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Association Générale des Étudiants de Paris-Sorbonne

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Le bulletin sans concession de l’AGEPS, le syndicat indépendant de l’université Paris-Sorbonne, Mars/Avril 2013, numéro 37
Printemps 2013

de l’ump etiquete socialo

y’a De la pecresse dans la fioraso
Éditorial
Le changement, c'est marrant ? Les saisons laissent place à des envies diverses qui se soldent souvent par une conclusion de pilier de bar : il nous faudrait une bonne guerre, ou une bonne révolution ! Comprenez, un peu de changement ne ferait de mal à personne. En sommes-nous si sûrs ? Un changement de coupe, de vêtements, de cursus, de drap housse ou de stylo peut vous aider à surmonter les petits tracas de la vie, avec l'indifférence de l'enfant devant le JT. Mais lorsqu'il s'agit de prendre des décisions basées sur une transformation radicale de repères ou de fondement, la tâche s'avère bien plus ardue. Et on peut se fier au doute qui nous envahit à l'approche du tournant mémorable dans lequel nous sommes prêts à nous jeter. Ce doute n'est que l'avertissement d'un possible fourvoiement sur le bien-fondé du changement. Lorsqu'un ministère zélé décide de marquer un quinquennat d'une énième réforme poussive et démesurée, peut-être la clameur qui gronde devrait-elle lui faire voir que, non, la communauté universitaire n'est pas un groupe de râleurs invétérés dont la spécialité consiste à peindre des banderoles et chanter des slogans. Peut-être dans l'urgence du moment cette clameur n'est-elle que l'avertissement qui annonce qu'un changement, oui, tout le monde le réclame. Mais qu'il serait plus avisé de le faire naître sous le présage de l'intelligence et de la réflexion plutôt que sous la coupe d'une volonté populiste de rassurer les foules sur les bien-fondés d'un nouveau gouvernement. Le changement, c'est marrant. Seulement lorsque sa justification n'est pas le changement en lui-même. Marie-Marine AKERMANN, présidente de l’AGEPS

ma prepa, mon trepas !
Les concours de l’enseignement (CAPES et Agrégation) sont en Lettres et Sciences Humaines un des premiers débouchés choisis par les étudiants (ex æquo avec le chômage). Ces concours, souvent nécessaires aux carrières universitaires, sont la première vitrine de l’université. La préparation, coorganisée avec l’IUFM, n’a jamais été simple, cela empire. En 2009, la Mastérisation a donné lieu à un calendrier des épreuves absurde et à une refonte bancale des maquettes (préparation à contre-temps des épreuves, certifications fastidieuses…). S’il est parfois plaisant de dénoncer le mal subi sous l’ère Sarkozy, il est important de souligner les mauvais choix et approximations de la Sorbonne. Alors que se passe-t-il avec la machine à faire des profs ? Bien sûr ma petite dame, on dira que c’est de la faute au « pas de salles, pas d’enseignants, pas d’argent », mais ce serait se contenter d’un fatalisme de la crise universitaire qui a trop souvent bon dos. La synergie du couple université-IUFM n’est pas parfaite : en cause les absences répétées, et rarement remplacées de certains préparateurs, l’organisation parfois poussive des concours blancs et de l’accès aux copies. Que dire du manque de concertation entre certains préparateurs, capables d’une semaine à l’autre de faire chacun la même séance sur le même sujet ?

Dans toutes les UFR et pour tous les concours, certains problèmes sont récurrents. Des salles trop petites, des allersretours incessants dans le Quartier Latin quand ce n’est pas entre l’IUFM et la Sorbonne. Il faut espérer qu’avec le retour de nos amphis puis des salles, ces problèmes ne soient plus qu’un lointain souvenir. Si vous êtes étudiants en Histoire, préférez l’Agrégation, vous serez mieux lotis qu’au CAPES. Certains professeurs, sommités dans des matières au programme, acceptent volontiers de préparer à l’Agrégation mais boudent le CAPES, moins rutilant. Si vous êtes étudiants en Lettres, vous devrez affronter la surpopulation en Agrégation ! En outre, le gouvernement a avancé les écrits du CAPES de la session 2014 en juin 2013. Quelle inquiétude quand on constate que ces écrits chamboulent complètement l'organisation de la préparation, déjà dépassée avec la session 2013, et, pire, que les étudiants de la session 2014 n'auront qu'une demi-année pour préparer l'écrit, et une année entière à patienter avant l'oral… La situation semble critique et laisse seuls les enseignants délégués à la préparation des concours qui, tous résignés, endossent la lourde tâche de rafistoler au jour le jour une préparation à bout de souffle. Comment peut-on gérer des préparations qui manquent de tout ? Lorsque viennent les questions des colles, des

corrections, des concours blancs, on en vient à des situations scandaleuses : tirage au sort, premier arrivé premier servi, numerus clausus et autres injustices… Devant ce constat, nombre d’étudiants choisissent de fuir vers d'autres universités ou des prépas hors de prix qui claironnent que l’herbe est plus verte chez eux, bien à tort. L’horizon serait-il si sombre ? On le craint à l’heure où l’on s’interroge sur la crise des vocations et l’asphyxie des Lettres et Sciences Humaines. Où va notre université quand elle en vient à raboter l’argent des heures de colles ? Depuis quand faut-il plus d'un mois à ParisSorbonne pour trouver 4000 euros, alors qu'il existe six types de primes différents pour les enseignants ? Jean LACROIX Joyeuses Pâques !

enterrement succint

et radical
« Ce qui doit réunir enseignants, chercheurs, étudiants, fidèles à leur engagement pour la création et la transmission des savoirs, c’est cette mission commune au service du redressement national ». Lorsqu'on entre de plein fouet dans l'exposition des motifs du nouveau projet de loi sur l'Enseignement Supérieur et la Recherche, on est en droit de se poser des questions, motivées par la juste crainte de ce que cette introduction engendre. Qu'est ce qui caractérise l’expression « redressement national », si ce n'est la dette publique et la gestion du budget de l'État ? Tous les discours politiques vont dans ce sens… la LRU et les RCE (Responsabilités et Compétences Élargies, c’est-à-dire l'autonomie budgétaire) tant condamnées ces 5 dernières années, leurs conséquences néfastes, l'asphyxie qu'elles font peser sur l'Université, ont encore de beaux jours devant elles.

