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Le b lletin sans concession de l$AGEPS, premi#re organisation "t diante de l$ ni!ersit" Paris IV, Oct/No! 2011, n m"ro 32
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LICENCE A-/ ARRET+, PRES AU RATTRAPAGE
Éditorial
Bienvenue chez vous ! L’arrivée dans de nouveaux murs, c’est toujours un drôle de parcours du combattant. On ne sait ni où on va, ni à qui s’adresser, ni comment on va s’en sortir. Dans quelques mois, ce lieu sera le vôtre. Pour le moment, et en attendant de meilleurs auspices, vous vous sentez paumés. C’est normal, pas de panique ! Que vous débarquiez du lycée, de prépa, ou au lendemain des travaux, il n’est jamais simple de se faire un chemin dans le dédale des administrations mouvantes et des salles de cours invisibles. Entre autres, le centre Clignancourt vous ouvre ses portes neuves à l’odeur de peinture fraîche, actuellement à moitié praticable et qui subit, comme la Sorbonne, d’autres séries de travaux. Malesherbes n’est pas à la traîne et devrait rafraichir sa cafète à l’orée 2013. Histoire de vous faire passer le temps agréablement, votre syndicat peut vous servir de boussole ou de soutien ! Temporairement ou à long terme, à vous de voir. Nos locaux syndicaux, sis dans les couloirs que vous connaissez ou connaîtrez bientôt, vous accueillent à Clignancourt, Malesherbes ou en Sorbonne. Certaines de nos portes sentent la peinture fraîche, mais elles restent bel et bien ouvertes ! Il s'agit de faire de ParisSorbonne un lieu de vie et d'étude cohérent, dynamique et agréable : cela ne peut se faire qu'avec et par vous. Ainsi, quelle que soit votre démarche – envie de nous solliciter ou juste de pousser la porte pour voir ce qui se passe – nous sommes présents pour vous soutenir et vous défendre. Bienvenue chez vous ! Marie-Marine AKERMANN, Présidente de l’AGEPS Août semble résolument être le mois favori de nos ministres : après la promulgation de la LRU de Valérie Pécresse le 10 août 2007, c'est le 1er août 2011 que notre nouveau ministre Laurent Wauquiez a signé son arrêté Licence, validé par le CNESER (Conseil National de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche) le 12 juillet. L'été est en effet un choix tactique pour éviter une mobilisation importante de la communauté universitaire, qui rejette largement le contenu de ce nouvel arrêté et demande des négociations. Passons rapidement sur la forme de ce texte, qui reprend des bribes de l'ancien arrêté Licence (2002) et de nouveaux paragraphes maladroitement écrits. On ne note que deux mesures positives nouvelles : la généralisation de la compensation annuelle et la mort des notes éliminatoires. Cela vous surprend ? Normal, cela fait longtemps que nous l'avons obtenu à Paris IV. Car avec des élus présents et compétents, ces mesures peuvent être obtenues localement. Et pourtant, ce sont d'elles que se glorifient les organisations étudiantes siégeant au CNESER … victoires bien minces face à l'intrusion des entreprises qu'entérine un arrêté qui est un succès pour le gouvernement, certainement pas pour les étudiants. L'article 6 stipule en effet que «des représentants du monde socioprofessionnel

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sont associés à cours) et de chaque formation : en Lettres, la conception Arts et Sciences Humaines, il faut passer du des formations temps à lire au contraire des Sciences dites et participent «dures» où il est nécessaire de passer du aux enseignements», puisque désormais, «la temps en labo à faire des travaux pratiques formation comprend des éléments de pré- encadrés. C’est aussi une entrave suppléprofessionnalisation et de professionnalisa- mentaire pour les 50% d’étudians obligés de tion». Non seulement cette «professionnali- se salarier pour financer leurs études. Par sation» se fera au détriment de la formation ailleurs, cette augmentation du volume disciplinaire, mais elle implique en outre la horaire s'accompagne d'une diminution soumission des formations aux besoins du constante du nombre de postes d'enseibassin d'emploi local. L'adieu au cadrage gnants et de personnels, ce qui conduira à la national des diplômes résonne donc un peu surcharge des TD et au recrutement de vacaplus fort : selon votre région, selon votre taires sur de courtes durées, donc à l'auguniversité, votre diplôme n'aura plus du tout mentation de la précarisation des conditions la même valeur. Cet arrêté Licence accentue de travail et d'étude des diplômés. encore la mise en concurrence des universiL'opposition d’une partie de la comtés : celles des grands bassins d'emploi déli- munauté universitaire est donc amplement vreront des diplômes plus reconnus que ceux justifiée. Que cela ait été en connaissance de des petites universités, vouées à se spéciali- cause ou par incompréhension des conséser à l'extrême ou à disparaître faute de quences dramatiques de cet arrêté, les assomoyens, privant ainsi des millions de gens ciations qui l'ont voté favorablement au CNEd'un accès aux études supérieures. SER ont apporté leur pierre à la construction En outre, l'arrêté prévoit une aug- d'un enseignement supérieur à deux mentation du volume horaire d'enseigne- vitesses. ment : une fois de plus, il s'agit d'une Alice BENSO mesure aveugle, puisqu'elle ne prend en CETTE RENTR.E, compte ni la possibilité, LES .TUDIANTS VONT CASQUER voire la nécessité dans certaines filières, de faire un stage ; ni les spécificités de chaque université (toutes n'ont pas le même nombre de semaines de

