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Association Générale des Étudiants de Paris-Sorbonne

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Le bulletin sans concession de l’AGEPS, le syndicat indépendant de l’université Paris-Sorbonne, Déc 2012/Janv 2013, numéro 36
Hiver 2012-2013

moins de livres, moins d’argent, ... et le PQ ?

Fac a la diete, etudiants a la quete
Éditorial
VOYAGE EN TERRE INCONNUE ? La Présidence avec un grand P comme « pouvoir » a toujours fait l’objet d’enjeux particuliers quand ce n’est de taille. Poste brigué par des têtes bien sûres de leur valeur, par des hommes certains de leur unicité, par ceux ou celles qui, plus que le savoir, se pensent indispensables. Il y a quelque chose de l’ego à vouloir se placer au sommet d’un système pyramidal. La preuve en est des battages médiatiques qui parsèment les élections de présidents de partis, de présidents de régions, de pays, de la terre… tous ces zouaves se tirent dans les pattes, ces politiciens certains de leur valeur plutôt que de leurs valeurs, ces hommes capables du pire à défaut du meilleur, lorsqu’il s’agit de ramener la couverture à soi. À quel moment ont-ils oublié les sens des mots devoir, représentation, abnégation ? À quel moment ont-ils perdu les idéaux qui les ont élevés au profit d’un fauteuil chaud et confortable ? À quel moment l’enjeu de pouvoir est-il devenu plus puissant que celui de faire ? Mais si les hommes ont accroché tant de jouissance à l’idée de gouverner, ne nous le cachons pas : nous avons notre part de responsabilité. Nous nous sommes reposés sur l’idée d’élection, sur la participation sporadique d’un bulletin dans l’urne comme expression aboutie de la démocratie. Nous nous sommes égarés aveuglément dans « l’expertise » du politique. Nous avons oublié, nous aussi, les sens des mots participation et investissement personnel. Il est grand temps que nous réapprenions à écouter plutôt qu’entendre, à faire plutôt que dire, à participer plutôt que regarder. Et à rêver plutôt que se résigner. Marie-Marine AKERMANN, présidente de l’AGEPS

POUR MEMOIRE : PLUS DE BU !
Flash-Back : la Bibliothèque Interuniversitaire (BIU) est depuis 2010 délocalisée à la Bibliothèque Sainte-Barbe (BSB). Ou plutôt, soyons précis, une partie seulement. L'autre repose et reposera définitivement au Centre Technique du Livre de l'Enseignement Supérieur qui se situe à Marne-la-Vallée. Ce démembrement est dû au nombreux travaux qui ont investi notre chère Sorbonne depuis 2010. Mais, tout cela n'est pas une nouveauté ! Qu'en est-il concrètement aujourd'hui ? Il avait été annoncé au début de l'année 2012 que la BIU ferait son grand retour en Sorbonne. Cependant, aucune date précise n'avait été proclamée. Aujourd'hui, nous en savons un peu plus concernant les périodes de la réinstallation tant attendue. Elle devrait quitter la BSB le 18 mars 2013. Ce réemménagement devrait durer sept mois. Eh oui, vous avez bel et bien lu : sept mois sont nécessaires pour la renaissance de notre bibliothèque ! Ses portes ne rouvriraient donc que partiellement, en octobre 2013, au sein de la Sorbonne. De plus, les prêts ne seront plus possibles dès décembre 2012 et les communications cesseront dès mars 2013. L'accès à ces précieux livres est donc scandaleusement suspendu. Seuls les usuels en accès libre seront toujours consultables sur place.

DING, DING… DING ! Quel étrange bruit que celui du tocsin qui résonne dans nos oreilles ! Que vont devenir les mémoires de nos chers étudiants en Master ! À notre grande surprise, la direction de la bibliothèque n’a aucune solution à nous apporter et semble mépriser totalement ce gros embarras. Évidemment, il est très difficile pour tout étudiant de boucler son mémoire trois mois avant sa soutenance, voire six mois avant pour ceux qui soutiennent en septembre, et pourtant c’est ce qui semble se profiler ! Alors, quel dénouement pour cet épisode de la coriace BIU ? Comme lors du premier déménagement, il est nécessaire de trouver des alternatives. Dans un premier temps, les bibliothèques d'UFR seraient une solution envisageable. Mais un problème survient encore. Ces bibliothèques ont vu leur budget diminuer et sont donc forcées à réduire leurs horaires. Ceux-ci sont devenus assez contraignants pour les étudiants ayant un emploi. Certaines de ces bibliothèques sont même impossibles d’accès depuis que les travaux ont commencé : c’est le cas pour celle de l’UFR de Latin. Dans un second temps, les bibliothèques spécialisées telles que la BHR (Bibliothèque d'Histoire des Religions), la bibliothèque de

l'IEA (Institut d'Études Augustiniennes), ou encore celle de Serpente sont aussi des alternatives concevables. Leur seul petit bémol ? Le prêt n’est pas toujours autorisé. Ainsi, les élus de l'AGEPS luttent, tant bien que mal, pour trouver des solutions concrètes à ce problème, afin que les étudiants en Master puissent finir sereinement leur mémoire. Une possibilité consisterait dans l’obtention automatique de l'accréditation permettant d'accéder aux salles de recherche de la BNF (Bibliothèque Nationale de France). Cette accréditation n’est pour l'instant acquise qu’après un entretien et une procédure assez contraignants. Ce projet, qui, soit dit en passant, faciliterait la vie à bien des étudiants, est encore à l'état embryonnaire, mais s'il se concrétise, vous pouvez vous assurer que l’AGEPS sera la première à vous en tenir informés ! Nadia SILEM Mystérieuse disparition

