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7 JOURS SUR LA PLANÈTE

SUR LES PAS DE LÉVI- STRAUSS Date de


diffusion : 06/12/2008

Transcription

Voix off : Regard attentif, Claude Lévi-Strauss assiste ce jour-là à la


concrétisation d'un rêve : l'ouverture du musée du quai Branly, seul
musée au monde entièrement consacré à ces peuples lointains auxquels
il a consacré toute sa vie et son œuvre. Une passion née ici dans les
années 30 au cours d'un séjour au Brésil. Le philosophe Lévi-Strauss
découvre alors les Indiens d'Amazonie, les observe, les étudie, les
photographie et forge ses convictions d'ethnologue.

Claude Lévi-Strauss

Ce sont des sociétés qui ont su réaliser ce miracle de rester, depuis des
millénaires, en équilibre avec leur milieu naturel. Je crois que nos
sociétés ont beaucoup à apprendre d'elles.

Voix off : Près de 20 ans plus tard, Claude Lévi-Strauss publie le


récit de ce voyage brésilien. « Tristes tropiques » le révèle au grand
public. Ce livre qui commence par cette phrase restée célèbre : « Je
hais les voyages et les explorateurs. »

Claude Lévi-Strauss

J'ai voulu montrer que pour l'ethnologue le voyage n'est pas un but,
que c'est un moyen, un moyen indispensable et que, ce qui compte,
ça n'est pas du tout le côté touristique, si vous voulez, c'est ce que
nous rapportons de connaissances et d'informations.

Voix off : Et cette somme de connaissances, Claude Lévi-Strauss la


met au service du Collège de France dont il devient professeur. Il y
crée le laboratoire d'anthropologie sociale. Parallèlement, il continue à
parcourir le monde, à étudier le fonctionnement des sociétés, les
structures familiales, les liens de parenté et les mythes qui
fondent les communautés humaines. En 1973, celui que l'on qualifie
alors de pape du structuralisme entre à l'Académie française,
consécration pour cet homme qui dans son livre « la pensée sauvage »
démontre qu'il n'y a pas de différence entre le fonctionnement mental
d'un homme primitif et le nôtre.

Claude Lévi-Strauss

1
Notre sagesse est une sagesse parmi des centaines ou des milliers
sur lesquelles nous possédons quelques informations ou qui existent
encore, et bien chacune représente une sagesse à sa manière et
nous ne pouvons pas essayer de comprendre la nôtre sans la mettre
en perspective par rapport à toutes celles-là.

Voix off : Passionné de musique et admiratif de Jean-Jacques Rousseau,


Claude Lévi-Strauss est un savant respecté et étudié dans le monde
entier, défenseur des peuples dits premiers, opposant à toutes formes
de racisme, inquiet sur l'avenir de notre monde. Lui qui a passé sa vie à
comprendre comment l'esprit des hommes fonctionne est
considéré comme un géant de l'esprit du 20e siècle.

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C’ÉTAIT IL Y A…

1918, la grippe espagnole ou l'histoire d'un meurtre de masse


http://www.tv5.org/TV5Site/webtv/video-5905-
1918_la_grippe_espagnole_ou_l_histoire_d_un_meurtre_de_masse.htm

[Extrait fiche pédagogique à l’intérieur de la fiche sur Kiosque]

Il y a 90 ans, entre 1918 et 1919, une pandémie de grippe, la plus


meurtrière de l’histoire humaine a sévi dans le monde. En quelques
mois elle affecte un quart de l’humanité et fait au moins trente
millions de victimes. Mais les ultimes offensives de la première guerre
mondiale et les célébrations de l’armistice éclipsent l’ampleur de la
catastrophe. De l’Alaska à la Floride, de l’Inde à la Nouvelle Zélande,
en passant par les champs de bataille européens, les populations du
monde entier ont pourtant été ravagées par la maladie.

L’origine géographique de la pandémie reste discutée. Tout semble


avoir commencé dans le Kansas au beau milieu des Etats-Unis où une
première variante du virus à faible mortalité se répand dans les
camps militaires américains au printemps 1918.
Des transferts de soldats vers la France diffusent l’épidémie en
Europe.
La maladie prend alors le nom de grippe espagnole parce que dans
l’Espagne neutre, les nouvelles circulent librement et que l’ampleur
de la pandémie est abondamment commentée par la presse.
Trois mois plus tard, en août 1918, dans le port de Boston, les cas
mortels se multiplient. Le virus de la grippe semble avoir muté. Il est
devenu meurtrier et, particularité, frappe surtout les adultes de vingt
à quarante ans. En quelques semaines, la deuxième vague de
l’infection terrasse l’ensemble des Etats-Unis et la mortalité grimpe
en flèche. Trois à cinq pour cent des malades décèdent d’une manière
foudroyante des complications de la grippe.

Depuis le port de Brest, les mouvements de troupes répandent


presque simultanément la nouvelle variante dans toute l’Europe.
Dans les tranchées, les hommes sont touchés de plein fouet, mais les
pays, en guerre, taisent d’abord l’information et ne prennent pas la

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mesure du drame. A Paris, ce n’est qu’en septembre que les journaux
commencent à s’effrayer des centaines de victimes. Mais l’hécatombe
est occultée par la capitulation de l’Allemagne et la fin de la guerre.
La démobilisation et le rapatriement des troupes exportent le virus
vers toutes les colonies, contagiant le reste de la planète. A quelques
mois d’intervalle, en deux vagues successives, l’automne 1918 et le
début de l’année 1919, la grippe espagnole aura fait deux fois plus de
victimes que quatre années de guerre mondiale.

