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Association Générale des Étudiants de Paris-Sorbonne

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Fin du second semestre

Le bulletin sans concession de l’AGEPS, première organisation étudiante de l’université Paris IV, Mai 2010, numéro 26

pres et pelleteuses Éditorial

en 2010, on dort sur le palier !
Elections aux centraux
Les 16 et 17 mars derniers, les prémices du printemps accompagnaient les élections pour le renouvellement des sièges de vos représentants étudiants dans les conseils centraux de notre université. Si l'on ne peut pas parler de ruée vers les urnes, la participation, en hausse par rapport aux années précédentes, prouve que vous n'êtes pas indifférents à la vie de notre université (près de 10 % des étudiants ont voté pour le CA et le CEVU, les doctorants ont été moins nombreux à faire le déplacement avec seulement 6 % environ de participation). Depuis l'entrée en vigueur de la LRU et sa mise en application à Paris 4, le nombre de représentants a été revu à la baisse : raison de plus pour porter plus haut votre voix ! Nous comptons d'ailleurs faire valoir nos résultats au dernier scrutin pour renouveler notre demande d'augmentation du nombre de représentants étudiants au CA (un seul siège alors que nous avons obtenu plus de 950 voix, c'est-à-dire autant que les deux forces suivantes qui n'ont obtenu que 713 et 210 voix). Une importante majorité d'entre vous a fait le choix de la La balle au prisonnier Force est de constater, les pédopsychiatres s'y accordent, que les jeux enfantins des cours de récréation revêtent invariablement un caractère d'opposition manichéenne: le Chat, l'Epervier... Mon préféré est la balle au prisonnier. Dans ce jeu bénin deux équipes s'affrontent à coup de balles molles jusqu'à ce que tous les touchés soient éliminés. Après quoi les gagnants fanfaronnent pendant le reste de la récré et les perdants rajustent leur jogging l'air penaud. Comme disait durant le mouvement de l'an dernier Xavier « bourreau de l'éducation » Darcos ''Il faut siffler la fin de la récré''. Masterisation et formation des maîtres, programmes des lycées, dotation universitaire issue du grand emprunt, fichtre, le gouvernement tirait à balle réelle. Qui sont les prisonniers ? Les quelques milliers d'apprentis enseignants, la génération sacrifiée qui ne sait à quelle sauce elle sera cuisinée ; les 60 000 étudiants du PRES Sorbonne Université qui n'ont même pas le droit à un seul représentant dans une institution capitale pour leur avenir ; les 23.000 étudiants de Paris 4 qui vont subir les travaux comme un calvaire, depuis la première année jusqu'au master, à la fois la vache et le prisonnier de leur propre université. Du coup le jeu paraît moins manichéen que franchement massacrant, puisque dans l'histoire il n'y a qu'un seul camp perdant, celui des étudiants. Au diable les pédopsychiatres, ce n'est plus un jeu d'enfants. Ministres et présidents, la balle est dans votre camp. Julien AUVERT

two more years!

constance et de l'efficacité en accordant une large victoire aux listes AGEPS, avec plus de 41 % des suffrages. Au-delà de la seule victoire de nos listes, vous avez, dans l'ensemble plébiscité les listes des syndicats de gauche. Dans un contexte où la société entière est confrontée à des difficultés économiques et sociales, où l'inquiétude et les incertitudes semblent prendre le pas sur la confiance en l'avenir, votre choix nous indique clairement la voie à suivre : celle de la raison et de l'énergie pour défendre avec ferveur nos droits et nos intérêts ! Nos engagements pour les deux ans à venir s'inscrivent dans la continuité du travail que nous avons mené les années précédentes et que nous avons poursuivi sans relâche jusqu'à aujourd'hui. Avec vous tous et grâce à la légitimité que nous accordent vos suffrages, nous allons continuer de défendre le modèle idéal de l'université publique telle que nous la concevons, aux antipodes certainement de la vision élitiste et marchande que l'actuel gouvernement tente de dessiner pour elle. L'université doit demeurer un espace libre et ouvert à tous, d'élaboration, d'échange et de transmission des savoirs. Pour remplir cette mission essentielle, elle doit demeurer indépendante des enjeux du pouvoir économique. Depuis son accession aux affaires, la majorité organise la pénurie financière et fait peser sur les universi-

tés le prix du désengagement de l'État. Parmi les attaques inéluctables que nous redoutons le plus : la hausse des frais d'inscription. C'était l'une de nos promesses de campagne et nous comptons bien nous faire entendre sur ce point : nous nous battrons pour que ces frais n'augmentent pas dans notre université. Mais les questions qui se posent dans l'immédiat ne concernent pas exclusivement des aspects économiques. Nous défendons un modèle durable de l'université, c'est-à-dire d'une université véritablement inscrite dans la société, en phase avec les problématiques auxquelles celle-ci et ses acteurs, les citoyens, sont confrontés. C'est avec ce projet en tête que nous nous engageons à poursuivre nos efforts en direction de l'amélioration de nos conditions de travail et d'études. Étudiants engagés, nous nous engageons pour vous : en prenant la parole dans les conseils, en vous rendant des comptes dans les colonnes de ce journal. Votre confiance renouvelée lors des dernières élections n'est pas un gage de confiance aveugle. Hors des rendez-vous électoraux, nous sommes présents au quotidien à vos côtés, nous partageons vos préoccupations et vos aspirations. Vos critiques et vos conseils font progresser notre démarche militante : n'hésitez donc pas à nous solliciter ! Ariane BUISSON

PRES Sorbonne UniversiTEs

60 000 spectateurs aux joutes de Sorbonne Universités

60 000 spectateurs

Dans notre dernier article dédié au Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) La Sorbonne, nous laissions nos trois joueurs en pleine partie de bridge avec la ville de Paris, le Rectorat et les autres universités légitimes à porter le nom «Sorbonne». Malgré un jeu remarquable avec des jokers tels que les plus grands juristes de France, tout ne s’est malheureusement pas passé comme prévu. Le PRES s’appellera finalement « Sorbonne Universités ». En tant qu’étudiants spectateurs, nous pourrions rire de cette partie de cartes sans fin. Mais la donne a changée. De simple association d’universités type loi 1901, il est devenu une fondation de coopération scientifique afin de pouvoir recevoir d’éventuelles subventions ministérielles. Et dans ce cadre plus lourd de conséquence pour la vie de notre université, la nature même de la condition à laquelle nous, étudiants, serons relégués nous oblige à crier notre mécontentement.

