accord499 pour l’octroi de cette mesure500. le Parquet demande toujours un débat et la présence du condamné. Cette procédure d’urgence est toujours possible498 et ce pour n’importe quelle requête.Parfois. p.. Elle permet de réduire ce délai parfois à un ou quatre jours. octroyer l'une de ces mesures sans procéder à un débat contradictoire […] ». cependant. Une procédure d’urgence existe. 113 . le juge doit les examiner et se prononcer sur la demande de suspension présentée devant lui. in Le Monde. 500 501 Source entretien avec un professionnel.org/article. La fille d’un détenu mort d’un cancer en prison dénonce la manque d’humanité de la justice. Sort des détenus : l'État impitoyable. avec l'accord du procureur de la République et celui du condamné ou de son avocat.. http://www. RETESSE (A. La moyenne de traitement d’une telle demande se situe donc entre deux et cinq mois496. certaines décisions peuvent n’être rendues qu’à l’expiration d’un délai de huit mois497.php?LO=1900&ARTICLE=15 « […] Certains meurent en prison avant d'avoir obtenu le résultat de leur recours. Cependant. Un condamné est ainsi décédé avant d’avoir pu assister à une audience ayant pu lui octroyer cette libération502. la décision du juge intervient dans un délai inférieur à trois mois. 498 A titre d’information : En général.fr/rap/a05-104-4/a05-104-48. Il faut également que le dossier soit en l’état d’être traité (expertises…). http://www.gouv.). 499 Article 712-6-2 du Code de procédure pénale « […] Le juge de l'application des peines peut. la demande complétée des deux expertises nécessaires. au Tribunal de grande instance de Lille. « […] Les délais moyens d’instruction.

ni la dangerosité potentielle du condamné ne devrait être pris en compte (b). La plupart n’obtiennent pas cet aménagement tant que la période de sûreté n’est pas accomplie et ce au mépris des dispositions de cette loi qui justement permet d’utiliser cette mesure pour de tels détenus. a –En principe cette loi concerne tous les prof ils pénaux Le but premier de la loi est de permettre à n’importe quel condamné se trouvant dans un état de santé critique. La première rédaction de la loi illustre cette volonté. la réalité semble être tout autre. Il a tout d’abord affirmé que la suspension de peines pour raisons médicales était largement utilisée par les magistrats et concernait toutes sortes de profils pénaux. En effet. ni le reliquat de la peine n’est à prendre en considération pour décider de l’accord de cette mesure. il est précisé implicitement que ni l’infraction à l’origine de la condamnation.parviennent à franchir les portes de la prison que pour rejoindre l’hôpital le plus proche et y meurent quelques jours après503. p. in Le Monde. seul est à prendre en compte le niveau de l’état de santé du condamné. Cependant. beaucoup ont une période de sûreté non encore épuisée. ainsi ni l’origine de sa condamnation (a). de pouvoir bénéficier de soins appropriés et de ne pas avoir à mourir dans les murs de la prison. 7 504 « […] Dominique Perben.La seule prise en compte de l’état de santé Dans la lettre de la loi d’origine. 114 . De nombreux détenus voient leur demande refusée pour des motifs d’ordre médical non remplis. in AJP.). n°1/2005. Suspension de peine pour raisons médicales. Un détenu malade du sida obtient in extremis le droit de mourir en liberté. Ce principe d’universalité de cette mesure est rappelé à nombreuses reprises par des acteurs politiques. 30/01/2005. Les nouvelles conditions ajoutées par la loi et la pratique de la jurisprudence tendent à démontrer l’inverse. Ces condamnés doivent alors multiplier leurs demandes ou attendre l’écoulement de cette période pour introduire un autre type de 503 GUIBERT (N. Mais au regard des divers demandeurs. 2 . a apporté des précisions sur son utilisation. tels que le ministre de la justice lui-même504.[…] ».

506 507 508 Voir supra.demande505 celui de la libération conditionnelle pour raisons médicales506. certaines influences politiques sont notables à l’égard de détenus condamnés pour crimes de mêmes importances. seul le ministre de la Justice pouvait se prononcer […]». 76. Nathalie Ménigon : l’oisillon décharné. p. 509 510 HERZOG-EVANS (M.). 1788 « […] Jusqu’en juin 2000.php3?id_article=29&titre=Nathalie-Menigon-L-oisillon « […] Aucun barreau de prison ne sautera. La Loi et la Justice pour les détenus d’Action Directe. 115 . la pratique démontre que les auteurs d’infractions sexuelles n’ont que peu de chances de pouvoir obtenir cette suspension507. C’est une évidence. comme étudié précédemment. http://www. l’influence de l’opinion publique et des victimes a largement contribué à cette évolution. mais des personnes ayant perpétré des attentats terroristes en ont été privées509. une personne condamnée pour crime contre l’humanité a bénéficié de cette mesure. la justice qui les a condamnés se transformerait en vengeance. il est temps de reconnaître à ces hommes et à ces femmes le bénéfice de l'égalité devant la loi. et de l’ingénieur général René Audran. Cette clause longtemps sous entendue par les juges du fond a été élevée au rang de condition à prendre en compte dans le cadre de l’octroi de la suspension de peine pour raisons médicales.fr/journal/2005-01-06/2005-01-06-454206 « […] Nathalie Ménigon a été condamnée à perpétuité pour les assassinats du PDG de Renault. condamnée à se faire une nouvelle fois la malle !. in L’Humanité.fr/felina/doc/just/nathalie_menigon. le régime des libérations conditionnelles était articulé autour d’une distinction entre les longues et les courtes peines.. Juridiction nationale de la libération conditionnelle : une procédure boiteuse. Par exemple. 6/01/2005. De plus. b –La prise en compte de la dangerosité La première rédaction de la loi du 4/03/2002 ne comprenait aucune disposition relative à la prise en compte de la dangerosité du condamné demandeur.htm « […] Plus de 20 ans après les faits.e-torpedo. Dormez tranquilles avec votre conscience.. Son prochain combat. À défaut. Certains candidats ont parfois plus de chances que d’autres alors qu’ils ont les mêmes caractéristiques. p. Un autre élément est également pris en compte pour certains détenus. pour les longues peines. une inégalité existe entre eux508. Elle pourra alors demander à bénéficier d’une mesure de libération conditionnelle. Ainsi. Sa période de sûreté de dix-huit ans doit s’achever début mars.presse.humanite. n°22. MAÏ (f. L’un des 505 MOULOUD (L. tandis que.[…] ».net/article. le juge de l’application des peines (JAP) était compétent. […] ».orange. Voir supra. in D. http://perso. « Et ron et ron et ron petit paPapon… ». Pour les courtes peines. Ménigon fait la grève des plateaux. Georges Besse.[…] ». introduction. La primauté reconnue à une époque au Garde des sceaux pour accorder ou non une libération conditionnelle aux condamnés pour une peine de longue durée510 semble se retrouver au niveau de cette influence qu’exerce le pouvoir politique sur le monde judiciaire. La Loi Kouchner sous influence. il s’agit de l’infraction commise.). En effet. http://www.).2002.

