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Intitulé de la cause : D.Y.T. (Re) [2003] D.S.P.R. no 433 [2003] R.P.D.D. No.

433 No MA3-00816 Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada - Section de la protection des réfugiés Montréal (Québec) Tribunal : Gilles Éthier Huis clos Entendu : le 1 octobre 2003. Décision : le 29 octobre 2003. (33 paras) Israël — Favorable — Religion — Pratique religieuse — Infractions commises à l'étranger — Infractions criminelles — Prisonniers — Retard — Clauses d'exclusion - AL 1F B) — Crainte bien fondée de persécution — Homme. Comparutions : Julius Grey, pour le(s) demandeur(s). [Dépôt de documents], Agent chargé de la revendication.

MOTIFS DE LA DÉCISION 1 L'original des présents motifs est en français.

2 Le demandeur d'asile, le grand rabbin ultra-orthodoxe, Erez Shlomo ELBARNES, est citoyen d'Israël. Il allègue un risque fondé de persécution dans son pays de la part des autorités et des éléments sionistes extrémistes, en raison de ses opinions politiques anti-sionistes ancrées dans ses convictions religieuses. LES FAITS : 3 La preuve est constituée de nombreux documents, de témoignages écrits et de la version

donnée par huit témoins, dont le demandeur, au cours d'une audience qui a duré deux jours. 4 Cette preuve révèle que le demandeur croit et enseigne que l'existence de l'État d'Israël est une injure aux préceptes de la Tohra, que cet État doit disparaître parce qu'il n'aurait pas dû être constitué avant la venue du Messie, que la domination des Arabes sur ces terres doit être acceptée par les Juifs et que ceux-ci doivent quitter Israël pour ne pas périr. 5 À cet égard, le demandeur, depuis de nombreuses années, a développé une pensée et un discours articulés facilement accessibles par la population juive en général. Il est aujourd'hui le leader d'une communauté de plusieurs milliers d'adeptes, soutenue par un grand nombre de sympathisants un peu partout dans le monde. 6 Au cours des années 80, le demandeur a donné de nombreuses conférences à travers Israël. Il a été la cible des moqueries de la presse et des politiciens du pays. Il a été souvent assailli physiquement par des Juifs en colère. La police a toujours refusé de le protéger et lui a de nombreuses fois dit qu'il était lui-même responsable de ses malheurs, qu'il était "fou et pire que les Arabes" et que "les gens avaient donc le droit de réagir ainsi violemment à ses propos". 7 Son épouse a été attaquée en plein jour, insultée et humiliée à nombreuses reprises. Son fils aîné, qui a témoigné avec émotion, a été battu par des adultes et attaché à un arbre pendant des heures alors qu'il avait sept ou huit ans, à cause des idées propagées par son père. Le demandeur, sa famille et ses fidèles ont souvent reçu des menaces de mort. 8 La communauté dirigée par le demandeur a été infiltrée par des agents de renseignement gouvernementaux. Un de ces agents, aujourd'hui fidèle adjoint du demandeur, a témoigné qu'il avait ainsi espionné le rabbin dans le but de le piéger éventuellement. C'est lui qui l'aurait avisé qu'il serait préférable qu'il quitte Israël avant d'être pris avec de fausses accusations criminelles visant à le discréditer aux yeux de l'opinion publique du pays. 9 Le demandeur est finalement allé s'installer aux États-Unis avec sa famille et de nombreux fidèles, à l'automne 1990. Sa mère, venue expressément d'Israël pour témoigner, déclare que les médias de son pays ont alors largement couvert son départ en indiquant qu'il avait fui par peur de la guerre en Iraq, ajoutant que le maire de Jérusalem avait déclaré que tous ceux qui fuyaient alors Israël étaient des traîtres. 10 Quelques années plus tard, le demandeur a été accusé aux États-Unis de l'enlèvement d'un jeune mineur qu'il avait voulu cacher au sein de sa communauté pour le protéger des abus d'un beau-père violent. Il a été reconnu coupable par un jury et condamné à une peine de six ans. La Cour suprême de l'État de New York, reconnaissant que le demandeur n'avait pas agi avec malice, a réduit sa sentence à deux ans de prison. 11 La preuve indique que des membres influents de la communauté juive sioniste de Brooklyn ont fait des pressions sur le "district attorney" pour s'assurer que le rabbin serait condamné et qu'il recevrait une sentence très sévère. Selon le demandeur, le Ministre des Affaires étrangères d'Israël aurait lui-même logé un appel privé au "district attorney". Une personne représentant le consulat d'Israël à New York aurait assisté à toutes les séances du procès et aurait fait régulièrement des remarques incendiaires aux médias dans le but de discréditer davantage le demandeur. Les médias d'Israël auraient accordé une importance considérable à la couverture du procès en question. 12 Après avoir purgé sa peine, le demandeur a perdu son droit de résidence, a été expulsé des États-Unis et refoulé en Israël, en mai 2000. À son arrivée là-bas, il a été informé par deux agents du gouvernement qu'il était sur une liste d'ennemis potentiels de l'État, qu'il devait tirer une leçon de ce qui lui était arrivé aux États-Unis, qu'il devait maintenant se taire et cesser de propager ses idées

