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Association Générale des Étudiants de Paris-Sorbonne

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Le bulletin sans concession de l’AGEPS, première organisation étudiante de l’université Paris IV, Octobre 2009, numéro 24
Rentrée à Paris-Sorbonne

Apres besson, pecresse:
Éditorial

“l’universite c’est ma jungle, tout doit disparaitre”
Etudiants sous PRES Les effectifs universitaires sont tenus aux mêmes lois physiques que la banquise des bébés phoques: ils fondent à vu d'œil. Fut un temps où les amphis de Clignancourt étaient pleins comme un concert des Red Hot, et où le "grand" amphi de Malesherbe portait bien son nom. La faute en est, il faut le dire, à l'appauvrissement des moyens des universités face au leitmotiv éducatif de ce 21e siècle: professionnalisation. Les bacheliers se tournent de plus en plus vers les écoles, prépa publiques et IUT, alors que le taux d'échec en université lui, reste le même. Mais ne faisons pas dire n'importe quoi aux chiffres, si en effet les écoles pillent les flux étudiants, en terme d'effectif attendus, vous êtes nombreux cette année, bacheliers futurs maitres et doctorants, à avoir rejoint les bancs de la vieille Sorbonne: ni moins que l'année dernière ni plus que l'année prochaine. Rien à voir, donc, avec ce qu'avaient annoncé les mauvais journalistes et les bons sondeurs: les mouvements universitaires n'ont pas d'incidences négatives, et les facs mobilisées n'ont pas été fuites comme la peste. Il est important, enfin, puisqu'on parle chiffre, de penser que bientôt les échelles vont changer: Paris 2 Panthéon-Assas, Paris 6 Pierre et Marie Curie et Paris 4 La Sorbonne viennent de se rapprocher pour former un PRES. Un groupement qui devrait peser 60.000 étudiants. Entre les coups bas du gouvernement et les hautes ambitions de ces trois universités, espérons que ce chiffre ne fondera pas, lui non plus, comme neige au soleil.... Bonne rentrée! Julien AUVERT Président de l’AGEPS La rénovation du centre Clignancourt était devenue, depuis dix ans, une nécessité pour les étudiants. Le projet avançait mal, source de conflits, il fut enterré. Et si brusquement il renait de ses cendres, ce n'est pas parce que le gouvernement prend conscience que la situation des étudiants clignancourtois devient critique, non; c'est parce que l'Etat se pique en hâte de jouer au dernier jeu à la mode: le Partenariat Public Privé. Le PPP est un modèle d'appel d'offre qui consiste en l'alliance de fonds publics et de fonds privés; les acteurs privés construisent le bâtiments, le maintiennent à neuf et en cède la propriété à l'Etat au bout de trente ans. Oui, vous avez bien compris, le bâtiment restera la propriété du privé pendant trente ans, touchant un loyer à prix d'or. L'Université Paris 4 elle même est le dindon

Petit Piston entre Potes

PRES & godies

de la farce de ce jeu de dupe, elle n'est que le faire-valoir de la lucrative combine qui unit l'Etat à Bouygues et Dexia, les investisseurs de ce projet. Ce qui justifie l'absence scandaleuse d'informations jusqu'à ce que nous retrouvions tous devant le fait accompli. Lorsque fut évoqué le projet la première fois, en toute opacité, ne pouvant pas contourner ses responsabilités, l'AGEPS vota pour la rénovation: un syndicat qui défend les étudiants ne peut pas envisager d'en laisser 6.000 patauger plus longtemps dans l'amiante et l'insalubrité. Mais comment ne pas s'insurger face au modèle choisi, le PPP. Notre université est devenue prisonnière et complice de ce chantage douteux: le dangers urgent qui pèse sur les étudiants est accaparé pour faire le profit des firmes du bâtiments. Et à gros marchandage, gros appâts: le nouveau bâtiment Clignancourt fera 21.000 m², une aile Ouest d'enseignement sur trois étages, six amphithéâtres, un auditorium de 500 places à hautes exigences acoustique, un jardin en pente, un gymnase, une aile Est de bibliothèque de 6.000 m² en verrière pleine, et des plaques dorées sur les façades. Le bâtiment sera livré en

deux fois, l'aile Est à l'été 2011, l'aile Ouest l'année suivante; le chantier se fera donc, vous l'aurez compris sur «site occupé»: les étudiants auront cours à côté des pelleteuses pendant deux ans. Un chantier à la pointe de l'insonorisation et du respect des délais, assure l'entrepreneur, ça ne fait pas de doute, les pénalités sont astronomiques. Astronomiques comme le prix du loyer que l'entreprise exécutrice du projet, Soφhi, va soutirer à notre université. Et au vu de la disette financière, l'AGEPS s'armera de toutes les vigilances pour que les étudiants ne soient pas les victimes cette addition salée. Quand au quotidien futur de cette cage dorée, une fois de plus tout est pensé dans le PPP: à la livraison du bâtiment les créanciers font retour immédiat sur investissement en se partageant les contrats d'exploitation. Gardiennage, sécurité, hygiène, le privé est chez lui. Rien d'étonnant alors que, durant la réunion d'information du mercredi 23 septembre, l'intervenant de Bouygues parle à l'assemblée en véritable bailleur; perversité du PPP, voilà des entrepreneurs et architectes qui construisent sans s'instruire du public visé, avant cette réunion ils n'avaient jamais croisés ni enseignant, ni BIATOSS, ni étudiants. Le résultat est un beau bâtiment doré (au sens propre comme au figuré), qui, ça ne fait aucun doute, est moins construit pour les étudiants que pour la fortune des firmes du bâtiments.
La rédaction

