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Le problème de la fondation de la phénoménologie de Merleau-Ponty ; ou comment Eugen Fink peut-il l’avoir influencé

Professeur: Dra. Annabelle Dufourcq Étudiante: Anna Luiza Coli

I – Introduction
L’objectif de ce travail n’est pas de nier l’originalité de la phénoménologie de Merleau-Ponty face à la phénoménologie husserlienne, ni d’affirmer sa filiation avec Eugen Fink, comme l’écrit Bryan Smith1 dans son article controversé dans lequel il accuse Ronald Bruzina2 de l’avoir fait. Soutenir une telle affirmation reviendrai à porter un jugement hâtif et non moins abusif à l’image de ce que Smith écrit sur la philosophie de Fink ! Cette analyse va donc s’intéresser au dialogue qui s’est effectivement déroulé entre Merleau-Ponty et Eugen Fink lors de leur rencontre aux archives de Husserl à Louvain en 1939, après la mort du fondateur de la phénoménologie. Tout d’abord il faudra mettre en lumière certaines affirmations que fait Merleau-Ponty déjà dans l’Avant-Propos de son importante œuvre Phénoménologie de la Perception, et qui laissent transparaitre déjà des traces de sa rencontre avec Fink, bien avant qu’il commence à prendre part au mouvement phénoménologique. Ensuite, dans un deuxième moment un accent sera mis également sur l’importance de la contribution de Fink au développement de la phénoménologie ultérieure de Husserl. Ce rôle essentiel qu’a joué Fink a été oublié pendant longtemps, à cause de la difficulté rencontrée dans la promotion de ses travaux qui ont eu du mal à survivre à la politique allemande du Troisième Reich et de l’après-guerre. Ce travail découle d’une lecture simultanée de certaines passages de Merleau-Ponty et Fink, qui mettent en évidence leurs convergences en ce qui concerne la prise en charge de la tâche même de la phénoménologie. Ce qui revient plutôt à isoler la position que chacun a pris par rapport à la figure de Husserl ou même contre elle. D’un côté, Eugen Fink, l’assistant et de la dernière décennie de la vie de Husserl, qui non seulement a eu accès à tous les travaux produits par Husserl sous la forme de manuscrits inédits,
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SMITH, Bryan. “The Meontic and the Militant: On Merleau -Ponty’s relation to Fink”. In International Journal of Philosophical Studies, 2011, vol. 19 (5), pp.669-699. Texte accesible sur ligne en: http://www.tandfonline.com/doi/pdf/10.1080/09672559.2011.600771 2 Un des plus importants spécialistes sur l’œuvre d’Eugen Fink. Il a édité plusieurs œuvres en allemand et a traduit encore tant d’autres aux lecteurs anglophones. Voir : https://philosophy.as.uky.edu/users/rbruzina

» . Après sa mort. » (p. cependant. Van Breda nous donne un précieux témoignage de sa rencontre avec Fink : “Au cours de ces quelques jours de visite [de Merleau-Ponty aux archives Husserl.7 Suite à cet extrait.413. 5 Peu de temps après ces expériences extrêmes. 1962. où. 4 Voir l’extrait écrit par Husserl que Bruzina traduit dans son Introduction à la traduction de la Sixième Méditation Cartésienne de Fink. 6 Lettre du 20 mars 1939. mentionnée par H.xx : « At the request of the distinguished editorship of Kantstudien I have carefully gone through this essay.. pour une première fois. le rôle de traducteur entre phénoménologues de nationalités différentes me fut dévolu . Edmund Husserl & Eugen Fink: Beginnings and Ends in Phenomenology (1928-1938). passionnant d’ailleurs. de cette position privilégiée que Fink a pu de manière précoce et fructueuse mettre en lumière les difficultés et les problèmes de la phénoménologie et. 3 Voir l’exposé détaillé de cette collabor ation dans : BRUZINA. il a montré un grand intérêt pour le travail inédit de Husserl et de ses assistants. comme indiqué par une lettre de Merleau-Ponty à H. il a commencé sa relation avec Husserl et sa phénoménologie. ses développements et les grands projets systématiques pour l’avenir du mouvement phénoménologique. à l’époque responsable pour les Archives Husserl à Louvain. dans la conversation.Comme nous verrons à la suite. 2004. devait encore m’échoir bien souvent. Fink a publié une version de sa Sixième Méditation dans la Kantstudien. Cette proximité lui permis au fil des ans de discuter avec Husserl des grands thèmes et des dilemmes de la phénoménologie. qui à ses yeux était d’une grande valeur. dont l’extrait ci-dessus a été pris. après la guerre et l’expérience de l’occupation de la France par les Nazis. pour lequel il me serait extrêmement utile de connaître le tome II des Ideen. that I could not explicitly acknowledge as my own conviction.2 mais qui aussi a eu une collaboration intense et même quotidienne avec lui. et pensez-vous qu’il me serait possible d’en obtenir communication sur place [à Louvain] ? [. 5 Texte intéressant sur ce thème « Sens et non-sens » (Gallimard. Bien que. proposer à son tour une alternative qui – bien qu’elle ait pris ses distances par rapport au premier fondement de la phénoménologie – a bien reçu l’approbation du fondateur Husserl. p. j’eus tout d’abord l’occasion de le présenter à M. Eugen Fink qui. dans les années à venir. rôle qui. chacun d’eux se butât alors à des difficultés très sérieuses pour s’exprimer dans la langue de l’autre. ils eurent un long échange de vues.67 (4). Le texte de Fink auquel Merleau-Ponty fait référence ici c’est le « Das Problem der Phänomenologie Edmund Husserls ». 4 De l’autre côté nous avons justement Merleau -Ponty. Van Breda.L. de voir ses limites. n. comme je l’ai déjà dit plus haut. qui. R. aussi très tôt. 7 Texte qui est paru dans le deuxième numéro de cette même Revue (pp. doit être imprimé bientôt en Belgique. Yale University Press. p. Cet exemplaire existe-t-il encore. venait d’arriver à Louvain pour y collaborer aux Archives. » 6. 1945). Il en existait un exemplaire dactylographié que les élèves de Husserl consultaient. .226-270). Cette version a reçu un Vorwort de Husserl. 3 C’est peut-être en raison de ce contact très étroit avec la pensée husserlienne. and I am happy to be able to say that there is no statement in it that I could not make fully my own.L. Van Breda dans son article sur la fondation des Archives de Husserl à Louvain en « Merleau-Ponty et les Archives-Husserl à Louvain » en : Revue de Métaphysique et de Morale. Merleau -Ponty écrit : “Je poursuis un travail sur la Phénoménologie de la Perception. 413).. change radicalement sa position philosophique au constat de l’échec des systèmes métaphysiques et étiques traditionnels..] Je me permets de vous demander en même temps si l’ouvrage de Fink dont un fragment vien t de paraître dans la Revue Internationale de Philosophie.

