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L'ATMosPHÈnE

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PAR

A. VrciErS

Avrc \22 <;FlA\r'uREg

r LIBTT.&TRTE F{ACf[EffiE I

et d'adaqtation ftser}és qour tous psat.Capwight bu Lihairic'Ilaclætte l9!5,

Tous drotts de had:lr;tion, de reproduetîon,

L'ATMOSPHÈRE

AVANT-PROPOS ONQA ÉRIR I'atmosphère, s' élancer au-des' sus da sol auqael noas rfue la pesanteur, parcoartr tair comîne les odseaun, a touioars étê le rêue supérteur de l'hamanité, et la lable nous montre fcare, tombê, rtictime de son imprudenb
antdace,

Aujourd'lzuir le rêue est devenu réalitë. L'homme soutena par des ballons, d'abord, plus tard monté sur d.es antionsrs'esf rendumaître de l'élëment dont la possessdon tui sembls,it ù iamais interdite' Il parcourt, aa'dessus des nuages, des distances de plus en plus grandes en des temps de plas en plus courts ; et le moment n'est pas éloigné, scns doute, où au lieu de faire, comme Philéas Fogg,le tour du monde en quatre-vin$ts jours, on pourra faire le tour du monde en quatre'vinglts heûres. Mais cette atmosphère, cet air qae l.es anciens appeîaient un élément, il est nécessaire, auiourd.'hai plus que iamais, d'en connaître la nature, d.,en étad.ier les lois. It est redoutable par ses tetnpêtes, cet éIément aérien; il soulèue les eau'c de la
(s)

AVANT-PROPOS mer par les vagues qu'y engendrent lr,s uents; il inond.e les campagnes par les pluies qn'il condense sær les monts ; i|, brzl,le les habitations, il tue les hommes par la foudre que fait éclater l'électricité de ses naages, neonstituepour lenavigateur de l'atmosphère, ù la fois le support clui luipermet de faire sa route, et le danger ineessant contre lequel il a ù.lutter. CesÉ I'exposé gënéral des propriétés de I'atmosphère, de ses lois, de ses colères qai farme le sujet dÊ ce lîvre que la Bibliothèque des Merveilles, fidète'à son progra,mme, se deuaitde publier, -âIous I'antons denzandé à un autear ù, ryu{, par suite d.e 'solides études et d'une longue pratique, les choses de la Météorologie sont familiëres, Il l'a écrit aussrl clair et aussi complet qu'i! etait possible de le faire : e'est dire que nous raltons l'espotr tlue ce 'uolume sur l'Atmosphère sere, digne de ser
prédécesseu.rs,

A. B,

CTTAPITRE PRErtUER

L'ATMOSPHERE, SES DIMENSIONS, SA NATURE
composttton' - ll il L;a;r nrèst pas un-< élément >> simpl"'-.5-*. de I'atmosphère aix différentes altitudes. i."-ii*"âittrb" -Ai;"nsions cle l'atrÂosphère_.: son étrtaisseur limi.te.. ll ll* L"; Evatuattons de';f,;-:t:rii'o"or?,tl,i!#iil!*"' tt l)Lul&ons
Qu,es!-ce gue I'almosphère? ll

L'ait. ahtosphérique est.pesant.

QU'EST-CH QUE L'ATMOSPHÈR$ ? .d o Quand ,,o,rl, ,.g*rdons lc ciel, nous sommes aussitôt frappés de la
diversité de ses aspects successifs.

Tantôt il nous apparaît coTnme une voilte dtun bleu pur, lumineuse pendant le jour, sombre pendant la nuit, et sur Iaquelle paraissent cheminer les astres qui nous éclairent ou q'i nous guident ; tantôt, au contraire, il nous présente l;apparence d'une coupole sombre dont le gris donne une teiàte triste aux obiets terrestres. Au lever et au coucler du soleil, il prencl des couleurs qui rappellent celle de I'or et de la pourpre, et presque toujours, des masses mobiles, des nuages dont la coloration va du blanc le plus pur au noir le plus épais, se montrent çà et 1à sur la vaste étendue qu'il occuPe au-dessus de nous. En même temps, nous éprouvons des sensations de chaud ou de f roid, suivant les heures et les saisons ; des gouttes d'eau, tantôt fines au point d'être à peine visibles, tantôt larges et tombant rapidernent, s'échappent des nuages pour
parcelles de neige et de glace.

arriver jusqu'au sol. Parfois, elles sont congelées sous I'action du froid et n'atteignent Ia terre que sous forme de
Puis. nous avons I'impression que quelque chose se dé'
(7)

L'ÂTX[.OSPHERE
place autour de nous et vient nous heurter le visage avec plus ou moins de violence : nous disons qu'il f ait du s vent r>. A certains jours, dans certaines circonstances, des apparençes lumineuses, dont quelques-unes'sont d'une incomparable beauté, comme ltarc-en-ciel ou les halos, se montrent dans

le ciel, au milieu des nuages. Et enfin, des phénomènes électriques dont quelques-uns sont terriffants, comme les
éclairs, Ie' tonnerre,
de la nature.

la f oudre, viennent nous

rappeler

combien nous sommes peu de chose vis-à-vis des forces

. C'est le milieu au sein duquel se produisent tous ces phénomènes qui constihre l'Atmosphère, et ce milieu, on le rencontre toujours autour de soi, en quelque lieu de la surface terrestre que I'on puisse se trouver. Ctest lui qui renfermê les éléments nêcessaires à Ia respir.ation de
nos poumons, au développement de nos plantes, à la com-

bustion de nos f oyers, élêments dont

la

réunion forme

fair,
Nous allons en faire rapidement l'étude eu cours de ce petit livre, destiné à en exposer aussi clairement que possible les propriétes et les lois essentielles.

L'AIR ATMOSPHÉ,zuqUn
t.
'
1,

Dans I'antiquité et le moyen âge, on admettait que I'air était un fluide impondérable, c'est-à-dire n'ayant pas de poids. C'est à Galilée que revient la gloire d'avoir démontré

eSt < PESANT >. a o

t'

la pesanteur de I'air. L'illustre savant comprima, à l'aide d'une pompe, de I'air dans un flacon de verre dont le vopoids. La < pesanteur de l'air > était donc démontrée" Elle le fut, plus tard, par Torricelli, dans sa célèbre expérienc"e du tube à mercure. Un tube d'environ un mêtre, fermé par un bout, ouvert par I'autre, est rempli de mercure.'Cela fait, on le bouche avec le doigt, on le retourne en
de

lume était invariable et constata que le flacon avait augmenté

erfonçant sous

le

mercure contenu dans une cuvette

I'extrémité bouchée par le doigt, et I'on retire celui-ci. Le qlercure, bien que n'étant plus soutenu par le doigt, ne
(8)

SES DIIfi.ENSIONS, SA NATURE
stabaisse pas jusqu'au niveau qu'il occupe dans Ia cuvette, il reste sau,tenu dans le tube, jusqu'à une hauteur qui est, en moJrenne, de 76 centimètres au niveau de
Ctest

tra

mer.

pression exercée sur le rnercure de tra cuvette parle poids de I'air qui f ait équilibre au poids de la colonne

la

de mercure soutenue dans le hrbe. cette expérience dêmontre

donc que I'air est pesant, qu'itr exerce une pression sur les corps qui y sont plongés, et permet d'évaluer cette pression qui est r kg.'o33 grafirmes par centirnètre carré : c'est le poids de mercure soulevé à 75 centimètres de hauteur dans un tube tel que sa surface transversale serait de r centimètre

'carré.
On peut déduire de là, sinon l'épaisseur de l'atmosphère
(nous verrons plusloin pourquoi)rdumoins son

poids totat.

de centimètres carrés con'tenu dans la superficie du globe terrestre et de multiplier ce nombre par r kg. o33 pour avoir le poids cherché. Ï-a superficie du globe terrestre est 5ro roo 8oo kilomètres carsés. On trouve ainsi que le poids total de I'atmospttère est: 5 269 3!f 1 264 O0O O0O tonnes. Si l'on veut en donner une expression matérielle' nous trouverons que ce poids de l'atrnosphère est égal à celui d" 47g o3r cubes massifs de plomb (de densiié rr) ayant ôhacun un kilomètre de côté ! Tel est le poids de ce milieu atmosphérique, de cet < air >> que nos ancêtres estimaient
'impondérable.

Il suffit de calculer le nombre

L'ATR N'EST PAS UN {r IÉIÉMNUT
COMPOSITION.
de

>

SIMPLE. SA

o â

Galilêe avait dérnontré la pesanteur

l'air. Cependant, on continuait à le tenirpoutunélément, c'est-à-dire pour un corps impossible à décomposer en d'autres. Ce fut Lavoisier qui eut I'honneur de prouver la complexité de l'air atmosphérique. Il chauffa du merçuf,e en présence d'un volume limité d'air t il vit le rnétal liquide se recouvrir d'une poudre rouge, tandis que la volume de I'air diminuait ; une partie du mercure s'était
dor;c Çonrbi.née avec un des composants de l'air pour donner

(s)

i'
;-

L'aÏl[,osprrÈng
un oryde ;Ie gaz restant était impropre
Lavoisierlenomma t'azote I Itautre composant, qui stétait combiné au métal, était l'axygène" mélange d'o.xygène

à Ia respiration.

Les physiciens du xrxe siècle montrèrent que I'air n'était pas une combinaison chimique, mais un simple
variables et faibles d'acide carbonique
d'eau.

et dtazote, dans ia proportion de zor8 d'oxygène et de 7g,z d'azote, avec des quantités
et dtammoniac,
et

une teneur plus forte, mais également variable, de vapeur

En r88e, deux illustres savants anglais, lord Rayleigh et Sir Willianr Rarrrsay, en étudiant Ia densite de I'azote,
trouvèrent de.s diflérences entre ies valeurs de cette densité suivant que le gaz était extrait de I'atmosphère ou d,un de ses composés chirniques, un azotate ou un azotite. En employant la liquéfaction des gaz et I'évaporation rationnelle du liquide ainsi obtenu, ils découvrirent ldans l,air un nouveeu€&t l'argon, qui y figure dans la proportion

d'un centième. Ils allèrent plus loin, etn toujours en employant I'intermédiaire de la liquefa.ction, ils d'Émontrêrent qu'il existait dans I'air atmosphérique,outre l'onygène, I'azote et I'argon, cinq autres gaz <simples > tl'héliumrte krypton, le néon, lerénanet t'hydrogène. Tous ces gaz y figurent à doses infinitésimales. L'image suivante, que nous empruntons au professeur A. Berget qui I'a donnée dans ses cours de l'Institut océanographique et de la Sorbonne, va nous permettre de nous faire une idée exacte. Imaginons un cube de ro mètres de côtè, contenÀnt, paf conséquent, un million de litres, et supposons qu'il soit rempli d'air. Sur ce million de litres, il y auraJ78ri788 litres d'azote, eo97oo litres d'oqygènet g 4oo litres d'argon,

ro litres de néon, : litre de krypton, r litre d,héIiurn, tlao de litre de xénon, et environ roo litres d'hydro-

tient, en quantités variables, de la vapeur d'eau, de Itacide carbonique, de l'ozone, du gez amrnoniac, du (rol

gène. Indépendamment

de ces gae,

l'atmosphêre cofl-

SES DIIIENSIONS, SA NATURE g{rz sulfureua' du gaz sulfhydrique, des carbures d'hy' Irogène. Pour la vapeur d'eau, la proportion varie u r/3o et r/r ooo ; pour I'acide carbonique, elle est

"r,t de r/3 ooo environ' lelle est, actaellement, la composition de l'arr que nous respirons. contient-il d'autres éléments ? Déià les astronomes ont constaté la présence d'un gaz, encore inconnu sur la Terre, dont le spectroscope leur a prouvé la présence
dans les aurores polaires et qu'ils ont appelé le gêoeoronil4.m.

Estil le seul ?
de demain.

La réponse à cette question sera le travail de la science

1

LA COMPOSITION DE I-'ÀTMbSPHÈRE AUX DIF' FÉRENTES ALTIIUDES. o a La composition de I'at' mosphère que nous avons donnée, la proportion celative des g* élé*"ntaires qu'elle renferme sont celles des couches i'air qui avoisinent le sol. Mais une question se pose à I'esprit curieux: cette composition demeure-t-elle la même
aux grandes altihrdes i A cela, la physique peut aujourd'hui donner une réponse
satisfaisante. Les lois bienconnues du rnélange des gaz nous disent quet lorsque plusieurs gaz se mélangent, chacun d'eux occupe Itespace entier qui lui est offert, et cela, cofirme s',il était seal. Il suffit donc de se demander comment se répartit une masse gazeuse à mesure que la hauteur augrnente. La règle de cette répartition est simple t quand ia hauteur croit régulièrernent, la pression diminue suivant une pro' gression gêométrique. Autrement dit, pour employer le terme scientifique, ia loi de la dêcrorssance des pressions avec lia hauteur est une loi c logarithmique n. Tous ceu* de mes lecteurs qui ont fait des études, même elémentaires, de mathématiques, sauront ce que cela veut di're.

Il resulte de tà que, à une même hauteur dans l'atrno'
(rr1

sphèrerdeuxgaz de densités différentes ne doivent pas avoir ti même pression. Par su:'te, dans le rnélange qui est la

.

t t-

.'

L'ATTVTOSPHÈRE
conséquence de leur répartîtion slmaltanée en altitude, les ploportions des divers gaz varient a.vec leurs densités respectives. Dans les couches les plus hautes' ce seront les .gaz les plus lègers,I'hydrogêne et ,'hélium, qui se trouveront en plns grande abondance. Au contraire, dans les cauches interieures, les gaz les plus lourds prédomint:r'oflt, rbtenus qu'ils sont par leur poids spécifique plus considérable. Les physiciens, partant de données absolument s{Ires, ont calculé quelle devait être cette répartition. Voici à quels rêsultats ils sont arrivés. Au niveau du sol, en <t arrondissant > les chiffres, lacomposition de I'air est de er parties d'oxygène, 78 d'azote, r partie d'argon ; Ithydrogène se rencontre à la dose d'un dix-r:ni11ième, I'hélium à celle d'un millionième. A i'altitude de eo kilomètres, on trouve 84 parties d'azote au lieu de 78 ; I'oxygène, de densité plus f orte, est à une dose plus f aible (r5 parties au lieu de zr). Mais,par contrer à cette altitude, I'hydrogêne, grâce à sa légèreté plusgrande, . se trouve à dose plus forte ; un millième au lieu d'un dix' miilième. Il en est de même pour I'héiiunr.

!g parties d'azote, mais il n'y a pius que 7 P. too d'oxygène. En'revanche, il y a 13 p. roo d'irydrogène et r/2o P' xoo d'hélium. A 8o kilomètres, 11 y a autant d'hydrogène que d'azote, soit 5o p. roo de chacun des deux gaz. A 9o kilomêtrest dans la dose extrêmernent petite d'air qui, à cette hauteu[ est à une pression aussi $aible que sous la cloche des machines pneumatiques les pius perlectionnées, on trouve 70 p. roo d'hydrogène. Enfin, à roo kilomètres, le peu d'air qui se trourre à cette altitude e$t f ormé de gg,5 p. roo d'hydrogène, de 4/ro p. roo d'hélium et de r/ro p. loo d'azote. L'oxygène, ltargon, les autres gaz K rares >r de l'air, retenus en bas par leurs trop fortes densités, ont complètement disparuT'elles sont les données que 1a science moderne peut notts fournir relativement à ia conrposition du milieu
atmosphérique.

A 5o kilomètres

au-dessus

du sol, on trotrve

encore

ira)

SES DIII{ENSTONS, SA NATURË Nous allons maintenant nous occuper de déterminer
l'épaisseur de la couche d'air qui entoure le globe terrestre.

LES DIMENStrON*S DE L'ATMOSFHÈRE: SON ÉPETS. SEUR LIMITE. o d L'atmosphère est donc une chemise gazeuse, une sorte de vêtement transparent qui entoure la Terre tout entière. Celle-ci, de forme à peu près sphérique, se. compose de

trois enveloppes superposées. D'abordta ltthosphère (ou sphère de pierre),c'est-à-dire
I'écorce terrestre proprement dite, Ie < sol D sur lequel sont

bâties nos cités, et qui constitue les continents et Ie fond des mers. Ensuite, l'hydrosphère (ou sphère d'eau), constituée par les mers et les océans qui recouvrent bien près des trois quarts de la surface terrestre. Enfin, il y a t'atmosphère (ou sphère gazeuse), qui enserre le tout danb son manteau translucide. Et, à l'intérieur de ces trois enveloppes concentriques, se trouve Ia pyrosphère (ousphère de f eu), le < noyau central >> f ormé de laves et de matières en f usion, qui s'échappent de leur prison lors des éruptions
volcaniques. Nous avons vu que l'atmosphère était f ormée de plusieurs gaz réputés < simples >r, mélangés les uns avec les autres dans des proportions qui varient avec I'altitude à laquelle

ils se trouvent. Mais, cette altitude, jusqu'à quelle timite peut-on la pousser pour rencontrer encore des rnolécules gazeuses en quantité appréciable I A, partir de quelle hauteur au-dessus du niveau moyen des mers les gaz sont-ils
suffisamment raréfiés pour constituer le << vide >> de i,espace interplanétaire ? Cette question est celle d,el'épatssear de l'atmosphère. fi y a, tout d'abord, une première f açon d'évaluer l,épaisseur de Ia couche d'air qui nous entoure. L'expérience classique du baromètre à mercure, sur traquelle nous aurons à revenir plus longuement, nous montre que la pression exercée par l'atmosphère suf, un centimètre carré est égale au poids d'une colonne de mercure ay4nt ce centimètre

(rs)

\\
L'ATIVTOSPHERE
par centimètre carré est donc très voisine d'un kilogrannme. L'"it étant ro 5oo f ois ptus léger que le mercure, il en résrlte qu'il faudrait, pour assurer l'équilibre' une colonne d'air àyant une hauteur égale à ro 5oo fois 76o millirnètres. On obtiendrait ainsi, pour l'êpaisseur de l'atmosphère, le chifrre de 7 98o mètres, soit à peu près 8 kilomètres' Mais ce chiffre est matériellement trop faible, puisque nous connaissons des montagnes, le mont Everest par exemple, qui le dépassent de 8oo mètres et sur lesquelles la neige sè condense, ce qui prouve qu'il y a de la vapeur d'eau, donc des ge à cette hauteur. En outre, des ball0ns et des avions ont dépassé I'altitude de r2 ooo mêtres' donc ils y trouvaient de I'air pour s'y soutenir' L'erreur de ce raisonnement trop simple vient de ce qu'en faisant ce calcul, nous avons admis implicitement sur toute 1a {u'un litre d'air conservait le mâme poids que sa denstté dit autrement I'atmosphère, de hauteur devient de moins en moins dense, de plus en plus léger' à mesure qu'on s'élève dans I'atmosphère. Les couches que les supérieurÀs de celle-ci sont donc moins lourdes totale, pour I'atmosphère comporte, cela et couches basses, que que nous celle grande plus beaucoup épaisseur trne
venons de trouver' Mais alors, comment résoudre, comment, même, G poser D le problème avec précision ? Doit-on comprendre sous le

pour base et une hauteur de 76o rnillimètres en moyenne, c'est-à-dire à r kg. o33. cette pression de l'atmosphère

'

était invariable. Nous verrons qu'il n'en est rien. L'air

nom d'atmospirère un milieu conservant, au moins
partie, les propriétês que nous

en

connaissons prês de La iurface du sol, c'est-à-dire la faculté d'entretenir la vie et les combustions, et la possibilité de soutenir des appareils de navigation aérienne ? Doit-on, au contraire, donner le nom d'atmosphère à un milieu, quelque faible qu'en soit Ia densité, dans lequel des molécules gazeuses clairseméeset distantes manifestent, seules, la présence de ses élénientS constitutif
s?

lui

(u)

SËS DIIIIENSIONS, SA NAÏURË
C'est dans ce dernier sens que sont faites les évaluations des savants modernes, et voici une première limite, f ournie

par les calculs des

astronomes.

:

I

l

centrtluge d'autant plus grande que le corps sur lequel elle s'exerce est pius éloignê de l'axe de rotation terrestre. Comme, d'autre part, la pesanteur, c'est-à-dire I'attraction du centre, diminue à mesure qu'on s'éloigne de celui-ci, on comprend aisément qu'il existe un point auquel la pesanteur et la force centrifuge se feront équilibre. En deçà de ce point, des molécules d'air pourront être retenues par la pesanteur, plus forte que la force centrifuge ; mais, au delà, c'est I'action de cette dernière qui sera prédominante, et les molécules d'air seraient < lancées r> dans I'espace comme la pierre d'une frondè, échappant ainsi à I'attraction terrestrel Ie point d'équilibre marque donc la limite
possible de I'existence de

On sait que tous les corps sont pesants: molécules d'air ou molécules de plomb, tous sont soumis à I'inexorable loi de la pesanteur qui tend à les attirer vers le centre de la Terre. Mais, en même temps, coûtme le globe terrestre tourne sur lui-même, il résulte de cette rotation uneforce

l'air

t
I

assez simple montre que ce point est situé

du centre de la Terre égale à terrestre, ou à une distancedelasurface terrestre égale à cinq fois et demie le rayon du globe. Ce dernier chiffre représente donc l'épaisseur maxima posstble de I'atmosphère.

aknosphérique. Un calcul à une distance six fois et demie le rayon

Mais nous pouvons nous demander si les résultats de ce calcul sont admissibles <t dans la pratique >. Peut-on admettre qu'à cette distance de cinq fois et demie le rayon de la Terre, c'est-à-dire de plus de 35 ooo kilomètres, les
molécules de gaz, très clairsemées, qui peuvent

participent encore au mouvement de
sa rotation autour de son axe ?

Il ne faut donc considérer ce résultat que conrme f indication d'une limite supérieure que l'épaisseur de I'atmosphère ne saurait
dépasser,

là Terre pendant

s'y trouver

{rs)

L'ATT'IOSPHÈRË ÉV*TUEUONS DE L'É,PAISSET,,R DE L'AIMO. SPHÈRE. p a Il convient donc de poser la question autrement et de se demander à quelle limite s'arrête I'atmosphère, sous la condition qu'elle constihre un milieu, et non une réunion de molécules errantes et trop écartées
les unes des autres. A cela, l'Astronomie nous donne une excellente réponse' basée sur I'observation du crépuscule. Les astronomes

peuvent calculer
'J'atr cclarrée
Dcrmèrl: rnoléæle

quel est, efl un lieu donnê de la Terrg le moment précis otr le So-

leil doit disparaître { géomé-

triquement D âudessous de I'horizon, pouf un jour
déterminé. Or, Itobserva-

Fig. 1,

de l'épaisseur - Détermino.tion de l'atmosphère.

tion nous montre

!lu€,

longtemps

du

coucher théorique de I'astre, le ciel reste éclairé par la diffusion de la lumière solaire sur les particules qui constituent l'air atmosphérique: c'est Ie phênomène du crépuscale. Mais on sait également que cet éclairement diminue à mesure que le Soleil s'abaisse sous I'horizon
et cesse complètement quand I'astre est incliné de 18 degrés

après cet instant

d'angle au-dessous de l'horizon du lieu considéré. Une figure de géométrie élémentaire (fig. r) nor.ls fait comprendre que, dans ces conditions, il est posstblede déterminer l'épaisseur de I'atmosphère, c'est-à-dire la distance du sol aux dernières moléculeB susceptibles de diffuser la lumière émise par Ie Soleil. En un point A de !a Terre, on voit encore la molécule d'air I\4 éclairée quand le Soleil est incliné de rBo au-dessous de I'horizanl on peut
(16)

sEs DIIIIENSIONS, SA NATURE

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Schéma des divisions naturelles de l'atmosphère iusqu'à BO kilomèttes.

donc connaître le côté O1VI du triangte fectengle AoM
(rz)
C*rMospnÈns
?

L'ATIlfi.OSPHÈRE
dont un côté OA est le reyon de la terre, dont l'artgle en O est de 9o (moitié de 18) et dorit le côté OIIX est le rayon de la terre augmenté de l'épaisseur inconnue PM de

I'atmosphère terrestre. Celle-ci peut donc être calqrlée. On trouve ainsi, pour la valeur de l'épaisseur OM de I'atmosphère terrestre, le chiffre de 80 kilomètres. Nous verrons plus loin l,importance de ce chiffre de 8o kilomètres confirmé par plusieurs autres déductions expérimentales. Il semble que ce nombre de 8o kilomètres marque vrai-

ment

la limite de ce que I'on peut

appeler latmo'

sphère effecttue.

limite, si I'on cherche I'altitude à laquelle il y a encore assez d'air pour provoquer, par frottement, I'incandescence

L'observation des êtoiles ûlantes permet d'étendre cette

des corps solides errant dans le ciel, débris de comêtes qui tombent sur la Terre avec une grande vitesse et qui Goostituent les éfoiles filantes, Les astronomes ont déterminé la limite supérieure à laqueile apparaissent ces manifes-

tations et ont trouvé zoo kilomètres. Au delà de cette limite conrmence une tranche, d'une épaisseur de 5oo à 6oo kilomètres, tranche composêe de nrolécules très raréfiées

nommé le géocoroniam. C'est dans cette couche que se produisent les aurores polaires, et c'est en étudiant la lumière de celles-ci, décomposée par le prisme du spectroscope' que fon a découvert pour la première f ois le géocoronium. Au delà sont, sans doute, de rares molécules errantes des gaz légers: hydrogène et hélium, qui, seules, peuvent subsister

d'un gaz encore inconnu sur' la Terre et qu'on a

à

ces

hauteurs et par ces basses tempérafirres.

t

c EFFECTIVE >. o a Les notions que nous venons de donner vont nous permettre de diviser I'atmosphère en uncertain nombre de compartiments, de
MOSPHÈRE

DIVISIONS NATURELLES DE L'ATMOSPHÈRE. L'AT.

r

couches D superposées, de {( strates u, dont chacune aura

des propriétés bien différentes.

La prernière de ces

couches,
(rB)

la

Plss

basse, celte

qui

''..
'{

sËs DIMENSIONS, SA NATURE
repose directement sur i'écorce terrestre, a une épaisseur moyenne de 3 5OO mètreS : C'est la zone des perturbatlons. c,est dans son intérieur que naissent et évoluent les tempêtes, les bourrasques, les cyclones, et, d'une manière

lénérale, toutes ies vicissitudes atrnosphériques. C'est d*r ro" épaisseur qu'est contenue la presque totalité de la

vapeur d'eau, ainsi que la plupart des poussières rninérales, végétales ou animales qui flottent dans I'air. La seconde couche est celle qui est comprise entre g Soo et rr ooo mètres d'altifude. Au sein des masses d'air

qui la constituent, on n'obserye guère de

mouYements

horizontaux, excepté dans les régions les plus haUtes ott cheminent ces nuages floconneux, les cirrus, sous I'action des vents de retour. Les mouvements qu'on y constate sOnt SUrtout des rnûuvernengt uerfdcaur, dtascensiOn oU de descente des masses d'air. L'ensernble de ces deux couches

s'appelle la troPosPhère. Au-dessus de cette troposptrère, jusqu'à cette limite de

8o kilomètres que nous a fournie I'observation du c,répuscule, les masses atmosphériques sont à l'état de repos presque absolu; elles se disposent en couches, en strates p*r"itet* de densités décroissantes I cette couche est la

stratosphère. Lors des grandes éruptions volcaniques, on a constaté que les colonnes de fumêes et de cendres, Iancées par les cratères, s'élèvent verticalement à traveæ la troposphère pour ensuite s'étaler, à partir de leur entrée dans la stratosphère, en imnrenses nappes horizon-

tales. Cela sembte bien prouvef que les courants ascendants n'existent plus à partir de l'altitude de ra kilomètres. L'ensemble de la troposphère et de la stratosphère

constitue l' atmosphère effective.

#'

c
,l

II LES INsrRUIIENTS DE LA uÉrÉoRoLoGIE
CHAPITRE
L'importance des instruments d'observation. ll Le thermo*etie.- ll Thermamètres à marimum et à minimam. ll, Ztt thermoàètres métalliques, ll Le-.barQrnètre. | !.aromètre a hyp somèfre, ll L' hygramètre : oltéroide, l1 baromètr e aiéroïde, mercure mercur e et baromètre ll L' h -U enre51.ispluyioàètre.'l) p"" ins.trume,nts enregtsLes tnstruments te piychromètry. oiichromètre. ll 11 Le pluuioniètre. -ll La mesare du vent. -ll L'obse.rvation tre^uis de J. Riatiard. de s inst r utnents météor àlogiq ue s. Jl trcs abri s thermométrique s.

ll Le

thermomètre-ifrondel,
sphère :

Terfs-wlants el ballons-sondes.

î L'exploration

de

la haute atnrc'

TION.

Cela veut dirc qu'elle a pour objet l'êtude dæ mêtêoret, c'est-à-dire des phénornènes dont I'atmcsphère est le
siège,

branche deg rciences physiques qu'on appelle la .|fiétéorotoglte.

L'IMPORTANCE DES INSÎRUMENÎS D'OBSERVAo o La science de I'atmosphère coflstituc la

La Météorologie est, avatrt toutr une science t dtobseryation rr. Elle doit observef les phénornènes naturels' efi

notêr toutes les circonstances, aftn de pouvoir en débrouiller lec lois, si complexes en appereflce. Elle diffère, en cela' de laPhystque propr,ement dite qui dispose d'un moyen d'in' vcstigation remerquable I c i'expérience n' L'oxpérience,eneffet, peffnet de reprodulre ù volonté Un phénomène déterminé, de délimiter ies circonstances de sa 'hanifestation, d'en << disséquer pour ainsi dire les phases ' successives. or,il n'est pas possible de reprcdalre à volonté leurs dimensions et leur avec la nahrre de phénomènes les imptrtance. Nous ne sommes pas maîtres de faire naître ou disparaitre à notre gré une tempête, un cyclone, une avel.se, un orage. Nous devons donc nous bornerà observer denotre mieux ces phénomènes, quand la nahrre les produit ; nous devons en noter toutes les circonstances' aûÛ d'eo
(zo)

.E;_;q

TnEnNtorlrÈrne e

MTNTMA

(A

MERcURE).

TnonuonÈrRe e MAXTMA (e ercoor).

HycnolrÈrnu ENREGTsTREUR A cHEVEU DE RTcHARD. On aoit à droite la mèch,e de cheueux en lorme d,e l/.
L'arltost,ut) n !:,

'fnnnuomÉtRocRAPHE

HÉ,lrolnÈrto pt :

Ce,NtpsBI-I-.

SON AIMANT.

(Obseraatoire de la Tour Sa'int'Jacques.)

TunnMo-seRouÈtRB

ENREGTsTREUR DE l-'luGÉNtBUx

J.

Rrcn-tno.
PL, 3, PAGE 2r.

IïlsTR;NTs

DE LÀ mÉrÉonor.,ocïE

{aire des statistiquçs, dans les résultets desEuelles gous
puissions entrevoir des lois générales'

L'observation, l'observation aussi exacte, aussi sincère

que possible, est donc la base de'l'étude

de l'atrnosphère. Et cette observation nécessite des fnsframenta qui doivent être aus$i parfaits que le permet l'étst
achrel de

la çonstnrction. Qpels sont les phénomènes à observÊr en méteorologie ? Quelles cont les grandeurs qu'il taudra mesurcr dens l'éùude de fatmosphère et de ses vicisde I'air ; la

t la ternpératut e pression atmosphériquc i l'humidité dol'atmosphère ; Ia quantité d'eau qui tombe sur le sol ; l,a direction, la vitesse du vent ; ltélectricité atmosphérigue I la nébulosité du ciel. La mesure de chacune de ces grandeurs nécessite un instrurnent spécial. La série des instruments correspondants à ces divcrses observations comprend, dans treur ordre même : lethermqmètre,
Ces grandeurs sont

situdes

?

le baromètre, fhygromètre, le pluviomètre, l'anêrnornètre, l'électromètre et
1'héliomètre.

LETHERMOMÈTRE.

therrnomètre est destiné a température de ltair, c'est-à-dire I'une ligaide. des deux données fondamentales dans ltêtude de fatmosphere. Ce doit être En instnrrnent de

^ *oor"rll "l"t;;rfii;i;;!i,

d A LC

préclsion. Pour rnesurer la tempérafirre, on utilise le phértomène de la d,ilatation des corps sous l'influence de la chaleur. Otr lûoieit, nsturellffiircnl, lbs corpr dofrt la dihtr$ùo ô{t ls

ttr)

L'ATITIOSPHERE
plus grande. Ce sont les iiquides, le mercure €n particulier, contenus dans des enveloppes deveffe.
212
t.

200
r94 r76

;

15B

14{}

t22
-.i6o

*

Un récipient cylindrique ou spherique de verre mince contient la masse de liquide qui doit servir à la mesure: c'est le rêseruotr (fig. g). Il est surmonté d'un tube fin qui communique avec lui. Le réservoir est rempli €trâctement de mercure à une ternpêrature donnée, celle de la glace f cridante, que I'on prend pour origine et que I'on numérote zéro. Dês que la température s'élève au-dessus, le yerre du réser-

É, o
h

toir et ie liquide qu'il contient se dilatent, maisle verre mbins que le liquide: levolume apparent de celui-ci va donc aagmenter, et, par suite de cette augmentation, une partie du liquide va sortir du réservoir et se loger dans le tube, où elle occupera une longueur d'autant plus grande que le fube sera plus fin. On ac-

1o4 E

g

86E
{El

croîka donc

la senslbllité du thermo-

mêtre en diminuant le diamêke intérieur

duhrbe quile zurmonte, et on constihre celui-ci par un tubecapitlafre (du mot latin capillzs, qui veut dire eheveal, c'est-à-dire fin comme un cheveu.
comrne l'on
Les ttrbes des thermomètres ( les l{ges, dit) sont divisêes emdegrés.

On marque zéro au point où le fiiêr-

Fig. 4. - Comparaison des échelles centigrade et Faltrenheit.

ptongé dans la glace fondante ; on marque rooo en face du Point ott il s'arrête lorsqu'il est plongé dans la vapeur d'eau, bouillant sous lie pression

cure s'arrête quand I'instrurnent est

on divioc

Ïinreryir:*:':ii: ïi3t";
(re)

cent partie

r-j

'l't r"l

INSTRUMENTS DE LA MÉ:rÉOROLOGIE s'erégales dont chacune est un degré. Quand le mercufe
ràte devant la division portant le numéro 17 Paî exemple, ondiraqvetatempératareesldelTdegrés.Cettedivision

guel ; constittre,l'échelle centig rade, la seule qui soit < scientifi Etats' et aux Angleterre en sauf partout, elle est en usage

unis où I'on emploie encore l'êchelle FahrenheJ{, dans et ztzo laquelle le thermomètre marque 3zo dans la glace pour calcules sont (fig. tables Des +) dans I'eau bouillante.

transformer ltune clans I'autre les deux échelles' ac u Naturellement, quand la température s'abaisse a -desso pour C'est conttacte' se reservoir du mercrire de zéror le jusqu'aa zêto cela qu;on compte le volume du réservoir températures des degrés les façon, tracé surlatige lde cette on ditfami' cornme d'efroid'' (les degiés zéro de au-dessous lièrement) sont encore visibles'

,i,

Lesthermomètresmétéorologiquesdoiventêtregractsà un d.ixième de degré près. 11 faut donc que la longueur puisse la subdioccupée par le degré suffise, soit pour qu'on 19 d xième' estlmer en puisse qu'on pour viser en dix, soit pour éviter d'allonger outre mesufe les thermomètres, on
jamais 55o'Pour élevées, observées à I'ombre, ne dépassant
les très basses températures,

arrete.lestigesau6oedegré,lestempératureslesplus

il faut

remarquer que le rn€f-

alors le thermomètre

souvent dêpàssée dans les régions polaires' On emploie

curesecongèleà4ooau.dessousdezéro,température

alcool, dont le liquide ne se congèIe pas sous I'influence de ces grands froids' D-anstàus cesthermomètres, les graduations sont, ou bien

à

iro

orr" ptanchette d'émail fixée d'une manière invariable dans une chemise en verre mince qui, soudée au réservoir'
enveloppe complètement

gravéessurlatigemêmedel'instrumentroubiengravées

la tige contre laquelle . elle est

appliquée.

THERMOMËTRES A MAXIMUM ET A MINIMUM. É A haute Il est intéressant de pouvoir connaître la plus journée. d'une cours au atteinte temperafirre plus basse ct tr4
(as)

L'ATIIIOSPHERE On crnploic, à cet e$et, hs thermomètrec â rharimum et à mlnlmum. Lcthermomètrpô msxlmamest à merca,re, ct son prindpo est slmple: crest celut des thermornètres médieaux,
sorvant à prendrc la tempérahrre du corps humain. Le réservoir (fig. S) est séparé de la 6ge par une portlon

de hrbe extrêmement étroite, formant un étranglement

Qpand le mercure du réservoir se dilate soue I'action d'une tempérahrre plus élevée, la dilatation force une partic du

Fig. 5.

*

Thermomètre à rneximum,

liquide à pénétrer dans h ttge ju$qu'à co qu'olla indique la tempérahrre lr plur haute (no r). Quand la tempéretttrç I'abgrsge, la mçrcrrrç'se contracte danc le réservoir. Mpia h pertio qui avait ponétré dans la tigo est retenue par fétranglement, et son extretnité A reste en face de la tenrpératqrs maxima atteinte (no Poqr "). remettre I'instrument e$ état de fonetionnsr de nouyçau, on le tient verticalcmcnt of on lui donne un petit çoup sec, oouE feffot duqucl lç mêFÉatre de la trge rentre dans Ie régeryoir ; lc thermomètre qst, Êlorc,prêtà uno &utre mesure. I-ettrermomètrçà tnlnimwm oçtà alsool ou à foluène, Èos liquides ne se congetantpas aux températures les pluE baçees
observées dans

I'air (-"75o).

L'alcool cst contçnu dane un réservoir que çuntinue une tigc, asscz largo pgur eontenir un petit index en verre filé, tcrrnin+ par deur petiten boulçs (û9, 6), Gct indçu A ert un

(q)

BenolrÈrRc A MERCURE
DE

B,q.nolrÈrna DE sryr-li.

(Arts decoratils.)

lJenouÈrne A MERCURE A LARGE
CUVET'fE.

Fonrrn.

"

*t-aarlor.-

PL. 4, PAGE

2.1,

BenouÈtnp .qNÉnoroB pouR

MESURER

LEs ALTrruDEs.

La

botte basculée

BlRocnepnE ou BARoMÈrnp BNRncrsrREUR J. Rrcneno. la,'isse ao'ïr le d.étai,l' d'u mécanisme: les boïtus à lond flexi,ble, l,es leaïerc et tr'aiguil'le.
PL. 5, PÀGE 25.

I'etltospgÈRn.

INsTRUwTENTs DE

La mÉrÉoRor,oclE
;

peu moins large que le hrbe et ne l'obstrue pas. Quarrd la température monte, I'alcool en se dilatant passe librement autourde I'index qui repose sur le tube, placé.hotizontalement. Quand la température baisse, t'extrémité B de la colonne liquide rencontre f index et le chasse vers le réser-

voir,àcausedelapropriétédessurfaces1iquidesdeseCofil. porter comme des membranes tendues (c'est le phénomène de la captllarité). Dans ces conditions, chaquefois que Ia tempérahrre s'abaisse, I'index est repoussé vers le réservoir ; chaque f ois qu'elle s'élève, au eontraire, il reste
-30 -20 -ro

1" ,o zo

Jo

-3O -2o -tO

l

lo Z,o 50 40

Fig. 6.

contractioq de I'alcool entraîs.e avec elle vers le réservoir le bout À d'une petite tige de verre qui repose dans le tube saûs I'obstruer
coBplètement.

La

-

Thermomètre a minimum.

en place. Son extrémité droite A demeure donc toujours en face de la division qui indique la température la plus basse atteinte par I'instrument. Les thermomètres à maximum et à minimum doivent touJours être placés dans une positi on hertEontale. On construit, sous le nom dethermomélrograpfte, un instrument qui indtque à la fots la température maxima et lr température minima. Cet appareil se compose essentiellement (fig. Zl d'un tube recourbé en f orme de U. A la partie supérieure de l'une des branches est soudé le réservoir thermométrique proprement dit, contenant de I'alcool. Dans la partie inférieure de l'U est une coionne de mercure qui se répartit dans lcs deux branchos; A la partie supôrieure
(s$)

L'ATMOSPHERE
de la seconde branche (cclle de gauche) est un deuxième petit réservoir contenant de I'alcool et un peu d'air. Dans chacune des deux branches se meuvent respectivement deux inder, A et B, que les mouvements de la colonne de mercufe chassent devant ses
o
L

parties terminales. Comme le rnontre I'a

q
0l to .c)

figure 8, plus détail-

Iée, ces index sont
.50
+40 +30 +20

É
B
ts

3

E,lc
E

'*
t:

-to

+lO +2O

{-

+30 +lr0 50

paroi de Ia tige et rnaintient ainsi I'index à la place où il se trouve. A I'intérieur du petit tube, et avant de le fermer,
on a introduitunpetit bout de fit de fer ; cela sert à faire, de

formésd'unpetit tube de verre très fin, dont la partie supérieure a été effilée et recourbée vers le bas. Cette partie, par son éliasticité, forme ressort ; elles'appuie contre la

Fig. 7.

(A,B:

ThermométrograPhe

index mobiles).

I'extérieur, monter ou descendre les index en promenant un ai-

mant lelongdelatige.
Supposons que la températute s'élève (fig. 7, ns r). L'alcool se dilate dans le réservoir, et cette dilatation actionne la colonne de mercure, qui rnonte à gauche et
descend à droite' Ën montant à gauche' ede pQusse cerrant Cela posé, voici lef onctionnement de I'appareil.

elle l'inden A qui atteint ainsi la division correspondent à la

(z6l

ll

INSTRUMEHTS DE LA MÉTÉOROLOGIE et reste en place qaand la température décroît ensuite. La position de la base de
tempérahrre maxima atteinte,

,nf,m atteinl De même, quand la température s'abaisse. Italcool du réservoir se contracte et cette contraction fait
que lalcolonne de mercurer''sous la pression de la petite quantité d'air conservée au sommet du tube à gauche, rnonte à droite et descend à gauche. En montant à droite, elle chasse devant elle I'index B qui s'arrêtera quand la colonne de mercure deviendra immobile, c'est-àdire en regard de la tempérahrre mlnima atteinte par I'instrument. Quand la lecture du maximum et du minimum est faite, on promène le long des deux branches du hrbe
en U un aimant en f er à cheval, qui,

I'index A le long de la division f era donc cdnnaître

le maxi'


a

vQ

\

=

qlt
LË L 9", >v

o0)
Lql
t.

>q)

qI

OJ

par I'attraction qu'ii exerce sur les petits bouts de fer enfermés dans
les deux index

!o

{)ç u

r.

.or

5cr
o u

I

A et B, permet st,

de

ratnener ceux-ci en contact avec les deux extrémités de la colonne de

à .:r
J

o oO

rnercure. L'instrument

alors

prêt pour une rnesure ultérieure.

Fig. 8. - Détails l'index.

de

déjà' des thermomètres dont l'organe indicateur est une aiguille

TALLIQUES.

