Édition du lundi 7 avril 2014

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VOLUME LXXXII NO 24

- Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa -

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7 avril 2014

ÉDITORIAL
L
Ghassen Athmni | redaction@larotonde.ca

LETTRE DU RÉDACTEUR EN CHEF

Préparons-nous
Ghassen Athmni Rédacteur en chef Chers lecteurs,

TABLE DES MATIÈRES

Actualités
Bilan de l’année de la FÉUO 4-5 Bilan de l’année de la GSAÉD 6 Changement de nom de l’édifice FSS 8 Émission Ripostes 9 Culture du viol 10 Élections québécoises 11 Chronologie de l’année 12-13 Vie de Socrate 14

La Rotonde est décidément bien singulière. De par son environnement immédiat composite mais également en raison du fait qu’elle s’est souvent constituée en lieu de rencontre de ceux qui, par le verbe, voulaient tenter une réflexion dans une perspective différente que celles qui dominent la sphère publique et donc très souvent la sphère étudiante.
La Rotonde ne craint pas de déroger à ce qu’on veut imposer comme standards du journalisme étudiant. En parcourant les éditoriaux des quarante-cinq derniers volumes du journal, on se rend rapidement compte que la

question de l’engagement pour une cause ou une autre revient la majeure partie du temps. Pendant les derniers mois, nous avons essayé de continuer sur cette voie, non par souci de traditionalisme ou par soin de protéger une marque de fabrique, mais simplement parce que ce journal continue d’attirer ceux qui essayent d’égratigner le superficiel de l’information comme elle est présentée aujourd’hui et ceux qui espèrent donner cours à leurs velléités d’intervention dans les sujets d’intérêt commun. Cette année encore, nous avons refusé de faire du stérile et de l’amorphe quand il s’est agi de questions communes. Nous avons clairement pris position dans certains débats, refusant de nous conformer à soutenir ce consensus chéri par plusieurs parties (et plusieurs partis?) et qui agit tels des sables mouvants sur les élans de défense du statut étudiant. Il a tout de même été difficile de susciter le débat, vu les limites du rayonnement de La Rotonde ainsi que celles de la perception que les acteurs politiques du campus en ont. Nous ne nous sommes pourtant pas arrêtés à présenter notre vision des choses. Dans nos comptes rendus d’évènements comme dans nos enquêtes (malheureusement peu nombreuses), il y avait le souci de sélectionner ce qui pourrait avoir le plus

de plus-value pour le lectorat. Ainsi, dans notre démarche, épurer les différentes pages des phénomènes de complaisance et d’auto-complaisance qu’on peut retrouver ailleurs était un élément important. Nous nous sommes également adonnés à quelques expérimentations à la fois au niveau de l’esthétique qu’au niveau du contenu et ce afin de ne pas stagner. Bien entendu, tout ne fut pas rose, et c’est même loin d’être le cas. Les travers que La Rotonde a connues cette année sont dus à la difficulté de se consacrer pleinement au journal, étant donné que bénévoles et équipe de rédaction/production ont d’autres obligations qui les privent d’aller au bout de leurs idées. Ceci est symptomatique de la difficulté que l’on peut avoir quand on tente d’accomplir un travail avec un minimum de fond dans les conditions actuelles. Aussi, plusieurs erreurs et approximations tant au niveau technique qu’en ce qui concerne le contenu se sont glissées malencontreusement dans le journal ou encore s’y sont forcé un chemin. Ces défauts résultent également du fait que nous n’avons pas toujours choisi la facilité. La participation étudiante au journal aurait pu être plus importante, surtout quantitativement. La Rotonde vous sollicite de venir y expérimenter et de contribuer

à la genèse d’une édition, d’une année ou de plusieurs, les portes y sont toujours ouvertes. Cette année, elle s’est faite l’hôte de la créativité de plusieurs étudiants et le relais de jugements de tout bord. Cette année de publication en est à son dernier chapitre. Une occasion d’avoir une perspective sur ce que La Rotonde est. D’aucuns prédisent l’évanescence des journaux étudiants avec le serrage de ceinture qui n’en finit plus de vouloir détourner l’auditoire potentiel de l’importance de leur rôle. Cette préfiguration prend encore une dimension plus tragique quand il s’agit d’un journal dissonant à la chorale de la complaisance hypocrite que compose une grande majorité parmi les médias. C’est pour cela qu’il faut nous préparer. La Rotonde pour nous, comme pour nos prédécesseurs, a été, dans une certaine mesure, un refuge, l’expression d’un refus. Cela a été un travail différent, échappant à plusieurs contraintes. Un journal singulier qui réussit tant bien que mal à ne pas se faire imposer la manière dont il doit approcher et traiter l’information. Une tribune sui generis qui n’en démord pas. Une passion. Préparons-nous donc, à perpétuer La Rotonde, que ce soit sous cette forme ou sous une autre, ici ou ailleurs.

Arts et culture
Ethan Russell Lancement d’album de F.L.O Formes de production artistique Orchestre pop de l’U d’O Bilan de l’École de musique Bilan du Département d’arts visuels Bilan du Département de théâtre Bilan de la LIEU Festivals du printemps et de l’été Suggestions culturelles 16 16 17 22 23 24 24 25 26 27

Sports
Bilan de l’année avec Luc Gélineau 29 Rivalité Ravens - Gee-Gees 30 Distinctions de l’année 31 à 33 Athlétisme 34 Natation 35

Épigrammes
Fuir (comme on peut) 37 Tua Culpa 37 Litte Feet 36 Lettre d’outremer 36

Labyrinthes
Entre deux bouqins 38

Opinion
Jos Montferrand Élections de la GSAÉD 39 39

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7 avril 2014

ACTUALITÉS
David Beaudin Hyppia | actualites@larotonde.ca

ENTREVUE AVEC ALLAN ROCK

«Je vais accepter les dons de gens de bonne foi»
Marc-André Bonneau et Sara Ghalia

Pour cloturer l’exercice 2013-2014, La Rotonde s’est entretenue avec Allan Rock, recteur de l’Université d’Ottawa (U d’O). Le mandat de grève du Syndicat des étudiant.e.s employé.e.s de l'U d'O (SCFP 2626), le financement de l’U d’O et la culture du viol ont été les principaux thèmes abordés.
La Rotonde : Le Syndicat SCFP 2626 vient de voter un mandat de grève et critique l’U d’O de tarder à leur donner plusieurs documents importants. Qu’en pensez-vous? Allan Rock : Je suis heureux que les négociations continuent et nous sommes encouragés par les discussions, mais je n’ai pas l’intention de commenter les déclarations du Syndicat. Je peux simplement vous assurer que l’Université est déterminée à arriver à une entente par l’entremise de négociations de bonne foi. Nous sommes à la table, prêts à discuter les enjeux. […] On va continuer jusqu’à la fin pour arriver à une entente qui est juste pour les employés et pour l’institution. LR : Nous avons été surpris d’apprendre dernièrement qu’il y a très peu de règles entourant certaines donations que l’U d’O reçoit, notamment venant de l’industrie minière. Est-ce un problème? AR : C’est surprenant que vous disiez qu’on n’ait pas plus de règles pour savoir comment on peut utiliser l’argent, parce que c’est quelque chose dont nous sommes très fiers. Souvent, des universités se retrouvent en difficulté à cause du fait qu’elles acceptent de l’argent d’un donateur qui impose comment l’argent va être utilisé, tel que quels sujets seront inclus ou exclus de l’enseignement. Dans le cas du don de M. Telfer, cela a été très simple. Voilà l’argent, faites de notre Faculté de gestion la meilleure Faculté qu’on puisse imaginer, nous a dit ce dernier. Et c’est cela qu’on est en train de faire. Le doyen peut vous donner les détails concernant la manière dont l’argent a été investi. LR : Mais si les donations étaient encadrées dans une entente formelle et publique, cela ne réduirait-il pas les risques de conflits d’intérêts? AR : Nous avons maintenant rendu public ce que nous avons concernant ce don [de 25 millions]. C’est clair que l’argent n’est pas restreint avec des conditions qui exigent que les chercheurs ou les universitaires se préoccupent seulement de certaines questions. Mais cela fait près de six ans que le don a été fait, vous êtes maintenant en position de juger si oui ou non, l’argent a été utilisé de façon inappropriée. […] On entend souvent des plaintes concernant la hausse des frais de scolarité, et nous avons été chercher d’autres sources de financement. Sans la philanthropie, la pression financière serait pire qu’aujourd’hui. Il faut choisir : frais de scolarité ou générosité des donateurs. LR : Ne croyez-vous pas que ce serait mieux si l’industrie payait davantage d’impôts et que le gouvernement finançait l’institution dans un deuxième temps, pour préserver sa liberté universitaire? AR : Maintenant, on parle de choix de société. Franchement, je

Allan Rock - Photo Sara Ghalia

suis heureux d’entendre que vous êtes intéressés dans de tels changements. Vous avez le temps. Moi, j’ai 66 ans maintenant. J’ai fait mon dix ans en politique. J’ai terminé tout ça et je suis maintenant un universitaire. Je n’ai pas le 25, le 30 ans nécessaire pour mettre en place les changements dont vous avez parlé. Je vous souhaite bonne chance. Je suis d’accord, je préférerai avoir du financement à cent pour cent public pour l’Université, mais je ne m’attends pas à ce que cela soit en place avant mon départ comme recteur. Je vous souhaite bonne chance et j’espère que vous allez réussir. Entre temps, je vais accepter les dons des gens de bonne foi qui voudraient améliorer l’Université avec leur argent au bénéfice des étudiants. LR : L’Université pourrait toutefois militer pour cette nouvelle façon de financer l’institution publique. On pourrait rassembler la communauté étudiante et les décideurs pour qu’on mette de l’avant de tels changements, ne croyez-vous pas? AR : Je suis régulièrement à Toronto pour essayer de convaincre le gouvernement d’augmenter le niveau de financement pour les universités et je vais continuer dans ce sens-là jusqu’à la fin. LR : Suite à la création de groupes de travail après les événements qui ont soulevé ce qu’on a appelé la culture du viol, croyez-vous que ceux-ci pourraient influencer le déroulement de la prochaine semaine 101? Elle a souvent été critiquée à cause du type d’activités ou des slogans à caractère sexuel utilisés. AR : C’est la première fois que j’entends qu’il y a des problèmes et des enjeux avec la semaine 101, qui est organisée par la Fédération des étudiants de l’U d’O [FÉUO]. Si on a des problèmes, j’espère que la FÉUO va les corriger. Entre temps, je peux vous dire que nous avons mis en place un groupe de travail pour examiner la manière dont nous pouvons renforcer une culture de respect sur le campus. Je n’ai jamais accepté que nous ayons une culture du viol à l’U d’O.

Ce que je reconnais, c’est qu’on a un problème de société qui banalise la violence sexuelle faite aux femmes. […] Les universités sont les microcosmes de la société. LR : Pourquoi cela a été aussi long avant qu’on voie cette initiative sur notre campus? AR : Ce n’était pas longtemps après les événements, mais c’était longtemps après 1848, lorsque nous avons fondé l’Université. […] Pour la première fois depuis 1848, deux choses comme ça sont arrivées rapidement et nous ont incités à créer un tel groupe de travail. LR : D’autres recommandations ont été émises par des étudiantes, telles que la création d’un centre de recours pour les victimes. Pensez-vous qu’elles pourraient être adoptées? AR : J’ai envoyé au groupe de travail les huit recommandations qui ont été mises sur la table la semaine même de la création du groupe de travail. J’ai demandé au groupe d’examiner ces recommandations et d’examiner s’il faut aller de l’avant avec chacune d’entre elles. LR : Un ancien joueur de l’équipe de hockey masculine, M. Pat Burns, vous a écrit pour critiquer votre gestion de la crise, soulignant qu’il a été mis de côté malgré qu’il ait dénoncé l’inconduite. Que lui répondez-vous? AR : J’ai répondu que nous n’avons pas l’intention de lever la suspension jusqu’à la fin de l’enquête. L’enquête a deux dimensions. Premièrement, sur les événements de la soirée à Thunder Bay. Deuxièmement, sur la manière dont on gère le programme de hockey, quels sont les principes de base, les règles de comportement? […] Jusqu’à ce qu’on aille de l’avant avec un encadrement amélioré, la suspension va rester en place. […] Dommage pour M. Burns, mais la chose la plus importante, c’est de mettre en place les règles du jeu et d’exprimer clairement nos attentes envers nos joueurs lorsqu’ils sont à l’extérieur pour représenter notre institution.

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7 avril 2014

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ACTUALITÉS

David Beaudin Hyppia Chef de pupitre

Une année haute en couleur
Anne-MarIe RoY : PrÉSIDente Dave Eaton : v.-P. auX FInanceS

FÉUO

Cette année, la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO) a connu de grands moments. Que ce soit avec la semaine 101, le Pow Wow, le défi hivernal, l’abolition des frais cachés de service, le Mois de la Francophonie et la Semaine de la poutine, les deux référendums sur la création des Assemblées générales, les élections remportées par l’équipe d’Action étudiante, les deux incidents qui ont déclenché la création du Groupe de travail sur le respect et l’égalité et les multiples groupes de discussion sur la culture du viol, cette année universitaire restera certainement dans la mémoire collective des étudiants. La Rotonde a rencontré les membres de l’exécutif de la FÉUO pour les interroger au sujet de leurs réussites et de leurs échecs.

Succès?

Cette année, ça a été un succès. Cette année, je trouve qu’on était un exécutif très efficace. On a aussi été plus visibles qu’à l’habitude. Les étudiants aiment ça quand on va leur parler et on a eu plusieurs beaux projets qui nous ont permis de discuter avec eux, avec la semaine de la sensibilisation à la Fédération étudiante, avec le Festival d’automne, qui a été un succès, et aussi avec la campagne de prévention des forfaits alimentaires pour les étudiants en résidence, et surtout avec le sondage sur le bilinguisme, qui va nous permettre de faire des recommandations à l’administration de l’Université. Donc, je pense qu’on a eu une approche qui a traité de plusieurs enjeux différents. Je pense qu’on a fait un bon travail pour aller chercher les étudiants.

Pour l’année prochaine?

Pour l’année prochaine, on a une équipe encore plus efficace que cette année. Je pense que ça va être excitant. On aura plein de beaux projets à relancer. Ça va être une année différente de ce qu’on a vue dans le passé. On va aussi suivre de très près la hausse des frais de scolarité.

Succès?

Frais de scolarité?

Défis?

Concernant la hausse des frais de scolarité, on est en train de faire une pétition pour la contrer. On a eu une bonne présence dans les médias et on a développé une belle base de bénévoles pour engager nos campagnes contre la hausse. Les Assemblées générales vont aussi permettre des discussions entre les différents groupes qui n’ont pas les mêmes visions sur la façon de s’y prendre pour bloquer la hausse.

J’ai vraiment voulu donner le droit aux étudiants de pouvoir avoir accès au budget. C’est une priorité pour les étudiants et je pense que c’est une grande réussite que de pouvoir leur démontrer notre confiance. J’ai créé des fonds, comme le fonds athlétique pour améliorer l’expérience universitaire des jeunes athlètes de l’Université d’Ottawa. On a eu plusieurs grands succès, comme la semaine 101, les galas, etc., mais aussi l’abolition des frais cachés, comme par exemple les frais de l’utilisation de la carte débit à la cafétéria. C’est important pour moi de faire des choses pour les étudiants.

Défis?

En automne 2013, on a eu notre lot de défis, comme par exemple la démission de Brad Lafortune, qui nous a un peu stressés, mais je pense qu’on a quand même réussi à aller de l’avant avec nos projets. Il y a eu les élections partielles et ensuite le référendum sur les Assemblées générales en novembre qui, malgré qu’on n’ait pas atteint le quorum, a été une belle initiative et une bonne manière de rejoindre les intérêts des étudiants. En hiver 2014, le défi hivernal a connu beaucoup de participation mais on a exploré des possibilités de le changer. Il y a eu les élections aussi et ensuite les deux incidents qui ont déclenché les discussions sur la culture du viol. Tout ce qui s’est passé autour de ça, on n’avait pas prévu ça, donc on a réussi à garder notre plan d’action malgré tout. On a été capables de rester actif.

Construction d’un nouveau Centre universitaire?

Concernant les projets de reconstruction du Centre universitaire, certains architectes nous recommandent de reconstruire complètement Jock-Turcot. Donc je ne promets pas d’avoir un nouveau Centre universitaire d’ici septembre, mais on continue de discuter avec l’administration et mon objectif est d’avoir un plan à proposer pour les prochaines élections et d’ouvrir cette discussion là avec les étudiants.

Je pense que le budget est prioritaire et avec les Assemblées générales, il y aura des consultations et des groupes de discussion pour que leurs opinions soient entendues et aient un effet réel sur les décisions de l’exécutif sur le budget. Nous sommes là pour les étudiants et notre mandat est basé sur ce que les étudiants veulent avoir comme services. C’est notre défi pour l’année prochaine. Je vais essayer d’améliorer encore plus l’efficacité des services et de les maintenir en bonne position pour qu’ils puissent continuer à bien servir les étudiants.

Dernier mot…

Dernier mot…

Moi, j’ai un bon feeling à la fin de l’année. On a réussi à rejoindre les étudiants et ils reconnaissent de plus en plus le syndicat étudiant. Je pense que cette année, on a été très productifs. Il reste encore des choses à faire et on est prêts à aller de l’avant.

Je suis très fier de cette année, de l’équipe et de tous nos membres. Avec l’expérience et les équipes dédiées aux différentes réalités des étudiants, l’année prochaine sera beaucoup plus efficace. Je pense qu’on a bien travaillé cette année, et que l’année prochaine sera tout aussi enrichissante et intéressante pour nous comme pour les étudiants.
Photos Ayoub Ben Sassi

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ACTUALITÉS

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7 avril 2014

FÉUO

Ikram HamouD : v.-P.auX

ServIceS et communIcatIonS

NIcole DeSnoYerS : v.-P. auX aFF aIreS De l’ÉQuItÉ

ChrIS HYneS : v.-P.auX
aFF aIreS unIverSItaIreS

Succès? Succès?

Je suis assez contente de la campagne contre le racisme « Dans ma peau », qui est vraiment essentielle. L’Université était due pour avoir ce genre de conversation. Dans toutes nos activités, il y a eu beaucoup de gens qui se sont présentés et ça c’est remarquable. On voulait que la semaine 101 soit plus représentative, qu’il y ait un comité sur le racisme pour les étudiants, et ça s’est fait. Je suis aussi vraiment contente de la création du sondage sur le bilinguisme. C’est important de voir comment, malgré le fait que l’Université d’Ottawa se vante d’être bilingue, il y a plein de petits défauts un peu partout qui affecte ce bilinguisme.

Un des projets dont je suis la plus fière est le Pow Wow qu’on a fait au mois de septembre. C’était la première fois qu’on avait une célébration des cultures amérindiennes sur le campus. En tant que métisse, c’était vraiment important que ça s’accomplisse. En tant que la première v.-p. équité, j’ai essayé de faire une bonne base pour le prochain v.-p. qui prendra ma place. Je suis aussi assez contente de l’initiative de la vérification du bilinguisme sur le campus, que nous sommes encore en train de compléter. On va avoir les résultats pendant l’été. J’ai aimé travailler avec tous les services et les aider avec leurs évènements. Il y a eu la Semaine sur le consentement, la Semaine internationale, le Gala international et le Gala de la francophonie. C’était vraiment intéressant d’apprendre à organiser des galas.

Succès?

Défis?

Défis?

Je pense qu’on peut être encore plus à l’écoute de nos membres pour savoir quels sont les enjeux qui les concernent. Moi je ne travaille pas pour la Fédération, je travaille pour les étudiants, donc on veut vraiment savoir ce qui est important pour eux. Pour moi, il faut vraiment s’engager avec les populations sur le campus qui sont souvent exclues. Je veux commencer à faire des évènements qui vont être inclusifs, je veux que tout le monde soit représenté. Je suis vraiment excitée de travailler sur les Assemblées générales. Pour moi, c’est normal d’avoir ce genre d’organisation. J’ai hâte de pouvoir amener mon expérience et de pouvoir la partager avec celle des étudiants et de faire ensemble des Assemblées générales quelque chose d’efficace. Je pense que l’activité du groupe d’action contre la culture du viol du 21 mars a vraiment permis aux étudiants qui sont venus à la discussion de nous démontrer qu’il y avait beaucoup de travail à faire encore. Les conversations et la prise en main de ces problèmes vont très certainement continuer l’année prochaine.

C’est certain qu’il faudrait se pencher plus sur les clubs. J’ai pu commencer plusieurs projets avec les clubs pour rénover la salle de clubs, améliorer les espaces, rendre le processus d’application plus rapide, améliorer l’organisation et la communication entre les clubs et les membres. J’aimerais vraiment améliorer le processus de subvention. Il reste encore beaucoup de travail à faire.

Il y a plusieurs choses qui ont changé cette année. Avec les services, on a fait beaucoup d’amélioration. C’est difficile de voir l’amélioration directement, car c’est du cas par cas, mais je peux vraiment dire qu’il y avait des postes qui n’avaient pas d’employés quand j’ai commencé, mais maintenant, tous les postes sont comblés. On va avoir le Centre des droits des étudiants et je suis vraiment fier de ce travail. Les services sont redevenus très forts. Je crois qu’on a vraiment établi une bonne relation avec l’administration, qu’on peut travailler avec eux quand c’est nécessaire. Mais il reste quand même qu’on n’a pas peur de leur dire quand nous ne sommes pas d’accord avec eux. Aussi, je crois que comme exécutif, la sensibilisation a été améliorée. On parle avec les membres et c’est vraiment l’année la plus efficace. Je veux continuer avec le succès qu’on a eu cette année. Il faut continuer à être sur le terrain. Il y a tellement de choses que l’administration ne nous dit pas et je pense qu’on peut mettre beaucoup plus de pression sur des questions importantes, comme le financement de l’Université, par exemple.

Pour l’année prochaine?

Défis?

Dernier mot…

Moi je suis arrivée aux élections partielles et j’ai dû suivre le boot camp pour apprendre la manière dont fonctionnait le Dernier mot… syndicat. Je n’avais pas le temps de m’assoir. Je suis contente Pour moi, c’était vraiment une année d’apprentissage. Lorsque tu d’amener une nouvelle brise à la FÉUO car je viens des ser- es élue, tu dois tout apprendre et exécuter tes projets en même temps. vices, je suis impliquée dans plein de clubs culturels, et je suis J’ai eu des belles expériences qui me permettent de prévoir du succès vraiment contente d’amener ça pour l’année prochaine. pour l’année prochaine.
Photos Ayoub Ben Sassi

On a déjà commencé à discuter de stratégies pour rejoindre les étudiants sur le campus, par exemple, avec notre agenda. Ikram [Hamoud] et moi sommes en train de travailler sur un design plus intéressant et attirant. On veut vraiment être un exécutif de terrain, pas caché derrière notre bureau, faire de la sensibilisation. En particulier avec les nouvelles Assemblées générales, nous devons être sur le terrain pour expliquer les enjeux qui seront discutés dans les Assemblées générales, et aussi pour convaincre le plus de gens de venir participer, parce que notre mandat est ce qui est voté en Assemblée générale par les étudiants. C’est une conversation qui a toujours existé sur le campus, mais les deux évènements malheureux de mars nous ont permis d’engager plus le monde sur ces enjeux. La conversation va certainement continuer l’année prochaine, en particulier avec la semaine 101. On va créer plus de groupes, engager plus de groupes d’étudiants différents l’année prochaine.

Pour moi, c’est vraiment de continuer la sensibilisation des étudiants. Ce n’est pas facile. On se questionne souvent, mais ça ne veut pas dire qu’on ne devrait pas le faire. Je crois que nos membres nous ont dit, « d’accord, on est prêts, maintenant les prochaines étapes se font dans la discussion. » D’après moi, la hausse des frais de scolarité va amener des changements. Il faut aussi chercher des partenariats avec les autres syndicats pour créer un front commun contre l’administration et leur crise de financement. Je veux qu’ils refassent leur liste de priorités. À l’Université Carleton, le Bureau des gouverneurs a signé une lettre demandant une augmentation de fonds pour ne pas avoir une hausse des frais. Nous en avons parlé avec Allan Rock et on lui a demandé s’il pouvait travailler avec le Conseil des universités de l’Ontario, et il a dit non! Pour moi, il faut vraiment chercher des pistes différentes pour attaquer ces questions.

