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L’ACCUEIL DES 11-15 ANS

DANS LE TEMPS DE LOISIRS

EDITORIAL
Pendant trois ans, à l’initiative du MJSVA,
l’INJEP a assuré l e suivi d’une
expérimentation autour d e s loisirs
LES LECONS DE éducatifs des 11-15 ans sur neuf sites
L’EXPERIMENTATION différents avec le concours sur chacun de
Neuf sites ont mis en place des projets ces sites d’un référent « jeunesse et
différents selon les configurations locales. sports ». La première année, chaque
Mais, de ces projets différents, on a pu opération avait bénéficié d’un soutien
tirer quatre leçons communes à retenir financier exceptionnel de lancement de
pour construire une action publique en 8000 euros pour chacun des projets
direction des adolescents. Des leçons que retenus. L’expérimentation s’est
l’on peut considérer comme des pré prolongée sur trois ans avec une
requis : changer de regard sur les implication variable mais continue de
adolescents, considérer que l’espace local l’ensemble des acteurs réunis dans un
est un enjeu, s’assurer de certaines « comité national de pilotage » : élus
conditions pédagogiques, respecter locaux, services municipaux, associations,
certaines conditions politiques. (Voir services déconcentrés de jeunesse et
pages suivantes images et territoires, sports comme d e l’administration
jeunes et adultes, activités et projets, les centrale du Ministère de la jeunesse, des
conditions politiques e t attentes, sports et de la vie associative et
perspectives et conclusion). naturellement de l’INJEP. Cinq réunions
d’échange, extrêmement riches, se sont
SOMMAIRE tenues au niveau national entre les
Éditorial p.1 différents acteurs, complétées par des
Les leçons de l’expérimentation p.1 visites sur la plupart des sites par l’INJEP.
Représentations et territoires p.2 Une enquête a également été réalisée par
Bibliographie sommaire p.2 questionnaire auprès de chacun d’entre
Jeunes et adultes p.5 eux et des entretiens plus approfondis
Activités et projets p.7 ont été menés avec des jeunes sur deux
Les conditions politiques p.8 communes. L’échantillon retenu com-
Attentes et perspectives p.10 prenait volontairement des collectivités
Les sites de l’expérimentation p.11 de taille et de nature différentes.

En arrière fond de cette expérimentation,


le constat dressé unanimement : celui de
LES NEUF SITES
la crise des structures d’accueil destinées
Angers (49100) - Aubagne (13400) –
à la tranche d’âge des 11-15 ans. Ils ne
Bordeaux (33000) – Dunkerque (59000)
se reconnaissent plus dans les activités
– Coulommiers (77120) - La Réunion
que leur proposent les centres de loisirs
(97400) – Rilleux-la-Pape (69140) - La
traditionnels qu’ils ont jusque là
Rivière-de-Corps (10440) – Vallet
fréquentés et les structures destinées
(44330).
aux jeunes en général, ne les prennent
pas en compte. Ils désertent alors également une grande difficulté à
massivement les équipements publics de s’impliquer dans un projet, à aller
proximité et les activités qui leur sont jusqu’au bout, même s’ils ont été
proposées. Au-delà de ces considérations associés à son élaboration alors qu’un
notons qu’en terme de politique publique, peu partout l’impératif du projet devient
cette tranche d’âge, en gros celle des la règle. De façon générale, ils semblent
« années-collège », é c h a p p e très manifester une grande difficulté de
largement aux dispositifs qui s’adressent fidélisation que ce soit à un lieu, à un
soit aux plus petits, « les enfants », soit groupe si ce n’est celui des pairs, à une
aux plus grands « les jeunes ». C’est idée. Une revendication essentielle :
ainsi, par exemple, qu’ils échappent à un avoir un lieu de rencontre, uniquement
dispositif comme les projets éducatifs pour eux (elles), sans contrainte.
locaux qui touchent surtout des élèves Jean-Claude Richez, responsable
des classes primaires. Tout se passe UREF/INJEP
comme si ces années représentaient une
sorte de point aveugle des politiques Bibliographie sommaire
publiques. Trou noir qui recoupe celui des BRACONNIER A., L’adolescence aux mille
sciences sociales : jusqu’à une date visages, Paris, Editions Universitaires,
récente les travaux de sociologie 1988
traitaient peu de cette question. BORDET J., (sous la dir.) Prévenir les
L’ouvrage récent de François de Singly, ruptures adolescents-institutions. coll.
«  Les adonaissants» apparaît ici comme « Cahiers de l’action » (dir. Bernard
pionnier. L’essentiel de la recherche était Bier), 2007, INJEP.
laissé à la psychologie avec même une CIPRIANI-CRAUSTE M., FIZE M., Le bonheur
forte médicalisation des problématiques d’être adolescent, Erès 2005
comme si on continuait à considérer, DUBET F., MARTUCELLI D., A l’école,
malgré les mises en garde du grand sociologie de l’expérience scolaire, coll.
psychanalyste Winicott que « L’épreuve des faits. » Le Seuil, 1996
« l’adolescence n ’ e s t pas une FIZE M., la famille, le cavalier bleu, 2005
maladie » ! FIZE M., l’adolescent est une personne., le
Seuil. 2006
À travers cette expérimentation, HOUSSAYE J., C’est beau comme une colo.
l’ambition du « comité national de La socialisation en centre de vacances.,
pilotage » était d e disposer d’une Matrice, 2005
analyse plus précise des attentes des 11- JEAMMET P., L’adolescence, coll. « J’ai Lu
15 ans en matière de loisirs et de n° 6971 », 2004
dégager des pistes pour y répondre. Le LANGOUET G., (sous la dirles jeunes et
groupe partait du constat commun que, leurs loisirs. Observatoire de l’enfance,
même si les difficultés ne commencent Hachette, 2004
pas à onze ans, cet âge est un moment LEPOUTRE D., Coeur de banlieue, Paris,
de rupture. C’est une période de Odile Jacob, 1997
construction, de dépassement de soi qui NEYRAND G., La culture de vos ados,..
passe souvent par des attitudes de coll. « Le métier de parents », Paris,
provocation, de révolte et se traduit par Fleurus, 2002
la réticence à fréquenter une structure, PREMEL G., Enquête sur des Mutants,
voire à leur rejet. Les attitudes très comment repenser l’accueil collectif des
consommatrices et de « zapping » sont 11-14 ans ? Institut National de la
le lot courant des adolescents à l’image Jeunesse et de l’Education Populaire,
d’ailleurs de notre société. Ils manifestent 2005.

