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R.I.D.C.

1-2004

LE DROIT PÉNAL DU MINEUR DÉLINQUANT EN DROIT ANGLAIS : RESPONSABILITÉ ET SANCTIONS
Nicky PADFIELD*

M. le Président, je vous remercie de l’invitation à participer à cette table ronde si intéressante…. Avant de commencer, permettez-moi de vous faire passer un papier qui explique les sources principales du droit pénal de l’enfant en droit anglais. Vous remarquerez dans ce document (v. Annexe) que nous possédons plusieurs, même trop, de lois qui touchent à ce sujet. L’âge de la responsabilité est de dix ans. Moins de 10 ans, l’enfant est doli incapax. Le tribunal pour enfants, qui a été installé en 1908 comme une cour séparée, pour le droit civil et pénal des enfants, était, à cette époque, pour ceux âgés entre 7 et 16 ans. Plusieurs des règles de ce tribunal à cette époque sont toujours en vigueur : par exemple, le public est exclu, il y a moins de cérémonie que dans les tribunaux pour adultes ; les médias ne peuvent pas rapporter les détails ; le banc des magistrats est composé spécialement ; il n'y pas de « dock », mais l’enfant s’assoit avec son avocat et ses parents. L'âge de la responsabilité a été augmenté à 8 ans en 1933 et en 1963 à 10 ans. Les changements de lois qui sont évidents dans mon document reflètent la tension entre le principe du bien-être de l'enfant, le welfare principle, et le désir de punir. Il semble probable qu'un quart de tous les crimes soit commis par des jeunes de moins de 18 ans. Les crimes commis par des enfants sont paradoxalement plus compréhensibles que ceux commis par des adultes, et en même temps, plus inquiétants. C’est peut-être ce paradoxe qui a mené à ce que professeur Bottoms a identifié comme « bifurcation » : un système qui traite sévèrement ceux qui sont perçus en tant que délinquants sérieux ou persistants, et de façon plus clémente ceux qui sont perçus comme, tout simplement, un peu embêtants. Cette bifurcation illustre également la

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Lecturer in Criminal justice, Institute of Criminal justice, University of Cambridge.

Le principe du bien-être et des droits de l’enfant ne sont pas incompatibles avec un désir de réduire la criminalité. en prison en 2001 était de 2 440 dont 310 était des filles. Les plus jeunes sont gardés dans des bâtiments fermés. il doit être un délinquant persistant. un child safety order (ordre de sécurité de l’enfant. nous devons cesser de faire trouver des excuses aux enfants qui commettent des offenses ». Jusqu'en 1998. il existe un order civil. Même si les enfants de moins de 10 ans ne sont pas coupables. il y avait également une présomption réfutable du droit pénal qu'un enfant entre 10 et 14 ans était incapable de commettre un crime. selon lequel l’enfant peut être mis sous la surveillance de l’assistance sociale pendant un an) et les local child curfew schemes (qui interdit aux enfants non-surveillés des endroits spécifiques). La population des jeunes de moins de 18 ans. le principe de proportionnalité doit être satisfait : le crime doit être assez grave. pour les enfants entre 10 et 17 ans. c’est un DTO (detention and training order). mais également qu’il avait compris que l’acte était un acte criminel et pas simplement un acte de sottise. La House of Lords. Cependant. Je vous donne quelques exemples sur mon document de la jurisprudence récente. Le premier est un des cas qui ont suivi le meurtre d’un garçon de deux ans par deux garçons de dix ans. Mais si vous regardez mon document vous voyez que le Crime and Disorder Act 1998 propose que le but principal de système pénal des enfants soit « to prevent offending by children ». devait démontrer que l'enfant avait non seulement eu le mens rea pour le crime. Si l’enfant a moins de 15 ans. notre cour d’appel final. Malheureusement les réformes récentes tendent à aggraver les sanctions – ce qui n’aide pas à la réhabilitation. l’affaire Thompson et Venables. Normalement. le gouvernement a décidé que cette présomption devait être supprimée : je cite le White Paper de 1997 : « pour répondre efficacement au crime de la jeunesse. Le procureur. Avant qu’un DTO puisse être imposé. mais essayer de réaliser l’un ou l’autre dans notre système pénal peut être inadéquat. et la Cour Européenne des Droits de l’Homme ont obligé à des changements dans le droit pénal des enfants qui assassinent. The Children and Young Persons Act 1933. s 44(1) demeure en vigueur aujourd'hui : Chaque tribunal doit respecter « le bien-être de l'enfant »: le welfare pinciple. pour un terme de mois fixe. la peine à perpétuité qui s’appelle « détention pendant le plaisir de Sa Majesté ». Jenkins Rowe explique les règles pour la détention des enfants. mais même à 15 ans quelques-uns se trouvent dans les .176 REVUE INTERNATIONALE DE DROIT COMPARÉ 1-2004 tension qui continue à ce jour : une incertitude au cœur du système entre le désir de punir les mauvais et en même temps d'aider les malheureux. si vous voulez (nous n’avons pas de procureur !). Les enfants de moins de 10 ans ne sont pas coupables. en 1993. d’« empêcher la délinquance de l’enfant ».

