Affiche de l’exposition Véronique Sabard -Geneslay

© Musée de La Poste, Paris

VIES DE CHÂTEAUX
Exposition au Musée de La Poste (17 novembre 2003-24 avril 2004)
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LE CHÂTEAU OMNIPRÉSENT
Si l’on estime à environ 5000 le nombre de châteaux médiévaux disparus, il en existe à peu près autant encore visibles dans le paysage. On ne peut donc faire un pas dans nos campagnes françaises sans rencontrer une de ces hautes demeures qui témoigne, par son puissant appareil défensif, d’un passé troublé. Fiertés touristiques locales, les châteaux sont aujourd’hui, avec les édifices religieux, les monuments les plus présents dans la philatélie. De 1849 à aujourd’hui, une cinquantaine de timbres-poste a consacré ces éminences crénelées, symboles de puissance. Plus encore, le château du Moyen Age est très présent dans notre imaginaire. Il a nourri une littérature romantique créatrice de mythes tels ceux des souterrains secrets, du trésor caché, des oubliettes, des chambres de torture, des fantômes ou encore de l’huile bouillante jetée du haut des remparts sur les assaillants… Les auteurs de jeux virtuels se sont appropriés son mystère et ont en fait des nids à dragons. Plus sérieusement, le château a donné naissance à une science : la castellologie. Il n’est pas dit que la philatélie nous laissera, interdit, au pied des courtines. Avec l’exposition « Vies de châteaux », nous pousserons les portes des forteresses pour entrer dans ce Moyen Âge qui n’est ni sombre ni barbare. L’exposition « Vies de châteaux » est une invitation à la découverte de la vie quotidienne au Moyen Age, celle des puissants comme celle des humbles. Aussi est-ce à dessein que le pluriel apparaît dans le titre. Car le château connaît plusieurs vies.

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Château du Haut-Koenigsbourg (Bas-Rhin) Timbre-poste émis en 1999 Dessiné par Serge Hochain, mis en page par Charles Bridoux et gravé par Claude Jumelet © La Poste

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LE MOYEN AGE EN TIMBRES-POSTE
Le visiteur commencera son voyage dans le temps par une frise philatélique qui déroulera une histoire longue de mille ans, ponctuée par les timbres-poste représentant les rois (de Clovis à Louis XI), les personnages célèbres tels Jeanne d’Arc, Du Guesclin, Copernic, Villon, les édifices religieux et civils (cathédrale de Reims, pont Valentré à Cahors,…) ainsi que les œuvres d’art du Moyen Age dont la célèbre tapisserie de Bayeux ou celle de la dame à la Licorne. Passé la frise, le visiteur entrera de plain pied dans un chantier de château, mis en place par les « oeuvriers » du château de Guédelon.

Cathédrale de Rouen Timbre-poste émis en 1957 Dessiné par André Spitz et gravé par René Cottet © Spitz et La Poste

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CONSTRUIRE LE CHATEAU

C’est à partir du Xe siècle que les châteaux se multiplient en France. Les seigneurs les plus puissants et les plus riches font ériger des châteaux en pierre, les autres se contentent de terre et de bois, matériaux moins coûteux et plus faciles à trouver. Les châteaux de pierre, dont les chantiers s’étalent sur plusieurs années – à l’exception de Château-Gaillard qui fut érigé en l’espace d’une année, en 1196 - mobilisent carriers, tailleurs, maçons et charpentiers. Quels étaient les gestes et techniques employés dans l’art de bâtir ? On les retrouvera avec les ouvriers et artisans de Guédelon, ce château de la Puisaye actuellement en construction et dont l’équipe mettra en scène le chantier. Les outils des oeuvriers (prêtés par la Maison de l’Outil de Troyes) ont très peu changé depuis les temps médiévaux, témoignant ainsi d’une continuité technique. Témoins modélisés des châteaux du Moyen Age, des maquettes permettront d’appréhender les différents aspects de l’architecture militaire.

