Interview de NDA dans le Parisien A la veille de l’année cruciale, le candidat gaulliste et républicain fait le point sur son combat

présidentiel dans Le Parisien. Parrainages, Constitution européenne, modernité du gaullisme, exécution de Saddam Hussein,… Nicolas DUPONT-AIGNAN réaffirme la nécessité d’une candidature nationale et républicaine alors que s’ouvre l’année 2007 Le Parisien : Est-il difficile d’être, entre guillemets, un « petit » candidat à l’élection présidentielle ? NICOLAS DUPONT-AIGNAN - Oui, car le système politico-médiatique a décidé de zapper le premier tour de scrutin, en voulant faire croire qu’il n’y avait que deux candidats possibles. Les Français risquent ainsi d’être privés d’un vrai débat. C’est pourquoi je suis candidat pour offrir le choix en mettant sur la table des questions aussi essentielles que les délocalisations, le maintien de nos services publics, la réforme de notre Justice ou la nécessaire réorientation européenne. Vous pensez qu’on n’a pas tiré les leçons du 21 avril 2002 ? Le PS et l’UMP verrouillent la présidentielle croyant éviter ainsi la montée de le Pen. Or, lassés de ce duel artificiel de showbiz entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, les Français risquent au contraire de se tourner vers les extrêmes. C’est pourquoi, plus que jamais, notre vie politique a besoin d’une diversité minimum de candidatures, d’un renouveau des personnalités et d’idées neuves. Avez-vous vos 500 parrainages ? Les maires subissent des pressions. J’ai cependant dépassé les 350 promesses de signatures et je compte bien parvenir à rassembler 500 maires soucieux de la démocratie et qui veulent entendre une voix différente de celle de la pensée unique ou des extrêmes. Qu’est-ce que ça veut dire, en 2007, « gaulliste » ? Etre gaulliste en 2007, c’est croire en la France et penser que pour sortir notre pays de ses difficultés, les Français doivent à nouveau décider eux-mêmes des grands choix. Il n’y aura pas en effet de redressement possible sans un minimum d’indépendance nationale. Comment convaincre les plus jeunes de cette modernité du gaullisme ? Je suis réconforté de recevoir des témoignages de soutien de la part de jeunes qui ont bien compris que les gouvernements de droite comme de gauche font semblant d’agir car ils ont, dans les faits, abandonné leur pouvoir à des organismes technocratiques non élus (BCE ou OMC), ou aux grandes entreprises multinationales. Les jeunes sont ouverts au monde mais ils attendent aussi des hommes politiques qu’ils résolvent leurs problèmes en défendant les intérêts de leur pays. Par exemple, lutter contre les délocalisations et le chômage en mettant fin au scandale de l’euro cher, éviter les OGM en inventant une nouvelle politique agricole ou rénover nos services publics sans les sacrifier. Profitez-vous de l’abandon de Jean-Pierre Chevènement ? Depuis le retrait de Chevènement, je suis, hors les extrêmes, le seul candidat à me battre pour que soit respecté le vote des Français au référendum du 29 mai 2005 sur la Constitution

européenne. Ségolène Royal, de manière floue, et Nicolas Sarkozy, de manière très franche, n’ont qu’une idée en tête : faire revoter la Constitution européenne. Je crois au contraire que rien ne sera possible sans changer le logiciel européen. Le prochain président doit-il absolument avoir voté "non" ? L’important n’est pas qu’il ait voté "oui" ou "non" mais qu’il réconcilie le "oui" et le "non" en proposant de bâtir une autre Europe. On ne peut pas d’un côté se plaindre des délocalisations, du recul de notre recherche ou de l’immigration clandestine et de l’autre proposer, comme Nicolas Sarkozy, de faire voter par le Parlement sans aucun référendum une mini-constitution européenne qui amplifierait encore plus la perte de contrôle de la France sur les décisions européennes. Avec un tel discours, pouvez-vous encore rester à l’UMP ? L’UMP a rassemblé en 2002 des centristes, des libéraux et des gaullistes qui, notamment sur l’Europe, ont toujours eu des idées très différentes. Les courants d’idées et la démocratie qui devaient exister au sein de l’UMP ont été supprimés dès 2003. Nicolas Sarkozy a choisi d’imposer un projet que je qualifierais de droite américaine (libéral, atlantiste et européen). Il ne doit donc pas s’étonner de voir les gaullistes et les républicains prendre leur indépendance et vouloir proposer un autre projet. La question de l’appartenance à l’UMP est secondaire. Je n’irai pas le 14 janvier au Congrès de l’UMP car, pour moi, un candidat à l’élection présidentielle ne doit pas représenter un parti mais porter un projet de rassemblement pour son pays. Mais ce jour-là, serez-vous encore membre de l’UMP ? En 2007 ce sont les Français qui voteront, non les militants de l’UMP. Jacques Chirac va présenter ses vœux ce soir. Qu’attendez-vous de son discours ?. J’aimerais qu’il indique aux Français que rien ne sera possible sans l’effort de tous au profit de tous. C’est cela, l’esprit du gaullisme social. Doit-il annoncer sa décision de se représenter ou pas ? C’est à lui d’apprécier. Mais je crois que les Français veulent tourner la page sans pour autant accepter une rupture à l’anglo-saxonne qui serait contraire à leur âme nationale et républicaine. Que vous inspire l’exécution annoncée de Saddam Hussein ? Je n’ai jamais eu de sympathie pour ce dictateur mais cette exécution ne résoudra rien. Avec le recul, on s’aperçoit que, sur l’Irak, la France avait raison sur toute la ligne. La politique américaine n’aura réussi qu’à plonger le pays dans la guerre civile, et permis à l’Iran de renforcer sa domination sur le Moyen-Orient. Il faudra à la France, en 2007, un président qui ne s’aligne pas sur les Etats-Unis de George Bush et qui conserve une politique étrangère et de défense indépendante, donc gaulliste. Propos recueillis par Béatrice Houchard