ociologie !

egards croisés 0cquis de première désaffiliation, disqualification, réseau7 sociau7 8otions : salariat, précarité, pauvreté

11 2 1ntégration, conflit, c/angement social 11 & 3uelles politiques pour l’emploi 4

2.1 - Quels liens sociau" dans les sociétés o# s$affirme le primat de l’individu ? 1 % 2 % Quelles politi&ues pour l’emploi ?

5ic/e 6& $e travail assure&t&il tou%ours l’intégration sociale au%ourd’/ui4

Introduction

I.

Quelle place a l’emploi dans les sociétés modernes ?
A. Comment le travail assure-t-il l’intégration ?

D Méda écrit : « le 20 ème siècle a bien été le siècle de l’emploi: dès que l’individu en a un , une place lui est assignée tant dans l’entreprise que dans un ample système de droits, de garanties collectives, de protections de statuts, mais également dans la fonction générale qui incombe la nation : la production de biens et services ! "!!!# $a production a pris dans la vie sociale une place prépondérante, apparaissant quasiment comme l’acte ma%eur par lequel la société se survit elle& m'me! (lein&emploi et prédominance de l’acte de production&consommation convergent pour faire de l’intégration par le travail le modèle de l’intégration sociale! ) $e travail, parce qu’il permet l’individu d’acquérir un statut social, de disposer de revenus et d’accéder des droits et des garanties sociales, est donc devenu un pilier de l’intégration sociale! 1. Un facteur de production

$e travail a d’abord un r*le social il montre l’utilité du travailleur dans l’entreprise et au&del dans la société, ce quoi « il sert )! $e travail fourni a donc un statut de travail en général qualifiant son prestataire comme individu social en général capable de remplir une fonction sociale déterminée, de s’y rendre généralement utile au système social 2.  Le travail apporte un revenu

+ravailler, plus précisément 'tre actif, s’est s’assurer un revenu, qui est dé% une reconnaissance de l’utilité sociale de ce que l’on fait! ,n ce premier sens, dé% , le travail est intégrateur! Mais le revenu permet aussi l’individu de consommer les biens valorisés par la société, et donc de s’y faire reconna-tre! .i nous consommons tous peu près les m'mes c/oses "voitures, logement, loisirs, v'tements, etc!# ce n’est pas seulement parce que ces biens sont ob%ectivement utiles ou nécessaires, mais aussi parce qu’ils nous donnent un certain statut social! 0insi durant la période des trente glorieuses le travail a donné un statut l’individu : celui de salarié, mais aussi celui de consommateur! 1l lui a fourni les valeurs et les r*les qui s’y rattac/ent : le salarié doit consommer et rentrer

ainsi dans le modèle de l’américan 9ay of life qui permet au7 entreprises d’écouler la production croissante résultant des gains de productivité qui améliorent le bien 'tre des salariés"on pourrait développer ici le sc/éma du cercle vertueu7 des 60 glorieuses# '. (es droits sociau".

0vec la création de la .écurité .ociale , le statut de salarié bénéficie de protections contre les conséquences financières de la maladie , du c/*mage et de l’incapacité de travailler!$es droits sociau7 sont les prestations sociales constitutives de l’,tat providence! :’est, par e7emple, la possibilité d’une indemnisation pour les salariés qui se retrouvent au c/*mage! :es droits sociau7 matérialisent la solidarité entre les individus, et plus encore l’appartenance la société : c’est bien parce qu’on travaille en 5rance que l’on bénéficie d’une panoplie de droits et de prestations, qui diffèrent d’un pays l’autre, c/aque société organisant sa sp/ère de solidarité " cela sera développé dans ;!; :omment les pouvoirs publics peuvent&ils contribuer la %ustice sociale 4# ). Un épanouissement personnel