fr/ pour viol commis par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime. in RPDP.legifrance.legifrance. En effet. Presses Universitaires d’Aix-Marseille. Sa faute d’appréciation ne sera cependant pas une faute personnelle. n° de décision 2002/00269.fr/ En ce sens Maurice PAPON a bénéficié de cette mesure de suspension de peine après avoir purgé 2 ans d’une peine de 10 ans de réclusion criminelle. Les juges ont à plusieurs reprises tenté de préciser que le condamné présentait ou non des risques de récidive. La suspension médicale de peine et la sécurité publique état des lieux. Certains ont été condamnés à des peines de dix ans de prison ou de réclusion criminelle à perpétuité et bénéficient de cette suspension au début de leur peine511. p405. ces derniers n’ont pour la plupart préparé aucun projet de sortie. in HERZOG-EVANS (M.gouv.. un juge ayant refusé de tenir compte des résultats d’une expertise et ayant passé outre ces conclusions pourra voir sa responsabilité engagée. inédit. n° 03JLC056. juin 2005. 512 JAP Toulouse 23/05/2002. COCHE (A.). dans une affaire G. 511 Cass. « […] Si l’Etat est civilement responsable des dommages causés à l’égard des tiers par les délinquants dont la dangerosité a été mal évaluée. Cette erreur d’appréciation ne rentre pas non plus dans la typologie des fautes disciplinaires […] ». avait-elle rejeté une demande de suspension médicale au motif que persistait chez le condamné une dangerosité criminologique établie par une expertise […] ». p 144 http://www. en cas de libération conditionnelle.gouv. […] « […] Condamné le 25 février 2000 par la Cour d’Assises de la GIRONDE à la peine de 8 ans d’emprisonnement Vu le rapport d’expertise médico-psychiatrique …] ». le Juge de l’application des peines doit évaluer si le condamné manifeste « des efforts sérieux de réadaptation sociale514 » et si il est apte à réintégrer la société avant l’expiration de sa peine. le juge pourra être sanctionné. p 309. Si une erreur d’appréciation flagrante a été commise sur l’aptitude du condamné à rejoindre la société. A titre d’exemple. 116 . Le fondement de cette revendication est la responsabilité qu’a le juge qui octroie cette suspension. En effet. Une catégorie de condamné avait déjà été mise à l’écart car nécessitait une expertise médico-psychiatrique512. En effet. « […] Ainsi.). Ils n’ont donc aucunement préparé avec les services pénitentiaires un projet de sortie. sa faute n’est pas une faute personnelle mais une faute de service. Affaire G. mais une faute de service515. n°2. BC 2003. n° 37. le dossier du juge sera consulté. La détermination de la dangerosité des délinquants en droit pénal. il peut être imaginé qu’un Juge de l’application des peines refuse de prendre en compte les avis négatifs des experts et décide d’élargir le condamné. 2005. http://www.arguments avancés au bénéfice de cette prise en considération de la dangerosité du condamné est le problème de la sortie sèche de ces détenus.crim. 12/02/2003. le magistrat qui a commis l’erreur d’appréciation ne l’est pas. ni même compris le sens de leur peine. Au regard de la suspension de peine pour raisons médicales. Etude en droit français. de dangerosité513 pour la société. n° de pourvoi 02-86531. En cas de problèmes ultérieurs tel que la récidive du condamné. 514 515 Article 729 du Code de procédure pénale. il s’agit des délinquants sexuels. 513 JNLC 11/07/2003.

des améliorations relatives à la santé des détenus sont à apporter tant au niveau interne (a). a 517 518 519 Voir supra. […] ». Les conditions de détention en France. Dominique Perben. […] ». dont l’objectif était « d’assurer aux détenus une qualité et une continuité de soins équivalents à ceux offerts à l’ensemble de la population »518. De nos jours. a – L’amélioration de la détection des maladies La prévention et la détection des maladies en univers carcéral sont des problèmes récurrents et anciens517. un bilan de santé est dressé519. Le guide du prisonnier. notamment si des troubles psychologiques. Le grand changement dans ce domaine a été opéré avec la loi du 18/01/1994.B – Une meilleure prise en charge de la santé dans l’univers carcéral Pour mener à bien et parvenir à étendre le champ d’application516 de cette suspension de peine. des efforts considérables ont été faits et le sont encore dans le cadre de la prévention des maladies. qu’au niveau externe (b) de la prison. 520 Ibid. le condamné a la possibilité de rencontrer l’équipe médicale existant au sein de la prison (l’UCSA). Ce dernier permet de connaître l’état de santé général de l’individu520 et de prendre les mesures particulières s’imposant à son cas et ce dans la mesure du possible. de contrôler l’état vaccinal. à l’arrivée d’un détenu en prison. de nombreux efforts ont été faits dans ce domaine. introduction. 1 – Au sein de la prison Au cœur même de la prison. p. p. […] ». Qu’est ce que la visite médicale des détenus arrivants ?. « […] Après deux années d’application de la loi du 4 mars 2002. Au sein de la prison et durant son incarcération. éd. n°4/2004. Ces visites sont possibles. mais ne 516 Suspension de peine pour raisons médicales. des problèmes d’alcoolisme ou de toxicomanie sont dépistés. La Découverte. 117 . OIP. juin 2004. de proposer une consultation spécialisée. éd. 116 OIP. A titre d’exemple. ministre de la Justice. 242 « […] La première visite médicale doit avoir lieu dans les plus brefs délais après l’écrou afin de déceler les risques suicidaires. ainsi que toute affection contagieuse ou évolutive nécessitant des mesures d’isolement ou des soins urgents. p. « […] La visite d’entrée doit être l’occasion de pratiquer un véritable bilan de santé. La Découverte. in AJP. épidémies (a) et dans le domaine de l’amélioration de la prise en charge de détenus malades (b). 131 annoncé son souhait de voir se développer les suspensions de peines pour raisons médicales. octobre 2005.

De plus. 523 GUIBERT (N. après avoir purgé une peine de neuf mois. b – Amélioration de la prise en charge des détenus malades Avec la maladie et la vieillesse. Il serait souhaitable d’instaurer un système d’examen médical complet obligatoire et régulier pour l’ensemble des condamnés.crim.Bianchi devait sortir de la maison d’arrêt en septembre. il est mort d’un cancer généralisé. Lucien Bianchi ‘avait jamais été malade.gouv.fr/ KOUCHNER (B. Ainsi. Ed Robert Laffont. 26/03/2004. p 204 118 . elles font également l’objet d’une déclaration obligatoire. 13/10/2004. des propositions de test de séropositivité sont faîtes. p 254 « […] Les détenus atteints de tuberculose sont nécessairement confinés en cellule sur avis médical. décédé à 75 ans. une lacune importante existe dans le domaine de la prévention et plus précisément de la détection des pathologies graves523. Il lui faut d’autre part avoir les capacités physiques de se rendre au sein du cabinet spécialement aménagé ou parvenir à obtenir la visite du médecin au sein même de sa cellule. en juin.). certains dépistages sont obligatoires comme celui de la tuberculose ou de certaines MST. http://www. Le médecin de la prison de Mont-de-Marsan lui a prescrit un traitement contre la bronchite.sont pas obligatoires. Cependant. in Le Monde. M. Dans le cas précis de la tuberculose. L’avocat d’un détenu leucémique : «Il n’aspire qu’à une seule chose : mourir dehors.legifrance. les facultés d’une personne diminuent peu à peu. Des progrès importants ont été faits également dans le domaine de la prévention. avant que les juges aient eu le temps d’examiner sa demande de libération pour raisons médicales […] ». une demande 521 Ibid.). « […] Quant aux personnes pour lesquelles la séropositivité au VIH a été dépisté pendant la détention. seront également répertoriées522. Des conseils sont donnés aux détenus par l’équipe médicale. Il est admis que « l’âge n’est pas une maladie […] « mais une fin de vie naturelle »525. […] ». Le médecin prescrit les mesures appropriées pour éviter tout risque de contamination des détenus et du personnel. une personne atteinte de cette anomalie sera répertoriée et pourra être confinée. la prévention et l’information sont primordiales. Personne ne s’est affolé :à 75 ans. dans des conditions dignes » Lucien Bianchi. ainsi cela ne dépend que du bon vouloir du condamné de vouloir rencontrer un médecin.Cass. n°de pourvoi 04-80951. Des personnes s’étant soumise au test du sida. […] ». Ainsi. 522 Ibid. dans le but de protéger les autres détenus ou le personnel pénitentiaire521. Ainsi. 524 525 . Quels sont les dépistages obligatoires? . 2002. les pathologies diverses pourraient être soignées en amont et ainsi éviter une aggravation. p 12. « […] Il a commencé à tousser au début du mois de mars 2003. Mais. Le premier qui dit la vérité…. Un sujet à risque524 pourrait ainsi recevoir des conseils adaptés et se soigner dans le cadre d’une prévention. à l’hôpital de Fresnes.

