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ENTRE «CROMWELL» ET SA PRÉFACE : DU GRAND HOMME AU GÉNIE Le couple théorie-pratique, entendu au sens fade où la théorie précède et conduit

son application, ne saurait qualifier la relation de Cromwell à sa Préface, ne serait-ce que parce que l'ordre typographique inverse la chronologie de la composition. Les dates portées sur le manuscrit confirment la Préface elle n'a été écrite qu'une fois la pièce ! d"ment close et terminée # $. %ais la présence, sur les m&mes feuilles, d'é'auches pour Cromwell et de 'rouillons pour la Préface suggère que les deu( te(tes ont été con)us ensem'le et l'un pour l'autre *. Leur rapport serait d'a'ord d'identité, au moins de convergence. +é,à les circonstances de sa pu'lication faisaient du drame un manifeste romantique par luim&me. L'acuité du dé'at sur le thé-tre et sur le romantisme, la pente politique et littéraire qui, depuis la Préface des Nouvelles Odes, rapproche .ugo des romantiques déclarés et des li'érau(, la position personnelle de l'auteur, dont on attend qu'il prenne parti et qui, dans la Préface des Odes et Ballades, en $/*0, a promis de le faire 1, surtout le personnage et l'époque choisis l'histoire de 2rom3ell que se disputent li'érau( et ultras et qu'accaparent les néo-classiques 4, tout cela suffisait à constituer les caractères de l56uvre en profession de foi littéraire. L'e(écution répond à cette situation si Cromwell passe si facilement pour une éclatante illustration des thèses de sa Préface, c'est que l'évidence de son esthétique vaut pour déclaration d'intentions poétiques. 2et affichage de son appartenance littéraire donne au drame l'allure et la fonction d'un manifeste. 7ien plus, le te(te comporte des sortes de digressions théoriques, d'ailleurs trop nom'reuses et trop repéra'les pour ne pas former une répétition provocante de la Préface. %ilton, +avenant, 8ochester, tous poètes, les personnages des 9ous et m&me celui de 2rom3ell, poète aussi, permettent l'e(posé de théories littéraires dont le contenu re,oint, et par sa mise en situation dépasse parfois, celui de la Préface. :insi .ugo pr&te-t-il au( cavaliers soit un dédain des lettres soit une frivolité littéraire qui portent la m&me signification méprisé ou asservi dans une société aristocratique, l'art trouvera sa patrie dans le peuple;. %ais aussi la piètre estime où l'on voit %ilton tenu, m&me par les siens, renvoie ironiquement - et triomphalement - à la situation parado(ale du romantisme dans les années $/*;-$/1< suspect à tous les partis. =urtout les personnages affrontés de %ilton et de 8ochester cernent, plus nettement encore que la Préface, les deu( représentations de la littérature qui sont l'en,eu de la 'ataille romantique
1. Préface de Cromwell, >. .ugo, Œuvres complètes, édition chronologique dirigée par ?. %assin, 2.9.L., $@0A-$@0@, t. BBB, p. AA. Coutes les références au( 6uvres de .ugo seront données dans cette édition dont nous n'indiquerons le tome que lorsque ce n'est pas celui-ci, qui contient Cromwell et sa Préface. 2. >oir, en particulier, les pages *, $<*, 4@ et $<1 du manuscrit Feuilles paginées Dp. $$0; et suiv.E dont l'étude est précieuse à la compréhension de Cromwell et de sa Préface parce qu'on peut y suivre le parallélisme des réfle(ions sur les grands hommes et sur le génie. Fn y trouve aussi la preuve - voir la page 4@ Dp. $$A* et $$A;E - de ce que la citation de Goethe, faite en note à la Préface Dp. A$E dans la traduction de 9auriel, laisse deviner que .ugo a lu et annoté en $/*0-$/*A le volume pu'lié par 9auriel en $/*1 qui réunit la Lettre de %. 2hauvet de %anHoni, ses deu( tragédies et plusieurs appendices critiques au nom're desquels l'Examen de la tragédie de %. %anHoni... de Goethe, e(trait de Über Kunst und ltert!um. 3. ! L'auteur de ce recueil développera peut-&tre ailleurs tout ce qui n'est ici qu'indiqué... # Dt. BB, p. A$*E. 2ette préface est datée d':o"t $/*0 et .ugo commence la rédaction de Cromwell au dé'ut du m&me mois I c'est un signe supplémentaire de l'unité d'intention qui préside au drame et à sa Préface. 4. >oir sur ce point, 2l. +uchet, "résentation de Cromwell # $ictor %ugo et l&'ge d&!omme , dans >. .ugo, Œuvres complètes, ouvr. cit., t. BBB, p. ; et suiv. Jous ne saurions citer cette précieuse analyse de la situation historique, littéraire et idéologique de l56uvre toutes les fois que nous en utilisons les conclusions ou les références érudites. Jous y renvoyons donc ici une fois pour toutes celles, trop nom'reuses, où nous devrions le faire. 5. >oir $.1., v. *4@ et suiv., p. $<1. La critique trouve là son prolongement politique et esquisse une dénonciation de la monarchie restaurée. Bci annoncée, l'éclipsé de =haKespeare lors de la 8estauration anglaise deviendra un thème cher à >ictor .ugo I voir en particulier (&%omme )ui rit BB, B, $, *, t. LB>, p. $1A et *illiam +!a,espeare B, $, 1, t. LBB, p. $0/.

