Hector-J.

Rodriguez-Tomé Michel Zlotowicz Alain Jacquet Françoise Bariaud

Peurs et angoisse à l'adolescence
In: Enfance. Tome 25 n°3-4, 1972. pp. 239-307.

Abstract An inquiry has been made bearing on 345 high school pupils aged 14-18. The subjects were asked to report what they were afraid of and what they felt when afraid. Following a content analysis of the subject's responses to these two questions the authors describe 56 topics of fears and 48 topics of experienced fear. A factorial analysis of each of these two sets as well as of their relations makes it possible to describe several dimensions of fear at adolescence : phobias and expectancy anxiety, dangers in the self and dangers in others. Two forms of separation anxiety are distinguished, according to wether they involve differ endated relations with others or fear of a globally hostile world. Résumé Au cours d'une enquête, 345 lycéens de 14 à 18 ans ont été invités à rapporter ce qui leur fait peur et ce qu'ils éprouvent lorsqu'ils ont peur. Après analyse du contenu des réponses des sujets à ces deux questions, on décrit 56 thèmes de peurs et 48 thèmes de « vécu » de la peur. L'analyse factorielle de chacun de ces deux ensembles, ainsi que des correspondances entre eux, permet de mettre en évidence quelques dimensions de l'angoisse à l'adolescence : phobies et angoisse d'attente, dangers dans le soi et dangers chez les autres ; deux formes de l'angoisse de séparation sont distinguées, selon qu'elles impliquent des relations différenciées avec les autres ou la crainte d'un monde globalement hostile.

Citer ce document / Cite this document : Rodriguez-Tomé Hector-J., Zlotowicz Michel, Jacquet Alain, Bariaud Françoise. Peurs et angoisse à l'adolescence. In: Enfance. Tome 25 n°3-4, 1972. pp. 239-307. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/enfan_0013-7545_1972_num_25_3_2546

Peurs

et

angoisse par

à l'adolescence

H. RODRIGUEZ TOME et Michel ZLOTOWICZ (avec la collaboration de Françoise BARIAUD et Alain JACQUET). Nous nous proposons ici de décrire un ensemble de peurs évoquées par des lycéens de 14 à 18 ans, d'inventorier les variétés de l'expérience intime, de la peur chez les mêmes sujets, et d'analyser les correspondances entre les représentations et les réactions qui caractérisent leurs états de conscience angoissée. Puis nous essayerons de mettre en évidence quelquesunes des catégories plus générales de l'angoisse à l'adolescence, ce qui permettra ultérieurement d'examiner leurs rapports, ou leurs filiations, avec celles qui semblent résulter de l'étude des peurs chez l'enfant. A. Angoisse et adolescence Etude génétique de l'angoisse, ce travail relève aussi en propre de la psychologie de l'adolescence. En effet, des rapports étroits unissent l'angoisse à toute situation ou expérience subjective où l'intégrité de l'individu est en jeu ; et c'est notamment à l'adolescence que la question de l'identité personn elle, donc de l'intégrité du soi, se trouve posée au premier plan. Aussi reconnaîtrons-nous l'angoisse comme l'un des traits dominants de la vie affective au cours de l'adolescence, angoisse qui ne tient pas seulement à ce que les adolescents partagent des risques et incertitudes inhérents à toute existence humaine, mais encore à ce qu'ils voient s'opérer de profonds changements en eux-mêmes et dans leurs relations avec le monde. Il n'est pas dans notre propos ici, ni non plus à la mesure de cette étude, de chercher à démêler ce qui dans la crise d'identité de l'adolescent (1) (1) On peut contester que les transformations de l'adolescence et les pro blèmes d'adaptation qui en sont concomitants, soient décrits comme une crise d'identité, notion proposée d'abord par E.-H. Erikson ; il nous semble pourtant que cette notion est particulièrement riche du point de vue d'une psychologie génétique de la personne.

240

H. RODRIGUEZ TOME, M. ZLOTOWICZ

est toile de fond, phénomène psycho-biologique de base ou contenu exis tentiel. On peut néanmoins survoler les transformations que subit l'adoles cent. D'abord dans son corps, à la fois siège et instrument premier de l'autoconscience. Ensuite dans ses structures cognitives, ce qui permettra à l'adolescent de saisir et de penser le monde selon de nouvelles perspect ives, de faire du monde un objet de jugement et d'analyse, de s'en détacher donc, tout en étant conscient de lui appartenir irrémédiablement et tout en éprouvant le désir aussi irrémédiable de s'y reconnaître, d'y retrouver une place. Et puis celles qui s'expriment par une réorganisation de la perception du temps qui réalise le futur, de sorte que l'avenir se fait une donnée du présent, composante de la conscience de soi et du monde, objet de repré sentations et de soucis. Ainsi l'adolescent, qui devient apte à s'approprier par la pensée et à coordonner une vaste étendue d'êtres et d'événements, dans le même mouvement et par le retour de cette pensée sur lui-même, va-t-il accéder à une conscience nouvelle de soi. Mais cette conscience, comme tout autre du reste, ne saurait être appréhendée dans son seul aspect cognitif. La vie émotionnelle de l'adolescent, qui tire son énergie autant de la génitalisation des corps et des rapports hétérosexuels que des expériences pre mières de l'amour, de l'épanouissement du soi dans la tendresse et dans l'amitié comme du partage urgent de l'identité personnelle avec autrui, cette affectivité alors aiguisée et fleurissante, constitue elle aussi la cons cience de soi. C'est là, au demeurant, une conscience qui dans sa nécessaire unité nous apparaît pourtant dédoublée, comme elle ne l'avait pas été auparavant et ne le sera que rarement plus tard avec une pareille intensité, dans les modalités de l'être pour soi et de l'être pour autrui ; la relation, avec l'autre, source et témoin de l'identité personnelle, est encore un enjeu primord ial à l'adolescence (1). L'étude plus précise des rapports entre angoisse et identité personnelle à l'adolescence fait partie de nos projets futurs. Il convenait cependant d'évoquer ici le cadre de référence sur lequel vont s'inscrire notre descrip tion et nos interprétations de l'univers de peurs relevées auprès d'un groupe d'adolescents. Ajoutons encore que nous ne cherchions pas à mesurer l'angoisse et que nous sommes tout simplement partis des déclarations des sujets, pour essayer d'extraire de ce qu'ils nous ont dit de leurs peurs et de leurs réactions à la peur, ce que nous-mêmes nous pouvions poser en termes d'angoisse.

(1) Cf. sur ce point Rodriguez Tome, 1972.

du sexe et du milieu scolaire de ces mêmes sujets. notre travail diffère. et des modalités du travail d'analyse de leurs réponses que nous avons entrepris. un inventaire de soucis et de peurs éprouvés par des adolescents catho liques . MÉTHODES Nous traiterons sous ce titre de la nature des données que nous avons recueillies. se trouvait celui de la peur. l'auteur a tiré de cette liste les items d'un questionnaire fermé. deux questions ouvertes furent posées aux sujets. Une autre liste de thèmes de peurs a été constituée par Croake (1967) en interviewant des adolescents du South Dakota et du Nebraska . au moins dans une première étape de leurs recherches. c'est d'abord par l'importance attachée à la démarche empirique de l'analyse de contenu. par contre. On peut citer enfin une intéres santeétude d'Adah Maurer (1964) : l'auteur. Nous mentionnerons néanmoins quelques travaux américains dont les auteurs ont utilisé. par la suite. Il s'agit notamment de Fleege (1945) qui avait ainsi établi. — Les données. Ce en quoi.PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 241 C'est ainsi que nous ne croyons pas devoir nous référer à la nombreuse littérature consacrée à l'étude psychométrique de l'anxiété : l'on trouvera une discussion de ces problèmes dans l'article de Zlotowicz (1970). . une technique de questionnement ouvert proche de celle que nous avons utilisée nousmêmes. ce travail fut repris vingt ans plus tard par Meissner (1961 a et 1961 b). dans un but de comparaison historique. Sur ce thème. B. a exploré les attitudes envers la mort à partir d'une seule question très bien formulée. du nombre. parmi les thèmes évoqués. en 1939. 1. Les sujets avaient été invités à répondre par écrit à un petit nombre de questions « concernant les jeunes » . le point de rencontre entre ces travaux et le nôtre concerne surtout l'application de l'analyse de contenu à un ensemble de déclarations écrites par les sujets -en réponse à une ou plusieurs questions ouvertes. Outre la proximité thématique. des conditions dans lesquelles les : sujets ont été questionnés. considérée comme un moyen de rendre compte du matériel brut. ce qui lui a permis de rassembler un riche matériel. qui n'étaient pas toujours les mêmes au cours des différentes expé riences effectuées. et ensuite par l'utilisation de l'analyse factorielle en vue de constituer des classes générales de contenu selon un procédé systématique non a priori. de l'âge. Les questions et les conditions de questionnement Nos données de base sont constituées par les réponses fournies par 345 adolescents parisiens.

— qu'ils avaient été convoqués à cause de leur âge et non pas en fonction de caractéris tiques qui leur seraient propres . et même continuer au verso comme quelques-uns n'ont pas manqué de le faire. et qu'en plus nous étions tenus en tant que psychologues de ne divulguer nominalement aucune réponse . M.242 H. Avec l'accord des responsables de l'établissement. — que pour ces questions il n'y avait ni bonnes ni mauvaises réponses. essayez d'énumérer tout ce qui vous fait peur. mais de peur. Cependant. RODRIGUEZ TOME. il vous arrive parfois d'avoir peur. les sujets pouvaient répondre en toute liberté et aussi longue ment qu'ils le désiraient. toutes les réponses étant valables pourvu qu'elles reflétassent au mieux ce que chacun pensait ou sentait . — que les questions auxquelles ils allaient répondre n'avaient rien à voir avec le travail scolaire ni avec les capacités intellectuelles. le sujet pouvait alors étaler sa réponse sur toute la longueur d'une page blanche laissée à sa disposition. — que par ailleurs ils n'avaient nullement à se soucier de la qualité de la rédaction ni de l'orthographe . Dans ce but. en décrivant leurs réactions et leurs états de conscience angoissée. nous ne parlions pas $ angoisse. la question — présentée au sujet dans la page suivant celle où il avait énuméré les objets de peur — était ainsi rédigée : « 2° Qu'est-ce que vous ressentez quand vous avez peur ? Qu'est-ce qui se passe en vous à ce moment-là ? » Là encore. nous pouvions réunir les sujets par groupes d'une dizaine et demander leur collaboration. —• que ni les autorités de l'école. ZLOTOWICZ La première cherchait à obtenir une enumeration des objets de peur ou d'inquiétude et se présentait ainsi : . . — que le questionnaire était anonyme. En y réfléchissant. ni les professeurs ne seraient mis au courant des réponses qu'ils allaient donner . l'enquêteur indiquait aux sujets : — qu'il s'agissait d'une recherche sur la jeunesse . » Cette question ayant été placée en tête. mais qu'ils devaient faire un effort de réflexion sur eux-mêmes . une fois seul avec eux. tout ce qui vous inquiète. et après avoir décliné sa qualité de psychologue.< De quoi avez-vous peur? 1° Comme tout le monde. La seconde question incitait les sujets à pousser plus loin l'intro spection et à nous livrer leur expérience intime de la peur. La présentation du questionnaire eut lieu dans les lycées dont les jeunes étaient élèves.

A. ainsi que dans la banlieue résidentielle (Sèvres). pour la constitution desquels nous avons admis des sujets ayant un écart maximum de six mois en plus ou en moins. il s'agit là de l'âge moyen dans chaque groupe. Engelhart. 2. les sujets étaient invités à se disperser au maximum dans la salle. Levy. . Lesauvage. l'ensemble se distribue sur trois groupes âgés respectivement de 14. avec un faible pourcentage de fils d'ouvriers (nous avions demandé à chacun des jeunes d'indiquer la profession de son père). L'enquêteur restait dans la salle. Juzon. Le milieu socio-économique prédominant est celui des cadres moyens et supérieurs et des professions libérales. Gérard et D. Nous examinerons dans cet article les réponses données à nos questions iur la peur par 345 adolescents. pour éclairer des doutes et pour veiller au maintien d'un climat propre à la nature de la tâche proposée. qui par ailleurs ont préparé — indépendamment de notre recher che — des Mémoires de Maîtrise sur les différents thèmes de psychologie de l'adolescence explorés à l'occasion de ces enquêtes. Flneyre. 16 et 18 ans . Robiaux. Le tableau I montre en détail la répartition des sujets en fonction de leur âge et de leur sexe.-M. Tableau I Population étudiée Répartition des sujets selon leur âge et leur sexe Age moyen dans chaque groupe 14 ans 16 ans 18 ans Filles Garçons Totaux par âge 46 52 98 72 66 138 56 53 109 Totaux par sexe 174 171 N = 345 (1) Nous voulons ici remercier pour leur collaboration : A. N. Les garçons et les filles s'y trouvent en nombre à peu près égal.-L. — Caractéristique de la population étudiée Le recueil des données fut effectué au cours des années scolaires 1969/70 et 1970/71.R. que l'un de nous dirige à l'U. Quant à l'âge. nous le comprend rions parfaitement et qu'il pouvait quitter la salle. de façon à ce que chacun soit assuré de pouvoir faire un travail individuel à l'abri de toute indiscrétion. jusqu'à ce que tous eussent terminé. de sorte que si quelqu'un ne se sentait pas à l'aise pour répondre à nos questions. ayant accepté les règles du jeu. C. Poulquier. de Psychologie de l'Université de Paris Xe (1). et de ne pas tourner une page avant d'en avoir terminé. J. Ensuite.E.-P. avec l'aide des membres d'un séminaire de Maîtrise en Psychologie Génétique. M. Enfin il était demandé de répondre aux questions au fur et à mesure qu'elles se présentaient dans le cahier qu'on allait leur remettre. Les sujets interrogés étaient tous des lycéens fréquentant des établissements publics ou privés de niveau équivalent et implantés dans les 6e. J.PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 243 — qu'ils étaient appelés à nous prêter leur collaboration volontairement. A ce moment-là le ques tionnaire leur était remis. 16e et 18° arrondissements de Paris.

Puis en prenant séparément les deux ensembles d'items qui s'en étaient dégagés. Les techniques auxquelles nous avons fait appel sont d'une part l'analyse de contenu et d'autçe part l'analyse factorielle. et d'une façon aussi exhaustive que possible. afin notamment d'inventorier les « objets » ou les « thèmes » de peur (réponses à la première question). les résultats obtenus nous permettront d'esquisser une synthèse interprétative de l'univers de l'angoisse chez l'adolescent. ce qui est aussi. avec.. par la liste des indicateurs que nous repro duisons intégralement sous chaque item. Dans une seconde étape. dont le mode de construction sera exposé plus loin. Sur ce tableau de corre spondances. bien que non nécessairement indépendants l'*in de l'autre. c'est-à-dire un résumé commode du contenu de chacun d'entre eux : en effet la définition de chaque thème est d'abord une défini tionen extension. RODRIGUEZ TOME. de nou velles analyses factorielles furent effectuées . comme nous . constituée.comme deux corpus distincts. Les peurs Nous allons recenser l'ensemble du matériel recueilli en réponse à la première question qui a été posée aux sujets (« de quoi avez vous peur ? »).244 H. I. que nous pou vions considérer valablement . ZLOTOWICZ 3. Nous donnerons des précisions sur notre travail d'analyse au fur et à mesure de la présentation du matériel étudié et des résultats obtenus . nous avons tenté une première systématisation de leur contenu à l'aide de plusieurs analyses factorielles. Nous commencerons par énoncer brièvement les principes que nous avons suivis lors de l'analyse du contenu de ce matériel. les noms que nous donnons à chacun de ces thèmes ne doivent pas être pris pour plus qu'ils ne sont.. et les variétés de l'expérience intime de la peur (réponses à la deuxième question). — Traitement des données Les réponses faites à nos deux questions par les adolescents interrogés se présentaient d'emblée comme deux ensembles différenciés. pour les mettre ensuite en correspondance dans le but d'obtenir une vue plus générale. le plan de l'exposé qui suit correspond d'assez près à celui des opérations effectivement réalisées. M.les réactions à la peur ou les états de cons cience angoissée que les sujets^ nous avaient livrés. Ainsi notre démarche a consisté à les traiter d'abord séparément. Puis nous énumérerons les 56 thèmes de peur que nous avons pu ainsi caractériser . nous avons mis en correspondance les thèmes de peur ou d'inquiétude. Dans une première étape nous avons procédé à deux analyses de contenu.

Mais autour de ce noyau commun les écarts de sens peuvent parfois paraître importants. par exemple..PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 245 l'avons annoncé. ont proposé deux listes distinctes de réponses : peurs et inquiétudes. Il s'agit d'ailleurs presque toujours de la peur de la mort. Ainsi dans l'ensemble des thèmes relatifs au monde (items 23 à 30) nous sommes parvenus à distinguer 8 items différents. l'emploi distinct des mots clés de la question («j'ai peur». figure sous le titre de divers une série d'énoncés qui n'ont pu être classés ailleurs. enfin. mais que nous tenons à reproduire par souci d'exhaustivité. ainsi que celles qui sont dues à. le thème ainsi nié n'a pas été considéré comme présent. maison). Par rapport à l'exigence d'exhaustivité. la mention de traits particuliers de la situation redoutée n'a pas été prise en considération : pour la peur de l'obscurité et de la solitude (thèmes 6 à 9). mais nous veillons à ce que sa taille soit aussi réduite que possible . ville. dans certains cas. etc. par l'existence d'un noyau lexical (un mot ou une expression caracté ristique qui figurent dans la plupart des occurrences du thème). comme l'existence de relations entre propositions. Outre les 56 items que nous avons recensés. en effet. à ces nuances près.de deux sortes : 1° Nous acceptons de constituer une catégorie d'énoncés divers. «je suis inquiet») (3) . les entorses que nous commettons sont ■.) (2). à l'intérieur d'un thème — il s'agit donc du critère d'homogénéité — nous acceptons de perdre certaines nuances de sens : celles qui introduisent des degrés de fréquence ou d'intensité (« il m'arrive d'avoir peur ». l'homogénéité d'un thème est assurée. L'analyse du contenu des peurs Conformément aux principes généraux que nous avons énoncés (1). 2? compte tenu de la nature des textes recueillis. nous ne tenons pas compte de certains traits syntaxiques rares. mais à l'intérieur d'un même thème nous assimilons des craintes dont le réfèrent est parfois bien (1) Dans l'introduction générale de ce numéro spécial. Le plus souvent. ». nous proposerons une première systématisation de leur contenu par l'analyse factorielle qui nous permettra de regrouper sur quel ques dimensions générales une partie du contenu que nous avons analysé. une manière de restituer l'ensemble du matériel brut. De la même façon. (2) Dans le cas où les sujets disent « je n'ai pas peur de. après cette enumeration des thèmes de peur. Enfin. A.. (3) Certains sujets. campagne. « j'ai très peur ». . Mais ces sujets sont peu nombreux et rarement d'accord entre eux sur ces nuances. on n'a pas tenu compte de précisions portant sur le fait que la peur se produisait plutôt dans tel ou tel lieu (forêt. nous avons voulu à la fois procéder à une analyse exhaustive du matériel et à sa répartition en catégories aussi homogènes que possible.

