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Association Générale des Étudiants de Paris-Sorbonne

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Le bulletin sans concession de l’AGEPS, première organisation étudiante de l’université Paris IV, Janvier/Février 2011, numéro 29
Bonne année 2011

Travaux, Budget, RCE

nos conditions d’etude reformees a la pelle(teuse)
“L’Université des intendants” Il existe dans l'oeuvre fantaisiste de Tolkien une contrée d'où le roi est absent. Ce royaume est dirigé par des intendants au pouvoir diminué, factice. Ils n'ont guère la capacité que de pourvoir, tout au mieux, au plus pressé. La LRU, l'idée de génie de Nicolas Sarkozy pour faire entrer l'enseignement supérieur dans le XXIe siècle a cassé les murs porteurs de l'Université. Elle a réformé l'accès aux concours du secondaire, cette mastérisation qui créé des enseignants sans stages et souvent sans postes; elle a réformé l'emploi des personnels, ces RCE qui transforment des fonctionnaires en masse salariale d'entreprise, salaires à charge et sans un sou de plus; elle a réformé la démocratie interne, cette autonomie qui fait enfler artificiellement le pouvoir éxecutif et fait entrer de force l'entreprise dans la vie de l'université. Alors aujourd'hui, qui peut dire qu'il est maître du destin de l'Université? Il n'y a plus d'argent, plus d'espace, plus de postes. Nos besoins en personnels et en enseignants explosent mais nous n'en n'aurons pas un de plus. L'autonomie nous accable de charges supplémentaires, de frais autrefois dévolus à l'Etat, mais notre budget reste tout aussi dérisoire. Et combien de temps notre Recherche restera-t-elle indépendante? Et combien de temps avant que nos conditions d'études ne se dégradent encore plus? Combien de temps avant que nos frais d'inscription explosent et que nous payions, nous étudiants, l'addition? Et je ne vous parle même pas des travaux. Trois ans après la lutte contre la LRU, que l'AGEPS a mené en son temps, un premier bilan peut être dressé. Sous couvert d'une belle autonomie, l'Université croupit, croule, coule. Et les présidents d'université à qui la LRU avait promis pouvoir et modernité ne sont guère plus que les intendants de l'enseignement supérieur : bons à pourvoir, tout au mieux, au plus pressé. Julien AUVERT Président de l’AGEPS

Éditorial

passage aux RCE: Responsabilites et Competences
Le 1er janvier 2011, Paris IV est passée aux Responsabilités et Compétences Élargies (RCE), un des volets de la loi Libertés et Responsabilités des Universités (LRU). Il ne s'agit pas de l'accroissement de la liberté de l'université en matière de pédagogie et de recherche : ces RCE signifient qu'elle gère désormais ses ressources humaines et sa masse salariale comme une entreprise privée. Le président Molinié a donc failli à sa promesse d'y passer le plus tard possible, en janvier 2012, en cédant à l'habituel chantage gouvernemental : plus l'adoption des RCE était tardive, plus les aides financières étaient faibles. Enseignants et BIATOSS (Bibliothécaires, Ingénieurs, Administratifs, Techniciens, Ouvriers, de Service et de Santé), toujours fonctionnaires, sont donc payés directement par l'université. Elle se charge aussi de la politique sociale, avec un important transfert de charges auparavant dévolues au ministère : salaires, primes, congés longue durée, capital décès (indemnités versées à la famille d'un membre du personnel décédé, équivalent à un an de salaire), indemnités de chômage … Paris IV,

sans budget elargi

comme beaucoup d'universités passées aux RCE, veut étendre cette politique sociale, notamment aux contractuels. Intention louable, sauf que les fonds ne suivent pas. Paris IV va devoir gérer un budget très serré, réduire ses frais de fonctionnement et trouver de nouvelles sources de financement. En septembre, les syndicats de personnels de Paris IV dénonçaient « les pressions constantes sur les personnels qui travaillent dans un état de stress permanent ». Puisqu'on ne peut renvoyer un fonctionnaire, il faut le pousser à démissionner. On peut ensuite le remplacer par un précaire (contrat de 10 mois). Car il ne faut pas oublier que Paris IV devra former ou recruter pour assurer ses nouvelles charges, ce qui pèsera d'autant plus sur le budget. Or, la dotation gouvernementale est très limitée et peu extensible. Des postes déjà existants seront donc supprimés : un secrétaire par-ci, un appariteur par-là … Paris IV est depuis longtemps en souseffectif administratif, il n'en sera qu’aggravé. Quel étudiant n'a pas déjà eu du mal à voir le secré-

taire de son UFR ? Imaginez la situation dans un an ou deux … Et quelles seront les autres conséquences directes des RCE pour nous étudiants ? Le besoin de fonds mènera l'université à supprimer les filières peu fréquentées, ou les transformera en Diplômes d'Université (DU) : non nationaux, leur tarif est laissé à la discrétion des universités, mais ils ne valent en rien un diplôme national. Le risque d'augmentation des frais d'inscription des diplômes nationaux (Licences, Masters, Doctorats) est très élevé. La pénurie financière sera la voie royale pour supprimer l'article du Code de l'Éducation qui les fixe nationalement. Enfin, l'intrusion des entreprises dans l'université s'accentuera : les fonds qu'ils apporteront remettront en cause l'indépendance de notre formation pédagogique et de notre recherche. Le gouvernement est en passe de réussir, par ses attaques successives, ce qui avait échoué en 1986 : la privatisation de l'enseignement supérieur et de la recherche. Alice BENSO

“le petit dernier”

