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Fait par

:
Safae Kharbouchi

Encadré par :
Mr. …………

En ce sens.. culture et nature abordent deux notions contradictoires. il aurait été naturellement cultivé. cela veut dire qu’il existerait une forme innée. une sorte d’homme animal. et tout homme qui ne ferait apparaître aucune forme de culture ne serait considérée comme barbare. c'est-à-dire sa nature. naturelle de l’homme. La culture elle-même ne peut être la nature de l’homme. c'est-à-dire ce que l’on pourrait qualifié de nature de l’homme n’apparaît que dans son état civil. s’il était humain. cet être naturel passe alors nécessairement d’un état naturel à un état civil. Par ce raisonnement. l’être qui n’a pas de culture est un être qui n’est pas né avec. Certains chercheurs en déduisent que Victor n’est pas humain. » Ainsi. c’est par l’éducation que l’homme acquiert sa culture.La culture est-elle la nature de l’homme ? Est-ce par la culture que l’homme est ce qu’il est ? Cette question peut à première vue avoir une réponse évidente : ce qui nous distingue de l’animal. mais on ne peut nier son humanité parce qu’il peut acquérir cette culture. Pourtant un homme sans culture peut acquérir de la culture. l’homme sans culture. En ce sens. Il s’apparente plus à un animal qu’à un être humain. c’est ce qu’il ajoute à ce qu’il est en naissant. et de plus. Cette thèse est contestable car la culture n’est pas offerte à chaque homme dès la naissance. « sauvage » sans sa culture ne parait pas humain. A première vue. à le rendre humain. . Ainsi. il convient de se demander de quelle manière elle peut être la nature de l’homme. En devenant l’homme. par des soins attentifs. c’est affirmer que la culture est l’essence de l’homme. tout ce qui est considéré comme humain. or il ne l’est pas. l’exemple de Victor l’enfant sauvage en est la preuve. Admettre la culture comme nature de l’homme. On ne naît donc pas homme. Pourtant. sauvage voire animal. cette enfant de 6 ans retrouvé seul dans la nature n’a presque rien d’humain : il n’est doué d’aucun langage. parce qu’il fait l’acquisition d’un savoir. est donné à la naissance. et donnant à ses actions la moralité qui leur manquait auparavant. la nature de l’homme est donc ce qui dès sa naissance fait qu’il n’est autre chose que ce qu’il est. C’est cette opposition des deux états que Jean-Jacques Rousseau énonce dans le Contrat social : « Ce passage de l’état de nature à l’état civil produit dans l’homme un changement très remarquable. la culture serait innée. Un homme qui n’a pas de culture ne peut être un homme si la culture est considérée comme naturelle à l’homme. ce que l’homme obtient par le travail ? Ce qui s’acquiert ou qui est acquis peut-il être inné ? La culture n’est pas innée. Comment peut-on alors qualifier de nature humaine. c’est notre culture. on le devient. Pourtant. un chercheur est parvenu à sociabiliser l’enfant. on en déduit qu’il n’est pas humain. Ce qui est naturel. L’homme n’est pas cultivé de fait. par leur définition. en substituant dans sa conduite la justice à l’instinct. Si nous ne devenons homme que par l’apprentissage. est associable et ne semble pas avoir conscience de lui-même. La culture au contraire est quelque chose qui s’obtient par le travail de l’homme. elle ne se trouve pas en chaque homme dès sa naissance.