En effet, les statuts du fameux PRES Sorbonne Universités ne font aucune mention d’une quelconque représentation étudiante au sein du Conseil d’Administration du PRES. Avec trois universités (Paris II, IV et VI) et pour un total de 60 000 étudiants, les institutions de ce futur mastodonte, plus grand regroupement interuniversitaire français, les étudiants ne sont relégués qu’au rang de spectateurs. Plus que jamais, et comme nous en avions déjà fait le procès pour les statuts du PRES première génération, cette association joue le bluff et prend les atours d'un lobby, d'un club

de présidents. Si les trois facs se sont regroupées, Paris VI l'air de ne pas y toucher, Paris II laborieusement, Paris IV en claudicant, c'est pour faire bon poids face aux banques et éditer des belles brochures pour le classement de Shangaï. Pour faire participer les étudiants, les plus nombreux de la communauté, le cartel ne leur réserve qu'une philosophie à

l'emporte-pièce : « Si les étudiants ne sont pas représentés [aux conseils du PRES ndlr] c'est justement un gage que ces instances n'ont d'autre fonction que des charges techniques » improvisa, l'air taquin, Louis Vogel, président de Paris II, au CA du 10 mars dernier. La Rédaction

Dans leur rapport sur l’Amélioration de la restauration universitaire, Jean-Pierre Coffe et Jean-Robert Pitte nous disent : “L’enseignement supérieur forme peut être des savants, mais des indigents du goût et du plaisir.” Quand on fait de la pub pour Leader Price, on pourrait se dispenser de ce genre de remarques...

La phrase du mois

Le fantomatique dixième mois de bourse Certains nous avaient vendu le dixième mois de bourse comme une grande victoire étudiante… Autant pour le gouvernement que pour les étudiants à qui cette pseudo-victoire a servi d’argument lors des dernières élections étudiantes, le rideau de fumée vient de tomber : aucun financement n’est prévu pour ce dispositif. Il est donc renvoyé aux calendes grecques. Pourtant, nous ne vivons pas que 9 mois sur 12… L’âge de raison Vos élus étudiants de l’AGEPS défendaient, lors du Conseil d’Administration de mars dernier, une semaine de vacances durant le premier semestre pour entrecouper les douze semaines de cours avant Noël. M. Alexandre Grandazzi, membre professeur du susdit conseil, n’a rien trouvé de mieux à faire que de comparer les étudiants à des enfants incapables de travailler plus de six semaines d’affilée et d’expliquer que notre unique but était de voir le moins possible les enseignants. Pourtant, notre idée ne réduisait en rien le temps de cours, elle décalait simplement la date de début du semestre. Peut-être qu’un peu moins de mépris de la part de certains enseignants nous donnerait envie de les voir plus…

couloir

Au fond du

ACTUALITE PARIS IV

Alors que vous lisez ce Sorbonnard Déchaîné, 26ème du nom, la fin du semestre arrive à grands pas, avec son cortège d’examens et autres échéances. Heureux que vous êtes, vous aurez droit, pour la première fois à Paris-IV, à une semaine totalement vierge de cours pour vous consacrer à vos révisions (contre seulement 3 jours au semestre précédent). De manière générale, le deuxième semestre semble toujours plus agréable que le premier : les jours s’allongent, les arbres bourgeonnent, les oiseaux chantent et on en profite, puisque pullulent aussi vacances et jours fériés. Effacé le souvenir douloureux des mois suivant la rentrée, de l'hiver rigoureux, des semaines interminables, toujours plus froides et sombres alors que notre fatigue ne cesse de s’amplifier, et pour cause : 12 semaines de cours sans une seule coupure, c’est rude ! Équilibrer le calendrier – ce que nous revendiquons depuis longtemps – c’est apporter aux étudiants de meilleures conditions d’apprentissage et d’examen, question pédagogique liée, certes, à la qualité de l’enseignement et à notre propre investissement dans nos

Calendrier, tout un metier

études, mais aussi au rythme universitaire. Il serait profitable à la misemestre d'avoir l'occasion de faire le point sur sa rentrée, rattraper son éventuel retard ou prendre de l'avance, envisager peut-être une réorientation... Un petit arrêt semainier semble tout indiqué. Cependant si l’assertion est bien belle, l’exercice en pratique se révèle fort compliqué. Notre année universitaire se divise en deux semestres, chacun de 13 semaines de cours et 2 semaines d’examens. Comment introduire ces sept jours de repos tant réclamés, sans voir la quatorzième semaine de révisions indispensable sauter à son tour (solution de la facilité honnie), ou commencer l’année plus tôt, au détriment des rattrapages (solution la moins acceptable) ? Lors du Conseil des Études et de la Vie Universitaire (CEVU) de juin 2009, un calendrier avait été élaboré et voté à l’unanimité après moult concertations, la semaine des vacances d’hiver ayant été reportée à la Toussaint afin d’offrir un peu de répit à chacun. Proposition rejetée sans appel au Conseil d’Administration (CA) suivant (voir le LSD n°24). Cette année, pas question de remettre en cause les vacances de février/mars, ni la semaine de révisions.