2
IMAGES ET TERRITOIRES diversifiée d a n s ses déclinaisons,
aboutisse à une dynamique collective. On
Changer le regard sur les peut aller plus loin, et faire l’hypothèse
adolescents : que sans ce changement de regard, sans
La première leçon est impérative et la reconnaissance d’un droit de parole
préalable à toute action ou politique en pour les adolescents, de leur besoin de se
direction de ce public. Il faut changer retrouver entre eux, d’une autonomie
de regard sur les adolescents. Qu’ils progressive à favoriser, les actions en
soient membres du groupe national de direction des adolescents sont vouées à
pilotage ou acteurs de terrain, tous les l’échec.
acteurs engagés dans l’expérimentation
ont pu travailler parce qu’ils ont produit L’espace local : un double enjeu :
de l’intelligence collective en travaillant Un territoire de vie pour les adolescents
ensemble, en adoptant une posture La deuxième leçon confirme et conforte
réflexive, en acceptant de mettre à des acquis des politiques éducatives
distance pour mieux les analyser et les territoriales : l’espace local est un enjeu.
comprendre leurs représentations de Certes, Il représente le lieu
l’adolescence. Et en effet, lors de la d’élaboration des politiques
première réunion du groupe national de « territorialisées e t territoriales »
pilotage, les discours, la manière de mais, il est avant tout, le territoire sur
penser les relations avec les adolescents lequel vivent les adolescents. Qu’il
faisaient la part belle aux représentations s’agisse de leur vie familiale, scolaire ou
dominantes sur l’adolescence « en de leur vie pendant leur temps libre, ils
danger » : pré-délinquante, menaçant circulent, se retrouvent, se rassemblent
l’ordre public comme si elle se réduisait à sur ce territoire de vie. Ce temps libéré
cette représentation négative. Il ne s’agit des obligations familiales et scolaires est
surtout pas de nier la réalité de certaines essentiel, c’est un temps de détente et
formes de violence et la délinquance, de loisirs certes, mais surtout c’est un
mais de se prémunir contre les fort temps de sociabilité juvénile qui
amalgames et les représentations trop contribue à la construction de soi.
monolithiques.
Certains espaces de rencontres et de
Tout au long des rencontres qui ont déambulation sont donc chargés de
jalonné le temps de l’expérimentation, en sens pour les jeunes : rues, pieds des
même temps que chaque site développait immeubles, centres commerciaux,
des actions et y réfléchissait, parce que espaces musicaux. Des sites comme
les acteurs acceptaient une démarche Aubagne o u Angers ont compris
réflexive, on a vu émerger d’autres l’importance de ces espaces, et les
représentations, des décideurs locaux responsables rencontrent les jeunes là où
considérer que leur action dépassait le ils sont, au pied de leur immeuble, et leur
maintien de la paix sociale et qu’il était proposent des animations ou des loisirs
de leur responsabilité que les adolescents sportifs dans une ambiance conviviale,
soient reconnus sur leur territoire sans esprit de compétition.
autrement que comme menace. Et c’est
bien ce changement de regard qui a On connaît par ailleurs le goût des
permis que cette expérimentation, adolescents pour des rassemblements à