Chaque fin d’année universitaire, une question centrale dans la vie des étudiants est débattue par les conseils de notre université : celle du calendrier universitaire. Il s’agit avant tout d’une question pédagogique, puisque c’est le rythme de nos études qui est en jeu. L’AGEPS s’est toujours battue pour que ce calendrier soit le plus profitable à nous tous, étudiants, car nous pensons qu’une année universitaire équilibrée est un facteur de réussite important. Arriver fatigué aux examens sans avoir eu de pause ni de temps de révision n’est pas le meilleur moyen pour que nous réussissions nos études. Les nombreuses propositions et le travail de conviction auprès des instances de l’université que nous avons fait au fil des ans a permis des progrès sensibles ces derniers temps, notamment sur la semaine de révision. En 2007, nous avions obtenu quelques jours de révision avant les examens du second semestre, qui se sont trans-

formé en une semaine complète de révisions dites « organisées » l’année suivante. Cette solution était transitoire et connut quelques ratés : certains d’entre-nous se retrouvèrent avec des devoirs de contrôle continu imposés par les enseignants juste avant les partiels. C’est pourquoi lors du Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU) du 23 mai dernier, les élus AGEPS ont demandé des jours de révision totalement banalisés. Et nous les avons obtenus : avant chaque session d’examen, nous aurons cette année au moins cinq jours de révision. Restait cependant un problème rédhibitoire, qui a aussi fait débat lors du CEVU: alors que le second semestre est entrecoupé de périodes de vacances à répétition, nous avons chaque année douze semaines de cours sans interruption au premier semestre. Les étudiants ont donc proposé que la semaine de vacances de février/mars, qui intervient à peine quinze jours après la rentrée du second semestre, soit déplacée en novembre. Introduire une semaine de vacances à l’au-

le sky plutOt que les chrysanthemes
tomne permettait non seulement à tous de se reposer à la mi-temps du semestre, mais aurait également été pour nous l’occasion de faire le bilan des premières semaines de cours, de rattraper un retard éventuel d’adaptation pour les nouveaux et, éventuellement, de se réorienter avant la clôture des inscriptions pédagogiques aux alentours de la mi-novembre. Les statistiques issues de l’infirmerie montrent d’ailleurs clairement un pic de fréquentation à l’approche des vacances de Noël. Loin d’être anecdotique, cette proposition avait été votée à l’unanimité du conseil. Malheureusement, ce calendrier équilibré à l’issue d’un long travail des élus du CEVU, conseil chargé des questions pédagogiques, a été balayé d’un revers de manche par les élus du Conseil d’Administration (CA) deux jours plus tard. Le CA du 25 mai n’a pas seulement supprimé une importante avancée pédagogique au milieu d’un débat brouillé par deux autres dossiers importants (le PRES-la Sorbonne et la rénovation de Clignancourt) : il a réduit à rien ou peu s’en faut l’utilité et la légitimité du CEVU en ignorant ses conclusions unanimes. Avant l’entrée en vigueur loi LRU dite « d’autonomie des universités » qui donne quasiment tout pouvoir au CA et au président de l’université, cette situation n’aurait pu se produire. Une fois de plus, cette loi profondément anti-démocratique, contre laquelle toute la communauté universitaire s’est tant battue l’an dernier, a démontre l’un de ses effets pervers. Les enseignants du CA, qui sont en surnombre par rapport aux étudiants, ont fait comme bon leur semblait. Mais puisque des vacances au Ski valent mieux que la santé des étudiants... Maxime LONLAS

Le 11/09/09, sur EducPros.fr par Françoise Galland, responsable de l’Environnement Numérique de Travail (ENT) à l’université d’Angers: “Pour moi, les grèves et la grippe A, c’est super. L’année dernière, le nombre de comptes des enseignants sur Moodle a augmenté de manière exponentielle car en plus des grèves, il y avait des problèmes de droits pour les polycopiés. L’usage de l’ENT va être boosté car s’il n’y a plus l’annuaire papier, les enseignants iront sur l’ENT”.

La phrase du mois

Comment ça, il est pas frais, mon poisson ? « Il est à moi – non ! il est pour moi ! » Mais quels sont ces cris ? Ah, mais bien sûr ! On connaissait les bagarres entre Ordralphabétix et Cétautomatix pour des poissons pas frais ; là ce sont nos amis les mutuelles qui se disputent les poiss… les étudiants. Cette année encore, les mutuelles ont montré un visage peu plaisant du monde universitaire aux jeunes bacheliers venus s’inscrire à Paris IV. Certains vendeurs n’ont pas hésité à vendre des assurances complémentaires à des étudiants déjà couverts par la mutuelle de leurs parents et que l’inscription à la fac ne demande pas . A quand une bonne mise en ordre ? Le gouvernement joue au lancer de couteaux On ne change pas une méthode qui assomme. Le gouvernement, comme en 2007 pour la loi LRU dite « d’autonomie des universités », a fait passer les décrets concernant le recrutement des enseignants (professeurs des écoles, lycée et collèges) au beau milieu des vacances d’été, le 28 juillet. Si la mesure était si bonne que nous le dit Valérie Pécresse, pourquoi ne l’assume-t-elle pas pleinement au lieu de la faire passer quand les universités sont fermées ? Après cinq mois du plus fort mouvement universitaire depuis les années 80, faire passer un texte sur le recrutement des enseignants dans le dos des acteurs du monde universitaire montre à quel point la démocratie est tombé bien bas dans notre pays… « La Sorbonne » est sous PRES Non, ce n’est pas une erreur de frappe. Après une tentative infructueuse le 5 juin dernier, Le conseil d’Administration a approuvé le 25 juin les statuts du Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur de ce nom, créé avec Paris II et Paris VI. Alors qu’à Lyon ou Toulouse on associe enseignants, personnels administratifs et étudiants, il faudra se contenter des trois présidents d’université à la direction du PRES « La Sorbonne ». Si une commission de suivi a tout de même été créée, le PRES risque se limiter à une opération financière et communicationelle pour les établissements… sans aucune ambition pédagogique ni démocratique. Démagogie et frais d’inscriptions L’UNI, syndicat étudiant proche de l’UMP, propose que les étudiants se fassent rembourser leurs frais d’incription au prétexte que les manifestations de l’année passé ont empêché certains cours de se dérouler normalement. Pourtant, depuis des années, l’UNI prône une augmentation massive des frais d’incription à l’université, dans la droite ligne de l’UMP. Allez comprendre…Pour décrypter cette campagne nauséabonde et totalement démagogique, il faut lire entre les lignes : quand les universités, dont les budgets sont déà exangues, n’auront vraiment plus d’argent, ce sont bien les étudiants qui en paieront les frais…En somme, faites vous rembourser aujourd’hui, pour payer davantage demain.