Dernier mot…

L’année prochaine, je pense qu’on va être plus en mesure d’éviter les problèmes. Cette année, j’ai beaucoup appris, mais je dirais que j’ai aussi appris que c’est vraiment en défendant nos propres principes qu’on voit des résultats et ça a vraiment marqué mon expérience de cette année.

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7 avril 2014

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ACTUALITÉS

GSAÉD

Une année compliquée
Sinda Garziz et Léa Papineau Robichaud

Le Comité exécutif de l’Association des étudiant.e.s diplômé.e.s (GSAÉD) de l’Université d’Ottawa (U d’O) n’a pas connu une année des plus sereines. La Rotonde a rencontré des membres de l’exécutif pour faire un survol de leur année.
Seamus Wolfe, commissaire aux affaires externes, a d’emblée affirmé que cette année a été une année d’agrandissement puisqu’en mai dernier, il y a eu le déménagement des locaux de la GSAÉD au bâtiment nouvellement retapé, au-dessus du Café Nostalgica, le relancement de ce dernier et l’ouverture de la maison des étudiants. Il avoue par contre qu’il y a eu beaucoup de défis à relever, surtout avec la réouverture du Café et avec sa gestion. Plus d’un an après la démolition du Café Nostalgica, l’ouverture du tout nouveau bâtiment n’a pas été sans difficulté. Après seulement trois mois d’activités, l’établissement connaissait déjà des problèmes financiers et de gérance. De plus, le Café n’a obtenu son permis d’alcool qu’au début du mois de mars. Patricia de la Tremblaye, commissaire à la vie étudiante, a d’ailleurs souligné que le délai dans la reconstruction du bâtiment a retardé le déménagement des locaux et l’aménagement de la maison des étudiants, ce qui a rendu son travail un peu difficile. « Je suis arrivée dans une année de transition. J’aurais voulu avoir une année plus stable durant laquelle j’aurais pu aboutir à des résultats plus concrets », affirme-t-elle. Autre anicroche pour la GSAÉD cette année : l’annulation des deux Assemblées générales, celle d’automne et celle d’hiver, faute de quorum. « Ça fait quatre ans maintenant que nous n’avons pas eu d’AG parce que nous n’avons pas atteint le quorum. C’est dommage. Néanmoins, si on compare le nom-

bre d’étudiants qui est venu pour la première AG et pour celle de la semaine dernière, il y a une amélioration. Nous espérons que le nouveau comité élu, qui parait très dynamique, arrivera à obtenir le quorum l’année prochaine », affirme M.Wolfe. Cette deuxième AG annulée a suscité un mécontentement et beaucoup de critiques dans les rangs des étudiants qui se sont présentés. Hamdi Souissi, un des candidats qui s’étaient présentés pour le poste de commissaire à l’externe lors des élections de cette année, explique que « la communication au niveau de la GSAÉD est défaillante et si le comité exécutif aurait attendu encore 20 minutes lors de l’AG avant de l’annuler, le quorum aurait pu être atteint, car le nombre d’étudiants présents était très proche de la limite demandée. » Malgré tout, les membres de la GSAÉD dressent un bilan positif de l’année. Croisière sur la rivière des Outaouais, bal des étudiants et 17e colloque interdisciplinaire ont été des activités organisées par l’Association et qui ont connu un franc succès, selon les membres de la GSAÉD. M. Wolfe souligne deux éléments forts de cette année universitaire. D’abord, la pression mise en place sur le gouvernement municipal concernant l’amélioration du transport en commun pour les étudiants, avec la création de La coalition du transport sain qui travaille actuellement pour l’amélioration de ce service et l’inclusion de tous les étudiants, indépendamment de leur âge. Puis, la création d’un groupe de travail constitué de professeurs et d’étudiants chargés d’évaluer les espaces et les services offerts aux étudiants-parents sur le campus. Brenna Quigley, commissaire aux affaires universitaires, a déclaré avoir « hâte pour l’année prochaine pour continuer à améliorer tous les projets et les initiatives de la GSAÉD, et pour participer à la création de nouvelles opportunités qui se focaliseront sur l’intérêt premier des étudiants diplômés ». De son côté, Mme de la Tremblaye a souligné que la nouvelle équipe qui prendra le relai est une équipe enthousiaste et elle espère qu’elle fera en sorte que les étudiants se sentent mieux dans l’espace qui leur est réservé à la maison des étudiants et qu’ils profiteront plus des services de leur Association.

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ACTUALITÉS

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7 avril 2014

Emplois à La Rotonde
Postes ouverts maintenant!
CHEF ACTUALITÉS
27 heures/semaine

Profitez de l’occasion pour acquérir de l’expérience dans le domaine du journalisme! Envoyez votre CV et lettre de présentation à notre comité d’embauche à embauches@larotonde.ca. DIRECTION GÉNÉRALE
37 heures/semaine

RÉDACTEUR EN CHEF
37 heures/semaine

CHEF ARTS

DIRECTEUR DE PRODUCTION
27 heures/semaine

27 heures/semaine

SECRÉTAIRE DE RÉDACTION
27 heures/semaine

CHEF SPORTS
27 heures/semaine

DIRECTEUR ARTISTIQUE
27 heures/semaine

ADJOINT AU SECRÉTAIRE DE RÉDACTION
5 heures/semaine

ADJOINTS À L’ACTUALITÉ
10 heures/semaine

ILLUSTRATEUR
10 heures/semaine

CHEF WEB

PHOTOGRAPHE
10 heures/semaine

27 heures/semaine

Les entrevues auront lieu au mois d’août, excepté pour le rédacteur en chef et le directeur général. Le taux horaire est de 13,30$/heure
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7 avril 2014

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ACTUALITÉS

CHANGEMENT DE NOM DE L’ÉDIFICE FSS

L’Université est prête à considérer des offres
Marc-André Bonneau Adjoint actualités

Un document expliquant les formules utilisées pour déterminer la valeur d’un nom d’infrastructure a été rendu public suite à une demande d’accès à l’information. Attribuer le nom d’un donateur à un édifice à l’Université pour exprimer la reconnaissance est une pratique courante et souvent critiquée. La Rotonde fait le point sur la situation de l’Université d’Ottawa (U d’O) quant à cette pratique.
« Si quelqu’un arrive demain matin en nous disant "j’ai de l’argent à donner à l’Université", mais je voudrais discuter de la reconnaissance que l’Université exprimerait [suite à ce don] par [l’attribution de] mon nom à une salle de classe, au quatrième étage de l’édifice des sciences sociales, nous allons discuter avec cet individu sur cette possibilité », a déclaré Allan Rock, recteur de l’U d’O, dans une discussion sur la nomination des biens. Le document obtenu explique la méthode utilisée pour déterminer la valeur d’un nom d’un édifice ou d’une salle de classe.

Un nouveau nom pour FSS?
La demande qui a mené à l’obtention du document en question visait à avoir accès aux dossiers qui portent sur le changement de nom du nouvel édifice de la Faculté des sciences sociales (FSS). Le document obtenu ne précise pas pour quelle infrastructure la formule énoncée pour établir la valeur d’un bien est applicable. Toutefois, Alex Nanoff, qui est étudiant en études internationales et langues modernes et qui est à l’origine de la demande, précise que le document aurait été adapté suite à sa requête, qui était spécifique à FSS. De plus, une annexe du document porte spécifiquement sur cet édifice. On peut y lire des détails concernant la valeur de l’infrastructure. La Rotonde a contacté le doyen de la Faculté des sciences sociales, M. Marcel Mérette, pour en savoir plus sur le possible changement de nom. Suite à cette demande, la directrice administrative de la Faculté, Mme Joanne St-Gelais, a fermement maintenu que « la Faculté des sciences sociales n’a été approchée ni de près ni de loin en ce qui a trait à un changement de nom pour l’édifice, et ce, que ce soit sous forme de contribution, de don ou autre. Nous ne sommes au cou-

rant d’aucune initiative de ce genre, ni pour l’édifice ni pour une partie de l’édifice ni pour l’une ou l’autre de nos unités ». La représentante du décanat a refusé de rencontrer La Rotonde pour discuter du document en question. M. Rock a précisé qu’il n’y a actuellement aucune recherche pour trouver un donateur dans le moment. Toutefois, si quelqu’un fait une proposition, elle sera considérée. « Si jamais on trouve quelqu’un qui est prêt à contribuer financièrement pour nommer une salle de classe, un atrium, un corridor, quoi que ce soit, ou même l’édifice comme ensemble, nous acceptons les dons et souvent nous reflétons notre gratitude par le biais du nom de l’édifice, comme [cela a été le cas avec] l’édifice Desmarais, l’École de gestion Telfer, etc. » Parmi les règlements administratifs de l’U d’O, l’un traite de la désignation des biens de l’Université. Il évoque, entre autres, que « les personnes honorées doivent jouir d’une bonne réputation » et que les « marques d’entreprise ne peuvent figurer à des fins de reconnaissance ».

lions de dollars, selon M. Rock. Ce montant approximatif correspond à une somme qui pourrait être visée par l’administration, selon le document. M. Rock a affirmé que « comme toutes les universités, [l’U d’O a] attribué des montants fictifs comme ligne directrice pour les gens de notre Bureau de développement ». Ces montants seront utilisés comme point de référence dans les discussions, mais ce sont les négociations avec le donateur qui détermineront l’entente finale, nous a appris M. Rock. La valeur du nom d’une infrastructure est calculée à partir de trois variables, soit son utilité, son emplacement et la valeur initiale de la construction. À titre d’exemple, une salle de classe est l’élément qui possède la plus faible utilité, alors qu’un auditorium possède le double de cette valeur. L’étage auquel se situe l’élément qui vise à être renommé a également une influence sur la valeur de son appellation.

L’accès au document contesté
Une partie du document obtenu demeure manquante. Deux étudiants de premier cycle, Alex Nanoff et Nathan Boivin, prévoient continuer leurs démarches pour avoir accès à cette section, qui identifie de façon plus précise les sommes attribuées aux infrastructures qui pourraient être renommées en

Le prix du nom des infrastructures identifié
Aucun donateur potentiel n’a été identifié pour changer le nom de l’ensemble de l’édifice en échange de la somme de 40 mil-

l’honneur d’un donateur. L’accès à la section manquante sera apporté en appel au Bureau de l’accès à l’information. « [M. Nanoff et M. Boivin] ont demandé accès à ces documents. Je les ai rencontrés pour savoir pourquoi ils voulaient faire un long processus comme celui-ci. [Je leur ai dit que] vous aurez complété votre doctorat par le temps qu’on complète toutes les étapes. Expliquez-nous pourquoi vous en avez besoin et possiblement que je vous les donnerais », a affirmé M. Rock. Dans une rencontre avec M. Rock et Louis de Melo, vice-recteur aux relations extérieures, M. Nanoff et M. Boivin ont critiqué le choix de certains donateurs. Suite à cette critique, on leur aurait demandé d’identifier des donateurs que les deux étudiants jugent plus appropriés. Au sujet de la partie manquante demandée, M. Rock a précisé qu’elle « recueille les montants précis que nous avons estimés pour chaque pièce de l’édifice [de la Faculté des sciences sociales]. Nous avons dit non à cela, premièrement parce qu’ils ont déjà la formule par laquelle on peut le calculer et deuxièmement, parce que c’est un dossier dans lequel on trouve beaucoup de compétition entre les universités. Pour ne pas divulguer à nos compétiteurs les montants précis qui sont attribués aux salles de classe, nous avons refusé [l’accès au document], ce que je considère tout à fait raisonnable ».

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7 avril 2014

SOCIÉTÉ DES DÉBATS FRANÇAIS

Une première saison réussie pour Ripostes
Marc-André Bonneau Adjoint actualités

« Un débat enflammé »
« Je pense que tout le monde a aimé la finale et que c’était un bon débat enflammé. Il y a eu beaucoup de participation », s’est réjoui Simon-Nicolas Grandmaître, l’animateur de l’émission. Ce dernier s’est dit « très content du déroulement de Ripostes cette année. On ne savait pas trop comment cette expérience allait finir quand on a commencé. Il y a eu des défis, mais on a su les surmonter et cela nous a permis de produire quelque chose de vraiment bien ». Pour la dernière émission, les deux équipes se sont affrontées sur le thème fictif de la séparation de l’Université d’Ottawa dans le but de créer une université franco-ontarienne unilingue. Cette thématique était largement inspirée de l’actualité, puisque des consultations d’envergure sur l’avenir de l’éducation postsecondaire en Ontario français ont été organisées par le Regroupement étudiant franco-ontarien. « C’est une bonne chose que la Société des débats français a pu avoir un partenariat avec le Carrefour francophone et la Télévision Rogers. C’est par et pour les étudiants », a affirmé l’animateur. Gabriel Meunier, étudiant en droit civil et président de l’équipe qui a remporté la finale, s’est exclamé que « cela n’a pas été un débat facile. Il y avait une bourse en jeu, les deux équipes étaient prêtes. […] La décision des juges a été partagée. Je crois que c’est le dé-

Un dernier débat télévisé a clos la saison de Ripostes, une émission mise en ondes à la suite d’une collaboration entre la Société des débats français de l’Université d’Ottawa (U d’O), le Carrefour francophone et la Télévision Rogers. L’ancien président du club, Cédrik Cormier, a fait le survol des succès et des défis qu’a connus la Société dans la dernière année.
L’enregistrement de la finale de Ripostes a eu lieu à l’agora du Centre universitaire, le 28 mars, et le public était convié à assister à l’événement. L’équipe de débatteurs qui s’est mérité la victoire a été sélectionnée par trois juges, qui ont commenté la performance des participants. Cette formule a été utilisée lors des rencontres précédentes. Lors de la finale, les deux membres de l’équipe gagnante se sont partagé un prix d’une valeur totale de 3000 $. Dix-huit débatteurs se sont affrontés pendant la saison.

bat francophone qui ressort grand gagnant. Ça montre que c’est du débat de haut niveau qu’on fait à l’U d’O ». M. Meunier est d’avis que « la place du français à l’Université est en danger et [qu’]il ne faut pas tenir pour acquis que la situation actuelle va se maintenir. La communauté francophone devrait se mobiliser ». L’émission Ripostes remplace le talk-show Coups Francs, qui réunissait des personnalités publiques de l’Ontario français ainsi que des professeurs et experts de l’U d’O. L’émission avait été lancée en 2010.

Une année de défis
M. Cormier a fait un retour sur les accomplissements de la Société en affirmant que plusieurs projets ont été mis de l’avant malgré un départ difficile. Entre autres, le club a réussi à remettre sur pied le tournoi Pierre-Elliot Trudeau, qui a habituellement lieu à la Capital. « Cela a été une année surprenante. Nous sommes partis de presque rien l’année passée, l’exécutif était tronqué. Mais à partir de cela, on a réussi tellement de projets merveilleux, comme créer l’émission de télévision », a lancé M. Cormier. L’ancien président est aussi fier d’avoir réussi à intéresser des individus bilingues à s’impliquer dans la Société, ce qui faisait partie des objectifs de sa candidature. Le club a d’ailleurs reçu un prix de la Fédération étudiante de l’U d’O visant à souligner cet accom-

plissement. C’est M. Cormier qui a proposé au Carrefour francophone l’idée qui a mené à l’émission télévisée telle que connue aujourd’hui. Ce dernier a tenu le rôle d’animateur en début de saison, mais a dû quitter et c’est alors que M. Grandmaître a pris le relai. « L’émission a non seulement donné une image pour le club, mais [lui a aussi permis] de rembourser ses dettes », a expliqué l’ancien président. L’association, suite à plusieurs démarches, a reçu des subventions qui lui permettront de financer ses prochaines activités. Le club n’avait reçu aucune aide financière l’année dernière. « Il y a de quoi être fiers. […] Cette année, on a aussi gagné plusieurs tournois. On a gagné celui du Collège Édouard-Montpetit ainsi que celui de l’Université McGill », a mis de l’avant M. Cormier. De plus, quelques membres de la Société auront la chance de participer au Championnat du monde de débat, qui aura lieu à Paris, en mai. La Société des débats est le plus ancien club du campus et a commencé ses activités en 1887. Sa mission est de favoriser le débat en français sur le campus et de défendre les intérêts des francophones. Chris Bernard a été élu nouveau président pour l’année 2014-2015. Tous les postes de l’exécutif ont été comblés pour l’année prochaine. Bien que certains détails restent à confirmer, une deuxième saison de l’émission devrait être sur les ondes l’année prochaine.

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7 avril 2014

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« CULTURE DU VIOL » À L’U D’O

Une nouvelle polémique éclate sur la toile
David Beaudin Hyppia Chef de pupitre

La première partie de l’année 2014 a été grandement marquée par deux incidents, soit les conversations dégradantes à l’égard de la présidente de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO) Anne-Marie Roy et les accusations de viol collectif qui ont été portées contre l’équipe masculine de hockey de l’Université d’Ottawa (U d’O). Ces deux incidents ont déclenché une vague de discussion concernant la culture du viol sur le campus.
Tout récemment encore, Michelle Putska, étudiante à l’U d’O, s’est fait traiter de plusieurs noms lorsqu’elle a commenté, dans la section « commentaires », sur la parution de la lettre de l’ancien joueur de hockey des Gee-Gees, Pat Burns. Ces commentaires tels que « Sorry but pussy is not that important. », « Next time try thinking with the head and not with your vagina, fucking retarded bitch . » et « What you are doing is promoting the culture that men should just take legal inequalities because they are assumed guilty until proven innocent. You discount the ramifications of being the victim of false rape allegations — which I hate to burst your bubble, are almost worse than being raped. » suivent un article sur le site du Fulcrum et sont accessibles à tous. Michelle Putska affirmait dans son commentaire : « I repeat that I understand he wasn't involved but this kind of public whining perpetuates victim blaming in the sense that it makes the potential victim responsible for the consequences that befell others by coming forward. This is the kind of stuff that discourages women from coming forward with sexual assault claims. It's the same kind of thinking of people who rush to feel sorry for the boys in the Stuebenville rape or the men who said sexually degrading things about Anne Marie Roy [sic]. To feel sorry for the impact on THEIR lives the incidents had rather than to look at the systemic problems that led to them and the impact on the victim. ». C’est justement cette partie de son commentaire qui semble avoir déclenché le tollé de commentaires sexistes et mysogines qui s’en suivirent. On peut aussi y lire plusieurs attaques envers le mouvement féministe. Anne-Marie Roy, qui a été au cœur du scandale qui a déclenché les discussions sur la culture du viol sur le campus de l’Université

d’Ottawa, a affirmé à plusieurs reprises que de tels comportements ont toujours eu lieu sur le campus, mais que cela passait souvent inaperçu. L’ampleur médiatique qu’ont prise les deux évènements ont permis de rejoindre plus que seulement les populations étudiantes déjà conscientisées à ce genre de problèmes.

Une question de langage
Dans l’entrevue que nous avions faite avec Mme Roy pour l’édition du 3 mars dernier, la présidente de la FÉUO explique que souvent, les hommes qui ne se sentent pas concernés « réalisent qu’ils avaient fait une bêtise, et n’ont surement pas pensé pourquoi ils avaient fait une erreur mais ils ont certainement pensé à leur réputation. » Mme Roy explique que « même pour les filles, c’est difficile de s’en sortir, c’est difficile de dénoncer ce genre de comportement. Très souvent aussi, les femmes se font répondre qu’elles dramatisent, qu’au fond, ce n’est pas si grave que ça. Dans une culture du viol, on ne laisse pas le choix à la victime de décider des lim-

ites de ce qu’elle trouve acceptable ou non. » Lors du premier groupe de discussion organisé par le groupe de travail contre la culture du viol, qui a eu lieu le 21 mars 2013 au Centre universitaire, les panelistes ont discuté de leurs expériences et de méthodes pour lutter contre les pratiques de la culture du viol dans la vie de tous les jours. La Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCÉÉ) a d’ailleurs produit une boite à outils en ligne pour ceux qui recherchent des trucs pour lutter contre les pratiques sexistes et homophobes. Il est possible de trouver le feuillet d’information sur le site de la FCÉÉ et aux bureaux de la FÉUO.

Pas un phénomène local
« La culture du viol et ses liens avec la culture de la vulgarité. La culture du viol est une culture qui banalise la violence sexuelle envers les femmes. Elle est très difficile à déloger car elle vise le corps et les attitudes des femmes. Cela se reflète dans le langage : putain, salope, etc. », a expliqué la professeure Christabelle Sethna, lors du groupe de

discussion « Il n’y a pas de quoi en rire : Définir la culture du viol », qui a eu lieu le 25 mars dernier. Mme Sethna est revenue sur les propos de la conversation dégradante à l’égard d’Anne-Marie Roy et les a comparés avec les paroles de la chanson Blurred Lines . M. Sethna a fait alors la comparaison des thèmes qui en ressortent démontre bien, selon elle, le caractère dégradant, irrespectueux et dirigé contre le sexe féminin que l’on retrouve dans la culture populaire : « Pis moi je vous avertis tout de suite… La présidente tri-fluvienne va me sucer sur sa chaise de bureau pis après ma la fourrer dans le brun sur le bureau a pat […] Someone punish her with their shaft . » La soumission sexuelle qui se retrouve dans ces mots se retrouve aussi dans les mots de la chanson dégradante, selon M. Sethna : « tu es la plus chaude des salopes du coin, je te demande une chose, laisse-moi être le seul maitre de ce cul, oh oui j’ai une salope mais elle ne l’est pas autant que toi, oh oui fait moi signe quand tu es libre, je vais te donner quelque chose d’assez grand pour remplir ton cul. »

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7 avril 2014

ÉLECTIONS GÉNÉRALES QUÉBÉCOISES

Que d’inconnues...

Samuel Lafontaine Adjoint actualités

L’élection générale québécoise aura lieu ce lundi. À cette occasion, 125 députés seront élus dans autant de circonscriptions. Quatre principaux partis politiques sont en liste. Il s’agit du Parti Québécois (PQ), du Parti libéral du Québec (PLQ), de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et de Québec Solidaire (QS). Le vote par anticipation a commencé le lundi 31 mars.
Ces élections anticipées ont lieu après que la première ministre Pauline Marois eut déclenché les élections en se rendant chez le lieutenant-gouverneur, Pierre Duchesne, pour demander la dissolution de l’Assemblée. Pauline Marois était à la tête d’un gouvernement péquiste minoritaire depuis septembre 2012. Dans le camp péquiste, on souhaitait construire sur des sondages favorables avant la campagne afin d’aller chercher les neuf sièges qui manquaient à la formation souverainiste pour

former un gouvernement majoritaire. La professeure et candidate au doctorat en science politique, Helaina Gaspard, s’intéresse comme tant d’autres à la campagne électorale québécoise. Spécialisée en politique canadienne et plus particulièrement en politique provinciale, elle-même ontarienne, elle croit que les gens des autres provinces voient les élections québécoises seulement à travers le débat sur la séparation et redoutent donc une victoire péquiste majoritaire. « Pourtant, il y a d’autres raisons que la souveraineté qui expliquent un vote pour le Parti Québécois », soutient-telle, avant d’ajouter que « depuis le milieu de campagne, les sondages se sont inversés et les libéraux sont maintenant en avance ». Un changement qui pourrait s’expliquer par un accent mis sur l’indépendance dans la foulée de la candidature de Pierre Karl Péladeau, magnat de la presse et candidat péquiste dans Saint-Jérôme. Depuis la micampagne, les intentions de vote montrent une hausse des libéraux au point où ceux-ci pourraient espérer former un gouvernement majoritaire malgré un retard sur le PQ auprès de l’électorat francophone. Madame Gaspard croit d’ailleurs queles électeurs semblent pencher pour « un gouvernement libéral minoritaire ou majoritaire de peu ». Le référendum, la Charte des valeurs québécoises et l’intégrité ont été les principaux thèmes de cette campagne. Lors de sa déclaration de candidature, M. Péladeau a dit se lancer en politique « pour donner un pays à

ses enfants. » Les libéraux ont repris cet élan d’enthousiasme du propriétaire de Québecor Média pour reprocher aux péquistes de cacher leurs intentions concernant un troisième référendum. Après des sondages en berne, le PQ a ensuite tenté de ramener le débat sur la Charte des valeurs avant que la campagne ne se porte finalement sur l’intégrité des chefs de partis. Le chef libéral, Philippe Couillard, a été le premier attaqué alors que plusieurs lui ont reproché ses liens d’affaires avec Dr Arthur Porter. Radio-Canada a par la suite révélé l’existence dans un paradis fiscal d’un compte bancaire ayant appartenu à M. Couillard. Ce compte aurait existé dans les années 1990 alors que le chef libéral pratiquait sa profession de médecin en Arabie saoudite. Puis, la première ministre sortante, Pauline Marois, a également été éclaboussée par des allégations concernant les liens entre son mari entrepreneur, le syndicat FTQ et des firmes de génie-conseil. Claude Blanchet, le conjoint de Mme Marois, aurait notamment exercé son influence pour récolter 25 000 $ auprès d’un employé d’une firme de génie. Cette somme aurait servi en vue de la course à la direction du PQ en 2007.