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des heures tardives, ce qui n’est pas sans respectant les compétences de chacun,
créer de la méfiance de la part des quel que soit leur niveau d’intervention,
adultes. À Aubagne, on a pris en compte qu’ils soient élus, services municipaux,
ce temps de vie des jeunes, et des services déconcentrés d e l’Etat,
animations ont lieu en soirée, entre 20h associations. Cet effort partenarial
et 22H. Les « pieds d’immeubles » devient alors un facteur très favorable
deviennent alors des espaces de d’évolution sur l’espace local. L’ensemble
moments festifs, organisés par des des partenaires avec le soutien de la
jeunes plus âgés et qui ont réhabilité un DRDJS, de la Ville et de la CAF comme
« four populaire »1. maître d’œuvre et financeurs, la DRJS
comme conseil, les centres d’animation
La plupart des sites proposent une offre comme opérateurs ont réussi, à
de loisirs et d’activités riche et bien Bordeaux, à concevoir un dispositif
organisée. P o u r que les jeunes d’action partenariale qui intègre un
découvrent les ressources locales en processus d’évaluation participative,
matière de loisirs, s’approprient les véritable outil de réflexion collective et
espaces sportifs, culturels, et d’éducation d’accompagnement de l’action.
populaire, il faut tout un travail avec les
clubs sportifs et les associations L’espace local représente donc ainsi un
culturelles, les animateurs, et l’ensemble double e n j e u   : celui d’une
des services de la mairie. À Aubagne, les reconnaissance des jeunes dans
jeunes bénéficient d’une « carte pass- leurs attentes, leurs modes de vie, leurs
partout », i l s peuvent pratiquer initiatives en cours ou potentielles, et
gratuitement des activités de leur choix celui, qui lui est intrinsèquement attaché,
pendant les vacances ; à Vallet, les d’un développement local social,
jeunes sont incités à s’inscrire dans les culturel, et é c o n o m i q u e . Ces
différents clubs de la ville. Mais dans politiques en direction des adolescents
l’ensemble, tous les sites ont été au- génèrent en effet des emplois, des
delà en cherchant à comprendre les pratiques culturelles innovantes, des
attentes et les besoins des jeunes et à en manifestations, concerts, festivals, etc...
tenir compte. Pour ce faire, à Bordeaux, dont on ne peut ignorer la dimension
on a mené une enquête par économique.
questionnaire, à Dunkerque, l’action
« Basket Asphalte » a incité les jeunes à
faire connaître et reconnaître leur désir
de pratiquer le futsal (football en salle),
ce qui n’a pas été d’ailleurs sans
provoquer des débats internes.

Espace local et partenaires :


L’action publique en direction des
adolescents demande de la part des
partenaires, de travailler ensemble, de
sortir de leur logique sectorielle en

1
Activité conviviale proposée par les jeunes
autour d’un four en plein air qu’ils ont
réhabilité et qui leur permet d’organiser des
repas festifs.
4
JEUNES ET ADULTES les « copains ». Certains y ont porté une
La troisième leçon de l’expérimentation attention particulière, soit en ouvrant
porte sur les relations entre adultes et l’accueil à des adolescents d’une autre
jeunes : il est nécessaire que certaines commune venus « avec leurs
conditions pédagogiques soient réunies. copains comme à Rivière-de-Corps, soit
en respectant le désir, souvent éprouvé
Importance de la sociabilité par des filles d’ailleurs, de se regrouper
juvénile  sans activité particulière avec une
Cette sociabilité entre adolescents fait présence très discrète d’un animateur.
souvent peur aux adultes. Elle est Tous les jeunes rencontrés sur les sites
pourtant nécessaire pour se construire ont témoigné de ce désir de se retrouver
comme individu et comme génération entre eux, sans les parents.
amenée à prendre u n jour des
responsabilités. En d’autres termes, pour Rencontrer les jeunes dans leurs
devenir sujet autonome, responsable de temps et sur leurs espaces mais
ses choix. Devenir adulte oblige donc à favoriser leur mobilité.
une séparation d’une part des parents qui Rencontrer les jeunes sur leurs lieux et
ont transmis aux adolescents une temps de vie des jeunes en dehors de la
filiation, et d’autre part de l’univers famille ou du collège est important, on l’a
scolaire qui a transmis un héritage vu. Les acteurs de l’expérimentation ont
culturel. souligné toutefois le risque d’enclave-
ment qu’il pouvait y avoir à demeurer
À côté de la socialisation familiale et dans le quartier, et ont travaillé sur la
scolaire, l’entre-soi affinitaire aide les mobilité des jeunes.
adolescents dans ces processus de
séparation et dans leur construction Les tournois interquartiers à Aubagne ont
identitaire individuelle et sociale. Ils permis aux jeunes de rencontrer d’autres
élaborent des savoirs d’usage, à partir de jeunes d’autres quartiers. Des jeunes
leurs expériences, explorent entre eux urbains de Bordeaux en sortie en milieu
des univers culturels, sociaux, rural, ont marqué leur ironie devant le
construisent un autre rapport au monde « monde de ploucs », mais avec l’aide
au sein d’une même génération mais en de leurs animateurs, ils ont pu découvrir
prenant appui sur « les copains » dont qu’ils s‘agissait d’un « autre monde
ils se sentent les plus proches social. ». À Coulommiers, des jeunes ont
affectivement. Ils s’éloignent donc de vu les coulisses parisiennes d’une
leurs parents même s’ils reconnaissent émission de télévision. Les jeunes de
«  bien s’entendre avec eux  ». « J’aime Rivière-de-Corps quant à eux ont assisté
bien venir au club ado parce que je n’ai à une rencontre de l’ANACEJ et se sont
pas mes parents sur le dos et que je posé ainsi avec d’autres jeunes la
retrouve mes copains » dit l’adolescent question de leur place d’acteur. Toutes
d‘un site. ces expériences de mobilité, y compris
les séjours de neige, les voyages sont
Le regroupement entre jeunes est autant de découvertes pour les jeunes de
inhérent à l’accueil e n structure leurs capacités d’adaptation intel-
collective, m a i s tous les sites lectuelle, psychologique, physique.
expérimentaux ont travaillé sur ce besoin
spécifique de l’adolescence de retrouver