$a nécessité impérieuse "pas seulement matériellement mais aussi socialement# d’avoir un emploi, la volonté très marquée dans les enqu'tes d’opinion de s’épanouir dans son travail, montrent bien que le travail n’est pas seulement une activité parmi d’autres! $e travail est plus que cela, il est fortement c/argé symboliquement, autrement dit il fait partie du registre des valeurs! *.  Une identité

le travail va se caractériser par un statut social 2 en quelque sorte le rang du travailleur dans les différentes /iérarc/ies sociales "prestige, pouvoir, mais aussi ric/esse# $a division du travail permet c/acun de se rattac/er un collectif intermédiaire entre la société et l’individu : le « métier ), la profession, la catégorie sociale! (ar le travail on peut d’une part se reconna-tre des semblables, qui partagent notre profession ou notre situation économique et sociale, et d’autre part se distinguer d’autres personnes, qui e7ercent un métier différent, et ont donc d’autres valeurs, d’autres références, avec qui on peut m'me 'tre en conflit! :ela peut para-tre parado7al, mais un individu a besoin de ce double mouvement de différenciation et d’assimilation pour s’intégrer! $’identification autrui nous rattac/e la société, fait e7ister le collectif, et la différenciation nous donne une place dans ce collectif! Mais l’entreprise n’est pas seulement un lieu de convivialité, c’est aussi un lieu de pouvoir, inégalement distribué, ce qui génère obligatoirement des conflits! Dès lors , les collectifs de travail, en particulier les ouvriers, vont peu peu prendre conscience de ce qui les rassemble , et de ce qui les oppose au c/ef d’entreprise puis plus largement au patronat! <n va alors assister au développement du syndicalisme !:elui ci , en 5rance en particulier, va développer c/e= ses ad/érents un fort sentiment d’appartenance , une identité de syndiqués qui tout en s’opposant ceu7 développés dans l’entreprise en sont complémentaires ! $e salariat est aussi générateur d’identification : la participation au salariat qui est de plus en plus rec/erc/ée par les individus mesure que le temps passe! $e travail salarié, si contraignant et déplaisant qu’il puisse 'tre par ailleurs, libère de l’enfermement dans une communauté restreinte dans laquelle les rapports individuels sont des rapports privés, fortement personnalisés, régis par un rapport de force mouvant, des c/antages affectifs, des obligations impossibles formaliser!

+.

(es liens sociau"

$’individu par son appartenance l’entreprise va donc dès lors devenir le membre d’un nouveau collectif , établir de nouvelles relations sociales qui débordent celles qu’ils auraient eu dans le cadre familial, recevoir une identité, un statut en fonction de la place qu’il occupe dans l’entreprise, et donc s’adapter un r*le , accepter les normes et les valeurs qui s’y réfèrent !

,. , % Une intégration assurée par l’emploi normal ou fordiste caractéristi&ue des '- .lorieuses
Durant les 60 >lorieuses, le droit du travail manifestait une tendance nette l’/omogénéisation :  les syndicats revendiquant une standardisation des conditions d’emploi et de salaire au niveau des branc/es industrielles  revendications souvent acceptées par les entreprises qui pour égaliser les conditions de concurrence dans des économies peu ouvertes, avaient intér't standardiser les conditions de travail et d’emploi au niveau de la branc/e  les prérogatives attac/ées d’abord au seul travail salarié s’ouvre progressivement contre les principau7 risques sociau7, non seulement les familles des travailleurs, mais aussi les non salariés et m'me la quasi&totalité des non&actifs! :ette évolution donne naissance au modèle de l’emploi total :
 emploi salarié : Selon O.Marchand : « en matière de droit , définir le salarié revient à définir le contrat de travail qui lie le travailleur avec l’entreprise qui l’emploie . On définit alors le contrat de travail comme la convention par laquelle une personne s’engage à mettre son activité à la disposition d’une autre, sous la su ordination de laquelle elle se place mo!ennant une rémunération. " # l’inverse, l’activité indépendante répond à une logique de prestation de services régie par le droit commercial et devient marginal $moins de %&' des emplois( le lien entre l’emplo!eur et le salarié est ferme : il s’agit d’un statut énéficiant du )*+ $)ontrat à *urée +ndéterminée( souvent intégré à des conventions collectives s’intégrant le plus souvent à des s!stèmes de promotion asés essentiellement sur l’ancienneté c’est un emploi à temps plein : c’est le vecteur principal d’identification et d’insertion sociale de l’individu il relève d’un seul emplo!eur et s’e,erce sur un lieu spécifique.