La construction d’un château au XXIe siècle : Guédelon Photo Guédelon © Guédelon

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ATTAQUER ET DÉFENDRE LE CHÂTEAU
Symbole de puissance, le château est l’enjeu de batailles. Les cavaliers lourds forment le noyau des armées, entourés de gens de pied, notamment les archers. Mais on oublie généralement les professionnels de la poliorcétique qui jouent un rôle croissant à partir du XIIIe siècle quand il s’agit de prendre une place forte. Les « maîtres des engins » manipulent des machines d’assaut, déjà en usage sous l’Antiquité mais améliorées, aussi diverses que les trébuchets, les mangonneaux, ou encore des tours mobiles comme les beffrois et les tonnelons. Tous les moyens sont bons pour faire céder l’assiégé : empoisonnement des puits, envoi à l’intérieur des murs de charognes infectées pour répandre la maladie. Il arrive aussi que les paysans se rebellent contre le seigneur qui cherche à imposer une nouvelle redevance. L’histoire du Moyen Age est émaillée de jacqueries.

Maquette de machine de guerre médiévale Conception Treboul’tout Photo Fischer © Treboul’tout

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RESTAURER LE CHÂTEAU
Passé le temps de la destruction vient le temps de la reconstruction ou de la restauration. Des châteaux privés, au hasard des fortunes de leurs propriétaires, ont pu être relevés de leurs ruines. D’autres ont été abandonnés et ne montrent plus, comme témoins de leur existence, que des pans de murs délabrés. Sous la houlette des services de conservation des Monuments historiques, des restaurations ont été entreprises notamment par Viollet-le-Duc. La cité de Carcassonne, dont la restauration a été commencée par Viollet-le-Duc, est de loin l’exemple le plus spectaculaire. Pierrefonds, dans l’Oise, est également une belle réussite de restauration. Financée pour la majeure partie sur la cassette personnelle de Napoléon III, la restauration dura presque trente années.

Carcassonne Timbre-poste émis en 2000 Dessiné et mis en page par Christian Broutin © La Poste

Eugène Viollet-le-Duc Timbre-poste émis en 1980 Dessiné et gravé par Marie-Noëlle Goffin © Goffin et La Poste

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LA VIE AU CHÂTEAU : UN CONFORT RUDIMENTAIRE
Au château, le seigneur passe une grande partie de son temps dans la grande salle. C’est là notamment qu’il rend la justice. Les murs sont couverts de tapisseries qui servent de décoration mais surtout qui isolent du froid. Au mur encore, on suspend des trophées de chasse, des écus, des lances, parfois un arbre généalogique. Le sol, généralement fait de petits carreaux de pavement, est jonché de fleurs odorantes pour chasser les odeurs fortes exhalées par les mets. Les fenêtres, encore petites, sont garnies de vitraux aux teintes vives. Il y a peu de mobilier dans cette grande salle : quelques coffres de chêne, des escabeaux, des bancs mobiles, des sièges pliants (l’exposition présentera notamment la réplique du fauteuil de Dagobert prêté par la Bibliothèque nationale et sauvé de la destruction à la Révolution par le maître de poste de Saint-Denis !). Les chambres sont un peu plus coquettes que la grande salle. Dans les grands châteaux, elles sont voûtées d’ogives. La cheminée est immense. Des troncs entiers y tiennent. Le flamme de l’âtre suffit à éclairer la pièce. Pour se déplacer, on utilise des chandeliers. Quel contraste avec la masure du paysan qui devra se contenter d’un âtre modeste ou d’un brasero ! Le lit est large. On y dort en position presque assise de peur d’être emporté nuitamment par la mort.