8 Ainsi.I. seraient publiés ensemble comme un travail de collaboration entre Husserl et Fink. 2) le reste de la Revue Internationale de Philosophie. Cependant. il aurait détruit un grand nombre d’écrits. Husserl effectivement rendre une version révisée déjà en mai 1929. En tant que ‘sixième’ Méditation Cartésienne. quand les premiers exemplaires ont finalement été remis aux Archives Husserl. issu de sa collaboration avec Husserl sur les manuscrits de Bernau. La première mention publique de Fink en France a été faite en 1941dans le livre Le cogito dans la philosophie de Husserl de Gaston Berger. et 3) le Zeitbuch. comme il a aidé à préparer une bibliographie de Fink à l’époque qu’il était son assistant. p. ce qui a suscité la traduction de cette œuvre en français par Gabrielle Pfeiffer et Emmanuel Levinas. L’indisponibilité de ce texte a soulevé plusieurs hypothèses différentes. à travers lui. rapporte avoir vu devant lui trois manuscrits spécialement organisés : 1) Vergegenwärtigung und Bild II [la deuxième partie de sa thèse de doctorat sur la phénoménologie de l’irréel] . Selon Bruzina. peu de temps avant sa mort.3 Ici nous allons suivre ce dialogue que nous donne Merleau-Ponty déjà dans la première page de l’Avant-Propos de la “Phénoménologie de la Perception” en nous réservant le droit de regarder au-delà des références explicites à la VIe. cependant. selon lesquelles il n’aurait pas survécu à la Seconde Guerre Mondiale ou qu’il aurait été détruit par Fink lui -même. l’existence de ce travail de Fink a été longuement débattue par toute une génération de philosophes intéressés par la phénoménologie. où nous tenterons de trouver les traces les plus essentielles de ce « passionnant échange de vues ». et non sans raison on croit même qu’il les aurait détruits. le livre célèbre sur le temps. v. Peu de temps après. Aucun de ces trois manuscrits n’a pu être trouvé parmi les papiers et les écris de Fink Nachlass. parmi lesquels. Sa publication a été faite après la mort de Fink en 1975. où il avait publié son article « Das Problem der Phänomenologie Edmund Husserls » . il 8 Je reproduis ici la note d’édition des œuvres complètes de Fink (Philosophische Werkstatt. le produit final du travail de Fink sur le temps basé sur les manuscrits de Bernau et sur les nouveeaux manuscrits à l’époque de sa collaboration avec Husserl. la nécessité d’une révision systématique de ses méditations a été mise en évidence par Husserl après le succès de ses lectures de l’introduction à la phénoménologie intitulés « Méditations Cartésiennes » à la Sorbonne en février 1929. ce travail de Fink a été conçu comme une séquence des cinq autres méditations de Husserl. II . car il est bien connu que. les quelques personnes qui ont eu accès au travail de Fink sont celles qui étaient en rapports étroits avec Husserl et. . La difficulté d’accès à ce texte a perduré jusqu’en 1971.L’histoire de la Sixième Méditation Cartésienne et comment Merleau-Ponty a eu accès à ce texte : Comme Bruzina note dans son introduction à la traduction anglaise de la Sixième Méditation Cartésienne. ont rencontrés Fink. les événement s politiques après 1933 ont rendus impossible à l’époque l’achèvement ce plan. qui. comme Fink écrit dans une lettre à Van Breda d’octobre 1946. on s’en doute. après une révision fondamentale et une restructuration. xxxiv) : « Le Professeur Friedrich-Wilhelm von Hermann. Méditation et à Fink.

Idem. que lui avait remis Fink. «en raison de l’oscillation fatidique vers une philosophie de l’‘existence’ et l’abandon de la ‘philosophie en tant que science rigoureuse’ » 9 . Nous citons ici Bruzina : « Thus was conceived the monumental project of the ‘System of Phenomenological Philosophy’. réalisés par Fink ont commencé. En Juillet 1934 Gaston Berger de retour de Fribourg arrive à Marseille avec un exemplaire de la Sixième Méditation.i. Une troisième lecture de Husserl a abouti finalement dans la plupart de ses réflexions sur les manuscrits relatifs à la Sixième Méditation de Fink. rédigée par Eugen Fink et inédite. Merleau-Ponty11 – ont eu accès au texte de Fink. il était désormais nécessaire de faire une «exposition plus étendue et une élaboration ultérieure vers la problématique ‘métaphysique’ sup érieure». début 1934) que le cercle autour de Husserl a eu l’occasion de le lire. Fink a quand-même essayé d’emprunter un chemin différent pour s’affranchir de Husserl et de ses méditations. qui n’était pas pourtant d’origine juive. Quant à Fink. And with this we begin to see the place of Eugen Fink in the economy of Husserl’s final period of productivity. dont la lecture attentive de Husserl témoigne des nombreuses notes que ce dernier a laissé dans son exemplaire. a eu du mal à se projeter dans le milieu universitaire en raison de sa proximité bien connue avec Husserl. publiée dans le Ergänzungsband. C’est exactement à cette époque (fin 1933. et la Sixième Méditation en constitue le sommet. Cet exemplaire était le seul à sa disposition (quelques années après Fink a dû écrire à Van Breda pour lui envoyer une copie. il fallait une révision beaucoup plus vaste et intense. note 2 : « Voir la VIª Méditation Cartésienne. et a publié une version de sa Sixième MC dans la Kantstudien sous le titre « La philosophie phénoménologique d’Edmund Husserl et le criticisme contemporain ». into which Husserl now threw his efforts. C’est à dire selon Heidegger.» Translator’s Introduction. dont G.4 croit qu’une autre révision plus approfondie serait absolument nécessaire en raison de la «situation actuelle du public allemand». » 10 . 10 Ce projet requerrait beaucoup plus qu’une nouvelle introduction.xiii). p.Eugen Fink. parce que Berger ne lui a jamais rendu celle qu’il lui avait donné). C’est à travers cet exemplaire que certains philosophes français – et parmi eux. et dans lequel il manquait curieusement le dernier paragraphe (le §12). 9 Lettre de Husserl datée du mai 1929. III . C’est ainsi que les travaux po ur la révision du projet des Méditations Cartésiennes. c’est-à-dire. Avec le nazisme et l’intensification des lois antisémites le projet de publication conjointe de toutes les six Méditations ensemble a été abandonné. sa ‘première’ et sa ‘Sixième’ Méditations Cartésiennes La révision de la Sixième Méditation Cartésienne de Fink. p. Berger a bien voulu nous donner communication. La deuxième lecture que Husserl a faite du travail de Fink a été effectuée à partir de cette version. comporte notamment une ‘Première Méditation’ entièrement nouvelle . 11 Merleau-Ponty se réfère à cette copie dans l’Avant -Propos de La phénoménologie de la Perception .