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En ces temps de chrysalides des sites de la Sorbonne, il est à noter le futur chantier de la cafétéria du centre Malesherbes. Il y aura du changement mais avant de sortir la truelle et les sacs de béton, attardons-nous sur la composition actuelle de notre cuisine. Sur commande de Paris IV, un cabinet d’étude nous offre l’opportunité d’avoir une inspection sanitaire de notre cafétéria à la date du 5 avril 2011. Une cuisine dont l’assaisonnement sanitaire semble être vérifié tous les mois par le CROUS aux dires du personnel travaillant sur place. Mais d’après le rapport effectué par ledit cabinet d’étude, le menu sanitaire a de quoi faire pâlir les appétits les plus endurcis. Il y en a en effet pour tous les goûts dans ce véritable «Bal de l’horreur hygiénique». En entrée, «des produits d’entretien et des consommables sont également stockés dans le local de plonge, et dans le local contigu» (extrait du rapport) : qui n’a jamais rêvé d’un sandwich

jambondétergent ? Aussi, «Il est à noter l’absence de local de déconditionnement, l’assemblage des sandwichs et des salades se fait donc dans une zone qui ne peut être considérée comme propre». Le plat principal s’annonce tout aussi truculent : «les armoires froides et le congélateur bahut étaient quasiment vides lors de la visite, les produits y sont stockés sans distinction de nature (produits entamés, avec produits emballés…)». Ou encore, recommandation spéciale du Chef, «les produits (consommables) ne sont pas systématiquement étiquetés et filmés et le thermographe de la chambre froide est illisible». Face à un tel cortège gastronomique et son alléchante mise en bouche, on peut s’attendre à ce que le dessert soit servi avec panache ! Et nous ne sommes pas déçus : «Dans l’ensemble les équipements sont en état moyen voire mauvais ou hors service». La petite touche rassurante, la cerise sur le gâteau, la crème de la crème : «absences de

remarques sur les rapports techniques et commissions sécurité» ! Le rapport fait également mention d’un autre fait non moins remarquable : les vestiaires des personnels n’ont pas un accès direct aux cuisines. Ceci en effet constitue un léger souci du point de vue de l’hygiène, car pour accéder aux fourneaux infernaux, les personnels sont obligés de passer par une zone de passage publique pas franchement aseptisée. S’il est rassurant de constater que la cafétéria va faire l’objet de travaux, il est en revanche plus inquiétant de

constater des comportements et un traitement des marchandises observés le 5 avril 2011, une date pas si éloignée de la rentrée gastro(nomique) de la cafète du centre Malesherbes. Et dans le sens de la dernière citation extraite du rapport, il serait bon pour la santé des étudiants, des enseignants et des personnels de Malesherbes que le CROUS, à charge des contrôles, arrête de se laver les mains de l’état sanitaire de la cafétéria, et mette la main à la pâte de toute urgence !!! Julien FOUQUET

La phrase du mois
«Peut-être que pour la première fois depuis 25 ans, la droite a une vraie vision de l'avenir de l'école.» a déclaré notre Ministre de l’Éducation Nationale, Luc Chatel, le dimanche 18 septembre au 12/13 de France 3. Les réformes de ces dernières années étaient donc faites à l’aveuglette, nous sommes rassurés. Ou pas.

QUELS ETUDIANTS POUR L0AVENIR ? couloir
IRONIE DES RATTRAPAGES Il est déjà peu plaisant de devoir repasser des épreuves qu'on pensait avoir réussies, ou pas totalement manquées. Mais quelle ne fut pas la surprise des étudiants de L3 de Lettres Modernes Appliquées lorsqu'ils découvrirent leur sujet de linguistique ! Aucun cours ne leur avait ne serait-ce que parlé de la question et les rares étudiants à l'assiduité exemplaire n'en avaient qu'une vague évocation ... après avoir tenté de joindre l'enseignant en vain, après avoir suggéré de composer tout de même sur ce sujet, et 10 minutes de mécontentement des étudiants, un sujet éclair a été pondu par une des correctrices sur ... le phénomène de l'ironie. Un sujet de circonstance ! l DAVID VS GOLIATH L'inauguration de la première partie du nouveau bâtiment de Clignancourt, tant attendue et initialement prévue le 13 septembre en grande pompe, n'a pas eu lieu. À l'origine de cette bévue ? La mésentente entre la Mairie de Paris et le Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche qui donna finalement le jour-même sa conférence de rentrée à Jussieu, après avoir empêché les étudiants de découvrir festivement leur nouveau lieu d’études. Victoire par forfait. l LA RÉFORME NE FAIT PAS LE PARTI La vague de réformes antidémocratiques qui saccage les universités européennes et tend à les privatiser avait épargné la Grèce. Mais en août dernier, le PASOK, majoritaire au Parlement, a fait adopter une loi de réforme universitaire qui réorganise les structures internes des universités en diminuant largement la démocratie au sein des Conseils. Au passage, l'asile universitaire, interdisant aux forces de l'ordre de mettre les pieds sur un campus universitaire, a été abrogé. Un beau bilan en perspective pour le Parti Socialiste grec ! l CONSEIL DES PRÉSIDENTS UBUESQUES Alors que peu de Présidents d'université étaient prompts à se mobiliser contre la LRU et la réforme des concours de l'enseignement, envoyant parfois les forces de l'ordre déloger les bloqueurs, la CPU (Conférence des Présidents d'Université) semblait découvrir les conséquences désastreuses de ces lois lors de sa conférence de presse de rentrée. Elle y a dénoncé, en vrac, le caractère « néfaste » de la circulaire Guéant, le manque de moyens depuis l'autonomie des universités et les mauvaises conditions de recrutement des profs. Personne ne croira qu'ils n'étaient pas prévenus ! Mercredi 6 avril 2011, 9h : comme Charlotte, ils sont plus de 500 futurs bacheliers à attendre en file indienne devant l’entrée du grand amphithéâtre de Malesherbes. La raison : le passage du test de sélection en musicologie. Sur ces 500, seuls 192 seront finalement pris. Mais eux ne le savent pas. Pas encore. Revenons un peu en arrière. Il y a plusieurs années, l’UFR de Musicologie, pour des raisons techniques (adapter le nombre de places à la capacité maximale des amphis) et financières (incapacité de recruter de nouveaux professeurs afin de dédoubler les cours) avait décidé, à l’entrée de la Licence, d’organiser un test d’entrée, une initiative saluée en son temps par de nombreux professeurs d’autres UFR. Les premières années, environ 400 étudiants se présentaient au test, 300 à 350 étaient acceptés ; souvent ceux qui ne l’étaient pas revenaient l’année suivante, et, avec quelques cours de solfège en plus, intégraient finalement le cursus. Aujourd’hui, la situation a changé. D’un côté, pour être «à la pointe», l’UFR de Musicologie a récemment institué 3 parcours bi-Licence, tous sur concours ou dossier, qui prennent désormais 1/3 des places au détriment du cursus présentiel (environ 130 étu-