5
l’habitude de parler de tout ce qui leur
La place de l’animateur tient à cœur. Les animateurs ouvrent à
d’autres mondes sociaux mais
Les adolescents o n t à devenir permettent aux jeunes de rencontrer leur
progressivement des sujets famille de manière différente ainsi que
autonomes au sens où ils vont d’autres adultes. À Rivière-de-Corps, ce
construire peu à peu leurs références, sont les adolescents qui préparent des
leurs normes et leurs valeurs en se repas festifs pour les parents. Les
différenciant de leurs parents et du habitants des quartiers d’Angers qui
monde scolaire. Devenir adulte implique participent aux animations au pied des
donc cette séparation (qui n’est pas bâtiments permettent aux jeunes de
rupture) mais qui n’empêche pas la rencontrer d’autres générations. Sur un
rencontre avec d’autres adultes moins site, les adolescents ont participé à un
impliqués affectivement, différents peut- téléthon avec l’aide de leur animateur,
être dans leur expérience mais, qui en occasion pour eux, de se découvrir
tout cas sont à même de se poser en comme individus inscrits dans des
adultes et d’être capables d’affirmer une réseaux de solidarité. À Dunkerque, les
altérité p a r rapport à l’univers adolescents sont mis en situation de
adolescent. Ces adultes peuvent en discuter et de faire des choix sur les
même temps apporter une ouverture vers actions mises en place en leur faveur. La
des univers différents de ceux de la place qui se dessine pour eux, confirmée
famille et du monde scolaire des jeunes. pour leurs aînés sur ce site, est celle de
partenaire.
En ce sens, la posture d e l’animateur
comme adulte au sens où il manifeste Sur tous les sites, cette place de
une attitude réflexive par rapport à son l’animateur comme passeur, tiers
existence, ses choix, est impérative. Au socialisateur, a été reconnu. Même si les
sens aussi où il affirme des valeurs sites ont travaillé de manière différente.
partagées avec l’équipe éducative. Les Nombre de formules ont été inventées
entretiens avec les jeunes des sites pour que les rencontres entre adultes y
confirment tous ce besoin d’une posture compris les familles et les adolescents
d’adulte. « Il est bien, il pose des limites, favorisent la diversité des rencontres la
mais il nous é c o u t e   ». L’animateur mise en valeur des jeunes. Pour des
occupe une place de « passeur », qui jeunes en difficulté scolaire par exemple
permet aux jeunes de s’éprouver dans ces rencontres permettent de compenser
leur identité et dans leur classe d’âge. À la mauvaise image de soi que peuvent
Coulommiers, l’animatrice qui accueille avoir certains adolescents, ils ne sont pas
des adolescents autour d’une table pour jugés à l’aune des seules normes
des activités artistiques, parle de la scolaires ou familiales.
« table des mots », les jeunes ayant pris