il n’y a aucune mention explicite qui pourrait préciser comment cette publication conjointe a été réalisée. 12 Selon Bruzina. c’est-à-dire. sur la Sixième Méditation. comme on le verra ci-dessous. a) La ‘Première’ Méditation Si l’on regarde les textes qui ouvrent la Ergänzungsband et qui auraient remplacé le texte de la Première Méditation de Husserl. la forme de compréhension de la réduction phénoménologique. non plus sur l’ego absolu duquel l’existence du monde est dépendante (comme les formulations trouvés en Ideen I peuvent nous laissent penser) mais sur la condition structurelle du monde en tant que pré-donné. néanmoins. Les autres méditations ont souffert des changements ou des modifications mineures ou moins essentielles.5 L’importance cruciale de la Première Méditation – et donc la nécessité de la réécrire – a été précisément motivée par la nécessité de refonder le moment initial de la réflexion phénoménologique. qui serait la clôture du travail le plus important de sa vie. p. C’est peut-être pour cela que. with which I can die in peace. Par exemple. tel que l’ajout de certaines sections ou parties à des sections déjà existantes. Précisément en raison de cette distance entre les deux conceptions. indiquées comme parties du texte original de Husserl. nous avons choisi de faire une coupe qui ne prend en compte que le travail de Fink sur la Première Méditation et. Bruzina note que « in contrast. évidemment. Husserl s’est essentiellement concentré sur les deux premières Méditations. il réécrit complètement la Première justement pour pouvoir remplacer les fondements de la phénoménologie. the 1929 text in the published Cartesian Meditation. For this will be the main work of my life. pour les raisons mentionnées ci-dessus. xii) où Husserl écrit : « I simply most not postpone the German edition of the Cartesian Meditations that long. pour pouvoir se consacrer à ce qui serait la construction de son système phénoménologique. et dont son texte tardif sur la crise des sciences européennes est le moment culminant. dans sa lecture. De toute façon il est connu qui Husserl a confié à Fink la tâche de les rédiger. et bien sûr sur la Sixième. And at least for me [it will be] the conclusion and final clarity whose cause I can champion. » . La Deuxième Méditation a reçu quelques nouvelles sections qui anticipent les questions centrales abordées dans la Sixième Méditation. starting off from the idea of science as enjoining the aim for 12 Voir la lettre qui Husserl a envoyé à Ingarden le 19 Mars 1930. afin de chercher les éléments dans la pensée de Fink qui peuvent avoir eu une grande influence sur celle de Merleau-Ponty. les sections supprimées par Fink restent. A savoir la situation de départ de la réflexion phénoménologique. an outline of the philosophy that has come to fruition for me. on peut mettre en évidence ce qui est peut-être la différence principale de Fink par rapport au texte des Méditations Cartésiennes établi par Husserl. et du fait que Fink a reçu l’approbation de Husserl dans sa révision des méditations. Alors. reproduite et traduite par Bruzina (Introduction. et quand des ajouts sont faits par Fink elles constituent une alternative complémentaire. a fundamental work on methods and on the problematic of philosophy.

il faut d’abord prendre conscience de l’ évidence du monde. considéré du point de vue fondamental de l'universalité. ça veut dire. c’est à juste titre que Merleau -Ponty affirme dans son Phénoménologie de la perception que « La meilleure formule de la réduction est sans doute celle qu'en donnait Eugen Fink. 14 MERLEAU-PONTY. » 13 Aussi. quand il parlait d'un "étonnement" devant le monde » 14 13 FINK. dans laquelle on peut voir clairement les traces ‘cartésiennes’ de l’idéal de la science et de l’autonomie de l’ego par rapport au monde. leur validité est au contraire maintenant en question.6 absolute grounding. Ils ne valent plus pour nous de la façon traditionnelle qui va de soi. Il a remplacé alors cette section par une autre dont le thème de la théorie transcendantale du méthode phénoménologique est exactement la même qu’il exposera dans sa ‘Sixième Méditation’. Dans ce passage il interroge la nature de la subjectivité transcendantale. Ce changement majeur introduit au cœur de la méthode phénoménologique .xxxvii). p. Ainsi. Millon. Ciaprès dénommée PP suivi par le numéro de page correspondant. un moyen de retirer le fondement de la réflexion phénoménologique de l’Ego pour la remettre enfin dans le monde même. Fink écrit dans sa version de la Première Méditation : « Dans la mesure où nous sommes des hommes vivant dans le monde. 173. Ciaprès référée comme 1998. d'adopter des expériences transmises et d'adopter ou de prononcer soi-même des jugements prédicatifs évidents. nous ne pouvons pas à la vérité nous arrêter d'accomplir continuellement des expériences. 174). Phénoménologie de la Perception. au contraire. élimine également la première section du texte original de la Deuxième Méditation. Avant-Propos. de former des opinions. Le doute s’installe quand l’évidence du monde de la vie qui nous est familier. l'assistant de Husserl. seems to move away from the world to an apparent self-sufficient. après avoir écrit une nouvelle Première Méditation. . p. selfpresent ego. Édition Gallimard. Viii). mais dans la mesure où nous méditons. Françoise Dastur. p. puisque c’est ainsi que la réflexion philosophique doit commencer. la réduction phénoménologique ne doit plus être conçue comm e l’action qui se détache du monde pour établir la certitude de la connaissance sur l’évidence de l’ego mais. Autres rédactions des méditations cartésiennes. 1998. avant de faire un retour vers le sujet. Correspondingly the phenomenological reduction seems to function to safeguard absolute self-sufficiency on the part of the reflecting ego and absolute purity and independence from and against the world. » (1998. » (Introduction. comme l’action qui suspend la validité des jugements qui font références au monde. 'nous les mettons entre parenthèses'. qui est i rréfléchi et simplement habituel dans certains moments devient incompréhensible à travers une expérience-limite. 1945. Ainsi. trad. suivi par le numéro de page correspondant. Grenoble. C'est exactement ici que Fink va situer l'importance d'une révision de la notion même de réduction phénoménologique. repose donc sur la réduction en tant que moyen d’effectuer une sorte de « descartesianisme » (terme utilisé par Bruzina) dans les méditations cartésiennes.. «L'incompréhensibilité de l'évidence naturelle du monde.. C’est avec cette intention que Fink. est maintenant le problème initial de la philosophie en général.

car elle est le domaine absolu où le monde peut être pensé comme une sorte de ‘en -soi’. c’est qu’elle nous ramène à un mouvement de retour vers le sujet en tant que conscience pure de laquelle il veut faire dépendre l'existence du monde. 193-194). » (1998. Par conséquent. « Le domaine apodictiquement donné du contenu de l’expérience interne semble par conséquent constituer le noyau de notre ‘soi’ qui ne peut par principe être soumis à la mis entre parenthèses de soi-même » (1998. Fink peut alors ajouter : « L'absence de préjugés.. le monde ne peut pas être quelque chose d’autre et en même temps il ne peut pas être que ce qui nous est donné. » (1998.7 Le problème de la réduction phénoménologique tel que Husserl l’avait présenté dans sa version originale des Méditations. Fink écrit encore: « La tâche d'une fondation de la connaissance. soit les corps. au contraire. b) La Sixième Méditation Fink se consacre à l'analyse de la phénoménologie prise en tant que structure et entreprend la révision des Méditations comme un deuxième moment de réflexion qui nous conduit à un regard rétrospectif sur le premier moment – c’est-à-dire la rédaction originale faite par Husserl –. et de cette façon. Se déroule manifestement dans la présupposition d'une certaine relation de ce moi existant apodictiquement à la totalité de l'objectivité mise en question.190-191). À partir de la réflexion qui part de l’irréfléchi – de l’attitude naturelle ou habituelle devant le monde qui nous est donnée aussi de façon irréfléchi – nous sommes arrivés à la sphère d’appartenance de l’homme et du monde dans le sens d’une sphère de coappartenance qui ne peut pas être conçue ni comme objective ni comme subjective. Pour Fink.. p. Il a . « l'existence apodictique du moi [. » (1998. l'intérieur et l'extérieur. la validité de l’être égoïque lui. n'être que le simple privilège dans l'ordre de la connaissance d'un étant contingent et dépendant du point de vue de l'être... c’est-à-dire.212). le monde est la totalité qui rassemble tout. En fait c’est la distinction entre l’un et l’autre qui n’a plus de raison d’être.195-196). p. p. en examinant les choses de plus près. étant donné qu’il est pris dans la réduction phénoménologique.202 ) et c’est précisément cela qui traduit une remise en question radicale de la pré-donation intuitive. p. p.211) et partant cela « signifie la mise entre parenthèses du sens aperceptif conformément auquel l’expérience interne est saisie comme la ‘sphère d’intériorité’ mondaine de l’homme » (1998.même à un niveau subjectif rigoureusement intuitif de cette pré-donation. soit la pensée. « La réduction phénoménologique commence à se réaliser si nous mettons entre parenthèses l'être du monde dans sa totalité avec une rigueur inexorable » (1998.] est une existence dans le monde » et ainsi « la pure sphère d'intériorité de l'expérience apodictique de soi-même est toujours par principe dans le monde. Selon Fink. s'est révélée. p. qui nous apparaissait comme la présupposition nécessaire pour toute fondation autonome de la connaissance et que nous pensions trouver dans l'apodicticité de l'existence du moi. C’est justement cette absence de préjugés qui se radicalise sous la forme de la radicalisation de la réduction phénoménologique elle-même.

