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Les origines de l'église d'Édesse et des églises syriennes / par J.-P.-P. Martin,...

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Martin, Jean-Pierre Hippolyte (1840-1890). Les origines de l'église d'Édesse et des églises syriennes / par J.-P.-P. Martin,.... 1889.

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Iiirii»irt-K4iHm -: 25. Rue Saint-Fuscien. LECIBRC. 1889 . i8.-P.LES ORIGINES DF L'ÉGLISE D'ÉDESSE BT DES ÉGLISES PAR SYRIENNES J. Quai Votlaire. KMSOXMDVB KDITELRSaOUSSSAU-LRROÏ BT C1*.-P. 25 18. MARTIN de Théologie de Paris Professeur à l'Ecole" supérieure PARIS AMIENS ET CH.

G — j. Alsace-Lorraino Pays do l'Europe L'UNION SCIENTIFIQUE REVUE MENSUELLE ILLUSTREE DES SCIBNCES ET DE LEURS APPLICATIONS PRIX Franco étranger DE L'ABONNEMENT ANNUEL : S francs. 43 80 — France. . Rue Saint-Fuscion. Amiens teie k Sciences diàtiqn Honorée d'un liref du Souverain Pontife Revuo mensuelle paraissant lo 40 do chaque mois par livraisons in-8 do 100 pages depuis tannée 48(50 PRIX DE L'ABONNEMENT : 42 fr. IMPRIMBUR-ÈDITRUR !8.ROUSSEAU-LKROY. » » par an.

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.LES ORIGINES DE L'ÉGLISE D'ÉDESSE ET DES ÉGLISES SYRIENNES.

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Qoai Vollâirc.-P. mmti 25 / AMIENS imilAU-LMOV BT V. Rue Sainl-PoMien. 25. MARTIN de Théologie de Paris Professeur a l'Ecole supérieure PARIS tmmm ir en. l88p .LES ORIGINES DF. 18. WêttnîiiUm 18. L'ÉGLISE D'ÉDESSE ET DES ÉGLISES PAR SYRIENNES J. ueme.-P.

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si elle m'avait été soumise. Paris.-P. J'ai pour lui beaucoup d'estime et d'affection . il est question de principes. passée à l'Ecole Supérieure de Théologie de Paris. Je prie mes lecteurs de vouloir bien se rappeler cet avertissement. sur les Origines de l'Eglise d'Edesse. à moins qu'on n'y eût fait de notables changements.AVERTISSEMENT Les pages suivantes ont été écrites à l'occasion d'une Thèse de maîtrise. et que je ne l'aurais pas approuvée. le 25 Janvier 1889.-P.* V« Ceux qui les liront verront bien vite que je n'ai pas approuvé cette thèse. Tixeront m'est très sympathique. mais ici il n'est pas question de personnes. le 7 juillet 1888. MARTIN* Professeur à l'Ecole Supérieure de Théologie de Paris. et de l'avoir toujours présent à la pensée. La personne de M. . J. en lisant les pages suivantes.

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Les Évangiles. Braansehwclg. in 4*. elles ont préparé. Forschungen %ur geschiehie des Neutestament* lichen battons und de* AUkirchlichen Uteratur. élude critique suivie U deux textes oruntatx inédite. in-8*. deviner. Ancienl syriae documents relative tù theèar* liai establishment cf chrUtianity (n Bdestà and thé neiâhbooring counlrits. The doctrine . 1876. trois Vol. 1864.of Addai.Uùul . Cardon. et ce que nous sommes rè*duils à. In S4. C'est avec cela o^ eâeniuhe abgarsagê kriti%ch (I) Richard Adclbcrt Lipsius.i'i m Lés premières générations chrétiennes nous ont laisse fyîon peu do souvenirs écrits .'$: toi. elles ont souffert. qui avaient rempli leur existence. — Die apocryphtn aposUû geschiehten und aposleltegenden.— L. les Actes des Apètrea.4888. Ërlaagen. ln-8*. in-8*. ln*8*. Tiieraol. Londo». . now fini ediled in a complue form with an en* glish translation. par leurs souffrances! leurs travaux ot leur vie. — G. Voilà pourquoi nous ignorons ce que nous aurions tant aimé à savoir. Pari*. Braunîchwcig 1880. lès triomphes que les générations suivantes ont recueillis plus tard. — W.'. c'est 5 peu prés tout ce qui nous resto jusqu'au milieu du second siècle. Ihe aposlk. . Phillipps. J. les orlginee de FÉglise SÈdesse ou la légende éCAbgare..LES ORIGINE ET Dl^ DIS ^ ÉGLISES SYRIENNES ^). — ThcodorZahn. elles ont travaillé. Elles ont dédaigné de nous raconter leur vie. une vingtaine de lettres ou de courts traités dogmatiques et moraux. Z>/«* untertucht. Londres. ou elles n'en ont pas trouvé'Je temps. 1883*4884. mais" elles n'oni presque pas songé à nous dire les événements.

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LES ORIOINiSS

DE L'BOLISB

D'BDBSSE

avec des documents postérieurs que nous devons reconstituer le passé cl faire revivre pour nous le premier siêclo.do l'ère chrétionne. C'est bien peu de choso ! — Oui, c'est peu de chose qu'un volume comme celui du Nouveau Testament, lorsqu'il s'agit de retracer l'histoire d'un siècle qui a opéré une aussi grande révolution et qui a laissé des traces si profondes ou si vivaces de son passage. Personne no Ce volume nous explique sans peut en disconvenir. le christianisme a pris possession do doute pourquoi l'humanité, mais il ne nous dit aucunement, ou il no nous dit que d'une manière très imparfaite, comment il à fait cette grande conquête. Et cependant, cette conquête est un fait, un fait vivant sous nos yeux, et ce iiliïp ce fait est pour nous, hommes du dix-neuvième siècle, il l'était déjà pour les hommes qui vivaient vers Tan 230 ou vers l'an 200. Vers l'an 200, il y avait des chrétiens, sinon des chrétientés, dans tous les pays du monde et les apologistes pouvaient écrire sans mentir que la voix de l'Évangile avait retenti jusques aux extrémités delà terre: In omnem (errant exivitsonus eorurn. t Par conséquent, lo monde avait été antérieurement conquis ; le fait est certain, bien qu'il nous soit impossible do diro comment il s'est accompli, et nous aurions tort do le laisser nier ou contester sans protestation. : Nous Vivons précisément à une époque où l'attention tjn Monde civilisé, so reporte vivement sur les origines chrétiennes, et, parce qu'on n'y trouve, point toujours la clarté ou les détails circonstanciés qu'on désirerait, on' Ira quelquefois jusqu'à révoquer en douto les faits généraux ou jusqu'à les nier résolument. On cssaio.de (amener le christianisme et sa diffusion à travers le monde aux proportions d'un simple fait humain; oh

BT DES ÉGLISES

SYRIENNES

• •: «

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s'efforce do montrer

qu'il s'est répandu lentement, graduellement, à forco d'efforts ot surtout do temps, dans lo monde Romain et au delà. La diffusion du christianisme n'a rien do merveilleux pour beaucoup d'écrivains de notre temps; elle s'explique pour eux comme la diffusion do toute doctrine philosophique, et, d'ailleurs, pour beaucoup d'entre eux, le christianisme n'est pas que le christianisme n'est pas sorti du monde romain durant le premier siècle; et il y en a même qui le renferment dans les limites de la Palestine, de l'Asie «mineure, de la Grèce et de l'Italie. Ce qu'il y a d'étrange, c'est de voir que ces idées sont acceptées même là où elles s'y attendaient le moins. ' Pendant longtemps les Églises Syriennes avaient passé pour avoir une origine apostolique ou quasl-aposto* liquo; mais celte gloire leur est contestée à cette heure; elles aussi subissent le rajeunissement qu'on revendique, au nom db la science, pour la plupart des chrétientés du monde. On a examiné leurs titres et on les a trouvés, ou faux, ou suspects, en tout cas, insuffisants. Par conséquent, on fait descendre la prédication du christianisme chez les Syriens jusquej à la fin du second siècle. C'est fout au plus, si on consent à la laisser remonter ju^ques à l'an 150 (1). Je me propose de discuter le problème des origines du christianisme dans les Églises Syriennes et do voir
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autre chose. Des auteurs affirment

sérieusement

(1) « L'histoire cl la légende noué enseignent quo l'Église d'Édesse a été fondée vera le miliea do second siècle, mais ne remonte pat au-delà, » Position lit* de la thèse de M. Tïicrant. D'après ce que cet auteur dit pins loin, l'Église d'Édesse a été la mère des Églises Syriennes, car il nous la montre t essaimant à ton tour$ et donnent naissance aux chrétientés de Mésopotamie et ? d'Assyrie, » Les origines de rÉglise d'Édesse, p. 452»

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LES 0RIÔ1NËS DE L EGLISE

D'EDESSE

s'il y. a lieu dé révoquer en doute l'origino apostolique décos Églises. Le sujet no manque ni d'importance, ni d'intérêt, ainsi qu'on va le voir.

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- J'ai dit plus haut qu'il nous restait peu do choso d'authentique Sur la première diffusion du christianisme 'dans le monde. Los Actes des Apôtres, quelques épîlres, celles de saint Paul, voilà tout ce que en particulier nous possédons. Ce n'est certainement pas beaucoup, et cependant il faut encore retrancher à ces documents, car le titre do l'un d'entre eux, au moins, est peu exact. ne méritent pas, en effet, do Les Actes des Apôtres porter ce nom, puisqu'il y est à peine question des Apôtres, sauf dans les premiers chapitres, et que c'est, en réalité, moins une histoire des apôtres qu'une courte de saint Paul, c'est-à-dire du treizième biographie apôtre, de l'apôtre surnuméraire ou complémentaire. Envisagés comme une biographie de saint Paul, les Actes des Apôtres laissent encore beaucoup à désirer, car plusieurs parties de la vie du grand prédicateur sont laissées dans l'ombre, notamment au commencement et à la fin ; et celles qui sont un peu mieux déNous avons peut* crites lo sont très incomplètement. être, dans le volume, les lignes générales de la biographie, mais nous n'y avons pas les détails, nous n'y ce que nous désirerions lo avons pas, en particulier, plus connaître, la partie intime do l'oxistcnco de l'apôtre des Gentils. La lacuno ne s'arrête pas là ; elle comprend aussi la vio publique, car il est évident qu'on nous laisse ignorer presque tout : projets, démarches, actes, paroles, oeuvres accomplies, tout cela est passé sous silence,

dans cette partie du Nouveau Testament. que nous savons comment saint Paul parlait. quand il s'agit de les sauver. mais si on peut faire ici une place aux conjectures. ces lettres et ces Actes nous donnent une idée très élevée de l'activité prodigieuse do cet hommo. écrivait et agissait. atteignent Ce qui est certain en tout cas. Nous n'avons. c'est que les quatorze lettres do saint Paul et le récit des Actes des Apôtres connaître ne représentent pas l'oeuvre complète du docteur des Nations: son activité no s'est pas renfermée dans ces étroites limites et le peu qui nous reste ne nous donne pas une idée adéquate de ce que saint Paul a dit. qu'un spécimen des discours.KT DES KQLI8BS SYMBftNÉà 6 Ou tout cola est résumé d'uno manière si superficielle que nous no pouvons pas prétendre avoir Une vie de saint' Paul. il faut bien reque ces conjectures n'atteignent jamais. fait ou écrit. Sa vie privée nous est entièrement cachée et nous 7 ignorons les quatre-vingts centièmes de sa vie publique. des lettres ott des oeuvres de saint Paul. le zèle des âmes le dévoré et il ne recule devant aucun labeur. . nous devons recourir à IV magination et deviner ce qu'on ne nous dit pas OU cô qu'on nous laisso simplement entrevoir. nous pouvons dire. La divination et la reconstruction sont permises datte ce cas. Il les entreprend sans . mais nous ne pouvons pas affirmer que nous sachions tout ce qu'il a dit.dans une> certaine limite. . fait ou écrit. parce qu'elles s'appuient sur de bons fondements.' Pour reconstituer cette vie. Les voyages les plus longs et les plus pénibles semblent un jeu pour lui. et ce qui ne peut faire l'ombre d'un doute pour personne. ou ' rarement les de la limites certitude. Il est intrépide et infatigable. malgré tout ce qu'il y a d'imparfait Ott d'incomplet ûansle$ Actes des Apôtres et dans les lettres de saint Paul. f : i Et cependant.

tous les Apôtres ont parcouru le monde pour prêcher l'Évangile. lo reste do TAsio mineure. tandis que les autres Apôtres n'ont eu que Dieu et leurs angea poui faire leur histoire. il veut aller partout j prêcher partout lo nom do Jésus-Christ.<fc LES 0RIOINK8 PB L'EGLISE D'KDE3SE presque sans réfléchir . boiter» . Tous les Apôtres ont eu le zèle do saint Paul. si on. nullement une différence d'espèce ou de genre. est que saint Paul a eu un historien dans un do ses plus fidèles compagnons. ot.. aussi bien quo la raison chré* |jonnor refuse d'admotlro que les douze Apôtres soient . ot c'est ainsi qu'en moins do trente-cinq ans il parcourt presque tout lo monde romain. en Asie. XI. La raison humaine. la Syrie. L'Arabie. dans saint Luc.travaillé dans le monde civilisé.23) . c'est une différence do degré ou do quantité. la Grèce et l'Italie lo ypjent et l'entendent tour à tour. dsms des régions inconnues des anciens. Ici se pose une gravo question : saint Paul a-t-il été une exception parmi les Apôtres ou bien pouvonsnous supposer raisonnablement que ses collègues ont agi comme lui ?—11 ne nous paraît pas qu'on puisse hésiter entre ces deux hypothèses et nous n'avons pas l'ombro d'un doute que la seconde seulo représente la vérité. mais les autres Apôtres ont travaillé comme lui. Il a même formé lo ' projet d'aller en Espagne et il l'a peut-être exécuté. la Palestino. La grande différence entre les douze Apôtres et saint Paul. tandis que les autres ont travaillé dans les pays barbares. en Grèce et à Rome. autant qu'ils l'ont pu et ils se sont certainement efforcés do suivre ses exemples. Saint Paul a travaillé plus que les autres Apôtres. la Macédoine. tous les Apôtres se sont conduits comme lui . «plusego » (II Corinth.peut établir entre le treizième Apôtre et les douze premiers quelque différence. c'est que saint Paul a.si on lo veut. La grande différence qu'il y a entre eux' et saint Paul.

de la Cappadoce. qu'outre Jérusalem. fassent à peu près complètement défaut. Lo fait est cer. par ailleurs. contemporaines des événements. bien que les preuves écrites ou. souffrant et mourantj)oar leurs ouailles comme de bons pasteurs. I. d'ailleurs. Les Apôtres ont parcouru le monde. non plus. piafo parco que ces prédications n'ont pas été racontées. II n'y a pas. de l'Asie et de la Bithynio (I Pelr. absolument certain. dans cette ville. seulement une pure conjecture quoique légitime. Une tradition très répandue vent que les Apôtres se soient partagé |e monde et que chacun soit allé dans lo pays qui lui éta|t . documentaires. à lui seul. dans une large mesure. travaillant. Ce n'est pas. .de — Là-dessus. on ne peut pas répondre l'Apostolat ? toujours d'une manière précise. l'ombre d'un douto que Pierre n'ait évangélisé Rome et qu'il n'ait établi.ET DES É0LI8B8 8YRIBNNB8 > f 7 demeures tranquillement à Jérusalem. tain et il ne peut pas faire l'ombre d'un doute. non pas qu'il soit douteux que chaque Apôlre ait prêché quelque part. car le seul titre de la lettre de sain) Pierre nous apprend qu'il avait prêché. il avait évaqgéljsé la Judée. la Samario et Antiocho. aimant. le siège du Souverain pon• tificat. ou bien parce que les récits s'en sont perdus. Les Apôtres ont fait ce qu'il a fait et nous pouvons leur appliquer. priant. 1) et nous savons. co que l'histoire nous rapporte de l'Apôtre des Gentils. de la chaleur.J Mais où les Apôtres ont-ils exercé les foqctions. s'abandonna^ aux douceurs de la contemplation ou du far~nient$ Q\ laissant saint Paul porter seul le poids du jour et. eux aussi) annonçant Jésus aux hommes. aux Juifs du Pont. do la Galatio. cela est certain. prêchant l'Évangile. Saint Paul no fut donc pas une exception parmi les Apôtres. en tenant compte do leurs qualités personnelles.

lui-mêmo. comment ils feraient pour prêcher l'Évangile da>s les langues étrangères qu'ils no connaissaient pas. pendant que les Apôtres so demandaient avec anxiété. ce n'est pas à nous & chercher comment nocs pourrons prêcher l'Évangile. page 21 do texte.. Les langues descendirent sur chacun d'eux. chacun la langue du peuple qu'il le destinait à évangé • liser. mais ce que nous ne concevons pas. » W. le scepticisme universel et la négation du surnaturel. (I) Une quantité innombrable d'anciens documents fait allusion an tirage an sort des contrées qnc les Apdlrcs devaient évangéliM.r.. Corcton. ot c'est en consultant lo sort quo les Apôtres euxmêmes ont complété leur nombre. c'est à Notre Seigneur a voir comment nous pourrons annoncer l'Évangile dans le monde. Nous concevons. pour se répandre ensuite dans le mondo. beaucoup plus plausiblo quo toutes les explications naturelles qu'on a essayé do donner do ce qu'on a appelé la Qlossoïalie. En effet. et chacun se prépara h te . Le tirage au sort était reçu chez les Juifs. à ses on faisant parler à Apôtres les régions de l'univers. Cette opinion a pour ello de nombreuses analogies et de grandes vraisemblances. 23-20).8 LE8 0RI01NËS DB L'BOL18R D'BDBSSB échu en partage (1). en effet. S'ils se sont entendus.. dans le cénacle. il n'est pas vraisemblable.rendre dans le lieu où on parlait la langue qt'il avait reçue. ( icles I. dans une certaine mesure. rien de plus naturel pour eux que d'avoir tiré au sort. Voici ce qu'on lit dans la Doctrine des Apôtres : c De mémo que lo mystère du corps et du sang de Notre Seigneur commença dans le cénacle. . Ancient surlitc documents relative to the earltcst a tablishmeni of Chrtstlanify In Edessa. c'est qu'on accepte des explications plus absurdes et pins incroyables que les faits qu'on veut expliquer. dans leur oeuvre. que les Apôtres ne se soient pas entendus sur ce point et qu'ils n'aient pas songé à procéder.. avec quelque méthodo. C'est encore là une opinion extrêmement plausible. Simon Pierre se leva et leur dit: < Mes frères. On veut également quo Dieu ait distribué. de mémo encore ce fut dans le cénacle que la doctrine de la prédication commença à régner sur le monde.. .

Ce qu'il y a do certain. Nous sommes sou vont réduits à nous contenter de simples opinions ou do pures conjectures. on peut dire que la simple probabilité disparaît et fait placo à la certitude. II Les Actes et les lettres des Apôtres ne nous donnent. croyons-nous. lesépitres et les Actes nous permettent do nous faire Une idée assez juste de la maniôro dont les choses se sont accomplies et dont les diverses chrétientés so sont fondées* r . noué : le répétons. l'Asie. Toutefois. malgré cela. tel est.* c'est que les Apôtres ne sont pas restés à Jérusalem à se croiser les bras. avons-nous dit. de telle sorte qu'une bonne affirmation traditionnelle venant s'ajouter à ces conjectures. mais. le cas pour les Églises * Syriennes. ici encore. au jour do là Pentecôte. toutes les doux. en leur distribuant le don des langues. peu imporlo. ou qu'ils aient suivi les indications quo Dieu semblait leur donner. nous pouvons quelquefois nous appuyer sur des données telles que les conjectures atteignent les limites de la certitude. n'a pas partout la même constance et la mémo Unanimité. pendant que saint Paul parcourait les îles. Or. cela est très vrai. ïa Grèce et l'Italie. car les deux opinions sont. 1res raisonnables.ET 0E8 É6LI8B9 S VfttBNNttS ! Ô" Que 103 Apôtres aient tiré au sort les pays où devait s'exercer leur mission apostolique. — Cela est certain. quo des renseignements très incomplets sur la propagation do l'Évangile. mais où sont allés les Apôtres * Les réponses dans chaque cas n'ont pas le même degré do certitude. parce que la tradition.

(Actes XI. sans que les Apôtres y soiont pour rien. en dispersant les chre> tiens (Actes VIII.i le nom de chrétiens (Actes XI. Semblable aux vonts qui transportent sur les plages lointaines les germes do plantes nées. 32 : i Paclum csj ftutem dum Pclrus pcrtransjrcl uojversos. qui crant Jcrosolymls. » — Verset 14: « Cum aolcm audissçnl Apos» loli. disperse aussi les semences do et raulliplio les centres do communautés l'Évangile chrétiennes. avec eux. quod récépissé1 Samaria yerbum Dêi. (!) Actes Mil. pour la première fois. mais. la persécution. 31) et la Phénicio (Actes IX. evanQcl'mntes verbum l\ct. 20). en rentrant dans leur pays. Ce qu'il y a de plus curieux c'est quo lo christianismo arriva ainsi jusqu'à Chypro ot jusqu'à Antiocho. » — IX. au lieu d'arrêter l'expansion du christianismo. dans les environs do Jérusalem. Personne n'ignore quo c'est à Antiocho quo les disciples de Jésus-Christ prirent ou reçurent. nous upercoquo lo christianisme Aussitôt que nous ouvrons les YOnSf dos les premiors chapitres. 'M. se propage commo uno traînée de du miraclo do la Pentecôte sont poudre. 3243) (1).sur d'autres rivages. \. donnoiv Aussi les chrétientés naissent-elles partout à la fois. la Galilée {Actes IX. ils emportent. elle no fait quo l'accélérer. I). L'heure des persécutions arrive. jusque dans la Syrio et les îles. C'est à tel point qu'en pou do temps il so forme des Églises dans la Samarie (Actes VIII. miséruni ad cos Pctrum cl Joanncm. et ce qui est plus étrange encore c'est quo l'Evangile fut annoncé aux Grecs d'Antiocho par des chrétiens de Chypre et de Cyrèno (Ibid. $ . le souvenir dos merveilles dont ils ont été les témoins ot l'explication qu'ils en ont entendu. 10).. La chose fit tant de bruit que.10 ^8 OniaiNRS Pl\ l/AORSB p'âDE88R Actes. 26). Les témoins les premiers prédicateurs de l'Évangile . « igitur qui dispersi (ranl pcrlransibanl. 5-17). la nouvelle en étant parvenue aux .

autcm quidam ex cis trCri Çyprii. cl Cyprum. commo ils l'avaient fait ailleurs (Actes VIII. 10-20. 52). ebristiant. en Palestine. qu» fada fueral sub Slcphano. sans douté parce qu'on pensa avec raison quo la commuuauté d'orlgino lui asi surcroît un bon accueil auprès des fondateurs de rÉgliso helléniste d'Antiôchb {Actes XI. 2#).Ulis> et miseront Itarnabam usque ad Aoliochiam. (I) Actes XI. qui dispersi fucranl a lri« bulatione. /.. IX. Krani. A son ârrjivéo/ Barnabe* trouva lo terrain si bion préparé ot la mois/ qu'il sentit lo besoin d'un ooadjuteur. ce qui était déjà établi et on ploino prospérité» Mais qui envoya-t-on cetto fois ? — On envoya Barna* h6. cl Anlioçhiam.. qui.nam\ti\ loqucnlcs.verburA nisi solis Judreîs. .. ceux-ci songèrent à régulariser 14 ot là. Ha. \\ Apôtres à Jérusalem.. on Cilicio etâphypro dans la en particulier.lCv\ i renxi..C'osJ — Kstco ainsi que saint Paul fut appelé à l'Apostolat. uiqooe«i rcrcl Saplnm. il no dut pas tarder à .e. si lo christianisme n'était pas déjà prêché dans la] haute Mésopotamie.qJ cognqmjna-i rcnliir primum APUochîtodjscipoli. Pcrxçn\\ anlcni icrmo ad aurcs Keclc$ia>....Hirbim mpliaro.. : .cl apposita»est molla lurba Domino. Eratquo maqus Dominl cjim cjs : mullusquenumeruscredentium convenusest ad Dominum. nerambujaverant asquo Phtrniceu. ^ assez curieux ot assez instructif (1) ? \ Il n'y avait pas dix ans quo lo Christ avait quitté définitivement lo monde que l'Évangilo était déjà prêché ? — Mais. . on Syrio. Celf\ est au moins conforme à toutes les vraisemblances. 25). « t i . et voici pourquoi. loquebaolar et ad Cweeoi annunliantes Dominom Jcsum.un converti et un Cypriote. quoe craUorosolvmis. l'était-il ailleurs? — L'était-il. super.. Mésopotamie ot là Syrio Orientale ? -} son si abondante En tout Il semblo qu'il faut répondre affirmativement.1'êtro. « Kt illi quidcm. et qu'il alla chercher Paul à Tarse (Actes XI.ET DBâ ftQM8K8 S^RIB^RS. cas. eum inlroisscnl Anliocbiam.Profecius es! nuicm Haroeb:» Tàrsuip. Kl docucrunl.

tout do suite. : (2) W. p. Lo premier mot.) — « Cest ainsi que la fille des Parthes a appris à croire. et Asiam. Ancient syriae documentsrelative to Ihe earliest establishment/ Chrislianltyin Edetsa. Actes de Charbil. dès 10 lendemain de la Pentecôte. tous les peuples répandus dans l'Arménie. ligne 8*. in qua nali •umos? Parihi. c'est le nom que lui donnent Jacques do Saroug et les Actes de Charbil (2). on cerphyliam.42 LR8 0R10INR8 DB L'R0U8R D'BDR88B Si nous nous reportons au récit du miracle de la Pentecôte dans les Actes (1). en Mésopotamie.et Elamilv. et MedUet Etamiloe. et qui habitant Me* » Les quatre termes comprennent tous sopotamiam. les Syriens. et Medi. jusques à la mer Caspienne. et Cappadâeiam. 41 da texte. jusques à l'Asie centrale. et qui habitant Mesopolamlamï Judxam. lo mot Parthi est un peu élastiquo dans l'usage des Anciens. Ponlum. la « fille des Parthes. 106. les peuples qui habitaient au-dolà ou au nord do la Syrie. dernière ligne: É La forteresse d'Edessodes Parthes • (Karka d'Edessa SParthevoté i*. l'Adiabône. non seulement les Parthes proprement dits. ligne 12). viri religiosi cxomni nalione quoesub caalo est. On peut donc afflrmorque. — On trouvera plus bas d'autres détails sur la Parlhte c t sur Edetse. la hauto Mésopotamie. nous remarquons. . La villo d'Edesso est appelée fréquemment. mais encore les Arménions. 5 : a Erant anlcm in Jérusalem habitantes Judoeî. etc. les premiers auditours des Apôtres ot leurs premiers convertis furent précisément des Juifs habitant les régions où ont fleuri et où fleurissent encore ce qu'on appello les Églises Syriennes. encore p. »—8-10:«Elquomodo nos audivimus unusquisquo linguam nostram. Phrygiam. que les premiers témoins éhumérés appartiennent à l'Orient.p. etc. » tain nombre do chrétiens.. à la Mésopotamie ou aux régions voisines : « Parihi. car il désigne. et Panf — Il y a doue eu. » (Barth Parthevolé—lbid.» Par conséquent. 94. dès lo jour do la (1) Actes II. dans les premiers Barth Parthevoïé : Siècles. Curclon.

0. l'autre en Occident. Elle était la clef do la haute Mésopotamio et servait do têto de ligno aux deux routes qui conduisaient. la Fille Parthes.BTfcBS BOUSES 8YRIBNNB8 (3 Pentecôte. il y a deux sinon trois fois moins de chemin quo d'Antioche à Jérusalem (1). parèrent les voies à des docteurs plus autorisés. annoncèrent Jésus-Christ et préprêcheront l'Évangile. Edesse était alors la capitale d'un état à moitié indépendant et elle servait d'ontropôt au commerce qui se faisait entre l'Occident ot l'Asie centrale. qui apportaient à Antioche les den? rées de l'Asie centrale. il faut ajouter qu'Edesse étant voisine d'Antioche n'a pas pu être longtemps oubliée. la Phénicio. . mais ce n'est pas tout ce que nous possédons. et les cars/ vanes qui portaient dans le centre de l'Asie les productions do l'Occident. Tout passait et passe encore par elle. l'une on Orient. ne pouvaient pas éviter cette ville. On peut affirmer qu'à l'époque dont il est question. que nous pourrions déjà conclure qu'il en'fut ainsi et nous aurions toute espèce do raisons de faire remonter les origines du christianisme en Syrio jusques au jour n'aurions do la Pontecôte . 4 iC . Nous pas d'autre témoignage que celui des Actes II. traversaient Edesse. étaient journalières les relations entré Antioche et (!) Knviron 50 à 70 lieues. . en Mesopodes tamie. Edosso devenait ainsi l'entrepôt du commerce do l'Europe et do l'Asio. il y eut des chrétiens en Médie. lllode ils Chypre et jusques à Antioche. Ils devinrent les fondateurs de ces communautés chrétiennes qui ont constitué plus tard les Églises Syriennes. D'Edesso à Anliocho.J Ces chrétiens se conduisirent évidemment commo ceux qui avaient porté le christianisme dans la Samarie. . chez les Parthes. et à Edesse. aVil* . Les commerçants.

aussi bien que nous. la communauté chrétienne d'Àutiocho. •ÎUO les vraisemblances historiques ot que la position géographique plaident hautement de l'origine apostolique des Églises Syriennes. La réponse est facile à faire : — Il est vraisemblable. à ce pro: on accordo. cette villo n'aurait point tardé à lo connaître. là composaient.14 LES 0RI01NB8 De t/RâUSH D'HOUSSE mémo quo les auditeurs des Apôtres. avaient touto à Edesso et d'essayer d'y Edesse. gilo à Edesso. prétend-on. dés individus sans mission ot sans autorité qui prenaient do la prédication . qu'il a dû y pos. 19-30). les personnes qui admottent l'authenticité et la valeur historique des Actes d-js Apôtres doivent reconnaître. par conséquent. se serait hâtée de l'y introduire. XI. en effet. Toutes manquer do portor l'Évan- les vraisemblances. Seulomont on fait quelquefois. une distinction avoir do bonne houro. en particulier à Edesse. quo les Actes nous montrent si zéléo ot si activo (Actes. co n'étaient pas les Apôtres ou leurs envoyés qui fondaient ces chrétientés et. uno fois établis à Antioche. au jour do la Pentocôte. des Églises Syriennes comme étant des Églises apostol'initiative liques. des hommes qui avaient porté lo christianismo do Chypre à Anliocho ne pouvaient pas. mais on prétend c'étaient que ce n'étaient pas des églises organisées. Alors espèce de motifs de songer faire des prosélytes . on no peut point parler. quo les choses so sont passées dans la haute en faveur Toutes . les Juifs ot les Les deux éléments qui Hellènes. à Edesso ou dans les environs. n'y auraient point porté l'Évancar gile. des centres de prédication chrétienne. se réunissent dono pour montrer que le christianisme a dû s'implanter do très bonne heure dans la haute Mésopotamie. en effet.

il est contraire à toutes les vraisemblances que les Apôtres aient négligé une ville aussi importante que l'était Edesse. en effet. et & Antioche. un simple diacre. Si on a délégué ces deux personnages d'un ranfc tout secondaire. en Phéntcio. qu'au moment'où la chrétlonté d'Ahtiôchë la Mésopotamie avait reçu la* visite de qtielque Apôtre. comme en Samà> rioet en Phéntcio. à moins que ce no fût déjà fait. Icûno. mais les choses ont dû également se passer là comme à Antioche.HT 088 BOUSES SYRI8NNB8 16 Mésopotamie. Salamine. comme dans la Samario. Derbo. pas plus qu'on n'eût envoyé] dans la Samario. SI. la Phéntcio. Athènes* Corintho et . Lo christianismo y a été d'abord porté par des personnes sans mission et sans autorité . les Jésuites qui ont irivonté la maxlmo Î Ifo ad magnat urbes l II ya longtemps que les mission' nalres chrétiens connaissent co principe et le pratiquent. Thcssalohique. comtno ils ont envoyé en Samarie. Jéruf&lem. pour organiser ces chrétientés primitif vos. à Chypre. Phtlippes. Quand les prédicateurs volontaires ont ou fait leur oeuvro ot Jeté les promloressenionces. Ephèse. Phi* lippe. ot où il y avait déjà tant do personnes qui attendaient leur venue. Antiocho. Àntlôcho un simplo converti. Paphos) Antioche do Pisidie. Quoiqu'il en soit. Troade. L'Apôtre saint Paul le (wmprûnait et l'appliquait à mer* veille : Damas. Barnabe. en effet. un pays aussi rapproché d'eux quo la Mésopotamie. Ce ne sont pas. tous lès Apôtres n'eût pas envoyé à étaient demeurés à Jérùsalemyon sotconstituait. comme à Chypre. e'e&tque les Apôtres étaient déjà vraisemblablement ' f dispersés dans le monde. l'ilo de Chypre et la Syrio. en effet. Il est probable. Lystres. ces les Apôtres n'ont pas dû tarder à venir'régulariser situations et à compléter Vcsuvre simplement ébaUchée* Ils ont dû onvoyer quelqu'un à Edesso ot en Mesopolamîo.

Pour soutenir quo l03 Apôtres ont négligé uno villo d'Antiocho comme l'est Edesse. Berlin. Si on n'admet pas cela. Florence et Madrid obtiendraient à peine un regard de lui. car les Actes des Apôtres rien . et une conduite différente . il ne voudrait prêcher qu'à Londres. voilà les lieux où il a prêché I Si saint Paul revenait aujourd'hui sur la terre. mais il ne faut pas oublier aussi que les Actes des Apôtres ne nous parlent guère que do saint Paul ot du christianisme dans l'Empire Romain. Il est vrai'que ce n'est-là qu'une opinion probable ot n'en disent vraisemblable. on doit rccounaître qu'Edesse a reçu la visite de quelque Apôtre ou de quelque personnage apostolique. si nous admettons: que les douze Apôtres ont rivalisé. de zèlo et d'activité. Rome. en faveur de cette opinion.on guise de tribune. Paris. Il n'irait pour sûr pas à Pantin ou à la Glacière annoncer la parolo du salut . il se contenterait à peine do la chaire de NolroDame ou de celle do la Madeleine : il choisirait. il les Apôtres sont restés à Jérusa2* que : saint Paul a tenu en tout de ses collègues. si on croit que les Apôtres ont suivi. peu d'années après l'ascension du Sauveur. Moscou ou Vienno. au moins. la méthode qu'employa l'Apôtre des Gentils. C'est un exemplo. pendant que saint Paul travaillait du sien. la cime du Panthéon ou la coupolo de l'Église du Sacré-Coeur. avec saint Paul. . la constituimportanto et voisine faut admettre: 1* que lom à ne rion faire. un spécimen de ce qui s'est fait : voilà . ' Or. si on pense que les Apôtres tint travaillé do lour côté. Bruxelles.: • ': tout.10 LB8 0MQINK8 DB L'éaUSB D'4DB88B Rome. Seulement la raison nous défend do croire que nous ayons là lo tableau complet de la première prédication chrétienne. en général. Toutes les probabilités sont. Saint-Pétersbourg.

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i?

tion d'une Église dans la Mésopotamie, aux temps apostoliques, devient tout-à-fait vraisemblable. Ce n'est sans douto qu'uno opinion très-probable, mais, si à ces vraisemblances vient s'ajouter une tradition ancienne, unanime, universelle ot constante, on peut dire que cotte opinion cesse d'ôtro seulement probable ou vraisemblable; ello devient certaine, absolument certaine. C'ost précisément ce qui a lieu pour les Églises Syriennes, ainsi qu'on va lo voir.