TRAVAUX : PIERRE, pAPIER, CISEAUX
Que vous soyez à Clignancourt, en première ou deuxième année, ou que vous finissiez votre licence dans le 5e arrondissement, vous venez de passer votre premier semestre dans le maelström des travaux. Petit bilan, dernières infos. Vous le savez peut-être, le chantier de Clignancourt vise à raser l'ancien centre vétuste pour le remplacer par un centre neuf, ceci au prix d'un partenariat public-privé (accord de marché privilégiant l'investissement privé pour trente ans) avec le béhémot Bouygues. Ce chantier se déroule de façon assez singulière, puisque les étudiants occupent actuellement l'ancien centre le temps que la première moitié du nouveau centre soit construite, puis déménagerons à la rentrée 2011/2012 dans le nouveau bâtiment pendant que l'ancien est détruit. Suivi? Mais pour nous autres étudiants qui sentons nos partiels arriver, une inquiétude légitime: "vais-je devoir usiner sur ma copie d'examen avec le vacarme des pelleteuses en fond sonore?"Rassurez-vous et faites

passer le mot, les étudiants en examen à Clignancourt ont le droit au silence; si par hasard un ouvrier mal informé venait à faire du bruit durant une épreuve, il vous suffit simplement d'en référer au surveillant de l'examen, celui-ci, c'est garanti, a tout pouvoir pour contacter le chef de chantier et faire cesser les nuisances. Le droit au silence, la moindre des choses. Reste qu'un certain nombre d'inquiétudes, soulignées par l'AGEPS depuis le début du chantier, restent sans réponse: comment, concrètement, vont se passer ces trente années sous le règne d'une entreprise privée? Quid des sociétés de vigiles et de la surveillance? Quid des libertés militantes et culturelles? Les inquiétudes sont légion également pour ceux qui ont expérimenté la "solution 14" pour les travaux de rénovation de la vieille Sorbonne. Ici un paradoxe: les enseignants qui tiennent leur cours dans les salles de cinéma et autres réduits de vingt places ne semblent pas se plaindre, alors que

les étudiants, eux, expriment leur sentiment d'incompréhension, puis de lassitude, d'avoir à supporter des conditions d'études difficiles et finalement indignes pour une université comme Paris IV. La faute échoit essentiellement au Rectorat de Paris, qui a décidément une façon très personnelle de s'acquitter de son devoir de garant de l'enseignement. Le Rectorat avait proposé, suivant une logique floue, quatorze centres de remplacement: l'Immeuble France n'était même pas réellement libre (il ne le sera qu'au second semestre) et certains établissements d'accueil n'étaient même pas préparés à

nous accueillir, faute d'avoir été prévenus. Après la "solution 14", après les fermetures prétoriennes de la Sorbonne en octobre et après les lourds retards dans l'organisation des stages pour les étudiants préparant le concours, on peut se demander ce que les minions du recteur mettent dans leur café... Espérons que ce contexte très dur ne se répercutera pas sur la réussite aux examens des étudiants de Paris IV, devenue Paris 14. Julien AUVERT

50 000 étudiants italiens ont défilé en décembre dans le centre de Rome contre les coupes budgétaires et une énième réforme “modernisatrice” de leurs universités. Berlusconi, justement, vient de leur dire: "Les véritables étudiants ils sont à la maison en train de travailler". C’est sur qu’avec une telle vision de la vie étudiante, il n’est nul besoin d’un budget conséquent...

La phrase du mois

Pitte récompense Allègre A l'issue de la folle journée de la géographie, le président de la société des géographes a remis un prix spécial à un ancien ministre et illustre scientifique pour ses travaux sur le réchauffement climatique. Jusque-là, tout va bien. Sauf que ce président est Jean-Robert Pitte - ancien président de Paris IV, connu pour ses positions en faveur de la sélection à l'université et de la hausse des frais d'inscription – et que le récompensé est Claude Allègre, ministre honni de l'Éducation Nationale, et climatosceptique aux sources bien douteuses. Qu'arrive-t-il aux géographes ? En fait, la folie ne revient qu'à J-R, puisque cette annonce a fait bondir les sociétés de climato-géographes. Décidément, Pittoune s'emmerde à l'UMP et cherche à se faire remarquer. Vilain ! Etudiants congelés En novembre, les salles de la bibliothèque de la Sorbonne délocalisés à Sainte-Barbe ont connu un nouveau baptême : la salle Michelet est devenue salle Findus, et Jean-Jaurès a cédé sa place à Picard. Nouveaux sponsors pour bibliothèque en rade de tune ? Non, seulement des employés excédés de l'inefficacité du chauffage et de la mauvaise isolation thermique des salles. Il semble y avoir comme un froid avec le réchauffement climatique à la direction ! Pittoune ?

“ hOCUS POCUS ERASMUs !” couloir
Plus que quelques semaines avant la clôture des inscriptions pour effectuer un séjour « Erasmus » l'année prochaine (vous avez jusqu'au 18 février) : l'expérience de l'étranger vous attire, mais savez-vous que, parfois, l'aventure commence avant le départ et se prolonge bien après votre retour ? Ce programme d'échange, financé par l'Union Européenne, permet aux étudiants des pays ressortissants de passer de 1 à 2 semestres dans un autre établissement d'enseignement supérieur européen (plus la Turquie, la Suisse, la Norvège, l'Islande, le Liechtenstein et le Maroc). Grâce au système ECTS, l'étudiant peut valider à l'étranger les crédits dont il a besoin en France. Popularisé par de nombreuses campagnes d'information et le film, déjà un peu ancien, de Klapisch, qui a contribué à faire de Barcelone, l'une des destinations les plus demandées par les étudiants français, le programme Erasmus semble s'essouffler à Paris IV... Plusieurs raisons à cela : économiques d'abord, mais aussi, pour ce qui concerne Paris IV, politiques. Les fonds mis à disposition par la communauté