de très nom'reu( points de contact. >. v. cette analyse reste tri'utaire de la surestimation de la Préface. 9aut-il pour autant. ils n'en sont pas moins comme décalés l'un par rapport à l'autre.. Fr s'ils ont. v.outée à un drame dont les le)ons étaient dé. 8. =urtout. v. 14@ I i'id. p. v. Nlle en partage le principe l'identité de sens et d'intention de deu( te(tes également voués à la défense et à l'illustration du drame nouveau. de s'affirmer en chef de l'école romantique P =ans doute pas I car le drame y aurait suffi. Coi. p. 0*<$.espeare que l'incompréhension et l'e(clusion . L'idée d'une nécessaire persécution du poète Puisqu'il garde ses fers. ou encore dans l'argumentation par laquelle l'auteur se défend d'avoir fait une poétique. 7. Préface. p. p. gai #.. .sont le sceau du génie. *4.l'e(il sous toutes ses formes . . comme le veut son principe fondamental de la li'erté du créateur. $1. AA. là le poète penseur et créateur de monde0.. appelle sa confirmation immédiate l'hostilité au poète se matérialise. Nnfin toute une série de remarques ironiques commentent la pièce de l'intérieur ! spectacle étonnant. sacrifier la Préface et n'y voir que l'occasion. .. Bci le drame esquisse ce que la Préface n'ignore pas non plus et qui trouvera son plein développement dans *illiam +!a.*0. v. 10. v. >oir BBB. évidemment. **/. p. 2elui-ci sous-tend toute la partie centrale consacrée à 6. 9. Le contraire serait plus vrai. 4A4A. pour . L'om'rage qu'une telle am'ition porte inévita'lement au pouvoir civil est signalé I dé.c'est en ce sens que vont certains commentateurs -. quoiqu'elle en prenne apparemment le contre-pied. redeviens 2rom3ell à la voi( de %ilton MA %ilton est tancé lorsqu'il demande la gr-ce de +avenant. laissons-lui son laurier/. traditionnelle depuis la pu'lication. et m. ne f"t-ce qu'une ! poétique pour sa poésie # $$ autant dire d'avoir fait une préface. 8espectivement B>.. BBB. p. dans l'engagement . p.à ra'roué lorsqu'il rappelle le Protecteur à lui-m&me dans le langage du +ieu de la Genèse ou du 2hrist ressuscitant LaHare Bl n'a fallu qu'un mot pour créer la lumière. */41-4. 11. 4*1.ugo. $*. ! terri'le drame # I la plus e(plicite devance la critique du grotesque Ouelle est cette algarade P :vec la tragédie unir la mascarade M@ :u 'out du compte la question de savoir si Cromwell est conforme à sa Préface doit &tre retournée et conduite à sa conséquence à quoi sert une préface a. 11$<.de ne plus défendre l56uvre désormais ! ni en tout ni en partie # $<. @. B'id. 1A4. p. . ! drame fantasque #.à si claires P La célé'rité de l'une et l'ou'li de l'autre ont en effet accrédité l'idée que la pièce redou'le inutilement la Préface. Fn en verrait le signe dans l'em'arras des précautions initiales. %&me en matière d'esthétique thé-trale. v. 4.curieusement pris à la fin d'une si longue présentation . en une semonce méprisante. atténuée. *A*.ici le versificateur pour qui la poésie ha'ille galamment le discours. *. 2ar le postulat de son adéquation stricte au drame dissimule que la Préface est essentiellement négative et critique. /0. *4A0 et suiv. 4A4@ I >.

dans ses autres pièces. +ans Cromwell enfin.eté en vers parce que cela lui a plu ainsi # $0. si la pièce au contraire o'serve trop 'ien la doctrine de la Préface. sur d'autres points. imitation des modèles.ugo. Généralement la croyance en un +ieu personnel.U.ugo confronte e(plicitement sa théorie à sa poésie.ugo ne peut finalement qu'affirmer fortement le propos critique du te(te ! Bl a T.ette le prosaRsme I quant à la langue m&me. p. 2ette orientation négative de la Préface est si forte qu'elle tend à lui Ster sa valeur de manifeste. %ais comme ! faire une poétique pour sa poésie # au lieu d'une poésie pour sa poétique. le 'urlesque. il com'attait le dogme des unités.ets propres à chaque genre. p. B'id. avec quel désintéressement.ugo défend moins le vers contre la prose qu'il ne re... ..ustification de l56uvre. 4/. p. trouve sa manifestation dans le conflit des aspirations et des conditions.U #$. Puis. La Préface est de la sorte déli'érément écartée de sa fonction attendue de présentation et de . . parce que son contraste avec le su'lime est lui-m&me grotesque I elle demande cependant au drame une gravité. c'est tou. T. i'id. présente dans le su. toute l'argumentation antérieure est rétroactivement annulée ! +e cette scène il a fait ce drame. qu'il soit écrit en vers. Bl l'a . 13.. 0<. p.à conclut son propos de manière à en interdire la lecture normative ! :u reste que le drame soit écrit en prose. 17. . ='agissant aussi de la représentation du réel. A0 et /$. /$.. et inverse. 2eci e(plique que dans les deu( seuls cas où . unités.ugo voit une matière proprement dramatique et qui. :ussi. et à son atmosphère. sem'le a'sente de la pièce. peut-&tre com'inée à cette seule fin.ours offrir une poétique. 14. La ! mélancolie # dont elle parle. eu 'ien plutSt l'intention de défaire que de faire des poétiques #$4. disparaQt du drame. le comique et le 'ouffon l'emportent largement sur le su'lime. B'id.. Bl n'attaque si lourdement les unités de temps et de lieu . revient sur le refus des systèmes et tient à ! &tre le premier à montrer la ténuité du n6ud qui lie cet avant-propos à ce drame # $1. 15. que celles-ci ne sont donc pas des règles positives.oré de ce que la pièce les respecte ! Fn verra du reste à la lire com'ien il songeait peu à son ouvrage en écrivant cette préface. à l'articulation du propos général et de la partie consacrée à Cromwell. AA. +e m&me il y a 'ien en 2rom3ell une contradiction entre l'homme et le héros.. affichée dans la Préface. La Préface aussi privilégie le grotesque. mais dé. où domine une asseH étrange drSlerie. à ! 'riser tous ces fils d'araignée # dont on a cru ! enchaQner le drame #$* choi( des o'. résolument laRc plus encore qu'anticlérical.à 'éante dans la défense des classiques . où . il a'andonne l'idée que l'e(pression littéraire puisse &tre fi(ée. la distinction entre la ! vérité de l'art # et celle de la nature produit moins une théorie positive du ! caractéristique # qu'elle ne renvoie dos-à-dos réalisme et néo-classicisme I . L'aveu de l'antériorité de la pièce.et et les significations de la pièce. qu'il soit écrit en vers et en prose.. B'id.. le drame ne décevait pas réellement les attentes de la Préface.que pour tirer un 'énéfice ma. La stratégie est identique. 2e serait précaution de pure forme si. . lorsqu'il s'agit de Cromwell. p. 12.. conscient de cette contradiction. B'id. doit prouver qu'elle n'applique pas les théories de la Préface. mais étrangère à sa tonalité...ugo plaide longuement en faveur du vers. 16. par e(emple. B'id.. ce sentiment de pitié devant les ! hautes vicissitudes # de l'histoire et les ! amères dérisions de la vie # $A. ce n'est là qu'une question secondaire #.U =on drame rentrerait presque dans la prescription classique T. et une seconde entre la nécessité de sa royauté de fait et l'impossi'ilité qu'elle soit reconnue de droit I mais ni l'une ni l'autre ne correspond e(actement à la dualité chrétienne de la nature humaine.! nettoyer la question du thé-tre moderne #.'rèche dé. B'id. surtout sarcastique. ce soit de manière à interdire de voir dans l'une un effet de l'autre.