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ACTIVITES ET PROJETS accompagnés pouvaient participer à un
concours scientifique. La réussite, le prestige
Réfléchir au sens des activités qu’entraîne le résultat d’une démarche
L’activité dite de loisir est au centre des collective exigeant des efforts de chacun
pratiques des structures d’accueil de jeunes. renvoie aux jeunes et à leur environnement
Elle ne peut pourtant être mise en place pour une image positive d’eux-mêmes. Les
elle-même. De même que le projet n’est pas activités centrées sur les spectacles préparés
en soi ce qui va faire sens pour les par les jeunes, les films qu’ils peuvent
adolescents. Activités et projets, en effet, réaliser, des enregistrements de musique
ne doivent pas freiner toutes les dimensions (Dunkerque) font émerger des compétences
d’élaboration de fantasmes, d’imaginaire, ignorées et les valorisent. Par ailleurs, on l’a
d’activité relationnelle indispensables chez les vu plus haut, l’activité peut aussi amener à
adolescents, mais au contraire contribuer à ce mieux s’inscrire dans l’environnement local,
qu’elles se développent. On a observé dans en découvrant les ressources qui existent.
l’expérimentation des activités dont le sens
était différent mais réfléchi. Le projet
Très en vogue depuis quelques années le
Ainsi, les activités p e u v e n t avoir une projet exige un vrai travail de réflexion. En
fonction phatique2 quand elles permettent effet, il implique une projection dans le temps
de vérifier que la communication est bien (anticipation) du désir de la part de ceux qui
établie, l’activité est alors légère, peu vont le porter (les adolescents et non les
impliquante pour l’animateur et les jeunes. animateurs !), une capacité à accepter la
Sur un site, on a vu des jeunes fabriquer des durée, les échecs (de la part des animateurs
petits objets en bois, activité anodine, mais tout autant que des jeunes), les imprévus, ce
qui les aidait à entrer en relation avec qui veut dire que l’on renonce à une totale
l’animateur. Cette activité médiatisait la maîtrise du projet. La meilleure pédagogie du
relation et évitait le face-à-face difficile pour projet n’est-elle pas celle qui fait que l’on se
les jeunes. Il faut aussi souvent répondre au saisit des opportunités ? Les animateurs à
besoin de bouger, de découvrir les possibilités Rivière de Corps ont constaté l’intérêt des
de performances physiques propres à cet jeunes pour la kermesse de l’école dont ils se
âge, les activités sportives trouvent là tout faisaient refouler pourtant à cause de leur
leur sens. De la même manière, les activités âge et de leur comportement gênant ; ils ont
culturelles répondent au besoin de rêver, de su considérer ce « conflit » comme une
sublimer ses pulsions. Tous les sites ont opportunité de travailler avec les jeunes sur
travaillé avec des activités sportives et leur désir et les amener à un projet
culturelles. La fonction l u d i q u e d’une d’animation au sein de la kermesse. Cela a été
activité ne doit pas être sous-estimée : à pour eux une occasion d’être reconnus
Aubagne par exemple dans une des comme aînés des plus jeunes et comme
animations sportives en soirée un jeune adolescents responsables.
adolescent soulignait « qu’il venait parce qu’il Réfléchir au sens que vont prendre pour les
s’amusait vraiment bien  ». À Angers, une adolescents activités ou projets mérite un
animatrice faisait remarquer combien les travail collectif, participatif et donc une
animations au pied des immeubles, hors des réflexion globale sur le projet d’accueil ainsi
murs du CLSH donnaient un caractère ludique qu’une évaluation de ce que produisent ces
aux activités et rendaient leur tâche plus activités ou projet pour les adolescents mais
facile. I l existe aussi une fonction aussi pour les adultes, les équipes éducatives,
narcissisante, de renforcement de l’estime les élus et l’environnement local. Une
de soi, de l’activité : à Rilleux-la-Pape, le pari évaluation partagée d’un projet, comme à
a été fait que les adolescents, bien Bordeaux, éclaire l’ensemble des acteurs sur
le sens des actions plus que sur des records
de fréquentation. Un record de fréquentation
2
Phatique : qui permet de s’assurer que la peut servir d’indicateur d’ailleurs mais
communication est bien établie. Le « allo » du n’épuise pas les dimensions à évaluer.
téléphone est un exemple de communication phatique.

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LES CONDITIONS POLITIQUES
Mobiliser toute la chaîne
La quatrième leçon que l’on peut tirer de éducative :
l’expérimentation est essentielle : la Cette volonté doit être manifeste dans le
dimension politique est trop souvent travail mené avec les services municipaux
évacuée de la réflexion sur l’action locale et dans le soutien apporté aux
en direction des adolescents. Les animateurs. On peut ainsi affirmer qu’une
conditions pédagogiques sont politique en direction des adolescents
nécessaires, elles ne sont pas suffisantes. requiert la mobilisation de toute une
Un projet local doit se développer sur un chaîne éducative, l e maire, ses
territoire à c e rt a i n e s conditions partenaires locaux, le secteur associatif
politiques. acteur indispensable, l e s services
municipaux, les équipes éducatives. Ce
Une volonté politique forte : n’est pas seulement la délégation
La volonté politique des décideurs locaux « jeunesse » ou le service jeunesse de la
et en particulier des élus locaux est mairie qui doit être mobilisé car plus les
primordiale. Cette volonté doit être actions pour les adolescents prennent
partagée par l’ensemble ou au moins la ces derniers en compte et plus la
majorité des élus, soutenue par les transversalité doit être le mode de
services déconcentrés d e l’Etat travail requis au sein des services. Sur
(Jeunesse et Sports), par d’autres l’un des sites, on a vu comment alors que
acteurs quand cela est possible, (CAF, les jeunes sont pris en compte, qu’il
MSA etc…). Sur un site, l’élu à la existe une vraie politique participative
jeunesse a dû faire un travail de jusqu’à impliquer des jeunes dans les
conviction auprès de ses collègues ; sur choix urbanistiques (place d’un skate-
un autre site, les objectifs d’une action park en ville par exemple), le service
en direction des adolescents n’étaient responsable de la culture ne répond pas
pas partagés, les uns se référant à la paix complètement aux besoins générés par
sociale, les autres à la place des cette participation des jeunes.
adolescents dans une perspective de
construction de leur autonomie. Accompagner et stabiliser les
équipes :
L’affirmation de ce qui sous-tend l’action Il est, enfin, de la responsabilité des élus
(les référentiels de l’action) doit être aidés des services du ministère de la
sans ambiguité et partagée entre jeunesse et des sports et des autres
responsables politiques. C’est en effet partenaires que les équipes
parce qu’ils sont soucieux de prendre en éducatives soient accompagnées. Il
compte les jeunes comme habitants du s’agit bien sûr de réfléchir aux contenus
territoire, d’assumer des responsabilités de formation et d’assurer des formations
éducatives vis-à-vis de ces jeunes qu’ils solides aux animateurs. Sur tous les sites,
engagent des actions locales. À travers les animateurs ont souligné à quel point,
ces actions, avec les autres responsables quel que soit leur niveau de
locaux, en particulier les représentants de responsabilité, au-delà des contenus de
l’Etat, l e s élus revendiquent la gestionnaire, ils avaient besoin de
responsabilité d’une socialisation complé- contenus autour des enjeux
mentaire de celle de l’école et de la sociétaux, des transformations de
famille, qui va percuter la socialisation la société, de la relation à établir
entre pairs des jeunes eux-mêmes. avec les jeunes. Mais il est essentiel