Le président G. Molinié, qui n’a jamais caché son aversion des partiels, a invité le personnel enseignant à réfléchir sur les possibilités de les réduire en nombre ou en heure, ce qui supposerait moins de contrôle terminal et plus de contrôle continu (CC). Proposition qui n'a pas manqué de faire des vagues. Ce système de validation, pas encore défini, ne nous semble pas acceptable pour l’heure tant les modalités de CC sont disparates d’une UFR à l’autre. Sans oublier que le CC n’est ni anonyme, ni adapté aux impératifs d’un étudiant salarié ou en bicursus. Or ces conditions sont essentielles à la garantie de l’égalité de chacun devant les examens. Nous réaffirmerons ces droits en conseils, tout en travaillant sur un calendrier universitaire nous préservant du choix cornélien lors des fêtes repas pantagruéliques et maigres révisions ou l’inverse ? Enfin, parce que nous sommes tous enfants de Rabelais, une petite anecdote : février dernier, les membres du CEVU travaillent longuement sur un aménagement du calendrier 2010-2011, puis le présentent au CA, où ils réalisent s’être vainement échinés sur un almanach modèle... aux dates de 2009-2010! Certains auraient, semble-t-il, bien eu besoin de vacances... Emma OZAWA

ACTUALITE nationale

Participation en hausse On aurait pu croire qu'avec deux jours d'élections pour les conseils centraux au lieu d’un, le nombre de votants aurait doublé. Mais il a augmenté, et ce n’est déjà pas si mal. En 2008, 1926 votants, contre 2374 en 2010. Encore un effort de communication de l’université auprès des étudiants, et on atteindra peut-être les scores de participation des universités de province au prochain coup ! Il faut dire que dans nombre d’entre elles, un courrier prévient les étudiants de la tenue des élections…

Les Archives aussi Qui de l'université, des Archives Nationales ou des étudiants paiera la carte de transport pour aller faire des recherches ? Après la majorité des fonds de la BIU à Marne-la-Vallée, la délocalisation continue ! Dorénavant, et cela ne sera pas provisoire, les archives nationales datant d'après la Révolution Française - soit plus de 200 km linéaire - ne seront consultables qu'à Pierrefitte-surSeine et ce uniquement à partir de 2013. Qui a dit que les archives contemporaines devaient rester secrètes ?

Les livres prennent leur autonomie Y'aurait-il un complot à Paris IV pour empêcher les étudiants de travailler ? Drôle d'idée, et pourtant... Après la fermeture fracassante de la Bibliothèque Interuniversitaire de la Sorbonne, c'est au tour de Championnet d'entrer en travaux : même si les lieux ne ferment que très peu, les collections en pâtissent : les langues et littératures (anglaises, espagnoles, portugaises, latines et grecques), l'information générale, les sciences et techniques et l'art seront inaccessibles jusqu'à la fin de l'été. Même si un prêt étendu a été préalablement mis en place... Craindrait-on une contamination d'étudionite ?

Le lycée, durement attaqué ces dernières années, subit encore et toujours l'envahisseur, imposant aux lycéens des programmes de plus en plus... surprenants ! Dès la Seconde, les élèves auront la possibilité de choisir des options destinées à s'orienter plus facilement en Première. Jusque là, rien de méchant – un soupçon d'intelligence pointe même derrière l'intention. C'est à la lecture du « choix » de ces options que tout doute s'estompe : une matière économique obligatoire, « principes fondamentaux de l’économie et de la gestion » ou « sciences économiques et sociales », pour faciliter l'accès à l'actualité. Le choix de la seconde option est plus large mais illusoire, mis à mal par les carences budgétaires et effectifs humains. Quel lycée aura les moyens de fournir toutes les options envisagées, 15 en tout ? Comme toujours, les lycées les moins financés sont les oubliés de la réforme, la démocratie de l'enseignement encore menacée. Il n'existe pas non plus dans l'imaginaire collectif de scientifiques artistes ou de sportifs littéraires ; une seule option au choix, puisqu'on oblige à

“Un lys et mort scelLEe”

l'économie, et pas de diversité. En Première, les langues sont menacées par les « groupes de compétences » étalés sur trois niveaux, comme l'exigent les directives européennes. Une vision unilatérale, où les élèves sont stigmatisés sans avoir la chance d'apprendre des autres. Mais c'est en Terminale que la réforme tape le plus fort. En histoire, le programme est remanié pour répondre à l'« exigence d’analyse raisonnée de la tradition qui nous a été léguée, de constitution d’une mémoire commune, inclusive et ouverte à la fois », où un tiers de l'année traite de la France. Tout cela sonne très identité nationale ! Sans parler de la disparition de l'histoire-géographie en filière S, puisqu'il est bien connu que les scientifiques n'ont aucune utilité à connaître le monde qui les entoure. Plus intéressant ! La réforme continue par la baisse de moitié des heures de littérature en... section L. Passée à 2h par semaine, cette matière change de programme, tant du point de vue éthique que démocratique. Aux littéraires Kafka, Breton, Giono... il faut à présent préférer Quignard et de Gaulle ! Un auteur contemporain peu étudié et un