Un débat régional
Dans la région de l’Outaouais, où les députés libéraux sortants sont confiants de regagner leur siège à Québec, des étudiants

en travail social de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) ont organisé un débat le 31 mars dernier au pavillon Alexandre-Taché, à Gatineau. L’évènement portait le titre de « Politique et Pauvreté » et était présenté en soirée par le Comité pour l’éducation populaire sur la pauvreté et les politiques publiques. La députée libérale sortante dans le comté de Hull, de même que les candidats péquiste et solidaire, étaient présents au débat alors que la Coalition Avenir Québec brillait par son absence. Les organisateurs de l’évènement ont également invité Option nationale et le Parti marxiste-léniniste du Québec, qui ont chacun envoyé un représentant. Le débat a surtout porté sur les propositions des différents partis concernant l’inclusion des gens en situation de marginalisation et d’exclusion. Le débat s’est tenu devant un nombre restreint de personnes et a fait place notamment à un échange sur le transport en commun de la région. Alors que l’accessibilité pour les étudiants n’a pas été abordée, Maryse Gaudrault du Parti libéral a réaffirmé son souhait de voir la Ville et la Société de transport de l’Outaouais (STO) laisser les ainés prendre l’autobus gratuitement en dehors des heures de pointe, alors que les candidats d’Option nationale et du Parti Québécois ont parlé d’électrification des transports. Le financement des organismes communautaires a également été fortement débattu par les différents candidats au cours du débat. L’ensemble des participants ont débattu respectueusement.

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7 avril 2014

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ACTUALITÉS

Démission de Brad Lafortune

22 SEPTEMBRE

Café Nostalgica en crise financière

26 NOVEMBRE

Le v.-p. aux services et communications au Conseil administratif de la FÉUO démissionne de son poste, voulant se concentrer sur sa maitrise.

Pour sauver l’établissement des prêts de 240 000 dollars sont contractés par la GSAÉD.

septembre

octobre

novembre

décembre

Élections partielles de la FÉUO

28 AU 31 OCTOBRE

Référendum sur les AG

28 NOVEMBRE

Abolition de la majeure en études canadiennes

2 DÉCEMBRE

Le premier référendum pour la création des Assemblées générales échoue car il n’atteint pas le quorum de 5 %. Le taux de participation était de 3,9 %. Ikram Hamoud est élue au poste de v.-p. aux services et communications avec l’équipe Action étudiante.

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ACTUALITÉS
2014

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7 avril 2014

Élections de la FÉUO Deuxième référendum sur les AG

11 AU 13 FÉVRIER

Démission de Pat Marquis

1ER MARS

Suspension de l’équipe de hockey masculin

3 MARS

L’équipe Action étudiante remporte cinq des six sièges de l’exécutif. Le Oui l’emporte au deuxième référendum sur les Assemblées générales et passe avec un taux de participation de 10,9 %. Parution du rapport Plamodon concernant la mise en place d’une École d’études gouvernementales à l’U d’O

Le v.-p. aux affaires sociales de la FÉUO publie une lettre à la présidente et aux médias étudiants dans laquelle il annonce sa démission après avoir participé à une conversation où des propos dégradants ont été tenus à l’encontre d’Anne-Marie Roy.

Suite à des allégations d’agression sexuelle contre certains joueurs de l’équipe de hockey des Gee-Gees lors d’un déplacement à Thunder Bay, la totalité des joueurs et l’encadrement sont suspendus.

janvier

février

mars

Dépôt d’une motion contre des membres du CA de la FÉUO

23 FÉVRIER

Élections générales de la GSAÉD

14 AU 16 MARS

SCFP 2626 vote un mandat de grève

12 MARS

L’équipe du parti Régénération remporte tous les postes de l’exécutif.

Première rencontre du Groupe de travail contre la culture du viol initié par les associations étudiantes.
Certains membres du Conseil d’administration ayant tenu des propos dégradants contre un autre membre sont visés par une motion déposée lors d’une réunion du même conseil. Le vote est finalement ajourné. Les propos en question ainsi que l’identité des personnes impliquées seront révélés quelques jours plus tard sous forme de captures d’écran par une blogueuse.

21 MARS

Lorsd’uneAssembléegénéraledusyndicat, 97 % des personnes présentes votent en faveur d’un mandat de grève.

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7 avril 2014

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ARTS et CULTURE

LE PHÉDON OU LES DERNIÈRES HEURES DE SOCRATE

Socrate est mort comme il a vécu, en philosophe!
Sinda Garziz Adjointe actualités

Le Département de recherche de la Faculté des arts a tenu sa dernière conférence de la saison 2013-2014. Le Phédon ou les dernières heures de Socrate s'inscrit dans un programme annuel organisé par le Département de recherche, intitulé « les trésors de la bibliothèque » et qui a pour objectif de donner une analyse contemporaine des livres rares de la bibliothèque de l'Université.
Phédon est l'œuvre choisie par Catherine Collobert, conférencière de cet événement et professeure au Département de philosophie de la Faculté des arts à l'Université d'Ottawa. Son analyse se base sur la version traduite par Jean de Luxembourg, de 1538, dont la transcrip-

tion fait partie de la collection de la bibliothèque de l'Université d'Ottawa. Cette œuvre constitue un dialogue dans lequel Platon raconte les dernières heures de Socrate et présente l'attitude du philosophe face à la mort. Mme Collobert a commencé par expliquer que lors de son procès, Socrate ne semblait pas craindre la mort. Son discours ainsi que la manière par laquelle il est mort mettent plutôt de l'avant la sérénité qu’il avait lors de son exécution. « Socrate est mort comme il a vécu, en philosophe. La philosophie est une pratique qui nous permet de ne pas craindre la mort », affirme Mme Collobert, en citant Platon. Phédon est alors une explication ainsi qu'une méditation sur la mort et la vie. Pour expliquer ce postulat, Mme Collobert divise son analyse en trois parties qui traitent de la nature de la relation du corps avec l'âme. La première partie expose le dualisme de Platon et la place qu'occupent le corps et l'âme. Le corps est considéré comme une habitation, l'âme habite le corps et elle part du corps pour vivre une existence séparée. L'âme est perpétuelle et autonome comparativement au corps, car un corps sans âme n'existerait pas, mais l'âme existerait sans le corps. Ces deux instances entretiennent une relation d'opposition. L'âme est à la fois perçue comme étrangère au corps tout en le dominant, mais d'un autre côté, le corps détourne l'âme de sa pensée et la maintient dans l'ignorance.

Néanmoins, la satisfaction des besoins du corps demeure nécessaire pour la continuation de l'âme. Le corps présenterait alors un obstacle à la réalisation des désirs de l'âme, ce qui constitue le thème de la seconde partie de l’exposé. Socrate part de l'affirmation que l'âme demeure la priorité de cette coexistence et qu’il est important alors que l'âme ne soit pas aliénée par le corps. La réponse qu'il a donnée à cette problématique est la philosophie « seul lorsque la philosophie s'empare de l'âme que cette dernière n'est plus aliénée », explique Mme Collobert. Cette explication amène au troisième point de l'analyse, qui parle de la relation optimale entre l'âme et le corps, qui se traduit par la présence de la philosophie. Mawy Bouchard, professeure agrégée au Département de français et présentatrice de cet évènement, s’est dite satisfaite de la conférence. « C'est une belle conférence pour clore la saison dans la mesure où elle nous amène au début de nos traditions philosophiques avec Platon, au même temps qu'elle nous fait toucher à un moment tournant de la culture européenne avec la renaissance via cette traduction de Jean de Luxembourg, un humaniste qui a revisité les textes de l’Antiquité et qui a permis une relecture des idées de Platon », souligne-t-elle. Les participants à la conférence ont pu feuilleter le manuscrit de cette œuvre traduite et qui fait partie des trésors de la bibliothèque de l'Université d'Ottawa.

On se revoit en septembre, U-Pass. Cet été, c’est PRESTO qu’il me faut.
L’U-Pass de 2013-2014 expire le 30 avril

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7 avril 2014
NOUVEAU PROJET DE F .L.O

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ARTS et CULTURE

Simple et authentique

ETHAN RUSSELL AU CENTRE DES ARTS SHENKMAN

Lentille sur le passé
Julien Dupont Bénévole Il est possible que peu de gens connaissent Ethan Russell par son nom, mais les amateurs de rock n’ roll connaissent assurément son travail. En 1965, le jeune Russell a quitté l’Amérique pour la scène musicale de Londres afin d’y devenir un pionnier de la photographie rock. Sa lentille a capturé des photos candides et des plus iconiques des Rolling Stones (pour le naissant magazine Rolling Stone), des Beatles, de The Who, des Doors, de B.B. King, de Linda Ronstadt et plusieurs autres. Ayant vécu sa jeunesse au cœur de l’action contre-culturelle des années 60, Ethan Russell est venu partager ses expériences au Centre des Arts Shenkman, le 29 mars dernier. Faisant déferler ses photos sur un écran, accompagnées par la musique marquante de l’époque, Russell a raconté sa vie et celle des artistes qu’il a connus. Ses témoignages invitaient l’auditoire au petit appartement anglais où le jeune Russell, excité, a rencontré ses idoles par des coups

Léa Papineau Robichaud Adjointe à la rédaction

Le rappeur franco-ontarien F.L.O a présenté son deuxième projet solo, Bâtir pour établir, à la fin du mois de mars, au bar l’Avant-Garde à Ottawa.
Ce projet présente six chansons qui sont chacune basée sur un mot (parlons, regardons, changeons, aimons, bâtissons, remercions). L’album est à la base de style hip-pop, mais on peut y retrouver des sonorités du R’n’B, du reggae et même du soft rock. L’artiste a choisi de concentrer son écriture sur son entourage et son vécu. Il dédie d’ailleurs une chanson à sa mère. « On a tous un but, on a tous une vision, on a tous un objectif, que ce soit de devenir médecin ou de se partir en affaires, mais à la fin de cette aventure, je crois qu’il ne faut pas oublier d’où ça vient et qui nous a permis d’être sur la terre : notre maman. Donc, j’ai voulu faire une chanson hommage à ma mère », exprime le rappeur. F.L.O, qui signifie Fierté Loyauté Originalité, tend vers ce qu’il appelle de la « musique authentique ». « Il y a beaucoup d’artistes qui se font dire quoi chanter, quoi écrire, comment performer, quel style de musique, etc. Pour moi, l’idée c’est de rester authentique à soi-même. La musique ça vient de l’intérieur pour moi. C’est un outil pour m’exprimer, pour partager mes histoires et c’est ça l’élément authentique », explique le fier FrancoOntarien. C’est ce que représente Bâtir pour établir selon l’artiste. C’est justement pour rester dans ce concept que l’artiste chante en français. Celui qui est originaire d’Haïti, qui est né à Paris, mais qui a grandi à Ottawa, avoue se sentir plus à l’aise dans sa langue maternelle. « On s’entend qu’on reste à Ottawa, une ville assez bilingue, mais ma première langue c’est le français. J’ai décidé de m’aventurer dans ma langue. Je trouve que le français c’est une très belle langue et il y a un challenge à le faire vibrer dans le rap. Dans le rap anglophone, je ne veux pas dire que c’est plus facile, mais la complexité n’est pas aussi intense », croit-il. Maintenant que le projet est lancé, aux six mots utilisés pour la création de Bâtir pour établir, F.L.O ajouterait deux mots. « Satisfaction, car je suis vraiment content que le projet soit-là. J’ai finalement la chance de le partager avec ceux qui aiment ça. Et continuons. Continuons d’aller vers l’avant, continuons de bâtir, continuons de s’épanouir, continuons de rester fidèles à notre passion. » « Accrochez-vous à vos rêves et n’ayez pas peur des étapes à suivre parce que tout rêve peut se réaliser. Je pense que c’est ça mon message ultime », lance F.L.O. Le rappeur franco-ontarien s’est mis plus sérieusement à la musique en 2005 en formant le duo RenESSENCE avec un autre artiste de la région, YAO. Ensemble, ils ont accouché de 2 faces d’une même âme. Puis, après avoir participé à des projets de tout genre, F.L.O a sorti le premier de ce qui se veut une trilogie, Partir pour revenir, Bâtir pour établir étant le deuxième de cette trilogie.

de chance exquis, jusqu’aux tournées où la débauche était l’ordre du jour, et jusqu’à l’infâme festival d’Altamont, qui fut une espèce d’anti-Woodstock taché par le chaos et la violence. Plus qu’une simple exposition de sa propre œuvre créative, la présentation d’Ethan Russell permettait un coup d’œil sur l’expérience d’une génération. Ses commentaires sur la fin des années 60 et 70, la mort des idoles, la corporisation de la musique, la naissance des clips musicaux, le déclin du musicien en faveur de la « star » commercialisée résonnaient avec les plus âgés de la salle, qui y retrouvaient des souvenirs et illuminaient les plus jeunes sur une époque remarquable. Il n’y avait pas de déclaration éclatante, pas de morceau d’information secret sur les Beatles, ce qui aurait fait raffoler les fans de « nouvelles » de célébrités d’aujourd’hui. C’était plutôt l’histoire d’un homme ordinaire dans des circonstances qui étaient un peu plus qu’ordinaires et son point de vue unique sur ce qu’il a vécu auprès des icônes culturelles de sa génération.

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7 avril 2014

NOUVELLES FORMES DE PRODUCTION ARTISTIQUE SUR LE WEB

Une industrie en effervescence

Louise Guillot Bénévole

Vous l'aurez tous remarqué, les jeunes passent beaucoup de Lire autrement temps derrière leurs écrans. Les ordinateurs ont remplacé les Rendre le documentaire plus inL'univers du web ne se limite pas seulement au domaine de la vidéo. Avec le déclin de la blocs de papier dans les salles teractif presse papier, il est maintenant possible de lire de classe ; nous n'entendons Dans son article « Le documentaire élargi les journaux en ligne, encourageant la création plus le bruit des mines qui grat- au web » (2011), Évelyne Broudoux, profesde journaux et de magazines numériques. Dans ces cas, le recrutement se fait en ligne, Skype se tent et noircissent les feuilles seure en sciences de l'information et de la communication à l'Institut national des techniques transforme en salle de rédaction et aucune verblanches mais plutôt le son de la documentation à Paris, explique que Jouer avec l'instantanéité sion papier ne voit le jour. Certaines revues nufrénétique des doigts sur les le webdocumentaire, écourté « webdoc » ou mériques telles que Sans Titres, Hors Sol, Y La Avec la création de chaînes à l'intérieur des Revue et autres se distinguent des productions claviers. Alors, la question que « webdocu », reprend la forme d'un documenclassique : un reportage vidéo avec une plateformes de partage de vidéos, telles que You- amateurs, dont les sources des informations s'est posée La Rotonde cherche à taire bande son informant sur un sujet. La particular- Tube ou Dailymotion, il y a eu l’apparition d’une peuvent parfois être douteuses. savoir ce que font les étudiants ité du webdoc est, par conséquent, son format grande diversité de webséries. Souvent faites de Enfin, les « webBD » comme Vote4Zahra, derrière leurs écrans lorsqu'ils numérique. En effet, il est parfois composé de vidéos de courte durée, ces séries tentent de fi- Webcomics.fr et EspritBD.fr prennent la forme plusieurs vidéos plutôt que d'un long reportage, déliser une audience favorisant l’instantanéité. du livre, permettant aux lecteurs de tourner les ne sont pas en train de prendre et est souvent accompagné de liens qui renvoient Devenant de plus en plus facile de produire pages à l’aide d’un clic et en leur offrant la posvers d'autres sites pour compléter l'information des vidéos, le réel défi qui s’impose alors pour sibilité d’être actifs dans la création du récit. En des notes en cours.
Bien sûr, il y a les réseaux sociaux qui occupent au moins deux heures de leur quotidien, d'après une étude de TGI Clickstream Kantar Media réalisée en novembre 2013, mais à cela s’ajoutent aussi les vidéos sur YouTube, les délivrée par le documentaire. Le but est d'inviter l'internaute à approfondir le sujet s'il le souhaite, et ceci en un simple clic. Ce concept favorisant des vidéos plus courtes permet de fidéliser l'auditoire pour une plus longue période. Pour autant, les réalisateurs doiles réalisateurs de webséries est la diffusion, le succès étant mesuré par le nombre de clics ou de visionnages. Quelques succès du côté français sont par exemple Very Bad Blagues, Golden Moustache ou encore Before. Mais la production américaine House of Cards peut aussi être classée outre, internet permet plus facilement l'autopublication et peut servir de tremplin pour ensuite éditer une version papier. Assurément, l’internet donne libre cours à l’imagination et à la création, présentant un contenu qui rejoint tous les goûts.

blogs Tumblr, etc. Pourtant, le web regorge de trésors pouvant instruire et divertir les étudiants, notamment les webdocs, webBD, webzines et autres webséries, tous des nouvelles sources d'informations et d'expressions artistiques qui sont apparues avec Internet et qui existent exclusivement en ligne.

vent être conscients que le spectateur derrière son écran peut aussi être en train de faire autre chose. Il peut réagir en direct sur les réseaux sociaux, consulter ses courriels, passer d'une page internet à une autre, et bien sûr arrêter à tout moment la vidéo pour la reprendre (ou pas) plus tard. Par conséquent, les réalisateurs de webdocs doivent conceptualiser leurs créations autour de la réalité intermédia du web. La production de webdocs devient d’ailleurs une pratique de plus en plus courante chez certains grands médias d’informations, comme TV5 Monde, Le Monde.fr, Courrier international, et autres.

parmi les webséries, dans la mesure où Netflix a choisi de sortir simultanément tous les épisodes d’une saison exclusivement en ligne, laissant à l'internaute une grande liberté quant à la manière de la visionner.

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7 avril 2014

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ARTS et CULTURE

PIÈCE DE THÉÂTRE JEUX DE MASSACRE

La folie derrière une maladie inconnue
Shabnam Bahramafarid et Léa Papineau Robichaud

Le Théâtre de la Licorne du Département de théâtre de l’Université d’Ottawa a présenté du 25 au 29 mars la pièce Jeux de massacre d’Eugène Ionesco, mise en scène par Sariana Monette-Saillant, candidate à la maîtrise en mise en scène.
À la fois drame et comédie macabre, Jeux de massacre raconte l’histoire d’un village ravagé par une sorte d’épidémie, de peste inconnue qui tue les habitants presque instantanément et de façon spontanée. Un village qui était autrefois calme et paisible, où les gens se promenaient d’un quartier à un autre sans aucun souci, devient victime d’une maladie inconnue, nommée « le mal » par les habitants. Ce dernier est personnifié par un sombre personnage au sourire malicieux, joué par Josianne Lavoie. Ce personnage mystérieux peut, d’un geste de la main, donner des convulsions à ses victimes ou encore les faire mourir à ses pieds. Essentiellement, c’est à Lavoie que revient la tâche de créer l’atmosphère du mystère et de la terreur inattendue. Dès que ce « mal » fait sa première victime, il y a une réaction en chaîne : les habitants ne peuvent faire autre chose que paniquer, crier, et se barricader dans leur maison dans un faible effort de s’évader du « mal ». Pourtant, personne ne peut y échapper. Après un certain temps, les personnages deviennent de plus en plus désespérés et commencent à justifier la mort par différents moyens, tous plus absurdes et incongrus. À un certain moment, c’est la politique qui devient responsable des nombreux décès, puis à un autre moment, on affirme qu’à l’instant où l’on se met à avoir des pensées fatalistes, on sera frappé par le « mal ». Les survivants deviennent presque fous face à l’impuissance et à la peur constante de mourir. Ainsi, les gens commencent à s’entretuer, de peur d’attraper à leur tour la maladie d’une autre victime. Puisque le village est isolé du reste du monde, la famine se met de la partie. Ceci donne place à des scènes totalement déjantées où des personnages tentent de prendre un bébé des bras de sa mère afin de le manger. Malgré l’atmosphère sombre et inquiétante de la pièce, Ionesco réussit à créer des scènes d’humour ironique que les acteurs ont réussi à transmettre dans leurs actions et dans leurs expressions faciales exagérées. Puisqu’il n’y avait que quelques comédiens sur scène, la plupart d’entre eux devaient interpréter les rôles de plusieurs personnages du village et ainsi interpréter de multiples scènes de mort. Avec des convulsions étranges, des « excusez-moi » polis et ensuite des soudaines chutes de corps par terre, on ne peut s’empêcher de rire à plusieurs moments. Les rires seulement s’intensifient lorsque des cadavres, ou plutôt des mannequins, tombent du ciel sur scène faisant en sorte que des personnages se mettent à crier et à faire des cercles autour d’autres personnages en battant l’air. En outre, les costumes des comédiens reflètent la descente dans la folie des habitants. Il y a une variété de couleurs sombres et brillantes sur des vêtements à moitié coupés ainsi que des mélanges de vêtements de styles divers. Par exemple, un des acteurs portait un manteau vert foncé, qui détonnait de façon bizarre avec un tutu attaché au bas du manteau. Enfin, les costumes ont facilité la compréhension de l’air d’insanité. Pièce amusante et fascinante, Jeux de massacre permet non seulement de bien se marrer mais aussi de percevoir l’égoïsme de l’humain. Eugène Ionesco réussit avec brio à faire réfléchir en dosant d’une main de maître le dramatique et l’humour.

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- Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa -

La Rotonde vous souhaite

un bel été!
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7 avril 2014

redaction@larotonde.ca

Je tire mon chapeau Fissures aux Rotondiens
Sara Ghalia Chef Arts Nicholas DuBois Illustrateur

J’ai juste ça comme choix?
Benjamin Roy Directeur de production

L’amitié en vaut la peine
Samuel Poulin Secétaire de rédaction

La semaine dernière, un ami m’a envoyé une drôle d’invitation pour un spectacle. L’invitation était écrite à la main et on me demandait de me présenter au sous-sol d’un restaurant d’Ottawa. C’est avec beaucoup d’excitation et un peu d’inquiétude que je m’y suis présentée ce jour-là. Finalement, le spectacle, une courte pièce théâtrale, fut un moment exquis que j’aurais regretté avoir manqué. Travailler à La Rotonde , c’est un peu ça. Attendre avec effervescence les dernières nouvelles, penser aux questions les plus intelligentes qu’on puisse poser à quelqu’un - ce qui est plus facile à dire qu’à faire -, passer des heures à observer ce qui se passe sur le campus pour le résumer en quelques pages… et, parfois, regretter de ne pas l’avoir écrit autrement. Si je n’avais pas travaillé pour La Rotonde , j’aurais probablement passé mon année sans jamais m’intéresser à autre chose que le contenu de mes cours. Je ne cesserai pas d’encourager n’importe qui à sortir de sa petite bulle et de découvrir le campus sous un nouvel angle journalistique : remarquer les failles du système, réfléchir aux meilleures solutions, utiliser l’article comme un outil pour agrandir le rayon de vision des étudiants et les pousser à analyser par euxmêmes les événements autour d’eux. En même temps, le travail de l’équipe rotondienne n’est pas très reconnu. Chacun jongle entre ses cours, La Rotonde et parfois un deuxième emploi! Nous avons tous connu des nuits blanches à finir tel ou tel article, à essayer de dénicher une information, ou tout simplement à rédiger un essai qu’on a mis de côté pour se concentrer sur La Rotonde . Au fond, ce que j’essaye de dire, c’est que ce qui fait que le journal est ce qu’il est aujourd’hui, c’est grâce au travail acharné de toutes ces personnes avec lesquelles j’ai eu la chance de collaborer cette année. J’ai hâte de retrouver ceux qui reviennent et rencontrer ceux qui commencent!