Au fond du

ACTUALITE PARIS IV - TRI, SELECTION, CONSERVATION

diants en tout, 40 pour la bi-L Sciences et Musico, 90 pour les bi-L avec les conservatoires supérieurs de musique). De l’autre, l’espoir pour de nombreux étudiants d’accéder à un meilleur cursus n’a fait qu’accroître le nombre d’étudiants tentant le test en avril, mai ou septembre. Résultat : en comptant les étudiants tentant les concours des bi-L, la purge à l’entrée du cursus de musicologie s’élève désormais à environ 75%, près de 3 étudiants sur 4. Du côté de Paris-Sorbonne, peu de professeurs y trouvent à redire. Tantôt on admire l’homogénéité de la promotion et son niveau général ; tantôt on se félicite du peu d’étudiants qui décrochent entre deux semestres. Mais du côté des autres universités parisiennes enseignant aussi la Musicologie (Saint-Denis, Nanterre, Evry), le son de cloche est très différent : un professeur de Saint-Denis nous raconte avoir l’an dernier demandé à ses étudiants en première année combien d’entre eux avaient échoué au test d’entrée de Paris-Sorbonne. Près de la moitié auraient levé la main. Plus inquiétant, la situation serait selon lui identique à Nanterre et Evry : il nous rapporte que le développement très rapide de la sélection à Paris-Sorbonne aurait transformé ce qui

n’était au départ qu’une supériorité due au nom «Sorbonne», au nombre de professeurs et de doctorants, en un système instituant deux niveaux à l’échelle de toute la région. Pour les universités qui refusent de faire une sélection à l’entrée, ce qui est le cas de Saint-Denis, il y aurait là une réelle injustice, qui se répercuterait au final sur les cours : le manque de bons éléments nuirait à la progression de l’ensemble des étudiants. Cette question est d’autant plus préoccupante que, conséquence de la LRU, le nombre de filières sélectives dans notre université ne cesse d’augmenter : en plus des bi-L internes (principalement en langues et Lettres Modernes), les trois bi-cursus en partenariat avec Sciences-Po connaissent depuis leur instauration une progression exponentielle du nombre d’inscrits … pour un nombre d’admis sensiblement stable. Outre le problème du tri des étudiants se pose ici une autre difficulté : quel est le risque que soient dévalués des cursus généraux face à des bicursus vis-à-vis des employeurs ou des professeurs eux-mêmes ? Les bi-cursus ne risquent-ils pas de créer deux vitesses à l’intérieur-même des filières, avec par exemple la création de groupes de TD de bon niveau réservés à ces étudiants et des groupes lambda pour tous les autres étudiants ? Les problèmes, on le voit, sont multiples … et une nouvelle fois, ce sont les étudiants qui en feront les frais. Thomas TACQUET-FABRE aides en général : inégales, injustes, et basées sur des critères ineptes. L’étudiant n’est pas seulement un jeune adulte aidé par des parents argentés, qui loge dans une chambre de bonne, avec pour tout frigo un placard empli de pâtes. Et même si c’était le cas … les critères sur foyer fiscal familial, non rehaussés selon l’inflation, non calculés sur les besoins réels quotidiens, ne tiennent pas debout. Le 6ème échelon, dont se vantent certaines organisations nationales, a en réalité supprimé la plupart des critères qui auraient pu rendre l’attribution des bourses un tant soit peu équitable : handicap, nombre d’enfants à charge … Les loyers d’un logement décent, et encore, sur Paris, n’ont rien à voir avec les prix de Nantes ou de Lyon. Le nombre de chambres ou logements en CROUS, selon la ville et la densité de population, n’est pas le même et n’offre pas de priorités égales à Marseille ou à Amiens. Un étudiant ne devrait pas choisir son université en fonction de ses moyens financiers, ou du prix de la vie courante. Dans l’attente d’une réforme globale des dispositifs d’aides sociales pour les étudiants, visant à assurer leur autonomie, l’extension de dix à douze mois des bourses sur critères sociaux est une urgence de plus. Souvent les salariés bénéficient d’un treizième mois, les étudiants, eux, n’en demandent que douze : ne pourrait-on pas le leur accorder ? Marie-Marine AKERMANN l'éducation et d'interprétations nationales cohérentes, on peut encore attendre – l'un des buts annoncés pour 2013 : 20% d'étudiants qui partiraient en Erasmus. Un joli but qui doit coûter cher. En Espagne, on entend parler depuis des mois de la colère de la jeunesse. Mais Madrid n'est peut-être pas ce que l'on croit. Toujours depuis l'Europe centrale, certains d'entre nous écoutaient de jeunes Espagnols, de jeunes Tchèques, Canadiens et d'autres qui étaient passés par là. Apparemment, la Puerta del Sol a vu se rassembler les «indignés» qui réclament une «véritable démocratie», et se concentrer contestations et mécontentements les plus divers dans un brouhaha parfois inaudible. Le résultat n'en est pas moins le même : la jeunesse se demande que faire de son destin. De plus en plus de jeunes sont invités à faire des études de commerce, de gestion, de finances, d'économie, etc. Et avec autant d'experts pour veiller sur notre économie mondiale, paradoxe, elle ne s'est jamais portée plus mal. Mais dans ce monde qui devient si absurde et fantaisiste, avec des violences nouvelles au Kosovo, une Chine armant son premier porte-avions et des famines en Afrique, rassurez-vous dans l'univers fantastique, Alice court toujours derrière le lapin blanc et Louis Armstrong chante toujours que le monde est merveilleux. Pierre DECOUSSY