dangereuses pour la sécurité du pays s'il ne voulait pas finir ses jours en prison. 13 Il a cependant continué à donner des conférences et à raviver sa communauté. Il a reçu d'autres menaces de mort. Averti par un parent travaillant au sein d'un ministère que quelque chose se préparait contre lui, le demandeur a quitté Israël, le 20 juin 2000. Il est venu rejoindre sa famille installée entre-temps dans la région de Montréal. Il a séjourné au Canada en vertu d'un visa de visiteur valide jusqu'en mars 2002. 14 Le demandeur est cependant retourné en Israël pour environ trois semaines, en décembre 2001, afin d'y faire la promotion d'un livre. Il y a encore reçu des menaces de mort, a été agressé et battu par un ambulancier qui l'a traité de traître. 15 Revenu au Canada, il a établi sa communauté dans les Laurentides, à Ste-Agathe. Sa demande de résidence a été bloquée lorsque les autorités canadiennes ont constaté qu'il avait fait de la prison aux États-Unis. Le demandeur a revendiqué l'asile le 27 janvier 2003. 16 En mars 2003, un journal télévisé national en Israël a présenté le demandeur comme un dangereux fomenteur de troubles. En utilisant un extrait du livre du demandeur cité hors contexte, la télévision d'État a soutenu, selon une copie vidéo présentée à l'audience, que le demandeur incitait au meurtre des civils israéliens. Le reportage fait état d'une plainte contre le demandeur par un membre du parlement pour incitation au meurtre. 17 Selon le témoignage du secrétaire du demandeur présent alors en Israël, après ce reportage, les services d'intelligence ont saisi les copies du livre du demandeur et tous les documents de la communauté. Le secrétaire a été arrêté, interrogé pendant trois semaines, puis libéré sous caution. Des policiers lui ont dit qu'ils attendaient son rabbin de pieds fermes et que son dossier était déjà tout monté. 18 La preuve comporte enfin une déclaration écrite et un enregistrement vidéo du jeune homme qui aurait été la cause des ennuis judiciaires du demandeur aux États-Unis. Cet homme est maintenant âgé de 24 ans; il n'est pas membre de la communauté du rabbin et il vit en Israël. Il affirme que le demandeur ne l'a pas enlevé, mais qu'il l'a aidé à échapper à un beau-père abusif; il se sent coupable des problèmes rencontrés et vécus par le demandeur à cause de lui. Il le remercie cependant de lui avoir enseigné la parole de Dieu. ANALYSE: 19 L'identité du demandeur a été établie de manière satisfaisante.

20 Les témoignages, de nombreuses lettres d'appui versées au dossier et plusieurs documents confirment le renom et la place occupée par le demandeur dans la mouvance juive ultra-orthodoxe anti-sioniste. 21 22 Tous les témoignages entendus m'ont paru sincères et pertinents. Le demandeur est jugé crédible.