Bougeoirs Bronze, XV° siècle Musée du Prieuré - Ville d’Harfleur © Musée du Prieuré -Ville d’Harfleur

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SE NOURRIR AU CHÂTEAU
L’expression « dresser la table » vient de ce Moyen Age où, au moment des repas, on installait des panneaux sur des tréteaux, en guise de table. On approchait alors les bancs et on laissait vide l’un des côtés afin de faciliter le service et faire place aux jongleurs et chanteurs qui charmaient les invités. Le repas de midi était copieux. Les plats étaient apportés « couverts » d’une étoffe – d’où le nom de couvert qui désigne aujourd’hui assiettes, fourchettes et couteaux - afin de les conserver au chaud. On mangeait avec les doigts ou le couteau dans un plat partagé avec la voisine de table ou sur un tranchoir, cette tranche de pain rassis qui sert d’assiette. N’oublions pas que la fourchette est alors inconnue. On buvait, dans le même gobelet, un vin mélangé avec de l’eau. On s’essuyait les doigts sur la nappe jetée sur la table. Une table richement garnie est un signe de distinction sociale pour le maître des lieux. Aussi, au château, les repas sont-ils particulièrement copieux, ce qui allonge d’autant leur durée. Ce qui n’était pas consommé était distribué aux pauvres. À la table du seigneur, on consomme de préférence des viandes de venaison, produit de la chasse, mais aussi les produits de boucherie et de basse-cour. Le cygne ou le paon rôti est un mets de choix. Volatiles et fruits sont particulièrement appréciés des élites car ces nourritures sont « élevées », au sens spirituel du terme. En effet, dans la hiérarchie des aliments à consommer, les oiseaux sont proches de Dieu ainsi que les fruits poussant en hauteur sur les arbres. Aussi ont-ils la faveur des gens de bonne condition. Les plantes reliées directement à la terre tels que carottes, raves, ail, oignon, poireau sont méprisés. Les légumes sont donc bons… pour les paysans. Dans le même ordre d’idées, les plats sont assez fortement épicés car les épices viennent pour la plupart d’Orient, partie du monde réputée proche… du paradis terrestre ! On comprend mieux pourquoi on en faisait un usage fréquent. A l’extérieur du château et pour la majorité du peuple, le pain constitue l’essentiel de l’alimentation. Dans les périodes de disette, les plus pauvres cueillaient des orties. Mais les paysans du XVe siècle consommeront davantage de viande que leurs aÏeuls trois siècles plus tôt.

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Miséricorde de stalle Bois peint, fin XV° siècle Musée des Antiquités de la Seine-Maritime, Rouen

© Musée des Antiquités de la Seine-Maritime, Rouen

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TOILETTE ET SOINS DU CORPS
Au château, on prend un bain dans une cuve de bois remplie d’une eau aromatisée et parfumée. Ainsi, contrairement à l’idée d’un Moyen Age peu soucieux d’hygiène, on se lave davantage qu’à l’époque de Louis XIV. Les femmes prenaient leur bain en compagnie, à deux, trois ou quatre. La pudeur n’est pas de mise au Moyen Age. Il faudra attendre le XIX e siècle pour que l’on dérobe son corps nu à la vue d’autrui. Au commun des mortels qui vit en ville s’ouvrent les étuves publiques. Mais celles-ci sont davantage liées aux plaisirs, notamment celui de la prostitution. En effet, des tables apprêtées près des cuves associent plaisir du bain et gastronomie. Surtout, le bain mène souvent au lit. Le vêtement est long et flottant, masquant ainsi les lignes du corps mais à partir de la seconde moitié du XIV e siècle, il devient court et moulant. La fourrure (portée avec les poils au dedans) est appréciée et est accessible même aux plus démunis, à condition de se contenter de peaux de chevreau ou de mouton et de laisser aux riches les peaux de zibeline ou d’hermine. L’hygiène est de tous les instants. Plusieurs siècles avant les recommandations pasteuriennes, on prend soin de se laver les mains avant de passer à table. On repasse à la fontaine après le repas. Déjà, un souci de diététique avant la lettre se fait jour au Moyen Age, non pour conserver une belle apparence mais pour lutter contre la maladie. Bien se nourrir était la condition d’une bonne santé.