budget des universites

marche ou creve
Lorsqu’on parle du budget des universités, on peut rapidement se noyer, non seulement dans les chiffres, mais aussi dans la complexité des mesures, des mécanismes de vote, ou encore dans les subtilités politiques et idéologiques qui en sont à la base. Nous ne citerons ici que quelques chiffres afin de donner à tous une vision d’ensemble. Le budget global de l’État pour 2012, d’une somme de 366 milliards d’euros, comprend celui de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, soit 44,4 milliards, et le budget alloué au seul fonctionnement des universités : 9,6 milliards. Mais l’utilisation de ces sommes colossales, pas toujours vertueuse, a mené à la mise sous tutelle de pas moins de 8 universités par leur rectorat cette année, à cause d’un déficit trop important, comme prévu par la LRU (loi Libertés et Responsabilités des Universités). Pour la même raison, l'université d'Angers est entrée en grève début octobre. La loi LRU, mise en place depuis 2007, contre laquelle un des plus vastes mouvements universitaires s’était levé, des présidents d’université aux étudiants, a mis en place de nombreux nouveaux mécanismes, tels que les Equipex et autres, mais aussi les PRES (Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur), ou encore le transfert du coût de la masse salariale du budget du ministère au budget des universités. La forme actuelle de la loi enclenche un processus de marchandisation du savoir, comme si l’université pouvait être un produit comme un autre, avec une obligation de rentabilité, une obligation de recherche de financements publics ou privés. Et les perspectives ne vont pas en s’améliorant, bien que ParisSorbonne soit une des rares université dont le budget reste plus ou moins à l’équilibre, malgré les importantes réductions budgé-

taires, de 10 à 25%, subies par les UFR de-puis la rentrée. Ces baisses ne sont pas sans conséquences. On peut citer l’augmentation du nombre d’étudiants par TD, la diminution des moyens alloués à la vie étudiante, etc. Lorsque l’argent public viendra à manquer, l’argent privé devra prendre le relai… C’est l’idée qui trotte dans la tête de certains politiques, de même qu’augmenter les frais d’inscription ne serait pas la fin du monde, puisque les aides sociales viendront compenser ! Il est bien connu que les étudiants n’ont pas de frais annexes ! Bref, tout est fait pour nous rappeler les augmentations massives de frais de scolarité dans les universités québécoises pas plus tard que l’année dernière ! Autre exemple d’augmentation des tarifs, le restau U : cette année l’augmentation est de seulement

1,7%, mais quand on sait que ce tarif-là a augmenté de 22% depuis 2002, la pilule passe alors bien plus difficilement ! C’est dans ce cadre qu’une manifestation européenne a eu lieu le 14 novembre contre l’austérité. L’AGEPS y était présente au sein de la nouvelle fédération syndicale nationale, l’OSE (Offensive Syndicale Étudiante), pour s’élever contre l’austérité dans les budgets des universités. Il est grand temps que l’université, au lieu d’être conçue comme une marchandise rentable, redevienne la source d’une formation intellectuelle d’envergure, le cadre d’une recherche avancée, bref, une institution de formation plutôt qu’une entreprise. Étudiants, mobilisez-vous ! Eugène SANDOZ

La phrase du mois
Les présidents d'Université, dans le Figaro.fr du 16/11: « l’augmentation des droits d’inscription apparaîtrait bientôt comme la seule solution ». Ils précisent ne pas vouloir en arriver là, mais sont clairs sur un point : c'est le résultat de la loi LRU. Décidément, même quand ils ne sont plus au pouvoir, Sarkozy et Pécresse trouvent encore le moyen de mettre les étudiants dans la panade...

couloir
Nous sommes tous d'accord, la réforme des concours de l'enseignement de l'ère Sarkozy, ou mastérisation, fut une vraie catastrophe. Sachons-en donc gré à Vincent Peillon : cela va changer ! « Encore ? » – voici pourtant le cri de lassitude qui résonne. Tombée en pleine année universitaire, la soudaine réorganisation de la session 2014 bouscule tous les repères. Comment préparer au pied levé les étudiants pour cette session imprévue ? À Paris-Sorbonne, c'est simple, les cours dédiés relèvent du budget 2014, et les plannings, d'ici à juin, sont presque pleins. Sans compter que tout ceci n'est encore que provisoire : nouveaux rebondissements – ou belle pagaille – en perspective ! ! Cette rentrée a été un véritable casse-tête pour certains étudiants boursiers. Ils n’ont reçu le paiement de leur bourse qu’au mois de novembre. Le CROUS n’a pas toujours été responsable. Le service CROUS de Paris-Sorbonne a eu quelques petits ennuis et a pris beaucoup de retard dans la mise en paiement. La rentrée est toujours très tumultueuse et le calme sera revenu pour le mois de janvier, nous assure-t-on. Tout cela ne facilite pas la vie des étudiants, qui n’ont pas toujours des parents pour les aider. Comment survenir à leurs besoins si le CROUS ne leur donne pas le montant de leur bourse en temps et en heure ? ! Étudiants, vous trouvez les démarches administratives trop complexes ? Réjouissez-vous, vous êtes européen (ou pas). Pour tous les autres, le parcours est autrement plus sinueux : difficulté à s'intégrer, à obtenir un logement, une bourse, un visa qu’il faut renouveler tous les ans… L'agence Campus France, héritage du précédent gouvernement censé faire la promotion de notre enseignement supérieur, complique encore la tâche : pour une somme pas du tout modique, elle ne s'occupera presque pas de vous ou vous entravera, c'est selon. À tel point qu'il est plus simple pour les ambassades de gérer directement leurs bourses et de travailler avec le CNOUS. Ah, la France, son vin, son fromage, son patrimoine, son administration… ! Le PPP (Partenariat PublicPrivé), vous connaissez ? Mais si ! Clignancourt, ses fissures, sa façade en lambeaux, ses courants d'air… À ce petit jeu du « toi aussi, construis ton université », nous ne sommes pas les plus mal lotis : les étudiants de Paris-Diderot ont étrenné le bâtiment Olympe de Gouges, construit par Vinci. Passons sur les avis défavorables des experts sur la sécurité incendie... La plus vrande surprise vient de la solidité des sols : prévus pour des bureaux, les 5 étages supérieurs ne pourraient supporter le poids de groupes d'étudiants, cantonnés aux 3 premiers. Rassurant pour un bâtiment qui se situe au-dessus… des futures lignes de TGV. Nos plus sincères félicitations aux constructeurs.

