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EMMANUEL LÉVINAS

LE TEMPS ET l'AUTRE

PReFACE
Ecrint une prefKe pour Il rMdition dl! qu'on
avait pubJI&s Il y 11Alnleln5. c'est plftque prifacer le
livre d'un aulfto. S.uf qu'on cm voit phu vite et qu'on
en -.nt plus dou.lou.reusementla Wu.ffislnces.
Le lute qu'on va lire reproduit le tb!ftOKA'MIII!
clesquatreconHnmcesf.aitessou.sletitrede·leTemps
eti'Aulfto• en 1946/47, pendant la Jftft!lm= annH de
son fDnctiDnMment,. au. Collap Philœopbiqlte fondé
par Jean Wahl en plein Quartier Latin. li parut en 1948
daN le recunl collectif intihllf •Le Ooix. le Monde.
I'ExisteneP, ptmûer d• Cahiers du. ColJip PhiJo.
IIOphique, où. nous litions heu.reu.• de voi!liner avec
)HNU! Hindi, Alphonle dl! W.Jhens et Jean Wahl
lui-mhne. Le style (ou le non-atyR) pari!! dl! œt lkril,
el. œrtls,. pour buucoup dans tou.muAlS
ou. maladroites. Il y a austi dans ces 11!511is
dea lhàes dont les conleJites n'ont pu 611! forrnu.lfa, ni
les ll!lplorift jusqu'au bout. ni la diuémi·
nation s)'81ima!We. Une note  
dà 1948. tousœs dflauts que le vieiiiÏI5emmt du tel·
le 1 pnlbablementiKCIIJ&.
5! nous avON cependantacceptl! l'idée de son 6di·
lion en volume et avons renoncl! Il le rajewûr, c'est que
nous tenons encor. Olu protet principal dont il est- •u
milieu de mouvements divers de l;a pensée - la naii-
Mnce et la fonnulation pn=mim et que son exposition
w rallennit au fur et il mesu.re que 1'01'1 avance dans
œs paps trop hilives. Le temps est-il la limitation
mime de l'être fini ou la relation de l'itre fini .Il Dieu?
Relation qui n'usurerait pas pour autanllll'i!tn! une
infinitude apposie .Il la finitude, pu une aulo-luffi-
sance oppasi!e au besoin. mais qui, par-del.ll Sol•
tisfadion et insatisiKtion. sipirlerait k! surplus de la
soda6ti. Cette façon d'lntll!nopr le temps nous .m·
ble en l!trr,. aujourd'hui encore, le problhne vivant.
•Le Temps et l' Aube• ptftll!nlle lemps non pas com-
me horizon ontolosique de l'lfrr bl'lf111f, mais com·
me mode de l'lU ti • rarr, ('011\me relation de la
•pen*• •l'Autre et -il travers diverses figura de la
socialilfen face du visap de 1'11drrhomme: frotisme,
palemiti. rapon&abiliti pour Je l'lochaln - comme
relation au Tout Autre, 111 Tranlcend1nt. lll1nftnl. Re-
lltion ou rell&kJn qui n'est p11 1tnlclufte comme w·
voir. c'est-il-dire comme intentioftlllitf. Celle-a .edle
  œ
Letempt.parcontR.sipifierlil,ûl'dM
d6a-chronie. une relation qui ne C"Ompromet pas l'•llf-
tilf de l'auft, tout en usurant SI non-1ndifNrenœ .t.la
..........
Comme mod11ilf de l'1ft &ni, le temps devrait
   
menla ct.ui s'excluent et qui, de plus. inltanls insllblts
ouinfidtles.t.eux-11111mes.s'expullent,chaa!.n.d•nsle
passif. hors de leur pt"OpJW préence. foumiuant ce-
pendant l'ici& fulgurante de celle pr&enœ, dont ils

la vie. Mais. dès lnrs.l'itemilé-dont, sanuucun em·
prunt.t 1• v«:uc,l'intellec:t pr4!letldrail posMder
.li priori l'idie, idftd'un   où le multiple est
un el qui COJif6rerail au prfsenl 501'1 sens plein -
n'at-elle pas toujours suspecte de ne dissimuler que la
fulguration - la demi-vbite -de l'insl.lnt. retenue
dans une hN&inalion capable de jouer i l'intemporel
et de s'illusionner sur un rassemblement de l'inas-
semblable? Cette et ce Diev. intellectueL ne se-
raient-ils pas, en fin de compte, des compasis de ces
demi-instants abstraits et inconstants de la dispersion
11tmp0rtlll!, ab&nite et DiN mod?
La thèse principale entrevue d•ns •le Temps et
l' Autre• consiste, par contre. li penser le temps non pas
comme une !Hgradation de l''temill, maïa comme_.
talion .11 a qui, de soi inassimilable. absolument
ne se laisserait pas assimiler par l'expftitnce ou .li œ
qui, de soi •
tov.tefois cet Infini ou cet Autre, devait encore tolâer
qu'onled&ipdu doistdans le dfmonshatif œ,com·
me un limple objet ou   on lui acaoche 1111111Ïcle df-
fini ou ind,finl pour qu'il pm1ne corps. Relation avec
l'ln-visible ou   rtsulte,non pas de l'lneapa.·
citf de la connaissance hwnaine, mais de l'inaptitucle
de la connai511nce comme telle- de 5011
Iion -.li l'Infini de l'absolument autre. de  
qu'aurait ici un Mnement tel que la co'!ftcidence.
lrnpœsibilill de coïncider. in-adliquation. qui ne 50111
pas dei notionssimpJenwnl Mptiva, mail qui ont un

dans la dia-chronie du temps. Le tempssipilie ce tov-
jmlrs de la non-col"rlddmce, mais aussi ce tovjovrs de la
rrill- -de et de l'anente ; fil plus 14nu
qu'une lipe idUie et que la diathronie ne COIIpe pu ;
elle le prfterve dans le paradoxe d'une mation. diffé-

de notre psycholozie, lesquelles, en JUise d'ultime
commWIIIutf. confitent, au moins, la synchronie lieurs
 
aspiration irwsouvissabJe. Distanœ qui est ai.IMi pro-
ximihf - laquelle n'est pu une coüu:idence ou une
Wlion manqllée. INiil liJRifie - nous l'avons dil -
tout le surplus ou loutle&im d'unesocialilé ori&inelle.
Que la dia-chronie soit pla qu'un syN:hronisme. que
la proximih! soit pririnut que Je fail d'êbedonnf.
que l'allfgeanœ.lll'in.lablesoil KWi/ltuwqu'unecon•
sdenœ de soi. n'est-ce pu Lllla diffkulh! ct la hauk!ur
de la reiiJion? Toull!s les descriptions de cene •dislan·
ce-proximité, .. ne sauraient d'aWeWII ilft qu'aPfNOXi·
matives ou millaphorlques. puilque la dla-<hronie du
1m1p5 en ni et le sens non fiprf, le SIM propre, et le
modèle."
Le •mouvement- du tempt entendu comme trarw-
cendanœ .1111nftni du •lov.l Autre,. ne le tempon.lile
d'une façon linhire, ne R!IISI!Iftble pas .li la droiture du
rayan intentionnel. Sa façon de Jipifier, marqule par
le mys,_ de LI mort. fail un dftow en entrant dans
('awnhlreilthique de la mation j('av.lft homme.
0
La tnnsœndanœ n'a N dkrite dans
notre I!SSIÎ de 1948 qu'en des aperçus qui. toul au plus.
restent priparatoirs. Ils sont pidâ par l'analoJie
entœ la transcendance que sipifie la dla-<hronie el la
distance de l'alh!rili d'autrui aiNi que par l'insistance
sur le lien- 1 celui qui lie les lerftlfS de
toute relation-qui tr.IYersel'intervalle de celle trans-
cendance.
Nous n'avons pas voulu modifier l'itinl!r.aire
d.lnsœ livre, .avait suivi l'expreuion decesidfts.ll nous
a semble porter lfmoïan.ap d'un certain climat
d'ouvertuR qu'offrait la Mont.ape S.inle-Genevitve
au lendemain de la UWr.ation. Le Colltp philolophi-
que de Jean Wahl en ftlille ldd ell'Wl des loytn.
norilllnimitable du dire haulain el inspi1f de Vladimir
J.ankélfvildl ptafâant l'i11011ï du message betponien.
fonnulanl J'Ineffable. faisant 51U. comble lU
Ph.ilasophique; Jean Wahl511lu.ant la multiplici!l même
des li!nd.anœldafls la•philosophieviv.anle•,IOUiipnl
la   priviWgift de Il philoloptûe et des formes di-
venes de l'art. D ._il suivre les lranlitions de l'une
.aux aubel. P.artouleson.altitudeilternbLI!itlnviler
1 •l'op6rimenlllion mlfll«fwlll- audacieuse et • des
prœpections rilqu6a La pWnomfnolozie
et.sdce 1S.rtreet1 Merleau-Ponty.laphilosophiede
l'nislwnœ et llllfM fnoncé de l'ontoJosie
fondamentale de Heideger. promettaient alors des
pmsibiliNs philœophiques nouvelles. Les mols dt-
signant ce dont les hommes s'fiaient toujours 80UCils
sans - l'ima&ïner d1111 un discouzs spkulatif. pœ-
n.aient rans de c.aNpmeL On pouv.aiiiiiiS amb.aps-
eiiOUYelltsanspm.aution -et en
bertisaveclesrtsJesac.ach!mique.mals.aussiSINsubir
la tyrannie des mots d'ordre courants. se donner- et
proposer 1 d'au""- des idles •1   ool .appro-
fondiroo ou -.11 expiOI'f:I'Jo comme les d&ipe souvent
Gabriel Mar«! dans son Journal M&ph)'lique.
C'est dans l'esprit de ces années d'ou.vertuœ q11'il
convierlt de lire dans U Ttlrlps tl I'Autwlrs divers lhê-
,._.11 traversii!SCiuelschemine-avec:dl!tours -notrr
thèleptinci(Mie:œquiestditclelawbjedivitf:maitri-
se du MQi. sur l'il y 11 anonyme de l'b. auail6t re-
tournement du Soi sur Moi. mcombmnent du Moi par
le Soi-mkne et. ainsi. 1Mtl!riaUii matl!rialisœ et
de de l'iiNNinence. inimis.ible pojds de l'étrr dans Je
travail, la peine et la souffrance : œ cpd at dit. ensuite.
dumoncle:tnnscendancedelnourritura.etclescon·
 
reto\118 li soi. lbns la du savoir absor·
bani klut llulrr. solitude de la ra'- ftlentiellemerlt
u.- : ce qui est dit. alors. de la mort non pu pw niant.
iMshrnlbleel, dlnlœsens.l!venhiiiUb!
de l'l!vâwmmt sw- le point de faire irruption dans Je
Mime de l'immanence. d'inlltnomple la monotonie et
le titi-tac deJ instanls eueuWs- l!ventualitf du IIIMI
aulw. de l'avenir,12mporalili du Mlps où. la dia-dtnt-
nie dl!crit prKisl!ment la relation avec ce qui demeure
ablolurnent dehOJS : ce qui est dit,. enfin. du rapport
•autrui. au Nminin."l'enfant, de la Mcandilidu Moi,
modalitl! conmee de la diachronie. artkulalions ou di-
..,iont inivilabls de la tliln!cendmce du œmps: ni
otase cKa le Milne s'absorbe dans l' Autœ ni savoir oi
I'Autœ appartimt au Wme - relation 51ns œlation.
dl!sir inas!ilouvissableou proximitl!de l'Infini. Thèses
qui n'ont pas 6tf toulis repMis plus tard !IOU&Iew- for-
me   qui ont pu depuillozs se rfftler comme

ens. cmnme oipant une e.p.-.ion rnoins impmvisée
etsurtoutunepenséediffl!nmte.
voudrions IIOuliKner deux points qui nous
semblent impod;ants dans les pages de ces
1nciennn conf4mKeS. Ils conœmmt ht façon dont 11
  de !Il transcendaRCII!
y est tentée.
  hullliline, est pensée non p11 .t. partir de
l'alNrilf putement folmelle et logique pu l1111uelle ile di-
stinpmtle5 uns des autm les termes de tau.te mullipli-
cillt (où dlaaan est autnl! cUj11 comme porteur d'1ttributs
diffétents ou, dUIS une multiplicillé de tennes 4pux.
chaaan Ml l'1uft de l'1utre de pu son individuation).
LI nollon d',;tllil!rilé tr1nsœndante- œlle 'lui OUYftl le
111mp5 - est d'1bonl necheldlfe .t. partir d'une fllltri-
11-œnlmJI, • partir de la f4minillt.l.a f4minitf -et il
f1wlrait voir clins quel sens œil peul • diR de la
m.asculirûlf ou de la Yirilieé. c'est-.t.-diœ de la difféœnœ
des lfti!S m pnlral- nous est 1pp1rue comme une
lrlnchant sur les différenœs. non aeuJnnmt
comme une 'lualiti. diffâente de Ioula 11!5 1ubn, 1111i&
comrnelaqualill!mknedeladifNrenœ.ld6e'IUÏdevrllt
passible la notion du couple commr clistinc::le de
touR dUIIIill! pumnent numErique. la notion de IOCialî.·
•  
nelle lpiphanie du visqe- nuditf .abltraite et cha&œ-
ile d9gant del   snuelles. -il; C!,Ui est es-
lll!nlil!llell'&otisnu! et où 1'1lll!rilf-,commr qu.alilf l.li
encoR, et non pa COIM'Ie' di&tinclion simplemmt !op-
que -est port& parle •lu ne tuerllp.as-C!,uedlllesi-
lmœ mime du viMge. Sipûfkatil rayonnement fthi.
qued.ansl'ftotismeetlalibidoparlesquelll'hull'llnilll!
miN dana la 50riftl! l dewt et Clll'elle 510Utient1Utori·
sant, 1 rnettR au moins m 'luestion le sim-
plisme du pan-hotisnw contemporain.
Nousvoudrionssoulprennn unrstnactu.ede la
trilliK'I!I'Idancre qui d1ns •Le Temps et l'Autre• a 114
aperçue 1 dr la ; le poaiblr offert au
fils, plaœ 1111 dtfA dr ce qui est uswnable JNI' le pire,
reste encore sim dans un certain -..
dans le 1en11 de la Sifnne- ou non-indllfé.
œ une pc•ibiUI!tqu'un 1uft auu-: par Ir fils
une pouibilill au dell du passible ! Non-indlffirmce