RODRIGUEZ TOME. la mer ». les contraintes empiriques nous conduisent à faire preuve d'une certaine souplesse dans l'application de la règle d'homogénéité qui est plus une exigence-limite qu'une condition toujours remplie. l'analyse factorielle. « d'étouffer sous Veau {je sais pourtant nager) ». «l'angoisse de la mer. même dans les meilleures conditions. « de la mer». « en faisant du cheval ». «en plongée sous-marine». 3. L'eau. Les thèmes de peur 1. quelles sont les unités de sens sous-jacentes aux expressions employées par les sujets. « la profondeur de la mer ». Accidents Les « accidents » en général. même quand cette exigence est remplie au niveau de l'expression (cas d'un indica teur lexical) le problème de la polysémie se pose. Les unités d'expression que nous identifions ne sont pas. « de tomber sous les roues d'un train ou d'un métro ». . En particulier les accidents de voiture ou de moto. « dans un train ou je dors. j'ai toujours peur qu'il se ren verse ». Ainsi. « l'immensité. « des accidents de montagne ». M. 2. « de me noyer ». Ou encore un bateau échoué . « une noyade. En vérité. c'est découvrir progressivement. mais aussi ceux qui peuvent se produire dans la pratique de certains sports. « en voiture il m1arrive d'avoir peur ». et la peur de se noyer ou d'étouffer sous l'eau. ou encore un bateau énorme retourné » . la noyade L'eau en général. ce. mais. « Des accidents». la mer». « un accident grave ». et les questions qui se posent à chaque étape. « sur un bateau en mer ». Le feu Peur du feu. « des accidents d'auto ». un torrent. toutefois. de la brûlure. «pour certains exercices de gymnastique » . nous pouvons invoquer le fait que certains sujets citent pêle-mêle des motifs de crainte que d'autres pourraient trouver contradictoires). de l'incendie. que nous espérons. par l'analyse du contenu. des unités de sens . surtout la mer. « Un fleuve. B. parfois ». ZLOTOWICZ distinct (par exemple dans l'item 24 nous réunissons des énoncés qui se réfèrent à des périls qui peuvent sembler opposés . « en moto par exemple ». c'est-à-dire un bateau au fond de la mer. la mer. «la mer en tempête».246 H. la mer ». «de l'immensité.

abandonnée de tous ».J'ai peur des hauteurs quand je regarde en bas». sans amis. «de me retrouver seul». «de rester seule. « de la solitude future » . grincements) ou du silence. «de me retrouver seule. ma femme et mes enfants et de rester tout seul après». « le vide ». 5. d'être seule ». « j'ai peur du vertige à la montagne ». la peur du vide et de la chute dans les endroits élevés (préci pices. un jour » . plongeoir). des gouffres ». d'être entouré par quelques amis sûrs». « sur un plongeoir de trois mètres». perdre des amis chers. « du vide. sans parents. 6. « De la solitude. « en faisant une excursion à la mont agne. « en sautant une crevasse ». lorsque le sujet dit « être seul » sans autre contexte. sa réponse a été codée en 7). souvent redouté dans l'avenir ou la vieillesse. une crevasse. crevasses. «le vertige. «la montagne. 4. d'amour. la forêt. nie feu». du manque d'amour ». «d'être bloqué à l'inté rieur d'une pièce en feu». nous avons néanmoins renoncé à tenir compte de distinctions du type dedans- . « de ne plus avoir d'amis ». j'ai peur ». soit accompagnés de l'évocation du bruit (petits bruits. «de la solitude en général ». «d'escalader une grande montagne». Se différencie de 45 (Séparation) parce qu'ici (5) l'accent est mis sur la solitude propre plus que sur le manque ou l'absence de quel qu'un. « les autres : j'ai peur qu'ils ne m'entourent plus ». Le vertige Le vertige. «à la montagne. « de la solitude » (codé selon contexte . Solitude morale Isolement par rapport aux autres . « d'être seule. «. « de ne pas être entourée d'amitié. d'être isolée de tout». en frôlant le précipice. la rue . Obscurité ou nuit (et bruits) Les thèmes de la solitude et de l'obscurité (items 6 à 9) apparaissent souvent soit ensemble. Parfois l'on trouve aussi des indications concernant les lieux : le bois. « de la solitude morale : j'ai besoin d'avoir des amis. «je ne peux pas imaginer la vie sans elles (les personnes qui m'entourent) ». craquements. «j'ai peur de me retrouver un jour sans amis. «du vide : j'ai le vertige». « de me trouver seul dans le monde ».PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 24^ « J'ai peur du feu». la maison. sans argent». le vide » . «l'incendie». j'ai peur de tomber dans les précipices ». « plus tard. on a peur de tomber».

RODRIGUEZ TOME. le noir ou la nuit sont mentionnés sans être référés aussi à la solitude. «les bruits d'un bois. « Les bruits de la nuit». «me promener seule». M. ville-campagne. où l'on n'entend rien». le moindre bruit me fait peur {branches. « d'être seul la nuit. « De la nuit ». en pleine nuit». seul. où il fait sombre. Solitude (et silence ou bruits) Nous avons codé ici « être seul » sans autre spécification et aussi « le silence » dans certains cas où le contexte nous suggérait expressément la solitude. vent) et je m'imagine des tas de formes extraordinaires ». « le silence. surtout dans notre grand pavillon le soir. quand j'y suis seule». la nuit. sans personne à côté de moi. dans les bois. 8. « quand je suis seul dans la maison et que j'entends des bruits ». « certains bruits le soir à la campagne». Solitude (ou silence) et obscurité Nous avons codé ici les phrases où le noir et la solitude (ou le silence) apparaissent ensemble. «de me promener seul la nuit dehors ». «quand il fait noir et qu'il y a des bruits». «je n'aime absolument pas la solitude ». «rester toute seule chez moi et entendre des bruits». «la nuit et le silence ». «c'est le silence et le vide d'un monde sans bruit ». « De la solitude. 9. « me trouver seul dans une vieille maison qui craque sans cesse ». «la nuit trop calme où un petit vent fait frissonner le soir ». «de la solitude complète». « de la solitude dans les bois ». « le soir seule ». « seul dans la forêt la nuit ». « dans un bois. «la froideur et l'obscurité d'une cave (les bruits)». 7. d'étranges cris. « la plupart des endroits où l'on est seul. « le soir ». la nuit ». mais j'aime . «de la nuit à la campagne dehors seule». la nuit». « de sortir seul la nuit dans la campagne». ZLOTOWICZ dehors. «la nuit quand je suis seul dans une grande maison». « d'être seul ».248 H. « la nuit quand je suis seule ». « d'être seule. au silence ou au bruit. «je ne traverserais pas un bois. j'entends des bruits et je me figure aus sitôt des choses horribles». « une porte d'armoire qui grince la nuit». «Rester longtemps seul». excepté en ville ». «me perdre dans une forêt alors que je suis seul ». feuilles. la campagne ». Obscurité Toutes les fois où l'obscurité. « la forêt. car cela aurait entraîné un morcellement extrême des indicateurs. « j'ai peur de l'obscurité totale.

L'au-delà de la mort. «d'être écrasé par un marteau-pilon ». «de tomber .. « mourir dans des conditions affreuses ».. : mort « la mort ». « que se passet-il après ? » « j'ai peur qu'il n'y ait rien après la mort » . « du noir.. « la nuit : en ville j'ai peur. qui je verrai». « Les maladies ».PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 249 la pénombre ». «mourir d'une mort lente et douloureuse». mais à la campagne je n'ai pas peur». « La mort me fait peur » ou « m'inquiète ». «L'au-delà». « peur de «Mourir asphyxiée. à ce que l'on pourrait y trouver. «de ce qui se passe après la mort ». « une mort lente qui fait souffrir ». «mourir bridée» «la mort lente». mourir». « de ce qui se passe après la mort. mort qui fait souffrir.ce que j'adviendrai quand je serai morte. 11. où j'irai. 12. «de. peut-être parce qu'il fait noir. «ma mort». comment je serai. Mais la peur de la mort n'est pas exprimée ici autre ment que par la mention de maladies à pronostic redoutable comme le cancer. «la nuit. «l'éternité après la mort». «/ 'après-mort ». «mort accidentelle». La mort C'est la mort sans autre spécification. ou la mort propre sans indica tionsur la façon dont elle peut arriver (sauf les deux cas de « mourir jeune» que l'on a gardés ici pour mieux caractériser l'item suivant (11). 13. «mourir noyé». Maladies C'est un item presque lexical : les sujets parlent de maladies diverses. «mort violente». ». La mort affreuse (ou accidentelle) C'est la peur de mourir dans des conditions particulières brutale ou affreuse. «le néant». qu'il y a la vie et qu'après c'est le néant». «de mourir jeune». « mourir dans un accident d'auto ». plus ou moins graves. « j'ai peur de ne rien trouver après ma mort ». car on ne sait jamais ce qu'il peut arriver». «une grave maladie». 10. «le cancer». «de ce qui suit la mort». « mourir à petits feux ». surtout dans la vase». le néant C'est l'incertitude et l'angoisse associées à ce qu'il peut arriver après Ja mort.. «quand je traverse un grenier à la campagne le soir».

«la moindre petite maladie me fait peur». cécité». «L'orage ». «surdité. « les infirmités {aveugle. infirme ». Les fauves Regroupe toutes les mentions d'animaux sauvages ou féroces. « d'une maladie longue et pénible (. « l'infirmité {aveu gle. «d'une maladie horrible». etc?)».. 17. « la tempête ». Reptiles. le tonnerre et diverses catastrophes naturelles. « d'être paralysé. ce qui compromettrait fortement mes études ». «des serpents». «des tremblements de terre». mais qui ne fasse pas mourir) ». qui me . «maladies de la peau comme la lèpre». avec ou sans commentaires. principal ement la paralysie et la cécité. «des grosses araignées ». RODRIGUEZ TOME. paralysée) ». Handicap permanent Les sujets parlent d'infirmités durables et inguérissables. « une longue maladie ». «d'être impotent». «de rester défigurée {après un accident) ». « Les araignées ».250 H. «les araignées. «paralysie. 16. «du tonnerre».Catastrophes naturelles Sont compris dans cet item. l'orage. ZLOTOWICZ longtemps malade. les avalanches ». « d'être infirme et de le rester». 14. «de perdre la santé » . « les catastrophes naturelles. répugnent plutôt que de me faire peur » . «des catastrophes ». « les serpents et les hom mes {sur le même plan) puisqu'ils se ressemblent ». cécité». avec ou sans commentaires. la peste». «un reptile : c'est un animal sour nois et qui vous attaque souvent par derrière ». Araignées Item lexical. « la lèpre.. « des orages ».sourde et muette. «Des reptiles». 18. M. défini par la mention expresse des araignées. «de rester infirme ou débile mentale après un accident». les reptiles ou les serpents sont expressément mentionnés. 15. serpents C'est un item lexical. « D'être frappée de n importe quelle paralysie ».

cliniques. et des atteintes à l'intégrité corporelle. 21. j'ai peur». « l'odeur qu'il y a dans les hôpitaux ». Les cauchemars.. blessures La souffrance physique (et même la peur de la mort) sont évoquées indirectement par la peur des hôpitaux. cabinet du docteur. « les bêtes affreuses qui vous font trembler par leur cruauté ». « de me faire opérer » . Il convient toutefois de souligner que les plus fréquemment mentionnés sont les chiens et les insectes. «Des chiens». « Les hôpitaux. «les guêpes» rats » . fractures.. 19. Nous y avons regroupé tous les autres animaux mentionnés. 22. «quand je vois un film «les poissons ». l'épouvante et certains aspects du fantastique Nous avons retenu pour cette catégorie les phrases se rapportant aux cauchemars. « les animaux sauvages ». qui sont ainsi perçus comme menaçants ou angoissants. contexte). «quand je skie et que je vois passer une civière. « Les cauchemars ». « de me faire mal » « de la torture » . « de la souffrance physique ». « de me casser un bras ». «un blessé». Douleur.Autres animaux C'est un item très composite. « les chats » . « me casser une jambe ». « la vue de grands blessés » .PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 251 « Les tigres ». «des insectes». « d'avoir mal de quelque manière que ce soit». «les films d'épouvanté ». « les animaux sauvages et féroces ». « De la douleur ». mais dont la fréquence d'apparition de chacun n'at teignait pas le seuil fixé pour en faire une catégorie du code. « de perdre un membre». « d'aller en clinique pour me faire opérer ». 20. souffrance physique On a classé dans cet item les phrases contenant une référence explicite à la souffrance physique. aux films d'épouvanté et à d'autres aspects du monde fantas tique. « avoir mal durant une intervention chirurgicale ». de la vue du sang ou des blessés. Hôpitaux. « de la torture physique » . «les coups». « le lézard » . « les crocodiles ». « les piqûres » . «de la souffrance» (cf. « les loups ». dentiste ». «les . « la vue du sang ». « le lion ». vue du sang.

«le monde mo derne ». «les sciences occultes». de Michaux». M. « l'histoire. « le communisme ». mais souvent aussi des réactions de type raciste. «les Chinois. car dans vingt ans je pense qu'Us seront en mesure de conquérir le monde ». «la civilisation d'aujourd'hui». «le monde des autres. parce que j'y repense». y compris « les jeunes ». Les indicateurs retenus ne reflètent pas seulement des rejets et des craintes d'ordre politique. 24. « la vie actuelle ». trotskistes1'». «du monde actuel». « après un cauchemar. « La révolution et surtout les révolutionnaires ». me fait peur». «le temps moderne. « les jeunes qui ne savent que contester ». de Borges. Le monde actuel Le monde présenté de façon plus ou moins abstraite. « les étudiants dits "fascistes. «l'évolution de la jeunesse. «tout ce qui se passe en ce moment». « les créatures fantastiques ». sa dégradation incessante ». « les jeunes qui ne savent rien faire et qui avec nous formeront l'univers de demain ». l'Europe des trusts ». je trouve qu'il est décadent ». «le communisme. la démocratie républicaine. «du monde». « le monde me fait peur.252 ■ H. « Le monde». « les émeutes ». il est décadent. c'est la décadence ». «les trains fantômes». «les fascistes». «du monde actuel qui prend des ampleurs de plus en plus grandes ». «les mouve ments d'étudiants». « la montée des mouvements néo nazis en Europe». de Lovecraft. « peur du monde dans lequel je me sens oppressé et noyé ». « tout. cela m'inquiète ». 23. «le péril jaune qui se fait de plus en plus menaçant». de l'horreur ». livres). « les vampires ». ZL0T0W1CZ d'horreur ». «le néo-nazisme». « la race juive que je hais profondément et dont la montée m'inquiète». perçue généralement comme oppressive ou décadente. « la drogue : que la drogue soit aussi courante en France qu'en Amérique. RODRIGUEZ TOME. « le mouvement Ordre Nouveau ». «la concurrence dans la société et l'exploitation de l'homme par l'homme ». « la société et ses drames». Périls politiques Périls constitués par certains groupes politiques ou ethniques. de l'épouvante {films. «le monde me fait peur. . si troublante». « les nazis. et aussi la société moderne. «les Chinois {invasion)». « du manque de liberté d'expression en tous points ». « la jeunesse actuelle dont je ne partage pas du tout les idées ». la nature des hommes ». « d'une société ne pensant qu'à l'argent ». le fascisme. « la vie moderne m'inquiète ». « la perte de la petite part de liberté que nous avons ». à l'heure actuelle. «le surnaturel». « inhumanisation de notre société : rentabilité». «du mystère. la politique. «le racisme».

les Noirs ». des Occidentaux. « la pollution de l'air et de l'eau. . « révolte des pays pauvres excédés de notre richesse ». le tournant que prend l'avenir ». « les Arabes. contexte : en tant qu'aspects du monde moderne). «le progrès».mais leur physique : on n'arrive pas à savoir ou deviner leurs pensées ». « le progrès constant ». « le manque d'égalité entre le niveau de vie de certains pays ». l'injustice ».PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 253 « des gauchistes. leurs inquiétudes vis-àvis des facteurs qui menacent la paix et la justice dans le monde. « la civilisation à outrance ». « les violences croissantes dans le monde «. «les progrès en électronique». « du monde qui progresse de plus en plus». pas pour leur nomb re. « les puissances atomiques. « la surpopulation». quand ils veulent ». « Ce qui pourrait arriver au monde . « V inégalité. « j'ai peur de la société de consommation et de production où tous les êtres semblent étrangers les uns aux autres ». des Russes. 25. 27. Facteurs de déséquilibre dans le monde Les sujets expriment. « ]' ai peur de la peur respective qu'ont les grands pays vis-à-vis des autres grands ». La technologie. «les voitures» (cf. selon une vue plus large. massacre de la nature .. des Arabes ». « l'inégalité des peuples ».. nies hommes de couleur».. « les Chinois. « cette vie mécanisée ». un certain trop d'information ». le progrès L'angoisse devant le monde est référée •■ ici à quelques aspects caracté ristiques des sociétés modernes hautement industrialisées. « la réaction de mes contemporains {de ma génération et de la précédente) m'inquiète souvent ». « l'incompréhension des peuples ». « La science destructive». « la politique du gouvernement et des gouverne ments venant plus tard ». «les ordinateurs». (d'ère de la machine». 26. « j'ai peur des conneries que peuvent faire les adultes qui gouvernent {au nom d'une idée) cette planète. qui peuvent détruire ce qu'Us veulent. «d'une destruction de la nature».. des Chinois. «d'un environnement insupportable ». « que les politiciens suppriment un jour la liberté». « que les jeunes gens aient tous une sale mentalité ». inhumanisation ». « du progrès scientifique toujours employé en premier lieu pour l'armement ». « de lu science et des atteintes à la nature ». cette division du monde en deux blocs». des Américains. « que le gouvernement deviennent communiste». « pollution. L'avenir du monde Cet item réunit les craintes concernant explicitement l'avenir du monde.

ce thème a été présenté sans commentaires. « de la guerre qui est si fréquente ainsi que de sa violence toujours plus grande». ZLOTOWICZ « ce que nous allons devenir ». La bombe atomique C'est encore la crainte de la guerre.. <iy aura-t-il une guerre pendant ma vie ? ».. La fin du monde La destruction et la fin du monde . « j'ai peur d'une guerre atomique {mais pas d'une guerre telle que celle de 1939-45) ». « Une peur angoissante après un contrôle ». « de la guerre. « les guerres atomiques ». la peur des sanctions pouvant suivre un « mauvais carnet ». 28. 31. à l'exception de deux sujets. « Les guerres ». « la guerre au Viêtnam. « l'ave nir du monde ». « l'an 2000 ». c'est-à-dire l'avenir du monde ».254 H. « la guerre ». Pour constituer cette catégorie. de la destruction ». « ce qu'il adviendra des hommes ». L'item reflète ainsi la peur de l'échec. « le monde va vers sa perte. « De la bombe atomique ». de façon plus implicite. « qu'un jour la guerre ne revienne dans notre pays ». M. a des derniers carnets trimestriels ». « que la guerre éclate ». « d'avoir un mauvais carnet». «la destruction du monde» nia fin du monde. 29. La guerre La mention de la guerre le plus souvent se suffit à elle-même et n'est pas accompagnée de commentaires. «l'éclatement d'une troisième guerre mondiale au Proche-Orient . « La fin du monde». « qu 'adviendra-t-il du monde dans quelques siècles ? ». «des examens et de tous les . « commercialisation de la bombe atomique (plus de chances d'avoir un fou qui lance la première bombé) ». l'appréhension devant les « contrôles » et les examens et même. 30. la fin de l'homme et de l'univers » . RODRIGUEZ TOME. car elle risque de s'étendre ». « un avenir gâché à cause des abus de tout le monde : la dégradation de l'homme ». l'obligation dans ce cas d'aller me battre ». L'école Sont groupées ici toutes les craintes concernant le travail scolaire. nous avons isolé les mentions explicites des armes atomiques.

PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE

255

contrôles », avant de faire un contrôle», «.c'est la réussite à mon BE.P.C ; cela me hante, et jusqu'au jour ou se présentera cet examen je ressentirai toujours cette peur » , « je suis inquiet sur le plan scolaire, j'ai toujours peur de ne pas " réussir '", de rater un examen, de ne pas pouvoir passer dans la classe que je désire — et pourtant je suis un bon élève », « de pas réussir dans mes études », «redoubler une classe » «rater certains contrôles», «les examens m'inquiètent... je suis angoissé à la veille d'un examen». 32. Les autorités scolaires L'objet des craintes associées à l'école sont maintenant les professeurs et les autorités scolaires. « De certains professeurs », « d'un prof, de maths », « un prof, de français borné qui serait capable de m' empêcher de passer », «subir cer taines autorités scolaires », « j' appréhende une remarque du professeur à mon sujet ». 33. Les parents C'est le plus souvent la peur des sanctions, de réprimandes ou de sermons venant des parents. « Que mes parents s'en prennent après moi », « de dire les mauvaises notes à mon père... je sais qu'il ne me tapera pas, mais c'est toujours em bêtant», «de me faire attraper par mes parents», «mon père de temps en temps, mais toujours quand je suis coupable », « de mon père — je l'aime quand même », « quand les parents ne sont pas contents de moi... on a peur d'être frappé ou de se faire attraper », « que ma mère me punisse ou me tape {quand j'ai un mauvais carnet)», «de mes parents», «de ne pas contenter mes parents», «les cafards, les colères de mon père». 34. Les sanctions Cet item regroupe les phrases où l'auteur de la sanction n'est paJ mentionné et celles où c'est un autre que les parents. « De me faire disputer », « d'être puni quand j'ai fait quelque chose de mal », « quand on a fait une bêtise », « j'ai peur de faire des bêtises », «me faire attraper... par n'importe qui, quand j'ai fait une bêtise», «de ce que prévoit la loi sur les homosexuels », « d'être renvoyé de l'école », « d'aller en prison », « quand je me sens en faute, que je mérite ce qui va arriver » , « par suite d'avoir mal agi » .