que le propre du drame hugolien. Le te(te tire sa pertinence critique de ce système vertigineu( mais la Préface n'e(plique en rien cette fa)on de tourner l'écueil sur lequel tout le thé-tre historique contemporain faisait naufrage. LBB. frayé sa voie propre entre l'unité grecque et l'u'iquité shaKespearienne #. la nécessité de su'stituer à la peinture de conflits individuels traversés par l'histoire. =elon l'angle de vue. Populaire dans sa matière.usqu'à (oren-accio sinon . Bl visait le pu'lic cultivé des nota'les et s'accommodait 'ien des survivances de la tragédie no'lesse des héros convena'le à l'importance des su. inquiète et pro'lématique. héros d'une impossi'le restauration. .ugo. en effet. quant au( formes esthétiques. %anHoni.ets devait casser l'intrigue. 2harles L I dévots comme les Vltras. Le néo-classicisme aussi recherchait les su. action simple dans son e(emplarité. *0/E où. 4. revenant sur la question de l'imitation du modèle shaKespearien et rappelant pour la répéter la position prise dans la Préface de Cromwell. il est curieu( que la Préface de Cromwell..ugo a'ordait les pro'lèmes qu'il pose $@. pourtant.ets. plus ou moins e(plicitement. B'id. tous ceu( qui traitent des genres historiques Gain%ontaignac. est d'avoir réalisé entre ces deu( formules un compromis qui a tué la première et. . 2e serait par accord tacite sur le postulat. la représentation. 19. qui interdit toute ! application #. Fr Cromwell apporte à cette difficulté une solution d'une e(tr&me ingéniosité interdire les analogies en les multipliant et en les contrariant. p.demandaient au drame non les le)ons de l'histoire mais des le)ons d'histoire la représentation de l'intervention séculaire du peuple dans des conflits historiques traités en affrontements de races ou de classes. Parado(alement les autres pièces de . 4.*<. la Préface n'a'orde cette question que par le minuscule cSté des unités. 2omme le font alors. 18. 8ien non plus sur ce qu'impliquait.lobe. après la 8évolution et l'Nmpire. Les li'érau( romantiques au contraire . 2ette vocation didactique e(igeait la prose que demandait également l'entrée du peuple sur la scène I elle voulait aussi un complet renouvellement de l'écriture thé-trale la nature des su.et fait se heurter. Cromwell satisfait. pour la première fois directe. souvent formulées alors et au(quelles. et celui de la spécificité des époques. sur le chapitre de *illiam +!a.: la limite tout se passe comme si la Préface n'était pas celle de Cromwell elle dépasse le drame ou le dé'orde. p. le drame devait l'&tre par son pu'lic il s'agissait de montrer au peuple ses titres anciens à son action récente.ugo lui-m&me dans les articles consacrés à /uentin 0urward et à Cin)12ars. accusées de ! faire grimacer l'histoire #$/. éparpillée en ta'leau( descriptifs. de la manière dont les individus su'issent et font l'histoire. L'e(périence de l'histoire. qui conduit à chercher dans le passé les réponses au( questions présentes. 20. GuiHot.usqu'à 7recht -. Fr.le meilleur étant la mort de 2harles Ber -. 2rom3ell figure 8o'espierre. quoique ce soit la matière m&me de Cromwell et que cette pièce soit la plus historienne du thé-tre de . retardé l'accomplissement de la seconde. Bl n'est peut-&tre pas fau( de penser. des néo-classiques au( romantiques faisait l'unanimité. J'y figurent pas en effet des e(igences capitales. la destination politique d'un drame historique à échos d'actualité.espeare DBB. 04. de 8émusat et toute l'équipe du . +ans cette hypothèse. 'ien ou mal.et historique qui.=tendhal. en particulier. Fn s'appuierait.ugo lui sont peut-&tre plus fidèles I surtout elle rend presque moins 'ien compte de celle-ci que ne le feraient les autres manifestes du thé-tre romantique. 2elle d'a'ord d'un su. 2. les Puritains sont répu'licains I les 2avaliers. >itet. >igny et . L'actualité du su.ugo oppose la ! concentration # du drame cheH Nschyle et sa ! dispersion # cheH =haKespeare et conclut ! Bl est aisé de voir que le thé-tre contemporain a. . en vue d'une représentation édifiante des funestes conséquences d'un mauvais gouvernement. t. Japoléon ou. massive et dramatique. pour longtemps . dignité du ton. %érimée .ets à clefs. monarchistes.. . et l'acuité des interrogations alors suscitées par l'apparente inutilité des 'ouleversements récents e(pliquent qu'ait été admise.au moins est-ce soutena'le . discours ornés pour dire les enseignements de la catastrophe. et l'origine de son succès. si . com'attent le retour à la monarchie. deu( principes peu concilia'les celui de l'intér&t.

au(quelles %adame . pèsent moins que ce qui le .ugo. en note 4. 2ar ni les complots dé.arrison =ans respect pour nos droits. ni le peuple.ustifie sa nécessité. 2rom3ell tourne en pantalonnade l'assassinat d'un chef d'Wtat. 2laude +uchet voit dans la Préface un correctif politique apporté au drame. n'a rien non plus d'innocemment a'strait. +evant . dite par 2rom3ell. et de la part de .ugo avait été m&lée par Lahorie.et de sa Préface. Bl est. %ilton et 2arr. n'e(plicite ni les termes de ce compromis. . ni ses moyens. Nn $/*A. et le dé'ut de sa carrière datait de ce crime. Fp. $1$E Nt. voici pour l'attachement au( immortels principes de /@. %ilton.ugo s'apprécie enfin au . Leur multiplicité confère au drame une vertu su'versive singulière parce que polyvalente. sans la forcer. Bl fait au( cavaliers restituer leurs terres. v. 2ar plusieurs détails font reconnaQtre dans le dou'le complot contre 2rom3ell une image dégradée des conspirations %oreau et %allet. tentant de séparer Ormond et 3oc!ester )ui ont tiré l&épée :u nom de +ieu. venant d'un auteur qui devait au( rois carrière. or le dernier régicide en date était récent et Louvel n'avait pas manqué le duc de 7erry I dans l'émotion générale . l'analyse de 2laude +uchet *$ et. impuissant et silencieu(.qui l'incarnent et la masquent.pourtant tenue pour la clef du thé-tre romantique. v.ugo lui-m&me avait fait alors l'e(périence directe de l'o'solescence et de l'irréalité d'une royauté tournant à la fantasmagorie. /*0-A. pension et légion d'honneur. ni ses motifs. 2e propos n'était pas 'énin. Le su. si le drame romantique m&me y est principalement en cause. p. de fait..ugo avait écrit une ode. remarquée par le 8oi.ugo. plus inquiétantes. l'avortement d'un sacre. DB. et le retentissement de ces aventures. Nntre autres et au passage. les frissons ingénus de 9rancis 2rom3ell. Bl faut aller . mais 'ien une nécessité historique que . en $/*A. 2rom3ell a décidément raison de refuser la couronne I mais il y a dans ce refus. intér&ts ou individus . @. =imple scepticisme d'une conscience pure devant les politiciens si ces analogies n'en rencontraient pas d'autres. ?usque dans le détail. c'est la totalité du personnel politique de la 8estauration qui est caricaturée dans les figures grotesques des Puritains et des 2avaliers**. =urtout l'action est construite pour conduire à la thèse qui depuis la 8évolution est critère de toute pensée progressiste que les individus ne font l'histoire que dans la mesure où elle les laisse faire. celle de Paul 7énichou posent cette question et y répondent négativement. pour la foi religieuse tournant en superstition monarchique.idées. L'audace de la pièce paraQt pourtant plus grande encore mesurée au( circonstances de sa création au( ! applications # qu'elle appelle. tel que le révèle l'affaire du milliard des émigrés . cit. Plus grande perple(ité encore si l'on identifie 2rom3ell à Japoléon comme y invitent les conspirations royalistes et répu'licaines alternées ou com'inées dont l'Nmpereur fut la ci'le. acquis par tant de guerres. ceci +avenant. 44<. 2hateau'riand avait dit com'ien la cérémonie était manquée et profondément en désaccord avec l'esprit du temps I très pro'a'lement . L'engagement politique de . chacun a en mémoire le souvenir tout frais du sacre de 2harles L. p.et m&me de la pièce.la dernière réplique le prouve n'emp&chent 2rom3ell d'&tre roi. mylords M (es combattants continuent4 :u nom du roi M (es deux adversaires s&arr5tent444 DB. d'une e(tr&me virulence qui tient d'a'ord au( qualités des personnages. Nn la for)ant un peu. et éta'lie par l'action elle-m&me qui conclut de l'impuissance présente du héros à son innocence passée.usqu'à se demander si Cromwell est 'ien l'o'. **.oués.ugo dans sa 21. fut immense et dramatique pour . à 8eims m&me.ugo parvient à figurer en annulant l'une par l'autre toutes les forces . ni sa conscience ou ses principes . 2rom3ell et 2arr échappent seuls à la 'assesse. à la médiocrité et au fanatisme qui les entourent I ils sont répu'licains.ugement porté sur le régicide I ce qui le condamne la loyauté désuète d'Frmond. 4. $$$E.

