Conduite officinale SSPF juin 2008

PIQURES D’INSECTES : PRISE EN CHARGE ET PREVENTION

Les piqûres d’insectes ne provoquent, le plus souvent, qu’une réaction inflammatoire locale
et transitoire. Un médicament est rarement nécessaire. Par contre, toute réaction générale
justifie une consultation en urgence.
La piqûre peut entraîner des réactions locales, toxiques et/ou allergiques.
Réaction locale : rougeur locale, gonflement, légère induration, accompagnés parfois de
démangeaisons, sont produits par des substances vasoactives. Cette réaction disparaît
souvent en quelques heures.
Réaction toxique : les symptômes sont plus importants en fonction du nombre de piqûres.
Suite à une plus grande quantité de venin injectée, les réactions locales peuvent
s’accompagner de signes généraux (œdèmes locaux, fatigue, vomissements, maux de tête,
chute de tension, parfois perte de connaissance). Une personne qui présente plus de 20
piqûres d’hyménoptère doit être hospitalisée pour une surveillance médicale.
Réaction allergique : cette réaction ne dépend pas de la quantité de venin injectée. Une
seule piqûre suffit à la déclencher. Les symptômes sont cutanés (urticaire généralisée,
rougeur, démangeaisons et gonflement important), respiratoires (œdème de la langue, de
l’épiglotte, du larynx, bronchospasme), cardiaques (chute de tension, vertiges) et digestifs.
L’obstruction des voies respiratoires et le choc cardiovasculaire peuvent entraîner la mort de
la victime.
Premiers gestes
- Si possible, identifier l’insecte en cause.
- S’il est présent, retirer rapidement le dard.
Les abeilles laissent l’aiguillon et la glande à venin accrochés à la peau de la victime. L’appareil
venimeux continue à injecter les réserves de venin. Il faut rapidement retirer le dard avec l’ongle ou
le bord non tranchant d’un couteau (en glissant parallèlement à la surface de la peau) ou d’une carte
de crédit. Il faut éviter les pincettes car la glande pourrait éclater et libérer d’avantage de venin.
- En cas de piqûre dans la bouche ou dans la gorge, donner rapidement un glaçon à
sucer et se rendre au plus vite chez un médecin ou à l’hôpital.
- Oter les bagues en cas de piqûres à la main.
- Bien nettoyer la peau et la désinfecter à l’aide d’un antiseptique. Les hyménoptères
volent des arbres fruitiers vers les poubelles...
- Appliquer des compresses humides froides ou des glaçons enveloppés dans un linge
ou « cold pack » (attention au risque de nécrose cutanée en cas d’application prolongée).
- Vérifier la vaccination antitétanique.
- En cas de réaction allergique, une injection d’adrénaline (ex : Epipen®) est souvent
nécessaire, contacter au plus vite un médecin ou un service hospitalier.
Nb : L’Aspivenin® est un système de double chambre qui provoque une dépression instantanée et
l’aspiration du venin. Néanmoins son intérêt est controversé. Dans les meilleurs cas, seulement 30
% du poison peut être aspiré et ce, si l’aspiration a été effectuée dans les 3 minutes qui suivent la
piqûre.
On peut traiter le prurit s’il est intense afin d’éviter des lésions de surinfection dues au
grattage :
- topique à base d’hydrocortisone sur une courte durée : chez les nouveaux-nés et les
jeunes enfants, le traitement sera certainement de courte durée, et ces corticostéroïdes
même peu puissants ne seront pas appliqués sur de grandes surfaces corporelles, ni sur
une peau lésée ou sous un pansement occlusif.
- déconseillés : les anti-histaminiques H1 topiques (ex: Azaron®, Diphamine®, R Calm®)
et les anesthésiques locaux : risque de réactions d’hypersensibilisation et manque de
données relatives à leur efficacité.
Conduite officinale SSPF juin 2008

Une consultation médicale s’impose dans les cas suivants
- réaction locale importante et persistante au-delà de 24 heures (risque d’infection).
- piqûre dans la bouche ou dans la gorge (+ donner rapidement un glaçon à sucer !).
- réaction inflammatoire importante avec signes généraux : urticaire généralisée,
fièvre, adénopathies (hypertrophie d’un ganglion lymphatique), troubles digestifs.
- piqûres multiples (> 20 chez adultes).
- réaction allergique : l’épinéphrine est la base du traitement en cas de réaction
anaphylactique grave (difficultés respiratoires, hypotension, choc).
La prévention avant tout ....
Piqûres d’hyménoptères, de moustiques, ou de tiques, la prévention est primordiale !
- port de vêtements clairs couvrant les bras et les jambes
- application toutes les 6 heures (en moyenne) de produits répulsifs
- utilisation de moustiquaires (éventuellement imprégnées de perméthrine ou de
deltaméthrine) si nécessaire