L’université est en crise. Pas une crise qui déferle d’un coup comme après la rupture d’un barrage affaibli, mais une crise qui se fait sentir d’un moment à l’autre, qui trace tranquillement l’ébauche d’une forme nouvelle. Pour la cerner, il est important de comprendre quelle importance l’université occupe dans l’imaginaire de ceux qui y font leur quotidien. Se dérobant de son héritage aristocratique pour se vêtir de l’instrumentalisation bourgeoise, l’université s’affiche (et ça se voit bien sur le campus) comme le lieu de découverte du potentiel, de soi, du succès – les mots d’ordre d’une éducation néolibérale – tout en cherchant à maximiser la rentabilité de l’éducation elle-même. Malgré tout, il existe un recoin de l’université qui échappe à la marchandisation. Je citerais ici Jacques Rancière, qui décrit cet espace : « L’ambiguïté de la forme scolaire l’ouvre à une multiplicité de choix et de sens : pour les uns, elle est la réalisation de l’égalité citoyenne; […] pour d’autres encore un droit indépendant même de son utilisation plus ou moins réussie, quelque chose que les États démocratiques doivent aux désirs mêmes indéterminés de leurs membres. Le plus souvent, tous ces sens se mêlent et font de l’école non pas le masque de l’inégalité ou l’instrument de sa réduction mais le lieu de la visibilité symbolique de l’égalité en même temps que sa négociation empirique. » J. Rancière, Aux bords du politique, Paris, Gallimard, 2004, p. 101. Le règne de l’apathie étudiante à l’Université d’Ottawa perdurera-t-il éternellement? Je ne reprocherais rien à ceux qui diront oui. Pour ceux et celles qui luttent sur le terrain de l’Université, la partie n’est toutefois pas jouée. Nous l’avons vu, notamment, lors du référendum sur les AG. Cette possibilité d’action collective est au centre de la crise, puisqu’elle se dresse explicitement comme une résistance à la gestion technocratique.

Je ne vote pas. Désolé si ça te dérange, mais je ne vais certainement pas donner mon appui à un de ces partis-là, qui sont tous dans la même gang de toute façon, qui se tiennent dans les mêmes partys et qui font de la poudre avec les mêmes gangsters, pour ensuite se faire une fausse guerre d’idées dès que les caméras sont pointées vers eux. On sait très bien que tout ce qu’ils disent est un mensonge. On appelle ça une « promesse politique ». Moi, j’appelle ça un crime contre l’humanité. À l’école, j’avais des copies et des retenues quand je faisais une connerie. Eux, ils font ça comme job et leur salaire, c’est nous qui le payons. Je dis « nous » en incluant le crime organisé, parce qu’il paraît qu’eux aussi font leur part. Je trouve que m’offrir la noble chance de voter pour des clowns une fois aux quatre ans en appelant ça « démocratie », c’est une criss de mauvaise joke. « Si tu votes pas, t’as pas le droit de chialer après ». J’ai le droit de chialer certain : c’est toi qui l’as élu, pas moi. Si l’un des partis devient majoritaire par une seule voix, je prendrai le blâme. Autrement, qu’y mangent d’la marde avec leur système à la con. Je ne vois d’aucune façon comment mon vote pourrait apporter du changement positif autour de moi : mon vote ne va pas empêcher la prochaine Guerre mondiale, ni arrêter le déversement de déchets radioactifs dans l’océan. Mon vote ne va pas rétablir l’équité entre les riches et les pauvres, entre l’occident et le tiers-monde, entre les kids qui mangent pas leurs croûtes et ceux qui se tirent au AK-47 pour un morceau de pain. Entre ceux qui fabriquent une paire de shoes pour une poignée de change, et ceux qui l’achètent 200 $. Entre les peuples sous dictature et ceux qui se croient libres. Entre les immigrants et les racistes, entre les gais et ceux que ça dérange, entre les drettistes et les gratteux de guit’. La politique ne va pas changer ça. C’est nous qui allons le faire quand nous serons obligés de s’unir sans se comparer. Et rendus là, on se rendra bien compte qu’on a le pouvoir de renverser le système et de vivre dans un vrai monde. Un monde où on a vraiment le choix.

Que pouvais-je donc espérer d’un poste de réviseur/correcteur au sein d’une publication étudiante? Les plus aguerris du domaine n’auraient-ils pas pu m’en glisser un mot? Ne devraient-ils pas formuler une admonestation publique aux aspirants d’une carrière en lettres, un avant-propos, fût-il des plus fugaces, à La Révision linguistique en français, ou au pire dans la énième édition de mon Grevisse? Une indication du cicérone des passionnés de la langue me prémunissant de la qualité ingrate de cette profession, qui soit dit en passant n’a rien d’une sinécure, aurait certes été la bienvenue. Ajoutez à cette crânerie l’axiome cru que l’exercice consiste à hypothéquer des heures (une chance qu’elles sont rémunérées) interminables à polir, à rehausser ou bien à réformer complètement l’œuvre pour en faire un produit à peine commensurable aux normes journalistiques et pour lequel la contribution n’est aucunement soulignée. Hélas la lapalissade (woa! l’allitération) que l’horaire exige une mise à la tâche sitôt les textes déposés et le travail une entreprise de perfection dans un temps intraitable. Et parlons-en de cette perfection, car fût-elle atteinte qu’à une rare occurrence, seuls les exploits fautifs sont sujets à la rétroaction. À cette description vériste (je ne suis pas partisan du vérisme) et schématisée de ce dont consiste le poste de Secrétaire de rédaction à La Rotonde, je m’y abonnerai encore si le tout serait à refaire. Car ce que je n’ai point épilogué, c’est bien l’amabilité et l’humanité de mes collègues. Lors de mon séjour avec La Rotonde, j’y ai rencontré des personnes sympathiques, dévouées et avec lesquelles je suis fier d’avoir travaillé en unisson pour le bien du porte-parole francophone qu’est le journal La Rotonde. Et pour cette seule raison, mon expérience y fut parmi les plus agréables de ma jeune existence.

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7 avril 2014

Une expérience Viva La formatrice Rotonda!
Louis-Charles Poulin Chef Sports David Beaudin Hyppia Chef Actualités

Une histoire de Quatre ans perspectives mémorables
Marc-André Bonneau Adjoint actualités Léa Papineau Robichaud Adjointe à la rédaction

Occuper le poste de Chef de pupitre de la section des sports a été une expérience très enrichissante. La Rotonde m’a permis d’être publié sur une base hebdomadaire, ce qui est gratifiant pour quelqu’un comme moi qui souhaite faire une carrière en journalisme. Œuvrer dans un journal étudiant est une expérience formatrice que je conseille à tous. À mon avis, il est plus facile d’expérimenter de nouvelles choses et de choisir librement les sujets que l’on veut traiter dans un média comme La Rotonde. J’ai aimé m’occuper de la section des sports, car cela m’a permis d’élargir mes connaissances dans plusieurs disciplines. Par exemple, j’ai traité le sport sous plusieurs angles en faisant appel à des experts pour écrire mes articles. De plus, j’ai eu la chance d’assister à un bon nombre de rencontres sportives variées. J’ai passé une grande partie de mon temps à écrire sur les Gee-Gees, une organisation que je connaissais peu avant d’arriver à La Rotonde. J’ai été surpris par le calibre de jeu que l’on retrouve au niveau universitaire. Au cours de l’année, j’ai aussi discuté avec plusieurs athlètes de différents niveaux. Qu’ils fussent des universitaires, des sportifs professionnels ou encore des Olympiens, ils avaient tous des histoires passionnantes à raconter. Pour terminer, je souhaite que ma contribution au journal n’ait pas été positive que pour moi et j’espère avoir réussi à vous intéresser et à vous apprendre des choses.

Durant mes années universitaires, je lisais La Rotonde, parfois, sans grand intérêt, parce que je la trouvais plate. Le journalisme ne m’a jamais intéressé, surement parce je pensais qu’il ne me permettait pas d’être aussi critique qu’un texte de pensée. Plusieurs de mes amis m’avaient demandé de venir travailler à La Rotonde, ils avaient besoin d’aide qu’ils me disaient. J’ai décidé de tenter ma chance, peut-être parce que je détestais la job que j’avais dans ce temps-là. Je me suis dit que finalement c’était une bonne idée. Je pourrais finalement faire d’un côté, des articles sérieux sur des sujets d’actualité qui sont intéressants, et de l’autre, publier mes idées! Mais j’ai surtout découvert que La Rotonde c’est comme une famille. C’est un travail qui n’est pas comme les autres. Il ne s’agit pas seulement d’écrire. C’est aussi des rencontres. En étant à La Rotonde, j’ai pu rencontrer des gens que je trouve très intéressant comme Gabriel-Nadeau Dubois, ou encore Georges Sioui. J’ai fait des rencontres avec des gens qui ont des idées, des projets, qui veulent changer les choses. Mais aussi des évènements importants, comme le référendum pour les Assemblées générales, les élections, etc. J’ai essayé de faire de ma section une section que j’aurais trouvée intéressante si je ne travaillais pas à La Rotonde. J’espère que tout ça vous a plu!

L’écriture d’un article permet d’explorer différentes perspectives d’un sujet. C’est de faire des ponts entre les idées qui proviennent de différentes sciences, différentes opinions. En plus des innombrables choses que j’ai apprises à travers mon expérience, j’ai vu qu’il est possible de réunir et confronter les différentes perspectives, et c’est là qu’elles ont le plus de sens. Je pense que le journalisme a été, pour moi, un excellent moyen de le faire. Plus je passe de temps à l’université, moins je l’aime. Plutôt que d’opposer les idées, l’université fabrique des catégories où les asseoir tranquillement. Chaque discipline se limite en développant sa propre méthode et je considère le dialogue qui lie chacune des approches souvent très faible. Faire des liens entre les apprentissages que j’ai retirés de chacun de mes cours demande un effort important pour développer une pensée cohérente. J’ai découvert La Rotonde lorsque j’en étais à cette réflexion. Elle m’a aidé à digérer le tout. Elle m’a permis de développer une vision d’ensemble du campus. Une vision des idées qu’il produit, comme l’opinion d’enseignants sur l’actualité, mais aussi des choses qui s’y passent. À quoi ressemblerait le campus sans ses syndicats? Sans les luttes des groupes minoritaires? La Rotonde rassemble les grandes questions de la vie universitaire et invite ses lecteurs à les réfléchir, et c’est pour cette raison que je suis fier d’en faire partie.

Quatre ans, on dira ce qu’on voudra, ça passe vite. Je me revois encore toute fébrile faire mon entrée dans une salle de 200 étudiants lors de mon tout premier cours de baccalauréat. J’ai l’impression que c’était hier. Quatre ans, c’est le temps que ça prend pour transformer une jeune fille encore hésitante sur son choix de carrière en jeune femme confiante et prête à affronter le marché du travail. Quatre ans, ça se remplit rapidement de bons souvenirs, surtout quand tu t’impliques à La Rotonde . Des défis surmontés, des belles rencontres et des grandes amitiés résument tout ce temps passé au 109 rue Osgoode. Quatre ans, ce n’est qu’une infime partie de ma vie. Pourtant, je garderai à jamais gravés dans ma mémoire les bons moments et même les moments plus difficiles vécus à l’Université d’Ottawa. Quatre ans d’épanouissement, de dépassement de soi et de passion, c’est ce qui me permet de dire aujourd’hui merci La Rotonde et bonne continuité!

Merci à tous les contributeurs de l’année
Myriam Bourdeau-Potvin Louise Guillot Shabnam Bahramifarid Solomiya Ostapyk Paola Boué Kathleen Macfarlane Vickie Farrugia Émilie Deschamps Patrick Weldon Amina Hufane Élise Vaillancourt Philippe Marceau-Loranger Gisèle Gakwaya Alex Jürgen Thumm Emily Glass Sara Robinson Stéphane Bourgeois Duckakis Désinat Slim Blidi Inel Tarfa Caroline Ramirez Kevin Pinet Florence Bolduc Aïcha Baria Nicolas Gauvin Ludivine Magand Julie Beaune Laura Kassar Chloé Sigouin Fanta Ly Philippe Lavoie Julien Dupont Sadie Lapshinoff Catherine-Ève Bellemare Amelia Domaradzki Chanel Bourdeau Orphane Beaulière Aurélie Boucher Bénédicte Herbout Élodie Audet Proulx Émilie Noël Jean-Lou David Clémence Labasse Anaïs Elboudjaïni Amina Hufane Alexandra Vienneau Hélène Labelle Nicolas Levert-Cui Frédéric Lanouette Brigitte Delisle Hamdi Souissi Mademoiselle Fifi Monsieur l’archipope Toto Douglas De Graaf Robin Sempere Ludivine Magand Jeremni of F. Ariane Millette Les FTX de Troubles Lysane Caouette Élaine Yanie-Desjardins Maude Rousseau Jérôme Simon Vincent Rioux William Leonard Felepchuk

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7 avril 2014

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ARTS et CULTURE

ORCHESTRE POP DE L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA

Quand la musique parle à tous les sens
Robin Sempere Bénévole

Pour son deuxième concert du printemps, l’orchestre Pop de l’Université d’Ottawa a décidé de mettre à l’honneur cet autre art qu’est le cinéma, et surtout de rappeler que sans ces compositions, les films ne seraient qu’images muettes et vides. C’est à travers une heure et demie de concert, installé sur des chaises de velours rouge, qui ne sont pas sans rappeler les salles de projection, que le public a traversé plusieurs décennies de films, mais aussi une large palette d’émotions.
Le démarrage s’est fait sur une pointe d’humour, avec un retentissant hommage à la Fox. Ces quelques accords ont servi à montrer au public, comme une soudaine apparition, que tout ce qui allait suivre n’est pas pure fiction, que la ressemblance avec des musiques ayant réellement existé n’est pas fortuite. Mais le simple fait de con-

naitre déjà lesdites musiques, de connaitre ces notes, elles sont gravées dans la mémoire, et c’est avec brio que l’orchestre les a offertes. Le dépaysement a commencé juste après, avec un thème qui aura guidé toute une décennie, au parfum de lierre, de grandes étendues et d’influences celtiques. « The Fellowship of the Ring » a marqué le premier pas d’un voyage qui a emmené l’auditoire aux confins de l’espace, à la recherche d’une étoile noire, à travers le monde à la suite d’un espion au flegme britannique reconnu, ou encore sur l’océan en compagnie des pirates les plus connus des Caraïbes. Oui, ces quelques films qui sont aujourd’hui devenus les classiques des 30 dernières années ont tous été présents pour quelques minutes, loin des postes de télés, des ordinateurs ou des cinémas. Ils se trouvaient là, accrochés aux cordes d’un violon, ou dans les grondements des cuivres. Et il en n’a pas fallu plus pour que des images remontent. Le public se faisait sentir, composé d’amis, de familles et d’autres amateurs, en osmose pendant ces moments. Quand l’expérience individuelle face au film devient un vaste partage de sentiments, là dans ce théâtre loin des salles obscures. Parce qu’il faut le souligner, le pari était risqué. L’orchestre s’est attaqué à des musiques qui seront toujours, et pour de bonnes raisons, associées à des paysages, des images, des plans que tout le monde connaît. La force, et c’est ce qui a marqué la réussite de l’orchestre, c’est de pouvoir, sans jeux de lumière ou autres effets spéciaux, présenter ces images. Les faire jaillir de l’auditoire, comme un souvenir enfoui,

et plonger ce dernier dans cet univers qui n’appartient qu’au compositeur, mais que pourtant, le spectateur pouvait toucher du doigt grâce à ce qui jadis lui apparaissait à l’écran. L’écran, cette fois, n’était pas devant l’assistance, car en face d’elle, ce n’était qu’un orchestre concentré, dont la cohésion se faisait sentir, et qui restait de marbre, jonglant entre les partitions et la baguette aérienne d’un chef d’orchestre bienveillant. Et malgré cela, chacun a vu ces quelques images : de vastes plaines vertes, les étoiles et l’immensité de l’univers, la poursuite effrénée de bateaux sous le soleil de plomb. Chaque morceau, quand il se terminait à son apogée, laissait ce goût dans la bouche, le même que quand les lumières du cinéma se rallument après la séance. Et tout ce que veut le spectateur, c’est repartir. Profiter encore un peu du voyage, replonger dans ces bons souvenirs que ces musiques rappellent. Les 54 musiciens, menés par un Mark Kleyn actuellement étudiant à l’Université d’Ottawa pour décrocher sa maîtrise d’interprétation de l’alto, ont cependant dû faire face à quelques obstacles. Car préparer un tel spectacle demande de gérer autant l’emploi du temps, mais aussi des contraintes de matériel. M. Kleyn l’a fait remarquer, l’orchestre se compose de personnes issues de différents programmes, simplement rassemblées par ce qu’elles aiment faire. Et c’est là le message que ce jeune chef d’orchestre a livré et qu’il leur livre chaque jour : « Continuez de faire ce que vous voulez faire ». Jusqu’à cela semble leur réussir, et au vu de cette prestation, on ne peut que les encourager à continuer.

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ARTS et CULTURE
ÉCOLE DE MUSIQUE

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7 avril 2014

Des événements de haute qualité
Tena Bieber Bénévole

À l’image de celui de ses étudiants, le calendrier de l’École de musique de l’Université d’Ottawa fut fort bien rempli cette année. À cet effet, La Rotonde s’est entretenue avec Lori Burns, la directrice de l’École, afin de faire le constat de cette année bien chargée et de porter regard sur ce qui est à venir.
La Rotonde : Y a-t-il eu plus d'événements que l'année dernière? Lori Burns : L'École de musique offre généralement environ 180 événements par an. Le nombre cette année est essentiellement le même que l'an dernier, bien que les détails changent en termes de nombre d'événements individuels. Les événements

incluent les concerts du soir des grands ensembles de l'École de musique (orchestre, ensemble à vent, opéra), les concerts des ensembles plus petits (ensemble de percussions, ensemble de jazz, ensemble de musique nouvelle, étudiants en composition, musique de chambre, etc.) et les professeurs de l’École qui participent à la série « Musique à Tabaret ». De plus, nous offrons des classes de maître, des ateliers spéciaux et les récitals des étudiants en interprétation. En plus, certains étudiants sont invités à jouer à la quatrième salle du Centre national des Arts et de nombreux étudiants participent aux concerts de l'Orchestre symphonique d'Ottawa grâce à leur programme de mentorat. LR : Êtes-vous satisfaite de ce qui fut mis en place cette année, notamment en ce qui a trait à la qualité des étudiants, des présentations et des projets? LB : La qualité de nos événements a été très élevée cette année en raison de la grande qualité de nos étudiants et des professeurs. Nous sommes tous très fiers des efforts individuels de nos étudiants en interprétation. La série « Musique à Tabaret » a été un énorme succès, avec des concerts des professeurs David Jalbert, Stéphane Lemelin, Donna Brown et Yehonatan Berick. Nous avons accueilli

des visiteurs de marque à travers le financement d'Astral Media, y compris Rosella Clini de Belgique [piano] et Laurence Lesser des États-Unis [violoncelle]. L'Orchestre de l'Université et l’Ensemble à vent atteignent un haut niveau de professionnalisme. Nous sommes également très heureux d'avoir récemment accueilli la cérémonie de bourses d'études, à laquelle tous les récipiendaires de bourses de l'École de musique ont été reconnus pour leur excellence académique et leur qualité comme interprète. LR : Y aura-t-il des changements au programme l'an prochain ? LB : Il n'y a pas de changements majeurs au programme pour l'année prochaine. LR : Quels sont les objectifs pour l'an prochain? LB : Notre objectif pour l'année prochaine est de maintenir ce très haut niveau de concerts et de récitals. Nous allons soutenir l'ensemble de notre programmation habituelle et nous prévoyons que, comme le niveau des étudiants augmente chaque année, la qualité des concerts va tout simplement continuer de dépasser nos attentes.

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7 avril 2014

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ARTS et CULTURE

DÉPARTEMENT D’ARTS VISUELS

Un cours à Venise pour l’année prochaine
Ariane Jean Stagiaire

Le Département d’arts visuels de l’Université d’Ottawa a connu une année prospère et pratiquement sans fautes. Des changements importants au sein du Département ont aidé l’amélioration de ce dernier en plus d’offrir aux étudiants un programme encore plus adéquat qu’il ne l’était déjà.

« L'ouverture de nouveaux espaces pour les maîtrises en arts visuels et le secteur des nouveaux médias a été très bonne pour le Département, ainsi que l'amélioration globale des installations, comme les mises à niveau d'ordinateurs pour les laboratoires photos et la création d'un nouvel espace de projets près de la Galerie 115 dans le bâtiment », affirme Jinny M. J. Yu, professeure agrégée en peinture au Département d’arts visuels. Elle ajoute qu’il reste encore quelques améliorations à faire dans le bâtiment, mais qu’elles sont tout de même minimes. Pour Andrew Wright, directeur par intérim au Département, l’année qui a suivie a été remplie de succès. « Notre professeure à temps partiel, Édith-Anne Pageot, a gagné le prix du professeur de l’année pour les enseignants à temps partiel au début de l’année scolaire et notre professeure adjointe, Carol Wainio, a gagné le prix du gouverneur général la semaine dernière. C’est quelque chose dont nous sommes

très fiers », dit-il. Il y a d’ailleurs une cohorte de 40 étudiants qui complèteront leurs études cette année. Un vernissage aura lieu pour exposer leurs travaux. « C’est un événement qui a lieu chaque année. […] Le bâtiment en entier est transformé en galerie d’art. Une majorité de salles est recouverte d’œuvres et d’autres projets venant des étudiants », affirme M. Wright. Il ajoute que cette année est surtout une période de croissance pour le Département. « Avec les rénovations que nous avons eues, cela nous a permis d’augmenter la taille du programme de maîtrise. […] La rénovation va nous permettre d’ajouter des étudiants au programme », affirme-t-il. De plus, Mme Yu a initié, il y a quelques années, un cours qui a lieu à Venise à tous les deux ans. Présentement, le Département d’arts visuels est en préparation pour organiser de nouveau ce cours qui aura lieu l’année prochaine, soit en même temps que la

Biennale de Venise, l’évènement d’art contemporain le plus important au monde. Pour Mme Yu, « ce cours assure que, pendant les études des étudiants, ceux qui choisissent de participer à ce cours vont obtenir le plus haut niveau d’expérience réelle avec les producteurs et exposants d'art contemporain internationaux », affirme la professeure. Outre la préparation de ce cours à l’étranger, M. Wright croit que l’année qui suit sera surtout consacrée au progrès de la rénovation de l’établissement du Département d’arts visuels. « On a vraiment besoin d’un nouvel établissement, mais cela va prendre du temps et beaucoup d’argent. Il y aura une campagne de financement pour générer des fonds. Cela va commencer l’an prochain […] », explique le directeur. Il conclut qu’un nouvel établissement serait nécessaire pour offrir aux étudiants une qualité d’enseignement supérieure.