Homme écrivant Enluminure d’après original de la BNF Musée de La Poste, Paris © BNF et Musée de La Poste, Paris

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SE DISTRAIRE AU CHÂTEAU
Les plaisirs au Moyen Age ne manquent pas. La coutume veut que le châtelain ouvre sa porte aux ménestrels de passage. On les écoute aussi bien au moment du repas qu’après le repas. Les musiciens jouent du psaltérion, du luth, de l’organistrum, du tambourin et de la flûte. Les jeux de société, les échecs (importés d’Asie vers l’an mil) et les dés (héritage de l’Antiquité), sont également très appréciés. Le plaisir d’observer les animaux de la ménagerie est un plaisir plutôt rare car l’entretien des animaux exotiques coûte cher. Un peu d’escrime est un moyen de se maintenir en bonne condition physique et de former les damoiseaux au « métier » de chevalier. Le jeu de paume connaît un vif succès à la fin du Moyen Age. Les joueurs, munis de gants, envoient de lourdes boules de cuir.

Miniature sur la musique, XV° siècle Timbre-poste émis en 1979 Dessiné par Pierrette Lambert et gravé par Claude Haley © Lambert et La Poste

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LA VIE À L’OMBRE DU CHÂTEAU
La société médiévale est à 90% paysanne. Aussi l’exposition réservera-t-elle une large place à ceux qui vivent dans le giron du château, ceux que l’on appelle les vilains (du latin vilanus, celui qui habite le village groupé autour du château). Car le château est au cœur du système d’exploitation des hommes dans le cadre de la seigneurie foncière. Propriétaire du sol, le seigneur est un rentier qui fait travailler les paysans sur son domaine. Si le seigneur leur doit justice et protection, les vilains, en contrepartie, lui doivent des prestations en nature et en deniers. Au XIIe siècle encore, les vilains devaient des corvées au seigneur, en général des journées de travail sur son domaine (jusqu’à trois jours par semaine), mais ces services se réduisent peu à peu (dix jours par an), voire disparaissent. En revanche, les cens et redevances en argent, qui correspondent au loyer de la terre, sont exigées de façon immuable. D’autre part, le paysan est tenu de faire moudre son grain au moulin du seigneur, à cuire son pain au four du seigneur et porter le fruit de sa vigne au pressoir du seigneur. Le paysan a donc besoin du château comme le château a besoin du paysan.

Faucilles et griffes, XIII°-XIV° siècle Musée de Normandie - Ville de Caen © Musée de Normandie de Caen

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LES TRAVAUX ET LES JOURS : LA VIE AGRICOLE
Les livres enluminés et les livres d’heures, dont celui très connu des Très riches heures du duc de Berry, montrent les scènes de la vie paysanne rythmée par les saisons. Janvier et février sont des mois creux. En mars, on commence à tailler la vigne. Juin est le temps de la fenaison (récolte des foins), juillet celui de la moisson (récolte des blés). En août, on bat le grain au fléau. La cueillette des fruits intervient en septembre et parfois, on commence les vendanges qui se font plus généralement en octobre, mois durant lequel le paysan sème son blé pour la récolte suivante. En novembre, il emmène ses porcs à la glandée dans la forêt voisine afin que ceux-ci soient bien gras pour les fêtes de Nöel. En décembre, on tue le porc. La production agricole augmente notamment grâce à la mise en culture de nouveaux terroirs et à l’amélioration des techniques agricoles. Moulins à eau et mouli ns à vent se multiplient. La charrue, avec son soc dissymétrique et son versoir, l’emporte sur l’araire. L’adoption de nouvelles techniques d’attelage améliorent également le tirage. Le fer, dont la fabrication est onéreuse, reste rare dans les outils agricoles, lesquels ont peu évolué depuis le temps des Gaulois. Quant au outils de bois, ceux-ci n’ont guère été conservés.