8
qu’un accompagnement concomitant à Le rôle de l’état est essentiel. Outre ses
l’action soit mis en place, qu’il s‘agisse fonctions régaliennes et sa responsabilité
d’un accompagnement du type groupe dans l’élaboration et l’application de la
Balint,3 ou d’une régulation interne réglementation, il est là pour garantir la
permanente. Sur certains sites, les dimension éducative des actions en
animateurs qui sont aux avant-postes des direction des adolescents. À ce titre, il
dysfonctionnements sociaux se disent faut que les services déconcentrés du
désemparés et livrés à leur seul charisme ministère de la Jeunesse, des Sports et
personnel. Or, comme cela a été réussi de la Vie Associative, puissent travailler
sur un des sites, ils devraient se sentir avec l’Administration Centrale sur un
intégrés au sein d’un vrai collectif référentiel d’action pédagogique. Il est
éducatif au sein duquel l’élu tient une porteur à travers sa politique d’une
place essentielle en relation étroite avec représentation positive de la jeunesse
les équipes. Sur ce site, le service comme ressource. C’est à ce titre qu’il
jeunesse quant à lui, assure une réflexion peut soutenir les responsables locaux
collective régulière pour que les dans les démarches qui visent à
animateurs certes, s’approprient les développer l’autonomie des jeunes et à
référentiels de l’action mais aussi pour leur dessiner une place.
leur permettre de prendre de la distance
et être accompagnés dans les difficultés
qu’ils rencontrent.

Cet accompagnement prend tout son


sens si les équipes sont stabilisées. La
précarité des animateurs est un facteur
très défavorable. L’ensemble des sites a
pris conscience de cette question et
tenté d’y apporter des réponses. Ils ont
en tout cas reconnu l’importance du
travail des animateurs et mis en œuvre
une politique de stabilisation et de
pérennisation des emplois des
animateurs, à travers la formation, la
contractualisation sur plusieurs années,
un recrutement municipal, la préparation
aux concours de la fonction publique
territoriale. Si les réponses sont dif-
férentes, la question est centrale dans
une réflexion sur la socialisation dans le
« temps libre ».

Rôle de l’Etat :

3
à l’origine groupes de médecins qui travaillaient avec
l’aide d’un psychanalyste sur leur relation avec les
patients. Une méthode type Balint serait un
accompagnement qui permettrait aux animateurs de
travailler sur la relation avec leur public et leur
environnement, de décrypter leurs difficultés sans être
seuls, de prendre de la distance.