LES THERMOMÈTRES S{ÉA I On aconstruit, ily a longtemps

mobile sur un cadran. Cette aiguille est actionnée par la déformation qu'un accroissement de la tempérahrre impose à une lame f ormée de deux métaux différents, assemblés par soudure. Ces nrétaux se dilatent inégalement : il en résulte que le plus dilatable doit se courber, le moins dilatable restant clans le creux de la cour'be (fig. 9). Aujourd'hui, Ia prâparation des métaux a fait d'assea

{'.ll

L'ÂT1}TOSPHÈRE
grands progrès pour que l,on puisse en préparer des rubans qui restent comparables à eux-mêmes. Ces t her monlètr es à cad,r an son{très portatif s, très solides, et la lecture est très aisée, puisque c'æt celle de la position d'une aiguille qui se déplace sur la circorrférence, divisée en degrés, d'un cadran circulaire Si, pour une raison quelconque, un < décatrage D 6ê produisait, une petite vis, placée sous la boîte de I'instrument, permet de ramener l'aiguille en face de la tempéra-

un bon thermomètre à mercure
r

ture indiquée per

c'est une opération analogue à celle que I'on f ait quand

onremet samontre à ltheure.

Nous yerfons

plus loin, en étudiant les apparoils enregistreurs, di-

de thermomètros,
Iiig. 9.
Principe d'un thermomètre
bimétallique.

vers autres

types

d'un usageeujour-

est tout aussi précis, et be4ucoup plus sirnple, de ce çontenter de diviser chaque degré en deux, c,est-à-dire de tracer sur la drvisisn des demi-d,egrés, et d'esldm er, â vue. ie nombre de cinqr.lièmes de ces demr-divisions. c'està-dire tr nombro de dixièmes. Le frgure ro montre;
(ô8)

répandu. D'une façon 6énérare, res appareils thermométriques employés en météorologie doivent donner Ia température ù un dixième de d,egré près. sur ros ttrermomètres dont la tige est très lcngueo on a la ressource de subdiviser ia lon€rueur occupée par chaque degré en dix parties dont chacune vaut un dixiême. L,expériençe monhà qunil

d'hui très

ÎNSTRUIWËNTS DË LA MÉTÉORÔLOGIË mieux que. de longues explications, comment se fait cette c estime >. LE BAROMÈTRE. A d Le baromètre est I'instrumentfondamental de la Mé'

téorologie; il nous f ait con-

naître 'les moindres variations dans la pression atmos-

phérique ;

il

permet, par la

succession de ses indications, de < pronostiquer D, avec

t4
13

t4
t3

Itù

r3

une probabilité aujourd'hui asse.z grande, le temps du lendemain. En un mot, suiva,nt I'expression pittoresque

tz
!l

t2

r2

ll
lo

tl

du grand

météorologiste

français Teisserenc de Bort, il nous permet de << tâter le pouls de l'atmosPhère >.

to
(A)

{B}

Le premier, celui qui

a

Fig. 10.

Estimation

cles

permis de mesurer Pour la première f ois la valeur de la pression atmosphérique, est le baromètre à mercure,

diæièmes de degré,

perfectionnement moderne du << hrbe de lorricelli >>.

Thermomètre (A) : rro, Plus la moitié d'un demi-degré, soit I de .legré, -"îolll31,u,re (B): ,"o, pt,l,u,' d.mi 1 3 de dcrni-degré, soit degré, plus
de deSré, en tout I

On sait I'expérience que fit le célèbre physicien italien. I1 remplit de mercure un tube fermê, par un bout; il bouche avec le doigt I'extré-

12 * io ! -* r2o,l. Theruopètre (C) : r3o, moins !
t2o

de

J

mité ouverte et retourne celle-ci sous du mercure contenu dans un vase ; après quoi il retire son
(zg)

demi-degré oo

I

d" degré, soit rao,g.

doigt.

Malgré sa. grande densité, treize fois et demie plus grande que celle de I'eau, Ie mercure ne descend pas jusqu'au

,i
L

L'ÂTIfrOSPHILRË niveau qu'il occupait dans

le

vase, $lâis une coioûne

derneure suspendue dans le tube, zur une hauteur d'environ

76 centimètres, si I'expérience est faite au niveau de la mer. Le poids de cette colonne équilibre donc Ia pressrbz exercée par ltatmosphère sur Ia base du tube, et sa
longueur peut, par conséquent, lui servir de rnesure. Cette enpérience est, en somme, Ia f orrne la plus simple du baromètre à mercure.

Celui-ci s'est compliqué en se perfectionnant. Il est surtout réservé aux observatoires où il est l'instrument c êtalon > (standard, conurre disent les Anglais). Nous n'en tluire deux photographies de deux types les plus usuels r Ie baromètre Fortin et le baromètre marin, à échette coutpensée. Rappelons seulement que les hauteurs de mercure Iues sur les échelles de ces instruments doivent subir des corrections tenant à ce que l'échelle a varié de longueur sous I'influence de la tempêrature, en même temps que, pour la même cause, Ie mercure a changé de densité. Des tables, calculées d'âvance et publiées dans |'Annuaire du Elareav des Longitades, permettent d'effechrer facitrement
ces diverses

donnerons pas, ici, Ia description détaillée qui se trouve dans fous les traités de physique t nous nous bofurerons à repro-

A cause

corrections.

,

de sa fragilité, de sa difficulté de transport et

de ses dimensions encombrantes, le baromètre à mercure est réservé au:r observations fixes. L'instmment usuel par orcellence, sensible, portatif et robuste tout à Ia fois. est le baromètre anéroi.de, aujourd'hui universellenrent repandu. Voici le principe de sa construction (fig. rt), Une boîte plate est fermée par un couvercle ondulé, en métal élastique, et dans cette boîte on a fait le vide. Sous per ce$timèke carré, ce couvercle s'écraserait s'il n'était maintenu dans sa position normale Par un ressort antagoniste qui s'appuie sur le fond rigide de la boite et qui,
par son autre extrémité, soattentle couvercle par son centra Lréquilibre est ainsi établi pour une valeur donnée de la
(go)

I'influence de la pression atmosphériquer qui est de r kg. o33

INS:rRUMËNTS DE

tA MÉTÉOROLOGTË

hauteur barométr;que, f6o n:iliimètres, par exemple. Mais si la pression extérieure vient à augmenter, ii en résulte une sdrcharge qui f ait.fléchir le ressort. Cette flexion entraine une aiguille qui en multiplie la grandeur et dont I'extrémité se meut sur un cadran gradué, dont les divisions portent les
nombres de rniilimêtres de mercure correspondant, dens un baromètre à mercure, aux différentes pressions qu'indique l'extrémité de I'aiguille. En réalité, la boîte à vide est à double face: couvercle et
f

ond snot

élas-

et leurs flêxions
s'ajoutent. Souvent, plusieurs boîtes sont disposèes

tiques tous deux,

les

unes
-Boîte où
est

fonds sont

au- dessus des autres, et leurs

reliés mécaniquementi elles ajoutent ainsi leurs

le vide.

fait

I'ig.

11.

déformations et

-- Principe dubaromètre anéroïtle

sensibilité de loinstrument s'en trouve augmentée. Les opticiens ont coutume de graver, sur Ie pourtour des cadrans de leurs baromètres, des indications reiatives au tanps probable, teiles que I beau temps, variable, pluie oa vent, etc. Disons tout de suite gue ces indicatlons n'ont dacaneva,lear, Seul, le fait desavoir si le baromètre < monte I ou s'il t< baisse n a de l'irnportance au point de vue du temps qu'il fera le lendenrain. Les baromètres anéroitles sont cotnrnodes et sensibles. Sont-ils précis I Oui, à condition d'être comparés de temps en temps aux indications d'un baromètre à mercure servant d'< étalon p. On les << remet d'accord n en agissant sur une petite vis, placée sur le f ond de la boîte, et qui permet

la

de placer I'aiguille en face de la division dont le numéro

(st)

L'EIrVTOSPTTERË correspond à la hauteur de rnercure lue au mêrne rnoment
sur le fube du baromètre.

L'HYPSOMÈÎnE. o o Mais il n'est pas commode de transporter avec soi un baromètre à mercure, nécessaire cependant pour corriger les désaccords, inévitables avec le
temps, des baromètres anéroides. On emploie alors un instrument imaginé par Regnault et dont I'organe sensible est un thermomètre à rl,ercuîe, d'un transport beaucoup plus facile que celui du ,aromêtre. La tempérahrre de la vapeur d'eau en ébullition varie avec la pression extérieure: elle s'abaisse quand la pression diminue, et s'élève quand la pression augmente, Si, donc, dans une petite chaudière où I'on peut faire bouillir de I'eau avec une lampe à alcool, on place un thermomètre lrèe sensf&ler.donnant le centième de degrér et si l'on observe à quelle tempérahrre 5e produit l'ébullition de 1'@u, on pouffa en déduire la valeur de Ia pression atmosphérique exaçte correspondante grâce à des laôles, calculées par Regnault, et établies de centième en centième de degré" Une différence de pression de a7 millimètres de ntercure correspond à une différence d'a,n degré dansla tempérahrre d'ébullition de I'eau. Un centième de degrg correspond donc à une différence de pression atmosphérique de z7 centièmes de millimètre, soit, sensiblement, un quart de millimètre. C'est la précision courante que I'on exige des baromètres
anéroides.

Le professeur Berget, de I'Instihrt océanographique' a rêatisé un rnodèle d'hypsomètre chauffé électriquement et dans lequel la lechrre du thermomètre se fait à I'aide d'une petite lunette micrométrique, ce qui augmente Ia
précieux à bord des navires, qui ont tous, aujourd'huit l'électricité à bord.
Le nom d'ft y p s om èt r e ( du grec /rypsos, hauteu r, et' m é tr on, mestrre) vient de la facilité avec laquelle on peut I'emporter m montagne ; or, coûlme nous le Yerrons plus loin' le baro'

précision de la lechtre. Cet instrument est particulièrement

Bzl

i

IJrq nvpsorrùrne

n

cHAUFFAGn fir,ncrnrque.

Lcs rl'iuisi,ort.s rlu, lhermornètre sottt abseruées à

l'aide d'wt' microscope.

LtATltoslllÈn n.

PsvcnRouÈrnr

Ilr soN

ABAguE.

PsvcnnovÈrnr, A cHAUFFAGE PAR LtALcooL,
l,L. 7, PÂCE 33.

TNSTRUTvIENTS

DE La mÉtÉonut,oçIp

mètre, par la variation continue de ses indications, permet aux ascensionnistes et aux aéronautes de mesurer la hauteur à laquelle ils sont pawenus. II existe aujourd'hui des baromètres enregistreurs, dont I'usage s'est multiplié, f ort hèureusement pourles progrès de la Météorologie; nous en parlerons plus loin.

LES IIYGROMÈTNES. L'HITGROMÈTRE A CHÈ VEUX. LE PSYCHROMÈTRE. o a Les hygromètres
sont destinés à faire connaître

la proportion de vapeur d'eau on dit d'une façon familière, mais un peu impropre, le degré d'humidité de I'air.
contenue dans I'air, ou, comrne

Il

existe plusieurs catégories

d'hygromètreb. Les uns sont basés sur la propriété qu'ont

certaines substances, cornme Ies cheveux, lacorne, lescordes à violon, de se déforrner sous I'influence de I'humidité. Cette
déformation se transmet à une aiguille qui I'amplifie et se meut surun cadran dont les divisions sont graduées eil valeurs de

I'humidité relative. Tels sont

les hygromètres de Saussure et de Lambrecht. Ce sont les Fig. 12,
seuls instruments directe (fig. re).

à

Principe

lecture

l'hygromètre

à

de cheueux,

Dans leshygromèlres

ditions dans lesquelles se dépose Ia rosée, provenant de I'humidité de I'air, sur une surface polie, que I'on peut refroidir graduellement, et qu'elle ternit en s'y déposanf L'observation de la température à laquelle se fait ce dépût5 qui dépend de l'état d'humidité de I'air (ou de son état
(ssl
Ceruospr*ÈRn

à condensationron observeles con-

L'ATMOSPHÈRE
hygrométriqaej pernret, a l'aide tte tables cêlculees pâr Regnault, de connaître la quantité de vapeur contenue dans I'air. Ces instrurnents sont excellents, rnais esigen une petitè manipuration. Plus simple est Ie psychromètre (fig. rS), qui se compose de deux thermomètres identiques placés I'un à côté de I'autre. L'un
de ces thermomètres a son réservoir nu et sec; I'autre a son réser-

voir entouré d'une

rnousseline

maintenue moailtée. L'eau qui

entoure ainsi ce thermomètre s'évapore d'autant plus vite que la pression atmosphérique est plus
basse

et que I'air est moins hu-

mide.On peut donc, deladifférence de tenpérature. indiquée par les

deux thermomètres, déduire Ie degré hygroméhique de I'air, en
consultant des tables catculées à

cet effet. Toutes ces tables se trouvent dans les Tnstructions météorologfqaes, et dans fAnFig. 13.
mètre.

Psyc hro

d'une solution de ces sels un'papier de soie qui passe alors du rose au bleu, ou inversement. On f ait surtout, ainsi, des hygroscopes, indiquant la présence del'humidité, plutôt que des hygromètres qui en donnent ta mesare. Ces hygroscopes sont présentés sous forme de jouets. Il en est de même des capucins dont Ie capuchon vient couvrir la tête quand le temps est à la pluie otl I'abaisse quand il est sec i le mouvement du capuchon est provogué par Ia torsion o4 (s+l

nickel ou de cobalt quand ils sont en prêsence d'une quantité plus ou moins grande d'humidité ; on imbibe

basis sur Ia coloration variable que prennent certains sels de

nuaire da Bur eau des Longttades. Il existe enfin des hygromètres

TNSTRUMENTS DE
de

La mÉtÉoRolocrË

la distorsion d'un bout de corde à boyau sous I'influence

Ia sécheresse ou de I'humidité.

connaissance de Ia quantité de pluie tombée, en un lieu donné, pendant un temps déterminé, est une donnée indispensable, surtout pour l'éhrde des climats. Les instnrments qui f ournissent cette donnée sont tes plaviomètres. Le pluviomètre doit fournir I'in-

LE PLUVIOMÈTRE. A

A

LA

dication

la

de

hauteur

d'eaur €xprimée en
millimêtres, dont lapluie auraitrecouFig.
14.

Principe pluviomètre.

d.u

vert le sol si
celui-ci eût été imperméabte et si tir pluie tombée ne s'était pas évaporée en partie. Le modèle le plus simple et Ie plus sûr (fig. 14) est un entonnoir cylindro-conique, à bords tranchants, dont Ia section supérieure est parfaitement connue, et qui laisse écouler I'eau, tombée sur sa surface. dans un récipient inférieur. Quand on veut f aire la détermina. tion, on vide cette eau dans une Fig. t5, - pluviomètre éprouvette graduée qui en f ait contotalisateur. naître le volUme en centîmètres cu. ôes. Ce volume, divisé par la section de ltentonnoir exprimée en centimètres carrés, donne la hauteur de pluie, On a imaginé des variantes, des c perfectionnements p

(rc)

L'f,.TIIOSPHERË
plus ou inoins ingénieux de ce ptuviomètre : pluviomêtre décuplateur, pluviomètre totalisateur (fiS. rS), etc. Aucun nè vaut, en somme, cet instrument d'une constructiorl ftlstique et d'un usage si simple, très employé d'ailleurs, surtout dans les stations françaises.

LES INSTRUMENTS ENREGISÎREURS DE J, RICHARD; 7

p

Tous les instrumerlts qUe nous venons de
décdre oût un inconvÉ-

niertt :

ils ne tlonnent

ciûe dêS inilications dis-

continues; pour cheque observation il faut faire

une lechlre. De sorte guêr pour sahtre Ia
marche continue d'un
phénomène météorologique quelconque, Fig.16.

il

est

Richard ën' observation au moins - Appareit registrant layitesseel les quatre toutes les heures, ce qdi directions principales du vent. est pénible, surtout 1a

nécessaire de faire une

p météorologique, comme une brusque déprespeut-il sion, se produire entre deux lectures et échapper ainsi à I'observation et à la mesure.
e accident

nuit Et

encore, un

*tussi a-t-on otrerché depuis longtemps à réali3er des instruments enregistranl eux-mêmes les phénomènes par le déplacement d'un crayon entraîné par I'instrument, et tragant automatiquement une courbe sur un papier mû uniformément par un mouyement d'horlogerie. Dans ces
conditions, I'inspection de Ia courbe, du < graphique > tracé

sur le pâpier, permet de connaître à chaque insùant quelle est la mesa;re du phénomène ainsi enregistré. Des instruments de ce gerue avaient été réalisés au cours du xrxe siècle: I'un des plus remarquabtes était le météorogrwptrc, imaginé par le P. Secchi, le savatrt jé(g6)

INSTRUMENTs DE LA uÉrÉoRoLoGIE zuite italien qui fut te père de ltastrophysique. Mais ces
instruments étaient coûteux, compliqués et encombrants. Llingénieur français Jules Richard a fait faire à la l{étéorologie des progrès immenses en construisant des ( çnregistreurs >, tous basés sur le même principe, portatifs, simples, peu cotteux et d'un fonctionnement parfait Voici
lfessentiel de leur fonctionnemenL Supposons qu?il s'agisse d'enregistrer la pressfon ctmqsphériqae et ses variations. On prend plusieurs s'boîtes à vide >, de métal ondulé, comme celles qui forment I'prgarrp sensible des baromètres anéroides (pl. g). Ces boîtes, dont

chacune suhit

la

déformation due aux variations de la

pression extérieure, sont placées en sér{e les unes au-dessus

des autres: leurs déformations s'alaatenf donc, et, stil y en a cinq, Ie déplacement du centre de la boite supérieure est cinq fois celui d'une boîte seule. On fixe au çentre de la boîte supérieuçe I'eribémité d'une longue aiguille flexible d'aluminium: l'autreextrémité pqrte une plume quivienteffleurer la surface d'unefeuille depapier enroulée sur un cylindra Ce cylindrg est actionné par un

mouvement d'horlogerie et fait an tour en nne remaine. Si le pression reçtait constante, la plume tracerait une circenférence autgur {u cylindre pendant le mouvement de celui-ci, Ft, sur le papier dévetoppé, cette circonférence deviendrait une ligne droite. Mais les yariations de la pression font que la plume
s'élêve ou slabaisse; et alpFs le

mais une 'coarhe dont les sinuosités indiquent enactement les montées ou les descentes du baromètre, qt pela d'unefaçon continae. On est donc dispensé de faire tolrtes les heures des lectures du baromètre: le gr4phiquÊ
tracé sur le cylindre donne la m4rçhe de la pression avec une clarté et une précision SAps Égal9Ê, DFs divisions imprimées en rCIuge sur les papierç tpéçiaur gqlgn eqroule sur le cylindre permettent de lire instantanémenf la

trait n'est pfus une

dçoite,

valeur de
dantes.

la

pression,

et la

date et I'hg,lig ggr'1g:gon-

(çz)

L'ATMOSPHERE
La-figure.. 17 représente

la ourbe enregistrée pendant la semaine du 7 au r4 novembre rgro (tempête et commencement de la crue de la

' Ieurs des variations de

Seine). Cette courbe donne les va-

la

pression barométrique. Il suffit de comparer ses indications, une fois par semaine,

par exemple, à celles d'un bon baromètre à mercure pour savoir de combien il faut augmenter ou diminuer
les pressions qu'elle indique.

Si l'écart est trop fort, une clef, placée sous Ie socle de

riger l'écart, absolument comme I'on fait pour remettre une montre à I'heure.
S'agit-il d'eùregistrer la température ? le cylindre et
son papier sont tout à fait
analogues. Ce qui diffère, Cest

I'instrument, permet de cor-

guille et ta plume qui le termine. Cet organe est un
dispositif thermométrique, le plus souvent un hrbe de métal élastique, rempli d'un liquide FiÉ. 17. - FeuiIIe de baromètre enregi streur Richar d
uembre 7970, tempête et comrnencement de la crae
de

I'organe qui commande I'ai-

(feaille du 7 au 74

dilatable comme l'alcool. Quand le liquide se dilate sous I'action de la temPérahrrercette dilatation déforme
I'enveloppe qui le contient, et

no-

la

Seine).

ce sont
(gE)

cesjdéformations,

INSTRUIEENTS DE LA MÉTÉOROLOGIE amplifiéæ par I'aiguille, qui servent à inscrire, sur le
papier gradué, les variations de

la

température Comme

pour le baromètre, on le < remet au point )>rpar comparaison avec un thermomètre précis, en agissant sur une clef
placée sous la boîte

(pl. 8).

Souvent, on

réunit les deux appareils, barographe et

thermographe, dans un appareil uniquerqui ne compte ainsi qu'un seul cylindre à mouvement d'horlogerie (p1. 3).

Les températures s'inscrivent en haut, la pression en bas, sur deur graduations différentes. C'est cette forme
d'instrument, construit en aluminium et allégé au maximunr,
qu'emportent les aviateurs pour connaître leur altitude d'une part, et la pression correspondante d'autre part. Le même dispositif peut être appliqué à I'hygronrètre à cheveux qui est ainsi rendu enregistreur (pl. z), et même au psychromètre, en munissant l'un desdeux réservoirs métalliques d'une gaze maintenue toujours humide. Les deuxthermomètres écrivent leur courbe I'un au-dessous de I'autre (pl. 8). On a appliqué le rnême principe du cylindre tournant à I'enregistrement des indications du pluviomètre; mais, ici, le mode d'action est un peu différent (p1. rr). L'orifice

inférieur de I'entonnoir qui reçoit I'eau de pluie débouche
au-dessus d'un auget à deux compartiments susceptible de basculer autour d'un axe horizontal. Quand l,un des augets est plein, le poids de l'eau qui est tombée le fait basculer,
et, dans ce

mouvernent,il se vide dans un récipient inférieur,

pendant que I'autre auget, que le mouvement de bascule a amené sous la décharge de l'entonnoir, va se remplir è son tour, et ainsi de suite. L'appareil inscrit, sur le cylindre, le nombre des oscillations, et on en déduit la quantité d,eau tombée pendant le temps marqué sur la courbe.

LA MESURE DU VENT. d o Le vent est un des facteurs principaux de l'état de I'atmosphère,et, pour l'éhrdier, il faut connaître sa directlon et sa uffesse. Sa directron se détermine à l'aide des girouelles, sortes de petits drapeaux métalliques tournant autour d'une tige
(gg)

UATIEOSPHÈRE

lit du vent> (fig. r8).

yerticele et se plaçant ainsi, tout naturellement, < dans le
Sa uflesse se rnesure par des anémomèfres, petits moulinets à ailes très lègères, dont la rotation s'accroît à mesure qui croît la vitesse du vent qui Ie

fait tourner, sans toutefois lui teur enregistre lç nombre
être proportionnelle. Un compde

Fig. 18. - Schéma girouette.

d'une

tours fait pendant un intervalle de temps donné, une minute par exemple, et une graduation, établie empiriquement par le constructeur, permet d'en déduire la vitesse du vent (fiS. rg et zo).
On peut aussi déterminer cette vitesse par la p ression qu'exerce

le venÊ $tr une surface donnée, pression qui est proportionnelle au carré de la vitesse: un modèle très simple d'anémornètre de ce genre est constitué par une boule creuse d'aluminium, installée sous le panneau dtune girouette et que la pressiqn du vent écarte plus

ou moins de lia verti. cale (fig. zr).

Ges instruments sont ceux qui sont â la Portée

des observateurs placés dans les conditions ordinaires. Mais il convient de faire à leur sujet une rernarque des plus im-

Fig. 19. - Anémamètre Robinsan portantes. Le voisinage du sol, les obstacles solides ! maisons, arbres, rochers dont il est recouvert, changent dans des proportions ççnçidérables, et 14 direction, et I'intensité du vent que l'çs

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L'ATMosltri;Hs,

GrnourrrB
aNÉrrorrÈrnc.

Grnouome
POUR CI'IATIP D'AVIATION.

rNsrRuiuENTs DE La mnrÉoRol,oGru ptacer res insrrumenrs de me$ure du venr i i,T:T::1j1": â trne certaine hauteur,
rnilieu d'un terrain découvert, ou, mieux, au
aussi grande que possible au-dessus du sol et au

somrnet dtune éminence.

Fig. :0. Dz'sposition des conca- des occupe Ie uités demi-sphères. sommet de la Tour Eiffel et qui fournissent de si précieuir re*seignements aux

chambre

sont les anémographes et anémomètres enregistreurs installés dans Ia

teu4 et qui ne sont pas accessibles à tous. Teis

toire, compliqués,

Mais, alors, on a les instraments drobservacoû_

les

qui

,.!

vtces météo_
o

sers.

I
{

rol

gi que

leur

Nous ntentrerons pas dans
descrip.

I

tion: elle sortirait du cadre
de ce livre.
C'est dans la même catégo-

rie qu,il
.Fig. 2J. boules - Anémomètre-à cercîe s'oriente cians le

a" celui-ci_écarte plus ou moïns ";;;-;;'u" Iq boule de Io verticale.

; lequartde jor"u cets

placer les ap_ pareils si déti-

faut

qui

ventà rnesurer l'étectricité at-

ser_

i
;

J

ce sont des appareits d,obsenratoire dont (4r!

fffi:iHtt::"r;

L'ATIU,OSPITÈRE
rnaniputration exigent des physiciens exercés. Il en est de même desqctinomèttes servant àdéterminer à chaque instant I'intensité du f,ayonnernent solaire. La direction des nu,o.ges, si importante pour l'éhrde du vent, ainsi que leur u/fesse, s'évalue avec la herse néphoscopique. C'est une sorte de râteau, élevé de 4 à 6 mètres au-dessus du sol et dont on oriente les dents dans la direction suivie par Ie nuage. La distance des dents entre elles est connue. La hauteur du nuage I'est également, au moins d'une façon approxirnative, comme nous le verrons plus loin. Onnote, avec une montreà secondes,le temps que met le nuage à franchir I'intervalle, de zo centimètres par exemple, qui sépare deux dents, placées à 5 mètres du sol: une règle de trois permet d'en déduire Ia vitesse du nuage. Disons que cet appareil ne donne que des indications grossièrement approchées.

MOMÈTRES-FRONDES, d d ll f.aut, quand on observe un instrument de météorologie, gue cet instrument soit soustrait aux causes d'erreur qui pourraient en fausser les indications ou en troubler le fonctionnement. Pour celq on les installe ordinairement sous des < abris météorologiques n,

L'OBSERVAT'ION DES INSTRUMENTS MÉTÉOROLO. GIQUES. LES ABRIS THERMOMITTRIQUES. LES TTTER -

Ces abris sont des constructions légères, disposées de manière à offrir une grande surface de contact avec l'air afin d'en prendre plus facilement la température, mais combinés de telle sorte quelerayonnement direct du Soleil,

L'abri le plus parfait est celui qui fut proposé par Sainte-Claire Deville et Renou (pL ro). Quatre potearul supportent un double toit sous lequel sont installés les appareils, à e mêtres de hauteur au-dessus d'un sol gaaonné et abrité du Soleil par des arbres. Les deux parois de ce double toit sont dlstantes I'une de I'autre de 15 centimètres et
fazl

ainsi que celui des corps voisins, soient arrêtés par des écrans d'une dimension suffisante pour être efficace.

INSTRUMENTS DE LA IVI^ÈTÉOROLOGIE
sont inclinées de 3oo d'angle vers le sud. Deux volets placés sur le côté empêchent le rayonnement du Soleil de frapper les instruments quand I'astre est voisin de I'horizon, tout en permettant la libre circulation de l'air autour d'eu*" II n'est pas toujours possible d'installer un tel abri: c'est le cas des voyageurs et des marins. On observe alors la température del'air par I'artifice du thermomètre-fronde. C'est un petit thermomètre gradué sur tige et que I'on maintient, entre deux bouchons, dans une monture en fil de fer facile à fabriquer. On attache cet étui au bout d'une ficelle d'un demi-mêtre de long, que I'on fait tourner à la main à la vitesse d'environ deux tours à la seconde, en ayant soin d'avoir le Soleil derrière soi. On agit ainsi pendant une demiminute, après laquelle on lit rapidement la température indiquée par I'instrument En faisant tourner rapidement te thermomètre, on ne supprime, évidemrnent, pas le rayonnement direct, mais on rend l'action de I'air prédominante, car, dans un même temps, le thermomètre est mis en contact avec une quantité d'air bien plus considérable que s'il était inrmobile. On peut appliquer le même procédé au psychromètre qui devient ainsi le psychromètre-fronde.
LES CERFS-VOLANTS ET LES BALLONS-SONDES. o ô Les observations météorologiques au niveau du sol terreske sonÇ évidemment, non seulement utiles, mais nécessadres. Sont-elles suffisantes ? Non. En effet, pour connaître les lois des mouvements de I'air, il ne faut pas seulement savoir ce qui se passe dans ses couches basses: il faut connaître le déplacement des masses
gazeuses dans les couches élevées, et cela surtout à notre époque où la diffusion de I'aéronautique nous force de connaîtreà fond leslois du milieu où évoluentlesnavires aériens.

UEXPLORAÎION

DE LA HAUÎE

AIMOSPHÈRE.

Cette étude de la haute atmosphère s'appelle l'aérologle. ÉvidemmenÇ les observatoires de montagne, cornme celui du Pic du Midi, peuvent fournir de précieuses indications; (es)

L'ATIEOSPHERE
Tnais ils ne sont pas installés à des altitudes suffisantes pour

I

Ies besoins des aviateurs qui volent aujourd'hui jusqu'à 12 ooo mètres au-dessus du niveau de la mer ; de plus, ils ne sont pas assez nombreux. Aussi, l'étude de la haute atmosphère steffectue-t-elle aut'
I

jourd'hui à I'aide de ballons

I
F

libres montés, d'avions, de ballons captifs, de cerfs-volants et de ballons-sondes. Les ballons libres montés

permettent d'emporter tous les

t,

instruments que I'on désire

;.

I

t

mais leur emploi n'est pas toujours possible, et, de plus, ils n'ont paË dépassé jusqu'ici fial-

titude de ro 8oo mètres, atteinte en xgor. Les avions, plus nombreux, permettent des observations plus fréquentes. Mais la véritable étude des couches élevées de l'air se fait au moyen

t
I

d'engins ne transportant pas
depassagers, mais enlevant seu-

Iement des appareils enregis-

riig. 22. - ræs bauons iuà"ou* du prince àiùonaca qu

treurs, comme les appareits Riconstruits dans des con:,Llll ditions de légèreté particulière.

départ.

Il y a d'abord les cerfsvolants, dont I'usage a été ré-

pandu aux États-Unis par L. Rotch, en France par Teisserenc

de Bort, sur les mers par le prince Albert de Monaco. On atteint ainsi de grandes hauteurs, jusqu'à 7 ooo mètres ; pour cela, on utilise non plus un seul cerf-volant, mais des trains de cerfs-volants ajoutant leurs efforts sustentateurs. Les appareils sont contenus dans des paniers d'osier où ils sont préservés des chocs. Quand le vent n'est pas suffiqant pour enlever les cerfs-volants, on se sert des bqllons
(++)

CaseÀTn-Annr

ou Plnc ne MoxrsouRrs pouR L'lNSrAr,LArloN
DES INSIRUMENTS.

L'ATMOSPHÊRE.

ro,

PAGE 44.

Pr,uvrolrùrnn IiNREGISI'RI,uR A RAScuLE ori Rrcrrenp.
Ch,aque

lois que l'un

des augets est

et ce nnouucment s'irt,scrit

rcmpli, il lait basculer Ie leaier xt'r le cylùdle.

L'AtMospuùnr.

TNSTRUIVIENTS DE
eapttfs (des

LA uÉuIoRotcIGrE
pendant

< saucisses >r employées

la

guerre)

qui atteignetrt les mêmes altitudes.
Quand orl veut dépasser 6ooo mètres, on lâche dans I'atfnosphère des ballons libres n'enlevant que des instruments enregistreurs: ce sont les ballozs-soades, dont I'ldée première, due à I'aéronauteCapaz-

za, déùeloppée par Hermite et Besançon, est aujourd'hui appli quée partout. Ces ballons sont
en feuilles de caoutchouc mince élastique. On les goflflè avec de

tent le sol, leur diamètre e3t
d'environ x m.
de 5

I'hydrogène, et, quand ils quit-

à 6 mètres cubes. Ils s'élè:

So et

leur volume

vent très rapidement, avec une
vitesse moyenne de 5 à 6 mètres paf secpnde, en enlevant dans

â mesure qu'ils pénètrent dans un air plus raréfié, et ils éclatent au point le plus élevé qu'ils atteignent Alorsi les appareils enregistreurs, soutenus par un parachate léger dont Ie ballon était coiffé, retonrbent lentement et
mentent de volunre arrivent ainsi

un paflier le thermo-batographe Richard, en aluminiurn, dont le poids ne dépasse pas r kilograJnme. En'montant, ils aug-

Fid: 23,

meaux -d,u prince de Mo-

Les ballons ju-

au sol sans se

rtaco, après l'éclatement du ballon B, au moment où ils ai.rtvent citi contact
avec

la

mer.
I

briser. Le prince de Monaco, pour ses recherches en pl$ne mer, employait dear ballons identiques, maisdont I'un est lur peu

plus gonflé que I'autre, au départ, de façon à éijater ie premier (fr$, zz). Alors, Ies appareils, n'étant plus soutenus

I

(ls)

L'ATMOSPITÈRE que par un seul ballon, tombent vers la mer (fig. z3). Pour éviter qu'ils ne s'y trempent et y soient ainsi détériorés, on suspend au-dessous d'eux, au bout d'un fil €tssez long, un flotteur, Ce flotteur, dans I'air, constihre un poids mort I mais, quand le ballon qui reste approche de la surface de la mer, il touche l'eau le premier, y flotte et soulage ainsi le ballon de son poids, de sorte que les appareils,
soutenus par l'unique ballon, restent au-dessus de I'eau, à une hauteur égale à la hauteur du fil. Le navire s'approche alors et va les recueillir. Les ballons-sondes atteignent facilement des hauteurs de 15 ooo et zo ooo mètres ; le a record > appartient à un ballon-sonde lancé en r9r3 pa^r le professeur Gamba, de I'Université de Pavie: quand I'appareil toucha le sol, le barographe enregistreur marquait I'attihrde atteinte de 37 7oo mètres ! A ces altitudes, le thermomètre enregistreur

- et de I'artillerie, on n'a pas Pour les besoins de I'aviation besoin d'avoir les indications de température: on lance donc des ballons-pilotesr libres detoute charge, et dont on suit, avec une lunette, mobile sur des cercles gradués, les déplacements aussi longtemps qu'il est possible; on a pu les suivre ainsi jusqu'à e5 kilomètres de hauteur. Quand on les voit ainsi, de deux points séparés par une distance donnée,
laconnaissance des angles de la lunette, à un même moment, permet de connaître leur position dans I'air, per une simple

accuse des températures de

7oo t

construction géométrique
Par tetnps couvert, on lâche un ballon enlevant des pétards

qui éclatent à diverses altitudes.Des appareils de < repérage par le son D, dont les artilleurs ont fait un si grand usage pendant la guerre, enregistrent les e4plosions, ce qui permet de déterminer dans l'espace les positions successives des points d'écliatement, ef par suite, Ies positions successives du ballon lui-même. Aujourd'hui, I'aviation a fait des progrès énormes, et l'altiûrde de 8 ooo mètres est fréquernment atteinte; celle de rr ooo mètres est même dépassée. Le commandant Jau.
(16)

rologique du royaume de Belgique' a eu et réalisé I'idée d'uti' liser les vols quotidiens que font les aviateurs militaires au-dessus des aérodromes belges pouf, recueillir, à l'aide d'un appareil enregistreur, les indications de tempérafure et d'humidité aux diverses altltudes, ainsi que celles relatives aux vents qu'ilsy rencontrent. Le diagramme, et les renseignements, placés dans une boîte munie d'une longue banderole, sont lâchés per I'aviateur au moment où il passe au-dessus de l'observatoire où des météorologistes les recueillenf les dépouillent aussitôt et en font leur profit pour l'établissement des prévisions pour le lendemain.

INSTRUIVTENTS DE LA IVIÉTÉOROLOGIE motte, le savant directeur du remarquable service météo-

##

CTTAPITRE

TTI

LA TEIvrpÉnaruRE ET sps vaRIaTIoNS
de température 'i"
teur > et
<<

ieur ctassification.'i

variations" de lalempérature 7;;{i;;.11 àà i"Àpe'ature' ll La couche iso' avec l'altttude. ll ":i"iéÏiî"i àï"-tà*pérâtures au iivequ de la mer therrne. I La reduiiiài
vagues _àL

Les uariations de Les causes des inégalitës de tentpétature' ll observëes' faîi.'"ù"t;; terip.ératares'àxtrêmes s et ; u'i àri" i- i'3 thermique s' ll - l'es ctithat îù:;;'i;rih.;;; de chaî'i;ii;;";; ài to*!"r. ll

-<"'va'ues

LESCAUSESDESINÉGALITÉsoBTEMPÉRATURE
DANS

défiler successiheures autouf de l,a ligne de ses pôles, fait en se déplaméridiens; les tous Soleil sivement devant le cours d'une année' sur une orbite au I'astre de i.rrt "utoor à chaque àliptiq.r", sa distance à la source de chaleur varie le plan sur rotation de axe de son i;;4"î, Ét l'inclinaison reçoivent ne globe du de son orbite fait que les divers points p"" à."t jours de suite la même quantité de chaleur'

UAIR. d ê La Terre, en tournant en vingt-quatre

' ur.u autre raison intervient

ici d'océans, constitution de la surface terrestre, composée, ailleurs de arides' montagnes là de déserts, plus loin de
terrainscouvertsdevégétation,quiabsorbentàdesdegrés

encore: c'est I'inégalité

de

différents les rayons lalorifiques'

L'ur

atmosphérique'

température aussi variable' reposant sur des supports uniforme' tempérafitre une avoir nJsaurait donc romPu: Et, dès lors, tout son équilibre possible se trouve difféune I'atmosphère' de points dès qu'il y a, entre deux plus froid' gaa du y moavement il a rence de température,

à

denservers

J

gazchaudrmoins dense'On voit donc combien i*pottantà l'étude de la températtrre de l'air'

le

masse de gaa loppe la Terre de sa couche sphérique, cette (c8)

Sinousconsidéronsl'ensembledel'atmosphèrequienve.

VARTAT.IONS se trorrve emprisonnée entre deux lirnites: I'une est la surface du sol terrestre, l'autre est I'espace infrni. Et ces
deux limites sont à des températures différentes. La température ntoyenne de lasurfacedu sol terrestre, pour la Terre

LA TETVIPÉNETURE ET SPS

entière, est de + r5o- Celtre de I'espace interastral est de 273o. Comrnent se propage la chaleur dans celies des couches atmosphériques qui confinent à l'espace froid ? Nous ne le savons pas, et les résultats des expériences que nou$ Fouvons faire dans nos laboratoires ne sauraient être étendus à des domaines aussi vastes que celur de I'air qui nous entoure. Aussi faut-il nous borner à étudier la tempérafirre de I'air dans la partie de sa masse accessible à nos mesures, c'est-à-dire dans l' atmosphàre eflective.
LES VARIATIOT{S DE LA TEMPÉRATURE DE L'AIR. Dans les couches basses, voisines du sol terrestre, la température subit d'ordinaire deux espèces de variations' Les unes sontirrégutières: aucune loi apparente ne paraît les régir ; tantôt elles élêvent, tantôt elles abaissen.t Ia température moyenne. Mais, considérées dans un long intervalle de temps, ces irrégularités se compensent réciproquement. Les autres, les variatians régutrièresrau contraire, suivent des lois très nettes et parfaitement connues. Ainsi, pour tous les points de la Terre situés dans les zones tempérées et dans la zone torride, c'est-à-dire Pour tous les lieux compris entre les deux cercles polaires, le graphique du thermomètre enregistreur margue chaque iour un maxi'

dd

mum et un minimam d^e température: le maximurn a lieu un peu après le passage du Soleil au méridien, c'est-à-dire

un peu aprèsle midi urcd ;le minimum se produit vers la fin de la nuit, peu de temps avant le lever du Soleil, et c'est la conséquence du refroidissement que subit la Terre pendant Ia nuit, en rayonnant sa chaleur vers le ciel. Le retard de I'heure du maximum varie selon la naturo de la surface terrestre. Ainsi, au-dessus des océans, dont l'eau est aussi paresseuse à s'échauffer que lente à se refroi' (*g)
rietuospuÈnn

L'ATMOSPHÈRE dir, ce retard atteint à peine une demi-heure, tandis qu'il peut s'élever à deux ou trois heures au-dessus des sudaces continentales. En général, il est plus important l'été que l'hiser; il est plus grand aussi par un ciel transparent que
par un ciel couvert
On appelle é,eartdiarnela différence entre la température la plus haute et la température la plus basse d'une journée déterminée, en un lieu donné, et I'on appelle amptitude apériodiqae la mo?enne des écarts diurnes d'un mois. ,

Comment cêlcure-r-on
,o Oh +l' th tzL
t6h

les

moyennes?

Si I'on observeà
chaque heure de la

journée la tempéle

rature indiquéepar thermomètre ; si I'on additionne les
températures'

24

ainsi observées et si I'on divise le total obtenu pat 24,
gh 4h Bh t2h l6h

Fig. 24.

tionne les tz moyennes mensuelles et qu'on divise leur total par rz, on a la moyenne annuelle. L'amplitude apériodique va en croissant quand on part du pôle pour aller à l,équateur. En un même lieu, elle varie avec la saison. Ainsi, è Paris, elle peut atteindre ro degrés en juilleÇ et 4 à peineen janvier (fr1. z+1. EIle est très faible au-deszus des mers, où elle ne dépasse guère zà 3 degrés; mais, au cenhi de I'Asie, par exemple, sa valeur atteint jusqu'à 25.
(so)

donné et qu'on en divise la somme par 30, on a la moyenne mensuelle correspondant â ce mois. Enfin, si I'on addi.

diarne de cette Vartations d,iurnes d,e 1a tem- journée. Si I'on pérature à Paris en janvier (.. .. .) et additionne les en iuillet (-). 30 moyennes diurnes dtun mois

on e la moyenne

que Ia Météorologie possède des données sérieuses sur les températures extrêmes observées à Ia surface de la Terre. En Tripolitaine, à l'ombrerla température de -1- 58o a été

Il n'y a pas très longtemps

LA Tur\fipÉneruRp ET sES vÂRIATIoNS LES TEMpÉRatuRgs nxtRÊMEs oBseRvÉes. a a

constatée avec tous les caractères d'authenticité; nahrau soleil, la température atteint des valeurs bien plus considérables. Par contre, à la Nouvelle-Zemble, le thermomètreà minimaaindiqué Verkhoîansk, - 7zo t et à 73o, dans la Sibérie orientale, on a observé au mois de décembre de I'année 1893. Ce sont là,-jusqu'à présent

rellement,

les

températures extrêmes connues, dans I'homme peut être appelé à vivre.

lesquelles

Mais les écarts de température que I'on peut avoir à supporter sont peut-être plus pénibles encore que les tempérahrres extrêmes. C'est ainsi qu'à Verkhoîansk, dans I'a"nnée r893r en ce mois de décembre où l'on avait enregistré une tempérahrre de Z3o, on avait observé, au mois

de juillet,

- de la température

que les habitants de cette localité ont eu à supporter, mois de temps, un écart de cenl quatre degrés.