Merci Professeur, Bernard Cerquiglini,


http://www.tv5.org/TV5Site/lf/merci_professeur.php?id=3078

Chroniques savoureuses sur la langue française


C./Bayard, 2008, p. 17, 18

L’abricot

L’abricot est un fruit sympathique. Il est tout rond, duveteux,


parfumé, délicieux (surtout quand on l’épluche) ; il arbore une couleur
chaleureuse sans être violente. Tout, dans l’abricot est douceur,
succulence, tendreté et tendresse.
Ce fruit est également agréable à l’historien de la langue, car son
aventure est des plus singulières.
Issu de l’Arménie, il était pour les Latins, un fruit précoce :
praecoquum. Les Grecs adoptèrenet ce dernier qu’ils traduisirent pas
praikokion. Les Arabes importèrent ce fruit, qu’ils surent cultiver avec
brio. Ils avaient entendu praikokion ; ils en firent : barqūq, précéd&é
de l’article al : al barqūq
Après la conquête de la péninsule Ibérique, les Arabez y
installèrent d’immenses vergers où ils cultivèrent ce fruit. La
popouklation, occupée, hispanophone, entendit al barqūq ; el en

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forma le mot espagnol albaricoque. Le mot espagnol passa en France
au XVI° siècle, et devint abricot.
Un beau périple en vérité. Et qui fournit matière à réflexion. On se
plaint aujourd’hui du trop grand nombre de mot anglais qu’emprunte
la langue française. Certes, la nouveauté technique, commerciale,
artistique et donc lexicale est de nos jours anglo-saxonne.
Mais si les Grecs, puis les Arabes, puis les Espagnols, puis nos
ancêtres avaient fait barrage à l’importation des choses et de mots,
nous ne mangerions pas –aujourd’hui- de délicieux abricots.

AUSCHWITZ, LE TEMPS DE LA MÉMOIRE


http://www.tv5.org/TV5Site/auschwitz/

Sam Braun
http://www.tv5.org/TV5Site/auschwitz/braun.php?
url=http://213.41.65.178/akamareal/tv5/auschwitz/braun11.rpm

….. Pour moi le pardon, ce n’est pas donner le pardon, à ceux qui le
réclament par exemple, ou, ce n’est pas donner le pardon à ses
bourreaux. Le pardon, c’est d’être en accord, en paix avec soi-même.
Tout simplement. C’est d’être quiet dans ce domaine. Ce qui veut dire
de n’avoir aucune haine. Ce qui veut dire aussi de n’avoir aucun
sentiment de revanche. C’est ça le pardon. Le pardon, en vérité, c’est
quasiment un don que l’on fait à soi-même. C’est vrai. Peut-être que
ça enlève le côté sublime du pardon, j’en sais rien. Mais moi c’est
comme ça que je le vis et le pardon, c’est le cadeau que je me suis
fait à moi. Cette possibilité que je me donne de n’avoir, vis-à-vis de
ceux qui m’ont fait souffrir, aucune haine. D’être en paix avec ça. Et

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c’est ça, le pardon, tout simplement ! Et je pense que ce sentiment et
ce cadeau que je me suis fait, est plus important que dire : « Oh !
Pardonne–moi de ce que je t’ai fait ! » « Je te pardonne. » Ça n’a
aucune valeur. Déjà Derrida d’ailleurs a dit que si on devait pardonner
à ceux qui le demandent, ce ne serait plus du pardon, n’est-ce pas ? Il
avait bien raison. Mais ce qui ne veut pas dire non plus d’ailleurs que
pardonner au sens où j’utilise pour le pardon, ça veut pas dire non
plus d’ailleurs que… On peut très très bien pardonner aux bourreaux
et les poursuivre en justice pour ce qu’ils ont fait. Mais seulement, les
poursuivre en justice sans haine. On les poursuit en justice parce
qu’ils doivent être punis de ce qu’ils ont fait, tout simplement. Parce
que la société doit se prémunir de ça, doit se protéger. Et parce
qu’elle doit se protéger, elle doit punir effectivement punir ceux qui
ont fait des choses. Mais on peut très très bien punir sans haine.
Et pour moi c’est ça le pardon, tout simplement.

DOUBLE JE
http://www.tv5.org/TV5Site/enseigner-apprendre-francais/collection-27-
Amour_du_francais_Double_Je.htm
Rubrique : Parler français :
Gaston-Paul Effa, interviewé par Bernard Pivot

Gaston-Paul Effa : Vous savez, en Afrique on a du rêve, le premier, c'est devenir blanc
dit-on. On devient blanc, c'est-à-dire vivre à l'européenne. Et le symbole de cette
réussite, c'est la neige et c'est l'argent. Deuxièmement, on dit qu'on va devenir
quelqu'un. Et pour devenir quelqu'un, on va à l'école, l'école nous apprend à mettre un
pied devant l'autre.

Bernard Pivot : Alors le jeune Effa que vous appelez dans vos deux premiers romans
Douo, et même Douo Papus. Alors, pour lui, qu'est-ce que ça représente la langue
française ? Parce qu'avant l'âge de 5 ans, vous ne parlez pas français, vous parlez
quoi ?

Gaston-Paul Effa : Avant l'âge de 5 ans, on parle les 230 dialectes du Cameroun.

Bernard Pivot : 230 dialectes ?

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Gaston-Paul Effa : 230 langues.

Bernard Pivot : Mais comment s'y reconnaître ?

Gaston-Paul Effa : C'est très difficile, c'est pour ça que le français est élu comme la
langue qui fait l'unité du pays, la langue nationale.

Bernard Pivot : C'est aussi une chose étonnante, c'est que vous chantiez je crois
presque tous les matins, la Marseillaise (1), alors, ça, ça paraît incroyable.

Gaston-Paul Effa : Oui, on a toujours chanté l'Afrique et la terre, de la musique et de


la chanson. J'ai tout appris en chanson. Euh… la conjugaison : « je suis, tu es, il est,
nous sommes, vous êtes, ils sont ». Ou les adjectifs possessifs : « mon, ton, son, notre,
votre, leur, ma, ta, sa, notre, votre, leur, mes, tes, ses, nos, vos, leurs ». Et tout le
reste. Et même en histoire, je me rappelle lorsque j'étais en cours élémentaire première
année, le cours d'histoire, c'était un cours d'anthropologie, on nous disait voilà l'homme
de Cro-Magnon, et c'est très difficile à prononcer pour certains : « l'homme du Cro-
Magnon », « l'homme du Magnon », et alors on dit « l'homme du Cro, l'homme du Ma,
l'homme du Gnon, l'homme du Cro-Magnon »… Et ça s'apprenait, ça se retient.