Au fond du

ACTUALITE PARIS IV - erasmus

européenne ne sont pas suffisants pour permettre à beaucoup d'étudiants de partir. Le serpent se mord d'ailleurs la queue, puisque le nombre de bourses alloués par l'UE est calculé sur le nombre d'échanges de l'année précédente... Mais, le programme manque aussi de la publicité à laquelle il devrait prétendre dans une université comme la nôtre qui attire de nombreux étudiants étrangers (ils sont environ 700 à venir dans le cadre d'Erasmus chaque année) et en envoie fort peu au-delà des frontières de l'hexagone. L'absence de lisibilité de la politique internationale de Paris-Sorbonne est grandement responsable de cette situation : les accords de conventionnement Erasmus ont été passés à tout-va, sans concertation ni suivi. C'est ainsi que nous avons hérité d'échanges pour des destinations qui ne présentent pratiquement aucun intérêt pour nous ; or, puisque ces échanges sont « symétriques », chaque année, nous constatons un déficit de plusieurs centaines d'étudiants entre ceux qui entrent et ceux qui sortent (seulement 300 environ). Cette différence n'est pas sans conséquence puisque les étudiants

Erasmus ne versent de frais d'inscription que dans leur université de départ : cela signifie, en somme, que Paris IV doit prendre en charge environ 400 étudiants à perte. Inversement, on constate des manques étonnants dans la liste des destinations proposées aux étudiants. Ces bizarreries s'expliquent facilement par l'histoire de ces accords Erasmus établis entre un enseignant d'une composante et son homologue à l'étranger sans autre forme de procès et sans examen systématique de nos besoins ! Il serait temps que notre université se lance dans une rationalisation de ses échanges afin de développer des accords avec des universités en pointe dans les domaines qui font la force de Paris IV. Il faut ajouter à cette confusion, le manque d'encadrement dans certaines UFR où les relais enseignants dans les équipes pédagogiques ne s'occupent pas toujours de manière très scrupuleuse des étudiants que l'UFR envoie ou accueille. On peut alors comprendre que certains étudiants hésitent à partir et à se confronter à ce système qui manque de transparence. C'est dommage car tant du point de vue universitaire que professionnel – sans même évoquer l'aspect humain ! –, ces expériences sont extrêmement valorisantes.

Ariane BUISSON

ACTUALITE nationale

Medefisation... En 2007, lors du premier mouvement contre la loi d’autonomie des universités (LRU), nous disions déjà que l’un de ses dangers était l’entrée des intérêts privés au sein des établissements publics d’enseignement supérieur. On nous accusait, à l’époque, d’agiter un faux chiffon rouge a propos d’une loi qui ne concernait que la « gouvernance » des universités. Pourtant, trois ans après, voilà une nouvelle preuve, après bien d’autre, que nous avions raison : la Conférence des Présidents d’Université vient de signer, le novembre dernier, une convention avec le MEDEF pour accroître les liens entre les entreprises et les universités. Au vu de la marchandisation galopante de l’enseignement à laquelle nous assistons, chacun comprendra l’inquiétude avec laquelle nous accueillons ce nouveau pacte de la carpe et du lapin… PRES SPQR A l'initiative de l'AGEPS le Conseil d'Administration du 8 octobre a voté une motion pour appeler à intégrer des étudiants au Conseil d'Administration du PRES, organe central et décisionnel du nouveau mastodonte parisien. La tétrarchie du PRES, visiblement ennuyée de ces velléités démocratiques, remet l'application de cette motion aux calendes grecques et espère nous apaiser avec un Sénat, organe consultatif aux prérogatives brumeuses, où des étudiants siègeront. N'espérez pas nous faire oublier, par ce faux-fuyant, notre combat pour une meilleure représentation dans l'instance qui seule compte.

Lorsqu'on aborde la question des conditions de vie des étudiants, il est trop souvent question du matériel pur, rarement du bien-être, de la satisfaction, de cette vie au rythme particulier, sauf dans de rares études aux réponses mitigées. Car l'étudiant a la vie dure ! Vivant dans un milieu hostile empli de professeurs exigeants et d'administration compliquée, il se relaxe avec Tolstoï et révise avec Napoléon. Et lorsque sa journée emplie de DST et d'exposés parfois soporifiques prend fin, il rentre chez lui en métro, bus ou vélo, s'il a de la chance. Ou part garder Gudule pour allonger ses fins de mois. Plus d'un étudiant sur trois travaille, pour plusieurs raisons : désir d'indépendance, argent de poche, projet professionnel... Ou tout simplement parce qu'il n'a pas le choix, parce qu'il est, excusez le mot, pauvre. Un étudiant qui se dit pauvre, ça n'existe pas, les raisons en sont multiples : inconscience de sa situation, habitude de la galère, honte,... La pauvreté effraie, la pauvreté dérange. Ni quantifiable, puisque relative, ni racontable puisqu'elle se ressent au quotidien, elle est victime d’un

etudiants ou ordre mendiant

vieux préjugé : tu arrives à te nourrir, tu ne dors pas dans la rue, tu as des fringues, donc tu n'es pas pauvre. Tu es en galère, tu rames ou tu ne sais pas gérer un budget. Des problèmes, dans l'esprit collectif, passagers et individuels. Pourtant 12% des personnes sous le seuil de pauvreté sont des étudiants. Un chiffre énorme si l'on pense aux aides sociales, familiales ou aux apports personnels. Des étudiants qui rament, qui triment, et qui, bien au contraire des vieux refrains, gèrent leur budget avec maestro, si l'on pense aux efforts d'ingéniosité et de mordant qu'il faut déployer pour se sortir de cette situation de pauvreté, ou juste pour ne pas couler. Mais au delà des difficultés bassement matérielles que rencontre tout un chacun, il existe ce sentiment diffus de ne pas avoir, à défaut de la même vie que son voisin d'amphi, la même chance dans ses études. Parce que décliner les invitations diverses ça n'est ni facile à vivre, ni agréable. C'est épuisant, dégradant, angoissant et exige des trésors d'imagination pour trouver l'idée qui sortira de cette situation harassante. « Je bosse, j'habite loin, je déjà beaucoup plus inégalitaire que le nôtre, et que leur gouverne-