+

3ro à I'ombre; cela fait

en dix

Dans nos régions, heureusement, les températures et les écarts extrêmes sont moiirdres, Cependant, à Paris, nous avons 25o16 pendant I'hiver de û78-79, et nous y avons observé * Sgorz en juillet ryo4. En France, le minlmum qui ait jamais été constaté a été de r8?8-Zg - Szo €n pendant et le maximum a êtÉ + 42or9, à Montpellier, l'été de r9o4t ce qui fait un écart total de 74or9. Au cours d'une même journée, l'écart des températures extrêmes peut être très grand, surtout dans les stations éloignées de la mer, dont la grande capacité pour la chaleur régularise de façon si remarquable Ia température des couches d'air qui les surmofltent. Ainsi, à Lisbonne, l'écart total n'est que de 6 degrés en aoûf alors qu'à Madrid, il est de 15 degrés pendant le même mois et qu'il atteint jusqu'à z3 degrés dans une oasis du Sahara algérien. Il y a, d'ailleurs, une relation empirigae entre la tempé. (5r)

.i

L'ATIIIOSPHERE
rature moyenne d'une journée et les ternpératures maximâ

\

et minima que I'on y a observées. C'est ainsi qu'on a pu déduire d'une longue série d'observations qu'à Paris, la ternpérature mojrenne d'un jour était égale aux r9lzo de la moyenne entre Ia température du ma:timum et celle du
minimum.

LES LIGNES ISOTHERMES ET LES CARTES ISO. IHERMIQUES. o d Les températures moyennes varient

Fid. 25,

-

Tempéralttres mo]ennes annuelies de la Terre.

d'un lieu à un autre. Pour représenter cette variation
d'une façon plus expressive qu'en des tableaux de chiffres, on a imaginé les ltgnes isotherrmes. On appelle ainsi les lignes qui, sur une carte, réunissetrt par un trait continu les lieux où la température moyenne est la même pendant un temps déterrniné. On construit ainsi les cartes isothermiques diurnes, mensuelles, Éur-

des moyennes de janvier

nuelles (fig. 45, 26, z7l. Ce sont zurtout les cartes mensaelles qui présentent de I'intérêÇ et parmi celles-ci, les plus inshuctives sont celles

et de juilletr qui
(sa)

représentent

'"l{flj";.

LA TEMPÉNNTUNE ET SES VARIATIONS le mois le plus froid et le plus chaud de I'année dans I'hémisphère nord: c'est le contraire dans I'hémisphère
sud.

On voit, sur la carte de janvier, conrbien est grande I'influence des continents pour les basses températures: au centre de I'Asie, au centre de I'Amérique du Nord, les isothermes prennent une forrne presque concentrique, enserrrant les réfiions le,s pltrs éloignées de la mer et où se

.

lrig.

26.

-

Températures de la Terre pendant l'été de I'hémisphère nord.

trouvent les moyennes les plus basses: q 44o eû Asie 3So en Amérique I dans I'Atlantique nord, au contraire les isotheffnes se relèvent vers le nord, adoucissant, jusqu'aux latitudes élevées, la température de I'air, grâce

à f influence des eaux tièdes du Gæf- Stream. En ce qui concerne le mois de juillet, I'infiuence des continents se traduit en sens contraire: c'est à leur centre
que sont les températures les plus élevées, On remarque la concentricité des isotherrnes entourant la zone de maximum au nord du Mexique (+ 36o), au centre du Sahara (+ e6") et sur le plateau du Tlribet (* g4o). On voit done
{se}

L'AT]YIOSPHÈRE
que la comparaison des cartes isothermiques de janvier et de juillet est bien plus instructive que l'éhrde des seules
isotherrnes annuelles. La moyenne annuelle de deux lieux différents peut en effet, être la même de deux manières bien distinctes. Supposons deux stations dont la température moyenne, pour

l'année entière, soit de g roo; Elle peut avoir cette yaleur si la moyenne de chaque mois est toujours de

Fig,. 27,

de lq Terre pendant I'hiyer de - Températares l'hémisphère nord.

roo, auguel cas elle est soumise à des conditions de températrre absolument régulières; elle pzut I'avoir, au contraire, si la moyenne du mois le plus chaud est + 3oo et la moyenne du mois le plus fsoid est roor auquel cas

elle sera soumise â des conditions de température sives et particulièrement dures à supporter.

exces-

LES CLIMATS ET LEURS CLASSIFICATIONS. L'IN. FLUENCE DE LA MER, o a L'étude dss moyennes mensuelles prend une importance partictrlière quand il Cagit de définir le climatd'un lieu. En réalitÇ ce que I'on (sel

LA TEIIIPERATURE ET SES VARIATIONS
sppelle climat (du grec :tlipaf, gradation) est la résultante de tousles facteursmétéorologiques de ce lieu: température, pression, pluie, vents, orages, etc. Mais le nombre même des facteurs divers dont il faudrait tenir compte pour arriver ainsi à une classification rationnelle et simple rend la chose très difficile, et l'on se contente de définir les climats

des régions par la seule considération des conditions de températures auxquelles elles sont soumises. Pour cela, on a pris les températures moyenfl€S ztensuelles, et non les moyennes annuelles, pour la raison que nous indiquions précédemment. Et I'on a pris, pour caractériser les divers clirnats, la différence entre la moyenne du mois le plus chaud et celle du mois le plus froid. Si cette différence est inférieurcàdix degrésrle climat sera régulier ou mariry cette dernière qualification devant rappeler I'action régulatrice des mers sur la température de I'air. C'est le climat par excellence des îles océaniques: les îles Hawai dans le Pacifique, Madère, Ténériffe dans

l'Atlantique.
Si ladifférence dépasseuingtdegrés, on dit que le climat este*cessff ou continental: les types de ce climat sont ceux de la Sibérie orientale, et, en Europe, de I'intérieur de la péninsule des Balkans. Si, enfin,la différence est comprfse entre dtr et vtngt degrés, nous avons le cllmat moyen, dont le type est celui de I'ouest de la France. Cependant, la considération de la moyenne annuelle n'est pas inutile ; elle sert à greffer une seconde classification sur la précédente. En effet, un climat régulter peut l'être de deux façons

bien distinctes: ou bien parce qu'il fait régulièrement chaud toute I'année, ou bien parce qu'il fait régulièrement froid. Cependant, quoique étant réguliers tous les deux,
ces deux

climats seront, en réalité, très différents,

Alors on a nommé climats tempérés ceux des régions
climats./rofds eeux où elle est au-dessous (5 5)

où la températtrre moyenne annuelle est comprise entre oo et +zoo; climats chaads ceux où elle dépasse f zoo ;
de aéro.

.,.,r"\-.Ë!

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L'ATtrIOSPHERE
Mais, pour les étndes de géographie régionale, on a poussé les subdivisions beaucoup plus loin encore. C'est ainsi que, rien que pour la France, on considère sept climats : r o le climat séqaanienavec influence mitigéedela Manche, etune température moyenne d'environ * roo ; zole climat armoricain, aur hivers très doux, pluies fréquentes et étés tempérés, une température égalisée par I'influence de l'atmosphère, ayec unemoyenne de * rro; 30 le climat girondin, avec les rnêmes causes d'égalisation, mais une moyenne de

t

* rlo, hivers rudes et étés chauds;5o le climat vosgien, température moyenne + 9o, hivers longs et froids, étés courts et chauds, à cause de la situation plus septentrionale et de l'éloignement de la mer; 60 le climat rhod,anien (Jura et Alpes), avec une température moyenne de g lro, des hivers froids, de beaux étés, des pluies fréquentes; 7o enfin, le climat méditerranéen, avec une moyenne de + r4o due à la latitude basseet au voisinage de la mer bleue, des hivers très doux et des étés très secs. D'une façon générale, on peut dire qu'en France le clirnat se refroidit du sud-est au nord-ouest en été, et de l,ouest à l'est en hiver. Pour I'ensembledela Terre, théorlqnement, le climat devrait se refroidir régulièrement de l,équateur aux pôles: en réalité, ta diskibution capricieuse des continents et des mers, Ies variations de la nature du sol et de I'altitude des diverses régions introduisent les inégalités qui ont nécessité la classification des climats. Et nous avons
vur

* r2o, plus élevée à cause de la latitude plus basse I 40 le climat central, région éloignée de la mer, moyenne

particulières, gue, dans ce cas, lei climats régionaax dépendent des conditions de relief géographique. Aussi leur étude est-elle plutôt du domaine de la géographie. Récemment, un allemantl, le D" Koppen, a proposé trne classification nouvelle des climats, basée à la fois sur ia température et les précipitations atmosphériques. Il est à peine besoin d'insister sur les complications que fait naître eette double considération. On y distingue d'abord
(s6)

ptr la diversité à laquelle elle conduit pour des régions

LA TEMPERATURE ET SES VARIATIONS
onze t5æes de

climats principaax, quelques ty?es

de

climats seeondaires et de nombreux sous-types désignés par des lettres ou des groupes de lettres. Cela amène à des formules dont la complexité porte I'empreinte de I'esprit allemand. Les classifications dcivent, avant tout, simplifier et éclaircir: ceile-ci complique et obscurcit..
<r

VAGUES DE CHALEUR

)>

ET ( VAGUES DE FROID >.

on observe de longues séries de journées au cours desquelles la tempérafirre demeure, ou très basse, ou très élevée. On donne à ces périodes le nom de vagaes d,e froid ou de vagues de chalear. Rien n'est plus mal choisi que cette appellation. Le mot vagae, en effet, implique essentiellement I'idée

d .a Souvent, au cours des saisons,

d'un mouvement ondulatoire, et, par conséquent, alternatif etpériodique, quiest précisément tout le contraire d'un état météorologique ayant un caractère de stabilité. On remarque que ces suites persistantes de jours froids
ou
cle j

ours chauds sont touj ours accompagnées d'une hausse
p*aro-

très durable du baromètre. Ces hautes pressions

métriques caractérisent l'état atrnosphérique que nous étudierons plus loin et qui a reçu le nom d'anticyclone. Les vagues de froid et de chaieur sont donc inséparables
des

anticyclones, et I'on constate toujours

la concomitance

très nette des deux phénomènes. Nous en verf,ons plus loin des exemples tout à fait suggestifs. Signalons dês maintenant que les froids si intenses qui sont I'apanage de la Sibérie orientale, où I'on a observé, cornme nous I'avons vu plus haut, les plus basses températures connues' se rnanifestent précisément dans cette région qui est, durant l'hiver, le siège d'un centre peffnanent de hautes pressions baronrétriques, c'est-à-dire, pour employer le langage de la Météorologie, d'un cenfre anticyelonique stable.

LA VARIATION DE T.A TEhTPÉRATURE ATflEC L'AL. TITUDE. a .d Nous avons vu que la ternpérature variait, suiyant I'heure de la journée, en un nrÊrne iieu, et qu'elle

ffzÏ

T'ÂTIEOSPHÈRE
?eriait d'un polnt à unautre dela Terre. It est une troisième variation qu'elle subit en un même lieu et au même moment: elle varie avec I'altllude et, en général, elle décroît à mesure qu'on s'élève dans l,atmosphère. Il yalà, semble-t-il, une contradiction. En effet, à mesure qu'on atteint des couches plus élevées, on se rapproche du soleil: on devrait donc observer un accroissement de la température de I'air, alors que c,est, en réalité, un abaissement que I'on constate. Nous allons voir que cette contradic-

peur d'eau sont les substances qui absorbent, qui emmagasinent la chaleur solaire. En ouke, l'airdes grandes altihrdes est plus transparent, donc s'échauffe peu, tandis que les masses gêEeuses des couches inférieures, en contact direct
avec le sol échauffé,

tion n'est qutapparente. Tout d'abord, remarquons que, dans les régions élevées, Itair est beaucoup moins riche en poussières et en vapeur d'eau que dans les couches basses. Or, poussières et va-

qui contribue ainsi à élever leur
De plus,

lui empruntent une partie

de sa chaleur

température.

il faut se rappeler que, quand

chaud s'élève dans I'atmosphère par suite de sa densité plus faible, elle se trouve dans un milieu où la pression est plus faible: donc elle se détendrelleaugmente de volurne, et, par le phénomène inverse de celui que met en évidence la célèbre eqpérience da brtqaet à alr, elle se refroid,it. .On peut calculer ce refroidissement: les formules de la thermodynamique permettent aux physiciens de déterminer ainsi la baisse de température qui correspond à un accroissement donné de l'altitude. C,est ce qu'on appelle

une masse d,air

le gradient adiabatique, On a ainsi trouvé que la tempérahrre de I'air absolument sec doit baisser d'un degré quand on s'élève de roo mètres. Si I'air est légèrement humide, on ne trouve plus qu,un degré par ro5 mètres I s'il est saturé d'humidité, il faut s'élever de aoo mètres pour que sa température décroisse d'un degré, ce qui ne fait plus qu'un demi-degré paf,

tgo rnètrcsi
t.

(58)

i

La TEMpÉnetuRE ET sES vARraTroNS
Les aviatqurs qui atteignent aujourd'hui couramment
des

de connaître I'ordre de grandeur des températures qu'ils doivent y rencontrer. Pour les besoins de la navigation qui est d'un degré par r5o mètres environ.
aérienne, on admet une valeur moyenne du refroidissemen!

altitudessupérieuresà 6ooo etàBooo mètres ont besoin

Le graphique de la figure e8, résultat de I'ascension d'un ballon-sondelancé au-dessus de l'AOo +2o

tlantique par

le

-60 -10 -2o

prince de Monaco,

montre que ce chiffre est suffisamment approché. En efret, au niveau de la mer, on voit que la températtrre était

de zéro et

de a5o au-dessus
qu'à
de

rz ooo mètres

hauteur elle était
de 63o att-6essous;.

Celafait un abaissement de tempé-

Fig, 28,

Monaco dans la rég1ion d,e Ténériffe.

ballon-sonde lancé par le prtnce de

Graphique de I'ascension d'un

rature de 88o, ce qui correspond à
dans ltatmosphère.

un rJegré pour r37 mètres d'élévation

ISOTHERME, o d La toi générale est donc que la température de I'air baisse à mesure que I'on s'y élève. Mais toute loi comporte des exceptions, et I'exception que nous allonsmontrerse nomme l'inversion de la température. On en observe une première manifestation au voisinage immédiat du sol. Quand le Soleil est couché et que l,air de

L'INVERSION

DE

IEMPÉRATURE.

LA

COUCHE

la nuit est transparent, la Terre
(sg)

se

refroidit par $dte

de

',,-'11f,''
I

L,ATMOSPHÈRE
son rayonnement vers .l'espace, ef tra tempêrafure du sol s'abaisse. L'air en contact immédiat avec celui-ci pêut donc se trouver plusfro{.dque l'air qui se trouve un peu plus haut. De sorte qu'en remontant dans I'atmosphère, on trouve toutd'abordunléger accroissement de ternpérature, au lieu de I'abaissement que I'on n'ob.serve qrr'à une altitude plus grande. Les mers, donti l'eau i _fn _60 *10 _20 0" +ll()

"rt lente à s'échauffer,

80000

60 000
50 000
q

t)

ieur surface un support relathtement froid: aussi y observe-t-on le phénomêne del'inversion, bien mis en évidence entre
les points A et B du graphique de la frgure eg.

constituent pour I'air qui repose sur

o a
.U

50

$
L

q o
E

20 ocL-

r0000

-BO-60-CC)-îù
Fig. 29.

oè"20

Mais, si I'inversion est exceptionnelle dans les cou-

- de l'air

Variatton de lu température
quec I'q,ltitude.

ches hasses

de

l'aknosphère, elle d'altitude. Tous les ballons-sondes qui dépassent I'altitude de 15 ooo mètres en raPportent la Preuve écrite sur le graphique de leur thern:lomètre enregistreur. Le graphique de
est régulièredansles couches élevées,et se manifeste toujours dans les couches supérieures entre ro ooo et 15 ooo mètres

la figure zg, quî résume les résultats de tous les lancements, montre la loi de variation d'une façon très expressive.
Dans la

de la température se manifeste, rnais d'une façon assez irrégulière, et I'on voit apparaître avec nettetér vers le point A; le phénonrène de i'inversion proeluit ar't voisinaga
t6b)

partie inf érieure de la t roposphère rla décroissance

LA TEMPÉRAÎURË ËT SES VARTATIONS
imnrédiat du sol terrestre. A partir du point A, la décroissarxce de la température est très rapide jusque vers I'altihrde de roooo à rr ooo mètres, aux environs du point B. Alors se montre le phénornène de I'inversion régulièredes couches élevées, de sorte qu'entre le point B er. le point C, voi-

sin cle

rS

cesse de décroître,

aux limites de

comme le rnontre le renflement de la courbe entre B et c.' Ce n'est qu'à partir du point C que la décroissance re_ devient régulière, et se maintient ainsi jusqu'au point M (97 Zoo mètres), point extrême atteint par le bailon-sonde dePavie, en r9rg. Il est pro6abte que cette décroissancq se continue jusqu'aux couches les plus hautes, jusqu'en D,
tr'atnaosphère effective

ooo mètres, non seulement ia température mais encore eile monte légèrement,

n'est qu'hypothétique. entre ro ooo

n'est certaine que du point A au point M

I mais la courbe ; de M à D, elle

goo à 15 ooo mètres, momètres enregistreurs ont été de dans l'Amérique du Nord; de B4o à 19 8oo mètres, dans - à 16 I'Afrique orientale ; de- 9oo,9 5oo mètres, à Java. Çe qu'il y a de particulièrement remerquable, crest que les

Cette couche d'air, comprise entre les poihh B et Ç et rS ooo mètres, et que I'on trouve sczs excepttonenregistrée dans toutes les ascensions de ballonssondes, s'appeile la c,ouche isotherme. Solr épaisseur, i'altitude où elle commence, peuvent varier suivant la saison et suivant tra ratitude du lieu où se fait I'expérience. Quand I'endroit où I'on fait partir les ballons est soumis à une forte dépression barométrique, on commence à trouver tra couche isotherme à une hauteur moindre, parfois à partir de 9 ooo mètres, et sa température est moins basse: elle oscille entre et - 4oo -se 45o. Mais si, au contraire, le lancer des bailons-sondes fait à une station soumise à une haute pression barométrique, ce ne sera que vers 13 ooo mètres ou 14 ooo mètres que l'on comrnencera à trouver la couche isotherme, dont ia température sera, alors, abaissée jusqu,à - ?So, Les températures ies plus basses rapportées par res ther-

(6r)

L'ATIT[,OSP}TËRE
températures les plus basses ont été trouvées dans lrair audessus des régions tropicales, alors que, dans les régions
de eo à3o degrésmoins basses. En outre, dans

polaires, les températures minima enregiskées sont

les régions équato-

riales, on ne rencontre la couche isothermique que beaucoup plus haut: vers 16 ooo mètres ou 17 ooo mètres. Ces températures de 8oo et 9oo ne sont, sans
doute, pas les plus basses: ce sont simplement les plus basses

-

-

qut atent étë obserrrées. Très probablement, aux limites de l'atmosphère effecttue, à partir de cette altihrde critique où
fuiit lerègne de I'azotç et où Gofirfl€flce c€-

lui de I'hydrogène, la
ternpérafirre doit-elle s'approcherde- rooo, comme le montre le

trait pointillé par lequel se termine la
Fig.
30,

pendant les mois chaads.

La température de la France

courbe dessinée sur Ia

figure zg.

plus haut encorq
rahrre de

Et au delà,

qu'arrive-t-il ? Comment s'efiectue le passage de la tempé_ rooo à celle de _Z7So, qui est celle de I'espace, intersidéral ? Ici, il faut avouer notre ignorance en face de ce grand et profond mystère de la natrrre.

DE LA MER. d .d Nous avons vu

LA RÉDUCTION DES ÎEMPÉRATURES AU NIVEAU
précédemment la

manière de représenter graphiquement les variations moyennes de la température d'un lieu à un autre. Les figures 3o et 3r donnent les isothermes pour la Francg respectivement pour le mois de juillet et de janvier. Les cartes de ce genre sont l'élément indispensable pour l'étude des climets.

(6.)

.'.'
LA TEMPÉnntuRE ET sEs vARIATToNS
Mais une remarque essentielle s'impose. Nous venons de voir que la température baissait à mesure que I'altitude augmentait, Donc, si l'on veul'comparertes tempérahrres moyennes de deux stations, il faut, de toute nécessité, tenir
compte de la baisse thermométrique que I'altihrde de la plus élevée impose aux températures que I'on y mesure. des différences d'altitude des diverses stations, on a décidé de ramenerr Par le ealcu,l, les temPéra-

Pour tenir compte, aussi équitablement que

possible,

tures observées

en

chaque lieu au chiffre

qui les exprimerait si le même lieu était abaissé au niveau de

la mer, On a
ce que

ainsi

l'on aPPelle les températures rêdat-

les: ce sont celles qui ont servi à tous les
isot$ermes des figures

3o et 3r.

Une règle

emPisans

FiÉ. 31.

rique fort simPle Per-

Latempérature tle la France trtendant les rnois frotds'

met dteffectuer

tempé' difficulté le calcul de réduction: il suffit d'aioater aux par conséquent et élevée, plus la station à ratures observées que I'alti' trop basses, autant de fois six dixièmes de degré d'hectomètres' hrde de la station comporte loutefois, cette rédictfondes températures au niveau de la mer n'est pas sans présenter quelques inconvénients le sérieux. Prenons, par exemple, une station française: pot au Dôme. La moyenne annuelle de la tempérahrre qrre cette qrrË I'or,y observe réeliementest de * 3or3, alors s'élève par le cal-9ul' mer, la de àoy*tti réduite au niveau être faut il combien o<emple par cet voit On rt45. ai météoro' les cartes prudent iu""O on cherche à interpréter
(6s)

L'ATMOSPI{ÈRÉ
lgsieues qui comportent ainsi des isothermes << réduites ,. elles ont I'avantage de permettre la représentation aes tempérahrres comme si la terre n'avait aucun rerief géographique, elles ont l,i*convénient de nous donner, si l,on ne corrige pas leurs indications en sens contraire, des notions fausses sur les températures observ ées réetlement, et qui sont les seules à présenter un intérêt pratiq'e pour les conditions de la vie des habitants de règions. "es

si

ë,TTAPITRE

N

LA PRESSION ÀTMOSPHÉRIQUË
La pression de I'atrnosphère. Itillimètres et millibo.rs, ll Varîotions de la presston auec t'altitude.,.ll Formale de Laplace et mesare des hauteurs. ll Vo.riations diverses de la pression atmosphérique. ll Lignes isobares et cartes barométriques. ll Le grâdienf barométFique. ll__Le. v-ent normqlr- ll Centrei cyc!.onio"ues et anticycloniquès, ll Variations annuelles de la presston 'atmosphérique.
[-Zes dépressions et leurs déplacehents.

LA PRESSION DE L'ATMOSPHÈRE. LES MILLIMÈTRES ET LES ( MILLIBARS >r. o I Nous avons vu, dès le début de ces page$ que I'air était un corps pesant. Nous avbns rappelé l'e4périence classique de Torricelli qui nouspermet de nous faire une idée de la valeur de lapression qu'il exerce suf les corps, ett mesurant la hauteur de mercure soulevée dans le < tube à vide >; nous avons appris que lavaleuî moyenne de cette pression, au niveau de la mer et à la latitude de 45o, était celle qui- correspondait à une
hauteur de mercure soulevée de f6o millimèhes, ce qui
représente une pression de r kg, o33 par centimêtre cafré. Gette notion de la ( pression atmosphérigue D s'est telle. me$t imposée dans la sciené que sa valeur moyenne 3 été prise pour unité de pressiont on a mesuré, en effet, les pressions en atmosphères pendant tout le xrxe siècle.

Pour rnesurer cette pression équilibrée par la hauteur d'une colonne de mercure, le procédé Ie plus simple était de mesurer la hauteur de cette colonne, en millimètres et dixièmes de millimètre. C'est à I'aide de cette échelle millimétrique que sont tracées les divisions des cadrans de nos baromètres anéroîdes et les règles de nos baromètres à mercure: elle a I'avantage de traduire la mesure baro(6s)
L'arMosprrÈns

-.:F,::-'-1. ' :."'i", /

L'"ATll'tOSPHERE
métrique par une longuear q,ri se mesure à l,aide dtune unité clevenue interrrationiiie: le rnètre et ses fractions.
J

)

sous-multiples le centitsar e'T, le mi.lî.itrar. Voicj ce que c'est. Par des considérations basées sur le systènre d'rrnités apperé

avant la guerre de r9r4, une nouvelle unité de mesure pour la pression atrnosphérique: c'était ie bar, arcc ses

Les météorologistes allemands avaient réussi à implanter,

la g8re partie d'un grarnme) et comme unité de pression la mégadyne par centimètre carré (une mégadyne vaut un rniilion de dynes), CIr cette pression se trouve corrèspondre â une hauteur de n:le.rcure de 74g mm. 78, soit, à très peu près, de 75o rnillirnètres. On a donc pris comme
unitéde pression cette valeur, à laqueltre on a donné le nonr de bar. Et, au lieu de filesurer la hauteur barométrique en millirnètres, on la mesure en miltibars, ou cnifiièmes de bar. La conversion d'un système dans I'autre est aisée I 75o mil1'autre.

système C. G. S., les physiciens avaient été conduitç à prendre comnle unité de force la d,yne (égale au poids de

limètres valant r ooo millibars, une simple règte de kois pernret de passer ctre l'un des modes de mesure à
On est heureusement revenu, en France, aux,
baro:nétriques exprimêes en mitrlirnètres.
noesures

ifB. d .d Il

VARIATTONS

DE LA

PRHS$ION AVEC L'ALTITU-

est'certain gu,en un même lieu et au mêrne

moment la pression de I'atmosphère, c,est-à-dire ta hauteur de la colonne barométriqug doit varier à mesure qu'on s'élève dans I'atmosphère. En s'élevant, en effet, on laisse au-dessous tle soi des couches d'air dont le poids n,agit plus sur le mercilre de i'instrumerit. tslaise Pascal a tait, Te premier, ia vérilication erpérimentale de cet énoncé, en observant la hauteur du mercure dans le << fube de Torricelli >, d'abord au pied et ausommet de la tour Saint-Jacques, à Faris, puis au pied et au sommet du Puy de Dôme, à Clermont-Ferrand, Le résultat fut bien tel qu'il I'avait prévu, et la hauteur du mercure soulevé
(66)

,r,

LA PRESSTON ATmOSPHERTQUE
était plus faibte êu sofiiitlci tie }a nlontagne clu'à sa base. Liexistellce de ta pression afunosphérique était donc

ainsi confirmée. lif,Cette expérienee historique

fit naître aussitôt un espoir: celui de pouvoir mesurer les hauteurs <les moutagnes rn observant la baisse que subit le baromètre transporté de lerrr pied à leur sornrnet. l\,Iais ie problèrne n'est pas au çi simple qu'on le croit à prernière vue.
En effet, si I'air conservait dans toute son épaissellr une
$3il tlr

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o o h .o
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30c0t)

Altitudes en mètres

lig.

S?.

-

Dicralssance e/es ;,rressions uvec

la

hauteur,

emporte avec soi dans un ascÊoseur: ent.re le sous-sol et le cinquième étage, on verra I'aiguilie se déplacer de deur divisions vers !,a gauche (si le cadran est graclue en rnilii.
(ciz)

lois qu'on s'élève de rr nrètres. L'expérience est facile et inskuctive à faire avec un bon baromètre anéroïde que l,on

de*sité toulours égale, ce serait très facile: la décrolssance de la pression serait proportionnelle à la hauteuc On peut admettre qu'ii en est sensiblement ainsi dans les couches tout à falt basses C,e l'atrnosphère, entre ie sol et 3oo mètres de hauteut, par exemple. Dans ces conditions, on constatË que le baromè'l.re baisse d'un rnillimètre chaque

L'ATtrTOSPHÈRË
rnêtres) et reprendle sâ pôsitiôn primitive guand I'ascetl. seur sera descendu, Mais, dès qu'on dépasse I'altitude de 3oo mètres, cette simplicité de calcul disparaît, et il faut faire intervenir des formules plus complexes C'est que, tout d'abord, chaque couche d'air est corn-" primée par le poids de celles qui Ia surmontent, et est soustraite à lg compression de celles qui sont en dessous. Il en résulte que la loi de la décroissance de la pression avec la hauteur doit être que /es pressdons dimtnaenten progression géométriqae quand les haatears cror'ssent en progressrbn arithmétique. En deun mots, la loi de la décroissance des pressions avec la hauteur doit être une lof logarithmiqae, Tel serait son énoncé, assez simple encore, si I'air était, dans toute i'épaisseur de I'atmosphère, à la température de zéro degré et si la pression initiale, au niveau de la mer, était toujours f6o millimètres. Mais la température de I'air varie sans cesse, ne fût-ce que du fait de I'altitude, comme nous l'avons vu au chapitre précédent. En outre, les masses gazeuses de I'atmosphèrertoujours en mouvement, ne peuvent garder ia même pression I enfin, les variations de la quantité de vapeur d'eau contenue dans I'air font varier sa densité. On comprend donc la grand,e complexité du problème à résoudre.

de la décroissance des pressions, surtout à notre époque où les aviateurs n'ont, pour unique moyen de savoir I'altitude atteinte, que I'observation du baromètre.
C'est le grand Laplace qui a résolu ce problème difficile,

LA FORMULE DE LAPLACE ET LA MESURE DES HAUTEURS, o a Cependant, il faut co.nnaître cætte loi

xrxe siècle.Iaformule de Laplace se trouve dans l'Annuaire dæ Bareaa des Longitudes, où elle est accompagnée de tables numériques qui permettent d'en simplifier les longs ei pénibles calculs. Elle est assez exacte Pour que I'on puisse s'en servir pour déterrniner la hauteur des montagne.s, à 4 ou 5 mètres près: on peuf
dès le commencernent du

(68)

LA PRESSION ATMOSPHERIQUE
comparer les hauteurs ainsi calculées avec celles
que

déterminent directement les topographes. Dans les limites où Ia comparaison a pu être faite, c'est-à-dire jusqu'aux environs de 5 ooo mètres, la précision de la formule de Lapiace s'est trouvée vérifiée. Voici un tableau qui donne les valeurs des pressions aux différentes altitudes.

VALEURS

DE IÂ

PRESSION ATMOSPHÉ,ruQUE AU:(

DIVERSES ALTITUDES

ru

Aarrtupr

uÈtnps.

ru

Pnæssrou

Drurwurton
IIOYENNE PÀR

urr.r,ruùrnrs.

alÈrnp

D'ar.TrTUDE.

roo.. . 2oo...
400..

o..........
. .

760ro

?50,5

300.. .

74r,r

o mm. o mm.

o rnm.

73r19 722r9 67o,6

o rnm.

o95 o94 o92

20 30 ooo.. 6o ooo.

ro

2 0()0. 3 ooo. 4 OOO.. 5 Ooo,.
ooo.

I

500..
OOO.

7r4ro 59rr7

52"r1 460r7 2r714
63,2
1718 o14

406,5

()00..

o mm. o89 o mm. o87' o mm. o79 o mrn. o7o o mm. 06r o mm, o54 o, mm. o37 o mm. 016 o mm. oo4 o rnm, ooo25

o9o

L'examen de ce tableau est des plus instructifs. Il nous montre, en effet, que, tandis que la diminution de pression coffespondant à une élévation de r mètre est de o mm. o95 entre o et zoo mètres, elle n'est plus que de o mm. 016 entre Io ooo et zo ooo mètres. Le graphique de la figure 3z traduit ces résultats d'une façon encore plus oçressive. Il nous montre d'une manière tangible gue, entre o et ro ooo mètres, la pression diminuet
(op)

L'ATIYIOSPHERE en chiffres ronds, de 6oo miltimètres, tandis que pour les ro ooo mètres suivants, quand on s'éiève de ro ooo à
zo ooo mètres, elle ne baisse que de r5o millimètres, soit le q'rart de la diminution précédente. De eo ooo à 3oooornètres, ls diminution n'est plus que de 50 mi!trirnètres; enfin, cie 3o ooo à 6o ooo mètres, c'est-à-dire pour une ascension de 3o ooo ntètres, elle tombe à 17 millimètres. On comprend que, dans ces conditions, Ia mesure barométrique des très grandes altitudes manque de précision et devient incertaine. Le plus petit défaut dans !a construction dubarographecomporte, sur la rnesure des hauteurs atteintes, des erreurs rtrui peuvent suffire à la récuser.

la Sorbonne et de I'Institut ocrianographique, le professeur A. Berget a indiqrré une rnéthode de mesure des hauteurs, dont la sensibilité reste à peu près constante, nrême aux très grandes altitudes: elle est basée sur I'emploi, non plus du baramètre, mais du grauCcours de ses leçons de

N'y a-t-il aucun moyen de vaincre cette difficulté ? Ar.l

mètre. Nous nous bornons scrtirait du cadre de ce livre.

à I'indiquer: sa rleseription
PRESSTON

ATMOSPHÉRIQUE. o a L'observation précise et suivie d'un baromètre à meïcure montre que, Èn une même station, la hauteur de la colonne mercurielle varie à chaque instant, accusant ainsi des fluct'uations incessantes de la pression
ahnosphérique.

I,ES VARIATIONS DIVERSES DE LA

Le grand Pascal, lc premier, montra qu'ii y avait une relation entre les oscillations du baromètre et l'< état du temps rr, On peut dire que I'iltustre savant fut le créateur de la météorologie. Quand on éhrdie avec méthode j.a courbe tracée par un baromètre enregistreuc sensible et précis, on constate sans peine que ia pression atmosphérique subit deux sortès de
variations, dcnt les unes sont drréguliëres ou accidentelles et les autres sont ré.irlières" Le* variations accidentelles caractérisent les variations
(7o)

rra PRE SSION ATmOSPHÉRIQUE
dans i'état général de tr'atmosphère. Elles se nranifestent d'une façon renrarquable ciuancl <t Ie temps change >, quand la pluie succède à la sêcheresse, quand ia tempête arrive après le calme. L'écart total enire la plus haute et ia plus basse pression mesurées au nî,veau de la rzrer n'est d'ailleurs pas consir!érable, La plus haute pression connue a été de 8o7 millimètres à Yakoutsk, en Sibérie, en janvier 1893. La pius bassc a 4tê de 6z3 millimètres, eu sentre d'un cyclone .i l*adai-:,ascar, en r8gg. La différcrnce totale n'est donc que

r79 nrillimètres ou près de rB centi:.nètres. C'est dans l'rétendue de rB centimètres que se produisent toutes les fluctuations de ia pression atmosphérique. Ncus verl'ons, dans un chapitre spécial, qr.relle est I'utilité de ieur observation pour la prévision dil ternps, Les variations régalières, au contraire, ont une allure parfaitement définie et toujours identique: rnêrne pendant une période où l'état du temps ne varie pas, la hauteur du baromètre présente, au cours de chaqr"re journée, d.eux maxtma et dea.x minima, L'importance de ces variations, de ces << écarts D par rapport à la pression moyenne de la journée, varie suivant les stations. A Paris, elle est de
quelques dixièmes de millirnètre, tandis que dans les régions tropicales elle est assez grande pour être traduite très nette-

nrent par les enregistreurs ordinaires, Les maxima et les minima ont lieu sensiblernent aux rnêmes heures, quelle que soit la station. Le prernier rnarxjrnurn a iieu vers g heures du matin, le second vers rr heures du soir. Le premier minirnum se produit vers 3 heures du matin, le second vers 4 heures de l'après-midi. L'amplitude, à Paris, est à peine cl'un demi-millirnètre, alors qu'eile atteint r mm. 5 dans chaque sens pour ies stations
intertropicales.

un mystère. On a cherché â ia rapprocher cles phénornènes *e Ia tnarée qui soulève et abaisse aiternativement ies .cer.ux d,es océans; et on lui donne parfois le nom, bien rnal

Quelle est la cause de cette doubie oscillation ? C'est encore

(ytl

L'ÂTITTOSPHERE ctroisi, de marée barométttqae: rien n'est plus inexact, car la périodicité de la marée océanique, où prédomine I'attrac&on de la Lune, est de 24 h, go minutes, tandis que
deZa heures. Les travaux du savant italien Vercelli semblenf devoir éclaircir, peut-être, le mystère qui enveloPpece phénomène, dont aucune e<,plication satisfaisante n'est
donnée actuellement

la période de la fluctuation barométrique est exactement

LIGNES ISOtsARES

CARTES BAROMÉTRIQUES'

pressions des valeuts moyentzes: moyennes dJarzes des

êoCommepourlatempératureroncalculepourles

vingt-quatre observations horaires d'une journée, moyennes mensaelles des trente moyennes diurnes, moyennes afl'

nuelles des douze moyennes mensuelles' ce sont les moyenrres did'rnes qui ont, au point de vue de I'application à la prévision du temps, I'importance la plus - granda En effet, dans les offices météorologrques où sont centra-

par le télégraphe, et, aujourd'hui par la 1' S' F'' on peut, i.r, uo. carte, réunir par des lignes continues les différents points où la moyenne diurne a êtêla même' les Ces lignes sont les ttgnes isobares, ou, simplement,
{sobares I on les trace de 5 en 5 millimètres' on peut ainsi obtenir des cartes d'isobares ou cartes beromâtrlqnes pour des moyennes diurnes (fig' 33), pour
des moyennes mensuelles ou pour des moyennes annuelles. jour ces cartes, comme celle de la figure 33, publiées chaque

lisées toutes les observations

du jour précédenÇ transmises

par les offices météorologiques, sont la base de la prévision courbes iu temps. euand les isobares ont l'apparence de pression fermées concentriques, entourant une région où la est plus faible, on dit qu'il y a' en ce point, une dépressdon.

En comparant la position de cette dépression surlacarte jour d'un jour donné avec celle qutelle occupe sur la carte du
précéâenÇ onaunélément précieuxpour eo $rlivre la marche

lTzl

LA PRËSSTON ATIIIOSPHÉRTQUE
et pour en déduire des probabilités au sujet de sa position pour le lendemain. _ On remarquera, sur cette carte, de petites flèches inéga_ lement barbelées: elles indiquent, par reur orientation, la d,trectlon du vent à la station où elles aboutissent, et, par le nombre de leur's barbes, l'intensité de ce même vent. La

Fig. 33.

- Carte d'isobares (Europe

occidentale).

moins violents, selon I'importance de

raison en est que le vent et la variation de pression aont des phénomènes connexes I toute variation deJ$pression comporte un mouvement des masses g:leeuses vers le point où la pression est la plus faible. Les centres de dépressfoz sont donc des centres vers lesquels les masses d'air vont se précipiter en donnant naissance à des vents plus ou

la

dépressioir.

$sl

,i'.' ,f

ri:

F

continues, par des feuilles de zine, par e:iemple, totrs les points del'espcce où ra pres.sion atmo.sphériq,ru , ra même valeur: ces surfaces, qui seraient ondurées, accidentéei, cabossées, seraientles sur;faces fsobares, et leurs intersections avec le sol terrestre donneraient justement les ldgnes isoô ares que l'on trace sur les cartes baromékiques. si nous nous représentons res molécures gaze'ses comme des billes de bicycrettes pouvant rourer su, ceu surfaces, on voit qu'elles y roureront d'autant prus vite, c'est-è*dir,l qu'elle donneront naissance â un vent d'autantpl:.rs tislsn+, que la pente de ces surfaces sera plus grande. C'est la pente de ces surfaces qu,on a appelé le gradient barométriqae. Pour exprimer ce gradient en nonrbres qui soient faciles â retenir et ne contiennent pas trop de chiffres, on le traduit en faisanf le quotient de ra différence de pression barométriclue entre deux points, mesurée en millim-èhes rle rnercure, par la distance de ces <leux points ntesurëe en degré's terrestres d.e tatitud.e; on se rappeilera que ra vareur moyenne de Ia longueirr d'un degré de latitrrde, compté sur un méridien, est lrr km. r. Grâce à cette convention, la valeur du gradient est toujours cosnprise entre o et 5. Les forts gradients, 3 i 3r5 i 4 i 4,5, caractérisent les vents çioients et ies tempêtes. Les gradients faiblesn r rr5 z, corres; i pondent aux brises moyeflnes et aux vents faibles Remarquons

sphère, toutautour de ra l'erre, on réunisse par des surfaces

L'ATMOSPHERE LE GRADIËNT BAROMËTRIQUE. LE VEXIT ITORMAL. d d Imaginons que, dans i'épaisseur de l,atmo_

à ce propos

que,

par exenrple, pouvait apercevoir I'ensernble des surfaces isobares << matériaris6es >>, il ne pou*ait pas en disla terre de leurs manr,r,ars concentriques.
(74)

étaient matérialisées par des fetrilles de zinc, leur pente serait extrêmement faible en réalité. Ainsi, ra pente coirespondant au gradient r ne serait que de r/ro ooo, et celre du gradienr 5, qui caractérise un ouragan, ne serait eile-mêmequ;de rfzaoa. C'est dire que si un obsenateur, placé dans la Lune

si

ie.ç sur.flaces isobares

tinguer les déformations, et ou'elles lui paraitraient entourer

) ,..;.

.".,3,

LA PRESSION AÏMOSPHBRIQUE
il
D'après la définitlon du gradfezf que rious avons donnée,

résulte qu'à une valeur déterminée du gradient doit

cr:rrespondre un vent d'intensité bien définie. Si la vitesse du vent réeliement observé dans une station est bien celle que cr:rnporte Ia valeur du gra.dient, on dit

quelevent est normûl. Si le vent a une vitesse plus grande ou plus petite, on dit qu'il estanormal par excès oa anormal par défaut. Comme rêgle pratique, on peut considérer comme normal un vent dont l'intensité, e:rprimée à I'aide de l'échelle décimale (ou télégraphique) est le dor:,ble du

Fig, 31. - Irigares d'un mouyement cyclonique, nombrequi exprime le gradient. Les services météorologrques se transmettent les indications relatives à la vitesse du vent par les degrés d'une échelle décinrale qui va de o (calme) à 9 (tempête). C'estsurcettenotionduvent normal qu'est basée la remarquable et sûre méthode du météorologiste Gabriel Guilbert pour Ia prévision du temps, et dont nous résumerons les principes dans un chapitre ultérieur,

LES CENTR.ES CYCLONIQUES ET ANTICYCLONIQUES. o o Quand une basse pression barométrique s'étend sur une région de la surface terrestre, on dit que celle-ci est le siège d'une dépression. Et, comme les masses d'air tendent toujours à se précipiter sur les points où la pression est la plus faible, on comprend que toute dé-

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L'ATITIOSPHÈRE
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pression comporte ur appet de I'air des régions environnantes vef,s son centre. Les surfaces isobares, autour de ce cenke de dépression, auraient donc la forme d'entonnoirs emboîtés les uns dans les autres I et les molécules d'air, si nous les regardons comme des billes de bicyclette, suivront la pente de ces entonnoirs pour afler s'engouffrer vers leur centre commun. Mais le mouvement de rotation dont la Terre est animée modiûe leur mouvement: elles ne descendront pas en ligne droite; eiles décriront une sorte de spirale, tournant à gauche dans I'hérnisphère nord et à

Fig. 35.