Les Assises de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche entamées au mois d'octobre étaient pourtant de bon augure. Enfin, après des luttes incessantes, des revendications alarmées et des mobilisations massives, les universitaires étaient consultés sur la vie de leur université. L'espoir fut de courte durée. La très grande richesse du rapport des Assises aurait pu présager d'un réel élan démocratique dans le sens d'une amélioration de la vie et du fonctionnement des universités. En lieu et place, la ministre n'a pas jugé utile une loi de programmation qui cadrerait le budget alloué et les missions de l'Enseignement Supérieur. C'est donc une loi d'orientation, qui vise à une « autonomie encadrée » et à « permettre à notre recherche, dans toute sa diversité, de mieux répondre aux grands enjeux sociétaux à venir », qui est en projet. Une trentaine de grands sites universitaires qui parsèment le territoire, les groupements d'universités qui s'adaptent aux problématiques régionales, une recherche renforcée au niveau national, mais sans moyens

humains et sans moyens budgétaires supplémentaires, des universités « accréditées » à délivrer des diplômes, la prévision de « contrats de sites » académiques ou encore inter-académiques... tant de mesures « nouvelles » qui ne sont que la droite ligne de la LRU. Un véritable accompagnement de tous les étudiants, en leur donnant les moyens d'étudier en toute sérénité, sans voir peser sur leur tête d'autres contraintes que celles d'une formation adossée à une Recherche indépendante, voilà ce que devrait dicter l'Enseignement Supérieur de qualité auquel nous aspirons. Sans dédouaner de toute responsabilité ceux qu'on appelle l'avenir de la nation, il faut leur donner les moyens de la réussite. Une stabilité matérielle et financière, un encadrement national solide, du

temps et des opportunités réels. C'est à ce prix-là que le « redressement national », si cher au cœur de notre gouvernement, se fera. Continuer à faire peser si lourdement les charges administratives et financières sur la Recherche et la formation ne font qu'étouffer celles-ci sous les carcans législatifs, sans leur laisser l'espace nécessaire à la création. Ni à l'espoir d'une jeunesse dont la confiance en l'avenir s'amoindrit au fil des réformes et des années qui se succèdent. Marie-Marine AKERMANN

La phrase du mois
Selon Mme Fioraso, "Alors que la loi LRU avait été nettement refusée en 2007 (...), le projet de loi en cours de discussion reçoit un soutien inédit dans l'histoire du CNESER (...)". Avec 20 voix pour, 20 voix contre, 4 refus de vote et 8 abstentions, on a pourtant vu mieux comme plébiscite. D’autant que le texte voté comportait nombre d’amendements qui n’ont pas été retenus...

couloir
Non contente de vouloir insuffler un vent de fraîcheur dans l'Enseignement Supérieur, Mme Fioraso annonce à tout va que la Recherche mérite des moyens à la hauteur des ambitions du pays, et des formations en lien avec le monde économique. Une ministre de son temps... qui aurait annoncé en parallèle dans des réunions privées, diton, 250 millions d'euros de gel supplémentaires dans le budget à venir de l'ESR. Schizophrénie ou battage médiatique ? Quoi qu'il en soit, pour notre cher gouvernement, l'éducation n'est plus une priorité. L'argent, oui... ! ... et non contente de ce revirement, elle surenchérit. Le bruit qui court annonce que les seules 9 universités sur 83 dont les comptes sont à l'équilibre en France vont devoir casquer. Crise oblige, une « participation au redressement national », financière, bien entendu, serait demandée aux bons élèves qui n'ont pas étouffé sous les RCE et autres contraintes budgétaires. Prenons l'argent là où il y en a... ou là où il manque moins qu'ailleurs ! ! Parmi les promesses de campagne de François Hollande figurait la fameuse « allocation d'études » qui éviterait à bien des étudiants de se salarier au détriment de leur formation. Doit-on y croire ? En février, Geneviève Fioraso nous a donné un peu d'espoir en évoquant sa possible mise en place, mais – ne crions pas victoire – « à budget constant ». Le seul apport envisagé serait la refonte de la demi-part fiscale : un progrès qui ne suffira jamais à aider tous les étudiants. De plus, la décision devrait encore prendre « plusieurs mois ». On peut toujours attendre... ! Dans toutes les universités en France, le désengagement financier de l'État entraîne la suppression de cours (voire de filières), de postes d'enseignants-chercheurs et de BIATSS… À Nantes, il manque quelques millions d'euros pour que l'université fonctionne a minima. Pour dénoncer cette situation, le SEN (Syndicat des Étudiants de Nantes) a organisé une vente aux enchères. Tout y est passé : des meubles, des ordinateurs, des lots d'étudiants en sociologie à 1 euro, des profs en pack à 2 cts… Une mobilisation sur le ton de l'humour, mais devrons-nous réellement un jour en arriver là ? ! Premier arrivé, premier servi, c'est la nouvelle philosophie de Paris-Sorbonne ! Après un premier essai mitigé l'an passé, les inscriptions pédagogiques sur Internet sont de retour pour vous jouer un mauvais tour ! Des groupes de TD ont été pris d'assaut dans certaines UFR, auxquels l'accès a été automatiquement bloqué à partir d'un certain nombre d'inscrits. Sans la bienveillance de quelques enseignants et secrétaires, certains étudiants n'auraient pas pu suivre les mêmes cours qu'au semestre précédent... Simplifier des processus, pourquoi pas, à condition qu’il ne faille pas repasser derrière.