suis crevé » sont autant d'excuses derrière lesquelles peuvent se cacher un « pas d'argent » dérangeant. Un café entre amis ou avec son directeur de recherche, ce n'est pas anodin. Un ciné ou une expo, parce que la vie culturelle ne se résume pas à la télé, ça n'est pas du luxe. Une soirée étudiante, un week-end de break, ne devraient pas être exceptionnels. La vie étudiante ne se résume pas aux cours ou aux devoirs, aux livres ou à la bibli. Ces rendez-vous manqués peuvent cacher des opportunités d'enrichissement personnel, de rencontres déterminantes ou de pauses salvatrices. Nombreux sont ceux qui préféreraient avoir le choix, non pas parce qu'ils n'aiment pas travailler, non pas parce que ce temps-là leur manque ailleurs, mais parce que l'énergie constante, la force de caractère qu'exige un emploi du temps à 40h par semaine pénalise autant que la fatigue physique. Le confort moral ne devrait être sacrifié à rien, y compris un loyer. La réussite ou l'échec d'un étudiant dans ses études ne tient pas qu'au seul fait de se dégager du temps pour travailler. Elle tient aussi à son découragement constant devant les entraves à un bienêtre fondamental. Être pauvre demande de l'énergie, du mordant et exige un mental à toutes épreuves, entre résignation et détermination. Marie-Marine AKERMANN

ACTUALITE internationale : royaume-uni
Tout commence le mercredi 10 novembre. A Londres, des dizaines de milliers d'étudiants envahissent les rues pour une première manifestation dont David Cameron, premier ministre britannique, condamna la violence. Des débris de verre jonchent les trottoirs, on allume des feux de joie avec les pancartes. Quelques blessés, des dizaines d'arrestations : des événements très inhabituels, de l'autre côté de la Manche. Pourtant il aurait sans doute suffi de moins, chez nous, pour provoquer la colère du monde universitaire. La politique de rigueur annoncée récemment par David Cameron, avec son demi-million d'emplois publics condamnés à disparaître et ses coupes budgétaires drastiques, touche lourdement l'enseignement supérieur. C'est 25% de budget en moins pour les universités. Avec deux conséquences : un énorme point d'interrogation quant à l'avenir des Arts and Social Sciences (Lettres et Sciences Humaines), ces fameuses disciplines « nonrentables », et des frais d'inscription qui explosent. Voilà qui n'est pas sans rappeler ce qui se passe en France. En pire. Parce que le système universitaire du Royaume-Uni est

“ WE DO NEED AN EDUCATION “

ment frappe encore plus fort. Car il est normal depuis longtemps, en Grande-Bretagne, de s'endetter pour financer une formation universitaire à plus de 3000 £ (3516€) par an. Comme il est normal, pour des parents, de débourser des milliers de livres chaque année afin d'assurer à ses enfants une éducation primaire et secondaire décente. Et ce parce que les universités, lorsqu'elles sélectionnent leurs futurs étudiants, se fondent notamment sur les performances des high schools dont ils sont issus ; or les high schools performantes sont privées et coûtent cher. En d'autres termes, au Royaume-Uni, pour obtenir une place dans une bonne université qui vous ouvrira les portes d'un avenir florissant, il faut avoir passé son enfance dans une école privée à quelques milliers de livres par mois. A croire que l'avenir s'achète. Mais aujourd'hui, David Cameron enfonce le clou. En France, on nous rassure: non, malgré l'autonomie des universités, l'augmentation des frais d'inscription, qui reste du ressort du ministère, n'est pas à l'ordre du jour. En Grande-Bretagne comme chez nous, c'est l'État qui décide du montant des tuition fees : il fixe un plafond. Mais la différence, c'est qu'il ne cherche à rassurer

personne. Au contraire. Pour compenser les coupes budgétaires, il annonce clairement qu'il va demander aux étudiants de payer. L'actuel maximum de 3290 £ par an pour un cursus normal de premier cycle serait porté à 6000 £, voire 9000 £ dans certains cas. C'en est trop pour les étudiants. Dans tout le pays, les actions se multiplient et sont largement suivies : occupations, rassemblements, débats, marches, pétitions... La colère est profonde : des pare-brises de camions policiers volent en éclats. Même la Rolls Royce du prince Charles a subi les attaques des manifestants devant une police londonienne totalement impuissante. La bonne nouvelle, c'est que même dans un pays plus marqué par l'idéologie libérale que le nôtre, et moins par les idées d'égalité et de justice sociale, la jeunesse réagit. Elle refuse soudain avec violence la radicalisation d'une sélection par l'argent qui existait pourtant déjà, et se pose les mêmes questions que les autres étudiants d'Europe: l'éducation est-elle une marchandise, ou un bien public ? Le rôle de l'Université est-il de monnayer un sésame pour le monde du travail, ou de former à l'esprit critique ? La mauvaise nouvelle, c'est que comme dans le reste de l'Europe, l'avenir s'annonce sombre. A moins que le combat ne porte ses fruits. C'est tout ce qu'on souhaite à la jeunesse anglaise. Juliette HALLE