couloir

Au fond du

DNSPM. Diplôme National Supérieur Professionnel du Musicien. En quelques mots, l’avenir de l’enseignement supérieur musical : une formation européenne de type LMD, organisée conjointement entre les grands conservatoires et certaines universités de musicologie partenaires, offrant aux étudiants recrutés par concours et ayant poursuivi leurs études un diplôme de musicologie (licence ou master), un diplôme supérieur d’instrumentiste ainsi qu’une préprofessionnalisation dès la L2 qui peut permettre, entre autres, de gagner un an sur l’obtention d’un Diplôme Français d’Enseignement Musical (DE/CA) ou d’être engagé dans un orchestre dès la fin de ses études. Paris IV, s’appuyant sur son UFR de musicologie et profitant de la proximité et de l’ambition de trois des plus importants conservatoires nationaux de musique (le CNSM de Paris d’une part, de l’autre les CRR de Paris et de Boulogne-Billancourt associés pour l’occasion en un Pôle commun), est depuis 2007 l’une des seules universités françaises pilotes à proposer ce type de cursus. Une initiative louable donc, mais qui, sous des dehors aguichants, cache d’inconcevables problèmes d’organisation et de respect des droits étudiants. Aperçu. Commençons par l’aspect financier.

ACTUALITE PARIS IV Licence Musicologie/DNSPM : une zone de non-droit ?

L’étudiant, une fois qu’il a réussi le concours début septembre pour lequel il aura dû payer 51 (Pôle)/82 (CNSM) euros de « frais de sélection » non remboursables, est encore loin de pouvoir ranger son portemonnaie. Car, s’il n’y a qu’un seul cursus, la présence de cours au conservatoire et à l’université oblige le jeune lauréat à s’inscrire dans les deux structures : en plus des frais d’inscription de Paris IV, comptez un supplément allant de 255 euros (CRR de Paris) à 410 (CNSM). Si, en plus de cela, vous osez faire une préprofessionnalisation « enseignement public », qui vous fait vous inscrire dans une troisième structure (le CEFEDEM) dans le cas du pôle Paris/Boulogne, l’enveloppe totale annuelle s’élève à plus de 1200 euros. Sachant que la charge de travail s’apparente en tous points à celle d’un double cursus traditionnel - rendant toute tentative de salariat impossible , on peut déjà imaginer la difficulté pour nombre d’étudiants de joindre les deux bouts sans avoir recours aux systèmes de prêts ou aux parents. Voyons maintenant l’aspect organisationnel. Tout d’abord, bien que le diplôme et le cursus universitaire soient les mêmes, l’université Paris IV, en 2007, n’a pas conclu une mais deux conventions : l’une avec le CNSM de Paris, l’autre avec le pôle Paris –

Boulogne. Résultat : des coefficients et des charges horaires qui varient du simple au double selon que vous fassiez vos études au Pôle ou au CNSM. De même, tout à fait illégalement, le cursus DNSPM astreint ses étudiants à suivre un contrôle continu et interdit toute compensation entre les UE, que ce soit à l’intérieur de chaque semestre ou entre les différents semestres d’une année. Vous avez eu une moyenne de 13 entre toutes les matières, vous pourrez cependant être recalé pour avoir osé manquer 4 cours (coeff. 1) de relaxation et détente du musicien. Vous avez eu 9 au second semestre et 12 au premier, vous n’aurez pas non plus votre année. Enfin, si vous entreprenez de vous plaindre de tout cela, là encore le mât blesse : outre le fait que, dans 2 des 3 conservatoires, les étudiants soient exclus des conseils d’administration, de constants renvois entre les douze (!) différents responsables du cursus vous laisseront dans le plus profond désarroi. Lors d’une récente réunion publique, Christine Albanel, ancienne ministre de la culture, citait le DNSPM comme le modèle qui « offrira à la France et à l’Europe l’élite musicale de demain ». Mais de quelle élite parle t-on ici ? Celle de la République, fondée sur la possibilité pour tous les citoyens d’accéder dans tous les domaines aux plus hautes fonctions, ou celle, aristocratique, de la reproduction ad aeternam de classes supérieures intouchables ?

La rédaction

ACTUALITE nationale

Chacun d'entre nous a pu remarquer en venant s’incrire à Paris-Sorbonne que les services de l’université étaient loin d’être les seuls présents sur les lieux, en juillet comme en septembre (qui sont les deux périodes où se font l’essentiel des inscriptions à la fac). Les étudiants constituent en effet une source de revenus pour beaucoup; au nombre d'entre eux, l'OFUP, remarquable par l'ubiquité et l'audace de ses vendeurs. Cette société de vente d'abonnements de presse n'hésite pas à se présenter comme « service de presse universitaire », semant la confusion dans l'esprit des nouveaux comme des plus anciens étudiants. Déjà touché par des scandales d'utilisation de données personnelles pour des usages non annoncés – propositions d'abonnements téléphoniques, internet, d'assurances et d'offres bancaires, qui l'avaient fait exclure de certaines universités, l'OFUP vient cet été de subir un mouvement de grève de la part de ses vendeurs. Retour sur un fonctionnement très particulier. Les vendeurs, « conseillers presse », sont recrutés parmi les étudiants et