Au fond du

ACTUALITE PARIS-Sorbonne - Pole vie etudiante
Pendant des années, la vie étudiante a peiné à s’affirmer dans le paysage de notre université. L’absence d’information autour des moyens qui s’offraient aux étudiants la maintenait à l’écart du plus grand nombre. Toutefois, depuis quelques temps, et grâce à la volonté de personnels, d’associations, de syndicats et d’étudiants, une dynamique se fait sentir. Depuis cette rentrée, le Pôle de la Vie Etudiante regroupe les services de l’aide financière et sociale de l’étudiant, de l’aide culturelle et du tutorat. Il intègre donc un vaste panel d’activités dans l’optique déclarée de mettre les étudiants « au cœur de la vie universitaire ». Tout neuf et donc en plein rodage, ce Pôle est de fait actuellement dans une logique de développement de sa communication auprès des principaux intéressés : nous, les étudiants. Le volet le plus connu est sans doute l’aide aux projets culturels. Le Fonds de Solidarité et de Développement des Initiatives Étudiantes (FSDIE), auquel chaque étudiant cotise lors de son inscription à l’université, apporte les subventions nécessaires à la réalisation de ces derniers. Élément important, la commission

Les etudiants projetes

chargée de la répartir le fonds compte dans ses rangs des étudiants, élus ou représentants d’associations, aux côtés des personnels du service culturel. De fait, tout étudiant de Paris-Sorbonne peut y présenter son projet. À cela s’ajoutent diverses activités culturelles et sportives organisées par l’université. Parmi les pratiques artistiques, on retrouve du théâtre – pas moins de six ateliers –, des ateliers d’écriture, de lecture, de chant. Le Service Culturel y joue un rôle central, par la mise à disposition des locaux et du matériel notamment. En outre, les étudiants peuvent obtenir des places de spectacle à prix réduits, voire gratuites en échange d’une critique pour le service. Côté activité physique, le SUAPS de Paris-Sorbonne nous permet, moyennant une cotisation de 35 euros, de profiter d’un large choix d’activités sportives. Les étudiants peuvent également participer aux compétitions inter-universitaires. Le Pôle agit aussi grandement dans le domaine social. Là aussi, le FSDIE occupe une place incontournable dans l’organisation de la solidarité étudiante. En effet, l’aide sociale y représente 35%, permettant de débloquer des aides d’urgence aux étudiants confrontés

à des situations parfois dramatiques. Et à nouveau des élus étudiants siègent dans la commission correspondante. Il est aussi à noter une évolution importante dans le suivi de la santé des étudiants, avec la création l’année dernière du Service Inter-Universitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé (SIUMPPS). Très actif et réunissant divers associations et syndicats (dont l’AGEPS), le SIUMPPS mène des campagnes de sensibilisation. Ainsi, auront lieu très prochainement un café-santé à Clignancourt, une semaine des femmes à Malesherbes, et une journée de prévention contre le Sida en Sorbonne. En outre, Clignancourt obtiendrait à la rentrée 2013 un centre de soin. Enfin, l’université se soucie de la santé de ses étudiants ! Au regard de la situation antérieure, si les structures et les moyens existaient déjà, leur accessibilité, leur communication et leur activité auprès des étudiants a considérablement progressé. Des projets de mise en place de relais du PôVE sur les différents sites de notre université sont dans les cartons. Mais ce quasi-renouveau autour de la question de la vie étudiante demande encore des efforts. Plus que jamais, la solidarité étudiante doit être soutenue. Et l’AGEPS y a sa part, comme chacun de vous. Grégory JOUBERT et Simon VACHERON Un investissement est nécessaire, mais pas si monumental et insurmontable qu'on voudrait nous le faire croire. Où trouver cet argent, si la sécurité sociale elle-même ne parvient plus à fonctionner en prélevant sur les revenus du travail ? Si la raison d'être de la création de richesses est bien de profiter à la société, oserons-nous suggérer de prélever aussi sur le revenu du capital ?... Mais tout ne tient pas à des problèmes d'argent. Nous allons, dit-on, rendre les jeunes paresseux, leur couper l'envie de travailler, ou encore instaurer de nouvelles injustices : tout le monde n'a pas besoin de cette aide. C'est vrai ; aussi, plutôt qu'une somme identique pour tous, il nous semblerait intéressant de réfléchir à de nouveaux critères d'attribution, plus justes que ceux des bourses actuelles. Tout d’abord, tenir compte du lieu de résidence et de la hauteur des loyers. Ensuite, fonder le calcul de l'aide sur la situation réelle de l'étudiant, sur son revenu propre, y compris les aides parentales. La défiscalisation de ces dernières évitera que l’aide de l’État ne lui privilégiée et que les familles se désengagent. Enfin, on pourrait encourager le salariat étudiant choisi – car il existe aussi ! – grâce à des avantages fiscaux compensant la baisse du montant de l'allocation. Tout reste à imaginer... Juliette HALLÉ