DÉPARTEMENT DE THÉÂTRE

Des améliorations à venir l’automne prochain
Sara Ghalia Chef de pupitre

L’année universitaire s’achève pour le Département de théâtre de l’Université d’Ottawa, qui voit plusieurs changements demandés depuis quelques années être mis en place. La Rotonde a rencontré le directeur du Département, Joël Beddows, afin de discuter des résultats de cette année et des nouveautés attendues à l’automne prochain.
Dès le début, M. Beddows a exprimé sa très grande satisfaction avec l’année qui vient de se clore. Plusieurs productions de haute qualité ont vu le jour au sein du Département, telles que Guernica par Xavier Lord-Giroux, Jeux de massacre par Sariana Monette-Saillant, tous deux candidats à la maitrise en mise en scène, ainsi que Le projet Laramie par Gill Champagne, artiste en résidence de l’année. « Vraiment, j’étais très très très impressionné. […] C’est très sincère, et je suis un être assez critique. Je ne dis pas ce genre de truc légèrement », a assuré M. Beddows. L’excellent travail des professeurs a aussi été souligné, vu qu’ils ont réussi à bien cadrer les productions auxquelles participaient les étudiants, telles que les pièces à un acte pour les étudiants de quatrième année. Il a ajouté que « le profil jeu est dans sa première année. On verra sous peu les exercices, mais je dirais que cette réforme pédagogique a bien servi et le Département, et les étudiants, et la pratique artistique, parce qu’on est une école de formation, donc on veut contribuer à l’amélioration de la pra-

tique théâtrale ici. » Mais la capacité des étudiants à faire la transition de l’Université au marché professionnel semble se faire sans trop de problèmes, avec plusieurs anciens du Département qui commencent leur propre compagnie de théâtre, ou se joignent à une déjà existante. Si cela confirme l’efficacité du programme, il n’en reste pas moins que plusieurs améliorations restent à faire. M. Beddows a rappelé que depuis son entrée au Département, celui-ci avait décidé d’une sorte de plan donnant priorité à certains changements précis. Premier point, il s’agit de la création d’un programme de troisième cycle en études théâtrales. « C’est assez particulier, mais il n’existe aucun programme d’études théâtrales au troisième cycle en français au Canada », a fait remarquer le directeur du Département. Le projet de création d’un programme de conservatoire, donc en pratique théâtrale, continue aussi : « On est en plein

dedans, on est en train de concevoir le contenu de ce programme. » Troisièmement, le problème des infrastructures avait été noté depuis plusieurs années déjà. « On n’a pas assez de salles de cours spécialisées pour nos cours de jeu et de mouvement. Nos studios sont utilisés de 8 h 30 à 23 h, tous les jours, sept jours par semaine. Il y a un taux d’utilisation de cet édifice extraordinairement élevé et même là, on a de la misère », a expliqué M. Beddows en ajoutant que le projet de la Cour des Arts prenait forme, avec quatre salles spécialisées pour le jeu, une boite noire, un studio, etc. D’après lui, la raison « théorique » de ces changements, c’est bien de confirmer la place du Département de théâtre de l’Université d’Ottawa comme « lieu de spécialisation en dramaturgie ». Le directeur a ajouté qu’« il nous reste beaucoup de travail à faire, nous en sommes très conscients et on est aussi très conscients qu’on est très ambitieux. »

De là, le Département se crée de plus en plus de liens avec les Cégeps et les écoles spécialisées, et il élargit ses contacts. « Il faut toujours être présents partout », a affirmé M. Beddows. « Au deuxième cycle, on crée de plus en plus de liens avec des professeurs qui donnent des cours dans des départements de théâtre ailleurs, mais qui ont seulement des programmes de premier cycle. On aimerait beaucoup les inclure dans notre programme de deuxième cycle. Encore une fois, pour le bien des étudiants », affirme le dramaturge franco-ontarien. L’annonce de la collaboration avec certains professeurs auxiliaires d’universités ailleurs en Ontario et au Québec sera bientôt faite. Ceci dit, le recrutement d’étudiants internationaux n’est pas une priorité et viendra après que les changements à long terme voulus par le Département soient mis en place, ce qui devrait prendre cinq ans. Pour les projets qui verront le jour dès l’automne prochain, le Département aura comme artiste en résidence Paula de Vasconcelos, de la compagnie Pigeons International. Aussi, trois étudiants seront en mise en scène en deuxième année, au lieu de deux. « Au lieu de deux productions grand plateau qui seront mises en scène par les étudiants, il y en aura trois, donc c’est un défi pour nous », souligne M. Beddows. Un autre défi : pour les étudiants en mise en scène, leur deuxième projet « ne comprendra que des comédiens professionnels ». Autres changements à prévoir : les cours d’histoire sont intégrés au nouveau système et le Département lance le profil à l’administration du théâtre et le profil en production théâtre. Ceci dit, le deuxième profil n’est pas encore confirmé. M. Beddows a affirmé que cela « permet aux étudiants en deuxième année de se spécialiser davantage ». M. Beddows a annoncé que ce sera « une année assez particulière parce que je ne serais pas là, je pars en congé parental le 5 mai, je ne connais pas le nom de mon successeur. »

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7 avril 2014

LIGUE D’IMPROVISATION ÉTUDIANTE UNIVERSITAIRE

« La LIEU c’est comme des vielles chaussettes, tu sais qu’elles vont être là tous les jeudis pour te divertir! »
Louise Guillot Bénévole

La fin de l'année approchant, le jeudi 3 avril dernier se tenait la finale du théâtre d'improvisation organisée par la Ligue d'improvisation étudiante universitaire (LIEU) à l'Université d'Ottawa (U d'O) et proclamait vainqueur l'équipe des Bleus. La Rotonde a tiré un bilan de cette année avec la présidente Sarah Pouliot St-Pierre, ainsi qu’avec Florentin Pineaud, étudiant en échange et membre de la LIEU.
La Rotonde : Êtes-vous satisfaite de ce qu'a fait la LIEU cette année? Sarah Pouliot St-Pierre (SPSP) : Oui, on est très satisfaits! On a eu beaucoup de jeunes cette année. On espérait qu'ils allaient donner un renouveau à la LIEU, organisation qui existe depuis 1985, et c'est ce qui s'est produit. Ils sont même allés au-delà de nos attentes. C'est une superbe année. Les gens ont été très créatifs, très engagés. LR : Les évènements que vous avez organisés ont-ils rencontré du succès? SPSP : Cette année, en plus des rendez-vous tous les jeudis, nous avons été très liés avec les clubs et le Service de vie communautaire, qui nous a demandé d'animer la foule au lancement de leur programme en septembre pour attirer les gens et leur donner un peu de visibilité. On a aussi participé à la Semaine de la Francophonie et gagné le Prix de la Francophonie, ce qui est un grand honneur! On est très contents d'être une organisation uniquement francophone dans un contexte où la francophonie est minoritaire à l'Université, et de montrer qu'elle continue à être créative et à exister dans un campus majoritairement anglophone. LR : Quelles difficultés avez-vous rencontrées? SPSP : Honnêtement, ça a super bien été! On avait un exécutif très solide et aucun déficit. Un point à souligner, qui n'est même pas un point négatif ou à améliorer, c'est le renouveau qu'a connu la LIEU cette année. Alors bien sûr, il faut intégrer ces nouvelles personnes, et c'est pour cela qu'on a organisé des activités de fraternité. En plus, ça aide à créer un esprit d'équipe et ça rend l'impro plus intéressante car il y a une complicité entre les joueurs. LR : Quels sont les projets de la LIEU pour l'an prochain? SPSP : On veut continuer à promouvoir la francophonie sur le campus et s'impliquer davantage dans la communauté. On aimerait participer à des projets auxquels on n’a pas pu répondre cette année, par manque de temps essentiellement, comme des projets d'atelier d'impro en milieu scolaire, par exemple.

Sarah Pouliot St-Pierre et Florentin Pineaud - Photo Ariane Jean

LR : Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre la LIEU? Florentin Pineaud : À l'origine, je voulais faire du théâtre à l'U d'O, mais ça prenait trop de temps d'apprendre le texte, de participer à toutes les séances, d'être régulier et je n'ai pas non plus eu connaissance de l'existence d'une troupe de théâtre sur le campus. En revanche, j'ai su qu'il y avait une ligue d'improvisation et j'en avais faite auparavant en France au lycée et ça m'avait bien plus. Je savais que les Canadiens étaient forts en improvisation, donc je voulais savoir ce que ça donnait! LR : A-t-il été difficile de rentrer dans la LIEU? FP : Il y a des épreuves, comme des étapes de passage, où il faut montrer de quoi tu es capable. Donc il y a une sélection. Il faut être drôle,

il faut savoir construire des histoires, il y a plein de paramètres qui rentrent en jeu. LR : Qu’aimez-vous particulièrement dans le théâtre d'improvisation? FP : Ce qui est bien avec l'improvisation, c'est qu'on se retrouve dans le vide. On part d'un sujet, d'un thème et à partir de ça, il faut tout construire. On invente les dialogues, et il y a aussi un jeu avec celui qui est sur scène avec nous, on doit le comprendre, comprendre ce qu'il veut dire, où il veut en venir pour que l'impro tienne la route. Alors qu'au théâtre classique, on a un texte de base qui nous rassure, c'est plus sécurisant. En improvisation, on est seul dans l'arène avec nos idées. Et c'est aussi un jeu de caractère car il faut parfois imposer ses idées et d'autres fois savoir suivre celles des autres. Et puis, on est quand même assez fier de soi quand on arrive

à faire rire les autres! LR : Étant étudiant en échange de la France, était-il difficile de jouer avec des Canadiens? FP : Au début, il y avait beaucoup de mots que je ne comprenais pas, même encore aujourd'hui! Il y a eu des moments où ce n'était pas facile car je ne savais pas où mes coéquipiers voulaient en venir avec des expressions ou des références qu'on n’a pas en France ou qui ont un sens différent. Ou alors, parfois j'essayais de faire des jeux de mots, mais ça n'a pas toujours abouti car avec le public canadien, la réception n'est pas la même. Finalement, je peux dire que l'improvisation, il ne faut pas la jouer, mais la sentir, donc c'est plus dur que le théâtre classique. Mais c'est très enrichissant, une très bonne expérience.

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7 avril 2014

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FESTIVALS DU PRINTEMPS ET DE L’ÉTÉ 2014

Ottawa International Writers Festival (15 au 29 avril, différents lieux)
Malheureusement complètement anglophone, ce Festival permet tout de même la découverte et la redécouverte de plusieurs per-

les du monde littéraire. Cette année, Jonas T. Bengtsson (Danemark) vient parler de son roman Fairy Tale, un thriller qui promet plusieurs surprises au lecteur. Le Festival offre une panoplie d’ateliers d’écriture et de conférences avec plusieurs auteurs d’origines différentes.

Festival franco-ontarien (12 au 14 juin, parc Major’s Hill)
La 39e édition du FFO s’annonce colorée, avec comme première artiste dévoilée Marie-Mai. Ce sera son seul arrêt dans la région pour l’été,

donc autant en profiter. Son spectacle aura lieu le 13 juin. Le reste de la programmation devrait venir au fur et à mesure entre avril et mai. Pour ceux qui désirent mettre un peu plus de leur temps dans la réalisation du Festival, les applications pour bénévoles sont toujours ouvertes.

Ottawa Fringe Festival (19 au 29 juin, différents lieux)
Le Ottawa Fringe Festival est le plus large festival de théâtre de la ville, offrant une centaine de spectacles avec des thèmes variés, assurant que chacun trouvera chaussure à son pied. Les com-

pagnies théâtrales viennent de partout en Ontario, au Canada et même certaines des États-Unis. Comme les spectacles offerts dans les salles officielles sont choisis au moyen d’une loterie, la qualité dépend peut-être de la chance du spectateur, mais ça reste tout de même un rendez-vous estival à ne pas manquer pour les amateurs du genre.

Bluesfest (3 au 13 juillet)
Le Bluesfest fête ses 20 ans en beauté cette année, avec plusieurs artistes de grand nom qui seront au rendez-vous. Entre autres, Queens of the Stone Age (8 juillet), The

Autres manifestations culturelles
Mai étant le mois du patrimoine asiatique, la Ottawa Asian Heritage Month Society mettra en place plusieurs activités afin de célébrer la culture asiatique à travers la musique, le cinéma, la littérature, etc. Le programme détaillé sera mis au fur et à mesure sur le site web de la Société. Le festival Danse Canada est aussi de retour, avec plusieurs événements de rue un peu partout à Ottawa, ainsi que des représentations dans les salles officielles, du 9 au 14 juin. Pour les amateurs de jazz, le festival de Jazz d’Ottawa accueillera plusieurs artistes célèbres du 20 juin au 1er juillet au parc de la Confédération et au Centre national des Arts. Des spectacles à savourer!

Killers (9 juillet), Snoop Dogg (12 juillet) et Cypress Hill (9 juillet). Du côté canadien, Tegan and Sara (3 juillet) et les Barenaked Ladies (11 juillet) seront aussi présents, avec une panoplie d’autres artistes à écouter et réécouter. Le programme est déjà disponible sur le site web du Festival.

Théâtre français du CNA et La Nouvelle Scène
Du 9 au 12 avril, le théâtre français du CNA présentera Une vie pour deux (La chair et autres fragments de l’amour), mis en scène par Alice Ronfard. Le texte est une réécriture basée sur le roman Une vie pour deux de Marie Cardinal. Du 30 avril au 3 mai, Albertine, en cinq temps de Michel Tremblay, mis en scène par Lorraine Pintal, tournera autour du personnage d’Albertine et de son évolution à travers

le temps. Du 24 au 25 mai, Gretel et Hansel, écrit par Suzanne Lebeau et mis en scène par Gervais Gaudreault, donne une nouvelle vision sur le conte des frères Grimm. Du côté de la Nouvelle Scène, La porte du nonretour, une production de Hôtel-Motel, sera présentée du 27 mai au 1er juin et est un « déambulatoire théâtral et photographique qui parcourt le monde, de passage à Ottawa pour une semaine seulement ». Un voyage à ne pas rater, assurément. En musique, la Nouvelle Scène accueillera les Hay Babies le 18 avril et YAO le 3 mai.

AVIS AUX ÉTUDIANTS*

JAZZ
A LL T H AT

MUSIQUE DE KANDER ET EBB
AVEC L’ORCHESTRE DU CNA

Des spectacles à votre portée!
buzzendirect.ca

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le billet

$

AV R I L

* S’adresse aux étudiants à temps plein de 13 à 29 ans. Certaines restrictions s’appliquent.

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7 avril 2014

SUGGESTIONS CULTURELLES DE L’ÉTÉ
All Things Pass de Pascale Picard Casablanca de David Guiguère In Conflict d’Owen Pallett

SORTIES D’ALBUM

Originaire de la ville de Québec, la jeune femme est francophone mais chante en anglais. Dès la sortie de son premier album en 2007, elle s’est affirmée comme petite perle de la pop québécoise avec un genre tendant plus vers le folk-pop. Son dernier EP, All Things Pass sort le 9 avril prochain et lui a permis de collaborer de nouveau avec le premier batteur de son groupe, Stéphane Rancourt, qui l’a encouragée à expérimenter plus avec les instruments et les chansons en général. Celles-ci, d’après Pascale Picard, devraient être plus joyeuses que les précédentes.

Deuxième album pour David Guidère, depuis ses débuts musicaux en 2012 avec Hisser Haut. Casablanca tourne autour des thèmes de la séparation et de l’amour, l’idée de base étant « deux personnes qui n’ont pas réussi à vivre ensemble », comme il l’explique dans une de ses entrevues. Plus assuré et confiant, l’artiste offre un album aux sonorités pop douces. Chaque chanson est une belle découverte ; le texte est poétique et intelligent, porté par la voix chaude et profonde du chanteur. Beaucoup d’émotions, sur un arrière-plan musical assez simple. Parfait pour les longs après-midis estivaux.

Violoniste canadien, Owen Pallett a eu l’occasion de collaborer avec plusieurs artistes tels que Arcade Fire, The Hidden Cameras, etc. Avant 2010, il se présentait sous le nom Final Fantasy, du jeu vidéo du même nom. In Conflict sort le 12 mai et contient de six à 13 chansons, dépendamment de la version, en collaboration avec Brian Eno. Owen Pallett a affirmé que l’album toucherait des thèmes plus personnels que les précédents. Il sera en spectacle le 9 mai à La Sala Rossa, à Montréal et le 10 mai au Danforth Music Hall, à Toronto, avant d’entamer une tournée européenne.

Bondrée d’Andrée A. Michaud

Le collier rouge de Jean-Christophe Rufin

La Fête de l’insignifiance de Milan Kundera

SORTIES LITTÉRAIRES

Connue pour ses thèmes littéraires sombres, Andrée A. Michaud a publié plusieurs romans à suspense et Bondrée promet d’offrir la même ambiance mystérieuse qui imprégnait les deux premiers tomes de la trilogie, Mirror Lake et Lazy Bird. Bondrée se déroule durant l’été 1967, au bord du lac Boundary Pond, au New Hampshire, surnommé Bondrée. Zaza Mulligan est une jeune fille comme une autre, qui profite de son été au chalet de ses parents. Sa mort soudaine plonge ses proches dans l’inquiétude… Andrée A. Michaud sait parfaitement comment gagner rapidement l’attention du lecteur et la garder jusqu’à la dernière page.

Médecin et diplomate reconverti à la littérature, Jean-Christophe Rufin est la plus jeune recrue de l’Académie française et a reçu plusieurs prix et distinctions tout au long de sa carrière d’écrivain. Le collier rouge s’attaque au thème de la loyauté, en mettant en scène trois personnages liés par la Première Guerre mondiale et un chien. Un survivant héroïque de la guerre retenu prisonnier, une jeune paysanne qui rêve d’un autre avenir et un juge aux origines aristocratiques. Que se passe-t-il lorsque le destin de ces quatre personnages se mêle? Il faudra lire Le collier rouge pour le découvrir!

Plusieurs étudiants ont dû lire Kundera pour leurs cours de littérature française, que ce soit à l’école secondaire, au Cégep ou à l’université. Pour ceux qui se sont trouvés happés par le monde particulier de l’écrivain, une bonne nouvelle s’annonce cet été : la sortie d’un nouveau roman, après plus de dix ans d’attente! Si tous s’entendent que le thème de la bonne humeur est au centre, le message exact reste, comme pour tout roman de Kundera, à décider par le lecteur. Un roman très court - seulement 144 pages - qu’on espère à la hauteur des classiques de l’auteur.

Grace of Monaco de’Olivier Dahan

The Fault in Our Stars de Josh Boone

Sous les jupes des filles d’Audrey Dana

CINÉMA ESTIVAL

Aussi prévisible que ça peut l’être, le film propose de suivre la vie de Grace Kelly, actrice américaine, mais surtout des conflits liés à son mariage, en même temps que des disputes politiques entre la France et Monaco. Grace Kelly est jouée par Nicole Kidman et le prince Rainier III par Tim Roth. Depuis la fin du filmage, la famille royale de Monaco a critiqué la façon trop exagérée de traiter le sujet. En réponse à cela, la direction du film a affirmé que le centre du film n’était pas les événements eux-mêmes mais bien le personnage de Grace Kelly et son évolution. Le film fera l’ouverture du Festival de Cannes en mai 2014, et devrait être dans les théâtres canadiens cet été.

Basé sur le roman du même nom de John Green, le film suit Hazel Grace et Gus, deux adolescents que la vie n’a pas ménagés, mais qui font face à leurs problèmes majoritairement de santé - avec un peu de sarcasme, beaucoup d’humour et surtout toujours avec sensibilité. Hazel Grace est jouée par Shailene Woodley, qui a reçu plusieurs récompenses depuis ses débuts au petit écran, et joue aussi le rôle principal dans Divergente , sorti en mars. Si John Green avait réussi à briser le cœur de plusieurs lecteurs, il ne reste qu’à espérer que le film soit à la hauteur du roman. La sortie est prévue en juin 2014.

Très peu d’informations sur le film, si ce n’est le casting réunissant plusieurs des actrices françaises les plus connues, telles que Vanessa Paradis, Isabelle Adjani, Julie Ferrier, Alice Belaïdi, etc. Au cas où le titre n’aurait pas déjà donné la réponse, le film suit plusieurs femmes pendant un mois durant lequel rien ne va pour elles. Si on s’attend à une comédie française typique, on espère qu’un peu d’originalité sera aussi au rendez-vous. Le film sort le 4 juin 2014 en France.

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SPORTS

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7 avril 2014

BILAN DE LA SAISON SPORTIVE AVEC LUC GÉLINEAU

« La progression a été très positive »
Louis-Charles Poulin Chef de pupitre
Luc Gélineau - Photo Léa Papineau Robichaud

Des progrès dans les différentes équipes des Gee-Gees, de nouvelles installations sportives et la suspension du programme de hockey masculin, voilà ce qui résume la saison sportive 20132014 de l’Université d’Ottawa (U d’O). Le directeur du Service des sports, Luc Gélineau, fait un retour sur ces évènements ayant marqué l’année.
D’entrée de jeu, M. Gélineau fait un constat positif de la performance des Gee-Gees. « Pour l’ensemble des équipes, je pense que la progression a été très positive. Si on regarde le nombre de fois que nos équipes ont été classées dans les dix premières au pays, c’est probablement une année record », indique le directeur du service sportif, faisant entre autres référence à l’équipe de soccer, à l’équipe de volleyball et à l’équipe masculine de basket-ball. Il se dit également content de la reconstruction qu’a faite l’entraîneur de football avec son équipe. Pour ce qui est du basket-ball féminin, il trouve que l’équipe a bien performé, surtout qu’elle a dû composer avec de nombreuses blessures. Enfin, M. Gélineau croit que les équipes des Gee-Gees peuvent encore se surpasser dans les années à venir.

« Le défi est d’obtenir des podiums »
« On progresse vers le haut et maintenant, le défi est d’obtenir des podiums », mentionne M. Gélineau. Il mise sur le programme de reconnaissance nationale implanté l’année dernière pour accroître le nombre de podiums des Gee-Gees. Ce programme priorise le financement des deux équipes de basket-ball, de soccer et de football pour une période déterminée. Il espère que dans le futur, des résultats positifs découleront des investissements apportés à ces équipes. « Pour vraiment évaluer, il va falloir encore quelques années supplémentaires », explique M. Gélineau. Il précise que « recruter quelqu’un et le développer prend à peu près quatre ans », donc l’influence du programme de reconnaissance nationale ne sera pas visible avant quelques années. Selon le directeur du Service des sports, l’une des contraintes des équipes interuniversitaires de l’U d’O est qu’elles ont de la difficulté à conserver ses athlètes pour une période de cinq ans. Il explique que de nombreux athlètes perdent des années d’éligibilité parce qu’ils proviennent du système d’éducation québécois ou parce qu’ils viennent à l’U d’O à un âge avancé pour faire une maîtrise ou un doctorat. « On n’a pas beaucoup de joueurs d’ancienneté et il faut composer avec ça. On espère qu’avec le programme de reconnaissance, on va peut-être avoir des gens qui vont rester plus longtemps, mais ça va prendre quatre ans avant de le savoir », souligne–t-il.

La suspension du programme de hockey masculin
Les allégations d’agression sexuelle qui pèsent sur certains joueurs de hockey masculin ont été un sujet chaud au cours des dernières semaines. Même s’il s’agit d’un sujet incontournable, Luc Gélineau aurait bien préféré éviter ce sujet à l’heure de faire le bilan an-

nuel. Selon lui, ce scandale a nui à l’image de « l’ensemble des Gee-Gees ». Il soutient que la suspension du programme était la meilleure chose à faire dans les circonstances. « On n’aurait pas pu suspendre un individu, parce que ça aurait eu le même effet que de dire qu’il est coupable et ce n’est pas à nous de déterminer ça parce qu’on n’est pas des policiers », affirme M. Gélineau. Selon lui, il était important de protéger l’intégrité de chaque individu en suspendant l’ensemble de l’équipe. Le représentant du Service des sports se dit préoccupé par rapport à l’avenir du programme de hockey masculin. « Ce qui est inquiétant, c’est qu’il n’y a pas eu de recrutement et qu’il faut rebâtir cette équipe », déplore celui qui ne sait toujours pas quelles seront les conditions pour ramener le club et la façon dont ce sera fait. « Quand il y a des incidents

comme ça, c’est toujours très difficile. J’ai appris que dans une université, lorsqu’il y a un évènement comme cela, si on fait bien les choses, on en finit plus fort à la fin », soutient M. Gélineau. Il ajoute que lorsque la situation sera complètement réglée, il y aura des réflexions à faire sur la façon de gérer un tel incident dans le futur.