Enluminure des très riches heures du duc de Berry Timbre-poste émis en 1965 Dessiné et gravé par René Cottet, d’après les Frères Limbourg © Cottet et La Poste

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LA VIE DES ÉCHANGES
Les surplus de production en vin et en céréales sont commercialisés. Le seigneur tâche de faire respecter son droit de banvin, c’est-à-dire le droit de vendre en premier le produit de ses vignes pour profiter des meilleurs prix. Seigneurs et paysans se retrouvaient donc ensemble dans les foires dont les plus connues sont celles du Lendit (Saint-Denis) et les foires de Champagne (Troyes, Provins, Bar-sur-Aube, Lagny). Pour le développement de ces dernières, les comtes de Champagne améliorèrent les routes, accordaient leur protection aux commerçants et prélevaient au passage des droits sur la circulation des marchandises… On circule sur des pistes tracées parallèlement aux voies gallo-romaines devenues des fondrières, le plus souvent à pied et quelquefois sur des chariots pour les commerçants. Il faut dire que les transports publics n’existent pas encore au Moyen Age et qu’il faudra attendre la fin du XVe siècle pour voir apparaître les postes aux chevaux. Encore ce moyen de transport était-il réservé à l’usage exclusif du souverain. Avant le XVe siècle et à partir du XIIIe siècle, les messagers de l’Université dominent le commerce épistolaire. Au sein des congrégations religieuses, l’information circule grâce à des porteurs de rotula, longs rouleaux de parchemin qui s’allongeaient au fur et à mesure des réponses recueillies et cousues entre elles, au gré des étapes du porteur. Certains rouleaux dépassaient la longueur de 15 mètres.

Rotula Fac-similé de la rotula de saint Vital Musée de La Poste © Musée de La Poste, Paris

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LA VIE RELIGIEUSE
Tout bon chrétien doit faire, au moins une fois dans sa vie, un pèlerinage. Aussi trouve-t-on, le seigneur aux côtés du paysan sur les routes de la foi. Les enseignes de pèlerinage, sorte de souvenirs qui témoignent du voyage, fabriquées par des ateliers, notamment celui de l’abbaye Saint-Michel, nous rappellent que le sentiment religieux était la chose la mieux partagée au Moyen Age. Le seigneur est encore lié à l’abbaye voisine. Il n’est pas rare qu’au monastère on compte quelques membres de la famille voire un abbé. C’est là que les moines se livrent au travail de copie des manuscrits anciens et qu’ils ornent d’enluminures et de lettrines les austères textes latins.

Tête de pèlerin Pierre, début du XV° siècle Musée de l’Ancien Evêché, Evreux ©Musée de l’Ancien Evêché, Evreux

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LOISIRS NOBLES
Un seigneur digne de ce titre ne peut se passer d’assister aux tournois ou d’y participer. Le tournoi, qui apparaît dans la France de l’ouest au milieu du XIe siècle, met face à face deux groupes de combattants. Le but est de capturer l’adversaire et de le déposséder de ses armes et de son cheval. Au cours du XIIIe siècle, le tournoi évolue vers la joute, spectacle qui oppose deux chevaliers. Tournois et joutes restent des plaisirs exceptionnels. La chasse, en revanche, est une activité presque quotidienne. Les forêts regorgeaient de sangliers, de cerfs, de loups, animaux prédateurs des récoltes et, pour les loups, en cas de disette seulement, amateurs de chair humaine. Aussi le seigneur ne voyait-il pas dans la chasse seulement un passe-temps mais l’accomplissement d’une mission, celle de protéger les hommes de toute menace. Encore fallait-il tuer la bête noblement, à l’épée ou l’épieu, sans descendre de cheval. La chasse au faucon, plaisir aristocratique pratiqué par les hommes comme par les femmes est aussi très apprécié. Mais celui-ci exige préalablement un long dressage.

