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Le Quotidien

Jeudi 5 Janvier 2012 n°3400 - Prix : Algérie 10 DA — http://www.lexpressiondz.com — ISSN 1112-3397 — Directeur Fondateur : AHMED FATTANI
LUTTE ANTITERRORISTE
Lire en page 24
COMMÉMORATION
DU 50
E
ANNIVERSAIRE DE LA
FIN DE LA GUERRE D’ALGÉRIE
Sarkozy désigne
Hubert Colin
de Verdière
Lire en page 24 l’article
de Adel Mehdi
VALSE DES ENTRAÎNEURS
LES COACHS
PREMIERS
FAUTIFS
Lire en page 13 l’article
de Saïd Mekki
SIX DOCUMENTS ONT ÉTÉ
REMIS SYMBOLIQUEMENT HIER
LE PASSEPORT
BIOMÉTRIQUE
ALGÉRIEN EST NÉ
Le coût de l’opération, entre
équipements et construction
du centre national, est évalué
à 3,5 milliards de dinars.
Lire en page 24
5
E
SESSION DU CONSEIL
NATIONAL DU RND
Que dira
Ouyahia à
ses cadres ?
Lire en page 2 l’article
de Tahar Fattani
LE COLONEL MUSTAPHA EL HABIRI,DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA PROTECTION CIVILE, À L’EXPRESSION
LES HAREDIM JUIFS
UNE AUTRE
FACETTE DE
L’INTÉGRISME
Lire en page 15 l’analyse
du Pr Chems Eddine Chitour
L’ANP
INTERCEPTE
UN CONVOI
D’ARMES
AU SUD
«DES MANŒUVRES NATIONALES
AURONT LIEU CETTE ANNÉE»
Lire en page 6 l’entretien réalisé par Ahmed Mesbah
INQUIÉTANTE SITUATION
DE LA TOXICOMANIE EN ALGÉRIE
PLUS DE 1 MILLION
DE JEUNES SE DROGUENT
CHRONIQUE JUDICIAIRE
Pas terro, le
beau Samir
Samir n’avait rien à voir avec le
terrorisme : acquitté !
Lire en page 9 l’article
de Abdellatif Toualbia
L’Algérie qui était jadis un pays de transit, est devenue aujourd’hui
un pays consommateur de drogue par excellence.
Lire en page 3 l’article de Idir Tazerout
2
JEUDI 5 JANVIER 2012
L’Actualité
C
’est aujourd’hui que se
tiendra la 5e session du
conseil national du RND.
C’est Ahmed Ouyahia, secrétaire
général du Rassemblement natio-
nal démocratique, qui présidera
la séance d’ouverture.
Les travaux de cette session
auront lieu à huis clos aujourd’-
hui et demain jour de clôture.
La 5e session du conseil natio-
nal du RND sera suivie de la
réunion du bureau national avec
les secrétaires de wilayas du
parti. A l’ordre du jour, plusieurs
aspects politiques. Selon Miloud
Chorfi, porte-parole du RND, la
situation politique nationale sera
largement débattue lors de ce
rendez-vous. Selon la même
source, le conseil national expri-
mera également sa position
quant aux aboutissements des
réformes politiques engagées par
l’Algérie et notamment les pro-
jets de loi adoptés par le
Parlement. L’occasion sera don-
née aux participants de faire une
évaluation semestrielle des acti-
vités internes au parti. Quant
aux prochaines échéances électo-
rales, M. Chorfi annonce que le
conseil aura à tracer un pro-
gramme en prévision des élec-
tions législatives prévues au prin-
temps prochain. Globalement, les
préparatifs du parti en prévision
des prochaines échéances seront
passés en revue à l’occasion de
cette rencontre.
Le rendez-vous le plus
attendu par les médias et les obs-
ervateurs de la scène politique
nationale, est celui que donnera
Ahmed Ouyahia aux journalistes
à l’occasion de la conférence de
presse qu’il animera samedi pro-
chain au siège de son parti. En sa
qualité de responsable à double
casquette, secrétaire général du
RND et Premier ministre, M.
Ouyahia sera sollicité à répondre
sur de nombreuses questions qui
animent la scène politique natio-
nale et même celles qui relèvent
de la politique étrangère.
La rumeur à propos de son
départ de l’Exécutif sera tirée au
clair. Il est annoncé qu’il quittera
le gouvernement et sera remplacé
soit par Abdelmalek Sellal, minis-
tre des Ressources en eau, soit
par Yazid Zerhouni qui occupe
actuellement le poste de vice-
Premier ministre.
Ce rendez-vous donnera l’oc-
casion à M. Ouyahia de s’expri-
mer pour la première fois sur le
retrait du MSP de Bouguerra
Soltani de l’Alliance
présidentielle. Il aura
à aborder tous les
dossiers politiques
sous leurs multiples
facettes. Cette
réunion a été décidée
à l’issue de la réunion
du bureau national.
Ce dernier, rappe-
lons-le, s’est attelé à
l’examen de la situa-
tion sur la scène
nationale.
Le même bureau a
réitéré l’engagement
et le soutien du RND
aux réformes déci-
dées par le président
de la République.
Abdelaziz Bouteflika.
Au sujet des prochai-
nes échéances, le
bureau a appelé l’en-
semble des membres
du parti à « faire
montre de vigilance,
à poursuivre l’action
de proximité auprès
des citoyens et à
mobiliser la base du parti » pour
les prochaines élections.
Le RND a en outre rappelé
que le président de la République
avait affirmé que ces échéances
se dérouleront « dans un plura-
lisme sans précédent avec la par-
ticipation d’une classe politique
renforcée de nouveaux partis poli-
tiques en concrétisation du pro-
cessus des réformes visant l’an-
crage de l’exercice démocratique
pluriel ».
T. F.
5
E
SESSION ORDINAIRE DU CONSEIL NATIONAL DU RND
Que dira Ouyahia à ses cadres ?
LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL et également Premier ministre animera après-demain une conférence
de presse au siège de son parti.
Ahmed Ouyahia,
secrétaire général
du Rassemblement
national démocratique
I TAHAR FATTANI
A
lors que le souci majeur est de contrer
une éventuelle percée des islamistes
lors des futures législatives, le noma-
disme politique risque de fausser toutes les
donnes. Ce phénomène comporte des dangers
pour la République. De ce fait, en adoptant le
2 novembre 2011 la loi électorale qui légalise
cette pratique, l’APN n’a fait qu’ouvrir une
brèche. Observons les résultats auxquels a
conduit ce phénomène à la lumière de ces
données chiffrées.
A l’issue des élections législatives de 2007,
le FLN a gagné 136 sièges sur les 389 que
compte l’Assemblée. En 2012, il a 166 sièges.
Le MSP qui a gagné 51 sièges n’en a gardé
que 33. Le PT avait 26 députés. Aujourd’hui,
il ne lui en reste que 14. Le RCD qui avait
gagné 19 sièges n’en a plus que 14. Le MNE
que les électeurs ont gratifié de deux sièges
n’en a préservé aucun. Selon le porte-parole
du PT, cette transhumance politique a touché
30% des députés. Du coup, ce sont les résul-
tats des législatives qui sont remis en cause.
Les voix des électeurs que la fraude a détour-
nées ont été annihilées par le nomadisme poli-
tique.
Ce phénomène peut, comme on le cons-
tate, reconfigurer la composante de
l’Assemblée. Le risque devient un danger.
Faisons une hypothèse. A l’issue d’une élec-
tion législative, le parti majoritaire qui est
démocrate engrange 150 sièges. Son dauphin,
islamiste, en gagne 90. A cause du nomadisme
politique, toutes les données peuvent changer
et le pays peut basculer vers l’islamisme alors
que le peuple a opté pour les démocrates.
C’est tout simplement la volonté populaire
qui est trahie. Et si les députés des autres par-
tis rejoignent tous un seul parti, c’est le plu-
ralisme politique qui en pâtit. Ne dit-on pas
que gouverner, c’est prévoir ? Or, en mainte-
nant le nomadisme politique, le gouverne-
ment donne l’impression qu’il navigue à vue.
A qui profite le nomadisme
politique ?
Le 6 décembre 2011, le secrétaire général
du FLN, Abdelaziz Belkhadem, a déclaré dans
un entretien aux confrères d’El Khabar, que
le FLN est « le parti qui a le plus souffert du
phénomène du nomadisme politique des dépu-
tés ». Une mise au point qui est intervenue
après une campagne atroce accusant l’ex-
parti unique d’avoir sapé les réformes poli-
tiques. Or, à observer les résultats des législa-
tives de 2007 et ceux obtenus en 2012 à cause
du nomadisme, l’on constate que le FLN en
est le grand bénéficiaire. De 136 députés, il
est passé à 166. C’est ce qui explique pourquoi
le FLN a pesé de tout son poids pour faire
avorter une disposition introduite au projet
de loi électorale interdisant le nomadisme
politique. Le défunt article 67 a été supprimé
au grand dam de toutes les composantes de la
classe politique nationale. Cet article interdi-
sait aux députés de changer de partis durant
le mandat électif sous peine d’être déchu.
Cette disposition, si elle était adoptée, aurait
le mérite d’assainir les règles du jeu politique.
Mais, hélas, les députés en ont décidé autre-
ment. Pour défendre ce phénomène, M.
Belkhadem a expliqué qu’ « on ne peut priver
le député de son mandat parlementaire car il
l’a reçu du peuple ».
Soit. La volonté populaire a donné les
résultats des législatives de 2007. Jusqu’en
2012, plus de 100 députés ont pratiqué le
nomadisme. La volonté populaire a-t-elle été
consultée ? Un argument fallacieux quand on
sait que le candidat aux élections législatives
représente un parti politique, une orientation
et un projet de société avant de représenter sa
propre personne. Le PT a tenté de contourner
la suppression de cet article, en vain. Il a pro-
posé un amendement à la loi sur les partis
interdisant aux élus de changer de formation
durant le mandat. Les députés étaient vigi-
lants et ont pu déjouer la « manœuvre ».
Mandat électif ou fonds
de commerce ?
Avec le nomadisme politique, c’est la vie
politique nationale qui est polluée. Le mandat
est devenu un fonds de commerce pour des
élus véreux. Ils changent de ligne politique,
de conduite comme ils changent de cravate.
Un député de Tlemcen a fait, en un seul man-
dat, le tour de plusieurs partis politiques. En
fin de course, il veut créer un parti qui lui
sera propre. Un véritable fonds de commerce.
Des partis qui ont fait campagne en 2007
ont perdu la totalité de leurs députés.
D’autres en ont perdu la moitié. Les partis,
politiques, excepté le FLN, ont tous dénoncé
ce phénomène. Pour Mohamed Djemouâ,
porte-parole du MSP, le nomadisme politique
est une trahison couplée à un opportunisme
pur et simple. Ce dernier a souligné le fait que
son parti a pour principe de ne pas recevoir
les députés qui quittent leurs partis car « ils
sont élus à partir d’un programme et d’une
bannière ». Idem pour le porte-parole du PT,
Djelloul Djoudi, qui estime que la transhu-
mance politique est un signe de décomposi-
tion politique.
Quant aux électeurs, impuissants, ils cons-
tatent le détournement de leurs voix.
« Quand il est venu pour faire sa campagne
électorale, il nous a présenté le programme de
son parti, aujourd’hui, il défend un autre
parti. Il n’a pas seulement trahi son parti
mais également ses électeurs », a déploré un
citoyen. Une sentence qui s’applique à l’évi-
dence à tous les « nomades ». K. A.
DES PARTIS ONT PERDU LA MOITIÉ DE LEURS DÉPUTÉS
Les ravages du nomadisme politique
A CAUSE du nomadisme politique, le pays peut basculer vers l’islamisme alors que le peuple a opté
pour les démocrates.
I KARIM AIMEUR
ÉVALUATION
DES RÉFORMES
Importante réunion
à la présidence
de la République
Une importante réunion
présidée par le chef de l’Etat,
Abdelaziz Bouteflika, s’est
déroulée hier à 10h du
matin, au siège de la
présidence de la République
à El Mouradia, apprend-t-on
de sources crédibles. Cette
réunion a regroupé le
président du Sénat,
Abdelkader Bensalah, le
président de l’APN,
Abdelaziz Ziari, le Premier
ministre, Ahmed Ouyahia,
ainsi que Abdelaziz
Belkhadem en sa qualité de
représentant personnel du
président de la République.
Nos sources ne précisent pas
si lors de la réunion, le
départ du Premier ministre a
été évoqué ou non. En
revanche, nos sources
affirment que cette rencontre
a essentiellement porté sur
l’évaluation des réformes
récemment examinées et
votées à l’Assemblée
populaire nationale. Des
réformes différemment
appréciées par l’ensemble des
partis politiques, y compris
ceux qui siègent au sein de
l’assemblée. Lors de son
discours du 15 avril dernier,
le Président Bouteflika a
annoncé une batterie de
réformes qualifiées par les
observateurs d’engagement
fort du Président pour la
mise en oeuvre d’une
démocratie authentique en
Algérie. M. Bouteflika a
annoncé, lors de ce discours
télévisé, qu’il allait engager
des réformes législatives et
amender la Constitution. Il a
promis une nouvelle loi sur
la presse, dépénalisant « le
délit de presse », une
nouvelle loi sur les partis, la
réforme de la loi électorale.
Parmi ces projets de réforme
figure également la garantie
d’un quota d’au moins 33 %
de femmes sur les listes des
candidats aux élections
législatives.
BÉJAÏA
Les protestataires
bloquent le train
Le transport ferroviaire
entre Béjaïa et Béni
Mansour, à l’extrême ouest
de la wilaya, a été
littéralement paralysé hier
par un mouvement de
protestation, observé par
les habitants du village de
Boualoun, dans la daïra de
Semaoun, à 50 km à l’ouest
de Béjaïa, pour réclamer
l’amélioration de leur cadre
de vie. Pas moins de quatre
trains, dont deux de
voyageurs et deux de
marchandises, ont été
empêchés d’assurer leurs
dessertes, causant de
sérieux désagréments aux
usagers. Des personnes ont
procédé à l’obstruction de
la voie en y érigeant des
obstacles faits d’objets
hétéroclites.
JEUDI 5 JANVIER 2012
L’Actualité
3
bre dernier, par
l’Office national de
lutte contre la drogue
et la toxicomanie au
niveau national
(Onlcdt). La réalité
est terriblement
autre ! Quand on
constate qu’«une
moyenne d’un
million et plus
d’Algériens sont
consommateurs de
drogues, chroniques
et occasionnels com-
pris, l’urgence à
réagir s’insinue dans
tous les esprits
responsables ».
D’ailleurs, à
ce sujet le
Dr Khiati ajoute ;
« Nous allons utiliser
des messagers de type
nouveau. Des person-
nes qui sont porteuses
de message. L’impact
de la toxicomanie est
énorme. Les chiffres
qui existent sont en
deçà malheureuse-
ment de la réalité. Ce qu’on saisis-
sait en une année on le saisit actuel-
lement en un jour. C’est dire la gra-
vité de la situation. » Enfin, il faut
rappeler que la Forem et la
Fédération algérienne de football
ont établi une convention pour des
actions contre la drogue. Le pre-
mier acte était juste avant le match
qui a opposé l’Algérie à la Tunisie,
les joueurs des deux équipes ont
déployé une grande banderole où
l’on pouvait lire « Le football
contre la drogue ». Jusque-là,
même si cette campagne de sensibi-
lisation est plus qu’urgente, ce
n’est pas pour autant qu’il faut
s’attendre à des résultats positifs.
La psychologue Trissa Zohra, à tra-
vers son intervention lors du
débat expliquera que « c’est facile
de demander aux imams de prêcher
le côté « haram » de la consomma-
tion de la drogue, de mener des
campagnes de sensibilisation, etc.,
mais c’est sans aucune consé-
quence », a-t-elle regretté. Ce qu’il
faut faire par contre, de l’avis de
cette psychologue, c’est de « soute-
nir cette jeunesse financièrement.
Il faut que le jeune évolue dans un
environnement économique, social
et politique sain pour l’épargner de
ce fléau, sinon ce genre
d’initiatives sera sans aucune inci-
dence », a-t-elle tranché. Pour
mieux sniffer une réalité,
« l’Algérie qui était jadis un pays de
transit de la drogue, est devenu
aujourd’hui un pays consomma-
teur par excellence », dit,
navré, le Dr Khiati.
I. T.
L
a consommation des drogues
est un grave fléau qui touche
30 % de la jeunesse algé-
rienne. Selon des chiffres fournis
par la Forem, 4% sont des femmes
et 15 % sont dans les milieux scolai-
res, à savoir les universités et les
lycées. La situation est tout simple-
ment dramatique.
« Dans la situation actuelle,
j’avoue qu’il faut être drogué pour
ne pas tirer la sonnette d’alarme vu
les chiffres qui caractérisent ce phé-
nomène », a indiqué avant-hier à
Alger, un observateur lors du lance-
ment officiel de la campagne contre
la toxicomanie initiée par la
Fondation nationale pour la promo-
tion de la santé et le développement
de la recherche (Forem).
A cette occasion, la Forem a
tenu une conférence de presse à
l’hôtel El Djazaïr pour annoncer le
lancement de la campagne natio-
nale de lutte contre la toxicomanie
pour l’année 2012. Outre la FAF,
plusieurs ambassadeurs de bonne
volonté ont appuyé cet événement :
Hafid Derradji, Salima Souakri,
Lotfi Double Canon, Fawzi
Oussedik ont été présents à ce
grand rendez-vous. Le « la » ainsi
donné, destination Adrar. «D’abord
on va se rendre dans la wilaya
d’Adrar où on a des rencontres
avec des lycéens, le lendemain on a
une rencontre avec les communes.
Ensuite pour les trois prochains
jours, on passera à la seconde
étape : Bechar, El Bayadh,
Naâma », a indiqué le Dr Khiati
Mustapha, président de la Forem.
Une importante enveloppe est déga-
gée pour mener cette campagne,
selon le président Khiati.
« On a un budget qui tourne
autour de 1,5 milliard qui permet-
tra de doter ces communes de sta-
des, de bibliothèques, de centre
socio-éducatifs, de cyber-spaces
ainsi que la dotation de ces centres
en équipements. On va tout mettre
en place pour que des jeunes puis-
sent se rencontrer », a soutenu le Dr
Khiati Mustapha, président de la
Forem.
Pour Salima Souakri,
ancienne championne d’Afrique de
judo, ses mots sont d’une extrême
limpidité. « Nous allons à la ren-
contre de jeunes qui ont tant besoin
de parler et d’être écouté », a-t-elle
soutenu.
Lors d’une conférence de presse
animée mardi à Alger à la veille du
lancement de cette campagne, M.
Khiati a précisé que la consomma-
tion de drogue, tous types confon-
dus, qui touchait jadis une catégorie
déterminée, est devenue de nos
jours un phénomène qui touche
toutes les catégories de la société.
Les jeunes sont les premières victi-
mes de ce fléau pour moult raisons
dont le chômage. Pour lutter contre
la toxicomanie en milieu scolaire,
M. Khiati a appelé le ministère de
l’Education nationale à ouvrir les
établissements éducatifs aux spé-
cialistes afin qu’ils sensibilisent les
élèves sur le danger de la drogue et
ses répercussions sur leur santé et
leur avenir, et ce, avec la collabora-
tion des stars du football et de la
chanson.
Des activités périodiques sporti-
ves et culturelles seront organisées
en marge de cette campagne qui a
pour slogan « Pour une Algérie sans
drogues ».
La campagne à laquelle pren-
dront part des noms connus, à l’ins-
tar de Hafid Derradji et l’ambassa-
drice de l’Unicef à Alger, Salima
Souakri, sera sanctionnée par la
publication d’un ouvrage contenant
les points de vue de différentes per-
sonnalités algériennes et arabes.
Environ 200 000 consommateurs de
cannabis ont été recensés en octo-
I KARIM MOHSEN
Mais contre qui s’arme
donc Riyadh ?
L’EDITORIAL
L
’Arabie Saoudite vient d’acquérir 84 chasseurs-bombardiers F-15 amé-
ricains pour la modique somme de 29,4 milliards de dollars. Ce qu’an-
nonçait jeudi dernier le département d’Etat américain. Pour les Etats-
Unis, cette vente constitue un « message fort » selon lequel « Washington est
attaché à la sécurité du Golfe ». Suivez le regard du porte-parole du départe-
ment d’Etat qui, positif ajoute, – les affaires sont les affaires et un pactole de
tant de milliards de dollars n’est pas de refus – cette transaction « va amélio-
rer les capacités de dissuasion et de défense de l’Arabie Saoudite contre des
menaces extérieures à sa souveraineté ». Une dissuasion contre qui ? Israël ?
A notre connaissance, le seul «vrai ennemi » du Royaume wahhabite. Vous
n’y êtes pas. L’ennemi auquel songe Washington est bien évidemment l’Iran
et son controversé programme nucléaire. Est-ce là le combat de l’Arabie
Saoudite ? La question mérite désormais d’être posée lorsque Riyadh suren-
chérit, déclarant par la voix du porte-parole de son ministère de la Défense
que ce contrat « garantit au royaume de bénéficier des capacités de défense
les plus élevées possibles pour protéger son peuple et son territoire ». Pour
se prémunir contre qui ? Israël ou l’Iran ? Il faut savoir que dans les ventes
de ces armes aux pays arabes un alinéa interdit leur utilisation contre Israël.
Ceci dit, « l’ennemi » pour lequel les Etats-Unis arment l’Arabie Saoudite est
donc identifié : l’Iran ! On relève, dès lors, qu’il y a là comme un défaut :
l’Arabie Saoudite, siège des Lieux Saints de l’Islam, et qui accueille (à
Djeddah) l’Organisation de la Conférence islamique (OCI, 57 pays, dont l’Iran)
peut-il être l’ennemi d’un autre pays musulman ? Désormais la question se
pose avec gravité : le combat que les Etats-Unis mènent contre l’Iran peut-il
être celui de l’Arabie Saoudite ? L’interrogation se pose d’autant plus que
Riyadh aurait dû - devait - faire l’effort d’ijtihad pour une interprétation cor-
recte du bras de fer qui oppose depuis des années l’Iran aux Etats-Unis. Si
l’Arabie Saoudite ne s’arme pas contre l’Iran ni, on le sait, contre Israël,
contre qui s’arme-t-elle alors ? Contre ses voisins arabes ? Il serait donc
opportun que Riyadh explique ce qu’il entend par ce contrat qui « garantit au
royaume de bénéficier des capacités de défense les plus élevées possibles
pour protéger son peuple et son territoire » si ce n’est pas contre le seul
ennemi connu de l’Arabie Saoudite, Israël, contre qui Riyadh veut protéger
« son peuple et son territoire » ? De fait, beaucoup de questionnements pour
ce qui apparaît comme le « marché du siècle » en matière de vente d’armes -
quand des dizaines de milliards de dollars sont en jeu – mais contient peu de
réponses. Admettons que Riyadh soutienne à coups de milliards de dollars
le complexe militaro-industriel américain (qui en a bien besoin en ces
moments de récession), c’est son problème, comme c’est son droit de jeter
son argent par les fenêtres - encore que cela se discute eu égard à la ques-
tion du Proche-Orient et au veto de Washington à l’admission de la Palestine
à l’ONU – mais que l’Arabie Saoudite s’embrigade dans un combat douteux
qui n’est pas le sien, cela remet en question l’indépendance des pays du
Golfe – lesquels accueillent l’armada américaine notamment à Bahreïn, au
Qatar, au Koweït et…en Arabie Saoudite (Riyadh Air Base et King Fahd Air
Base, Prince Sultan Air Base a été rendue à l’armée saoudienne en septem-
bre 2003) – et pose avec acuité l’interrogation quant à la sécurité du Monde
arabe dans son entier. En attendant, la liste des « achats » saoudiens, confir-
més ou en attente de concrétisation, est ahurissante .Jugez-en plutôt: 84
chasseurs F-15 dernier modèle, plus la rénovation de 70 F-15 S (c’est le
contrat annoncé le 29 décembre), achat de 72 hélicoptères lourds Black Hawk
dont les Saoudiens possèdent déjà 22 exemplaires, 60 hélicoptères antichars
Apache Longbow, et 36 hélicoptères légers Little Bird. No comment ! K. M.
INQUIÉTANTE SITUATION DE LA TOXICOMANIE EN ALGÉRIE
Plus de 1 million de jeunes se droguent
L’ALGÉRIE qui était jadis un pays de transit, est devenue aujourd’hui un pays consommateur de drogue par excellence.
Les jeunes sont les premières victimes de ce fléau
I IDIR TAZEROUT
«L
a hausse de la facture d’importation
de médicaments enregistrée en 2011
était tout à fait normale. »
L’annonce a été faite par le ministre de la Santé,
Djamel Ould Abbès, avant-hier à Alger. Dans la même
logique, le ministre ajoute que les dépenses de l’État
destinées aux médicaments importés étaient importan-
tes l’année écoulée par rapport à l’an dernier.
Selon toujours le ministre, de 1,045 milliard de dol-
lars en 2010 ces dépenses sont passées à 1,7 milliard de
dollars en 2011. C’est dire le côté « normal » de cette
hausse qui a failli simplement « doubler ».
Il s’agit jusque-là que du côté chiffre en comprimé.