POUR ALLER PLUS LOIN - INSERTION PROFESSIONNELLE en LSH

POUR UNE CURE DE DESINTOXICATION
Le mouvement d'opposition au Contrat Première Embauche (CPE) en 2006 a fait éclater une bulle qui ne faisait que grossir depuis une vingtaine d'année : l'insertion professionnelle des jeunes diplômés. Depuis 2007 et la loi « Liberté et Responsabilité des Universités » (LRU), cette question est devenue la quatrième mission dévolue à l'Université, aux côtés de la formation intellectuelle, la recherche scientifique et la diffusion du savoir. Cela s'est traduit pas le renforcement des enquêtes sur l'insertion des étudiants sur le marché de l'emploi ainsi que la mise en place de modules dits professionnalisant. Toutefois, les formations de Lettres et Sciences Humaines souffrent d'un comparatif permanent vis-à-vis des écoles privées supérieures et des formations d'ingénieur, selon lequel les LSH seraient moins adaptables au marché du travail. Or, lorsque l'on se penche pleinement sur la question, on se rend compte que le champ « d'employabilité » des LSH est loin d'être réduit comme peau de chagrin. Le premier secteur est, bien sûr, le secteur public.L'Éducation Nationale y apparaît pour beaucoup comme le principal recruteur : la demande en enseignant est très forte, le système éducatif français étant basé sur un grand nombre de d i s c i p l i n e s . L' a d m i n i s t r a t i o n publique (attachés départementaux, secrétariat, services d'archives, armée, diplomatie) la culture (bibliothèques, musées, théâtres, etc.) sont les deux autres demandeurs de LSH. Mais c'est le secteur privé qui remporte la palme du plus grand nombre de débouchés par leur dénomination : métiers du livres, journalisme et télévision, cinéma, ONG, services d'archives, services administratifs,communication, banques, ressources humaines, organisations internationales, etc... En somme, les LSH ne sont pas autant mises sur le bord de la route que la rumeur ne le prétend. Par ailleurs, les résultats de l'enquête faite par le ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche auprès de titulaires de Master a de quoi être encourageant : près de 87% des étudiants de Lettres, Langues et Arts occupent un emploi 30 mois après l'obtention de leur diplôme, 90% chez les étudiants de Sciences Humaines et Sociales. Certes, ce taux est légèrement plus élevé pour les formations juridiques, économiques et de gestion (92%) ou les Sciences, technologies et santé (92,3%), mais la différence est loin d'être aussi significative. Par contre, cette enquête comprend deux

défauts : elle ne prend pas en rience de l'opération Phénix, qui compte le type d'emploi occupé permet la rencontre entre des (CDI, CDD, vacataire) et ne étudiants de Master et des grands donne aucun indice sur le sort des groupes avec à la clef 70 postes « non-insérés » (en formation, en CDI, a démontré que les LSH chômage...). étaient tout à fait apte à occuper Il est remarquable que le des postes administratifs, et pas ministère ait opté, pour son seulement de ressources enquête, pour les diplômés de humaines, au même titre que des Master, et non de Licence. Cela étudiants de BTS... et par ailleurs tient à un élément essentiel, celui de progresser plus vite dans leur de la transformation progressive carrière ! de l'objectif donné aux trois preEn somme, l'insertion promières années des études supé- fessionnelle ne remet pas pleinerieures, celle de consolider des bases intellectuelles et techInsertion aléatoire niques en vue de la « vraie » formation professionnelle. Les écoles diverses (journalisme, commerce, communication) et les concours de la fonction publique demandent par ailleurs un niveau d'étude minimum, celui de la Licence. La réforme des concours de l'enseignement (la materisation)a certes repoussé d'un an l'accession au professorat, il n'en ment en cause la qualité des forest pas moins que ceux-ci débou- mations. Cependant, l'université chent sur une formation équiva- semble avoir pris conscience de la lente à Bac+5. Il est clair que nécessité d'ajustements : cours c'est durant la Licence que les d'informatique, modules de prétechniques d'écriture – disserta- paration aux concours du profestions, commentaires de texte, sorat des écoles, de l'administraanalyse de corpus de documents tion publique. Enfin, il y a les – d'expression orale ou le fonds stages. cognitif nécessaires sont acquis. Nul ne dira le contraire. Pourtant, Tout le monde est d'accord pour tous ces faits ne suffisent à rassu- les considérer comme une occarer les acteurs de l'université, sion de découverte des applicaétudiants, enseignants et admi- tions des acquis universitaires. nistratifs. D'une part, il est fait Mais doivent-ils pour autant deveétat du fort taux d'échec en pre- nir un passage obligé, un bizumière année de licence (50%), tage d'entrée dans la vie active ? impliquant la question de l'orien- Le décret du 26 août 2010 censé tation ; d'autre part le lien entre réglementer les stages non-comuniversité et marché du travail pris dans le cursus universitaire est souvent considéré comme tend à pousser les universités à flou, malgré la floraison des inclure de plus en plus dans les débouchés existants. parcours de Licence des stages. Cette question de l'orien- Si les Licences professionnelles tation est posée dès le collège et comprennent un stage obligatoire ne cesse réellement d'être posée en fin d'année, il n'est pas cerqu'une fois la situation profes- tain, dans la logique de personnasionnelle de l'individu stabilisée lisation des parcours, qu'appli(et encore). Il n'est pas rare de quer cette mesure à toutes les croiser des étudiants qui, à la Licences soit une chose souhaitaquestion «que voulez-vous ble. Non seulement il n'y en aura faire plus tard ?», répondent d'un pas pour tout le monde, mais les air généralement embarrassé un risques d'exploitation d'une maindésespérant « je ne sais pas ». d’œuvre bon marché et docile Outre l'idée reçue négative – à n'en seront que plus accrus. tort – chez les étudiants de leur propre formation, les entreprises elles-mêmes tendent à ignorer les qualités pourtant réelles des étuSimon VACHERON diants de LSH. Pourtant, l'expé-

TRIBUNE “ PREVENEZ-NOUS SI VOUS TROUVEZ UN EMPLOI ”

Voilà comment j’ai été lâchée dans la grande cour des actifs par mon directeur de recherche, le jour de ma soutenance de mémoire. Ainsi, je découvrais un sentiment de solitude qui allait accompagner ma vie de « demandeu[se] d’emploi ». Car, après cinq années d’échanges à l’université, de rencontres par le biais de stages – non rémunérés - qui avaient constitué mon « réseau », je me sentais véritablement abandonnée…