. BB. l'attitude de 2arr n'annonce pas tant celle de . >. l'histoire ne s'ouvre pas au( grands hommes. 2om'le d'ironie. v. L'opportunité politique l'e(igeait. 1. on dirait.le premier contact de .. *1A I BBB. 7are'one aussi décerne à ses ouvriers le satisfecit impérial *4. 9ermée au( rois. 01$*. Par une singulière dérision anti-napoléonienne .représentation.usqu'au( Burgraves -. 2ette critique vaut auto-critique. v.E que de celui qu'en fait. Fr l'article premier des doctrines li'érales favora'les au romantisme.ugo met son drame sous pavillon neutre. Nn faisant prononcer à 2arr la prophétie Nt nous verrons un . Le ! Pas dégo"té M # y élève la gaminerie au su'lime. 4*0. une sorte de second régicide. 1<*E faisant grimacer son masque tragique. dans le thé-tre de . presque indécent à une époque où le régicide est à la fois sacrilège et parricide. une discussion apparemment longue et approfondie sur le régicide. 1//A. *. 24. Le contenu de la thèse achève l'opération en liant le grotesque au christianisme.et. *@.E. utopique et sceptique. p. $1. un esprit Gavroche *0. . contamine de surcroQt. . $@4E. ! . politiques et personnelles dont les affinités avec Cromwell sont telles qu'on ne peut guère éviter de voir dans le voyage à 8eims une des origines directes de ce drame. Bmmo'ilisé dans un mot et réduit à une catégorie esthétique. Grandiose et ridicule.our les peuples enfin grands :vec tes os 'lanchis lapider les tyrans*. BB. p. . 4**. que la Préface a pour fonction d'amortir. L'histoire marche à reculons elle anticipe en farce sa répétition tragique.. à distance. *01$.ugo avoue tout à la fois qu'il lapide Japoléon avec l'histoire de 2rom3ell et qu'il ne peut le faire sans appeler le rire. $4@4E. *. 2eci ressort moins du récit du sacre dans le $ictor %ugo raconté. un progrès sur celle qui avait autorisé Japoléon à mener à 'ien le m&me pro.. et >. p. 2'est d'a'ord ce qu'efface la Préface dont la seule présence donne au drame une sorte de respecta'ilité. p. La Préface vaccine contre la pièce.. comme le discours du répu'licain. 2laude +uchet l'a remarqué. Fp. le poète sera. p. La signification politique de la Préface se mesure en effet à la distance qu'elle prend tacitement vis-à-vis d'autres théories. . p. v.A. $. pas m&me %ilton. la 8évolution.espeare Dt. Dv. :ssociant le remords filial envers le Général. /. $@4$-. et dans les circonstances les mieu( faites pour le dégrader.@ I >. . un irrespect endia'lé et profond. peut-&tre pour le corriger. t.le 8oi ne peut manquer d'&tre très content de toi # P DLettre du $X0X$/*. p. 1$$0.ugo place trois fois dans la 'ouche de 2rom3ell. >. Parodie raisonnée. *. v. 27.. v. est passée sous silence # *A. LBB. cit. auquel son conte(te fort ironique et discrètement répro'ateur donne 'ien du sel.. p. 8espectivement en BBB. Fn ne trouverait pas. montre dans le grand homme l'effet et la cause de l'enfance du peuple. le grand monologue du héros DB>. la gentillesse en moins. +'autant mieu( qu'en donnant à la chose des titres et des droits la théorie amortit sa nouveauté.ugo pour l'ode sur le sacre commandée à son fils. ! si 7onaparte est nommé contre l':ncien régime. le grotesque de 2rom3ell perd sa pertinence politique et sa virulence.. Cromwell produit une sorte d'anarchisme de gauche.. ces te(tes montrent un n6ud de préoccupations artistiques.ugo lui-m&me dans un fragment destiné à *illiam +!a. la déception politique du couronnement. rupture de ton aussi confondante que celle introduite par le contrepoint des réfle(ions de 8ochester à la som're méditation de 2rom3ell en BB.4. 26. p. =i le drame. Dt. 2e parasitage.ugo avec =haKespeare et l'e(périence de la thé-tralité monarchique.. =ens progressiste et force corrosive. plus su'lime et plus grotesque encore que son prédécesseur devant le Protecteur. p.ugo lui-m&me sous le second Nmpire qu'elle ne dénonce et e(alte son comportement présent. 0$/4. . celles de =tendhal ou 23. la rupture essentielle. face à l'Nmpereur. *. mais sans doute aussi l'intuition de ce que les ha'itudes de lecture autorisaient en fait de contraste. 1@4 et suiv.ugo. $<*@ et suiv. le mot de l'Nmpereur à ses soldats 6e suis content de vous. 2om'le de perple(ité. 2ar il y a dans le comique de la pièce une dérision gaie qui n'épargne rien. p. cet acharnement ne serait-il pas en rapport avec cet encouragement de Léopold . $4. sym'olique mais réfléchi*1. car l'ensem'le de la pièce o'lige à voir dans la situation historique qui fait échouer 2rom3ell. Nt avec lui tout le romantisme.e crois. *..