ACTUALITE nationale - Alloc. d’ autonomie

OSONS l’Avenir !
Les récentes élections du CROUS vous ont sans doute rendu familière une antique proposition de l'UNEF (Union Nationale des Étudiants de France), qui revient chaque année aussi sûrement que l'hiver après l'automne : l'allocation d'autonomie. Antique, car leur première formulation de cette idée remonte à... 1924 ! Mais l'antiquité a parfois du bon. L'allocation d'autonomie, qu'est-ce que c'est ? Dans son principe général, il s'agit d'une somme d'argent versée aux étudiants par l'État pendant leur formation. Objectif : permettre à tout jeune, de quelque milieu social qu'il vienne, de financer ses études, assurer son indépendance vis-à-vis de ses parents, et faire reculer le salariat étudiant qui est bien souvent une contrainte plutôt qu'un choix. Mais sous quelles modalités précises ? On a envisagé diverses formes pour cette allocation. L'UNEF propose de refondre toutes les aides sociales existantes (bourses, aides au logement et demi-part fiscale) pour verser chaque mois à chaque étudiant une somme identique. Quant à SUD étudiant, il préconise un véritable

salaire social financé, à l'image des retraites, par des cotisations sociales : une proposition qui s'accorde en tout point avec la Charte de Grenoble, puisque cette dernière reconnaît l'étudiant comme un « jeune travailleur intellectuel en formation ». Si l'on y réfléchit bien, il est vrai qu'en France, notre système de solidarité sociale permet à toute personne qui n'est pas en situation de travailler, que ce soit parce qu'elle est malade, parce qu'elle a perdu son emploi ou parce qu'elle a atteint l'âge de la retraite, de continuer à toucher un revenu de subsistance. Toute personne, sauf celle qui, encore en formation, attend son entrée sur le marché du travail. La jeunesse, pour un État, est un investissement d'avenir. Ne serait-il pas juste que la solidarité s'étende jusqu'à elle ? On nous traitera de doux rêveurs, surtout dans le contexte de la crise actuelle, où l'heure est plutôt aux économies qu'aux investissements publics ! Pourtant, pour verser 700 ! par mois aux quelques 2 300 000 étudiants que compte la France, il faudrait environ 20 milliards d'euros par an, ce qui représente certes une somme, mais n'est en réalité qu'une goutte d'eau dans le budget annuel de la sécurité sociale, élevé à... plus de 365 milliards d'euros ! confirmer « son harmonisation avec les standards académiques internationaux ». N'étant pas en accord avec la constitution grecque, les réformes avaient jusque-là échoué. L'enseignement supérieur doit être dispensé par des établissements publics, financés par l'État et dotés d'une autonomie académique. Les étudiants et les universitaires avaient mené une lutte acharnée avant et après la dictature des colonels (1967-1974) pour obtenir de tels droits. La gestion des universités revenaient donc à des organes élus par la communauté universitaire. Il s'agissait du Sénat, c'est-à-dire le Conseil d'Administration universitaire élu au suffrage universel direct par la communauté universitaire et le recteur. Mais tout cela a été balayé par la réforme de 2011. L'autonomie des universités grecques s'est accrue. Les institutions sont de plus en plus privatisées et autonomisées. La gouvernance de ces universités est donc dévolue à deux organes. Tout d'abord, à un Conseil Administratif, composé de quinze membres, soit huit professeurs, un étudiant et six personnalités extérieures, élues à la suite d'un appel à candidature ; mais aussi à un recteur de l'université. La faculté devient par cette loi le centre de fonctionnement administratif et académique de l'université. Cela prend de telles proportions, que les universités sont forcées de chercher des fonds privés tels que le mécénat ou le sponsoring

ACTUALITE internationale - Grece
L'université française va mal : des professeurs ne sont pas remplacés, des cours sont supprimés, etc. La primauté est donnée à la rentabilité et non à la passion du savoir. Mais qu'en est-il en Grèce où la situation est bien plus critique ? Le 11 novembre 2012, le parlement grec s’est prononcé sur le budget de rigueur 2013. Il prévoit 9,4 milliard d’euros d’économie. La Grèce est, en effet, touchée de plein fouet par la crise : le chômage avoisine les 23%, dont plus de 50% touche les jeunes. De nouvelles coupes dans les salaires et les retraites sont à prévoir pour bientôt. L'université n'en est pas exempte. Commençons par un petit retour en arrière ! Été 2011, les étudiants grecs sont dans la rue. Le gouvernement vient de proposer la version finale de la loi de réforme de l'enseignement supérieur. Cette loi n'est qu'une restriction radicale, qui bouleverse en profondeur le système éducatif grec. Ce dernier était caractérisé par une centralisation très forte et une gouvernance démocratique, qui laissait aux étudiants 30% des sièges dans les conseils. Le gouvernement grec se défend en prétextant ne souhaiter rien de plus que d'améliorer la qualité de l'enseignement et

Regime spartiate

d'entreprises privées. Certaines institutions sont également fusionnées, ou condamnées à disparaître. L'offre de formation est ainsi concentrée dans quelques « centres ». En d'autres termes, le gouvernement grec veut réduire les dépenses. En deux ans, celles de l'éducation publique ont été réduites de plus de 50% et seulement un départ à retraite sur dix est remplacé. Les conditions de vie des étudiants se sont donc fortement dégradées. Leurs droits, comme les livres gratuits, la nourriture gratuite, etc., ont été rognés. 60% des étudiants en hautes écoles et 40 % à l’université sont forcés de travailler pour financer leurs études, mais aussi pour soutenir leurs familles. L'avenir est donc très incertain pour les étudiants grecs. Qu'en sera-t-il des frais d'inscription dans quelques mois, ou quelques années? Les étudiants en Grèce ne payent pas les frais d'inscription. Ce droit restera-t-il ? Quel montant atteindront-ils ? La situation n'est pas plus enviable dans les autres pays européens touchés par la crise. Les étudiants bulgares doivent se battre un peu plus tous les jours pour conserver une université publique, les étudiants espagnols ont vu leurs frais d'inscription monter en flèche, etc. Il est donc important, pour nous étudiants français, de voir que notre situation n'est pas la pire, et qu'il faut absolument rester mobilisés pour garder nos droits et pour que le budget de l'enseignement en France ne soit pas sacrifié sur l'autel de la rigueur. Clémentine BONY-DEVAUX

