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Le bulletin sans concession de l’AGEPS-UNEF, première organisation étudiante de l’Université Paris IV, avril/mai 2006, numéro 6
MOBILISATION ANTI CPE: BILAN ET PERSPECTIVES

Apres le retrait du CPE, de nouvelles batailles nous attendent pour nos droits

Quand les etudiants defendent leur avenir Éditorial Mobilisation a Paris IV
C’est indéniable: les étudiants ont réalisé une véritable démonstration de force. Acteurs à part entière dans la société, travailleurs intellectuels qu'il faut savoir écouter, nous avons montré à travers le mouvement de ces derniers mois la capacité de réaction d’une jeunesse qu’on taxe encore trop souvent de mouton de panurge malgré la richesse et la diversité de ses opinions. Présent dans le mouvement à Paris IV depuis le tout début, l'AGEPS-UNEF s'engage à présent à veiller à ce que tout soit mis en oeuvre pour assurer à chaque étudiant les meilleurs conditions d'études possible. Nous nous engageons à n’handicaper ni les uns ni les autres. A présent, ce sont tous les étudiants qui doivent bénéficier d'une fin d'année sereine. Il ne s’agit pas de tomber dans la chasse aux sorcières où dans la stigmatisation d’étudiants mobilisés ou non. Nous pensons que le but d’une organisation étudiante telle que la nôtre est de soutenir et d’aider les étudiants sans distinction et de défendre nos droits. Notre objectif à présent est de nous assurer du bon déroulement des examens et de tenir chacun informé. L'information, parlons-en. Savez vous par exemple qu'il n'y a pas eu à Paris IV près d’un million d'euros de dégâts, comme cela a pourtant été déclaré maintes fois (et comme vous continuerez sûrement à l’entendre), mais que la déclaration totale à l'assurance s'élève à 60 000 euros ? Savez vous qu'alors même que les convocations aux examens ne sont plus envoyées aux étudiants pour cause de manque de moyens, la Sorbonne entretien une cave et rémunère un sommelier ? Savez-vous que Paris IV ouvrira une annexe a Abou Dhabi (Emirats Arabe Unis) en septembre, pays réputé pour son sens de la démocratie et les conditions de survie de ces travailleurs indiens sur les chantiers de constructions ? Savez vous que les postes aux concours ont baissé cette année de 23,6% pour le CAPES et de 25,7% pour l'agrégation ? Autant d'informations peu relayée par la direction de l'université (c'est un euphémisme) ou par les organisations étudiantes qui lui servent de satellites. Si l'AGEPS-UNEF est aujourd'hui la principale organisation étudiante de Paris IV, c'est parce qu'elle a toujours été responsable, vigilante et à l’écoute des étudiants. C’est parce qu’aujourd’hui, elle est la seule à pouvoir incarner le rassemblement, parce qu’elle est plurielle et parce qu’elle est présente et attentive toute l’année que l’AGEPS-UNEF, avec tout le sérieux possible, entend continuer la bataille pour les droits de tous les étudiants. Parce que nous sommes tous concernés et parce que défendre nos droits nécessite d'être toujours vigilants, l'AGEPS-UNEF s'est toujours engagé à veiller afin que tout soit mis en oeuvre pour assurer à chaque étudiant les meilleurs conditions d'études possible. Nous nous sommes toujours engagé à tout mettre en oeuvre pour que rien n'handicape ni les uns ni les autres. A présent, ce sont tout les étudiants qui doivent bénéficier d'une fin d'année sereine, nous ne serions nous stigmatiser les uns ou les autres Pour nous, un seul mot d’ordre : tous ensemble, vigilants et responsables.

Le 16 janvier 2006, Dominique de Villepin, premier ministre, annonce sa grande mesure pour l’emploi des jeunes. Elle a un nom: Contrat première embauche. Elle a un but: précariser toujours plus les jeunes de moins de 26 ans.

Contrairement à d’autres universités, principalement en province, la réaction des étudiants de notre université fut progressive mais on peut situer sa montée en puissance à la première semaine de mars. C’est le site Clignancourt qui a donné l’exemple, avec

SORBONNE FERMÉE PAR LE RECTEUR

Privés de cours pendant un mois et demi! Ça leur apprendra, à ces galopins, à être conscientisés!