23 Je ne tire aucune conclusion négative à l'égard de la crainte subjective du demandeur qui a attendu plus de deux ans après son arrivée au Canada avant de demander l'asile, étant donné que, pour toute la durée de ce séjour, il semble bien qu'il était au Canada de manière régulière et sans crainte d'être refoulé vers son pays de nationalité. 24 Il ne fait aucun doute que les idées relatées plus haut à propos d'Israël qui sont prônées par le

demandeur, bien qu'elles émanent des convictions religieuses de ce dernier, constituent des opinions politiques puisqu'elles sont relatives à l'existence même de l'État en question. 25 Parce que ces idées sont propagées par un grand rabbin, je n'ai aucune peine à croire qu'elles soient jugées dangereuses par les gens de pouvoir en Israël et par les Sionistes du monde entier, en raison de l'attrait qu'elles semblent avoir exercé sur une partie de la population juive en but à l'incertitude et à l'insécurité devant la situation actuelle et au désenchantement devant cette paix qui ne vient jamais. 26 J'estime qu'il est aussi raisonnable de conclure que ces idées véhiculées de manière soutenue et parfois intempestive par le demandeur, puissent être perçues comme une trahison et une injure grave par les personnes vivant en Israël qui ont eu le malheur de perdre un ou plusieurs êtres chers à cause de la violence au cours des pénibles dernières années. 27 Je n'ai pas à juger ici le bien-fondé, la justesse ou l'à propos des idées du demandeur. Mon rôle se limite à déterminer si ce dernier risque la persécution en Israël, en raison de ses opinions politiques ou religieuses. 28 Or, la preuve démontre de manière claire que le demandeur a été persécuté en raison de ses opinions. Le poids de cette même preuve permet aussi de conclure au bien-fondé de la crainte alléguée de persécution future, puisque l'État n'a pu et n'a pas voulu le protéger et qu'il a même plutôt contribué à le salir le plus possible aux yeux de son opinion publique. 29 À l'heure où toutes les tensions sont maintenant exacerbées en Israël, j'estime fonder de croire que le demandeur y serait rapidement persécuté advenant son retour là-bas. 30 Au niveau de l'inclusion, le demandeur remplit donc les conditions pour que lui soit reconnue la qualité de "réfugié au sens de la Convention"1. Doit-il cependant être exclu sous 1F(b)? 31 Il admet, en effet, dans son Formulaire de renseignements personnels (FRP) et au cours de son témoignage, avoir été condamné aux États-Unis, en novembre 1994, à une peine de prison allant de deux à six ans pour enlèvement d'un jeune mineur. Il a complètement purgé sa peine laquelle a été réduite à deux ans par la Cour suprême de l'État de New York. 32 Après mûres réflexions et analyse de l'ensemble des circonstances, en tenant compte du témoignage de la supposée victime d'enlèvement, des motivations altruistes du demandeur d'ailleurs reconnues par la Cour suprême de l'État de New York, et en retenant le fait que celui-ci a purgé l'entièreté de sa peine avant de venir au Canada, je conclus, suivant l'arrêt de la Cour d'appel fédérale dans Chan v. Canada (10 Imm. L. R. (3d), p.111) à ce même égard, que l'article 1F(b) n'est pas applicable au demandeur qui ne saurait être exclu du bénéfice de la Convention à ce titre. CONCLUSION: 33 Pour ces motifs, je détermine que le rabbin Erez Shlomo ELBARNES a qualité de réfugié et, en conséquence, j'accueille sa demande d'asile. "Gilles Éthier" Date : le 29 octobre 2003

qp/e/qladj 1 La Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, L.C. (2001), ch. 27, se lit en partie comme suit :  "96. A qualité de réfugié au sens de la Convention -- le réfugié -- la personne qui, craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social ou de ses opinions politiques :  a) soit se trouve hors de tout pays dont elle a la nationalité et ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de chacun de ces pays;  b) soit, si elle n'a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle, ne peut ni, du fait de cette crainte, ne veut y retourner."

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Case Name: D.Y.T. (Re) [2003] R.P.D.D. No. 433 [2003] D.S.P.R. no 433 No. MA3-00816 Immigration and Refugee Board of Canada Refugee Protection Division Montreal, Quebec Panel: Gilles Éthier In camera Heard: October 1, 2003. Decision: October 29, 2003. (33 paras.) Israel — Positive — Religion — Religious practice — Foreign offences — Criminal offences — Prisoners — Delay — Exclusion clauses — Art 1F(B) — Well-founded fear of persecution — Male. Appearances: Julius Grey, for the claimant(s). Filing of documents for the Refugee Claim Officer.