pilmltt mais C(.IIÎ fonck ces ripes.
Non-tndiiNnlnœ par au Moi 5 pc:lllible l'au
clfl1 du poalble. Ce C(.U.Î, 1 pilrtir de la nation -
non-bioJasique-delaficondltfdu Moi. met en C(.uei·
tian l'id& mime du ,.,.,œir telle qu'elle est inc.am&
dans la sub;edtvlllt   œntft et source
d'acteJinll:nticlnnels.
1.
L'OBJET ET LE PLAN
LebulckceconNwnœsconsiseeklmaatrerquelelftfto
ps n.'fSI: pu le lait d'un sujet isoW et lll!ul, m11il C(V'II est
Il aelatian mime du sujet avec autru.i.
Cette thSe n'a rien de aodolopque.ll ne s'apt pas
de dire comment le 11tmp11 est dKoup6 et
pke aux notions que nous emprunloM Ji li Meiillt.
comment a. soci4ti nous pennet de nous fain! une
rqnâenlation du temps. JI ne s'agit pu ch non id6e
du temps, du llmpslul-mlme.
PoW' .,..l!enir cette thàe il fwdr._ d'un c6li.
appdondir Ill notion de IOI.itude et   de
l'auft.la chances 1111e le temps .t. a. Mlitucle.
la analpes 1111e nous allons ne se-
ront pu Anthropolostques. maill ontologiqum. Nous
noyons. en effel. l I'P:istence de prablànes et de
slnlctufts ontoJosiques. Non pu au sens que la rU.-
listes - d4crivanl punrnenl el simplemenll'ëtn don·
nf,- prf,tent .lol'ontolq;ie. Il s'agil d'affinner que l'il"
n'est pas une notion vide, qu'ila SI dialectique
el que des nolionuomme LI solitude ou la colleclivih!
apparaissent .li un certain moment dr œtœ dialectique,
queLllsoliludeellacollectivitlne.,..lpasdesnotiCJRS
de psycholqrie seulement. COIRI'he Je besoin que l'on
peut aYOir d'autrui ou commr, lmpllqiR dans ce be-
soJn. une pNsdence ou un plftlefttimenl ou une anti-
cipation de l'•utre. Nous voulons prWnlft la solitude
comme une cah!gorle de l'fln, montrer sa plac-e dans
une dialectique de l'lire ou. plutat. - ar le mot
dialectique a Ill\ aens pha délftmil'lt -111 place de la
!KIIitude dans l' «-anomie praie de l'ftre.
Noue; rfpudions donc, au df,part, la conception
heidesP"enne qui envisap la solilude•u sein d'une
relation prûlable avec l'aulft. Anlhrapolosiquernenl
incontestable, la conception naus lftftble ontolq;ique-
ment obscu.e. La .elat!.on avec •u.lrul est œrtes
par Heideger comme stnacture ontolosiqu.e du Dll·
sdn : pratiquement. elle ne jDu.e aacun r6le ni dans le
drame de l'ftre, ni dans l'analytique ellistentiale.
Toutes les anal.fll'l de Srin und Zril se pouiSUivent soU
pour   de la vie quotidienne. 101.1 pour
le Dlsrin esauli. D'au.lft part. 111 solitude emprun-
te--t--elle son car.cltre traziqueau nhnl ou .lola priva·
lion d'aulrul que la mort souliple? n y a lA au moins
une ambipi.li. Noue; y une invitation .li dl-
,.sser la dMinition de la solitude par la socialitlel de
la soclalih! pu la solitude. Enfin l'au.lft. chez Heides-
Pf. apparaît dans la lllu.aUon eaentlelle du Mimn-
llrukrsrin - ftre riciproquemenl l'un avec l'au.tn ...
La priposition mil (avec) dkril Ici la relation. C'est.
ainsi. une de côte à côte, aulov.r de quel·
que chose. autour d'un terme commun. et, pl115 prki·
liment pour Heideger, autour de la Ylritf. Ce n'est
pas la du f&ee-+-face. Chacun y apporte tout,
sauf le faitprivli de son existence.
pou.r part. que œ n'est pas la prfpoll•
lion mil 11ui doit la originelle avec
l'autre.
Notre rNiniêM de piVCfder naus amâlera des
qui senml peu1-41re aaez ardus. Ils
n'aUJOn! pas brillant des diwlappt--
mei!.IS anlhroJIOlocûluee. Mab. en revanche. pour-
ron&-IIOIISdire de la solitude autre chose que 10ft
œ
dont an dit d'habitude le bonheur dar111 son opposition
Alasolitudr.
En remontant alnll il la racil'll!' antoJos:iC!uede laso-
litude. nous espfroN enRvoir en quai cette solitude
peu.lftrecWpa.ssle.OisonstoutdeiUileftC!ueœdf.
pawment ne sera pu. D ne sera pu. une ccmnalaance.
c•r par la connaislnœ l'ob;et. qu'an le veuiDe ou non.
est abJorW lM" le su,iet et la dualitf disparah. D ne sera
pas une extase. car, daN l'extase. le JUjet s'absaltle
dansl'ob;rtetsemrouvedulsonWiitf. Tauscerap-
portrl la dilpMitian de l'autre.
C'est alors que nous noua heurtenlftl au pftlblhne
delasouffr-anc:eetdelamort. NonpuC!ueœiOientlil
de lrè beaux     el qui permelten.l desdfvelappe-
mel!.ls brillants et il la made; mals œ 11ur dans le
phlfnorn&w de la mort. la solitwle se trouve au bwd
d'un myeltn!. Mysttre qu'il ne convient pu d'enteR·
dre nfgalivement comme œ qui est inconnu. et dont
nous aurons il ftablir la siplificatian positive. Crtte
notion nous pennettro1   œ doiiiS le SUJet un
ro1pport qui ne te pas au retour pur et limple
cku solitude. Devant loi mort qui sera el nan
pas nlclsu.lrement nhnt. ne • produit pu l'absorp-
tion d'un lenne par   Nous enfin
comment la qui s'annonœ dans la mart de-
vientrelationavecl'auiRetletemps.
Ce que Cft cUveloppemenll peuvent contenir de
dillle<tique n'est en tout cu Il ne s'..PI
pas de lravener une sfrie de conll'adictions. Ri de les
concüier en arrfWiti'HistoW. C'est, au conlr•be. ven
un pluralisme C(Ui ne lusklnne pu en unitl Clue nDWI
voudrions noua acheminer ; et. si cela peut lire as6..
rampre ilv« P.ai'IN!nide.
LA SOtnUOE DE l'EXISTER
En quoi COIIIisle l'aa.IW de la solitude ?Il est banal de
dire que nous n'existons jlmlis au singulier. Nous
!IDIIIInes enlouril d'ëtœi el de chœe5 avec lesquels
naw; enbtienOU des ndationa. Par la vue, par le tou·
cher, par li sympathie, par le travail en commun, nDWI
sommes avee les autres. Toutes ces re1atiOJIS sant
transitiws : je toucM un objet. je vois l'Autre. Mais je
ne   pu rAuln'. Je suis tout seuL C'est donc 1'6are
enmai.lefallquefexisllt.manuislrrqlliconstituei"IIW-
ment absolument intransitif, quelque ch011e SIM
lntentiDnllilf, 11111 npporl On peut tout lchanger
entre tires sauf l'exister. Dans ce sens. ln. c'est s'Iso-
ler par l'e•isler. Je 8&1is man.ade en W\t 'lue je suis.
C'est par l"uisler que je suis 111\S parles el
nan pu par un conll!nu quelcanque serail en mai
lncornrrnaniclble. S'il est incammllnicable. c'est qu'il
esteru:ICinëdans a de pJu
privë en moi. De sarte 'lue leNt ëliiEJiuement de ma
connaisllnce, de mes rnD)'eft5 de m'bprima demeure
SIN eHet sur ma n=lalion avec l'exister, n=lallon intf-
rieun=parucellence.
mentaliW primitin- DU du maifts l'ini!Hplftl-
tian 'lu'en a donMe Uvy-lruhl - a paN ëbranler
l'aaise de nDiconcepb patœ qu'elle avaitl"alr d'appar-
1er l'iclfe d'une ecistmce tnlnsitive. On av1it l'impR5-
sion qw par Il participation le sujet ne voit pas seule-
nwnt l'lube, mais qu'il esl l'lube. Notion plus impor-
tlnle pour La mrntalllf primitive que celle du pNiosique
ou du Cependlnt elle ne nous piS de
la solitude. Une conscience moderne, du moins. ne sau-
rait abdiquer .li si peu de frais son aecm et 1150lltude. Et
dans Il -où l'ecpfrienc'e de Il p11rtidpation peut
1tre Ktuelle,. elle annade 1vec Il IUiilion ect;ltique. Elle
ne miÏnlient pas suffillmment ta des lennef.
NoutenuriVCiftSIUmc:mismesinousquittonstarnona-
d-.
L'etister se mwe .. toul r1pport. .li loulle multipli·
cilf. n ne ftllnle personne d'aulft l'eclstant. La
10liNde n'1pparait dllftt' pu comme un isolement de
faU d'un Robinson,. ni comme l'incommunicabiUtf
d'un contenu de c:onsclence, mais comme l'unih!
indissoluble enlie l'ecistlnt et son d'exister.
Aborder l'Piller clans l'existant, c:'estl'enfenner dans
l'lUÜif et Ll.iuer lcbapper PanNnicle .li tout parricide
que aes dt:lcendanls Ml'aient tent& de c:ommettn! con-
tre lui. La solitude est dans le fait meme qu'il y a des
uisWIIs. Conœvoir une situation,. ob la 50lihtde est
d4pasMe.. c:'tst4plvuver le principe mime du lien en•
tre l'existant et son exister. C'w.t aller vers un lftne-
ment onto-loziqw où l'oistant contracte  
J'appelle hypo5llt.st 1'6vinement par lequel l'exist;lnl
contmcte 50ft exister. La perception et la scienœ par-
lenl toujours des oistant5 cUi' munis de leur exislen-
ceprivft.CelienentrecequieûteetiiOIIellisleresl-il
indilsoluble? Peukm mncmler .lil'hypœtale?
L'EXIST'ER SANS EXISTANT
Revenons encGI'I! l Heicleger. Vous n'ignorez pas u
distinction - donl j'ai df)ll enbe SM et
5atnds. flft et ftant,. que pour des r1isons
d'euphon» je prf&re traduil'l! plr msm et crisN!tl,
SII\S priib!r l ces termes un uns lpklflquemenl
existenPiisle. Heideger diltinpae les sujets et œ
jeiiJ-lesèbBII!uiaanl, lesuistants-deleuraeuvft
mime d'fln, Les uns Ill! lrlcluisenl par des substantifs
ou des participes 5Ubslantivi5, l'•u.œ p1r un verbe.
Cette distinction polie db le dfbu.l de SriR uml Zril
permet: de dissiper cert.lines fquivoqu.es de la philo-
IOphle •u. cows de aan histoil'l! où l'on partait de l'l!lds-
   
mml,lDieu..
Celle distinction heidegerienne est pour moi la
chœe la plu prvfonde de smr .... bi'l. Mai5 chel:
Heideger, il y 1 distinction. il n'y 1 pas MpaRiioa.
L'exisb!rlill:lou.jours 11111 dans l'nistanld, pour l'exis-
tanl1u'est l'homme, le lennt heidegerim de •Jemei-
niJ:keit- exprime précislhnent le fo11it que l'ulster est
toujours poulcY ,.., quelc!u.'u.n. Je ne crois pas 111ue
Heideger puisw admenœ un exlller sans aistant qui
lui sembiHail absun:le. Toutefoa il a une notion - la
CAworfmhril - ooe•p-.;sinn d'un certain Heideger>o,
selon J•nkelevikh -CJU'on tro1duit d'habitude par clé-
rfliction ou dlllaislemml. On insiste 1insi sur une
conslcJuence de Il Gnœlfrnlttil. Il f1ul traduire Gt-
  • ... I'existence.
Comme si   n'app.uaissliiiJUe d1ns une
tenœ IJUi le pridde. comme si   ftail iruU-
penUnte de l'existant et IJI&e l'existl.nt IJUi t'y trouve
jeti ne pouvilit j1rnais devenir de l'nislence.
C'I!SI pour cela pridSII!mmiiJu'il y 1 délaislement et
ab.andon. Ainsi se f1it jour l'idle d'UR exister IJUI se
lait 5UIS nous, sam sujet. d'UR niller sans eaislal'lt.
M. Wlhl dirait SIM doute IJI&e l'exister Slll\5 existant
n'est qu'un mot. Le lenne mot 1111: œrta sfn.ant
qu'ilest ,.;oralil. M.lisjt'&Ws ensommed'amnd-.-
M. Wlhl. n f1udr1il 51!ulement .1u prûlable dltenni-
ner la place du mot dans 1'4conomie pnir.llede l'lire.
Je dirais IUIS.Î volontien que l'nisiW n'exillle pu.
    IJ.UÎ e•isle. Et le fait de œcourir, pour
ce IJ.UÎ eldste, l ce C(ui n'existe ne
COI'dtiM point une révo.lution en phl-
loaophie iclûliste 1iltéen tomme une rnanltre de fon-
der l'fbe sur CJ.ueliJ.uechœe qui n'est p.15 de l'ttn:.
Comment allons-tlous 1pproeher de œt uis!R"
Slins e•ishlnt ? bnazinons le retour ... nhnt de tou-
tes choses. finis et pn5DJIMS- AUcm.--nous renconln!r le
pur nâlnt ? n Mile •prts cette destruction inu.cinaire
de toutes choses, non p11 queliJ.ue chose, le f1it
qu'il y 1. L'absence de Ioules chœes moume comme
une prisenœ : comme le lieu où toula sombtt comme
une   pUnitudedu vi-
de ou comme le munnure du silence. Il y a,apris ceter
destruction des choses et des fms.le -chilmp de lorwsoo
de •   impersonnel. Quelque choee qui n'est rU SU·
;rt. ni substantif. Le fait de l'nism qui s'impœe. quand
il n'y a plus rien. Et c'estanonymr; il tiy a personne ni
rien qui prenne cette existence sur lui. C'est impenon-
nel comme .. u pleut>o, ou •il lait chaud•. Exister
toumequellequesoitla Mp.tion par laquelle an 1'4carW.
n y a comme l'irftmiaibWIIf de l'exister pw.
En '-luant l'•nonymat de cet: ailler, je M penN
pas du toutlo ce dont on f11de dans
les manuels de philmophie et où la perœplion cWcoupe
les choln. Ce fond incNtaminl est cl$ un 1ft - un
un quelque chœe. D renttedijil dana lacatfp-
rie du •ubst<lnlil. D a dijl cette persannalilf IAmentat-
re qui caACWrise tout exis!MI. L'exister que DDUS •
Myonsd'apprucher-c'ISII'oeuvJemfmed'IIRquine
peut s'exprimer par un bbslantif. qui st verbe. Cet
nilter ne peut p.s flle affirmf pumnent et limpJe...
ment, parœ qu'on affirme toujours un &nt. Mais Il
s'impœe parœ qu'on ne peut p.s Del'l'im Ioule
Mplion.cetllrmnbiance d'lire, cel ftrecomme -champ
de forces• lâppanft. comme champ de taule dinna-
lion et de toute Mptton. Il n'et }urWs acauchf .Il un
ciJjtt tpi 51, et c'est pour cela que RCM&S l'•ppelons-
.......
Appndwns de cette sitllr.tion par un autre biail.
l'ift501NUe. Cene il ne s'.pt pu d'UM
apfrience imaginft. L'inlomnie st faite de lro con•
que cela. ne Bnir• ;am.u. œ qu'il n'y
• plus aUNR moyen de 11e œtim- de la viJ:ilance lo lro·
quelle on es1 tenu. V'!Jilanœ saN aucun but. Au mo-
ment of!. on y est rivl, on a pmhatoule nation de son
point df ou • son point d'arrivée. Lf prisent
soudf •u paul, nt !out mtifr h&itJp ft ce p.1S5i; il
M renouvelle rien. Cm taujours le même prisent ou le
miiM paW .. ui dure. Un souvmir-œ senit cUjl Mf
libêr.ltion .li ki, If temps ne put de
nulle rien l'If s'éloigne ni l'If l'alompe. Sruls les
bruils extérieurs qui peuvent marquer l'insomnie, intro-
duisent des c:omrMncemenls dans œne situation sans
commmcemmls ni lin, d.ans celte iiiUIUH't.llih! .t. la-
quelle on l'If peut llk:happer, Ioule .mblable à l'il y ..
.t. l'nistenœ impersonnelle dont nous venons • ptrle.t
P•r une vigilance. sans recours pcaible •u som·
rMiL nous allons caradiriMr l'il y" et la
façon qu'a l'ftister de s'affirmer clans son prapre
•n&ntiaement. Vigilance. sans refup d'irKONdenœ,
sans de se retirer dans le sommeU comme
dans un domaine prlri. Cetoiltern'est pu un m-soi,
lequel est la paik ; il nt pricilfment absence de
tout soi, un Mu-soi. On peut auai carach!rller l'Ris-
ter pn la notion d'étemiN, puisque l'n.iltersans nit-
tant, est sans point de dfpart. Un su;et étenvl est une
COfllrlllficlio in llllj«lo, c•r un sujet nt eUp. un
conunertœmenl. Usujet élenu!l non .ulement ne peut
rien commen«''", hors de lui. il est en lOi impœsible.
car comme sujet il devrait 1ft coaunmcement et
exdLW l'étemiN. n'elit pas api!We, parœ
qu'elle n'a pu ft sujet qui la prenne S\11' lui.
Cereloumnnentdu nhntenellilter, aa
re le II'Duver chn. Heideger. Le rtiant heidegerien
a fnconl 1.1ne espke d'aclivih! et d'fR: le Mant nûn•
tit.ll ne   paslr.anquille. Dans celte production du
nfant. ils'.lffi:rme.
Mais s'il fallait rappRIC'her la notion de I'U JI d'un
graruiiMme de la philosophie dusique, je penserais
il Hl!raclile. Non pas au mylhe du neuve oû on ne peut
pas R baiptl!l' fois. miiÎI 1 sa version du Cratyle.
d'un neuve où on ne " baipe mime pu une seule
fois; où ne peut li! constituer la mime de l'uni-
li. fonne de tout existant; fleuve oû disparaît le cler-
nicrfll!ment de fi•ili par rapport auquel. le devenir se
...........
L'uiller Slins exislant que j'appelle il y 1 est l'en-
diOil où se pftlduira l'hypos&ase.
M-is je veux auparavant insislerpluslonpment
sur les conséquenœs de cette conœplion. Elle COJISÙie
 