« On réussit à opérer le dôme »
Sur une note plus positive pour le Service des sports, l’U d’O s’est offert un dôme pour recouvrir le terrain synthétique du campus Lees au cours de la dernière année. « Ces structures sont là pour l’ensemble des étudiants, puisque autant les sports intra-muros qu’interuniversitaires en bénéficient », explique M. Gélineau. Le directeur du Service des sports mentionne que ces nouvelles instal-

lations ont été populaires auprès des étudiants. « Lorsqu’on a fait les inscriptions pour les équipes de soccer pour jouer dans le dôme, en cinq minutes on a eu 65 équipes qui se sont inscrites », souligne M. Gélineau en disant qu’il recevait beaucoup de commentaires positifs des utilisateurs de ces infrastructures. Le nouveau terrain a également permis à l’équipe de football des Gee-Gees de disputer ses matchs sur le campus. Luc Gélineau souligne qu’il y avait « beaucoup d’atmosphère » lors des matchs de football présentés au campus Lees, notamment lors du Match Panda. Pour finir, le Service des sports n’a pas prévu de changement significatif ou une nouvelle installation sportive prochainement. « Pour l’année prochaine, ce sera surtout de mettre en application la direction qu’on a déjà entamée », affirme M. Gélineau.

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7 avril 2014
Photo Ayoub Ben Sassi

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SPORTS

GEE-GEES VS. RAVENS

Une rivalité bien en relief

Louis-Charles Poulin Chef de pupitre

La rivalité sportive entre l’Université d’Ottawa (U d’O) et l’Université Carleton aura occupé une place importante de la saison 2013-2014, particulièrement en basket-ball et en football, où les duels entre les deux programmes ont grandement été mis de l’avant.
Une rivalité renouée au football
« La rivalité était très grosse à l’époque. Encore aujourd’hui, je travaille à un club de golf avec un ancien de Carleton et puis la rivalité est encore là », a confié Norman Sheahan, qui est un ancien joueur et entraîneur de football des Gee-Gees. Cependant, bien que la rivalité entre les deux équipes fût immense à une certaine époque, elle était inexistante sur le terrain de football depuis 1998, suite à la disparition du programme de football de Carleton. Avec le retour de l’équipe des Ravens et du Match Panda, la saison 2013 a été marquée par le renouvellement de la rivalité Ottawa-Carleton. L’affrontement saisonnier entre les deux clubs pourrait même reprendre les mêmes proportions qu’à l’époque où la rivalité était des plus virulentes. En effet, le Service des sports de l’U d’O a annoncé que le match entre les deux rivaux devrait faire son retour au Parc Lansdowne, et ce dès l’an prochain. « Si le stade est prêt à temps pour accueillir le Match Panda, on va le jouer à Lansdowne », a confirmé Luc Gélineau. Le directeur du Service des sports

se dit confiant que le Parc Lansdowne sera prêt à accueillir le Match Panda en septembre, puisque le stade doit servir dès le mois de juillet aux activités du Rouge et Noir. M. Gélineau croit qu’un retour de la rivalité Ottawa-Carleton au Parc Lansdowne serait bénéfique en termes de profits et de visibilité. « On pourrait accueillir de 10 à 15 000 spectateurs, probablement que le Sport interuniversitaire canadien (SIC) voudra téléviser le match au niveau national et il y aura possibilité de faire pas mal de revenus pour l’équipe », indique M. Gélineau. Au sein de l’équipe de football des Gee-Gees, plusieurs joueurs ont constaté que la rivalité entre les deux équipes était réellement présente sur le terrain lors du dernier Match Panda. « Entre les jeux, ça continuait à se pousser, j’imagine que c’était comme ça à l’époque et que ça va toujours être comme ça entre les Gee-Gees et les Ravens », avait fait savoir le receveur Simon Le Marquand suite à la rencontre. « Il y avait des partisans de Carleton dans les gradins qui se moquaient de nous », selon le joueur de ligne défensive Ettore Lattanzio. « Il y avait beaucoup d’engouement et j’ai bien aimé prendre part à cette rencontre. Je suis content de l’avoir gagnée et c’est intéressant de revoir cette tradition renaître », mentionne le receveur Maxime Mireault.

Point culminant en basket-ball
Selon Dax Dessureault, un ancien joueur de basket-ball des Gee-Gees entre 2004 et 2009, les confrontations OttawaCarleton servaient à déterminer la meilleure formation du circuit. « C’est souvent le match qui détermine la meilleure équipe au pays », avait-il confié. Il semble que la saison 2013-2014 n’ait pas fait exception à cette règle. En basket-ball masculin, les deux équipes ont trôné au sommet du classement durant toute la saison et les

finales provinciale et nationale ont opposé les deux équipes. Les Ravens de Carleton sont la seule équipe à avoir battu le Gris et Grenat au cours de la saison. La rivalité a atteint un point culminant cette dernière année puisque les Gee-Gees ont vaincu les Ravens pour la première fois depuis 1993. Après cette victoire de l’U d’O au championnat de l’Ontario, la rivalité s’est élevée d’un cran, explique Jean Emmanuel Pierre des Ravens. « On avait faim de battre les Gee-Gees après cette défaite-là », raconte-t-il en ajoutant que son équipe s’est entraînée encore plus fort qu’à l’habitude après avoir subi un revers aux mains du Double G. Pour les deux équipes, l’envie de vaincre l’autre formation est l’une des principales motivations lors des entraînements. « J’adore les confrontations entre Ottawa et Carleton parce que ça donne toujours les meilleurs matchs », estime Terry Thomas des Gee-Gees, qui avait vécu une rivalité semblable avec son ancienne équipe à l’Université Saint-Francis-Xavier. En basket-ball féminin, la rivalité a elle aussi été au cœur des préoccupations des deux équipes. Les Ravens ont remporté le premier duel, les Gee-Gees le deuxième lors de la Classique de la Capitale et les Ravens ont fini par éliminer le Double G lors des matchs éliminatoires. Pour expliquer l’importance de la rivalité pour son équipe, la joueuse de deuxième année Julia Soriano a mentionné que le « meilleur moment de la saison a été de battre Carleton et le pire moment de perdre contre Carleton ». Plusieurs autres Gee-Gees partagent le même avis. En ce qui a trait aux autres disciplines sportives impliquant les deux équipes, la rivalité semble moins importante. Dans la majorité des cas, cela s’explique par le fait que les deux équipes ottaviennes ne sont pas du même niveau dans les classements. Néanmoins, il semble y avoir un engouement auprès des partisans, qui sont plus nombreux lors des affrontements entre les deux formations.

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SPORTS
ATHLÈTE FÉMININE DE L’ANNÉE

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7 avril 2014

JULIA FRANCKI

TERRY THOMAS

ATHLÈTE MASCULIN DE L’ANNÉE

Photo Ayoub Ben Sassi

Photo Yulia Mikhailovna Teryaeva

Louis-Charles Poulin Chef de pupitre Difficile de croire que le numéro 13 est un signe de malchance pour Terry Thomas, puisque celui-ci a connu une saison exceptionnelle en portant ce numéro avec le Gris et Grenat. Malgré le fait que Thomas ait seulement pu jouer lors de la deuxième moitié de la saison, il est devenu un basketteur essentiel à la formation d’Ottawa. En effet, le joueur originaire de la Nouvelle-Écosse a cumulé un total de 314 points en disputant 14 matchs de saison régulière avec les Gee-Gees. Il est le quatrième meilleur joueur au pays pour le nombre de points par match cette saison, avec une moyenne de 22,4. Le joueur de quatrième année a également établi un nouveau record d’équipe en marquant 44 points dans un même match. Il a aussi atteint le

Ghassen Athmni Rédacteur en chef La récipiendaire du prix de meilleure joueuse de la division Est des Sports universitaires de l’Ontario (SUO) a également été nommée dans les premières équipes étoiles des SUO et du Sport interuniversitaire canadien (SIC). Avec l’arrivée de Chantal McFetridge à l’entrejeu, Francki a avancé d’un cran et a bénéficié de plus de liberté pour évoluer dans un rôle de milieu box-to-box peu commun dans le soccer féminin. Cette mutation s’est traduite
Photo Jérôme Simon Photo Ayoub ben Sassi

par un plus grand apport offensif et des buts superbes de l’extérieur de la surface, en tir tendu ou sur coup-franc. Malgré cette évolution tactique, les qualités de battante qui l’ont démarquée au début de son parcours sont toujours là. Avec un gabarit relativement petit, elle n’hésite pas à aller au contact et à se montrer agressive, ce qui tranche souvent les duels en sa faveur. Elle compense également sa petite taille par une très bonne détente lors des coups de tête défensifs. Alors qu’elle a soigné sa frappe de balle et ses dribbles, il lui reste à améliorer son jeu de passe afin de pouvoir distiller plus de ballons décisifs.

cap des 40 points à une autre reprise au cours de la saison. Au-delà des statistiques, Thomas a été un leader au sein de l’équipe, autant sur le terrain qu’à l’extérieur. Avec ses fameux smashs, il a montré une façon bien à lui de motiver ses coéquipiers et d’animer les partisans présents au pavillon Montpetit. Au terme de la saison, le basketteur de six pieds quatre pouces a dit avoir apprécié sa saison avec le Gris et Grenat. Par contre, il a pris la décision de ne pas revenir à Ottawa la saison prochaine. Même si son passage avec les Gee-Gees fut d’une courte durée, Thomas aura marqué le programme de basket-ball de l’Université d’Ottawa avec ses prouesses. Sa carrière ne s’arrête pas là pour autant, puisqu’il a l’intention de poursuivre son rêve de devenir basketteur professionnel.
Photo Yulia Mikhailovna Teryaeva

Mentions honorables
Louis-Charles Poulin Chef de pupitre Myriam et Kelsie English : Les volleyeuses Myriam et Kelsie English ont été dominantes tout au long de la saison. Au classement national, Myriam a terminé au premier rang pour le nombre de services marquants et troisième pour le nombre de points par manche, avec une moyenne de 4,8. Pour sa part, Kelsie a elle aussi terminé au sommet pour les services marquants avec 43, tout comme sa sœur, et au septième rang pour sa moyenne de 4,1 points inscrits par manche. Natasha Watcham-Roy : La capitaine de l’équipe de rugby, Natasha Watcham-Roy, a terminé sa carrière universitaire avec les Gee-Gees. La joueuse de centre s’est avérée être une leadeuse et une joueuse importante de la formation ottavienne durant ses cinq années avec l’équipe. Maude Laramée : La hockeyeuse Maude Laramée a prouvé qu’il était possible de faire un travail défensif efficace et aussi d’appuyer constamment l’attaque. Au cours de la saison, la défenseure de deuxième année a inscrit 12 points en 10 matchs avec les Gee-Gees. Angela Tilk : La basketteuse Angela Tilk a disputé sa dernière saison avec le Gris et Grenat. Elle a été une joueuse partante présente tout au long de la saison, ayant contribué au succès de son équipe. Pilar Khoury : La joueuse de soccer Pilar Khoury a inscrit 14 buts en 16 rencontres disputées avec le Double G cette saison. Elle a été la deuxième meilleure buteuse au niveau provincial la saison dernière. Stephen Blunden : Le hockeyeur Stephen Blunden a récolté 14 buts et 20 passes en l’espace de 24 matchs cette saison. Le vétéran de quatrième année a été le joueur le plus productif offensivement pour sa formation. Ettore Lattanzio : Le footballeur Ettore Lattanzio a été un joueur de ligne défensive dominant la saison dernière. Il a trôné au sommet du classement national à égalité avec un autre joueur pour le nombre de sacs du quart avec un total de 10. Johnny Berhanemeskel : Le basketteur Johnny Berhanemeskel a marqué en moyenne 20,5 points par match cette année. En novembre, il a également pulvérisé le record de paniers de trois points en inscrivant son 200e en carrière, faisant de lui le meilleur marqueur de l’histoire de l’Université d’Ottawa pour ce type de lancer.

Photo Ayoub Ben Sassi

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7 avril 2014

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SPORTS

RECRUE MASCULINE DE L’ANNÉE

Rock Régimbald
Photo Léa Papineau Robichaud

ENTRAÎNEUR DE L’ANNÉE

Jamie Barresi
Photo Léa Papineau Robichaud

Louis-Charles Poulin Chef de pupitre Malgré qu’il soit un joueur recrue avec Ottawa, Rock Régimbald est en réalité un attaquant expérimenté puisqu’il provient de la Ligue de hockey junior majeure du Québec (LHJMQ), ayant joué pour les Saguenéens de Chicoutimi et les Olympiques de Gatineau. Parmi les joueurs recrues évoluant à l’Université d’Ottawa, Régimbald est celui qui a le plus ressorti avec les performances qu’il a offertes au cours de la saison. Il a terminé au quatrième rang de son équipe pour le nombre de points cumulés, derrière Stephen Blunden, Matthieu Tanguay-Theriault et Alexandre Touchette. En
Photo Léa Papineau Robichaud

25 rencontres, l’ancien joueur de la LHJMQ a récolté un total de 18 points en orchestrant 3 buts et 15 passes. Régimbald est aussi un joueur physique qui n’a pas peur de s’imposer et de prendre sa place sur la patinoire. Cependant, cette facette de son style de jeu a fait en sorte qu’il a été le hockeyeur le plus pénalisé au sein des Gee-Gees, avec un total de 56 minutes passées au banc des punitions. Malgré ses nombreuses pénalités, Rock Régimbald a été un joueur qui a apporté beaucoup de profondeur aux Gee-Gees au cours de la dernière saison. Le joueur d’origine gatinoise s’est dit satisfait de sa saison et croit s’être bien adapté au hockey universitaire, qui présente quelques différences à celui de la LHJMQ.

Louis-Charles Poulin Chef de pupitre L’équipe de football des Gee-Gees ne regrette sans doute pas son choix d’avoir confié le poste d’entraîneur-chef à Jamie Barresi. Celuici a fait un travail remarquable pour sauver les meubles et s’assurer que sa formation reparte du bon pied après une année 2012 difficile. En effet, l’équipe avait dû composer avec le départ de leur entraîneur-chef et avec le congédiement de son remplaçant par la suite. Après la saison de 2012, l’équipe s’était retrouvée sans entraîneur-chef et c’est à ce moment que Barresi a été embauché par le Service des sports. Sous les directives de Barresi, le Double G a réussi à accéder au premier tour éliminatoire avec une fiche de 5-3 en saison régulière, ce qui représen-

te une nette amélioration comparativement à la fiche de 2-6 de l’équipe l’an dernier. Tout au long de la saison, le nouvel entraîneur a été exigeant envers son équipe et a constamment pointé du doigt les lacunes de sa formation. Il a notamment souvent répété qu’il souhaitait que ses joueurs soient plus disciplinés pour éviter d’être pénalisés. En insistant autant sur certains aspects, cela a motivé ses joueurs à se surpasser pour corriger leurs erreurs. Les joueurs du Double G interrogés au cours de l’année ont souligné que l’arrivée de Barresi a été positive pour l’équipe. Les footballeurs ont semblé apprécier la franchise et le style de jeu de leur nouvel entraîneur. Il sera intéressant de voir si la troupe de Barresi sera capable de se surpasser l’an prochain comme elle l’a fait lors de la dernière saison.

RECRUE FÉMININE DE L’ANNÉE

Vickie Lemire
Léa Papineau Robichaud Adjointe à la rédaction Difficile de ne pas avoir remarqué la jeune hockeyeuse de Saint-Lazare lors de n’importe quel match cette saison. L’attaquante qui en était à sa toute première année avec les Gee-Gees a joué avec fougue et intensité tout au long de la saison, en épatant plusieurs avec son sens du jeu aiguisé. Vickie Lemire a terminé au premier rang des meilleures marqueuses de son équipe avec 4 buts et 11 mentions d’assistance, pour un total de 15 points en 20 parties. Avec ces statistiques, elle a également

achevé la saison au 11e rang du classement du Réseau des sports étudiants du Québec (RSEQ) et première chez les recrues du circuit. Ses prouesses lui ont en plus permis de se retrouver sur l’équipe étoile des recrues du RSEQ. « C’est une fille qui a le cœur gros comme la terre. Elle a démontré du leadership cette année. C’est une fille qui travaille fort. Elle est toujours la première sur la glace et le dernière à sortir », souligne l’entraîneur-chef Yanick Evola. On peut s’attendre à la voir jouer un rôle important dans l’équipe l’année prochaine.

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SPORTS
ÉQUIPE MASCULINE DE L’ANNÉE

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7 avril 2014

Basket-ball masculin
Louis-Charles Poulin Chef de pupitre
Photo Winston Chow

La troupe de l’entraîneur James Derouin a disputé la meilleure saison de son programme. L’équipe a fracassé de nombreux records, notamment avec ses 20 victoires en saison régulière, une de plus que la meilleure marque précédente. Le Double G a maintenu la deuxième place du classement national tout au long de la saison. L’équipe a clôturé cette campagne en participant pour la première fois de son histoire à la finale nationale, où elle s’est inclinée face aux Ravens de Carleton. L’un des moments marquants de 2013-2014 pour la formation ottavienne est sans aucun doute sa poussée victorieuse face aux Ravens lors de la finale du championnat de l’Ontario. Cette victoire représente une réalisation importante pour les basketteurs des Gee-Gees, qui n’avaient pas vaincu Carleton depuis 1993. Le Gris et Grenat a également marqué en moyenne 96,6 points par match, pour surpasser la précédente marque de l’équipe qui était de 92,7. Le record pour le nombre de trois points de 209 a lui aussi été battu par la marque de 248 cette année. En ce qui a trait aux performances individuelles, plusieurs joueurs ont également pulvérisé des records personnels. L’ensemble de la formation s’est dit fier de cette saison historique. Les basketteurs ont dit avoir apprécié l’ambiance et l’esprit d’équipe qui régnaient tout au long de la saison.

ÉQUIPE FÉMININE DE L’ANNÉE

Rugby
Léa Papineau Robichaud Adjointe à la rédaction

MATCH DE L’ANNÉE

Photo Jérôme Simon

Finale du championnat provincial en basket-ball masculin
Photo Winston Chow

L’équipe de rugby féminine de l’Université d’Ottawa a connu sa meilleure saison depuis 1996, lorsque l’équipe avait accumulé un total de 16 points en neuf matchs. Cette année, les Gee-Gees ont terminé troisièmes au classement du Réseau des sports étudiants du Québec (RSÉQ) avec cinq victoires en sept matchs pour un total de dix points. Les deux seules équipes à avoir résisté au Double G sont Concordia et McGill, qui ont d’ailleurs terminé respectivement en première et deuxième position au classement. Après avoir connu quelques saisons plutôt ordinaires, l’équipe a subi une vague de changements cette année avec 13 nouvelles joueuses, en plus d’une toute nouvelle entraîneuse-chef, Jennifer Boyd. Cette dernière a repris les rênes de belle façon, donnant la soif de gagner à ses joueuses. La capitaine de l’équipe, Natasha Watcham-Roy, a brillé tout au long de la saison, se taillant d’ailleurs une place sur l’équipe d’étoiles du Sport interuniversitaire canadien (SIC). Irene Patrinos, Mélanie Blanchard, Nathalie Palmer et Simon Savary ont aussi su mettre la main à la pâte lors des victoires de leur équipe.

Léa Papineau Robichaud Adjointe à la rédaction Le match disputé par les Gee-Gees le 1er mars dernier à l’Université de Toronto a eu l’étoffe d’un scénario de film. Les troupes de James Derouin affrontaient leurs plus grands rivaux et les seuls à avoir réussi à les vaincre en saison régulière, les Ravens de Carleton. L’enjeu : la Coupe Wilson et le titre de champions provinciaux. Les deux équipes se sont disputé un match des plus serrés. Jamais plus de dix points n’ont séparé les deux équipes. Le tout s’est joué dans les derniers instants du match. Le Double G a connu une séquence de

10-2, ce qui leur a permis de réduire l’écart à seulement un point. L’équipe du Gris et Grenat a su maintenir un faible écart grâce entre autres à deux paniers de trois points de Johnny Berhanemeskel ainsi qu’à une interception de Caleb Agada, suivis d’un panier de Gabriel Gonthier-Dubue. Il ne restait que 22 secondes au tableau indicateur. Les Gee-Gees menaient par un seul point, 76-75. L’un des meilleurs joueurs au Canada, Tyson Hinz, y est allé d’un panier de deux points pour redonner les devants aux siens. Berhanemeskel a répliqué alors qu’il ne restait que 0,5 seconde au match, réussissant l’un des plus beaux lancers de sa carrière. C’est ainsi que les Gee-Gees ont mis la main sur la Coupe Wilson, une première depuis 1993.

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7 avril 2014

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SPORTS

iiiiiiiiiiiiiiiiiiii ATHléTISME iiiiiiiiiiiiiiiiiiii
Andy McInnis voit l’avenir de son équipe positivement
Louis-Charles Poulin Chef de pupitre avoir? AM : Il doit être passionné par son sport et il doit s’impliquer à fond. L’athlète doit constamment travailler fort dans le but d’être le plus rapide et le plus endurant possible. Cela varie souvent selon le genre de compétition que l’athlète entreprend. Parfois, les compétitions sont très serrées et c’est celui qui a la meilleure génétique qui l’emporte. L’athlétisme est un sport complexe, puisqu’il faut pratiquer beaucoup de techniques tout en ayant de bonnes capacités physiques. LR : Quel est votre meilleur moment de la dernière saison? AM : Ce qui me rend le plus fier, c’est de voir des étudiants-athlètes mettre beaucoup d’efforts et de travail pour bien performer, autant au niveau sportif qu’au niveau scolaire. Qu’un athlète ait gagné ou perdu à la fin n’a pas vraiment d’importance, ce sont les efforts et le chemin qu’il a faits pour s’améliorer qui sont importants pour moi. LR : Vous avez réussi à envoyer neuf athlètes au championnat des SIC. Êtesvous content de leurs performances? AM : Nous avons envoyé une femme et huit hommes. Sur ces neuf athlètes, notre pire positionnement a été une cinquième place et nos quatre athlètes qui étaient en compétitions individuelles ont remporté une médaille. C’est une très bonne statistique, donc cette compétition a été très positive pour nous. LR : Comment envisagez-vous la prochaine saison? AM : Nous avions une très jeune équipe cette année, composée à 60 % d’athlètes qui en étaient à leur première année. Il faut donc travailler beaucoup avec eux pour les guider dans la bonne direction et ça demande beaucoup d’efforts. L’équipe sera encore plus jeune l’an prochain, puisqu’on va ajouter des recrues à l’équipe prochainement. Il y a un bel avenir pour notre équipe d’athlétisme.

Dans le but d’en apprendre davantage sur la dernière saison des Gee-Gees en athlétisme, La Rotonde a interrogé l’entraîneur de l’équipe, Andy McInnis, en poste depuis cinq saisons.
La Rotonde : De manière générale, la dernière saison fut-elle bonne pour l’équipe d’athlétisme? Andy McInnis : C’est une question difficile à répondre puisque je dirige une équipe composée de beaucoup d’athlètes. Certains ont connu une bonne saison, tandis que pour d’autres, ça a été plus difficile. Je dois entraîner les athlètes individuellement et non en tant qu’équipe, parce que chaque personne a ses propres forces et faiblesses. LR : Dans votre sport, quelles sont les qualités primordiales qu’un athlète doit

L’entraîneur Andy McInnis- Courtoisie Service des sports

Une « saison mémorable et historique » pour Sekou Kaba
Louis-Charles Poulin Chef de pupitre

La Rotonde a également réalisé une entrevue avec le coureur de haies Sekou Kaba, qui a connu sa meilleure saison en carrière. Lors du championnat national, il a remporté une médaille d’or et fracassé un record vieux de 30 ans.
La Rotonde : Considères-tu la dernière saison comme étant une bonne saison pour toi et ton équipe? Sekou Kaba : Oui, certainement. Habituellement, à cause des standards requis, il est rare qu’on envoie autant d’athlètes au championnat national. Je suis très fier des résultats que nous avons eus. En 12 années de carrière, c’est sans aucun doute ma meilleure saison pour les compétitions intérieures comme nous faisons. Pour ma part, je dirais que j’ai fait une saison mémorable et historique.

même que ce serait possible de me voir aux Olympiques d’été qui auront lieu dans deux ans. Je dois par contre réussir à atteindre les standards requis. LR : Même si ta saison avec les GeeGees est terminée, tu continues sûrement à t’entraîner pendant l’été pour en arriver aux Jeux olympiques? SK : Oui, ce sont les compétitions extérieures qui commencent. Il y a beaucoup d’évènements prévus prochainement. Cet été, je tenterai de me qualifier dans le but d’avoir une place au sein de l’équipe canadienne et performer dans des niveaux supérieurs. LR : Pour terminer, qu’aimerais-tu souligner par rapport à la dernière saison des Gee-Gees? SK : À mon avis, nous avons prouvé cette année que l’équipe d’athlétisme est l’une des meilleures équipes sur le campus de l’Université d’Ottawa. Nous avons prouvé que malgré que nous n’ayons pas autant de financement ou d’attention médiatique que les autres équipes, nous sommes une équipe performante et qui représente bien l’Université. Je crois qu’il est important de mettre de l’avant nos accomplissements et de faire connaître davantage notre sport.

