Citoyenneté européenne : processus et problèmes - Approfondissement...

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Découverte des institutions Approfondissements

Citoyenneté européenne : processus et problèmes
mis à jour le 29.07.2010

1. La genèse de la citoyenneté européenne
La volonté de créer un lien direct entre les ressortissants des États membres et les institutions européennes est ancienne. Elle prend forme, pour la première fois, au sommet de Paris de 1974, lorsqu’un groupe de travail reçoit pour mission d’examiner la possibilité d’attribuer des droits spéciaux aux ressortissants de la Communauté économique européenne (CEE). Le vocabulaire reste neutre, mais les bases de la citoyenneté européenne sont posées. Il s’agit de mettre en œuvre la volonté des Pères fondateurs de bâtir " une union sans cesse plus étroite entre les peuples de l’Europe. " En dépit des pressions exercées par le Parlement européen en faveur de l’institution de la citoyenneté européenne, il faut attendre le Conseil européen de Fontainebleau des 25 et 26 juin 1984 pour voir les chefs d’État ou de gouvernement des États membres affirmer " qu’il est indispensable que la Communauté réponde à l’attente des peuples européens en adoptant les mesures propres à renforcer et à promouvoir son identité et son image auprès de ses citoyens et dans le monde. ". L’autre élément décisif est constitué par la conclusion des accords de Schengen (14 juin 1985). Ils préfigurent en effet l’abolition totale des frontières intérieures de l’UE en supprimant graduellement les contrôles aux frontières communes aux États signataires de l’accord. C’est dans ce contexte que le traité sur l’Union européenne, signé à Maastricht le 7 février 1992 a institué une citoyenneté de l’Union.

2. Les caractères de la citoyenneté européenne
L’obligation de ne pas empiéter sur les compétences des États membres relatives à l’attribution de la nationalité imposait de retenir une conception originale de la citoyenneté. La citoyenneté européenne est une citoyenneté de superposition. Son attribution est ainsi intimement liée à la possession de la nationalité de l’un des États membres de l’UE, sans rattachement de la citoyenneté européenne à une nationalité, elle-même, européenne. Dans ces conditions, " l’existence d’un rapport particulier de solidarité à l’égard de l’État ainsi que la réciprocité de droits et de devoirs " (CJCE, 17 décembre 1980, Commission/ Belgique, aff. 149/79, Rec. p. 3881) qui caractérisent le lien de nationalité, ne peuvent se nouer qu’entre le ressortissant européen et un État membre. Ce caractère complémentaire de la citoyenneté européenne n’est cependant pas rédhibitoire, car les citoyennetés fédérales se sont parfois forgées à partir des citoyennetés des États fédérés et de l’interdiction de discriminer. Les exemples de la Suisse et des États-Unis suggèrent que la citoyenneté européenne pourrait, à long terme, donner naissance à une nationalité européenne.