- Figures d'un mottuement

antieyclonigae.

d.rotte dans I'hémisphère sud 1 elles engendrent ainsi ce que I'on appelle un mourrement cycloniqae (frg. 341. haute s pressdons barométriques, les surfaces isobares auront la forme d'une série d'abat-jour sur la face extérieure desquels les billes rouleront du centre vers I'extérieur, en décrivant, à cause de la rotation de la Terre, des spirales

Au contraire, si une région de la Terre est le siège

de

centrifuges tournant à droite dans I'hémisphère nord, à gauche dans I'hémisphère sttd. On dit alors que le centre de hautes pressions est un centre anticyelonique (fig. 3S).

LES VARTATIONS ANNUELI.ES DE
ATMOSPHÉRIqUE.

LA PRESSION p .d Si I'on construit les cartes baro(761

rgétrigues dqnnant les moyenrLes mensuel/es de la pression

LA PRESSTÔN ATIIÔSPHÉRIQTIË
pôur une région donnée, on constate des différences très nettes entre les cartes de deux mois consécutifs. Dans les régions intertropicales, la pression moyenne ne subit que de très faibles variations: elle suit à peu près les variations de la température, et ces dernières suivent le mouvement

apparent du Soleil quand il passe au nord ou au sud de l'Équateur. De sorte que la pression est la plus basse aux époques de maximum de température, et réciproquement.
D'une façon générale, dans les régions de la eone tempéréet

la pression, en été, est plus basse dans les continents et plus haute sur les océans. En hiver, c'est le contraire: la pression est plus haute sur les continents et plus faible sur les océans. Ainsi, en hiver, toute la région sibérienne est un centre de haute pression, un centre anticyclonique petma' nent, tandis que les pressions plus basses règnent sur le Pacifique. 11 en est de même des régions septentrionales de I'Amérique du Nord.

Ilen résulte que ces régions seront le centre de mouvements atmosphériques où les vents seront divergents à partir du centre des hautes pressions, tandis que les centres cyclo' niques qui règnent parallèlement sur les océans seront les centres des mouvements où les vents convergeront vers le minimum de pression.
LES DÉPRESSIONS ET LEURS DÉPLACEMENTS. A A Iæs dépressions, comme nous vonons de le vcir, caractérisent les tempêtes. A leur centre se manifeste un appel vertical de l'air, un < mouvelnent de convection r>, qui, par l'ascension des masses gazeuses qu'il provoque, entretient la dépression centrale et, par conséquent aussi, entretient

le rnouvement gyratoire en spirales des moiécules d'air qui se précipitent vers le centre de basses pressions.
Par le récolement et la discussion des observations trans'

mises par le télégraphe, il est toujours possible de placer une dépression sur la carte ; mais nousl sommes moins avancés

si nous voulons rechercher quelles sont les causes qui lui

ont donné

naissance.
(77')

'i
L1

fJh

r,

L'ATTI{ÔStrHERË S'il n'y av;rit qrie .,,.s raisons de ternpérature, les clépressions suivraient une loi de périodicité qu'il serait possible d'établir â I'aicle d'observations poursuivies pendant de
longues années. Mais il n'en est pas ainsi" Nous n,avons qrie des rnoyennes par trop variables, et les conséquences que I'on croirait pouvoir en déduire seraient par trop incertaines pour qu'il fût possible de baser sur elles des prévisioris pour l,avenir. Par exemple, nous savons que les grandes dépressions, celles qui produisent des tempêtes, ces dépressions dont le diamètre atteint souvent 3 ooCI ou 4 ooo kilomètres, sont rares au-dessous du 3oe degré de latitude ncrd. De même, les régions des grands lacs de I'Arnérique du Nord et les parages de Terre-ltleuve sernblent être, pour ces tempêtes, des régions d'élection. En Ëurope, ies dépressions sont pres_ que toujours comprises dans une bande allant du nord de l'Écosse à la Noivège et cians une autre bande, dirigée du sud-ouesi vers Ie nord-estr'qui traverse I'AngLeterre et le Danemark pour aboutir au nord de !a mer tsaltique. Enf,rn, sur !a mer &Iéditerranée, les tempêtes sont à peu près !ocaIisées dans une sorte de large couloir qui va du golfe de
Gênes

à la mer Noire en traversant l'Italie. T{ous savons, plus, que toutes ces dépressions marchent à peu près de l'ouest à l'est I que les quatre cinquièmes d'èntre elles sévissent entre ]es mois de novembre et de mar. Mais c'est â ces données très générales, qui, au fond, ne représentent que des moyenne.s, gue se bornent nos connaissances sur ia date, tra fréquence, I'itinéraire des dépressions. Or, rien n'est dangereux comme les < moyennes )). On peut calculer, par des statistiques, quelie est la taille, quelle est lacorpulencemoyenne de tous les citoyens français. Cepende

dant, si une maison de'conf ections, se basant sur ces moyennes, n'établissait qu'un t51pe unique de vêtements sur les mesures

correspondantes, tout le monde serait, certainement, très rnal habillé. Ainsi en est-il pour nos moyennes des dépressions. Sl un aviateur, paf, exemple, nous demaude quel

j our

du mois de septembre

soufflera un vent assez fort

(78)

"(

'5

'

LA PRESSION ÀTMOSPHTiRIQUE

pour s'opposer à toute sortie, ii est impossible à la lvldtéorologie, dans son état d'avancement actuel, de lui donner
une réponse satisfaisante. On n'est même pas complètement d'accord pour expliquer I'origine des tempêtes. Les uns en attribuent la naissance à l'échauffement local et e:ccessif d'un point donné de la surface terrestre: cet échauffement, en diminuant la densité de I'air, y crée un centre de basse pression, et, par conséquent, un mouvement cyclonique. C'est très bien pour les tempôtes des régions ou des saisons chaudes; c'est insuffisant pour expliquer les tempêtes, souvent si terribles, qui soufflent dans les saisons ou les régions froides. Les autres supposent que toute perturbation à la surface du sol a pour cause première un mouvernent tourbillonnant, un <r fernous >> existant dans I'atmosphère supérieure. Ce remous, transmis de proche en proche, arriverait jusqu'au sol où il provoquerait la tempête. Mais alors, cette masse d'air descendant ferait naître, au centre de la bourrasque, une plage de hautes pressions, alors que le baromètre s'y montre toujours h'ès bas. Et puis, quelle serait la cause de ces << tourbiilons supérieurs > ? $ans doute y a-t-il une part de vrai dans ces deux maniêres de voir. Ily a probablement, et une cause thermtgue, et une cêuse mécanigae, dontles effets concordants se superposent pour réaliser la naissance, I'entretien et le déplacement des dépressions. Nous en verrons un exemple en étrrdiant les cyclones des régions tropicales.

ffi

',r'-,]

i

LA

ëHAPITRE V CIRCULATIOT.T CÉWÉRALE DE L'ATMOSPMÈNN

La _chaleur solaire, origine de la circaûation. Les vents alizés. ff Zes contre-aLizés; les centres d'qcttcnt ll La circulation océaniqa,e. ll Zes courants marins : le Gulf-Stream. ll La circulation atrnosphérique sur la Terre enti<r.re, ll Zes < circuits>. ll Les bourrasques et les cyclones. ll les effets des cyclones.

LA CHALEUR SOLAIRE, ORTCIUE DE LA CIRCUI,^A.. IION. LES VENTS ALIZÉS. o o Si tous les poinb de la surface terrestre étaient à la même température, il n'y
aurait aucune raison pour que des différences de pression prissent naissance entre deux points situés à la même altitude, en particulier entre deux poinhr du sol, Il y aurait donc une atmosphère tranquille et sans nÊouvements, Mais l'inégale ternpérature des divers points du globe rend impossible cette immobilité des masses gÉpeuses. Non seulement les points du sol sont inégalement échauffés par les reyons duSoleil quilesfrappent sous rlçs inclinaisons variées, mais encore les trois quarts de la surface de la Terre sqnt occupés par des océans dont les eaua sont animées de courants, tantôt chauds, tantôt froids, qui doivent nécessaireme$t amener, par répercussion, des courants dans la masse d'air qui les surmonte. Ainsi, tout s'oppose à I'immobilité des masses gazeuses de I'abnosphère: le mouvement est donc leur état nécessaire et normal. Deux fois par €ul, sur tous les lieux du globe situés entre

les deux kopiques, les rayons du Soleil, tombant verticalement, apportent le maximurn de chaleur après avoir subi le minimum d'absorption. Les physiciens ont mesuré, par des expériences délicates,
(8o)

Cnnr-vor,ar'rr

pu PRrltcE DE MoNACo.

ffi
GoxnteutNT
I'etrrospnÈRB.

D'uN BALLoN soNDE A TRAppns.
PL, r2, t,-rc.c
8rt.

TolrpÊrn DU ro sErTEMBRE 1896 e Penrs:

La place

Sadnt-Sulpi,ce.

Le rnorrsn o'AsNrÈnrs ou 18 sErTEMBRE t8g7

:

,

La place des lêtes

iléoastée.

CIRCULATION DE L'ATMOSPHERI'
la quantité de chaleur envoyée par le Soleil: ils sont arrivés

à cette conclusion que la quantité de chaleur solaire tombant annuellement sur l'équateur serait suffisante pour y
D'autre part, les statistiques météorologiques nous affir-

vaporiser totalernent une couche d'eau épaisse de 4 mètres. mentque la moyenne de la pluie tombée annuellement sur l'Équateur y représenterait une couche d'eau de e mètres d'épaisseur. En supposant que toute cette eau soit vaporisée envoie encore un excédent de chaleur capable d'en
une

par le Soleil, on voit que celui-ci

vaporiser

quantité égala C'est cet exeê.d,ent de chalear
versé par le Soleil

sur I'Équateur terrestre qui est
I'origine, la cause
première de toute

la circulation atmosphérique. Sous son action

Fig. 36.

-

Les vents

alizés.

incessante, les couches basses de I'atmosphère équatoriale,

riches en vapeur d'eau qui absorbe admirablement

les

rayons calorifiques, vont s'échauffer et, par suite de la diminution de densité Qui en résulte, vont s'élever dans I'atmosphère. Il va donc y avoir un mouvement vertical des masses d'air de bas en haut, au-dessus de l'Équateur terrestre. Mais ce mouvetnent ascensionnel a, comme conséquence immédiate, une raréfaction de I'air, produite par le départ des masses d'air qui viennent de s'élevel, Il va donc y avoir une dépressrbn équatoriale qui appetle vers elle lesmasses d'air plus froid des régions tempérées et polaires. Ces masses

yont alors se précipiter vers l'Équateur pour y comblet la
(8r )

taruospnÈne

"ri'$.

T'

:

1'-' I' î"t.,

i
rt'

L'ATMOSPHERE
dépression. I1 devrait donc en résulter des vents du nord dans I'hémisphère nord, des vents du sud dans I'hémisphère sud de part et d'auke de la ligne équatoriale. Mais la rotation de la Terre dévie ces vents vers la droite de leur trajectoire dans I'hémisphère nord, vers la gauche dans I'hémisphère sud. De sorte que, au lieu des vents marqués en pointillé sur la figure 36, nous aurons les vents à trajectoires curvilignes, marqués par des flèches en traits continus et qui constituent des vents de nord-est au nord de l'équateur, des vents de sud-est au sud. Tout ceci, naturellernent, s'appliquant aux masses d'air situées au-dessus des océans, dont la surface, uniforme et homogène, se prête seule à l'établissement d'un régime régulier. La cause qui fait naître ces vents êtarfipermantenterils souffleront égalenrent d'une manière permanenfe. Ce sont les uezds alizës, les trade-winds des Anglais. C'est grâce à eux que les caravelles de ChristopheColomb ont été poussées en Amérique. Entre le régime des alieés nord et des alizés sud est r$re sane de calmes, conséquence du mouvement vertical de I'air à l'Équateur, et qui se déplace avec les saisons, en suivant le Soleil dans son mouvement apparent guand I'astre semble p€rsser d'un hémisphère à I'autre.

,i

Aujourd'hui, depuis les travaux de I'Améribain Maury,
la marche et les variations des alizés sont assee connues pour que l'Ifydroglaphtc Aflice de Washington puissepublier, à l'avance, mois par mois, des <t cartes des vents >> (pilot eharts)roù lerégime des vents est indiqué d'une façon méticuleuse dans chaque région de la surface océanique. Grâce à ces cartes, on peut tracer des a routes rnaritimes D, pour les navires à voiles, et ces routes, qui, sur la carte, semblent être des << chemins d'écoliers >, sont, en réalité, les plus courtes au point de vue du temps ernployé à les parcourir. Depuis I'année t857, où elles ont commencé à être suivies par les marins, on peut dire que les règles de Maury ont diminué de 5o p. roo la durée des grandes traversées à voiles,

et ont procuré au commerce mondial une économie
cinquante milliards de francs.
(82)

de

CIRCULATION DE, L'ATMOSPHERE
LES CONTRE-ALIZÉS. LES CENÎRES D'ACTION. d A Les masses d'air chaud de l'Équateur s'élèvent donc da-s I'atmosphère, en produisant, par leur départ, un appel d'air qui donne naissance aux vents alizés. Mais que deviennent ces rnasses d'air qui se sont ainsï élevées ? Où vont-elles ? Et par quel mécanisme peuvent-elles revenir à leur point de départ ? On peut, aujourd'hui, répondre à ces questions. lransportées dans les couches supérieures de I'atmosphère,
oes masses d'air

s'y

:{

refroidissent et commencent â tomb er lente-

Pôl

e.

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1

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mentsurlaTerre,

{

en se

dirigeant vers les pôles où le départ des molécules gazeuses,

appelé es vers tÉqua teur, a causé une raré-

faction, une

dé-

pression. Détournées de leur route

par I'influence

de
,',.1

Fig. 37, Les vents cortlre-alizës, terrestrg elles sont déviées vers Ia droite de leur chemin dans I'hémisphère nord, vers la gauche dans I'hémisphère sud: ce sont les contrealisës (fig. SZ) ouvents de retourl qui soufflentdans les couches élevées en cheminant en sens contraire des vents alizés de la surface des mers. Leur existence et leur direction sont rendues visibles par le mouvement des cirrus, les légers nuages, les plus élevés de I'ahnosphère, et par le transport des cendres volcaniques lancées par les volcans tropicaux et qui sont e:nportées vers le nord-est, er<actement en sens inverse des alizés qui soufflent au pied du volcen. Ces contre-alizés s'abaissent de plus en plus yers te sol (8s)

la rotation

L'ATMOSPHÈRE
à mesure qu'ils se rapprochent des pôles ; et leur déviation, causée par la rotation de la lerre, augmentant à mesure, gFe leur hajet s'allonge, c'est à l'état de vents d'ouest qu'ils rencontreront le sol dans les régions polaires. Ils ajoutent donc leur vitesse acquise à celle de la rota-

tion terrestre, créant ainsi une/orce centrifagetendant à les
écerter de I'arce autour duquel la Terre tourne sur elle-même. De là une raréfaction de I'air autour des pôles, une c dépres-

h-ig.

iù. - fsobares

annuelles.

sion

r>

d'origine mécanique, etors que te dépression qui règne

tout autour de l'Équateur était d'origine thermique.
Ainsi, nous devons avoir un minimum de pression autour des pôles, un autre minimum à l'Équateur: il faut donc,
nécessairement qu'il y ait un maximum entre les deux. Le calcul, aussi bien que I'observation, nous montre que ces maxima << intercalaires r> sont situés d'une façon stable au-dessus des cinq océans, nord et sud, par 3oo de latihrde. On les voit d'une manière très nette sur la carte des isobares annuelles (fiS. g8). Ces cinq centres de hautes pressions représentcnt donc cinq cnffcyelones dont les vents divergenb se raccordent
(E+)

.i .$

1

CIRCULATION DE L'ATJVIOSPHERE
tangentiellement avec les vents arizés au nord et au sud de l'Équateur, ainsi qu'avec les contre -arizés de retour dans les régions polaires (fiS. Sg et 4o). c'est I'ensemble de tous ces vents qui constitue cette cfrcalation générale del'atmosphère, ce magnifique <système des vents océaniques D, assez bien connu au3ourd'hùi pour qu'on ait pu en dresser des cartes conrme celles que nous reproduisons ici et qui sont pour les marins un instrument

Fig. 39.

-

Vents océaniqaes (januier).

I'Hindoustan et la côte de Guinée en Afrique, ou comme I'Australie en janvier et février qui sont les mois chauds de I'hémisphère austral. Alors les alizés sont déviés de leur direction normale au voisinage de ces côtes brûlantes et se mettent à souffler vers la terre en devenant des rnoussons. La mousson de I'océan Indien change de sens deux fois par

fondamentat de la navigation, surtout de la navigation è voiles. Le régime régulier des alizés ne sere houblé que par Ie voisinage immédiat des terres très chaudes, comme

ffi, à l'époque

des équinoxes de printemps et d'automne.

tE

LA

GUiIF-STREAM.

CTRCULATTO$Î OCÉANIQUE. LES COURANTS. d d Aucun phénomène de la nafure
(8É!

1

L'ÀTI|[OSPHERE n'est autonome et indépendantl a tout dépend de tout n. Quand je soulève un presse-papier sur rnon bureau, je change du même coup I'accélération de Ia pesanteur à Honolulu. Je la change, il est vrai, d'une quantité qui, par sa petitesse, échappera toujours, sans doutg â nos
mesuresr mais qui existe très certainemenf comme conséquence des lois fondamentales de la mécanique. Iæ régfune des vents ali:zés soufflant régulièrement doi.

Fig. {0.

-

Carte des vents océaniques

en

juillet,

donc avoir une répercussion sur les eaux de I'océan. Ni I'air, ni l'eau, en effet, ne sont des c fluides parfaits >, et les molécules d'air en mouvernenÇ par le frottemez! qu'elles erercent sur les molécules superficielles des eaux de lê mer, finissent par les entrainer dans le sens même de leur déplacement, Les molécules liquides, ainsi sollicitées par les deux systèmes d'alizés, vont donc prendre, un mouvernent résultant: elles vont donc se déplacer le long de l'Équateur et cheminer de I'est vers I'ouest de la côte d'Afrique à la côte d'Amérique. C'est ce que l'on appelle le courant équatorial de I'Atlantique. Il en existe un, pour la même r.aison, dans l'océan Pacifique (fig. 4r).
(86)

r;r

lit. '::Il

Suivons rencontrer, à I'ouest du Brésil, le cap Saint-Roch, qui va briser ses eaux et les diviser en deux branches: I'une va descendre vers le sud, Ie long de la côte brésilienne ; I'autre s'en ira vers le nord en léchant les Guyanes. f:f Une partie des eaux de cette dernière passe en dehors des Antilles, remonte le long de la côte est des ÉtatsUnis, et, subissant toujours la déviation que tout co rps

CIRCULATION DE L'ATMOSPHERE le courant équatorial de I'Atlantique: il va

Fig.

4t.

Courants rnarins,

en mouvement éprouv.e du fait de la rotation terestre, kaverse I'Atlantique en écharpe, du sud-ouest au nordest que. Iâ, ses eau:< sont prises dans une sorte de << souricière r> ; elles tournent dans le golfe dont elles lèchent les côtes brûlantes, toujours poussées par I'affi'r.rx des eaux qui a^rrivent

Quant à I'autre partie, elle pénètre dans le golfe du Mexi-

derrière elles. Elles n'ont, pour s'échapper, que l'étroit canal entre la Floride et Cuba, par où elles sortent sous forme d'un courant rapide, dont la vitesse est Ce 4 milles prison, elles rejoignent
marlns à 4 ruilies et demi ii i'hetrre. IJne fois sc,rties de ler.lr la branche du courant qui était (8r)

L'ATMOSPHERË
le Gafl-stream ou << courant du golfe Véhicule d'eaux tièdes, le Gutf-stream en debite 33 milIions de-mètres cubes à la seconde. c'est e ooo fois ù agtit du Mississipi. La quantité de chaleur que transportent ses eaux est formidable: elle s'exprime, en grandes calories, par le nombre: 35 Soo ooo ooo ooo ooo ooo.
>>.

restée en dehors des Antilles. c'est leur réuniorr qui constitue

comme <r contrepoids >, ce courant chaud a des courants froids de retour qui ramènent vers l'Équateur les eaux qui en sont parties pour aller attiédir les régions polaires. Le plus important d'entre euxest lecoarantdu [-sbrador, qui descend de la baie de Baffin, refroidit de ses eaux glacCes les côtes est de I'Amérique du Nord et disparaît en * plongeant D sous le Gulf-stream pour reparaître à la surface d_e I'Atlantique, près de la côte occidentare de fAfrique. un second courant froid descend également le long des côtes

tent au-dessus de son cours des masses énormes de vapeurs d'eau, qui, en se condensant dans les régions froides qui avoisinent lerre-Neuve, T font naitre ces brumes si dangereuses pour la navigation, Ce qui se produit dans I'Atlantique nord se reproduit dans I'Atlantique sud; seulement, comme nous sommes
dans I'hémisphère austral, le cycle des eaux tourne en sens inverse.

orientales du Groenland. Inutile de dire que les eaux tièdes du Gulf-stream ernporr

Le Pacifique nord est parcouru par un grand courant chaud, Ie lKuro-Sfuo, analogue au Gulf-Stream. Le Pacifique sud et I'océan Indien présentent également des systèmes de courants chauds et froids tournant < à gauche n. Enfin, dans les mers australes, dans cet océan Antarctique qui entoure Ia lerre de sa ceinture liquide au sud des trois continents, se trouve un vaste courant froid, circulant de I'ouest à I'est et entretenu par les contre-alizés qui, arrivés jusqu'à la surface terrestre, y soufflent à l'état de vents d'ouest. La carte de la figure 4.r montre l'allure générale
tlëË

e6tirait* iitArirts,

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L-Nn rnoMeE TERRESTRE.

iinuprrow on SerunalrMA r9r4.

L'É.RuprroN oB SexuRa_JrNrA

EN

En pleitr,e éruftion.

CIRCULATION DE L'ATMOSPHERE [^e cIRcuLATroN ATMospnÉzuqur suR tA TERRE pUUÈnB. LES <r CIRCUITS >. .a.a Nous venons de faire au moins en appare pour eqposer une digression - de la circulation océanique: nous allons I'allure générale

'

voir que cette digression était nécessaire pour nous permettre de comprendre la circulation atmosphérique générale sur le globe terrestre considêré dans son ensemble. Si lton regarde avec attention la carte des courants marins

Fig.

42.

-

Circulation générale de l'Atmosphère,

4r, on voit que leurs cinq circuits tournent justementïautour[des cinq centres de haate pressionque nous avons signalés sur la carte dela figure 38 qui représente la
de la figure

distribution des isobares annuelles.

d'air qui sont, forcément, chaudes aussi. Il y aura donc au-dessus du Gulf-Stream marin un véritable Guff-Stream
aérien.Mais ce dernier n'est pas, comme son frère liquide, arrêté par les rivages des continents qui lui barrent la route:
franchissant I'obstacle,
dessus des terres,

Les courants chauds emmènent au-dessus d'eux des masses

il

passe par-dessus et continue, au-

le trajet qu'il avait commencé au-deszus du courant marinr_Il apporte ainsi aux terres de l'ErÏfope
(8E)

L'ATTTOSPHERE

la chaleur et I'humidité que transportent les d'air chaud dont il est forrné: la ehalear, qui donne aux côtes ouest de I'Europe leur climat si tempéré ; l'humidité qui est la cause du régime des pluies abondantes qui
occidentale
masses

l'Équateur où il retrouve I'origine de son circuit. Mais, en passant sur le Nord de l'Europe, ce courant
aérien s'y est dépouillé de toute son humidité qu'il a condensée ! c'est donc à l'êtat de vent sec qu'il effectue son trajet de retour à l'Équateur.De là cette guirla.nde dedéserts qui marquent, comme des jalons, son itinéraire de retour: déserts du Turkestan, de l'Arabie et du Sahara, dont l'origine s'e4plique ainsi très facilement Nous venons de voir ce qui se passe au-dessus du GulL Stream dans I'Atlarrtique nord: tout se passe de la même façon

les caractérise, en particulier sur les lles Britanniques, Bretagne, la Norvège. Subissant toujours I'action déviante de Ia rotation terrestre, il se dépouille de sa vapeur d'eau sur la Norvège, la Suède, la Finlande ; il lranchit la chaîne des monts Oural, €t, redescendant à travers les steppes et les déserts de l'Asie, il retourne à

Ia

en route

au-dessus des circuits océaniques des cinq grands océans. Nous

aurons donc cinq grands circuits atmosphériques dont la fi,gure 4? montre la disposition générale à la surface de la Terre. Cette conception des circuits afunosphériques amorcée par les courants marins est due à un professeur du lycée de lours, Maurice de Tastes, qui en a fait cette menreilleuse << image n de la circulation générale de I'atmosphèra Jamais le savant physicien n'a prétendu en faire une < théo-

rie n complète: il s'est contenté d'en donner cette remarquable représentation. On a affecté pendant longtemps de la traiter avec un certain dédain: aujourd'hui, pourtant, sans toutefois en convenir toujours, on y revient forcément, dès qu'on a à considérer au point de vue général les mouve-

ments de I'atmosphère.
LES BOURRASQUES ET LES CYCLONES. (eo)

eo

dons un peu, maintenant, ce {lui.va se p€uis€r dans le

h.tsarGalf-

CIRCULATION DE L'ATIIIOSPIIERE
Slream aérien qui amorce son circuit au-dessus de I'Atlantique nord. Comme tous les courants qui caractérisent des fluides en mouvement, il y aura toujours, en son milieu, sur I'arce

de

la route qu'il

parcourt, une diminution de pression,

d'autant plus importante que le couiant sera lui-même plus rapide da^ns I'a:re d'une cheminée qui s tire >>, n'y a-t-il pas toujours une pression plus faible ? Donc, tout le long du circuit aérien noid-atlantique, nous devrons observer, dans le lit du fleuve aérien, ces dépressions qui occasionnent des mouvements cycloniques, des bourrasques, c'est-à-dire toutes les tempêtes que nous subissons dans I'Europe occidentale et qui nous viennent presque toujours de I'ouest: c'est ce que I'observation confirme d'une rnanière vraiment frappante. Mais iI est une autre conséquence remarquable que I'on peut tirer de la théorie de Maurice de Tastes: c'est l'énoncé des lois de ces cyclones des régions tropicales dont I'e:çlication était derneurée si longtemps obscure. Regardons de nouveau ia carte de la figure 42. Considérons les deux circuits atmosphériques qui circulenÇ i'rur au-dessus de I'Atlantique nord, l'autre au-dessus du pacifique nord. Ces deux circuits sont séparés l'un de I'auhe, au vorsinage de leurs somrnets les plus rapprochés, par le Texas et les < terres chaudes > du golfe du Mexique. Aru< environs du solstice d'été, ces terres s'échauffent plus vite que I'eau des mers qui les avoisinent: elles donneront donc naissance à un courant d'air chaud ascendant d'où résultera une dépression, génératrice elle-même d'un centre cyclonique important. Mais, sous l'influence de cette dépression, les masses d'air voisines vont se précipiter vers le centre chaud. Les deux circuits, atlantique et pacifique, vont se déformer, s'eilonger: leurs deux sommets voisins vont venir presque ên contact ltun avec i'autre. Alors les masses d'air, pri:es srtre ces cleux inouvements dont l'un monte dans L'Atlantique pendant que I'autre

(sr)

L'ATTvTOSP}IERË
deecend dans le Pacifiqueg vont être soumises à cctte action que I'on étudie en mécanique sous le nom de < couple de rotation >. Ce couple ajoute son effet à celui du centre cyclo-

c'est-à-dire en juillet et août dans I'hémisphère nord, en janvier et février dans I'hémisphère sud. Et les régions où voisinent les points e:rtrêmes des circuits sont: les Antilles et le golfe du Mexique d'une part, la mer de Chine d'autre part dans I'hémisphère nord ; e! dans l'hémisphère sud, la région de Madagascar et des Mascareignes, et, dans le Pacifique sud, la région de la Nouvelle-Calédonie et des îles de I'ouest de la Polynésie (fig. 4S). Mais, dira le lecteur, il y a une troisième région de l'hémisphère sud où deux circuits sont en présence: c'est la région du Rio de la Plata, où, cependant, I'on n'observe pas de cyciones. Pourquoi cette exception ? et la théorie de Maurice de Tastes va-t-elle donc, ici, se kouver en défaut? C'est précisément cette absence de cyclones le long des
côtes de I'Amérique du Sud qui est la plus belle confirmation

nique créé par l'échauffement. Dans ces conditions, une tempête terrible, un cyclotte au sens le plus grave du mot, a pris naissance. Et ce redoutable phénomène se reproduira toutes les fois que seront réalisées les conditions de sa formation, qui sont un grand échauffement local dans une région comprise entre le voisinage des points extrêmes de deux circuits atmosphériques voisins. Ce sera donc dans la saison chaude qu'ils se formeront,

de la théorie,

Les deux circuits, sud-pacifique et sud-atlantique, sont, en efiet, voisins à se toucher au sud de l'Argentine. Mais entre eux deux se dresse une muraille gigantesque: la Cordillère des Andes, dont les grands sommets atteignent 6 ooo et 7 ooo mètres, et dont la hauteur moyenne dépasse 4 ooo mètres, Or. les cyclones sont des météores essentiel-

lement localisés dans les couches basses de I'atmosphère:

ils ne peuvent donc pas se produire sous l'action
deu:c

des

circuitsl séparés par une cloison infranahiareble pour
(Èbt

6u*.

't

CMCULATION DE L'ATfrTOSPHËRË LES EFFETS DES CYCLONES. a O Les cyclones des
régions tropicales peuvent compter parm- ies phénomènes I es plus redoutables de la nature.

Formés d'un mouvement tournant des masses d'air,
convergeant violemment vers le centre de basses pressions en tournarrt en spirale, à gauche dans I'hémisphère nord, à droite dans l'hémisphère sud, ils se déplacent en même

temps en suivant, à travers I'Océan, une trajectoire cur-

Fig. *3.

-

Régiorts à cyclones et lenrs trajectoires.

viligne, de forme vaguenrent parabolique, dont la concavité est tournée vers I'est. La vitesse de ce déplacement est en moyenne, de 4o à 5o kilomètres à I'heure (fig. 44). Mais la vitesse du vent qui tourne autour du centre est autrement terrible: elle atteint et dépasse parfois go mètres par seconde, soit 180 kilomèfres à l'heurel Danscesconditions, quand les deux vitesses s'ajoutent, on a un déplacement d'air absolument dévastateur: aussi les dégâts causés par les cyclones sont-ils parfois de véritables désastres. Le fait qutil y a, dans un cyclone, à considérer la uffesse d.e rotation et La vitesse de déplacementrapour conséquence une particularité de ces dangereux méûéores: c'est que les
(ss)

L'ATtr{OSPHERË
deux moitiés <tes tourbillons abnosphériques ne sont pâs identiques au point de vue de la vitesse du vent, c'est-à-dire, en sommq des dangers qu'un navire peut y courir. Considérons, en efre! un cyclone de I'hémisphère nord, tournant à gaache (fig. ++). Figurons son itinéraire par une flèche centrale et les mouvements du vent par des flèches courbes. Prenons deux points A et B de part et d'autre de

a route suivie par le centre. En A, une particule d'air est sollicitée par- deua vitesses : celle de rotation du vent V' qui estderSokilomètres
Trajectoire du
cyclone.

à I'heure, etcelledudéplacement, u, qui n'est
que de 40 kilomètres à I'heure. Mais celle-ci agit
ensens contraire
de lapremière.I-a

â

Serrs de la

î1

t:':f

cte

tournant à gauche. marcher qutà la thémisphèrenord,

Fig. {4.

Schéma

d'an

cyclone

particule d'air n'aura donc à

vitesse de r8o 4o kilomètres à I'heure, c'est-à-dire de r4o kilomètres: Au contraire, au point opposê B, ia figure montre que les deruc vitesses V et u, de rotationetdedéplacement s'aioatent I'une à I'autre: la particule d'air située en B devra donc

marclrer â leur vitebse qui sera la sommeV et u, c'est-à-dire r8o -p 4o, soit 220 kilomètres à l'henrel Voilà donc deux régions, symétriquement placées par rapport au centre, et très différentes au point de vue de la violence de la tempête: la région à gaache de la traiec/ofre où le vent souffle à la vitesse de r4o kilomètres, et la région à droite, où cette vitesse atteint 22o kilomètres à
I'heure.
Les marins ont donné à la première lenom dedemi-cercle à la seconde celui de demi'cercle dangereux on comprend pourquoi. Les livres de navigation donnent des

maniable, et

(sq )

règles pour éviter le demi-cercte dangereux. Au centre du cyclone, où se produit un mouvement ascensionnel des masses d'air, le vent est faible I en revanche, Ia mer y est démontëe, car tous les systèmes de va€ues, en nombre infini, causés par les vents qui ont toutes les directions en tournant autour du centre, viennent é'y rencontrer et s'y heurter, donnarrt naissance à des vagues courtes et dont la hauteur peut atteindre des dimensions formidables. Les capitaines doivent toujours éviter le centre du cyclone, dont la position est facile à connaître, d'ailleurs, puisque, dans I'hémisphère nord, en faisant face au vent on a forcément le centre à sa droite. C'est le contraire dans I'hémisphère sud. Il y a un double intérêt pour un navire à éviter le centre

CIRCULATION DE L'ATMOSPHERE de manæuyre que doivent suivre les capitains

d'un cyclone. D'abord, on est certain d'y trouver la mer
démontée, ce qui est un gros c péril de mer D. Mais ensuite et c'est encore plus grave- onytrouveunescule devent brusque. 11 suffit, en effet, de regarder ia figure 44: on voit qu'en avanl du centre soufflent des ventsdasud, tandis qu'en arrière soufflent des vents da nordrc'est-à-dire de sensabso-

lument contraire: c'est donc une saute de vent. Or, une
saute de vent est déjà un incident critique par vent moyen: par vent de tempêtg et surtout par mer démontée, il peut devenir grave au point d'amener la perte du bâtiment. Disons qu'aujourd'hui les lois des cyclones sont parfaitement connues; il n'y a, pour ainsi dire, plus de navires perdus au large du fait de ces tempêtes: le véritable danger pour le navigateur, c'est la côte ou la brume, avec les risques de collisions qu'elle comporte malheureusement toujours.

CHAPITRE VI L'EÀU DANS L'ATMOSPHÈRE
LA VAPEUR D'EAU ET LES NUAGES La vapeur d'eaa et sa condensation. ll I*s brouillards et Teur structure. ll La.forme des nuqÉes. ll l-eur classification et leur hauteur. ff ,4spècfs des nuapes-de di.ffërentes clàsses. ll Utilitë d,e I'obser:vattàn des nuageî. ll La ilasse d'eau conteiue dons un nuage ou dq,ns un brouillard, ll La brtrme, la nébulosité.

la table d'une salle à manger chaude, on voit un

LA VAPEUR D'EAU ET SA CONDENSATION. d ô L'atmosphère contient toujours de lavapeur d'eau, mélangée en proportion plus ou moins grande à ses gaz constihrtifs. L'expérience journalière nous le prouve:, quand on monte de la cave une bouteille bien fraîche et qu'on la pose sur
dépôt

de rosée se fofiner aussitôt sur les parois froides de la bouteille, donnant ainsi la preuve matérielle de la présence de la vapeur d'eau qui se condense en fines gouttelettes sur la surface froide du récipient La partie de la Météorologie qui étudie la vapeur d'eau atmosphérique s'app elle l' hyg rométrie. A chaque température, I'air a une capacité définie par e vapeur d'eau, Cette capacité est d'autant plus gra"nde quel la tempérahrre est plus élevée. A une températtrre donnég la quantitÉ de vapeur d'eau que peut contenir I'air est donc limitée. Elle peut partir de zêro, avoir une tension de plus en plus grandg loaten demearantàl'état gazearcrjusqu'à ce que cette tension atteigne la valeur marimum, déterminée pour chaque température et au delà de laquelle la vapeur

sereit forcée de se condenser. On dit alors qu'elle est satll,rante; et le degré d'humidité, oa état hygrométriqae, est le rapport qui existe entre la tension réelle de la yapeur
(s6)

Le vorr-rsn

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DANS LE PoRT DU H,q,vne.

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L'EAU DANS L'ATMOSPHERE
d'eau dans I'air, à une température donnée, et ia tension maximam qu'elle peut avoir à la cnêrne ternpérahrre. cette tension maximum correspond à un p.oids déterminé de vapeur par mètre cube d'air. Ce poids est de gr. g 4 ào"; de 6gr. 8à + 5o ; de5 gr. g6à f roo ; de tz gt. T à $ r5o; de r/ gr. 15 à f zqo 1 d,e zz gr. g à 1- z5o; dè 3ogr.o8à * 3oo; de 39 gr. zg à + 35o; de 5o gr. 7 à

+

400.

L'importance de ia vapeur d'eau dans I'air est considé_ rable : absorbant la chaleur solairg elle est r'érément le plus important de l'échauffement des couches'basses de I'atmosphère. Elie forme un manteau protecteur qui préserve la Terre d'un refroidissement trop rapide par rêfonnement; par sa condensation, elle fournit I'eau de nos fleuves et de nos rivières ; elle donne naissance aux nuages, et les fines gouttelettes en lesquelles elle se condense diffusent la lumière du soleil et donnent la ruminosité générale du ciel. 'Quel est le mécanisme de la condensation de ra vapeur d'eau ? Il n'y a pas très longtemps qu'on le sait. Des e:rpériences de physique d'une merveilleusc délicatesse ont montré que la condensation de la vapeur erigeait Ia présence d'un noyca. Les poussières de toutes nattrres, minérales ou orgauiques, qui flottent dans I'air, eil constituent d'excellents, et c'est autour d'eltes que se d,épose i'eau qui forme la gouttelette. A défaut de ces noyau:r matériels, I'air reste sursataré: la condensation ne se produit qu'à une température beaucoup plus basse. Mais alors interviennent les ions, ces petitesmasses d'électricité qui, d'après les vues de la sciencemoderne, sontun élément constitutif des atomes de tous les corps, y compris les gaz. La condensation de la vapeur se fait surtout autour des ions négatifs. si I'on augmente le nombre des ions, par exemple en introduisant dans le volume d'air considéré un fragment de sel de radium, ou en r'éclairant par de la lumière ultra-violette. ia conc.ensation s'accroît et ie brouillard gui en résulte devien pir _.dense.

r.'at*osp*ÉR'.

$l)

L'ÀTÛIOSPITËRÉ
On voit clonc, par ce phénomène, en âpparencesi simplet de la condensation de la vapeur d'eau, conabien sont étroits les liens qui réunissent les divers éléments de la matière: ions, électrons, poussières microscopiques, et d'autre part les radiations si nombreuses qui sillonnent I'espace: rayonsx, rayons cathodiques, ondes électriques, sans parler de celles,

nombreuses peut-ôtrc,

que nous ignorons, au point ni la manière d'être, ni soupçonner pouvoir n'en de rnême X'existence. Une fois de plus, nous le répétons, dans la Nature, rien n'est in'dépendant, et << tout dépend de
r>.

tout

LES BROUILLARDS ET LËUR STRIJCTURE' d a Dès qr.le la vapeur d'eau se condense dans I'atmosphère, la première manifestation de sa condensation est l'appari-

tion d'un broaiîlard. ou d'un nuage. D'ailleurs, brouillards et nuages ne sont pas différents l'un de I'autre: un brouiilard est un nuage qui arrive en contact avec le sol ; un nuage est un brouillard élevé dans I'atmosphère'

La struchrre des nuages a êtê, pendant longtemps, une, question assez mystérieuse. Le fait qu'ils paraissent flotter àans I'air, cornme des aérostats, avait faussé les raisonnenrents des physiciens qui, jusqu'en r88o, enseignaient que les brouillards étaient formés de gouttelettes à i'état < vésiculaire r>, c,est-à-d.re semblables à de petites bulles de savon. celies-ci, remplis de vapeur d'eau dont la densité n'est que les 5/8 de celle de I'air, auraient ainsi pu rester suspendues en tr'air à la façon des ballons' I\,Iais tr,examen des goutte'lettes tl'eau des brouillards, fait au microscotrle, montra qu'elles êtaient pleines, et non pas creuses. I1 fallut donc chercher une autre orplication âu flottement apparcnt des nuages dans I'air. Cette explication, c'est tra mécanique des fluides qui l'a fournie' Dans la réalité des choses, voici ce qui se passe: Les nuages ne flottent pas dans I'air: ils tomôenf, mais ils tombent très lentement, à cause de la petitesse extrême des gouttelettes d'eau dont ils sont formés. (ss)

,.4

L'EAU DANS L'ATIVI,OSPHÈRE La résistance de l'air s'exerce, en ef{et, proportionnellement à la superf,icte des corps qui tornbent. Eh bien ! prenons un centimètre cube d'eau: sa masse est un gramme, sa surface est de slr centimètres carrés. Divisons ce centimètre cube en millimètres cubes: il en

mille dont chacun pèsera un milligramme. Leur poids total sera, cofiune dans le cas précédent. un
contiendra
gramme ; mais leur surface totale sera mille fois la surface de chacun d'eux, qui est de 6 millimètres carrés: elle sera donc de 6ooo millimètr.:s carrés, soit6o centimètres carrés, au lieu de 6 qui constituaient la superficie du centimètre cube primitif. Ainsi la division de la matière, sans changer sa masse totale, a multiplié par dix lasurface sur laquelle agit la résistance de I'air. En poussant la division plus loin, en partageant chaque côté du millimètre cube en dixièmes de millimètre, on mul-

tipliera encore la surface par ro. Plus la division se fait

en parcelles petites, plus ia surface augmente.

Il arrive

donc

un état de division de la matière où la résistance de l'air prend une valeur assez importante par rapport au poids
pour ralentir énormément la chute de celui-ci. Les gouttes de brouillard ont environ un cinquantième de millimètre de diamètre, et leur vitesse de chute n'est que d'un centimètre et demi par secondel On comprend donc parfai-

tement qu'elles paraissenf flotter dans l'air, ainsi le nuage qui forrne leur ensemble.

que

Toutefois, si lentement qu'elles tombent, les gouttelettes tombent tout de même. Elles finissent par arriver en bas du nuage. Mais alors eiles se trouvent dans de I'air plus chaud qui les vaporise à nouveau: la vapeur ainsi formée va donc s'élever de nouveau pour se recondenser ensuite. ' Ainsi, perpéhrellement, le nuage se détruit par ie bas et se reconstruit par le haut.

LA FORI\IE DES NUAGES. LEUR CLASSIFICATION. LEUR HAUTEUR. a o Quand on rggarde les nuages si nombreux et si variés qui se déplacent dans ie ciel sous
(sg)

{:'i

L'ATIWOSPHERË
I'action des vents, quand on voit la diversité prèsque sefls
imttes de leursformes,onest tenté de croire qu'ils échappent à toute tentative de classifi cation. Cependant, un e:ramen plus attentif ne tarde pas à montrer que ces apparences si nombrzuses présentent entre elles des ressemblances" Et, dès le commencefilent du xrxs siècle, le physicien anglais Howard put tres classer en quatreclasses générales, fonnant ainsi une classification tellernent rationnelle et tellement simple qu'elle s'est consefvée. On s'est borné à ia compléter on - dire: devrait presque

par l'adjonction -de
catégories, de < sousclasses r> interca-

à la compliquer

'---.)---*"-

iaires.

Les quatre

t1ryes

de Ia classificationde
Fig. 45.
cte lo hauteur - Déterminqtion d'un nuage.