III
Le groupe de chrétientés qui porto dans l'histoire le nom d'Eglises Syriennes, comprend des peuples do races différentes et embrasse de très vastes régions. La surface do pays sur laquelle ces églises ont étendu leur influence, va de la Syrio et des racines du Taurus, à l'Occident, jusques aux frontières de la Chine et do l'Indo, à l'Orient. A une époque môme ces dernières frontières ont été franchies, car il est certain aujourd'hui qu'une partie de l'Inde a été christianisée do bonne heure ; et on sait également qu'il y eut de.- chrétiens en Chine dès le septième siècle, sinon auparavant. Ces chrétientés comprennent donc des Syriens, des Arméniens, des Assyriens, des Persans, des Indiens et des Chinois, c'est-à-dire, des peuples aussi divers que nombreux. Si on a donné à l'ensemble le nom d'Églises Syriennes, cela vient uniquement de ce que la langue syriaque, sous une forme ou sous une autre, a été généralement la langue liturgique dont se sont servies ces Églises. A encore le fait demeure vrai: la langue syc^téheure la languo liturgique des chrétiens qui habiriaque est 2

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tent la Syrie, le Liban, la* Damascène, la Mésopotamie, lo Kourdistan, la Perso et les Indes. Les Libaniotee, les Syriens, les Chaldéens, les Nostorions, les enrôlions du Malabar emploiont oncore aujourd'hui la langue syvoilà pourquoi on a riaque comme langue liturgiquo: qualifié ce vaste groupe de chrétientés du nom d'Églises Syriennes. La différence et l'étondue des régions occupées par ces chrétientés nous expliquent, tout de suite, pourquoi elles font remonter quelquefois leur origine à divers apôtres, par exemple, à saint Barthélomy, à saint Judo, à saint Simon, à saint Thomas. C'est qu'en effet ces vastes régions ont pu servir de théâtre aux travaux doplusiours apôtres. Saint Barthélémy passe pour étro l'apôtre des Arméniens, saint Simon des Persans, saint Thomas des Indiens. Toutefois, si nous laissons de côté les diverses régions bur lesquelles se sont répandus les chrétiens parlant lo syrien, pour ne nous occuper que de la Syrio orientale et de la Mésopotamie qui constituent, en quelque sorto, le noyau ou lé coeur de ces chrétientés, nous voyons quo l'apôtre auquel les églises syriennes do la Mésopotamio rapportent leur fondation est saint Thomas. On no trouvé pas, sur co point, chez olles l'ombre d'uno variation et, bien qu'elles soient très divisées, elles attestent, toutes, de la façon la plus formelle et la plus unanime, que saint Thomas a jeté, dans leur pays, les fondements de l'Église. Et co n'est pas tout, car il est une chose qui rend ce témoignage plus singulier et qui lui donne, par suite, plus do poids ; c'est, que ces Églises n'ignorent pas que saint Thomas a été surtout l'apôtre dès Indiens, qu'il a prêché' l'évangilo dans les vastes régions de l'indo, qu'il y a souffert et qu'il y est mort. Elles savent tbiit cela, elles lo proclament et le répètent à satiété

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10

dans Jours histoires, leurs homélies, leurs commentaires, leurs traités do droit canon, loursliturgies, oto.,oto. On forait aisément un volume si on voulait recueillir, sièclo par siècle, ce quo les Syriens nous ont laissé sur ce sujet. Nous nous contenterons de citer seulement un© hymne de saint Ephrem, qui a été largement miso à contribution par les lilurgistes dans les offices do l'Église, dans l'office du dimanche do Quasimodoet dans l'offlco de l'apôtre saint Thomas : « Bienheureux notamment es-tu, Thomas, lampe lumineuse quo lo soloil aonvoyéo dans la région des ténèbres, afln que ju illumines la terre qu'avait obscurcie la fumée des holocaustes. Tu as eu en partage le pays des Nègres ; car il t'a été réservé de les blanchir avec les eaux du baptême ; tu as purifié cette terre et tu l'as fait resplendir d'une éclatante blancheur! — Bienheureux es-tu, astre détaché du grand

soleil, toi qui as dissipé les sombres ténèbres de l'Inde par l'éclat do la grande lumière 1—Après s'être pourvu de l'huilo do la croix, un des douze a vivement éclairé les profondes ténèbres de l'Inde (1). » Inutile d'insister là-dessus, nous lo répétons: on ne trouverait pas un document syrien parlant de saint Thomas, où il no soit
(1) Manuscrit additionnel 17141 du Musée Britaoniqae, f. 86 d, — Cfr. 12147, f. 341, b. — J'ai examiné iipeu près tousles manuscrits du Musée britannique contenant des offices Jaeobi(cs>u Nés* loriens, à l'un de ces endroits, ou à tous ces endroits | la fois r.au dimanche de Quasimodo, à la Pentecôte, aux f étés des Apôtres, do saint Pierre et do sain! Paul, de saint Thomas, do VAssomption, etc. le n'en ai pas trouvé un seul, où il ne fût dit une fois où l'autre, que saint Thomas a prêché aux Indes. Je puis citer lés manuscrits additionnels 14507, f. 85/a; 86, 6; 88,a. -14508,f 164-155,IK, b, 1. —14504, f» 79, b. —14697, I* 431, b, 2; 432, a, 1 ; *, 2. — 14519, f. 100, b, 2; 161, a, 1. — 14696, (• 274, a, 2; 279, b, 2; 280, », 2; 282, a, 2.— 17234, 1*83; a, 2. —17*71^ fMPV «,ifilw,o; 7178, f. 276 cl suivants. — On referait une hisloiro de saint Thornas avec ses offices, en particulier, avec l'onice Nestorien. .,*

habitait la terre des Parthes qu'on etGouria (1) Yoir sur la tradition relative à saint Thomas et à sa prédication. p. p. est-il dit en ce dornier endroit. en particulier. L'Osrhoèno. et qu'après y avoir jeté les premières semences do la fol il y a laissé pour continuer son oeuvre. no sont. quand il s'agit de réclamer saint Thomas pour apôtre. ces autours syrions. et rien n'est plus fréquent que de voir les anciens auteurs syriens traiter Edesse de « fille » ou de « capitale desParlhes. saint Thomas a été le véritable fondateur de leurs Églises. ot on n'en trouverait pas uU soûl qui diso qu'il soit mort ailleurs que dans cette région. Addaî et Maris. ces auteurs disons-nous. qui sont si unanimes ot si formels pour adjuger à saint Thomas l'évangélisatlon des Indes. Leipsias. .vC'QslvAnslquo l'appelle Jacques de Saroug. Par conséquent. c'est ainsi qu'elle est nommée dans les Actes de Charbil (Ibid. La tradition estunanimo. ni moins unanimes. ligne 8) . À. p.. p. additionnel 14644. dans la vio do Julien Sabas(Ms. 04 du texto. deux des soixante-douze disciples. L'apostolat de saint Thomas en Mésopotamie n'est pas ignoré des autres Églises du monde. Die Apocryp'henAposletgeschichkn und Apostellegenden. « Le bienheureux. lo mot Parthes ne s'entendit des peuples habitants la haute Mésopotamie ou les plateaux de l'Arménie. et il n'y a pas de doute que. elle est aussi très ancienno (1). ni moins formels. formelle. commo on viont do lo voir. appartenait à la Parthie.0). 225-226. Et cependant. 100). 63 cl suiv. car elles parlent aussi bien do son apostolat chez les Parthes que de son apostolat chez les Indiens.20 LES ORIÔINESbit b'soLlSB D'fibriSStf dit qu'il a prêché aux Indes. dans son homélio sur Habib (Cureton. ot. B. dans le discours sur Chamouna (ibid. Ils affirment qu'en allant aux Indes saint Thomas a passé par leur pays. 41). dans lelangago des anciens. f. 52.

aux Massalions. » Aussi rien n'est plus commun quo d'entendre diro. aux Quouquites. Saint Thomas est donc l'apôtro principal des Eglises Syriennes. un de ces astres brillants qui paraissent do loin en loin au firmament do l'humanité et de l'Égliso. Dire de saint Thomas qu'il a prêche l'évangilo aux Parthes. pour honorer l'une et pour défendre l'autre. p. . on le voit.ET DES K0L1SE8 SYRIENNES 21 sur les frontières do AsdianaQ). aussi difficile qu'on pourrait lo croire do primo abord. c'est dire. leur sacerdoce et leurs ordres. Assémani l'auteur dans la Blbliotheca Orientahs l'homme qui a le mieux connu la Çlementino-Valicana. qu'il a été l'apôtro premier do l'Osrhoèno et des pays environnants. aux Aétiens. eq parti(1) S. jo rapporterai. S. En plusieurs endroits dé tom. aux Pauliniens. aux Manichéens. dans les livres liturgiques des Eglises Syriennes. aux hérétiques de son temps. avec tant de verve et do force. Ephreml Opéra Syrolalina. les hymnes deuxième et vingt-deuxième contre les hérétiques. littérature syrienne. en d'autres termes. Cela est dit notamment dans l'office do saint Thomas quo récito l'Eglise Nestorionno. quo Thomas a évangélisé les Parthes comme il a évangélisé les Indiens. aux Photinlens. culier. dans les temps anciens et modernes. tout d'abord. co n'est pas rejeter non plus son apostolat aux Indes. objecte. aux Ariens. qui paraissent s'exclure quand on les étudie superficiellement. à l'exemple de Terlullien. do concilier ces traditions. tout cet en* semble do pratiques ou de croyances quo saint Ephrem. C'est de saint Thomas qu'elles dérivont leurs traditions. aux Bardesanites et aux Marçionltes (1). qui est la dernière province du royaumo dos Perses. 440-486. appollo aujourd'hui l'empire Romain et do l'Assyrie. Pour établir lo fait. 11n'est donc pas. auxSabbatiens. II. lo témoignage de J. dont ollo portait mémo autrefois lo nom.

» dans la Orlentalis. . Orientalis Clemenlino-Vaticana. Thomam enim et Thaddeum syrorum chaldseorumque apostolos fuisse. XIIMX. Thoma et Thaddco. nous citerons un fait qui confirme à merveillo la tradition dont nous parlons. l'Apôtre de l'Orient. — Vcrum. p. Biblioth. Bibliot. « La tradition constanto des Syrions. deux ou trois autres passages extraits de J.siro fieliliao) fuerinl. 387-388. Thaddoeus Edcssoe proedieavcrit cl Abgarum toparetiam cbHsliana fide imboérit. ear saint Thomas ne se distingUepoint dans lo Nouveau Testament On trouvera dans la Blbliotheca Blbltoth. p. en tête de tous les Apôtres de l'Orient. tant orthodoxes quo Jacobites ot Nestoriens. 2. après quoi il s'en alla dans les vastes régions de l'Inde et mourut à Calamine (1). n. que ces Eglises vénèrent en lui leur fondateur. Voir Tomo i. non affirmant. affirme que Thomas. Nous n'ajouterions valour de ce témoignage.sed ctGnecILaliniqueomnes 2. '—. VAssyiie et la Perse. t Do Magis. Mais. p. Assemani. S. 319 col.UI. quod. S.Or. par fonder dos Églises. T. il dit ceci.23 USS ORtOINBS DE l/ÉOU8B D'RDB88K son immortel ouvrage. secondo partie du troisième volume. le docte Maronito revient sur co sujet. en observant quo toutes nos lectures nous ont montré la justesse des assertions d'Assémaril : nous n'avons pas rencontré un seul auteur qui rejetât l'origino apostoliquo des Églises Syriennes et qui ne plaçât. entro autres choses qu'il rapporte. ot par instituer dos évoques dans 7a Mésopotamie. Asscmani. (1) J. m p. commença parprêcherl'Évangile. les premiers chapitres. saint Thomas. scilicel. p. des passages exporien à la sant la mémo tradition. et.Voici seulement. si nous ne citons pas de texte. quod ad rem proesentcm facil sive genuinoe. cxplorata res est. ta Chatdée. c'est le culte de saint Thomas. Ce fait. Syri Untum. id ab omnibus concedendum çsl. à tilro do spécimen. i et suivantes. Les Églises Syriennes ont pour saint Thomas un culto et ce culte s'explique uniquemont par ce tout particulier. — Tomo m V partie.

Martin. Saint Pierre et soint Paul parce qu'ils occupent. p. Mais. mais il ne (I) Voir là dessus J. Saint Pierre et $ainlï>M%ns -K^i •%£>i Çfylise fiestorienne. en effet. des offices spéciaux. . aux deux sectes qui représentent les anciennes traditions des Eglises Syriennes Mésopotamiques. préface. pour ces saints.'faire une oxception pour l'Eglise Melchite qui a adopté purement et simplement le rite grec. par Elle III (XP siôcie^et par Jchou-Iab l'adiabéniquo (VU* siècle) (1). bu du moins elles n'ont pas. par exemple* saint Mathieu et saint Jacques . et chez laquelle par conséquent lesIMénées sont aussi plantureux et aussi bourrés de saints que chez les Grecs. sans doute. fois pendant le Moyen-Age. part. dans ces Eglises. Cela est vrai des Jacobites mais cela est vrai. dos carac? tères assez particuliers. l'observation demeure parfaitement vraie: les Syriens ont relativement pou d'offices propres pour les saints. Il faut. c'est-à-dire.x*. aussi développé quo dans les autres Eglises quant au fond. parmi los Notre Soigneur. on le traduisant on Syriaque ou en Arabe. à l'exception do saint Pierre ot do saint Paul. S'il est.ET DES B0U8B8 8YR1RNNK8 Sft d'uno mauiêro très particulière. il l'est moins quant à la forme. on aurait pu trouver plus d'un apôtre disciples do rais do côté une place à. et cette circonstance confirme à merveille les indices divers qui tendent à prouver la haUteautiLa liturgie Nestorionne a été revuo'deux quitédocerito. d'une manière toute spéciale.s|i. et cependant. si on s'en tient aux Jacobites et aux -Nesloriens. il n'en est pas ainsi. Co fait est d'autant plus étrange que le culte des saints présente. Ainsi les Eglises Syriennes n'ont pas un grand nombre do saints dans leur calendrier. dans tous les rites. P. Saint Thomas éclipso tous les apôtres dans los Eglises Syriennes. ayant plus de notoriété quo saint Thomas : saint Jean. . \ des plus particulièrement Nestoriens . P. peut-être même plus.

saint Jean-Baptiste. saint Cyriaquo et deux offices de saints en commun. 1 qui représente des fêtes de la Vierge. car les Houlalé correspondent aux KaOfqurtz (1). . les saints Évangélistes. do celui dés Grecs et de celui des Nestoriens. saint Paul. p. mais on ne leur a pas consacré d'office spécial. saint Etienne. Pour le moment. NoUs avons établi ce fait ailleurs. mais lo M propre des saints » est demeuré le même : on a honoré les saints à des jours particuliers. (i) nid. depuis un temps immémorial. XXIII — XXVII. avec eux communauté de race ot d'origine. Uno autre preuve de la haute antiquité de l'office Nestorien est le petit nombre de saints qui figurent dans son calendrier: durant le Moyen-Age on a grossi lo calendrier. et. Ce n'est pas évidemment à une époquo moderne qu'a été adoptée celte disposition d'autant plus singulière que les psautiers Arménien et Jacobite différent des deux autres. dans le fond. p. dans son ensemble. conforme au Psautier grec. nous nous contenterons do rappeler que le Psautier Nestorien est. On voit donc que le propre des saints est très restreint dans l'Egliso Nestorienno (2). que cet apôtre a fondé leurs (l)lbid. saint Thomas. 10 qui représenà savoir. ce qu'il était au cinquiémo siôclo.24 LES ORIOINBS DE L'ÉOLISB D'BDESSB parait pas qu'on ait touché à la substance. Or. il y en a 5 qui représentent des fêtes do Notre Seigneur. saint Pierre et tent des saints particuliers. mémo do celles qui avaient. C'est ainsi quo le Qaza Nestorien ne contient que 16 offices. et l'office est resté. sur ces 16 offices. saint Georges. au moment on les Nestoriens se sont séparés des autres communautés chrétiennes. le culte des Églises Syriennes pour saint Thomas ne s'explique que par la persuasion où elles sont. xxi.

la part principale dans la prédication do l'Évangilo en Mésopotamie. si on peut comprendre que l'Égliso d'Edesso ait eu un culte particulier pour saint Thomas. elle est universelle puisqu'on la trouve chez toutes les fractions des Syriens. Pair. cte. Carmina Sisibena. C'est ainsi qu'on rencontre assez rarement des offices en l'honneur d'Addaï. (2) On trouve. etc. Addal guérit leurs maladies d'un mol de sa bouche et il les entretint des vertus et des signes que Notre Seigneur . avec les caractères particuliers qu'il présente. avec tous ses princes et toute sa famille. 18. ?33-734. tandis qu'il y en a peu qui aient un office particulier pour les personnages qui ont eu. a. confirme de ces Églises relative à est consleur fondation par cet apôtre. ello est unanime. elle est donc à merveillo la tradition également très ancienne.—Soerale. Grégoire de Tours. llist. Cela se comprend moins encore de l'Égliso Neslorienne. f> 81. il est vrai.. tout ou en partie.ET DES R0M8ES 8YR1BNNBS • 25 Car. liitl. mais chez laquelle aussi on ne peut pas admettre d'infiuenco exercéo par ' < l'Église d'Edesso. un office en l'honneur d'Addaï cld'Abgarc. 163. à causo des reliques do l'apôtre qu'elle a possédées en chrétientés. Ensuite viennent Rufin. Eccl. avec lequel on referait toute la légen le ou toute l'histoire de ces deux personnages : « Abgare vint se faire bénir par Addal. Il n'y a pas une Église syrienne qui n'ait un office propte pour cet apôtre. — Sozomcnc. p. Eccl. qui ont été cependant (1) L'autorité la plus ancienne parlant de la présence du corps de Saint Thomas à Edesse est Saint Ephrcm. — S. dès les temps les plus anciens (1). 5. dans le manuscrit additionnel 17231. Lai. parce quo chaque diocèse ou chaque province de cette Égliso a eu des offices propres. en fait. vu. is. Voir Rickell. 1. 18. Cette tradition tante. « Le culte do saint Thomas dans les Églises Syriennes. d'Aggaï et do Maris (2). col. on ne lo comprend plus lorsqu'il s'agit do l'Église Jacobito en général.. chez laquelle le rite estuniquo. n. LXXI.

car son Histoire ecclésiastique a eu une vogue chrétien. puisqu'on la trouve déjà dans YHistoire ecclésiasles véritables tique d'Eusèbe. dit le père de l'Histoire ecclésiastique. afin de confirmer ses paroles par ses miracles. l'Évangile. et c'est ainsi que la promesse du Sauveur reçut son accomplissement (1). — Les Nestoriens honorent aussi Aggaï et Maris. époque à laquelle l'évêquede Césarée composa son ouvrage. mu par une impulsion divine. 12L A.. 2. il se contenta du talent qu'il avait reçu. » Le témoignage d'Eusèbe nous reporte donc à l'année 310-320. Il y est question de l'image de Notre Seigneur. Addaî. un office en l'honneur d'Abgare.20 LES ORIOINES DE L'EGLISE D'éDBSSE apôtres de l'Osrhoène. et. livre J. Béatitude & toi. Eusèbe a rendu un service incomparable à la science et à la société chrétiennes. col. jusqu'à l'Inde. prêcher. s'il avait opérés en ce monde. il éclaira (des rayons de la foi) toute la région orientale. un jour de dimanche. — Par Mar Aggal son dUciple. et après son ascension au ciel.. qui as bâti une église avec Abgarc I Vas en paix. les peuples environnants et ceux de la Mésopotamie. à Edesse. un des soixante-douze disciples. de la Mésopotamie et de l'Assyrie I La tradition relative à l'apostolat de saint Thomas en Mésopotamie remonte à saint Ëphrem et même plus haut. Devenu vieux et saturé de jours. envoya Thaddée. C'est Addaï qui a baptisé les Edcssiens. chapitre xm. immense dans l'univers .gr. Thomas. en recueillant les vieux souvenirs.1» 163. (i) Patrol. semeur de la paix dans la Mésopotamie I Yas en paix loi qui as augmenté la paix dans notre contrée I » On trouve encore dans le manuscrit 14697. suivant le rite des Edesslens. xx. Mais est-ce Eusèbe qui a répandu cette opinion dans le monde? —On pourrait le supposer tout d'abord. « Après la résurrection du Christ d'entre les morts. un desdonze Apôtres. et elle mérite cette vogue puisque sans elle nous saurions très peu de choses sur les premiers siècles. a. en dépouillant les anciens documents à un moment où ils existaient encore.

Je ne citerai qu'un fait pour prouver ce que j'avance. a été cependant peu répandue parmi eux. Je no crois pas que ce système puisse lo moins du monde se soutenir. par la raison toute simple que VHistoire ecclésiastique d'Eusèbe. c'est que. car le froment n'y est pas sans mélange d'un peu d'ivraie : il y a. son histoire mérite sa réputation . années. et ils expliqueraient les assertions d'Eusèbe par une de ces méprises ou une de ces faiblesses auxquelles il est quelquefois Sujet. c'est.— Quando* Homerus. l'Histoire ecclésiastique est un des livres les plus précieux qui soient sortis d'une plume chrétienne.ET DES éoLISES SYRIENNES 27 y a un reproche à lui faire. le froment y abonde . des historiettes qui paraissent suspectes . mais. Tout n'est pas. d'être trop court. de temps à autre. dans Eusèbe. parmi tant de manuscrits syriens qu'une seule bibliocroire . ces idées dans ce qu'on appelle le monde savant. il faut encore sans doute. l'ivraie n'est que l'exception. — de telle sorte qu'en que bonus dormitat dernière analyse la croyance dés Églises Syriennes h leur origine apostolique ne reposerait que sur une intéressante On développe depuis quelques mystification. Par conséquent. français ces affirmations pour ne rien dire de plus. au contraire. beaucoup de mal. avec un peu de tact ou d'attention. dans Eusèbe. et. A Dieu ne plaise que nous en disions Est-ce donc Eusèbe qui a appris aux Syriens qu'ils avaient eu saint Thomas pour apôtre ? — Quelques crino seraient pas éloignés de lo tiques contemporains : ils expliqueraient la tradition des Syriens par les assertions d'Eusèbe. et on nous a f lit l'honneur dernièrement de traduire en à tout le moins singulières. ce n'est pas d'être trop long. en somme. quoique connue des Syriens. on arrive aisément à faire le triage. irréprochable sarcler un peu ce champ.

apôtre avait prêché l'Évangile J'ajoute que les documents. relativement et j'ai. c'est qu'on ne s'en est pas beaucoup servi. Juda. sans quoi on aurait rencontré plus d'une copie. publiée par M. fils de Tobio (i). qu'Eusèbe indique assez clairement que. d'évangiles remontant quatrième siècle. et.26 LES 0RI0INB8 DE L'EOLISB DhDKSSE nous a rendus. C'est ce qui est arrivé aux Évangiles. (I) 0. à » . 6 du texte. d'autant plus de raison de ne pas accepter cette opinion de quelques critiques contemporains. dès rapidement qu'on les remplace par d'autres. The doctrine ofAddai. tout en admettant que cet aux Indes.' Thomas envoya au roi Abgare l'apôtre (sic) Addaï. ce me semble. Phillips. les livres qu'on emploie souvent s'usent et disparaissent sans retour. à tout le moins de nombreux fragments. p. s'est conservé. dont les exemplaires se sont comptés par milliers . ouvrage n'a pas été très répandu chez les Syriens. lorsque Addaï fut arrivé Edesse. publiés durant les derniers trente ans. puisqu'il. un des soixantedouze apôtres (sic). et voilà pourquoi nous avons si peu d'évanau cinquième ou giles anciens. . Ce seul fait prouve déjà quo thèque cet. et. Il faut ajouter encore que cet exemplaire unique remonte à l'année . les Syriens de la Mésopotamie revendiquaient saint Thomas pour apôtre.462. en effet. G. En général. il ne s'est trouvé qu'un seul exemplaire de l'histoire d'Eusèbe et encore même cet ouvrage n'est pas complet. ont confirmé pleinement les inductions qu'on pouvait tirer des assertions d'Eusèbe ou des affirmations formelles qu'émet cet écrivain. Je ne crois donc pas qu'Eusèbe puisse être considéré comme l'auteur de la tradition des Églises Syriennes. il logea chez le juif Tobie. à l'apostolat de saint Thomas parmi elles . de son temps déjà. On lit. dans la Doctrine d'Addaï. Phillips : « Lorsque le Christ fut remonté aux cicux.

Pour le moment. Eusèbe déclare avoir puisé de nombreux rensei- gnements dans les archives d'Edesso. possible. parce que c'est lui qui a organisé leur Église et constitué leur chrétienté. On voit que nous faisons allusion à la correspondance d'Abgare avec Notre Seigneur. car un homme comme Eusèbe ne se serait vraisemblablement pas laissé tromper par des pièces qui auraient été de fabrication récente. les Syriens croyaient donc avoir été évangélisés par saint Thomas.B* DES BÔLI8ËS SYRISNNÈS 20 J'ai traduit ginal. et ces renseignements contiennent l'exposé de la tradition syrienne. que les Syriens considèrent Addaï comme un des soixante-douze disciples. et avoir reçu do cet apôtre leur premier missionnaire. cependant car Addaï cette opinion n'est pas la plus vraisemblable. Addaï. nous nous contenterons d'observer que les documents qu'Eusèbe déclare avoir traduits du syévidemment à une soixanriaque en grec remontaient taine d'années plus haut. lorsque celui-ci allait aux Indes. Histoire ecclésiastique. Nous en reparlerons bientôt. C'est un minimum qu'on doit accorder et nous ne croyons même pas qu'il soit suffisant . est subordonné à saint Thomas. un apôtre. et nous savons par ailleurs. «Les faits qu'elles con- . non comme n'est que par comparaison qu'ils apôtre. surtout si elles eussent été complètement supposées. à la rigueur. aussi littéralement afin de donner que possible le texte oriaux lecteurs français une idée juste du document en question. Ce appellent Addaï leur A l'époque où Eusèbe écrivait son. Il est évident que le mot apôtre ne doit pas être pris ici dans le sens propre et rigoureux : cela est clair la seconde fois. que la première fois le mot apôtre fût pris dans son sens le plus strict . car les soixante-douze apôtres ne sont évidemment que ce que Il serait nous appelons les soixante-douze disciples.

Or. l'Église d'Edesso revendiquait saint Thomas pour Apôtre principal et Addaï pour Apôtre secondaire. pour que.—Ce n'est même pas assez. et aussi grave. aussi clair. car. il est difficile de croire qu'elle se soit trompée. elle ne remontait qt'à l'année 200 ou à l'an 150. on écrivait et on recueillait les souvenirs. on ne corn • prend pas que l'opinion d'une Église puisse s'égarer et prendre le change. Si. En Syrie comme ailleurs. la distance n'est pas très grande. à Edesse. en 250. la littérature chrétienne commençait à s'organiser et à se former. Soixante ans ne suffisaient pas à former une pareille tradition. que les Églises de la Mésopotamie avaient eu pour apôtre saint Thomas et pour organisateur Addaï . en 310-320. dans les archives. il a dû. si l'Égtise d'Edesso a été fondée en l'an 150. Par conséquent. et. le souvenir d'une origine aussi récente n'a pas pu être perdu en l'an 250 tenaient étaient .30 LES ORIGINES DE L'ÉOLISB D'BDBSSE de étranges pour que l'évfque Césarée n'ait pas songé à s'éclairer un peu là-dessus.évidemment s'assurer que ces écrits étaient conformes à l'opinion commune. on ait pu croire communément à l'origine apostolique de l'Étrop de la correspondance glise d'Edesso et à l'authenticité do Jésus avec Abgaro. quand il s'agit d'un fait aussi simple. avant de leur accorder une place dans son livre. — Cinquante ou cent ans ne suffisent pas à transformer l'opinion publique sur un point aussi simple. que l'est celui de la fondation d'une chrétienté. on ne prêchait plus seulement . C'est déjà beaucoup que de constater qu'en l'an 250 ou en l'an 260 on croyait généralement. dès l'an 150 et dès l'an 200. en l'an 250 ou 260. et. de l'an 250 à Tan 100. aussi public. et il est impossible de supposer qu'au lieu de remonter aux temps apostoliques. il a fallu que les pièces relatives à cette histoire aient existé à Edesse. Ils suffisent d'autant moins que déjà.

ailleurs il nous montre l'église d'Edesso « essaimant. Dans cette hypothèse. Rom»'. G. un exposé de la tradition Syrienne. C'est cependant ce qu'on nous a dernièrement donné à entendre . l'an 250 ou en l'an 2fîQt on écrive. elle est unanime la tradition Syrienne est constante. ubl chaldxorum numérotas ecclesitt et prima. car. Craeeorumaltorumque documenlis éonfirmala velus traditio. non pas seulement à Edesse. il faut expliquer comment.Comment se fait-il que. et donnant naissance aux chrétientés de Mésopo? tamte et d'Assyrie. M. (2) L. antiquité (1). Tixeront ne parle que de l'Eglise d'Edesso.* in-8% 1870.p. 152. cite quelques documents nouveaux. un des plus érudits prélats de l'Église Chaldécnne. non exclusis. l'opinion publique a pu s'égarer. Si on prend la tradition Syrienne dans son ensemble. 157 et suivantes. . . avec les caractères qu'elle présente : constance* unanimité. Origénis imprimis est. fait surtout avec des documents Chaldéo-Nestoriens. in Christian» religlonis primordiis. mais dans le reste de la Mésopotamie et de l'Orient. Il y avait encore alors des gens qui avalent vu la première génération chrétienne et qui avaient connu les fondateurs do l'Église d'Edesso. sedes. conligisse quod èvangeliea doclrina imbue rit. à Edesse. Voici comment débute le passage i «Parthtcum Imperium.BT DES RaLigES SYRIENNES 31 ou 260. dans l'espace de cent ans. » Les origines de FÊgltse a"Edesse. en et elle est universelle. car on a soutenu que « VÉglise d*Edesse (et les autres églises Syriennes) été fondées vers le milieu du deuxième siècle et ne remontaient pas au-delà (2). que l'Église avaient (1) On trouve. Cet auteur. ^. et si on la rapproche des documents. dans Ebed Jesu Khayyath. in parte. Position JII* résumant sa thèse sortes Origines de CÉglise dfEdesse.— Dans celte position. Mais. p. nous le répétons. Apotlolo Christi Thoma. altts quibusdam Aposlolis. on arrive à voir aisément que cette tradition ne repose pas uniqaoment sur une supercherie et sur une méprise d'Eusèbe. Syrorutn. Syri Orientales. Ttxeront. en particulier des poèmes de Narsàl et des actes de martyrs.

vers 217. sont encore païens. Toutefois. mais enfin on peut l'accepter. par suite do la conversion du Roi. qui nous ont raconté le désastre. en l'expliquant.32 LBSDmOlNESbEL'édLtSBb'EDEggli d'Edesso a été fondée par saint Thomas. les chrétiens ne possédaient vraisemblablement qu'une seule église. si Addaï. cette prépondérance. Ces considérations ne nous per- (I) On désigne ainsi lo noyau central de la Doctrine d'Addaï. n'est qu'un missionnaire venu d'Occident à Edesse vers l'an 150 ou Vers l'an 160 ? Le problême est certainement difficile à résoudre et il ne faut pas s'étonner qu'il embarrasse Ceux qui veulent faire descendre la fondation des Églises Syriennes à l'an 150 ou à l'an 200. et. le souvenir du grand autel resté debout jusqu'au temps de Barsamya nous montre que le paganisme ne disparut pas subitement. les personnages officiels. annéo ville. au moins la religion prépondérante dans la Or. Une pareille affirmation n'a pu se produire (?) évidemment qu'à une époque où le Christianisme était sinon l'unique. . De plus. l'Évangile dut l'acquérir assez rapidement. En 201. sans doute. Le terme n'est pas très exact. « Si la première évangélisation d'Edesso. représenté par Addaï. au lieu d'être un personnago apostolique. il est clair que ce n'est point premières années du siècle suivant que s'est formée la légende qui a transporté cette évangélisation aux temps apostoliques. — Voici la singulière façon dont ce qu'on appelle la critique dénoue ou tranche ce noeud gordien. dit un jeune auteur» eilapremière évangélisation d'Edesso date du milieu du w siècle. de la grande inondation. relatif à l'évangélisation d'Edcssc. la conversion des habitants procurée par Addaï nous est présentée avant les dans les Acta Ëdessena (1) comme ayant été universelle.

157). Passion. on regardait été chargé de lévangélisation de (Orient. s'exprime ainsi. dont les plus anciens sont de la seconde moitié du IIIe siècle. quand on écrit critiquement I (2) Voilà un petit détail qui aurait besoin d'une autre autorité — Il est vrai que. et comme avec l Eglise d?Edesse des rapayant eu en particulier Or. Le ports (1) L'auteur qui fait établir vers l'an 232 seulement. Sa date nous est fournie par la Passio Thomoe. Suivant cette d'Alexandre obtinrent Sévère. — A notre petit avis. Thomas. — Que de choses étranges il faut admettre et on admet quelquefois sans réfléchir. tes Syriens au retour de sa victoire sur [Arta]Xeroeès. qu'ils (les E<iessiens) firent (à l'Empereur Sévère). l'auteur qui a écrit ces lignes. Le fait de cette transla. deux pages plus loin (p. 165) que les rapports entre les Edessiens et saint Thomas furent seulement établis après la translation des reliquts. « Mais cette date doit être encore abaissée.• tion nous est attesté par l'ensemble des Actes de saint spéciaux. antérieure à Grégoire de Tours. les rôles 3 . au moment où elle a saint Thomas comme ayant été insérée. 157): • La demande même de ses rt tiques (des reliques de saint Alexandre Thomas). c'est vers l'an 232 environ que ces rapports furent établis (1) parla translation dans cette ville des reliques de l'Apôtre. qu'il réclamât des rois de l'Inde le corps de CApôtre (2). la Passio Thomx connue par saint Grégoire de Tours est une antorilé. des rapports entre Edesse et saint Thomas. D'après les Acla.ET DBS B0L1SBS SYRIENNES 33 mettent pas de placer la composition des Acla Edesse* na avant l'an 220 environ. mais alors il est évidemment très faux (p. après la translation des reliques de saint Thomas à Ede»se. c'est l'apôtre saint Thomas qui a directement délégué Addaï pour venir auprès d'Abgare : celte circonstance suppose que. tandis qu'Eusèbe n'en est pas. pour que celle d'une Passio Thomse quelconque. montre qu'à cette époque on croyait déjà à ses rapports — Ceci est évidemment très particuliers avec les pays orientaux. évidemment sans bien les peser. en effet. * vrai (p.

assez rapprochés de cette date (1). (2) L. à ce moment. Tixeront. et il reste suffisamment prouvé que. cette promesse serait une interpolation qui aurait été faite après l'an 358. par leur composition. Les plus anciens documents qui nous parlent de la translation sont d'ailleurs. mais tout cela est bien digne de la critique contemporaine. Tixeront. l'an 232. 152-165. L'époque ainsi fixée est vraisemblablement en effet. D'autre part. » — Ces assertions diverses ne présentent.34 LBS ORIGINES DE L'EOLISE D'ÉDESSE corps fut rendu et placé à Edesse dans une châsse d'arexacte. On peut donc la regarder comme exacte. mais il écoutait volontiers les chrétiens. J. aucune cohésion. Nos renseignements se corroborent ainsi mutuellement. témoignages qui nous le rapportent dont les réunie à l'empire . gent. après 232 : « Redderenteumcivibussuis. on le voit. * 2* Que cette Passio connaît la promesse finale par laquelle se termine la lettre de Jésus à Abgare. Elle avait été récemment çoit que Vempereur. Tixeront affirme donc que la Passio Thomseest do peu postérieure à la translation des reliques de saint Thomas en 282. ce qui n'est plus « une époquevoisine de Fan 232. Les Origines de l'Église {Edesse. vers l'an 232. Il n'était pas chrétien lui-même. et de son oxactitude découle une confirmation se troupremiers vent alors à peu près contemporains. (!) accédé à leur demande. les reliques de saint Thomas furent transférées à Edesse (2). d'après M. ail facilement de ses habitants. » beaucoup d'observations à faire sur le passage que je viens de rapporter tout au long. — Or. les Perses vers Alexandre Sévère vainquit. (1) M. afin qu'on ne me suppose pas l'intention de travestir l'es opinions J'aurais pour la substance même du fait. p. . et Von conpour gagner les bonnes grâces sont renversés. — Je me permettrai de lui faire observer : l*que celte Passio admet déjà les relations établies entre les Edessicns et saint Thomas. à peu près toute convertie. Edesse devait être.

En 232. mais je vais au plus pressé et je m'occupe. vivaient De l'an 232 à l'an 260 ou 280. ta transformation en un des soixanle-douxe disciples n'a été possible qu'après ta disparition delà génération qui t'avait connu. que. assez de temps pour la formation de la légende et surtout pour que la formule donnée à cette légende soit entrée dans les archives publiques et officielles d'Edesse. si on avait plus de temps à sa disposition . vers l'an 250 ou vors l'an 260. et comme ayant eu. en particulier avec VEglise » Il s'agit d'explid'Edesse des rapports spéciaux. non plus. « on regardait saint Thomas comme ayant été chargé de l'évangélisation de l'Orient. qui dit. en effet. les contemporains d'Addaï mort peut-être Yers l'an 180 — s'il est vrai qu'il ait évangélisé Edesse en l'an 150 — encore. du reste. Ils ne pouvaient donc pas « transpor» d'Edesso et atter au premier siècle l'évangélisation tribuer à saint Thomas un honneur qui revenait à Addaï (1). qui s'est passé dans 1 intervalle.BT DES E0L1SES SYRIENNES 35 que je combats . avant tout. c'est-à-dire. Elle n'a même été possible qu'un peu plus tard. do ce qui regarde saint Thomas. C'est tout au plus si on pourrait admettre qu'un écrivain privé (1) C'est. pour l'expliquer. p. et c'est pourquoi cette translation n'explique rien. 156 : t Si Addaï. mais on n'a pas ce temps. a été réellement évéque d'Edesse vers 160-180. comme j'ai essayé de le montrer. On admet donc que l'Eglise d'Edesse a été fondée vers l'an 150 et on reconnaît. en effet. quo le fait de la translation des reliques de saint Thomas. vers Fan 240. quer le changement qui s'est fait dans l'opinion des Edessiens. et on ne trouvo rien de mieux. en même temps. Ce fait assurément pourrait rendre raison d'un certain changement dans l'opinion des Edessiens. il n'y a pas. * . ce quo paraît admettre l'auteur des Origines de l'Église d'Edesse.

c'est ce qui aurait besoin d'être solidement prouvé pour être cru. la translation des reliques de saint Thomas. il y a deux choses à distinguer : i° le fait de la translation de ses reliques en 232 . on saint Thomas un peu plus que ne que nous lo dirons qu'à l'époque où on savait l'histoire de paraît le supposer l'auteur en question. Qu'une ville. est un fait colossal. assez chrétienne. Mais. par conséquent. nous sommes donc loin de nier qu'elles aient été transportées dans l'histoire à Edesse. un peu plus que nous ne la connaissons aujourd'hui. accomplie dans les circonstances qu'on nous rapporte. c'est la facilité avec laquelle dés qu'ils on admet les faits les plus invraisemblables. Dans ce qu'on raconte de saint Thomas. 2° la conclusion qu'on tire de ce fait. soit devenue toute chrétienne en l'an 232. dans l'espace de 15 ans. paraissent favoriser une opinion préconçue et arrêtée d'avance. et. que cette ville soit devenue. si les translations do reliques sont des événements fréquents dans la société chrétienne. il n'y a rien de surprenant à ce que les reliques de saint Thomas aient été transférées d'un endroit à un autre. encore en grande partie païenne en 217. ainsi plus loin. Ce qu'il y a d'étrange dans la page que nous discutons c'est le manque de sens droit et juste. do reliques sont des faits fréquents Les translations ecclésiastique. en tout cas. pour que son évêque ait osé aller. si colossal qu'on n'en trouverait pas un second exemple dans thisloire. prier Alexandre Sévère d'envoyer une ambassade aux rois de (Inde . et il prouve clairement transporta les reliques à Edesse.36 LES ORIGINES DE L'éOLISfi D'ÉDESSE aurait pu s'égarer suffisamment pour travestir ainsi un fait public et un fait très singulier. c'est l'absence de raisonnement et de logique. suivi de la municipalité. le fait est certain.

non scandatum surgit in plèbe (I). Grégoire de Tours. (2) Voici le texte même de la Passio Thomx sur lequel on s'appuie : » Denlque svpplicantcs Syri Alexandro imperalori Romano rédeunli viclori de Persidis prxlio.E* DES BOL18E8 SYRIENNES 37 pour leur demander le corps de saint Thomas. quod pendet in cathenis argenteis. pour ajouter foi à pareille chose. Jésus s'est contenté de dire. etc. nultus idolorum cultor. et positum in civitale Edessa in loculo argenteo. non latex deesl sitienti (1). ce qui paraît incroyable. etc. (voilà une autorité qui est bien renseignée). puisqu'elle fait allusion au reliquaire d'argent offert en 442 par le . qui a connu cette Passio. ut mitleret ad regutos indorum ul redierenl eum (Thomam) civibus suis. qui et Didymus. paululum si fndias. tune. Je croirais cette Passio Thomx postérieure au moins à l'année 442.. et loi aussi a embelli la chose de la manière suivante : c In bis vero diebus. dont les feuillets ne sont pas numérotés. nm mwca insidet morlificatse cami. impetraverunt hoc. • — La Passio Thomx ajoute : « In qua civitale nultus hxrelieus potest vivere (/). cui gratias agimus. nullus idolorum cultor. LXXI. lés enjolivements que la Passio Thomoe et saint Grégoire de Tours ajoutent à la légende. In qua civitale nultus hxreticus potest vivere [1 I). 733-734. » — Dans Mombrilius. affatim lymphas exubérantes inventes. qulque talus Domini contingent dixit i Deus meus et Domlnus meus. nultus judxus. Sicque faclum est ut Iranslalom esset de India corpus Apostoli. -r. qui in mense babentur quinlo. n'a pas voulu rester en arrière de son devancier . Je me demande si l'auteur dont je discute les opinions a lu la Passio Thomoe (2*. Xerxe rege deviclo. col.S. —Ce n'est qu'une partie des belles choses que trouveront là les amateurs de curiosités. car (1) Je recommande à celui qui voudra donner une édition revue et considérablement augmentée de la lettre de Jésus à Abgare. — Voir Patrologie latine. c'est En toute hypothèse. d'après la tradition Edcssicnnc : c Ta ville sera bénie et personne ne s'en emparera. cum ibi reliquis diebus plus quam centum pedum allitudine aqua haurialur a puteis. etc. Sanctuarium. — Ce texte parle suffisamment et dit assez le cas qu'il faut faire de ce document. (un paradis pour les antisémites qu'Edesse). Sed ne barbari aliquando eam invatam voluntate sotvatoris quam orationibus tancti dere poluerunt Thomoe apostoli. magna et inusHata populis prxbenlur bénéficia. il faudrait un autre document que la Passio Thomoe et que le suffrage de saint Grégoire de Tours (i). nullus Judxus. Nam. tome IL — C'est un ineunable.

qui est gouverneur Anatole. i. On nous dit. si j'avais été à la place do l'Empereur. Messieurs. p. et il n'est que justo qu'en rejetant une tradition unanime. on doit être fort indulgent pour les documents apocryphes. sans douto. aurais-jo dit. J. 142-145. nous le répétons. constante. il faudrait. r. etc. universelle et antique. Asscmani. faire échec. Il y en a un grand nombro qui se présentent à mon esprit et je no crois pas être très téméraire en supposant qu'Aloxandro Sévère les a faites aussi bien que moi. p. 399 et suivantes. durant d'importance les délices d'un infinité d'âmes aussi le Moyon-Age. « Monseigneur. Les deux Pour nous faire accepter un fait comme celui qu'on rapporte ici. avant d'écrire aux rois de l'Indo — s'il est vrai qu'il leur ait jamais écrit — a dû soumettre plus d'uno observation à Monseigneur l'évêquo d'Edesso. uno autre autorité quo la Passio Thomoe. qu'Alexandre Sévère « pour les bonnes grâces des habitants d'Edesse a gagner accédé à leur demande. Biblîotheca Orienldtis. sans y regarder do près. Lipsîus. car cetto assertion me parait énorme et je crois que l'Empereur.38 LES 0RI01NBS DR LBOUSB D'BDBSSB je ne comprends pas autrement qu'il accordo autant à un de ces romans qui ont fait. » Avant d'écrire facilement une phrase comme celle-là. tout ce qui permet do lui choses vont assez ensemble. — On peut voir. avez-vous bien songé à ce que vous me demandez ? Vous tenez donc à avoir les cendres de saint Thomas. A. bien que je lo trouve assez conséquent avec lui-même. Die Apocryphen Apostelgesehichten. j'aurais fait tourner plus d'une fois la plume entre les doigts. on accepte. privées de sens critiquo quo pourvues de piété. Rich. Quand on est ultra sévère pour Eusèbe.. . sur la Passio Thomx cl son histoire littéraire. ainsi qu'à la municipalité de sa bonne ville.

je vais écrire à Tévêque de Rome qu'il vous expédie les corps de Pierre et de Paul. il a fait du bien à votre ville. d'André. — Comment? vous n'avez pas connu saint Thomas 1 Mais au moins saiut Thomas a eu des rapports avec votre pays : il a été à Edesse . il n'a pas fondé notre Église. Tixeront. voisine des événements. je l'y contrain— à bout. (3) Voir la note finale des Actes de Charbil. p. ni lo corps d'André ni (1) Les Origines. Thomas n'est pour nous qu'un apôtre du Christ et il n'a eu aucun rapport avec nos aïeux. » (2) Redderent eum civibus suis . S'il s'y refuse. suivant M. Sire. de Paul. Sire (1). Nous avons seulement l'amour des reliques et nous voudrions avoir les siennes. p. qui remonte seulement à quatrevingt ans en arrière. — Mais.BT DBS âoUSKS SYRIENNES 39 mort aux Indes? Mais quo peuvent vous faire les cendres d'un mort ?» Les Edessiens n'auraient pas eu peut-être trop de peine à répondre à ces questions. tandis que Thomas a vécu il y a deux cents ans environ. il a fondé votre Église. — Pas lo puisque vous tenez à avoir ses ossements? moins du monde. 62 du texte. vous êtes ses fils spirituels (2)? — Pas le moins du monde.. je Pardon. W. est-ce quo vous ne pourriez pas vous contenter des cendres d'autres Apôtres : je puis vous procurer celles de Jacques. nous ne voulons. Curelon. de Jean. puisque vous avez l'amour des reliques. tenez : Pierre et Paul sont vos compatriotes (3). de Pierre. Andocuments. chers Messieurs. viendrai la main et l'ai sous j'en: drai. mais ils auraient été plus embarrassés quand l'Empereur leur aurait adressé les suivantes : « Vous avez donc connu saint Thomas. Au fait. etc. clentSyriac . Sire : Thomas n'a jamais vu Edesse. 155: c Ces rapports furent établis par la translation dans cette ville des re'iques de l'apôtre. ainsi parie la Passio Thomx.