Bernard Pivot : Vos oeuvres entrent dans les manuels scolaires camerounais. Vous
devez être très fier parce que c'est une reconnaissance officielle de votre talent et
aujourd'hui de l'importance littéraire que vous avez aux yeux des Camerounais.

Gaston-Paul Effa : À moitié fier parce que je pense encore à ceux parmi les
Camerounais qui ne peuvent pas acheter un seul livre. Vous savez qu'un manuel qui
coûte, aujourd'hui on parle en euros, mais je peux encore parler en franc, 100 francs,
fait 10000 francs CFA (2), c'est-à-dire le salaire moyen d'un Camerounais, et je souffre
lorsque je vais en Afrique et que je me rends compte que personne ne peut acheter les
livres et les Africains ont un amour fou pour les livres.

L.S. Senghor, discours publié dans la revue Esprit, novembre 1962


« Que représente pour un écrivain noir l’usage du français ? »

Il y a d’abord, une raison de fait. Beaucoup, parmi les élites, pensant


en français, parlent mieux le français que leur langue paternelle, farcie, qu
demeurant, de francismes, du moins dans les villes. Pour choisir un exemple
national, à radio-Dakar, les émissions en français sont d’une langue plus
pure que les émissions en langue vernaculaire. Et il n’est pas toujours facile,
pour le non initié, d’y distinguer les voix des Sénégalais de celle des
Français.

Deuxième raison : la richesse du vocabulaire français. On y trouve,


avec la série des doublets, la multiplicité des synonymes. Je le sais bien…
les langues néo africaines sont d’une richesse et d’une plasticité

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remarquables…. On compte en wolof sept mots pour désigner la femme de
mauvaise vie, chercher se traduit par onze mots et chanter par vingt… mais
ce qui, à première approximation fait la force des langues néo-africaines fait
en même temps leur faiblesse. Ce sont des langues poétiques. Les mots,
presque toujours concrets, sont enceints d’images, l’ordonnance des mots
dans la proposition, des propositions dans la phrase y obéit à la sensibilité
plus qu’à l’intelligibilité : aux raisons du cœur plus qu’aux raisons de la
raison. Ce qui, en définitive, fait la supériorité du français dans le domaine
considéré, c’est de nous présenter, en outre,, un vocabulaire technique et
scientifique d’une richesse non dépassée. Enfin, une profusion de ces mots
abstraits, dont nos langues manquent.

Troisième raison : la syntaxe. Parce que pourvu d’un vocabulaire


abondant, grâce, en partie, aux réserves du latin et du grec, le français est
une langue concise. Parle même fait, c’est une langue précise et nuancée,
donc claire. Il est, partant, une langue discursive, qui place chaque fait,
chaque argument à sa place, sans en oublier un. Langue d’analyse, le
français n’est pas moins langue de synthèse. On n’analyse pas sans
synthétiser, on ne dénombre pas sans rassembler, on ne fait pas éclater la
contradiction sans la dépasser. Si, du latin, le français n’a pas conservé
toute la rigueur technique, il a hérité de toute une série de mots-pierre
d’angle, de mots-ciment, de mots-gonds. Mots-outils, les conjonctions et
locutions conjonctives lient une proposition à l’autre, une idée à une autre,
les subordonnant l’une à l’autre. Elles indiquent les étapes nécessaires de la
pensée active : du raisonnement. A preuve que les intellectuels noirs ont dû
emprunter ces outils au français pour vertébrer les langues vernaculaires. A
la syntaxe de juxtaposition des langues néo-africaines, s’oppose la syntaxe
de subordination du français ; à la syntaxe du concret vécu, celle de
l’abstrait pensé : pour tout sire, la syntaxe de la raison à celle de l’émotion.

Quatrième raison : la stylistique française. Le style français pourrait


être défini comme une symbiose de la subtilité grecque et de la rigueur
latine, symbiose animée par la passion celtique. Il est, plus qu’ordonnance,
ordination. Son génie est de puiser dans le vaste dictionnaire de l’univers
pour, des matériaux ainsi rassemblés –faits, émotions, idées- construire un
monde nouveau : celui de l’Homme. Un monde idéal et réel en même
temps, parce que de l’Homme, où toutes les choses, placées, chacune à son
rang, convergent vers le même but, qu’elles manifestent solidairement.
C’est ainsi que la prose française –et le poème jusqu’aux Surréalistes –nous
a appris à nous appuyer sur des faits et des idées pour élucider l’univers ;
mieux, pour exprimer le monde intérieur par dé(-structuration cohérente de
l’univers.

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Cinquième raison : l’humanisme français. C’est précisément dans
cette élucidation, dans cette re-création, que consiste l’humanisme français.
Car il a l’homme pour objet de son activité. Qu’il s’agisse de droit, de la
littérature, de l’art, voire de la science, le sceau du génie français demeure
ce souci de l’homme. Il exprime toujours une morale. D’où son caractère
d’universalité, qui corrige son goût de l’individualisme.
Je sais le reproche que l’on fait à cet humanisme, de l’ honnête
homme : c’est un système fermé et statique, qui se fonde sur l’équilibre. Il
y a quelques années, j’ai donné une conférence intitulée : l’humanisme de
l’union française. Mon propos était de montrer comment, au contact des
réalités « coloniales », c'est-à-dire des civilisations ultra-marines,
l’humanisme français s’&tait enrichi, s’approfondissant en s’élargissant, pour
intégrer les valeurs de ces civilisations. Comment il était passé de
l’assimilation à la coopération : à la symbiose. De la morale statistique à la
morale de mouvement, chère à Teilhard de Chardin 1. Comme le notait Jean
2
Daniel à propos de l’Algérie, dans l’Express su 28 juin 1962, colonisateurs
et colonisés se sont en réalité colonisés réciproquement : « Il (le pays de
France) s’est imprégné si fort des civilisations qu’il a entendu dominer, que
les colonisés lui font, aujourd’hui, un sort à part, voyant, dans ce bourreau,
une victime en puissance, dans cet aliénateur, un aliéné, dans cet ennemi,
un complice. »
Je ne veux retenir ici, que l’apport positif de la colonisation, qui apparaît à
l’aube de l’indépendance. L’ennemi d’hier est un complice, qui nous a
enrichis en s’enrichissant à notre contact.