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La création de droits nouveaux La véritable nouveauté réside dans les volets politique et administratif de la citoyenneté européenne. Le constat est le même s’agissant du droit de pétition devant le Parlement européen.9 % à 12.. Ils ne peuvent cependant être élus à des fonctions exécutives (ex : maire ou adjoints) ou participer à la désignation des électeurs ou des membres d’une assemblée parlementaire (ex : Sénat en France). le traité de Maastricht ne faisait que rappeler un droit déjà garanti depuis 1957. seuls 13 % des citoyens migrants étaient inscrits sur les listes municipales. aux élections municipales françaises de 2001. n’apporte rien de nouveau. Cette innovation majeure du traité de Maastricht souffre cependant d’un manque d’effectivité qui conduit à en relativiser la portée. passant de 5. Cependant. 21 TFUE). 3. la mobilisation des résidents communautaires reste donc très faible. Ce droit de vote et d’éligibilité vaut également pour les élections au Parlement européen. certes encore embryonnaire. Celles-ci ne sont pas rassemblées dans un seul et même texte : les articles 20 à 24 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) mentionnent les droits attachés à la seule qualité de citoyen européen et la Charte des droits fondamentaux de décembre 2000 rassemble les droits politiques. il reconnaît à la Charte des droits fondamentaux une valeur juridique égale aux traités..vie-publique. S’agissant des élections au Parlement européen en 1999. La consolidation de l’acquis communautaire Dans certains domaines. 5. en conférant à tout citoyen de l’Union « le droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres » (actuel art. Néanmoins. l’institution de la citoyenneté européenne s’est faite à droit constant. Entre 1999 et les élections européennes de juin 2004. Dans le volet politique. Pour y remédier.. le traité de Lisbonne a donné plus de force à la citoyenneté européenne. Il officialise simplement une pratique qui apparaissait. économiques et sociaux des Européens. le taux d’abstention observé chez les citoyens européens migrants inscrits sur les listes complémentaires en France était de 53 %. D’autre part.5 %. il permet l’exercice d’une citoyenneté plus active avec l’instauration d’un droit d’initiative citoyenne. Cela est d’autant plus regrettable qu’une participation accrue de leur part renforcerait le Parlement européen en tant que lieu de représentation d’un peuple européen. le taux d’inscription des citoyens européens migrants sur ces mêmes listes complémentaires a augmenté. ce qui la rend contraignante pour les États membres. Malgré cette progression. En effet..Approfondissement. Les citoyens européens bénéficient d’un droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales dans l’État membre dans lequel ils résident (art. http://www. l’apport de la citoyenneté européenne est nécessairement mitigé dans la mesure où certains droits afférents à la qualité de citoyen européen ne font que consolider l’acquis communautaire. Le taux de participation de ces " électeurs migrants " est en effet très faible. tandis que d’autres ajoutent à l’État du droit.Citoyenneté européenne : processus et problèmes . jusque-là. Un contenu ambivalent mais qui gagne en cohésion Le contenu de la citoyenneté européenne peut paraître malaisé à déterminer compte tenu de « l’éparpillement » des dispositions définissant les droits des citoyens. davantage de publicité devrait être organisée autour de l’existence et des projets des groupes politiques européens.fr/decouverte-institutions/union-europeenne/a. opéré par l’article 24 TFUE. dans le règlement intérieur du Parlement européen. son rattachement à la citoyenneté européenne. 991 ressortissants communautaires avaient été candidats et seulement 204 conseillers municipaux non nationaux ont été élus. Ainsi. Lors des élections municipales de 2008. D’une part. le second apport du traité sur l’Union européenne de 1992 réside dans la protection garantie par les autorités diplomatiques et consulaires de chaque État membre à tout citoyen de l’Union qui se trouve sur le 2 sur 3 19/10/2010 13:02 . passant de 166 000 à près de 200 000. 4. 22 TFUE). le nombre de ces inscrits avait toutefois progressé.

conformément au traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (art.. http://www.. 23 TFUE) S’agissant du volet administratif. le droit de saisir le Médiateur n’est pas réservé aux seuls ressortissants de l’Union européenne. dans lequel son État d’origine n’est pas représenté (art. ne doit pas occulter le fait que la citoyenneté européenne demande à être appréhendée dans une perspective dynamique.vie-publique. nécessairement mitigé. territoire d’un pays tiers. plus largement.. le Médiateur détient une arme dissuasive à travers la publication de son rapport annuel d’activité. le non-membre de l’Union. elle pourrait constituer un facteur de mutation de l’Union européenne. Jusqu’à présent. Bien que dépourvu de pouvoir de sanction. elle fait figure de facteur d’inclusion car elle tend à rapprocher les citoyens européens des institutions de l’Union.2 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne paraît aller dans ce sens en disposant que la liberté de circulation et de séjour peut être accordée.Citoyenneté européenne : processus et problèmes . 1997) et. le citoyen européen dispose du droit de saisir le Médiateur européen.Tous droits réservés 3 sur 3 19/10/2010 13:02 . aux ressortissants de pays tiers résidant légalement sur le territoire d’un État membre. 24 TFUE).Approfondissement. Comme le droit de pétition. 79 TFUE).fr/decouverte-institutions/union-europeenne/a. On pourrait alors se demander si l’on doit continuer à prendre la nationalité comme critère d’attribution de la citoyenneté européenne ou si l’on ne doit pas lui préférer celui de la durée de résidence dans un État membre de l’UE. du droit d’écrire aux institutions européennes et d’obtenir une réponse dans la langue de son choix (innovation du traité d’Amsterdam. du droit à une bonne administration (art.vie-publique.. http://www. Ce bilan.fr/decouverte-institutions/union-europeenne/approfondissements/citoyenneteeuropeenne-processus-problemes. L’article 45.html Direction de l'information légale et administrative © 2010 . Elle est cependant également un facteur d’exclusion de l’Autre. Encore inachevée et trop disparate.