Enluminure extraite du livre de la Chasse de Gaston Fébus Timbre-poste émis en 1991 Dessiné par Pierrette Lambert, mis en page par Jean-Paul Véret-Lemarinier © La Poste

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LES PIÈCES DE COLLECTION
Les fouilles archéologiques ont livré de nombreuses pièces de mobilier domestique essentiellement liées à a l cuisine (céramique vernissée, objets d’éclairage et de chauffage) et aux distractions (balle, jeux de dés et d’échecs, flûte en os, patin à glace en os, sifflets et guimbarde, billes). Les éléments en bois seront représentés par l’extraordinaire découverte du lac de Paladru dont le matériel archéologique remonte à l’an mil. Le mobilier de rangement est plutôt rare. Quelques coffres au décor modeste nous sont parvenus. Les textiles remontant au Moyen Age sont également peu courants. Les fouilles ont livré des poulaines (chaussures de cuir), des boucles de ceinturon et des peignes. En revanche, l’aspect des costumes du Moyen Age a pu être reconstitué grâce aux nombreux livres enluminés que conservent les bibliothèques. L’activité guerrière a laissé peu de t races matérielles autres qu’illustratives. Quelques armes et éléments d’armure nous sont parvenus du XVe siècle. La vie économique est représentée par de l’outillage rural utilisé pour l’agriculture ou pour la construction. Les pèlerins ont laissé des traces grâce aux enseignes retrouvées dans les ateliers de fabrication. Tête de pèlerin, vierge à l’enfant, rotula sont autant de témoins de la vie religieuse.

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LA PHILATÉLIE
Elle sera présente par la frise de timbres-poste qui ouvre l’exposition, une frise du temps qui court sur dix siècles, scandée par les personnages célèbres et les œuvres artistiques majeures. Un timbre à date spécial sera mis en service pour oblitérer les correspondances expédiées du Musée de La Poste pendant toute la durée de l’exposition.

Timbre à date illustré de l’exposition Dessin de Patrick Bleau © Musée de La Poste de Paris

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ANIMATIONS PEDAGOGIQUES
1- LE PARCOURS DECOUVERTE DE L’EXPOSITION (groupes ou individuels) Le parcours découverte de l’exposition est conçu sur le mode d’un questionnaire. A l’aide de son livret illustré, l’enfant, en formulant ses réponses, découvre d’une façon ludique la vie quotidienne au Moyen Age Pour les groupes, le parcours découverte est précédé d’une visite. Pour les individuels, l’accompagnement par un adulte est conseillé. TARIF GROUPE : 59 € TARIF INDIVIDUEL : livret 1€ + droit d’entrée à l’exposition (entrée gratuite pour les moins de 12 ans) 2- L’ATELIER : ENLUMINURE SUR ROTULA (durée 1h30) Cet atelier proposé aux groupes scolaires (25 personnes) est une sensibilisation à l’enluminure en ayant comme support la rotula, ce rouleau, ancêtre de notre lettre, fait de pièces de parchemin cousues entre elles portant un message. Chaque enfant réalise un élément qui une fois assemblé aux autres participe à l’élaboration de la rotula du groupe. Tarif groupe : 59 €

Réservations au 01 42 79 24 24

PROGRAMME DES ANIMATIONS CULTURELLES
1- LECTURES
La Compagnie Jacques Fontaine propose trois programmes de lectures en rapport avec le thème de l’exposition et tirées d’œuvres essentielles de la littérature médiévale. Les textes seront lus par Renaud de Manoël et Véronique Affholder, accompagnés d’un musicien (instrumentiste ou chanteur).