256 35. L'avenir

H. RODRIGUEZ TOME, M. ZLOTOWICZ

C'est la catégorie la plus générale panni celles qui reflètent l'angoisse devant le futur. Nous avons regroupé dans cet item les phrases où il est fait mention soit de l'avenir tout court, soit de l'avenir personnel, mais sans les précisions permettant d'identifier un aspect du futur qui serait perçu comme plus particulièrement inquiétant. « De l'avenir », «de mon avenir», «je m'inquiète du sort que j'aurai dans la vie à venir», «ce qui pourrait m'arriver », «ce qu'il m' arrivera {dans l'avenir) », « l'avenir m'inquiète et me fait peur », « la vie future », « que serai- je devenu dans vingt ou trente ans {pu dans dix ans) ? » « l'avenir : lorsque je constate à quel point de désespoir je suis arrivé parfois, je m'inquiète au point de me demander si réellement je verrai l'avenir». « la maturité, de devenir, de ne plus être un enfant », « j'ai peur en pen sant à ce qu'il peut m' arriver plus tard», « la vie quand je serti adulte », « l'avenir peut être considéré comme un abîme dont on ignore la fin ». 36. L'avenir professionnel et social L'on trouve ici toutes les craintes concernant le futur du point de vue professionnel ou social. La note dominante dans les quatre catégories (36, 37, 38 et 39) qui explicitent différents aspects de l'avenir, semble être encore la peur de l'échec. « De ne pouvoir arriver à quelque chose dans la vie... de ne pas faire mon métier», «d'avoir un métier qui devienne peu rentable et agaçant», «le travail, la situation, Vargent», «de ne pas. réussir dans la vie», «de ne pas pouvoir plus tard trouver du travail et de rester au chômage », « de devenir pauvre... ce serait la fin de mes études et une vie gâchée », « c'est mon métier», «mon travail, -ma situation à venir», «de ne pas faire un métier qui me plaise », « les débouchés en sortant de la Vacuité », « de mon orientation professionnelle future», «matériellement de rater ma vie», « que plus tard je doive vivre 'dans la misère », « j'ai peur de n'avoir aucune situation car les places sont occupées {parfois par les trop vieux, les reclassés) », «travailler {dans 'l'avenir) cela me fait peur», «être enchaîné à un métier, ne pas être libre», «de ne pas savoir me débrouiller plus tard dans la vie», «de savoir ce, que je ferai plus tard» «les difficultés qui m' attendent » . 37. L'avenir sentimental et le mariage Se trouvent regroupées dans cette catégorie les peurs de ne pas trouver un partenaire, ainsi que celles relatives au mariage et au devenir du couple.

PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE

257

« Quand je serai mariée de ne pas satisfaire mon mari sur tous les points», «j'ai peur aussi de ne plus être vierge jusqu'avant le mariage; le mari sera déçu », « de ne pas rencontrer l'amour », « de ne pas me marier ,», « j'ai peur de ma première nuit avec mon mari » , « peur de ne pas être aimée comme je le désire par une personne avec qui je puisse construire ma vie », « d'être mariée » , « du mariage » , « me marier jeune » , « de ne pas trouver une fille sympathique qui puisse devenir ma femme » « du divorce », « de voter mon ménage », « de rester vieille fille », « de ne pas pouvoir fonder un foyer », « que le garçon que j'épouserai plus tard ne plaise pas à ma mère», «lorsque je me marierai, de me tromper ou d'être malheureuse», « de me marier avec un homme qui me trompe ou qui me laisse tomber », «de mal aimer mon mari», «d'être abandonnée par mon mari». 38. L'avenir familial et les enfants Nous avons rassemblé dans cette catégorie des craintes, presque exclusivement féminines, dont le noyau est constitué par les enfants à venir. «Avoir plus tard un enfant anormal», «de la première naissance que je mettrai au monde», «d'être obligé d'être un père proche de ses enfants m' obligerait à renoncer aux voyages qui sont ancrés dans mes désirs », «avoir des enfants», « ne pas avoir d'enfants plus tard», «l'accouchement et l'avenir de mes enfants», «avoir plus tard des enfants anormaux», « des meurtres {pour mes futurs enfants) », « qu'il me laisse tomber après le mariage en ayant un bébé », « mes enfants m'inquiètent déjà car j'ai peur qu'ils soient renfermés comme moi», «de mal aimer mes enfants», « j'ai peur d'avoir des enfants anormaux, car je sais que je serai incapable de les élever et peut-être de les aimer ». 39- Non-réalisation de soi dans l'avenir L'angoisse devant l'avenir est exprimée ici comme une crainte plus essentielle, concertant l'échec de la personne, la non-réalisation de soi. «De rater ma vie», «d'être malheureux durant toute ma vie», «de rater mon avenir, de ne pas trouver le bonheur», «de ne pas réussir à atteindre le but que je me suis fixé » , « de ne pas atteindre mon but, de me tromper de chemin, de ne pas réussir à aborder la vie comme il le faudrait », « de ne pouvoir faire ce que je suis en droit de faire {politiqu ement et humainement) », « d'échouer dans la vie... de servir à personne », « de ne jamais être quelqu'un de connu », « rater bêtement une vie qui me plairait » , « de devenir un être aliéné par la vie quotidienne » , « ; V

c'est probablement pourquoi je la déteste ». « d'être déçu par ma vie future ». « De la vie». ZLOTOWICZ peur de m' ennuyer pendant ma vie ». « le premier pas vers la personne aimée ». a De la vieillesse». « la vie en elle-même . c'est le trou ». quand on s'engage dans l'un d'eux on ne peut plus jamais en sortir. Vieillir. j'ai peur de la vie en me disant pourquoi je survis. La fin du tunnel. «de vieillir». RODRIGUEZ TOME. M. « qu'une fille ne l'aime et me le prenne ». Al. Ici nous . la vieillesse C'est un item à détermination purement lexicale. « de devenir détestable ». La vie Au point de départ cette classe a été constituée en fonction de son indicateur lexical de base : la vie . « j'ai peur de regarder la vie en face ». « j'ai peur de la vie.. 42. L'amour Se trouvent regroupées dans cette catégorie la peur de l'amour et celle de ne pas être aimé. j'ai l'impression qu'il y a plusieurs longs couloirs. « De l'amour». « c'est la vie tout entière qui me fait peur {je parle de ma vie) . «de ce que me réserve la vie». La mort des parents Cette catégorie et la suivante ont des contenus très proches. «de l'amour. que devient-il?». « d'éprouver un sentiment trop fort pour quelqu'un». de n'y être pas préparée ».. nia vie. autour de ce noyau. «d'être vieux». « l'amour me fait peur aussi parce que je suis inconscient de ce que peut être l'amour». elle m'effraie. «de ne pas être aimé». « de ne pas savoir profiter de la vie ». «perdre la fille que j'aime». tantôt une vue angoissée de la propre existence du sujet. car tôt ou tard je serai lancé dans la ronde gigantesque et infernale que fait la vie ». ainsi que l'incertitude devant l'amour. « d'échouer dans la vie à tous les points ». «l'amour d'un garçon à partir d'un certain moment». « du non-sens de ma vie qui me semble absurde ». tantôt la vie = monde. les commentaires impliquent tantôt l'avenir.258 H. 40. 43. «que fait-on de l'amour. « la vie me fait peur. «qu'une fille que j'aime ne m'aime pas». quand j'ai le cafard. je n'aurais pas dû naître». « peur de me lancer dans la vie ». c'est comme si l'on gravit une montagne et qu'à chaque pas on tombe dans une em buscade ».

de quelqu'un de proche. «pour la vie d'une personne âgée de ma famille ». . 45. bien qu'en ce qui concerne la séparation l'accent soit mis sur le manque d'autrui. Séparation Le contenu de cet item s'organise bien autour du thème de la séparat ion. a de la mort qui peut tomber sur Israël». de quelqu'un que l'on aime. « la mort de quelqu'un de ma famille comme mon père ou ma mère». Par contre. « de quitter -mon pays et jamais plus le revoir. Ni les phrases ni les contextes ne suggèrent l'idée de la perte d'autrui par disparition physique (mort). « De voir mourir ma mère ». « voir mourir quelqu'un qui m'est cher».PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 259 avons retenu exclusivement les phrases où les sujets se réfèrent de façon explicite à la mort de l'un des deux parents. « que nous soyons sépa rés ». « de voir partir quel qu'un que j'aime ». sur la cassure des liens. La ressemblance entre les indicateurs de cet item est très grande. « La mort de personnes proches que j'aime ». «peur de quitter un bon ami». « de la mort de mon père ». ce qui distingue. «certaines personnes dont la vue me fait peur». Les noyaux de base se trouvent fréquemment répétés. plus que sur le sentiment subjectif d'isolement moral. item 5). de mes amis ». 46. à l'exclusion des parents explicitement nommés. « de me retrouver séparé xde ma famille ». « la mort de mes parents ». de l'éloignement ou de l'absence de quelqu'un de cher. « j'ai peur des gares qui sont pour moi synonymes de départs ». « de me retrouver loin de ceux que j'aime». dans les indi cateurs retenus l'agresseur ou la nature de l'agression sont souvent virtuels. « Que je sois séparée des êtres que j'aime » . « les chansons d'adieu » . sur l'éloignement. l'un ou l'autre. Les agresseurs et les agressions II s'agit d'une classe de peurs assez bien déterminées . 44. ainsi cette classe des deux précédentes. « des séparations ». ou à celle des deux ensemble. « J'imagine toujours la présence de quelqu'un d'inquiétant près de moi». «des sadiques». l'on peut reconnaître un rapport avec la solitude morale (cf. « de la mort de ma mère ». La mort des personnes chères. «de perdre des amis pour une cause quelconque ». « de perdre l'affection de mon père. proches Complémentaire de la précédente cette catégorie réunit toutes les craintes concernant la mort d'une personne de la famille.

la gentillesse. « du mensonge ». « Les gens me font peur». « j'ai peur des gens qui me suivent ». «les hommes avant tout». « les rapts. « les salauds. « d'être poursuivie le soir en rentrant de chez des amis. «quand je connais trop quelqu'un.260 H. « des bandes de voyous ». j'ai l'impression de côtoyer une bête. ZLOTOWICZ aies satyres». L'incompréhension des autres Le problème qui est ici posé est celui de l'identité pour autrui . « d'un roi mais pas d'un valet ». l'injustice. je ne peux pas supporter de voir quelqu'un s'emporter. « je revois les assassins rôdant autour de mon lit {après avoir vu un film policier. « les enlèvements d'enfants. le soir quand il fait nuit ». j'ai peur d'être enlevée dans la rue ». «des clochards ». «la bêtise des gens. «les faux prophètes ». un monstre». le cynisme. le fanatisme. « V orgueil grandissant du truc appelé humain ». 47. les poursuites ». « des hommes ivres ». « la brutalité. « le manque de bonté chez l'individu. «des autres». RODRIGUEZ TOME. la . «l'ignorance. les crimes ». «des gens qui m'entourent». voire de la haine. l'ignorance ». « des salauds » . « l'égoïsme de chacun ». 48. « des mé chants». des réquisitoires ». présentés de façon générale ou abstraite sans qu'ils soient attribués explicitement à une personne. «des sent iments humains ». «des fous». « le soir en hiver. « les bandits ». la bêtise». les gens qui mentent ». la cruauté envers les faibles. «les gens bornés. « de la folie humaine». le sadisme. « la colère . « de la haine personnelle. «d'être trompé par les gens». «de tout ce qui est jalousie et envie». j'ai peur qu'il me nuise». « la méchanceté » . «l'hom me ». par un sadique ». «les gens prétentieux». «les hommes ». « d'être . Les gens et la méchanceté Les peurs classées dans cette catégorie ont pour objet l'homme. «de certaines personnes ». Parfois il s'agit même de traits négatifs ou menaçants. « les beaux sent iments». les gens ou certaines personnes dont l'identité n'est guère spécifiée. « de la méchanceté des hommes ». « la haine » . les hommes». «les imbéciles ». « la violence » . « l'hypocrisie des hommes » « les gens qui vous écrasent par des mots». On peut aussi remarquer qu'à l'expression de la crainte se substitue quelquefois celle du mépris. « les gens qui ne s'intéressent à rien. le soir dans le noir) ». surtout en politique». « les hommes. les idiots». « la Nature Humaine ».enlevé. M. « les hommes qui peuvent être souvent si cruels ». « devant un fou sur la route ». d'être atta qué ». « des personnes qui pourraient me tromper et me vouloir du mal ». « des gens très bizarres d'aspect ». les excès dans tout ».

plus ou moins définis. «de ne pas plaire aux autres ». « le mépris des autres ». « d'un accident d'un des membres de ma famille ». « qu'on ne me comprenne pas ». «devant des adversités qui tou chent mes proches ». « d'être découverte ». « Du ridicule». « parler devant les autres. « de ne pas être compris ». des membres de la famille. traumat isée par des suicides successifs dans son entourage». «peur de n'être pas pris au sérieux». « je m'inquiète au sujet de ma mère ». de faire des gaffes». Les objets de cette sollicitude sont des personnes proches. «quand je suis dans un groupe. pour ceux que j'aime » .PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 261 crainte de ne pas être reconnu. « l'incompréhension». « peur qu'ils {les parents) ne me prennent pas au sérieux». « de ce que deviendra notre père. « quand je vois des infirmes. compris. « je m'inquiète quand quelqu'un doit arriver et que la personne n'arrive pas». «peur pour les cosmo- . Nous l'avons distingué pour grouper ici les craintes d'être jugé néga tivement par les autres. «lorsque je n'ai pas de nouvelles de celle que j'aime». « d'être une fois mise à jour. d'exhiber devant autrui les aspects défavorables du soi. «de mal me faire comprendre ». « ceux qui ne me comprennent pas ». « pour ma meilleure amie. «ce que les autres peuvent penser de moi». Peur pour les autres Les indicateurs expriment l'inquiétude des sujets devant des malheurs. «du jugement des autres». découverte par une personne inconnue». «de la honte et du ridi cule ». « de paraître ridicule devant les autres. que l'on découvre cette troisième face de ma vie». «peur d'être ridiculisé par n'importe qui». 50. «de ne pas être appréciée à ma juste valeur ». « que l'on me juge différente de ce que je suis vraiment». 49. ne serait-ce que par tiellement ou momentanément. qui peuvent arriver à d'autres. saisi par les autres dans la juste valeur de soi. «de n'être rien pour les autres». surtout quand Us ont notre âge ». La réprobation et le ridicule Le contenu de ce thème rejoint pour l'essentiel celui du thème précé dent. « J'ai très souvent peur pour les autres. «pour des réparateurs sur le toit d'une maison ». « Qu'on ne sache pas vraiment qui je suis autour de moi ». quand nous serons toutes les trois parties et mariées». «d'être vexé devant tout le monde». «j'ai peur d'être remarqué ». même si ce sont des amis ». des êtres chers ou encore des êtres auxquels le sujet s'identifie.

mais je voudrais essayer ». « de ma conscience ». « de se soucier avant tout de soi et délaisser les autres ». «de ne plus être moi-même ». voire de ne pas les aimer. «de voir des gens malheureux». « qu'il arrive un malheur dans ma famille » . «parfois on a peur de soi-même ». pour leur sécurité». «faire du mal». «de moi-même». ou aux autres ». M. «de moi : réactions insoupçonnées ». Nous avons constitué cette classe distincte en regroupant des indicateurs dont le contenu propre nous semble être le doute de soi. « de ne pas savoir donner aux autres quelque chose de moi-même ». «j'ai peur de faire de la peine aux gens que j'aime ou que je porte en amitié. ZLOTOWICZ nautes sur la lune». « les garçons et les filles qui se suicident à la manière des bonzes ». « de perdre l'envie de vivre ». «de mourir en laissant des enfants jeunes derrière moi ». «de mal comprendre les autres. de peiner les autres . dont la pensée pourrait même conduire à l'anéantissement de l'identité pour soi.262 H. 51. « de ne pas aimer les gens comme ils devraient être aimés ». Dans les phrases retenues s'exprime la crainte de ce qui trouble ou menace le soi de l'intérieur .Incapacité Comme pour l'item précédent il s'agit encore ici de l'angoisse devant soi-même. Faire du mal ou de la peine aux autres La crainte de faire du mal. « que ma sœur soit entraînée dans une histoire de traite des blanches ». «pour des amis. car on m'a dit que je pourrais mourir et avoir des conséquences graves. «de faire de la peine». « De devenir fou ». «la tentation de voler». et aussi celle de ne pas les comprendre. 52. 53. «de devenir un être anormal». des tendances. des impulsions. Peur de ses propres tendances C'est l'angoisse vécue dans la relation du sujet avec lui-même. «ma peur». lequel s'exprime souvent sous les modalités d'un sentiment d'incapacité ou d'im puissance . RODRIGUEZ TOME. «décevoir mes parents». « de la corruption et parfois la déchéance de certaines personnes {rapport à la drogue) » . «Y ai peur de faire du mal aux autres». «de pouvoir nuire inconsciemment». «décevoir les personnes que j'aime». «d'avoir peur». de mal les aider ». «j'ai peur de me droguer. « de moi : j'ai peur que mon subconscient m'en traîne d'un autre côté ». «de mes angoisses ». «de moi». de décevoir. «je me fais peur».

« qu'il fasse une bêtise. « si je ne réussis pas j'ai peur de perdre tout {en particulier mon courage pour continuer) ». ou même la puissance de quelqu'un ou d'un peuple qui me révèle mon impuis sanceà moi». «de choisir le chemin de la facilité». ». « être violée par un homme que je ne connais pas ». ce qui m'est étranger et dangereux généralement ». « d'aller dans un lieu. L'inconnu. «la syphilis». car on ne sait jamais si on est assez fort pour ce que l'on entreprend ». «des grandes responsabilités. «de ne pas m' adapter. « les pédérastes ». « j'ai peur de faire l'amour la première fois ». «de l'échec en général. perdre confiance en moi ». «la prostitution». « Devant tout un monde que je ne connais pas ». «l'imprévu». «peur du nouveau. « coucher avec un garçon ». « lorsque je suis dans un endroit que je ne connais pas une sorte de crainte s'empare de moi». « de toujours faire mal ». de l'i nconnu». «faire des choses que je n'ai pas encore faites». « de manquer de volonté ». « l'angoisse. de subir des influences extérieures qui m' écartent de la bonne voie » . «l'attente». « la castration». de perdre ce que je veux gagner ». un monde où je ne comprendrais rien. . j'ai peur d'être un néant ». «j'ai souvent peur des gens que je ne connais pas. « j'ai peur de ne pouvoir sur monter à des moments difficiles mes défauts». « d'être violée ». à la prescience d'une menace indéfinie qu'au sentiment d'incapacité ou d'impuissance. « avoir un enfant avant ma majorité ».. des engagements. «de ne pas être assez solide. « les vieux vicieux ». « je suis mou et c'est cette mollesse qui me fait peur ». «de l'inconnu et de l'inexplicable». 54. « lorsque quelqu'un me surprend alors que je ne m'y attendais pas». 55. « l'impuissance (n'entendez pas par là l'impuissance sexuelle). d'où échec pour tout ce que j' entreprends ». «ce que je ne connais pas du tout.PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 263 « Je doute de moi. l'inattendu La détermination de cet item est quasiment lexicale . Sexualité Nous avons regroupé dans cette catégorie toutes les peurs ayant trait. « de ne pas faire correctement ce que j'aurais à faire. « Les rapports sexuels ».. au domaine de la sexualité. de ne pas être assez lucide». «de l'inconnu». le thème de l'inconnu. même s'ils sont sympathiques ». de l'inattendu nous semble renvoyer aussi bien à l'incertitude qu'au doute de soi. explicitement. c'est-à-dire d'être incom pétente». «devenir impuissant ». où je serais complètement perdu ». «quelque chose d'inattendu qui arrive». « ne pas savoir me donner à fond à ce que je fais.

« ma musique». Très souvent. « la famine. la pauvreté » (5). «l'habitude ». avec les 56 catégories . Divers La catégorie divers est déterminée par la convergence de deux critères : — On y trouve d'abord toutes les phrases que nous n'avons pu ident ifier à aucune des 56 autres catégories du code. de l'argent». Cela a certainement entraîné une perte d'informatoin . « je m'inquiète de la solidité d'une maison». « l'ennui » (3). «une trop grande présence autour de moi». La foule H. « le trac» (4). sinon ambigu. « la souffrance morale» (5). «perdre un match ». « les morts {cada vres » (2) . « de devenir laide » (3) . « le froid ». pour les thèmes qui ont été recensés plusieurs fois. «de la Loi que je ne connais pas ». « les films policiers ». Nous donnons ci-dessous quelques exemples de phrases codées en Divers . qui se brandissent avec trop de raideur ». En tenant compte du caractère composite. Ce deuxième critère peut être discuté. un chiffre entre paren thèses indique leurs fréquences d'apparition. «les militaires». du nombre Pi. les gros bruits». mais nous avons pu l'est imer. d'autant plus que le minimum de dix occurrences que nous nous étions fixés est purement empirique. «des kilomètres. « les choses les plus futiles ». c'est l'ambi guïté de l'expression qui faisait obstacle au classement. M. « l'arrêt de certaines amitiés ou alors le prolongement de certaines amitiés ». « la masse ». nia défaite». «l'ab solu». — On y trouve aussi des objets de peur ou d'inquiétude qui n'ont pas été cités avec une fréquence suffisante pour constituer une nouvelle catégorie. « claustrophobie » (3) . «de tout ce qui est contraire aux lois naturelles». « la foule en colère ». « le noir {la couleur) ».264 56. « les flics » (4). « Dieu » (3) . «la fatalité». « la drogue» (4). « de ne plus savoir lire». de son contenu. En effet. «les disputes entre amis». nous avons exclu la catégorie Divers de nos analyses statistiques. Il peut néanmoins trouver une justification dans le fait que les items dont la fréquence d'apparition est trop faible ne se prêtent guère aux analyses statistiques que nous avons tentées. « mon passé ». «les cris. et elle nous semble peu importante. « une situation cornélienne ». « Les ennuis de famille » (6) . «d'arriver en retard». «mon écriture». « des arbres hauts. RODRIGUEZ TOME. « la foule en marche ». ZLOTOWICZ Se trouvent ici réunies quelques références directes à la peur des foules. « La foule ».