Et pour expliquer cette hausse, M. Ould Abbès a souli-
gné que 38 médicaments ont été touchés par le phéno-
mène de surfacturation pour une valeur de 94 millions
de dollars. Et là, c’est la faute aux importateurs car
« des importateurs ont gonflé les factures », a-t-il
affirmé. C’est juste pour faire passer la pilule.
D’ailleurs, le ministre n’a pas cité les noms des impor-
tateurs qui surfactureraient les médicaments qu’ils
importent en Algérie. Il a juste estimé qu’il fallait pal-
lier les insuffisances en matière de médicaments.
L’Algérie connaît depuis 2008 de fréquentes pénu-
ries de médicaments dans les hôpitaux et les pharma-
cies de ville. Selon le centre de statistiques des
Douanes, la facture de médicaments à usage humain
demeure la plus importante avec 1,63 milliard de dol-
lars au cours des 11 premiers mois de 2011 contre
1,045 pour la même période de 2010. Cette hausse des
importations de produits pharmaceutiques au cours de
l’année 2011 pour une valeur de 1,7 milliard de dollars
contre 1,045 milliard de dollars pour la même période
de l’année 2010 porte la hausse à 17,63 %. Par ailleurs,
il est à relever que les importations des médicaments
ont connu une baisse en valeur de 5,42% en novembre
2011 et par rapport au même mois de l’année dernière.
Elles sont passées de 182,93 millions de dollars à
173,02 millions, selon les chiffres provisoires du Cnis.
La facture des médicaments à usage humain reste la
plus importante avec 1,63 md USD durant les onze pre-
miers mois de 2011 contre 1,39 md USD à la même
période en 2010, précise le centre.
« La hausse des prix sur le marché international
pour certains types de médicaments à base de molécules
encore protégées par le droit de propriété a également
contribué à la progression de cette facture », selon cer-
tains observateurs.
Pour corriger les nombreux dysfonctionnements du
marché national du médicament, notamment ceux obs-
ervés au 3e trimestre 2011, et organiser le secteur, l’im-
portation des produits pharmaceutiques sera dès 2012
soumise à un contrôle « rigoureux », selon le ministère
de la Santé, de la Population et de la Réforme hospita-
lière. « Nous sommes en train de mettre toutes les bali-
ses pour réguler le marché du médicament, dont un
contrôle rigoureux au niveau des ports et aéroports par
des pharmaciens formés en la matière », avait déclaré le
secrétaire général du ministère de la Santé, M.
Abdallah Bouchnak. Pour l’année 2012, les program-
mes d’importation de produits pharmaceutiques ont
été délivrés aux opérateurs concernés, au cours d’une
réunion organisée à la mi-novembre dernier, rappelle-t-
on. Le ministère de la Santé avait souligné qu’à la
faveur des programmes d’importation, chaque produc-
teur s’engage à importer les quantités autorisées dans
les trois mois qui suivent la délivrance de ces program-
mes, conformément au cahier des conditions tech-
niques à l’importation. Selon la même source, l’impor-
tateur est tenu de fournir mensuellement l’état de ses
stocks commerciaux. Voilà pour le ministre une
manière de calmer les esprits sur ce qu’a connu comme
turbulences le marché du médicament. Pour 2012, y
aura de la pilule pour tous ! I. T.
HAUSSE DE LA FACTURE D’IMPORTATION
DE MÉDICAMENTS EN 2011
Ould Abbès tire sur les importateurs
4
L’Actualité
JEUDI 5 JANVIER 2012
ELECTIONS LÉGISLATIVES
Le FLN séduit ses mécontents
LA DIRECTION du parti a entamé une campagne à l’intérieur même de sa maison pour
séduire les mécontents en leur proposant de les introduire dans les listes de candidatures.
L
a chasse aux voix com-
mence au sein du FLN.
La direction du parti a
entamé une campagne à l’inté-
rieur même de sa maison. Elle
tente de séduire les mécon-
tents en leur proposant de les
introduire dans les listes de
candidatures. Le secrétaire
général du FLN avait déjà affi-
ché sa volonté de récupérer les
militants mécontents. «Je dis
aux mécontents que nous
ferons tout pour satisfaire un
maximum de gens. Ce sont
après tout des militants du
FLN. J’ai entendu dire qu’ils
veulent forcer le siège du parti.
Je leur dis que les portes sont
ouvertes. Ce siège est le vôtre.
Vous n’avez pas besoin d’utili-
ser la force pour y entrer»,
avait-il affirmé lors de la der-
nière rencontre du comité cen-
tral. Depuis, ses proches mul-
tiplient les contacts en tentant
de convaincre les mécontents.
La tâche est loin d’être
facile. La direction du parti et
les redresseurs se disputent le
réservoir électoral que consti-
tuent les militants.
Les deux parties se livrent
une bataille acharnée pour
drainer le maximum de voix.
Le militant est devenu un
véritable enjeu pour eux.
Chacun tente de gagner le
maximum de voix pour casser
l’action de l’adversaire. Le
mouvement de redressement
et de l’authenticité a déjà
annoncé qu’il présentera des
listes indépendantes aux élec-
tions législatives. Cette déci-
sion a mis en état d’alerte la
direction du parti. Celle-ci
déploie tous ses efforts pour
satisfaire les mécontents.
M.Belkhadem a appelé ses
cadres à se mobiliser davan-
tage pour sensibiliser les mili-
tants et renforcer les rangs du
parti.
Le FLN a mis en branle la
machine, alors que la campa-
gne pour les élections législati-
ves de 2012 n’a même pas
encore commencé. L’enjeu
vaut bien la chandelle !
Conscient du poids des pro-
chaines élections dans la nou-
velle carte politique du pays,
le secrétaire général du FLN
mène une campagne tambour
battant pour gagner la base.
M.Belkhadem refuse de parler
de crise au sein du parti. Pour
lui, le parti a déjà vécu des
situations similaires de par le
passé. S’appuyant sur le poids
du parti, M. Belkhadem
appelle ses militants à sauve-
garder la place de première
force politique du pays.
Majoritaire dans toutes les
institutions élues, le FLN veut
à tout prix garder et accaparer
ce privilège. Le défi s’annonce
très difficile. Devant le mouve-
ment des redresseurs et avec
l’entrée en scène de plusieurs
partis, la course promet d’être
rude.
En plus des partis tradi-
tionnels, plusieurs nouveaux
partis sont attendus sur le
champ de bataille. La campa-
gne pour les sièges donne déjà
un avant-goût. Même si le
secrétaire général dit ne pas
craindre la concurrence, il
n’en demeure pas moins que
la présence de plusieurs candi-
dats constitue en elle-même
un danger pour les partis tra-
ditionnels. Habitués à parta-
ger la part du gâteau entre
eux, les partis traditionnels
vont se retrouver nombreux à
se disputer l’électorat qui est
estimé à 21 millions.
N. B.
La direction du parti et les redresseurs se disputent le réservoir électoral
que constituent les militants.
« Malheureux les pays qui ont
besoin de héros. »
Bertolt Brecht
«L
a longue lutte de libération est
tellement riche en anecdotes
qu’elle constitue une mine
inépuisable d’idées de scénarios. On peut
sans cesse s’y référer sans tomber dans
les clichés habituels. On a essayé de cari-
caturer un instant cette douloureuse
époque en la traitant sous l’angle comique
et en employant des comédiens qui ont
l’habitude de jouer des rôles comiques :
c’est une erreur magistrale ! Les
Européens et les Américains n’ont produit
des films comiques sur la Seconde Guerre
mondiale qu’avec le début de la construc-
tion de l’unité européenne. Tant que l’Etat
français n’a pas reconnu les crimes de
guerre que son armée a commis contre les
populations algériennes, il est hors de
question de célébrer les années de twist.
Les réalisateurs, qui ont trouvé un côté
humain aux tortionnaires ou ceux qui se
sont attardés sur la douceur de la vie de
cette époque, ne l’ont fait que pour des rai-
sons bassement commerciales : ils espé-
raient offrir à leur création une bonne car-
rière sur l’autre rive. Tout comme j’en veux
à mort à ceux qui reprennent les formules
du 2e Bureau français qui traitaient certains
de nos héros de héros et d’égorgeurs.
Mais cela ne doit pas nous empêcher de
nous pencher sur l’infériorité technique et
le manque d’équipements de certaines uni-
tés combattantes et des difficultés de com-
munication. C’est, je pense, ce qui a donné
lieu à des erreurs regrettables. A cette
époque, des gens se sont trouvés dans des
choix douloureux. Et ils n’avaient ni le
temps ni la latitude pour réfléchir. Les gens
n’avaient pas le temps ni le loisir de faire
des calculs. Il fallait surtout essayer de sur-
vivre. Et puis, je trouve lassant de montrer
toujours des gens en train de crapahuter
dans les montagnes, de s’abriter sous le
couvert des arbres ou derrière des rochers.
C’est bon pour les PC de commandement.
Que ne montre-t-on pas les combattants
planqués dans des réduits de quelques
mètres carrés à quelques encablures de la
caserne où vaquent les soldats français à
leurs corvées quotidiennes ? Pourquoi ne
pas faire le portait de ceux qui ont joué
double jeu : le soir ils étaient noirs et le jour
ils étaient blancs. Ceux qui ont participé à
cette guerre ont fait état de ce genre d’indi-
vidus qui jouaient sur les deux tableaux.
On m’a raconté l’histoire d’un père fort aisé
qui a été emprisonné avec ses deux fils
dans un camp de l’armée française. Ils
étaient accusés de collaborer avec la résis-
tance. Le lendemain le père et un de ses fils
sont froidement exécutés tandis que le
deuxième fils arrive à s’échapper. Le fugitif
atterrit au maquis où il est fraternellement
pris en charge par les moudjahidine. Plus
tard, on apprendra qu’il avait une liaison
épistolaire régulière avec le lieutenant de la
SAS de la commune. Il donnait ses messa-
ges à un jeune lycéen exclu du lycée pour
fait de grève. Ce lycéen croyait rendre
service à la résistance car le lieutenant de
la SAS fournissait des aides alimentaires et
vestimentaires aux indigents du village : il
avait le profil de l’humanitaire. Quand le pot
aux roses fut découvert, le pseudo-résis-
tant et son messager furent éliminés. A par-
tir de cela, on peut imaginer mille et une
choses : le père et ses deux fils emprison-
nés ont été « travaillés » psychologique-
ment par leurs tortionnaires et que seul un
des fils a cédé à un odieux et sordide chan-
tage qui lui aurait été proposé ou doit-on
croire au miracle de la fuite salutaire. Ou
bien peut-on retracer l’itinéraire héroïque
de ce simple serrurier qui a vu sa candida-
ture refusée par les responsables du
maquis et qui a été vendu aux soldats fran-
çais. Captif, il parvint à s’évader du camp le
soir même, en assommant un de ses gar-
diens et prit la clé des champs avec l’arme
de celui-ci. Il mourra héroïquement trois
mois plus tard : blessé, il fut achevé par un
capitaine qui était réputé pour sa
barbarie. » S. M.
I SELIM M’SILI
ON
remet
ÇA
Anecdotes
I NADIA BENAKLI
L
e second acte de naissance de
l’UMA est-il signé ? Certains indi-
ces permettent de le croire. Est-ce
pour fêter le vingt-troisième anniversaire
de la création de l’UMA que ses pays
membres ont décidé de se réunir le mois
de février prochain au Maroc ? Il faut
croire que oui. La date choisie pour ces
retrouvailles est symbolique et le lieu
n’est autre que celui où se trouve le siège
du Secrétariat général de l’Union du
Maghreb arabe, à Rabat. Une manière de
redonner une seconde naissance à cette «
réalisation géostratégique » qui est entrée
en hibernation pendant près de deux
décennies. Son Conseil des chefs d’État
ne s’est plus réuni depuis 1994. La nor-
malisation des relations algéro-marocai-
nes suit son cours. La réouverture des
frontières terrestres n’est, semble-t-il,
qu’une question de temps. Elle consac-
rera la fin d’une brouille cyclique qui dure
depuis quelques décennies. Le ministre
algérien des Affaires étrangères, par ses
déclarations, vient confirmer le processus
de normalisation entamé entre Alger et
Rabat. En effet, comment concevoir une
relance sérieuse de l’UMA et un retour du
Maroc en son sein sans que ne soient
levés tous les obstacles qui rendront conc-
rets les objectifs assignés à cette institu-
tion qui représente un espace économique
régional de quelque 90 millions d’âmes.
La circulation des biens et des personnes
ne peut devenir possible que si les fron-
tières (aériennes et terrestres) entre les
pays qui constituent ce lieu d’échanges
exceptionnels, sont ouvertes. Comment
concevoir dans ce cas-là une Union magh-
rébine sans que le Maroc et l’Algérie ne
décident d’ouvrir les leurs (terrestres) ?
Les déclarations du chef de la diplomatie
algérienne indiquent que c’est probable-
ment sur le point de se réaliser.
« Avant la fin février 2012, il est prévu
une réunion des ministres des Affaires
étrangères de l’UMA au Maroc. L’action
maghrébine est d’abord la cohérence entre
les politiques économiques, commerciales,
sociales. C’est cela l’UMA. Ce n’est pas
seulement une envie », a souligné Mourad
Medelci qui s’est exprimé le 3 janvier sur
les ondes de la Radio nationale Chaîne
III. Justement pour que l’UMA ne soit
pas qu’un rêve, le Maroc et l’Algérie sont
condamnés à mettre fin à leurs malenten-
dus dont celui de la frontière terrestre qui
demeure close. Est-ce irrémédiable ? Le
patron de la diplomatie algérienne ras-
sure à ce sujet. « La fermeture de la fron-
tière entre les deux pays frères que sont
l’Algérie et le Maroc n’a jamais été consi-
dérée comme une décision définitive. Le
rapprochement qui s’opère depuis plu-
sieurs mois entre l’Algérie et le Maroc, et
qui va être consolidé avec le nouveau gou-
vernement marocain, toutes ces évolutions
travaillent à la normalisation des rela-
tions avec le Maroc à terme », a indiqué M.
Medelci. L’arrivée d’un islamiste, Saâd
Eddine Othmani, au département maro-
cain des Affaires étrangères à la place de
Taib Fassi Fihri ne devrait pas changer la
dynamique impulsée par le chef de l’Etat
et le souverain marocain, au processus de
normalisation entre les deux pays. «Je
tiens à vous réitérer ma volonté de conti-
nuer à oeuvrer avec vous au raffermisse-
ment des relations de fraternité et de
coopération entre nos deux pays et peu-
ples frères au mieux de nos intérêts
mutuels», soulignait le message adressé
par Abdelaziz Bouteflika au souverain
chérifien à l’occasion de la célébration du
56e anniversaire de l’indépendance du
Royaume. Une sorte de réponse à la solli-
citation de Mohammed VI. Que disait la
missive du monarque alaouite ? «Le
Maroc réitère sa disposition à tout mettre
en oeuvre, tant sur le plan bilatéral et
notamment avec l’Algérie sœur, dans le
cadre de la dynamique constructive
actuelle qu’au niveau régional, pour la
concrétisation commune des attentes des
générations présentes et à venir qui aspi-
rent à l’avènement d’un ordre maghrébin
nouveau», avait déclaré l’héritier de feu
Hassan II dans une allocution adressée à
son peuple le 6 novembre 2011.Une nou-
velle étape sera franchie avec la réunion
des ministres des Affaires étrangères de
l’UMA le mois prochain au Maroc. La
décision d’ouvrir la frontière terrestre
algéro-marocaine sera-t-elle prise à cette
occasion? Possible... M. T.
RELATIONS ALGÉRO-MAROCAINES
Ouverture des frontières en 2012 ?
L’ARRIVÉE D’UN islamiste au département marocain des Affaires étrangères ne devrait pas
changer la dynamique impulsée par le président de la République et le souverain marocain.
I MOHAMED TOUATI
De Quoi j’me Mêle
JEUDI 5 JANVIER 2012
5
Faouzia Hariche
prépare juillet 2012
en Belgique
ANCIENNE ENSEIGNANTE, l’Algéro-Belge
Faouzia Hariche, 45 ans, achève son mandat en
tant que numéro deux de la mairie de Bruxelles,
en Belgique. Elle se dit très fière d’être
algérienne. Elle se plonge dans les auteurs du
pays : Kateb Yacine et Rachid Boudjedra. Pour
les 50 ans de l’indépendance de l’Algérie, en
2012, elle prépare une semaine algéro-belge à
Bruxelles. Faouzia a grandi à Jumet, un quartier
italien de Charleroi.
C’est seulement à l’Université libre de Bruxelles
qu’elle se fait des amis nord-africains. Et
découvre le racisme. Agrégée de philologie
romane, elle fonde l’association Jeunesse
maghrébine en 1992 pour aider les enfants
immigrés et défendre les droits des étrangers.
Dans son bureau, une photo de Sahraouis qui lui
vaut quelques commentaires de la part de
Marocains… Elle a pourtant épousé l’un d’eux,
Mohamed, ingénieur chimiste.
Les Marocains n’aiment
pas voir l’image
du Prophète
LE MAROC a bloqué la distribution de l’hebdomadaire français Le
Nouvel Observateur qui a publié un dossier sur le Monde arabe
comportant notamment une représentation du visage du Prophète
Mohammed, proscrite par la tradition musulmane. Cette décision
intervient quelques jours après l’interdiction de l’hebdomadaire
français l’Express, qui avait publié un dossier de 95 pages sur
l’Islam, dans lequel le visage du Prophète Mohammed était
également reproduit. « Le numéro du Nouvel Observateur a été
interdit parce qu’il a reproduit le visage du Prophète et c’est interdit
par notre religion. C’est évident », a déclaré un responsable du
ministère de la Communication sous le couvert de l’anonymat. Dans
le numéro interdit du Nouvel Observateur, un dossier intitulé « Les
Arabes » représente également le visage du Prophète. Parmi les
sujets qu’il comporte : « Le vrai visage de Mahomet », « Les poètes
du Prophète », « Ni libre ni soumise ».
Les Turcs
accentuent
leur offensive
sur la Tunisie
L’ASSOCIATION Namaa
Tunisie, ONG dont le but est
de développer et promouvoir
le sens de l’entrepreneuriat
économique auprès des
Tunisiens, organisera les 12 et
13 janvier 2012 à Yasmine
Hammamet, un forum
international sur le
développement commun
tuniso-turco-libyen. Deux cents
hommes d’affaires, soit 100
Tunisiens,
60 Turcs et 40 Libyens, sont
attendus à ce forum de deux
jours. Cette rencontre n’est
qu’une étape dans la quête
des Turcs de s’imposer en
leader du Moyen-Orient après
l’affaiblissement de l’Egypte et
les risques menaçant l’Arabie
Saoudite. Il reste tout de
même à faire taire les Qataris
qui nourrissent le même rêve.
Israël voudrait soutirer de l’argent à l’Algérie
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I ZOUHIR MEBARKI
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ne information rapportée par
deux journaux, « Rose El
Youssef » hebdomadaire égyp-
tien et « Middle East Monitor » britan-
nique, se devait d’être connue par les
Algériens. Le quotidien national
Echourouk l’a reproduite dans sa
livraison du 31 décembre dernier, mais
sans la commenter. C’est pourquoi
nous en faisons notre sujet cette
semaine. Selon ces journaux, « Israël
prépare actuellement un projet de loi
qui sera soumis au vote devant la
Knesset en mars prochain, pour récla-
mer aux pays arabes la restitution des
propriétés des juifs dans ces pays…Le
projet de loi concerne l’époque datant
d’avant l’arrivée des juifs en Palestine
en 1948, et il figurera à la table des
négociations internationales en cas de
pression sur « Israël » au sujet du droit
au retour des Palestiniens !... Le pro-
jet de loi se divise en deux parties : la
première appelle l’Egypte, la
Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la
Libye, le Soudan, la Tunisie, la Syrie,
l’Irak, le Liban, la Jordanie, le Bahreïn
à payer des indemnisations de 300
milliards de dollars pour les propriétés
de 850 000 juifs. Dans la deuxième
partie de la loi, le ministère israélien
des Affaires étrangères exige de
l’Arabie Saoudite de payer plus de 100
milliards de dollars pour les proprié-
tés de juifs depuis l’époque du
Prophète Mohammed (QSSSL) ! De
grands experts israéliens du droit
international, d’histoire et de géogra-
phie aux universités de Bar Ilan,
Beersheva, Tel-Aviv, Al Qods et Haïfa
travaillent sur ce projet de loi…
auquel un budget de 100 millions de
dollars américains, prélevé du budget
du ministère israélien des Affaires
étrangères pour l’an 2012 lui est
alloué ». Une telle entreprise a de quoi
surprendre. D’abord sur le plan de la
forme et ensuite dans le fond. Dans le
cas de notre pays, les juifs qui sont
partis à l’indépendance en 1962
étaient tous de nationalité française.
Nous n’avons jamais eu d’Israéliens
sur notre sol pour qu’aujourd’hui
puisse être invoquée par Israël une
quelconque « restitution de biens »
sous quelque forme que ce soit.
Ensuite ces Français, de confession
juive, n’ont jamais été chassés par
l’Algérie. Ils sont partis de leur propre
chef comme tous les autres Français
des autres confessions. Qu’ils aient été
trompés par les ultras regroupés dans
l’Organisation de l’armée secrète
(OAS) qui a semé la panique parmi eux
avec cette fameuse menace de « la
valise ou le cercueil » ne pouvait et ne
peut en aucun cas être le problème
des Algériens. Et s’il y a quelqu’un
pour exiger des dédommagements aux
pillages et aux génocides dont les
Français, de toutes confessions, se
sont rendus coupables durant un siè-
cle et demi d’occupation ce sont, tout
de même, bien les Algériens. Notez au
passage que les Algériens n’ont jamais
eu la nationalité française durant la
colonisation. Ils étaient des « indigè-
nes » soumis, avant l’heure, à un
régime d’apartheid qui avait pour nom
le code de l’indigénat. Tout au plus et
seulement vers la fin de la colonisation
leur était-il accordé le statut de « fran-
çais musulmans ». Il n’y a jamais eu de
« Français juifs » par exemple. Cette
catégorie de la population avait béné-
ficié de la nationalité française, pleine
et entière, édictée par le décret
Crémieux adopté en 1870. S’il fallait
ajouter à cela que l’Etat d’Israël
n’existe juridiquement que depuis
1948, le tour de la question est fait.
Aucun individu de nationalité israé-
lienne n’a foulé le sol algérien pour
pouvoir en posséder une parcelle.
Israël serait plus avisé d’adresser la
« facture » à la France si tant est que
les Français de confession juive
devraient être considérés différem-
ment des autres citoyens de ce pays.
D’ailleurs et en prolongement de l’exi-
gence d’Israël de faire payer à l’Arabie
Saoudite « plus de 100 milliards de
dollars pour les Propriétés de juifs
depuis l’époque du Prophète
Mohammed (QSSSL) », il faudra s’at-
tendre, dans un deuxième temps, à un
autre projet de loi similaire contre la
chrétienté et tous les pays qui, à ce
titre, ont persécuté les juifs depuis la
première croisade d’Urbain II en 1095.
Il y a plus des milliards de dollars que
pourrait ramasser Israël de ce côté-là.
Ce ne sont pas les Arabes, sauf à
refaire l’Histoire, qui rendent les juifs
responsables de la crucifixion. Pour en
revenir au cas de notre pays, rappelons
que des tentatives du même type ont
été tentées dans un passé récent par
des groupes de « juifs d’Algérie », pour
nous soutirer de l’argent. Chez nous,
on dit : « Allah y Noub ! ». Nous atten-
drons, cependant, les quelques semai-
nes qui nous séparent du mois de mars
prochain et une fois la loi adoptée par
la Knesset, pour le dire !
Z. M.
(zoume6@hotmail.com)
Les juifs qui sont partis à l’indépendance en 1962 étaient tous de nationalité française.
Nous n’avons jamais eu d’Israéliens sur notre sol pour qu’aujourd’hui puisse être invoquée
par Israël une quelconque « restitution de biens ». Chez nous, on dit : « Allah y Noub ! »…
LE NOUVEAU gouvernement
yéménite a approuvé le
changement officiel des dates du
week-end dans le pays, passant
d’un week-end couvrant jeudi et
vendredi à un week-end allant de
vendredi à samedi, a rapporté
l’agence de presse officielle Saba.
Le décret, qui entrera en vigueur
en février, est destiné à faciliter la
communication entre le Yémen et
la communauté internationale,
selon un communiqué
gouvernemental
cité par Saba. Ce décret avait déjà
échoué à être adopté dans le
passé, par l’ancien gouvernement
d’Ali Abdallah Saleh. Le nouveau
gouvernement a été formé le 7
décembre dernier avec la
participation égale de l’opposition
et du parti au pouvoir, et est
dirigé par le chef de l’opposition,
Mohamed Basindwa, en
conformité avec les termes de
l’accord sur le transfert du
pouvoir parrainé par les pays du
Golfe.
Les Yéménites modifient la date du week-end
Siemens
Energy court
derrière
notre soleil
LE CONGLOMÉRAT allemand,
Siemens Energy, compte rester
actif sur le continent africain, et
notamment en Afrique du Nord.
