ALLOCUTION DE NICOLAS DUPONT-AIGNAN AUX UNIVERSITES D’ETE DES JEUNES POPULAIRES AVORIAZ, SAMEDI 4 SEPTEMBRE 2004 Enfin

, je peux m’adresser à vous. Oui, nous avons choisi Cela me fait plaisir de pouvoir vous expliquer en quelques mots la raison d’être de ma candidature à la présidence de l’UMP. Avec Rachid KACI –secrétaire général de la Droite libre- et Elisabeth LAITHIER – adjointe au maire de Nancy – nous avons la conviction de vivre une période charnière à la fois pour l’UMP et pour la France. C’est pourquoi il est de notre devoir de vous dire les choses comme nous le pensons. Cette élection à la présidence de l’UMP est une belle occasion, à mi-quinquennat, de regarder la réalité en face, d’écouter les militants et à travers eux notre électorat, de confronter nos convictions. Ayons le courage, oui, de comprendre pourquoi après le formidable engouement des français en notre faveur, nos compatriotes se sont détournés de nous (ce n’est sûrement pas en raison des mérites de l’opposition). Pour reconquérir le cœur des français nous ne serons jamais assez nombreux. Chacun doit pouvoir participer à sa façon. Avec Rachid KACI et Elisabeth LAITHIER nous sommes candidats pour porter une certaine idée de l’UMP et surtout une certaine idée de la France. d’être candidats car nous voulons peser sur le destin de l’UMP et sur celui de notre pays. Les deux étant indissociables. Comment ? Commençons par l’UMP. Vous le savez tous, notre mouvement a traversé de sérieuses turbulences. La raison en est simple. Le contrat de mariage des différentes familles politiques qui ont décidés de s’unir n’a pas été respecté. Les militants, les adhérents, vous, ont été tout simplement oubliés derrière les jeux de pouvoir. Je ne reviendrai pas sur ces deux dernières années mais j’ai vraiment eu le sentiment de prêcher dans le désert quand on repoussait l’application des statuts, enlevant aux militants la possibilité de voter sur des sujets de fond. Le passé est derrière nous, avec Rachid KACI et Elisabeth LAITHIER nous répétons toujours la même chose : L’Union ne signifie pas la cacophonie et pour définir une ligne politique il faut faire voter les adhérents : entrée de la Turquie, Constitution européenne, 35 heures, désignation des candidats mêmes. Le temps est venu de faire confiance au vote de celles et de ceux qui sont l’âme d’un mouvement politique : les adhérents. Pourquoi ce qui marche au parti républicain, démocrate américain, travailliste, à la CDCCSU, au SPD ne fonctionnerait pas chez nous. A chaque crise, à chaque transition, on reparle démocratie. Allons nous donc ruiner le grand moment démocratique qui s’annonce pour novembre avec un seul candidat, aussi talentueux soit-il ? Nous avons besoin d’un chef, oui, mais n’avons-nous pas aussi besoin de débattre du mode de fonctionnement futur du parti, de sa ligne politique ? Allons-nous nous priver de tous ces débats. L’UMP est face à son destin, soit nous continuons à avoir peur de la diversité et nous passerons dès lors des bras d’un chef aux bras d’un autre chef. Alors nous nous rétrécirons et nous ferons le jeu de l’UDF et des extrémistes. Soit nous appliquons le projet qui avait présidé à la création de l’UMP et notre parti bouillonnera d’idées au service du gouvernement et de la France. La France parlons-en, c’est la seconde raison de notre candidature. C’est aussi, je le sais, la raison de votre présence ici. Car ici même, si vous aimez la fête pour vous avoir parfois croisé au cours de mes 70 déplacements dans mes fédérations, je sais que vous n’avez pas pour vocation à agiter des drapeaux, de sonner les cornes de brumes ou de porter des T-shirts où des prénoms de succèdent. A votre âge plus qu’à tout autre, on veut bouger le monde. On souhaite être acteur de son destin. Et bien nous aussi et je souffre profondément de voir mon pays, mes compatriotes, à avoir renoncé à être acteurs d’un destin collectif. L’espoir de 1995, puis 2002 était là mes amis. Notre rôle aujourd’hui est de démontrer aux français que cette espérance est toujours là. Avec Rachid et Elisabeth nous voulons être candidats pour réveiller nos adhérents, notre majorité, le gouvernement et les français sur les trois enjeux qui nous paraissent capitaux pour l’avenir de notre bien commun, la France.