homme politique dont les Mémoires seront difficiles voire impossibles à aborder du point de vue littéraire. La valeur de l'homme n'est pas à prouver - celle du littérateur est inexistante. Le choix fait polémique : un politique de couleur gouvernementale, dont la principale qualité fut, dans un contexte précis et dépassé, de mobiliser le sentiment national et les aspirations patriotiques. Il est aberrant que les professeurs de littérature doivent faire de cette matière une propagande, que ce soit par Jaurès ou de Gaulle. Et il est aberrant que la littérature se place dans une perspective historique qui lui est étrangère. La réforme dit donner le même poids à chaque filière, les programmes prouvent le contraire. Et puisque les élèves ne s'intéressent pas au monde, ils n'y participeront plus ! L'animateur culturel, professionnel dévoué à la culture, est remplacé par un « référent culture »... Un professeur volontaire ou CPE, tous deux si peu occupés qu'ils ont désormais le temps de nouer des partenariats avec des structures locales, d'organiser des concerts, projections et réunions associatives et d'enseigner l'histoire de l'art, exigences de la réforme du 04/02/2010. Toute ressemblance avec une épidémie d'ineptie n'est pas une coïncidence ! Marie-Marine AKERMANN moins forte. Diverses réflexions sur L’Enseignement et la recherche dans la crise, Education et inégalités sociales, Démocraties et sociétés, etc. sont menées. Tout y est enthousiasmant et décevant à la fois. Enthousiasmant pour l’échange d’idées, d’expériences, et la réflexion sur le processus de Bologne qui se fait en continu depuis fin octobre dernier. Décevant, parce que c’est à cet endroit que l’on comprend les faiblesses du mouvement : pas assez de mixité européenne, mouvement trop « ouest européen », trop « communiste » pour emporter l’adhésion des « ex-bloc de l’est », pas assez de groupes ou collectifs européens, trop de groupes nationaux ; pas assez de pragmatisme, de stratégie concrète. Ça bouillonne et ça brouillonne, sans aboutir à un corpus d’idées ou de valeurs, et à un programme de mise en œuvre, parce qu’il n’y a pas de groupes ni de figures aisément identifiables. Il reste donc beaucoup à faire, mais les suites, nombreuses, sont déjà programmées : contre-sommets de Bruxelles 25-26 mars, de Madrid 8-14 avril, de Bochum 25-30 mai… Mais il me reste encore aussi beaucoup à vous expliquer, chers lecteurs, sur ce processus de Bologne. Donc rendez-vous au prochain épisode L’Educazione alla Bolognese. Pierre Decoussy

ACTUALITE internationale
Du 11 au 14 mars dernier, s’est tenu à Vienne un contre-sommet réunissant des milliers d’étudiants d’Europe et du monde, décidés à manifester leur mécontentement vis-à-vis du processus de Bologne, pendant que, symboliquement, les ministres de l’enseignement supérieur et de la recherche des 47 pays participants célébraient dans les ors viennois les 10 ans du même processus et l’aboutissement de la stratégie de Lisbonne qui fixa en 2000 pour objectif de faire de l’Union Européenne un espace compétitif du savoir d’ici 2010. Le choix des mots en dit long ! Le 11 mars, dans l’après-midi, eut lieu la manifestation, pour laquelle la mobilisation fut impressionnante, 6 000 participants selon les médias, et 10 à 12000 selon les organisateurs (3 500 selon la police) étaient présents. En plus d’une majorité germanophone, de nombreux Italiens étaient visibles et audibles, de même que de nombreux communistes et anarchistes, ou supposés tels, ainsi que les pseudo-révolutionnaires. Mais il y avait quand même un sérieux problème de représentativité. On entendit peu par-

ad vienne que pourra

ler français, anglais, polonais, tchèque ou roumain dans les rangs. Pourtant, malgré quelques différences de contextes nationaux, il y a beaucoup d’éléments qui nous rassemblent : le coût de ce processus, avec une formule LMD unique pour tout le monde, privatisation des universités, marchandisation des savoirs, gouvernements nationaux devenus sourds au dialogue, et aveugles au désarroi ; ainsi que les aspects positifs : construire ensemble un espace européen du savoir, programme Erasmus, rencontre et brassage des cultures, le vœu d’une université libre, laïque et ouverte à tous. Une manifestation donc importante oui, mais qui aurait pu l’être plus encore, puisqu’elle concernait (les) 27+20 pays. Ce qui frappe encore, c’est le manque de couverture médiatique. Mis à part der Standard, journal autrichien fort sérieux, on avait l’impression que le monde européen de la presse a tout simplement ignoré ce mouvement… Outre la manifestation du 11, censée faire entendre le malaise des étudiants d’Europe à ces 47 ministres affamés de petits fours, ce contre-sommet, ce fut aussi jusqu’au 14 mars de nombreux ateliers de réflexions, d’analyse et de discussions répartis sur le campus de l’université. Là, la mobilisation y fut

POUR ALLER PLUS LOIN

Sorbonne Offshore
Vous connaissez les 7 plaies d'Egypte ? Vous connaissez les 12 travaux d'Hercule ? Apprenez maintenant les 12 plaies de la Sorbonne ; en effet ce n'est pas moins d'une douzaine de chantiers lourds que notre université va subir, à compter de cet été jusqu'à l'horizon 2014 : en perspective une paralysie historique pour notre université qui va faire ressembler, et pour longtemps, la Sorbonne à un gigantesque hôpital de campagne. Mais d'abord croquons le portrait : vous le savez le gouvernement a un plan ; il souhaite voir l'Université française changée, autonome et centralisée en grands campus. Dans le cas de Paris cela passe par le projet de départ du centre historique vers la périphérie, déjà amorcé avec le déplacement des grands fonds documentaires. Les Universités, fragilisées par le désengagement financier de l'Etat et la pénurie financière, s'associent en grands ensembles, les PRES. Dans le cas de Paris 4, on peut dire que l'on prend plein tarif à tous les étages: la Sorbonne mère est bâtiment historique, propriété de la Ville de Paris et sous le contrôle du Prétoire, pardon, du Rectorat de Paris. Le PRES Sorbonne Universités peine à glaner les quelques subventions des plans Campus et Grand Emprunt, le Ministère profite de l'urgence de la réhabilitation de Clignancourt pour imposer un PPP. Résumons : Clignancourt , la BIU, le Hall des amphis, cinq amphithéâtres, des salles de cours, réhabilitation de tous les sanitaires... C'est, rien qu'en Sorbonne, 900 M² de salle de cours qui manquent à l'appel et tous les amphis à l'exception de Michelet et Quinet. Le Rectorat de Paris, bien sûr, n'entend pas ouvrir la galerie des sciences, réservée aux accrochages de médailles et aux cocktails d'entreprise ! La présidence envisage de déporter le flux étudiant sur le grand amphi de l'institut d'Art et d'Archéologie de Michelet, et personne ne dément l'utilisation des centres Molitor et Batignolles pour compenser le manque d'espace. La Sorbonne sans Sorbonne ? Ne souriez pas, nous en sommes là. Le déménagement de la Bibliothèque Universitaire avait déjà alerté la communauté, l'AGEPS entreprend une campagne dans ce sens depuis le début de l'année. Même si l'on nous assure un retour à la normale pour 2013, aucune garantie, et au contraire les rayonnages sont bel et bien partis , à SainteBarbe, à Marne-la-Vallée... Au delà du grave problème de l'impossibilité croissante pour les sorbonnards d'avoir décemment