Ce sont surtout ses filiales
françaises qui y sont à la
manœuvre, dans les transports
urbains (métro d’Alger) comme
dans l’énergie. Mais Siemens
Energy France, qui pilote les
secteurs des transmissions
électriques et des énergies
renouvelables, est sous la
houlette du français Christophe
Fayout. Il estime que l’Algérie
est le premier marché africain,
avec 70 millions d’euros de
chiffre d’affaires en 2010, suivie
de l’Afrique du Sud, puis de la
Tunisie. Avant la chute du
régime, la Libye était le second
marché maghrébin avec 50
millions d’euros. En Afrique
subsaharienne francophone, le
groupe a vendu environ 35
millions d’euros de matériels et
prestations en 2010.
JEUDI 5 JANVIER 2012
L’Actualité
6
C
’est entouré de ses principaux colla-
borateurs que le colonel Mustapha
El Habiri nous a reçus dans son
bureau à Hydra. En poste depuis 10 ans, il
ne cesse de moderniser ce corps incontour-
nable pour porter secours aux citoyens.
Dernières réalisations : programme de for-
mation de 23 000 personnes aux gestes
des premiers secours, acquisition d’héli-
coptères équipés et promulgation d’un
nouveau statut de la Protection civile.
L’Expression : Vous avez initié depuis
plusieurs mois un programme de forma-
tion à destination de la population. Quel
en a été le résultat ?
El Habiri : C’est une initiation aux ges-
tes qui sauvent. L’opération a touché
23 000 citoyens et elle va se poursuivre
encore cette année dans différentes
wilayas afin de familiariser beaucoup de
personnes aux premiers soins. On a l’am-
bition de former des pompiers volontaires
qui viendront en appui à nos agents
comme c’est le cas en Europe. On dispose
d’un fichier national de ces personnes for-
mées avec leurs cordonnées pour pouvoir
les solliciter à tout moment.
Les pompiers sont les premiers
à se rendre sur les lieux des accidents :
comment se déroule cette opération ?
Ce sont des conditions de travail diffici-
les. Nos ambulanciers ont du mal à arriver
rapidement sur les lieux des sinistres à
cause de l’encombrement des voies. On est
obligé de dépêcher une deuxième équipe
dans le sens inverse de la circulation pour
évacuer rapidement les victimes. Si les
blessures sont graves, on fait appel à un
médecin, sinon l’infirmier prend en charge
les cas qui se présentent à lui.
Quel est votre dispositif pour parer à
des catastrophes ?
Il y a des plans d’organisation des
secours dans chaque wilaya qui sont
déclenchés en cas de sinistre. Tous les sec-
teurs y sont impliqués avec leurs moyens.
Quel est le nombre quotidien des sor-
ties de vos agents sur le terrain ?
Il y a plus de 1500 sorties par jour. Cela
va de la personne qui nous sollicite parce
que la porte de l’appartement s’est refer-
mée jusqu’à l’incendie. Les citoyens se
trouvent en permanence dans le besoin
d’être assistés ou secourus en cas de dan-
ger ou de détresse. Cela donne 450 000
intervention par an, soit près d’un demi-
million.
De quel effectif disposez-vous pour
effectuer ce travail ?
La Protection civile dispose de 56 000
fonctionnaires. Si l’on compte les person-
nes formées aux premiers secours, 5000
pour cette année, on atteindra un person-
nel de 80 000 individus. Cela donne un
ratio de 81 secouristes pour 10 000 habi-
tants.
Le ratio est de 1 pour 1 000 au niveau
international. On fait tout pour disposer
d’une couverture opérationnelle optimale.
On a doublé le nombre d’unités en
quelques années et on a renouvelé le parc
roulant et les ambulances et autres types
de véhicules. Il y a aussi un programme de
formation de groupes d’intervention spé-
cialisés. C’est le cas pour le groupe de
grimpe intervenant dans les endroits inac-
cessibles, en milieu périlleux et en monta-
gne. Les agents ont été formés à Bouira.
On a aussi un groupe de sauvetage déblaie-
ment dans chaque wilaya pour les inter-
ventions en cas de séisme, ainsi qu’un
groupe cynotechnique (avec 26 chiens)
implanté à Alger, Mostaganem et bientôt à
Constantine. Ce sont des groupes autono-
mes qui sont prêts à intervenir même à l’é-
tranger. Leur autonomie est de huit jours
même en nourriture. On a formé des for-
mateurs grâce à nos conventions avec l’or-
ganisme similaire en France pour attein-
dre des degrés de performance élevés.
A l’heure actuelle, on peut se passer de
cette coopération car on dispose d’assez de
formateurs.
Qu’en est-il de l’application de la loi
04-20 du 25 décembre 2004 relative à la
prévention des risques majeurs et à la ges-
tion des catastrophes dans le cadre du
développement durable ?
On attend toujours les décrets d’appli-
cation. Cela est du ressort des autres insti-
tutions de l’Etat. Mais il existe une nou-
velle méthode de gestion des risques dans
chaque wilaya. Cela nous permet de
connaître la localisation des risques et
d’apporter des réponses adéquates.
Quel est votre taux de couverture du
territoire actuel ?
On couvre 90 % du territoire. Il ne reste
que 20 daïras sur les 546 à ne pas disposer
d’unités. Mais quelquefois, il y a deux uni-
tés par daïra. Avant 2001, le taux de cou-
verture était de 35 %. La couverture est
effectuée en fonction de l’évolution du
tissu urbain.
A propos d’urbanisme, quelle est la
situation en ce qui concerne les établisse-
ments recevant le public et autres
édifices ?
On intervient avant même l’attribution
du permis de construire car il y a une
étude de risque. A titre d’exemple, les
ouvertures de façades comme les fenêtres
doivent répondre à des normes pour facili-
ter les évacuations tout comme les mar-
ches. On vérifie si l’architecte a respecté
les normes. Si ce n’est pas le cas, on exerce
notre prérogative d’alerter. Il y a aussi des
visites avant de délivrer des certificats de
conformité. Ensuite, on effectue des visites
inopinées ou programmées car le certificat
n’est pas définitif. En cas de problèmes, on
saisit le wali pour ordonner la fermeture
des locaux.
Vos agents et officiers ne font pas seu-
lement face aux accidents de la route, il y a
aussi les risques industriels et chi-
miques…
Il y a même un module sur le risque
chimique qui est enseigné et on va bientôt
se doter de cellules d’intervention chi-
mique et radiologique. Le matériel va arri-
ver incessamment et nos ingénieurs sont
déjà formés. S’il y a un risque radiolo-
gique, on entre en contact avec le commis-
sariat à l’énergie atomique. Notre action
se concentre sur des opérations de
transport en direction des hôpitaux ou en
faveur des sociétés opérant sur des chan-
tiers où sont effectuées des soudures sur
canalisation. Les appareils de vérification
de la résistance à la pression fonctionnent
avec une source radioactive.
Y a-t-il eu des accidents ?
Il y avait un accident à Sétif en 1974.
Un appareil a été volé et brisé et il y a eu
un début de radiation. Une source a aussi
été perdue en 2000 au sud du pays avant
d’être retrouvée.
Allez-vous poursuivre le processus de
modernisation du corps ?
Notre groupe aérien sera opérationnel
dans un mois car nous avons acquis des
hélicoptères. Il y a aussi 150 motos équi-
pées pour arriver rapidement sur les lieux
d’accidents sur les autoroutes et éviter les
suraccidents.
La Protection civile a aussi entamé un
cycle de manœuvres…
On a entamé des manœuvres dans
chaque wilaya avant de leur imprimer un
caractère régional puis national.
Carambolages, crash d’avion, tout y passe.
Cette semaine, les exercices vont être
concentrés sur les gros incendies d’usine.
L’objectif est de parvenir à mobiliser une
force de frappe dans un laps de temps de
deux à six heures. Il y a 60 éléments dans
chaque groupe d’inter-
vention rapide. On peut
mobiliser 5000 hommes à
travers le territoire
national. En plus, on pré-
pare des manœuvres
nationales qui vont durer
huit jours.
Quels sont les risques
auxquels vous vous pré-
parez ?
Parmi les 10 risques,
on a intégré les risques
sociétaux constitués par
les regroupements. Mais
il y a aussi les tempêtes,
les inondations et les
séismes. On intervient
aussi lors des campagnes
de pèlerinage.
La lutte contre les
incendies de forêt consti-
tue aussi un gros travail
pour les effectifs…
Les colonnes mobiles
sont prévues à cet effet.
Elles sont disséminées à
travers les massifs fores-
tiers. On a commencé en
2003 avec 12 colonnes
mobiles équipées en
matériels et en moyens
humains. Elles ne sont
pas destinées spéciale-
ment à intervenir dans
leur wilaya d’implanta-
tion mais aussi dans les
zones limitrophes. On a
mis en place 10 autres
colonnes de manière à ce
que chacune d’entre elles
prenne en charge 2
wilayas. On a l’ambition
d’arriver à une colonne
par wilaya.
Quel a été l’apport du
nouveau statut de la
Protection civile ?
Les fonctionnaires bénéficient de
points indiciaires leur permettant d’amé-
liorer leur situation comme ils gagnent
aussi une catégorie par rapport à d’autres
corps. L’évolution de carrière est définie et
il y a une spécialisation des agents et offi-
ciers au lieu de la polyvalence qui prévalait
auparavant. La formation et les primes
sont d’autres avantages. Les primes vont
de 2500 à 10 000 dinars selon les fonctions
et grades. A. M.
LE COLONEL MUSTAPHA EL HABIRI,
DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA PROTECTION CIVILE, À L’EXPRESSION
«Des manœuvres nationales auront lieu cette année»
I AHMED MESBAH
P
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.

:

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B
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a
«Nous avons un ratio de 81 secouristes
pour 10 000 habitants»
«On a doublé le nombre d’unités
en quelques années»
7
JEUDI 5 JANVIER 2012
L’Actualité
D
epuis 1995, le dinar continue
sa descente aux enfers. Les
cotations hebdomadaires
officielles des billets de banque et des
chèques de voyage, communiquées
par la Banque d’Algérie, donnent un
aspect de ce dérapage de la monnaie
nationale par rapport à l’euro et le
billet vert. Un euro qui s’achetait
contre 98,18 DA à partir du 20
novembre dernier est monté à 99, 49
dinars à compter du 18 décembre,
puis passant au-dessus de la barre
des 100 dinars, soit 101,90 DA à par-
tir du 25 décembre. Le billet vert a
connu également une tendance haus-
sière. De 72,96 DA l’unité en fin
novembre de l’année écoulée, il a pro-
gressé jusqu’à 73,71 DA à l’achat à
la dernière semaine du mois de
décembre. La dépréciation du dinar
est d’autant plus ressentie que la fac-
turation de nos importations se fait
en euros et les exportations en dol-
lars. La dégringolade est beaucoup
plus prononcée dans la sphère infor-
melle qui brasse 40 % de masse
monétaire en circulation, soit « envi-
ron 13 milliards de dollars », selon les
chiffres avancés par les experts.
Depuis quelques années, l’écart
entre l’échange officiel et parallèle,
du reste anormal, est très important.
La valeur du dinar sur le marché
parallèle ou celui des cambistes de
plus en plus florissant à l’ombre d’ab-
sence de bureaux de change régle-
mentaires, est encore moins lotie en
comparaison avec l’échange officiel.
Bon an mal an, un euro s’échangait
contre 140 à 150 dinars et entre 95 et
100 DA pour le dollar. Selon les éco-
nomistes, « la Banque d’Algérie a
fait le choix de laisser glisser le taux
de change pour freiner le taux d’in-
flation tiré en haut par les augmen-
tations de salaires et l’accroisse-
ment des importations ». « Le coûp
de revient de nos produits, dont les
intrants sont payés en devises fortes,
augmente un peu plus à chaque nou-
vel approvisionnement en matières
premières qui suit l’épuisement des
stocks. Après cette courte période, qui
ne dépasse pas généralement 2 mois,
l’augmentation est automatiquement
répercutée sur le prix final du produit
sur le marché local », a témoigné
Slim Othmani en sa qualité d’opéra-
teur économique. Les importations
couvrent « 70/75% des besoins des
ménages et des entreprises dont le
taux d’intégration ne dépasse pas
10/15% et 97/98% des exportations
sont le résultat des hydrocarbures à
l’état brut et semi-brut », selon le Pr
Abderrahmane Mebtoul. Pour lui, il
existe « une dialectique des liens
entre la logique rentière et l’exten-
sion de la sphère informelle qui favo-
rise la dépréciation du dinar : l’éva-
sion fiscale. Ce qui constitue inévita-
blement un véritable frein au vérita-
ble développement hors hydrocarbu-
res. Le dinar est une monnaie
presque dépendante du dollar, étant
donné que les revenus en devises
sont issus à 97 % des hydrocarbures.
Il est à noter par ailleurs que le
volume des réserves de change pla-
cées aux Etats-Unis est estimé à
173,6 milliards de dollars à la fin
juillet. Ceci dit, le moindre dérapage
de la valeur du dollar américain
impactera sur la facture des exporta-
tions et par ricochet sur les recettes
financières de l’Algérie.
Par ailleurs, les importations de
l’Algérie, principalement payées en
euros, ont franchi la barre de
40 milliards de dinars depuis l’année
2010 contre 39,29 milliards de dol-
lars en 2009. La transition vers l’éco-
nomie de marché concurrentielle est
possible, pour peu, disent les experts,
que « se réalisent les mutations sys-
témiques nécessitant un profond
réaménagement dans les structures
du pouvoir qui repose essentielle-
ment sur la rente, la distribution de
revenus sans contreparties producti-
ves pour une paix sociale fictive et
éphémère ». Puisque les ventes
d‘hydrocarbures sont reconverties
du dollar en dinars, tout dérapage
rampant du dinar par rapport au dol-
lar, « gonfle artificiellement le Fonds
des recettes et voile l’importance du
déficit budgétaire », indique le Pr
Mebtoul. Cet artifice d’écritures
explique que bien que « la cotation
du dollar et de l’euro n’évoluent pas
dans le même sens, souvent la
Banque d’Algérie dévalue simultané-
ment le dinar à la fois par rapport au
dollar et à l’euro, ce dernier renché-
rissant les importations des produits
également écoulés sur le marché
national en dinars auquels la valeur
finale, sans compter les coûts des cir-
cuits de distribution, est amplifiée
par les taxes douanières calculées sur
la valeur import en dinars »,
explique-t-il. Par ailleurs, le délégué
général de l’Abef, Abderrahman
Khalfa, a indiqué que « le marché de
change informel viendra à disparaî-
tre petit à petit au fur et à mesure
que la sphère formelle grignote sur
ces parts du marché car il n’est ni
structurel ni durable.
Quant aux transactions il faut
dit-il, les traiter par des mécanismes
juridiques et réglementaires. »
M. B.
MONNAIE NATIONALE
DÉVALUATION RAMPANTE DU DINAR
LA VALEUR du dinar sur le marché parallèle ou celui des cambistes de plus en plus florissant.
La Banque d’Algérie dévalue simultanément le dinar à la fois par rapport
au dollar et à l’euro
I MOHAMED BOUFATAH
S
i l’excès de liquidités des banques pri-
maires « reste structurel », et en
hausse pour les neuf premiers mois de
2011 (+136,2 milliards de dinars), comme l’a
affirmé mardi à Alger le gouverneur de la
Banque d’Algérie, M. Mohamed Laksaci, il
n’en demeure pas moins que cet excès
inquiète un peu les experts, estiment nombre
d’analystes économiques. Laksaci a précisé
que ce constat haussier se situe, pour « les
neufs premiers mois de l’année 2011, à plus de
247,4 milliards de dinars». Se prononçant sur
les principales tendances monétaires et finan-
cières au cours des neuf premiers mois de
2011, il a souligné que la Banque d’Algérie
(BA) a continué à « résorber l’excès de liquidi-
tés par des opérations de reprise à sept jours et
trois mois pour un total de 1.100 milliards de
dinars », a-t-il indiqué. Il précisera que « les
banques ont régulièrement placé les montants
en sus de l’objectif de constitution des réserves
obligatoires en facilité de dépôts rémunérés à
24 heures». Il a fait remarquer aussi que le
montant des réserves libres s’est contracté au
premier semestre 2011, tout comme au troi-
sième trimestre 2011. Il reflète le caractère
effectif de la résorption de l’excès de liquidités
par la BA, laquelle rappelle-t-il, « ne finance
plus les banques primaires» depuis décembre
2001. Elles sont en surliquidités depuis avril
2001 déjà. Leurs ressources proviennent
essentiellement de l’épargne publique, ajoute
Laksaci. Selon l’analyste économique,
Abderrahmane Toumi, contacté par nos soins,
l’annonce de l’excès de liquidités des banques
par le gouverneur de la Banque d’Algérie (BA)
« est destinée surtout à émettre des garanties
aux institutions financières internationales »
comme le Fonds monétaire international
(FMI) et la Banque Mondiale (BM).
L’autre objectif est surtout de « rassurer
les entrepreneurs-investisseurs tant nationaux
qu’étrangers » Toumi estime d’autre part que
« même avec un léger gonflement du dinar,
notre monnaie ne devrait pas subir une érosion
accélérée au vu des réserves de change en dol-
lars que détient l’Algérie ainsi que la diffé-
rence minime qui existe entre l’euro et le dollar
dont la parité se situe à environ 1 euro pour 1,3
dollar». Pour sa part l’économiste Ammar
Yahia a rappelé que « le problème récurrent des
liquidités ne date pas d’aujourd’hui… Le
paradoxe, dit-il, réside dans les difficultés que
rencontrent les entreprises pour accéder à des
financements bancaires qui disposent juste-
ment de surliquidités. » A son avis, « il n’existe
pas chez nous un système bancaire où il y a
une vraie concurrence. Les banques privées,
regrette-t-il, ne sont pas opérationnelles dans
le domaine des investissements. Elles sont
figées dans les opérations générant des résul-
tats immédiats comme le secteur des importa-
tions. Elles ne sont pas rodées, explique-t-il
encore, dans le domaine de l’investissement».
« De leur côté, les banques publiques sont trop
prudentes et exigent beaucoup de garanties,
ajoute Yahia qui déplore qu’« actuellement, un
investisseur galère plus d’une année pour obte-
nir un quelconque financement bancaire».
rié de donner un avis sur la déclaration du
gouverneur de la BA, le consultant
Abdelmalek Serraï l’a qualifiée de « grave »
tout en disant que c’est là un aveu que l’in-
vestissement en Algérie « ne fonctionne pas
bien ». Affirmant que les réserves financières
vont bientôt dépasser 208 milliards de dollars,
il a pointé du doigt les banques qui « n’ont pas
atteint le taux souhaité d’intervention dans les
crédits et sont bien en deçà des normes inter-
nationales requises». Tout comme les précé-
dents experts contactés, il a amèrement
regretté « les lourdeurs bureaucratiques qui
empoisonnent l’environnement des investis-
seurs qui hésitent de s’adresser aux banques
pour un financement…A cela vient se greffer la
corruption», dénonce Serraï. Tous ces facteurs
ne sont pas favorables à de bonnes relations
banques - investisseurs qui jonglent avec « les
changements répétitifs des lois alors que l’on a
besoin d’une ouverture plus grande des
banques».
Il dira que l’Etat s’est engagé dans beau-
coup de dépenses publiques et « paie très cher
l’emploi des jeunes. C’est une démarche politi-
quement viable mais non financièrement par-
lant », explique-t-il. Il serait souhaitable,
ajoute-t-il, que « les investisseurs privés pren-
nent une part beaucoup plus importante dans
ce mouvement économique, ce qui allègerait les
engagements de l’Etat. Cette situation, avertit-
il, ne sert point l’économie du pays». Il est
impératif pour M. Serraï d’améliorer l’envi-
ronnement des investissements privés en
encourageant les promoteurs tant nationaux
qu’étrangers. A. A.
SURPLUS DE LIQUIDITÉS BANCAIRES
Une situation «grave» pour l’économie
LE PROBLÈME récurrent des liquidités ne date pas d’aujourd’hui…
I ABDELKRIM AMARNI
8
JEUDI 5 JANVIER 2012
L’Actualité
«L
es panneaux publici-
taires, à mettre en
place en conformité
avec les standards internatio-
naux, doivent être rentables», a
indiqué le président de l’APC
d’Oran, M. Mohamed Zinedine
Hassam. Voilà une décision,
bien qu’elle ne fera sûrement
pas le bonheur des publicistes
et annonceurs, qui peut appor-
ter un plus financier à la com-
mune d’Oran.
Cette dernière, via son
assemblée communale, a fait
sienne la politique stipulant
que tout projet pouvant contri-
buer à l’épanouissement finan-
cier de la municipalité est le
bienvenu, pourvu que le projet
soit conforme à la réglementa-
tion et rentable en temps réel.
En ce sens, la commune d’Oran
vient d’adopter une stratégie
toute basée sur une panoplie de
mesures. Primo, il a été décidé
de mettre fin à la publicité gra-
tuite. D’autant que le net à
gagner annuel est évalué à
quelque trois milliards de centi-
mes.
Ce préjudice a été causé par
les mauvais payeurs qui ont eu
à exploiter ce créneau. «Les
panneaux publicitaires ne
seront plus cédés gratuitement
comme dans un passé très
récent», a expliqué M. Zinedine
Mohamed Hassam ajoutant que
«la politique communale dans
la gestion d’un tel créneau
reposera désormais sur un cer-
tain nombre de critères dont sa
rentabilité».
Aux fins d’être à l’heure des
soumissions, la municipalité
d’Oran a affiché sa détermina-
tions quant à la gestion rigou-
reuse de la question et ce, en
désignant une soixantaine de
sites destinés exclusivement à
recevoir les panneaux publici-
taires. «L’adjudication sera lan-
cée dès la semaine prochaine »,
a indiqué le maire d’Oran qui a
expliqué que « le cahier des
charges régissant le domaine
est fin prêt».
Selon le maire, « le cahier
des charges, élaboré selon les
normes mondiales régissant la
publicité, est très détaillé sur-
tout qu’il met en valeur toutes
les étapes à suivre et les garan-
ties à assurer par les agences de
publicité».
Dans toute cette politique,
une seule finalité est envisagée,
mettre fin à la gratuité des
services municipaux d’autant
que le cumul des pertes finan-
cières s’élève à quelque 3
milliards de centimes tandis
que le nombre de panneaux
publicitaire recensés est de l’or-
dre de 1 300 enseignes épar-
pillées un peu partout dans les
coins stratégiques de la com-
mune d’Oran. La majeure par-
tie de ces panneaux, qui
échappe à tout contrôle, ont été
implantés de manière anar-
chique. Sur un autre registre,
toute implantation d’un nou-
veau panneau publicitaire ne
sera accordée qu’après un
contrat liant la municipalité
d’Oran aux annonceurs, la fina-
lité étant de respecter et met-
tre en valeur l’aspect architec-
tural de la ville. W. A. O.
EXPLOITATION DES PANNEAUX PUBLICITAIRES D’ORAN
Une perte annuelle de 3 milliards de centimes
1 300 PANNEAUX PUBLICITAIRES sont anarchiquement implantés un peu partout dans la ville d’Oran.
I WAHIB AÏT OUAKLI
Une vue d’Oran
ILS PRÉVOIENT UNE MARCHE POUR LE 20 JANVIER
Les architectes montent au créneau
« ON NE PEUT pas parler de la qualité du bâti, tout en omettant l’apport des architectes. »
«S
’ils veulent importer des
architectes et des ingé-
nieurs de l’étranger pour la
construction des F3 et des F4, le secteur
de l’Habitat national n’a qu’à recruter
aussi des ministres étrangers pour
gérer ce secteur en Algérie ! », a tonné,
hier, M. Athmane Touileb, président de
l’Ordre national des architectes.
En prévision d’une marche vers le
ministère de l’Habitat, le 20 janvier pro-
chain à Alger, Touileb n’a fait qu’expri-
mer le ras-le-bol d’une corporation qui
s’estime marginalisée et même blessée
dans son amour-propre.
« Dans tous les pays du monde, les
architectes sont respectés de par leur
intelligence et créativité qui reflètent le
patrimoine culturel, traditionnel ou
moderne du pays, tout en participant de
manière directe ou indirecte à l’élabora-
tion des politiques de l’habitat, mais,
malheureusement, dans notre pays, ils
sont marginalisés à tel point qu’ils n’ont
plus de repères », s’est-il exclamé. Le
ministre de l’Habitat, produit un
contre-discours.
« Il gère le secteur en se permettant
l’extrapolation et il se retourne contre
les architectes du pays », a-t-il déploré.
Dans tous les cas, on ne peut pas parler
de qualité du bâti d’une part, et d’autre
part, exclure les architectes de la déci-
sion portant sur la construction.
« On ne peut parler de qualité du
bâti, en se basant sur le calcul des coûts
de la matière et des réalisations, tout en
omettant l’esthétique, l’imagination et
autres facteurs qui découlent des cons-
tructions quelles que soient leur impor-
tance », dit-il.
Poursuivant ses critiques contre la
tutelle, M. Touileb souligne l’absence de
réalisation du moindre institut de for-
mation dans le secteur à l’exception des
centres de formation qui forment diffé-
rents ouvriers, afin de répondre aux
besoins du secteur.
Aucun débat n’a été développé entre
les architectes algériens et le ministère
de l’Habitat. Aucun suivi ou réponse
aux besoins de la corporation depuis le
rassemblement des architectes en pré-
sence du ministre concerné n’ont été
apportés lors du dernier Salon du bâti-
ment en 2011 aux Pins maritimes
(Safex), a-t-il rappelé.