J’avais pourtant assuré mes arrières à la fin de mon cursus : un stage négocié à la mairie de ma ville avec un intervenant de mon Master « professionnel » (censé favoriser les liens entre universités et entreprise, et ainsi placer des jeunes fraîchement diplômés – mais n’est-ce pas aujourd’hui une utopie ?) pour le mois de septembre. Le statut de stagiaire ne me ravissait que peu, mais l’entrée dans une institution me donnait un pied dans le monde mystérieux des travailleurs. Au moment de signer mes conventions, mon tuteur de stage ne me répondait plus. C’est par le biais d’un appel téléphonique très écourté (les politiques sont dé-bor-dés) qu’il m’expliquait qu’il serait gênant de m’employer « plus de trois mois » (j’avais demandé stratégiquement un stage long, « de manière à m’investir au mieux dans le projet de l’institution ») car il faudrait « débloquer des fonds », autrement dit, me payer, et c’est aujourd’hui un acquis que de ne pas rémunérer des stagiaires (auxquels on confie très souvent des travaux de personnes titulaires…). Non résignée à me faire exploiter après un Bac+5, je décidai de rechercher un « Emploi ». Je trouvai une annonce qui me correspondait dans une ville du Sud (une énième ville que je pourrai découvrir grâce au jeu de la mobilité !). Deux jours plus tard, l’institution me rappelait et ne me cachait pas son enthousiasme à employer une personne assez expérimentée pour un contrat … de Service Civique Volontaire : un contrat qui, pour 500 euros par mois, vous offre la possibilité de jouer au salarié 35h/semaines, sans pour autant vous permettre de cotiser pour votre futur chômage. Comme il me rappelait un peu trop un certain « Contrat Première Embauche » contre lequel j’avais dépensé beaucoup d’énergie, j’ai préféré refuser et retournai à la case départ, avec la vision du Pôle Emploi qui se rapprochait de plus en plus de moi. Dans la peau d’une sociologue, je m’y rendais au mois d’octobre. Tout me semblait assez simple, et les personnes de bons conseils, bien que je ne pouvais compter sur leur aide pour trouver comment m’insérer dans un secteur d’activité (eh oui, les titulaires d’un Bac+5 sont assimilés à des cadres et peuvent se détacher de l’aide de leur conseiller pendant quatre mois). J’ai finalement trouvé quelques vacations dans des musées (ce qui me permet à peine de payer un loyer). Alors que je m’empressai d’aller annoncer la bonne nouvelle, un agent d’accueil du Pôle Emploi m’informait de ma radiation : je n’avais pas été une bonne élève pendant le premier mois et personne n’avait jugé indispensable de me rappeler à l’ordre. Heureusement, la procédure est aussi simple en retour pour venir regrossir les rangs des chômeurs ! Aujourd’hui, je continue mes vacations, mais je pense sérieusement à partir à l’étranger pour continuer des stages (qui viendront enrichir mon CV, puisqu’on nous le demande), mais surtout à revenir me réfugier sur les bancs de la fac. Car ici au moins, on perd beaucoup moins de temps dans l’administration (la vie de chômeur coûte cher en photocopies !) et le temps nous est rendu pour réfléchir à des projets concrets et personnels !

Le strip - Marvin & Loomis - Harry, Luke et les autres...

Clotilde REDON Diplômée depuis Septembre 2010 d’un Master « Protection et Valorisation du Patrimoine »

culturel
HAUTE CULTURE : GENERAL IDEA Exposition rétrospective (1969-1994) Première exposition rétrospective dédiée au collectif canadien General Idea, elle propose, à travers une sélection de près de trois cents oeuvres, une vision globale et dynamique de son travail, sur lequel plane l'ombre de Miss General Idea, personnage fictif qui fut tout à la fois muse et objet, image et concept. Du 11 février au 30 avril.

Agenda

"CINEMALESHERBES" Les vendredis à 16h30 en salle C28 au centre Malesherbes (métro Malesherbes), les projections sont gratuites et ouvertes à tous. Ces projections gratuites de films peuvent être animées par des professionnels du cinéma ou des passionnés : pourquoi pas vous ? Contact : Marc Lazian : marc.lazian@paris-sorbonne.fr 01 43 18 41 25 CINECLUB POLONAIS Un mardi par mois, un film en langue polonaise est proposé à 17h en salle 34 au centre Malesherbes. Programme : http://www.cineclub-polonais.fr Proposé par l’Association Sorbonne Pologne

Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris n’en a pas fini de défrayer la chronique ! Après Larry Clark et Jean-Michel Basquiat, c’est au tour du collectif subversif ‘General Idea’ (1969-1994) de se voir offrir une rétrospective de grande ampleur… Canadiens, gays, conceptuels et gentiment dada sont peu de mots pour décrire ces trois artistes ouvertement marginaux, à découvrir ou redécouvrir du 11 février au 30 avril 2011. Pourtant, AA Bronson, Felix Partz et Jorge Zontal utilisent ce concept de marginalité de façon très paradoxale. Il s’agit en effet d’infiltrer la société et ses arcanes afin, entre autre, de tourner en ridicule préjugés et lieux communs. Pourtant, pour faire fructifier leur entreprise, un seul moyen s’offre à eux : devenir célèbres. C’est pourquoi, ils s’acharnent à « habiter le rôle de l’artiste », mais un artiste « glamour » avec caniches et couleurs pop à la

culture - GENERAL IDEA ...