POUR ALLER PLUS LOIN - Gouvernance des universites

Faure-savary democratie, sarkozy tyrannie
Début septembre se sont ouvertes les Assises de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR), lancées par le gouvernement, dans un élan de bonne volonté, afin de « susciter une expression collective » pour permettre à tout un chacun de s'exprimer sur trois thématiques définies : réussite des étudiants, Recherche et gouvernance des universités. Ce troisième thème est chargé d'une histoire longue de plusieurs décennies, au cours desquelles la démocratie universitaire est née, s'est épanouie puis a été amputée : depuis cinq ans, la gouvernance est confiée aux seuls présidents d'université, sans contre-pouvoir réel. Mai 68 et la loi Faure Pour comprendre l'Université de 2012, il faut, n'en déplaise à certains, remonter à mai 68. Car ce mouvement social général, au départ un mouvement étudiant (et parisien), est l'acte fondateur des universités actuelles. Des élections législatives le suivent, et Edgar Faure (UDR, parti gaulliste) devient ministre de l'Éducation nationale (EN). En novembre 68, il présente une loi cadre réformant de fond en comble les universités : elle reprend des revendications du mouvement et fait consensus à droite comme à gauche, communistes exceptés. C'est l'acte de naissance de la démocratie dans les universités : elles sont gérées par différents conseils, à l'échelle globale comme à celle des « Unités d'Enseignement et de Recherche » (UER). Toute la communauté universitaire, élue par ses pairs, y est représentée. Le président est élu par l’ensemble de ces conseils, pour un mandat de 5 ans non immédiatement reconductible. Autre symbole fort, le gouvernement renonce à la sélection à l'entrée de l'université, en discussion début 68. Cette loi permet aussi la scission des universités : ce faisant, leur nombre augmente entre 1968 et 1971, souvent suivant un clivage politique droite/gauche. Exemple le plus impressionnant, l'Université de Paris est scindée en treize. L'université moderne, telle que nous la connaissons (encore pour un temps), est née. 1984 : la loi Savary Seize ans plus tard, Alain Savary, ministre PS de l'EN, réforme à son tour les universités françaises. Cette loi crée la notion de « service public d'enseignement supérieur » (art. 1). Les UER deviennent des UFR (Unités de Formation et de Recherche), et le nombre des conseils centraux est augmenté. Ils sont désormais trois : Conseil d'Administration (CA), Conseil des Études et de la Vie Universitaire (CEVU), Conseil Scientifique (CS), et élisent ensemble le président. Une majorité d’universités se dote aussi d'un vice-président étudiant, qui représente l'ensemble des étudiants et défend leurs intérêts. La rupture de 2007 : la LRU eux dans leurs CA, quand ils ne les en Jusque là, tout va (ou semble aller) excluent pas tout simplement. pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles : tous les membres Nous ne prétendons pas que les de la communauté universitaire (les universités avant la LRU et les PRES étudiants, les personnels non ensei- étaient parfaites. Mais ces deux gnant, et les enseignants-chercheurs) réformes ont aussi été guidées par la ont des représentants dans chaque volonté de diminuer, encore et touinstance, qui ont toutes un pouvoir jours, la participation financière de décisionnel. Mais l'élection de N. l'État dans l'ESR. Durant cinq ans, le Sarkozy inaugure une nouvelle ère : ministère a exercé un chantage féroce Valérie Pécresse, ministre UMP de pour contraindre les universités à se l'ESR (ministère créé pour l’occasion), plier à son bon vouloir : pas d'applicapromeut au cours de l'été une nouvelle tion de la loi dans ses moindres détails, loi cadre, baptisée LRU (Libertés et pas de subvention. Responsabilités des Universités). Sous couvert de donner Mister Président LRU aux universités une plus grande autonomie, la LRU leur transfère un certain nombre de tâches : gestion des personnels, des biens immobiliers, gestion de son budget, recherche de fonds nouveaux... Niveau démocratie, elle est dévastatrice. Tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains d'un président élu pour 4 ans, par le CA exclusivement, pour un mandat immédiatement reconductible. Le nombre des membres du CA est réduit… comme la proportion d'étudiants en son sein (de 20-25% à 10-20%), au contraire du nombre de personnalités extérieures, nommées par le président et souvent issues sur privé, qui passe de 20-30% à 2540%. Le CEVU et le CS ont perdu leur pouvoir de décision : désorEn outre, la concentration du poumais, le tout-puissant CA décide seul voir et de la gestion des universités et peut modifier en toute liberté n’im- dans les mains d'un nombre de plus en porte quelle décision d’un autre plus restreint de personnes exclut une conseil. D'immenses pouvoirs sont mis trop grande partie de la communauté entre les mains du président sans universitaire des discussions et des aucun contrepoids : droit de veto pour prises de décision. Elle contribue à éloile recrutement des personnels, attri- gner ces « gouvernants » de ce que bution des primes… vivent réellement les étudiants, les BIATSS (personnels administratifs) et Les PRES, aboutissement de l'ex- les enseignants-chercheurs… et elle trême concentration des pouvoirs érige en valeur suprême l'ambition Impossible de parachever ce personnelle, au détriment de l'ambitableau sans parler des PRES (Pôles de tion collective. Recherche et d'Enseignement Supérieur) : réunions d'établissements Entrée dans l'Université grâce à du Supérieur, ces super-structures ont mai 68, la démocratie a été meurtrie été promues par V. Pécresse. Encore par N. Sarkozy. Que nous arrivera-t-il une fois, sous couvert de permettre maintenant que le Parti Socialiste est une meilleure collaboration visant à au pouvoir, alors qu'il ne s'est jamais améliorer la Recherche française, la dressé contre ces réformes ? Une noudémocratie est malmenée. Façades velle loi cadre est prévue pour les mois publicitaires d'autorité qui se soucient qui viennent, et nul ne sait à quoi nous plus de classements aux critères devons nous attendre. Peut-on espérer iniques et obscurs (Shanghaï…) que de que la bonne volonté affichée par notre la pertinence des parcours, les PRES gouvernement se transforme en actes ne sont que des machines à chercher et qu'il saura entendre la détresse de des fonds et à supprimer des postes : la communauté universitaire qui, à quoi bon garder trois Services depuis quelques années, subit violemCulturels quand on regroupe trois uni- ment les conséquences désastreuses versités ? de ces réformes, contrainte de se plier Ces PRES regroupent plusieurs au bon vouloir des présidents d'univerdizaines de milliers d'étudiants… mais sités ? ne comptent qu'une poignée d'entre Alice BENSO