REASONS FOR DECISION 1 The original of these reasons is in French.

2 The refugee protection claimant, ultra-Orthodox chief rabbi Erez Shlomo ELBARNES, is a citizen of Israel. He alleges to have a well-founded fear of persecution in his country at the hands of the authorities and Zionist extremists by reason of his anti-Zionist political opinion, stemming from his religious convictions. ALLEGED FACTS: 3 The evidence is made up of a number of documents, written testimony and the testimony of eight witnesses, including the claimant, over the course of a two-day hearing. 4 This evidence revealed that the claimant believes and teaches that the existence of the State of Israel is an insult to the teachings of the Torah, that the State must cease to exist because it should not have become a nation before the coming of the Messiah, that Arab domination of the land must be accepted by Jews and that they must leave Israel or perish.

5 For many years, the claimant has been developing a philosophy and a well-structured ideas that are readily accessible to the general Jewish population. Today, he is the leader of a community of thousands of followers and supported by a large number of sympathizers from around the world. 6 In the eighties, the claimant gave a number of addresses throughout Israel. He was targeted and mocked by the press and politicians in the country. He was often physically attacked by angry Jews. The police refused to protect him and a number of times told him that he was responsible for his misfortunes, that he was, [TRANSLATION] "crazy and worse than the Arabs" and that, [TRANSLATION] "people therefore had a right to react violently to what he preached." 7 His wife was attacked in broad daylight, insulted and humiliated repeatedly. His oldest son, who gave an emotional testimony, was beaten by adults and tied to a tree for hours when he was seven or eight years old, owing to the ideas his father preached. The claimant, his family and his followers often received death threats. 8 The community led by the claimant was infiltrated by government intelligence agents. One of these agents, today the claimant's loyal assistant, testified that he had spied on the rabbi with a view to eventually entrapping him. It was he who informed the rabbi that it would be better if he left Israel before he was the subject of false criminal charges, aimed at discrediting him in the eyes of the Israeli public. 9 The claimant finally went to settle in the United States with his family and many followers in the fall of 1990. His mother, who came from Israel for the express purpose of testifying, said that the media in her country at that time had widely covered his departure and said that he had fled out of fear prompted by the war in Iraq, adding that the Mayor of Jerusalem had stated that anyone fleeing Israel at the time was a traitor. 10 A few years later, the claimant was charged in the United States with abducting a young minor whom he had wanted to hide within the community to protect him from the abuse of a violent stepfather. He was found guilty by a jury and sentenced to six years in prison. The Supreme Court of the State of New York, acknowledging that the claimant had not acted maliciously, reduced his sentence to two years in prison. 11 The evidence shows that some influential members of the Zionist community in Brooklyn put pressure on the district attorney to ensure that the rabbi was convicted and received a very harsh sentence. According to the claimant, the Israeli Foreign Minister himself made a private appeal to the district attorney. A person representing the Israeli consulate in New York attended all of the trial proceedings and regularly made incendiary remarks to the media in order to further discredit the claimant. The Israeli media gave considerable importance to the coverage of the trial. 12 After he served his sentence, the claimant lost his right of residency and was deported from the United States to Israel in May 2000. When he arrived there, he was informed by two government agents that he was on a list of potential enemies of the State, that he had to

learn a lesson from what had happened to him in the United States, and that he had better keep quiet and stop spreading ideas that endangered the country's security if he did not want to end up in prison. 13 He nevertheless continued to give talks and revive his community. He received other death threats. Informed by a relative working in a ministry that something was being plotted against him, the claimant left Israel on June 20, 2000. He came to rejoin his family, who had since settled in the Montreal area. He stayed in Canada on a visitor's visa that was valid until March 2002. 14 The claimant, however, returned to Israel for about three weeks in December 2001 to promote a book there. Again, he received death threats, and was attacked and beaten by an ambulance attendant who called him a traitor. 15 He came back to Canada and set up his community in the Laurentians, in St. Agathe. His application for residence was halted when Canadian authorities saw that he had been in prison in the United States. The claimant filed for refugee protection on January 27, 2003. 16 In March 2003, a national television news program in Israel presented the claimant as a dangerous agitator. Using an excerpt of the claimant's book taken out of context, the State television asserted, according to the video copy shown at the hearing, that the claimant was inciting the murder of Israeli civilians. The report referred to a complaint lodged against the claimant by a member of parliament for inciting murder. 17 According to the claimant's secretary, who was in Israel at the time, after the report, the intelligence services seized the copies of the claimant's book and all the community's documents. The secretary was arrested, interrogated for three weeks, and then released on bail. Police told him that they were ready for the rabbi, and that a case had already been built against him. 18 The evidence included a written statement by and a video recording of the young man who was the cause of the claimant's legal problems in the United States. The young man is now 24 years old. He was not a member of the rabbi's community, and he lives in Israel. He asserted that the claimant did not abduct him but that he did help him to escape an abusive stepfather. He felt guilty about the problems that the claimant had encountered and had to endure because of him. He thanked him for having taught him the word of God. ANALYSIS: 19 The claimant's identity was satisfactorily established.