pu d'ouvertures,.Cjui ne pennet pud'l!chapper. Etœlle
impOUibiUif de ntant enltve au suicide CjUi est la
maîtrise qu'on pUÏ55e avoir sur l"ftre, sa fonc.
tion de maltrise. On n'ut plus maitre de rien,
on est dans l'absurde. Le suicide appll·
ralssait cornrne le dernier œcov.n centre l'absurde.
Sukide au II!N larp du tenne COJIIPftllalll au.i la lut-
te cH&e5pl!rée mais lucide d'un Macbeth qui combat
mfme Cluand il a reconnu l'irwtiUif du combat. Cette
rnaftrbe -œttr pcaillilili deiRIIlver un ...,à raw.
l!l!nce par la possibilité du suicide est un fait constant
de latrapd.ie; œ cri de Juliette au lnlisièrne acte de lW-
miel rf Jlllirtle : •Je prde le pDIIYOÎf de rnourir-- est
encDft un triomphe sur la fatalili. On peul dire CIUI! la
trapdie. en pnl!ral. n'est pu simplement la victoire
du destin sur la libe:rté. car par la mort usum6e au mo-
ment de la pfttendue du destin. l'individu
khappe au destin. Mais c'at pour C\l!la Cll.ll! Hamletftl
au dea de la trapdie ou la tragidie de la trapdie. U
comptnd que le- pasftre•estpeuHftimpouible
et il ne peut plus maitriser l'absurde, mime pilr!. suici-
de. U notion de l'être irtfmillibleel NRI issue. consti·
tue l'absurdili de l'b. L'ftre KI le mal, non
pu JNIEU que fini. mais JNIKe que sana limites.
L'anplsse, d'après Heidqpr. estl'apfrience du nf.
ant N'at-elle pa. au conlrllre, - si par mort on en·
tend niant. -le filit qu'il ISI impassible de mourir ?
Il peut aussi sembler par.adoul ftcaradêriser l'il
y 1 Jlllr la viplan«-, coaune si l'on douait le pur tvfM..
ment d'nisler d'une CGNdence. Mais il faut .se de-
mander slla viplanœ dffinit la CGNCienœ. si la CCJnSCi.
enœn'estpMbienplut6tlapolliltililfdes'anacher.llla
vipianœ ; si le _. propre de la consrienœ ne consisle
pu li fft une viplance adou6e .li une pœsibililf de
IDIIIml!ü;Mielaitdumoin'estpulepou.valrftiOitir
ft la lltualiml de la vi1iJance impedDMillle. En fait. la
consdenœ participe cUjllila vipance. Mail œ qui la
 
de se retirer •dentke>o. pour dormir. U
c:arac::ienœ liSt le fO"voirdedonnir. Cette fuite clans le
pJeùl est mmme le puadoJ;e mime de la cvnsdmœ.
L"HYPOSTASE
Cestdin=queiiiCOIIICienœestunerupturede Ill viii·
lllnce anonyme de l'il y •· q,u'elle est dlijl hypostase.
  lune sllultion o(l en
rapport avecsonelÜIIer. Nous ne poununslvidemment
pasexpliquerf'I""'P'C'Îœlalepmcluit:Un'aistepasde
physiq,ue en mitaph)'lique. Nous pouVOI'II simplement
montrer queUe est Ill siplification de l'h)11051a5e.
L'apparition d'un .. q,uelque chose qui est- consti·
tue une     lnYftSion au sein de l'être anonyme.
n porte l'exister comme attribut il est matiR de œt
e1lstercomme le sujet: est l'attribut L"nlsler
est.liluietc'tstpNcil&nent JMrcetlemaltris! lW' rais-
ter, maitrise dcmtiiOU5 aUons YOir toul .li l'heure les li·
miles-JMrœttemaltrisejaloWII!etMNJMI'tiiFsur
l'nister - crue l'eiÎSiilnt est seul. Plu
l'apparition d'un alstant est Ill constitution mflne
d'une maitrislr, d'une liberef: dans un exister qui. pa
lui--Infime. resterait fondl,rement anonyme. l'our q,u'il
puisse y aYoir un exlsfant dans cel aillllltr anonyme, il
(aul qu' il y devienne poaible un cUpart de sot et un
retour • soi. c'est-+-dire l'oeuYre mi• de l'identill.
Par son idenlifkalion,l'nistant s'est cWj.l refermi sur
lui-IJifme;Detlmonadeetsolitude.
L'évtne!IIC!ftt de l'hypostase, c-'est pn!sent. Le
prisent part mieux eftC(Ih', il t5lled!!part
Dall5 la trame infinie, sans commencement ni fin.
  il est d!!chiruh'. Le pnfstnt dkhih' ret\DUe
; il il est le œ mime. Il a un
passe, mals sous lorme de souvenir. Il a une histaih',
maisiln'estpasl'histoiJe.
Poser l'hypostase comme prftent n'est pas encore
intraduih' le lemps dans l'ill'l'. En nous dONiolnl
pr&en.t. nous ne nous donnons pas une ftmdue du
temps prise dans une série linhih' de la duNe. ni un
nes'aJil pu d'un pftsentdkoY-
pl dms un temps d'ores et conr;litué. d'un 1111-
ment du lll!mps. mais de lafontfimr du ptâenl. de la
dt1chinue C!U'il apàe dans l'in&ni impenmnel de l'ait-
la. U est comme un KhirrY D'un cOtf
C"esl unlvfnemrnt quelque choie. il n'exis·
te pas; mail c-'est un évenement de l'exister par lequel
quelque chase vient ill partir de sol. D'un catf, C"est
encoh' un pur évenernenl CJ.Ui doit s'exprimer pa:r un
verbe ; et cependant il y a conune une mue dans cel
exisœr. d!!jl CJ.IH!Ique chose, d$. existant Il est
liel de uisir le pnsent ill la limite de l'oisler et de l'aW.
tant où, fonction de   il vih' d$. en existant.
C'est ptidMmenl parce' que le est une la·
çon d'accomplir le O<à partir de soi• qu'il estlolljaurs
t!vanescence. Si le prfsenl durait. il • ..çu son
existence de queiCJ.uechose qui pNdde.llawait Wnlf.
fici6d'un hkiblp. Or il est quelque chOie qui vient de
soi. On ne JII!UI venir de soi auth'menl qu'en ne rece-
vant rien du puR. L'll!vanescenœ ser•il clone: la lonne
estentieiJe du commencement
Mais cette lvantseence, comment peut-elle abou·
tir li quelqur c:hose ? Situation diaiKtique qui dlcrit
plut6t qu'ellr   un phll!nomtne qui s'impose
maintenant:le-je•.
La philœophts ont toujours NCOnnu au -je• un ea-
rac:tirr amphibjque : il n'est pu une substance. c'rst
pourtant un nislant œ œ Le dilfinir par la spi·
rituallh!-œn'eslrien din!.5i spiritualih!i&juivauUdes
propriii!Ws. Ce n'est rien dire iur 1011 mode d'eldslence.
su.r rabsoJu qui dans le moi n'uclut pu un pouvoir de
mKIUVellemomt total Olle que ce pouvoir 11 une existen-
ce abldur. c'at tnulsformer en &Ubslanœ œ pouvoir
du moins. Par contre, limite de l'eJtisteretdr
  c:ommr fonction   œ le moi se placl
d'embl& en clehon diS oppos.ltioftl du Vllriablr et du
permanent, comme en dehors des de l'in et
du nant. Le œ on f{lle le
"ie• .n•• pa initialrmrnt un existant. mais le mode
d'ulster lui-mime, qu'il n'eJdsle pu .Il pmpmnent
ler. Certelle ps*ent et le •ie- vimlt en eldstlnts et 011
peul en mmpmer un lftnp8. avoir le œrnps comaw ur1
edstlnt. Et on peut dr ce temps hypas!UW avoir une
ap'rienœ kantienne ou berponiennr. M-is c:'est alors
l'e:xpfrience d'un temps hypollasill!, d'un temp& cpai est.
Cen'ISipJuslelltmpSdaftssafonclionsc:hanaliquren-
•••ecistrretl'oislant.lelitmpsc.ornmrévftlemml:pur
de l'hypa&Die. En pount Ir pdilent comme la mattrile
de l'eJCistant sur l'ellilter et en chen:hant le.,_. de
l'exister illl'nisllnt, nous nous Buvons dans un plan de
rechnmes que l'on ne peut plus qualifier d'expll!rience.
Et si la phll!nomblologie n'est qu'une d'flq)é-
rience radicale, nous nous lnluverons au dell de la phil!-
nnménologie. L'hypa5tase du présent n'esc d'•illeurs
qu'un moment de l'hypostase ; le temps peut indi-
queruneautrerelalionentrel'eaisll!retl'exislant.C'tst
lui qui nous apparallra pl115 tard comme l'lvfnemmt
mime de notre relation IV« aulnli el nous permeltr.t
   
paatue moniste du p!éenl.
P.-nt, ..;e- - l'hypostae at libeml. L'existanl
est l'exislft.llexaœsurson existenœ le viril
pouvoir du sujet. U a CJ.Wi!!ICJ.u.e chose en tan pouvotr.
Pmnitre liberté. Ce n'est pu encore la libati d11
libre mai! la liberti du cotnmencernent. C'est
il partir de CJ.IICICJ.ue choee nWntenant CJ.U'il y a exis-
tenœ. Ubmf incluae dans tou.t sujet. dans le f.ait mime
qu'A)' a sujet. CJ.U'il y a ftlnl. übertf de l'emprise mhne
del'exûtantsurl'exillft.
SOUTIJDE ET HYPOSTASE