19. Tableau II Tableau récapitulatif de l'ensemble des catégories constituées pour classer les « objets » de peur 1. — 56. 35. 8. serpents Araignées Fauves Autres animaux Douleur. la mer. 45. 31. 51. 6. 49. 4. '4. — E5. à l'exclusion de Divers. — 23. 32. 36. 10. l'inattendu Sexualité La foule • 38. 48. 3. 14. la noyade Le feu Le vertige Solitude morale Obscurité oj nuit (et bruits) Solitude (et silence ou bruits) Solitude (ou silence) et obscurité Obscurité La mort La mort affreuse (ou telle) L'au-delà de la mort. 42. 2. . 41. 50. 37. le néant Maladies Handicap permanent Catastrophes naturelles Reptiles. par une ou plusieurs des 56 catégories constituant notre code. et certains aspects du fantastique Le monde actuel Périls politiques Facteurs de déséquilibre dans le monde La technologie. 18. 11. souffrance physique Hôpitaux. — Divers Lorsque dans un même protocole plusieurs phrases étaient classées par nous dans une même catégorie. 21. elles étaient relevées comme une seule occurrence de cette catégorie. 33. — — — — — — — — — La bombe atomique La fin du monde L'école Les autorités scolaires Les parents Les sanctions L'avenir L'avenir professionnel et social L'avenir sentimental et le riage L'avenir familial et les enfants Non-réalisation de soi dans l'avenir Vieillir. — 27. — 25. vue du sang. 20. — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — Accidents L'eau. — 24. l'épouvante. 7. 5. 30. Le total d'indicateurs ainsi comptés s'élève à : 1 397. 43. 47.PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 265 du code se trouvent classés 95 % des indicateurs recensés dans les protoc oles. tures. — 22. — 52. — 39. 15. 34. si bien que l'information non utilisée pour nos elaborations ulté rieures ne représente que 5 % du total des objets de peur ou d'inquiétude énumérés par nos sujets. — — — — — — — — — — — 22. proches Séparation Les agresseurs et les agressions Les gens et la méchanceté L'incompréhension des autres La réprobation et le ridicule Peur pour les autres Faire du mal ou de la peine aux autres Peur de ses propres tendances Incapacité L'inconnu. l'on peut en ajouter une autre portant sur le contenu : il nous paraît permis de consi dérer qu'un bon nombre de peurs exprimées dans les phrases réunies en Divers sont déjà signifiées. 9. — 54. le progrès L'avenir du monde La guerre 29. — 26. pour 333 sujets ayant donné au moins une réponse selon ce code. 12. 17. A cette remarque d'ordre quantitatif. blessures Les cauchemars. — 53. — 4Q. 16. 41. d'une façon pas trop indirecte. la vieillesse La vie L'amour La mort des parents La mort des personnes chères. 13.

nous allons tenter d'en proposer une première systématisation. En outre. ce qui est une manière de rendre compte du matériel que nous avons recueilli. L'analyse factorielle des thèmes de peurs Après avoir énuméré les différents thèmes de peurs. ZLOTOWICZ 30 21 Figure 1 Analyse factorielle des thèmes de peur Facteurs 1 et 2 it SI 4144 ko OS « 61 kS A* m 40 43 6b 4Z 20 19 03 ifc 22 54 FIUES 34. s'agissant d'items comme ceux que nous . RODRIGUEZ TOME. 06 61 21 OS 39 C. l'analyse des correspondances s'impose par ses multiples avantages.266 H. M. Parmi les différentes techniques d'analyse factorielle que nous pourrions utiliser dans ce but. Nous rechercherons quelles sont les dimensions générales selon lesquelles s'organisent les thèmes de peurs.

puis nous donnerons quelques indications sur le contenu des facteurs 3 et 4. dont le contenu est très proche de celles que rapportent les enfants d'âge scolaire. fauves . On peut donc caractériser ce facteur par l'opposition qu'il établit entre des peurs enfantines. 18.3. mais dans la troisième partie de cet article nous atteindrons à une systématisation plus complète de l'ensemble des thèmes de peur. 8. Nous proposerons une interprétation des deux premiers facteurs (figure 1) . ainsi que la peur des agresseurs (46). la peur de l'eau (12) et du feu (13). affectée du signe de l'item sur le facteur).75 % de l'inertie totale. la peur des hôpitaux (21). cette technique est la seule praticable. la peur de l'amour (42). c'est-à-dire dont les fréquences d'occurrences sont relat ivement faibles. 19. ce qui équivaut à des taux compris entre 4.PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 267 avons constitués.1 et 2. Benzécri et ses colla borateurs. . et des craintes propres à l'adolescence. en essayant. Le premier facteur (avec une valeur propre égale à 0. A ces peurs. Nous employons ici la terminologie de l'analyse des correspondances. (1) Sur les figures les coordonnées des points sont définies par un indice comparable aux saturations en analyse factorielle classique et qui équivaut à la corrélation entre l'item et le facteur (c'est la racine carrée de la contribution relative. la peur de n'être pas compris par les autres (48). et en le mettant en correspondance avec les thèmes du « vécu ». s'opposent surtout l'ensemble des thèmes de l'avenir (items 35 à 39). les sujets les plus jeunes se situant du côté des valeurs positives et les plus âgés du côté des valeurs négatives (1). la peur de la chute et du vide (4). nous n'avons pu parvenir à aucune inter prétation. les craintes ayant un contenu fantastique (22). D'un côté. Les principes et les méthodes de l'analyse factorielle des correspon dances ont été exposés à diverses reprises par J. serpents . Dix facteurs ont été extraits par l'analyse factorielle des thèmes de peurs. dans la mesure du possible. nous trouvons surtout : les peurs ayant trait à des animaux (17. Au-delà du quatrième facteur. Nous nous contenterons de renvoyer au plus récent de leurs ouvrages qui contient une mise au point de la technique et de nombreux exemples d'applications (Benzécri. 9) . araignées . * Nous remercions M. à l'obscurité et à la solitude (thèmes 7.45 pour un taux d'inertie de 4. Ces facteurs ont des valeurs propres comprises entre 0. la peur de vieillir (40).45 et 0.-P. après avoir réduit le nombre de ses éléments. 16. d'en proposer une traduction intuitive. autres animaux).1%) différencie nos trois groupes d'âge. Reinert pour son aide dans le traitement statistique de nos données. la peur de la vie (41). 1972).

la peur des gens (47) va bien avec l'ensemble des craintes se référant au monde. il existe une discrète tendance à ce que le premier groupe de peurs soit constitué plutôt de réponses provenant de garçons et le second de thèmes plutôt féminins. il se voit séparé du monde. Dans l'espace défini par les deux premiers facteurs (fig. que la peur des parents (33) soit associée à ces thèmes est donc bien compréhensible. et même. la peur des catastrophes naturelles (15). Tout cela pour dire que le second facteur. M. d'un monde dangereux et hostile. 38. L'association de la peur du vide (4) à ce groupe de thèmes ne serait alors pas inintelligible. Dans le cas de la peur du monde. avec lequel il établit plutôt des rapports impersonnels. 49. fait de tenta tion et de recul devant le vide. Dans ces conditions. Ces huit thèmes constituent un tout très cohérent qui peut être vu comme s'opposant à tous les autres thèmes. de rapports personnels où le jeu de miroirs de l'identité a tendance à se refermer sur lui-même.268 H. Le second facteur. les facteurs de déséquilibre (25). le progrès (26). mais sans doute plus particulièrement à un groupe constitué des thèmes 37 et 38 (avenir sentimental et familial). avec qui le sujet n'est pas directement en relation . De ce point de vue. dont il apparaît d'abord avec évidence qu'il regroupe l'ensemble des craintes liées au monde (23 à 30) peut aussi être interprété comme réa lisant une opposition entre deux types de rapports avec autrui. 1). sans autre spécification (23). RODRIGUEZ TOME. les périls politiques (24). en tant que le vertige peut être compris comme un rapport à soi-même. 53 (incapacité). il s'agit d'autruis virtuels. 42. tandis que l'angoisse d'attente est en rapport avec des enjeux plus abstraits. En outre. d'agents ou de situations concrets. il apparaît d'abord comme détachant de l'ensemble des peurs les huit thèmes relatifs au monde. c'est-à-dire dans l'ordre de leurs contribu tions au facteur : l'avenir du monde (30). ainsi que du thème 33 (peur des parents). 42 (amour). entre deux .44. en tant que danger anonyme provenant de l'extérieur. ZLOTOWICZ Cette opposition peut encore être interprétée en termes de phobies et d'angoisse d'attente : les phobies correspondent à des dangers exprimables en termes d'objets. la bombe atomique (29) et le monde. relevant du futur et de l'incertain. impliquent des rapports personnels avec autrui mettant peut-être plus directement en jeu le sujet lui-même. Il s'agirait en somme de peurs vis-à-vis d'autruis en partie confondus avec soi. bien qu'il ne s'agisse plus de rapports avec autrui. moins circonscrits. les thèmes 37. avec une valeur propre égale à 0. la guerre (28). 49 (réprobation). ce que manif este la présence dans ce groupe du thème 53 (sentiment d'incapacité) . il est possible que le second facteur corresponde à deux types de dangers liés aux rapports entre l'individu et l'entourage. rend compte de 4 % de l'inertie. Au contraire.

devaient correspondre des expressions plus floues. A. II. ceux où il se trouve davantage confondu à ce qui l'effraye. Ainsi le thème 23 (peur du monde) se trouve dissocié des autres sur le troisième facteur . Cependant. Puis nous énumérerons les 48 thèmes que nous avons identifiés. L'analyse du contenu des thèmes du « vécu » L'identification progressive des différents thèmes du vécu à suscité des difficultés différentes de celles qui ont été rencontrées lors de l'analyse des thèmes de peur. qui risquaient de nous inciter à introduire davantage d'interprétations dans le codage de ces thèmes. Des troisième et quatrième facteurs (qui avec des valeurs propres égales à 0. peurs pour les autres (50). fin du monde) et d'autre part les thèmes 24 et 25 (périls politiques et facteurs de déséquilibre dans le monde). nous avons tenté de suivre d'aussi près que possible le vocabulaire employé par les sujets. Mais la considération de ces deux facteurs permet d'opérer une analyse de l'ensemble des thèmes du monde qui se trouvaient groupés sur le second. Par ailleurs. Ainsi la peur de l'avenir du monde et de la fin du monde se trouve signifier quelque chose d'analogue à la peur de la mort des proches et se trouve différenciée par là des autres craintes concernant le monde.4 % de l'inertie) nous ne sommes pas parvenus à trouver une interprétation comp lète. ici encore. A des êtres moins définis. ce qui se manifeste par l'existence de nombreux items purement ou essentiellement lexicaux.PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 269 types de dangers : ceux où le soi se voit surtout opposé aux autres et au monde en général.6 et 3. mort des personnes chères (44). tels que ceux que nous appelons « thèmes du vécu ». LE « VÉCU » DE LA PEUR Pour rendre compte du matériel recueilli en réponse à la seconde question (« qu'est-ce que vous ressentez quand vous avez peur ?) nous pro céderons selon un plan analogue à celui que nous avons suivi dans la première partie de ce travail. nous tenterons une première systématisation de ce matériel par l'analyse factorielle des thèmes.39 et 0. mais surtout le quatrième réalise une opposition entre d'une part les thèmes 27 et 30 (avenir du monde. les deux premiers thèmes se trouvent associés à un ensemble de thèmes lui-même cohérent : mort des parents (43).37 rendent compte respectivement de 3. Enfin. Nous exposerons d'abord les règles que nous avons suivies lors de l'analyse du contenu de ce matériel. notre tâche s'est trouvée facilitée par le fait que les réponses des sujets se distribuaient assez bien dès le départ en deux classes . De plus.

de nombreuses réponses faisaient référence à ce qu'il faut bien appeler des états d'âme. dans quelques cas.270 H. l'homogénéité d'un thème est assurée par l'identité de la substance de l'expression. ZLOTOWICZ très générales. 6. 9. Ainsi nous avons pu déterminer un certain nombre de noyaux lexicaux qui caracté risent complètement ou principalement un thème (cf. Dans de tels cas. Dans d'autres cas l'homogénéité des thèmes tient au fait qu'ils regroupent un certain nombre d'expressions qui non seulement ont un sens commun mais dont nous estimons que ce sens commun est. par rapport à l'ensemble des thèmes constitués. 18). par exemple les items 1. etc. qui sont les deux règles générales que nous nous sommes assignés. d'unités plus fines (telles que réponses cardiaques.). 7.) ne posait alors pas trop de problèmes. par exemple les thèmes 2. De plus. Ce sont donc surtout les principes que nous avons suivis pour carac tériser la partie des thèmes du vécu qui se réfèrent à des sentiments que nous voulons exposer et justifier.). 3. que nous avons pu souscrire à une certaine homogénéité. C'est ainsi. concurremment avec l'exhaustivité. 15. 17. pour chacune d'entre elles. RODRIGUEZ TOME. c'est-à-dire à un vécu corporel de la peur . 16. les indicateurs de thèmes de cette sorte sont plus proches entre eux qu'ils ne le sont d'aucune autre catégorie (cf. 14. sans que nous puissions être assurés que leur sens commun soit le sens principal de chacune d'elles . le sens principal (cf. Panique Cet item a une détermination quasi lexicale : il est caractérisé par l'emploi du substantif qui lui donne son nom dans notre code : « La panique . les thèmes 5. Comme dans la première partie de ce travail (thèmes de peur) nous nous sommes constamment référés à la substance de l'expression. mais du moins nous pouvons estimer que. 10. c'est-à-dire expri maient des sentiments ou des réactions mentales complexes. l'isolement. Les thèmes du ce vécu y> 1. que nous avons eus plus de peine à analyser et à distribuer en catégories de contenu. Enfin. les sujets faisaient référence à des réactions somatiques ou physiologiques. dans cet ensemble. etc. quelques thèmes ont été constitués pour rendre compte de réponses se référant plutôt à des comportements tels que fuite ou pleurs qu'à du vécu corporel ou à des états d'âme. 13. les plus rares. B. D'une part. M. 4. un même thème regroupe des expressions assez distinctes. qu'il ne conviendrait pas trop de substantialiser mais qui se reconnaissent à des indicateurs fort différents. etc. pratiquement. musculaires. D'autre part. 8.

La perte de contrôle peut aussi. de culpabilité : « J'ai honte». dont je ne peux pas sortir ». de la maîtrise de soi ou de ses moyens. presque toujours par l'emploi du premier terme : « La peur se traduit par un vide » . « je ne sais pas très bien ce que je fais. « je sens que le contrôle de moi-même me file entre les doigts ». Vide Une impression de vide ou de néant est parfois évoquée. «j'ai l'impression d'être folle. « une impression de vide total. je perds mon sang-froid ». Perte d'identité Certaines phrases évoquent très précisément l'impression d'une aboli tion ou. « je pe suis plus maître de moi ». nous avons codé sous le même thème une expression comme « je perds la tête » qui a eu deux occurrences. « je ne peux me concentrer sur rien ». «je me trouve idiote».PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 271 est en moi ». « J'ai beau réfléchir. je ne suis plus moi-même ». «un creux au fond de moi». 2. «je me sens dépité». 4. un trou noir dans ma tête». 5. je ne sais plus ce que je fais ». A ce noyau lexical. dans deux cas. Perte de contrôle Ce thème regroupe des phrases qui manifestent une perte de contrôle de soi. « j'ai un grand vide. une impression d'étrangeté et d'aliénation : « Je ne me sens plus. « je suis troublée et perds mes esprits ». « je n'arrive plus à me contrôler ». il m'est impossible de tenir un raisonnement qui tienne debout ». ' . «je ne sais plus qui je suis». d'une manière à peine moins explicite. voire même. de n'être plus présente au monde » . tout se brouille dans mon esprit ». Enfin. 3. « je ne suis plus moi ». « je ressens de la panique » . « je m'affole ». on en a ajouté un autre très voisin : « Un affolement ». d'une modification de sentiment d'identité personn elle. L'expression peut en être directe : « Je n'ai plus de contrôle de moi ». être évoquée par un de ses effets : « Je ne sais plus ce que je dis. « je risque de m' affoler ». Mécontentement de soi Sous ce thème assez large nous avons regroupé tous les énoncés où les sujets manifestent explicitement des sentiments de mécontentement ou de doute de soi-même. ou par l'empoi du verbe qui en dérive : « Je suis paniqué ». «un grand vide s'em pare de moi. tout du moins. d'auto-critique. « je me panique ». le néant ». « je suis pris de panique ». « un vide profond se fait en moi » . « je ne sais plus ce que je suis».

6. Agression Parfois la peur se transforme en colère. ZLOTOWICZ « je suis vexé d'avoir peur » . « je n'ose rien faire ». tout entier envahi et dérobé par elle : « // me semble que plus rien n'existe. « je n'arrête pas de me désapprécier » . d'insécurité foncière. des autres. « j'éprouve de la haine pour ceux qui m' entourent » . le sujet se décrit en proie à la peur. ma famille. 9.272 H. «j'ai l'im pression que je ne peux rien faire pour ne plus ressentir cette peur». M. « cela me fait parfois mettre en colère » . « je voudrais me réveiller et comprendre que c'est seulement un mauvais rêve ». « je me résigne ». 7. «je perds confiance en moi». « je me sens coupable dans mes moindres gestes». Fuite en avant Nous avons regroupé sous ce thème un certain nombre d'énoncés qui ont en commun de manifester un désir d'évasion un peu magique qui prend la forme d'une anticipation par la pensée de la cessation du sentiment de peur : « Je pense déjà au moment oil cela sera passé ». « je me sens inférieure à moi-même ». de moi-même ». 8. «je doute de tout. RODRIGUEZ TOME. mes professeurs. mes amis ». «je ne peux rien faire qu'attendre que les événements se tassent ou prennent tournure ». d'inutilité. « j'ai très envie d'avoir déjà passé l'obstacle ». « je suis irritable ». agression ou hostilité : « Je sens une colère qui monte en moi » . « je déteste tous ceux qui me font avoir peur ». Ces sentiments sont exprimés à diverses reprises de façon métaphorique : « Je me sens com- . il n'y a plus que cette grande peur qui m'envahit » « une sensation d'effroi m'envahit ». de désarroi. « j'aimerais que la peur finisse au plus vite ». 10. Envahissement par la peur Ce thème pourrait s'intituler la peur et moi. Attentisme Ce thème est caractérisé par une sorte d'attente passive et parfois de résignation : «J'attends que cela passe». Détresse Nous avons regroupé sous ce thème l'expression de sentiments d'im puissance. « nous espérons que l 'événement sera pas sager. « je ne pense qu'à ma peur». nous voudrions que ce moment soit terminé » . « je me sens méchante et prête à rendre le mal qu'on pourrait me faire ». « tout m'énerve. « une angoisse de mal faire ».

« j'ai l'impression que tout le monde me dévisage et m'en veut». «j'ai besoin de solitude pour me parler à moi-même». il en serait le positif dans la mesure où il dénote des tentatives de retrouver le contrôle. «je combats ma peur». « un sentiment qui me semble incontrôlable et que j'essaye malgré tout de maîtriser ». « j'essaye de contrer ma peur. Réactions persécutives Malgré le petit nombre de ses occurrences. la maîtrise de soi. Efforts de maîtrise de soi Ce thème est à rapprocher de l'item 2 (perte de contrôle) . de lui faire peur ». « j'essaye de garder mon sang-froid ». . « je sens que tout croule sous moi». Mais on remarquera dans les exemples qui suivent que bien souvent il s'agit d'efforts ou de tentatives dont le succès n'est pas assuré : « J'essaye de reprendre toute l'énergie qui me reste pour chasser la peur». dans la plupart des cas cette réflexion consiste en une relativisation. « j'essaye de me maîtriser et de dominer ma peur » . «je ressens un grand désarroi». en tant qu'il manifeste aussi des tentatives de retrouver la maîtrise de soi. «je ressens le peu que je suis et suis devant l'entière réalité». « je ressens de l'insécurité ». mais il en diffère par la nature (réflexion relativisante) de ces tentatives. Réflexion Réfléchir est un moyen souvent cité de tenter de réduire la peur ou l'angoisse . Des termes plus abstraits sont aussi employés : « Un sentiment d'impuissance». «j'essaye de la surmonter ». je me raisonne ». « j'essaye de ne plus avoir peur. d'arrêter la réaction de cette peur ». «je suis comme un pantin. « je me dis que c'est ridicule». « j'essaye de raisonner et de voir les bons côtés de ce qui me fait peur». «tout s'effondre autour de moi». « pour retrouver mon sang-froid je respire à fond » . Ainsi cet item rappelle le précédent. «je réfléchis : pourquoi ai-je peur. ce n'est pas si grave que ça ».. 11. je suis à la merci de ce qui va m' arriver » . « je ne sais plus que faire». ce thème nous aura paru intéressant à individualiser en tant qu'il permet de regrouper quatre énoncés qui manifestent très explicitement des réactions de persécution : « J'ai l'im pression que tout le monde se moque de moi ».PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 273 plètement perdu».«je ressens la présence d'éternels ennemis y». « je crois que tout est contre moi ». « une profonde réflexion. une tentative pour réduire l'importance du danger : « J'essaye de me raisonner ». 13. 12. car je me sens impuissant ». «je ne sais pas lutter.