Mais le raisonnement qu'on fait là-dessus est encore plus étrange que le fait lui-même qu'on nous raconte. serait un des plus curieux de l'histoire ecclésiastique. en s'appuyant sur la Passio Thomoe. s'il était vrai tel qu'on le rapporte sur l'autorité de la Passio Thomoe. tout en demeurant un peu singulières. car il est juste le contraire de ce en effet: « La translation des reliqu'ildevraitêtre. repoussent ma demande. que faudra-t-il que je fasse? — La guerre.Ondit. c'est celui do Thomas — Là. Sire! — Monseigneur. Messieurs. et qu'ils ont prié ce prince ^intervenir aupersonnellement près des rois de PJnde. Le fait sur lequel on s'appuie. » — Ainsi reliées l'une à l'autre. là.mais bien . Celui do Pierre et celui de Paul ne feraient même pas notre affaire. de même que Thomas n'a été rien pour vous f pensé? Et si les peuples et les quo je ne connais pas. pour expliquer la formation de la légende relative à l'évangélisation d'Edesse par saint Thomas. vous m'avez*l'air lune. tandis qu'il eût fallu dire : « C'est parce que les Edesssiens croyaient que saint Thomas avait été leur apôtre quils sont allés trouver Alexandre Sévère. je vais écrire aux rois de l'Inde !» Y avez-vous rois do l'Indo.40 LBS 0RIO1NB8 DE L'BOU8B D*BDB88B le corps de Jacques. je ne la donne voulez que de me demander la lune ot la à personne. pour leur obtenir le corps de saint Thomas. mes bons nous faut et un autre. qui a été leur apôtre. aux rois de Gomment ? vous l'Inde? Et vous j'écrive croyez que les peuples et les rois de l'Inde se sépareront des cendres de Thomas. pas qu'il amis. qui n'avez été rien pour Thomas. pour vous les envoyer à vous. ques de saint Thomas à Edesse a fait supposer aux Edessiens que saint Thomas avait été leur apôtre. la croyance et la démarche des Edessiens se comprence draient.

soit avec oux. légendaires. il faut renoncer à toute prétention à la critique. et quand on raisonne do cette manière. le même auteur fait l'observation suivante : « Ce n'est pas en 232 quo l'attention des Édesséniens a été appelée. comme on l'affirme pays orientaux. Ce que nous disons en ce moment est si vrai et si évident que l'auteur se contredit à deux pages de distance. Tixeront. d'après ce qu'on dit à la page 157. 157. J. que les rapports prétendus.BT DBS âOLTSBS 8YR1BNNB8 41 qu'on ne comprend on aucuno manière. ni connu. soit avec leur pays. des Origines de tEglise oVEdesse Les origines de rÉglise d'Edesse. et qui qu'ils n'avaiont. sur saint qu'ils Thomas. n'avait eu aucun rapport. Quand on admet des faits aussi énormes. pour la première fois. . qu'à celte époque on avec les particuliers des reliques de saint Thomas n'a donc pas été la cause de la croyance aux rapports particuliers de saint Thomas avec les à la page 155. répondant à Lipsiiis qui conil soutient sidère la mention dAddaï de saint Thomas dans la Doctrine comme une interpolation opérée après la transhommo lation des reliques. on n'étudie pas les faits et on discute moins encore les documents. puisqu'elle a été l'effet de cette croyance. montre firent déjà à ses rapports croyait pays orientaux (1). mais. » La translation de ses reliques. p. ont été établis après l'an 232. A la page 155 et 156. o'est que les Édessions soient allés prier Aloxandre Sévère do faire une démarche aussi extraordinaire. entre Edesse ot saint Thomas. à la page 156-157. l'auteur (I) L. On peut défendre des opinions préconçues. arrêtées d'avance . par la translation des reliques de l'apôtre. soit avec leurs aïeux. pour obtenir lo corps d'un ni vu. En fait. La demande même alors (?).

qu'uno affirmation seulement d'expliquer comment elle s'est formée. lui a paru résoudre le problème qui préoccupait son esprit. le document. mais co n'est là erronnée. Il s'est dit : « Vers l'an 260-280. s'il n'avait pas été convaincu jamais d'avance quo lo récit du document édessien relatif à d'Edesse par saint Thomas était faux l'évangélisation et légondairo.42 LES ORIGINES DE L'âOI. Il s'agit qu'une légende. lui aussi : Eopr. foi à la Passio Thomoe. vers l'an 232. est visible n'aurait . » — Une fois cette idée bien arrêtée dans son esprit.lSB D'BDBSSB raisonné do cette manière. il n'aurait jamais appuyé ses raisonnements sur des choses aussi il n'aurait jamais ajouté la moindre invraisemblables. rien pour leur pays!—Et voilà ce qu'on _ nous donne pour le dernier mot do la critique ! IV Cet empressement fiévreux. il s'est mis à la rechercho Passio Thomoe^qui. qu'Eusèbe a vu et extrait. rien pour leurs ancêtres. qui trahit l'esprit de système et le désir de trouver des preuves à l'appui de nos idées. C'est pourquoi il s'est écrié. cet empressement fiévreux qui nous dispose à apercevoir des raisons là où il n'y en a pas.xa! Eoppul « J'ai trouvé enfin la solution ! J'ai mis la main surlafabriquo de fausse monnaie 1 » De là l'autorité accordée à un document qui n'en mérite aucune! Delà la facilité avec de f Eglise oVEdesse a laquelle l'auteur des Origines accueilli un fait colossal et sans exemple dans l'histoire ! De là enfin ce raisonnement si singulier et si étrange: Les Edessiens ont remué ciel et terre pour obtenir le corps d'un homme qui n'avait été rien pour eux. et il a rencontré sur sa route la en parlant de la translation des reliques de saint Thomas. affirmo que saint Thomas a envoyé Addaï à Edesse .

les annales syriennes nous parlent de reliquaires. Lipsius. Die Apocryphen Apostelgeschichten. dont on paraît s'être souvent inspiré. mais elle avait été précédée par un édifice plus modeste. qui (1) Rich. en effet. LXXI. Bien avant Grégoire de Tours. grossir le riche patrimoine de légendes que possède la capitale de rOsrhoène (2). S. I. dans ses Apocryphen Apostelgeschichten (i). en effet. 225. et. p. on aurait cherché oncore et. comme dans ceux qu'il résume . sans cela. Au lieu de se contenter de la « Passio Thomoe. on pourrait. (h)lbiâ. Lai. Richard Adelbert Lipsius renvoie. Assémani. p. Orientalis. avec un peu de bonne volonté. car. quelque chose même qui aurait mieux appuyé la thèse qu'on voulait démontrer. Grégoire de Tours nous parle des merveilles étonnantes qui s'opéraient à Edesse par l'intercession du saint apôtre. Cette église fut construite vers la fin du quatrième siècle. Au sixième siècle. (3) J. col. La découverte eût été d'autant plus facile qu'un auteur. on n'aurait pas admis aussi légèrement des faits aussi considérables et on n'aurait point tiré do ces faits des conclusions aussi contraires aux vraisemblances. . même d'un temple splendide bâti sur les restes du saint apôtre (4). 399 et suiv. » qui no peut faire autorité pour personne. quo tout ou partie du corps de saint Thomas a été transporté à Edesso.ET DES BOUSES SYRIENNES 43 dans lo travail dont nous parlons. avec un peu de bonne volonté. incrustés d'or et do pierreries. signalo précisément le passage où il est dit que le corps do saint Thomas fut transporté à Edesse par un marchand. (2) Voir Patrol. dès une époque très ancienne. 733-734. au Carmen Nisibenum XLH. Il est notoire. Bibliolh. à l'aide de son récit. on aurait trouvé quelquo chose d'un peu plus raisonnable. A. offerts par des magistrats pour renfermer le précieux trésor (3).

pour voir que la Correspondance de Jésus et (TAbgare ne nous met pas en présence ri'tvie légende remontant seulement à cent ou cent cinquante ans. Ephroemi Opéra Syr. et hic locus de Jerusolima vicesima et quinta mansione est. p. Aussi. car tu peux avoir confiance dans cette épouse quo tu as ramenée (au Christ). Que si le grand prophète a cru trouver du secours dans des ossemeuts. dans l'hymne dont nous avons parlé précédemment : « Bienheureux es-tu. qui non se tendat illuc gratta oralionis : quicumque tamen usque ad loca sancta. —Nous conservons l'orthographe de l'original. La pèlerine d'Aquitaine. Ils se sont enrichis mutuellement. jusqu'à la rendre esclave des idoles! bénédiction Toi. IL p. souvenirs chrétiens. 62 : liam tnihi credat. tu l'as lavée dans le bain de : celle que les rayons et l'ardeur du soleil avaient noircie. id est in Jerusolimis aceesserit. t. l'élu. parle des reliques de saint Thomas et de l'afHuence qu'elles attiraient à Edesse. volo affectio vestra. I. p. Moïse. p. au milieu des païens. LXIV. cette pierre précieuse t'a (1) S. toi qui as découvert cette pierre précieuse et qui as vendu tout ce que tu possédais pour en faire l'acquisition (2). a emporté des ossements croyant y trouver un secours. à moins que les ossements de l'apôtre n'aient porté le marMais en quoi m'ont-ils chand. — Voir Assémani. (2) S. dit-elle. Or. 49 — Thomas Lamy. — 11suffit de lire les trois ou quatre pages que celle pèlerine consacre à Edesse et à ses grands . strophe deuxième : « Un marchand a porté ces ossements (de l'apôtre). P. 75. tu as été un homme sage. S.44 LES ORIOINRS DR L'BOL18B D'EDESSE est mentionné quelquefois dans l'histoire—par exemple dans la Vie do saint Ephrom (1) — et auquel le célèbre diacre d'Edesso fait allusion. bienhoureux es-tu. 11 paraît que personne n'allait aux Lieux-Saints sans pousser jusques en Mésopotamie. dont le récit a été retrouvé récemment. le marchand a eu . lit-on dans les trois dernières strophes do cette hymne. Voir Job. Silvix Aquitanx peregrinalio ad loca sancla. la croix resplendissante l'a blanchie? « Bienheureux es-tu. Bibl. marchand. Ephntmi Opéra. qui as apporté ce trésor dans ce lieu déshérité ! En vérité. Ephrcm dit également. dans cetto épouso que les démons avaient troublée et torturée après l'avoir ravie. été utiles? (est censé dire le démon). quoniam nullus christianorum est. S. toi aussi. III. Gamurrini. dans son Carmen Nisibenum XLIfr. ô Thomas.

Ephrxmi Syri carmina Nisibeha. toi qui as été jugée digne de conserver cetto pierre précieuse. cette pierre précieuse et qui en a fait cadeau à sa vâlle natale. pagr&79 du texte. cela est en effet possible . Cette version est appuyée par les Actes Syriaques de saint Thomas. et elle est as«ez en harmonie avec les habitudes du moyen âge. On ne se faisait pas scrupule. que-le corps de saint Thomas a éN dérobé aux chrétiens. Wnghl. 5. en vérité tu seras toujours un marchand célèbre. le voler les corps saints et l'histoire rapporte plusd'un exemple dece fait(2). p. on le voit. en lui apportant du secours. toi qui l'as trouvée. pour qfton puisse y ajouter foi. alors. mais il est possible aut«$. . . 17141. CITÉ BÉNIE. à son tour. I.Apoeryphat frères avait voté tes ossements (de S. car il a fait le négoce . a. Bickell. il a été ouvert à: Edesse et il a enrichi la grande ville. ni do la municipalité d'Edesse. ni d'Alexandre Sévère écrivant aux rois de VInde dPemoyer le corps de saint Thomas dans la capitale de l'Osrthoéno. Cestavdéraison qu'il s'appelle négociant.ET DBS B0U8B3 SYRIENNES 45 enrichi. toi qui t'es enrichi éternellement ! « Heureuse es-tu. car il ne s'en est pas trouvé de plus précieuse dans l'Inde! Bienheureuse es-tu. sans contredit.Thomas) et les ati&M emportés en occident. $2. « . raison. f» 86. Saint Ephrem nous dit poliment que ce marchand a dépensé toute sa pour acquérir un pareil trésor . sa fortudHa grandi comme celle d'un roi. (Karka briha). d'avoir la même foi. (1) Manuscrit Addit. Oui. plus conforme aux vraisemblances historiques : c'est un marchand qui a découvert. à laquelle il n'en est pas de semblable ! 0 fils du Bon. dans-l'Inde. son trésor'm'a appauvri. qui as comblé de bienfaits tes adorateurs. vraisemblable même. fortune de l'Inde. » — Voir G. Tout se passe beaucoup plus simplement et d'une ^manière. toi qui as reçu cette pierre. acts of the Apostles.Un des (2) W. gloire à ta bonté (1)! » Dans ce document il n'est question. toi aussi.

eccl. p. pour quo la légendo de l'évangélisation de la Mésopotamie par cet apôtre ait le temps de se former et d'être mise par écrit avant Eusèbe (2).46 LES ORIOINBS DR L'éOLISR D'BDBSSB L'hymno que je viens do traduire est oncore inédite. et il affirme qu'il y a été apporté par un marchand (1). "' - . Elle nous apprend : 1* Qu'elle est allée à Edesse. Bickell. S. (Quxest ingens et valde pulcra et nova dispositioneet vefe — Cf. Silvix peregrinalio ad loca sancla. 18. Il est vrai quo le saint Docteur ne nous dit pas quand le Corps de saint Thomas est arrivé à Edesse. surtout pour prier auprès du corps de saint Thomas. Gamurrini. vers l'an 232. 1887. Rom». — Job. lo docteur G. C'est la suite naturelle que suggère la Passio Thomx. puis le reportant. sans contredit. et ce silence ne fait pas évidemment l'affaire de ceux. pieds nus et la corde au cou. et sa version est préférable. Puisqu'il garde le silence. Fr. IV. —2* Que le corps setrouvaitenenlîerdanscetteville — 3* Que ce saint avait là [ubi corpus illiusintegrum positum est). professeur à Inspruck. beaucoup mieux renseigné quo la Passio Thomoe. J'accorderais que cette précieuse relique ne nous dit rien sur la manière (1) La pèlerine gallo-romaine dont le corps de saint Thomas est venu à Edesse. là oncore. comme étant à Edesse. mais il ne dit pas depuis combien. recevoir le corps de saint Thomas à l'extrémité du golfe Pcrsiquc. jusqu'à Edesse. Aquilanx (2) Je m'étonne un peu. je n'essaierai pas de fixer une date. qui ont besoin do l'y trouver. digna est esse domus Dei). mais elle est parfaitement d'accord avec l'hymno XLIf. dans laquelle on à tant de confiance. un martyrium ou oratoire et une grande église rcTaile depuis peu de temps. qu'on ne nous ait pas montré Alexandre Sévère allant. Saint Ephrem nous parle. je l'avoue. Saint Ephrem suppose que le corps de l'apôtre est à Edesse depuis quelque temps. à la tête de la municipalité d'Edesse. in-f». je crois. Ililarii tractalus de mysterits et hymni et S. llisl. 62-64. Socralcs. du corps do saint Thomas. Saint Ephrem était. à ceile que nous donne co dernier document. éditée dans les Carmina Nisibena par M.

Par conséquent la tradition prouve absolument rien.ET DES éoUSBS SYRIENNES 47 à Edesso en l'an 232. dans tout cela qu'un seul fait historique. « L'exemple. nous l'espérons. nous nierons la parité qu'on cherche à établir entre ces Eglises d'Orient et celles d'Italie on v des Gaules. à savoir. si cela nous arrivait. » V On ne nous accusera pas. des Syriens ne . arriva do même que la légende d'Abgare est l'origine de la prétendue fondation des Eglises Syriennes au premier siècle. et d'abord. la translation des reliques do saint Thomas. afin de permettre à tout le monde de se former une opinion en connaissance de cause. quo la translation des reliques do l'apôtre saint Thomas est purement et simplement l'origine de la légende relative à Abgare. n'est pas unique de bonno do saint été évan: ce que les Syriens ont fait. les Italiens l'ont fait. les Français l'ont fait. car nous avons l'intention de présenter fidèlement les raisons pour et contre. ce serait malgré nous. pour affirmer qu'ils avaient gélisés par cet apôtre. Les Syriens ont été bien aises de se donner une origine apostolique et ils ont profité. de l'arrivée des reliques Thomas à Edesse. En tout les cas. ou de mauvaise foi. dit-on. d'affaiblir les arguments de la partie adverse. c'est do la légende et non de l'histoire. Nous allons répondre aux diverses raisons qu'on fait valoir pour nier l'origine apostolique des Eglises Syriennes . que je n'admettrais pas le moins du mondo co qu'on affirme. Il n'y a presque pas une Eglise de France ou d'Italie qui ne se réclame d'un apôtre ou d'un disciple des apôtres. Tout le reste n'est que pure invention. ajoule-t-on. « Il n'y a.

'mais Rome n'était pas pour les Gaules ce que Jérusalem et Antiocho furent pour Edesso. 62-63. très antique. Par conséquent. D'un côté l'Italie et les Gaules sont loin et très loin du point de départ du Christianisme. do Jérusalem. (I) De Jérusalem à Antioche il y avait 18 étapes (mansiones) d'à-' près Yltinerarium Burdigalense. »loh. elle est. 1887. est plutôt un argument en leur faveur. elle est unanime. S. mais on ne peut pas davantage rapprocher ces pays les uns des autres. Co n'est que par leur voisinage avec Rome qu'elles peuvent être comparées à Edesse. car elle dit : * El hic locus (Edesse) de Jerusolimn vicesima cl quinla ad loca sancta mansioneest. p. en dehors de ce préjugé et de cette. puisqu'elle est antérieure à Eusèbe. plus de chemin environ que dPEdesse . elle est constante. in-f*. de race et d'intérêts. au lieu d'être un argument défavorable à l'apostolicité des Églises delà Syrie et de la Mésopotamie. La tradition varie beaucoup dans les Gaules et en Italie. il n'y a aucune comparaison à établir entre les Églises de Syrie et les Églises des Gaules. à la Gaule ot à l'Italio. d'Antioche à Edesse. où les disciples du Christ furent pour . et elle n'est pas universelle. pour lo voir tout de suite. il y en avait 7. sous ce rapport. Entre Edesse et la Antioche. en effet. que d*Antioche à Jérusalem il y avait trois fois à Antioche. — C'est à peu près ce que nous avons dit plus haut (p. Par conséquent. sous le rapport de la tradition. Les relations étaient quotidiennes entre les deux villes (1). La pèlerine Sylvie confirme parfaitement ce récit. absolument dissemblables. on vient de le voir. elle est universelle et elle est antique. de plus. chez les Syriens. il > avait communauté do langue. On ne peut donc pas comparer Edesso. Cette comparaison. très souvent tardive. Au contraire. On n'a qu'à se reporter à co que nous avons dit plus haut. 11). Gamurrini.48 LES 0RI0INBS DB L*80U8B D'ÉDRSSB Les deux cas sont. en tout 25.première fois appelés chrétiens. Fr. Silvixperegrinalio Rom.

quand on les pousse jusqu'à ces limites . uniquement par ce qu'elle est tradition. quand elle est antique. n'est pas grand'choso en comparaison de tout ce que nous désirerions savoir. nous dit. taines cependant d'un certain nombre d'autres choses. Nous signalerons seulement. Ce document qui. en passant. qui a été assez répandu chez les Syriens et qu'on rencontre. Ce que nous savons. les Églises chrétiennes ignoreraient bien des choses qu'elles mais elles seraient toujours cersavent aujourd'hui. a une assez grande vJeur. universelles Syriennes . constante. Rejeter une tradition uniquement parce qu'elle est tradition. alors même que celles-ci ne seraient pas écrites. c'est ridicule. avec l'histoire d'Eusèbe. il y a beaucoup do choses qu'il faudrait faire disparaître du Christianisme. si on no voulait addes faits et des croyances que sur des écrits contemporains de l'origine de ces croyances ou de ces faits. dans la plupart des manuscrits massorétiques. en particulier. car. une fois ou l'autre. en parlant de saint Thomas : t L'a- 4 . et ce n'est rien en comparaison de tout ce que nous pourrions savoir. nous le répétons.ET DBS BOUSES 8YR1BNNES 49 nerveuse qui fait rejeter toute tradition susceptibilité occlésiasliquo. nous ne saurions presquorien sur les premiers siècles. de tout ce que nous aurions intérêt à savoir. Rejeter une tradition. Le travail serait intéressant à faire. on ferait un petit volume. unanimes. mais il nous prendrait beaucoup de temps. quand il s'agit de constater quelle est la tradition de l'Eglise Syrienne sur ce point. un recueil de Yies des Apôtres et des Disciples. mettre n'avait pas composé son histoire. Si Eusôbo n'avait pas composé son histoire. à Addai et à l'évangélisation d'Edesse aux temps apostoliques. par suite. unanime et universelle (1). on n'a rien do sérieux à opposer aux affirmations antiot constantes des Églises ques. de ces événements ou de ces personnages. c'est une (1) Si on voulait dresser une bibliographie complète des livres où il est fait allusion à Abgare. Je ne crois pas qu'il y ait un auteur syrien un peu étendu qui ne parle. mais il est manifeste que cette susceptibilité et co préjugé sont déraisonnables. Si Eusèbe.

en effet. I. et. Or. dans saint Ephrem (Assémani Bibtiolh. prêcha aux PARTHES (c'est-à-dire aux Edessiens. 100. Il mourut à Edesse. c'est introduire le scepticisme à peu près partout. » — d'Aggal : « Aggat ésangélisa les Alsouphonolé. • — On dit d'Addaï : « Addaï enseigna à Edesse. comme ont parlé. cité de F Inde. 32). pâtre Thomas. » Eusèbe. Sirénos fils tV. — On trouverait des choses curieuses dans ces biographies. f. p. dans la Doctrine des Apôtres (Cudes Apôtres (ibid. 10) aux Mèdes et aux Indiens.50 LES ORIOINE8 DE ABOLIS* D BDKS8B chose plus que ridicule. doué do beaucoup d'esprit et de savoir. p. B). reton. c Qu'ils sont étonnants les jugements. elle est vraie et elle doit être acceptée comme si elle était écrite (1). à moins qu'il ne dé— Et cependant. sous une forme ou sous une autre (Philips.ua. en particulier. Jacques d'Edesso n'a fait quo parler comme parlent tous les hommes sensés. 124. Il instruisit cl baptisa ta fille du roi. je choisirai comme exemple le nom que porte saint Thomas. col. la plupart des Pères do l'Église (2). Il y a longtemps qu'un hommo. saint Thomas est appelé Judas. étrange que ce fait semble à Valois. 6 du texte) .lbgare lui fit briser les jambes. dans la note sur la prédictlion p. tesAtenoré (Arzan ?) et les villes d'Arménie. b *%\ eû.Syriens: d'Addaï qu'Eusèbe semble avoir connue. (Patroi Grxc. p. ô Notre Seigneur! Un Judas le vendit aux Pharisiens et tu as rendu un autre Judas aux Indiens! 0 juste et miséricordieux celui dont la volonté vend et se laisse . 14. 24). » En s'exprimant ainsi. originaire de la tribu de J'ida. XX. mais en même (ï) Pour montrer tout ce qu'il y a de particulier. cl. Ce fait a paru si étrange à Valois qu'il a cru devoir obalibi quod server en note : (Thomam) Judam esse cognominatum. « qui et Diiymus. il biplisa Abgare. d'après les documents Syriens dépouillés par lui. nous apprend que. (1) Manuscrit additionnel 12172. au livre premier de son Histoire. 1.Ta dit : « • Quand une tradition est ancienne et reçue depuis un temps immémorial dans les Églises. 85 b. comme disent d'autres personnes. Ensuite le roi envoya des hommes qui le tuèrent à Calamine ou à Catimoun. dans \a Doctrine . cet apôtre s'appelait d'abord Judas. » —11 y a vmgt-ciiiq ans que j'ai recueilli ces détails. tout pende d'Eusèbe. bàlil une très bette église et mourut. sciant non reperitur (Ibid 123. llisl. il est affirmé généralement par les auteurs ainsi. temps de ferme et de constant dans les traditions Syriennes. dans des manuscrits de Rome. je ne crois pas qu'on trouve cela dans aucun auteur grec ou latin. chapitre XIV. 318) etenfin par les Eglises Jacobites et Nestoricnnes dans leurs offices. voir plus haut p. de telle sorte que Thomas n'eût été qu'un surnom : 'Io5$a.

les Syriens. signalée par Valois. Lipsius. quand on voit sur quels légers fondements on révoque en doute les témoignages les plus nombreux. absolument certains et favorables à l'origine apostoliquo des Églises Syriennes. ments bâtis sur des textes ambigus et contestables. A. incondes textes clairs précis?—Nullement: précis. Lipsius parle de la Chronique d'Edesse comme nommant Judas Thomas. Le jeu de mots ne fait que donner plus de relief à l'affirmation de l'hymdu fait. 227). 227.401. clairs. 1. unanime ot ancienne des Églises Syriennes? universelle. 319) . en effet. tome 1. Oppose-t-on des témoignages ou dos faits certains. mais que no faut-il pas dire. à partir du quatrième siècle. p. incontestables. on peut les citer par centaines. d'ailleurs. p. ainsi qu'on va le voir. précis et certain défavorable apostolique des Églises do la Syrio et de la Mésopotamie. U s'est laissé tromper par Assémani [Bibliol. Or. Die Apocryphen AposUlgeschichten. une littérature suivie. suscepou bien des raisonnetibles de plusieurs explications. c'est-à-dire.a. de même que l'étrangclé dé la tradition Syrienne sur ec et l'antiquité prouve l'uniformité point.BT DBS BOUSES SYRIENNES 51 VI à la tradition constante. mais des textes ou des faits précis et clairs encore trouver étrange qu'on rejette une . p.f. chez testables. vendre!» Ms additionnel 7178 du Musée Tilannique. c'est un acte déraisonnable que l'on commet. Tout ce qu'on allègue. nographe. ce sont des faits douteux. — Voir là-dessus R. Qu'oppose-t-on. On apporterait qu'on pourrait tradition unanime comme celle des Syriens. à partir du moment où naît. tandis qu'on ne peut pas citer un à l'origine texte clair. les plus explicites ot les plus anciens relatifs à l'apostolicité des Eglises Syriennes! Ce n'est pas une erreur dans laquelle on tombe. peur prouver la thèse que nous combattons. C'est à tort que M. (Ibid.

172 et suivantes. Mais alors. ibid. Apocryphalacts of the Apostles. contiennent chacun une interpolation fin. dont parle l'illustre Maronite. p. pour ce qui regarde l'appendice *>ax Actes de Charbil p.3. notes 1. .150. 113-114. (2) Pour les erreurscontenues dans ces interpolations. qui enseignent ou supposent l'origine apostolique des Églises Syriennes. La Doctrine d'Addaï. Tixeront l'avoue. qu'y a-t-il dans ces pièces pour qu'on puisse s'appuyer dessus?— Le voici. à quoi se résument les arguments des prétendus critiques sur ce sujet? — Le voici: On n'apporte pas un document authentique ou apocryphe. Cette interpolation est certaine (i). Veut-on savoir. Dit le contraire la Doctrine d'Addaï.2. nous dit-on. Dans ses Actes saint Thomas est aussi appelé ton* jours du nom de Judas. car tous. 114. Actes de Barsamyas. pour ce qui rede \& Doctrine d'Addaï: «Les origines de F Eglise garde l'interpolation d'Edesse p. 149. voir Les origines de FEglise d'Edesse p. : la Doctrine d'Addaï vers la et de Barsamyas tout à fait à les idées.113-114. — Yoir W. pour ce qui regarde l'appendice aux Mes de Barsamyas. disent le condisent le contraire les traire les Actes de Charbil. Tixeront ne les relève pas toutes. absolument tous. par exemple. 44. Wright. même les auteurs dont nous examinons en ce Cette interpolation est criblée de fautes . 114. p. auxquels cependant on fait appel. Enfin ne dérive que d'un seul et cette triple interpolation moment les Acla Edessena. disent le contraire. Yoir. —M. ou les Acla Edessena qui lui ont servi de germe. 126. tout le monde est obligé d'en convenir (2). tout le monde la reconnaît. les Actes de Charbil lafin. (1) V.62 LES ORIGINES DE L'éOLlSR D'EDESSE Et c'est là ce qui fait la gravité de l'argumentation que nous étudions en ce moment et dont nous espérons démontrer la fausseté. en effet. 126-127. I. ne sont ni plus ni moins que la Doctrine dAddat. les Actes de Charbil et les Actes de Bar samy as. aussi clair que un et un font deux.

dit. Voilà certes un document qui no semblerait pas devoir mériter grande confiance . en effet. Il est possible même quo ces interpolations aient en lieu plus tard. n'a pas vécu au temps apostolique ? —Pas le moins du monde! — Dit-elle que Edesse a été évangélisée vers 150 ? — Encore moins. à une époque aussi tardive que la fin du quatrième siècle (2). tous. 128) . l'admet. 113-114). Tixeront n'y attache pasIuKméme grande Importanco (Les origines. . qui viennent de sources différentes et qui affirment. et M. l'interpolation cas? —Dit-elle que Addaï. 112). qu'il n'en mérite aucune ou à peu près aucune. 112-114. insérée dans des documents qui disent le contraire. criblée de fautes. p. Une interpolation anonyme. C'est c mettre unejpaille dans un plateau de la balance pour faire contrepoids à la poutre qui est dans Vautre. l'apôtre des Syriens. (2) M. Cette interpolation dit quo « Patout. dans la doctrine d'Addaï parait être la car. troisième évéque d'Edesse. le simple bon sens dit. dont on fait tant do Que. Tout le monde. Telle est cependant la conduite que tiennent ceux qui s'appuient sur ce document unique et criblé de fautes pour soutenir que la remonte pas au delà celle qu'on oppose à syrienne ! — Qu'on fondation des Églises Syriennes ne de l'an 150. Tixeront fixe comme date ta plus ancienne de l'interpolation les années 380-370 (voir Les origines de FEglite d'Edesse. p.ET DES EGLISES SYRIENNES B3 même auteur. — Et quelle paille que la poutre représentant la tradition en juge. p. et cela est. dérivant d'un seul auteur.125*126. Je ne crois pas que cette opinion soit vraie. en effet. l'interpolation source des deux autres (voir Les origines de F Eglise dEdesse. ou à peu près.d'après lui. certaine. une seule et même chose. voir Les origines de l'Eglise d'Edesse. » que d'agir différemment. en effet. a été ordonné par Sérapion. ne peut pas faire contrepoids à des témoignages qui se comptent par centaines. évident (1). évéque d'An(i) Pour la dérivation de ces trois interpolations d'un seul et même auteur. p.

laisse deviner au moins un second Palout. dont se sert l'auteur d'une des formes de l'interpolation. la Doctrine d'Addaï et les Actes de Charbil. voici lequel : et Parmi les successeurs de l'apôtre Addaï. du même Palout dans les deux cas?— Cela n'est pas sûr. et. qu'est-ce qui .54 LES ORIQINBS DE L'ÉGLISE D'BDBSSE lequel Sérapion a été ordonné par Zéphyrin évéque de Borne. par conséquent. Palout a été le troisième successeur d'Addaï. en résumé.ee raisonnement est sujet à beaucoup de contestations. argumentation 11 n'est pas besoin de réfléchir longtemps pour voir que. par exemple. Addaï n'a pas vécu au siècle apostolique. avoir rien à faire avec la grave question de l'origine des Églises Syriennes que nous discutons en ce moment. il y a un lien entre les deux problêmes. Toute son se réduit à cela. D'autre part. Par conséquent. ajoutent nos lecteurs. parmi les évoques d'Edesse. en particulier. il en est un qui s'appelle Palout. vers l'an 195 ou 200. à savoir le troisième. Tel est lo rang que lui donnent. toutes les raisons que donne l'auteur des Origines de VEglise d'Edesse. il a été ordonné par Sérapion d'Antioche. Dans ce cas. Là dessus. Donc Addaï a vécu vers l'an J50. » Mais. de primo abord. car le mot « premier (quadtnoïo) ». S'agit-il. qu'est-ce que cela a à ou la non-apostolicité des Églises faire avec l'apostolicité tioche. certains critiques contemporains font le raisonnement suivant : « D'après tous les documents. cela ne parait Syriennes?—Evidemment. » VEglise d'Edesse et les Églises Syriennes ont été fondées vers le milieu montent pas au delà. » du second siècle et ne re- Telles sont. vers l'an 40. car deux évoques n'auraient pas pu remplir l'espace situé entre l'an 40 et l'an 200. cependant.

cite et ancienne . qui est peut-être vrai. car un document criblé d'erreurs. Mais il résulte delà : 1° que toute l'argumentation rapportée plus haut repose sur un « 'Peut être. qm a glissé. car il dit de Paquelque part : « le premier détail (Vordination peut être vrai. vers la fin du quacriblée de fautes trième siècle.BT DES EGLISES SYRIENNES f 55 empêcherait d'admettre qu'un Palout a vécu vers l'an 200 et a donné lieu à une confusion ? Est-il sûr que Palont ait été ordonné par Sérapion d'Antioche vers l'an 200 ? —Cela n'est pas sûr . comme l'est l'interpolation en question. » Il a bien raison de douter. explicompte d'une tradition universelle. par VEglise d'Edesse. J. . eux-mêmes très défigurés par de nombreux anachronismes. » Voilà donc ce qu'il faut croire d'après la nouvelle méthode critique : Un auteur anonyme. on tire seulement. et duquel (1) L. p. l'auteur de VEglise d'Edesse le reconnaît lui-même. pourra faire contrepoids à un grand nombre d'auteurs très connus et très anciens qui disent le contraire. » lout par dination 2° Que appuyé sur ce « Peut être » on ne tient aucun unanime. le second (VorSérapion) d'Antioche de Sérapion par Zéphyr in de Borne). note 3. en rapportant un fait. non (1). fort de ce « Peut-être ». 3° Que. Tixeront. car cet écrivain fera contrepoids à ces auteurs et à ces chrétientés. on ne craint pas de s'exprimer ainsi : « L'histoire et la légende nous apprennent que VEglise d'Edesse a été fondée vers te milieu du deuxième siècle et ne remonte pas au delà. Il pourra même faire contrepoids à des chrétientés entières 1 Et ce n'est pas encore tout . une note certainement dans trois documents. doit inspirer des doutes sérieux. 114. mais qui peutêtre aussi est faux.

56 LES ORIGINES DEi L'BOLISB D'EDESSE et douteuses. jusques au quatrième siècle. on lui applique cette méthode ? Il est bien évident qu'il n'y aura pas un seul fait qu'on ne puisse contester ou nier. Telle est l'argumentation des auteurs de quelques-uns des traités que nous examinons en ce moment. en particulier. » dans les c'est l'absence de <r séries Episcoporum églises de la Mésopotamie. même dans cello d'Edesse. s'il suffit d'avoir pour soi un document apocryphe ou anonyme quelconque. VII Un premier fait qu'on opposo à la Tradition Syrienne. une voie de conséquences contestables conclusion contraire à l'origine apostolique des Églises Syriennes. Cona est. afin de fournir aux lecteurs un fil qui les guide et les empêche de s'égarer dans le dédale des détails. le premier On verra comme tout critiques! faconde traiter . dit-on. Si cette avec un « Peut-être méthode devient jamais générale dans les écoles catholiques. de l'auteur des Origines de VEglise d'Edesse. susceptible d'être interprêté » d'une manière négative. on en entendra de singulières et on en verra de belles. nous allons étudier à part chaque partie de ce raicela manque de logique et comme presque toutes les affirmations reposont en l'air. quand elles ne vont pas ouvertement contre les témoignages les plus clairs et les plus dignes do foi. Après avoir donné cette idée générale du sujet que nous traitons. Quelle ample provision de crédulité il y a dans les cerveaux de certains des questions aussi déliUne pareille raisonnable ? Que deviencates est-elle sensée/sérieuse. sonnement. si dra l'histoire des premiers temps du christianisme.