Les spécialistes de l’habitat sont très
mal à l’aise dans l’actuelle organisation
du ministère de l’Habitat. « Sinon, com-
ment et pourquoi recourir aux bureaux
d’études étrangers pour de piètres étu-
des de projets alors que les meilleurs
architectes du pays sont ignorés ? », s’est
interrogé M. Touileb.
Le président de l’Ordre national des
architectes algériens dira par ailleurs,
qu’afin de se laver les mains des pra-
tiques qui mettent les architectes dans
de mauvaises conditions, le ministre de
l’Habitat rejette la responsabilité de
cette situation sur le Code des marchés
publics qui régit le choix et la sélection
des sociétés du bâtiment. A. C.
I AMAR CHEKAR
TIZI OUZOU
L’Unpef appelle
à une grève
L
e bureau de la wilaya de
Tizi Ouzou du Syndicat
national des tra-
vailleurs de l’éducation et de
la formation a appelé hier à
une grève pour aujourd’hui,
jeudi. Cette décision a été
prise après l’installation de la
commission wilayale des corps
communs ainsi qu’après l’élec-
tion de la commission natio-
nale par le bureau national
afin, précise l’Unpef, «de por-
ter haut et fort les revendica-
tions des corps communs».
L’Unpef de Tizi Ouzou appelle
ainsi à une grève ainsi qu’à un
rassemblement devant le siège
de la direction de l’éducation «
afin de remettre une lettre
adressée au Président de la
République sous couvert du
directeur de l’éducation de la
wilaya de Tizi Ouzou ».
A cet effet, l’Unpef-bureau
de wilaya de Tizi Ouzou a
dressé une plate-forme com-
prenant ses principales reven-
dications à l’instar de l’inté-
gration des corps communs
dans le corps du secteur de l’é-
ducation. L’Unpef exige la
révision du régime indemni-
taire du même corps ainsi que
celle de la classification du
corps en question. Par
ailleurs, le même syndicat
autonome rebondit sur la
question de l’insertion des dif-
férentes primes de qualifica-
tion et autres ainsi que de la
prime de rendement au même
titre que les autres secteurs.
L’union nationale des tra-
vailleurs de l’éducation et de
la formation revendique en
outre des indemnités relatives
aux examens scolaires pour la
cinquième (ex-examen de
sixième), le brevet d’enseigne-
ment moyen et le baccalau-
réat. La plate-forme de reven-
dications élaborée par l’Unpef
comprend d’autres points
comme celui inhérent aux pro-
blèmes vécus par les contrac-
tuels et enfin il est exigé le
droit à la formation et à la
promotion. L’action de grève,
qui aura lieu aujourd’hui est
organisée et encadrée par la
commission wilayale des corps
communs de l’Unpef, est-il
enfin souligné. A. M.
I AOMAR MOHELLEBI
P
h
.

:

R
.
B
o
u
d
i
n
a
Q
uatre-vingt établissements commerciaux de
produits alimentaires ont fait l’objet d’une
décision de fermeture en 2011 à Oran en rai-
son notamment du non-respect des règles d’hy-
giène, apprend-on auprès de la Direction du com-
merce de la wilaya. Ces décisions de fermeture sanc-
tionnent les différentes opérations de contrôle liées
aux prestations indiquées, principalement auprès
des restaurants, des hôtels et des commerces d’ali-
mentation générale, a précisé le responsable du
service de la Qualité auprès de la Direction du com-
merce. La quantité de la marchandise saisie dans ce
contexte s’élève à près de trois tonnes, composées
de produits sensibles tels les viandes, les fromages
et les boissons, signale-t-on de même source, esti-
mant la valeur globale à près de 740 000 dinars.
Au total, plus de 6 300 interventions ont été effec-
tuées sur le terrain, donnant lieu à l’établissement de
plus de 1 300 procès-verbaux de poursuites judiciai-
res à l’encontre des contrevenants à la réglementa-
tion, outre les fermetures prononcées.
Ce bilan se rapporte aux activités de la direction
du commerce dans le cadre du programme de lutte
contre les maladies à transmission hydrique (MTH),
mis en œuvre par la commission de wilaya compo-
sée de plusieurs partenaires tels les bureaux d’hy-
giène des collectivités locales (APC) et les directions
de la santé, des services agricoles, de l’hydraulique,
de la protection civile et de la sûreté de wilaya.
Selon la même source, une amélioration est rele-
vée en comparaison avec l’année précédente, due
notamment au renforcement en ressources humai-
nes, en moyens et en infrastructures, la direction du
commerce étant depuis quelques mois dotée d’un
nouveau siège offrant à ses services de meilleures
conditions d’exercice. S’agissant de la nouvelle
année 2012, des dispositions sont d’ores et déjà pri-
ses pour consolider davantage le contrôle sur le ter-
rain conformément à la loi du 25 février 2009 relative
à la protection du consommateur et à la répression
des fraudes, a-t-on souligné. Les campagnes de sen-
sibilisation visant à instaurer la vigilance du
consommateur et la démarche d’autocontrôle de l’o-
pérateur se poursuivront pour s’étendre à tous les
segments d’activités, a-t-on annoncé en insistant sur
la contribution de l’Union générale des commerçants
et artisans algériens (Ugcaa) et de l’Association de
protection et de conseil du consommateur (Apcco).
80 commerces fermés pour défaut d’hygiène
9
Tribunaux JEUDI 5 JANVIER 2012
M
aître Djamel Boulefrad
et Maître Zouita avaient
convenu d’attaquer
d’entrée, en vue de tirer Samir
Nechm, 24 printemps en cette fin
d’année 2011, des serres de la
détention qu’il voit se dérouler à
Blida depuis 2008 après avoir
écopé de 6 années d’emprisonne-
ment ferme pour constitution de
groupe terroriste et appartenance
à groupe armé.
Les deux robes noires avaient
décidé « l’assaut » contre la cita-
delle tenue par Fadhallah, le prési-
dent du tribunal criminel de Blida,
ce juge débonnaire qui se prend
certes au sérieux, mais jamais prêt
à marcher sur les droits de
l’homme. Ajoutez deux charman-
tes conseillères et deux jurés à la
tronche « humaine et terrienne »,
et vous aurez une nette idée du
dispositif mis en branle par l’avocat
de Blida et celui d’Alger.
Revenant de la Cour suprême
dont le trio de magistrats avaient
trouvé l’os pour casser l’arrêt et
renvoyer le dossier dans la ville
des Roses en vue de rejuger dans
les règles de l’art ce dossier qui a
vu Samir, le beau gosse et les
deux codétenus condamnés, eux
aussi, la première fois par le tribu-
nal criminel, nier farouchement les
faits reprochés.
« Le comble, s’écriera plus tard
Maître Boulefrad au cours de sa
brillante plaidoirie, c’est que Samir
avait été injustement dénoncé et
donc mis en cause par un mineur
condamné lui pour des faits réels
et vérifiés par la justice. »
Tout en rappelant un arrêt de la
Cour suprême qui « balaie du
revers de la main toute déclaration
enfonçante d’un accusé à l’encon-
tre d’un autre », le défenseur blond
refusera que Samir retourne en
taule « surtout que, avait ajouté le
conseil, l’accusé avait bénéficié de
la liberté provisoire de la part du
juge d’instruction, ce qui était
conformé aux procédures d’usage
qui veulent que l’accusé fasse l’ob-
jet d’une prise de corps la veille du
procès pour être condamné à l’is-
sue de l’audience en… 2008.
Et la prise de corps est tout
simplement terrifiante.
Et tout comme Maître Ali
Zouita, Maître Boulefrad allait
enfourcher un étalon noir et sonner
le hallali quant à l’intime conviction
qui doit animer la composante du
tribunal criminel en s’exclamant :
« Heureusement, mesdames et
messieurs du tribunal criminel que
ce tribunal réunit deux voies
aisées : les preuves et les témoins
ainsi et surtout l’intime conviction.
Regardez bien ce jeune Samir,
outre qu’il porte un très beau pré-
nom, il est beau, il est aussi beau
qu’un mannequin. Le seul point
noir, si je peux m’exprimer ainsi,
c’est qu’il réside à La Montagne
d’El Harrach : un aussi très beau
quartier de la capitale qui s’est fait
une très mauvaise réputation
durant les années de feu, de mort,
de sang et de larmes. Oui, né et
résidant à Haï Djabel, Samir s’est
vu être pointé du doigt par un
mineur qui, lui, était réellement
mouillé dans le terrorisme. »
Fadhallah, le juge qui a le don
de ne jamais interrompre un avo-
cat qui plaide juste et bien, laisse
l’avocat de Blida « déborder sur les
ailes » tirer « de loin » au but, his-
toire de sauver le jeune Samir qui
avait suivi sans grande conviction
les plaidoiries, de ses deux défen-
seurs. Même le papa de
Samir, qui était présent
malgré la tension arté-
rielle qui le tenaillait, n’y
croyait pas beaucoup.
Il n’y croyait pas
beaucoup depuis que
conformément à la loi, le
procureur général eut
requis la lourde peine
d’emprisonnement de 10
ans ferme pour constitu-
tion de groupe terroriste
en soulignant qu’au tribu-
nal de Koléa, le juge
d’instruction avait
entendu toutes les par-
ties et confrontant tout ce
beau monde et que les
«carottes étaient cuites »
pour tous.
Maître Boulefrad et
Maître Zouita avaient
d’ailleurs répliqué que les
éléments constitutifs du
crime n’étaient nullement
réunis et donc c’est l’ac-
quittement de Samir qui
était en point de mire.
« Il n’avait aucun lien,
ni contact avec les terro-
ristes, et donc il est
blanc, aussi blanc que la
neige qui était tombée la
veille sur les monts de
Chréa », avait conclu
Maître Boulefrad qui se
réjouira une heure trente
plus tard lorsque Samir
sera acquitté par
Fadhallah et le tribunal
criminel de Blida.
Quant au papa de l’acquitté, il
ne résistera pas à l’émotion et la
joie. Il tombera dans les pommes
mais retrouvera rapidement les
esprits dès la première gorgée
d’eau offerte par des proches
venus en nombre fêter l’acquitte-
ment.
Maître Boulefrad, lui, bombait
le torse après qu’il eut en compa-
gnie de son aîné, Maître Zouita,
joué convenablement son rôle de
défenseur convaincu que la liberté
des gens a un prix : une justice
saine, sereine et surtout coura-
geuse.
Fadhallah, le juge avait quitté
l’audience avec la satisfaction du
devoir accompli.
A. T.
Le guichet, une semaine
après
A Blida, l’unique nouvelle à la cour de justice
est l’ouverture du guichet unique réaménagé
en un tour de main par le duo de
responsables de la bâtisse dans le but
évident de faciliter les opérations de retraits
de documents tels les arrêts.
Les principaux bénéficiaires sont d’abord les
avocats qui se sont toujours plaints de
l’exiguïté des lieux jusqu’en 2011, le 27
décembre.
Et les plaintes étaient arrivées aux oreilles de
Boumediene Bacha et de Abdelkader
Belkacem lesquels vont décider, après une
courte concertation, de ramener manu-militari
un entrepreneur qui avait été audacieux en
exécrant les piteux bureaux et salle d’attente
et en les remplaçant par un très beau
comptoir aéré, spacieux et accueillant. Aïssa,
le greffier en chef était heureux du résultat de
la transformation, même s’il a perdu dans la
foulée son bureau mais sans regret car
Aïssa, avec plus de deux décennies de
greffe, a envie de mieux bouger,
d’abandonner la sédentarisation qui exige
une fade présence qui empêche le « chef »
du greffe d’être au parfum sur ce qui se
passe au rez-de-chaussée et les étages où
fourmillent des secrétaires et des greffiers qui
ont enduré le « martyre » il n’y a pas si
longtemps avec un travail colossal où
beaucoup d’efforts étaient exigés sans
contrepartie.
Il n’y a qu’à voir la tronche du malheureux
Krimo, le secrétaire particulier du parquet
général qui a vu passer en 12 ans, pas
moins de six procureurs généraux titulaires
ou intérimaires et donc, il a avalé tellement
de travers qu’à 40 ans et des poussières, il
songe, à défaut d’une brillante promotion, à
un poste où les ordres, les exclamations, les
eng… fassent place à la courtoisie, la bonne
humeur et des « merci » à la pelle.
Au fait, Boumediene Bacha, le procureur
général de Blida a un torrent de bonne
humeur et de haine…
En superforme, Tartag
L’année 2012 a bien commencé pour
Salah Tartag, le président du tribunal
criminel de Blida. Oui, le juge a bien
entamé la nouvelle année en jugeant une
bancale affaire de faux et usage de faux
où la victime, une dame et son père,
avaient tout manigancé, et c’est Tahar
Kassita l’accusé. Au cours des débats, le
juge, entouré de Kaïdi et Hattab
Mohammed, les deux messieurs et les
deux jurés, a montré sa disponibilité à
servir encore la justice. Comme
d’habitude, il était entré à l’audience avec,
en tête, les faits appris par cœur.
Et comme Tartag s’est fait de vieux os en
crim’, ce n’était pas un dossier biaisé par
la manigance de la victime et son père qui
allait le freiner.
Il a même eu à écouter avec plaisir le dur
réquisitoire de Boughaba, le procureur
général qui n’a pas fait de cadeau à
l’accusé. Pire ! Il a réclamé huit années de
prison ferme en guise de « punition » ! En
revanche, il a été encore plus attentif aux
arguments de Maître Chabi Benouaret,
l’avocat du pauvre bougre qui n’a eu de
cesse de lancer des regards d’affection
en direction de sa grande famille qui
s’était déplacée en nombre à Blida.
Comme quoi, l’injustice déplace des
foules et des « montagnes ». C’est
pourquoi, en se retirant dans la salle de
mise en examen pour délibérer dans ce
dossier de faux et d’usage de faux, faits
prévus et punis par les articles 216, 218 et
372 du Code pénal, Tartag avait ce regard
d’un magistrat assis, certes, mais debout
pour ce qui est de l’application saine de la
loi. Et de nos jours, appliquer sainement
la loi relève d’un exercice ardu lorsque la
mafia met son grain de sel
« empoisonné » juste de quoi empêcher la
justice – la vraie – de s’exprimer. Et ici, il
y a dans ce dossier douteux outre le faux
et usage de faux, l’escroquerie retenue
par le juge d’instruction, et la chambre
d’accusation n’y a vu que du feu.
Signe de dégel…
Pour ceux qui ne le savent pas, l’affaire
Algerian Business Multimedia – Direction
générale de la Sûreté nationale (ABM-Dgsn)
qui a vu plusieurs cadres de la Dgsn être
condamnés pour malversation, complicité et
trafic d’influence dans les marchés passés
avec ABM dont les responsables crient à
l’injustice, au mépris et à l’extrême amertume
avalée depuis bientôt plus d’une année, a vu
un heureux virage en cette fin d’année 2011.
En effet, les divisionnaires et autres officiers
suspendus ont été réintégrés dans leurs
postes. C’est là une excellente nouvelle pour
les familles et évidemment les principaux
concernés.
Le général Abdelghani Hamel, le Dgsn aurait,
semble-t-il, décidé d’attendre l’arrêt définitif
de la chambre correctionnelle guidée par
Tayeb Hellali, avant de « punir » les
coupables.
Et ici, saluons le geste du général qui a, il
faut l’avouer, beaucoup apporté aux gars des
« tuniques bleues », les flics qui
s’aperçoivent de la touche de Hamel qui a
aussi appliqué le trois fois huit dans le
boulot, tel que suivi par les gendarmes.
Aussi, si les cadres de la Dgsn ont été
« affranchis » par la tutelle on voit mal Hellali
et ses deux conseilleurs jouer aux plus
royalistes que le roi !
Donc, la nouvelle de l’assouplissement doit
réjouir les Toufik Sator, Antri Bouzar, Djeider
et autres Yahiaoui, ces valeureux cadres qui
ne peuvent plus supporter la détention pour
les uns, l’humiliation pour les autres et pour
Djamila B., le dérangement physique pour
elle, car elle se déplace en béquilles.
Attendons le 18 janvier 2012 pour être fixé
sur les affirmations d’un homme d’honneur
en l’occurrence Tayeb Belaïz, ministre de la
Justice, qui ne cesse de s’égosiller à chaque
occasion face à la presse que la chancellerie
ne s’aventure jamais à se mêler du boulot
des juges du siège. Et Tayeb Hellali en est
un et n’aime pas le jeu de l’à-plat-ventriste !
A. T.
Pas terro, le beau Samir
SAMIR n’avait rien à voir avec le terrorisme : acquitté !
LA CHRONIQUE
JUDICIAIRE
L’ŒIL AU PALAIS
Sel, poivre,
sucre et paprika
Le début 2012 et cette fin
d’année 2011 ont vu les
magistrats recevoir dans les
yeux du paprika, tel Tayeb
Hellali, le président de
chambre qui avait entre les
mains le dossier ABM-Dgsn,
au lendemain du discours du
premier magistrat du pays
lors de l’ouverture de
l’année judiciaire 2011-2012.
Un autre magistrat qui a reçu
du sucre en organisant la
cérémonie d’ouverture de
l’année judiciaire de sa cour,
tel Abdelkader Belkacem et
son collègue Bacha
Boumediene de Blida qui ont
eu droit à un compliment
« pondu » par la ravissante
Fatiha Brahimi, la juge qui
n’a pas hésité en remerciant
vivement les deux chefs de
cour d’avoir ramené de
vraies fleurs en lieu et place
de celles en plastique.
« Monsieur le procureur
général, vous nous avez
honorées en ramenant de
beaux bouquets qui sentent
bon ! », avait-elle lancé en
présence de Laïchar, Nafaï et
autres Slijaoui Jamel,
Yamina Djaâfar.
Et voilà Bacha qui plane de
bonheur devant tant de..
roses.
Ailleurs, le sel a été goûté
par le procureur général de
Boumerdès qui n’a pas été
gâté devant la pagaille née
de l’organisation de la
cérémonie de prestation de
serment des 500 avocats…
Le poivre dans les yeux a
été ressenti par les chefs de
cour qui ont ouvert à la hâte
les tribunaux administratifs,
tel celui des Hauts-Plateaux
de l’Est, même si, juste à
côté, celui de Béjaïa a ouvert
ses portes ce jeudi, le
dernier de 2011, qui a vu une
femme être nommée au
poste de commissaire
d’Etat : félicitations à
Nassima et bon parcours à
Béjaïa, la lumineuse. Et
bonne année à toutes les
magistrates dignes,
compétences, courageuses
et solides sur le siège, telle
Joumana-Jazia Mezaâche.
A. T.
IABDELLATIF TOUALBIA
JEUDI 5 JANVIER 2012
12
ports
S
POUR PRÉPARER LE SÉJOUR DES VERTS
Tasfaout part en Gambie
Halilhodzic compte, à travers le visionnage des cassettes vidéo, étudier le système de jeu
des Gambiens.
L
e manager général
de l’Equipe nationale
algérienne, Abdelhafid
Tasfaout, devrait s’envoler
aujourd’hui en direction de
Banjul, la capitale gambienne,
via Casablanca, pour préparer
le séjour de l’Equipe nationale
en vue du prochain match
contre la Gambie. A moins de
deux mois du prochain match
de l’Equipe nationale algé-
rienne face à la Gambie prévu
pour le 29 février prochain à
Banjul pour le compte du match
aller, comptant pour les élimi-
natoires de la Coupe d’Afrique
2013, les différents membres du
staff de l’Equipe nationale sont
sur le qui-vive.
La préparation de ce premier
match crucial contre la Gambie
est d’une importance capitale.
Ce qui explique le large bras-
sage du sélectionneur national,
Vahid Halilhodzic, en matière
de prospection de joueurs en
articulant tout le staff tech-
nique pour réussir cette gran-
diose opération. D’autre part,
et sur le plan pratique, la pre-
mière étape de la préparation
concrète de ce match est juste-
ment le déplacement qu’effec-
tuera dès aujourd’hui le man-
ager général, Abdelahfid
Tasfaout, pour la Gambie. Sur
place, à Banjul, Tasfaout visi-
tera quelques hôtels dans la
perspective d’y loger les memb-
res de la délégation. Aux der-
nières nouvelles, on évoque
l’hôtel Océan Bay qui se trouve
exactement dans la banlieue de
la capitale gambienne. Cet
hôtel est bien connu par les cad-
res de l’Equipe nationale algé-
rienne du fait qu’ils y ont déjà
séjourné avec le coach Rabah
Saâdane lors du match contre
la même équipe en 2008. Il est
évident que le manager général
de la sélection algérienne ren-
contrera les responsables de la
Fédération gambienne de foot-
ball (GFA) pour discuter des
installations sportives qu’utili-
seraient éventuellement les
joueurs algériens, donc les sta-
des, ainsi que la programma-
tion des séances d’entraîne-
ment. Il est important de signa-
ler que les Verts seront regrou-
pés à Alger la veille de leur
départ vers Banjul. Ils arrive-
ront le 27 février prochain. Ce
qui veut dire qu’il va falloir
assurer une première séance
d’entraînements (décrassage) le
jour de leur arrivée.
Ensuite, la veille du match
soit le lendemain 28 février, les
Verts s’entraîneront à l’heure
du match sur la pelouse du
stade principal comme le pré-
voit la réglementation en
vigueur dans ce genre de ren-
contres.
Ceci pour le travail attendu
de la part du manager général
de l’Equipe nationale, Tasfaout.
Du côté du staff technique,
le match de la Gambie a déjà
commencé et les membres colla-
borateurs du coach Vahid
Halilhodzic ont chacun de son
côté une responsabilité à assu-
rer pour bien préparer cette
rencontre face aux Gambiens.
Pour le moment, Vahid
compte réunir d’une part des
cassettes des matchs de la
Gambie dont il en possède déjà
trois, et d’autre part il en veut
encore plus pour tenter de com-
prendre le jeu de cette forma-
tion. Et bien sûr ceci afin de
préparer ses plans de bataille
pour ce match aller d’où il fau-
drait ramener un bon résultat,
c’est-à-dire au moins un match
nul. Comme le disait si bien
Halilhodzic lui-même au lende-
main du tirage au sort : «Il faut
assurer un bon résultat en
Gambie et c’est là où se joue
vraiment le match, car, avec un
bon résultat à Banjul on joue-
rait mieux au match retour et
nous aurons plus de chances
pour la qualification.» Reste
donc au coach Halilhodzic de se
déplacer en Espagne en ce mois
de janvier. «Je vais faire un tour
en Espagne, avait-il déclaré,
pour voir les joueurs algériens
évoluant dans la Liga. »
Halilhodzic doit donc faire
un choix délicat des joueurs
avec sa liste où l’on retrouve
une quarantaine de noms. Et
sur cette quarantaine il doit
choisir 25 joueurs et 4 gardiens
de but pour non pas ce match
contre la Gambie seulement
mais pour les deux objectifs : la
CAN 2013 et la Coupe du
Monde 2014. Bien évidemment
à un ou deux joueurs près car
s’il y a changement dans l’effec-
tif, on verra mal Halilhodzic
chambouler complètement son
équipe avec laquelle il a déjà
entamé le travail depuis le mois
de juillet dernier lorsqu’il avait
pris en main les Verts.
S. M.
Du pain sur la planche pour Vahid et son staff
I SAÏD MEKKI
EQUIPE NATIONALE U17
Clôture de l’opération de
prospection fin janvier
Le sélectionneur de l’Equipe
nationale de football des moins
de 17 ans (U 17), Abdelkader
Soltani, a révélé mercredi que la
fin de l’opération de prospection
est prévue fin janvier, en vue des
éliminatoires de la Coupe
d’Afrique des nations de la
catégorie, dont la phase finale
est prévue au Maroc en 2013.
«Nous continuons toujours à
prospecter au niveau des jeunes
pour sélectionner une équipe qui
sera appelée à entamer les
éliminatoires de la CAN-2013», a
affirmé le coach national des
U17, précisant que «la fin de la
prospection est prévue fin
janvier». L’Equipe nationale est
en stage permanent au niveau
du Centre national technique de
Sidi Moussa (Alger). Les joueurs
sont en regroupement en alliant
entraînements et études. En
prévision de cette échéance, la
sélection nationale des U17 a
pris la deuxième place au dernier
tournoi de l’Union nord-africaine
de football (UNAF), après sa
défaite en finale face au Maroc
(2-0). Le sélectionneur des U17
a indiqué que la qualification
pour la prochaine CAN, constitue
l’objectif principal. «Au mois
d’avril prochain, nous allons
entamer les éliminatoires face à
un adversaire qui reste à
désigner par la Confédération
africaine (CAF). Notre ambition
bien évidemment est de nous
qualifier pour la phase finale, qui
reste notre objectif», a t-il
affirmé. Concernant le
changement annoncé au niveau
du staff technique de la sélection
des U17, Abdelkader Soltani
révèle qu’il n’a rien reçu en ce
sens. «Je suis toujours en poste,
avec mon adjoint Farid Zemiti, et
personne de la fédération ne m’a
signifié quoi que ce soit. Nous
sommes en train de nous
préparer dans la sérénité en
disposant des meilleures
conditions», a souligné Soltani,
qui avait succédé à Othmane
Ibrir.
