Des Matériaux (3

ème

édition)

Corrigé des exercices

Chapitre 14 - Composites
EXERCICE 14-12
Avant de se lancer immédiatement dans la résolution du problème, il est utile de tracer schématiquement la courbe de traction de chacun des composants (matrice et renfort), ce qui permettra de répondre plus facilement aux questions. La figure ci-dessous (qui n’est pas à l’échelle) résume graphiquement les données du problème. σ Rmf

(σf)εem

Ef

RmC ReC Rmm (σm)Aff Rem EC n

Em

εem

Aff

Afm

A’fm

ε

a) Module d’Young du composite : Le module d’Young est aisément calculé par la règle des mélanges :

E C = Vf E f + (1 − Vf )E m
Avec les données numériques, on obtient la valeur suivante :

EC = 220,5 GPa

b) Allongement final du composite à la rupture : Par convention, l’allongement final AC du composite à la rupture est égal à l’allongement Aff des fibres à l’instant de leur rupture. Comme les fibres ont un comportement fragile, il suffit d’appliquer la loi de Hooke à ces fibres pour calculer leur allongement Aff à la rupture :

A C = A ff = R mf E f = 2500 MPa/500 GPa = 5x10 -3

AC = 0,5 %

© Jean-Paul Baïlon – Presses Internationales de Polytechnique

1 de 2

on obtient ainsi la valeur de la résistance à la traction RmC du composite : RmC = 1058 MPa Remarque : même si la contrainte (σm)Aff dans la matrice n’est guère plus élevée que la limite d’élasticité de cette matrice (+ 2 MPa). on applique la règle des mélanges aux contraintes s’exerçant dans la matrice et dans les fibres à l’instant de la rupture des fibres. on applique la loi de Hooke à la matrice : ε em = R em E m = 280 MPa/70 GPa = 4x10 -3 = 0. © Jean-Paul Baïlon – Presses Internationales de Polytechnique 2 de 2 . C’est le cas de figure représentée ci-dessus. Pour cela il est nécessaire de connaître la pente n qui caractérise la consolidation plastique de la matrice . C’est une illustration claire de l’effet de renfort que l’on recherche dans les composites.004 A fm − ε em n ≈ 2000 MPa La contrainte (σm)Aff dans la matrice est donc égale à : (σ m )Aff = R em + n (A ff − ε em ) = 280 + 2000(0.1166 + 0. c’est-à-dire une limite d’élasticité.004) = 282 MPa En portant cette valeur dans l’équation (1) et avec les autres valeurs numériques connues. d) Limite d’élasticité du composite : On applique la règle des mélanges aux contraintes existant dans la matrice et dans les fibres et qui correspondent à la déformation εem à la limite d ‘élasticité de la matrice (voir figure ci-dessus) R eC = Vf (σ f )εem + (1 − Vf )R em = Vf (E f ε em ) + (1 − Vf )R em Avec les données numériques. Rem = 882 MPa R mC = Vf (R mf ) + (1 − Vf )(σ m )Aff (1) Il faut donc calculer la contrainte (σm)Aff existant dans la matrice quand les fibres se rompent .005 − 0. Il faut donc vérifier si la déformation εem. est inférieure à l’allongement à la rupture Aff des fibres calculé à la question précédente : Pour calculer la déformation εem.4 % On constate que εem est inférieure à Aff . atteinte dans la matrice à sa limite d’élasticité.520 / 70) − 0. on obtient la valeur suivante : e) Résistance à la traction du composite : Encore une fois. d’après la figure ci-dessus. l’effet de renfort dû aux fibres conduit à une amplification marquée de cette faible différence puisque l’écart entre la résistance à la traction du composite RmC et sa limite d’élasticité ReC est égal à 176 MPa. c’est-à-dire pour la déformation Aff (voir figure ci-dessus).Des Matériaux (3 ème édition) Corrigé des exercices c) Présence d’une transition sur la courbe de traction du composite : Pour vérifier si la courbe de traction du composite présente une transition « élastique – plastique ». on obtient : n= R mm − R em R mm − R em 520 − 280 = = ' (A fm + R mm / E m ) − ε em (0. Donc le composite présentera une limite d’élasticité sur sa courbe de traction. il faut vérifier si la matrice a commencé à se déformer plastiquement avant que les fibres ne se rompent.