La pèlerine d'Aquitaine. Saint Thomas seul était. mais. il est certain que les conclusions qu'on tire de là sont absolument erronnées. et cependant. ce sont les premiers et les derniers ont péri noms (1). pendant trois jours. personnage Addaï n'avait aucun intérêt. les Églises Syriennes ne sont pas très anciennes. et cela est d'autant moins étonnant que cette région était alors placée en dehors de l'Empire romain. en tout cas. Eusèbe s'est donné une grande peine pour reconstituer les listes des grandes Églises. . l'apôtre d'Edesse. Il y a du vrai et du faux dans ce qu'on avance. de Jérusalem et d'Alexandrie.ET DES KOLISES SYRIENNES 67 évéque dont parle l'histoire. l'évéqne actuel de la ville. Le fait qu'on allègue ici n'est pas exclusivement propre aux Églises Syriennes. même dans le monde romain.rrier Ananie. Mais. Abgare. Il n'y a pas jusques aux Églises de Rome. Saint Thomas et Abgare représentaient Ions les souvenirs chrétiens. Quant aux noms intermédiaires. mais elle ne dit pas un mot des personnages secondaires. Il semble donc qu'au quatrième siècle. le cor. Il ne lui disait rien. pour elle et pour ses religieuses. et Jacques est le premier évéque de Nisibes. qui ne présentent quelques lacunes ou quelques noms contestables. Il n'est donc pas étonnant en soi que nous n'ayons pas les listes des anciens évoques de la Mésopotamie . nomme saint Thomas. qui nous fournit tant de détails intéressants sur les souvenirs chrétiens d'Edesse. secondaire. dont les listes épiscopales sont perdues ou qui ne nous sont arrivées qu'incomplètes. en général.il est manifeste qu'elle connaissait son histoire et qu'on ne lui parla point. il y a d'autres églises. mais il n'est pas toujours parvenu à lès refaire en entier. Elle était soumise à de petits dynastes ou aux Arsacides et aux Sassas(1) Je puis confirmer l'observation que je fais en ce moment par un exempte typique. d'Ananie et de saint Thomas. sans lui mentionner ce d'Abgare. dans les temps anciens.ils presque partout. d'Addaï. Ce qu'on a. à ses yeux. —Tout se résumait en sa personne. lo mieux retenu. par exemple.

il eut au moins un prédécesseur. Romte. 45 66. Marcion expulsé de VEglise.-C.150. non plus. Syri-Orientales. Bar-Tsaboé passe pour avoir été le dixième évoque de Séleucie et. —Lucius César. Qu'il y ait eu là. Si Cona n'avait point fait bâtir une église. d'autres évoques sont énumérés comme des martyrs anciens.58 LES ORIGINES DE L'ÉGLISE D'BDBSSB sides. un palais. c'est un indice Syriennes. —• 449. le premier évéque de cette ville . roisd'Edetse. La traduction dans~le numéro de janvier 1866 p. Le texte Syriaque dans le numéro d'octobre 1865. — 513. Le chroniqueur aimait la truelle et le marteau . dont plusieurs ont cruellement persécuté l'Eglise. Jacques de Nisibes ne fut pas. p. (2)VoirEbed-Jcsu Khayyath. Babou. son oeuvre se réduit à peu de chose. p. dans la liste épiscopale de cette ville. de bonne heure. Jusques à l'an 313.dcxandrc. 1865-1860. des évoques. pour s'apercevoir immédiatement que cette mention no tire pas à conséquence. — 30'J. qui est daté de l'an 412. Cela ne nous permet mière évangélisation. mausolée d'Abgare. inondation. — Année 180 d'. — 465. son . à une dizaine de mentions (3). — 400. une église. un cimetière. seu Chaldxi-Nestoriani et Homanorum pontificum primatus. (1) Voir le Journal o\ sacred literalure. il y a une lacune qui va de l'an 182 à l'an 247 (2). il suffit de lire la Chronique d'Edesse. mais des Églises favorable à la tradition . le meilleur moyen d'attirer son attention était de bâtir quelque chose. c'est ce dont on ne peut pas douter. martyrologe qui remonte probablement à l'an 380 (1). naissance de Bardesanes. Bar-Tsaboé évéque de Séleucie est placé tandis qu'une dizaine parmi les martyrs-récents. 1870.naissance deJ. 423 452. — 260. (3) Voici le résumé de ces 10 notes. Dans l'ancien martyrologe que nous a conservé le manuscrit additionnel 12. (le passage pas de fixer une date pour la preni do reconstituer la liste . Auguste César. Quant à Cona. 166 et suiv.

(1) Cona est nommé dans les Actes dHabib.-C). à partir de la Mésopotamie. 313 naissance de Slaves. de J. La littérature Jacobite a échappé en partie au C'est la seule jusques à l'an 621. le sol est surchargé de détritus humains . 73. Ancient nombre de documents a été changé de place. les villes ont croulé sur les villes . et les annales du pays le plus historique de la terre sont pleines de lacunes. sijriac documents. pour ou contre l'antiquité de l'Église d'Edesse. 614. LA Chronique d'Edesse ne commence guère que vers l'an 310-320 de Jésus-Christ. Cona qut bâtit une l'avoue. ainsi qu* Assémani note étendue que contienne la chronique. ligne 5. L'histoire profane et religieuse de la Mésopotamie laisse beaucoup à désirer et sa géographie elle-même n'est pas très satisfaisante. C. — 624 (313 de Eglise. (2) Monseigneur Khayyath cite un certain . Par conséquent. n'était qu'un blanc . — 551. Cureton. des couches de diverses civilisations sont superposées les unes aux autres . une pareille succession d'hommes et d'événements . palais dWbgare.W. Presque toutes qui ont fleuri là successivement ont péri . on ne peut tirer de son silence aucune conclusion. aucun pays n'a vu. les empires ont succédé aux empires . en particulier. f 50 nom eût été passé sous silence comme celui de ses prédécesseurs (1). Et cependant nous ne connaissons les détails de toutes ces révolutions les littératures la littérature que très imparfaitement.) — 517. chute dts murs d'Edesse. Des centaines de générations sont passées là . a sombré Nestorîenne. parce qu'il a construit un cimetière. p. . :!'. cela est certain. Jusqu'à ces dernières années la carte de l'Asie mineure.ET DES EGLJSES 8YR«NNES. presque en entier et elle nous aurait apporté certainement de curieuses révélations. du texte. et il faut en dire autant de plusieurs évoques qui sont venus depuis. Son successeur Aïtilaha a eu la même bonne fortune. — J. si elle nous était parvenue (2). depuis de longs siècles.

nous apprendrions plus d'une chose intéressante sur toutes les dynasties qui ont régné à Edesse et à Ctésiphon . des Actes de martyrs. là où il parle de la Pâque. On racontait déjà des choses si merveilleuses sur ce qui s'était passé dans rOsrhoènc. (1) Plus je réfléchis cl plus je me convaincs qu'à l'époque d'Eusèbe la Correspondance de Jésus el d'Abgare était déjà très célèbre. Bar-Tsalibi. il nous aurait 1res vraisemblablement raconté d'autres choses : il répète. Si celle d'Elie de Nisibes nons était rendue en entier. Il nous parle des lettres peu connus. qui nous a fourni quelques renseignements sur saint Thomas et sur Addaï (1). 62-68). Silvie (S. — Un seul récit circonstancié. je doute qu'il ait luimême fouillé sérieusement dans les archives d'Edesse. Sitcix Aquilanx peregerinatio ad loca sancla. nous ne sommes pas absolument dépourvus de toutes données sur les anciens évoques d'Edesse. en particulier. mais que de choses sont perdues et que nons savons cependant avoir existé ! Si quelque heureuse découverte nous rendait la chronique de Denys mieux encore celle de Jacques d'Edesse. ajoute. Eusèbe. 11 est possible qu'un jour on retrouve quelques données intéressantes sur les premiers temps. au livre V. Malgré ses assertions. nous en saurions probablement un peu plus long sur les en Syrie et sur la succession origines du Christianisme des évoques d'Edesse. d'ailleurs. et résoudraient . car. que l'évôqne de Césarée n'a pas pu l'ignorer et a voulu s'en rendre compte. trop souvent qu'il a traduit les pièces du Syriaque en Grec. cl je crois que c'est précisément cette célébrité qui a attiré l'attention d'Eusèbe. des détails chapitre XXIII. suffit pour convaincre tout homme impartial que les documents n'ont pas été fabriqués seulement vers l'an 250 ou l'an 280. même à cette heure. s'il l'avait fait. depuis le commencement du Christianisme. précieux sur l'Église d'Osrhoône. p. pour qu'il n'y ait pas lieu de suspecter de sa part un peu de vanlcrie.60 LES ORIOINES DE L'BOLISÊ D'EDBSSB naufrage universel. comme l'est celui de S. nous trouverions probablement là des renseignements qui répondraient à quelques-uns de nos desiderata une partie des problèmes que nous nous posons. Mais.

si ce n'eût été alors que des essaims détachés de la chrétienté d'Antiocheen 160 ou 170. si ces Églises avaient été composées simplement d'un « évéque missionnaire et de quelques cun's. » si elles ne fussent remontées qu'à vingt ou à vingt-cinq ans en arriére. diocèses ou Églises pas douteux. et chacun aurait compris dix-huit évéques : l'un eût été formé par les évéques d'*E3x*x x*l xSr»"kb. voudrait qu'il y eût eu alors deux conciles de réunis. en 107. ty f. *U3sra xaî tSw 'A3I*6T.v%-# èx£?<. que les Églises Syriennes remontaient plus haut que la fin du premier siècle . l'autre par les évéques de la Mésopotamie. car le Libellus Synodicus est loin d'avoir la valeur de l'Histoire d'Eusèbe. cependant le renseignement est préatteste au moins cieux. sans crainte de nous tromper. comprenant chacun dix-huit évéques. p. frt <wva9j»w0iï« .xlrpvri. 727 .v *. Quelque soit le mot qu'il faille suppléer — — le sens général n'est évéques. ce n'aurait pas été la peine de leur demander leur avis sur la célébration de la Pâque.ç.al tàç '0«pôr. sinon aux temps apostoliques. ces Églises ou ces évéques ne pouvaient avoir d'autres traditions que celles d'Antioche.ET DES B0LISES SYRIENNE» 61 des évêqUes ou des Églises: Ton %«i T%V y. Concil. Le sens obvie du passage d'Eusèbe est que l'Eglise de rOsrhoéne était alors une chrétienté importante et qu'elle remontait à une haute antiquité. d'après le contexte. nous pourrions affirmer.s %£Xs'. des Églises florissantes et des Eglises antiques . t. colleclio. car. Ampl.* 'Ospsr/njv x« tiç èy. Lo Libellus synodicus (1). dont l'autorité est moindre que celle d'Eusèbe.VC«)V fath ZUt xal fatta lîuwktwv. Dans ces conditions. Si l'existence de ces deux conciles.sTîe siX«ç. xxti tr. car le Libellus Synodicus (1) Mansi. était absolument Certaine. Il est évident qu'il y ' avait alors. mais elle ne l'est pas.

p. Leur nombre toutefois dut être fort restreint. de voir les efforts que l'on fait pour se débarrasser de ce témoignage d'Eusèbe et du renseignement contenu dans le Libellus Synodicus. mais très instructif. 14. ni des ignorants. ni des malhonnêtes (1)? S'ils n'étaient pas convaincus qu'une tradition ecclésiastique est fausse. Que sait l'auteur de tout cela ? Rien évidemment. princes le corps de saint Thomas.62 LES ORIGINES DE l/éOLISB D'BDESSB l'existence d'une tradition relative à ces conciles tenus en Osrhoène et en Mésopotamie. en dehors de ses conjectures. même lorsqu'elle est appuyée parles documents tes plus anciens. 14-15. . ainsi les rejetteraient-ils témoignages les plus clairs et les plus précis d'Eusèbe. — (1) L. de Mésopotamie n'avaient pas été connus avant le troidAdiabéneel sième siècle I Voilà de sérieuses raisons apportées à l'appui d'un sentiment. par cela seul qu'elle est tradition. « Comme cette division de la Mésopotamie en deux provinces n'a été faite que plus lardtf) il y a lieu de mettre les deux conciles du Libellus Synodicus au rang des inventions. Tixeront. Mais il est à remarquer que ceux qui traitent Eusèbe et le Libellus Synodicus avec tant de sévérité sont ceux-là sourciller. J. «Comme si les nomsd'Edesse. ou bien des interpolations comme celles qu'on lit à la fin des Actes de Bar- Samyas relative à l'ordination de Palout par Sérapion d'Antioche ! Le parti pris de trouver en défaut la tradition ecclésiastique. Le même auteur ajoute : « Bien n'empêche de croire que te concile de VOsrhoéne ail réuni plusieurs évéques de cette prorince. p. Il est curieux et pénible à la fois. »lbid. est-il assez évident et peut-on expliquer autrement la conduite d'hommes qui ne sont. sans comme celles que racontent la envoyée par Alexandre dans le but d'obtenir de ces Sévère aux rois de l'Inde. les plus sérieux. et accepteraient-ils aussi facilement des pièces qui porles Origines de F Eglise d'Edesse. des niaiseries Passio Thomoe sur l'ambassade même qui avalent. ni des faibles d'esprit.

Le docteur W. une série de documents très anciens. désigné par le docteur Cureton lui-même. il est nécessaire d'entrer dans quelques détails préliminaires. mesures. tous plus ou moins relatifs à l'histoire de l'Église d'Edesse. Curetoa trouva. dans la belle et rare collection Syriaques que nous ont conservée les couvents de Nitrie en Egypte. fit paraître le livre. Il en prépara une édition qui était presque achevée lorsque la mort vint le surprendre. devenu depuis professeur à Cambridge. Pour aider le lecteur à comprendre la nature et la force de l'argument qu'on tire de ce document. et l'ordination de Palout par Sérapion d'Antioche sur les assertions d'une pièce apocryphe comme celle qui termine les Actes de Bar-Samyas ?—Nous ne le pensons pas. sous le titre de: « Ancien! Syriac documents relative lo the (1) Je me demande comment quelqu'un peut lire Les origines de FEglise d'Edesse sans remarquer tout ce qu'il y a d'étrange dans la manière de raisonner. relativement à leur origine apostolique. mais la publication ne fut pas arrêtée. — Evidemment les critiques qui agissent de là sorte ont deux poids et deux plus loin. constante et antique des Églises Syriennes. Ces! pour moi incompréhensible. VIII Ce qu'on a apporté de plus sérieux contre la tradition unanime. car le docteur Wright. Mais allons de manuscrits .ET DES BOUSES SYRIENNES 63 tent écrites au front les marques d'une origine douteuse ou inavouable (1)? Admettrait-on l'ambassade d'Alexandre Sévère aux Indes sur les affirmations de la Passio Thomoe. est précisément le fragment apocryphe par lequel se terminent les Actes de Bar-Samyas dont nous avons parlé tout à l'heure.

Phillips (1). — Curcton existant dans Phillips. à XXIII. pages VII. dans W.14 à XLIlf. jusques à 1X. — — Curcton et PhilPhillips seul. en 1876. jusques à la fin. pages I-VII. au temps ou docd'Abgare. Cependant. Phillips.1. c'est à dire. ligne 3. manque dans Curelon. . in Ihe Original Syriac. — Phillips seul. — Curelon et Phillips XLVIII.IOXXVI. IX. Ce qui est dit dans ce document de la prédication d'Addaï à Edesse. par M.64 LES ORIOINES DB L'ÉOUSE D'EDESSE in Edessa.23. par Addaï. 1876. mais depuis on en a retrouvé une copie complète dans un venu également de Nimanuscrit do Saint-Pétersbourg earliest establishment trie. Dans tous ces documents. — Phillips seul. le Docteur G. . — Phillips seul.I. Ces divergences et ces contradictions (1) G. London. soit environ Vingt six pages sur cinquante-trois. dans la Doctrine d Addaï (2). plus un mol dans la page XXII. ainsi que dans les Canons des Apôtres et dans les Actes de Charbil et de BarSamyas. Curelon et Phillips. est confirmé dans la Prédication trine de Pierre à Borne. —Tout ce qui se trouve dans Phillips 3eul. on suppose que la ville d'Edesse a été évangélisée aussitôt après l'ascension du Christ. que saint Thomas envoya au roi d'Edesse.c'est à dire. Cureton cl G. now firsl edited in a complète for m. XXII. lips XXI. — XVI-52 pages de traduction cl 53 pages de texte.XXllf.3. The doctrine of Addai ihe Apostle.23 jusques à XXinclusivement. XLYIII. XXII. et elle a été publiée en entier. mais.23XX. (2) Voici une table de concordance de la Doctrine dAddai. l-l3.XLII1. un des 72 disciples. il y a des anachronismes en assez flagrantes entre grand nombre.it. 0. XXII. Curelon cl Phillips. Phillips. ligne 10.!. » La ofChristianiiy principale pièce contenue dans ce volume était mutilée. et des contradictions diverses parties.l4. les pages I-VII . jusques à la page LUI. pour accomplir la promesse que lui avait faite lo Christ. Trûbncr. 1X. tout n'est pas parfaitement d'accord dans ces documents . au temps d'Abgare.9. 10 à XXVI. XXIII. lignes 14 lignes 1 à 13* inclusivement. en particulier. XXVI.Phillips seul XL1IL9 à XLVIII.

au moins en partie.~Job ad loca sancia.- (1) La Chronique d'Edesse parle. do coque quelques pièces oii tété.M-M. et enfin Abchelama fut remplacé par Bar-Samyas.-.quia essel Fr. Lé roi se convertit avec une bonne partie de sa cour et de la ville d'Edesse.v. -.-. Hon seulement copiées plusieurs fois. grande partie de la valeur qu'elle aurait sans cela. eux-mêmes. Addaï mourut et fut enSon successeur seveli dans le mausolée des rois(i). lbld.son tombeau : « Itaque ergo duxit me primum ad palatium Aggari régis : et ibi oslcndit mihi archiolepam ipsius ingens tant! nitoris. Addaï a prêché avec succès la religion à Edesse. qui était retombé dans Aggaï fut tué par lefilsd'Abgare. La Pèlerine d Aquitaine parle également de la statue d'Abgare et de .qui ahlequamvtderel Dominant credidlt el. eccerex Aggarus.Oslendtteliam nobtssanetusEpiscopusmémoflàm Aggari. Il eut pour successeur Palout. tel totius familiat tpslus.La Doctrine d Addaï a des retouches qui lui enlèvent une subi. àn'énpaS douter.ET DES BOLISES SYRIENNES ' * 65^ proviennent. le Paganisme. seifaela more " . auquel succéda Abchelama.Tunc ait mihi sanetus episcopus. si on néglige. on peut se faire une idée fort claire de la manière dont les choses se sont passées.' -r• . où il a trouvé le terrain très préparé par la connaissance qu'Abgare avait déjà du Christ.Gamurrinl. 5 .acsi dema?« simillimam. Les pays environnants reçurent. elle aussi. p. au point de vue critique et historique. en particulier.S. Toutefois. talde pulchra. de sa doctrine et des merveilles que le fils de Dieu avait opérées en Palestine. lequel aurait été construit vers l'an 88 ou 89 de JésusChrist. pour un moment. — t anltquo.-. d'un mausolée des Rois d'Edesse. ' Telle est la succession des premiers rY '< * i < ' ' : :/..SlMxAquitanmperegrina'io verefiliusDei. ces divergences de détail et si on s'en tient à l'ensemble. 66. mais encore remaniées à diverses époques. la bonne nouvelle et devinrent rapidement chrétiens.utipsidicebant.roarmoream garita esscl : in cujus Aggari tnltn parebat de contra tere fuisse hune virum salis sapteniemet honoralum.

ligne 3). ligne 9) a été écrit tarticuta (1). — Blpparcha (70. qu'on rencontre rarement chez les Syriens (1). nous ne dirons rien de plus sur ce document et nous. Pour le moment.66 LES ORIGINES DE i/ÉGLISK D'BDBSSE évéques d'Edesse. dentes. ligne 10). Ces deux pièces. dérivés en grande partie du latin ou du grec. On y raconte la des bil. est aussi un terme latin qui revient souvent dans ces Actes (voir page 48. ligne 18) est aussi latin. 47 du texte. 49. et pour le fond. lui aussi. ligne 13. lorsque survint un édit des Empereurs mettant fin à la persécution. — fabella» rius (52. ce mol revient fréquemment Dieaslerium vient du grée (69. On y trouve toute une série de termes juridiques. grand-prêtre évéque d'Edesse. Certaines (1) ffethn'ghedb'louris (probablement pour b'loris). Exceptons (61. ai latin que le copiste syrien a écrit Ftabouliaro. le soumit à un long interrogatoire et allait le faire tourmenter cruellement. 18 et passim). par lesquelles elles se terminent. pour indiquer la cour du gouverneur.Candelx ignis (51. dans les Actes de Abib. 15) — — Cyelus (60. les Actes de Charbil et les Actes de si on met de côté les interpolations éviBar-Samyas. ligne 21) est un terme exclusivement latin. ligne 10. 16 . il au gouverneur 4'Édcsse qui le fit arrêter. ligne 22). (59. •Officium.passerons tout de suite. en ce sens que nous y retrouvons mentionnés quelquesuns des personnages trine. 49. que nous fait connaître la Prédication ou Doctrine d'Addaï. — Autocrator (63. mais il n'y a pas l'ombre d'un doute qu'elles ne soient très anciennes et qu'elles n'aient été rédigées sur des documents officiels.. et comme Bar-Samyas. On peut discuter sur l'époque à laquelle il faut les rapporter. ligne 10). et pour la forme.)-. aux Actes de Charbil et de Bar-Samyas. . Ces Actes ont des rapports avec la Doctrine $ Addaï. ligne 16). — Queslionarius i&2. Cratieala — Vélum (59. est évidemment emprunté du latin (p. avait fut dénoncé. loris crucielur. ligne 17 . ligne 22. converti à la vraie foi Charbil. sont triés remarquables. qui ont paru déjà dans \z Docconversion et le martyr de CJiaridoles.

jusques aux dernières lignes. par les dans lesquels il 'est tombé. dire que ce Jangage soit une fiction inventée par le rédacteur dernier de ces pièces.a$tres.. il nous est impossible d'étabjir une nous prononcer (('une manière absoet ç[e comparaison lue pu précise. 4a l'année du roi Àjbgare. Et on ne peut pas. très anciens. Charbil et des Actesde (2) Voir le eommeaeement ' v dcsActeide "'" r 'r' . et il n'y a rien dans leur contexte qui trahisse. S" les noms des consuls et enfin. Tout ce gjje nous( ^]rons''^.. évidemment'. sous les consuls Cotrimodus et CêréaUs. anttyuU$. car il a prouvé. c'est qu'ils sont datés et datés do quatre manières : on nous lionne 1° l'année du règne doTrajan. est en somme très favorable.' une . laZ* année du roi Abgare VU. (t) Celle expression revient dans tous les documentsles plus anciens publiés par Curelon et Phillips. exprossjpns^^ jiagtp. çonjmq nous n'ayons/pas tjng Ut jjtàajjjrg syriaque étendue qui remonfe inç^^testajblement ou ^ l'an cent pent cinquante. Barsamyas. » du mois d'avril au mois do septembre (2).'^'e8j que ces documents sont anciens. Charbil est mort le vendredi 5 septembre et Bar-Samyas a été arrêté le 6. Il y a. époque grossiers et l'impression que laissé leur lecture. de gouverneurs deurs (nfdabrQna vepdquovida\ (1). Ce qui fait l'intérêt de ces Actes.. nombreux anachronisme qu'il était incapable de recourir à une pareille supercherie. et très anciens. passés « ta 15* année de Trajan.«. Ces Actes sjonj donc anciens. il n'y a pas d'anachronismes moderne. (Je n'est pas certainement au quatrième siècle qu'on aurait et de commanqualifié les évoques. dans tout cela. Les faits qu'on raconte sont dits s'être fan 416 des Grecs. 2° l'année de l'ère des Séleucides. T£ufefois.

dans le fond et dans la forme. 1876. et. 614. p. On n'a eu ou bien de qu'à y ajouter quelques mots d'introduction conclusion. (3) Éber Nestlé a fait ressortir. outre que de longs détails ne feraient qu'embrouiller un sujet déjà assez compliqué.ilon. On a même compté les questions et les'réponses et noté à quelle question se sont terminés les jugements de Charbil et de Bar-Samyas (2). Ibid. car'les scribes 7 ne se trompent jamais plus facilement que lorsqu'ils copient des chiffrés ou des nombres. * (2) Ainsi Charbil fut condamné après la 62* question. A. Il y aurait beaucoup de choses intéressantes" à extraire de ces Actes. Aneient syriae documents. Ces dates parlent donc en leur faveur. qui accuse une époque beaucoup plus moderne. Meherdates. Il est possible que tout'no» soit peint d'accord (1). . de croire que tout cela ait été inventé vers l'an 350 ou vers l'an 400. il n'y a rien dans les Actes. dans les notes. mais lés erreurs se conçoivent aisément. Die Êdehische Abgarsage. Lipsius. Car. p. 80 du texte syriaque. Zali dans la Doctrine d'Addaï — cl des personnages Abdus. pour en faire un récit suivi et fort intéressant. nous n'avons pas lo temps d'étudier sous tous les aspects qu'ils d'ailleurs notre but (3). Semas. Les questions et les réponses ont été recueillies par lés scribes offtciels. la similitude des noms d'Abdou. liâtes. dans la îheologische LileralurfSilûng. nous le répétons. présentent . et les Actes ont été rédigés avec les documents déposés par les notaires dans les archives.p. 'Voir là page que nous citons plus loin et \V. Meherdath. ce n'est pas facile de s'expliquer autant il est difficile (1) Voir R. ces documents. par n'importe quoi scribe. 185. Sirmaeus. Mais autant il est quelque erreur dansées chiffres.dS LES ORIOINESIDE L'EGLISE D'EDESSE n'ont pas e'ié inqui 'certainement des'synchronismes ventés à plaisir au quatrième siècle. que mentionne Tacite (An- . — Habib fui mis à mort dés la 22* question. mais.

12. 32 . n. que tes tourments m'en rendront. Nous en donnons la fin intégralement. c'est que ces Actes ont été recopiés de temps en temps. note. 221. f. à moi. et qu'en les copiant on les a quelquefois retouchés. l'un très ancien. 31. en ce moment même il arriva des lettres adresnaUs. ne te rendront pas autant de service. A. b. en effet. Nous avons deux exemplaires des Actes de Charbil (1). Un certain nombre paraissent émaner dé sources authentiques. mais d'autres le sont moins. f. Lip— On trouve égasius. disciple de Bardesanes. b. Nous avons déjà dit plus haut que le juge interrogeait Barsamyas (2). devant le tribunal de la critique dit: Nous citerons des exemples des unes et des < Laisse donc là les nombreuses questions que tu m'adresses et ordonne ces supplices et ces déchirements dont tu me menaces : tes discours. 72.: • Qu'on suspende Bar-Samyas et qu'on le déchire. 41. Voici do quelle manière se terminent ces Actes. Celuici contient plusieurs additions . Curelon. 233. (!) Mss additionnels. quelques-unes sont assez heureuses. *. mais il y en a qui sont l'oeuvre do scribes ignorants et maladroits. autres. à toi. Spleilegium syriacum. fr. lorsqu'il reçut l'ordre de mettre fin à la persécution. (2) Les actes de Barsamyas se trouvent dans le m*. — 14615. — 238.14). addit. f. lement les noms û"Avida et de Chamchagram dans le Livre sur la loi des contrées de Philippe. . — Voir W. » Le juge dit. en ce moment. p. —233.BT DES EGLISES SYRIENNES 69 Tout ce que nous devons remarquer en ce moment. » «Barsamyas « Or. xu. afin qu'on puisse apprécier le document et porter une décision sur le grave procès qui s'agite. — Voir les objections dé R. dans Die Eienlsche Abgarsage. 14645. 14641. et l'autre un peu plus moderne.

dans notre justice et notre rectitude. après ce réécrit. • Depuis que Nôtre Majesté a ordonné de persécuter les Chrétiens. Voici nous avons dans les provinces de nôtre empire. la peine que nous avions prescrite contre ceux qui méprisent nos ordres. sortir dû tribunal. et tous les crimes contré lesquels les lois de Notre Majesté prescrivent dès châtiments. les nommes grands et honorables. la sorcellerie.. ( „ t (2) Lo syriaque porte les empereurs. puisqu'ils Observent les lois de notre empire. t . la corruption. le père dés rois. dé cesser contre eux la perÉécution du glaive. — En svriaqqe malké^l malko. nous la prescrivons contre ceux qui transgresseront de nôtre bonté (littéralement. le vol. dès lors. afin qu'ils entendissent lire les ordres qu'envoyait l'Empereur. ihiséricàrHe). « Le juge donna ordre de descendre Barsamyas. (1) En syriaque le terme est le même. quelqu'un moleste les Chrétiens. Que si. la fraude. Ce n'est pas un acte de miséricorde qUe nous faisons à leur égara. gouverneurs du pays des Rodonc ce que l'Empereur (2) mandait aux juges (ou gouverneurs) des provinces. qu'il s'agisse d'un rot on d'an empereur. c'est un acte de justice.70 LES ORIGINES DE L'EGLISE D'BDES8E sées au juge par ÀÎusius. par l'intermédiaire des hippârques. Il ordonna aussi d'introduire devant lui les hommes libres et les principaux citoyens delà ville. le grand hipparqùe. les empereurs et Xempereur ne différent que par deux pointa. . nous avons appris d'hommes fidèles que mains. nous vouions que là paix et là tranquillité régnent dans lotis nos états. que les Chrétiens vivent à leur manière et que personne ne les enempêche. que les Chrétiens 'évitent l'assassinat. C'est pourquoi nous avons ordonné. le décret . qu'on ne déchira point et qu'on fit. (c'est-à-aire dés Empereurs (lj. par l'intermédiaire des hippârques. l'adultère.

Le juge ordonna do délier Barsamà son église. bénit le peuple qui l'accompagnait. en compagnie des femmes des grands et des lettrés. » . Barsamyas f Le jour après que Lysanias. Nous (3). parce que le Seigneur les avait tous délivrés. — Voir Elisée Reclus. Nous les avons confirmés par notre '« Quand On chantait (1) Lfltér. Géographie IX. toute la ville se réjouit de voir que chacun pourrait désormais vivre en paix ëi dans la tranquillité. Barsamyas leur disait: • J'ai été persécuté comme vous. onê exacte (2) Les expressions descendre et niontér indigent connaissance de la topographie d'Edesse. Beaucoup dé yas. On pressait Barsamyas et on le saluait . 'supplices et aux tourments de Charbil et de ses compagnons. oh le traitait de confesseur et dé compagnon du martyr Charbil. (3) Littéralement « mol.ET DES éOLiSBS SYRIENNES 7l « Quand on eut terminé la lecture de ce décret de la miséricorde de l'Empereur (1). pria. Tout lé inondé accueillit Barsamyas avec beaucoup d'honneur devant lui les psaumes. Zanfolius et Patrophilus. nous avons écrit ces Actes. 445-456. suivant l'habitude (dés Chrétiens). eût signé ces Actes. joyeux et bénissant Dieu. ville. le gouverneur de l'endroit. » fut entré à l'église avec tout le il se leva. eux et l'Église. mais j'ai échappé aux et de distinction. Le gouverneur fevàft évidemment son tribunal dans là citadelle qui domine là Ville. afin qu'il descendit chrétiens étaient mon tés (2) au tribunal. avec une multitude considérable dé citoyens de la. peuple et renvoya chacun chez lui. notaires. Empereurs. dit que l'intention est acceptée comme l'acte lui-même. il fut déposé de sa charge. i Oh lui répondait : « Nous vous avons entendu dire que le Docteur de VEglise a.

sui van t l'attestation que nous avons trouvée dans les documents véraces des archives. le 4 du mois de juin do l'an 19 du régne de Tibère César. Dio^oros ot Eutropius. il y aurait eu d'autres Palout évéques d'Edesse. note. Télesphore de Castus (Xyste?). » aux mu(1) Ces Charirs paraissent des officiers correspondant modernes. Soter d'Anicct. qui convertit Charbil. L. Dapius do Télesphore. Notre Sauveur se révéla r. avec les Apôtres ses collègues. Tixeront. — Tonl le (2) Les Actes primitifs reste n'est qu'une addition. Ouristiusde Anus de Simon Pierre. dont la suscription ta précède immédiatement. li avait reçu l'imposition mains du sacerdoce d'Abchelama évéque d'Edesse. Sérapion de de Victor. Cletus d'Anus ?). le dimanche de l'Ascension de Notre-Seigneur auprès do son père. (4) W. ainsi que le prescrivent les lois des rois antérieurs (2). 70-72 do texte syriaque. Il s'agirait donc d'un Palout premier et. 1. 114. p. documents qui no trompent point dans tout ce qu'ils attestent (4). sous le consulat de Rufus et de Rubellinus. nicipalités finissaient évidemment ici. Castus d'Alexandre. Ancien! syriae documents. «Elle (l'addition) parait également étran— gère à ces Actes. ristius (Évaristo (Linus?). c'est-à-dire. . . reçue de Palout Palout de Sérapion évéque d'Antioche..u monde l'an 309. vivait à Vépoque de Fades bien. évéque de Rome. Zéphyrin Éleuthére de Soter. Anicet d'Éleuthére. l'an 341 (des Grecs). Alexandre d'OuCletus. Victor Zéphyrin évéque de Rome.72 LE8 QRIOJNES DE L'éOLISE D'âDESSE do signature. par conséquent. Simon Pierre de Notre Seigneur. i. Cureton. prêtre de la ville. [ ^ v ^ > Ce Barsamyfis. Abchelama l'avait Quadmaîa (3). évéque d'Edesse. (3) Ce mot ne peut pas avAt Ici d'autre sens que celui de premier. Cftarirs(l) la ville. nous. de Dapius (Pie?). les Origines de F Église d Edesse. p.

Les Origines de VEglise d'Edesse. Nous avons dono là deux documents primitivement indépendants et cousus bout à bout par quelqu'un de ces scribes ignorants dont le nombre a été si considérable. (I) Voilà donc un premier document anonyme el interpolé. nous devons traiter cette note finale recomme un lative à Barsamyas comme une interpolation. à supposer que fauteur des Actes n'eût pas su à quelle date de l'ère syrienne correspondait la quinzième année de Trajan. Car. Tixeront. il ne pouvait pas ignorer que l'année 416 des Grecs et la troisième année d'Abgare VII ne correspondaient pas à l'an 550 ou 560 des Grecs et au règne de Philippe ou de Dèce. en effet. ^T^ppÉq^ISESSYRlB^^^. Par conséquent. . probablement vers la fin du quatrième siècle: cette pièce n'a. dans tout système de critique. et. que la fin de ce document a été ajoutée. Barsamyas ne peut pas avoir vécu sous Trajan et sous Philippe ou sous Dèce.. p. aucun rapport avec les Actes de Barsamyas. nous devons ajouter encore quelques détails. Ils sont nécessaires pour l'intelligence et la solution du problème que nous étudions. avant d'aller plus loin et de discuter l'autorité que peut avoir cette note relative à Barsamyas. et quelle est cette valeur (1). 1. même avec le seul fragment que nous venons de citer. noie 1. de plus. 114. à une époquo relativemoderne. et examiner si elle a quelque valeur. elle est en contradiction formelle avec les notes chronologiques données au ment commencement de ces Actes. Mais. il est manifeste. — Tout le monde le reconnaît. ^ Pour un lecteur un peu expérimenté dans la comparaison des textes anciens. document à part. Voir L. Los Actes de Barsamyas et la note finale ne dérivent pas du même auteur. .

Les Origines de VEglise tPÉdeste. V . p. seulement ces documents sont tellement apparentés avec celui qu'on vient de lire. pour rejeter la. Tlicrônt. (la lin des Actes de Barsamyas et l'interpolation de la Doctrine dAddat} à un même inlerpolaleur. CesIrbli 'fragmentspùràù-énl très étroitement apparentés. (à) L*. Cette interpolation n'est qu'une de Barde celle de la Doctrine addition entre beau- (1) Voir L. Peut-être ont-iis un'dûleur cbmïnSà. et celle-ci dépend vraisemblablement qui termine les Actes de Charbil.p. 114 : « L'Opinion de M. 140 et suivantes. 'èl les appendices qui terminfent les Attes Ile Scharbil et SeBarsamyas. cTAddoï Je mets. mais ce qui est bien clair pour moi.. Cette assertion n'est vraie qu'd moitié. qui rapporte ces deux morceaux. » — Page 126 : • Examinons maintenant de prés la mention qui concerne. tradition syrienne relative à l'origine apostolique des Églises d'Edesse et de la Mésopotamie (1). p. relatiment aux évéques d'Edesse. qu'on se demande si les trois ne sont pas dûs à un seul et même auteur. car il y a deux autres documents. L'interpolation des Actes dépend de l'interpolation samyas. Nestlé.H LES ORIGINES DE L'6GLÎSE ifthJBSSE IX Nous avons dit plus haut que ce document était la seule pièce un peu sérieuse sur laquelle s'appuyaient certains critiques contemporains.. c'est que ces trois documents déde la Doctrine pendent l'un de l'autre. auteur aussi de celui qui termine les Actes de Scharbil e*t assex vraisemblable. contenant à peu de chose près la même donnée. de côté l'interpolation d'Addaï. Us Origines de VÈjlise d'Edesse. Rien toutefois ne l'établit d'une façon décisive. l'ordination de PdlOol et celle dé Sérapion. Je n'irais pas jusque-là. Tixeront. dans la Doctrine dAddat. d'abord. 112-114. Quelques critiques penchent vers l'affirmative (2).j.