L’INVITÉ, émission de Patrick Simonin

Du lundi au vendredi Patrick Simonin reçoit une personnalité qui fait


l'actualité politique, économique ou culturelle. Un entretien exclusif pour
partager idées et passions.

Emission du 12 février 2009 COSTA-GAVRAS

Patrick Simonin : Costa Gavras, l’un des plus grands cinéastes du monde, est notre invité,
un invité exceptionnel, pour son nouveau film Eden à l’Ouest. On a l’impression Costa
Gavras que vous avez tout mis dans ce film… qui nous touche, qui nous bouleverse…

Costa-Gavras : C’est vrai, j’ai mis beaucoup parce que je pense que c’est un des films les
plus personnels parmi tous mes films, parce qu’il y a des situations que je connais.

1
Théologien jésuite, philosophe et paléontologue français
2
Journaliste « pied noir », fondateur et directeur de la revue le Nouvel Observateur

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Ce n’est pas du tout biographique mais c’est des situations disons, que j’ai connues, que
je continue à connaître chez d’autres, puisqu’on m’en parle.

P. S. Alors, il s’agit d’une personne qui se trouve avec d’autres émigrés sur un énorme
bateau et qui va tenter de trouver cet Eden, qu’il rêve… La France…

C - G. Il rêve d’Eden, enfin il rêve de paradis. Parce que les gens ici viennent de pays qui
vivent dans la misère. Pour eux la France c’est l’Eden, c’est le paradis. Même si c’est pas
tout à fait vrai mais c’est quand même, en réalité, c’est beaucoup mieux que chez eux,
y’a aucune comparaison…
Alors, son but c’est d’arriver à Paris. Alors il traverse la mer, il traverse les terres, les
pays et il a toutes sortes d’aventures qui me permettent de parler de nous-même. Parce
que finalement c’est son histoire mais c’est en même temps notre histoire à nous… Et on a
voulu faire avec Jean Claude Grumberg quelque chose de… pas de dramatique, pas de
tragique mais de léger en même temps à côté de la tragédie, des moments de tragédie
qu’il peut vivre.

P. S. Regardez, c’est la bande-annonce…


Ce personnage, il est touchant il fait rire aussi . Ce personnage, on ne sait pas... mais
d’ailleurs, quelle importance… on ne sait pas d’où il vient…

C - G. On ne sait pas parce que c’est un homme. J’ai pas voulu lui donner une identité,ou
une nationalité parce que tout à coup, il se serait attaché à des vrais faits historiques, on
le considérerait différemment qu’un homme.
C’est un homme comme nous tous. Les hommes qu’on voit dans la rue, on ne sait pas d’où
ils viennent, mais il faut les respecter, les accepter comme ils sont.

P. S. Alors il va être d’abord dans un camp de vacances, avec cette exubérance


occidentale, cette richesse qui est là et il est là, il est presque comme un parasite et lui, il
rêve, il rêve mais on ne veut pas de lui.

C - G. Oui, lui il est dans cet endroit-là, dans cette bulle paradisiaque je dirais, qui est la
période de vacances que beaucoup d’entre nous peuvent prendre, où les filles sont belles,
parfois elles sont nues. Et la nourriture est gratuite –on peut aller manger sur un buffet-
etc. Et il est absolument étonné mais il veut sortir mais pas sortir parce que c’est un lieu
clôt aussi, c’est un lieu protégé, Alors il vit quelque temps là-dedans avant de s’enfuir.

P. S. Il a une extrême naïveté parce qu’il est au fond de lui, d’une bonté extrême, il croit
à l’homme finalement, il croit aux autres.

C - G. Il croit à l’homme et il essaye de comprendre aussi. Parce qu’Il arrive dans des
milieux qu’il ne connaît pas du tout. Il connaît pas les habitudes, il parle très très mal la
langue… ou à peine… le français… Et puis il voit des gens, des femmes qui se comportent
d’une manière qui ne lui est pas du tout familière.

P. S. Il va servir d’instrument pour combler des solitudes parce que…

C - G C’est vrai

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P. S. Il va rencontrer des femmes il va rencontrer des personnages de la route, il va
rencontrer des vies finalement, qu’il va croiser, en quelque sorte. Il va révéler aux autres
leur propre vie.

C - G. Leur propre vie. Il va rencontrer des gentils et des pas gentils mais il continue
quand même il n’a aucune rancune et il continue. Il dit que c’est « mon Odyssée, c’est ma
route, donc je vais jusqu’au bout, il faut que j’arrive là où je suis »

P. S. Oui, et il faut souligner la performance exceptionnelle de Ricardo Scarmaccio.


Regardez encore un extrait.

P. S. Quelle aventure hein, et quel personnage…Alors évidemment il voit des képis partout
parce que c‘est un jeu le jeu du chat et de la souris. En permanence… Il est traqué, il
n’est pas là où il devrait être…Il est en trop.