La théorie transcendantale de la méthode doit pourtant réfléchir sur les problèmes de cette opération et il faut commencer par l’examen de tous les élément s qui sont impliqués. la constitution transcendantale du monde. Fink affirme donc que "La tâche propre de la théorie transcendantale de la méthode est de rendre phénoménologiquement compréhensible toute la systématique des questions phénoménologiques. Grenoble. à savoir. la structure de la progression méthodique. no tamment. Ces éléments constituent la théorie des trois egos : le premier c’est l’ego en tant qu’être humain qui vit et habite simplement et naturellement dans le monde . du point de vue de la critique méthodologique. afin de présenter le grand système de la phénoménologie. p. la théorie transcendantale de la méthode ne vise rien d’autre qu’une phénoménologie de la phénoménologie. Millon. il affirme que son travail thématise une série de problèmes qui sont restés latents dans la philosophie de Husserl comme un moyen d’indiquer la nature de la révision méthodologique que ce texte présente en rapport aux méditations husserliennes.8 l’intention d’identifier les limites et les insuffisance des questions centrales. et ainsi pourrait-elle à partir de cette proposition permettre de comprendre l’affirmation de Fink selon laquelle. Selon Fink – et en cela il ne suivait qu’une indication de Husserl lui -même – la réflexion sur l’acte de phénoménologiser (das Phänomenologisieren) est un moment essentiel de la conception systématique de la phénoménologie. cet ego qui est dans l’‘attitude naturelle’ doit se surmonter afin de réfléchir sur le soi-même et sur le monde qui l’entoure. N. 1994. l’ego phénoménologique ou le ‘spectateur transcendantal’. de l’expérience constitutive du mond e dans laquelle nous prenons en considération 15 FINK. il effectue une déshumanisation pour produire le troisième ego. la Sixième Méditation est une «phénoménologie de la phénoménologie»." 15 C’est ainsi que le thème propre de la philosophie est annoncé. et n’est pas par hasard que l’intention de thématiser une théorie transcendantale de la méthode est explicité déjà dans le sous-titre : Die Idee einer transzendentalen Methodenlehre. . c’est-à-dire. La Sixième Méditation devrait donc réaliser une autocritique de la phénoménologie. écrit en 1945 au moment où Fink l’a présenté comme son Habilitationschrift. Dans l’un des deux petits textes qu’on considère comme des ‘prologues’ à la Sixième Méditation. donc de soumettre à une analytique transcendantale propre la pensée phénoménologisante et la formation des théories qui opèrent de manière anonyme dans le travail phénoménologique.60. En d’autres termes. comme le voulait Husserl quand il a proposé à Fink cette ambitieuse entreprise. Cet ego a alors la mission de revenir au premier ego pour découvrir en lui ce qu’on appelle le deuxiè me ego – l’ego transcendantal qui se cache dans l’ego de l’attitude naturelle par l’aperception mondaine. Le spectateur transcendantal est alors le responsable de l’analyse de l’expérience transcendantale. Sixième méditation cartésienne. la dignité et le style de la connaissance et de la « science » transcendantales. trad. Depraz. Dans ce processus. et ainsi d’accomplir la phénoménologie dans son ultime auto-compréhension transcendantale d’elle-même.

9 l’ensemble de la structure du rapport ego -monde et encore tous ses éléments. 1998. En dépit de l’influence évidente. Madrid. le spectateur transcendantal qui va découvrir l’ego transcendantal caché dans l’attitude naturelle du premier ego. ils ont donné un cours ensemble sur Héraclite. la base sur laquelle elle doi t se lever. sans être soumis à la nécessité de réfléchir sur ce qu’il agit – c’est précisément cela que Fink entend par la ‘réduction transcendantale’ et donc par la reconquête du monde p ar la réflexion. . Ainsi. sans être lui-même constitutif. Postérieurement.76-89. De sorte que la subjectivité représente le lieu « à partir duquel» le faire phénoménologique et le monde lui-même 16 Il faut remarquer ici la présence évidente de Heidegger. Le monde tel qu’il se constitue dans l’expérience de l’ego qui réfléchit sur lui en tant que ‘son monde’ est le début même de la phénoménologie. p. car cette nature n’est jamais enfermée dans une forme pré -donnée et immutable. il rejette clairement la division ontologique et la priorité ontologique du Dasein. Medialität und Meontik – Eugen Finks spekulativer Entwurf in Internationale Zeitschrift für Philosophie. mais garde toujours une ouverture. 3ª época. Le spectateur désintéressé est donc le résultat fonctionnel de la vie transcendantale constitutive qui. Vol. pp. Ed. comment il se constitue en tant que spectateur transcendantal et comment estce qu’il se rapproche du monde dans son activité. son point de départ. note 11). Anthropos. quelque chose de me ontique dans son soi -même. 1990. la première étape de la phénoménologie.III. Revista de Filosofía. (Voir SAN MARTIN. le thème de cette première étape de la fondation de l’attitude phénoménologique est précisément l’ego phénoménologisant. Des situations capables de réaliser cette ‘déshumanisation’ ou de créer cet état de désintéressement qui nous retire du monde habituel pour nous ramener à la réflexion phénoménologique sont des situations mêmes qui créent une sorte d’éclair (aufblizen) de la vie transcendantale. Barcelona. par exemple. qui est à la fois désintéressé parce qu’il n’appartient plus à la situation irréfléchie dans laquelle il ne fait qu’agir de manière pratique. L’épochè et la réduction alors découvrent le processus constitutif qui part de la subjectivité transcendantale et finit dans le monde en tant que produit final. selon Fink. Voir aussi le livre de SAN MARTÍN. 16 Ce moment peut être rapproché de ce que Husserl appelle la ‘situation paradoxale’ dans son texte "Die Krisis der europäischen Wissenschaft und die transzendentale Phänomenologie". alors la trace ontologique du transcendantal doit être le me-on. avec qui Fink a également eu une relation étroite pendant sa formation universitaire – il a suivi tous les séminaires de Heidegger à son époque et a écrit sa thèse de doctorat sous sa direction (conjointement sous la direction de Husserl). une sphère d’indétermination. Il affirme que l’être transcendantal n’est pas un concept opposé à l’être naturel ou mondaine. Le meontique chez Fink peut être interprété aussi – comme le fait Javier San Martín – en tant que trace d’indétermination qui réside en toute nature humaine. et si jamais ‘être’ doit signifier ‘être dans le monde’. Hans-Rainer. est ce qui permet l’ auto conscience (l’être pour soi) de la vie constructive. Voir SEPP. La tâche de la théorie transcendantale de la méthode – explicitée dans la Sixième Méditation – peut alors être conçue comme l’examen de la forme à travers laquelle se réalise l’activité du phénoménologue. cette découverte – qui est faite dans l’expérience des ‘situations extrêmes’ dans lesquels le sujet est étonné par le monde. dans son ‘faire phénoménologique’. Comme Merleau -Ponty l’a réalisé. 257. Fink ne suit pas la position de Heidegger entièrement et. et cet étonnement est précisément ce qui l’oblige à sortir de la situation habituelle et à se situer en spectateur transcendantal. L’expérience qui constitue le monde – et qui va au-delà du vivre tout simplement dans le monde à travers la réflexion phénoménologique – est. El sentido de la filosofia del hombre. 1988. “La sexta meditacion cartesiana de Eugen Fink”.