Howard sont: Les eirra$ nuages

à

iégers, pâles, souvent peine visibles, en

forme de filaments très finsr gue les marins appellent .. queues de chat >r. Ils sont formés d'aiguilles de glace et sont les n,,ages les plus élevés de I'atmosphère, car leur altitude varie *ttu 9 ooo et rz ooo mêkes.
Puis viennent les cumulds. ce sont ces beaux et massifs nuages blancs, aux formes majestueuses, accurïlulés à I'hori-

Ils rappellent aussi les volutes de vapeurs condensées qui s'échappent de la cheminée des locomotives- ce sont, par e*cellence, des nuages de beau temps, Ensuite, nous avons lessrrarnsrces longs nuages que fon aperçoit à I'horizon sous formes de bandes paraltèles sfuatifiées, d'où vient leur nom.
couvertes de neige. (roo)

zon, où ils donnent, de loin, I'impression de montagnes

L'ATMoSPHÈRE.

Ulln < MER DE NUAGES D pgorocRApnrÉn p'uN Àvlou EN MARCHE.

UtT Aurnn ASpEcT DE LA

((

llrilt DE

NUAGES

)).

PL. r9, PAGE IOr.

L'EAU DANS L'ATMOSPHERÊ
Enfin, ce sont les ntmbus, ces nuages épais, sombres, allant du gris au noir, et qui sont, non pas les < annonciateurs >r, mais bien les << accompagnateurs n de la ptuie, et, en général, du mauvais temps. Tels sont les quatre types fondamentau:c de la classification de Howard. Les météorologistes modernes ont intercalé, comme nous le disions plus haut, six types intermédiaires de nuages entre ces quatres < protot5rpes n. Nous donnons dans le tableau suivant leurs nomq leurs aspects, ainsi que les altitudes moyennes auxquelles on les
des orages

rencontre. Disons en passant qu'on détermine cette altitudeparuneopération de topographte: Deux observateurs A et B, séparés par une distance connue, visent, au même moment, le même point d'un même nuage, N, et notent les angles des directions de leurs visées avec la base et avec

HAUÎEUR MOYENNE DES NUAGES DANS DIVERSES
RÉGIONS (en kilomètres).

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L'ATMOSPHERE
I'horizon: le restc est une opération de géométrie qrri fait connaître la hauteur inconnue NP ou ft (fig. 45). La classification moderne des dix types de nuages a été consacrée par divers congrès météorologiques internatio' naux. Cette classification est générale: il n'y a pas de types nuageux spéciaux à des pays déterminés, et les madns autant que les voyageurs sont unanimes à déclarer qu'on rencontre les mêmes apparences dc nuage: partout, à la surface de la Terre.
ASPECTS DES NUAGES DE DIFFÉRENTES CLASSES. aspects caractéristiques de ces différentes catégories dc nuages. ro Les cirras sont les nuages légers, d'apect effiloché, d'un beau blanc, sauf à l'aurore et au crépuscule, où ils sont roses. Ils sont souvent enchevêtrés. Formés de fines aiguilles,de glace, ils sont les plus élevés de I'atrnosphère.

a / Voici les

zo Les cito-strafus sont des cirrus enchevêtrés, étendus sur une vaste portion du ciel et formant un voile blanc qui donne au ciel un aspect << laiteux >. Ils sont, en généralt annonciateurs de tempêtes ou, tout au moins, de mauvais temps. Ils donnent lier.l au .phénomène optique du halo. 30 Les cirro-cumulus, d'une aPparence de flocons de laine, se montrent souvent sous la forme de bandes paral' lèles, analogues aux vagues de houle qui parcourent la surface libre des océans: ils seraient ainsi la manifestation tangible de véritables << vagues aériennes>, dont la longueur, d'une crête à I'autre, serait d'au moins un kilomètre. Ils donnent au ciel un aspect que I'on désigne sous le nom de crel moutonné. Comme les cirro-stratus, ils sont souvent précurseurs de mauvais temPs. 40 Les alto-cumulus, analogUes aux cirro-cumUlusr mais moins élevés: ils sont ainsi mieux visibles, et cette diminution de distance permet d'y apercevoir cles ombres.

Ils ne sont plus formés d'aiguilles de glace, mais de gouttelettes liquides, et leur présence communique au ciel un aspect qu'on a baptisé du nom de ciel pommelé.
(rozl

L'EAU DANS L'ATMOSPHERE
Les alto-stratus, forrnant un voile général qui fait dire qu! I'on a un {emps coantert. .Ils ne donnent pas lieu àux natros, mais au phénomène des < coufonnes n avec des auréoles autour du Soleil et, surtout, de la Lune' 60 Les cnmulas sont CeS majeshreux nuages blancs mamelonnés, aux ombres très vives, que l'on voit au-dessus de I'horizon: les marins les appellent balles decoton.Ils sont causés par le refroidissement'des masses d'air chaud, la élevées dans i'atmosphère; aussi leur base, c'est-à-dire asisez est-elle condensation, hauteur à laquelle commencela bien déterminée. Leur forme varie rapidement, à cause
50

des rnouvements tourbillonnants dont

ils sont le

siège.

DansnosPays'leurprésenceestcaractéristiquedumain. tien du beau temPs. une sorte de voile 7o Les strato-cumulus constituent generalforméparlajrrxtapositiondecumulusserrésles ins a côté des autres. Ils ont un aspect arrondi et paraissent allongés cornnne des rouleaux" d'immenses curnulus, empilés les uns au-dessus des autres, presque d'aspect blanc neigeux à leur sommet, gris foncé et d'un surmontés sont ils noii a leur base. Le plus souvent, de du sens avant en qui s'étend cirro-stratus d,e large voile leur rnarche, tandis que leur partie inférieure, très sombre, par enceise résout en pluie, et, souvent, en grêle' Ce sont, D. ofageu:r nuages les << lence,

go Les eamalo-nirnbus, qui ne sont autre chose que

très voisins 9o Les nimbusl ce sont les nuages sombres, qui se résol' et définis, mal du sol, dont les contours sont à leur sont, ils Souvent pluie. en toujours vent gresque pa*ie infèrieure, morcelés en nuages plus petits auxquels certains météorologistes donnent le nom derracto-nimbus. roo Les stratus sont les nuages les plus voisins du sol parallèlement auquel ils forment drls bandes étendues: ce ne sont, en somrne, que des << brouillar;ls élevés r>' lous ces nuages se déplacent dans I'air à des vitesses variables. Celle des nuages supérieurs, des cirrus Par exelngle, est en moyenne de eo à 3o mètres par seconde' Quand

(tol)

L'ATJI[,OSPIIERE cette vitesse s'accélère, c'est presque toujours
d'une tempête très prochaine.

lrannornce

UTILITÉ DE L'OBSERVAIION DES NUAGES.
{( SVSTÈMES

LES

LA t< TRAINE >, o a Il n'est pas au monde, à part I'aspect de l'Océan avec son infinie diversité, de spectacle plus changeant que celui d'un ciel nuagetut. Depuis les cumulo-nimbus gris, noirs même, que I'on sent chargés de pluie rt d'orage, jusqu'aux filaments presque immatériels des eirrirs, on peut, au cours de moins d'une journée, apercevoir 'es formes nuageuses les plus variées. Nous avons donné ia ctassîfication adoptée en rggr par les congrès internationaur. Mais ce n'est que petit à petit que I'on ,, abordé l'étude de la < succession des systèmes nuageux >, signalée pour la première fois par le météorologiste français Gabriel Guilbert qui en a souligné I'importance capitale au point de vue de la prévision du temps. C'est que, en effet, les nuages ne cheminent pas dans le ciel à l'état isolé; ayant, en quelque sorte, le sentiment de la vie en commun, ils se groupent en véritables masses,
possèdent

NUAGEUX D. LE

<r

FRONT >. LE < CORPS >.

ayant chacun une individuelitê absolument comme en les collectivités d'êties humains, et ces collectivités, icut comme les sociétés des hommes, naissent,
les

à de; armées bien ordonnées, parce que, comme elles,

évoluerri et disparaissent On peut, aussi bien, les comparer

*systèrnes nuageuxD ont un front, un corps flangué de patrouilles qu'on pourrait appeler tes marges, et une traîne où les retardataires semblent suivre avec peine la masse des corps de troupe. Mais I'intérêt de ce genre d'études n'est pas seulement d'ordre de science pure: il présenteun caractèrcatilitaire sur lequel il est utile d'insister. En effet, aux différentes régions des systèmes que nous venons d'énumérer correspondent des < temps > caractéristiques.

Ainsi, dans

le

b:au

i il cst couyert,

frontr le temps est nuageuxrmais encore bas et pluvieux dens le çorps, e{
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Cuuur-us A coNTRE-Joue (r9o5).

UN cuuur-o-NrMBus oRAcEUx.

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r,i.:

L'EAU DANS

L'AT]VTOSPHÈRE

averses alternées, danS devient chaggeantravec éclaircies "i d'une telle conf importance la traîne.on comprend donc que l'on pratiques résultats des point de vue au ception peut en tirer pour la prévision du temps. Cette importance n'a pas échappé à I'Office national météorologique. sous f initiative de son directeur, le colonel Delcambre, etavec le concours de deux de ses collaborateurst MM.Schereschewsky et Wehrlêron a organisé ur,:e semaine nattonale des nuage.s, en faisant appel à tous les photographes

de bonne volonté pour prendre, au cours de la semaine du 15 au zt janvier t923r le plus grand nombre d'épreuves possible des nuages planant sur la France. Nous reproduiiotrr suf, les planches t8, tg, zo quelques-unes de ces épreuves, ainsi que l'état du ciel résultant Pour notre pays, le 16 janvier dans l'après-midi. Il serait à souhaiter que cette initiative se généralisât: elle fournirait ainsi à la météorologie des documents d'un prix inestimable. Remarquons d'ailleurs quer parmi tous les types que nous avo'ns décrits et énumérés au paragraphe précédent, tous n'ont pas la même importance au point de vue des indi' cations qu'ils peuvent fournir relativement à la prévision du temps. Les nuages dont I'observation offre I'intérêt le

plus immédiat pour cette application sont, surtout,

les

cumulus. Nous aufons I'occasion de revenir sur les renseignements qu'ils peuvent fournir aux météorologistes lorsque nous nous occuperons de la prévision du temps. A cause de la grande hauteur à laquelle ils se trouvent dans I'atmosphèrer ces nuages flous renseignent, en effet, sur la unique, pourrdit-on dire d'une façon précieuse - Leur - des courants supérieurs. direction et f intensité arrivée dans un ciel serein précède généralement celle d'une

cirraset leurs deux variétés, les cirro-strahrs et les cirro-

dépression, suirant la route qutils ont suivie eux-mêmes. Formés de fines parcelles de glace cristallisée en aiguilles ou en plagu'ettes à section henagonale, les cirrus sont exposés â I'action directe des rayons ultra'violets qui leur enlèyent ieur électricité négative en étant sans actioo..sur

(ro5;

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L'ATMOSPHÈRE
leurs charges positives. Comme cei rayons ultra-violets sont, en même ternps, de puissants facteurs d' << ionisation > de I'air, on comprend que cette ionisation des couches supé-

rieures, en multipliant les << noyaux r> de condense.ion, facilite ainsi la formation des nuages. On peut donc conclure que toute cau.se qui tendra à augmenter I'ionisation de I'a.mosphère supérieure doit être, comme conséquence, une cause de ltaugmentation des formes nuageuses. Or, aux époques r.ù I'activité du rayonnement solaire se traduit par l'augmentation du nombre de ses taches, l'astre du jour émet, par suite de la répulsion qu'il orerce sur elles, le maximum de poussières électrisées

,

qui parviennent jusqu'à notre atnrosphère, poussées qu,elles <t pression de radiation >>. L'ionisation des couches élevées doit donc s'accroître aufur età mesure de leur arrivée. A la suite de longues et minutieuses observations, poursont par la

suiviesau cours de nombreusesannées, on a pu se convaincre,

en.effet, que les années où le nombre des taches du Soleil était lc plus grand étaient en même temps celles où le nombre des cirrus passait par un ma:rirnum, ainsi que le nombre des caror et polatres. ll y a donc, entre tous ces phénomènes si différents en apparence, un lien, et un lien étroit: ce lien, c'est I'activité du rayonnement solaire, avec ses fluctuations périodiques

LA BRUME. a d La masse totale des gouttelettes d'eau qui constituent un brouillard (ou un nuage, ce qui est la même chose à I'altitude près) est beaucoup moins grande qu'on ne se I'imaLAR,D OU DANS UN NUAGE. mètre cube, c'est-à-dire qu'eIle est inférieure à la masse d'eau présente dans I'air à I'état de vapeur. Malgré cela,
gine tout d'abord. Cette masse ne dépasse guère, en effet, z à S griunmes par

LA MASSE D'EAU CONTENUE DANS UN BROUIL.

le nombre de ces gouttelettes est fort grand: z grailunes d'eau, divisés en gouttelettes d'un cinquantième de millimètre de diamètre, en donnent um demf,-mitliard I Quant
(ro6)

I
L'EÀU DANS L'ATMOSPHERE à l'écartement moyen des gouttelettes, il est grand relativement à leurs dimensrons, puisqu'il dépasse un milli'
mètre, Cest-à-dire cinquante fois leur diamètre. Quand ces gouttelettes sont assez fortes, le brouillard moaille les corps avec lesqueis il arrive en contact, et si
les gouttelettes augmentent encore de diamètre, cela s'appelle

la <bnrine> qui est, en somme, une petite pluie très fine
que les marins appellent du << crachin n. L'abondance orhaordinaire de ces minuscules gouttes sphériques qui forment le brouillard explique sonopacité, qui est vraiment hors de proportion pour la petitesse de la nrasse d'eau qui lui donne naissance. Une pluie battantet une averse laisse l'atmosphère beaucoup plus transparente, bien qu'elle y amène une quantité d'eau infiniment plus
considérable. Les brames, parfois si épaisses, gui se forrnent au-dessus de la mer et qui sont un des dangers de la navigation, sont dues au mélanged'unair chaud et humide avec de I'air froid. Ces circonstances sont remplies aux environs de Terre-Neuve, où I'air chaud et chargé d'humiditi qui chemine au-dessus du Gulf-stream rencontre I'air froid de ces hautes latitudes. Les brouillards, d'une épaisseur proverbiale, qui prennent naissanee au-dessus des grandes villes industrielles cornme Lyon, Manchester, Glascow et surtout Londres, diffèrent assez notablement du brouiliard ordinaire, en ce sens qu'ils sont plus épais, jaunes et souveni d'une odeur désagréable. Ils sont provoqués par la condensation de la vapeur d'eau sur les particules de suie lancées dans I'air pas les cheminées des usines et des maisons ; I'eau, en se condensant arnsi, dissout les gaz de I'atmosphère ambiante, de sorte que ce brouillard est acicle par-dessus le marché, Le brouillard de Londres, appelé /og, est célèbre; il est parfois d'une

opacité telle que

la circulation dans les rues, même pour
fait impossible.

les piétons, devient tout à

I-A NÉBULOSITÉ. a o Quand la surface apparente du ciel est en partie occupée par des nuagesr la présence
(ro7)

L'ATMOSPHERE
de ceux-ci a pour effet de diminuér I'intensité de la radiation solaire da^ns les points du sol terrestre sihrés dans leur ombre. Cette intervention <t privative >> des nuages est importante au point de vue dela végétation. Si la moitié du ciel est recouverte par des nuages et que la moitié reste bleue, on dit que la nébulosité est égale à un demi ou à or5, Si les huit dixièmes du ciel sont recouverts par des nuages, on dit que la nébulosité est or8. Cette nébulosité s'apprécie à t'æilz aussi les mesures en sont-elles très approximatives.

L'étude des valeurs moyennes ainsi obtenues montre

plus faible le matin, elle augmente dans I'après-midi,
surtout en été. Dans nos régions, elle est plus grande en hiver qu'en été. Dans les régions intertropicales, oùil y a des saisons de pluies, c'est à ces époques qu'elle est ma:rimum. On a construit des cattes où les points de la Terre qui ont la même nébulosité moyenne sont réunis par des courbes quel'onappelle des lignes isonèphes.Le tracé de ces courbes comporte la même incertitude que la donnée dont elles représentent la distribution géographique et n'a de valeur qu'à titre d'indication générale.

que la nébulosité, en général, varie au cours de la journée:

CHAPITRE

VTT

LA PLurE, La NErcE. re cnÊrB
La.formation de ta p,tute. ll Comment on classe les pluies, tl La- répartitlon des pluies. ll les résultats : les hauteurs de pluie tombées. ll Zes auerses e t leurs intensités. ll Zes précipttations atmosphériques dq,ns les dépressions. ll Zc nature de l'eau de pluie. ll Son pouuotr fertilisant. ll La netge : les neipes perpétuelles, lq, Éréle et les prêlons. ll Zes trombes. ll
Lq,"rosVe

èt la gelée bllanche. ll Le giure et le uerglas, ll La pluie et I'i.ndustrie : lo, < houille blq,nche
>>.

LA FORMATION DE LA PLUIE. o d En étudiant la constitution des nuages, nous avons montré qu'ils étaient formés de gouttelettes très fines, que leur petitesse faisait tomber très lentement à travers les couches d'air. Mais il peut arriver que plusieurs de ces gouttelettes se réunissent pour en former une plus grosser; dont la masse sera plus forte. Celle-ci subira moins I'influence de la résistance de l'air, tombera plus vite et pourra parvenir jusqu'au sol avant d'avoir eu ie temps de se vaporiser de nouveau. C'est la réunion de ces petites gouttes en gouttes plus
La pluie est chose courante. Salutaire pour l'agricrrlture,

fortes qui constittre lephénomàre quel'on appelLeta pla.ie.

elle est désagréable pour le touriste, et le proverbe 3 ( €onuyeux comme la pluie > est au nombre des plus véridiques. Cependant, malgré la fréquence avec laquelle elle se produiÇ la pluie est encore assez mystérieuse dans ses causes. Quelle est la raison qui fait se réunir des gouttelettes jusque-là séparées ? On sait qu'il n'y a pas de pluie sans la préo<istence d'un nuage I mais là s'arrêtent nos certihrdes, et, pour expliquer la genèse des phénomènes, nous en sonrmes réduits à entrer dans le domaine des suppositions.

Selon toutes probabilités, l'électricité atmosphérique
(rog)

L'ATTVTOSPHÈRE intervient dans le nrécanisme de la pluie. Les rruages sorit toujours électrisés, et, dès lors, les gouttelettes qui les constifuent, étant chargées d'éleckicité de mêrne nom,
se repous-

sent. Mais si, pour un motif quelconque, par exemple une décharge électrique brusqtre, le nuage est ramené à l'étât
neutre, la répulsion cesse ; les petites gouttes peuvent se réunir pour en former de plus {Irosses, et la ptaie æt
amorcée,

Un fait courant vient, d'ailleurs, confirmer I'oçlication précédente. Pendant les orages, chaque fois que vient d'éclater un coup de tonnerre violent, la pluie augmente d'intensité et les gouttes qui tombent sont plus grosses. Ainsi, l'électricité, reine de l'Univers, nous manifeste
encore, dans ce domaine, son intervention toute-puissante. Les dimensions des gouttes de pluie varient d,un dixième de millimètre à 5 millimètres de diamètre. Leur

mètres par seconde I celles d'un millimètre, à la vitesse de 4 m. 4o I celles de 5 miliirnètres, à la vitesse de I mètres par seconde. En général, la durée de la pluie est d'autant plus grande que les gouttes qui tombent sont plus petites.

diamètre moyen est de z millimètres. Les gouttes d'un dixième de millimètre tombent à la vitesse de 3o centL

COMMENT ON CLASSE LES PLUIES. .d a On a érabli de pluies suivant les circonstances qui provoquent la condensation abondante de la vapeur d'eau. On distinguelespluies de convecffoa, dues aux rnouvements ascendants des masses d'air échauffées, et qui condensent la
des catégories

vapeur d'eau qu'elles contiennenf en arrivant dans les couches élevées, plus froides. C'est le type des pluies de la région équatoriale et des pluies qui se produisent pendant les grandes chaleurs des jours d'été.
I1 y a ensuite les pluies géographi,ques, causées par le relief des continents, qui force les masses d'air, par les

vents, de faire I'ascension des montagnes qu'elles rencontrent et, par conséquent, de pénétrer dans des couches plus froides où elles se refroidissent et condensent leur vapèut'

(rro)

.t

LAPL UIE. LA NEIGE. LA GRÉLË
d'eau. 11 résulte de ià que, dans une région, quand il y a un vent dominant qui rencontre une chaîne de montagnes dont la direction lui est perpendiculaïre, on observera, sur cette chaine, un versant plauieax qui sera celui abordé par le vent, et un versant sec, situé de ltautre côté, parce que I'air humide aura condensé toute son eau sur le premier. Enfin, il y a les pluies cyclonigztes, qui accompagnent toujours les bourrasques, les tempêtes, les cyclones, et, d'une façon générale, toutes les perturba-

tions atmosphériques

consécutives à une forte dépression.
LA RÉPAI?TITIOI{

DES PLUIES.
Nous avons

d 4 w, en

parlant des instruments de la Météorologie, que la hauteur de pluie tombée en un lieu déterminé se déterminait à l'aide du
pluviomère: c'est cet instrument qui fournit l'jg.
46.

-

La répartition
en France.

des

plaies

les données d'où

les météorologistes ont pu déduire les clriffres de leurs moyennes. Voyons d'abord comment la pluie semble se répartir suivant les différentes heures de la journée' En certaines stations, il y a un maxirnum le matin: c'est souvent le cas des côtes ouest de la France. A Paris, en été, ce manimum a lieu I'après-midi ; en mer, il pleut plus la nuit que le jour. Dans la région équatoriale, la pluie apparaît régulièrement I'après-midi, après que le Soleil, passant au voisinage du zénith à midi, a échauffé le plus possible les masses d'air

au:rquelles
<<

il

impose

un

mouvement d'ascension, une
)

convection > énergique.

(rrr

'

'-L

L"â.TMOSPI{ERE
C'est ce passago dir Soleii au nênith qui eause lesscfsons deplnies dans les régions compriées entreles deux tropiques.

t'astre ypasse au zénith deux fois par

équidistants à l'Équateur, sont confondus aux tropiques mêmes, et sont d'autant plus rapprochés I'un de I'autre que la station considérée est plus voisine de i'un des tropiques. trl y aura donc, dans chaque station intertropicale

arr, et ces deux passages ,

Fig,

47.

- Répartitton

des

pluieg sur l'Edrope.

deux safsons de plufes séparées par deux safsozs sèc/res. Les deux saisons de pluies se réduisent à une seule sous les tropiques mêmes, ou dans leur voisinage immédiat. D'une façon générale, il pleut plus sur les hauteurs que dans les plaines. cela s'expliqrre par la convection forcée des masses d'air contraintes de remonter les flancs des mon-

tagnes. Et ceci apparaît sur les cartes

qui traduisent

les

moyennes de pluie tombée, Par enemple, pour la Fra.nce, où la distribution des pluies est représentée par la carte de la

(rrzl

DMRS COURANT A

CONTRE-SENS,

IO AVRrLrgo2.

sAc rENDANT UNE TEMrÊTE,--28 rÉvnrrn r9o3.
PL. 22. PAGE trT2.

-:

I

l-

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I

ScuÉue D'uNE pÉpnBsstor.l ET sEcrIoNS vERTrcALEs. Nono nr Sup.
PL. 23, PACE rr3.

LA PLUIË, LA NEIGE, LA GRÊLÉ
figure 46, onremarquera I'analogie qu'offre I'aspect de ceite carte avec celles qui représentent, par des teintes de plus en plus foncées, les altitudes croissantes, c'est-à-dire le retiel du sol. La figure 47, q1ui donne la disiribution des pluies sur l'Europe entière, montre n ttement le même fait. Sur la Terre entière, les régions équatoriales donnent un maximum de pluie. Les régions vcisines des latitudes 3oo an nordet ausud, où règnentles centres de hautespressions, sont peu pluvieuses: c'est la latitude où sont aussi les grands déserts. Quand on remonte vers 1e nord, I'abondance de la pluie augmente d'abord vers la latitude comprise entre 4oo et 600 ; mais, quand on arrive dans les régions froides qui sont entourées par les deux cercles polaires, la pluie devient rare, car, la température de I'air y étant toujours très basse, 1a quantitê de vapeur d'eau qu'il peut contenir est plus faible, ainsi que la somme possible de pluie qu'il peut fournir par condensation.

LES RÉSULTATS : LES HAUTEURS DE PLUIE TOMBÉE. d d Les moyennes des pluies tombées pendant un temps donné sont des résultats intéressants à connaître, au point de vue des conditions climatiques générales. Par exemple, la quantité moyenne de pluie qui tombe à Paris, pendant un an, est 56o millimètres: à Brest, elle est de 824 millimètres. La rnoyenne, pour la France entière, est voisine de 8oo millimètres. Sous l'Équateur, on peut dire que la moyenne générale est de 2 ooo millimètres (deux mètres). En France, tre nombre de jours de pluie est minimum le long de la Méditerranée (98 jours Par an à ilIarseille). I1 est ma:rimum à Brest, où il pleut plusde zoo jours par an. A Valentia, à l'ouest de l'Irlande, le nombre de jours de pluie, au cours de l'année, atteint a86; au contraire, au Sud-Est de la Russie, à Astrakhan, il ne pleut pas
6o jours par an.
Les ma:rima de pluie arrivent, dans certaines locaiitést
des chiffres impressionnants. Au Cameroun, la moyenne annuelie dépasse ro mètres; à Madagascarr dans le centre

à

(rrs)
riaruospuÈnn

L'ATMOSPHERE
montagnelrx de l'île, elle dépasse 4 mètres; aux îles Fidjit elle atteint 6 m. 30 ; à Sumatra, 4 m. 50 I à lavoy, en Birmanie, on recueille annuellement 5 mètres d'eau au niveau de la mer; on en trouve 6 m. 6o à Mahabuleswar, dans la chaînes des monts Ghâttes, aux Indes; et enfin à Tcherrapounclji, dans les monts Khassia, toujours aux Indes, à t zoo mètres d'altitude, on a le record du monde, rz rn. 09
comme moyenne de vingt-cinq années. Frenons maintenant les résultats minima. Dans le Saharat la pluie est à peu près nulle. Dans I'Amérique du Sud, entre mètres d'eau I on n'en trouve également que 50 à 55 milli' mètres au sud de la Californie. Sur la côte africaine de la Méditerranée, on ne trouve qr.le 34 miltimètres au Caire, z5 millimètres à Suez. En Arabie, à Aden, il ne tombe annuellement que 76 millimètres d'eau, et 37 millimètres à Kochgar, entre la Sibérie ei le Thibet. D'une façon générale, la quantité de pluie diininue quand on s'éloigne de la mer. La moyenne annuelle est 8oo millimètres en France, 6oo miilimètres en Allemagner 4oo millirnètres en Russie et moins de zoo millimètres en Asie centrale.

le Chili et le Pérou, on ne recueille que de ro à 3o milli'

LES AVERSES ET LEURS INTENS]TËS.

d 4

MAiS

ne tombent pas par doses égales I et, à certains jours, les précipitations d'eau prennent un caractère de violence qui leur a fait donner le nom d'cuerses. On appelle a?erse une chute de pluie qui donne plus de eo millimètres d'eau à l'heure et qui dwe au moins plusieurs minutes. Quand la chute donne plus de 5o millimètres d'eau

ces quantités de pluies dont nous venons de donner le

chiffre

à l'heure, on la qualifie de torrentielle.

orageux: parmi celles que I'on a pu noterr 65P, too sont accompagnées d'orage. Mais leur observation précise est assez difficile, car elles sont essentiellement loealetret il ne se tfouve pas toujours de pluviomètle à l'endroit où elles (rr+)

Les grandes averses ont, le plus souvent, un caractère

,.t , -:.

LA PLUIE. LA NEIGE. LA GRELE
tombent. Leur durée est, en général, d'autant plus courte qu'elles sont plus violentes I et, dans ce cas, on a observé des gouttes d'eau ayant jusqu'à 7 millimètres de diamètre, Voici quelqtres chiffres relatifs à des averses dont le débit a pu être mesuré au ptuviomètre. Remarquonsd'abord qu'une pluie donnant :a;n. millimètre
d'eau.

par minufe est déjà une pluie

erceptionnelle. Cette

donnée étant rappelée, on appréciera mieux I'importance des chiffres qui vont suivre. Nous indiquerons d'abord les quantités de pluie les plus abondantes tombées pendant une journée 1 puis celles qui correspondent à des chutes de pluie d'une heure ou deu:r ; enfin, les averses dont la durée varie entre quelques minutes et une demi-heure. A Tscherrapoundji, dans I'Inde, le 14 juin 18Z6, il est.
tombé en vingt-quatre heares r m. o36 de pluie, c'est-àdire le double de ce qui tombeàParis en afl an. A Croamhurst, en Australie, on a recueilli 78o millimètres pendant la journée du 3 février 1893. Et, sans aller dans des pays lointains, à Joyease, dans I'Ardèche, le 9 octobrc t827, il est tombé 79e millimètres en vin{t-deax heures seulement, ce qui correspondrait à 864 millimètres en vingt-

quatre heures.

Disons en passant qu'une précipitation d'an mètre en vingt-qaatre heures ne correspond pas à plus de 7 dixièmes de millimèke par minute. Nous allons voir que les averses vraiment torrentielles et de courte durée dépassent de beaucoup ces chiffres. Ainsi, â Curtea de Arges, en Roumanie, le 7 juillet 1889, on a recueilli eo4mm. 6 en eo minutes, soit p,tus de IO mitlimètres par minufel à Preston, en Angleterre, le ro août 1899, 3r mrn. 7 en S minutes, soit 6 mm. 3 par minute;

enfin à Paris, le ro juin r9o.5, on a recueilli ro millimètres en 3 minutes, ce qui fait 3 mm. S pxr minute. On voit ainsi combien sont variables ies intensités des chutes de pluia

LES PRÉCIPITATIONS ATMOSPHÉRIQUES DANS LES DÉPRESSIONS. o a Nous avonsvu, en classant lespluies

(rrs)

L'ATITOSPHERE
en trois catégories, qu'il y en avait une que l'on avait désignée sous le nom de iUtu" cyclonique'e: ce sont celles qui accompagnent les dépressions en mouvement' les

bou.tasques. Mais lâ nébulosité n'est pas distribuée symétriquernent autour du centre de 1a dépiession: si celle-ci chemine de I'ouest à I'est, par exemple (fig. 4B), les nuages de pluie sont abondants dans le secteur qui est en avant à droite

de f itinérairc de la bou rrasque. Dans le secteur
diamé tralement
opposé,

et à

à gauche

l'arrière, la

nébulosité, est très

pleut pas également dans toute l'étendue d'une
Fig. 4S.
da centre d'une dépressi'on autour vers T'est.

en résulte qu'il ne
faible. I1

Distribution de

la

nébttlos{té tempête cycloni-

allant

que.

Deux météoro-

logistes norvégiens de

I'Institut de Bergen, W. et J. Bjerknes, ont fait, au cours des dernières années, une étude approfondie de la

marche et de la structure des précipitations cycloniques, ainsi que de la dépression considérée. Voici, très résuméeé, leurs principales conclusions. La forme générale d'une tempête cyclonique, dans I'hémisphère nord, est donnée par le schéma de Ia figure 49. On y voit bien le rnouvement spiraliforrne des masses d'air, se dirigeant en tournant à gauche vers le centre de la dépression,

Mais tl y a une démarcation nette entre le secteur qui contient de l'air chaud et celui, situé à gauche de la trajectoire, qui contient de l'air froid. Ces deux secteurs sont
séparés par deux lignes caractéristiques auxquetles les tra-

(tro)

nr I

--.

"

^.t -

LA PLUIE. LA NEIGE. LA GRELE
jectoires individuelles des molécules d'air en rotation
viennent se raccorder tangentiellement. La première est la ligne directrice qui marche en avant, dans le sens de la propagation de la bourrasque. La seconde est la tigne des grainsr lelong de laquelle la pluie tombe avec violence. Une longue série d'observations relative à la distribution de la nébulosité et de la pluie dans l'étendue des bourrasques cycloniques a permis aux tleu:< n:éiéorologistes norvégiens de figurer d'une façon exacte la réparti-

tion de la nébulosité et de la pluie

lraiectoi re

.- l--:)

dans une dépres-

sion en rnouvement de I'ouest à I'est. La figure d: la planche z3f.ai"

cornprenrl re,
mieux qu'unelon-

gue

expiication,

Fig. 49.

et le mouvennent horiz onta I des

-

Schéma d'une dépression.

rnasses d'eau, et la répartition des divers nuages dans deux << sections >, dans deux coupes faites, à travers tempête, par deux plans, I'un au nord, l'autre au sud de la trajectoire suivie par son centre. Ces deux sections montrent
égalernent La ftpartition des nuages clans l'étendue du météore.

FERTILISANT.

dans I'opinion consiste à considérer I'eau de pluie comme de I'eau chimiquement pure, de l'eau <distillée>>, dont la condensation se fait dans l'atmosphère, au lieu d'êke réalisée volontairement dans le serpentin d'un alambic. Rien n'est plus inexact. L'eau de pluie n'est pas de I'eau distillée: d'ailleurs, il est heureux qu'il en soit ainsi"
(r r?)

LA NATURE DE L'EAU DE PLUIE ET SON POUVOIR a f, TJne erreur profondément ancrée

L'ATIVTOSPHERE

silônnent I'atmosphère, ils font se combiner entre eun I'oxygène et l'azote, pour donner des produits nitreax, et, l'hydâgène, I'oxygène et I'azote pour donner des prodaits jouent ammonia"ou*; oi ces deux sortes de produits prin' les et sont fondamental, rôle un l'agriculture dans
cipes fertilisants des << engrais chimiques l' Alors, voici ce qui se Passe. Au moment précis où la Yapeuf d'eau de I'atmosphère
se

I'air, quand les éclairs Quandun orage électrique éclate dans

chimi' condense, la gouttelette formée est composée d'eau couches des elle rencontre tombant, quement prrrul M"ir, en jrru,tt"* où se trouvent ces produits nitreux et ammo' ii."*rr* qu'elle dissout au cours de sa chute. Et lorsqu'elle âu sol, elle n'est plus à l'état d'eau distillée: elle est "r*"u dieau contenant en dissolution des nitrites, des goutte une nitraies et de: composés de I'amrnoniac. On a trouvé qu'un litre d'eau de pluie contenait en rnoyenne z milligraÛunes

d,azote.**oria.al et, zlg de milligratnme d'azote nitreur. C'est peu, dira-t-on: oui ; c'est très peu pour un litre' Mais il faut considérer la quantité totale de pluie qui tombe

sur une portion déterminée du sol terrestre' Prenons Ia France, Pâr exemple' La superficie du sol français est de 5oo ooo kilomètres carrés, et la moyenne de piuie qui y tombe annuellement représente une hauteur dreiu de go centimètres, si I'on calcule le volume total de
I'eau de pluie tombée, et qu'on en déduise, d'après les fractions précédentes, la qr.lantité de produits nitreux et ammoniacaux, on trouve que la pluie amène sur notre sol, par qui hectare et par an, environ zo kilogrannmes d'azote, ce cela équivaut à i'épandage de rzo kilogrammes de salpêtre. du sol représente prÀs de 6 millions de tonnes pour l'éte"dl-", l'élément France, la de totale la fririçais. Sur superficie fertilisant apporté par I'eau de pluie équivaut' par con-

Et dans séquent, a en titott 6 millions de tonnes de salpêtre' combiné d'azote proportion la les régions intertropicales entraîié par la pluià est encore bien plus grande que dans nos climats: on estime qu'elle doit être décuplée'

{rr8)

LA PLUIE. LA NEIGE. LA GRELE
On voit, par là, qae rien ne remplacela plaie pour la ferti' lisation du sol. Les irrigations par de l'eau de rivière y apportent bien l'humidité, mais ne lui donnent pas les é1éments azotés que, seule, I'ealt du ciel leur incorpore si généreusement.

LA NEIGE. LES NEIGES PERPÉ,TUELLES. d O Quand la pluie se forme dans un air dont la température est inférieure à zêro, la condensation de la vapeur d'eau se fait directemênt à l'état solide et cristallitt; et, alors, ce sont des parcelles de glace qui tombent sur le sol. Les << cristaun de glace t> qui forment la neige sont de forme hexagonale, soit en courtes aiguilles, soit en lamelles. Mais le plus souvent ils sont soudés sous forme d'étoiles à six branches, et ces branches, tantôt sont simples, tantôt ramifiées, formant ainsi des dessins à symétrie géométrique et dont la forme varie à l'infini (p1. zS). Comme leur surface est très grande par rapport à leur faible masse, ces étoiles tombent très lentement (r mètre par seconde environ). Quaqd la température est voisine de zéro, tout
en étant au-dessous, les étoiles se soudent les unes aux autres,

enchevêtrant leurs branches pour former des /ocons qui peuvent atteindre alors plusieurs centimètres. Par zuite de sa nature rnême, la neige n'apparaît pas dans les pays chauds, sauf sur les montagnes élevées. Sa densité varie suivant l'état de cohésion des flocons, Elle varie de oro4 à or!2, en conservant la valeur moyenne de o,ro, c'est-à-dire qu'un centimètre de neige équivaut à un millimètre d'eau. On ne peut évaluer la quantité de neige tombée que par la quantité d'eau qu'elle produit en fondant sous l'action ld'une veilleuse rnaintenue allumée sous le pluviomètre. La neige persiste d'autant plus longtemps qu'elle est en couche plus épaisse et que la température est plus basse. Quand ces conditions sont réunies, elle peut persister toute l'année: on dit alors que 1'on a i: rlcrge pcrpétueîle. Lesineiges perpétuelles ne se rencontrerit au niveau de

,

(rrg)

L'ATMOSPHERE
la mer que dans les régibns polaires: Spitzberg, Groenland, Antarctique. Mais, quand on considère des stations élevées, on en trouve sous toutes les latihrdes: I'Himalaya, et même les cimes des Andes sous l'Équateur, ont des sommets toujours couverts de neiges. Dans nos régions' en particulier dans les Alpes françaises ou suisses, cette limite est au voisinage cle z 8oo mètres, alors qu'à la même latitude
(45o), dans I'hémisphère sud, elle est de I 5oo mètres dans la Cordillère des Andes. Cela tient à ce que les Cordillères sont dans une rêgion plus voisine de la mer, plus humide que les Alpes, et que l'épaisseur de la neige, plus grande, lui assure une persistance plus longue. Dans I'Himataya, la limite de neige perpétuelle oscille entre 5 ooo mètres et S zoo mètres sur le versant sud, exposé aux vents marins, et à g 7oo mètres sur le versant nord, plus sec et plus froid.
donc de la pluie solidifiée à l'état cristallisé. Mais I'eau condensée dans I'atmosphère se présente quelquefois sous une forme non cristallisée' sous I'aspect de grains de glace appelés grêlons et dont la chute constitue la grêleL'explication complète de la formation de la grêle n'est pas encore donnée. Depuis longtemps on avait remarqué qu'elle se produit presque toujours en temps d'orage et que les grêlons semblent sortir des cumulo'nimhusr ces nuages sombres et noirs qui représentent des << capacités n électriques considérables. De 1à à lui attribuer une origine purement

LA GRÊLE ET LES

GRÊLoNS. .d

.d La

neige est

électrique,

il n'y avait qu'un pas qui fut

franchi par les

physiciens de la fin du xvIIIe siècle et du comrnencement du xtxe siècle, à commencer par I'illustre Volta. Mais il fallut bientôt se rendre à l'évidence: la présence de cumulo-nimbusora geutc est suffisante, mais pas nécessaire ; aussi a-t-on cherché une autre e>rplication de I'origine et de la chute de la grêie. Voici celle qui est admise aujour-

d'hui.
Les cumulo-nimbus sont très épais: leur sommet est donc

à une très grande hauteur dans l'atmosphère,
(rzo)

c'est-à-dire

UN

c.e.Nor,r

L'ttbrattlernent des cor{ches

l,.rRrtcRûln EN ACTroN, d'air prod,uit par la d.étonatio,L doit

atteindre le nuag.e o/a,gct{x.
L'eruost'trÈ:nt,. Pt., ? l, l)^cD r2().

Érorr-Bs DE NErcE
 STRUCTURE HEXAGONALE.

GnÊroNs GRANDEUR
NATURELLE.

tn plulÉ.

LA NEIGE' r,,t cnÊr-P

rester liquides, même aa-dessous de zéroren vertu du phénomène bien connu de la surfusion.
<r

dans des couches très froides, où les gouttes de pluie pourront

aiguille dè glace, échappée d'un cirrusr par exemple, vient à toucher une gouttelette ainsi surfondue, celle-ci se solidifiera instantanément à son contact en formant Une très petite boule de neige. Ainsi a pris naissance un globule qui va tomber vers le sol. Mais, au cours de sa chute qui lui fait traverser les 3ooo ou 4 OOO mètreS d'épaisseur de nuage, il rencontre d'aukes gouttelettes surfondues qui se solidifieront à son contact en I'entourant de couches de glace successives et concen-

ticule du corps solide dont il provient, la solidification se fait brusquement et dans toute la masse. Si, donc, une

surfondu>r: aussitôt qu'on le met en contact avec une par-

Mais on sait ce qui se produit dans un liquide ainsi

nuage noir, Ce ce rnouvement deconvectton, toujours violent puisqu'il se produit pendant les très grandes chaleurs, le grêlon peut être repris par 1'air qr.li monte, être <t brassé r> plusieurs fois à travers les gouttes surfondues. on comprend donc que les grêlons puissent devenir très gfos, Les grêlons, en moyerule, sont de la dimension d'un petit pois ou d'une groseille. lvlais ils atteignent parfois ia dimension d'un ceuf de pigeon ou d'un æuf de poule' A Maisons-Laffitte, le 15 juillet r9o5, on en a recueilli qui pesaient z5o grammes et, en Tunisie, à Sfax, en rBBt, on en a vu tomber qui atteignaient la dimension d'une orange ; I'un d'eux, rnêrne, pesait plus d'un kilogramme' La température, à leur centre, est très basse: plusieurs degrés audessous d,e zêro.

triques: le grêion grossit donc sans cesse. En outre, par suite du mouvement ascendant d'air chaud qui a engendré le

Dans nos régions, la grêle est un phénomène essentiellement saisonnier, qui se produit pendant les mois chauds: sur cent chutes de grêle, quatre-vingts ont lieu pendant les srois de mai, juin, juillet et août. La grêle est redoutée des paysans: elle est, en ef{et,

(rzr)

L'ATtrIOSPHÈRE
un désastre agricole, cat les grêlons' en véritables projectiles, hachent les plantes et crèvent les fruits. On a tout fait pour lutter contre elle. On a imaginé des canons paragrêles (p1. z+), sortes de tromblons verticaux qui ébranlent verticalement les couches d'air supérieur, ainsi que des fnsées paragrêtes qui, éclatant au sein du nuage, y apportent une perturbation violente et le contraignent de se résoudre en pluie. Revenant à I'hypothèse <t électrique r> de I'origine de la grêle, on a tenté de << neutraliser n le
crrmulo-nimbus à I'aidede paratonnerres élevés, disposés en I et ce système, né en r85o' a été repris récemment sous le nom de <<niagara électrique>. Ces mesures sont-elles efficaces I les uns prétendent que oui, statistiques en mains I les autres, égalernent appuyés sur des statistiques, affirment que non. En sornme' la question reste entière. On appelle gresil des chutes de petits grains de glace, non compacts, friables, de la dimension d'un petit pois. C'est au printemps qu'il apparaît plus fréquemment. Au centre des grêlons, on trouve très souvent un grain de grésil.