C - G. Il est en trop. Il voit les flics. Cela peut nous apparaître comme des lieux pleins de
flics… Mais nous on les voit pas les flics parce qu’ils nous ont familiers d’une certaine
manière… mais pour lui, un flic, un policier, c’est un uniforme, c’est un danger absolu
parce qu’il peut être pris, et renvoyé et son rêve s’arrêterait là. D’ailleurs à un moment
donné il voit des pompiers et il part en courant aussi, parce qu’il pense aussi que c’est le
danger.

P. S. Il fait preuve d’un courage immense, d’un culot aussi immense parce qu’il va presque
susciter la révolte dans une usine où les gens sont exploités. Il va être partout finalement.

C - G. C’est vrai qu’il accepte tout comme la faiblesse d’un émigré l’oblige à accepter
plein de choses jusqu’au moment où c’en est trop, où sa dignité est atteinte à un tel point
qu’il dit ; « voilà basta… » Alors au risque de se faire prendre, ben…, il fait sa petite
révolution avec d’autres…

P. S. Et finalement il révèle, je le disais, le monde autour de lui. C’est à dire un monde


d’égoïsme, un monde de solitude, un monde d’argent. Finalement chacun se replie sur soi
avec ses propres histoires. Il n’a finalement personne qui lui donne sans contrepartie.

C - G. Mais il rencontre un monde gentil quand même, qui l’aide un tout petit peu.
Certaines des personnes qui l’aident sont un tout petit peu comme nous. On peut aider
jusqu’à un certain point on peut pas tout faire. Donc il accepte le peu d’aide qu’on lui
fait, qu’on lui procure… Il accepte et il continue son chemin... son rêve, qui est d’arriver à
Paris, et de faire un… Voyez, la différence avec Ulysse… Ulysse voulait retourner à son
foyer, lui, il va chercher un foyer. Mais c’est la même aventure humaine.

P. S. Ce film nous donne envie en tant que spectateurs dans la salle de crier de lui dire, de
dire à ceux qui le croisent : « Rencontrez-le parce qu’il est génial » et finalement on se dit
après avoir vu ce film : on va aller rencontrer peut-être certains de ces immigrés. Parce
que c’est ça que vous avez voulu faire Costa Gravas,

C - G. C’est ça que j’ai voulu faire. On en parlait avec Jean Claude Grimbert. Parce que
son père à lui était immigré. Moi je suis immigré. On s’est dit : « C’est vrai qu’il y a
beaucoup de films sur les immigrés, de très beaux films, mais on aborde le problème du
côté dramatique, tragique. » Alors on s’est dit : « Voilà, ces personnes qui sont porteurs

15
de drames, peuvent être dangereuses. Donc, il faut… On s’est dit : « Il faut faire un film
solaire il faut que ces personnes-là soient sympathiques. Ce sera une sorte d’hommage à
tous ces gens qui sont partis du monde entier, qui sont venus, qui se sont adaptés au pays.
Ils font partie de ce pays, qui est un pays merveilleux et ils font ce qu’ils peuvent pour
être dignes et utiles à ce pays. Voilà…

P. S. C’est un hymne à l’humanité ce film.

C - G. Absolument C’est vrai que si on peut pas recevoir et accepter tout le monde, il faut
quand même les traiter avec dignité. Il faut… C’est des vraies personnes comme nous et
elles se trouvent dans des situations dans lesquelles on aurait pu se trouver à un moment
donné. Il faut les respecter. Alors je sais pas… Le film ne peut pas proposer des solutions
pour l’immigration. Parce que moi je ne parle de l’immigration dans ce film, je parle d’un
immigré, d’une personne. On ne peut pas proposer des solutions mais on peut poser des
questions et on peut montrer aussi que c’est la plupart du temps… ou… très très souvent
ou presque toujours… c’est pas ce qu’on nous dit depuis quelques années… On a fait un
discours tellement négatif sur les immigrés, sur l’immigration, qu’on pense que c’est
vraiment l’ennemi absolu, ceux qui vont atteindre… qui vont changer l’identité de la
France et qui vont changer la couleur, la religion, tout ce que vous voulez… Or ce n’est
pas ça…

P. S. Merci Costa Gavras, Eden à l’Ouest c’est un formidable film, c’est votre nouveau film
événement. Merci d’avoir été là à TV5MONDE

C - G. Merci à vous.

Alerte Terre
http://www.tv5.org/TV5Site/webtv/serie-67-Alerte_terre.htm

Alerte Terre est un programme informatif et didactique permettant la compréhension des


enjeux du développement durable autour de trois thématiques majeures : le social,
l'économique et l'environnemental. Chaque émission est construite autour d'un reportage
qui apporte informations indispensables, conseils et idées simples afin d'appliquer les
préceptes du développement durable dans notre vie de tous les jours.

Gestion du papier au bureau

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http://www.tv5.org/TV5Site/webtv/video-4883-
Alerte_Terre_Gestion_du_papier_au_bureau.htm

On peut adopter des réflexes écologiques : à la maison, dans les


transports mais aussi et surtout au bureau où l’on gaspille
beaucoup d’un matériau précieux : le papier.

Chacun d’entre nous travaillant dans un bureau consomme chaque


année 50 à 75 kilos de papier. C’est beaucoup et pourtant on
pourrait diminuer ce chiffre de moitié. Comment ?
- En choisissant de recycler le papier,
- En imprimant et photocopiant recto / verso,
- En faisant du copié - collé dès que possible afin d’imprimer
des feuilles pleines et non pas une feuille de trois lignes,
- En évitant d’imprimer les courriers électroniques,
- En utilisant le plus possible l’intranet, notamment pour fixer
les réunions ou informer de la vie de la société. Voilà qui éviterait
les notes de service.
Pensez à arrêter les impressions de 300 pages lancées par
mégarde et réutilisez les feuilles de brouillon.
Même si vous utilisez mieux vos ordinateurs et photocopieuses,
pensez à les éteindre en même temps que la lumière lorsque vous
quittez votre bureau pour plus de 30 minutes.