Inquiétude II s'agit d'un item essentiellement lexical qui a pour noyau les termes d'inquiétude et d'appréhension : « Ma peur à moi est une inquiétude ». 15. 18. je n'ai plus personne autour de moi ». « une certaine appréhension. <aune angoisse latente». « crises de cafard. Angoisse Encore un item lexical caractérisé par l'emploi du mot angoisse (dans deux cas anxiété). « je trouve tout noir ». elle apparaît plutôt comme un prolongement plus direct de ces affects : « Je me demande quel sort m'est réservé ». 17. « des tas de questions surgissent dans mon esprit ». du pessimisme se laissent regrouper en un thème qui réunit les sentiments dépressifs : « Je suis très malheureuse ». j'essaye de répondre à ces questions ». du sentiment d'inutilité et de dégoût. « l'impression que rien n'est sensé. « j'ai le cafard ». . je ne suis pas rassurée ». « quand on a peur.274 14. « une étrange solitude ». que je suis seule au milieu de mes problèmes ». « l'impression d'être seul . « j'ai l'impression d'être seul au monde ». aucune force ne peut nous atteindre. « l'impression d'être seule »/ « j'ai l'impression que tout le monde est aveugle. Ce que l'on ressent quand on a peur est donc nommé par plusieurs sujets angoisse : « Quand j'ai peur. RODRIGUEZ TOME. que le monde est absurde ». « ma peur consiste surtout en des questions sans réponse. sans attrait..' une certaine inquiétude». 16. M. « je sens que je suis seul et que personne ne pourra m'aider ». « c'est surtout une certaine angoisse qui me prend». « je ne suis pas tranquille pendant un certain temps ». « je suis inquiète. avec toutes ses difficultés ». mais il est moins manifeste que cette réflexion constitue une tentative d'échapper à la peur ou à l'angoisse . je vois la vie sombre. Interrogation H. « je suis seule et abandonnée. ZLOTOWICZ Ce thème ressemble au précédent : le sujet se pose des questions. on ne peut ressentir que de l'inquiétude » . « je me demande comment les événements vont tourner ». « je ressens une angoisse particulière et différente selon le genre de peur » . « quand j'ai peur je ressens une angoisse ». « je me demande ce qui va se passer ». Dépression Expressions de la tristesse. « je me pose des tas de questions ». ce qui est également une forme de réflexion. je suis angoissé». Solitude C'est le thème des impressions de solitude et d'abandon : « Je ressens de la solitude ». personne ne peut venir nous soutenir y.

« j' essay i de ne plus y penser». Nervosité A un noyau lexical (être nerveux. Evasion Une réaction assez fréquente à la peur ou à l'angoisse consiste à se détourner de son objet. d'une voix ou d'une présence humaine ». « le désir d'essayer d'oublier» (on remarquera la double incertitude exprimée par l'emploi du mot désir et du verbe essayer). 20. de ne plus être seule. qui me protège ». « je voudrais ignorer tout ce qui me tracasse». « tout me semble insensé. soit en n'y pensant plus. comme cela je pense à autre chose. 21. « je ressens à ce moment une instabilité » . « j'essaye de me distraire. de penser à autre chose ». «je m'évade de la situation dans laquelle je suis. mes parents par exemple». mais je n'y arrive pas ». « j'ai besoin de me raccro cher à quelqu'un ». quelqu'un de ma connaissance. 19. « je deviens triste et pes simiste. soit en pensant à autre chose . « je voudrais que quelqu'un vienne me réconforter ». je regarde de tous côtés ». comme pour l'item 12 (effort de maîtrise de soi) il s'agit de tenta tives dont le succès n'est pas assuré : « J'essaye de ne plus penser à la chose qui m'effraye ». il est alors nécessaire d'avoir de vrais amis ». «j'aimerais ne plus penser ». « je suis profondément déprimé ». tout ce que j'ai fait devient inutile ». « j'essaye de m'amuser et de me changer les idées ». « je suis agité ». la dépression nerveuse et fréquente ». « je ressens un très grand énervement ». s'énerver) nous avons aggloméré des énoncés manifestant de l'hyperesthésie ou de l'agitation : « Je suis nerveuse ». et tout devient noir et teinté de pessimisme et de défaitisme ». . « je vois une certaine inutilité de vivre ». « j'ai besoin de quelqu'un. «j'essaye de la repousser.PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 275 « j'ai alors un dégoût de tout. « j'aurais besoin de quelqu'un qui par tagerait ma peur » . Besoin d' autrui Le besoin d'une présence humaine qui puisse donner apaisement et protection est exprimé à diverses reprises : « Un désir de protection ». « j'ai envie de me distraire pour ne plus penser à ce qui me fait peur ». « une envie que quelqu'un que j'aime soit là. je n'ai plus peur ». les deux derniers exemples font la transi tion entre le noyau lexical et les quelques énoncés que nous y avons rattachés : « j'écoute. « je cherche un lieu où il y a du monde pour ne pas être seul ». je rêve. « j'ai les nerfs qui prennent le dessus et je fume cigarette après cigarette». « j'a imerais être très forte pour ne plus penser à tout cela». «j'essaye par tous les moyens de m accrocher à quelque chose. «je deviens énervée et je ne peux plus tenir en place » . a j'aimerais sentir une présence à côté de moi.

M. «finalement un sentiment de peur». me blottir». je ressens tout et rien». «je cache mes yeux». «je voudrais être toute petite». RODRIGUEZ TOME. « j'essaye de passer dans ma tête un air de chanson connu». « pas de la peur. «souvent j'écoute de la musique». ce qui se passe en moi : eh bien. crainte et frayeur : « Qu'est-ce que je ressens : eh bien. « je me replie sur moi-même pour que les autres ne s'en aperçoivent pas » . Ineffable Certains énoncés ont en commun de manifester une difficulté à expri merce qui est ressenti dans la peur. ZLOTOWICZ Ce thème regroupe des réponses pratiquement tautologiques carac térisées par l'emploi des mots peur. «je me cache». . «j'ai envie de ne pas être là. mais de la crainte ». «j'ai envie de disparaître». «j'aime bien me recroqueviller. «je pars prendre l'ail ou je bois un verre d'eau fraîche et je me mets à faire une activité assez nerveuse la plupart du temps ». a et en moi-même j'ai peur». 23. saute. « je détourne la tête ». « je ressens un moment d'effroi». de n'être plus présent à l'évén ement est évoqué à plusieurs reprises : « J'ai envie de me cacher et de ne plus bouger». ressentir. je ne puis épiloguer sur un sentiment que je n'arrive pas à expliquer pour moi-même». Dérivation Ce thème regroupe des énoncés qui évoquent une activité à laquelle le sujet a recours pour tenter de réduire sa peur : « J'ai envie d'écrire ». «je ne sais pas ce qui se passe vraiment. chante. réaliser ». «c'est toujours difficile à exprimer ». la peur». «je m'explique mal ces sentiments. j'ai peur tout simplement . « lorsque j'ai peur je ne sais pas exactement ce que je ressens». de ne plus parler». «j'ai peur et encore peur». j'ai toujours peur». «une impression d'inconnu. «la crainte. je n'écoute pas ce que l'on dit ». « la peur est une chose indéfinissable ». « le besoin de sortir ». «j'écris». «je me réfugie dans la prière». «je suis effrayé». Retrait Le désir de se cacher. de disparaître. «je ne sais pas exactement ce qui se passe quand j'ai peur ». de ne plus être moi-même pour ne plus rien entendre. « je ne peux pas dire ce que je ressens ». 24. je ne dis rien. affaire de me ressaisir ». «quelquefois je siffle. « une frayeur s'empare de moi ». « j'essaye de chanter ». 25. de mystérieux». «je me retire. « j'ai envie de rentrer sous terre. «je prie». «je travaille».276 22. difficulté qui est parfois rattachée au caractère indéfinissable de ce qui est éprouvé : « Je sens en moi quelque chose d'horrible que je ne peux pas décrire». Frayeur H. «la crainte et la frayeur».

« mon esprit est paralysé. 28. ce thème regroupe des énoncés où cette activité mentale a pour effet d'amp lifier. « tout tourne dans ma tête. 29. je m'imagine les pires choses ».. «j'y repense». «je pense à tout et à tout le monde». . « cela commence par des idées que je me fais. « j'y repense bien souvent après que l'affaire est terminée ». 27.. c'est-à-dire ne pouvant pas penser à autre chose ». j'en suis hantée». « je pense à tout ce qui pourrait m' arriver de pire ». « on pense à tout ce que l'on n'a pas fait ». et ensuite à force d'y penser cela prend de l'amplitude ». Amplification Proche du thème 26 par l'intensité de l'activité mentale qu'il évoque. des choses invraisemblables et mêmes idiotes». «il se passe en moi des tas de choses ». «je semble préoccupé par cette peur».PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 26. « je pense à des choses atroces. «. « je revois tout ce que je faisais avant » . j'imagine des choses vraiment atroces ». une accélération de l'activité mentale : « J'ai l'impression que tout va arriver en un jour » . d'aggraver l'état d'angoisse éprouvé par le sujet : « Je pense à tout ce qui peut m'arriver. insensées et qui n'arrivent jamais. «je ressasse des pensées sombres». « je pense à toutes choses en quinze secondes ». «je suis tourmenté». « je regarde le passé et l'avenir ». « sentir que j'ai peur me fait peur ». c'est mes pensées qui me font le plus peur car j'imagine le pire ». « plein de choses me passent à travers la tête ». «mon cerveau fonctionne très vite. « dans ma tête j'aggrave ma peur. « je suis pris par beaucoup d'idées qui me traversent l'esprit ».constamment dans mon esprit. Agitation mentale 277 Ce qui figure sous ce thème évoque une intensification des processus psychiques. mon imagination invente des choses horribles ». « les idées bonnes et mauv aises viennent ». Rumination Nous avons regroupé les énoncés qui montrent une tendance du sujet à repenser aux motifs de sa peur avec ceux qui dénotent de l'obsession : « Je repense à certaines choses». «j'y pense longtemps». « souvent lorsque je réfléchis à une chose dont j'ai peur cela m'inquiète de plus en plus ». Désir de mourir Le souhait de la mort comme solution à l'angoisse apparaît dans quel ques protocoles : « Je voudrais ne plus exister ». «je voudrais mourir vite ». je revois des images qui ont marqué ma vie depuis mon plus jeune âge ». « j'imagine tout ce qui peut arriver ». « je ne puis m' enlever l'idée qui m'obsède ». je pense à beaucoup de choses». « j'ima gine que tout va arriver en un jour. «je me fais des idées. « je pense à tous les inconvénients que je peux avoir par la suite ».

« je me dis que je ne me réveillerai pas ». « quelque chose qui se rap proche du frisson». « si la peur est très grande. ainsi que nous y incitait l'un d'eux. « Vidée de suicide revient souvent ». physique ment et moralement ». ainsi que l'expression de sensa tions de fatigue et de lassitude : « Je ressens des troubles : on ne se sent . «mes mains deviennent froides». 33. « je ne tremble pas. nous avons adjoint deux occurrences du verbe frémir : « J'ai des frissons ». 31. « je crois que la mort va tomber sur moi ». mais j'ai comme un choc intérieur qui me fait frémir». « envie de détruire totalement l'origine de cette peur . « j'ai vraiment peur de la mort». non sous la forme d'un désir ou d'un souhait. «j'ima gine le pire de ce qui pourrait m'arriver : la mort ».Malaise diffus Une sorte de trouble. «j'ai froid dans le dos». « je frémis ». « un grand frisson ». «j'ai peur de ne plus pouvoir ouvrir les yeux et de mourir». «je suis gelée». mais comme pensée du pire : « Je ressens toujours la mort qui peut arriver d'un moment à l'autre ». principaux indicateurs de ce thème. RODRIGUEZ TOME. 30. « une sorte de frisson qui naît dans tout mon corps ». or la plus grande frayeur que j'éprouve c'est celle de ma vie ». M. « j'ai l'impression que je vais mourir ». Pensée de la mort La mort peut aussi être évoquée. « je frissonne ». « je me dis : j'aurais mieux fait de ne pas exister-».278 H. ZLOTOWICZ « je voudrais être morte ». « à ce moment je voudrais ne plus exister et pouvoir disparaître ». je ressens des frissons par tout le corps ». Frissons Au mot frisson et au verbe qui en dérive. «je pense toujours à la mort. Nous allons maintenant énumérer une quinzaine de thèmes qui regrou pent en principe des énoncés faisant référence à des impressions somatiques et physiologiques qui constituent le tableau classique des réponses psycho physiologiques de la peur et de l'angoisse. nous avons rapproché de ces énoncés l'impression d'être malade. «des frissons par tout le corps». c'est-à-dire à un néant». «j'ai très froid. Froid Une impression de froid est mentionnée dont une occurrence au moins nous fait soupçonner qu'elle peut revêtir un caractère métaphorique : « J'ai froid». «des frissons désa gréables ». «la crainte consciente de la mort». est évoqué à diverses reprises . 32. «j'ai une sensation de froid». de mal-être corporel global et diffus. a je crois mourir».

«je me sens mal à l'aise dans ma peau». 34. faute d'une description suffisamment précise de la part de nombreux sujets. « les mains moites ».une sorte de trouble ». se rattachent au même thème les trois énoncés suivants : « Je suis en sueur ». «paralysée. voulant tout faire mais restant clouée sur place ». Sueurs Dans la plupart des cas où une réaction de transpiration est évoquée. «mes jambes ne me portent plus». «un certain trouble». « perte d'haleine ». « une torpeur ». « une angoisse qui m'étouffe ». «je ne peux plus bouger». « une faiblesse générale ». « paralysé. comme l'item 11. « notre respiration est saccadée ». «. c'est une abolition du tonus qui est évoquée. on est comme malade». «un sentiment d'arrêt physique». «mes jambes se ramollissent ». Rougeurs L'afflux de sang au visage n'a été mentionné que par six sujets : « Je rougis ».PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 279 pas bien. Oppression respiratoire Des difficultés respiratoires. comme le remarque un sujet. Nous n'avons pas cru pouvoir distinguer ces deux classes de réponses. 35. «je n'ai plus de jambes». « il m'arrive de suer ». elle n'a été mentionnée que par trois sujets. «je suis paralysé(e) ». et nous l'avons rattachée à l'item 45 (« divers somatique »). d'être oppressée». « j'ai le sang qui bouillonne et les tempes qui battent ». «je ressens comme un malaise ». ne figu rera dans les analyses factorielles que comme élément supplémentaire. « une paralysie. au contraire. mon corps se fige». « un grand trouble en moi ». « l'impression de ne plus pou voir respirer. « je me sens tout drôle ». La plupart de ses occurrences donnent à penser qu'il s'agit d'inhibition par excès de tension . « j'ai V impres sion d'étouffer ». « je suis rouge ». . «je ne peux plus respirer». Paralysie Le thème de l'inhibition motrice est assez fréquent. «je ne peux pas agir». Quant à la pâleur. «mes jambes se dérobent sous moi». «je reste figée». « l'air irrespira ble ». dans certains cas. « une sorte de lass itude ». « le sang me monte à la tête ». une impression d'étouffement sont évoquées à quelques reprises : « Manquer de souffle ». incapable de bouger ». « je ressens un certain malaise ». 36. c'est sous la forme de l'expression toute faite de « sueurs froides » . « les sueurs ne sont jamais chaudes » . et les présentons groupées : « Je suis pétrifiée». « je me sens mal à l'aise». Ce thème. 37.

39. « j'ai la gorge sèche ». « palpitations ». « . « je sens mon ventre se vider». «un trou dans le ventre ». plus vite». « mon cœur frappe avec un martèlement qui m'obstrue la vue». et encore ! ». «j'ai le cœur qui bat».. RODRIGUEZ TOME.. comme s'il allait faire irrup tion de ma poitrine » ..Accélération cardiaque L'accélération de la fréquence cardiaque est un thème banal qui se trouve pourtant exprimé de bien des manières. «. « j'entends mon cœur battre beaucoup plus fort.plus fort». « une étreinte dans le ventre ». «mon cœur bat démesurément». 41. «je ressens un poids sur le cœur». « ma gorge se resserre et les sons ne sortent plus de ma bouche ». «mon cœur bat beaucoup plus vite avec beaucoup de violence ». «. Gorge serrée H. «mon cœur se pince».. «. «accélération des mouvements du cœur».280 38. «mon estomac se cramponne ». très fort». « une angoisse qui me reste dans la gorge ». « un coup au cœur ».plus vite». « un battement de cœur violent qui fait un bruit terrible». « j'ai le cœur serré». « quelque chose me prend à la gorge». «battement de cœur accéléré». « j'avais comme une boule dans la gorge ». « un pincement au cœur ». comme si c'était un réveil ». j'ai du mal à avaler». ZLOTOWICZ Parmi les diverses sensations de constriction qui accompagnent l'an goisse. ces mentions peuvent se référer soit à des phénomènes de décélération cardiaque. « on ressent un grand coup au cœur qui vous prend. .très vite. 40.. l'impression d'avoir la gorge serrée et sèche : « J'ai la gorge serrée ». parfois avec des formules imagées et frappantes : « Mon cœur bat». «impression d'avoir une colique». « un nœud à l'estomac » . « mon cœur bat très fort. Autres manifestations cardiaques Ce thème regroupe les mentions d'autres changements cardiaques que l'accélération . « j'ai mal au ventre ». « mon cœur bat de façon irrégu lière ». « j'ai la gorge qui se serre ». «mon cœur bat vite». «on a l'estomac qui vous gêne». « ma gorge se noue...plus fort. « mon cœur bat très lentement mais des coups très forts qui résonnent dans tout mon thorax ». « je respire très fort pour que ma gorge se desserre ». Troubles digestifs Ce thème regroupe toutes les modifications rapportées à la sphère digestive. le plus souvent à l'estomac : « Un resserrement de l'estomac ». « contraction des parties abdominales ». « j'ai comme l'estomac qui se noue » . « le cœur bat. soit à une irrégularité de la fréquence cardiaque : « Mon cœur se serre ».. qui vous étreint ». M. «une sorte de boule sur l'estomac».