clé. S’ils veulent aller à l’encontre de la consommation et de ses travers, ce n’est pas en la détruisant qu’ils y parviendront – ce serait de toute façon une gageure – mais bien en jouant avec de l’intérieur. L’infiltration se fait donc à plusieurs niveaux : création du magazine alternatif FILE et d’émissions de radio, réalisation de vidéos avec mire en arrière-plan, envoi de chaînes de lettres, organisation de concours de beauté afin d’élire Miss General Idea, détournement d’œuvres d’art… et tout cela dans une ambiance joyeusement queer ! Car l’homosexualité fait partie et est en partie la cause de cette entreprise de mise en lumière des milieux et pratiques underground. Par ailleurs, conscients extrêmement tôt de l’ampleur de la pandémie du Sida, ils envisagent dès le milieu des années 1980 la propagation de leur logo AIDS – conçu à partir du LOVE de Robert Indiana – à l’instar de celle du virus. A l’aide de papier peint, posters, pins, bagues et autres inquantifiables multiples, les rues de grandes villes comme les

milieux de la mode et de la culture s’habillent des couleurs du collectif… et de ce nom pourtant peu attirant. La gaité (sans mauvais jeu de mot !) des couleurs employées et la franche ironie qu’ils affichent ne doivent pourtant faire oublier la profonde réflexion qui se trame derrière leurs travaux. Par exemple, en développant l’idée d’un pavillon aux allures de découverte pompéienne, c’est tout un pan de notre culture et de la façon dont on a pu l’exposer (en en retirant le côté sexuel et choquant) qu’ils remettent en cause. Une partie de leurs revendications sont d’ailleurs exposées, non sans décalage, dans des showcards qui, didactiquement, associent image et texte dans un format préconçu. En revanche, cette vivacité est celle dont il faut se remémorer et non la cause de la dissolution du collectif : la mort de Félix et Jorge du Sida. Qu’on ne l’oublie pas, ‘General Idea’ est définitivement du côté de la vie.

COMEDIE FRANCAISE Une heure avant le spectacle Sortie de 5€ à 12€ - Les tarifs sont réservés aux étudiants de - de 28 ans. - Tous les premiers lundis du mois, gratuité des places du petit bureau (sous les Arcades de la rue Richelieu) pour les moins de 28 ans sur présentation d’une pièce d’identité, sans réservation et dans la limite des places disponibles (une place par personne). L’OPERA DE PARIS POUR LES JEUNES Une heure avant le spectacle Sortie de 10€ à 25€ Tous les jeunes de moins de 28 ans bénéficient d’un tarif réduit (25€ pour un spectacle d’opéra, 15€ pour un spectacle de danse ou un spectacle"frontières", 10€ pour un concert) sur les places encore disponibles, en se présentant aux guichets de chaque théâtre 15 minutes minimum avant chaque représentation. Il est conseillé de se présenter une heure avant. Les places sont souvent avec une très bonne visibilité. LES CONCERTS DE MIDI Autriche et Moravie Vendredi 4 mars 2011 à 12h15 Par l’Afflatus Quintet. W.A. Mozart P. Haas : Quintette à vent, op.10 Budapest, Leipzig et Vienne Vendredi 11 mars à 12h15 Raphaël Pidoux, violoncelle. Emmanuel Strosser, piano. Z. Kodaly : Sonate pour violoncelle et piano, op.4 J.S. Bach : - Trois préludes de choral - Transcription pour violoncelle et piano J. Brahms : Sonate n° 2, op.99 ... Lieux des concerts de Midi: Amphithéâtre 1, Université Panthéon-Assas (92, rue d’Assas – 75006) Réservations : 06 89 17 49 35 contact@concertsdemidi.fr www.concertsdemidi.fr

La notion de service public est une idée à la fois séduisante et vague. Elle signifie autant le service rendu au citoyen que le bon fonctionnement des institutions de l'État financées par celui-ci. On peut donc parler sans trop se tromper de service public d'État. Dans la radio, il s'agit de rendre un service de divertissement, d'information et de culture, cette dernière chère à André Malraux, qui occupa le premier le poste de ministre de la Culture. Or, dans ces trois domaines, la radio de service public est confrontée à une problématique particulière plus que ses consœurs privées : l'ouverture critique sur le monde et l'environnement immédiat du citoyen. Il n'aura échappé à aucun d'entre-nous le psychodrame qui se jouait à France-Inter à la fin du mois de juin 2010, avec les renvois des humoristes Didier Porte (aujourd'hui sur

culture - ORTF WTF?

Médiapart et Arrêt sur Image) et Stéphane Guillon (toujours sur Canal +), pour abus d'humour. Ils furent remplacés par le soporifique binôme Cohen-Pulvar et de l'horripilant Gérald Dahan (lui-même viré au bout de deux mois). Mais le silence médiatique s'est fait sur une autre éviction, celle de l'émission Et pourtant Elle Tourne. L'objet était de présenter à l'auditeur, durant une heure, l'état politique de notre monde, de l'Amérique du Sud au Sud-est asiatique, en passant par l'Afrique ou des sujets de société. Après quatre années de diffusion, l'émission est rayée des grilles, à laquelle a succédé une émission de divertissement. Dehors la pensée et la critique ! Une autre radio de service public connaît depuis plus longtemps des restructurations sociales et de programmes bien plus importants et pourtant peu connues du « grand » public. Radio France International (RFI) a traversé, il y a un an, sa plus grande crise interne : suppression de postes de correspondant à

l'étranger, réforme des programmes... le tout dans un silence assourdissant. Un an plus tard, le 28 octobre 2010, la direction de RFI annonçait la fin d'une émission à portée locale, Microscopie. Motif : une émission portant sur les banlieues « ne mérite pas un temps d'antenne de 47 minutes quotidiennes ». Vous avez bien lu. Cette émission faisait découvrir la banlieue, ses réalités, ses habitants, ses espoirs, ses désillusions. Bref, « la société au microscope». Un mois plus tard, artistes, des intellectuels, des politiques issus de ces banlieues indignes, publiaient une tribune dans Le Monde, pour dénoncer cette fermeture. En cela, la notion de service public dépend de ses dirigeants, de leur propre ouverture, ou plutôt, de leur propre courage intellectuel. Et aujourd'hui, une radio de service public d'État, c'est pour d'abord une radio d'État aux frais du public. Heureusement, il reste France Culture … pour le moment. Simon VACHERON annoncer l’arrivée au conseil du Département des Études Arabes et Hébraïques de deux élus étudiants, et nous nous réjouissons que les étudiants de cette filière soient enfin représentés. De même, bien que pour des raisons logistiques, nous n’ayons pas pu présenter de listes aux élections d’UFR d’ItalienRoumain et de Langue Française, il est bon que ces UFR soient désormais dotées d’élus étudiants. Veuillez noter, étudiants en Études Slaves, que votre tour viendra très prochainement, et que bientôt nous pourrons inscrire au carnet de naissance des étudiants désignés à siéger au conseil de cette UFR. Sur ce, nous vous souhaitons une bonne année, pleine de conseils en tout genre pour la défense de vos droits! Emma OZAWA