Meilleure balance bénéfice-risque pour le DEET

Produits à base de DEET : ils offrent en effet une protection plus longue et plus efficace que
les autres produits répulsifs synthétiques. Le DEET reste aussi le produit le mieux évalué.
Produits à base de IR35/35 : un peu moins actifs mais aussi moins irritants que le DEET.
Certains pays le recommandent pour la femme enceinte, à la place du DEET, sans
justification particulière de ce choix.
Produits à base d‘huiles essentielles (citronnelle ou autres) : durée de l’effet plus courte que
pour les autres répulsifs, protection insuffisante contre les moustiques et les tiques.

Conseils pour la bonne utilisation du DEET

Concentration optimale et durée de protection :
Le DEET est efficace à partir de 20 %. Au-delà, c’est la durée de protection qui augmente
avec la concentration. Toutefois, elle diffère selon les insectes, le milieu ambiant et
l’utilisateur. De ce fait, la durée de protection annoncée par les fabricants est très relative.
On recommande, pour les voyages à risques*, d’utiliser des concentrations de 20 à 50 %
chez l’adulte et 20 à 30% chez les enfants et les femmes enceintes (voir plus loin).
Le répulsif doit être appliqué sur la totalité de la surface exposée. Au-delà de quelques
centimètres de la surface protégée, la zone est déjà une cible pour les insectes.
* ex : prévention de la malaria, de la dengue et du chikungunya
Précautions d’usage :
Jeunes enfants :
- en raison de l’absorption cutanée du DEET, il est préférable de limiter la concentration
du produit, la surface à traiter et la période d’application. Lorsque la protection n’est
plus nécessaire, il est préférable de laver l’excédent de répulsif.
- les concentrations optimales de DEET à utiliser chez l’enfant sont non connues et les
recommandations à ce sujet sont fort variables d’un pays à l’autre.
- en Belgique, en raison du caractère bénin des piqûres d’insectes, il est préférable d’éviter
son utilisation avant l’âge de 24 à 30 mois (comme mentionné dans la plupart des
notices). Lors d’un voyage à risques, la solution DEET à 20 % est recommandée.

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Femmes enceintes :
- L’utilisation du DEET ne semble pas poser problème lors du 2
ème
et du 3
ème
trimestre de
la grossesse. Le manque de données relatives aux effets lors du premier trimestre incite
à la prudence.
- Comme chez le jeune enfant, on limitera la concentration du produit, la surface à traiter
et la période d’application.
- Pour un voyage dans une région à risques, les recommandations sont variables d’un
pays à l’autre (exemples : IR35/35 pour la France, DEET 50 % pour les Etats-Unis,
DEET 35 % pour le Canada, DEET 20 à 30 % pour la Belgique).
Autres mises en garde pratiques :
- le DEET diminue l’efficacité des crèmes solaires. Par contre, les crèmes solaires ne
diminuent pas l’efficacité du DEET. Il est dès lors conseillé de mettre le répulsif au
moins 1 à 2 heures après la crème solaire, ou, de prévoir des mesures de protection
supplémentaires contre les UV.
- Les produits à base de DEET peuvent endommager le cuir et le plastic des lunettes et
des montres.
- Le DEET dissout les matières synthétiques, ce qui doit inciter à la prudence lors de son
application sur les vêtements.
- L’IR35/35 ne semble pas causer ce type de désagrément.

Tableau 1. : Exemples de répulsifs à base de DEET et de IR 35/35



* + ethohexadiol : autre répulsif synthétique
Principe actif Dosage Nom déposé en Belgique Conditionnement
Précautions
Suivant notice
20 % Moustimug® Stick,roller > 3 ans
30 %
Anti Brumm Forte® (28 %)
Care Plus DEET®
Moustimug Tropical®
Mouskito Travel ®
Spray
Gel
Spray, roller
Spray,roller,stick
> 3 ans
> 6 ans
> 3 ans
> 5 ans
40 % Care plus DEET® Spray > 6 ans
DEET
(=N,N-diéthyl-3-
méthylbenzamide
ou
diéthyltoluamide)
50 %
Care Plus DEET®
Mouskito Tropical®
Parazeet peaux normales®
Lotion
Spray
Spray
> 6 ans
> 5 ans
> 6 ans
10 % Guep Away ® Spray > 3 ans
20 %
Moustimug kids®
Mouskito®
Parazeet peaux sensibles®
Spray, lotion
Spray
Spray
OK jeunes enfants
OK bébés
> 12 mois
EBAAP, IR35/35
(Ethylbutylacétyl-
aminopropionate)
30 % Mouskito® Roller OK bébés

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