C'est pourquoi Palout se rendit à Antioche. Curelon. riaque. Tueront. quelques expression^ qui tranissent là parenté des deux documents. par succession. » (2) W. est évidemment étranger. dit Ù. qu'un abrégé do là note qui termine les Actes do Barsamyas (3).. » Cet auteur suppose que cette interpolation a été faite au quatrième siècle. dû reste. de Sérapion. *•-. .»-.tswipu* (dé Tatieh ?) et do Sérapion d'Antioche ! Nous ne citons (Jue les interpolations criantes. et dans leque} nous remarquons la à Borne FÉglise d Edesse » t Ce passage. \oici ce qu'on lit. on parle du Au . Or. Par conséquent. .. rût rapidement et ne put pas imposer les mains à Palout. (Les Origines d" FÊglise d'Edesse.Tixeront. Les Origines de VEglise 'Messe. celles qui frappent et doivent frapper tout homme un peu instruit. . an reste de là Doctrine. ÏU.-. du temps du César qui régna 13 ans (é). dans là Doctrine « Âgjgaï ayant eu les jambes fracturées moud'Addaï. I. dans le fond et dans la forme._i (3) Voir L. 23 d'à texte iy* . Dans un document ou il est question. reçue de Zéphyrin. Voir p.. qui défigurent la Doctrine d'Addaï (1). qui. p. « Voilà donc. (!) L. Pierre l'avait reçue dé Notre Seigneur . 113). incontestables.BT DBS EGLISES SYRIENNES 76 coujp d'autres très criantes. à propos de Palout. la tenait de Simon Pierre. Ànéumt syriac documents. vers 370 environ. il n'y a pas à s'occuper à part de ï'interpolation de la Doctrine a*Addaï. p. dans la Doctrine un fragment jqui lui est étranger.) admet cela aussi bien que nous. • Sérapion l'avait Cette note n'est évidemment. J. préoccupation de raltichtr (p. Il y a. par son style aussi bien que par ses données chronologiques. de personnages qui ont vécu de l'an 29 à l'an 45 où w. il fut vingt-cinq ans évéque de Rome. 128: t Ce serait aussi répoque là plus haute (l'an 370) à laquelle on aurait pu insérer dans la Doctrine d'Addaï la mention des ordinations de Palout et de Sérapion. palpables. évoque dé Rome. p. ni. où il reçut l'imposition des mains du sacerdoce.

t Ce qui fut dit parle juge. Curelon. 83). C'est de cetto manière que ces Actes furent écrits et déposes dans le dépôt des actes anciens.. nous Marinus. notaires. Nous (2) avons écrit ces actes sur du papier (qartizzi). p. tout d'abord. (3) Les Actes de Charbil se terminaient évidemment II. donna ses ordres dans les formes légales. Il y a les cinquante-deux questions que le juge adressa à Charbil. là où on dépose les Actes des rois (3).ti'f DE L'É0LI8E k -. Curelon. après les avoir entendus.. (2) Sjriaq. « On conduisit Habib par la porte occidentale des arches ters le cimetière qufatalt bâti Abchelama fils d*Abgare. au moins en partie. D'EDESSE -\ ri Ajoutons enfin quo les Actes de Charbil se terminent parune note interpolée. p.-(* . Ancienl syriac documents. tout ce qui se passa hors du tribunal fut écrit par les charirs de la cité. Ailleurs Abchelama est appelé fils d Abgare. contraire aux lois des Romains et à la teneur de leurs (1) Abchelama étant quatrième évéque d'Edesse a pu vivre vers l'an 00 on 100. le 5 du mois de septembre.'. la note finale des Actes de Barsamyas. 81. jour do vendredi. ajoute ici le second exemplaire (4) des Actes de Charbil. On lit à la fin de ces Actes: i On déroba les corps des deux martyrs. en 88 ou 89. Ancienl syriac documents. Tout le reste."'y.. (4) W. moi.76 rti LES ORIOINBS i. et nous les avons déposés dans les archives de la ville. lequel. Après cela le juge édicta contre lui la peine do mort. . (W. On avait bâti pour son père on tombeau. conformément aux lois et aux coutumes anciennes. et Anatolius. et celui-ci devait être assez remarquable. do laquelle semblent dépendre.. qui le rapportèrent au juge. fut écrit par ceux qui l'assistaient. » Ces renseignements feraient supposer que Abchelama était le fils de l'Abgare. (de Charbil et do Baba! sa soeur) et on les déposa dans le tombeau du père de l'évêque Abchelama (1). un mausolée dont parle la Chronique dÉdesse. peine cruelle. pour lequel fui bâti. pnisque le souvenir s'en est conservé et qu'il est connu dans l'histoire.

connaître les docu* en passant dans les que nous avons fait (1). car elle ne s'explique en aucune manière. la note suivante. 232. disant : Les étrangers sont nombreux dans notre ville. » Vient ensuite un récit relatif aux corps de saint Pierre et de saint Paul. que les étrangers demandent à emporter avec eux. Maintenant mentionnés Voilà tout.*p. (2) Ils. etc. «telledes Actesde Charbil et celle des Actesde Barsamyas débutent. est encore plus étrange que celle Cette interpolation qui termine les Actes de Barsamyas . 2 — 233. qui convertit prêtre Charbil. A cette heure le texte syriaque est presqueillisible. On fait mine d'en lever ces corps. par les mêmesparoles. mais il éclate un orage si violent ville tout entière vient demander à l'hipparque que la de re- tenir ces reliques et de permettre aux étrangers de rester. évéque de Borne (3). en quittant Rome. ils sont cause que nous mourons de faim et que tout se vend cher. dans les deux manuscrits. Le martyre 'de Charbil eut lieu sous lo premier consulat do Commodus et de Céréalis (2).Ces passages n'ont rien à faire. (4) Voir R. qui est évidemment une interpolation . le évéque dEdesse. car elle n'a absolument rien de commun avec les Actes de Charbil: * Ce Barsamyas.quelque temps après ' ' 1» mort de Charbil.. vivait à Vépoque de Fabien. C'est une note ajoutée sur un des personnages Actes de Charbii(A). a). .W.f. b. » Vient ensuite.45-50. du temps duquel Rome tout entière se rassemblant vint protester auprès de l'hipparque. (3) Les deux additions. Ceci cous explique peut-être pourquoi Lysanias fut révoqué te lendemainde la délivrance de Barsamyas.. on le voit.àvéeles actesdes martyrs Edessiens:t Miidenen tUschlechlerdingsnichtt\ulhunhàt. Die EdenlscheAbg. etc. additionnel (14645.BT DRSKOLISW SYRIENNES édits ft (1). Nous vous prions de les chasser de la cité.p. A. Lipsius.

il est affirmé (1) On verra plus loin qu'il y a de très bonnes raisons pour contester que le Barsamyas. J. Addaï. Abchelama et Barsamyas n'auraient pas pu vivre jusqu'à l'an 200 ou 240. sont presque des contemporains. » Il nous semble qu'il est relativement facile de ré- Ainsi Barsamyas cependant le quatrième « Or. 141*143.78 LES ORipiNE^ pB L'EGLISE D^OBSSB ments. semble avoir connu Addaï. (2) telle est la substance de l'argumentation de R. per- X La note qui termine les Actes de Barsamyas est. si tant est que ce soient des personnages historiques (2). lequel fut évéque d'Antiocho de l'an 189 à l'an 200 environ. il s'agjt d'en fqjre la critique ot do voir f\\s mettent d'affirmer ce qu'on en veut tirer. deux fois de Barsamyas qu'il était contemporain de Fabien de Rome (236-250). Abchelama. Voir Les Origines de VEglisedÉdesse. comme nous l'avons dit plus haut. Il faut donc rajeunir l'épiscopat d'Addaï et d'Aggaï et le reporter à l'an 150. et comme on peut le Et voici de voir. Les premiers sont vieux sont des enfants ou des adolescents.p. « D'après la doctrine d'Addaï. le centre de toute l'argumentation. Tixeront. quelle manière on raisonne là-dessus. Barsamyas. il est dit de Palout qu'il a été ordonné par Sérapion d?Antioche. tout au plus. La différence qui existe entre eux est. deux fois également. une différence d'âge. leurs contemporains Palout. Palout. et. dit-on. Addaï et Aggaï ne sont pas des personnages apostoliques. dont il est et les derniers successeur (1). Aggaï. i Par conséquent. . Lipsius et de L. soit le même personnage que le Barsamyas de la Doctrine dAddat. A. cinquième évéque d'Edesse.

l'Église Syrienne. 114. Or. qui est certain. lion plus. jnent et surtout avec tm document. . e^ 1$0. quelque extraJtd'Kus^be(2). sans doute par un ' simple • ' accident de transcription . (3) Ibid. note 3. » vert la fin do quatrième lièele. car QR n/a pas le droit de rejeter la tradit|on u^nttnime. il ne semb)e pas qu'il faille attacher une grande importance à ses affirmations. parmi les évéques d'An(1) t Le premier détail peut être vrai. surtout quand elles vont contre la teneur générale des documents qu'il traqscrit. ancienne et forme\\e deJquje. d'un dputp : car Sérapion n'a pas. pn tout cas. 114.» L. Noie 2:' «Il y manque les noms de Clément tt dllygin. II est yisibjo que. ce. co. p. LésOrigines ' (2) /WJ. l'auteur de ce^to pjèce. qui ne fat évéque de Rome qu'en 201 (1). a voulu rattacher l'épiscopat d'Edesso £ celui de ftpme? mais. il a choisi.Hf DES iqLj8Bg SYRÏEJfNJIS 70 pondre ^ ce raisppn^inent. c'est déjà Refiqrsqmyas montré. en outre. Jp no dis rien de la liste des Papes qui cuit. vraisemblablement été ordonnés régulièrement par leurs prédécesseurs. de FÉglise d'Edesse. Qu'elle soit. quel qu'il spjt. Ussecondnon.t\s(qnte. qui est manifestement une interpolation idjqte et qui fje plus est crib]é de fautes grossières. Tixeront. J. p. Or. de plus Ciel à rem* placé Anaclet. pu jêtre O^onné. parce que le scribe. « Nous remarquons ta préoccupation de rattacher à Borne VEglise dÊJeste. Les évéques d'Edesso n/ont pas. c'est co qui ne peut fajre l'ojyef. qui a rédigé la opte finale des Aptes de BarsamyastA prjs l'ensembÎQ dans Eusèbe ou dans. c'est que les Papes n'ont pas régulièrement désigné à l'ayanço et sacré Jeurs successeurs. que la note finale des Actes de soit une interpolation idiote. Cette préoccupation évidemment n'a pu se faire Jour qu'à la suite de rapports un peu suivis entra lé* deux Églises. criblée 4e fautes. Pomme il ne pouvait pas le rattacher djrectemepÉ à celui de Rome (3). par Zéphyr]}?. avec un seul dqcu-. quand un homme se Jrprapo de cette manière.

1143)1r ' ' '•' ' - . documents pasmêmo. si cela est. en bonne critique. Mais on nous réplique : a Qui nous dit quo nous n'avons pas là une tradition Edessienne différente de la tradition commune ? Or. nous donne Palout comme te disciple et le secondsuccesseurde VApôtre. il n'est d'une tradition . (Voir p. en effet. sur un documont unique. car c'est accorder aux documents altérés le pas sur'les authentiques et véridiquos. ne faut-il pas.a tradition Edessénienneaffirme que Palout est contemporain de Sérapion d Antioche. ot.Rome. alors surtout qu'elle est formuléo par des personnes intéressées à dire lo contraire (1).et Barsamyas contemporain de Fabien de. figure dans l'ancleu martyrologesyrion. sur un documont manifestement erroné. adopter la tradition défavorable. p. Or. 142). quo c'est renverser les rôles.. 114 et 126). l'affirmation contenue dans les trois documents qu'il croit dériver d'un seul et même auteur. Voici ses curieuses paroles: « La tradition Êdessénienne. représentée par la doctrine d'Addai cl le* Actes de Scha>bit. J.80 LES ORIQINBS DS L'BUUSR D'BDRSSR tîoche. » (Les Origines. en règle générale. nous n'oserions jamais sur un document affirmer. tions les plus formelles des Églises contre les affirmaSyriennes. à qualifier do c tradition Êdessénienne». en règle généralet document unique no une tradition . » A cela nous répondons qu'un constitue pas. Tixeront n'hésite pas. Son nom u été toujours célèbre parmi los Syriens». celui dont lo nom lui était le plus connu. Il nous semble en bonno critique. une interpolé. et c'est probablement pour cola qu'on l'a choisi pour on faire lo censéorateur do Palout. chose aussi grave que celle qu'on avance dans les Or h gines de VEglise d'Edesse . «£. etc. » (Us Originesp. sous lo 14 mai. l'interprète (1) M. co qui est plus grave. à la fois. et contre la tenour générale des écrits dont l'interpolation fait partie. évoque d'Antioche et martyr. chose qui va. L. En ce qui nous concerne. Sérapion.

BT PKS É0L18BS 8YRIBNNB3 81 souvcut il n'est que l'indice d'une opinion ou la preuve d'une orreur. à la tradition communo qu'expose la noto contraire finale des Actes de Barsamyas . Quo de documonts qui ne sont quo cela et pas autre choso 1 Ils restent. à notre disposition. do mettre la fin du document qu'il composait ou qu'il transcrivait d'accord avec le commencement. qui convertit (des idoles) Charbil. on effet. dont l'un eût été contemporain de Fabien (1). d'une sottise. 6 . pour nous attester quo des hommes se sont trompés ot pour nous oncore. parmi nous. sans trop se soucier de la vérité historique. avec des moyens d'information insuffisants. » Lisant cette note et ne voulant pas la reproduire purement et simplement. il a rapproché des personnages un peu au hasard. un scribe aussi ignorant quo lopremier aurait rédigélasecondo en s'aidant de quelques vagues données d'Eusèbe ou d'autres auteurs. redire qu'ils peuvent se tromper Or. do la même manière : « Ce Barsamyas. Peut-être (1) H a pu y avoir deux Palout. dans le cas actuel. Je me demande si la note finale des Actes de Charbil ne serait point la source première d'où dérive la note Les deux notes débutent finale des A des de Barsamyas. mais jo pense que c'est plutôt une faute. o'est peut-être une opinion. là. en tout cas. dont l'un aurait vécu vers l'an 70 ou 80. l'autre vers 190 ou 200. je ne crois pas qu'il y ait lieu d'hésiter : ce n'est pasuno tradition Edessienneou autre. d'une faute. écrivant à une grande distance des événements ou des hommes. Le premier aurait pu être trompé par la similitude des noms do deux évoques d'Edesse. sans se soucier. vivait à Vépoque de Fabien. d'une bévue. évéque le prêtre oVEdesse. Il s'est et trouvé un scribe qui a voulu faire un peu d'érudition.

au lieu de Fabien (Fabiauos) . on rattachant Palout lire Un XI Pour démontrer rainde Sérapion quo Palout était bien un cou tempo « d'Antioche et Barsamyas uncontem- . on no raconte on la fait. dans ces trois notes écrites peut-être par un seul autour vers la fin du quatrième siècle. Tout co quo détail peut je puis accorder. n'est point do trouver raisonnable. » parce que nous n'avons pas la preuvo absoluo du contraire . ot le mot Binos écrit en Syriaque peut très facilement se confondre aveo Linos. uno fois. mais do trouver l'explicaCo qui est évident. il est donc vraisemblable. Seulement. dès lors. quand on écrit avec des idées préconçues. ou Zéphyrin par son prédécesseur. pas l'histoire. et. l'explication c'est qu'il y a. en tout cas. uno fois co dessein arrêté. suivant moi. quand elles affirment qno Palout a été sacré par Sérapion.82 LES ORIOINBS DB L'K0L18B D'EDESSE (Linos). unanime et expllclto. car un des manuscrits porto. encore faudrait-il dans lo cas actuol. la pré* de rattacher Borne à VEglise d Edesse. occupation Or. mais le premier détail parait très suspect. il faudrait autro chose qu'un « peut-être » pour rejeter uno tradition ancienne. qu'elles ne disent vrai quand elles ajoutent que d Antioche a été sacré par Zéphyrin de Sérapion Borne. uno explication à Romo par Sérapion. et. c'est quo « le premier être vrai. il a été facile do lo réaliser La difficulté. quo ces trois notes no disent pas plus vrai. certaine. tion vraio. la dato do Barsamyas a suivi d'elle-même. l'argumentation Allons plus loin et suivons encoro des critiques. la leçon Binos.

contemporain » Yoir encore p. 10. Je ne suis pas absolument convaincu de cela. Edesse était en majeure partie païenne. Voir là-dessus II. un peu plus sur le second. noie 4). convenait mieux à l'époque do Gallien qu'à cello de Trajan (2).BT DIS B0LI8B8 SYRIENNES 83 porain do Fabien de Romo. mais il commando do les punir s'ils sont dénoncés. (S) Babal. en 217. par oxemplo. si. Il me semble que la lettre de Pline montre que Trajan ne fut pas un persécuteur déterminé. des raisons qui n'en sont pas. dit on. Lipsius. En tout cas. do ce qu'Edesso aurait été encore presquo entièrement païenne en 217. 9-10 (2) « 11 s'agit là. qu'il est plus spécial ot qu'il appel à deux argumais jo m'étondrai qu'il offre plus d'inpeut jeter quelquo jour sur la controvorso actuelle. en effet. vraisemblablement de l'édit de Gallien (2<$0). la forme do la mention « le temple de l'Eglise des chrétiens » montre suffisamment que les rédacteurs n'étaient pas eux-mêmes chrétiens (Les Origines etc. C'est cependant co qu'on nous dit ailleurs. s'ils ne sont pas traduits par quelqu'un devant les tribunaux. Je sais s'agit là du récit relatif à l'inondation bien croit du récit étaient quo les rédacteurs qu'Assémani païens. dit-il. On a remarqué d'abord que l'éditdes Empereurs. Abgar Barde Trajan (108-115 d'après la chronologie la izate. ' plus correcte). Die Edenische Abgarsage. on a fait ments secondaires (1). étant venue recueillir les restes de . mais je crois qu'on exagère beaucoup la portée de la note d*Assémani. de Babaï (3) ot do Barsamyas. en concluant du au paganisme de la majorité de la paganisme do l'administration ville.II est vrai cependant que cela ne s'accorde pas avec Fassertion précédente qu'Edesse était alors gouvernée par nn princo indigène. Jo no dirai qu'un mot du premier. soeur de Charbil. dont la publication mit fin au procès de Barsamyas. un peu insolite. je no crois pas qu'elle fût devenue chrétienne en 232. Yoir pages 154-156. p. c'est co qu'on paraît avoir obsorvé dans la causo do Charbil. 42-44. et l'expression « le temple de l'Eglise des chrétiens » (Haik'la d'idta dakrisliané) est. Il défend de poursulvro les Chrétiens. p. parce térêt. car. en effet. (1) Je no parle pas. Il d'Edesso en 201. Or.

l'Evêque d'Edesse qui l'a converti resto libre.lldoYaitévidemmont agir.étant un homme âgé et grand-prêtre desidoles. Il y a. dans cet homme. atteste également qu'il y eut quelque chose d'illégal dans la son frère. quo l'autorité publique ait pu prendre l'inlati ve contre un délinquant qui occupait un poste quasi-officiel. plus quo du paton ou do l'homme public exécutant les ordres reçus. l'aient fait dénoncer aux autorités supérieures ot quo cette dénonciation ait mis fin à la persécution. Il est possible quo sa férocommises dans les procédures. condamnée et exécutée dans quelques instants. ce sont également ces Charirs qui dénoncent Babaï et la font condamner.84 LES 0RJ01N1S8DE L'éOU8B D'ÔDESSB Charbil. qu'il est arrêté sur la dénonciation des Chartrs ou « Trustées » delà ville d'Edesse . puisqu'ils observent que ce juge fut relevé de ses fonctions le lendemain . Le juge d'Edesse semble s'être conduit . a dû être dénoncé par quelqu'un. mais on conçoit. Mais. somblont l'indiquer. fut dénoncée. sous peine de s'exposer lui-même . Les Actes semblent indiquer quelque chose de ce genre. Quelques-unes do ses réflexions sentent le renégat. et o'eslpourquoi il ainsi que les Actes est possible qu'il ait pris l'initiative. cité et les illégalités contre Charbil et contre Babaï. Ce n'est que lo lendemain du martyre de Charbil et de Babaï. si deferanturt avec uno rigueur particulière dans cette persécution. Tout cela est parfaitement conforme à l'ordre de Trajan : animadvertantur. et l'addition qui est jointe aux Actes de Charbil tons un manuscrit. il no pouvait pas fermer los yeux et feindre d'ignorerrapostasiedugrand-prêlro. Pour peu que le gouverneur d'Edesse fàt mal disposé à l'égard deschrétions. on amenant l'édit que nous avons rapporté plus haut. pendant qu'on juge ot qu'on torture Charbil. en tout cas.

BT DES B0L18E3SYRI8NNBS

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conduite du gouverneur ; car il y est dit quo la peine infliaux édits des Empe~ gée au martyr « était contraire » Il s'est donc passé là quelque chose d'extra* reurs(\). ordinaire, mais nous ne pouvons dire exactement quoi, faute do renseignements précis. Nous no croyons pas que ces détails soient suffisants centpour dater un document, et surtout pourlefalrode quarante ans plus récent qu'il no se dit lui même, directement et indirectement. On objecte il est vrai, que les quatre synchronismes no donnés par les Actes de Charbil et de Barsamyas s'accordont pas, car ils correspondent respectivement aux années 112,100, 105, 106, ot on suppose quo l'auteur de ces Actes a rapporté au temps do Trajan le martyre de Charbil et do Barsamyas « pour obtenir une succession inintemompued'évéques, d?Addaï àpartir ou des temps apostoliques (2). » Mais, s'il a eu réellement «-Ho préoccupation et s'il a inventé ainsi l'histoire, ou, dv moins, s'il l'a modifiée de la sorte, comment se fait-il qu'il ne dise plus rien à partir de Trajan? Comment se fait-il, par exemple, qu'il laisse subsister le vide ou Yhiatus entre Barsamyas et Cona, entre l'an 110 et l'an 310 ? A tant faire, cet auteur pouvait bien nous donner un catalogue complet des évéques d'Edesse. S'il en connaissait réellement quelques-uns, il n'avait qu'à les placer à leur époque, et, pour les autres, il lui était facile de les inventer. Ceux qui ne voient dans la Doctrine d'Addaï qu'un roman historique (3) avoueront

(1) Voir plus haut, page 7Ô-77. (2)R. A. Lipsius, Die Edenlsche Abgarsage, D. 42. (3)Theod. Zahn, Forschungen %ur GesehichledesN. T. K„ p. 377, 378 : « Ce livre est un roman du commencementà la tin, mais un roman asse* ancien, environ dun siècle postérieur à Fintroduclion du christianisme à Edesse,» p. 378. .

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LES ORIGINES

DE L'âOLl8B

D'âDESSB

une série plus faolle quo d'inventer d'évêques allant d'Addaï à Cona, en y mêlant los noms quo l'hi8toiro avait pu conserver. —Ce qu'il y a do vrai dans tout cela, c'est que l'histoire est difficile à démêler dos traditions vagues ou erronées conservées dans ces que rien n'était documents. Quant à supposer quo leur autour ait poursuivi le but do ramonor, bon gré, malgré, les origines do l'Eglise Edessionno au temps des Apôtres, o'est aller plus no lo permettent. loin quo les vraisemblances Abordons maintenant le second fait pour prouvor quo Palout 190 ou vers Tau 200. quo l'on apporte a Mon été ordonné vers l'an

XII
En second lieu, pour prouver quo Palout fut réelledo Sérapion on a fait appol au tément contemporain moignage do saint Ephrem. Saint Ephrem, a-t-on dit, atteste, d'après co que raconte Jacques d'Edesso, quo los hérétiques traitaient les catholiques do Paloutiens. Or, d'après Jacques d'Edesse, le Palout, dont parle saint Ephrem, n'était pas un hérétiquo, mais bien « un des évéques oVEdesse, successeur » cVAddaï(l).
(1) Voir Ms Addit. 12172 f. 111, b. — Celle lettre a été publiée dans lo Journal of sacred literalure, IV série, tome X, p. 435, cl 216 du texte Syriaque. — Yoir aussi la Zeitschri/t DDMG XXIV. Yoici la lin de la lettre do Jacques d'Edesse : i La secte des Mareionites dérivo des Yalentinicns ; il faut en dire autant des Quouquites qui ont reçu leur nom de Quouq. — Quouq a fait de nombreux Marcion. Quant changements à la doctrine de Yalcntin ctàccllode aux Bardesanitcs, ce n'esl pas une secte détachée des hérésies c'est Bar-daitsan qui leur a donné naissance, quand il antérieures, fut chassé de l'Eglise Orthodoxe d'Edesse. Beaucoup do personnes,

BT DES â0U8B8

SYRIENNES

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Partant

do ce fait, on a raisonné

de la manière sui-

vante : « Les hérétiques donnaient encore aux catholiques du temps (de saint Ephrem), le surnom do Paloutiens. On ne volt pas trop, si Palout a vécu à la fin du premier siècle, (vers 70-80) à quels souvenirs son nom a pu pour que des hérétiques, venus plus tard, l'appliquassent aux catholiques. 11 est plus naturel de penser que Palout était évéque au moment de leur sépaet qu'ils ont voulu, par là, présenter commo un parti. Maintenant, quels leurs étaient ces hérétiques, dont la tradition a pu se perpétuer ainsi jusqu'à la fin du quatrième sièclo? — Difficilement les hérétiques do la fin du premier, mais bien plutêt ceux-là même qui sont mentionnés par saint Ephrem, dans le sermon oit se trouve le passage en question, (l) les Marcionitcs, les Bardesanites, les Manichéens, les Sabbatiens ou les Quouquoïens. Entre ceux-là, M. Zahn croit qu'il s'agit plus spécialement des c'est-à-dire, premiers. Les Bardesanites et les Manichéens n'ont formé qu'assez tard un parti à Edesso ; les autres sont peu connus. C'est donc au moment où apparurent, à Edesse, les Marcionitcs (2), c'est-à-dire, vers la fin du second ration do l'Église adversaires se rattachor

qui partageaient son impiété, s'attachèrent à lui, constituèrent une hérésie et uno secte à elles. On les appela Dallsanites, du nom de Bar-Daitzan. II en est do même des Manichéens, qui ont reçu leur » nomdoManès. t Quant au Palout, dontparlo le docteur Ephrem, du nom duquel les hérétiques nous ont appelés Paloutiens, de quoi nous nous sommes délivrés et ce que nous avons rejeté, ce ne fut pas un hérétique, ni up chef d'hérésie, mais un hommo orthodoxe, et un évéque. Il figuré parmi les' évéques d'Edesse, parmi ceux qui ont succédé à Addaï, > sursontrono. (1) On avoue en note qu'on n'a pas retrouvé le passage en question. (2) Pour montrer, tout de suite, combien celte conclusion qu'il s'a*

palet. Syrorum. au point sur les principal. 378379. inter tempus Paluti et Trajani. quam falso nonnulli noslri lemporis crilici originem hoercsium Usque ad regnura Trajani difTcrunl. duo adhuc episcopatus. Ait hic S. Edes*» hsarctici jam exteruo ab Ecclesia calholica séparai! propria habebant conventicula. K. Ergo. unefois déplus. p. noto 7. G. 140-141. Au liou de recourir aux textes mêmes. qua tamen in nostris codteibus corrupta et nobis solummodo per Jacobum Edessenum in Epislola décima tertià ad Joanocra Slylilam servata est. Avant d'émettre aucuno conjecture Ephrem. Absalomi nempe et barsimoei numerentur. Quand Dieu eut détruit le temple du peuple.K. » Gotte visite à saint Ephrem n'a pas été sans fruitpour moi. noto 3 et texte p. J. Lie Edcsscntsche Abgarsage. » Je passe sur les inexactitudes secondaires do la citation qu'on vient de lire et jo vais. tomo II. p.eatholicos Edesscnos ab haorclicis Pa» lutianos vocari.p. p. Opéra Syro-latina. » — le mlnislire. » do saint avec . j'ai voulu savoir ce que disait exactement le saint Docteur et jo suis allé au « sermon où se trouve le passage en question. elc. il bâtit ici une Eglise dans laquelle Marcion n'a point exercé elle existait déjà avant qu'il fut question de lut. Epbroemi. on se contente des tables ou des traduclégère git Ici des Narcionites esl fausse. en parlant do Marcion et des Marcionitcs : i l'Église des Gentils fut d'abord constituée. 9. 378. se trouvo confirmée la date do la Doctrine et par là d'Addaï. — Zahn. qui on fait un contemporain de Sérapion (1). après quoi le temple du peuple (Juif) fut dévasté. Ephrsem contra hvtreticos. Forsehungen xurgeschichlc des N. — R. car elle m'a montré. Us Origines de VEglise d'Edesse. Adelbert Lipsius. (1) L. Cura aulem.88 LES 0RIQINK8 DB L'âûH8B D'âDBSSH siôolo. tout do suite. 494.car S. p. Bickcll a la noie suivante sur Palout : t De hoc Palulo gravissima olim extabatmentio in secundo carminé S. Tixeront. rappelons que sai ni Ephrem s'expri mo quelque part ainsi. T. Doclor.— Dans son Conspectus rei litterarix 16. » bien Paloutiens ne le qu'on m'apprit en noto que « le texte imprimé contient pas. tempore Paluti. — ce que j'avaisappris par uno longue expérience. qu'il faut placer l'épiscopat de Palout.—la façon laquelle on traite toutes ces questions de critique minutieuse et patiente.

Lo correspondant do Jacques d'Edesse lui avait demandé quels étaiont : 1* Lafcmmo fondatrice des Saunations . et on a trouvé qu'il dans parlait. On a crié : Palout ! Palout 1 et Palout n'a pas répondu à l'appel. 3' le Palout chef des Paloutiens. dans les discours de saint Ephrem dirigés contro les hérétiques d'Edesso. qui lui paraissaient obscurs. des QuouquoîensotdesSabbatiens son deuxièmo discours. dans un de ces jeux de mots aimés des orientaux et familiers à saint Ephrem.BT DES â0USB8 SYRIENNES 89 tions et on commet alors les plus singulières bévues. Après avoir examiné « le sermon où se trouve le passage » qui « ne s'y trouve pas. mais déguisé et. mais on n'y a rien trouvé sur Palout. dont parlait saint Ephrem. » il nous a suffi de . En tout cas. mais. — Tout le monde s'est-il arrêté là ? Tout lo monde s'est-il hâté de dire : « le texte imprimé ne contient pas » lo passage relatif à Palout ? Ce n'est pas probable et nous ne lo croyons pas. On y a même lu les vers relatifs à la femmeévêquo des Sabbatiens et à Quouq. dans les oeuvres du saint Docteur. Il faut qu'on ait bien peu cherché ou qu'on ait bien mal cherché. On a cherché sans doute. masqué dans le verbe Plat'. Il y est cependant. 2° lo Quouq fondateur des Quouqoïens . au liou do lire lo texte. tome II do ses oeuvres Syriaques. on effet. puisque nous avons découvert le personnage en quelques instants. L'hode Plat'n* vach'dainoh. Jacques d'Edesso les rapporio dans sa réponso et voici celui qui concerne Palout. page 440. Il citait probablement des vers. Cetto étudo m'en a fourni plusiours exemples assez curieux. On a chorché. on a parcouru la traduction.

grex ille. quem pavitolimApollo. si on s'est contenté do lire le latin de Moubarak. Opéra Syro-Lat. quem pavlt olim Apollo. so trouvo très réellement dans le texte Imprimé. F. les Eglises antiques. Avant do fournir aucune oxplication. le Palout do Jacques d'Edesso ot do Jacques du correspondant d'Edesso lui-même . amict. aient compris l'allusion do saint Ephrem. » nudavtt.00 LES ORIOINES DR L'âOLISB D*BDEftSB quelques minutes pour retrouver lo vers. quo apprehenso. Il est certain que. Inclamant nos rurtus nec lacinia quidem juxta prxtereuntls Apollo discipuli. U. do t'appeler Marcionite. Vhode Ftofn vach'datnoh. auditeur. mais jo douto que Benedictus et Assémani. alors môme qu'on l'aurait lu très attentivement: Inclamant nos rursusApollo discipuli. seacasususlineant. grexille. choisis ce que tu trouves do plus grand ot de plus glorieux. 485. qutcumque Apollo dici discipulus malit. cerle anathema slt. ex quo proprio S. Anathematis caminut absumsit mutuatas formas suamque mentienlls speciem ignominlose errori anathema dicere noluerunt. née firmum ae stabile quldquam se offert. dans les oeuvres Syro-latines de saint Ephrem : c Nunc vero mtseros omnis destituit salutis spes. do to nommer Chrétion ou Bardesanito. at Chritti nomine vocarl nolit. avant que Bardesanes no fût et avant qu'on ne parlât de Marcion 1 et Allons à ceux qui sont plus vieux que Marcion. sed et istos fugimus et damnamus : eliam. . je crois quo jo ferai bien do citer un peu du contexto.sedetistosfugimusetdamnamus(\). Bphroeml. « Auditour. celui-là. Benedictus. qui. Béni celui après lequel tout soupirait déjà.. dit quolquo part saint Ephrem dans ses discours contre les hérésies. tout orientaux qu'ils étaient. C'est dans ce passago que se trouvo Palout. voyons comment on appelait (1) Voici lo contexte entier. tant ollo est subtile. p. on n'a pas pu y découvrir Palout.

Ces chiens féroces se sont mordus réciproquement ot ont imposé leurs noms à leurs ouailles. Vous avoz des noms particuliers. lui aussi. et vous ne vous contentes pas do l'appellation de chrétions. Lo fourbe Baidesanes a dérobé. Telle est l'Idée fondamentale que l'illustre diacre d'Edesso développe contro los sept ou huit sectes qui existaient dans sa ville. qui revient fréquemment. les Photiniens avec leurs fourberies. a acheté un troupeau sur lequel a fondu Mânes. IL p. les Sabelliens avec leurs fraudes. dans son Homélie vingtdeuxième : « Valentin a pris à l'Eglise un certain nombre d'ouailles auxquelles il a donné son nom. Ephra>mi Opéra. 659. F» à l'attention do . (2) S. on comprendra aisêmont ce que dit le savant apologiste. Quouq en a fait autant. pour en voler une partie. les Cathares avec leurs infamies. les Aétions avec leurs arguties. leur disait-il. des brebis et les a traitées comme si elles étaient au public. do son temps. les Audiens avec Jours mensonges. dans ses cinquante-six discours contre los hérétiques. les Borborites avec leurs impuretés. les Messalions avec leurs abaissements.BT DES âoUSES SYRIENNES 01 Adoptons ce nom et rejetons toutes les autres appel" » lations(i). Béni celui qui les a chassés do son berMarcion cail! « Mais ils se sont égarés davantago : les Ariens avec lours cireurs. » Avec cette ponséo. « Mais les noms que vous portes suffisent pour vous couvrir de confusion (2). les Pauliniens avec leurs errements. sous une forme ou sous uno autre. Puisso le Bon les ramener dans sa maison 1 » le passage quo je souligne (1) Jo recommande mes lecteurs. T.

dit saint Ephrem. songèrent à rétorquer les catholiques do Paloutiens. que. sont destituées (mot à mot dêhwêes. p. Benedictus. Il parait donc que les hérétiques. K. en aucuoo manière. sans rien dire. et nous l'avons rejeté. par son anathêmo. lo procédé ot traitèrent L'allusion faite à cotte circonstance est tellement subtile pour l'apercevoir (4). malgré les a tous a dé- lo désir que j'aurais de citer les strophes suivantes. (4) L'allusion est si voiléo qu'on n'a pas osé traduire le vers relatif à Palout cité par Jacques d'Edesse. noto 3. Do fait. etc. 485-EF. Plat) (i) de tout. las un jour de se voir donner les noms do leurs chefs qui suffisaient à montrer leur origino relativement récente. (2) C'est à dire. (3) S. Bardesanites. dans l'emploi de co tormo. où se trouve l'allusion à « Les mains do ces hérétiques. Ephrem. commo une préparatioi h l'allusion qui va suivre. nous la reconnaissons .mais nous nous sommes délivrés de cela. Forschungen xur QeschichtedesNeu Test. » Je m'arrôto. lorsque nous les appcloos Marcionitcs. — S. la troisième strophe. pour no pas allonger mon travail. no paraissent pas l'avoir soupçonnée. car il n'y a rien à quoi ils puissent se raccrocher. en nous appelant tes (2) . II. p. mais. Béni celui qui. — Il indique assez clairement lo contraire. — Lo vers est passé tous silence purement et simplement. Une fois quo Jacques d'Edesse nous l'a signalée. Anathêmo à colui qui se laissera appeler du nom d'Apollon et non do celui du Christ l Le creuset de l'anathêmo révêlera ceux qui no voulont pas anathémaApolloni (PlaVn) tiser. faut être oriental . Après qu'il (1) ll'y a déjà. 378.02 LES ORIOINBS DR L'â0LI8B D'âDBS3B Vient Palout.on appelait les catholiques du nom do Paloutiens.. DR SON TBUPS. ils ont cherché à nous rendre la pareille. à nous traiter commo nous les traitons. sans cola. nous no la devinerions pas. — Voir Zahn. Ephrem no dit. voilés 1 (3). les éditeurs de saint Assémani. Ephroemi Opéra. (Passage citépar Jacques d'Edesse).

abandonnant lo nom du Christ. mais lo contoxto voisin ot lointain m'a convaincu qu'il fallait Jo me proposais liro Apolloié et non Paloutoié. parce qu'il fut disciple do l'Apôtre. et il ajoute : « Apollon (c'est-à-dire. Béni celui qui nous a affermis par sa vérité ! (1). contenant les discours contre les hérétiques. de cet Apôtre qui s'indigna vivement contre les Corinthiens. au lieu de Apolloxê. est mutilé Saint facilement en cet endroit. de Palout. PALOUT) ne voulait pas qu'on donnât son nom à personno. s'il vivait. . lo seul manuscrit du Musée Britannique. il renonce au nom du Christ. c'est-à-dire. laisse le nom de Chrétiens à ses disciples . » Saint Ephrem ne dit nullement que les hérétiques continuaient de son temps. et. T. à apIl indiquo peler les Catholiques du nom de Paloutiens. par hasard. plutôt le contraire : t Nous nous sommes délivrés (do (1) S. en disant repoussé à se laisser appeler anathêmo à ceux qui consentiraient du nom d'Apollon. s'il ajouto. par une espèce de fatalité. mais. Béni celui qui demeure fidèle au Christ! « Le maître. ils se laissaient donner le nom de certains hommes. p. quelque chose do faux à cette doctrine. 485-486. au contraire. Ephrxmi Opéra. car l'erreur no peut s'accorder avec la vérité. H. si on veut. parce quo. d'examiner si quelque manuscrit ne porterait point. je me suis demandé si le texte primitif do saint Ephrem no portait point Paloutoïé. il anathématiserait tous les hérétiques : il dirait anathêmo. Ephrem répond donc que les catholiques ont l'attaque des hérétiques.ET DES â0MSB8 8YRIBNNB8 03 avoir lu co passage. et c'est pourquoi ses disciples prennent le nom de sa zizanie. vers Van 370. c'est-à-dire. qui n'ajoute rien de honteux ou de mauvais à la doctrine du Christ. cetto dernière leçon .

le nom de Chrétien était si reçu à qu'on n'aurait pas osé donner le nom de Paloutiens ceux qui ne se séparaient pas do l'Église. on le voit par ses ouvrages. suivant nous.04 LES ORIGINES DE L'EGLISE D'BDBSSB celte appellation) et nousVavons rejetée. que les hérétiques du temps. comme évéque d'Edesse. dans le Christ-roi.p. les eussent traités de Paloutiens. nous ne de saint croyons pas qu'on puisse tirer de l'allusion Ephrem la preuve qu'on cherche et qu'on désire. qui est le fils do celui que vous appelez le père de tous les dieux (1). Jacques d'Edesse le nom de Chrétien (1) W. par les hymnes de Bardesanes. 43 do texte. Ils pouvaient songer à cela d'autant mieux que Palout paraît avoir été. 80 ou 90. . Le roi Abgare. un Abgare antérieur à celui qui adore les idoles avec vous. Ancienl syriac documents. » Il ne serait donc pas impossible. le roi Abgare crut. les hérétiques du temps pouvaient songer à traiter leurs adversaires de Paloutiens parce était d'origine relativement récente. car il avait tout cela entre les mains . Au contraire. peut-être parle Pèlerin de Marcion. » Il avait pro* bablement appris le fait par les livres des hérétiques. si on prend ce mot dans son sens strict. le premier évéque d'Edesse. les Sabbatiens par exemple. une place prééminente. Palout occupe en effet. lui parle ainsi : « Voilà ce que nous enseignait Palout. Addaï et Aggaï ont été plutôt les apôtres de la Mésopotamie que les évéques d'Edesse. ce Palout quo votre vieillesse a connu. et vous savez que Palout était le disciple d'Addaï. lui aussi. Curelon. etc. vers l'an 70.. A la fin du second siècle. à parler rigoureusement. Quoiqu'il en soit de ces points secondaires. en se séparantes catholiques. de dans tous les documents relatifs à l'évangélisation cette ville. instruisant Charbil dans le but de le convertir. Barsamyas. par les écrits de Manès.