ECOSSE
Chellali fier de son premier
but avec Aberdeen
L’attaquant international
olympique, Mohamed Challali,
est «très fier» de son premier but
avec son club Aberdeen (Div 1,
Ecosse), réalisé lundi dernier en
déplacement face à Dundee
United, pour le compte de la 22e
journée du championnat
(victoire 2-1). «C’était un très
beau but, surtout qu’il s’agissait
de ma première touche de balle
après mon entrée en jeu. C’est
un précieux but également,
d’autant que nous voulions coûte
que coûte gagner ce match», a
déclaré le jeune attaquant
algérien à la presse locale.
Ayant rejoint la formation
d’Aberdeen à l’intersaison, en
provenance de Panianios
(Div 1, Grèce), Challali n’a pas
réussi à s’imposer dans le onze
de départ de sa nouvelle équipe.
Incorporé encore une fois, en
cours de jeu, à l’occasion du
déplacement de Dundee, le
capitaine de la sélection
olympique algérienne a été, cette
fois-ci, décisif, signant par là
même sa première réalisation
dans le championnat écossais.
Le joueur formé au Havre
(Ligue 2, France) revient d’une
blessure contractée lors de sa
récente participation avec
l’équipe algérienne des U-23 en
championnat d’Afrique de la
catégorie, qu’avait abritée le
Maroc entre le 26 novembre et le
10 décembre.
FIFA
Raouraoua préside la commission des médias
Une autre distinction pour le premier responsable du football algérien.
L
e président de la Fédération
algérienne de football (FAF),
M. Mohamed Raouraoua, a été
désigné président de la commission des
médias de la Fédération internationale de
football (FIFA), ainsi que président délégué
de la commission d’organisation de la
Coupe du Monde U17. Le premier respon-
sable de la FAF occupe déjà le même poste
au sein de la Confédération africaine de
football dont il est membre du comité exé-
cutif. Outre ses deux postes très importants
au sein de la FIFA, Mohamed Raouraoua
est nommé président délégué de la commis-
sion des Associations que préside le Turc
Senes Erzick.
Membre du comité exécutif de l’instance
dirigeante du football mondial, Mohamed
Raouraoua est également membre de la
commission d’organisation de la Coupe du
Monde de la FIFA, qui est présidée par le
Paraguayen Nicholas Leoz avec deux prési-
dents délégués: Issa Hayatou et Michel
Platini. Cette commission a pour mis-
sion «l’organisation du mondial conformé-
ment au règlement en vigueur, au cahier des
charges et au contrat entre la FIFA et l’as-
sociation organisatrice », précise le site offi-
ciel de la FIFA.
Enfin, le patron de la FAF est membre
de la commission des questions juridiques
de l’instance dirigeante du football mondial
que préside l’Espagnol Angel Maria Villar
Llona.
Plusieurs autres personnalités du foot-
ball algérien occupent d’importantes char-
ges au sein de différentes commissions per-
manentes de la Fédération internationale
de football (FIFA). Mohamed Mecherara est
membre de la chambre de résolution des
litiges de la FIFA en tant que représentant
des clubs africains. Belaïd Lacane est
nommé membre de la commission des arbi-
tres de la FIFA, Hamid Haddadj à la com-
mission de discipline et Yacine Zerguini à la
commission médicale et au centre d’évalua-
tion et recherche médicale de la FIFA.
Quant à l’ancien international algérien,
Rabah Madjer, il est membre de la commis-
sion du football de la FIFA.
JEUDI 5 JANVIER 2012
13
ports
S
A
vec les trois derniers
coachs ayant démissionné,
à savoir Saïd Hammouche
(NA Hussein-Dey), Fouad Bouali
(JSM Béjaïa) et Meziane Ighil (JS
Kabylie), 10 formations sur les 16
que compte la Ligue 1, ont
changé d’entraîneurs.
Seules les formations du CR
Belouizdad, du CA Batna, du WA
Tlemcen, de l’USM El Harrach,
du MC Saïda et du MC El Eulma,
continuent de faire confiance à
leurs entraîneurs respectifs,
depuis qu’elles ont entamé avec
eux les préparatifs de l’intersai-
son.
Cette saignée et cette valse
des entraîneurs dans le
championnat d’Algérie profes-
sionnel de Ligue 1 est alarmante
et mérite donc une attention par-
ticulière aussi bien et d’abord de
la part des «techniciens» eux-
mêmes que des responsables. A
quelque niveau que ce soit ! Il est
vrai que partout dans le monde,
le sort du coach est directement
lié aux résultats, mais en Algérie,
c’est une véritable catastrophe,
car on exagère vraiment avec ces
changements fréquents de coachs
au sein des différents clubs cen-
sés être des société professionnel-
les. Jugez-en : les trois derniers
coachs ayant plié bagage sont
dans l’ordre chronologique : l’en-
traîneur du NA Hussein Dey,
Saïd Hammouche, qui a présenté
sa démission après l’élimination
de l’équipe en 32es de finale de la
Coupe d’Algérie face à l’AS
Khroub.
Le Nasria vient de consommer
ainsi son deuxième entraîneur de
la saison après Nabil Medjahed
qui a démissionné au mois de
novembre dernier, au lendemain
de la lourde défaite face au MC El
Eulma (4-0) pour le compte de la
8e journée de la Ligue 1; puis ce
fut au tour de l’entraîneur Fouad
Bouali d’annoncer, lui aussi, la
fin de sa collaboration avec la
JSM Béjaïa, trois jours après
l’élimination de l’équipe en 32es
de finale de la Coupe d’Algérie
face au MB Hessasna (Div ama-
teur/groupe Ouest), enfin le len-
demain de la démission de
Bouali, l’entraîneur de la JS
Kabylie, Meziane Ighil, décide, à
son tour de mettre fin à sa colla-
boration avec l’équipe. Meziane
Ighil, qui avait succédé à Moussa
Saïb au début de la saison, a
décidé de jeter l’éponge «pour des
raisons personnelles», selon le
manager de la JSK.
Et pour mieux situer
cette «catastrophe» provo-
quée par les «mauvais résul-
tats immédiats», on remonte
au mois de novembre der-
nier pour constater que trois
entraîneurs ont fait leurs
débuts dans le championnat
algérien de football de Ligue
1 (saison 2011-2012), à l’oc-
casionde la 9e journée, en
dirigeant pour la première
fois, leurs nouveaux clubs
respectifs, à savoir, Chérif El
Ouezzani (MC Oran), Didier
Ollé-Nicole (USM Alger) et
Saïd Hammouche (NA
Hussein-Dey).
Ainsi, on relève que
parmi les clubs qui ont
connu des changements au
niveau de leurs barres tech-
niques, il y a même une for-
mation qui en est à son qua-
trième entraîneur, en l’oc-
currence le MC Oran, avant jus-
tement que Cherif El Ouezzani,
ne décide d’arrêter
l’aventure bien avant de l’enta-
mer officiellement, puisque
Henkouche est revenu au sein de
l’équipe.
Le club phare de la capitale de
l’Ouest a déjà consommé 4
entraîneurs depuis l’été (Alain
Michel, Mansour Hadj, Mohamed
Henkouche, Chérif El Ouezzani)
avant de revenir à Henckouhce.
Nombreux sont les observateurs
qui ont tiré l’alarme en consta-
tant que la valse des entraîneurs
cette saison «commence à prendre
d’autres proportions.» Est-il
besoin de noter que l’ancien
sélectionneur national, Rabah
Saâdane, a même justifié son
refus de travailler au sein d’au-
cun club algérien par «l’instabi-
lité qui règne au sein des forma-
tions locales.»
Le coach Mustapha Kouici,
lui, reconnaît que «les entraî-
neurs ne sont pas solidaires.
C’est faute de se réunir dans une
association pour défendre la pro-
fession, ils seront toujours à la
merci des résultats immédiats»,
ce que pense également le coach
de l’Equipe nationale algérienne
militaire, Abderrahmane
Mehdaoui. D’ailleurs, lui, il était
président d’une association des
entraîneurs algériens qui a été
dissoute faute d’entente. «Nous
avions une association, mais les
entraîneurs ne sont pas organi-
sées. Certains cherchent l’intérêt
personnel au détriment de la cor-
poration surtout de la déontolo-
gie. C’est une véritable catastro-
phe». Le président de la FAF,
Mohamed Raouraoua, a bien
déclaré l’année dernière. «Que les
entraîneurs s’organisent autour
d’une association et je suis prêt à
les aider.» Voilà qui est bien clair
! Donc, ceux qui doivent bouger
en premier pour mettre fin à
cette saignée et à cette valse des
entraîneurs en Algérie sont les
«coachs» eux-mêmes… S. M.
VALSE DES ENTRAÎNEURS
LES COACHS PREMIERS FAUTIFS
Tout porte à croire que d’autres têtes vont tomber durant le début de la phase retour.
L
’ES Sétif, qui vient d’achever la pre-
mière partie du championnat avec
au final le titre honorifique de
champion de la phase aller, se retrouve
aujourd’hui face à une situation financière
telle que le wali a décidé de mettre la main
à la poche, notamment pour permettre à
l’Entente de régler au plus vite ses
joueurs. C’est donc une fois de plus, grâce
à l’argent du contribuable que le club cher
à Aïn Fouara tentera tant bien que mal de
parer au plus pressé s’inquiétaitent au
plus haut point certains joueurs cadres à
leur tête Mourad Delhoum. Hemmar et
Serrar, les deux principaux dirigeants de
l’Entente Sétifienne, sont depuis quelques
jours sous pression et seul pour l’instant le
chèque avoisinant quelque 6 milliards de
centimes que leur remettra le wali de Sétif,
ramènera quelque peu le calme au sein de
l’Aigle Noir sétifien.
Il n’en demeure pas moins qu’au cours
de cette trêve du championnat durant
laquelle le coach suisse Geiger a profité
pour rentrer chez lui, la finale de la Coupe
de l’UNAF, prévue à Tunis pour le 21 de ce
mois contre le Club africain, semble avoir
sérieusement contrarié au plus haut point
les Ententistes. Du coup, cette prochaine
finale maghrébine, qui coïncide avec la
reprise officielle du championnat, est
considérée par les dirigeants de l’ES Sétif
comme un véritable cadeau empoisonné.
Une situation qui a aussi incité Serrar à
trouver un compromis avec le club tuni-
sien concernant notamment le change-
ment de la date de cette finale qui se
jouera dans quelques jours dans la capitale
tunisienne.
Côté barre technique, le Suisse, Alain
Geiger, sera de retour à Sétif dès samedi
prochain, Espérons surtout que la direc-
tion du club soit parvenu à payer les arrié-
rés de l’ensemble des joueurs, afin d’enta-
mer le stage d’hiver avec un groupe enfin
apaisé sur le plan psychologique.
D’ailleurs, avant son départ, le coach
sétifien avait beaucoup insisté auprès de
Hemmar et Serrar pour que ses joueurs
soient rapidement régularisés. Le wali de
Sétif va donc permettre au club sétifien
d’éviter aux dirigeants de l’Entente, de
faire face à une situation qui pouvait
sérieusement couper l’élan de l’équipe
phare des Hauts-Plateaux. L’actuel repré-
sentant du ministère de l’Intérieur en
poste actuellement à Sétif, prendra aussi
en charge le séjour que doit effectuer très
prochainement l’ESS en Tunisie, après
avoir payé avec l’argent des pouvoirs
publics, le staff technique, ainsi que les
joueurs eEntentistes.
Côté enfin possibles nouvelles recrues,
les deux joueurs africains Kouamé et Cyril,
seront de nouveau mis à l’essai, lors du
match amical prévu ce vendredi face aux
espoirs du CA Bordj Bou Arréridj, le club
voisin. B. B.
ES SÉTIF
Le wali au secours de l’Entente
Avant son départ, le coach sétifien avait beaucoup insisté auprès de Hemmar et Serrar pour
que ses joueurs soient rapidement régularisés.
L
e mercato hivernal, qui a
débuté le 18 décembre
2011, prendra fin le 17 de
ce mois, sans que la direction de
l’USM Alger n’ait procédé au
recrutement de nouveaux
joueurs.
Pis, le fameux attaquant gha-
néen dont les dirigeants usmistes
attendaient beaucoup, n’a finale-
ment pas convaincu les responsa-
bles techniques qui ont été char-
gés de tester le joueur en ques-
tion lors d’un match d’applica-
tion programmé avant-hier au
stade Bologhine entre l’équipe
séniors et les U21. Le Ghanéen
Stephen Manu que l’on annon-
çait en grande pompe, comme le
néo-attaquant des Rouge et Noir
a aussi fait sérieusement hésiter
les dirigeants de l’USMA après
avoir eu de sérieux doutes sur sa
véritable date de naissance, sans
parler d’une blessure au niveau
d’un genou que traînait aupara-
vant ce joueur formé par
l’Ashanti. La direction du club
usmiste espère toutefois qu’un
attaquant nigérian qui a évolué
avec les U23 au cours de la der-
nière CAN organisée dernière-
ment par le Maroc, sera présent
cette fin de semaine à Alger, afin
d’être testé à son tour.
Il est vrai que l’actuel P-DG
des Rouge et Noir, en l’occur-
rence Mouldi Aïssaoui, souhaite
vivement renforcer son équipe,
notamment au niveau de l’at-
taque. De son côté, le coach
Didier Ollé-Nicolle, qui se trouve
actuellement en vacances en
France, reste persuadé de son
côté sur le fait que l’USM Alger
possède un effectif de qualité
qu’il entend bien exploiter à bon
escient dès l’entame de la très
prochaine reprise du champion-
nat.
Le technicien français, qui
sera de retour à Alger dès le
début de la semaine prochaine,
est surtout convaincu que les
joueurs considérés comme les
véritables cadres de l’équipe,
vont devoir être au top, s’ils sou-
haitent figurer régulièrement
dans l’équipe-type. Il est vrai que
certains éléments comme
Boumechra, et surtout Boualem,
ont sérieusement irrité au plus
haut point beaucoup de suppor-
ters usmistes. Les absences répé-
tées au sein du onze rentrant, ali-
gné à chaque fois au cours des
dernières semaines, avant la
trêve, des deux ex attaquants de
l’USMH, avaient fait couler
beaucoup d’encre au sein des
Rouge et Noir de Soustara. On
avait même craint du côté des
fans usmistes, de voir le départ
vers d’autres horizons du duo
oranais.
Aujourd’hui cela ne semble
plus du tout être le cas, hormis
pour l’excellent défenseur
Belabbès qui devra logiquement
être de retour au MC Oran. Un
Mouloudia d’El Hamri qui ne
lâchera pas en fin de compte son
excellent jeune attaquant Belaïli
au profit des Rouge et Noir, d’au-
tant plus que le joueur en ques-
tion souhaite avant tout, contri-
buer coûte que coûte au maintien
des Hamraoua. Il n’en demeure
pas moins que le polyvalent
Nacer Khoualed, qui porte les
couleurs de l’USM Alger depuis
septembre 2006, pourrait être
libéré au profit de l’ASO Chlef et
éventuellement pour tenter une
nouvelle aventure dans un club
du Golfe arabe. Mais il semblerait
que du côté de la formation algé-
roise, le joueur en question, origi-
naire de Biskra, continuera de
faire partie de l’effectif usmiste
jusqu’au mois de juin prochain. Il
est donc clair que pour l’instant,
l’opération renfort est toujours
au point mort. B. B.
USM ALGER
L’opération renfort tourne en rond
I SAÏD MEKKI
I BACHIR BOUTEBINA
Ighil (ex-JSK) Bouali (ex-JSMB)
JEUDI 5 JANVIER 2012
14
ports
S
L
e Mouloudia d’Oran vit
aujourd’hui une première
partie de saison tout
simplement cauchemardesque,
sanctionnée le week-end dernier
par une élimination en Coupe
d’Algérie dès le premier tour,
essuyée au stade Zabana face à l’ES
Sétif (1-2). Une fin d’année 2011
qui contraste complètement avec
celle de décembre 2010, au cours de
laquelle le club phare de l’Ouest,
avait pour rappel achevé la phase
aller du précédent championnat sur
le podium. Un Mouloudia d’Oran,
qui était à l’époque drivé par un pur
produit du club, en l’occurrence
Mohamed Tahar Chérif El
Ouazzani et qui avait surtout eu le
grand mérite d’accéder jusqu’au
dernier carré, lors de la Coupe
d’Algérie précédente, remportée au
final par la JS Kabylie, et qui avait
réussi à mettre fin à la belle aven-
ture des Hamraoua, au terme d’une
demi- finale très disputée à Tizi
Ouzou (2-1). C’est d’ailleurs au
terme de cette fameuse demi-finale
ratée face aux Canaris que les cho-
ses ont brutalement changé au sein
du prestigieux et très populaire
club oranais. La fin de la précé-
dente saison avait d’ailleurs sur-
tout été marquée par la démission
brutale de l’entraîneur Mohamed
Tahar Chérif El Ouazzani, comme
si ce dernier n’était plus du tout en
mesure de cautionner l’ère entamée
avec Mehiaoui.
Le départ de l’ancien milieu
récupérateur des Verts durant les
années 1990, allait précipiter peu à
peu les Hamraoua dans une situa-
tion telle qu’aujourd’hui le club
n’arrive plus à s’en remettre sur le
plan des résultats.
Le terrible feuilleton vécu tout
au long de l’été 2011 et sur lequel
nous étions d’ailleurs revenus plu-
sieurs fois dans ces mêmes colon-
nes, n’annonçait à l’époque rien de
bon à l’horizon. Aujourd’hui, le
Mouloudia d’Oran a clos sans sur-
prise la première partie du champ-
ionnat à la 15e et avant-dernière
place et n’a pu engranger que dix
malheureux points pour l’instant.
Une équipe du MCO, qui a sur-
tout déjà encaissé la bagatelle de 29
buts et aussi essuyé plusieurs
sérieux revers à domicile, sans par-
ler de cette dernière terrible décon-
venue au score, subie face au CA
Batna (1-5) pour corser le tout. Et
comme si cela ne suffisait pas aux
malheurs du club oranais, les
Hamraoua, notamment ses milliers
de jeunes inconditionnels certaine-
ment dépités, ont provoqué un
incendie dans l’enceinte même du
stade Zabana alors que le match
MCO-ESS allait débuter. Pis, vers
la fin de la rencontre livrée face aux
Ententistes, certains supporters
ont joint le geste à la parole, en
bombardant la tribune officielle de
plusieurs projectiles en tout genre,
blessant au passage au niveau de la
tête notre confrère de longue date
Haffaf Fayçal.
Un fait unique et sans précé-
dent, qui s’est produit en l’absence
des actuels dirigeants mouloudéens
et qui confirme de manière
incontestable, l’atmosphère deve-
nue « incontrôlable » aussi des
Hamraoua.
Mohamed Henkouche, dont
l’absence remarquée sur le banc,
lors du match de Coupe d’Algérie
perdu vendredi dernier face à l’ES
Sétif et que les dirigeants Oranais
ont justifié par un sérieux pic de
tension dont aurait été victime le
coach originaire de Mascara, serait
en réalité la conséquence directe
d’une somme de plusieurs revers
que l’entraîneur en question n’a pu
supporter, ni digérer psychologique-
ment. Pis, aujourd’hui on parle de
l’arrivée prochaine de plusieurs
joueurs, notamment le retour au
bercail des défenseurs Ouasti et
Belabbès et même peut-être l’arri-
vée du désormais ex-attaquant du
CRB, en l’occurrence Bourekba que
la direction belouizdadie vient de
libérer. Mais dans le même temps,
les deux jeunes attaquants Belaïli
et Aouedj que plusieurs ténors du
championnat, notamment l’USM
Alger et la JS Kabylie ont dans leur
collimateur, risquent de quitter le
MCO avant la fin du mercato en
cours. De plus, alors que la plupart
des joueurs ont le moral au plus
bas, certains d’entre eux menacent
de ne pas prendre part au prochain
stage d’hiver, si la direction du club
ne régularise pas leur situation
financière. Comme quoi, Youcef
Djebbari et les actuels dirigeants du
MCO, ne sont visiblement pas prêts
à faire sortir leur club de l’impasse
dans laquelle il se retrouve aujour-
d’hui.
B. B.
MC ORAN
Le cauchemar continue
Les Hamraoua se dirigent doucement mais sûrement vers le palier inférieur.
C
’est officiel, Alain Michel est le nouveau
coach des Vert et Rouge de la JSM Béjaïa.
L’information a été rendue publique hier
par le président du conseil d’administration
M. Boualem Tiab sur les ondes de la Radio
Soummam à partir de France où il se trouve. Le
technicien français est engagé pour une période
de six mois renouvelable, pour le même objectif,
à savoir monter sur le podium en fin de cham-
pionnat, tout en essayant de faire un parcours
honorable en Champions ligue d’Afrique en
allant le plus loin possible.
Par ailleurs, l’option renouvelable du contrat
dépend des résultats du technicien. « Nous
avons engagé Alain Michel en qualité d’entraî-
neur en chef de l’équipe pour un contrat de six
mois renouvelable. Les objectifs assignés sont les
mêmes, à savoir viser l’une des trois premières
places du podium à la fin de l’exercice et essayer
d’aller le plus loin possible lors de notre première
participation en Coupe d’Afrique », dira le prési-
dent Boualem Tiab hier sur les ondes de la Radio
Soummam.
Ainsi, deux jours après l’annonce de la sépa-
ration à l’amiable sur le désormais ex-entraîneur
des Vert et Rouge et selon la direction du club.
Celle-ci, qui s’est attelée à trouver un successeur
à son ex-coach, a jeté son dévolu sur l’ancien
entraîneur MCA, le Français Alain Michel
qu’elle juge le plus convenable pour sortir
l’équipe phare de la Soummam de l’engrenage du
doute. En effet, Alain Michel a pour mission de
redresser la situation en essayant de remettre le
club sur sa véritable trajectoire.
En outre, l’équipe, qui a fait le voyage Béjaïa-
Alger par route hier matin, a passé la nuit à
Alger pour s’envoler aujourd’hui (jeudi) à 15 h à
partir de l’aéroport Houari Boumediene à desti-
nation de Casablanca pour effctuer un stage de
11 jours. La délégation des Vert et Rouge est
conduite par le manager de l’équipe Hakim
Medane. « Ce stage du Maroc permettra à l’é-
quipe de prendre un peu de recul pour mieux
recharger les batteries afin de bien entamer la
phase retour », nous déclare Nacer Yahiaoui
avant d’ajouter : « Maintenant que l’équipe diri-
geante a engagé un nouvel entraîneur à la barre
technique, en la personne d’Alain Michel, ce der-
nier qui semble connaître l’équipe essayer avec le
reste des joueurs de bien faire le diagnostic afin
d’apporter le traitement adéquat pour mieux
réagir dans la deuxième phase du
championnat. »
B. C.
JSM BÉJAÏA
Alain Michel à la barre technique
Il devra rejoindre l’équipe à partir de vendredi sur les lieux du stage à Casablanca
pour entamer directement son travail.
E
n plus du joueur gabonais, le
club a déjà engagé un
Franco-djiboutien nommé,
Hassen Kader, ainsi que Saïdoun
(ex-USM Alger) et Bouhafer (JSM
Tiaret). L’ASO Chlef, champion
d’Algérie en titre, s’apprête à clôtu-
rer son opération de recrutement de
l’hiver par l’engagement de l’atta-
quant gabonais, Juan Langoualama
qui «devra signer son contrat au
Maroc», en marge du stage qu’effec-
tuera le club à Al-Djadida, a t-on
appris hier auprès du président
Abdelkrim Medouar.
«Nous avons envoyé une invita-
tion à Langoualama pour qu’il nous
rejoigne directement au Maroc.
Nous comptons l’engager dans
notre effectif sans passer par des
tests, car il s’agit d’un joueur
confirmé», a indiqué le président
chélifien. «Langoualama a fait ses
preuves avec la sélection de son pays
lors du championnat d’Afrique des
locaux CHAN-2011 au Soudan, et
celui des U-23 au Maroc où il été
sacré champion», a t-il ajouté.
A l’ASO l’on mise énormément
sur ce joueur, d’autant que le club
n’a pas réussi, jusque là, à trouver
«la perle rare», à même de pallier le
départ de son buteur de la saison
passée, Hilal Soudani vers le club
portugais Vitoria Guimaraes.
«Nous souhaitons que l’attaquant
gabonais va nous régler le pertinent
problème qui se pose au niveau de la
ligne offensive, causé notamment
par le départ de Soudani l’été der-
nier», a espéré le premier responsa-
ble de l’ASO. Avec l’engagement
imminent de Langoualama, les
Chélifiens boucleront leur opéra-
tion de recrutement de l’actuelle
période des transferts d’hiver, selon
leur président.
Il y aura ainsi quatre nouveaux
joueurs dans l’effectif dirigé par
l’entraîneur Noureddine Saâdi. En
plus du joueur gabonais, le club a
déjà engagé un Franco-djiboutien
nommé, Hassen Kader, ainsi que
Saïdoun (ex-USM Alger) et
Bouhafer (JSM Tiaret).
L’ASO, qui prépare également
son entrée en lice dans la Ligue des
champions africaine, une compéti-
tion à laquelle le club prendra part
pour la première fois de son his-
toire, s’est envolée hier en fin
d’après-midi en direction du Maroc
pour y effectuer un stage de 10
jours.