des assemblées générales où les étudiants furent de plus en plus nombreux. C’est le site Sorbonne qui prit le relais. Le site Michelet et l’Institut de géographie suivirent de peu. Le site Malesherbes, enfin, engagé en dernier dans la bataille, vit en son sein les assemblées générales les plus massives depuis son ouverture. Toutefois, il convient ici de parler à nouveau de la Sorbonne. Contrairement à ce qui peut être prétendu ici ou là, en particulier par une organisation étudiante étrangement proche de Jean-Robert Pitte, président de notre université, c’est le recteur de l’académie de Paris qui ferma la Sorbonne pendant plusieurs semaines, nous privant de nos cours et de nos bibliothèques. On a pu entendre que c’était pour des conditions de sécurité. Mais, en tant que membre de la commission Hygiène et Sécurité, nous pouvons affirmer que les conditions de sécurité n’étaient déjà pas remplies avant la mobilisation. Nous le savons, certaines méthodes utilisées lors de la mobilisation ont déplu à un certain nombre d’entre vous. Nous ne pouvons que le regretter et nous ne tenterons pas de justifier toutes les actions. Nous rappellerons juste que le CPE institutionnalisait la précarité et que son retrait était nécessaire. Les étudiants devaient se mobiliser afin d’obtenir sa suppression. Toutefois, nous tenons à vous le rappeler, l’AGEPSUNEF est une organisation étudiante responsable. Nous avons participé très activement à la mobilisation, mais nous n’avons pas pour autant oublié nos études. Quand le syndicat DIES, lors des conseils centraux de l’université, auxquels il n’assiste que rarement, ne pensait qu’à critiquer la mobilisation, nous parlions, nous, de nos études. Nous avons défendu jusqu’au bout nos examens, textes juridiques à l’appui. Et nous avons gagné (voir article page suivante). La Sorbonne a connu ces dernières semaines sa plus grosse mobilisation étudiante depuis mai 68. Le combat n’est pas terminé car nous devrons nous battre contre d’autres lois et nous devrons continuer à défendre nos conditions d’études. Mais il serait stupide de se focaliser exclusivement sur les semaines qui viennent de s’écouler, comme certains le font déjà. Tous ensemble, étudiants mobilisés ou non, nous devons nous tourner résolument vers l’avenir. La mobilisation a eu lieu mais l’avenir de notre université ne s’écrit pas hier: il s’écrit aujourd’hui et il s’écrit demain.

A Paris IV, Il reste tant a faire
La grande mobilisation nationale contre le CPE, bataille aujourd’hui gagnée, ne doit pas nous faire oublier d’autres sujets de colère. Nous avons remporté une victoire mais ce n’est qu’une toute petite victoire au regard de toutes celles que nous devrons arracher. Évidemment, nous avons face à nous d’autres sujets nationaux comme le CNE, le reste de la loi Égalité des chances ou la nouvelle loi Sarkozy concernant l’immigration. Mais nous ne devons pas oublier pour autant les sujets propres aux universités, propres à Paris IV, notre université. Le CPE a été l’occasion de reparler de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés. Et bien justement, parlons-en! Comment se fait-il que le bureau des stages et de l’insertion professionnelle fonctionne toujours avec trois bouts de ficelle malgré les récriminations de nos élus? Certains nous répondront que les stages sont une facette de la précarité chez les jeunes. Oui quand il s’agit de faux stages pour diplômés, mais certaines formations peuvent être complétées par des stages encadrés, rémunérés et conforme à une charte des stages. Le BSIP ne s’occupe pas que des stages: qu’en est-il de l’insertion pro? Le sondage à destination des anciens étudiants de Paris IV de deux filières et demi pour connaître leur situation professionnelle n’est qu’un tout petit arbuste qui cache une immense forêt. Toutefois, un autre élément doit retenir notre intention: il tien en trois lettres, LMD. La réforme est toujours appliquée et ses conséquences néfastes cette année se répèteront l’année prochaine si nous n’y prenons pas garde. Nous devons exiger que les étudiants puissent s’inscrire dans les cours qu’ils souhaitent et qu’ils ne soient plus obligés de se promener de TD en Td pour trouver une place. Nous devons exiger que nos conditions d’études soient revus à la hausse, qu’aucun étudiant ne soit plus obligé de s’asseoir par terre sous prétexte que la place suffisante n’a pas été prévue dans tel ou tel cours. Nous devrons, également, nous battre pour que nos droits soient respectés lors des examens. Nous travaillons actuellement à l’élaboration d’une charte à laquelle nous vous engageons à contribuer. Et ne parlons même pas du statut des étudiants handicapés! Comme vous le voyez, il reste beaucoup à faire, et nous aurons besoin de votre aide à tous.