TRIBUNE
dream : pour une autre universite
L’idée que nous avons actuellement de l’Université va bien au-delà du simple lieu d’études et d’apprentissage. Elle se présente dans nos esprits comme un lieu de rencontre, de partage, d’amusement, où les étudiants, enfin devenus matures et indépendants, sont libres d’organiser leurs vies sociale et intellectuelle comme ils le souhaitent. Cependant, lorsqu’on observe d’un peu plus près, et que l’on mène au quotidien cette vie d’étudiant, c’est avec étonnement voire stupéfaction, que l’on se rend compte du gouffre qui existe entre notre idée et la réalité. Chers étudiants de la « fac », qu’on se l’avoue ou non, chacun d’entre nous a connu un moment de solitude, d’abandon, d’isolement ou de perdition. Que cela soit pour saisir le fonctionnement encore trouble de l’administration, pour gérer notre emploi du temps, mais aussi et surtout pour trouver de vrais soutiens et des amitiés sincères. Quand bien même avez-vous réussi à éviter ces situations, et que la vie universitaire vous satisfait pleinement – chanceux que vous êtes ! – vous saisissez néanmoins tout ce dont il est question ici, et en avez conscience. Comme il est difficile de s’adapter à cette nouvelle vie, de s’intégrer au sein de la vie universitaire, de rencontrer des gens et de tisser de nouveaux liens ! Comme il est difficile de donner un sens à ses études et de déterminer notre « avenir professionnel », formule phare qui nous entoure quotidiennement et nous angoisse ! Rien ne nous invite, dans ces espaces tout sauf conviviaux qui évoquent la froideur et l’enfermement, et face au nombre impressionnant d’étudiants réunis de façon bestiale dans les amphithéâtres bondés, à aller vers les autres. Pis encore, les débouchés de nos études, souvent dévalorisées par rapport aux « Grandes Écoles », et notre insertion dans le monde du travail deviennent un vrai problème, que notre gouvernement et notre Université elle-même peinent à résoudre. Une étude menée par Paris-Sorbonne recensant divers témoignages, toutes filières comprises, confirme parfaitement cette tendance qui semble s’accentuer, et qui peut mener le mal-être des étudiants vers des pentes vertigineuses telles que l’échec scolaire ou la dépression. Ainsi, c’est avec amertume que nous constatons que le manque de cohésion sociale propre à la société actuelle, se reflète à une plus petite échelle dans les enceintes de notre Université. Mais ceci n’est pas une fatalité. Chez DREAM, association dite « écolo », nous ne sommes pas que des rêveurs. Notre objectif n’est pas seulement d’informer et de sensibiliser à des causes et des principes qui nous semblent essentiels, et qui s’articulent autour du développement durable à tous points de vue. Nous avons aussi pour vocation de répondre concrètement aux problèmes des étudiants que nous observons et vivons au quotidien. En effet, les valeurs de solidarité, de respect et de partage que nous prônons, nous poussent naturellement à proposer des solutions originales pour le bien-être de notre Université. C’est pourquoi nous nous engageons à créer des espaces de convivialité, afin de favoriser les rencontres, les nouvelles affinités et amitiés entre des étudiants de cursus différents dans un cadre tout à fait informel. Ce projet, connu par certains d’entre vous sous le nom de « Pot’Party », connaît un large succès. Nous souhaitons bien sûr le poursuivre pour que les étudiants en sciences humaines et sociales puissent créer des réseaux et s’informer sur leurs possibilités d’avenir. En effet, notre ambition est à la fois de favoriser la cohésion sociale, mais aussi de proposer de nouvelles perspectives professionnelles, en particulier avec la découverte de l’économie sociale et solidaire. Plus communément appelée ESS, cette économie trop méconnue veut placer l’humain au cœur de son système, et regroupe les associations, fondations, coopératives et mutuelles de tous domaines. Mais c’est surtout un secteur en pleine floraison, qui représente 10% de l’emploi en France, comme en témoigne la présence d’un Ministre délégué à l’ESS, Benoît Hamon. Ainsi, elle se place comme une alternative économique porteuse d’emplois, et donc comme un débouché possible pour ceux qui pourraient être sensibles à l’ensemble des valeurs qu’elle porte. DREAM œuvre ainsi, à son échelle, pour que ParisSorbonne, et a fortiori l’Université française, devienne un vrai lieu de rencontre, de partage et d’échange. Pour que les étudiants soient informés et impliqués dans la vie universitaire, mais aussi pour que l’engagement associatif soit valorisé, et l’insertion professionnelle améliorée. Julie Deschepper DREAM : Réseau Mondial d’Echange et d’Action pour le Développement 50 Rue des Tournelles 75003 Paris http://www.dream-asso.org/ contact@dream-asso.org