COII\Diel'unillfindis8olubllentn:l'existantetsonftilœr,
elle ne tient donc pu i une prâuppmilion quelconque
del'autre.EIIen'iiJIPUlll'lp&lcammeunepriviltiond'une
Nlillion Jrialablement donnfe avec wbW. Elle tient
i l'oeuvre de l'hypoltue. U solitude ISI: l'unlllmhw
de raillant, le fait qu'il y il quelque chœe ct.ns l'ecisRr
i partir de quoi 1e faitl'exblenœ. • puw
qu'il est un. n filut une solitude pour qu'il y .Utlibmidu
ccmuner11:ement. mahrise de l'er.lltant sur l'uillter.
c'el-i-diœ. en IOIIIJne, pour IIJ.II'il y ilit Pistant. La soli-
tude n'est donc pu seulement un un abiln-
don. ma.is iiUSISi une Yirililé et une fieiU et une souver•i·
que l'iiNII)'M existentialiste de la solitllde,
men& exclusivement en termes de • rWssi
.t. effacer. filisilnt oublier tous lei thtmBS de la  
et de la psycholacieromantiqueet bynlniennede laso-
lituder.m..aloaaticple.pm.ie.
SOLITUDE ET MAttRIAU'I't
Maisœtœrnaibi5edusujetaurl'exislel;.cetœiOUYel'aine-
lé de l'existant. camporte un muumm.ntdial«tique.
L'exister est mallriM! par l'existant, identique
llui--mirne,   seul. Mais l'iclentili n'est pas
un dll!part de 50i ; elle est av.ui un reiDw'
l Mi. Le pdMnt cansiste duu; un mou infvitable
Il lui-mime. t.. rançan de la d'aistant r8ide
dans le fait mi!m•   peut pa sedll!tacher de soi.
L'uistant s'ottupe • soi. Cette de s'occv.per
de soi - c'e5t la matirialih! du sujet. L'idmtill! n'est
pas UM inaHmsive .vec Mi, mais un mc:hai·
nement Il soi; c'est la Mctssilé de s'accuperde
commencement est illawdi par lui-mime ; c'e!ilt un
prisent d'être et nan de live. Si libert4est imlllfdia•
nwntlimitée par sa lft]HIIISibililf. C'est son grilnd .,.-
radaxe : un lire n'est dll!j.ll plus libre parœ qu'il est
NlpDNIIble de lW-mime.
UHrtfll'll!pnl du puR et de l'avenir, le prisent
est un enchaînement par rapport 1 sai. Le n.rutiN
maNriel du prisent n• tintpasau fait qu. le pasHiui
pise au qu'U   de son avenir. Il lient au prll!o-
sent en tant que prisent. Le a dkhiri! la trame
de l'exister infini; il iKJIDN l'histoire; il vient il partir
de maintenant. El malp cela ou .li raus.r de cela. il
sni-même et par 1.11 connaît une lftponsi!·
bilit6,1oume en malirialilf.
Dans les descriplicms psychoiOJiqltN et anthmpo-
loaiques. œla se traduit par le fait que le ;rest dt!p rivf
.li soi. que la   gri·
ce, mais pesanteur. q.ae le moi est irftmiuiblement
soi. Je ne fais pi15 un dt'illme d'une liluloloJie. Le mour
du moi sur lOi n'est prft'isfimmt pu une -ine réfte.
xion. ni le l&u.ltilt d'une rMelclon pumnent
sophique. La reliltionavecsoiell.commedarwle mman
delllanchot,AIIfi,....,larelllionavecundoubJe
enchainf l moL double visqueux, p!Sint. stupide mais
avec leq•lle moi est pdcisfment patœ qu'il est moi.
Ali« qui se manifeste dans Je fait qu'il faut s'occuper de
80i. Toute   est un reznue-trlinap. Je n'aille
pu comme un esprit. comme un IIOUJire ou un vmt qui
souft\e. je ne suis pu sans Mon ltre M
double d'un avoir : je suis encombrf p11r mol-mime. Et
c'est cel.l,l'n.islaœ matirielle. Par c:Gn!llquent.k ma-
tmalilf n'exprime pas la chule continple ch
dans le tombeau ou la prison d'un corps. Elle iiCC'Om-
pasne - n6cesAimnenl -Je du sujet.
dans SB liberté d'n.istant. CompRruln! ainsi le œrpe:
l partir de Iii malftialilf -4vinemeftl concm: de l;a •
lation enbe MDi el Soi- r'est le ramener l
ment ontologique. lei relations ne -t
pas des liens cWsinrarNs. La relation enln! Moi et Soi
n'est pu une inoffensive rélln.ion de l'esprit sur
lui-mime. C'est toute la rNNirialiN de l'hamme.
Cela va donr ensemble : liberu! du Moi et sa mati-
ria liN. La prernièn! liberW qui tient au fait que dans
l'exister anonyme surgit un existant, eomporte comme
une rançon ; le définitif même riv-" a soi-mime.
Ce défin1tif de l'existant qu• constitue le   de la
solitude, c'est la materialitll!. Lasolituden'estpastra·
gique parœ qu'elle est privation de l'autre, mais pa.rre
qu'elle est enfermfe dans la captivitll! de son identitll!,
parce qu'elle est matièft!. Briser l'enchaînement de la
matière, c'est briser le dll!finitif de l'hypostase. C'est
le temps.. La solitude est uneabsenœde R!TnpS
Le tempsdonruf, hypœtasill! lui-mbne, expll!rimentll!, le
tempsllparcourir.\traversJ.equellesujetchanieSOI'I
identité, est un temps incapable de dénouer le lien de
l'hypostase.
Il.
L1 est le malheur de l'hypostue. Solitude et
111o1tfriali" voat solitude n'est pu une
inquietude supftieure qui se l un fm quand
tous., besoins -1 utisfaits. Elle n'est pu l'expf-
rlenœ priYilfai'e de l'lire poar Ill ,.,, mais la comp-s-
ne. si on peu.t dire. de l'exbtenœ quotidienne banNI
   
dkoulent de l'hypostase elle-rnftneo, expriment
nnnent mime de notre l1berti d'ea:isr.nt.la vie quoti·
dienne. loin de consri.tu11r une chute. loin d'apparahle
couune une trahison ;\ l'fpnl de 1\Gtft! desHn mtta-
physique, émlne de notœ solitude. fmme l'accomplis-
sement mtme de !:a solitude el la tenlilllive infiniment
grave de n!pomlre .t. aon malheur profond. La vie
q1101idieluw BI une pNoa:u.pation du salut.
LA VIE QUOTlDIENNE ET LE SALUT
Ne pnt-Cin pa aiNi urw contradiction dont
touR la philosophie contemporaine constitue te
jl!u ? L" espoir d'une sociftlf mei.llewe et le d&elpair de
la soUtucle, fon.Ustowr.Jer.dewcsurdesapfrienasqul
se pnllendmt fvidenta. dMs un antap
nisme insurmontable. Entre l'exptrience de la IOI.ilude
et l'urpl!rienœ sociale il n'y • paueulement oppœition,.
avUs antinonûe. Olarune d'entre eUes prlœnd .au rana:
d'une expfrience univenelle et antve i rendre compR
de   à la faiR --*comme une cWfp".adation
d'une nptrienœ authentique.
Au Min mfme du conslnKtivisme optimisR de la
iiOCiolosR et du soclalllme,le-.tlment de solitude•
maintient et menace. li permet de dinoncl!r comme di-
vertisMmenl pucalien. COJnJne simple wbli de la soli-
twle les joies de la communkation, la oeuvres
coll«tivesettoutœquiNncllernondehabltable.l.fi
fait de s'y trouver i1151alll, de s'occuper da chœa. de
s'attacher lll ella et mfme l"aplr.atlon i dominer les
chtlll!l - n'est pas •ulement dlpririE dan1 l'n.pf-
rienœ de la solitude, mais ellplicaué par une philo-
sophie de la solitude. Le soud des choses et des be-
&Oins ser1it une chute, une fuiœ d"ant la finllih1
dernière qu'impliquent ces besoins eux-mfmel, une
inconslc!uence. une ntm-YIIIrili!, fat.lle, cmes. INiil
de l'inMrieur et du r4prouvable.
Mais l'inverse est.lement vrai. Au milieu des an·
sen- pascaliennes,. kierkepardiennes, nietzschêennes
et heidegprieMeS. nous nousconduÎ5orl5 comme d'af·
f1I!WI bowpois. Ou nCNS sommes fous. Per.ionPe ne
propœera la folie comme UM 11oie de salut Le bouffon.
le fou de la trapdie shalœspearienne est celui ljui et
dit a11ec lucidité l'inconsistance du lriOIIde et l'abswde
dessituations-iln'estpi151eper&GIIIIIIpprincipalde
la npdie, il n'a rien l1UJ11\0nter. U est. dans le monde
des rais. dm prinœl et des hill-. par la-
quelle œ monde est des cowanls d'air de
folie, -Il n'est pu la ll!mplœ qui ftrintlts lunUha et
arrache le draperta On a buu ljUIIUfia de cbullt, de
vie ljuotidienne,d'Mimlllité. decWpadatkln et de
rialisme sordide. l'ensemble des pNoccupltions C(Ui
nas lonpes joum6es et ljui nous arrachent
l pour nous jeter en avec nœ

lrivM. On peul penser que le b!mpt aulhmtique at ori-
ginellement uneuta-. on s'ac:h*ee unemonbe: rnaJpf
la nudlhl de l'e'ldslence, il faut. dans la du pas-
sible. fine dken\menl Et quand on fait un liwe
sur l'angoisse, on l'fait pour quelqu'un, on paate .lilrl-
 
publication et l'on • conduit. pafois. comme un mal"
chanel d'qoisw. Lecund.nnfl mortla'Üesa Mue
lon; de son demier voy-ce. acnpte une demitrr cip-
mte, et trouve avant la salw un mot i!luquent.
Ob;ections faciles qui rappellent celles que certains
rüJistes adressent awr. idhlillbi!S. Cj,IW\d ils leur repru-
chen! de manger tl d'aspirer dans un monde
Ob;ections. cm l'occulftnœ, moins n6Wigubl5 ; tolles
n'opposent pu une conduite .li une
rnais une conduite Il une mor.ile. ChicUM des
rienœ5 anblgonistes est une morale. Elles objectent
l'une Ill' non pu l'erreur, mais l'inauthenticit4. Il
y a chase 11• de la naïvebf dans le dt!rnenli 'lue les
masses oppœenl   q,uand elles se pNoccupent
de pain plus 'lue d'al\l(lisse. De ll.l'acœnl de grandew
qui ll!melll dans un humanisme partant du prabltme
bnomiqœ, de Ill le pouvoir mime qu patdenl les
mrendkations de aa classe ouvrieR de s'fripr en hu·
manbrne. Pour un comportement !lUi •urailfté sirnp•
ment une chute ou mime un di·
Vfttis&ement. ou même une Wgitime de noiR
anirnalit4 -cela MraillnuplieabJe.
La solitude et ses •ft&Oillts sont pour un socia·
lisme constructif et optimiste, une position d'•utruche
dans un monde 11ui sollicite la so!icl.arih! et la lucidih!.
fpiphll!nomtne- pMnornêne de lwce ou de dkhet-
d'une pbiocle de transformation sociale; rbe inseRM
d'un individu cNsaH, une luxation dans le corps col•
lectif. Et c'est avec un droitll!plll celui dant UJe la phi·
losophie de la solitude. 11ue rhwnanwne !IOCialilote
peul qualifier de menaonpet de Nvardage. et même
de mystiiK•Iian et d'lloquence de fuite
devant l'esRntiel et de dll!liquesœnce -l'angoisse de
lamottetdelasolitucle.
Antinomie 11ui oppoM le besoin de seuuver el de
se - Jacob et Esaü. Mai& le vr•i npport en•
Ire salut el satisfaction n'estpucehd qu'aperçull'idh·
lisrne classique et 11ue l'nistenlialisme moderne main·
lient tout. l.e&alut nerequiertpasla5illisfaclion
du bfsoin, comme 1.11\e IDI'!m' Sl.lpl!ri""re qui de-
l'l'lolndHait 1 s'auurer de la solidih! de ses bases. Le
train-train de notft vie quotidimn.   œrlft pas
une simple séquelle de notre C'llllStamnwnt
cNpasslepar l'activité de l'esprit. Maisl'illCI.uill!tudedu
salut ne sursit p.s non plus dans 1.1 douleur du besoin
qui en sa-.ait lia cause occ:uionnelle. comme si la
pauvweli ou la condition du pn»>ll!taire &ill'occ:asion
  la. porte du Roy.awne Cllest.. Nous ne
pensons pas que l'oppleSSion dont la clasae ouvritre
esta«.ablft,Iui fliN faire uniquement unee•plirience
pure de l'oppression pour rlveiller en elle, par de" la
liWration économique, la nostaiJ:ie d'111te liblralion
IIN!IIphysique. La lute. rfvaJutionnaire se tmuve df-
tourMr de u sipification vbitable et de son intention
-*'le quand elle sert simplement de base Ilia vie sJH·
rituelle ou quand. par sa; crises, elle doitll!veiller des
vo:ations. lA lutte ll!conomique est dll!jll de pWn-pied
une luite pour le salut parce qu'elle est fond& dans la
mëme de l'hypost- par lillquelle se
constituelapredreliberti.
Il y a dans la philosophie de Sarln! je ne sais quel
pmmtangllique. Tout le poids de l'ütencel!tant re-
jelisurlep;a55111!,lalibertll!duprfsentsesituedll!jll
.au-dessus dela matitre. En rKOIUI.I-11.1 dans Je
tml mime et cWas sa llbertl de surgissement tout le
poids voutonsi la lois lft0nl\ill1tre
Il la vie matmelle et son biomphe sur l'anonymat de
l'exister et le dll!finitif h'il5ique auquel par Slllibertl!
m&neelleeelie.
EnrattachantlaJOiitudellla nu.Wrialilédu sujet la
nutfrialili ll!tanl son end.alnement A soi-mime, nous
pouvons compRndJe dans le monde et notre
nistence le monde constituent une cUm.IIChe
fondllllftl•le du sujet pour surmnnlu Je poids qu'il
tsl i lui-ml!me, pour surmonter SI  
c'est-.11-diJe pour dlnouer le lien entre le soi et le moi.
LE SALUT PAR LE MONDE;
LfS NOURRITURES
Dans l'existence quotidienzw. dans le monde. la
     
mesure,surmonNe ; entre le moi soi apparaît un
intervalle. U sujet identique ne ftloume pas ito lOi

Depuis Heideger nous sommes habitu& t. consi·
!Mn!r le monde comme un ensemble d'oulils. Exister
dans le monde. éesl apr, mais qir Rlellesorte qu'en
fin de compte l'aclton a pow ob;et noft eJdstmœ
elle-mfme. Les outils renvoient les uns au. auns paur
renvoyer enfin ito notre souci d'uiselrr. En appuyant sur
le bouton d'wvNile debain.nousouvnms le ptoblirne
ontologique lou.l entier. Ce qui semble avoir éd•ppt
l Heldeger -s'il•l vrai toutefois que quelque chose
ail pu échapper l Heideger en œr. - c'est
qu'avant d'ibe un systtme d'outils. le mondees! un en·
lltrllble R nourritura La vie de l'homme dans le mon-
de ne va pa au deUi des ob;ets qui le _.,Jislenlll
n'est peul_,.lre pas juii!P de dire que nous vivonS pow
manger, maB il n'est pu plus juste de diœ que nous
mangeons pour vivre. La dmaitre finalilf du manger
Hl canlenlll' dans l'aliment. Quand on respln! une lieur,
c'est :.l'odeur que sc limite la finalilf de Se pm-
mener, c'est prendre l'air, ncm pour la santé, mais pour
l'air. Ce sont les nourrilur.s qui aoracNrisent noiR! exis-
lenœdans le Exislerlœe-.talique-.!trrhorsdr
soi- mais limitlie par l'ob;et.
Relation •vec l'objet qu'on peut carac:liri5er par la
  Toute jouiu.ance est une manitre d'itre,
mai5 aU55.i une &enMtion, lumilre et con·
nai&sance. Absorption de I'Gbjei.IIUIÏ5 distancell'fprd
de l'objet. Au jouit appartient e&eentiellnnent un sa·
voir. une huninœilt. Par li. le tujrt. devmtles nourri·
twe5 qui s'offrent. est daMI'espau, l distance de tou5
1er; objets qui lui 5001 nkeslolizet pour ex.i&ler.
que dans l'identité pure et simple de su-
jet s'embourbe en lui-mime, dans le monde. lia
du retour l soi, il y a "rapport avec qui est nt-
cessairepourilre•. Lesujetsesiparedelui...,..rne. La
lumhest la «mdition d'une telle possibilillf. Dansee
sens notre vie quolidieMe est d4il une manlàe de se
libfn!r de la maNrialili initiale par laquelle s'accomplit
le sujet. D'il elle conbent oubli de 50i. La munie
des "nounitwes terreslraoo nt la premilre morale. La
pœmitre abnfplion. Pas la demike, mais Il faut pa-
8tlparll."
TRANSCENDANCE
DE LA LUMiêRE ET DE LA RAISON
Mals l'oubli de soi, la luminasitt de la jcNiulnœ ne
rompt p<151'attachement imrniulble du moi .au. Mi li
œ œ
la malfriaUWdusu.jetoù ilasapllœetsi.sou&lenom
de r.alson. on lrip cette lunûiœ en. .absolu. L'intervalle

sorbfpula lwnitœ.l.a lwnitrratœ parquolquftque
chaeeest caue moi. mail cWjlcommes'il
 