p. se développe un sentiment de haine de plus en plus fort envers la société le laissant dans cet état en prison. p. op. septembre 2001. Les prisons dîtes spécialisées dans l’accueil de détenus malades. libéré pour problèmes cardiaques. des visites régulières à l’hôpital sont nécessaires comme par exemple pour un condamné devant être dialysé trois fois par semaine. aux cours de promenades. il a de la peine à monter les escaliers (deux étages) nécessaires pour se rendre au parloir. Ses trois extractions lui sont accordées d’office.fr/ « […]. aux parloirs pour les personnes dont l’état physique se dégrade527. sera recevable et pourra quelquefois être acceptée526. in Petites affiches. plutôt qu’une volonté d’amendement. Cependant. des couloirs étroits ne permettront pas à une personne en fauteuil roulant de se déplacer convenablement. comme le sont les chambres dans les UHSI. une requête déposée pour problèmes cardiaques provenant de la vieillesse. cela se fera au préjudice d’autres détenus attendant pour aller passer « […] En aucun cas de la vieillesse ou de grand âge qui ne sont pas une maladie. à la limite de l’incapacité. 14 « […] Depuis trois mois. et qu’ils ont conclu que faute de structures carcérales adaptées existant en France. CEDH 7/06/2001. qui souhaitait savoir si l’état de santé de Y… X… serait compatible avec une incarcération en milieu spécialisé. Parfois des gestes courants peuvent devenir complexes.[…] ».Que les experts ont déposé un rapport complémentaire à la demande du juge de l’application des peines. Ainsi. 125 détenu trois fois par semaine »qui « empêchaient les extractions médicales pour d’autres détenus dans les « […] Durant l’année 2003. http://www. Avant d’octroyer cette suspension. Pour ces détenus malades. il manifeste quelques épisodes de douleurs thoraciques […].. telles que la prison de la Santé sont des solutions permettant d’éviter d’accorder la suspension de peine pour raisons médicales à des détenus souffrants. Cette difficulté à monter les étages. Des améliorations pourraient ainsi êtres apportées quant aux possibilités d’accès aux étages. la détention en milieu spécialisé ne leur paraissait pas envisageable. Cependant. au centre de détention de Riom (Puy-de-dôme). mais une fin de vie naturelle. L’univers carcéral plus que tout autre est hostile pour ce genre d’incapacités. ces extractions vers un centre de dialyse sont puisées sur le quota d’extractions générales de l’établissement529. d’autant qu’au repos. la peine a-telle encore un sens à l’égard d’un prisonnier gravement malade ? Le détenu est il encore capable de comprendre sa peine d’effectuer un travail de resocialisation ? Il semble que non. ce sont « les séance de dialyse d’un 119 . Les conditions de détention en France. Maurice Papon c/France.fondée sur le seul âge du patient n’est pas recevable. 529 OIP. n° de pourvoi 2002/09562. En effet. Concernant. a entraîné l’arrêt de toute promenade. des chambres spécialisées pourraient êtres construites au sein même de la prison. car ce traitement est nécessaire à sa survie. 526 527 En ce sens Maurice Papon. ces condamnés malades.legifrance. » 528 CA Paris 18/09/2002. n°188. Cependant. Ainsi.gouv. cit. les autres possibilités d’accueils dans les établissements pénitentiaires spécialisés sont étudiées528.

Ces dernières sont néfastes au détenu et à la société. 2 – A la sortie de la prison La mesure de suspension de peine offerte par la loi du 4/03/2002 n’est pas fréquemment accordée par les juges. si ce nombre d’extraction se doit d’être maintenu pour prévoir les effectifs. a – La préparation d’un projet de sortie Le condamné bénéficiant de l’aménagement de peine proposé par la loi Kouchner peut sortir de la prison si son état de santé est estimé incompatible avec la détention. La préparation d’un projet de sortie du condamné (a). cela aide le condamné à préparer son retour au sein de la société et à comprendre le mêmes créneaux horaires et réduisaient fortement l’accès aux soins ». Cela pourra notamment avoir des conséquences graves. […] ». On parle alors de sortie sèche. il serait préférable de ne pas inclure ces malades spéciaux devant subir de extractions régulières pour soins dans le quota d’extraction dîtes normales. Ainsi. un détenu n’ayant pas travaillé sur le sens de sa peine avec l’aide du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation (SPIP) et se retrouvant en milieu libre sera plus enclin à commettre une infraction. ainsi que la construction de structures d’accueil pour ces personnes sortantes (b) pourraient permettre une meilleure utilisation de cet aménagement de peine. tel qu’un IRM. 120 . car la maladie naissante ne pourra pas être traitée à temps530. pour lui trouver un logement ou un emploi à la sortie de la prison. ajoutant : »cela peut entraîner des conséquences graves notamment en ce qui concerne les personnes suspectées d’être atteintes de l’hépatite C puisque le test n’est réalisable qu’à l’hôpital ». Il serait préférable d’une part de ne pas poser de quotas d’extraction. Mais dans la mesure du possible. […] ». ni même ses efforts pour se réinsérer au sein de la société. En milieu fermé. ni forcement mise à exécution suite à son prononcé. L’individu n’est donc pas préparé à retourner à la vie extérieure à la prison. son comportement au sein de la prison n’est pas pris en compte. En effet. 530 Ibid « […] « les attentes peuvent durer un an ». Le SPIP intervient à la fois en milieu ouvert et en milieu fermé.un examen médical précis. Le travailleur social apporte son aide au condamné et l’aide à construire un projet de sortie. ce dernier aide le condamné dans ses démarches pour obtenir une suspension ou remise de peine.

sens de sa présence au sein de la prison. Cela évite ainsi des sorties dîtes sèches, brutales, pouvant conduire à un rejet de la société et à la commission de nouvelles infractions. Dans le cadre d’une suspension de peine pour raisons médicales, le type d’individu visé est le condamné libéré non pour pronostic vital engagé à court terme, mais pour incompatibilité de suivi du traitement avec le milieu carcéral. Ce dernier pourrait encore avoir les forces et la condition physique nécessaire pour commettre une infraction531. Cette suspension de peine pour raisons médicales n’est pas « une mesure fondée sur la resocialisation du condamné 532». Cela explique en partie le refus de certains juges à appliquer la lettre de manière large533. C’est pour cela que la loi du 12/12/2005 a ajouté aux conditions de fond celle relative à la prévention de la récidive. Cependant, la meilleure solution serait un travail continu sur le sens de la peine et ce dès l’incarcération du condamné, même pour les peines les plus longues. Des peines de prison plus courtes et plus intensives ne seraient elles pas préférables534 ? Et ne permettraient elles pas d’éviter de telles procédures de suspension de peine de dernière chance ? Les juges seraient plus enclin à accorder cette mesure une fois la période de sûreté passée ou si le détenu à déjà effectué un certain temps au sein de la prison et a commencé un travail sur lui-même. Malgré ces obstacles, certaines demande aboutissent à un accord, cependant un autre problème apparaît : celui du logement du condamné malade libéré. b – La recherche d’un lieu d’accueil Une fois la mesure de suspension de peine de l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale admise par la juridiction concernée, le condamné peut de droit sortir de la prison et recouvrer la liberté. Cependant, certains condamnés gravement malades ayant obtenu cette suspension restent en prison car ils ne peuvent se loger à l’extérieur535. Certains parviennent à être admis à
531