la possibilité que possède l’homme d’apprendre semble être son essence. ce sont des catastrophes naturelles (inondations. C’est cette capacité qu’il a de se perfectionner. des obstacles et des contraintes que lui offre la nature. Mais l’homme semble plus disposé que d’autres espèces à acquérir cette culture. ce qui facilite l'établissement de l'usage de la parole. La nature de l’homme semble alors être sa capacité de se distinguer de la nature. lorsque Rousseau évoque cet animal humain à l’état sauvage. Ainsi. l’homme doit s’adapter : il lui faut sans cesse et de manière constante répondre à ces difficultés en trouvant un moyen de les contourner. D’après Rousseau dans Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes. Les sciences modernes. Par notre expérience. nous devons reconnaître que l’homme sauvage tel que le décrit Rousseau n’existe pas dans la nature. C’est par ce principe que Rousseau explique le passage de l’état sauvage à l’état de nature. c'est-à-dire sa capacité à apprendre et à s’éduquer. il toutefois possible de supposer que la nature humaine est génétiquement programmé dans notre ADN. permettent de déterminer scientifiquement les caractéristiques de l’être humain par les informations contenues dans son programme génétique. On n’éduque pas un animal comme on éduque un enfant. l’animal sait réagir face à des situations qui peuvent le mettre en danger ou qui lui permettrait d’avoir de la nourriture ou avoir une récompense. « Le désir inné du bien-être et l'impossibilité de contenter pleinement ce désir lui font rechercher sans cesse de nouveaux moyens d'y contribuer. et en particulier la génétique. qui fait de lui l’être qu’il est et ainsi de se détacher de la nature. autrement dit sa capacité d’apprendre. C’est dans ce sens que le chercheur François Jacob émet l’hypothèse que ce qui différencie l’homme de l’animal (ce qui est donc la nature de l’homme). c'est-à-dire qu’il répond à des instincts. mais plutôt la capacité perfectionnement. tremblements de terre). sa capacité d’apprendre démontrée par les scientifiques qui se sont penchés sur son cas. d’acquérir de la culture. dans l’Emile). Ce qui apparaît être la nature de l’homme enfin. Ce n’est pas la culture elle-même qui semble innée chez l’homme. De même. face aux difficultés que lui impose la nature dans son état de nature. l’éducation paraît être ce qui distingue l’homme de l’animal. Lorsqu’il est dressé. Parce qu’il est naturellement perfectible. il ne fait pas un récit historique à la manière d’un paléontologue. Aussi. Il y aurait donc une explication génétique et scientifique à la perfectibilité de l’homme avancée par Rousseau. Mais si l’homme est biologiquement un animal. » (Jean-Jacques Rousseau. Ce qui est donc la nature de l’homme c’est cette capacité innée qu’il a de se déjouer des contraintes de la nature. est qu’il est génétiquement programmé pour apprendre. il est également génétiquement programmé pour apprendre sans limite. on le dresse. Si l’on se réfère à Victor l’enfant sauvage.. Si cette branche de la biologie est encore imparfaite. qui forcent les hommes à vivre ensemble. d’acquisition de la culture. . Cette éducation permet à l’homme d’acquérir de la culture et donc de se déjouer par cette acquisition. L’homme ne devient homme qu’en apprenant.La culture ne peut être la nature de l’homme. n’est donc pas la culture mais sa perfectibilité. des passions qu’il ne peut maîtriser. Ce qu’il apprend le forme et le rend tel qu’il est. et donc nécessairement de s’en éloigner. prouvent une qualité naturelle de l’homme : sa perfectibilité. mais il s’agit d’une reconstruction théorique du passage par l’homme de l’état de nature à l’homme civilisé.