. en revendiquant le fait. On peut alors se demander quelle est la relation entre le spectateur transcendantal aux ‘donnés’ qui sont trouvés dans sa vie transcendantal e.i). néanmoins. dix ans avant la mort de Husserl et avant l’écriture des textes im portants . reviennent à définir des essences: l’essence de la perception. de cette façon. il oppose ensuite une sorte de compréhension qu’on peut dire ‘classique’ de la phénoménologie comme « l’étude des essences.. par exemple » à la phénoménologie qui facilement correspond à la révision qu’a proposée Fink pour le Méditations Cartésiennes de Husserl. mais c’est aussi une philosophie pour laquelle le monde est toujours ‘déjà là’ avant la réflexion. que la question de ce qu’est la phénoménologie même après un demi -siècle des travaux de Husserl. l’essence de la conscience. le monde ne peut évidemment pas être identifié à l’attitude naturelle rendu absolue ou irrévocable. selon elle.. nous pouvons concevoir la phénoménologie comme « génétique » ou bien comme « constructive ». comme le dit Husserl. quand en fait ils ont été écrits avant 1929. ils ne sont pas ici pris comme des membres de la corrélation mais en tant que la corrélation elle-même. pour la deuxième.. Ainsi. Pour la première de ces définitions. Puis Merleau-Ponty affirme ensuite : « Mais la phénoménologie. Fait intéressant. » (PP.Merleau-Ponty. sa préface programmatique et la localisation de sa pensée dans le cadre de la phénoménologie Dans la première phrase de l’Avant-Propos de son Phénoménologie de la Perception.10 représente le « où » de la relation constitutive. puisque la notion de constitution qui la remplace constitue précisément l’indépendance ou la priorité qu’on trouve dans l’être en tant que notion typique de l’expérien ce naturelle. mais doit plutôt être compris comme l’unité des valeurs finales (Endgeltungen) de la structure constitutive de la valeur. Il conclut ensuite que. L’épochè n’est pas non plus une méthode pour rechercher la certitude dans l’attitude naturelle. MerleauPonty s’interroge sur la définition de la phénoménologie. Cette question nous conduit à la caractérisation de la phénoménologie comme une « phénoménologie constitutive ». p. étant donné que la phénoménologie doit à juste titre – pour se réaliser en tant que phénoménologie – surmonter la notion naturelle de l’expérience. précisément la Sixième Méditation Cartésienne de Fink. et sans aucun égard à sa genèse psychologique. c’est-à-dire. comme une présence inaliénable. et tous les problèmes. Mais ce qui est véritablement intriguant dans ce passage c’est le fait qu’il se réfère aux Méditations de Husserl comme « ses derniers travaux ».] C’est l’essai d’une description directe de notre expérience telle qu’elle est. p. et dont tout l’effort est de retrouver ce contact naïf avec le monde pour lui donner enfin u n statut philosophique. « est pourtant loin d’être résolue » (PP. C’est une philosophie transcendantale qui met en suspens pour les comprendre les affirmations de l’attitude naturelle. c’est aussi une philosophie qui replace les essences dans l’existence et ne pense pas qu’on puisse comprendre l’homme et le monde autrement qu’à partir de leur ‘facticité’.i). car toute constitution finit exactement dans le monde en tant qu’ensemble de tous les produits finaux constitués. il cite les Méditations Cartésiennes de Husserl . IV . [.

comme l’action de voir le monde en tant qu’un paradoxe et ainsi l’étonnement et l’émerveillement seraient suffisants pour rompre avec la familiarité de notre conduite habituelle. l’assistant de Husserl.iii). C’est alors qu’il dirige des critiques à la fois à Descartes et à Kant. Ensuite. p. De cette façon il nous indique qu’il ne s’appuie pas sur sa seule considération du texte original des Méditations : il dit que Husserl a insisté beaucoup sur une conception de la réduction phénoménologique en tant que « le retour à une conscience transcendantale devant laquelle le monde se déploie dans une transparence absolue. et il appartient de reconnaître en deçà de ses propres opérations le monde qui est donné au sujet parce que le sujet est donné à lui-même » (PP.iv). ou bien doivent parler d’un ‘renversement copernicien’. Il résume donc l’enseignement de la phénomén ologie dans la manière suivante: «Revenir aux choses mêmes. p..viii). alors que les unes e t les autres sont justement des produits de l’analyse et ne doivent pas être réalisés avant elle. elle ne peut pas s’ignorer ell e-même comme événement.. » (PP. par conséquent. Il est prévu dans le processus de rupture avec le monde irréfléchi que nous devenions conscients de sa donation gratuite. Cette attitude est définie comme la constitution d’une subjectivité invulnérable et incomplète qui pour rester en dehors de la configuration de l’espace -temps perd toute la conscience de son propre commencement. et non pas à construire ou à constituer ». Merleau-Ponty semble nous donner encore une indication que sa compréhension de la phénoménologie était en quelque sorte quand-même reliée aux voies ouvertes par Fink. c’est revenir à ce monde avant la connaissance dont la connaissance parle toujours. S’est-il en fait référé à la révision des Méditations ? Difficile de le dire. comme un changement de structure de la conscience. et à l’égard duquel toute détermination scientifique est abstraite. quand il parlait d’un ‘étonnement’ devant le monde » (p.11 comme Formale und Transzendentale Logik et Krisis der europäische Wissenschaft und die transzendetale Phänomenologie. La certitude du monde est quelque chose d’essentiel et partant est un présupposition assumée pa r Merleau-Ponty depuis le début. . Il écrit ensuite que « le monde est là avant toute analyse que je puisse en faire et il serait artificiel de le faire dériver d’une série de synthèses qui reliraient les sensations.v). dès lors elle s’apparaît comme une véritable création. La réduction est regardée. p. sans qu’aucune raison pour cela ne soit nécessaire. écrit Merleau-Ponty « ma réflexion est réflexion sur un irréfléchi. comme Descartes. ou plutôt par l’importance de la figure de Fink dans la direction que la phénoménologie a pris e dans les dernières années de la vie de Husserl. animé de part en part par une série d’aperceptions que le philosophe serait chargé de reconstituer à partir de leur résultat » (PP. et Merleau-Ponty n’hésite pas à l’annoncer par la bouche d’Eugen Fink quand il dit: « La meilleure formule de la réduction est sans doute celle qu’en donnait Eugen Fink. » (PP. Quand je commence à réfléchir. Même si à première vue cette affirmation semble nous conduire à penser qu’il s’éloigne de la ‘philosophie constructive’ tel qu’il l’avait initiée tout au début de l’Avant-Propos. et c’est seulement pour cela qu’ils ne peuvent pas parler d’une certitude du monde. puis les aspects perspectifs de l’objet.iv). Mais il suggère ensuite que cette notion aurait été dépassée par une nouvelle. selon lesquels les relations du sujet et du monde ne sont pas du tout bilatérales. Il affirme : « Le réel est à décrire. p.