HERZOG-EVANS (M.), Suspension médicale de peine : la mort doit survenir à court terme, in AJP, n° 12/2005, p. 462

« […] Elle se fonde plus encore sur la forte crainte qu’il puisse représenter un risque pour l’ordre public en raison d’une persistance de sa dangerosité : un condamné encore suffisamment valide, quoique appelé immanquablement à mourir, pourrait encore commettre une infraction. […] ».
532

BOULOC (B.), LEVASSEUR (G.), STEFANI (G.), Droit pénal général, 18ème édition, septembre 2003, p. 598. HERZOG-EVANS (M.), op. cit. p. 461

533

« […] La « frilosité » des juges s’explique par le malaise qu’ils ressentent à l’idée d’élargir un condamné uniquement pour des raisons sanitaires et humanitaires, alors même que, par hypothèse, il ne lui est pas demandé de projet d’insertion et n’offre aucune garantie comportementale. […] ».
534 535

Voir infra, conclusion. Act Up-Paris, Suspension de peine, http://www.ac.eu.org/article.php3?id_article=90

121

l’hôpital pour pouvoir sortir de la prison après l’obtention de leur suspension, cependant cet univers hospitalier ne leur convient pas plus, s’ils n’ont pas à y résider536. La prison isole les gens. Les détenus se retrouvent le plus souvent sans famille, sans aucun soutien. Les divers transferts au sein des prisons de France les éloignent de leur lieu de résidence d’origine et de ce fait de leur famille. De plus, les contacts avec l’extérieur sont limités. Ainsi, à la fin de sa peine ou lors d’une telle suspension de peine, le condamné se retrouve la plupart du temps seul à l’extérieur. Il n’a pas de lieu d’hébergement537, ni d’argent pour se loger538. Certains parviennent à se loger chez des parents539 ou dans des structures spécialisées. Cependant, ces structures spécialisées sont peu nombreuses et très onéreuses. Des maisons de retraites spécialisées existent, mais la plupart sont à la fois très chères et également

« […] un autre détenu, également malade, vient de bénéficier d’une suspension de peine. Sa pathologie lourde nécessite une prise en charge dans un appartement thérapeutique. Aucune place n’a pu lui être trouvée. Faudra-t-il qu’il décède en prison pour qu’enfin les structures d’hébergement, et les institutions de tutelle se décident à libérer une place ? […] ».
536

DARMON (L.), La vie suspendue à une peine, http://prison.eu.org/article.php3?id_article=6552

« […] Il s’appelle Oumar. Il est paraplégique. Toutes les réductions de peine dont il aurait dû bénéficier pour sortir de prison ont été supprimées afin de ne pas avoir à le laisser seul, en fauteuil, dans la rue. Hors de l’univers carcéral, personne ne l’attend. Un an après l’annonce de sa suspension de peine, il a fini par être accueilli par un hôpital - lui qui n’a pas besoin d’hospitalisation - et quelques mois plus tard, par une association […] ».
537

Act Up-Paris, La suspension de peine, http://www.actupparis.org/article1654.html disposer d’un hébergement à leur sortie de prison, alors que des médecins ont avéré l’incompatibilité de leur état de santé avec le maintien en détention, ou même que des juges d’application des peines ont octroyé aux personnes des suspensions de peine. […] ».

« […] En effet, nous constatons aujourd’hui qu’un grand nombre de malades restent en détention faute de

538

http://www.syndicat-magistrature.org/Crew/Doc/499=dossier-presse-suspension.pdf

« […] Autre difficulté observée, la plupart des bénéficiaires potentiels sont des condamnés à de lourdes peines, ne disposant que de ressources financières très limitées et généralement sans aucun soutien familial. […] ».
539

JAP Toulouse 23/05/2002, n° de décision 2002/00269, http://www.legifrance.gouv.fr/ installation à X où Madame B, préretraitée de FRANCE-TELEC0M est propriétaire d un pavillon, la perception mensuelle d'une somme globale de plus de 1500 euros tirée d une pension de retraite militaire et d'une rente d invalidité, et enfin la proximité d'un centre hospitalier particulièrement adapté aux pathologies présentées devraient apporter à sa sortie toutes les conditions d'une prise en charge médicale satisfaisante,tout en lui assurant une vie décente. […] ».

« […]Le soutien dévoué de sa compagne, également entendue lors de l'audience, les conditions matérielles de son

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réfractaires540 à l’idée d’accueillir dans leurs murs des anciens délinquants et parfois même des criminels541. La volonté du pouvoir politique de créer des hébergements spécialisés et de faciliter la sortie de ces détenus particuliers est fréquemment réaffirmée542. Cependant, la carence persiste. Dans la pratique, l’hébergement de ces condamnés se fait par le biais d’association telles que la croix rouge543, le Secours Catholique. Celles-ci travaillent en relation avec les SPIP544, qui essaient de trouver un hébergement convenable aux détenus ayant bénéficié de cette suspension545. Actuellement, un projet de construction d’hôpitaux-prisons est en cours d’étude546. Cela permettrait certes à ces détenus d’être soignés comme dans un hôpital ordinaire, cependant
540

http://www.syndicat-magistrature.org/Crew/Doc/499=dossier-presse-suspension.pdf

« […] De plus, les maisons de retraite médicalisées s’avèrent réticentes à l’idée d’accueillir des personnes ayant commis des délits graves. […] ».
541

GUIBERT (N.), JARTHON (A.N.), La suspension de peine pour raisons de santé a concerné 83 détenus, in Le Monde, 26/03/2004, p 12,

« […] Les intervenants butent enfin sur le manque d’hébergement offerts aux détenus. Dans le cas de personnes âgées qui ont perdu toute attache familiale au long de leur peine ou pour les malades sans ressources, l’entreprise devient une gageure. « En toute sincérité, ces personnes ne correspondent pas aux profils de ceux que nous accueillons habituellement », concède une responsable de maison de retraite […] ».
542

Suspension de peine pour raisons médicales, in Actualité Juridique Pénale, n°4/2004, p. 131

« […] Après 2 années d’application de la loi du 4 mars 2002, Dominique Perben, ministre de la Justice, a annoncé son souhait de voir se développer les suspensions de peines pour raisons médicales, et améliorées les conditions de sortie de ses bénéficiaires. […] ».
543

Suspension de peine pour raison médicale, in AJP, n°7-8/2005, p. 259

« […] Par ailleurs, la direction de l’administration pénitentiaire travaille à la mise en place de deux projets d’hébergement pour les personnes détenues âgées sortant de prison, en partenariat avec la Croix-Rouge française et l’Association aux personnes en voie de réinsertion (APERI). […] ».
544

Circulaire n°27 DHOS/DGS/DSS/DGAS/DAP du 10 janvier 2005, relative à l’actualisation du guide méthodologique relatif à la prise en charge sanitaire des personnes détenues et à leur protection sociale, http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/detenus_protecsociale/circ27.pdf

« […] La mesure de suspension de peine pour raisons médicales […] s’appuie sur un travail partenarial ente les services pénitentiaires et les services médico-sociaux, notamment pour la recherche éventuelle d’un lieu de vie adéquat pour la personne bénéficiaire de la mesure. […] ».
545

Suspension de peine pour raisons médicales, in AJP, n°1/2005, p 7 probation et le service médical de l’établissement.