ASO CHLEF
Le Gabonais Langoualama au Maroc
IBACHIR BOUTEBINA
PROCHAINE CAN
DE HANDBALL
Les 18 connus
aujourd’hui
La sélection algérienne
masculine de handball a
effectué, hier à la Coupole du
complexe olympique Mohamed
Boudiaf (Alger), sa seconde
séance d’entraînement dans le
cadre de son dernier stage
avant le championnat d’Afrique
des nations, prévu au Maroc du
10 au 21 janvier. Tous les
joueurs ont participé à
l’entraînement, mis à part
Chahbour Omar et Kaâbache
Hichem toutefois présents à la
séance mais n’ont pas pris part
à l’entraînement.
Le premier «ne se sentait pas
bien», selon le staff médical,
alors que le second, sociétaire
de la JSE Skikda, est arrivé très
tard mardi en raison des
perturbations liées à la grève du
personnel navigant technique
d’Air Algérie. La séance, qui
s’est déroulée sous l’œil du
sélectionneur Salah
Bouchekriou, a été consacrée à
l’aspect technico-tactique et
ponctuée par un match
d’application. Une deuxième
séance d’entraînement est
prévue mercredi à partir de
17h00, toujours à la Coupole du
complexe olympique. Les Verts,
qui ont entamé mardi leur
dernier stage avant le
Championnat d’Afrique, avaient
effectué une séance de
décrassage en fin de journée de
mardi à la Coupole. D’autre
part, le sélectionneur national a
indiqué que la liste des 18
joueurs devant prendre part au
rendez-vous africain sera
connue ce jeudi, alors que le
départ pour le Maroc est prévu
le 8 janvier. La 20e édition du
Championnat d’Afrique est
qualificative aux Jeux
olympiques 2012 de Londres et
au Championnat du Monde
2013 en Espagne. Lors de la
phase finale, prévue à Rabat et
Salé, la sélection algérienne
évoluera dans le groupe B en
compagnie de l’Egypte, du
Cameroun, de la Côte d’Ivoire,
de l’Angola et du Burkina Faso
qui a remplacé le Nigeria. Le
groupe A est constitué de la
Tunisie (tenante du titre), du
Maroc (pays organisateur), de la
RD Congo, du Gabon, du Congo
et du Sénégal.
CAN-2012 DE
FOOTBALL
Haïmoudi, Benouza
et Etchiali retenus
par la CAF
Les Algériens Djamel Haïmoudi,
Mohamed Benouza et Abdelhak
Etchiali font partie des 39
arbitres et arbitres assistants
retenus par la Confédération
africaine de football (CAF) pour
officier à la 28è édition de la
Coupe d’Afrique des Nations
CAN-2012, prévue du 21 janvier
au 12 février au Gabon et en
Guinée équatoriale. C’est la
première fois depuis la CAN-
2008 au Ghana, que l’arbitrage
algérien sera représenté par
trois arbitres. La CAF avait
retenu par le passé trois arbitres
algériens : Mohamed Benouza,
Djamel Haïmoudi et Brahim
Djezzar lors de la phase finale
de la CAN-2008 disputée au
Ghana. Djamel Haïmoudi a été
élu récemment deuxième
meilleur arbitre africain 2011 par
l’instance dirigeante du football
africain. Il a été aussi désigné
vendredi dernier meilleur arbitre
arabe, lors du traditionnel
sondage du magazine égyptien
Al Ahram.
I BOUALEM CHOUALI
U
n événcmcnt a défrayé Ia chroniquc
dcs médias. lI s´agit dcs hcurts cntrc
juifs uItraorthodoxcs ct Ic pouvoir
ísraeííen à propos de tenues vestímentaíres. Ces
Haredím se sont attaques à des lemmes et
notamment à une líííette. Pour ajouter à ía pro-
vocatíon, íís ont vetu í´unílorme de ía Shoah
avec í´etoííe jaune. « Le port de í´etoííe jaune,
ecrít Píerre Haskí du journaí Ruo 80, par des
uítraorthodoxes íors d´une manílestatíon, a cho-
que ía socíete ísraeííenne ou ía questíon de ía
reíígíon crístaíííse íes tensíons. (.) Cette rele-
rence à í´hoíocauste des juíls pendant ía
Seconde Cuerre mondíaíe pour sígnílíer à
í´lsraeí íaïque ía coíere des uítraorthodoxes a
provoque des reactíons de choc et d´íncreduííte
de ía part des íeaders poíítíques de tous bords.
lís n´etaíent pourtant qu´un mííííer à s´etre ras-
sembíes samedí soír sur ía « píace du shabbat »,
dans íe quartíer uítraorthodoxe de Mea Shearím,
à }erusaíem Cuest, ou vívent des dízaínes de
mííííers de Haredím, ía lrange ía píus reíígíeuse
de ía popuíatíon ísraeííenne. Maís cette maní-
lestatíon et íes outrances auxqueííes eííe a
donne ííeu n´est que íe poínt cuímínant d´une
conlrontatíon croíssante entre íes Haredím et ía
socíete íaïque, en partícuííer dans cette víííe
charníere qu´est }erusaíem, ou ía cohabítatíon
entre deux vísíons du monde est ía píus expío-
síve. Les Haredím representent queíque 20° de
ía popuíatíon de ía víííe, deux loís píus qu´à
í´echeííe du pays. (1) Cn remarquera íe choíx
du mot lrange à ía píace d´íntegríste.
Qui sont Ics Harcdim ¹
Les Haredím ou « Craígnant-Díeu » (en
hebreu ), souvent appeíes « uítraortho-
doxes » sont des juíls orthodoxes ayant une pra-
tíque reíígíeuse partícuííerement lorte. Depuís
ía lín du XlXe síecíe, íís rejettent partíeííement ía
« moderníte », que ce soít dans íe domaíne des
mours ou des ídeoíogíes. Les Haredím vívent
generaíement en marge des socíetes íaïques
envíronnantes, meme juíves, dans íeurs quar-
tíers et sous ía dírectíon de íeurs rabbíns, seuíe
source de pouvoír píeínement íegítíme à íeurs
yeux. C´est aussí íe píus ímportant groupe juíl
actueí allíchant ses retícences lace au síonísme,
et meme parloís son hostíííte. La vísíon londa-
mentaíe des Hatodím est que íe monde quí íes
entoure est une source permanente de perver-
síon. La teíevísíon ou ía pubíícíte y sont une
source d´ímages debauchees ou víoíentes. Les
vaíeurs d´índependance de í´índívídu, de reíatí-
vísme ídeoíogíque, d´egaííte des sexes ou des
reíígíons y sont reguííerement allírmees.
Les Hatodím rejettent orígíneííement assez íar-
gement íe síonísme, Seíon une these hístoríque-
ment domínante chez íes reíígíeux, Díeu a
detruít íe royaume d´lsraeí pour punír íes juíls,
et seuí Son Messíe peut íe recreer. La víe
en 1erre saínte est possíbíe, maís toute tentatíve
autonome de creer un Ltat est une revoíte contre
Díeu. Aínsí, íe 1aímud de ßabyíone dans son
commentaíre du Cantíque des cantíques
decíare : Çu´lsraeí ne « lorceraít pas ía
muraíííe » (c´est-à-díre que íe peupíe d´lsraeí
s´engage à ne pas conquerír Itotz Istaol par ía
lorce). Çue Yhwh a laít jurer à lsraeí qu´íí ne se
rebeííeraít pas contre íes natíons (c´est-à-díre
que íe peupíe d´lsraeí s´engage à obeír aux gou-
vernements pendant son exíí, en attendant « que
ía maín de Díeu se maníleste aux yeux du
monde »). Çu´en echange, Yhwh a laít jurer aux
natíons de ne « pas trop » (yotot mídaí) opprímer
lsraeí. Cette vísíon, connue sous íe nom des
« troís serments, [...[ a joue un róíe consíderabíe
dans ía pensee reíígíeuse antísíoníste, et [...[ est
encore evoquee aujourd´huí par [...[
íes Notoutoí Iatta et íes Hassídím de Satmar ».
La Shoah a donc ete ínterpretee par
certaíns Hatodím comme ía consequence íneví-
tabíe de ía víoíatíon par íes síonístes des deux
premíeres promesses.(2)
D´un poínt de vue socío-economíque, íeur
relus (reíatíl) de í´educatíon moderne et íeur
voíonte de prívííegíer í´etude taímudíque sur un
travaíí dans íe secteur marchand (surtout s´íí est
ímmerge dans íe monde des íaïcs) íes amenent
à des níveaux de víe assez modestes. Cette
sítuatíon est partícuííerement lorte en lsraeí, ou
íes communautes sont lermes sur ces poínts1.
Cette croíssance parloís expíosíve entraîne
des tensíons avec íes voísíns. Ln ellet, í´objectíl
des Haredím est d´avoír des quartíers homoge-
nes et reíatívement cíos. Çuand íes Haredím
s´ímpíantent en nombre dans un nouveau quar-
tíer, et c´est un mouvement permanent, íís ten-
dent à y ímposer íeurs regíes. Aínsí, à }erusaíem,
« depuís queíques moís [lín 2007[, íes membres
d´une º patrouíííe de ía pudeur º s´en prennent
aussí aux lemmes vetues seíon eux de laçon
º provocante º, quí círcuíent dans íes quartíers
habítes par íes Haredím (uítraorthodoxes) du
nord de }erusaíem. La boutíque de vetements
lemíníns Príncesse, rue Mea Shearím, reçoít
reguííerement des vísítes de ía patrouíííe. º lís
nous demandent de retírer de ía vente des robes
qu´íís jugent trop courtes, expííque íe patron. Sí
on veut laíre des allaíres dans íe quartíer, íí laut
se pííer aux regíes : nos vetements ne doívent
ríen íaísser entrevoír de ía peau, mís à part íes
maíns et íe vísage º ». Les Haredím ont beau-
coup d´enlants. Crûce à tous ces enlants, í´ex-
pansíon est rapíde. Lt de píus, íe systeme d´aíío-
catíons lamíííaíes permet aux lamíííes de vívre
sans un reeí travaíí saíaríe (íís ont des besoíns
lrugaux et modestes). C´est un vraí cercíe
vícíeux, quí laít tout pour que íes mómes ne
soíent jamaís au contact du reste de ía socíete,
et arrívent à í´ûge aduíte íargement íncuítes et
ígnorants (hors de ía ßíbíe). Les londamentaíís-
tes juíls sont-íís íes seuís : A í´evídence non ! Sí
on connaît íes centaínes de mííííers d´artícíes sur
í´lntegrísme ísíamíque, íes londamentaíístes
chretíens se manílestent de temps à autre. Ln
lrance, en decembre, une píece de theûtre por-
tant atteínte à í´ímage du Chríst a víoíemment
ete combattue. Le choíx des mots n´est pas ínno-
cent : « uítrajuíls « ou » uítra-orthodoxe », ça
donne de suíte une ímage píus sympa que '´ínte-
gríste´´. Píerre Haskí de Ruo 80 nous dít que tout
commença íí y a une semaíne : « Le conlíít laít
rage depuís píusíeurs semaínes, depuís que des
Haredím ont commence à s´en prendre aux lem-
mes dans ía rue, vetues de maníere trop
« íegere » de íeur poínt de vue. Une lemme et
une líííette sont devenues íes symboíes ínvoíon-
taíres de cette críse ouverte quí píace íes
lsraeííens lace à ía questíon, jamaís resoíue, de
í´ídentíte de íeur socíete. Naama Mergoíís a huít
ans, et habíte ßeít Shemesh, une víííe sítuee
entre 1eí-Avív, ía metropoíe de « perdítíon » au
bord de ía mer, et }erusaíem, ía capítaíe troís
loís saínte. A ßeít Shemesh, íes uítra-orthodoxes
sont entres en campagne contre í´ecoíe pour
líííes lrequentee par Naama, pourtant une ecoíe
ííee au courant síoníste reíígíeux, maís trop
« íaxíste » à íeurs yeux. Des uítraorthodoxes s´en
sont prís de maníere víoíente à des lemmes aux
abords de í´ecoíe, semant ía terreur parmí íes
enlants. Lorsque Naama Mergoíís a temoígne
dans íes medías ísraeííens sur « des gens
mechants quí m´attendent dehors et veuíent me
laíre du maí », íes lsraeííens ont ete bouíeverses,
s´agíssant d´hommes quí se recíament de ía reíí-
gíon ».(1) « lsraeí poursuít Píerre Haskí, s´est
cree en 1948 par un compromís hístoríque entre
des peres londateurs íssus du síonísme de gau-
che íaïque, comme Davíd ßen Couríon, tra-
vaííííste et pas pratíquant, et íe courant reíígíeux
du judaïsme. lí en est resuíte un equíííbre lra-
gííe, quí laít d´lsraeí une socíete sans separatíon
entre ía synagogue et í´Ltat, avec des íoís dont
certaínes sont herítees de í´epoque ottomane.
« Les londateurs de cet Ltat í´ont cree seíon une
vísíon íaïque, preconísant ía renaíssance econo-
míque, socíaíe et cuítureííe du peupíe juíl. A
cette conceptíon, s´oppose, des ía lín du XlXe
síecíe, ceííe des míííeux reíígíeux desíreux de
creer, en pays d´lsraeí, une socíete juíve quí pra-
tíqueraít íes commandements de ía 1orah - de ía
ßíbíe. (.) Le probíeme est d´autant píus expío-
síl que ía mínoríte ía píus extremíste des uítraor-
thodoxes, bardee de ía certítude d´íncarner ía
voíonte dívíne, n´hesíte pas à braver ía íoí des
hommes, à í´ímage de í´assassín de Yítzhak
Rabín en 1995, ou, píus modestement, de ceux
quí ont vouíu ímposer íeurs regíes au seín d´un
bus de ía compagníe Lgged. » (1)
Píusíeurs dírígeants du gouvernement
(Netanyahu, ßarak, etc.) ou des lormatíons poíí-
tíques (Lívní, etc.) se dísent tres choques par íes
actíons des Haredím. Pour Cídeon Levy, jour-
naííste de gauche, íí ne laut pas s´y líer. Ces
memes dírígeants envísagent une deuxíeme
operatíon Píomb Durcí contre Chaza dans un
avenír tres proche. Une occasíon de locaííser
sur íes actíons des Haredím pour evíter que íes
gens relíechíssent sur un assaut meurtríer even-
tueí. Cn saít que í´ambíguïte entre natíonaíísme
et reíígíon date en laít des tout debuts du
Yíshouv. Dans -ux otígínos d´Istaol, Sternheíí
remarque que « de laít, ía ßíbíe a ete í´argument
supreme du síonísme. Ce n´est pas seuíement ía
tensíon entre íes aspíratíons dívergentes des sío-
nístes et ceííes des reíígíeux quí sont à ía source
du conlíít. C´est aussí íe laít que ía reíígíon ne
s´est pas íaíssee íaïcíser par íe mouvement sío-
níste, ce quí peut se comprendre du poínt de
vue des reíígíeux. Cn comprend dans ses condí-
tíons íe gííssement ínexorabíe d´un Ltat - en
theoríe - de tous ses cítoyens - à un Ltat reserve
excíusívement aux juíls. Une preuve : Le
Paríement ísraeííen doít prochaínement debattre
d´un projet de íoí quí delíníraít lsraeí comme un
«Ltat juíl». Un projet quí ísoíeraít un peu píus íes
cítoyens arabes de ce pays et tendraít encore
davantage íes reíatíons avec í´Autoríte paíestí-
níenne. Doít-on paríer d´un Ltat juíl píutót que
de í´Ltat d´lsraeí : Un Ltat peut-íí etre juíl et
democratíque : Le Premíer mínístre ßenyamín
Netanyahu et ses aíííes de í´extreme droíte,
emmenes par íe mínístre des Allaíres etrangeres,
Avígdor Líberman, tentent d´ímposer ce nou-
veau vocabuíaíre à íeurs partenaíres ínternatío-
naux. Le Paríement ísraeííen (knesset) a pour sa
part ete saísí d´une proposítíon de íoí quí delí-
níraít de laçon píus strícte ía notíon d´Ltat juíl en
í´ínscrívant dans ía Constítutíon : í´arabe ne
seraít píus íangue ollícíeííe et ía íoí hebraïque
servíraít de source d´ínspíratíon au íegísía-
teur.(..) (3)
Cn comprend aussí que tout sera mís en
ouvre pour pousser íes Arabes paíestíníens vers
ía sortíe. Cínquante rabbíns uítraorthodoxes ont
cosígne une íettre rendue pubííque íe 7 decem-
bre, dans íaqueííe íís allírment que «ía 1orah
ínterdít de íouer ou de vendre une propríete à
un non-juíl», íes Arabes ísraeííens etant ía prín-
cípaíe cíbíe de cette ínítíatíve, rapporte Yodíot
-hatonot. Píusíeurs personnaíítes ísraeííennes
ont denonce ce maníleste. (.) Shmueí Lííyahou,
íe chel rabbín de Saled, une víííe du nord
d´lsraeí, a ete íe premíer, en octobre, à appeíer
íes habítants de sa víííe à ne pas íouer ou ven-
dre des appartements à des Arabes.
lcs dérivcs d´unc Iccturc
IittéraIc dcs tcxtcs sacrés
Píusíeurs themes teís que íe voííe, ía íapída-
tíon sont communs aux troís reíígíons. Maís
quand íí s´agít de díaboííser - eu egard au
monde actueí et non dans íe contexte d´aíors -
seuí í´lsíam est voue aux gemoníes. S´agíssant
du Voííe dans í´Lpître aux Corínthíens Pauí
decíare : « }e veux cependant que vous sachíez
que Chríst est íe chel de tout homme, que
í´homme est íe chel de ía lemme, et que Díeu
est íe chel de Chríst. (.) Car sí une lemme n´est
pas voííee, qu´eííe se coupe aussí íes cheveux.
Cr, s´íí est honteux pour une lemme d´avoír íes
cheveux coupes ou d´etre rasee, qu´eííe se
voííe » La íapídatíon exístaít comme chûtíment
avant que íe Code d´Aíííance ne soít donne par
Díeu à Moïse au Sínaï, maís eííe lut íntegree
dans ce Code par ía suíte et eííe est restee au líí
du temps íe mode d´executíon prívííegíe des
lsraeíítes [4[ sanctíonnant des crímes consíderes
comme des ollenses d´ordre pubííc comme : íe
meurtre, í´apostasíe, í´ídoíûtríe, íe bíaspheme, ía
víoíatíon du sabbat, í´aduítere, í´ínceste etc.
C´etaít un geste de rupture, une sanctíon coííec-
tíve, executee coííectívement contre un membre
de sa communaute. Pourquoí íapíder: Cn n´a-
vaít pas, à cette epoque, une conceptíon índíví-
dueííe du peche. La laute d´un índívídu etaít vue
comme une maíadíe quí etaít venue se íoger au
cour de ía communaute et quí rísquaít, sí eííe
n´etaít pas eníevee, de contamíner íe corps tout
entíer. Cn devaít donc s´en debarrasser au píus
víte. lí laííaít retrancher, de son seín,
íe lautíl : «1u óteras íe maí du míííeu de toí »
(Dt 21,21)! » (4) Aínsí donc, ía íapídatíon lígure
dans íes autres reíígíons monotheístes, chre-
tíenne avec í´ínterpeííatíon de }esus contre ía
íapídatíon de ía lemme aduítere, maís aussí,
dans ía partíe hebraïque de ía ßíbíe, on voít íes
prophetes juíls íapídes par íes íeurs. Donc, tout
est reíatíl ! }e ne peux m´empecher de cíter une
íettre d´un audíteur quí s´ínterroge s´íí laut appíí-
quer à ía íettre ce que dít ía ßíbíe. lí ecrít :
« }´apprends beaucoup à í´ecoute de votre pro-
gramme et j´essaíe d´en laíre prolíter tout íe
monde. Maís j´auraís besoín de conseíís quant à
d´autres íoís bíbííques. Par exempíe, je souhaí-
teraís vendre ma líííe comme servante, teí que
c´est índíque dans íe íívre de í´Lxode, chapítre
21, verset 7. A votre avís, queí seraít íe meíííeur
príx : »(5)
« Le Levítíque aussí, chapítre 25, verset 44,
enseígne que je peux posseder des escíaves,
hommes ou lemmes, à condítíon qu´íís soíent
achetes dans des natíons voísínes. Un amí
allírme que cecí est appíícabíe aux Mexícaíns,
maís pas aux Canadíens. Pourríez-vous m´ecíaí-
rer sur ce poínt : Pourquoí est-ce que je ne peux
pas posseder des escíaves canadíens : }´aí un
voísín quí tíent à travaíííer íe samedí. L´Lxode,
chapítre 35, verset 2, dít cíaírement qu´íí doít
etre condamne à mort. }e suís obííge de íe tuer
moí-meme : Pourríez-vous me souíager de cette
questíon genante d´une queíconque maníere :
Çuand je bruíe un taureau sur í´auteí du sacrí-
líce, je saís que í´odeur quí se degage est apaí-
sante pour íe Seígneur (Levítíque. 1:9). Le pro-
bíeme, c´est mes voísíns : íís trouvent que cette
odeur n´est pas apaísante pour eux. Doís-je íes
chûtíer en íes lrappant : »(5)
Un derníer conseíí. Mon oncíe ne respecte
pas ce que dít íe Levítíque, chapítre 19, verset
19, en píantant deux types de cuíture díllerents
dans íe meme champ, de meme que sa lemme
quí porte des vetements laíts de díllerents tíssus,
coton et poíyester. De píus, íí passe ses journees
à medíre et à bíasphemer. Lst-íí necessaíre d´aí-
íer jusqu´au bout de ía procedure embarrassante
de reunír tous íes habítants du víííage pour íapí-
der mon oncíe et ma tante, comme íe prescrít íe
Levítíque, chapítre 24, versets 10 à 16 : Cn ne
pourraít pas píutót íes bruíer víls au cours d´une
símpíe reuníon lamíííaíe prívee, comme ça se
laít avec ceux quí dorment avec des parents
proches, teí qu´íí est índíque dans íe íívre sacre,
chapítre 20, verset 14 : »(5) Les contradíctíons
de ía socíete ísraeííenne notamment í´aspect
uítrareíígíeux ÷ traítes d´une laçon índuígente,
voíre compííce par íes medías occídentaux quí
sont tres prudents dans íe choíx des mots ÷ vont
de píus en píus apparaître au grand jour. Sí íes
Haredím sont contre íe síonísme, íís abhorrent
encore píus íes Arabes ísraeííens quí sont íes
luturs varíabíes d´ajustement d´un hypothetíque
accord, car íís n´auront píus vocatíon à rester
dans un Ltat quí se veut juíl. C. f. C.
* fcoIc nationaIc poIytcchniquc
1. Píerre Haskí : lsraeí conlronte aux provo-
catíons des uítrareíígíeux juíls Ruo 80 janvíer
2012
2. Les Haredím : Lncycíopedíe Wíkípedía
3. http://www.courríerínternatíonaí.com/
artícíe/2011/12/21/ísraeí-queí-est-ton-nom
4. http://www.ínterbíbíe.org/ínterßíbíe/
decouverte/comprendre/2009/cíb_090515.htmí
5. Crí du peupíe 1871 : http://www.míe-
ray.ínlo/artícíe-a-tous-íes-homophobes-cítant-ía-
bíbíe÷93507982.htmíí
15
JEUDI 5 JANVIER 2012
Analyse
L’intégrisme n’a pas de frontières
I PR CHEMS EDDINE
CHITOUR *
« L’Etat juif est ce
personnage mythique qui
conjoint les deux rôles de la
victime et du héros. »
Alain Finkielkraut
LES HAREDIM JUIFS
UNE AUTRE FACETTE DE L’INTÉGRISME
JEUDI 5 JANVIER 2012
Internationale
M
itt Romney a battu d’ex-
trême justesse mardi soir le
conservateur chrétien Rick
Santorum dans l’Iowa (centre), rem-
portant le premier d’une longue série
de scrutins pour désigner le candidat
républicain qui affrontera Barack
Obama à la présidentielle de novem-
bre 2012. Les deux hommes ont fini
à huit voix d’écart à l’issue des « cau-
cus » ou assemblées d’électeurs orga-
nisées dans l’Iowa, un Etat rural du
centre du pays, qui donne tradition-
nellement le coup d’envoi des pri-
maires. Au total, 122 255 électeurs
républicains ont participé aux 1.774
assemblées, ce qui constitue une
participation record. Vers 2h30 loca-
les (08h30 GMT), les résultats défi-
nitifs du premier scrutin de la prési-
dentielle américaine, longtemps
attendus en raison de cet écart de
voix historiquement faible entre les
deux hommes de tête, sont enfin
tombés. M. Santorum, auteur d’une
remontée spectaculaire dans les son-
dages ces derniers jours, et Mitt
Romney ont tous deux remporté 25%
des voix et le conservateur atypique
Ron Paul se place troisième avec 21%
des voix. Newt Gingrich a attiré 13%
des bulletins, devant le Texan Rick
Perry (10%) et Michele Bachmann
(5%). Après ce scrutin, tous les
regards se tournent désormais vers
le New Hampshire (nord-est), où le
deuxième scrutin de la campagne se
déroulera le 10 janvier. Quelque
temps avant
l ’ annonc e
des résul-
tats, Mitt
Romney a
félicité Rick
Sant or um
pour sa
« victoire »,
ajoutant que
c’était une
victoire pour
lui aussi.
Sûr de lui,
l ’ a n c i e n
homme d’af-
faires de 64
ans, a
tourné la
page de
l’Iowa en se
p r o j e t a nt
déjà vers le
N e w
Hampshire.