L’OFUP arnaque aussi ses vendeurs

reçoivent une formation non rémunérée de 3 jours, essentiellement sur les techniques de vente – ou comment convaincre un étudiant en Lettres qu'il doit ab-so-lu-ment s'abonner à Newseek. Puis ils sont placés sous la direction d'un responsable d'équipe, le « manager » qui a pour rôle de les motiver et par une culture de l' « émulation » de les inciter à donner le meilleur d'eux-mêmes. C'est là que le bas blesse: l'OFUP annonce fièrement que les étudiants-vendeurs ont un salaire fixe, et ne touchent pas seulement les primes d'abonnement. En réalité, ils sont payés la somme royale de 218€ brut la semaine pour 25 heures de travail, soit tout juste le SMIC: 6,84€ net/heure. Or les salariés travaillent en réalité environ 35 heures par semaine. Ajoutons que le contrat est de dix jours renouvelables, ce qui permet de maintenir la pression sur les éléments les moins rentables. Les étudiants-vendeurs peuvent cependant espérer les fameuses primes: des commissions qui commencent à arriver à partir de 215€ brut en total payé (c'est-à-dire que les étudiants qui ont laissé leurs coordonnés payent effectivement pour l'abonnement).

Cette année, en juillet, un certain nombre d'étudiants-vendeurs sur le site de Paris III ont refusé de se laisser faire quand ils ont compris que leurs heures supplémentaires ne seraient pas payées. Les syndicats étudiants les ont immédiatement soutenus et quatre revendications ont émergé: le paiement de toutes leurs heures travaillées, le remboursement des frais annexes (transport, repas, connexion internet), le paiement des trois jours de formation, et l’arrêt des techniques mensongères de vente. La grève des salariés de Paris III a commencé à faire tache d'huile, les étudiants-vendeurs de Paris I, VI, VII, et VIII ont montré une certaine sympathie pour le mouvement, ceux de Paris VI et VII cessant également le travail. La direction de l'OFUP a refusé de prendre en compte les revendications des grévistes et compte manifestement sur le temps et l'élagage pour restaurer la motivation de ses troupes. Les grévistes ont créé un comité des salariés de l'OFUP pour permettre l'organisation des anciens et des nouveaux étudiants-vendeurs pour la session d'inscriptions – et donc de ventede septembre. S'il est difficile de dire si le mouvement aboutira à l'heure de la rédaction de cet article, il est certain qu'il aura au moins permis de mettre en lumière les méthodes de cette « Société par actions simplifiée au capital de 3.537.015 Euros ». Chloé GALLAUD-PETIT ment, réorientation, nécessité, perte, sélection, épanouissement… responsable de tous les maux. Sélection. Le mot est lancé. Fait peur ou réjouit. Sélection, c’est la réponse anticipée des allemands à cette angoisse bien française. Oui, pas loin de chez vous, on sélectionne ! Suivant quoi ? La moyenne générale de l’Abitur (1 étant la meilleure note et 6 la pire.) Ensuite, deux classements se forment. L’un, le moins prépondérant est, ô scandale, entre les facs : les plus prestigieuses demandant à l’entrée les meilleurs élèves/notes. Pas de fac d’élite, pas de fac poubelle qu’y disaient. L’autre, entre les matières. Oui, tenez vous bien, là-bas, on assume les préjugés latents et pervers qui suintent par chez nous. Ils sont opérationnels dans le système même : pour faire médecine, il faut un 1, pour faire philo, un 3 ou un 4 suffisent. Ceci pour une question de place diton. Choqué ? Bienvenue dans les sciences humaines ! Mais, nos prépas et grandes écoles ne seraient-elles pas déjà notre équivalent rayon ‘Sélection’ avec cette prépondérance des sciences ? S’il y a un point commun entre les deux systèmes, c’est bien ce manque de confiance envers l’avenir de ce qu’on appelle encore les Humanités. Raphaëlle JAMET

ACTUALITE internationale
Deux pays européens. Une frontière commune. Deux langues. Un processus de Bologne pour harmoniser leurs systèmes universitaires. Et… quelques nuances dans sa construction. Vous croyiez qu’il était, après le passage au LMD et tutti quanti, évident que toutes les universités européennes fonctionnaient de la même manière ? Que nenni ! Laissez nous vous détromper. Prenons la France et l’Allemagne, pourtant a priori très proches. Les différences commencent dès le début du cycle scolaire, pour ne faire que s’accroître au fil du niveau d’étude. Différence notable, il n’y a pas de gestion nationale : chaque Länd a sa propre politique d’éducation, ce qui mène déjà à des inégalités. Dès leurs dix ans, les jeunes allemands voient leur destin se sceller. Ils ont le choix (mais n’est-ce pas trop tôt ?) entre quatre collèges différents ouvrant sur des formations différentes : le premier sur une formation en alternance ; l’autre sur une université technique ; le troisième qui n’accueille plus que 40% des élèves, délivre l’équivalent bac (Abitur) et enfin le dernier créé d’après notre collège unique n’existe

Petite lecon de relativisme allemand

que dans les Länder de gauche. Ainsi, déjà, tous ne pourront pas entrer à l’université. Tout au long de leur scolarité, les écoliers allemands ont cours uniquement la matinée, l’après-midi étant consacrée à d’autres activités. Notons que ce fondement, sur lequel lorgnent les politiciens français de l’éducation depuis longtemps déjà afin de s’en inspirer pour améliorer le système (comme Descoing), est remis en cause en Allemagne par des propositions de réforme et contre lesquelles les universités outre-Rhin se sont mobilisées au printemps dernier. Les allemands passent l’équivalent de leur bac dans leur 19ème année, soit une année de plus à l’école que nous. Ceci est également remis en cause par d’éventuelles réformes et tout aussi contesté par le supérieur. L’université au secours du secondaire ! Est-ce ce qui nous attend, nous, cette année, après la ponte des Rapports Apparu et Descoing ? Quel est donc le lien entre ces deux Rapports et ce qui se passe en Allemagne, outre la mobilisation ? L’angoisse de la première année à l’université. Toujours la même. Cette année tant décriée en France, tant redoutée qui est tour à tour vécue et stigmatisée comme échec, flotte-