« […] Une solution de sortie doit être trouvée pour le détenu demandeur avec le service d’insertion et de

La question de l’accueil des personnes démunies se pose, et le ministère travaille à la recherche de partenaires associatifs pouvant proposer des solutions d’hébergement. […] ».
546

Act Up-Paris, Suspension de peine : triste anniversaire ! , http://www.actupparis.org/article1905.html

123

124 . et la construction de nouveaux lieux d’enfermement.est-ce réellement la solution ? La peine prononcée peut-elle encore être exécutée par ces condamnés ? A-t-elle encore une utilité pour le condamné ou pour la société ? « […]l’inquiétante obstination du Ministre de la Justice et du Ministère de la Santé à ne répondre à ce grave problème de société que sont les détenus gravement malades ou en fin de vie que par le projet d’hôpitauxprisons. […] ».

en l’espèce.afin de résoudre des situations médicales lourdes et ou des situations de fin de vie. 548 DARMON (L. que la dangerosité supposée de la personne. une situation carcérale « humiliante pour la République » et « indigne de la patrie des droits de l’homme » […] ». le critère de la santé supplante toutes les autres considérations : tant la nature de l’acte qui a conduit à la prison. Son maintien en détention. 125 .en faisant sauter les verrous qui régissent les libérations conditionnelles . 547 PRIEUR (C. La France a notamment été condamnée le 11/07/2006549 pour traitement inhumain et dégradant à l’encontre d’un condamné souffrant de pathologies de nature psychiatrique et n’ayant pas reçu un encadrement suffisant et adéquat550.org/article. Rivière contre France.). explique l’esprit de cette loi : « Il s’agit une loi humanitaire d’exception.. in Le Monde. 7/03/2002.htm « […] En définitive. La France condamnée pour « traitements inhumains et dégradants ». 13/07/2006. la Cour est d’avis que les autorités nationales n’ont pas. Elle suppose que la peine n’a plus de sens lorsque les détenus sont trop malades et que c’est une question de dignité humaine que de les en libérer.). La vie suspendue à une peine. http://www. Cette mesure créée sous l’influence de rapports alarmants547 concernant la prise en charge de la santé en milieu carcéral et d’une possible nouvelle condamnation de la Cour Européenne des droits de l’homme a été perçue comme un espoir de sortie pour les condamnés de longue peine548. le projet de loi pénitentiaire ne sera pas présenté en conseil des ministres. après six mois de commission d’enquête parlementaire en juillet 2000. 549 CEDH 11/07/2006. La Cour conclut en l’espèce à un traitement inhumain et dégradant en raison du maintien en détention dans les conditions examinées ci-dessus […] ». assuré une prise en charge adéquate de l’état de santé du requérant lui permettant d’éviter des traitements contraires à l’article 3 de la Convention. in Le Monde. n° de requête 33834/03.groupeinfoasiles..php3?id_article=6552 « […] Pour la première fois.CONCLUSION Le nouvel aménagement de peine proposé par la loi du 4/03/2002 a permis une grande avancée dans le traitement de pathologies lourdes ou engageant à court terme le pronostic vital de certains condamnés. et malgré des efforts d’adaptation non niables et qu’elle se garde de sous-estimer. le temps de leur éventuel rétablissement […] ». juge d’application des peines au tribunal de Créteil et vice-présidente de l’Association nationale des juges d’application des peines (Anjap).eu. « […] L’émotion avait été si vive que députés et sénateurs dénonçaient. sans encadrement médical actuellement approprié constitue dès lors une épreuve particulièrement pénible et l’a soumis à une détresse ou à une épreuve d’une intensité qui excède le niveau inévitable de souffrance inhérent à la détention. Retardé à plusieurs reprises.org/allfiles/jugements/060711CEDHriviere33834-03. 550 GUIBERT (N. Marie-Suzanne Pierrard. dans cette loi. qui doit permettre d’agir en urgence . p 14. http://prison.).

552 GUIBERT (N. in Le Monde. celle de la nécessité de fixer un âge limite pour l’incarcération. La pratique judiciaire est.). 554 La libération des détenus âgés. A l’heure actuelle. de nouvelles conditions sont venues s’ajouter à celles fixées par le texte d’origine. il n'existe pas de limite d'âge pour l'exécution d'une condamnation. 20/09/2002. http://www. éd Albin Michel. 126 . p. La prison.). la question de prévoir un âge limite d’incarcération se pose. Une clémence applicable à d’autres détenus. Cette loi perçue comme une nouvelle chance pour les condamnés551. 553 GUIBERT (N. ZOUMMEROFF (P. Le système pénal français ne prévoit pas d’âge maximum pour incarcérer une personne554.html#toc0 « […] En France. En effet. ils seront encore en prison à un âge très avancé […] ». La surpopulation carcérale.). Les personnes concernées peuvent être des hommes entre 50 et 60 ans. son caractère humanitaire n’est plus qu’un lointain souvenir. Elle ne s’applique que très rarement et dans des cas souvent pathétiques. 551 PRIEUR (C. mais aussi pour l'obtention d'une décision judiciaire de libération conditionnelle […] ». « […] Pour les détenus en fin de vie. 2006. 6/07/2006. La population carcérale est de plus en plus âgée552 et nombreuse553. Les détenus âgés ne peuvent donc pas se prévaloir de leur âge pour obtenir une libération. au regard de la population carcérale vieillissante et au regard des nombreuses contraintes liées à l’âge ne pouvant être traitées en milieu pénitentiaire.fr/lc/lc98/lc980. la jurisprudence et le législateur ont contribué à la réduction de son application. doit désormais respecter d’autres conditions telles que la prévention de la récidive. En revanche. L’étude établit que les plus de 50 ans ont augmenté deux fois plus vite que dans l’ensemble de la population française […] ». sous ses aspects de loi permissive et compte tenu de ses nombreuses restrictions ultérieures. il s’agit d’une petite note d’espoir […] ». « […] La population pénale vieillit. Cependant. 10. En effet. in Le Monde.). l'état de santé peut être pris en compte non seulement pour l'octroi de la grâce présidentielle. ça n’arrive pas qu’aux autres. Cependant son champ d’application s’est petit à petit fermé et elle est devenue une mesure très exceptionnellement appliquée et applicable. reflet des politiques pénales. Cette mesure ne devant prendre en compte que des critères médicaux. 160 « […] Que faire des malades ? Marie Suzanne Pierrard avance une explication au vieillissement de la population carcérale française :de plus en plus de personnes sont condamnées pour des délits et crimes sexuels. s’est révélée être une véritable boîte de Pandore. que si le demandeur n’est plus en état d’aller et venir à son grès.Cette suspension de peine pour raisons médicales a été à ses débuts qualifiée de mesure humanitaire. Cette mesure de suspension de peine pour raisons médicales soulève une délicate question. p. S’ils sont condamnés à des peines de vingt cinq ans.senat. Sous l’influence des courants politiques et notamment de l’opinion publique. en effet à n’accorder cette suspension de peine.