Le strip - Marvin & Loomis - Bons baisers de l’ UMP

culturel
MUSIQUE Concert de musique anglaise Sorbonne Scholars "The Life of Words" : de William Byrd à John Dowland. Le 11 décembre à 20h Sorbonne, Amphithéâtre Michelet Tarif : participation libre Musique sacrée à Notre Dame Pour le 850e anniversaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris, allez écouter le Vespro della Beata Vergine de Monteverdi, joué sur place, le 18 décembre à 20h30 ! MASTER CLASS Histoire de Babar Master Class de Félix Libris sur le héros de Jean Brunhof. Oui, il s’agit bien de Babar l’éléphant ! Rendez-vous le 12 décembre à 20h, Maison des Pratiques Artistiques Amateurs de Saint-Blaise, 37/39 rue Saint-Blaise, 75020 Paris. Entrée gratuite ! POESIE Soirée poétique - Avec les poètes de Place de la Sorbonne Invités (sous réserve) : Marie-Claire Bancquart, William Cliff, Jean-Pierre Lemaire, Lionel Ray, Jacques Roubaud, Esther Tellermann, Jean-Pierre Verheggen. Le 18 décembre à 18h30 Grand Amphi de Malesherbes 108, boulevard Malesherbes 75017 Paris Tarif : gratuit CINEMA FILMIQUE Cycle de projections gratuites Prochaine séance : le 7 décembre de 12h à 14h, dans le grand amphithéâtre de l’Institut d’Art et d’Archéologie, 3 rue Michelet, Paris 6°. Au programme : “Le montage et le mouvement des images”. Diffusion d’œuvres de Fernand Léger , Hans Richter , Germaine Dulac, Maya Deren et Man Ray. EXPOSITIONS GRAND PALAIS On parle partout de l’exposition Hopper (jusqu’au 28 janvier), mais vous pouvez aussi faire un tour à la très belle exposition Bohèmes jusqu’au 14 janvier ! A noter : l’exposition Hopper est ouverte de 9h à 23h tous les jours pendant les vacances de Noël ! Tarifs : 12!, R 18! CENTRE POMPIDOU Bertrand Lavier, depuis 1969 et Adel Abdessemed Je suis innocent Jusqu’au 7 janvier 2013 Tous les jours sauf mardi 11h-21h Le jeudi jusqu’à 22h Dalí Jusqu’au 25 mars 2013 Tous les jours sauf mardi 11h-21h Jusqu’à 23h du jeudi au samedi Tarifs : 13!, R 10! / 11!, R 9! (selon périodes)

Agenda

Musique : Fauve
Ce jeune groupe français est une découverte enthousiasmante pour les amateurs de chansons à textes. Il est difficile de choisir ses mots pour parler d’une nouveauté musicale au style particulier et qui traite avec passion de sujets puissants. Cette passion est le cœur du style de Fauve. Les paroles de leurs chansons sont le relai d’émotions intenses et contradictoires qu'il est facile de s’approprier. Leurs thèmes (l’amour, l’amitié, la folie du quotidien) partent avant tout d’une souffrance, d’un rejet violent de la banalité. Ils nous parlent de ces moments de crise dans nos vies de manière crue et brutale. Mais la force de leurs chansons vient du fait qu’ils ne s’arrêtent pas à un constat noir et désabusé mais au contraire, ces moments sont l’extrême opposé de l’idéal que ces

artistes poursuivent et appellent. C’est alors la quête de bonheurs que l’on sent transparaître à travers ces multiples détresses. Cet amour forcené de la vie, le rejet absolu du désespoir qui semble pourtant insurmontable est promu par des textes d’une qualité et d’une originalité rafraîchissantes et soutenu par une instrumentale de très bon niveau. La beauté et l'impressionnante maîtrise de ce groupe vient peut-être du fait que, malgré le côté personnel voire intime de ses textes, tout le monde peut être surpris à s'identifier au narrateur. Partageant avec nous leurs traumatismes, les membres du groupe nous rappellent ces moments qui furent pour nous si propres et qui sont en même temps le propre de la vie. Le groupe s’entoure d’autres d’artistes éclectiques qui accompagnent leur carrière (graphistes, audiovisuels), ce qui donne à leurs morceaux une qualité visuelle adéquate au style musical. On peut cependant tique, mais elles ne sont pas les seules. J’aimerais donc introduire ici un artiste dont on ne peut douter de l’influence sur tout le street-art, et notamment sur cette icone idolâtrée des foules. Il s’appelle Ernest Pignon Ernest, et fait partie des initiateurs de l’art urbain en France. Son œuvre, incroyablement semblable à celle du peintre britannique, consiste principalement en des sérigraphies de dessins, qu’il allait ensuite coller dans les rues. Le procédé et la démarche étant presque la même. Ernest Pignon Ernest, pour différentes causes, exprimait une contestation à l’aide de personnages collés en adéquation avec l’architecture et la ville (in situ). Il a notamment agi contre l’apartheid, en 1974, à l’occasion du jumelage de Nice avec Le Cap. Il représenta une famille banale sud-africaine, typique pourrait-on dire, derrière du grillage barbelé. Ou encore, il agit contre la stigma-

regretter le fait qu’il n’y ait pour le moment que trois titres disponibles sur internet (en téléchargement libre). Il est heureusement possible d’entendre des titres inédits lors de leurs concerts qui sont encore abordables (voire gratuits). Cette critique, plus le reflet d’une impatience que d’une déception, ne sera bientôt plus d’actualité, le groupe annonçant de nouvelles chansons prochainement. Il ne reste plus qu’à espérer qu'ils réussissent à conserver cette qualité et accèdent à une reconnaissance que nous leur souhaitons bien qu’ils ne semblent pas trop la pourchasser. Pour le moment, le groupe est facile à suivre via sa page Facebook et son blog (fauvecorp.com). Nous vous conseillons chaleureusement d’aller vous faire votre propre idée en écoutant leurs titres. Matthieu MINÉ-GARROS tisation et le mépris qui naissaient des immigrés, qu’on voulait expulser après les avoir fait venir, lors d’une série de collage en 1975. Il voyagea aussi pour ses créations, à Naples, en Palestine, et ailleurs. Ses causes sont nombreuses. Les dessins sont simples, sans fioriture, mais avec une grande maitrise des traits réalistes. Sombres et froides, les œuvres placées dégagent généralement de l’horreur, de l’honneur, et un cœur humain saisissant. Elles rappellent ce chaos immonde dans lequel on nous jette. Elles rappellent que les choses sont belles quand on sait les regarder danser. Elles rappellent en nous la pensée et sa cohorte de flamme. Pour la réflexion qu’elles nourrissent, pour l’humanité qu’elles recèlent, et pour le courage qu’elles donnent, je leur accorde tout le mérite du monde, à être ne serait-ce qu’entrevues par tous. N’oublions pas que nous pouvons contester. Félix HURAULT veilleux, que cette année, un grande nombre de dossiers de réinscription a été bloqué par le service de la scolarité. Le motif ? Toujours inconnu malgré nos multiples questions. De nombreux étudiants ont ainsi attendu plusieurs semaines avant de recevoir leur certificat de scolarité et pouvoir renouveler, par exemple, leur pass pour les transports. Certains ont même dû se rendre en Sorbonne pour s’assurer que leur dossier n’avait pas été perdu et qu’on daigne, enfin, leur expliquer la situation ! Un jour, l’administration ne s’apparentera plus à la Maison des Fous… un jour… peut-être. Salomé PAUL