p. il m’enseignait que le Je n’est accessible qu’à lui -même. (p.18 Dans ce contexte. comme le systématise Fink. il est le milieu naturel et le champ de toutes mes pensées et de toutes mes perceptions explicites. VI. Méditation Cartésienne. paragraphe 7. c’est dans le monde qu’il se connaît ». etc. en tant qu’elle est référée à un tel avoir-été-donné qui est par principe soustrait à la donné par son mode transcendantal d’être. A chaque instant aussi je rêve autour des choses. C’e st plutôt le contraire. de l’irréalité. d’impressions tactiles fugaces que je suis hors d’état de relier précisément au contexte perçu et que cependant je place d’emblée dans le monde. et po urtant ils ne se mêlent pas au monde. ce qu’il est en train d’affirmer c’est en fait précisément le fait que la réalité de ce que nous percevons n’est pas fondée. il s’agit au contraire d’un processus par laquel nous 17 18 Voir. p. que «l’ ‘objet’ – ou mieux. ils son en avant du monde. mais des perceptions alliées à ce que chaque individu lui ajoute soit sous la forme de l’imagination. 1994. au contraire. l’homme est au monde. des actes ou de la prédication. (p. celle-là même qui a été bien définie par Fink. de craquements. sans les confondre jamais avec mes rêveries.. – il ne faut pas oublier que Fink a écrit sa thèse de doctorat justement sur la phénoménologie de l’irréel de de l’imagination.v). les objets – de la phénoménologie constructive ne sont pas ‘donnés’ . celle qui réduit la réalité à la repr ésentation que nous en avons. par conséquent.] reconnait au contraire ma pensée même comme un fait inaliénable et il élimine toute espèce d’idéalisme en me découvrant comme ‘être au monde’ ».110. elle n’est pas ‘intuitive’ mais. A chaque moment mon champ perceptif est rempli de reflets. il n’est pas du tout étonnant que Merleau-Ponty puisse affirmer ensuite que : « Le monde n’est pas un objet dont je possède par devers moi la loi de constitution. N. ne doit pas se détacher du monde afin de retourner à l’ego absolu . constructive ». » (PP.viii). En effet. Grenoble. Sixième méditation cartésienne. de la fantaisie. « Le Cogito jusqu’à présent dévalorisait la perception d’autrui. FINK. Depraz. Millon. . puisqu’il me définissait par la pensée que j’ai de moi-même et que je suis évidemment seul à en avoir au moins dans ce sens ultime ». l’activité théorisante qui est dirigée sur eux n’est pas un ‘avoir-été-donné intuitif’. ensuite il nous explique que « cela veut dire que je ne peux pas assimiler la perception aux synthèses qui sont de l’ordre du jugement. (Idem). Autrement dit. elle est ‘non -donné’. à fonder par conséquent une architectonique eidétique sur le savoir intuitif de l’ego afin de légitimer le savoir en général. puisque « le réel est un tissu solide” et “il n’attend pas nos jugements pour s’annexer les phénomènes les plus vraisemblables. il n’y a pas d’homme intérieur. s’oppose à la ‘phénoménologie régressive’. celle qui nous conduit à une sorte d’idéalisme qui consiste à soumettre toute donnée à l’intuition eidétique. 17 Fink affirme.12 en citant la Sixième Méditation de Fink. La réflexion philosophique. il s’agit de ce réel qui est constitué pas seulement des perceptions. Tout cela. Cette phénoménologie constructive. La vérité n’‘habite’ pas seulement l’‘homme intérieur’. trad. ou n’est pas uniquement dépendante de la cohérence des représentations par lesquelles le monde nous est donné. » (Idem). sur le théâtre de l’imaginaire. j’imagine des objets ou des personnes dont la présence ici n’est pas incompatible avec le contexte. selon MerleauPonty. quand Fink parle d’une ‘phénoménologie constructive’. ou plutôt.. c’est la définition de « le vrai sens de la célèbre réduction phénoménologique ».vii) Il poursuit : « Le véritable Cogito [.iv.

ce qui nous sert aussi comme preuve de son indépendance par rapport à notre perception. S’il s’agit de Husserl – ou tout simplement de Husserl – quand il introduit le thème des essences. Un exemple claire de ce détachement peut être trouvé sur la question même de la perception. la réduction phénoménologique est celle d’une philosophie existentielle » (p. par conséquent. dans laquelle le corps ‘accepte’ ce qui se lui donne tel qu’il est donné dans le monde. Pour cela les données de la perception acquièrent également une existence indépendante d’une configuration spatiale-temporelle. Cela signifie que chaque objet suggère déjà sa ‘mise en forme’.x) ? Une fois qu’il a placé la base de la phénoménologie tel qu’il voulait la développer sur cet AvantPropos programmatique de la Phénoménologie de la Perception. Néanmoins. De façon absolument originale. comment pourra-t-on expliquer son affirmation selon laquelle “les essences de Husserl doivent ramener avec elles tous les rapports vivants de l’expérience. le donné sensible même ne peut pas être compris comme l’ensemble d’atomes percep tifs qui sont réunis temporellement l’un après l’autre en suivant l’ordre dans lequel ils apparaissent ou sont rappelés. mais elle s’agit d’une interaction entre les deux. Elle ne configure plus toute seule la perception. ce que Merleau-Ponty comprend d’une manière tout à fait différente étant donné qu’ici elle n’est plus comprise comme un ensemble d’atomes d’éléments perceptifs qui sont regroupés d’une façon analogue à celle d’un e mosaïque. Il y a donc quelque chose dans les données sensibles qui nous interpelle effectivement. Pourtant . que « loin d’être. il y a toujours une dimension d’intentionnalité qui n’est pas exclue de la perception. également déjà dans l’avant-propos. Les données sensibles laissent déjà entrevoir une organisation structurelle existant dans le monde lui-même et qui se reproduit dans la forme de la perception. comme le filet ramène du fond de la mer les poissons et les algues palpitants » (p.viii) Pour tout cela Merleau-Ponty peut finalement dire.ix). entre objet perçu et corps percevant. “elle [la réflexion philosophique] seule est conscience du monde parce qu’elle le révèle comme étrange et paradoxal. au nom de la phénoménologie. » (p. Ainsi. mais il est plutôt ce qui apporte une sorte de structure qui nous permet de comprendre dans son intégralité et.13 pouvons retracer les fils intentionnels de nos actions. comme on l’a cru. Merleau-Ponty va situer ce contact avec le monde d’une manière primordiale sur le corps. dont l’analyse sera faite à partir de la perception – ce qui le conduira à une conception élargie de la perception et. à un nouveau questionnement sur l’ontologie. comme il l’explicite dans l’exemple du dessin d’un cube sur un papier. Selon Merleau-Ponty. la formule d’une philosophie idéaliste. la structure de la perception n’est pas entièrement donné e par le corps qui perçoit. . il est bien évident que MerleauPonty ouvre à sa propre pensée une voie entièrement nouvelle et indépendante de celle de Husserl ou de la collaboration Husserl-Fink. finalement. mais elle fait quand-même partie d’elle. de prévoir ou d’anticiper les comportements spécifiques et singuliers. il y a quelque chose qui ne peut pas acquérir une dimension de l’‘en-soi’ car le seul ‘en-soi’ possible est celui du contact effectif entre mon corps et le monde autour.