20 The testimony, the quantity of letters in support of the case and a number of documents confirm the reputation and position of the claimant in the ultra-Orthodox, antiZionist Jewish movement.

21 22

All of the testimony that was heard seemed to be sincere and relevant to me. The claimant is judged credible.

23 I make no negative inference with respect to the claimant's subjective fear. Although he waited more than two years after his arrival in Canada before filing for refugee protection, for the duration of his stay, it appears that he was in Canada legally and did not fear being sent back to his country of nationality. 24 There is no doubt that the above-mentioned ideas about Israel, which the claimant advocates, even though they stem from his religious convictions, constitute political opinions because they relate to the very existence of the State at issue. 25 Because these ideas were being preached by a chief rabbi, I have no trouble believing that they were deemed to be dangerous by the people in power in Israel and by Zionists around the world, owing to their attractiveness to a portion of the Jewish population, faced with the uncertainty and insecurity of the current situation and their disillusionment with the failed peace process. 26 I think that it is reasonable to conclude that these ideas, which were continually preached by the claimant, at times inappropriately, could be perceived as treason and a serious insult by people living in Israel who had had the misfortune of losing one or a number of their loved ones owing to the violence in the last few years. 27 I do not have to judge at this time the merits, soundness or appropriateness of the claimant's ideas. My role is limited to determining whether he risks persecution in Israel by reason of his political or religious opinions. 28 The evidence clearly shows that the claimant was persecuted for his opinions. The weight of this evidence also allows us to conclude that the alleged fear of future persecution is well founded, as the State was unable to and did not want to protect him and even contributed to defaming him as much as possible in the eyes of the public. 29 At a time when tensions are exacerbated in Israel, I believe that the claimant would quickly be persecuted there, should he return. 30 With respect to inclusion, the claimant has therefore met the conditions to be recognized as a Convention refugee.1 However, should he be excluded under 1F(b)? 31 Indeed, he admits in his Personal Information Form (PIF) and in his testimony to having been sentenced to a two- to six-year prison term in November 1994 in the United States for abducting a young minor. He served his sentence, which was reduced to 2 years by the Supreme Court of the State of New York in its entirety.

32 After some careful thought and analysis of the overall circumstances, in the light of the testimony of the supposed abduction victim and the altruistic motivation of the claimant that was also acknowledged by the Supreme Court of the State of New York, and bearing in mind that the claimant served his entire sentence before coming to Canada, I conclude, in accordance with the Federal Court of Appeal decision in Chan v. Canada (10 Imm. L. R. (3d), p.111) in this same issue, that subsection 1F(b) does not apply to the claimant, who should not be excluded from the benefit of the Convention for this reason. CONCLUSION: 33 For these reasons, I determine that rabbi Erez Shlomo ELBARNES is a Convention refugee, and consequently, I allow his claim for refugee protection. "Gilles Éthier" Date: October 29, 2003 qp/e/qladj 1 Section 96 of the Immigration and Refugee Protection Act, CS (2001), ch 27, reads as follows:
 96. A Convention refugee is a person who, by reason of a well-founded fear of

persecution for reasons of race, religion, nationality, membership in a particular social group or political opinion,
 (a) is outside each of their countries of nationality and is unable or, by

reason of that fear, unwilling to avail themself of the protection of each of those countries; or
 (b) not having a country of nationality, is outside the country of their

former habitual residence and is unable or, by reason of that fear, unwilling to return to that country.

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