accès aux fonds, ce sont surtout les signes avant-coureurs d'une série de travaux qui s'accumulent dans les pires conditions, façon loi de Murphy. Faudra-t-il être chercheur pour voir enfin la belle Sorbonne ? Comment les jeunes générations peuvent-elles envisager sereinement leurs futures conditions d'études, alors que les années 2011-12-13 prennent l'air de promos sacrifiées car ayant vécu trois ans entiers les pieds dans les travaux ? Et même, les cyniques diraient que rien ne nous assure qu'une fois tous éloignés de notre Sorbonne Au quartier latin, on ravale bien... ancestrale, elle nous soit effectivement rendue... Pour un Ministère et un Rectorat qui rêvent de nous voir dehors, voilà une belle occasion... Mais ce n'est pas tout. Le c e n t r e Clignancourt est é g a l e m e n t concerné. Entre les filets au plafond des amphis, la bibliothèque à dix minutes du centre, l'eau plombée de Championnet et, pire, l'amiante dans les infrastructures, la mise en chantier l'université est amputée de cinq était bien nécessaire. Il convient amphithéâtres. Surtout, l'idée néanmoins de s'interroger sur les d'une Sorbonne vide d'étudiants enjeux de ces travaux. Nous en pour se défendre pendant quatre parlions dans le numéro 24 du ans stimule notre esprit de Sorbonnard Déchaîné : des entre- déduction et nous oblige à nous prises privées telles que Dexia ou enquérir : reverrons-nous la encore Bouygues sont entrées à Sorbonne, nous étudiants séduits coup de pelleteuses dans notre par les descriptions de Balzac ou université. Grâce à un partenariat encore Zola dans leurs classiques, privé public (PPP), ces entreprises un temps ancien où les étudiants monnaient la pénurie budgétaire ne risquaient pas l'expulsion de de notre fac puisque rien n'étant leur centre d'étude ? Le dicton gratuit, la Sorbonne devra accep- puéril : « qui va à la chasse perd ter les règles de SoƒÓhi, exécu- sa place » s'appliquera-t-il ? C'est trice du projet, en matière de dire le recul. sécurité, de maintenance, et ce Ainsi, nous voulons des pendant trente ans. garanties : les étudiants ont le Au fond, vous ne décou- droit d'étudier en Sorbonne, d'acvrez peut-être rien. Déjà alertés céder librement aux livres, de par le bruit des pelleteuses en bénéficier de tous les fonds possiplein partiels, par la nécessité de ble et surtout de ne pas supporter contourner le centre pour rejoin- une quarantaine aux périphéries dre les salles du CROUS, vous de Paris car si l'université est constatez un malaise, une incohé- gangrénée par un mal nommé rence évidente. Néanmoins, si les PPP, les étudiants ne sont encore symptômes sont évidents, le qu'en période d'incubation. comité de suivi ne peut pas encore poser de diagnostic Julien AUVERT puisque très peu d'informations Manon FERRANDI filtrent sur ce dossier. Quand même, le pronostic vital semble engagé lorsque nous observons que les premières années auront connu deux années de travaux à

Clignancourt. Le remède serait un aller simple pour la belle Sorbonne, pensez-vous. Eh bien non. Le calcul est simple : les travaux commencent en Sorbonne dès 2010 pour une durée d'au moins quatre ans. Ainsi, un étudiant effectuant sa première ou deuxième année en 2010 ne verra le quartier latin qu'à condition de faire un doctorat. Et encore... Les livres de la bibliothèque ont déjà été déplacés vers diverses bibliothèques. Le hall des amphis ne sera plus accessible à la rentrée prochaine. Se posent alors de nombreuses interrogations dans nos esprits comme l'incohérence de déplacer les fonds documentaires de la Sorbonne quand on clame haut et fort la nécessité de créer une bibliothèque intramuros à Clignancourt, comme notre possibilité d'étuydier si

TRIBUNE

“HamsTErisation”
Jusque LA tout va bien ?
La « réforme » de la formation des enseignants est l’un des aspects les plus spectaculaires de l’offensive idéologique en cours. Qu’elle se pare des atours de la rigueur budgétaire n’y change rien. L’objectif est la destruction de la fonction publique enseignante pour la constitution d’un stock de diplômés de master employables à la vacation, c’est-àdire dont la précarité sera inversement proportionnelle à la liberté intellectuelle et pédagogique. Voilà près de deux ans que le dossier est lancé, depuis quelques semaines, certains font comme s’il était impossible d’échapper à sa mise en œuvre dès la rentrée.