De plus. « […] L'assignation à domicile des détenus de plus de soixante ans en Italie : 557 Ibid « […] Au Danemark. d’exécuter sa peine chez elle ou dans un établissement spécialisé.senat. En effet. L’absence de limitation d’âge a pour justification la volonté de maintenir l’épée de Damoclès de la sanction pénale pour chaque citoyen quelque soit son âge. Cette restriction progressive du champ d’application de cette mesure de suspension de peine pratique a également pour justification la volonté de lutter contre la récidive. dans la mesure où elles ont besoin de soins particuliers. le Danemark557 permettent à la personne condamnée âgée si celle-ci remplit les conditions requises. il est vrai qu’un individu gravement malade ou dont le pronostic vital est engagé pourra toujours trouver des ressources pour effectuer une nouvelle infraction si telle est sa volonté.fr/lc/lc98/lc980. 127 . A notre époque. un individu dont l’âge serait proche de la limite prévue par un texte de loi. et où la peine qui leur a été infligée ou qui leur reste à purger ne dépasse pas quatre ans.). les personnes condamnées à des peines privatives de liberté peuvent. 2001. 2335. pourrait être tenté de commettre une infraction grave s’il sait qu’il ne purgera pas l’intégralité de sa peine en prison et qu’il pourra effectuer sa peine dans un lieu aménagé ou même chez lui. p. Cependant certains pays prévoient des régimes plus souples d’aménagement de peine pour certains détenus âgés. voire à domicile. la récidive la plus crainte est celle des 555 CERE (J. Certains pays comme l’Italie556. pour excuse atténuante due à son grand âge. exécuter leur peine à l'hôpital. notamment compte tenu de l'âge ou de l'état de santé de l'intéressé[…] ». même partiellement. les condamnés âgés de plus de soixante ans peuvent exécuter leur peine à domicile ou dans un établissement de soins […] ». in D.html#toc0 Dans la mesure où ils sont handicapés. 556 La libération des détenus âgés. En effet. http://www. En effet. Cette attitude est compréhensible tout comme peut l’être celle de la France à ne poser aucune limite sur ce point. La loi sur l'exécution des peines précise que cette possibilité n'est accordée que lorsque la détention n'est pas adaptée. force est de constater que la limitation de l’âge d’incarcération et les facilités données à ces derniers pour effectuer leur peine dans un autre environnement s’expliquent par l’incompatibilité de certaines dégradations physiques dues à la vieillesse avec le monde carcéral. n°29.P.aucun pays européen ne prévoit de limite d’âge d’incarcération d’une personne555. Article 3 de la Convention européenne et détention prolongée d’une personne âgée et malade. « […] Aucun des Etats membres du Conseil de l’Europe ne connaît de limite d’âge en matière de détention […] ». la plupart des demandeurs d’un tel aménagement de peine sont condamnés à de très longues peines et n’ont encore aucun projet de sortie préparé ou même une quelconque réflexion sur la justification et l’intérêt de leur peine.

l’utilisation des condamnés pour des travaux tels que la construction d’école.). cette peine de mort lente qui consiste à éliminer à vie un individu de la société et à le laisser mourir dans le trou noir de l’enfer…mement […] ». 14. 19. restauration de sentiers ou d’ouvrages publics […] ». construction de clôtures. p. sans être effrayante de la prison. de nombreux moyens sont mis en œuvre pour tenter de les soigner d’une part et de leur faire comprendre la gravité de leur action et partant la justification de leur peine et ce tout au long de leur incarcération. « […] Beaucoup. La peine de mort lente. D’autres pays. pour y effectuer pendant deux mois et sous l’encadrement de l’Office national des Forêts. notamment les criminels sexuels. condamnés à de longues peines. tels que la Suède prévoient un nouveau type d’incarcération consistant à privilégier la réinsertion en amont et en responsabilisant les condamnés. Dans ce but. D’une part celui de la longueur de certaines peines face auxquelles l’administration pénitentiaire ne trouve pas de solutions559 et d’autre part le problème de la lutte contre la récidive. d’hôpitaux dans des pays le nécessitant ou même en France pourrait être proposée. 358 « […] Ou encore. p. Sous cette attitude du pouvoir politique se cachent deux problèmes. A titre d’exemple. Cependant.). cette autre peine capitale et définitive. octobre 2005. 16/06/3004. AJP.délinquants sexuels et par conséquent leurs demandes de suspension de peine sont accueillies avec beaucoup de réserve558. de façon à ce que ces peines découragent les tentatives de récidive et qu’elles permettent en amont d’éviter toute infraction. il faudrait trouver un moyen de les rendre plus efficaces. Un pari sur l’humain. des travaux de défrichage. 110 détenus ont bénéficié de cette suspension de peine. chaque automne. in Le Monde. des cellules individuelles et 558 GUIBERT (N. donner une image plus noire. Récidive : quelles réponses judiciaires ? . « […] Mais abolir officiellement la peine de mort revient à poser la question de la réclusion criminelle à perpétuité. Cette volonté de prévenir toute première infraction n’est pas nouvelle et ne sera jamais totalement effective. pourrait influencer une partie des futurs primo délinquants. 559 PICHARD (A. D’autre part. p. 128 . la solution envisageable serait de réduire ces longues peines. 26/10/2001. d’envoyer dans le cadre d’une mesure de placement extérieur baptisé « chantier montagne » une dizaine de « ces condamnés de l’extrême » dans le sud du département. Ainsi. Mais en même temps. 560 LAFLAQUIERE (P. in Le Monde. n°10/2005. Ce renforcement des exigences pour accorder cette suspension a donc pour but d’assurer la sécurité de la population. Pour le premier problème relatif à la durée excessive de certaines peines.). des horaires plus contraignants au sein de la prison ainsi que la réalisation d’un travail dans la journée pourrait être une solution. ont du mal à convaincre la justice d’examiner leur cas à la seule lumière de considérations médicales […] ». (Ce système est ainsi proposé dans le cadre de placement à l’extérieur560).

Mais la philosophie reste identique. Divisées en trois niveaux (semi-ouverte.). p. n°2139.). Cette condition est scrupuleusement respectée par les magistrats563. de la nourriture saine et une hygiène irréprochable ! […] ». 129 . de la détermination et bien souvent du courage […] ». 562 563 Article 720-4 du Code de procédure pénale. qui doit rester une mesure humanitaire […] ». p 12. En effet. La leçon suédoise. Pourquoi nous avons honte.aménagées leurs sont proposées. bien que non explicitement précisé par le texte. et une suspension de peine. toutes proposent des cellules individuelles. op. cet élément est quand même pris en compte implicitement et ce même au travers de la recherche d’un lieu d’accueil pour le détenu sortant pour motif médical. Les libérations conditionnelles ne sont pas facilement accordées. unités de vie avec cuisine. cit. propos de Maître Noël « […] Il ne faudrait pas que les magistrats fassent l’amalgame entre une libération conditionnelle. Parce qu’elle exige de la clarté. 34 « […] Bien sûr toutes les prisons de Suède ne possèdent pas le même standing. car il doit se prononcer sur la libération d’un détenu ne présentant pas de projet de sortie. 3-9 novembre 2005. des douches quotidiennes. 564 PRIEUR (C. le dossier du juge pourra être ouvert et une sanction pourra être portée à son encontre en cas d’erreur de jugement dans l’accord d’une telle suspension et ce même si le condamné présentait les critères requis. cette solution peut se révéler négative car non contraignante pour certains individus nécessitant un encadrement fort et strict. qui pourrait dès lors même si le texte de l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale ne le prévoit pas. qui voient en ces gages. Cette attitude dénature le texte d’origine564 et réduit son champ d’application à des cas spéciaux. Ainsi la préparation d’un projet de sortie dès le début de l’incarcération des condamnés à de longues peines serait appréciable pour le travail du juge. LAFLAQUIERE (P. Actuellement. la responsabilité de libérer est d’une grande lourdeur relève de l’euphémisme : cette responsabilité est écrasante. Sans parler des appartements et des chambres pour les visites familiales. des activités sportives et professionnelles. moyenne et haute sécurité). in Le Monde. des thérapies comportementales (violence. « […] Dire que. des programmes d’éducation. Cela explique la réticence des juges à accorder des suspensions de peine. des détenus réclament la « même justice pour tous ». La suspension de peine pour raisons médicales ne demande pas de tels gages. in Le Nouvel Observateur. une lucidité acérée. la marque d’une assurance de bonne conduite. le plus gros problème actuel de notre société est la peur de la récidive.. ainsi que des activités diverses561. qui est fondée sur des gages de réinsertion. toxicomanie…). Après la libération de Maurice Papon. Cependant. dans certains dossiers.). en tenir compte dans son jugement. De plus. ce qui rend le travail du juge plus délicat. le texte précisant que le condamné demandeur doit présenter des gages sérieux de réadaptation sociale562. l’appel de 200 personnalités. 561 LEMONNIER (M. en cas de nouvelle infraction. 5/11/2002.