ACTUALITE &a,#'&a$ - a#d + +'c#a$ +
Vous n’êtes pas sans vous rappeler le dernier combat des syndicats étudiants de Paris IV pour l’année 2010-2011 : la réforme des Modalités de Contrôles de Connaissances. Figurez-vous que ce combat de longue haleine, qui s’est soldé par un pied de nez légitime au ministère et à son chantage au «dixième mois de bourse pour 10 mois d’études», se conclue aujourd’hui par une victoire totale et sans tache. Si les syndicats étudiants, l’AGEPS en proue, se sont battus contre ce chantage odieux qui exigeait de déplacer la seconde session dite « de rattrapages » au mois de juin, le risque courait tout de même pour les étudiants boursiers de Paris-Sorbonne de voir une chasse aux sorcières supprimer leur dixième mois de bourse. Que nenni ! Comme supposé, aucun étudiant n’est actuellement privé de son dixième mois de bourse. Le problème, c’est qu’un étudiant dans le besoin, un étudiant boursier qui tous les jours voit peser sur sa tête le joug de l’insuffisance financière, ne cesse pas de devoir se loger, se nourrir, se déplacer, durant les vacances scolaires. Dix mois de bourse, c’est bien. Douze mois de bourse c’est, dans le

LA BOURSE OU LA VIE

contexte social actuel plus que une jamais, logique que ne semblent pas comprendre ni le ministère ni certaines organisations étudiantes. C’est pourquoi votre syndicat, avec ses camarades de la Fédération des Associations Syndicales Étudiantes (FASE) se bat pour garantir aux étudiants des conditions de vie et d’études décentes – pas a minima. Entre autres, le gel du prix des loyers et des tickets RU, la gratuité de l’accès aux soins, aux transports mais aussi à la culture, qui ne devrait pas représenter un luxe pour les étudiants. Et ce sur toute l’année, pas seulement pendant les dix mois d’études. Les vacances, ce ne sont pas uniquement farniente et boulots d’appoint. C’est une période durant laquelle un étudiant ne cesse pas de l’être, et n’évite pas de tomber malade, d’étudier en bibliothèque, ou de se déplacer pour les inscriptions et diverses joyeuseries que requiert l’université, elle-même ouverte et active en été. Ce sont, globalement, les revendications légitimes et logiques qui sont les nôtres, et qui font du dixième mois de bourse un cataplasme sur la jambe de bois de notre système d’aides sociales. Car les bourses sur critères sociaux, loin d’être les seules aides financières existant pour les étudiants, sont à l’image des extrémités dont se sont rendus coupables de nombreux

ACTUALITE #&, *&a,#'&a$ - &' !-,-*
Été foudroyant, météo capricieuse et monde tel que nous le connaissons au bord du gouffre. Alors que quelques militants AGEPS, partis tout l'été au coeur de l'Europe, étaient en pleine discussion avec d'autres jeunes d'Europe et du monde, un formidable coup de tonnerre se fit entendre des deux côtés de l'Atlantique. Les bourses «krachaient», le CAC40 dégringolait de 25%, l'Espagne et l'Italie menaçaient de rejoindre les Grecs sur le banc des mauvais élèves, et même les États-Unis semblaient ne pas être épargnés par la spéculation. Une crise qui depuis 2008 semble vouloir durer. Du coup, la jeunesse, très touchée déjà, s'affole : retraites toujours plus lointaines, services publics toujours plus faméliques, chômage en expansion, et une éducation de plus en plus inaccessible ... Dans les colonnes du LSD n°29 («We do need an education», Juliette HALLÉ), on vous expliquait déjà qu'outre-Manche, il était normal de s'endetter pour ses études dont le coût était plafonné à 3290£ (3760€) jusqu'il y a encore peu. Mais voilà qu'avec un coût explosant à 6000 ou 9000£ (plus de 10.000€) et des perspectives toujours plus moroses, on ne s'étonnera plus trop des

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jeunes Britanniques cet été. Au Chili, en moins de 3 mois, quelques 9 manifestations ont réuni chaque fois des dizaines de milliers de jeunes qui réclamaient une éducation publique et gratuite. Comme en Angleterre, l'absence de dialogue de la part des autorités suscitait des réactions violentes dans les rues. Il faut dire que depuis Pinochet, aucun gouvernement n'a corrigé les inégalités du système éducatif, et près de 70% des étudiants doivent avoir recours à un prêt qu'ils remboursent de nombreuses années durant dès leur premier emploi. Et déjà en 2006, la révolte de «pingouins» (les collégiens et lycéens en uniforme) avait sérieusement nuit au gouvernement de Mme Bachelet. En Europe centrale, où l'on reste plus calme, la perspective d'études devenant payantes suscite quelques inquiétudes : passer de 0 à 1000 euros par an, ça fait beaucoup pour les Tchèques ou les Slovaques, surtout qu'en France ou en Autriche voisine, les frais d'inscription resteraient moins chers. Le processus de Bologne est plein de promesses dont on attend encore qu'elles se réalisent, mais faute d'argent, d'investissement dans