Par Alliance
Brynhildur Guojonsdottir, islandaise

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Proposition d’exploitation pédagogique pour niveau intermédiaire
(A2 / B1)

Objectifs :

Linguistique :
- Lexical : apprendre le vocabulaire lié à la présentation des personnes : leur
physique, leur métier, leurs habitudes de vie.
- Grammatical : pratiquer le présent, la forme interrogative
- Objectifs communicatifs :
. se présenter (dire qui l’on est, où l’on habite, ce que l’on fait)
. présenter un(e) ami(e), poser des questions à quelqu’un que l’on
voit
pour la première fois pour faire sa connaissance.

Culturel :
- Découvrir un autre pays, ses paysages, les coutumes de ses habitants.

I. Avant le visionnage

1. Poser des questions à l’un ou l’autre de la classe. Lui demander :


- de se présenter : je suis…, je m’appelle… , mon pays est… , la capitale de mon
pays est… , je suis né(e) à… etc.
- de dire comment il occupe sa journée :
- Le matin
- L’après-midi
- Le soir
2. Dire simplement le nom, le pays et la ville natale de notre interviewée :
Brynhildur Guojonsdottir

II. Visionnage sans le son

1. 1° visionnage : Donner un petit tableau à remplir par chaque élève

Où la scène est-elle Comment Brynhildur est-elle Que fait-elle ?

18
filmée ? habillée ?
Lieu
n°1
Lieu
n°2
Lieu
n°3
Lieu
n° 4

2. Par groupes de deux ou de trois, les élèves complètent leurs réponses.


3. Mise en commun et correction avec le professeur.

III. Visionnage avec le son

1. Diviser la classe en deux, donner 6 questions à chaque groupe.


On peut les choisir parmi les questions suivantes :

Groupe 1 : questions paires


Groupe 2 : questions impaires
1. - Quelle est la température à l’extérieur de la piscine ?
2. - Quelle est la température de l’eau ?
3. - Est-ce que l’eau est douce ?
4. - D’où vient l’eau ?
5. - Comment est-elle chauffée ?
6. - Comment s’appelle le cheval de Brynhildur ? *
7. - Comment le décrit-elle ? (Donner au moins deux adjectifs)
8. - A quel âge Brynhildur a-t-elle appris le français ?
9. - Comment l’a-t-elle appris ?
10. - Est-ce qu’elle a appris seulement la langue ?
11. - Qu’est-ce que fait Brynhildur le soir ?
12. - Dans quelle langue chante-t-elle ?

IV. Après le visionnage

1. Expression orale :
Choisir une des 2 activités proposées :

a. Par groupes de deux, faire préparer aux élèves 5 questions qu’ils poseraient à
quelqu’un qu’ils rencontrent pour la première fois.

19
On peut leur demander de se les poser les uns aux autres.
(Le professeur peut les écrire au tableau –Ou non.)
b. Faire raconter à l’un ou l’autre des élèves son violon d’Ingres : est-ce qu’il joue
au foot, au hand-ball, au tennis, etc.

2. Expression écrite :
- Une courte dictée qui reprend –intégralement ou non- ce qu’a dit Brynhildu ou
les questions posées oralement par les élèves

3. Travail à la maison :

Expression écrite :
a. Demander aux élèves d’écrire –sous forme de texte très simple- la journée
d’une personne qu’ils connaissent bien (leur père, leur mère, quelqu’un qu’ils
aiment ou connaissent bien.)
Préciser : Son nom, son lieu de naissance,
Son physique, son caractère,
Comment il organise sa journée

b. Si certains sont intéressés par l’Islande, leur faire faire une petite fiche sur le
pays.

Ils peuvent s’appuyer sur les ressources du site tv5.org suivantes :


à partir de la rubrique : informations / en bas à droite de la page : Géofiches
http://www.tv5.org/TV5Site/info/geofiche-107-ISLANDE.htm

c. Une chanson d’Edith Piaf : Après avoir fait écouter une chanson en classe,
demander d’en chercher les paroles sur le site http://www.paroles.net/ et de les
copier.

* Ingolfur Arnarson, 1° colon d’Islande, arrive dans le pays en 874.

Fiche réalisée par Thérèse Roland-Gosselin

Talents Cannes 2003


Ascenseur pour un boulot

Proposition d’exploitation pédagogique pour niveau intermédiaire


(B1)

Objectifs :

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Education à la citoyenneté
- Apprendre la différence, apprendre à la reconnaître, à la respecter.

Linguistique
- Lexical : apprendre le vocabulaire lié à la description des personnes, à
l’expression de leurs sentiments (colère, énervement, gêne, tristesse,
pardon, reconnaissance, joie) dans des situations difficiles ou de bonheur.
- Grammatical : le présent de l’indicatif, de l’impératif.
- Objectifs de communication : expression des sentiments (colère, gêne,
bonheur)

I. Avant le visionnage

1. Est-ce qu’il y a dans la vie des choses, des personnes, des situations, qui
vous dérangent ?
2. Essayez de dire pourquoi.
3. Donnez des exemples personnels de malaise que vous avez ressenti dans telle
ou telle circonstance, avec telle ou telle personne.

II. Visionnage sans le son

1. Où se situe l’action ?

2. Les deux protagonistes : Ecrire le maximum de mots pour les décrire.


- leur physique (leur âge, la façon dont elles sont habillées)
- leur attitude (sont-elles debout, assises ? Quels sont leurs gestes ? Quelle
est l’expression de leur visage ? )
- leur personnalité (Quel semble être leur caractère ? Sont-elles bavardes,
timides ? Quelle relation se crée-t-elle entre elles ? )

3. L’action :
- en établir les différents moments.
- y a-t-il un moment où elle semble basculer ?

4. Essayer d’imaginer :
- ce que les 2 femmes peuvent se dire :
- pourquoi l’une est-elle en colère, l’autre gênée ? Pourquoi, tout d’un coup
se réjouissent-elles ?