IV* série. l'endroit où était le temple des Sabbatiens. tome II. Cette femme faisait l'homélie devanl eux et méprisait leurs barbes. prouve évidemment que l'appellation remonte aune époque où on parlait grée à Edesse. dit Jacques ti) Ms. f* 110-111 leurs têtes d'Edesse. peu de temps après l'ascension de les noms des Notre Seigneur. car il faudrait le supposer bien jeu no. « Ecctesia Sambatianorum.ET DBS B0LI8B3 SYRIENNES 95 et il nous apprend qu'il y eut deux sectes deSabbatiens. Les Actes de ce dernier le faisant contemporain de Trajan. en l'an 35 ou en l'an 40. d'après sesAcles. vers le bas.—XoXtVLs additionnel. a. Barsamyas. a. » Le terme c Bcelesta. La chose ne serait pas cependant impossible. — Ils sont également cités dans le manuscrit 17441. Palout. Abchelama. p. qui inclinaient sous sa main. Jacques d'Edesse fait l'histoire de celte femme. lui-même. a assujetti les Sabbatiens. qui subsistait de son temps et s'appelait. observe expressément que l'une des deux était contenu poraine des Apôtres (1). il y aurait de la difficulté à en faire un disciple d'Addaï. Barsamyas est né de pâ- : « Une femme. p. tome X. et elles nous donnent premiers évéques : Addaï. 435 pour la traduction. 440. il) a eu deux sectes de Sabbatiens: l'une était formée par une section des Novatiens. additionnel 12172.1217?. Aggaï. et 216 pour le texte syriaque. qui s'appelait primitivement Qamalou. Est-ce que la nature ne proteste pas et ne la confond pas ? » — Tels sont les vers de sainl Ephrem cités par Jacques d'Edesse et relatifs à celle secte de Sabbatiens. Suivant Jacques d'Edesse. Mais il n'est pas indispensable de faire de Barsamyas un centenaire. pour ne pas lui donner un siècle en l'an 110 ou 115. Vautre remontait aux temps apostoliques.f* 111. Elle se travestit en homme et passait pour un eunuque. Jacques dit avoir vu. Avant de rapporter ces vers de saint Ephrem. On les trouve dans les oeuvres syro-lalines do saint Ephrem. . et cela est d'autant moins nécessaire que. même alors.6uJournalofsacred Ùterature. f* 67. Il me semble donc qu'il n'y a pas de doute sur le sens général des documents publiés par Cureton et Phillips : ces pièces placent formellement l'évangélisation d'Edesse au premier siècle. » qui est grec. pendant qu'elle élait sur le trône ou au pupitre.

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LES ORIGINES

DE L'KGLISBD'BDBSSE

rents chrétiens. En effet, lo juge d'Edesse, qui reprocha à Charbil d'avoir renoncé à la religion dans laquelle il était né et dont il était grand-prêtre, lui cita, do plus, l'exemple des chrétiens qui ne renonçaient jamais à leur religion ; mais plus tard il employa des arguments tout différents, quand il eut à faire à Barsamyas. Il chercha à faire apostasier l'évêque d'Edesse, à le pousser à renoncer à sa religion ; mais celui-ci lui rappela l'argument dont il s'était servi contre Charbil. « Tu as obéi au Christ, dit le juge à Barsamyas, et tu l'as adoré jusqu'à ce jour. Écoute maintenant les Empereurs et adore les dieux qu'ils adorent. — Barsamyas répondit : « Comment peux-tu me commander de renier la religion dans laquelle je suis né, toi qui as dit à Charbil : Comment as-tu pu quitter le paganisme, puisque lu y es né, et comment as-tu pu adopter te christianisme, auquel tu étais étranger 1 Avant que je parusse devant toi, lu as dit à Charbil : Les chrétiens, auxquels tu t'es uni, ne renoncent jamais à la depuis LEUR NAISSANCE. religion qu'ils pratiquent — Tiens-loi donc à ce que tu as dit (1) » Barsamyas était donc né chrétien, de parents chrétiens, et, par conséquent, il était postérieur à la première prédication do l'Évangile à Edesse, au moins de quelques jours. S'il est né peu de temps après l'arrivée d'Addaï, il pouvait avoir 70 ou 80 ans en 110 ou 115 ; par conséquent rien ne nous oblige à croire que le Barsamyas martyr est le même personnage que le contemporain d'Addaï. Au contraire, nous avons toute espèce de raisons do supposer que l'évêque Barsamyas n'est pas le même personnage que celui qui figure dans la Doctrine cVAddaï.
Curelon, Ancienl (i) W. 14645, f. 235, fr, i-2. syriac documents, p. 66 et 40. Mi

ET DES ÉGLISES
i

SYRIENNES

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Les remaniements la Doctrine d'Addaï

nombreux et palpables qu'a subis m'inspirent une certaine défiance

pour ses données, d'autant plus que les noms propres n'y sont pas demeurés corrects, toujours et partout. C'est ainsi quo Abchelama, personnage assez important dans toute cette histoire, paraît une fois sous le nom do Barchelama. nom dont la forme est beaucoup plus syrienne. De plus, Abchelama,écvit partout avec la lettre initiale aïn, semble une faute, pour Abchelama par un olaf (le père de la paix), à moins que Abchelama par un aïn ne soit un abrégé deAbd-chelama, le serviteur de la paix, ce qui reviendrait à peu près au *Barchelama, le fils de la paix. Les noms propres, dans tous ces documents, n'ont pas une physionomie syrienne; on sent qu'on est dans un pays où les races se croisent, où les Arméniens, les Perses, les Syriens et les Grecs se confondent. Quoiqu'il en soit de tout cela, j'observe que Barsamyas ne paraît qu'une fois dans la Doctrine d'Addaï (1). « Aggaï,... Palout, Barchelama, Barsamyas et le reste de leurs compagnons, s'attachèrent à l'Apôtre Addaï, qui les accueillit avec bonté et les associa au ministère. » 11 n'est plus question do Barsamyas dans la Doctrine, tandis que les autres personnages reparaissent et avancent graduellement vers l'épiscopat. Quand Aggaï est sacré, Palout devient prêtre et Abchelama (2) diacre. De Barsamyas, au contraire, il n'est plus question. Je suppose donc que le nom a été interpolé ici, ou mieux encore, que lo Barsamyas, dont il est fait mention en cet endroit, est le père ou l'aïeul du Barsamyas, qui devint plus tard évéque d'Edesse.
(1) Page 14 du texte, dans Curelon, et 35daris Phillips. (2) La question reste toujours & trancher : cet Abchelama est-il le même que le Barchelama cité précédemment?

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LES 0RI01NBS

DE L'ÉOLISE

D'EDESSE

XIII Malgré les remaniements qu'ont subis toutes ces il y a des détails qui acpièces, surtout la Doctrine, cusent une connaissance précise des lieux, des moeurs, des habitudes sacrées ou profanes, et qui font que nous devons accorder une foi générale aux données fonda' mentales. On y mentionne le tombeau des rois, à propos de la sépulture d'Addaï (i). On dit d'Aggaï qu'il fut enseveli « âVintérieur de laporle de VEglise, entre tés hommes et les femmes (2). » On dépeint ainsi les effets de la première prédication dans la Mésopotamie : « On bâtissait des églises autour de la ville et beaucoup d'hommes recevaient l'imposition des mains du sacerdoce. Les choses en vinrent à ce point que les Orientaux, déguisés en marchands, passaient sur les terres des Romains, pour voir les merveilles qu'opérait Addaï. Ceux qui se convertissaient à la doctrine (chrétienne) recevaient d'Addaï l'imposition des mains du sacerdoce, et, rentres dans leur pays, ils instruisaient leurs compaen secret des maisons de prière, triotes, et ouvraient par crainte des adorateurs du feu et des adorateurs de Veau (S)... » 11 y a là des traits de moeurs, des expressions, une terminologie technique, qui accusent une haute antiquité. L'évêque est appelé généralement gouet recteur (4) ; on ne distingue pas l'imposiverneur
(1) W. Cure ton, Ancienl syriac Documents, p. 21. (2) Ibid. p. 23. (3) Ibid. p. 16. (4) G. Bicketl dit, dans son Gonspeelm ret lltlerarise Syrorum, p. 16: tam remoUe indlcium habeo, quod dlgnttas Cerltssimum antiqititatls efueepalis nondum termina atiquo, ut aiunt, technico désignai»,

Estant quidem in codiee sfleculi VI. b) La note finale des Actes de Charbil n'est pas authentique. n'est pas authentique. formel. comme l'ensemble de leur déposition affirme: 1* l'origine apostolique des Églises Syriennes.» — (Les Origines de FÊglise d£desse. ce me semble. et il n'y en a pas pour les personnes qui ont étudié les documents. nonnull» sentent!». etc. Tout cela manifeste. de la façon la plus unanime et la plus explicite. qui Doctrinam Addoel eu m Doctrina Aposlolorum.. qu'on n'apporte en faveur de l'opinion contraire : 4 clair. conclusions qu'on tire et raisonnements qu'on fait sur des textes douteux ou sur des 1° Aucun document événements très incertains (1). qooe oetalem posteriorem produit. Tixeront.p. précis. et. (1) c Le premier détail (l'ordination de Palout par Sérapion d'An* tioche) peut être vrai. Et je m'y refuse avec d'autant plus de raison. en effet. Tel est lo pivot (un • peut-être ») sur lequel roule tonte l'argumeolion de M. . alors surtout que toutes les Églises Syriennes affirment. Doclrina Pétri. Actis Sarbellii et Barsimoei in unum eonjonxit. qu'elles remontent aux temps apostoliques. et omnes nos libres quodammodo Inter se conformes reddere siudoit. 114. sed apparét eas a revisore quodam additas esse. pas y avoir de doute là-dessus. partout et toujours. dans le fond de ces documents.ET DE8 EGLISES SYRIENNES 99 tiondes mains du sacerdoce de celle de l'épiscopat. note 3*).. jo me refuse à dénier à ce fond tout caractère historique. 2* l'existence et le rôle historique d'Addaï. que des conclusions qu'on tire. a) Le passage relatif à l'ordination de Palout par Sérapion. une haute antiquité. que des raisonnements qu'on fait.dans la Doctrine d?Addaï. ment présentant une ombre d'authenticité. sedplerumque Unis synonymis exprimitur. aucun docu— Il ne peut 2* Aucun document un peu respectable. — Ce ne sont.

vcrs tes notes.» Il n'est donc pas vrai. Les Originesde VEglise d'Edesse. jusqu'à la tin. dans les documents dont elles font aujourd'hui partie. 185. trois interpolations évidentes et criantes. le docteur (1) Voici le . de la troisième : « Ces trois fragments son très étroitement apparentés. dans Thracc. Ce sont trois interpolations qu'on allègue. est évidemment une addition faite par une personne qui ne connaissait pas bien la chronologie: car il est affirmé. moins en partie. l. peut-être ontilsun auteur commun (2). p.100 LES ORIGINES DE L'ÉOLtSB D'EDESSE c) La note finale des Actes de Barsamyas n'est pas authentique (1). 187. que ce qui y est raconté eut lieu la I54 année l'an 112 do Jésus-Cbrisf. où l'auteur répète le même jugement la fin de* Actes de Barsamyas. (3) L.) « Le passage referlur.p. et Âctis Barsïmxlet qua suceessorum Si Aggxi ad 8. cf. p. contemporain dédire fait (de IJalout)un fait de Palout Ce n'est ^ÛS la Doctrine a^Addaiqui un contemporain de Sérapion. « Ua clausutam. 165. dit Curcton. Voici également co que lo mémo auteur dit de l'interpolation faite dans la Doctrine d'Addat. Do ces trois interpolations. p. 141. Bickell. Curcton. Ce qui fait de Palout un que portent sur ce point M. ne devint évéque de Rome que sous le règne do Maximien le l'an 236. » Voir encore p. dit G. J. dem fera ver bis. p. Fabien du règne de Trajan. qui est aussi Vautenr responsable des passages interpolés dans les Actes de Charbil et dans ceux de Barsamyas. . au commencement de ces Actes. ilsDoclrinx Addxt addidit. p. Tiscronl. Zephyrinum absurde ordinatio papam sgrorum. il n'est donc pas correct et il est encore moins conforme aux lois de la saine critique d'Addaï que la doctrine de Sérapion (B). * (Conspcctus rei litterarlx commençant par ces mots: « ce Barsamyas ». c'est-à-dire.c* Origine» de VEglise d'Edesse. la première dépend certainement de la seau conde et la seconde dépend vraisemblablement. J. 98. h proposde ' (2) L. 128. Tixeront. Bickcll cl feu W. 16. « Ceci est une criante pratiquée dans Ut Doctrine par quelque écrivain ignointerpolation rant et de beaucoup postérieur.jugement 0. » Ancienl Syriac Documents clc.

car il brouille tout : époques. Il n'est pas vrai. La Doctrine d Addaï revue par lui est un assemblagedo piècesdisparates.ET DES BOLISES SYRIENNES 101 contemporain de Sérapion.en définitive. etc. » Ce qui affirme que Palout est contemporain de Sérapion & Antioche et Barsamyas contemporain de Fabien de Rome. » est un auteur anonyme de la fin du quatrième siècle. un interpolateur qui ne fait pas preure dun grand sens critique. cesont trois interpolations criantes. cf. personne no le conteste. Par conséquent. qui jurent. pas même l'auteur des Ori. même par l'auteur des Origines de* VEglise dEdesse. il n'est pas conforme aux lois do la saine critique do dire : « La tradition Èdessênienne affirme que Palout est contemporain de Sérapion d'Antioche et Barsamyas contem. : s porain de Fabien de Borne (1). 14Î. 145. p.se trouver ensemble. ce sont trois interpolations reconnues par tout le monde. p. personnages. co sont trois interpolations qui dérivent vraisemblablementd'un seul et même écrivain : l'auteur des Origines de VEglise d Edesse le reconnaît cncoro commotout le monde.: v* . Que représentent donc ces trois interpolations dues à cet auteur anonyme de ta fin du quatrième siècteï (1) Ibid. qui se choquent et se heurtent. . celui qui affirme que « Palout est contemporain de Sérapion d1 Antioche et Barsamyas contemporain de Fabien de Rome. cesont trois interpolations criblées de fautes. il n'est pas correct. c'est Vinterpolation pratl» quéedans la Doctrine d'Addaï. ce sont trois interpolations gines de VEglise d?Edesse qui ne remontent qu'à l'année 370: c'est la date que fixe l'auteur des Origines de VEglise d?Edesseet elle est peut être vraie . de. événements. commeon dit.

sentent qu'une faute. lorsqu'il s'agit d'un témoin anonyme. d'un témoin enfin dont le témoignage est manifestement inspiré par des préoccupations étrangères à la vérité?— Le principe juridique testis unus testis nullus n'est-il pas alors cent fois vrai ? Ce qui paraît beaucoup plus probable. Ce (1) Tous les syriacisanls. 0. vingtième ordre. L. plusieurs évéques du nom de Palout . — On trouvera plus loin les paroles mêmes de cos divers auteurs. Cela ne peut faire et cela ne fait de doute pour personne (1). celui qui a écrit la note finale des Actes de Barsamyas n'était certainement qu'un auteur de vingtième ordre . sur un document aussi suspect. En tout cas. J. Phillips sont de cet avis. Un mot de cette note me porterait à me demander s'il n'y a pas eu à Edesse. et qui dit qu'un seul témoin ne prouve rien : Mais si on peut affirmer testis unus. que pas dire. et M. il n'est pas clair Edessénienne ou qu'elles représentent une tradition Cela aurait grand besoin d'être non-Edessénienne. aux auteurs de Or. d'un témoin dont la déposition est certainement erronée dans plusieurs de ses ne faut-il parties. car il est un axiome reçu en histoire comme en droit. G. mais je n'ose émettre une pareille conjecture. testis nullus. mais il est très vraisemblable qu'elles ne représentent qu'une encore qu'elles ne repréplus vraisemblable opinion. avant l'an 300. Tixeront n'en disconvient pas. de temps en temps. Coreton.102 LES ORIGINES DE L'EGLISE D'RDB8SE Il est difficile de le dire d'une manière certaine. dans le cas actuel. Biekell. car son oeuvre est criblée de fautes. prouvé. W. d'un témoin relativement très postérieur aux faits ou aux personnes dont il parle. c'est que ce document représente une de ces sottises monumentales. ' . un de ces anachronismes énormes qui échappent. cela de n'importe quel témoin unique en général.

. 140. on détruit.* * XIV Enfin. n'est pas du tout évident par lui-même. quelques pages plus loin. Mais qui parle de premier suppose un second. comme les Eglises Syriennes. » Ce qu'on nous dit. ' (I) L. d'un trait de plume. . en tout cas. surtout. sur un seul document comme la note finale des Actes de Barsamyas. « Le fait de la correspondance d'Abgare et de Jésus. L. étant controuvé. les arguments apportés contre le premier de ces faits atteignent donc aussi le second (1). en bonne critique. La réponse de Jésus n'a pas de sens si elle n'annonce l'envoi prochain do l'apôtre. c'est qu'en syriaque.BT DES BOLI8B8 SYRIENNES j 103 qui est certain. se trouve par là même gravement premier ébranlé. au siècle. constante. dit-on. lorsque cette tradition est ce qu'elle est en ce cas. on invoque contre la tradition unanime. Palout qadmala ne peut signifier que Palout I" ou Palout VAncien. c'est plutôt le contraire qui est évident. car il faut remarquer que ces deux faits sont en connexion étroite et s'appuient ou se ruinent mutuellement. et on ne songe à qualifier quelqu'un d'ancien que par opposition à un personnage plus moderne. Cela est si vrai que. le raisonnement qu'on . il soit licite. celui de ta venue d'Addaï â Edesse. le caractère apocryphe de la correspondance de Jésus et d'Abgare. Tixeront. Les origines de VEglise d'Edesse. de révoquer en doute la tradition d'un groupe d'Eglises. formelle et ancienne. le personnage de l'apôtre devient flottant s'il ne se rattache à la promesse de Jésus . dans ces lignes. constante et ancienne des Syriens. unanime. p. Je ne crois donc pas que. d'autre part.

sa mission en est le complément indispensable. historique qui est indispensable non pas seulement l'origine de cette mais son acceptation par les Églises correspondance. en effet. A M. i II faut. Syriennes et par presque toutes les Églises du monde. Lipsius niant lo caractère historique d'Addaï. quelque chose de réel et . « PAS NÉCESSAIREMENT. qui argue du caractère imaginaire do la correspondance de Jésus et d'Abgaroau caractère imaginaire do la personne d'Addaï — — on répond . à notre tour. le caractère historique Là correspondance de Jésus et d'Abgare serait-elle de tout point apocryphe. La réponse que M. nous pouvons la faire. du commencement à la fin. quo.*— et Vimagiréplique M. La croyance à la réalité historique de co qui fait le fend de cette correspondance a été si générale et elle remonte à une époque si ancienne. » naire. Lipsius. Tixeront fait à M. commo celle dont nous parlons en ce moment. p. est intimement liéo à la correspondance de Jésus et d'Abgare. car. d'historique pour expliquer une tradition considérable. Lipsius. Tixeront. Tixeront et à ceux qui nient. qu'il ne s'en suivrait < PAS NÉ» que l'apostolat d'Addaï le fût aussi. VApôtre Vesl aussi. on no trouverait pas un autre exemple d'une mystifica(I) Ibid. comme de Vapostolat d Addaï lui. CESSAIREMENT Ce serait plutôt le contraire qui aurait lieu. si on suppose la correspondance apocryphe. 11 y a un minimum de vérité pour expliquer. « le caractère de toute légonde est de mêler l'historique et l'imaginaire. dit M. à M.do la mapourquoi pas aussi d'Abgare? nière suivante: « La personne d'Addaï. . cette Donc la personne de correspondance est imaginaire. 148.101 LES 0RI0INES DK L'ÉGLISE D'BDESSK vient d'échaffauder. Or. on a mêlé Vhistorique c'est le caractère même de toute légende (i).

ET DES ÉGLISES SYRIENNES 105 tion aussi colossale dans toute l'histoire chrétienne. très historique comme roi d'Edesse. Or. quelques-unes des sui- Supposons. si difficulté il y a. puisque» c'est le caractère même de toute légende (1) » Toute la difficulté.qu'il n'y ait rien devrai dans la correspondance de Jésus et d'Abgare et mettons-nous à la place de celui qui a inventé ce roman historique. si nous inventons un roman historique. qu'il mette en mouvement dés personnages répondant au rôle que nous leur faisons 'jouer. Nous voulons démontrer que les Églises Syriennes remontent aux temps apostoliques et les rattacher à la personne de Notre Seigneur. mais. . p. Pouvons-nous supposer que lo même auteur a inventé de toutes pièces un personnage pour lui faire jouer lo rôle d'apôtro — Évidemment non . par exemple. pour un moment. des conditions s'imposent: il faut que notre récit ait de la vraisemblance. Il y a donc un fond d'historique dans cette grando tradition . on ne peut pas le nier. nous avons le désir d'être lu et d'être cru . et cela parait d'autant plus invraisemblable que le même auteur n'a pas créé Abgare de toutes pièces. Pour trouver un personnage à mettre en rapport avec Edesse. pour opérer ce triage. Il est évident que. s'il n'est pas historiquo sous les traits et dans lo rôlo que lui prête l'auteur de la Doctrine. cet écrivain n'avait que l'embarras du choix : il pouvait (1} Ibid. en effet. 148. il me semble qu'il est nécessaire d'avoir présentes à l'esprit quelques considérations générales. si nous avons ce désir là. vantes. C'est pour cela apparemment que l'auteur de la Doctrine d'Addaï a choisi un Abgare qui est. consiste à démêler où finit l'histoire et où commence la légende.

V. dit-il. pendant ce temps. en faides païens. La légende ne pouvait éviter cet aveu. que la tradition universelle fait prêcher dans l'Inde et même à Edesse . même saint Pierre. une interruption dans la vie chrétienne de la ville. Tixeront croit (p. vivant vers la fin du second : « Il y a donc eu. pour lui faire jouer un aussi grand rôle. On le constate à demi. L'hiatus réapparaît: — Je pu le rapprocher de quarante ans. qui a été l'apôtre des Perses. et Palout. Au lieu décela. » crois que l'auteur des Origines de VEglise d'Edesse se fait illnsion. dans sa première lettre. Mais le souvenir de Palout est trop on a bien intimement lié à celui de Sérapion. suivant nous. 13. — C'eût été un jeu pour lui. Matthieu qu'on fait quelquefois apôtre des Parthes. entourée Je la persécution. insignifiant. on n'a pu le supprimer. durant le cours des siècles. il pouvait choisir Simon. avec les caractères très prononcés qu'elle présente d'unanimité. l'Eglise chrétienne a continué de vivre. semble indiquer qu'il a été à Babylone. qui. Quel beau thème n'y avait-il pas là à développer 1 Et ce sont précisément ces thèmes que les faussaires choisissent de préférence. Une fois. et ta supposant sant des successeurs d'Abgar-le-noir que. pour et les embellisexpliquer les amplifications partielles sements secondaires qu'a reçus la légende. . vivant au premier siècle. l'auteur de la Doctrine d Addaï est allé choisir un personnage secondaire. complètement inconnu. il pouvait choisir Barthélémy. et on va même jusqu'à soutenir que ce personnage n'a pas existé! Est-ce vraisemblable? Est-ce possible?— Nous ne le croyons pas (1). que la même tradition envoie en Arménie . en effet. même médiocre n'aurait eu aucune peine à comUn inlerpoiatcur bler ecl hiatus et a faire disparaître celte lacune. Il faut ce minimum également pour expliquer la croyance des Églises Syriennes. Il faut. Addaï et Aggaï rattachés aux Apôtres. 144) que le fabricateur de la Doctrine d Addaï aurait été embarrassé pour combler la lacune qui subsiste entre Addal.406 LES ORIGINES DE L'B0LT8R D'BDESSR choisir Thomas. un minimum d'histoire (I) M. le vide qui existait avant eux se retrouvait de nouveau.

mais non pas un contemporain des Apôtres. venu aux (1) L. Tixeront de citer. » Il nous parait impossible également d'admettre que la correspondance de Jésus et d'Abgare ne repose pas sur quelques relations entre Jésus-Christ et le Toparque de connaître les l'Osrhoéne. — Puisque la tradition Edessénienne tout entière fait d'Addaï l'apôtre d'Edesse. minimum nous semble nécessaire. en raisonnant sur Fordination de Palout par Sérapion d Antioche. quelles qu'elles soient. Il n'arrive à faire descendre l'épiscopat d'Addaï a Fan centcinquante. l'an/. un texlo quelconque. il n'y a rien d'impossible à ce que quelque juif d'Edesse. Addaï est Edessénienne tout entière Vaf firme bien—la tradition -—le premier apôtre d'Edesse. t Addaï. Toutes les autorités. . p. M. qne par voie de conclusion. affirment le fait et l'affirment avec la même constance. Tixeront ne peut pas avoir en sens contraire la tradition Edessénienne. Les origines de VEglise d Edesse. Seulement je défie II. on ne connaît que Jésus-Christ et l'Apôtre saint Thomas (1). la tradition Edessénienne fait simplement d'Addaï le premier évéque dE4*sse. Tixeront. Or. Tixeront. J.ET DES EGLISES SYRIENNES 107 et voici quel de fermeté et d'antiquité. C'est une condition première et indispensable pour tous les développements que la légende a reçus ou pu recevoir dans la suite. Avant lui. à l'appui de son diiv. puisque la renommée de celui-ci s'était répandue en dehors de la Palestine.re si on veut. 141. Il tient dans la liste épiscopale le premier rang. suivant lui. La personnalité d'Addaï et son apostolat à Edesse ne nous paraissent pas pouvoir être contestés. d'universalité. Il est vrai que. dit M. au témoignage même des Évangiles. Abgare a pu parfaitement miracles que Jésus opérait en Judée. Nous ne croyons pas également qu'on puisse placer à une autre époque qu'au premier siècle la présence et l'activité apostolique d'Addaï. avec la même fermeté et la même unanimité.

sacré Les origines de VEglise (FRdesse. par conséquent. mais on n'a pas prouvé. Abgare a pu écrire à Jésus. car. Abgare a donc pu charger quelqu'un de ses sujets ou do ses affl dés d'une mission verbale ou écrite auprès du Christ. p. non plus. Pour la lettre do Jésus.108 LES ORIGINES DK I. si on ne l'a pas conservé. Jésus n'ayant pas sans doute confié l'original à ses Apôtres.'KOLISR D'EDESSE fêtes do Jérusalem. aux yeux d'Abgare et dos chrétiens d'Edesse. (t) L. . ait rapporté. à l'an 70 ou à l'an 80. il mo paraît plus nécessaire d'adraetlrb uno restitution faite après coup. et cette mission a fourni plus tard le thômo sur lequel on a brodé la correspondance. La mise. et celto hypothèse permet d'expliquer plus facilement les variantes qui s'y sont glissées. il a fallu plus tard le reconstruire de mémoire. mais on peut so demander si on a conservé. Le Christ a également pu faire une réponse verbalo. lorsquo l'échange des messages a revêtu de l'importance. 138-139. tant que les documents n'ont pas conquis un caractère ot inaltérable. je crois. comme celle qu'on lit à la fin. le doublo do cette lettre . Je n'ose pas affirmer le moins du monde l'authenticité littérale do la lettre d'Abgare. que la correspondance écrite soit apocryphe dans son entier. L Tixoronl. le récit des grandes choses dont il avait été témoin. Jo ne suis pas convaincu.par écrit après coup d'un message donné verbalement permet des additions et des soustractions. dans son pays. dans sa forme même. à Edesse. laquello réponse a été plus tard recueillie ou refaite de mémoire. môme les variantes graves. dans quelques oxoraplaircs. o'est-àdiro. qu'il n'y ait pas eu d'abord quelque message oral ou écrit d'échangé entre Jésus et Abgare. qu'elle contint une citation des Évangiles (1). qu'elle fût postérieure.

ET DES ÉGLISES SYRIENNES 100 Or. applicable seulement a Edesse cl à l'Osrhoèno. on conçoit qu'on les ait remaniés et retouchés jusqu'au jour où ils passèrent pour absolument sacrés. La guérison cVAddaï. l'explication suivante : *'". « Telle est lhistoiro littéraire de la légende Quant à sa signification et à l'idée qu'elle représente. c'est la délivrance de terreur et du péché par la prédication et par la foi chrétienne (!) « Cette idée. peu digno d'un livre sérieux. 158-150. que toutes les explications fournies par ce qu'on appelle. Je suis de coux qui regardent commo une plaisanterie. comme on lo voit. du nom d'école critique.pour faire de la légende d Abgare la légende ' de Tiridate et la légende de Constantin (i) a » Je me demande comment de pareilles « r^m^ (i) L. idée particulière. Le signe sur le visage de VApôtre. à chaque royaume et à l'emm're romain tout entier. c'est la lumière de VEvangile apparaissant au milieu du paganisme. J. Les origines de l'Eglise d'Edesse. tel a été.. mais une idée générale applicable. Le roi et la ville représentent tout le royaume. c'est Vidolâtrie et les châtiments spirituels qui en sont la suite. en co moment. (Test la conversion même de VOsrhoène et du monde qui est figurée (1) dans la guérison et la conversion fflAbgare. Si l'hypothêsoque j'émets est vrulo. Et c'est pourquoi il a suffi. p. La maladie du roi. Tixeront. plus }ard. il est facile (1) de s'en rendre compte. . n'est point une. .'. mais jo crois que ces conjectures résolvent mieux le problème créé par les faits et par los textes. Jo sais bien que jo ne dissipe pas les difficultés par los hypothèses quo je viens d'émettre. dès le principe* lo caractère des deux écrits dont je parlo. de modifier quelques détails.

si Eusèbe a menti. celles- XV Il est une très grave variante dans la réponse Christ est censé avoir envoyée à Abgare. p. S. le texte qu'Eusèbe dit avoir traduit mot pour mot ne contient pas trace de cette promesse (1). ou bien si co passage a été ajouté dans la lettre. acciperem mihi ab ipso sanelo. si cela ticité.» J. Sitvise peregrinatio ad loca sancta.110 LB8 ORIGINES DE L'BQLI8K D'éDK88E dans la théologie peuvent avoir cours catholique. cette interpolation. quo le la pro: « Et empa- Cette promesse est célèbre. très en retard sur mon temps. en (1) Sainte Sylvie en fait. tamen gratins mihi visum est. Oamurrini. ne qutd FOBSITAK minus ad nos in — patria pervenisset. nam VEBB ampliui est. 68. serait-elle accompagnée do très savantes approbations. quod Me accepi. et on se demande. dès lors. — Où en sommes-nous pour qu'on écrivo des choses comme là. Je suis. elle-même l'observation etiamsatis mihi grato fuit. postérieurement à son époque. ut et ibi eas de ipso acciperem. tant au littéraire que de son authenpoint de vue de l'histoire En effet. sive Domini ad Aggarom. Et licet in pallia exemplaria ipsarum haberem. elle a fait du bruit danslo monde et elle soulève de graves difficultés. à ses filles. . c'est messe qu'en lit à la fin do quelques exemplaires ta ville sera bénie et aucun ennemi ne s'en » rera. et qu'on les accepte argent comptant. il faudrait déterminer le moment précis où s'est faite était possible. quas nobls tegerat sanetus episcopus. sans doute. — Dans le cas où cette seconde hypothèse serait la vraie. » ou « n'y dominera. mais j'avoue sans tergiverser que j'accepterais tout plutôt qu'une explication comme celle-là. utepislolas leur écrivant :clllud ipsas sive Aggari ad Dominum.

que je dois à l'obligeance infatigable du Révérend Père Ciasca. Curelon. sur Abgare. des allusions plus ou moins étendues à l'histoire d'Addaï ou d'Abd'Edesse au premier siècle. lorsque de Nilrie à Rome. Une armée ennemie menaçait Edesse. et sur les événements plus ou moins historiques qui se rattachent à ces personnages (1). Quelques-uns (1) Voiei une série d'homélies. on trouverait.quo nous publions ci-dessous en très grande partie. le discours sur Antioche. un petit volume aveo les écrits de Jacques de Saroug sur co sujet. dans ses Ancienl syriac documents. car il en parle de la manière suiaux habitants d'Edesse. d'hymnes ou de traités composés par Jacques de Saroug sur co sujet : 1» Homélie sur Habib martyr d Edesse . Le manuscrit Vatican 117 est un de ceux qui tombèrent dans le Nil. .BT DES &0L18B8 SYRIBNNBS 111 Pour aller du plus clair au plus obscur. etc. avons publié il y a quelques années. dans beaucoup d'autres homélies du même auteur. car je n'aperçois pas de noms propres et je no trouve pas de citations delà Doctrine d Addal. en particulier. au moins.loul cela a été publié par W. — On sait encore qu'il existe : 1* à Rome. 3* Soughito sur le message d'Abgare à Jésut. Et ce n'est pas tout. . celui qui a ou. Noos gare. pages 86108 du texte syriaque. — Je viens de recevoir à l'instant (28 octobre 1888) Vhomélie sur Abgare et t apôtre Adda. le plus de vogue parmi ses coreligionnaires. une lettre aux Edessiens. Cet écrivain connaît la promesse que Jésus est censé avoir faite au souverain d'Edesse. — 2« à Londres. et on n'a pas copié ceux qui ne contenaient que des exhortations morales. Enfin. jo prends un écrivain commo Jacques de Saroug (452-521). 2* Homélie sur les martyrs d'Edesse.Voici à vante. — Toute l'histoire Assémani les transportait d'Addaï et d'Abgare y reparaît. On ferait un petit volume avec co que cet auteur a écrit sur les origines de l'Église d'Edesse. — On ferait. car plusieurs feuillets du manuscrit Vatican 117 sont illisibles. ainsi qu'à l'évangélisation le discours sur ta chute des idoles que nous citons. sur Addaï. mais d'une manière générale. etc. une Homélie sur Abgare et Fapôlre Addal. en écrivant quelle occasion. Les fragments —car ce ne sont que des fragments — qu'on m'envoie forment huit colonnes de 30 lignes chacune. Couriat et Chamouna . nous le répétons. l'auteur de rhomlUairo de l'Église syrienne Jaoobite.

a. à faire (2) mal devant moi. de les asseoir. Que si je donnais contre le peuple et contre le royaume ordre de les relever. je renoncerais à leur faire le bien que je méditais (3). — Je no sais si je publierai (I) Ms. nous craignons qu'il no nous arrive. 1. dits que j'ai entre les mains sur Abgare. s'ils venaient. commo il est arrivé au peuple d'Israël. Or. à savoir. continuent ces personnes. j'ai Vintentioh de leur faire. mai. additionnel a la fin de ce travail. pour excuser leur fuite : Dieu a bien dit par les Prophètes : Si je donnais soudain contre le peuple juif et contre son royaume ordre de les détruire. que la promesse faite par le Christ 14587. de les prendre et de les anéantir. je reviendrais. Addaï. du mal que qu'il a fait. Il est impossible que cetto parole soit retirée. XXIIL . dont lo commencement nous manque (1): « Lo Fils du Père a prononcé 10 grande parole. Jacques de Saroug l'apprit et il adressa aux habitants la lettre suivante. si je ne les publie point par lo procédé do l'aulograuno occasion de les imprimer cl j'eu phie. les textes nombreux et inépar l'aolographic. à nous. eldans Jérémie XI. PM6. de les renverser. comme il est impossible que la pluie remonte au ciel. • Cependant. (Z)ibid. quand II a dit : L'ennemi ne dominera pas sur Edesse.112 LES 0RI0INKS |)K L'ÉOLISB D'EDESSE do ses habitants s'étaient enfuis. profilerai. voici co quo disent quelques personnes peu croyantes. comptant probablomont plus sur leur agilité ou sur leur éloignement que sur les promesses contenues dans la lettre de Jésus à Abgare. et que le peuple vînt à se convertir du mal moi aussi. j'aurai prochainement . s'ils n'écoutaient pas ma voit». f* 46. 2.*. saint Thomas cl Edesso . malgré cela. (3) On trouve quelque chose de semblable dans Ezéehiel XXXIII XLIV.

additionnel 14. » ainsi distingué divers cas et cité des exemples.BT DES ÉOUSKS 8YRIBNNB3 113 au roi Abgare no soit rendue inutile par nos iniquités. La lecture des Livres Saints ne nous enseigne que la teneur des textes. portant le poids 4e nos crimes.. arrive à reconnaître quelles sont les paroles qui ont été dites pour effrayer et pour reprendre. ot qu'à cause do ses péchés la ville no soit livrée à l'on* nemi. je dis que ce ne sont pas les paroles de Jérémio qui chasseront quel* qu'un de son pays. comme nous pouvons l'apprendre phète Nous devons nous convertir des paroles du prode nos fautes. P 46. Il est aussi nécessaire d'apprendre à connaître le sens de l'Écriture que d'apprendre à la lire. Or.587. à cause de la promesse faite à Abà être prise — ce gare. M< $) Ou: *ne prendrait sa ville. répond Jacques do Saroug. Si Edesse venait aujourd'hui qu'à Dieu ne plaise 1 — nous n'aurions plus do raison (I) Ms. Or. bien qu'il soit dit d'elle qu'elle no sera jamais livréo à l'ennemi. c Mais moi. ainsi ou bien nous devons nous rési- que le dit la prophétie. Jacques de Saroug continue : « Avec tout cela Dieu a promis au roi fidèle Abgare qu'aucun enAprès avoir nemi ne dominerait (2) éternellement sur sa ville. en vertu de la promesse faite à Noé. à jamais. celui qui pénètre le sens des Ecritures. quelles sont celles qui ont été dites pour promettre et pour encourager. de même que la terre est préservée du déluge. cetto promesse subsiste et elle est vraie.. quelles sont enfin celles qui ont été dites comme des sentences définitives (1). car. ainsi Edesse est-elle défendue contre ses ennemis. gner à fuir de pays en pays. • ' 8 . mais bien ses mauvaises oeuvres. tandis que le sens des Livres nous enseigne la volonté de Dieu.

Dieu a fait un pacte précis avec Abgare. ." si elle no péchait point. pactes et des promesses irrévocables . additionnel 14687. au contraire.U4 14» 0R101NKS DU I/BOU88 D'âl>B88B pour ne pas nous attendre à voir. dans l'Ecriture. quand il est derqui tremble contre rière (1) les murs de la (cité) bénie. a. Quiconque. que l'ennemi ne s'emparerait pas de sa ville. doit croire aussi que la promesse faite à Abgare ne lo sera point davantage. 2. additionnel 14887. demain. » c Les hommes accessibles à la persuasion voient des donc clairement que Dieu a fait. 2. I* 48. Celui. mais bien que l'ennemi ne s'emparerait point de sa ville. A la dixième génération. l'idolâtrie entra dans le monde et la terre fut livrée au culte des idoles. le déluge fondre sur la terre et perdre toute chair. la ville de Sodome renversa l'ordre do la nature (2). ses descendants révoltés bâtirent la tour et méditèrent d'escalader et de prendre le ciel. — Est-ce que les enfants de Noé n'ont pas péché. à tout autant de raison de craindre que le déluge n'arrive. Qu'Edesse redoute les autres fléaux et que cela l'empêche de faire le mal . b. f 47. en effet. . l. à savoir. a. mais Edesse est protégée (3) contre la domination de l'ennemi. A la cinquième génération. * (2) M». tes ennemis. et serait-ce là la raison qui nous ferait dire que la promesse faite à Noé ne sera point révoquée? — Mais nous voyons qu'à la quatrième génération après Noé. comme la terre est préservée du déluge. Il ne lui a pas dit que. » Après une série de longues considérations dont on peut aisément deviner la portée générale. croit que la promesse faite à Noé dure et ne sera pas révoquée. (3)*/Wtf. 48. il a mit aussi des (1) Ils. elle ne serait point frappée. Jacques de Saroug conclut ainsi : «. sans que nous les rapportions en entier.