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LabEx, IdEx, PécrEx ... maintenant WauquiEx ? L’Université républicaine a abandonné depuis longtemps ses idéaux pour se transformer en un néo-village gaulois qui se voulait indépendant (ainsi certains ont-il cru qu’il fallait entendre «autonomie») pour céder aux sirènes de Shanghai et des classements internationaux. Alors naquirent les premiers PRES (Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur) en 2006, dont le Ministère vante les mérites pour faire entrer les universités françaises dans la «compétition scientifique internationale», comme le vante le site du Ministère ( http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr). C’est vrai que les derniers résultats de cette grande compétition annuelle, dont les règles et les épreuves sont d’emblée disqualifiantes pour notre système, ne sont pas bons pour les universités françaises … Pourtant, Laurent Wauquiez, le 15 août dernier, déclarait, dans Les Echos : «Nous avons créé les pôles de recherche et d'enseignement supérieur, les PRES, et demandé à Shanghai de les reconnaître. Les auteurs du classement, à ma demande, ont réalisé une simulation et proposent de les prendre en compte à l'avenir s'ils poursuivent leur rapprochement. Les résultats sont extraordinaires. Quatre regroupements pourraient intégrer directement le top 50 [sic], avec les établissements du campus de Saclay, ceux de Paris Sciences et Lettres Etoile (ENS Ulm, Dauphine...), et les PRES Sorbonne Universités [Paris-2, 4, 6, NDLR] et Paris Cité [Paris-3, 5, 7, 13, NDLR]. Toulouse 3, lui, a gagné 53 places de 278 à 225, c'est un bon exemple de progrès dans les zones moins regardées du classement. Les réformes nous ont permis de recoller à la compétition mondiale. Si nous persistons, nous allons faire un saut important. » Voici de quoi redonner du cœur à l’excellence mondiale du PRES Sorbonne Universités, triste comme un amant éconduit de n’avoir pas été retenu dans le dernier round de la course à l’IdEx : la possibilité de décrocher une bonne place dans le grand classement mondial ! En attendant, Sorbonne Universités s’interroge et se lamente : comment a-t-on pu perdre la compétition avec un IdEx SUPER (acronyme de «Sorbonne University of Paris for Education and Research») ? L’appel à projet pour ces «Initiatives d’Excellence» a été lancé dans la foulée du «Grand Emprunt 2010», qui définissait l’enseignement supérieur et la formation comme l’un des axes prioritaires d’investissement. Le projet IdEx, dans le cadre des «Investissements d’Avenir», a ainsi été pourvu de 7,7 milliards d’euros sur les 21,9 milliards d’euros du Grand Emprunt. De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer une imposture : l’État, dans les faits, se désengage depuis 2007 du financement des universités, mais persiste à tenter de convaincre l’opinion publique – et les universitaires, eux, savent bien qu’ils n’ont pas vu l’ombre d’un financement depuis des lustres – qu’il est préoccupé par l’avenir de l’université républicaine, ouverte à tous. Ouverte à tous, c’est-à-dire non seulement gratuite, mais aussi installée sur tout le territoire : de Kourou à Maubeuge, les enseignements et les diplômes délivrés par les universités devraient être semblables. Or, la logique du rassemblement au sein des PRES, renforcée par les projets «Investissement d’Avenir» (EquipEx, LabEx et IdEx) vise au contraire à la concentration des moyens autour de quelques rares «pôles d’excellence» à Paris et dans quelques grandes villes de Province. Surtout, ce financement sur projet va tout à fait à l’encontre d’une politique véritable et ambitieuse en matière d’enseignement et de recherche : à tous les niveaux, labos, équipes de recherche, formation, les financements ne consistent plus en une dotation a priori, mais en un financement sur projet. Or, ces projets sont retenus selon des critères fort douteux, établis par des jurys encore plus suspects. C’est ainsi que les critères de sélection pour l’IdEx, d’après la nomenclature exotique du Ministère, sont : 1° L'excellence en matière de formation et de recherche ; 2° L’efficacité de la gouvernance ; 3° L’intensité des partenariats entre le public et le privé. On pourrait aussi traduire cela par : filières universitaires à double vitesse, gestion de l’université en-dehors de instances démocratiques de consultation et d’exécution et entrée des intérêts privés dans la gouvernance des universités. Ces éléments, vous vous en souvenez, étaient au cœur de nos critiques contre la LRU (loi relative aux Libertés et Reponsabilités des Universités, août 2007), dont découle toute la politique universitaire du gouvernement Sarkozy, pardon Fillon, et que nul ni à droite ni à gauche ne paraît remettre en question. Mais de quelle autonomie des universités parle-t-on lorsque le système est ainsi inféodé aux seuls intérêts bassement politicards ? Ne peut-on sérieusement s’interroger en constatant que les trois projets d’IdEx retenus au premier tour de sélection sont ceux du PRES Université de Bordeaux (la ville d’Alain Juppé), du PRES Université de Strasbourg (capitale de la dernière région U.M.P. en France métropolitaine) et du PRES Paris Sciences et Lettres, qui ne

TRIBUNE
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«Pas besoin d'avoir un master pour changer des couches.» disait X. Darcos. Cette sortie en dit long sur son ignorance de ce qui se passe réellement dans une maternelle, mais surtout elle souligne les conséquences lamentables de la masterisation des concours de l'enseignement. Jusqu'en 2009 une licence était requise pour passer la plupart des concours. En cas de réussite l'Éducation Nationale assurait un an de stage rémunéré, formé d'un tiers-temps devant les élèves et d'un accompagnement solide, avant la titularisation définitive et le grand bain ... Mais c'est fini tout ca ̧ : depuis la rentrée 2010, une fois le concours en poche on se retrouve à temps plein devant nos classes. A temps plus-que-plein même : une fois le nombre réglementaire d'heures de cours hebdomadaires effectué, les stagiaires doivent encore assister à une journée de formation résiduelle : les profs débutants ont donc MOINS de temps que leurs collègues expérimentés pour préparer leurs cours ! Résultat, les stagiaires boivent la tasse et les élèves trinquent. Contre cet état des choses, nous, profs stagiaires en 2010, avons formé le collectif Stagiaire Impossible. Avec l'aide des syndicats mais sous le control ̂ e d'aucun, nous revendiquons une entrée dans le métier progressive, accompagnée et équitable pour tous. Dans les rectorats, au ministère comme à la commission Éducation de l'Assemblée Nationale, tout le monde a fini par reconnait ̂ re que la rentrée 2010 était catastrophique. Mais on nous précisait aussitot ̂ que ce n'était qu'une transition, qu'en 2011 les nouveaux stagiaires sortiraient pleinement formés de masters enseignement tout neufs, et que tout irait bien ... Nous sommes allés vérifier ce qu'il en était réellement et nous avons trouvé de nombreux dysfonctionnements, qui nous incitent pour l'année qui commence à lier au maximum les revendications des étudiants de master enseignement et des professeurs stagiaires. Les étudiants en M2 enseignement doivent préparer un concours difficile, mais également effectuer un stage de quelques semaines (souvent moitié observation et moitié pratique), et enfin rédiger un mémoire. Mem ̂ e s'il est allégé par rapport à un mémoire de M2 recherche, celui-ci reste conséquent et porte sur un sujet non de pédagogie ou de didactique, mais de recherche pure. Ca fait beaucoup pour une seule année ? Attendez de voir la rentrée 2012, quand il faudra ajouter à cela des certifications en langue (CLES) et en informatique (C2I2E). À Paris IV, aucun M2 enseignement n'a été mis en place à l'UFR de géographie. Les étudiants ayant suivi un parcours de géo jusqu'en M1 se retrouvent donc contraints de choisir un directeur de recherche historien ! C'est d'autant plus absurde que chaque année les membres du jury du CAPES d'histoire-géo se plaignent du niveau parfois léger en géographie et du fait que très peu d'étudiants géographes passent le concours (10% seulement des candidats). De plus, les admissibles sont maintenant interrogés soit en histoire soit en géographie par tirage au sort, alors qu'auparavant ils pouvaient choisir de passer la géographie en épreuve mineure (majorité des cas) : ces M2 n'offrent clairement pas les meilleures chances aux candidats. Et du cot ̂ é des stages ? De nombreux étudiants de M2 n'auront cette année encore pas la possibilité d'en faire suffisamment pour et ̂ re réellement formés à la préparation et la conduite de cours. Sans compter ceux, nombreux, qui auront choisi de faire un M2 recherche et de tenter ensuite directement le concours, pour éviter ces masters enseignement absurdes. Et il ne suffit pas d'avoir le concours et le M2 : il faut les avoir assez tot ̂ pour une administration obtuse. En ce moment-mem ̂ e, nombre de lauréats 2011 se voient imposer le statut de contractuel, alors qu'ils devraient et ̂ re fonctionnaires stagiaires. En effet, leur université leur demande de soutenir leurs mémoires de M2 fin septembre, et le rectorat en tire prétexte pour repousser de 2 à 3 mois l'entrée dans la carrière des nouveaux profs. La différence n'est pas énorme en termes de salaires ou de cotisations, mais croyez-nous, dans une année au moins aussi difficile que celle des concours, on se passerait bien d'un tel mépris. Pour lutter efficacement contre ces problèmes, en évoquer d'autres dont nous n'aurions pas eu vent, et rejoindre le collectif ou simplement vous tenir informés, écrivez à contact@stagiaireimpossible.org et visitez http://www.stagiaireimpossible.org. Le Collectif STAGIAIRE IMPOSSIBLE