Leur place n’est en aucun cas en prison568. il s’agit du bracelet électronique. répondeur…) […] » http://www. Aux vues de cette étude. p.gouv.gouv. ce système reste très coûteux566 et rencontre dans son application quelques contraintes techniques. 3-9 novembre 2005. mais dont l’état physique général ferait craindre une nouvelle infraction. Ce système permet de libérer un individu avant la fin de sa peine et de le surveiller en lui octroyant un périmètre en dehors duquel il ne peut se rendre entre certaines plages horaires. l’accord du condamné. Libérer les mourants. in Le Nouvel Observateur. Le placement sous surveillance électronique.justice. libérez les mourants […] ». Délinquants sexuels : le bracelet électronique après la prison. S’entêter contre les détenus malades ne sert en rien la sécurité […] Sommes-nous encore le pays des droits de l’homme ? Si oui. 22 « […] Combien de malades en fin de vie croupissent en prison ? Combien de grabataires ? On ne peut ignorer ces souffrances.posséder une ligne de téléphone fixe sans aucun ajout (Internet.htm 568 KOUCHNER (B. mais également la contrainte que cela représente pour les membres de la famille d’un tel condamné libéré.fr/ 566 GUIBERT (N. 18/12/2004. mais également prendre en charge les problèmes liés à l’incarcération parfois très longue de détenus dont l’état physique se dégrade avec la maladie et les maux dus à l’âge. Cependant.avoir un domicile fixe ou un hébergement stable (au moins pendant la durée du placement sous surveillance électronique) . l’appel de 200 personnalités. qui doivent eux aussi adapter leur quotidien en fonction des horaires et lieux prévus par le juge. La maladie ne peut servir de punition ou de rédemption. telles que la nécessaire possession d’une ligne téléphonique par le détenu et a fortiori d’un hébergement567. n° 97-1159.fr/minister/DAP/pse. parfois non soulagées. le constat de l’incompatibilité de certaines personnes en fin de vie ou gravement malades avec l’univers carcéral est évident. http://www. Il faut donc tenter de minimiser les passages à l’acte criminel. 567 « […] Quelles sont les conditions matérielles devant être remplies ? . p. l’absence d’un tel phénomène n’est qu’illusoire.). Actuellement. ce système permettrait de libérer plus de condamnés dont l’état de santé est jugé incompatible avec la détention. Appliqué à la suspension de peine pour raisons médicales. 565 Loi du 19/12/1997. n°2139. au regard de la gravité de leurs infractions possibles. il semble difficile de faire accepter à la société leur libération anticipée ou même leur réintégration au sein de la société. in Le Monde.Les évolutions récentes ont permis la création565 d’un nouvel instrument technique et juridique de plus en plus perfectionné pour tenter de concilier la prévention de la récidive et la libération anticipée d’un délinquant. Bien que la solution la plus adéquate soit la prévention de la délinquance avant tout. 130 . comme modalité d’exécution des peines privatives de liberté.legifrance. Pourquoi nous avons honte. concernant le placement sous surveillance électronique. 18452. JO 20/12/1997. « […] La mesure est également coûteuse : elle demande des moyens policiers de surveillance […] ».).

à raison d’une cellule pour 150 places […] ». De plus. « […] Parce que le nombre de personnes âgées ou dépendantes ne cesse d’augmenter en prison. d’une libération conditionnelle ou d’une suspension de peine » en partenariat avec une association […] ». p. dans chaque nouvelle prison. « […] créer « une unité expérimentale destinée à accueillir à titre transitoire des personnes condamnées à de longues peines sortant de prison. 131 . notamment le placement sous surveillance électronique permettrait de donner un nouveau souffle à cette loi. Lancement du bracelet électronique mobile. devraient êtres être créées des cellules médicalisées. de suivre précisément la personne570. octobre 2005. Cependant. Cependant. 5/11/2002.). Tel est l’objet de la suspension de peine pour raisons médicales […] ». dans le cadre plus large d’un placement à l’extérieur. l’effet de l’allongement des peines. éd. mais. Le regroupement des détenus malades ou vieillissants dans un seul établissement a été écarté. de nouveaux problèmes verront le jour. de cellules médicalisées au sein de chaque prisons571 ou d’unité de transition572. p. mais n’est pas suffisant et semble de plus disparaître peu à peu pour ne devenir qu’une suspension illusoire et fermée. En effet.). semblent anéantir toutes chances de nouveau développement de cette suspension de peine pour raisons médicales. La création du bracelet électronique mobile. si l’information n’a pas été transmise au plus vite aux autorités compétentes. de nouveaux problèmes notamment techniques viendront se greffer. 131. La Découverte. in Le Monde. un malade devant aller d’urgence à l’hôpital fera se déclencher le dispositif de surveillance. 12. « […] La nouvelle technologie permet de localiser en permanence la personne équipée de ce « mouchard » 571 PRIEUR (C. dehors. in Le Monde. L’évolution des nouvelles technologies. 16/06/2004. in Le Figaro. Vers des cellules médicalisées en détention. notamment sous 572 OIP. électronique.). les discours des autorités visant à la création d’hôpitaux prisons. […] ». tels que des dysfonctionnements du système de surveillance électronique. 14 « […] Mourir dignement. la direction de l’administration pénitentiaire (DAP) réfléchit aux moyens d’adapter ses prisons. introduite par la loi du 12/12/2005 semble apporter une nouvelle solution. 570 DE CHARRETTE (L. p. Les conditions de détention en France.La loi du 4/03/2002 est un grand pas dans ce domaine569. 15/04/2006. Ce dernier permettant en effet. 110 détenus ont bénéficié de cette suspension de peine. 569 GUIBERT (N.

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CODES Code pénal 2006 Code de procédure pénale 2006 Code de la santé publique 2006 Code de la sécurité sociale 2006 146 .

ANNEXE Requête en aménagement de peine 147 .

..................................................................................................................................................................................................Le problème de la récidive.....................................................................................51 a – Les médecins individuels..........................................................................................................................29 a – L’absence d’aide entre détenus.....................................................23 a – Une gravité qualifiée et extrême..................................................................................................................................................................Une incompatibilité liée à la santé et aux conditions de vie......................................................................................39 1 ..........41 a – Les obligations imposées................................................................................................................ temporelle et surveillée.........................................................................................................................21 a ..........................................................49 2 – Les organes médicaux .......................................................................................................................................44 A – Les organes décisionnels......23 b – Le cas spécial d’un détenu refusant de se soigner...............................................................................................................................................................................................................................21 1 – Une pathologie.....................................45 b – La nature des décisions..........................................................6 Chapitre 1 – Etude de la mesure .............................La prévention de la récidive...............................................................................................34 b – La prise en considération implicite de cette notion au sein de l’article 720-1-1.........................................................20 SECTION 1 – RÉFLEXIONS SUR LA NOTION ET LE CONTENU DE L’ARTICLE 720-1-1.....................................................................43 SECTION 2 – LE DOMAINE PROCÉDURAL.........................45 a – Les juridictions concernées.......................................................................25 1 – Une incompatibilité liée aux conditions de suivi du traitement............4 INTRODUCTION.......................................................................................51 b – Les structures spécialisées ............................................................20 A – « Une pathologie engageant le pronostic vital ».........................................................3 LISTE DES ABBREVIATIONS..................................................................................................................................................................59 148 ........................39 b – Une surveillance renforcée..33 A – La préservation de l’ordre public et la prévention de la récidive......La prise en compte implicite de la sécurité publique..........................................................................................................21 b – Une pathologie propre au détenu et établie...............................................24 B – « Un état de santé durablement incompatible avec le maintien en détention ».................................................................................................................................................38 b – l’évocation de la dangerosité du condamné comme frein à l’application de l’article 720-1-1...............................................................................................................25 b – Une incompatibilité durable avec le maintien en détention............................39 a – Une mesure accordée après deux expertises....................................................................................................................................22 2 – L’exigence d’un pronostic vital engagé...20 I – LA PRISE EN COMPTE DE L’ÉTAT DE SANTÉ DU CONDAMNÉ..............................................................................................................44 I – LES SUJETS EN PRÉSENCE....................................................................................................34 a – La notion d’ordre public...............................31 II – LA RECHERCHE DE LA PROTECTION DE LA SÉCURITÉ PUBLIQUE...................................................................................................................................................................Table des matières REMERCIEMENTS........54 B – Le condamné.......................................................................................................................................................................................................27 2 ...................................36 2 .......................................................................................................38 B – Une mesure conditionnelle...............................................................................................................................................41 b – Les mesures de contrôle..............................................................38 a .25 a – La poursuite impossible du traitement dans de bonnes conditions.........................................40 2 – Les obligations et mesures..................................................................................30 b – l’absence de structure adaptée.........................44 1 – Les organes judiciaires........................................................L’exclusion des malades mentaux...................33 1 ........Une mesure conditionnelle.........................................................