ses parents doivent normalement payer l’amende. Ces jeunes sont très clairs : ce n’est pas la faute des leurs mamans. des représentants de l’assistance sociale.LE STATUT PÉNAL DE L’ENFANT MINEUR : ANGLETERRE 177 Young offender institutions.par exemple. le système pénitentiaire. community rehabilitation order. et créer un Youth Offending Team (YOT). curfew order (qui demande la présence du condamné sur les lieux. Mais ils expliquent les problèmes de l’environnement où ils habitent. C’est un ordre civil. la police a seulement prévenu beaucoup d’enfants qui ont commis des délits. normalement son domicile. contrat qui dure entre 3 et 12 mois. Le contrat comprend obligatoirement une réparation à la victime. un Youth Justice Plan. action plan order. Depuis toujours. et plusieurs autres conditions facultatives. Ce système informel mais très courant a été remplacé en 2000 par un système plus formel de « reprimands and warnings ». pendant des périodes fixes). C’est une initiative multi-agency – le YOT doit comprendre un contrôleur judiciaire (probation officer). Il y a l’amende – si l’enfant a moins de 16 ans.. local child curfew orders et parenting orders. drug treatment and testing order. Le Youth Offender Panel conclut un contrat avec le jeune. des services d’assistance sociale peu efficaces où les responsables changent tous les mois…. ils prennent la responsabilité sur eux-mêmes. Clingham est le plus important au sujet de anti-social behaviour orders. il existe depuis l’année 2000 une nouvelle structure organisationnelle – au centre. je crois. surtout pour les jeunes qui sont reconnus coupables pour la première fois et ceux qui sont prévenus par la police. des écoles. mais désobéir à l’ordre est un délit. Je vous laisse avec mon livre favori sur ce sujet : Juliet Lyons : « Tell Them so they listen » (Ditesleur pour qu’ils écoutent) : messages de jeunes en prison. community punishment order etc etc. la loi autorise la police ou les autorités locales a demander l’imposition d’un ordre qui interdise à l’enfant de faire ce qui est inclus dans l’ordre. le problème de la drogue. Très controversée. Chaque autorité locale doit accepter un plan de justice juvénile. administrées par le Prison Service. Ceux qui sont prévenus sont déférés au YOP qui arrange un programme de réhabilitation et de réparation. J’insiste dans ce papier sur l’intérêt contemporain dans la justice « restorative ». . le Youth Justice Board (YJB) qui surveille le fonctionnement du système pénal pour les enfants. Plus contestés sont les ordres non pénaux : anti-social behaviour orders. child safty orders. Mais j’ai déjà dépassé mes quinze minutes. de la police et des autorités éducatives et de la santé. Nous avons tout un arsenal de peines non-privatives de liberté : . supervision order. attendance centre order. Suivant l’intérêt gouvernemental récent au sujet du droit pénal des mineurs.