SUPER IdE-

compte pas une seule université : l’ENS, le Collège de France, divers Conservatoires, Écoles et Institut, ainsi que Paris-Dauphine, qui bénéficie en effet du statut de «grand établissement» ? En somme, le jury international a décerné les premières places au tableau d’honneur du Ministère aux bons élèves de la LRU et aux amis, faisant fi de tout critère universitaire ou ayant trait à la vie étudiante. Alors, quoique les Présidents d’Assas, de ParisSorbonne ou de l’U.P.M.C. aient pu en dire, l’IdEx SUPER n’avait aucune chance dans cette compétition scandaleuse. Et pourtant des «efforts» avaient été faits : gouvernance assurée par un «comité exécutif dédié à l’Idex» réduit comme peau de chagrin, mise en place de parcours de Licence super-pluridisciplinaires pour les mauvais élèves parallèlement à des parcours d’élite pour attirer les étudiants des classes préparatoires et, à une échéance à moyen terme (dix ans) la fusion des universités au sein du PRES ? Pas exactement : «une université confédérale globale»… Ariane BUISSON

Le strip - Marvin & Loomis - reader’s digest

culturel
CONFÉRENCES-DÉBATS DE L’AGEPS Cette année, l’AGEPS organisera des conférences-débats à Malesherbes et Clignancourt. Celles du 1er semestre se dérouleront à la fin de l’automne et auront pour thème général la politique et l’enseignement supérieur . Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues pour nous aider à les organiser ! Plus de détails bientôt sur notre site www.ageps.org. MUSÉES GRATUITS N’oubliez pas que les expositions permanentes des Musées nationaux sont gratuites pour les moins de 26 ans. Mais c’est aussi le cas, cette fois-ci pour tous, de 11 des 14 Musées de la Ville de Paris, y compris le Musée d’art moderne, le Petit Palais et le Musée Carnavalet. CULTURE À LA SORBONNE Paris IV est doté d’un Service Culturel fort et actif ! Toute l’année, il propose diverses manifestations culturelles, très souvent gratuites pour les étudiants ! De même, il offre des places de théâtre en échange d’une critique écrite du spectacle vu. Renseignements sur www.culture.paris-sorbonne.fr FSDIE AIDE AUX PROJETS ÉTUDIANTS Vous avez un projet culturel ? Vous êtes prêts à donner votre énergie pour le concrétiser mais vous demandez comment le financer ? Si vous êtes étudiant à Paris IV et que ce projet pourra bénéficier à toute la communauté étudiante, l’université peut vous accorder une aide matérielle et financière. Renseignez-vous auprès du Service Culturel, en Sorbonne, galerie Claude Bernard, escalier I, rez-de-chassée. ATELIERS CULTURELS Atelier d’écriture poétique ou romanesque, atelier de lecture à haute voix, atelier d’improviation théâtrale, atelier de théâtre Molière, polonais, italien, anglais ou antique, chorale, flûtes traversières et club d’échec : tels sont les ateliers auxquels vous pouvez vous inscrire librement. Dépéchez-vous car les places sont limitées. N’oubliez pas qu’il est parfois possible d’intégrer un atelier dans votre cursus, comme option ! Tous les renseignements sur www.culture.paris-sorbonne.fr ASSOCIATIONS ÉTUDIANTES CULTURELLES DE LA SORBONNE Si vous avez envie de rejoindre une association culturelle, sachez qu’elles sont légion à Paris IV et que toutes vous accueilleront à bras ouverts. Toutes sont référencées sur le site du Service Culturel de Paris IV . Quelques idées parmi tant d’autres : Pour participer au développement des liens entre étudiants français et étudiants étrangers, dans une ambiance festive, contactez Parismus : leur local se situe en Sorbonne, galerie Claude Bernard, escalier I, 1er étage, F660. Si vous désirez vous investir dans les journaux et revues étudiants, allez voir du côté de Contrepoint ou de l’Étudiant Autonome, qui sont distribués sur toutes les universités parisiennes, ou bien tournez-vous vers Sorbonne Art, journal étudiant semestriel traitant de sujets artistiques. Enfin, n’oubliez pas Le Sorbonnard Déchaîné et n’hésitez pas à nous contacter ! Si ce sont d’autres médias qui vous inspirent, n’hésitez pas à vous adresser à Radio Campus, TéléSorbonne, Arrimage ou Cinématisme !