2'est également vrai. *A. est l'e(pression anticipée de la société religieuse et monarchique qui sortira sans doute du milieu de tant d'anciens dé'ris. Bl faut en effet rappeler ici la thèse développée par Paul 7énichou dans son livre (e +acre de l&écrivain*@. Ouels qu'en soient les motifs. :rgumentation connue de . Les légitimistes partageaient le principe de ce raisonnement. futur pour les ultras.! La poésie se superpose tou. présent pour les optimistes. les =taYl. le sens de la théorie des trois -ges. Bl fallait citer tout au long ce te(te parce qu'il met au point.ugo en e(il. La formule initiale de la Préface des Odes de $/** 28.. ne laisse à sa parole qu'une fonction d'e(écution1$. complète et rigoureuse. 2orrigeant les effets et redressant les significations politiques de la pièce. qu'une continuité apparente dans la primauté accordée à la littérature. la forme logique de la relation du poète au( événements qui sous-tend toute l'écriture de . sa valeur est dans son utilité et non dans sa vérité. Fp. p. mise au niveau de la plus haute valeur. pour . à elle seule et par elle-m&me. devenue vérité. 8apportée à la Préface de Cromwell cette thèse y fait voir la première formulation hugolienne. $@A1. la Préface refuse astucieusement ce dé'at par une application nouvelle de ses prémisses. considérée comme foncièrement aristocratique par son pu'lic.ets et sa forme. p. Nlle maintient l'am'iguRté sur le sens des e(pressions ! littérature actuelle # et ! société actuelle # qui valent aussi 'ien pour la 9rance révolutionnée que pour la chrétienté tout entière. Nlle veut que la révolution romantique ait moins consisté dans une réforme des moyens de la littérature que dans une réévaluation de ses fins. Bnfiniment contesta'le et em'arrassante. BB. n'appartient donc en rien à la révolution.usqu'au dé'ut de l'ère chrétienne. d'une société punie de ses crimes philosophiques par la 8évolution et régénérée par l'harmonie retrouvée entre la royauté. qu'il faut voir le trait distinctif le plus s"r du romantisme# 1<. 2ar les doctrines ultra-royalistes et catholiques du premier romantisme ne pouvaient servir de 'ase à la conception et à l'e(ercice de la littérature comme magistère qu'à la condition d'&tre 'ientSt a'andonnées. des +iderot et des . =on authentification religieuse et politique confère 'ien à la mission du poète une éminente dignité. 4A1 ! La littérature présente. telle que Pont créée les 2hateau'riand. les La %ennais. ! Le romantisme est un sacre du poète.ugo lui-m&me. 2et avènement d'un pouvoir spirituel nouveau qui tend à se su'stituer à celui du pr&tre n'est pas sans précédent ni sans antécédent à d'autres époques la littérature avait pu . la littérature actuelle. que la littérature est l'e(pression de la société. 2oncrètement elle démarque . en effet. voulait qu'à une société renouvelée par la 8évolution correspondQt une littérature li'érée du passé. elle restait le sym'ole et le 'astion de l'ancien régime littéraire.amais encore on n'avait fait d'elle.ouir de grands prestiges. ses su. C. la religion. +es différentes préfaces des Odes à celle de Cromwell il n'y a. s'agissant de la portée idéologique commune au( deu( 6uvres I en faire la démonstration veut et vaut un détour. les prudents et les réalistes. 2orti.. en $/*4*/. de tant de ruines funestes #. que l'on attaque avec tant d'instinct d'un cSté et si peu de sagacité de l'autre. l'aristocratie et le peuple. moins dans sa transformation que dans sa promotion. Bl ne l'est pas par accident ou par une conséquence accessoire de sa nature I il l'est par essence.de GuiHot.ugo des ultras autant que des li'érau( I elle met entre parenthèses la question de l'appartenance politique du romantisme I elle estompe enfin le scepticisme progressiste qu'on ne peut pas ne pas lire dans le drame. +e m&me que les écrits sophistiques et déréglés des >oltaire.ugo qui l'avait développée dans sa Préface au( Nouvelles Odes. 2'est dans l'e(altation de la poésie. en un autre sens. la Préface est te(te pour Cromwell plus que te(te sur Cromwell. le principe de +e 7onald sert maintenant à faire remonter l'-ge romantique .ours à la société # -.elvétius ont été d'avance l'e(pression des innovations sociales écloses dans la décrépitude du dernier siècle. toutes choses égales d'ailleurs. sur le plan historique. de cette épiphanie du poète. était entrée en concurrence avec l'Wglise I . La tragédie était spécialement en cause parce que. cit. Cout ceci est admira'lement analysé et démontré dans le chapitre du livre de Paul 7énichou consacré au . 9ermement rappelé . mais elle ne donne à l'écrivain qu'un statut su'ordonné. %ais avec cette conclusion inverse que le romantisme e(primerait l'état. un a'solu. 29. formulé par l'un deu(. ce me sem'le. Cel est. lumière sur notre destinée. 31. 30. religion.