3 aspects de la vie quotidienne rêvée au Moyen Âge :
1- D E CHATEAU EN CHATEAU :

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Les chevaliers errants en quête d’aventure … Le conte du Graal ou Le Roman de Perceval de Chrestien de Troyes (vers 1180) Perceval élevé par sa mère dans l’ignorance de la Chevalerie, rencontre un jour des chevaliers et en est ébloui… Commence alors une vie d’aventure qui le mènera d’abord à la cour du Roi Arthur et à la fameuse Table Ronde, au château de Blanchefleur où il découvrira l’amour, au château du Roi Pêcheur où il verra passer le Graal et la lance qui saigne… DATE : samedi 6 décembre 2003 HORAIRE : 14h TARIF : 4,5 € + droit d’entrée à l’exposition (entrée gratuite pour les moins de 12 ans) 2- A L’OMBRE DU CHATEAU : ème La vie quotidienne de bourgeois de Paris ou manuel de savoir vivre à la fin du 14 siècle Le Mesnagier de Paris (vers 1393) Vers 1393, un bourgeois de Paris, riche et vieillissant, écrit pour sa très jeune épouse un ouvrage qui mêle l’instruction religieuse et morale, des conseils d’économie ménagère et, ce qui a fait sa gloire des recettes de cuisine très nombreuses et détaillées : c’est Le Mesnagier de Paris. On mesure l’intérêt d’une telle œuvre pour la connaissance des mentalités, de la sensibilité, de la vie quotidienne à la fin du Moyen Âge. Un texte essentiel et passionnant, susceptible d’intéresser les amateurs d’histoire et de gastronomie ! DATE : samedi 7 février 2003 HORAIRE : 14h TARIF : 4,5 € + droit d’entrée à l’exposition (entrée gratuite pour les moins de 12 ans) 3- POESIE AU CHATEAU : Troubadours et trouvères, chansons de femmes et grands poètes de la fin du Moyen Âge : Marie de France, Guillaume de Machaut, Rutebeuf, Charles d’Orléans, François Villon, Christine de Pisan… Accompagnement musical : chanteuse, pour notamment les œuvres de Guillaume de Machaut (plus connu aujourd’hui pour sa musique que pour ses poèmes) et les chansons de femmes (reverdies, pastourelles, chansons de malmariée, rondeaux…) Date : SAMEDI 3 AVRIL 2004 HORAIRE : 14h TARIF : 4,5 € + droit d’entrée à l’exposition (entrée gratuite pour les moins de 12 ans)

2- MOMENTS MUSICAUX « Pistoleta musicale »*
*Les troubadours chantent l’amour courtois et les jongleurs se font, à l’occasion, messagers. C’est le cas du troubadour Pistoleta dont le sobriquet signifie « petite lettre », au sens de billet doux, et qui faisait office de messager entre Arnaud de Mareuil et la comtesse de Burlatz quand il était jongleur.

Francisco OROZCO, musicien, chanteur, compositeur, érudit, en soliste restituera en une série de concerts, l’univers musical du Moyen Âge à travers un répertoire dont il nous fera partager la beauté, celle de l’Amour courtois des trouvères et troubadours : chansons de guerre chansons à boire ou chansons satiriques chansons à la vierge et chansons de femmes (Blanche de Castille, Comtesse de Die)

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danses des jongleurs et danses royales (premiers exemples écrits de musique instrumentale à partir d’un manuscrit français) chants mythologiques (les 12 travaux d’Hercule, l’histoire de Vénus…) - chants de légendes (le Roi Arthur et Tristan et Yseult….) Musique du Moyen Âge, musique de tous les temps , musique messagère, Pistoleta absolument !… DATES : samedi 29 novembre, mardi 23 décembre 2003 et samedi 6 mars 2004 HORAIRE : 14h TARIF : 4,5 € + droit d’entrée à l’exposition (entrée gratuite pour les moins de 12 ans)

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3-THEATRE 1- « La fête chez Robin des Bois »
En 1191, dans la forêt de Sherwood, Robin de Locksley, dit Robin des Bois, et ses amis accueillent Lady Marianne. Mais la fête sera troublée par l’arrivée du Shérif de Nottingham et de ses hommes d’armes… Que va-t -il se passer ? … Robin réussira-t -il à vaincre ses ennemis, gagner le cœur de Marianne, et faire la fête dans la joie ?… Vous le saurez en assistant au spectacle de la Compagnie du Message , émaillé de combats d’épées, de jeux, de magie, de jongleurs, et de récits dans la veine des farces du Moyen Âge. DATES : mercredi 17 décembre 2003 et mardi 24 février 2004(Mardi Gras) HORAIRE : 14h TARIF : 4,5 € + droit d’entrée à l’exposition (entrée gratuite pour les moins de 12 ans)