Pour tous ceux qui restent mobilisés, il existe encore des leviers. Il faut rompre le cercle de l’abattement et de la résignation. Il y a plusieurs façons de voir le problème aujourd’hui. Le premier consiste à considérer que les textes continuent à être publiés, que le ministère ne cédera pas, que cette bataille est perdue. Ce n’est pas notre position. Tous les acteurs de la mobilisation du printemps 2009, dont le dossier « masterisation » était une composante, mesurent aujourd’hui l’élargissement du front de refus. Ils voient, de semaine en semaine la prise de conscience s’accélère : Front syndical et associatif élargi, blocages de maquettes, solutions de contournement comme en histoire à Nanterre qui permettent de respecter véritablement les étudiants, de préserver la qualité de leur formation en ne leur fermant pas les portes pour un passage rapide de concours tout en préservant la recherche universitaire. Front associatif avec l’entrée des parents d’élèves dans la mobilisation et l’information de plus en plus large des parents, multiplication des initiatives de refus dans les écoles, collèges et lycées.

Las. Mi-avril, la confusion est grande. Aucune date de concours n’a été communiquée officiellement, les programmes ne sont pas connus, les maquettes n’ont pas été examinées et ne le seront pas avant le 21 juin. Des éléments substantiels de la réforme sont encore totalement inconnus de ceux qui auraient la lourde tâche de la mettre en musique. Plus grave encore, les étudiants actuellement en M1 ne savent rien de ce qui les attend dans les semaines et les mois qui viennent. Tout se passe comme si, pour pouvoir faire passer en force cette réforme, le ministère de l’Éducation nationale attendait patiemment une situation de chaos complet, provoquée par son incurie, pour presser chacun de plier au beau milieu de l’été. Tout se passe comme si peu lui importait l’avenir immédiat des étudiants, pour autant qu’il puisse fièrement prétendre avoir « réformé ».

Le strip - Marvin & Loomis - cobblepot

Cette réforme confronte le monde de l’éducation, toutes catégories confondues, à la règle d’or du régime : « j’entends, mais je ne tiens pas compte. » À en croire les récentes déclarations de Luc Ferry, « cette réforme est calamiteuse… Luc Chatel le sait » (Le Monde, 14 avril 2010). Ce gouvernement a pu mépriser souverainement toutes les mises en garde antérieures, il a pu ne tenir aucun compte des inquiétudes fondées et argumentées, du rejet quasi unanime des fondements et des modalités de mise en œuvre de cette réforme par des personnels de l’éducation nationale et de l’université. Il a pu le faire parce qu’il n’a jamais été contraint de s’expliquer réellement, publiquement sur cette réforme. Il a pu le faire parce que, jusqu’à aujourd’hui, les conditions n’ont pas été réunies pour qu’il s’y sente tenu. Pour le forcer à le faire, il faut créer les conditions d’une mobilisation. Mais il faut également rappeler que cette lacunaire, qu’un nombre considérable de sujets ne sont pas réglés, que certains corps dans les académies signalent l’impossibilité absolue à la mettre en œuvre sans désorganiser gravement et immédiatement l’année scolaire 2010-2011. La fin de cette histoire n’est pas écrite. Il dépend des acteurs de la mobilisation de pointer sans relâche les errements, les incohérences de cette réforme, de se mobiliser en mêlant les formes classiques et plus spectaculaires et innovantes de diffusion des informations. Il s’agit rien moins que de la défense du service public d’éducation, de la défense d’un pilier de la République. Etienne Boisserie Président de Sauvons l’Université (SLU)

culturel
Concert folk Vendredi 7 mai à 18h Amphithéâtre de Malesherbes Avec Metro Lutèce. Concert folk dans la pure tradition avec Metro Lutèce, jeune sextuor singulier aux compositions originales, à faire valser ou simplement voyager à travers l’histoire et le monde : www. myspace.com/metrolutece. Récital Chopin Mardi 11 mai à 20h45 Amphithéâtre Richelieu Avec Emilie Vauté au piano ; présentation Jean-Jacques VELLY. Sonate pour piano et violoncelle Sonate funèbre, 2e scherzo... Concert réalisé grâce au soutien de l’Association "Châteaux en liesse". Tarif plein 10€, tarif réduit 6€, gratuité pour les étudiants et personnels de Paris IV. CONCERTS Chanson française en Sorbonne Mardi 4 mai à 21h, Amphithéâtre Richelieu, avec la participation de Bernard JOYET, Alex BEAUPAIN, Agnès COLLET Organisé par Matthias Vincenot

Agenda

«Tout chez Eric [Besson] séduit le leader frontiste [Le Pen]. Son physique d’abord, à la fois passe-partout et antipathique : des yeux de fouine, un menton fuyant, un vrai profil à la Iago, idéal pour trahir - l’homme doit se faire détester rapidement. Ses origines ensuite : naissance au Maroc, mère libanaise ; idéal pour expulser des étrangers sans avoir l’air d’y toucher. Le plan diabolique de Jean-Marie Le Pen est un coup en trois bandes : Eric doit infiltrer le Parti Socialiste, démissionner avec fracas pour passer chez Nicolas Sarkozy et, une fois au gouvernement, manœuvrer pour relancer les thèses du Front National. Tout est calculé, pensé dans les moindres détails pour endormir l’adversaire. Même la vie privée d’Eric Besson - son mariage avec Sylvie Brunel, une géographe baba cool et écolo travaillant dans l’humanitaire - est une couverture. Eric consent à cette union mais jure infidélité – une des rares promesses qu’il tiendra d’ailleurs. »