Au fond du

ACTUALITE PARIS-Sorbonne - calendrier
Chaque année, l'AGEPS se bat pour que le calendrier universitaire soit le plus profitable à nous tous, étudiants, car une année universitaire équilibrée est un important facteur de réussite. Chaque année, ce débat a surtout lieu en CEVU (Conseil des Études et de la Vie Universitaire), noyé dans d'autres points importants. Résultat : au bout de quelques dizaines de minutes, l'impatience prend le pas sur le débat qui s'embourbe. Une réflexion de fond est impossible dans ces conditions. Événement exceptionnel cette année (mais antique demande de l'AGEPS), a été créée une Commission des Rythmes Universitaires, composée d'étudiants, d'enseignants et d'administratifs, réunie plusieurs fois depuis décembre. Premier constat, unanime : au premier semestre, 13 semaines de cours d'affilée, c'est rude ! Première victoire : la Commission a enfin reconnu la pertinence d'une semaine de vacances en novembre. Les années passées, nous étions pourtant bien seuls à la demander… enseignants et autres syndicats étudiants du CEVU la prétendant inutile, voire néfaste (sic !). Mais le point central des discussions fut la date de la session de rattrapage pour les

Sur des rythmes envoutants

Licence* : septembre (comme maintenant) ou juin ? Épineux problème que Paris-Sorbonne n'avait jamais pris à bras le corps… La quasitotalité des universités en France a ses rattrapages en juin, Paris-Sorbonne et Nanterre (Paris X) font office de résistants. Une telle situation peut poser problème aux étudiants soumis aux rattrapages et désirant changer d'université, s'inscrire à certains concours ou, tout simplement, chercher du travail après l'obtention de leur diplôme ; mais laisse suffisamment de temps pour réviser. Autre argument en faveur de juin (ou plutôt, chantage du ministère) : le 10e mois de bourse est conditionné aux rattrapages avant fin juillet… Les étudiants boursiers étaient jusqu’alors passés entre les mailles du filet, mais pour les questions pécunières, la soumission des universités est sans borne. La question de fond est donc celle du profil des étudiants concernés et de la pertinence pédagogique : pour les étudiants salariés ou ayant raté de nombreux cours, septembre est préférable ; pour les étudiants au niveau mais ayant eu un accident de parcours, c'est juin, qui évite le décrochage des vacances. L'AGEPS a soulevé ce point en Commission, il a malheureusement été balayé d'un revers de la main, sous prétexte que « de toutes façons, personne ne vient aux rattrapages »

(sic !). Avec la désagréable mais tenace impression que certains enseignants cherchent à se débarrasser de cette session, nous avons tout de même obtenu le principe d'un dispositif de soutien avant les rattrapages de juin. Mais le budget manque. Autre nouveauté : ces rattrapages auraient tous lieu à l'oral, ce qui suscite les résistances de certains. Le Service des Examens serait allégé de leur organisation, qui échoirait aux UFR, pourtant déjà surchargées et en effectifs réduits. Le but : réduire au maximum la durée des rattrapages (de deux semaines à une seule), en évacuant au passage les matières évaluées en contrôle continu exclusivement, qui ont vocation à augmenter en proportion. Décidément, Paris-Sorbonne est à la pointe de la modernité ! Le projet de loi sur l'Université prévoit en effet la secondarisation de la Licence. L'AGEPS restera par ailleurs vigilante quant aux vélléités d'une pré-inscription obligatoire aux rattrapages, idée qui traîne de ci de là et qui resurgit de temps à autre. Comme une impression de déjà vu pour les étudiants présents il y a deux ans… Alice BENSO *Étudiants de Master Recherche, rassurezvous : personne n'envisage de supprimer la possibilité de soutenir son mémoire au mois de septembre, qui a plus que fait les preuves de son utilité. glais ou d’histoire mais seulement d'un Master d'enseignement (MEEF) avec spécialité « anglais » ou « histoire ». La formation professionnelle est la priorité : sciences de l’éducation, pédagogie et didactique… au détriment du contenu disciplinaire. Le concours lui-même n’aura plus qu’une épreuve dédiée à la discipline. S’il est bon de revenir sur la réforme de 2009 qui lâchait directement des étudiants devant les classes sans expérience ni formation pratique, comment faire un bon enseignant sans connaissances solides dans sa matière ? Il est donc décidé de séparer tout à fait l’enseignement de la recherche. Il sera désormais nécessaire de se diriger vers le Master MEEF pour accéder au métier d’enseignant. Que deviendront les étudiants qui se destineront au Master Recherche dans les disciplines de Lettres et Sciences Humaines ? Cette filière ne risque-t-elle pas d’être désertée par manque de débouchés ? Quel avenir pour les doctorats ? Le sort de l’Agrégation, qui ouvrait aussi vers la recherche dans de nombreuses disciplines, est incertain. Dans le système qu'on nous propose, personne ne se risquera à de la recherche pure. Quant aux détenteurs du Master enseignement, ils n’auront jamais été formés à la recherche. Comment faire une thèse dans ces conditions ? Nadia SILEM l'enseignement (dont alternance), ouverture à l'international, transfert vers l'industrie et ancrage régional. U-Multirank s'adresse autant à l'étudiant à la recherche d'une formation ou d'un emploi qu'à l'employeur se renseignant sur ce que cachent les diplômes ou au président d'université s'informant sur la réputation de sa fac... Si les enthousiastes louent la souplesse de l'outil, la LERU (League of European Research Universities), dont font partie Oxford et Cambridge, chouchous de Shanghai, s'est désolidarisée de ce projet à 2 millions d'euros qualifié d'« abus injustifiable de l'argent du contribuable » et le Syndicat Européen des Étudiants a appelé les étudiants à rester impliqués dans le processus pour ne pas le laisser déraper, craignant qu'U-Multirank n'alimente encore la marchandisation de l'éducation. Mais on sait bien hélas que le système même du classement a pour but de pointer aux investisseurs les affaires les plus rentables, et pour effet d'élitiser les facs les mieux classées. Augmentation des frais d'inscription et réorientation des capitaux vers les number one se conjuguent alors dans le cercle vicieux trop connu où les mieux cotés sont aussi les mieux dotés et donc le plus à même de briguer le top 100, quand les autres sont condamnées à stagner faute de moyens. L'enfer est pavé de bonnes intentions... Axelle BRÉMONT