POUR ALLER PLUS LOIN

L’universite du bizutage permanent
Il n’était que temps de saluer dans ses pages les efforts méritoires des ministres successifs. Enfin l’Université française peut-elle se prétendre l’égale des Grandes Ecoles et des Classes préparatoires les plus prestigieuses. Enfin, avons-nous droit à des week-end de (dés-)intégration. Mieux, le ministère, voulant rattraper des années d’injuste retard, les organise gracieusement tout au long de l’année. Jeux de réflexion (on se rappelle avec délice du : comment assumer de nouvelles charges financières avec des budgets restreints ?), course poursuite (la très populaire « attrape moi et tire mon slip »), jeux de rôle (étudiant de niveau 3 vous devez passer niveau 5 pour prétendre intégrer la Guilde des Enseignants. Mais le sort Bès’D Moy’un vous empêche d’utiliser votre cape Stajré Mun Héré), tout est fait pour satisfaire à plein étudiants, personnels universitaires et enseignants. Certains à la lecture de ces lignes doivent déjà protester. « Mais le bizutage est une pratique archaïque, dégradante, voire violente, qui porte préjudice à l’ensemble de la communauté universitaire ». A ceci, on ne peut qu’opposer les propos de la ministre Pécresse tenue lors d’une soirée étudiante de Théoria-Praxis : « Tant que y’a de la tendresse, ça reste positif. Le SM n’a plus rien de tabou, je l’ai lu dans les Inrocks. Les jeunes et moi, on parle le même langage. C’est in ». Depuis le début des années 2000, l’Université est très in. En 2009, les étudiants reçurent de belles surprises. La « masterisation » en constitua le cœur. Et pourtant, à aucun moment, l’Unef, n’a pris la mesure du danger de cette réforme, n’incluant jamais son retrait dans ses revendications, refusant même d’en parler tout simplement. Sans consultations, sans négociations, tous les étudiants candidats à l’enseignement se retrouvent obligés de financer une ou deux années de plus minimum (pour atteindre le M2), tandis que de l’autre côté, on leur retire l’année de stage rémunérée. Pire, la politique du ministère conduit alors à un nivellement général par le bas des formations professionnelles et disciplinaires, par la mise en place de concours aux épreuves réduites et allégées et de master aux mémoires fantoches insérés dans une année de M2 mutante cumulant en 2 semestres un programme aujourd’hui étalé sur 3 ans (mémoire, concours, stage). Enfin, cerise au cyanure sur le gâteau à la mort aux rats, désormais le recrutement des enseignants peut être envisagé comme déconnecté du concours. En effet, des milliers de diplômés recalés seront prêt à accepter des postes de précaire plutôt que de rester au chômage, accentuant la baisse des postes titulaires. Fle-xi-bi-lité. Epilogue ? Un décret du gouvernement publié les derniers jours de juillet, dans l’indifférence quasi-générale, imposant le projet tel quel. Ajoutez à cela le Plan Licence, les baisses de postes aux concours de la fonction publique, les refontes des bourses (aides au mérite divisées par 2 en 2009/2010, par rapport à 2008, et tout simplement « oubliées » de la refonte et donc supprimées en 2009), la question persistante des logements, des locaux et l’on se d e m a n d e comment on peut encore trouver la force d’en rire. Personne ne vient plus annoncer les lendemains qui chantent pour les étudiants. C’est tout l’édifice qui déchante. Du côté des personnels Biatos, la machine qui fait tourner les facs derrière la vitrine, la fête est également au rendez-vous. Diminution des effectifs à charge de travail identique, stagnation des salaires, multiplication des contrats précaires, externalisation croissante des services (et donc perte de statuts) se sont conjuguées pour pousser à la grève une catégorie professionnelle pourtant exposée. Enfin, les enseignants et les chercheurs connurent des réjouissances à la hauteur de l’estime que la société leur porte : « réforme » de leur statut, application vivante d’un « travailler plus pour gagner moins », « réforme » des allocations doctorales, modification des méthodes de gouvernances en lien avec la L.R.U. (baisse du pouvoir des conseils de l’Université, réorganisation des procédures d’évaluation). Ainsi chaque mois de juillet, aux alentours du 29, le gouvernement publie ou fait voter de nouveaux textes qui « réforme » l’université, créant à leur suite chaque année un mouvement plus large, plus long et plus dur (douxjésus !) de rejet de la part des étudiants, des enseignants et des personnels, c’est-à-dire de ceux qui sont l’Université.

TRIBUNE Pour un renouveau du syndicalisme etudiant
Juillet 2009, ça s'affole dans un bar nantais. Près de la fac de Lettres, les militants de l'UNEF se retrouvent pour boire un verre et organiser leur départ de la première organisation syndicale étudiante de France, comme l’AGEPS l’avait fait il y’a déjà plus de deux ans. Voici la tribune qu’ils ont bien voulu nous transmettre. Nous avons décidé de quitter l'UNEF, décision délicate à prendre et à assumer. Une décision qui fut le fruit de longues réflexions et qui fut prise par conviction. À ceux qui nous reprochent notre départ, voilà ce que nous leur répondons : si nous sommes partis, c'est d'abord dans l'intérêt des étudiants. À chaque attaque du Gouvernement contre nos acquis sociaux – et elles sont incessantes en ce moment – nous nous devons d'instaurer un rapport de force ferme et unitaire. Si dans les années passées l'UNEF y contribuait fortement, aujourd'hui le bilan de la première organisation étudiante de France ne plaide plus en sa faveur. L'argument de « rester dans l'UNEF pour construire un syndicat fort et puissant » n'est donc plus recevable. Le premier syndicat étudiant s'écarte chaque jour un peu plus des besoins et des aspirations des étudiants. Et il le fait au profit de la seule logique de négociation, sans aucun lien avec la volonté des étudiants. On est loin de la démocratie sociale !