Sekou Kaba- Courtoisie Service des sports

LR : Pourquoi es-tu si fier de ta saison? SK : Au championnat national, j’ai remporté la médaille d’or au 60 mètres haies et j’ai fracassé un record de vitesse datant de 1984. C’est un record qui était vieux de 30 ans. J’ai réalisé mon parcours en 7,79 secondes pour battre le record de l’olympien Mark McKoy de 7,83 secondes. En réussissant cet exploit au championnat canadien, je ne pouvais pas demander mieux.

LR : Tu as fracassé un record détenu par un athlète qui s’est rendu aux Jeux olympiques. Peut-on s’attendre à te voir atteindre ce niveau-là un jour? SK : C’est la raison pour laquelle je travaille aussi fort. Si je continue de travailler fort et je reste concentré, je suis persuadé que j’atteindrai les Jeux olympiques. Je crois

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SPORTS

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7 avril 2014

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii Natation iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
Un nouvel entraîneur impliqué à « 100 % avec les Gee-Gees »
« On a vraiment des entraîneurs excellents »
Louis-Charles Poulin Chef de pupitre

- Marie-Pier Daigle

La Rotonde s’est également entretenue avec Marie-Pier Daigle, qui vient de compléter sa première année avec l’équipe de natation. Tout comme son entraîneur, elle dresse un bilan positif de sa saison.
La Rotonde : Comment as-tu trouvé ta première année avec les Gee-Gees? Marie-Pier Daigle : J’ai adoré ça. On a vraiment des entraîneurs excellents. Ils rendent les entraînements amusants et ça rend l’expérience agréable. L’équipe d’entraîneurs comprenait que nous avons nos études comme priorité. Ils ont fait un très bon travail et je n’aurais pas réussi à me rendre au championnat national sans eux. LR : Comment tes entraîneurs t’ont-ils aidée à t’améliorer? MPD : J’avais pris une pause de deux ans et lorsque j’ai recommencé à nager, je n’étais pas aussi rapide qu’auparavant. Les entraîneurs m’ont acceptée dans l’équipe et m’ont beaucoup encouragée pour me donner confiance.
Paige Anderson et Eryn Weldon en compagnie de leur entraîneur Dave Heinbuch - Courtoisie Servie des sports

Louis-Charles Poulin Chef de pupitre

La Rotonde a rencontré l’entraîneur de l’équipe de natation, Dave Heinbuch, au terme de sa première année complète à la barre des Gee-Gees. Il se dit satisfait des résultats de sa formation au cours de la saison.
La Rotonde : Comment avez-vous trouvé votre expérience en tant qu’entraîneur de l’équipe de natation des Gee-Gees? Dave Heinbuch : J’ai vraiment aimé mon retour au niveau universitaire, car ça faisait 20 ans que je n’avais pas entraîné à ce niveau. Les autres membres entraîneurs et moi sommes bien contents de la tournure de la saison. LR : Avez-vous imposé ou apporté des changements à la façon de faire au sein de l’équipe? DH : Non pas vraiment. Sans avoir vrai-

ment changé les choses, je me suis grandement impliqué puisque je pouvais me consacrer à 100 % avec les Gee-Gees. Auparavant, il m’était arrivé d’entraîner plus d’une équipe à la fois. Je crois que pour moi, le plus gros changement était d’avoir pu me concentrer uniquement sur les Gee-Gees. LR : L’équipe a-t-elle obtenu de bons résultats au cours de la saison? DH : Oui, particulièrement au championnat de l’Ontario où l’équipe masculine a terminé en quatrième position et l’équipe féminine en cinquième. Au championnat canadien, nos nageuses ont réussi leur meilleure performance en terminant au huitième rang au classement national. Les hommes eux ont terminé au 11e rang. Lors de ces championnats, nous avions dix athlètes qui performaient et nous sommes revenus avec deux médailles. LR : L’équipe de natation des Gee-Gees est composée de plusieurs athlètes. Est-ce difficile d’être présent pour tous ces athlètes? DH : L’une des choses les plus difficiles pour la majorité de ces athlètes, c’est que je suis leur troisième entraîneur en quatre ans. J’ai es-

sayé de m’adapter à chacun et de laisser les choses aller pour voir la manière dont les athlètes performaient. Il est parfois difficile de trouver l’entraînement qui colle spécifiquement avec chaque athlète et je dirais que je me suis bien débrouillé. Par exemple, certains s’entraînent pour des distances courtes, mais plus rapides. D’autres performent sur des distances plus longues, donc il faut travailler l’endurance. Je connais davantage mon équipe et ce sera encore plus facile pour moi l’an prochain. LR : Y a-t-il des activités de prévues pour l’équipe de natation cet été? DH : Nous continuons à nous entraîner selon l’horaire normal jusqu’à la fin du semestre. La majorité des athlètes pendant l’été retournent dans leur région et s’entraînent avec d’autres équipes. Pendant l’été, je vais avoir la tâche de recruter des nageurs et nageuses pour les intégrer à l’équipe. Notre objectif est d’ajouter dix hommes et dix femmes à notre équipe d’ici l’an prochain. Si nous réussissons à recruter les nageurs que l’on veut, je suis persuadé qu’on peut faire partie des trois meilleures équipes de l’Ontario l’an prochain. Notre objectif est d’encore mieux performer lors des championnats provincial et national.

LR : Quelles sont les compétitions que tu as appréciées le plus? MPD : J’ai particulièrement aimé les championnats provincial et national. J’ai réussi à me classer dans les 15 meilleures nageuses dans mes deux nages au championnat national. Aussi, avant Noël, j’ai bien aimé la compétition où j’ai réussi à me qualifier pour le championnat national. Nous étions six filles et quatre gars à s’être qualifiés pour ce championnat et j’étais contente d’y participer. LR : Y a-t-il un bon esprit d’équipe au sein des Gee-Gees? MPD : Au niveau universitaire, c’est vraiment axé sur la performance de l’équipe. C’est une atmosphère différente que ce qu’on retrouve ailleurs. C’est sûr qu’on veut en premier lieu s’améliorer individuellement, sauf que lorsque l’équipe performe bien, on est vraiment contents aussi. LR : Quelles sont d’après toi les qualités les plus importantes que doit détenir une nageuse? MPD : Elle doit être déterminée, qu’elle veut s’entraîner et qu’elle aime son sport. Il faut aussi qu’elle soit une bonne coéquipière et prête à travailler en équipe.

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7 avril 2014

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ÉPIGRAMMES

Fuir
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Monsieur l’archipope Toto En le mardi 25 mars de l’année 2014 se tenait en le pavillon Arts, à cinq heures sonnantes et trébuchées, la conférence du très très savant et doctissime monsieur Bénito-Fragrance, et dont l’intitulé donnait : Fuir avec le feu. Moi et ma collaboratrice (l’indigeste Mme. Fifi) nous nous sommes rendus sur les lieux pour prendre le pouls du pédantisme universitaire actuel (il se porte bien, n’ayez crainte). Nous fûmes tout d’abord (et comme d’emblée) étonnés de constater que cet affabulateur avait grande affluence à sa cour, qu’il avait courtisans (et des plus distingués!) à son service et qu’il existait des gens (car c’est bien ce qu’ils sont) pour se réjouir de ses sornettes délirantes. Nous épargnerons ici les disciples du maître, par pure bonté d’âme et candeur de plume. Toujours est-il que, avant que ne commença la conférence, cet énergumène nous fit la gracieuseté d’une salutation personnalisée adressée à chacun de nous, ses très joyeux convives. Il se dirigea, en dernier, vers le fond de la salle où nous étions assis, moi et ma comparse (l’hystérique pamphlétaire Mme. Titi), et serra la susdite pince dument à l’auteur de ses lignes, qu’il prétendit ne pas reconnaitre pour tel (couardise!). Il prit la parole, flanqué de ses acolytes de la Pissotière à Baudelaire dont un se signalait particulièrement par son extravagance capillaire, il remercia encore chacun de nous personnellement, se hasarda à deux ou trois considérations d’ordre météorologique et débuta net, frette, sec et tout de go la lecture d’un texte, à chier comme on peine à y croire, qu’il avait écrit pour la circonstance et qui, véritablement, était pitoyable et dégoulinant de suffisance. Il nous en fit une lecture haute en couleurs, ponctuée de pauses oratoires, de regards vagues et vers le sud (il y est

ÉPIGRAMMES

Tua Culpa
Mademoiselle Fifi Le feu : un vent capable d’exciter l’onanisme narcissique d’une coterie fascinée par le brouillard bancal soufflé par les propos fangeux d’un gourou aux prétentions hypocritement modestes qui s’émoustille à hypnotiser ses apôtres dans la complaisance de son échec de consécration; le tout servi avec cette mondanité typiquement universitaire de l’arrivisme soi-disant raffiné, du « populisme de pacotille » faussement dédaigné par l’appétit grotesque d’un carriérisme prêt à vous berner en vous faisant croire qu’il n’aime pas parler de lui avant d’enchaîner inlassablement expérience insignifiante après expérience insignifiante sur nulle autre chose que ses phantasmes et ses traumatismes personnels. Discours qui, au bout du compte, s’avère insipide parce qu’on ne récolte rien à fomenter du vide, fallacieux parce que convaincu dans son mensonge, paradoxal dans le génie de sa nullité, et qui n’a d’original que d’amasser la poussière entre les sections de jardinage et d’ésotérisme dans les bibliothèques municipales. Nous anticipons son réflexe : rapporter ces phrases à une mécompréhension quelconque ou à un mauvais goût relevant de la convoitise, accuser la gifle, tendre l’autre joue avec pitié, dédain ou haine, enfin imputer cette catharsis (le terme est de lui) à ce manque de sensibilité propre à l’artiste — sensibilité constituante du feu il va sans dire. Oh! nous aimerions pouvoir disséquer avec vous ces ordures, analyser leurs composantes littéraires, mais l’homme est maladroit : aux téméraires désireux de s’attarder plus longuement à ce mystérieux feu, il répond volontairement (volontairement, parce que nous lui reconnaissons beaucoup d’intelligence) en divaguant. En vérité, nul ne sait (pas même lui — le « beaucoup » précédent était de trop) ce qu’on entend par « feu ». À l’interrogation, il faut imaginer la réplique, quelque chose du genre : « Le feu ne peut se comprendre que dans la dialectique d’un moi et d’un surmoi : il est cette ambiguïté refoulée dans la fourrure des lamas : on ne le saisit qu’en laissant glisser nos doigts sur ce duvet totalisant. » Remarquez que, loin de s’en plaindre, la plupart s’extasient des miettes byzantines qu’on leur jette, et, conséquemment, participent à cette mauvaise mascarade. Mais nous insistons : laissez ces graines germer au soleil de l’entendement et vous ne récolterez qu’un amas de lieux communs, les dépouilles nauséabondes du déjà-vu mille fois mieux exprimé. Nous précisons. Les extraits qu’il nous a été pénible d’écouter s’articulaient autour de deux figures aujourd’hui analysées avec brio dans les annales littéraires : le poète maudit et l’homme fatal. Non pas qu’on ne puisse rien faire de bon avec ces topiques; mais la fresque du peintre est digne d’un des travaux qu’il corrige dans ses classes de prosélytisme créatif. Le personnage, un homme investi par l’expérience de l’Art malmené (les beaux-arts argentins, les graffitis) sinon inconnu (« Je parle d’un monde qu’on ne connait pas ici. »), du voyage (implicitement forcé donc inaccessible aux masses et réservé aux exilés) et libre des contingences ordinaires, fascine ces contemporains (il « pétrifie » ceux qu’il regarde, pulvérise de ses poings le violent) sur fond de mauvais dialogues hollywoodiens ou fétichise par réminiscence (comme Proust, mais sans aucune recherche) ce qui fait son unicité. Car — au cas où vous n’auriez pas encore compris — : « C’est le Christ venu du bout du monde. » Allez savoir pourquoi, ce prophète a les cheveux noirs, un teint basané, une voix grave, un accent difficile à retracer et se promène dans les cafés (indice : autoreprésentation). Mais je passe : ces fautes, si elles en constituent vraiment, relèvent peut-être d’un manque d’« attention » (jeu de mots permis par Yourcenar). Plus intrigants s’avère la structure phallocratique à peine déguisée, le culte et la recherche effrénée d’un père, la mélancolie d’un enfant et d’une mère conditionnée par cette absence; douce maman qui mourra brûlée dans une maison quand le monde de l’enfance du protagoniste sera détruit et sa mission pleinement révélée (piètre symbolisme); mission apparentée, évidemment, à celle du père (il vivra lui aussi l’exil, l’incompréhension); car les deux — la mère et le père — ne sauraient s’harmoniser dans la logique du récit (ce qui est étrange puisque dans la conférence la consanguinité entre le monde de l’artiste et l’enfance avait été faite; rapprochement, dans tous les cas, qui se rattache à une longue tradition). L’ensemble écrit par un être qui ne se réclame pas (tout à fait) de la psychanalyse et qui prétend dissocier théorie et fiction (oui, car il faut préciser que Bachelard, lui, s’occupe d’épistémologie). Malheureusement, celui qui lira dans cette même fiction : « Je ne suis pas un stéréotype. », n’y croira pas. Que l’artiste (faisons-lui plaisir) crée, nous l’applaudissons. Que ses créations soient mauvaises, nous lui pardonnons. Mais qu’il pourchasse avec zèle un capital symbolique (n’oublions pas son dédain pour le « populisme de pacotille »), qu’il s’acharne avec entêtement à nous expliquer son originalité, qu’il considère sa vision du monde comme détentrice d’une vérité — de la vérité : le feu —, qu’il pense parvenir à la gloire en s’accrochant fermement (tristement si honnêtement) à une caricature et qu’il entraîne dans son délire d’aspirants intellectuels, nous le condamnons. Car ce professeur, dût-ce cela l’offenser, n’a rien d’un Prométhée, et de sa flamme, pour l’instant, nous ne trouvons rien de mieux que de nous torcher le cul.

(comme on peut)
né), de soupirs suaves comme des guitares (espagnoles), de digressions larmoyantes sur la dictature et sur son papa, artiste-peintre, résistant, qui avait des maitresses et était un sale type aussi car il avait abandonné maman. Je crois, sauf erreur, que c’est à ce moment précis qu’il s’interrompit pour nous répéter, une troisième fois si j’ai bonne souvenance (que Dieu m’en garde!), qu’il n’aimait pas beaucoup parler de lui. Il conclut ce premier texte en annonçant le suivant ; nous comprîmes alors que nous allions assister, pour le meilleur et pour le pire, à une interminable et assommante lecture, pour ainsi dire, contre notre gré. Mais surprise, une jeune dame vint assurer le rôle de narratrice principale alors que l’imminent romancier, tout humble qu’il est, s’était décerné le rôle du personnage latinoténébreux que les femmes s’arrachent, poète à l’âme tempétueuse et incompris parmi la fange. Nous parvînmes, de peine et de misère, à survivre à cette seconde charge de la connerie (car c’était peu cavalier) quand arriva, tout juste à point et servi bien tendre, le temps des questions. Alors là, et à cet instant seulement, par les grâces sans doute du seigneur, je fus comme illuminé d’un grand bonheur, un sourire béat vint s’inscrire sur mon visage et je compris, il me semble, que mon rôle en ce bas monde était dorénavant de propager la parole du prophète. J’allai choir à ses pieds, dans une complète et totale repentance et lui offris mes plus plates excuses. Soulevée par un enthousiasme nouveau et sans doute ragaillardie par une si pure démonstration du cœur, la foule fut prise d’un inexplicable délire spasmodique, d’une sublime fièvre, et tous se mirent à danser une farandole en implorant la clémence du ciel et du prophète. Nous copulâmes ensuite tous comme de vils animaux. Telle fut la conférence du sieur Bénito-Fragrance, je le jure sur mon honneur.

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EPIGRAMMES
LITTLE FEET

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7 avril 2014

5. Révélations
Raph Koukamboulou-Yoyo Bien que tout fût différent de Steindorf, Little s’était habitué à sa première semaine sur Burbec, la Terre des Hommes-pouces. Helmet en sa qualité de bricoleur lui avait montré toutes sortes d’inventions. Par un après-midi d’hiver, Prospin avait révélé à Little Feet l’existence du vieil Algrim. Le vieux libraire de Burbec était très respecté et avait disait-on une connaissance formidable sur le monde. Néanmoins Little avait dû attendre cet après-midi avant de le rencontrer, il fut conduit sur la place de Burbec, devant la demeure du vieil Algrim. - Bienvenue à la plus ancienne librairie de Burbec, annonça Helmet. - Elle était là bien avant que je sois né, renchérit Prospin, en regardant Little Feet du coin de l’œil. -C’est ici que je vous laisse, annonça Helmet qui s’en alla à ses affaires. Une sonnette retentit quand Artus poussa la porte d’entrée. L’endroit ressemblait plus à un magasin d’apothicaire qu’à une librairie. Les livres au papier jauni devaient avoir au moins le double d’années d’Herr Gruber. Little se rappela avec tristesse du marin. Albin Gruber aimait lire ; il n’avait pas réussi à lui transmettre sa passion pour la lecture, mais Little adorait écouter les histoires. L’intérieur de la librairie de Burbec sentait le bois vieilli, et des manuscrits s’empilaient dans les hauteurs sur de nombreuses étagères. Perché tout en haut d’une échelle, contre une rangée de livre, un libraire d’un grand âge toisa les nouveaux venus de derrière ses lunettes rondes. Le nain descendit du rayonnage pour accueillir les arrivants. Artus et Prospin saluèrent avec déférence le vieil Algrim. Artus se tourna vers Little. -Voici Sait tout-sur-tout, lui dit-il Algrim était surnommé Sait tout-sur-tout par les honnêtes gens de Burbec, il avait lu des centaines de livres sur le monde et savait tout ce qui se passait au-delà des montagnes et des lieux interdits ; il possédait une connaissance époustouflante sur la lumière du monde. Sait tout-sur-tout les invita à le suivre dans l’arrière boutique, il eut ainsi tout le loisir de discuter avec les nouveaux venus à l’abri des oreilles indiscrètes. Les compagnons prirent place derrière d’épais rideaux, sur une table de bois et le vieil Algrim s’enquit du nom de Little. -Comment t’appelles-tu mon garçon? -Little Feet. -Drôle de nom pour un Grand-Homme, dit-il avec un sourire chaleureux, bienvenue à Burbec. Un Grand-Homme était ce que l’on aurait considéré dans le monde d’en haut comme une personne de taille normale. Algrim connaissait visiblement Margareten. -Tu es un garçon très spécial, adressa-t-il à Little. Little Feet attendait patiemment d’entendre ce qu’Algrim avait à lui annoncer. « Le monde est maléfique petit homme. » ditil en commençant son récit. « …À l’origine du monde, il n’y avait pas de lumière. L’obscurité la plus complète régnait sur les vallées, une nuit sans lune, noire comme le charbon recouvrait le monde. Un jour, la lumière est apparue, bien avant les Grands-Hommes. Elle éclairait la Terre des géants, les montagnes des nains, ainsi que les neiges éternelles des vallées d’Asgor. » Little remarqua qu’Artus réagit à ce nom, comme l’on réagit à l’annonce de quelque chose de mauvais. « Les rois géants se sont emparé de la lumière. » poursuivit Algrim. Little était captivé par son récit, le bibliothécaire avait de fabuleux talents de conteur, il avait un don pour raconter les histoires, comme dans les livres d’Albin Gruber. « Une série d’expéditions s’en suivirent pour récupérer la lumière du monde de l’emprise des géants, des guerres qui mirent des villages entiers à feu et à sang. Les nains loyaux dérobèrent la lumière aux rois géants et l’enfermèrent dans un diamant indestructible, mais le diamant fut ensuite volé aux nains par les Hommes qui jurèrent de le protéger et prêtèrent sermon à leur roi, il fut ainsi transmis de génération en génération. On raconte que le diamant émet une puissante lumière comparable à dix soleils, et que grâce à lui le jour se lève chaque matin. Des forces surnaturelles et inhumaines tentent de s’en emparer. Elles servent les noirs dessins de Kodor le maléfique, on l’appelle le Grand Alchimiste. » Little repensa alors à l’étrange rêve qu’il avait fait lors de sa venue sur Burbec. Algrim un sourire aux lèvres devina à la réaction de Little ce qu’il avait en tête. -Les créatures apparaissent souvent dans les rêves des Hommes à la recherche d’informations sur le diamant de lumière. Elles utilisent différents subterfuges pour arriver à leurs fins. Peut-être en as-tu déjà vu une en rêve? Little subjugué posa la seule question qui lui vint à l’esprit. -Quel est le rapport avec moi? -Eh bien…Il existe un très petit nombre de descendants des gardiens de la lumière du monde. Ta mère était une gardienne du diamant de lumière. Tu as un sang royal Little Feet. Little Feet fut surpris des déclarations d’Algrim -Lui de sang royal! Le garçon du collège Léopold, le plus petit de la classe que l’on choisissait toujours en dernier aux cours de sport. Little passa tout le reste de son séjour au Chapitre, le nom de la librairie du vieil Algrim. Algrim servit du chocolat chaud et Artus qui aimait les sucreries en but goulument. Le vieil Algrim pensif regardait à travers la fenêtre de ses yeux fatigués. -Ta maison est désormais ici Little Feet, nous avons besoin de toi parmi nous, tu poursuivras ta scolarité ici, au pensionnat de la vallée. Reposetoi bien. Les forces du mal approchent. Nos prochains jours risquent d’être sombres. C’est ainsi que commençait l’histoire de Little Feet. Loin de là, dans les ruelles de Vienne, un petit homme avançait au milieu des passants, il avait la démarche boiteuse d’un canard, et un capuchon protégeait son visage. Le nain s’arrêta devant un hôtel miteux. En entrant dans le hall exigu il salua l’homme de la réception, qui ne répondit pas. Le nain enleva sa capuche et constata que quelque chose clochait. L’homme de la réception demeurait immobile. Il avait une pipe à la bouche et on pouvait lire son nom sur des petits papiers du comptoir, Bubble. Le jeune homme ne bougeait pas, parce qu’il était tout simplement congelé, de la tête aux pieds. Une mort atroce. Le nain empli d’effroi devant le visage glacé du réceptionniste trébucha, il se releva la respiration haletante et recula jusqu’à la sortie de l’hôtel. Il ne connaissait qu’une seule chose capable d’une telle horreur, cela voulait dire qu’une très vieille créature était de retour. Le petit homme se retourna et s’enfui en courant dans les rues de Vienne. Fin du livre premier

LETTRE D’OUTREMER
CHRONIQUE HAÏTIENNE

Saluez vos voisins
Élise Vaillancourt Bénévole Veuillez accepter mes excuses pour mon absence de La Rotonde depuis décembre. J’étouffais a force de trop vivre et ça a fait naître une incapacité de synthétiser mon quotidien en 2500 caractères, espaces comprises. Mon séjour de six mois sur la Perle des Antilles s’est clos au Cap-Haitien, ville de plages et de débauche. Preuve : y’a une rue avec une tonne de bars (4) : pas mal jet set comparé à l’unique bar (miteux) des montagnes de Sainte-Suzanne. Pour clore mon stage, j’ai vagabondé quelques jours dans les rues de Port-au-Prince, du tourisme de cataclysme, ou presque. Au final, la ville m’était délicieuse dans son drame quotidien, comme le Plateau-Mont-Royal a pu l’être pour Michel Tremblay, comme mes amis qui avancent que la décrépitude du Vieux-Hull est source de créativité. Mais voilà, comme toute chose se termine, mon expérience haïtienne également. Qui dit fin, dit bilan. Qui dit retour, dit questions.