éventail à pointes divergentes

LES IROMBES. .d

amènent la grêle

ainsi

ê Les cumulo-nimbus orageux nous : ils ont encore d'autres conséquences I ce sont eux qui donnent naissance à ces brusques

bourrasques, très courtes heureusement, mais très violentes, si justement redoutées des marins, et qu'on appelle des

grains. Mais 1à ne se bornent pas les accidents causés par les cumulo-nimbus: ils donnent naissance à un atttre genre

I ce sont les frombes. Quand on observe un cumulo-nimbus orageux au-dessus de la rner, on voit parfois se former à la base des nuages unq sorte de poche qui semble s'abaisser et descendre vers Ia surface de I'eau. Alors se produit un phénomène étranger Juste au-dessous de la poin'"e nuageuse descendante,
de rnétéores dévastateurs

I'eau se met à bouillonner, en prenant I'apparence d'un
&ar'sson fait de gouttes liquides.Ce buisson s'élève peu à peu

(tzzl

LA PLUIE. LA NEIGË. GRÊLE LA
en prenant de la consista^nce; il devient une colonne d'eau qui s'élance vers la pointe du cône nuageux tournée vers le bas, Alors la liaison entre l'eau de Ia mer et le nuage est réalisée, etunetrombe est née, qui, étroite, haute, animée d'un mouvement tourbillonnant viotrent qui lui fait e:rercer une sorte de succion, ravage tout sur son passage, û'y laissant que le sol, comme la fau:< marque par une coupée le passage du faucheur àtravers un champ de blé.Les navigateurs du xvure siêcle affirrnaient qu'on pouvait la couper à coups de canon: des observations et des expériences précises ont réduit â néant cette légende traditionnelle.

Le passage
d'une trombe
est

caract é risé par
un e dépression baromékiquel'ns-

tantanée:

Ia

I

courbe de ltenre- Fig. 50. - Aspect de Ia courbe d'un barogistreur fait alors {raphe au passas:e d'une trombe. unbrusque <plongeon r). Dans les cyclones, au contraire, la dépression, souvent bien plus considérable, est progressive et non brusquée: les deux graphiques des figures 50 et 5r montrent la ditrérence de ces deux aspects. Dans les conditions d'instantanéité qui caractérisent la dépression due au passage de la trombe, l'éqtrilibre n'a pas le temps de s'établir entre I'air intérieur et l'air extérieur subitement raréfié. Aussi les toitures et les vitrages éclatentils souvent de dedans en dehors. Les jotrrnaux, dans leurs descriptions souvent incorrectes, confondent couramment trombes avec cyclones, et emploient le dernier mot où il faudrait se servir du premier, Par o<emple, ils disent: le cyclone d'Asnières. C'est Ia c< trombe > d'Asnières qu'il faudrait écrire. Trombes et cyelones sont, en effet, très différents. Les

I
I

(rzs)

L'AT11[OSPHER,E
cyclones sont régionaux et saisonniers, et ont un sens de rotation déterminé dans chaque hémisphère. Les trombes, au contraire, peuvent se produire en toutes saisons et tournent indifféremment à droite ou à gauche. Les cyclones sont des phénomènes << rarges r>: reur diamètre atteint des milliers cle kiiomètres, et leur hauteur est inférieure à 4ooo mètres: les trombes, au contraire, ont à peine quelques dizaines de mètres de largeur. Une pièce de z5 centimes percée de son trou donne â peu près une idée des dimensions reratives d'un cyclone, le tro' figurant ie calme centra! et r'épaisseur étant à peu

près

proportion-

B tih
76{)

€h

rgh

rBh

ot.lr

nelle à la hauteur du rnétéore ; au

contraire, pour

se

faire une idée des proportions relatives d'une trombe, il faudrait la
Fig. 51. de lq. courbe d'un bq,ro- Aspect graphe anz passage d'un cyclone.
est

comparer à un tire-bouchon. La cause pre-

mal connue: c,est encore un

des

rologie.

*rrË*iii::-ilï*:

savant ingénieur alsacien, M. Weyher, est parvenu à reproduire expérimentarement res trombes avec toutes reurs particurarités. A cet effeÇ fait tourner trJs rapidement, à I'aide d,un moteur électrique, ' une petite roue a palettes horizontales, placée à r m, so au-dessus d,,une cuve pleine d'eau' Dès que ra rotation est assez rapide, on voit

Un

tournant: la tr;mbe

apparaître Ie phénomène du <r buisson r> puis une colonne ; d'eau s'élance en tortilrant pour atei iejoindre iu ,o,'u _se

I nrais elle ne fait que dépracer Ia question ct ne resout pus. en h effet: où, quand, comment prend naissance, dans là naute (ra+)

certes, cette expérience est des prus suggestives

est alors formée.

LA PLUIE. LA NEIGË. T,A GRÉLE
atmosphère, ce mouvement tournant, indispensable

à la

naissance et à I'entretien du météore ? C'est, comme nous le disions plus haut, encore une énigme.

I-A ROSÉE ET LA GET-ÉE BLANCHE. LE GIVRE. LE VERGLAS. a o Pendant les nuits claires, les objets exposés en plein air se recouvrent de gouttelettes d'eau, et l'herbe des prés paraît souvent, le matin, mouillée cornme par de la pluierbienque la nuit aitétéparfaiternent sereinel c'est le phénomène de la rosée, quir lorsqu'il se produit par de basses températures susceptibles de solidifier les gouttelettes condensées, devient ta gelée blancheLa rosée provient de la condensation de l'humidité de I'air sur la surface des corps que le rayonnement vers le ciel, pendant la nuit, a amenés à une température assez basse pour que la condensation s'y produise. C'est exacternent le

phénomène qu'on observe quand on monte de la cavet dans une salle chauffée, une bouteille très fraîche: on voit une buée se déposer sur les parois froides du récipient. On peut admettre, d'après des mesures précises, que la quantité dteau Iournie annuellement pat la rosé.-, dans nos régions, varie entre 4c et 8o millimètres: c'est donc un facteur important pour la végétation. Quand un brouillard << en surfusion > rencontre un corps solide, comme les branches des arbres, les gouttelettes se solidifient instantanément, formant sur leur support solide des couches de glace par enveloppes successives: c'est

b givre I c'est également le givre qui forme ces arborescences de glace que l'on observe, l'hiver, à f intérieur des appartements, sur les carreaux refroidis. Quand I'eau surfondue arrive sous forme de piuie jusqu'au sol très froid, elle s'y solidifie brusquement et le recouvre d'urie couche de glace continue: c'est le verglas. Quand le verglas est abondant, il peut constituer de véritables désastres. Ainsi, pendant le terrible hiver û78rïTgrle zz janvier t879, il est tombé dans la région de Paris une hauteur d'eau surfondue de gz millimètres. Comme la
(rz5)

L'AT}TOSPHERË
température était inlérieure ! * 26o,Ies arbres ont eu 1eurs branches rompues sous le poids de la glace qui les recouvrait.

Les fils télégraphiques, entourés d,une gaine glacée de 3z millimètres de diamêtre, ce qui représentait une charge de r ooo kilogrammes par kilomètre, se sont rompus et les communications ont été ainsi amêtées.

mal choisi et le phénomène n'a de commun avec le vergtas que la difficulté qu'il impose à la rnarche.

On appelle quelquef.ois verglas la surface glissante de la neige, à la suite de dégels et de regels successifs: le mot est

LA PLUIE EÎ L'INDUSTRIE. LA << HOUILLE BLANCHE ,r. O d La pluie ne se borne pas à fertiliser nos champs : elle nous apporte encore un autre bienfait, en nous apport€ût de l'énergie rnécanique. Frovenant, en effet, de la condensation de la vapeur d'eau

que contient I'afunosphère, par zuite de l'évaporation de la vaste surface des océans, la pluie donne naissance aux
mentés par I'eau des pluies I c'est à elle, et à eile seule, qu'ils doivent l'énergie mécanique que représente le courant de

torrents, aux rivières, aux fleuves. Ceux-ci sont donc ali-

leurs eaux, En un mot, la pluie est la génératrice de la << houille blanche >, de cette source de force à laquelle

et que les
syndiquée

tout le monde pense à mesure que nos houillères s'épuisent exigences croissantes de la main-d'æuvre

en auront rendu I'exploitation pratiquement

impossible bien avant Ia date de leur épuisernent

On a pu tenter l'évaluation de l'énergie mécanique que

et minutieux travaux, sont arrivés à cette conclusion: l'énergie représentée par les cours d'eau coulant sur le sol français atteint, en chiffres ronds, le nombre de -lO millions de chevaatc4tapeur par an.
de longs

représente, en France, le mouvement des cours d'eau. Les services des Ponts et Chaussées et des Mines, par une série

On peut arriver à cette même conclusion par des considérations plus simples: nous les empruntons à I'enseignernent du professeur A. Berget, qui les a développées dans

(ra6)

LA PLUIE, LA NËIGE. LA GRÉLË
ses leçons
phique.

de Ia

sorbonne et

de l,Institut

océanogra-

considérons
Soo

3oo mètres de hauteur jusqu'à ce qu,ils aient atteint le niveau de I'océan, terme de leur voyage. A coup sûr, il y aura de la perte, du déchet au cours de leur voyage, et toute cette eau n,arrivera pas à la mer: une partie pénétrera dans Ie sol par imbibition, une autre partie s'évaporera en chemin. Malgré cela, nous pouvons admettre avec les géologues que ra cinEztième partie de cette eau parvient à l'océan. on peut donc faire le calcu du travail dépensé par cette masse tombant de cette hau* teur: on trouve ainsi une disponibilité de dix miltions et demi de chevaux-lapear, chiffre presque identique â celui fourni par les statistiques des Travaux publics. Nous pouvons étendre nos calculs à la Terre tout entière La hauteur moyenne de pluie qui tombe sur la surface du globe est de 85 centimèkes, et la superficie des terres émergées est de r44 millions de kilomètres carrés. Il tombe donc, chaque année, sur les continents, un volume dreau égal à. r2z Soo ooo ooo ooo mètres cubes, ou un poid.s de rzz Soa millions de rnilliarcls de kilogrammes. D'autre part, I'altitude ,noyenne de tous les continents est de 7oo mètres au-dessus du niveau de la mer. c,est donc de cette hauteur que cette rnasse d'eau va << tomber D pour ariver jusqu'à I'océan. cela représente, pour une année, 8s 75o millions de milliards de kilogrammètres, ce qui fait, à raison de 31 536 ooo secondes par an, une somme de z 9oo milliards dekilogrammètrespar seconde, ou 3g milliards de chevaux-vâF€ur. comme nous savons que Ie cinquième

français est de 3oo mètres,

j ètendue sur surface du territoire, elle représente un volume d'eau de 4oo milliards de mètres cubes. Mais ces 4oo milliards de mètres cubes d'eau vont tomber jusqu'à la mer sous ra forme de cours d'eau. comme l'altitude moyenne du sol
la

tombe annuellement est de go centin:ètres

la superficie cre ra France : eile est de ooo kilomètres carrés. La moyenne de pluie qui y

ils vont ainsi tomber

de

(tzzl

L'AÏMOSPHERE
seulement de l'eau tombée du ciel parvient jusqu'à la rner, nor.ls n'aurons, comme disponible, que le cinquième de la puissance précédente, soit environ hait milliards de

cheuaux-vapeur ! Nous pouvons donc être tranquilles: nous aurons toujours de l'énergie disponibleo sans compter celle que fournira un autre facteur météorologique, te vent, soit directement, soit sous la forme des vagues qu'il soulève sur la mer et dont le mouvement ondulatoire représente une puissance formidable. Et puis, nous aurons encore I'utilisation mécanique des marées et celle du rayonnement solaire. Nous ne sorffnes donc pas près de manquer de << forces n.

CHAPITRE VItI

L'AT}I,OSPHERE ET L'ÉLECTRICITÉ
L'électricité atmosphérique._ ll Zes décharges électrîques. ll L'éclair. ll Le tonnerre. -ll Les formes ef Z.-es dimensilons des é:l.ai.rs. ll Lafoudre, le choc en-retour. ll L'ëctair en boule. ll
Ilëgltons et époques des orq.ges. ll Les trtoussières électrisées. Les qurores polairés. ll Les oides électriques.
ll

L'ÉLECTRICITÉ ATMoSpFIÉntqur.

ce sentiment de crainte en présence d'un aussi redoutable phénomène. Mais il n'est pas nécessaire que ces manifestations imposantes se produisent pour nous prouver la réalité de l'électricité afunosphérique. Si, avec un électromètre sensible, on mesure la tension électrique, le << potentiel r> de l'air à quelques mètres au-dessus du sol, on constate que sa valeur est plus élevée qu,au niveau du sol lui-même, et le potentiel, dans nos climaLs, s'accroît, en

tous été témoins d'un orage ; tous, nous avons

d o

Nous avons
épi:ouvé

moyenne,
I'air.

de roo volts à rzo volts par mètre d'élévation : c'est ce qu'on appelle le gradient électrique de
Comme on observe le même phénomène quand on s'éloigne << isolée >>, chargée d'électricité

d'une sphêre métallique

négative, on a été nahrrellement conduit à comparer notre
globe terrestre à une sphère conductrice, isolée dans I'espace

et chargée d'électricité négative. Quant à I'origine, à la

<< cause r> de cette charge négative, on en est encore réduit aux hypothèses. Disons d'abord que le r< charnp électrique >, c'e:t-à-dire la résultante rJe ia charge électrique de la Terre et des charges supplérnantaires que lui envoiefit, sous leurs diverses formes, les radiations solaires, ntest pas constant, mais subit d'incessantes yariations. lI y E" donc des causes

{rzgl
L'arMospttÈRr

j

L'ATMOSPHÈRE
également variables pour l'électrisation de ces causes est I'fozfsation.

l'air. L'une

de

L'ionisation de I'air est la séparation d'une molécute, électriquement neutre, en deux groupements atomiques' que I'on nomme des dons, I'un chargé positivement, I'autre n$gativement. Diverses raisons peuvent contribuer à ioniser les gaz: les rayons ultra-violets, les rayons X, et surtout

les rayons émis par les phénomènes de la radioactivitét

découverts en 1896 par le génie d'Henri Becquerel, et dont

Curie, en r8g8, a tiré le si britlant corollaire qui s'appelle Le radtam.Or, on a découvert depuis lors qu'il existait, dans I'air, des zoze ou charges électriques libres. Le sol, chargé
négativement, repousseles ions négatifs et atl;ire, au contraire, ies ions positifs: on comprend donc ainsi que l'air conserve un excès d'électricité. Et I'on comprend également l'électrisation des nuages, entretenue, d'ailleurs, par I'action des rayons ultra-violets qui ne sont pas absorbés par les couches transparentes de la haute atmosphère.

TONI,IERRE. a a Quand deux nuages chargés d'électricités contraires arrivent à proximitél'un de I'autrerta < tension i> électrique, la << différence de potentiel > qui existe entre eux donne naissance à une décharge électrique tendant à les ramener à l'état neutre en égalisant leurs Poten' tiels. cette décharge se manifeste par une étincelle qui s'appelle !'éclai,r I cette étincelle est accompagnée d'un bruit terriblequi s'appelle letonnerre, et qui est accomPagné d'un roulement, d'un < grondement > très caractéristique. L'inte,vallc de ternps qui sépare le moment où jaillit l'éclair de celui où I'on commence à entendre le bruit du tonnerre permet de connaitre la dtstance à laquelle il a éclaté. Il suffit de se rappeler que la lumière se propage' pratiquement, d'une façon instantanéc: elle chernine, en effeÇ à raison de 3oo ooo kilomètres par seconde, tandis que le son, beaucoup plus lent, ne parcourt, en une seconde, que 3go mètres. Il met donc, pratiquement, 3 secondes à (rgo)

LES DÉCHARGES ÉlecrRtQuEs: L'ÉCLAIR

;

LE

L'ATtrIOSPHÈRE ET L'ÉLECTRICITÉ
parcourir un kilomètre. En comptant sur une montre à

le temps écoulé entre I'apparition de l'éciair et le début du coup de tonnerre, on pourra conclure que l'éclair a jailli à unc distance égale à autant de rois 33o mètres qu'on a compté de secondes entre les deux phénomènes. Quand l'éclair apparaî'; à une distance trop grande pour que nous puissions en entendre le bruit, on a ce qu'on appelle des orages muetsrou éloign3s, dont les éclairs, qui illuminent au loin les couches d'air à l'horizon, s'appellent alors des éclairs de chaleur.
secondes près de nous ; la plupart du temps, it est constitué par unroulement analogue àcelui queproduiraient de lourds caissons d'artillerie roulant sur un pavé sonore, mais avec une intensité beaucoup plus grande. Ce roulement provient en partie d'éehoq terrestres ou aériens: il est très intense dans les vallées encaissées entre de hautes montagnes Mais il provient, par ailleurs, du fait que le son ne fait que 33o mètres à la seconde, alors que la lumière se propage instantanément. Dès lors, le bruit produit à I'une des extrémités d'un très long éclair n'arrive à l'oreille que plusieurs secondes apres celui qui s'est produit à I'autre extrémité, et après ceur qui, de proche en proche, se sont produits dans l'intervalle, sur toute sa longueur.

jaillit tout

Le brait du tonnerre ntest sec que lorsque l'étincelle

LES FORMES ET LES DIMENSIONS DES ÉCI.AIRS. Les éclairs ne sont rectitgnes que dans le cas où la distance entre les derrx nuages électrisés est très petite.

o p

La plupart du temps, ils ont une forme sinueuse, et, le plus souvent, cette forme est arborescente. En tout cas, lamats ils ne rnontrent cette apparence de Z, de zigzago que les peintres représentent dans les foudres qu'ils font lancer par la main de Jupiter tonnant. Les photographies
que nous en reproduisons donnent une idée exacte de leurs aspects variés à I'infini. La durée de l'éclair est comprise

entre

r.rn

Çuan1

millième et un trente-millième de seconde. à lcur longneur, elle est parfois énorrne et peut

(tlt )

L'AT]YlOSPHÈRE
atteindre plusieurs kilomètres. Elle se détermine facilement et c'est une expérience que ie conseille à tous nos lecteurs de faire, au moins une iois. Voici comment on opère: Par une nuit d'orage, on ouvre -'obturateur dtun appareil de photographie, chargé, et on tourne I'objectif vers la région du ciel où se montrent les éclairs. Aussitôt que l'un d'eux a jailli, onferme I'obturateur d'une rnain,

par la photographie,

et de I'autre, on déclenche la trotteuse d'un compteur à seci .O k o k

condes, que I'on

[)

.{,

stoppc dès qu'on entend le bruit du tonneffe. Cette seconde opération permeÇ cofirme nous I'avons vur de connaître ta dl's-

tance

à laquelle trouve l'éclair.

se

On développe alors Fig. 52. Comment an détermine -Ion{uear d'an éclair,
lcr

la plaque et I'on mesare sur l'épreuve la

mèhes. Comme on conneît, d'autre part, la distance de l'éclair et la dtstance f ocale de I'objectif, on voit, par I'exemen de la figure 54, qu'un simpie calcul de proportion fera
connaître la longueur inconnue de l'éclair ; c'est un problème de géométrie tout à fait élémentaire. Lenombredes éctairs au cours d'un oragepeut êtreénoffneDans certains orages tropicaux, on compte souvent un et deux éclairs par seconde ; au Bengale, on en a observê jusqu'à huit cents par minute; on a,, alors, i'impression d'être au milieu d'un bombardement continrr"

iongueur de l'funsg. de I'éclair en milli-

(tszl

EN ( BOULE > o a Q:uarrd la déctrarge électrique se fait entre un nuafie éleetrisé et ra cerre, on 'l;t gue < le tonnerre est tombé I et que ''on a observé un ( coup de foudre >. De tous les accrdents que peut produire I'atmosphère, la foudre est eertainement I'un des plus effrayants: on a vraiment I'impression d'être en face d'une force supérieure, 'contre laquelle toute lutte est impossible. La foudre incendie les arbres et les édifices, fond res métaux. hre les hommes

L'art[osPHÈRE ET l'ÉLpcrnrcrrÉ I-A FouDRE. LE cnoc EN RETouR. t'Écl.etR

Fig. 53.
et les

-

Figure expliquant ie < choc en retour
Ses effets

>'

sont aussi capri"iegn que terribies ; de moutons sur lequel s'abat la décharge, dans un troupeau un seul, par et(emple, sera foudroyé, alors que ses voisins

anlmaux

électriciens ont établi que, sous une tension de r rooooo volts, un arc jaillit entre deux pointes dès que leur distance est égale ou.inférieure à zm. 50. Quetle doit donc être la tension qui donne naissance à des éclairs de ro kilomètres de longueur? Sans doute des mi.ltiards de uolls I Sur ces bases, on peut évaluer l'énergie d'un coup de

objets fondus par le tonnerre, on a pu caiculer la quantité d'énergie mise en jeu par un coup de foudre : I'intensité de la décharge est de l'ordre de grandeur de roo ooo ampères. La tension doit en être effrayante' car les ingéirieurs

seront indemnes

!

D'après des mesures effectuées sur

des

(tss)

L'TtTmOSPHERE foudre à z8 ooo kilowatts-heure, ce qui, à 5o centimes le kilowatt-heure, représente une valeur s coûtrnerciale r>
I'on a observé huit cents éclairs par minute, soit plus
de 14 ooo francs. Si I'on réfléchit à ces orages des Indes ôù
de

treize pÉr seconde, on voit que cela fait rz oao éclairs en un quart d'heure, et que cela représente, penda^nt cette courte durée, plus de rgo miilions de francs I Arriverat-on jamais, je ne dis pas à << capter >>, mais à << asservlr r> cette formidable énergie de la Nature ? C'est le secret de la
science de demain

Parfois, Ia décherge prend la forme d'une boule de fea, de la grosseuf, d'une orange, qui se promène lentement et finit par éclater avec un bruit terrible et en produisant de
graves dégâts : c'est l'écla ir en b oale, dont l'existence af firmée par de nombreux témoignages n'est plus discutable, mais dont I'enplication derrreure enveloppée de mystère. C'est un des problèmes non résolus de la Météorologie.

On peut être foudroyé par l'effet tl'un coup de tonnere
sans recevoir directement la décharge qui frappe simplement un objet relativement étoigné. En effet: un homme, placé sous un nuage orageux électrisé positivement par exemple, se trouve soumis à son influence: l'électricité négative est attirée vers le nuage et se répand dans sa tête et sa poitrine, alors quel'électricité positive estrepoussée vers le sol (fu. 53).

Si, alors, ie nuage, en

avec assez d'instantanéité pour provoquer sa mort: il est atnd, foudroyé sans avoir été touché par la foudre. C'est te choc en retour. On a cherché à préserver de la foudre les objets placés à la surface du sol: on a, dans ce but, construit des paratonnerfes. Ce sont des tiges de fer, terminées par une pointe conductrice de l'électricité. en cuivre rouge par exernple, et communiquant parfaiternent avec le sol par I'interrÉrédiaire d'une barre métallique. Quand un nuage électrisé, que nous supposerons positif, passe au-dessus de cette (rs+)

se déchargeant sur un objet voisin, est ramené à l'état neutre, les deux électricités se recombinent instantanément, à travers le corps de I'homme,

L'ATIVIOSPHÈRE ET L'ELECTRICITE fige, il décompose le fluide neutre, attire dans lia pointe l'àlectricité négative et repousse dans le sol l'électricité

positive. Mais 1es pointes ont la propriété de laisser écoaler

i'électricité qui les charge. L'électricité négative va donc s'écouler par 1a pointe du paratonnefÏe et, en se déversa^nt sur le nuage, ramènera celui-ci à fétat neutre. L'expérience a prouvé I'efficacitê du paratonnerre qui protège les objets dans l,étendue d'un cône dont le cercle de base aurait un rayon égal à la hauteur de la pointe au-dessus
du sol.

RÉGIoNS EÎ ÉPOQUES DES ORAGES. d o Toutes les parties de ia Terre ne sont pas également traitées au point de vue des orages. Dans la zone équatoriale, il y a ies régions où, à la saison des pluié, on obselre des orages journaliers, l'après-midi ou pendant la nuit; à

mesure qu'on s'écarte des tropiques pour aller
mêmes, ils sont très rares. Ils

vers

des tatitudes plus hautes, les orages deviennent de moins

en moins nombreux, êt, dans les régions

polaires

sont très rares aussi dans les déserts corune le sahara, I'Arabie, etc. Ils sont, en général,

plus fréquents en montagne qu'en plaine; plus nombreux à f iotéti"ur des terres que sur les rivages maritimes' Leur fréquence varie égalenrent avec les saisons. Dans les
régions équatoriales,

ils sévissent surtout pendant la saison les régions tempérées de I'hémisphère Dans pluies. dei nord, ils ont lieu surtout en été sur les continents, en hiver sur les océans et sur les côtes. Les orages d'été éclatent surtout i'après-midi, ceux d'hiver au cours de la nuit' Les orages << voyagent >, contrairement à l'opinioo cou' rante gui voit en eu:Ë des phénomènes essentiellement locaux. En étudiant les cartes météorologiques, on peut voir I'espace parcouru paf un même orage: cet espace atteint

et dépasse parfois 5oo kilomètres. Quant à la vitesse avec hquelle se fait ce déplacement des orages, e1le varie entre ro et 6o kilomètres à I'heure. La forme caracteristique des isobareE qui traduisent les (tas)

L'ATIYIOSPHERE
variations barométriques pat temps d'orage est de présenter des << poches >> en forme de V. Si l'on réunit les pointes de tous ces V des isobares consécutives, on obt':ent une ligne courbe appelée tigne de grain qui' dans nos régions, balaie de I'ouest à fest une grande étendue d' pays. Comme les côtés de ces V, emboîtés les uns dans les autres, sont très rapprochés, on comprend que Le gradienl élevé qui en résulte donne naissance à ces vents dtune violence enceptionnelle qui caractérisent I'apparition, heureusement assez courte
de ces graims.

LES POUSSIÈRES ÉIECTRTSÉES. LES AURORES POLAIRES. LES ONDES ÉlecrRtQUES. d û Le Soleil, avons-nous dit, est la cause principale de l'électrisation des nuages. Mais il a encore une autre manière d'enercer
sur l'atmosphère une action électrique :
ce

sont les Poassrères

qu'il lance jusqutà nous.
Les éruptions formidables dont cet astre est le siège continuel lancent dans I'espace un infinité de corpuscules, de grains de poussière qui sont électrisés négativement' Par suite de lapressionque les radiations de l'astre exercent sur ces particules très petites, celles-ci peuvent être chassées loin de iui avec une force qui dépasse celle de l'attraction qu'il e:rerce sur elles. Elles parcourront donc I'espace, arriveront au< couches supérieures de I'atmosphère terrestre, où elles apporteront leur charge négative, tout en rcndant luminescentes ces masses d'air très raréfrées. Alors, elles y engendrent le sompfueux phénomène de-s aurores polaires, visible surtout dans les régions qui entourent les pôtes magSétiques du globe, car ces pôles, centres d'attractions magnétiques, attirent autour d'eux les particules électrisées dont la chute y est, par suite, plus abondante. Si cette théorie est exacte, les aurores doivent être plus fréquentes aux époques où I'activité du Soleil' passant par un maximum, émet un plus grand nombre de ces particules électrisées. Ces époques sont, effectivement, celles où le nombre des taches de l'astre est mærimum.

(rs6)

PL, 26, PAGE 136.

UN on.r,cr I SlrNr-Vrvrnu-MÉpoc, GInowon. La loudre tombant sur le rnoulin de Seignad'ey.
I'eruospnÈna.
PL. 27, PAGE I37.

L'ATMOSPHERE

ET L'ÉLECTRICITÉ

Mais, onaPu calcalerle temps que ces particules, chassées par la pressiàn de radiation, devaient mettre pour atteindre la Terre: on a ttouvêquarante'ctnq heures'Ot, l'obserttation a montré que lorsqu'une itache d'une grandeur excePtionnelle passait au méridiet àe I'astre dirigé sur la Terre' on pouvait observer, quarante'cinq heures et demie après ce pas sage, une perhrrbation importante dans les indications des boussoles. C'est une magnifique vérification des idées nouvelles sur !a constifution du soleil et le mécanisme de

son rayonnement. Le Soleil émet en outre, selon toute probabilité, des ondes éIectriqaes: un astronome distingué, Ch' Nordmann, s'est fait le défenseur de cette hypoth)se. Et si I'on n'a pas encore pu vérifrer directemenf l'e<istence de ces ondes dans les iadiations solaires, on en a, du rnoins, une preuve indirecte depuis leprodigieux développement de la télégraphie sans fil' bn effet, des perttrrbations fréquentes et inexplicables autrernent viennent souvent troubler les messages de T. S. F., comme si des ondes inconnues venaient se mêler aux ondes de transmission et en altérer la marche. ces ondes ne seraient-elles pas celles qui viennent du Soleil ? Autre chose encore.Quandon emploie des ondes de faible longueur, les distances qu,elles peuvent franchir sont plus gr.ttd"" la nuit que le jour, tandis que la < portée > diurne ou nochrrne est sensiblement la même pour les ondes de trèsgrande longueur. Quandon emploie des ondeS qui cheminent dans le sens est-ouest, les portêes sont plus faibles que dans le sens nord-sud. Pourquoi ces différences ? et ne

devrait-on pas en chercher I'explication dans les

ondes

émises par le Soleil où les formidables décharges électriques

dont l'astre est le siege doivent certainement en produire
abondamment?

Disons enfin, pour terminer ce chapitre, que les éclairs orageux çont des centres d'émission d'ondes électriques d.e longueurs essentiellement variabtres, et également perturbatrices des messages. on se sert de cette propriété pour
< détecter >r

au loin la présence des orages' (tsz)

LE

CHAPITRE IX VET.TT ET SES VARIATIONS

d,a vent'. ll Le vent ef ses caases. ll .Les variqtions périodiques particu11- Zes ae.nts Lq succession des Tî"i" t ià to;,au P9"è' brises -de montagne et les toià'-jbni. 1; zes î;lr-""i ^;ilràt, i"tiee. ll Vi:nt de t'erre et vent de mer' )1. +" nature bri;"; ià -'

ïiiuii;|îà

iigà)"" àtmosphériques. ll Le vent et I'aéronaute'

SES CAUSES. O A Le vent est le phénopaf le déplacement des masses d'air d'un occasionné mêne

LE VENT ET

point à

''

autrÀ de I'atmosphère. Gomme les différ'ents pérature,

Pornts de celle-ci ne sont

jamais à la même tem-

il s'ensuit que la densité des masses
gazeuses ne sera iamais

la même en ces Points. 11 y aura donc mouuepoints où la densité est ia plus haute vers ceu:r
f

ment de

ces masses des

où la densité est aible.

la

Pius

sibilité matérielle à un
mosphère, où le vent est, au contraire et nécessairement, le régime général'
Ondésigne le vent parle point de I'horizon Fig. 54. - Une rose des uents, équilibre statique de I'at-

Ilya

doncuneimpos-

d'oùilsouffle'

un vent du nord sera unventvenant dunord et soufflant vers le sud. Une figure très simple, la rose des vents (fig' 5+), indique les trente-deux directions par lesquelles on a subdivisé te tour entier de i'horizon. Quant à I'inlensfté ûr venÇ
(rs8)

LE VENT ET SES VARIATIONS
elle se mesure par sauf{esse en mètrespar seconde ou Par la press/on, mesurée en ki!.ogrammes, qu'ir exerce PerPendiculairement sur une surface d'un mètre carré' Les deux mesures reviennent, d'ailieurs, I'une à l'autre, la pression étant proportionnelle au ca.,:ê de la vitesse. Ces intensités du vent se répartissent sur une échelle de ro numéros, de o à g, appelée écheltetétégraphigae.Les vents correspondants sont figurés, sur les cartes, par de petites flèches aboutissant à la station où l'obseryation a été faite, et pourvues d'un nombre de < pennes r> variable avec le numéro du vent considéré. Voici le tableau de ces
nombres et de ces lignes.

TABLEAU DES INÎENSITÉS
VENT

EÎ DES

VITESSES DU

NuuÉnos.

Nous.

(en !ûètres-sec.).

Y1lll'l . I
o-rlo
I-2 I
I

s"""o"'.

o

2 .........
3

r .........

.......

.

.

calme
1éger

.....-... 4...----.. 5 .... ... . . 6......... 7.,....... I ......... 9 .........

très faible
faible
modéré assez fort

très fort violent
tempête

fort

4-6 6-8 8-ro ro-r4 r4-r8 t8-ZZ plus de zz

2-4

orH

| | I | I | I

o-t cr o-uu c--trJJt o-t"t tuu-!7t

llJtJJJt-

Dans les nouvelles cartes de I'Office météorologique,
les pennes sont de longueurs inégales, petites ou grandes. Une petite vaut une unité de !'échelle télégraphique; une grande vaut deux unités. Rappelons que le météorologiste Gabriel Guilbert a basé sa méthode de ia prévision du temps sur la notion du vent normal. Et I'on appelle vent normal celui dont

le

numéro d'intensité, dans i'échelle précédente, est
(tsp)

h

L'AT]I{OSPHÈRE double du nombre qui exprime le gradient mesuré
millimètres par degré géographique lvoir chap. IV),
LES VARIATIONS PÉRIODIQUES DU VENT. d observations du vent faites au niveau du so.l ou

en

par seconde.

augmentation est rapide. c'est ainsi qu'à paris la vitesse moyennq au niveau des toits, est e m. 15 par seconde pour I'année entière, tandis qu'au sommet de ia Tour Eiffer, elle atteint ia valeur quatre fois plus forte de g m. 7o. cette dimrnution de la vitesse près du sor est ie réiurtat du s freinage D exercé sur la masse d'air en mouvement par le frottement que iui imposent les nombreux obstacles qui hérissent le sol terres'ire. Ei elie fait comprendre pour_ quolr au-dessus de ;a surface unie des lacs ei des mers, le vent est tou'ours plus rort que suf terre au même moment. Mais cet accroissement de vite,.se avec ra hauteur n,est pas uniforme: il paraît subir wtminimurn à un certain niveau pour augmenter ensuite aux grandes altitudes. Ainsi, la vitesse des cirrus, cesnuages régers qui flottent dansl,air entre 8 ooo et ro ooo mètres, est au moins de 3o mètres

que nous allons rappeler. D'abord, la uitesse duvent augmente avec ra haateuret, quand on ne s'éiève pas beaucoup au_dessus du sol, cette

hauteur ont permis d'énoncer quelques rois rntéressantes

à

d

LES

faibre

vefs rr heures) et re nord-ouest (le soir vers rr heures). La vitesse du vent subit une variation diurne très nette. gette vitesse, assez faible la nuit, augmente au lever du soleil, devient manimum après midi pour décroître sensiblement vers le soir. L'arnpiitude, l;importance de cette variation pendant l'été est au moins le dôuble de celle que
I'on observe I'hiver. ces résultats sont ceux que I'on observe
(r+o)

riation régulière. Au sommet de la tour [3oo mètres) où moyenne du vent est ouest-nord-oues! erle oscille généralement entre I'ouest-sud-ouest (le matin

Dans une station bien dégagée de tous côtés, comme la Tour Eiffel, la direction du vent subit chaque jour une va-

la directiofl

LE VENT EÎ SËS VARIATIONS
près du sol; mais, aux stations élevées, ils sont exactement

contraires. Ainsi, à la Tour Eiffel, on observe un minimum très marqué aux environs de mid:, et un maximum, très accentr.lé égarement. pendant la nuit. Si I'on cons;dère l'année entière, dans les atihrdes moyenf,€sr et, en particulier, dans nos régions, Ia v:tesse du vent est plus grande l'hiver que 1'été. A la Tour Eiffel. la vitesse pendant I'hiver est, en rnoyenne, de ro rnètres par seconde, alors qu'elle n'est quç de 8 mètres pendant ies mois chauds. A Paris, au niveau des maisons, la différence est de même sens, bien que moins tranchée: la v:tesse du vent y est, en moyenne, de z rn. 50 en hiver et de e mètres en
été.

LA SUCCESSION DES VENIS. LA LOI DE DOVE. o a Au cours d'une fluctuation barométrique, par exemple iors du passage d'une dépression, ies vents, au-dessus d'un
même lieu, ne conservent pas une direction invariable: ils varientn et cette variation semble, au premier abord, absolurnent capricieuse. Cependant, elle obéit à une loi: c'est ta loi de gyration, gue I'on appelle loi de Dave, du nom du météorologiste qui I'a énoncée pour la première foisau comrnencement du xlxe siècle. Cette loi est 1a suivante:

En général, dans

les

pays de l'Earope oeeidentale et

de la lVIéditerranée, Ies directions saccesseyes des vents se font en toarnant < ù droite >, c'est-à-dire qu une grrouette, qui accuse par son orientation la direction du vent, semble tourner d ans I e sens des aig uilles d' une montre, Cette loi a été déduite de nombreuses observations. Dove en a trouvé ies confirmations dans les récits de: batailles navales des siècles passés, et jusque dans l'Ecèlésiaste. On peut, aujourd'hui, la démontrer en partant de ta considération des circuits atmosphériques dont Maurice de Tastesfut f initiateur. Nousne donnons.pas cette démonstration qui sortirait du caore de cet ouvrage, rnais nous pouvons dire que ta lo;. de Dove est une des plus générales de la Mêtéorologie dans nos climats,

(r+r)

sont soumises à des vents régionaux dont on peut, aujourd'hui, expliquer le mécanisme. L'un des plus connus est ie rhistro,t qui souffle du nord et du nord-ouest elr Provence. Le rnistral se produit quand il y a basse pression en Méditerranée et haute pression sur le centre rle ia France. Alors les vents descendent vers la mer, très violents, canalisés par le couloir de la vallée du Rhône ; ils sont froids parce qu'iis viennent du plateau central, et paraissent d'autant plus froids qu'ils arrivent dans des régions habituellement plus chaudes. Mais il y a un point obscur dans l'histoire du mistratr : ce vent souffle, en effet, pendant des périodes de trois, six ou neuf jours. Pourquoi ? c'est encore un mystère de la Météorologie. Tout à fait analogue est Ia bora, cr: vent violent qui souffle dans i'Adriatique. Il a la même orig.ne : basse pression sur cette mer, hautes pressions sur les montagnes environnantes. La même enplication donne, la raison d'être du vent d'aata,n en Gascogne, du sfroc,:o en Afrique, de t'harmattan au Sénégal. Le læhn est un vent spécial, souff,ant du sud, véhiculant des masses d'air chaud qui, arrirrant d'Italie dans les vallées de Suisse, y élève la tempérafirre au point d'y iondre les neiges et d'y causer ainsi de redoutables avalanches. On en avait jadis cherché l'eqtlication dans un prolongenent du sirocco africain arrivant jusqu'aux Alpes. Mais on a observé le fæhn au Groenland, ce qui rend inacceptable l'e:rplication précédente. C'est la physique qui a donné lia solution du problème : la voici da.ns t:ute sa simplhité et dans toute sa rigueur. Quand le vent souffle du sud vers ies Alp:s, il est chargé d'humrd.té, ayant passé au-dessus de la Méditerranée et des piraines de la Lombardie. Forcé de s'élever sur ies pentes méridionales de la grande ctraîne de montagnes, il se refroidit, mais seulerrrent d'un degré par 2oo mêtres d'é1évatiocr à cause de la condensation ggeduelle de ira vaPeur (t+a)

L'ATMOSPHÈRE LES VENTS PARIICULIERS: LE MISTRAL, LA BORA, LE FOEHN. a o Certaines régions de la Terre

I
i

dteau qu'il contient (voir

LE VEI\TT ET SES VARIATIONS au chapitre III). C'est à l'état

de vent sec qu'il franchit les cimes pour redescendre sur les versants suisses. Mais alors, étant sec, il se réchauffe d'un

I
i I

i

bre de degrés doable de celui dont il s'est refroidi à ia montée. C'est donc à l'état de vent chaad qu'il arrive dans les vallées helvétiques, et qu'il y produit les effets
précités.

degré par roo mètres. Son réchauffement est donc d'un nom-

I

t

I
I I
I

LES BRISES DE MONTAGNE ET LES BRISES DE VAL. LÉE. LEVENÎDETERRE ETLEVENTDE MER. O A

Une ecplication simple permet d'expliquer les vents particu-

liers appelés brdses de montagne et brfses de valiée.

Consid érons
(fig. SS) unemontagne élevant son
sommet au-dessus d'une vallée, et supposons la nuit
de

Frg,55.

- Brise de montagne,

un air plus transparent, se refroidira plus vite que la vallée, proté$ée contre le rayonnement par son humidité. L'air froid des hautears descendra donc vers la vallée plus chaude, en y amenant cette condensation de I'humidité qui constitue le brouillard
que I'on y observe le soir. Cette descente de I'air est laôrzse de montagne. Inversement, 1e matin, la cime, recevant plus de ctraleur du Soleil à kavers un air plus transparent, s'échauffe plus vite que ia vallée; I'air de celleci va donc remonter le long des flancs de la montagne en y amenant la condensation de sa vapeur qui s'y précipite sur Ia forme d'rxt collier de nuages que I'on voit souvent dans les Alpes : c'est la brise de val-

venua Lesommet la montagne, rayonnant dans

fée (fig. 56).

(tes)

L'aT$ôspuÈnr
On peut observer, au bord de la mer, des phénomènes analogues. Le matin, la terre s'échauffe plus vite que la

rner, dont

la

capacité pour

'a

chaleur est considérable.
laterre,par rayon-

Le vent soufflera donc de la mer moins chaude vers la terre plus chaude: c'est la brise de mer. Le soir, au contraire, nement, se refroidirabeaucoupplus vite que Ia mer.

Collier de nuages.

v

\ $-->- -\---Fig. 56.

L'airfroid descen-

dra donc de
terre.

la

terre vers la mer: c'est la brise de

- Brise

de vallee.

VAGUES ATMOSPHÉzuqUES. a o Dans tour ce qui précède, nous avons considéré ie vent comme étant un déplacement continu et régulier des masses d'air d'un point à un autre de l'atmosphère et nous avons, implicitement, assimilé le,courant aérien au courant d'un fleuve coulant entre ses rives avec une vitesse bien, déterrninée. Mais ce n'est 1à qu'une première et grossière approximation. C'est cèlle dont la Météorologie s'était contentée jusqu'à ta naissance de la navigation aérienne. Cette nouvelle conquête du génie humain exige une étude plus serrée de l'atmosphère, et l'onpeut dire que l'antiation aura'nécessité

LÀ NATURE DU VENT. LES

une transformation, une rénovation de la Météorologie qui se bomait jusqueJà, à un ensemble de statistiques. L'observation montrg en effet que le vent réel est un phénomène essentiellement irrégulier. Considérons deux
girouettes, deux anémomètres instailés

de distance I'ufl de i'autrq soit dans le sens vertical, soit dans ie sens horizontal: jamats les deux instruments ne donneront, au rnême mom€nt, la mêrne indication, qu'il s'agisse de la direction du vent ou de son intensité,
(r++l

à

quelques mètres

produit. Or nous voyons de véritables ( vagues D parcourir la surface des épis, montrant ainsi la discontinuité du vent qui les fait naître.
le vent qui la

Examinons un champ de blé dont les épis sont courbés par le vent. Si celui-ci était rfuulier, les épis auraient tous la même inclinaison et la conserveraient tant que durerait

.