Ne riez pas, c’est SERieux…
culture

Comme d’habitude, à la suite de cette chronique, JeanLuc Hess, directeur de Radio France, s’est excusé auprès des auditeurs et des hommes politiques. Comme d’habitude, à la suite de son patron, Stéphane Guillon s’est excusé auprès de la Nation Française et de son Haut Comité de Salut Public. Et comme d’habitude, à la suite de ces émouvants ronds de jambes, JeanLuc Hess a fait un clin d’œil à son employé, avant de lui accorder une nouvelle augmentation pour toute la réclame dont il a gratuitement fait don à Radio France. Car il le sait bien, Jean-Luc, que L’Humeur de Stéphane, c’est la plus grosse audience de France Inter, et en même temps l’un des dernières témoins de l’indépendance de sa station. Et il le sait aussi, tout ça, le fameux Guillon, qui à l’instar d’un Thierry Le Luron se retrouve mensuellement propulsé sur le devant de la scène médiatique, alors qu’il y a quatre ans à peine il n’était qu’un inconnu. Pourtant, les deux s’inquiètent. D’abord pour la pérennité de l’émission radiophonique : avec la réforme des statuts de la radio publique ce sera le Président de la République qui choisira lui-même les pro-

chains directeurs de Radio France. Dans un milieu (le journalisme en médias nationaux) déjà miné par l’autocensure et le penser juste, et dans une discipline (la caricature et l’humour politique) souvent à la limite de l’exclusion, qui protègera dorénavant le pauvre chroniqueur quand de stupides ministres parleront de « respect de la personne » au téléphone des directeurs amis ? Toutefois, même si cette (autre) réforme est annulée et la chronique conservée, l’avenir sera loin d’être rose pour Guillon, tant l’humour politique est aujourd’hui branlant en France. Entre la disparition des chansonniers (désormais restreints à deux théâtres, le Caveau et les 2 ânes), et le seul succès de tous ceux qui se limitent au consensuel, du « petit pyjama » de Florence Floresti aux péripéties juives de Gad Elmaleh, l’humour politique corrosif a aujourd’hui bien du mal à s’adresser à tous, à fédérer autour de lui les mécontents de tous bords. Manque d’écoute, peut-être. Manque d’éducation de la majorité (silencieuse ou non) à la citoyenneté, à la politique générale et à sa critique, sûrement. Thomas TAQUET reur de ce qu'est un gouffre social où la société sacrifie des cortèges sans âmes assénés de coups de misère et de déchéance sur l'autel de l'injustice sociale, afin de faire disparaître toute dignité. Son style unique conserve son objectivité dans un propos clair et fidèle à la réalité et lui permet d'exprimer son engagement dans le strict choix des scènes qu'il nous donne à voir. Le Kipling américain compile les faits marquants de sa vie dans un ouvrage des plus romanesques nourri d'ambiguïtés sur son caractère autobiographique, Martin Eden. Ce roman marque combien il se confronta à luimême et traversa des épreuves aussi douloureuses que sa vision du monde. Si les récits de voyages de London sont connus et reconnus, ce n'est que justice que de présenter ses écrits socialistes comme riches d'une expérience qui s'offre à tous et soulève les questions qui, socialistes ou non, font écho à chacun dans la quête de soi. Julien F.

culture

La faucille et la plume

Ensemble Jazz de Paris-Sorbonne Jeudi 20 mai à 21h Amphithéâtre Richelieu Par l’Ensemble jazz, direction Laurent CUGNY. L’ensemble jazz de l’Université Paris IV est l’un des ensembles de pratique collective proposés aux étudiants de licence. Comprenant une vingtaine de musiciens, il monte chaque année un programme différent de compositions arrangées par son directeur Laurent Cugny. Cette année, ce répertoire a pour thème la musique brésilienne. Réservations obligatoires : 01 40 46 33 72 ou agenda-culturel@paris-sorbonne.fr CONFERENCE Table ronde avec Carles Batlle, dramaturge. Vendredi 7 mai à 18h30 Centre d’Études Catalanes Animée par les professeurs du Centre d’études catalanes. 9, rue Sainte Croix de la Bretonnerie – 75004 Paris Res.: 01 42 77 65 69 ou Centre.Etudes-Catalanes@Parissorbonne.fr

Lectrices, lecteurs, attachez vos ceintures nous parlons aujourd'hui d'un ovni dans la culture américaine : j'ai nommé Jack London. Né en 1876, tourmenté dans un monde précaire marqué par les petits emplois harassants et une misère digne des romans de Zola, London fuit ce monde au profit du vagabondage qui lui permettra d'écrire Sur la route, puissant éloge de la liberté et de la jeunesse. Si ce récit repose aussi sur des faits dont il a entendu parler, il n'en adresse pas moins un fulgurant message sur sa vision du monde et de l'Homme. En marge de la société, il y porte un regard sensible et criant de vérité malgré les difficultés rencontrées. Sa vie fut marquée par une adolescence de bourlingueur opportuniste insouciant, mais la

THÉÂTRE Octavie Vendredi 14 mai à 18h Amphithéâtre de Malesherbes Théâtre classique Avec Lucie MANDON, Nathanaël KAHN, Maud RIBLEUR, Darcy RUSCIO, Mattias ROUX, Julie ZENO, Virginie GIROD. Rome, 62 après Jésus-Christ. Octavie, fille de Claude et épouse de Néron, est en proie à l’hostilité de son mari. Ce dernier, bien résolu à épouser la trop belle Poppée s’apprête à répudier et à faire assassiner Octavie en dépit des conseils de Sénèque. Schiller / Brecht Mercredi 19 mai à 18h Grand Amphithéâtre de Malesherbes Les étudiants d’allemand de 2ème année présentent un spectacle en allemand composé de scènes extraites de Guillaume Tell de Friedrich Schiller ; Le Cercle de craie caucasien de Bertolt Brecht