(2) /*«f. comme la paix a été donnée après (2) qu'Abgare a eu cru. Mais. . p. en effet. Si la promesse avait été faite à Abgare avant qu'il crût. il est clair que la promesse est ferme et qu'elle durera à jamais.. ainsi que durent les promesses faites à David. ce n'est pas pour le troubler que le Christ lui a fait dire (1) que l'ennemi ne s'emparerait pas do sa ville. (4) jbid.BT 088 801488* SYRI8NNB8 115 menaces pour effrayer les pécheurs et les convertir. excitez Abgare tout le monde au bien. priez pour le pays afin qu'il ne soit point dévasté.». 1. • étant dû (1) Ibid. car sa foi avait prévenu la promesse. et il a fait également des exhortations pour amener les coupables à renoncer au mal. 49. VI. . ».(3) Ibid. Ce prince. o'est. le don eût été conditionnel. dus lesAbhandlungfn fur die Kundé des Uorçenlawîes. à cause de leur lâcheté'. à Noé et à Abraham (3). 1. qui avait cru au Christ sans l'avoir vu. n'avait pas besoin qu'on l'excitât à croire. portez-vous bien. de même qu'elle a été donnée à Noé après son sacrifice. les élus amis de Dieu .48. a. » Christ. « Le pacte conclu (par le Christ) avec son serviteur irrévocable. pour récompenser sa foi par le don de la paix. la parole qu'il nous a donnée (5). f»49. ». afin que vous méprisiez ceux qui fuient et que vous ceux qui restent encouragiez Reprenez ceux qui aiment les visions. j'ai écrit a votre charité. au contraire. hlirtla. P. 1. 2. (* 49. Celui qui a béni la ville (4) fidèle (FEdesse saura lui garder à elle et à nous. Quant au fidèle Abgare. o.1.2.. les amis éternellement. F. qu'il lui a envoyé un message. (b) lbid. inspirez confiance à vos frères. 48. jouissez do la paix de Dieu supérieure à la crainte de l'ennemi. Jotué le SfyMfe. . — Voir également J.

trente ou quarante ans plus tôt? coup. quoique leur verge et leurs coups ne soient point arrivés jusqu'à notre corps. nitch/t Abgarsage. — Il se laisse il constate cepenguider'par Eusèbe. Ce dernier auteur connaît. — Patrol. desse. A. 27). émanant d'un personnage haut placé. parce qu'elle en dit long sur la controverse que nous étudions en ce moment. Bibliolh. p. — Assémani. — Ce que Socrale dit au VI* siècle. etc. . (flist. A. Die Ederapporter. 125). J. surtout d'un personnage influent comme Tétait alors Jacques de Saroug. 318) quo Jacques de Saroug ne connaît pas ou n'admet pas la clause finale. — J'en doute et beau. comme Jacques de Saroug.116 L8S ORIOINRS PB l/âOLI8K D*éDK8SB Nous avons cité do longs fragments de cette lettre. et l'évéque d'Edesse invoque de vieux précédents. Le long fragment de la lettre aux Edcssiens. I. Qrecq. Xlll de la traduction. Lipsius. on le voit. 1876. invasion et guerre qui nous ont été racontées par Josué le Stylite. et cela à peu près vers le môme temps.VI. ainsi qu'il le dit lui-même. I. Est-il possible que cette clause soft Les origines de FÉglise SKnée de Fétal des esprits (h. eut. 12) doute de l'authenticité de la clause finale: et ta ville sera bénie. de la pro(1) Au YI* siècle Procope ne croit pas à l'authenticité messe du Christ au rot Abgare. suivant leur habitude. p. A. col.?pY0V *?•#<««« <*Y*YO4«. 03tw & nifi TOt< ?rwto!« $2sta( te x*î rccmfctac. LXXX. tout en rapportant que Procope oie l'aude la clause finale de la lettre de Jésus à Abgare. quo nous venons do le détrompera aisément. thenticité est généralement admise : atteste expressément que l'authenticité xal ?b iripx. Tixcronl. car ils n'ont pat pu s'emimpossible d'anéantir la promesse parer de la ville. 2748. Or. quand il lut dit : Que ta cité soit bénie et qu'aucun ennemi ne domine jamais surellel » — Josué le Stylite raisonne. mais il est facile de comprendre pourquoi cet historien (De Bcllo persieo H. Lipsius a tort de conclure du passage de l'homélie relative à Abgare et à Addal cité par Assémani [Bibl. de cette promesse est génédant que la croyance à l'authenticité rale.<. sainte Sylvie le dit au IV*. Voir R. i&fcro xffi ickTtw. Elle fut écrite probablement à l'occasion de l'envahissement do TOsrhoène par Cavad (495-507). lui aussi (1). p. IV. Or. p. « Les Perses nous ont fait un mal pareil. lo premier historien de la Syrie chrétienne. Evagre (f 593). 26t. — R. p. parée qu'Hélait faite par le Christ au roi fidèle Abgare. 20.

à une époque relativement moderne.- BT DRS 60U8BS 8YRIBNNE8 117 cela va sans dire.p. confessé qu'il (I) G. On ne doit donc pas s'en servir pour déterminer la date de l'additio». en ne distinguant pas l'addition de la substance môme de la lettre. et il n'y a pas do douto que cette formule ne remonte à une époque très ancienne. l'époque à laquelle elle remonte. et aucun ennemi ou ne s'en emparera !» ne dominera sur elle. Cependant. d'une manière absolument certaine. si tant est qvïily ait eu audition. La lettre aurait servi de passe-port à l'interpolation postérieure. ' . Addaï est censé dire aux Édessiens : « Vous avez cru dans le Fils de Dieu. La croyance à l'authenticité de la lettre de Jésus. avant d'entendre la prédication de son Évangile. aurait rendu plus facilo l'addition de la clause anale. 5. seulement cette pièce a été si remaniée et si interpolée. vors l'an 500. Phillips. qu'on connaissait à Edesse la ta ville promesse réelle ou prétendue du Christ: «Et sera bénie. thedoelrine était Dieu. que. et. à la fin de la lettre de Jésus à Abgare. Mais à quollo époque remonte l'addition? Il est certain qu'on la trouve aujourd'hui dans \& Doctrine WAddaï (1) . Il est cependant remarquable que. qui parait ancien. Un écrivain comme Jacques de Saroug et un historien comme Josué le Stylite ne feraient pas publiquement appel à un document né de la veille. on concevrait. vous avez. et préparé les esprits à confondre les deux. dans des circonstances graves comme celles d'une invasion ennemie. dans un texte de la Doctrine. que cette clause eût été ajoutée. la faraouso promesse que le Christ est censé avoir faite directement ou indirectement à Abgare. à la rigueur. qu'on ne peut point fixer. Maintenant of Adda\. qui est ancienne. Il y avait dono longtemps.

10. par tous ceux qui ont entrepris de discuter la légende & Abgare. l'opinion que nous avons déjà émise. Les termes syriaques ch'laH et cAatftfor s'entendent plutôt d'un message verbal que d'un message écrit.118 I. Cureton. » Il s'agit toujours. vous avez vu les merveilles qui s'opèrent en son nom et quo vous avez entendu. son écrivain le plus illustre sinon le plus fécond. the doctrine of Addat. (1) W. parce que vous avez cru en moi. « Bienheureux vous avez cru en moi. sans m'avoirvu! Or. XVI Dans toute cette controverse. d'une promesse envoyée verbaplutôt que par écrit. de vos propres oreilles. que personne d'entre. Phillips. le grand docteur de l'Église Syrienne. La besogne reste encore à accomplir. . On comprend quo nous voulons parler de saint Ephrem. pour quiconque voudra vider le problème à fond. — G. Cela confirmo. et cependant. il y a un écrivain qui aurait dû être étudié à fond. au nom du Christ. la ville dam laquelle vous habitez sera bénie et aucun ennemi ne s'emparera jamais délie (\). on ne Ta fait que très superficiellement (2). p.comme dans la lettre de Jacques de Saroug.R8 OniOlNBS DR t/éoi. Aneient syriac documents. quo la lettre de Jésus à Abgare pourrait bien n'ôlre que le rélement sumé ou la mise par écrit des promesses verbales qu'Addal aurait faites à Abgare. (2) On n'a qu'à se rappeler ce que nous avons dit plus haut de Palout. vous ne doute afin que la promesse qu'il vous j* fait faire demeure irrévoétes-vous parce que cable pour vous. à savoir. la parole de sa bonne nouvelle. par suite.18B D*6DR88R après son ascension vers son Père.

— Opéra Gràïà"'•'. n'a pas une valeur hors. Plusieurs sont dépourvus de traductions. Ephrxmt Syri. pour faire le dépouillement de saint Ephrem. que le Testament trouve. 14t. p. J. aliorumque opéra sel'Cia) a donné une nouvelle édition du Testament de SI Ephrem. p. tintern^éL diaire de ton disciple \ Qui cette bénédiction\ demeureen elle jusqu'au ' — Voir J. parce que elle a été un peu remaniéo. il est tracé d'une écriture très moderne. n'est pas complet (1) J. une allusion à la correspondance de Jésus et d'Abgare (1): mais cette pièce. on aurait besoin de beaucoup de temps. on n'a guère cité. qui a été bénie pa*. la traduction est si imparfaite que c'est comme s'il n'y en avait pas. S jour où s* révélera le Saint ! » — Ovérbeekj p. car on ne peut pas s'aider des tables: la plupart des écrits de saint Ephrem qu'on a imprimés n'en ont pas. par :. . do plus. et. arméniennes ou syriaques de ce fécond écrivain*. p. (2) Voici ce qu'on lit dans cette pièce: é Bénie soit la ville dans laquelle tu demeurai (Réai&aoM)Edesse la mire des [Kàrkij sages. dans quelques-uns de ceux qui en ont. et. où on troverse. est passé entièrement pourquoi saint Ephrem sous silence par tous les auteurs. 395-itO. on a ajouté « une soughita sur la gronde église bâtie par le roi Abgare et f apôtre Addaî».ia bouche vivante du fils. toute seule.RT DBS BOU8K8 8YRISNNBS 119 Mais. dans cette conde saint Ephrem. HabuUe episeopiedessehl. Dans. Par conséquent.' Assémani^ Bibliotheea Orientalis. Latina. elle est plus complète et dressée%w un plus grand nombre de manuscrits. on ne peut pas s'y fier d'une absolue. tome II. manière Voilà Au testament de saint Ephrem. • Jusqu'à cette heure. 137-150. tH-UÎ. parce que personne ne veut se donner la peine de lire les oeuvres grecques. le manuscrit où il figure. Il faudrait trois ou quatre posséder convenablement langues . ainsi que le prouve la traduction grecque (2). tome I. mais rien ne prouve que ce poème soit de saint Ephrem. ligne. Balte!. Overbeck (S. en effet.

talis Clementino-Vaticona . et la raison en est fort simple: S. Auparavant. pour saint Ephrem. il existe de saint Ephrem. critiques. que cet auteur a magistralement On cite Assémani. dans toutes ces questions. Assémani ne parle que du Testament de saint Ephrem. les tra- Nous avons observé que les oeuvres de saint Ephrem attendaient encore un travailleur qui les dépouillât sur ce point. l'auteur des « Origines de r Église tfÊdesse » n'en dit rien. trop légèrement. à Assémani dont la Bibliolheca Orienest accompagnée de tables détaillées et excellentes. Et cependant. on consulte les tables d'Assémani où on lit l'histoire littéraire de saint Ephrem. nous allons combler la lacune et le faire à sa place. Voilà tout.traités spéciaux sur la matière. ce n'est rien. môme ceux qui font des • -. les hommes qui ont besoin de consulter cet auteur accidentellement ne peuvent pas le lire en entier . pour parler plus justement. Or. Par conséquent. Il est publié depuis plus de cent cinquante ans et personne. et on répète ce qu'il dit. ce n'est que peu de chose. c'est pourquoi cette pièce est la seule dont surcoupent les. nous dirons pourquoi on n'a pas cité ce passage dans l'étude de cotto controverse et comment nous sommes arrivé nous-méme à le connaître. au moins relatif à Addaï et à son un document très important être plutôt apostolat en Mésopotamie. n'y a fait la moindre attention. ou. Même. que je sache. Puisqu'il ne l'a pas fait. appelle. c'est pourquoi ils recourent. L'histoire est instructive et elle en dit long sur la manière dont se font quelquefois ce qu'on vaux critiques.120 M» 0R10INB8 PB l/IOUSB D'BDBSSB et semble un essai do plumé qu'une oopio normale et régulière. Ephrem n'a pas de tables. -\ retracée. et c'eût été à lui qu'il eût appartenu do mettre ce certainement texte en lumière. En tout cas.

in-4». 1882-1886. page 28. 1873. rapporte. que tout l'Orienta tellement cru à celte correspondance.l. là. de ses homélies ou de ses commentaires. mais il ne l'a pas publiée et o'est là ce qui a induit en erreur les intégralement. comme la cité d'Angara cOfhmlé . qu'on pourrait composer un volumineux ouvrage lien qu'avec lés témoignages relatifs à cette léilnV. une Yio do saint Ephrem assez étendue. Nous ne voulons pas attaquer ou défendre l'opinion pour ou contre l'authenticité de cette correspondance. en tête du second volume de son Sancti Ephroemi Syri hymni et sermones. (%) Revue des questions historiques. par conséquent. semblable à celle de Rome. mais cependant assez différente dans les détails. critiques exacts et pointilleux.HT DBS BQU8B8 8YRIBNNK8 121 dans son grand ouvrage. En copiant cette vie. j'en pris une copie que j'ai cédée depuis à Mgr Lamy et que ce savant a publiée. je l'ai transcrit et cité en français. Or. pages 3-00 (1). il y a quelque vingt ans. Il y a. Valens en 1873 (2). dont il a mémo donné de nombreux extraits . une mine à exploiter pour tous ceux qui sont à la recherche des oeuvres inédites du célèbre Docteur. qui se préoccupent plus des minuties quo dé l'ensemble d'une question.eî chrétiens syriens ont chanté Edesse. car il y en a encoro Assémani a analysé. j'y remarquai un passage qui me frappa beaucoup . à savoir. L'auteur raconte quo l'empereur (I) Malines. sachant que la Bibliode Paris possédait une vie de saint thèque Nationale Ephrem. de temps en temps. beaucoup qui ne sont pas publiées. qu'on y cite en particulier les « incipit » do ses hymnes. mais constater simplement un fait. Ceux qui ont parcouru les extraits de cette vie. Yoici ce que j'écrivais il y a quinze ans : c Tout le monde connaît la lettre qu'on dit avoir été écrite au roi Abgare par Notre Seigneur. des fragments des écrits de saint Ephrem . dans la Blbllotheca ont dû remarquer qu'on y Orientons. tome XIII.

dit 1 auteur de la vie suivante: parisienne. et il se retira. pendant que l'évéque et quelques-uns des principaux de la ville se rendaient ause laissa près du prince. Que la ville. ville pénétrée de sensX La foi est la ceinture de tes reins l Ton épêe est la vérité qui triomphe de toull Ta couronne est la charité qui modestie tout ! {0 Edesse). dans quels termes S. avec leur pasteur. • Suit le passage que nous discutons en ce moment. car les Édessiens avaient abandonné celles-ci. saint Ephrem composa l'hymne « Les portes des maisons étaient ouvertes. Lo peuple se réunit dans la grande église de saint Thomas pour prier. 6 Edesse. mais nous ne changeons pas de foi ! » « 0 Edesse% continue le poète. « À la vue do cet événement. s'écrie-t-il. en les effrayant. ville pleine de modestie. sermones. comme la forteresse inexpugnable. (1) J. pleine de I (0 Edesse). de la ville d Abgare et de l'Église d'Addaï. du temps de Tévêquo Barsès (301-375). . Sancti Ephrtemi Syri hymnitt p. que les maisons soient livrés à Tempe reur! Nous cédons nos possessions et notre or. dont le nom est la gloire de lui (le Christ ?)! {0 Edesse). Ephrem (f 373) célèbre sa patrie d'adoption i et O Edesse. se rendant. d'inlelligencc de sens I etc. dans l'intention d'amener. au tombeau. ombre de la. en ambassade. Lamy. 77-80. Jérusalem céleste (L) I » exalte Un si bel éloge de la capitale de l'Osrhoène. L'empereur fléchir par les prières ou vaincre par le courage des Édessiens. H. . Th. avait pour moi un Voici la ville protégée de Dieu. les Édessiens à se rallier aux Ariens qu'il vint protégeait. que le château. que les constructions.122 LKS 0RI0INB8 DK L'ÉGL18B D'BDB8SK camper un jour auprès d'Édesse. préférant mourir plutôt que de changer de foi. que le nom de son prédicateur glorifie ! 0 ville maîtresse de ses compagnes \ 0 ville.

où il offrit des sacrifices. De là. (tome I. en cet endroit. Rome. je songeai à trouver la vie romaine en entier et à la lire d'un bout à l'autre. et j'eus. me donna quelque espoir. en effet. 51). Il va sans dire que je cherchai à m'assurer si ce passage existait dans la vie romaine et je As comme tous les savants ont fait avant moi et font depuis moi. au retour de sa campagne. Mais qu'est-ce qu'il passe sous silence et où trouver ce qu'il omet? Possédant la vie parisienne de saint Ephrem. Il est raconté de ce dernier empereur qu'allant faire la guerre aux Perses il s'arrêta à Harran. des hymnes dont voici un extrait. seulement. . saint Ephrem composa. Arrivé à la page LVI. avec ses nombreuses allusions à Addaï. ville à moitié païenne. pour s'en apercevoir. C'est alors que je vins à penser aux Sancli Ephroemi Opéra. mais il n'obtint pas le but qu'il se proposait et il jura de se venger. Il suffit de comparer le texte et la note avec quelque attention. Quand Julien eut péri. au lieu de se passer sous Valens. je commençais à craindre de ne rien trouver. il députa des officiers à Édesso. p. quand la lecture d'un passage d*Assémani. et aux principaux faits contenus dans l'histoire ou dans la légende. je dirai tout à l'heure pourquoi. La table ne fournissant aucune indication. bientôt la satisfaction de rencontrer la vie que je cherchais. tome I. Assémani ne cite pas la vie romaine intégralement. pour effrayer les Édessiens et les attirer à son parti. à Abgare. mais un espoir qui n'était pas sans mélange . 6 volumes in-folio. j'y aperçus un récit en partie analogue à ce que je connaissais déjà par la vie parisienne .ET DES EGLISES 8YRIENNBS 123 intérêt tout particulier. sur Edesse. en tête du tome III * des oeuvres syro-latines. 1729-1732. je recourus à la Biblioiheca Orienlalis. les faits se passaient sous Julien. dit-on.

où tu demewes! (Bénie) Edesse la mère des sages. Ephrami qu'au jour où se manifestera le Saint / » Bibliolh. qui me donnera de pouvoir raconter et célébrer tes beautés sublimes ? Je suis vaincu par Vétendue du sujet. Tous ses habitants ont dit avec résolution : Il faut que nous donnions nos biens. p. » J. LVH. on lit ce qui suit : t Bénie la ville (Karka). Opéra Qrseea. p. nos maisons et tout ce qui nous appartient. quia été bénie parla bouche vivante du Fils (de Dieu). lib. changé ni la foi ni tamour qu'elle a pour son Seigneur. mais je ne tairai pas cependant ton éloge \ (2). trouver Vimpxe pour mourir. lib VI. 895-410 . etc. du bienheureux apôtre Addaï X 0 Edesse. avec son pasmais elle ria teur.. II.11. au tyran qui marche contre nous. Ephr. impcratoris (3) « Reliqua. in urbcm adventu. 18. qaao de legatorum hoec Theodorctus. 15 et Sozomencs. et. Assémani. p. Syri. 235. p. qui ressemble par ses appellations à la Jérusalem céleste X 0 Edesse. —5. ornée de moeurs. et elle est allée. I. exprime (1) Dans le testament de S. pleine de bénédictions (i) ! 0 Edesse. Assémani. par t intermédiaire de son apôtre I Que cette bénédiction demeure en elle jus— J. dans une note ajoutée à la page 51 du Orientalis tome I de sa BiNiolheca (3). de sens. p. (2) S. elle a vaincu toutes tes erreur s\ Sa couronne est embellie par la charité \ Que le Christ bénisse ses habitants X Edesse est ornée de gloire et elle se glorifie dans le nom de Jésus X « Edesse se glorifie encore du messager du Christ. etc. IV. elle a laissé ses maisons ouvertes. 141.124 LES 0RI0INES DE i/ÉOLISE D'BDESSE « Edesse a abandonné ses richesses. ad Valcnlis tempora rejiciunt. d'intelligence et dentendement 1 Edesse a ceint ses reins avec ta foi. 141-142. Overbcck. cf. subjungit. de perspicacité. cap. Orient. avec son Seigneur. 5. Ephrem. Kphrxmi Syri opéra omnia. quibus lamcn nos- . plutôt que de changer de foil « 0 Edesse. cap. tome III des oeuvres syriaques. cf. 433-437.

Bibliotheca Orient. non babeamus. Ephrxmisyrl. pages 3-20. 18 et d'après Théodoret IV.—Mais. ab illo laudalum. que ce savant a publiées dans son S. LXXXII. mais la vie pariEphrem rétablit toutes choses à leur place. Htst. quelques doutes sur l'authenticité dit il. soit qu'ils soient empruntés à quelques-unes de ces hymnes que saint Ephrem composa sur Edesse. IV. — Patrol. 51. 1152-1160. BaUfi. chap. nous. puisqu'il ne quitta cette ville qu'après la remise de la place aux Perses par Jovien. ab oscitante svro ad Juliani tempora (raducta fuisse. Il semble. ecclés. d'ailleurs. .. correct. 14-15. Nous savons.ET DES K0LI8ES 8YRIENNBS 125 de ce récit. Oxford. en effet.n'avons pas en entier le poème do saint Ephrem. in 8*. Desumplum est autem ex ejusdem opusculis in Julianum Aposlatam. 1865. parce que. place les faits sous Valens. Est carmcn in quo Ephroemus constantiam Edessenorum exheptasjllabum. (1) Théodoret col. tandis que celui de Rome est fautif (1). ea. quoiqu'il en soit de ce point secondaire. Il avait l'habitude tri aucloris testimonium prsefcrendum cssel. le récit du manuscrit de Paris est. il n'y a pas lieu de douter de l'authenticité des fragments qu'on rapporte ici.altorumque opéra selecla. mais je n'y ai rien trouvé de ce que nous lisons dans les vies du diacre d'Édesse. quo sous Julien saint Ephrem était encore à Nisibes. » J. Il n'est donc pas probable qu'à cette époque le saint Docteur ait écrit sur Edesse. soit qu'ils soient pris dans les poèmes contre Julien (2). suivant toutes les vraisemblances.. grecque. ftabuUe episcopi edes sent. 1415. bien qu'il ait composé des poèmes contre Julien. successeur de Julien. sed quo m S. quae Yalenti a sanclo Doclore tribuuntur. tollit. p. les hymnes contre Julien. I.si certo constaret. qu'on attribue vraie à Julien sienne de saint ce qu'a fait Valens. Ephroemi intcgrum carmcn. Par conséquent. de quo supra. a sanclo Ephroemo bona fidc fuisse descripta. dans Overbeck. quto narrât. Assémani. (2) J'ai parcouru. et qu'on transporte aux temps de Julien ce qui s'est passé sous Valens d'après Sozomône VI. mcrito suspicamur ea.

quelquefois mot pour mot. il y a quelques années. — Ms. il ait résumé. A. deux passages sont extraits de deux hymnes diverses ou de deux parties de la même hymne. à grands traits. et que très souvent la forme est les presque identique. Mais ce n'est pas tout ce que j'ai à dire sur ce sujet. etc. Par conséquent. manuscrits arméniens de la Bibliothèque — 280. dans les innombrables poèmes religieux qui sont sortis de sa plume. les cinquante-six les hymnes deuxième et vingtrétiques. dans ce dernier manuscrit. C'est à tel point que des strophes entières se ressemblent. Cela nous explique comment deux vies. sur les incursions des Huns. comme il en composa tant d'autres sur les événements qui eurent lieu de son temps. nous donnent deux passages présentant des pensées communes. Nationale (1). Il n'y a point. 1 f* 46 et suivants. lieu de douter de l'authenticité des poèmes de saint Ephrem relatifs à Edesse. D'après la note placée en tête de l'article. hymnes contre les hépar exemple. en particulier. sur la ruine des couvents. (1) Manuscrits arméniens 47. la vie de saint Ephrem. sur les iléaux de la guerre ou extraits de la famine. de vieux En effet. deuxième . son histoire chrétienne. mais C'est que les revêtue» d'une forme assez différente. — ceux qui ont lu ses ouvrages le savent — il avait l'habitude d'écrire presque tout en vers et de reproduire les mêmes pensées sous des formes légèrement différentes. de ces deux je le répète. par ordre de nol:e seigneur Grégoire Vgahuser . Nous savons que cet écrivain avait composé des hymnes sur cette ville. 46. ayant l'occasion de louer la ville d'Edesse. il n'y a rien d'étonnant à ce que.« a été traduite du syriaque en arménien. sur la chute de Nicomédie.celle de Rome et celle de Paris. feuilletant. f**68. a col. Ceux qui voudraient s'en assurer n'ont qu'à lire. ils s'apercevront bien vite que les idées sont les mêmes pour le fond.126 LUS ORIGINES DE L'ÉGUSK D'ÉDESSF.

Comme ce texte arménien est complètement inconnu. hymnes que nous avons encore en syriaque. à peu près mot pour mot. dans la Revue des questions historiques. et. cntholicûs des Arméniens. le rédacteur arménien insère. » . numéro d'octobre. 401-407. (on Xemarlyrophile). l'an 1102 de Jésus-Christ. suit le texte syrien. et sur ce qui était arrivé de son temps. un peu mieux du cas qu'il faut faire des hymnes citées par le biographe de saint Ephrem. nous pouvons nous rendre compte. « Saint Ephrem (2). dans l'ensemble. — Quelques passages sont cependant changés de place . dans l'ensemble. mais non toutefois sans y ajouter quolques variantes. mais. je crois faire une chose utile à la science et agréable aux savants en ici la traduction rapportant intégrale et littérale du passage qui correspond aux deux vies syriennes citées précédemment . dit l'auteur de la vie arménienne que j'ai sous les yeux. à savoir. par conséquent. delà mort et des funérailles de ce dernier personnage.BT DES ÉOLISBS SYRIBNNK8 127 j'y ai rencontré une vie de saint Ephrem. saint Ephrem écrivit sur Jacques évéque de Nisibes. j'y ajouterai même une partie du contexte. sur les martyrs qui souffrirent à Edesse. Van 550 de notre ire. Ephrem écrivit sur elle. les deux éditions sont identiques. Oourias. dans son récit. (1) Voir ce que j'ai écrit. qu'en parlant des relations du saint diacre d'Édesse avec Abraham de Quidoun. en l'employant sagement. par exemple. (2) Le manuscrit arménien 47 omet ici les mots qui existent daos le Ifs. 46 et dans le syriaque :« Nicomédie lut renversée et elle péril. p. 8. C'est ainsi. Chamouna. deux fragments des hymnes que saint Ephrem composa sur son ami. qui. bien qu'elles ne soient pas publiées (1). Nous avons donc là un moyen de contrôle . — La traduction arménienne reproduit l'édition syrienne qui est à Paris. sur l'empereur Constantin le Grand. en 1887.

à prier de tout d'accéder à ses conseils et continuèrent leur coeur. Quand voquer auprès de lui les principaux les citoyens d'Édesse eurent connaissance de l'ordre qu'avait donné le tyran. ruinant vèrent hors dé la ville. et ils refusèrent d'aller le trouver. dans le temple du saint Apôtre Thomas. Or. une seconde fois. qui avançait et courait allègrement avec deux enfants àlamammelle. vers l'Église. prêtres et fidèles. (2) L'arménien porte Quierchaml . au contraire. femme fendit Quand elle approcha la presse et se hâta des soldats. Il conseilla.128 LES ORIOINBS DB L'ÉOLISB D'ÉDBSSB Il composa des commentaires sur l'Ancien et le Nouveau Testament. avec de nombreuses troupes. aux habitants. sans retard. tout ce qu'ils trouqui fondirent sur Edesse. à l'époque où l'évoque de cette ville s'appelait Barsés (2). et il fit conhabitants. Ce prince vint à Edesse. Mais le général l'ayant aperçue ordonna de l'arrêter . puis il lui dit: Où vas-tu. qui exila beaucoup d'évêques et de prêtres. cette de passer. le même général. dans une seule et même pensée. pendant que celui-ci avançait au milieu de la ville. ordre que celui-ci. fermes et monastères. On voit que les Arméniens ont le privilège de défigurer les noms propres. ainsi que sur les nombreux chrétiens qu'ils tuèrent ou emmenèrent en captivité. et aucun peuple n'en use comme eui. Il s'établit hors de la cité. refusa d'exécuter. villages. ils se réunirent tous. Il écrivit encore sur les Huns et Habib. Il traita également de l'impie empereur Valens (1). ce qui reviendrait à notre mot (1) L'arménien Turridus. de conmais ils refusèrent sentir à aller trouver l'empereur. « Le tyran s'emporta et donna ordre à un de ses généraux d'entrer dans la ville et de tuer les Édessiens. femme? — Celle-ci lui répondit: j'ai porte Donrilos. touché de compassion. Valens envoya. il rencontra une femme chrétienne.

Il le congédia donc en et lui-même se retira de paix d'une façon bienveillante. — Le général lui dit : Et ces deux enfants. souffrir avec moi. sage et senta vraie sée. pleine de modestie. le général admira l'ardente femme et tout le peuple avaient pour Dieu. il alla raconter à l'empereur la foi invincible des Édessiens. 0 Edesse. nos possessions. mais ils n'abandonnèrent pas ta vérité. pour quoi vont-ils avec toi ? — La femme lui répondit : Ils vont. célébra celle-ci en disant : « Ses maisons ouvertes. — Ce qu'ayant encharité que cette tondu. 6 dont le nom de VApôtre . le bienheureux Ephrem. pour ornement le signe de la croix. nos biens. le voyant si attaché au Christ. qu'on les donne à Vempereur. pour la vérité. témoin de la foi et de la charité de la ville envers Dieu. il n'osa rien lui faire.ET DBS 60LI8B8 SYRIBNNBS 129 appris les tourments que tu veux infliger aux chrétiens pieux . vint à lui avec ses prêtres et avec son évêque. • Or. pleines de grandeur Edesse les a abandonnées. pour foi. c'est pourquoi je me hâte d'aller souffrir avec eux. « L'empereur lui-même admira une pareille vaillance. la prière terminée.mais qu'on ne change pas notre foi X Les saints prêtres et les fidèles amis de Dieu se livrèrent eux-mêmes à la mort. ville sainte. qui a pour ceinture les oeuvres de sainteté. eux aussi. et ses portes allant mourir Nos remparts. revenant sur ses pas. Ce fut la foi d'une femme qui sauva de la mort la ville tout entière. ornée de vertus. pour couronne ta charité qui exalte au-dessus de tout X Que Notre Seigneur Jésus-Christ bénisse ses habitants X 0 Edesse dont te arme nom de Jésus est la gloire. C'est pourquoi. puisqu'ils allaient ainsi gaiement au-devant de la mort. ces parages. et quand le peuple. nos palais.

évielle s'est passée sous Valens. *. • Le manuscrit 47 omet le premier membre : « Dont le mm de t Apôtre fait la fierté. t Dont te nom de l'apôtre fait la fierté. par conséquent. f* 278. il est manifeste. » — En comparant avec l'original syriaque. de l'an 364 à Tan 372. par cela comme par beaucoup d'autres indices. été (2) Le passage relatif au |>ortrait de Jésus a évidemment ajouté dans l'édition arménienne. fait la consolation il compara ces deux cités Tune à l'autre. col. YApôtre. f* 52. 47. 1 à 270. à cause de sa foi orthodoxe. telles les bénédictions. (3) Manuscrit Arménien de Paris. Il composa des chants sur la même ville et sur Samario . et diffère par suite assez do la vie qui est à Rome. col. en général. 1 à 53. . — Voir aussi manuscrit 48. celui qui lui a apporté l'Evangile. en lui enJésus-Christ (2)1 Ville voyant son image en guise de précurseur qui est Vimage de la Jérusalem céleste X t Tels sont les éloges. » A la suite de ce passage vient l'histoire d'Abraham de Quidoun : par conséquent. 1.130 LBS OR10INKS DE l/éOLISB D'BDKSSB (1) I Ville maîtresse qui apparaît à ses voisines. etc. la bonté de celle-là à la méchanceté de celle-ci (3). Le fond est cependant le même. on découvre qu'il y a la une double traduction dans un des deux manuscrits arméniens. que l'édition arménienne do la vie de saint Ephrem a subi quelques remaniements. que dans les deux vies syriaques. dont le nom du chef est la consolation. Elle vient de ce que le traducteur n'a pas bien compris le mot Korouzeh. recto. ou bénédictions et éloges semblables. et uon pas sous Julien. on lit. que le bienheureux Ephrem octroya à Edesse. son prédicateur. etc. sur le fond de celte histoire . pecsons-nous. c'est la demment (1) Dans le manuscrit arménien 46. A. Le fragment que nous venons de rapporter suit la vie de Paris. pas à pas. c'esl-adir*J. en cet endroit. ville que Notre Seigneur magnifique a bénie plus que les autres. à quelques variantes près. Par conséquent.. verso. Mais il n'y a pas de doute à avoir. Les deux manuscrits portent cependant celle leçon.

de captivitate et exeidio pagorum.-T. p. Orient. de S. si on arrivait à découvrir les hymnes contre Julien (1). on reconquerrait. c'est l'édition arménienne.carmioa publicavit de urbe Nisibi. 50-51. Assémani. qui ont raison contre la vie qui est à Rome. quo in carminé memoral quoe hoc loco annectere libuit. de calamitalibus sut temporU. S. — Dans la vie Parisienne.. Quibus adjecit hymnos de saneta Samonita.?l. sur Chamouna. H. rias. ils ont été simplement puisés dans une seconde hymne ou dans une autre partie do la même hymne. les un jour intégralement hymnes sur Edesse. etc. Tom. sont parfaitement authentiques . Guria. quant au fond. . Jacobo. LV. tom.. Ephroemus usque ad tempora Valenlls. p. Bihlioth. des documents très importants pour l'histoire d'Édesse.. quibus orbem terrarum implevit. p. que l'éditeur a trouvée plus belle et plus digne de figurer dans sa composition. — s. Lamy. quelques fragque nous venons de (I) « Inierea Epbrtem varias elucubrationes diclabal. Ephroemus scripsit Vivus aulem permansil facinora ab istis execrandis perpclrata. I. « Ejus aulem tempore Hunnoram populus Tune sanclus contra Edessam invasit. mentaires que soient les textes Mais. on lit la même chose. Nam. malgré cela.. et llabiboi. sur Habib. 78*7d.131 vie de Paris. XVII Je ne doute donc pas que. mais les variantes sont notables. atque monasleriorum suburbanorum ejusdem wbis..ET DB8 B0LI8BS SYRIliNNKS . » — J.qui Edessx coronali fuerunt.. pcreadem tempora. les martyrs. S. qui existent dans cette dernière. Carmen quoque conscripsU te persecuHone impii Juliani adversus eeclesiarum paslores : ad Juliani tempora Ephroem pervenit. Gououtre etc. ab irato Deo ad mortaUum correptionem immissis.. des renseignements très précienx pour la controveise que nous étudions en ce moment. Ephrscmt opéra Syro-Lalina. 111. les fragments du poème de saint Ephrem relatifs à Edesse. Mais. Ephrterni su) i hymni et sermones. de Constantino imperatore. et de filiis ejus Macchabeis : deque sanctis Samona.