9
ATTENTES DES ACTEURS, propositions, des engagements, des prises de
PERSPECTIVES ET CONCLUSION conscience. L’accueil d e s adolescents
participe au développement social et
Attentes et perspectives éducatif, culturel et politique. Ce qui importe,
L’expérimentation n’est pas terminée. Elle a c'est le projet partagé d'un collectif mis en
favorisé une dynamique sur les sites, elle a place avec des acteurs motivés, ayant défini
aussi créé des attentes qui sont autant de une politique éducative en direction des
perspectives de travail et de prolongements. habitants et particulièrement jeunes.
Une place leur est donnée et des moyens
A t t e n t e s pour que la réflexion adaptés affectés.
s’approfondisse et enrichisse les travaux sur
la réglementation engagée par le ministère de Conclusion
la Jeunesse des Sports et de la Vie « L’allongement de la jeunesse » est un
Associative. Elle doit s’adapter aux besoins phénomène contemporain bien repéré par les
générés par les innovations, les savoir-faire sociologues même s’ils sont divisés sur ses
nouveaux qui se dégagent. Des causes. Les adolescents se trouvent au seuil
aménagements ont déjà été trouvés pour les d’un temps long dont ils ne connaissent pas
adolescents de 14 ans, on voit bien que les l’aboutissement alors que par ailleurs, pour
11-15 ans représente une classe d’âge des raisons diverses, ils aspirent plus tôt à la
fluctuante, mobile déjà e n recherche conquête de leur autonomie. Il est donc
d’autonomie. Faut-il envisager des réponses essentiel de réfléchir aux modes d’éducation
plus ajustées pour les années-collège ? qui peuvent favoriser dans un contexte de
dépendance économique et scolaire de plus
A t t e n t e s en matière de formation. La en plus long, ce processus d’autonomisation
réflexion sur la rénovation des diplômes au des jeunes. Il y va de l’éducation d’une
sein du ministère devrait bénéficier des génération qui doit pouvoir malgré les freins
constats menés par les sites et enrichir les que représentent la dépendance économique
contenus et les formules de formation à et l’allongement du temps de formation
engager pour les animateurs, qu’ils soient prendre s a place et exercer des
professionnels ou non. Leur demande est très responsabilités au sein de la société en tant
forte compte tenu des transformations des que génération nouvelle.
publics qu’ils rencontrent. Chantal de Linares, chargée de
recherche et d’études à l’INJEP.
A t t e n t e s aussi pour que d’autres
observations, d’autres travaux puissent être
entrepris sur ce champ de la socialisation des
adolescents dans le temps des loisirs. Au-delà Ce dossier a été réalisé par l’Unité de
des activités, on l’a vu, c’est bien de la recherche des études et de la
socialisation qu’il est question. Il serait formation de l’INJEP (Chantal de
intéressant de creuser en quoi cette Linares et Jean-Claude Richez) avec le
socialisation dans le champ de l’animation se concours du MJSVA (Sylvie Martinez
distingue de la socialisation familiale et et Robert Faruggia)ainsi que David
scolaire. Quels savoirs d’usage sont Millerot (CEPJ) et Jean-Marie Bataille
construits ? Quels modes de construction de et grâce aux acteurs des différents
soi ? Quelles normes et valeurs sont sites. Ce document n’engage
inventées o u transmises ? Quelles naturellement que la responsabilité de
pédagogies spécifiques à l’éducation non l’UREF-INJEP à qui a été confiée une
formelle ? mission de suivi de l’expérimentation.

Prise de parole, autonomisation, Contact : richez@injep.fr


accompagnement des prés-ados : l'accueil va
au-delà d'une proposition d'activités : c'est
un outil maïeutique qui permet à l'équipe
éducative de faire émerger des forces de

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INJEP, Institut National de la Jeunesse et de 78160 Marly le Roi / 01 39 17 27 27
l’Education populaire, 11 rue P a u l Leplat,

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LES SITES DE L’EXPERIMENTATION Mise en place d’un projet éducatif local pour
réduire les difficultés des grands ensemble de
1/ La Rivière-de-Corps : (3 100 la ville (2015 jeunes de 12 à16 ans) et pour
habitants) : structure de 48 jeunes 11-15 rendre attractives, auprès des animateurs et
ans (parmi 71 jeunes de 11 à 17 ans) des jeunes les structures de loisirs : un projet
scientifique et technique original de qualité
Projet : « Observer l’accompa- (participation aux phases du concours « E =
gnement pratiqué dans le club M6 ») est expérimenté dans trois structures.
adolescents » Expérimentation autour de la valorisation des
L’opération mise en place dans un club pour compétences ignorées à travers une
jeunes existe depuis plusieurs années (après approche des jeunes comme ressource et la
une période d’échec) et est validée par les mise en œuvre d’une activité menée jusqu’à
partenaires. l’excellence avec un accompagnement
Projet ambitieux de généralisation de approprié.
pratiques d’accompagnement et d’inter-
vention dans des formations d’animateurs. 4/ Vallet : 6 807 habitants, 485 jeunes
Expérimentation autour du mode d’accueil 10-13 ans)
des jeunes, la prise en compte de leur
expression et de leur participation, leur Projet: « La Passerelle » :
accompagnement, la relation jeune-animateur Mise en place d’une structure intermédiaire
et la réflexion autour des conditions de entre le CLSH et le club de jeunes, ainsi
transférabilité vers d’autres lieux. qu’entre le CLSH et les structures de loisirs
de la commune et des environs.
2/ Coulommiers : (14 000 habitants). Incitation à l’inscription dans des clubs de la
Deux quartiers concernés : les Vaux, les commune ville. Cette structure fonctionne
Templiers durant les vacances et permet aux jeunes de
se rencontrer (ateliers artistiques et sportifs
Projet : « Passerelle » selon des thèmes hebdomadaires), de
Accueil de jeunes de moins de 12 ans dans fréquenter les deux structures concernées
une structure ouverte de jeunesse en vue de (CLSH et club de jeunes). Participation des
les préparer à la fréquentation de celle-ci, et parents à « la Passerelle » au moyen de
animation pieds d’immeubles durant les forums.
vacances scolaires d’été. Mise à disposition Expérimentation autour de la création d’une
d’une ludothèque mobile pour trois structures structure particulière dédiée aux 10-13 ans
de la ville, l’été 2005. Objectif : prévention où leur autonomie est sollicitée davantage et
(santé, délinquance) et socialisation (jeux doit contribuer à favoriser leur maturation,
collectifs, respect des règles). Volonté de leur autonomie, la connaissance des autres.
faire participer les pré-adolescents aux
activités et d’améliorer la fréquentation. 5/ Dunkerque : 70 800 habitants
Expérimentation autour de l’amélioration du
lien entre les partenaires et les services Projet :
enfances et jeunesse avec comme objectif un Quatre projets sont à l’étude pour la ville :
meilleur investissement des élus et un Sport P a s s (programme municipal de
élargissement d e s publics touchés. découverte de sports, 2-25 ans, en
Redéfinition d’un espace d’accueil à travers la partenariat avec les clubs de la ville) ; dans
relation sortant des logiques traditionnelles ce cadre, une réflexion est engagée, afin de
d’accueil dans les équipements : «opération faire participer et de développer des activités
« table des mots ». proposées aux 11-15 ans : jeux sportifs,
danses, jeux de raquettes.
3/ Rilleux-La-Pape : (28 000 habitants Le projet « Basket Asphalte » qui évolue
dont 17 400 dans la ville-nouvelle) vers d’autres sports.
La création d’un lieu dédié aux pratiques
Projet : « Robotique » : urbaines complète le dispositif.