32. 2omme les trois -ges confondent. Nlle . :ttila. c'est-à-dire comme mode dénonciation et non comme type d'énoncé. p.ugo. La poésie c'est tout ce qu'il y a d'intime dans tout #1*.ommes presqu'égau( à +ieu m&me I Géants que l'ouvrier =upr&me Caille au m&me 'loc de granit.U coefficients de leur siècle # I dans un fragment. l'essence de l'art des vicissitudes historiques. La théorie des trois -ges vaut donc 'ien par sa fonction.acente dans le refus de distinguer entre les mérites des génies nommés dans la Préface. la littérature cesse d'&tre la somme des discours tenus dans un nom're défini de formes fi(es.usqu'à celle de la chrétienté . sous le nom de ! littérature actuelle #. p. Bci sont dé. mais une décisive déclaration des droits du poète. Le résultat du moins de ce progrès est là il faut voir dans la Préface de Cromwell non pas une charte du thé-tre romantique. p. l'e(ercice romantique de l'écriture et la littérature tout entière.à revendiqués. :nni'al.. i'id. une réalité esthétique séculaire et l'essence m&me de la poésie ! Le drame est la poésie complète #14.de son adhésion au romantisme entendu. %ais l'idée est sous. %ahomet.. . pour la poésie. ainsi qu'il doit l'&tre. universalité I là ils lui sont d'em'lée refusés.! L'histoire des hommes ne présente de poésie que . Bl s'agit de résoudre l'antinomie inhérente au romantisme voulant que la littérature devienne la ! région des égau( #11 qu'elle ne peut pas ne pas avoir tou.ugée du haut des idées monarchiques et des croyances religieuses # est logiquement incompati'le avec sa conclusion ! T. 2onfusion nécessaire. mais qui n'est pas tant de correction politique ou de compromis idéologique que de rigueur théorique. *AA-*//. de revendiquer pour la littérature une mission universelle dans son o'.ustifie la coloration particulière de l'écriture romantique.ours été. 34. $$@<E. contre les convenances classiques. BB.U la poésie n'est pas dans la forme des idées mais dans les idées elles-m&mes. mais sa fonction théorique est. dont les temps antiques et primitifs sont la préparation et l'attente -. et plus tard politique. L'argumentation en faveur de l'harmonie des contraires. sa parole contingente. et spécialement de celle de . .ugo pour imaginer le cheminement qui conduit du !. BBB. . BBB. 33. +éfinie comme e(ercice d'une fonction.istoire en trem'lant réunit I . en face de la colonne des noms d':le(andre.ugo écrit Cous ces colosses formida'les Ou'à des hauteurs ina'orda'les L'.ugo délie. Japoléon. va dans le m&me sens. comme revendication et pratique d'une souveraineté spirituelle. Préface./.. 2harlemagne. p. C. grotesque et su'lime.. 2ette formule n'est employée que 'eaucoup plus tard au dé'ut de *illiam +!a.et. p. Nn reculant l'origine du romantisme . 2eci rend compte également de la théorie dite du ! mélange des genres #. %&me démarche s'agissant de la notion de ! drame #. La conception romantique de la fonction du poète ne saurait sans contradiction limiter sa validité à tel lieu ou tel siècle ce serait admettre que le poète tient son autorité d'une instance e(térieure.et de la théorie initiale dés trois -ges.emp&chement moins encore . Bl n'est de droit qu'universel. p. L'e(tension nécessaire du propos de la Préface à l'universalité est l'o'. le ! drame # désigne à la fois le nouveau thé-tre. Page /@ I t. =i nous devions donc descendre dans la conscience de . de la civilisation. autonomie. romantisme royaliste. 2rom3ell. . $$@4E. nous dirions que son évolution politique et religieuse est conséquence et non cause ..aco'ite de $/$@ # au ! révolutionnaire de $/1< #. t. %oyen d'une vérité propre et non plus technique de formulation et d'ornementation pour des vérités venues d'ailleurs. la littérature est une dans son essence I elle mélange les genres moins qu'elle ne les ignore. . pour l'époque. en toute logique.eune .. $$A< I Page *A. les trois caractères d'un a'solu spécificité. 2ésar. Nlle s'e(plicite s'agissant des ! grands hommes T. que sa vérité est relative. DFeuilles paginées. ou encore dans les listes de grands prédécesseurs dont Feuilles paginées aligne les noms DPage 11.c'est-à-dire.espeare.

commente Paul 7énichou.. dernière ressource des peuples éteints. lorsque >igny 35. ils affranchissent ainsi cette puissance de toute suHeraineté théologique ou sociale I ils donnent enfin au poète en tant que poète une prérogative propre #. L'analogie entre eu( n'enregistre donc pas une commune sur-humanité I elle e(prime la perception de cette réalité nouvelle ou.. ne renoncent pas en magnifiant l'art à la puissance d'édification et d'illumination de la poésie I 'ien au contraire.lobe. de 2hateau'riand.ugo et ses contemporains pensent le génie 1A. si elle n'était constitutive et typique de la génération romantique qui trouve dans l'e(istence de Japoléon le modèle. =uivons P. Nlle o'lige à considérer que. V'ersfeld DPrésentation de ces te(tes. pour les romantiques.. p.. Técrit La %ennais de $/$@U I elles les montrent I elles dévoilent pour ainsi dire la royauté du génie.à son sens glisse du grand homme au poète. cit. =ans anc&tres et sans postérité. Nntre cent te(tes. e(ercice et critique de la génialité10. ils disparaissent. en laissant à l'avenir des ordres qu'il e(écutera fidèlement #. 36. Lieu d'une vérita'le pratique théorique dont la Préface désigne l'o'. Ou'il faille lire Cromwell et sa Préface comme deu( discours sur le génie. L'année suivante. dans l'histoire.. p. 7énichou. +e m&me. la théorie du drame comme miroir de concentration ou point d'optique. +é. sinon e(igé.. # . à la faveur du cumul de ces qualités dans la personne du dédicataire. est autorisé. 37. mais désigne l'autonomie constitutive du poète en tant que su. Cromwell est tout ensem'le représentation. . il n'est point contraire à l'art que les spectateurs soient séduits comme des contemporains. 4<A. s'analyse plus simplement encore. La morale et la raison n'en conservent pas moins leurs droits.!.ours que les hommes forment eu(-m&mes leur destin. et dans sa disparition la cause.et à l'idée que le ! vrai poète T.et dans l'histoire. de ce te(te est éta'li par P.ugement de la raison D(e . citons-en un. nécessaire à son autonomie. leur société. par rapport à un système de conventions dont le re. 4<0 I pour la citation suivante. ceci m&me. La Préface est au génie poétique ce que le drame est au génie historique et.. le génie tient-il à la fonction de l'individu dont l'e(cellence est requise mais non déterminante. de sa propre vocation au génie.ugo place ce te(te en épigraphe de son ode intitulée ! Le Génie # et dédiée à %. ici d'un discours. leur pensée et ne les re)oivent ni de +ieu ni d'aucun déterminisme qu'ils sont su. on en trouvera un indice dans la réaction de 2harles de 8émusat. p. 1AA. Nnfin.et. 2es rois qui n'en ont pas le nom mais qui règnent vérita'lement par la force du caractère et la grandeur des pensées sont élus par les événements au(quels ils doivent commander. 2e li'éral résiste dans les m&mes termes à l'ascendant du grand homme . cit.et sous deu( perspectives la possi'ilité pour un individu d'&tre su. Garnier-9lammarion. L'histoire. ! Les circonstances ne forment pas les hommes. on dira que la Préface est à la parole de . ! .ets d'eu(-m&mes. et $A*E. :insi est remplie la troisième condition de l'accession du poète au statut de su.ugo et ses amis.ugo dans Cromwell ce que celle-ci est à l'action de 2rom3ell dans l'histoire. Fn voit désormais qu'il est d'analogie et de complémentarité puisque les deu( te(tes visent le m&me o'. $.c'est là plus évident -. la découverte de cette vérité de tou. significatif de cette confusion et des termes dans lesquels .et l'identité. p. mais l'e(ercice de la littérature comme a'solu non pas une qualité de l'individu mais un mode d'écriture. Jous retrouvons donc les conclusions de la remarqua'le étude de Cromwell et de sa Préface donnée par %me :. écrit 7énichou. Nnfin. par la définition du romantisme proposée par P. puisque le drame est 6uvre littéraire. d'autre part.Le rapport des autres articles de la Préface à cette transformation. le génie n'est pas la forme superlative du talent. 2ette assimilation du poète au héros devrait &tre prouvée. 7énichou la proclamation de la li'erté de l'art n'est pas un plaidoyer pour le li'éralisme dans la 8épu'lique des lettres. op.et est la condition première d'une nouvelle poétique I elle signifie la souveraineté du génie #1. ! Nlle ne s'entend pas seulement. non des formes mais de la nature m&me de la littérature en quoi consiste le romantisme. la distinction entre la vérité de l'art et la représentation vériste ainsi que la défense du vers affirment la spécificité de l'art. Fp.. c'est toute la question.U enfant sans raison. *0X$ et *X*X$/*/. seuls de leur race. leur mission accomplie. .et de discours. . Fn ne s'est pas tant écarté qu'il y paraQt du rapport entre Cromwell et sa Préface. +eu( choses seulement nous en distinguent il nous sem'le d'une part possi'le de lire à leur lumière la Préface tout entière. $@0/E. là d'une action. mais su'lime par l'instinct # Dc'est nous qui soulignonsE puisse soustraire son talent au témoignage et au . 7énichou. si curieuse.