contn: mais du fait mime qu'iliSift'lairf., on le œncon·
be camme s'li sortilllt de nOUS". D n'.a p<15 d'ltranptf
roncïtre. S. transcendance est eruub& dans l'ilnma-
nence. C'estavecmoi.-mlmequeje me rehvuve dans la
canNiil5ance et dans la jouissanœ. L'ollkioribf de J.lu-
mike ne Sllffit pu i la IIWr.aliondu mot c.aptif de soi.
La lumike et la connabeance nous ap.,-nmem
li leur rqdans l'hypœtaMet dans la dMilecticplequ'eJ·
le apporte : une manike pour le sujet .af&.anchi de
l'anonymat de l'exiSter. rivf i lui-mime de par
son idmtillf d"existant (c'est-.l-dR matfriiiW) de
pmulœ disblnœ par rapport li sa matfri.alitt. Mais 51-
pllrfede cet évfnementontolosiclue. sfparfe de J. ma-
lirialib! il laquelle d'aulrw dimensions de libbatiOn
sont promises. la connaissance ne sunnonte pas la so-
litude. la raison ct la lumim! par elle5-mêrnes, con·
somment solitude dl' l'l!tant en l.lnl qu'l!tant,
accomplisstntsade51inéed'êtreiltoutleseuletuni-
que point de
En englobant le toul dal'll son universalite. la rai·
5011 se n=tmuve el.le-mirne dans la solitude. Le 50'
lipsisme n'est ni une aberT•Iion. ni un 50phi5me; c'est
la stn&cture mime de la raison. Non point en raison du
C"arxltreo -.subj«'tlf• des Sft'ISollions qu'elle combine,
INis en raison dl' l'universalili de la amnaislmce,
  l'illimilfde lalumiheet de l'impœs!bi·
lihi pour aucune chœe d'lire en dehors. P.v lilla raison
ne trouve jamais d'autre r•ison t. qui parlu. L'intenbo-
nalitf de la cONCienœ pemwt de dislinper le moi dn
chœes. nWs ne f.lit pu di!!pllraltre le solipsisme puis--
que son l!lfment,.la lumitre, nous mul main du mon•
de nb!rieur. mais est incapable de nous y cUcouvrir un
L'atJiectiYihi du saYOir rationnel n'enltve rien AU
ur..:lià-e solitain! de la raisorl. Le reotou.mement pato
5ible de   en subj«tlviN est le lhtme mime
de l'icléllisme qui est une phJiasophie de bi raison.
l'oiJtectivib!de ... lwniàe,c'est lasub;ectivillfeQe...mhne,
Tout ot;et pNI 1ft dit en termes de mnKienœ,
c'est-.l-diœ itR mil en lumi•re.
La trAnSCendance dl' 1'-.pece ne saurait b a55Uo
rée comme rielle que si elle est fondft sur une tr_..
œndanœ sans retour au point de dEpart. La vie ne sau·
rail devenir le chemin de la ridemption que 5.i Uns sa
lutte avec la matiêre, elle rencontre un êvl!nemenl qui
empld\e sa transcendance quotidienne de ll!lomber
sur un point, toujours le mfrne. Pour aperuvoir œtte
lr.ansœndanœ qui soutient celle de la   qui pttie
au mande nlfril!ur une nefriorief rieiW. il raut reve-
     
lajouÎSiancec'I!SI-l-dire.lil'e•isCencl!maefrielle.
III.
Nous nous IOII'Imet omapls du sujet seul ; seul du fait
mime C!,U'il est existllnt. Lil solitude du sujet tient li sa
relation avec l'exister. dont il est le mailre. Cette
mallrise SW' l'exister est le pouvoir de commencer, de
partir de lOi; partir de sol. non pu pour asir, non pu
paur penlel'. mais pour tire.
 
de l'exister anonpne Uns l'existant devient un enchai·
nement lsoi.l'enchainement mfme de l'identifiCIIIion.
ConcnUement, la reilltion de l'identificatiOll rst
l'mcornbn:ment du moi par le lOI, le .uci. que le moi
pnnd de sol. ou la malfti.llilf. Absnction filite de toute
Htion avec un avenir ou avec un p111R. le sujet
s'imposelsoi. et œta.. dans la Ubertimême de1011 prf-
sent. S.. solitude n'est iM5 iniûlnnent le fait qu'U est
sans secaurs mais Cl"' il nt jeli en .t. lui-mime.
qu'Il s'embourbe en lui-rnltM. C'est œla.la nq,tfriali·
tf. Auai Uns l'ins&lnt mime de la bansœnclance du
besoin. plaçant le sujl!t en face dlllS nourritures, en faœ
du II\OIIde comme nounilure. lui olb-t-elle une libf..
ratior1 Jo 1'4prd de lui-mime. Ù! monde offre ii.U sujet
la participation 5DU5 form! de jouislance,lui
permet par C<JNiquenl d'oi1ter l disblnœ de lOi. JI est
.absorW daM l'objet qu'il absorœ, et prde cependant
IIQ'distancell l"éganldecetabjet. Toulejouislanceesl
aussi   connaisl.lnœ. et lumitre.
Non point disparition deMi. de 50i et corn-
me une
LE TRAVAIL
Mais cette transcendanœ instant.ln& par l'espace ne
fait pas sortir de la solitude. t.. lumière C!,Ui permet de
rencontrer autre chose que soi, la fait rencontrer com-
me si celte cheR sortait de mai. La lumltre, la
clarté. c'HII'inlelli.Jibilitf mfme. elle fait toul venir de
moi, elle rarine toute up4rienoe .li un élfmenl de n!-
miniscence. La raison est seule. Et dansee la con·
naissance ne renc:onlte jamais dans le monde C!,ueiq11e
chose de vftit.blement aube. C'est Lli la profonde vf.
ritt! de l'idtallsme. Par Lli s'annonce une di.um- ra·
   
tanls, les uns par rapport aux autres.
Dans le concret du besoin, l'espace C!,ui nous lloi·
p de nous-mimes,. Hl toujours .li CORC!,uérir. Il faut le
franchir, il faul Jftftdll' l'obiel. c'est-1-dire il faut tra·
vallier de ses mains. Dans ce sens. "C!.Ili ne travaiUe
pas. ne manp pas• f!:t une prapositlon analytique.
la outils ella fabrication desoulils pour511ivent l'idtal
chimt!riC!,ue de la sup,-ion des dist.anus. Dans la
perspective C!,Ui s'ouvno sur l'outil .li partir de l'outil
moderne, - la machine, - on Hl frappé beiucoup
plus par sa fonc:lion qui con5illte .li supprimer le travail
C!,UI! par s. fonction d'instrutnent q\11! Heideger
il envisagêe exclusivement.
Or, dans !. lz"avaiL - c'est-l-elin= dans l'effort,
dans sa peine. et dans sa douleur, - !. sujet retmuve
le poicls de l'e1islenœ qu'implique sa liberte rime
d'1111islanl. La petne et la   o u ~ voilt. les pWnomt-
nes au•quels se rlduil en demier lieu la solitude de
l'eaislant et que nous allons euminer maintenant.
LA SOUFFRANCE ET LA MORT
Dans !JI peine. dans Il douleur, dans Il muffnnœ. now;
œ    
tr.pdiede J. solitude. Df:finitif que l'l!dal: dr Il jouis-
Silllœ n'arrive pu 1 sunnaniK Dnlx p:MniS il saulig-
ftl!r: c'I!SI clins la doull!ur du baai.n el du   non
puW.I'aft10i51edun&m.lluenousalkln5pGIIIIUivre
1'-lysedeladlhldl!;c'elsW'Iadoull!urlppi!We..lili
   
l'enppml!ftt dans l'ltllisenlce est loilft!IIUCUM fi'lui-
Cflll!· Alors 11ue daN Il douleur mor.Je Clft peut COI'III!f-
YI!I' Wll! attitude de diplüt et de companction et par
  œ 11-rfranœphysllpll!..lilola
11!5 ctep&. 1!51 llftl! impossibilillf! de se dBachl!r de
l'instlnl de l'existenœ. Elle estl'ininlisslbilib! mêrne de
l'111ft. Le cunlaw de Ill iQWfranœ se confond avec
  œ œ
pu dffinir la muffranœ pu la 10111!1Tance, m11il inlilter
surl'implicationsuigrrwri51luiencon511.tuel'-· D
y a dlnsla!OIIffrlnce wwabll!ncedelou.tnlfup. Ble
estleflitd'bdiiKternentexposill'ltœ. Elle est faite
de l'impassibilitf de fuir et de NCUier. Toute I'ICI.Iité de
l11011ffranre ed dans cetle impcaibilüf de NCUI. Elle ISt
œ
SD&dfranœl!ltl'impcllilibilltédun611nl
Mais il y a clans LI souffr.mœ. en mime temps ctue
l'appel à un nfant impclli5ible,la proximib! de la mon.
Il n'y a pas !leUiemenl sentiment el le savoir que
la souffrance peut aboutir li li n\01'1. la douleur en
elle--même comporte corrune un paroxysme. C"Omme si
quelque chose de plus dêchirant enccft que la souf-
france allait se piUCiuire, comme si malp tou.œ absen-
ce de dimension de repli qui constitue la souffrmce. il
y avait enaxe un lelrain libte pour un ilvfnement.
comme s'il falh•it l!ftC'Ofe s'inclllifter de queJciue chose,

de celui cp est jusqu'au boutdévoilfdans la soufFrance.
La la douleur C(Ui consislie dans son atta-
chement mhne à la douleur, se piVlonp enccft, mail
juqu'li un incoMU qu'il est impossible de h:acluiœ en
termes de lwnitre, c'•t-+diœ qui I!SI n!lfractaire àœtte
inliJI\ib! de soi 6 moi à œtoument tou.les nos
l!llpiriences. L'inconnu de la mort qui ne • doMe pas
d'ernbWe comme niant, mais qui est (Orn!llatif d'une
l!llpftienœ de l'impauibiliN du nilant sipifie non pas
que la mort est une n!lsion dont penonne n'l!llt œvenu
et qui parconRquent demeuœ, en fait. incannue; l'incon·
nu dela mort ,iplifiei(UI! la relation mime awrc la mort
ne peutsefairedans la lumièœ ;que le su;et1!51en œla·
lion aV« ce qui ne vient 1* de lui. Nous pourrions diR
qu'ilestenrelalionawrclemysttR.
Cette façon pour la mort de s'annoncer dilns la
soldfrance, en dehors de touR lumike, est une  
rience de la paBivib! du sujet qui jusqu'akm a !Mi actif,
qui derneurait actif même quand il c!tait dAion:l.f par
sa propre natuœ, mais réservait sa pœsibilib! d'usu·
mer sonltat de filil. Je dis: une exp'rienœ de la passi·
viii. Façon de car expmence tisniflll! loujoun
dijti CON\IIÏSianœ, lumiil're et iniliaiW.; tl!,p1rience
sipaifie aussi relour de l'objet ven -. sujet. La mort
conune mystil're !ranche sur l'npérienœainsi camprile.
[hJu loute passivilf est, par l'inRrmHillire
de bllumiêre, Ktivitf. L'objft que je rencontre e5t com·
pris et,. somme Ioule, construit par moi. alors que Il
mort annonte un Mnement dont le sujet n'est pu le
maitre, un ll!vinement par rapport auquel le sujet n'est
pluasujet.
la mort
clans .. prémle de particulier, pu
hl cii!ltlues an.lyses hetdegeriennes de   ..
MOrf. L'IR pour la mort. dans l'nillence aulhentic(ue
de Heidegft. at une luddilf 111ptfme et. par Il. une
virililf suprtrne. C'est I'U10ft1Piion de Ill demiil're
ptaibilili6 de l'aislenœ par le a-ill, qui raul p._.
ment pouib!ea toutes lei autft:l pouibiUiis", C(\11 zmd
pN corllll!quent pouible le fait mime de Misir une
pœsilrili.lt. c'est-+dire l'activilf et la b'berté. La mort
est. chez. Heideger. W4nemmt de libmf, alors ...