LE VENT ET SES VARIATIONS

Rappelons-nous ce que nous entendons dans nos demeures,

lorsque le vent souffle en tempête: le bruit n'est pas un son soutenu de hauteur uniforme, conune cela devrait être si le vent était régulier : c'est une sorte de << hululement r> saccadé, avec des alternatives de renforcements et d'affaiblissernents qui ne font que traduire, par leur intermittence, la discontinuité du vent qui les produit. Aussi Le vent, tel que le définissent les météorologistes, n'est qu'une << fiction >. Nous devons, au contraire, nous figurer I'atmosphère comme étant, à I'instar de I'Océan, le siège d'une véritable << houle aérienne r>, mais d'une houle infiniment plus complexe que la houle océanique localisée à la surface des rners, alors que la houle atrnosphérique se transmet dans toute la masse gazeuse qui

Et l'étude de cette houle aérienne est d'autant plus difficile qu'elle met en mouvement des molécules de gaz, qui sont, par leur nature mêrne, invisibles à
enveloppe la Terre.

nos regards. Le météorologiste qui se borne à étudier le vent comme Irn ( courant d'air> à régime perrnanent commèt la même faute que commettrait un marin qui considérerait l'état de la mer cofirme défini Par un courartt, le Galf-Stream, par exemple, et qui ferait abstraction de la houle et des vagues qui sont, pourtant, les principaux dangers contre lesquels il aura à lutter au cours de ses voyages. Bien qu'elles soient invisibles à nos yeux' ces uc3rlres atmosphériqaes créées par la houle aérienne deviennent, cependant, observables à certains instants, quand l'air à travers lequel elles propagent leurs longues ondulations est nébuleux, c'est-à-dire chargé de gouttelettes liquides qu'il tient en suspension. Alors, ces gouttelettes, pareilles
(r+s)
Cem,rospnÈnr
IO

f,'ATIIIOSPHERE
aux grains' de poussière dont on parsème la surface
des

ptaques vibrantes dont on veut éttrdier le régime vibratoire, staccumulent aux næads de vibration. Et ceux-ci sont, de la sorte, rendus visibles par de longues traînées de petits

nuages blancs, par de longues bandes nébuleuses parallèles qui donnent au ciel I'apparence d'un vasf,e champ
labouré.

.

Ainsi la houle aérienne existe. Un avion volant est donc dans la sihration d'un bateau qui.voguerait sur une mer soulevée par des iragues, avec cette différence qu'il ne voit pas les vagues contre lesquelles il aura à lutter. Il est'

ainsi dans les mêmes conditions qu'un pilote aveugle qui ne verrait pas venir les vagues susceptibles de mettre
son navire en danger.

LE I/ENT ET L,AÉRONAUTE. a d Le vent est donc le facteur principal dont devre tenir comptè le navigateur de I'air au cours de ses voyages, ou dans leur préparation ; I'aviateur doit connaître la vitesse du vent probable qu'il rencontrera pour faire la route. Quand un navire aérien est dans l'atmosphère, il marche antec le vent oucontrele vent. Da^ns le premier casrla vitesse du vent s'ajoute à celle de son engin; dans le second ces, elle s'en retranche. Il est donc essentiel de connaître les
résultats de l'observation des vitesses du vent et du nombre de jours de I'année où soufflent des vents de vitesse déterminée. Ces déterminations ont été. faites par le colonel Renard, à l'établissement d'aéronautique militaire de Chalais-Meudon. Elles sont résumées dans le tableau
suivanL L'examen de ce tableau est très instructif. Il nous montre que la vitesse du vent de r44 kilomètres à l'heure, crestà-dire en tempête, est une vitesse critique et que I'on a r ooo chances sur rooo de trouver un vent plus faible; la quatrièrne colonne nous montre que, en moyenne, 365 jours par an, le vent souffle à une vitesse moindre. (r+6)

-

-

LE VENT ETïSES VARIATIONS
Vitesse du vent

par

en Bètres
seconde.

Vitesse du

en kilomètres à I'beure.

veot I d'avoir un verit

Probabillté (en millièmes)

I I

plus faible que celui des

Jours par an otr souffle un vent plus faible

Nombre de

deux

que celui

des

premières colonnes.

r8
36
54 72 9o

I

ro8

rz6 r44 t6z
1-:

mètres

Or, aujourd'hui, les avions font couramment eoo kiloà I'heure: certains << records n ont même dépassé

;l-

:l

paf an.

la vitesse de 4oo. On voit donc que les avions peuvent, pratiquemenÇ voler tous les jours de I'année. Quant aux dirigeables, ils peuvent fournir reo kilomètres à llheure. Donlc ils pourront sortir, en moyenne, plus de 363 jours
L'étude du vent au voisinage du sol a montré que c'est
'":l

près de terre qu'est le danger pour I'aviateur. Près du sol, en

effet les courants d'air horizontaux sont réflécftis verticalerrent par les accidents du terrain, lep collines, les constructions. C'est donc dans cette région que se rencontreront ces remous, ces courants d'air ascendants qui peuvent prendre un avion par dessous et le retourner complètement. Au contraire, c'est aux grandes altitudes qu'est la sécurité du navigateur aérien, qui y rencontre un régime rëgulier. Si la houle aérienne s'y manifeste, c'est un phénomène périodique, et, par conséquent, régulier également. Disons enfin que c'est en utilisant les vagues aériennes que les oiseaux utilisent ce a vol à voile n qui est, aujourd'hui, l'ambition
des aviateurs.

{zqtl

L'AT1VTOSPHÈRE
Avec un sens que I'homme ne possède pas,meis que, sans doute, I'oiseau possède, celui-ci < sent n ltarrivée de tra vague atnosphérique, et se laisse enlever sur se crête invisible. Ainsi élevé, il acquiert de l'énergie potentielle et peut redescendre ensuite conhe le vent, en utilisant à la fois son poids et la résistance de I'air sur la surface de ses ailes

convenablernent graduée. C'est l'éttrde de ces lois de la < dynamique de I'air n qui doit être à la base de toutes les recherches théoriques indispensables aux progrès de le navigation aérienne.

X L'ATMospHÈne ET LA rumrÈns L'aTmospnÈnn ET LE soN
CT|TAPTTRE

Le < bleu > du eiel. ll La réfraction atmosphérique, ll I,e

déplacement apparent et la déformation des objets. n I*" mira4eg ll L'arc-en-ciel. I Les couronnes et les hclos, ll Le son et I'u:tmosphère. ll L" ,éf3ii:i"t"1T"":; tes échos; les < zones

LE s BLEU D DU CIEL. o a La première chose qui ,nous frappe quand nous regardons le ciel, c'est sa couleur bleue, dont il faut chercher l'origine dans I'air gui nous €nvêloppe, dans cet air qui est le milieu interposé entre nos
yeux et les espaces
célestes.

D'ou vient cette belle couleur bleue? De la diffasion
qu'imposent aux rayons lumineux les particules très petites que I'air tient en suspension: on aperçoit matériellement ces poussières que I'on voit danser sur le trajet d'un rayon de lumière pénétrant dans une chambre obscure par un trou
du volet, Aussi la lumière du Soleil' cette lumière < blanche >,

formée en réalité d'une foule de radiations visibles allant du violetau rouge, ast diffuséeparces corpuscules; mais la diffusion sera d'autant plus grande que la longueur d'onde
de la lumière diffusée sera plus courte, c'est-à-dire plus voisine du bleu et du violet. On peut donc en conclure que la lumière diffusée par les poussières en suspension sera plus riche en rayons bleus et violets qu'en rayons jaunes et rouges. Et voilà

pourquoi le ciel, vu à travers I'atmosphère, nousparaît bleu. Pourtant, dira-t-on, les poussières n'abondent que dans

; eÇ cependant, quand on s'élève en montagne ou en avion, le ciel parait ptus bleu Ësrcûrê. Pour quelle raison I Ctest que, à ces altitudes, s'il n'y a plus de poussièrêB rrtêté.
les coudres basses de I'atmosphère

(r*g)

L'ATTVIOSPHÈRE
rielles, il restedu moins Iæ molécales matérielles des é1éments de Itair: azote, oxygène, etc. Par des expériences d'une délicatesse er*rême, on a pu vérifier leur eristence réelle ei les dénombrer I ainsi, dans chaque centimètre cubed'air à la pression ordinaire, il y en a, en chiffres rondsr environ eo millions de milliards. Nous avons donc un milier. rempli de particules bien plus petites que celles des couches rnférieures, et qui diffusent encore mieux que ces dernières
es radiations

IVIais, pourra-t-on
Rayon vertical.'

courtes voisines du bleu et du violet. dire encore, le ciel, au lever pourpre

et au coucher du Soleil, nous paraît jaune et

à

I'horizon.

Comment donc ex-

pliquer cette appêrence ? C'est perce que la lumière du
Soleil, quand I'astre
est près de l'horizon, , traverse unebien plus Liëpaissear BC traversée Fig. 57, rayon-horizontal est beaucoult grande épaiSSeUr dtair iar le plus grande que l'épaisseur LB tra- que lorsqutil est verversée par. le rayon uertical, ticalement au-dessus

de nos têtes, corxrme le montre la figure 57. Elle rencontre donc en plus grande abondance les poussières les plus grosses qui flottent dans les couches basses; ces poussières plus grosses diffusent

alors les rayons de plus grandes longueurs d'ondes, voisines du jaune et du rouge. De là la coloration du ciel à I'aube et. au cfépuscule. Enfin, quand l'air contient en abondance des gouttelettes très fines qui forment les nuages, ces gouttelettes, infiniment plus grosses que ies molécules d'air et moins que les poussières, diffusent les radiations de toute nahrre, qui, alors, se mélangent toutes, et donnent au ciel un aspect blanc laiteux, dont la teinte, transmise à travers les nuages, leur dorure, zuivont leru épaisseur, i'aspect gris et m&nc noir.
(r5o)

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1

L'ATITIOSPHÈRE ET LA LUTIIERE
LA RÉFRAcTroN ATMospHÉRreuE. LE DÉpLAcEMENT APPARENT ET LA DÉFORMATION DES OBJETS.

IÆS MIRAGES. o lumière pË$se de I'air dans I'eau, il

o An sait gu€, lorsqu'un

rayon

de

direction
mière ; il

est dévié de

sa

preest c ré-

fracté D par

quide L'expérience bien con-

le li-

nue du

bâton plongé dans I'eau

Fig. 58.

qui ae brise en apparence en est la preuve. Et ce

neu* pq,r les couches afa+s,pËeliqaes y'étoile placée réellement en S çs{ rrrre enE pour l'obserttatearpâar€en O'

- Réfraetion

d.'anz FcJyon

tr'mt'

phènomène se produit chaque fois qu'un fayon tunineux p8$e d'nn milieu mains dense dans un milieu pîas dense. Or, I'atmosphère est forméer cofiune nous I'avons vu au

chapitre

IV,

de

couches superposées, de densités
décroissantes. Par

conséquentl trrl

venant dtune
étoile, par eaem-

rayon lumineux,

ple (fig. 58), passant dans les cou-

Effet de mirage. rrnage du ches quiseront de Fig. 59. plusenplusdenses patmiâr vue pqr réiteæion.à mesure qu'il
s'approchera du sol, sera réfractépar chacune de ces couches qu'il aura à traverser. Il suivra, en réalité, un chemin courbe, et I'observateur placé à la surface de la lerre verra l'étoile, non pa$dansla direction Soù elle est réellemenf, mais dans la direction du demier rayon qui parvient à son ceil, c'est-à-

(rsr

)

i:/

L'ATTW.OSPHERE dire en E. 11 verra donc I'astrerelevé efl apparence au-dessus de t'horizon. Cette réfraction oblige de corriger toutes les mesures d'angles faitespar rapport à I'horizon. Étant donnée la multiplicité des étément qui interviennent dans I'atmo-

t

sphère, elle est forcément incertaine: c'est
des astronomes.

la

bête noite
des des

La réfraction ne relève

pas seulement

les images

astres, mais celle

du

objets terrestres. Elle permet d'e4pliquer la déformation apparente
nage

disque solaire, qui semble aplati au voisi-

de I'horizon, et dont la réfraction per-

met d'apercevoir encofe

une partie alors

que

I'astre est déjà réellement < couché >>. Elle

. permet également d'enFig. 60.

llirage renversé. Dans - régions polaires. les

pliquer les c//ets de mircge si communs dans les pays chauds. Dans

ces pays au sol brûlant, les couches d'air,

surchaufféesau contact de cesol, sontalors moinsdenses que cellesqui les. surmontent immédiatement. La réfraction d'un reyon lumineux par l'air se fait donc en sens inverse, et la courbe décrite par le rayon de lurnière dans sa traversée des couches d'inégale densité tournera sa eoncq,vifé vers le haut (fiS, Sg), Mais il arrive un point où le rayon fait avec la couche d'air un angle trop grand pour pouvoir se réfracter: alors, il se réfléchit totalement et remonte en suivant une route symétrique de la première par rapport â ce point de réJlexion. Un observateur verra donc I'image nenversée des palmiers, des pyramides, etc., comme si clles étaient réflé. ctries par une surface d'eau imaginaire.

(rse)

Lrsîn.tvecEs DE LA FouDRE. Anenn rnlce,ssrô.

MouroNs ruÉs pen LA FouDRE.
et. 28, PAGE r52.

Coupe oB l'AtMosPgÈnB.

L'ATMOSPHERE ÊT LA LUMIERE

. , I l ,

Dans les régions polaires, les couches inférieures, en conchaude, plus froides que les couches qui les surmontent: le phénomène se produit alors en sens inverse, et lton a lemirage renversé (fig. 6o), fréquernment observé par les navigateurs qui fréquentent les régions arctiques,

tact avec les glaces, se trouvent, à la saison

UARGEN-CIEL.
mineuxdont quel-

a a Non

seulement

siège de colorations particulières, mais encore on des météores lu-

le ciel est
y

le

observe

ques-uns sont d'une majes-

fueuse beauté: ce
sont I'crc-en-ciel,

les halos et les
couronnes.

a

Tout le monde remarqué que
ârrieaot

I'arc-en-ciel s'observe par temps de pluie, quand le

soleil n'est
t'tzon

pas

-

trèsélevéstrr I'ho-

Fig. 61.

I
I

: il suffit alors de tourner le dos à I'astre pour voir se dessiner, sul le fond gris des nuages d'où tombe I'eau, un ou plusieurs arcs colorés, dont le centre serait sur une ligne droite allant du Soleil à l'ceil du spectateur. L'arc intérieur surtout a parfois un éclat étonnant. Il est
risé, et les couleurs
se succèdent dans l'ordre que résuma

- Origine de l'arc-en-ciet,

t

un alexandrin célèbre (pl. So) i Violet, indigo, bleu, vert, jaane, orangé, rouge, le violet étent à l'intérieur de l'arc et le rouge à !,exté
rie',?.
Souvent, on obsewê un second arc, concêntriquê âu pr6-

mieq I'ecrveloppant, et dont les couleurs sont
(rsg)

invefsées!

,/.:t-': .ù_ra

'.i'-' '-'11 t't,t.'r4;..':.-:'-?^-:.,

':'--i''.'_"1'.-'17;t-.'_'1.-

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ï,i:;ïr-*".-,.^.

â+
a

-.
L'ATMOSPHÈRE roqe en dedans, violet en detrors.
Cet arc est touiours moins éctatant que le premier. C'est Descartes qui a donné I'explication preûrière de I'arc-en-ciel: le phénomène est dt à la réfraction et à la réflexion totale des rayons solaires par les gouttes de pluie. la, figure 6r résume cette explication. Le rayon de soleil entre dans la goutte en s'y réfractanl, et, en même temps, en se décomposant en ses lumières simples dont la résul' tante donne la lumière blanche'Ces rayonsse réfléchtssànt à I'intérieur de la

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14^

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goutte,

et,

f€o-

voyés ainsisurson

autre hémisphêre,

en soÉent après une seconde réfraction, mais en
sortent décomposés en leurs cou-

leurs
x

primitives.
donc,
gpêc-

:-"
,"

Fig. 62. -

Explication de l'are-en-uel
extériear,

à l'æil du

Ils donnent

tateur, I'impres-

sion d'une frdsatron. Un calcul, trop complo<e pour pouvoir trouver place ici, explique la forme en qrc de I'ensemble des impressions lumineuses reçues par l'æil de l'observateur, ainsi que toutes tes autres particularités du phénomène. Quant à I'arc extériear, le schéma de la figure 6a

en donne I'explication : il est produit par les rayons qui subissent d.eux réflexions à I'intérieur de la goutte de pluie I et, comme on le voit sur le dessin, le croisement; à lp sortie du rayon pénétrant et du rayon sortant, explique l'inversion des couleurs que manifeste cet arc
extérieur. Comme résultats de la théorie, confirmés par I'obbervation, disons que I'arc-en-ciel intérieur ne peut être observé dès que la hauteur du Soleil au-dessus de I'horizon dépasse

(ts+)

.

L'ATMOSPHERE ET I-A LUMIERE

4e0 d'angle; I'arc extérieur ne peut être observé quand la hautcur de I'astre dépasse g4o. Donc, dans nos régions de France, on pourra .observer I'arc-en-ciel pendant tout le.jour durant I'hiver ; pendant l'été, on ne pouffa le voir que vers le soir ou dans la matinée.

LES COURONNES ET LES HALOS. a d Lorsqa'on se trouve dansune voiture fermée, I'hiver, etque lthaleine des voyageurs fait déposer sur I'intérieur des glaces froides une

voiÇ à

couchedebuée, on travers

cette buée, les lumièresdes becs de

-:_Z :-.H=o 7, ;r e fe--:-_:æ*--==: e : u !=-_i=-K K ----

gaz

mvironnées de cercles irisés.

Cette

expérience

familière est I'e*plication des coaronnes que l'on observe autour de

la Lune, et,

Plus

Fig, 63.
S,

rarerrrent, autour

dans les régions polaires. Ce phénomène

du Soleil, sauf

soleill P, P, parhélies secondaires; HH, halol EE, 6frard halo I CC, cercle parhélique 3 1T, arc tatgeot lnférieur I K, K, arcs taqletts supérieur5 L, L, arcs tatgents latéraur 1 ZZ, arc qircunzéni
thal.

-

Aspect d'un halo complet.

I

est dû à la dillraclion de la lumière par les gouttes d'eau interposées entre I'astre et notre ceil.

le calcul montre et ltobservation confirme que les tumières simples dont I'ensemble forme la lumière blanche sont inégalement diffusées sur des €uuleaux concentriques, le violet

Quand les gouttes d'eau ont toutes le même diamètre,

à I'intérieur et le
* cÊrcle-en-ciel

rouge

à I'extérieur: c'est un véritable
de
sorte que le

aussi, empiètent les uns sur les autres,

très

>. Mais si les gouttes d'eau sont de diamètres infuauxr les cercles colorés, de diamètres différents eux

résultat est un anneau d'une luminosité blanchâtre for(rss)

L'ATMOSPHERE
mônt, autour de I'astre, non plus une couronn€r. rnair une
au,réole.

L'importance des couronnes est grandc au point de vue du temps: elles prouvent, en cffet, h préserice d'un nuage léger dans lahaute atmosphère, donc I'existence de vapeur dteau condensée. Les couronnes, par conde la prévision
séquent, sont des phénomènes annonciateurs de pluie.

Le phénomène des hq.los a une origine différente. Ce n'est plus sur les parcelles d'eau à l'état liquide quc se jouent par réflexion et par réfraction, les rayons qui tui ticules d'eau à l'état solide qui provoque leur apparition. On sait que les cirrus, nuages les plus élevés de I'atmosphère, sont formés de minuscules cristaux de glace. Or, la glace cristallise dans le système hexagonal, et ses cristaur se présentent, soit sous la forme de prismes à six pans, allongés en finesaigaillesrsoit sousla forme de petits prismes aplatis analogues avt, carreaaæ dont on se sert pour carreler le sol de nos cuisines, soit, enfin, sous forme d'étodtes à six branches comme les cristaux de neige. Sous I'influence de la résistance de I'air qu'elles rencontrent dans leur chute, les aiguilles horagonales tombent dans le sens de leur longueur, tandis que les prisrnes plats et les étoiles tombent par leur tranche. Comrne, en raison du système hexagonal auquel ils appartiennent, leurs angles sont toujours de 6oo ou de rzoo, toutes ces parcelles offrent â la lumière, en tombant, des directions privilégiées, et, par suite, la réfléchiront et la réfracteront suivant certaines directions de préférence aux autres. De 1à résulte ce splendide phénomène des ftalos,visible surtout, avec sa splendeur complète, dans les régions polaires où l'éclat du Soleil, ntoins vif, n'en masque pas les magnifiques appareûrces. Quand le halo est complet, il présente un €rspect tout à fait
étonnant, dont la planche 3r donne une idée. Le Soleil, au centre du météore, est entouré d'un premier cercle que I'on appelle lehalo ordlnalre, cerclê irisé, bordé de rougc à I'intérieur avec un estûmpage de jaune ! son donnent naissance, mais ctest leur rencontre avec les par-

I ,i
l

(r56)

L'AT]VTOSPHÈRE

ÊT LE

SON

ouverture, par rapport à l'æil, est de eao d'angle. Autour de

ce premier halo s'en trouve un second: c'est le grand halo, dont I'ouverture est de 4Jo d'angle et dont les cou-

deuxcercles enpassant par le soleil: c'est le cerele parhéItq:dle, sur lequel on voit deux images du soleil colorées en rouge et vert, le rouge étant du côté du Soleil: ce sont les parhéties. Sur cette même bande sont deux images du Soleil, plus pâles que les précédentes, et sihrées près du grand halo,

Ieurs, quoique moins intenses, sont cependant plus nettes' Puis, une longue bande horizontale, blanche' coupe ces

à I'intérieurde celui-ci : cesont les pzrhéliessecondaires. Onobserve, ert outre, ltn arccircumzénithat, dettx arcs tan' gents supérieurs' rrn arc tangent infériear, et deux crcs
tangents latéraax. Ces halos se produisent également autour de la Lune: dans ce cas, les images de I'astre se nomment des parasélènes. Quand on observe le.halolunaire dans nos climats, c'est toujours une annonce de mauvais temps: cela veut dire, en effe! qu'il y a des cirrus dans la haute atmodes

sphèrg et nous savons que, le plus souvent, l'arrivée
cimrs précède celle d'une dépression.

Telles sont les principales manifestations optiques de I'atmosphère. Leur importancer on le voit, est grande au point de vue de la prévision du temps, et ils nous montrent combien est solide le lien qui, dans la nature, relie tous les
phénomènes les uns avec les autres.

palrser rapidement en revue les principales propriétés de i'atmosphère au point de vue des phénomènes optiques. Mais, indépendamment des ondes lumineuses qui parcourent la couche d'air qui nous enveloppe, il y a d'autres ondes: les ondes électriques qui se propagent avec la vitesse même'de la lumière, et les ondes sonores qui nous mettent etl colûfilunicction avec les choses extérieures par le sens de I'ouïe. Or, ces dernières ne ae transmettant pas dans le vide: des expériences classiques, décrites dans tous les cours de

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SON

ET L'ATMOSPHÈRE. ô d Nous venons

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.L'ATMOSPHÈRE
physique, le prouvent d'unè façon indiscutable. Donc I'atmosphère est le véhicule nécessaire des ondes sonores {uir arrivant à nos oreilles, nousi perrnettent I'audition, Comment se propage le soz dans I'air ? Comme la lumière, par un mécanisme ondalctodre. Mais la vitesse des ondes sonores est bien plus faible que celle des ondes lumineuses:
alors que celles-ci, en effet, cleminent à raisonde 3oo oookilomètres par seconde, les ondes sonores, beaucoup plus lentes, ne percourent que 33r mètres pendant le même temps, à la température de zéro degré. Cette détermination a été faite par de nombreux expérimentateurs, depuis 1788 jusqu'à nos jours: tous leurs résultats ont été concordants. La vitesse du son, à oo, est de 33r mètres, et elle augmente

quand la température s'élève : elle est, par exemple, de 34r mètres à a 16o, En chiffres ronds, à la température zéro, le son r4et donc frozc secondes à parcoarir a,n kitomètre. C'est un moyen simple de mesurer rapidement de grandes distances : on tire, à I'une des extrémités de la distance â mesurer, un coup de fusil ou de canon. A I'autre extrémité, à I'aide d'un chronomètre à pointage' on note le nombre de secondes écoulées entre I'apparition de l'éclair du coup de feu, dont la propagation est pratiquement instantanée, et I'audition du bruit de I'e4plosion. Ce nombre, multiplié

par 33r mètres, donne la distance cherchée.

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La propagation du son dépend, naturellement, de l'état

de I'abnosphère: la densité du milieu varie, en effet, avec la température, avec I'abondance plus ou moins grande de la vapeur d'eau, enfin avec la pression barométrique, c'est-à-

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dire avec I'altittrde. L'intensité du son transmis par ltatmosphère varie en raison inverse du carré de la distance, à condition que les conditions atmosphériques ne changent pas. Le son est plus intense dans un gaz plus dense. Le son se propage donc avec plus d'intensité pendant I'hiver et dans les pays froids que pendant l'été et dans.les pays chauds : de là le dicton populaire: ( le son porte plus loin par le froid n. C'est égale'
(tss)

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L'ATMOSPHÈRE ET LE SON
ment la raison qui fait que les bruits sont mieux perçus la

Si I'on produit un son au pied d'une montagne, où a pression de l'air, et, par conséquent, sa densité, est plus grande gu'au sommet, Ie son, produit dans un gaz plus intense et plus dense, sera plus fort et arrivera aisément au sommet; au contraire, un son produit dans l'air raréfié du sommet aura moins d'intensité et parviendra moins bien au pied de la montagne. De là un autre dicton populaire ; << le son monte n. Le vent agit fortement sur I'intensité du son. Pour des d'air de faibles vitesses, cette action est peu imporcourants I mètres par se] tante I mais, dès que leventfait plu; de ro point d'arrêter au influence est considérable, son conde, I L presque complètement la propagation des ondes sonores i dans le sens contraire à celui dans lequel il souffle; il la dans le sens de la marche, et le tf, favorise, -au contraire, ( le vent >. propage mieux sous se I'-1qott peut donc être un b L'atmosphêre, par ses mouvernents, obstacte à la transmission régulière du son.

nuit que le jour.

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r*q, RÉFLExIoN DU-soN. LEs Écgos. LEs .. zoNEs
DE SILENCE
r>, d d Commeles ondeslumineuses, les ondes sonores se réfléchissent sur les obstacles qu'ell es rencontrent :

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c'est cette réflexion qui donne naissance au phénomène, souvent si pittoresque, des êchos. Comrne il faut un intenralle d'au moins un dixième de seconde entre deux sons pour que I'oreille puisse les distinguer, il en résulte que' pour qu'il y

êcho, il faut que I'expérimentateur qui produit le son soit à une distance d'au moins 16 m. 5o de I'obstacle refléchissant. En effet, le son a à parcourir une première fois cette distance pour.faire'le trajet d'<t aller n, et une

seconde fois pour le trajet de

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retour'>r, soit, en tout

33 mètres, ce qui est la distance parcourue par I'onde sonore en un dixièmede seconde: la dixièmepartie de 33r mètres. Si la distance est plus grande, l'écho peut répéter un mot de deun, trois syllabes, et même- davantage.

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L'ATMOSPHÈRE Les nuages sont des obstacles sur lesquels ies ondes
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sonores peuvent se réfléchir, etles échos qu'elles occasionnent ainsi augmentent encore, en temps d'orage, le << roulementp

caractéristique des coups de tonnerre.

il y a les nuages s invisibles >r, formés par des masses de
vapeur s'élevant au-dessus de la mer, et non encore condensées. Ces masses constihrent, au sein de I'ahnosphère homogène, des r îlots aériens > de densité différente et sur lesquels les ondes sonores peuvent et doivent se réfléchir. Les ondes sonores se diffractent comme les ondes lumineuses, mais avec plus de facilité, car leur longueur est plus grande. C'est grâce à ce phénomène de la diffraction que deux personnes, placées de chaque côté d'un mur élevé avec I'autre, bien qu'elles ne puissent point se voir: le son a c contourné > I'obstacle. C'est en raison de ce phénomène de diffraction que nous pouvons voir, aujourd'hui, les ondes

Mais il n'y a pas que des nuages. ursfôles dans I'atmosphêre:

de z ou 3 mètres, peuvent cependant converser I'une

électriques, de longueur bien plus grande encore que les ondes sonores, passer par-dessus la convexité des mers et franchir les plus hautes chaînes de montagnes. Mais la réflexion du son dans I'atmosphère peut se faire
d'une façon plus curieuse encore, plus
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mystérieuse r même,

pourrait-on dire.
Nqus avons vu, en parlant de la constitution de I'atqu'il existait une couche de <t discontinuité > à l'altitrrde de 8o kilomètres environ; à partir de cette hauteur, c'est l'hydrogène qui domine dans Ia couche atmosphérique. Il y a donc 1à une condition particulièrement favorable à la réflexion des ondes sonores. Or, le phénomène a été observé. Quand de fortes explosions sont produites en un point quelconque, le bruit en est entendu dans la zone qui entoure immédiatement le foyer de I'explosion. A la suite de cette zoîe, vient une Eone de silence dans l'étendue de laquelle on n'entend pltts ricn ; cette zone peut avoir plusieurs dizaines de kilomètres de largeur. Mais, au delà de cetteaone desilence, se trouve une
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L'ÀÎTMOSPHÈRE ËT LÉ SOff

( zgne de bruit >r où I'on recgmmence à perCevOir Itexplosion. ' Lê fait s'eqplique par la réflexionr eers le sol, des ondes sonores renvoyées per les couches supérieures de l'àtnq' . ',sphère, et le calorl amontréune concorda.ncê absolue avec I'observation. Le phénomène a été constaté lors d'explosions de mines, pouf des percements de tunnels. on I'a observê plusieurs fois pendant la guerre, et les c expériences de la ,, Courtine n, effectuées au mois d'avril r924t ont eu pour but ' d'en étudier rationnellement la production. Disons, enfin, que la propagation du. son sert à faire des 'sondagres de tahaate atmoèphère pat temps de brume. ' On fait élever un ballon, emportarrt des pétards dont à des hauteurs ' l'éclatement eet réglé de façon à se produire dispolés électriques par des contacts paf eaemple différentes, ' ,vis-à-vis de I'aiguilte d'un baromètre anéroîde. Des appareils appelle des instruments ' bien connuri des ertilleurs, et gu'onles eqplosiolls, ce qui pefenregistrent par le son, de repÉrage rnet de déterminer, dans I'espace, iespositions successives des pojnts où les pétards ont éclaté.
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- 'On peut donc construrre graphiquement la courbe gui réunit ces points I alors, la connaissance des temps.Écoulée

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tesse du son dsn6 I'air, d'en déduire ta vitesse et la direction ,moycnne du vent, entre les altitudes aurluelles se soflt pro. duites deu+ enplosions successives. Ainsi, 1æ phénomèneg acoustiques de I'afunosphère con' stihrent une branche importente de la lvlétéorologie, branchr trop nfuligéeJusqu'à présent; mais les physiciefls se mettgnt au trlvail et auront vite rattrapé le temps perdu.

entfe les différents écletemesrts Permet' connaissant la vi-

tieruospuÈnn

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CHAPITRE XI

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PRÉVISION DU TEMPS
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A COURTE

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Le problème à résoudre. ll I*s eartes synoptiques. ll L'Office natlonol météorologi.que. ll Prévision du temps par les cartes d'isobares. ll La înéihode de prévision de G. Guilbert. 11 Pré' pision da témps ganq I'emplài des ,cprt3s synoptiqaes- ll Lo prértision di temps et la T. S. F.

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de ces applications <r utilitaires n de la lvlétéorologie se place la prévision de l'état général de I'atmosphère pour le lendesrain ou pour u$e période plus longue: marins,
aviateurs, agriculteurs, totlristes y ont intérêt, Et I'on peut dire que la préviston d,u temps est le brrt essentiel de la
Météoroiogie. Remarquons qu'il y a deux manières distinctes d'aborder le probtème" Onpeut, d'abord, limiter son arnbition à pronostiquer le temps qu'il fera pour vingt-quatre he'ures ou gnarante-huit heures d'avance: c'est la prévision à courte échéance. C'est celle que s'efforcent de réaliser les services météorologiques de tous les pays. Elle suffit pour beaucoup

LE PROBLÈME A RÉSOUDRE. p 6 Aupr€tnier

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d'applications, en particulier pour I'aviation, la marine, I'agriculfirrc On peut aussi pousser son ambition plus loin, et chercher à réaliser la prévision à longue échéance, c'est-è'dire plusieurs mois ou même plusieurs années à I'avanca Et, à ce sujet une remarque essentielle s'imposeQuand on parle de prévoir le temps à longue échéancet on ne veut pas affirmer la prétention de savoir quelle sera la tempérahrre à Perpignan le 16 juin 1973, à dix heures du matin, ni d'y connaître la pression atmosphérique â un (t6z)

LA PRÉVISION DU TETVIPS
millimètre près. on s'efforce simplement de connaître et.t" de I'année rgTg au point de vue météorologtque' âe savoir sr elle sera, dans son ensernble, chaude ou froide' lointaine sèche ou humide. La recherche de la prévision les phépour përiodicité de ievient donc à chercher une /od
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l'allure

nomènes de I'atmosPhère. Comment peut-on donc réaliser la première partiÀ du programme, c'est-à-dire la prévision du temps à courte échéance ? ce sont les services météorotogiques, organisés dans chaque PaXs, qui sont chargés national de te fatre. En France, en particulier, c'est L',Office

LES CA.RTES SYNOPIIQUES. L',OFFICE NATIONAL

16É1ÉOnOLOGIQUE.

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météorologiqae,dirigéparlecolonelduGénieDelcambre,
ancien élève de l'École polytechnique' Le principe général de I'organisation de tous ces services est le-mêm". Ctr"qo* bureau central reçoit, par télégraphe' les observations d\rn grand nombre de stations, faites à deru< sont moments de la journée: en France' ces observations feçues' sont qu'elles Dès faites à 7 heures et à 18 heures. elles sont compulsées et coordonnées par des employés

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spéciarurgui,endépouillantleschiffresqu'ellesapportent' construisent des cartes synoptî'qaes, donnant la répardtion despressionsetdestempératuressurl'Europeoccidentale à I'aide des courbes dsobares et fsotftermes. Les plus importantes de ces cartes, au pôint de vue de la prévision du i"*p*, sont ies cartes isobariqaes , (comme celle de la donnant la répartition des pressions, ainsi que pag; 73), i,Ct"t du ciet, tra direction et I'intensité du vent aux

diverses stations, et i'indicatiron, par signes conventionnels, des météores: pluie, neige, grêle, orages" D'autres cartes donnent les v ari ations d e la p tes sion pendant trois périodes précédentes, respectivement de vingt-quatre, de douze et àe trois heuresf ainsi que lia nébulosité et les prévfsfons des variàtions de la pression et de l'état du ciel' Les tableaux des clriffres des obsenrations accompagnent ces caftes, 4inst qu'un exposé de La sihration générale du

(r6s)

L'ATTTIOSPHÈRE jour et de la prévision pour te lendemain. Cette prévision,

gar;aÎt châque jour sur huit pages et constihre une publication absolument complète. Il existe un second bulletin plus simple: c'est te B:aîtefiin qaotidten de renseilnements, ett format plus petit et paraissant sur quatre pages seulement. On s'abonne à ces deux bulletins à t' Affi ee national, tI6, rue de I'Université, à Paris. Ces cartes sont d'une utilité incontestable qaand elles arrirtent à temps ; pour beaucoup de points de la France, trop éloignés de Paris, elles arrivent trop tard. C'est pour cela que les prévisions transrrrises par 1. S, F. rendent aujourd'hui tasrt de services. Mais, quand on peut les consulter quelques heures après leur publication, elles permettent de faire ta ptéviaion rsttonnelle du temps,

la partie importante de la publication, est transmise par T. S. F. dans toute la France. Le nombre des stations qui envoient leurs obsemations à l'Office nationai météorologrque est de 68 pour la Franee, y compris la Corse, l'Afrique du Nord et la Rhénanie, et de tzt pour l'étranger. Le bulletin dont nous venons de parler est le Bafletin qaotidien d,'études de I'Office national météorologique. Il

PRÉVISION DU IEMPS PAR LEs CARTES D'Iso. BARES. a a Supposons connues la carte isobarique du matin et celle de la veille. Le problème de la prévision du
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temps pour le lendemain comporte deux parees distinctes: d'abord, la prévision de la distribution future des lignes isobares I ensuite, la prévision du temps, c'est-à-dire de l'état général de I'atnosphère. Il va satrs dire que cette prévision ne peut se faire que pour une portion restreinte de la surface du globe, par exemple pour I'Europe occidentale. Quand on examine attentivement une carte barométrique, ori y reconnaît souvent, anec fecilité, la présence d'un ou de plusieurs centres de hautes pressions: ce eûnt les cenkes anticycloniques, ainsi que cellc d'un ou de plusicurs cttrtres de basses pressions, qui sont les centres cycloniguec ou lce
(16+)

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LA PREVISION DU

TEIYIPS

dépressions. On y remarque enfin les déformations caractéristiques que peuvent subir les isobares : isobares déf ormées enpocftes ouen cols, et que I'on appelle lcs formes isobariques secondaires. On remarque aussi, souvent, qu'une dépression, unique zur la carte de la veille, s'est segmentée enr deux dépressions secondaires sur la carte du matin. Une fois que I'on a reconnu ces formes des isobares, on recherche comment elles pourront se modifier pour donngr la carte isobarique de la journée du lendemain.. Pour faire cette recherche, le sens, le s flair n et la longue pratiqu: des météorolqgistes du Bureau sont des moyens précieux. Ces météorologistes, en effet, éhrdient et tracent 365 cartes isobariques par an, et cela pendant des années. Ils finissent donc par se rappeler, d'une façon pour ainsi &re réflexe, àquelle distribution des isobarés conduit, pour le lendemain, une distribution donnée, correspondant à un type de temps déjà observé plusieurs fois. Cetteméthode, basée sur une longue pratique, donne le plus souvent de bons résultats. Elle serait même s€Ers reproches, en principg si l'on admettait que deux sihrations atmosphériques sernblables se résolvent toujours de la même façon. Malheureusement, il n'en est pas toujours ainsi. Deux situations barométriques identiques, observées à deux dates différentes, amènent souvent des lendernains qui n'ont aucune similihrde I'un avec I'autre. Et I'explication de ce fait est trèssimple: cela tient à ceque les sihrations météorologiques transrnises par le télégraphe à I'Office national sont celles qui résument des observations faites au nhteau du sol. Mais l'état des couches moyennes et élevées de I'atmosphère peat et doit intervenir dans la modification et dans la répartition des lignes isobares, Or, les services sctuels n'en tiennent, pour ainsi dire, presque pas compta Les cartes synoptiques permettent même aux services météorologiques d'étendre leurs prévisions, non seulernent au déplacernent des dépressions tracées sur la carte, mais encore à I'arrivée probable de cetrles qui n'y figurent pas et

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UA,TITOSPHÈRE que I'on peut pressentir en interprétant ratironnellernent
certaines indications des cartes isobariques Par exemple, quand on constate sur les cartes que les veûrts tournent au sud-ouest à Valentia, à Stornoway ou à thorshavn, et que, en mêûre temps, le baromètre baisse dans ces trois stations situées à I'ouest de I'Europe ; quand, en même temps, on voit arriver de I'ouest ou du nord-ouest
des cirrus ou des cirro-strahrs, on peut être certain qu'une ' dépression s'avatrrce de I'Atlantique vers le continent

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Quand les navires, en mer, pouffont envoyer régulièrement les observations barométriques par T. S. F., la prévision du temps aura fait un progrès inappréciable. LA MÉfHODE DE PRÉVISION DE G. GUILBERT. 4 s Nous venons de voir le principe de la méthode de prévision du temps basée sur I'emploi rationnel des qartes synop-

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tiques. Cette méthode êtait la seule employée, avant la guerre, par le Bureau central météorologique. Les pronostics que I'on en pouvait tirer se trouvaient exacts dans la proportion de 8o p. roo environ. Évidemment, c'est déjà très beau de prévoir le temps exactement quatre fois sur cinq; mais ce n'est pas une
exactitude suffisante pour lçs agriculteurs, pour les marins,

pour les aviateurs surtouL Ces demiers peuvent être exigeants; et il fallait trouver mieux. C'est ce qu'a fait un météorologiste français, Gabriel Guilbert, en imaginant la méthode de prévision du temps qui porte son nom.
L'emploi de sa méthode faitpasser le nombre des prévisions justes de 8o à 9o p. roo, c'est-à-dire qu'elle diminue de moitié les chances d'erreur des prirnostics Cetteméthodeest basée surla notion du vent normal dortt, nous avons donné la définition au chapitre IV, et que nous avons rappelée au chapitre IX. Elle peut se rÉunener à trois règles fondamentales, qui sont les zuivantes: Première règle.
sance à des vents de force snpérieure à Ia Vormale, se < comble > plæs au moins rapidement. contratre,

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LA PREVISION DU TEMPS
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creuse > et devient vite dne véritable tempête.

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dépresstonentourée devents Deuxième règle. - Toute inégatement anormaux marche vers ta régton où les tsents sont divergents par rapport an centre, c'est-à-dire vers Ia région de motndre résistance. Troisième règle. - h, haasse de pression a liea sutvant u'ne direction perpendiculaire à celle du vent pro' Portionnellement trop fort, Autrement dit : le vent dnormaf par excès fait monter la pressfon <t sttr sc gau,che,,. Expliquons rapidement la signification de ces trois règles. La prernière se comprend d'elle-même: elle ne fait que traduire les faits de I'observation la plus coura^nte. ['a seconde peut également s'e:rpliquer d'une raçon simple. Qua"nd une dépression est entourée de vents qui la pressent avec des vitesses inégales, elle tentera nahrrellernent de se frayer un chemin vers la région où elle éprouve le moins de poussée de la part des vents. C'est exactement le cas d'un homme entouré par ufle foule hostile : il cherchera à s'échapper du côté où la foule est moins compacte. La troisième règle constitue vraiment le côté nouveaut
lia trouvaille ingénieuse de la méthode.