Merleau-Ponty se demande : « Comment cette infrastructure. Nous ne vivons pas naturellement dans l’usage de la vie. dans l’ordre constitutif. et qui donc. sans que de ce monde soit donné en tant que ses représentations. sommes-nous fondés à chercher dans une analytique des actes ce qui porte en dernier ressort notre vie et celle du monde ? » (Signes. Quand-on considère. Il est le champ où mes pouvoirs perceptifs se sont localisés » (Signes.14 En effet. il affirme que « l’attitude naturelle comporte une vérité supérieure qu’il faut retrouver. de l’intentionnalité. Toutefois. comme a été laissé ‘impensé’ par Husserl. à notre ontologie ? Après comme avant. Merleau-Ponty ajoute: « Toute la connaissance. L’attitude naturelle ne devient effectivement une attitude que quand elle devient une thèse naturaliste. ‘sujet-objet’ » (Idem). leur apport est celui de l’ici absolu au là. 208). le corps comme l’endroit où le sujet se rencontre avec le monde en tan t que « ‘chose sentant’. ce qui doit être interrogé et poursuivie par sa philosophie. une foi primordiale dans laquelle le monde se donne directement. Merleau-Ponty affirme que l’ontologie du monde et des choses vers lesquelles nous devons nous tourner n’échappe pas à un absolutisme qui conduit à une attitude purement théorique. une intersecti on de la nature transcendantale. mais ‘notre entourage’. 1960. Paris: Les Éditions Gallimard. nous ne pouvons pas lui adresser les mêmes accusations qu’on adresse au naturalisme parce qu’elle reste quand-même avant toute thèse. Devant cette attitude. et les choses sont alors pour nous. il y a quelque chose que habite un ‘entre’. (p. par conséquent. exactement parce qu’il est à la fois l’‘où’ j’habite et mon point de contact avec le monde visible . en deçà de nos thèses et de notre théorie. et cela révèle que cette fondation /mélange est également toujours présente dans la chose et dans le monde. ne peut être dérivé de lui. que j'ai eu. Nous sommes finalement conduits à la réhabilitation ontologique du sensible.206). » (Signes. à laquelle il donne le nom de naturalisme. . p. Et alors qu’est -ce qui précisément peut habiter parmi tout cela ? Il suggère que ça est justement le corps. du noème. et ainsi elle est une sorte d’opinion originaire.201228). pourra-t-elle à son tour reposer sur les actes de la conscience absolue ? La descente au domaine de notre ‘archéologie’ laisse-t-elle intacts nos instruments d’analyse ? Ne change-t-elle rien à notre conception de la noèse. Car elle n’est rien de moins que naturalisée. Notre vie d’hommes la plus naturelle vise un milieu ontologique qui est autre que celui de l’en soi. mais n’est pas étranger à la localité des choses: entre lui et elles. non pas nature en soi. avec cette couleur ou 19 MERLEAU-PONTY. secret des secrets. nous nous tenons dans une ‘attitude personnaliste’ dont le naturalisme ne peut rendre compte. nous sommes obligés de reconsidérer notre plus enracinée notion de ‘chose’ et de ‘monde’. toute la pensée objective vivent de ce fait inaugural que j'ai senti. puisque dans le corps le sujet se fond à l’objet. « Le philosophe et son ombre » in : Signes. p. dans son texte « Le philosophe et son ombre »19. à la fois « du côté du sujet. A une attitude d’idéalisation qui n e réussi pas à omettre sa relation avec l’être ‘réel’ qui est le fondement même de cette relation et qui lui donne sa valeur. Et c’est seulement à partir de cette donation originale – qui est également l’irréfléchie – que la réflexion peut s’effectuer. le ‘en-soi’ naturaliste et l’immanence de l’esprit dans son ensemble d’actes et des noèmes. de l’origine des distances à la distance. p. Plus loin il affirme que. 210).

Mais quelle est précisément la notion de ‘sensible’ à laquelle se réfère ici Merleau -Ponty quand il se réfère à la nécessité d’un corps en tant qu’organe des sens ? Certainement qu’il ne s’agit pas d’un ‘ensemble des objets des sens’ comme le disait Kant (“Der Inbegriff der Gegenstände der Sinne – KU). une sorte d’évidence et d’universalité de ces contenus idéaux – pas dans le sens qu’ils sont universellement équivalentes. mais « le sensible.221). une existence singulière qui arrêtait d'un coup mon regard. » (Ideen II. apud MP. un simple reflet de l’ego. p. bien que différemment pour chacun d’eux. comme il évoque dans une citation de Husserl.] Les animalia et les hommes sont cela : des êtres absolument présents qui ont un sillage de négatif. les aspects de la chose. même à titre d’écart et comme une certaine absence. Pour comprendre ce que Merleau-Ponty appelle ici la ‘sensation’.217).217). c’est par son corps que l’âme d’autrui est âme à mes yeux. laps de durée donné en une fois. Merleau-Ponty allègue que Fink comprend la priorité absolue du perçu chez Husserl comme étant « ici dégradé ou affaibli ». p. c’est aussi tout ce qui s’y dessine. l’être qui peut être donné en présence originaire (das urpräsentierbare Sein) n’est pas tout l’être. et cela dans le sens que la objectivité qu’on appelle logique est dérivé e de l’intersubjectivité charnelle. c’est que le ‘je peux’ et le ‘l’autre existe’ appartiennent d’ores et déjà au même monde. une révision de l’expérience afin de prendre en tant que sensible “ce qui peut être saisi par expérience au sens originaire du mot. l’autre ne serait rien d’autre qu’un reflet de l’ego projeté vers l’extérieur. Mais on peut quand-même parler d’une ‘présence originaire’ du sensible qui serait la ‘cause’ de toutes ces donations et par conséquent. Merleau -Ponty. toujours possible pour moi par principe parce que je suis cet animal de perceptions et de mouvements qui s'appelle un corps. p. mais dans le sens qu’ils existent universellement pour les sujets. et pas même tout l’être dont il y a expérience. Mais l’absence même est enracin ée dans la présence. et les deux séries l'une à l'autre.211). c’est aussi une certaine absence que son comportement creuse et ménage derrière lui. Le corps est la condition même de possibilité des choses et du monde. Un corps percevant que je vois. et pourtant lui promettait une série d'expériences indéfinies. Ce n’est qu’idéalement que ce dans le monde qui m’est donné est également donné à tous les autres sujets.. ce ne sont pas seulement les choses. p. qui n’est rien d’autre qu’une modification en rapport à l’original et. ni les pures connexions de l'objet. » (Signes. c'est la transition que j'effectue comme sujet charnel d'une phase du mouvement à l'autre. L'intentionnalité qui relie les moments de mon exploration. p . et qu’un éclair de sens les rend substituables dans la présence absolue des origines » (Signes. 163. Les ‘négatités’ comptent aussi au monde sensible. plus proche de la critique de Fink à . qui est décidément l’universel. ce n'est pas l'activité de liaison du sujet spirituel. finalement.. l’Einfühlung écho de mon incarnation. [. De la même manière. tout ce qui y laisse sa trace. il est d onc nécessaire. si la comprésence de ma ‘conscience’ et de mon ‘corps’ se prolonge dans la comprésence d’autrui et de moi. Merleau -Ponty écrit sur cela : « Si ‘à partir’ du corps propre je peux comprendre le corps et l’existence de l’autrui. tout ce qui y figure. même en creux. concrétion de possibles d'ores et déjà réels dans les côtés cachés de la chose. Signes. que le corps propre est prémonition d’autrui. » (Signes.15 quel que soit le sensible en cause.