Agenda

CULTURE - /('+#,#'&

«Cézanne et Paris» est la nouvelle exposition du Musée du Luxembourg, du 12 octobre au 26 février. Paul Cézanne (18391906), plus souvent associé à Aix qu’à notre chère capitale, est ici exposé sous un angle nouveau. Il viendra pour la première fois à Paris en avril 1861, incité par son ami d’enfance, Émile Zola. Visitant souvent le Louvre, il remplira des carnets de croquis. Il se formera en contemplant l’œuvre de ses maîtres et en copiant des tableaux illustres. Il sera ainsi séduit par le romantisme de Delacroix. Les obsessions qui le hantent trouveront à cette occasion leur place dans sa peinture. Cependant, nostalgique de la Provence, il ne restera pas à Paris, mais il y reviendra. Il fera au moins 20 fois l’allerretour entre la capitale et la Provence.

CEZANNE ET PARIS

En 1872, influencé par Pissarro, il s’installera à Pontoise, puis à Auvers-surOise. C’est un artiste d’atelier. Mais à l’exemple de son illustre ami, il se consacrera au paysage sur motif. Tous deux ont le souci d’une représentation exacte de la nature. C’est grâce à l’intervention de Pissarro qu’il participera à la première exposition impressionniste en 1874. Son œuvre sera jugée lourde et d’une facture grossière. La capitale ne l’accueillera pas. Mais c’est au cours de ses voyages entre Paris et la Provence, vers la fin des années 1870, qu’il trouvera son expression picturale propre. Il se consacrera principalement à la vision, qui est l’un des principes fondamentaux de l’impressionnisme. Il ne veut pas seulement fixer l’ «impression», mais peindre quelque chose d’ «aussi solide et durable que l’art des musées». Paris ne cessera d’impressionner et d’influencer Cézanne. Leur échange durera toute une vie, même si à 60 ans, il n’a plus l’ambition de «conquérir» Paris. Dans les forêts de Sibérie est un journal, celui que notre ermite de la Taïga a tenu jour après jour pendant les six mois de sa retraite. Des réserves de pâtes et de Tabasco, de la vodka et des cigares, un sac de couchage et des vêtements qui résistent aux températures les plus basses, une hache, une pile de livres et un téléphone satellite en cas d'urgence, voilà l'essentiel de son équipement. Couper du bois, lire et écrire, pêcher, se promener, se saouler, rêver et contempler la nature sont ses principales activités. «J'ai tâché d'être heureux. Je crois y être parvenu», nous confie-t-il. Comme pour tenter de se distinguer de son prédécesseur et de se ménager une originalité, l'auteur nous annonce dès les premières pages que le «prêchi-prêcha de parpaillot comptable [de Thoreau] [l']agace un peu». Pourtant, entre les deux auteurs, c'est la proximité qui prime. Tous deux, dans leur isolement et la simplification de leur quotidien, cherchent une seule et même chose :

Reconnu, il laissera dans la capitale, et dans l’art moderne, sa marque à jamais. Cette exposition, réalisée en partenariat avec le Petit Palais, le Musée d’Orsay et le Musée des Arts Modernes, nous offre 80 toiles et semble constituer une des expositions phares de cette rentrée 2011. Un seul petit bémol est à apporter : son prix, 7€50 en tarif réduit, est élevé pour un musée placé sous la tutelle du Sénat. D’autres expositions marqueront aussi cette rentrée. Le Musée d’Orsay présentera une exposition sur «Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde» du 13 septembre au 15 janvier. Un beau voyage dans l’Angleterre de la seconde moitié du XXe siècle et son «aesthetic movement» en perspective. Le centre Pompidou nous propose du 21 septembre au 9 janvier de nous promener au cœur de l’œuvre d’ «Edvard Munch, l’œil moderne 1900 -1944». Bonne visite ! Clémentine BONY-DEVAUX retrouver le sens premier de leur existence, ce sens que le monde civilisé a dissous dans les apparences, la vaine agitation et le «toujours plus». Les échos entre les deux œuvres se poursuivent jusque dans le détail : même refus de tuer tout autre animal sauvage qu'un poisson pris à la pêche, évocations poétiques de la glace qui fond sur le lac – Walden ou le Baïkal – à l'arrivée du printemps. Finalement, que Tesson nous apporte-t-il de plus que Thoreau ? Rien, semble-t-il, qu'un témoignage de l'éternelle bonne santé de ce mythe moderne qui dénonce l'absurdité du «progrès». Libre à chacun d'adhérer ou non à sa radicalité et à la mystification de la nature qui en est le pendant. Mais sans aller jusqu'à s'isoler dans une cabane, on peut trouver une certaine justesse dans l'analyse des non-sens du monde social et de la folie d'une économie déréglée – il suffit, ces derniers mois, de regarder fondre les capitaux ... Juliette HALLÉ InterUniversitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé (SIUMPPS), datée du 8 septembre. Soulignons ici que l’AGEPS fut le seul syndicat de Paris-Sorbonne à y participer. Retrouvez le calendrier des actions sur notre site. Enfin, 2012 n’est pas qu’une année d’élections présidentielles et législatives. C’est également une année d’élections étudiantes dans les différents conseils de notre université. Pour mieux défendre les étudiants, ainsi que le modèle universitaire français, l’AGEPS restera sur le qui-vive. L’AGEPS ainsi que l’ensemble de nos élus vous souhaite à tous une bonne rentrée universitaire et la bienvenue aux nouveaux inscrits. Lawrence COSSON

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Depuis le XIXe siècle et Walden ou la vie dans les bois de Henry David Thoreau, la fuite de la civilisation moderne et le retour à une vie simple en harmonie avec la nature sont restés un mythe à la mode. Il y a quelques années encore, le film de Sean Penn Into the Wild en offrait une parfaite illustration. En ce début d'automne, le fantasme de la vie sauvage n'épargne pas non plus la rentrée littéraire. Sylvain Tesson, un vagabond invétéré à qui nous devons déjà plusieurs récits de voyages, s'est essayé cette fois à la vie sédentaire dans une cabane perdue en pleine forêt sibérienne, au bord du lac Baïkal, à cinq heures de marche de tout être humain. Le récit de cette expérience trône désormais sur les étals des librairies, sous une belle couverture des éditions Gallimard.