l’homme donc ne s’éloigne pas de la nature. car ce n’est pas parce qu’il acquiert de la culture qu’il n’est plus un animal. L’homme le plus cultivé du monde ne peut s’empêcher de subir le lot de chaque animal. autrement dit qu’il développe des rapports sociaux avec autrui (que ce soient des rapports conflictuels ou pacifiques). Aussi. Nous ne pouvons pourtant faire de la nature humaine une chose distincte de la Nature. est-ce suffisant pour la considérer comme un être humain ? Là encore la réalité biologique nous pousse à contester cette considération. Ou bien même. la façon dont nous nous reproduisons ne peut nous classer autre part que parmi les animaux. il y persiste. L’homme malgré les impressions. en d’autres mots. Or d’après Rousseau. Dire que l’homme est un animal ne peut être contesté. si un évènement arrive. il la suit nécessairement. les rapports entre fourmis au sein même d’une fourmilière révèlent des caractères sociaux (comme la trophallaxie) qui font de la fourmilière une civilisation. c’est que tous les facteurs qui en sont à l’origine ne pouvaient que provoquer cet évènement. je reste soumis à des facteurs physiques et donc naturels qui me rattachent à ma position d’animal. une nature ne peut être que naturelle. En faisant de l’homme un être capable de s’affranchir de la nature. Notre mode de fonctionnement. l’homme n’est pas « un empire dans un empire ». Enfin. la fourmi semble douée de cette même « sociabilité » en se battant contre ses propres congénères d’une fourmilière voisine. cette nouvelle espèce que nous découvrons est douée de culture. De même. Car ce qui arrive arrive nécessairement . En apprenant et en se cultivant. Or. Aussi. développer un langage complexe et étudier le fonctionnement de la vie. Il a beau vouloir s’écarter de la nature par sa culture. . le fait d’être doué de culture éloigne-t-il l’homme de l’animal ? Non. notre composition. l’homme ne semble pas être le seul animal perfectible ou doué de culture. Je peux améliorer mes conditions de vie. En outre. nous présupposons donc que la nature est l’essence de l’homme. un être qui ne suit pas ses lois. c’est parce qu’il acquiert de la culture que l’homme naturel devient civilisé. ne peut échapper aux lois naturelles parce qu’il en aurait la volonté. Les fourmis par exemple. Supposons que nous fassions la découverte sur terre ou sur une autre planète d’une espèce jusqu’alors inconnue capable d’apprendre. Par définition. l’homme ne semble pas être l’unique être doué de culture. c’est leur homologie génétique qui leur permet entre autre d’assurer une descendance durable. Ce qui fait d’un être qu’il appartient à la même espèce qu’un autre. En considérant la culture comme la nature de l’homme. rien ne nous permet de nous distinguer de l’animal. ce n’est parce qu’un être est cultivé ou possède la faculté d’apprendre qu’il est humain. faire de l’homme un être à part. c’est de l’anthropocentrisme. le fait que l’homme acquiert de la culture ne peut être le fruit d’autre chose que la nature elle-même. Or d’après Spinoza dans le livre III de l’Ethique. La culture ne peut éloigner l’homme de l a nature. c'est -à-dire ce qui est commun à tout être humain. Ce qui est naturel arrive par la force des choses. de communiquer par un système de langage complexe et de se perfectionner en faisant face à des difficultés nouvelles . qu’elle fait de l’homme l’être qu’il est. On ne peut pas réduire tout être qui peut se perfectionner à la seule humanité. supposons que nous découvrions une autre espèce douée de culture.L’homme est un animal. nous faisons de l’homme un être à part de la nature. En ce sens. Or donc. il ne peut nécessairement que suivre la nature. perfectionnent leur technique de défense (ou d’attaque) selon l’ennemi contre lequel elles se battent. Au même titre que l’homme fait la guerre à ses congénères. c’est faire de l’homme un être qui vient perturber la nature et.

La culture. mais aussi parce que cela sous-entendre que tout être doué de culture serait humain. c’est sa capacité naturelle d’apprendre. . parce qu’il s’agit d’une acquisition que fait l’homme durant sa vie. La culture n’est donc pas la nature humaine. Cette capacité ne peut non plus l’éloigner de la nature. Mais ce qui lui est innée. Cette capacité pourrait s’apparenter à une possibilité de s’affranchir de la nature. L’homme ne peut se différencier des autres animaux par sa culture.On ne peut donc pas considérer la capacité que l’homme a de se perfectionner comme son essence. de se perfectionner lui-même et en conséquence d’acquérir de la culture. ne peut être sa nature. Il n’en est rien. car elle n’est pas innée. car non seulement il ne semble pas être le seul être doué de culture.