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L’enjeu de la République : son unité est plus menacée qu’on ne le dit. La crise de l’identité française est profonde et il faut lutter contre les communautarismes et les féodalités (laïcité). Et je vous recommande l’ouvrage de Rachid KACI, La République des lâches qui nous le rappelle avec force. Osons dire que l’immigration impose une réponse plus forte pour contrôler les frontières, lutter contre le travail clandestin et aider les pays en développement. Nous pensons que la discrimination positive n’est pas une solution et qu’il est préférable de rétablir avec fermeté les principes républicains. Oui, c’est vrai, nous croyons en l’école publique, à la méritocratie, aux services publics, à l’aménagement du territoire. A condition bien sûr de moderniser ces concepts. Cela ne se fera pas dans le « flonflon » des bons sentiments du politiquement correct. Le deuxième enjeu est celui de la puissance. La mondialisation, loin de signifier la fin des Etats, les obligent tous au contraire à relever la tête. Certes, à perdre du poids, mais pour se muscler et à nouveau mettre en œuvre une stratégie de puissance économique, scientifique et culturelle. Le débat libéral/social n’a pas de sens. Le vrai débat est celui entre long terme et court terme. A 20 ans, on voit obligatoirement loin, qui mieux que vous peut comprendre qu’une Nation ne se gouverne qu’en voyant haut et loin. C’est bien là le message du général de Gaulle : les Français sont las des gestions à la petite semaine. Des jeunes veulent savoir si leurs aînés croient encore en la capacité de la France à vivre debout. Pourquoi faire tant d’études si les emplois qualifiés s’apprêtent maintenant à être délocalisés ? Pourquoi former des étudiants qui iront aux Etats-Unis grossir les centres de recherche ? A quoi sert la réforme des retraites si la démographie ne suit pas ? La France a-t-elle vocation à devenir un vaste parc touristique ou à être à la pointe de la science et de la technologie du XXIe siècle ? Il est grand temps d’apporter des réponses à ces questions cruciales. Soyons capables de mobiliser les Français autour de projets d’avenir qui leur redonnent un espoir : tels, la participation des salariés dans les entreprises, la suppression de l’impôt sur la fortune pour les contribuables qui alimentent des fonds de recherche, la TVA sociale, etc... Autant de propositions que nous vous invitons à découvrir dans notre texte « 10 défis pour une France libre » (www.deboutlarepublique.com). Car c’est bel et bien la Liberté de la France et donc celle des Français qui est en jeu aujourd’hui. C’est pourquoi, notre troisième conviction concerne l’Europe que nous voulons bâtir autrement. Ce n’est pas faire offense à nos partenaires que de refuser ce super-Etat bureaucratique tatillon qui veut vider les démocraties nationales de leur substance. De même que l’UMP s’enrichira de sa diversité, si on lui permet de s’exprimer, l’Europe sera forte des peuples, des nations qui acceptent de coopérer autour de projets concrets. A cet égard, le mélange de la Constitution et de l’entrée de la Turquie est explosif. Avec 100 millions d’habitants dans 20 ans, allons-nous laisser la Turquie dominer le futur conseil Européen où les décisions sont prises à la majorité qualifiée. Demain, il sera trop tard pour dire « je ne savais pas ». Oui, notre génération est capable de dire sans complexes « nous sommes Européens » et c’est pourquoi nous ne voulons pas de n’importe quelle Europe. Attelons nous à construire l’Europe dont nous rêvons dans laquelle vous voulez vous voir vivre, vous et vos enfants. Ne vous laissez pas déposséder de votre identité. Allons nous nous priver de tous ces débats dont nous avons tant besoin ? C’est pourquoi, pour conclure, je veux répondre à la question qui vous trotte dans la tête : est-ce bien le moment de se présenter face à Nicolas SARKOZY ? Mais oui ! Plus que jamais et pour trois raisons ! Tout d’abord, dans une même famille, on peut justement se permettre de dire les choses, surtout quand on sort d’une phase de silence excessive. D’ailleurs en est la preuve du climat de ces Universités d’été où enfin nous avons la parole. Ensuite parce que Nicolas SARKOZY est lui-même suffisamment tolérant et attaché à sa propre liberté de parole pour comprendre que nous le soyons aussi. J’image aisément les commentaires que ferait Nicolas s’il devait voter à une élection où il n’y qu’un seul candidat. Enfin, car il nous reste peu de temps pour corriger le tir avant 2007. Allons-nous présenter le visage d’un parti qui pour son élection à la présidence ne débat plus. J’ai confiance en votre soutien.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Président de Debout la République Député-Maire d’Yerres (Essonne)

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