WALDEN EN SIBERIE

Le Sorbonnard Déchaîné que vous tenez dans vos mains, celui qui vous a manqué tout l’été, et que vous avez lu avec passion se termine ici, par la voix de nos élus aux différents conseils de l’université ! Quoi de mieux pour nous que de profiter de cette rencontre pour retracer une année démocratique ambigüe et mouvementée. Tout d’abord une mauvaise nouvelle, la semaine de vacances à la Toussaint a été supprimée ! Pour les nouveaux parmi nous comme pour les plus anciens, cela n’augure rien de bon, si ce n’est un premier semestre long et sans interruption. Pourtant, le Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU) avait voté un calendrier qui maintenait cette coupure. C’est donc notre cher Conseil d’Administration qui est passé outre sans même en discuter, et

La voix des Elus

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ce n’est pas la première fois… En effet, quel est l’intérêt d’un échange démocratique au sein de l’instance supérieure de notre université, si l’on sait par avance l’avis de chacun comme l’a souligné le président Molinié pour justifier le vote de ce point sans débat ? Faible compensation, si l’on peut dire, nous n’avons plus trois jours de révisions pour préparer les partiels du premier semestre, mais bel et bien une semaine complète. C’est un travail de longue haleine qui se termine, et ce pour le bien des étudiants aux profils variés (salarié ou pas, en bi-cursus …). Autre bonne nouvelle, afin de répondre plus facilement et plus rapidement à vos demandes, l’AGEPS a remis en place des adresses mails de contacts pour chaque UFR. Vous pouvez d’ores et déjà retrouver ces mails à la page 9 de notre Guide de l’étudiant 2011-2012,

téléchargeable sur notre site internet (www.ageps.org). Mais ce n’est pas tout. En haut de notre Une, vous pouvez remarquer d’autres moyens de contact, n’hésitez pas : l’AGEPS, première force syndicale de ParisSorbonne, est là pour vous. Enfin, nous sommes régulièrement présents sur les différents centres de notre université ainsi qu’à votre écoute. Pour ce qui est de la réforme des Modalités de Contrôle des Connaissances, que notre chère université voulait modifier l’an dernier, elle n’a pas eu lieu. La présidence a en effet fait le choix de reporter le problème plutôt que de le régler dans la concertation avec nos représentants étudiants et enseignants. N’ayez crainte, nous resterons vigilants dans la défense de nos droits ! Enfin, un syndicat qui se respecte ne s’occupe pas uniquement de défendre les droits étudiants, mais il écoute et prend note de différentes réunions de rentrée comme celle du Service

Zone d’info
Infos en vrac
Si vous vous présentez au CAPES ou à l’Agrégation ou si vous envisagez de le faire, il vous faudra avoir obtenu le C2i2è (Certificat Informatique et Internet 2è niveau) et le CLES2 (Certificat de Compétences en Langues de l’Enseignement Supérieur niveau 2). La cellule C2i (centre Malesherbes, 3ème étage, salle A316, c2i@paris-sorbonne.fr, 01 43 18 41 61 ou 40 62) vous forme au C2i 1er niveau : pour la suite ainsi que pour le CLES2, adressez-vous à l’IUFM ou au pôle régional CLES. Attention le niveau de ces deux certificats est élevé, occupez-vous en le plus tôt possible. Vous pouvez les passer avant l’année du concours. www.paris.iufm.fr, «Formations Autres». www.certification-cles.fr, «Où et quand ?»

01 40 46 32 27 www.ageps.org contact@ageps.org
Première organisation étudiante de Paris IV, l’AGEPS dispose de nombreux élus dans les différents conseils d’UFR et, jusqu’à aujourd’hui, de 5 élus dans les conseils centraux de Paris IV. En tant qu’étudiants, nous travaillons chaque jour à ce que notre voix à tous soit prise en compte dans la gestion de la fac. Rejoignez-nous ! Nos locaux: SORBONNE: salle F646, 2ème étage, galerie Claude Bernard, esc. P MALESHERBES: salle 113, 1er étage CLIGNANCOURT: salle 540, 5è étage Le Sorbonnard Déchaîné: Directrice de publication : MarieMarine AKERMANN, Rédactrice en chef : Alice BENSO, Comité de rédaction de ce numéro : Marie-Marine AKERMANN, Julien AUVERT, Alice BENSO, Ariane BUISSON, Clémentine BONY-DEVAUX, Lawrence COSSON, Julien FOUQUET, Juliette HALLÉ, Pierre DECOUSSY, Thomas TACQUETFABRE, Marine VITTOZ. Dessins : Julien AUVERT, Maquette : Xavier HENRY Avec la participation du FSDIE de Paris 4

Le nouvel ENT (Environnement Numérique de Travail) est en place depuis quelques mois. C’est sur cet espace que vous trouverez toutes les informations concernant votre scolarité : actualités des UFR, convocations aux examens, certificats de scolarité, informations sur le prêt d’ordinateurs et sur les bibliothèques, plateforme de cours en ligne, vie étudiante, avenir professionnel ... Pensez à l’activer ! www.ent.paris-sorbonne.fr

Il existe sur la plupart des sites de l’université des bornes wifi pour accéder librement à internet. Il s’agit des réseaux wifi-sorbonne et eduspot. Vous aurez besoin de vos identifiants personnels, les mêmes que pour l’ENT.