« Au New
Hampshire
et finissons
le travail »,
a-t-il dit
après avoir
une fois de plus affirmé que le prési-
dent Obama ne ferait pas plus d’un
mandat. M. Romney s’est maintenu
constamment en position de favori
potentiel ces dernier mois, mais n’a
jamais réussi à dépasser la barre des
25% d’intentions de vote, faute d’ob-
tenir le soutien de la base républi-
caine. En 2008, lors de sa première
candidature à la présidentielle, il
avait déjà terminé en deuxième posi-
tion dans l’Iowa, avant de s’effondrer
ensuite au profit de John McCain.
En remerciant ses partisans mardi
soir, M. Santorum - qui avant Noël
encore se maintenait sous la barre
des 10% d’intentions de vote - a réaf-
firmé les valeurs morales chrétien-
nes sur lesquelles il fait campagne.
« Ce sont les valeurs dont nous avons
besoin si nous devons nous attaquer
à Barack Obama et gagner cette élec-
tion et rendre à l’Amérique ses prin-
cipes fondateurs », a-t-il martelé.
Rick Santorum, 53 ans, ancien séna-
teur de Pennsylvanie et fervent
catholique, a été soutenu par cer-
tains chrétiens conservateurs, puis-
sants dans l’Iowa. Il a fait une cam-
pagne avec peu de moyens entière-
ment concentrés sur cet Etat dont il
a sillonné les 99 comtés. Ron Paul, 76
ans, doyen de la course, pourrait
quant à lui continuer à perturber le
jeu, dans le New Hampshire puis en
Caroline du Sud le 21 janvier, fort de
son statut de troisième homme.
16
LA CONQUÊTE DE LA MAISON-BLANCHE EST LANCÉE
Mitt Romney gagne les «caucus» républicains de l’Iowa
L’ETAT de l’Iowa a donné mardi le coup d’envoi officiel du long marathon que devront faire les Républicains pour
la désignation du candidat qui devra affronter le président sortant, Barack Obama, le 4 novembre prochain.
MISSION DES OBSERVATEURS ARABES
Damas accuse les Etats-Unis d’ingérence
Mitt Romney remporte difficilement l’Iowa
face à l’ultraconservateur Rick Santorum
D
amas a accusé hier les Etats-
Unis de s’ingérer dans la
mission des observateurs
arabes chargés de rendre compte de
la situation en Syrie en proie depuis
plus de neuf mois à une révolte
populaire réprimée dans le sang.
« Les déclarations américaines (...)
sont une ingérence flagrante dans la
(mission) de la Ligue arabe, et une
tentative injustifiée pour interna-
tionaliser » la crise, a affirmé le
porte-parole du ministère syrien des
Affaires étrangères Jihad Makdessi
dans un communiqué. Les Etats-
Unis ont estimé mardi que la Syrie
n’avait pas respecté ses engage-
ments vis-à-vis de la Ligue arabe et
qu’il était « largement temps » pour
le Conseil de sécurité de l’ONU d’a-
gir pour « soutenir les aspirations
légitimes des Syriens ». « La Syrie
ne va pas rendre compte aux Etats-
Unis du niveau de son engagement
dans le protocole de la Ligue arabe»,
a répliqué M. Makdessi accusant
Washington «d’attiser la violence»,
avant la présentation samedi à la
Ligue arabe des résultats de la mis-
sion des observateurs.
Les observateurs de la Ligue
arabe se sont rendus mercredi à
Homs et Hama dans le cadre de leur
mission. Ils se trouvaient également
à Daël (région de Deraa, sud) et à
Harasta, près de Damas, selon la
télévision publique. Des militants
pro-démocratie les ont appelés à se
rendre sur la place Sabaa Bahrat,
au coeur de Damas, où ils avaient
prévu de manifester contre le
régime. « Nous invitons les observa-
teurs de la Ligue arabe à assumer
leur responsabilité en protégeant
les manifestants pacifiques. Nous
disons au régime que nos droits sont
violés et que nous luttons pour les
récupérer », ont-ils écrit sur
Facebook. Sur le plan politique,
l’opposition peine à s’entendre pour
constituer un front uni contre le
régime du président Bachar
Al Assad. Mardi, le Conseil national
syrien (CNS), qui regroupe la majo-
rité des courants de l’opposition, a
démenti avoir conclu un accord avec
le Comité national pour le change-
ment démocratique (Cncd), un
autre groupe de l’opposition.
Samedi, le Cncd avait annoncé dans
un communiqué la signature d’un
accord politique « définissant les
principes de la lutte démocratique
pour la période de transition » en
Syrie. Selon des analystes, les prin-
cipaux points de désaccord entre ces
deux formations portent sur une
éventuelle intervention militaire
étrangère en Syrie et sur le soutien
à l’ASL. Le CNS est une coalition
des plus importants partis de l’op-
position dont des partis islamistes,
notamment des membres des
Frères musulmans, libéraux et
nationalistes. Le Cncd, dirigé par
Hassan Abdel Azim, regroupe des
partis nationalistes arabes, kurdes,
socialistes et marxistes. Une per-
sonnalité de l’opposition a déploré
hier « les divisions » au sein de l’op-
position. « Il faut du temps avant de
voir l’opposition s’unir. Si elle l’é-
tait, le régime serait tombé l’été
dernier », a-t-il affirmé sous cou-
vert d’anonymat. « Nous sommes
condamnés à nous entendre tôt ou
tard car la situation dans le pays ne
supporte point l’absence d’une stra-
tégie et d’une vision communes de
l’opposition syrienne », a indiqué
Haytham Manna, responsable du
Cncd à l’étranger et qui était cosi-
gnataire de l’accord contesté. Selon
le département d’Etat, le sous-
secrétaire d’Etat aux Affaires du
Proche-Orient, Jeffrey Feltman, se
trouvait hier au Caire pour des
entretiens à la Ligue arabe sur le
dossier syrien.
MARINE AMÉRICAINE
DANS LE GOLFE
Nouvelle mise en
garde de Téhéran
Le ministre iranien de la
Défense, le général Ahmed
Vahidi, a lancé hier une nouvelle
mise en garde contre la présence
de la marine américaine dans le
Golfe.
« Nous avons toujours dit que la
présence des forces non
régionales dans le Golfe
Persique était nocive et ne
pouvait que créer des troubles.
Et nous avons par conséquent
toujours demandé qu’elles ne
soient pas présentes dans cette
voie d’eau », a déclaré le général
Vahidi, cité par l’agence
iranienne Mehr.
« L’Iran fera tout pour préserver
la sécurité dans le détroit
d’Ormuz » un canal stratégique,
a-t-il ajouté. Mardi, le général
Attaollah Salehi, le chef de
l’armée iranienne avait déclaré :
« Nous conseillons au porte-
avions américain qui a traversé
le détroit d’Ormuz et se trouve
en mer d’Oman de ne pas
retourner dans le Golfe
persique. L’Iran n’a pas
l’intention de répéter son
avertissement ». Le porte-avions
américain John C. Stennis qui se
trouvait dans le Golfe a traversé
la semaine dernière le détroit
d’Ormuz pour se rendre en mer
d’Oman, en pleines manœuvres
navales iraniennes qui ont duré
10 jours autour du détroit. En
dépit de ces menaces,
Washington a promis de
maintenir ses navires de guerre
déployés dans le Golfe, la
Maison Blanche estimant que
les avertissements de l’Iran
trahissent sa « faiblesse » et
montrent l’efficacité des
sanctions contre son programme
nucléaire controversé.
MALGRÉ UN
SCANDALE QUI ENFLE
Le président
allemand refuse de
démissionner
Le président allemand
Christian Wulff, sur la sellette
après un scandale autour
d’une affaire de crédit privé,
refuse de démissionner, a
affirmé hier la télévision
publique allemande ARD. La
chaîne allemande cite des
sources proches de
l’entourage de M. Wulff. Le
service de presse de la
présidence n’était pas
immédiatement joignable pour
un commentaire.
Le président allemand dont la
fonction est essentiellement
honorifique est dans la
tourmente depuis mi-décembre
après des révélations de la
presse sur un prêt très
avantageux obtenu auprès
d’un couple de riches
entrepreneurs. Mardi, l’affaire a
continué d’enfler, après que
Bild, considéré comme le plus
puissant quotidien européen
avec ses 12 millions de
lecteurs, eut révélé avoir subi
des tentatives d’intimidation du
président pour étouffer le
scandale.
Baron du parti conservateur
CDU d’Angela Merkel et
longtemps considéré comme
un rival potentiel de la
chancelière, M. Wulff ne s’est
imposé à la présidence de la
République qu’au troisième et
dernier tour d’un scrutin qui a
viré au psychodrame le 30 juin
2010, les grands électeurs en
profitant alors pour montrer
leur mécontentement vis-à-vis
de la chancelière et de sa
coalition de centre-droit.
PRÉSIDENTIELLE 2012 EN FRANCE
Hollande veut se relancer
A 110 JOURS du premier tour de la présidentielle, François Hollande, 57 ans, reste le favori du
scrutin, donné vainqueur par les derniers sondages de décembre à 57% contre le président sortant.
A
ccusé de tâtonner depuis des semaines, le
candidat socialiste à la présidentielle fran-
çaise François Hollande cherche à se relan-
cer avec une lettre aux Français, dans laquelle il
se dit « prêt » à conduire le « redressement » du
pays, mais sans annoncer de mesures concrète. A
110 jours du premier tour de la présidentielle,
François Hollande, 57 ans, reste le favori du scru-
tin, donné vainqueur par les derniers sondages de
décembre à 57% contre le président sortant. Mais
l’écart se resserre et le candidat socialiste cherche
à impulser une nouvelle dynamique à sa campa-
gne : il va multiplier les déplacements en pro-
vince, faire dès cette semaine un meeting et a
adressé ce mardi son premier grand message aux
électeurs. Dans cette lettre intitulée « le change-
ment, c’est maintenant » publiée dans le quoti-
dien de gauche Libération, l’ancien numéro 1 du
Parti socialiste dit vouloir tourner la page de cinq
ans de présidence Sarkozy qui ont laissé « la
France abaissée, affaiblie, abîmée, +dégradée+ ».
Comme le chef de l’Etat dans ses vœux aux
Français, François Hollande dramatise l’enjeu de
cette année électorale, qui doit être celle du
« choix » et du « changement ». « La dépression
économique est là, l’angoisse sociale est partout,
la confiance nulle part » énumère François
Hollande, dressant un bilan à charge du président
sortant, qui doit assumer les pires chiffres de
l’emploi en douze ans avec près de trois millions
de chômeurs et une entrée imminente en réces-
sion, selon les prévisionnistes. Il ironise sur les
« contorsions » de Nicolas Sarkozy, « incapable de
trouver une issue à la crise de la zone euro après
seize «sommets de la dernière chance» en à peine
deux ans ». Mais s’il assure qu’il est possible pour
la France de « maîtriser (son) destin », de retro-
uver sa « confiance » en elle, il ne propose lui-
même aucune solution concrète. Il se contente
d’énoncer les quatre grands principes qui guide-
ront son action : « vérité », « volonté », « justice »
et « espérance». A droite, alors que le gouverne-
ment a promis des mesures pour l’emploi et veut
imposer avant les élections une réforme du finan-
cement de la protection sociale, via une hausse de
la TVA, l’offensive Hollande est abondamment
raillée. « Ce qui m’a surtout frappé dans ce texte
long, plusieurs colonnes, c’est l’absence totale de
propositions », a commenté Alain Juppé. Le chef
de la diplomatie française a en outre jugé le pro-
pos « outrancier et injuste puisqu’il présente la
France comme un pays complètement effondré et
dont le crédit sur la scène internationale se serait
affaibli, ce qui est faux, je peux en apporter le
témoignage ». Largement critiquée à droite, la let-
tre de M. Hollande dans Libération a été habile-
ment détournée par le parti présidentiel UMP qui
a acheté sur Internet le nom de domaine cor-
respondant au slogan de campagne de François
Hollande, « Le changement, c’est maintenant ».
Quand on clique sur www.lechangementcestmain-
tenant.fr, on arrive sur un site acheté par l’UMP
avec en pleine page, la Une parodiée du quotidien
Libération, rebaptisé «L’Hibernation». Intitulé
« Le reniement, c’est maintenant », ce pastiche
tourne en dérision l’initiative de M. Hollande.
JEUDI 5 JANVIER 2012
Internationale
L
a première ouverture affi-
chée par les taliban dans
l’optique de négociations de
paix est un premier pas positif sur
la voie d’un règlement du conflit en
Afghanistan, selon les analystes,
même si tout reste à faire pour
concilier leurs positions et celle des
Américains. Les rebelles afghans
ont annoncé mardi avoir trouvé un
accord initial sur l’établissement
d’un bureau de représentation à l’é-
tranger avec plusieurs interlocu-
teurs - dont le Qatar - afin de parti-
ciper à « des négociations ». Or ils
avaient toujours refusé jusque-là de
discuter avec le gouvernement
afghan et ses alliés occidentaux
tant que l’ensemble des soldats
occidentaux, qui les ont chassés du
pouvoir en 2001, n’auraient pas
quitté l’Afghanistan. Ils exigent
toutefois en échange la libération
de leurs prisonniers détenus sur la
base américaine de Guantanamo
(Cuba). « Jusqu’à hier, les taliban
ne parlaient même pas de discus-
sions. Mais maintenant ils disent
qu’ils sont prêts à ouvrir un bureau
au Qatar. C’est assurément un pas
positif vers la paix », juge hier
Giran Hiwad, du Réseau des analy-
ses sur l’Afghanistan (AAN), un
centre de recherches installé à
Kaboul. Le communiqué des tali-
ban n’indique pas explicitement où
leur bureau pourrait être installé.
Si la Turquie ou l’Arabie Saoudite
ont un temps été évoquées, le Qatar
est cité dans le texte. Sa capitale
Doha, mentionnée avec insistance à
ce sujet récemment, part donc favo-
rite. « Cela montre que les taliban
sont sous pression. A présent, ils
veulent négocier », estime Haroun
Mir, du Centre de recherche et
d’études politiques à Kaboul. Leur
montée en puissance dans le pays
semble pourtant incontestable, face
à une force de l’Otan (Isaf) qui
paraît incapable de les vaincre défi-
nitivement malgré ses 130.000 sol-
dats, d’autant plus qu’elle prévoit
d’avoir retiré toutes ses troupes de
combats du pays à la fin 2014.
Quelque 566 soldats de l’Isaf sont
encore morts en 2011, pour un total
de 2847 depuis le début du conflit.
Et les attaques à l’explosif qui
tuent surtout des civils, sont de
plus en plus fréquentes (+7% entre
janvier et novembre 2011 par rap-
port à 2010, selon l’Isaf).
Les talibans veulent « négocier
directement avec les Etats-Unis
dans le but de contourner le gou-
vernement afghan», estime M. Mir.
Leur communiqué mardi ne faisait
effectivement aucune références
aux autorités afghanes.
« Finalement, ils ont réussi à
convaincre les Américains. C’est
une grande réussite pour les tali-
bans et un recul pour le gouverne-
ment de Kaboul », selon lui. De fait,
le président Hamid Karzaï, qui
s’était déclaré à plusieurs reprises
opposé à l’ouverture d’un bureau
de représentation taliban hors de
son pays, a fini par l’accepter.
Sollicités par l’AFP, ses services se
refusaient à tout commentaire hier.
Toutefois, le président afghan
Hamid Karzaï a approuvé hier le
principe de négociations bilatérales
entre les rebelles talibans et les
Etats-Unis pour permettre de créer
un bureau de représentation tali-
ban au Qatar, dans un communiqué
diffusé par ses services « Ils n’ont
pas inclus le gouvernement afghan
parce que celui-ci ne peut satisfaire
leur demande de libération des pri-
sonniers de Guantanamo », assure
Waheed Mujda, ancien fonction-
naire sous le gouvernement taliban
(1996-2001) devenu analyste poli-
tique. « Il ne s’agit pas de pourpar-
lers de paix », souligne-t-il, car « on
ne parle que des prisonniers tali-
bans enfermés à Guantanamo ».
Mais l’ouverture d’un bureau tali-
ban hors d’Afghanistan « donne
aux Américains une adresse pour
de possibles discussions futures »
avec les rebelles, estime-t-il.
17
BUREAU TALIBAN DE REPRÉSENTATION À L’ÉTRANGER
Le long chemin de la paix afghane
LES REBELLES AFGHANS ont annoncé mardi avoir trouvé un accord initial sur l’établissement d’un bureau de
représentation à l’étranger avec plusieurs interlocuteurs - dont le Qatar - afin de participer à « des négociations ».
R
iyadh a ignoré une
demande de Tunis d’ex-
trader l’ex-président
Ben Ali afin qu’il soit jugé pour
la répression du soulèvement
populaire en Tunisie, a indiqué
mardi soir le président du tribu-
nal militaire de Tunis Hédi
Ayari. « Nous avons demandé, à
deux reprises son extradition
(de Ben Ali), mais nous n’avons
pas reçu de réponses », a
répondu Hédi Ayari aux avocats
qui l’interrogeaient sur les
efforts des autorités tunisiennes
pour faire revenir Ben Ali
d’Arabie Saoudite. Le tribunal
militaire de Tunis a reporté
mardi soir au 10 janvier le pro-
cès intenté contre Zine El
Abidine Ben Ali et une quaran-
taine de hauts responsables de
son régime, a indiqué une
source judiciaire. Ce procès,
reporté pour la deuxième fois,
porte sur leurs rôles dans la
mort de 43 manifestants et la
blessure de 97 autres dans le
gouvernorat de Tunis et autres
villes au nord du pays comme
Bizerte et Nabeul. Ben Ali et ses
anciens principaux chefs de
sécurité, y compris ses deux der-
niers ministres de l’Intérieur,
Ahmed Friaa et Rafiq Haj
Kacem, risquent la peine de
mort s’ils sont reconnus coupa-
bles, selon des avocats. Au total,
plus de 300 personnes ont
trouvé la mort lors du soulève-
ment populaire déclenché le 17
décembre 2010 et ayant abouti
le 14 janvier suivant à la fuite
de Ben Ali vers l’Arabie
Saoudite. Lors de leurs interro-
gatoires, les deux anciens chefs
de sécurité, Adel Touiri et Lotfi
Zouaoui, ont affirmé qu’ils
n’avaient pas donné l’ordre à la
police de faire usage de balles
pour réprimer le soulèvement.
Adel Touiri a affirmé que le pré-
sident déchu était « totalement
déconnecté de la réalité », igno-
rant son conseil d’éviter l’usage
de force. « Le 26 décembre, Ben
Ali s’était entretenu avec le
ministre de l’Intérieur, le com-
mandant de la gendarmerie et
moi-même pour parler de tout:
de son fils, du RCD
(Rassemblement constitution-
nel démocratique, le parti alors
au pouvoir) et des activités des
ambassadeurs tunisiens à
l’étranger, mais il n’a pas dit un
seul mot sur la situation sécuri-
taire qui s’était embrasée », a
raconté M. Touiri. Quelques
dizaines de proches des victimes
ont manifesté mardi devant la
cour du tribunal militaire
dénonçant « une mise en
scène ». Si une quinzaine de
hauts responsables, dont les
deux anciens ministres de
l’Intérieur et l’ancien chef de la
sécurité présidentielle, sont en
détention préventive, et donc
bien présents au procès, ce der-
nier s’est poursuivi en l’absence
de 27 accusés, qui sont en
liberté.
Le mollah Omar et les taliban sortent de leur tanière et se disent
« prêts » à engager des discussions à l’étranger
PROCÈS
DE BEN ALI
Reporté
au 10 janvier
D
es milliers de Sud-
Soudanais frappés par les
récentes violences intereth-
niques dans le village de Pibor, situé
dans la province orientale de
Jonglei, ont un besoin urgent
d’aide, ont averti hier les Nations
unies. « Une opération d’urgence
sera nécessaire dans les semaines à
venir pour aider les gens déracinés
par les violences », a déclaré Lise
Grande, coordinatrice de l’action
humanitaire de l’ONU dans le pays.
« Des centaines de personnes qui
s’étaient réfugiées dans le bush
reviennent au village. Elles sont
extrêmement vulnérables et ont
besoin d’aide », a-t-elle poursuivi
dans un communiqué. Quelque
6.000 jeunes hommes armés de la
tribu des Lou Nuer ont marché ces
derniers jours sur Pibor, un village
de la tribu des Murle qu’ils accusent
d’avoir dérobé leurs animaux. Ils
ont au passage brûlé des huttes et
pillé un hôpital de Médecins sans
frontières (MSF). Les violences ont
forcé « des dizaines de milliers de
personnes » à fuir leurs maisons,
ont entraîné la destruction de loge-
ments, des moyens de subsistance
de la population et entravent l’ache-
minement de l’aide, a encore ajouté
Mme Grande. Selon des témoigna-
ges encore difficilement vérifiables,
jusqu’à 150 personnes, essentielle-
ment des femmes et des enfants,
auraient été tuées en tentant de
fuir Pibor. Le nombre de morts
pourrait se compter « en dizaines,
peut-être en centaines », a de son
côté estimé Mme Grande. D’une
façon générale, « les opérations
humanitaires sont menacées par
une insécurité persistante dans la
région », a-t-elle ajouté. En 2011 à
Jonglei, les violences intereth-
niques, les attaques de campements
visant à voler du bétail et les opéra-
tions de représailles ont fait plus de
1.100 morts et forcé quelque 63.000
personnes à quitter leur domicile,
selon un rapport de l’ONU. Dans
cette province comme dans d’aut-
res, ces violences interethniques,
très souvent liées à des histoires de
vol de bétail, constituent une réelle
menace à la stabilité du tout jeune
pays, indépendant de Khartoum
depuis juillet.
RENCONTRE ISRAÉLO-PALESTINIENNE À AMMAN
Rien de nouveau
ISRAÉLIENS ET PALESTINIENS se sont rencontrés mardi pour la première fois depuis septembre 2010,
sans résultat tangible, mais avec un accord pour se retrouver dans les jours qui viennent en Jordanie.
«L
a partie palestinienne a présenté un
document qui représente sa vision
sur les frontières et la sécurité. La
partie israélienne l’a reçu, promettant de l’étu-
dier au cours des prochaines semaines », a
affirmé le ministre jordanien des Affaires étran-
gères Nasser Jawdeh, qualifiant de « positives »
les trois heures et demie de rencontre. « Nous
avons décidé que les rencontres se poursui-
vraient en Jordanie et que l’annonce des réuni-
ons » serait faite par la Jordanie, a-t-il ajouté. La
réunion « n’a rien apporté de neuf parce que la
délégation israélienne n’a fourni aucun élément
nouveau », a indiqué de son côté une source
palestinienne proche des discussions. « Nous
sommes convenus d’avoir une autre réunion
vendredi à Amman sous les auspices du
Quartette et en présence de la Jordanie », a
ajouté cette source, sous couvert de l’anonymat.
Bien que les deux parties aient prévenu que la
rencontre ne constituait pas une relance du pro-
cessus de paix, les Etats-Unis ont vu une « évo-
lution positive » dans le seul fait qu’elle ait eu
lieu. « Les résultats que les deux parties disent
vouloir ne peuvent être obtenus qu’à la table des
négociations », a déclaré le porte-parole du prési-
dent américain Barack Obama, Jay Carney. Le
secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a
« félicité » les négociateurs et les a encouragés à
aller plus loin « pour établir une dynamique vers
une paix durable ». « J’encourage Israël et les
Palestiniens à consolider cette première rencon-
tre prometteuse et à continuer à chercher une
paix juste, durable et complète au Proche-
Orient », a déclaré dans un communiqué Mme
Ashton qui a remercié les autorités jordaniennes
d’avoir favorisé ce face à face. Les délégués pales-
tinien Saëb Erakat et israélien Yitzhak Molcho
ont tenu une réunion plénière avec les représen-
tants du Quartette (Etats-Unis, Russie, Union
européenne et ONU), avant de se réunir bilaté-
ralement en présence du ministre jordanien.
C’est la première fois que l’envoyé spécial du
Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu
et le négociateur palestinien se revoient publi-
quement depuis septembre 2010.
La Jordanie, signataire d’un traité de paix
avec Israël en 1994, a tenu à ce que cette réunion
ait lieu à Amman, loin de la clandestinité qu’elle
adopte généralement lors de rencontres avec les
Israéliens. Les deux parties ont néanmoins
campé sur leurs positions. « L’exigence palesti-
nienne est connue: que les Israéliens acceptent
des références précises pour le processus de paix
et arrêtent la colonisation, auquel cas nous som-
mes prêts à reprendre les négociations », a
déclaré mardi le président palestinien Mahmoud
Abbas. Cette réunion a pour but de « faire avan-
cer le processus de paix et rapprocher les points
de vue », a-t-il déclaré, espérant « des résultats
aujourd’hui ou dans les deux prochains jours
pour préparer un terrain favorable à la reprise
des négociations ». « Il s’agit d’un développe-
ment positif.
C’est la première fois depuis longtemps que
les Palestiniens sont disposés à venir parler avec
nous directement sans conditions préalables »,
s’est félicité pour sa part le vice-Premier minis-
tre israélien Dan Méridor. Il a prévenu que cette
rencontre exploratoire ne constituait pas un
retour à la table des négociations, précisant
qu’Israël, qui refuse le gel de la colonisation et
les bases de discussions réclamées par les
Palestiniens, ne dévoilerait ses positions que
dans le cadre de discussions directes. Le
Quartette a fixé aux deux parties l’échéance du
26 janvier pour présenter leurs propositions
détaillées en vue d’un règlement de paix.