2- « Perceval Le Gallois »
Initiés aux règles de la chevalerie (suzerain, vassal …) par le magicien Merlin qui fait figure de guide, les spectateurs sont conviés, au sein même de l’exposition, à suivre au travers de petites scènes théâtrales, les aventures de ce chevalier et l’origine de son malheur au château du roi Pêcheur et sa conquête du Graal … à relire ensuite sans modération… DATE : mercredi 21 avril 2004 HORAIRE : 14h TARIF : 4,5 € + droit d’entrée à l’exposition (entrée gratuite pour les moins de 12 ans)

MUSEE DE LA POSTE

Créé en 1946, installé depuis 1973 au cœur du quartier de Montparnasse, le Musée de la Poste est à la fois un musée d’histoire et des techniques, et l’un des plus importants musées d’entreprise de France. Ses quinze salles racontent l’histoire de la Poste à travers ses métiers : du maître de Poste au facteur d’aujourd’hui en passant par le graveur de timbres poste. La diversité des pièces de collection qui y sont représentées, témoigne de la place essentielle que la Poste a toujours tenue dans la vie des Français. Le Musée de La Poste conserve le patrimoine historique et philatélique de l’Etat et de la Poste, constitué par des pièces de collections aussi diverses que des timbres-poste, du matériel d’exploitation, des archives, des objets d’art populaire.

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1. PREMIER MUSEE FRANÇAIS D’ENTREPRISE Lieu de la culture postale, hommage à tous les postiers. 2. MUSEE DE LA COMMUNICATION Avec en fil conducteur l’histoire du courrier et des télécommunications, l’épopée des services postaux valorisant l’activité postale et des postiers à travers l’histoire des techniques et de la communication de notre pays. 3.MUSEE DE SOCIETE Livre d’image, miroir et album de famille de la société et d’histoire de France. Image de la nation à travers les timbres- poste. 4. MUSEE HISTORIQUE ET PATRIMONIAL Lieu chargé d’histoire point de ralliement des historiens et des chercheurs (bibliothèque, médiathèque, manuscrits rares). 5. MUSEE PHILATELIQUE Cabinet des trésors, coffre fort de l’Etat et de la philatélie, pièces rares, guichet philatélique. 6. MUSEE DES LOISIRS Cabinet de curiosités pour petits et grands, visite instructive pour la jeunesse. 7. MUSEE D’ART POPULAIRE Du jouet à l’œuvre d’art, jouets, affiches, mail art, designers, peintres contemporains.

MUSEE DE LA POSTE

34 Boulevard de Vaugirard 75731 PARIS CEDEX 15

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Tél. : 01 42 79 24 24 www.laposte.fr/musee E - mail : musee@web.laposte.fr Métro : Montparnasse-Bienvenüe (Sortie N°2) – Pasteur – Falguière Ouvert de 10 heures à 18 heures du lundi au samedi (fermé dimanche et jours fériés) Entrée : 4,50 € - Tarif réduit : 3 € - Gratuit pour les moins de 12 ans

L’équipe de l’exposition : Directrice du Musée de La Poste : Adjointe Chargée du Développement et de l’Action Culturelle : Commissaire d’Exposition : Commissaire adjoint : Scénographe - Graphiste : Gestion des images : Animations pédagogiques : Communication / Contact Presse : Assistant communication : Sylvine VARGOZ Vonick MOREL Patrick MARCHAND Christian MONTET Patrick BLEAU Michel FISCHER Annonciade MICOLLIER Martine MOREL - Tél. : 01 42 79 23 33 Simon CHAUVIN

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