« je pleure toute seule dans mon coin ». «il m' arrive de trembler plus ou moins fort quand j'ai plus ou moins peur». « je sens tout en moi qui se contracte». « je suis blanche ». Pleurs 281 Pleurs et envie de pleurer figurent dans un thème dont on peut douter qu'il appartienne à l'ensemble des réponses somatiques au même titre que les précédents : « J'ai envie de pleurer».PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 42. «j'ai un {des) tremblements(s) ». « je pleure en silence ». « il est rare que je me mette à trembler. «je sursaute». de contraction musculaire appartiennent à ce thème : « Je me sens crispée ». mais ces énoncés ne pourraient sans arbitraire être distribués dans les divers thèmes qui ont été énumérés : « J'ai l'impression que je vais m'évanouir » . « ma tête tourne». «je pleure». «mes genoux se cognent. 45. «une emp rise poignante me fait presque trembler ». 44. « je deviens très tendu ». mais cela arrive». «je ressens un choc. une sorte de flux électrique qui va des testicules jusqu'à la gorge ». est à distinguer du fait de . « je sanglote ». «j'ai envie de pleurer et je ne peux pas». «mes mains tremblent». «je suis secoué par de petites convulsions». Envie de fuir Le désir de fuir. « je ne dors pas » . mes muscles se durcissent ». « je deviens pâle ». Tremblements Autour du verbe trembler se groupent les énoncés suivants : « Je tremble». «je tremble de tous mes membres ». «tout mon corps tremble». «mes muscles se contractent». «j'ai l'impression que mon sang se fige ». «je tressaille». Divers somatique Un certain nombre d'énoncés se réfère clairement à la sphère somat ique. «mes jambes ont tremblé». « et bien souvent les larmes sont le meilleur remède ». « j'ai une sensation de vertige » . «une contraction complète de tout mon corps ». exprimé en tant que tel. «j'ai des larmes qui viennent à mes yeux». mes mains tremblent ». «spasme physiquement». 46. « mon visage devient blanc». «je me mets à trembler ». «je serre les dents et les poings. «j'ai chaud». « que tout en moi se resserre et que ça va exploser ». «mes cheveux me donnent l'im pression de friser». « je me crispe ». « et si on me dérange je peux me mettre à pleurer brusquement sans savon pourquoi » . 43. Tension Les impressions de tension. «j'avale ma salive». de crispation. « mes muscles sont contractés».

mais qui ne peuvent être rattachés à aucune des 48 catégories ni non plus constituer de nouveaux thèmes. « ce n'est pas toujours désagréable ». « je pars ». «un moment de pénombre». « je pense aux personnes que j'aime ». M. mes amis. « l'impression de vivre dans un autre monde ». celui de l'évocation des parents et des personnes chères : « Je pense à mes parents ». «je presse le pas dans certaines circonstances ». à mes amis ». leurs occurrences étant trop faibles : « J'éprouve de la lâcheté». «. 48. «un choc nerveux». délicieuse ». je mens». «j'ai surtout envie de m' éloigner de la cause de ma peur ». soit que leur contenu paraisse obscur ou leur formul ation ambiguë. Penser aux proches Certains énoncés constituent un thème que nous avons individualisé tardivement. «un sentiment d'incertitude». Des énoncés obscurs ou ambigus : « Une certaine hantise de moi-même». « une envie de courir éperdument » . « la peur est très agréable. «puis tout se lâche et je cours». « je ne peux que fuir». son « objet » n'étant pas localisé dans l'espace et ne pouvant donc être évité par la fuite : « J'ai envie de m'en aller. « j'ai envie de crier ». «j'ai envie de courir». «je pense souvent à mes amis préférés ». tous ceux qui m'entourent». on peut supposer que ce désir se heurte à des obstacles soit du fait d'une inhibition motrice (cf. soit qu'ils ne se rattachent clair ement à aucune d'elles. « un sentiment de barrière . je ne cherche qu'à m'en aller». « je pense toujours à mes parents ». Divers Un certain nombre d'énoncés n'a pu être classé dans aucune des 48 catégories qui viennent d'être énumérées. «je ne pense qu'à une seule chose : fuir ». 47.282 H. «on s'y habitue ». « je fuis ». « je cours quelquefois vers la maison ». «je cherche à cacher. qui constitue l'item suivant . «je pense à Dieu ». ZLOTOWICZ fuir. « il faut absolument que je parte. que je sorte de ce cauchemar ». «un choc». Fuite Plus rares. bien que cela ne soit jamais explicité. soit du fait de la nature même de l'angoisse. « la peur s'estompe peu à peu ». Voici des exemples de la première sorte. « je me renferme un peu sur moi-même ». « je pense à mes parents. « la peur physique provoque par contrecoup une sorte d'attirance». item 35). à mes amis». c'est-à-dire d'énonc és dont le sens est clair. «je pense à mes proches.je ne pense qu'à me sauver et rapidement». les mentions d'une fuite effective : « Je pars et assez vite ». «j'ai plutôt envie de partir de là». ma famille. RODRIGUEZ TOME. « je pense à mes parents. « je suis très décontracté ». «un trac formidable».

De même que pour les « objets » de peur. il m' arrive. sans savoir pourquoi. 25. soit parce que les sujets avaient tout simplement omis de répondre à notre deuxième quest ion. un certain nombre de protocoles se sont avérés inutilisables du point de vue de l'expérience intime de la peur. 11. 20. c'est là. — 46. 34. 19. — 45. — 44. de n'espérer que de vivre tout en étant mort » . — 43. 14. «le blocage interne». 39. — D'vers Si plusieurs phrases. 10. 5. soit qu'ils y avaient donné des réponses du type « je ne sais pas » ou « je ne me souviens plus ». une perte d'information peu importante. 27. Tableau III Tableau récapitulatif de l'ensemble des catégories constituées pour classer les variétés de l'expérience intime de la peur 1. qui ne pouvaient pas être classées dans la caté gorie Ineffable (25). 17. — 48. nous semble-t-il. 3. 13. référées par nous à une même catégorie. Le total d'indicateurs du « vécu » de la peur ainsi comptés. nous avons exclu cette catégorie Divers de nos analyses statistiques. «je me sens prisonnière en moi-même». 2. nous n'enregistrions qu'une seule occurrence de cette catégorie. « peut-être une recherche de ce Dieu (un mot illisible) que '{ai tué». 38. . — — — — — — — — — — — — — — — Agitation mentale Rumination Amplification Désir de mourir Pensée de la mort Froid Frisson Malaise diffus Rougeurs Paralysie Sueurs Oppression respiratoire Gorge serrée Accélération cardiaque Autres manifestations ques Troubles digestifs Pleurs Tremblements Tension Divers somatiques Envie de fuir Fuite Penser aux proches . 15. 22. de disparaître». SI. 30. «impression de fondre. 6. 18. D'autre part. 12. s'élève à 844. 36. . 29. 8. 21. — 47. 7. à l'exclusion de Divers. . 16. 35. se trouvaient dans un même protocole. 24. En fait les phrases classées en Divers ne représentent que 4 % du total des réponses significatives portant sur le « vécu » de la peur . 9. 4. «cependant. S3. pour 305 sujets ayant donné au moins une réponse significative selon ce code. 40.PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 283 transparente ». 28. 32. • . — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — Panique Perte de contrôle Vide Perte d'identité Mécontentement de soi Fuite en avant Envahissement par la peur Attentisme Agression Détresse Réactions persécutives Effort de maîtrise de soi Réflexion Interrogation Inquiétude Solitude Angoisse Dépression Nervosité Besoin d' autrui Eivasion Frayeur Retrait Dérivation Ineffable 23. 37. 23. 41_ 42.

comme le font de nombreux sujets). ZLOTOWICZ (N w -S C. M. nous allons à nouveau recourir à l'analyse statistique pour tenter de voir com- . L'analyse factorielle des thèmes du « vécu » Après cette énuniération des thèmes du vécu de la peur et de l'angoisse (ferme que nous pouvons bien employer. RODRIGUEZ TOME.284 H.

et tout notre travail nous l'a confirmé. Tous les autres thèmes ayant trait à des réponses physiologiques se situent du même côté du premier facteur. Nous pouvons néanmoins supposer que l'expression de ce vécu n'est pas quelconque. 37 (oppression respirat oire). Les premiers contiennent le plus clair de la signification que nous pouvons parvenir à analyser dans le domaine que nous étudions. eux au moins. avec des représentations. plusieurs avec des saturations relativement élevées : 39 (accélération cardiaque). 32 (frissons). 29 (désir de mourir) qui.55 et de 0.. au moins dans certains cas. bien que nous ne parvenions pas à une interprétation comp lète du premier facteur. Ainsi. 26 (agi tation mentale). 5 (mécontentement de soi). 38 (gorge serrée). Dans ces conditions le contenu du thème 7 (envahissement par la peur) peut être compris comme . physiologiques ou psychiques.PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 285 ment s'organisent ces thèmes. du moins reconnaissons-nous un regroupement de tous les items qui ont trait au vécu corporel de la peur. 21 (évasion). tous les items qui dénotent des réactions somatiques se groupent du même côté de l'axe sur le premier facteur.23 et 4. et soumettre l'ensemble de ces thèmes à l'analyse factorielle. etc. 45 (autres réactions somatiques). La seule exception est constituée par le thème 31 (impression de froid) dont nous avons d'ailleurs signalé qu'il correspond. 30 (pensée de la mort). avec des valeurs propres de 0. ni ce qui les oppose aux premiers.. 39 (accélération cardiaque). à l'expression métaphorique d'un affect plutôt qu'au strict rapport d'une réaction somatique. les thèmes de peurs pour plus interprétables que ceux du vécu. ont en commun l'activité de la pensée orientée vers l'idée de la mort. Par contre. Nous ne pouvons proposer une interprétation complète ni du premier ni du second facteur : le premier facteur oppose surtout les thèmes 16 (sentiments de solitude et d'abandon) et 20 (besoin d'autrui) à un ensemble constitué des thèmes 7 (envahissement par la peur). extraient respectivement 4. c'est l'organisation de ces représen tationsque nous pouvons comprendre plutôt que la structure même du vécu. Toutefois nous devrons être réservés dans nos attentes : nous tenons.04 % de l'inertie totale.52. 30 (pensée de la mort). etc. dont on ne voit ni ce qui les réunit. et en quoi ils s'opposeraient aux thèmes 26 (agitatation mentale). nous remarquerons qu'à une seule exception près. etc. 36 (sueurs). ce que manifestait déjà la possibilité de constituer empir iquement un code des thèmes du vécu. La figure 2 représente les deux premiers facteurs qui. De même sur le second facteur nous nous avouons incapables de dire ce que peuvent avoir en commun les thèmes 22 (frayeur). 28 (amplification). Si nous concevons l'angoisse comme un affect qui met en relation des réactions intimes.

des hôpitaux. RODRIGUEZ TOME. Ainsi. de réduire la taille du tableau de cor respondances (56x48) qui serait déterminé par nos deux ensembles primit ifs. effectuée sur chacun des deux codes (des objets et du « vécu » de la peur) avant de constituer le tableau des correspondances définitif. Mais nous allons d'abord rendre compte de la condensation. les items 35 à 39 — qui grou paient des craintes concernant l'avenir — . de la blessure. Analyse des correspondances entre les objets et l'expérience SUBJECTIVE DE LA PEUR La seconde étape de nos elaborations nous a conduits à mettre en correspondance les deux ensembles qui ont été étudiés séparément jusqu'ici. Ont été aussi regroupées les différentes peurs d'animaux (items 16 à 19) . en effet. ZLOTOWICZ reflétant le vécu subjectif d'un afflux de réactions physiologiques intenses. c'est-à-dire à un vécu corporel de la peur et de l'angoisse. de l'infirmité. Nous avons alors procédé à une condensation de l'information. 20 et 21. en réunissant plusieurs items en un seul lorsque cela pouvait se faire avec un minimum de perte quant à l'h omogénéité des nouvelles catégories. Condensation des codes Le critère adopté fut celui de la ressemblance du contenu manifeste. bâtis selon un mode un peu trop analytique. En poursuivant l'interprétation. pour l'ensemble des objets de peur. Pour l'ensemble de thèmes relatifs à l'expérience subjective de la . du moins permettent-ils de regrouper ceux d'entre eux qui ont trait à des réponses physiologiques. et les catégories 13. Ainsi. on comprendra la position du thème 4 (ident ité) sur ce facteur en considérant que les diverses réponses somatiques sont perçues comme des modifications de l'identité corporelle. M. A. III. L'étude que nous allons entreprendre des correspondances entre thèmes de peurs et de vécu nous permettra d'avancer quelque peu dans ia compréhension de la signification de ces thèmes du vécu. pour réduits que soient les résultats de l'analyse factorielle des thèmes du vécu. dont l'énumération se trouve dans le tableau IV . qui évo quent les peurs de la maladie. constituent après condensation une seule catégorie nouvelle : l'avenir. Les résultats ainsi obtenus et les conclusions qu'il nous semble pouvoir en tirer seront exposés plus loin. le code condensé des objets de peur comporte ainsi 34 catégories au lieu de 56. Il nous a paru utile. Nous avons fait en tout une dizaine de regroupements. de même que les thèmes de l'obscurité et la solitude (items 6 à 9). 14.286 H.

34 (rougeurs). regroupe les items 35 (paralysie). des maladies et autres atteintes à l'intégrité corporelle (10). Un examen plus détaillé de ces données. le monde (14). De plus. c'est à cette nouvelle numérotation que nous ferons toujours référence par la suite. les thèmes de l'obscurité et de la solitude (6). 38 (gorge serrée) et 41 (troubles digestifs) . et aussi que certaines peurs semblent plutôt masculines et d'autres plutôt féminines. 32 (frissons). une autre catégorie nouvelle. 36 (sueurs). de la vie (20). Autour de 10 à 15 % se trouvent le thème de la solitude morale et de la séparation (5). de besoin d'autrui et penser aux proches (20 et 48). expri mées en pourcentages de sujets qui dans chaque groupe ont fourni un ou plusieurs indicateurs du thème considéré. des gens et de la méchanceté (23) et la peur pour les autres (26). étant entendu que lorsque dans un même protocole se trouvaient plusieurs références à un même thème. fait en tenant compte de l'âge et du sexe des sujets. chacun ayant été mentionné par un quart des sujets. Comme le montrent les tableaux IV et V. les items 39 (accélération cardiaque) et 40 (autres troubles cardiaques) constituent en semble une nouvelle catégorie : Cœur. Les tableaux IV et V présentent aussi les fréquences d'apparition des thèmes. les peurs des animaux (12). En tout premier rang se trouve l'avenir (18) qui se révèle ainsi comme l'un des thèmes majeurs de l'angoisse chez l'adolescent : près de la moitié des sujets. des accidents (1). Le code du « vécu » de la peur se trouve ainsi réduit de 48 à 25 catégories. avouent éprouver des craintes ou des inquiétudes concernant leur avenir . Nous avons regroupé les sujets selon leur âge et leur sexe . nous avons procédé aussi à une nouvelle numérotation des items retenus . dans beaucoup de cas l'on remarque un phé- . D'autres regroupements ont été effectués parmi les thèmes du vécu : c'est notamment le cas de panique et perte de contrôle (1 et 2). Réactions Neuromusculaires. ainsi sur les tableaux sont inscrites les fréquences d'apparition relatives. celui-ci n'était compté qu'une fois. de la mort de personnes chères (21). Nous avons opéré sur cet ensemble une quinzaine de regroupements qui sont énumérés dans le tableau V. Prenons d'abord l'ensemble des objets de peur et soulignons les thèmes les plus fréquents. puis suivent les peurs associées à l'école (16). 37 (oppression respiratoire). de dépression et désir de mourir (18 et 29). la guerre (15) et la mort (10). Nous ferons quelques remarques sur ces données. 44 %. 43 (tremblements) et 44 (tension) . permet de constater que la fréquence d'appari tion de certains thèmes majeurs augmente ou diminue en passant de 14 à 18 ans.PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 287 peur nous avons constitué une catégorie Réactions neurovégétatives en regrou pant les items 31 (impression de froid).

4 2.Fantastique (22) Le monde (23 à 27) Guerre .2 16.7 1.2 2.9 12.5 3.8 5.3 3.5 13.ou des catégories selon le code I avant condensation.8 4.1 6.9 3. 17.8 5.Bombe atomique (28.5 47. ZLOTOWICZ Tableau IV Pourcentages de sujets ayant donné au moins une réponse selon le code condensé des objets de peur Catégorie du code I condensé (1) 1.0 13.1 23.1 16.2 18.0 4.3 19.6 67. 11.2 9.5 19.Sanctions (33.8 1. chute (4) Solitude morale .1 4. mer (2) Feu.6 5.0 24.5 13.1 8.6 26. 23. 12.8 3.8 7.6 1.6 11.7 17.1 4. 15.8 4.2 5. 10.8 35.9 1.7 15.8 3. 4.3 1.1 35.4 3.7 13.9 7.8 9.0 3.3 29.2 25.8 11.8 19. 34.6 1.2 23.4 49.2 6.2 11.1 3.4 21.0 1.1 11.6 11.4 1. 34) L'avenir (35 à 39) Vieillir (40) La vie (41) Mort de personnes chères (43.7 7.7 30.3 15.5 3.6 1. 21) Catastrophes (15) Animaux (16 à 19) Cauchemars .8 7.0 2. 32. 29) Ecole (échec + autorités) (31.1 3.6 30.6 1.1 8.8 1. 16.45) Obscurité .4 2.8 3.2 6. 27.8 5.5 3.6 1.Séparation (5.9 9. 3.4 22. f!5.0 25.2 8.6 25.2 44.5 4.9 1.8 1. 20.9 32.8 11.8 9.8 21.Solitude (6 à 9) La mort (10) Mort affreuse (11) L'au-delà (12) Maladies . 14.9 19.0 5.3 5.0 3.4 15.6 1. ridicule (4.8 3.4 15.8 4.9) Peur pour les autres (50) Faire du mal (51) Pejr de soi (52) Incapacité (53) L'inconnu.8 3. 5.64.8 9.8 1. RODRIGUEZ TOME.288 H.8 21.7 4.0 6.8 1.2 5.9 7.2 7.9 18.5 9.7 9.9 5.8 3. .9 4.6 3. C'O.6 3.7 11.6 5.9 5. vertige.2 4. z.7 1.6 6.9 5.4 O Q 2.4 8.9 5.8 5.2 1. incendie (3) Vide.2 19.4 5. 14.1 26.8 19.1 1.8 2.9 9. 1c.6 1.0 11.8 6.0 6.6 1. M.8 6. (1) Entre parenthèses le numéro de la .8 3.4 16.6 6.2 14.2 4.8 3.Hôpitaux (13.6 2.7 9.8 7.3 5.6 3.8 7. 9.2 28.6 1.7 Nombre total d'indicateurs comptés après condensation : 1203.6 9.3 8.9 16. 7.6 3.7 7.9 13. 29.8 22.4 22.0 10.6 3.9 11.9 25.6 21.2 24.8 9.4 25.4 9.2 11.4 3.2 8.8 2.0 34.7 5. 31.3 6. 21.1 7.6 1.8 40.9 43. Accidents (1) Eav. àii.9 26. 44) Agresseurs (46) Les gens et la méchanceté (47) L'incompréhension (48) Réprobation.6 16.5 40.1 3. 22.4 4.0 20.0 9. l'inattendu (54) Sexualité (55) La foule (56) La fin du monde (30) L'amour (42) âge et sexe des sujets (N° 333) 14 ans 16 ans 18 ans Total P G P G P G 4.7 2. 32) Parents .6 2.6 5.6 22. 24.2 24.2 15.8 16.8 9.6 3.1 6. 40.0 3.6 4.9 3.2 5.4 9. C.8 5. 19.4 11. 18.9 9.4 17. 23.6. 20.8 6.8 20.8 4. 33.3 25.0 8. 8.3 9.7 19.

cette analyse devra nous permettre. Avant la condensation que nous avons effectuée sur le code. L'angoisse devant le monde semble plus forte à 18 ans. en effet. les items davantage mentionnés dans les protocoles étaient d'abord l'angoisse. les réactions de panique et de perte de contrôle (1). cette différence en fonction du sexe est surtout due aux préoccupations fr équemment exprimées par les filles au sujet de l'avenir sentimental. l'agitation mentale. cette décroissance est particulièrement remarquable dans les protocoles des garçons : pas plus de 9 % à 18 ans tandis que près d'un quart des filles le mentionnent encore à cet âge-là. d'y apporter un nouvel éclairage. mais seulement chez les filles. et les agresseurs (22). elles augmentent sensibl ement avec l'âge et sont plus nombreuses chez les filles que chez les garçons . du mariage et des futurs enfants. les sentiments d'ineffable et de malaise diffus (18). et à 16 et 18 ce sont les garçons qui en font plus souvent mention . l'inte rrogation et la rumination (9). suivies en ordre décroissant et avec des fréquences allant de 10 à 20 % par : l'effort de maîtrise-réflexion (8). puis les efforts de maîtrise de soi. Considérons maintenant l'ensemble des thèmes du « vécu » (tableau V). l'accélération cardiaque et les tremblements. la mort des personnes chères (21). les modifications de l'activité du cœur (22). A la seconde place se trouvent les réactions neuromusculaires (21). le sentiment de détresse ou d'impuissance C7) la dépression et le désir de la mort Cl 3).PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 289 nomène d'interaction sexe-âge. l'amplifica tion par la pensée et la pensée de la mort (19). chacun se retrouvant chez plus de dix pour cent des sujets. dans ce sens que les covariations du taux de fréquences avec l'âge ne sont pas du même ordre de grandeur ou ne pren nent pas la même direction selon qu'il s'agit des garçons ou des filles. Après condensation le premier rang revient aux réactions neurovégét atives (20). . mais on le retrouve de moins en moins à 16 et 18 ans . parmi les thèmes plus fréquemment évoqués par les filles à tous âges l'on peut souligner : la solitude morale et la séparation (5). cette observation est valable pour toutes les « peurs du monde » que nous avons condensées ici dans un seul item. Enfin. nouvel item dans lequel nous avons cru pouvoir regrouper sept types de réponses psychophysiologiques. les tentatives d'évasion ou de dérivation (16). La peur de la mort — à laquelle se réfèrent directement les énoncés classés sous cette rubrique — . Quant au thème de l'obscurité et la solitude. l'angoisse (12). En ce qui concerne les craintes liées à l'avenir. augmente avec l'âge. il est très fréquent à 14 ans (40 %) aussi bien chez les garçons que chez les filles. Nous reviendrons — après avoir examiné les résultats de l'analyse factorielle des correspondances entre peurs et « vécu » — sur ces aspects génétiques et différentiels de l'angoisse .

sur le total d'indicateurs comptés les filles en ont fourni plus que les garçons. mais les différences sont faibles et non systématiques sur les trois niveaux d'âge considérés . telles que nous les avons enregistrées. qui ont été mentionnés de moins en moins souvent entre 14 et 18 ans. agitation mentale-pensée de' la mort (19). Cependant nous ne ferons qu'un commentaire très général.75 % contre 46. ou plus précisément. dans quelques cas l'on peut aussi observer un phénomène d'interaction sexe-âge. qui suggèrent une sensibilité accrue chez les femmes aux états de la série peur-angoisse. les conditions d[une étude différentielle plus poussée ne nous semblent pas réunies . rapportés en nombre par la littérature. comme si elles étaient davantage douées pour l'intro spection en même temps que plus à l'aise pour nous dévoiler ce que ce retour du regard sur elles-mêmes leur avait appris. détresse (7) et dépression (13). Il en est ainsi notamment des réactions neuromusculaires (21) et de la frayeur (5). besoin d'autrui (15). M. le thème de l'effort de maîtrise de soi (8). plus riches. mais aussi plus nuancés. Le nombre des réponses neurovégétatives (20) diminue entre 14 et 18 ans. aux âges de 14 et 16 ans. En fait.3 % . tout au moins si cette étude devait se fonder sur la comparaison des fréquences d'apparition des indicateurs. RODRIGUEZ TOME. ZLOTOWICZ Comme pour les objets de peur. pour les thèmes du « vécu » elle est plus faible : 53. bien que l'on note chez les filles de 18 ans une remontée qui porte leur taux à 29 %• Plusieurs items ont été davantage mentionnés par les filles : panique et perte de contrôle (1). Ainsi. avant de passer en revue les résultats de l'analyse factorielle des correspondances entre les deux ensemb les. Nous arrêterons ici nos commentaires sur les données présentées aux tableaux IV et V. les protocoles des filles nous ont paru. en général. l'on peut toutefois souligner le thème de la fuite et l'envie de fuir (25) qui a été toujours rencontré plus fr équemment chez les garçons. et. Il faudrait peut-être relier ces observations aux résultats. tandis que l'effort de maîtrise (8) et la nervosité (14) ont des fréquences d'appar ition plus fortes avec l'âge. plus évocateurs d'une angoisse profondément ressentie. surtout à 14 et 16 ans. l'on peut remarquer sur le tableau V que les fréquences relatives d'apparition de certains thèmes du « vécu » varient selon l'âge ou le sexe des sujets . En outre. et. Pour les objets de peur la différence est de 55. D'autres thèmes se trouvent plus souvent dans les proto coles de garçons. .7 % contre 44. ferons-nous une dernière remarque concernant les différences garçonsfilles : en effet.25 %. un survol du tableau en vue d'y relever ce qui nous semble se dégager au mieux.290 H.