A un illustre inconnu
Le street-art, bien que cela semble la plupart du temps oublié, existait avant ces infâmes bavures sur nos murs, et avant cet émeutier jetant un bouquet de fleur, qu’on voit si souvent en fond d’écran. Nous ne nous intéressons pas assez, et nous nous contentons beaucoup trop de ce qu’on nous donne à savoir. De ce fait, nous vouons tous – ou presque – une inconsidérée admiration à la figure emblématique de Banksy, sans pour autant soupçonner toute l’immensité et toute la richesse du mouvement. Il n’y a ici personne à blâmer, à juger ou à condamner, ou alors peut-être un système dont l’essence pure – l’argent – pourrit tout ce qui l’accepte, en l’avilissant et en le déshumanisant. Mais là n’est pas la question. Certes les œuvres de Banksy sont formidables, avec un message vrai et un puissant sens de l’esthé-

La voix des Elus
La grisaille et la fraîcheur automnales ont pris place dans notre belle capitale, mais ce temps morose ne décourage pas les élus de l’AGEPS qui continuent à défendre vos droits et à améliorer vos conditions d’études sur un fond d’austérité et de crise. Oui, la crise, en ce moment, tout le monde a ce mot-là à la bouche ! Les réductions budgétaires de nos UFR, inévitables, sont au cœur de nos soucis : les horaires d’ouverture des bibliothèques sont réduits, tout comme les moyens pour renouveler leur fond… Mais un autre problème pointe le bout de son nez : les suppressions de postes ! Enseignant ou administratif, personne ne sera épargné, notamment dans les petites UFR.

f

Celles-ci constit u e n t pourtant toute la richesse et l’originalité de l’offre de formation de Paris-Sorbonne. Rares sont, en effet, les chaires en papyrologie, étruscologie, littérature byzantine, langue d'oc… Cependant, certaines UFR trouvent grâce aux yeux des « grands de ce monde » ou pour dire vrai de notre petite bulle universitaire. Ainsi, celle d’Histoire de l’Art fait l’objet d’une attention toute particulière : des partenariats sont en cours de développement avec le Grand Palais et le Centre Pompidou… pour les enseignants chercheurs uniquement ! Penser aux étudiants ? Non, il ne faut pas pousser le bouchon trop loin ! Les élus de l’AGEPS affirment et affirmeront dans les conseils centraux leur volonté que ces partenariats soient

ouverts à toutes les UFR et surtout aux étudiants ! Autre événement marquant de ce début d’année : l’élection des élus étudiants au sein de la grande mascarade qu’est le Sénat du PRES (Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur). Oui, il faut le dire, cette mandature n’est qu’une vaste blague, un vulgaire susucre qu’on jette aux étudiants pour qu’ils aient l’impression de prendre part aux décisions. Pourtant, il n’en est rien ! Le Sénat n’a qu’un pouvoir consultatif et est réuni tous les 36 du mois ! Le seul organe décisionnel est le Conseil d’Administration dans lequel les présidents des universités ne comptent pas nous inclure, pas plus que les BIATSS (personnels administratifs) : cela risquerait de devenir un organe démocratique ! Quel scandale ! Nous vivons vraiment dans un monde merveilleux ! Si mer-

Zone d’info
Concours
Pour qui ? Contrairement aux dernières sessions, vous pouvez passer les écrits dès votre année de M1 ! Stage ? Les candidats admissibles en juin 2013 feront une sorte de stage entre les écrits et les oraux. Ils auront un contrat à l’éducation nationale et effectueront un tiers-temps d’enseignement, avec un salaire de mi-temps. Et après 2014 ? Le gouvernement nous promet une réforme définitive encore différente de la formule de 2014, mais sous quelle forme ? C’est encore un mystère !

01 40 46 32 27 www.ageps.org contact@ageps.org
Syndicat indépendant de ParisSorbonne, l’AGEPS dispose de nombreux élus dans les différents conseils d’UFR et de 8 élus dans les conseils centraux de Paris-Sorbonne. Étudiants, nous travaillons chaque jour à ce que notre voix à tous soit prise en compte. Rejoignez-nous ! Nos locaux: SORBONNE: salle F646 galerie Claude Bernard, esc. P, 2è étage. MALESHERBES: salle 113, 1er étage CLIGNANCOURT: salle 540, 5è étage Le Sorbonnard Déchaîné : Directeur de publication : MarieMarine AKERMANN, Rédactrice en chef : Juliette HALLÉ, Comité de rédaction de ce numéro : M-M AKERMANN, Alice BENSO, Clémentine BONY-DEVAUX, Juliette HALLÉ, Félix HURAULT, Grégory JOUBERT, Matthieu MINÉ-GARROS, Salomé PAUL, Eugène SANDOZ, Nadia SILEM, Simon VACHERON. Dessins : Julien FOUQUET. Maquette : Xavier HENRY. Avec la participation du FSDIE de Paris-Sorbonne

Vous passez les concours de l’enseignement ? Attention, une réforme est en cours ! Voici les informations essentielles... Calendrier : - Si vous passez n’importe quel concours lors de la session en cours (2013) ou si vous prévoyez de passer l’agrégation pour la session 2014, rien n’a changé, tout est normal : écrits en novembre ou en mars, oraux en juin. - En revanche, si vous prévoyez de passer le CAPES ou le concours de Professeur des écoles pour la session 2014, attention ! Il faut vous inscrire dès janvier 2013, puis vos écrits auront lieu en juin 2013 et vos oraux en juin 2014.