Abolition of doli incapax.10. remains in force today : Every court in dealing with a child or young person who is brought before it.178 REVUE INTERNATIONALE DE DROIT COMPARÉ 1-2004 Annexe Sources of law : (i) Statute Children Act 1908 : Juvenile court for those aged 8-17. necessary for protection of public. binding over of parents Crime and Disorder Act 1998 : s 37 ‘the principal aim’ of the youth justice system is to prevent offending by children and young persons. By s 37(2).. extension of long-term detention. shall have regard to the welfare of the child or young person and shall in a proper case take steps . curfew orders/electronic monitoring of curfew orders . Child safety orders . reparation orders for young offenders . Fixed terms 4. ASBOs (Anti-social behaviour orders) . either as an offender or otherwise. it shall be the duty of all persons and bodies carrying out functions in relation to the youth justice system to have regard to that aim.8. s 44(1).6. Youth Justice and Criminal Evidence Act 1999 : referral orders: mandatory for first timers in Youth Court who plead guilty. 12. DTTOs (Drug Treatment and Testing orders) . In addition to any other duty to which they are subject. Youth Offender Panels (YOT member + Community Panel Members who agree youth offender contracts) Powers of the Criminal Courts (Sentencing) Act 2000 : an attempt at codification Criminal Justice Bill 2002 Cf UN Convention on the Rights of the Child (ii) Examples of relevant case law R v Secretary of State for the Home Department. for securing that proper provision is made for his education and training. Children and Young Persons Act 1963 and 1969 Children Act 1989 : abolished care order in criminal proceedings Criminal Justice Act 1991 : created the Youth Court. Reprimands and warnings (replaces cautioning system) : Youth Offending teams (YOTs) . 18 or 24 months. action plan orders Detention and training orders: General conditions + if under 15. parental responsibility powers Criminal Justice and Public Order Act 1994 : secure training order. ex parte Thompson and Venables [1998] AC 407 (and T and V v UK [2000] 30 EHRR 121) . persistent offender + if under 12. borstals Children and Young Persons Act 1933.

but attempting to achieve either within the criminal justice system may be inappropriate….. McCann brothers (3. Lord Hutton : 'the striking of a fair balance between the demands of the general interest of the community. . 44 of the Children and Young Persons Act 1933. ex p McCann [2002] UKHL 39 : Clingham (16). including life sentences Practice Direction (Crown Court: Trial of Children & Young Persons) [2000]1Cr App R 483 : Some young defendants accused of committing serious crimes may be very young and very immature when standing trial in the Crown Court. Children as victims : amended rules of evidence for vulnerable witnesses. Applications to magistrates’ courts based on hearsay evidence contained in records of complaints. given the seriousness of the matters involved.. Lord Hope : since an ASBO imposes restrictions for preventive reasons and not as punishment.LE STATUT PÉNAL DE L’ENFANT MINEUR : ANGLETERRE 179 Jenkins-Rowe and Glover [2000] Crim LR 1022 Clingham v Royal Borough of Kensington and Chelsea. 16). the heightened civil standard of proof would usually be necessary. The trial process should not itself expose the young defendant to avoidable intimidation. All possible steps should be taken to assist the young defendant to understand and participate in the proceedings…. R v Crown Court at Manchester.15. the proceedings were civil. and the requirements of the protection of the defendant's rights requires the scales to come down in favour of the protection of the community and of permitting the use of hearsay evidence in applications for ASBOs' (para 113). humiliation or distress. current debate on prosecuting parents who kill. Were proceedings leading to the making of an ASBO criminal (see Art 6 of the ECHR )? HL : Hearsay evidence admissible. However. The purpose of such a trial is to determine guilt (if that is in issue) and decide the appropriate sentence if the defendant is guilty or is convicted.. Scottish system of children’s hearings : Social Work (Scotland) Act 1968 Conclusion : From welfare to crime control? But putting the welfare and human rights of the child first is not incompatible with a desire to reduce offending. Regard should be had to the welfare of the young defendant as required by s. Other Developments: An increasing interest in restorative justice : see Morris and Maxwell (2002) High levels of custody.

N. Haines. The Handbook of the Criminal Justice Process (OUP.180 REVUE INTERNATIONALE DE DROIT COMPARÉ 1-2004 Further Reading Bottoms. A and Maxwell. in M. (ed. Findings from the Youth Lifestyles Survey (HORS No 209. 2002) NACRO. 2002) Youth Justice: The Journal of the National Association for Youth Justice. 'Juvenile Justice'. ‘Youth Justice in England and Wales’ in J. T et al. AE. G (eds). . 2002) Flood-Page et al. ‘The Introduction of Referral Orders into the Youth Justice System: Final Report (HORS No 242.). 2002) Padfield. A Failure of Justice: reducing child imprisonment (2003) Newburn. 2000) Lyon. J et al. Restoring Justice for Juveniles: Conferences. S. G. 2000) Morris.) Confronting Youth in Europe (1998) Campbell. ‘Tell them so they listen’: Messages from Young People in Custody (HORS No 201. A review of anti-social behaviour orders (HORS No 236. Mehlbye and Walgrave (ed. K and O’Mahony. Mediation and Circles (Hart Publishing. and G. McConville. Wilson.