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Un Plan d’accueil des jeunes, dans les à la mise en œuvre d’une politique jeunesse
communes côtières PAJECOT (dunkerquois et sur l’ensemble de la ville.
non-dunkerquois) est intégré au dispositif. L’expérimentation a pour enjeu l’élaboration
Principe directeur : participation des jeunes à d’un référentiel commun et partagé de
la vie locale. l’animation.
L’objectif de l’expérimentation est de mettre
les jeunes en situation de partenaires des 8/ Angers : 152 000 habitants
services de la mairie et d’interlocuteur des
élus. Projet : « animation-pieds
d’immeubles » :
6/ Aubagne : 42 636 habitants Le projet se déroule dans deux quartiers, et
existe depuis plus de trois ans. L’animation
Projet : « Carte Pass-Partout » prend place durant les vacances d’été
La carte permet de participer à des activités (reconduction de l’opération 2004 : juillet
sportives et culturelles gratuitement. Elle /mi-août 2005).
participe de la mise en place d’un dispositif Un des objectifs : favoriser la participation
sportif et culturel de proximité dans des pré-adolescents aux activités et améliorer
différents quartiers de la ville avec des la fréquentation de celles-ci (prévention de la
possibilités en soirée ou en nocturne: délinquance). Elle s’est déroulée sur deux
proposition d’activités à la carte. sites Monplaisir et la Roseraie. À Monplaisir
Dispositif sous forme d’ateliers réguliers et de (12 000 hab, 11-15 ans, mais également
soirées à thèmes (tournois de foot inter- enfants de 6 ans) l’animation est mise en
quartiers, jeux nautiques en piscine, Espaces place par des partenaires associatifs sur 5
mobiles sportifs). Pour les 11-15 ans îlots : travail sur la complémentarité et
activités plutôt dans l’après-midi. l’appropriation collective. À la Roseraie
Objectif : rendre les jeunes plus acteurs de (5000 hab, 3 îlots, 6-12 ans mais jusqu’à 15
l’opération. Sensibiliser les jeunes à créer un ans) : animation de l’après-midi par des
collectif en organisant des tournois. animateurs de la municipalité.
L’objectif de l’expérimentation est de L’expérimentation vise à développer la
favoriser la mobilité des jeunes du pied fréquentation des structures par les jeunes et
d’immeuble à l’équipement en prenant en à réfléchir aux conditions de sa généralisation.
compte les rythmes et les espaces propres
aux jeunes en y intégrant également à travers 9 / La Réunion : 785 000 habitants
des activités spécifiques les jeunes filles, de
mettre en œuvre une continuité des âges en Projet de «  création d e huit aires de
dépassant l’approche en terme de grands camping jeunes pour les 11-15 ans ».
frères. Alors qu’il n’existe aucun terrain de camping
sur l’île l’objectif est de favoriser les
7/ Bordeaux : 218.000 habitants (120 déplacements de groupes de jeunes dans l’île
jeunes 11-15 ans concernés) : à coûts réduits, sur des lieux adaptés (en
dur : sanitaires, salle d’activités), sécurisés
Projet : Les « accueils 11-15 ans » : (gestionnaire-animateur responsable) dans le
L’expérimentation a lieu sur 7 quartiers de la cadre des accueils (ex-CVL/ CLSH), en
ville dans différentes structures, est portée particulier. Le projet est porté par la DDJS.
par l’association des centres d’animation de Expérimentation autour de l’appropriation par
quartiers de la ville : CAF, FASILD, Politique les jeunes de leur territoire dont ils se
Ville, Bordeaux, DRDJS. L’expérimentation a sentent exclus, à travers le développement
été plus particulièrement suivie sur Monséjour des activités touristiques auxquelles ils ne
et le Centre socio-culturel de Bordeaux sud. participent pas. À cause de cette exclusion,
C’est un projet global et partenarial sur ils se sentent disqualifiés.
l’ensemble de la ville intégrant une dimension
évaluative menée à bien par la DRDJS et
s’appuyant sur des micro-projets concourant

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