III. Visionnage avec le son


1. Compréhension orale
Vérifier vos hypothèses sur le dialogue qui s’établit entre les deux femmes
au cours de leur séjour dans l’ascenseur.

2. Expression écrite

21
a. Donner la transcription intégrale du dialogue en supprimant quelques
mots / groupes de mots / phrases courtes. Compléter.
b. Corriger, expliquer les erreurs.

IV. Après le visionnage

1. L’interview :
a. Essayer d’imaginer l’interview entre Prune et après leur
« réconciliation ».
b. Faites- la jouer aux élèves par groupes de 2.

2. Travail à la maison :
Choisir entre plusieurs activités

a. Faire une liste de toutes les expériences de racisme, de discrimination que


vous connaissez ou dont vous avez entendu parler. (le racisme anti-gros, anti-noir, anti-
immigrés, anti-vieux, anti-jeunes, anti-homosexuel, etc.)
b. Cherchez le nom de quelques personnes qui se sont battues contre la
discrimination : des écrivains, des chanteurs, des hommes politiques… Chercher (ou
recopiez) des textes ou des chansons qu’ils ont écrits.
c. Sous forme de haïku, écrivez un cours poème contre une des formes
de racisme

Exemples très simples écrits par des élèves de collège

L'extérieur est
différent mais
l'intérieur est le même

Faire la guerre
n'est jamais la solution
faisons la paix

Blanc ou noir
nos différences de visage, de pays
c'est notre richesse

22
Ascenseur pour un boulot

- Bonjour, vous allez à quel étage s’il vous plaît ?


- Dernier

- Oh, non !
- Qu’est ce qui se passe ? Vous avez appuyé sur quelque chose ?
- Non, je crois que l’ascenseur est tombé en panne.
- Laissez-moi voir ! Poussez-vous !

- Il y a quelqu‘un ?
- Ne vous inquiétez pas, on va s’occuper de nous ! Y’a rien à faire. Il n’y a qu’à
attendre.
- Ah non, ça c’est pas possible. Non mais n’insistez pas. C’est un problème de
surcharge, hein ? Poids maximum 150 kgs

- Je le prends tous les jours et…

- Oui ben vous êtes énorme. Alors dans ces cas-là, il faut monter toute seule parce
que vous gênez tout le monde ! J’ai un rendez-vous super important et je suis
coincée avec vous. Et j’ai pas du tout envie d’être coincée avec vous !
J’ai plus qu’à appeler pour dire que je suis en retard. Coincée dans un ascenseur
avec une grosse… Ça tombe bien…

- Allo !

- Chut ! Oui, Allo ! Bonjour !

- Je crois qu’on est en communication ensemble. Vous avez rendez-vous avec…


Vous êtes Mademoiselle Alban.

- Je suis votre rendez-vous. Excusez-moi ! Je commence à péter les plombs


facilement. C’est bête mais en fait je suis au régime et ça me rend malade. Je suis
sur les nerfs tout le temps. J’arrive pas à retenir mes émotions. [Pleurs] J’ai du
mal avec les gros. Les gros, ils me font peur, ils me dérangent… Je suis désolée…
Dites quelque chose… Excusez-moi ! Je sais pas. Aidez-moi !

- Arrêtez de me coller comme ça, là !


Je vous remercie

- Vous vous foutez de moi !

- Non pas du tout. Je vous remercie. Vous m’avez bousculée. D’habitude les gens
me parlent avec déférence. Ils me prennent pour une handicapée.

- Ah ! Ah ! [Rires de soulagement] Je commençais à me sentir un peu à l’étroit

- Je m’appelle Aline

- Prune

- On a rendez-vous, non ?

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Un extrait de film
On connaît la chanson, d’Alain Resnais

Activités pédagogiques proposées pour un niveau intermédiaire


(B1)

Objectifs :

Linguistique :
- Acte de parole : prendre un rendez-vous chez le médecin, lui expliquer sa
maladie, lui poser des questions.
- Lexical : vocabulaire lié au corps, à la maladie, à la médecine en général.
- Grammatical : révision de l’impératif (affirmatif / négatif)

Culturel : Connaître quelques-unes des 35 chansons de cette réjouissante comédie


musicale…

I. Visionnage de l’extrait sans le son


1. Identifiez :
- les personnages en présence : Qui sont-ils? Décrivez-les (leur physique, leur
âge, leur tenue vestimentaire, leur gestuelle, leurs expressions…)
- le lieu dans lequel nous nous trouvons.

2. Essayez d’imaginer :
- ce qui réunit les protagonistes,
- ce qu’ils se disent ? Sur quel ton ils se le disent ? [Faire utiliser des adverbes,
des adjectifs]
- comment ils se sentent.
- Par deux, écrivez le dialogue. (Ne pas oublier le dialogue au téléphone !)
- Eventuellement, s’il y a des apprenants doués pour le mime, leur faire mimer…

[Variante : Imaginez ce qui a pu se passer avant cette scène… et après…]

II. Visionnage de l’extrait avec le son

1. Vérifiez vos hypothèses :


- Où sommes-nous ?
- Qui sont les acteurs de la scène ?
- Pourquoi se rencontrent-ils ?

2. Rapportez les propos de chacun des protagonistes.

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- Pour un niveau intermédiaire plus élevé : au style direct… ou indirect…

- Pour un niveau intermédiaire faible : notez le maximum de mots que vous


comprenez. Comparez vos résultats avec le voisin.

III. Après le visionnage


1. Etes-vous déjà allé consulter un médecin ? Si oui, pour quelle raison ?
2. Faire préparer, puis lire ou mimer, par groupes de deux, un petit rendez-vous chez le
médecin.

On peut conclure ne disant que le thème du rendez-vous chez le médecin est un thème
récurrent dans la littérature française :

- Le médecin malgré lui (Molière),


- Knock (Jules Romain),
- Chez le docteur (Ionesco, in : Exercices de conversation et de diction françaises pour
étudiants américains) etc.
Donner des extraits à lire à la maison : les faire préparer (chercher les mots difficiles à
comprendre, à prononcer). Faire lire et/ou jouer en classe.