   

?obert :astel peut alors caractériser la société salariale par deu7 indicateurs : • c’est l’idée d’un continuum social qui s’impose, c@est& &dire que m'me si les conditions sociales sont inégales, il e7iste de réelles possibilités d’interaction et de mobilité sociale entre elles! • L’emploi est le fondement du statut social : occuper un emploi confère des droits et des garanties de fait

II.

L’emploi peut-il continuer / assurer l’intégration sociale ?
Introduction A. Les transformations du marc0é du travail limitent le r1le intégrateur du travail
1. L’augmentation du c01mage

0 >or= écrit : « le travail désigne au%ourd’/ui cette activité fonctionnellement spécialisée et rémunérée en raison de son utilité au système social! 0ussi longtemps que le fonctionnement du système social, sa production et reproduction e7igeront du travail /umain, le travail, si réduit que soit le temps qu’il occupe dans la vie de c/acun, sera indispensable la pleine citoyenneté ) !$es individus qui sont privés d’emploi ne peuvent participer la production de la société et par cette participation ne peuvent « acquérir sur la société des droits et des pouvoirs )! ,n effet, comme le dit D!.c/napper , nos sociétés sont fondées sur la production et la consommation ! <r la production nécessite du travail, nos sociétés sont donc basées sur le travail! :eci va générer un cercle vicieu7 qui va renforcer l’e7clusion du c/*meur! « .i le pire survient et que l’on conna-t une longue période de c/*mage, alors se manifeste la crise du sens dans toute son ampleur: le c/*meur, dé% e7clu du cercle professionnel, s’e7clut progressivement de ces autres sp/ères de sens que sont les relations

amicales, les pro%ets, les loisirs, et ne peut m'me plus s’évader dans la consommation! .urtout plus le temps passe, et plus il perd ses yeu7 sa valeur personnelle, plus se brouille la direction de sa propre vie )A l’individu perd ses relations sociales!

2. Le développement des emplois at2pi&ues 3cf marc0é secondaire4fic0e 2 -Un travail ?5 a. Constat

marc0é du

<n assiste une remise en cause de la norme de l’emploi total, car les différentes conditions de l’emploi normal ne sont plus réunies! $es emplois atypiques s’opposent l’emploi typique ou normal sur les caractéristiques suivantes :  ils sont durée limitée :
• )** : )ontrat de travail pour une durée limitée $-. mois ma,imum avec un seul renouvellement( soit pour effectuer le remplacement d’un salarié a sent $maladie, maternité/( soit parce que l’entreprise conna0t une hausse temporaire de son activité, soit pour des emplois saisonniers +ntérim : Mission d’intérim 1 )ontrat triangulaire entre un salarié, une entreprise de recrutement, et l’entreprise dans laquelle le salarié effectue des missions de durée varia le de %2 mois ma,imum. $e salarié n’a pas de lien direct avec la personne pour laquelle il travaille

qui n’est pas son employeur !$e salarié qui est donc e7ternalisé par rapport l’entreprise ne bénéficie pas des conventions collectives, des promotions l’ancienneté, de la formation continue <!Marc/and écrit : « « ces dernières années, en 5rance, les trois quarts des embauc/es réalisées par des établissements de plus de B0 salariés se sont faits sur des contrats courts "C# ! .i l’emploi temporaire ne concerne encore qu’une minorité d’emplois "autour de ;0 D , il constitue l’essentiel de ce qui bouge sur le marc/é du travail )

:ela concerne particulièrement les plus fragiles : les %eunes sortis précocement du système scolaire

à temps partiel 3mploi à durée inférieure à la durée légale de l’emploi à temps plein. 4arfois contraint : quand on les interroge, les salariés souhaiteraient travailler à temps plein( .On assiste aussi à une individualisation et une annualisation du temps de travail.