Alors en 2010, doit-on déjà se réjouir ou craindre une baisse de régime ? A ceux qui prépare déjà leurs sacs en se lamentant : « Après 2009, cette année ça va être nul. On est nés avec un an de retard, on va être la génération sacrifiée ». Rassurez-vous ! Ainsi, pour appliquer la masterisation, le ministère a créé l’aberration suivante : tout inscrit à l’IUFM reçoit en théorie une équivalence de M1, pour faciliter le passage à un système de concours en M2. Résultat, partout en France, tout étudiant inscrit cette année pourrait en juillet, même si il a échoué

à ses concours, demander la validation de son année (alors qu’il n’aurait fourni aucun travail de mémoire et de recherche). Ainsi, par un simple caprice, le ministère vient de décider qu’en 2010, les universités devraient fournir des diplômes de M1 sans valeur par millier pour éponger sa réforme bancale. A tous les inscrits en M1 recherche pur cette année, bon bizutage ! Face à cette restructuration de l’Université, comme on restructure une usine de moutarde, on trouvera toutefois des raisons d’espérer. En nous-même d’abord, étudiants dans les « humanités », sensibles et critiques, conscients que ceux qui veulent nous faire croire que les choix se résument toujours à deux possibilités (leur réforme ou le chaos), ne souhaite pas notre bien. Et puis chez les autres aussi, comme l’illustre la tribune de ce numéro. Car bizutage ou pas, vous êtes toujours des milliers à se former pour demain. La rédaction

Lutter, revendiquer, proposer, négocier, tout en assurant un va-et-vient permanent avec les étudiants, tel est le sens de notre démarche. Pour cela, il faut quotidiennement allier présence sur le terrain, travail dans les instances universitaires, participation effective aux différentes mobilisations sociales. Elle est là l'unique méthode qui permette de construire un syndicat fort et efficace, c'est-à-dire un syndicat qui gagne les batailles qu'il engage. Et il sera là l'objectif du tout nouveau S.E.N. - Le syndicat des étudiants de Nantes : construire un syndicat capable à la fois de mettre en dynamique des centaines d'étudiants sur des questions qui les concernent directement ou indirectement, prendre en compte leurs avis, transformer ces aspirations en propositions concrètes, en revendications. Et enfin, gagner. Transformer leurs idéaux en réalité. Parce qu'il n'est plus acceptable qu'encore aujourd'hui, la population étudiante ne soit perçue que comme une population à charge de la société, pour qui leur état de précarité relève de la normalité. Comme s'il était normal que les jeunes galèrent afin d'accéder – enfin ! – à la stabilité. Comme s'il était banal qu'un étudiant n'ait pas le droit aux vacances, doive systématiquement financer ses études en se salariant plusieurs mois durant, accepte des contrats précaires, des conditions de travail dégradées, tirant vers le bas les droits de l'ensemble des salariés. C'est à ces combats que nous devons nous atteler. Pour tout cela, pour assurer aux étudiants le progrès social, il nous faut travailler ensemble. De ce fait, quitter une organisation nationale pour créer une structure locale, orientée sur l'information et la défense des étudiants d'une seule université, reste insatisfaisant. En effet, à l'heure où l'offensive contre l'Université est à son paroxysme, c'est l'ensemble de la communauté étudiante qui doit s'affirmer, dans une démarche unitaire, clé de l'efficacité des luttes. C'est pourquoi nous sommes entrés en contact avec l'AGEPS et avons décidé d'entamer un travail en commun. Ainsi, notre militantisme ne se limitera pas à un simple travail local. Nos revendications, principalement portées sur notre Université, qui dessinent un enseignement supérieur unifié, laïque, gratuit, accessible à toutes et à tous sans aucune discrimination sauront être portés, nous en sommes convaincus, par des étudiants de toute la France. Soyons ambitieux, ne craignons pas les différents obstacles. La réussite du S.E.N. - Le syndicat des étudiants de Nantes, et de toutes les organisations syndicales, ne se mesure pas nécessairement à son nombre d'adhérents, ni même à une éventuelle victoire lors des élections universitaires du printemps prochain. Elle n'est pas toujours visible parce que si nous nous battons, ce n'est pas pour se glorifier ni dans le but de survivre dans un monde de concurrences entre les organisations étudiantes mais pour préserver et acquérir de nouveaux droits pour toutes et tous. Les militants du Syndicat des Etudiants Nantais (SEN)

Le strip

- Marvin & Loomis - “fabulophagie-numerophagie”

Agenda culturel
Retrouvez dès le mois d’octobre la programmation culturelle de Paris IV sur: www.paris-sorbonne.fr/fr/ spip.php?rubrique2304

culture - 2009

En attendant, voici une sélection de quelques lieux et évènements à ne pas manquer ! Festival d’Ile de France Pour assister à des concerts de musiques de tous horizons, classique, baroque ou contemporaine, dans les meilleurs sites de toute l’Ile de France, du 4 septembre au 11 octobre 2009 à Paris et un peu partout autour. Tous les renseignements sur les visites organisées : 01 58 71 01 01 et sur http://www.festival-idf.fr/2009/ Maison Européenne de la Photographie Pour aller voir les clichés des meilleurs photographes d’aujourd’hui dans un quartier très vivant ! Seront à l’honneur cette saison Güler, Scianna, Keller, Körner Union et @rt Outsiders, du 09 septembre 2009 au 11 octobre 2009 5/7 rue de Fourcy Paris 4ème http://www.mep-fr.org