Coeur (39.4 4.3 4. (1) Entre parenthèses le numéro de la .7 15.2 13.Réaction neurovégétative (31. 28. de vide.5 3. .2 13. 8. 2.5 4.8 14. 22) . 33) 19.1 18. (6.3 6. 47) 1.1 27.2 10.0 10.2 20.7 3.0 6.2 2.8 7. Identité (3.3 2.4 4.5 291 18 ans Total P G 18.2 3.2 3. . Penser aux proches (20. * Pensée de la mort (26.Effort de maîtrise de soi.7 12.1 6.7 14. 4> .3 7.6 10. 38.7 5.5 3.5 5.7 14.2 22. . .Inquiétude (15) 11. 43.7 3.4 5.3 6.Retrait (23) 18.5 14. 27) 10. Malaise dif.7 3.PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE Tableau V Pourcentages de sujets ayant donné au moins une réponse selon le code condensé du « vécu » de la peur Catégories du co^e II condensé (1) âge et sexe des sujets (N° 305) leans F G 16.4 10.8 5. 48) 16. mentale.Panique. (25.2 6.4 3.2 9.6 29.6 18.2 4.Divers somatique (45) 25.2 2.Dépression.2 20.Solitude .5 14.2 9.2 «.8 6.8 18.1 20.9 2.2 10.6 6.6 2.2 7.0 4.8 5. 5. 41) 21.6 31.1 10.8 16.0 4.8 11. Rumination (14. .8 8.Fuite en avant.6 9.abandon (16) 12.2 1. 36.4 6.9 10.2 6.5 12. (1.Nervosité (19) 15.8 16.1 2.Fuite et envie de fuir (46.9 25.7 7.3 2. 37.5 22.2 4.5 . Attent.Angoisse (17) 13. 29} 14.4 2.1 6.3 8.3 11.3 4.8 13.0 15.9 3.3 2.0 16.6 2. 13) 9.5 22.6 10.Besoin d 'autrui.9 22.9 5.1 2.7 7. Désir de mort (18.5 12. '* Réflexion (12.2 2.9 4. . 24) 17.7 10.6 25.9 2. Interrog. .7 9.3 16. 32.6 4.1 3.Neuromusculaire (35. 6.7 7.1 16.2 9.Envahissement. 7.7 16 ans F G 20. 2) .8 20.2 6.ou des catégories selon le code II avant condensation.5 4.5 11.Agit.1 18.5 13. Dérivation (21.0 9. . 30) 20.1 14. 34.4 11.2 20.4 25.2 6.Agression (9) .7 9. 8) .Evasion.3 4. .5 6. .Mécontentement de soi (5) .Ineffable.7 5.7 23.9 7. 3. Frayeur (7.Détresse (10) .2 38.5 9. 4.7 10.5 8.3 4.3 10.6 2.0 20.4 9.2 25.3 4.Sent.6 18.6 6.9 9. . 40) 23. .7 11.0 8.5 13.Pleurs et envie de pleurer (42) 24.3 5.8 3.5 22.6 16.8 27. .3 7.2 12.7 9.9 6.2 14.6 4. . 44) 22. .0 8.8 13. Nombre total d'indicateurs comptés après condensation : 800.0 8.4 4. .4 16.2 11.5 6. . Perte de contr. .5 37.7 8..5 16. Amplification.0 26.

opposition que nous avions déjà reconnue par l'analyse avant condensation . 2°) L'analyse factorielle du second ensemble (thèmes du « vécu ») après con densation manifeste surtout une opposition entre les thèmes somatiques et le reste des thèmes du vécu.292 H.vous quand vous avez peur ? »). M. Ce tableau comprend 34 lignes (pour les thèmes de peur) et 25 colonnes (pour les items de «vécu»). les résultats obtenus après condensation sont de surcroît plus clairs. Ainsi la condensation. Si nous négligeons ainsi des nuances par rapport à la description des thèmes de peur ou du vécu. (1) II n'a pas été possible de construire un tableau associant un à un les éléments des deux ensembles : très peu de sujets réfèrent explicitement leurs réponses à la seconde question à leurs propres réponses à la première. se trouve-t-elle justifiée après coup par le fait qu'elle n'altère pas les principaux traits des analyses factorielles. nous pouvons analyser le tableau mettant en correspondance ces deux ensembles. celle qui existe entre les deux questions que nous avons posées à nos sujets (« de quoi avez. ZLOTOWICZ Note sur les effets de la condensation Après avoir procédé à un codage des données aussi analytique que possible. B. ce pourquoi nous avons choisi de les exposer dans le prochain paragraphe. dans ce cas. Une telle construction suppose qu'entre les deux1 ensembles mis en correspondance statistique existe une certaine affinité qui est. en l'occurrence. Plus exactement. le premier facteur étant déterminé complètement par cette opposition . l'importance du fait ne doit pas être surestimée. entre ce que nous appelons les thèmes de peur et le vécu doit exister une certaine parenté. après condensation à 34 et 25 éléments . toutefois les résultats obtenus après condensation sont plus clairs dans leur détail. opérée selon des critères empiriques. comme le montrent certains résultats d'analyse factorielle complémentaires : v' i°) L'analyse factorielle du premier ensemble (thèmes de peur) après condensation permet d'extraire les mêmes deux dimensions principales que celles qui ont été obtenues avant condensation . voici maintenant que nous regroupons certains des thèmes que nous avions pu distinguer. Les correspondances entre thèmes de peurs et de « vécu r> Après condensation de chacun des deux ensembles de thèmes selon les règles qui ont été exposées plus haut. le « vécu» rapporté par les sujets étant en relation avec les thèmes de peur qu'ils ont pu évoquer. RODRIGUEZ TOME. . si bien que nous avons dû faire correspondre les deux ensembles partie à partie et non élément à élément. 3°) En anticipant sur les résultats exposés ci-après nous pouvons aussi affirmer que l'analyse des correspondances entre les deux ensembles avant condensation (tableau 56 x 48) donne lieu à des tendances identiques à celles révélées par l'analyse des correspondances entre les deux ensembles réduits. La correspondance entre les deux ensembles doit être vue comme une correspondance entre parties d'ensembles : pour chaque sujet on associe à la liste de ses réponses dans le premier ensemble la liste de ses réponses dans le second (1).vous peur ? » et « que ressentez.

au sens clinique courant du terme. ce facteur oppose essentiellement la peur de l'eau (2). c'est-à-dire ce que nous appelons des phobies. de l'incompréhension des autres (24). puis nous considérerons l'information supplé mentaire apportée par le second ensemble à l'interprétation du premier .03) extrait 16. de l'ensemble des thèmes du « vécu ». des peurs enfantines se référant à des objets ou situations concrets. des animaux (12). ' En effet. compte tenu des modifications dues à la réduction du nombre des thèmes de peur et à la présence des thèmes du « vécu » . Les principaux résultats de cette analyse des correspondances apparaissent dans les figures 3 et 4 que nous allons commenter de la manière suivante : nous interpréterons les facteurs successifs en partant des éléments du premier ensemble (thèmes de peurs) . de la chute (4).se référant à des êtres ou situations plus abstraits. etc. De la sorte. à des thèmes d'angoisse d'attente : la peur de l'avenir (18). si l'on veut. dans ces conditions ces résultats constituent à la fois une validation et une systématisation des principales dimensions de l'angoisse que nous avons pu mettre en évidence par l'analyse des thèmes de peurs et du « vécu ». De plus. Quelques petites diffé rences peuvent être remarquées pour certains items : ainsi la peur de l'au-delà (9) se trouve plus saturée du côté des phobies.PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 293 L'analyse factorielle des correspondances entre ces deux ensembles permettra d'extraire les dimensions qui leur sont communes. associent certains items du « vécu ». nous verrons comment le second ensemble se trouve luimême interprété. il apparaîtra que la parenté entre les deux ensembles est suffisamment étroite pour que l'analyse des correspondances révèle des dimensions parfaitement comparables à celles qui ont été mises en évidence lors de l'analyse factorielle de chacun des deux ensembles . à certains thèmes de peurs. les résultats que nous allons commenter per mettent une systématisation de l'ensemble des thèmes de peur. du feu (3). Du point de vue des thèmes de peur qui le caractérisent le mieux. et de sa signification générale. Le premier facteur (avec une valeur propre égale à 0. ainsi que la peur de la sexualité (31) . de l'obscurité et de la solitude (6). de sa propre incapacité (29). c'est-à-dire celles qui. de l'autre.. de la vie (20). des angoisses plus caractéristiques de l'adoles cence. mais ces différences n'altèrent pas le contenu du facteur. C'est un facteur génétique parfaitement comparable à celui déterminé par l'analyse factorielle du premier ensemble. . et des relations qui peuvent être établies entre ces deux ensembles. D'un côté. réciproquement. ce facteur est donc tout à fait analogue à celui extrait par l'analyse factorielle du premier ensemble.2 % de l'inertie totale.

Figure 3 Correspondances entre thèmes de peurs et « vécu » Facteurs 1 et 2 X£0 X8O sv i X60 S311IJ XSV sww XSO XtO 91- X8T xos XC c* z XÎS 6T- oe .

Du point de vue génétique. caractéristiques des peurs des sujets les plus jeunes. à la peur de la réprobation (25).5 % de l'inertie totale. En particulier. surtout elle illustre l'interprétation que nous avions proposée du facteur sur le seul examen des thèmes de peurs. qui est en effet un des traits marquants des débuts de l'adolescence. la présence du thème 25 (fuite) du côté des phobies. la série des thèmes du « vécu » 4 (fuite en avant). ne nous apprend rien. la peur des agres seurs (22). et certains thèmes du « vécu » : d'un côté. le facteur réalise une opposition remarquable entre l'ensemble des réponses comportement ales et physiologiques. par contre. angoisse) du côté de l'angoisse d'attente. dériva tion). 3 (autocritique).végétatives). les thèmes 11 (solitude. pour le moment. On parviendra à une interprétation plus précise de ce second facteur si on le considère combiné avec le troisième (fig. sur le contenu du facteur. 13 (dépres sion. . 19 (agitation mentale.). 10 (inquiétude). la présence du thème 2 (vide. ainsi que nous l'avions fait du second facteur de l'analyse du premier ensemble. identité) parmi les items correspondant à des dangers intérieurs est intelligible . de l'autre côté. 21 (réponses neuro-musculaires). associés à l'angoisse d'attente. 12 (angoisse). 7 (détresse). est une claire confirmation des termes que nous choisissons -pour résumer notre interprétation. associés aux phobies. et la peur de la mort des personnes chères (21).024) extrait 12. Parmi les thèmes de peurs.. désir de mourir). abandon). la peur de ses propres tendances (28).PU 331 295 PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE Par rapport au second ensemble (thèmes du « vécu » ). Le second facteur (avec une valeur propre de 0. 20 (réponses neuro. et des thèmes 10 et 12 (inquiétude.. comme opposition entre dangers extérieurs et dangers situés dans le sujet lui-même. 16 (évasion. 4). tandis que dans son décours ultérieur l'accent serait plutôt mis sur les modifications ressenties dans le « moi ». évoque l'idée d'une centration sur le vécu corporel. 8 (tentative de contrôle). 22 (variations cardiaques). nous trouvons les items 25 (fuite et envie de fuir). Ceci peut être interprété. identité). il oppose essentiellement la peur de la fin du monde (33). la peur du monde (14). d'une part. Cette répartition des thèmes du « vécu » est doublement remarquable : elle confirme des distinctions que nous avions vu s'ébaucher lors de l'ana lysefactorielle du second ensemble . la présence de l'ensemble des items somat iques parmi les thèmes de phobies. 24 (autres réponses somatiques) . la peur de vieillir (19) et la peur de l'inconnu (30). En considérant le second ensemble. 2 (vide.

M. ZLOTOWICZ 20 31 23X 15X 5 t îox 04/ 19X «x 3 nues 3403X 20X 02X OTX •32OfcX 24X 14/WS 6 •I» 10 22X19 30 «ANS Figure 4 Correspondances entre thèmes de peurs et « iw# » Facteur' 2 et 3 14 16 U3 24 ■m h 01X il léX Le troisième facteur (qui rend compte de 11. 14 (monde) . 23 (pleurs). De l'autre coté : 21 (mort des personnes chères). etc. 15 (guerre). 11 (catastrophes).5 % de l'inertie totale pour une valeur propre de 0. 10 (inquiétude). 5 (solitude morale. D'un côté apparaissent surtout les thèmes de peurs suivants : 23 (les gens). RODRIGUEZ TOME. à ces peurs sont associés les thèmes de « vécu » suivants : 8 (tentative de contrôle). 15 (besoin d'autrui). séparation^.F 296 H. 27 (faire du mal aux autres). à quoi s'associent les thèmes du «vécu» : 17 (retrait). 12 (animaux). 20 (la vie). . 31 (sexualité). 1 (panique).022) différencie garçons et filles. 24 (incompréhension des autres). 16 (évasion. dérivation).

(1) On remarquera d'ailleurs que la plupart des thèmes de peurs classés comme phobies sur le premier facteur se situent au centre de l'espace factoriel déterminé par les deuxième et troisième facteurs plutôt qu'à sa périphérie. les rapports avec des autres différenciés sont vus comme complémentaires. en y incluant la peur des gens (23) et de l'incompréhens ion des autres (24). d'échecs (incapacité) et de séparations (solitude morale. nous l'avons vue s'opposer sur le second facteur à un ensemble de thèmes de peurs dont nous avons dit qu'ils correspondent à des dangers internes (la peur de soi. faire du mal aux autres). celle qui résulte du cours de la vie et des erreurs personnelles. de vieillir. Nous essayerons. le plus difficile étant de rendre compte de certaines phobies dont le contenu est à la fois composite et de nature essentiellement symbolique (1).le danger dans le monde) . les autres. et la manière dont le moi y est impliqué.. de leur capacité de nuire . Moyennant cette interprétation des second et troisième facteurs qui met l'accent sur la nature des rapports avec autrui. 22 (agresseurs). celle dont un monde hostile est responsable. indifférenciés ou vus comme groupe. mais décomposé sur chacun d'eux. en y incluant sa propre mort ou celle des autres.. les garçons étant plus sensibles à la première et les filles à la seconde. Ici.). sur le troisième facteur c'est surtout deux visions des rapports à autrui qui se trouvent opposées : d'un côté. le contenu de l'interprétation bien hypothétique que nous avions proposée plus haut pour le second facteur de l'analyse des thèmes de peur . De la sorte nous retrouvons sur les facteurs 2 et 3. ce seraient deux visions de la solitude possible qui s'opposeraient. à ses torts . . la disposition dans l'espace factoriel des thèmes de peur et des modalités du vécu devient intelligible. de l'inconnu. Nous comprendrons mieux maintenant cette interprétation en la détail lant : sur le second facteur c'est la dimension danger intérieur . soit au mal que l'on a pu faire aux autres. le danger résultant de l'action des autres. de l'autre côté. du ridicule.PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 297 Comme dans l'analyse des thèmes de peur. Puis sur le troisième facteur. la peur du monde s'oppose à une vision du cours de la vie que nous dirons faite de fautes (sexualité.danger exté rieur qui apparaît (le danger dans le soi . ce en quoi elle s'opposerait à des thèmes de peur où le danger apparaît à la fois comme interne et évoqué par les rapports avec des autres intimes. nous disions alors que la peur du monde est relative à la fois à des dangers externes et liée à des rapports anonymes avec les autres. toutefois. sont ressentis comme hostiles. il apparaîtrait que la série des craintes associées au monde doit être analysée de plusieurs points de vue. mort des autres). ce qui est surtout redouté c'est la séparation qui peut être due soit au cours nécessaire de la vie. de rendre compte de la position de certains items comme 2 (eau). 12 (animaux).