ACTUALITE nationale - concours enseignement

(r)evolution de l’education ?
Vous voulez devenir enseignant ? La forme des concours de l’Enseignement change à nouveau ! Et nous sommes actuellement dans une période transitoire assez originale concernant les concours de 2014. Afin de recruter le chiffre considérable de 43000 enseignants pour la rentrée 2013, une session anticipée du CAPES est ouverte en juin pour les étudiants à partir du M1 : les admissibles qui le souhaitent enseigneront un tiers-temps sous contrat, avec un salaire de mi-temps, tout en étant formés, pendant leur année de M2. Dans la ligne de la réforme qui se prépare, la formation professionnelle est mise en avant, mais au prix d’une situation précaire pour ces nouveaux enseignants… Dans la même logique, l’Éducation Nationale met en place une filière de prérecrutement, les « Emplois d'Avenir Professeur » destinés aux étudiants de la L2 au M1. Celle-ci permet aux étudiants boursiers d’acquérir une première expérience en enseignant à temps partiel contre une rémunération cumulable avec leur bourse. En retour, ils s’engagent à passer les concours de l’enseignement. Faut-il y voir un réel souci de la formation

des enseignants, ou une bonne façon de combler les places vides à peu de frais ? Curieusement, les matières proposées à Paris sont les mathématiques, les lettres, l’anglais et l’allemand, désertées lors des dernières sessions du CAPES… Qu’en sera-t-il après l’année de transition ? Les nouvelles Écoles Supérieures du Professorat et de l'Éducation (ESPE), qui remplaceront les IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres), formeront les enseignants dès la rentrée 2013. Elles fourniront la formation initiale et continue de tous les personnels enseignants et d'encadrement, de la maternelle au supérieur. Elles délivreront des diplômes universitaires avec le nouveau Master « Métiers de l'Enseignement, de l'Éducation et de la Formation » (MEEF). Les futurs professeurs des écoles et du secondaire passeront le concours au cours du M1 et, en cas de succès, poursuivront pendant le M2 leur formation professionnelle, en alternance avec un stage en établissement scolaire. À la fin de cette seconde année, ils seront titularisés à condition d’avoir et le concours, et le Master. Ainsi, pour devenir professeur d'anglais ou d’histoire, plus besoin d'un Master d'ansiennes, excellentes en pôle mais évaluées séparément, sont devancées par les grands campus américains. De deux, un tel classement privilégie les institutions riches (cf. Sorbonnard Déchaîné n°21) mais, en pratique, attirer de grands noms médaillés n'améliore pas forcément l'enseignement, ni même la Recherche, ces récompenses étant souvent reçues en fin de carrière. De trois, le fait que seules soient prises en compte les publications dans Nature et Science défavorise les LSH où, de plus, l'anglais n'a pas un monopole si flagrant ; enfin, pour les recherches en collaboration (unités mixtes, articles cosignés...), les « bons points » sont répartis entre tous les collaborateurs (du type 50 % pour la Sorbonne, 50 % pour le CNRS), démarche qui favorise le chacun pour soi et le cloisonnement, jamais bons pour la recherche. De quatre, et même s'il ne faut pas tomber d'un extrême à l'autre et négliger la Recherche, elle est loin d'être la seule mission d'une fac. Devant cette dernière critique, l'UE a mis en chantier en 2008 son propre outil : U-Multirank (1ère mouture partielle en 2014), qui mise sur un équilibre avec 4 autres critères : qualité de

ACTUALITE internationale - classements
... c’est pas toujours classe. Depuis 2003, chaque nouvelle parution du classement de Shanghai, destiné à noter l'Enseignement Supérieur et la Recherche, ébranle les universités du monde entier. Le principe est ultra médiatique et dans l'air du temps – témoin toutes les émissions qui le déclinent avec le même amour de la concurrence et de tout étiqueter avec une valeur chiffrée – et les critères semblent simples : nombre de publications, de citations et de prix scientifiques décernés aux chercheurs et aux anciens élèves (comme si le seul but était de former des chercheurs de haut vol). Mais simplifier n'est pas toujours pertinent, surtout dans un système complexe où instituts de pure Recherche, UMR, UFR se mêlent allègrement, se recoupent partiellement, s'écartèlent ou se regroupent au mépris de leurs tutelles administratives. Là, les critères de Shanghai semblent à côté de la plaque : où sont évalués la qualité de la formation ? les conditions de vie sur le campus ? Que faire des étudiants ne s'orientant pas vers la Recherche ? D'une, c'est la taille qui compte : les facs pari-

classer nos classes...