6. Les consé&uences sur le r1le intégrateur du travail
& $e développement des emplois atypiques réduit le lien entre le salarié et l’employeur : $e salariat avait contribué la constitution de collectifs de travail caractérisé par une solidarité ouvrière encadrée par des syndicats !$a crise et la montée du c/*mage ont permis de casser ces collectifs en e7ternalisant , en multipliant les contrats précaires " vous sere= embauc/é en :D1 si vous corresponde= au7 attentes de l’entreprise # en remettant en cause les accords de branc/e et en individualisant les salaires !

Conclusion- Le processus de l’e"clusion
?! :astel part de l’idée qu’il e7iste un continuum allant de l@intégration l@e7clusion et sur lequel peuvent se dessiner des =ones de sécurité "ma7imale#, de fragilité et d@insécurité "ma7imale#, avec des lignes de glissement et de rupture! $a désaffiliation sociale

est l@effet ou la résultante de la con%onction de deu7 processus : un processus de non&intégration par le travail "et dans le monde du travail# d@une part, et un processus de non&insertion dans les réseau7 proc/es de sociabilité familiale et sociale! $e croisement de ces deu7 a7es "1ntégration&non&intégration par le travail et 1nsertion&non&insertion dans des réseau7 de relations sociales# permet alors de distinguer les diverses =ones suivantes entre lesquelles les frontières sont poreuses et qui désignent plusieurs types de statuts sociau7# :  la =one d’intégration se caractérise par l’association « travail stable 2 insertion relationnelle solide )A  la =one de vulnérabilité correspond une situation intermédiaire, instable, con%uguant précarité du travail et « fragilité des supports de pro7imité )A  la =one de désaffiliation est la dernière étape du processus et se caractérise par une absence de participation toute activité productive, sociale et l’isolement relationnel qui peut en résulter :astel considère que l’on ne peut prétendre que nous soyons sorti de la société salariale : « %usqu’ ces toutes dernières années, on pouvait et on devait parler d’un effritement de la société salariale ! ,n pesant le sens des mots, effritement signifie que la structure de ce type de société se maintient alors que son système de régulation se fragilise! )

,. 7ais le travail reste une instance essentielle d’intégration

,

(es ressources complémentaires
,7ercices de remédiation De base
Le cours du CNED

.ur le net, articles et vidéos 0pprofondissement

1 2 3uelle place a l’emploi dans les sociétés modernes 4

$es 60 >lorieuses vues travers la pub : ici .ur .ciences /umaines: Les formes d'intégration professionnelle

En reportage de 5rance B ,."; F 2# ;G0H& ;GIB : le temps de l@espoir! :e documentaire montre comment le travail salarié est devenu, pour la première fois dans l@/istoire, le principe d@organisation de la société, le fondement d@un compromis social innovant et le pivot de c/acune de nos vies! ici La sociologie du travail autour de 7ic0el Lallement - es EnsL2on

11 2 $’emploi peut&il continuer assurer l’intégration sociale 4

Ene dissertation corrigée $@emploi permet&il tou%ours de s@intégrer la société franJaise En e7ercice sur une vidéo de ?!:astel En e7ercice synt/èse sur transformations salariat de les du

3uand devient&on travailleur pauvre4 & $e Monde Ene vidéo ?obert :astel : la société salariale & francetv éducation $a dimension économique de l’e7clusion par K8( (aribas, une vidéo : ici un entretien avec D!.c/napper sur Melc/ior:ici En reportage de 5rance B ."2 F 2# L$e temps du douteL!!! ou de la désespérance : ;GIH&200H : ici Midéo : $e sociologue ?obert :astel décrypte la crise sociale ";F2# Midéo : $e sociologue ?obert :astel décrypte la crise sociale "2F2#

$e :entre d’0nalyse stratégique : +éléc/arger le rapport L$e travail et l@emploi dans vingt ansL En e vidéo résumant le rapport !o6ert Castel - Conférence La crise de la co0ésion sociale 8 travail et école !o6ert Castel - 9 ortir du précariat9 Une vidéo $a vie des idées: $es impensés du travail Dans +élérama, ?!:astel $e travail, c’est la précarité 4 ici

,preuve composée corrigée 2 +ravail et intégration

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