mile du possible. llae eft(l\atnll!, dll!bonW et en
quelque mamtte pulif. La mort est dans ce la Ji.
rnlli!del'id&tisme.
Je me demande mime comment le bail principal
de notœ œlltion- la mort 1 pu ichlpper •a• atten-
tion des phUosopbes. Ce n'estpu du n&nt de a. mort
dont pNtisll!ment nou1 ne 11vons rien que l'aulyse
doit partir, mais d'une situation oia quelque chœe
d'absolument inconnaisNble apparaît ; absolument
inconrulissable, c'HH-dire ll!tranpr Il tou.œ 1\111\ike.
rendant Impossible toute I550mption de pouibililf,
mais oia nous-mêmes sommes NisiJ.
LA MORT ET L" AVENIR
C'eat pou"luoi la mort n'est jlmais un praent. C'est un
truisme. L'aâge antique destiM l dissiper la crainle
de la mort; Si tues,ellen'estpas;sieDeest. tu n'espas.
- 5m15 doute lllnllle paradoxe de la mort,
puiscfu'il eHace notre Nlalion avee la mal1 qui est une
relation unique avec l'avenir. Ma .. du moins cet adap
insiste-t-il sur cet ftemel avenir de la mort. Le fait
qu'elled&me toutprant ne lientpasl notœ6Y.sion
devant la mort et l un implrdonnable divertillemenl
l   suprfme, mr.is au fait que la mort est ;,_,..
m.bleo, qu'elle la fin de La Virilitf et de l'hf.
ruïRne du sujet. Le maintenant. éestle fan CfU1! je suis
maUre, maitre du possible, nw1rt de saisir le possible.
La mort n'est jamais mainleNnL Qund la mort est Jt.
je ne suis plus 111, non point para que je suis Mant,
mais pua que je ne suil pu l même de saisir. Ma
rnaitrise. ma mon hfttümede .. nepeutb
virilitf ni htldsme pu rappm lb mort. Il y a dans la
souffranœ au sein de laquelle nous avons saili ce voili·
napcle la rnort-eti!I\CeftiW" le plan du phfnomine
-ce retoumement de I'Ktivitf du su;rt piiSSiviN.
Non point dans l'instant œ  
je le saisis encore, où je suis encore sujet de la souffrance,
mais dan5 le pleur el le sanglot. VI!IS lesquels la souf·
lr•nces'invertit;lloùla50urfr•nce•tteintlisapureli,
où il n'y • plus rien entre nOIIf et elle, la suprême
rrspons.abilitr de œtte .as50mption extrime 1oumt en
suprfmeirttipCIN&bilité,enenfance.C'eslctlales.an·
glot et par Do prkisémmt il •nnonœ la mort. Mourir,
c'est -nir l œl 'lat d'innponsabililll. c'eat ltrela se-
CO\ISIIeenfantinedusanJiot.
Vous me permettrez de revenir encore une fois
a ShakeipNre, dont j'ai au coun. de ces conU-
rences. Mais il me semble parfois que toute la philo-
sophie n'nt qu'une rMdilalion de Shakespun!. Le
hl!ro& cle la lra&'dle n'assume-t-il pu la mort 1 Je me
pemwttrai d'anal)'tltr trfe britvementla fin de Mac·
beth. Mackth apprend que la forftde Bimam m11Khe
SW" lechlteau de 011r111lnane. etc'esllesipe de la dlf.
laite : la mort approche. Qualtd ce sip ae !'&lise,
Macbeth dit : .SOUffle, vent ! V"JeN, naufrap !• Mais
101.11 de suite aprës: •Sonne la cloche d'alarme, ek ...
Nous mourrons au moins harnais sur le dϥ.
Avant la rnurt. il y aura comb&t. LI! second signe de
la dlfaite ne s'est pas encore produit. Les sorciires
n'avaient-elles pas pNdit qu'un homme M d'Mt
femme ne pouvait rien conft Macbeth 1 Mais voici
Macduff qui n'est pas ni d'une fenvne. LI mort est
pour mllinlmlnl•Ma.diluoitla langue qui me parle
aiftst crie Macbeth l Macduff qui lui appread aa puir
sance sur lui, car elle a dkouraslla meilleure partie
de l'homme que je suis ... Je ne combattrai pas avec
toi.•
Voill cette pusiVilf, quand il n'y a plus d'espoir.
Voi.lto œ que j'ai   la fin de la virilité. Mals illlftllf.
diatement l'espoir renai't, et voici les derniers mots de
"""""'
•Bien que le bois de Bimam soit venu à Dllnsinane et
que je raie en faœ de moi. toi qui n'• pM IR de ba femme,
j'euayerai cepencl.nt ma demitre d111nœ.•
Il y 41. avant la mon. toujours IIM demitre chance,
que le hinls llrisit. et non pu la mort. Le h&o& est celui
qui aperçoit: toujours unedmûtrtchanœ; c'est l'homme
qui s'obstine à trouver des chanca. La mort n'est donc
jamais a.umH ; elle vient. Le suicide 151 un Cl:lllœpl
contradictoire. L'itemelle imminence dt la mort
fllilpiirtiedesoni!Sienef!. Dlnsleprisentofa la mallriR
du su;et s'affirme, il y a espoir. L'espoir ne s'aptute pu
lia mort par ...., espke de sallo-fNIIrf4 Pif une esptce
d'incoftl6cruence ; il est dans Il marp mime qui. au
rnommt de la nxt. et donn6e au sujet qui va muurir.
Spim-qml. cette impauibUilf d'auumer la mort.
IWmltt pNdsimenl est un long tflnoiplllp. Le Mant
est impauihle. C'est lui qui aurait à l'honune la
pœsibilic.!i   la mort d'arracher à la servitude
de   une suprtme maftrise. •To bt or not 110
be• est une prise de conscience de cette impauibilill dt
a'anSntir.
L'tVtNEMENT ET L'AUTRE
œ  
dev;ent la limite de la viriliN du sujet. de cette viriliN
qui par l'hypœtase a ltt! rendue passible au sein de
l'abe anonyme. et qui s'est manlfeallfe dans le phfno-
IMne du dana la Jumitre. Non point qu'il
existe des entreprises impossibles au sujet. que ses
sc»ent en quelque manim finis ; la mort
n'IMOftft! pu une rhlilf contre laqueUe llOUI ne pou•
vons rien,. 18quelle noire puisunœ est insulfi·
sante; des r6alillil dfpasaaftt œ œ
cLan. le monde de la lumike. Ce crui est important
ll'approche de la mort. c'est qu'l un certain moment
nous ne poli- plu po11110ir; c'est en cela justement
que le sujet perd sa maitNe mime de su;et.
Cette lin de maîtrise indique que nous avons auu•
mll'exislerde !elle manitre qu'il peut nous arriver un
bllvrnml que nous n'assumons plus. JN5 mime de la
façon donl. loujours submeql par le lftCIIIde empiri·
que. nous l'155umons par la vision. Un 4orinement
nous antve sans que no111 ayons ablolument rien ..
priori•, sans que nous puisii.OM avoir le moindre pro-
;et. comme cela se dit aujourd'hui. La lftOit. c'esl
l'impossibililf d'avoir un projet. Celle appnxhe de la
mort indique que nous sommes en relation avec quekjue
chose est absolument autre, quelque chœe portant
J'allfrilf, non pu comrrw une dllflmiftation ptOVisoint,
nnus pouvons usimiler la jouiiiS.Ince, mais
queiC!ue chose dont l'nistenœ même est faite d'altfri·
té. Ma solitude ainsi n'est pu r:onfirmfe la mort,
mais bris& par la mort.
Par Ill, disons-le toul de suite, l'nistenu est plu-
raliste. Le pluriel n'est pas ici unemultiplicitfd'nis-
tants, il apparaît dans l'exister mime. O.ns l'nister
mfme de l'nislant. jusqu'aJon jalouMment assumf
par le sujet Mul el manifeslf par la 11011ffranœ. s'insi·
nue une pluralilf. Dans la mort. l'nister de l'nistal\l
s'alii:ne. Cerllrs, l'Autre qui s'annonce ne pœsfde pas
cet comme le posstde le sujet; son emprise sur
mon est myslfrieuse ; non pas inr:oruuae, mais

indique prfcisfment que   n'est en aucune façon
•n auln! moi-mhne participant avec moi l une Pis-
tence commune. La avec   n'est pas une
idyWque et relation de communion. ni
une sympalhie par laquelle nous mettant l 11 place,
nous le reconnaissolu ccmune semblable li no.s, mais
nllfrieur A nous; lill avec   t!ll une relil·
tionavecunM)'Sttre.C'est5oneldfriorilf.ouplutllt
son allfrilé, car l'exefriorîlf est une proprifté de
l'espace et ramène le sujet à lili-mime par lalumtm,
q•iconstituetoutsonflre.
Parconsfquent.seul un ftrearriYillacrispalion
de Sil solitude par la IO\Iffranœ et à la relation aY« la
mort. se plilœ sur un terrain où la avec l'autre
devient possible. Relation avec l'a•tre q•i ne sera ja·
mais le fait de saisir une pouibiUef. Il faudrait la ca-
ractériler en des termes qui tranchent sur les relations
qui dkrivent lalumifre. Je pense la relation floti·
que nous en foumille prototype. L'Eros, fort comme LI
mort. nous fournira la bas. de l'an.lyse de ame .eLI-
tionaver le myslê.e. A condition de   dans des
tennes tout .li fa il dilli.ents de ceux du platonisme qui
est un monde de LI hunitre.
il est de tirer de cette sllwltion de la
mort. où le sujet n'a plus aucune poulbUiti .li saisir, un
autnl carol('!iR de l'exiscence avec l'autre. Ce qui n'est
enaucunefaçcnliiÛSi.c'etl'avenir;l'exllfriorittclel'-
nirest latillelnent difUnmte de l'exb!riorill spalille par
le fait pnkisl!rnent que l'avenir al absolument surpre-
nant. L'anticipation de l'avenir, la pro;et-lion de 1'-
nir. comme l'tsMntiel du lmlps par taules
les lhfories de Jerpon • Sartre, ne 10rtt 111• le prt-
sent de l'aVftlir el non pu l'avenir aulhentique ;
l'avenir. c'est œ 111ui n'est pu uisl. ce qui tombe sur
nous et denow;. L'avenir,l:'etl'aulft. La re-
latkln aver l'avenù-, c'tst la relation mime avec l'autre.
Parler cie temps dans un sujet seul. parler d'une dwfe
purement penonnelle, nous Mlnble impossible.
Nous venons di! montrer dans la mort la pouibilllf de
l'iv4neml!nt. Et nous avons celle pcuibililfde
l'binemmt W le sujet n'est plus IM11n! de l'ftrine-
menl, .li la pœsibililf de l'objet dont le sujet est tou·
jours le mlhn: et avec: lequel, en 10mme,ll est toujows
seul. Nous IVORS cet comme
pNciM!menl pata qu'il ne pouvah ftnlmti•
dpf, c'est-1-cllre Slisl ; qu'il ne pouvait enlrer dane un
prisent ou qu'il y enlnit comme ce q\li. n'y enln! pas.
Mais la mort all'lli.annonc&comme-autnl,cornnwalif-
ftllionde œ   11111 mort? Si el-
le ouvre une issue à la 50iitude, ne va-t-elle pas
simplemenlikriSercelle 501itude,kraser lasubjec"tivi·
If mame ? Il y • en effet dans la mort un abbne entre
1'4vâlement elle sujet auquel il aniverito. L'fvi!nement
qui ne peul être Slisi, comment peul-il encore itorri·
ver" moi? Quelle peut ft:re Il relation de l'•utreitovec
l'i!titonl, IY« rnislllnl ? Comment l'exisllnt peut-il
niltercomme mortel et œpendantperslvi!rerditonsa.
"pel:50flAIIilfa, conserver 5I conqutte sur l' ooil y a•
anonyme, SI maîtrise du sujd. SI conquftl! de la
subjectivilf ? L'i!t.lnt peut-il entrer en relation avec
l'itoutre sans !aiMer tkritoser par l'autnliOn toi-mime?
Cette question doit \l!tre posft d'abord. paKe qur
c'est Ir problème mime dr la conservation du moi
daM la trai\SCI!ndan«. Si la sortil! dr la solitude doit
chœl! qur l'absorptitlll du moi daM le tl!nnr
vrrslequrlilSI!pro;rtte,elsi,d'autreparl,lej;ujrtl'll!
peul p.s auwnrr la mort comme il -.sume l'objrt.
sous quelle 1011111! prut SI! cettl! conciliation entre
le moi et la mort ? Commmt: Ir mai peuH.! tout dr mime
usumer la mort sansœpmdantl'assumercomme une
  1 Si en face de la mort on fil! peut plus pou.·
voir. comment prut-cm   R!ltl!r 10i devant l' .W.
nemrnt qu'eUe annonce?
LemiJN!pnlblh'leestimpli!lllfdaN
on fidile du pWnDrnà1e mênlll! de la mort. Le p11bfti.
Cluedeladoulew-111!COI15iscepuiii!Uiemmtdans
l'impœsibilill!cle fuir l'niltl!r. d'y ilreKadf,mais ...

la mort iiNICiftCI! la lnnKI!ndanœ. Nous prfffnms corn·
me Hamlet cette l!llistenœ conn .. i l'nilllenœ incoft.
nue. Conune si l'aventuft dans Jaqurllr l'eJÜ5tlnl1!151
entré par l'hypostase liait son .ul-.,leii!Ul mu..
p conft œ y a d'iniDWrable dans cette aventun!. n
y a dans la moJt la lmlaliorl du nbnt de Luake, et le
dfsir de l'ftlrrnill! de Pascal. Ce nr sont pu deux atlitu-
drs dislindes : nous vauJom lklois mourir et ille.
Le pKibtftne M consiste pu l arrachl!r une iltemi·
til la mort,. m1ls l de l'a«ueillir, de con-
sei'VI!r au moi. au milieu d'une existence où
ment lui •nive, la libl!rtf acquise par l'hypostase.
Situation que l'on peul appeler la tentative de
1• mort oC!, l la fois. l'ivinement arrive et où ce-
pendant le sujet sans l'accueillir, comme on a«ueille
unechc:lsr, un objrl, fait face .li I'Mnrrnent.
Nnu!> venons de dkrite une llituatton  
Nous allons mainlmanl mnntter unuituation conm.
œoùœttrdialediques'accomplil laquelle
il ft01I5 est impo55ible de nous kJni;uement
id etl laquelle nous avons constamment recoun. On
voit en toul cas qu'elle n'est peaphfnom4inologique
jusqu'au bout.
Cette 5ituationoill'fvéftement arrive l un sujet
qui ne l'usume pas. qui ne peut rien pouvoir l 10n
lprd. mais où cependut il est en lace de lui d'une
certaine façon. c'est la relation avec aulrul, le fa·
ce--1-laœ avec autrui, la renconhed'un villp qui. lia
rois. diHIMel cUrobe aulnli. L'aube •usun.- c'est
autrui.
Je dirai dans ma demim conNtenœ la sipü.rac.a·
dl! œnconhe.
TEMPS ET A1.ITRUI
J'esptre pouvoir montrer telle relation comme
enlitrement diiNmlte de ce qu'on no115 propa&e tant du
oW elliltenlilllisce que du c6Ni marxis&e.Aujawd'hW, ji
voudnis du moins indiCI"U la du lempi
lui-même.t. tetlesiblltûxl d• face-6-laœ avecaulrui.
L'avenir cpae donne la mort. l'avenir de l'ivfnR.
rnentn'e5tpaseMORielemps.Carcetavenirquin'al
Il piPIIOMIP. cet avenir que l'homme ne peYI pas auu·
mer, pour devenir un lllfnwnt du temp5 doittou.t de
mime entrer en relation avec le prft!Pnt. Quel at le
Uen entre les deu11 inatanlt, qui ont entre ew.: tout l'in·
tervaUe,toutl'abfmeqlliaipareleprft!Pntetlarnort.
cette marp Il la fois insignifiante mais a la fois infinM
où il y a toujoursassezd• place pour l'espoir? Ce n'est
certainnnent pu une relation cliP pure contisunl qui
translonnenit le temps en esptce. mai5 ce n'est pas
non plus l'flan du dynamisme et de la dUlie, puisque
pour le priwnl ce pouvoir d'fm: au deb diP lui-mime
d'empit!!ter sur l'avenir nous IIPmble pNc::Ufiment
ndu par le mplàe mime de la mort.
La relation avec l'avenir, la présence d• l'avenir
dana le semble s'accomplir dana le fa•
œ-l-faœ avecautnai.l..a situation de      
l'ao:::mnplissemenl mime du temps; I'IPI!Ipk!tement du
prfsenlsur l'avenir n'est pas le tait d'un sujet seul. mais
la r.tlalion lntel'lubjedive. La candlllon du temps est
dans le 111pport entR humains ou dans  
IV.
O.ns la tonlirence, j'll!tais parti de la souf·
france comme lv4nement où l'existant est nrlri
.t. accomplir toute sa solitude. r'61-6-dire toute
l'inteNité de son lien avec lui-mime, et lout le clffini·
tif de son identité. et.t. la fois où il se truu.- en relation
avec l'll!vinemenl 'lll'il n'auWM pa. .t.l'lpnl
ilestpun= passivili,Ciuieslabsolumenlautœ. •l'fpnl
duq.- il ne plus pouvoir. Ce futur de la mort df.
tennine pour nous l'avenir.l'avenird•ns la mesure où
il n'si pu préent. Il cllmmine œ qui dans l'avenir
tranche sur toute anticipation. sur toute pro;ection.sur
tout flan. Partir   telle notion de l'avenir pour
compn!ndre le lemps. c'est ne jamais plus renconlft:r le
temps comme une .. imap mobile de l'éternité Immo-
bile•.
Quand an enlbe au prisent toute anlicipalion.l'a·
venir perd toute conatunlilê avec le préent. D n'es!
pas enfoui au sein d'une éternité prftxistanœ. oill now
pmtdre. U est absolument autre et nou-
vu.u. Et c'Ht ainsi q11'on peut comprmdre Il lâlit•
mfme du 1emp5. l'ablolue impossibililf de trouver
dans le prftentl'fquivalmt de l'avenir, le manque de
tov.teprisesurl'avenir.
Certft. la conception betponienne cie! la libem! par
la dur«- !end au meme but. Mais au pJ6.
sent un pnuvoir sur l'avenir: la durieestaftt.iCirl.ll ne
suffit pas pour critiquer œtte philœophir sans mort de
la situer dans la!o!tle CO!olrant de la philalophie moderne
qui fait de la crhtion l'attribut princ"ipal de la crütwe.
n s' .,Pt de monlft!r que la c:riatiol!. ell-'lëme suppose
         
e!Je....même est incapable de la donner. Pour sou.tenir
cette lhèe nous avons insisté sur l'exister anonyme et
irftmissible qui constitue (OIIUne .an univen plein. sur
l'h)'IIQMIIe qui aboutit lia mallrile d'WI aislant sur
l'eôslel;maisquiparlilmfmes'entermedansledifini.
tif de J'iclentillf, sa       ne cWfaü
pas. JI ne s'a&it pas de conœster le fait de l'anticipation
auquel les delcriplions befponiennN de Ir. chlrie ftOUS
onthabitla&; U d'en montrer lts conditiiiRS onD-
logiques;ellessontlefaitpl"t6tq...el'oetlllftd'uns!ol·
jet en relati011 avec: le est. si J'on pe!o!l
dire. la dimension mime q"i s'OliYR" un sujet enfermf
en lui-mfrne. C'est pricilfmentla raison !.quelle
l'oeuvn= du llm\pS esl: profonde. Elle n'est pu limpJe.
mentie renouvellement par la celle-ci reste
amocMe au f'*ent, ne donne au cri.ateur qye la tris-
lftle de Pypnalion. Plus que le rencNvellement de nos
d'ime, de nos qualith. Je lempl est eaentieiJe.
ment !olne nouvelle naissance.
POUVOIR ET RELATION AVEC AUTRUI
je vais en la di!SCriplion. L'avenir de la mort.
BOII4tranpténelaisseau5ujetaucuneinitiative.U
y a un abime entœ le prisftlt l!t la mort. enhe le moi et
I'a114rit4 du mystml. Ce n'est pas sur le fait que la
mort am!te l'uilllmce, qu'elle I!St fin l!t Mant. que
nou1 avOI'II maissurlefait que !emoi est 1ft faœ
d'elle ab5olurnent sans initiative. la mort n'est
pas un pmblftnede vie4temelle. la mort, il!' nt
av« l'altirité dl! I'Mnemenl une