POUR ALLER PLUS LOIN - la pyramide hierarchique des sexes

papa est en haut, maman est en bas
La démocratisation de l'Enseignement Supérieur est un chantier qui est très loin d'être achevé. En effet, s'il y a de plus en plus d'étudiants en France année après année (plus d'1 400 000), cette démocratisation est cependant marquée par les discriminations présentes dans la société française (1). Là où nous pourrions penser que l'Université serait marquée par son ouverture d'esprit et son rejet des préjugés qui persistent dans le reste du monde du travail, on s'aperçoit qu'hélas elle n'est pas exempte de profondes discriminations. Sans parler encore de la discrimination sociale qui demeure un fait inquiétant, la discrimination femmehomme au sein des universités est également une réalité. Des repères inquiétants La répartition est déséquilibrée dès l'entrée dans l'Enseignement Supérieur. Une filière scientifique sera ainsi composée d'une majorité d'hommes (70%) alors qu'une filière en Sciences Humaines comptera au contraire une majorité de femmes (70%)(2). Les cursus essentiellement masculins sont aujourd'hui considérés comme plus valorisants sur le marché du travail et ce clivage peut participer à expliquer les inégalités qui se retrouvent à l’extérieur du système scolaire. Mais au sein même des universités, les postes ne sont pas attribués de manière paritaire. Les présidents d'universités (toutes filières confondues) ne sont ainsi que 13% à être des femmes alors que les femmes sont majoritaires dans l'Enseignement Supérieur depuis 1985 et en représentent aujourd'hui 57,5%. Cette fracture entre les présidents d'universités demeurant des hommes alors que leurs filières sont majoritairement composées d'étudiantes femmes pose problème (et ce problème ne semble pas se résoudre de lui-même malgré les décennies qui se succèdent). Il pose problème car si les femmes sont plus nombreuses à avoir leur Licence (59%) ou même leur Master (57%), elles ne sont plus que 44,8% de ceux qui obtiennent un doctorat (3). Même parmi les enseignants, on constate que plus le niveau de responsabilité augmente, plus le nombre de femmes tend à diminuer (entre les Maîtres de Conférence et les Professeurs, nous pouvons passer de la quasiparité au bas de l'échelle à une mise en minorité évidente pour le haut de la hiérarchie). Des actions qui tentent de faire progresser la situation Face à ce « plafond de verre » (terme désignant la difficulté des femmes à accéder à des postes à responsabilités alors qu’aucun frein formel ne les en empêche), certaines universités ont décidé de créer un Centre d'Enseignement, de Documentation et de Recherche pour les Études Féministes (CEDREF). L'idée de ce pôle est de dresser un bilan de l'égalité femmehomme au sein de l'Université et également de mener des actions de sensibilisation sur la question de la place des femmes au sein de l'Université. Pour ce faire, les universités qui y participent entrent en relation deux fois par an et tentent de voir comment promouvoir l'égalité (en échangeant des informations, en mettant en place des projets et en préparant des cours visant à sensibiliser les étudiants). À travers ce projet pédagogique se trouve concrétisée l'idée que l'Université est censée à la fois apporter des savoirs utiles à la formation de travailleurs, mais aussi de former des citoyens en leur fournissant les clefs de compréhension des grands enjeux de société. Si beaucoup d'universités s'investissent dans ce projet, ce n'est cependant pas le cas de Paris-Sorbonne qui est également dirigée par un président d'université homme. Il est intéressant de noter que ce projet est financé en partie par des fonds européens (les statistiques françaises étant proches de celles de l'U.E. : 13% des directeurs d’institutions d’Enseignement Supérieur sont des femmes(2)). Construire une société plus égalitaire est un combat à mener au niveau européen, alors que les programmes d'échange encouragent la mobilité européenne des étudiants, sur tout le continent. Si les universités françaises (environ 80) s'investissaient toutes pour mettre en avant l'égalité dans l'Enseignement Supérieur, nous pourrions rapidement faire figure de modèle mais le statu quo domine dans de trop nombreux cas. Des pouvoirs publics qui s'engagent face à ces enjeux La parité est devenue une réalité au sein du gouvernement. Cette victoire pour l'égalité de l’actuel gouvernement vient contrebalancer les mesures de l'ancien gouvernement qui a fermé la Haute Autorité de Lutte contre la Discrimination et pour l'Égalité (HALDE). Le nouveau gouvernement compte démultiplier l'Observatoire des inégalités en plusieurs centres chargés de promouvoir l'égalité. Le dernier projet de loi relatif à l'Enseignement Supérieur et à la Recherche contient également une volonté de promouvoir l'égalité entre les sexes au sein de l'Université. Une des mesures contenues dans ce projet de loi est la parité sur les listes candidates aux élections dans les conseils. Cette mesure mérite d'être améliorée par rapport à ses faiblesses sur le plan de l'organisation, de la mise en place et de ses conséquences bancales sur le fonctionnement de l'Université. La volonté du gouverOuverture ?

Glup : groupe lgbt des universites de paris
Nous, étudiants, membres du GLUP, le Groupe LGBT (Lesbiennes, Gays, Bis et Trans) des Universités de Paris et de sa région, avons décidé de nous mobiliser, comme jamais ne nous ne l’avions fait auparavant, pour propager un message d'égalité envers toutes les familles de France. Nous sommes à nouveau à un moment charnière des droits des LGBT après la dépénalisation de l’homosexualité en 1982 et la création du PaCS en 1999. Le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe est sur les rails. Nous devons, toutes et tous, rester vigilants et ne pas relâcher nos efforts tant que nos élus n’ont pas entériné et promulgué cette loi. Cette loi permettra de reconnaître civilement des couples et des familles qui existent déjà, mais aussi elle nous permettra à nous, jeunes LGBT, d’avoir le choix de nous marier et de fonder une famille ou pas. La jeunesse LGBT ne comptait pas en rester là sans intervenir dans le débat. Nous avons aussi pris le parti de réagir avec la plus grande dignité face à la montée de la haine homophobe qui agite depuis plusieurs mois la société. Les retombées des manifestations anti-mariage dans toute la France ont parfois fait état de plusieurs centaines de milliers de personnes prêtes à se mobiliser activement contre le mariage et l’adoption pour tous les couples. Ces manifestations, sous couvert de rassemblements qui se veulent seulement opposés au mariage et à l’adoption, cachent bien souvent une haine viscérale envers les personnes LGBT, bien que leurs organisateurs se défendent de toute homophobie.