Si vous étiez présents sur l’un des sites de Paris-IV les 16 et 17 mars 2010 – souvenezvous les fameux jours où, le temps du court trajet de l’entrée de la fac à votre salle, vous vous retrouviez avec deux kilos de tracts sur les bras et divers discours syndicaux dans les oreilles – vous avez dû entendre parler de démocratie étudiante et Conseils Centraux. Vous vous êtes peut-être acquittés de votre devoir civique en glissant un bulletin dans l’urne, vous avez certainement espéré être débarrassés des campagnes électorales pour un bon moment. Que nenni ! Le 25 mai ça repart : vous aurez à cette date à choisir les

La voix des Elus

élus étudiants qui porteront votre voix durant les Conseils d’UFR. Car outre les centraux portant sur des questions globales et l’ensemble de l’université, les étudiants peuvent se faire entendre au sein de leur propre filière. Les Conseils d’UFR (Unité de Formation et de Recherche, au nombre de 17 à Paris-IV) rassemblent le directeur de l’UFR concernée, ainsi que les enseignants et enseignants-chercheurs, personnels administratifs et élus étudiants inscrits dans les filières en découlant. Réunis régulièrement, ils s’occupent de questions administratives (budget, recrutement, etc…) et pédago-

confrontation à des réalités comme le milieu pénitentiaire, cadeau de bienvenue aux chutes du Niagara (Sur la route), la déchéance humaine des bas-fonds de Londres en été 1902 (Le peuple de l'abîme), le poussèrent à essayer de mieux se comprendre et au-delà, comprendre l'Homme dans sa nature profonde. Cette recherche perpétuelle de la compréhension de l'Homme est la ligne directrice de son écriture, elle s'illustre dans une série de tableaux qu'il dépeint au gré de ses voyages. Dans cette quête de lui-même, il prend conscience des illusions qui gravitent autour de lui sur le Jeu de l'existence, levant ainsi le voile sur la part de l'héritage animal de l'Homme qu'il exprime avec brio et originalité dans L'appel de la forêt ou encore dans Croc Blanc, et sur les grands paradoxes d'une société dont la dénonciation s'accentue à l'orée du XXème siècle (Le peuple de l'abîme). Son expérience de Londres lui permet ainsi de prendre conscience de l'ampleur et de l'hor-

f

Zone d’info
Rejoignez-nous pour représenter les étudiants de votre filière !

giques (création de nouveaux parcours, établissement des maquettes d’enseignement, etc…). C’est un lieu d’investissement privilégié pour tout étudiant désireux de participer au fonctionnement de sa fac, d’agir concrètement sur les conditions d’études qui le touchent au plus près. Nous nous y montrons soucieux de vos droits, comme celui de la consultation des copies, malheureusement pas toujours respecté, d’assurer la circulation des informations, comme par la mise en place de réunions d’information autour des masters, tout en visant à l’équité entre tous les étudiants de la Sorbonne. En effet, la politique des UFR envers leurs étudiants varie beaucoup de l’une à l’autre, et nous travaillons à une harmonisation globale des fonc-

tionnements de chaque discipline, dans leur respect de leur spécificité. Enfin, en cas de problème ou litige liés à votre filière, vous pouvez vous adresser à un des élus pour vous accompagner dans vos démarches (nous avions à cet effet créé des adresses mail par UFR). Il y a deux ans vous aviez plébiscité l’AGEPS, dont 59 élus vous ont représentés durant leurs mandats. Nous espérons avoir mérité votre confiance, et vous invitons à vous faire connaître si vous souhaitez vous présenter sur nos listes. Emma OZAWA

Peut-être l’avez vous déjà lu dans les lignes de ce numéro du Sorbonnard Déchaîné : les élections d’UFR approchent. Le 25 mai prochain, nous réélisons plus de 100 représentants étudiants au sein des 17 UFR de notre université. Cela fait du monde... et beaucoup de candidats à présenter !

Pourtant, il est parfois difficile de trouver assez d’étudiants qui veulent bien représenter leurs camarades dans chacun des conseils d’UFR. Il ne s’agit pourtant que de trois ou quatre réunions par an, et l’AGEPS sera là pour vous aider à préparer ces conseils. Si vous êtes interessés par cette implication somme toute modeste (à vous de voir par la suite

Dans ces conseils, nous traitons de questions très pratiques : création de nouveaux parcours, intégration de nouvelles options, budget de l’UFR, partenariats avec telle ou telle institution... Nous y apportons aussi nos propres revendications : extension du temps de consultation des copies, division de TD trop remplis, etc. Et ne traînez pas ! La date limite pour se présenter est le 10 mai prochain. Pour nous contacter : contact@ageps.org

si vous souhaitez aller plus loin !), n’hésitez pas à nous contacter. Dans chacun des conseils, nous sommes généralement 4 à 10 élus étudiants, vous ne serez donc pas seul à monter au créneau pour défendre les intérêts des étudiants de votre filière.

Première organisation étudiante de Paris IV, l’AGEPS dispose de nombreux élus dans les différents conseils d’UFR et, jusqu’à aujourd’hui, de 5 élus dans les conseils centraux de Paris IV. En tant qu’étudiants, nous travaillons chaque jour à ce que notre voix à tous soit prise en compte dans la gestion de la fac. Rejoignez-nous ! Nos locaux: SORBONNE: salle F646 galerie Claude Bernard, esc. P deuxième étage. MALESHERBES : salle 113, premier étage CLIGNANCOURT : salle 303, RDC, à gauche en sortant des amphis Le Sorbonnard Déchaîné : Directeur de publication :Julien AUVERT, Rédactrice en chef : MarieMadeleine BEKO, Comité de rédaction de ce numéro : Marie-Marine AKERMANN, Alice BENSO, Ariane BUISSON, Pierre DECOUSSY, Manon FERRANDI, Julien FOUQUET, Raphaëlle JAMET, Emma OZAWA, Thomas TAQUET, Dessins : Julien AUVERT, Maquette : Xavier HENRY Avec la participation du FSDIE de Paris 4

01 40 46 32 27 www.ageps.org contact@ageps.org