Charlotte COSSON

Alors que vous tenez ce journal, nous sommes en 2011, le mot « foie gras » suffit à vous rendre malade, tout comme la moindre allusion aux bonnes résolutions. Mais à l’heure où nous rédigeons cet article, nous sommes fin 2010 et nous tirons un bilan provisoire. Dans les pages du Sorbonnard déchaîné, nous vous avons déjà parlé à de nombreuses reprises du fameux PRES (Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur) « Sorbonne Universités », l’ambitieux mariage de raison(s) – raisons stratégiques, économiques, éventuellement pédagogiques et académiques – entre Paris II, Paris IV et Paris VI. Le terme « fameux » est ici à prendre dans un emploi absolument emphatique – s’il est encore nécessaire de le préciser – puisque, comme nous l’avions dénoncé dès l’annonce des joyeuses fiançailles, cette union qui tire son poids notamment des 60 000 étudiants qu’elle rassem-

La voix des Elus

f

Zone d’info
Vos droits pendant les examens

ble, n’a pas l’intention d’inviter ces derniers à peser dans, ou ne serait-ce que participer à, ses organes institutionnels. D’ailleurs, les étudiants ne sont pas les seuls lésés, les BIATOSS se voient aussi privés de représentation digne de ce nom. Il faut croire qu’à force de protester, nous avons peu à peu été entendus. En effet, les représentants étudiants en conseils centraux ont eu le plaisir ce mois-ci d’être invités à la noce, pardon, à un cocktail déjeunatoire par le président du PRES. On se souvient donc de notre existence, mais il y a mieux encore. Afin de rassasier les ambitions des étudiants, qui souhaiteraient faire valoir leurs droits à s’intéresser à ce qui les concerne, on nous a fièrement annoncé la création d’un Sénat du PRES, où seront appelés à siéger deux étudiants par université fondatrice. Il s’agit donc de désigner six étudiants chargés de représenter 60 000 étudiants.

Proportionnellement, on a déjà vu (bien) mieux. Mais il s’avère en plus que ces élus étaient supposés siéger quatre années durant, sans suppléance. Or dans la vie étudiante, quatre ans dans une même université c’est long, c’est rare, ce n’est pas programmable à l’avance, pas plus qu’on ne peut garantir la longévité d’un mariage en cette ère de divorces banalisés. Alors votre représentant AGEPS en CA a fait ce qu’il prétend savoir faire le mieux – il est d’une personnalité modeste, il a vigoureusement protesté. Et nous n’en sommes qu’aux questions formelles d’ordre comptable (plus de représentants étudiants, pour des cycles moins longs avec un suppléant), car sur le fond, on est en droit de critiquer le choix d’un « Sénat », dont le pouvoir serait bien faible, puisqu’il ne serait qu’un organe consultatif. Voilà donc une affaire à suivre, et dont nous vous tiendrons informés. Mais après ces paragraphes chargés de dépit, nous vous proposons une heureuse nouvelle. Nous avons le plaisir de vous

Anonymat & Retard Notre université, comme toutes les autres, est soumise légalement au respect de la règle de l’anonymat des copies pour les examens à toutes les sessions. Les retards sont admis jusqu’à une heure après le début de l’épreuve. Cette heure limite est également celle des premiers départs autorisés de la salle d’examen, définitifs ou non.

Semaine de Révision Défendue et obtenue par l'AGEPS au CA et au CEVU d'avril et mai 2008, elle doit permettre aux étudiants de réviser dans les meilleurs conditions par l'interruption complète des cours et la non-tenue des examens durant 3 jours au premier semestre et une semaine complète au second.

Compensation Grande victoire de l’AGEPS, la compensation annuelle, obtenue en septembre 2008, permet que les semestres se compensent entre eux. Ainsi, avec 9 au premier semestre et 11 au second, vous n’avez pas à passer les rattrapages car votre moyenne annuelle est de 10!

Clignancourt: Droit au Silence Si durant vos examens vous subissez des nuisances sonores, informez-en l'examinateur de l'épreuve qui a tout pouvoir pour faire contacter les chefs de chantier et faire cesser immédiatement le bruit.

Fraude Même si vous êtes pris en flagrant délit de tricherie, personne n’a le droit de vous faire sortir avant que vous n’ayez terminé l’épreuve.

Avec la participation du FSDIE de Paris 4

Le Sorbonnard Déchaîné: Directeur de publication :Julien AUVERT, Rédactrice en chef : MarieMadeleine BEKO, Comité de rédaction de ce numéro : Marie-Marine AKERMANN, Alice BENSO, Ariane BUISSON, Juliette HALLE, Maxime LONLAS, Emma OZAWA, Simon VACHERON. Dessins : Julien AUVERT, Maquette : Xavier HENRY

Première organisation étudiante de Paris IV, l’AGEPS dispose de nombreux élus dans les différents conseils d’UFR et, jusqu’à aujourd’hui, de 5 élus dans les conseils centraux de Paris IV. En tant qu’étudiants, nous travaillons chaque jour à ce que notre voix à tous soit prise en compte dans la gestion de la fac. Rejoignez-nous ! Nos locaux: SORBONNE: salle F646 galerie Claude Bernard, esc. P deuxième étage. MALESHERBES: salle 113, premier étage CLIGNANCOURT: salle 303, RDC, à gauche en sortant des amphis

01 40 46 32 27 www.ageps.org contact@ageps.org