TRIBUNE

nement de promouvoir dans ce projet de loi la parité et l'égalité ne doit toutefois pas faire oublier les côtés anti-démocratiques et dangereux pour l'Université de cette nouvelle réforme de l'Enseignement Supérieur (voir article p.1). De plus, une nouvelle circulaire datée du 25 novembre 2012 met en avant la responsabilité des instances dirigeantes des universités dans leur rôle de surveillance et de prévention du harcèlement sexuel. Cette mesure oblige les présidents d'établissements publics à promouvoir une politique de prévention du harcèlement et à garantir la sécurité des personnes qui souhaient porter plainte. Il est également, dans cette circulaire, demandé aux universités de faire une prévention aussi large que possible, mais force est de constater que sa mise en place est assez inégale selon les universités. Il reste à voir si ces différentes actions (nationales et locales) réussiront à enfin faire de l'Université le porte-parole de l'égalité et de la démocratisation du savoir. Matthieu MINÉ-GARROS (1) Insee (2) Observatoire des inégalités (3) Ministère de l'Intérieur

Cette haine qui est déversée depuis plusieurs semaines par tous les moyens de communication (télévision, radio, réseaux sociaux) que l’on ose leur laisser est délétère pour les jeunes lesbiennes, gays, bis et trans. Nos pensées vont à toutes ces personnes qui subissent quotidiennement les insultes proférées depuis plusieurs mois : rappelons-le, le rejet et la persécution pour motif d’orientation sexuelle et d’identité de genre sont la première cause de suicide chez les 15-25 ans. Aujourd’hui encore, ce sont ces mêmes jeunes qui, à un moment important de la construction de leur vie, se font insulter, agresser, discriminer ou sont contraints à quitter leur domicile familial. Depuis novembre dernier, nous avons co-organisé un sit-in sur la place Saint-Michel à Paris et participé à l'organisation des 2 manifestations pro-mariage du 16 décembre et du 27 janvier. Au total plus de 400.000 personnes se sont rassemblées pour demander l’égalité des droits, marcher contre leur vision archaïque du couple et de la famille, marcher contre leur haine, marcher contre leur homophobie et leurs préjugés. Ces deux réformes ne sont pourtant pas la panacée au problème de l’homophobie, de la biphobie et de la transphobie ancrées dans notre pays. Dans l’hypothèse où nous réussissons à obtenir d’ici la fin de cette année les mêmes droits que les couples de sexe différent, l’évolution des mentalités les plus réfractaires ne se fera pas du jour au lendemain, c’est pourquoi le temps à l’éducation et à la lutte contre toute forme de discrimination (sexe, identité de genre, origine, orientation sexuelle, handicap, croyance…) dès le plus jeune âge est une nécessité qu’il faudra dans tous les cas poursuivre ensemble. Ces problèmes sont universels et ne sont pas uniquement des exigences de la communauté LGBT. Les manifestations anti-égalité seront encore nombreuses et les détracteurs beaucoup trop entendus, c’est pourquoi il nous faut à tout prix rester mobilisés. La prochaine étape après le projet de loi « mariage et adoption » sera l’évolution de la législation sur la famille. Les évolutions concernant la reconnaissance des enfants issus de Procréation Médicalement Assistée (PMA) comme pour les couples hétérosexuels et des facilités juridiques envers les personnes Trans, seront les prochains enjeux pour lesquels notre mobilisation se devra de rester intacte. Le long et sinueux voyage vers la justice, l’égalité et les droits de l’Homme tant désirés par nos aînés est incroyablement passionnant et nous sommes fiers d’en être un des très nombreux et modestes passagers. Pour l'égalité maintenant, contre les discriminations tout le temps ! Arthur LECRU Président du GLUP http://www.assoglup.com/

Le strip - Marvin & Loomis - Leurs chiffres et nos lettres

culturel
THEATRE ANTIQUE Du 22 au 30 mars, au Réfectoire des Cordeliers, Démodocos et le festival des Dionysies font revivre pour vous des textes de l’Antiquité grecque et romaine ! Au programme, du théâtre (Eschyle, Euripide, Plaute) mais aussi Homère et Platon ! Gratuit pour les étudiants de Lettres Classiques et Musicologie. www.dionysies.org SOLIDARITE Le 16 juin, à 8h30, l'association Frères des hommes organise une course dans le parc de Saint-Cloud pour aider à la formation d'apprentis sénégalais en menuiserie. Renseignez-vous sur http://www.fdh.org/Devenir-unHeros-solidaire.html MUSIQUE Les Concerts de Midi Depuis le 8 février et jusqu’au 26 avril, retrouvez la soixantième édition des Concerts de Midi les vendredi à 12h15, à l’Université Panthéon-Assas. Au programme, Beethoven, Wagner , Brahms... 4! pour les étudiants de Sorbonne Universités EXPOSITION Paris Haute-Couture Allez admirer les plus belles pièces du musée Galliera et d’autres maisons de haute couture renommées : les robes de Chanel, Balenciaga, Vionnet, Courrèges... Hôtel de Ville, salle Saint-Jean Du 2 mars au 6 juillet Tous les jours sauf dimanche de 10h à 19h Entrée gratuite ! EXPOSITION Mathurin Méheut Rétrospective du plus populaire des artistes bretons du XXe siècle, dessinateur , illustrateur , décorateur , sculpteur et graveur inspiré par la mer . Musée de la Marine Du 27 février au 30 juin Tous les jours sauf le 1er mai de 11h à 18h (19h samedi et dimanche) Tarif : 10! / R 8! CINEMA Filmique Prochaine projection de la série FILMIQUE le 5 avril à 12h : “Les constituants de l’image en mouvement” Grand Amphithéâtre de l’Institut d’Art et d’Archéologie, 3, rue Michlet, Paris 6e - Gratuit LUNCH-BEAT Au lieu de manger avec votre bouquin ou votre PC entre midi et deux, laissez-vous tenter par le LUNCH-BEAT . Le concept est suédois : un « BEFORE-WORK » pour moins de 10 !. Vous obtiendrez : un sandwich, une boisson, un DJ. Déjeuner en boîte de nuit, pourquoi pas ? Alcools et drogues sont proscrits, la danse obligatoire, finie la routine ! RDV à l’Institut suédois, 11 rue Payenne, Paris 3e.