............................................................................................................................................................................................................................62 b – La non prise en compte du reliquat ou de la période de sûreté............82 B – Un seuil de gravité laissé à la libre appréciation du juge ..............................................................................................87 b –La décision reste judiciaire ............................................................................................................84 a – Le nombre d’expertise .................................................................................................67 b – Le prononcé de la décision ......87 a – Le problème d’interprétation de l’expertise ..........70 b – La primauté du parquet et la simple faculté du condamné .........................67 a – Contenu et modalités de l’expertise .........................................................................................................1 – Les conditions liées à la personne du condamné.................................64 1 – La présentation de la demande ..................................75 A – Une construction jurisprudentielle opposée au sens réel de la loi ............................................................................................................................................................................................................................76 1 – La recherche de conditions supplémentaires .......................................................86 2 – La décision du juge comme solution ...............................103 149 ....97 2 – Une fermeture progressive de la mesure ........................................84 1 – L’influence limitée de l’expertise .................................................................................................................................73 b – Une révocation pour non-respect d’obligations annexes ...............................................................................................................................................................................89 a – Pour l’ensemble des infractions et pour les crimes ......................................................................................70 a – Délais et juridictions ..........................................................................................................................................62 a – La non prise en compte de principe de l’origine de l’infraction et de la nature de la peine.......94 B – Une effectivité limitée de cette mesure ..............................................................................................................73 a – Entre expertises et surveillance de l’état de santé .....................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................101 a – Le caractère rétroactif de la loi 12/12/2005 ........84 b – La fiabilité des expertises ............................................................................72 2 – Une suspension révocable ....................................................................78 2 – Une application limitée de la loi ...60 2 – Les conditions liées à la peine du condamné.............................75 SECTION 1 – UNE LOI HUMANITAIRE VIDÉE PEU A PEU DE SON CONTENU .....................................................................................................................................91 2 – La protection de la société comme justification .......................................................................................64 A – Le contenu de la demande ............................................................................................................76 b – Une justification malheureuse ..................................................................................................................................................................76 a – les prémisses de la condition de sauvegarde de l ordre public .......................................................................................................................................................................................101 b – Une épuration progressive du texte d’origine ...........................................................92 b – la récidive ...........................................92 a – La prise en considération officieuse de l’ordre public .........................................................................................................70 1 – Les voies de recours .....................................................65 2 – Expertise et appréciation ...........................Les chiffres .......................................................................79 b – Une inégalité des prisonniers malades .....................................................................64 b – A l’initiative d’un tiers .......................................................................................................................................................................................................................96 b – Les influences extérieures ....59 a – Un condamné majeur ou mineur...................................................................63 II – LA DEMANDE ET SON EXAMEN......................................................................................................................................................................................89 1 – Une surveillance renforcée ...............96 a ................................................................89 b – Un système discutable...............................................................................................................78 a – L’implicite prise en considération de l infraction ...................................................89 A – La création de nouvelles conditions ..............................................59 b – Un condamné.................74 Chapitre 2 – Réflexions sur l’effectivité de la mesure ...........................................................................................................................68 B – Les voies de recours et la procédure de révocation ...............................................64 a – A l’initiative du détenu ...................................................................................................................................................................................................................75 I – UNE APPLICATION RÉFRACTAIRE DE L’ESPRIT DE LA LOI PAR LA JURISPRUDENCE .................................................................................................95 1 – Une application limitée de la loi .................................................88 II – LA RÉDUCTION DU CHAMP D’APPLICATION DE LA LOI PAR LE LÉGISLATEUR : LA LOI DU 12/12/2005 : UNE JUSTIFICATION DE LA JURISPRUDENCE ....................................................

.........................................111 1 – L’amélioration des délais ............................................................................120 a – La préparation d’un projet de sortie .....................115 B – Une meilleure prise en charge de la santé dans l’univers carcéral ...................................................................................................118 2 – A la sortie de la prison..........114 a –En principe cette loi concerne tous les profils pénaux .......................................................................................................................136 COUR D’APPEL..................................................................................................................................................................................................................117 1 – Au sein de la prison ..............................................................................................................................................107 a – La qualification ......................................................137 COUR EUROPEENNE DES DROITS DE L’HOMME.................................120 b – La recherche d’un lieu d’accueil ...................................................136 CABINET DU JUGE DE L’APPLICATION DE PEINES........................142 150 ................135 JURISPRUDENCE......................111 b – Le jugement ..................................................................................................................................................................................................................110 b – Du juge envers l’expert ..........................................................................................................................................................................................................................................................138 ARTICLES DE PRESSE ........................................132 TEXTES OFFICIELS ET RAPPORTS.......................................................................................................................................................................................108 a ..............................................121 CONCLUSION..........................................................................................................................................................................................................................................................................................135 RAPPORTS.........................134 LOIS...............................................110 a – de l’expert envers le juge ......................................................................................................................................125 BIBLIOGRAPHIE....................105 b – Le risque d’une liste limitative ..........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................Formation .............................134 CIRCULAIRES...............................................................................................................................................................................................111 a – L’expertise .................................................................................................................................................................................................109 2 – Coopération ...........................................................................................................................................................................................................................................................................................137 ENTRETIENS...........................135 TEXTES........142 ADRESSES INTERNET PRINCIPALES............................................................................................................................................................................................................117 b – Amélioration de la prise en charge des détenus malades ................................................................................................137 ARTICLES DE DOCTRINE......................................................................................................................................................132 OUVRAGES.132 OUVRAGES SPECIAUX.....................................................................................................................................................................................................132 OUVRAGES GENERAUX......................................................................................................................................................................140 RESSOURCES ELECTRONIQUES...........................................................................................................................................................................136 COUR DE CASSATION...........................................................................................................................................................................107 B – Une meilleure coopération entre les deux sphères ........................134 ARRETES.................................111 A – Rapidité et accessibilité ..Le niveau de la maladie ...........................105 1 ................................................................................117 a – L’amélioration de la détection des maladies ..........La seule prise en compte de l’état de santé ...................................................................................................................................................................107 b – Le recours ...........................................................................................................................................................................................SECTION 2 – DES IMPRÉCISIONS NOTABLES ET DES CHANGEMENTS SOUHAITABLES ........................................................................................106 2 – L’expertise .................................................................................................108 1 – Formation et compréhension ................................................................113 2 ...............................................114 b –La prise en compte de la dangerosité .........................................................................................................................................................................................................................................105 I – DES ÉLÉMENTS À PRÉCISER POUR ÉCLAIRER LE TRAVAIL DU JUGE ....................................................................135 ORDONNANCES.........105 A – La qualification de l’engagement du pronostic vital ...............................105 a – L’estimation du niveau de la maladie............................................110 II – LES ÉVOLUTIONS SOUHAITABLES ET SOUHAITÉES .......................................108 b – Application pratique ............

................146 ANNEXE.........................................................................................................................................ARTICLES ELECTRONIQUES...........................143 CODES......................147 151 ............................................................................................................................................................