Et le développement d’Haïti, ça avance?
Haïti est la République des ONG, le contre-exemple traditionnel de tous vos cours de développement international. Deux gouvernements y règnent : celui élu et l’autre, qui s’impose par la bande, celui de l’industrie de l’aide humanitaire. Pourquoi, malgré l’afflux considérable de capitaux financiers mobilisé par la propagande de la misère, ce pays est-il le plus pauvre des Amériques? Parce que les enjeux sont structurels. Et que cette lutte exige un engagement à long terme qui se vend moins facilement auprès du public bien que la production de beurre de peanuts pour nourrir les enfants au gros ventre (ça s’appelle le kwashiorkor, au cas où vous aviez envie de plugger ça au prochain vin et fromages de Vision Mondiale). Haïti a besoin d’équité. La polarisation sociétale y est extrême : d’un côté, des Haïtiens plus riches que les habitants de Westmount (tous réunis ensemble). De l’autre, une population affamée luttant quotidiennement pour sa dignité et l’accès aux services de base. Au sommet : un gouvernement élitiste, trop souvent pantin des intérêts étrangers.

« Dis moi, c’est comment Haïti? »
Por favor, ne me demandez pas de synthétiser mon expérience en dix mots lorsque vous me croisez sur le campus. Essentiellement, il vous faut savoir que ma compréhension de la culture ou de la société haïtienne est pratiquement nulle. Mais c’est justement ce qui a rendu mon expérience culturelle si réussie : accepter l’incompréhension. Un peu comme tu fake de maîtriser le calcul intégral quand tu t’inscris en sciences natures au Cégep (par erreur/peer pressure). Faut éviter de se laisser tenter par la rationalisation des réalités et accepter l’existence de l’irrationnel, du monde de l’émotif, des passions, des pulsions. Épouser notre incompréhension et suivre toutes les opportunités qui vont en découler : On vous invite à une parade pré-carnavalesque dans les rues de Port-au-Prince? À participer à une journée de jeûne sur une montagne? À prendre part à une cérémonie vodou? Dites oui. Les Haïtiens vont, entre autres, vous parler de mysticisme ou de magie. Donnez-vous la chance de les suivre.

« T’as appris quoi des Haïtiens? »
L’échange. Parlons-nous. D’abord, acceptons de ne pas être d’accord. Ensuite, acceptons d’échanger sur

ce désaccord. Acceptons d’avoir des débats constructifs. Pour y parvenir, créons des espaces publics propices à l’échange. Repensons notre relation à l’espace, nos villes, et nos Universités (Y’a pas que moi qui a l’impression d’être dans un centre commercial dans FSS? J’ai toujours peur qu’une Franco-Ontarienne en leggings American Apparel me saute dessus pour m’annoncer qu’il y a un deux pour un sur le programme de sciences po). Plutôt, utilisons nos espaces publics pour revendiquer et partager. Réapproprions-nous le statut de citoyen et détachons-nous de celui de consommateur (lire : soyons des Universitaires et non des clients de l’Université). Le marché haïtien est le lieu collectif par excellence sur l’île Hispaniola, source de tous les partages et d’échanges : des produits, des victuailles… mais surtout des opinions, des histoires et des idées. Lorsque l’Haïtien se fait consommateur, il conserve la proximité avec sa collectivité, il demeure loin de la froideur plastique de la pensée individualiste. L’absence d’espace public dans FSS et sur le campus fait de nous des consommateurs qui se magasinent un diplôme pour la reconnaissance qu’il apporte, sans vraiment savoir quoi en faire (moi la première!). Le statut d’universitaire devient un objet. Réclamons nos espaces, réclamons des échanges, des débats. Demain, dites bonjour à votre voisinE de classe dans le centre commercial FSS. Et n’oubliez pas d’amener subtilement le sujet du kwashiorkor, histoire de paraître ben bright.

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7 avril 2014

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SPORTS

LABYRINTHES

Entre deux bouquins
Chloé Sigouin En sillonnant les routes isolées de la campagne, elle leva son regard pensif vers le ciel parsemé d’étoiles. Tous ces soleils de galaxies lointaines scintillent sous ses yeux mais elle ne peut s’empêcher de penser que certains d’entre eux soient en réalité éteints. Ce concept insaisissable la hante. L’absence de logique évidente la paralyse. Mille et une questions résonnent dans sa tête, alors qu’elle tente de conceptualiser la situation. Elle essaie de comprendre, mais en vain. Son seul espoir : qu’un jour son esprit confus fasse lumière sur la question et éclaire ses pensées. Espérer qu’un jour, l’incohérence entre la présence et l’absence simultanée des étoiles dans ce ciel si sombre lui soit expliquée.

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***
Je fixai d’un regard absent l’écran de mon ordinateur portable. La mince barre verticale au bout de la phrase apparaissait, puis disparaissait. Apparaissait, puis disparaissait. Je me consolai en me répétant que j’avais eu une dure journée, éteignit l’ordinateur portable et le posa sur la table du salon pour aller retrouver la chaleur de mon lit douillet. Il se faisait tard et le jour suivant serait sans doute une grosse journée. À sept heures pile, le bruit soudain de mon réveille-matin perça mes tympans. Comme chaque matin depuis un certain temps, le réveil fut une épreuve difficile. Ouvrir mes paupières. Renoncer à l’étreinte des mes couvertures. J’y arrive. Poser le pied sur le froid plancher de bois franc de ma chambre à coucher. Me propulser à l’autre bout de celle-ci pour enfiler rapidement ma robe de chambre. Dans moins d’un mois, j’aurai quitté le foyer familial et je ferai mon nid dans la Ville Lumière, dans la ville de l’amour : la métropole de Paris comptera une demoiselle de plus. Bien évidemment, étant l’ainée et la première à quitter le nid familial, déménagement est synonyme de brouhaha dans la maisonnée. Ayant la mauvaise habitude de m’attarder aux détails plutôt insignifiants, tels que la couleur du rouge à lèvre qui s’agencera le mieux à l’habit que je revêtirai le jour du grand départ, je dus m’efforcer d’avoir recours au peu de concentration que je possédais pour entamer la plus pénible des étapes : faire le tri de mes effets personnels. Comme il m’arrivait souvent de faire ces derniers temps, j’abandonnai la tâche ennuyeuse et me résignai à vaquer à d’innocentes activités quotidiennes. Ce changement soudain d’activité devenait de plus en plus fréquent chez moi. Depuis que la chose s’était produite, j’avais souvent essayé de la traduire en mots, mais chaque défi était suivi d’un autre encore plus grand. Le cycle était sans fin. Aucun mot n’était le juste mot ; aucune phrase n’était représentative de ce que je ressentais. La peur de la réalité – celle d’être honnête avec moi-même – me hantait. Je n’arrivais pas à écrire une histoire. Pire encore : je n’arrivais pas à écrire mon histoire. Je voulais quitter, voir du nouveau.

Après avoir procrastiné pour quelques heures qui m’ont semblé bien trop courtes, et après ce que je qualifierais d’encouragements de la part de ma mère, je me remis à la tâche. J’avais fait une liste quelques jours auparavant : vêtements, chaussures, maquillage, linge de sport, maillot de bain, livres. Livres entre lesquels j’avais glissé un bracelet de plastique que donnait aux vacanciers la station balnéaire où je l’avais rencontré. Et ce n’était pas n’importe quel bracelet : c’était son bracelet, celui qu’il m’avait donné avant le jour de son départ de la station balnéaire. Aussitôt, mes pensées commencèrent à divaguer. À votre grande surprise, mesdames et messieurs, je me remis à la tâche : je poursuivis l’art de la procrastination. Éventuellement, je réussis à continuer ce que j’avais entamé. Mes valises se remplissaient petit à petit et j’y avais inclus tous les nouveaux habits dont ma mère m’avait fait cadeau. Après tout, j’allais rester dans un chic studio, lequel, j’aimais m’imaginer, avait une vue sur la Seine. Dans quelques semaines, je mettrai le pied dans mon nouveau bureau. Je travaillerai sur la fameuse avenue des Champs-Élysées, au bureau central de l’Union des Nations unies.

la-station-balnéaire-entre-deux-bouquins (je ne sais encore pour quelle raison). Elle me dit soigneusement que même s’il n’est point resté dans ma vie, il l’a sans doute influencée d’une quelconque manière. C’est à ce moment précis que je constatai que le fameux bracelet de la station balnéaire, celui que je gardais entre deux livres dans ma chambre au Canada, est resté entre ces deux mêmes livres dans ma chambre au Canada. Le bracelet était là-bas, alors que moi, j’étais à Paris. Ce soir-là, après avoir rencontré une amie à un café de l’Avenue de l’Opéra, je choisis de faire le chemin du retour à pieds plutôt que de prendre le métro. Je marchai donc quelques kilomètres en compagnie de mes pensées papillonnantes. À quelques pas de la porte de mon bloc appartement, je levai la tête vers le ciel pour apercevoir des milliers d’étoiles – chose rare à Paris. Pourtant, les étoiles de cette soirée-là parvenaient à briller malgré toutes les lumières de Paris.

***
La pluie qui avait tombé toute la nuit m’avait bercée et j’étais plongée dans un sommeil profond. Je sortis de mon lit, enfilai mes vêtements et descendis au rez-de-chaussée de mon bloc appartement. En mettant le pied dehors, j’inspirai une bonne bouffée d’air frais qui me fit grand bien. C’était le calme après la tempête de la veille. La dame âgée qui vendait ses croissants à quelques blocs d’où je demeurais était bien fine et très charmante. Chaque samedi matin, j’allais la saluer. Elle s’appelait Madame Bajonis. On échangeait quelques propos au sujet de notre semaine au travail et de l’état de santé de son époux malade. Elle me demandait toujours comment allait ma famille québécoise et je lui répétais chaque fois que j’étais Franco-Ontarienne, que le Québec fait partie du Canada, et que, non, les Canadiens ne demeurent pas dans des igloos. Je lui achetai des croissants frais : les meilleurs de Paris, disait-elle. Madame Bajonis faisait partie de ceux qui m’encourageaient à poursuivre mes rêves. J’étais consciente que je laissais de côté mes études, mais la seule réponse que savaient formuler mes pensées était citation toute-crachée d’un bon ami. Elle était citation du propriétaire du bracelet de la station balnéaire, bracelet que j’avais minutieusement glissé entre deux bouquins pour je-ne-sais-quelle raison. Ce fameux personnage m’avait dit que, dans la vie, chacun doit faire un choix entre une vie prudente ou une vie hasardeuse. À cela a-t-il rajouté que, peu importe la décision que l’un prend, tous se retrouveront généralement au même endroit, mais qu’une vie hasardeuse apporterait sans doute de meilleures histoires. En ce matin de novembre, Madame Bajonis me fit comprendre quelque chose d’important. Elle s’intéressait à mes histoires et me questionnait gentiment au sujet de celui-dont-je-gardais-le-bracelet-de-

***
Je me réveillai en sursaut, légèrement désorientée, sous l’étreinte de ma douillette. J’étais chez moi. Au pied de mon lit : ma valise, qui contenait les objets que j’avais regroupés en vue de mon départ. Entre deux livres : le bracelet (que je n’avais plus besoin, d’ailleurs). J’en étais convaincue. J’aperçu mon ordinateur portable, sur l’écran duquel une mince barre verticale au bout d’une phrase apparaissait, puis disparaissait. Apparaissait, puis disparaissait. Je devais continuer. C’était une histoire – mon histoire – et je devais la raconter.

***
Elle resta bouche bée pour un long moment. Elle était hantée : hantée par l’absence de logique. Elle était convaincue que jamais la lumière ne viendrait ; que jamais elle ne l’éclairerait ni la guiderait vers une réponse, encore moins vers la réponse qu’elle cherchait. Peu à peu, les réponses se présentèrent à elle. C’est à ce moment précis qu’elle fut éclairée par une lumière dont elle ne su repérer la source. Elle eut une réponse, celle qu’elle cherchait, celle qu’elle avait tant espérée. La vie est un ruisseau. L’eau coule et se laisse porter par le courant. Les débris et les feuilles mortes de l’automne sont sous l’emprise du courant. Le pouvoir est détenu par le courant. Le courant, il mène vers l’incontournable et force à affronter l’inconnu. Elle essayait de se débattre, de nager à contrecourant. Elle était sans cesse à la recherche d’un remous, sans savoir que ce tourbillon était un barrage naturel qui ne freinait que temporairement la fluidité du courant. Sans savoir qu’il la rejetterait sans avertissement ni pitié dans le plus vif du ruisseau. Le courant : il est imbattable. La clé : m’y abandonner.

Les Publications La Rotonde inc. sont une organisation à but non-lucratif gérée par un conseil d’administration (CA) de membres votants. Vous trouverez en ligne les ordres du jour et les procès-verbaux des réunions du CA, des assemblées des membres ainsi que les Status et Règlements en vigueur qui régissent l’administration du journal. Pour communiquer avec les membres du conseil exécutif sortant, veuillez vous référer aux adresses ci-dessous. Simon-Nicolas Grandmaître – president@larotonde.ca Marie-Christine Corbeil – secretaire@larotonde.ca Jakob Pomeranzev – tresorier@larotonde.ca Membres votants : Louis Jacques, Fanta Ly, Léa Papineau Robichaud, Julien Imbeau, Simon-Nicolas Grandmaître

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Opinions

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7 avril 2014

Jos Montferrand et les symboles historiques des minorités canadiennes
Rachel Decoste La région de l'Outaouais va bientôt accueillir un nouveau club de football. Ce sera la troisième fois que l'équipe renait de ses cendres : les Rough Riders d’Ottawa ont fait faillite en 1996, et encore en 2006, sous le nom Renegades. À l'époque, les partisans franco-ontariens (et gatinois) s'attendaient à ce qu'une équipe en difficulté financière fasse des efforts pour rejoindre le maximum de disciples, incluant les 250 000 francophones de la région. Ils sont restés sur leur faim. Les Renegades avaient même omis d'offrir leur site web en français. Ça faisait tellement dur que les médias anglophones supplient à la gestion de la nouvelle équipe de football d'adopter le bilinguisme par lequel se distingue l'Outaouais. « One of the greatest blunders the Renegades made was not marketing the team in Quebec - across the Rideau Canal and only five minutes from our stadium! In the off-season, I would work in elementary schools in Gatineau/Hull, QC. Montreal Alouettes players used to travel more than two hours to visit these schools, while Renegades players were sitting on their couches only steps away. » Bien sûr, c'est davantage un symptôme du capitalisme que par respect pour la minorité linguistique, mais c'est tout de même du progrès que de reconnaitre les francophones et l'apport qu'ils peuvent fournir à la santé de l'organisme sportif. Peut-être est-ce dans cette veine d'ouverture culturelle que les RedBlacks choisissent un bucheron, symbole chéri des draveurs de la vallée de l'Outaouais, comme nouvelle mascotte. Son nom vient d'être dévoilé en grande pompe : il s'appelle « Big Joe Mufferaw ». Apparemment que les footballeurs anglos ont découvert le récit du mythique personnage canadien-français Joseph Montferrand, et qu'ils veulent rendre hommage au « géant des rivières ». Pendant l'époque coloniale, Jos Montferrand s'est battu moralement et littéralement contre les anglophones (notamment contre les plus célèbres boulés (« bully ») anglais, irlandais et écossais). Les RedBlacks favorisent « Mufferaw », le patronyme abâtardi du héros canadien-français. Il s'agit d'une dénaturation anglicisée de « Montferrand, » popularisée par l'auteurcompositeur-interprète Stompin' Tom Connors en 1970. Les entrepreneurs annoncent du même coup la publication des bouquins infantiles à l'effigie de « Big Joe Mufferaw »... question de soustraire l'identité francophone de l'histoire racontée aux prochaines générations d'Ottaviens. Ayoye. Il va sans dire : les francophones n'ont pas apprécié. Le scénario est prévisible pour ceux qui suivent la saga des Redskins de Washington. Les porte-paroles anglophones dénigrent les « fanatiques francophones » à qui personne ne peut plaire. Ou bedon, ce ne sont que des chialeux qui « cherchent de l'attention ». Un débat idiot, disent-ils. Voyez-vous, les Franco-Ontariens n'ont pas compris la signification de « Big Joe Mufferaw » - qui se veut un compliment interculturel. Les Québécois tels Gilles Vigneault ne connaissent pas leur propre histoire : il revient aux anglophones de la réécrire à leur image. Par exemple, un article du Ottawa Sun apparu en 2012 ne fait aucune mention du patrimoine francophone que représente Montferrand. On repèrera sans doute un colonisé francophone qui pourra défendre à haute-voix la bavure de ses gouvernants. Au lieu de brandir cette vieille rengaine qui mélange victimisation et récrimination, les minorités hypersensibles auraient dû se réjouir... et saluer par la même occasion ce geste de grande ouverture des Anglophones, n'est-ce pas? C'est le conseil qui a été élaboré par l'establishment et les médias dirigés par les de souche pour défendre le blackface, symbole folklorique des descendants d'esclaves, à l'antenne de Radio-Canada. Deux poids, deux mesures? Ce malheureux épisode rappellera-t-il aux Canadiens-Français que le respect des minorités mérite la réciprocité intègre, et dans toutes ses formes?

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Édition du lundi 7 avril 2014 VOLUME LXXXII NO24 ISSN 1481-0581 109, rue Osgoode Ottawa, Ontario K1N 6S1 TÉL. : 613 421 4686 RÉDACTION Rédacteur en chef Ghassen Athmni redaction@larotonde.ca Adjointe au rédacteur en chef Léa Papineau Robichaud adjoint@larotonde.ca Secrétaire de rédaction Samuel Poulin correcteur@larotonde.ca Correcteurs Héloïse Brindamour correction@larotonde.ca Jean-Marie Rurangwa texte@larotonde.ca Actualités David Beaudin Hyppia actualites@larotonde.ca Samuel Lafontaine informations@larotonde.ca Marc-André Bonneau nouvelles@larotonde.ca Sinda Garziz journaliste@larotonde.ca Arts et Culture Sara Ghalia culture@larotonde.ca Sports Louis-Charles Poulin sports@larotonde.ca Opinions et Procrastination redaction@larotonde.ca Web Marie-Claude Charron web@larotonde.ca Directeur de Production Benjamin Roy production@larotonde.ca Directeur Artistique Ayoub Ben Sassi direction.artistique@larotonde.ca Illustrateur Nicholas DuBois illustrateur@larotonde.ca Photographe Yulia Mikhailovna Teryaeva photographe@larotonde.ca ADMNISTRATION ET VENTES Direction Générale Jérôme Simon et Anaïs Elboudjaïni direction@larotonde.ca Publicité Cathy Le Réseau Sélect cathy.le@tc.tc On se revoit en septembre prochain! La Rotonde est le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par Les Publications de La Rotonde Inc., et distribué à 2 000 copies dans la région d’Ottawa. Il est financé en partie par les membres de la FÉUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde n’est pas responsable de l’emploi à des fins diffamatoires de ses articles ou éléments graphiques, en totalité ou en partie.

Les élections de la GSAÉD et se projeter vers l'avenir
Gabrielle Ross-Marquette Étudiante à la maîtrise en service social Commissaire à l’externe élue de la GSAÉD, 2014-2015 Jeudi dernier, alors que les résultats non-officiels des élections de la GSAÉD ont été annoncés, l’autre candidat au poste de commissaire à l’externe, Hamdi Souissi, a publié ces mots sur son profil Facebook : « GSAÉD : Hégémonie du Parti Régénération. Merci pour votre soutien. À suivre... » Ce n’est qu’un exemple des accusations qui ont été dirigées vers notre équipe pendant la campagne électorale, et je pense qu’il est grand temps que je réponde à cette critique particulière publiquement. Premièrement, il faut déconstruire l’idée que l’équipe Régénération (et non parti) est une hégémonie. On insinue, en utilisant ce terme, que notre équipe élue détient un pouvoir et une domination absolue sur tout.e.s les étudiant.e.s diplômé.e.s, et que notre but est de prévenir la démocratie en dirigeant la population étudiante avec une poigne de fer. Cette idée est dérisoire et très loin de la vérité. En effet, le comité exécutif de l’année dernière illustre très bien qu’une équipe qui fait campagne ensemble ne mène pas à une hégémonie. Ce comité exécutif s’est présenté en équipe et les membres ont eu des différends. Il s’agit d’une pratique saine au sein de l’Association. Dans notre cas, nous avons décidé de nous présenter en équipe car nous croyons qu’il est grand temps qu’un comité exécutif travaille en harmonie pour mettre en place des services, des événements et des revendications qui correspondent aux besoins des étudiant.e.s. Nous sommes organisé.e.s, motivé.e.s, passionné.e.s, et, par-dessus tout, nous faisons preuve de respect les uns envers les autres. Il est très important pour nous que la communication entre les membres exécutifs soit ouverte et respectueuse, car le cas contraire entraîne simplement des conflits internes qui gênent les résultats attendus par les étudiant.e.s diplômé.e.s. En établissant cette base de confiance entre membres exécutifs, il nous sera possible de rejoindre en grand nombre les étudiant.e.s diplômé.e.s, ce qui facilite grandement la mobilisation et l’action concrète. Ceci étant dit, nous ne partageons pas la même opinion sur tous les sujets présentement et ce sera certainement le cas dans le futur également; nous allons devoir voter, nous allons avoir des différends, mais ils seront gérés dans un climat respectueux. Il est important de souligner que la démocratie demeure une des raisons fondamentales de nos mises en candidature. Depuis trop longtemps, le quorum n’est pas atteint lors nos assemblées générales semi-annuelles. Depuis trop longtemps, le taux de vote ne dépasse pas 5 % de participation des étudiant.e.s diplômé.e.s. Depuis trop longtemps, les Associations étudiantes sont aliénées par la structure de la GSAÉD, intimidante et inaccessible pour ceux et celles qui ne sont pas impliqués dans la politique étudiante. Je veux changer cette réalité. Nous voulons changer cette réalité, et nous croyons que travailler ensemble, dans une équipe qui fonctionne efficacement, est la première étape importante vers ce changement. Tout au long de la campagne, nous avons démontré qu’en se fiant sur nos forces et différences, il est possible de rejoindre un maximum d’étudiant.e.s diplômé.e.s. Ce travail ne fait que commencer : nous disposons d’une expertise pour les présentations en classe, ainsi que pour le porte-à-porte aux bureaux et aux laboratoires des étudiant.e.s. Je veux que ce soit clair : en tant qu’étudiant.e.s diplômé.e.s, VOUS êtes l’Association. C’est mon rôle de faciliter votre participation dans cette Association ; je veux m’assurer que nos campagnes, notre planification d’événements et nos objectifs reflètent nos besoins et désirs collectifs. L’Équipe Régénération a su mener une campagne positive et constructive avec une portée considérable : nous sommes allé.e.s dans tous les édifices, et nous avons tenté d’adopter diverses perspectives et de discuter avec des étudiant.e.s de divers départements. Notre campagne et notre plateforme sont remplies d’idées réalisables pour le futur de la GSAÉD, et touchent plusieurs dossiers. De l’appropriation du Café Nostalgica, à la responsabilisation financière ; de l’amélioration de la communication directe avec les Associations étudiantes, à la revendication des droits académiques des étudiant.e.s ; du combat contre la culture du viol sur le campus, à la tentative de rejoindre un maximum d’étudiant.e.s au campus Roger-Guindon : avec votre aide, votre comité exécutif s’engage à améliorer la qualité de vie pour les étudiant.e.s diplômé.e.s sur le campus. La plupart d’entre nous en sommes à nos premiers pas dans le milieu, et nous aurons besoin de votre aide pour aller de l’avant. Pour effectuer de réels changements sur ce campus, nous devrons développer des liens solides. Mon équipe est composée d’étudiant.e.s ouvert.e.s d’esprit, chaleureux.ses et positif.ve.s qui sont faciles d’approche et avides de répondre aux besoins des étudiant.e.s. Nous avons hâte de faire votre connaissance et de travailler avec vous.

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