VIOLENCES AU SUD-SOUDAN
L’ONU lance un appel à l’aide d’urgence
21
Culture
JEUDI 5 JANVIER 2012
IN
LIVE
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I
Lire
P
rofitant de sa présence
avant son retour en
France, le ciné-club de
l’Association Chrysalide a eu l’in-
génieuse idée de programmer à la
filmothèque Mohamed Zinet,
mardi dernier, le tout nouveau
film, Normal de Merzak
Allouache, par qui le scandale
arriva au Festival d’Oran du film
arabe.
Comme l’on s’y attendait, la
salle était bondée. Merzak
Allouche avait l’apparence déten-
due. Sans doute estimait-il qu’il
n’était plus devant un tribunal de
la médiocrité. Public de
Chrysalide, réjouis-toi donc ! La
projection de son film, suivie d’un
débat modéré par le critique de
cinéma Samir Ardjoum, s’est
déroulée sous de bons auspices.
L’encensement du réalisateur en
était bien pour quelque chose,
non ? Pas une seule petite piqûre,
que de beaux sentiments à l’égard
du héros Allouache, père du
mythique Omar Gatlato.
Le débat en cette première
entrée fracassante de Chrysalide
était plutôt classique, dans le sens
du poil. Etait-ce l’effet de la
caméra de Beur TV planté là qui
fait ça ? En un mot le public a
aimé ! Les absents ont toujours
tort.
Ceux qui ont détesté sont par-
tis derechef, vraisemblablement à
la tombée du générique : on ne
connaîtra pas leur avis. Trop
«déroutés» parait-il. Merzak
Allouache a dans son allocution
d’ouverture commencé par racon-
ter la genèse de son film Normal.
Un projet de documentaire
« raté » débuté en 2009, au cours
du Panaf qui se transforme deux
ans après en un long métrage fic-
tion, monté grâce à une aide
financière offerte au Doha
Festival.
De cette première partie quali-
fiée de « cinéma de la liberté » par
Allouache, succédera une rallonge
pour coller à l’actualité. Et puis ce
débat déconstruit, très long, que le
réalisateur a dû couper au niveau
du montage. Et cette jonction
entre des comédiens de l’ancienne
et nouvelle génération.
Une confrontation des idées
que l’on retrouve dans le film et
qui constitue sa matrice. Sa
matière nodale, brute. « J’ai
réalisé mon film sans moyens », a
précisé Merzak Allouache, notant
son sentiment d’avoir l’impres-
sion que « c’est mon avant-pre-
mier film ».
Avec Normal, je me suis remis
en question car il était difficile
pour moi de saisir la ville d’Alger.
Alors, je l’ai fait parfois avec joie,
parfois avec révolte ou humour. Il
n’y a rien qui est tranché dans ce
film. Je ne suis pas un homme
politique mais un réalisateur.
J’essaye d’être opportuniste, dans
le sens de faire un travail sur le
présent », a confié l’auteur de
Chouchou.
Après ce film bien ancré dans
l’actualité brûlante du pays (les
marches pour la liberté et la
citoyenneté, Ndlr), Merzak
Allouache confiera revenir certai-
nement après à une comédie,
avouant que Normal relève plutôt
de « l’expérimental ».
Ce qui intéressait notre réali-
sateur, fera-t-il remarquer, est de
faire la passerelle entre sa généra-
tion de cinéaste
marquée de pro-
ductions ciné-
matographiques
étatiques, basé
sur l’autocen-
sure, et celle de
la nouvelle
génération qui,
contrairement
à ce qu’il atten-
dait, « ne s’est
pas vraiment
libéré » depuis
le multipar-
tisme. Et de se
demander :
« Pourquoi n’a-
vons-nous pas
ce droit ? Ce
n’est qu’un
film après
tout. Ce n’est
pas un film qui
fera une révo-
lution ».
Pour la
comédi enne
A d i l a
Bendimerad,
présente avec
le reste de
l’équipe artis-
tique, l’enga-
gement pour
des idées est certes présent mais
ne reflète pas forcément celui des
acteurs, ceci pour faire le distin-
guo entre personnages et comé-
diens qui portaient à bras-le-corps
ce discours décousu voulu dans le
film. « Ce n’était pas forcément
mes idées. Ça paraissait décousu :
c’est ça le travail du comédien »,
arguera-t-elle. Normal, passera-t-
il ou pas dans les salles algérien-
nes ?
Merzak Allouache est en se
cens confiant : «Oui, il passera
dans les salles. Pourquoi ne pas-
sera-t-il pas ? Omar Gatlato est
passé de façon militante à
l’époque grâce au travail
associatif. »
Et de renchérir : « Avec
Normal je croyais faire un film en
pensant que les jeunes sont plutôt
heureux, je constate qu’on est au
même point des choses. Le désar-
roi des jeunes est aujourd’hui
plus dur et s’exprime depuis par
de nouveaux canaux. Les débats
étaient intenses. Puis ce qui me
parvenait en France est ce silence.
Une espèce de fatalisme.
En réalité je n’avais pas envie
de faire un film sur la révolution
arabe mais sur le regard presque
jaloux des Algériens sur ce qui se
passait à côté. Si ce film peut cir-
culer et susciter débat c’est tant
mieux, après tout le cinéma ne
peut pas jouer vraiment son rôle
en l’absence de salles, les gens
vont le voir mais piraté », esti-
mera-t-il un peu cynique.
A propos de l’image peu relui-
sante d’Alger qui est montré dans
Normal, Merzak Alouache, qui est
parti filmer au cœur de la ville
sans artifice ni fioriture, a estimé
à juste titre que « l’image de
l’Algérie on ne peut pas la cacher.
On ne peut me reprocher de ne
pas donner une belle image. A-t-
on le droit de dire que la Casbah
est un favelas ? Je ne suis pas une
agence de voyage. On a cette
honte de nous regarder. Ce n’est
pas nouveau. On a toujours eu des
cinéphiles qui regardent un film
comme une action militante ou
bien pour le descendre. Mais ce
n’est pas grave», a révélé avec
sourire Merzak Allouache qui
confiera par ailleurs son senti-
ment de commettre parfois un
crime quand il débarque ici pour
faire un film, lui qui vit ailleurs.
Qualifiant Normal sans grande
importance ou presque, Merzak
Allouache avouera que ce dernier
« n’est pas un film courageux car
réalisé de façon épidermique.
C’est ça le cinéma de liberté. Il
faut se débarrasser de ce qui nous
mine depuis l’Indépendance, c’est-
à-dire l’autocensure. »
Abondant dans le même sens,
le comédien Ahmed Ben Aïssa
révélera qu’aujourd’hui on tourne
plus de films, certes mais on souf-
fre davantage. Ça a empiré sur le
plan de la liberté d’expression. »
La censure est en effet le
moteur qui a déclenché le film
Normal. Un film « coup de poing »
qui rejoint grandement la réalité
d’autant plus qu’on croit savoir
que le réalisateur vient de se faire
refuser une subvention par le
ministère de la Culture pour son
prochain film, sans se laisser abat-
tre pour autant.
« Le film, de toute façon, se
fera ici ou ailleurs», a-t-il conclu.
Esthétique de l’urgence ou poésie
urbaine des temps modernes,
Normal est à revoir !
O. H.
MERZAK ALLOUACHE À PROPOS DE SON FILM NORMAL
«UN CINÉMA DE LIBERTÉ»
«Ce n’est pas un film courageux mais fait de façon épidermique», a confié le père de Omar Gatlatou,
mardi au ciné-club de Chrysalide.
JOURNÉES DU CINÉMA
JORDANIEN
Du 12 au 14 janvier
à Alger
L’Algérie abrite du 12 au 14
janvier les Journées du cinéma
jordanien en collaboration avec
l’instance royale jordanienne des
films et l’Agence algérienne du
rayonnement culturel. Six
productions primées lors de
festivals et rencontres
cinématographiques
internationaux et qui se
caractérisent par leurs contenus
et styles, seront présentées lors
de ce rendez-vous culturel. Trois
longs métrages, à savoir Villes
transit de Mohamed Hachki,
Chraksa de Mahieddine Kandour
et Capitaine Abou Raid de Amine
Metalka prennent part à cette
manifestation en plus de trois
courts métrages Mawt moulakim
(mort d’un boxeur) de Naji Abou
Nouar et Kaâb aâli (haut talon)
de Fadi Hadad et Bahia et
Mahmoud de Zayd Abou
Hamdane. Les journées du
cinéma jordanien qui s’inscrivent
dans le cadre de l’échange et de
la coopération entre les deux
pays, visent à faire connaître au
public algérien la culture
jordanienne, selon le
département cinéma à l’Agence
algérienne du rayonnement
culturel. Une tournée est prévue
à travers le territoire national où
les films jordaniens seront
présentés en dehors d’Alger dans
le cadre de la promotion de la
culture universelle. L’instance
royale jordanienne du film avait
organisé durant l’été 2011 à
Amman des journées similaires
pour le cinéma algérien qui a pris
part avec trois films, L’envers du
miroir de Nadia Cherabi,
Mascarade de Lyes Salem et
Hors-la-loi de Rachid Bouchareb.
15
e
ÉDITION DES
JOURNÉES THÉÂTRALES
DE CARTHAGE
La Révolution en fête
La 15e édition des Journées
théâtrales de Carthage (JTC)
qui se tiendra, cette année sous
le signe « Le théâtre fête la
révolution » sortira pour la 1re
fois de la capitale Tunis pour
sillonner les autres villes du
pays. Cette nouveauté dans la
programmation de la
manifestation qui se déroulera
du 6 au 13 janvier, coïncide
avec la célébration du premier
anniversaire de la Révolution et
les thèmes inscrits tournent
autour du vécu des Tunisiens
avant et après le 14 janvier 2011
et la chute du régime Benali. Au
programme de la biennale une
liste variée de représentations
tunisiennes et étrangères,
notamment arabes avec la
participation de l’Algérie, la
Palestine, l’Egypte, le Maroc, la
Libye, l’Irak, la Jordanie, le
Liban et le Koweit. L’ouverture
officielle sera marquée par un
spectacle alliant danse,
chorégraphie, chant narratif
avec effets son et lumières pour
raconter à travers l’art, l’histoire
d’un peuple révolté. La pièce
mise en scène par Fadel Jaziri
retrace notamment l’épopée du
soulèvement populaire à Sidi
Bouzid, un des fiefs de la
contestation. En marge des
représentations théâtrales, les
organisateurs ont prévu une
conférence internationale sur le
thème « La révolution et la
situation actuelle de la Tunisie
et des pays arabes »
parallèlement et un atelier sur
« l’écriture théâtrale».
IO. HIND
L
a Maison de la culture Taous-Amrouche
de Béjaïa organise des portes ouvertes
sur l’Ismas (l’Institut supérieur des
métiers et arts du spectacle) de Bordj El Kiffan
à partir d’aujourd’hui, et ce pendant trois
jours : 5, 6 et 7 janvier de la nouvelle année en
cours en initiant en parallèle la première édi-
tion du court métrage sous l’intitulé « Le
monde en court ».
La Maison de la culture Taous-Amrouche
de Béjaïa récidive ainsi, dans son plan d’action
après le succès de la première édition des
Journées du théâtre scolaire (20-25 décembre
2011). Cette manifestation vise deux objectifs
principaux. Primo, il s’agira de sensibiliser
prioritairement le jeune public lycéen et estu-
diantin sur les types de formations artistiques
que dispense l’Ismas et qui pourraient éven-
tuellement servir de débouchés à leurs études.
Secundo, ces journées constitueront aussi un
espace de rencontre et d’échange entre des
étudiants de l’Ismas, invités à présenter leurs
films, et des cinéastes professionnels
venus pour les mêmes raisons.
Parmi les films de ces derniers,
fort connus d’ailleurs, l’on pourra
citer, Le Dernier passager, de Mounès
Khemmar, El-Djin, de Yasmine
Chouikh, Sektou, de Khaled
Benaïssa, Houria, de Mohamed
Yargui… et Parmi les films des étu-
diants de l’Ismas prévus pendant ces
journées, l’on pourra citer, Pause de
Yacine Mehsasse, Le Résilier de
Messaoud Mekki, Alger la blanche de
Moussa Noun, Black house de
Tarek…
Cette manifestation à laquelle
sont conviés tous les cinéphiles de la
wilaya de Bejaïa, sera relevée, par
ailleurs, par des projections-débats en
présence des réalisateurs en plus
d’une table-ronde sur le nécessaire passage du
court au long métrage. Une exposition sur le
cinéma est également prévue lors de ces jour-
nées.
MAISON DE LA CULTURE DE BÉJAÏA
Premières journées du court métrage
Cette manifestation à laquelle sont conviés tous les cinéphiles de la wilaya de Béjaïa, sera relevée,
par ailleurs, par des projections-débats en présence des réalisateurs.
Le réalisateur Mounès Khemmar
lors du tournage de son film
sur internet http://www.lexpressiondz.com
DERNIÈRE
HEURE
UN PROCUREUR ÉGYPTIEN
CHARGE MOUBARAK
Le procureur a estimé avoir
des preuves solides de
l’implication de Hosni Moubarak
dans le meurtre de
manifestants, lors d’une
audience du procès du
président égyptien déchu tout
en dénonçant le manque de
coopération des autorités avec
l’accusation. L’accusation a
confirmé que Moubarak, Adli
(ancien ministre de l’Intérieur) et
six hauts responsables de la
sécurité avaient aidé et incité à
tirer contre la foule qui
manifestait contre l’ancien
dictateur.
L’ANP INTERCEPTE UN CONVOI
D’ARMES AU SUD
Une importante cargaison
d’armes et de munitions a été
récupérée, mardi au niveau
des frontières algéro-nigé-
riennes, par des unités de
l’Armée nationale populaire
(ANP) relevant de la 4ème
Région militaire, a indiqué le
ministère de la Défense dans
un communiqué. Ces unités
de l’ANP, a-t-on précisé de
même source, ont intercepté
un convoi composé de quatre
véhicules tout-terrain
transportant des individus de
nationalités africaines qui
tentaient d’acheminer une
importante cargaison d’ar-
mes et de munitions.
L’intervention “dynamique”
et “efficace” de ces unités a
permis, selon ce communi-
qué, la neutralisation des
quatre véhicules composant
le convoi et la récupération
d’un important lot d’armes et
de munitions composé de 71
armes de guerre de type
PMAK, de 38 fusils
mitrailleurs, de 2 lance-
roquettes de type RPG-7, de 4
mitrailleuses 14,5 mm, de 5
fusils à lunettes ainsi que de
16 fusils mitrailleurs, de 8
PMAK et 1 RPG-7 calcinés. Le
communiqué de l’ANP qui n’a
déploré aucune perte parmi
les troupes engagées dans
cette opération, a également
annoncé la récupération d’un
important lot de munitions de
divers calibres.
BOUALEM LARROUM
CONFIRMÉ AU POSTE DE DTN
Le bureau fédéral de la
Fédération algérienne de foot-
ball (FAF) a confirmé Boualem
Larroum au poste de directeur
technique national (DTN), a
annoncé l’instance footbalis-
tique. «C’est le moment de bâtir
une DTN avec toutes ses struc-
tures et départements sur des
bases solides comme c’est le
cas dans tous les pays dévelop-
pés en football».
SÉISME DE 3,4 SUR L’ÉCHELLE
DE RICHTER À ORAN
Une secousse tellurique
de magnitude 3,4 sur l’échelle
de Richter a été enregistrée
hier à 12h09 (heure locale)
dans la wilaya d’Oran, a
annoncé le Centre de recher-
che en astronomie, astrophy-
sique et géophysique (Craag)
dans un communiqué.
L’épicentre de la secousse a
été localisé à 11 km au sud-
est d’Oran, a précisé la même
source.
L
’Algérie a son passeport bio-
métrique. Six exemplaires de
ce document électronique de
voyage ont été remis hier symboli-
quement à six citoyens. La remise
des passeports s’est déroulée au
siège du Centre national de produc-
tion du passeport biométrique sis à
Bab Ezzouar, Alger. Cette cérémo-
nie a été présidée par Daho Ould
Kablia, ministre de l’Intérieur et
des Collectivités locales. Etaient
présents à ce rendez-vous le Dgsn,
le général-major Abdelghani
Hamel, commandant de la
Gendarmerie nationale, le général-
major Ahmed Boustila, le directeur
général de la Protection civile
Mustapha Lahbiri, le wali d’Alger
Mohamed Kebir Addou, ainsi que
de hauts cadres de ce département.
Dans son intervention, le ministre
de l’Intérieur s’est réjoui du fait que
l’Algérie a réussi à produire ce
document par des compétences
nationales sans avoir recours aux
étrangers. « C’est une opération très
compliquée, mais bien réussie par
des ingénieurs, informaticiens et
techniciens algériens. C’est une opé-
ration menée à 100% par des
Algériens », a déclaré le ministre. Et
d’annoncer que 700 équipements
sont mis en place au niveau des daï-
ras pour mener cette opération. Le
ministre a annoncé également
qu’un autre centre de sécurité de
bases de données est installé au sud
du pays. Ce centre se veut, selon les
propos du ministre, comme un
moyen de sécuriser les données en
cas de défaillance du centre princi-
pal d’Alger. Côté procédures, un
réseau d’acheminement des fichiers
relie ce centre national aux diffé-
rentes daïras et wilayas pour le
transfert des dossiers. Quant aux
capacités de production du centre,
le secrétaire général du ministère,
Ouali Abdelkader, affirme qu’elles
sont de l’ordre de 6000/jour avec
possibilité d’atteindre 10 000 docu-
ments /jour avec le renforcement
des équipes.
Le même responsable
affirme que cette opération a
coûté une enveloppe de 3,5
milliards de dinars soit 1,5
milliard de dinars pour les
équipements et 2 milliards
pour la construction du centre.
Suite aux problèmes rencon-
trés par la communauté natio-
nale établie à l’étranger pour
se faire délivrer le fameux
extrait de naissance 12S, le
ministère de l’Intérieur et son
collègue des Affaires étrangè-
res ont mis en place un nou-
veau système pour faciliter la
délivrance de ce document.
Selon M. Ouali, trois proposi-
tions ont été retenues. Il s’agit
d’abord d’établir le 12S pour
les immigrés une fois en vacan-
ces en Algérie, d’accorder une
procuration, sur un formulaire
délivré par les services consu-
laires, pour un autre Algérien
afin de demander ce document
ou de formuler une demande
auprès du Consulat général
d’Algérie qui prendra en
charge la question en coordina-
tion avec le ministère des
Affaires étrangères et le minis-
tére de l’Intérieur. S’agissant
de la numérisation des regist-
res de l’état civil, M. Ould Kablia a
affirmé que 40%, sur 50 millions
d’actes, sont numérisés. Le princi-
pal objectif est que cette opération
arrive à son terme avant la fin de
l’année en cours.
T. F.
SIX DOCUMENTS ONT ÉTÉ REMIS SYMBOLIQUEMENT HIER
Le passeport biométrique algérien est né
LE COÛT de l’opération, entre équipements et construction du centre national,
est évalué à 3,5 milliards de dinars.
I TAHAR FATTANI
A
lors que l’Algérie tarde à installer officiel-
lement les célébrations du 50e anniver-
saire de l’Indépendance et à nommer un
responsable unique pour encadrer cette manifes-
tation qui est partagée entre l’Entv, le ministère
de la Culture et le ministère des Moudjahidine, le
président français Nicolas Sarkozy a nommé
dans la discrétion le 23 octobre dernier, Hubert
Colin de Verdière, ex -ambassadeur en Algérie,
comme le coordonnateur général de l’ensemble
des initiatives qui marqueront en 2012, le 50e
anniversaire de la fin de la Guerre d’Algérie. A
Alger, cette nomination a été perçue comme
étant un choix judicieux et un signe annoncia-
teur d’un apaisement des relations entre les deux
pays. M. de Verdière a été à deux reprises ambas-
sadeur de France en Algérie. De ce fait, il garde
ses réseaux et maîtrise parfaitement le dossier
Algérie. Le diplomate, qui a été installé au Quai
d’Orsay, aurait dans son équipe le patron de
France Télévisions, Rémy Pfimlin. Ce dernier
aurait même chargé Bertrand Mosca, actuel DG
de France 2, de rencontrer des hauts responsa-
bles dans l’audiovisuel et le cinéma algériens
pour tenter de faire une commémoration com-
mune.
L’information de la nomination du plus expé-
rimenté diplomate français a été en tout cas
confirmé par Marc Laffineur, le secrétaire d’État
français aux Anciens combattants au journal La
Croix, qui a même tendu la main au ministère
des Moudjahidine en disant : «Je suis bien évi-
demment favorable à un échange dépassionné
autour de la commémoration de la fin de la
Guerre d’Algérie, en relation avec les associa-
tions d’anciens combattants, de part et d’autre
de la Méditerranée.
Un plus grand rapprochement entre les deux
pays est souhaitable. La Guerre d’Algérie a été
un immense gâchis. Il faut admettre qu’il est
temps de tourner la page. Ce qui a été fait avec
l’Allemagne, en termes de réconciliation, doit
pouvoir être fait avec l’Algérie. » La nomination
d’Hubert Colin de Verdière intervient après la
création en 2010 de la Fondation pour la
mémoire de la Guerre d’Algérie, qui avait pour
mission « de faciliter l’accès du public aux archi-
ves, de favoriser les travaux scientifiques fran-
çais et internationaux et de transmettre la
mémoire d’une période souvent mal connue ».
La fondation dirigée par Hubert Falco avait
également à accomplir un important travail de
recueil de témoignages et soutiendra l’édition ou
la réédition d’ouvrages sur cette période histo-
rique. Cinq associations d’anciens combattants
de la Guerre d’Algérie réunies au sein de
l’E.P.H.M.G.A (Espace Parisien Histoire
Mémoire Guerre d’Algérie) préparent d’ores et
déjà des projets pour marquer cet anniversaire.
La première manifestation débutera le 24 janvier
à 14h au Forum des Halles par la projection de la
fresque cinématographique de Mohamed
Lakhdar Hamina « Chroniques des années de
braise » (Palme d’or au Festival de Cannes en
1975).
Pour ouvrir le programme, un dialogue entre
un historien français spécialiste de la Guerre
d’Algérie, Benjamin Stora, et un historien algé-
rien, Abdelmadjid Merdaci, s’interrogent ensem-
ble sur le rôle des images dans la transmission de
la mémoire et la construction des discours histo-
riques, de part et d’autre de la Méditerranée. Des
chercheurs français analyseront les images et les
représentations de la guerre, de ses pratiques et
ses protagonistes. Cécile Decugis et René
Vautier ont tourné les rares images des réfugiés
et des maquis de l’ALN ; Marceline Loridan est
partie l’été de l’indépendance filmer l’Algérie
année zéro ; plus tard, Gérard Mordillat,
Dominique Cabrera, Philippe Faucon ont exploré
leurs souvenirs d’enfance, de petit parisien, algé-
rien, rapatrié, ou ceux de leurs parents, pour
revenir, à travers fictions ou documentaires, sur
les lieux et les traces de ce passé sensible. Pour
conclure le programme, une table ronde enga-
gera une réflexion sur la mémoire, au temps de
l’écriture de l’Histoire avec la professeure Seloua
Luste Boulbina, l’écrivain Yasmina Khadra, le
réalisateur Malek Bensmaïl et ancien combat-
tant. La collection « Algérie » de l’Ecpad, qui
représente environ 120 000 clichés, sera égale-
ment présentée lors d’une exposition à Paris.
En 2012 on verra également un Forum des
Écrivains et des Historiens de Guerre d’Algérie.
Ils présenteront leurs derniers ouvrages et en
débattront avec le public, en particulier des
lycéens qui participent, dans leurs classes, à des
clubs d’Histoire. Ce rendez-vous se tiendra à la
Mairie du V
e
arrondissement (Panthéon).
Troisième projet prévu une grande exposition
consacrée aux vingt ans de la génération pari-
sienne qui a été impliquée dans la Guerre
d’Algérie. Cette exposition se tiendra en décem-
bre 2012, à la salle des Cordeliers, près de
l’Odéon. Mais entre le 14 mars 2012 au 20 jan-
vier 2013, une exposition sur l’histoire et la vie
des pieds-noirs, un million de Français vivant en
Algérie, montée sur la base de deux recherches
en histoire et en ethnologie, présentera cette
population, depuis la colonisation de l’Algérie en
1830 jusqu’à aujourd’hui, en passant par la
période de la guerre (1954-1962) puis de l’exode
et de l’installation en métropole. Confrontés à la
guerre, ils ont été contraints de quitter leur terre
pour rallier la métropole en 1962. L’exposition
s’intéresse plus spécifiquement aux pieds-noirs
d’Ile-de-France, de Provence-Alpes-Côte d’Azur,
les harkis et tous ceux qui ont été appelés parfois
les « Français d’Algérie ». A. M.
COMMÉMORATION DU 50
e
ANNIVERSAIRE DE LA FIN DE LA GUERRE D’ALGÉRIE
Sarkozy désigne Hubert Colin de Verdière
A ALGER, CETTE nomination a été perçue comme étant un choix judicieux et un signe annonciateur
d’un apaisement des relations.
I ADEL MEHDI
Ould Kablia présentant le nouveau passeport
P
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