17141. Ce serait un vrai service rendu à la science et aux études orientales. b. Les textes ambigus ou obscurs deviendraient clairs. des renseignements qui compléteraient ceux que et les commenteje viens de fournir. par exemple. tes . et paraîtraient plus expressifs. des strophes comme celles-ci. (1) Ms additionnel (2) Ibid. f. revêtiraient une force toute nouvelle. Quand il bâtit ici (ThaDieu eut détruit le temple dIsraël. Tout cela réuni formerait un faisceau des plus solides et des plus satisfaisants. en les rapprochant des précédentes : « 0 quelle vie il y a dans notre pays ! Heureux notre pays\ Quel fruit y a-t-il donc dans notre pays ? Sa racine est dans te sein de la terre et sa tête est dans tes deux X Ses branches s^étendent sur et les anges se délectent de ses montagnes PAISIBLE. b. pour ma part. dit ailleurs le saint diacre d'Edesse. les termes qui.132 LBS ORIOINBS DE L'KOLI8E D'ÉDESSE citer. pour les esprits accessibles à une démonstration. après que le temple du peuple d?Israël a été détruit. seuls ou isolés.. t. et cela donnera peut-être à quelqu'un l'idée de dépouiller méthodiquement les écrits du saint diacre d'Édtesse. limpides. Je ne doute pas. même tel que nous l'avons. ou d'en dresser la table. Quand on lirait. qu'il ne fût possible de trouver dans saint Ephrem. disent peu de chose. nous ne doutons pas qu'ils n'offrent un grand intérêt à tous ceux qui étudient en ce moment la légende (£Abgare. les éclairciraient raient. inattaquables . fruits qui donc a (1)1 «— « 0 VILLE et enlevé du milieu de toi le percé tes remparts trésor que lu as gagné en exerçant le négoce %—C'est le Mauvais qui a percé mes remparts et qui s'est moqué de moi (2)1 » — « te Christ a fondé l'Église des nations. 73. 78.

on a le droit de supposer que ses expressions doivent être prises dans leur sens obvie et naturel. au fur et à mesure qu'on explore la littérature de ces chrétientés antiques. sous les yeux. une multitude de passages généraux impliquant. ce qui ne veut pas dire que le trésor n'ait pas été considérablement augmenté depuis qu'il écrivait. Monseigneur Ebed. d'une manière plus ou moins expresse. EphrtemlSijrl (2) EbcdJesu Khayyath. » On trouverait encore. documents d'une richesse incomparable. Syri Orientales. de l'Assyrie et de la Perse. P. l'origine apostolique des Eglises Syriennes. Chaque nouveau livre apporte de nouveaux témoignages et vient grossir le nombre de ceux que nous possédons. 404. (1) 8. en feuilletant de vieux manuscrits. Il émane de Cyrillonas. et Romanorum ponllficum primatus. une fois surtout que l'on sait quelle est l'opinion du milieu où il vit. il n'y a pas longtemps. car mon) une église où Marcion on ne parlait pas encore de lui (1). 1870. et on en découvre tous les jours des preuves nouvelles. mais il reste encore assez à faire. . Assémani a déjà livré au monde. p.Jesu a jeté une lumière un peu plus abondante Khayyath sur les origines des chrétientés Assyriennes et Mésopotamiques (2). seu Chaldxl. bien que ces passages ne disent point par qui ces Eglises ont été fondées.Nestor la*i. 11. L'origine apostolique des Eglises de la Mésopotamie. n'a jamais fait l'ombre d'un doute pour personne parmi les Syriens. un écrivain Opéra Syro-Lalina. Roma>. une fois que l'on connaît la manière générale de penser d'un auteur. Seulement. Je veux profiter do la circonstance pour faire connaître un témoignage inconnu qui m'est passé.ET DES É0LI8BS SYRIENNES 133 n'a jamais officié. dans saint Ephrem. dans orientalis sa Bibtotheca des Clementino-Vaticana. sous ce rapport.

notamment des fragments des hymnes sur Edesse relatés dans la . les Grecs expliquent tes mystères. deux plaies qui offraient à ses yeux quelque ressemblance. les courtisanes se convertissent. en particulier.Tandis (1) Manuscrit additionnel 14591. Voir son Conspeclus rei lUterarùe Syrorvrt. Cela ressort clairement des passages cités plus haut. p. les femmes impures se purifient. est prêché dans les villes. comme l'Inde l'a été par saint Thomas et Rome par saint Pierre. les Romains commentent tes saints livres. Biekell a publié une traduction latine de ee poème de Cyrillonas. ai. 11 est donc évident que saint Ephrem admet l'origine apostolique des Eglises Syriennes. les païens renoncent à leurs idoles et leurs prêtres abandonnent le paganisme. dans le monde et dans l'Eglise.. dans le siècle et dans le cloître. des oeuvres saintes qui se font un peu partout. les rois se soumettent à ta croix et les reines s'embrasent de ton amour (1)1 » Le sens obvie de ces paroles esl évidemment que la Perse et l'Assyrie ont été évangélisées aux temps apostoliques. je me rappelle que G. que je relis ces lignes. dans r Assyrie et croit au évangile triomphe sein de VInde. A 2 — 76. Cyrillonas trace un très curieux tableau de la société chrétienne en général. avec Thomas qui l'y enseigne. ô Christ. 35.. en effet. f 75. ton .134 LKS ORIGINES DB I/B0LI8B D*BDI?8SR contemporain de saint saint diacre d'Edesse. et qu'il attribue la fondation de l'Eglise d'Edesse à Addaï. parmi les fidèles et dans le clergé. Voici. que ta doctrine se répand dans la Perse. Simon te prêche dans Rome . les juges pratiquent la religion . Ephrem ou de peu postérieur au Dans son poème sur les sauterelles et sur les incursions des Huns. Il termine cette peinture par ces mots : « Ton enseignement.

que le célèbre Docteur syrien ne partageât les idées de ses sur ces divers points. au moins. les hymnes sur les martyrs Gharbil. par exemple. Tous ces écrits ont péri ou n'ont pas encore été retrouvés. des homélies morales. et. il n'y est demeuré que huit ou neuf ans. Par conséquent. Chamouna. il ne faut pas. Gourias et Habib. et des écrits polémiques contre les hérétiques. si les biographes du saint ne nous en avaient pas conservé deux fragments. sa patrie d'adoption. Il est vrai qu'il ne parle pas d'Abgare. tels. quand on connaît les faits et les écrits qui se rattachent à cette controverse. nous n'en saurions rien. dès lors. le bagage littéraire du saint Docteur comprend surtout des commentaires de la sainte Écriture. s'étonner que le saint parle peu d'Edesse. Ces deux écrivains représentent deux phases très différentes de la vie littéraire des .BT DBS BOLI8BS 8YRIBNNB8 135 vie de Paris et dans la vie de Rome. mais on ne peut pas douter raisonnablement. Je dois ajouter à contemporains ce que je viens de dire deux observations : la premièro est que saint Ephrem a passé seulement les dernières années de sa vie à Edesse. dans les textes que nous avons commentés précédemment. commo il est mort en 373. d'Edesse souvenirs relatifs aux Origines chrétiennes auraient pu revenir ont péri. Il s'est transporté dans cette ville en 364 ou 365. Tels encore les chants sur Edesse et sur la perqu'on sécution de Valens. son activité littéraire a eu pour théâtre principal la ville de Nisibes . En second lieu. et ceux-ci justifient pleinement les espérances que nous pouvions concevoir à priori. ce n'est point là évidemment à trouver des allusions à la pouvait s'attendre Les ouvrages où ces légende ou à l'histoire d'Abgare. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que saint Ephrem ne parle pas d'Abgare et d'Addaï autant que le fait Jacques de Saroug.

on parle. Je ne Yeux pas finir sans signaler uno note placée à la fin du commentaire do saint Ephrem sur le Àtx Tewipw do Tatieu et relative aux apôtres ou aux disciples du Christ. tom. sinon uniquement. quelques disciples et les sectes juives. et cette objection. 187(J. ne manqueront pas de dire certains érudits. Venise. qui semblent bien appartenir à saint Ephrem. I. à la fin d'un livre qui s'expliquent assez naturellement devait résumer l'enseignement évangélique. cependant je ne vois pas l'authenticité de raison sérieuse qui puisse l'infirmer. tandis que Addaî est (I) (Barres de saint Ephrem en Arménien. p. Venise. un des soixantedouze disciples. parlent toujours A'Addai et jamais de Thaddée. la voici : Les Syriens. par lesquels se termine le Atx xivs&pm. Les deux personnages sont parfaitement distingués chez eux : Thaddée est un apôtre.p. de plusieurs des disciples du Christ. On y dit d'Addaî : « Thaddée. Après quolques détails sur les Évangélistes. . car les détails historiques sur les Evangiles.136 MCS ORIOINBS DB f/éOU8B D*éDB8SB Syriens. sermonnairo et panégyriste. prêcha à Edesse au temps à"Abgare qui était chef de cet endroit. l'autre est avant tout. Il est vrai qu'on peut me faire une objection. » Je ne voudrais pas défendre d'une manière absolue de cette note . en quelques mots. en apparence très sérieuse. 1836. Môsingcr. — G. et il guérit ce prince de sa maladie (1). EvangelH concordantis expositio. Je ne vois pas trop pourquoi on les aurait ajoutés dans l'édition arménienne du Atx TSOTXPW. 239. L'un est surtout exégète et hymnographe. d'autant plus que le commentaire de saint Ephrem se transforme insensiblement en note biographique.287.

le traducteur arménien a vu que (1) J. mais je dois ajouter que. au contraire. Les origines de connais qu'on seul cas. — Je ne Syriens. et cet auteur ne nous parle nulle part d'il ddaï. (2) Edition de Venise. de la leçon Thaddat an c'est une simple faute.299. qui. 178. 1877. ici co n'est pas Addaï ccnséquent. C'est ainsi que l'ap(FArKhorone dans son Histoire ménie (2). 88.Par arménien ne peut pas émanote finale du Atx iwfyw < Les Syriens ont été. "Fixeront. 77. chez les lien de Addaï.309. 1813. C'est ainsi qu'on l'appelle également dans la traduction arménienne de l'Histoire ecclésiastique a'Eusébe (3).294. p. ajoute t-on. la que nous lisons. elle n'a aucune portée. Il est vrai que la traduction arméniene de la Doctrine d Addaï porte Addée. 106. mais je crois que plus bas. ment Addaï du pelle Moïse de : la traduction et les Arméniens arménienne nous est appellent habituellenom do Thaddée. nous a parlé à'AddaX et non de Thaddée.ET DBS BOUSES SYRIENNES 137 un des soixante-douze disciples. en effet. p.107. Ici. : été probablement (4) De plus. on le mot ne revient qu'une fois (4). p. la Doctrine d'Addatn traduite en . mais le nom propre étant répété ici très souvent a dû empêcher le traducteur de confondre le mot Addaï weole mot Thaddée. 65. — Voir Arménien. a pu se produire facilement dans la note finale du Atx xtmiçw. c'est Thaddée. On voit que je n'affaiblis pas l'objection . fidèles à conserver ce ner de saint Ephrem. comme tous les auteurs syriens. En effet. 83.154. suivant moi.. confusion qui.317* (3) Edition de Venise. dans l'extrait du poème sur Edesse contenu dans la vie qui est à Rome. nous n'avons pas le Au -rettxpw dans l'original syriaque seule parvenue. particulièrement caractère (l) > [à Addaï]. en Féglise dÊdesse.155. — Or.

en même temps. il a connu aussi Abgare. et il les a connus. p. Cela 8'expliquo tout natureileraout : l'histoire des études critiques est pleine de faits de ce genre. Toutes ces diverses circonstances réunies ensemble me font croire qu'il né faut attacher aucune importance à la présence du mot Thaddée dans la note par laquelle se termine le commentaire sur le Au -KWZOWde Tatien . que la leçon Thaddée* si elle était originale. période de la littérature (I) Je ne doute point. d'une manière générale. explique peut-être comment les Arméniens ont facilement substitué. 147- . mais je reconnais. par exemple. J'ajoute enfin que. la confusion entre les deux mots Addaï et Thaddaï ou Thaddée est on ne peut plus facile (1) : la lettre a [olaf) et le th (thau) différent quelque fois très peu l'une de l'autre.138 LEQ 0R10INB8 DK l/SOUSB n'âDBSSB l'Addaï de l'original syriaque était le personnage que les Arméniens appelaient du nom de Thaddée. tels que nous les présente la tradition syCette circonstance arménien vers l'an 420 ou 430. durant la première arménienne. que cite Kbcd-Jesu Kbayyath. dans le passage dlehoohad. dans l'écriture syriaque. que la lecture Thaddat au lieu de Addal ne soit due à cette cause. tous les deux. dans son Syri orientales. S'il en est ainsi. de Hadclh. J'incline donc à penser que le renseignement final du Atx -reroxpav arménien émane do saint Ephrem. rienne. c'est-* dire. suffirait pour révoquer en doute l'authenticité de ce document. le mot Thaddée au mot Addaï. et il n'a pas dû hésiter à substituer ce nom ci à ce nom-là. le diacre d'Edesse n'a pas connu seulement Addaï.

Marcionites. et si le Christ a envoyé un message quelconque à Abgare. dont il a été longuement question plus haut : «/n chéens. . Si Edesse a été évangélisée par saint Thomas et par Addaï. Les grands éloges qu'il fait de cette ville pourraient s'expliquer par la tradition relative à l'apostolat d'Addaï ou à la prétendue corresmais il y a certaines pondance de Jésus et d'Abgare. les Marcionites. prémunit les Édessiens contre les hérétiques suivants : les Ouritiens.ET OKS BGU8E8 8YRIBNNR3 139 XVIII lisait-il également la clause finale Ephrem dans la lettre de Jésus à Abgare : « Et ta ville sera bénie et aucun ennemi ne s'en emparera jamais. p. les Quouquoiensoa Quouquites. les Pataliens (?). Valentiniens. les Manichéens. les Pauliniens. les Ophites. — La plupart dé ces noms reviennent dans les poèmes polémiques contre les hérésies. etc. mais Edesse elle-même est devenue un nid d'hérésies et d'hérétiques : SabbaMani. expressions qui ne s'expliquent que par cette clause et par la croyance que les Syriens avaient alors en son authenticité. Quouquoïens. Messaliens. (1) » Je le crois et je fonde mon opinion sur la manière dont Saint le saint Docteur parlo d'Edesso. S. etc. (2) Ceci montre le cas qu'il faut faire de ce que dit la célèbre PassioThomat. Bardesanites. les Eunomiens. 147). Les Abgare sont retombés dans le paganisme.. n'ont pas été toujours fidèles au Christ.. ce qui n'est pas très étonnant. Ephrseml. les Ariens. les Bardesanites. les Abgare. que sais-je encore (2) ? — Tous y ont eu des partisans (1) Dana son Testament (Orerbeck. les Cathares. etc. —Edesse et ses rois. les Sabbatiens et les Borborites. Audïens. si Abgare a cru en Jésus-Christ avant que celui-ci lui fût annoncé officiellement.tiens..

nullus qua eivitate nnUus harelieux potes! vivere (l). de la C'est à tel point que cité fidèle. Edesse ne se distinguait d'une manière générale. b. Et cependant. « J'ai vu. ce mot » on sait. col. col 1). 2). (2) Voir Jacquesde Sarougdans saLeltre aux Édessienset Homélie sur Habib (Cureton. des Messaliens. 1. comme existant de son temps. tout de suite et sans plus « LA BENIE. moi qui écris ceci.champ béni {Ibid. le travail core.. VI* siècles. b.).nullusjud»us. des Marcionites. ido{arumcuI/or(!)—> Voilà un auteur exactement renseigné et cependant c'est là-dessus qu'on admet Yambassaded?Alexandre Sévère auv rois de Tlndel—Voir pages 3342. tom. » de .la Chronique o?Êdcsse{Biblioth. 2). Voir Ms additionnel 12173. pour voir combien les sectes pullulaient et pour entrevoir combien elles étaient florisdonc pas. Jacques de Saroug qualifie Edesse de c ville (Karka) pleine de bénédictions (Ms. col. Vatican. de la cité pacifique. 435 ou 96 du texte syriaque. C'est un document qu'on veut laire voisin de l'an 232!— Mystères insondables de la cril 1 tique (1) Journal of sacred literature. par une fermeté particulière dans la foi chrétienne. IV» série. J17. 94). de mes propres yeux vu» leur des Sabba(ixxX^tx) temple qui s'appelle lEglise tiens (1). f 269. A). X. f» 288. » de c ville bénie [Karka Vtika (Ibid. . de Bénie (mbarakla.140 LES ORIOINBS DBl/é0U8B D'éDB88B et y ont conservé des lieux de culte jusque vers la fin du moyen âge. a. Orient. P»270. Ibid. dit-il. j'ai vu. A parler santes. — Voir en1888.). les écrivains syriens ont parlé d'elle comme de la cité bénie. — Dans son Homélie sur Abgare et Addal. V#. saint Ephrem dans ses hymnes sur saint Thomas et sur Edesse.416. dans le Journal asiatique de mai-juin-juillet que j'ai consacré kYBéxaméron de Jacques d'Edesse. Jacques d'Edesse nous parle des Valentiniens. a. I* lit. » de « port de la foi (Ibid. n II suffit de lire les discours de saint Ephrem contre les hérétiques. quelquefois on la désigne par ces seuls mots : « LA BENIEX » b'rihta oum'barakta (2). des Bardesanites et des Sabbatiens qui avaient eu une femme pour évêque. Quand on trouve dans un auteur syrien des IV*. p.

quand on Veut parler d'une forteresse on d'une petite ville. sans pouvoir m'en donner la raison. . 73. documents. (3) ifttf. et. A Addaï et à Abgare. p. Ceux qui ont quelques notions de langue syriaque savent que le terme employé pour désigner une ville où s'exerce la juridic* est celui de m* dit ta (fendroit tion d*tw juge).ET DBS BOÙ8B8 8YRIBNNBS 141 qu'il s'agit d'Edesse. Je vais signaler encore une autre particularité. (2) IMo*. par suite. dans là Doctrine d'Addaî (1) et dans les Actes deCharbil(2)ydans les Actesd syriac Habib(3).. j'ai observé qu'en parlant d'Edesse ils se servent presque toujours. Le terme usuel est celui de ville. avec quelle réserve. Je pourrais citer des textes en grand nombre. on se sert du mot harha . par exemple. du mot karka et non pas du mot m'dilta. il faut veut porter un jugement sérieux procéder lorsqu'on troverse relative sur cette matière. dans les deux deux (1) \V. Andenl fois.. Jacques de Saroug et les autres. pages 10. mais je crois qu'à cette heure je puis résoudre le problème qui se posait depuis -< longtemps devant mon esprit. j'entre dans quelques détails.12. nfdttta. qui montrera à tous les lecteurs de bonne volonté combien nous touchons à des documents anciens dans cette conà Edesse. mais il est à observer que ce dernier terme revient rarement dans les écrivains syriaques. Pour faire comprendre ma pensée. avec quelle prudence. Curcton. >>! : .14 " . p. En lisant les auteurs syriens. loin. Je vais plus amplo information. Au contraire. C'est ainsi qu'Édesse est appelée. Il y a cependant une exception à cette règle: et cette exception. saint Ephrem. même quand ils parlent de forteresses. je l'ai remarquée depuis longtemps. 41 j 42.

p. 118. mais. un indice qui révèle l'existence de la clause par laquelle se termine la lettre de Jésus à Abgare. le terme karka et non pas le mot m'ditta. S. à elle seule. est. dans de Jacques de Saroug sur Addaï et Ab* l'homélie gare (2). « karka » On pourrait donc soutenir que l'appellation « la forteresse « brt'kta » ou ».142 LES ORIGINES DR I/BQLISB D'6DB88B hymnes de saint Ephrem sur saint Thomas (1). p. BibUotheca Orient. Biekell. 79 a nïbarakta » « la bénie . Dans les fragments de cette dernière homélie que je viens de recevoir à l'instant (28 octobre 1888). A. je dirais presquand il s'agit d'Edesse?— J'ai que si extraordinaire. « la cité pleine de bénédictions» et c'est pourquoi. est aussi caractérisé qu'il est singulier. l3) R. le mot karka appliqué à Edesse. je l'avoue. le mot m'ditta. Carmina Nisibena. 318. qu'à l'époque de saint Ephrem. vers l'an 360-370. le public connaissait déjà la clause: «c Et ta cité (karka) sera » — On bénie. du texte. réfléchi longtemps là-dessus. Lipsius. p. Lipsius (3) soit d'un avis contraire. 45. en effet. A. On voit donc que l'usage linguistique. On lit là. Die EdenischeAbgarsage. a été introduit par la célèbre promesse que le Christ est censé avoir faite à Abgare. en tenant compte de l'usage. dont je parle en ce moment. (1) Voir plus haut. tandis que j'y lis. sans pouvoir en trouver la raison . trois fois seulement. Saint Éphem se sert des deux termes karka et brikta € forteresse et bénie » Il appelle aussi Edesse « la cité paisible ». à cette heure.. D'où vient cet usage si particulier. (2) J. je pense. p. je relève. je ne crois plus devoir hésiter et je pense que l'usage d'appeler Edesse du nom de karka. G. Assémani. comme l'appellation ». quoique R. I. une douzaine de fois. par antonomase. et aucun ennemi ne s'en emparera.

en 259. son évéque. Vers 380. « Le moment le plus convenable (pour l'addition de la danse) est la période de vingt-six ans. vers Tan 337-363. fixeront. qui hoc promiserat futurum necesse tuiteos statim reverti ad sua. * Une me parait pas qu'en si peu le fait eût pu devenir aussi public et je ne pense pas que des choses de ce genre « naissent aussi des esprits » qu'on a l'air de le de fétat facilement croire quelquefois.BT DBS â0U8B8 8YRIKNNKS 143 pouvait déjà conclure la pèlerine d'Aquitaine. cum omni exercitu suo publiée oravit. je ne crois pas que. On se rappela que cent ans auparavant. Or. La promessedu Sauveur naquit naturellement de cet état desesprits (?!) » (2) 11me faudrait transcrire ici les deux pages 66-68 de sainte Sylvie. durent éleclriser les courages et faire penser (?l) que de même Edesse. on ait pu ajouter à la lettre de Jésus la clause finale. en Mésopotamie.. que. p. et cela d'autant plus. vers Fan 380. » — Ces pages sont à lire et à méditer. 66. p. Et ecce nune Pense impugnant nos. Je doute donc que la clause finale ait été ajoutée à la lottre de Jésus à Abgare. pour ma part. qu'un jour les Perses étant venus assiéger la ville: « stattm Aggarus epistolam Domini ferensad portam. que dura la guerre des Romains et des Perses. ne àliquis hoslium ingrederetur civitalem islam. id est in Perside. — Ces! impossible. et l'honneur qu'on en faisait aux prières de saint Jacques. comme le prétend l'auteur de l'ouvrage intitulé « Les origines de t Église d Edesse (i). Je ne crois pas. Et post dixit t Domine Jesu. de 337 à 383. et lecta est in porta. la même chose du récit que fait vers l'an 380. et il y avait évidemment du temps qu'il on était ainsi (2). tout entières.— « Ae sie jobente Deo. (1) L. déjà si particulièrement favorisée de Jésus-Christ. . qu'à cette époque il n'y avait presque pas un pèlerin de temps. elle aussi avait résisté à un autre Sapor. Nam et post modum quotienseumque voluerunt vehire et expugnare banc civitalem hostes. Les magnifiques résistances de Nisibe aux attaques de Sapor. et statim nutu Dei expulsi sunt omnes hostes. L'évoque d'Edesse raconte à celle pèlerine. à l'époque où Sylvie fit son voyagea Edesse la correspondance de Jésus et d'Abgare était conservée avec soin. surtout celle de 350. base epistola prolata est. » Ibid. de l'an 340 à l'an 380. etc. I. promiseras nobis. était Fobjet d'une protection toute spéciale. Les origines de FEglise d'Edesse. 124-123.

dans l'humanité chrétienne. car Eusèbe a pu avoir un exemplaire remontant à l'an 250. . Or. sans faire intervenir Ëusèbe et la Doctrine cPAddaï.p. Il semble donc que cette interpolation a été opérée après Eusèbe et je ne le conteste pas d'une manière absolue. on peut s'expliquer.144 LB8 0R10INBS DE L'ÉOU8B D'EDESSE dans de pareilles conditions les documents s'altèrent très rapidement. le christianisme est devenu dominateur aujourd'hui . à la ri- allant à Jérusalem. est très rare. p. Or. ce qui était hier tenu dans l'ombre faciles. qui non se iendal illuc gratta orationis : quieùmque tamen usquead locasanctat idesl in Jerusolimisaccesserit. Saint Ephrem et Sylvie ou la Pèlerino d'Aquitaine nous aident à reconstituer l'histoire littéraire de cette clause. — L'aoteur ajoute : c Servàlur quoque epistôia «roi. Les falsificateurs n'aiment pas la publicité : on fuit le grand jour.62. jusques aux premières années du IV* siècle. Dans l'intervalle la société accompli une révolution qui a transformé l'an tout entière : obligé de se cacher hier. la rejettent ou élèvent des doutes sur son authenticité. 62. entre l'an 250 et 360. c'est dans de pareilles circonstances quo des altérations sont possibles. tout a pris et dû prendre un aspect nouveau . grandi rêvereniât apudEdissam civititem.' sinon Par conséquent.. est devenu public. comme Procope et Socrate. » —/Mi. quand on veut faire de malhonnêtes besognes. grâce à Dieu. mais Eusèbe ne renferme pas la clause: Et tu ville sera bénie. il y a plus de temps qu'il n'en faut pour exil s'est pliquer un pareil changement. mais nous ne pouvons pas remonter plus haut. — Ce n'est pas dans de pareilles circonstances que les documents se transforment et s'allèrent. « Nullus christianorum est.» — /ML. ubi clipsud martyrium eusloditur. sinon plus haut. une dose de fraude et de supercherie qui. et c'est précisément sur son silence que s'appuient les auteurs qui. sans quoi il faudrait admettre. etc. qui n'allât aussi à Edesse.

cependant à croire qu'Eusôbe n'a pas donné intégralement les documents qu'il a vus et que. statim hii fentes.* -*-. super ctritate Tuncvideh' hoc. SilvUe peregrinatio (2) Joh. p. autant que nous pouvons en juger par le récit de sainte Sylvie.. ipsehutc cMtaHaquammùdstrabat. 66. • sanclus episcopus. etc. tes Pense averterunt ipsam aquam a ctvltate. Gamurrini. qua avertejrant Pense aquam. et in ea hora. pour uno raison ou pour une autre. et feeerunt eidecursum contra ipso toco. On montre encore la porte par où est rentré (1) Si la Passio Thomm avait. p. la moindre valeur. 67. éo (3) Ibid. Une altération do ce genre n'est sans doute pas facile. et quelle histoire ou quelle légende l Non seulement elles ont repoussé plusieurs fois les Perses. mais elle est dans l'ordre des choses concevables et. — c7(am montlculum istum. » J'incline Vers l'an 380 la correspondance d'Abgare esCun fait colossal. a semet eruperunt : tlexta diehi fontes usque in hodU permanent hic gratta Dei. ad toca sancta* 8. les lettres sont vénérées et elles ont une histoire. au profit de la ville et au détriment des ennemis. etc. p. des eaux abondantes qui sortent du palais royal et suffisent à tous les habitants (2) 1 C'est au moins ce que l'évoque raconte. ubi ipst castra posita habebant. note .2. par suite. dans l'ordre des choses possibles. — « Illud eliam relulil ... quemvtdes. mais elles ont détourné. 37. qu'elle connaît cette clause.ET DES BOUSES SYRIENNES 145 gueur. qu'on ait modifié la lettre do Jésus à Abgare. au moment où on l'a tirée de son écrin pour la placer sous la garde de la communauté chrétienne tout entière.Les raisonnements de R. & nies yeux. flHa. quos vides in colocojussMjki. et si elle était du IIH siècle. 17-18) ne me convainquent pas du contraire. p. il a supprimé la clause : « Et ta ville sera bénie. je ferais remarquer. in illo tempore. Fr. comme on l'insinue quelquefois. A. et aucun ennemi ne s'en emparera « ou » ne dominera sur elle (1). Lipsius (Die Edenische Abgarsage. et il ajoute qu'à la place de ces sources abondantes il y avait autrefois un champ (3). In ea ergo die. Voir plus haut.

*ADB$SK le courrier envoyé au Christ. qui est l'original. usque in nequîs immundus.110 LKS 0R101NKS DB L KO USB D. il est d'usage de ne jamais faire sortir un convoi par cette issue (1 ). sur les documents relatifs à d'fidesso publiés par W. cumilla epislola. . se rattachant à la clause Anale de la lettre de Jésus à Abgare. Or. il me semble qu'il y a une série de faits. Cette expression est un peu moins forte que • cette autre: « Aucun ennemi ne s'en emparera! XIX . et. ne qui* tugubris. Curetoh et l'évangélisation G. et qu'Busèbe ne l'a pas connue ou qu'il l'a omise. alimjus morlui ejieiatur per ipsam portam transrat . quam dixeram. depuis lors. que le texte syriaque. Je m'arrête. quoique pouvant s'entendre d'un acte passaget\ de la prise de la ville. d'une manière durable. Phillips. » (1) Ibid. fubjacens palatio Aggari. au cas où ils seraient purement légendaires. *al nrrrarpm » perïpsnmpartim. telle que soixante ans ne sufflsont pas à expliquer leur formation. qua Ananias cursor peripmm portam ingressus est cum ephtola Itomini.»—r C'est là que l'ôtôque lit les lettres à Sylrie. s'enlond mieux cependant d'un acte permanent: « Lo nechtalat boh: » <mcun ennemi ne la possédera à jamais. Je remarque. tant s'en faut: j'aurais encore beaucoup de choses à dire et je pourrais aisément écrire. «Eamus nunc ad portant. non pas que j'aie épuisé la matière. cuslodiatur. J'inclino donc à croire que la clause finale dont je parle est antérieure à Eusèbe. un travail aussi long quo celui qu'on vient quod lui routes ubi a rupe ierunt. en finissant. tinte sic fuerit campus intracivitatem. Telle est mou opinion. Le mausolée du roi Abgare est connu et visité par tout lo monde. praesentem diem. per quam ingressus est Ananias cursor. puis celle-ci ajoute: « lllud eliam retutil nobis sanctus ïpse dicens : Bo quod ex ea die.

Si j'essayais d'en dresser la liste et d'en faire la réfutation. le docteur Zahn. purement saron. il serait facile de lui montrer. s'il y a des points très controversables dans ce sujet. Tixeront. ht* origines de FÊgtise d'Edesse.-J. (2) Ibidlfp. par suite. et je le traiterais volontiers. » ce n'est pas « LE » On discute encore et on discutera probablement longtemps sur le vrai type du Abc wsaipw» de Tatienvet. ou un tissu de conjectures peu digne de figurer dans un chapitre qu'on prétend réserver à ce qu'on appelle l'histoire . Tixeront. Je ne veux pas non plus m'arrèter à relever uno à une les erreurs plus ou moins graves qui abondent dans un des livres que j'ai souvent cités. Il n'est point permis. mais.130-133. à lui et à tout le monde. Tixeront. cela me prendrait bien des pages. p. dans un livre qui a des prétentions à la critique. et * je me demande comment on peut qualifier de faits précis » des calculs qu'on déclare soi-même. que la reconstruction de l'ouvrage opérée par Zahn est sujette à caution. 18-19.BT DBS BQLISBS BYRIBNtiKS 147 de lire. aucun droit à » passer) dans le public savant. « peu satisfaisants. il y en a d'autres qui no le sont pas. C'est * Un diatessaron. « LE Diatesdu : nom suivant et simplement. si je trouvais le temps de mettre pur écrit les pensées que ces documents font naître d>ns mon esprit. à quelques » Il y aurait lignes de distance. pour « LE Diatessaron. L. dans Les origines de CEglise £ Edesse par M. sans sortir des leçons que cite M. . par exemplo. qu'elle n'a. beaucoup à observer aussi sur ce qu'on rapporte du livre de Tatien (2). Le sujet me tenterait beaucoup. en tout cas. » la restitution de cet ouvrage qu'a tentée M. 11 no faudrait pas non plus se hâter d'affirmer légô(t) L J. Tout ce que cet auteur dit de Tatien (1) n'est qu'un amas d'hypothèses. Diatessaron. de qualifier.

sur ce que (2) Je m'abstiens de faire aucune observation H. on ne prend pas si vlto parti pour uno opinion qui n'a.-J. Tixeront. dans les Actes de Charbil et dans les Actes de Barsamyas. » Quand on est. XX Je conclus. soit pour découvrir ces correctifs (p. dans des points seconp. confirment cette tradition : c'est tout au plus si on peut admettre qu'ils l'exposent mal. n'est pas sans gravité (2). Tixeront. dans la Doctrine d Addaï. mais il faut beaucoup de bonne volonté et d'attention. pour trancher un problème qui est difficile et qui. soit pour admettre qu'ils sont suffisants. de plus. note 3. (Dïbid.u\\epoids. Tous ces documents. pris dans leur ensemble. Arec des correctifs et des explications elaires. précises. doublées do celles do quelques savants de son âgo ot de son expérience. on peut admettre ce dont il est question aux pages 103-111 des Origines de VÊglise d'Edesse. en fait de défenseurs. 103. Je me suis proposé do montrer qu'il n'y avait. nettes. —Dans doctorat en théologie. ni le n\\& qualité. Je doute.encore Jeune. pour ma part. comme l'est l'ouvrage de M. Il faudrait autre chose nombre. et je crois qu'ils auront raison. sans protesune thèse de tation. lignes 0-10). que beaucoup de lecteurs laissent passer ce qui est dit dans ces pages. 118. . au contraire. il est grandement à désirer qu'il n'y ait rien qui prête à l'ambiguïté.148 LES 0M0INB3 DE I/E0L18B D'EDESSE remont que la Péchitlo syrienne c n'a été reçue à Edesse qu'au milieu du quatrième siècle {\). Tixeront appelle la tessàre Nicéenne. L.. pour elle.. que les affirmations de M. rien qui allât clairement contre la tradition générale des Églises Syriennes.

a nous Yairè admettre l'existence> probable' d'une Eglise organisée s Edesse bien avant le milieu du second siècle.*. de laquelle. aussi les nuroriser. se comprennent à merveille. ne prou-puyées par l'affirmation vent Vien quand elles vont contre une légende. si elje pouvait apporter de sérieux obstacles aux progrès de l'Evangile. en pouvait permettant aux nouveaux chrétiens de se dissimuler quelque temps dans leurs rangs. « Edesse w était un point avantageux. — Ces considérations et d'antres encore étaient dénaturer je le répète. On. la haute Mésopotamie. dans leurs historiens. mémo les contradictions variations. soit fausse. comme Alexandrie ouvrait l'Egypte. attirer l'allenqoi devait naturellement lion des : missionnaires Bile ouvrait a leur prédication* chrétiens. — Toutes ces raisons. dans les détails. sa langue était a peu près celle des Apôtres. évêque S Edesse. même quand elles sont apséculaire d'un groupe d'Eglises. Tixeront lui-même (p. Quand des Églises affirment.**.de Juifs nombreux (r). tirées de l'histoire et de la géographie. L'étude de la légende vient renverser cette induction (1) » : /JLe dernier trait est «n coup de maître. dans leurs liturgistes. (2) C'est ce que fait M. mais les les divergences. dans leurs commentateurs. do plus. cette' affirmation est conforme à toutes les Vraisemblances historiques etgéographiques(l). cl enfin la présence dans cette. déduit que •peut-être. à plus forte raison pour le rejeter sans môme le discuter (2). l'idée générale résultant de tout ces documents. vers fon 2001 >—El pais que les rationalistes d'Allemagne: nous accusent d'être en retard sur le siècle I . plus facile à retenir. Tixeront et c'est là ee qui constitue la graT . 141-114). a été ordonné par Serapion. Ce qu'on ne comprend pas. dans leurs hpmélistes. rencontrait à la fois l'élément grec et l'elémeot barbare .ET DBS BOL18B3 SYMBNNB8 HO daires et dans quelques unes de ses parties . au contraire* c'est quo lo fond. alors qu'elle porte sur un fait très facile à constater. Palout. il faudrait apporter des preuves bien claires et bien: formelles pour révoquer leur témoignage en doute. qu'elles remontent à tel homme et à telle époque. et que ce fait est affirmé par un groupo considérable d'Eglises comme les Églises Syriennes. ville. dans leurs documents privés et publics. quand. (I) Voici ce que dit M.

relative à leur origine apostolique et. que trois interpolations le sens général du document où elles figurent. car il a lu quel-' qucs pages d'Assémani qui devaient le rendre plus prudent. — A-t on même des documents respectables et méritant qu'on en ' tienne grand compte? Pas davantage. Or. a-t-on rien de semblable? At-on quelques documents clairs et formels à opposer à la tradition ancienne. l'aide desquelles on tient ainsi en échec toute la tradidition des Églises Syriennes et des Églises du monde ? vite de son argumentation. ce n'est pas faire oeuvre de science et de critique : c'est faire oeuvre de scepticisme. pour. Tixeront peut-il prétexter ignorance? — Difficilement. à leur fondation par un apôtre ? Non. . à Et que disent-elles donc ces fameusesinterpolation9. 2* de savoir la place que cet écrivain occupe dans les Eglises Syriennes.datant de la fin du quatrième que trois interpolations siècle . Il semble ignorer complètement qu'il y a. —11 loi aurait suffi cependant : i* de rencontrer sur son chemin un écrivain comme Jacques de Saroug. — M. que trois interpocriblées de. ancienne et explicite. dans un sens tout à fait contraire à sa thèse. eoepticite et unanime des Églises Syriennes. que trois interpolations allant ouvertement .150 LES OniOINBS DE L'ÉOLISE D'BDESSB Agir autrement. lations certaines. qui se réduisent vraisemblablement à une oeuvre unique . chez les Syriens. dans le cas actuel. constante. et ce n'est même pas tout ce qu'il y a à remarfautes contre quer! En effet. On n'a que trois interpolations. une tradition unanime.se tenir en garde contre des assertions dénuées de tout fondement raisonnable. que disent ces trois interpolations ? — Disentelles que les Églises Syriennes ont été fondées vers tan cent cinquante et qu'elles ne remontent pas au delà? — Pas le moins du monde? Disent-elles qu'Àddaï n'a pas vécu au siècle apostolique i — Encore moins.

lui fait dire une première fois: « Le premier détail (l'ordination de Palout par Sérapion) PÉUt ÊTRE vrai. téméraire et pleine dé dangers (4)? (1) L note 3. Tiieront.. — Non. l'auteur dès Origines de t Eglise d?Edesse soutient énergique^ ment que Palout est bien un contemporain de Sérapion. siècle. III.[2) 1 » (2) Ibid. pages 140-142. Tixeront qu'il plaçait! une paille dans le plateau de la balance pour faire contre-poids . p. » Est-ce sage ? est-ce sensé ? est-ce raisonnable? — Une telle manière d'étudier et d'écrire l'histoire n'est-elle pas. (4) Dans la soutenance de la thèse. On reconnaît . Tixeront. que Palottt premier ou l'ancien. Palout a été — Elles 1* que « le premier détail tion de Palout par Sérapion) PEUÏ ÊTRE On reconnaît 2* que celui qui a affirmé que ordonné par Sérapion d'Antiocho avait « la tion de rattachera Rome CÉglise Il va sans dire que. par exemple. la triplé interpolation. . (3) Position 111* de M. j'ai dit a M.'.. » Et c'est sur ce PEUT ÊTRE inspiré par « là préocde rattacher à Rome VEglise a*Edesse» cupation qu'on établit la « Position » suivante : « L'histoire et la légende nous apprennent que l'Eglise d'Édesso a été fondée vers lé milieu du second. préoccupad Edesse. J. par voie de conséquence. mais ne remonte pas au-delà (3).ET DES BOUSES SYRIENNES 15L disent que Palout quadmaia. a été ordonné par Sérapion d'An?. tioche S— Et de cette affirmation l'on déduit. p. car on va plus loin ^ » (l'ordina— vrai^l). Toujours est-il cependant que sa principale autorité.:. que Adda! n'a pas vécu. avant l'année cent cinquante l Est-ce assez hasardé? encore. au contraire. 114. Les origines '':' de VEglise d'Edesse. dans d'autres passages.

de ces interpolations. on avoue 3* que.» — Je crois que le suis resté au-dessous de la vérité. Nous sommes. note 2. en effet. en dépit de dérive probablement ses trois formes. texte et note. p. on avoue 2* que cette interpolation est pleine de fautes (*2) . tout. p. (5) V. Ce n'est point par' erreur qu'on prend un texte apocryphe pour un texte authenon la ^ovar l'oenvro originale. (2) Voir p. l'interpolation pour le. texte et note. alors même qu'on pourrait considérer cette argumentation comme une simple mais cela paraît beaucoup plus grave quand on erreur. on soutient énergiquement. 100. Non. cette interpolation d'un seul auteur (3) . et p. uniquement et de déduction. rieures ou cent vingt ans à l'ascension du Christ (6) . 62. on avoue 1° que le texte sur lequel on s'appuie principalement n'est qu'une tique. interpolation (1) . note 1. que les Eglises Syriennes sont postéprécis. auteur ne dit pas expressément. on ne se trompe pas en agispartie la plupart des faits sant de la sorte. de cent à une poutre. 70. on avoue 4* que cet auteur est anonyme et qu'il a vécu à une époque aussi tardive que Van 370 (4) . fait attention qu'il n'y a pas erreur.75. car. p. car on reconnaît que nous venons de rappeler : ainsi. (1) Voir page 62. en présence d'une méthode arrêtée sciemment et suivie de propos délibéré. (4) P. s'il y a une poutre d'un côté. (3) Voir p. de l'antre II n'y a rien pour on esprit sérieux. on avoue 6* qu'on déduit ce qu'on affirme. car leur par voie de raisonnement en termes clairs.152 LES 0RI01NKS DE L'ÉOLISE D'BOBSSB Tout cela serait assez grave. 63. 80 et 62. et néanmoins. formels. (6) Y. on avoue 5* que les trois formes de l'interles trois ouvrages où elles ont polation contredisent été insérées respectivement (5) . 63-55. 80. .

pent. nous avons à faire à quelqu'un qui enseigne.ET DES ÉGLISES SYRIENNES 153 en dépit de ces six aveux. à quelqu'un qui se trompe par mègarde ou par ignorance. de race et d'origine. d'auteurs différents de langue. même aux témoignages de chrétientés entières qui affirment le contraire 1 Cela ne semble-t-il pas être une méthode historique? " > Si c'en est une.relativement derne et tout à fait indirect. qu'un témoimo' gnage même anonyme. clairs et explicites. faire contrepoids aux témoignages nombreux et anciens. » Nous n'avons donc pas à faire. qu'un SEUL témoignage. ce ne sera jamais la nôtre/<ij~. je le répète. apocryphe. . de propos délibéré. à lui seul. que * l'Eglise d'Edesse (et les Eglises Syriennes) ont été fondées vers le milieu du second siècle et ne remontent pas au-delà.