Agenda

vicieux vertueux
Le saviez-vous ? Tous exposés à notre quotidien péremptoire, dans une logique d’anticipation permanente, nous fuyons constamment le nécessaire désœuvrement humain. Méfiance ! L’ennui serait probablement le fruit de notre habileté. Bons hommes, acceptez la perversité qui vous anime puisqu’elle est irrépressible. Alfred Capus affirme que « l’oisiveté est la mère de tous les vices » mais que celui-ci « est le père de tous les arts ». C’est dans cette perspective que VICE Magazine joue de notre déviance par rapport à la norme morale conventionnelle. Créé en 1994 à Montréal, il n’est alors qu’un fanzine financé par l’État, élaboré dans le cadre d’un programme de réinsertion pour jeunes drogués. Aujourd’hui, VICE est un magazine mensuel international et gratuit ! Par le biais d’une esthé-

tique singulière et décalée, il aborde des sujets de société originaux, la culture urbaine, l’art, la musique, la photographie ; mais il nous délivre avant tout des tabous du monde réel en usant d’une liberté de ton : toujours acide et poignante. L’actualité insolite est traitée de manière subjective, elle nous emporte dans une dimension plus crue, plus vraie, plus radicale. Le magazine a su imposer un concept absurde mêlé à une vulgarité rafraîchissante ; ce parti pris fait dire aux journalistes de Libération que VICE est « le dernier vrai truc rock sur Terre ». Ces vicelards assumés endossent une provocation audacieuse, mise en avant à travers des reportages photos parfois bizarres, embarrassants voir déroutants. Avec brio, VICE nous paralyse volontairement face à cette vie ridicule et splendide, érotique et brutale que nous n’assumerons certainement jamais. Curieux ? Vous l’êtes par nature, imprégnez vous de l’authentique : « Les Nord-Coréens sont weedés en permanence », c’est dit ; « La

Fashion Week de New York… sous acide ! », explorée aussi ; « La guerre au trou entre les cuisses » est déjà déclarée. DO-DON’T you understand ? Sachez aussi aborder le concept hors du commun du « DOS & DON’TS » qui ne vous laissera pas indifférent, en vous offrant le meilleur comme le pire de notre vile société, EN IMAGES ! Si vous avez besoin de conseils pour acquérir une-vie-exquise-et-irréprochable, consultez au plus vite : le VICE GUIDE. Croyezmoi, il deviendra bientôt votre fidèle mentor lorsqu’il vous apprendra à « faire des cocktails maison à partir de produits ménagers » ; il vous expliquera également « comment avoir un orgasme avec son vagin », ou encore comment faire « pour être gros ». Osez maintenant plonger dans le fruste de votre vie (bande de cochons endormis). Vous ne le savez peut-être pas encore, mais VOUS êtes le vice. WWW.VICE.COM ! Savanny HEMERY-PHLEK le ton de ses ouvrages ne peut empêcher de faire penser au Discours de la servitude volontaire de La Boétie. Ma lecture récente de son dialogue avec le Dalaï-Lama, Déclarons la paix, me prouve que pour ce vieux monsieur, la lueur de la jeunesse et de l’espoir ne s’était jamais éteinte. Les dernières lignes de l’ouvrage sonnant comme une sorte de testament aux générations futures se concluent finalement par un message d’amour et d’espoir avec la citation du sonnet 116 de Shakespeare : « Love's not Time's fool, though rosy lips and cheeks Within his bending sickle's compass come: Love alters not with his brief hours and weeks, But bears it out even to the edge of doom. If this be error and upon me proved I never writ, nor no man ever loved. » Eugène SANDOZ

ne me pleurez pas lorsque je serai mort
Ce fameux sonnet shakespearien, que le grand Stéphane Hessel avait glissé dans sa poche en 44 lorsqu’il pensait que la Gestapo allait l’exécuter, sonne dorénavant tout à fait différemment. Nous n’avons pas besoin de présenter longuement ce fameux homme. Si le succès d’Indignez-vous ne vous a jamais percuté, l’annonce de son récent décès, relayé par la presse et les réseaux sociaux, a dû s’en occuper. Les nombreuses nécrologies qui lui furent consacrées ces dernières semaines rappellent très bien l’ensemble de sa carrière de diplomate chevronné et de militant des Droits de l’Homme convaincu. Résistant de la première heure, il fut torturé et déporté. Après la guerre, en prenant part à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, on eut pu croire qu’il avait atteint le point culminant de sa vie. Que nenni ! Par la rédaction de quelques petits ouvrages coup de poing, parmi lesquels Indignez-vous fait figure de point culminant, il continua de militer pour ses convictions, fermement ancrées à gauche, et pour une Europe des nations, digne de la vision hugolienne des « États-Unis d’Europe ». Il est possible de ne pas être en accord avec certaines de ses revendications, mais la puissance de son discours ne peut laisser personne indifférent, que l’on se positionne à ses côtés ou contre lui. Suite à sa disparition, bien des gens se sont mobilisés pour proposer de faire entrer au Panthéon ce personnage qui a marqué l’histoire autant que les consciences. L’idée étant que « Le message de Stéphane Hessel, cet appel à l'indignation, ce refus de toutes les formes d'injustice doit désormais faire partie de notre héritage commun. » Digne héritier des Lumières, comme le montre la notion de « progrès de l’esprit » qu’il défend fermement avec le Dalaï-Lama,