RODRIGUEZ TOME. la peur de la vie (20). Que le thème 2 du vécu (sentiment de vide. l'autre. dans un être. souvent du ridicule . dans les deux cas. nous trouvons en chemin la peur de l'incapacité personnelle (29) proche des sentiments d'autocritique et de mécontentement de soi (thème du vécu 3). la peur de la sexualité (31). c'est peut-être avoir honte. d'altération de l'identité personnelle) soit associé à cet ensemble apparaît alors comme parfaitement naturel.298 H. selon un sens symbolique connu. catégorie qui se situerait ainsi entre celles de l'échec et de l'infériorité que nous venons de parcourir et celles qui associent de la culpabilité à l'angoisse de séparation. la prise en considération des thèmes du vécu apporte quelque clarté supplémentaire : inquiétude (10). dépression (13) vont ensemble. une image corporelle du moi nodulaire. la peur de la mort (7) . cardiaques) lui soit associé est encore interprétable. mais où le moi est replié sur lui-même et se voit vu dans des circonstances défavorables. pleurs (23). la peur de l'inconnu a un contenu comparable en tant qu'elle est timidité et malaise dans des situations nouvelles . Par contre la peur de la réprobation (25) et la peur de l'inconnu (30) sont à commenter en se référant à nou veau au contenu de ces thèmes tel que le révèle la liste des indicateurs que nous avons proposée : la peur de la réprobation c'est la peur du jugement défavorable des autres en général. nous trouvons : la peur de l'amour (34). Proche de la peur de faire du mal aux autres (27) le thème du vécu 17 (réaction de retrait) a une place qui vaut d'être remarquée : se retirer. se cacher.La peur de l'eau (2) pourrait alors être comprise comme image de l'espace qui sépare (en tant quelle est peur de l'immensité) et la peur du vide (4) serait une image de l'échec. ZLOTOWICZ Essayons donc cette synthèse de nos interprétations. Que le thème 22 (réac tions . comme il se doit. Si nous remontons de ce groupe de thèmes qui constitue le pôle négatif du second facteur vers le pôle positif du troisième facteur. Partons de l'e nsemble qui associe à la peur de soi (28) la peur de vieillir (19). Le processus du vieillissement peut être vu comme le péril intérieur par excellence. de même que la peur de soi à été définie par nous comme ce qui. impliquant. peut être dangereux pour lui-même. la peur de la réprobation et du ridicule (25) et la peur de l'inconnu (30). M. c'est bien la conscience de soi qui est en jeu. mais c'est surtout la présence du thème 15 (besoin d'autrui) qui est éclairante et qui confirme le contenu attribué . puis que c'est l'image de soi pour soi qui est en cause. en tant que le cœur est physiquement et métaphoriquement un centre vital. que nous allons main tenant reconnaître. Autour de la peur de la solitude morale et de la séparation (5).

de culpabilité (à propos de la peur de faire du mal aux autres). c'est-à-dire qui combinent des dangers situés dans le moi avec des peurs référées à des partenaires différenciés. dont nous venons de reconnaître une première modalité où elle se tein terait de sentiments de culpabilité et de réactions dépressives. trois thèmes dont la peur du feu est proche dans l'espace factoriel. les réactions dépress ives. En poursuivant cette exploration de l'espace factoriel. En arrivant au pôle positif du second facteur. nous sommes amenés à évoquer successivement des catégories très générales de l'angoisse. les proches). nous avouerons quelque difficulté à rendre compte d'une peur comme celle du feu dont le contenu n'est d'ailleurs guère interprétable en fonction de dimensions qui se réfèrent aux relations interpersonnelles . proches de la peur de la mort (7). crainte de le perdre du fait de ses propres fautes (culpabilité) ou du cours de la vie. nous allons découvrir que l'accent doit être mis surtout sur l'angoisse de séparation. 9 et 4) : les sentiments de la série dépressive se trouvent ainsi liés aux peurs qui associent la séparation. Par rapport au second facteur elle est un des items caractéristiques de la dimension danger intérieur . telles que celles d'échec et d'infé riorité (à propos des thèmes d'autocritique et d'incapacité). en tant qu'ils correspondent à des dangers perçus comme extérieurs au moi .PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 299 par nous à ce pôle du troisième facteur : besoin de l'autre. par exemple son opposition avec la peur de vieillir). C'est aussi dans cette région que nous rencontrons.d'amplification par la pensée. sa position intermédiaire sur le troisième facteur se conçoit égale- . la culpabilité et la peur de la mort. Avant de poursuivre notre exploration plus avant. La peur de la mort des autres (21) se rattache à cet ensemble. en tant qu'elle est crainte de nuire à ceux que l'on aime.danger extérieur (cf. peut-être pourrons-nous tenir le feu (3) comme un danger semblable de quelque manière aux agresseurs (22) ou à la sexualité (31) et évoquant la mort (7). Ainsi en partant des thèmes qui ont des valeurs négatives dans le second facteur et des valeurs positives dans le troisième. Par rapport au troisième facteur elle correspond à un des dangers qui peuvent survenir dans les rapports avec des partenaires différenciés et intimes (les parents. de fuite en avant et de passivité (thèmes du vécu 13. La position de la peur des agresseurs (22) sur le second facteur est claire. de séparation (à propos de la peur de la solitude morale). nous avons ainsi un groupe de thèmes qui à l'angoisse de séparation associe des peurs qui sont peut-être encore en rapport avec la culpabilité. mais sa position périphérique légitime un commentaire particulier.

et comme l'image de l'hostilité des éléments et des êtres. ce qui nous autorise à proposer une interprétation approfondie du troisième facteur. à la guerre (15). se situent les sentiments de solitude et d'abandon (11). c'est la méchanceté des autres. deux façons de ressentir le danger d'être isolé par rapport à l'entourage. La place du thème du vécu 7 (détresse) est intéressante. 27 (réprobation. l'isolement pouvant résulter de la mort des autres. 29. émanant des rapports avec les autres. en tant qu'il se situe à la limite de ce que nous allons caractériser comme deux aspects de la séparation : les sentiments de détresse s'attachent particulièrement à des dangers perçus comme extérieurs au moi. thèmes dont les peurs liées au domaine scolaire (16) se trouvent assez proches : il s'agit de dangers perçus comme émanant des autres.300 H. c'est dans ce dernier sens que nous pouvons dire cette forme de l'angoisse de séparation mêlée de culpabilité. du cours de la vie ou de ses propres erreurs dans les rapports avec autrui . d'autres indifférenciés et hostiles . De l'autre côté. ZLOTOWICZ ment. à la différence des thèmes 25. d'une culpabilité direct ementthématisée comme peur de nuire aux autres. RODRIGUEZ TOME. . M. Nous dirons en effet qu'il permet essentiellement d'opposer deux modalités de l'angoisse de séparation. ainsi que la peur des animaux (12) n'est pas incompréhensible en tant qu'ils seraient vus les uns et les autres comme des dangers anonymes. leur incapacité à nous comprendre qui sont mises en cause. moins abstraits que l'an onyme collectivité des hommes. s'associe la peur des catastrophes naturelles (11). l'isol ement apparaît comme un vide qui sépare l'individu d'un monde hostile et menaçant. mais le résultat le plus frappant est que. non sur les torts propres. mais néanmoins pas d'autruis intimes comme ceux auxquels se réfèrent les craintes que nous avons déjà passées en revue. parmi les thèmes du vécu associés à cet ensemble. mais quelle que soit la nature des rapports avec ces autres et des craintes qui leur sont attachées. thèmes attachés au -monde (14). faire du mal) l'accent est mis clairement sur les torts des autres. En allant vers les valeurs négatives du troisième.à la fin du monde (33). Les thèmes de vécu associés à ce groupe de peurs (angoisse. Une telle interprétation est confirmée par l'examen des thèmes qui apparaissent lorsque nous allons vers les valeurs négatives du second facteur : dans la peur des gens (23) ou de l'incompréhension des autres (24). frayeur. puisqu'il s'agit d'autruis plus différenciés.. l'accent étant mis implicitement sur les défauts du monde et des hommes. D'un côté. incapacité. facteur nous trou vons l'ensemble des. non sur les siens propres . la séparation est vue surtout comme menace dans les relations différenciées avec autrui. Qu'à ces craintes mêlées de ressentiment.

solitude). Parmi les thèmes du vécu.) il y ait une certaine solution de continuité : entre les dangers ressentis dans le moi. 16 (évasion. En outre quelques précisions supplé mentaires sur les peurs plus proprement féminines sont apportées par le cinquième facteur. est dit plutôt « masculin » ou « féminin » cela ne signifie pas que chacun de ces thèmes ait été plus souvent mentionné par les garçons ou par les filles . 12 (angoisse). Il convient de remarquer. etc. dont nous venons de commenter les princi pales caractéristiques. inconnu. ainsi qu'aux catastrophes naturelles (11) et aux animaux (12). 15. Au-delà du troisième facteur un certain nombre de remarques peuvent encore être faites. rendent compte ensemble de plus de 40 % de l'inertie totale. 8 (tentative de contrôle). que lorsqu'un groupe de thèmes dégagé par l'analyse factorielle. on n'imagine guère d'interméd iaires. perte de contrôle). une dimension de craintes plus fantasmatiques est définie sur le cinquième facteur par la présence des thèmes 22 (agresseurs). nous serons ainsi amenés à relever certains résultats qui complètent le tableau des différences entre garçons et filles tel qu'il s'inscrit sur le troisième facteur. 6 (obscurité. dérivation). à la guerre et aux gens (thèmes 14. S'il se confirme bien que leur noyau central est constitué par l'angoisse de séparation (thème 5) et le besoin d'autrui (thème de vécu 15). Les trois premiers facteurs. En considérant simultanément les troisième et ci nquième facteurs. il se confirme que les peurs plus proprement masculines sont surtout représentées par les peurs ayant trait au monde. 13 (cauchemars et fantastique). on peut même constater que quelques items qui appartiennent à un groupe dit masculin ont été davantage évoqués par les filles. ce qui ne saurait nous étonner. et la peur des autres vus comme hostiles et indifférenciés. En effet. rend compte de 8. Il faut concevoir que c'est dans ce qu'ils ont en commun entre eux que de tels items appartiennent à une dimension sur laquelle telle ou . le cinquième facteur (qui.016. Par contre. A cet ensemble sont associés les thèmes du vécu suivants : 1 (panique. il est compréhensible qu'entre ces thèmes de peurs et ceux qui carac térisent les dangers internes (vieillesse. 23).PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 301 panique. outre l'item 15 déjà mentionné. 28 (peur de soi ou de ses propres tendances). à ce propos. avec une valeur propre de 0. évasion) ne nous apprennent rien de précis sur son contenu. Nous nous bornerons donc à relever quelques associations apparues sur certains facteurs et qui donnent lieu à des rapprochements significatifs entre thèmes . même en l'absence d'une interprétation complète de ces facteurs.35 % de l'inertie) introduit une nouvelle différenciation entre garçons et filles. les pleurs (thèmes 23) constituent une réaction typiquement féminine.

En particulier. tableau IV a été' davantage mentionnée par les filles que par les garçons . Conclusions En présentant les matériaux que nous avons recueillis auprès de quel ques centaines d'adolescents. . nous avons procédé à deux schématisations successives de leur contenu. en un premier temps. nous (1) L'étude d'adolescents d'autres milieux (ruraux. L'univers des peurs à l'adolescence Le simple recensement des réponses des sujets aux deux questions très générales que nous leur avons posées permet. par exemple.8 %) la peur de la mort (9) apparaît avec une très forte saturation. en particulier) sera poursuivie ultérieurement. Pour fragmentaires que soient ces remarques. de prendre une vue assez comprehensive de l'univers des peurs et de l'angoisse propre. sur le septième facteur (valeur propre = 0. 30 (inconnu) et associée au thème 2 du vécu (vide. ZLOTOWICZ telle catégorie de sujets répond de façon plus fréquente. 9 (au-delà). Nous voudrions maintenant reprendre nos différents résultats et revenir sur quelques problèmes posés par eux. Nous examinerons successivement en quoi notre étude contribue à la description d'un univers des peurs à l'adolescence . mais c'est en tant qu'un des contenus de ce thème le rattache à l'ensemble des peurs relatives aux autres indiffé renciés. nous reviendrons sur la signification des aspects génétiques et différentiels de l'angoisse que nous avons pu mettre en évidence. puis en entreprenant une analyse statistique de ces thèmes. du moins à des adolescents de milieux comparables (1). Enfin. M. taux d'inertie = 5. identité) ce qui établit une relation que nous voulions signaler entre la peur de la mort et les modifications ressenties dans l'image de soi. elles nous seront utiles lorsque nous reviendrons sur les principales différences que nous avons pu observer entre garçons et filles au cours de notre étude. auquel les garçons répondent plus souvent. proche des thèmes 2 (eau). la peur des gens (item 23 . qu'il peut être dit « masculin ».011. pour significatives qu'elles soient. Ainsi. En examinant de quoi ces adolescents ont peur.302 H. ne rendent compte en première approxi mation que d'une partie du contenu étudié. les dimensions de l'angoisse que nous avons mises en évidence. d'abord en constituant un inventaire de thèmes (peurs et vécu). quelles sont les catégories fondamentales de l'angoisse que nous sommes conduits à invo quer . sinon à l'adolescence en général. cf. Nous ne nous attendons d'ailleurs pas à ce que l'univers des peurs s'y révèle très différent. RODRIGUEZ TOME. enfin.

En étudiant ce qu'ils éprouvent quand ils ont peur. l'importance du thème de la mort est rendue manifeste. que ce qui importe d'abord c'est de fuir la peur elle-même . A côté de thèmes de peurs faisant référence à des aspects naturels du monde (eau. Ce monde de la peur à l'adolescence. Mais dès la simple description du vécu de la peur d'autres traits appar aissent. la réflexion qui aggrave la peur en l'amplifiant ou en y revenant après coup. une authentification des nomenclatures par le témoignage des sujets. des réactions persécutives . mais de relations et de significations.) et qui sont communs aux enfants et aux adolescents. moins évidemment attendus : des impressions de modification de l'identité personnelle. de dissoudre par la réflexion l'objet de la peur ou de « ne plus y penser ». qu'elle soit désirée ou qu'elle soit ressentie comme le suprême danger. neurovégétatives et neuromusculaires. on peut aussi adopter des conduites qui ont pour but de se défaire de la peur qu'on éprouve : penser au moment où «cela sera passé». l'énumération de thèmes que nous avons proposée le caractérise surtout comme ensemble de rapports humains. etc. non pas donc monde d'objets ou de personnes. la peur est angoisse. feu. obscurité. animaux. notre inventaire permet de mettre en évi dence l'importance de deux grands ensembles : la peur de l'avenir et la peur du monde. certes. L'importance de cette thématique est encore soulignée par la . que son objet ne peut être généralement évité ni détruit (si ressenti que soit le désir de fuir ou de détruire) : son objet n'est pas du monde des objets mais du monde des rapports avec les êtres et les choses. de dépression. comme le disent de nombreux sujets. les sentiments de panique. C'est qu'en fait. Il apparaît aussi que si la peur entraîne la fuite. l'on peut tenter de « reprendre son contrôle». leurs manifestat ions comportementales. ou attendre que cela passe. qui tous deux impliquent le moi dans ses rapports avec les autres. Cette confirmation du tableau des symptômes de la peur tels qu'ils figurent dans les manuels constitue en même temps un rafraîchissement. de vide. ou se livrer à une activité de diversion . nous croyons à la fois compléter ce que nous avons déjà appris sur l'univers des peurs et légitimer les lia isons que nous établissons entre cet univers et des angoisses sous-jacentes. elle rappelle des idées bien banales sur ce qu'est le vécu de la peur et de l'angoisse. des manifestations de mécontentement de soi. cette fuite n'est bien souvent qu'un vain désir. mais l'on y parvient rarement .PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 303 caractérisons les représentations auxquelles l'angoisse peut se lier. de détresse et de solitude qui les accompagnent. mais le plus souvent c'est la peur qui envahit l'être tout entier. Que nous apprend cette étude ? D'abord. Retournons donc du « vécu » à ce à quoi s'attache ce vécu : à l'univers des peurs. dont l'e nsemble constitue ce que nous appelons un univers des peurs.

interprétation partielle puisqu'elle vaut surtout pour les thèmes qui font référence aux rapports avec les autres. la peur des gens. Sans récuser l'importance de certaines peurs plus archaïques (comme la peur de l'obscurité) ni de la peur de la mort. éventuels. La culpabilité. En traitant simult anément ces deux dimensions. possède une signification particulière qui nous incite à réserver son commentaire au paragraphe suivant. selon que les autres sont considérés comme intimes ou comme étrangers. pour donner un contenu à ces dimensions nous avons invoqué des catégories que nous allons tenter d'expliciter. La définition de dimensions et de catégories de l'angoisse pose des problèmes très généraux sur lesquels nous revenons dans un autre texte. nous avons proposé une interprétation du contenu des thèmes de peurs. thématisée surtout comme peur de faire du tort aux autres. telles que l'analyse factorielle permet de les mettre en évidence . notre étude nous a conduits à définir des dimens ionsplus générales de l'angoisse. celle qui oppose phobies et angoisse d'attente. ZLOTOWICZ présence de préoccupations qui en sont très proches : l'amour. Les deux termes sont donc employés dans . M. Les sentiments d'infériorité sont thématisés comme échec. etc. encore plus. celle qui oppose des craintes liées à deux types de rapports entre soi et les autres. mais sur laquelle il nous a paru légitime d'insister étant donné l'abondance de ces thèmes à l'adolescence. Par ailleurs. Il nous faut surtout mettre l'accent sur deux dimensions de l'angoisse : celle qui oppose à des dangers vus comme extérieurs des dangers ressentis comme internes. se réfère à des rapports interpersonnels avec des partenaires différenciés. nous avons introduit des termes qui peuvent désigner des catégories très générales de l'angoisse : infériorité. en plein développement à l'adolescence. la première dimension révélée par l'analyse factorielle. avec les autres. incapacité personnelle et mécontentement de soi : ils correspondent à des dangers ressentis comme intérieurs. Dimensions et catégories de l'angoisse En un second temps. consacré aux aspects différentiels et génétiques de l'angoisse. séparation. RODRIGUEZ TOME. il nous faut constater que l'univers des peurs de l'adolescent est surtout constitué de craintes concernant les rapports. culpabilité. nous bornant ici à préciser l'emploi de certains termes. réels et. Sur la base de ces deux dimensions. la sexualité. d'être incompris ou désapprouvé par les autres. liés aux rapports avec les autres et mettant l'accent sur les torts personnels.304 H.

Nous en avons distingué deux formes en remarquant qu'elles correspondent à deux images de la solitude possible : vis-à-vis d'un monde vu comme hostile ou vis-à-vis de partenaires ressentis comme complémentaires. telles que celles qui sont liées à l'obscurité et à la solitude. déborde largement ce centre. des groupes ou des institutions. nous avons été amenés à signaler des différences dans la répartition des thèmes en fonction de l'âge et du seye des sujets. que ces autres soient des personnes. comme par exemple la tendance des filles à manifester plus de craintes liées à l'avenir sentimental et familial. c'est-à-dire en tant que peur de nuire aux autres. Entre les peurs enfantines et les angoisses plus propres à l'adolescence. La séparation étant ici définie comme sentiment d'isolement par rapport aux autres. l'angoisse de séparation. Certaines de ces différences sont assez banales et d'interprétation évidente. d'abandon et d'éloignement par rapport aux autres. si elle a pour centre des thèmes explicites de solitude. Il nous importe davantage de souligner la différence apparue entre garçons et filles à propos des deux formes d'angoisse de séparation que nous avons distinguées : les garçons seraient plus sensibles à la vision d'un monde hostile.. Nous sommes ainsi conduits à concevoir une évolution génétique de l'expression de l'angoisse : les peurs enfantines sont en grande partie sym- . Aspects génétiques et aspects différentiels A divers moments de notre exposé. les phobies doivent être vues comme un mode d'expression essentiellement symbolique dont la signification à l'adolescence nous échappe encore dans une assez large mesure. l'importance que nous lui attribuons découle assez naturellement de la fréquence des peurs exprimées par les adolescents qui se réfèrent aux rapports avec autrui. en évidence . tandis que les filles ressentiraient plutôt les risques liés aux rapports interpersonnels avec une certaine propension à la culpabilité. la distinc tion que nous avons établie se situe plutôt au niveau de l'expression que du contenu : il se trouve en effet que dans ce travail le contenu des phobies n'a guère été élucidé par les dimensions de l'angoisse que nous avons mise. telle que nous l'avons caractérisée. Par contre. monde qui est plutôt celui de la politique. Il se trouve par ailleurs que la première dimension mise en évidence par l'analyse factorielle correspond à une différenciation génétique. au sens où nous avons em ployé ce terme. Secon dairement.PEURS ET ANGOISSE A L'ADOLESCENCE 305 des sens restreints et leur usage renvoie aux explicitations fournies par les sujets. les filles manifesteraient plus de craintes de nature fantasmat iques. perçu globalement comme menaçant.

— Adolescent fears. — Le Moi et l'Autre dans la conscience de l'adolescent. 22. Zlotowicz (M. 1945. 113-171. Rodriguez Tome (H.W. J. une partie de l'angoisse est encore thématisée sous forme de symboles. Genet. Sur le sens d'une telle évolution. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES Benzecri (J. 1961 a.). — Self-revelation of the adolescent boy. A l'adoles cence. 65-73. 323-329.306 H. Fleece (U. Adolescence.H.). 1972 (sous presse). 105. Meissner (W. 459-468.). Neuchàtel et Paris. 1967-68. 2. — Origines et perspectives de quelques recherches sur l'anxiété. J. — L'analyse des données.. M. 1972. Genet. Hermann. . Delachaux et Niestlé. Croake (J.). Enfance.). Milwaukee : Bruce.P. 1970. ZLOTOWICZ boliques tandis que l'angoisse des adolescents se manifeste surtout par des représentations mettant en jeu notamment l'avenir et le monde. Psychol. Paris. mais même entre 14 et 18 ans l'importance de ce mode d'expression a tendance à se réduire. Psychol. — Comparison of anxiety patterns in adolescent boys : 1939-1959.). Maurkr (A.W. Meissner (W. 1964. RODRIGUEZ TOME.W. 75-90. 99. — Adolescent attitudes toward death.). 1961 b. — Some indications of sources of sources of anxiety in adolescent boys. nous revenons dans le texte suivant où nous comparons de façon plus précise peurs enfantines et angoisses de l'adolescence.). 99.

according to wether they involve differ endated relations with others or fear of a globally hostile world. selon qu'elles impliquent des relations différenciées avec les autres ou la crainte d'un monde globalement hostile.RÉSUMÉ Au cours d'une enquête. SUMMARY An inquiry has been made bearing on 345 high school pupils aged 14-18. dangers in the self and dangers in others. dangers dans le soi et dangers chez les autres . A factorial analysis of each of these two sets as well as of their relations makes it possible to describe several dimensions of fear at adolescence : phobias and expectancy anxiety. ainsi que des correspondances entre eux. permet de mettre en évidence quel ques dimensions de l'angoisse à l'adolescence : phobies et angoisse d'attente. 345 lycéens de 14 à 18 ans ont été invités à rapporter ce qui leur fait peur et ce qu'ils éprouvent lorsqu'ils ont peur. on décrit 56 thèmes de peurs et 48 thèmes de « vécu » de la peur. deux formes de l'angoisse de séparation sont distinguées. Following a content analysis of the subject's responses to these two questions the authors describe 56 topics of fears and 48 topics of experienced fear. Après analyse du contenu des réponses des sujets à ces deux questions. The subjects were asked to report what they were afraid of and what they felt when afraid. L'analyse factorielle de chacun de ces deux ensembles. Two forms of sepa ration anxiety are distinguished. .