La phrase du mois
Nous la devons au syndicat DIES qui pose la question suivante dans son journal: « Pourquoi l’occupation et la fermeture de la Sorbonne ont-elles coïncidé avec les élections d’UFR?». Revoilà la bonne vieille théorie du complot, évidemment organisé par l’AGEPS-UNEF. Le syndicat DIES pense-t-il réellement que Dominique de Villepin a inventé le CPE pour faire repousser les élections étudiantes de Paris IV ou prend-il ouvertement les étudiants de Paris IV pour des imbéciles?

fond Du i Au couloir
a liste des marchés publics en cours dans notre université vient d’être rendue publique. Certains chiffres sont intéressants, surtout s’ils sont mis en perspective avec d’autres chiffres dont nous avions déjà eu connaissance. Ainsi, les prochaines imprimantes hewlett packard coûteront 12 500 euros à l’université. C’est moins du double de la prime annuelle accordée au directeur de cabinet du président. Pour autant, Paris IV n’a toujours pas assez d’argent pour envoyer des convocations aux examens par la poste à tous les étudiants. propos de l’occupation de la Sorbonne et des dégâts qui en auraient résulté, on entend tout et son contraire. Gilles de Robien s’est, entre autres choses, affligé des dommages subis par la bibliothèque des Chartes. Peu après, la directrice de la bibliothèque a apporté quelques précieux éclaircissements, qualifiant de « fantaisistes » les rumeurs relayées par les médias, et donc par notre très démagogique ministre de l’Éducation. Elle parle d’ un « nombre très minime d’ouvrages » et « de pertes qualitativement insignifiantes ». Voilà qui remet les choses à leur place, et par la même occasion le ministre luimême. illes de Robien, toujours. Nous nous sommes étonnés de le voir, sur toutes les chaînes et à toutes les sauces, caresser toujours le même livre déchiré après l’évacuation musclée de la Sorbonne. Nous déplorons, bien sûr, la dégradation de ce livre mais nous trouvons profondément indécent cette posture du ministre, la larme à l’œil, alors que des étudiants mobilisés étaient à l’hôpital, victime de violence lors de l’évacuation. ous avons réussi à nous procurer le procès verbal de la réunion des directeurs d’UFR de notre université. Y figure le montant des dégâts constatés à la Sorbonne: 60 000 euros. On est bien loin du million d’euros évoqué ici ou là pour inquiéter les étudiants, qui ont pu constater l’ampleur de l’absence de dégâts lors de la réouverture du 24 avril. oujours prêt à défendre la démocratie, le syndicat étudiant DIES a pu en donner sa définition. Dans une lettre adressée à Jean-Robert Pitte, David Vauthrin, président de DIES, annonce qu’il exclura de son syndicat tout militant qui s’avisera de militer contre le CPE. On a des principes ou on n’en a pas. aurice Quenet, recteur de l’académie de Paris, a établi sa liste noire des étudiants auxquels il entend interdire l’accès du site Sorbonne, illégalement et arbitrairement, évidemment. Nous n’en attendions pas moins de l’homme qui nous a privé de cours pendant de nombreuses semaines. Mais là qu’il commence à enfreindre la loi et nos libertés fondamentales, ce n’est plus sa démission que nous exigeons, c’est son renvoi.

CEVU du vendredi 7 avril 2006

Le jour ou les examens ont ete maintenus
DIES sembla être autre puisque ses élus n’intervinrent que pour fustiger les étudiants mobilisés. Heureusement, leurs déclarations à l’emporte-pièce ne suffirent pas à créer un climat trop délétère dans le conseil. Grâce à nos connaissances des différents textes juridiques (code de l’éducation, arrêtés relatifs à la réforme LMD, habilitations LMD remises au ministère par Paris IV l’année dernière), nous fîmes entendre notre analyse et nos conclusions. Les examens devaient être maintenus. Le Conseil, d’abord favorable à la suppression des examens, se rangea finalement à notre point de vue. Toutefois, on ne peut parler ici de victoire. Les examens seront organisés dans le cadre du contrôle continu ce qui signifie que tous les étudiants ne seront probablement pas confrontés au même sujet lorsqu’il passe la même matière. Bien que nous soyons parvenus à obtenir l’anonymat des copies, cet élément motiva chez nous la décision de voter blanc lorsque l’on passa au vote de la décision du conseil. L’après-midi même, le Conseil d’Administration vota à son tour la décision du CEVU, malgré les récriminations de Nelly Antoine, représentante du recteur. Nos examens auront donc lieu. Nous devrons malgré tout rester extrêmement vigilants si nous souhaitons que nos droits soient respectés pendant ces examens. Leur organisation décentralisée ne devra pas faire oublier les droits des étudiants. Avec vous, nous serons présents pour que cela ne soit pas le cas.