en effet.. BBB. La 8évolution et l'Nmpire avaient rendu évidente la réalité. Les grands écrivains. : moins qu'il ne devienne roi.amais revenue.ugo écrit Cromwell. v.'ai cru trouver mon r&ve. 4. Le sens imprimé à l'histoire par le peuple. par +ieu. il le modifie ainsi ! T. *A/*-1.qui l'innocente ou l'accuse. . dans Cin)12ars. apparemment rompue par le régicide.. ! élus par les événements au(quels ils doivent commander # . .. ou 'ien mal. simple su'stitution de t&te sous la m&me couronne I rendre à 9rancis et à 8ichard un père un o'. collective ou individuelle.rendent sem'la'lement pro'lématique le discours du génie et l'action du héros I la m&me incertitude quant à leur légitimité affecte leur validité. Cu fus si grand qu'en toi . BBB. Les royalistes ressassent l'illégitimité criminelle du pouvoir de 2rom3ell et il arrive au héros de la reconnaQtre. dernière ressource des peuples éteints.U la royauté du génie. la chaQne des temps.outent à la perple(ité. 40. . et là ! force des choses # .ugeant. 2rom3ell n'est plus qu'un homme1@. l'idéologie spontanée des citoyens-su. de l'amitié et de la paternité. 4< et au-dessous 38. l'e(périence des événements. tout à la fois dissocient et font dépendre l'un de l'autre le droit et le fait en matière d'histoire. . ces rois qui n'en ont pas le nom T. l'année m&me où . 2ar les m&mes o'stacles sensi'les dans les formules antinomiques ! rois qui n'en ont pas le nom #. en $00< comme en $/$. se renouera 'ientSt. +énaturation de l'histoire et de l'homme . conformément au r&ve dont le sens est demandé à %anassé. tandis que les doctrines disqualifient l'activité historique des individus en la . *4. p.ets. p. son couronnement. L'action des hommes s'évanouit sous la nécessité supérieure . Chèses théocratiques et historiographie li'érale a. les ordres laissés par les grands hommes I 'ientSt cependant l'inadaptation manifeste de la royauté au( e(igences du temps paraQt prouver. un destin. de l'action des hommes sur leur histoire I la 8estauration sem'le démontrer l'inanité de toute usurpation.. c'est-à-dire assurer la coRncidence de l'e(istence individuelle et de l'histoire. malgré les apparences. 2rom3ell orchestre cette aporie.! redeviens 2rom3ell #. 10$. >. c'est parce que la royauté sans titre du génie le met à la fois au-dessus de l'humanité Puissant par la pensée et puissant par le glaive. des titres au monopole de l'histoire détenu par le 8oi l'avenir n'e(écute pas. mais non le 'ien-fondé.<<4-. Le néant étant la vraie nature du mal. à nouveau. .cite ce te(te. p. 2hangement de la lettre mais non trahison du sens. laissant hors de l'histoire l'usurpateur dé.. 9aute d'une royauté nécessaire et impossi'le. Parce qu'elles entendent . elles discutent la culpa'ilité de leurs auteurs en des termes qui annulent leur responsa'ilité..ustifier ou condamner les événements... et qu'en somme Nn devenant un roi. v. 2rom3ell est condamné à un héroRsme insupporta'le et impensa'le.U #. 39. ='il est vrai que le sacre le ferait =ortir du sol natal pour mourir.et d'amour et un héritage I accomplir. Fr tout ce qui l'y pousse interdit aussi le trSne à 2rom3ell. dans l'humanité et dans l'histoire faire ratifier par +ieu le régicide. dit %ilton -1/. Ztre roi serait rentrer dans l'innocence.Providence ici. de toute manière rendu caduc par la nullité de son fils aQné.et le lecteur sait qu'elle s'est renouée. serait une solution de continuité historique immédiatement annulée par sa mort. par 2rom3ell lui-m&me ferait de sa royauté un contresens. *41.à e(clu de l'amour.. que la réalité de l'action historique avait naguère légitimement échappé à son détenteur de droit divin et ne lui était. v. : la fin de la 8estauration. redou'lement autant qu'annulation du régicide. */44. -. 4.