On trouve aussi ce thème, mais plus rarement, dans la chanson :


- Allô maman bobo (Alain Souchon)
- Je suis malade (Serge Lama)
- Je ne suis pas bien portant (Gaston Ouvrard), etc.

25
Fiche réalisée par Thérèse Roland-Gosselin

http://www.tv5.org/TV5Site/upload_image/app_fp/fiche_complete/kefair.pdf

26
Site : http://www.kefair.com/

http://www.tv5.org/TV5Site/upload_image/app_fp/fiche_complete/TourMonde.pdf
http://www.tv5.org/TV5Site/adm/total.php

27
http://www.tv5.org/TV5Site/upload_image/app_fp/fiche_complete/ledessousdesc
artes.pdf

28
http://www.tv5.org/TV5Site/upload_image/app_fp/fiche_complete/1Patissier.pdf
Site : http://www.tv5.org/TV5Site/enseigner-apprendre-francais/rubrique-5-
Mains_et_merveilles.htm?id_col=41

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Où ? Quand ? Comment ?
[GPS : Après cinquante mètres, tournez à droite !]
Jeune homme : Pourquoi vous allez par là ?
Chauffeur de taxi : Parce que c'est plus rapide monsieur.
Jeune homme : C'est pas plus rapide, c'est plus long. Je connais Paris quand même !
Chauffeur de taxi : C'est plus long peut-être, mais c'est plus rapide. Et il me signale qu'y a un
bouchon là devant, on l'évite.
Jeune homme : Qui vous signale qu'il y a un bouchon ?
Chauffeur de taxi : L'appareil, le GPS là.
Jeune homme : Comment y sais qu'y a un bouchon le GPS.
Chauffeur de taxi : Ah je ne sais pas comment il sait mais c'est sûr qu'il sait, hein. Vous savez cet
appareil-là, il est plus futé que Bison Futé. Moi, je suis obligé de le suivre.
Jeune homme : Et moi, je vais suivre qui ?
Chauffeur de taxi : Celui que tu payes ! [Rires]
Jeune homme : Et ça fait longtemps que vous travaillez avec cette machine ?
Chauffeur de taxi : Non, pas longtemps. Vous vous rendez compte ! Moi j'ai passé quatre fois
l'examen pour être, pour être chauffeur de taxi à Paris.
[GPS : Après trois cents mètres, tenez la droite puis, prenez la deuxième à gauche.]
Chauffeur de taxi : D'accord. Alors les jeunes aujourd'hui, ils passent une journée de stage pour
apprendre à manipuler cette machine et ils sont chauffeurs de taxi dans n'importe quelle ville qu'ils
veulent : Bordeaux, Marseille, Paris, Angers… là, où ils veulent
Jeune homme : Donc vous êtes en train de me dire qu'on a plus besoin de connaître l'espace et la
ville pour être taxi dans la ville.
Chauffeur de taxi : Exactement, exactement ! Vous savez aujourd'hui, moi je conduis une
machine sous les ordres d'une autre machine. Y viendra un jour où moi-même ils me
transformeront en machine. Y aura des taxis sans chauffeur, sans volant, sans tableau de bord…
[GPS : Après trois cents mètres, tenez la droite puis, prenez la deuxième à gauche.]
Chauffeur de taxi : Voilà, elle me donne des ordres et je suis obligé de suivre ça moi. C'est ça,
c'est ça le progrès !
Jeune homme : Donc la personne qui connaissait le mieux la ville n'a plus besoin de la connaître
qui est le chauffeur de taxi.
Chauffeur de taxi : Et oui, et oui. Et ça c'est malheureux, hein ! Ça c'est malheureux, hein ! Y'a
des étrangers qui viennent, ils donnent des adresses comme ça et ils savent pas que c'est un
quartier mal famé. Et ben moi, j'avertissais mes clients : « vous êtes sûrs que vous voulez aller là ?
C'est pas bien. Attention ! » Et ben des fois, ils se rétractent hein. C'est à nous de conseiller nos
clients !
Jeune homme : Ah parce que le GPS ne donne pas l'identité du lieu.
Chauffeur de taxi : Ah ! Le GPS y s'en fout lui ! On lui met l'adresse et vous amène à l'adresse. Si
y a des assassins qui vous attendent là-bas, lui le GPS y bougera pas, hein ! Non, mais c'est comme
ça.
Jeune homme : Et ça vous pas, vous avez pas l'impression que ça réduit votre sens de
l'orientation.
Chauffeur de taxi : Ah beaucoup ! Mais ça me développe des maladies nouvelles, hein. Vous
savez quand je marche tout seul, et ben je me dis de temps en temps « A droite. A gauche. Va tout
droit ! A trois cents mètres, tu vas trouver le Monoprix. »
[GPS : Après trois cents mètres, traversez le rond-point. Troisième sortie. Puis…]
Chauffeur de taxi : Comme elle. Je me parle comme elle me parle. Et quand je suis avec ma
femme, et ben on s'amuse à ça. Je lui dit : « Tourne à droite ! Vas-y à gauche ! Vas-y encore trois
cents mètres !» Eh !
Jeune homme : Donc l'espace est devenu quantitative uniquement.
Chauffeur de taxi : Non, c'est devenu une sorte de musique comme ça, de géomètre. On mesure,
on tourne. C'est plus une balade.
[GPS : Traversez le rond-point. Troisième sortie. Puis restez sur la file de gauche.]

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Chauffeur de taxi : Si elle me disait voilà, y a de belles fleurs là, y a un beau lac. Arrête-toi ! Tu
vas te… non. A droite, à gauche, tout droit. C'est comme ça.

http://www.tv5.org/TV5Site/webtv/video-3191-Ou_Quand_Comment.htm

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