« Cette part d'outre-monde que portent ses personnages », c'est avec cette formule que s'achève l'élogieuse critique du Monde (27 août 2009) consacrée au dernier ouvrage de Marie NDiaye: Trois femmes puissantes. Outre-monde, voilà, s'il en fallait une, la formule à placer au frontispice d'une anthologie des meilleurs crus de cette rentrée littéraire. Pas d'ouvrage polémique comme l'année dernière – hormis celle orchestrée par Grasset autour de la «censure » attendue de quelques pages d'Un roman français (F. Beigbeder); les habitués, promis à une carrière de best-seller sans éclat (Nothomb, égale à elle-même ou Justine Lévy); les premiers auteurs, dont les critiques pointus veulent croire qu'ils resteront ; la rentrée littéraire, quoi. Et puis – est-ce un effet de la crise

austere et harmonieux, mais de longue garde

? – le nombre de parutions est en léger recul par rapport à celui des précédentes années (659): sans doute estce une opportunité pour les auteurs de cette rentrée, lorsque l'on se représente que l'espérance de vie, sur les étals d'un libraire, d'un roman contemporain excède rarement deux mois. Outre-monde. Les romans les plus marquants, au sens littéral, de la rentrée invitent en effet à transgresser: les frontières de l'âme et de la cruauté, comme dans l'ambitieux premier roman, plein de bruit et de fureur de Vincent Message Les Veilleurs ou dans le monstrueux Cadences de Stéphane Velut, qui narre le projet d'un artiste à qui les autorités nazies ont confié une jeune fille dont il doit peindre le portrait dans le souci d'exalter la vigueur de la jeunesse rhénane; les barrières de douane pour gagner l'Orient et ses rêves avant de revenir pour mieux fuir dans

B.W., roman autant que déclaration d'amour au goût de littérature, que Lydie Salvayre (l'auteur) partage avec son compagnon, Bernard Wallet, ancien éditeur chez verticales. Cet ouvrage, assassiné par une partie de la critique, décrit sans compromission le monde de l'édition, à travers le regard tendre et érudit de L. Salvayre. Le nouveau roman de Marie Ndiaye, Trois femmes puissantes, découvre trois visages de femmes, poissées par l'emprise d'hommes, le père, le mari, incapables de les aimer. L'écriture ample, lacustre, guide impitoyablement le lecteur dans le méandre d'âmes lasses. Les portraits très resserrés paraissent ne laisser aucune issue à des personnages en proie aux affres de leurs sentiments et de leurs rapports biaisés aux autres. Leur âme est lourde à l'image du vol de cet étrange oiseau – Érynie ou Icare sans grâce – qui passe des nuit sans sommeil dans les branches du grand flamboyant. Le mot est dit. Ariane BUISSON comptoir entre amis, insipidité garantie. Son seul avantage est de ne pas laisser de trace dans les mémoires. Diffuser du « culturel » : vendre des produits (livres, dvd, cd, …) et non point offrir des connaissances à tous (conférences, débats contradictoires, ...). C'est là le plus grand drame, car en 58 sur France Culture, près de dix heures par jour étaient consacrées à un véritable cours d'histoire occidentale. On note la différence avec aujourd'hui. La culture accessible à tous. Juste avec un transistor et deux piles. N'importe où. C'est là ce que nous avons perdu. Internet demande trop de technologie et d'argent pour pallier à ce manque. C'était ça, l'université populaire. Devons nous craindre la même destruction pour la nôtre, d'université? Maintenant, la culture semble celle de la cooptation et de l'ignorance, pourvu qu'elle se vende. Est-ce être élitiste que de vouloir que le meilleur soit accessible à Raphaëlle JAMET tous?

culture - France Culture

Point Éphémère Sans doute un des lieux les plus sympas de Paris, pour assister à des concerts souvent gratuits, boire un verre au bord du canal à peu de frais et participer à des rencontres et débats avec des écrivains et artistes divers et variés. 200 Quai de Valmy, 75010 Paris http://www.pointephemere.org

France Culture : La destruction programmée d'une université populaire (Delga, 2007), écrit comme un témoignage-constat très documenté du combat des auditeurs pour leur radio par P. Broguière, le titre est attristant, le reste n'est pas mieux. Que veut-il dire par là? Destruction programmée, car les réformes qui ont commencé avec un changement de direction en 1999 au sein de la radio, n'ont pas pu être faites au hasard. Et ce n'est point paranoïa que d'avancer cela. La ligne est claire : faire de cette radio une « radio comme les autres » (L. Adler, directrice de 1999 à 2004, période noire). Dangereux projet quand on connaît le paysage radio français. Petit programme des réjouissances :

une radio comme les autres?

Associations culturelles étudiantes de Paris IV
TéléSorbonne TéléSorbonne est une chaine de télévision étudiante parisienne. Créée en 1998 avec le soutien de Paris IV à l’origine. Elle rassemble aujourd’hui des étudiants de plusieurs universités Parisienne. Son objectif est de faire de l’information par et pour les étudiants, tout en étant un lieu d’expression et d’échange d’expériences. N’hésitez pas à visiter leur site et à vous impliquer, car ils ont besoin de bras! www.TeleSorbonne.com Parismus Parismus a pour but de développer les liens entre étudiants français et européens. Au programme: sorties culturelles, repas internationaux, cours de théâtre, et surtout de nombreuses occasions d’échanger avec entre étudiants étrangers et français. Contact: 01 40 46 27 16 ou 06 06 50 98 21 http://www.parismus.com/

Thèse antithèse synthèse : le doctorat en Sorbonne Les évènements qui ont agité l’université l’an passé ont révélé pour partie l’univers mystérieux de la recherche, dans un contexte de crise internationale de la recherche en sciences humaines, marquée par le publish or perish, et dans un cadre franco-français de révision générale des politiques publiques. Ainsi la création de l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES), venue inspecter de fond en comble l’année dernière notre université, appelle une réflexion approfondie sur la formation doctorale qu’offre Paris IV. Qu’est-ce qu’être doctorant à Paris 4 ? C’est avant tout être tout seul. Plus de cours, plus de notes, plus de limite sinon celle des 3 années, en pratique souvent allongées à cinq ou six, et un docu-