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Les règles ordinaires de la Météorologie, en effet, se borà indiquer, d'après l'examen des cartes isobariques précédentes, I'itinéraire que suivra p rob abl ement La dépression le lendemain, mais salrs pouvoir dire s'il y aura renforcement ou décroissance de la bourrasque. Au contraire, la méthode de Guilbert nous met à même, non seulement de prédire à I'avance cet itinéraire, mais encore de pouvoir dire ce que va devenir la dépression considérée, si elle s'apai sera ou si elle s'aggravera, et surtout de pouvoir annoncer

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dequel côté apparaîtront les plus hautes pressions. Cela veut dire, en sonuner euê, quand on ltapplique d'une façon
rationnelle, la méthode Guilbert perrnet de trouver, à I'avance' avec des probabilités qui confinent à la certitude, la carte

isobarique du lendemain' Aussi a-t-elle permis au sava"nt
(167)

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L'ATTIIOSPISRE
météorologiste d'anfloncer, da^ns des cas dcmcurés célèbrea, la vcnue de terqpêtes que les services officiels d'avantguerre affirmaient dmpossible d pîévoir.
PRÊ\NSION DU TEMPS SANS L'EMPLOI DES CARTE$ SYNOPTIQUES. s a Tout le monde n'a pas à sa dispo-

sition les cartes synoptiques si précieuses publiées par I'Office national météorologique. D'ailleurs, les marins, au large, ne peuvent en aucun cas en profrter. Et, cepÊn. dant, il est intéressant, nécessaire mêrne, de pouvoir pronostiquer <r le temps qu'il fera D en se basant sur ( le ternps qu'il fait n, Nous allons voir que cela est posible, même pour un observateur isolé. D'abord, et avant tout, I'observation du baromètre doit être faite avec soin. Si l'on constate une baisse lente et continue, c'est toujours un mauvais signe, Et I'obseryation des nuageq préconisée d'ailleurs par Gabriel Guilbert, epporte un appoint précienx aux déductions tirées de I'obser.
vation du baromètre. Ainsi, I'arrivée des cirras, dans un ciel serein, est, en
général, un pronostic sérieux de I'arrivée d'une bourrasque
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arrivant de la direction d'où ils semblent venir. Si cette arrivée des cirrus est suivie de I'apparition d'trn voile de cirro-stratus,la probabilité augmente et se trouve encore confirmée si la baisse du baromètre s'accentr,le" En outre, I'observation des vents à lia surface du sol vient apporter un dernier et décisif argument: s'ils sont dtuergents, c'est-à-dire s'ils sernblent fuir la direction de laquelle doit ariver la bourrasque d'apres la marche des cirnrs, la venue
de la tempête devient presque une certihrde.

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Onaura, d'ailleurs, une confirmation de plus par I'observation des gestes et des attihrdes de certains animaux qui, grâce À des téguments d'une sensibilité extrême, peuvent anuroncer ainsi I'arrivée du mauvais ternps. Par e:remple, les chats quand its font leur toilette, les poules quand elles s'ébrouent, les grenouilles montant à l'échelle dans un bocal où on les tient enfermées, les hirondelles quand elles (t68)

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LA PRËVrSrON DU TEI|IPS
Yolent près de terre, les olseaux de mer quand ils se réfugrent strr les côtes, sont des aruronciateurs de mauvais temps. Seuls, ces proriostics ne vaudraient peut-être pas grand'chose: ajoutés à ceuc que fournit I'observation du baromètre, des nuages et des vents, ils forment un corps de probabilité dont la valeur est plus grande.

LA PRÉVISION DU ÎEMPS EÎ LA T. S. F. â d La T. S. F. est devenue l'auriliaite indispensable de la prévision du temps. Suppléant à la lenteur des transmissions par la poste,les messages de la Tour Eiffel envolent chaque jour, dans toutes les régions de la France et pour chacune d'ellesr les prévisions établies par I'Office national météorot ogique. Les heures de
ces messages, qui peuvent être modifiéesrsont d'ailleurs indiquées chaque jour parlee journaux quotidiens, à la nrbrïque < T. S. F. r>. Mais, indépendamment de ces services que rend ainsi la radiotéléphonie, les ondes électriques apportent aux

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prévisions du temps prochain un appoint < direc{ D par la manière même dont s'effectue leur transmission. Les phénomènes météorologiques, en effet, sont toujours accompagnés de perturbations électriques que I'on perçoit

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nettertrent dans les appareits des postes récepteurs si répandus aujourd'hui. Les a sans-filisfss n ont, d'ailleurs, donné à ces perttrrbations le qualificatif d'( atmosphériques D ou de < parasites n, et elles varient suivant la nattrre du phénomène qui les occasionne. Ainsi des craquements violents, perçus dans le téléphone récepteur d'un poste de T. S. F., sont I'indice d'un orage voisin. L'orage s'approche si les craquements sont de plus en plus fréquents ; il s'éloigne, au contraire, si les
davantage. Quand une forte nuée ds grêle passe à proximité d'un poste récepteur, elle provoque dansses<< écouteursDun léger sifflement, dt, selon toute probabilité, à la succession rapide des décharges entre les grêlons électrisés qui s'entrechoquenl

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au printemps, et, dans tous les cas, un abaissement notable de la tempérahrre. Entend-on des crépitements nombretrx, accompagnés de craquements assez répétés, forts et fusa^nts ? C'est I'indice de I'approche d'une forte dépression barométrique, par conséquent de l'arrivée d'une tempête. La venue prochaine de la pluie, du brouillard, de la neige, en améliorant la conductibilité de l'air et du sol, favorise les communications par T. S. F., qui sont, au contraire, contrariées par la sécheresse et par le froid. Enfin, on a rernarqué que, si la direction du vent doit changer, les signaux parasites sont de faible longueur et paraissent s'égrener en chapelets. On voit dofic combien peuvent être précieuses les indications fôurnies à tout possesseur d'un poste de T. S. F., par lanature mêmedes sons qu'il perçoit dans ses téléphones.

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D'autres observations apportent encord des données supplémentaires relatives à la situation atmosphérique.
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vant la saison.
On peut donc conclure de cela que le Soleil agit zur la
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transmission des ondes électriques par un mécanistne eûrcore mystérieux, comme nous I'avons dit en parlant des phfuomènes électriques de I'atmosphère. Et, une fois de plus, se manifeste I'action toute-puissante de I'astre du jour sur tous les phénomènes dont notre atmosphère est le siège.

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CIiTAPITRE

XII

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LES pnÉvrsroNs LoTNTaTNES ËT LEs pÉnrooBs mÉrÉoRoLoGrQUES
La nrévision à lonÉue échëdnce. ll L'i4fluence des taches du Soieil et la végéta:tion : 'William Herschell.,ll La périodicité undécennale deé taches solaires. ll Lapériode de trente-cinq ans : ta toi de Briickner. ll l,es périàdes solaires. ll Zes influences cosmigues. ll I4 LaÀe. ll Les sainfs de gllace. ll L'été de Ia ' Saint-lllartin, ll L'atilisation de I'atmosphère.

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I .d Nous veûrons de résumer, d'une façon forcément très brève, les principes de la prévision < prochaine r> du temps.
Nous allons maintenant examiner rapidernent ce que I'on sait relativement à la prévision < lointaine >. Ce qu'il y a de remarquable, c'est gue c'est ce genre de prévisions qui a, de tout te*nps, préoccupé le cemeau des hommes, sans doute par la séduction gue toute prophétie exerce sur les imaginations. Autt'efois, les askologues Ia pratiquaient en y adaptant leurs signes mystérierx I aujourd'hui même, ce genre d'exercice est encore en faveur. Dans tous les pays se publient des brochures, des almanachs qui annoncentd'avance le temps qu'il fera au couf,s de chaque mois de ltannée qui va venir. D'ailleurs, ces prédictions sont toujours vagues, En annonçant, en effet, des pluies entre le 15 et le z5 septembre de I'année t936, sans spécifier dans guelle région de la France, on est toujours certain qu'il y eure au moins un point du territoire sur lequel il pleuvra pendant cette période, et le devin pourra.se vanter d'avoir fait une prédic{ion exacte.
longue échéance D courmence à entrer dans le domaine des questions éfudiées d'une façon < scientifique n.":.On sait vers quel
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LA PRÉVISION DU TEMPS A LONGUE

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L'ATIT[,OSPITÈRE point il faut orienter les recherches pour essayer d'en tirer un résultat, et c'est déjà beaucoup de pouvoir travailler
dans une direction déterminée, au lieude tâtonner au hasard.

Les causes prernières de I'inégalité météogologique des années consécutives ne sont pas des causes << terrestres >, mais bien des causes < cosmiques >, ou, pour mieu:r dire, <r solaires >. C'est dans le Soleil qu'il faut chercher les origines de ces alternatives d'années < bonnes > et dtannées s mauvaises D ; non pas dans la marche apparente del'astre, dont les particularités sont réglées par des tois géométriques, mais dans les flucttrations de son activité, dans les variations de son rayonnement qui passg tantôt par des f,échisserrents, tantôt par de gigantesques paroxysmes.
L'INFLUENCE DES TACHES DU SOLEIL EÎ LA VÉGÉTATION : IIVILLIAIVI HERSCHELL, o .a C'est le grand' astronome William llerschell, celui à qui I'on doit la découverte de la planète Uranrrs et de plus de a Soo nébuleuses, qui eut le mérite de montrer, le premier, la marche à zuivfe, et cela dès le début du xrxe siècle. A cette époque, il est vrai, on manquait à peu près complètement d'observations météorologiques, tout au moins d'observations régulières et comparables entre elles. On ne pouvait donc en tirer aucun résultat pouvant supporter la discrrssion. Msis I'illustre savant pensa s'adresser, à défaut de documents et de chiffres précis, à un phénomènc rôturel qui, par son essence même, représente une totalisation, une ( intégration > de tous les effets du rayonnement'solaire I c'est la végétation. Or, il existe des traces matérielles, des documents authen'tiques relatifs à I'intensité plus ou moins grande de cette végétation : ce sont les prix plus ou moins élevés des céréales. Le prix du blé, notammenty pâr sa hausse ou par sa baisse, représente, en effet, la pauvreté ou l'abondance de la récolte, c'est-à-dire, en dernière a"nalyse, la diminution ou I'augmentation du rayoflnement solaire dont dépend I'inten.
sité de la végétation.

F7.l

LES PRÉVISIONS LOINTAINËS
Witliam Herschell a fait porter ses recherches sur la pê' riode comprise eettre les années 165o et r7r3, c'est-à-dire sur une série de soixante-trois ans consécutifs. En suivant les variations du prix du blé pendant cette période, il a constaté que le blé était plus cher, c'est-à-dire que la végé' tation avait été plus pauvrer pendant les années où se firofl' traient peu de taches sur la surface du globe solaire: ces taches seraient donc, par leur plus grand nombre, la manifestation d'une intensité plus grande dans le rayonnement de I'astre, aussi bien au point de vue de la lumière qu'à celui de la chaleur qu'il envoie à la Terre. Par conséquent, dès le début du xtxe siècle' un savant avait pressenti et déterminé la cauÉie principale des vicis' situdes de notre ahnosphère. Il faut admirer cette lucidité du grand astronome, et cela d'autant plus gu'en r8or, date à laquelle il fit ce traveil, on ne soupçonnait pas encore I'influence absolue que le Soleil exerce sur tous les phéno. mènes terrestres: aurores polaires, magnétisme terrestre, courants telluriques, phénomènes sisniques, etc' On ignorait même complêtenrent la constitution physique de l'astre du iour, ca^r le spectroscope n'était pas inventé et n'avait pas encore commencé sa brillante et féconde carrière, Êu cours de laquelle il nous a révélé les secrets de la struchrre chimique du Soleil, des étoiles et de tous les corps
célestes.

SOIÆIL

I.A PÉRIODICITÉ UNDÉCENNALE DES TACHES DU a I Læprogrès si rapides de la Physique, les

pertectionnernents de La technique instnrmentale, I'invention du spectroscope, et la découverte de la photographio changèrecrt cornplètanent l'étet de nos connaissances relativement au Soleil Et, à partir du milieu du xtxo slècle, lir question des relations entre les fluctuations de I'activité solaite et les changements dans notre atmo. sphère entra dans une phase tout à fait nouvelle. Eo 1868, les ashophysiciens, au premier rang desquels il faut citer Janssen et le R. P. Secchi, indiquaient des

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protubérances et de lr' li méthodes sûres pour l'éhrde des dès que ces méthodes 'i êt' (r): chromosphère du boleil on eut la certifirde :i continue' façon furent appliquées.d'une seulement que le rayonnement de I'astre non "''31t^-li subissaiÇ ; mais '! constant, comrne on le croyait iusqutalors' de suite' on cdn' Tout variations' d'incessantes aucontraire, examinait ''' '; prii qo'if faliait rnodifrer le point de vue duquel on

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lesphénomènesdel'atmosphère.Auparavant,oncroyait,...,

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dans la suite des compte desvaiation! que subissait' l'activité de son rayonnement'

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fut fait per Le premier pas âans la voie de la solution Maurice' l'île de le Dr Meldrum, directeur de I'observatoire dans la plein en située est ô;" ile, voisine de Madagascar' de la carte la (voir Indien f icêan : réglion ar" "y"loies de le sacomme ces météores sont redoutables,
hgîiru 4g).

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> nettement phiques qui les erpÉmaient - << s'emboîtaient éclairer la pour des donc faits avait l'un dans l'autr"' ô" q"Jo". Cela se passait en I'année t87z'

Deuxansplustard,c'est-à-dire""''874'lesaventphysiapporta à l'observation cien anglai* ,ii Norrnan Lockyer En ét*diant le remarluable' unu de Meldrum la même "orrfirmation aussi' lui y il reconnut' régime des ptutes À Ceylar', Soleil' du taches dËs périodicité qo" t"il" être'due au hasard et Une telle coîncidence ne seurait de cause à effet' Et' relation une
comporte, nécessairernentt IW' FoucÉÉ' (t),"Voir, cans la mème collection' Le Ciel'par
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r statistiques officieiles en mainsr gu€ ces terribres famines d: I'Inde,_g1i sont la conséquence fatale des années ;, ' récoltes, étaient sans '. pié.éaéu, par aes fàioaus au ,toujours ; hautes pressions-barométriques: comme cetes-ci apparais, sent avec les mêmes périoàes que les taches ,ofJr"i, * avait ainsi un moyen de prévoir, eip., conséquentde prévenir, . dans une certaine mesure, les années d" f"*inu. " I f{UCXtttpS. o a La coincidence enrre la période des Eacnes solalres et ceue des phénomènes météorologiques ' éteit nn fait capital pour la science de l,atmosphère. Mais ' une loi nouvelie.fit ,"" lpp"rition, énoncée par le $Jr: professeur .' autrichien Brtickner. Elie ' ,
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s:3ent. A I'appui de son dire, reprena"rrt à près d,un siècle d'intervalle les conceptions d'Herschell, il dérnontrait,

moyefrne correspondait à un maximum ";;;;;* de taches, et inver-

lfannée suivante, I'astronome chambers apportait pierre à r'édifice en découvrant'n synchrànisme aussi parlait entre la périodicité des taches solaires ei cerle des variations la pression barométrique a',( Indes, pression 1e
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PÉRIODE DE TRENTE.CINQ ANS:

LA LOI DE

ce4trale. Voici son énoncé: Depa,is environ mi,ile ans, le cltmat de l,Earape cen; trate paraît sa.bir des variations régartères d,t ne durée mCIyenne de trente .à trente-cinq ans. chacane de ees pértodes se partage erle-mêmu "i auo*ethumtdes, à dtr-sept ans, l'ane d,unnées froidés "aÉ,* à qainze l,aatre
d,'qnné,es chaddes

uniquement de I'observatiof e,,e ne repose sur aucune hypothèse. Disons tout de suite qu,elle. q]r:T" pays qui ont fourni tes observations 1:.'lpPliq}: ayant servi à l'étabrir, c'est-à-dire aux régions de l'Europe

c'est que, déduite

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C'es! en dépouik"! les. statistiques météorologiques du xrxe siècle

' cornmd câaude si sa tempèrahr Oont"* d'au moins ro p.
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L'ATMOSPITÈRE
en déficit de ro p. roo sur ûe normale. De même, nous dirons qutune année est hamide si la moyelrne de pluie tombée au cours de ses douze mois est supérieure de ro p. roo à la moyerrne générale I elle sera sèche, au contraire, s'il y a un

égal déficit.

Or, voici ce qu'a démontré la lechrre des statistiques: Pour la durée du xtxe siècle, on aperçoit netternent
trois séries froidesr l'une de 18o6 à rSzo; la seconde de 1836 ' à r85o ; la troisième de r87r à 1885. Ces séries froides sont séparéespar desséries chaudea: la prerrière de r8er à 1835; le seconde de r85r à r87o ; la troisième, enfin' de 1886 à rgoo. Voilà pour les statistiques de tempé,ratures. Voyons maintenant ce qui concerne les pluies. Acepoint de vue, nous trouvons trois séries d'années hamtdes. I,e,' première de 18o6 à r8z5 I la seconde de r84r à 1855 ; la troisième de r87r à 1885. Entre ces séries humides viennent s'intercaler trois séries sècftes : la prenrière de 18z6 à r84o ; la seconde de 1856 à r87o ; la troisième de 1886 à r9oo. Pour les trois séries froides, les durées sont toutes ds quatorze ans. Celles des trois séries chaudes sont quatorzg dix-neuf et quatorze ans. Quant aux séries humides, elles sont de dix-neuf, quatorze et quatorze ans et les séries
sèches de quatorze ans.

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Cela montre une concordance rernarquable entre les
séries,froides et hamtdes dunepart, entreles séries chand,et et sècftes d'autre part. Cette concordance est traduite d'une menière saisissante par les graphiques de la figure 64 qui s s'erïrboîtert > littéralernent I'un dans I'autre. Les observations rérumées dans la figure 64 sont celler qui furent faites au cours du Xtxe siècle. Elles rotrri filotl. trcnt que les séfies froidea correspondent bien arrx séries halmides, et nous indiquent que, àpartit de r9r7, oolts so{n' mes entr,és netteûrelrt dans une série chaude et sèche. Mais u'était-il pas possible de remonter, dans le passé, à dce périodes bien antérieures à 1'ann6e rSoo ? On n'y avsit

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LES PREVISIONS LOINTAINES pluvieuses, il suffit de connaître la périodicité
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pour en déduire celle des secondes. Le f Briickner a pensé qu'il y evait toujours eu des pluvi.omètres nahrrels ? ce sont les grands lacs et, surtout, la fiter Caspienne, réservoir sans écoulement. Les variations dr: niveau de cette mer indiqueront donc les variations du rÉigime des pluies qu'elle reçoit. Mais les ascensions de son niiveau ont occasionné des inondations dont les archives drls villes riveraines ont conservé les dates. En fouiilant d,ans ces archives, le Dr Briickner a pu établir.que la :rériode

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mroyenne de trente-cinq ans se trouvait vérifiée depuis environ mille crns I Ainsi, cette q loi de Briickner n, dont la découverte est urriqueûrent empirique, nous donne le moyen de prévolr à l'avance les caractères généraun de groupes de quinze à dix-sept e"nnées, et la possibilité de cette prévision a une innportance qui frappe les moins avertis. Le célèbre géologue Alb'ert de l,apparent, qui avait fait de cette loi une éhrde approfondie, faisait justemerit remarquer que, cotnme elle est basée $rr des moyennes, on ne peut et on ne doit I'appliquef, qu'à des moyennes, Une année peut, par hasard, faire ercE)tion à I'allure générale de la série dans laquelle elle scl trouve, sans que cette allure soit troublée dans son ensemble; mais, qua^nd on applique .la loi à des opérations

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quir eltes aussi, reposent zur des moyennesr sofl applicatioa',,,Ii. 'devient t'ès légitime. Ainsi, il y aurait t&néritê À-*g**,:',i des capita'x da^srs une entreprise de navigation a,i"ù"' ,i au début d'une période chaude et sèche: on serait exoosé à ,i; des chômages forcés sur les rivières et les cerau:E. pàur l. , ,;t m&ne raison, il serait téméraire de risquer la fondatio+ '{{ de stations estivales au début d'une serie trumide et rroiae. ;;

durant trente-cinq :uls ou, tout au moing trente-quatre f ans et demi. Mais I'astronome R. wolff, de I'observàtoiru 'fi , de Greenwich, est venu combler cette lacune. Il a annoncé r,,,T' I'existence d'une période qui correspond très sensiblement , ,,$ à celle de la loi de Briickner. D'après ce sayant, des change- .ï ments, dont la périodicité serait de trente-quatre à tren-te- ., ,!, cinq a's, se manifesteraient sur I'ensemblà de ta surface ll active du globe solaire. Et, d'un autre côté, le célèbre astro. physicien w. J- Lockyer a pu mettre en évidence une rqrrgo" ''iJ " période solaire dont la durée, égale à trente-trois "ns, l{ ,ï se rapprocherait assez de celle de la période de Bnickner pour qu'il ftt possible de les identifier. ii ainsi, les fluctuations dans I'intensité du rayonnemerrt i solaire ont une répercussion indiscutable sur lréh; del'atmo- '; sphère terrestre, aussi bien que sur les variations de cet i état au cours des ans. Non seulernent les taches influent :,i sur notre afunosphère, mais, sans doute aussi, les protubé- ji ; ra$cesr les s filaments n, les rayons cathodiques, les ondes .i électriques émis par l,astre du jour. i.; I.:t,
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de trente-cinq ans, coinciderait très sensiblemeni .u* * ,.:ù cycle qui serait formé de trofs périodes de taches soraires. , l,.f dont chacune' cornme on re sait, dure onze €u,, et derrii. .$ on peut objecter à cela qu'il n'y a aucune période soraire .ji

celteloideBriichner 'Ë aétéétablie uniquement à la suite d'obsematiorr*r.o-oi, aucune théorie. c'est, d'ailleurs, ce qui en fait t. o.rlui' li$ ir$ Mlisr dès qu'elle fut connue, les ptrysiciens, res astronomes r_r;.I lui cherchèrent des explications. Le Dr Briickner lui-memÀ \Tl fit observer que cette période, dont la valeur moyenne e$ :,

LES PÉzuoDES soLAIREs.

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î,' Ctest donc le Solell, c'est sa radiation qui doit être fobjef ' de tous les travaux de ceux qui veulent faire réelleruent ' p5ogresser la science de I'atmosphère, Et cette étude ne peut I r être faite que sous la forme internationale ; ce fle sera que , .'W les efforts, parfaitement réglementés, des cherôheurs r; de tous les pays que I'on pourra déchiffrer les pages encore ' si nrystérieuses du livre de la Nahrre,
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LES PRÉvIS[oNS LoINIAINES

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' LES INFLUENCES COSMTQUES. LA LUNE. LES SAINÎS ., DE GI.ACE L'ÉÎÉ DE LA SAINI.MARTIN. A d , Le Soleil est, évidemment, de tous les corps célesteg celul i dont l'influence sur la lerre est la plus grande. Mais il i" n'est pas le seul, et, théoriquernent tout au moins, Ies autres
Au premier rang de ces astres, il faut placer la Lune. Son action Sr.lr les eaux de la mer est indiscutable ; son

'1,, astres peavent agir plus ou moins sur les phénomàres dont

atkaction sur elles est prépondérante et produit à Ia surface des rners, Ie majesfireux et rythmique phénomène des ,' marées (r). Cette action qu'elle enerce sur les molécules ' d'eau de la mer, elle dodf lnèxercer, forcément, sur les molécnles d'air de l'atmosphère, et iL d,oit exister des marées atmosphétiques. Malheureusement, la mobilité, la < fluidité D des moléctrles d'air fait qu'elles sont sensibles, non seulernent à l'attraction lunaire, mais encore et zurtout à toutes lès causes qui produisent les mouvements de I'atmosphère. De sorte quelamarée atmosphérique n'a pas . encore pu être mise en évidence par l'observation, au moins d'une façon nette. ' Quant à I'influence que peut errercer la Lu4e par Ia chaleur i . qu'elle rayonne sur la Terre, elle est négligeable, à cause de Ia pêtitesse de cette quantité de chaleur que réfléchit notre
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'satellite: cette quantité de chaleur n'est, en efret,
Voir, dans la même iollection,
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$xr la vfuétation. On pourra m'objecter le ténacité des croyences poputairer relatives à la Lune, Paysans et rnarins affirment êvec conviction que ( le mauvais teenps dure autant que lia lune >, c'est-à-dire autant que la durée d'un de ses s quartiers r. Mais il semble qu'il y ait là une traduction du c principe de continuité > qui régit toute la Nature, et qui fait que lés beaux jours et les jours de mauvaistempsvootpcr sérfes,

au point qu'en annonçant smplement que s demein il fera le même temps qu'aujourd'hui D, on a trois chancea
sur quâtre de faire une prévision juste. De même, les méfaits attribués à la Lnne roa,ase, quio au dire des agriculteurs, produit des gelées désastreuseE ne sont en rien imputables à notre satellite- Ce soqt les nuits claires de printemps qui les produisent par le rayonnement
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qui s? produit, et ce r&yofinement est maximum

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quand le ciel est cliair. C'est alors que la Lune brille de tout sonéclat ; mais l'astre des nuits ne fait qriaccompagner W gelées printanières, et ne les cause en auflule façoru Il y a, dans le ciel, d'autres astres à considérer. Planètes et, à plus forte raison, étoiles soilt trop éloignées de nous pour pouvoir agir efficacement sur notre atmosphère. Mais il y a les csfres errants, conrètes et étoiles filanteq dont I'action sur les couches d'air trleut n'être pas nfuligeabletr a rencontre de I'atmosphère avec l,a cornète de Hallen dont le Terre a récemrnent coupé I'orbite, n'a doaaé lieu à aucurphéaomène intéressa.nL Mais iln'en estpasdemême des éfofles f,ilantes. Ces astéroides mnt de petits débris de comètes qui asriyent à notre atmosphère et y deviennent iaceadeecenh

par frotterrrenL Ils voyagent en cssciins etsontparticulièrement abondants à certaines époques de I'année, en aott et en novembre en particulier. Or, il est un essafuÉ d'étoilea filantesquel'on appelle les Ëéonides, parce qu'elles semblent provenir de la constelliation du Lion. Les tt, tz et, 13 mai, et lia Tere: il intercepûe cet eîrm se houve entre

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LES PNÉVTSIONS LOINTAIIIES
donc une partie de la chaleur rayorurée par I'astre et produit ainsi ces jours partiorlièrement froids èonnus sous le nom deSafats de llace (Saint-Pancrace, Saint-Mamert et Saint-

tt et tz novembre, au contraire, I'essaim trouve derrière le Soleil et joue ainsi le rôle de réflecteur pour renvoyer à notre globe de la chaleur qui, sans cela, serait perdue pour lui. De 1à l'élévation de tempérahrre qui caractérise ces dates connues sous le nom d'été de la Safnfillarttn (rr novembre). On a contesté cette explication; srais la coincidence si exacte entre le fait astronomique et le phénom&re météorotogique est trop ma.nifeste pour quton puisse la négliger. Disons, pour terminer ce qui a trait aux états s généraux > de I'atmosphère, qu'il y a des influences d'unordretout à fait
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différeot capables d'en troubler le régime régulier. Ainsi, supposons que nous connaissions complètement la loi de périodicité qui régit.la succession des années ; mais, voici que tout à coup une formidable éruption volcaniqug comme celles du Krakatoa ou de la Montagne Pelée, lance dans I'air des miltiardsdemèkes cubes de gaz à très haute température I aussitôt, voilà troublée toute la régularité de notre régime atmosphérique dont il faut, à nouveau, ctrercher la
Ioi.

Mais ces éruptions vrilcaniques elles-mêmes sont sans doute rattachées, par un lien encore incoruru, arx fluc*uations de fénergie solaire, C'est donc dans le Soleil, cause de toute vie et de tout firouvement que nous devons chercher la solution de I'énigme, la clef du mystère encore si ténébreux qui constifire la loi générale des mouvements de I'atmosphère.

UUTILISAÎION DE L,AIMOSPHÈRE. o

miner ce petit livre, il nous reste à monfuer que I'atmôsphère ntect pas seulement un sujet d'études pour les saviùnts rrals qutelle cst, pour tous les habitants de la lerre, une sorrf,oe dtoù ils peuvcnt tirer unc foule dravantages matériels

d

Pour ter.

dont guelque*uns dtune importance colossale.

(r8r;

D'abord i'éhrdemême de la Météorologiq est" aar pointr .c':l vue utititaire, de plus en plus indispensable: beaucorp S:,n*-" i trqrises, sans parler même de la navigation aérielrng c*i;t;; geront de plus eq ptus une prévisioq exacte du terrps, eq:':; moins à courte échéance. Mais je veux surtout présenter,i''i ici les utilisations matérielles du milieu gazeur qui no'rrs,,i

enveloppe.

D'abord,il y al'aviatton, cefreaviationnée il ya vingt-gtdq' ,u ans à peine, et qui révolutionne aujourd'hui le monde, en ''i, modifiant du tout au tout la forme des relations entre les I r peuples. Aujourd'hui; nous avons des avions qui ont $ait,' 448 kilomètres à I'heure : c'est le record â I'heure acfirelle i' et peut-être demain sera-t-il fortement Uqpasea ,; I .(rga5), 'A cette vitesse, un avion peut aller de Brest à New-York *,:i douze heures. [a r conquête de I'air > par I'homme est :i; donc une victoire formidable remportée sur nos deux ennÇ .;r mis irréductibles ; te temps et l'espace . r] Ses applications sont incalculables, et, au point de vËe'r
r

,

i1

géographique, I'utilisation de l'atnosphère permettra, Çt oi d'eqplorer sans difficulté les régions encof,e inconnues Uo ;ilj globg et d'en fairg, en quelques semaines, une carte ptlû: .; tographiqueautrement exacte que celles qu'avaienû faites des 'l

topographes en travaillant pendant plus d'un siècle avec

';

leurs métftodes archaiques d'un caractère plus industriel; et, au premier rang, il con,,,, ' vient de placer t'atr llqaide. On sait que Faradan le premier, put tiqaéfier certains gen .' l 'comme le chlore, Itammoniaqug etc..., montratrt ainsi la I généralité absolue des ctrangements dtétat de la matièrë. ,'1 Cependant, trois des gaz les plus abondants de lanature r ..
l'hydrogène, élément constitutif de I'eau, l'oxygène etl'aaote, '; éléments composents de I'air, avaient résisté à toutæ les .lr tsrtatives de liquéfaction, et on les appelait des c Sao pê '' manents >. Ce fut le physicien Louis Cailletet qui eut la gloire, en 1877, de les liquéfierà leur tour, faisant ainsi tom. ' ber Ia dernière cloison qui existât encore. entre ltétat liquide ','

Mais

il

est d'autres apptications de I'air atrnosphérique, ;)

,

(r8cI

I

Ies nitrates nafirrels du Chiti, dont les gisements ne sont rpâs inépuisablesr ' Une application << mécanique > de I'atmosphère, c'est I'utilisation de Ia force du vent. Or, cette utilisation est conr 'sidérblu pour la navigation à voiles. En prenant tes statistiques du Bareaa Veritas, publiées avant la guerre, on y voit que le nombre total des voiliers, dans le monde entier, ré.préseptait un tonnage total de 6 5oo ooo tonnes. On peut estimer, en moyenne, à r cheval et demi partonne la puissance nécessaire pour faire marcher ces navires ; et, da^ns cês con-

,et llétat Saæus,, et de signer d'un nom français une des 'pesbs les plus brillantes de toute ta Physique, , I,es élésnents de I'air, azote et orygène, étant ainsi liqué$És séparérnenq il était nahrrel que I'on songeât à liquéfier l'Air* en bloc p. On y est arivé atrjourd'hui. Grâce à,des ldétentes successives, I'ingénieur français Georges Claude a pu liquéfier l'air d'une façon industrielle. On sait les ap,pliqations immenses que I'on en fait: préparation de I'orrygÊae ct de l'azote, e:rtraction des gaz rares, On obtient ainsi dc I'orygène au prix de quelques sous le mètre cube. Quant " , à faaote, on lnemploie en le faisant combiner avec lthydro,.gène pour obtenir directement des composés ammoniasaux, ou avec ltorygène pour obtenir des nitrates ; tous ces produits sont des engins fertilisants destinés à remplacer

LES PRÉVISTONS

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pas compris les bateaux de pêche, qui représentent un tonnage global au moins égal au précédent. On n'y a pas cornprie, non plus, les innombrables << moulins à vent D qui tour, nesrt dans toutes les parties du monde ' Nous avons parlé, en étudiant les pluies, de l'énergie rcprésentée par les cours d'eau qui sont la conséquence de ces prb. cipitations de ltatmosphère : nous n'y reviendrons pas Mais nous remarquerons, en terminant ces pâgesr {uê Itair ae se borne pas seulement à nous donner la force motrice, la s houille blanche D par la condensation de I'eau (r83)

ditions, on voit que I'utilisation du vent par les navires à voiles représente neuf millions sept cent cinqaante milte ,.cheyaatc-r.apear. Et, dans les statistiques ci-dessus, ne sont

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L'AIIIOSPHERÊ
qutit contient, ou à nous forrrnlr so'tl énergic tnotqic€ Gn ':; propulsant nos navires ou les ailes de nos moulins: il sert ï er"oru à d'autres choses. Gomprimé, il sert à hansporter de ,'; l'énergie, soit qu'on I'accumule dans des réseroirs, Soit , qu'on le distribue dans des conduites spéciales. Grâce à : son étasticitê, I'automobile a pu vaincre les calrots de la route, en roulant sur ses pnena remplis dtair comprimé' l: Raréfié dans des canalisations souterraines, il trans,portc il répartit Chauffé, <<pneumatiquesD. nos oorresponda.nces la chaleur dans toute unemaison, par tr'e*rploi dtun calori- "'
dustrieltg i'atmosphère est utilisée par nous tous les jours, , à tous les instants. Ctest grâce à son oxygène que nous 't
)

fère central. Et, indépelrdarnment de ces applications de forme in'

pouvons respirer et Yivre, que nos fourneaul 9uê les foyers de nos chaudières peuvent brtter, que nos moteurs d'autos ct d'avions réalisent le rnélange ge,zeuli qui les fait fonctiofiner. On voit donc que I'atmosphère est un des présents les

.-

plus précieux que l'homme ait reçus en partage. Et I'otl comprend que l'éttrde en soit, non seulement intéressante non seulement utile, mais encore nécessaire.

'

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TABLE DES
PLANCHE

GRAVURES
PqgEs.

I de cirro-cumulus..... . r....
FnoNusprcæ

Un

groupe

PLANCHE IT
Thermomètre à maximum (à mercure). Thermomètre àminimum (à alcool ) . Hygromètre- enregistreur à cheveu de Richard.. .. r .
PL/LNCTTE III Thermométrographe

I

zo

I

de Campbell.
I'ingénieur

J. Richard..... .

q-

et son aimant. - Héliomètre Thermo-baromètre enregistreur de
.

.... r r... ..,..

z,

PLANCHE
style.

IV

Baromètre

-

à mercure de Fortin. Baromètre de Baromètre à mercure à large-cuyette

24

PLANCHE V
Baromètre anéroïde pour mesuref les altitudes.

Barographe ou baromètre enregistreur J. Richard.,..
..

25

PLANCHE V
Un hypsomètre à chauffage électrique...... i . . .,.
32

PLANCHE VII
Hygromètre de Lambrecht à cheveu. mètre et son abaque. Psychromètre par I'alcool. .. . ,
Psychroà chauffage
33

PLANCHE VITI
Thermographe de Richard (ou thermomètre enrç.
gistrerrr).

-

Psychromètre enregistreur,

... . ... . .. . .

4o

(r8s)

Ftewcst rx
',1

..,.

. ,

â$êmomètre combiné avec

un compteur cluono.

' méhiqqe.

Anémomètre portatif pour mesurer la vitesse du venL et anémomètre. - Girouette - Gid'aviation. fouette pour ehamp
X.

PLANCHE

Cabane-abri

du parc de

MontsouriS, pour f installa-

tiofr des instruments.. . . .

'eLeNcHa

xt
à
bascule, de Richard.... Monaco.
Gonflernent 45,

I . ,

Fluviomètre enregistreur, PT.IINCHE

XII
du prince de

Cerf-volant

d'un ballon-sonde à l'rappes.

-

8o

PLANCHE

Tempête

XIII du xo septembre

1896

à

Paris.

trombe d'Asnières du rB septembre r8g7.

-

I-a'
8r

PLANCHE XIV Une trombe terrestre. É*ption Saturajiraa - Sa.kurajimade L'éruption de en rgr4. en rgr4 : en
pleine

éruption.

.,..

.

.

PLANCTTE .XV

La jetée de Dieppe, pendant une tempête provoquée par un coup de vent

d'ouest.

.....;

89"

,

PLANCTTE

XUI

Le voilier le Carbet,
port du Havre.
après une

tempête.

chaviré par la tempête dans le La route de Boulogne à \ÂIimereu*

...,,.

PLANCHE XVTI
Les quatte types de nuages.

et

PLANCHE XVilI Pendant la < Semaine des nuages D,
Structure de cirnrs, en fila,rnents.

à Paris: r.... r o. .,. ., . . ...'

roo

(r86)

r

' r ')..

'' ri ;,i'"',"

":'',.,,

TABLE DES GRAVTùhb

lor
t04

'

à coflh'e-iour (rgo5). - Un orageux. t .?LANCHE XXII ,.
Cumulus
nimbus

cumuloro5

,, ,
,

-

Nuages divers courant à contre-sens, ro awil r9oe. Nuage en sac pendarrt une tempête, zB fêvrier r9o3.

IIA

, PLâLNCHE

XXIII
et
sections verticales nord

Schérna d'une d{pression et sud.. PLAITCTTE

II3
tao

XXIV

Un canon paragrêle en

aclion.

P.LANCHE XXV Grêions Étoites de neige à structure heragonale. grandeur naturelle. Fteurs de givre déposées sur

,

une

fenêtre.

-

rzr

, PLANCTTE XXVI

'

La foudre tombant sur la Tour

Eiffel

.........
Un orage à

ri6

' 'PLANCHE XXVTI orage, iuin t8g7,

,

,Saint Vivien-Mêdoc

g h. go, Lozère' -

(Gironde)

.........

tg7

L'ÂiTII'OSPHERE
PLALNCTTE

XXX

Un arc-cn-cicl.... . .. . .

PLANCHE XXXT
Un halo solaire..- Une couronne.. . . . ..... . . .. . . ..

TABLE DES MATIÈRES
AVANT.PROPOS

CHAPITRE PRETTTER
L'ATMOSPITÈRE, SES DIMENSIONS, SA NATURE.
Qu'est-ce que l,atmosphère ? L,air atrnosphérigue est pesanL L'air n'est pas un s élémEnt > simple. Sa compositioo. La composition de I'atmosplière aux différcates altitudes. Les dimensions di l,rt-

-

-

- limite, Évaluation de mosphère: son épaisseur l'épaisseur de l,atmosphère. Divisions nahrrelles
de I'atnosphère

-

-

CHAPITRE

.

II

IÆS INSTRT'MENIS DE LA MÉTÉOROLOGIE.

L'impottance des instruments d'observation. _ Le thermomètre. àmaximum et àmi-Thermomètres nimum. Les thermomètres métalliques. - Le baromètre. Baromètre à mercure et baromètre ané_ roide. - L'hypsomètre. L,hygromètre: le psy/chromètre. Le pluviomètre. Les instruments - mesure enregistreurs- de J. Richard. La du yent _ - météorologigues, _ , _L'observation des instruments læs abris thermomêtriques. Le thermomètre-

sfe-mLants
CHAPITRS IIT

fronde.

- haute atmosphère L'exploration de la
et ballons-sondee
.

:

I^â, IEMPÉRATT'RE

SES VARIATIONS.

,

Iæs causes des inegalités de tempérafure. Iæs rarirations de températur,e de fair, Les températures

_

_

{rBg}

larafilldrd|

,,4i;)"
:

ft;,,, : r 5ii 't j-"a !':".,: ,'' I lqiu' .r1.r,jrril'', i : '' ,[,0,, }l;,',r '
iiii':: r,,{,
"tbr 'vl: x.,'

;Ii'

r.I.;i'

- climats et leur classilication. , Les isothermiques. i Vagues de chaleur et la mer. de L'influence $,,1.,' ll - de la température avec Variations vagues de froid. ,Jl '' La L'inversion de température. raitituae. ii , jl' ,t 1 couche isotherme. F'La réduction des températ'res 48 au niveau de la mer. $it,)l^" [r.i l,' \, ,\' CHAPITRE TV lI} '.
't'
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'r'- . , ,iill''.. ' I

,:;lir;gi[Xg6{pP,r{ÈRE '
observées. e*tnêmes observees. extsêmcs

'

'',iJi+,
P!84

isothermes Lrgnes lsornermes Llg'nes

cartgs' ,tii e[ et carter;

r-a PRESSION AIMOSPHÉRIQUE.

millibars. : For- , i h - Varia' ' , de la pression atmosphêrique. diverses sE dons ùrfrllit grYgrÈ5È graLe grar.'G Da,rornecrrques. et Gartes cartes barométriques. isobares ef Lrgnes $ODareS LEneS I' Gentres Le vent normàl. dient barométrique. cycto:riques et a,njicrcfoniques.,- varfallî:,aIæs d{pres' nriellei de la pression atmosphérique. sioræetleurs déplacements... r.. .'65|
La pression de I'atmosphère. Millimètres et --i,-^-:'-;--- ,^ r- ^-1^^r^--^^ trar+*rr{ I'altittrde. Variations de,la pression avec hauteurs. des mesure et l-aplace de mule
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,

CHAPITRE

v ,
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LÂ cIRcuL*arIoN GÉNÉRALE DE L'AIMosPHÈRE. Les La chaleur solairà, origine de la circul,ation.
vents alizés'

- d'acLes contre-alizés ; les centres Les coùrants - atmosphéta circuliation nrarirrs:le Gulf-Stream.
tion.'-

océanique. La circulation

rique sur la terre entière.
bo-urrasques et

Les circuits. - r. ,...... "..... lescyclones.

Les

aHAPITRE

vr

L'EAu DAt{s L'ATMoSPHÈRE. LA VAPEUR
ET LES NUAGES.

D'EAu

,

r#f,,

,

'

Les brouilLa vapeur d'eau et sa condensation. - nuages. La forrne des lards et leur structure. - hauteur. Aspects dea 'Leur claCsification et leur l'obser' de Utilité nuages de différentes classes.

La masse- d'eau contenue dans vation des nuages. La brume, la un brouillard. dans urr nuagç ou

nébulosité..../.

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'intênsit&.

Comsrent on classe lgs Ia,,forrnation de la ptuie. - pluies.-Les résultats: répartition des pluies. -La de pluie tombée. Leî averses et leuts 'les hEuûeurs

atmospheriques Les précipitations

Le nature de I'eau de pluie. La neige: les neiges pouvoir fertilisant. Son ;Les trombesr perpêhrelles,,la grêle et le.s grêlons. - giwe et le verLe La rosêe et la gelée blanche. La pluie et I'industrie : la < houille blanche p. glâs.
dans les dêpressions,

-

La réfraction atmosphérique. Le a blan n du ciel. apparent et la déformation des Le déplacement I-es cou' l'41s-sn-cie1. mirages. objets. -Le son et I'atmosphère. - Les roirnes et lles halos. - Les êchos. Les s zones 'I^e réflexioo du son.

CHAPITRE N
I*A, PRÉVISION DU TEMPS A, COURTE Le problème à résoudrê. - Les cârtes,synoptiques. * Pr,êvisior ,r- L'OfÊce national météorologiquç. du temps par les cartes d'isobares. * La méthode Prévision du Ëenps de prévision de G. Guilbert.

'

',

eetrs

préviI'anploi des cartes synoptiques; - Læs la T. S. et F..,. du temps r ......... rions

CTTAPITRE XIT

* Les périodes solalres. * Iæs inffuences ' Brtiehner. co niques. * l-s Lune. Les saints de glace. * L'utilisation.de l'etmqL'étê de la $aint-Mertin. sphère......... t... . r....

La prévision à longue êchéance, L'influence dcs et la végétation. --- \il/illiam llerr La périodicité undécenaale des tachcs soechell. - pêriode de trente-clnq ffrs. blrcs.*La T La loi de
taches du soleil
'

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