LA DÉCISION DES CONSEILS DU 7 AVRIL

Nous étions trois à représenter l’AGEPS-UNEF lors du Conseil des Études et de la Vie Universitaire du vendredi 7 avril au matin. Une délégation d’une vingtaine d’étudiants nous accompagnait, décidée à sauver nos examens et notre année universitaire. L’inquiétude était profonde: quelques jours plus tôt, Jean-Robert Pitte, président de l’Université Paris IV—Sorbonne, avait déclaré sur LCI qu’il envisageait d’annuler tous les examens et de faire redoubler tous les étudiants de Paris IV. D’autres élus étudiants étaient présents: l’élu de la FSE et deux élus de DIES (leur troisième élu était absent mais la présence de deux élus était déjà étonnante puisqu’ils n’avaient pas assisté au conseil depuis plus

de six mois), l’élue de l’UNI étant, comme toujours, absente. L’affrontement avec le président de l’université était à craindre et nous vîmes bien son air crispé à de nombreuses reprises mais la situation était d’une importance telle que tout le monde garda son calme. Les professeurs et personnels administratifs étaient, tout comme nous, attachés à trouver la meilleure solution pour permettre d’organiser la fin du second semestre de la meilleure façon possible au vu de la situation, même si cette meilleure solution n’était pas forcément la même pour eux et pour nous. Nous avions un mandat: celui de défendre jusqu’au bout nos examens. Celui du syndicat

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Tout bu? Mais qu’est-ce que je Vais boire, moi, Maintenant?

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Pour nos conditions d’etudes
mai, nous avons besoin de vous, de votre confiance. Il y a deux ans, à 65%, vous nous avez fait confiance pour remplir ce rôle indispensable d’élus étudiants. Depuis deux ans, nous vous avons montré que nous ne sommes pas là seulement pour nous, mais pour vous, pour tous les étudiants, pour vous défendre efficacement dans tous les conseils où nous sommes élus (c’est-à-dire tous les conseils de l’université). Le 2 mai, tous les syndicats étudiants seront présents aux élections. Nous avons un bilan dont nous pouvons être fiers : celui du dialogue établi et perpétuellement renouvelé entre les étudiants et les UFR. Nous avons un programme : vous représenter, nous faire votre porte-parole, défendre vos droits lors des examens et dans toutes les situations où ces derniers seront

Les élections aux conseils d’UFR, qui auraient dû avoir lieu le 7 mars, se tiendront finalement le 2 mai pour un certain nombre d'UFR. Bien entendu, l’AGEPS-UNEF incite tous les étudiants à se déplacer pour voter. Pourquoi ? Parce que notre université va mal. Parce que nous payons l’application désastreuse de la réforme LMD à Paris IV : problèmes d’inscriptions au début de l’année, de place dans différents TD (notamment les langues), de manque d’enseignants, de cours imposés pour manque de place, de manque d’information des étudiants. Toutes ces préoccupations, dont vous nous avez fait part depuis le début de cette année universitaire, nous les avons portées, nous continuons à les porter auprès des UFR. Pour continuer à les porter après le 2

bafoués. Certains nous diront que vous ne nous avez pas assez vus. Nous ne serons jamais assez présents. Lors de la fermeture de la Sorbonne, nous avons été le seul syndicat étudiant à nous battre pour de bonnes conditions d’examens, qui ne bradent pas votre année. Nous ne serons jamais assez présents, jamais assez nombreux. Si vous voulez défendre nos conditions d’études, si vous voulez plus de moyens pour notre université, si vous voulez des solutions aux problèmes générés par le LMD, rejoignez-nous, votez pour des candidats proches de vous, pour des candidats qui partagent vos préoccupations. Le 2 mai, dans les UFR où vous le pouvez, ne prenez pas seulement la parole en cours, prenez-la aussi dans les urnes.

Première organisation étudiante de Paris IV, l’AGEPS-UNEF dispose de 57 élus dans les différents conseils d’UFR et de 10 élus dans les conseils centraux de Paris IV. En tant qu’étudiants, nous travaillons chaque jour à ce que notre voix à tous soit prise en compte dans la gestion de la fac. Rejoignez-nous! Nos locaux: SORBONNE: salle E660bis, cour Cujas, à côté du service des bourses MALESHERBES: salle 113, premier étage CLIGNANCOURT: salle 305, RDC, à gauche en sortant des amphis

PITTE-MAN DE RETOUR A LA PITTE-CAVE
Qui a touché à mes bouteilles? Qui a profané la Pitte-cave, Daniel?

Ce sont les étudiants mobilisés, Monsieur. Ils ont tout bu, ces sauvages!

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Le 2 mai, Allons voter