La voix des Elus

f

Zone d’info
“Les Conseils Centraux”

ment de 300 pages à produire. On peut aussi avancer que l’expérience du doctorat dépend largement de l’école doctorale (ED) à laquelle on appartient, des moyens qu’elle met à disposition et de l’attention qu’elle apporte à ses étudiants. Toutefois, tous les étudiants n’ont pas la chance de profiter des mêmes occasions, faute d’une politique de la recherche qui reste encore à affirmer et d’une franche volonté de vraiment prendre en main la formation doctorale. Il existe pourtant de nombreuses initiatives pour aider les doctorants, mais elles restent méconnues. Saviez-vous par exemple qu’un doctorant peut demander une subvention « sur le pouce » auprès de son ED pour participer à un colloque ou acquérir des ouvrages ? Ou encore qu’il existe plusieurs dispositifs pour financer les chercheurs en herbes dans leurs projets de voyages ou

Faire du direct : surtout pas d'émissions préparées au micron près, les auditeurs risqueraient de s'ennuyer devant tant de connaissances et de qualité. Compresser le son : rendre les chuchotis au même niveau que les hurlements. Baisse irrémédiable de qualité et d'originalité, mais au moins on peut l'écouter en faisant ses courses au supermarché : d'une oreille distraite, dommage pour une radio culturelle. Placer des stars et des gros bonnets à la production des émissions : on doit les payer plus que les spécialistes, ils sont trop occupés pour préparer l'émission, on ne peut pas les virer une fois en place, mais au moins ils sont connus. Ça fera de l'audience, c'est ce qui compte ! Donner leur bouillie aux français entre 7h et 9h : supprimer Les chemins de la connaissance pour faire de l'info Bolloré, des chroniques insignifiantes et des bavardages de

de publications, comme les Aires Culturelles ou le Bonus Qualité Recherche ? Que, de plus, il existe des formations ponctuelles pour apprendre à communiquer lors d’un congrès, rédiger des propositions d’articles ou se mettre à l’academic English ? Le constat est que l’information circule mal dans notre université et les canaux qui la portent se brouillent à mesure que l’on passe les niveaux et les cycles. La situation des doctorants de la Sorbonne est en effet largement améliorable. En dehors de la nécessité d’uniformiser d’ED à ED l’accès aux ressources financières et leur transparence, il serait plus que souhaitable que se bâtisse une véritable communauté de chercheurs au sein des doctorants. Il n’y a pour l’instant quasiment pas de « séminaires D », ni même aucun moyen régulier et efficace de fédérer les doctorants et de donner la dimension humaine à la recherche qui manque si cruellement à notre système.

Ce ne sont pourtant pas les idées qui manquent et l’AGEPS est là pour les porter dans les différents conseils et surtout au sein du Conseil Scientifique : site web communautaire officiel des doctorants de la Sorbonne, supervisé par les ED, mise en place d’une soutenance de mi-doctorat visant à marquer des étapes tangibles au cours des 3 années imparties à la rédaction de la thèse, développement des moyens permettant aux doctorants de s’investir dans la recherche en organisant ou participant à des journées d’études et encouragement à publier mieux et davantage. En bref, il s’agit d’insuffler à la formation doctorale une vivacité et une efficacité qui saura redonner son prestige et sa fonction à un parcours long et exigeant. Mathias DEGOUTE

Théoria-Praxis Créée il y a maintenant 2 ans par un ensemble hétéroclite de jeunes, Theoria-Praxis est une association culturelle indépendante qui développe de nombreux projets, promeut la réflexion culturelle et plus largement le débat d'idées sous toutes ses formes. Contact: 01.40.46.27.16 http://www.theoriapraxis.org/

Le Conseil des Études de la Vie Universitaire (CEVU) est composé de 20 élus dont 8 étudiants. Il est responsable de toutes les questions relatives à la pédagogie et à la vie de

Le Conseil d’Administration (CA), composé de 27 élus dont 3 étudiants, est en charge de tout ce qui touche à la vie de l’université, ce qui va des maquettes d’enseignements en passant par le budget et jusqu’à la création de nouvelles filières. Les décisions du CS et du CEVU lui sont soumises, mais il a toujours le dernier mot.

Les conseils centraux de l’université Paris IV sont, en quelques sortes, ses conseils de direction, et sont au nombre de trois.

Le Conseil Scientifique (CS) est composé de 40 membres dont 4 étudiants. Il est responsable de toutes les questions relatives à la recherche. Seuls les étudiants de troisième cycle, les doctorants, peuvent y être élus aux côtés des professeurs et personnels administratifs.

l’étudiant. Le vice-président du CEVU est élu parmi les élus étudiants (alors que les deux autres vice-présidents de l’université sont élus parmi les enseignants).

Bien que les élus étudiants soient minoritaires dans ces conseils, leur importance n’est pas négligeable: ils permettent aux étudiants de faire entendre leur voix et, parfois, de gagner de nouveaux droits !

Première organisation étudiante de Paris IV, l’AGEPS dispose de nombreux élus dans les différents conseils d’UFR et, jusqu’à aujourd’hui, de 5 élus dans les conseils centraux de Paris IV. En tant qu’étudiants, nous travaillons chaque jour à ce que notre voix à tous soit prise en compte dans la gestion de la fac. Rejoignez-nous! Nos locaux: SORBONNE: salle F646 galerie Claude Bernard, esc. P deuxième étage. MALESHERBES: salle 113, premier étage CLIGNANCOURT: salle 303, RDC, à gauche en sortant des amphis Le Sorbonnard Déchaîné: Directeur de publication:Julien AUVERT, Rédactrice en chef: MarieMadeleine BEKO, Comité de rédaction de ce numéro: Ariane BUISSON, Mathias DEGOUTE, Nicolas FRAMONT, Raphaëlle JAMET, Julien KIEN, Maxime LONLAS, Charles NICOLAS, Chloé PETIT, Thomas TAQUET, Simon VACHERON Dessins: Julien AUVERT, Maquette: Xavier HENRY Avec la participation du FSDIE de Paris 4

01 45 86 81 24 www.ageps.org contact@ageps.org