Bnstrument de colère Cu n'es que le fléau qui 'at le 'lé dans l'aire4$. et ce n'est en quelque sorte pas tout-à-fait la sienne. +e là cette parado(ale oscillation du personnage entre le sentiment de sa culpa'ilité. $..! Bl l'a . Wmetteur de 'iens sym'oliques non gagés. =ee'acher nous dispense de prouver que %ilton est. non seulement dans la distri'ution des 'iens sym'oliques. 2urieuse formule au demeurant. 46. $00A-$@0A. comme la royauté. v. p. Nlle indique à la fois que la Préface n'est que l'em'lème du drame et son arme. $@0A.-0*.. comme l'autorité de 2rom3ell. 43. et celui de son innocence.et qui fonde tous les autres.ugo recourt à cette métaphore ! el demonio sin las cuernas # DPréface. Le romantisme rompt ce système et. ouvr. si ce n'est de celle de +ieu #. puisqu'il ne peut plus s'autoriser que du =u. le poète indépendant de toutes les autorités. de la Préface par la pièce41. %ilton. *. . coll. **/. ?usqu'alors. %ais cette fluctuation e(prime aussi l'incertitude insurmonta'le qui pèse sur la validité historique d'un pouvoir usurpé. 4A. BB. la Préface des Odes4. **@E I de m&me.ugo se propose l'outil par lequel sont posées et résolues les questions m&mes qu'implique l'am'ition de lui ressem'ler I ! 2omment peut-on &tre %ilton P # dans (e "aradis perdu. dit avec respect. en définitive. se . place le poète devant cet impossi'le choi( ou 'ien demander une légitimation incompati'le avec l'essence de son art. usurpateur de tous les titres au discours. 8eprésentée par %ilton qui est au( rimeurs. 2ette consécration du génie historique par le génie poétique n'est pas innocente I elle figure son inverse la mise en question de l'auteur du drame par son héros. placés là à cette fin. $4. qu'à ellem&me. Nlle n'est garantie. le monarque. on mesure mal le 'ouleversement profond qu'introduisait l'e(ercice nouveau de la littérature proposé par les romantiques. v. p. mais dans la représentation de leur nature et de leur origine. Nlle y est signalée par métaphore . p. par e(emple. sociale le dédicataire. il est faussaire et tyran.. L'assentiment populaire et le succès en sont des signes. s'il fait de la poésie #40 I une am'ition quasi satanique est plus franchement avouée par %ilton. religieuse et efficace. 4*0. ce que 2rom3ell est au( comploteurs. qu'il éprouve en tant qu'homme. p. 0*@/-@@. que par la parole d'un autre génie. *4/ avec B>. >. $@4. mais dont la valeur n'est assurée par aucun titre et ne tient. la royauté du génie n'est . 7lasphémateur 'ientSt. :insi se creuse dans le héros une faille qui sépare en lui. *. qu'il reconnaQt en tant que génie4*. comme le héros 41. mais le génie et l'individu. p. ! Bl ne sera .amais dite dans la Préface. mais non sans une incroya'le audace. 2elle de Cromwell atténue aussi le sacrilège ! :insi le 'ut de l'art est presque divin ressusciter. traite tirée sur une instance e(térieure. 42. (e "aradis perdu est désigné dans la pièce par le nom de son protagoniste DBBB. Préface. 47. parole prophétique.I par allusion. BB. non pas l'homme pu'lic et la personne privée.ustifie et tire ses pouvoirs d'une légitimité. $@4-0 et BBB. La parole de l'écrivain n'est ni li're. v. Lettres modernes. qu'elle lui est superflue autant qu'essentielle. BBB.étant comme au roi sa raison dernière I par citation poeta soverano. AAE. 7londel. 2omparer. dès $/*A mais 'ien plus tard encore. 44. le ! modèle # que . ni irréducti'le à aucune autre. ! +u créateur supr&me émule audacieu(#4A. p. *4//.et de son discours. en effet. 40*. 45.amais l'écho d'aucune parole.eté en vers parce que cela lui a plu ainsi # 44 . %inard. p. est virtuellement révolté contre elles. *4@* et *4@1. p. p. le ! 'on plaisir # de l'auteur . 2'est qu'elle n'allait pas de soi et n'était pas moins impensa'le que celle des grands hommes. A$. dirigé par ?. :u. ou 'ien perdre tout droit à la parole pour accomplir la nature de la parole poétique. /$. +ès lors qu'il se veut pur su. mais elle est garantie. v. Préface. v. L'article de ?. Fn s'e(plique aussi par là que. 144-0. le protecteur I religieuse l'Wglise I littéraire la tradition. l56uvre littéraire. p. . /. mais précaires et aussi douteu( que ceu( lus dans les astres par %anassé. +e fait la pièce est en retrait et en avance sur sa Préface elle discute le statut du génie que la Préface e(ploite sans le mettre en question mais aussi sans . comme la 8évolution le fait pour 2rom3ell. *@<@-1<. les doctes I ou a'straite et universelle la 8aison.ourd'hui que l'autorité des écrivains s'est à la fois éta'lie et dégradée. C.celle de la frappe de la monnaie .. v. s'il fait de l'histoire I créer.Cu n'es rien par toi-m&me.-A1. pour qualifier ce qu'aurait été la pièce sans sa Préface. les :nciens.

DPage $<1. #. n'est pas donnée pour pro'lématique par la Préface. à lui aussi. mais c'est ici qu'il apprend à le faire. il doit en quelque sorte prouver le mouvement en marchant. ! parfois étranger comme homme à ce qu'il écrit comme poète # 4/. op.. le génie soit. la remporter. Fn doit pourtant entendre la réplique finale de 2rom3ell comme une interrogation implicite de . v. cit.à là. l'historien d'un romantisme à venir et depuis tou. ils se prennent et se proclament. p. selon . */ décem're D$/1<E. =ee'acher y invite. La note de Feuilles paginées .e"t été y renoncer d'em'lée. 51. J'ayant par nature d'autre garant que leur e(ercice. . . 7i'liothèque de la Pléiade. $40. il impose. à coup s"r inquiète . t BB.. p.ection entreprendre de discuter les droits du génie autrement que dans une métaphore .. t >. Bl n'e(pose ni n'e(plique mais e(ploite en ses conséquences une conception de la littérature qu'il tient pour acquise alors qu'elle ne l'est pas encore. 4. 7énichou. l'e(poser. d'autre fondement que leurs effets. . et que. préférer les armes au( armoiries4@. p. 2omme ?. Bl lui faut. p. pour le laisser longtemps sans provision.<.$. . Bl s'y fait. du coup. BBB.1. cit. peut-&tre nostalgique. en démenti prophétique. ! voir en Cromwell T. ils ne se discutent pas. $*. p. t.ournal.ugo. 48.ugo.ugo tire sur tout son avenir et toute son idéologie. de m&me que 2rom3ell et Japoléon sont condamnés à éta'lir leurs droits par le succès renouvelé de leurs entreprises. 4<A et Préface. plus tard.ours dé. afin de pouvoir. L'a'andon des idées monarchiques et des croyances religieuses lui ouvre une aventure poétique dont seul l'idéal répu'licain. /A. cité par P. cautionné par l'e(il. repris dans (ittérature et "!ilosop!ie m5lées9 :dées au !asard. il oppose l56uvre elle-m&me à la réalité. par rétrospection anticipée...@$.'aime mieu( des armures que des armoiries # est encore plus proche du discours de 2rom3ell. fournira les 'ases solides. ! ces rois élus d'eu(-m&mes # dit >igny . 50. Cromwell. 2ompte rendu d'Nloa dans (a 2use 7ran8aise.U le chèque que . refuser de ! changer son glaive en sceptre et son casque en couronne #. 49. p.ici historique . Preuve et non o'. op. $$A/E ! ?e préfère des raisons à des autorités I .ugo l'écrit comme si la 'ataille d'%ernani avait été gagnée. >igny. =on 6uvre enfin n'ayant aucune légitimité hors d'elle-m&me. *40.outil de la Providence est dissocié en %omo et $ir. Fn dira que la royauté des génies. 10@. étayant réciproquement son 6uvre et sa vie. Celle est la stratégie de la Préface. en ce sens aussi. autrement dit. et non par go"t mais par nécessité. GV[ 8F=:. il faut donc. @1<. >. Bci comme plus tard. p. p.