because his critique is basically quite severe. is basically a critique of the very bases of Husserl’s thought. Chaque ‘ici’. de la Phénoménologie de la Perception.16 Husserl que de la position Husserl de même. It seems to me that it is too strongly under the influence of the ‘Sixth Meditation’. p. » (Signes.. Et du coup nous sommes nouvellement rapprochés du préface programmatique de la Phénoménologie de la Perception. ou le transcendant à l’immanence du constituant – s’agit toujours de la question de la réduction phénoménologique. en ce même moment. mais dans le sens tel que l’a voulu Husserl. pendant la préparation de cet ouvrage. en effet. ce n’est pas là folie de la conscience.1945. le ‘proche’. dit-il encore une fois: « Depuis la publication. sont incompossibles avec eux et qui pourtant sont ailleurs. which is a text by Fink. chaque moi. ni qu’elle ait droit de substituer ce qui est clair pour elle à des dépendances naturelles qui sont constatées. ou la non-philosophie à la philosophie. » (Signes. chaque chose proche. les lecteurs attentifs de Maurice Merleau-Ponty savent que. not Husserl. Dans ce livre. avec le ‘ici’. en 1945.222). This text. c’est que le champ transcendantal a cessé d’être seulement celui de nos pensées. il écrit “I have just read your fine book on the Phenomenology of Perception.. 224). La première. Dans son article sur la visite de Merleau-Ponty aux Archives de Husserl. mais parce que. attestent au-delà d’eux-mêmes tous les autres qui. L. pour devenir celui de l’expérience entière. Van Breda après la rencontre entre Merleau-Ponty et Fink dans les Archives Husserl. une lettre adressée à Merleau-Ponty le 17 Décembre .Conclusion Bruzina présente dans la préface à sa traduction de la Sixième Méditation deux passages très intéressants des lettres écrites par H. ou l’attitude naturelle à l’attitude phénoménologique. qui faisaient partie de l’œuvre posthume de Husserl déposée à Louvain. dans laquelle Van Breda écrit à la maison d’édition fran çaise Aubier pour exprimer sa réticence à la divulgation de la Sixième Méditation de Fink que: «Fink did not like to have his draft widely known. La deuxième référence est une lettre de la même date. and Husserl himself in his splendid naiveté did not notice it – at least as concerns the article in Kantstudien » (p. affirme que le monde est ce qui est tout à fait modifié dans le rapport de l’‘originaire’ ou ‘modifié’. le ‘moi’. p. V . Près de la fin du texte on se rend compte que cette question d’une ‘pont’ qui puisse uni r l’intérieur à l’extérieur. […] At the time he wrote these pages it would have been very difficult for him to express his thinking in a more straightforward way” (p. pour moi.lxxxiii). et qui doit pouvoir contenir les vérités de la conscience et celles de la Nature. vécus en présence absolue. il utilise à plusieurs reprises des .lxxxiii). est posé là-bas le système de leurs ‘variantes’. ce dernier avait pu étudier de près plusieurs manuscrits. alors encore inédits. vécus en présence absolue. « selon le prodige de l’existence charnelle. as well as the article by Fink in Kantstudien. although the author has indeed hidd en his opposition. Il écrit à la suite : « Si Husserl se tient ferme aux évidences de la constitution. c’est que Husserl fait confiance à la vérité dans laquelle nous sommes de naissance.

Freiburg/München. tel que les travaux de Husserl se laissent entrevoir. Depraz. Alber. _______. _______. 2004. Françoise Dastur. trans. Phénoménologie de la Perception. Nijhoff. Grenoble. l’objectif de ce travail est plus qu’at teint. Phänomenologische Werkstatt 2. 1960. (p. Paris: Les Éditions Gallimard. l’approche conjointe des deux œuvres peut nous ouvrir une porte pour mieux comprendre à la fois l’une et l’autre. Studien zur Phänomenologie. “La sexta meditacion cartesiana de Eugen Fink”.. Yale University Press. 3ª época. Madrid. Den Haag. “Translator’s Introduction” to Sixth Cartesian Meditation. Revista de Filosofía. E. SAN MARTIN. Alber. 2 teil. trad. « Le philosophe et son ombre » in : Signes. et si cela est au moins ici suggéré. . Indianapolis.III.. Grenoble. De toute façon. Vol. 410. 1998 MERLEAU-PONTY. 1995 FINK. 1966 _______. 2008 _______. 2006 _______. Edmund Husserl & Eugen Fink: Beginnings and Ends in Phenomenology (19281938). 1988 _______. 1945 _______. Références Bibliographiques : BRUZINA. Bruzina. sans nier l’originalité et encore moins l’importance de la pensée de Merleau-Ponty. Autres rédactions des méditations cartésiennes. trad.17 termes et des expressions empruntées à ces inédits et il s’inspire de leur contenu pour préciser et commenter certaines doctrines husserliennes. M. R. R. VI Cartesianische meditation. p. N. il peut être utile d’observer cette possible influence de Fink et du chemin qu’il a ouvert dans la compréhension de la phénoménologie sous la collaboration de Husserl juste au moment où la phénoménologie jetais un regard critique sur elle-même pour interroger ses propres fondements. » p.201-228).110. Millon. Javier. Freiburg/München. Sixième méditation cartésienne. Phänomenologische Werkstatt 1. Indiana University Press. 1990. Millon. Peut-être que les idées de Fink et Merleau-Ponty ont été complétées de façon inattendue justement pour une nécessité de la propre phénoménologie. Édition Gallimard. 1994. Kluwer. Dordrecht. Comme nous avons essayé de le montrer.

18 SEPP. In International Journal of Philosophical Studies . Medialität und Meontik – Eugen Finks spekulativer Entwurf in Internationale Zeitschrift für Philosophie. vol. 1962. pp. “The Meontic and the Militant: On Merleau -Ponty’s relation to Fink”.67 (4) .669-699 VAN BREDA. « Merleau-Ponty et les Archives-Husserl à Louvain » en : Revue de Métaphysique et de Morale. 19 (5). Hans-Rainer. 2011. Bryan. n. 1998 SMITH.