La voix des Elus
Oyez ! Oyez ! L’AGEPS lance un appel aux élus étudiants des autres organisations ainsi qu’au Vice-Président Étudiant : nous nous sentons parfois bien seuls du fait de leurs régulières absences dans certaines commissions. Sommes-nous donc les seuls à nous préoccuper des étudiants en dehors des élections ? Il semblerait, au vu des propos tenus par notre cher VPE : les matières optionnelles n’ont rien à faire aux rattrapages (sic) ! Imaginez notre surprise. Vous pouvez, cependant, compter sur nous pour défendre bec et ongles le maintient des options durant la session de rattrapage. Dans certains conseils, où l’AGEPS n’est malheureusement pas présente, l’espèce qu’est l’élu étudiant est rare… voire inexis-

f

tante ! Quel ne fut donc pas le choc des membres de l’UFR de Langue Française, en décembre, lorsque les élus AGEPS se sont présentés au conseil et ont même participé aux différentes discussions ! (Bref rappel historique : en 2010, l’AGEPS n’avait pas pu déposer de liste pour les élections ; en 2012, nous avons été les seuls à déposer). Nous avons ainsi appris que le poste de Langue d’Oc qui a été supprimé en début année aurait pu ne pas l’être. En effet, l’UFR était prête à ne pas renouveler l’un de ses postes en FLE (Français Langue Étrangère) pour pouvoir conserver cette chaire si rare… mais les puissants de notre université ne se soucient guère de l’opinion des petites gens ! Cette liberté n’est plus un luxe que nous pouvons nous permet-

tre ! En effet, dans un souci « d’uniformisation », les statuts des UFR sont revus. Les élus de l’AGEPS veillent à ce que la représentation des étudiants ne soit ni trop faible, afin de garder du poids, ni trop élevée, pour ne pas empêcher les petites associations de se présenter aux élections. De la démocratie au PRES, il n’y a qu’un pas à faire ! Mesdames, Messieurs, nous avons le regret de vous annoncer que nous ne sommes que des langues de vipère ! Nous avons longtemps cru que l’absence des élus étudiants et BIATSS au sein du CA était un affront fait à la démocratie. Nous avions tort : la salle est en fait trop petite ! Nous n’avons qu’une chose à répondre à cela : nous entamons notre reconversion dans la maçonnerie afin de régler ce problème le plus rapidement possible. D’ailleurs, dans un souci d’égalité entre tous les étudiants, Sorbonne Universités s’est trouvé

un nouveau modèle : le système de l’Enseignement Supérieur de l’Oncle Sam. Car il est bien connu que les grandes universités de nos cousins américains ne sont pas élitistes pour un sou et laissent leur chance à tous ! La création d’une bourse d’excellence réservée à 3, allez, soyons fous, 5 étudiants par an est sérieusement envisagée ! Et pourquoi pas l’achat d’espaces publicitaires tant qu’on y est ! C’est officiel, prochainement nous n’aurons presque plus rien à envier à Harvard ! À quand des frais d’inscription de 30 000 euros par an ? Salomé PAUL

Zone d’info
Aides sociales
Boursier ou non, votre situation fiancière est critique ? Vous pouvez vous adresser au FNAU, le Fonds National d’Aide d’Urgence. Dépendant du CROUS, il peut attribuer très rapidement des aides ponctuelles ou durables. Enfin, sachez que le FSDIE (Fonds de Solidarité et de Développement des Initiatives Étudiantes) de Paris-Sorbonne dispose d’un volet dédié aux aides sociales. Prochaine commission : juin 2013. N’hésitez pas à nous contacter !

01 40 46 32 27 www.ageps.org contact@ageps.org
Syndicat indépendant de ParisSorbonne, l’AGEPS dispose de nombreux élus dans les différents conseils d’UFR et de 8 élus dans les conseils centraux de Paris-Sorbonne. Étudiants, nous travaillons chaque jour à ce que notre voix à tous soit prise en compte. Rejoignez-nous ! Nos locaux: SORBONNE: salle F646 galerie Claude Bernard, esc. P, 2è étage. MALESHERBES: salle 113, 1er étage CLIGNANCOURT: salle 540, 5è étage Le Sorbonnard Déchaîné : Directeur de publication : MarieMarine AKERMANN, Rédactrice en chef : Juliette HALLÉ, Rédacteur en chef adjoint : Matthieu MINÉ-GARROS, Comité de rédaction de ce numéro : M-M AKERMANN, Alice BENSO, Axelle BRÉMONT, Juliette HALLÉ, Savanny HEMERY-PHLEK, Matthieu MINÉ-GARROS, Salomé PAUL, Eugène SANDOZ, Nadia SILEM, Simon VACHERON. Dessins : Nadia SILEM. Maquette : Xavier HENRY. Avec la participation du FSDIE de Paris-Sorbonne

Attention, dead-line ! Étudiants boursiers, n’oubliez pas de faire vos demandes de logement et de bourse... ...avant le 30 avril 2013 ! Rendez-vous sur le site du CROUS de Paris pour constituer votre dossier social étudiant en ligne : www.crous-paris.fr Vous ne savez pas si vous pouvez bénéficier d’une bourse ? Un simulateur est disponible sur le site du CNOUS : www.cnous.fr