Qyelle est donc œtte pe..-melle, autn
c:hoee qUI! Il! pouvoir du sujet sur le monde, l!t pft.
Mrvant œpendanlla penonnallté? Comment du su;et.
peut-on donna une .Ufinition qui n!side en quelque
manihe dans sa pillssivit4 ?Y a-t-il danll'homme une
aube rnaitrbe 1ue œftl! virilit4, que Cl! pouDOir dl!,_.
œir, de sailir le Si nous la trouvons, c:'est en
elle. en œlte que c:onsisten le lieu mfme du
   

Mloillasolutionneconsislepulripflll!rlntermn
du   de pric:IRI" qu'elle peut ltreœtte
avec: autrui. On m'a objec:t4 que dans ma
tionavec:autrui,c:en'estpiisseulernenlsonavenirC!ue
;t que l'autre comme exist.anl a dqA un pu-
si pour moi .a que, par conslquenl, il n'a le privi·
ltge de l'avenir. Cela me permettra d'aborder A partie
principale de mon dtveloppemenl d'aujourd'hui. Je ne
dffbds pu l'autre par l'avenir. maill"avenir par l'autre,
p1.1ilque l'avenir mime de la mort a consisti dans son
altfrilf totale. Mail ma r4iponse principale consistera
.li dire que la relation avec l'autn: prise au niveau de
notre civilisation est une complication de notre Nlation
oripneUe ; complication nullement fon·
dll!e eiJe..mfme dans la dialectique inhhieure de 1a Nil·
tion avee autrui. Je ne poumli pail dfveklpper aujour-
d'hui. Je dirai simplement que cette dialectique
apparaît quand 011 pousse plus loin Ioula les implica•
tions de l'hypos!Ue traiNs ris schfmaliquement
jusqu'ici,. elen particulil!r,quand. on montreilc61fde la
transcendance vers le monde, la truscendance de
l'expnssion. qui fonde la contemporaniilf de Il civili·
ation et la mulullillfde touteNLition. Mais cette trarw-
cendance de   suppœe eUe-même I'De!ÛI
de l'aiNritf .li laquelle je me limiterai cetR
Si la ftlation av« l'autre comporte plus que del
relations avee le c'est qu'on a abcmW l'autre
dans la vte courante où NI 10lltude et son aiNriN
londm sont ddjll voilll!es par la dftenœ. L'un est pour
J'autre ce que l'autre est pour lui; il n'y 1 pas pour le
5Ujet de place exceprionnelle. L'autre nt connu par la
sympathie, comme un autre moi-mime. comme l'alter
ego. Oins le roman de Blanchot Ami ..... cette silua·
lion est pouuft jusqu'il l'abllurde. Entre les personnes
qui cimllmt dans \a maison ftranp où se puse l'action.
où il n'y a aucune oeuvre il poursuivre, où. elles de-
meurent seulemmt.c"est-.11-dire elles existent, cette re-
lariran la r«iprocilé lot.llt. Les ilres nt
sont pu mais rkiproqUC!S, ou plut6t
ils sont inltrchangnbles parœ qu'ils 50111 rfciproqun.
Et dk lors la lion avec l'autrt devient impossible.
Mais déj.ll, au sein mime dr la avec l'autrt
qui caractérise noln! vieiOciale,l'altfritf apparait commt
non réciproque. comme tranchant
sur la contemporaru!itf. Autnli en tant C(U'aulrui n'est
pu seulement un alm eso; il est ce 'lue moi, ji! nt suis
pas. U l'est non pu en raison de son canctm!, CIU dt SI
physionomit, ou de SI psychologie, mais tn raison dt
.,... allâitf lllf!M. U est. paroemplt, lt faible, ltpauvre.
•la veuve tl l'orphelin ... alors que moi ji! suis 1t richt ou
1t puisYn'l. On peut dire que l'esp«e inttrsubjectil
n'est pas symllltriqut. L'e.tfriorillf de l'autrt n'est pas
simpltmtnt dutà l'tspKt qui ce qui par le con·
œpl ldenliC(ue. ni à untdilffrence qutlamque
stlon le concept C(Ui M manifesterait par l'e.tfrioritf
sp;atialt.Lan!lationdel'alllfritfn'estnispalialt.ni(OII-
œpNtllt. Durkheim a mbnnu la spkilkitf de l'aun
quand il dtmandt m quoi autrui plu16t qut mai-mimi!
est l'objtt d'unt action vt'l'tueu5t. la charitfetla
juslke la dilflrence essentielle ne tient-elit pas .lo la
pftUrtnœ de la charitf pour l'alllft, aJon mfmt qu'au
point dt vue de la justice aucune pRNrence n'est plus
possible?
  sont dans la vie civilisft le traces œlflr n!lalion
av« l'autrr qu'il faut m:Mtdwr dans w origi·
nelllr. Existe-Hl silualion où l'alh!rih! ft l'autrr
apparail dans sa pweh! ? Exisœ-t-il UM situation où
l'aube n'aurait puseulementl'allh:lh!comme l'envers
ft son lftnlllf, n'oWirait passeulernlrnt.ll la loi plato-
nicienne de la participation ofa tout tenM conltent du
mlmeetpar 1.11 même contient ft l'au-? N'y aurait-il
pas siNalion où l'alh!rih! portie par un 1ft
.Il tille positif, canune e&leJ\C'e? Qœlle all'alh!rih! etui
n'entrr pas et sknp!enœnt dans l'opposition
des dllltlt espkft du mënw pnR ? Je pense que lit
contraift! absolument contraire. danl la contrariété
n'est affectft en rial par la relation qui peul s'llltabllr
enhe lui el 5011 com!lalif. la contrarillltlll qui permet au
de ftrneurer absolument•utft!, c'estle.frhllinin.
Le œ n'est pu une difflllrence sp6cifique
conque. U se situe .iro côtlll ft la division lostque en pnn!S
et en espkes. divi5ion n'arrive certes jamais li re-
joindre un contenu empirique. Milis ce n'est pas dans
ce sens--là qu'elle pas ft nendft! compte de!
la difUmu:e de seHS. La œ est une
structure formelle, mais qui dbupe la rklih! dans un
autre sens et condllionne la possibilité mfme ft La
rhlitd comme multiple, contre! l'uniW de l'i!lre
mée Pannlnide.
La diffêrence de .xes n'est ps non plus une
contradiction. La contr•diction de et du nhnt
conduit l'un il l'autre, ne lai55e pas de plaœ .li la dist.an·
ce. Le nhnt se convertit en ce qui nous a amenk
.li la notion d' ooil y a•. La nqa1ion de l'ftœ a fait sur
le pbon de l'eaister anonyme de J'étreen Fnfral.
La difféla1ce de sexes n'est pas non plus la dualiW
de dewr. termes cornplfmenl.lirs, ear deux termes
supposent un tout priexistant. Or,
      un lout..c'm!:d'avance
poser l'•mour comme fusion. Le patlu!tklue de l'""
mour consiste dans une dualib! insurmonl.lble des ft·
ftS.C'estunenll•tion•veccequ.isedl!rabeAjamais.
La N!lation neneutr.1lise pu iJ'IIDfoclo l'alb!rlb!, mais la
CONervt. Le palhltique de la volupti est Uns le fail
d'ëtN! deux. L'auœ en tanl n'est pu Ici un
objet qui devient nlltN! ou qu.i devient nous ; il se mi·
N! au contraiN!dans son mystfN!. Ce myslftedu Umi·
nin-du Nmlnin. auln! essentiellement- ne a nlffN!
pas non plus .li romantique notion de la fern.
me myslbieuse, inconnue ou. ml!connue. Si, bien en-
tendu, pour soulan.ir la de la position exception·
nelle du fll!minin dans l'll!ccmomie de l'flle, je me r'll!ffre
volontiers aux gra.nds thèmes de Goethe ou de Dante,
l BN.trice et i I'Ewis Weibliches. .111 culte de la Frmmr
dans la chevalerie et dans la .sodl!ti moderne (qui ne
s'explique certainement pas uniquement par la nl!-
cessib! de priler main-forte <liU 5elle faible). si, d'une
manltre plus prll!d!e. je pe.- aux pages
ment hardis de lAon Bloy, dans sn Ldlra j st1 Fitlndr,
je ne vewr. pas ignorer les priten.lions li!!ptime du U-
mini5me qui 5UppoMillloull'a«jui5 de LI dvilis.ltion.
Je veu• dirr simplement que« mystirr nt doit pu itn!
compris diins le sens   d"une certaine
que dans Iii m.alfriillilf La plus bru tl le, la. piU5 fhontft
ou Iii plus prosilique de l'iippllrilion du Nminin.lli son
mysh, ni u pudeur ne 50JI.t iiboli5. La proliiution
n'est pu une nfsiition du mysttrr, milis l'une des re-
lation& pœsibJeuvec lui.
Ce qui m'importe dms cene notion du ffminin. ce
n'est pu .ulanenl l'inconn.li!Nble, nWs lUI mode
d'itR qui il se dérober ill.illwnitœ. Le féminin
est d.ans l'n:istence un lvfnement difHrrnt de celui de
Iii lrlnscendiince ou de l"npresslon qui vont
ven la IUIIIihe. Cest urefuiledeY.antla lutl\h. La façon
d'exislltl"du Nminin est de se cacher, et ce filil de se a.·
cher est pNcislrnent La pudeur. Aussi œtte •llirilf d11
fiminin ne COMÏ5ee-t-elie pu en ure 'impie exllriori-
Nd'oiJ;et. Elle n'et pufiiile non plusd"uneopposition
de volonte. L'aube n'est pu un b que nous l'fnCOft·
Inini, qui nous nwnK'II! ou qui veuts'empuer de nowJ.
Le fait d'ftœ ttiractaiœ li\OIR pouvoir n'est pu une
puistance plu sr•rnlt qiM'lii n6ft. C"tstl'allfrilé qui
fait toute u puissllnce. Son mystère constitue son allf-
rilf. Rtmarqu.tloncb.mentalt: je ne pose pas•utrui ini·
tialement comme libmi, CilrildlfrisliqW! dans lac:Juelle
est iNcrit d'avilru:e l'khK de la corntnunic:ation. Car
.vec une libertf il ne peul y avoJr d'iiUift n!Lition que
celle de LI soumission et de l'aaervissernmt. O..ns les
deux cas. l'aM des deux libertés est.nlantie. La rela·
tion tnbe maitre et C!Kiave prut ltre uilit: au niveau de
LI lutte, mai5 alon elle devient Hep!
• mcmtrf prlcisfmmt comment le m.ailft devient
!'.:lave de l'escLiveet l'eKLive h! main.
En pesant l'alliritt! d'autrui comme .Ufini
lui-mime par la pudeur, je ne la pose pas comme libertf
identique li la mimneetaWI prises avec la mienne, je ne
paR pu un face de moi, jepœe  
rili. Tout comme pour la moct.cen'estpas.li un
que nou avons aHaiR, mai& .lil'fvWmmt de l'altéri.W,
ltol'alimation.Cen'IStpaslahbrrtequicai'Kifrilel'autre
inilialement. dont ensuill! • cUduira l'alll&ili : c'est
l'alb!rili que l'aube œ Et c'est pour-
quoi nous avons cette alb!rili Uns la relation
absolument oriple de l'eros. relation qu'il est impos-
SJ'bledetraduireenpouvoirsetqu'ilnefautpastraduin!
ainsi,siOflneveutpufaUYerleMRSdelasituation.
Nous dfcrivons donc une caNsoQe qui ne renbe
pu dans l'oppositi011 flle-nant. ni dans la notion
d'nilt.lnt. Elle est un ivmemenl dans l'nilter dlfU..
rente de l'hypostase par laquelle SUIJil un nistant.
Alors que l'e.Qstant s'accomplit dans le oosubjectif» et
dans la -conxience•,l'altirlb! s'accœnpUt dans le Umi-
nin. Terme du mime rans, mals de sens oppolll la
Nminin ne s'accomplit pascommelfllrtl
dans une ITanscendanœ vers La \umi•re. mais dans la
pudeur.
Le mouvement est donc ici inverse. La transcen·
dance du Nminin consiste 1 a ailleurs, mouve-
ment oppœf au mouvement de la conscience. Mala il
n'est pu pour cela iiiCOIIKientou subconacient,etje ne
vois pas d'aube possibiliN que de J'appeler
Akm qu'en posant autrui cœune liberV. en le
pensant m termes de nous sommes obJigfs
d'IVGuer 1'6chec de lill cornmunicilllion, nou1 n'illvons
avoH que I'Khec du mouvement qui tend 1 saisir ou
llo pcaéder une libertf. C'est en monlrilllltce
par quoi l'ems diffère de la poueum ee du pouvoir,
que nous pGU\IOM admettre une cornmunicalion dans
l'nos.ll n'est ni une lu•. ni uneluston.ni
sance. Il faut Rl«<IINiitresa place uceplionnelle panni
les relal'ioM.C'Ktla relation avec l'allêlitf. avec le
mysltre. c'est.....li--dire avec l'avenir, avec ce qui dans un
monde, où. toul est Lll, n'est jamais 1.11 avec ce qui peut
ne pas élre ü. quand toul est il. Non pas ilvec un lire
qui n'est pas li, mais avec la dimension mbne de l'alti-
ritf. Làoù.touslrrs pcmiblesiOill: impoasibles.lloù.on
ne peut plus pouvoir, le sujet estt'MOftAiirt pul'ftQI.
L'amour n'est pas une pcatbUitf, il n'est pas da .li
IR inllillive. il est sans IÛScKI. il nousenvahil el noas
bleswetœpenclant le je survit en lui.
Une phénornfnolop! de la voluplf, que je ne vals
qu'dfleum-id,-la voluplfn'estpas un plaisir comme
un autre, parœ qu'elle n'est pas un plaisir solitaire
comme Je maft#r et le boire, -semble confirmer 1'105
vues sur le r6le et la place ncepticmnelle du ffminin.
et sur l'.bsence de toute fusion dans l'fnltique.
La ansv KI un mode d'in du sujet, où le sujet
dans le contKI d'un aube va au deLli de ce contact. Le
contact en lilnt quesmaatlon fait partie du mllftde de la
lum•. Mais ce qui est n'est pas touchlli
.li PfOPJ"!!M"I parler. Ce n'est pu \e veloulf ou la Hi-
deur de cette main donn& dans le cantacl que chndle
la caresse. Cette recherche de la caftlle en constitue
l'essence par Je &oit que la   ne ait JMS ce qu'elle
cherche. Ce - pu savoir-, ce désordonnf fonda.
rnental en estl'euentiel. Elle est comme un jeu avec
quelque chOM qui se dfrobe. et un jeu iibsoJurnent yns
pi'Ojel ni plan. non pas avec ce peut devenir n6tft
el nous. mals avec quelque chose d'autre, toujour.s au•
IR, toujours inaaessibl•,loujours.ll venir. l..Jc.uessr
est l'attente deœtavenirpur. sans contenu. Elle est faite
de cel aa:roissemtrll d• faim. de promesses loujouJs
plus riches, ouvrant dts perspectives nouvelles sur
l'iNalsissabJe. Elle s'aUmmte de fainls irmDrnbr•bles.
Cette intenliONUié de la volupté, intenticmalib! unkl...e
de l'avenir lui-même, et nan paa attente d'un fait futur,
a toujours 11!11 rnll!connue par l'analyse phllœophique.
lui-mfme ne dit paa de la libido beaucoup plus
que Y ftCherche du plaisir, ptmanl le plaisir comme
simplecorœnu...ll partirduC!ueloncommenœranaJyae,
111111is qu'on n'analyse pas lui-même. Freud ne dlerthe
pu la signification de ce plaisir dms l'll!conomie pn..
r•le d•l'itre. Notre lhèle Clui consiste .t. .tfinner la vo-
lupli comme 1'4vfnement mime de l'avenir, l'avenir
pwdetoutconllftu.lemysltrernfmedel'avmir.chat-he

Peut-oncaradfrilercerapportavecl'autrepui'E·
nJScvmmeunll!chec? Encole une fois. oui. si ron adopte
la tenninoJosie des descriptions couran-. si on veut
caractii!riserl'll!roticpleparle-IIJf'o,lt"J'CCI5'ftteP,ou
le   Il n'y a rien de tout cela ou 6chK de tout
cela, dans l'enJS. Si on pouv.ail saisir el con·
Min l'autre. il ne MAil pas l'autœ. PcaMder, con-
naift, Mil:ir sont des synonymes du pouvoir.
D" ailleurs. le rilpport avec l'.autœ est pntralemenl
MherdM! comme une fusion. J'ai voulu pftcillment
contester que la n!lalion.avec l'autœ.soil fuaion. La reJa.
lion avec •utrui, c'est l'absence de l'autre ; non pal
absence pure el simple, non pas .ilbsence de pur n&nl,
mais •bsence dans un horizon d'•venir. une absence qui
est le temps. Horizon où pouna se constituer une vie
  .au sein de l'Mnement tranlœndanl. ce
que nou5 avons .appeW pl111 haut LI victoUe sur LI mm
et dont il nous faut dire pour terminer quelqu• mols.
Revenons .li la pmxcupation qui nous a condulls dt
l'.alb&ritl dt la mort .li l'aiNrilf du Nminin. Devant un
fvfnemall pur. devant un .avenir pur, qu'est la mort.
o(l le moi ne peul rien pouvoir,   ne peut
moi. - nous cherdUons une situatton où ce-
pendant il lui est possible de meer moi. et nous aVON
.appelE sur la mort cetle silualion. EncoR une
fois. on ne peul pas qualifier cetw situation de pou·
voir. Comment dans l'altlrili d'un 1111. pw-je, san•
m'.absorber dans ce IOl, el SIM m'y perdre, rester
moi ? Comment le moi peut-tl nsler moi dans un loi.
Mnsbcependanlle men quejr:suisclans mon prémt.
c'esh\-dire un moi qui revient fat.lemenl .li soi ?
Comment le moi peul-il devenir aube .li soi ? Cela ne
se peul que d'une-le manitre; par la palemlli.
La piilemitlestlarelalionavecunll!tr.anprqui. to.at
en ltant autrui. est moi ; la 11lllion du moi avec un
mDi. Ltfilstn
effet n'est pas simplement mon otuvre. comme
me ou. comme un objet flbriqllll!; il n'est pas non plus
INI pJOprill!tf. Ni les catll!pries du pouvoir. ni cellel de
ne peuvent indiquer la m,tion avec: l'enfant. Ni
la notion de cause, ni la notion dl!' P"'flrWh! ne permet-
tent de Siil.ir le fait de la Ncondili. Je n·• pas mon en•
f;utt; jesub"en fOIIIflque œ mon enfant. SNiemmt
lesmolsooje suis• ont id W'IISignificationdifrflentede LI
sipification 41htique ou platonicienne. Il y a une
multiplic:i14et une transœndance dans œ verbe l!llisll!r.
une transcendance 'fUÏ manque mime aux ..WySI!S
l!ldsœntialisleslesplushardies.D'autreput.lefilsn'I!SI

exemple. ma lrisii!Sse, mon 4preuve ou ma souffranœ.
C'I!St un moi, C"I!St une personne. Enlin.l'alllkil4 du fils
n'est puœlled'Wiall'l!ri!IO- Lapatemilin"tst p.s une
l)'mf'ilthil! je pu ... me mettn l LI place du
fils. C'I!St pou- mon flle que je sllÏS mon fils et non pu par
la 5JIIIpdlk.   du moi l soi qui commence avec
l'hyposlase n'est donc pu sans r4nûslion. piœ l LI
penpectived'avenirouvertepari'I!IOS.Aulieud'obte-
nir cette rimiaion par la diiiOiution impœliible de l'hy-
on l'accomplit pu le fils. Ce n'•t donc pas •
lon. la a.tigoril! de la 1211111!, mail•lon la du
pM que se fait la llbmi! et que s'accomplit le llnnpS.
Lll nation d'41an vital de llnpon qui confond dans
le mime II\CIIIvernl!l\1 Il C!Utiorl artistique et la JiNna-
tian-œ 'lue nous appelons la fkondllf-111! tient pas
compte de la mort, D'Ilia surtout tend vers un pllnthll!it-
me impenonnalistll! dans œ sens qu"illll! maque pu
sufflNmml!nt .. crispation et rilolnnmt de Il su!J;edi·
vilf. moment iN:Iudable de non dialectique. t. pa·
ll!mitf n'est pu mmplemrnt un NnOUvellemeat du pfte
dans le fils et sa confulion avec lui. elle estau.i I"I!XIIf.
riorité par rapport au fils. un t'JdJter plwalilll!.
La récondité du moi doit flle apan*i'e lM juste valeur
ontolostque, œ qui n'a enCOR jllnaia 4ti fait ju.qu'akxs.
qu"elle est une a.t4gorie biolosique ne neu.tralisl!
en façon le paradOM de sa siplficaticn, mfml!
psycholaziclue.
!'.toi comrrwnc6 par la notion de la mort, par la no-
lion du (lminin, j'ai abouti à ceUP du fil$. Je n'ai pa5
pmcédl d'une façon phênomênokJsiq;ue. La conti
du est celle d'une dialectiCit&e partant
de   de l'hypostue, de l'mchainement du moi
au soi, allant vers le de cette identih!, ver.11 le
maintien de l'existant. mais dans une libbation du moi
lll'fglrdde50i.l.essituationsconcricftCIUÎilV.toÎelltet4
analysees n!pl'âentaient l'accomplislement de cette
dlalectlqu. Bien des intenMdiailftav•ienl ,_. SIIUtes..
L'unili de ces sUuations -la mort. la IDI.Iallté.la pa·
lemité- n'apparut jPSqu'alors que par rapport l la
notion du pouvoir que ces situations exduenL
Ce fut mon but prinripal. J'.toi tenu l fain! nssortir
que l'alhhilf n'est pas pumnent et simplementl'uis-
tenœ d'une aube liberH li côW de la mienne. Sur œl-
le-c:i j'ai un pouvoir ob elle m'est absolument êtranp-
1'11!, sans ftlation avec moi. La coex1slence de plusieurs
liberté est une mulllplicilll! qui la !ar intade   de
chacune ; ou bien œtbe multiplicilf s'unit en une vo-
lonlll! pnbaJe. La sell.uli"- la mort iniiO-
dullent dans l'uislenœ une dualilll! qui concerne l'ois-
ter mme de chaque sujet. L'elÙSift" devient
double. La notion llfalique de l'êlft est cUpas&éP. Le
temp constitue non point la forme dichue de l'b.
mais son lvlnement mime. La notion llhüque de l'in
domine la philosophie de PLaton oi& la dtlit
subotdonnfe .li l'un et où le rate du flminin ftlit pensf
 
lia rnatitft. Platon n'a pas Sllis.i le Uminin dans 511 no-
lion spKiriCjuemenllrotique. n n'• laissl, dans Sll phi·
l010phie de l'amour; au hlnin d'aulft r61e que celui
de foumir un t!lœmpJe de l'ldér,laquelle 5eUie peul ille
objrt d'amour. TouR Iii puticul.lriti de la le&.tion de
l'un .!1 l'autre page inaperçue, Plalon «JJ\SSnnit une Ri-
publique qui doit imilitr le monde des ldHs ; il fait la
philœophie d'un monde de la   d'un monde
sans lemps. A de Platon. l'icNal du social sera
chercht dans un idNI de fusion. On prnsera que dans
sarelationavec:l'autre,lesujettendt.s'identifieraver
lui. en s'abtmanl dans une reprf:lentalion colledi.ve,
dans un idNI commun. C'at la collectiviti qui dit
•nous•, qui, toumleversle soleil inh!lligible, ven lavé-
rité, sentl'allh Il c6lé de sot et non pas en faee de 101.
Colltctivllf qui s'ftablit ilutuur d'un
tnrisihne œrme qui Mrt d'inh!nMd.iaire. Le Milti-
,.lllftrsn'n demeure lui aussi la collectivité de l'avec et
c'est autour de la vfritiqu'U teririle dans sa ronne
fouthentiqoe.llestmllectivilfau.tourdequtlquechole
de commun. Allllli comme danltoute51es phllosopJüell
de la communion, la IOCialitl! cha Heiclegtr
ve-t-elledanslesu;etseul et c'est en des h!nnesdeso-
litude que • poumdt l'analyse du a-in. dmssa tom.
authentique.
A cene collecliviti du c61e-.l-c&ce. (ai essayl
d'oppœerla collecliviti -rnoi"'oi•, la preaanl non pu
iiU sens de Buber, où la Nciprocitf clemeuR le lien en·
tredeualibertéssfplllées,etoCile inlluctaWe
de lfo subjedivilé ilolfe esi80U5-eitiml. J'ai cherdtf
une h"anscend;mce temporelle d'...n pœsent vers le
de l'avenir. Celle-ci n'ni pas une putic'ipa·
lion .Il un terme, que œ soli une penonne,
une vfrill, une oeuvre, une proleulon. C'est une
collect!.vltiqui n'nt pu une communion. Elle nt le ffi·
ce-6-fKe sans intermêdiaire. el nous nt fournie dans
l'ei"CIS Dfl, dans la prOillmitf de l'autre, est inlfgrale-
ment   ddl.lnœ, dont le pathl!tique ISI: fait
Ilia foisdeœtte proximi .. etdecettedlYiill.
Ce qu'on prisente comme l'échec de l1 communi•
c11ion dans \'1mour constitue préciMment 11 pœitiVi·
la relation; cetteabeencedel'•uRest plltiM-
menl sa pr&ence (Ommt 1utre.
Au cosma5 qui ISIIt monde dt Platon s'oppase le
mondtdtl'espritoilltsimplicltionsdel'ilrasnese,._
duisent pu 1111 logique du pnre, où le lnOi se s!olblti·
tut au rn&nt et 111lrui lll'1utn:.
1) Toule!llesnepliocll.icllerVeWIIdiNIIIdelaipliandeeette
• •   œ
dellnfplian. .. -litl.olnlpasune!Nolopnfptive!EIIIII
œ ..... -piUI
apriaoel;,..le4ilel!lkd6dft.doo ....
_ ...... pllllnœ.l' ..... lflli.CIIIII.....-mllnedu
....   ...
.... -... ........ .... ,._.,.
...,.,._del'.lneodiiOLiduiiNiil'fl_.,.........lllllll ..

cWjllllllnls;Y.m-ltY_,;n,llan-linlllltet..,punp-
port•I'Winl
........ r-u9'14l
et.,pblll!piMI!emml,.-efllld••Diav.etlllphl....,...

œ   ... ..,..de11Gi
.............. pl.ltaNime. ....... IUtllll.cdcul .... ildf.
_... ........... .._ ............ lb...ppGMnlllrl
INinQIIItqlliMRiniMrMnsqu'-plnrftlneiOil-
pnf.Cen'..tpufllmm.dep!Ofttlet*pnttsqu'll-


s'inKriV.,I daN Yb, jeM dlnt -di.lltdiqw. Taule 1'.111-
lncüon dlsiiCIIII"rihanslemlol-. kiliM de Ill
;ew-•'oppciiii!.IU r1laal plllallicien.
 
lftfale ,_M. dew.ltleNd- 11
de Hllllftl. M. dt WHihml nlimt qur Il r111Gn quo incile

ln..-..ianllle dml a l'oden1tllele- eMN inltlllpbllolf ee
CIIOU!nK'Iion;a.puNvilaon'ftlniJNSinltlli&illllllf.Jepm-
• •
quedfjal'ontellilibJlilf.Yolr,c'.tdljlomlll•Melleerœr.me
IIN'fdtsonp...,.e....,l'olo;ltquet•on_..o.m.ce
sms.a.•nriSIItutioiiiAI'IInnlllllll!.•ll'ftl:qu'unefloçvnllh
YGirmpltinrcllltf.C'elunpinrhtwlnellldtll'llllan.
5) L...mdoa ....... n'tBI,..._ItcktM.W.hl.
• •
c- d'..,..._ bp1ntine..

TABLE DES MAnhES
raiFACI!
I.L'(g}n"EI"L.n.AN
lA sounJDE DE L 'EXISIEit
L 'Elii5IEit SANS DISTANT
LA VŒQUOIIDŒNNE ET LESAutr
   
TUNSCENDANCEDEIA LUMIUE
ET DE lA RAISON
LA SOUJ'FRANCE ET LA MORT
LA MORT ET L"AVINIR
L 1lv2NEMENT ET L" AUTltE
AUIUETAliTilUJ
nMPSETAUlRUI